• Migreurop : Notre histoire

    Le réseau Migreurop trouve son origine au début des années 2000 dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires européennes. La frontière franco-britannique en constitue l’un des points de départ emblématiques avec le camp de Sangatte, symbole d’une Europe qui organise l’exclusion des personnes étrangères à grande échelle. C’est dans ce contexte que, lors du Forum social européen de Florence 2002, un séminaire consacré à « l’Europe des camps » réunit militant·e·s et chercheur·se·s désireux de partager analyses et expériences. De cette rencontre naît informellement le réseau Migreurop, officiellement constitué en association en 2005.


    Aujourd’hui, il rassemble une centaine d’associations, des militant·e·s et des chercheur·se·s issus de 18 pays d’Europe, d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Proche-Orient, avec pour objectif de décrypter, documenter et dénoncer les conséquences des politiques migratoires européennes sur les droits des personnes exilées. Depuis 20 ans, le réseau a permis de tisser des liens entre les sociétés civiles des différents pays situés le long des routes migratoires, luttant ensemble contre les politiques européennes mortifères, pour le respect des droits et la #liberté_de_circulation pour tous et toutes.

    20 ans de lutte contre les politiques migratoires assassines

    En 2025, le réseau Migreurop a fêté ses 20 ans d’existence. A cette occasion, un film documentaire*, réalisé par Romain Kosellek, a été produit retraçant l’histoire de Migreurop.

    https://player.vimeo.com/video/1162221765?h=34e157e0f7
    https://migreurop.org/article3547.html
    #Migreurop #vidéo #histoire #Sangatte #enfermement #camp #encampement #Gisti #ARCI #MRAX #migrations #réfugiés #frontières #recherche #enfermement #politiques_migratoires #rétention #détention_administrative #carte_des_camps #cartographie #externalisation #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières #no_camps #AMDH #Maroc #association_malienne_des_expulsés (#AME) #altermondialisme #2005 #société_civile #antiracisme #droits_des_étrangers #européisation_des_politiques_migratoires #Europe_du_rejet #directive_retour #atlas #Frontex #droit_d'asile #frontexit #boats_for_people #watch_the_med #Alarmphone #libre_circulation_des_personnes #boat_4_people #open_access_now #hotspots #moving_beyond_borders #racisme #genre

  • Évolution du référencement des revues françaises dans le DOAJ

    Au 2 avril 2026, la France recense 414 revues scientifiques en libre accès référencées dans le Directory of Open Access Journals (DOAJ).

    Leur référencement s’est effectué selon une dynamique non linéaire, caractérisée par une concentration autour de quelques plateformes de diffusion principales, une prédominance de revues sans frais de publication (modèle diamant), et un profil linguistique majoritairement francophone, bien que fréquemment ouvert au multilinguisme.

    Les visualisations présentées ci-après permettent de cartographier en temps réel ces revues.


    https://reseau-mirabel.info/site/page/visualisations_DOAJ_France
    #DOAJ #diamond_open_access #revues #sciences #France #recherche #statistiques #chiffres

  • #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • N° 177-178 • Essais nucléaires : l’Assemblée nationals’engage en faveur des victimes
    https://www.obsarm.info/spip.php?article732

    Ce numéro double — outre une analyse des avancées pour les victimes des essais nucléaires en débat — publie une étude sur le complexe militaro-industriel et scientifique grenoblois, réalisée dans le cadre du Réseau de surveillance des entreprises d’armement. Au sommaire Essais nucléaires : l’Assemblée nationale s’engage en faveur des victimes Encart : Le complexe militaro-industriel et scientifique du bassin grenoblois Ressources : GEN aux pieds nus de Keiji Nakazawa #Revue_Damoclès

    / #Victimes_du_nucléaire, #Industrie_d'armement, Recherche & développement

    #Recherche_&_développement

  • Alors que le gouvernement prépare une loi d’urgence, plus de 650 experts dénoncent, dans une tribune au « Monde », une politique qui privilégie le court terme au détriment de la remise en cause d’un modèle agricole dont les limites sont établies de longue date par la recherche.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/02/10/agriculture-nous-medecins-et-scientifiques-alertons-sur-le-decalage-croissan

    #agriculture #pesticides #recherche

    • Nous, médecins et scientifiques issus de disciplines allant de l’économie à la toxicologie en passant par l’agronomie, prenons aujourd’hui la parole collectivement pour alerter sur le décalage croissant entre l’état des connaissances scientifiques et la fabrique de la loi. Non pour opposer agriculture et environnement, mais pour rappeler la nécessité de les reconnecter, au moment où les orientations politiques adoptées ces dernières années s’éloignent dangereusement de ce que recommande la science.

      #sciences #écologie

  • The end of the science as we know it
    https://www.youtube.com/watch?v=PctlBxRh0p4

    Cool Worlds Podcast

    Conversations between Professor David Kipping and guests, spanning astronomy, technology, science and engineering. This is the official podcast of the Cool Worlds Lab at Columbia University and their popular YouTube channel ”Cool Worlds”. Podcast episodes are filmed and can be found online through our YouTube channels.
    Links

    Cool Worlds Website
    https://www.coolworldslab.com

    #intelligence_artificielle #science #IA #astrophysique #publication #communication #coding #refactoring #code_informatique #recherche

  • Comment faire #bifurquer la #recherche_scientifique ?
    https://www.terrestres.org/2026/01/20/comment-faire-bifurquer-la-recherche-scientifique

    Comment faire bifurquer la recherche scientifique ?
    La recherche scientifique joue un rôle central pour documenter l’étendue et la gravité de la catastrophe écologique. Mais la science n’est-elle pas aussi un moteur de cette crise ? Dans son livre “#Décroiscience”, #Nicolas_Chevassus-au-Louis revient sur l’époque charnière des années 1970, où s’est développé un double mouvement d’#autocritique de la science et de l’économie.

    Le titre accrocheur, Décroiscience (néologisme introduit par Jaques Testart1), est source de malentendu. Car le champion incontesté de la décroiscience en 2025 est Donald Trump. Depuis le début de son deuxième mandat à la Maison Blanche il met tout en œuvre pour porter un coup d’arrêt au régime normal de la recherche scientifique. Réduction des crédits aux agences de recherche, censure de programmes, atteintes à la #liberté_académique, refus de coopérations internationales… Ces mesures affecteront la dynamique de croissance des connaissances sur plusieurs générations. Assurément, ce n’est pas le genre de décroiscience que propose ce livre. Il reste que l’analogie suggérée par le titre entre décroissance économique et décroissance de la production scientifique est discutable. Les limites auxquelles se heurte l’augmentation du savoir scientifique ne sont pas de même nature que les limites planétaires de la croissance économique. Par-delà le coût environnemental des activités de recherche et d’innovation, ce sont surtout des choix politiques qui sont à questionner. Or la politique de Trump vise moins à étouffer la recherche scientifique qu’à la mettre au pas, au service de ses intérêts et de ses idées. Il finance les recherches compatibles avec ses objectifs. Michael Kraitsos, conseiller scientifique du président, se présente en restaurateur de « la Gold Standard Science » rappelant les principes de l’intégrité scientifique. La brutalité de ces mesures révèle en fait la vulnérabilité des communautés scientifiques, entièrement dépendantes des politiques pour leur fonctionnement et leurs orientations de recherche. La situation de subordination de la science aux impératifs politiques n’est pas vraiment diagnostiquée dans le livre, bien qu’elle soit au cœur de la question de la contribution de la science à la crise planétaire actuelle.

    ...

    #Bernadette_Bensaude-Vincent
    20 janvier 2026

  • Le complexe militaro-industriel et scientifique du bassin grenoblois
    https://www.obsarm.info/spip.php?article724

    Comment les entreprises locales contribuent-elles à la fabrication de systèmes d’armement et comment sont-elles associées aux guerres actuelles ? Leur communication publique ne permet pas facilement de savoir à quel type d’armement elles participent, ni de connaître leur destination et utilisation. Il existe une porosité toujours plus grande entre le militaire et le civil pour la production des systèmes d’armement dans le domaine nucléaire comme dans celui des outils de surveillance (…) #Notes_d'analyse

    / #Recherche_scientifique, #Armes_nucléaires, Recherche / programme de simulation, #Biens_à_double_usage, #Industrie_d'armement, La (...)

    #Recherche_/_programme_de_simulation #La_une
    https://www.obsarm.info/IMG/pdf/bassin_isere_la_guerre_se_fabrique_2026_web.pdf

  • L’#Académie_des_sciences et le #CNRS s’unissent pour développer un modèle de publication en #libre_accès sans frais, ni pour le lecteur ni pour l’auteur.

    Dans un contexte où la diffusion des savoirs est fragilisée par un modèle économique déséquilibré, l’Académie des sciences et le CNRS signent un accord de coédition pour développer un modèle de publication scientifique en libre accès diamant, gratuit pour les auteurs comme pour les lecteurs. Cette initiative, qui se matérialise à travers les Comptes rendus de l’Académie des sciences, vise à proposer une #alternative éthique et équitable face à la #dépendance croissante du monde de la recherche internationale envers des éditeurs commerciaux.

    https://www.cnrs.fr/en/node/12218
    #open_access #DOAJ #diamond_open_access #recherche #ESR #édition_scientifique #résistance

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #publication_scientifique :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • What ties do French Universities have to Israel?

    Why map the ties between French Universities and Israel?

    Since early 2024, in response to the ongoing genocide in Palestine perpetrated by the state of Israel, students and staff of French universities increased pressure on their institutions to cut ties with companies and Israeli universities complicit in this crime against humanity. Students and staff have been calling for the academic boycott of Israel for many years prior, because Israeli academic institutions have been complicit in the commission of apartheid, colonization, and occupation against the Palestinian people for many decades. This website serves as an information source in support of their activities, and for anyone else interested in this issue.

    Based on a variety of sources, including the CORDIS-website with EU funded research projects, university websites, results from Freedom of Information requests and the work of Dr. Maya Wind, this website maps institutional ties that are current as of March 2025. It builds on research by Stop Academic Complicity and students and staff at various French universities, and is a work in progress.
    What does this overview show?

    This overview focuses on the ongoing multi-year partenerships between Israeli universities and French universities. There is two types of these institutional ties, ones conclued by bilateral contrats, others founded by the European Union through the Horizon Europe funding programme for research and innovation (from 2021 to 2027).

    French universities is understood as public academic institutions. Therefore, this overview does not include private academic institutions neither universities’ investments - such as foundations -, which do not publish their portfolios.

    In line with the calls of the international BDS movement, the overview focuses on institutional ties and does not include collaborations between individual academics. We mapped all ties between French universities and Israeli academic institutions, since all Israeli academic institutions are documented and known to be actively complicit in the violation of Palestinian rights. This makes them subject to the PACBI/BDS call for academic boycott.

    Others important types of relationship are excluded or missing from this overview: university partenerships with Israeli companies, neither campanies that has long-term relations with major international military security companies that provide arms and technologies to the Israeli Defence Forces and/or are involved in ongoing cooperation with the Israeli arms industry.

    https://academiccomplicity.fr
    #université #complicité #Israël #cartographie #visualisation #France #ESR #coopération #collaboration #recherche #enseignement_supérieur

  • Caroline Ibos, sociologue : « La neutralité scientifique est au mieux une illusion, au pire une injonction politique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/15/caroline-ibos-sociologue-la-neutralite-scientifique-est-au-mieux-une-illusio

    Caroline Ibos est professeure de sociologie et d’études de genre à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, chercheuse au Sophiapol, et travaille notamment sur les éthiques du care (le soin, en anglais, au sens non médicalisé du mot) et les domesticités. Elle a publié, avec Eric Fassin, La Savante et le Politique. Ce que le féminisme fait aux sciences sociales (PUF, 328 pages, 20 euros).

    Votre livre se présente comme une réponse aux attaques visant la recherche scientifique, en particulier les sciences humaines et sociales. Comment expliquez-vous cette virulence ?

    Ces attaques sont en effet massives, de la part de forces politiques qui revendiquent une lecture biologisante du monde : les milliardaires y sont vus comme des génies qui méritent leur fortune, les pauvres comme des faibles, nés pour être pauvres, les femmes sont définies par leur « nature », légitimant un ordre social qui les renvoie à la maison…

    Les sciences sociales viennent déranger cet ordre établi, parce qu’elles portent un regard critique qui interroge, justement, ce qui semble si évident. En dénaturalisant les rapports sociaux et les inégalités, elles déstabilisent les discours d’autorité. Il faut donc les faire taire.

    Aux Etats-Unis, l’offensive a d’abord été dirigée contre les sciences sociales, avant de cibler aussi celles du climat ou la microbiologie et même les vaccins… En Europe, les études de genre sont attaquées depuis longtemps dans des pays comme la Hongrie. En France, l’intervention de la ministre Frédérique Vidal réclamant, en 2021, une enquête sur certains champs d’études critiques a marqué les esprits.

    Dans ce contexte d’intimidation et d’incertitude, il nous a semblé important de mettre en lumière les protocoles et les principes qui légitiment le travail scientifique. Nous voulions également revenir à la seule question qui vaille au fond : à quelles conditions les sciences sociales peuvent-elles remettre en cause ce qui semble évident, c’est-à-dire être véritablement critiques ?

    https://justpaste.it/m2tie

    #livre #sciences_sociales #neutralité_scientifique #naturalisation

    • L’apport des études féministes pour plus d’objectivité scientifique
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/15/l-apport-des-etudes-feministes-pour-plus-d-objectivite-scientifique_6657712_

      Livre. Des Etats-Unis à l’Europe, du Brésil à la Russie, les sciences sociales sont les cibles d’attaques violentes. La France n’échappe pas à ces offensives émanant de figures politiques de #droite et d’#extrême_droite, mais aussi d’#universitaires reprochant à leurs collègues de confondre #recherche et idéologie. C’est parce qu’ils jugent nécessaire de « prendre au sérieux la controverse épistémologique » que les sociologues Eric Fassin et Caroline Ibos, professeurs à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, ont eu l’idée de cet essai dense et éclairant dont le titre emprunte à la fois à Max Weber et aux travaux féministes (La Savante et le Politique. Ce que le féminisme fait aux sciences sociales, PUF, 328 pages, 20 euros).

      Les deux spécialistes des études de genre y proposent un retour aux sources théoriques pour interroger le positionnement du chercheur et montrer que les sciences sociales ont toujours été politiques. Parce que la neutralité est illusoire, l’ouvrage s’attache à mettre en lumière l’apport des #études_féministes dans la quête d’objectivité. Plutôt que de vouloir corriger les biais par le dépassement des points de vue, elles engagent au contraire à situer les savoirs, et à ouvrir grand la recherche aux expériences, avec une attention particulière à celles des #minorités.

      Une dernière partie questionne l’éthique des enquêtes de terrain en sociologie à partir d’un épisode méconnu de l’histoire de la discipline, lorsque, autour de Jane Addams (1860-1935), les #femmes de la Hull House à Chicago réalisent des enquêtes dans des ateliers ou des tribunaux pour enfants, dans une perspective de réforme sociale. Ces travaux, jugés – déjà – trop politiques, seront écartés, avec leurs autrices, par les universitaires – masculins – de l’école de Chicago.

      S’il est plutôt destiné à un public universitaire, nul doute que cet essai, présenté par ses auteurs comme « une sorte de guide scientifique de l’engagement savant », contribuera utilement à nourrir le débat.

      #féminisme #point_de_vue_situé

  • Le SNPTES dénonce le fait de soumettre nos collègues étrangers, fonctionnaires ou contractuels, à un #examen_civique payant

    Le SNPTES condamne le double discours de certains politiques qui souhaitent encourager la venue de talents scientifiques étrangers et qui, parallèlement, leur compliquent la vie.

    Comme si cela ne suffisait pas… à partir du 1er janvier prochain, nos établissements publics de l’enseignement supérieur et de la recherche vont être confrontés à un nouveau problème… En effet, une proportion importante de nos collègues étrangers, contractuels ou même fonctionnaires, seront désormais soumis à de nouvelles démarches lorsqu’ils auront besoin, notamment, de solliciter une carte de résident ou une #carte_de_séjour pluriannuelle. En particulier, les personnes visées seront soumises à un examen civique sous forme d’un très scolaire ou infantilisant #QCM… Cet #examen, cerise sur le gâteau, sera payant !

    Le SNPTES précise que cela concernera nos collègues contractuels en #CDD ou #CDI, nos collègues contractuels doctorantes et #doctorants, nos collègues personnels ouvrier (PO) des CROUS, mais aussi nos collègues de nationalité étrangères à l’Union européenne (UE) qui seraient pourtant #fonctionnaires stagiaires ou #titulaires ITA-ITRF de catégorie A, #chercheurs et #enseignants-chercheurs.

    Concernant ces dernières catégories, le SNPTES rappelle en effet que depuis très longtemps des collègues étrangers à l’Union peuvent, fort heureusement, devenir fonctionnaires français sans pour autant être soumis à l’obligation d’acquérir la #nationalité française. Le SNPTES précise, pour les réactionnaires ou grincheux qui nous liraient, que certains de ces collègues fonctionnaires renoncent à devenir français tout simplement parce que cela les conduirait à couper tout lien ou toute possibilité de séjourner temporairement dans leur pays d’origine.

    Concrètement, cela pourrait signifier que les collègues fonctionnaires, contractuels de droit public et PO des CROUS qui échoueraient à cet examen civique seraient désormais en situation irrégulière. Bienvenue dans le pays des droits de l’homme !

    Le SNPTES interpelle donc notre ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace sur la stupidité de cette procédure kafkaïenne qui, de surcroît, est totalement à l’opposé du souhait ministériel d’attirer des #talents scientifiques internationaux en initiant, par exemple, l’opération “#Choose_France_for_Science”.

    Le SNPTES interpelle aussi les directions de nos établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche sur la nécessité d’aider les collègues concernés à se dépatouiller dans ce labyrinthe administratif. Nos directions, comme cela existe dans quelques établissements universitaires pour nos étudiants internationaux, doivent mettre en place, avec les préfectures, des cellules destinées, au sein de nos services, à faciliter les démarches de nos collègues.

    Enfin, le SNPTES constate que, là aussi, des officines privées ont déjà repérer le bon filon et s’apprêtent à proposer leurs services payants à celles et ceux qui sont soumis à cet examen.

    https://www.snptes.fr/index.php?lvl=notice_display&id=16627
    #université #ESR #enseignement_supérieur #France #recherche #étrangers #racisme

    ping @karine4

  • Un grand pas de plus vers la science ouverte

    A partir du 1er janvier 2026, le #CNRS coupera l’accès à l’une des plus importantes bases bibliométriques commerciales : le #Web_of_Science de #Clarivate_Analytics ainsi que les #Core_Collection et #Journal_Citation_Reports.

    https://journals.openedition.org/cybergeo/42519

    #science_ouverte #édition_scientifique #revues_prédatrices #résistance #WOS #Elsevier #Scopus #ESR #science #recherche #publications_scientifiques

    –-

    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Evidence mounts of Japan’s wartime atrocities
    https://www.chinadaily.com.cn/a/202512/14/WS693ed7afa310d6866eb2e883.html

    A national memorial ceremony for the Nanjing Massacre victims is held at the Memorial Hall of the Victims in Nanjing Massacre by Japanese Invaders in Nanjing, Jiangsu province, on Saturday. [Photo by Wang Zhuangfei/CHINA DAILY]

    La Chine publie de nouvelles preuves pour les crimes des médecins de l’unité 731. On se rappelle que les médecins japonais ont vendu aux militaires du général Douglas MacArthur les résultats de leurs recherches sur les armes biologiques en échange de la protection contre la condamnation pour crimes de guerre. Les historiens chinois ont accédé aux archives soviétiques pour cumuler de nouvelles preuves pour les atrocités commis par les médecins japonais.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_731
    Selon les travaux publiés en 2002 par le Symposium International sur les Crimes de la Guerre Bactériologique, le nombre de personnes mortes en Chine à la suite des expérimentations et de l’usage des armes bactériologiques par l’Armée impériale japonaise s’élève à plus de 580 000 .

    14.12.2025 by Xu Nu - Archives: Biological warfare proves to be ‘state crime’

    Fresh evidence shows that the cultivation of pathogenic bacteria by Unit 731, the notorious biological warfare unit of the Japanese Imperial Army operating during World War II, was not for the production of vaccines, but for the mass destruction of human life.

    The new evidence is part of a collection of declassified archive documents detailing Soviet interrogations of Unit 731 members. The documents were released on Saturday by the National Archives Administration of China.

    The archives, provided by Russia, included interrogation records of Unit 731 members, investigation reports on their crimes, and internal Soviet correspondence spanning from May 1939 to December 1950, according to the administration.

    The archives primarily focus on the Khabarovsk War Crimes Trials, which were Soviet hearings of 12 members of Unit 731 charged with preparing and implementing biological warfare and conducting human experimentation during World War II. For the first time, the investigation and interrogation processes before the trial were disclosed.

    During the Chinese People’s War of Resistance Against Japanese Aggression (1931-45), the Japanese invading forces established a biological warfare network across multiple Asian countries, with Unit 731 located in Harbin, a city in Northeast China’s Heilongjiang province.

    Under the program, experiments were conducted on civilians to develop chemical and biological weapons. At least 3,000 people were killed by Unit 731, and more than 300,000 people in China were killed by the Japanese Army’s biological weapons, according to online government services portal China Services Info.

    #histoire #impérialisme #Chine #Japon #crimes_de_guerre #recherche_médicale #armes_biioogiques #racisme #iatrocratie

  • The fall of a prolific science journal exposes the billion-dollar profits of scientific publishing

    One of the 15 publications that put out the most studies globally has been expelled from the indexing system for irregularities. Its publisher, #Elsevier, has a 38% profit margin that reached $1.5 billion in 2024

    With humanity terrified by the deadly second wave of the coronavirus, in the fall of 2020, a scientific journal published a study with a solution: jade amulets from traditional Chinese medicine could prevent COVID-19. The proposal was outlandish, but the editor-in-chief of the weekly, Spanish chemist Damià Barceló, defended its quality controls. That journal, Science of the Total Environment — one of the 15 that publishes the most studies worldwide — has just been expelled from the group of reputable publications by one of the leading evaluation companies, after dozens of irregular articles were discovered. The scandal exposes the windfall profits of scientific publishers, who in recent years have amassed billions of dollars in earnings from public funds earmarked for science.

    Damià Barceló, 71, took over as editor of the journal in 2012. In just two years, he doubled the number of studies published. In a decade, he increased the number tenfold, with the journal reaching nearly 10,000 articles annually. As the number of articles increased, the quality declined, because there was a perverse incentive to accept mediocre work: to publish research open access in the journal, a scientist has to pay $4,150 plus taxes.

    Emilio Delgado, professor of documentation at the University of Granada in Spain, explains it this way: “It’s clearly an open-door journal that takes almost anything. It’s what I call a mega-journal, that is, a mega-business.” The publication belongs to the Dutch publishing giant Elsevier, which dominates the world of science publishing, with a 17% share of the global market. Its 3,000 journals published 720,000 studies last year. Swedish businessman Erik Engstrom, CEO of RELX (the multinational that owns Elsevier), earned more than €15 million ($17.4 million) in 2024 between his salary and other compensation.

    Delgado and his colleague Alberto Martín analyzed the unusual behavior of the mega-journal at the request of EL PAÍS. Of all the studies published in Science of the Total Environment, 40% are by Chinese authors and 8% are by Spanish authors — percentages that are double the usual ratio in the subject area. The third institution that publishes the most articles in this journal, after two Chinese organizations, is the Spanish National Research Council (CSIC), Spain’s largest scientific organization, where Barceló himself worked until his retirement last year. “With these patterns, one might consider the possibility of publication fraud, but this is speculation,” says Delgado.

    The scientific system operates in a controversial way. Researchers’ funding and promotions depend largely on the number of studies they publish in journals, which are validated by a handful of private companies. One of these companies, the London-based multinational Clarivate, removed Science of the Total Environment from its database on November 18. “The journal was removed because it no longer meets our publicly available quality criteria,” explained a spokesperson, who declined to offer further details.

    In theory, the quality of scientific journals is safeguarded by anonymous experts who voluntarily review manuscripts to determine whether they should be published. In Science of the Total Environment, this system was allegedly compromised. The publisher Elsevier itself has retracted some 50 studies published by the Brazilian biologist Guilherme Malafaia, after discovering that his work had been “reviewed” through fake peer reviews signed with the names of real scientists without their consent — as was the case with an article on coronavirus in fish and another on the toxicity of a herbicide in turtles. Malafaia and Barceló are co-authors on several studies on microplastic pollution, but these shared investigations have not yet been retracted.

    The four major scientific publishers — Elsevier, Springer Nature, Wiley, and Taylor & Francis — earned more than $7 billion in 2024, with profit margins unimaginable in almost any other industry, exceeding 30%, according to a new analysis led by British anthropologist Dan Brockington of the Autonomous University of Barcelona. This collective windfall is explained by the “publish or perish” system — which rewards improbably prolific scientists who produce a study every two days — as well as a shift in the industry’s business model. Previously, readers paid subscription fees to access quality journals. Now, amid the push for open access to science, it is the authors themselves who must pay to have their research published so that others can read it for free. This perverse incentive — whereby both scientists and journals earn more the more they publish, regardless of quality — has fueled a flood of millions of low-quality studies.

    Elsevier is the publisher that publishes the most studies and earns the most, with a 38% profit margin ($1.5 billion in 2024), according to the analysis by Brockington and his colleagues. The researchers call for efforts to “dismantle the system” that sees billions of dollars of public money being spent on publishing empty studies for the exclusive benefit of private companies. According to their calculations, Elsevier, Springer Nature, Wiley, and Taylor & Francis have received more than $14 billion in profits over the last six years. Among the co-authors of the analysis is the Spanish engineer Pablo Gómez Barreiro, from the Royal Botanic Gardens, Kew, in southern England.

    An Elsevier spokesperson defended the company’s actions. “We uphold the highest standards of rigor and ethics in our publishing to protect the quality and integrity of research,” they stated. The publisher conducted an initial investigation that resulted in dozens of retractions in Science of the Total Environment, officially due to the fraudulent peer review of articles. “We are now undertaking a broader investigation focused on conflicts of interest, as well as reviewing papers flagged for other potential indicators of misconduct,” the spokesperson added. The publisher intends to “fully rehabilitate” the journal.

    Damià Barceló is a hyper-prolific scientist, one of those who publishes a new study every five days or even less. He has authored some 1,800 papers in his lifetime, more than 200 of them in Science of the Total Environment, his own journal. His name appears numerous times as editor of his own studies, such as one on drugs in wastewater in Mexico and another on chemical pollution in the Ebro and Guadalquivir rivers in Spain.

    The Elsevier spokesperson explained that Barceló “stepped down” as editor-in-chief in March 2025. “This change was part of a broader effort to strengthen the journal’s governance and address concerns raised,” the spokesperson stated. Elsevier maintains that the “systemic problems” that led to the expulsion of Science of the Total Environment “cannot be attributed to any single individual.” EL PAÍS requested a comment from Barceló, both via his personal WhatsApp and the email address associated with his current position as honorary professor at the University of Almería, but did not receive a response.

    Barceló’s prolific output helped him enter the Highly Cited Researchers list, a ranking compiled by the multinational Clarivate that includes some 7,000 researchers worldwide. The more highly-cited researchers a university has, the higher it ranks in the influential Shanghai Ranking, which designates the supposedly best academic institutions in the world. An investigation by EL PAÍS revealed in 2023 that Saudi Arabia offered bribes of up to €70,000 ($81,000) a year to highly-cited scientists to falsify their affiliations in Clarivate’s database, claiming they worked at an Arab university in order to boost those institutions in the ranking.

    Damià Barceló had been listed as a professor at Saudi Arabia’s King Saud University since 2016, despite his primary role being director of the Catalan Institute for Water Research in Girona, Spain. Barceló told this newspaper at the time that he had not been receiving the €70,000 annual salary. In 2013, the Spanish chemist received a $133,000 award from Saudi King Salman bin Abdulaziz for his research on water contaminants.

    Spanish universities, like those in other countries, have become places where producing research papers is prioritized above all else, almost like a large-scale factory farm that churns out studies, according to Emilio Delgado and Alberto Martín, bibliometrics experts at the University of Granada. Professors with completely inflated CVs have risen to full professorships or even rectors. Spurred by various international manifestos, the National Agency for Quality Assessment and Accreditation (ANECA) —the Spanish agency that decides whether a university professor can be promoted or deserves salary increases — has changed its criteria to stop evaluating scientists based on sheer volume.

    The president of the Spanish Research Ethics Committee, Dr. Jordi Camí, has called for further action. “We must clean up this mess,” he proclaimed at a conference in Barcelona on November 6. In his opinion, “we must continue to introduce measures to discourage, almost penalize, publishing for the sake of publishing.”

    https://english.elpais.com/science-tech/2025-11-28/the-fall-of-a-prolific-science-journal-exposes-the-billion-dollar-pr
    #recherche #édition_scientifique #revues_scientifiques #science

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    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique*:
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • «  La #tribune_dimanche  » et le ministre de l’enseignement supérieur  : un pur moment de #propagande

    L’hebdomadaire dominical du milliardaire #Rodolphe_Saadé a publié un entretien avec le ministre de l’Enseignement supérieur #Philippe_Baptiste, qui a profité de l’occasion pour se poser, sans être contredit, en champion de «  la #liberté_académique  ». Problème  : dans le monde réel, ce ministre engagé est, comme ses prédécesseurs macronistes, un assaillant de cette liberté.

    Dans son édition datée du 30 novembre 2025, l’hebdomadaire dominical La Tribune dimanche (groupe #CMA_Média) a publié, sur deux pages, un article trompetant, comme un cocorico, que la France allait prochainement accueillir 33 «  scientifiques américains de renommée internationale dont la liberté académique est menacée aux États-Unis  » - où le président Donald J. Trump est, comme on sait, parti en guerre contre les universités, accusées, en substance, d’être des repaires de gauchistes pro-palestiniens.

    Ce long article est complété — deux attentions valent mieux qu’une — par un entretien avec le ministre macroniste de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, à qui La Tribune dimanche pose la question suivante : «  Qu’est-ce qui empêcherait la #science française de subir le même sort que la science américaine en cas de bouleversement politique dans le pays  ?  »

    C’est-à-dire : dans le cas où l’extrême droite prendrait aussi le pouvoir de ce côté-ci de l’Atlantique.

    Le ministre fait cette réponse bouleversante : «  La question de la liberté académique est centrale. (…) Ce que montre l’exemple américain, c’est que la première garantie de la liberté académique, c’est un #financement suffisant pour la recherche de base  ! Partager collectivement, au sein du pays, un attachement viscéral à la #science et à la recherche libres, c’est la première étape pour protéger les #libertés_académiques.  »

    Ces propos sont si beaux, que l’intervieweur du ministre, probablement subjugué par tant d’attachement au libre exercice de la recherche et de «  la science  », en oublie de confronter Philippe Baptiste à la réalité de ses pratiques ministérielles — et de celles de ses prédécesseurs macronistes.

    Discours admirable, méthodes détestables

    Et c’est un peu dommage, car ce journaliste découvrirait, s’il poussait plus avant sa curiosité, un conséquent décalage entre un discours officiel tout à fait admirable, et des méthodes qui le sont beaucoup — beaucoup - moins.

    Car, premièrement  : loin d’assurer à «  la #recherche_de_base  » le «  financement suffisant  » qui serait selon le ministre «  la première garantie de la liberté académique  », l’État macroniste, en les sous-finançant, entretient au contraire un #déficit chronique des universités, qui sont invitées, sous le sceau de leur #autonomisation, à gérer elles-mêmes les difficultés financières croissantes auxquelles elles se trouvent ainsi confrontées - faute d’une aide publique suffisante.

    Et bien sûr : cette pénurie organisée, où chaque président d’université se trouve contraint de courir après des subsides étatiques en constante diminution, favorise une #compétition entre établissements qui détériore grandement les conditions de la #recherche et de l’enseignement.

    Insistons-y  : pendant que Philippe Baptiste déclame que le «  financement suffisant  » de «  la recherche de base  » est la «  première garantie de la liberté académique  », son gouvernement entretient dans l’université française une #précarité qui a pour effet de fragiliser cette recherche, en la soumettant à des logiques de compétitivité qui empêchent évidemment son libre exercice.

    Mais surtout, et au-delà de cette logique mortifère  : Philippe Baptiste s’implique personnellement dans de préoccupantes limitations de «  la liberté académique  » dont il prétend très sérieusement se faire le champion – mais pourquoi se gênerait-il, puisque d’agréables intervieweurs oublient très gentiment de le confronter à cette #hypocrisie.

    Il est vrai qu’ici le ministre n’innove guère, et qu’il s’inscrit au contraire dans une tradition déjà ancienne - puisque le #macronisme gouvernemental oeuvre depuis de longues années à la #disqualification des enseignants et chercheurs dont les travaux sont jugés trop déviants.

    En 2020, quelques jours après l’assassinat du professeur Samuel Paty par un djihadiste, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque – le très droitier Jean-Michel Blanquer (qui s’est depuis reconverti dans la chanson artificielle) - avait ainsi déclaré que «  l’#islamo-gauchisme  » (1) faisait «  des ravages à l’université  », et favorisait «  une idéologie  » qui «  men(ait) au pire  ».

    C’est-à-dire : au terrorisme.

    Il avait ensuite précisé, quelques jours plus tard  : «  Il y a un combat à mener contre une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses qui veulent essentialiser les identités et les communautés, aux antipodes de notre modèle républicain. Cette réalité a gangrené notamment une partie des sciences sociales françaises, je défie quiconque de me dire le contraire.  »

    Relevant ce crâne défi, la Conférence des présidents d’université (CPU, devenue France universités en 2022) avait alors publié un communiqué au vitriol invitant le ministre à «  éviter amalgames et raccourcis inutiles  », et rappelant ces quelques sobres évidences  : «  Non, les universités ne sont pas des lieux où se construirait une “idéologie qui mène au pire“. Non, les universités ne sont pas des lieux d’expression ou d’encouragement du fanatisme. Non, les universités ne sauraient être tenues pour complices du terrorisme.  »

    L’année d’après — en 2021, donc —  #Frédérique_Vidal, alors ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, manifestement désireuse de ne pas se laisser distancer par Blanquer sur le terrain de l’extravagance, avait quant à elle annoncé qu’elle avait demandé au CNRS «  une enquête sur l’islamo-gauchisme  » qui selon elle «  gangrenait  » l’université.

    Là encore  : la CPU avait vivement réagi — pour suggérer à la ministre de ne pas «  raconter n’importe quoi  » —, et plusieurs centaines d’enseignants et de chercheurs ulcérés par cette nouvelle attaque avaient demandé — en vain —, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, la «  démission  » de Frédérique Vidal.

    Et finalement, en 2023  : ce même journal avait révélé qu’en réalité, l’intéressée n’avait jamais demandé d’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université, et qu’elle avait donc menti en annonçant deux ans plus tôt le lancement d’une telle investigation - un peu comme si son intention avait effectivement été de «  raconter n’importe quoi  » pour jeter l’opprobre sur le monde universitaire.

    Colloque interdit

    Deux ans plus tard : c’est Philippe Baptiste, qui, pleinement investi dans la perpétuation de ces pratiques, entretient à son tour le soupçon que certains enseignants et chercheurs seraient travaillés par de torves intentions.

    Les 14 et 15 novembre dernier, par exemple, et comme l’a déjà raconté Blast  : un très sérieux #colloque sur la #Palestine devait se tenir au #Collège_de_France.

    Mais il a été annulé, sous la pression, notamment, d’une petite clique d’universitaires qui œuvre dans l’ombre, et sous le couvert d’un obscur Réseau de recherche sur l’antisémitisme et le racisme (RRA), au dénigrement de collègues dénoncés comme trop hétérodoxes — ou trop sensibles au sort des victimes palestiniennes des crimes perpétrés par l’armée israélienne —, et qui s’est mobilisée, avec une association d’avocats et à l’unisson de quelques organisations adeptes du bâillonnement des voix dissidentes, contre la tenue de ce symposium scientifique.

    Non sans succès, puisqu’il a effectivement été annulé.

    Quelle a été, dans cette affaire, la position de Philippe Baptiste  ? Parfaitement informé de la manœuvre du RRA, qui l’avait directement sollicité, ce ministre, loin de dénoncer pour ce qu’elle était cette atteinte caractérisée à la liberté académique — et cette mobilisation pour l’interdiction d’un colloque scientifique —, s’est au contraire associé à cette funeste entreprise, en adressant à l’administrateur du Collège de France un courrier dans lequel il écrivait qu’«  au vu  » du «  programme  » de ce symposium, il «  doutait  » que cette vénérable institution pluriséculaire soit «  en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer  », et exprimait par surcroît — deux intimidations valent mieux qu’une — son «  profond désaccord  » personnel «  avec l’angle retenu  » par les organisateurs de la conférence.

    Là encore, insistons, et répétons : au lieu de de défendre la liberté académique, Philippe Baptiste, lorsqu’il a été sollicité au début du mois de novembre par des universitaires militants qui protestaient contre l’organisation d’un colloque scientifique, a fait savoir qu’il était, lui aussi, opposé à la tenue de cet événement.

    Et c’était déjà beaucoup, mais cet étonnant ministre ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

    L’#antisémitisme à l’université

    Quelques jours après la censure du colloque du Collège de France, en effet  : les présidents des universités françaises ont eu la surprise de recevoir ce qui leur a très officiellement été présenté comme un très sérieux sondage, concocté par des collaborateurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), sur «  l’antisémitisme à l’université  » - intitulé qui, par lui-même, suggérait, on l’aura compris, que cette haine raciste infectait le même monde académique qui avait déjà été accusé quelques années plus tôt d’être gangrené par «  l’islamo-gauchisme  ».

    Immédiatement, le collectif d’enseignants et de chercheurs RogueESR, dénonçant ce qu’il a fort justement appelé une «  trumpisation de l’université française  » et un «  fichage politique  » a publié, sur son site, le 22 novembre, un billet constatant que cet «  envoi d’un questionnaire politique et religieux à des agents du service public viol(ait) le principe de neutralité institutionnelle  » en «  demandant explicitement  » à des «  agents publics, par voie hiérarchique, de répondre à un questionnaire dont plusieurs questions amènent à la collecte de données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses des personnels  » universitaires.

    Selon RogueESR, «  ce sondage pseudo-scientifique  », qui «  essentialis(ait) des catégories racistes  », était «  totalement illégal  ».

    Et quelques jours plus tard, le 28 novembre : c’est le rabbin Émile Ackermann qui a relevé, dans une tribune accablante publiée par le journal Libération, que le questionnaire adressé aux présidents d’université, pourtant «  présenté  » par le ministère de l’Enseignement supérieur «  comme un outil de mesure de l’antisémitisme  », ne «  cartographi(ait) pas les préjugés  » antijuifs, mais qu’il «  les remet(tait) en circulation  » - excusez du peu.

    Face à ce tollé : cette enquête qui avait été présentée comme très sérieuse a finalement été, comme l’a relevé Le Monde le 1er décembre, «  discrètement interrompue  » par le ministère, qui n’a pas daigné expliquer ce qui avait motivé ce revirement.

    Le ministre fait partie du problème

    En résumé  : en l’espace d’une quinzaine de jours seulement, le ministre de l’Enseignement supérieur a successivement légitimé une campagne dont l’objectif était d’interdire un colloque scientifique au Collège de France, puis une enquête permettant, pour reprendre les termes employés par le collectif RogueESR, de collecter des «  données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses  » des universitaires - et dont Philippe Baptiste a lui-même a implicitement reconnu, en mettant fin prématurément à cette stupéfiante expérience, qu’elle était, pour le dire très pondérément, problématique.

    La conclusion, qui a semble-t-il complètement échappé à La Tribune dimanche, est relativement simple à formuler : dans un moment où les libertés académiques font l’objet, aux États-Unis comme en France, d’attaques ciblées et concertées, Philippe Baptiste fait partie du problème – pas de la solution.

    (1) Ce néologisme forgé au début des années 2000, très en vogue au sein des droites françaises, est une espèce de lointaine déclinaison du non moins fantasmatique «  judéo-bolchevisme  » contre lequel ces mêmes droites concentraient leur colère au début du siècle dernier – avec les effets et suites que l’on sait.

    https://www.blast-info.fr/articles/2025/la-tribune-dimanche-et-le-ministre-de-lenseignement-superieur-un-pur-mome
    #ESR #recherche #université #islamogauchisme

  • Le Carep, un outil de « soft power du Qatar » ? Le directeur répond
    https://actualitte.com/article/128005/interviews/le-carep-un-outil-de-soft-power-du-qatar-le-directeur-repond

    Le cas de Francesca Albanese est à cet égard emblématique. Elle n’intervient pas en tant que militante, mais en tant que rapporteuse spéciale des Nations unies, désignée selon des procédures institutionnelles claires. S’attaquer à sa personne en la qualifiant d’antisémite revient implicitement à mettre en cause la légitimité même des Nations unies. Si certains responsables politiques souhaitent assumer cette position, qu’ils le disent clairement — mais qu’ils mesurent aussi les conséquences d’une telle banalisation de l’accusation d’antisémitisme.

    Car c’est là le paradoxe le plus grave : à force d’utiliser cette accusation comme un instrument de disqualification politique, on contribue à l’affaiblir, alors même que les actes antisémites réels, eux, connaissent une recrudescence préoccupante.

    Enfin, exposer publiquement des chercheurs, des modérateurs ou des universitaires en les livrant à la vindicte médiatique est une pratique contraire à toutes les normes du débat scientifique. Elle ne fait pas honneur à ceux qui s’y adonnent et elle dit beaucoup de la fragilité des arguments qu’ils prétendent défendre.

    #Palestine #recherche_universitaire #Nations_Unies

  • La recherche en santé doit se détourner du dogmatisme technologique

    Dans une tribune au journal Le Monde , trois chercheurs en biologie cellulaire et en bio-informatique regrettent que les enjeux environnementaux et la justice sociale ne soient pas davantage pris en compte.

    Peut-on promettre de sauver des vies au détriment de la vie sur Terre ? Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) sont formels : le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité menacent gravement la santé de centaines de millions de personnes. En effet, les déterminants majoritaires de la santé, devant l’accès aux traitements, sont environnementaux et sociaux.
    Malgré cela, le monde de la recherche dans le domaine de la santé s’oriente massivement vers le développement de biotechnologies, nécessitant des infrastructures industrielles et extractivistes dont le fonctionnement est justement à l’origine des problèmes environnementaux et sociaux. Observant ce paradoxe, nous souhaitons ouvrir la discussion afin de repenser la recherche en santé pour qu’elle bénéficie au plus grand nombre, dans le respect des limites planétaires.
    La recherche en biologie et en médecine a permis la mise en place de dispositifs de soins qui ont contribué à des progrès considérables dans le traitement des maladies. Il n’est pas question ici de remettre en cause ces progrès et leurs bénéfices. S’appuyant sur ces avancées, la recherche biomédicale jouit toutefois d’une sorte de carte blanche lui permettant tous les excès. Ainsi, les biotechnologies sont largement financées par le « Plan santé 2030 » français et par « Horizon 2030 » au niveau européen. Un objectif affiché de ces financements est « de positionner et de maintenir la France parmi les leaders mondiaux des biothérapies » grâce à une « stratégie d’accélération » révélant, s’il le fallait, que les outils biotechnologiques sont devenus des objets de croissance économique plus que des objets de soin. De fait, les rares recherches de pointe issues des biotechnologies qui réussissent à produire des traitements efficaces donnent lieu à des traitements aux coûts exorbitants bénéficiant avant tout aux plus riches.
    Par ailleurs, la marchandisation de la santé incite les scientifiques à faire des promesses toujours plus exagérées, souvent surestimées, qui ne pourront pas s’appliquer à grande échelle et dont les retombées réelles ne sont jamais évaluées. Cette fuite en avant pousse à produire toujours plus d’études s’appuyant sur des technologies voraces en énergie, matériaux et données, parfois au détriment de la pertinence de la question scientifique posée. Ces promesses ne questionnent jamais la potentielle contribution des découvertes à venir aux bouleversements environnementaux et aux injustices sociales. Des directions ultratechnologiques sont alors prises au détriment d’approches plus sobres et de stratégies de prévention des risques sociaux et environnementaux qui sont largement ignorées, malgré un potentiel sanitaire important.
    Comment en est-on arrivé là ? La recherche académique a connu un tournant néolibéral depuis les années 1980. Ainsi, les financements sur projet ont progressivement remplacé les financements pérennes des laboratoires. A cela se sont ajoutés les financements directs par des industriels, ainsi que l’incitation à la « valorisation » sous forme de brevets et de start-up, orientant massivement le fonctionnement des laboratoires publics et privés vers des solutions techno-industrielles. Les conséquences sont graves : les liens d’intérêts, les exigences de productivité et la mise en concurrence des scientifiques entraînent la disparition des espaces de délibération et de discussion entre pairs et anéantissent les velléités de réflexions sociétales et éthiques sur le véritable impact sur la santé, l’environnement et la justice sociale des projets de recherche. Pourtant, les valeurs d’attention au monde vivant et de justice sociale sont largement partagées par la communauté scientifique.
    Pour lutter contre ces dérives, des initiatives ont émergé ces dernières années visant à promouvoir une transformation du fonctionnement de la recherche. Pour certaines, l’objectif est de réduire l’impact environnemental de la recherche (collectif national Labos 1point5). Pour d’autres, il s’agit de remettre de la démocratie dans les modes de financement et le choix des sujets de recherche afin d’éviter les conflits d’intérêts induits par l’augmentation des financements privés, de promouvoir la liberté académique ou encore de prendre en charge des sujets de santé publique négligés (sciences citoyennes, association pour la liberté académique ou instituts écocitoyens). Enfin, certains collectifs s’appuient sur une culture de la transdisciplinarité et cherchent à promouvoir des approches réflexives sur les conséquences – environnementales, sociétales et politiques – des recherches menées dans les laboratoires (les ateliers d’écologie politique, le collectif Archipel, le Mouvement pour des savoirs engagés et reliés).
    Ces initiatives restent néanmoins largement minoritaires. Notre but n’est pas de pointer du doigt des choix individuels, mais d’appeler à collectivement repenser la recherche en santé pour qu’elle ne soit plus centrée sur un dogmatisme technologique participant à la détérioration des milieux de vie, de la justice sociale et donc de la santé des populations. C’est par la pluralité des dispositifs, en pensant la santé de façon globale, que l’on pourra définir ensemble les contours d’une recherche en biologie et en médecine qui se fonde sur une approche humaniste, équitable et sobre de la santé.
    Alice Meunier (directrice de recherche CNRS en biologie cellulaire), Florian Massip (chercheur en bio-informatique à l’Ecole des mines de Paris et à l’Institut Curie) et Pierre-Luc Bardet (maître de conférences en biologie cellulaire à Sorbonne Université)

    Ce texte émane d’un travail au sein de l’Atelier d’écologie politique francilien (#Ecopolien).

    Tribune publié dans le journal Le Monde , le 9 décembre 2025.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/12/09/la-recherche-en-sante-doit-se-detourner-du-dogmatisme-technologique_6656613_

    #recherche_scientifique #santé_publique #critique_techno #contre-productivité

    Une problématique déjà abordée par le #Low-Tech_Magazine :

    https://solar.lowtechmagazine.com/fr/2021/02/how-sustainable-is-high-tech-health-care

    Sans parler, bien sûr, d’#Ivan_Illich et sa Némésis Médicale , 1971.

  • #Décoder

    La #Recherche pour tous
    https://www.youtube.com/watch?v=Q1y1l7PJyF0


    La connaissance n’a pas de prix et doit être accessible librement. Toutefois, le grand public a rarement l’occasion de questionner les résultats issus de la recherche, de demander des précisions, de pouvoir exprimer sa critique à l’égard de ces travaux.
    Face à ce problème, nous avons imaginé un #journal pluridisciplinaire dans lequel des chercheur.e.s pourraient publier leurs articles dans une version « vulgarisée », en accès libre. Ces #articles_vulgarisés seraient ensuite validés après un travail de relecture de collégien.ne.s, et/ou lycéen.ne.s mis.e.s en contact avec le.la chercheur.e.

    Et ce journal, comme nous étions motivé.e.s, nous l’avons créé.

    https://journal-decoder.fr
    #vulgarisation #enfants #science #articles_scientifiques #lycée #collègue #éducation #revue

  • The Drain of Scientific Publishing

    The domination of scientific publishing in the Global North by major commercial publishers is harmful to science. We need the most powerful members of the research community, funders, governments and Universities, to lead the drive to re-communalise publishing to serve science not the market.

    https://arxiv.org/abs/2511.04820
    #édition_scientifique #recherche #publication #revues_prédatrices

    –-

    ajouté à la métaliste sur la #publication_scientifique* :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Le CNRS s’émancipe du Web of Science | CNRS
    https://www.cnrs.fr/fr/actualite/le-cnrs-semancipe-du-web-science

    À partir du 1er janvier 2026, le CNRS coupera l’accès à l’une des plus importantes bases bibliométriques commerciales : le Web of Science de Clarivate Analytics, ainsi que les Core Collection et Journal Citation Reports.

    Depuis 2019 et la publication de sa première feuille de route pour la science ouverte, le CNRS mène une politique active en faveur de l’ouverture des résultats de la recherche et d’une nouvelle évaluation des scientifiques. À l’évaluation quantitative, fondée sur des indicateurs bibliométriques, le CNRS et bien d’autres institutions de recherche opposent une logique qualitative. C’est dans ce contexte que se comprend la décision du CNRS de couper l’accès au Web of Science (WoS) de Clarivate Analytics. C’est une étape essentielle dans la politique de science ouverte du CNRS. Il s’agit d’être en cohérence avec les principes de l’évaluation de la recherche, qui appellent d’une part à sortir de l’utilisation d’indicateurs bibliométriques quantitatifs et d’autre part d’accélérer le développement de solutions alternatives tournées vers des données ouvertes et transparentes.

    Pour une évaluation qualitative

    L’utilisation du facteur d’impact a contribué à la dérive des pratiques de publication scientifique et donc des pratiques de la recherche. Pour Alain Schuhl, le directeur général délégué à la science (DGDS) au CNRS, « la recherche a été trop longtemps piégée par des indicateurs qui n’ont pourtant rien à voir avec la qualité intrinsèque des avancées scientifiques liées à une publication ». Dicter les règles du jeu de l’évaluation des chercheurs et chercheuses en définissant le prestige et la désirabilité des revues est « une vision réductrice de la science qui ne doit plus être cautionnée. Cela nous pousse à agir dès maintenant pour garantir la qualité et l’éthique du système d’évaluation de la recherche », précise le DGDS.

    Pousser au développement de bases ouvertes

    Le CNRS a commencé par se désabonner de la base Scopus d’Elsevier en 2024. Il poursuit son action aujourd’hui en coupant les accès à la base bibliométrique de Clarivate Analytics. Alain Schuhl rappelle que « d’autres établissements prestigieux ont ouvert la voie ». Cette décision du CNRS permettra à l’établissement d’économiser 1,4 millions d’euros annuels d’abonnement et de rediriger ces fonds vers des actions en faveur de la science ouverte, en particulier pour le développement des bases ouvertes.

    Dès à présent, les chercheurs et chercheuses du CNRS sont invités à se tourner vers des bases ouvertes comme OpenAlex, laquelle offre une meilleure visibilité aux revues non-anglophones et un plus grand nombre de revues que le WoS. Ce dernier n’était pas suffisamment représentatif pour plusieurs disciplines comme les sciences humaines et sociales qui étaient mal couvertes, ainsi que l’informatique ou les mathématiques.
    Le CNRS pousse au développement de bases ouvertes
    Le CNRS pousse au développement de bases ouvertes© mdbeckwith / Unsplash

    Renverser l’avantage historiquement construit du Web of Science

    Si le WoS a occupé une telle place jusqu’à présent, c’est notamment en raison de la contribution collective d’agents publics qui améliorent depuis des années la qualité des données d’affiliation du WoS. « Nous avons gratuitement travaillé à nous verrouiller collectivement dans un système payant dont nous connaissons tous les biais et incomplétudes. Ce qui piège les institutions dans le WoS depuis tout ce temps, c’est qu’il permet la comparaison entre institutions, vu que la majorité des institutions de l’ESR mondial y est répertoriée », décrypte Alain Schuhl. Sortir du WoS, c’est momentanément perdre de sa capacité à se comparer les uns les autres et à se situer par rapport aux autres sur un périmètre commun. « Par cette décision, le CNRS assume donc que le jeu des comparaisons inter-établissements ou inter-personnelles devra se réaliser sur d’autres principes à réinventer », rajoute-t-il.

    Conscient qu’il reste encore un travail conséquent de curation des métadonnées avant de pouvoir tirer le meilleur parti d’OpenAlex, Alain Schuhl estime qu’« il est grand temps de consacrer notre énergie vers une amélioration de la qualité des bases bibliométriques ouvertes » et précise que « le CNRS travaille activement à l’amélioration d’OpenAlex. Nous sommes confiants que cette base pourra d’ici peu pleinement satisfaire tous les scientifiques dans leur travail de recherche bibliographique ».

    On ne s’émancipe jamais seul

    En cette période de fragilisation de la coopération scientifique internationale, l’objectif est plus que jamais de retrouver une souveraineté sur nos choix scientifiques et prises de décisions afin que ces dernières soient guidées par plus de transparence avec des outils ouverts aux méthodes moins opaques. « Travailler collectivement sur le développement de bases ouvertes est devenu une priorité et nous invitons tous nos partenaires à tourner eux aussi la page du Web of Science », conclut Alain Schuhl.

    #Revues_scientifiques #Scientométrie #Evaluation #Recherche #Parasitisme #Accès_libre