• Le Royaume-Uni et le Nigeria signent un accord pour faciliter les expulsions de migrants

    Londres et Abuja ont conclu un #accord, jeudi, pour accélérer les #expulsions de migrants en situation irrégulière, de #criminels_étrangers et de demandeurs d’asile #déboutés. Désormais, un simple document d’identité de remplacement, délivré aux personnes ne disposant pas d’un passeport valide, permettra d’être renvoyé au Nigeria.

    Jeudi 19 mars, le gouvernement britannique a annoncé avoir trouvé un accord avec le Nigeria pour faciliter l’expulsion de migrants en situation irrégulière vers ce pays d’Afrique de l’ouest, à l’occasion de la visite d’État du président nigérian Bola Tinubu au Royaume-Uni, la première pour un dirigeant nigérian en près de quarante ans.

    « Les personnes en situation irrégulière, les criminels étrangers et les demandeurs d’asile déboutés seront expulsés [du Royaume-Uni] beaucoup plus facilement » grâce à cet accord, a assuré le Home Office (ministère de l’Intérieur britannique), dans un communiqué publié jeudi.

    Désormais, plus besoin d’un #laissez-passer_consulaire pour renvoyer un migrant vers le Nigeria : un simple document d’identité de remplacement délivré aux personnes ne disposant pas d’un passeport valide sera reconnu « pour la première fois » par les autorités nigérianes, explique le Home Office. « L’un des principaux obstacles administratifs au #rapatriement des personnes est levé », s’est félicité le ministère.

    Le Royaume-Uni n’aura en effet plus à attendre que le Nigeria délivre des documents de voyage d’urgence lorsqu’il souhaite expulser une personne vers ce pays, le plus peuplé d’Afrique.

    « Le Nigeria est un partenaire clé dans notre lutte contre l’immigration irrégulière, car il représente le plus grand marché africain en matière de visas pour le Royaume-Uni et abrite des milliers de Nigérians qui ont construit leur vie ici », a souligné le ministre britannique chargé de la Sécurité des frontières et de l’Asile, Alex Norris. Selon les données du Home Office, le nombre annuel de retours vers le Nigeria a presque doublé, pour atteindre 1 150.

    Les « #retours_volontaires » et les expulsions de migrants en situation irrégulière et de criminels étrangers depuis le Royaume-Uni ont, quant à elles, atteint près de 60 000 depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste en juillet 2024.

    Le président nigérian #Bola_Tinubu et le Premier ministre britannique #Keir_Starmer « se sont aussi engagés à collaborer plus étroitement afin de renforcer la réponse du Royaume-Uni et du Nigeria face à la criminalité transnationale et au terrorisme », a indiqué Downing Street. Les deux pays vont également lancer des opérations conjointes pour lutter contre les réseaux de #passeurs et « les #gangs_criminels » qui « abusent des voies légales d’obtention de #visas » vers Londres.

    Un nouveau système de vérification des documents sera mis en place pour détecter les fraudes et l’authenticité des demandes de visas, détaille le Home Office. De son côté, le Nigeria s’est également engagé à revoir sa législation concernant les infractions en matière d’immigration.

    Lutte contre l’immigration irrégulière, le cheval de bataille de l’exécutif britannique

    « L’accord conclu aujourd’hui constitue une nouvelle étape dans notre mission visant à rétablir l’ordre aux frontières en veillant à ce que les personnes qui n’ont pas le droit de se trouver ici soient rapidement expulsées », a affirmé Alex Norris.

    Le gouvernement travailliste a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière sa grande priorité. Pour dissuader les candidats à la traversée de la Manche, l’exécutif britannique a en effet considérablement durci sa politique migratoire.

    Londres a ainsi réduit la protection accordée aux réfugiés de cinq ans à trente mois. Ils seront « forcés de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr », avait déclaré la ministre de l’Intérieur #Shabana_Mahmood cet hiver. Finis aussi l’accès automatique aux #aides_sociales pour les demandeurs d’asile ou l’accès automatique au #regroupement_familial.

    Les étrangers devront également justifier de vingt ans de présence au Royaume-Uni - contre cinq actuellement - pour pouvoir rester indéfiniment au Royaume-Uni. En mars, les autorités britanniques ont aussi annoncé que l’hébergement et le soutien financier apportés aux demandeurs d’asile seraient retirés à partir du mois de juin pour les demandeurs d’asile qui enfreignent la loi, travaillent illégalement, ou peuvent subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins.

    Le gouvernement a également durci les conditions d’obtention de visas et réduit le nombre de pays auxquels il en accorde. Londres avait d’ailleurs menacé, en novembre, de restreindre l’octroi de visas à l’Angola, la Namibie et la République Démocratique du Congo (RDC) - trois pays africains qu’il accuse de ne pas coopérer suffisamment pour réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière après qu’ils ont été déboutés de leur demande d’asile. Londres juge « inacceptable » leur faible coopération en matière d’expulsions.

    À partir du 26 mars, Londres va aussi cesser de délivrer des visas d’étude aux Afghans, Camerounais, Birmans et Soudanais, et des visas de travailleur qualifié aux Afghans. Car Londres estime que des « abus » sont commis par des personnes originaires de ces pays qui entrent au Royaume-Uni avec ces visas, mais qui demandent ensuite l’asile.

    Toutefois, cette multiplication de mesures restrictives ne découragent pas les candidats à l’exil à rejoindre les côtes anglaises. La première semaine de mars, un peu plus de 800 migrants ont traversé la Manche jusqu’en Angleterre, à la faveur d’une météo clémente, selon les chiffres du Home Office.

    D’après les données officielles, plus de 3 500 migrants sont arrivés au Royaume-Uni depuis le début de l’année. Ils étaient 41 472 en 2025, un chiffre record depuis 2022.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/70476/le-royaumeuni-et-le-nigeria-signent-un-accord-pour-faciliter-les-expul
    #Nigeria #externalisation #migrations #réfugiés #UK #Angleterre

  • Dans la Libye du maréchal Haftar, les migrants pris au piège
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/05/dans-la-libye-du-marechal-haftar-les-migrants-pris-au-piege_6665551_3212.htm

    Dans la Libye du maréchal Haftar, les migrants pris au piège
    Par Nissim Gasteli (Ganfuda [Libye], envoyé spécial)
    Publié le 05 février 2026 à 17h35, modifié le 05 février 2026 à
    Les arrivées en Crète depuis l’est de la Libye ont quadruplé en 2025, poussant les Européens à se rapprocher des autorités de Benghazi pour contrôler les frontières, après un accord avec leurs rivales de Tripoli en 2017. Arraisonnés au large, les migrants sont systématiquement emprisonnés. Debout dans une geôle du centre de détention pour migrants de Ganfuda, sinistre hangar aux murs blancs chapeautés de tôle, à 16 kilomètres au sud de Benghazi, dans l’est de la Libye, Hakima Adam Aboubacar ne sait plus ce qu’elle attend. « J’ai peur de ce qu’il va nous arriver. Les autorités locales nous ont seulement dit qu’il nous faudrait patienter quelques semaines afin de finaliser les modalités de notre expulsion », raconte cette mère soudanaise de 27 ans, drapée d’un long manteau et d’un voile noir, tenant dans ses bras sa petite fille, Reenad, 1 an et demi.
    Après la disparition de son mari dans les méandres de la guerre qui ravage le Soudan, elle a fui vers la Libye, vivant de petits boulots ici et là, jusqu’à échouer, un soir de novembre 2025, sur le rivage libyen dans la région de Tobrouk. De là, mère et enfants ont embarqué sur une petite chaloupe avec environ 40 autres personnes pour tenter d’émigrer vers l’Europe. Sur la route de la Grèce, les exilés ont été arraisonnés par une vedette des forces navales de l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, qui règne en maître sur la Cyrénaïque et les vastes étendues désertiques du sud du pays, avant d’être finalement ramenés à Benghazi.
    Voilà bientôt dix ans que Bruxelles a délégué à la Libye la gestion de ses frontières par un pacte, signé avec le gouvernement de Tripoli en 2017, assorti de plus de 700 millions d’euros d’aide. Au cours de l’année 2025, les arrivées en Crète en provenance de l’Orient libyen, longtemps restées marginales, ont quadruplé pour atteindre 19 798 personnes, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, poussant l’Union européenne à multiplier les rencontres avec les autorités dissidentes de Benghazi pour tenter de les convaincre de mieux contrôler leur littoral.
    Bien que ces dernières ne soient pas reconnues internationalement, la Commission européenne s’est dite prête, dans une réponse écrite au Monde, « à coopérer avec tous les acteurs-clés en Libye pour relever les défis communs, notamment la gestion des migrations ».
    Le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale, dans le centre de détention de Ganfuda, près de Benghazi, en Libye, le 19 décembre 2025.
    Le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale, dans le centre de détention de Ganfuda, près de Benghazi, en Libye, le 19 décembre 2025. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
    Malgré l’absence d’accord formel, le signal a été accueilli positivement à Benghazi. « Nous ne pouvons pas laisser les migrants partir en mer car nous avons des engagements auprès de l’Europe et des pays frontaliers de la Libye », explique le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi, directeur de l’Agence de lutte contre l’immigration illégale – un organe présent des deux côtés de la Libye divisée –, avant d’ajouter, comme si cela n’était pas assez clair : « Nous sommes les gardiens de l’Europe. »
    Dans la prison de Ganfuda, près de 1 600 personnes (hommes, femmes et enfants), fracassées contre des logiques qui les dépassent, indésirables des deux côtés de la Méditerranée, sont détenues pour les mêmes raisons en majorité, sans avoir vu ni juge ni avocat, dans l’attente d’une hypothétique expulsion. Dans l’intervalle, c’est tous les jours la même chose : la pitance, la prière et l’interminable ennui.
    Autour de Hakima Adam Aboubacar, dans la vaste pièce, des dizaines de citoyennes de pays d’Afrique subsaharienne, aux visages fermés et aux corps lents, vivent au milieu des matelas gris, fins comme des édredons, qui tapissent le sol carrelé. L’enfant le plus jeune n’a que 3 mois. Chez les hommes, la situation n’est pas meilleure. Leurs voix tonitruantes réclamant aux geôliers, sans vraiment y croire, qu’on leur rende leur liberté, sinon un peu de leur dignité, résonnent dans les couloirs. Une fois ouverte, la porte d’une grande cellule d’une centaine de mètres carrés, baignée dans l’odeur de l’humidité qui a souillé les murs, laisse entrevoir les visages de 53 hommes. Alors qu’ils terminent un plat de riz, Mohamed Mohamed, Mondher Hadi et Fawez Abdallah, trois Yéménites âgés respectivement de 21, 26 et 36 ans, racontent, eux aussi, avoir été arrêtés alors qu’ils tentaient d’embarquer vers l’Europe. « Désormais, le seul moyen pour que nous sortions serait qu’un diplomate de notre ambassade vienne ici pour se porter garant », raconte timidement le plus jeune, assis sur sa paillasse. « Mais personne n’est venu. De toute façon, notre objectif n’est pas de rester ici, mais de traverser. »
    En face, Quentin Wamba, 48 ans, arrêté deux semaines plus tôt, n’a quant à lui jamais eu l’intention de prendre la mer. « Ça fait treize ans que je vis ici, dit l’homme qui s’exprime aussi bien en français qu’en arabe dialectal libyen et qui redoute désormais une expulsion vers le Cameroun, qu’il a quitté il y a bien longtemps. Je n’ai jamais tenté d’aller en Europe, je ne l’ai jamais voulu. Je n’irai même pas si on me propose ! Ce monsieur là-bas, Nigérian, cela fait treize ans qu’il est dans cette ville, et lui, là-bas, vingt ans. Nous travaillons tous, dans le commerce, comme techniciens. »
    Comme lui, une dizaine d’hommes affirment avoir été arrêtés chez eux de manière arbitraire. Les geôliers assurent qu’ils ont commis des crimes – « proxénétisme », « ouverture d’un magasin sans autorisation » –, ce que les accusés réfutent catégoriquement. « Regardez ! Regardez comment nous sommes enfermés, comme des animaux », interrompt, révolté, Zakios, qui montre volontiers son passeport nigérian et sa carte de résidence libyenne, preuves d’un séjour régulier depuis plus de cinq ans : « Pourquoi nous font-ils ça ? »Ceux qui ont abandonné l’espoir d’être libérés de la prison tiennent un sac frappé du sceau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), signalant leur enrôlement pour un retour volontaire. Les agents onusiens viennent régulièrement sonder les prisonniers en leur proposant un billet retour pour leur pays d’origine, dans le cadre d’un programme financé par l’Union européenne, qui représente ici la seule porte de sortie offerte. « Mon ambassade n’a rien fait pour moi », se désole David Guibuze Beeke, 34 ans, originaire du Nigéria, détenu depuis deux mois après une descente de la police dans son appartement d’Al-Marj, à 50 kilomètres à l’est de Benghazi.
    Avec les interminables semaines à l’ombre, l’homme, installé en Libye avec sa femme et son enfant depuis cinq ans, et qui travaille dans la mécanique pour envoyer de l’argent à sa famille restée au pays, a fini par céder aux sirènes du retour. « J’ai tout perdu, grince-t-il. Alors, lorsque les Nations unies sont venues, j’ai signé les documents pour rentrer. Je ne comprends pas pourquoi je suis encore là. Je veux juste retrouver mon pays. »
    D’après l’OIM, au moins 91 000 personnes bloquées en Libye ont été rapatriées grâce à cette procédure, depuis la signature de l’entente eurolibyenne en 2017. Mais le général Salah Mahmoud Al-Khaffifi ne se satisfait pas du rythme des renvois. Selon lui, les autorités de l’est de la Libye vont désormais traiter de manière bilatérale avec les Etats d’origine des exilés, bien que nombre d’entre eux sont plongés dans l’instabilité ou la guerre, pour les convaincre de reprendre leurs citoyens. Aux migrants en colère, les gardes se contentent de rappeler qu’ils sont bien traités, comparé à d’autres endroits dans le pays. Le 15 janvier, 21 corps sans vie d’étrangers ont une fois de plus été retrouvés dans une fosse commune en Libye, à une centaine de kilomètres au sud de Ganfuda. Des réseaux de trafics d’êtres humains continuent d’opérer massivement sur le territoire, en torturant ceux qui aspirent à une vie meilleure et en leur extorquant leurs biens. Malgré les témoignages répétés depuis des années par les survivants, la situation n’a guère changé.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#UE#politiquemigratoire#frontiere#migrationirreguliere#sante#OIM#rapatriement

  • En Tunisie, un opaque programme de rapatriement connaît un succès croissant auprès des migrants
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/08/en-tunisie-un-opaque-programme-de-rapatriement-connait-un-succes-croissant-a

    En Tunisie, un opaque programme de rapatriement connaît un succès croissant auprès des migrants
    Lancé en septembre, ce dispositif parallèle à celui de l’Organisation internationale pour les migrations promet des retours accélérés. Au prix d’une absence de soutien à la réintégration dans les pays d’origine.
    Par Driss Rejichi (Tunis, correspondance)
    « Si tu as un passeport, en quatre jours tu voyages », promet l’inconnu dont la photo de profil sur WhatsApp montre un drapeau tunisien, un avion et la mention « retour volontaire ». Derrière ce numéro, que s’échangent, depuis septembre, de plus en plus de migrants désireux de bénéficier d’un rapatriement vers leur pays d’origine – en avion et avec la promesse de recevoir 100 euros au moment du départ –, un programme qui serait piloté en sous-main par les autorités tunisiennes, de manière parfaitement opaque.
    Après avoir envoyé une photo de leur passeport ou de leur acte de naissance, les aspirants au retour sont ajoutés à un groupe WhatsApp, qui compte aujourd’hui plus de 1 000 membres. Selon plusieurs sources humanitaires, ce programme aurait été mis en place par le ministère des affaires étrangères tunisien, même si ses agents se présentent aux migrants comme représentants d’une « organisation tunisienne ». Contactée par Le Monde, la diplomatie tunisienne n’a pas confirmé l’information.
    Sur la conversation, des « ramassages » en bus sont annoncés toutes les semaines à Tunis et, depuis le mois de décembre, à Sousse. « Soyez à l’heure s’il vous plaît », demande un administrateur, en partageant des photos de migrants dans les cars, comme pour inspirer confiance. Les bus passent ensuite par El-Amra, au nord de Sfax, où des milliers de personnes vivent encore dans des camps de fortune, malgré des démantèlements d’installations informelles opérés par la police, en avril 2025. Sur place, les autorités ont érigé un centre d’hébergement, constitué de baraquements préfabriqués et de tentes.
    Cheick Camara, un Guinéen de 26 ans, a été l’un des premiers à être pris en charge, en juillet. A l’époque, des agents tunisiens vêtus de « chasubles bleues et sans inscription ni logo » viennent à la rencontre des migrants dans les oliveraies. Cheick Camara passe deux semaines dans le centre avant d’être transféré en bus vers Tunis, puis placé dans un avion pour Conakry, avec une dizaine d’autres Guinéens. Un délai record comparé au programme de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Jusque-là, c’est vers ce dispositif que se tournaient les migrants souhaitant rentrer chez eux. « Je les ai contactés trois fois avant d’être pris en charge, et on m’a dit qu’il faudrait attendre six mois ou plus », explique, au téléphone, Cheick Camara.
    Comme lui, de plus en plus de personnes délaissent l’OIM pour se tourner vers le nouveau dispositif. « Maintenant, la majorité des retours se font à travers ce programme », explique Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien des droits économiques et sociaux. L’OIM explique au Monde avoir rapatrié 8 853 personnes de Tunisie en 2025, dont plus de 5 000 avant le 31 juillet. « Les opérations du gouvernement tunisien sont distinctes des activités de l’OIM », précise, par ailleurs, l’agence onusienne. Les autorités tunisiennes n’ayant jamais communiqué publiquement sur ce programme, le nombre de bénéficiaires reste inconnu. Un administrateur du groupe WhatsApp, qui coordonne les retours, a cependant diffusé, à la fin de décembre, l’information selon laquelle 275 personnes auraient été rapatriées en une semaine, en quatre vols.« Chaque semaine, des dizaines de personnes quittent le centre pour être rapatriées », estime de son côté Malick (un prénom d’emprunt), un Guinéen de 21 ans. Après avoir vécu plusieurs mois dans les oliveraies d’El-Amra, il a passé quinze jours dans le centre avant d’être rapatrié, le 28 décembre. Mohamed Camara, un de ses anciens compatriotes, confirme que le rythme des départs s’accélère depuis le mois de décembre : « On n’est plus que six dans le camp, beaucoup de gens sont rentrés au pays », assure-t-il.
    Aucune information n’est disponible sur la manière dont la Tunisie finance le programme. « Nous sommes convaincus que cela se fait à travers une coopération avec l’Italie ou l’UE », assure Romdhane Ben Amor. D’autant plus qu’aux prix des billets d’avion, il faut ajouter l’aide financière de 100 euros promise aux migrants. Malick a empochée la somme en liquide le jour de son départ, à l’aéroport de Tunis. Une modeste compensation comparée à l’aide promise par l’OIM (entre 600 euros et 1 200 euros), qui peut aussi fournir un suivi médical et un hébergement. « Personne ne nous a accueillis à Conakry, c’était chacun pour soi », explique Malick. Cheick Camara raconte quant à lui avoir « insisté à l’aéroport pour recevoir de l’argent ou des habits », en vain. D’autres migrants rapportent également ne pas avoir reçu la maigre somme promise par les autorités. De retour en Guinée, sans emploi, Cheick Camara dit vivre une situation financière « très compliquée ». Il est replongé dans la précarité qui l’avait poussé à l’exil.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#subsarien#retour#rapatriement#politiquemigratoire#sante

  • Tunisie : record de « retours volontaires » de migrants en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69080/tunisie--record-de-retours-volontaires-de-migrants-en-2025

    Tunisie : record de « retours volontaires » de migrants en 2025
    Par Leslie Carretero Publié le : 07/01/2026
    En 2025, 8 853 migrants ont bénéficié du programme de « retour volontaire » de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un chiffre en hausse de 28% par rapport à l’année précédente. Ce record s’explique par la dégradation des conditions de vie en Tunisie des exilés, empêcher de travailler ou de louer un appartement, et harcelés par les autorités.
    Jamais autant de migrants n’avaient cherché à fuir la Tunisie. En 2025, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a « franchi un cap record » en organisant le « retour volontaire » de 8 853 migrants vers leur pays d’origine, a indiqué l’agence onusienne dans un communiqué publié mercredi 7 janvier. Un chiffre en hausse de 28% par rapport à l’année précédente. En 2024, 6 885 personnes ont bénéficié de ce programme, et 2 558 en 2023. Ces opérations ont concerné 27 pays de destination via 22 vols charters et 368 vols commerciaux, précise le document. Par ailleurs, « 103 demandeurs d’asile et refugiés ont bénéficié de la réinstallation dans cinq pays tiers » en 2025.
    Depuis près de trois ans, la situation des migrants s’est considérablement détériorée en Tunisie, pays de transit pour ceux désireux de rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée. Selon les estimations des ONG, environ 20 000 personnes vivent en situation irrégulière dans ce pays du Maghreb.
    « La Tunisie est devenue plus dangereuse que la Libye pour les Subsahariens », affirmait même en fin d’année à InfoMigrants, Ibrahim, un Guinéen. Après le discours raciste du président tunisien Kaïs Saïed début 2023 fustigeant l’arrivée « de hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays, les Noirs ont été la cible de violences de la part de la population et des autorités.
    Des milliers de migrants ont été chassés de leurs logements et leurs emplois informels. Des centaines ont été raflés par les autorités et abandonnés dans le désert, à la frontière libyenne ou algérienne. La photo d’une mère de famille et de sa fille de six ans gisant sur le sable avait fait le tour des réseaux sociaux à l’été 2023. Comme elles, une centaine de personnes sont mortes à cette période dans les zones désertiques, selon les associations.
    Ces pratiques, illégales au regard du droit international, n’ont jamais cessé depuis. Elles semblent même s’être organisées. InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages ces dernières années faisant état de transfert de migrants aux frontières entre des forces tunisiennes et des milices libyennes. Plusieurs Subsahariens ont détaillé le déroulé des expulsions et de ces échanges dans le désert à la rédaction. Au milieu de nulle part, « les policiers tunisiens sont sortis du bus et sont partis à la rencontre de milices libyennes, qui nous attendaient. Il y a eu une concertation entre eux, ils ont discuté un petit moment. Ensuite, les Libyens, armés et cagoulés, nous ont récupérés », racontait par exemple en février 2025 Augustin*, un Guinéen, arrêté dans la rue par la police. Les exilés sont ensuite transférés dans des prisons libyennes où le seul moyen pour en sortir est de payer une rançon de plusieurs centaines d’euros.
    Partout en Tunisie, les Noirs sont de plus en plus empêchés de travailler, de louer des appartements et même d’utiliser les transports publics. Les exilés sont constamment harcelés par la population et les autorités. Chassés des centres-villes, Les Subsahariens se sont réfugiés à l’été 2023 dans les champs d’oliviers d’El-Amra, dans la région de Sfax (centre-est de la Tunisie). D’immenses bidonvilles ont été érigés dans les oliveraies.
    Mais début avril 2025, la Garde nationale tunisienne a mené une opération d’ampleur dans la région. Plusieurs campements disséminés le long de la route qui mène de Sfax à Jebeniana ont été démolis, à coup de pelleteuses. Tentes, effets personnels et réserves de nourriture ont été brûlés par les policiers, selon les exilés. D’après les autorités, ces expulsions font suite à de nombreuses plaintes déposées par des propriétaires d’oliveraies empêchés d’accéder à leur terrain. Après ces démantèlements d’envergure – qui perdurent encore – des dizaines de personnes s’étaient massées devant les locaux de l’OIM de Sfax et de Tunis pour obtenir un « retour volontaire ». L’agence onusienne s’est vite retrouvée débordée et peine encore aujourd’hui à prendre en charge l’ensemble des demandes. Fin mars, le président tunisien Kaïs Saïed avait mis la pression aux services de l’ONU pour intensifier ses efforts afin d’assurer les « retours volontaires » des Subsahariens en situation irrégulière en Tunisie. Mais ces rapatriements chapeautés par l’OIM sont perçus par des chercheurs comme des expulsions déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions. « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », estiment-ils, face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe. Dans une interview à France 24, Romdhane Ben Amor, le porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une association qui vient en aide aux migrants dans le pays, affirme que « le terme de ‘retour volontaire’ [utilisé par la présidence] est largement critiqué parmi les migrants, car il s’est transformé en un retour forcé ».

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#subsahariens#retourvolontaire#expulsion#rapatriement#OIM#politiquemigratoire#sante

  • Le Parlement européen valide deux textes qui durcissent la politique migratoire, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/17/le-parlement-europeen-valide-deux-textes-qui-durcissent-la-politique-migrato

    Le Parlement européen valide deux textes qui durcissent la politique migratoire, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite
    Le Monde avec AFP
    Le Parlement européen a validé, mercredi 17 décembre, deux textes phares pour durcir la politique migratoire du continent, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite. Les mesures adoptées par les eurodéputés permettraient notamment de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ». « Un cadeau de Noël à Giorgia Meloni », a fustigé l’élu de gauche radicale Damien Carême. Car ce texte fait écho aux centres lancés par la première ministre italienne en Albanie, mais qui se sont jusqu’ici heurtés à des obstacles juridiques. Ce concept est vivement dénoncé par les ONG, qui s’inquiètent du traitement des demandeurs d’asile dans ces pays tiers.
    La Commission européenne réfute ces critiques, assurant que les pays dans lesquels ils seront envoyés devront avant tout respecter les droits fondamentaux. « Soyons clairs : ce texte ne vise pas à améliorer notre système d’asile, nous allons renvoyer des personnes vers des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien, sans examiner leurs demandes », a regretté l’eurodéputée centriste Fabienne Keller.
    Autre mesure phare contenue dans les textes validés au Parlement : la création d’une liste de pays que l’UE considère comme « sûrs », limitant de fait les possibilités d’asile pour leurs ressortissants. L’idée de cette liste, qui comprend le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Egypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie, est d’accélérer le traitement de leurs demandes d’asile et de hâter éventuellement leurs rapatriements.
    Autant de mesures nécessaires pour « réduire la pression insupportable des demandes d’asiles infondées qui pèsent sur nos Etats membres », a plaidé l’eurodéputé d’extrême droite Fabrice Leggeri dans l’hémicycle. Sa famille politique a allié mercredi ses voix à celles de la droite pour valider ces textes, qui avaient déjà été approuvés la semaine dernière par les Etats membres. Leur adoption finale pourrait être décidée dans la soirée lors de négociations entre eurodéputés et Etats membres, ont fait savoir plusieurs sources à l’Agence France-Presse. La baisse des arrivées − environ 20 % d’entrées irrégulières en moins par rapport à l’an dernier − n’a pas fait retomber la pression sur les responsables politiques du Vieux Continent. Sous pression de la droite et de l’extrême droite, ils multiplient les mesures pour muscler leur politique migratoire.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#politiquemigratoire#asile#payssur#rapatriement#droit#sante

  • La #Libye veut accélérer les retours de migrants vers leur pays d’origine

    Le ministre libyen de l’Intérieur a annoncé mardi vouloir accélérer le retour de migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine afin d’éviter leur « #installation_permanente » en Libye. Selon le responsable politique, « trois millions de migrants sont entrés illégalement en Libye » depuis 2010.

    Mardi 2 décembre, le ministre libyen de l’Intérieur, #Imad_Trabelsi, a indiqué, en présence d’ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, un nouveau #programme pour renvoyer des migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine « en coordination » avec leurs ambassades.

    En décembre, des « milliers de migrants » seront rapatriés au Tchad, en Somalie, au Mali et en Syrie, à raison de « deux vols hebdomadaires », a-t-il annoncé.

    Selon Imad Trabelsi, « trois millions de migrants sont entrés illégalement en Libye » depuis 2010 dont « 70 % sont des familles, d’où la crainte des Libyens d’un projet d’installation permanente ». Or, « la rue libyenne est en ébullition et s’oppose à tout projet d’installation permanente » des migrants, a-t-il assuré.

    Le gouvernement libyen a prévu un traitement différencié pour les Soudanais qui auront « accès aux soins et aux écoles », a précisé à l’AFP le ministre de l’Intérieur. « Tout le monde est au courant de la détérioration de la situation sécuritaire au Soudan », déchiré par une guerre depuis avril 2023, « qui a poussé entre 500 000 et 700 000 de nos frères à fuir vers la Libye », a-t-il dit.

    Imad Trabelsi a par ailleurs exhorté l’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA) et les pays arabes à soutenir davantage son pays, qui reçoit, selon lui, une aide « très limitée » par rapport à ses « efforts significatifs » en matière de contrôle migratoire.

    L’ambassadeur européen en Libye, Nicola Orlando, a assuré que l’UE entendait faciliter « les #retours_humanitaires_volontaires » et n’a « certainement pas pour objectif d’installer des migrants en Libye ». Mais ces #rapatriements doivent être « conformes aux normes internationales de respect des #droits_humains », a-t-il insisté.

    Hausse des interceptions en Méditerranée

    La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie.

    Dans le cadre d’un accord avec l’UE, les gardes-côtes libyens sont chargés d’intercepter les canots de migrants avant qu’ils n’atteignent les rives italiennes. Depuis janvier, 25 286 personnes ont ainsi été récupérées en mer Méditerranée, contre 21 762 sur l’ensemble de l’année 2024, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

    Ces interceptions peuvent être émaillées de violences. Les Libyens sont régulièrement accusés de faire usage d’armes à feu lors de ces opérations. En février 2022, un migrant est mort et trois autres ont été blessés après des tirs des forces libyennes en direction de leur embarcation.

    En juillet 2021, les autorités libyennes avaient aussi fait usage de leurs armes au large de Lampedusa. La scène, filmée par l’ONG Sea-Watch depuis son avion de surveillance Seabird, montrait un bateau libyen s’approcher tout près d’une embarcation en bois, et tirer dans l’eau à balles réelles.

    Le mois dernier, un Camerounais expliquait à InfoMigrants que des Libyens avaient tiré vers son embarcation pour obliger le groupe de migrants à s’arrêter.

    Et lorsque les exilés sont ramenés en Libye, ils sont transférés dans des prisons du pays où ils sont exposés aux violences des gardiens, aux viols ou encore au travail forcé. Le 11 novembre dernier, lors d’une assemblée des Nations unies à Genève (Suisse), l’ambassadrice britannique pour les droits de l’Homme, Eleanor Sanders, a appelé à « fermer » les centres de détention où sont envoyés les migrants victimes de « tortures, d’agressions sexuelles et de meurtres ». L’ambassadeur de Norvège, Tormod Endresen, s’est fait l’écho de cette demande et a lui aussi appelé à la protection des migrants vulnérables et à « cesser immédiatement la pratique de la détention arbitraire ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68498/la-libye-veut-accelerer-les-retours-de-migrants-vers-leur-pays-dorigin
    #renvois #expulsions #migrations #réfugiés

  • Plus de 150 Syriens ont été rapatriés de Libye, selon l’Organisation internationale pour les migrations
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/10/plus-de-150-syriens-ont-ete-rapatries-de-libye-selon-l-organisation-internat

    Plus de 150 Syriens ont été rapatriés de Libye, selon l’Organisation internationale pour les migrations
    Le Monde avec AFP
    L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait savoir jeudi 9 octobre qu’elle avait organisé le rapatriement dans leur pays de plus de 150 ressortissants syriens vivant en Libye, dans le cadre de son programme de retours volontaires, le premier qui concerne des Syriens cette année.
    « L’OIM a facilité mercredi le retour volontaire de 152 Syriens en situation de vulnérabilité de la Libye vers Damas. Il s’agit du premier vol de retour humanitaire volontaire (RHO) vers la Syrie organisé par l’OIM depuis le début de 2025 », a-t-elle fait savoir jeudi sur le réseau social X. « A la demande du ministère des affaires étrangères syrien et des expatriés », un vol au départ de la capitale libyenne, Tripoli, a transporté mercredi des familles syriennes « vivant en Libye depuis plus de dix ans ».
    L’OIM opère en Syrie afin de « soutenir le rétablissement du pays après des années de conflit et d’assurer un retour digne et durable des Syriens, qu’ils soient déplacés à l’intérieur du pays ou de retour de l’étranger », a déclaré Othman Belbeisi, directeur du bureau régional de l’OIM pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, cité dans le communiqué de l’agence onusienne.
    Ce vol permet le rapatriement de « personnes vulnérables qui ne peuvent rentrer chez elles par leurs propres moyens », alors qu’elles « souhaitent vivre et construire leur avenir » en Syrie, a indiqué Eleonora Servino, cheffe de mission par intérim de l’OIM en Syrie.
    Par ailleurs, une liaison aérienne directe et hebdomadaire entre Damas et Tripoli, interrompue depuis plus d’une décennie, va reprendre à compter du 16 octobre sur Syrian Airlines, a annoncé mercredi Omar Hosari, directeur de l’Autorité syrienne de l’aviation civile, sur son compte X. Mi-août, une délégation venue de Damas a rouvert, symboliquement, l’ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012 sans toutefois offrir de services consulaires ou de représentation diplomatique.
    Il n’y a pas de recensement officiel des Syriens en Libye, mais des milliers de familles y vivent et travaillent depuis des décennies. Des milliers d’autres, fuyant la guerre, y sont venus afin de tenter la traversée clandestine de la Méditerranée vers l’Europe. D’autres encore y ont été recrutés comme mercenaires pour combattre aux côtés de factions libyennes antagonistes dans les conflits entre l’Ouest et l’Est.

    #Covid-19#migrant#migration#OIM#libye#syrie#retour#rapatriement#sante

  • Les #Pays-Bas en passe d’ouvrir un #centre_de_retour en #Ouganda pour les demandeurs d’asile #déboutés

    La Haye et Kampala ont signé jeudi une #lettre_d'intention, en vue d’un prochain #accord pilote, qui prévoit d’envoyer les #sans-papiers présents aux Pays-Bas vers l’Ouganda. Le plan vise les personnes déboutées de l’asile aux Pays-Bas et originaires de pays voisins de l’Ouganda. Avec ce partenariat, « les Pays-Bas démontrent leur rôle de pionnier en Europe en matière de #solutions_innovantes pour maîtriser les flux migratoires », s’est félicité le ministre néerlandais de l’Asile et de la Migration.

    Évoqué pour la première fois l’année dernière, l’accord entre les Pays-Bas et l’Ouganda semble se concrétiser. Jeudi 25 septembre, les deux pays ont signé, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New-York, une lettre d’intention visant à créer un centre de retour en Ouganda pour les demandeurs d’asile déboutés aux Pays-Bas.

    Le plan vise les personnes déboutées de l’asile et originaires de pays voisins de l’Ouganda qui doivent quitter les Pays-Bas mais qui « ne le font pas volontairement » ou lorsque « le retour forcé direct vers leur pays d’origine échoue ou ne peut être mis en œuvre dans un délai raisonnable », indique un communiqué du ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration.

    « Les personnes concernées seront hébergées temporairement en Ouganda dans un centre d’accueil. De là, elles devront retourner dans leur pays d’origine », précise le communiqué. « Comme aux Pays-Bas, l’objectif est que ces personnes retournent volontairement d’Ouganda, où une #aide au #rapatriement leur sera à nouveau proposée ».

    Les centres de transit construits en Ouganda seront « conformes au droit national, européen et international », et « les modalités juridiques et pratiques seront élaborées avec le plus grand soin et dans le respect des droits de l’Homme », assure le ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration. « Nous devons nous concentrer davantage sur ce qui est réalisable, plutôt que sur ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi nous prenons cette mesure avec l’Ouganda pour maîtriser les flux migratoires. Il est évident que les droits humains des personnes qui retournent dans leur pays d’origine via l’Ouganda seront protégés », insiste le ministre David van Weel.

    Pour l’heure, seuls les principaux contours de cet accord ont été esquissés. La lettre d’intention doit aboutir à « un #projet_pilote à petite échelle impliquant un centre de transit pour un nombre limité de ressortissants étrangers devant quitter les Pays-Bas », peut-on lire dans le communiqué.

    Avec ce #partenariat, « les Pays-Bas démontrent leur rôle de pionnier en Europe en matière de solutions innovantes pour maîtriser les flux migratoires », se félicite le ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration.
    En Ouganda, un « bilan en matière de droits de l’Homme discutable »

    Lors de l’annonce de ce projet en octobre 2024, les défenseurs des droits avaient fait part de leur inquiétude en rappelant notamment que l’Ouganda est régulièrement critiqué pour son bilan en matière de droits de l’Homme. « Je suis sous le choc : alors que Londres vient de mettre un terme à son projet avec le Rwanda, on discute exactement de la même chose ici », s’était insurgé à l’époque Lewingstone Ssenwanyana, directeur exécutif de la Fondation pour les droits de l’homme (FHRI), une organisation ougandaise de la société civile.

    « Il n’est effectivement pas juste qu’un demandeur d’asile soit renvoyé dans un pays dont le bilan en matière de droits de l’Homme est très discutable. Par ailleurs, tout le monde connaît le principe du non-refoulement d’un individu, quel qu’il soit, vers un pays ou vers une région où celui-ci risque d’être maltraité. L’envoyer en Ouganda, c’est donc rendre très probable le risque qu’il soit persécuté, ce qui serait pour le moins malvenu. J’invite donc le gouvernement néerlandais à reconsidérer cette mesure ! », avait-il poursuivi.

    Ce projet néerlandais rappelle celui envisagé par le gouvernement britannique en 2022. Avorté avant même sa mise en application, ce plan faisait polémique depuis son lancement et a subi de nombreux revers judiciaire. La Cour suprême du Royaume-Uni avait décrété en novembre 2023 que ce projet de loi, visé par une série de contestations devant la justice, était illégal au regard du droit international.

    Dès son accession au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement travailliste a affirmé que le projet d’expulsion de sans-papiers vers le Rwanda, défendu depuis des années par les conservateurs, était « mort et enterré avant même de commencer ».
    Manifestation contre l’immigration

    L’accord entre La Haye et Kampala intervient avant les élections prévues fin octobre aux Pays-Bas, à la suite de la chute du gouvernement néerlandais lorsque le dirigeant d’extrême droite #Geert_Wilders a retiré son parti de la coalition au pouvoir après un désaccord sur les règles d’asile. Geert Wilders a en effet exigé des restrictions drastiques en matière d’asile, notamment un gel des demandes, des limites au regroupement familial et l’arrêt de la construction de nouveaux centres d’accueil.

    Comme dans de nombreux pays d’Europe, le débat s’enflamme aux Pays-Bas ces derniers mois sur les questions migratoires. Samedi 20 septembre, des milliers de personnes vêtues de noirs ont participé à La Haye à une manifestation organisée par un activiste d’extrême droite réclamant des politiques d’immigration plus strictes et une répression contre les demandeurs d’asile.

    Le rassemblement a viré à l’émeute : environ 1 500 personnes se sont rassemblées sur une autoroute urbaine traversant la capitale néerlandaise où des émeutiers ont affronté les forces de l’ordre, jetant des pierres et des bouteilles sur elles et mettant notamment le feu à une voiture de police sérigraphiée. La police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour les disperser, a annoncé l’agence de presse néerlandaise ANP.

    Les manifestants s’en sont également pris au local d’un parti politique, le D66 (social-démocrate, centre), dont les vitres ont été brisées. Il n’y avait personne dans les locaux à ce moment. Un petit groupe d’émeutiers s’est aussi dirigé vers le complexe du Parlement néerlandais, actuellement clôturé en raison de travaux de rénovation qui durent depuis des années. La police les a empêchés d’accéder à la zone largement déserte.

    « Des images choquantes et bizarres d’une violence éhontée à La Haye, après qu’une manifestation a dégénéré », avait déclaré le Premier ministre par intérim Dick Schoof sur X.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/67200/les-paysbas-en-passe-douvrir-un-centre-de-retour-en-ouganda-pour-les-d
    #migrations #asile #réfugiés #return_hubs
    –-

    ajouté à la métaliste sur les tentatives de différentes pays européens d’#externalisation non seulement des contrôles frontaliers (https://seenthis.net/messages/731749), mais aussi de la #procédure_d'asile dans des #pays_tiers :
    https://seenthis.net/messages/900122

  • African Nation Says It Will Repatriate Migrants Deported by U.S.

    The Trump administration sent five deportees to Eswatini, an African kingdom, saying that their own countries would not take them. But #Eswatini says it will send them home.

    The tiny African kingdom of Eswatini announced on Wednesday that it would repatriate the five migrants who had been deported there by the United States, a day after American officials said the migrants’ home countries had refused to accept them.
    The migrants came from Vietnam, Jamaica, Laos, Yemen and Cuba, and had been serving time in American prisons for serious offenses, according to the Department of Homeland Security.

    Their removal was the first so-called third-country deportation from the United States to take place since the Supreme Court ruled this month that the Trump administration could move forward with the practice.
    The flight included individuals whose own countries “refused to take them back,” Homeland Security Department Assistant Secretary Tricia McLaughlin wrote on X Tuesday night.

    But an Eswatini government spokeswoman, Thabile Mdluli, said in a statement on Wednesday that the governments of her country and the United States, together with the #International_Organization_for_Migration, will “facilitate the transit of these inmates to their countries of origin.”
    The International Organization for Migration said that it had no involvement in the removal of the migrants from the United States and had not been asked to provide any support with repatriation.
    The Trump administration has worked aggressively to broker deals with international partners willing to take deportees. Legal experts have challenged the deportations on the grounds that the migrants could be subject to mistreatment and torture.
    Earlier this month the Supreme Court approved the deportation of eight men to South Sudan, only one of whom is from that country. Their families have not heard from them since, according to their legal team. Officials in South Sudan have said the men are “under the care of the relevant authorities,” but have provided no further details.
    After the Supreme Court decision, immigration officials acted quickly to implement new regulations that allow the government to carry out third-country deportations in as little as six hours, even without assurances that the migrants will be safe.
    Former immigration officials view the deportation efforts as part of the administration’s push to get migrants to self-deport.
    “This is another clear example of how the United States is flagrantly violating the law restricting it from deporting people to countries where they will likely be persecuted or tortured,” said Matt Adams, a lawyer for the migrants sent to South Sudan.
    The Trump administration used the deportations to Eswatini “simply for political theater,” he said. “Spending millions of dollars to fly five men to the other side of the planet.”
    Eswatini, formerly known as Swaziland, is tucked between South Africa and Mozambique and has one of Africa’s last ruling monarchies. The kingdom is divided between those who praise its adherence to tradition and those who argue that the lavish lifestyle of King Mswati III stands in painful contrast to the poverty afflicting many of the country’s 1.2 million people.

    Some citizens of Eswatini and foreign governments have also raised concerns about the country’s human rights record, accusing the government of using excessive — sometimes lethal — force against people who oppose the king.

    Those opposed to the monarchy were quick to condemn the arrival of the deportees.
    “This is appalling,” said Lioness Sibande, the secretary general of the Swaziland Peoples Liberation Movement, an opposition group. She described the move as an example of the West’s long history of exploiting African nations. “The West is always disrespecting us as Africans and thinking we are their dumpsite,” she said.
    In her statement, Ms. Mdluli, the government spokeswoman, sought to temper the concerns of Eswatini citizens. She said the deportees were being held in isolation units at correctional facilities.
    The decision to take migrants from the United States came after months of talks that included “rigorous risk assessments and careful consideration for the safety and security of citizens,” she said. “The nation is assured that these inmates pose no threat to the country or its citizens.”
    Ms. Mdluli added that she could not reveal what Eswatini received in return for taking the migrants because the terms of the agreement with the United States remain classified.
    A correction was made on July 16, 2025
    : An earlier version of this article referred incorrectly to eight men deported to South Sudan by the Trump administration. One of the men is from South Sudan; they are not all from other countries.

    https://www.nytimes.com/2025/07/16/world/africa/eswatini-trump-migrants-deportation.html
    #migrerrance #migrations #réfugiés #déportation #renvois #expulsions #USA #Etats-Unis #Afrique #rapatriement #Swaziland #IOM #OIM #transit #Soudan_du_Sud #accord #externalisation

  • En Allemagne, la justice ordonne la délivrance de visas promis aux Afghans menacés, malgré le gel du programme d’accueil par le gouvernement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/08/en-allemagne-la-justice-ordonne-la-delivrance-de-visas-promis-aux-afghans-me

    En Allemagne, la justice ordonne la délivrance de visas promis aux Afghans menacés, malgré le gel du programme d’accueil par le gouvernement
    Le Monde avec AFP
    Après que le nouveau chancelier, Friedrich Merz, a gelé un programme d’accueil de ces réfugiés dans un contexte de durcissement de la politique migratoire, le tribunal administratif de Berlin a ordonné au gouvernement, mardi 8 juillet, de délivrer les visas promis à une famille afghane menacée dans son pays. L’Allemagne « doit délivrer les visas aux requérants » après s’être « juridiquement engagée » envers eux, a décidé le tribunal.
    Le tribunal berlinois a donné raison à une ressortissante afghane et à sa famille, qui avaient obtenu un engagement d’admission en Allemagne en octobre 2023 et attendaient depuis la délivrance des visas. Cet engagement « volontaire et toujours en vigueur ne peut pas être annulé », a expliqué le tribunal dans un communiqué de presse. Ces Afghans « ont démontré de manière crédible qu’ils risquent une expulsion du Pakistan vers l’Afghanistan, où leur vie et leur intégrité physique seraient menacées », a-t-il aussi souligné.
    Environ 2 500 Afghans qui se trouvent actuellement au Pakistan figurent encore sur les listes de ces programmes d’accueil, destinés aux anciens collaborateurs afghans de l’armée et d’autres institutions allemandes, mais aussi à des militants des droits humains ou à des journalistes. Mais l’accord de coalition entre les conservateurs de Friedrich Merz et les sociaux-démocrates prévoit de mettre fin « dans la mesure du possible » à ces programmes, sur fond de restrictions croissantes à l’accueil de réfugiés en Allemagne.
    Le durcissement de la politique migratoire est une promesse majeure du gouvernement de Friedrich Merz, sur fond de progression de l’extrême droite, désormais en tête dans certains sondages. Au cours des derniers mois, une série d’attaques mortelles, imputées notamment à des ressortissants syriens et afghans, ont électrisé le débat en Allemagne.
    Juste avant l’entrée en fonction de M. Merz, au début de mai, le gouvernement de son prédécesseur Olaf Scholz avait annoncé ne pas prévoir d’organiser de nouveaux vols de rapatriement de ces Afghans. Les entrées sont « suspendues » le temps d’un « examen » du projet de la coalition, avait ensuite fait savoir le ministère de l’Intérieur, à la fin de juin. Vendredi, l’ONU a critiqué le projet évoqué par Berlin de négocier directement avec les autorités talibanes au pouvoir en Afghanistan pour faciliter l’expulsion de délinquants afghans. Selon les derniers communiqués, datant d’avril 2024, plus de 33 000 Afghans menacés et leurs familles ont été accueillis en Allemagne dans le cadre de ce programme, lancé à la fin de 2022.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#afghanistan#asile#rapatriement#expulsion#politiquemigratoire#refugie#droit#sante

  • L’Italie a procédé à sa première expulsion de migrants depuis son centre en Albanie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65332/litalie-a-procede-a-sa-premiere-expulsion-de-migrants-depuis-son-centr

    L’Italie a procédé à sa première expulsion de migrants depuis son centre en Albanie
    Par La rédaction Publié le : 25/06/2025
    Début mai, l’Italie a expulsé cinq migrants égyptiens depuis le centre albanais de Gjadër vers leur pays d’origine, a révélé lundi la presse italienne. Cette opération est la première expulsion effectuée directement depuis le sol albanais. Mais ce transfert, passé sous silence par Rome, est jugé illégal par les opposants au projet.
    Le 9 mai, un vol au départ de Rome à destination du Caire a fait escale en Albanie pour récupérer cinq migrants originaires d’Égypte en vue de les expulser, révèle lundi 23 juin le média italien Altreconomia. Ces cinq personnes étaient retenues dans le centre albanais de Gjadër, construit et financé par l’Italie.
    En mars dernier, le gouvernement italien a adopté un décret-loi permettant de recycler les structures en centres de rapatriement pour migrants en situation irrégulière, alors que la justice italienne a refusé à plusieurs reprises de valider la détention en Albanie de migrants interceptés en mer, exigeant même leur rapatriement sur le territoire italien.
    Ainsi, le 11 avril, un premier groupe de 40 exilés maintenus en centre de rétention italien ont été expulsés vers le centre albanais de Gjadër, dans le cadre de l’accord entre Rome et Tirana. Ils restent enfermés en attendant leur expulsion vers leur pays d’origine.
    Selon le ministère de l’Intérieur italien, entre la réouverture du centre albanais le 11 avril et la fin juin, 110 personnes ont transité par le centre de Gjadër. Au 21 mai, 24 migrants au total ont été ramenés en Italie, puis rapatriés dans leur pays, signale Altreconomia.
    L’expulsion des cinq exilés égyptiens le 9 mai représente donc le premier renvoi effectué directement depuis le sol albanais. Et d’après la presse italienne, cette opération a été menée en toute discrétion. Le gouvernement italien, pourtant enclin à communiquer sur le sujet, a passé sous silence cette expulsion.
    Les opposants en projet déplorent l’opacité autour des centres albanais et assurent par ailleurs que cette expulsion est illégale. « Même si l’on voulait soutenir, avec une thèse à mon avis infondée, que le CPR de Gjadër est comparable aux centres situés sur le territoire national ; il n’est en aucun cas admissible de prévoir que la personne soit emmenée hors de la zone du centre de rétention, sur le territoire albanais, puis rapatriée de là », affirme à Altreconomia Gianfranco Schiavone de l’Association pour les études juridiques sur l’immigration (ASGI)."Les opérations de police menées hors du centre de Gjadër, en territoire albanais, contre les personnes transportées à l’aéroport dans ce cas sont dépourvues de tout contrôle juridictionnel et se déroulent donc en dehors de toute réglementation. Ce qui s’est passé est donc un fait très grave", continue le militant.
    Dès les premiers jours, les transferts vers l’Albanie ont suscité de vives critiques. Lors d’une visite dans la structure de Gjadër mi-avril, la députée italienne Rachele Scarpa, du Parti démocrate (centre gauche), et l’eurodéputée Cecilia Strada (Alliance progressiste des socialistes et démocrates) ont pu rencontrer quatre migrants retenus.Human Rights Watch appelle l’UE et le Royaume-Uni à ne pas traiter les Balkans comme un « entrepôt à migrants  »
    Selon ces femmes politiques, toutes les personnes « ont appris dès leur arrivée qu’elles seraient transférées en Albanie. Aucune information préalable n’a été donnée, en violation flagrante de leurs droits ». L’un des exilés a raconté avoir été réveillé à 3h du matin dans le centre de rétention italien où il se trouvait, et qu’il avait découvert qu’il était en Albanie qu’après l’atterrissage. Il n’avait pas eu accès à un avocat.Deux migrants ont par ailleurs été rapatriés vers l’Italie pour des cas d’automutilation. Du fait de leur état psychologique, ils ont été jugés inaptes à ce type de détention.
    Ce partenariat avec l’Albanie est présenté comme un exemple à suivre au sein de l’Union européenne (UE). Les États membres - dont certains veulent appliquer le modèle italien - ont les yeux rivés sur l’Italie, et sur sa possibilité ou non d’externaliser les demandes d’asile dans un pays hors UE.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#albanie#balkan#politiquemigratoire#sante#santementale#detention#rapatriement

  • Des enfants français devenus majeurs dans les camps syriens demandent leur rapatriement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/16/des-enfants-francais-devenus-majeurs-dans-les-camps-syriens-demandent-leur-r

    Des enfants français devenus majeurs dans les camps syriens demandent leur rapatriement
    Le Monde avec AFP
    Une délégation française composée d’associations, d’un élu et d’avocats, de retour de camps en Syrie où sont détenues des familles françaises de djihadistes présumés de l’organisation Etat islamique (EI), a relayé la volonté d’une vingtaine d’enfants et de mères d’être rapatriés en France, lundi 16 juin.
    Depuis la défaite de l’EI en Syrie, il y a plus de cinq ans, les forces kurdes contrôlent plusieurs camps et prisons dans la région, où sont retenues des dizaines de milliers de personnes soupçonnées de liens avec l’organisation djihadiste. Parmi elles figurent environ 120 enfants et une cinquantaine de femmes françaises, selon la délégation, qui était composée notamment d’Amélie Morineau, présidente de la commission libertés et droits de l’homme du Conseil national des barreaux (CNB) et de l’eurodéputé (Les Ecologistes) Mounir Satouri.
    Le groupe s’est rendu dans le camp Roj ainsi que dans les centres Orkesh et Houri et dans la prison d’Alaya. Ils sont revenus « avec des demandes de consentement » à rentrer, qui ont été filmées, de cinq jeunes détenus ainsi que de quatre mères demandant le rapatriement de leurs enfants âgés de 6 à 16 ans et, pour trois d’entre elles, leur retour à elles aussi, a déclaré Marie Dosé, lors d’une conférence de presse. Les dernières demandes ont été refusées par les autorités françaises, selon elle.
    « Ça suffit, ce cauchemar », témoigne notamment dans une vidéo prise par la délégation et diffusée lundi Adem, 22 ans, dont le nom de famille n’a pas été donné, emmené de force en Syrie quand il avait 11 ans. Selon Matthieu Bagard, président du pôle expertise Syrie de l’ONG Avocats sans frontières France, leur séjour en Syrie est la preuve que les conditions sécuritaires actuelles « n’empêchent pas non plus les rapatriements effectués par un très grand nombre d’autres pays », dont l’Allemagne et la Russie. Et ce, y compris depuis que les nouvelles autorités islamistes ont renversé le président Bachar Al-Assad et pris le pouvoir en décembre. « Les soldats-enfants, en droit international, sont des victimes de guerre », a rappelé Marie Dosé, annonçant avoir déposé, en France, le 10 avril, auprès du doyen des juges d’instruction, une plainte pour détention arbitraire et traitement inhumain et dégradant.
    En février, l’administration kurde a annoncé, en coordination avec l’ONU, son intention de vider d’ici à la fin 2025 les camps du nord-est de la Syrie des déplacés syriens et irakiens, y compris les proches présumés de djihadistes. La France, frappée par des attentats djihadistes fomentés par l’EI, notamment en 2015, a cessé les rapatriements à l’été 2023 après avoir mené quatre opérations en un an, malgré plusieurs condamnations internationales dont celle, en 2022, de la Cour européenne des droits de l’homme.

    #Covid-19#migrant#migration#france#syrie#mineur#rapatriement#droit#sante

  • "Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’" : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée

    Les « #retours_volontaires » de migrants se multiplient ces derniers mois depuis des pays comme la #Tunisie ou la #Libye. Mais ces #rapatriements chapeautés par l’#ONU sont perçus par les chercheurs comme des #expulsions_déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions.

    « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », ont décrypté des chercheurs face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe.

    « C’est très dur ici. C’est compliqué », confie Mac*, un Guinéen de 24 ans, rencontré il y a quelques semaines par l’AFP lors de l’évacuation de camps de fortune à El Amra, près de #Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Comme de nombreux migrants, las, le jeune homme s’est inscrit auprès de l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) pour bénéficier d’un accompagnement afin de rentrer chez lui.

    Développés depuis 1979, les programmes d’#aide_aux_retours_volontaires (#ARV), soutenus par l’OIM n’ont jamais eu autant de succès en Tunisie, Libye ou encore en #Algérie, points de passage pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui tentent de rejoindre l’Europe.

    « La seule #alternative possible »

    En 2024, 7 250 migrants présents sur le sol tunisien, principalement originaires de Gambie, Burkina Faso et Guinée ont bénéficié de l’ARV, soit une augmentation de 1 000 % entre 2018 et 2024. En Algérie, ils étaient 7 834 (+ 600% sur la même période 2018/2024) et 16 207 en Libye (+ 65%) à être retournés dans leur pays par le biais de l’ARV, selon l’OIM. Outre le voyage, certaines de ces personnes en situation illégale peuvent bénéficier d’une aide financière pour se réinstaller dans leur pays.

    « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires », alerte Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    En Tunisie et en Libye, les #conditions_de_vie sont délétères pour les Africains subsahariens, victimes de #racisme, d’#exactions, de #kidnapping, d’abandons dans le désert, voire de #meurtres. La plupart peinent à se loger, vivent dans des #campements insalubres, avec un accès limité voire inexistant aux soins. La rédaction d’InfoMigrants a déjà reçu de nombreux témoignages de migrants racontant leur calvaire.

    Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de #vulnérabilité accrue », explique de son côté Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».

    Selon les textes internationaux, les participants au programme ne doivent pourtant subir « ni pressions physiques ou psychologiques » et avoir accès à des informations « objectives et fiables » sur lesquelles fonder leur décision de partir.

    L’OIM se défend d’expulsions déguisées

    Accusée de prêter main forte aux politiques d’expulsion des migrants, l’OIM s’en défend et assure intervenir seulement une fois qu’une personne a donné son consentement éclairé pour recevoir de l’aide.

    Pour l’agence de l’ONU, « mieux vaut ça que rien et que les migrants risquent leur vie en traversant la mer », décrypte Jean-Pierre Cassarino qui rappelle que l’OIM est financé « rubis sur l’ongle par l’Union européenne ».

    Ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’#externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom, observent les deux chercheurs.

    A l’été 2023, l’UE et la Tunisie ont conclu un « #partenariat » prévoyant une aide de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière, incluant le financement du « retour volontaire » de 6 000 migrants irréguliers.

    Pourtant, sur le long terme, les « retours volontaires » sont sans effet, expliquent les deux spécialistes. Beaucoup de migrants tentent à nouveau le voyage car ils n’ont pas tous un endroit sûr ou vivre et ont fui des conflits, des persécutions ou des difficultés économiques, pointent-ils.

    « Le désespoir est si fort qu’il vont réessayer », rappelle Jean-Pierre Cassarino.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64924/il-ny-a-rien-de-moins-volontaire-quun-retour-volontaire--des-chercheur

    #expulsions #inefficacité #efficacité #IOM

  • L’#Italie et le transfert des migrants en #Albanie : le laboratoire et les cobayes

    Les gouvernements italien et albanais ont collaboré pour ouvrir deux centres, à #Shëngjin et à #Gjadër, destinés au #transfert_forcé, à la #détention et au #rapatriement des migrants arrivés en Italie. Ce laboratoire d’#externalisation des frontières, observé avec intérêt par d’autres pays, a un précédent : les #navires_de_quarantaine utilisés pendant la pandémie de Covid-19.

    En novembre 2023, les gouvernements italien et albanais ont signé un #accord selon lequel que les migrants et migrantes secourues par les autorités italiennes en mer Méditerranée ne sont pas conduits vers un port italien, mais en Albanie, où on a ouvert de centres de détention, d’#identification et d’#expulsion et de rapatriement. Dans les récits et les analyses, y compris les plus critiques, de la création de ces centres, on dit souvent qu’il s’agit d’un #laboratoire : avant tout, un laboratoire pour les politiques répressives et autoritaires d’Europe et d’ailleurs. On pourrait se demander laboratoire pour quoi, laboratoire pour qui, et avec le consentement de qui. Ou plutôt, on pourrait partir d’un postulat fondamental : que les laboratoires supposent généralement des cobayes.

    Le cas des centres extraterritoriaux albanais voulus par le gouvernement de Giorgia Meloni est en train de devenir un « #modèle » pour d’autres pays européens. Pourtant, ils ne sortent pas de nulle part. Ils sont eux aussi issus d’autres laboratoires. Plus précisément, d’autres tentatives d’#externalisation des frontières et de la gestion de ses migrants et demandeurs d’asile. Cependant, tout cela ne doit pas faire oublier que, tandis que les laboratoires procèdent habituellement par hypothèses potentielles, pour les personnes concernées, les mécanismes de #rétention, de #concentration et d’#exclusion sont tout sauf hypothétiques : elles les vivent en ce moment même, en cette heure.

    Du laboratoire au modèle

    En 2006, Ismaïl Kadaré avait intitulé l’un de ses derniers essais « L’identité européenne des Albanais ». On peut se demander si ce grand écrivain albanais, qui avait publié la plupart de ses œuvres sous une dictature si répressive, n’aurait jamais pu imaginer que l’Union européenne et l’Albanie seraient aujourd’hui liées par une tentative ambiguë d’externalisation de ces mêmes frontières européennes que Kadaré a vu changer au cours de sa vie.

    En octobre 2024, le gouvernement italien avait déclaré avoir achevé la construction d’un centre de détention pour migrants à Gjadër, en Albanie. Ce centre avait été ouvert en octobre dernier et était initialement destiné à accueillir des demandeurs d’asile secourus en mer et provenant de pays considérés comme « sûrs » par le gouvernement italien et l’Union Européenne. Mais les centres construits par l’Italie en Albanie n’avaient encore jamais fonctionné, car les tribunaux italiens n’ont jamais confirmé la détention des trois groupes de demandeurs d’asile qui y ont été transférés.

    Pourtant, le 11 avril 2025, alors que plusieurs centaines de migrants débarquaient à Lampedusa, une quarantaine de migrants, transférés depuis différents centres de rétention italiens, sont partis de Brindisi, dans les Pouilles, et arrivés dans le port et « #hotspot » albanais de Shëngjin, avant d’être emmenés au centre de Gjadër. Un mois plus tard, le 15 mai dernier, la Chambre des députés italienne a voté la #loi visant à transformer officiellement les centres albanais en « #centres_de_rapatriement ».

    Pour ces personnes migrantes, le passage du statut de « transféré » à celui de « détenu » a été immédiat et injustifié. Tout s’est déroulé dans l’opacité la plus totale. Selon un communiqué d’un réseau d’associations, des sources gouvernementales ont déclaré que les personnes transférées constituaient un « #danger_social » et avaient commis des délits, mais rien de tout cela n’a été prouvé. Le caractère punitif du projet albanais est donc évident. Certaines de ces personnes ont découvert qu’elles allaient être transférées en Albanie au moment même où elles sont arrivées, souvent menottées. Aucune information, aucun avertissement, aucune mesure officielle. Cela nous ramène à la dimension de modèle : comme le souligne l’Association italienne d’études juridiques sur l’immigration dans son rapport, cette affaire marque en effet un tournant dans les politiques migratoires et de gestion des frontières, ouvrant la voie à des scénarios inédits dans le contexte européen.

    Le précédent des #navires-quarantaine

    Pourtant, ce laboratoire italo-albanais n’est pas sorti de nulle part. Les pratiques d’#externalisation_des_frontières sont une caractéristique récurrente du régime actuel de gestion des migrations qualifiées d’« illégales » – et aussi, de plus en plus souvent, de « légales », comme nous le constatons par exemple aux États-Unis ces derniers mois. Un exemple parmi d’autres, ou plutôt des précurseurs : les centres de détention pour demandeurs d’asile ouverts en 2001 par le gouvernement australien sur les îles de Manus et de #Nauru. Dans le même temps, je pense qu’il est important de se pencher en priorité sur un exemple interne, européen, qui concerne à nouveau le gouvernement italien, avant même l’arrivée du gouvernement de #Giorgia_Meloni : il s’agit des navires de quarantaine mis en service pendant l’épidémie de #Covid-19.

    Le 7 avril 2020 le gouvernement italien publie un #décret dans lequel il déclare que les ports italiens ne devaient plus être considérés comme des « #POS#Place_of_safety ». Peu de jours après ce décret, en collaboration encore une fois avec la Croix-Rouge italienne, le système de navires-quarantaine a été mis en place et rapidement rendu actif, à travers de nombreuses #dérogations et #exceptions légitimées par l’#urgence_sanitaire. Le premier navire a levé l’ancre le 7 mai 2020. Immédiatement après, cinq autres grands navires sont affrétés et immédiatement mis en service.

    Exactement comme dans le cas des centres albanais, il n’y a jamais eu de communication officielle aux individus, qui n’ont même pas eu la possibilité d’un contact avec le monde extérieur. En outre, de nombreuses personnes contraintes d’embarquer sur des navires-quarantaine ont été soumises à l’obligation de quitter le territoire italien immédiatement après la fin de leur période d’isolement sur le navire en question, sans la possibilité de demander l’asile ou le regroupement familial. Les navires-quarantaine devenaient alors non seulement des centres d’expulsion externalisés et informels, mais aussi des espaces de droits suspendus : le confinement sur une base sanitaire se transformait immédiatement en un outil de gestion des frontières profondément ambigu. Ce que le gouvernement italien a pu faire sous prétexte de pandémie et de biosécurité, il tente désormais de le faire plus ouvertement à travers les centres albanais.

    Les #cobayes, c’est nous

    Les politiques migratoires sont classiquement un laboratoire d’expérimentation de pratiques et de normes à vocation autoritaire. Le cas des centres italiens en Albanie accélère ce processus. Tout cela repose avant tout sur le principe du chantage exercé sur les personnes classées comme migrants « illégaux » : désormais, tout migrant faisant l’objet d’un ordre de retour arbitraire et extrajudiciaire pourra être envoyé en Albanie et y être détenu.

    Ce qui est préoccupant dans cette dimension d’exemple ou de laboratoire, et de leur triste efficacité réelle, c’est qu’il ne s’agit ni d’une hypothèse, ni d’un projet lointain dans le temps. Pour revenir aux navires-quarantaine, il faut noter comment, pendant la pandémie, l’exemple italien a effectivement été suivi par certains : le navire #Bibby_Stockholm mis en place à l’été 2023 par le gouvernement britannique pour le confinement des demandeurs·euses d’asile, par exemple ; ou la proposition du maire de New York, Eric Adams, d’utiliser des #navires_de_croisière comme « solution créative » pour les supposées « vagues de migrants » arrivées dans la ville au cours des mois précédents. Et c’est déjà le cas pour les centres albanais. Pendant sa visite récente en Albanie, Keir Starmer, premier ministre britannique, vient de déclarer : « Nous négocions actuellement avec plusieurs pays au sujet des centres de rapatriement, que je considère comme une #innovation vraiment importante. » Il appelle ces centres « #return_hubs ».

    Face à la facilité avec laquelle ces types d’exemples répressifs sont aujourd’hui suivis et se propagent, il est nécessaire de rester vigilant et de se rappeler que, dans des situations où ces droits fondamentaux sont bafoués et où des personnes qui n’ont commis aucun crime sont soumises à des traitements inhumains et dégradants, le terme « laboratoire » s’avère alors pertinent : mais les cobayes de cette expérimentation sont nos démocraties, et nous tous et toutes.

    https://blogs.mediapart.fr/carta-academica/blog/060625/l-italie-et-le-transfert-des-migrants-en-albanie-le-laboratoire-et-l

    sur les #navi_quarantena :
    https://seenthis.net/messages/866072

    –-

    ajouté à la métaliste sur l’#accord entre #Italie et #Albanie pour la construction de #centres d’accueil (sic) et identification des migrants/#réfugiés sur le territoire albanais...

    https://seenthis.net/messages/1043873

  • L’#Algérie a refoulé 16 000 migrants dans le #désert nigérien en deux mois

    Depuis le mois d’avril, plus de 16 000 migrants en situation irrégulière, dont des enfants et des femmes, ont été expulsés d’Algérie vers le Niger, selon les autorités. Et ces expulsions représentent plus de la moitié des 31 000 migrants refoulés sur toute l’année 2024 par Alger, souvent dans « des conditions brutales », rappelle l’ONG locale Alarme Phone Sahara.

    L’Algérie a refoulé plus de 16 000 migrants irréguliers africains vers le #Niger depuis avril 2025, dont des femmes et des enfants, soit plus de la moitié des expulsions de 2024, ont annoncé mercredi 4 juin les autorités nigériennes.

    Dimanche et lundi, 1 466 migrants au total sont arrivés à #Assamaka, localité frontalière de l’Algérie, ont indiqué mercredi les autorités préfectorales d’Arlit, une ville du nord du Niger. Le premier groupe, arrivé dimanche, comptait 688 ressortissants d’une dizaine de pays ouest-africains, parmi lesquels 239 Nigériens, ont précisé les autorités.

    Le deuxième groupe, qui rassemblait 778 Nigériens dont 222 mineurs, est arrivé lundi à bord de 13 camions et d’une fourgonnette, ont-elles ajouté.

    Entre le 1er et le 30 mai déjà, 8 086 migrants (5 287 Nigériens et 2 799 personnes d’autres nationalités africaines) avaient été expulsés par Alger, selon un décompte des autorités. En avril, 6 737 autres avaient été refoulés.

    Toutes ces expulsions représentent plus de la moitié des 31 000 migrants refoulés sur toute l’année 2024 par Alger, souvent dans « des conditions brutales », selon l’ONG locale Alarme Phone Sahara. Elle a récemment dénoncé une « violation des droits humains » et exigé « l’arrêt immédiat des rafles et des expulsions massives » par l’Algérie.

    Accélération des retours « volontaires »

    Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’#Organisation_internationale_de_la_migration (#OIM) pour accélérer le #rapatriement dans leur pays d’origine - d’ici juillet - d’environ 4 000 migrants. Les autorités nigériennes disent vouloir éviter un « désastre humanitaire ».

    Mais ces retours « volontaires » prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les #laissez-passer. Chaque nouvelle exigence de ces derniers - entretiens en vidéoconférence avec le migrant, formulaires rébarbatifs, etc. - entraîne un peu plus de retard pour les migrants originaires de ces pays, bloquant ainsi tout le processus et provoquant l’embolie du système d’accueil onusien sur le territoire nigérien.

    Cette surpopulation de migrants - notamment à Assamaka et #Agadez - concentre toutes les frustrations.

    Cette situation « perturbe l’équilibre sécuritaire » du pays, avait déclaré fin janvier le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur de ce pays gouverné depuis près de deux ans par un régime militaire.
    Le double discours d’Alger

    Les autorités algériennes, elles, affichent un double discours sur leur politique migratoire. D’un côté, Alger expulse ces sans-papiers dans le désert, de l’autre, le pays communique sur leur accueil et leur intégration.

    Les personnes expulsées doivent survivre dans des conditions de vie particulièrement difficiles. Dans un environnement désertique, elles sont confrontées à un climat très hostile qui cumule de très fortes températures (souvent 47°C- 48°C), l’absence d’abri ainsi qu’un manque d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins.

    Abandonnés par Alger dans la zone dite du « #Point_Zero » - un lieu désertique en Algérie à une quinzaine de kilomètres de la frontière avec le Niger, les migrants doivent ensuite parcourir à pied pendant des heures le chemin vers Assamaka où se trouve le #centre_de_transit de l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bras de l’ONU qui assiste les retours volontaires des migrants vers leur pays d’origine.

    L’Algérie n’est pas le seul pays de la région à abandonner des migrants dans le désert. La #Libye aussi. Entre le 28 mars et le 25 avril 2025, 792 migrants, majoritairement nigériens, ont débarqué dans des zones désertiques de la région de #Siguidine (centre-est du Niger) après avoir été renvoyés du sol libyen. Parmi eux, on comptait plusieurs femmes et mineurs.

    En Libye, les exilés peuvent être interpellés dans la rue, sur leur lieu de travail, dans leur appartement... puis placés dans des camions de marchandises à destination du sud du pays, près de la frontière nigérienne. D’autres sont expulsés directement depuis les centres de détention libyens, selon Alarme phone Sahara.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64971/lalgerie-a-refoule-16-000-migrants-dans-le-desert-nigerien-en-deux-moi
    #asile #migrations #réfugiés #abandon #expulsions #renvois #déportation #désert #Sahara #désert_du_Sahara #retour_volontaire #désert_du_Ténéré

  • « Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’ » : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64924/il-ny-a-rien-de-moins-volontaire-quun-retour-volontaire--des-chercheur

    « Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’ » : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée
    Par La rédaction Publié le : 03/06/2025
    Les « retours volontaires » de migrants se multiplient ces derniers mois depuis des pays comme la Tunisie ou la Libye. Mais ces rapatriements chapeautés par l’ONU sont perçus par les chercheurs comme des expulsions déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions.
    « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », ont décrypté des chercheurs face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe.
    « C’est très dur ici. C’est compliqué », confie Mac*, un Guinéen de 24 ans, rencontré il y a quelques semaines par l’AFP lors de l’évacuation de camps de fortune à El Amra, près de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Comme de nombreux migrants, las, le jeune homme s’est inscrit auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour bénéficier d’un accompagnement afin de rentrer chez lui.
    Développés depuis 1979, les programmes d’aide aux retours volontaires (ARV), soutenus par l’OIM n’ont jamais eu autant de succès en Tunisie, Libye ou encore en Algérie, points de passage pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui tentent de rejoindre l’Europe.
    En 2024, 7 250 migrants présents sur le sol tunisien, principalement originaires de Gambie, Burkina Faso et Guinée ont bénéficié de l’ARV, soit une augmentation de 1 000 % entre 2018 et 2024. En Algérie, ils étaient 7 834 (+ 600% sur la même période 2018/2024) et 16 207 en Libye (+ 65%) à être retournés dans leur pays par le biais de l’ARV, selon l’OIM. Outre le voyage, certaines de ces personnes en situation illégale peuvent bénéficier d’une aide financière pour se réinstaller dans leur pays. « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires », alerte Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.
    En Tunisie et en Libye, les conditions de vie sont délétères pour les Africains subsahariens, victimes de racisme, d’exactions, de kidnapping, d’abandons dans le désert, voire de meurtres. La plupart peinent à se loger, vivent dans des campements insalubres, avec un accès limité voire inexistant aux soins. La rédaction d’InfoMigrants a déjà reçu de nombreux témoignages de migrants racontant leur calvaire.
    Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de vulnérabilité accrue », explique de son côté Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».
    Selon les textes internationaux, les participants au programme ne doivent pourtant subir « ni pressions physiques ou psychologiques » et avoir accès à des informations « objectives et fiables » sur lesquelles fonder leur décision de partir. Accusée de prêter main forte aux politiques d’expulsion des migrants, l’OIM s’en défend et assure intervenir seulement une fois qu’une personne a donné son consentement éclairé pour recevoir de l’aide. Pour l’agence de l’ONU, « mieux vaut ça que rien et que les migrants risquent leur vie en traversant la mer », décrypte Jean-Pierre Cassarino qui rappelle que l’OIM est financé « rubis sur l’ongle par l’Union européenne ».
    Ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom, observent les deux chercheurs.
    A l’été 2023, l’UE et la Tunisie ont conclu un « partenariat » prévoyant une aide de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière, incluant le financement du « retour volontaire » de 6 000 migrants irréguliers.Pourtant, sur le long terme, les « retours volontaires » sont sans effet, expliquent les deux spécialistes. Beaucoup de migrants tentent à nouveau le voyage car ils n’ont pas tous un endroit sûr ou vivre et ont fui des conflits, des persécutions ou des difficultés économiques, pointent-ils. « Le désespoir est si fort qu’il vont réessayer », rappelle Jean-Pierre Cassarino.

    #Covid-19#migrant#migration#OIM#retour#rapatriement#expulsion#sante

  • Mauritanie : le nombre de « retours volontaires » via l’OIM a doublé par rapport à l’année dernière - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64696/mauritanie--le-nombre-de-retours-volontaires-via-loim-a-double-par-rap

    Mauritanie : le nombre de « retours volontaires » via l’OIM a doublé par rapport à l’année dernière
    Par Romain Philips Publié le : 21/05/2025
    Depuis le début de l’année, 322 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Ils n’étaient que 150 en 2024 sur la même période. Une hausse qui s’explique notamment par la politique migratoire de Nouakchott : depuis le début de l’année, la Mauritanie mène de vastes opérations d’expulsions de personnes en situation irrégulière.
    Les « retours volontaires » de l’Organisation internationale des migrations (OIM) se multiplient en Mauritanie. Entre le 1er janvier et le 16 mai, 322 migrants ont été rapatriés dans leur pays, a déclaré l’agence onusienne à InfoMigrants. C’est plus du double par rapport à la même période l’année dernière durant laquelle 153 « retours volontaires » avaient été effectués. Et sur l’ensemble de l’année 2024, l’OIM Mauritanie a facilité 995 rapatriements.
    Selon l’organisation, les personnes ayant bénéficié de ce programme proviennent « principalement de pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, de la Corne de l’Afrique, ainsi que, dans une moindre mesure, d’Asie du Sud ». C’est le cas d’Oumar, un Gambien de 29 ans, qui vit à Nouakchott. Il s’est rendu aux locaux de l’OIM le 30 avril dernier pour faire une demande de « retour volontaire ». « Sur place, il y avait des ressortissants de pleins de pays. J’ai simplement déposé une demande avec ma carte d’identité. Ils ont pris mon numéro et maintenant, j’attends que l’OIM me recontacte », explique-t-il à InfoMigrants. Installé en Mauritanie depuis près d’un an, le jeune homme explique que c’est « le climat actuel » qui l’a poussé à demander un rapatriement.
    Depuis le début de l’année, la Mauritanie mène de vastes opérations d’expulsions de personnes en situation irrégulière dans le pays. « Au début du mois de mars, c’était le pire. C’était très compliqué. Les gens se faisaient arrêter. Il y avait la police partout, parfois même sur les lieux de travail », raconte encore Oumar. « Quand je vois ce qui arrive à d’autres migrants, expulsés vers les frontières, je préfère partir avant que ça ne m’arrive », ajoute-t-il. Une fois arrêtés, les exilés sont emmenés dans des centres de rétention avant d’être expulsés. Les Africains sont envoyés aux frontières avec le Mali et le Sénégal. Les Asiatiques, eux, sont expulsés à travers des vols.
    À Rosso, ville transfrontalière entre le Sénégal et la Mauritanie, des dizaines de migrants arrêtés par les autorités de Nouakchott patientent actuellement dans l’attente d’un retour dans leur pays. « Côté Sénégal, une cinquantaine de Guinéens vivent à la Croix-Rouge et attendent leur ’retour volontaire’, parfois depuis plusieurs semaines », détaille Mamadou Dia, membre de la Croix-Rouge à Rosso. Une fois recontacté par l’OIM, Oumar devra passer deux entretiens « pour évaluer la composition familiale, vérifier les documents, recenser les vulnérabilités et discuter des modalités du retour », indique l’OIM. Puis, après un examen médical, il sera raccompagné en Gambie.
    Le dispositif peut mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. « Le délai d’un ’retour volontaire’ varie en fonction du pays de retour, la situation administrative de la personne, la composition familiale, la présence de vulnérabilités, ainsi que la disponibilité ou non de documents de voyage », signale l’organisation. Nouakchott intensifie ses efforts pour combattre l’immigration irrégulière qui a souvent pour projet de rejoindre les Canaries espagnoles, via l’Atlantique. Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. La Mauritanie, vaste pays désertique situé sur la côte atlantique ouest-africaine, est devenue le principal lieu de départ des canots arrivés dans l’archipel espagnol, selon Helena Maleno de l’ONG Caminando Fronteras. Au cours de l’année 2024, 46 843 exilés ont atteint les Canaries, du jamais vu.
    Ce tournant dans la politique de Nouakchott s’est opéré suite à la signature en mars 2024 d’un accord avec l’Union européenne, inquiète de voir cette route migratoire se réactiver. Au programme : renforcement de la coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de centres de rétention et délégation des contrôles, le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien. Le ministre mauritanien de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould, a mis en avant la nécessité de lutter contre une migration qui n’est plus « individuelle » mais « une activité transfrontalière organisée » et a dénoncé « une augmentation sans précédent du nombre d’étrangers en situation irrégulière ».
    Depuis le début de l’année, le nombre d’arrivées aux Canaries a, lui, chuté. Entre le 1er janvier et le 15 mai 2025, 10 882 personnes sont arrivées dans l’archipel, soit une diminution de 34,4% par rapport à la même période en 2024 durant laquelle 16 586 migrants avaient atteint les iles espagnoles.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#senegal#rosso#expulsion#rapatriement#frontiere#OIM#sante#retourvolontaire#retention

  • Est de la RDC : des milliers de Rwandais « en situation illégale » poussés au retour dans leur pays
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/05/21/est-de-la-rdc-des-milliers-de-rwandais-en-situation-illegale-pousses-au-reto

    Est de la RDC : des milliers de Rwandais « en situation illégale » poussés au retour dans leur pays
    Par Théodore de Kerros (Gisenyi, Rwanda, envoyé spécial)
    Ils sont plusieurs centaines, ce lundi 19 mai au matin, à attendre sur le parking de la « Grande barrière », du côté rwandais du poste-frontière qui sépare les villes jumelles de Goma, en République démocratique du Congo (RDC), et de Gisenyi, au Rwanda. T-shirts en haillons, sacs de courses à la main, les déplacés, en majorité des femmes et des enfants, ont été transportés dans des véhicules de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Dans la journée, ils prendront la direction du camp de transit de Nyarushishi, dans le sud-ouest du Rwanda.
    Depuis le 10 mai, Kigali a lancé un vaste plan de rapatriement de 2 080 de ses ressortissants présentés comme des réfugiés installés dans l’est de la RDC. Une opération coordonnée par l’UNHCR et décidée de concert avec le groupe rebelle Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenu par le Rwanda, qui a conquis de larges pans de territoires dans l’Est congolais depuis sa résurgence en novembre 2021.
    La plupart des 796 personnes rapatriées ce jour-là – des « sujets rwandais en situation illégale » selon le M23 – affirment n’avoir pas remis les pieds au Rwanda depuis trente ans. A l’image d’Adèle Nyirabirima, 37 ans, arrivée dans le flot des centaines de milliers de Hutu rwandais qui traversèrent la frontière en 1994 pour fuir l’avancée du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame et se réfugier dans ce qui était encore le Zaïre.
    Parmi eux figuraient des milliers de génocidaires ayant participé au massacre contre les Tutsi. De simples agents administratifs mais aussi des idéologues, des soldats et des miliciens qui ne tardèrent pas à mener des attaques au Rwanda et formèrent en 2000 les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé combattu par Kigali et le M23.
    Adèle Nyirabirima vient, comme la plupart des personnes rencontrées lundi à la frontière, de la localité de Karenga, une zone forestière dans le massif du Masisi connue pour être un bastion des FDLR. Le M23 et Kigali accusent Kinshasa de soutenir le groupe rebelle et ont justifié leur offensive dans l’Est congolais, comme toutes les précédentes interventions lancées par le Rwanda depuis 1996, par la nécessité de neutraliser une formation politico-militaire n’ayant jamais renoncé à poursuivre le crime des crimes contre les Tutsi. D’après Oscar Balinda, le porte-parole de l’AFC/M23 présent à la « Grande barrière », ces Rwandais installés en RDC « étaient pris en otage par les FDLR. Les plus jeunes, dans la force de l’âge, sont recrutés pour rejoindre leurs rangs ».
    Le Rwanda et l’AFC/M23 affirment que les réfugiés rentrent au Rwanda de leur plein gré. Toutefois, d’après Eujin Byun, la porte-parole régionale de l’UNHCR qui supervise leur transport de la RDC vers le Rwanda, « ces déplacements ne sont pas entièrement volontaires ». « Tous les participants au convoi ont bien signé un formulaire de consentement », souligne-t-elle, en déplorant « la rapidité dans laquelle s’est effectué ce rapatriement et la manière dont les réfugiés sont arrivés dans les centres de transit au Rwanda ».« Est-ce qu’on reviendrait volontairement sans ses bagages ?, déclare une dame, dont les maigres effets personnels tiennent dans un sac de courses. Le M23 nous a obligés à quitter les champs que l’on avait achetés dans le Masisi. On a quitté le Rwanda pour trouver la vie au Congo. Aujourd’hui, on nous chasse du Congo pour revenir au Rwanda. »
    Prévoyant, Olivier Sabato, 18 ans, porte un panneau solaire pendu autour du cou. Il vivait comme la plupart dans un centre d’accueil pour déplacés à Sake, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Goma. « Il y avait du courant mais c’était payant, raconte-t-il debout dans la file d’attente. Je ne sais pas si je trouverai de l’électricité là où on m’emmène. » Le jeune Rwandais n’a aucun souvenir du pays où il est né : « Je ne sais pas ce qui m’attend. J’ai quitté le Rwanda avec ma mère en 2008, à l’âge de 5 mois. Je ne me souviens même plus du nom de mon village natal. »
    Ce matin-là, Prosper Mulindwa, le maire du district de Rubavu, qui jouxte la frontière avec la RDC, a souhaité « la bienvenue » aux rapatriés et a expliqué que « les autorités nationales et locales combineront leurs efforts pour assurer leur intégration parfaite dans la communauté ».
    Ce n’est pas la première fois que le Rwanda rapatrie de gré ou de force ses ressortissants dans l’est de la RDC, y compris des combattants FDLR. Depuis 2001, plusieurs milliers de ces rebelles ont été ramenés vers le Rwanda. Ils séjournent pour la plupart dans des centres de réhabilitation comme celui de Mutobo, à Ruhengeri, une ville à deux heures au nord-ouest de Kigali, afin d’être réintégrés dans la société ou même de rejoindre l’armée rwandaise qu’ils avaient combattue.

    #Covid-19#migrant#migration#rwanda#RDC#rapatriement#UNHCR#reintegration#retour#sante#crise

  • Le Niger va rapatrier plus de 4 000 migrants expulsés d’Algérie d’ici juillet - InfoMigrants
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    Le Niger va rapatrier plus de 4 000 migrants expulsés d’Algérie d’ici juillet
    Par Clémence Cluzel Publié le : 19/05/2025 Dernière modification : 20/05/2025
    Le Niger a annoncé samedi vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) pour accélérer le rapatriement dans leur pays d’origine de plus de 4 000 migrants expulsés d’Algérie d’ici juillet. Les autorités nigériennes disent vouloir éviter un "désastre humanitaire" face à cet afflux massif de personnes en situation irrégulière depuis le début de l’année.
    Le Niger envisage de rapatrier dans leur pays d’origine plus de 4 000 migrants expulsés d’Algérie d’ici juillet 2025. Les autorités nigériennes vont "appuyer l’accélération du programme de rapatriement de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) jusqu’au mois de juillet“ a déclaré samedi 17 mai le gouverneur de la région d’Agadez. En déplacement dans le Nord du pays qui concentre les arrivées massives de ces migrants, le général Ibrah Boulama Issa a justifié cette décision comme un moyen d’éviter “un désastre humanitaire”.
    Depuis 2014, le Niger et plus précisément la région du Nord, désertique et voisine de l’Algérie, connait un afflux de migrants irréguliers expulsés d’Algérie. Majoritairement issus d’Afrique de l’Ouest et centrale, ces candidats à la migration passent par le Niger, devenu pays de transit, pour rejoindre par la route la Libye ou l’Algérie et ensuite gagner l’Europe.
    En 2024, l’Algérie a expulsé plus de 31 000 de migrants vers le Niger, contre plus de 26 000 en 2023 selon l’ONG Alarm Phone Sahara (APS). "Au cours du mois d’avril nous avons connu une vague de refoulement sans précédent de migrants venant de l’Algérie", a affirmé le 17 mai le gouverneur d’Agadez à la télévision publique.
    Selon la police d’Assamaka, localité frontalière de l’Algérie, "plus de 6 000 personnes ont été refoulées" au Niger uniquement en avril 2025. Pour comparaison, plus de 7 000 personnes en situation irrégulière avaient été expulsées sur l’ensemble du premier trimestre de l’année. Un pic a été atteint le 19 avril. Ce jour là, les autorités algériennes ont expulsé dans le désert, plus de 1 100 migrants. C’était la première fois qu’autant de personnes étaient refoulées en une seule journée.
    Les autorités algériennes affichent un double discours sur l’accueil et l’emploi des migrants. Alors que le président algérien Abdelmadjij Tebboune s’était dit ouvert à la régulation des travailleurs subsahariens sans-papier employés dans des secteurs en manque de main-d’œuvre lors d’une visite dans le sud-ouest de l’Algérie fin avril, sur le terrain la réalité est tout autre. Alger multiplie les expulsions de migrants illégaux vers le Niger.
    L’ONG Alarme Phone Sahara dénonce les conditions brutales et inhumaines dans lesquelles se déroulent ces refoulements. De nombreux migrants rapportent avoir été abandonnés en plein désert, se retrouvant contraints à parcourir plusieurs kilomètres à pied pour atteindre le village nigérien d’Assamaka. Depuis une dizaine d’années, cette localité située à 15km de la frontière, est devenue le réceptacle des migrants expulsés d’Algérie.
    Les personnes expulsées doivent survivre dans des conditions de vie particulièrement difficiles. Dans un environnement désertique, elles sont confrontées à une environnement très hostile qui cumule de très fortes températures (souvent 47°- 48°), l’absence d’abri ainsi qu’un manque d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins. "Le cas des refoulés que nous recevons de l’Algérie est une situation qui perturbe l’équilibre sécuritaire [du Niger]", avait déclaré fin janvier le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur. Il avait indiqué avoir demandé à l’OIM et au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) "de faire rentrer" les migrants dans leur pays d’origine.
    Conséquence directe de l’accélération de ces expulsions depuis l’Algérie : les centres d’hébergement nigériens - du HCR comme de l’OIM - se retrouvent surpeuplés et peinent à faire face à cet afflux. Une situation qui provoque chez les résidents de ces centres un vif sentiment d’abandon. Dans le centre du HCR à Agadez, la situation n’a cessé de s’envenimer. Depuis 8 mois, les 1 900 exilés hébergés dénoncent leurs conditions de vie. Ils ne demandent pas de "retours volontaires" mais réclament leur réinstallation dans une autre localité du Niger ou dans un pays tiers. Pendant le mois de février, les coupons alimentaires ont été suspendus tandis que huit exilés ont été arrêtées. Depuis 2024, il n’y a plus de centre de soins dans le centre du HCR ce qui oblige les migrants à parcourir 10 km pour accéder à celui le plus proche.
    "Tout est catastrophique ici, on ne peut plus vivre comme ça", confie à InfoMigrants Daniel*, un Camerounais, hébergé depuis quatre ans. "On n’a rien à faire, on s’ennuie toute la journée et on ne nous traite pas bien", ajoute le demandeur d’asile. Si certains ont obtenu le statut de réfugié, d’autres sont toujours en attente du traitement de leur demande d’asile. Et ces formalités administratives s’avèrent très longues, entre trois ou quatre ans, parfois jusqu’à sept ans.
    "Le processus est extrêmement lent", reconnaît Emmanuel Gignac, représentant du HCR au Niger. Durant cette période, les demandeurs d’asile sont contraints de patienter au centre et n’ont que peu de perspectives. Un contexte qui génère de vives frustrations et le sentiment d’être bloqué.
    Pour les réfugiés, l’insertion dans la société nigérienne reste compliquée. Les migrants disent subir le racisme de la population locale, et des intimidations de la part du personnel humanitaire. Pour l’instance onusienne, le problème principal réside dans le fait que les exilés ne "veulent pas" s’intégrer dans la société nigérienne, et attendent une réinstallation qui n’arrivera peut-être jamais.

    #Covid-19#migrant#migration#niger#algerie#assamaka#agadez#OIM#HCR#humanitaire#sante#reinstallation#rapatriement#asile

  • Depuis le début de l’année, plus de 550 Sénégalais rapatriés « volontairement » depuis l’Afrique du nord et le Sahel - InfoMigrants
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    Depuis le début de l’année, plus de 550 Sénégalais rapatriés "volontairement" depuis l’Afrique du nord et le Sahel
    Par Clémence Cluzel Publié le : 07/05/2025
    Entre janvier et avril 2025, 591 Sénégalais ont été rapatriés “volontairement” selon les données, révélées le 6 mai, du Bureau d’accueil, d’orientation et de suivi des Sénégalais de l’extérieur et des migrants (BAOS) - qui dépend du ministère sénégalais des Affaires étrangères. La majorité d’entre eux étaient des hommes (506), mais les autorités ont également recensé 51 femmes ainsi que 34 enfants. Les candidats à l’émigration résidaient illégalement dans des pays de transit situés en Afrique du Nord ou au Sahel. Depuis la Tunisie, le Maroc, le Niger, l’Egypte, l’Algérie, le Tchad, la Mauritanie et la Libye, ils espéraient ensuite pouvoir gagner l’Europe.
    Les Sénégalais fuient généralement une vie sans perspective dans leur pays. Comme d’autres États dans le monde, l’inflation, liée notamment à la guerre en Ukraine, a plombé l’économie du Sénégal. Le prix des matières premières s’est envolé. La surpêche menace le secteur de la pêche locale et la raréfaction des poissons s’aggrave avec le changement climatique.
    Les candidats embarquent soit clandestinement sur des pirogues en bois dans l’Atlantique pour tenter de rejoindre les Canaries espagnoles, soit s’aventurent par la voie terrestre vers l’Afrique du nord, en espérant traverser la Méditerranée. Chaque année, des milliers de morts sont recensés, aussi bien sur terre que dans les eaux de l’Atlantique ou de la mer Méditerranée. D’après le coordinateur national du BAOS, Khadim Bamba Fall, les migrants rapatriés avaient exprimé leur désir de rentrer au Sénégal. Il a également précisé que d’autres démarches sont en cours pour permettre le retour de ressortissants dans des situations similaires.
    Les politiques de plus en plus répressives contre les migrants illégaux, la criminalisation des ONG leur venant en aide ainsi que la montée d’un sentiment xénophobe et raciste contribuent à la brutale dégradation de leurs conditions de vie dans les pays de transit. Précarisés, les migrants sont désormais pris pour cibles et victimes d’attaques physiques, notamment en Tunisie.
    Dans le même temps, le renforcement des accords de coopération entre les pays de transit et l’Union européenne (UE) a accentué les contrôles des côtes africaines mais aussi européennes, afin de limiter les départs et arrivées d’embarcations. De plus en plus de migrants font désormais le choix du "retour volontaire" vers leur pays d’origine. En octobre 2024, plus de 200 Sénégalais avaient déjà été rapatriés “volontairement” du Maroc dans le cadre d’un accord commun déployé entre les deux pays pour faciliter le "retour volontaire" des migrants irréguliers.
    L’an dernier, un nombre record d’exilés en Tunisie étaient retournés chez eux via l’Organisation internationale des migrations (OIM) : 7 250 personnes contre 2 250 en 2023. Des rapatriements "volontaires" encouragés par le président tunisien Kaïs Saïed. "Toutes les organisations" devraient soutenir "davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le ’retour volontaire’ des migrants irréguliers", avait-il déclaré fin mars. Le chef de l’État avait regretté que "seuls 1 544 migrants" aient été rapatriés durant les trois premiers mois de l’année. Selon les derniers chiffres des autorités tunisiennes, pour le seul mois d’avril 2025, un peu plus de 1 000 Africains subsahariens sont rentrés "volontairement" dans leur pays d’origine. Et ce chiffre devrait continuer à augmenter puisqu’à partir de ce mois de mai, un vol par semaine doit être affrété depuis la Tunisie pour faciliter ces retours "volontaires".
    Pour les ONG, c’est un constat d’échec. Ces Africains n’ont pas eu d’autres choix que de fuir la Tunisie après être devenus les boucs émissaires d’une politique présidentielle devenue virulente à leur égard.
    Afin de limiter de nouveaux départs vers l’Europe, le programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne a été déployé par l’OIM dans 16 pays de la région, dont le Sénégal. Des formations dans plusieurs secteurs, des subventions financières pour développer un projet ainsi que le financement d’équipement sont dispensés aux migrants de retour pour favoriser leur autonomie et réinstallation dans leur pays.
    "Nous saluons la collaboration continue avec les autorités nationales et les partenaires techniques et financiers pour créer des solutions de retour et de réintégration alignées sur les réalités locales", a déclaré Mme Aissata Kane, Cheffe de mission de l’OIM au Sénégal.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#rapatriement#BAOS#OIM#reintegration#protection#sante#droit#sahel#maghreb

  • En Tunisie, nouveaux démantèlements de camps de migrants originaires d’Afrique subsaharienne
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/04/25/en-tunisie-nouveaux-demantelements-de-camps-de-migrants-originaires-d-afriqu

    En Tunisie, nouveaux démantèlements de camps de migrants originaires d’Afrique subsaharienne
    Le Monde avec AFP
    Publié aujourd’hui à 11h38
    Les autorités tunisiennes ont de nouveau démantelé jeudi 24 avril des camps de fortune de migrants originaires d’Afrique subsaharienne, installés dans des oliveraies dans le centre-est du pays, sur fond d’accélération des retours « volontaires » de personnes migrantes dans leurs pays. Des unités de la garde nationale ont mis le feu aux tentes dans ces camps, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) sur place.
    Quelque 2 500 personnes en situation irrégulière ont dû quitter les lieux à Henchir Al Karkni dans la localité d’El Amra, a affirmé Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale. Quelque 800 autres ont été évacuées du camp Ouled Hmed près de Jebeniana, a-t-il ajouté. « C’est la stratégie de l’Etat que la Tunisie ne soit pas une terre d’installation ou de transit pour les migrants illégaux. La Tunisie se coordonne avec les pays de départ, d’accueil ainsi que les ONG internationales pour assurer le rapatriement volontaire », a-t-il précisé à la presse.
    Une vingtaine de milliers de migrants, selon les autorités, arrivés par vagues depuis 2023 dans les environs des localités d’El Amra et Jebeniana, avaient érigé des tentes dans des oliveraies après avoir été délogés pour beaucoup de la grande ville proche de Sfax. La cohabitation a été difficile avec les habitants, dont beaucoup dénonçaient l’occupation des cultures. De premiers camps avaient été évacués début avril, après une virulente campagne anti-migrants sur les réseaux sociaux.
    La Tunisie est un point de passage clé pour des milliers de migrants et réfugiés d’Afrique subsaharienne désireux de rejoindre les côtes italiennes. Mais la route maritime vers l’Europe est quasiment bloquée, Tunis ayant conclu, sous l’impulsion de l’Italie toute proche, un partenariat avec l’Union européenne contre l’immigration irrégulière.
    Mac (un surnom), Guinéen se trouvant en Tunisie depuis deux ans, a été sommé de quitter sa tente à El Amra. « C’est très dur ici. C’est compliqué », a-t-il souligné à l’AFP. Comme de nombreux migrants, il s’est inscrit auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour bénéficier d’un accompagnement pour rentrer chez lui. Fin mars, le président Kaïs Saïed avait appelé l’OIM à intensifier ses efforts pour assurer les « retours volontaires » des migrants irréguliers vers leurs pays. L’OIM a indiqué jeudi avoir facilité depuis janvier le retour volontaire de plus de 2 300 migrants depuis la Tunisie vers leurs pays d’origine, après presque 7 000 sur l’année 2024, un chiffre en forte augmentation par rapport aux deux années précédentes (2 558 retours en 2023 et 1 614 en 2022).
    Patientant jeudi devant ses locaux de Tunis, avec des dizaines de migrants de différentes nationalités, Russel, un Camerounais de 24 ans, se dit « fatigué que la police nous traque partout ». Cette présence migratoire alimente régulièrement de vives tensions en Tunisie.En février 2023, le président Saïed avait dénoncé l’arrivée « de hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays. Les mois suivants, des migrants avaient été chassés de leurs logements et de leurs emplois informels, et plusieurs ambassades africaines avaient procédé à des rapatriements express de ressortissants à la suite d’agressions.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#OIM#rapatriement#expulsion#camp#subsaharien#migrationirreguliere#sante#humanitaire

  • Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64109/demantelement-de-camps-en-tunisie--les-pays-europeens-doivent-financie

    Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays »
    Par Julia Dumont Rana Aldiab Publié le : 22/04/2025
    Depuis le début du mois d’avril, plusieurs campements de migrants installés dans les oliveraies autour de la ville de Sfax sont évacués par la Garde nationale tunisienne. Le député de Sfax Tarak Mahdi a assisté à certains de ces démantèlements. Proche du président Saïed, il dément les accusations de violences imputées aux forces de l’ordre. Et affirme que les exilés n’ont d’autre choix que de retourner dans leur pays d’origine. Entretien.
    InfoMigrants : Quel était le but des évacuations des campements de migrants dans les oliveraies de Sfax ?
    Tarak Mahdi : Le démantèlement des campements a été décidé à la suite de nombreuses plaintes déposées par des propriétaires des terres occupées par des migrants. Ces plaintes concernent des vols dans les maisons et des vols de matériel agricole, des violences, des vols à main armée, et même des viols.La présence des migrants dans les oliveraies a aussi causé des dommages importants aux oliviers. Les propriétaires ont eu du mal à accéder à leurs terres pour effectuer des travaux agricoles ou arroser leurs arbres.Par ailleurs, des gangs ont commencé à se former dans ces camps. Ils attaquent les passants pour leur voler leur téléphone et leur argent en les menaçant avec des machettes et des couteaux.Selon les autorités tunisiennes, quelque 20 000 exilés vivaient dans les campements informels dans les oliveraies de Sfax avant les évacuations. Ces camps ont commencé à se former après que les migrants ont été chassés du centre-ville de Sfax durant l’été 2023.
    Seule une petite partie des oliveraies a été évacuée, par rapport au nombre de terrains occupés par les migrants africains. Il y a plus de 20 camps entre Jebeniana et El Amra. Les propriétaires ont commencé à labourer les terres qu’ils ont récupérées. Ils ont aussi ramassé ce qu’ils pouvaient des arbres qui n’avaient pas été brûlés ou déracinés par les migrants.Les migrants cassaient les branches d’arbres notamment pour avoir du bois et se chauffer. Depuis deux ans, InfoMigrants documente la vie dans ces campements grâce à de nombreux témoignages de migrants et d’associatifs. Les habitants y manquent de tout, la situation humanitaire y est extrêmement alarmante. Le manque d’eau potable et de nourriture, les maladies ont déjà provoqué des morts parmi la population migrante.
    IM : Que sont devenus les exilés évacués des campements des oliveraies ? Est-ce qu’une solution d’hébergement a été prévue ?
    TM : Parmi les migrants expulsés, plusieurs centaines ont demandé le « retour volontaire ». Des bus les ont conduits dans des hébergements temporaires [dans l’attente de leur départ, ndlr].
    Il faut maintenant que les organisations responsables fassent leur travail dans les plus brefs délais et que les pays de l’Union européenne (UE) contribuent au financement du retour des personnes dans leurs pays. Cela nécessite plus que les 20 millions d’euros répartis entre trois pays maghrébins.L’Italie a annoncé, début avril, le versement d’une allocation de 20 millions d’euros pour financer le « retour volontaire » vers les pays d’origine des migrants en situation irrégulière présents en Tunisie, en Libye et en Algérie. Cette somme s’ajoute aux montants prévus dans l’accord signé en juillet 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie : 150 millions d’euros « pour favoriser la relance de l’économie à travers l’amélioration de la gestion des finances publiques et du climat des affaires et investissements », ainsi que 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière.Les milliers de migrants restants se sont répartis dans les autres camps. Les membres de la Chambre des représentants du peuple [Assemblée, ndlr] ont proposé qu’ils soient regroupés dans des camps loin des villes et des villages, et qu’ils soient placés sous la protection de la sécurité tunisienne jusqu’à ce qu’ils retournent dans leurs pays.Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) confirme à InfoMigrants que seules les personnes dont le dossier de « retour volontaire » était prêt ont été emmenées vers des centres d’hébergement de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Les autres se sont dispersés ou ont rejoint d’autres campements. « Des personnes qui ont manifesté contre ces expulsions ont aussi été envoyées en prison », affirme l’association à InfoMigrants.
    Fin mars, le président tunisien Kaïs Saïed a appelé l’OIM à intensifier ses efforts pour assurer les « retours volontaires » des personnes subsahariennes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine. Près de 1 500 exilés ont été rapatriés depuis le début de l’année, selon la présidence tunisienne. En 2024, 7 250 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont bénéficié de ce programme, contre un peu plus de 2 250 en 2023. Face au climat anti-migrants en Tunisie, de plus en plus d’exilés souhaitent en bénéficier. Mais les rapatriements dépendent de la reconnaissance des personnes par leur pays d’origine et les démarches peuvent être longues.
    Ces prises en charge doivent être payés par l’Union européenne (UE) et les Nations unies. Nous ne pouvons supporter les coûts de leur protection, de leur hébergement et de toutes leurs fournitures nécessaires à leur quotidien. Les sommes fournies à la Tunisie ne couvrent même pas le coût des unités de sécurité qui protègent les migrants et les citoyens tunisiens.
    IM : Des migrants nous ont affirmé que des personnes avaient été envoyées en bus dans des zones désertiques aux frontières de la Tunisie lors de ces évacuations. Confirmez-vous ces informations ?
    TM : Non, il n’y a pas de bus qui ont emmené les migrants dans le désert dans les zones frontalières. Depuis l’été 2023, de nombreux migrants contactés par infoMigrants accusent les autorités tunisiennes de les rafler dans les villes tunisiennes et de les expulser dans le désert à la frontière libyenne ou algérienne. L’ONU et de nombreuses ONG ont dénoncé la situation. En vain. Ces abandons dans le désert ont toujours cours, selon les exilés.
    IM : Dans des groupes de discussions Whatsapp entre exilés, des personnes évoquent des morts pendant ces évacuations. Pouvez-vous confirmer cette information ?
    TM : Il n’y a eu ni mort, ni blessé parmi les migrants africains lors de l’intervention des forces de sécurité tunisiennes. Aucune grenade lacrymogène n’a été tirée. La protection civile, le Croissant-Rouge et le ministère de la Santé ont sécurisé tous les migrants et ont vérifié qu’il n’y avait pas d’enfants, de femmes ou de personnes blessées dans les tentes avant de les évacuer. Le groupe de défense des droits des migrants Refugees in Tunisia a affirmé sur X le 19 avril dernier qu’un nourrisson de trois mois était mort brûlé dans l’incendie de l’abri de plastique où il se trouvait. Sur sa page Facebook, la Garde nationale tunisienne a démenti et assuré que l’enfant est vivant. Il avait été laissé seul dans la cabane et a été pris en charge par les autorités le temps de retrouver sa mère, selon la Garde nationale.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#retour#rapatriement#sfax#campement#migrationirreguliere#UE#sante#droit

  • En Tunisie, « le retour volontaire », nouvelle voie pour de nombreux migrants
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/04/18/en-tunisie-le-retour-volontaire-nouvelle-voie-pour-de-nombreux-migrants_6597

    En Tunisie, « le retour volontaire », nouvelle voie pour de nombreux migrants
    Par Mustapha Kessous (El Amra, Tunisie, envoyé spécial) et Nissim Gasteli (Tunis, correspondance)
    Cette fois, c’est fini. « Le voyage est cassé », lâchent-ils. L’esprit est vide, les poches aussi. Pour ces Sénéglais, Ivoiriens ou Sierra-Léonais, les plages non loin d’El Amra, près de la ville de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, est devenu le terminus de leur « aventure ». L’Europe, leur ultime désir, reste encore une chimère. Toujours Inaccessible.
    Pour eux, une autre voie se dessine, celle d’un retour au pays. Une idée jusqu’alors impensable qu’ils commencent à évoquer du bout du bout des lèvres. Que faire d’autre ? Rejoindre l’île italienne de Lampedusa à partir des plages de Chebba ou Salakta est devenu presque impossible. Depuis le 1er janvier, seuls 432 migrants y sont parvenus, à bord d’embarcations de fortune, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ils étaient plus de 18 000 sur la même période, il y a deux ans.
    Cette chute vertigineuse des traversées clandestines s’explique par l’accord signé à l’été 2023 entre la Tunisie et l’Union européenne (UE). Avec 260 millions d’euros d’aides afin de renforcer, entre autres, les garde-côtes tunisiens, la route maritime est désormais verrouillée. « On est coincés », déplore Fatoumata Camara, une Guinéenne de 27 ans, qui tente, en ce début de soirée, de réchauffer sur sa poitrine sa fille Maryam, née il y a trois mois.
    Elles vivent dehors dans une zone boisée quasi inhabitée à l’entrée de Sfax, adossées à un muret de pierres, avec une dizaine d’autres compatriotes. En regardant son bébé s’agiter – les nuits glaciales l’empêchent de dormir –, Mme Camara s’en prend à elle-même : « Pourquoi je suis partie ? Je n’ai plus rien au pays. Les tentatives de prendre la mer ont échoué. »
    Elle se tait. Une minute, puis deux. « J’ai dépensé des milliers d’euros. Avec cette somme, j’aurais pu faire des choses chez moi. Ce voyage n’en vaut pas la peine. On a perdu notre temps, il faut rentrer », martèle-t-elle. Pour cette coiffeuse qui a quitté Conakry, il y a presque deux ans, « cette politique de nous empêcher de partir a réussi. Ils [l’UE et l’Etat tunisien] ont gagné ».Assis chacun sur le couvercle rouillé d’une boîte de conserve, Hassan Traoré, 22 ans, et Omar Touré, 28 ans, l’écoutent dans un silence chargé de chagrin. Eux aussi veulent rentrer en Guinée. C’est bien plus qu’une envie : ils ont entamé les démarches auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui propose aux migrants découragés par le blocage sécuritaire de financer leurs retours vers leurs pays respectifs.
    « OIM ». L’acronyme de cette agence rattachée aux Nations unies est dans de nombreuses bouches. Des taudis informels installés sur les champs d’oliviers près d’El Amra jusqu’à Tunis, les « voyageurs », comme ils se nomment, cherchent à rencontrer les employés de l’organisation.Au lendemain du démantèlement de l’immense camp du « kilomètre 30 », le 4 avril, certains ont accouru à son antenne de Sfax pour y déposer une demande de retour volontaire – qui comprend la prise en charge du billet d’avion, des nuitées dans un hôtel avant le départ et une aide médicale. Mais la tâche est ardue, notamment pour ceux qui vivent loin de la ville : les taxis sont chers et les louages (minibus) n’acceptent pas les « Noirs », disent certains.
    « Rentrer au pays est une humiliation. Je n’irai pas au village, je ne veux pas qu’on se moque de moi, qu’on dise que j’ai échoué, confie Hassan Traoré, en jetant un œil sur un post-it jaune sur lequel est écrit son numéro de dossier, déposé le 10 avril. Mais je suis fatigué. »Fatigué par deux années d’enfer à traverser les déserts algérien et libyen, éreinté par un mois dans une prison sfaxienne pour « séjour irrégulier », épuisé de demander à ses proches au pays de l’argent pour manger… Alors quand l’agent de l’OIM lui a demandé « Hassan Traoré, voulez-vous retourner en Guinée ? Vous n’y êtes pas forcé », il a répondu sans hésiter : « Oui, je veux me retourner. » Et il a signé le document validant sa décision.
    Combien de migrants ont accepté ce retour volontaire ? « Seulement 1 544 » depuis le début de l’année, a indiqué le président tunisien, Kaïs Saïed, dans un communiqué, publié fin mars, pressant l’OIM d’intensifier le rythme. En réalité, l’agence onusienne ne ménage pas sa peine. D’après les statistiques communiquées par l’OIM au Monde, plus de 250 000 migrants bloqués dans six pays de transit vers l’Europe – Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte et Niger – ont été rapatriés chez eux grâce à ce programme depuis 2013. Près de 50 000 rien qu’en 2024, année record.
    En outre, selon les données transmises par la Commission européenne au Monde, Bruxelles a très largement augmenté sa contribution au budget de l’OIM, passant de 85,7 millions d’euros en 2014 à près de 600 millions d’euros en 2024. En dix ans, l’institution a ainsi reçu près de 3,2 milliards d’euros de fonds européens pour différents programmes, dont celui « des retours volontaires » que certains migrants comparent à un système de « déportation ». Ce à quoi un porte-parole de la Commission européenne riposte assurant que ces retours sont « libres et éclairés
    L’Italie a décidé, début avril, d’allouer 20 millions d’euros pour rapatrier les Subsahariens présents en Algérie, Tunisie et Libye vers leurs pays d’origine respectifs, toujours en coopération avec l’OIM. En juin 2023, la France avait octroyé 25,8 millions d’euros d’aide bilatérale à la Tunisie pour « contenir le flux irrégulier de migrants et favoriser leur retour dans de bonnes conditions », avait déclaré Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, lors de sa venue à Tunis.
    « Toutes ces sommes d’argent sont insuffisantes », s’emporte Tarek Mahdi, député de Sfax. Ce proche du président Saïed plaide pour une réévaluation à la hausse des aides et la mise en place d’« un pont aérien » entre la Tunisie et les pays d’origine des migrants afin d’« accélérer » leur retour.« Pour beaucoup de fonctionnaires internationaux, le retour volontaire est perçu comme un dispositif humanitaire, un pis-aller face à des situations qu’ils ont contribué à provoquer », résume Camille Cassarini, chercheur à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, à Tunis.
    Depuis plusieurs années, ce programme essuie de nombreuses critiques des défenseurs des droits humains à cause des conditions dans lesquelles il est proposé. « Nous avons toujours remis en question le caractère volontaire de ces retours, car ces personnes migrantes sont interdites de se déplacer, de travailler, d’être hébergées, elles sont privées de tout droit », explique Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), qui décrit l’OIM comme une « agence au service des politiques migratoires européennes », dénonçant « la complicité de l’Etat » tunisien.
    D’ailleurs, en Libye, le Haut-Commissariat aux droits humains des Nations unies avait jugé en 2022 qu’en « raison de l’absence de consentement libre, préalable et éclairé et de voies alternatives viables, sûres et régulières pour la migration », de nombreux migrants sont « effectivement contraints d’accepter des retours ».
    Au Monde, l’OIM reconnaît « que les options offertes aux migrants confrontés à la perspective d’un retour peuvent être limitées et ne pas correspondre aux souhaits de l’individu ». Toutefois, elle défend ce choix « préférable », car « l’aide au retour représente souvent une solution salvatrice pour de nombreux migrants qui vivent dans des conditions particulièrement déplorables ».
    « Salvatrice ? » C’est ce que ressent Omar Touré, ce Guinéen qui vivote à l’entrée de Sfax : il se sent soulagé. Il a averti sa mère pour lui dire qu’il allait rentrer. « Elle a pleuré », lance-t-il. Sept années qu’il a quitté son pays. « Ce voyage, c’est une maladie psychologique. Mentalement et physiquement, nous sommes enfermés », argue-t-il. Maintenant, il attend un appel de l’OIM pour lui proposer un départ pour Conakry. Cela peut prendre des semaines ou des mois : l’agence doit vérifier son identité avec les autorités de son pays – il a déchiré ses papiers au début de son voyage – avant que celui-ci ne lui délivre un passeport. Omar Touré a juré, une fois sur ses terres, qu’il dirait « la vérité » aux plus jeunes : ne pas tenter d’aller en Europe. « La mort vous accompagne tout au long de ce voyage, clame-t-il. C’est une fausse route. »

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  • Immigration : la Commission européenne dresse une liste de sept « pays sûrs », limitant les possibilités d’asile pour leurs ressortissants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/16/immigration-la-commission-europeenne-dresse-une-liste-de-sept-pays-surs-limi

    Immigration : la Commission européenne dresse une liste de sept « pays sûrs », limitant les possibilités d’asile pour leurs ressortissants
    Le Monde avec AFP
    La Commission européenne a publié mercredi 16 avril une liste des pays d’immigration dits « sûrs », qui limitent les possibilités d’asile pour leurs ressortissants. Cette liste comprend le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Egypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie.
    L’idée est d’accélérer le traitement des demandes d’asile des ressortissants de ces pays qui émigrent en nombre vers l’Union européenne (UE), en considérant qu’ils n’ont a priori pas le profil de réfugiés, et donc de hâter leur rapatriement. Plusieurs Etats, dont la France, ont déjà leur propre concept de « pays d’origine sûrs ». Mais il n’existe pas encore de liste commune et harmonisée à l’échelle européenne. Selon des responsables européens, cela encourage actuellement les demandeurs d’asile à viser un pays d’accueil possédant des critères plus flexibles plutôt qu’un autre.
    L’exécutif européen veut y remédier par cette liste de sept pays. Il considère également que la plupart des pays candidats à une adhésion à l’UE remplissent, en principe, « les critères pour être désignés comme pays d’origine sûrs ».
    Pour entrer en vigueur, cette proposition devra être approuvée par le Parlement européen et les Etats membres de l’UE. Mais le sujet est hautement sensible sur le plan politique et risque de provoquer des désaccords parmi les Vingt-Sept. Le dossier était notamment poussé par Rome, qui a salué mercredi « un succès du gouvernement italien ». La France est plutôt restée en retrait des tractations, préférant juger la proposition de l’exécutif européen sur pièce.
    La Commission avait déjà présenté une liste du même type en 2015. Mais ce projet avait finalement été abandonné, en raison de vifs débats sur l’idée d’inclure ou non la Turquie, avec son bilan mitigé en matière d’indépendance de la justice, de droits des minorités et de liberté de la presse.

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  • Quatre mille Afghans ont été expulsés du Pakistan au début d’avril, un chiffre en forte hausse
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/08/quatre-mille-afghans-ont-ete-expulses-du-pakistan-au-debut-d-avril-un-chiffr

    Quatre mille Afghans ont été expulsés du Pakistan au début d’avril, un chiffre en forte hausse
    Des Afghans traversant la frontière ont raconté au cours des derniers jours à l’AFP être partis sans avoir pu emporter la totalité de leurs affaires ou de leur argent, tandis que d’autres sont pris dans des rafles et emmenés directement à la frontière sans avoir pu rassembler leurs effets. En outre, depuis des mois, des militants des droits humains signalent harcèlement, racket et brimades des forces de sécurité pakistanaises à l’encontre des Afghans.
    « Les Afghans ne sont pas autorisés à prendre leurs affaires », et « des familles sont séparées par ces arrestations, car il n’y a pas de mécanisme par famille » accuse Moniza Kakar, avocate à Karachi, la plus grande ville du Pakistan, auprès de l’AFP. « Mon seul crime, c’est d’être Afghan », se désole Chah Mahmoud, de retour en Afghanistan au point de passage de Torkham. « J’avais des papiers, ils les ont déchirés », dit-il.
    Le gouvernement taliban a également dénoncé, mardi, les « violences » infligées aux Afghans durant la nouvelle campagne massive d’expulsions du Pakistan, accusant son voisin d’utiliser ces migrants « à des fins politiques ». « La maltraitance infligée par les pays voisins est inacceptable et intolérable », a affirmé le ministère des réfugiés et du rapatriement afghan sur le réseau social X, déplorant l’absence d’accord pour faciliter les départs.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Afghanistan, la fin de l’aide américaine a déjà entraîné la fermeture de 206 centres de santé
    Actuellement, environ 3 millions d’Afghans vivent au Pakistan : 800 000 ont vu leur carte de résidence pakistanaise annulée en avril, tandis que 1,3 million ont encore un permis de séjour jusqu’au 30 juin parce qu’ils sont inscrits auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ; les autres n’ont pas de papiers.
    « Nous regrettons vivement que des réfugiés afghans soient soumis à des violences », affirme encore le ministère, à Kaboul. « Tous les réfugiés devraient avoir la possibilité de prendre avec eux leur argent, leurs affaires et leurs biens », ajoute-t-il. Interrogé par l’AFP, le ministère de l’intérieur pakistanais a assuré mardi avoir « donné des consignes strictes pour faciliter le retour des citoyens afghans, et ordonné que personne ne subisse d’abus au cours de ce processus ». A la fin de 2023, Islamabad avait déjà expulsé plus de 800 000 Afghans, accusés de semer le trouble au Pakistan, pays englué dans le marasme politique, économique et la violence. Jusqu’à 1,6 million d’Afghans pourraient être expulsés en 2025, selon les chiffres de l’OIM

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