• Comment les microagressions instillent en #France un #racisme #inconscient, mais ravageur
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/20/comment-les-micro-agressions-instillent-en-france-un-racisme-inconscient-mai

    Relancé dans le sillage de la mort de George Floyd, aux Etats-Unis, et de l’affaire Adama Traoré, le débat français sur le racisme met en lumière la diversité des registres dans lesquels se manifestent les préjugés. A côté d’un noyau dur (violence, injure, incitation à la haine), réprimé par la loi, existe toute une gamme d’expressions plus diffuses, moins explicites et donc plus difficiles à cerner et à combattre, mais largement plus courantes. Les microagressions en question sont une manifestation de ce racisme implicite, voilé, souvent inconscient mais ravageur.

    Cette réalité n’est pas neuve. Décrite dès la fin des années 1960 aux Etats-Unis, elle a ensuite été largement documentée et analysée. Dénommée « racisme #systémique, #structurel ou #institutionnel, [elle] repose sur des modalités de discrimination qui n’ont pas besoin d’être portées par des individus explicitement racistes », rappelle le sociologue Michel Wieviorka, spécialiste du racisme et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, dans Pour une démocratie de combat.

    • « Vous venez de quel pays ? » « Tu dois aimer quand il fait chaud ! », « Comme vous parlez bien français ! » Ces petites #remarques_anodines se veulent souvent bienveillantes. En réalité, elles pétrifient les français d’origine africaine. Signe d’#ethnocentrisme_blanc, ignorance ou #racisme_euphémisé, ces expressions assénées « sans penser à mal » mais ressenties douloureusement sont partie intégrante d’une #expérience_de_vie que seules connaissent les personnes appartenant aux #minorités_visibles, mais qu’il n’est pas interdit aux autres de chercher à comprendre, voire à combattre.
      « Ce sont des microagressions, si petites que les auteurs ne les perçoivent jamais, mais qui blessent »
      « C’est comme le supplice de la goutte d’eau. Une fois, cela n’a rien de grave, mais un million de fois, c’est insupportable »
      #Paternalisme, #héritage_colonial, #assignation_à_identité… Les explications possibles dépassent le cadre d’un attrait pour la différence ou du simple quiproquo : elles relèvent d’une #essentialisation de la couleur de la peau, du soupçon d’#extranéité. « Etre français, c’est encore être blanc ; être non-blanc, c’est être d’ailleurs », analyse Pap Ndiaye. Ainsi, les microagressions révéleraient notre difficulté à « penser le fait d’être français indépendamment de la #couleur_de_la_peau ».
      Le débat français sur le racisme met en lumière la diversité des registres dans lesquels se manifestent les #préjugés. A côté d’un noyau dur (violence, injure, incitation à la haine), réprimé par la loi, existe toute une gamme d’expressions plus diffuses, moins explicites et donc plus difficiles à cerner et à combattre, mais largement plus courantes. Les microagressions en question sont une manifestation de ce #racisme_implicite, voilé, souvent inconscient mais ravageur.
      (...)
      Les critiques de cette prolifération de microagressions « à l’américaine » pointent non seulement l’aseptisation des rapports sociaux mais aussi la tendance à figer les individus dans des #identités, sans considération pour les multiples strates des personnalités. Est aussi mis en lumière l’imposition d’un schéma opposant des dominants involontaires à d’éternelles victimes. (...)
      La norme sociale rejette le racisme, constate Pap Ndiaye, en référence au sondage annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme qui reflète un rejet massif des Français à l’égard des manifestations explicites d’hostilité ou de haine raciale. Il reste à sensibiliser l’opinion à l’imperceptible, au latéral, et aussi à l’éduquer : on ne demande pas d’emblée aux gens de quel pays ils viennent. » Mais ce travail de #sensibilisation a un préalable : reconnaître la réalité de #blessures_invisibles."

      #microagressions #racisme_ordinaire #racisme_inconscient

      #racisme_systémique #racisme_structurel #racisme_institutionnel #bienveillance

      ping @isskein @karine4

    • Et le résultat : #minority_fatigue.

      Le coût mental du racisme – Binge Audio
      https://www.binge.audio/le-cout-mental-du-racisme

      Stress, anxiété, dépression… Les propos et actes racistes éprouvés au quotidien ont des conséquences sur la qualité de vie et la santé mentale. En quoi le racisme peut-il être un facteur aggravant des problèmes psychologiques ? Quelles sont les barrières culturelles et de classe qui limitent l’accès aux divans pour les personnes racisé·e·s ? En quoi un stéréotype, même s’il est positif, est toujours violent ?

      Grace Ly et Rokhaya Diallo reçoivent Racky Ka, psychologue et docteure en psychologie sociale, qui a pour patientèle des femmes noires entre 20 et 50 ans, majoritairement en situation de burn-out lié à du racisme sur leur lieu de travail.

  • Coronavirus : aux Etats-Unis, le lourd tribut des Afro-Américains
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/09/coronavirus-aux-etats-unis-le-lourd-tribut-des-afro-americains_6036057_3210.

    #Paywall

    Les chiffres sont encore partiels, mais ils ne laissent guère de place au doute. Partout aux Etats-Unis où elle est connue, la proportion des Afro-Américains emportés par l’épidémie de Covid-19 dépasse de beaucoup leur part dans la population.

    Cet écart est particulièrement frappant dans le comté de Milwaukee, dans le Wisconsin, où les Noirs représentent 70 % des décès alors qu’ils ne comptent que pour 26 % dans la population. Mais il est tout aussi élevé dans l’Illinois, à Chicago (67 % des décès pour seulement 32 % de la population), ou encore en Louisiane (70 % des décès pour 32 % de la population), selon les chiffres du Washington Post.

    #Covid-19 #Etats-Unis

    • (...) Les Centres de contrôle et de prévention des maladies ont publié, mercredi 8 avril, de premiers résultats nationaux qui confirment cette tendance. Les Afro-Américains représentent 33 % des hospitalisations liées à la pandémie alors qu’ils ne comptent que pour 13 % dans la population. Les chiffres sont respectivement de 45 % et de 64 % pour les Blancs.
      Donald Trump s’en est alarmé lors de son briefing quotidien, mardi, notant « des impacts accrus » sur la communauté afro-américaine. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour relever ce défi, c’est un énorme défi, c’est terrible, pour fournir un soutien aux citoyens afro-américains de ce pays qui sont particulièrement touchés », a-t-il ajouté. « C’est disproportionné, ils sont très durement touchés », a-t-il insisté.

      Accès moindre aux soins

      Présent à ce briefing, le directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, Anthony Fauci, devenu la figure médicale la plus respectée dans cette crise, selon un sondage publié mercredi par l’institut Morning Consult, a apporté des éléments de réponse. « Nous avons un problème particulièrement difficile d’exacerbation d’une disparité en matière de santé », a-t-il admis. « Nous savons, littéralement depuis toujours, que des maladies comme le diabète, l’hypertension, l’obésité et l’asthme affectent de manière disproportionnée les populations minoritaires, en particulier les Afro-Américains », a-t-il noté.

      « Malheureusement, lorsque vous regardez les antécédents de santé qui conduisent à un mauvais résultat avec le coronavirus, ce qui mène les gens dans les unités de soins intensifs, ce qui nécessite une intubation et conduit souvent à la mort, ce ne sont que ces mêmes #comorbidités, qui, malheureusement, sont disproportionnellement répandues dans la population afro-américaine », a-t-il expliqué. « Nous sommes donc très préoccupés par cela. C’est très triste. Il n’y a rien que nous puissions faire pour le moment, sauf pour essayer de leur prodiguer les meilleurs soins possible afin d’éviter ces complications », a conclu M. Fauci.

      Cette situation a été illustrée par Jerome Adams, l’administrateur de la santé publique (surgeon general) des Etats-Unis. « Je fais moi-même de l’hypertension. J’ai une maladie du cœur et j’ai déjà passé une semaine en réanimation à cause d’un problème cardiaque », a-t-il confié à la chaîne CBS. « Je fais de l’asthme et je suis prédiabétique. J’illustre ce que c’est de grandir pauvre et noir en Amérique », a ajouté ce proche du vice-président Mike Pence. La récurrence de ces antécédents s’explique par un moindre #accès_aux_soins et par des taux élevés de personnes non assurées.

      Pour une bonne partie de la communauté afro-américaine, ce passif sanitaire se double en outre d’une exposition plus élevée au Covid-19, parmi le personnel soignant ou les commerces considérés comme essentiels. La presse américaine a longuement raconté l’histoire d’un chauffeur de bus de Detroit (Michigan), Jason Hargrove. Ce dernier s’était indigné le 21 mars sur son compte Facebook du comportement d’une passagère qui avait toussé de manière répétée à bord de son véhicule sans prendre la moindre des précautions.

      « Nous sommes ici au service du public, nous faisons notre travail, essayons de gagner notre vie honnêtement pour prendre soin de nos familles », avait-il déclaré, très amer. Dix jours plus tard, il était emporté par le virus. Le comté de Wayne, qui englobe Detroit, comptait alors 130 morts imputés au Covid-19. Ce bilan a été multiplié par plus de trois depuis, là encore avec une écrasante majorité d’ Afro-Américains. Ils comptent pour 43 % des morts de l’Etat du Michigan liés au virus, pour seulement 14 % de la population.
      La réalité est peut-être même encore plus sombre que ne le laissent entendre les chiffres disponibles, encore parcellaires. Les Etats pour l’instant les plus touchés, celui de Washington, la Californie, l’Etat de New York ou encore le New Jersey, ne publient pas, en effet, de statistiques prenant en compte le facteur racial.

      Dans une tribune publiée le 8 avril par le New York Times, une représentante de l’American Medical Association, la plus importante association de médecins et d’étudiants en médecine des Etats-Unis, Aletha Maybank, a réclamé la publication de telles statistiques. Les sénatrices démocrates Elizabeth Warren (Massachusetts) et Kamala Harris (Californie) en ont fait de même, assurant qu’elles permettraient de mieux lutter contre la pandémie.

      « Les catastrophes naturelles et les épidémies aggravent le fardeau des maladies dont souffrent certaines communautés », a indiqué Aletha Maybank, rappelant que pendant l’épidémie de grippe espagnole, en 1918, les politiques de discrimination (les lois Jim Crow) « signifiaient que les Noirs recevaient des soins inférieurs, quand ils en recevaient ».

      « De nombreuses études empiriques confirment de grosses différences d’espérance de vie selon la race et l’origine ethnique, des écarts qui apparaissent aux niveaux national et local. A Chicago, par exemple, il existe un écart de neuf ans entre l’espérance de vie des résidents noirs et blancs, avec plus de 3 000 décès en excès parmi des Noirs chaque année », a-t-elle poursuivi. Le coronavirus pourrait creuser ce fossé.

      Lorsque la rust belt sera touchée par l’épidémie, on verra des Blancs affectés par la même disproportion.

      #Afro-Américains #racisme_structurel #pauvreté

  • La Genevoise #Licia_Chery publie un livre jeunesse contre le racisme

    Après avoir sorti un album en mai dernier, la Genevoise d’origine haïtienne Licia Chery vient de publier son premier ouvrage, « #Tichéri_a_les_cheveux_crépus ». Un #livre jeunesse contre le racisme et les préjugés.

    https://www.rts.ch/info/culture/livres/11085058-la-genevoise-licia-chery-publie-un-livre-jeunesse-contre-le-racisme.htm
    #préjugés #stéréotypes #racisme #xénophobie #racisme_ordinaire #normalité #racisme_structurel #micro-agression

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    Tichéri a les cheveux crépus

    Tichéri est une petite fille de 7 ans. Elle vit à Genève, en Suisse.

    Intelligente, drôle, et curieuse, elle croque la vie à pleines dents !

    Découvre ses aventures au fil de tes lectures !


    https://www.editions-amalthee.com/catalogue-livres-editions-nantes/jeunesse/ticheri-a-les-cheveux-crepus
    #cheveux #livre_pour_enfants

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