• Si les gémissement de la #collapsologie de Servigne & Co vous soulent, il y a d’autres scientifiques qui prennent la crise écologique et la critique du capitalisme industriel un peu plus au sérieux. Heureusement !

    Lettre de chercheur.es aux jeunes et moins-jeunes, qui se sont mobilisé.es les 14, 15 et 16 mars

    https://lundi.am/Lettre-de-chercheur-es-aux-jeunes-et-moins-jeunes-qui-se-sont-mobilise-es-les

    Voir aussi leur Tribune du 5 mars 2019 dans le journal Le Monde :

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/05/climat-la-mobilisation-mondiale-du-15-mars-lancee-par-la-jeunesse-doit-nous-

    Climat : « La mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir »

    Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, principalement toulousains, salue « l’entrée en résistance » des jeunes contre l’inaction climatique, mais adresse aussi ses critiques aux institutions de recherche elles-mêmes.

    Tribune . Des étudiants et des lycéens ont lancé un appel à la « grève mondiale pour le futur », le 15 mars, et à des actions reconductibles et amplifiées chaque vendredi. Nous, personnels de la recherche publique et de l’enseignement supérieur, sommes à leurs côtés et avec les enseignants qui auront choisi de les accompagner. Nous célébrons leur décision « d’entrer en résistance » face à l’inaction politique comme à l’aveuglement ou au consentement passif qui s’en satisfait.
    Par la recherche académique, nous avons un accès privilégié aux résultats très alarmants sur les bouleversements écologiques et les dérèglements globaux en cours, sans précédent. Nous savons aussi que ceux-ci résultent des activités d’une partie de l’humanité à travers des systèmes socio-économiques qui ont montré leur incapacité structurelle à prendre en compte le long terme et les limites environnementales. Désormais globalisé, ce cadre général produit une fuite en avant destructrice. Les tendances actuelles nous conduisent vers des conditions critiques, au point que d’ici quelques décennies à peine l’habitabilité de notre planète pourrait être compromise.
    Nos connaissances nous placent en position de témoins tristement privilégiés du gouffre toujours plus béant qui sépare le chemin que devraient suivre nos sociétés pour tenter de limiter la catastrophe – par une profonde transformation de nos modes de vie et les indispensables politiques de justice, de solidarité, de relocalisation et de résilience pouvant rendre ce tournant possible – et la trajectoire mortifère effectivement suivie. Dans la variété de nos disciplines, notre profession au service de la connaissance nous donne la responsabilité d’en tirer des conséquences pratiques et un engagement dans l’action.

    A l’image du déni généralisé

    Au cœur même de nos institutions (CNRS, instituts, universités…), nous devons constater que la transition écologique – dans ses dimensions les plus simples – est loin d’être intégrée dans les objectifs et les pratiques. Combien d’organismes de recherche en France ont-ils mis en place une véritable politique de réduction de leur empreinte environnementale ? Combien d’entre nous ont réellement changé leurs habitudes, par exemple, en limitant les déplacements en avion ?
    La plupart de nos laboratoires sont aujourd’hui incapables d’évaluer leur propre impact, ne serait-ce qu’en réalisant un bilan carbone complet, alors que c’est une obligation légale. Les modalités d’évaluation des projets comme des carrières encouragent les circulations tous azimuts, notamment les congrès et colloques internationaux sans aucune retenue. Le fait que les institutions mêmes qui produisent les résultats les plus alarmants sur l’état du système Terre, et les chercheuses et chercheurs qui tirent régulièrement la sonnette d’alarme, soient incapables de mettre en place les mesures pour limiter leur propre impact est à l’image du déni généralisé qui caractérise nos sociétés.
    L’inaction du milieu de la recherche académique et de ses institutions est révélatrice du défi devant lequel nous nous trouvons. Notre civilisation est celle des technosciences et la recherche est au cœur d’un projet de société toujours animé par la notion d’un inéluctable « progrès ». Si ce terme recouvre des réalités concrètes bénéfiques – quoique fort inégalement réparties –, il sert aussi à cautionner une fuite en avant continue, un processus de transformation auto-entretenu dont l’accélération est porteuse de régressions, d’impasses et d’illusions qui nous aveuglent. Alors que domine la logique économique capitaliste, l’idée même de progrès est aussi dévoyée quand elle se réduit à l’indice de « croissance » économique, quelles qu’en soient les conséquences néfastes, notamment à long terme.

    Illusoire et dangereuse idée

    La recherche est considérée comme un moteur d’innovation positive, source d’inspiration et de culture pour notre société. Elle semble pourtant trop souvent animée par l’illusoire et dangereuse idée d’expansion et de modernisation infinies, contribuant sans réflexivité à la quête effrénée de « nouveautés » et de coups d’éclat. Questionner la façon dont nous pratiquons la recherche aujourd’hui, c’est donc aussi interroger notre rapport au savoir et au monde.
    C’est toucher aux fondations de notre civilisation, ce qui nous effraie et nous tétanise jusqu’à rendre le sujet tabou. Dans l’imaginaire collectif, la soif de connaissance est un héritage direct des Lumières. En questionner les motivations, les priorités et surtout les applications reviendrait à renouer avec l’obscurantisme – beaucoup referment d’ailleurs par avance toute réflexion en brandissant le fantasme du « retour à la bougie » ou du « réveil de l’Inquisition »…
    De même, soulever le rapport entre la recherche et l’économie serait cautionné la récession, le chômage, les pénuries, voire refuser de « nourrir la planète ». A quoi s’ajoutent les effets de la désinformation pratiquée par de puissants lobbies (industriels et autres), défendant leurs intérêts au détriment d’une conception éclairée du bien commun.
    Pourtant, à l’aune de la rupture environnementale globale n’est-il pas urgent de dépasser ces blocages et de nous interroger ? Pourquoi, pour qui et à quel prix voulons-nous savoir ? Quelle inspiration et quelle culture voulons-nous transmettre aux générations futures pour leur permettre de vivre dignement sur notre planète ? Quelle innovation y contribuera et quelle autre s’en éloignera ?
    N’est-il pas absurde de continuer à accumuler des recherches ne tenant aucun compte de l’effondrement qui s’annonce ? Quelle valeur auront nos savoirs académiques si, demain, ils sont perdus ou inutilisables (régression technologique, pertes des supports, ressources et énergies indisponibles, monde chaotique, etc.) ou à l’extrême parce qu’il n’y aura plus personne pour s’y intéresser ?

    Fuite en avant

    Finalement, une recherche qui ne s’applique pas à elle-même des règles pour d’abord œuvrer à préserver le vivant et l’habitabilité de la Terre a-t-elle encore un sens ? Une partie de la population, dont bon nombre de scientifiques, répondra que ce sont justement les applications de la recherche telle qu’elle se pratique qui sauveront le monde, que le salut sera technologique : croissance verte, intelligence artificielle, transhumanisme, géo-ingénierie, conquête spatiale, etc.
    Qui peut encore sérieusement croire à ces affirmations au vu des trajectoires en cours et de l’urgence de la situation ? N’est-ce pas encore se bercer d’illusions dangereuses pour éviter de transformer nos cadres d’organisation et notre système socio-économique ? Une leçon de la modernité est que les promesses prométhéennes conduisent souvent à de nouveaux problèmes, parfois plus graves que ceux qu’elles prétendaient résoudre.
    De nouveaux risques (dérèglement climatique, contamination chimique généralisée, disparition des insectes, résistance aux antibiotiques, déchets radioactifs, explosion des maladies chroniques, etc.) deviennent de plus en plus difficiles à traiter, certains pouvant avoir des conséquences catastrophiques. Ces risques sont pourtant un fruit de la recherche, des progrès de la science appliquée, et entretiennent la fuite en avant technologique et énergétique, générant ainsi la spirale « énergie-complexité » décrite par l’anthropologue et historien américain Joseph Tainter.
    Les scientifiques sont donc aussi en partie les agents de transformations qui sont au cœur de la dynamique de destruction de notre planète. Ainsi, le défi de la transition écologique et sociale tient aux bouleversements profonds qu’elle nécessite et qui vont jusqu’à questionner les certitudes qui forment le socle de notre civilisation techno-industrielle.

    Propositions concrètes

    Pour permettre non seulement aux générations futures mais aussi aux nôtres de vivre dignement sur la planète, il ne s’agit pas seulement de réorienter la politique, les investissements ou la fiscalité, d’établir de nouvelles lois ou normes réglementaires, ni même de modifier nos institutions et nos pratiques quotidiennes. Il s’agit aussi de changer notre rapport au monde. Cette journée de mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir.
    Nous invitons tous nos collègues du monde de la recherche à contribuer à cette réflexion et à s’unir à travers des initiatives collectives. Les signataires de cette tribune s’engagent à œuvrer ensemble en ce sens, notamment autour de propositions concrètes. Les jeunes vont appeler tous les humains à « entrer en résistance » pour réorienter vraiment nos sociétés et arrêter d’anéantir l’avenir. Le défi est immense mais l’enjeu est plus grand encore. Chercheuses et chercheurs, nous avons le devoir de nous y engager avec toute la lucidité et la détermination exigée.

    Ce texte émane de l’ Atelier d’écologie politique de Toulouse https://atecopol.hypotheses.org

    Signataires :
    Simon Barbot, doctorant en océanographie, laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS), UMR CNRS, université Toulouse Paul-Sabatier CNES-CLS ; Frédéric Boone, astronome adjoint, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP), UMR CNRS, université Toulouse Paul-Sabatier ; Julian Carrey, professeur en physique, laboratoire de physique et chimie des nano-objets (LPCNO), UMR CNRS-INSA, université Toulouse Paul-Sabatier ; Jérémie Cavé, docteur en aménagement urbain, chercheur indépendant en écologie urbaine et chargé d’enseignement à Sciences Po Toulouse ; Claire Couly, docteure en ethnobiologie ; Marc Deconchat, DR INRA, agronome et écologue des paysages, laboratoire dynamique et écologie des paysages Agriforestiers (DYNAFOR), UMR INRA-INP-Ecole d’ingénieur de Purpan ; Fabienne Denoual, maîtresse de conférences en design, laboratoire lettres, langages et arts création, recherche, émergence, en arts, textes, images, spectacles (LLA-CRÉATIS), université Toulouse Jean-Jaurès ; Frédéric Durand, professeur en géographie, laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST), UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès ; Michel Duru, DR INRA en environnement et agrologie, laboratoire agroécologie-innovations-territoires (AGIR), UMR INRA-INP-Toulouse-ENSFEA ; Steve Hagimont, ATER et docteur en histoire contemporaine, laboratoire France, Amérique, Espagne-sociétés, pouvoirs, acteurs (FRAMESPA), UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès ; Jean-Michel Hupé, CR CNRS en sciences cognitives, centre de recherche cerveau et cognition (CerCo), UMR CNRS, université Toulouse Paul-Sabatier ; Béatrice Jalenques-Vigouroux, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, INSA ; Rachel Jouan, docteure vétérinaire, consultante en adaptation au changement climatique et engagement des acteurs ; Étienne-Pascal Journet, CR CNRS en biologie des interactions végétales et agronomie, laboratoire agroécologie-innovations-territoires (AGIR), UMR INRA-INP, Toulouse-ENSFEA ; Sébastien Lachaize, maître de conférences en physique et chimie, laboratoire de physique et chimie des nano-objets (LPCNO), UMR CNRS-INSA, université Toulouse Paul-Sabatier ; Vanessa Léa, CR CNRS en archéologie, laboratoire TRACES, UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès & laboratoire d’écologie fonctionnelle et environnement (EcoLab), UMR CNRS INP, université Toulouse Paul-Sabatier ; Tristan Loubes, doctorant en histoire environnementale, université Paris-Est-Marne-la-vallée (ACP) et université de Montréal ; Hervé Philippe, DR CNRS, station d’écologie théorique et expérimentale (SETE) de Moulis, UMR CNRS, université Toulouse Paul-Sabatier ; Gaël Plumecocq, CR INRA en économie, laboratoire agroécologie-innovations-territoires (AGIR), UMR INRA-INP-Toulouse-ENSFEA ; Julien Rebotier, CR CNRS en géographie, laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (LISST), UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès ; Béatrice Roure, docteure en bio-informatique, ingénieure de recherche indépendante en phylogénomique ; Roman Teisserenc, maître de conférences en bio-géochimie de l’environnement, laboratoire d’écologie fonctionnelle et environnement (ECOLAB), UMR CNRS-INP-ENSAT, université Toulouse Paul-Sabatier ; Laure Teulières, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, laboratoire France, Amérique, Espagne-sociétés, pouvoirs, acteurs (FRAMESPA), UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès ; Vincent Vlès, professeur en aménagement et urbanisme, centre d’étude et de recherche travail, organisation, pouvoir (CERTOP), UMR CNRS, université Toulouse Jean-Jaurès, université Toulouse Paul-Sabatier.

    Enfoncée, la start-up de l’#happy_collapse !

    #critique_techno, #écologie, #recherche_scientifique.

    @aude_v @rastapopoulos @sinehebdo @kamo

  • Contest models highlight inherent inefficiencies of scientific funding competitions

    Scientific research funding is allocated largely through a system of soliciting and #ranking competitive grant proposals. In these competitions, the proposals themselves are not the deliverables that the funder seeks, but instead are used by the funder to screen for the most promising research ideas. Consequently, some of the funding program’s impact on science is squandered because applying researchers must spend time writing proposals instead of doing science. To what extent does the community’s aggregate investment in proposal preparation negate the scientific impact of the funding program? Are there alternative mechanisms for awarding funds that advance science more efficiently? We use the economic theory of contests to analyze how efficiently grant proposal competitions advance science, and compare them with recently proposed, partially randomized alternatives such as lotteries. We find that the effort researchers waste in writing proposals may be comparable to the total scientific value of the research that the funding supports, especially when only a few proposals can be funded. Moreover, when professional pressures motivate investigators to seek funding for reasons that extend beyond the value of the proposed science (e.g., promotion, prestige), the entire program can actually hamper scientific progress when the number of awards is small. We suggest that lost efficiency may be restored either by partial lotteries for funding or by funding researchers based on past scientific success instead of proposals for future work.

    https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.3000065#sec002
    #compétition #compétitivité #inefficacité #université #science #université_néolibérale #néolibéralisme #recherche_scientifique #financements #projets_de_recherche #classement #excellence #prestige

  • Des chercheurs et des personnalités lancent le « lundi sans #viande »
    https://reporterre.net/Des-chercheurs-et-des-personnalites-lancent-le-lundi-sans-viande

    Pour étudier le passage au #végétarisme, des scientifiques ont lancé l’opération du « lundi sans viande ». L’initiative a reçu le soutien de personnalités et d’ONG mais les éleveurs y voient une nouvelle stigmatisation de leur activité alors que certaines pratiques agricoles ont des effets positifs sur l’environnement.

    #élevage #santé #recherche_scientifique

    • En principe, le Lundi, on termine les restes des repas de famille du dimanche.
      Enfin, dans certaines familles.

      Curieux le jour choisi
      Il est vrai que ce sont des experts ou des ong qui proposent ça.

      Et si, afin de lutter contre les réchauffement climatique, on mangeait les avions ?

  • Radio : Céline Lafontaine, Les enjeux de la bioéconomie du corps humain, 2017

    La sociologue québécoise #Céline_Lafontaine nous propose d’analyser le phénomène du #transhumanisme en partant de la notion de #bio-économie qui voit dans le vivant en général et dans le corps humain en particulier une matière première. Elle présente successivement les concepts de bio-capital – le corps comme un capital personnel à valoriser –, de bio-citoyenneté et de bio-médicalisation. Ils permettent de saisir l’étendue des pratiques et recherches médicales en lien avec l’utopie transhumanistes déjà à l’œuvre. En conclusion, elle interroge le retournement qui voit l’homme devenir à nouveau objet de #recherche_scientifique.

    http://sniadecki.wordpress.com/2018/08/06/rmu-lafontaine-transhumanisme

    Également ici :

    http://archive.org/download/RMU046LafontaineEnjeuxBioeconomie/RMU_046-LafontaineEnjeuxBioeconomie.mp3

    #PMA, #biologie, #médecine, #Racine_de_Moins_Un, #critique_techno

  • Une physicienne a rédigé 270 profils Wikipédia de femmes scientifiques
    https://siecledigital.fr/2018/07/26/physicienne-270-profils-wikipedia-femmes-scientifiques

    #Jess_Wade, une chercheuse spécialisée dans les appareils électroniques en plastique, a décidé de s’attaquer au problème de la sous-représentation des femmes dans les branches scientifiques. Afin de mettre en avant les grandes femmes scientifiques, elle rédige des fiches Wikipédia sur certaines d’entre elles.

    En six mois, Jess Wade a écrit 270 pages #Wikipédia de #femmes ayant eu une influence dans la #recherche_scientifique. De quoi susciter des vocations chez les jeunes filles. Pour sa première fiche, la physicienne a choisi Kim Cobb, une Américaine océanographe spécialisée dans le changement climatique ayant notamment travaillé dans la prévention des coraux. Sur son compte Twitter, Jess Wade publie les adresses des nouvelles pages avec le hashtag #womeninSTEM (acronyme en anglais de science, technologie, ingénierie et mathématiques).

    #invisibilité_des_femmes #sciences #femmes

    le fil twitter
    https://twitter.com/search?q=%23womeninSTEM&src=typd
    Grand merci à Françoise

  • Signature d’une convention entre le #CNRS et la Direction du #renseignement_militaire

    Suite à l’appel attentats-recherche lancé le 18 novembre 2015 par le CNRS, ce dernier et la Direction du renseignement militaire ont mis en place une #collaboration concrétisée par la signature d’une #convention entre les deux parties le jeudi 30 mai 2018. A l’origine de ce partenariat, qui va aujourd’hui bien au-delà, les sciences humaines et sociales dont l’expertise de terrain des chercheurs permet une vision complète de situations géostratégiques complexes. Retour sur ce partenariat avec #Fabrice_Boudjaaba, directeur adjoint scientifique de l’Institut des sciences humaines et sociales.

    http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita
    #recherche #université #militarisation_de_la_recherche #armée #SHS #sciences_humaines_et_sociales #France

    cc @isskein @tchaala_la @marty @daphne

    • #Intelligence_campus. Le premier écosystème européen civil et militaire en traitement de la #donnée

      Intelligence Campus : un espace de 250 hectares situé sur la base aérienne de #Creil.

      L’objectif est de faire émerger une #solution_technologique permettant de détecter et de reconnaître des objets dans une image satellite de très haute résolution. Cette solution sera expérimentée par les interprètes photo du ministère de la Défense dans le cadre d’une démarche d’#innovation ouverte.

      Les gagnants du défi :

      recevront le Prix de l’Intelligence Campus et du DGA Lab
      seront mis en relation avec des grands groupes du secteur civil et de la défense
      bénéficieront de dispositifs de conseil et d’accompagnement de l’Intelligence Campus et de la #DGA pour favoriser le développement de leur produit

      A travers son #Centre_de_Formation_Interarmées_du_Renseignement (#CFIAR) et ses partenariats avec le monde universitaire, le Projet Intelligence Campus assure une offre de #formation unifiée sur tous les domaines du #renseignement d’#intérêt_militaire - #imagerie, #cyber, #ROEM, #GEOINT, #GEOPOL, méthodologie de l’analyse... - au profit des agents de la #Direction_du_Renseignement_Militaire, des armées, des autres #agences_de_renseignement, des attachés de Défense et des partenaires étrangers. Il développe aussi des formations à destination des entreprises et des
      centres de recherche intéressés par les problématiques sécuritaires et l’intelligence des données.


      http://www.intelligencecampus.com
      #images_satellitaires #sécurité #complexe_militaro-industriel

      –-> et ce concept... #écosystème_civile_et_militaire

      cc @fil

    • Texte de réaction de chercheur.e.s CNRS bordelais par rapport à l’obsession sécuritaire qui gagne le CNRS, le monde de la recherche et plus généralement la société française.

      Reçu par email via la liste Geotamtam :

      L’obsession sécuritaire gagnerait-elle le CNRS ?

      Ce 30 mai 2018, une convention a été signée entre la direction du CNRS et la direction du renseignement militaire. D’après le Directeur Adjoint Scientifique de l’InSHS, cette convention s’adresse tout particulièrement aux collègues qui travaillent sur les questions de sécurité et les "régions lointaines". Ces collègues seront désormais invités à travailler formellement avec le renseignement militaire :

      http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita

      Cette convention s’inscrit dans un contexte plus général. Elle fait suite à l’« #appel_attentats-recherches » qui avait été lancé par le CNRS il y a trois ans et que plusieurs d’entre nous avaient déjà dénoncé. Elle s’inscrit aussi dans la lignée d’un autre dispositif : le "#Pacte_Enseignement_Supérieur" lancé récemment par le ministère des Armées. Ce pacte doit déboucher sur l’attribution de "#labels_d'excellence", associés à une subvention de 300 000 euros, pour les "centres de recherche universitaires en pointe sur les questions de #stratégie et de défense".

      Ces évolutions posent de multiples problèmes. Le premier concerne nos pratiques de terrain. Que nous travaillions sur les questions de sécurité ou sur ces "régions lointaines", notre crédibilité scientifique d’enquêteur.e.s repose sur notre capacité à ne pas être perçus comme les acteurs de telle ou telle politique sécuritaire. Dans ce contexte, il est inconcevable d’entretenir un lien privilégié, et encore moins ostentatoire, avec le renseignement militaire. Même s’il ne s’agit pas de surévaluer les échos que peut avoir le rapprochement entre le monde de la recherche et celui du renseignement militaire, ne risque t-on pas de se voir fermer l’accès au terrain ?

      Deuxièmement, ces développement introduisent des biais dans le choix et la construction des objets. Dans les études aérales, la "sécurité" devient le prisme conceptuel à partir duquel on interroge des objets allant des pratiques religieuses aux révoltes sociales en passant par les politiques économiques. Dans les études sur la violence, la violence dite "terroriste" se trouve singularisée et hyperbolisée par rapport aux autres #violences (sexistes, sociales, anti-terroristes, etc.). Dans les études sur la guerre, la "stratégie" (de la France) devient le mot-clef à partir duquel on cherche à comprendre ce fait social. Ce faisant, on perd de vue les autres dimensions de la #guerre (genrées, postcoloniales, symboliques, bureaucratiques, etc.) tout en entretenant une confusion entre #recherche_scientifique et #expertise.

      Le troisième problème déborde la question de la recherche. Depuis quelques années, les #attentats et le #terrorisme ont été imposés comme objets essentiels de notre quotidien et du gouvernement de ce quotidien. Dans chaque école de chaque commune de France, des enfants doivent, à partir de l’âge de trois ans, participer chaque année à un exercice de simulation attentat pour se préparer à l’éventualité d’une intrusion terroriste dans leur établissement. Dans chaque wagon de chaque train, les voyageurs sont invités à prévenir les contrôleurs en cas de colis ou de comportements suspects. Sur chaque porte principale de chaque administration, on peut voir un panneau « alerte attentat » lorsque l’on pénètre les lieux. Dans chaque musée, chaque bibliothèque, chaque salle de spectacle, des vigiles fouillent les sacs à l’entrée et canalisent les déplacements. Le rapprochement entre les institutions de recherche et le ministère des Armées participe de cette logique de constitution du "terrorisme" en menace existentielle, logique dont les études sur la sécuritisation ont dénoncé les effets.

      Pour cela, il nous paraîtrait opportun que les laboratoires de recherche et les université se positionne contre la convention du 30 mai 2018 et cette dynamique plus générale que nous voulons, par ce texte et après beaucoup d’autres, dénoncer.

      Signataires :
      Elara Bertho, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Vincent Bonnecase, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Chloé Buire, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Mathias Delori, chargé de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Vincent Foucher, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Caroline Guibet-Lafaye, directrice de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Ophélie Rillon, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde

    • L’obsession sécuritaire gagnerait-elle le CNRS ?

      Ce 30 mai 2018, une convention a été signée entre la direction du CNRS et la direction du renseignement militaire. D’après le Directeur Adjoint Scientifique de l’InSHS, cette convention s’adresse tout particulièrement aux collègues qui travaillent sur les questions de sécurité et les "régions lointaines". Ces collègues seront désormais invités à travailler formellement avec le renseignement militaire :

      http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/signature-dune-convention-entre-le-cnrs-et-la-direction-du-renseignement-milita

      Cette convention s’inscrit dans un contexte plus général. Elle fait suite à l’« appel attentats-recherches » qui avait été lancé par le CNRS il y a trois ans et que plusieurs d’entre nous avaient déjà dénoncé. Elle s’inscrit aussi dans la lignée d’un autre dispositif : le "Pacte Enseignement Supérieur" lancé récemment par le ministère des Armées. Ce pacte doit déboucher sur l’attribution de "labels d’excellence", associés à une subvention de 300 000 euros, pour les "centres de recherche universitaires en pointe sur les questions de stratégie et de défense".

      Ces évolutions posent de multiples problèmes. Le premier concerne nos pratiques de terrain. Que nous travaillions sur les questions de sécurité ou sur ces "régions lointaines", notre crédibilité scientifique d’enquêteur.e.s repose sur notre capacité à ne pas être perçus comme les acteurs de telle ou telle politique sécuritaire. Dans ce contexte, il est inconcevable d’entretenir un lien privilégié, et encore moins ostentatoire, avec le renseignement militaire. Même s’il ne s’agit pas de surévaluer les échos que peut avoir le rapprochement entre le monde de la recherche et celui du renseignement militaire, ne risque t-on pas de se voir fermer l’accès au terrain ?

      Deuxièmement, ces développement introduisent des biais dans le choix et la construction des objets. Dans les études aérales, la "sécurité" devient le prisme conceptuel à partir duquel on interroge des objets allant des pratiques religieuses aux révoltes sociales en passant par les politiques économiques. Dans les études sur la violence, la violence dite "terroriste" se trouve singularisée et hyperbolisée par rapport aux autres violences (sexistes, sociales, anti-terroristes, etc.). Dans les études sur la guerre, la "stratégie" (de la France) devient le mot-clef à partir duquel on cherche à comprendre ce fait social. Ce faisant, on perd de vue les autres dimensions de la guerre (genrées, postcoloniales, symboliques, bureaucratiques, etc.) tout en entretenant une confusion entre recherche scientifique et expertise.

      Le troisième problème déborde la question de la recherche. Depuis quelques années, les attentats et le terrorisme ont été imposés comme objets essentiels de notre quotidien et du gouvernement de ce quotidien. Dans chaque école de chaque commune de France, des enfants doivent, à partir de l’âge de trois ans, participer chaque année à un exercice de simulation attentat pour se préparer à l’éventualité d’une intrusion terroriste dans leur établissement. Dans chaque wagon de chaque train, les voyageurs sont invités à prévenir les contrôleurs en cas de colis ou de comportements suspects. Sur chaque porte principale de chaque administration, on peut voir un panneau « alerte attentat » lorsque l’on pénètre les lieux. Dans chaque musée, chaque bibliothèque, chaque salle de spectacle, des vigiles fouillent les sacs à l’entrée et canalisent les déplacements. Le rapprochement entre les institutions de recherche et le ministère des Armées participe de cette logique de constitution du "terrorisme" en menace existentielle, logique dont les études sur la sécuritisation ont dénoncé les effets.

      Pour cela, il nous paraîtrait opportun que les laboratoires de recherche et les université se positionne contre la convention du 30 mai 2018 et cette dynamique plus générale que nous voulons, par ce texte et après beaucoup d’autres, dénoncer.

      Signataires :
      Elara Bertho, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Vincent Bonnecase, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Chloé Buire, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Mathias Delori, chargé de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Vincent Foucher, chargé de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde
      Caroline Guibet-Lafaye, directrice de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim
      Ophélie Rillon, chargée de recherche CNRS à Les Afriques dans le Monde

      Texte reçu par email le 6 juin 2018 via la mailing-list geotamtam

  • Tendances de recherche (1/6) : quand les historiens lisent des bandes dessinées

    La parution à l’hiver 2017-2018 des deux premiers albums de la collection « L’Histoire dessinée de la France », coédités par l’éditeur académique La Découverte avec La Revue Dessinée, est le marqueur fondamental d’un phénomène de plus grande ampleur : l’engouement croissant de la communauté scientifique des historiens pour la bande dessinée. C’est cette tendance que nous souhaitons analyser aujourd’hui, en nous concentrant non pas sur l’histoire de la bande dessinée (qui demeure un parent pauvre de la #recherche_scientifique), mais sur l’histoire par la bande dessinée…


    https://graphique.hypotheses.org/867
    #BD #bande_dessinée #livre #histoire #France #recherche

  • La guerre des oliviers

    Italie du Sud : arbres millénaires et labos tueurs

    Par Alexik

    http://jefklak.org/?p=4749

    Novembre 2015. Deux cents personnes entrent dans la gare de San Pietro Vernotico, région des Pouilles, en Italie. En bloquant les voies ferrées, elles s’opposent au plan Silletti, qui prévoit l’abattage massif des oliviers du Sud, supposément infectés par la bactérie « Xylella », ainsi que la pulvérisation massive de pesticides mortels. 46 personnes passent en procès ce 6 novembre 2017 pour « manifestation non déclarée et interruption d’un service public ». L’occasion de revenir sur une lutte contre le développement industriel imposé aux habitant.es du sud de l’Italie par l’État, les laboratoires de recherche publics et une poignée de multinationales : comment la modernité combat ses méfaits en en produisant de nouveaux. Et comment les arbres résistent.

    Ils vinrent avec les bulldozers.

    Ils vinrent avec leurs uniformes et une feuille à la main : « Injonction d’abattre, au nom de la loi, de l’Europe et de la Science ». Au nom d’analyses menées dans le secret des laboratoires, et qui n’ont jamais été montrées aux propriétaires terriens.

    C’était le 13 avril 2015, lorsque le premier olivier séculaire d’Oria (province de Brindisi), marqué comme étant infecté, éclata en morceaux sous les tronçonneuses. Autour, les paysans indignés et solidaires, avaient réussi en protestant, à bloquer les bulldozers pendant quelques heures.

  • #Brésil. Un pays où la #science n’est pas misogyne

    Une étude comparative sur la place des #femmes dans la #recherche_scientifique révèle de très bons résultats au Brésil. Ces vingt dernières années, le pays a considérablement réduit l’écart entre les hommes et les femmes en la matière.


    http://www.courrierinternational.com/article/bresil-un-pays-ou-la-science-nest-pas-misogyne
    #égalité #genre #infographie #visualisation

  • Quand des scientifiques se volent entre eux | Passeur de #sciences
    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2016/12/18/quand-des-scientifiques-se-volent-entre-eux

    Avec ses collègues, il a soumis en juin 2015 un article tiré de cette recherche aux Annals of Internal Medicine . Après l’étape de la relecture par les pairs (le fameux peer review sur lequel s’appuie le processus de publication), son étude n’a pas été acceptée par la revue – ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle était mauvaise. Je lui laisse la parole pour raconter ce qui s’est passé ensuite en précisant que sa lettre, intitulée « Cher plagiaire », est directement adressée au fraudeur, ce qui explique le « vous » qu’il emploie. « Après vous être occupé de notre manuscrit comme peer reviewer extérieur à la revue, écrit Michael Dansinger, vous avez publié le même manuscrit dans un différent journal médical quelques mois plus tard. Vous avez retiré les noms des auteurs et celui du centre de recherches, en les remplaçant par les noms de vos coauteurs et de votre institution. » De fait, l’étude en question, soi-disant menée par une équipe italienne, a été publiée dans l’EXCLI Journal en février.

    #fraude_scientifique #médecine #publication_scientifique #recherche_scientifique

    • Ce titre est vraiment abusif : là il s’agit d’un « scientifique » qui en a volé un autre, pas de gens qui se « volent entre eux »

  • Dans les « bibliothèques clandestines » du Net - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2016/05/16/les-bibliotheques-clandestines-net-264014

    Ces sites sont discrets. Pour y accéder il faut connaître leur nom car ils n’apparaissent pas dans les résultats de recherche. Les adresses s’échangent entre amis, collègues et passionnés.

    En anglais, on les appelle joliment des « bibliothèques de l’ombre », des « shadow libraries ». Corne d’abondance pour certains, cauchemar des ayant-droits, ce sont des sites web où l’on trouve des milliers et des milliers de livres numériques sous toutes leurs formes – des pdf, des ebooks, des epubs.

  • Who’s reading millions of stolen research papers on the outlaw website Sci-Hub? Now we know.
    https://www.washingtonpost.com/news/local/wp/2016/04/28/whos-reading-millions-of-stolen-research-papers-on-the-outlaw-site-s

    The map at the top of the story shows massive use in India, Iran, Russia and China, supporting Elbakyan’s view that researchers in developing or politically fractured countries — as was hers, growing up in Kazakhstan — are hungry to tap into the world’s knowledge.

    [...]

    Using data provided by Elbakyan, writer John Bohannon shows that Sci-Hub is being used frequently and widely around the world, not just in developing countries unable to afford expensive journal subscriptions, but in Silicon Valley, the Washington, D.C., region, and near major research universities.

    #Connaissance #Droit_d'auteur #Internet #Open_access #Publication_scientifique #Recherche_scientifique_en_France #Sci-Hub #Science

  • Chinese Researchers Experiment with Making HIV-Proof Embryos
    https://www.technologyreview.com/s/601235/chinese-researchers-experiment-with-making-hiv-proof-embryos

    Chinese fertility doctors have tried to make HIV-proof human embryos, but the experiments ended in a bust. The new report is the second time researchers in China revealed that they had a go at making genetically modified human embryos.

    [...]

    The Chinese scientists tried to make human embryos resistant to HIV by editing a gene called CCR5. It’s known that some people possess versions of this gene which makes them immune to the virus, which causes AIDS. The reason is they no longer make a protein that HIV needs to enter and hijack immune cells.

    [...]

    One day endowing people with protective genes could become a real possibility. It would be like a vaccine, except one that is installed in a person’s genome from birth. And there’s a long list of genes people might demand for their children in addition to HIV resistance. One DNA change, for instance, seems to completely prevent Alzheimer’s. Another generates people with twice the muscle mass.

    “Made in China”

    #CCR5 #Chine #Clustered_Regularly_Interspaced_Short_Palindromic_Repeats #Embryon #Guangzhou_Medical_University #Génétique_humaine #Organisme_génétiquement_modifié #Recherche_scientifique #Syndrome_d'immunodéficience_acquise #Virus_de_l'immunodéficience_humaine

    • It would be like a vaccine, except one that is installed in a person’s genome from birth.

      Ou ça serait comme une girafe, sauf que ça serait pas un animal et que ça serait installé dans le génome d’une personne à la naissance.

      Ou comme un iPhone, sauf que ça serait pas un objet et que ça serait installé dans le génome d’une personne à la naissance.

  • La connaissance scientifique comme contenu en calcul
    http://www.scilogs.fr/complexites/le-collectionneur-universel-partie-4

    À la condition de ne pas les considérer seules mais associées à l’univers ou à des parties de l’univers, les connaissances scientifiques sont comme les couples théorème-démonstration, c’est-à-dire de la complexité organisée. Celle-ci provient des résultats de longs calculs qui sont ceux des processus d’exploration de la recherche scientifique. Les connaissances scientifiques sont du contenu en calcul.

    [...]

    Cette façon de concevoir la connaissance scientifique comme un calcul irréductible mémorisé pourra sembler un peu simplificatrice et on pourra douter de son utilité. Elle n’évoque pas (directement) de notions comme la culture, les contextes économiques, historiques et sociaux favorables, le concept d’épistémé de Michel Foucauld, la construction hiérarchique et interdépendante des connaissances et bien d’autres notions utilisées en histoire ou en épistémologie des sciences. Il est vrai que notre façon de parler de la science est abstraite et théorique et qu’elle n’entre pas dans le détail. Cependant elle constitue une sorte de chapeau : une formulation préalable, compatible avec ce qu’un regard plus fin découvrira. Cette vision permet de penser de manière unifiée une grande partie des activités humaines, et confirme l’idée du collectionneur universel : quand l’être humain mène des travaux scientifiques, de même que lorsqu’il fait des mathématiques ou produit des œuvres d’art, il construit de nouvelles structures — par des calculs nouveaux, dont il mémorise les résultats —, il enrichit sa collection d’objets organisés, et en enrichit le monde. Il accroît la profondeur logique de Bennett de l’univers.

    #Complexité #Connaissance #Contenu_en_calcul #Jean-Paul_Delahaye_(mathématicien) #Mathématiques #Profondeur_logique_de_Bennett #Recherche_scientifique #Science #Univers #Épistémologie

  • L’ordinateur est-il en train de devenir quantique ?
    http://www.franceculture.fr/emissions/science-publique/l-ordinateur-est-il-en-train-de-devenir-quantique

    Fantasme des physiciens depuis des décennies, l’ordinateur quantique laisse encore certains spécialistes dubitatifs. Il apparaît pourtant chez IBM ou le canadien D-Wave. Google l’étudie. Le quantique multiplierait par plusieurs millions la puissance informatique. Rêve ou révolution en marche ?

    #Calculateur_quantique #D-Wave #Google #Informatique #Informatique_quantique #International_Business_Machines #Mécanique_quantique #Physique_quantique #Qubit #Recherche_scientifique

  • #Publications_scientifiques, on vaut mieux que ça ! - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2016/03/28/publications-scientifiques-on-vaut-mieux-que-ca_1442009

    Le projet de loi pour une République numérique adopté par l’Assemblée nationale, sera prochainement examiné par le Sénat. Son article 17 introduit une nouveauté importante pour les chercheurs. Actuellement, pour publier leurs résultats, ils doivent concéder, sans contrepartie de rémunération, l’exclusivité de leurs droits d’auteur à des éditeurs privés, qui facturent ensuite l’accès à ces articles, souvent fort cher, aux organismes de recherche, aux universités et aux enseignants. Les #éditeurs interdisent souvent aux chercheurs de diffuser leur propre production scientifique sur leur site web ou celui de leur établissement : ainsi, le lecteur est obligé de passer par le site de l’éditeur, parfois à un tarif prohibitif.

    Avec la nouvelle loi, pareilles clauses léonines seront réputées non écrites. Les auteurs auront alors la possibilité (mais pas l’obligation) de déposer, même après publication en revue, leurs articles dans une archive ouverte telle que #HAL, recommandée et gérée par de grands organismes de recherche publique dont le #CNRS.

    #recherche_scientifique

  • #Sci-Hub, le Pirate Bay de la #recherche_scientifique, est de retour
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/02/15/sci-hub-le-pirate-bay-de-la-recherche-scientifique-est-de-retour_4865611_440

    Sci-Hub donne ainsi accès, gratuitement, à 47 millions d’articles de chercheurs, selon les chiffres donnés par le site. Du contenu d’ordinaire payant, publié par de grands éditeurs de #revues_scientifiques. Et l’un d’entre eux a décidé de réagir. #Elsevier, un des plus importants éditeurs du secteur, a porté plainte contre le site pour violation de #droits_d’auteur et obtenu gain de cause auprès de la justice américaine en octobre dernier. Le nom de domaine initial, Sci-hub.org, a été supprimé par les autorités. Ce qui n’a pas empêché le site de réapparaître peu de temps après sous une autre adresse, Sci-hub.io.

  • Les mouvements de souris, révélateurs de l’état d’esprit
    http://www.atelier.net/trends/articles/mouvements-de-souris-revelateurs-de-etat-esprit_439290

    Des chercheurs de la Brigham Young University ont développé une technologie qui permet de mesurer les mouvements de souris pour déterminer l’état d’esprit de l’utilisateur.

    [...]

    Selon les recherches du professeur Jenkins, quand l’utilisateur est contrarié, déçu, perdu ou confus, le curseur ne suit plus une trajectoire droite ou à peine courbée. L’utilisateur a au contraire tendance à effectuer des mouvements brusques, irréguliers et bien plus lents.

    [...]

    Ces mesures de mouvements de souris sont utiles dans le domaine du e-commerce par exemple.

    Même si je suis pas tout à fait convaincu, je trouve quand même pas ça très catholique...

    « L’université Brigham Young (Brigham Young University, BYU ou the Y) est l’université principale de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Il n’est pas nécessaire d’être membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours pour pouvoir s’inscrire. Cependant, environ 98 % des étudiants sont membres pratiquants de l’Église. Tous les étudiants s’engagent à respecter un code moral très exigeant pendant leurs études. »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Brigham_Young

    #Analyse_comportementale #Brigham_Young_University #Jeffrey_Jenkins #Recherche_scientifique #Vie_privée #Web #États-Unis

  • ::::: : Présentation de la page Le New Organum ::::: :

    Le #discours_scientifique est partout présent, omniscient, omniscientifique. Si la #science nous dit la #vérité du monde, ou du moins nous est présentée comme telle, intéressons nous à la manière dont elle entend dire cette vérité, pour tenter de comprendre comment l’autorité vient au discours. On peut concevoir l’activité de #critique de très nombreuses manières. Si la critique est communément associée à la #déconstruction des rapports de domination, nous l’entendons plutôt comme une activité de #construction, de création, au principe même de l’activité scientifique. La critique est moins la négation de l’objet sur lequel elle porte, que la négation des effets d’autorité de ces objets. Il s’agit alors, dans cette perspective, de s’intéresser aux discours, mais aussi à leur mise en forme. Mettre en forme, c’est aussi mettre les formes. Si l’on se demande dans un premier temps comment le discours scientifique légitime l’action politique, il s’agit ensuite de comprendre comment la mise en forme du discours scientifique lui confère une autorité. Cette page est un espace de confrontation et d’interprétations de discours scientifiques. Elle procède par agencements, rapprochements, confrontations, mise en rapport de productions théoriques provenant de sources diverses. Nous emprunterons différentes voies, de manière à donner à voir différents points de vue sur ce paysage accidenté qu’est la production scientifique. Il s’agira de rendre ce terrain praticable, en installant des points de fixation intermédiaires, des prises communes, et ouvrant par ailleurs des voies nouvelles, transversales, et parfois sinueuses.
    Sarah Calba, Vivien Philizot et Robin Birgé

    ::::: : Les auteurs ::::: :
    Sarah Calba, chercheur-arpenteur, a récemment soutenu une thèse en #épistémologie intitulée Pourquoi sauver Willy ? Pourquoi et non comment car, dans cet écrit, il s’agit de définir la science en fonction de ses finalités : la science prétend-elle expliquer le réel, unique, en découvrant des lois naturelles ou souhaite-t-elle comprendre les réalités humaines en construisant des #représentations partagées ? Et puisque différentes finalités engagent différentes manières de faire, c’est en arpentant les voies et les voix de la #recherche_scientifique, et en particulier celles de l’écologie des communautés – discipline dédiée à l’explication de la répartition des espèces biologiques sur la planète bleue –, que Sarah argumente sa thèse. Elle distingue alors deux types de voies : celles abondamment pratiquées, simples, efficaces, aux prises évidentes, de la recherche ici nommée analytique, et celles, soucieuses de leur style, plus sinueuses car procédant par détours voire retours sur leur propre parcours, de la recherche dite synthétique... et c’est, bien sûr, la défense de cette dernière qui est la fin de cette thèse.

    Vivien Philizot est graphiste, doctorant et maître de conférences associé en #design. Il enseigne à l’Université de Strasbourg et à la Head à Genève. Il prépare une thèse qui porte sur le rôle du #design_graphique dans la #construction_sociale du champ visuel et dans la construction visuelle du champ social. Il s’agit notamment d’articuler une épistémologie des sciences avec une histoire critique du design graphique à l’époque moderne, envisagé comme manière de donner à voir et à connaître. Sont ainsi cartographiées, à vue, différentes voies par lesquelles le design graphique s’est construit, souvent envisagées par les grimpeurs modernistes comme des accès privilégiés à la vérité de l’image et du texte. Une approche #pragmatique consiste alors à considérer la pertinence de ces voies de manière locale plutôt qu’universelle, en les rapportant aux conditions historiques et climatiques dans lesquelles elles ont été posées. Le cheminement de la voie, la succession des prises, et l’inclinaison de la paroi ne sont-ils pas plus importants que la hauteur qu’ils nous permettent d’atteindre ? Peut-être faut-il garder à l’esprit que les points de vue que les théories de l’image se sont attachées à naturaliser, restent relatifs aux voies qu’elles nous conduisent à emprunter, et aux postures du corps et de l’œil qu’elles ont ainsi contribué à construire.

    Robin Birgé est doctorant en #anthropo-épistémologie. Il s’intéresse aux voies que prend la construction du savoir scientifique, et particulièrement au statut de la #connaissance quand les chemins bifurquent. Lorsque le premier de cordé arrive à un embranchement et choisi une voie plutôt qu’une autre, une théorie plutôt qu’une autre pendant une #controverse par exemple, nous pouvons (1a) considérer que finalement, ce qui compte, c’est la hauteur finale atteinte, soit l’accumulation de connaissances. Malgré le fait que les voies divergent et “fonctionnent bien d’un point de vue pratique”, il s’agit cependant du même rocher - du même réel ; on s’élève différemment mais pour parler d’une même chose en soi. Finalement, les voies finiraient par se rejoindre, et si les voies ne se rejoignent pas, le réel impitoyable du rocher finira par avoir raison de la vie de nos grimpeurs (les mauvaises théories seront alors éliminées). Une autre façon d’aborder la #philosophie de l’escalade, celle engagée ici, est que (1b) si des voies sont sans issue ou tournent en rond, il est envisageable qu’après tout relais elles prennent des versants différents et ne se rencontrent jamais : autrement dit, des visions du monde divergentes peuvent ne jamais se rencontrer.
    Plus précisément, cette thèse porte sur le statut d’un savoir particulier : celui de la figure de l’#expert en démocratie. Il s’agit notamment de dessiner les différentes façons d’articuler le réel-rocher, à sa connaissance si ce dernier existe, à sa médiation et au à la mobilisation du savoir lors de la prise de décision politique.

  • Embryons génétiquement modifiés : vers une ère de l’enfant parfait ?
    https://www.futuribles.com/base/article/embryons-genetiquement-modifies-vers-une-ere-de-le

    Quand la pratique rattrape la théorie : la communauté scientifique a été animée récemment par la publication d’un article scientifique dans lequel une équipe de chercheurs chinois décrit les modifications génétiques qu’ils ont apportées à des embryons humains.

    #Acide_désoxyribonucléique #Cas9 #Chine #Embryon_humain #Eugénisme #Modification_génétique #Médecine #Organisme_génétiquement_modifié #Recherche_scientifique #Santé

  • GROTHENDIECK CONFERENCE 2015

    http://www.i3m.univ-montp2.fr/grothendieck-2015

    En voilà qui ont oublié qui était #Alexandre_Grothendieck et les raisons qui l’ont amené à abandonner la #recherche_scientifique et a refuser les prix que l’establishment lui a décerné pour ses travaux #mathématiques.

    Pour se rafraichir la mémoire, rien de tel qu’une belle petite brochure :

    Alexandre Grothendieck, Allons-nous continuer la recherche scientifique ? , 1972

    http://archive.org/details/Allons-nousContinuerLaRechercheScientifique

    Je voudrais préciser la raison pour laquelle au début j’ai interrompu mon activité de recherche : c’était parce que je me rendais compte qu’il y avait des problèmes si urgents à résoudre concernant la crise de la survie que ça me semblait de la folie de gaspiller des forces à faire de la recherche scientifique pure.

    Au moment où j’ai pris cette décision, je pensais consacrer plusieurs années à faire de la recherche, à acquérir certaines connaissances de base en biologie, avec l’idée d’appliquer et de développer des techniques mathématiques, des méthodes mathématiques pour traiter des problèmes de biologie.

    C’est une chose absolument fascinante pour moi et, néanmoins, à partir du moment où des amis et moi avons démarré un groupe qui s’appelle Survivre, pour précisément nous occuper des questions de la survie, à partir de ce moment, du jour au lendemain, l’intérêt pour une recherche scientifique désintéressée s’est complètement évanoui pour moi et je n’ai jamais eu une minute de regret depuis.

    Et j’oubliais aussi de signaler l’excelente tribune de Céline Pessis dans CQFD :

    https://sniadecki.wordpress.com/2015/02/11/pessis-grothendieck

    Yo !

  • Quel “open access” pour les publications scientifiques ?
    https://www.futuribles.com/base/article/quel-open-access-pour-les-publications-scientifiqu

    Au-delà des modèles économiques, l’open access pose des questions politiques et sociales. Le rôle des éditeurs doit-il être préservé au motif qu’ils représentent une activité économique à défendre ? À quelles conditions d’autres systèmes d’évaluation, directement gérés par les chercheurs et les institutions scientifiques (sur le modèle des presses universitaires ou des sociétés savantes), peuvent-ils garantir un niveau d’exigence satisfaisant ? Ici, c’est également le sens de l’évaluation scientifique qu’il s’agit d’interroger, les limites de la bibliométrie étant soulignées par de nombreux chercheurs, en particulier en sciences humaines et sociales, mais également en mathématiques, les biologistes étant les plus favorables (peut-être parce que les plus adaptés) à ces procédés [9]. Enfin, ne doit-on pas considérer les résultats scientifiques comme des « biens communs [10] » et redéfinir leur statut ?

    #Bibliométrie #Libre_accès_(édition_scientifique) #Open_access #Publication_scientifique #Recherche_scientifique #Recherche_universitaire #Université #Édition_scientifique

  • Un pas de plus vers un stockage éternel des données dans l’ADN
    http://www.atelier.net/trends/articles/un-de-plus-vers-un-stockage-eternel-donnees-adn_434444

    Promettant plus d’un million d’années de survie, les procédés de stockage de données dans l’ADN sont de plus en plus concrets. Des chercheurs suisses viennent de réaliser un premier test plutôt réussi.

    [...]

    Cela dit, on est encore loin de disques durs à base d’ADN. L’idée des scientifiques suisses a plutôt été de permettre une sauvegarde des informations plus durable et plus sûre que les data centers actuels qui n’ont pas une durée de vie illimitée. Le Dr Grass évoque la sauvegarde des documents du programme Mémoire du monde de l’Unesco ou même des milliers d’entrées de Wikipédia : « Elles fournissent un bon aperçu des connaissances de notre société, de ce qui l’occupe et jusqu’à quel point. » explique-t-il. Le projet ne vise donc pas à révolutionner le stockage des données sur les appareils quotidiens mais bien à préserver la somme des connaissances mondiales pour la postérité.

    #Acide_désoxyribonucléique #Biologie #Donnée_informatique #Information #Informatique #Numérique #Recherche_scientifique #Stockage_d'information #Suisse

  • Les empreintes de nos navigateurs nous identifient — et si on brouillait les pistes ?
    http://www.framablog.org/index.php/post/2014/12/22/si-on-brouillait-les-pistes-avec-amiunique

    Depuis février 2013 je coordonne un projet de recherche européen (DIVERSIFY) sur le thème de la diversification du logiciel pour faire des applications web plus robustes.Dans ce contexte, nous avons démarré une activité sur le browser fingerprinting, c’est-à-dire les empreintes, les traces numériques que laissent nos plateformes quand nous nous connectons avec nos navigateurs.
    La petite équipe qui se consacre à amiunique.org et aux technologies anti-fingerprint comprend un doctorant et bénéficie du conseil scientifique et technique de deux chercheurs en sécurité et génie logiciel.

    https://amiunique.org

    Je comprends pas pourquoi les navigateurs (i.e. Firefox) laissent « fuiter » autant d’informations. Si certaines peuvent être pertinentes pour optimiser certain contenus, d’autres ne me semblent pas particulièrement essentielles. À commencer par l’OS : le navigateur (voire même uniquement le moteur de rendu) + la résolution d’écran me semblent suffisants.

    Ensuite, il sera toujours difficile d’agir (sauf mesure drastiques s’entend) sur un élément clef : l’adresse IP. Si elle n’est pas toujours unique chez les mauvais FAI (en particulier mobile) ou lorsque partagée au sein d’une entreprise ou d’un foyer, et pas toujours fixe (toujours chez les mauvais FAI), cela risque sans doute malgré tout de devenir la norme avec la généralisation d’IPv6.

    Il se murmure que le mode navigation privée de Firefox pourrait intégrer Tor. À ce moment là il me semblerait pertinent qu’il intègre aussi des dispositifs pour lutter contre le traçage par fingerprint, même au prix d’une navigation légèrement dégradée (langue unique, même fuseau horaire, etc.).

    À noter que la distribution anonymisante Tails travaille d’ailleurs aussi sur ces questions, mais prévient qu’en l’état aucune avancée majeure n’a été réalisée : https://tails.boum.org/doc/about/fingerprint/index.fr.html

    #Anonymat_sur_Internet #Numérique #Recherche_scientifique #Vie_privée