• Discour a Angoulême le 16 Mars - A propos de l’effondrement et l’écologie insurectionelle

    Published on Mar 20, 2019

    Je ne prends pas la parole aujourd’hui pour dire des choses plaisantes, en matière d’écologie malheureusement, malgrés les mobilisations qui montent partout il est difficile de parler de chosesplaisantes.

    Le constat est simple et partagé par de nombreuses mobilisations étudiantes et insurrectionnelles ainsi que par un consensus scientifique.

    Notre avenir à court terme verra advenir l’effondrement de la civilisation humaine thermo-industrielle et mondialisée, nous sommes face à l’échec de presque 30 ans de mobilisation écologique et social. Les rares victoires sont certes symboliques mais dérisoires face à l’ampleur de la catastrophe à venir et son impact sur nous-mêmes, nos proches ainsi que sur l’entièreté du vivant.
    Si rien est fait, il n’y aura plus d’humains, nous nous éteindrons.

    Nous devrions paniquer, il nous reste 10 ans avant d’avoir planté le dernier clou du cercueil, Notre agenda, nos méthodes ainsi que nos projets à long termes doivent être revu drastiquement.

    Les institution sont sourde et aveugle, occupée par une orgie de profit comme jamais dans notre histoire. Elles dictent le rythme et la portée de nos réformes, décide de l’écho de nos voix et de l’application de nos revendication. Deux millions de personnes signe des pétitions et rien n’est fait, des milliers de scientifiques signent des études et des tribunes et rien n’est fait. Et pire encore quand les actions de ceux qui prennent au sérieux la situation dérange l’état leur envoi la police ou l’état les empêche de manifester. Ce que cet état nous propose est un changement léthargique, contrôlé, qui ne perturbera pas le déroulement des affaires.

    De Youna Morette a Greta Thunberg, la jeunesse se rend compte de la déconnexion totale des Élites. Parmis les individus, beaucoup comprennent la nécessité de faire passer l’écologie a un stade insurrectionnelle. Et cela se fera avec vous ou échouera.

    Il ne suffit pas de faire notre part de tri sélectif, de potager, de lopin de terre, de guide de survie ou de communauté autogérée. L’état de la situation actuelle voit apparaître des scénarios à plus de 8°c sur la surface du globe. Nous ne pouvons nous permettre d’être la soupape écologique de ce système. Nous ne devons pas être cette caution qui donne l’illusion que les choses changent.

    Notre objectif, ce pourquoi j’espère beaucoup sont là aujourd’hui, partout en France, en Europe et dans le monde c’est la survie du vivant ; ni plus ni moins . Prenez la juste mesure de cet enjeu et comprenez ce qu’il implique dans notre contexte politique actuel où, le haut conseil pour le climat n’est qu’un tranquillisant pour l’opinion publique, où plus des deux tiers du budget de l’état est capté par les 1% les plus riches et où barbouzerie et violences policières deviennent des normes.

    A la vue du contexte politique et de l’état des écosystèmes la seule forme critique et d’action possible est radicale.

    Notre mobilisation doit se réapproprier et réinventer des modèles de luttes qui sont aujourd’hui complètement absorbés et contenus par le système et ses lobbies. Ces modes de luttes seront inévitablement réprimés. Il faut s’attendre à ce que les écologistes de demain soient traités comme les gilets jaunes d’aujourd’hui voire pire encore. N’oublions pas ce que disait Mandela : “C’est toujours l’oppresseur et non l’opprimé qui détermine la forme de la lutte.” Nous l’avons constaté à Notre-dame-des-Landes. La plus grande victoire écologique de ces dernières années en France a été obtenue grâce à la désobéissance civile.

    N’attendons pas forcément la masse, elle nous rejoindra toujours après. Formons des équipes, trouvons des amis et repoussons les limites de la puissance et de l’intelligence de nos actions. Visons l’efficacité plutôt que le débat perpétuel. Que partout fleurissent une organisation insurrectionnelle radicale sous pleins de formes. Car nous devons sauver le vivant et nous ne pourrons y arriver sans confrontations avec les instances dirigeantes.

    Si aujourd’hui nous sommes ici c’est pour garantir un futur vivable à nos enfants.Je finirais par citer un aviateur qui disait : “L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre il ne faut pas chercher à le prévoir mais il faut se le permettre”.

    Résistons à l’extinction ! Luttons !

    https://www.youtube.com/watch?v=zO1EFO9_FY4

    #gilets_jaunes #climat #effondrement #radicalité


  • On S’est Planté...

    Sincèrement, on s’est planté. L’inconfort précède le changement, et cette discussion que j’ai eue avec Félicien (Biais Vert) est fortement inconfortable et absolument NÉCESSAIRE.

    https://www.youtube.com/watch?v=lvdckQKKz_Q&feature=youtu.be


    #marches_pour_le_climat #climat #résistance #marche_pour_le_climat #écologie #alarmisme #radicalité #continuité #urgence_climatique #attente #vidéo #stratégie #stratégies_de_lutte


  • Depuis quelques jours, le collectif Désarmons-les se fait régulièrement agresser. Voici son communiqué :
    MISE AU POINT, sur les menaces que nous recevons.
    https://desarmons.net/index.php/2019/02/04/mise-au-point-sur-les-menaces-que-nous-recevons

    Depuis quelques jours, nous nous faisons régulièrement agresser.

    Notre collectif existe depuis 2012. Depuis 2014, il s’organise quotidiennement auprès de personnes mutilées par la police, y compris déjà en 1999. Certain-es de ces blessé-es graves l’ont été dans les quartiers populaires, d’autres en marge de matchs de foot, tous n’ont pas les mêmes convictions politiques. Nous n’avons pas attendu le mouvement des gilets jaunes.

    Oui, il y avait des blessé-es grave avant les gilets jaunes. Nous en comptions au moins 53 avant le mois de novembre 2018. On en parlait peu. Notre combat était peu visible. Nous n’avons jamais cherché la reconnaissance, notre priorité étant d’aider les blessé-es dans leur combat, en apportant un soutien juridique, psychologique, politique, selon des principes clairs et en accord avec une analyse radicale du système actuel.

    Depuis quelques semaines, des enjeux de pouvoir ont pris leur place dans un combat que nous menons depuis des années avec bienveillance. Des gens se présentent en icônes d’un mouvement qui avait pourtant affirmé qu’il ne voulait pas de porte-paroles, écrasant au passage les pieds des autres. Certaines croient également pertinent de dire qu’ils sont « neutres » et que leur action est « apolitique », tout en laissant agir des populistes de la droite dure et en condamnant les militants antifascistes qui combattent l’hydre fasciste avec conviction (autant préciser qu’on ne la combat pas avec des fleurs).

    Nous ne sommes pas d’accord avec cette neutralité, car pour nous les violences d’État, dont font partie les violences racistes et les violences policières, sont un problème politique. Depuis des années, nous essayons de faire admettre au plus grand nombre que ce ne sont pas des « dérapages », des « bavures », mais des violences systémiques, institutionnelles, assumées par le pouvoir.

    Aujourd’hui, nous faisons l’objet d’insultes diverses et de menaces.

    Des gens nous disent que nous mentons et que nous « ne maîtrisons pas notre sujet », sans avoir lu un seul des articles de notre site internet. Nous mettons au défi qui que ce soit de trouver un mensonge sur notre site ou une information qui soit fausse.

    Depuis quelques jours, nous faisons également l’objet d’attaques verbales et de menaces de personnes qui ne supportent pas la critique politique et ne sont pas capables d’autocritique, exigeant de nous qu’on supprime des publications sous prétexte qu’elles leur déplaisent, confondent « critique » et « appel à la haine ».

    Parmi elles, des personnes qui se disent « medics » et ont inventé un clivage entre « street medics » et « médics », comme si ces catégories existaient avant que ces mêmes personnes ne débarquent et négocient leur intervention avec les autorités, niant et piétinant du même coup des décennies de pratiques militantes, réfléchies et autonomes (qu’elles semblent mépriser). « street medic » n’est pas une identité, mais une pratique, au même titre que les « legal team » (soutien juridique), les « trauma team » (soutien psychologique), le « black bloc » (tactique collective permettant d’agir et se défendre en bénéficiant de l’anonymat), les « zones d’autonomie temporaire » ou les « cantines mobiles ». Cette pratique a une histoire et une philosophie, qui remonte au mouvement américain des droits civiques. Elle n’a jamais été neutre, ni apolitique.

    Déjà en 2012, nous avions des liens constants avec des groupes de « street medics ». Sur certaines manifestations, nous avons nous-mêmes été street medics.

    Faire « street medic », c’est être capable d’humilité, refuser la professionnalisation, dans le but de protéger les manifestant-es de la répression et d’organiser le soin en manifestation autour de principes de lutte clairs, qui n’acceptent aucune négociation avec les flics pour quémander le droit d’agir. Oui, être medic en manif, ce n’est pas offrir un substitut à la sécurité civile ou aux pompiers : il s’agit d’un combat politique, pas de l’encadrement légal d’un événement festif.

    Toutes celles et ceux qui voient dans ces pratiques une manière égocentrique d’exister, d’avoir de la reconnaissance, de se faire passer pour des héros, n’ont pas compris l’esprit de la chose.

    On n’a pas à nous faire des pressions parce que nous dénonçons les compromis avec la police. Nous avons nos valeurs et principes, nous les défendrons. Que ceux à qui ça ne plaît pas passent leur chemin au lieu de nous empêcher d’agir et de nous faire perdre notre temps.

    Laissez nous respirer !

    (je l’ai copié en entier parce que je veux être sûre qu’il soit lu, tant ses bases politiques / éthiques sont importantes !)

    #apolitisme #streetmedics #street_medic #trauma_team #legal_team #black_bloc #radicalité #oppression_systémique

    • ajout sur leur facebook : Une liste non exhaustive des avocat-es que Désarmons-les ! conseille, pour des raisons liées à leur compréhension des enjeux de la défense collective, leur fiabilité, leur accessibilité et leur engagement personnel dans la défense de personnes touchées par la répression ou les violences policières :

      Lucie SIMON (Paris / IDF) : 06 33 50 30 64
      Raphael KEMPF (Paris / IDF) : 06 28 06 37 93
      Ainoha PASCUAL (Paris / IDF) : 07 68 97 17 68
      Eduardo MARIOTTI (Paris / IDF) : 07 68 40 72 76
      Alice BECKER (Paris / IDF) : 06 23 76 19 82
      Samuel DELALANDE (Paris / IDF) : 06 01 95 93 59
      Matteo BONAGLIA (Paris / IDF) : 01 40 64 00 25
      Emilie BONVARLET (Paris / IDF) : 06 23 53 33 08
      Xavier SAUVIGNET (Paris / IDF) : 01 56 79 00 68
      Arié ALIMI (Paris / IDF) : 06 32 37 88 52
      Chloé CHALOT (Rouen) : 06 98 83 29 52
      Claire DUJARDIN (Toulouse / SUD OUEST) : 06 74 53 68 95
      Romain FOUCARD (Bordeaux / SUD OUEST) : 07 62 07 73 56
      Muriel RUEF (Lille / NORD) : 06 84 16 63 02
      Florian REGLEY (Lille / NORD) : 07 83 46 30 82
      Maxime GOUACHE (Nantes / OUEST) : 06 59 89 37 57
      Pierre HURIET (Nantes / OUEST) : 06 15 82 31 62
      Stephane VALLEE (Nantes / OUEST) : 06 09 93 94 61
      Florence ALLIGIER (Lyon / EST) : 06 07 27 41 77
      Olivier FORRAY (Lyon / EST) : 04 78 39 28 28
      Christelle MERCIER (Saint Etienne / EST) : 06 28 67 53 52
      Jean Louis BORIE (Clermont Ferrand / CENTRE) : 04 73 36 37 35

    • On remarquera que certain.e.s leaders blessé.e.s ne l’ont pas été dans un groupe de manifestant.e.s agité.e.s mais étaient seuls, dans un coin calme, presque en retrait.

      Exemple, Louis Boyard :

      à l’écart et sans gilet jaune, il prend la décision de s’éloigner « sans courir ».

      https://www.liberation.fr/checknews/2019/02/04/le-president-de-l-union-nationale-lyceenne-louis-boyard-a-t-il-ete-victim

      Questions :
      Qui donne l’ordre aux policiers de blesser volontairement les opposant.e.s qui dérangent ?
      Qui fournit les noms des opposants.e.s à « neutraliser » ?

      – Ministère de l’intérieur ?
      – Attaché au cabinet du président de la république ?
      – Direction de la police ?


  • Contribution à l’émergence de territoires libérés
    de l’emprise étatique et marchande

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/Contribution-a-l-emergence-de-territoires-liberes-de-l-emprise-etati

    Fort du constat que « jamais la terre et la vie n’ont été dévastées, avec un tel cynisme, pour un motif aussi absurde que cette course au profit », Raoul Vaneigem se prête au jeu du « que faire ? ». Il tente d’échapper aux vaines injonctions au « devoir de lucidité » en livrant ses proposions : réunir « la conquête du pain et la conquête de la vie authentique » par l’émergence de territoires libérés de l’emprise étatique et marchande.

    Raoul Vaneigem commence par un traditionnel état des lieux, dézingue à tout va : la dictature du profit et le culte de l’argent, le totalitarisme démocratique qui a « si bien gangrené les mentalités que personne ne refuse de payer à l’État des impôts qui, loin d’améliorer le sort des citoyens, servent désormais à renflouer les malversations bancaires », la désertification de la terre et de la vie quotidienne, la colonisation consumériste, le capitalisme spéculatif et financier et la résignation qui entérine le tout. Le capitalisme moderne a réduit la valeur d’usage à zéro tandis que la valeur marchande tend vers l’infini : « La valeur spectaculaire est une valeur marchande. » (...)

    #Raoul_Vaneigem #autogestion #vie_quotidienne #Notre-Dame-des-Landes #que_faire #radicalité #Chiapas #zapatistes #recension


  • Que signifie être radical chez Paulo Freire ? - Questions de classe(s)
    https://www.questionsdeclasses.org/?Que-signifie-etre-radical-chez-Paulo-Freire

    L’ensemble de l’œuvre de Paulo Freire est traversé par la notion de radicalité depuis ses premiers ouvrages L’Éducation, pratique de liberté (1967) et Pédagogie des opprimés (1968) jusqu’à Pédagogie de l’autonomie (1996). Dans ses écrits, cette notion s’exprime à travers les noms communs de « radicalisation », de « radicalité » et à travers l’adjectif « radical ». Alors que se structure en France un réseau militant autour d’une charte de pédagogies radicales qui se réfère à Paulo Freire, il nous a semblé intéressant de revenir sur la notion de radicalité telle qu’elle se présente dans l’œuvre du pédagogue brésilien pour répondre ainsi à la question : Que signifie être radical chez Paulo Freire ?

    #Paulo_Freire #pédagogie #éducation #radicalité


  • ÊTRE SUR ZONE… Par Alèssi Dell’Umbria
    https://lundi.am/ETRE-SUR-ZONE-Par-Alessi-Dell-Umbria

    Au sein du mouvement contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, des perceptions extrêmes se sont toujours opposées. Elles se retrouvaient sur la ZAD même. Ce ne fut pas toujours facile de les combiner mais enfin le mouvement a tiré sa force de cette composition, qui lui a permis de s’exprimer sur des modes variés, depuis le blocage du périphérique jusqu’à des recours juridiques en passant par des journées portes ouvertes et par l’émeute pure et simple. Du tirage et des désaccords, il y en eut (...)


  • Définir la notion de « radicalité » – Fragments sur les Temps Présents
    https://tempspresents.com/2018/04/16/definir-la-notion-de-radicalite

    La notion de « radicalité politique » est plurielle et sujette à multiples interprétations. Dans le débat public, on applique en général le qualificatif de radical à des mouvements ou des idées pour en souligner la distance à la norme admise, dans l’intention éventuelle de les rejeter à la périphérie du système politique.

    C’est ainsi que nous voyons apparaître les termes radicalisation, radical, radicalisme, ultra, extrême parfois utilisés de façon indifférenciée dans les médias ou chez les hommes politiques.

    Or, les règles juridiques régissant les organisations partisanes peuvent servir de point d’appui pour dresser une définition opératoire et objectivée de la notion de radicalité politique. Nous proposons ainsi, pour mieux comprendre ce dont on parle quand on utilise cette expression, de nous appuyer sur le droit français envisagé comme fil conducteur, étant entendu que celui-ci peut-être extrapolé à d’autres contextes politico-juridiques et donc d’autres aires culturelles – en conservant à l’esprit que le sens même des mots extrémismes et radicalités sont très variable selon les contextes.


  • Les œillères de la « Tentation radicale »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/080418/les-oeilleres-de-la-tentation-radicale

    La Tentation radicale. Enquête auprès des lycéens affirme qu’il existe un « effet #islam » sur la radicalité des jeunes. Partisan d’une sociologie prétendument « objective », cette enquête quantitative d’ampleur, qui s’appuie sur nombre de tableaux et de pourcentages, sous-estime le poids des discriminations dans la rancœur de certains descendants d’immigrés vis-à-vis de la communauté nationale, et perd en finesse d’analyse.

    #Culture-Idées #Anne_Muxel #CNRS #La_tentation_radicale #Olivier_Galland #Patrick_Simon #Radicalité #Téo


  • « Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe » de Gayle Rubin : Gayle Rubin et le sexe radical (recension par Éric Fassin, Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/13/surveiller-et-jouir-anthropologie-politique-du-sexe-de-gayle-rubin_1465008_3

    Cependant, une #radicalité nouvelle gagnait du terrain au sein du #féminisme, constituant la #pornographie et la #prostitution en emblèmes de la #domination_masculine. C’est en 1982, à Barnard College (New York), qu’éclatent au grand jour les #sex_wars. Non pas la « guerre des sexes » que le conservatisme français imputera dix ans plus tard à l’Amérique du « #politiquement_correct », mais les « #guerres_du_sexe » qui déchirent alors le féminisme entre deux logiques radicales inconciliables. Si le #sexe est politique dans les deux cas, pour le féminisme de la #domination, l’#oppression passe par la #sexualité, tandis que pour le féminisme du #désir, c’est la #libération qui passe par la sexualité.

    Certes, le colloque de Barnard vise à penser ensemble « le plaisir et le danger », soit la tension entre #jouissance et #violence. Toutefois, en butte aux attaques virulentes de leurs adversaires, qui voient en elles des collaboratrices de la domination, les participantes traitent surtout de libération. Les unes n’hésitent pas à faire alliance […] avec les conservateurs de la #Majorité_morale et la répression « #antisexe ». Les autres finissent par se dire « #pro-sexe », dans un front commun des #minorités_sexuelles où le #féminisme_radical céderait la place à un libéralisme respectueux de la #diversité des pratiques et des orientations. C’est dans ce contexte que Rubin théorise la distinction entre #genre et sexualité. Mais, faute de les articuler ensuite, n’est-ce pas s’exposer à entériner un Yalta du féminisme : à l’#hétérosexualité la domination de genre, à l’#homosexualité la libération sexuelle ?


  • Pourquoi il faut voter Mélenchon. Texte écrit avec Edouard Louis

    https://blogs.mediapart.fr/geoffroy-de-lagasnerie/blog/160417/pourquoi-il-faut-voter-melenchon-texte-ecrit-avec-edouard-louis

    Nous comprenons bien sûr les réticences à l’égard de #Mélenchon, sa personnalité, sa rhétorique, et certains aspects de son programme. Mais voter pour Mélenchon ce n’est pas voter pour un individu, c’est voter pour une équipe, un collectif. Et peut-être avant tout, c’est voter pour qu’une dynamique de #gauche se mette en place dans l’espace politique.

    – Nous comprenons bien sûr les réticences à l’égard de Mélenchon, sa personnalité, sa rhétorique, et certains aspects de son programme. Mais voter pour Mélenchon ce n’est pas voter pour un individu, c’est voter pour une équipe, un collectif, et peut-être avant tout, c’est voter pour qu’une dynamique de gauche se mette en place dans l’espace politique. C’est l’une des rares occasions historiques pour que gagne un véritable candidat de gauche - et ce serait tellement dommage de passer à côté. C’est justement à condition qu’une telle dynamique s’installe que nous pourrons reposer d’un point de vue de gauche toutes les questions si importantes sur lesquelles nous pouvons avoir des désaccords.

    – Il n’y a plus beaucoup de sens à voter #Hamon aujourd’hui. C’est triste, mais désormais c’est un vote perdu pour la gauche ( c’est la même chose en ce qui concerne le vote pour Philippe #Poutou, ce qui est encore plus triste ). Il n’y a rien a gagner à voter pour lui. Personne à gauche ne gagne quoi que ce soit si Mélenchon perd, alors que si Mélenchon perd, toute la gauche perd. Evidemment, on peut préférer le programme d’Hamon qui est sur certains points plus novateur. Mais voter pour Mélenchon aux présidentielles n’est pas incompatible avec le fait de voter pour d’autres candidats aux #législatives. D’ailleurs, si la gauche remporte les présidentielles, cela créera un mouvement qui sera favorable à toutes les gauches.

    – Nous entendons beaucoup l’argument de l’abstention, de celles et ceux qui ne veulent plus voter ou qui n’y croient plus. Mais honnêtement, l’abstention dans le contexte de cette élection serait une attitude vide et petite-bourgeoise. C’est le contraire d’un geste radical. Il faut utiliser le #vote comme un geste #tactique, ne pas voter d’abord pour soi. Il faut aussi se méfier de tout raisonnement politique qui conduit à mesurer sa #radicalité au fait de ne rien faire. Voter, ce n’est pas adhérer à tout dans le programme de celui pour qui on vote, c’est utiliser à un moment précis un pouvoir qui nous est donné pour rendre le monde un peu moins mauvais . Il faut voter pour le chômeur qui sera la cible de la brigade de surveillance des chômeurs et qui perdra ses droits en cas de victoire de #Macron, pour le migrant qui sera expulsé et remis à la mer en cas de victoire de #Fillon, pour le manifestant, qui, si Mélenchon passe, ne se retrouvera plus face à des policiers armés de Flash-ball ou de taser - puisqu’il est pour l’interdiction immédiate de ces armes.

    – Combattre les violences policières, le racisme policier et la répression, qui sont pour nous des questions si centrales, passe aujourd’hui aussi par un vote pour Mélenchon

    – On sait que n’importe quel candidat gagnerait au second tour contre Marine #LePen. L’idée selon laquelle voter Macron serait un vote utile pour faire barrage à l’extrême-droite n’a donc aucun sens. Puisque nous savons que Le Pen a perdu, il faut poser la question autrement : Comment faire barrage à Fillon et Macron et à leur programme autoritaire et destructeur ?

    – Un point essentiel nous a frappé : un nombre si impressionnant d’associations qui luttent pour les libertés, l’écologie, les droits des animaux, la justice, les migrants, les droits des prisonniers ( parmi lesquels : #Amnesty International, Action contre la faim, le Barreau de Paris, #Greenpeace, #Acat, Politique et animaux ), montrent que Mélenchon est le candidat dont le programme est de loin le plus favorable à des avancées juridiques et politiques importantes. C’est aussi une preuve que Melenchon, en construisant son programme, a été le candidat le plus à l’écoute des exigences démocratiques.

    – Quant à la question de l’ #Europe et de l’euro, en quoi combattre ce qui s’est passé en #Grèce serait-il anti-européen ? Au contraire, critiquer la commission européenne telle qu’elle est aujourd’hui est la meilleure manière de lutter pour l’esprit de #solidarité qui était à la base de la construction de l’Europe. Il nous semble aussi que l’on aura le temps de poser toutes ces questions et de continuer ces débats plus tard, par exemple au moment des législatives ou s’il y a un referendum. Elles seront posées de manière d’autant plus démocratique si la gauche est au pouvoir.

    – Surtout, l’essentiel pour nous est peut-être ceci : Si Mélenchon gagne, l’atmosphère change. L’espace public change. L’humeur change. C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, contre l’humeur réactionnaire et nauséabonde qui règne en France, en Europe et à l’échelle internationale.

    Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie


  • 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales

    Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon. D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon. On notera qu’il s’agit d’une très petite proportion en définitive, l’absolutisme radical est très loin d’être majoritaire chez les musulmans ! Néanmoins, cette tendance est de fait plus marquée dans ce segment de notre échantillon. Lorsque l’on fait varier d’autres facteurs, comme la situation socio-économique ou la filière d’étude, cela ne change quasiment pas le résultat. Notons cependant que les garçons sont plus concernés que les filles (deux fois plus environ).

    Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland dans une entrevue menée par Fabien Trécourt, Une vaste enquête sur la radicalité chez les lycéens (Journal du CNRS, 20/03/2017). https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/face-au-terrorisme-la-recherche-en-action/une-vaste-enquete-sur-la-radicalite-chez-les

    #religion #radicalité #jeunes



  • Russian propaganda effort helped spread ‘fake news’ during election, experts say - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/business/economy/russian-propaganda-effort-helped-spread-fake-news-during-election-experts-say/2016/11/24/793903b6-8a40-4ca9-b712-716af66098fe_story.html

    PropOrNot’s monitoring report (…) identifies more than 200 websites as routine peddlers of Russian propaganda during the election season, with combined audiences of at least 15 million Americans. On Facebook, PropOrNot estimates that stories planted or promoted by the disinformation campaign were viewed more than 213 million times.

    Some players in this online echo chamber were knowingly part of the propaganda campaign, the researchers concluded, while others were “useful idiots”

    (…) Some of these stories originated with RT and Sputnik, state-funded Russian information services that mimic the style and tone of independent news organizations yet sometimes include false and misleading stories (…)

    The speed and coordination of these efforts allowed Russian-backed phony news to outcompete traditional news organizations for audience. Some of the first and most alarming tweets after Clinton fell ill at a Sept. 11 memorial event in New York, for example, came from Russian botnets and trolls, researchers found.

    (…) a variety of other false stories — fake reports of a coup launched at Incirlik Air Base in Turkey and stories about how the United States was going to conduct a military attack and blame it on Russia — to Russian propaganda efforts.

    (…) supposed election irregularities, allegations of vote-rigging and the potential for Election Day violence should Clinton win, researchers said.

    (…) the U.S. government has few tools for detecting or combating foreign propaganda. They expressed hope that their research detailing the power of Russian propaganda would spur official action.

    A former U.S. ambassador to Russia, Michael A. McFaul, said he was struck by the overt support that RT and Sputnik expressed for Trump during the campaign, even using the #CrookedHillary hashtag pushed by the candidate.

    • Oui, le sujet est intéressant car bourré de contradictions de ce type. Révolution orange à l’envers ? Nouveau McCarthyisme dirigé contre le président-élu ? Taste of their own medecine ? etc.
      On dirait qu’un gouffre s’est ouvert d’un seul coup sous les pieds de toute cette intelligentsia. C’est marrant, mais pas spécialement rassurant non plus.

    • Le thème des fake news et de leur nécessaire répression, notamment sur (et par) Facebook est devenu le truisme du moment (thème central notamment dans les journaux qui se sont fait un devoir de publier, quelques heures avant le résultat, qu’Hillary avait 98% de chances d’être élue). Après le thème des pédonazis, les fake news russes qui ont fait élire Trump et le nécessaire contrôle de l’interwebz.

    • Le contrôle des internets sera probablement un sous-produit de cette transition étrange, mais je ne crois pas que ce soit le but premier de ces discussions. C’est plutôt, il me semble, le reflet d’un appareil (militaro-industrialo-intellectuel) qui se rend compte (à tort ou à raison) que son futur commander-in-chief est le produit d’une ingérence non seulement étrangère mais russe.

    • Non, je pense que le terme fake news indique que l’on cible spécifiquement le contrôle de l’internet et que pas grand monde ne croit sérieusement à cette histoire de manipulation russe (en dehors des besoins de la propagande interne).

      (1) D’abord, Trump n’est pas le candidat d’un petit parti marginal et extrémiste (genre pro-russe) : c’est le candidat officiel du parti républicain. Les mêmes médias qui se passionnent pour les fake news présentent désormais John McCain comme un parangon de pragmatisme, alors qu’il avait fait campagne avec Sarah Palin (sérieusement, ça me troue, ça, plus personne ne semble se souvenir de Sarah Palin). La question des fake news, c’est tout de même passer à côté du fait que tout l’appareil du parti républicain est au service depuis des années d’une invraisemblable collection de débiles profonds néofascistes, racistes, islamophobes, homophobes, fondamentalistes born again, Tea Party et compagnie, sans jamais avoir eu besoin de l’aide de Vladimir Poutine et ses usines à fake news…

      (2) Pourquoi l’internet : parce que personne ne pose ici la question des fake news en dehors de l’internet. C’est quoi, sérieusement, l’influence de RT et de Spoutnik par rapport au tuyau à merde qu’a toujours été la télévision ? Fox News par exemple, c’est quelle audience aux États-Unis par rapport aux sites web russes ?

      (3) Qu’on passe de la question de l’hégémonie culturelle de Gramsci et du modèle de propagande de Chomsky à la dénonciation des fake news russes, alors que les Ricains viennent de nous imposer un néo-nazi comme nouveau Président du monde, ça me semble indiquer qu’on est dans le détournement d’attention, ce qui me ramène à l’idée du divertissement pédonazi et que le contrôle de l’internet est le seul objectif consensuel du moment.

    • Pour aller dans le sens de @Nidal, il est frappant que les fake news données en exemple dans l’extrait (je n’ai pas été voir le reste de l’article, je dois avouer) sont d’abord des informations avérées : le malaise de H. Clinton, l’isolement d’Incirlik pendant et après la tentative de coup. Qui ont en commun de gêner les narratives officielles et donc de ne trouver qu’une maigre reprise dans les médias « responsables ».

    • Smear-Mongering: a Mea Culpa for the Age of McCarthyism 2.0
      http://www.counterpunch.org/2016/11/25/smear-mongering-a-mea-culpa-for-the-age-of-mccarthyism-2-0

      The story is a smear piece just like Tailgunner Joe and Roy Cohn used to make. It makes a direct equation between dissent and treason, using the crudest, stupidest kind of cod-reasoning: if you have criticized a policy or action that Vladimir Putin has also criticized at some point (even if the reasons for your critique might differ wildly from his), then you are automatically a Russian agent or a “useful idiot.”

    • Présentation "objective" de l’article et du " dialogue assez violent " qui l’a suivi.
      http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/11/30/le-spectre-de-la-desinformation-russe-derriere-les-fake-news-sur-internet_50

      Côté équilibre de l’analyse, toute la fin est un "rappel" de l’efficacité de la machine informationnelle russe. Juste un exemple :

      Cette tactique de désinformation et de perturbation est perfectionnée depuis la guerre civile en Ukraine en 2014, où le « récit » officiel russe s’opposait à celui des médias occidentaux.

      Enlevons le pronom : où le « récit » officiel russe s’opposait [au récit] des médias occidentaux. Guillemets ou pas guillemets à la place de mes crochets ?

      En mode coquin : où le « récit » officiel russe s’opposait à la narrative des médias occidentaux.


  • La Sorbonne recrute un maître de conf’ sur la « Radicalité islamique » mais c’est quoi la « radicalité » ? Et « la radicalité islamique » ?

    Définitions Larousse

    radical, radicale, radicaux
    adjectif
    (latin médiéval radicalis, du latin classique radix, -icis, racine)

    –Qui appartient à la nature profonde, à l’essence d’un être ou d’une chose : Vice radical d’une constitution.
    –Qui présente un caractère absolu, total ou définitif : Une transformation radicale des institutions.
    –Se dit d’un genre d’action ou de moyen très énergique, très efficace, dont on use pour combattre quelque chose : Une action radicale contre la fraude.
    –Qui appartient à la racine d’une plante.
    –Qui appartient au radical ou à la racine d’un mot.

    Annonce La Sorbonne https://www.univ-paris1.fr/universite/travailler-a-luniversite/recrutement-de-personnels-enseignants/recrutement-des-enseignants-chercheurs-session-au-fil-de-leau-2016


  • Rouillan toujours sincère et encore puni. Et l’Etat Français qui ressemble de plus en plus à 1984 : il y a une vérité d’Etat qu’on n’a pas le droit de nier. Si l’Etat dit que 2+2=3, alors ceux qui disent autre choses sont des menteurs et doivent être punis. L’Arabie Saoudite est une démocratie. Israel est gentil. L’Etat d’Urgence est indispensable...

    Il juge les jihadistes de novembre « courageux » : enquête sur Rouillan, ancien d’Action directe
    Nathalie ALONSO et François BECKER, AFP, le 7 mars 2016
    https://fr.news.yahoo.com/enqu%C3%AAte-rouillan-action-directe-apologie-terrorisme-184719298.ht

    #France #Jean-Marc_Rouillan #Terrorisme #Etat_d'urgence #Vérité_d'Etat #Militantisme #politique #radicalité #contre_révolution #1984 #Big_Brother #Fascisme


  • Incroyable discours de Jean-Marc Rouillan sur une radio publique française. On se croirait presque en démocratie !

    Vive la radicalisation des gamins, non à la soumission au « droit chemin », vive la déradicalisation des traders !

    Jusqu’où pousser le concept de déradicalisation ?
    Du Grain à Moudre, France Culture, le 10 février 2016
    http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/jusquou-pousser-le-concept-de-deradicalisation-0#

    #Radicalisation #Terrorisme #Etat_d'urgence #Vérité_d'Etat #Sociologie #Militantisme #Jean-Marc_Rouillan #France_Culture


  • La grammaire de Daesh – En attendant Nadeau

    http://www.en-attendant-nadeau.fr/2016/01/12/grammaire-daesh

    La grammaire de Daesh
    par Maite Bouyssy
    Les attentats du 13 novembre ont eu une vertu d’électrochoc. Les questionnements politiques qui étaient le vrai refoulé de l’intelligentsia ont resurgi. Les relations internationales, nos politiques passées et présentes sont redevenues des préoccupations communes et c’est ainsi que le petit livre de Philippe-Joseph Salazar a pris son envol.

    #daesh #is #isis #djihadisme

    • Il éreinte, mais en note, et in cauda venenum, sait-on, le terme de #radicalité. Les politiques l’ont inventé, des commissions l’ont repris pour placer tout ce qui est autre dans l’exceptionnel car la tendance est à vouloir administrer et #gérer. La bienfaisance sociale est également aux antipodes des remèdes suggérés. Point de care devant un problème qui est le nôtre, celui de nos enfants convertis et celui de notre propre manque de charisme. La lutte possible est totalement politique quand il s’agit de lutter avec une parole forte contre une parole forte qui de surcroît sort de l’échange usuel par le recours à un immanentisme religieux.


  • Paris Jérusalem et Gaza | charlesenderlin
    http://charlesenderlin.com/2015/11/26/paris-jerusalem-et-gaza

    L’œuvre de Sayyd Qutb est à l’origine du combat islamiste contre la culture occidentale. Né en 1906 dans un village du sud de l’Égypte, devenu inspecteur de l’éducation nationale, envoyé en stage aux États Unis, en 1948, il en reviendra deux ans plus tard, profondément choqué par ce qu’il a vu. Roger Pol Droit a décrit ainsi son trajet : « Ce célibataire de quarante-deux ans, qui n’avait jamais quitté l’Égypte, arrive dans le Colorado. Chaque jour, tout le choque. Le racisme dont il est victime, mais aussi la violence des combats de boxe, les dissonances du jazz, la tenue et les regards des étudiantes, leur liberté de mœurs. Les filles américaines savent parfaitement le pouvoir séducteur de leur corps, écrit-il dans « L’Amérique que j’ai vue ». Elles savent parfaitement que la séduction réside dans les seins ronds, les fesses pleines, les jambes bien formées – et elles montrent tout cela et ne le cachent pas.[2] » Il est devenu le principal théoricien de la Confrérie des Frères musulmans. Pour lui, le monde ne peut être que séculier ou islamique et l’Islam authentique doit combattre ses ennemis de toujours : les chrétiens et surtout les Juifs. Sa théologie a été reprise et développée par Abdallah Azzam, le mentor de Ben Laden et Abou bakr Al Baghdadi le pseudo calife de Daesh. C’est cela que les occidentaux affrontent.

    PS : La critique formulée par le rabbin Méir Kahana, à l’encontre du mode de vie des Juifs américain ressemble curieusement à celle de Sayyd Qutb de la culture américaine. Pour le fondateur de la Ligue de défense juive : « Le but des Juifs américains est d’éviter autant que possible toute difficulté et de s’assurer du plus de plaisir possible. Les valeurs sont entièrement centrées sur l’argent et le prix des voitures, d’un réfrigérateur, d’un appareil de télévision et des vêtements. L’objet de luxe d’hier est aujourd’hui devenu une nécessité. Le statut individuel n’est plus déterminé par la Torah et la piété mais par l’argent […]. Les rêves d’une voiture sophistiquée, d’une belle femme, de [beaux] vêtements et de voyages en Europe sont alimentés par la culture d’un État séculaire “normal” » Pour un fondamentaliste, l’état séculaire est l’ennemi. CQFD (Voir mon livre : Au nom du Temple. P.48)


  • Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste

    La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte personnelle. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte.

    Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970.

    Il n’y a pas de troisième, quatrième ou énième génération de djihadistes. Depuis 1996, nous sommes confrontés à un phénomène très stable : la radicalisation de deux catégories de jeunes Français, à savoir des « deuxième génération » musulmans et des convertis « de souche ».

    Le problème essentiel pour la France n’est donc pas le califat du désert syrien, qui s’évaporera tôt ou tard comme un vieux mirage devenu cauchemar, le problème, c’est la révolte de ces jeunes. Et la vraie question est de savoir ce que représentent ces jeunes, s’ils sont l’avant-garde d’une guerre à venir ou au contraire les ratés d’un borborygme de l’Histoire.

    Quelques milliers sur plusieurs millions

    Deux lectures aujourd’hui dominent la scène et structurent les débats télévisés ou les pages opinions des journaux : en gros, l’explication culturaliste et l’explication tiers-mondiste. La première met en avant la récurrente et lancinante guerre des civilisations : la révolte de jeunes musulmans montre à quel point l’islam ne peut s’intégrer, du moins tant qu’une réforme théologique n’aura pas radié du Coran l’appel au djihad. La seconde évoque avec constance la souffrance postcoloniale, l’identification des jeunes à la cause palestinienne, leur rejet des interventions occidentales au Moyen-Orient et leur exclusion d’une société française raciste et islamophobe ; bref, la vieille antienne : tant qu’on n’aura pas résolu le conflit israélo-palestinien, nous connaîtrons la révolte.

    Mais les deux explications butent sur le même problème : si les causes de la radicalisation étaient structurelles, alors pourquoi ne touche-t-elle qu’une frange minime et très circonscrite de ceux qui peuvent se dire musulmans en France ? Quelques milliers sur plusieurs millions.

    [...]

    Islamisation de la radicalité

    Presque tous les djihadistes français appartiennent à deux catégories très précises : ils sont soit des « deuxième génération », nés ou venus enfants en France, soit des convertis (dont le nombre augmente avec le temps, mais qui constituaient déjà 25 % des radicaux à la fin des années 1990). Ce qui veut dire que, parmi les radicaux, il n’y a guère de « première génération » (même immigré récent), mais surtout pas de « troisième génération ». Or cette dernière catégorie existe et s’accroît : les immigrés marocains des années 1970 sont grands-pères et on ne trouve pas leurs petits-enfants parmi les terroristes. Et pourquoi des convertis qui n’ont jamais souffert du racisme veulent-ils brusquement venger l’humiliation subie par les musulmans ? Surtout que beaucoup de convertis viennent des campagnes françaises, comme Maxime Hauchard, et ont peu de raisons de s’identifier à une communauté musulmane qui n’a pour eux qu’une existence virtuelle. Bref, ce n’est pas la « révolte de l’islam » ou celle des « musulmans », mais un problème précis concernant deux catégories de jeunes, originaires de l’immigration en majorité, mais aussi Français « de souche ». Il ne s’agit pas de la radicalisation de l’islam, mais de l’islamisation de la radicalité.

    Qu’y a-t-il de commun entre les « deuxième génération » et les convertis ? Il s’agit d’abord d’une révolte générationnelle : les deux rompent avec leurs parents, ou plus exactement avec ce que leurs parents représentent en termes de culture et de religion. Les « deuxième génération » n’adhèrent jamais à l’islam de leurs parents, ils ne représentent jamais une tradition qui se révolterait contre l’occidentalisation. Ils sont occidentalisés, ils parlent mieux le français que leurs parents. Tous ont partagé la culture « jeune » de leur génération, ils ont bu de l’alcool, fumé du shit, dragué les filles en boîte de nuit. Une grande partie d’entre eux a fait un passage en prison. Et puis un beau matin, ils se sont (re)convertis, en choisissant l’islam salafiste, c’est-à-dire un islam qui rejette le concept de culture, un islam de la norme qui leur permet de se reconstruire tout seuls. Car ils ne veulent ni de la culture de leurs parents ni d’une culture « occidentale », devenues symboles de leur haine de soi.

    La clé de la révolte, c’est d’abord l’absence de transmission d’une religion insérée culturellement. C’est un problème qui ne concerne ni les « première génération », porteurs de l’islam culturel du pays d’origine, mais qui n’ont pas su le transmettre, ni les « troisième génération », qui parlent français avec leurs parents et ont grâce à eux une familiarité avec les modes d’expression de l’islam dans la société française : même si cela peut être conflictuel, c’est « dicible ».

    [...]

    Des jeunes en rupture de ban

    Les jeunes convertis par définition adhèrent, quant à eux, à la « pure » religion, le compromis culturel ne les intéresse pas (rien à voir avec les générations antérieures qui se convertissaient au soufisme) ; ils retrouvent ici la deuxième génération dans l’adhésion à un « islam de rupture », rupture générationnelle, rupture culturelle, et enfin rupture politique. Bref, rien ne sert de leur offrir un « islam modéré », c’est la radicalité qui les attire par définition. Le salafisme n’est pas seulement une question de prédication financée par l’Arabie saoudite, c’est bien le produit qui convient à des jeunes en rupture de ban.

    [...]

    En rupture avec leur famille, les djihadistes sont aussi en marge des communautés musulmanes : ils n’ont presque jamais un passé de piété et de pratique religieuse, au contraire. Les articles des journalistes se ressemblent étonnamment : après chaque attentat, on va enquêter dans l’entourage du meurtrier, et partout c’est « l’effet surprise : « On ne comprend pas, c’était un gentil garçon (variante : “Un simple petit délinquant”), il ne pratiquait pas, il buvait, il fumait des joints, il fréquentait les filles… Ah oui, c’est vrai, il y a quelques mois il a bizarrement changé, il s’est laissé pousser la barbe et a commencé à nous saouler avec la religion. » Pour la version féminine, voir la pléthore d’articles concernant Hasna Aït Boulahcen, « Miss Djihad Frivole ».

    [...]

    La violence à laquelle ils adhèrent est une violence moderne, ils tuent comme les tueurs de masse le font en Amérique ou Breivik en Norvège, froidement et tranquillement. Nihilisme et orgueil sont ici profondément liés.

    Cet individualisme forcené se retrouve dans leur isolement par rapport aux communautés musulmanes. Peu d’entre eux fréquentaient une mosquée. Leurs éventuels imams sont souvent autoproclamés. Leur radicalisation se fait autour d’un imaginaire du héros, de la violence et de la mort, pas de la charia ou de l’utopie. En Syrie, ils ne font que la guerre : aucun ne s’intègre ou ne s’intéresse à la société civile. Et s’ils s’attribuent des esclaves sexuelles ou recrutent de jeunes femmes sur Internet pour en faire des épouses de futurs martyrs, c’est bien qu’ils n’ont aucune intégration sociale dans les sociétés musulmanes qu’ils prétendent défendre. Ils sont plus nihilistes qu’utopistes.

    Aucun ne s’intéresse à la théologie

    Si certains sont passés par le Tabligh (société de prédication fondamentaliste musulmane), aucun n’a fréquenté les Frères musulmans (Union des organistions islamiques de France), aucun n’a milité dans un mouvement politique, à commencer par les mouvements propalestiniens. Aucun n’a eu de pratiques « communautaires » : assurer des repas de fin de ramadan, prêcher dans les mosquées, dans la rue en faisant du porte-à-porte. Aucun n’a fait de sérieuses études religieuses. Aucun ne s’intéresse à la théologie, ni même à la nature du djihad ou à celle de l’Etat islamique.

    Ils se radicalisent autour d’un petit groupe de « copains » qui se sont rencontrés dans un lieu particulier (quartier, prison, club de sport) ; ils recréent une « famille », une fraternité. Il y a un schéma important que personne n’a étudié : la fraternité est souvent biologique. On trouve très régulièrement une paire de « frangins », qui passent à l’action ensemble (les frères Kouachi et Abdeslam, Abdelhamid Abaaoud qui « kidnappe » son petit frère, les frères Clain qui se sont convertis ensemble, sans parler des frères Tsarnaev, auteurs de l’attentat de Boston en avril 2013). Comme si radicaliser la fratrie (sœurs incluses) était un moyen de souligner la dimension générationnelle et la rupture avec les parents. La cellule s’efforce de créer des liens affectifs entre ses membres : on épouse souvent la sœur de son frère d’armes. [...]

    Les terroristes ne sont donc pas l’expression d’une radicalisation de la population musulmane, mais reflètent une révolte générationnelle qui touche une catégorie précise de jeunes.

    Pourquoi l’islam ? Pour la deuxième génération, c’est évident : ils reprennent à leur compte une identité que leurs parents ont, à leurs yeux, galvaudée : ils sont « plus musulmans que les musulmans » et en particulier que leurs parents. L’énergie qu’ils mettent à reconvertir leurs parents (en vain) est significative, mais montre à quel point ils sont sur une autre planète (tous les parents ont un récit à faire de ces échanges). Quant aux convertis, ils choisissent l’islam parce qu’il n’y a que ça sur le marché de la révolte radicale. Rejoindre Daech, c’est la certitude de terroriser.

    Olivier Roy

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

    • Deux petites questions :

      1) « Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder ». Même si j’apprécie beaucoup le reste de l’article, je ne vois pas en quoi le fait que Daech envoie des Français plutôt que des Syriens rend cette hypothèse (« pour dissuader le gouvernement français de le bombarder ») fausse ?

      2) Quelles sont les différences fondamentales (autres que politiques ou religieuses bien sûr, plutôt du côté psychologique ou social entre autres) entre un jeune qui aujourd’hui s’engage dans Daech et un jeune qui dans les années 1970 s’engageait dans la bande à Baader ?

    • Quelles sont les différences fondamentales (autres que politiques ou religieuses bien sûr, plutôt du côté psychologique ou social entre autres) entre un jeune qui aujourd’hui s’engage dans Daech et un jeune qui dans les années 1970 s’engageait dans la bande à Baader ?

      Le niveau de décomposition de la synthèse sociale capitaliste.

      Au-delà et en-deçà des phénomènes « économiques » (chômage de masse, crise environnementale, démantèlement de l’état-providence...) la synthèse sociale capitaliste produit aussi une certaine forme de sujet qui lui est propre et dont les évolutions sont liées à sa décomposition.

      Historiquement, le capitalisme a d’abord forgé le sujet autoritaire, dans lequel des dimensions pré-capitalistes ont été reprises et re-déterminées par les nécessites de la valorisation du capital (c’est le capitalisme de caserne vécu, subi, mais aussi souvent promu aussi bien par l’État, les patrons que par les organisations ouvrières)

      Et puis, au tournant des années 1970, le capitalisme ne peut plus reproduire sa forme de vie sur ses propres base. Le travail productif, pfuitt, disparait à un rythme qui ne peut plus être contré par des tendances compensatrices. Sous les coups de butoir du capitalisme lui-même, sa course à la productivité le mine, contradiction interne qui l’anime et le condamne tout à la fois.

      Du coup, le noyau profond du sujet capitaliste émerge, raboté par l’éviction des dernières scories pré-capitalistes. C’est le règne explicite, au grand jour, du sujet narcissique, du sujet évidé, sans contenu propre (et par là bien conforme aux besoins du capitalisme qui a besoin de personnalités fluides, mais par là-même fragile, prête à s’effondrer à tout moment)

    • Peut-être aussi des parallèles à faire avec la politisation des skinheads dans les années 80... Lumpenproletariat flirtant avec la délinquance et embrigadé comme milice... Et plus loin on peut penser à une partie du vivier de recrutement des Sturmabteilungen.

    • Effectivement, il répond en partie... alors que cette interview date d’il y a un an !!! Merci ! (bon, sauf qu’à l’époque, Olivier Roy différencie Al Qaida de Daech, par le fait que Daech n’intervient pas en occident, tout en reconnaissant que ça peut encore dégénérer, ce en quoi il n’avait pas tort, et en donnant des pistes pour l’éviter, mais il n’a pas été écouté...)

      http://www.franceinter.fr/emission-le-79-olivier-roy-les-jeunes-djihadistes-sont-fascines-par-la-v

    • Effectivement, on ne peut pas mettre la R.A.F. et Daesh dans le même sac d’une « radicalité en soi », se fourvoyant ad nauseam dans une violence nihiliste et non interrogée. C’est la limite de l’analyse de Roy, de faire de la radicalité une catégorie stable à promener d’une époque à l’autre en la rhabillant avec les frusques du moment. Le sujet « radical » est ajusté à chacune des phases et, loin d’être un sujet inchangé dans le fond, qui ferait juste le choix opportuniste de telle ou telle « cause », il exprime l’état courant de la synthèse sociale. A ce titre, le terroriste du 13 novembre est plus proche d’un Andreas Lubitz que d’une Ulrike Meinhof

    • je plussoies sur l’intervention de @ktche
      et ajoute, oui, il y a islamisation, mais il n’y a aucune radicalité dans cette affaire, le soit disant retour aux soit disant racines de l’islam n’est pas une #radicalité, sauf pour les journalistes et autres pense mou, selon eux, ce qui est violent serait radical, voilà ce qui tient pour eux lieu de définition, comme si un #attentat_massacre se devait d’être radical, comme si une bastonnade de babas par la FNSEA était radicale, et les coups de matraques de gazeuses, de flash ball de la police sont-ils radicaux ? ah ben non, c’est les forces de l’odre. Au prie c’est un mauvais emploi de la force.
      ces tueurs ne prennent rien à la racine, ils retournent à la racine pour se chosifier et chosifier, le soit retour aux origines est pas radical, il est conservateur.

    • Des meurtres de masse, Alain Badiou
      http://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse-du-13-novembre-version-texte#III-L

      Ces jeunes se voient donc à la marge à la fois du salariat, de la consommation et de l’avenir. Ce qu’alors leur propose la #fascisation (qu’on appelle stupidement, dans la propagande, une « radicalisation », alors que c’est une pure et simple régression) est un mélange d’héroïsme sacrificiel et criminel et de satisfaction « occidentale ». D’un côté, le jeune va devenir quelqu’un comme un mafieux fier de l’être, capable d’un héroïsme sacrificiel et criminel : tuer des occidentaux, vaincre les tueurs des autres bandes, pratiquer une cruauté spectaculaire, conquérir des territoires, etc Cela d’un côté, et de l’autre, des touches de « belle vie », des satisfactions diverses. Daech paye assez bien l’ensemble de ses hommes de main, beaucoup mieux que ce qu’ils pourraient gagner « normalement » dans les zones où ils vivent. Il y a un peu d’argent, il y a des femmes, il y a des voitures, etc. C’est donc un mélange de propositions héroïques mortifères et, en même temps, de corruption occidentale par les produits. (...) Disons que c’est la fascisation qui islamise, et non l’Islam qui fascine.

    • Réponse à Olivier Roy : les non-dits de « l’islamisation de la radicalité », François Burgat
      http://rue89.nouvelobs.com/2015/12/01/reponse-a-olivier-roy-les-non-dits-lislamisation-radicalite-262320

      Dans les rangs de Daech, après avoir annoncé par deux fois leur disparition, Roy ne pouvait donc logiquement plus accepter de voir des islamistes, ni même des acteurs politiques. Il botta donc en touche en déclarant n’y voir que des « fous » à qui il ne donna... « pas un an ».

      Aujourd’hui, j’ai pour ma part beaucoup de difficulté à ranger les frères Kouachi, fort construits dans l’expression de leurs motivations, dans la catégorie de simples paumés dépolitisés – et de reconnaître chez Coulibally (auteur de l’attaque contre l’Hyper Cacher) quelqu’un qui, entre autres, « ne s’intéresse[nt] pas aux luttes concrètes du monde musulman (Palestine) ».

      Disculper nos politiques étrangères

      Si une telle hypothèse permet à Roy de demeurer cohérent avec la ligne de ses fragiles prédictions passées, elle n’apporte en fait qu’une nouvelle pierre (celle de la pathologie sociale, voire mentale) à une construction qui reproduit le même biais que l’approche culturaliste qu’elle prétend dépasser : elle déconnecte d’une façon dangereusement volontariste les théâtres politiques européen et proche-oriental.

      La thèse qui disculpe nos politiques étrangères a donc tout pour séduire tant elle est agréable à entendre.

    • du même texte de Burgat :

      cette thèse de « l’islamisation de la radicalité » ne s’en prend pas principalement à la lecture culturaliste. Elle condamne surtout, avec dédain, en la qualifiant de « vieille antienne » « tiers-mondiste », une approche dont – sans en reprendre la désignation péjorative – nous sommes nombreux à considérer que, bien au contraire, elle constitue l’alpha et l’oméga de toute approche scientifique du phénomène djihadiste.

      Le discrédit du « tiers-mondisme » consiste ici ni plus ni moins qu’à refuser de corréler – si peu que ce soit – les conduites radicales émergentes en France ou ailleurs avec... selon les termes mêmes de Roy, « la souffrance post-coloniale, l’identification des jeunes à la cause palestinienne, leur rejet des interventions occidentales au Moyen-Orient et leur exclusion d’une France raciste et islamophobe ».

    • S’il faut mettre en lumière les corrélations, comme le propose Burgat, il faut aussi être en mesure d’expliquer les différences d’une façon qui soit ni contingente, ni déterministe.

      Si Burgat esquisse parfois un lien avec l’économie (L’islamisme à l’heure d’Al-Qaida , p.29), il n’y voit qu’un effet « adjuvant » (op. cit. p.83). Mais l’économie n’est pas une sphère juxtaposée à celles de la politique ou de la culture, c’est une forme sociale totale. La « troisième temporalité de l’islamisme » proposée par Burgat peut alors être aussi bien interprétée comme une réaction à la modernisation (une tentative de freiner ou de retourner en arrière) qu’une sorte d’accompagnement de la décomposition de la synthèse sociale capitaliste (sans perspective d’émancipation), avec des variations résultant des stades différenciés dans lesquels cette synthèse sociale s’est trouvée au moment où cette décomposition devient manifeste.

      http://seenthis.net/messages/328965


  • Que pense Podemos ?

    Les radicaux de gauche qui analysent le discours des leaders de #Podemos, nomment déjà le parti Habrias podido (« Nous aurions pu »).

    http://www.revue-ballast.fr/que-pense-podemos-14

    Les commentateurs officiels peinent encore à définir Podemos, que l’on dit pourtant aux portes du pouvoir. Cet objet politique non identifié bouscule les petites cases de la clique médiatique : populistes, eurosceptiques, alter-mondialistes ? Et chacun d’y aller de son étiquette ou d’agiter le traditionnel chiffon rouge : communistes, marxistes-léninistes, chavistes, bolivariens, castristes, etc. Que pensent, au fond, ses fondateurs ? Quels sont leurs stratégies, leurs références, leurs leviers théoriques ? Qui est à la barre de ce mouvement qui ne cesse d’appeler à couper la société en deux : non plus entre la gauche et la droite, mais entre le peuple et les puissants. Nous les avons lus, et écoutés, en langue espagnole. Itinéraire d’un mouvement qui perturbe échiquiers et agendas politiques.

    Et aussi un article du Diplo en #paywall :

    Pourquoi y parviennent-ils et pas nous ? Depuis l’émergence de Podemos en Espagne, la question hante la gauche radicale européenne. Interrogés à ce sujet, les dirigeants de la jeune formation espagnole expliquent volontiers leur succès par le choix d’un populisme assumé, nourri des travaux de l’intellectuel argentin Ernesto Laclau (1935-2014), professeur de théorie politique à l’Université britannique de l’Essex de 1973 à 1997. Cette pensée leur a offert une singulière martingale : la capacité d’épouser la nature protéiforme des revendications liées au mouvement du 15-M (pour « 
    15 mai », c’est-à-dire l’immense mouvement de mobilisation populaire qui a débuté au mois de mai 2011) tout en réhabilitant la notion d’intérêt général. Elle n’en suscite pas moins quelques interrogations.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/09/KEUCHEYAN/53712

    #Espagne #15M #Podemos #élections #discours_politique #ovni #stratégie_politique #radicalité #lutte_des_classes


  • « La bataille du climat se joue maintenant, si on la perd, on perd toutes les autres » - Txetx Etcheverry :
    http://www.reporterre.net/Txtex-Etcheverry-La-bataille-du

    La réflexion nous a fait comprendre qu’il ne fallait pas aborder le problème du #climat comme problème, mais par les solutions. Les gens ne se sentent pas de prise sur le changement climatique, parce qu’il parait trop abstrait, immense et complexe, et d’autre part parce que les seules solutions envisagées jusqu’alors étaient l’accord de 200 chefs d’Etat.
    Les gens se sentent impuissants. #Alternatiba prend la question par l’autre bout : on ne dit plus qu’il faut attendre d’une grande réunion internationale la solution magique au réchauffement climatique. On dit qu’on peut faire plein de choses tout de suite, à partir des individus, des collectifs et des territoires.


    Pourquoi faire du climat la mère de toutes les luttes écologistes ? Est-ce plus important que la biodiversité, par exemple ?
    Le climat détermine tous les autres pans de la vie sur Terre, les conditions de guerre et de paix, les possibilités de maintenir une démocratie. Et la biodiversité ne résistera pas au changement climatique s’il s’aggrave encore. Tout le reste est conditionné par le climat.
    Et puis, il y a une donnée particulière dans le climat, c’est le calendrier : on a dix ou quinze ans pour empêcher de passer à des seuils d’emballement irréversibles. Certes, en biodiversité, il y a aussi un calendrier pressant et on franchit des seuils, mais il y a des choses plus ou moins réversibles, on arrive à faire revivre des sols bétonnés et pollués…
    En ce qui concerne le climat, une fois qu’on a franchi le seuil, c’est fini. Si l’on croit ce que nous disent les scientifiques, cette bataille est centrale. Si on la perd, on perd toutes les autres. Et cette bataille se joue maintenant.

    Certains reprochent à Alternatiba que son ouverture dilue sa substance radicale.
    Il faut assumer les conséquences de l’ouverture aux autres ! Quand on fait un processus très large, avec beaucoup de personnes qui n’ont jamais milité, et avec des niveaux de conscience très inégaux, il peut y avoir beaucoup de contradictions. Cela va se gérer petit à petit, par la pratique de débat collectif.
    Tout ne sera pas politiquement correct, et d’autres militants peuvent trouver qu’on ne va pas assez loin. Les polémiques autour d’Alternatiba nous reprochent de ne pas être assez anticapitaliste, d’avoir demandé des subventions à une mairie ou de frayer avec telle personne qui n’est pas recommandable...
    C’est un véritable mal en France. Dès que des mouvements sont lancés, on leur tombe dessus avec une suspicion énorme. On les accuse de ne pas être assez ceci, ou de ne pas avoir fait cela. Et du coup, on casse ces mouvements avant même qu’ils connaissent le processus de maturation qui doit les faire évoluer.
    Il y a vraiment un problème dans l’ensemble de la gauche française – et quand je dis gauche, je parle de la gauche sociale, la gauche syndicale, écologiste, altermondialiste, décroissante, libertaire… Je n’arrête pas d’entendre des polémiques entre les uns et les autres sur le niveau de pureté de décroissance, sur l’obscurantisme, sur une démarche pas encore assez écolo, etc. Les gens perdent une énergie terrible à alimenter ces polémiques au lieu de la consacrer à convaincre le reste de la population.

    Le contexte politique est cependant propice à des récupération dangereuses ou contre-productives. Comment éviter le piège de ce grand « confusionnisme » écologiste ?
    Je me poserais ce genre de questions si j’étais un mouvement massif pesant sur la réalité. Aujourd’hui, la priorité est de peser sur les choses. Notre obsession est de toucher les gens non conscientisés, de créer des dynamiques de masse et un vrai rapport de force dans la société, de porter un autre discours, de mener des campagnes gagnantes. C’est ça qui doit nous guider en premier lieu et nous aider à mûrir. Si on attend d’avoir dépassé les contradictions et d’avoir la vision parfaite pour agir, on n’agira jamais.
    S’il n’y avait pas Alternatiba, ce style de confusionnisme existerait de toute façon. Le gouvernement et les multinationales alimenteront quoi qu’il en soit les discours sur le #nucléaire, sur les #agrocarburants, sur la #géo-ingénierie, etc. Avec Alternatiba, on va aller sur près de 180 territoires différents, à la rencontre de centaines de milliers de personnes. Et ce sera avec un discours clair sur les #fausses_solutions, avec des conférences sur ces questions.

    « Ce n’est pas la conscience qui crée la pratique, mais la pratique qui crée la conscience » : vous mettez en œuvre l’adage de Saul Alinsky.
    C’est par la lutte de terrain plutôt que par les grands discours que se constitue une identité : tu peux parler très bien d’écologie, d’anticapitalisme et de société idéale, ça ne t’amènera pas grand-monde. Par contre, si une Ligne à grande vitesse doit passer dans ton jardin... Il faut accepter que les gens viennent comme ils sont, au niveau de conscience qui est le leur.


    Vous vous dites « radicalo-pragmatique » http://www.politis.fr/Bizi-la-grande-force-d-un-petit,25032.html. A Grenoble, Eric Piolle utilise la même formule. Est-ce la nouvelle ligne politique des écologistes ?
    On se considère comme radicaux car on croit vraiment au slogan « changer le système pour ne pas changer le climat ». Il faut mettre autre chose en place que le #capitalisme, la croissance et le #productivisme si on veut rester dans les limites possibles de la Terre.
    Mais on est pragmatiques car on a conscience du rapport de force. On ne parle pas de révolution, pour l’instant, on est incapables de la faire. Donc on lance des dynamiques qui permettent de créer des rapports de force favorables, d’être demain en capacité de gagner, même des petites batailles.
    On ne monte jamais en haut d’une montagne d’une traite, mais en plusieurs étapes. Je me souviens d’une personne qui nous reprochait de défendre une politique cyclable à Bayonne, au prétexte qu’une fois acquise, elle profiterait à Decaux qui mettrait plein de vélos partout avec sa publicité. Mais avec ce raisonnement, les féministes auraient-elles dû batailler pour le droit à la contraception ? Parce qu’à la fin, c’est un grand laboratoire pharmaceutique qui récupère la mise.
    La seule question pertinente de la #radicalité est de savoir si elle change les rapports de force et si elle transforme la #société. Il y a un déphasage, en France, entre le discours radical et l’action réelle. Il faut être à la fois dans la radicalité et la résistance, en puisant dans la désobéissance civile et l’action directe non-violente, et dans un travail large, qui formule des propositions parlant à la population et aux élus.
    L’un n’empêche pas l’autre, au contraire : la force qu’on a pour nos dernières actions médiatiques, quand on va déverser des tonnes de charbon devant la #Société_Générale http://seenthis.net/messages/319482 ou saisir des chaises à la banque #HSBC http://seenthis.net/messages/357311, on la tire aussi de notre nombre. On a dans notre réseau beaucoup de gens très différents, ça nous donne une vraie légitimité et rend le travail plus compliqué pour les policiers ou les juges, qui ne peuvent pas nous traiter comme des voyous.
    Face à l’Etat et sa #répression, il faut allier l’action radicale et le soutien des masses. C’est tout l’intérêt de la stratégie non-violente.

    • Cela fait un moment que je pense que les « conférences » n’aident pas à constituer des « nous » capables d’agir pour modifier ensemble et publiquement leurs modes de vie.
      Elles médusent et flattent plus qu’autre chose, elles encouragent des « nous » idéologiques sans rompre avec la logique de consommation (d’idées ;-)).
      Les manières plus humbles, plus terre-à-terre, de s’entre-influencer sont lentes mais me semblent davantage capacitantes = converser sans cesse sur le quotidien partagé, essayer de dépasser les échanges de convictions ou de rumeurs par de l’enquête et de l’expérimentation… L’échelle communale et celle de l’entreprise sont évidemment cruciales et un drapeau (alternatiba ?) n’y a guère de sens.


  • Quelques outils pour penser le Front National | Enbata
    http://www.enbata.info/articles/quelques-outils-pour-penser-le-front-national
    (une assez bonne synthèse je trouve)

    Dans toutes les Pyrénées Atlantiques le vote d’#extrême-droite progresse. A Pau, lors des dernières municipales de 2014 il plafonnait à 6% : aujourd’hui le #FN obtient désormais près de 17%. Sur le canton Bayonne-2, alors que l’extrême-droite a puisé dans son électorat d’illustres inconnus, elle bat des records avec 18,46 %.

    Pour autant, le parti Lepéniste reste contenu dans les PA avec 11,3% des voix (contre 25% dans l’hexagone).

    En Pays Basque, ces scores restent bas dans les cantons à forte #identité : Montagne Basque ( 8,95%) et Pays De Bidache, Amikuze Et Ostibarre (11,57%). Idem dans le Béarn. Passons rapidement sur le fait que s’il y a des résultats électoraux, la parole raciste, intolérante pour ne pas dire bête s’est aussi largement libérée.

    La faiblesse relative de l’extrême-droite dépasse largement le contexte local. L’explication de ces résultats départementaux tient aussi à ce qu’Hervé Le Bras et Emmanuel Todd exposaient dans Le mystère français (2013), à savoir que même si la France s’homogénéise, le lieu de vie produit encore du politique : depuis l’après-guerre l’#électorat catholique a basculé progressivement à gauche dans les régions de l’ouest. Ainsi le FN plafonne à 9,86 % dans le Gers, 15,92% dans les Hautes-Pyrénées ou encore à 15,76% en Ariège (présentant pourtant le PIB par habitant le plus faible de métropole). Todd n’en est pas à son coup d’essai : dans l’ouvrage « l’invention de la France », il montre comment du nord au sud, de l’est à l’ouest, dans l’Hexagone les mœurs, les structures familiales et l’ancrage religieux varient aujourd’hui comme en 1850. En ce sens, la France est une construction artificielle où les défenseurs autoproclamés de l’identité nationale ne comprennent pas l’histoire de leur propre pays. Selon Todd, les structures familiales historiquement inégalitaires du Sud-Ouest expliquent le maintien d’une conscience forte du collectif, et donc une résistance aux thèses de l’extrême-droite.

    Autre élément indispensable pour comprendre la faiblesse relative du Lepénisme en #Pays_Basque, la question des #inégalités.


    Les travaux d’Hervé le Bras ont montré que les écarts de richesse expliquent en grande partie le vote FN http://le1hebdo.fr/numero/47/les-cartes-des-ingalits-et-du-vote-fn-se-superposent-808.html. Elles provoquent l’abstention ou le vote de rejet pour les plus pauvres ; le repli sur soi pour les plus riches. On le voit les inégalités sont moins marquées dans le Sud-Ouest, à l’exception du bassin de la Garonne. Il est clair que le climat océanique très pluvieux a contenu l’installation de riches retraités, contrairement à la côte d’Azur.

    En 2013, cette étude l’IFOP http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/07/face-nord-et-face-sud-les-deux-electorats-du-fn_3458468_823448.html a fait date. Elle démontre que le Front national a deux visages, deux électorats bien distincts dans le nord-est et le sud-est.

    Penser de manière globale le FN, uniquement sur le registre moral comme l’a fait le premier ministre Manuel Valls est une grave erreur.

    Dans le Sud-Est, tout particulièrement dans le Vaucluse, les Pyrénées-Orientales et la Corse, le vote d’extrême droite repose historiquement sur les français « Pieds-noirs » rapatriés d’#Algérie. La fondation du FN est en effet intimement liée à l’histoire de l’OAS. Jacques Bompard, premier maire de FN en 1995 à Orange, puis député-maire en 2012, était un militant de l’#OAS. Dans le sud-est, l’extrême-droite est dans le sillage du discours classique de Jean-Marie Le Pen : riches retraités, poujadistes, artisans et commerçants dénonçant « la pression fiscale ».

    Dans l’électorat « nordiste » les catégories populaires sont bien plus représentées et rêvent au contraire de taxer les plus #riches.

    En ce sens le discours du FN variable selon les contextes, et donc contradictoire dans son projet concret, rappelle toujours plus ce qu’Antonio Gramsci décrivait comme les mécanismes insidieux d’hégémonie politique du #fascisme.

    Que l’on voit localement lorsque le candidat FN Jean-Michel Iratchet se prononce en faveur de la langue basque https://youtu.be/mtxnvCNeTtw?t=1h39m34s

     : même stratégie fondée sur le #mensonge et la #manipulation.

    Le rôle central de la #consommation

    Autre auteur indispensable à lire, Bernard Stiegler. En 2013, dans Pharmacologie du Front National http://arsindustrialis.org/pharmacologie-du-front-national-0, Stiegler a relancé le débat en montrant que les idées dans lesquelles se reconnaissent les électeurs Lepénistes n’ont pas été produites par le Front National : ce sont celles que l’ultralibéralisme a engendrées. Selon lui, le #consumérisme aura été un dispositif de modification des conditions de l’individuation psychique et collective, c’est à dire une perte du sentiment d’exister. « La défaite idéologique de la pensée de la gauche aura consisté à abandonner toute capacité à critiquer la #société_de_consommation et à ne pas voir comment le consumérisme est devenu, en quelque sorte par intégration fonctionnelle, une machine de guerre idéologique, permettant de contrôler les représentations » explique-t-il. Avec ce logiciel, on comprend pourquoi le #Vaucluse concentre à la fois les plus grands centre commerciaux d’Europe et un électorat séduit à 37,4% par le parti de Marine Le Pen. Les centres villes y ont été délaissés au profit d’un mode individualiste où domine la vie pavillonnaire (Lire aussi Le cauchemar pavillonnaire http://www.lechappee.org/le-cauchemar-pavillonnaire ).

    Au Pays Basque ce sont les communes de zones péri-urbaines qui ont voté le plus FN aux dernières européennes : Mouguerre (20,53%), Urt (22,28%)…, définies par un mode de vie à dominance pavillonnaire. (Le dimanche à Lahonce, ce sont des dizaines de tondeuses individuelles qui tournent). Selon Stiegler, « notre responsabilité aujourd’hui, n’est pas de mettre à l’index les électeurs du Front National, ni les français qui partageraient ces idées : l’enjeu, c’est le passage d’un modèle industriel consumériste caduc, producteur d’incapacité, à un modèle industriel contributif, porteur de nouvelles solvabilités et fondé sur recapacitation généralisée ».

    En effet, le devenir de l’extrême droite n’est pas un accident de parcours ou un avatar des calculs politiciens ; c’est le résultat ultime de la contre-révolution Tatchérienne. La logique du #bouc_émissaire aura été fonctionnellement indispensable, comme inversion de causalité, à l’acceptation des dégâts de l’ultralibéralisme en France.

    Manuel Valls peut accabler publiquement le Front national, le Parti socialiste a fait le jeu de l’extrême-droite lorsqu’il s’est montré incapable de critiquer la société de consommation, de réduire les inégalités et la ségrégation sociale.

    Ravage de la #droite_décomplexée

    Il faut lire aussi le Mythe National http://www.franceculture.fr/oeuvre-le-mythe-national-l-histoire-de-france-revisit%C3%A9e-de-suzann, de Suzanne Citron, ouvrage de référence réédité récemment. Citron y déconstruit cette histoire de France idéalisée, notamment l’idée de nation, véritable emblème passe-partout qui a été enseignée sous des habillages bien différents selon les époques (Vichy, guerre d’Algérie…).

    Parmi les causes du FN en France, il faut rappeler la stratégie de la « droite décomplexée » de Nicolas Sarkozy, Eric Besson, Brice Hortefeux et Thierry Mariani…Ils ont véritablement banalisée un discours stigmatisant et xénophobe. Et comme les gens préfèrent l’original à la copie, l’électorat a basculé dans le camp du FN. Dans le Vaucluse, l’adhésion de la droite populaire à une stratégie du bouc émissaire a été précoce : le vote UMP s’y est ensuite écroulé. Thierry Mariani après avoir ouvert les vannes, a déserté le département pour la circonscription des français établis à l’étranger. En 1986, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin avait été le premier à s’allier au FN lors des régionales. Le Sud-est est devenu un laboratoire : le flottement de l’UMP à l’extrême droite est tel, que plus aucune alliance ne provoque l’indignation. Dernières connivences en date, l’élection du président (UMP) de l’agglomération d’Avignon avec les voix du FN, n’a provoqué aucune réaction publique. A l’inverse, dans le Sud-Ouest, le #Modem est profondément enraciné et n’a jamais cédé à la stratégie de bouc émissaire pensée par la « droite décomplexée » sarkozienne. Dès le soir du premier tour des départementales, sans ambiguïté, Jean-Jacques Lasserre, leader du Modem et président de l’assemblée départementale de 2001 à 2008 appelait à ne « pas soutenir l’extrême-droite » sur le canton Nive-Adour.

    Autre leurre serait de laisser le pouvoir au FN pour enfin le délégitimer : les prises de pouvoir successives de l’extrême-droite dans le Sud-Est, bien que caractérisées par les affaires, le grotesque et les conflits d’intérêts, n’ont pas remobilisé l’électorat. Bien au contraire, une casse méthodique du milieu associatif a entretenu une profonde apathie politique, tué la citoyenneté et la contre-culture.

    Avec tout ça, on voit que réduire le vote FN au #chômage relève de la paresse d’esprit.

    Vote frontiste désormais plus fort chez les jeunes

    Enfin, il reste la spécificité basque. « Ici on sort des réseaux traditionnels de militance. C’est une expérimentation sociale remarquable » m’expliquait au sujet d’#Alternatiba Geneviève Azam, économiste et membre du conseil scientifique d’#ATTAC. En France, la gauche française n’est plus capable de fédérer une colère légitime contre les inégalités et les dérives du capitalisme. Une gestion bureaucratique des structures est venue remplacer une #radicalité qu’incarnait par exemple le mouvement #Act-Up. Dans la bouche d’une petite caste médiatique et universitaire non représentative des classes populaires, il est juste question de mener la « bataille des idées ».

    De son coté, le Parti Socialiste n’est plus qu’une machinerie électorale : aujourd’hui, les 2/3 des affiliés sont des élus, le tiers restant couvre les attachés parlementaires et les permanents du parti. Or « comment forme-t-on les gens à la politique ? Par la participation active aux affaires de la Cité » martelait le philosphe Cornélius Castoriadis.

    Ici, le mouvement basque, au sens large (festivals musicaux, la chambre d’Agriculture #EHLG, les bars militants, la lutte contre la #spéculation foncière ou la mobilisation contre la #LGV …) a été capable de capter une jeunesse désireuse d’action et de radicalité.

    Dimanche, la gauche basque d’EHBai s’est ainsi hissé au second tour dans cinq cantons, même à Saint-Jean-de-Luz réputé conservateur.

    Malheureusement, à contrario dans beaucoup de villes de l’hexagone, le désir d’agir à été accaparé par le Bloc Identitaire, groupe d’extrême-droite très efficace dans sa communication et ses happening (Occupation très médiatisée de la mosquée de Poitiers en 2012). Contrairement à une idée reçue, le vote FN est désormais plus fort chez les 25-34 ans et les 45-59 ans, que chez les seniors, plus fidèles à l’UMP.

    En conclusion, il faut cependant se garder de penser le Pays Basque comme un territoire bucolique, où le racisme et le rejet de l’autre n’existerait pas. La croyance dans une #histoire idéalisée n’est pas propre au nationalisme français. Cette idée qui veut que les « basques étaient présents avant les autres », brandie par certains comme seul argument de légitimation politique, évoque avec force les délires d’Eric Zemmour, convaincu que « les français sont présents depuis 1000 ans » sur ce territoire. On entend aussi parfois qu’il ne faut pas critiquer la culture basque car « elle est minoritaire et que toutes ses initiatives sont positives ». Ceux qui tiennent ces propos détruisent ce qu’ils croient défendre.

    La première identité politique est ce que l’on fait, pas ce que l’on prétend être ou rejeter. Une société humaine se légitime aussi par son projet collectif, la prise en compte de sa #diversité, des pratiques fondées sur le respect des droits individuels, jamais sur une vision fantasmée du passé et de ce que l’on croit être.

    #urbain_diffus #banlieue_totale #périphéries #déménagement_du_territoire #gpii #éditocrates #catholicisme_zombie


  • #Villes contestées - Les Prairies ordinaires
    http://www.lesprairiesordinaires.com/villes-contesteacutees.html

    VILLES CONTESTÉES
    Pour une géographie critique de l’urbain
    Cécile Gintrac et Matthieu Giroud
    416 pages, 24 €
    ISBN 978-2-35096-083-8

    Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente… Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C’est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d’auteurs dont la réflexion n’épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent.
    Par la #radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l’œil que représentent le développement durable, la #mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions #spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l’urbain et, indirectement, une #critique en profondeur des sociétés contemporaines.

    Avec des textes de : Jennifer Robinson ; Melissa R. Gilbert ; David #Harvey ; Erik Swyngedouw, Frank Moulaert et Arantxa Rodriguez ; Roger Keil et Julie-Anne Boudreau ; Bernd Belina ; Kanishka Goonewardena et Stefan Kipfer ; Neil Smith ; Don Mitchell ; Marcelo Lopes de Souza ; Edward W. Soja.


  • Remarques sur le livre Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques et sur la contestation en général.
    http://triplebuze.blogspot.fr/2014/07/remarques-sur-le-livre-radicalite-20.html

    Pour donner de grandes lignes, je dirai que le livre dans son ensemble est intéressant et bienvenu pour sa visée pédagogique, mais que la présence, sous couvert d’axe critique disons, du progrès, d’auteurs clairement réactionnaires (Lasch et Pasolni a minima...), et de contributeurs eux-mêmes d’extrême-droite (Charles Robin, Olivier Rey) est un très mauvais point dans une maison d’édition militante libertaire.

    #Radicalité #Michéa


  • Participez au tour de France des alternatives en tandem et sans dopage
    http://www.bastamag.net/Preparons-des-maintenant-une

    4000 kilomètres en tandem pour mobiliser autour du #Climat ! Après Alternatiba, le grand rassemblement qui a eu lieu à Bayonne en octobre 2013, c’est un tour de France des alternatives qui se prépare pour l’été 2015, quelques mois avant la conférence sur le climat. A chaque étape, l’objectif de ce tour en tandem est de rassembler divers acteurs autour d’un événement commun. Un appel est lancé pour trouver des référents locaux. Un tour en tandem Alternatiba parcourra 4000 kilomètres pendant l’été 2015, (...)

    ça bouge !

    / Climat, #Alternatives_concrètes

    #ça_bouge_ !

    • A chaque étape, l’objectif de ce tour en tandem est de rassembler divers acteurs autour d’un événement commun. Un appel est lancé pour trouver des référents locaux.

      Un tour en tandem Alternatiba parcourra 4000 kilomètres pendant l’été 2015, pour mobiliser des dizaines de milliers de personnes autour des « vraies alternatives » au changement climatique dans la perspective de la COP21, le sommet international sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre 2015.

      Ce road-movie climatique passera par 90 territoires de l’hexagone et des pays frontaliers, et pourra associer sur le terrain toutes les associations et antennes locales des diverses organisations environnementales, sociales et syndicales, mais aussi de nombreux autres types de collectifs : des clubs de sport, des groupes de lycéens, des collectifs de pompiers, des groupes du musique, de danse, etc., qui seront tous invités à participer à un événement commun à l’occasion du passage du tandem dans leur territoire.

      Nous visons ainsi à faire de ce tour un processus participatif où chacun pourra trouver sa place, bien au-delà des cercles des militants convaincus. Annoncé un an à l’avance, ce tour "en route vers la COP21" vise à mobiliser des dizaines de milliers de personnes tout au long de son parcours, et sera complété par une centaine de réunions publiques.

      Il s’agira également de faire de ce tandem un objet médiatique, favorisant l’intérêt des médias pour ce type de message sur les alternatives, le climat et la COP21, en une période estivale où il y a moins de sujets à traiter dans l’actualité.

      Parallèlement à la trentaine de nouveaux villages des alternatives Alternatiba qui sont en cours de préparation à Paris, Bruxelles, Genève, Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, etc., nous sommes dès aujourd’hui en train de préparer ce tour en tandem 4 places, qui partira de Bayonne le 5 juin 2015, journée mondiale de l’environnement, et arrivera à Paris le 26 septembre 2015, date d’Alternatiba Îlde-de-France.

      Nous appelons toutes les associations et les citoyens concernés par le changement climatique et qui voudraient participer à une étape de ce tour en tandem à nous contacter à tourtandem@alternatiba.eu : nous sommes notamment à la recherche de référents locaux pour chacune des 90 étapes.

      Un kit méthodologique pour l’organisation d’une étape du tour en tandem Alternatiba sera bientôt disponible.

      Vous pouvez retrouver en ligne les informations du tour en tandem ici, et les informations sur les villages des alternatives Alternatiba qui s’organisent sur tout le territoire là.

      La carte ci-dessous est une première version du tracé du tour, qui est en cours d’évolution en fonction des retours que nous recevons de personnes des différents territoires concernés.

      En espérant vous croiser sur la route d’Alternatiba dans les prochains mois, recevez nos salutations amicales, écologistes et solidaires !

      #alternatiba