• En 10 citations, la destruction néolibérale de l’Université publique

    Si elle est adoptée, la #Loi_de_programmation_pluriannuelle_pour_la_recherche (#LPPR) devrait assurément accélérer la destruction néolibérale de l’Université et de la recherche publiques, en particulier en accroissant une #précarité déjà endémique (en termes de statuts d’emploi), en accentuant les #inégalités entre établissements universitaires et entre laboratoires, et en rognant toujours un peu plus l’#autonomie (relative) des chercheurs·ses et des enseignant·e·s-chercheur·se·s.

    Mais, comme on le verra à travers les dix citations que nous avons sélectionnées, la LPPR (http://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8594) vient de loin et constitue une étape dans le projet stratégique des classes dominantes d’une inféodation toujours plus étroite de l’ensemble du système d’enseignement et de la recherche publique aux intérêts du capital (http://www.contretemps.eu/greve-universite-precaires), qu’il s’agisse de soumettre la production de connaissances aux intérêts immédiats des entreprises, de faire de l’Université un nouveau terrain d’accumulation (notamment via l’instauration de frais d’inscription élevés (https://www.contretemps.eu/a-lire-un-extrait-de-arretons-les-frais-pour-un-enseignement-superieur-g), tendant à une privatisation de son financement) ou de marginaliser tout ce qui pouvait limiter la fabrication scolaire ou universitaire du consentement à l’ordre social.

    Sur tout cela et pour aller plus loin, on pourra consulter notre dossier : « L’Université saisie par le néolibéralisme, entre marchandisation et résistances » (http://www.contretemps.eu/universite-capitalisme-marchandisation-resistances).

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    « L’#éducation et la #formation sont considérés comme des #investissements_stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise […]. L’#industrie n’a qu’une très faible influence sur les programmes enseignés. […] Les enseignants n’ont qu’une compréhension insuffisante de l’environnement économique, des #affaires et de la notion de #profit » (La Table-ronde des industriels européens, réunissant les 50 plus grandes firmes européennes, 1989, rapport « Éducation et compétence en Europe »).

    « La #responsabilité de la formation doit, en définitive, être assumée par l’industrie. […] Le monde de l’éducation semble ne pas bien percevoir le profil des collaborateurs nécessaires à l’industrie. […] L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique » (La Table-ronde des industriels européens, 1995).

    « Oubliée l’époque où universités et entreprises se regardaient en chiens de faïence… En quelques années, une nouvelle organisation de la recherche s’est mise en place autour de la figure emblématique du #chercheur-entrepreneur » (tirée de RDTinfo, le « magazine d’information sur la recherche européenne » publié par la Direction générale de la Commission chargée de la recherche, 2002, cité par Isabelle Bruno dans son livre À vos marques®, prêts… cherchez !).

    « Pour éviter de se heurter à un front de #résistance interne et externe qui conduirait à l’échec, la réforme doit être menée pas à pas, sans proclamation tonitruante » (Philippe Aghion et Elie Cohen, économistes auteurs du rapport « Éducation et croissance » dont est tiré cette citation, 2004).

    « À budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% de moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs. Évidemment, si l’on ne veut pas voir cela – je vous remercie d’être venu, il y a de la lumière, c’est chauffé –, on peut continuer, on peut écrire… » (Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, en janvier 2009).

    « Le #CNRS dans son entier doit se placer à l’interface entre la création de valeur par ses scientifiques et le captage de cette valeur par les #entreprises » (Alain Fuchs, alors Président du CNRS, en 2010).

    « La plupart des universités n’ont pas la culture d’un #centre_de_coûts, Or, si on est autonome, si on gère son budget, on est un centre de coûts et un #centre_de_profits. Il faut qu’elles acquièrent cette culture. Il faut savoir formater une offre et faire payer les factures. Et ne pas considérer que, lorsqu’on fait une prestation pour l’#hôpital ou le CNRS, elle doit être gratuite parce qu’on fait partie du #service_public ! » (Geneviève Fioraso, alors ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, en janvier 2014).

    « Il faut bannir du vocabulaire les mots de #concurrence et d’#excellence, détestés par les syndicats d’enseignants et d’étudiants. Remplacer ces #mots systématiquement par #ouverture et #diversité. Dans un système ouvert et divers, on répond aux demandes des jeunes et des familles, on permet à chacun d’aller aussi loin que ses capacités le permettent. La #sélection ne signifie pas #exclusion mais plutôt #orientation. En contrepartie les universités devront ouvrir des formations adaptées aux étudiants mal préparés, issus des séries de bac techno ou pro. Il n’y aura aucun #rationnement, aucune exclusion » (Robert Gary-Bobo, professeur d’économie à l’ENSAE, conseiller de Macron pour l’enseignement supérieur, note à l’adresse du candidat Macron transmise en novembre 2016).

    « On peut imaginer maintenir dans chaque université quelques formations de licence quasi-gratuites dans les grandes disciplines à côté de #formations_payantes. L’ancien système à côté du nouveau. Ces #formations_gratuites seront bientôt désertées, sauf par les militants de l’#UNEF, qui mettent 6 ans à faire une licence » (Robert Gary-Bobo, professeur d’économie à l’ENSAE, conseiller de Macron pour l’enseignement supérieur, note à l’adresse du candidat Macron transmise en novembre 2016).

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    « Cette loi [de programmation pluriannuelle de la recherche] doit être à la hauteur des enjeux pour notre pays. Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies » (Antoine Petit, PDG du CNRS, décembre 2019).

    http://www.contretemps.eu/neoliberalisme-universite-dix-citations

    #citations #néolibéralisme #université #France #université_publique #gratuité #darwinisme_social #enseignement #enseignement_supérieur #ESR

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    Concernant la dernière citation et le darwinisme social promu par #Antoine_Petit, voir :
    https://seenthis.net/messages/815560

    Sur la LPPR, voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/819491
    –-> et les actions de résistance : https://seenthis.net/messages/820393

    ping @reka @isskein

    • Dossier : l’Université saisie par le néolibéralisme, entre #marchandisation et #résistances

      L’Université est au cœur du processus de #marchandisation_néolibérale, au moins depuis le début des années 2000. Mise en concurrence des équipes de recherche, mise en marché de l’enseignement supérieur, libéralisation ou augmentation des frais d’inscription, développement des établissements privés, introduction de logiques commerciales et d’acteurs capitalistes… la marchandisation prend plusieurs formes et transforme les conditions de travail et d’existence des universitaires, des personnels administratifs et techniques, mais aussi des étudiant·e·s.

      Si les mobilisations ont été nombreuses – en France comme ailleurs (Chili, Québec, etc.) –, avec plus de défaites que de victoires, ces résistances ont contribué à former une jeunesse fortement mobilisée contre le capitalisme néolibéral et ont posé les jalons d’un projet d’Université – libérée des impératifs marchands, gratuite et émancipatrice.

      http://www.contretemps.eu/universite-capitalisme-marchandisation-resistances

  •  « Gaza Split » : parodie palestinienne de la vidéo virale « Epic Split » de Van Damme pour une publicité Volvo
    http://www.info-palestine.net/spip.php?article14252

    Des comédiens palestiniens de Gaza ont sorti la vidéo ci-dessous qui parodie l’ « Epic Split », la publicité Volvo présentant l’artiste martial belge, star des films d’action, Jean-Claude Van Damme (voir la pub à la source sur The Electronic Intifada).

    http://www.youtube.com/watch?v=a5LuoVzNCXM

    Dans leur vidéo, Mahmoud Zuaiter réalise des acrobaties pendant qu’une voix off raconte la violente détérioration de la vie quotidienne par les conséquences catastrophiques du siège israélien de Gaza :

    « L’électricité est coupée 12 heures de temps et à la suite. Je vais dormir et je me réveille alors que l’électricité n’est toujours pas revenue, et l’eau vient quand l’électricité est coupée. Je ne peux même plus prendre de douche ! Tout cela ne rend pas Van Damme meilleur que moi, mais, malheureusement, il n’y a pas d’essence dans la ville. »

    Peut-être que Zuaiter n’est pas aussi fin acrobate que Van Damme, mais le message de ces artistes de Gaza, même s’il est adressé avec humour, est de loin plus urgent que les platitudes auto-satisfaites d’un Van Damme pour Volvo qui profite de l’occupation.

  • Power Cuts in Beirut Spawn an Informal Energy-Hawking Industry
    http://nextcity.org/resilientcities/entry/power-cuts-in-beirut-spawn-an-informal-energy-hawking-industry

    Even if Bassil’s strategy were to be implemented, there is still the issue of generator operators who make large sums of money off the state’s absence. Gilbert is one of these operators. An affable man in his thirties, he lives just outside Beirut where he sells power from generators. A little while back though, Gilbert had a problem.

    “There was a glitch once in my neighborhood and for some reason we were getting 24 hours of state-sponsored electricity,” he says. Unwilling to change his lifestyle of sleeping until noon, Gilbert decided to take some initiative.

    “I went to someone at the electric company and bribed him to give us power cuts,” he said, cackling hysterically. “That’s how I make my money.”

    Much of the country lives on generators these days, especially outside of Beirut. In Tripoli’s Bab al-Tabbaneh, 76 percent of residents make less than $500 a month, according to a report released by the UN in February. An average of around $75 of that goes to paying for generator costs.

    “We only pay for the generator because we steal electricity,” said Mohammad, a resident of Bab al-Tabbaneh who preferred his last name not be used. He added that he believed the fixed cost of electricity was around $12 a month for the area.

  • EDL : ras-le-bol général malgré des promesses de diminution du rationnement | Économie Liban | L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com//news/article.php?id=764542

    L’EDL a beau promettre de diminuer les heures de rationnement à partir de la fin de la semaine en cours, les Libanais savent depuis 30 ans déjà que cela rime, au mieux, avec une ou deux heures supplémentaires quotidiennes de courant électrique. Du Akkar à Marjeyoun, c’est dans la rue que les citoyens ont une fois de plus exprimé leur colère, mille fois justifiée.

    #électricité
    #Liban
    #rationnement
    #EDL