• Psychothérapie institutionnelle : entre mensonge et réalité
    https://www.lejournalcorrosif.fr/sante-mentale/psychiatrie-mensonge-realite

    Découvrez le témoignage d’Aurélie B. sur la psychiatrie : entre mensonge et réalité, souffrance et résilience, avec une touche corrosive et d’espoir. Je dis par mon exemple et au nom de mon exemplarité qu’il est très dangereux pour un patient pour qui exerce un psychiatre de vouloir entrer dans sa tête. <p>The post Psychothérapie institutionnelle : entre mensonge et réalité first appeared on Le Journal Corrosif.</p>

    #Psychiatrie
    #Temoignage
    #Mensonge
    #Réalité

  • #reati_ambientali a #santa_maria_capua_vetere: denunciato dipendente ditta rifiuti
    https://informareonline.com/reati-ambientali-a-santa-maria-capua-vetere-denunciato-dipendente-d

    Santa Maria Capua Vetere. Reati ambientali, denunciato dipendente ditta rifiuti incaricata dal Comune, sequestrato il veicolo Operazione della Polizia Provinciale. Un dipendente della ditta di raccolta rifiuti che opera per il comune di Santa Maria Capua Vetere è stato fermato e denunciato dagli uomini della Polizia Provinciale di Caserta nel corso dei controlli ambientali e […] L’articolo Reati ambientali a Santa Maria Capua Vetere: denunciato dipendente ditta rifiuti proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa

  • L’Occident unitaire. Une interprétation civilisationnelle du corps politique occidental

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12637938

    Par Pascal Lottaz – Source Blog de l’auteur - 2026-07-29

    en EN : https://pascallottaz.substack.com/p/the-one-west
    en FR : https://lesakerfrancophone.fr/loccident-unitaire-une-interpretation-civilisationnelle-du-corps-

    _La crise de l’ #Occident, une crise du #Réalisme_

    Comment expliquer les politiques contreproductives et autodestructrices des États occidentaux ?

    L’Europe semble heureuse de se désindustrialiser, la guerre par procuration des #États-Unis en #Ukraine tue des centaines de milliers (voire des millions) d’Ukrainiens – ceux-là mêmes que l’ #OTAN jure vouloir protéger – et, à présent, cette guerre est sur le point de se répandre sur tout le continent. Et que fait l’Europe ? Remettre une dose de politiques qui échouent depuis douze ans en créant un 21e paquet de sanctions. Toujours pas de diplomatie en vue. Dans le même temps, la guerre que l’alliance américano-israélienne a déclenchée contre l’Iran ravage les installations militaires et dégrade l’hégémonie américaine au Moyen-Orient. Pourtant, l’ensemble des dirigeants euro-atlantiques semble déterminé à poursuivre une voie que beaucoup d’entre nous, qui sommes dans le commentaire critique, considèrent comme manifestement ruineuse et suicidaire pour la plupart des membres du club.

    [...]

    • [...]

      Bien sûr, chaque théâtre, chaque guerre, chaque bataille a sa propre logique narrative, des deux côtés. Cependant, en prenant un peu de recul, on se demande vraiment : qu’est-ce qui motive les personnes qui prennent ces décisions ? Prenons un seul exemple : le plus grand cas de sabotage industriel de l’histoire de l’après-Seconde Guerre mondiale – l’attaque du gazoduc Nord Stream – n’est toujours pas résolu, quatre ans après qu’il se soit produit. Nous savons que ce n’est pas un accident, et cela démontre la nature interne du crime. Au mieux, il s’agissait d’éléments voyous en Ukraine (comme les Allemands tentent vaguement de l’établir), au pire, c’était le travail de l’OTAN (comme l’a affirmé Seymour Hersh). Mais il y a plus. Pourquoi la Suède et la Finlande ont-elles renoncé aux politiques de sécurité qui les ont préservées pendant des décennies et des siècles ? Pourquoi personne en Occident n’envisage-t-il un arrangement de compromis, c’est-à-dire accepter une Ukraine neutre pour éviter (ou mettre fin) à la guerre ? Pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché une guerre contre l’Iran plutôt que de revenir au JCPOA qui avait déjà atteint l’objectif que l’Iran ne possède pas de bombes nucléaires ? La liste des politiques malavisées et contreproductives s’allonge encore et encore.

      Il me semble que ce n’est pas seulement une crise de l’Occident, mais aussi une crise du Réalisme (scolastique). Après tout, l’une des hypothèses fondamentales du Réalisme est que les actions des États sont guidées par l’intérêt national. Cela est particulièrement vrai pour les grandes puissances. Bien que le Réalisme ne prétende pas que les grands États n’infiltrent pas et n’abusent pas des petits pays par la coercition et les pots-de-vin, cela ne devrait pas être possible dans l’autre sens ou conduire à une logique circulaire dans laquelle soudainement la queue commence à remuer le chien.

      Oui, nous pourrions, à ce stade, nous aventurer soit dans des micro-discussions sur le développement politique de chaque cas, les décideurs, la dépendance de la trajectoire politique à chaque point, etc… Ou nous pouvons avoir une discussion sur la Grande Stratégie, la vision de Brzezinski du continent eurasien, diviser pour mieux régner, même sur la vision marxiste de la primauté de la structure économique sous-jacente à l’impérialisme, ou tous les autres objectifs primordiaux de l’empire que des analystes comme Brian Berletic soulignent à maintes reprises. Nous pourrions également aborder les facteurs psychologiques, les psychoses collectives, la capture des élites, le contrôle narratif ou les études sur la propagande. Ce sont tous des aspects importants et pertinents de ce qui se passe.

      Mais je préfère réfléchir à une question théorique qui m’irrite. L’hypothèse classique que beaucoup dans notre profession semblent partager est que le plus haut niveau dirigeant dans les relations internationales est l’État-nation. Puis-je demander : et s’il y avait un niveau encore plus élevé, qui se situe au-dessus de l’État-nation et fonctionne comme une force (partiellement) structurante derrière le comportement de masse ?

      Le Réalisme tend à imaginer le monde international comme un champ d’États séparés. Ils sont traités comme des unités, comme des boules de billard, interagissant les uns avec les autres dans un système international anarchique : ils coopèrent, rivalisent, forment des alliances, partent en guerre et poursuivent leurs intérêts. Plus important encore, malgré des différences de pouvoir évidentes, ils sont tous finalement égaux dans le sens où l’État reste le plus haut niveau d’analyse. Le réalisme (néo) classique ignore explicitement ce qui se passe à l’intérieur de la “boîte noire” de l’État, traitant les facteurs nationaux comme (largement) sans rapport avec le mouvement des États, qu’il considère en termes de différences de pouvoir et de concurrence sécuritaire. Mais il ferme également les yeux sur les méta-structures au-delà de celle de la distribution du pouvoir dans le système anarchique. Des questions telles que les « normes » ou les « valeurs » sortent carrément du cadre réaliste ; laissons cela aux constructivistes.

      Mais la discussion réaliste laisse également de côté les réflexions sur la qualité et les origines de l’interaction entre les États, en particulier les différents degrés d’intégration qu’ils peuvent expérimenter. Certains États ne sont pas seulement alliés les uns avec les autres. Ils sont si profondément intégrés qu’ils se comportent moins comme des corps séparés et plus comme des membres d’une équipe, même au détriment de ce que le Réalisme décrirait comme leurs intérêts fondamentaux.

      Pour donner du sens, et surtout pour recadrer le comportement des nations occidentales, je souhaite proposer le concept d’Occident Unitaire comme moyen d’aborder la dimension civilisationnelle du comportement occidental sur la scène internationale.

      L’Occident unitaire

      Ce que j’entends par l’Occident unitaire n’est pas identique à « l’Occident politique » de Richard Sakwa, ni à ce qui est souvent qualifié en Russie et ailleurs « d’Occident collectif ».” C’est lié aux deux, mais pointe vers quelque chose de légèrement différent. L’Occident politique de Sakwa, développé entre autres dans son étude Russia Against the Rest, décrit un bloc institutionnel et idéationnel, l’ordre euro-atlantique, construit autour de l’OTAN et de l’UE, qui se présente comme le point final universel de l’histoire. L’argument de Sakwa est carrément géopolitique, préoccupé par la prétention de l’Occident à incarner un ordre universel.1 Il en va de même pour le terme « Occident collectif », que beaucoup dans la blogosphère internationale utilisent pour décrire une structure d’opposition des institutions occidentales confrontées à un ordre multipolaire. En d’autres termes, les deux termes désignent un bloc politique. Avec l’Occident unitaire, je veux plutôt désigner un corps politique civilisationnel réparti entre plusieurs États, nations, sociétés, institutions et époques. Pas un seul pays, un empire ou une fédération formelle, mais une formation ayant historiquement évoluée et composée de différents organes politiques qui fonctionnent ensemble, se coordonnent les uns avec les autres et reproduisent un projet civilisationnel commun à travers les générations. Une entité semblable à un organisme.

      Cela peut sembler inhabituel, mais écoutez plutôt.

      L’étude des relations internationales évitait généralement les métaphores biologiques pour de bonnes raisons, elles ont une histoire assez sombre attachée. La sociologie du XIXe siècle d’Herbert Spencer traitait la société elle-même comme un organisme en croissance, se différenciant en parties spécialisées de la même manière qu’un embryon se différencie en organes, bien que Spencer ait pris soin d’insister sur le fait que l’analogie ne montrait qu’un parallèle entre la croissance sociale et biologique, pas une identité littérale entre les deux.2 Sa prudence n’a pas survécu longtemps. La théorie organique de l’État de Friedrich Ratzel et la description explicite de l’État par Rudolf Kjellén en tant que « Lebensform », une forme vivante unissant territoire et peuple, ont traité la croissance et l’expansion de l’État comme littéralement biologiques, une question de survie et de “Lebensraum” plutôt qu’une métaphore.3 Ce littéralisme a ensuite été absorbé, sous une forme déformée et beaucoup plus dangereuse, dans la géopolitique nazie sous Karl Haushofer. C’est pourquoi la discipline a depuis traité le langage biologique sur les États et les civilisations comme étant radioactif.4

      Je veux être très clair sur le fait que je ne ravive pas cette lignée. Une métaphore biologique prudente n’implique pas nécessairement un déterminisme biologique. Je ne prétends pas que les civilisations sont littéralement des organismes, ni que le comportement politique est génétiquement fixé. Je propose plutôt que certaines formations politiques puissent être mieux comprises à travers des concepts tels que les corps, les organes, les membranes, les systèmes nerveux, le métabolisme, les réactions immunitaires et la reproduction qu’à travers le langage des seules unités souveraines. La métaphore, en d’autres termes, appartient à la même famille que le récit de Talcott Parsons sur la société en tant que système de sous-systèmes interdépendants remplissant des fonctions distinctes pour l’ensemble, ou l’utilisation par Niklas Luhmann du concept biologique d’autopoïèse, d’auto-reproduction, pour décrire comment les sous-systèmes sociétaux modernes maintiennent leurs propres limites contre un environnement complexe.5 Les deux empruntent le vocabulaire biologique comme outil d’analyse, et c’est dans cette entreprise (pas celle de Ratzel ou de Spengler) que je veux placer l’argument qui suit.

      Le « corps politique » lui-même, en fait, est une figure beaucoup plus ancienne que tout cela : Jean de Salisbury a décrit le Commonwealth médiéval comme un corps avec le prince à sa tête et la paysannerie à ses pieds, et Ernst Kantorowicz a retracé comment la même figure permettait aux Européens médiévaux et modernes de distinguer le corps mortel du roi du corps immortel du royaume qu’il incarnait.6 Naturellement, le Léviathan de Thomas Hobbes vient également à l’esprit, bien qu’il ait été formulé (et dessiné) dans un contexte politique national différent.

      Ce que je propose est une variante de cette vieille habitude de pensée, redirigée pour capturer l’idée d’une civilisation entière plutôt que d’un seul royaume. L’Occident unitaire est donc une façon de nommer le comportement collaboratif d’une cinquantaine d’États, principalement les États colonisateurs européens et leurs descendants, au cours des cinq ou six cents dernières années.

      L’État : pas sa propre unité

      Si nous partons de l’hypothèse que les États-nations sont intrinsèquement séparés, il est naturel de s’interroger sur l’influence d’une unité sur une autre, car nous observons clairement différents types d’interaction mutuelle. Ainsi, lorsqu’une unité semble exercer une influence sur une autre, nous sommes tentés de demander qui contrôle qui. Dans sa version la plus grossière, la question devient, par exemple : les États-Unis contrôlent-ils Israël, ou Israël contrôle-t-il les États-Unis ? Washington dirige-t-elle l’Europe ou est-ce l’Europe qui suit volontairement Washington ? Les États de l’OTAN sont-ils des acteurs souverains ou sont-ils subordonnés à un empire américain ?

      Ces questions ne sont pas dénuées de sens, mais quelque chose me dit qu’elles sont mal cadrées. Si l’on examine les nombreuses façons dont ces entités interagissent, non seulement par le biais de traités, mais également par l’intégration sociale du commerce, la libre circulation des personnes et, en particulier, le brassage des élites, on trouve toute une communauté épistémique qui construit une coordination politique volontaire à travers un discours et des systèmes de croyances sur la “valeur partagée” dans lesquels la Russie est une “menace”, la Chine est un “challenger”, Israël est une “victime”, etc. Nel Bonilla a beaucoup travaillé sur cette question (sur ma chaîne ici, ici et ici).

      Alors, que se passe-t-il si nous cessons de considérer certains de ces acteurs comme extérieurs les uns aux autres comme le suppose le modèle centré sur l’État-nation ? Peut-être que l’intégration est si profonde que la façon la plus appropriée de la voir est à travers autre chose, comme l’anatomie.

      Dans ce cas, la question américano-israélienne revient à se demander si le cœur dirige le cerveau ou si c’est le cerveau qui dirige le cœur. Ce sont des organes différents mais tous deux nécessaires pour que l’ensemble continue. Ils ont différentes fonctions, différentes capacités et différents types d’influence. Ils peuvent même entrer en tension. Mais ils font toujours partie de la même formation systémique, se maintenant mutuellement en fonction. C’est une affirmation différente de l’argument bien connu d’Alexander Wendt selon lequel les États peuvent être traités comme des “personnes” individuelles avec des intérêts et des identités constitués par l’interaction sociale.7 Wendt personnifie l’État comme un seul acteur face à d’autres acteurs ; mon argument est plus proche de l’inverse : dépersonnaliser un ensemble d’acteurs que les Relations Internationales traitent comme étant séparés, et se demander si certains d’entre eux sont mieux modélisés en étant imaginés comme des parties d’un même organisme plutôt que comme des personnes en dialogue les unes avec les autres.

      L’Occident unitaire en tant que corps politique

      En ce sens, je propose que l’Occident unitaire soit considéré comme un corps politique civilisationnel. Ses composantes comprennent les États, les armées, les agences de renseignement, les systèmes médiatiques, les institutions financières, les universités, les régimes juridiques, les groupes de réflexion, les entreprises, les ONG, les réseaux philanthropiques, les traditions idéologiques et les institutions religieuses. Bien entendu, ces composants ne sont pas commandés de manière centralisée. L’Occident unitaire n’a pas besoin d’un gouvernement mondial ou d’un plan directeur caché. Son unité est « organique » en ce sens qu’il s’agit d’une forme sociologiquement explicable d’interaction et d’intégration, naturellement développée sur une longue période.

      Un organisme ne fonctionne pas parce que chaque cellule reçoit des ordres directs du cerveau. Une grande partie de son comportement émerge de modèles intériorisés, de boucles de rétroaction, d’homéostasie, d’adaptation environnementale et, bien sûr, d’un code génétique partagé. Quelque chose de similaire peut se retrouver dans les formations civilisationnelles profondément intégrées. Elles n’ont pas besoin d’une coordination explicite constante pour avancer dans des directions globalement similaires. Leurs parties ont été socialisées dans le même projet historique et non téléologique. Elles partagent des hypothèses, des hiérarchies morales, des perceptions de la menace, des habitudes institutionnelles et des récits de légitimité qui fonctionnent comme des mécanismes de coordination [inconscients donc automatiques, NdT].

      Cela permet d’expliquer pourquoi certains États et sociétés convergent la plupart du temps vers les mêmes projets stratégiques, même en cas de désaccord entre eux. L’Occident unique a traversé des guerres internes, des rivalités et des crises. La Grande-Bretagne a combattu l’Allemagne. La France s’est heurtée à la Grande-Bretagne. Les États-Unis ont remplacé les anciens empires européens. Pourtant, ces conflits n’ont pas effacé la continuité civilisationnelle plus profonde de l’expansionnisme occidental, de la domination coloniale, de la hiérarchie raciale, de l’intégration capitaliste et de l’ordre géopolitique.
      Le corps se battait avec lui-même, mais il restait un corps.

      Organes, fonctions et pouvoir distribué

      Une approche biologique nous permet également de penser différemment le pouvoir. Dans l’analyse réaliste classique, le pouvoir est souvent imaginé verticalement : un acteur commande, un autre obéit. Mais dans un corps, le pouvoir est distribué fonctionnellement. Différents organes font des choses différentes. Certains font circuler des ressources. Certains produisent de la cognition. Certains fournissent une force coercitive. Certains filtrent les toxines. Certains reproduisent l’identité. Certains identifient des menaces. Parsons se réfère à cela comme les exigences fonctionnelles de tout système social, l’adaptation, la réalisation des objectifs, l’intégration et la maintenance des modèles, chacune gérée par un sous-système différent afin que l’ensemble survive.8

      Dans l’Occident unitaire, les États-Unis peuvent fonctionner comme l’organe militaire et stratégique central. La Grande-Bretagne fonctionne souvent comme un organe diplomatique, de renseignement et narratif (propagande). L’Union européenne peut fonctionner comme un organe réglementaire et économique. L’OTAN fonctionne comme un système nerveux militaire, dans un sens proche de celui que Karl Deutsch a donné à cette expression : un réseau de collecte, de transmission et d’action sur l’information dans des conditions de stress—un système intégré de communication et de contrôle.9 Israël fonctionne comme un organe frontière, un terrain d’essai et une expression condensée de la logique coloniale au Moyen-Orient. Les grandes institutions médiatiques fonctionnent comme des systèmes sensoriels et narratifs. Les universités et les groupes de réflexion fonctionnent comme des organes cognitifs et légitimant. Les institutions financières assurent, bien sûr, la circulation de l’argent. Les institutions juridiques définissent ce que le corps reconnaît comme ordre, règles et légitimité.

      Cela ne signifie pas que les organes sont toujours d’accord entre eux. Ils peuvent se disputer des ressources, mal fonctionner ou envoyer des signaux contradictoires ; ils peuvent même endommager le corps auquel ils appartiennent. Mais ils restent liés par une structure d’interdépendance plus profonde, c’est pourquoi la recherche d’un centre de contrôle unique échoue si souvent. L’Occident unitaire n’opère généralement pas par conspiration ou commandement. Il fonctionne par intégration, sa puissance résidant dans le fait que ses organes agissent souvent de concert sans qu’on ait besoin de leur dire quoi faire.

      J’ai déjà soutenu quelque chose de structurellement similaire, dans le registre théorique des grands systèmes plutôt que dans le registre biologique : avec Andreas Nishikawa-Pacher, nous avons décrit comment la neutralité permanente aide le système diplomatique à rester stable face à un environnement complexe ; une réalisation, avons-nous écrit, « que seul un système autonome peut atteindre, c’est à dire un système qui produit des mécanismes internes pour maintenir son état interne relativement constant ».10 L’Occident unitaire est l’image miroir de cet argument : un cas dans lequel un groupe d’acteurs produit des mécanismes internes qui maintiennent leur comportement collectif constant grâce à une intégration mutuelle.
      La Membrane : ce qui est inclus et ce qui est exclu

      Un élément essentiel de cette métaphore concerne qui participe au corps politique civilisationnel est qui n’y participe pas et pourquoi. Nous pouvons appeler cela le problème de la membrane. Chaque organisme doit faire la distinction entre soi et non-soi. Il doit savoir ce qui appartient au corps et ce qui semble étranger, dangereux ou contaminant. Celui de l’Occident, on peut supposer, a aussi une telle membrane. La théorie des systèmes de Luhmann repose également sur cette distinction. Il soutient qu’un système auto-reproducteur le fait à travers des opérations de communication sélectives, se différenciant continuellement de son environnement, décidant de ce qui compte comme communication interne et de ce qui est externe.11

      Cette membrane n’est probablement ni fixée dans le temps ni clairement localisable au sens géographique. Le Japon, par exemple, ne fait pas historiquement partie du noyau civilisationnel occidental, mais il a été partiellement incorporé dans l’architecture de sécurité occidentale. L’Europe de l’Est a été progressivement absorbée dans le corps occidental par l’expansion de l’OTAN et de l’UE. Israël est géographiquement situé au Proche-Orient mais fonctionne comme un organe intime de l’Occident unitaire. Pendant ce temps, la Russie, la Chine, l’Iran et une grande partie du monde arabe et islamique sont souvent considérés comme des Autres importants.

      Par conséquent, il semble que la membrane se créé autour de lignes politiques, idéologiques et stratégiques. Elle définit qui peut être intégré, qui doit être discipliné, qui peut être toléré et qui doit être confronté, à l’extérieur et à l’intérieur. Considérez les récentes sanctions contre des citoyens de l’Occident unitaire : l’UE a sanctionné l’analyste militaire suisse Jacques Baud, la militante suisse-camerounaise Nathalie Yamb et le journaliste allemand Hüseyin Doğru en gelant leurs compte bancaire et en leur interdisant de voyager, officiellement sous son régime de sanctions contre les « menaces hybrides » russes et la manipulation de l’information, même si au moins l’un des trois, Doğru, a un profil public principalement basé sur des reportages sur Gaza plutôt que sur la Russie.12 Quoi que l’on fasse des preuves sous-jacentes, ce que plusieurs des parties sanctionnées et des juristes extérieurs ont publiquement contesté, le mécanisme lui-même est une illustration utile d’un système immunitaire à l’œuvre : un organisme disciplinant ses propres cellules pour un comportement qu’il classe non pas comme illégal (ce que ces gens ont fait est explicitement autorisé par les règles que l’Occident se donne) mais comme une contamination venant de l’extérieur, utilisant le même appareil institutionnel et juridique qu’il dirige également, dans différents registres, contre des acteurs entièrement extérieurs (les sanctions sont des outils de politique étrangère).13

      Au niveau international, cela permet d’expliquer pourquoi certains États peuvent commettre des violences extraordinaires et rester malgré cela à l’intérieur du corps moral de l’Occident unitaire, tandis que d’autres sont traités comme des menaces permanentes même lorsque leur conduite est clairement peu destructrice. Considérez la disparité d’échelle entre la guerre de Gaza et la guerre en Ukraine. Selon l’estimation comparative la plus minutieuse disponible, le Projet sur les coûts de la guerre de l’Université Brown a révélé (très, très prudemment) que les civils représentaient environ quatre-vingts pour cent des décès à Gaza, qu’ils cumulent à moins de 10% pour la guerre Russo-ukrainienne, qui est restée, comparativement, une guerre entre forces armées.14 Les chiffres des deux côtés sont constamment contestés et révisés, et doivent être traités avec la prudence que mérite tout décompte des pertes en temps de guerre. Mais même en tenant compte de cette incertitude, l’ampleur de la mort de civils à Gaza n’est pas sérieusement contestée, et elle n’a entrainé aucune sanction, ni isolement diplomatique ou saisies financières que l’invasion russe a provoqué. L’Occident unitaire reconnaît la violence d’Israël comme étant tolérable mais celle de la Russie comme inacceptable.

      La distinction ne se base donc pas principalement sur des règles universelles, mais sur l’appartenance au corps. Ceux à l’intérieur du corps sont interprétés en utilisant le langage de la sécurité, de la tragédie, de la démocratie, de la complexité ou de la nécessité. Ceux qui en sont extérieurs sont interprétés en utilisant le langage de l’agression, de la barbarie, du terrorisme, de l’autoritarisme ou de l’irrationalité. Par conséquent, beaucoup critiquent l’Occident pour son « hypocrisie ». C’est simplement le résultat d’un système intégrant/rejetant. Cela fait partie de la façon dont l’Occident unitaire, en tant que corps politique civilisationnel, traite le soi et le non-soi. L’hypocrisie est le résultat de la membrane en action.

      L’Occident unitaire et ses Autres significatifs

      L’Occident unitaire se définit en se confrontant à d’Autres significatifs. La Russie, la Chine, l’Iran et le monde arabe sont des concurrents géopolitiques en partie parce qu’ils sont traités comme des étrangers civilisationnels. Ils peuvent commercer avec l’Occident unitaire, négocier avec lui, étudier dans ses universités ou adopter certaines de ses institutions. Certains, à un niveau individuel, pourraient même être parfaitement intégrés dans l’Occident unique. Il suffit de penser à la récente réunion de haut niveau entre le Secrétaire américain à la Marine par intérim, Hung Cao, un fonctionnaire américain d’origine (Sud) vietnamienne, et le président vietnamien, To Lam. Rien n’empêche des individus de faire partie du tissu de l’Occident unitaire.

      Mais sur le plan politique, les Autres significatifs ne sont pas reconnus comme faisant partie du même corps politique civilisationnel. C’est ce qui façonne les limites de l’empathie et de l’intégration. L’Occident unitaire peut être en désaccord avec la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, Israël ou les États-Unis sans les rejeter hors du corps. Même quelque chose d’aussi dramatique qu’une guerre mondiale n’a conduit qu’à une reconfiguration interne du corps politique, de qui fait quoi pour le système. Mais pas à une rupture civilisationnelle. Au contraire, ce sont des alliés de la Seconde Guerre mondiale qui ont fini par devenir des rivaux de la Guerre froide, tandis que les anciens ennemis d’Europe et d’Asie ont été intégrés dans le projet occidental.

      Les conflits avec la Russie, la Chine, l’Iran ou les mouvements de résistance palestiniens sont traités différemment, encadrés comme des confrontations avec l’extérieur : avec le barbare, l’autoritaire, le terroriste, l’Asiatique, l’irrationnel ou le menaçant.

      Cela ne signifie pas que l’Occident unitaire est incapable de coopérer tactiquement avec des étrangers. Les organismes interagissent constamment avec leur environnement. Ils consomment, échangent, s’adaptent et négocient. Mais interaction ne veut pas dire intégration. La question clé est de savoir si un acteur est reconnu comme faisant partie du corps ou comme faisant partie de l’environnement par rapport auquel le corps se définit.
      Le projet colonial

      Tel que je le vois actuellement, l’Occident unitaire est le produit d’un processus historique long de cinq à six cents ans, enraciné dans l’expansion de l’Europe occidentale, le colonialisme transatlantique, le colonialisme de peuplement, l’esclavage, la concurrence impériale, la création capitaliste du monde et la construction progressive d’une hiérarchie mondiale centrée sur l’Europe et ses ramifications.

      L’expansion vers l’ouest du monde anglo-européen, en Amérique du Nord, à travers le continent américain jusqu’au Pacifique, puis jusqu’à Hawaï faisait partie de ce mouvement civilisationnel. On peut en dire autant des projets impériaux espagnols, britanniques, Français, Néerlandais, Portugais et plus tard américains. Ces puissances se faisaient souvent concurrence, parfois âprement. Pourtant, leur compétition s’est déroulée dans le même cadre général : l’expansion vers l’extérieur du monde occidental et la subordination, l’absorption ou la destruction de ceux qui se trouvaient à l’extérieur.

      Un merveilleux exemple de l’ADN coopératif partagé au sein de la manifestation compétitive du colonialisme est les nombreuses façons dont la coopération entre colonisateurs a eu lieu, même pendant qu’ils se battaient pour le pouvoir dans leurs sphères. Prenons l’innovation de la “juridiction consulaire”, par exemple, qui était généralement accordée à toutes les sociétés commerciales et aux ressortissants étrangers des États colonisateurs (occidentaux), et pas seulement au colonisateur principal. C’était particulièrement important pour les Suisses. Ils n’avaient pas leurs propres colonies, mais leurs maisons de commerce opéraient partout dans le monde : partout où un colonisateur primaire était présent, les Suisses allaient faire du colonialisme de second rang, en s’appuyant sur l’État européen qui décidait et administrait la juridiction consulaire du pays colonisé.

      Par conséquent, je dirais que même si les empires européens s’affrontaient pour des colonies, la logique coloniale elle-même était partagée. L’Occident unitaire peut accueillir à la fois la rivalité interne et l’unité externe. C’est aussi pourquoi les États-Unis ont pu virer l’Espagne de Cuba et des Philippines et hériter des pratiques impériales européennes avec relativement peu de changement pour les colonisés sur le terrain. La guerre coloniale de la France au Vietnam a également été suivie par la guerre américaine au Vietnam qui était tout aussi brutale et qui était en grande partie la continuation du même processus sous-jacent. Bien que les détails diffèrent, les deux cas faisaient partie du mouvement du corps occidental contre le monde non occidental.

      L’Occident unitaire n’est donc pas réductible à l’OTAN, au transatlantisme ou à l’empire américain. Ce ne sont que des manifestations contemporaines d’un corps qui est beaucoup plus ancien.
      Gaza, la Russie et la Chine

      Examinons maintenant les circonstances actuelles. La guerre de Gaza, la confrontation avec la Russie et la volonté de confrontation avec la Chine sont souvent analysées comme des crises distinctes. Mais elles peuvent – et devraient probablement – être vues comme des expressions du même corps politique qui se défend, se développe et se reproduit.

      Comme déjà mentionné ci-dessus, à Gaza, la membrane morale de l’Occident unitaire devient visible. Israël n’est pas traité comme un acteur extérieur violant les normes de l’Occident ; il est traité comme faisant partie du propre corps de l’Occident, de sorte que sa violence est rationalisée, contextualisée et protégée. Les Palestiniens, en revanche, sont positionnés en dehors du corps moral. Leur souffrance peut être reconnue sentimentalement, mais leur action politique est pathologisée et non seulement rejetée, mais présentée comme étant le problème – le terrorisme.

      Dans la confrontation avec la Russie, la membrane fonctionne différemment. La Russie est européenne géographiquement et chrétienne pour une grande partie de son histoire, et profondément liée à la politique européenne, mais elle est toujours considérée comme non occidentale, asiatique, despotique et étrangère en terme civilisationnel, en grande partie à cause de la Russophobie politiquement fabriquée, dont j’ai parlé auparavant. Son exclusion est nécessaire à l’autodéfinition de l’Occident Unitaire, non par nécessité raciale ou géographique, mais en raison de la nature de la compréhension de soi de l’Occident unitaire. Ayant considéré la Russie comme Autre depuis au moins 250 ans, la distinction est devenue essentielle et ancrée, de sorte que même lorsque la Russie a voulu s’occidentaliser et même rejoindre l’OTAN, elle a été repoussée et jamais intégrée comme l’ont été les pays d’Europe de l’Est.

      La Chine occupe encore une autre position : la grande Autre civilisationnelle et économique dont l’ascension menace la hiérarchie mondiale produite par des siècles d’expansion occidentale. La poussée vers un conflit contre la Chine est due à la réaction de l’organisme à un centre rival de pouvoir ordonnateur mondial.

      Dans les trois cas, l’Occident unitaire se comporte comme un système intégré réagissant à des menaces perçues. Cela explique pourquoi les alliances entre États occidentaux sont souvent qualitativement différentes des partenariats entre États non occidentaux. Les relations entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, Israël, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et une grande partie de l’Europe sont – au sens décrit ci-dessus – organiques. En revanche, la coopération entre la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde, le Brésil ou les États arabes reste plus clairement interétatique, stratégique et contingente. Ces acteurs peuvent coopérer contre les pressions occidentales, mais ils ne forment pas nécessairement un seul corps politique comme l’est l’Occident.
      Conclusion

      La métaphore construite ici n’a pas pour but de naturaliser la politique, d’excuser la violence ou de prétendre que les civilisations ont des essences biologiques. L’Occident unitaire n’est ni une race, ni une catégorie génétique, ni une entité éternelle. Je le prends purement comme la métaphore d’un processus historique de formation sociale. Ça s’est passé ainsi mais ça peut changer.

      Vu de cette façon, plusieurs événements que l’étude des relations internationales traite généralement comme des problèmes distincts s’avèrent être motivés par un seul et même facteur. Savoir si Washington contrôle Tel Aviv ou Tel Aviv contrôle Washington, pourquoi les gouvernements européens continuent d’agir contre ce que tout calcul d’intérêt prédirait, pourquoi la même violence est appelée nécessité dans un cas et barbarie dans un autre : ce sont des manifestations d’une logique sous-jacente qui a une unité fondamentale différente de celle de l’État-nation. L’Occident unitaire est un corps civilisationnel qui se meut de manière synchronisée face à un Autre significatif situé à l’extérieur. La recherche d’un traité, d’une conspiration ou d’un plan directeur derrière la coordination occidentale est inutile, car un commandement central n’est pas le bon mécanisme explicatif.

      L’idée d’une membrane civilisationnelle fait un travail similaire pour la question des doubles standards. Le système immunitaire d’un organisme n’applique pas une règle différente à ses propres cellules et à un virus envahissant parce qu’il est confus quant au principe ; il le fait parce que soi et non-soi sont, par définition, des catégories différentes nécessitant des réponses différentes. Une fois que vous savez si un acteur est placé à l’intérieur ou à l’extérieur du corps, vous pouvez prédire avec une certaine confiance comment sa violence sera racontée, indépendamment de son échelle réelle. C’est un outil plus utile que de s’indigner de l’hypocrisie, car l’hypocrisie n’est pas une erreur dans le système. Elle constitue le système.

      Le même système explicatif aide également à interpréter les conflits internes par rapport aux conflits externes. Un différend commercial outre-Atlantique ou une dispute sur l’autonomie stratégique européenne sont des organes en compétition pour les ressources à l’intérieur d’un seul corps, et non le corps qui se déchire, de la même manière que la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont autrefois combattus jusqu’au sang sans cesser d’appartenir au même projet civilisationnel. Et parce que la membrane a été fabriquée plutôt qu’attribuée, elle n’est pas fixe. Le Japon et l’Europe de l’Est montrent que la frontière peut se déplacer vers l’extérieur. La rebuffade que subit la Russie depuis trois siècles, malgré ses tentatives récurrentes de rapprochement, montre que la proximité n’est pas une garantie d’adhésion.

      L’Occident unitaire est d’abord et avant tout un phénomène sociologique interprétant la façon dont un grand groupe de personnes sur la planète structure leurs affaires entre elles et en opposition aux autres. En ce sens, l’Europe qui se désindustrialise et se nuit à elle-même n’a pas beaucoup d’importance, car tout reste au service d’un projet plus vaste. L’Allemagne perd économiquement. Mais de quoi se soucie Friedrich Merz ? Il fait partie l’Occident unitaire et même si tout son État brûle, il aura un travail confortable quelque part chez BlackRock à New York. Tant que l’Occident unitaire prévaudra, son leadership aussi. C’est ainsi que le projet continue.

      Pascal Lottaz

      Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

      Notes

      1 ) Richard Sakwa, Russia Against the Rest : The Post-Cold War Crisis of World Order (Cambridge : Cambridge University Press, 2017). On the distinction between the “political West” and the wider international order it claims to embody, see Gerard Toal’s review, H-Diplo, May 2018. ↩
      2) Herbert Spencer, “The Social Organism,” Westminster Review, January 1860, later expanded in The Principles of Sociology(New York : D. Appleton, 1876–1896). ↩
      3) Friedrich Ratzel, Politische Geographie (Munich : Oldenbourg, 1897) ; Rudolf Kjellén, Staten som Lifsform (Stockholm : Hugo Gebers Förlag, 1916), translated as Der Staat als Lebensform (Leipzig : Hirzel, 1917). ↩
      4) On the absorption of Ratzel’s and Kjellén’s organicism into Nazi Geopolitik under Karl Haushofer, see Woodruff D. Smith, The Ideological Origins of Nazi Imperialism (New York : Oxford University Press, 1986). ↩
      5) Talcott Parsons, The Social System (Glencoe, IL : Free Press, 1951) ; Niklas Luhmann, Soziale Systeme : Grundriss einer allgemeinen Theorie (Frankfurt : Suhrkamp, 1984), translated as Social Systems (Stanford : Stanford University Press, 1995). ↩
      6) John of Salisbury, Policraticus (1159) ; Ernst Kantorowicz, The King’s Two Bodies : A Study in Mediaeval Political Theology(Princeton : Princeton University Press, 1957) ; see also Thomas Hobbes, Leviathan (London, 1651), whose frontispiece depicts the sovereign body as composed of the bodies of the multitude. ↩
      7) Alexander Wendt, Social Theory of International Politics (Cambridge : Cambridge University Press, 1999) ; Alexander Wendt, “The State as Person in International Theory,” Review of International Studies 30, no. 2 (2004) : 289–316. ↩
      8) Parsons, The Social System. ↩
      9) Karl W. Deutsch, The Nerves of Government : Models of Political Communication and Control (New York : Free Press, 1963). ↩
      10) Andreas Nishikawa-Pacher and Pascal Lottaz, “Permanent Neutrality : A Systems-Theoretical Interpretation,” Cooperation and Conflict, published online November 30, 2025, https://doi.org/10.1177/00108367251382785. ↩
      11) Luhmann, Social Systems. ↩
      12) Council of the European Union, press release, “Russian Hybrid Threats : Council Sanctions Twelve Individuals and Two Entities over Information Manipulation and Cyber-Attacks,” December 15, 2025 ; on Doğru’s listing under the same regime in May 2025, see “EU Strips Journalist Hüseyin Doğru of Livelihood over Pro-Palestine Reporting,” Bianet, 2025 ; on Yamb’s listing (April 2025), see reporting collected by the EU Sanctions Map, sanctionsmap.eu. ↩
      13) See European Parliament, Parliamentary Question E-000212/2026, “Supporting Evidence for Decision to Sanction Jacques Baud and Hüseyin Doğru,” 2026 ; and Bernhard Wegener, “The EU Sanctions against Jacques Baud and the Crisis of Freedom of Expression,” Verfassungsblog, 2026. ↩
      14) Neta C. Crawford, “The Human Toll in Gaza,” Costs of War Project, Brown University, October 2025. ↩

  • France : trois #réacteurs nucléaires à l’arrêt et huit à puissance réduite en raison de la canicule
    https://www.rfi.fr/fr/france/20260712-france-trois-r%C3%A9acteurs-nucl%C3%A9aires-%C3%A0-l-arr%C3%AAt-et-huit

    Trois réacteurs nucléaires sont à l’arrêt, situés au bord de fleuves, et huit autres fonctionnent à puissance réduite, en raison de la chaleur qui règne sur la France dimanche 12 juillet, a indiqué l’exploitant EDF à l’AFP.

    Canicule : l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection autorise la #centrale de #Bugey à maintenir sa production
    https://www.enviscope.com/canicule-lautorite-de-surete-nucleaire-et-de-radioprotection-autorise-la-

    Après autorisation de l’#ASNR, les réacteurs 4 et 5 de Bugey peuvent maintenir leur puissance malgré la canicule.

    La #réglementation prévoit que Réseau de Transport d’Electricité, en charge de l’équilibre du réseau électrique national puisse demander dans des conditions climatiques exceptionnelles à EDF, exploitant des centrales nucléaires de maintenir un niveau de production entrainant un niveau de rejets thermiques dans les eaux des fleuves ou de la mer. #EDF doit à son tour demander une dérogation à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR)

    On t’en parlait le mois dernier. Les niveaux de température pour les rejets des centrales sont faits pour être relevés, jusqu’au #pic de chaleur qui fera que plus rien de sain ne sera présent dans les cloaques que seront devenus nos rivières pleines de cyanobactéries.

    https://seenthis.net/messages/1178701

    #oups #nucléaire #edf #intermittence #canicule #énergie #rte #asnr #réglementation

  • CEO Pleads With #AI Industry to Stop Charging So Much to Replace #Human_Labor
    https://futurism.com/future-society/palo-alto-ceo-ai-arora-automation-labor

    With each passing day without an AI labor revolution, the tech industry’s pricing scheme for AI is becoming more and more disconnected from #reality — so much so that even its biggest clients are starting to revolt.

    Speaking during an interview on CNBC‘s “Squawk on the Street” segment earlier this week, CEO of cybersecurity giant #Palo_Alto_Networks #Nikesh_Arora implored the tech industry to lower the cost of AI.

    During the segment, the chief executive argued that the cost to use large language models (#LLMs) has to drop by 20 percent by 2027 — and 90 percent by 2028 — for the tech to be useful to enterprises.

    “We need to see the pricing for AI come down,” Arora said.

    Il a rien compris Arora. Il est pas invité à la Maison Blanche. C’est une sorte d’indice.

    • Mais je comprends pas, ils demandent à ce que ça baisse pour que ça soit rentable pour les entreprises utilisatrices, sinon autant prendre des humains… mais dans le même temps ça fait plusieurs années qu’on dit qu’aucun des acteurs (même les « winners take all » au top) ne fait aucun profit, qu’ils sont déficitaires, donc forcément au bout d’un moment ils finissent par augmenter les coûts d’utilisation c’est normal.

      (ChatGPT change toutes les semaines pour ça, et me harcèle de notifs et d’emails pour que je paye, et d’ailleurs maintenant je ne vois plus aucune option dans l’interface gratuite, ya plus que le niveau le plus bas)

  • La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • Mise en abîme.
    Promotion du film La bataille De Gaulle : la SDJ de France 24 apporte son soutien à deux journalistes, victimes d’une tentative de censure et d’intimidation.
    https://www.leblogtvnews.com/2026/06/promotion-du-film-la-bataille-de-gaulle-la-sdj-de-france-24-apporte-so

    Dans le cadre de la promotion du film "La Bataille de Gaulle", nos deux journalistes ont réalisé une interview avec une partie de son équipe. Au cours de l’entretien, l’un des #acteurs du #film a longuement développé la notion d’« engagement », thématique centrale de l’œuvre.

    Nina Masson a prolongé ce fil en interrogeant l’acteur sur ce que cette notion représentait pour lui en tant que comédien en l’invitant notamment à réagir, dans le contexte post-Festival de Cannes, à la tribune signée par 600 professionnels du #cinéma dénonçant la mainmise de Vincent #Bolloré sur le secteur cinématographique.

    La question a visiblement mis l’acteur mal à l’aise. Elle était pourtant non seulement légitime, mais indispensable au regard des polémiques qui ont rythmé cette édition du festival.

    Ce qui s’est produit à l’issue de l’interview est d’une gravité inédite.

    L’attachée de presse de l’acteur a bloqué notre équipe dans la pièce, la menaçant et exigeant la restitution immédiate de la carte mémoire contenant l’enregistrement de l’interview. Nos journalistes ont refusé avec professionnalisme.

    L’attachée de presse de l’acteur, en présence de l’attachée de presse du film, a alors contraint Nina Masson à signer un engagement écrit de non-diffusion du passage litigieux, comme condition à la conservation de leur matériel.

  • KI-Bubble : Kommt der große Crash ? | Mit Prof. Adam Tooze
    via https://diaspora.psyco.fr/p/12507566

    ♲ Surplus Magazin - 2026-06-01 11:52:06 GMT

    Die Welt brennt – die Aktienkurse steigen. Adam Tooze erklärt, warum das kein Widerspruch ist, sondern das Wesen der KI-Blase.

    https://www.youtube.com/watch?v=Xd0XVVZ2Rho


    29.05.2026 — 20 min.

    YT-Intro:

    Steigende #Staatsanleihen-Renditen, ein blockierter #Persischer_Golf, #Preisschocks in der #Realwirtschaft – und trotzdem steigen die #Aktienmärkte weiter. Wie passt das zusammen? Adam Tooze analysiert die KI-getriebene Aktienblase, die historische Besonderheit eines #Tech-Oligopols, dessen Firmen auch noch untereinander verflochten sind, und die Rolle von Donald Trump, der Krypto und Aktienkurse zur Erfolgskennzahl seiner Regierung erklärt hat. Dazu: Warum Starinvestor Michael Burry bereits gegen die #KI-Bubble wettet und was einen Crash auslösen könnte.

    Kapitel:
    00:00 – Intro: Krise und Börsenboom gleichzeitig?
    01:13 – Steigende Aktienmärkte trotz Realwirtschaftskrise
    05:03 – Michael Burry wettet gegen die KI-Bubble
    06:01 – Revolution oder Crash: Zwei Szenarien für KI
    10:41 – Das KI-Oligopol: Historisch beispiellose Verflechtung
    12:46 – Trumps Rolle: Börsenkurse als Regierungsbilanz
    17:06 – Preisschock und Jobunsicherheit: USA vs. Deutschland
    19:34 – Ausblick

  • “Say no to plastic”: al #Real_Albergo_dei_Poveri una serata-evento contro la plastica
    https://informareonline.com/say-no-to-plastic-al-real-albergo-dei-poveri-una-serata-evento-cont

    Napoli alza la voce contro l’usa e getta. Giovedì 29 maggio 2026, a partire dalle 19:00, il Real Albergo dei Poveri in piazza Carlo III ospiterà “Say no to plastic”, appuntamento promosso nell’ambito di AperiPark con il #COMUNE_DI_NAPOLI. Il format è pensato come una serata ibrida, tra intrattenimento e contenuti: musica, arte, talk, […] L’articolo “Say no to plastic”: al Real Albergo dei Poveri una serata-evento contro la plastica proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #Napoli

  • Es spielt demnach keine Rolle, wer im Weißen Haus amtiert - Deutschlands Wiederaufrüstung im westlichen geopolitischen Kontext

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12429772

    oAnth:

    Angesichts der medial vorherrschenden geschichtshermeneutischen Tabuisierungen angloamerikanischer Herkunft, kann die historische Erfahrung der 1930er-Jahre in ihren geostrategischen Implikationen einschließlich der propagandistischen Hetze gegen die #Sowjetunion nicht als hinlänglich abschreckendes Exempel fehlgeleiteter deutscher Außen- und Verteidigungspolitik einfließen.

    Das geopolitische Konzept, mit dem die Angloamerikaner (NATO-USA-UK) den Ukraine-Krieg anbahnten (spätestens seit 2014), provozierten (vgl. Daten der #OSZE -Beobachter unmittelbar vor Russlands Beginn der sog. militärischen Operation) und diesen schließlich zu einer Angelegenheit der Europäer umetikettierten, hat sich im Schatten der ethnischen Säuberungen in Gaza, Westjordanland und im Libanon, und mittlerweile durch den Iran-Krieg, ganz im Sinne des geostrategischen Designs à la Brzezinski weiterentwickelt und ist augenscheinlich bei einem Stadium angelangt, in dem sich die Europäische Union zur Aufnahme der Ukraine und zu erweiterten Waffenlieferungen und Finanzhilfen inklusive Sicherheitsgarantien bereit erklärt.

    Dass #Deutschland hierbei die Rolle einer treibenden Kraft zuerkannt wird, dürfte niemanden, der sich mit der Finanzierung und dem übergeordneten geopolitischen Zweck der Aufrüstung Deutschlands während der 1930er-Jahre beschäftigt hat, sonderlich verwundern, auch nicht, dass es binnen der #Merkel -Ära und der darauf folgenden #Scholz - #Kanzlerschaft problemlos gelungen ist, die deutschen Leitmedien während 95% der Sendezeit und journalistischer Veröffentlichungen jeglicher Klarsichtigkeit in Fragen zeitgeschichtlichen Urteilsvermögens, geschweige denn weiter zurückreichender geschichtlicher Ein- und Zuordnungskategorien, zu berauben, und sie widerstandslos in einen weihrauchschwanger moralisierenden Dauerzustand unbedarfter Kopisten von NATO-Stratcom-Berichten und Israels IDF-Propaganda zu versetzen.

    Es spielt - wenig erstaunlich - demnach keine Rolle, wer im Weißen Haus amtiert, ob sich dieser durch Altersdemenz de facto als amtsunfähig oder als narzistischer Show-Master und twitternder realitätsverzerrender Alleinunterhalter erweist - die konzeptionellen Fäden werden in den Etagen des Verteidigungsministeriums, bzw. im Pentagon, auf diskrete Art dahingehend weitergesponnen, ideologisch-propagandistisch überhöht und über regierungsinterne Kanäle dergestalt verlautbart, dass sich die Anordungen, die aus dem Weißen Haus rhethorisch verpackt in die Welt gesetzt werden, auf der operationellen Ebene jederzeit an das zugrundeliegende geopolitische Konzept anpassen lassen.

    Entsprechendes gilt für die ‘befreundeten’ Staaten, von welchen erwartet wird, dass sie sich in puncto Öffentlichkeitsarbeit und Personalauswahl ohne Wenn und Aber an besagten Vorgaben ausrichten. Abweichler werden, was sich am Regierungsstil Trumps ad nauseam ablesen lässt, im Rahmen eines hierarchischen Verhältnisses von Lehnsherr und Vasall sanktioniert. Die Ausdifferenzierung zu den Einzelheiten des verbindlichen Anforderungskataloges spielen sich auf unterschiedlichsten Entscheidungsebenen hinter einer aufwendig medial inszenierten Geräuschkulisse ab.

    Deutschland erweist sich, nach Merkel, Scholz und nunmehr Merz, in einem dystopisch selbstzerstörerischen Ausmaß in jeder Hinsicht als unfähig, ja geradezu als politisch und medial paralysiert, hierzu auf Distanz zu gehen und auf deutsch-europäische Interessen in Abgrenzung zur angloamerikanischen geopolitischen Doktrin, die sich vorrangig an der Eindämmung Russlands und Chinas orientiert, zu pochen (vgl. oben). Es besteht jedenfalls nicht der geringste Anlass zu glauben, dass man in Berlin oder Brüssel auf Persönlichkeiten hoffen könnte, welche sich in der Lage sehen, sowohl diplomatisch und medial in puncto Öffentlichkeitsarbeit auf unterschiedlichsten europäischen Ebenen dagegen zu halten.

  • Nucléaire : le projet de deux réacteurs EPR 2 à Bugey avance
    https://www.enviscope.com/nucleaire-le-projet-de-deux-reacteurs-epr-2-a-bugey-avance

    Le projet de construction de deux #réacteurs #EPR2 à #Bugey correspond au troisième projet du programme industriel de nouveaux réacteurs #nucléaires d’#EDF, mis en place à la demande de l’État. La mise en service des réacteurs EPR2 de Bugey est visée entre 2040 et 2045.

    (...)

    L’EPR 2 de Bugey est le premier projet d’EPR 2 en bordure de #fleuve, les eaux du #Rhône devant permettre le #refroidissement du processus. Les deux autres projets sont situés en bord de mer, pour des raisons de refroidissement : le premier se situe à #Penly , en bordure de la #Manche, en #Normandie, le deuxième à #Gravelines, près de la Mer du Nord en Haut de France. Pour les EPR de Bugey, une partie du refroidissement sera assurée par des #aéroréfrigérants, un aéroréfrigérant supplémentaires ayant été intégré dans le projets pour mieux prendre en compte les capacités de refroidissement par le fleuve, dans un contexte de #réchauffement #climatique.

    La technologie EPR2, est une optimisation du réacteur EPR, dont quatre exemplaires fonctionnent dans le monde ; #Flamanville en France mis en service après un retard et des surcoûts considérables, 2 en #Chine, 1 en #Finlande.* (...)

  • « Ce qui accable Zarathoustra, ce sont les moyennes […] le nivellement, la destruction de la #diversité, de la différence. »
    Stiegler s’oppose à la récupération de la figure du surhomme par les #transhumanistes, qui sert à masquer la production industrielle « de cet ’homme moyen’ qu’est le dernier homme ». Face à ce « dernier homme transhumaniste », il affirme la nécessité de « réinterpréter l’Übermensch comme #panseur » — « pansant dans l’extrême urgence une #bifurcation qui resterait très improbablement encore à venir, et comme inscription dans le #devenir d’un #avenir ».
    @Anne_Alombert, « Retarder la fin des temps politiques : #panser l’accélération #réactionnaire avec Bernard #Stiegler », @Le_Grand_Continent, 29 mars 2026.
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/03/29/stiegler-contre-lacceleration-thiel

  • Small modular reactors, big dreams: Ontario’s nuclear pitch | Fergus Now
    https://fergusnow.com/2026/02/27/small-modular-reactors-big-dreams-ontarios-nuclear-pitch

    #Small_modular_reactors, big dreams: Ontario’s #nuclear pitch

    In January, Ontario Energy Minister Stephen Lecce told a room full of business and #energy officials that communities across the province have been “petitioning us for a small modular #reactor.”

    The emerging nuclear #technology is exactly what it sounds like: essentially a smaller nuclear reactor, often referred to as an #SMR, that can produce enough #electricity for up to 300,000 homes. And it’s all anyone in Ontario’s energy space can talk about. It’s poised to be a major facet of the province and country’s plan to become an “energy #superpower.”

  • New-wave reactors are the face of an American nuclear renaissance. Some experts are sounding alarms | CNN
    https://www.cnn.com/2026/01/22/climate/small-nuclear-reactors-smrs-holtec-kairos

    On the sandy shores of Lake Michigan, set against a backdrop of thick forest, a sharp-angled grey concrete building could be the face of an #American #nuclear renaissance.

    The Palisades nuclear #plant, about a two-hour drive from Chicago, was decommissioned in 2022, judged to be #uneconomical in a world of #cheap American #gas. But Florida-headquartered company Holtec is reviving it. It will mark not only the first ever #restart of a shuttered #US nuclear plant, but, if all goes to plan, Palisades will also be the birthplace of a nuclear #breakthrough: America’s first commercial “#small_modular_reactors.”

    These advanced nuclear #reactors, known as #SMRs, are like mini nuclear power plants but touted as #cheaper, #safer, #faster to #build and #easier to #finance than their conventional counterparts — and #hype around them is rising fast.

  • Le Livret A financera en partie le programme nucléaire de nouveaux #réacteurs #EPR
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/12/le-livret-a-financera-en-partie-le-programme-nucleaire-de-nouveaux-reacteurs

    Le #Livret_A financera à hauteur de 60 % ce programme #nucléaire, a annoncé l’#Elysée à l’issue d’un Conseil de politique nucléaire tenu en présence d’Emmanuel Macron sur le chantier de la future #centrale de #Penly (Seine-Maritime).

    #EPR2

    Tu pensais que ça devait financer des logements. Et en fait ça va financer des réacteurs à datacenters pour l’IA qui va tous nous remplacer.

    • Ça me gêne de me faire piéger jusqu’à en perdre mon sens de l’humanité parce que j’imagine simplement le soulagement de voir disparaitre cette pourriture.

  • #Josep_Rafanell_i_Orra : « Hériter d’un monde complètement en #ruine »

    Contre la #dépossession de nos rapports au monde qu’accélère le libéral-fascisme contemporain, le psychologue et écrivain propose de retisser des formes communales par la pratique d’#enquêtes, et dans l’espoir de nourrir de futurs #soulèvements.

    Son livre Fragmenter le monde (Divergences) (https://www.editionsdivergences.com/livre/fragmenter-le-monde), sorti en 2017 après les grandes mobilisations contre la loi « travail », avait réussi à tenir en une même proposition la #colère contre le #contrôle des chômeuses et chômeurs, les occupations contre les projets d’infrastructures et l’éloge de véritables politiques de #soin.

    Depuis lors, le psychologue et écrivain Josep Rafanell i Orra n’a cessé de défendre une approche sensible et politique des #communs. À distance du sens mou et galvaudé que prend parfois ce mot, il voit dans leurs formes auto-organisées et émancipatrices la promesse d’une #résistance et d’une #protection contre les #violences du #capitalisme.

    Auteur de plusieurs ouvrages (En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté aux éditions La Découverte ; Petit Traité de cosmo-anarchisme chez Divergences), il a aussi animé Les Communaux, collectif d’enquêtes autour des #hospitalités et des pratiques du soin. Il participe aujourd’hui à la création de la revue À bas bruit (https://abasbruit.org) qui veut donner à voir et à entendre « des formes d’#entraide, d’attention à la #vulnérabilité, du soin porté aux milieux de vie, des #luttes et des résistances contre l’#atomisation et ses fusions identitaires ».

    Dans cet entretien, il analyse certains traits du #libéral-fascisme contemporain et défend la pratique d’enquêtes comme manière de témoigner de formes d’#entraide mais aussi de contribuer à la création de nouveaux #liens et #alliances.

    Mediapart : Que vous apprennent les pratiques de soin envers les personnes vulnérables, migrant·es à la rue, mineur·es isolé·es, personnes souffrant de troubles psychiques, en situation de dépendance, etc. ?

    Josep Rafanel i Orra : Disons que le soin ne se résume pas à s’occuper des personnes vulnérables. C’est aussi prendre en compte la vulnérabilité de l’instauration de #mondes_relationnels. C’est-à-dire porter notre attention à la précarité des milieux à partir desquels peuvent avoir lieu des rencontres de soin.

    Lors d’une intervention dans un foyer d’aide médicalisée, j’ai été très ému de voir des personnes aux corps atteints par des maladies neurodégénératives ou par des formes d’autisme très chronicisées, qui semblaient imperméables à des modalités relationnelles. Des corps assignés à un statut d’anormalité dans des institutions, elles-mêmes invisibilisées, souvent à la lisière des villes.

    Face à ces personnes, vous devez aiguiser vos perceptions, vous mettre dans la disposition de presque anticiper des émergences relationnelles, de vous en saisir pour vous embarquer dans leurs modes d’existence si singuliers. C’est de la question de l’animation des rapports entre les êtres qu’il s’agit, en désertant des liens déjà déterminés, prescrits, dans lesquels nous enferment les institutions.

    Quels liens faites-vous entre ce que vous avez observé et la montée des discours identitaires et xénophobes ?

    Le #fascisme qui est déjà là n’est pas le fascisme historique qu’on a connu – cela a déjà été dit maintes fois –, avec les formes canoniques du rassemblement fusionnel autour du « grand leader », des foules au pas de l’oie sur le Reichstag. Il faut plutôt parler de « libéral-fascisme ».

    Celui-ci est lié à des dispositifs de pouvoir qui s’enracinent dans la tradition libérale, qui depuis longtemps conduisent à une expérience d’atomisation. En somme à une défaite de la #communauté. Songeons aux mondes paysans dont [l’écrivain et médecin italien – ndlr] Carlo Levi, par exemple, décrivait l’extermination culturelle juste après la Seconde Guerre mondiale dans son magnifique Le Christ s’est arrêté à Eboli. La disparition du monde paysan, c’est la fin d’un univers composé de rapports entre des humains mais aussi avec des êtres-autres. Il s’agit là de #cosmologies_génératives de la communauté loin des logiques de la reproduction sociale.

    Comment définissez-vous le libéral-fascisme ?

    La défaite des communautés qui étaient capables de composer des mondes disparates. Une sorte d’esseulement qui nous enferme dans un état de préoccupation, qui est aussi un emprisonnement dans nous-même et qui appelle à des #fusions_identitaires.

    Bien sûr, c’est là le terreau du Rassemblement national, mais pas seulement. Ces fusions identitaires se manifestent de façon chaotique. Si dans les années 1930, le fascisme avait capturé les classes sociales – en neutralisant leurs divisons –, aujourd’hui, on est dans de nouvelles coordonnées : dans le délitement et l’implosion du « sujet » de classe, de son identité. C’est la marchandise qui exerce son hypnotisme tyrannique sur les masses d’atomisés, y compris, et surtout, au travers de la #marchandisation_de_soi dans notre âge des réseaux : la #surexposition_de_soi comme condition d’existence.

    Le libéral-fascisme, qui se traduit par une atomisation qui fait masse, fabrique des individus qui ne peuvent se reconnaître que dans le semblable, pour lesquels tout ce qui est étranger devient une intrusion. D’où la #haine universelle du migrant, celui qui nous ramène toujours à la #différence.

    Donc atomisation et monde hyperconnecté ne sont en rien incompatibles : être présent au monde, c’est se soumettre à des #régimes_de_représentation qui absentent du monde. Il n’est pas étonnant que ça conduise à des formes insensées de #prédation : il faut détruire ce qui diffère, ce qui pourrait nous faire différer.

    Donc le libéral-fascisme naît de la défaite des #communautés. Celles-ci subsistaient même dans les #classes_sociales, et cela malgré la violence de leur formation. Avec des liens d’entraide, de #solidarités, de formes d’#hospitalité... Dans le chaos de la #désaffiliation_sociale, il ne semble rester que la fusion identitaire renforcée par les régimes universels des #connexions.

    Comment conjurer ces périls ?

    Dans les ruines où nous vivons – ruines du « social », de ses institutions, des scènes du politique, des anciens projets de l’émancipation – d’autres choses deviennent possibles qui ne sont pas de l’ordre de la répétition. Je suis malgré tout optimiste.

    Est-ce qu’il faut précipiter l’écroulement ? Ou est-ce qu’il faut trouver des manières d’hériter de ce monde ruiné ? Les deux en même temps. Malgré l’exaltation que l’on peut éprouver lors de processus insurrectionnels, que je partage, force est de constater qu’il y a trop de #souffrances. Nous pouvons nous demander comment hériter de ce qui amortissait la #brutalité_capitaliste.

    Je parle ici de ces institutions (hôpital, psychiatrie, école, travail social, etc.) qui nous permettent encore d’avoir prise sur la vulnérabilité des mondes ordinaires qui ont vécu la destruction d’un #contrat_social. Celui qui voulait que l’inscription de nos projets de vie dans l’économie (avec son lot d’exploitations, de destructions des milieux de vie donnant malgré tout lieu à des luttes et des résistances) avait comme contrepartie la garantie d’une appartenance au monde social.

    C’est-à-dire ?

    J’ai beaucoup travaillé en Seine-Saint-Denis, notamment dans des dispositifs médico-sociaux, psychiatriques, assistenciels... C’est là où les plus précaires, les plus vulnérables échouent. C’est là où des gens parfois survivent. C’est là où ils parviennent à refabriquer de nouveaux modes d’existence, malgré la déliquescence des institutions, et malgré les contraintes qu’elles imposent.

    J’en arrive alors à quelque chose d’essentiel : à une certaine conception de l’enquête. Elle est tout à la fois témoignage, intervention pour rendre visible l’invisible mais encore contribution à la création de nouveaux liens et à des alliances.

    Je pense à celles et ceux qui font exister des pratiques d’hospitalité avec des migrants à la rue, ou qui soignent et résistent aux pratiques de ségrégation dans un hôpital psychiatrique, ou qui tentent de réparer ou instaurer de nouveaux liens dans un service de protection de l’enfance parfaitement ignoré, ou qui font exister des mutualisations et des formes d’entraide dans une association de quartier. Je pense à toutes celles et ceux qui défont les frontières des institutions pour introduire un « dehors » imprévisible qui permet de sortir de l’asphyxie identitaire.

    L’enquête peut être alors définie ainsi : faire exister ce qui me fait à mon tour exister, autrement. D’où vient celui qui enquête ? Qu’est-ce qui l’autorise à aller voir ce que les autres font ? Aller dans un « ailleurs », c’est pouvoir faire retour, quelque part. Et pouvoir raconter. Tâche infinie de la traduction. Et alors on cesse d’être un « témoin modeste », neutre, nous met en garde #Donna_Haraway [philosophe états-unienne – ndlr]. On est un itinérant, un passeur. Et d’autres le sont pour nous. Et c’est alors qu’on retisse des formes communales, des arrière-paysages invisibilisés. Dans l’actuel régime de visibilité de la dystopie qui nous aveugle, ces arrière-paysages peuvent nourrir les futurs soulèvements.

    Pour finir, je voudrais ajouter quelque chose aussi qui est pour moi de la plus grande importance : c’est de ne pas se laisser tétaniser par la catégorie de la #domination. La domination entraîne fatalement la quête d’une reconnaissance : celle que vous accorderont vos maîtres, avec des hiérarchies entre les dominés. Je préfère parler plutôt de luttes contre la #dépossession de nos rapports au monde. La dépossession ouvre toujours à la possibilité de formes de #réappropriation qui dépendent, non pas de la nostalgie d’un monde perdu, mais de notre actualité. Bref, qui ouvre à de nouvelles créations.

    On pourrait conclure avec la belle idée de Tim Ingold [anthropologue britannique, à lire dans un prochain épisode – ndlr] : il nous faut pouvoir laisser en héritage le passé à venir.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/291225/josep-rafanell-i-orra-heriter-d-un-monde-completement-en-ruine
    #ruines

  • Maxime Prévot signe un accord pour renforcer la coopération entre la #Belgique et le #Maroc

    Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, et le Ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, se sont vus à Bruxelles afin de signer un accord visant à renforcer la #coopération entre la Belgique et le Maroc dans de nombreux domaines.

    Cet #accord marque une nouvelle étape dans un partenariat stratégique et confiant, fondé sur des liens humains, culturels et économiques profondément enracinés, notamment grâce à la présence d’une importante communauté belgo-marocaine qui contribue chaque jour au rapprochement entre les deux sociétés.

    C’est aussi l’occasion de souligner les principes sur lesquels notre coopération repose, notamment les principes de paix, de démocratie, de solidarité, de respect de la souveraineté, du droit à l’autodétermination, et, plus globalement, du droit international.

    Les deux ministres ont réaffirmé leur volonté commune d’approfondir la coopération bilatérale autour de résultats concrets et mesurables. L’accord prévoit notamment la mise en place d’un dialogue global de sécurité, la modernisation de la coopération judiciaire par la révision de la convention bilatérale d’entraide judiciaire en matière pénale, ainsi qu’un renforcement de la #coopération_migratoire afin de fluidifier les procédures de #réadmission.

    « Cet accord traduit la confiance et la maturité de notre relation avec le Maroc. Ensemble, nous faisons le choix d’une approche responsable et respectueuse pour mieux répondre aux défis communs en matière de sécurité, de justice et de migration. C’est un pas important vers une coopération plus efficace », déclare le Vice-Premier Ministre Maxime Prévot.

    La rencontre a également mis en lumière le potentiel économique considérable du partenariat belgo-marocain. Les deux ministres ont convenu de renforcer la coopération dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, la construction et la logistique portuaire. La Belgique a salué l’engagement du Maroc à faciliter l’intégration des acteurs économiques belges dans son écosystème d’affaires, tandis que les deux pays ont souligné leur ambition commune de créer de nouvelles opportunités d’investissement et d’innovation.

    Consciente de l’importance existentielle de la question du Sahara occidental pour le Maroc, la Belgique considère que l’Initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara, présentée en 2007 et qui prévoit que cette région s’inscrive dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de son unité nationale, constitue désormais la base la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dès à présent, la Belgique agira sur les plans diplomatique et économique en phase avec cette position, toujours dans le respect du droit international.

    La Belgique se félicite de la volonté du Maroc de s’engager de bonne foi avec toutes les parties concernées afin de clarifier la manière de concrétiser ce plan d’autonomie et d’expliciter ce qu’une autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine signifierait pour la région. En particulier la Belgique invite le Maroc à approfondir les détails de ce que l’autonomie au sein de l’État marocain pourrait impliquer pour les populations concernées, dans le respect du droit international, en vue de réengager des négociations dans des termes acceptables pour toutes les parties conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Les deux pays affirment leur soutien à l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental et à ses efforts pour poursuivre un processus politique visant à parvenir à une solution politique définitive à ce différend régional.

    Enfin, les deux ministres ont réaffirmé leur volonté d’intensifier leur coopération multilatérale et de poursuivre leur travail commun au sein des Nations Unies et d’autres instances internationales. La récente cofacilitation par la Belgique et le Maroc du projet de déclaration en vue du Sommet mondial pour le développement social illustre cette convergence de vues et leur engagement partagé pour un multilatéralisme efficace, solidaire et centré sur l’humain.

    « Cet accord confirme la solidité d’un partenariat moderne, fondé sur la confiance, l’action et une vision partagée d’un monde plus sûr, plus juste et plus humain. Il ouvre une nouvelle page dans notre coopération, tournée vers les résultats et la prospérité partagée », conclut le Vice-Premier Ministre Maxime Prévot.

    https://prevot.belgium.be/fr/actualites/maxime-prevot-signe-un-accord-pour-renforcer-la-cooperation-entre-la-
    #migrations #réfugiés #asile #partenariat #externalisation

  • #Maxiprocesso 4.0 : come la tecnologia supporta la memoria al #MuST23 di #Capaci

    Sono passati 40 anni da quel 10 febbraio 1986, il giorno in cui iniziò la prima storica udienza del Maxiprocesso contro #Cosa_Nostra. Un evento che ha cambiato per sempre la storia d’Italia e la lotta alla mafia.

    Oggi, quella memoria non resta chiusa nei libri di storia o negli archivi polverosi. Grazie al progetto del MuST23 – Museo Stazione 23 Maggio di Capaci e all’impegno della cooperativa #Addiopizzo_Travel, la testimonianza civile diventa un’esperienza viva, digitale e alla portata di tutti.
    Entrare nell’Aula Bunker con la Realtà Virtuale

    Hai mai desiderato varcare la soglia dell’#Aula_Bunker di Palermo? È un luogo simbolo, solitamente inaccessibile, dove il potere mafioso subì una sconfitta storica.

    Grazie ai fondi del PNRR, abbiamo sviluppato un’applicazione di Realtà Virtuale (VR) che ricostruisce fedelmente quegli spazi. Indossando il visore al MuST23, potrai:

    Esplorare l’aula a 360 gradi.
    Ripercorrere i momenti salienti del dibattimento
    Rivivere il clima di tensione di quelle giornate

    Come spiega Francesca Vannini, Presidente di Addiopizzo Travel: “Non vogliamo solo far leggere del Maxiprocesso, vogliamo che i giovani ne sentano il peso e l’emozione. La tecnologia è il ponte che permette a chi non c’era di guardare la storia negli occhi.”
    L’Intelligenza Artificiale al servizio della verità

    La memoria ha bisogno di basi solide e non c’è base più solida degli atti processuali. In collaborazione con il Tribunale, abbiamo digitalizzato migliaia di documenti originali.

    Non si tratta di semplici scansioni: grazie all’Intelligenza Artificiale, oggi queste carte diventano interattive. Sul sito maxiprocessoai.must23.it è possibile consultare gratuitamente oltre 16.000 pagine (84 documenti chiave) a partire dal 10 febbraio 2026.

    “Abbiamo liberato la memoria dalla polvere degli archivi”, racconta Dario Riccobono, Direttore di MuST23. “Attraverso l’AI, ogni cittadino può interrogare la storia e cercare la verità tra le righe. Questo immenso patrimonio di giustizia non è un capitolo chiuso, ma una bussola per il nostro presente.”
    Un’esperienza completa al MuST23 di Capaci

    Il percorso del museo si arricchisce anche di un contenuto esclusivo: un documentario speciale prodotto dalla TGR Sicilia e dalla Sede regionale RAI di Palermo, che entra a far parte dell’esposizione permanente.

    Il MuST23, nato all’interno della stazione ferroviaria di Capaci, si conferma così un polo culturale all’avanguardia. Dopo aver lanciato nel 2024 la ricostruzione virtuale della strage di Capaci, continuiamo a usare i linguaggi digitali per rendere la lotta alla mafia un messaggio attuale, dinamico e partecipato.
    Perché visitare il MuST23?

    Scegliere di visitare il Museo Stazione 23 Maggio significa sostenere un progetto di turismo etico e rigenerazione urbana. È un modo per trasformare un luogo legato al dolore in uno spazio di bellezza, cultura e futuro.

    Ti aspettiamo a Capaci per vivere la storia in prima persona.

    https://www.must23.it/2026/02/07/maxiprocesso-anniversario-40-tecnologia-memoria-intelligenza-artificiale-real
    #maxi-processo #musée #digitalisation #mafia #musée #Giovanni_Falcone #Paolo_Borsellino #Sicile #réalité_virtuelle

  • Penser l’#après-voiture, une #utopie nécessaire

    L’inertie qui entoure la place prépondérante de la #voiture_individuelle est telle que seul un choc d’investissements massifs peut permettre de sortir de cette #dépendance.

    On ne sortira pas facilement d’un système du #tout-voiture autour duquel l’organisation de la société a été pensée. La toute-puissance de l’#automobile est telle, son #inertie si grande, que même la certitude de la catastrophe climatique ne change rien ou pas grand-chose à nos usages. Les déplacements sont le seul domaine où les émissions de gaz à effet de serre ne reculent pas. Et les voitures en sont responsables pour plus de la moitié.

    Sans même parler de #climat, que certains ont encore la naïveté de penser comme un problème lointain, la liste des méfaits du #tout-automobile est déjà très longue. La #pollution aux #particules_fines ou aux #oxydes_d’azote tue. La #mortalité_routière, même si elle a baissé dans des proportions incroyables, demeure à un niveau intolérable sans susciter l’émotion que devrait provoquer la perte de plus de 3 000 de nos concitoyens chaque année. La #sédentarité induite par la voiture est un problème de #santé public majeur, tout comme les #nuisances_sonores ; son omniprésence a confisqué l’#espace_public. A cela s’ajoutent tout un ensemble de dépendances économiques qu’elle entretient. Le statu quo n’est ni tenable ni enviable.

    Si l’on admet qu’un changement de paradigme est indispensable, nous devons être prêts à des renoncements. Mais le sommes-nous ? « Circuler librement » est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais il n’est nulle part écrit que celui-ci doit s’exercer grâce à un véhicule à moteur à quatre roues, que possèdent certains foyers en un ou deux exemplaires, et qui assure plus de 80 % des kilomètres parcourus en France.

    Dans ce contexte, toutes les initiatives pour réduire notre dépendance devraient être saluées. Non parce qu’elles sont parfaites – aucune ne l’est –, mais parce que, si elles fonctionnent, elles pourraient faire tache d’huile, si l’on ose dire. A Paris, la politique de la Mairie a été accusée de tous les maux, jusqu’à l’absurde. Pourtant, les résultats sont là : la #circulation_automobile y a baissé de moitié depuis le début du siècle et, entre 2012 et 2022, selon Airparif, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 35 %.

    L’exemple de #Paris, une métropole dense avec un maillage exceptionnel de transports en commun, n’est guère transposable. Pourtant, un phénomène de rééquilibrage similaire s’observe dans bien des villes : 57 % des personnes interrogées pour une étude de l’IFOP commandée par Keolis, filiale de la SNCF exploitant des réseaux de transport, plébiscitent une réduction forte (15 %) ou progressive (42 %) de la place de la voiture en ville. « Globalement, le choix de réduire la place de la voiture est accepté, même si le rythme est questionné », résume le directeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet, dans l’étude, publiée le 19 novembre.

    On rétorquera que certains n’ont pas le choix. Lancez un débat et ils seront nombreux à soudainement se soucier des personnes âgées ou en situation de handicap, des artisans, des taxis ou des travailleurs de nuit. Certains ont besoin de leur voiture, c’est un fait que personne ne devrait contester, pas même les plus zélés défenseurs du vélo ou des transports en commun. Mais ce ne sont pas les pistes cyclables, ni les voies de bus, ni même les plans de circulation qui gênent ces obligés de la voiture. Ce sont les #bouchons créés par ceux qui sont automobilistes par choix et par flemme, tous ceux qui auraient les moyens physiques et géographiques d’agir autrement.

    Un système qui exclut

    Le nœud du problème n’est pas en #ville, il est dans sa périphérie et au-delà. C’est autant un enjeu écologique que de #cohésion_sociale. Une partie de la réponse se trouvera dans les #services_express_régionaux_métropolitains (#SERM), lancés par Emmanuel Macron en 2023 sous le nom de « #RER_métropolitains ». Les 26 projets labélisés sont fondés sur des études locales de besoins, ne nécessitent pas de travaux pharaoniques, franchissent les barrières administratives, et mêlent trains, bus, cars et pistes cyclables, selon leur pertinence respective. Ils ont l’ambition de révolutionner la #mobilité autour des grandes villes, hors Paris. L’année 2026 sera cruciale, car les projets doivent obtenir du ministère leur « statut » de SERM, ouvrant les discussions concrètes sur leur financement et leur développement.

    Les SERM parviendront-ils à faire baisser la part modale de la voiture ? Même dans les pays cités comme exemple – les Pays-Bas pour sa politique du tout-vélo ou la Suisse comme paradis des trains à l’heure –, cette part est à peine plus faible qu’en France, de l’ordre de 70 %. Sans révolution dans nos #infrastructures, sans un colossal « choc d’offre » dans les #transports_collectifs, il est peu probable que des changements majeurs adviennent.

    Le groupe de réflexion #Forum_vies_mobiles, financé par la SNCF, a imaginé dans une vaste étude en septembre ce que pourrait être un « système alternatif de mobilité ». Pas question de grands travaux, mais de #réaffectation de 40 % du million de kilomètres de routes françaises à d’autres usages, du #vélo aux #transports_en_commun cadencés. Le #coût pourrait paraître rédhibitoire – 177 milliards d’euros d’investissement et 55 milliards d’euros de fonctionnement par an –, mais il est « tout à fait raisonnable, en comparaison avec le coût du “système voiture”, estimé à plus de 300 milliards d’euros annuels », selon Sylvie Landriève.

    La directrice du Forum vies mobiles et autrice de l’étude rappelle que ce système exclut plus qu’il n’inclut : un tiers des Français ne conduisent pas et seuls 18 % des détenteurs du permis se disent libres de conduire quand ils le souhaitent. La proposition a eu droit à son procès en irréalisme. Mais on aurait tort de se gausser de ces travaux, fussent-ils utopiques. C’est une base réfléchie et chiffrée pour penser un après-voiture dont l’usage sera probablement bouleversé par l’arrivée de la voiture autonome, qui en est à ses balbutiements.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/18/penser-l-apres-voiture-une-utopie-necessaire_6658466_3232.html
    #aménagement_du_territoire #urbanisme #espace

  • The Texas AI Boom is Outpacing #Water #Regulations
    https://www.texasobserver.org/texas-ai-data-centers-water-usage-regulation

    The world’s largest #artificial_intelligence #data_center complex is being built in Amarillo, and it’s almost seven times the size of Central Park.

    On June 26, 2025, Fermi America, an #AI development firm cofounded by former Texas Governor Rick Perry, announced that it will partner with the Texas Tech University System to transform 5,800 acres outside of Amarillo into 18 million square feet of data centers, four 1-gigawatt #nuclear power #reactors, and a dedicated #natural_gas plant.

    #IA #intelligence_artificielle #nucléaire #réacteur #datacenter

  • Nucléaire : EDF doit revoir sa copie pour la construction des EPR2 de Penly | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-edf-doit-revoir-sa-copie-pour-la-construction-des-epr2-de-penly-2
    https://media.lesechos.com/api/v1/images/view/69809d31b06d6e49d308a79c/1280x720/01703126442287-web-tete.jpg
    Le chantier des futurs réacteurs EPR2 de Penly (Seine-Maritime) mobilise déjà plus d’un millier de personnes.
    Photo Amaury Cornu/Hans Lucas via AFP

    L’Autorité de sûreté nucléaire juge insuffisante « la conception et la démarche de dimensionnement des ouvrages de génie civil » des futurs réacteurs de Penly. EDF doit compléter son dossier pour espérer un feu vert à la construction début 2027.

    A Penly, comme à Gravelines, EDF va devoir améliorer sa copie. Alors que les travaux préparatoires battent leur plein en Seine-Maritime, sur le site des futurs réacteurs nucléaires EPR2, « les études de génie civil sont encore en train de mûrir », prévenait récemment une source chez EDF. Ces réserves se confirment dans l’avis publié vendredi après-midi par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
    Le gendarme du nucléaire y estime que le dossier transmis par EDF, bien que complété durant l’expertise, « ne permet pas de conclure à la suffisance de la conception et de la démarche de dimensionnement des ouvrages de génie civil retenues par le projet EPR2 » pour la paire de Penly. EDF indique avoir « pris acte de l’avis d’expertise » et « apportera des éléments complémentaires à l’ASNR pour instruction ».

    #paywall

  • Les fissures dans la tuyauterie nucléaire font désormais « partie de la vie normale » des réacteurs
    https://reporterre.net/Les-fissures-dans-la-tuyauterie-nucleaire-font-desormais-partie-de-la-vi

    La #corrosion_sous_contrainte (#CSC), #avarie qui avait mis à l’arrêt la moitié du parc #nucléaire en 2022, fera désormais « partie de la vie normale » des #réacteurs #nucléaires. C’est ce qu’a annoncé l’#Autorité de #sûreté nucléaire et de #radioprotection (#ASNR) lors de sa conférence de vœux à la presse, le 27 janvier.

    Le gendarme du nucléaire a également révélé qu’#EDF avait découvert deux nouvelles #microfissures sur la #tuyauterie du réacteur nucléaire #Civaux 1 (Vienne), pourtant déjà réparée.

    Puisqu’il y a des microfissures partout, et que quand on les répare, elles reviennent, et bien on va arrêter de dire que c’est pas bien, et on va donc donner du temps au temps pour ne plus embêter inutilement la sûreté.

    J’aurais bien aimé avoir l’avis de l’#IRSN, mais je crois qu’elle a piscine...

  • Ci avvelenano, ma servono al riarmo: dall’Ue via libera ai #pfas nell’industria bellica

    La Commissione europea si appresta ad ampliare deroghe sugli inquinanti per le aziende del comparto militare, mentre uno studio del Parlamento propone esenzioni illimitate sui pfas. Intanto la Nato stessa avvia sperimentazioni per trattare le basi contaminate. Marcolungo: «Così si privilegia l’industria rispetto ad ambiente e salute»

    Contaminano acqua e suolo per centinaia di anni, penetrano nel corpo umano attraverso la catena alimentare e si accumulano nel sangue e nei tessuti causando tumori, infertilità, danni agli organi e persino al feto durante la gravidanza. Ma servono all’industria bellica, che nell’era del riarmo non può permettersi – almeno, così viene raccontato – di farne a meno. Così, mentre in Europa continuano a emergere dati sull’estensione e la gravità della contaminazione da pfas (acronimo di sostanze per- e polifluoroalchiliche, chiamati anche “inquinanti eterni”) e proseguono le discussioni per limitarne la produzione e l’uso, sono già sul tavolo deroghe ed esenzioni per il comparto militare.

    «Deroghe illimitate»: lo studio del parlamento europeo

    Il tassello più recente risale allo scorso dicembre, quando il parlamento europeo ha pubblicato uno studio sul “ruolo dei pfas come fattori della competitività dell’industria europea”. Realizzato dalla società di consulenza britannica Rpa Ltd su richiesta della Commissione per l’industria, la ricerca e l’energia, il documento analizza l’utilizzo di queste sostanze in alcuni settori strategici, tra cui la difesa e l’aerospazio, la disponibilità di alternative e l’impatto potenziale delle restrizioni in discussione. Il quadro che emerge delinea un utilizzo molto ampio degli inquinanti eterni nell’industria bellica: sono impiegati nella produzione di armi, munizioni, apparecchi elettronici a uso militari, componenti di mezzi aerei, navali e terrestri, dispositivi di protezione individuale e schiume antincendio. Sostituirli, sostiene lo studio, sarebbe spesso infattibile e le proposte di restrizione attualmente in discussione produrrebbero “perdite economiche sostanziali e impatti occupazionali, con rischi per la competitività globale dell’Europa”. Si raccomandano quindi “deroghe illimitate per l’aerospazio, la difesa e i semiconduttori”, vista la “crescente insicurezza geopolitica globale”, e “l’esclusione dei gas fluorurati (o f-gases, di cui l’Ue ha già deciso l’abolizione entro il 2050, ndr) dalle restrizioni”.

    “È uno studio estremamente superficiale e carente dal punto di vista scientifico, il che conferma quanto la narrazione sui pfas sia distorta in favore dell’industria – commenta Christine Hermann, responsabile delle politiche in materia di sostanze chimiche presso l’ong European environmental bureau –. La richiesta di deroghe illimitate mostra che non c’è alcuna volontà di assumersi la responsabilità degli impatti sull’ambiente e sulla salute né di sviluppare alternative. D’altro canto, perché le aziende avrebbero dovuto farlo se non c’è alcun obbligo?”. “Che non ci siano alternative ai gas fluorurati è falso – aggiunge la professoressa Claudia Marcolungo, docente di Diritto ambientale presso l’Università di Padova –. Diversi studi hanno mostrato che ne esistono di praticabili, efficienti ed economicamente sostenibili”.

    Restrizioni pfas, per l’industria bellica deroghe sempre più ampie

    Di deroghe per l’industria bellica si parla già dal 2023 quando, su iniziativa di cinque Stati membri (Danimarca, Germania, Paesi Bassi, Norvegia e Svezia), ha preso avvio la discussione per limitare l’uso e la produzione di 10mila pfas in tutta l’Unione. La prima proposta prevedeva una deroga per consentire per ulteriori 12 anni l’utilizzo di queste sostanze per la refrigerazione e il condizionamento dell’aria nei veicoli militari, pur riconoscendo “potenziali perdite sostanziali in termini di benessere per i dipendenti del servizio militare”. Lo scorso agosto, la deroga proposta è stata allargata per coprire anche “applicazioni militari ed esplosivi”, con emissioni aggiuntive stimate in 17mila tonnellate di pfas. L’intero comparto militare, si legge nei documenti, sarebbe responsabile della produzione di più di 2mila tonnellate di inquinanti eterni ogni anno.

    Eppure, come ammettono gli stessi autori, l’analisi sull’impatto delle deroghe è limitata dalla scarsa disponibilità di informazioni: “La riservatezza in settori come quello militare ostacola la stima dell’impatto in termini di costi, per cui nessuna valutazione quantitativa è stata realizzata”, si legge nei documenti ufficiali che accompagnano la proposta. “Qualsiasi restrizione dipende dalla disponibilità di informazioni e abbiamo visto in passato che dove queste sono scarse, le autorità sono piuttosto restie a porre limitazioni – continua Hermann –. È evidente che, nella proposta di restrizione, il settore militare non è stato valutato con lo stesso livello di attenzione e precisione degli altri”.
    Contaminazione da pfas nelle basi militari: l’allarme Nato

    Quello che è certo è che l’inquinamento da pfas tocca già diverse aree militari: “La contaminazione sta interessando i siti della Nato e delle forze armate alleate, ponendo seri problemi alle operazioni e all’ambiente, con ripercussioni su suolo, acque, attrezzature e aree di addestramento”, si legge in un comunicato pubblicato dello scorso novembre dall’Organizzazione per la scienza e la tecnologia dell’Alleanza, che ha annunciato l’avvio di una sperimentazione internazionale per sviluppare tecnologie di trattamento, citando un “bisogno urgente”. I partecipanti selezionati (aziende, istituzioni accademiche o enti governativi) saranno ospitati nel corso del 2026 in una base militare canadese dove riceveranno fino a un metro cubo di terra contaminata per realizzare test.

    Non solo pfas: per la difesa meno vincoli sulle sostanze chimiche

    I tentativi di liberare l’industria bellica dai vincoli pensati per tutelare l’ambiente e la salute non riguarda solo i pfas. Lo scorso 17 giugno, nell’ambito del piano di riarmo Readiness 2030, la Commissione europea ha presentato l’“Omnibus per la prontezza della difesa”, un pacchetto di proposte legislative volte a “semplificare i processi e rimuovere gli ostacoli normativi e amministrativi per accelerare l’incremento della produzione industriale europea nel settore della difesa”. In particolare, la proposta, sulla quale Consiglio e Parlamento hanno già espresso parere favorevole con minime modifiche, punta a emendare quattro regolamenti comunitari sulle sostanze chimiche ampliando la possibilità per gli Stati membri di stabilire esenzioni per il settore della difesa. Si tratta del regolamento Reach (che vieta o limita l’uso di 78 sostanze o categorie di sostanze, alcune delle quali cancerogene, mutagene e tossiche per la riproduzione), quello relativo alla classificazione, all’etichettatura e all’imballaggio (nella parte che riguarda le sostanze esplosive), quello sui biocidi e quello sugli inquinanti organici persistenti. In quest’ultimo caso, la proposta consentirebbe anche di bypassare gli obblighi informativi previsti dal regolamento per “motivi di tutela degli interessi nazionali e in materia di difesa al fine di proteggere le informazioni sensibili”.

    La ratio della riforma è spiegata bene nei documenti preparatori, nei quali la Commissione afferma che “i divieti o le restrizioni nell’uso di alcune sostanze sono essenziali per la salute e la sicurezza dei cittadini europei, compresi i lavoratori del settore della difesa”, ma coprono anche “gran parte delle sostanze usate per sviluppare, produrre e mantenere sistemi di difesa” e pongono quindi una “minaccia diretta alla disponibilità, all’interoperabilità e alla manutenibilità delle capacità di difesa europee e compromettono l’autonomia strategica dell’Ue”. “Sono parole inquietanti, che legittimano un gioco al ribasso sull’intero sistema normativo – commenta Marcolungo –. La difesa è utilizzata come pretesto per allargare le maglie delle deroghe e creare una sorta di stato di emergenza in virtù del quale sostanze che sono state buttate fuori dalla porta potrebbero rientrare dalla finestra”.
    Quanto pesa l’industria a Bruxelles

    Nell’analisi dei costi che accompagna la proposta si sostiene che l’ampliamento delle deroghe farà risparmiare alle aziende tempo e soldi oggi impiegati nell’adempiere ai vincoli, senza “alcun impatto negativo sugli obiettivi generali di sostenibilità ambientale delle attività della difesa”. Nessuna menzione dei costi per l’ambiente e per la salute umana. Un’omissione che non stupisce, se si guarda all’elenco delle parti coinvolte nel processo di consultazione che ha portato alla proposta: dei 171 soggetti ascoltati, 129 sono aziende o associazioni industriali, 23 sono organi Stati membri. Gli enti di ricerca e le organizzazioni non governative sono meno di una decina e nessuno è stato ammesso alla fase dei “dialoghi strategici”.

    Non solo: le informazioni disponibili sul sito del parlamento europeo mostrano che diversi eurodeputati che stanno seguendo i lavori hanno incontrato portatori di interessi – ovvero lobbisti – dell’industria della difesa, tra cui l’italiana Beretta. “L’intero processo degli Omnibus è estremamente problematico e poco democratico – continua Hermann –. La domanda è fino a che punto ci si spingerà: senza una chiara definizione degli usi essenziali per la difesa, si rischia che gli Stati permettano la continua esposizione dei cittadini a contaminazioni sempre maggiori. È una prospettiva miope”. Concorda Marcolungo: “Il problema di fondo è affermare il primato dell’industria sulle scelte politiche, sulla salute e sull’ambiente. Così si tradisce il patto sociale, ma anche le regole di mercato, perché vengono privilegiate aziende vecchio stile penalizzando invece quelle che investono in alternative verdi”.

    https://lavialibera.it/it-schede-2549-pfas_riarmo_inquinamento_industria_militare_europea

    #UE #union_européenne #industrie_militaire #dérogation #armement #pollution #contamination #munitions #armes #Readiness_2030 #règlement_Reach #Beretta