• Mona Harb décrypte les enjeux de la reconstruction de Beyrouth après l’explosion du 4 aout
    Beirut Reconstructions - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=wQEeV3lopx0


    Dans cette vidéo, un premier exposé de Elie Haddad est centré sur la présentation historique des zones touchées et celle des dégâts d’un point de vue architectural, patrimonial et urbanistique. Ensuite, l’intervention de Mona Harb, professeure à l’Université américaine de Beyrouth et directrice scientifique du Beirut Urban Lab vaut vraiment la peine d’être regardée (de la 38ème minute à 1h06 environ).
    J’en ai tiré un résumé, accompagné de quelques commentaires, sur mon blog : https://rumor.hypotheses.org/?p=5025.
    #beyrouth #reconstruction #explosion

  • Explosion au Liban : les pertes pourraient s’élever à plus de 8 milliards de dollars

    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/explosion-au-liban-les-pertes-pourraient-s-elever-a-plus-de-8-milliards-de-

    Le pays a besoin dans l’immédiat de 605 à 760 millions de dollars pour se relever, selon une estimation publiée ce lundi par la Banque mondiale.

    L’explosion au port de Beyrouth a causé entre 6,7 et 8,1 milliards d’euros de dégâts et pertes économiques, et le Liban a besoin urgemment de 605 à 760 millions de dollars pour se relever, selon une estimation publiée lundi par la Banque mondiale.

    L’explosion du 4 août, qui a dévasté une grande partie du port et au-delà, a causé des dommages matériels de l’ordre de 3,8 à 4,6 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques, résultant de la baisse de la production des différents secteurs de l’économie, représentent entre 2,9 et 3,5 milliards de dollars, selon les résultats de cette « évaluation rapide des dommages et des besoins » (« Rapide damage and needs assessment ») menée conjointement avec l’Onu et l’Union européenne entre le 5 et le 31 août.

    Les secteurs les plus gravement touchés sont le logement, les transports et le patrimoine culturel (dont les sites religieux et archéologiques, les monuments nationaux, les théâtres, les archives, les bibliothèques et autres monuments), précise la Banque mondiale dans un communiqué accompagnant son rapport, publié à la veille de la seconde visite du président français Emmanuel Macron au Liban.

    L’institution de Washington a chiffré les besoins de reconstruction immédiats (d’ici la fin de l’année) de 605 à 760 millions de dollars, et de 1,18 à 1,46 milliard de dollars pour l’année 2021. C’est le secteur des transports qui a le plus besoin d’aide, suivi par la culture et le logement.

    Sur un plan macroéconomique, la Banque mondiale note que « l’explosion a entraîné trois effets économiques majeurs : les pertes d’activité économique causées par la destruction du capital physique, les perturbations des échanges commerciaux et la perte de recettes budgétaires ». Dès lors, le produit intérieur brut du Liban devrait s’enfoncer de 0,4 point supplémentaire en 2020 et de 0,6 point l’an prochain, selon ses prévisions.

    Avant même l’explosion, qui a détruit ou endommagé les domiciles de quelque 300.000 personnes, le Liban était confronté à une crise multiforme (économique, financière et monétaire) qui, aggravée par les effets de la pandémie de Covid-19, avait déjà conduit la Banque mondiale à anticiper un recul du PIB de 10,9% en 2020. Or « non seulement la catastrophe va exacerber la contraction de l’activité économique, mais elle va également aggraver la pauvreté, qui touchait déjà 45% de la population juste avant l’explosion ».

    Si le pays, compte tenu de son « insolvabilité » et de son « manque de réserves de change », ne pourra compter que sur « l’aide internationale et l’investissement privé », il « devra impérativement mettre en œuvre un programme de réformes crédible » afin de « prévenir la corruption et briser l’emprise de l’élite », juge l’organisation économique.

    #reconstruction #Liban #Beyrouth

  • Après la guerre civile, reconstruire - Ép. 3/4 - Beyrouth, histoire d’une ville
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/beyrouth-histoire-dune-ville-34-apres-la-guerre-civile-reconstruire


    Avec @rumor comme intervenant

    Dans les années 1990, #Beyrouth s’engage dans sa reconstruction après la guerre civile. Rebâtir la ville c’est la moderniser afin renforcer son attractivité économique et retrouver des espaces de coexistence sociale. Confiée au secteur privé, cette reconstruction fait polémique.

    #Liban

  • Selon l’agence Synaps à Beyrouth, la réponse rapide, par en bas, au désastre beyrouthin à laquelle on assiste présente des risques : malgré ses apports, dans un contexte d’inertie des forces étatiques, ce modèle présente des défauts, qui risquent à terme d’avoir des effets négatifs si il n’y a pas de coordination entre forces locales et aides internationales
    Synaps sur Twitter : “THREAD Beirut’s fast-moving, bottom-up disaster response has given the capital a much-needed injection of practical support and collective purpose. But this model also has pitfalls, which may prove self-defeating unless local and foreign actors adjust” / Twitter
    https://twitter.com/SynapsNetwork/status/1296696345881972737

    #Liban #Beyrouth #reconstruction

  • Création d’un Comité national pour la reconstruction de Beyrouth
    https://www.facebook.com/jad.tabet.37/posts/1181063828941765

    Lors d’une conférence de presse tenue sur les lieux de l’explosion du 4 aout a été annoncée la création d’un Comité national pour la reconstruction de Beyrouth regroupant la Fédération des Ingénieurs et Architectes , l’Ordre des Avocats, l’Association des Entrepreneurs, l’association des Industriels et l’Ordre des experts comptables. Ce Comité national vise à coordonner les efforts de la société civile, des organismes publics concernés et des donneurs locaux et internationaux afin d’assurer la reconstruction des quartiers touchés par la catastrophe du 4 août et venir en aide aux victimes.

    #Liban #reconstruction

  • Sombre pronostic sur l’évolution à attendre suite à l’explosion de Beyrouth par Mona Harb, une chercheuse spécialiste des politiques urbaines et mouvements de protestation de la jeunesse au Liban
    Jadaliyya - Quick Thoughts : Mona Harb on the Aftermath of the Beirut Explosion
    https://www.jadaliyya.com/Details/41604

    I believe geopolitical and domestic interests are likely to coincide at the expense of opposition groups. Sectarian politics have repeatedly demonstrated their success at self-reproduction through strategies and tactics carefully honed over decades, most often with the support of international powers that seek to advance their own agendas. Though there are serious attempts at organizing effectively and consolidating a common vision and program, protestors are not yet ready to impose their agenda. 

    If early elections were to happen, the current parliament, dominated by the oligarchs, will call for them to be conducted according to a gerrymandered election law similar to that of 2018. This would make it impossible for opposition groups to win a significant number of seats—if any at all. The political class will thus re-elect itself and reclaim its legitimacy. As during the past three decades, international actors will provide aid, yet again, nurturing their corruption. If this pessimistic scenario were to occur, the challenge will be for organized groups not to lose hope, and to continue organizing and consolidating, as the process of political change in Lebanon is a long and arduous journey that is in its early stages.

    #Liban #Beyrouth #reconstruction

  • La réhabilitation de Beyrouth vue par l’architecte libanais Jad Tabet
    COURRIER INTERNATIONAL - PARIS
    Publié le 10/08/2020 -
    Interview du président de la Fédération libanaise des ingénieurs et architectes, l’architecte Jad Tabet
    https://www.facebook.com/jad.tabet.37/posts/1174953446219470

    Nombre de bâtiments totalement détruits : 20-30
    Effondrement majeur des murs structurels et des toits de bâtiments rendus inhabitables : 800-900
    Démolition partielle de logements rendus inhabitables : 2 300-2 500
    Dommages graves subis par les structures des logements : 3 000
    Dommages limités : 15 000-18 000
    Nombre d’édifices concernés par des ruptures de vitres : 18 000-20 000
    Nombre total de bâtiments touchés : 39 000-40 000
    Nombre estimé de logements touchés : 200 000

    #Beirutblas #sources #urbanisme #dégats #reconstruction

    • Mise à jour : https://www.facebook.com/jad.tabet.37/posts/1178791785835636

      Nous avons maintenant un décompte plus précis des bâtiments dans la zone la plus touchée par l’explosion : Medawar, Quarantina, Beddawi, Mar Mikhael, Geaitawi, Roum, Sagesse, Mar Nicolas, Gemmayzeh et Rmeil.
      En tout près de 6000 bâtiments dans l’ensemble de cette zone. A ce jour 111 batiments ayant un caractère "patrimonial » ont été inspectés. Une dizaine de bâtiments se sont effondrés et une quarantaine présentent des risques d’effondrement quasi total si des mesures d’étaiement provisoire ne sont pas mises en oeuvre rapidement, la majorité de ces bâtiments appartenant à la catégorie "patrimoniale". La Direction Générale de l’Archéologie en collaboration avec le centre de réhabilitation de l’Université libanaise et l’ordre des Ingénieurs et architectes s’occupent de ces bâtiments à caractère patrimonial et les promesses de dons tant du Liban que de l’étranger semblent affluer pour assurer leur réhabilitation. La sensibilisation de l’opinion publique libanaise et internationale, la pression des associations et des jeunes permettent d’espérer que la protection de ces bâtiments pourra cette fois être assurée.
      Deux questions restent néanmoins problématiques :
      1. Au delà de la protection d’une centaine de bâtiments patrimoniaux, c’est tout le tissu urbain de ces quartiers qu’il faut préserver et revitaliser pour empêcher la construction d’immeubles de grande hauteur comme les quelques immeubles qui ont été construits au cours des dernières années. Pour cela et sur proposition de l’Ordre des Ingénieurs et Architectes, le Conseil Supérieur de l’Urbanisme doit examiner la mise sous étude de toute cette zone afin de geler les opérations immobilières et les remembrements des parcelles pour une période d’un an le temps de préparer un plan général de protection et de mise en valeur de ces quartiers.
      2. Protéger le tissu urbain implique également la protection du tissu social des quartiers. Ce qui pose problème, ce sont les bâtiments "ordinaires" qui n’appartiennent pas à la catégorie "patrimoine". Ces bâtiments, construits en béton armé, ne présentent en général pas des dégâts structurels mais les logements y sont inhabitables à cause de la destruction des menuiseries extérieures, des vitrages en façade, des portes, de certaines cloisons intérieures, des ascenseurs, des réservoirs d’eau, etc... Ces bâtiments abritent la majorité écrasante des habitants et il est urgent de prendre les mesures de réparation afin de permettre le retour des habitants avant l’hiver. Or la majorité des habitants sont soit de petits propriétaires soit des locataires aux revenus modestes qui ne peuvent pas avancer les frais de réfection de leurs logements et qui craignent d’être expulsés par certains propriétaires désireux de hausser les loyers. L’établissement d’un constat exhaustif des dégâts dans ces logements afin de définir le montant des indemnités risque d’être très long (6 mois environ selon les premières estimations) et il n’y a aujourd’hui aucune source claire de financement pour la réfection des bâtiments "ordinaires" compte tenu de l’état calamiteux des finances publiques.
      Il faut absolument trouver au plus tôt des mécanismes qui permettent d’assurer le financement de la réfection de ces bâtiments sans attendre, afin d’assurer le retour rapide des habitants et éviter un massacre social similaire à celui provoqué par Solidere dans le centre ville de Beyrouth !

  • Dans les quartiers sinistrés de Beyrouth, l’immobilier suscite déjà l’intérêt des acheteurs
    https://www.lecommercedulevant.com/article/30006-dans-les-quartiers-sinistres-de-beyrouth-limmobilier-susci

    Alors qu’une partie de la ville est encore sous les décombres, des propriétaires ont été approchés pour céder leurs biens dans les régions sinistrées. Si de telles démarches étaient attendues, elles témoignent des risques d’une gentrification de la zone.

    Il aura à peine fallu une semaine pour que certains voient dans la double explosion qui a sinistré Beyrouth une opportunité commerciale. « J’ai reçu un premier appel masqué d’une femme qui se présentait comme employée d’une entreprise de sous-traitance proposant ses services pour la reconstruction de ma maison qui a subi de graves dégâts. J’ai décliné l’offre, et l’après-midi, je reçois un second appel, de la même personne, me demandant cette fois si j’étais intéressé par la vente, à un bon prix, de mon bien immobilier. Je sortais à peine de chirurgie, on avait à peine déblayé le sol : je n’en revenais pas qu’on puisse être si insensible à un moment si dramatique. Je n’ai aucune idée de comment ils ont pu obtenir ni mon nom, ni mon numéro », témoigne encore sous le choc, Nabil, un résident de Gemmayzé dont la maison a été soufflée par l’explosion.

    Selon un communiqué de l’UNESCO quelque 8 000 bâtiments, dont 640 bâtiments historiques, situés essentiellement dans les vieux quartiers de Gemayzé et Mar-Mikhaël, ont ainsi été touchés. 60 seraient même menacés d’effondrement.

    Sur les réseaux sociaux, les témoignages de propriétaires comme Nabil, dont les propriétés dévastées suscitent l’appétit de « vautours » se multiplient. « Il arrive souvent dans ce genre de tragédie que des intérêts opportunistes tentent de profiter de la situation pour acquérir des biens à des prix très décotés », explique Bruno Marot, docteur en politiques urbaines, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).

    La nouvelle a rapidement suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion public qui craint que les bâtiments endommagés ne soient remplacés par des immeubles plus modernes ou de grandes tours résidentielles, plus rentables que les petits immeubles qui y sont majoritaires, avec un risque de gentrification et une reconfiguration sociale, sur le modèle de la reconstruction d’après-guerre du centre-ville de Beyrouth entreprise par Solidere. Mais l’analogie avec l’après-guerre s’arrête là.

    « Solidere est une entreprise privée qui avait, à elle seule, un mandat sur 150 hectares au cœur de Beyrouth, alors qu’aujourd’hui, le risque vient surtout d’initiatives privées et fragmentées », nuance Mona Fawaz, professeure en urbanisme à l’Université américaine de Beyrouth. « La catastrophe pourrait en effet avoir attiré l’intérêt de simples particuliers, qui en pleine crise économique y aurait vu l’occasion d’investir leurs dépôts bloqués dans les banques », avance-t-elle.

    Les hypothèses vont bon train, mais pour l’instant, le mystère reste entier quant à l’origine de ce démarchage, « cela ne vient pas des membres de nos syndicats », assure Walid Moussa, le président du syndicat des agents et consultants immobiliers (REAL), qui représente 160 compagnies et individus, précisant qu’il n’est « pas illégal de s’enquérir des prix mais qu’il s’agit surtout d’une question d’éthique ».

    Des zones déjà convoitées

    L’intérêt des promoteurs immobiliers pour ces quartiers ne serait pas étonnant. « Ces régions abritent de nombreux bâtiments tombant sous le coup de la loi des ancien loyers – [NDLR, loi bloquant les contrats de location signés avant 1992]. Avant le drame, de nombreux propriétaires cherchaient déjà à se débarrasser de leurs biens qui, bien que situés sur des terrains très chers, leur rapportaient peu de revenus locatifs », explique Bruno Marot.

    La catastrophe risquerait d’accélérer cette mutation en facilitant l’expulsion des locataires, d’autant que la destruction du bâtiment est un des rares cas dans lequel la loi autorise la résiliation du contrat. « Nombreux sont les locataires qui ont peur de ne pas pouvoir revenir chez eux », témoigne Mona Fawaz.

    (Tiens ! Un bon article dans L’Orient-Le Jour !!!) La suite de la sélection est intéressante également.

    #liban #beyrouth #reconstruction

  • Quand la #banque_centrale donne gratuitement de l’argent aux grandes #banques_commerciales au lieu de financer la #reconstruction_écologique
    https://www.institut-rousseau.fr/quand-la-banque-centrale-donne-gratuitement-de-largent-aux-grandes

    Et toutes ces sommes sont empruntées à taux négatifs, à – 1 % ! Ce qui signifie que la banque centrale donne littéralement de l’argent aux banques privées pour qu’elles daignent venir lui emprunter des liquidités, alors même qu’on refuse toujours de financer directement les États ou d’annuler les #dettes_publiques qu’elle détient. D’ailleurs, les conditions à atteindre pour bénéficier du taux de – 1 % ont été considérablement assouplies. Auparavant, les banques devaient apporter la preuve qu’elles avaient accru leur portefeuille de prêts aux entreprises et aux ménages pour profiter du coût le plus favorable. Dans le cadre de cette nouvelle opération, elles peuvent se contenter de le maintenir à leur niveau d’avant la crise du Covid. Et on rajoute à cela que si jamais des emprunteurs font défaut, il y a désormais de bonnes chances pour que les banques soient remboursées directement par le Gouvernement. Rien que pour la première année de leur emprunt, ce sont donc 13 milliards d’euros qui seront versés gratuitement aux banques par la création monétaire ex nihilo de la banque centrale. Sur trois ans, près de 40 milliards d’euros seront ainsi offerts. N’a-t-on pas mieux à faire avec 40 milliards d’euros, comme lutter contre le #changement_climatique par exemple ?

    Dans le monde des économistes orthodoxes, personne ou presque ne s’inquiète de la « crédibilité » de l’action de la banque centrale, du risque d’#inflation sur les #marchés_financiers (c’est-à-dire de #bulles_financières que ce type d’action ne manquera pas d’engendrer), ou bien de l’impact sur les fonds propres de la banque centrale (qui pour le coup est absolument certain contrairement aux opérations d’annulation de dettes publiques détenues par la banque centrale). En 2008, nous avions été choqués de la socialisation des pertes et la privatisation des profits sans rien faire, sinon des réformes cosmétiques. Nous avons désormais fait mieux en passant dans une phase de couverture intégrale des pertes et de fabrication artificielle des profits grâce à une banque centrale dont l’indépendance farouche vis-à-vis des États n’a d’égale que sa complaisance et sa dépendance à l’égard du système financier privé.

    Si la proposition, portée notamment par l’Institut Rousseau, d’annulation des dettes publiques détenues par la BCE a suscité une levée de boucliers de la part d’un petit groupe d’économistes néolibéraux confortablement installés dans leurs certitudes, leur silence concernant les dérives de ces pratiques est en revanche assourdissant. À croire que l’indignation ne naît que lorsqu’on tente de rétablir la monnaie comme l’instrument d’émancipation sociale et politique qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, mais pas quand la #création_monétaire de la banque centrale vise à faire des cadeaux perpétuels aux #banques_privées sans aucune contrepartie ou presque.

    C’est pourquoi il importe de rappeler une nouvelle fois que l’indépendance des banques centrales n’a rien de naturel et est foncièrement antidémocratique. Elle ne repose que sur une décision politique funeste, désormais inscrite dans les traités, qui la coupe du pouvoir délibérant de la collectivité et la place sous la coupe des marchés financiers. Cette architecture monétaire et financière relève entièrement d’un choix politique et idéologique qui repose sur l’idée que la monnaie doit être neutre, soustraite aux mains de politiques nécessairement démagogiques et confiée entièrement aux marchés privés qui nous conduiront vers la prospérité grâce aux vertus naturelles de la main invisible et de la libre-concurrence. Il est donc temps de comprendre que le sérieux et la raison ne sont pas du côté de ceux qui, par suivisme ou par intérêt, défendent ce type de pensée magique et nous imposent les sacrifices inutiles qui l’accompagnent, tout en bénéficiant allégrement de la création monétaire qu’ils dénoncent.

  • « Au Rwanda, on ne voit pas l’obscurité dans l’avenir »
    https://usbeketrica.com/article/au-rwanda-pas-obscurite-avenir-katharsis

    Paul Kagamé, dirige le pays sans interruption depuis 25 ans. Leader d’exception pour les uns, dictateur pour les autres, le personnage fait débat à l’échelle internationale : porteur d’une vision ambitieuse qui a su faire ses preuves, ses accomplissements sont régulièrement salués. Mais sa réélection en 2017, après déjà 23 ans au pouvoir, et la disparition régulière de ses opposants politiques suscitent un malaise grandissant. [Néanmoins] lutte contre l’ethnicisme, promotion de l’égalité homme-femme, protection de l’environnement, émancipation vis-à-vis de l’héritage colonial : le Rwanda s’est doté au cours des deux dernières décennies d’un nouveau socle de valeurs. Aux plans de développement ambitieux se superpose une reconstruction idéologique portée par de nouvelles institutions et de nouveaux récits fondateurs. Ainsi, la Constitution de 2003 abroge la carte d’identité ethnique et prohibe toute discrimination ou revendication politique de cette nature. Le texte garantit des quotas de représentation des femmes dans les instances de l’État, à tel point qu’elles occupent aujourd’hui 63% des sièges à l’Assemblée...

    #Rwanda #Afrique #reconstruction #avenir #katharsis

  • Je ne me réduis pas à une paire de seins, je suis tout aussi femme
    Marie-Claude Belzile, Journal des Alternatives, le 4 septembre 2019
    https://journal.alternatives.ca/Je-ne-me-reduis-pas-a-une-paire-de-seins-je-suis-tout-aussi-fem

    JDA : D’après toi, quelles sont les raisons qui peuvent pousser une femme à ne pas subir de mammoplastie ?

    MCB : Il y a plusieurs raisons. D’abord, je suis féministe, je considère que les seins ne sont pas la seule manière de se sentir femme et féminine. Je savais que les seins sont hypersexualisés dans notre société, et je ne me réduisais donc pas à une paire de seins. Par contre, plusieurs femmes ne se sentent plus « femmes » après l’ablation. Personnellement, je n’ai jamais eu l’impression de perdre ma féminité. Elle n’a jamais passé par les seins. Peut-être parce qu’ils étaient petits, je ne saurais dire. L’autre raison, c’est que toutes les photos de reconstruction que j’ai vues ne me plaisaient pas, ça ne ressemble pas à des seins, c’est une forme qui fait penser à des seins, mais c’est beaucoup trop loin de la forme naturelle. J’avais aussi un besoin d’authenticité avec mon histoire, j’ai subi une double mastectomie et voilà, c’est mon corps maintenant. On change tous avec le temps, penser que l’on gardera toujours le même corps, qu’il sera toujours jeune et beau, c’est impossible. On nous vend toutes sortes de choses pour essayer de rester jeune et « beau » à tout prix, mais je ne peux me laisser emporter par cette culture. Un corps n’est pas fixe, il évolue et change continuellement. Alors, j’accepte ainsi ce qu’il vit, et je tente de m’y adapter. Finalement, je dirais que c’était aussi pour des raisons plus pratiques, ne pas se faire reconstruire comporte des avantages. L’opération est la moins invasive. Il y a aussi moins de chances de complications possibles. Il s’agit d’une courte opération en ambulatoire et la convalescence et la guérison sont plus rapides. J’avais envie qu’on laisse mon corps tranquille, qu’il guérisse au plus vite.

    JDA : Est-ce qu’il y a beaucoup de femmes qui font ce choix ?

    MCB : Oui, près de 70 % à 80 % des femmes ne se font pas reconstruire. Cependant, on ne les voit pas parce qu’elles portent des prothèses mammaires externes. Celles qui décident de vivre poitrine plate sans prothèses sont très rares par contre. Sur les groupes Facebook pour femmes plates, nous sommes des milliers, mais de partout en Amérique du Nord, alors c’est difficile à dire quel est le nombre de femmes qui vivent réellement poitrine plate. Je sais seulement qu’on n’en voit que très rarement.

    et

    JDA : Pourquoi cette pression des médecins d’après toi ? Quand et comment est-ce qu’elle se manifeste ?

    MCB : Selon moi, cette pression part du « male gaze », de l’hypersexualisation du corps des femmes et d’une norme culturelle qui demande de régir le corps des femmes. La plupart des hommes et des femmes pensent en termes de « beauté conventionnelle » quand on parle du corps des femmes. Une femme se doit d’être belle, et si non, elle doit au moins tenter par plusieurs moyens d’y aspirer. Les chirurgien·nes veulent redonner aux femmes ce qu’ils et elles leur enlèvent lors de la mastectomie. Ils ont besoin que leur idée de ce qu’est une femme soit cohérent avec ce désir culturel et social de la femme idéale. Cette pression se fait malgré eux et malgré elles. Je dirais que les médecins projettent leur peur sur la patiente et se disent qu’il faut reconstruire, puisque le service existe et que c’est gratuit.

    Tout Aussi Femme :
    https://www.facebook.com/toutaussifemme

    #femmes #cancer #seins #mastectomie #reconstruction #poitrine_plate #féminisme #male_gaze

  • Disaster recovery and violence in neoliberal times: community and spatial fragmentation in #L’Aquila

    The purpose of this paper is to examine the disruption and reconfiguration of the territorial organisation of the central Italian town of L’Aquila resulting from actions taken by the special commissioner, a plenipotentiary official appointed by the central government, during the ten-month emergency period following the 2009 earthquake. The study attempts to determine how during the commissioner’s short tenure the territory of L’Aquila was restructured for many years to come.

    https://www.emeraldinsight.com/doi/abs/10.1108/DPM-01-2018-0032?journalCode=dpm
    #Italie #tremblement_de_terre #reconstruction #néolibéralisme #violence
    ping @albertocampiphoto

  • China eyes Lebanese port to launch investments in Syria, region
    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/03/china-lebanon-tripoli-port-investments-syria-reconstruction.html

    Last December, the Chinese state-owned COSCO shipping company docked in Tripoli, inaugurating a new maritime route connecting China to the Mediterranean Sea. Located less than 30 kilometers (18 miles) from the Syrian border, Tripoli benefits from a key strategic position in the eyes of investors looking for fast access to Syria’s war-damaged cities.

    “China is testing Tripoli as a potential location for investment,” Tamer added. Having secured an $86 million loan from the Islamic Development Bank, the port is preparing for large-scale investment. “The Chinese won’t look at anything under half a billion,” Tamer told Al-Monitor. “If they invest in the port, it’s because of their interest in the whole region.”

    Keeping its embassy in Damascus open throughout the conflict, Beijing has provided steady diplomatic support to Bashar al-Assad’s regime, vetoing most resolutions against Damascus at the UN Security Council.

    (à noter le dernier paragraphe politiquement correct !)

    #syrie #reconstruction

  • #Fortapàsc

    En 1985, Giancarlo Siani est tué de dix balles de revolver. Il avait 26 ans. Il était journaliste au quotidien "Il Mattino" et avait le défaut de s’informer, de vérifier les nouvelles, d’enquêter sur les faits. Nous le suivons ici dans les quatre derniers mois de sa vie : son dernier été, quand il descendait tous les jours dans l’enfer de Torre Annunziata, règne du boss mafieux #Valentino_Gionta. A cette période, tout tournait autour des intérêts pour la reconstruction de l’après-tremblement de terre de 1980. Au milieu des « camorristes », des politiciens corrompus, des magistrats craintifs et des carabiniers impuissants, Giancarlo voyait. Il comprenait.


    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=174715.html
    #film #journalisme #presse #médias #meurtre #assassinat #Naples #mafia #Italie #Torre_Annunziata #camorra #appels_d'offre #reconstruction #tremblement_de_terre #catastrophes_naturelles #Giancarlo_Siani #corruption

  • ‘It’s an Act of Murder’: How Europe Outsources Suffering as Migrants Drown

    This short film, produced by The Times’s Opinion Video team and the research groups #Forensic_Architecture and #Forensic_Oceanography, reconstructs a tragedy at sea that left at least 20 migrants dead. Combining footage from more than 10 cameras, 3-D modeling and interviews with rescuers and survivors, the documentary shows Europe’s role in the migrant crisis at sea.

    On Nov. 6, 2017, at least 20 people trying to reach Europe from Libya drowned in the Mediterranean, foundering next to a sinking raft.

    Not far from the raft was a ship belonging to Sea-Watch, a German humanitarian organization. That ship had enough space on it for everyone who had been aboard the raft. It could have brought them all to the safety of Europe, where they might have had a chance at being granted asylum.

    Instead, 20 people drowned and 47 more were captured by the Libyan Coast Guard, which brought the migrants back to Libya, where they suffered abuse — including rape and torture.

    This confrontation at sea was not a simplistic case of Europe versus Africa, with human rights and rescue on one side and chaos and danger on the other. Rather it’s a case of Europe versus Europe: of volunteers struggling to save lives being undercut by European Union policies that outsource border control responsibilities to the Libyan Coast Guard — with the aim of stemming arrivals on European shores.

    While funding, equipping and directing the Libyan Coast Guard, European governments have stymied the activities of nongovernmental organizations like Sea-Watch, criminalizing them or impounding their ships, or turning away from ports ships carrying survivors.

    More than 14,000 people have died or gone missing while trying to cross the central Mediterranean since 2014. But unlike most of those deaths and drownings, the incident on Nov. 6, 2017, was extensively documented.

    Sea-Watch’s ship and rescue rafts were outfitted with nine cameras, documenting the entire scene in video and audio. The Libyans, too, filmed parts of the incident on their mobile phones.

    The research groups Forensic Architecture and Forensic Oceanography of Goldsmiths, University of London, of which three of us — Mr. Heller, Mr. Pezzani and Mr. Weizman — are a part, combined these video sources with radio recordings, vessel tracking data, witness testimonies and newly obtained official sources to produce a minute-by-minute reconstruction of the facts. Opinion Video at The New York Times built on this work to create the above short documentary, gathering further testimonials by some of the survivors and rescuers who were there.

    This investigation makes a few things clear: European governments are avoiding their legal and moral responsibilities to protect the human rights of people fleeing violence and economic desperation. More worrying, the Libyan Coast Guard partners that Europe is collaborating with are ready to blatantly violate those rights if it allows them to prevent migrants from crossing the sea.

    Stopping Migrants, Whatever the Cost

    To understand the cynicism of Europe’s policies in the Mediterranean, one must understand the legal context. According to a 2012 ruling by the European Court of Human Rights, migrants rescued by European civilian or military vessels must be taken to a safe port. Because of the chaotic political situation in Libya and well-documented human rights abuses in detention camps there, that means a European port, often in Italy or Malta.

    But when the Libyan Coast Guard intercepts migrants, even outside Libyan territorial waters, as it did on Nov. 6, the Libyans take them back to detention camps in Libya, which is not subject to European Court of Human Rights jurisdiction.

    For Italy — and Europe — this is an ideal situation. Europe is able to stop people from reaching its shores while washing its hands of any responsibility for their safety.

    This policy can be traced back to February 2017, when Italy and the United Nations-supported Libyan Government of National Accord signed a “memorandum of understanding” that provided a framework for collaboration on development, to fight against “illegal immigration,” human trafficking and the smuggling of contraband. This agreement defines clearly the aim, “to stem the illegal migrants’ flows,” and committed Italy to provide “technical and technological support to the Libyan institutions in charge of the fight against illegal immigration.”

    Libyan Coast Guard members have been trained by the European Union, and the Italian government donated or repaired several patrol boats and supported the establishment of a Libyan search-and-rescue zone. Libyan authorities have since attempted — in defiance of maritime law — to make that zone off-limits to nongovernmental organizations’ rescue vessels. Italian Navy ships, based in Tripoli, have coordinated Libyan Coast Guard efforts.

    Before these arrangements, Libyan actors were able to intercept and return very few migrants leaving from Libyan shores. Now the Libyan Coast Guard is an efficient partner, having intercepted some 20,000 people in 2017 alone.

    The Libyan Coast Guard is efficient when it comes to stopping migrants from reaching Europe. It’s not as good, however, at saving their lives, as the events of Nov. 6 show.

    A Deadly Policy in Action

    That morning the migrant raft had encountered worsening conditions after leaving Tripoli, Libya, over night. Someone onboard used a satellite phone to call the Italian Coast Guard for help.

    Because the Italians were required by law to alert nearby vessels of the sinking raft, they alerted Sea-Watch to its approximate location. But they also requested the intervention of their Libyan counterparts.

    The Libyan Coast Guard vessel that was sent to intervene on that morning, the Ras Jadir, was one of several that had been repaired by Italy and handed back to the Libyans in May of 2017. Eight of the 13 crew members onboard had received training from the European Union anti-smuggling naval program known as Operation Sophia.

    Even so, the Libyans brought the Ras Jadir next to the migrants’ raft, rather than deploying a smaller rescue vessel, as professional rescuers do. This offered no hope of rescuing those who had already fallen overboard and only caused more chaos, during which at least five people died.

    These deaths were not merely a result of a lack of professionalism. Some of the migrants who had been brought aboard the Ras Jadir were so afraid of their fate at the hands of the Libyans that they jumped back into the water to try to reach the European rescuers. As can be seen in the footage, members of the Libyan Coast Guard beat the remaining migrants.

    Sea-Watch’s crew was also attacked by the Libyan Coast Guard, who threatened them and threw hard objects at them to keep them away. This eruption of violence was the result of a clash between the goals of rescue and interception, with the migrants caught in the middle desperately struggling for their lives.

    Apart from those who died during this chaos, more than 15 people had already drowned in the time spent waiting for any rescue vessel to appear.

    There was, however, no shortage of potential rescuers in the area: A Portuguese surveillance plane had located the migrants’ raft after its distress call. An Italian Navy helicopter and a French frigate were nearby and eventually offered some support during the rescue.

    It’s possible that this French ship, deployed as part of Operation Sophia, could have reached the sinking vessel earlier, in time to save more lives — despite our requests, this information has not been disclosed to us. But it remained at a distance throughout the incident and while offering some support, notably refrained from taking migrants onboard who would then have had to have been disembarked on European soil. It’s an example of a hands-off approach that seeks to make Libyan intervention not only possible but also inevitable.

    A Legal Challenge

    On the basis of the forensic reconstruction, the Global Legal Action Network and the Association for Juridical Studies on Immigration, with the support of Yale Law School students, have filed a case against Italy at the European Court of Human Rights representing 17 survivors of this incident.

    Those working on the suit, who include two of us — Mr. Mann and Ms. Moreno-Lax — argue that even though Italian or European personnel did not physically intercept the migrants and bring them back to Libya, Italy exercised effective control over the Libyan Coast Guard through mutual agreements, support and on-the-ground coordination. Italy has entrusted the Libyans with a task that Rome knows full well would be illegal if undertaken directly: preventing migrants from seeking protection in Europe by impeding their flight and sending them back to a country where extreme violence and exploitation await.

    We hope this legal complaint will lead the European court to rule that countries cannot subcontract their legal and humanitarian obligations to dubious partners, and that if they do, they retain responsibility for the resulting violations. Such a precedent would force the entire European Union to make sure its cooperation with partners like Libya does not end up denying refugees the right to seek asylum.

    This case is especially important right now. In Italy’s elections in March, the far-right Lega party, which campaigned on radical anti-immigrant rhetoric, took nearly 20 percent of the vote. The party is now part of the governing coalition, of which its leader, Matteo Salvini, is the interior minister.

    His government has doubled down on animosity toward migrants. In June, Italy took the drastic step of turning away a humanitarian vessel from the country’s ports and has been systematically blocking rescued migrants from being disembarked since then, even when they had been assisted by the Italian Coast Guard.

    The Italian crackdown helps explain why seafarers off the Libyan coast have refrained from assisting migrants in distress, leaving them to drift for days. Under the new Italian government, a new batch of patrol boats has been handed over to the Libyan Coast Guard, and the rate of migrants being intercepted and brought back to Libya has increased. All this has made the crossing even more dangerous than before.

    Italy has been seeking to enact a practice that blatantly violates the spirit of the Geneva Convention on refugees, which enshrines the right to seek asylum and prohibits sending people back to countries in which their lives are at risk. A judgment by the European Court sanctioning Italy for this practice would help prevent the outsourcing of border control and human rights violations that may prevent the world’s most disempowered populations from seeking protection and dignity.

    The European Court of Human Rights cannot stand alone as a guardian of fundamental rights. Yet an insistence on its part to uphold the law would both reflect and bolster the movements seeking solidarity with migrants across Europe.

    https://www.nytimes.com/interactive/2018/12/26/opinion/europe-migrant-crisis-mediterranean-libya.html
    #reconstruction #naufrage #Méditerranée #Charles_Heller #Lorenzo_Pezzani #asile #migrations #réfugiés #mourir_en_mer #ONG #sauvetage #Sea-Watch #gardes-côtes_libyens #Libye #pull-back #refoulement #externalisation #vidéo #responsabilité #Ras_Jadir #Operation_Sophia #CEDH #cour_européenne_des_droits_de_l'homme #justice #droits_humains #droit_à_la_vie

    ping @reka

    • È un omicidio con navi italiane” L’accusa del Nyt

      Video-denuncia contro Roma e l’Ue per un naufragio di un anno fa: botte dei libici ai migranti, 50 morti.

      Patate scagliate addosso ai soccorritori della Sea Watch invece di lanciare giubbotti e salvagente ai naufraghi che stavano annegando. E poi botte ai migranti riusciti a salire sulle motovedette per salvarsi la vita. Ecco i risultati dell’addestramento che l’Italia ha impartito ai libici per far fuori i migranti nel Mediterraneo. È un video pubblicato dal New York Times che parte da una delle più gravi tra le ultime stragi avvenute del Canale di Sicilia, con un commento intitolato: “‘È un omicidio’: come l’Europa esternalizza sofferenza mentre i migranti annegano”.

      Era il 6 novembre 2017 e le operazioni in mare erano gestite dalla guardia costiera libica, in accordo con l’allora ministro dell’Interno, Marco Minniti. Il dettaglio non è secondario, lo stesso video mostra la cerimonia di consegna delle motovedette made in Italy ai partner nordafricani. Una delle imbarcazioni, la 648, la ritroviamo proprio al centro dell’azione dove, quel giorno, cinquanta africani vennero inghiottiti dal mare. Al tempo era consentito alle imbarcazioni di soccorso pattugliare lo specchio di mare a cavallo tra le zone Sar (Search and rescue, ricerca e soccorso) di competenza. Al tempo i porti italiani erano aperti, ma il comportamento dei militari libici già al limite della crudeltà. Il video e le foto scattate dal personale della Sea Watch mostrano scene durissime. Un migrante lasciato annegare senza alcun tentativo da parte dei libici di salvarlo: il corpo disperato annaspa per poi sparire sott’acqua, quando il salvagente viene lanciato è tardi. Botte, calci e pugni a uomini appena saliti a bordo delle motovedette, di una violenza ingiustificabile. Il New York Times va giù duro e nel commento, oltre a stigmatizzare attacca i governi italiani. Dalla prova delle motovedette vendute per far fare ad altri il lavoro sporco, al nuovo governo definito “di ultradestra” che “ha completato la strategia”. Matteo Salvini però non viene nominato. L’Italia, sottolinea il Nyt, ha delegato alle autorità della Tripolitania il pattugliamento delle coste e il recupero di qualsiasi imbarcazione diretta a nord. Nulla di nuovo, visto che la Spagna, guidata dal socialista Sanchez e impegnata sul fronte occidentale con un’ondata migratoria senza precedenti, usa il Marocco per “bonificare” il tratto di mare vicino allo stretto di Gibilterra da gommoni e carrette. Gli organismi europei da una parte stimolano il blocco delle migrazioni verso il continente, eppure dall’altra lo condannano. Per l’episodio del 6 novembre 2017, infatti, la Corte europea dei diritti umani sta trattando il ricorso presentato dall’Asgi (Associazione studi giuridici sull’immigrazione) contro il respingimento collettivo. Sempre l’Asgi ha presentato due ricorsi analoghi per fatti del dicembre 2018 e gennaio 2018; infine altri due, uno sulla cessione delle motovedette e l’altro sull’implementazione dell’accordo Italia-Libia firmato da Minniti.

      https://www.ilfattoquotidiano.it/premium/articoli/e-un-omicidio-con-navi-italiane-laccusa-del-nyt

    • Comment l’Europe et la Libye laissent mourir les migrants en mer

      Il y a un peu plus d’un an, le 6 novembre 2017, une fragile embarcation sombre en mer avec à son bord 150 migrants partis de Tripoli pour tenter de rejoindre l’Europe. La plupart d’entre eux sont morts. Avec l’aide de Forensic Oceanography – une organisation créée en 2011 pour tenir le compte des morts de migrants en Méditerranée – et de Forensic Architecture – groupe de recherche enquêtant sur les violations des droits de l’homme –, le New York Times a retracé le déroulement de ce drame, dans une enquête vidéo extrêmement documentée.

      Depuis l’accord passé en février 2017 entre la Libye et l’Italie, confiant aux autorités libyennes le soin d’intercepter les migrants dans ses eaux territoriales, le travail des ONG intervenant en mer Méditerranée avec leurs bateaux de sauvetage est devenu extrêmement difficile. Ces dernières subissent les menaces constantes des gardes-côtes libyens, qui, malgré les subventions européennes et les formations qu’ils reçoivent, n’ont pas vraiment pour but de sauver les migrants de la noyade. Ainsi, en fermant les yeux sur les pratiques libyennes régulièrement dénoncées par les ONG, l’Europe contribue à aggraver la situation et précipite les migrants vers la noyade, s’attache à démontrer cette enquête vidéo publiée dans la section Opinions du New York Times. Un document traduit et sous-titré par Courrier international.

      https://www.courrierinternational.com/video/enquete-comment-leurope-et-la-libye-laissent-mourir-les-migra

      https://www.youtube.com/watch?time_continue=10&v=dcbh8yJclGI

    • How We Made an Invisible Crisis at Sea Visible

      An ambitious Opinion Video project produced across three continents — in collaboration with a pioneering forensic research group — shines a spotlight on the more than 16,000 migrants who have died trying to cross the Mediterranean since 2014.

      Forensic Oceanography had created a report and a minute-by-minute reconstruction of the episode (http://www.forensic-architecture.org/wp-content/uploads/2018/05/2018-05-07-FO-Mare-Clausum-full-EN.pdf) intended partly to support a case that was about to be filed on behalf of survivors at the European Court of Human Rights.

      Their reporting was deep, but it was very technical. We wanted to build on the original research to create a short film that would sharpen the story while still embracing complexity.

      https://www.nytimes.com/2019/01/23/reader-center/migrants-mediterranean-sea.html
      #visibilité #invisibilité #in/visiblité #Mare_clausum

  • Envisaging #L’Aquila. Strategies, spatialities and sociabilities of a recovering city

    L’Aquila, a city of about 70,000 inhabitants located in central Italy, was hit by a devastating earthquake on April 6th, 2009. The disaster killed 309 people, left 50,000 homeless and shut down entire areas of its sprawling urban system.

    The public debate and policy interventions that followed the disaster raised the question of what kind of city should be rebuilt. Which new visions for the city could be put forward?

    Envisaging L’Aquila brings together the results of a large and articulated research project carried out at the Gran Sasso Science Institute to document the reconstruction process.

    The book provides a broad overview of the emerging visions and spatial strategies unfolding at the local level, documenting the everyday life public spaces, civil society movements, and the relaunch of the knowledge economy in the local territorial system.


    http://www.professionaldreamers.net/?p=3821
    #tremblement_de_terre #reconstruction #post-disaster #urban_matter #villes #désastre #catastrophe

    cc @albertocampiphoto

  • Outsourcing Risk. Investigating the Ali Enterprises Factory Fire on 11 September 2012

    Forensic Architecture was asked by the European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) to carry out an architectural analysis of the fire that destroyed the Ali Enterprises textile factory on 11 September 2012 in Karachi, Pakistan. Inadequate fire safety measures at the company, a supplier for the German clothes retailer #KiK, led to the deaths of 260 factory workers. This investigation uncovers the many ways in which design and management decisions not only failed to prevent injury and casualties, but in fact augmented the death toll.

    Our findings have now been submitted to the Regional Court in Dortmund, Germany, where legal action against KiK is ongoing. Since March 2015, the Court has been examining a civil claim against KiK filed by four Pakistanis – one survivor and three relatives of workers killed in the fire – with support from the ECCHR and medico international.


    https://www.forensic-architecture.org/case/outsourcing-risk

    #risques #externalisation #Karachi #Pakistan #délocalisation #travail #industrie_textile #forensic_architecture #reconstruction_du_désastre

    cc @reka

  • En Syrie, réhabiliter le chemin de fer pour reconstruire le pays
    https://fr.news.yahoo.com/syrie-r%C3%A9habiliter-chemin-fer-reconstruire-pays-060713712.html
    Maher AL MOUNES - AFP - 9 septembre 2018

    Damas (AFP) - Près de Damas, dans sa locomotive, Abou Abdou déborde d’enthousiasme à l’idée de tester des rails fraîchement installés. En Syrie, le gouvernement de Bachar al-Assad veut réhabiliter des centaines de kilomètres de chemins de fer.

    L’initiative doit contribuer aux efforts de reconstruction dans un pays ravagé par la guerre depuis 2011, mais aussi relancer le commerce régional, assurent les autorités, au moment où le pouvoir d’Assad a consolidé son emprise sur près des deux tiers du territoire.

    Avant le conflit, les voyageurs pouvaient parcourir en train des centaines de kilomètres en Syrie, de Damas jusqu’à Homs, Alep, Lattaquié ou encore Deir Ezzor. Mais, dès 2012, les combats dans un pays morcelé ont mis les locomotives à l’arrêt.

    « Quand je conduis un train, j’ai l’impression de piloter un avion ! », se réjouit Abou Abdou, cheminot de 42 ans qui a retrouvé son bleu de travail.

    « J’attends ce jour depuis six ans », s’exclame-t-il en pianotant sur le tableau de commande devant lui pour man ?uvrer sa locomotive.(...)