• Bilan des politiques sanitaires internationales anti Covid19. Confi...
    https://diasp.eu/p/11529995

    Bilan des politiques sanitaires internationales anti Covid19. Confinement toxique, chloroquine efficace.

    Auteur(s) : Gerard Delépine pour FranceSoir

    http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/bilan-des-politiques-sanitaires-internationales-anti-covid19-confinement-

    #franceSoir #covid19 #covid-19 #covid #coronavirus #confinement #chloroquine #gerarddelepine #raoult #doliprane #confinementaveugle #oms #bilan #politique #sante #politiquesanitaire

  • L’épistémologie opportuniste de Didier Raoult
    https://menace-theoriste.fr/lepistemologie-opportuniste-de-didier-raoult

    En 1996, le physicien Alan Sokal publiait dans la revue d’études culturelles Social Text un article complètement fantaisiste accumulant les erreurs en mathématique et en physique.[65] Dans un ouvrage publié avec le physicien Jean Bricmont, il explique qu’une des motivations derrière le canular était de dénoncer la façon dont les concepts mathématiques et physiques pouvaient être utilisés dans le cadre des sciences humaines de façon à “intimider” intellectuellement des interlocuteurs incapables d’évaluer leur pertinence. Les deux auteurs en profitaient au passage pour signaler que ces notions étaient d’ailleurs souvent maltraitées et mal comprises par les “intellectuels” qui les brandissaient.

    Raoult n’est peut-être pas un canular (et tout cas pas volontaire), mais on trouve dans sa rhétorique une inversion de ce schéma : un chercheur en sciences de la nature qui brandit des noms, des citations et des concepts venus des sciences humaines et sociales pour intimider et réduire au silence les autres scientifiques qui viendraient remettre en cause ses travaux et ses conclusions. Et, comme dans le canular susmentionné, aucun de ces concepts n’est utilisé correctement. Il ne s’agit là que de poudre aux yeux. Il suffit de connaître un tant soit peu le domaine pour réaliser que non seulement ses références sont loin d’être originales (au contraire, elles sont éculées, vues et revues), mais qu’il ne les maîtrise pas du tout. Un peu comme un bachelier qui se serait contenté de lire de travers une fiche de quatre-cinq citations à replacer pendant son oral de rattrapage.

    Mais dans le cas de Didier Raoult, l’utilisation qu’il fait de l’épistémologie ne s’arrête pas au name-dropping et à l’intimidation intellectuelle.[66] Elle fait aussi partie d’une vaste opération de storytelling consacrée à faire passer pour un génie incompris. Et pour bien saisir la nature de cette opération, il faut bien comprendre la situation d’où il part : il a beau être un scientifique bien établi et avoir accumulé de nombreuses publications, il n’est pas réputé pour la rigueur de ses méthodes. De plus, ses théories (sur l’évolution des espèces ou sur l’existence d’un quatrième domaine du vivant) ne sont pas particulièrement prises au sérieux par les autres spécialistes de ces domaines. Enfin, il est connu pour son caractère peu agréable et même parfois vindicatif (comme le montre son portrait dans Science). Rien de bien glorieux, d’autant plus que son manque de rigueur méthodologique a été de nombreuses fois pointé du doigt depuis ses premières annonces sur le COVID-19.

    Pour se faire passer pour un génie, il fallait donc que Raoult procède à une “inversion de toutes les valeurs”[67] : qu’il fasse passer son manque de méthode, son isolement dans la communauté scientifique et sa personnalité problématique pour des indices positifs et donc pour des marques de génie. C’est ce que lui permet son utilisation de l’épistémologie : le manque de méthode devient signe de créativité, son isolement devient un refus de se soumettre au consensus et ses sautes d’humeur sont simplement des manifestations de son génie.

    […]

    Ne vous laissez donc pas piéger : Raoult n’est pas un humaniste, pas plus qu’il n’est philosophe. Tout au contraire, il fait partie de ces gens qui ne prennent pas les humanités au sérieux et n’y voient qu’un vague “supplément d’âme” qui leur servent surtout à paraître intelligent dans les cocktails mondains ou à impressionner un public pas assez informé pour détecter la supercherie. Son attitude contribue en fait à dévaluer la philosophie en la réduisant à un vague réservoir d’idées où l’on irait piocher ce qui nous arrange, là où elle a pour vocation d’être avant tout un apprentissage de la pensée critique et rigoureuse.

    En résumé : (1) Raoult utilise la philosophie comme moyen d’intimidation intellectuelle et comme stratégie de communication, alors que (2) il ne s’intéresse pas à la philosophie en tant que telle et ne cherche pas à en apprendre quoique ce soit. Ces deux éléments réunis définissent donc un rapport instrumental et cynique à la philosophie. Loin d’être l’anarchiste épistémologique qu’il prétend être en se référant à Feyerabend, Raoult est en fait un opportuniste épistémologique, qui n’utilise l’épistémologie que pour justifier ses méfaits après coup.

  • Le dossier CHLOROQUINE
    https://www.youtube.com/watch?v=a6oW35QKC-Q

    Depuis une publication de l’équipe de Didier Raoult, en mars, un traitement contre la covid19 (d’abord la chloroquine, puis l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine) fait polémique dans toutes les strates de la société. La polarisation immédiate du débat a rendu une bonne partie de la population totalement sourde aux arguments contradictoires. Pour se faire un avis, il faut reprendre à la source les informations rendues publiques dans leur contexte et retracer la chronologie des éléments de preuve... et des éléments de doute. Disposons-nous d’assez de fait pour avoir une opinion sur les traitements proposés ?

    Invités : Damien BARRAUD (FakeMed) & Hervé SEITZ (CNRS)

    Long interview par La Tronche en Biais de Damien Barraud & Hervé Seitz autour de la recherche sur la Chloroquine, et les publications scientifiques en général.

    #LaTroncheEnBiais #scepticisme #raoult #méthode

    (le son est affreux les premières minutes, mais c’est correct ensuite)

  • « Et voilà comment dans un pays sans culture de santé publique, où la #science est une opinion comme une autre, un grand patron autoritaire et caractériel, symbole d’un système mandarinal, est devenu une figure de la contre-culture populiste. » Excellente analyse du phénomène #Raoult, et des raisons de son succès.

    https://www.liberation.fr/france/2020/06/01/didier-raoult-general-boulanger-de-la-medecine_1789960

    • Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que tout ce petit monde se connaît, et se tient, pour rester poli, par la barbichette. Dénoncer les errances de Raoult, c’est dénoncer un système dans lequel des pontes inamovibles peuvent rester en place bien après leur date limite de vente. Un système dans lequel Philippe Douste-Blazy, ancien défenseur du Vioxx, peut déclarer à la télévision que l’hydroxychloroquine n’a pas de toxicité cardiaque… Un système dans lequel la défense du protocole Raoult est assurée à la télévision par Christian Perronne, qui assurait en 2016 que l’explosion « cachée » de la maladie de Lyme serait due à une prolifération mal contrôlée de tiques trafiquées par un chercheur en virologie nazi réfugié aux Etats-Unis…

      #Christian_Lehmann #santé_publique #recherche #mandarins #mandarinat #médecine

  • Comment le harcèlement menace les chercheurs mobilisés face au coronavirus
    https://www.heidi.news/sante/comment-le-harcelement-menace-les-chercheurs-mobilises-sur-le-coronavirus

    Avec la pandémie de coronavirus, les scientifiques sont passés au premier plan. Qu’ils soient interrogés sur leurs recherches par les médias, ou qu’ils mènent des activités bénévoles de vulgarisation sur les réseaux sociaux, les chercheurs ont gagné une exposition inédite. Une attention souvent positive, mais qui s’accompagne aussi de sa contrepartie négative : harcèlement, lorsqu’il ne s’agit pas de menaces de mort. De part le monde, plusieurs en ont fait les frais.

    Pourquoi c’est inquiétant. En cette période de crise, les essais et erreurs du processus normal de construction des savoirs scientifiques se retrouvent davantage sous le feu des projecteurs. Certains chercheurs se retrouvent ainsi à endosser des rôles quasi-messianiques auprès du public, pour le meilleur ou pour le pire. Certains discours, comme sur l’efficacité de la chloroquine face au coronavirus (toujours pas avérée à ce stade, mais défendue par certaines figures controversées charismatiques), occupent tout l’espace public. Les contradicteurs se trouvent particulièrement exposés, même lorsqu’ils respectent la méthode scientifique.

    #paywall (donc pas lu)

  • Hydroxychloroquine : « The Lancet » met en garde contre une étude publiée dans ses colonnes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/03/hydroxychloroquine-le-journal-the-lancet-met-en-garde-contre-une-etude-publi

    La revue médicale britannique a émis une « expression of concern » sur un article qui avait conduit l’OMS a suspendre provisoirement un essai clinique et la France à mettre fin à l’utilisation à l’hôpital de cette molécule contre le Covid-19.

    La revue médicale britannique The Lancet a émis, mardi 2 juin, une mise en garde (« expression of concern ») vis-à-vis d’une étude publiée dans ses colonnes le 22 mai. L’étude en question, s’appuyant sur 96 000 dossiers médicaux électroniques de patients hospitalisés pour Covid-19 suggérait que ceux traités avec de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, combinées ou non à des antibiotiques comme l’azithromycine, présentaient un taux de mortalité supérieur et plus d’arythmies cardiaques.
    « D’importantes questions scientifiques ont été soulevées concernant les données rapportées dans l’article de Mandeep Mehra et al, annonce le Lancet dans un communiqué. Bien qu’un audit indépendant sur la provenance et la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere [la société américaine qui les avait collectées] et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression d’inquiétude pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention. Nous mettrons cet avis à jour dès que nous aurons de plus amples informations. »

    • Expression of concern: Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19:
      a multinational registry analysis
      https://marlin-prod.literatumonline.com/pb-assets/Lancet/pdfs/S0140673620312903.pdf

      Important scientific questions have been raised about data reported in the paper by Mandeep Mehra et al— Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis1—published in The Lancet on May 22, 2020. Although an independent audit of the provenance and validity of the data has been commissioned by the authors not affiliated with Surgisphere and is ongoing, with results expected very shortly, we are issuing an
      Expression of Concern to alert readers to the fact that serious scientific questions have been brought to our attention. We will update this notice as soon as we have further information.
      The Lancet Editors

    • https://www.liberation.fr/debats/2020/05/31/hydroxychloroquine-le-christ-s-est-arrete-a-marseille_1789948

      Les auteurs ont pourtant souligné qu’il s’agissait d’une étude à bas niveau de preuve (absence de lien de causalité) et conclure que, seule, une étude randomisée prospective pourrait répondre au lien entre hydroxychloroquine et efficacité/dangerosité dans le traitement du Covid-19. Bref, l’article donnait certes une piste importante, mais ne permettait pas de trancher… Peu importe ! La réponse de nos tutelles OMS et ANSM, a été immédiate et radicale : interdiction des essais sur la chloroquine ! Une réponse couperet qui n’aura évidemment comme conséquence que d’éterniser le débat et d’enraciner des théories obscurantistes ou complotistes. Ainsi, on ne pourra plus démontrer que son protocole ne marche pas, voire qu’il peut être dangereux… Un beau cadeau à la médecine fondée sur la croyance. Quelle aberration ! C’est la victoire totale du Pr Didier Raoult.

      La grande victime de cette spectaculaire et brutale confrontation est donc bien au final la médecine. Pas celle de la croyance, grande gagnante de ce spectacle, mais bien l’autre médecine, la nôtre, celle fondée sur les preuves.

    • On tient le feuilleton de l’été.

      Coronavirus : l’OMS annonce la reprise des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine
      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-l-oms-annonce-la-reprise-des-essais-cliniques-sur-l-hydroxy

      Cette annonce intervient au lendemain de la mise en garde de la revue scientifique britannique « The Lancet » sur une étude publiée dans ses pages le 22 mai.

      L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, mercredi 3 juin, la reprise des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, neuf jours après les avoir suspendus à la suite de la publication d’une étude dans la prestigieuse revue médicale The Lancet. La revue a publié lundi une mise en garde concernant cette étude, en pointant plusieurs failles méthodologiques.

      Après analyse des « données disponibles sur la mortalité », les membres du Comité de sécurité et de suivi ont estimé « qu’il n’y a aucune raison de modifier le protocole » des essais cliniques, a annoncé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

      Le groupe pharmaceutique français Sanofi, qui a annoncé vendredi suspendre le recrutement de nouveaux patients dans le cadre de ses deux essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, a déclaré de son côté qu’il examinerait les informations disponibles et mènerait des consultations dans les prochains jours afin de décider s’il reprend ces essais.

  • Questions raised over hydroxychloroquine study which caused WHO to halt trials for Covid-19 | Science | The Guardian
    https://www.theguardian.com/science/2020/may/28/questions-raised-over-hydroxychloroquine-study-which-caused-who-to-halt
    https://i.guim.co.uk/img/media/b9acab2879613aadc4a8f77dca9311635fb9ff1b/0_0_3500_2101/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    For the record...

    The study, led by the Brigham and Women’s Hospital Center for Advanced Heart Disease in Boston, examined patients in hospitals around the world, including in Australia. It said researchers gained access to data from five hospitals recording 600 Australian Covid-19 patients and 73 Australian deaths as of 21 April.

    But data from Johns Hopkins University shows only 67 deaths from Covid-19 had been recorded in Australia by 21 April. The number did not rise to 73 until 23 April. The data relied upon by researchers to draw their conclusions in the Lancet is not readily available in Australian clinical databases, leading many to ask where it came from.

    The federal health department confirmed to Guardian Australia that the data collected on notifications of Covid-19 in the National Notifiable Diseases Surveillance System was not the source for informing the trial.

    Guardian Australia also contacted the health departments of Australia’s two most populous states, New South Wales and Victoria, which have had by far the largest number of Covid-19 infections between them. Of the Australian deaths reported by 21 April, 14 were in Victoria and 26 in NSW.

    Victoria’s department confirmed the study’s results relating to the Australian data did not reconcile with the state’s coronavirus data, including hospital admissions and deaths. The NSW Department of Health also confirmed it did not provide the researchers with the data for its databases.

    The Lancet told Guardian Australia: “We have asked the authors for clarifications, we know that they are investigating urgently, and we await their reply.” The lead author of the study, Dr Mandeep Mehra, said he had contacted Surgisphere, the company that provided the data, to reconcile the discrepancies with “the utmost urgency”. Surgisphere is described as a healthcare data analytics and medical education company.

    In a statement, Surgisphere founder Dr Sapan Desai, also an author on the Lancet paper, said a hospital from Asia had accidentally been included in the Australian data.
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    “We have reviewed our Surgisphere database and discovered that a new hospital that joined the registry on April 1, and self-designated as belonging to the Australasia continental designation,” the spokesman said. “In reviewing the data from each of the hospitals in the registry, we noted that this hospital had a nearly 100% composition of Asian race and a relatively high use of chloroquine compared to non-use in Australia. This hospital should have more appropriately been assigned to the Asian continental designation.”

    He said the error did not change the overall study findings. It did mean that the Australian data in the paper would be revised to four hospitals and 63 deaths,.

    #pandémie #raoult

  • « Je ne suis pas complotiste, mais… » : à propos de l’affaire Raoult – Allodoxia
    http://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult

    Citée dans un article, Odile Fillod a dû se pencher sur l’affaire Raoult, et elle l’a fait avec toute sa rigueur et son exhaustivité habituelles ! Wow !

    Le directeur de recherche en sociologie Laurent Mucchielli a publié sur son blog un texte dénonçant la médiocrité médiatique et les intérêts pharmaceutiques se cachant selon lui « derrière la polémique Raoult ». Ce texte ayant participé à la désinformation et au complotisme délétères provoqués par les déclarations de Didier Raoult, pâtissant d’un fort biais de confirmation et d’une absence de vérification des informations, m’a d’autant moins laissée indifférente que j’y suis citée. Ma réponse à cette mise en cause me donne l’occasion d’exposer les faits qui sont au cœur de ce qu’il convient plutôt d’appeler l’affaire Raoult.

    #Odile_Fillod #Didier_Raoult #Raoult #chloroquine #hydroxychloroquine #santé #méthode_scientifique

    • Ah merde, Mucchielli, heureusement que je n’ai pas vu passer son texte avant :/
      Comme si les dernières possibilités d’intelligence théorique et de réflexions du monde (d’avant) se sabordaient lamentablement sans même se rendre compte de leur inconsistance. (Lepage/Damasio/Mucchielli, à qui le tour ?)

      Nous y voila, nous ne sommes plus à l’âge de pierre ou des métaux ni dans le capitalisme cognitif de l’immédiateté mais à l’âge de l’invisible.
      L’imaginaire en retour de force dans nos réalités, l’hypnose collective face à la raison quand la fiction humaine construit notre sort et nos afflictions en temps réel. Voila que les peurs et les dangers variés s’érigent en politique pour contrôler le monde par une guerre sans autre ennemi que l’Autre.
      Comme dans une émission pour enfants qui accapare les cerveaux un à un, voici venue l’ère de la suspicion et des insinuations où viennent s’enfoncer la vanité de ceux qui espèrent un pouvoir de persuasion magique.

      bon courage au #monde_d'après

      et merci pour cet article qui met les #points_sur_les_i

      #Raoultisation

    • J’ai lu son texte a la parution par un lien twitter, j’etais abasourdi. J’ai immédiatement faIs une recherche Ella roche et elle n’existe pas en tant que journaliste, c’est un fake. Je soupçonne Mucchielli d’en être l’auteur. Tout ça est bien décevant.

    • Laurent Mucchielli a jugé utile de préciser que l’autrice du texte qu’il publie, Ella Roche, était une « journaliste précaire ». Etait-ce parce que c’est à ses yeux un gage de qualité de son travail ? Ou pour montrer qu’il a les fréquentations qu’il faut (il se tient bien à l’écart des nanti-es) ? Ou plutôt pour inciter une rédaction à l’embaucher ? Je me pose la question, de même qu’on pourrait se demander pourquoi c’est sur son blog que ce texte censé être le produit d’un travail journalistique a été publié. Je veux croire que c’est parce qu’aucun média digne de ce nom n’en a voulu.

      Je confirme que quand tu es journaliste précaire, tu ne publies pas sur les blogs des copains des articles sur des sujets chauds bouillants ! C’est le minimum à savoir faire, sinon c’est pas ton métier, tu fais journaliste à côté et t’es pas précaire, t’es prof, chargée de com, éditrice d’un journal d’entreprise ou animatrice d’ateliers d’écriture...

    • @ericw Je trouve ca tellement gros, une journaliste qui n’existe pas, un papier sans publication.
      Voire plus haut
      "Les motivations méprisables et obscures des « anti-Raoult »

      En fait, nous disent Ella Roche et Laurent Mucchielli".
      Tout cette histoire est une foire à l’irrationalité la plus totale ou le mensonge n’est jamais trop gros. Et c’est un marseillais qui te le dit.

    • Tout cette histoire est une foire à l’irrationalité la plus totale ou le mensonge n’est jamais trop gros. Et c’est un marseillais qui te le dit.

      Du point de vue de la pratique locale ça se tient effectivement.

  • Penser la pandémie

    Le déconfinement relève d’une décision politique. Cette décision, en démocratie, doit pouvoir être prise après un débat contradictoire. Elle doit se fonder sur la compréhension des phénomènes épidémiques par les sciences, toutes les sciences : virologie, épidémiologie et infectiologie, mais aussi sciences humaines et sociales. Si l’on pense aux errements politiques qui ont conduit au confinement pour tous au même moment et aux conséquences économiques, sociales, individuelles d’un tel choix, encore difficiles à mesurer, si l’on observe que suivre l’expérience chinoise signifierait pour la France un déconfinement entre mi-juin et fin juillet, on voit l’intérêt de discuter les stratégies possibles de déconfinement en mobilisant des disciplines et des savoirs complémentaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=iVH9GJzkxGs&feature=emb_logo

    #déconfinement #épidémie #coronavirus #covid-19 #confinement #démocratie #chronologie #décision_politique #virus #Bruno_Canard #recherche #Hubert_Laude #appels_à_projets #politique_de_la_recherche #ressources_pédagogiques #incubation #patient_zéro #tests #dépistage #désindustrialisation #Allemagne #France #masques #clusters_familiaux #stocks #flux_tendus #LEAN_management #néo-management #santé_publique #OMS #épidémie #Agnès_Buzyn #asymptomatiques #porteurs_asymptomatiques #liberté_publique #Phillippe_Klein #Chine #Didier_Raoult #Raoult #modèle_SIR #taux_de_létalité #hôpitaux #services_hospitalités #hôpital #système_de_santé #UK #Angleterre #Boris_Johnson #immunité_de_groupe #immunité_collective #Dominic_Cummings #Dominic_Mckenzie_Cummings #économie #R0 #taux_de_reproduction #49_3 #49-3 #France #fil_chronologique #vidéo

    –----

    Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire :
    https://pds.hypotheses.org/2840

  • Covid-19 : un traitement prometteur pour les patients graves
    https://www.liberation.fr/france/2020/04/27/covid-19-un-traitement-prometteur-pour-les-patients-graves_1786630

    Au terme d’un essai randomisé (avec groupe de contrôle) lancé le 27 mars sur 129 patients atteints de troubles respiratoires aigus, les chercheurs de l’AP-HP en partenariat avec l’Inserm et le consortium REACting ont de fait noté une amélioration « significative » des malades bénéficiant de ce traitement, moins nombreux à être transférés en réanimation et à décéder des suites de l’infection.

    Ce traitement ne répond au besoin que de « seulement à 5% à 10% des patients infectés », mais ils font partie de ceux qui ont « le plus de risque d’être placés sous respiration artificielle ou de décéder », précise le professeur Xavier Mariette, co-investigateur coordonnateur de l’étude. A ce stade, les chercheurs n’ont pas observé davantage d’effets secondaires indésirables chez les patients ayant reçu l’immuno-modulateur que chez ceux qui ont reçu le traitement standard, selon le chercheur.

    On peut dire ce qu’on veut mais #Raoult a, malgré lui peut-être, œuvré à la culture scientifique commune en nous introduisant à la méthodologie (de par son absence) et au principe des essais randomisés et des groupes de contrôle...

    #covid19

  • Je sais que le bonhomme plaît beaucoup par ici alors je ne résiste pas à partager sa dernière sortie :
    Coronavirus : le Pr. Raoult annonce la fin de l’épidémie à Marseille et fait tousser l’ARS
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/coronavirus-nous-epidemie-est-train-disparaitre-progres

    « Il est possible que l’épidémie disparaisse au Printemps et que d’ici quelques semaines, il n’y ait plus de cas pour des raisons extrêmement étranges mais qui sont des choses qu’on a l’habitude de voir pour la plupart des maladies virales respiratoires », affirme le professeur Raoult.

    #covid19 #Raoult #Marseille

  • [Covid-19] Damien Barraud : « C’est de la médecine spectacle, ce n’est pas de la science » - Journal La Marseillaise
    http://m.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/81603-damien-barraud-medecin-reanimateur-a-metz-thionville-c-est-de

    Dans son dernier papier, il inclut 2 enfants de dix ans, ce qui est une entorse éthique grave, parmi d‘autres. En plus d’être une faillite scientifique, ces travaux sont une faillite éthique. Si la recherche clinique est réglementée, s’il existe des règles méthodologiques qui ont été élaborées avec le temps, ça n’est pas pour rien, mais pour produire de la meilleure science. Sa manière de communiquer va à l’encontre du code de déontologie médicale, qui prévoit que le médecin doit faire preuve de prudence, de ne faire état que de données confirmées, et pas de publicité. Lorsqu’il indique qu’on meurt moins à Marseille, c’est un tour de passe-passe. Le taux de mortalité bas est lié à leur politique de dépistage systématique, augmentant les formes asymptomatiques ou peu sévères, ainsi qu’à l’absence de service de réanimation, abaissant de fait le nombre de décès. Alors en effet, cela n’est pas mentir stricto sensu, on meurt moins à l’IHU, mais cela n’est en aucun cas grâce à son traitement. Faire croire cela n’est pas déontologique.

    #raoult #fraude_scientifique

  •  » Les énormes failles éthiques et méthodologiques dans l’essai Raoult : analyse, par Olivier Berruyer
    https://www.les-crises.fr/les-enormes-failles-ethiques-et-methodologiques-dans-l-essai-raoult-analy

    Nous allons donc tout vous expliquer sur cet essai, pour que vous compreniez quels sont les problèmes (les nombreux biais) et en quoi ils méritent d’être soulevés.

    #chloroquine #coronavirus #raoult #fraude_scientifique

  • APPEL URGENT D’UN GROUPE DE MÉDECINS 

    Le 26 mars, le gouvernement a INTERDIT aux médecins de terrain de prescrire aux malades le médicament le plus prometteur contre le coronavirus.
    Des médecins se révoltent et vous demandent d’agir vite – lisez vite cet appel et mobilisez-vous !
     

    Je m’appelle Eric Ménat, je suis médecin de terrain depuis 30 ans, et je n’ai jamais vu un scandale aussi énorme.
    Contre le nouveau coronavirus, il existe un médicament très prometteur, l’hydroxychloroquine (Plaquenil)

    Les Chinois en ont vérifié l’efficacité dans plusieurs études et l’ont recommandé à leurs médecins.
    La Corée du Sud l’utilise massivement, avec d’excellents résultats contre l’épidémie.
    L’État marocain a décidé de donner ce traitement à tous les malades et les résultats épidémiologiques paraissent positifs
    Le Professeur Raoult à Marseille a des résultats préliminaires très encourageants avec ce médicament, surtout quand il est associé à un antibiotique, l’azithromycine.
    Même le directeur général de Novartis, un grand laboratoire pharmaceutique suisse, a déclaré que l’hydroxychloroquine est le « plus grand espoir de traitement » contre le coronavirus.

    Et pourtant, depuis le 26 mars, la France interdit à la plupart des malades de bénéficier de ce traitement.
    Le 26 mars, le gouvernement a pris un décret qui m’interdit, à moi comme à tous les médecins de terrain, de prescrire ce médicament prometteur aux patients victimes du Covid-19.

    C’est un scandale inimaginable. 

    Les médecins généralistes pourraient sauver des vies, mais on les en empêche.
    Les médecins généralistes pourraient éviter des milliers d’hospitalisations, mais on les en empêche.

    Les médecins généralistes pourraient même contribuer à permettre une sortie plus rapide du confinement, mais on les en empêche.
    Il faut agir, et c’est pourquoi je vous demande de signer d’urgence la pétition que j’ai lancée avec d’autres confrères médecins. 

    Nous demandons l’abrogation immédiate du décret du 26 mars, et l’autorisation immédiate pour les médecins généralistes de prescrire de l’hydroxychloroquine à leurs patients qui pourraient en bénéficier.

    Je rappelle que l’hydroxychloroquine est un médicament très sûr.
    Des dizaines de millions de patients en ont pris tous les jours, pendant des années, avec une excellente tolérance dans la majorité des cas.
    Comme l’a dit le Pr Didier Raoult de Marseille, l’hydroxychloroquine a beaucoup moins d’effets indésirables graves que le Doliprane. Surtout que son protocole prévoit un traitement sur 10 jours uniquement et que les éventuels effets secondaires apparaissent surtout après 1 ou 2 ans de traitement.
    Jusqu’au mois de janvier 2020, il était même en vente libre en France – c’est vous dire s’il était considéré comme sans risque par les autorités.

    Bien sûr, ce médicament ne doit pas être pris en automédication, mais c’est un médicament sans danger s’il est prescrit par un médecin.
    Et surtout, à ce jour, c’est le seul médicament qui ait montré une efficacité pour aider à guérir du coronavirus !

    En Italie, les médecins généralistes ont le droit prescrire l’hydroxychloroquine à leurs patients, avec des résultats très prometteurs.
    Voici ce que vient de déclarer le Pr Bartoletti, vice-président de la Fédération italienne des médecins généralistes : 
    « Les résultats que nous commençons à accumuler suggèrent que l’hydroxychloroquine administrée tôt, donne la possibilité d’éviter une évolution grave à une majorité de patients et permet de désencombrer les salles de réanimation ».
    Mais en France, on interdit aux médecins généralistes de le faire.

    Il est urgent d’abroger le décret du 26 mars.
    Vite, signez la pétition pour que le gouvernement autorise à nouveau les médecins de terrain à prescrire ce médicament. 
    « Qu’attendons-nous pour permettre aux médecins de le prescrire, d’avoir davantage de morts ? » a demandé récemment le Pr Perronne, chef de service d’infectiologie à l’hôpital de Garches.
    Et en effet, c’est incompréhensible.

    En France, le gouvernement a pris trois décisions absurdes :
    • Réserver l’hydroxychloroquine aux cas les plus graves : alors qu’on sait que ce médicament n’a plus d’effet quand il est donné trop tard !
    • Le prescrire seul alors qu’on sait qu’il est plus efficace quand il est associé à l’azithromycine
    • Et réserver l’hydroxychloroquine aux médecins hospitaliers, alors que c’est justement pour éviter l’aggravation des malades et leur hospitalisation que ce médicament semble le plus utile !

    Partout dans le pays, les médecins de terrain sont en train de s’indigner.
    Dans les Yvelines, le Dr Ribat a lancé un coup de gueule dans la presse :
    « On vient de me retirer le droit de délivrer une ordonnance d’hydroxychloroquine que je prescrivais à mes patients rhumatisants depuis 40 ans ! Une molécule que j’ai avalée pendant plus d’un mois contre le paludisme lorsque je me suis rendu en Haïti après le tremblement de terre de 2010. »

    En Alsace, un collectif de médecins demande l’autorisation de le prescrire pour les personnels soignants, qui sont en première ligne !
    « Les médecins vous demandent le droit d’aller au front et d’enfoncer la première ligne du virus », ont-ils déclaré publiquement !
    Même l’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste Blazy, a appelé le gouvernement à abroger le décret du 26 mars et libérer la prescription de l’hydroxychloroquine.

    Pour l’instant, le gouvernement fait la sourde oreille.
    Voilà pourquoi nous devons être des MILLIONS à signer cette pétition de toute urgence.

    Les médecins ont fait 10 ans d’étude et sont parfaitement capables, en toute connaissance de cause, de prescrire ce médicament à leurs patients qui en ont besoin. C’est bien votre médecin généraliste qui vous connait le mieux et saura choisir le meilleur traitement pour VOUS.

    On peut abroger sans problème le décret du 26 mars, car il n’y a même pas de problème de pénurie ou de manque de stocks !
    Sanofi a déjà mis 300 000 boîtes d’hydroxychloroquine à disposition des Français et nous attendons du gouvernement qu’il ordonne au plus vite sa production en plus grande quantité.
    Une boîte suffit par patient, pour un coût de 5,19 euros.
    Donc 300 000 patients pourraient déjà être soignés, pour un coût dérisoire.

    Alors qu’est-ce qu’on attend ?

    Pourquoi la France persiste-t-elle à conserver ce décret désastreux ?
    La raison est que les experts qui conseillent le gouvernement sont totalement déconnectés du réel, de la réalité du terrain. 
    On peut aussi s’interroger sur leurs éventuels conflits d’intérêts. Beaucoup ont été rémunérés, d’une façon ou d’une autre, au cours de leur carrière, par des laboratoires qui vendent des traitements bien plus coûteux que l’hydroxychloroquine !
    Voilà pourquoi nous devons être des millions à nous mobiliser pour faire contrepoids.

    En signant cette pétition, vous libèrerez les mains de votre médecin traitant et vous lui permettrez de se replacer au centre de notre système de santé, la place qu’on n’aurait jamais dû lui enlever !
    Il est urgent d’abroger le décret du 26 mars.
    Il faut immédiatement redonner au médecin la liberté de prescrire l’hydroxychloroquine.

    Par notre action, vous et moi pouvons espérer sauver des vies.
    Vous et moi pouvons espérer éviter des hospitalisations.
    Vous et moi pouvons espérer mieux protéger les personnels soignants de nos hôpitaux, héroïques en ce moment.

    Signez vite notre pétition, et transmettez là à tous vos contacts.
    Je compte sur vous.

    Dr Eric Ménat

    https://www.petition-chloroquine.fr

    --

    Monsieur le Président,

    En tant que citoyen responsable, et victime potentielle de l’épidémie actuelle, je vous demande d’abroger immédiatement le décret du 26 mars.
    Ce décret interdit aux médecins de terrain de prescrire l’hydroxychloroquine à leurs patients, même s’ils sont malades du Covid-19.

    C’est un véritable scandale, car c’est le seul médicament qui a montré une efficacité contre cette maladie :
    • Les Chinois en ont vérifié l’efficacité dans plusieurs études et l’ont recommandé à leurs médecins ;
    • Le Professeur Raoult à Marseille a des résultats préliminaires très encourageants avec ce médicament, surtout quand il est associé à un antibiotique, l’azithromycine ;
    • Les médecins italiens ont reçu l’autorisation de le prescrire à leurs patients et commencent à avoir de vrais succès.

    Il faut d’urgence l’autoriser à nouveau en France, comme le font la plupart de nos voisins.
    Si les médecins généralistes prescrivent ce médicament suffisamment tôt aux personnes atteintes du COVID-19, on pourrait éviter des hospitalisations et sauver des vies humaines.
    L’hydroxychloroquine est un médicament très sûr, sur lequel les médecins ont des dizaines d’années de recul.

    Jusqu’au mois de janvier 2020, il était même en vente libre en France – preuve qu’il était considéré comme sans risque par les autorités.
    Et surtout, ce médicament est notre meilleur espoir, à l’heure actuelle, contre le nouveau coronavirus.
    Voilà pourquoi il faut immédiatement redonner au médecin la liberté de prescrire l’hydroxychloroquine.

    En signant cette pétition, Monsieur le Président, je vous demande d’abroger immédiatement le décret du 26 mars et d’autoriser les médecins à prescrire ce médicament prometteur.
    Je compte sur vous,

    Dr Eric Ménat et un collectif de médecins*

    --

    https://www.petition-chloroquine.fr

  • Alors si j’ai bien suivi : après avoir expliqué que (1) le coronavirus est moins dangereux que les trottinettes et pas plus que la grippe saisonnière, (2) tue assez peu, 90% des gens ne nécessitant même pas de prise en charge médicale, (3) de toute façon, Trump est celui qui a raison de dire que ça allait certainement s’arrêter tout seul avec le printemps… le Dude et ses soutiens nous expliquent que : (1) c’est pas la peine de faire des groupes test, parce que si les gens vont bien avec le traitement, c’est forcément à cause de leur traitement, et pas parce que 98% des gens ne meurent pas du Covid-19, (2) l’urgence et la gravité de la situation est telle qu’il faut faire fi de toutes les méthodes et procédures éthiques.

    J’aime aussi l’argument « Si on m’avait écouté… », de la part de quelqu’un qui se vante d’être une super-star de la médecine, avec une influence mondiale, d’avoir l’oreille du Président et du ministre, et qui a passé son temps à prédire que l’épidémie n’arriverait pas en Europe, qu’elle ne serait pas grave, et que de toute façon au printemps ce serait certainement terminé. Je ne serais pas loin de penser qu’au contraire, les politiques l’ont bien entendu jusqu’à la veille de la catastrophe sanitaire, et que si le pays est dans un tel état d’impréparation, c’est peut-être en partie parce qu’une super-star mondiale de la médecine leur a fait savoir qu’il ne fallait pas s’inquiéter…

    • J’en était aussi à ce genre de conclusion. Est-ce qu’il y a des sources pour documenté l’écoute dont à bénéficié ce #grand_homme auprès de Jupiter avant confinement ?
      J’ai vu qu’il a claqué la porte de Jupiter mais avant cela, depuis combien de temps etait-il conseillé des marcheurs blancs ?

    • Une fondation est adossée à l’IHU Méditerranée Infection.
      On retrouve dans le conseil d’administration :
      10 personnalités, dont : Geneviève Fioraso, ancienne ministre de la recherche, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé,Philippe Archinard, PDG de la société TransgeneBernard Delord, président de Medi HandTraceGeorges Léonetti, doyen de lafaculté de médecine, Claudine Rigal, DG du laboratoire CERBA.
      D’ou aussi le retour de douste blazy dans la promotioin de raoult depuis qq jours-

    • Oui mais il a de l’entregent.
      N’oublie pas non plus fabius sur le maintient du premier tour des élections.
      "Municipales : Larcher et Fabius en travers de Macron

      Par soucis de cohérence avec ses mesures de confinement, Emmanuel Macron a souhaité reporter les élections municipales… Avant d’être contraint d’y renoncer.2

    • C’est pas pour excusé Larcher ni Fabius dont je me fiche pas mal, mais depuis quand Jupiter écoute quelqu’une d’autre que sa personne ? Bon peut etre qu’il écoute sa Brigitte mais ca s’arrete là. A mes yeux le fait qu’il reporte sa responsabilité sur Larcher ou Fabius est encore une nouvelle démonstration de la pourriture ignoble qu’il est. Le seul résponsable de la tenu de ses éléctions c’est Macron puisqu’il à démontré depuis quelques années qu’il gouverne sans aucun partage.

    • A propos de Raoult et des politiques, pas mal d’infos dans cet article de Médiapart :

      Didier Raoult, homme de réseaux et enfant terrible de la recherche
      Benoît Gilles (Marsactu), Médiapart, le 27 mars 2020
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270320/didier-raoult-homme-de-reseaux-et-enfant-terrible-de-la-recherche

      Depuis plusieurs semaines, Didier Raoult est au cœur d’une polémique aux dimensions planétaires sur les meilleures stratégies pour combattre la pandémie. Loin d’être un chercheur qui fait soudain irruption sur la scène médiatique, le Marseillais a construit patiemment son ascension en jouant de ses réseaux d’amitiés et des travers de la science moderne. Une enquête de notre partenaire Marsactu.

      Depuis la longue file de patients qui mène à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, on entend de temps à autre quelques salves d’applaudissements. Les gens venus se faire dépister ont reconnu la silhouette désormais mondialement célèbre du professeur Didier Raoult. L’homme salue brièvement, ne s’arrête pas, tête baissée et mèches au vent. Il a de quoi faire avec des centaines de malades à dépister, d’autres à traiter, sans compter la controverse internationale qui met soudainement son travail au-devant de la scène et son visage à la une de tous les journaux.

      La polémique, Raoult adore. Faire trembler l’establishment. Même ses cheveux longs, sa barbe éparse et ses chemises colorées sont un pied de nez permanent aux apôtres de la norme, fussent-ils du bon goût. Son look improbable est devenu un mème sur les réseaux sociaux où tout le monde s’écharpe entre pro et anti. Lui, se place ailleurs, au-dessus forcément. « Il a un comportement de chef de meute, c’est vrai. Pour lui, la science est un sport de haut niveau. Elle ne supporte pas la médiocrité », explique un journaliste qui l’a longuement côtoyé.

      Les 144 pages de son curriculum vitae parlent pour lui. Didier Raoult est un géant de la recherche en infectiologie. Lui et ses équipes cumulent les records du monde. Forcément, le colosse fait de l’ombre. Il charrie une cohorte de polémiques et n’en a cure. Sabre au clair, il fait de la science comme Louis Pasteur ou Marie Curie en leur temps. Dépasser Darwin ne lui fait pas peur, assure-t-il. Il est le mâle alpha qui mène sa troupe de médecins. Il en fait même son dogme pour dynamiser la recherche en France.

      En revanche, il n’est pas ce savant, génial ou fou, qui fait irruption sur la scène politique et médiatique à l’occasion d’une crise majeure. Chroniqueur au Point, adepte des vidéos d’auto-promo, il cultive depuis longtemps les réseaux politiques et sait jouer à plein des travers de la science pour tenir la ligne qu’il pense juste.

      L’équipe qu’il a constituée autour de lui est d’une fidélité sans faille, parfois depuis des décennies. Ce sont eux ces professeurs, médecins, chercheurs qui signaient ce dimanche un communiqué défiant les préconisations du ministère de la santé en précisant qu’il n’était pour eux « pas moral que cette association [de molécules, utilisée par l’IHU – ndlr] ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection par le Covid-19 ».

      Bras de fer au ministère

      Le ministre de la santé prend un arrêté pour limiter la prescription de l’hydroxychloroquine ? Qu’importe, il claque la porte du comité scientifique qui conseille le gouvernement depuis le début de l’épidémie et poursuit ses prescriptions. Au point d’obtenir du ministre qu’il maintienne celle-ci pour les médecins en première ligne face à l’épidémie.

      Une position qui lui revient forcément, et confortée par la vue des centaines de personnes qui, malades, inquiètes ou simplement fébriles, patientent à la porte de son institut. Elles espèrent savoir si elles sont atteintes et peuvent avoir accès au traitement censé faire chuter la charge virale, sans preuve scientifique de cette efficience (lire l’article à ce sujet).

      L’ami des politiques

      Parmi les thuriféraires parfois béats, il y a aussi les élus majoritairement LR qui sont venus se faire dépister et soigner par les équipes du professeur Raoult avant et surtout après le premier tour des municipales. La députée LR Valérie Boyer multiplie les plateaux TV pour soutenir la thèse du professeur Raoult, faisant fi des méthodes scientifiques et de la rigueur nécessaire à la mise en œuvre d’un traitement médicamenteux, non sans effets secondaires.

      Ces élus, Didier Raoult les connaît bien. Il les fréquente depuis de longues années. Médecin, ancien ministre et président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier fait partie du conseil d’administration de l’institut hospitalo-universitaire que Didier Raoult porte à bout de bras depuis plusieurs dizaines d’années. L’homme politique ne tarit pas d’éloges pour « son ami » et a marqué son soutien dès le début de l’épidémie. Le maire de Nice, Christian Estrosi, monte lui aussi au créneau sur les réseaux sociaux. Lui est un intime du professeur depuis leurs années communes au lycée à Nice.

      L’ancien journaliste de La Provence Hervé Vaudoit décrit ce réseau de relations dans l’ouvrage qu’il a consacré à l’homme et son institut, L’IHU Méditerranée Infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (Robert Lafon). Outre son indéniable talent, Didier Raoult doit son ascension éclair au sein de la faculté de médecine à un baron du gaullisme local, Maurice Toga, que Renaud Muselier considère comme son « père politique », raconte dans son bouquin le journaliste..

      Ce député (1986-1988) lui met le premier le pied à l’étrier et lui permet de devenir professeur de médecine puis chef de service dès 1988. Mais l’idée de l’IHU naît vraiment avec la peur du bio-terrorisme et les attentats à l’anthrax qui ont effrayé le monde après ceux du 11-Septembre. « Les politiques avaient une trouille bleue, se souvient Didier Raoult dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit. Pour leur faire péter les plombs, il suffisait de prononcer un mot : bioterrorisme. »

      Plus de 100 millions pour bâtir l’IHU

      Il profite de l’arrivée au gouvernement Chirac du Marseillais Jean-François Mattéi pour pousser le pion d’un infectiopôle destiné à lutter contre ce risque médical et militaire. En 2003, il écrit un rapport sur ce thème qui finit par convaincre les hauts fonctionnaires et les politiques de la nécessité d’un soutien à ses recherches. Car loin de l’image véhiculée du Marseillais mal-aimé contre le reste du monde, Didier Raoult a des réseaux bien implantés.

      À l’orée des années 2010, son projet de pôle d’infectiologie rencontre les programmes d’investissement d’avenir portés par le président Sarkozy. Son entregent lui permet d’obtenir des soutiens dans les ministères. Pour défendre son IHU devant le jury chargé de faire le tri parmi les projets présentés, Didier Raoult est accompagné par Yvon Berland, qui deviendra quelques années plus tard président de l’université unique, et Jean-Paul Segade, le directeur général de l’AP-HM d’alors. L’infectiopôle du professeur Raoult emporte la mise et le précieux financement d’État.

      Son IHU est le plus gros investissement public dans la recherche des vingt dernières années avec plus de 48 millions de l’Agence nationale de la recherche uniquement pour le bâtiment high tech qui borde le Jarret. Il a aussi pris soin de réunir autour de table la plupart des collectivités locales pour un investissement colossal. Dans la mise de départ, 1,5 million pour la Région, quatre pour le département, un million de la Ville de Marseille et autant de la communauté urbaine d’alors.

      Même chose pour les équipements où les collectivités remettent gentiment au pot au nom du rayonnement international de ce chercheur et de ses équipes. Récemment, Renaud Muselier a annoncé que la participation de la Région était de 16 millions alors qu’elle était de 11 millions en 2018.

      Changement de gouvernance

      Avec le débarquement de Jean-Paul Segade, en 2012, étrillé par un rapport de la Chambre régionale des comptes, Raoult perd un soutien. Cela correspond aussi au changement politique à la tête de l’État où Didier Raoult doit refaire ses contacts.

      En 2014, avec le changement de gouvernance à l’AP-HM, l’enthousiasme connaît des hauts et des bas. Le successeur de Segade à la tête de l’AP-HM, Jean-Jacques Romatet, est beaucoup moins partant. Il voit dans ce projet un formidable outil qui s’installe au sein de l’assistance publique comme un virus qui prospère à son détriment. Les deux hommes ne s’entendent pas, s’accrochent dur tant sur la question du loyer que l’AP-HM devra payer à l’IHU en fonction des lits d’hospitalisation qu’il abrite, mais aussi sur celui de l’autorisation d’occupation temporaire qui lie la fondation de droit privé qui pilote l’IHU au propriétaire du terrain.

      Même chose pour le permis de construire, délivré sans aucun aller et retour avec le service d’urbanisme. L’élue chargée de l’urbanisme, Danielle Servant, découvre un projet juché sur un haut escalier, au lieu d’être de plain-pied. Maître d’ouvrage du chantier, Raoult n’est pas ouvert à la discussion. Il appelle directement le maire qui somme son élue de donner un avis positif au permis.

      Défections

      Aujourd’hui, Jean-Jacques Romatet refuse de s’exprimer publiquement sur ces années de tension autour du projet d’IHU. Mais, à certains, il confie volontiers que son départ anticipé de la direction de l’AP-HM en 2015 est aussi dû aux capacités de nuisance et à l’entregent politique de Didier Raoult. Lequel ne le nie pas. Lorsque les négociations piétinent avec l’AP-HM, c’est la ministre socialiste de la recherche Geneviève Fioraso qui vole à son secours. Comme son prédécesseur Philippe Douste-Blazy avant elle, elle en est remerciée en siégeant au conseil d’administration de l’IHU.

      Ce que regrette Romatet, c’est la violence dont Didier Raoult fait preuve dans sa volonté de voir aboutir son projet. Car, en cumulant la recherche et les soins en infectiologie, l’IHU aspire les services qui, éparpillés dans les différents sites de l’AP-HM, traitent de bactériologie, de virologie ou de parasitologie. Ainsi les médecins qui, depuis des décennies, travaillent auprès des malades du sida à l’hôpital Nord sont contraints de rejoindre le bâtiment de la Timone. Avec le risque de perdre le lien avec des patients des quartiers Nord. Il faudra qu’ils bataillent en interne pour conserver une consultation à l’hôpital Nord.

      D’autres ne se sont pas contentés de faire le dos rond. Chef du service parasitologie à la Timone, le spécialiste du choléra Renaud Piarroux a fini par claquer la porte des hôpitaux marseillais pour rejoindre la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « J’ai du mal à obéir lorsque je ne suis pas d’accord avec la façon dont les choses sont gérées », dit-il au Monde en 2016. Son service en pointe sur les questions de parasitologie et mycologie a tout simplement été aspiré par l’IHU, quittant ainsi le seul giron de l’AP-HM pour se retrouver sous la tutelle de Didier Raoult et de ses équipes. Effrayés par la réputation du bonhomme, la moitié des techniciens de laboratoire n’ont pas rejoint l’IHU, préférant parfois quitter le CHU.

      « De la science comme on mène une bataille »

      « Didier Raoult est un guerrier, explique ainsi un de ses adversaires à l’AP-HM. Il fait de la science comme on mène une bataille. Ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Il fout une trouille terrible parce qu’il peut vous détruire professionnellement. » Nombreux sont ceux qui contestent ces méthodes, toujours à mots couverts. Co-découvreurs des virus géants en 2003 avec Didier Raoult, Jean-Michel Claverie et sa femme, Chantal Abergel, ont construit une association scientifique fructueuse avant de rompre brutalement. Contacté par Marsactu en 2018, il refusait de commenter les causes de cette rupture. « On a travaillé ensemble, on a fait de belles publications ensemble et puis on s’est engueulés très fort », confie-t-il au Monde le 25 mars tout en saluant le brio scientifique du professeur Raoult.

      Comme Hervé Vaudoit le décrit dans son ouvrage, Didier Raoult est un des premiers à Marseille à comprendre comment l’indexation scientifique des publications permet de rationaliser la compétition entre les savants. Soudain la réputation ne relève plus de la subjectivité mais de données statistiques, objectives. Le mandarinat vole en éclats, remplacé par des algorithmes qui évaluent les chercheurs en fonction du nombre de publications, de leur impact scientifique mais aussi du nombre de fois où le chercheur est cité par d’autres.

      3 000 articles scientifiques en huit ans

      Depuis le début des années 1990, Didier Raoult a fait du séquençage génomique l’une des bases de ses recherches pour dénombrer et identifier de nouvelles bactéries parmi la multitude qu’abrite le corps humain. Ouvert sur le monde, ses unités de recherche comme son institut accueillent de nombreux doctorants venus d’Afrique ou d’Asie qui sont les petites mains de son système.

      Même s’il publie dans des revues prestigieuses, parmi les plus reconnues au monde, la grande partie des milliers de publications qu’il co-signe ont un « faible impact scientifique ». Une recherche récente sur le portail PubMed qui dépend de la Bibliothèque nationale de médecine américaine évalue à plus de 3 000 les articles scientifiques signés par lui. Le double de la même recherche effectuée en 2012 par une journaliste de la revue Science dans un article critique sur Didier Raoult.

      « Son fonctionnement est très simple, explique un de ses adversaires. Un chercheur apparaît comme auteur d’un article à partir du moment où il y a contribué. Dans un cycle normal de travail, on peut cosigner 10 à 20 articles par an de 3 500 mots chacun. Lui, il génère de la matière première en faisant travailler ses doctorants notamment sur du séquençage de gènes de bactéries et il co-signe tout. Il arrive ainsi à un nombre de publications annuel absolument dément. Il est impossible qu’il puisse toutes les vérifier. »

      « Je rapporte 11 millions par an »

      Or, ce nombre de publications pléthoriques compte aussi financièrement. Ainsi la dotation annuelle attribuée à chaque CHU repose-t-elle sur les publications de ses chercheurs et praticiens, les fameux Sigaps, pour Système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques. Mis en place par le CHU de Lille, il a été étendu à l’ensemble des centres hospitaliers en 2006. Or, Didier Raoult et ses équipes pèsent lourd. « Je rapporte au moins onze millions d’euros par an à l’AP-HM », lançait-il à Marsactu en 2018, lors de l’inauguration de son IHU. La même année, Hervé Vaudoit évalue ce poids relatif à 25 % des crédits de recherche attribués à l’AP-HM.

      « Je pense que sans Raoult et ses équipes, Aix-Marseille Université serait placée moins haut dans le classement de Shanghai », affirme le journaliste. Pour le coup, Didier Raoult étend son influence sur l’AP-HM et l’université, l’une des tutelles de l’IHU dont les personnels et étudiants dépendent.

      Compagnon de route scientifique, professeur d’université, médecin et président d’université comme lui, Yvon Berland a suivi de très près l’ascension de son collègue. Quand les histoires de mal-être au travail et de harcèlement finissent par éclabousser l’université, il n’hésite pas à appeler Didier Raoult en déplacement à Dakar pour que ce dernier réponde aux journalistes qui souhaitent recueillir son point de vue.

      Retrait de labels

      Si Didier Raoult a mal vécu cet épisode que Marsactu a longuement détaillé en son temps (lire notre article sur la visite des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des quatre tutelles), c’est qu’il venait éclairer son navire amiral au moment où son unité de recherche historique, l’Urmite, devait se transformer en deux unités sœurs.

      Or, après des avis négatifs des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS, les deux principales institutions de la recherche française dans le champ bio-médical ont retiré leur label à Vitrome et Mephi, les deux unités « filles » de l’Urmite. Les personnels CNRS ont été maintenus dans une structure provisoire, FRE, avant d’acter la séparation. « C’est embêtant. Je ne peux pas bien l’accueillir », reconnaissait Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université en 2018. Les deux unités continueront d’avoir le label AMU, et donc le personnel et les financements universitaires.

      L’affaire des risques psychosociaux et le contrôle des CHSCT ne sont qu’un élément périphérique dans les décisions des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS. Dans celle du CNRS que nous avons pu consulter, l’accent est mis sur les aspects scientifiques qui ne convainquent pas suffisamment les pairs réunis à titre consultatif. « Je crois savoir qu’ils reprochent une approche de la recherche, pas assez fondamentale », commente encore Yvon Berland.

      Conflits d’intérêts à la tête

      Pour Didier Raoult qui s’en explique longuement dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit, cette crise est un règlement de comptes venu de tout en haut : le PDG de l’Inserm, par ailleurs époux de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne croit pas au modèle des IHU et aurait tout fait pour qu’une nouvelle génération d’instituts ne voie pas le jour. « Nous allons perdre 400 000 euros de dotations que nous versaient l’Inserm et le CNRS, précise-t-il à Hervé Vaudoit en 2018. C’est un mauvais coup mais nous ne sommes pas inquiets : des solutions de financement existent ailleurs. Et, à la fin, ce seront peut-être eux les grands perdants de l’histoire. »

      Pour assurer sa survie, Didier Raoult croit en son modèle. Il s’appuie aussi sur des amitiés indéfectibles comme celle de l’ancien président de l’IRD Jean-Paul Moatti. Époux de la présidente de la fondation de l’IHU, Yolande Obadia, il a renouvelé son soutien financier à l’IHU en dépit du conflit d’intérêts patent de signer une convention financière avec sa propre épouse (lire notre article sur ce conflit d’intérêts).

      Selon nos informations, cette question figurait dans la liste des sujets soumis à l’inspection des magistrats de l’agence française anticorruption lors de son contrôle de l’IRD en 2018. Ce rapport n’a pas vocation à être rendu public. Tout comme celui de l’inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche sur les cas de harcèlement moral et sexuel au sein des unités de recherche abritées par l’IHU. En 2018, Didier Raoult balayait tout ça d’un « ça se dégonfle ». Depuis, le Covid-19 achève de gonfler sa renommée.

    • Je ne pense pas que l’étude de Raoult soit à jeter. Il parvient à faire tomber au 5ème jour de traitement la charge virale (mesurée, au niveau des fosses nasales) pour 97,5% des patients qu’il traite. Sur 80 patients cette fois.
      C’est assez tôt par rapport à l’évolution généralement observée de la maladie.
      C’est intéressant si ça peut réduire le nombre de patients qui passent en phase d’inflammation aigüe qui est à haut risque de mourir.

      Que Raoult soit un mandarin avec un ego surdimensionné ne doit pas entrer en ligne de compte dans le jugement sur ses travaux.

      La dernière étude observationnelle de Raoult sur 80 patient est ici :

      https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/COVID-IHU-2-1.pdf

      #Didier-Raoult #Raoult #Covid-19 #Coronavirus

    • Aucun groupe témoin, patients choisis au pif (certains sans symptôme), prélèvements seulement dans le nez, amélioration de la plupart des patients en 6 jours, soit comme la moyenne constatée... Une autre étude, chinoise celle-ci, avait un groupe témoin et n’a constaté aucune différence (ah si, le groupe avec chloroquine a eu de moins bon résultats mais statistiquement c’était insignifiant)... Il faut se souvenir qu’environ 98% des malades guérissent spontanément depuis le début de la pandémie. Si on cumule les 2 études de Raoult, il a un taux de mortalité de 2%, si on en croit ses résultats « miraculeux »... Non vraiment je ne suis pas sûr que cette étude démontre quelque chose, sinon que les équipes de Raoult sont incapables de faire une vraie étude clinique. Il faut donc encore attendre d’avoir d’autres études plus sérieuses pour pouvoir affirmer quoique ce soit et en attendant les publications de Raoult ne sont malheureusement que du buzz.

    • @alexcorp

      J’ignore l’efficacité du traitement de Raoult.

      Mais raconter n’importe quoi sur Seenthis est ennuyeux.

      Quand on étudie les patients que l’on traite, on ne fait pas de groupe témoin. C’est une étude observationnelle :
      https://www.eupati.eu/fr/glossary/etude-observationnelle

      Raoult compare les données sur ses patients, à celles d’un échantillon de patients publiées par les médecins chinois.

      Quand au comptage des jours pour obtenir une réduction de la charge virale, je vous trouve très péremptoire, quand vous ne donnez aucune source. Et que la manière dont on fait le décompte de ce délai dépend évidemment de ce qu’on prend comme point de départ (test de diagnostic positif, ou début des symptômes, ou début du traitement ... ). Il n’est pas toujours évident de comprendre ce dont parle telle ou telle publication.

    • @stephane_m

      J’ignore l’efficacité du traitement de Raoult.

      Ah, vous n’avez pas lu l’étude que vous avez mis en lien juste au dessus ? Qu’est-ce que vous pensez de mon résumé ? Il est faux ? Parlons des faits, pas de ce que vous pensez que je suis ou de vos états d’âme.

      Pour mes sources, en voici une : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-chloroquine-contre-covid-19-pas-plus-efficace-qu-un-traitement-c
      Si on pouvait admettre que la première étude de Raoult n’ait pas de groupe témoin (urgence, tout ça), il n’y avait aucune raison de ne pas en avoir un pour la deuxième, c’est juste le b.a.-ba. Conclusion, qui n’engage que moi : il se fout de notre gueule et joue sur la nullité de nos médias qui voient ça comme un match de catch et non un débat scientifique.

    • Mais dites moi où est-ce que j’ai faux au lieu de répéter « péremptoire » à tout bout de champ, c’est pénible depuis 3 semaines tous ces gens qui sont incapables de discuter sur le fond de l’affaire.

      On va y aller phrase par phrase si vous voulez :
      Selon les 2 études de Raoult, le taux de mortalité des patients qui ont reçu son traitement est de 2% en moyenne. Par ailleurs, la moyenne mondiale du taux de mortalité constaté tourne autour de 2%, voire un peu moins.
      Alors, vrai ou faux ? Si faux, merci de m’apporter chiffres et preuves à l’appui.

    • @fahrenheit92
      Je suis absolument d’accord qu’il peut y avoir des biais.

      La publication de Raoult n’est pas pour autant sans intérêt, si on s’intéresse à ce covid-19, et aux pistes pour réduire le nombre de victimes.

      Voir aussi ici, pour ceux que cela intéressent, l’hypothèse sur l’effet envisageable de la vaccination par le BCG. Ce ne sont que des corrélations qui sont mises en évidence, et il faudra une étude systématique des liens entre vaccination/non par le BCG, délai depuis la vaccination, et infection/non par le covid-19 :

      https://seenthis.net/messages/836238

    • Le fait que l’article de « Science et Avenir » ne donne pas le lien vers la publication qu’il commente est un indicateur qu’il s’agit de vulgarisation basique (c’est bien que ça existe la vulgarisation, mais pour discuter de rigueur scientifique, il vaut mieux s’appuyer sur des publications réellement scientifiques).

    • Mais ce dont tu parles là (et depuis le début), « des médecins étudient les effets » (description qui ne signifient pas grand chose au passage) ce n’est PAS pour prouver l’effet d’un remède, mais pour signaler des problèmes par exemple (effets secondaires etc).

      À aucun moment la preuve de l’efficacité d’un produit n’est faite comme ça, puisque ce n’est justement pas une preuve, en terme de critère scientifique. Comme le rappel la définition de WP : « c’est la base de la médecine fondée sur les faits. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tude_randomis%C3%A9e_en_double_aveugle

    • Beaucoup de médecins étudient les effets de certains des médicaments qu’ils prescrivent sur leurs patients. Ce n’est ni randomisé, ni en double aveugle, mais cela leur permet de vérifier et d’améliorer leur pratique.

      Beaucoup de médecin·es sont aussi par ailleurs homéopathes et en prescrivent à leurs patient·es.

  • Didier Raoult, homme de réseaux et enfant terrible de la recherche - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270320/didier-raoult-homme-de-reseaux-et-enfant-terrible-de-la-recherche?page_art

    Depuis plusieurs semaines, Didier Raoult est au cœur d’une polémique aux dimensions planétaires sur les meilleures stratégies pour combattre la pandémie. Loin d’être un chercheur qui fait soudain irruption sur la scène médiatique, le Marseillais a construit patiemment son ascension en jouant de ses réseaux d’amitiés et des travers de la science moderne. Une enquête de notre partenaire Marsactu.

    Allez hop, je brise le paywall pour que vous profitiez du portrait complet du personnage #raoult

    #coronavirus

    Depuis la longue file de patients qui mène à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, on entend de temps à autre quelques salves d’applaudissements. Les gens venus se faire dépister ont reconnu la silhouette désormais mondialement célèbre du professeur Didier Raoult. L’homme salue brièvement, ne s’arrête pas, tête baissée et mèches au vent. Il a de quoi faire avec des centaines de malades à dépister, d’autres à traiter, sans compter la controverse internationale qui met soudainement son travail au-devant de la scène et son visage à la une de tous les journaux.

    La polémique, Raoult adore. Faire trembler l’establishment. Même ses cheveux longs, sa barbe éparse et ses chemises colorées sont un pied de nez permanent aux apôtres de la norme, fussent-ils du bon goût. Son look improbable est devenu un mème sur les réseaux sociaux où tout le monde s’écharpe entre pro et anti. Lui, se place ailleurs, au-dessus forcément. « Il a un comportement de chef de meute, c’est vrai. Pour lui, la science est un sport de haut niveau. Elle ne supporte pas la médiocrité », explique un journaliste qui l’a longuement côtoyé.

    Les 144 pages de son curriculum vitae parlent pour lui. Didier Raoult est un géant de la recherche en infectiologie. Lui et ses équipes cumulent les records du monde. Forcément, le colosse fait de l’ombre. Il charrie une cohorte de polémiques et n’en a cure. Sabre au clair, il fait de la science comme Louis Pasteur ou Marie Curie en leur temps. Dépasser Darwin ne lui fait pas peur, assure-t-il. Il est le mâle alpha qui mène sa troupe de médecins. Il en fait même son dogme pour dynamiser la recherche en France.

    En revanche, il n’est pas ce savant, génial ou fou, qui fait irruption sur la scène politique et médiatique à l’occasion d’une crise majeure. Chroniqueur au Point, adepte des vidéos d’auto-promo, il cultive depuis longtemps les réseaux politiques et sait jouer à plein des travers de la science pour tenir la ligne qu’il pense juste.

    L’équipe qu’il a constituée autour de lui est d’une fidélité sans faille, parfois depuis des décennies. Ce sont eux ces professeurs, médecins, chercheurs qui signaient ce dimanche un communiqué défiant les préconisations du ministère de la santé en précisant qu’il n’était pour eux « pas moral que cette association [de molécules, utilisée par l’IHU – ndlr] ne soit pas incluse systématiquement dans les essais thérapeutiques concernant le traitement de l’infection par le Covid-19 ».
    Bras de fer au ministère

    Le ministre de la santé prend un arrêté pour limiter la prescription de l’hydroxychloroquine ? Qu’importe, il claque la porte du comité scientifique qui conseille le gouvernement depuis le début de l’épidémie et poursuit ses prescriptions. Au point d’obtenir du ministre qu’il maintienne celle-ci pour les médecins en première ligne face à l’épidémie.

    Une position qui lui revient forcément, et confortée par la vue des centaines de personnes qui, malades, inquiètes ou simplement fébriles, patientent à la porte de son institut. Elles espèrent savoir si elles sont atteintes et peuvent avoir accès au traitement censé faire chuter la charge virale, sans preuve scientifique de cette efficience (lire l’article à ce sujet).
    L’ami des politiques

    Parmi les thuriféraires parfois béats, il y a aussi les élus majoritairement LR qui sont venus se faire dépister et soigner par les équipes du professeur Raoult avant et surtout après le premier tour des municipales. La députée LR Valérie Boyer multiplie les plateaux TV pour soutenir la thèse du professeur Raoult, faisant fi des méthodes scientifiques et de la rigueur nécessaire à la mise en œuvre d’un traitement médicamenteux, non sans effets secondaires.

    Ces élus, Didier Raoult les connaît bien. Il les fréquente depuis de longues années. Médecin, ancien ministre et président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier fait partie du conseil d’administration de l’institut hospitalo-universitaire que Didier Raoult porte à bout de bras depuis plusieurs dizaines d’années. L’homme politique ne tarit pas d’éloges pour « son ami » et a marqué son soutien dès le début de l’épidémie. Le maire de Nice, Christian Estrosi, monte lui aussi au créneau sur les réseaux sociaux. Lui est un intime du professeur depuis leurs années communes au lycée à Nice.

    L’ancien journaliste de La Provence Hervé Vaudoit décrit ce réseau de relations dans l’ouvrage qu’il a consacré à l’homme et son institut, L’IHU Méditerranée Infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (Robert Lafon). Outre son indéniable talent, Didier Raoult doit son ascension éclair au sein de la faculté de médecine à un baron du gaullisme local, Maurice Toga, que Renaud Muselier considère comme son « père politique », raconte dans son bouquin le journaliste.

    Ce député (1986-1988) lui met le premier le pied à l’étrier et lui permet de devenir professeur de médecine puis chef de service dès 1988. Mais l’idée de l’IHU naît vraiment avec la peur du bio-terrorisme et les attentats à l’anthrax qui ont effrayé le monde après ceux du 11-Septembre. « Les politiques avaient une trouille bleue, se souvient Didier Raoult dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit. Pour leur faire péter les plombs, il suffisait de prononcer un mot : bioterrorisme. »
    Plus de 100 millions pour bâtir l’IHU

    Il profite de l’arrivée au gouvernement Chirac du Marseillais Jean-François Mattéi pour pousser le pion d’un infectiopôle destiné à lutter contre ce risque médical et militaire. En 2003, il écrit un rapport sur ce thème qui finit par convaincre les hauts fonctionnaires et les politiques de la nécessité d’un soutien à ses recherches. Car loin de l’image véhiculée du Marseillais mal-aimé contre le reste du monde, Didier Raoult a des réseaux bien implantés.

    À l’orée des années 2010, son projet de pôle d’infectiologie rencontre les programmes d’investissement d’avenir portés par le président Sarkozy. Son entregent lui permet d’obtenir des soutiens dans les ministères. Pour défendre son IHU devant le jury chargé de faire le tri parmi les projets présentés, Didier Raoult est accompagné par Yvon Berland, qui deviendra quelques années plus tard président de l’université unique, et Jean-Paul Segade, le directeur général de l’AP-HM d’alors. L’infectiopôle du professeur Raoult emporte la mise et le précieux financement d’État.

    Son IHU est le plus gros investissement public dans la recherche des vingt dernières années avec plus de 48 millions de l’Agence nationale de la recherche uniquement pour le bâtiment high tech qui borde le Jarret. Il a aussi pris soin de réunir autour de table la plupart des collectivités locales pour un investissement colossal. Dans la mise de départ, 1,5 million pour la Région, quatre pour le département, un million de la Ville de Marseille et autant de la communauté urbaine d’alors.

    Même chose pour les équipements où les collectivités remettent gentiment au pot au nom du rayonnement international de ce chercheur et de ses équipes. Récemment, Renaud Muselier a annoncé que la participation de la Région était de 16 millions alors qu’elle était de 11 millions en 2018.
    Changement de gouvernance

    Avec le débarquement de Jean-Paul Segade, en 2012, étrillé par un rapport de la Chambre régionale des comptes, Raoult perd un soutien. Cela correspond aussi au changement politique à la tête de l’État où Didier Raoult doit refaire ses contacts.

    En 2014, avec le changement de gouvernance à l’AP-HM, l’enthousiasme connaît des hauts et des bas. Le successeur de Segade à la tête de l’AP-HM, Jean-Jacques Romatet, est beaucoup moins partant. Il voit dans ce projet un formidable outil qui s’installe au sein de l’assistance publique comme un virus qui prospère à son détriment. Les deux hommes ne s’entendent pas, s’accrochent dur tant sur la question du loyer que l’AP-HM devra payer à l’IHU en fonction des lits d’hospitalisation qu’il abrite, mais aussi sur celui de l’autorisation d’occupation temporaire qui lie la fondation de droit privé qui pilote l’IHU au propriétaire du terrain.

    Même chose pour le permis de construire, délivré sans aucun aller et retour avec le service d’urbanisme. L’élue chargée de l’urbanisme, Danielle Servant, découvre un projet juché sur un haut escalier, au lieu d’être de plain-pied. Maître d’ouvrage du chantier, Raoult n’est pas ouvert à la discussion. Il appelle directement le maire qui somme son élue de donner un avis positif au permis.
    Défections

    Aujourd’hui, Jean-Jacques Romatet refuse de s’exprimer publiquement sur ces années de tension autour du projet d’IHU. Mais, à certains, il confie volontiers que son départ anticipé de la direction de l’AP-HM en 2015 est aussi dû aux capacités de nuisance et à l’entregent politique de Didier Raoult. Lequel ne le nie pas. Lorsque les négociations piétinent avec l’AP-HM, c’est la ministre socialiste de la recherche Geneviève Fioraso qui vole à son secours. Comme son prédécesseur Philippe Douste-Blazy avant elle, elle en est remerciée en siégeant au conseil d’administration de l’IHU.

    Ce que regrette Romatet, c’est la violence dont Didier Raoult fait preuve dans sa volonté de voir aboutir son projet. Car, en cumulant la recherche et les soins en infectiologie, l’IHU aspire les services qui, éparpillés dans les différents sites de l’AP-HM, traitent de bactériologie, de virologie ou de parasitologie. Ainsi les médecins qui, depuis des décennies, travaillent auprès des malades du sida à l’hôpital Nord sont contraints de rejoindre le bâtiment de la Timone. Avec le risque de perdre le lien avec des patients des quartiers Nord. Il faudra qu’ils bataillent en interne pour conserver une consultation à l’hôpital Nord.

    D’autres ne se sont pas contentés de faire le dos rond. Chef du service parasitologie à la Timone, le spécialiste du choléra Renaud Piarroux a fini par claquer la porte des hôpitaux marseillais pour rejoindre la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « J’ai du mal à obéir lorsque je ne suis pas d’accord avec la façon dont les choses sont gérées », dit-il au Monde en 2016. Son service en pointe sur les questions de parasitologie et mycologie a tout simplement été aspiré par l’IHU, quittant ainsi le seul giron de l’AP-HM pour se retrouver sous la tutelle de Didier Raoult et de ses équipes. Effrayés par la réputation du bonhomme, la moitié des techniciens de laboratoire n’ont pas rejoint l’IHU, préférant parfois quitter le CHU.
    « De la science comme on mène une bataille »

    « Didier Raoult est un guerrier, explique ainsi un de ses adversaires à l’AP-HM. Il fait de la science comme on mène une bataille. Ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Il fout une trouille terrible parce qu’il peut vous détruire professionnellement. » Nombreux sont ceux qui contestent ces méthodes, toujours à mots couverts. Co-découvreurs des virus géants en 2003 avec Didier Raoult, Jean-Michel Claverie et sa femme, Chantal Abergel, ont construit une association scientifique fructueuse avant de rompre brutalement. Contacté par Marsactu en 2018, il refusait de commenter les causes de cette rupture. « On a travaillé ensemble, on a fait de belles publications ensemble et puis on s’est engueulés très fort », confie-t-il au Monde le 25 mars tout en saluant le brio scientifique du professeur Raoult.

    Comme Hervé Vaudoit le décrit dans son ouvrage, Didier Raoult est un des premiers à Marseille à comprendre comment l’indexation scientifique des publications permet de rationaliser la compétition entre les savants. Soudain la réputation ne relève plus de la subjectivité mais de données statistiques, objectives. Le mandarinat vole en éclats, remplacé par des algorithmes qui évaluent les chercheurs en fonction du nombre de publications, de leur impact scientifique mais aussi du nombre de fois où le chercheur est cité par d’autres.
    3 000 articles scientifiques en huit ans

    Depuis le début des années 1990, Didier Raoult a fait du séquençage génomique l’une des bases de ses recherches pour dénombrer et identifier de nouvelles bactéries parmi la multitude qu’abrite le corps humain. Ouvert sur le monde, ses unités de recherche comme son institut accueillent de nombreux doctorants venus d’Afrique ou d’Asie qui sont les petites mains de son système.

    Même s’il publie dans des revues prestigieuses, parmi les plus reconnues au monde, la grande partie des milliers de publications qu’il co-signe ont un « faible impact scientifique ». Une recherche récente sur le portail PubMed qui dépend de la Bibliothèque nationale de médecine américaine évalue à plus de 3 000 les articles scientifiques signés par lui. Le double de la même recherche effectuée en 2012 par une journaliste de la revue Science dans un article critique sur Didier Raoult.

    « Son fonctionnement est très simple, explique un de ses adversaires. Un chercheur apparaît comme auteur d’un article à partir du moment où il y a contribué. Dans un cycle normal de travail, on peut cosigner 10 à 20 articles par an de 3 500 mots chacun. Lui, il génère de la matière première en faisant travailler ses doctorants notamment sur du séquençage de gènes de bactéries et il co-signe tout. Il arrive ainsi à un nombre de publications annuel absolument dément. Il est impossible qu’il puisse toutes les vérifier. »
    « Je rapporte 11 millions par an »

    Or, ce nombre de publications pléthoriques compte aussi financièrement. Ainsi la dotation annuelle attribuée à chaque CHU repose-t-elle sur les publications de ses chercheurs et praticiens, les fameux Sigaps, pour Système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques. Mis en place par le CHU de Lille, il a été étendu à l’ensemble des centres hospitaliers en 2006. Or, Didier Raoult et ses équipes pèsent lourd. « Je rapporte au moins onze millions d’euros par an à l’AP-HM », lançait-il à Marsactu en 2018, lors de l’inauguration de son IHU. La même année, Hervé Vaudoit évalue ce poids relatif à 25 % des crédits de recherche attribués à l’AP-HM.

    « Je pense que sans Raoult et ses équipes, Aix-Marseille Université serait placée moins haut dans le classement de Shanghai », affirme le journaliste. Pour le coup, Didier Raoult étend son influence sur l’AP-HM et l’université, l’une des tutelles de l’IHU dont les personnels et étudiants dépendent.

    Compagnon de route scientifique, professeur d’université, médecin et président d’université comme lui, Yvon Berland a suivi de très près l’ascension de son collègue. Quand les histoires de mal-être au travail et de harcèlement finissent par éclabousser l’université, il n’hésite pas à appeler Didier Raoult en déplacement à Dakar pour que ce dernier réponde aux journalistes qui souhaitent recueillir son point de vue.
    Retrait de labels

    Si Didier Raoult a mal vécu cet épisode que Marsactu a longuement détaillé en son temps (lire notre article sur la visite des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des quatre tutelles), c’est qu’il venait éclairer son navire amiral au moment où son unité de recherche historique, l’Urmite, devait se transformer en deux unités sœurs.

    Or, après des avis négatifs des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS, les deux principales institutions de la recherche française dans le champ bio-médical ont retiré leur label à Vitrome et Mephi, les deux unités « filles » de l’Urmite. Les personnels CNRS ont été maintenus dans une structure provisoire, FRE, avant d’acter la séparation. « C’est embêtant. Je ne peux pas bien l’accueillir », reconnaissait Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université en 2018. Les deux unités continueront d’avoir le label AMU, et donc le personnel et les financements universitaires.

    L’affaire des risques psychosociaux et le contrôle des CHSCT ne sont qu’un élément périphérique dans les décisions des conseils scientifiques de l’Inserm et du CNRS. Dans celle du CNRS que nous avons pu consulter, l’accent est mis sur les aspects scientifiques qui ne convainquent pas suffisamment les pairs réunis à titre consultatif. « Je crois savoir qu’ils reprochent une approche de la recherche, pas assez fondamentale », commente encore Yvon Berland.
    Conflits d’intérêts à la tête

    Pour Didier Raoult qui s’en explique longuement dans l’ouvrage d’Hervé Vaudoit, cette crise est un règlement de comptes venu de tout en haut : le PDG de l’Inserm, par ailleurs époux de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne croit pas au modèle des IHU et aurait tout fait pour qu’une nouvelle génération d’instituts ne voie pas le jour. « Nous allons perdre 400 000 euros de dotations que nous versaient l’Inserm et le CNRS, précise-t-il à Hervé Vaudoit en 2018. C’est un mauvais coup mais nous ne sommes pas inquiets : des solutions de financement existent ailleurs. Et, à la fin, ce seront peut-être eux les grands perdants de l’histoire. »

    Pour assurer sa survie, Didier Raoult croit en son modèle. Il s’appuie aussi sur des amitiés indéfectibles comme celle de l’ancien président de l’IRD Jean-Paul Moatti. Époux de la présidente de la fondation de l’IHU, Yolande Obadia, il a renouvelé son soutien financier à l’IHU en dépit du conflit d’intérêts patent de signer une convention financière avec sa propre épouse (lire notre article sur ce conflit d’intérêts).

    Selon nos informations, cette question figurait dans la liste des sujets soumis à l’inspection des magistrats de l’agence française anticorruption lors de son contrôle de l’IRD en 2018. Ce rapport n’a pas vocation à être rendu public. Tout comme celui de l’inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche sur les cas de harcèlement moral et sexuel au sein des unités de recherche abritées par l’IHU. En 2018, Didier Raoult balayait tout ça d’un « ça se dégonfle ». Depuis, le Covid-19 achève de gonfler sa renommée.

    • Coup sur coup, trois détracteurs publics de Raoult sur les plateaux télé
      – Karine Lacombe
      – Xavier Lescure
      – Gilbert Deray
      --TOUS LES TROIS en lien d’intérêt patent avec Gilead science, le labo qui vendait son médicament contre l’Hépatite C à 40 000 $ le traitement.

      Un premier article donc :
      https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/26/cette-professeur-critique-des-methodes-de-didier-raoult-est-elle-en-confl

      Et bien sûr Gilbert Deray, comme l’a dit un twittos « c’est un panneau publicitaire en blouse blanche »

      Enfin vous vous demandez pourquoi BFMTV tabasse Raoult matin et soir ? Peut-être est-ce en partie parce qu’Altice (BFM) et Gilead, le labo qui a tout à perdre si le protocole Raoult est efficace, ont une grande part d’actionnaires en commun...

      https://twitter.com/idrissaberkane/status/1243839715054362625

    • Le monde d’hier s’accroche à ses royalties. GILEAD sur les starting block pour vous soigner (ou pas) et faire un gros paquet de pognon à l’occasion.
      https://theintercept.com/2020/03/25/gilead-sciences-coronavirus-drug

      In 2017, a group of academics at Yale Law School made the case for the government’s use of Section 1498 to procure a lifesaving treatment for hepatitis C called Sofosbuvir, also manufactured by Gilead, which is too expensive for many people who need it. Sofosbuvir costs $48,000 for a 24-week course, or about $1,000 a pill. Because of the exorbitant price, insurers have refused to cover it for all of the roughly 5 million people infected with hepatitis C, instead making the drug available to only the sickest patients.

      Gilead, which is valued at more than $100 billion, has repeatedly come under fire for its pricing. Although its preventative HIV drug Truvada costs only $6 to manufacture, it costs almost $2,000 a month in the U.S — out of reach for many people who could use it to avoid infection.

      “Gilead is notorious for price gouging,” said Rizvi. “Gilead holds the key to bringing down and ending both HIV and hep C epidemics, and in both cases, prices have played a real factor in our inability to stop both epidemics. And that’s terrifying.”

      Joseph Grogan, who has led the Trump administration’s efforts on drug pricing in addition to serving on the White House coronavirus task force, served as head of federal affairs for Gilead from 2011 to 2017, while it was setting prices for both drugs.

      When asked about price gouging, Gilead provided The Intercept with the following statement :

      Gilead is acutely aware of the urgent medical needs of people and communities around the world in the face of the Covid-19 pandemic. We are working around the clock to study the safety and efficacy of remdesivir as a potential Covid-19 treatment and to responsibly provide emergency access to remdesivir while these studies are ongoing, to respond to this public health crisis. If remdesivir is proven to be safe and effective to treat Covid-19, we are committed to making remdesivir both accessible and affordable to governments and patients around the world.

      The penchant for putting profits over public health and individuals’ lives is particularly terrifying as Covid-19 infections soar. When private companies have exclusive rights to these drugs, they not only have complete discretion over the price, but they also have a monopoly over supply.

      “It makes no sense for one company to have the power to dictate who gets what, when, where,” said Rizvi. “There’s going to be unprecedented global demand if it proves to be effective.”

    • « Bien la transparence de ce conseil scientifique. La page wikipedia de Karine Lacombe a été supprimée hier. »

      C’était vraiment un très bon choix de prendre cette médecin militante pleine de conflits d’intérêts pour se livrer à un « exercice de vérité » et rassurer les Français !
      On vous croit...

      Pr Karine Lacombe, infectiologue sur les masques :

      Il n’y a pas de problèmes d’accès aux masques pour les soignants en hôpitaux

      #Covid_19 #ilyaeuduretard #IlsSavaient #KarineLacombe

      https://twitter.com/AiphanMarcel/status/1244376369137618945

    • « Pendant que les chiens de garde cacochymes et vulgaires comme Cohn Bendit s’acharnent sur Raoult, l’Italie utilise maintenant massivement la chloroquine en phase 1 » :

      Dépassée par l’ampleur de l’épidémie, l’Italie compte sur la chloroquine... Le point de vue du Pr Christian Perronne, chef du service d’infectiologie à l’hôpital universitaire de Garches

      En Italie, qui nous précède de seulement huit jours et ou la situation devient presque incontrôlable, une course de vitesse contre le Covid-19, vient d’être enclenchée avec pour arme clé l’hydroxychloroquine (Plaquenil®, forme la mieux tolérée de la chloroquine). Tout particulièrement dans le Lazio, région très touchée, où elle est désormais largement prescrite aux patients ayant des signes débutants, avec d’ores et déjà des résultats très encourageants en termes de protection des sujets traités. Dans le journal « Corriere della Sera » le Dr Pierluigi Bartoletti, vice président de la Fédération Italienne des médecins généralistes, explique que toute personne isolée, Covid-19 positive avec des signes débutants (toux, fièvre par exemple), est aujourd’hui traitée par l’antipaludique. Le produit est remboursé par l’assurance maladie italienne. Il peut être obtenu facilement sur prescription d’un médecin (généraliste notamment), dans les pharmacies hospitalières, qui transmettent toutes les données relatives au patient à l’Agence italienne du médicament (AIFA).

      "Nous venons de comprendre, ajoute le Dr Bartoletti, que le virus a une évolution en deux phases et que c’est au cours de la seconde, après quelques jours (une semaine environ), que la situation peut brutalement, en 24 ou 48h, s’aggraver et conduire à une insuffisance respiratoire réclamant des soins intensifs. Les résultats que nous commençons à accumuler suggèrent que l’hydroxychloroquine administrée tôt, donne la possibilité d’éviter cette évolution à une majorité de patients et de désencombrer les salles de réanimation"

      Le point de vue du Pr Christian Perronne, chef du service d’infectiologie à l’hôpital universitaire de Garches, interrogé par le Dr Philippe Gorny :

      Participez-vous à l’Etude Européenne Discovery qui évalue des traitements antiviraux ?
      Pr Christian Perronne. J’ai refusé d’y participer car cette étude prévoit un groupe de patients sévèrement atteints qui ne seront traités que symptomatiquement et serviront de témoins-contrôles face à quatre autres groupes qui recevront des antiviraux. Ce n’est pas éthiquement acceptable à mes yeux. On pouvait parfaitement, dans la situation où nous sommes, évaluer ces traitements en appliquant un protocole différent. De surcroît, le groupe hydroxychloroquine (qui a été ajouté à cette étude à la dernière minute), devrait être remplacé par un groupe hydroxychloroquine plus azithromycine, traitement de référence actuel selon les données les plus récentes. Enfin, le modèle de protocole choisi ne fournira pas de résultats avant plusieurs semaines. Pendant ce temps là, l’épidémie galope. Nous sommes pressés, nous sommes en guerre, il faut des évaluations rapides.

      Etes-vous pour où contre une prescription plus large de l’hydroxychloroquine que celle actuellement autorisée en France ?
      Même si les preuves irréfutables que donnent les études randomisées à grande échelle manquent encore, je suis en faveur d’une prescription large pour les raisons suivantes :
      1. Nous disposons d’un nombre important de preuves montrant qu’in vitro l’hydroxychloroquine bloque le virus. Nous disposons également de plusieurs résultats cliniques indiquant que ce produit est bénéfique s’il est administré précocement et nous n’avons aucune mention qu’il nuit ou est dangereux dans cette infection (une seule étude, mal détaillée, chinoise, sur 30 patients avec groupe contrôle, n’a pas observé de bénéfices mais pas non plus d’effets délétères). Que risque-t-on en administrant la chloroquine d’emblée : rien !
      2. Ce médicament est très peu coûteux
      3. Il est bien toléré en traitement longue durée (recul de plusieurs décennies sur des milliards de sujets). Personnellement, je l’utilise en clinique dans la forme chronique de la maladie de Lyme, avec succès depuis 30 ans à la dose de 200 mg voire 400 mg/jour. J’ai pu juger et des centaines d’autres médecins avec moi, de son excellente tolérance chez l’homme. Les principales contre-indications sont les maladies sévères de la rétine et cardiaques non équilibrées. Les évènements cardiovasculaires restent exceptionnels si on prend soin : de proscrire l’automédication - de vérifier chez les personnes âgées prenant beaucoup de médicaments qu’il n’existe pas d’interactions médicamenteuses (avec des diurétiques au long cours notamment) et que le taux de potassium sanguin est dans les normes. Hors ces précautions, les effets indésirables sont mineurs. Ils le sont d’autant plus que le traitement est court, ce qui est le cas contre Covid-19. Il serait donc sage de produire sans plus tarder de l’hydroxychloroquine en très grande quantité, pour la rendre facilement accessible aux personnes infectées, dès lors que son efficacité sera définitivement prouvée. A défaut il suffira d’arrêter la production. Je signale que l’Italie vient d’autoriser la large diffusion de l’hydroxychloroquine sur prescription médicale dès le début de l’infection et que d’autres pays s’apprêtent à faire de même. Qu’attendons-nous ? D’avoir davantage de morts ?

      Etes-vous au courant d’études en cours, avec ce produit en France ou ailleurs ?
      Les résultats d’une 2e étude ouverte du Pr Didier Raoult, chez 80 patients Covid-positifs en PCR, ayant des signes pulmonaires cliniques et radiologiques, viennent de paraître. Ils confirment les effets spectaculaires de sa première étude (avec le traitement combinant l’hydroxychloroquine et l’azithromycine), ainsi que ceux de la première étude chinoise sur 100 patients. Son équipe a constaté qu’au 5e jour, 97.5 % des patients ne sont plus porteurs du virus ! Un seul décès concernant un patient âgé de 86 ans est survenu ; un autre sujet âgé de 74 ans est en soins intensifs.

      Aux USA le Dr Zev Zelenko qui travaille dans deux centres hospitaliers des communautés juives orthodoxes de la région de New-York (au sein desquelles le taux d’infection est élevé), a administré depuis le 19 mars, à 500 personnes, sans test PCR préalable (pour ne pas perdre de temps), la combinaison du Pr Raoult à laquelle il a ajouté du zinc qui freine la réplication virale. Les patients traités furent : les adultes de tous âges ayant des signes débutants (toux, fièvre, courbatures..) avec une comorbidité associée (diabète, obésité, maladie pulmonaire, cardiovasculaire, cancer, immunodépression) - les adultes de tous âges ayant des signes débutants, sans comorbidité - tous ceux, quelque soit l’âge, ayant des signes pulmonaires (essoufflement ou davantage). Seuls les sujets jeunes avec signes débutants mais aucune comorbidité, ne furent pas traités. Au 26 mars aucune des personnes ayant reçu cette thérapie n’a été hospitalisée, aucune n’a évoluée vers une forme grave nécessitant une réanimation, aucune n’est décédée. Ce n’est pas une étude certes, mais ces résultats ont une valeur indicative notable. En marge de cette initiative communautaire, des essais institutionnels préventifs (protection des gens exposés avant même l’apparition de signes débutants) avec l’hydroxychloroquine, vont débuter aux USA !

      Dans quels délais pouvons-nous espérer avoir les premiers résultats de l’étude Discovery ?
      Dans plusieurs semaines selon moi. Mais il n’y aura rien à espérer de cette étude concernant l’hydroxychloroquine qui est administrée trop tard. Le protocole indique que le produit peut être donné seulement si la saturation en oxygène des patients est inférieure à 95% , c’est à dire à des malades justiciables d’un apport massif en oxygène ou qui doivent être mis sous ventilation artificielle. Ce n’est pas la bonne indication.

      Quel est votre avis sur les traitements qui pourraient s’avérer les plus efficaces dans les formes sévères et graves ?
      Des médicaments autres que les antiviraux et que l’hydroxychloroquine et qui peuvent lutter contre l’inflammation broncho-pulmonaire , c’est à dire des anti-inflammatoires (non stéroïdiens exclus car délétères) tels que : des anticorps monoclonaux contre les interleukines (IL6, IL1) substances qui stimulent l’inflammation, ou contre des facteurs de croissance vasculaire (VGEF) – peut-être aussi des corticoïdes comme par exemple la methylprednisolone ( nette réduction de la mortalité pour les formes très graves dans une étude chinoise). Toutes ces options sont en cours d’évaluation. Ce qu’il faut éviter, c’est d’arriver à ce stade !

      Que pensez-vous de la pénurie des masques en France… et de son inimaginable persistance ?
      J’ai présidé pendant 15 ans la Commission des maladies transmissibles des instances officielles de conseil, dont le Haut Conseil de la Santé Publique. Nos groupes de travail ont recommandé des mesures concernant la production de masques notamment lors des épidémies dues au SARS. Cette pénurie est absolument navrante et incompréhensible. A Hong-Kong, une des villes les plus denses du monde, où le port des masques en épidémie est traditionnel pour ne pas dire culturel, on a compté, à la date du 17 mars, au total que quatre décès dus à Covid-19 ! Là-bas, contrairement à la France où la pénurie a contraint le Ministère de la Santé précédent à ne le recommander que pour les sujets malades, le port des masques concerne aussi les gens sains ! On mesure là toute l’importance de cette protection et l’impréparation choquante des autorités françaises en ce domaine…

      https://twitter.com/Poulin2012/status/1244524900599070722

    • @marielle Le fait que l’Italie essaye ce produit ne prouve pas que ca soit une bonne idée ni que ca soit plus ou moins efficace qu’un placébo. Le fait que Cohn Bendit soit pour ou contre ne prouve rien non plus. Il y a des cacochymes dans les deux camps. Cette seconde étude ne sert toujours à rien à part qu’elle a permis de probables contaminations au pied des locaux de Raoult et qu’elle fait perdre de l’énergie et du temps pour des guerres d’égo cacochymes. Pendant qu’on s’écharpe sur ce vieux politicien en blouse blanche on ne s’occupe pas de ce que fait ce gouvernement.

      Je comprend que l’Italie se raccroche à des solutions désespérés. J’espère en tout cas que ça ne sera pas un nocébo.

  • Bahrain claims success with anti-malarial drug used on coronavirus patients
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/03/bahrain-claim-success-anti-malarial-drug-coronavirus.html

    The much-touted anti-malarial drug seen as a possible treatment for coronavirus has been used successfully in Bahrain, a top health official said Tuesday.

    Bahrain, according to the state-run Bahrain News Agency, is one of the first countries to use the decades-old malaria drug known as hydroxychloroquine to treat coronavirus patients. The agency quotes Lt. Gen. Dr. Shaikh Mohammed bin Abdullah Al Khalifa, the head of the Bahrain’s coronavirus task force, who said hydroxychloroquine had been effective in “alleviating the symptoms of the virus and reducing its complications.”

    Doctors in Bahrain first used hydroxychloroquine, which is also a treatment for lupus and acute or chronic rheumatoid arthritis, on Feb. 26, Khalifa said.

    The jury is still out on whether the experimental drug is an effective treatment for coronavirus. In France, the anti-malarial was used in combination with azithromycin, an antibiotic typically prescribed for bacterial pneumonia, to treat some two dozen patients in Marseille.

    à verser au dossier du Dr #raoult

  • Entretien avec un jeune retraité de la recherche pharmaceutique
    https://lundi.am/Entretien-avec-un-jeune-retraite-de-la-recherche-pharmaceutique

    Face aux accès de #conspirationnisme qui fleurissent à chaque fois qu’une population en #danger se trouve réduite à l’impuissance, face à un #amateurisme gouvernemental qui ne trouve que les coups de menton autoritaires pour refouler l’évidence de ses propres #errements et accuse sa propre population de la « mise en danger la vie d’autrui » dont il est lui-même l’artisan, nous avons choisi de nous tourner vers un médecin ami de lundimatin qui, après une carrière de généraliste, a passé trente ans à développer plusieurs des molécules-phares de l’industrie pharmaceutique française.

    #politiques

    • Que pensez-vous de la piste chloroquine / azythromycine ?
      Je ne suis pas un spécialiste de la question. Tout ce que je peux dire, c’est que l’hydroxychloroquine est un antipaludéen de synthèse de plus de 20 ans d’âge, l’azythromycine, un antibiotique de type macrolide également bien connu, capable de bien se concentrer dans les poumons avec une activité bactéricide moyenne. Les autorités ne veulent pas s’engager pour l’heure à promouvoir ce type d’association car les essais formels, bien structurés n’ont pas encore été menés comme pour un produit pharmaceutique classique et que se pose dès lors pour elles un problème de responsabilité juridique (ce qui n’empêche nullement que les médecins y aient recours sans attendre, plutôt que de regarder mourir leurs patients). Par ailleurs, l’industrie pharmaceutique qui non seulement a l’oreille de tous les ministres de la santé depuis des lustres mais détient aussi tous les moyens de développement n’est sûrement pas intéressée pour faire un plan de développement long et coûteux pour un produit peu cher et, qui plus est, « génériquable » (5 euros la boîte de 30 comprimés de Plaquenil). Tant que la recherche et le développement seront entre les mains d’intérêts privés eux-mêmes soumis aux cours boursiers, ce seront tendanciellement les opportunités de marché qui détermineront les axes de développement clinique, et tant que l’on persistera dans la voie d’une privatisation rampante de l’hôpital public par l’imposition d’une logique comptable d’inspiration manageriale, les choix thérapeutiques seront plutôt guidés par des options budgétaires que par le souci strict de la santé du patient.

      [...]

      [...]
      Il faut redescendre et revenir au fond du débat. Celui-ci est simple : selon les standards classiques de développement d’un produit anti-infectieux, le Plaquenil n’a pas encore fait les preuves solides de son efficacité ; à ce stade, c’est une hypothèse de travail prometteuse mais à confirmer ; il faut prendre sereinement les quelques semaines de test nécessaires pour la valider. Ensuite, la capacité de production suivra sans problème. Il faut procéder avec méthode, malgré l’anxiété liée à la situation.

      Pourquoi, d’après vous, a-t-on renoncé si tôt à une politique de dépistage de masse qui aurait permis d’isoler les porteurs du virus et de les traiter précocement plutôt que d’en venir à traiter chacun, indistinctement, comme un pestiféré potentiel ?

      Au départ, je n’ai pas bien compris non plus, puis je me suis informé. Cela paraîtra absurde, et peut donner l’impression que, sous les apparences d’un pays à la modernité clinquante, se cache une réalité digne du Tiers-Monde. Les autorités ont produit toutes sortes d’arguments pour camoufler la triste et misérable vérité : au départ, c’est à cause du manque de masques pour protéger les préleveurs (infirmières à domicile, techniciens et biologistes des laboratoires de biologie médicale) ! Les biologistes de ville ont été, comme souvent, les grands oubliés des personnels de santé alors que les laboratoires d’analyses de biologie médicale sont ceux qui prélèvent et réalisent les diagnostics. Ils n’étaient même pas dans la première liste officielle des personnels de santé pour l’attribution des masques donc : sans protection de leur personnel, impossible de prélever. Quand le problème des masques a été plus ou moins réglé, il y a eu un manque notoire de milieu de transport (éprouvettes spécifiques car il faut un milieu qui ne détruit pas les virus prélevés, des écouvillons du malade au labo d’analyse). Puis, quand ce problème a été réglé, il y a eu pénurie de tests disponibles. Par ailleurs, le dosage fait appel à la biologie moléculaire dont beaucoup de labos de ville n’ont pas la pratique ni le matériel. Ensuite, il y a la complexité relative de l’examen pour un diagnostic fiable dès le début des symptômes (et même avant) qui est fait en biologie moléculaire (c’est un examen spécialisé, ce n’est pas une glycémie ; il ne se fait donc pas sur n’importe quel automate), donc certains labos ont à s’équiper. Il faut préciser que le test est très fiable à condition que le prélèvement nasal soit très précautionneux afin d’éviter des faux négatifs. Enfin, et je dirais surtout au vu de la logique de ceux qui nous gouvernent, il faut savoir que le test a le malheur d’être remboursé par la sécurité sociale. Tester 67 millions de personnes à un centaine d’euros le test coûterait « un pognon de dingue ». C’est ici toujours la même logique comptable, gestionnaire et pour tout dire économique qui nous a mené dans ce cul-de-sac sanitaire, et qui empêche que l’on en sorte. C’est triste à dire, mais ce qui préside à la gestion de cette crise sanitaire n’obéit pas à une logique de santé, mais à des impératifs économiques, c’est-à-dire politiques.

      #coronavirus #Raoult #tests

  • Coronavirus : la #chloroquine, une piste pour lutter contre l’épidémie
    Une vingtaine d’essais cliniques sont en cours en Chine pour évaluer l’effet de cet antipaludéen, mais cette approche thérapeutique ne fait pas l’unanimité.

    Par Sandrine Cabut Publié aujourd’hui à 09h36, mis à jour à 17h44

    La course aux traitements contre le nouveau #coronavirus a remis sur le devant de la scène la chloroquine (Nivaquine), un antipaludéen commercialisé depuis soixante-dix ans. En Chine, près d’une vingtaine d’essais cliniques sont en cours pour explorer l’efficacité de cette molécule ou d’un analogue, l’hydroxychloroquine (Plaquenil), chez des patients infectés par le SARS-CoV-2, selon le registre chinois des essais cliniques.

    En France, une étude clinique vient d’être lancée par le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection (Marseille). Evoqués lundi 16 mars dans une vidéo par ce dernier, les résultats préliminaires semblent spectaculaires : au bout de six jours de traitement par #Plaquenil, 25 % seulement des patients seraient encore porteurs du virus, la proportion étant de 90 % chez ceux ne recevant pas le traitement. La charge virale à J + 6 serait encore plus basse chez les malades traités en plus par un antibiotique, l’#azithromycine.

    Dans sa présentation, le professeur #Raoult ne précise pas si ces résultats portent sur l’ensemble des 24 malades prévus dans le protocole, une publication scientifique est attendue.

    Mais, pour ce spécialiste des maladies infectieuses, membre du conseil scientifique sur le nouveau coronavirus qui vient d’être mis en place par le ministre de la santé, il y a suffisamment d’arguments pour utiliser dès maintenant ce traitement, très peu onéreux, chez des malades du #Covid-19. « En Chine, en Iran, en Corée du Sud, en Arabie saoudite, l’hydroxychloroquine et la chloroquine font déjà partie des protocoles thérapeutiques, conseillés par des experts, pour certains de renommée mondiale. Il y a urgence à organiser de telles recommandations en France, et c’est ce que j’ai proposé aux autorités sanitaires », indique-t-il. D’autres équipes hospitalières françaises ont manifesté leur intérêt pour le protocole marseillais, qui est proposé, on ne sait pas à quelle échelle, à des patients hospitalisés, hors cadre d’étude clinique.

    De son côté, le gouvernement britannique a récemment inscrit sur la liste des médicaments interdits à l’exportation parallèle la chloroquine, l’hydroxychloroquine, et une combinaison d’antiviraux, pour parer aux besoins éventuels de patients britanniques atteints de Covid-19 et anticiper des ruptures de stock de ces produits.

    Des précautions en cas de grossesse

    Les spécialistes français sont cependant partagés sur l’efficacité antivirale de ces molécules et sur leur rapport bénéfice-risque. La question est notamment posée du risque d’intoxication à forte dose et d’une potentielle génotoxicité (effet délétère sur les gènes). Depuis 2018, en France, les RCP (résumé des caractéristiques du produit) de la chloroquine puis de l’hydroxychloroquine – toutes deux commercialisées par Sanofi – ont été modifiés. Ces documents officiels d’information stipulent désormais que les femmes et hommes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et jusqu’à huit mois après son arrêt.

    La chloroquine ne doit pas être administrée pendant la grossesse, sauf en l’absence de thérapeutique plus sûre. Des précautions jugées excessives par des professionnels de santé, mais qui, après l’affaire de la Dépakine (responsable de malformations et de troubles du neurodéveloppement chez les enfants de femmes traitées avec cet antiépileptique pendant leur grossesse), ont de quoi interroger si la Nivaquine et le Plaquenil devaient être prescrits largement dans un contexte d’épidémie. Le point en cinq questions.

    Quelles sont les indications actuelles de ces médicaments ?

    Antipaludéen de synthèse mis au point dans les années 1930 en Allemagne, la chloroquine a été commercialisée en 1949. D’abord arme essentielle de prévention et de traitement du paludisme, son utilisation a décliné du fait du développement de résistances des plasmodiums et d’autres médicaments. Un arrêt de commercialisation de ce médicament, délivrable uniquement sur ordonnance, est désormais prévu en France. « Suite à la baisse de la demande, liée à la présence sur le marché d’autres options thérapeutiques, notre fournisseur a arrêté la production du principe actif », précise Sanofi.

    La chloroquine, et surtout l’hydroxychloroquine, ont aussi des indications dans des maladies auto-immunes comme le lupus et la polyarthrite rhumatoïde, et en prévention des lucites (allergies au soleil). « Le Plaquenil est aujourd’hui l’un des traitements de base du lupus systémique, maladie qui touche une personne sur 2 000 », explique la professeure Nathalie Costedoat-Chalumeau, interniste (hôpital Cochin, AP-HP).

    Que sait-on de leurs effets sur le SARS-CoV-2 ?

    Les rares publications scientifiques sur le sujet sont, pour l’instant, issues du premier pays touché chronologiquement par le virus : la Chine. Un premier article publié le 25 janvier dans la revue Cell Research fait état d’une grande efficacité in vitro de la chloroquine sur ces virus. Rapidement, des essais cliniques ont été lancés en Chine et des résultats préliminaires positifs portant sur une centaine de malades ont été annoncés lors d’une conférence de presse le 15 février, puis repris le 19 février dans une lettre au journal spécialisé BioScience Trends, sans données chiffrées.

    Fin février, Zhong Nanshan, scientifique de renom et principal conseiller médical du gouvernement chinois sur le sujet, a précisé, lors d’une conférence de presse, que le SARS-CoV-2 devenait indétectable en quatre jours chez les malades traités par chloroquine (alors que le temps moyen d’excrétion chez des patients dans d’autres études serait de l’ordre de douze, voire vingt jours). Face à ces données préliminaires, peu précises et non validées par les canaux habituels de la science, une partie du corps médical reste réservée.

    Louant le pragmatisme des Chinois, Didier Raoult a lancé un essai clinique, qui a reçu l’approbation d’un comité de protection des personnes (CPP) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Prévue chez 24 malades, l’étude évalue les effets de 600 mg/jour d’hydroxychloroquine pendant dix jours, sur la durée d’excrétion du virus et la sévérité de l’infection. Il s’agit d’un essai ouvert, l’évolution des malades inclus étant comparée à celle de patients pris en charge ailleurs et traités de façon symptomatique. « Je connais bien l’hydroxychloroquine, dont j’ai découvert l’efficacité dans deux pathologies dues à des bactéries intracellulaires, la maladie de Wipple et la fièvre Q, et j’ai une expérience sur 4 000 patients », souligne le professeur Raoult, qui plaide, dans ce contexte, pour un partage en temps réel des résultats.

    Sont-ils efficaces sur d’autres virus ?

    Dans un article de synthèse de deux pages (Antiviral Research, en ligne le 5 mars), Frank Touret et Xavier de Lamballerie (unité des virus émergents, université de Marseille) appellent la communauté scientifique à considérer les publications sur la chloroquine et le nouveau coronavirus à la lumière de précédentes expériences avec cette molécule comme antiviral.

    L’activité antivirale in vitro de la chloroquine a été identifiée dès la fin des années 1960, écrivent les deux chercheurs, en précisant que cette propriété, qui existe aussi avec l’hydroxychloroquine, concerne de nombreux virus différents, y compris le coronavirus du SRAS. Une efficacité contre une variété de virus (dont Zika, le virus grippal A H5N1) a été montrée chez des souris et d’autres modèles animaux. Mais, jusqu’ici, aucun essai clinique dans le cadre d’infection virale aiguë (chikungunya, dengue) ou chronique (HIV) n’a été couronné de succès, soulignent les deux chercheurs. « In vitro, la chloroquine a une activité antivirale directe. Elle empêche le cycle viral de s’effectuer normalement, en modifiant le pH, explique Xavier de Lamballerie. In vivo, c’est moins clair, l’action antivirale pourrait être plutôt indirecte, par des effets anti-inflammatoires, immunomodulateurs, comme avec la ribavirine. Je ne pense pas que l’activité antivirale de la chloroquine soit très puissante chez l’homme, mais l’immunomodulation qu’elle induit peut être intéressante à certaines phases d’une infection. »

    A l’IHU Mediterranée Infection, au sein de l’hôpital de la Timone à Marseille, un chercheur montre des tablettes de Nivaquine, contenant de la chloroquine, et de Plaqueril, contenant de l’ hydroxychloroquine. GERARD JULIEN / AFP
    Par ailleurs, certains soulignent la capacité de la chloroquine à faciliter l’entrée du zinc dans les cellules ciblées par le coronavirus, ce qui permettrait à ce métal sous forme ionique d’entraver sa réplication. Face à cette hypothèse, Xavier de Lamballerie invite à la prudence.

    Ces médicaments sont-ils difficiles à manier ?

    La chloroquine, considérée comme un médicament à marge thérapeutique étroite, est « hautement toxique en cas de surdosage, particulièrement chez les enfants », écrit le réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) sur son site, dans un texte daté du 5 mars. La gravité de l’intoxication aiguë « provient du caractère précoce et brutal de survenue des troubles cardio-vasculaires », souligne le réseau.

    « Chez l’adulte, la dose dangereuse est estimée à partir de 2 g de chloroquine en une prise » (une dose à comparer avec les 500 mg deux fois par jour recommandés dans le protocole chinois de traitement du Covid-19). « En l’état des connaissances actuelles, (…) la chloroquine ne présente pas une balance bénéfice-risque favorable dans la prise en charge des infections à coronavirus Covid-19, estime le réseau des CRPV. Ainsi, son utilisation dans cette indication doit donc être actuellement exclue, en dehors d’essais cliniques ou de prises en charge spécialisées. »

    La chloroquine est-elle à risque pour les femmes enceintes ?

    En 2018, Sanofi a demandé à l’ANSM une modification des informations concernant la chloroquine, les autorités japonaises ayant identifié en 2015-2016 un risque génotoxique (délétère sur les gènes) pour un médicament de la même famille, la primaquine.

    L’analyse conduite par l’Agence, à partir de données de la littérature et de celles fournies par le laboratoire, « a mis en évidence que la chloroquine est génotoxique, qu’il existe des incertitudes sur le risque cancérogène et qu’elle a un impact sur la fertilité et des effets tératogènes [malformations] et fœto-létaux chez le rat », indique l’ANSM. Compte tenu de ces éléments et « conformément aux recommandations européennes », précise-t-elle, l’Agence a demandé de faire figurer sur les notices et les RCP la nécessité pour les femmes et les hommes d’une contraception pendant le traitement par chloroquine et jusqu’à 8 mois après son arrêt. Il est aussi précisé que cette molécule ne doit pas être utilisée en cas de grossesse, sauf en absence d’alternatives plus sûres. Le RCP de l’hydroxychloroquine a été modifié dans le même sens.

    A la demande de l’ANSM, les laboratoires Sanofi sont en train de réaliser des études complémentaires pour mieux caractériser le risque génotoxique de ces deux molécules.

    « La génotoxicité peut concerner les cellules reproductrices, spermatozoïdes et ovocytes. A un certain niveau de risque, cela pose donc la question de l’obligation de contraception et d’une contre-indication pendant la grossesse, explique la docteure Sophie Gautier (CRPV de Lille), membre du groupe de travail « grossesse » de l’ANSM. En ce qui concerne le risque tératogène de la chloroquine, on ne peut pas l’exclure mais il n’y a pas de signal clinique. »

    En décalage avec ces mentions sur les RCP et les notices, le site Internet du centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT), destiné aux médecins, écrit que, « dans le paludisme, l’utilisation de la chloroquine est possible, quel que soit le terme de la grossesse ». Dans les autres pathologies, « si la chloroquine est nécessaire à l’équilibre maternel, son utilisation est possible quel que soit le terme de la grossesse, à la dose efficace la plus faible possible ». Une discordance assumée par la docteure Elisabeth Elefant, responsable du CRAT, qui insiste sur les « très nombreuses et rassurantes » données chez les femmes enceintes exposées à la chloroquine.

    « Cette molécule a été très largement utilisée en Afrique pendant des décennies et il n’a pas été observé de malformations, précise-t-elle. Quant aux données de génotoxicité, ce sont des tests faits en premier lieu pour évaluer les risques cancérigènes et, de ce point de vue, nous n’avons pas d’inquiétude documentée pour la chloroquine. Enfin, s’agissant d’une potentielle atteinte des cellules reproductrices qui conduirait à des problèmes en cas de grossesse, on s’inspire des données des médicaments cancéreux comme le cyclophosphamide, mais ici c’est un risque théorique. »

    Face aux nouvelles préconisations, « ingérables et infondées », selon les termes de la docteure Elefant, surtout pour l’hydroxychloroquine (Plaquenil) – largement plus prescrite que la chloroquine pour des maladies inflammatoires –, la responsable du CRAT et des sociétés savantes de médecine interne de rhumatologie et de dermatologie ont plaidé en 2018 auprès de l’ANSM pour faire évoluer le dossier. « La France est le seul pays à demander une contraception jusqu’à huit mois après la fin du traitement, alors même que le Plaquenil fait l’objet d’un essai chez des femmes, en prévention des fausses couches à répétition », note encore Mme Elefant.

    Pour les prescripteurs, c’est surtout la perspective de contre-indication pendant la grossesse qui posait problème. « Je n’ai aucune arrière-pensée sur le rapport bénéfice-risque du Plaquenil dans le lupus. L’interdire pendant la grossesse, compte tenu des données rassurantes dont nous disposons, aurait été extrêmement problématique. Heureusement, en concertation avec l’ANSM, nous avons pu faire évoluer la mention sur la grossesse dans le RCP, avec des termes un peu plus positifs », souligne la médecin interniste Nathalie Costedoat-Chalumeau. En pratique, les médecins continuent à prescrire ce médicament chez les femmes enceintes qui en ont besoin. Quant à la contraception pendant le traitement et huit mois après, aucun des prescripteurs que nous avons interrogés ne l’exige.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/03/17/la-chloroquine-une-piste-pour-lutter-contre-le-sars-cov-2_6033364_1650684.ht

    • Le #Plaquenil semble être une piste thérapeutique sérieuse, à condition de ne pas avoir d’antécédents cardiaques : à Marseille les 24 personnes prises en charge par D. Raoult ont quasiment toutes été guéries. La Salpêtrière s’y est mise depuis vendredi (avec précautions et limites évoquées plus bas), Lille aussi, depuis hier, le labo qui produit la molécule en met aujourd’hui à dispo pour traiter 300 000 malades après des essais jugés « prometteurs » (voir article du « Monde » d’aujourd’hui) et tout un pan de l’élite médicale parisienne se voit obligée d’avaler son chapeau (voir le mea culpa tweeté par l’épidémiologiste de la Pitié qui a fait un virage à 180° sur la question...)

      Mais d’après une amie soignée / suivie en ambulatoire par l’équipe de la Salpêtrière les équipes soignantes déconseillent formellement l’automédication et la prise de Plaquenil chez soi et sans suivi médical, dès les premiers symptômes ; pas de prise de Plaquenil sans surveillance médicale constante et notamment sans avoir fait d’électrocardiogramme préalablement, car risque cardiaque (ce risque est-il lié directement au Plaquenil ou à un antibiotique associé, ce n’est pas encore clair).

      N’étant pas hospitalisée, donc, elle n’en prend pas (ils ne l’hospitaliseront qu’en cas de détresse respiratoire). A charge au corps de se défendre tout seul, comme un grand… (C’est douloureux, et avec le #Plaquenil administré sous contrôle la charge virale baisserait probablement beaucoup plus vite.)

      En résumé, pour prendre ce médicament (à condition de ne pas avoir de problème cardiaque), il faut être hospitalisé. Or Il y a une incapacité des hôpitaux à prendre en charge tous les patients (fermetures de milliers de lits de ces 20 dernières années) : ils n’admettent que les cas critiques, les cas les plus légers sont traités en ambulatoire. La prescription du Plaquenil se fait dans ce cadre et ces contraintes-là.

    • Concernant la chloroquine, il est très probable qu’elle soit efficace, au vu de son mode d’action connu. Mais il est impératif de disposer d’une confirmation la plus rapide possible, scientifiquement évaluée, des essais cliniques en cours.

      « Face aux coronavirus, énormément de temps a été perdu pour trouver des médicaments » Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des coronavirus

      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/29/bruno-canard-face-aux-coronavirus-enormement-de-temps-a-ete-perdu-pour-trouv

    • Un antipaludéen pourra-t-il contrer l’épidémie de Covid-19 ?

      La chloroquine, efficace in vitro sur le SARS-CoV-2, a été adoptée dans l’arsenal thérapeutique par les autorités sanitaires chinoises à la suite d’essais cliniques encore très peu détaillés.

      (LeMonde - Par Hervé Morin Publié le 26 février 2020 à 15h00 - Mis à jour le 27 février 2020 à 15h25)

      https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/26/un-antipaludeen-pourra-t-il-arreter-l-epidemie-de-covid-19_6030931_1650684.h

      Dans une vidéo intitulée « Coronavirus : fin de partie ! » mise en ligne mardi 25 février, l’infectiologue Didier Raoult fait état d’une « excellente nouvelle » sur le front de la lutte contre le coronavirus SARS-CoV-2 : la chloroquine, un antipaludéen ancien et peu onéreux, aurait apporté des « améliorations spectaculaires » chez des patients infectés. Le Covid-19 « est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter », ajoutait le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée infection.

      https://www.youtube.com/watch?v=8L6ehRif-v8&feature=emb_logo

      Le « repositionnement » de cette molécule (principe actif de la Nivaquine et de la Savarine) peut-il donc résoudre la crise actuelle, comme le laisse entendre Didier Raoult ? La chloroquine avait déjà été testée contre le SARS-CoV lors de l’épidémie de SRAS, en 2003, et son efficacité avait alors été établie « et oubliée », selon le chercheur français. Le 15 janvier, il rappelait déjà dans un court article bibliographique de l’International Journal of Antimicrobial Agents, signé avec deux de ses collègues, le potentiel de la chloroquine face au Covid-19, citant nombre des travaux effectués depuis l’épidémie de SRAS montrant son efficacité comme antiviral.

      L’épidémie engendrée par le nouveau coronavirus a poussé des équipes à tester l’efficacité de la chloroquine contre le SARS-CoV-2 in vitro. Une étude publiée début février a ainsi montré sa capacité d’inhibition du virus sur des cultures cellulaires, combiné au Remdesivir du laboratoire Gilead, un antiviral déjà expérimenté lors des épidémies d’Ebola.

      Essais cliniques en Chine

      L’irruption du nouveau coronavirus a aussi suscité de nombreux essais cliniques mis en place en urgence notamment auprès de patients chinois. Le site Clinical.org, géré par les instituts de santé américains (NIH), fait état de plusieurs dizaines d’essais en lien avec Covid-19, mais aucun cependant ne porte la mention « chloroquine ». En revanche le site chinois recensant les essais cliniques nationaux est plus fourni concernant cette molécule.

      L’annonce du professeur Raoult s’appuie sur une très courte « lettre » adressée à la revue BioScience Trends le 18 février et publiée en ligne le même jour. Trois chercheurs de la ville de Qingdao (est de la Chine) mentionnent des essais cliniques en cours dans plus de dix hôpitaux chinois. « Pour l’instant, les résultats sur plus de cent patients ont démontré que le phosphate de chloroquine est supérieur au médicament contrôle [traitement habituel] dans l’inhibition de la pneumonie, qu’il améliore les résultats de l’imagerie pulmonaire, favorise la disparition du virus et réduit la durée de la maladie », écrivent-ils.

      Le contenu de l’article scientifique reprend en fait celui d’un point presse du gouvernement central chinois qui s’est tenu le 17 février, au cours duquel les autorités ont annoncé qu’un consensus s’était dégagé pour inscrire la chloroquine dans l’arsenal thérapeutique national contre l’épidémie de Covid-19. Ces guides destinés aux soignants sont régulièrement actualisés : on en est actuellement à la sixième version pour la présente épidémie.

      Contre-indications pour les plus de 65 ans

      Le 20 février, dans le Chinese Journal of Tuberculosis and Respiratory Diseases, des experts de la province du Guangdong publiaient un article de consensus reprenant ces conclusions. La posologie indiquée était de 500 mg deux fois par jour pendant dix jours. Ils listaient un certain nombre de contre-indications – parmi lesquelles l’âge : les plus de 65 ans, la tranche d’âge dont la létalité est la plus élevée, faisaient partie des personnes chez qui l’administration de chloroquine était considérée comme contre-indiquée. Le point presse et les préconisations d’usage de la chloroquine avaient été mentionnés par l’agence de presse Xinhua le 17 février.

      Le faible nombre de patients concernés par ces essais cliniques, l’absence de précisions sur le traitement de référence qui a servi de point de comparaison et l’absence d’éléments chiffrés et de détails sur l’état clinique initial des patients invitent cependant à une lecture prudente de cette annonce.

      Pour l’heure, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas inclus la chloroquine dans la liste des traitements prioritaires face au Covid-19, mais les études où ce médicament est testé dans cette nouvelle indication figurent bien dans la liste des essais en cours dressée par l’institution.

      Pour Bruno Canard, directeur de recherche au laboratoire architecture et fonction des macromolécules biologiques (Centre national de la recherche scientifique - Aix-Marseille université), « il est très probable que la chloroquine fonctionne ». Mais « il est impératif de disposer d’une confirmation la plus rapide possible, évaluée scientifiquement », des essais cliniques évoqués par Didier Raoult. Il faudra aussi prendre en compte les facteurs de risques liés à l’utilisation de cette molécule.

      La chloroquine pourrait être un « cas parfait de repositionnement », mais des précédents incitent à la « prudence » : face au chikungunya, malgré une efficacité sur des cultures de cellules infectées, la chloroquine avait été abandonnée, rappelle Bruno Canard, « faute d’efficacité réelle » lors de l’essai clinique. Contre la dengue et Zika, la chloroquine n’avait pas non plus tenu les promesses initiales.

      D’autres spécialistes sont circonspects face aux données chinoises encore lacunaires, mettant aussi en garde contre l’automédication, s’agissant d’un médicament dont certains effets secondaires peuvent être redoutables - même si la chloroquine n’est disponible que sur prescription, elle est présente dans de nombreuses armoires à pharmacie familiales.

      Ces réserves ne découragent pas l’équipe de Didier Raoult, qui sera en première ligne pour soigner d’éventuelles personnes infectées, et espère pouvoir faire usage de la chloroquine. Il lui faudrait pour cela disposer du feu vert des autorités sanitaires. Pour l’heure, celles-ci semblent dans l’expectative. Mercredi 26 février, le directeur de la santé, Jérôme Salomon, lors d’un point presse consacré au nouveau coronavirus, a constaté qu’« aujourd’hui, la communauté scientifique n’est pas très convaincue. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’y intéresser ».

      Une voix autorisée chinoise pourrait changer l’appréciation de la molécule : lors d’une conférence de presse donnée jeudi 27 février à Pékin, Zhong Nanshan, qui dirige le groupe d’expert chargé de la lutte contre le virus à la Commission nationale de la santé chinoise, a indiqué que parmi les traitements testés dans les essais cliniques en cours, un seul avait un impact positif, rapporte l’AFP. Il s’agit de la chloroquine, qui permettrait de rendre indétectable le virus chez les patients après environ quatre jours de traitement, indique la même dépêche.

    • #coronavirus : le traitement à la #chloroquine réduit la charge virale à 6 jours pour 75 % des patients selon le Pr Raoult
      | 17 mars 2020 | par Caducee.net | | Partager

      Dans une vidéo de 18 minutes, le professeur Raoult annonce des résultats spectaculaires dans le cadre de l’essai clinique mené sur 24 patients. Au bout de 6 jours de traitement, 75 % des patients traités avec du Plaquenil ne seraient plus porteurs du virus contre 10 % seulement des patients qui n’ont pas reçu ce traitement.

      « C’est spectaculaire. La charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. Et tous les gens qui meurent à cause du coronavirus ont encore le virus. Ne plus avoir de virus, ça change le pronostic. »
       

      « Si vous n’avez plus de microbe, vous êtes sauvés. »
      Un traitement de 600 mg par jour de Plaquenil pendant 10 jours

      Ces premiers résultats semblent confirmer les résultats obtenus en chine lors d’un essai sur plus de 100 patients. Le traitement à la chloroquine avait également favorisé une conversion négative des patients au virus ainsi que la réduction de la durée des symptômes ».

      L’azithromycine pour les cas les plus sérieux

      Le virologue recommande dans la vidéo d’associer à la chloroquine un antibiotique et de préférence l’azithromycine.

      Selon le Pr Raoult, l’azithromycine a montré son efficacité in vitro contre un grand nombre de virus, bien que cela soit un antibiotique. C’est pour cela que quitte à administrer un antibiotique il recommande l’azithromycine.

       « L’azithromycine améliore le pronostic des gens infectés en réduisant le risque de complication bactérienne »

      Selon les documents transmis par le Pr Raoult, quasiment tous les patients traités sous Plaquenil azithromycine sont négatifs au Coronavirus SARS-COV2 au bout de 6 jours de traitement.

       
      Le Pr Raoult recommande également de dépister systématiquement tous les patients présentant des symptômes comme la toux et de la fièvre afin de démarrer le traitement en cas de positivité sans attendre les signes de gravité. La reduction de la contagiosité serait alors d’autant plus forte. 

      Même si ces résultats doivent être confirmés sur un nombre de patients plus important pour être probants, il n’en demeure pas moins que le Plaquenil pourrait rapidement devenir une option thérapeutique pour un grand nombre de cas.

      https://www.caducee.net/actualite-medicale/14783/coronavirus-le-traitement-a-la-chloroquine-reduit-la-charge-virale-a-6-jour