• Face à la haine et aux amalgames : « Redonner ses lettres de noblesse à la solidarité et à l’#hospitalité française »

    Elle appelle cela « l’#hospitalité_citoyenne ». #Julia_Montfort, journaliste et réalisatrice, a accueilli, comme beaucoup d’autres Français, un « migrant », Abdelhaq, originaire du Tchad. Elle raconte cette rencontre à Basta !, rencontre dont elle a tiré une web-série, #Carnets_de_solidarité. Son histoire nous rappelle que, loin des scènes indignes de harcèlement policier ou de commentaires racistes, des dizaines de milliers de citoyens font preuve de solidarité.

    Julia Montfort appelle cela « l’hospitalité citoyenne ». Comme beaucoup d’autres personnes en France, elle a ouvert sa porte pour accueillir un « migrant », Abdelhaq. Il avait alors 21 ans et ne devait rester que quelques jours. Il aura finalement vécu un an et demi chez Julia et Cédric, son mari. De cette expérience personnelle est alors née l’envie de raconter ce mouvement de #solidarité qui a gagné de nombreux foyers français – une réalité trop souvent invisibilisée – pendant que les politiques en œuvre choisissent trop souvent de harceler, humilier, reléguer dans la rue les exilés en quête d’accueil, ne serait-ce que temporaire. Réalisatrice, elle en a tiré une web-série passionnante, Carnets de Solidarité, qui offre la meilleure des réponses, en actes, à tous les préjugés, tous les cynismes ou toutes les haines qui s’accumulent sur ce sujet.

    Basta ! : Le point de départ de votre travail, c’est le #récit_intime de l’accueil d’Abdelhaq, chez vous, dans votre appartement. Avec le recul, qu’avez-vous appris de cette expérience d’hospitalité ?

    Julia Montfort [1] : Beaucoup de choses. Nous n’avons pas accueilli un citoyen français avec des références culturelles partagées : Abdelhaq est le fils d’un berger nomade, dans le sud du Tchad, qui parle un dialecte dérivé de l’arabe – le kebet – dont la vie consistait à garder les chèvres de son père ou à aller récolter du miel, autant dire une vie diamétralement opposée à la mienne. Tout nous séparait, et nous avons appris à trouver des #liens, à construire des ponts entre nos deux cultures.

    J’ai réalisé la portée de ce geste dès que j’ai ouvert ma porte devant ce grand gaillard de plus d’1 m 90, et que j’ai compris que le #langage ne nous permettrait pas de communiquer. Il apprenait les rudiments du français, mais il ne faisait pas de phrases, je ne parvenais même pas à savoir s’il aimait les pâtes. De fait, ce genre de situation permet aussi d’en apprendre beaucoup sur soi-même et sur notre rapport à l’autre. Cela m’offre aujourd’hui un ancrage très différent dans le présent.

    Il y a cette anecdote significative, lorsque vous racontez que vous hésitez plusieurs jours avant de lui signaler qu’il ne priait pas dans la bonne direction…

    Il se tournait exactement à l’opposé de la Mecque, nous ne savions pas comment lui annoncer, cela nous pesait, alors qu’au final, Abdelhaq a juste explosé de rire lorsque nous lui avons montré la boussole ! Une partie de notre complicité est née ce jour-là… Abdelhaq a une pratique très ouverte de sa religion, c’est notamment une façon de maintenir un lien avec son pays. Quand il est arrivé à Paris, son premier réflexe a été d’aller dans une mosquée, où il a pu être hébergé. C’est un peu son repère, son cadre. Mais depuis, on a constaté qu’il s’intéressait beaucoup aux autres religions.
    De notre côté, nous sommes parfaitement athées, et c’est probablement la première fois que j’ai côtoyé quelqu’un de religieux aussi longtemps, et aussi intimement. La probabilité que je puisse, à Paris, me retrouver directement confrontée à la réalité de la vie d’Abdelhaq était tout de même très faible, jusqu’à présent. Cela cultive une certaine #ouverture_d’esprit, et cela a généré aussi beaucoup de #respect entre nous.

    Pour autant, vous ne faites pas l’impasse sur les difficultés qui se présentent, aussi, à travers cette expérience. « L’hospitalité n’est pas un geste naturel, c’est une #épreuve », dites-vous.

    Il ne faut pas enjoliver cette expérience par principe, cela n’a rien de simple d’accueillir un étranger chez soi. Il faut s’ouvrir à lui, accepter qu’il entre dans notre #intimité, c’est une relation qui demande beaucoup d’énergie. Faire entrer l’exil à la maison, c’est aussi faire entrer des vies brisées et tous les problèmes qui accompagnent ces parcours du combattant… Et c’est compliqué quand, au petit-déjeuner, vous devez affronter son regard dans le vide, que vous voyez qu’il n’est pas bien. Tout paraît assez futile. J’ai parfois eu l’impression de plonger avec Abdelhaq. C’est le principe même de l’empathie, partager l’#émotion de l’autre. Mais quand c’est sous votre toit, il n’y a pas d’échappatoire, c’est au quotidien face à vous.

    Dans votre récit, vous utilisez très souvent les termes de « #générosité », de « #bienveillance », d’ « #humanité », comme si vous cherchiez à leur redonner une importance qu’ils ne semblent plus vraiment avoir, dans la société. Faut-il travailler à repolitiser ces valeurs, selon vous ?

    On pense toujours que la solidarité, l’#altruisme, l’#entraide, tout ça n’est que l’apanage des faibles. Ce seraient des vertus désuètes, bonnes pour les « bisounours ». Il a en effet fallu que j’assume, à l’écriture, de redonner des lettres de noblesse à ces mots-là. Car on a bien vu que tous ces petits #gestes, cette empathie, ces regards, ce n’était pas anodin pour Abdelhaq. On a vu comment cette solidarité qui s’est organisée avec les voisins l’a porté, lui a permis de se regarder autrement, de retrouver des prises sur le réel. Petit à petit, on l’a vu changer, reprendre pied. Et ça, c’est considérable.
    Et partant de là, on peut aussi se demander ce qui nous empêche d’appliquer cela à toutes nos relations – personnellement, j’essaye désormais d’être plus attentive à cette forme de #bienveillance dans mes échanges avec mes voisins ou mes amis, au travail. Cela semble toujours une évidence un peu simple à rappeler, mais c’est vertueux. C’est même l’un des principaux enseignements que nous avons tiré de notre expérience, à notre échelle : au-delà des difficultés, cela fait du bien de faire du bien. Diverses études documentent les bienfaits pour la santé de ces #émotions positives ressenties, cela porte même un nom – le « #helper’s_high », l’euphorie de celui qui aide. Donc oui, la solidarité fait du bien, et il faut en parler.

    De fait, votre initiative a rapidement fait la preuve de son effet multiplicateur auprès du voisinage, c’est ce que vous appelez la « #contagion_solidaire ».

    C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à raconter de cette expérience personnelle. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, le discours sur « l’invasion » battait son plein. En 2017-2018, on est en plein dans la séquence où l’on entend partout que les migrants sont trop nombreux, qu’ils sont dangereux, qu’ils vont nous voler notre pain, notre travail et notre identité. Or à mon échelle, à Bagnolet, au contact de différentes classes sociales, j’ai vu le regard des gens changer et ce mouvement de solidarité se mettre en place, autour de nous. Et c’était d’autant plus significatif que nous étions officiellement devenus « hors-la-loi » puisque nous n’avions pas le droit d’héberger un sans-papier… De fait, lorsqu’on a reçu une enveloppe avec de l’argent pour payer le pass Navigo d’Abdelhaq, nous avons compris que nous étions plusieurs à accepter de transgresser cette règle absurde. Et à entrer ensemble dans l’absurdité du « #délit_de_solidarité ».

    « La chronique des actions en faveur de l’accueil des migrants montre une évolution au sein des sociétés européennes. Par leur ampleur et l’engagement qui les sous-tend, les formes de solidarité et d’hospitalité que l’on y observe s’apparentent de plus en plus à un mouvement social » affirme l’anthropologue Michel Agier, que vous citez dans votre livre. De fait, à l’échelle de la France, votre enquête tend à montrer que les démarches d’#accueil sont bien plus nombreuses et conséquentes qu’on ne le laisse souvent croire, vous parlez même d’une « #révolution_silencieuse ». Peut-on dresser une sociologie de ce mouvement social émergent ?

    C’est encore un peu tôt, on n’a pas assez de recul, on manque de chiffres. De nombreux chercheurs travaillent là-dessus, mais c’est un mouvement encore difficile à évaluer et à analyser. La plupart des gens restent discrets, par crainte de l’illégalité mais aussi par humilité, souvent. Mais lorsque j’ai présenté la bande-annonce avec l’objet de mon travail, j’ai été submergé de messages en retour, sur internet. Et de toute la France. J’ai réalisé qu’il y avait un défaut de #narration, et un défaut de connexion les uns avec les autres. La plupart agisse, chacun de leur côté, sans s’organiser de manière collective. Des mouvements et des plateformes se sont créés, sur internet, mais cette solidarité reste encore très « électron libre ». Il n’y a pas véritablement de #réseau_citoyen, par exemple.

    Pour ma part, ce que j’ai vu, c’est une France particulièrement bigarrée. J’ai vu des gens de tous les milieux, pas nécessairement militants, et beaucoup de #familles. En général, ils racontent avoir eu un déclic fort, comme par exemple avec la photo du petit #Aylan. Ce sont des gens qui ressentent une #urgence de faire quelque chose, qui se disent qu’ils « ne-peuvent-pas-ne-rien-faire ». La certitude, c’est qu’il y a énormément de #femmes. L’impulsion est souvent féminine, ce sont souvent elles qui tendent en premier la main.

    Ce #mouvement_citoyen est aussi, malheureusement, le reflet de l’#inaction_politique sur le sujet. Cette dynamique peut-elle continuer longtemps à se substituer aux institutions ?

    Il y a un #burn-out qui guette, et qui est largement sous-estimé, chez ces citoyens accueillants. Ils s’épuisent à « l’attache ». À l’origine, cette solidarité a vraiment été bricolé, avec les moyens du bord, et dans la précipitation. Et même si elle remplit un rôle fondamental, ça reste du #bricolage. Or ce n’est pas aux citoyens de pallier à ce point les défaillances de l’#État, ce n’est pas normal que nous ayons à héberger un demandeur d’asile qui se retrouve à la rue… La réalité, c’est qu’aujourd’hui, très régulièrement en France, on ne notifie pas leurs droits aux gens qui arrivent. Or toute personne qui pose le pied en France a le droit de demander l’asile, c’est une liberté fondamentale. Commençons donc, déjà, par respecter le #droit_d’asile !

    Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de ce qui se passe, parce que cela se joue dans des zones de frontières, loin de Paris, donc cela reste assez discret. Mais on est face à quelque chose d’assez considérable en termes de violations de #droits_humains, en France, actuellement : à la fois dans le fait de bafouer ces droits fondamentaux, mais aussi dans le fait de criminaliser les personnes qui leur viennent en aide… Et pendant ce temps-là, on remet la légion d’honneur à Nathalie Bouchart, la maire de Calais, qui avait interdit les distributions d’eau pour les exilés ? Il y a quand même quelque chose qui cloche, dans ce pays.

    Cela n’a pas toujours été comme ça, rappelez-vous, en évoquant notamment l’exemple des « #Boat_People » (en 1979, l’accueil de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens avaient obtenu un large consensus national, ndlr). Qu’est-il arrivé à cette grande « tradition française d’hospitalité », depuis ?

    Le contexte est très différent, par rapport aux Boat people. À l’époque, cela semblait sûrement circonscrit, tant dans le nombre que dans le temps. Aujourd’hui, la multiplication des conflits, un peu partout dans le monde, alimente cette idée que c’est un puits sans fond, qu’on va être submergé si on commence à accueillir trop largement… Plus fondamentalement, on le sait bien, une certaine #rhétorique s’est imposée dans les discours, sur ces questions : on parle de « flux », de « pompe aspirante », et tout ce vocable n’est plus l’apanage de l’extrême droite, on le retrouve dans la bouche des gouvernants. Tout ça insinue et conforte l’horrible mythe de « l’#appel_d’air ». Je crois qu’on oublie parfois combien les #discours_politiques contribuent à forger un cadre de pensée. Et en face, il y a un véritable défaut de pédagogie, on ne traite jamais de ces sujets à l’école, on ne produit pas de #contre-discours. Donc effectivement, c’est important de le rappeler : on a su accueillir, en France.

    Après l’assassinat terroriste du professeur Samuel Paty, vendredi 16 octobre, le débat public a pris des airs de course aux amalgames, avec une tendance à peine cachée à essentialiser toute une catégorie de population (demandeur d’asile, mineurs isolés...) comme de potentiels terroristes. Qu’est-ce que cela vous inspire, en tant qu’accueillante ?

    La #peur légitime et le #danger, bien réel, du #terrorisme ne doivent pas nous faire plonger dans une grande #confusion, en bonne partie entretenue par ma propre profession. Les journalistes ont une part de #responsabilité en entretenant ce lien dangereux, insufflé par nos gouvernants, qui envisagent la migration sous le spectre uniquement sécuritaire depuis les attentats terroristes de 2015. Nous avons besoin de #recul, et de #nuances, pour ne pas tomber dans la #stigmatisation à tout-va de tout un pan de la population, et éviter les #amalgames simplistes du type "immigration = terrorisme". Ce pur discours d’extrême droite n’est basé sur aucune étude formelle, et pourtant il s’est installé dans les esprits au point que ces femmes et ces hommes sont victimes d’un changement de perception. Hier considérés comme des personnes en détresse, ils sont désormais vus dans leur ensemble comme de potentiels terroristes car un assassin – ayant commis un acte effroyable – a préalablement été demandeur d’asile et a obtenu son statut de réfugié... Il s’agit d’un itinéraire meurtrier individuel. Les demandeurs d’asile, les mineurs isolés, les réfugiés sont les premiers à pâtir de ces amalgames. Les entend-on ? Très rarement. Leur #parole est souvent confisquée, ou bien nous parlons à leur place.

    Alors, il faut le rappeler : ces personnes exilées et arrivées en France aspirent simplement à s’intégrer et à mener une vie « normale », si tant est qu’elle puisse vraiment l’être après tout ce qu’elles ont traversé, et avec la douleur du #déracinement. Et ces étrangers, nous les côtoyons au quotidien sans même le savoir : ils livrent nos repas à domicile, se forment à des métiers dans des secteurs en tension où la main d’œuvre manque, ils changent les draps dans les hôtels. Nombre de médecins réfugiés furent en première ligne pendant le confinement... Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est justement de ramener de la mesure dans ce débat toxique et dangereux en humanisant ces destins individuels.

    https://www.bastamag.net/Redonner-ses-lettres-de-noblesse-a-la-solidarite-et-a-l-hospitalite-franca

    ping @isskein @karine4

  • Les courbes du 12 mai :

    Les comiques français continuent de commenter la tendance du jour (titre unanime : « le bilan repart à la hausse »). Voici le nombre de morts quotidiens dans les Ehpad depuis 5 jours :
    – vendredi : 132
    – samedi : 4
    – dimanche : 1
    – lundi du déconfinement : 85
    –aujourd’hui mardi : 165
    Malgré cela le pigiste se sent obliger de commenter l’évolution quotidienne des chiffres. Moi je tenterais bien : « après seulement deux jours de déconfinement, le nombre de morts dans les Ehpad a été multiplié par… 165 ! »

  • Le lacrymo et les 1 % | Anna Feigenbaum
    http://www.contretemps.eu/petite-histoire-gaz-lacrymo-feigenbaum

    « Une préoccupation fondamentale traverse le débat sur le gaz lacrymogène : quelle est la relation entre le profit financier et la violence policière ? » D’abord utilisé sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, le gaz lacrymogène fut peu à peu intégré, non sans entorses aux conventions internationales, à la panoplie du maintien de l’ordre civil aux États-Unis puis dans l’Empire colonial britannique et, enfin, partout dans le monde. Il a fini par jouer, dans le raidissement du contrôle social, un rôle central, qui en fait l’un des piliers des pouvoirs établis ainsi qu’un fructueux produit pour l’industrie de l’armement. Source : (...)

  • La place des femmes dans les #programmes_scolaires ? « Un recul dramatique »

    Les nouveaux programmes, qui devraient arriver à la rentrée scolaire 2019 en classe de seconde et de première, voient un recul de la place des femmes alors que des efforts avaient été réalisés ces dernières années. Une situation déplorée par l’association d’historiennes Mnémosyne.

    https://amp.terrafemina.com/article/programmes-scolaires-2019-un-recul-dramatique-de-la-place-des-femmes_a347317/1?__twitter_impression=true
    #it_has_begun #recul #femmes #écoles #éducation

    • C’est désespérant mais pas surprennant venant de ce ministre issu de sens commun ex-manif pour tous.
      Une meuf fictive aux seins nus et le fait qu’il y ai des mots féminins est bien assez pour les femmes.

      La France a comme emblème une femme, Marianne, l’un de ses plus beaux mots est féminin, la République.

      Jean-Michel Blanquer ministre de l’Education nationale

    • Y’a pas moyen de porter cela devant les tribunaux ?

      Pourtant depuis la loi Jospin de 1989, l’égalité des filles et des garçons constitue une obligation légale et une mission fondamentale pour l’Éducation nationale.

  • Cessons de dramatiser le travail du dimanche, Thierry Pech, directeur général de #Terra_Nova, Gilles Finchelstein, directeur général de la #Fondation_Jean-Jaurès
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/18/cessons-de-dramatiser-le-travail-du-dimanche_4542522_3232.html

    Le raisonnement de nombreux opposants au travail dominical suggère qu’il faudrait protéger les Français d’une invasion de la vie par le travail. Outre que la question n’est pas de savoir en l’occurrence si l’on devrait travailler plus ou moins, mais simplement quand on a le droit de le faire, il faut observer que, là encore, les Français sont assez éloignés de cette manière de voir. Ce que montrent les grandes enquêtes internationales (World value survey, European value survey…), c’est que la spécificité de notre pays réside au contraire dans la place plus centrale qu’ailleurs qu’y occupe le #travail.

    Environ deux Français sur trois déclarent que le travail occupe une place « très importante » dans leur vie, loin devant les Britanniques, les Allemands et la plupart des autres Européens !

    http://seenthis.net/messages/108399

  • Vapexpo : la cigarette électronique en plein boom - France Info
    http://www.franceinfo.fr/economie/la-cigarette-electronique-en-plein-boom-1349583-2014-03-13

    C’est le phénomène de ces deux dernières années, la e-cigarette a désormais son salon. C’est le premier du genre et il a ouvert ses portes ce jeudi matin à Bordeaux. Jusqu’à 1.500 professionnels sont attendus aujourd’hui et demain à Vapexpo avant l’ouverture au grand public samedi. Un secteur en pleine expansion mais qui suscite encore beaucoup d’interrogations.

    En 2012, le marché de la e-cigarette représentait en France 40 millions d’euros, en 2013 à peu près 100 millions d’euros, et pour 2014 les professionnels tablent sur 700 millions d’euros. La e-cigarette, c’est aussi 2.000 boutiques spécialisées dans l’Hexagone et 12.800 points de vente qui font travailler environ 5.000 personnes.

    Mais le secteur est en train d’évoluer souligne Arnaud Dumas de Rauly, président de la FIVAP, la fédération interprofessionnelle de la VAP. « Depuis fin 2013, le nombre d’ouvertures de boutiques a beaucoup ralenti et on arrive à une chute de la croissance du nombre de boutiques. Par contre, ce qui va augmenter, c’est tout ce qui est fabrication de e-liquide en France », explique-t-il au micro de France Info.......

    http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2014/03/13/1349551/images/ressource/recul_des_ventes_de_tabac_l_effet_27128_hd.jpg

    #Santé
    Le #tabagisme #recule

  • Jean-François Copé s’emporte contre le livre pour enfants « Tous à poil » (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/02/10/cope-s-outre-contre-le-livre-pour-enfants-tous-a-poil_4363155_823448.html

    « Quand j’ai vu ça, mon sang n’a fait qu’un tour. Ça vient du Centre de documentation pédagogique, ça fait partie de la liste des livres recommandés aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire. […] A poil la maîtresse... Vous voyez, c’est bien pour l’autorité des professeurs ! On ne sait pas s’il faut sourire, mais comme c’est nos enfants, on n’a pas envie de sourire, a-t-il continué. A poil le bébé, à poil la baby-sitter, à poil les voisins, à poil la mamie, à poil le chien... » (Jean-François C.)

    #éducation #À_poil #la_polémique_du_jour #mon_sang_n'a_fait_qu'un_tour

    Du coup, le Ministre intervient :
    – Polémique « Tous à poil » : Peillon appelle à laisser les enfants tranquilles
    http://www.liberation.fr/societe/2014/02/10/tous-a-poil-a-l-ecole-cope-renacle_979054

    Selon le ministre de l’Education nationale, la majorité des Français ont compris qu’« il faut protéger l’école de tous ces débats », mais « quelques-uns cherchent en permanence à attiser de la violence, de l’incompréhension, de la rumeur, du mépris ».
    « C’est quand même, au bout du bout, les enfants qui sont victimes », a-t-il poursuivi.

    #école #enfants #débats

    La presse décrypte :
    – Littérature jeunesse : Copé accuse à tort le gouvernement sur « Tous à poil »
    http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2014/02/10/tous-a-poil-cope-sattaque-a-la-litterature-jeunesse

    Pourquoi c’est très exagéré ?
    1. Un livre qui a gagné des prix de littérature jeunesse
    […]
    En regardant les commentaires des lecteurs de plusieurs sites qui proposent ce livre à la vente, on constate qu’il est plutôt bien noté, et que personne, du moins jusqu’à ce matin, ne s’offusquait de la thématique ou du contenu de l’ouvrage. […]
    2. Un livre qui n’a jamais été vraiment recommandé pour la classe […]

    En résumé : le livre , qui a remporté des prix, date de 2011. Il figure depuis 2012 sur une bibliographie indicative d’une centaine de livres, réalisée par une association ardéchoise, mais n’a jamais été recommandé officiellement par l’éducation nationale, sinon parmi d’autres listes d’ouvrages, dans le cadre spécifique des « ABCD de l’égalité ». Il ne s’agit donc pas d’un choix « pétri d’idéologie » opéré par le gouvernement. Ce livre n’est pas recommandé officiellement, et aucun enseignant n’est tenu de s’en servir.

    En revanche, on peut se demander pourquoi M. Copé a soudain jugé nécessaire de dénoncer un ouvrage vieux de trois ans et qui n’avait, jusqu’ici, traumatisé personne.

    #littérature_jeunesse #nudité #corps #ABCD_Égalité

    Et l’auteur se justifie :
    – Je suis l’auteur du livre "Tous à poil" : Copé n’a rien compris à notre ouvrage
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1144548-je-suis-l-auteur-du-livre-tous-a-poil-cope-n-a-rien-compri

    Nous avons voulu montrer que nous sommes tous différents, qu’il des gros, des petits, des maigres, des grands, des noirs, des blancs. Il n’y a aucun gros plan sur les corps.
    […] Nous savons que les enfants se posent des questions sur leur corps : ils cherchent à savoir s’ils sont normaux, à savoir comment nous sommes faits, comment les autres sont faits. Si on laisse les enfants se débrouiller seuls avec ces questions, que trouvent-ils ? Vont-ils sur internet ? Même s’ils n’y pensent pas, dans le monde dans lequel on vit, c’est impossible de ne pas s’interroger sur tout ce que l’on voit dans les magazines, les publicités, les émissions de télé.
    Notre livre était une réponse à ces images de corps retouchées que l’on voit apparaître partout. Ces corps n’ont plus rien de vrai. Cette perception renvoie à la haine de soi, nous voulions proposer un autre regard sur la nudité qui soit décomplexant.

    #respect_des_différences #médias #image_du_corps

  • L’école, les filles et les garçons, tout ça

    Ce message est un peu particulier puisqu’il s’agit d’un appel aux bonnes volontés qui s’intéressent à la question des stéréotypes de genre, de l’égalité femmes/hommes, etc.

    Depuis 3 ans, nous menons dans mon école un projet autour des relations filles/garçons. Ce n’est pas un projet révolutionnaire et ce n’est pas dans une école à 3 classes qu’on pense changer la société. Mais nous avons touché à la question du respect du corps, à celle des stéréotypes de genre, à celle des sentiments, qui ne sont pas des questions évidentes en milieu scolaire, surtout qu’en 2010 quand on a commencé c’était moins « tendance » que maintenant. On l’a fait en essayant, sans toujours réussir, on l’a fait modestement, on l’a fait à hauteur d’enfant, en s’appuyant sur des compétences de proximité, des affinités électives, on a fait comme on a pu, toujours avec précaution, avec un grand respect des enfants, avec l’envie de travailler sur des sujets importants et trop peu traités… souvent par peur.
    J’ai essayé de produire un document qui rend compte de ma démarche et de nos actions dans le but que des initiatives de ce type puissent essaimer. Dans une démarche coopérative, pour que d’autres puissent s’en saisir à l’endroit où ils sont, puissent essayer d’autres actions en s’appuyant sur notre expérience. Bref j’aimerais partager les pistes qu’on a explorées.
    Mais dans le contexte actuel, ça peut devenir vite des sujets sensibles. Je suis instit donc pédagogiquement/institutionnellement je sais ce que j’ai fait et je l’assume. Mais j’ai une formation qui fait que je n’ai jamais touché à la sociologie ni aux sciences humaines et donc c’est là que j’ai besoin d’aide. J’aimerais que vous m’aidiez à valider ce document pour vérifier que le vocabulaire et les références aux travaux scientifiques sur ces questions sont correctes. Afin que si ce document tombe dans des mains inamicales ou grincheuses, tout ne soit pas discrédité par des références inadéquates ou des tournures malheureuses ou des contresens de ma part.
    Voilà, @monolecte m’a conseillé de faire appel aux compétences collectives de Seenthis, où des contributrices(-teurs) seraient féru(e)s de ces questions. Je tente donc le coup. Si vous le sentez, merci de lire le pdf indiqué ci-dessous, de me faire part de vos corrections/remarques en commentaire, de me dire si ce type de document peut avoir un intérêt. (Vous pouvez aussi me joindre en MP, mon adresse mail est dans le document.)
    Le document est « ma » rédaction/responsabilité, il n’a été validé ni par mes collègues ni par les partenaires : c’est une « version de travail » donc merci de ne pas le diffuser davantage. Lorsque la version finale sera prête je la mettrai en ligne pour diffusion et effacerai cette version du document.
    Merci d’avance de votre aide et de vos retours…

    • On ne peut que saluer l’initiative, bravo !

      Personnellement je n’ai pas vu de contresens ou de référence inadéquate, je trouve ce travail respectueux et distancié par rapport aux enfants qui tend à leur permettre leur propre expression.
      Je m’intéresserai plus aux types d’appui pédagogique trouvé par les enseignants et sur leurs interrogations concernant leurs rôles stéréotypés et ce qu’ils véhiculent. (page 6/25)

      J’ajoute quelques réflexions éparses :
      – Près de 10% des enfants subissent des violences, mais quelles sont les formations des enseignants pour reconnaitre les signes de souffrance des enfants ? Quand deux enfants se retrouvent aux toilettes pour s’observer mutuellement il parait sain que les adultes ne s’en mêlent pas, mais en quoi l’espionnage aux toilettes fait-il parti d’une construction d’identité ? (page 2/25)
      – Quel peut être le sentiment d’un enfant quand de nouveaux schémas collectifs sont énoncés (ce qui fait humm et ce qui fait beurk) mais qu’il ne ressentirait pas comme siens ?
      – Lorsque le rôle de reproductrice de la femme est évoqué systématiquement, ne peut-on insister sur la différence entre parents de naissance et parents d’élévation pour revaloriser les rôles non genrés ?
      – Comprendre avec les enfants en quoi l’inégalité est un problème.

    • Merci pour ta lecture @touti.
      Le fait que l’enseignant "fait partie du problème" dans le cadre d’un projet Égalité filles-garçons est un point important et qui n’a été traité dans ce projet que par défaut (sans dispositif pédagogique ou réflexif spécifique). C’est compliqué à traiter pour différentes raisons : il n’y a aucune culture dans l’EN d’un regard réflexif ou partagé ; l’enseignant(e) ne se voit pas comme un individu "à psychologiser" mais comme une Institution et l’enseignant(e) accepte rarement qu’on vienne lui titiller l’intime (et pourtant…) ; concrètement, pour sortir des simples réflexions personnelles, il faut un dispositif extérieur, un regard tiers, et nous n’avons aucune ressource pour avancer dans cette direction. Nous avons mené ces actions sans appui, et c’est forcément compliqué lorsqu’il y aurait besoin d’un "regard sur soi". Par exemple, je serai curieux de savoir comment je "genre" la répartition de la parole dans ma classe, ou mes interventions pédagogiques individualisées, mais je ne peux le faire seul.

      Près de 10% des enfants subissent des violences, mais quelles sont les formations des enseignants pour reconnaitre les signes de souffrance des enfants ?

      Je suis enseignant depuis 10 ans. Je n’en ai eu aucune. À l’IUFM, à l’époque, on m’a juste donner quelques conseils pour "ouvrir le parapluie". Au quotidien, c’est très compliqué et souvent à pleurer, pour résumer les situations demandent souvent du dialogue, de la nuance, de l’accompagnement, et les réactions possibles sont souvent binaires : ne rien faire ou déclencher un signalement potentiellement lourd de conséquences. L’Éducation Nationale et les services sociaux sont très forts pour dysfonctionner en interne sur ces sujets, alors lorsqu’ils doivent collaborer c’est très souvent, selon mon expérience, d’immenses gâchis. Pour revenir à notre sujet, l’intervenant du MFPF m’a cité le cas d’une directrice d’école qui a refusé une intervention du Planning Familial parce qu’elle avait peur de ce qu’elle pourrait apprendre et de ce qu’il faudrait faire ensuite… :(

      mais en quoi l’espionnage aux toilettes fait-il parti d’une construction d’identité ?

      Merci d’avoir noter ce point, je me suis mal exprimé, je vais corriger. C’est de la curiosité (du corps) de l’autre dont je voulais parler, et non de "l’espionnage" dans sa dimension intrusive.

      Quel peut être le sentiment d’un enfant quand de nouveaux schémas collectifs sont énoncés

      Là aussi, il faut en effet que je précise et rappeler la vigilance nécessaire à ce que l’enfant ne se sente pas pris au piège d’une parole d’adulte ou d’une norme collective. Dans les faits, à ce moment-là, les enfants ont échangé des ressentis subjectifs (comme lorsqu’on revient d’une séance de ciné et que certains ont aimé et d’autres non, sans qu’il y ait de réponses attendues). L’animatrice a d’ailleurs conclu ce moment en posant cette subjectivité « Il n’y a que vous qui savez au fond de vous ce qui vous fait du bien ou du mal ». Le temps, disons, de synthèse normative n’a concerné que les interdits incontournables.

      parents d’élévation

      i.e. pas les parents géniteurs comme dans le cas d’une adoption, par exemple ?

      en quoi l’inégalité est un problème

      Tu veux dire d’un point de vue moral ?

    • @heautontimoroumenos, je comprends bien la situation cloisonnée de l’EN et son incapacité à envisager une dimension humaine complète pour cet encadrement : avec formation, suivi, aide.

      À l’IUFM, à l’époque, on m’a juste donner quelques conseils pour « ouvrir le parapluie ».

      Je me souviens d’une maternelle où 3 garçons avaient agressé une fillette derrière une cabane dans la cour.
      La directrice avait fait immédiatement le tour des classes pour dire que seuls les parents et le médecin avait le droit de les voir nus et de les toucher. C’était terrible d’ignorance (la plupart des agressions sexuelles ont lieu dans les familles) et d’un manque de psychologie total, ignorant même les parents de la fillette qui n’ont pas été prévenu. La direction de l’établissement comme la FCPE ont tout fait pour étouffer l’affaire, riant au nez des parents lorsqu’ils ont demandé que les agresseurs soient pris en charge.
      Il n’y avait en fait aucun service compétent, et ces garçons étaient en dysfonctionnement complet. Ils attrapaient les fillettes pour mimer une sodomie lorsqu’elles arrivaient en classe le matin, oui, vraiment ils avaient besoin d’être suivis, mais rien n’a été mis en place.

      Hors l’émotion de cette histoire, on voit aussi (heureusement pas dans toutes les maternelles) que les enfants sont obligés de déféquer ensemble, de dormir sur des matelas côte à côte posés à même le sol de la classe, d’obéir à des consignes stupides comme l’interdiction de se brosser les dents et qu’une fois leur intimité bien niée on leur demande le respect du corps de l’autre ? justement ce que l’encadrement de l’EN ne leur accorde pas, parce qu’il seraient trop petits.

      « Il n’y a que vous qui savez au fond de vous ce qui vous fait du bien ou du mal »

      je trouve formidable de travailler sur le ressenti des enfants, de leur apprendre à avoir confiance en ce qu’ils perçoivent.

      i.e. pas les parents géniteurs comme dans le cas d’une adoption, par exemple ?

      Oui, effectivement ces rôles sont soulignés entre le parent biologique et le parent d’adoption mais je dis « parents d’élévation » parce que je trouve ça différent et beau de porter plus haut quelqu’un.
      Il y a des femmes isolées dans leur rôle de mère (avec ou sans le père de leur enfant d’ailleurs) des adultes qui sont investis auprès des enfants d’un nouveau conjoint, et le véritable rôle du père ou de la mère est celui d’accompagner dans la vie, d’aider à grandir et pas juste d’être ou d’avoir été un ventre, du sperme ou de l’argent. La symbolique freudienne de rigueur n’aide pas cependant à donner leurs places concrètes aux parents. La valorisation des hommes qui s’occupent des enfants n’est pas socialement accepté, alors à l’école… elle devrait l’être au même titre que celle de l’activité des femmes qui possèdent ces élans protecteurs.

      « en quoi l’inégalité est un problème »
      Tu veux dire d’un point de vue moral ?

      Je ne sais pas, il faudrait poser la question aux enfants, ils tombent justes quand on leur laisse le temps. Par exemple, sur les questions de racisme, de différence, avec des handicapés, ils comprennent assez vite l’importance de la richesse de l’échange. Et on ne peut pas échanger quand on dit à quelqu’un de se taire comme il est fait encore avec les femmes un peu partout dans le monde.

    • comptes-tu le mettre à disposition sur un site dédié ?

      Oui, j’espère finaliser d’ici début décembre, il sera mis en ligne sur un « site ami » sous licence cc, et je le signalerai bien sûr sur Seenthis. Vu l’ambiance très agitée et sensible de la réacosphère en ce moment, j’imagine que c’est un risque potentiel… mais je suis fier des moments vécus avec les élèves. Et je suis persuadé d’avoir été respectueux de leur âge et de leur culture familiale et personnelle…

      porté par des lycéen-ne-s, qui permet de travailler les stéréotypes dans les deux classes d’âge.

      D’autant que les lycéens avaient travaillé sur le genre l’année précédente.

      Je me suis pas mal interrogée, au fil de la lecture, sur la confrontation entre ces projets et ce que les enfants pouvaient vivre à la maison ou dans d’autres situations sociales.

      C’est là que le projet ne peut que rester modeste. Sur ce sujet comme pour le reste d’ailleurs, l’école ne peut pas tout. Tout ce qu’on peut faire sur le « vivre ensemble » se heurte aux autres lieux où l’enfant se construit, si tant est que l’école lui fasse vivre un autre modèle ce qui est loin d’être le cas en général.
      Faute de tout pouvoir maîtriser/traiter, je garde l’espoir que le fait d’avoir fait vivre des moments différents (de respect ou de parole mis en acte par exemple) ou d’avoir, grâce au collectif-classe, fait un pas de côté ou verbalisé un questionnement, pourra juste mettre un grain de sable, voire une graine, qui à un moment ou à un autre rappellera que d’autres chemins sont possibles. C’est sans doute très utopique.
      Après, il faut de la contagion, d’où ce document, d’où les rallyes-lecture-non-sexiste pour partager ces albums avec d’autres classes.
      Concernant les familles, c’est compliqué. Pour moi, c’est important pour ce projet comme pour toute action pédagogique de partir de là où en est l’enfant. C’est très important pour moi aussi de ne pas tomber dans du prosélytisme de missionnaires, ce qui est toujours le risque lorsqu’une institution s’approprie ce genre de thématiques : « je suis celui qui sait, la circulaire n°X nous dit où est le Bien, je vais vous expliquer comment penser et vivre », on connaît les dérives de certaines postures pro-égalité des droits ou laïcistes qui finissent par tomber dans des sillons post-colonialistes. J’enseigne dans un quartier populaire où il y a une diversité des cultures, j’ai essayé d’être très attentif à ne pas tomber là-dedans. En particulier, c’était très important pour moi que les enfants ne se sentent pas pris dans des injonctions paradoxales école/famille. Non : on ouvre l’horizon de réflexion, on permet le questionnement, on montre les autres possibles dans le temps ou autour d’eux, et c’est tout. Par ailleurs, les parents ne sont pas présents sur l’école, c’est d’ailleurs un autre axe d’actions important dans nos réflexions. Et en dépit d’articles dans la presse dont les accroches journalistiques auraient pu générer des questions voire des protestations (par exemple : http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/02/1295743-des-garcons-amis-ou-amoureux.html), nous n’avons eu aucune réaction jusqu’à présent.

    • http://seenthis.net/messages/214153

      Merci à toutes celles sur #seenthis ou ailleurs qui ont participé à la relecture de ce document et qui par leurs commentaires, suggestions et corrections ont permis à cette rédaction d’aller à son terme…
      En espérant, dans ma rédaction, mes formulations et descriptions, avoir respecté l’esprit et l’intention qui nous ont guidés tout au long de ce projet.

    • Lecture des commentaires sous l’article de Sud Ouest. Alors il y a vraiment des adultes inquiets parce qu’on enseignerait à leurs enfants à ne pas être des « vrais » hommes et des « vraies » femmes ? Il y en aurait même assez pour faire admettre au Ministère de l’Intérieur qu’il peut y avoir plus de 80000 manifestants dans les rues de Paris ?... Surprenant. Je ne vis pas sur la même planète.

    • Merci pour vos messages.
      Ce qui m’interpelle c’est l’absence de réponse « organisée » autre que « tous aux abris »… s’il en est de même pour tous les sujets autant laisser les clefs à la partie la plus réactionnaire de la Droite.
      Je ne souhaite pas mettre le feu à mon école, je ne suis pas irresponsable, je mène depuis 3 ans des actions sur ce thème sans aucun problème du côté des familles qui auraient pourtant pu réagir à la lecture de la presse locale qui s’est faite l’écho de nos projets (cf. pour le plus « polémique » : http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/02/1295743-des-garcons-amis-ou-amoureux.html).
      Que l’Institution souhaite protéger les élèves, écoles et enseignants des extrémistes, ok. Que l’on ne soit ni soutenu, ni couvert, ni autorisé à expliquer sereinement ce qui est fait en classe, là, ça me dépasse et j’hésite entre l’abattement et la colère. J’ai dû renoncer à participer à une table ronde organisée par une radio locale en mars prochain, refuser que mes élèves soient interviewés, refuser de répondre à la presse locale qui souhaitait que j’explique concrètement ce qui est fait en classe…
      Qu’est qu’il y a de choquant à :
      – connaître son propre corps ? (c’est au programme comme la digestion)
      – faire de la prévention contre la maltraitance et les violences sexuelles ? (ce serait interdit au nom du « respect de l’enfant », on rêve…)
      – ouvrir les possibles pour filles et garçons ? (et donc lutter contre les stéréotypes de genre qui empêchent)
      J’ai contacté les sections locales du MFPF, d’un syndicat enseignant impliqué sur ce thème, d’une organisation d’éducation populaire, pour proposer qu’on réagisse a minima pour réaffirmer nos valeurs, nos objectifs et nos démarches. Sans réponse pour l’instant. Je n’arrive pas à croire qu’on va juste faire le gros dos…
      En tout cas dans ma classe, ça continue : travail sur la littérature jeunesse non-sexiste tout au long de l’année et interventions du MFPF (la première a eu lieu la semaine dernière).
      Pour en savoir plus : http://www.cqma.info/article164.html
      Groumf…

  • En 2013 les #demandes_d’asile sont en net #recul

    En 2013, la #Suisse affiche une tendance inverse à celle de l’Europe, où les demandes augmentent. En août, 1554 demandes d’asile ont été déposées en Suisse, soit 1234 de moins qu’un an auparavant, a indiqué mardi l’Office fédéral des migrations (ODM). Les demandes d’asile ont baissé de près de moitié par rapport à la même période l’an dernier et de 15% par rapport à juillet. Les requêtes des ressortissants syriens sont en hausse avec 23% d’augmentation (124) et celles des Érythréens restent élevées (267). Parmi les autres pays d’exils figurent le Kosovo, le Nigeria et la Tunisie.

    http://forumasile.org/2013/09/18/en-2013-les-demandes-dasile-sont-en-net-recul

    Mais bizarrement, l’UDC n’en parle pas...

    #statistiques #chiffres #asile #migration #réfugiés