• Il cammino dei ribelli

    A piedi nella sconosciuta Val Borbera, tra Piemonte, Liguria, Emilia e Lombardia, alla scoperta di storie medievali, feudali e partigiane. Un cammino tra villaggi e natura selvaggia in Appennino, incontrando donne e uomini testimoni di una ostinata rinascita contadina, sociale e spirituale, sulle sponde del venerato Borbera. Un’esperienza di turismo lento per rilanciare una terra spopolata e bellissima. Un grande anello tra #Arquata #Scrivia e il #monte_Antola, percorribile tutto l’anno con la guida del Cammino dei Ribelli (in libreria, edita da Terre di Mezzo). E’ possibile pernottare in tenda o in b&b e alberghi, ritirare la credenziale e vivere incontri speciali lungo il percorso.

    https://www.ilcamminodeiribelli.it

    Le #guide :

    Un cammino sociale nato dal basso per ricucire i frammenti di un territorio spopolato e farlo rinascere.
    Sette tappe tra boschi e villaggi di pietra, in un angolo nascosto tra Liguria e Piemonte: la val Borbera. Da sempre terra di confine, ha ospitato partigiani, nomadi e banditi; oggi è rifugio dei nuovi ribelli che sfidano la natura selvaggia e ci mostrano un altro modo di vivere.

    Un percorso ricco di storie da incontrare a ritmo lento, immersi nel silenzio vibrante di una valle modellata dall’acqua.
    Con tutte le informazioni per mettersi in cammino, la cartografia, le tracce Gps, le altimetrie e i luoghi dove dormire, anche per chi è in tenda e per chi viaggia col proprio cane.

    Una guida, un racconto di rinascita, per conoscere le pratiche di ostinata resistenza culturale di questa Valle e dei suoi abitanti. E sentirsi parte di un grande progetto collettivo.

    https://www.terre.it/prodotto/il-cammino-dei-ribelli
    #voyage #alternative #Italie #randonnée #rebelles #Val_Borbera #marche #marche_à_pied #parcours #partisans #Apennins #montagne

  • Les « rebelles » des Alpes italiennes selon #Enrico_Camanni

    1Le livre Alpi ribelli (Alpes rebelles) est sorti en 2016, avec le sous-titre « histoires de montagne, résistance et utopie ». Son auteur, Enrico Camanni, est un écrivain, journaliste et alpiniste italien, né à Turin en 1957. Son activité éditoriale autour de la montagne est vaste : il a été rédacteur en chef de la Rivista della Montagna, il a fondé le magazine ALP qu’il a aussi dirigé, et co-dirigé la version italienne de la revue L’Alpe ainsi que la revue Piemonte Parchi. Il a également co-dirigé le film La montagna inventata, la montagne inventée. La liste des livres qu’il a écrits ou qu’il a coordonnés serait bien trop longue pour qu’elle soit évoquée ici. Elle est présente sur son site web, avec cette note : « J’en ai écrit beaucoup, et ils sont tous différents. La montagne m’a permis de me balader entre les genres, ce qui est vital pour moi. J’ai toujours aimé les grands espaces1 ».

    2Un nombre important de ses livres parlent d’alpinisme, de son histoire et de sa sociologie. Le dernier, publié en 2025 par le Club alpin italien, adapte l’expression « mal d’Afrique » à la montagne : Mal di montagna. Quindici storie di passione (Mal de montagne. Quinze histoires de passion), s’intitule-t-il. L’ouvrage « rassemble quinze portraits d’alpinistes d’époques, de compétences et d’horizons différents, quinze intimités approfondies par des liens de corde ou des affinités d’esprit, quinze visages d’un monde difficile à comprendre et encore plus difficile à raconter. Seule l’humanité des protagonistes peut donner un sens à leur ‘maladie’ »2.

    3Alpi ribelli met lui aussi en avant l’humanité de figures montagnardes. Mais dans ce livre, dans lequel des alpinistes sont également à l’honneur, les personnages sont rassemblés car, à différentes époques et par différents moyens, ils ont défié l’ordre établi. Il en résulte des Alpes italiennes pointillées d’« âmes libres, contraires et résistantes », comme le suggère la quatrième de couverture.

    4L’introduction est particulièrement éclairante pour saisir le choix des 17 personnes à qui Enrico Camanni a décidé de rendre hommage. Les portraits des « rebelles » sont présentés sur une carte en début du livre (Figure 2), mais le livre n’est pas rédigé sous forme d’abécédaire. Leurs histoires s’entremêlent dans les 23 chapitres qui composent l’ouvrage. Le fil rouge n’est pas dicté par un ordre chronologique ou alphabétique. Le choix a été plutôt celui de faire ressortir des thématiques, qui se devinent à peine dans les titres des chapitres : « On peut adorer le Christ dans les forêts3 », « Dans cette compagnie d’hypocrites et de bouffons », « Je ne peux pas ne pas participer », « La langue et le drapeau », « La vérité fait plus peur », « Sais-tu qu’ils veulent me tuer ? » en sont des exemples particulièrement emblématiques.

    5Comment Enrico Camanni introduit-il cette constellation d’hommes et des femmes, souvent en quête de liberté pour iels et pour les territoires dans lesquels iels vivent ? Avant tout, en dressant le constat que la « complexité » est le maître-mot de l’époque contemporaine, et que les Alpes n’y échappent pas. Car, comme le souligne Enrico Camanni en conclusion, « les terres les plus isolées, raides et extrêmes sont des accélératrices de changement, une infaillible cartina di tornasole [papier tournesol] pour lire et interpréter les transformations à venir » (p. 224-225). Les Alpes « si extrêmes dans la contradiction » : le « vétuste » et l’« hypermoderne », le « trop » et le « pas assez », les « ghost towns » et « Disneyland » « coexistent sans presque jamais se parler », résume-t-il (p. 6). En toile de fond, un « acteur invisible » qui structure les dynamiques alpines : le « modèle consumériste urbain » (p. 6). C’est lui qui, selon Enrico Camanni, a « changé la montagne » en y introduisant trois mots qui « n’existaient pas dans le vocabulaire alpin : rapidité, motorisation, ciment ». Donc : ski, automobiles, immeubles en copropriété (condomini) (p. 7). Une « colonisation urbaine » par une « culture hégémonique qui a supplanté la culture minoritaire, en annulant les rythmes, les rites, les mythes, les tabous et les dynamiques sociales, et en important de la plaine un modèle étranger mais gagnant, et pas seulement économiquement » (p. 7). L’auteur ne mâche pas ses mots, et affirme sa posture et son positionnement dès la courte introduction.

    6L’écrivain insiste, en début du livre, sur le lien entre montagne et plaine, car « les Alpes sont très proches des grandes villes, elles les regardent et les effleurent », elles sont devenues « le plus grand parc de divertissement de la ville », comme le prédisait Virginia Woolf, ajoute-t-il (p. 7). Mais dans l’histoire récente, elles sont aussi devenues le nouveau cadre de vie pour des citoyen·nes « en quête d’un avenir, ou du moins d’un air, meilleur » (p. 8). Les rapports entre montagne et villes se complexifient, et les deux entités sont de plus en plus interdépendantes. Enrico Camanni met en évidence le paradoxe de la distance : car les Alpes n’ont jamais été si proches — grâce à la fibre optique et aux autoroutes par exemple —, mais, au même temps, si lointaines des villes : « même avec le haut débit, les montagnes restent en pente, et même avec Internet, il neige d’octobre à mai, les os gèlent et les soirées d’hiver n’en finissent jamais » (p. 8-9).

    7Pourtant, malgré la pénétration du modèle consumériste urbain dans les montagnes, les Alpes « hébergent les différents, les rebelles, les résistants, les antagonistes, les hérétiques, pour devenir refuge et mégaphone des âmes libres et contraires », hier comme aujourd’hui. Enrico Camanni, dans son livre, a décidé de raconter l’histoire de 17 d’entre elleux.

    8L’auteur invite à commencer le cheminement en Suisse, en une sorte de deuxième introduction en dehors des Alpes italiennes au cœur de son ouvrage. Il le commence en explicitant le binôme qui, dans l’histoire, y compris mythique, de ce pays s’est créé entre Alpes et liberté. Celui-ci est né avec la légendaire rébellion de Guillaume Tell, le mythe fondateur de la confédération helvétique. « Tout remonte à Tell » (p. 13), pose Enrico Camanni en une sorte d’axiome irréfutable. La liberté pour laquelle Guillaume Tell s’est battu prend fin avec le Traité d’Utrecht qui « trace la frontière sur les montagnes, le centralisme bureaucratique des capitales [qui] entrave le rôle des communautés alpines en reléguant les Alpes à périphérie des États. Les hommes libres ne le sont plus » (p. 16). C’est ainsi que Enrico Camanni explique l’appauvrissement et le dépeuplement des terres hautes. Celui-ci serait dû à « l’isolement politique et économique voulu et imposé par les capitales extérieures » et non pas « au caractère sévère de l’environnement alpin » (p. 16-17). C’est de là qu’est née la « méfiance des montagnards envers une idée de ville qui se résume en cinq mots négatifs : centralisation, distance, pouvoir, indifférence, incompétence » (p. 17). C’est contre ces mots et ce qu’ils comportent quand ils se concrétisent dans la vie et les territoires de montagne, que les 17 rebelles se sont battus.

    9Dans les portraits des hommes et femmes « libres », beaucoup d’alpinistes (#René_Desmaison, #Gary_Hemming, #Reinhold_Messner, #Gianpiero_Motti, #Tita_Piaz, #Mary_Varale), mais aussi des hommes de foi (#Fra_Dolcino, #Giosuè_Javanel), un activiste (#Luca_Abbà), un écrivain (#Nuto_Revelli), un syndicaliste (#Guido_Rossa), et des personnes difficiles à caser dans des catégories figées : #César-Emmanuel_Grappein (médecin, politicien et écrivain), #Alexander_Langer (politicien, journaliste, essayiste), #Tina_Merlin et #Giovanna_Zangrandi (journalistes, écrivaines et partisanes), #Franz_Thaler (pacifiste et artisan), #Attilio_Tissi (alpiniste et politicien).

    10700 ans se sont écoulés entre Fra Dolcino — prédicateur brûlé vif en 1307 — et Luca Abbà — activiste contemporain dans la lutte contre la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Mais un élément les rapproche tous et toutes, au-delà des époques, ce sont 17 « voix fâchées qui filtrent comme des gouttes dans les failles du système » (p. 9). Ce sont les voix de celles et ceux qui « ont le privilège de comprendre les dangers en premiers et de le hurler en légitime défense, parce que toutes les eaux descendent des montagnes. Aucune ne remonte à la source » (p. 9-10). Ce sont ces cris à qui Enrico Camanni fait écho, car « le vieux cri des Alpes rebelles nous interroge aujourd’hui plus que jamais sur la difficile cohabitation […] de différentes visions du monde dans la mer agitée de la globalisation » (p. 10).

    11Dans ce sens, le combat pacifiste et écologiste d’Alexander Langer4 est emblématique : « Né dans les montagnes, il savait parfaitement que les Alpes auraient pu être un magnifique laboratoire de développement durable et d’innovation conservatrice. En théorie, elles étaient le lieu idéal pour expérimenter ce lentius, profundis, suavius qu’il pratiquait, prêchait et aimait. En pratique, les Alpes étaient l’exemple de comment il est possible de bouleverser un monde en quelques décennies, en substituant les raisons du profit à celles de la cohabitation » (p. 72). Alexander Langer, qui a été député au parlement européen pour le parti des Verts qu’il a contribué à fonder, a ardemment défendu l’idée que « si les Alpes s’érigeaient au centre de l’Europe, elles avaient la vocation à l’unir et non à la diviser » (p. 71).

    12Les Alpes sont le centre géographique de l’Europe, et ont aussi été le lieu où s’est organisée la Résistance, celle avec le R majuscule : « Si la plaine appartient aux fascistes, la montagne appartiendra aux partisans » (p. 128). Une idée mise en œuvre notamment par Nuto Revelli, co-fondateur de la compagnie de rebelles Rivendicazione Caduti (« revanche » aux soldats « tombés » sur le front russe) et membre de la bande partisane Italia Libera. Après la guerre, Nuto Revelli, devenu écrivain, a rencontré « les derniers protagonistes de la “civilisation alpine” » (p. 130) et a raconté le déclin démographique dans les vallées italiennes.

    13Parmi les trois femmes qui habitent l’ouvrage, le portrait de Tina Merlin est particulièrement saisissant. Cette journaliste s’est battue avec sa plume contre la construction du tristement célèbre barrage du Vajont. Enrico Camanni reporte dans son livre les mots que Tina Merlin a écrit dans le journal L’Unità et pour lesquels elle a été accusée dans un procès où elle a été au final acquittée :

    À Erto, en Valcellina, 130 chefs de famille hommes et femmes se sont rassemblés pour créer un organisme ayant une forme juridique permettant de défendre les droits et les intérêts des individus et des collectivités du village face aux intimidations et aux abus dont la Sade5 se rend coupable dans la région… Dans l’égoïsme de la société électrique et dans l’inertie du gouvernement, [les montagnards] entrevoient un danger grave pour l’existence-même du village où l’on est en train de construire un bassin artificiel de 150 millions de mètres cubes d’eau, qui dans le futur, en érodant le sol, pourraient s’effondrer dans le lac… (p. 154).

    14Les avertissements de Tina Merlin n’ont pas été écoutés. Pourtant, la toponymie-même aurait dû alerter sur la tragédie à venir : le barrage a été construit sur les flancs du « Monte Toc, qui signifie ‘morceau de roche’, mais en langue frioulane indique aussi une chose pourrie » (p. 155). Mais personne n’écoute tous ceux et toutes celles et ceux qui alertent sur la tragédie qui se concrétisera le soir du 9 octobre 1963, quand trois millions de mètres cubes de roche tombent dans le lac artificiel causant la mort de presque 4 000 personnes dans la vallée.

    15L’avant-dernier chapitre raconte l’histoire de Luca Abbà, né à Turin en 1975, et qui se définit comme « cultivateur de montagne » (p. 207), un métier qu’il apprend sur le tas quand il hérite d’un bout de terre au moment du décès de son grand-père, à Exilles, dans le Val de Suse. C’est là qu’il fonde un comité local d’organisation contre le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse. Ensemble avec d’autres militant·es, iels achètent et occupent des terrains en localité de Chaumont, là où doivent commencer les travaux de construction de l’infrastructure ferroviaire. Enrico Camanni raconte avec minutie la chronologie des événements qui ont eu lieu le 27 février 2012, quand Luca Abbà, pour résister à l’évacuation, monte sur un pylône électrique où il sera électrocuté : « tout le monde le croyait mort, on ne survit pas à une chute dans le vide de douze mètres, sur des pierres » (p. 211). Pourtant, après une hospitalisation qui a duré plus de trois mois, il est « à nouveau debout » (p. 212) et livre à Enrico Camanni ces mots de rébellion et d’espoir :

    L’envie de combattre est toujours plus enracinée dans la vallée et les nouvelles générations sont plus préparées que celles d’avant. Elles ne se limitent pas à défendre leur pré carré, elles veulent construire un monde différent, à taille humaine, et non pas un monde fait de machines et de banques. La croissance c’est bien, mais elle doit être culturelle. Et puis nous devons apprendre à nouveau à faire les choses par nous-mêmes, en respectant la terre. C’est cela la vraie liberté, matérielle et spirituelle (p. 213).

    16Le dernier chapitre est consacré à un protagoniste un peu particulier. Il a quatre pattes et est au centre de nombreuses controverses dans les Alpes : le loup, le « rebelle par excellence » (p. 214) :

    Le loup est le rebelle par excellence, hors-la-loi et hors-le-temps, car il représente ce que nous ne sommes plus : la nature sauvage, le courage d’aller, l’émotion primordiale. La bête rebelle habite des terres rebelles. Le centre de gravité des loups à l’ère de l’Internet oscille entre les Alpes de la mer et les vallées de Coni, Saluces, Pignerol et Suse, en traversant des lieux qui étaient jadis occupés par les partisans de Nuto Ravelli, les crêtes du commandant vaudois Janavel, les villages des revendications occitanes, les forêts des No TAV et de la résistance en Val de Suse » (p. 214-215).

    17Le loup parcourt et reconquiert ainsi les territoires qui ont vu naître, au cours des siècles, des hommes et des femmes « qui ne fuyaient pas, [des gens] qui croyaient et ne se pliaient pas » (p. 10). Et dont Enrico Camanni nous livre ces très émouvants portraits.

    https://journals.openedition.org/rga/14856
    #shameless_autopromo #Alpes #montagne #résistance #rebelles #livre #recension #Alpes_italiennes #Italie #histoire #utopie

  • #RDC : les #rebelles entrent dans #Goma dans l’indifférence de la communauté internationale | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/international/270125/rdc-les-rebelles-entrent-dans-goma-dans-l-indifference-de-la-communaute-in

    RDC : les rebelles entrent dans Goma dans l’indifférence de la communauté internationale
    Le mouvement rebelle M23 soutenu par l’armée rwandaise est entré dans la ville d’un million d’habitants, sans parvenir pour l’heure à la contrôler totalement. Ni les forces internationales déployées sur place, ni les États partenaires du Rwanda n’ont pu – ou voulu – empêcher la catastrophe humanitaire qui s’annonce.

    Justine Brabant

    27 janvier 2025 à 20h49

    CelaCela faisait des jours qu’ils progressaient vers Goma, la capitale du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce 27 janvier au matin, les combattants du Mouvement du 23 mars (M23) sont entrés dans la ville.

    Des vidéos amateurs les montrent progressant à pied, en colonnes, à la lueur orangée des lampadaires. D’autres images, prises alors que le jour s’était levé, les montrent rassemblés en groupes de plusieurs dizaines, casques sur la tête et fusils en bandoulière, circulant à l’arrière de pick-up ou de camionnettes.

    « L’entrée des rebelles a été signalée vers 6 h 30 par le quartier Majengo, au nord de la ville », rapporte à Mediapart Ronely Ntibonera, journaliste congolais habitant Goma. Les combattants du M23 ont depuis été vus dans plusieurs autres quartiers de la capitale provinciale, notamment à l’ouest de la ville (vers le rond-point dit CCLK), et sur la colline où est installé le siège de la Radio-Télévision nationale congolaise, non loin du lac Kivu.

    Les rebelles sont appuyés par des soldats de l’armée régulière rwandaise, qui soutient militairement et politiquement la rébellion depuis sa création, en 2012.

    Si leur entrée dans Goma au petit jour, ce 27 janvier, a semblé se faire sans combats majeurs, les rebelles ont depuis affronté les forces armées congolaises et leurs alliés à plusieurs endroits. La déclaration de victoire du M23, qui assure avoir « pris Goma », est pour l’instant prématurée – même si cela peut être une question d’heures. Pour montrer que la ville n’est pas encore entièrement contrôlée par leurs adversaires, des soldats congolais se sont filmés en train de défendre l’aéroport de Goma.

    D’autres vidéos moins flatteuses, dont Mediapart a pu prendre connaissance, montrent des soldats congolais possiblement abandonnés par leur commandement errer en ville. « Ils ne savent plus où aller… Ils sont dans une confusion totale. Aucun officier n’est avec eux », commentent, dépités, les habitants qui les filment depuis leur balcon.

    « Il semble y avoir des problèmes de coordination des opérations, ainsi que des problèmes au niveau des transmissions et du renseignement » du côté de l’armée congolaise, analyse Josaphat Musamba, doctorant à l’université de Gand et chercheur au Groupe d’études sur les conflits et la sécurité humaine (GEC-SH). Le chercheur, fin connaisseur des groupes armés congolais, invite à relativiser la supériorité numérique de l’armée congolaise : « Certes, l’armée congolaise est plus nombreuse. Mais les 4 000 soldats du M23 peuvent compter sur l’appui d’environ 4 000 à 6 000 soldats de l’armée rwandaise, ainsi que des combattants récemment recrutés par le M23 dans les zones qu’il contrôle. »

    Des affrontements étaient également signalés, à la mi-journée, dans le centre de Goma, notamment dans le quartier dit des Volcans. « Cela tire beaucoup aux Volcans, des armes légères et des armes lourdes, depuis ce matin », indiquait en fin d’après-midi lundi 27 janvier Catherine Batende, une habitante du quartier jointe par Mediapart. Goma, ville de plus d’un million d’habitants, abrite également depuis 2022 plusieurs centaines de milliers de personnes ayant fui les combats dans le reste du Nord-Kivu.

    « Des jeunes sortis de chez eux pour regarder ce qui se passait ont été blessés par balles », relate Ronely Ntibonera en début d’après-midi. « Il n’y a pas d’activité en ville. Les boutiques sont fermées, les stations-services aussi. On voit juste quelques motos-taxis transportant des hommes en armes. »

    Plus préoccupant encore : des échanges d’artillerie ont eu lieu de part et d’autre de la frontière avec le Rwanda voisin. L’armée rwandaise a confirmé avoir procédé à des tirs de mortier et d’artillerie sur le territoire congolais, en réponse à des tirs en provenance du Congo qui auraient tué cinq civils. Les villes se trouvant des deux côtés de la frontière (Goma côté RDC, Gisenyi côté rwandais) sont toutes les deux densément peuplées, laissant craindre un nombre important de victimes si ces bombardements se poursuivaient.

    Impuissance internationale
    Après avoir pris une première fois Goma en novembre 2012, le M23 était entré dans une phase de négociations avec les autorités de Kinshasa, puis avait déposé les armes en 2013. Le groupe armé a repris ses opérations en 2021, sur fond de tensions entre les gouvernements congolais, rwandais et ougandais, de désintérêt des acteurs internationaux et de sentiment de marginalisation des Tutsis congolais (dans les rangs desquels le M23 recrute largement).

    Car même si les conflits de l’est de la RDC ont des racines locales, le M23 est largement utilisé comme un moyen d’influence par le Rwanda, son principal soutien. « L’impulsion principale de [la] résurgence du M23 [en 2021] est extérieure à la RDC », estiment dans un rapport conjoint sur le M23 les deux principaux instituts de recherche sur la RDC – l’institut Ebuteli et le Congo Research Group Center de l’université de New York (États-Unis). Si « la faiblesse de l’État congolais a aggravé la crise », explique le rapport, le M23 « est surtout apparu comme un moyen pour le Rwanda de projeter son influence contre son voisin du nord, l’Ouganda ».

    Pour faire face au M23, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) peuvent, théoriquement, compter sur l’appui de Casques bleus de la Monusco et d’une force régionale de maintien de la paix, la force régionale d’Afrique australe. Mais cette présence internationale n’a manifestement pas empêché les rebelles d’arriver jusque dans Goma. Treize soldats issus de ces forces de maintien de la paix ont été tués dans des combats avec le M23 ces derniers jours.

    Le conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence le 26 janvier, était suivi de près par les Congolaises et Congolais qui espéraient le voir déboucher sur des actions concrètes afin de stopper la progression rebelle. Mais les déclarations condamnant fermement l’incursion du M23 et de l’armée rwandaise n’ont pas suffi à y mettre un terme.

    De quoi nourrir l’incompréhension et la colère des observateurs de cette guerre. « Il serait facile de mettre fin aux agissements du Rwanda en RDC », car « le principal instigateur du conflit du M23 est le gouvernement du Rwanda, un pays dépendant de l’aide étrangère », relève le chercheur Jason Stearns, ancien membre du groupe d’experts des Nations unies sur la RDC et professeur associé à l’université Simon Fraser (Burnaby, Canada).

    Officiellement, Paris donne peu de détails à ce sujet. Mais on en trouve trace dans plusieurs documents. Le rapport annuel 2024 sur les exportations d’armement français mentionne ainsi une licence pour une « formation opérationnelle » accordée au Rwanda pour un montant de 600 000 euros, sans donner de détails sur la nature de cette formation.

    L’armée française participe également à la formation d’officiers des forces armées rwandaises. En mars 2024, le Rwanda était mentionné parmi les pays d’origine des élèves officiers et des cadets en formation à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (promotion 2023-2024) par le bulletin interne de l’école.

    À la fin 2023, le Rwanda était également mentionné parmi les pays ayant envoyé des stagiaires lors d’une formation de cinq semaines aux écoles militaires de Draguignan, qui incluait « l’apprentissage des fondamentaux du combat interarmes », selon une autre publication interne de l’armée de terre française.

    Interrogé plus en détail sur le contenu de cette coopération militaire, le ministère des armées français n’a pas souhaité nous répondre. Également sollicité, le Quai d’Orsay nous a renvoyée vers les déclarations françaises condamnant l’offensive du M23 et des forces armées rwandaises.

    Sans préciser si les derniers événements étaient de nature à remettre en cause la coopération bilatérale avec Kigali.

    • #rwanda

      « La République démocratique du Congo est une réserve pour les dominants » | Mediapart

      https://www.mediapart.fr/journal/international/270125/la-republique-democratique-du-congo-est-une-reserve-pour-les-dominants

      « La République démocratique du Congo est une réserve pour les dominants »
      Dans « Barbarie numérique, une autre histoire du monde connecté », le sociologue Fabien Lebrun explique comment la révolution numérique est depuis trente ans l’une des causes des guerres dans l’est de la RDC, où une grande partie des minerais nécessaires sont disponibles. 

      Michael Pauron (Afrique XXI)

      27 janvier 2025 à 20h52

      Nous avons toutes et tous des #minerais de sang dans la poche, et sommes les #complices indirect·es de #crimes abominables pour répondre aux injonctions du monde numérique. C’est du moins le propos défendu dans Barbarie numérique, une autre histoire du monde connecté (préfacé par le philosophe québécois #Alain_Deneault, éditions L’Échappée, 2024), du sociologue #Fabien_Lebrun. Dans cet ouvrage, il revisite la « révolution #numérique » au prisme de l’histoire du capitalisme mondial et de la #République_démocratique_du_Congo (#RDCongo #RDC). Pour lui, la « transition » (qu’elle soit énergétique ou numérique) vantée par « l’idéologie du capital » n’existe pas. Seule l’addition de besoins et de technologies (production d’hydrocarbures et extractivisme pour les énergies renouvelables, la numérisation et l’intelligence artificielle) et l’accumulation financière demeurent, avec des conséquences environnementales et sociétales désastreuses.

      Les habitant·es de la RD Congo, où la situation dans l’est s’est détériorée ces derniers jours avec l’offensive du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, sont exploité·es depuis toujours pour nourrir une mondialisation effrénée, estime le sociologue. « Scandaleusement » riches, ses terres sont convoitées au mépris des Congolais·es qui vivent dessus. Hier, il s’agissait d’esclaves. Puis du caoutchouc et des minerais pour les armes (dont l’uranium qui a servi pour construire la bombe atomique lâchée le 6 août 1945 sur Hiroshima). Aujourd’hui, le cobalt, le tantale, le tungstène et d’autres terres rares nécessaires pour les smartphones et les batteries électriques suscitent autant d’appétit que l’or au temps des conquistadors, qui ont pillé les Amériques à partir du XVIe siècle.

      Les propos de l’auteur, qui semblent dépolitiser la question des guerres à répétition dans la région, sont toutefois contrebalancés par d’autres chercheurs. Comme le soulignent par exemple Christoph Vogel et Aymar Nyenyezi Bisoka dans Afrique XXI, ces points de vue (comme d’autres) ont tendance à enfermer l’Afrique « dans une vision réductrice ». La politique en tant que telle serait « purement et simplement absente ». « Ces récits tendent à réduire l’Afrique à un simple réceptacle de politiques extérieures », écrivent les chercheurs. Selon eux, ces discours perpétuent l’idée du « fardeau de l’homme blanc » ce qui « justifie ainsi les interventions internationales sous prétexte de paix, de stabilité et de développement ».

      Fabien Lebrun avance l’idée que ce « technocolonialisme » utilise les mêmes pratiques que le colonialisme et le néocolonialisme : travail forcé, fraude, financements de groupes armés… Dans cet entretien, le sociologue, également auteur d’un essai sur le rôle néfaste des écrans sur les enfants (On achève bien les enfants. Écrans et barbarie numérique, éditions Le bord de l’eau, 2020), estime qu’il est nécessaire de revoir notre rapport à la connexion et aux technologies, d’« entamer une décroissance minérale et numérique » pour préserver des vies en RD Congo. Entretien.

      Afrique XXI : Dans « Barbarie numérique », vous reliez les guerres qui déchirent l’est de la RD Congo depuis trente ans à l’exploitation des minerais nécessaires pour construire les appareils connectés... N’est-ce pas dépolitiser ces conflits qui ont bien souvent des ressors socio-politiques plus complexes ?

      Fabien Lebrun : Les ressources dont a besoin la « révolution numérique » sont très mal réparties sur terre : la RD Congo est sans doute le seul pays au monde qui dispose dans son sol et son sous-sol de la quasi-totalité de la table de Mendeleïev [qui recense tous les éléments chimiques connus – ndlr]. Et, depuis trente ans, des centaines de milices évoluent dans la région. Qui finance ? les puissances capitalistes et aussi le secteur extractif mondial. Pour moi, d’un point de vue économique et industriel, c’est l’élément central de ces guerres à répétition. Tout cela correspond à la période de la numérisation et de la miniaturisation.

      Agrandir l’image : Illustration 1
      Une femme sépare le cobalt de la boue et des roches près d’une mine entre Lubumbashi et Kolwezi (RD Congo) en 2015. © Photo Federico Scoppa / AFP
      Chaque année, sont vendus environ 1,5 milliard de smartphones, 500 millions de téléviseurs, 500 millions de PC, 200 millions de tablettes, 50 millions de consoles de jeux vidéo… Sans oublier les milliards d’écrans, d’objets connectés (comme le réfrigérateur, la voiture…) qui dépendent de minerais et de métaux dont une grande partie se trouve en Afrique centrale – du moins pour les plus stratégiques.

      Pour vous, tout tend à prouver que le retour du groupe armé soutenu par le Rwanda, le M23, en 2021, et qui est sur le point de faire tomber Goma, est intimement lié aux minerais… Quelle est votre hypothèse ?

      En 2021, Félix Tshisekedi [président de la RD Congo – ndlr] passe un accord avec l’Ouganda pour faciliter la construction de routes et l’acheminement de produits miniers, forestiers et agricoles. Presque au même moment, plusieurs rapports montrent qu’il va falloir davantage de tantale et de minerais stratégiques pour la 5G et la voiture électrique notamment.

      Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que le Rwanda, qui ne veut pas être privé d’une partie de ce marché, a réactivé le M23 en réaction aux accords entre l’Ouganda et la RD Congo. Je penche pour cette hypothèse, d’autant que le M23 a rapidement mis la main sur la mine de Rubaya, dans le Rutshuru, où sont présentes 15 % des réserves mondiales de coltan. Cela étant dit, certains réfugiés du M23 sont en Ouganda. Kampala a donc au minimum fermé les yeux.

      La RD Congo accuse le Rwanda de piller ses sous-sols. On sait que l’Ouganda en profite également... Cette situation pourrait-elle exister sans la complicité de certaines élites congolaises ?

      Il existe des intérêts divergents et contradictoires des élites de la région. Pendant les deux guerres du Congo [de 1996 à 1997 et de 1998 à 2002 – ndlr], les armées sur place qui découvrent toutes ces richesses se sont fait beaucoup d’argent. Il y a eu toute une économie de guerre. Ensuite, les armées ne pouvaient pas rester sur place. Des groupes ont donc été téléguidés. 90 % des minerais 3TG [étain, tantale, tungstène et or – ndlr] estampillés rwandais sont congolais. Et ce pillage bénéficie de la complicité de Congolais, c’est évident.

      Plonger dans l’Histoire permet de voir une continuité dans l’apparition conjointe d’une révolution industrielle […] et un besoin de prélèvement de ressources naturelles.

      Félix Tshisekedi (comme Joseph Kabila avant lui) pourrait stopper ce pillage mais les forces armées de RD Congo participent largement à cette exploitation, comme les centaines de groupes armés. Les élites congolaises, y compris locales, signent des contrats, bradent les terres de leur population et se font beaucoup d’argent.

      Mi-décembre 2024, la RD Congo a déposé plusieurs plaintes en France et en Belgique contre des filiales d’Apple (qui rejette ces accusations) qui exploitent des « minerais de sang ». Quelles pourraient en être les conséquences ?

      Il y a déjà eu une plainte en 2019 aux États-Unis d’un collectif de juristes contre Apple, Dell, Microsoft et Tesla pour complicité de mort d’enfants dans des mines de cobalt congolaises. La plainte a finalement été rejetée en mars 2024. Mais le fait que ce soit désormais un État qui attaque est inédit. Tant mieux si cette plainte conduit à une prise de conscience plus large, car il y a déjà eu de nombreuses campagnes contre les minerais de sang sans que cela change quoi que ce soit. 

      À travers l’histoire de la RD Congo et de la « révolution numérique », vous dénoncez une continuité du capitalisme, de la traite négrière à l’extractivisme des métaux nécessaires pour construire nos appareils connectés. Quels sont les points communs entre le commerce triangulaire et l’exploitation des mines en RD Congo ?

      La démarche du livre est de remettre en perspective le dernier quart de siècle du numérique avec cette grande histoire du capitalisme. À travers la technologie et l’histoire du Congo, on reprécise ce qu’on entend par capitalisme et son développement, ses racines et sa naissance. On peut se concentrer sur ses pratiques, son rapport à la terre et à l’exploitation minière.

      Je pars de ce que Karl Marx appelait [dans Le Capital. Critique de l’économie politique, 1867 – ndlr] « l’accumulation primitive du capital », à savoir la longue période de la traite négrière et du commerce triangulaire, du XVIe au XIXe siècle, qui met en relation Europe, Afrique et Amérique. Il s’agit du commencement de la mondialisation, qui participe aux premiers profits, ou capitaux, notamment européens à travers les conquistadors et les colons (espagnols, portugais, français, hollandais et anglais). Nous assistons à la naissance de l’extractivisme : l’or et l’argent, énormément puisés sur le continent américain dès le XVIe siècle, ont fait la richesse de l’Espagne et du Portugal.

      Les pratiques criminelles se poursuivent dans ce nouveau stade du capitalisme : extractivisme, fraude et travail forcé.

      Plonger dans l’Histoire permet de voir une continuité dans l’apparition conjointe d’une révolution industrielle – ou de la transformation du capitalisme – et un besoin de prélèvement de ressources naturelles. Le Congo est à ce titre emblématique : des hommes, des femmes et des enfants ont été « prélevés » pendant la traite négrière afin de répondre à la demande de sucre, de café ou encore de cacao en Europe ; à partir de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, la forêt y a été exploitée de manière intensive, notamment pour le caoutchouc avec l’expansion de l’automobile et de l’industrie du pneu ; durant les guerres du XXe siècle, des métaux essentiels à l’industrie de l’armement sont exploités au Congo – citons l’uranium du Katanga et la course aux armements durant la guerre froide ; et, dans les années 1990, avec l’informatisation du monde, le pays répond une nouvelle fois présent avec la richesse de son sous-sol et sa diversité minéralogique.

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      Des soldats du groupe armé M23 quittent le camp de Rumangabo dans l’est de la République démocratique du Congo, le 6 janvier 2023. © Photo Guerchom Ndebo / AFP
      Vous expliquez que la notion d’extractivisme avait pratiquement disparu. Quand réapparaît-elle ?

      Le concept d’extractivisme est revenu il y a vingt-cinq ans lors d’une période qu’on a qualifiée de « boom minier », qui correspond au développement du numérique mais aussi à la forte demande des pays émergents (Inde, Chine…). Plusieurs travaux montrent une forte augmentation de la pression sur les terres, principalement dites « métalliques ». Cette période a été rapprochée du XVIe siècle, baptisé « le siècle de l’or ». C’est une continuité.

      Vous parlez également de la continuité du colonialisme, que vous qualifiez de néocolonialisme ou de « technocolonialisme ». Qu’entendez-vous par là ?

      L’état d’esprit des structures coloniales et des institutions, ainsi que leurs pratiques, perdurent à travers une division internationale du travail et une production mondialisée. Les pratiques criminelles se poursuivent dans ce nouveau stade du capitalisme : extractivisme, fraude et travail forcé qu’on peut comparer à l’esclavagisme. En définitive, il faut faire travailler les Congolaises et les Congolais pour alimenter notre mondialisation.

      Le colonialisme se perpétue également à travers le vocabulaire, comme l’expression de « scandale géologique » pour qualifier la RD Congo...

      L’expression vient des colons belges, et plus exactement du géologue Jules Cornet, au début des années 1880, d’abord pour parler du Katanga, puis de l’ensemble de la RD Congo. À travers ce terme, on voit bien la convoitise et la potentielle goinfrerie : le sol est considéré comme riche en matières premières pour développer différents marchés, différentes marchandises, différents produits de la société occidentale. Derrière cette expression, on parle d’un lieu voué à être exploité. C’est une réserve pour les dominants. On parle de la terre pour la maltraiter. On a là un lieu, un territoire qui va participer à l’économie mondialisée. Une projection utilitariste. Ni la nature ni l’humain ne comptent.

      Dans votre ouvrage, vous remettez en cause le langage de ce capitalisme numérique, comme les mots dématérialisation et transition. Pourquoi les considérez-vous inappropriés ?

      Au niveau de l’idéologie, de l’utilisation des mots et de la langue, le terme dématérialisation est en effet un de mes pires ennemis. Il est central dans l’idéologie capitaliste contemporaine. Dématérialiser sous-entend numériser et informatiser. À travers ce terme et d’autres, comme cloud, cyberespace..., on cherche à rendre « éthérées » des choses sur lesquelles on n’aurait pas de prise. Or, un smartphone, c’est soixante métaux et la voiture électrique c’est soixante-dix métaux, la quasi-totalité des quatre-vingt-huit disponibles dans la croûte terrestre. Plus on vend des technologies efficaces et plus on miniaturise, plus on recourt à l’ensemble de la table de Mendeleïev. Dans les vingt à trente prochaines années, il va falloir extraire plus de métaux qu’on en a extrait dans toute l’histoire de l’humanité. Nous n’avons jamais été dans une société aussi matérielle. Parler de « dématérialisation » est simplement faux.

      Il n’y a pas de transition, il y a addition et accumulation […], conformément au principe du capitalisme qui repose sur une croissance infinie.

      C’est la même chose avec l’intelligence artificielle. Il s’agit d’une puissance de calcul basée sur une somme de données qu’il faut traiter, stocker, analyser et essayer de rendre plus performant. On va multiplier la construction des centres de données (les « data centers »), ce qui correspond à du béton, du verre, de l’acier et de l’eau pour refroidir.

      Les énergies renouvelables reposent sur le même type de ressources. L’idéologie du capital appelle ça une « transition ». Or il n’y a pas de transition, il y a addition et accumulation, comme le montre très bien l’historien Jean-Baptiste Fressoz, et conformément au principe du capitalisme qui repose sur une croissance infinie.

      Elon Musk sait que les minerais s’épuisent, raison pour laquelle il veut aller les chercher sur la Lune et sur les autres planètes ou sur les astéroïdes. Emmanuel Macron et d’autres veulent aller les chercher dans les fonds marins. La Russie et la Chine veulent aller sous les pôles. Tous pensent que le XXIe siècle est un siècle extractiviste et que ces nouveaux secteurs permettront d’éviter l’effondrement du capitalisme. Or cet effondrement est déjà entamé.

      Votre ouvrage prône la déconnexion. Comment y parvenir dans un monde ultra-connecté ? Comment limiter la marche technologique actuelle pour sauver des vies congolaises ?

      Beaucoup de gens me disent que c’est impossible. Mais si on réfléchit à la production de tous ces appareils connectés, on tombe forcément sur l’Afrique centrale et en particulier sur la RD Congo qui concentre de nombreuses problématiques liées à la production des technologies connectées. Dans ce cas, si on pense à la place que prennent ces appareils dans notre vie et aux conséquences que cela engendre au Congo, il m’apparaît évident qu’il faut revoir nos technologies, la façon dont elles sont conçues, et sans doute exiger qu’elles deviennent moins performantes, moins efficaces, afin qu’elles exigent moins de pression sur la terre, la géologie, le foncier et l’humain.

      Il faut réintroduire la notion de limite. On n’a pas le choix. Il va falloir entamer une décroissance minérale et numérique. Se déconnecter d’un seul coup est compliqué mais il faut politiser la technologie car elle donne une direction à notre monde, à notre société et à différentes formes de domination et d’oppressions. Tout cela devrait être débattu dans toutes les assemblées, dans toutes les administrations et dans toutes les entreprises.

      Il faut se questionner sur nos besoins réels et non pas ceux créés par l’industrie. Un téléphone à clapet, c’est une trentaine de métaux, soit deux fois moins de pressions qu’un smartphone. D’un point de vue coût-bénéfice, un smartphone avec soixante métaux est inutile.

      Michael Pauron (Afrique XXI)

  • @resistenze_in_cirenaica a publié 5 « carnets de Cyrène » (I quaderni di Cirene), publiés par #Resistenze_in_Cirenaica (https://resistenzeincirenaica.com).
    #Cyrène, du nom d’une ville de Cyrénaïque, en Libye actuelle...

    Les cahiers sont peuvent être achetés sur ce site : https://openddb.it/case-editrici/ric

    Moi, je les ai achetés lors d’un événement qu’ils ont organisés à Bologne en mai 2024 :
    https://resistenzeincirenaica.com/2024/05/14/24-e-25-maggio-due-giorni-di-ibridazioni-in-cirenaica
    (https://seenthis.net/messages/1053726)

    https://resistenzeincirenaica.com/category/i-quaderni-di-cirene

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire:

    La revue est disponible en ligne:
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    métaliste des numéros recensés sur seenthis:
    https://seenthis.net/messages/926433

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • FAHAVALO, Madagascar 1947
    https://fahavalo-film.com/film

    À #Madagascar en 1947, les #rebelles insurgés contre le #système_colonial sont appelés #fahavalo, « ennemis » de la France. Les derniers témoins évoquent leurs longs mois de #résistance dans la #forêt, armés seulement de sagaies et de talismans.
    Les images d’#archives inédites filmées dans les années 40 dialoguent avec les scènes de la vie quotidienne dans les villages aujourd’hui. Les récits des anciens et la musique hypnotique de Régis Gizavo nous transportent dans le passé pour découvrir cette histoire refoulée.

    #film #rebellion #colonialisme

  • (4) Au #Tchad, les #forces_françaises frappent aussi les #rebelles - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/02/04/au-tchad-les-forces-francaises-frappent-aussi-les-rebelles_1707408

    Dans le désert de l’Ennedi, des bombes de l’armée française ont été lâchées dimanche soir pour arrêter une colonne de 40 pick-up. Elles ne visaient pas une organisation jihadiste mais un groupe rebelle tchadien, l’Union des forces de la résistance (UFR), venu de Libye. « Ils sont entrés sur le territoire tchadien dans la nuit de jeudi à vendredi », précise le porte-parole de l’état-major français des armées, le colonel Patrik Steiger. Après que l’aviation nationale a échoué à stopper sa progression, N’Djamena a appelé Paris à la rescousse. Une patrouille de Mirage 2000 partie de la capitale tchadienne a effectué « deux séquences de tirs avant la tombée de la nuit » et « dispersé la colonne », affirme Patrik Steiger. En 2008, les troupes de l’UFR, dirigées par Timan Erdimi, un neveu du président Idriss Déby, étaient entrées à N’Djamena au terme d’un raid fulgurant mené depuis le Soudan voisin. Le régime avait réussi in extremis à repousser l’assaut rebelle.

    Depuis, les combattants de l’UFR « s’étaient installés dans le Sud libyen, profitant de l’absence d’autorité centrale et tissant des alliances changeantes avec les forces locales », explique un connaisseur de la région : « Ces derniers temps, le maréchal Haftar [maître de l’Est libyen, ndlr] a entrepris une opération de nettoyage du Sud libyen, ce qui a obligé l’UFR à chercher une base à l’intérieur du Tchad. »

    Les véhicules des rebelles ont été bombardés alors qu’ils se trouvaient à « 400 kilomètres à l’intérieur du territoire », ajoute Patrik Steiger. Se dirigeaient-ils vers le Darfour, au Soudan, qui a longtemps constitué une de leurs bases arrières ? Ou bien étaient-ils en mouvement vers N’Djamena ? « On progresse toujours, on est prêt à [affronter] tout ce qui va se placer devant nous, on n’a pas peur des frappes aériennes françaises », a indiqué Youssouf Hamid, porte-parole de l’UFR, interrogé au téléphone par l’Agence France-Presse.

    Le mandat de l’opération française « #Barkhane » au Sahel, dont le quartier général est installé à N’Djamena, est limité à la lutte antiterroriste. Pilonner un groupe armé d’opposants au régime d’Idriss Déby rentre difficilement dans ce cadre… « Les moyens de Barkhane ont été utilisés, mais ce n’est pas Barkhane, c’est la France qui a été sollicitée », nuance le porte-parole de l’état-major des armées.

  • Le lexique des tricheurs : le langage du « Nouveau Monde » et des « Néoconservateurs » Robert Charvin - 19 Mai 2018

    Le Chef de l’État français a fait un choix malheureux en se présentant comme le « Jupiter » du « Nouveau Monde », formule du « Nouveau Monde » qui a été appliquée à l’Amérique que Ch. Colomb aurait mieux fait de ne pas découvrir pour le bonheur des Amérindiens !
     
    En dépit de son auto-célébration théâtrale permanente et de la courtisanerie massive (notamment médiatique (1) ) qui l’accompagne, il n’est que l’un de ces leaders occidentaux (Blair, Enzi, Trudeau, etc.) qui sous les apparences de la « #modernité » est l’incarnation du plus vieux pouvoir de l’Histoire, celui de l’#Argent, avec son inévitable cortège d’arrogance et de mépris plus ou moins subtil, pour ceux qui n’ont pas les moyens de croire que tout leur est permis.
     
    Bien entendu, le #Président – nouvelle mouture – de la V° République (archaïque Constitution présidentialiste) se présente comme un éminent défenseur (autoproclamé) d’une « #démocratie » pluraliste certes, mais « juste ce qu’il faut » pour laisser une petite place à certains syndicats prêts à toutes les compromissions et à une social-démocratie, modeste opposition de Sa #Majesté !
     
    Dans son activisme « ni de gauche, ni de gauche », il parcourt le monde ne voyant des pays visités que les dorures des palais nationaux et des gardes locaux lui rendant les honneurs sans se préoccuper particulièrement des résultats très limités qu’il obtient pour les peuples concernés.
     


    En premier lieu, il applaudit à l’#Europe (tout comme B-H. Lévy dans son dernier livre) c’est-à-dire à l’hégémonie étasunienne, juge de tous les péchés du monde, clouant au banc des accusés tous les hérétiques : hors du « modèle » occidental et du marché, point de salut !
     
    Quant à son appel à « la souveraineté européenne » encore indéfinissable, elle est un produit de substitution à ce qui n’est que l’Europe des affaires, inapte à toute harmonisation sociale et fiscale et à toute forme de solidarité vis-à-vis des migrants !
     
    La #souveraineté_nationale et l’indépendance, il ne les connaît pas davantage que les firmes transnationales qui spéculent à l’échelle mondiale et ne dressent des murs que vis-à-vis des hommes (2) !
     
    Le Président français, dans le sillage étasunien et trumpiste (ce qui est une référence !), ainsi que derrière lui la cohorte de politiciens (plus ou moins opportunistes), de #médias (sous contrôle des grands groupes financiers) et de « services » en tout genre, ont adopté un #langage manipulateur chargé d’intoxiquer l’opinion, les formules et les mots inlassablement répétés, fabriquant sinon des convictions du moins une extrême confusion !
     
    Dans l’ordre interne, et par sa voix, les contre-réformes les plus régressives deviennent des « #réformes » modernisatrices, la négociation a cédé la place à un « dialogue » qui n’est qu’un bavardage, l’ « État de droit » n’est que maintien d’une légalité discriminatoire, la répression se fait « mesures sécuritaires », l’insécurité sociale et l’austérité pour la majorité défavorisée se muent en « équilibres » budgétaires et recherche de la « compétitivité », les « droits de l’homme » (de moins en moins invoqués) se restreignent aux droits civils et politiques, jamais économiques et sociaux.
     
    Mais c’est dans les relations internationales que la « #novlangue » à la Orwell, pratiquée par la France et les autres États occidentaux, européens et américains, est la plus significative (3).
     
     
    –Il n’y a plus jamais de guerre : seulement des « opérations de police » à finalité #humanitaire, afin de protéger les « civils » ou « les non-combattants » dans des conflits internationaux, y compris à des milliers de kilomètres de chez soi ! L’Empire et ses alliés exercent une sorte de mission divine de protection de l’Humanité contre les Barbares d’une couleur ou d’une autre ! Rien de neuf : les expéditions coloniales déjà n’étaient pas la guerre. Bombarder l’Irak, la Libye, ou la Syrie n’est que l’expression d’un haut degré de civilisation humaniste et d’une philanthropie universaliste sans limite !
     
    Qui oserait ne pas dire plus de sept ans après la destruction de la Libye qu’il ne s’agissait que d’éliminer Kadhafi, malgré de nombreuses tentatives antérieures d’assassinat et le financement d’Al Qaïda contre le régime ? Sarkozy n’a fait que reproduire, quelques années après l’expédition anti-Bagdad, une opération fondée sur le mensonge !
     
    –La politique des « deux poids, deux mesures » est aussi une vieillerie historique décrétant quel pays est une « #dictature », lequel ne l’est pas !
     
    L’Égypte du Maréchal Sissi, comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar sont des alliés en « voie de démocratisation », tout comme Bahreïn (qui a écrasé sa « révolution du printemps 2011 », mais qui abrite une base de la V° Flotte américaine). Au contraire, les « dictateurs » vénézuélien ou bolivarien, tout comme l’ex-président du Brésil, Lula, sont infréquentables. De même, la Coalition occidentale ne fait que combattre les « terroristes de #Daech », tandis que la Russie et l’Iran en Syrie affrontent des « #rebelles », simples « opposants » à Damas !
     
    – Vis-à-vis du conflit israélo-palestinien se poursuit un « processus de paix », depuis plus d’un demi-siècle sous l’égide des États-Unis, juges et parties. L’occupation israélienne ne cesse de s’étendre et les Palestiniens tués se multiplient sans « ingérence humanitaire ». Combien de #Palestiniens valent un Juif ? L’exercice du droit de veto étasunien au Conseil de Sécurité a-t-il pour objectif la paix dès lors qu’#Israël est mise en cause ?
     
    – Peu importe, les États-Unis, la France, la Grande Bretagne à eux seuls, constituent « la communauté internationale » ! Le reste du monde doit être tenu à distance. Lorsque le Conseil de Sécurité refuse un projet de résolution occidentale, c’est à cause du « #veto » russe, comme au temps de la guerre froide ! Lorsque c’est l’inverse qui se produit à l’encontre d’une proposition russe, c’est la communauté internationale qui s’y oppose ! Tout est dans la nuance, pour les professionnels du lexique des tricheurs !
     
    –L’usage unilatéral de la force contre un État est la violation la plus flagrante de la Charte des Nations Unies. Lorsqu’une puissance occidentale s’octroie ce que le droit international lui refuse, c’est parce qu’elle a une haute conscience de ses responsabilités, qu’elle incarne le Bien en toute « légitimité ». Le « primat de la morale » l’emporte sur un juridisme suranné ! L’Occident est toujours du « bon côté de l’Histoire » contre le Mal incarné par les … Autres !
     
    Le lexique des #tricheurs se renouvelle sans cesse pour rafraîchir la réputation des Occidentaux qui se croient encore tout permis et qui veulent partout être présents dans le monde pour en tirer profit, comme par exemple, être à la table des négociations pour la #Syrie (riche en ressources énergétiques) (ce qui explique les tirs de missiles d’avril) et ne pas laisser seule la Russie, ou continuer à exploiter le pétrole libyen malgré le chaos qui règne dans le pays, évidemment avec mise à l’écart des Russes ou des Chinois !
     
    Si l’on ajoute à ces truquages sémantiques un spectacle politico-folklorique permanent où se conjuguent fausses compassions (avec images adéquates de femmes et enfants martyrs), braquage sélectif des caméras sur les sites « rentables » pour l’Occident (par exemple, la Syrie, mais ni la Libye ni le Yémen, ni la liquidation des Kurdes par la Turquie), et mise en scène de rodomontades guerrières à prétention humanitaire, on peut conclure que toute complaisance vis-à-vis de ce type de pratique politique relève soit du cynisme soit de l’aveuglement.
     
    Certes, toutes les Puissances s’efforcent de satisfaire en priorité leurs intérêts propres, mais l’Occident a une particularité : il falsifie, par tous les moyens, avec la plus parfaite mauvaise foi, sa pratique en la présentant comme une œuvre universaliste irremplaçable.
     
    Décidément, comme disait Marx, la préhistoire n’est pas encore achevée.

     Robert Charvin

    Notes :
    1Voir le film complaisant sur Macron « La fin de l’innocence ».

    2L’intervention en Nouvelle Calédonie, en mai 2018, ouvrant en fait la campagne référendaire qui doit y avoir lieu pour ou contre l’indépendance et qui, évidemment, encourage au « Non » (nickel et « terres rares » obligent) est d’une hypocrisie remarquable.

    3Cf. D. Losurdo. Le langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie étasunienne. Delga. 2014.

    Voir aussi, Alain Bihr. La Novlangue néolibérale. La rhétorique fétichiste du capitalisme. Syllepse.

    Source : https://www.investigaction.net/fr/le-lexique-des-tricheurs-le-langage-du-nouveau-monde-et-des-neoconse

  • #Israël enrôle des #rebelles syriens pour protéger le Golan
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190318/israel-enrole-des-rebelles-syriens-pour-proteger-le-golan

    Un vieux char israélien sur le plateau du Golan, près du village druze de Majdal Shams, en février 2018. © Reuters Pour tenir éloignés de sa frontière nord l’Iran et ses milices, de plus en plus présents et influents en #Syrie, le gouvernement israélien ne se contente plus de fournir une aide humanitaire aux villages voisins du Golan. Depuis quelques semaines, il arme et finance une dizaine de groupes armés de la rébellion.

    #International #Al-Qaida #Iran #Russie

  • ISRAEL’S “SAFE ZONE” IS CREEPING FARTHER INTO SYRIA

    https://theintercept.com/2018/01/23/israel-syria-safe-buffer-zone-golan-heights

    ISRAEL IS EXPANDING its influence and control deeper into opposition-held southern Syria, according to multiple sources in the area. After failed attempts to ensure its interests were safeguarded by the major players in the war next door, Israel is pushing to implement the second phase of its “safe-zone” project — an attempt to expand a buffer ranging out from the occupied Golan Heights deeper into the southern Syrian provinces of Quneitra and Daraa. The safe zone expansion marks a move toward deeper Israeli involvement in Syria’s civil war.

    The Intercept learned the outlines of the safe-zone expansion plan through a monthslong investigation relying on information from a variety of sources, including Syrian opposition activists on the ground in the south, Syrian opposition figures based in Jordan, Syrian government sources, and an Israeli-American NGO directly involved in the safe-zone project.

    The safe zone appears intended to keep the Syrian army and its Iranian and Lebanese allies as far away from Israel’s border as possible, as well as solidify Israel’s control over the occupied Golan Heights. Israel seized the Golan from Syria in 1967’s Six-Day War. Expanding a buffer zone would likely make any negotiations over the return of the Syrian territory more difficult in the future, because the Golan Heights will be surrounded on both sides by areas with significant Israeli influence.

    Over the last two years, Israel started building out the first phase of a safe zone in southern Syria. The project enabled the Israeli army, through humanitarian organizations and military personnel, to gain access to opposition-held areas in return for supplying aid, medical treatment inside Israel, and basic goods.

    According to sources, the second phase, which is currently underway, includes, among other things, the establishment of a 40-kilometer, Israeli-monitored buffer beyond the Golan Heights, a Syrian border police force armed and trained by Israel, and greater involvement in civil

  • Damascus water supply cut after rebels pollute it with diesel
    http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2016/Dec-23/386585-damascus-water-supply-cut-after-rebels-pollute-it-with-diesel.a

    BEIRUT: The Damascus water authority said Friday it had been forced to cut supplies to the Syrian capital for a few days after rebels polluted the water with diesel.

    It said in a statement on its website that authorities would use water reserves until the problem was resolved.

    #rebelles...

  • Le problème des rebelles sud-soudanais au Congo

    La dernière chose dont l’est du Congo a besoin, c’est de davantage de #groupes_armés. L’arrivée de centaines de #rebelles sud-soudanais dans cette région sujette aux #violences est donc source d’inquiétude.


    http://www.irinnews.org/fr/analyses/2016/10/17/le-probl%C3%A8me-des-rebelles-sud-soudanais-au-congo
    #Soudan_du_sud #sud_soudan #Congo #conflit

  • Turquie : l’opération militaire anti-PKK fait plus de cent morts en cinq jours
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/12/20/turquie-l-operation-militaire-anti-pkk-fait-plus-de-cent-morts-en-cinq-jours

    La vaste offensive militaire en cours depuis mercredi dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie a fait 102 morts parmi les rebelles présumés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon un nouveau bilan annoncé dimanche par une source de sécurité locale. Au moins deux soldats et cinq civils ont perdu la vie dans les heurts.

    Formulation étrange (ou plutôt turque) : par civil, j’imagine qu’il faut entendre civil turc, un civil kurde étant un rebelle présumé.

  • Conformisme et tradition. Quelques remarques sur la pensée de Marcel Gauchet

    http://blogs.mediapart.fr/edition/rendez-vous-de-lhistoire-de-blois-2014-les-rebelles-quelle-edition/article/071014/conformisme-et-tradition-quelques

    Étonnant pour le moins, indécent quand on y regarde de près, le choix de Marcel Gauchet pour une conférence inaugurale sur « les rebelles » s’est accompagné d’un emballement d’arguments aux contours eux-mêmes surprenants. Parmi les invectives adressées à celles et ceux qui protestaient, l’une des raisons avancées était qu’on ne pouvait s’en prendre ainsi à un intellectuel consacré. Étrange argutie, il est vrai : l’intellectuel/le n’a-t-il/elle pas vocation, par essence ou du moins par fonction, à être interpellé/e, ses propos débattus, critiqués et à l’occasion combattus ? La question pose en tout cas à nouveaux frais ce problème aigu : d’où vient l’autorité supposée de l’intellectuel/le ? À quelle source sa parole puise-t-elle sa légitimité au point d’apparaître comme une voix d’oracle, capable de s’exprimer pour tous et au nom de tous ? À quelle aune mesure-t-elle cette immense responsabilité de délivrer une opinion autorisée[1] ?

    L’interrogation vaut d’autant plus quand, comme c’est le cas on le verra de Marcel Gauchet, cette voix se pose sur le ton péremptoire et parfois arrogant de qui sait et comprend. Cette suffisance, exercée tous azimuts et sur tous les sujets, s’accompagne d’un mépris sarcastique explicite à l’encontre de ses critiques et adversaires en pensée.

    Mais Marcel Gauchet est-il un intellectuel ? A le lire – certes en une seule occurrence –, la réponse est « non ». Lors d’une émission télévisée, il a pu, à propos du terme « intellectuel », déclarer en effet : « je ne le revendiquerais pas personnellement puisque je ne me mêle pas d’intervenir sur la scène publique pour commenter l’actualité[2] ». Propos insolite quand on sait que M. Gauchet est l’une des personnalités les plus sollicitées par les médias, notamment lors des campagnes électorales mais pas seulement loin de là, fin connaisseur des puissants sur qui il a toujours un avis à livrer. Nous avons pu recenser 75 tribunes, entretiens, émissions de radio et de télévision au cours par exemple de ces cinq dernières années ; certains nous ont de surcroît probablement échappé, même si Marcel Gauchet relaie chacune de ses interventions médiatiques dans son blog bien entretenu, qu’il s’agisse d’un entretien au Point ou d’un passage sur Canal Plus. Il est d’autant plus décalé et déplacé que Marcel Gauchet s’en soit pris sur ce terrain à Pierre Bourdieu, assénant à propos de La Misère du monde : c’est là « l’exemple le plus réussi, le plus frappant, le plus significatif de l’ajustement du discours savant à la logique médiatique[3] ». Mais l’on comprendra vite son acrimonie à l’égard de Bourdieu.

    Où l’on voit, de manière assez convaincante, que quoiqu’on pense de l’initiative très bruyante et pas forcément élégante de ceux qui s’agitent en ce moment, que #Gauchet, ça reste quand même très vide, et chiant.

    #gauchet #bantigny #edouard_louis #Blois #polémique #rebelles

  • Histoire des rebelles 1/4 - Histoire - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoire-des-rebelles-14-2014-10-06

    #Histoire des #rebelles 1/4

    Histoire des rebelles 2/4 0
    07.10.2014 - 09:06

    Les Provos, le mai 68 néerlandais ou comment se révolter tranquillement,
    Un documentaire de Anaïs Kien et Anne Fleury

    Histoire des rebelles 3/4 0
    08.10.2014 - 09:06

    Autour de Mouna Aguigui, commentaire d’une archive inédite, une interview enregistrée en 1966 par Danielle Bourgois et Bart Van Heerikheuzen.

    Histoire des rebelles 4/4 0
    09.10.2014 - 09:06
    Débat

    Invité(s) :
    Olivier Dumoulin, professeur en histoire contemporaine à l’Université de Caen, Enseignant-chercheur au CRHQ - Axe Cultures et Politiques.
    Philippe Minard, directeur d’études à l’EHESS. Professeur des universités à Paris 8.
    Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS.
    Michèle Riot-Sarcey, professeur à l’université de Paris 8.

  • Ça pique les yeux à force : à aucun moment l’article de l’AFP, pourtant repris partout, n’essaie de dire qui sont ces rebelles à Alep.
    Syrie : la survie des rebelles mise à mal dans la bataille du Nord
    http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-survie-des-rebelles-mise-a-mal-dans-la-bataille-du-nord-17-08-2014-

    La rébellion syrienne soutenue par les Occidentaux joue sa propre survie face à l’avancée à la fois des djihadistes et des troupes de Bachar el-Assad vers ses bastions dans la région septentrionale d’Alep, selon analystes et opposants.

    Est-ce qu’il ne s’agirait pas du Front islamique, de l’armée des Moudjahidine et du Front al Nusra, c’est-à-dire Al Qaeda et ses alliés réunis dans le groupement Ahl Al-Sham (pour « combattre le régime nusayrite » annonçait la formation).

    En gros : à chaque fois qu’un article se contente d’énoncer « la rébellion syrienne » ou « les rebelles syriens », sans nommer aucun groupe, il est certain qu’on se moque du monde.

    Ici, pour bien marquer le différence entre (nos alliés d’)Al Qaeda et (les méchants d’)ISIS, on est obligé de définir ISIS comme un « groupe ultra-radical » (Al Qaeda étant donc un groupe modérément-radical ?).

    Sinon, au cas où tu n’aurais pas encore l’impression de te faire promener, en mai dernier (il y a 3 mois tout juste), « la rébellion » annonçait qu’elle était « sur le chemin de la victoire » à Alep : Ahl Al-Sham operations room… When the rebels turned the tables of Assad’s siege on Aleppo
    http://lecourrierdumaghrebetdelorient.info/syria/syria-ahl-al-sham-operations-room-when-the-rebels-t

    In Aleppo, things started to change in the rebels’ favor, with striking development of military operations in Ramouseh, that fell between overnight, hence constituting a strong shock to the system and its supporters, as well as cutting across the main supply artery to the areas controlled by the regime in Aleppo. Assad’s forces did not react following the shock of Ramouseh until the rebels started attacking the strategically located village of Fidan, which cuts off the regime’s supply line reaching the city of Sefira in the East.

    The magic is turning against the magician – after desperate attempts of the regime to besiege Aleppo, it ended up with a siege on the regime itself and the Lebanese militias (Hezbollah), the Iraqi and Iranian forces that support Assad.

    […]

    Organization and coordination were and are still not the most important consideration of all revolutionaries in Syria. But once they are achieved, Syrians will step onto the road to victory.

  • Syrie : premiers affrontements entre rebelles et leur alliés d’el-Qaëda
    http://www.lorientlejour.com/article/877675/syrie-premiers-affrontements-entre-rebelles-et-leur-allies-del-qaeda.

    Des combats ont éclaté pour la première fois entre les rebelles de Syrie et les combattants d’Al-Nosra, la branche syrienne d’el-Qaëda, jusqu’à présent alliés dans la guerre contre le régime, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

    Ces affrontements inédits rendent encore plus complexe le conflit syrien dans lequel s’affrontent rebelles et régime, mais aussi rebelles et jihadistes ultra-radicaux de l’État islamique (EI, ou Daech).

    Branche syrienne d’el-Qaëda, le Front Al-Nosra, était le principal allié des groupes rebelles islamistes et modérés qui tentent depuis plus de trois ans de faire tomber le régime de Bachar el-Assad.