• Est-il vrai que de véritables génies existent ? - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/127454-005-A/est-il-vrai-que-de-veritables-genies-existent

    "Alors cette notion de #génie, en fait, elle s’applique à trois catégories de réalité. La première, c’est la capacité d’une personne, son #talent. La deuxième, c’est la réalisation de son talent dans des œuvres. Et la troisième, c’est la #reconnaissance de ce talent par la gloire. Il convient donc de distinguer le culte de l’artiste de son œuvre et de son talent."

    "C’est au début de l’ère moderne que naît en Europe le concept de génie tel que nous le connaissons aujourd’hui. Un basculement s’opère au XVIIIe siècle. On donne l’idée selon laquelle le génie est un esprit divin. Avec le bannissement des esprits, le génie moderne entre en scène et prend la relève. Le concept moderne du génie apparaît à une époque où les philosophes des Lumières commencent à chasser les dieux et (…)

    #mérite #romantisme #spiritualité #admiration #idolatrie #eugénisme #sociologie

  • Une grand-mère du Tennessee a été incarcérée pendant six mois au Dakota du Nord suite à une erreur de reconnaissance faciale par intelligence artificielle, qui l’a faussement identifiée comme suspecte dans une affaire de fraude bancaire. Innocente et n’ayant jamais visité l’état, elle a été arrêtée et détenue pendant six mois… avant que les charges ne soient abandonnées. Elle a perdu sa maison, sa voiture et son chien, et n’a reçu aucune aide de la police de Fargo pour son retour dans le Tennessee.
    https://www.grandforksherald.com/news/north-dakota/ai-error-jails-innocent-grandmother-for-months-in-north-dakota-fra

    A grandmother from Tennessee is working to get her life back after what she says was a case of mistaken identity that nearly cost her everything.

    Angela Lipps spent nearly six months in jail after Fargo police connected her to a bank fraud case in the metro.

    It’s a crime she says she didn’t commit. In fact, she said she’s never been to North Dakota.

    Lipps, 50, is the mother of three grown children and has five grandchildren, spending nearly her entire life in north-central Tennessee. The extent of her travels is limited to neighboring states.

    She’s never been on an airplane in her life.

    Gros avantage de l’IA : c’est la faute à personne et surtout pas de la police.

  • Eyes of Iran : Comment le régime surveille secrètement ses citoyens - Forbidden Stories
    https://forbiddenstories.org/fr/republique-islamique-iran-surveille-citoyens

    Dans le plus grand secret, les autorités iraniennes ont acheté le logiciel russe de reconnaissance faciale FindFace en 2019, comme le prouvent des contrats que nous nous sommes procurés.

    FindFace permet d’identifier des visages en quelques secondes dans l’espace public et peut les comparer aux différentes bases de données des services de sécurité du régime.

    L’appareil sécuritaire iranien tente de dissimuler cette acquisition en recourant à des sociétés écrans.

    Plusieurs organes sécuritaires sont impliqués, comme les gardiens de la révolution ou le ministère du renseignement iranien.

    #Iran #reconnaissance_faciale #surveillance #police

  • Essais nucléaires en Polynésie : une loi pour mettre fin au déni de l’État
    https://disclose.ngo/fr/article/essais-nucleaires-en-polynesie-loi-pour-mettre-fin-au-deni-etat

    Fin janvier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi visant à combler le manque de reconnaissance des victimes des essais nucléaires en Polynésie française. Le texte, qui doit encore être examiné par le Sénat, est le résultat d’une commission d’enquête parlementaire qui s’appuie en grande partie sur les révélations publiées par Disclose il y a cinq ans. La députée Mereana Reid Arbelot, co-rédactrice du texte, revient sur le parcours de cette loi potentiellement historique, et explique en quoi elle pourrait mettre un terme à soixante ans de déni de la part de l’État. Lire l’article

  • Au prétexte des Jeux olympiques 2030, l’Assemblée prolonge la #surveillance_algorithmique au moins jusqu’en 2027

    #Vidéosurveillance algorithmique, interdiction de paraître… L’Assemblée nationale a adopté mercredi le volet sécuritaire du projet de loi sur l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises. Au grand dam de députés de gauche qui ont dénoncé des mesures liberticides.

    Les événements sportifs, toujours un bon prétexte à la surveillance de masse pour le gouvernement. L’Assemblée nationale a adopté mercredi le volet sécuritaire du projet de loi sur l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises.

    L’examen du texte, qui contient également des #mesures_dérogatoires, par exemple en matière d’#urbanisme, devrait se poursuivre jusqu’à jeudi ou vendredi. Un vote solennel sur l’ensemble du texte est prévu le 6 janvier. Les députés ont adopté mercredi la prolongation jusqu’en 2027 de l’expérimentation d’un dispositif de #vidéosurveillance_algorithmique (#VSA), testé notamment lors des Jeux olympiques de Paris-2024, mais qui a pris fin en mars 2025.

    Concrètement, une analyse des #images est réalisée par un #algorithme, censée permettre de détecter plus facilement certains #comportements comme un #mouvement_de_foule, la présence d’une personne dans une zone interdite, ou encore un objet abandonné. Il s’agit d’aider « nos agents de la force de sécurité derrière les écrans à repérer ces situations », a expliqué la rapporteure du texte, Véronique Riotton (Renaissance).

    La vidéosurveillance algorithmique jusqu’à 2027, au moins

    Mais plusieurs députés ont pointé les résultats mitigés de l’#expérimentation jusqu’ici, et le fait que le texte prévoit qu’elle soit réalisée en 2026 et 2027, soit bien avant les JO. « L’étape d’après cette vidéosurveillance algorithmique, c’est la #reconnaissance_faciale à la chinoise », a également lancé la députée insoumise Gabrielle Cathala.

    La ministre des sports, Marina Ferrari, a elle défendu le « besoin » de récolter « davantage de données ». Le gouvernement avait tenté de prolonger l’expérimentation dans un texte sur la sécurité dans les transports, mais la disposition avait été retoquée par le Conseil constitutionnel, considérant qu’elle ne présentait pas de lien avec le texte.

    Les députés avaient auparavant adopté mardi d’autres dispositions sécuritaires, notamment la possibilité pour les agents privés de sécurité de procéder à l’inspection visuelle des véhicules et leur coffre, avec le consentement de leur propriétaire.

    Également adoptée : une « #interdiction_de_paraître » sur les lieux d’un grand évènement ou rassemblement, qui pourra être prononcée envers toute personne pour laquelle il existe « des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la #sécurité_publique ».

    Cette interdiction, limitée à deux mois, serait prononcée par le ministre de l’Intérieur « aux seules fins de prévenir la commission d’actes de #terrorisme ». Mais des députés à gauche ont assuré que cette mesure pourrait être utilisée par exemple contre des militants écologistes.

    « Cette mesure sera permanente et applicable à tout grand rassemblement », et représente « une atteinte disproportionnée aux #libertés_publiques », a lancé le député écologiste Jean-Claude Raux.

    https://www.humanite.fr/politique/cybersurveillance/au-pretexte-des-jeux-olympiques-2030-lassemblee-prolonge-la-surveillance-al
    #JO #JO_2030 #Alpes #France #jeux_olympiques #surveillance

  • The Everywhere Border. Digital Migration Control Infrastructure in the Americas

    The US is building a digital border infrastructure in neighbouring countries that expands and deepens surveillance, while hiding state violence. The implications of this new infrastructure will be long-lasting and need to be integrated into strategies of resistance of migrant justice movements worldwide.

    In 2021, José Eusebio Asegurado, a farmer in El Salvador, was arrested by the Salvadoran National Civil Police for ‘promoting human trafficking’. The basis for the arrest was a WhatsApp group chat (external link)
    that Asegurado and other migrants1 were using to coordinate a caravan, which had been infiltrated by a police agent. According to the screenshots used to incriminate him, Asegurado’s only participation in the chat was responding ‘OK’ to a migrant’s message that he would be at a meeting point at around 5 o’clock. Police arrested Asegurado at the meeting point, telling him he was ‘profiled’ as a caravan organiser.

    The same day, the Salvadoran police also charged Fátima Pérez, a cook, and Juan Rufino Ramírez, a private security guard, with promoting ‘human trafficking’ based on messages on a WhatsApp group they had created to coordinate a caravan. Screenshots in Ramírez’s case show him giving instructions to the 55-member group to meet at the bus station, and the prices of tickets to Guatemala. The police arrested Ramírez and Pérez the morning they were planning to leave.

    These three arrests took place in the span of four hours. The then-US ambassador in El Salvador, Katherine Dueholm, promptly congratulated (external link)
    the General Prosecutor’s office, stating: ‘I applaud the Salvadoran authorities who are taking action against those who want to deceive citizens with caravans and false promises. They promote only #UnViajeEnVano (external link)
    ’ – ’a journey in vain’.

    The arrests and Ambassador Dueholm’s praise reflect the critical role of covert surveillance and data-driven ‘smart’ technologies in US migration-control practices operating deep within countries outside the US. Over the past twenty years, the US (and other wealthy countries) have made strides to externalise border-control regimes well beyond their actual territory. This often involves effectively enrolling agencies in other countries in migrant surveillance, policing, and exclusion.

    The new digital infrastructure that enables border externalisation, however, is little understood. This digital infrastructure relies on both military-grade technology built by major weapons manufacturers and Silicon Valley innovation: inter-operable databases that share fingerprints seamlessly between police agencies across borders; biometric collection devices used by Mexican detention authorities to track migrants for US Customs and Border Protection (CBP); social media apps that serve as critical communications networks for migrants and surveillance tools for police; digital ID systems that enable access to essential services, but double as tracking devices.

    Infrastructure – digital or material – has real sticking power; that’s the point. Once a highway splits a community in half, a new permanence stifles the din of protest, and people move on. We use the term digital infrastructure to describe the establishment of a foundation that will be fundamental to how world powers will practise migration control; and, as it embeds itself, increasingly beyond challenge – a unified strategic intervention by powerful countries, with the US coveting the vanguard. While it may look like technological experimentation (like AI-powered robot dogs on the border) or one-off opportunistic data-grabs (like networks of international data-sharing agreements), the growth of digital border infrastructure is by design. This is enabled through joined-up digital technologies that settle into the kind of rigid, ‘motiveless’ permanence granted to other infrastructures, like submarine communications cables, protocols and servers that run the internet, an electrical grid or a superhighway.2

    The profound implications of new infrastructures persist long after their creation, as is the case for the digital infrastructure deployed to police migrants in the so-called US ‘backyard’. Its impacts are frequently rendered invisible. Governments promote border policing technologies as fundamentally safe, humane and non-violent (external link)
    while migrant advocates struggle to make visible the violence on the other side of this unseen ‘borderland circuitry’.3

    The implications range from digitally triggered violence and killings by local police in Central America to actions by the US, its allies and competitors in geopolitical contests over the control of global security. The US government and private industry have worked themselves into a largely covert entrepreneurial frenzy to own and control the migration policing interface of the future. Monitoring and control capabilities – a longstanding and routine part of US aid packages to fight organised crime – both expand domestic spying by partner governments for their own ends and serve US border externalization interests in controlling the movement of people and diverting them away from the US territorial border.

    This essay will focus primarily on how digital infrastructure serves US interests . What do we know about this strategy and how it is already affecting mobility and human rights in the region? What are its historical foundations? What challenges lie ahead? It is impossible to answer these questions simply by dissecting the cruelty or provenance of any single technology, system or actor. We first need to understand the transnational motivations driving these incremental, more observable, facts on the ground. We need, in other words, to make visible the invisible digital infrastructure.
    Digital infrastructure is key to border externalisation and a rise in unaccountable violence

    Understanding border externalisation through the lens of digital infrastructure captures the true scale of border practices envisaged by the US (and its competitors and allies) as well as their envisaged permanence within the future world order. Digital border infrastructure feeds on histories of domination, control and atrocities in the name of transnational ‘crime-fighting’ projects, setting the stage for tremendous social costs.

    First, as to scale, we are witnessing an escalation of US border imperialism and borderland violence4 – both in terms of geographical reach far into national territories and the further extension of ‘policeability’5 to an increasing number of individuals and groups through this digital infrastructure. This includes anyone an algorithm decides might be ‘dangerous’, those who might migrate, as well as humanitarian actors, migrant advocacy groups, and aid organisations. Scaling and the rapid growth it engenders is a quintessential property of digital technologies, regardless of their origin or application. The shifts to new targets under digital infrastructure are frictionless compared to earlier analogue-based border policing tactics. Asegurado, the farmer assisting migrants in El Salvador, was swept up in the US border externalisation dragnet with a simple ‘OK’ on a WhatsApp chat.

    Second, as to permanence, advocates of digital borders in national capitals, industry and development agencies embrace the term ‘digital public infrastructure’ as a brand, to bestow (unearned) trust, normalisation and the inevitability of contested digital tools such as biometric IDs and payment systems.6 Ceding the privilege of defining ‘digital infrastructure’ to actors with vested interests in current migration-control practices is reckless. Without a counternarrative that articulates their violent disposition, digital border externalisation tools – including widespread biometrics collection, real-time transaction data-collection in payment systems, and the confiscation of smartphones at the border – can easily be normalised as ‘digital public infrastructure’, rather than resisted.

    The scale and enduring impact of the rapidly hardening digital infrastructure that fuels border externalisation calls for urgent transnational organising. As writers and activists, we have come together to resist the use of digital infrastructure in US migration-control policy in Mexico, Central and South America, and the Caribbean. We have only traces and not the whole picture. Building on the work of others, we weave all this together to show how the fusion of state and digital power to construct digital border infrastructure is neither humane nor safe: rather, it is increasing unaccountable forms of violence.

    Convergence: Drugs war, border externalisation, digital infrastructure and the militarisation of US’ neighbouring regions

    Economic and political initiatives since the 1970s have driven relentlessly towards US investments in more militarised, criminalising, and digitised migration-control practices. Since 9/11, the US convergence of ‘national security’ with unauthorised migration has fueled an ever expanding border externalisation regime—currently there are 23 CBP offices and 48 ICE offices worldwide—and consequently has provided an especially lucrative market for digital surveillance corporations.7 Through programmes such as the Mérida Initiative and the Central American Regional Security Initiative, the US has tied aid to countries such as Mexico, El Salvador, Guatemala and Honduras to increased militarisation, policing, incarceration, and migration control.

    Yet migration patterns to the US from Mexico, Central America and the Caribbean cannot be divorced from the practices and policies that the US employed for over a century to dominate countries in these regions. Decades of US practices and policies have fuelled economic, political, and environmental instability – key factors that drive migration to the US. Over the past 20 years the number of people migrating from Central America has more than doubled (external link)
    , the largest increases coming from Guatemala, Honduras and Mexico. The US-backed ‘war on drugs’ in Mexico and Central America has dramatically increased violence and instability.8 In Mexico, the fight against organised crime has resulted in 350,000 deaths and more than 72,000 disappearances (external link)
    between 2006 and 2021. According to the World Bank, 60% of rural Central Americans live in poverty (external link)
    . While the largest contributors to the climate crisis are wealthy countries, these already impoverished populations suffer the most acute impacts of climate change. For decades, prolonged droughts together with natural catastrophic events such as hurricanes (external link)
    and floods (external link)
    have deeply affected Central America. The number of people facing food insecurity tripled between 2019 and 2021, affecting 6.4 million people (external link)
    . Asegurado, Pérez and Ramírez – like many others – are grasping for alternatives to this intolerable situation.

    Rather than acknowledge these underlying causes, the US response has been to extend its border ever further. General John Kelly, former Secretary of the US Department of Homeland Security (DHS), stated (external link)
    , ‘I believe the defense of the Southwest border starts 1,500 miles to the south’. Mexico has long been central to the US border-externalisation regime, and digital infrastructure plays an increasingly critical role. Tony Crowder, former director of CBP’s Air and Marine Operations, shared Kelly’s sentiment ‘We have taught the Mexicans how to fish…[but] even though we have all this surveillance capability, we don’t have enough, we need more’.9

    While part of a continuum of US efforts to enlist Mexico in support of its regional objectives, this ‘security and rule-of-law partnership (external link)
    ’ accelerated following 9/11. In 2007, the US shifted the focus of its drug war (external link)
    from Colombia to Mexico, Central America, and the Caribbean. Under this frame of securitisation, the drug war merged with the migrant-control regime. In 2008, the Mérida Initiative was launched – a bilateral partnership between the US and Mexico in the name of the US war on drugs. It initially provided financing for Mexico to purchase equipment for its military and police forces and for intelligence gathering. In 2013, Mérida was revamped to include four pillars (external link)
    , incorporating the creation of a ‘21st century US-Mexican border, while improving immigrant enforcement in Mexico and security along Mexico’s southern borders’. Effectively an extension of US policy, some $3.5 billion (external link)
    has helped shape Mexico’s migration-control agenda since 2008.

    In 2014, Programa Frontera Sur further securitised Mexico’s southern border by increasing the migration policing and deportation apparatus. Consequently, Mexico now has one of the world’s largest (external link)
    immigration detention systems. Between 2014 and 2017, Mexico deported more Central Americans (external link)
    than the US Border Patrol. Doris Meissner, the former commissioner of the Immigration and Naturalization Service (INS, the predecessor to ICE and CBP), underscored the importance of Mexican migration control, explaining in 2017 the need to look at both US and Mexican data to assess the effectiveness of US border enforcement (external link)
    .10

    Under these agreements, the US Department of Defense has provided training and sold millions in military equipment to Mexico, including an array of ‘smart border’ technologies provided by corporations (external link)
    such as Dev Technology, General Dynamics, Amazon Web Services, and NEC. The CBP and ICE have provided training on intelligence-gathering, info-sharing, and migration policing. A key element of US support to Mexico has been to develop an infrastructure to collect and share data – such as biometric and biographical information, and criminal history – in a manner that interfaces seamlessly with US databases.

    The digital infrastructure that tracks and catalogues migrants is central to US migration policy in Mexico. The US-backed Instituto Nacional de Migración (INM) strategy relies on this infrastructure (external link)
    as the primary means to control migration rather than sealing Mexico’s southern border with Guatemala. Biometric collection is essential to making migrants more legible to the state. In 2011, the US provided four biometric kiosks (external link)
    to Mexico’s southern border, and 117 additional biometric scanners (external link)
    the following year. Between 2018 and the first half of 2022, the Mexican government gathered and shared information on over 360,000 migrants in detention facilities.11 Information from CBP reveals that Mexican authorities shared information from 10,000 humanitarian visa (external link)
    applications with DHS. The release of approximately 1,800 unregistered migrants from a shelter in Piedras Negras was conditional on the registration of their data.12

    An ‘Information Sharing Environment’ that includes inter-operable data-sharing systems (external link)
    is central to achieving the objectives of the homeland security state. ‘Inter-operability’ enables seamless connectivity between police, immigration agencies, foreign governments, and more.13 Key forms of US-initiated digital infrastructure rely on widespread information-gathering and seamless sharing of data for surveillance across borders.

    This vast amount of data-collection and sharing has been fuelled by unleashing the power of the carceral state – including the centrality of the ‘criminal alien’, ‘gang member’ and ‘drug trafficker’ as threats to national security – at all geographic levels of the US migrant-control regime. For example, the Biometric Identification Transnational Migration Alert Program (BITMAP) allows DHS and its partner countries to know where and when an individual arrives in the Western Hemisphere (external link)
    and their travel patterns before they reach the southwest US border. BITMAP is currently deployed to 18 countries (external link)
    , including Mexico. DHS also has a Criminal History Information Sharing (CHIS) programme that allows for the global sharing of biographic, biometric, and descriptive information on individuals deported from the US (e.g. alleged immigration, employment, family, and criminal histories).

    The structural criminalisation of poverty in both countries is amplified with CHIS. According to the National Survey of Imprisoned Population in Mexico, conducted by the National Institute of Geography and Statistics (INEGI) in 2021, nearly 44% of the respondents declared having been imprisoned on the basis of false accusations or incriminations (external link)
    . Forty-two percent claimed they had been forced to plead guilty or to incriminate someone else. Nearly half of those who are jailed have not been convicted (external link)
    , and nearly half of all convictions are for theft of under US$100 (external link)
    . This is the kind of data that feeds CHIS.

    In another example, DHS is developing the Homeland Advanced Recognition Technology System (HART) (external link)
    to replace its current centralised biometric database, IDENT, through a contract with Peraton (external link)
    (a subsidiary of Veritas Capital, a private equity firm). Hosted by Amazon Web Services, HART will enable DHS to aggregate and compare biographical and biometric data on hundreds of millions of people across the globe. This includes so-called encounter data from police stops, facial recognition, DNA, iris scans, and voice prints – usually gathered without the individual’s knowledge or consent. The massive HART database draws from widespread biometrics collection in all realms – for example, the US DOS INL’s development of integrated DNA databases in Mexico and Central America in the name of combating trafficking or the proposed national biometric digital ID in Mexico (external link)
    . In this way, multiple state initiatives merge, and the power of the state to police, track and control migrants and all people under their watch grows exponentially.

    While the Mérida Initiative formally ended in 2019, its approach has been sustained by the Mexican government. In 2021, the Mexican government increased (external link)
    the military by 46% and the National Guard dedicated to stopping migrants by 300%. In July 2022, President López Obrador committed $1.5 billion in smart border infrastructure (external link)
    over the next two years.

    For US partner states, any technological and data-sharing channels that are financed and exported to them become assets – not just for monitoring migrants, but to advance multiple agendas of coercive power-building. This infrastructure can therefore end up fuelling violence and criminalisation, undermining the right to asylum, exacerbating inequality, and expanding the power of paramilitaries and the police (external link)
    , while privileging securitised neoliberal and corporate prerogatives.
    The geopolitical nature of digital infrastructure

    In their research on digital payment systems, Marieke de Goede and Carola Westermeier use the term ‘infrastructural geopolitics’ to stress the growing centrality of infrastructure to geopolitics and the ways in which US economic power is rooted in financial infrastructures (which, like migration control, are rapidly digitising).14

    The global financial messaging network SWIFT is an example of infrastructure that is invisible to most people and yet plays a major role, as the writers describe, in reinforcing power relations of the post-war global order in which it emerged. Seventy years after the Second World War and fifty years since SWIFT’s establishment, bank messaging routes flow through former colonial capitals and map onto a ‘core’ of Western countries, leaving large swaths of Latin America, Africa, and the Middle East in a permanent, but effectively invisible, economic periphery. Similarly, digital IDs, social media monitoring and infiltration, and data-sharing platforms are essentially component parts, nodes, or partially visible layers of deeper, longer-term geo-strategic digital infrastructure projects.

    Extension of borders through digital infrastructure serves US political and economic goals well beyond the policing of human mobility. Geopolitical contests for control over infrastructures play out across several domains. Military establishments covet ‘identity dominance (external link)
    ’, an objective that drove US forces to gather massive stores of biometric data in Afghanistan and Iraq as a weapon of war. US digital services giants like Amazon and Google mastered ‘platformisation’ by building e-commerce (digital advertising, search, social media, etc.) infrastructure to dominate the digital economy. Often, public and private-sector interests converge, including in the form of public–private partnerships (PPPs) to build infrastructure. In each case, the true contest among states and corporate giants centres on control over the interface, or the most essential, invisible, infrastructural methods of digital communication and control. As Michael Kwet explains (external link)
    , ‘Transnational “Big Tech” corporations based in the United States have amassed trillions of dollars and gained excessive powers to control everything, from business and labor to social media and entertainment in the Global South. Digital colonialism is now engulfing the world’. The US quest for domination through externalised migration policing infrastructure goes hand in hand with its geopolitical and corporate designs for economic power.

    These forms of infrastructural digital power pose unique challenges for documentation and ultimately for any form of systemic change. Challenges include blurred lines of responsibility, mission, and function; governments and corporate actors are seen or presented as passive conduits or intermediaries in digital public infrastructure; and infrastructures can easily appear to be ‘ahistorical’ and motiveless. In Mexico and Central America, migration control converges with ongoing US foreign policing operations (such as the war on drugs, and gang wars). We explore the several simultaneous effects of this complex merger: the turn to digital infrastructure; its relationship to violence and human suffering; and its foreclosure of accountability for these harms.
    Digital border infrastructure in your phone: Information and Communications Technology (ICT) policing techniques along migration routes

    Surveillance infrastructure is tangible in physical migration detention centres and in police arrests: mugshots, cheek swabs, confiscation of the detainee’s mobile phone. The deepening integration of daily life, telecommunications and computers open extensive avenues for more covert, opportunistic surveillance of private communications and activity by users who rely on social media, mobile communication and messaging apps. The surveillance of mobile phones and social media ranges from overt disclosure requirements for visa and benefits applications to government listing and tracking of protesters and other ‘undesirable’ actors. Migrant surveillance is immersed in these control schemes where surveillance technology serves as a silent tool for government violence and repression.

    This has had an impact on how migrants travel and keep safe, such as through safety in numbers. Travelling in caravans has therefore become both a survival and a protest strategy: sources of both physical and economic security (external link)
    and opposition (external link)
    to the economic policies that contributed to their displacement. Social media and messaging apps are key tools for the coordination of caravans and for migrants more broadly. Migrants use these tools to identify routes, look for shelter and food, communicate with their support networks, warn each other about risks (external link)
    , and coordinate travel. Governments as well as organised crime understand these dynamics and use these same tools to monitor and extort migrants.

    On 5 June 2019, Irineo Mujica, from Sin Fronteras – a civil society organisation (CSO) dedicated to the protection of human rights of migrants in Mexico and the US, and which has supported multiple migrant caravans – was arrested in Mexico, falsely charged with human trafficking (external link)
    . Mujica appeared in the CBP’s watchlist database published in 2019 (external link)
    that contained photos, names, professions, and other details of journalists, activists, and social media influencers both from Mexico and the US with links to the migrant caravan.

    A DHS Office of Inspector General (OIG) report (external link)
    on the database and other surveillance practices found that CBP established electronic alerts (lookouts) on journalists, attorneys, and advocates who were connected by social media to the migrant caravans. Those tagged by the lookouts were constantly flagged for secondary screening (external link)
    when entering the US, and interrogated about their work, organisation, family, education, and political leanings.

    The weaponisation of such information had grim effects on the Mexican side of the border. According to Sin Fronteras activist Alex Mensing (external link)
    , after the CBP shared information gathered through lookouts with the Mexican government, other members from his organisation who assisted migrant caravans in the same period saw an increase in border scrutiny and death threats (external link)
    . Organising and supporting migrants threatens lucrative operations that depend on the criminalisation of migration across the region. Civil society assistance makes migrants less prone to kidnapping and extortion, which therefore reduces the income for organised crime linked to these activities, and, as a domino effect, bribes to authorities also drop, pitting the collective interests of such groups against activists and those providing humanitarian assistance.

    Surveilling anyone who might pose a threat to the system has long been a generalised and systematic form of government control in Mexico. A leaked document from the NSO Group, the Israeli company that created Pegasus, revealed that 50,000 people were possible surveillance targets (external link)
    in Mexico. The list included opposition politicians, journalists investigating government corruption and extrajudicial killings, activists advocating the taxing of sugary drinks, judges, academics, and international experts who investigated the case of the enforced disappearance and extrajudicial killing of the 43 students, among others.

    In 2022, mobile phones from two journalists and an activist who investigated abuses committed by the Mexican army were found to be infected with the malware Pegasus (external link)
    . In 2020, the Mexican government sought to create a SIM card registry that would link to the card owner’s biometrics and other personal data. This would have intensified government digital surveillance via ICT infrastructure, and was opposed by civil society (external link)
    .

    CBP internal documents show (external link)
    that government agencies across the border continually share information about the location of migrants, their origin, and the number of people in each group, even before they start to migrate. In 2018, US DHS agents infiltrated a WhatsApp group (external link)
    of Honduran migrants travelling in a caravan of about 4,000. These policing practices are also being reproduced by the Mexican government.15

    Impact: Infrastructural violence and accountability deficits in globalised migration policing

    Roberto M., a young man in El Salvador, was shot and taken away by police shortly after being deported from the US. The rural police officers who shot Roberto also threatened an eyewitness at gunpoint, telling him that Roberto was a gang member and if he revealed what he’d seen, the same would happen to him. Police in El Salvador receive data on gang-member affiliation from the US, and share these lists (external link)
    with neighbourhood-level police where deportees plan to live. These databases have been found to be problematic and unreliable (external link)
    . Police departments confirmed (external link)
    that this information is used to target people (external link)
    : ‘We think that if a person wasn’t wanted in the United States, it must be because the deported person is bad’.

    Violence can increasingly be tied to digital border technologies, particularly in combination with one another and with physical and environmental realities that envelop them. Studies show the effects of integrated fixed-tower surveillance on migrant mortality rates in Arizona’s Altar Valley. Here, digital infrastructure merges with the ineffective yet longstanding US deterrence policy that purposefully makes migration routes more dangerous, on the theory that migrants would not risk the journey. The fusion of technology and policies that inflict deliberate harm produces these predictable results of increased migrant deaths (external link)
    .

    The story of Roberto M. and the witness to his post-deportation shooting and disappearance in El Salvador reflects another pattern of violence tied to information-sharing through digital infrastructures. The criminologist Ana Muñiz documents a ‘cycle of violent policing, migration, more violent policing, detention, deportation, violent policing, migration, and so on’, in which the labels themselves (‘criminal alien’ or ‘gang member’) become inescapable vectors of precarity.16 Such labels channel individuals into a ‘sort of statelessness’ as constant, quantifiable scapegoats that provide an easy diversion for state security forces and corporations that produce and perpetuate the ‘structural causes of violence’.17

    Digital infrastructure merges not with a physical terrain, but with pre-existing social and political factors that make violence a foregone conclusion. Today’s multipurpose digital infrastructure also permits the efficient incorporation of new undesirable criminalised categories, including ‘caravan organisers’ or ‘migration promoters’ – as in El Salvador’s attempt (external link)
    to reform its penal code, criminalising the ‘promotion of migration’ on social media.
    Challenges and way forward

    We are interested in developing deeper knowledge about the political origins of these infrastructures to challenge the violence of global migration control systems. This essay only sets out the field of engagement. Far more collective work is required to document and design models of resistance to meet such challenges.

    The diffuse and structural nature of power behind the seemingly ahistorical, and motiveless characteristics of digital infrastructures undermine classic approaches to accountability. Furthermore, the familiar national and international judicial avenues to hold perpetrators of these forms of indirect violence responsible – however imperfect or ineffective they may already be – are exceptionally ill-suited to the conditions at play in the migration policing context specifically, for several reasons.

    First, the technologies in use such as biometric databases, and the means of using civilian technologies like social media and other ICTs, are simply not designed to respect or be held to democratic scrutiny; they are military-grade and converted for use in quasi-militarised spaces, by institutions permeated with military ideology. Nearly a third of CBP personnel previously served in the US military. Biometric surveillance technologies advanced by leaps and bounds within US military operations before being integrated with ‘civilian’ border policing. Private-sector military contractors play an integral role in this transition.

    As journalist Annie Jacobsen documents, as part of the US military biometric data-collection in Afghanistan, Palantir Technologies served as a critical link between US intelligence operations to track and kill military targets and quasi-civilian policing operations like the piloting of rapid DNA samples from migrant families at the US border in 2019.18 Today, the biometric kits used in Afghanistan, some still storing biometric data collected on the battlefield, are for sale on eBay (external link)
    .

    Second, justice and oversight bodies are ill-equipped to serve their intended function in this ecosystem. Within criminal proceedings and investigations, the use of technologies that capture and record evidence of allegedly criminal activity or purport to biometrically match records are extremely difficult to challenge because of their scientific veneer and opaque data-collection and analysis methods, which leaves no practical room (external link)
    to impeach or exclude such evidence. The design of technologies that predetermine risk factors keyed to criminalised behaviour, including migration, contravenes the presumption of innocence. In the civil context, national-level justice mechanisms deny standing to non-nationals located outside the US who are victims of violations linked to digital surveillance.

    Finally, there are huge incentives for both state and corporate power to hide violence. The political positioning of ‘smart borders’ as more ‘humane’ conceals the state’s role in violence and insulates corporations from negative PR or constraints by participating in repugnant markets. Their task is made easy by rendering physical pain abstract rather than affecting real human beings,19 and features of the data economy like the way corporates have helped the movement towards running government functions like private digital platforms.

    Mitigation ‘risk assessment’ tools like data protection or human rights impact assessments provide cover (external link)
    , favouring the continuation of these business practices because firms undertake them voluntarily and face little or no consequences for a poor risk assessment. Unsurprisingly, these industry-led tools often fail to provide (external link)
    a means for real accountability; they reveal scant information that would be actionable if and when products do cause harm; and the burden of proving rights violations and finding an effective remedy (external link)
    after the fact is shouldered entirely by victims. The interests of powerful actors converge around a web of financial stakes in the system, leading to the aggressive harassment and potential silencing of activists as the case of Irineo Mujica and Sin Fronteras illustrates.

    We need tools and methods for transnational cooperation to document, gather and share information safely, and organise. Fusing new understandings about how digital power functions within existing resistance movements transnationally, holds potential for challenges to the digital infrastructure of border externalisation.

    We are in the initial stages of our collective effort to understand and expose this digital infrastructure. Through this analysis, we can begin to identify the interventions to start to tear it apart and break it down. Transnational organising against tech corporations offers opportunities for shared understanding and meaningful solidarity. This year, organisations in France and Kenya, with support from actors in other countries, sued biometrics giant IDEMIA (external link)
    for its failure to meet even minimum human rights standards of due diligence as it reaps billions in secret border security tech sales to low- and middle-income countries. This emerged from collaborative evidence-gathering and organising across borders.

    As the US military establishment recognised decades ago: whoever dominates the field of externalised borders defines ‘friend and foe’ everywhere.20 The faster the US establishes economic and political dominance over digital migration-control infrastructure, the greater its security in maintaining global digital power. Digital infrastructure serves multiple purposes at once, but the ultimate geopolitical function is raw, generalised power over global affairs. The tools examined here will ‘contain’ human life within spaces of catastrophic violence, by design. This specific effect betrays the most fundamental commitments of international human rights and humanitarian law in the face of unprecedented challenges to human survival across most of the world. But this pernicious effect is also ruthlessly beside the point.

    In reality, as facets of infrastructural power, the technologies that fix the ‘calculation of who must live and who must die’22 do not do so as an end in itself, but in the service of power and its reproduction in this digital age.23 In this way the complicity of state and corporate actors in the production of violence is cast in the starkest relief. This geopolitical analysis is our starting point for building resistance towards transformation.

    https://www.tni.org/en/article/the-everywhere-border
    #externalisation #migrations #frontières #réfugiés #USA #Etats-Unis #infrastructure #infrastructure_numérique #violence #violence_d'Etat #surveillance #caravane #whatsapp #criminalisation_de_la_migration #arrestation #technologie #technologie_intelligente #externalisation_des_contrôles_frontaliers #bases_de_données #interopérabilité #empreintes_digitales #coopération_policière #impérialisme #biométrie #Mérida_Initiative #Central_American_Regional_Security_Initiative #war_on_drugs #Amérique_centrale #Mexique #Programa_Frontera_Sur #rétention #détention_administrative #ICE #smart_borders #frontières_intelligentes #Dev_Technology #General_Dynamics #Amazon_Web_Services #complexe_militaro-industriel #NEC #Instituto_Nacional_de_Migración (#INM) #Guatemala #Biometric_Identification_Transnational_Migration_Alert_Program (#BITMAP) #Criminal_History_Information_Sharing (#CHIS) #criminalité #Homeland_Advanced_Recognition_Technology_System (#HART) #IDENT #Peraton #Veritas_Capital #reconnaissance_faciale #ADN #DOS_INL #infrastructural_geopolitics #géopolitique #SWIFT #multinationales #colonialisme_numérique #téléphones_portables #smartphones #criminalisation_de_la_solidarité #NSO_Group #border_deaths #décès #morts_aux_frontières #mourir_aux_frontières

  • Au pays des enfants interdits

    Dans l’ombre de l’histoire suisse : le chapitre méconnu des enfants cachés des saisonniers. Plongez dans la part méconnue de la politique migratoire suisse. Entre 15’000 et 50’000 enfants de saisonniers ont vécu dans la clandestinité en Suisse jusqu’en 2002, une période sombre et oubliée.

    https://www.playsuisse.ch/fr/show/2271040
    #film #documentaire #film_documentaire
    #peur #enfants_du_placard #saisonniers #clandestinité #permis_de_séjour #Suisse #ennui #monotonie #immigrés_italiens #police_des_étrangers #délation #travailleurs_étrangers #expulsions #internat #Domodossola #racisme #solitude #contrôle_médical #logement #baraquement #mal_du_pays #tristesse #regroupement_familial #surpopulation_étrangère #James_Schwarzenbach #Fremdüberfremdung #initiatives_Schwarzenbach #reconnaissance

    • #Bambini_proibiti

      Nel 1924 la Società delle Nazioni Unite redige la Dichiarazione dei diritti del fanciullo in cui sono sanciti i diritti di cui ogni bambino, senza alcuna distinzione o discriminazione, deve godere. Il documento fu stilato in Svizzera , a Ginevra. Proprio in Svizzera, soprattutto a partire dal secondo dopoguerra fino agli anni ’80, esisteva una categoria di bambini sistematicamente esclusa da questi diritti.

      E non solo. Per le autorità, semplicemente questi bambini non esistevano, o non avrebbero dovuto esistere. Erano i figli degli stagionali, dei lavoratori stranieri che, avendo un permesso di soggiorno limitato alla stagione lavorativa (nove mesi), non avevano diritto al ricongiungimento familiare. I genitori li portavano in Svizzera, clandestinamente oppure con un permesso turistico di tre mesi, ma spesso questi mesi si prolungavano fino a diventare lunghi anni, infanzie e adolescenze passate in poveri appartamenti senza fiatare per interi giorni, in silenzio, senza giochi e senza i compagni, ma con l’angoscia di una fanciullezza strappata via. Nel suo libro Bambini proibiti, Marina Frigerio Martina ne racconta le storie attraverso i racconti dirette di chi le ha vissute.

      Le testimonianze raccolte fanno riferimento a situazioni tra loro diverse, ma tutte segnate dal trauma di un’infanzia resa difficile dalla separazione, dalla solitudine, dalla clandestinità. Con il passare del tempo, la percentuale di stagionali tra i lavoratori immigrati è diminuita e le restrizioni per l’ottenimento di un permesso si sono allentate. D’altra parte, all’applicazione delle norme è sempre stata sottoposta ad una certa arbitrarietà: alcuni cantoni erano meno rigidi di altri, c’erano funzionari più severi e altri più comprensivi, un vicino poteva determinare la disgrazia di una famiglia con una denuncia, oppure offrire sostegno e collaborazione preziosi.

      Non di rado il destino di una famiglia e dei suoi membri dipendeva in larga parte dal caso e dalla fortuna, cosicché le esperienze di vita susseguitesi nel corso dei decenni risultano assai diversificate; a storie di dolore e lontananza si affiancano esempi di integrazione riuscita e di affermazione esistenziale e professionale negli ambiti più vari.

      In genere coloro che offrono la propria testimonianza mostrano di aver superato il trauma o, quanto meno, di essere riusciti a metterlo da parte per dar spazio a nuove vite, fatte di lavoro, figli, nipoti…insomma, vite normali. Eppure, in un modo o nell’altro, nel profondo di sé, continuano a portare il segno di lunghi anni trascorsi nel desiderio e nella speranza di raggiungere un giorno quelle vite normali che a loro, figli di stagionali, erano negate.

      Ancora in anni recenti affrontare questi discorsi in certi ambienti poteva essere difficile per motivi di ordine diverso: la tendenza, da parte delle autorità, a minimizzare la questione (talvolta persino il negazionismo), il dolore ancora troppo forte di esperienze vissute in prima persona, il timore di mettere in pericolo i casi residuali di clandestinità tuttavia ancora presenti, ma, soprattutto, una diffusa volontà di rimozione. Tutto questo ha come effetto una coscienza collettiva ancora poco informata.

      Il grave rischio che può seguirne è quello di ricadere in errori del passato, sebbene in diverse circostanze storiche. Anche perché il principio secondo cui la politica migratoria elvetica va adeguata ai bisogni dell’economia, cui era ispirato lo “statuto dello stagionale”, è tuttora presente nella legge.

      Il libro della Frigerio dovrebbe bastare, da solo, a far riflettere sulle conseguenze di un assetto giuridico che anteponga i bisogni del sistema economico a quelli dell’uomo e alla sua dignità. Le storie raccontate sono storie difficili, esistenze di famiglie unite nella durezza di una vita in terra straniera, o sofferenti per la lontananza e la separazione.

      In ogni caso, sono storie intessute della più autentica umanità che, in considerazione dei continui mutamenti sociologici, oggi più che mai hanno molto da insegnare.

      https://www.italoeuropeo.com/2014/03/17/bambini-proibiti-un-libro-di-marina-frigerio-martina
      #livre #Marina_Frigerio_Martina

  • « #Reconnaissance » – #Abécédaire_de_l’Écologie_Sociale
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2025/11/23/reconnaissance-abecedaire-de-lecologie-sociale

    Encore un problème qui ne peut trouver son élucidation que par l’Écologie Sociale. La reconnaissance dont nous voulons parler ici est ce besoin tout naturel qu’éprouve toute individualité de trouver sa place dans le milieu social qui l’environne et donc d’y être reconnue en son être particulier. Or dans la société du spectacle produite par […] L’article « RECONNAISSANCE » – Abécédaire de l’Écologie Sociale est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Ego #Psychologie #Société

  • Retraités à l’étranger : le contrôle biométrique se développe pour lutter contre la fraude
    https://www.alternatives-economiques.fr/retraites-a-letranger-controle-biometrique-se-developpe-lutt/00116261

    Afin de mieux dissuader les fraudeurs, les régimes de retraite commencent à certifier l’existence effective des pensionnés résidant à l’étranger via la biométrie. Un dispositif qui deviendra obligatoire à l’horizon 2028.


    Retraités au Portugal. Parmi les retraités résidant à l’étranger et percevant une pension française, 10 % sont nés en France. PHOTO : Getty

    La lutte contre la fraude, sujet politique hautement inflammable, revient comme un serpent de mer. Cet été, le gouvernement Bayrou a présenté un avant-projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale. Objectif : récupérer 2,3 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat, en cette période de disette budgétaire.

    La nouvelle équipe à Matignon devrait tôt ou tard reprendre le flambeau, tant ces dernières années le thème est au menu de tous les gouvernements, aiguillonnés par la Cour des comptes. Dans leur rapport 2025 sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale (LFSS), les hauts magistrats de la rue Cambon ont souligné les améliorations dans la lutte contre la fraude aux #retraites_versées_à_l’étranger, mais appelé « à poursuivre [les efforts] pour mieux la prévenir et la réduire ».

    Ils ont répertorié, pour 2021, 43 millions d’euros d’indus sur cette population pour le régime général (1,1 million de personnes) dont 35 millions avaient été récupérés à 24 mois. La somme peut sembler faible mais cela correspondrait à 28 % de l’ensemble des indus de la branche vieillesse de la Sécurité sociale, alors que ces pensions représentent moins de 3 % des prestations légales versées.

    Les #pensions versées à l’étranger sont sujettes aux risques de fraude connus (utilisation frauduleuse ou falsification de documents d’identité, fraude aux comptes bancaires, etc.), auxquels s’ajoute une problématique spécifique de #décès_non_déclaré. C’est pourquoi les caisses de retraite demandent chaque année aux retraités résidant à l’étranger – dont 10 % sont nés en France – de produire un #certificat_d’existence.

    Autrement dit, ceux-ci reçoivent un formulaire d’état civil prérempli, qu’ils doivent faire authentifier en se présentant avec une pièce d’identité auprès du consulat ou des autorités locales, avant de le renvoyer. Sans quoi, au bout de deux mois, leur pension peut être suspendue, et ce jusqu’à la réception des justificatifs exigés.

    Selon l’Assurance retraite, 94,2 % des certificats d’existence sont retournés dans les 12 mois, ce qui implique que 5,8 % des pensions sont suspendues, sans qu’il s’agisse forcément de fraudes. Cela dit, « cette procédure papier est aisément fraudable – si les autorités locales se laissent corrompre par exemple –, et contraignante pour des pensionnés souvent âgés – 78 ans de moyenne d’âge contre 74 ans en moyenne », commente Renaud Villard, directeur général (DG) de l’Assurance retraite. C’est pourquoi des opérations ciblées de contrôle sur place peuvent ensuite intervenir sur les cas suspicieux.

    Cap sur les échanges de données et le contrôle biométrique

    Pour remédier à cette fragilité, les régimes développent depuis plusieurs années les #échanges_de_données d’état civil, notamment sur les décès. Désormais, ce sont près de 50 % des retraités à l’étranger – surtout dans l’Union européenne – qui sont exemptés de prouver leur existence chaque année, selon l’Assurance retraite. C’est particulièrement le cas des résidents de neuf pays : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède. Et d’autres conventions sont en passe d’être signées avec l’Autriche et la Pologne, ou encore le Royaume-Uni, pour une cible de 60 % de retraités concernés d’ici 2027.

    « Il faut marcher sur deux jambes : les échanges de données mais aussi la biométrie, plus exigeante que le contrôle d’existence traditionnel, qui permet de faire des économies en papier et en surcontrôles », affirme Renaud Villard.

    La #LFSS pour 2021 avait en effet introduit la possibilité de recourir à la #reconnaissance_faciale ; la LFSS pour 2025 est allée plus loin en l’imposant à compter de 2028.

    Expérimenté par l’Union retraite depuis 2022, le groupement d’intérêt public (GIP) qui réunit tous les régimes obligatoires, le contrôle biométrique, réalisé par vagues mensuelles, est monté en charge depuis septembre 2024. Le principe ? Lorsque l’assuré doit justifier de son existence, il reçoit par courrier ou e-mail un QR code qui lui permet d’installer gratuitement l’application « Mon certificat de vie » sur son téléphone.

    Après avoir scanné son titre d’identité (disposant d’une bande de lecture optique), il se filme avec le mode selfie et peut ainsi valider son certificat, transmis ensuite automatiquement à l’Union retraite. Et les chiffres au bout d’un an sont probants, se félicite le GIP. 85 % de la cible a reçu son QR Code, dont [seuls] 15 % s’en sont emparés : au bout du compte, 70 000 retraités ont pu ainsi envoyer leur preuve d’existence.

    « C’est une première marche vers la généralisation, mais tant que les assurés auront le choix, ils pourront contourner le dispositif s’ils veulent frauder. La biométrie est donc plutôt un levier supplémentaire de maîtrise des risques pour inciter les gens à déclarer le décès de leurs proches », explique Richard Bordignon, directeur de l’Union retraite.

    Simplifier la vie des pensionnés

    Et la démarche a aussi des vertus simplificatrices, plaide l’Union retraite – ce qui devrait garantir un meilleur accès des résidents de l’étranger à leurs pensions. « Nos assurés peuvent se faire aider par leurs enfants ou des proches, qui peuvent même utiliser leur propre portable, tant que le QR Code est bien celui de l’assuré », explicite encore Richard Bordignon.

    « Nous avons demandé que ce nouveau système ne pénalise pas les assurés, parfois éloignés du numérique, et exigé certaines garanties techniques permettant d’assurer un meilleur service », assure Denis Gravouil, secrétaire confédéral chargé des retraites à la CGT qui s’est abstenu lors du vote à l’Union retraite (dont la gouvernance est paritaire).

    Cette dernière mène des actions pour améliorer le dispositif, notamment pour augmenter son taux d’éligibilité ou aller chercher les nombreux assurés qui abandonnent aujourd’hui le processus en cours de route.

    Malgré tout, les #contrôles_sur_place ont encore de beaux jours devant eux. Pour les faciliter et les fiabiliser, l’Assurance retraite a initié une expérience en #Algérie, où les #retraités touchant une pension française sont les plus nombreux, avec un effectif de près de 335 000 personnes. Celle-ci repose sur deux agents de contrôle postés au Consulat à Alger et rémunérés par l’assurance retraite. Mais le consulat peut être à des centaines de kilomètres pour certaines populations à l’étranger.

    « L’Assurance retraite développe aujourd’hui une stratégie plus globale basée sur des tiers de confiance locaux dans les pays à fort enjeu, afin d’assurer la logistique du dernier kilomètre », explique Thomas Gagniarre, directeur du contrôle.

    Elle est notamment en passe de contractualiser avec la banque BRED, dont le maillage d’agences à l’étranger, et notamment au Maghreb, s’avère très dense. « C’est une solution complémentaire par rapport à la biométrie, qui nous permet de cibler des publics que nous ne pourrions pas toucher sinon », conclut Renaud Villard, qui revendique de toute façon une approche humaine.

    Culpabilisation des assurés

    « Quand il y a des fraudes, il faut sanctionner certes, mais le discours politique sert trop souvent à culpabiliser les assurés », regrette Denis Gravouil.

    Alors que la fraude aux prestations est souvent le fait de réseaux mafieux, ou liée aux abus des professionnels de santé pour l’assurance maladie.

    Depuis plusieurs années, le discours – au moins de façade – a changé : la lutte contre le non-recours aux prestations et le combat contre la fraude sociale sont devenues les deux facettes d’une même médaille. Une personne sur trois (soit 2,8 millions d’assurés) ne réclame pas la pension à laquelle elle peut prétendre , rappelle une étude de la Cnav. Et le phénomène de non-recours « complet » concerne 7 % d’entre elles.

    Ce peut être le cas de personnes nées à l’étranger, qui n’ont fréquemment travaillé que quelques trimestres en France, négligeant ou ignorant les droits à pension que cela leur ouvrait, et qui sont repartis sans laisser d’adresse.

    « Ce ne sont pas les mêmes personnes : il y a une différence entre ceux qui ont fait carrière en France et vivent leur retraite à l’étranger, et ceux qui sont passés par la France au moment de leurs études souvent », explique l’Assurance retraite.

    Plus largement, des campagnes d’« aller-vers » sont organisées par les régimes de retraite, pour retrouver des retraités âgés qui n’auraient pas réclamé tous leurs droits. « Il s’agit surtout de fonctionnaires qui ont oublié des périodes de travail en début de carrière comme #contractuels ou au régime général », précise Renaud Villard, DG de l’Assurance retraite.

    Après une expérimentation depuis 2022 sur les assurés de 75-80 ans, la démarche s’est industrialisée par l’envoi de courriers à tous les retraités de 71 ans et plus en 2025. L’avenir dira si elle se révélera aussi efficace que l’usage de la biométrie pour repérer les fraudeurs. Mais les résultats 2024 sont encourageants : sur 3 800 retraités contactés, près de 600 ont finalement récupéré des droits à pension de réversion pour un montant mensuel de 288 euros.

    #chibanis #CNAV #contrôle #biométrie #contrôle_biométrique

  • Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/25/plus-de-3-200-jeunes-etrangers-en-recours-dont-pres-d-un-millier-a-la-rue-se

    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours dont près d’un millier à la rue, selon des associations
    Le Monde avec AFP
    Plus de 3 200 jeunes étrangers en recours pour faire reconnaître leur minorité ont été recensés en France en juin 2025 et près d’un millier d’entre eux vivent à la rue, selon une évaluation menée par des associations auprès des départements, publiée jeudi 25 septembre.
    Au moins 3 273 mineurs isolés étrangers, engagés dans une procédure pour faire reconnaître leur minorité auprès de la justice, ont été recensés. On compte parmi eux 2 918 garçons (89,15 %) et 355 filles (10,85 %), annonce la Coordination nationale jeunes exilés en danger (CNJED), rassemblant une centaine d’associations. Les départements ont l’obligation de mettre à l’abri les mineurs étrangers non accompagnés, mais ils en dénoncent régulièrement le coût.L’enquête menée en juin auprès de 79 départements est le résultat des données collectées par questionnaires et entretiens téléphoniques, précise la CNJED qui déplore l’absence de données gouvernementales.
    Pour le collectif, « les conditions de vie de ces mineurs qui attendent de voir un juge des enfants ou une cour d’appel » demeurent « alarmantes ». Selon lui, « 1 087 vivent à la rue, 939 sont hébergés temporairement par la société civile, 170 sont dans des dispositifs d’urgence pour adultes fournis après appel au 115 et 989 dans des dispositifs d’urgence dédiés aux mineurs non accompagnés (MNA) ».
    « Pour la plupart des jeunes, le passage à la rue, parfois durant plusieurs mois, demeure la norme avant d’accéder à une protection, même temporaire », alors qu’une « majorité est finalement reconnue par la justice comme des enfants », dénoncent les associations.
    « En moyenne », le taux de reconnaissance de leur minorité, après recours, « s’élève à 60 %, avec de fortes disparités suivant les départements de 3 % à 100 % », selon l’enquête. « Ces jeunes devraient se voir accorder la présomption de minorité et continuer à bénéficier des services de protection le temps que leur recours soit examiné », a insisté Angelo Fiore, un responsable du CNJED. Plusieurs instances comme le Comité des droits de l’enfant de l’ONU ou encore le Défenseur des droits ont rendu des avis dans ce sens.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#droit#sante#protection

  • La #justice_communautaire, une alternative « politique » pour prendre #soin des victimes

    Menée au sein de communautés d’habitants ou de collectifs militants, la justice communautaire se concentre sur les #victimes, puis s’interroge sur la #responsabilité du groupe dans l’apparition des #violences. Une pratique qui peut convenir aux #violences_sexistes_et_sexuelles.

    « Quand il se passe quelque chose de grave, comme des violences sexistes et sexuelles, les premiers #besoins qui émergent sont : le #besoin_de_reconnaissance, le #besoin_de_protection des autres, le #besoin_de_réparation. Ce sont trois choses que la justice d’État ne peut pas faire, car elle est concentrée sur le fait de #punir le coupable », énonce Jerry*, du #Front_révolutionnaire_anti-patriarcal (#Frap). Ce collectif autonome rennais a coécrit, avec un collectif anticarcéral, un petit ouvrage sur la justice communautaire (https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure). « Notre priorité, c’est de #prendre_soin de la personne agressée. Cela peut prendre diverses formes : être écoutée en buvant un café, être accompagnée chez des soignant·es, bénéficier d’une aide matérielle temporaire… », nous explique-t-on.

    « Soutenir les victimes ou survivant·es de violences, c’est leur assurer l’existence d’un espace où leur #sécurité, leur santé physique et émotionnelle, ou tout autre besoin, sont pris en charge », résume le cahier d’outils de « #Creative_Interventions », un centre de ressources fondé en 2014 à Cleveland, aux États-Unis, pour créer et promouvoir des interventions communautaires face aux violences interpersonnelles (y compris sexuelles).

    Dans un podcast produit par cette organisation (https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago), une victime de #violences_conjugales évoque l’importance qu’ont eue pour elles toutes les personnes venues vivre à son domicile, à tour de rôle, pour la rassurer quand elle a dénoncé les violences et exigé le départ de son conjoint. Elle se sentait en sécurité, avait des personnes pour jouer avec ses enfants et l’aider dans les tâches quotidiennes.

    Nommer les violences, formuler des excuses

    La justice communautaire émerge aux États-Unis dans les années 1990, inspirée par les communautés noires, antiracistes et féministes, soucieuses d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles sans livrer les hommes noirs à un système policier et carcéral raciste.

    « Le démarrage d’un processus de justice communautaire peut être à l’initiative de n’importe qui : le ou la survivante ou victime ; un·e ami·e, un·e membre de la famille, un·e voisin·e, un·e collègue, la personne ayant causé le préjudice, ou tout membre ou allié·e de la communauté », détaille Creative Interventions.

    « #Nommer les violences, désigner des #personnes-ressources, s’assurer que tout le monde est en sécurité, sont des préalables incontournables, énonce Jerry. On travaille – idéalement à une dizaine – sur l’#écoute des #récits des diverses parties, et la gestion séparée de leurs besoins. Par exemple, que l’auteur·ice formule des excuses à la victime ou que l’espace commun soit réorganisé pour que les deux personnes ne se croisent plus. Il y a de nombreux allers-retours entre le groupe qui soutient la victime et celui qui s’occupe de l’agresseur·euse. »

    Si leur fascicule énonce un nombre impressionnant de conditions pour que le processus aboutisse, le collectif assure qu’il n’y a pas de recettes. « Le mieux est que les solutions viennent des gens qui subissent les préjudices », résume une victime accompagnée par le centre Creative interventions.

    « La justice communautaire va réfléchir à la manière d’accompagner les différents protagonistes, mais aussi penser le #contexte de la violence pour le travailler, précise Elsa Deck Marsault, militante queer féministe, cofondatrice du collectif #Fracas (https://www.collectif-fracas.com), autrice de Faire justice (https://lafabrique.fr/faire-justice), publié aux éditions La Fabrique. Il s’agit bien sûr de réfléchir à la #responsabilité_individuelle de l’agresseur, mais aussi la manière dont son acte fait écho à un #contexte_social plus large. Cette #justice_alternative cherche à en comprendre les racines pour essayer de transformer le contexte. En cela, c’est profondément #politique. »

    Contre les #pratiques_punitives et néolibérales

    Au sein du Frap, on estime que « connaître les raisons systémiques de la violence est nécessaire ». À condition que l’agresseur ou l’agresseuse accepte de dialoguer et reconnaisse les dommages causés. Dans le cas contraire, un « #call-out », c’est-à-dire une dénonciation publique ou une exclusion du groupe, peut intervenir, mais en dernier recours.

    « Malheureusement, trop souvent, les groupes commencent par un call-out et réfléchissent ensuite », déplore le Frap. Reproduisant finalement le pire de la #justice_punitive à laquelle ils souhaitaient pourtant se substituer, regrette Elsa Deck Marsault.

    « Les effets d’un call-out ou d’une #exclusion ne sont pas les mêmes pour un homme blanc disposant d’importants moyens matériels et d’un réseau de soutien que, par exemple, pour une personne racisée, pauvre et/ou queer », précise-t-elle. « La question doit être : comment on travaille collectivement pour que cela n’arrive plus », martèle Jerry.

    « Depuis le tournant néolibéral des années 1980, la transformation sociale n’est plus vue comme passant par l’organisation collective ou syndicale, analyse Elsa Deck Marsault. La société compte désormais sur la #transformation_individuelle de chaque personne, qui doit reconnaître sa part de responsabilité, pour changer la société de manière générale. Il me semble que c’est une impasse, qui découle non seulement des logiques néolibérales, mais aussi des #logiques_carcérales qui punissent les individus en disant que, quelque part, ils l’ont bien mérité. »

    Mais sortir des voies habituelles demande un temps que les cercles militants ou autres communautés n’ont pas forcément. « C’est sans doute l’un des freins de cette forme de justice qui a du mal à se développer en France, où, de plus, on reste très réticent à l’idée même de #communauté », dit Elsa Deck Marsault. Du côté du Frap, on cite l’importance des expériences accumulées, qui permettent, à terme, d’aller plus vite. « Oui, c’est exigeant et chronophage, termine Jerry. Mais à quoi sert une communauté si ce n’est à être présente dans le temps et l’espace ? »

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    Au #Rwanda, la justice post-génocide

    Pratiquée à l’échelle de la famille, des ami·es, des voisin·es, des collègues, des associations des quartiers ou groupes militants, la justice communautaire l’a aussi été à l’échelle d’un pays, dans le Rwanda post-génocide, en 2001.

    « En 1994, près d’un million de personnes ont été tuées en trois mois, selon les chiffres officiels de Kigali, rappelle Valérie Rosoux, politiste, directrice de recherche du Fonds national de la recherche scientifique. Le nombre inimaginable de coupables rendait toute justice “normale” impossible, d’autant que le système judiciaire était dévasté. Il a donc été décidé d’utiliser les “gacaca” – système communautaire préexistant de règlement des conflits qui était basé sur l’appel aux sages de chaque colline pour régler des litiges mineurs. Près de 11 000 tribunaux communautaires ont été installés à la demande du gouvernement central. Des milliers et des milliers de personnes sont passées devant ces tribunaux, évidemment beaucoup plus rapides. »

    Massifs pendant le génocide au Rwanda, les viols ont été reconnus pour la première fois comme faits de génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui n’a jugé que les commanditaires du génocide. En revanche, devant les gacaca, la plupart des violences sexuelles ont été tues.

    « Au TPIR, on peut témoigner anonymement, pas sur les collines, où tout le monde se connaît et où bourreaux et victimes vivent dans les mêmes endroits », raconte Esther Mujawayo, survivante du génocide, autrice de Survivantes et cofondatrice de l’association des veuves du génocide.

    Les huis clos qui ont été demandés ont permis de protéger les femmes et les enfants né·es de ces viols mais cela a ôté la dimension collective de cette justice communautaire.

    Sans vouloir embellir le processus, Esther Mujawayo estime que les gacaca ont facilité le vivre-ensemble dans la mesure où les bourreaux ont demandé pardon. « Même si ce n’était pas toujours authentique, cela aide », pense-t-elle. Ces « tribunaux » ont surtout permis de retrouver les corps des victimes assassinées.

    Mais la démarche reste « très exigeante sur le plan moral, car on espère que les accusés vont confesser leurs crimes et que les victimes vont pardonner, remarque Valérie Rosoux. Les victimes s’entendent dire : certains ont déjà pardonné, pourquoi vous ne le faites pas, vous ? Et là, c’est insupportable ».

    Au sein des regroupements que les gacaca ont créés, le soutien que les femmes se sont apporté entre elles et le travail inlassable des associations présentes pour soutenir les victimes ont peu à peu fait leur chemin. « La prise en charge matérielle a aussi été fondamentale, insiste Esther Mujawayo. Pour restaurer leur dignité, on les a logées, on a pris en charge leurs soins médicaux, car beaucoup étaient malades du sida suite aux viols. On s’est occupé de l’éducation de leurs enfants survivants. C’est basique, mais pour moi, c’est ça la justice : remettre les survivant·es en bonne santé est aussi important que de condamner le bourreau. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090825/la-justice-communautaire-une-alternative-politique-pour-prendre-soin-des-v

    #justice #alternative #VSS #réparation #protection #punition #reconnaissance #accompagnement
    ping @_kg_
    via @karine4

    • Chicago

      Deana Lewis talks with Mariame Kaba, Erica Meiners, and Shira Hassan – three abolitionist feminists who discuss the work they created and built in Chicago from the early 2000’s through the early 2010’s. They reflect on their path from witnessing the failures of the mainstream anti-violence movement especially for survivors, young people, formerly incarcerated people and sex workers – to experimenting and documenting their work in what became known as community accountability processes, transformative justice and abolitionist organizing. They talk about their relationships and how their solidarity and partnership fed their ability to experiment, find joy in the grief and ultimately create spaces and strategies for people to stay as safe as possible.

      https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago

    • Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes

      Là où il est admis que le recours à la police en cas de violence n’est pas la solution mais plutôt un problème supplémentaire, la tentation est de s’y substituer. Si l’intention est louable, son application l’est moins. Les mesures sont expéditives et les outils pour faire justice sont encore profondément empreints d’une philosophie punitive : menace, exclusion, harcèlement, dénonciation publique et discréditation politique. Comment sortir de cette impasse ? La question est d’autant plus difficile qu’elle surgit au moment où les forces réactionnaires mènent une large offensive contre le wokisme pour mieux protéger ceux qui organisent les violences dans nos sociétés.
      Écrit par une « militante gouine », ce livre propose une critique fine du moralisme progressiste et des pratiques punitives dans les luttes sociales. En se saisissant d’exemples concrets rencontrés au gré de son militantisme et en discutant précisément l’abolitionnisme pénal, elle pose les jalons d’une justice transformatrice inventive, capable de prendre soin des victimes et de transformer les individu.es comme les groupes.
      Endiguer les violences c’est aussi ne plus craindre le conflit, ne plus avoir peur de lutter.

      https://lafabrique.fr/faire-justice

      #livre

    • La team Patpat’ gère ses casseroles | protocole de gestion des aggressions dans nos milieux

      Ca y est, on a réussi à la publier ce #zine. Pour faire court ça parle des #agressions dans nos collectifs, et ça amène une vision politique de leur gestion (pas de call-out, médiation, perspective de changement…). Alors si t’es pas encore convaincu que c’est important de prendre en compte qu’on a sans doute déjà toustes agressé, viens lire ça (pfiou la phrase polémique choc sa mère) !

      https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure

  • Surveillance, greenwashing : le mirage écologique d’une ville « intelligente »

    La ville sud-coréenne de #Songdo incarne une promesse « verte » contestée, une #écologie_de_façade au prix de caméras omniprésentes, capteurs et maisons connectées.

    On s’attendrait presque à n’y voir circuler en silence que quelques voitures électriques. Or, à Songdo, les gratte-ciel étincelants, les façades vitrées et les courbes métalliques futuristes captent d’abord le regard. Au cœur de ce district d’Incheon, sur la côte nord-ouest de la Corée du Sud, serpente un canal relié à la mer Jaune. Sortie de l’eau en à peine vingt ans, Songdo a été bâtie sur des terres artificielles gagnées sur la mer.

    « On observe un basculement dans le discours sur la ville au début des années 2000 : Songdo a d’abord été présentée comme “verte”, malgré une destruction massive de l’environnement naturel lors de sa construction. À partir de 2010, le récit a changé : la ville est devenue “smart” (“intelligente”) », dit Suzanne Peyrard, chercheuse associée au Centre Chine, Corée, Japon de l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et autrice d’une thèse sur cette ville coréenne (2023).

    Songdo, vitrine sud-coréenne d’une urbanisation high-tech de 265 000 habitants, incarne une promesse contestée entre écologie de façade, gestion opaque des déchets, dépendance à la voiture et omniprésence d’un dispositif de surveillance qui, lui, ne fait aucun doute.

    Gestion des #déchets intelligente... et défaillante

    Du haut de la G-Tower, au 33e étage, la vue impressionne. Encore en cours de construction, la phase 2 du chantier démesuré de Songdo est prévue pour 2027, selon la Ville. La fin du projet ne cesse d’être repoussée et certains lopins de terre forment toujours des espaces vides au milieu des immeubles géants. Auprès de ces friches, on se sent minuscule.

    Les promoteurs vantent encore aujourd’hui une ville « ecofriendly » (« écologique »), dont 40 % de la surface serait occupée par des espaces verts, selon l’#Incheon_Smart_City_Corporation (#ISCC), une société publique spécialisée dans la conception et la gestion de villes intelligentes. Le plus emblématique de ces lieux, Central Park, s’articule autour d’un canal artificiel, qui s’élargit en lac.

    Certains immeubles affichent fièrement leur certification #Leadership_in_Energy_and_Environmental_Design (#Leed), un label qui garantit le respect de normes de conception durable et d’#efficacité_énergétique. Une #promesse accueillie avec scepticisme par Cha Chungha, cofondateur de Re-Imagining Cities, une ONG de conseils sur le développement de « smart cities » : « La plupart des bâtiments qui sont “Leed” passent tout juste le plus bas niveau de certification. Bien sûr, ce n’est pas cela qui est mis en avant. »

    La ville est équipée d’un système souterrain de gestion des déchets, présenté comme innovant lors de son installation : « Les citoyens de la résidence possèdent une carte, qui leur ouvre l’accès aux conteneurs. Les déchets sont ensuite aspirés sous terre, puis envoyés vers des centres de tri situés en dehors de la ville, mais le système est défaillant. Cela provoque régulièrement l’apparition de tas d’ordures dans les rues. Les tunnels souterrains, prévus pour faciliter la logistique, ont aussi favorisé la prolifération de nuisibles », détaille Suzanne Peyrard.

    De plus, l’accès à ces conteneurs « smart » est inégal suivant les résidences, observe Dakota McCarty, titulaire d’un doctorat en urbanisme et professeur adjoint en sciences et politiques de l’environnement à l’université George Mason de Corée.

    « L’expérience des habitants ne résonne pas avec ce qui correspond à une vision large de la “smart city”. Bien que le système de déchets souterrains soit technologiquement avancé, la plupart des habitants n’y ont plus accès et certains le remettent en question, le considérant comme un projet coûteux dans une ville où d’autres services essentiels, comme les transports publics, semblent sous-développés. »

    Une ville énergivore

    Quant à l’image écologique de la ville, où siège le Fonds vert pour le climat de l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis 2013, Richard, un Canadien habitant Songdo depuis trois ans, n’est pas dupe : « C’est assez ironique puisque la ville a été construite sur des terres asséchées. »

    Si quelques panneaux solaires, des pistes cyclables et certains toits végétalisés sont bien visibles, « l’empreinte de Songdo reste importante en raison de sa dépendance à l’égard des #voitures_individuelles, de la forte consommation d’#énergie de ses bâtiments et du coût environnemental de la remise en état des terres sur lesquelles elle a été construite », précise Dakota McCarty. Sans compter les « immenses #parkings et les larges avenues à plusieurs voies qui donnent la priorité à la circulation automobile », ajoute le professeur.

    Pourtant, c’est au cœur d’une zone piétonne qu’a choisi de s’installer Seok-Hoon [*], il y a six ans. Le quadragénaire, qui travaille pour le compte d’entreprises biopharmaceutiques, évoque d’abord l’emplacement du lieu : « Près de mon appartement, c’est un espace interdit aux voitures. J’ai pensé que c’était idéal pour élever mon enfant, plus sûr. »

    Et puis, il y a ses clients. Selon The Korea Herald, la capacité de production biopharmaceutique du Songdo Bio Cluster, un pôle rassemblant plusieurs entreprises leaders du marché mondial, est la plus importante au monde. Quant aux avantages des services intelligents de la ville, il ne les évoquera pas, et ne saura ni les désigner ni émettre d’avis sur le sujet.

    En face du musée de l’histoire urbaine d’Incheon, à l’angle d’un arrêt de bus, un écran indique la position du car en temps réel, mais aussi la température, 36 °C, et la qualité de l’air, bien que cet indicatif soit en panne (mesuré à 0 µg/m³). Plus étonnant, le panneau affiche la fréquentation du bus en question, de « peu fréquenté » à « normal », et va jusqu’à renseigner les passagers sur le nombre de sièges encore disponibles.

    La version considérée comme la plus intelligente de ces arrêts de bus est close, chauffée en hiver, climatisée en été et, au besoin, recharge sans fil votre smartphone. Cette #technologie, comme toutes les autres, est promue par l’ISCC. Pourtant, après avoir sillonné en bus une partie des 600 hectares du district, aucune trace de ces arrêts intelligents. Les agents de l’office du tourisme lèveront le mystère : il n’en existe que quatre.

    Contrôle des #espaces_publics et privés

    À quelques pas de l’institution se dresse l’imposante G-Tower. Les visiteurs peuvent avoir un aperçu des services intelligents développés dans la ville. Après une présentation et la projection d’une courte vidéo promotionnelle, le public est invité à se placer debout devant l’écran. L’effet de surprise ne tarde pas : l’écran est en réalité une immense baie vitrée qui surplombe une salle de contrôle plongée dans la pénombre. Seules les lueurs des écrans s’y détachent, diffusant en temps réel les images captées par des milliers de caméras disséminées dans toute la ville.

    Installés derrière les rangées de bureaux qui y font face, les employés se relaient 24 h/24 pour analyser ces informations. Chaque plaque d’immatriculation entrant et sortant de Songdo est scannée. Un véhicule qui mordrait sur un passage piéton sera identifié. « On nous demande souvent si nous contactons les piétons qui ne respectent pas les feux verts pour traverser par exemple, dit en riant Lee Min-Kyeong, responsable des relations publiques à l’ISCC. La réponse est non. » Mais les équipes, en revanche, sont capables de contrôler les feux des intersections pour permettre une intervention plus rapide de la police et des pompiers.

    Sol, 26 ans, ne savait rien de ces dispositifs. « La première fois que j’ai visité Songdo, ça m’a juste coupé le souffle. Je me suis dit : “Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je veux vivre ici”. Tout est si beau, si propre, si moderne. »

    L’étudiante dominicaine a fini par choisir son université uniquement pour son emplacement, dans le but de s’installer dans le district. Dans son dortoir, pas de services intelligents, mais à l’extérieur, « smart city » ou pas, c’est plutôt cette impression de neuf et de technologie qui l’enchante, comme la multiplication d’écrans en tout genre.

    Au niveau individuel, « certains dispositifs permettent de contrôler l’ensemble de l’appartement où l’on vit », explique Suzanne Peyrard. Lim Su-Yeon, 38 ans, confirme : « Je reçois une alerte quand le lave-linge a fini de tourner, et je peux vérifier sur mon portable que j’ai bien éteint l’induction. »

    Les écrans de contrôle, en plus d’éteindre et d’allumer lumières et gaz, affichent la consommation en temps réel de l’électricité et du chauffage. Ces données sont bien protégées, assure la chercheuse, qui se dit impressionnée par le niveau de sécurité déployé.

    « Le contexte géopolitique — la guerre toujours en suspens avec la Corée du Nord — oblige le pays à stocker ses #données à l’intérieur de son territoire. Pourtant, cela coexiste avec des pratiques très intrusives dans les #espaces_semi-privés. Lorsqu’on habite dans une résidence, on peut consulter toutes les #caméras des parties communes », développe Suzanne Peyrard, qui a habité le district pendant un an et demi.

    Et la chercheuse d’ajouter : « Une partie des caméras de la ville est factice ou non connectée, et la #reconnaissance_faciale n’est pas systématiquement activée. Finalement, la question de la #surveillance est souvent posée à travers un prisme français. En Corée du Sud, la présence de caméras est largement acceptée, voire considérée comme neutre. »

    https://reporterre.net/Surveillance-greenwashing-le-mirage-ecologique-d-une-ville-intelligente
    #smart_cities #villes_intelligentes #surveillance #green-washing #urbanisme #Corée_du_Sud

  • Agents masqués et armés : la police migratoire de Trump sème la #peur dans les rues américaines

    Aux États-Unis, la #police de l’immigration de Donald Trump multiplie les #raids ciblant les personnes non blanches, principalement sans papiers ou titulaires d’un titre de séjour. Bras armé de la politique migratoire de Donald Trump, cette agence fédérale (#Immigration_and_Customs_Enforcement, ou #ICE), renforcée par un #budget historique, applique une #répression de grande ampleur.

    Des hommes masqués, et parfois des femmes, patrouillent dans les #rues des villes des États-Unis, parfois à bord de voitures banalisées, souvent armés et vêtus de tenues militaires. Ils ont le pouvoir d’identifier, d’arrêter et de détenir des personnes qui n’ont pas la citoyenneté américaine et d’expulser les immigrés sans papiers. Ils ont également le droit d’interroger toute personne qu’ils soupçonnent de ne pas être citoyenne américaine afin de vérifier son droit de séjourner aux États-Unis.

    Ce sont des fonctionnaires de l’Immigration and Customs Enforcement Agency, connue sous le nom d’ICE. Il s’agit d’une agence fédérale chargée de l’application de la loi, qui relève du département de la sécurité intérieure (DHS) et qui joue un rôle important et controversé dans la mise en œuvre de la politique migratoire stricte de Donald Trump.

    Lors de la campagne électorale, Trump a promis « la plus grande opération d’#expulsion intérieure de l’histoire américaine ». Et il donne à l’ICE plus de pouvoir pour réaliser ses projets.

    Depuis l’entrée en fonction de Trump en janvier 2025, le financement d’ICE a été considérablement augmenté. Le « #big_beautiful_bill » (« grand et beau projet de loi ») de Trump, adopté par le Congrès six mois plus tard en juillet, a accordé à l’ICE 75 milliards de dollars US (65 milliards d’euros) pour les quatre années à venir, contre environ 8 milliards de dollars US (6,9 milliards d’euros) par an auparavant.

    Cette augmentation de #financement permettra à l’agence de recruter davantage de salariés, d’ajouter des milliers de lits supplémentaires et des extensions aux bâtiments afin d’augmenter la capacité des centres de détention. De nouveaux fonds sont également prévus pour des outils de #surveillance avancés, incluant la #reconnaissance_faciale assistée par #IA et la collecte de #données mobiles.

    Une enveloppe supplémentaire de 30 milliards de dollars (26 milliards d’euros) est destinée aux opérations de première ligne, notamment l’expulsion des immigrés et leur transfert vers les #centres_de_détention.

    Le président s’est engagé à expulser toutes les personnes en situation irrégulière aux États-Unis, soit, selon le Wall Street Journal, environ 4 % de la population actuelle. Au cours des cinq derniers mois, le nombre de personnes interpellées par les agents d’ICE a augmenté rapidement : en juin 2025, le nombre moyen d’arrestations quotidiennes a augmenté de 268 % (comparé à juin 2024, atteignant environ 1 000 par jour.

    Et, cela représente également une hausse de 42 % par rapport à mai 2025, selon une analyse des données réalisée par le Guardian et le Deportation Data Project. Cependant, ce chiffre reste bien en deçà des 3 000 arrestations par jour ordonnées par la secrétaire à la sécurité intérieure Kristi Noem et le chef adjoint de cabinet de la Maison-Blanche Stephen Miller.

    Les tactiques d’ICE ont déjà suscité de vives critiques. La chaîne de télévision conservatrice Fox News a rapporté que des agents masqués ne présentaient pas leur carte d’identité ni le nom de leur agence lorsqu’ils interpellaient des personnes lors de raids. D’autres reportages ont mis en lumière des allégations selon lesquelles des citoyens états-uniens seraient également parfois pris dans ces raids.

    Fonctionnement et organisation d’ICE

    L’agence, actuellement dirigée par le directeur par intérim Todd M. Lyons, comporte trois divisions principales :

    - La division #Enforcement_and_Removal_Operations, qui identifie et expulse les immigrés sans papiers et gère les centres de détention ;

    – La division #Homeland_Security_Investigations, qui enquête sur les activités criminelles ayant un lien international ou frontalier, telles que la traite des êtres humains, le trafic de drogues et la contrebande d’armes ;

    – L’#Office_of_the_Principal_Legal_Advisor, qui conseille juridiquement l’ICE et poursuit les affaires d’immigration devant les tribunaux.

    Lyons a affirmé que le port du #masque était nécessaire, car les agents de l’ICE étaient victimes de « #doxxing », c’est-à-dire que leurs informations personnelles, telles que leurs noms et adresses, étaient divulguées en ligne sans leur consentement. Il a également déclaré que les agressions contre les agents d’ICE avaient augmenté. Les données du DHS indiquent qu’il y avait eu 79 agressions contre des agents d’ICE entre janvier et juin 2025, contre dix sur la même période en 2024.

    Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants Hakeem Jeffries a comparé le port du masque par les agents d’ICE à des forces de police secrète dans des régimes autoritaires : « Nous ne sommes pas derrière le rideau de fer. Nous ne sommes pas dans les années 1930. »

    L’agence ICE a été créée en 2003 par l’administration de George W. Bush, en partie à la suite des attentats terroristes du 11-Septembre, et faisait partie d’une réorganisation plus large des agences fédérales sous la direction du DHS alors tout juste créé. Elle a intégré des parties de l’ancienne Immigration and Naturalization Service (INS) ainsi que certains éléments du service des douanes des États-Unis.

    Selon le site Web de l’agence, la mission principale d’ICE est « de protéger l’Amérique par le biais d’enquêtes criminelles et de l’application des lois sur l’immigration afin de préserver la sécurité nationale et la sécurité publique ».

    Comment l’ICE a accru ses moyens et son champ d’action

    Au début du mandat présidentiel en janvier dernier, la Maison-Blanche a donné à l’ICE le droit d’accélérer l’expulsion des immigrés entrés légalement dans le pays sous l’administration précédente. Ce « #droit_d’expulsion_accélérée » permettait à l’ICE d’expulser des personnes sans qu’elles aient à comparaître devant un juge de l’immigration.

    Alors que les arrestations se sont multipliées ces derniers mois, Lyons a déclaré à CBS News que l’ICE traquait tout immigrant sans papiers, même s’il n’avait pas de casier judiciaire.

    L’administration Trump a également autorisé les agents de l’ICE à procéder à des #arrestations dans les tribunaux d’immigration, ce qui était auparavant interdit. Cette restriction avait été introduite par l’administration Biden en 2021 afin de garantir que les témoins, les victimes de crimes et les accusés puissent toujours comparaître devant la justice sans craindre d’être arrêtés pour des infractions à la législation sur l’immigration (à l’exception des personnes représentant une menace pour la sécurité nationale).

    La plupart du temps, l’ICE a ciblé les immigrés illégaux. Mais l’agence a aussi arrêté et détenu certaines personnes qui étaient résidentes (détentrices de la carte verte) ou touristes – et, dans certains cas même des citoyens états-uniens.

    Ces dernières semaines, selon le Washington Post, l’ICE a reçu l’ordre d’augmenter le nombre d’immigrés ou migrants équipés de #bracelets_électroniques GPS. Cela augmenterait considérablement le nombre d’immigrés sous surveillance. Ces dispositifs limitent également la liberté de mouvement des personnes concernées.

    Des manifestations face aux raids de l’ICE

    De nombreuses manifestations publiques ont eu lieu contre les raids d’ICE, notamment en Californie. Le point culminant a été atteint le 6 juin après que l’ICE a mené plusieurs raids à Los Angeles, qui ont donné lieu à des affrontements entre agents et manifestants. Cela a conduit la Maison-Blanche à envoyer environ 2 000 soldats de la garde nationale et 700 marines à Los Angeles, malgré l’opposition du gouverneur de Californie, Gavin Newsom.

    Une partie des tensions entre l’administration Trump et l’État vient du fait que Los Angeles et San Francisco ont adopté des politiques locales limitant la coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration, notamment avec l’ICE. La Californie dispose de lois sur les #sanctuaires, telles que la #SB_54, qui interdisent aux forces de police et aux shérifs locaux d’aider l’ICE dans l’application des lois civiles sur l’immigration.

    Cependant, Trump semble déterminé à durcir et à accélérer la répression contre les migrants illégaux et les agents d’ICE sont clairement en première ligne de cette stratégie.

    https://theconversation.com/agents-masques-et-armes-la-police-migratoire-de-trump-seme-la-peur-
    #USA #Etats-Unis #migrations #sans-papiers #statistiques #chiffres #rétention #détention_administrative
    ping @karine4

  • France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/65573/france--un-rapport-dassociations-denonce-dimportantes-disparites-terri

    France : un rapport d’associations dénonce d’importantes disparités territoriales dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers
    Par Clémence Cluzel Publié le : 11/07/2025
    Publié jeudi 3 juillet, le rapport de deux associations de défense des droits des migrants alerte sur les nombreuses défaillances et disparités d’un département à un autre dans la prise en charge des mineurs non accompagnés étrangers en France. Ces inégalités dans l’accès au droit affectent aussi la reconnaissance de leur statut de mineur et contraignent des centaines de jeunes à survivre sans protection, dans la rue.
    "Critères subjectifs" pour déterminer l’âge, mineurs laissés à la rue, traumatismes ignorés, évaluation sommaire des documents d’identité, manque de structures adaptées... sont autant de défaillances dans la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) en France dénoncées dans le rapport "Des droits au hasard du département d’arrivée ?” des associations Utopia 56 et l’Association d’Accès aux Droits des Jeunes et d’Accompagnement vers la Majorité (AADJAM), publié ce 3 juillet. L’enquête, menée entre fin 2024 et début 2025, dans 53 structures réparties dans 38 départements, dresse un constat accablant. Des "défaillances systémiques", des "dysfonctionnements administratifs" et des "disparités majeures" ont été relevés dans les départements de l’Hexagone concernant l’accueil et la prise en charge provisoire d’urgence des mineurs isolés étrangers. L’évaluation de la minorité ainsi que la mise à l’abri relèvent de la responsabilité des départements - et non de l’État - au regard de leurs compétences en matière de protection de l’enfance.
    Ainsi, "iI y a des différences de traitement importantes selon l’endroit du territoire où les jeunes arrivent", rapporte à l’AFP Angelo Fiore, membre d’Utopia 56, et corédacteur du rapport. "Cela a de lourdes conséquences dans la construction de leur avenir".
    Cet accès au droit, qui se fait “au hasard des départements d’arrivées des MNA”, entrave aussi la reconnaissance de leur minorité et accentue leur vulnérabilité. Chaque mois, de nombreuses personnes se déclarant mineures se retrouvent sans protection à la rue après avoir été décrétées majeures par les départements. Or, après dépôt d’un recours, un mineur sur deux est finalement reconnu comme tel par un juge des enfants. Durant le traitement de ce recours, qui peut durer un an et demi, les jeunes ne sont pas pris en charge par les autorités et sont ainsi livrés à eux-mêmes.
    Ces dernières années, la mission de la protection de l’enfance assurée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) se retrouve confrontée à la politique migratoire toujours plus répressives des autorités françaises. Celle-ci s’illustre notamment par des expulsions brutales des lieux occupés par les personnes se déclarant mineures. Selon le collectif Le Revers de la Médaille entre février et mai 2024, 828 jeunes ont été expulsés de leurs lieux de vie à Paris.
    Ces MNA sont principalement originaires de Guinée, Côte d’Ivoire, Tunisie, Bangladesh mais aussi de Gambie et du Cameroun. Majoritairement masculins, ces jeunes ont fui des conflits, des situations de violences, la pauvreté ou sont en rupture familiale. En 2024, l’ASE protégeait officiellement 13 554 MNA en France.
    Si dès son arrivée en France un mineur isolé exilé peut demander une protection dans son département d’arrivée, son premier défi est de "comprendre où et comment accéder à celle-ci", note le rapport, avec de plus grandes difficultés pour identifier un interlocuteur la nuit et les weekends. Déjà confrontés à un long parcours d’exil souvent émaillé de violences, des jeunes ont rapporté avoir été confrontés à un refus de prise en charge dans certains départements.Pourtant, la loi leur impose d’assurer un accueil provisoire d’urgence auprès des MNA pour une durée maximum de cinq jours, renouvelable par deux fois. Depuis 2013, les frais de prise en charge reviennent aux départements qui peuvent être remboursés par l’État, suivant conditions. Le montant s’élève à 90 euros journaliers durant 14 jours.
    Dans la capitale, c’est l’association France Terre d’asile qui gère l’évaluation et la mise à l’abri de ces jeunes, au sein de l’Accueil des mineurs non accompagnés (AMNA). "En moyenne, nous avons 130 jeunes qui arrivent par semaine" rapportait en avril dernier Béatrix Allan, directrice du service d’évaluation au sein de l’AMNA.“Depuis 2015, nous faisons le constat d’une augmentation croissante du nombre de jeunes se déclarant mineurs non accompagnés venus de différents pays. Alors que 1 500 jeunes se présentaient pour une évaluation en 2015, ils étaient 10 500 en 2023, avec un nombre de présentations totalement inédit. En 2024, nous estimons le nombre à 8 500” indique la Ville de Paris. Les MNA représentent aujourd’hui 30% des enfants pris en charge par cette mairie qui, de par ses compétences départementales en matière de protection de l’enfance, leur consacre un budget global de 80 millions d’euros.
    “L’année 2023 a été marquée par une forte augmentation du nombre de mineurs non accompagnés pris en charge ainsi que de personnes se présentant comme MNA entraînant une saturation des dispositifs d’accueil”, appuie la Direction générale de la Cohésion Sociale (DGCS). En juin dernier, la commission d’enquête parlementaire définissait la protection sociale de l’enfance comme un “système qui craque de toutes parts” et dans lequel les MNA sont les “oubliés des oubliés”.La Direction indique que "les services de l’État sont attentifs aux situations et aux difficultés rencontrées par les départements” et “sont pleinement mobilisés pour les soutenir". En 2024, la création d’une “instance de dialogue renforcée avec les départements” et le gouvernement a permis de dégager "sept chantiers prioritaires” dont l’un portait sur la prise en charge des mineurs non accompagnés.
    Mais si la DGCS juge qu’il y a une "bonne appropriation par les départements" du guide de bonnes pratiques édité en 2019 par le ministère en charge des Solidarités afin d’harmoniser le traitement des mises à l’abri et évaluation de minorités, les conclusions du récent rapport dressent un autre constat.
    L’accueil est loin d’être uniforme sur le territoire, certains départements mènent en effet une fronde contre ce dispositif d’accueil et prise en charge qui est coordonné par la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ). La Seine Saint-Denis a suspendu temporairement l’accueil de nouveaux MNA en 2011 tout comme la Mayenne et l’Alsace en 2013. Aujourd’hui encore, plusieurs départements sont peu enclins à s’acquitter de ce devoir. Sollicité par la rédaction, le département des Alpes-Maritimes, qui connait un fort afflux de migrants, dont de MNA, depuis l’Italie depuis ces dix dernières années n’a pas répondu à nos questions.
    Manque de structures adaptées, placement dans des hôtels en violation de la loi Taquet, encadrement aléatoire faute de personnel, non-respect du temps de répit avant l’évaluation, absence de bilan de santé pourtant obligatoire… Les défaillances dans la prise en charge sont nombreuses et discriminantes par rapports aux traitements appliqués aux autres enfants en France.
    “Les pratiques observées varient d’un territoire à un autre, ce qui questionne doublement sur le traitement accordé à ces enfants migrants en France” souligne le rapport. Preuve d’un manque d’harmonisation des pratiques, un jeune reconnu non mineur dans un département peut l’être dans un autre après un nouveau dépôt.
    Le déroulement des enquêtes sociales destinées à évaluer la minorité de la personne a aussi déjà été plusieurs fois épinglé, notamment en 2018 dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW). Les entretiens express, parfois sans interprète, ainsi que la mise en doute quasi systématique de l’authenticité des documents d’identité transmis sont décriés par les associations. L’évaluation de l’âge se base également sur des critères "très subjectifs", pointe Angelo Fiore. Des "délits au facies" selon les associations qui ne prennent pas toujours en compte les traumatismes vécus et les stigmates qui peuvent affecter l’apparence physique de la personne.
    “Les consignes données aux évaluateurs sont claires : tout doute sur la minorité doit profiter au jeune”, se défend la ville de Paris qui indique avoir créé une plateforme pour renforcer les compétences des travailleurs sociaux à travers une permanence juridique et des formations pour permettre un meilleur accompagnement des MNA dans leur parcours. C’est en grande partie sur cette évaluation sociale que se base ensuite le président du conseil départemental pour statuer sur la minorité et l’isolement d’un jeune étranger isolé.
    Alors que la loi stipule effectivement qu’en cas de suspicion, le doute doit bénéficier à l’individu, la réalité est autre. Au niveau national, le taux de reconnaissance de la minorité est en baisse constante ces dernières années : d’environ 52% en 2016, il est descendu à 19% en 2021 pour légèrement remonter à 23% en 2023.
    L’accès à l’information et à la justice restent aussi difficile d’accès pour des mineurs isolés, ne parlant pas toujours la langue et ne maitrisant pas les rouages administratifs. Le recours gracieux devant un juge des enfants, seul habilité à reconnaitre la minorité, pour contester une non-reconnaissance de minorité est souvent ignoré de ces jeunes. Les délais d’attente de la procédure sont également assez longs et éprouvants.
    Jusqu’à la décision de la justice, "la présomption de minorité" doit être garantie rappelle la commission d’enquête parlementaire et permettre au présumé mineur de continuer à bénéficier de l’accueil provisoire et d’un accompagnement. Le juge des enfants a en effet la possibilité de prononcer un placement provisoire pendant le temps de l’instruction. Or selon le recensement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de mars 2024, un mineur en recours sur trois vivait à la rue au niveau national. Une proportion probablement sous-estimée. En situation d’extrême vulnérabilité, nombre de MNA se retrouvent à survivre dans la rue, sans aucun soutien. “Chaque jour, dix jeunes sont mis à la rue et se retrouvent sans protection”, y compris lorsqu’ils présentent des graves problèmes de santé ou qu’il s’agit de jeunes filles enceintes.
    Pourtant “dans un cas sur deux, ils sont reconnus comme mineurs après leur recours auprès d’un juge pour enfants, parfois après avoir passé plus de 18 mois à survivre à la rue”, assure le rapport. Sur 2 550 jeunes ayant saisi un juge des enfants en 2023 suite à un refus par le département, 1 550 ont été reconnus mineurs, soit 61% des cas. Cependant, beaucoup restent exclus du dispositif et sortent des radars de la protection de l’enfance. D’autres sont devenus majeurs entre temps.Les associations, à qui les départements peuvent également déléguer la prise en charge des MNA, jouent alors un rôle crucial pour pallier les carences institutionnelles dans l’hébergement, l’accompagnement ainsi que l’aide à la scolarisation des MNA. En l’absence de protection, ils sont privés d’accès à l’éducation, d’un logement ainsi que d’un suivi social, médical et psychologique. Déjà très vulnérables, ils subissent durement cette exclusion qui aggrave leur santé mentale et peut accentuer leurs traumatismes. L’insécurité et leur situation irrégulière les rendent aussi plus susceptibles d’être victimes d’exploitation par des réseaux criminels et soumis aux violences.

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#politiquemigratoire#ASE#politiquemigratoire#sante#santementale#droit#minorite

  • La tarification algorithmique au coeur d’un bras de fer avec les détaillants américains

    A compter du 8 juillet, l’Etat de New York veut forcer les commerces à indiquer aux clients que leurs données ont été utilisées pour fixer un prix de vente. La National Retail Federation a entamé un recours auprès de la cour fédérale.



    Le New York Algorithmic Pricing Disclosure Act a été adopté par l’État en juin dernier. Pour la gouverneure Kathy Hochul, il s’agit de lutter contre l’opacité de certains prix, fluctuant selon les consommateurs, et empêchant de faire un travail comparatif des tarifs. Une étude publiée en janvier par la Commission fédérale du commerce pointait comment l’exploitation des données permettait de cibler chaque consommateur avec des prix différents. Avec, en creux, la possibilité de faire payer plus cher ceux pour qui un produit est le plus nécessaire.


    
Une accusation injustifiée, pour la puissante fédération américaine des détaillants, qui dénonce une “peur spéculative” et pointe de son côté que les données sont généralement utilisées pour proposer remises et promotions personnalisées. La NRF refuse de voir ses adhérents forcés localement de publier des avertissements “trompeurs et inquiétants” auprès des clients concernant l’usage fait de leurs données.
    . . . . .
    Suite et source : https://fr.fashionnetwork.com/news/La-tarification-algorithmique-au-coeur-d-un-bras-de-fer-avec-les-

    #algorithme #algorithmes #surveillance #biométrie #facial #bigdata #vidéo-surveillance #reconnaissance #discrimination #smartphone #profiling #manipulation #technologisme #géolocalisation

  • Faux indépendants : #Deliveroo fait face à une pluie de #condamnations

    Plusieurs dizaines de décisions rendues récemment par la cour d’appel et les prud’hommes confirment que la plateforme de livraison aurait dû faire travailler les #livreurs en tant que #salariés, et non comme #autoentrepreneurs. L’entreprise assure que son modèle actuel est désormais légal.

    Année après année, et quel que soit le type de juridiction, la justice française dresse le même constat : la plateforme de livraison de repas Deliveroo aurait dû traiter comme des salarié·es les livreurs et livreuses qui, pendant des années, ont apporté leurs repas et leurs courses aux consommateurs et consommatrices.

    En les obligeant à exercer en tant qu’autoentrepreneurs alors qu’elle les maintenait dans une situation de #subordination, l’entreprise leur a fait porter le coût des #cotisations_sociales qu’elle aurait dû verser à l’Urssaf et les a privé·es des avantages liés à un #contrat_de_travail : paiement des heures supplémentaires, congés payés, droit au chômage, meilleure couverture sociale.

    Le 28 mai, la cour d’appel de Paris a rendu vingt-deux décisions donnant tort à Deliveroo et requalifiant en contrats de #travail les contrats liant l’entreprise à autant de livreurs ou livreuses. En première instance, l’entreprise avait été victorieuse dans plusieurs de ces dossiers. Neuf autres décisions, qui iront sans doute dans le même sens, sont attendues pour le mois de juillet.

    Interrogée par Mediapart, la société Deliveroo n’a pas indiqué qu’elle se pourvoirait en cassation, ces condamnations sont donc définitives. Tout comme vingt-quatre jugements prud’homaux de première instance, rendus en janvier dernier : Deliveroo avait fait appel des décisions, mais a renoncé à rendre ses conclusions à temps, laissant la procédure s’éteindre d’elle-même. Dans l’un de ces derniers dossiers, un livreur avait été licencié pour avoir fait grève, un droit pourtant à valeur constitutionnelle.

    La situation est embarrassante pour l’entreprise, dont la revente à #DoorDash, géant américain de la #livraison de repas, est en passe d’être finalisée, pour 3,4 milliards d’euros. En parallèle, une autre chambre de la cour d’appel a donné raison à quatre livreurs ayant travaillé pour #Foodora, une autre entreprise de livraison qui a quitté la France en 2018 et qui sera jugée au pénal courant 2026.

    L’avocat Kevin Mention, à la manœuvre dans tous ces dossiers, savoure en revanche le moment. « Ces décisions nous permettent d’affirmer que 100 % de nos recours sont favorables aux #coursiers après correction des quelques jugements de première instance, rendus par des juges non professionnels », se réjouit celui qui est un opposant historique à l’ubérisation des livreurs et coursiers.

    Il y a trois ans, le 22 avril 2022, Deliveroo avait été condamnée au pénal à 375 000 euros d’#amende pour les même faits : « le détournement planifié et généralisé » du #statut_d’indépendant entre 2015 et 2017, à une époque où l’entreprise s’installait en France et faisait donc travailler peu de monde – un peu plus de 2 000 personnes, contre au moins 60 000 aujourd’hui.

    En septembre 2022, trois des anciens dirigeants de l’entreprise ont vu leur #condamnation à des amendes confirmées en deuxième instance, tandis que leurs peines de prison ont été annulées. Deliveroo avait, elle, renoncé à faire appel.

    Volonté d’échapper aux cotisations

    Les jugements d’appel rendus fin mai concernent cette fois des dossiers individuels. « La cour d’appel a fait un travail énorme, en citant explicitement dans chaque cas plusieurs pièces issues des dossiers, là où des affirmations plus générales auraient été suffisantes, souligne Kevin Mention. J’y vois une volonté de montrer qu’elle accorde une importance à ces dossiers et que tout a été analysé avec précision. »

    Au fil des décisions, les juges ont pointé un à un les nombreux critères montrant que les livreurs n’étaient pas de vrais #travailleurs_indépendants.

    « Le livreur ne fixe pas librement ses tarifs, ne se constitue aucune clientèle propre, n’organise pas son travail, est contrôlé et est sanctionné dans le choix de ses horaires. Il est en outre soumis à une régularité de travail, sans qu’aucun élément ne permette d’établir qu’il choisisse lui-même ses horaires de connexion », écrivent-ils par exemple.

    « Les éléments relevés dénotent la direction et le contrôle exercés sur les livreurs qui font de ces derniers des #salariés », soulignent-ils ailleurs. Et ils rappellent les conséquences financières de cette stratégie, maintenue année après année : « L’évolution des contrats de prestations au fil des années alors que le fonctionnement de la société est resté le même établit la volonté de la société Deliveroo d’échapper au paiement des cotisations pour les livreurs qui étaient sous la subordination juridique de l’entreprise. »

    L’entreprise est donc tenue de payer elle-même les dizaines de milliers d’euros de cotisations sociales qu’elle s’était épargné de régler jusque-là. Quant aux livreurs et livreuses, ils et elles obtiennent chacun·e des dizaines de milliers d’euros – avec un record à presque 130 000 euros – sous forme de rattrapage d’heures supplémentaires non payées, de congés payés, de préavis de licenciement et d’indemnités diverses.

    « C’est une forme de #reconnaissance. J’ai été victimisée pendant des années, et là, la justice reconnaît notre souffrance », souffle Marie*, une intermittente du spectacle qui, la soixantaine passée, a enfourché son vélo en région parisienne de 2017 à 2021 « pour gagner des clopinettes ». Pendant plusieurs mois, elle a travaillé plus de quatre-vingts heures par semaine, « juste pour gagner le Smic », pleinement consciente de vivre « un #cauchemar ». Un mot qui revient avec insistance dans son témoignage.

    « Vous devenez une #esclave pour 30 euros par jour, vous entrez dans un #engrenage où vous bossez tout le temps, la nuit, le week-end. Tout en sachant que la manière dont l’entreprise vous fait travailler est illégale, témoigne-t-elle. Ils voulaient que je sois autoentrepreneuse pour ne pas payer de charges, mais ils me maintenaient en même temps dans une forme de #dépendance vis-à-vis d’eux. Ils voulaient gagner sur tous les tableaux. »

    Marie avait été déboutée aux prud’hommes, mais a gagné en appel, « très contente qu’ils se fassent démolir par la justice ». Plus flegmatique, Marc* est dans la même situation. Lui travaillait à scooter dans le Sud-Ouest, entre 2017 et 2021. « Le soir où ils ont supprimé mon compte de livreur, soi-disant parce que j’avais fait des doubles courses pour Deliveroo et Uber en même temps, j’ai écrit à Me Mention, dont j’avais repéré les messages dans les groupes de messageries de livreurs, raconte-t-il. J’étais confiant, la condamnation de l’entreprise est amplement méritée. »

    L’administration a validé le modèle actuel de Deliveroo

    Si elle ne s’étend pas sur les décisions de justice, Deliveroo insiste sur le fait que « les livreurs concernés par cette décision opéraient, pour l’essentiel, via un contrat historique », ancien. Depuis, assure la société, « le modèle opérationnel de Deliveroo a profondément changé et a été reconnu par les pouvoirs publics comme reposant sur une collaboration avec de véritables prestataires indépendants ».

    Cette question est au cœur du débat. Pour la plateforme de livraison, les raisons pour lesquelles elle a été condamnée pour ses pratiques de 2016 et 2017 ont disparu, et il n’existe plus de lien de subordination, et donc de contrat de travail entre elle et les livreurs et livreuses. Depuis 2020, elle a notamment supprimé les plannings et les différentes catégories de livreurs et livreuses qui pouvaient s’y inscrire en priorité ou non.

    Les sanctions en cas de refus de course ou de retards ont aussi officiellement disparu, tout comme les instructions directes pendant une course. C’est d’ailleurs ce qu’attestent des constats d’huissiers, établis en 2023, qu’elle a présentés dans les dossiers jugés par la cour d’appel – ils n’ont pas été pris en compte puisqu’ils concernent une époque postérieure aux faits qui étaient jugés.

    Mais l’avocat Kevin Mention prend ces affirmations avec circonspection. « Les jugements que nous avons obtenus concernent des faits qui se sont déroulés bien après ceux qui ont été jugés au pénal, et qui concernaient les débuts de l’entreprise jusqu’en 2017, rappelle-t-il. Nous parlons de coursiers qui ont commencé à travailler en 2018 ou 2019, et ils disposent de nombreux éléments montrant qu’au fond, les pratiques de Deliveroo n’ont pas changé. Les contrôles sur la vitesse et le parcours perdurent, par exemple. »

    Sur ce point, Deliveroo est ferme et met en avant un soutien de poids : « L’administration a reconnu que le modèle actuel de Deliveroo proposait bien un véritable #travail_indépendant, ce dont nous nous réjouissons », déclare la plateforme. Selon nos informations, elle a en effet obtenu que l’#Urssaf donne officiellement son accord concernant son modèle actuel, comme elle l’a affirmé à plusieurs reprises lors de diverses audiences.

    Cette prise de position de l’Urssaf est un revirement spectaculaire. C’est en effet cette administration qui avait lancé la procédure ayant finalement abouti au procès pénal de 2022. Et comme Mediapart l’avait raconté, elle avait aussi adressé au parquet de Paris un signalement pour la période postérieure. Elle avait aussi envoyé à l’entreprise une très lourde demande de redressement d’au moins 100 millions d’euros, visant à lui faire payer les cotisations sociales pour les dizaines de milliers de livreurs et livreuses dont elle estimait à l’époque qu’ils et elles auraient dû être salarié·es.

    Une menace existentielle pour Deliveroo, qui avait entamé avec l’Urssaf des négociations sous haute tension, embauchant comme avocat le maire de Meaux et ancien ministre Jean-François Copé et nommant une administratrice judiciaire pour mener les discussions en toute confidentialité.

    L’entreprise a désormais clos ce chapitre et envisage l’avenir de manière bien plus sereine. Elle se prépare tout de même à affronter d’autres épisodes judiciaires : d’ici l’automne prochain, une centaine de décisions concernant des livreurs et livreuses auront été rendues par les prud’hommes et la cour d’appel. Et surtout, Kevin Mention prépare le dépôt d’une #plainte pénale sur les pratiques de Deliveroo pour la période post-2017. Il annonce avoir réuni plus de cent ex-forçats des livraisons, prêts à unir leurs forces contre la plateforme.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/090625/faux-independants-deliveroo-fait-face-une-pluie-de-condamnations
    #ubérisation #justice #droit_du_travail #exploitation

  • « La dépendance alimentaire et énergétique de Gaza a été lentement organisée par le pouvoir israélien », Stéphanie Latte Abdallah
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/21/la-dependance-alimentaire-et-energetique-de-gaza-a-ete-lentement-organisee-p

    Des camions d’aide humanitaire pour Gaza au point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, le 20 mai 2025. MAYA ALLERUZZO / AP

    Plusieurs centres de stockage de l’aide ont en effet commencé à être construits dans le sud du territoire, où est massé l’essentiel de la population – 70 % de l’enclave est, à ce jour, sous contrôle de l’armée ou fait l’objet d’ordres d’évacuation. L’objectif est que cette population soit regroupée dans trois zones dites « stériles », c’est-à-dire sans combattants ou membres du Hamas, créées au sein de l’enclave et entre lesquelles les mouvements seront contrôlés, de façon à faciliter ultérieurement le transfert des habitants hors de l’enclave.

    Dans ces zones, un système de reconnaissance faciale algorithmique permettra à une société américaine privée émanant de la Gaza Humanitarian Foundation, fondée en Suisse en février, de distribuer des denrées stockées dans les centres cités plus haut à un membre de chaque famille préalablement doté d’un « laissez-passer sécuritaire ». Précisons que cette société est composée d’anciens de l’armée et des services de renseignement américains sans expérience reconnue dans l’humanitaire, et qu’elle prend la suite d’un projet similaire, celui de la Global Delivery Company – cyniquement vanté par son fondateur, Mordechai Kahana, comme un « Uber pour zones de guerre » ayant pour objectif de délivrer de l’aide dans de futures « bulles humanitaires » ou « cantons électroniques ».

    Politique d’assiègement

    Cette reconfiguration du système d’aide humanitaire à destination de #Gaza nécessitait au préalable la disqualification du travail de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le Proche-Orient et le blocage de ses activités par deux lois votées à l’automne 2024, de même que celles d’autres acteurs humanitaires. Le projet de démantèlement de cette agence des Nations unies est ancien, tant elle représente le droit des réfugiés palestiniens et tant elle a pris de l’ampleur depuis sa création, en 1950, jusqu’à devenir une véritable administration. L’UNRWA gère en effet un vaste réseau d’écoles, de centres de santé, de services sociaux, et emploie 13 000 Gazaouis, participant ainsi d’une autonomie palestinienne.

    Le blocus et la privatisation de l’aide humanitaire sont l’expression d’une politique d’assiègement qui s’est intensifiée depuis 2007, moment de la prise de pouvoir du Hamas dans l’enclave. En 2009, Gaza couvrait encore l’essentiel de ses besoins en légumes et une grande partie de ceux en fruits. Pour résister au blocus israélien, le gouvernement palestinien avait, de surcroît, fortement encouragé une agriculture et une économie tournées vers la subsistance et l’autonomie. De plus, entre 2007 et 2013, les importations via les tunnels vers l’Egypte couvraient les trois quarts des besoins de l’enclave.

    [...]

    Ce gouvernement algorithmique s’attache ainsi à des formes de relationalité inhumaines qui n’ont besoin ni du sujet, ni du peuple, ni de l’intention ou de la politique. En cela, il approfondit l’« idéal libéral d’une apparente disparition du projet même de gouverner » (...)

    https://archive.ph/jHVfN

    #Israël #Microsoft #IA #reconnaissance_faciale #gouvernement_invisible