• Nucléaire : le projet de deux réacteurs EPR 2 à Bugey avance
    https://www.enviscope.com/nucleaire-le-projet-de-deux-reacteurs-epr-2-a-bugey-avance

    Le projet de construction de deux #réacteurs #EPR2 à #Bugey correspond au troisième projet du programme industriel de nouveaux réacteurs #nucléaires d’#EDF, mis en place à la demande de l’État. La mise en service des réacteurs EPR2 de Bugey est visée entre 2040 et 2045.

    (...)

    L’EPR 2 de Bugey est le premier projet d’EPR 2 en bordure de #fleuve, les eaux du #Rhône devant permettre le #refroidissement du processus. Les deux autres projets sont situés en bord de mer, pour des raisons de refroidissement : le premier se situe à #Penly , en bordure de la #Manche, en #Normandie, le deuxième à #Gravelines, près de la Mer du Nord en Haut de France. Pour les EPR de Bugey, une partie du refroidissement sera assurée par des #aéroréfrigérants, un aéroréfrigérant supplémentaires ayant été intégré dans le projets pour mieux prendre en compte les capacités de refroidissement par le fleuve, dans un contexte de #réchauffement #climatique.

    La technologie EPR2, est une optimisation du réacteur EPR, dont quatre exemplaires fonctionnent dans le monde ; #Flamanville en France mis en service après un retard et des surcoûts considérables, 2 en #Chine, 1 en #Finlande.* (...)

  • « On vit dans un #dépotoir_numérique » : en #Seine–Saint-Denis, les #data_centers dégradent le quotidien des #riverains

    Entre #pollution de l’air, #nuisances_sonores et #risques liés aux #substances_chimiques, l’implantation annoncée d’un data center au #Bourget cristallise les inquiétudes des riverains. Dans une Seine–Saint-Denis déjà marquée par la forte concentration de ces infrastructures numériques, beaucoup redoutent une altération durable de leur #cadre_de_vie et des conséquences encore mal mesurées sur la #santé_publique.

    « Si le projet aboutit, j’envisage de déménager. » Depuis la fenêtre de sa chambre, située au deuxième étage d’une résidence du Bourget, Adil Champion avait pris l’habitude de scruter l’horizon. Bientôt, des cheminées viendront se hisser dans le décor. La Ville souhaite implanter d’ici 2030 un data center de 25 300 m² sur l’ancien site d’un entrepôt H&M, à moins de 200 m de chez lui. Père d’un enfant de deux ans, Adil Champion refuse qu’il grandisse à côté d’une zone « risquée pour sa santé et sa sécurité ». Alors les jours de marché, emmitouflé dans une épaisse doudoune, il distribue des tracts aux côtés de membres du collectif de 120 riverains déterminés à s’opposer à l’arrivée de cette nouvelle ferme numérique.

    En une décennie, une trentaine de data centers ont poussé en Seine–Saint-Denis. Véritable « cœur du réacteur », le département est aujourd’hui celui qui en concentre le plus dans l’Hexagone, porté par un foncier abordable et une bonne capacité de raccordement au réseau électrique. « Les habitants ont l’impression de vivre dans un dépotoir numérique, s’insurge Jean-Marie Baty, président du Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) du département. Rien que sur 2 km² vont se trouver trois énormes centres de données qui ensemble vont produire une puissance proche de celle d’un réacteur nucléaire [soit environ 800 MW, NDLR]. »

    Une concentration qui nourrit l’inquiétude des riverains face à la proximité du site du Bourget, encore suspendu à l’aval de la préfecture, du #Digital_Park de #La_Courneuve, déjà opérationnel, et de celui de #Dugny, dont le permis de construire vient d’être accordé. Plus ces data centers sont regroupés, plus les risques se cumulent, notamment en matière de #pollution_de_l’air. « On parle de la présence de plus de 200 #groupes_électrogènes », alerte le président du MNLE 93. Ces moteurs, destinés à alimenter les centres de données en cas de coupure électrique, fonctionnent pour la plupart au #fioul. Lorsqu’ils sont en marche, ils rejettent des particules d’#oxydes_d’azote et de #dioxyde_de_carbone.

    Un impact sur la #qualité_de_l’air sous-évalué

    Pour chaque projet, les maîtres d’ouvrage réalisent une étude d’impact environnemental pour démontrer que les quantités de polluants seront minimes. Sauf que les avis rendus par la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) d’Île-de-France pointent que les tests ne se déroulent jamais dans les conditions réelles. Par exemple, pour celui de Dugny, l’#étude_d’impact n’a observé que des tests réalisés par lots de sept, pendant 1 h 30, en été et sans vent, alors que « les 108 groupes électrogènes vont tourner tous ensemble au moins trois à quatre heures par mois pour vérifier leur bon fonctionnement » , détaille Philippe Schmit, ancien président de la MRAe.

    L’impact réel sur la qualité de l’air est donc plus élevé, même si aucune étude ne permet d’en quantifier précisément l’ampleur. D’autant qu’il est déjà arrivé qu’un data center fonctionne sur groupes électrogènes pendant 270 heures — un épisode survenu en Essonne en 2022. « Sans oublier que la qualité de l’air du département n’est pas réputée pour être bonne et que le vent peut orienter les mouvements d’air du site vers les zones habitées », ajoute Philippe Schmit. Au Bourget, devant le terrain du futur data center, Adil Champion pointe du doigt les bâtiments les plus proches avec agacement : « Là il y a une école primaire et là-bas une maison de retraite, deux populations particulièrement fragiles. »

    Les systèmes de #refroidissement des data centers posent également des questions sur la #santé des habitants. Pour maintenir les serveurs qui surchauffent à une température de 28 °C, des #fluides_frigorigènes sont utilisés. L’un d’eux, le barbare #R1234ze, se dégrade en formant du #TFA, un #polluant_éternel qui augmente les risques de maladies, comme les #cancers ou les problèmes de #thyroïde. L’Autorité environnementale alerte par ailleurs sur les impacts potentiels pour les riverains en cas d’incendie, si ces substances venaient à se diffuser dans l’air. « On nous dit qu’au moindre problème, tout restera confiné strictement dans le périmètre du data center, s’esclaffe Jean-Marie Baty. Comme pour le nuage de Tchernobyl », ironise-t-il.

    Du #bruit et de la #chaleur

    À La Courneuve, difficile de louper le Digital Park. Surnommé la « soucoupe volante », le mastodonte de 400 000 m² est au cœur d’une zone urbaine dense. Les logements les plus proches se trouvent à 20 m. Des arbres ont été plantés et un parc a été créé. Mais rien n’y fait : on le voit de partout. « De base, les datacenters sont implantés dans les champs, aujourd’hui on se rapproche des villes sans s’adapter aux nouvelles contraintes », explique Philippe Schmit de la MRAe. Résultat, des riverains se plaignent de nuisances sonores causées par les #ventilateurs, les groupes électrogènes et de refroidissement. « Ce n’est pas tous les jours ni toute la journée, mais avec le sens du vent, cela peut indisposer des personnes qui vivent jusqu’à 500 m de l’infrastructure, surtout la nuit », rapporte l’ancien président.

    L’installation de gigantesques centres de données en pleine #ville n’arrange également rien au réchauffement climatique. Avec leurs serveurs qui tournent sans arrêt, presque toute l’#électricité consommée est transformée en chaleur. Sans refroidissement, la température intérieure peut grimper jusqu’à 60 °C. Elle est ensuite évacuée vers l’extérieur par les systèmes de climatisation, ce qui contribue à la formation d’#îlots_de_chaleur autour des habitations et affecte les riverains à proximité. Un phénomène qui vient s’ajouter à la vulnérabilité de la Seine–Saint-Denis, déjà régulièrement confrontée aux fortes températures, en grande partie à cause de sa bétonisation.

    Les entreprises promettent de récupérer ce surplus d’énergie appelé chaleur fatale pour chauffer des bâtiments proches du data center. C’est le cas pour la piscine olympique de Saint-Denis. Mais, dans les faits, seule une minorité de sites récupère réellement cette chaleur. « Cela suppose de lourds aménagements pour la transporter et c’est à la charge des contribuables », souligne Jean-Marie Baty, du MNLE. D’autant que, pour le projet du Bourget, à peine 13 % de cette énergie pourrait être exploitée.

    Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center

    Ce sont ces mêmes arguments que le collectif contre le data center du Bourget répète auprès des passants du marché qui prennent le temps de s’arrêter. « La plupart ne se sentent pas concernés », confie Adil Champion avec dépit. Le bout des doigts rougi par le froid, il ne désespère pas et continue de tendre des flyers : « Beaucoup ne savent pas ce qu’est un data center et ce que cela implique, on est là pour les sensibiliser. » Le groupe accuse la mairie de ne pas avoir organisé de réunion publique et d’avoir annoncé le projet le plus discrètement possible dans le journal de la ville.

    Une pétition a malgré tout recueilli 18 000 signatures, alors que Le Bourget ne compte que 16 000 habitants. Au-delà des associations environnementales mobilisées, les signataires sont aussi « des riverains des communes voisines, comme Dugny ou La Courneuve, qui n’ont pas réussi à se mobiliser à temps contre les data centers chez eux et tentent aujourd’hui de se rattraper », explique le militant. Le marché touche à sa fin, mais la lutte, elle, est loin d’être terminée. Adil Champion glisse les derniers tracts dans son sac à dos, prêt à les déposer dans les boîtes aux lettres sur son chemin.

    https://synthmedia.fr/vie-quotidienne/impact-des-datacenters-en-seine-saint-denis
    #infrastructure #France #data_center #localisation #cartographie

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  • « Beaucoup d’élus ne savaient même pas ! » : près de Grenoble, l’implantation rapide et sans recours d’un data center

    Le #supercalculateur dédié à l’#IA porté par l’entreprise #DataOne est en service, un peu plus d’un an après l’annonce du projet. Alors que les pouvoirs locaux et les citoyens ont été relégués au rang de spectateurs, les ambitions du centre de données, présenté comme le plus puissant d’Europe, se heurtent à la réalité du terrain.

    À Eybens, commune de 10 500 habitants, voisine de Grenoble, le « cloud » ressemble à un ensemble de bâtiments en béton, longs et bas, comme il en existe à l’infini dans les zones industrielles. Le centre de données dédié à l’IA, présenté par DataOne comme le plus grand supercalculateur d’Europe, est saucissonné entre la rocade, la régie des transports grenoblois et un centre d’exposition démesuré.

    Sur la façade de tôle noire — du plastique repêché de l’océan, si l’on en croit le propriétaire, l’entreprise étale son slogan. « DataOne, sustainable datacenter ». Son « data center durable » #Charles-Antoine_Beyney, le PDG, rêve de le faire fonctionner à la puissance de 200 mégawatts. L’équivalent de la consommation de la ville de Bordeaux. Pour l’heure, la première tranche de travaux prévoit de monter des 15 MW actuellement utilisés à une capacité de 80 MW pour 2028, la cible des 200 mégawatts restant conditionnée à l’étude de raccordement RTE. La métropole grenobloise, de son côté, reste prudente sur l’objectif de DataOne et penche davantage sur un scénario à max 100 MW dans une étude d’impact commandée en 2025.

    Les collectivités locales désarmées par l’État

    Lors de la réunion publique à la salle des fêtes d’Eybens début janvier 2026, Antoine Beyney tentait de rassurer citoyens et membres d’associations mobilisés contre le supercalculateur. « C’est un projet français, regardez-moi, je suis Français ! » . Dans les faits, l’investisseur, qui a posé 800 millions d’euros sur la table, est le sulfureux groupe émirati #G42. Les #puces informatiques qui équiperont les installations seront fournies par l’américain #AMD. DataOne émane d’une entreprise irlandaise et sa holding est basée au Luxembourg. Quant à son PDG, il vit à Dubaï depuis des années.

    Dans la région, les collectivités locales n’ont pu que constater l’implantation du data center. « DataOne est arrivé avec ses gros sabots. Ils ont contacté la presse avant les interlocuteurs locaux. Nous n’avons pas pu intervenir au moment de la vente des bâtiments. Notre ambition est de réduire notre empreinte environnementale numérique, mais l’IA vient tout foutre en l’air ! », se désole Florent Cholat, vice-président à la Métropole de Grenoble, en charge du numérique.

    Nicolas Richard, le maire d’Eybens (récemment réélu) est tout autant réduit au rôle de figurant, comme beaucoup d’autres élus dépourvus de véritables moyens juridiques pour encadrer ces infrastructures très spécifiques. Il a alerté la préfecture et demandé la mise en place d’un dialogue entre les différentes parties. Sans résultats. De son côté, l’État a cherché à accélérer les procédures administratives en déclarant les data centers « #projet_d’intérêt_national_majeur », dans l’article 15 de sa loi de simplification de la vie économique (dont le vote a été repoussé après les élections municipales).

    Ce #label pourrait considérablement accélérer l’implantation des data centers en France et permettre au gouvernement de respecter le calendrier fixé par Emmanuel Macron. En février 2025, celui-ci a érigé la souveraineté nationale en matière d’#intelligence_artificielle en priorité, faisant du déploiement de 35 data centers sur tout le territoire, la colonne vertébrale de sa stratégie.

    Concrètement donc, l’État pourrait se substituer aux #collectivités_locales pour l’instruction des projets. Les consultations publiques seraient allégées, les règles environnementales pourraient être drastiquement assouplies et le nombre de recours réduit.

    Un data center qui souffle le chaud et le froid

    Si la loi de modernisation de l’économie devait, dans l’hypothèse de son adoption par le parlement, exonérer le centre de données d’Eybens d’une étude d’impact en bonne et due forme, la Métropole grenobloise en a tout de même commandé une. Résultat : le data center se situe dans un #îlot_de_chaleur, où la température est 3,5 degrés plus chauds que le reste d’Eybens. En cas de fonctionnement à 100 MW, le data center ajouterait de 0,1 à 0,2 degré à la fournaise ambiante.

    Pour refroidir son matériel, le data center demanderait l’équivalent de trois piscines olympiques (soit 12 000 m3) chaque année. Infiniment moins que ce que les data centers IA américains nécessitent à l’heure actuelle, mais un volume d’#eau important dans un département régulièrement classé en vigilance rouge en juillet et en août. Cette performance serait permise, selon Charles-Antoine Beyney, par un « système de #refroidissement révolutionnaire ». Contacté pour plus de précision, il n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Pour l’hiver, M. Beyney a proposé à la métropole de mettre à sa disposition l’eau usagée et chauffée. Après avoir étudié la question, la collectivité a refusé. « L’eau du data center sort à 65 degrés. Celle qu’on utilise est chauffée à 100 degrés. La seule possibilité aurait été d’installer une pompe à chaleur pour un coût de 20 millions d’euros. Au final nous aurions payé plus cher la chaleur du data center que la nôtre », explique Florent Cholat.

    Côté jobs, le data center n’aura pas non plus de #retombées positives sur la commune d’Eybens. L’ancien propriétaire des bâtiments, le géant américain HP, employait il y a encore quelques mois 350 collaborateurs. Loin de la centaine d’emplois avancée par le PDG de DataOne. Une différence qui se traduit sur la #taxe_foncière : DataOne paiera près de 200 000 euros de moins que HP. M. Beyney promet de les rendre à la municipalité « quand le data center fera du profit ».

    « Les gens ne sont pas du tout au courant »

    À Grenoble, ville où les écologistes ont obtenu 9 % des suffrages lors de l’élection présidentielle de 2022, soit le double du score national des verts, un quasi-silence accompagne l’installation du data center. Une pétition portée par #STOP_DataOne et soutenue par une quinzaine d’organisations locales réclamant un moratoire sur le projet et des études d’impact a récolté près de 6500 signatures. Mais mis à part cela, ce projet de grande envergure ne semble pas faire lever le moindre sourcil du côté du grand public.

    Marina Quenard, membre du collectif à l’origine de la pétition, s’étonne : « J’ai tracté dans la rue, et les gens ne sont pas du tout au courant. Et beaucoup d’élus ne savaient même pas ! » Le sujet n’a pas non plus affleuré d’un poil lors de la campagne pour les élections municipales. Pourtant, les inquiétudes sont bien là. Les citoyens au courant craignent notamment les générateurs de secours au fioul, de 22 mégawatts, particulièrement polluants. Une étude de 2024, de l’Université de Californie et CalTech a d’ailleurs démontré que ces générateurs causaient de l’asthme chez les populations avoisinantes, et participait même à l’accroissement des risques de décès dû à la pollution de l’air.

    Les habitants redoutent également le #conflit_d’usage électrique, c’est à dire des tensions d’arbitrage lorsqu’il y a plus de demandes que d’#énergie disponible. Le risque est clairement évoqué par un rapport du Shift Project sorti mi 2025, qui estime que la consommation énergétique des data centers français pourrait quadrupler en dix ans pour atteindre 7,5 % de la demande totale de courant électrique.

    « Plus connu pour ses coups de comm’ que ses réussites »

    Du côté de la métropole, Florent Cholat dit rester vigilant, et évoque l’utilisation de moyens juridiques si le data center venait à atteindre la puissance annoncée. « On sait qu’il y a un accord avec #Enedis pour monter à 100 MW, mais on ne sait même pas s’ils y arriveront. Charles-Antoine Beyney est plus connu pour ses coups de comm’ que ses réussites. Notre indice de confiance dans le projet est faible. »

    Car la réalité freine les ambitions de DataOne. À l’annonce du projet, l’entreprise envisageait d’atteindre un gigawatt (soit la consommation d’un million d’habitants). Il n’est plus question du gigawatt, l” ambition du projet a été divisé par cinq pour atteindre les 200 mégawatts l’an prochain, mais seuls 15 mégawatts sont d’ores et déjà disponibles sur site. Les travaux nécessaires pour mutualiser les deux calculateurs isérois et atteindre 80 mégawatts fin 2025 n’ont pas encore commencé, mais devraient durer trois ans. Comme beaucoup d’autres projets de data centers, la puissance annoncée, argument massif destiné aux investisseurs, est souvent délirante. Et face à la réalité, les chiffres retombent systématiquement comme un soufflé.

    « On ne peut pas se comprendre »

    Dans la salle des fêtes d’Eybens, lors de la réunion publique, Charles-Antoine Beyney et les habitants engagent un débat sur l’intérêt d’un tel projet, et de la course à l’IA plus généralement. Pour le patron de DataOne, investir dans l’IA n’est même pas une question. « On est dans une guerre du savoir. Ce qui nous a placé au sommet de la chaîne alimentaire, c’est notre cerveau, pas notre force physique. Aujourd’hui, celui qui dispose de la plus grande intelligence, c’est celui qui dominera le monde de demain. Si tu n’as pas cet armement, tu es mort, obsolète. ».

    Une rhétorique proche de celle des Tech bros de la Silicon Valley qui tranche avec les préoccupations locales sur les conditions de vie, la pollution, les nuisances. « Il nous a dit qu’à Dubaï, où il vit, ses enfants apprenaient l’IA à l’école. J’ai l’impression qu’on ne parle pas le même langage, qu’on ne peut pas se comprendre », soupire Marina Quenard en se rappelant les échanges.

    https://synthmedia.fr/vie-quotidienne/beaucoup-delus-ne-savaient-meme-pas-pres-de-grenoble-limplantation-rapide
    #data_center #Grenoble #Eybens #infrastructure #centre_de_données

    signalé aussi par @biggrizzly :
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  • Paris, Nice... Quand des #fleuves rafraîchissent des villes

    Les #réseaux_de_froid urbains, méconnus, sont de solides alternatives à la climatisation classique. À Paris, la Seine permet de rafraîchir 800 bâtiments. D’autres villes ont sauté le pas.
    Casque sur la tête, Tim Guigon marche à côté d’énormes machines qui bourdonnent au milieu de tuyaux de toutes tailles. « C’est une #climatisation à taille géante », s’exclame le responsable de la communication chez #Fraîcheur_de_Paris en me tendant des bouchons d’oreilles antibruit. Enfouie dans le sol, la centrale de Bercy refroidit une partie des bâtiments de la capitale avec l’aide de la #fraîcheur_naturelle de la Seine. Quelques mètres plus haut, des passants se promènent au bord du fleuve, sans se douter de ce qui se trame en profondeur.

    Le projet a été mis en place à partir de 1978. Aujourd’hui, plus de 100 kilomètres de #canalisations_glacées rafraîchissent 870 bâtiments : le Louvre, l’Assemblée nationale, l’Opéra Garnier, l’hôpital des Quinze‑Vingts, le Forum des Halles...

    Le réseau se présente comme un modèle de la #transition_écologique, et ne cesse de s’allonger. « Nous voulons atteindre les 250 km de réseau dans les vingt prochaines années et raccorder des bâtiments résidentiels en 2050 », annonce Tim Guigon. D’autres villes comme Lyon, Marseille et Nice possèdent aussi des réseaux utilisant la fraîcheur de l’eau. Mais la technique reste rare : seuls 43 #réseaux_de_froid fonctionnaient en 2023 contre 1 000 réseaux de chaleur.

    Un enjeu de taille : se rafraîchir

    Un réseau de froid est une sorte de #labyrinthe_glacé. D’abord, une centrale frigorifique refroidit une boucle d’eau indépendante. Cette dernière refroidit ensuite — sans se mélanger — de longues canalisations qui se fraient un passage sous terre afin d’atteindre chaque bâtiment. Une fois arrivée, l’eau refroidit le petit réseau indépendant du bâtiment, qui refroidit l’air qui est projeté dans le bâtiment, comme une climatisation classique.

    La plupart du temps, les #centrales_frigorifiques sont nécessaires pour refroidir l’eau circulant dans les tuyaux. Mais quand la Seine est assez fraîche, ces centrales sont éteintes, ou moins utilisées. Cette technique, nommée le #free-cooling, consomme beaucoup moins d’électricité, même si celle-ci est renouvelable.

    Cette manière de rafraîchir consomme moins d’énergie, émet moins de gaz à effet de serre et moins de fuites de fluide frigorigène — les #hydrofluorocarbures, des gaz principalement utilisés pour le refroidissement, ont un fort pouvoir polluant. Certains réseaux comme celui de Paris ont même la capacité de stocker du froid, notamment sous forme de glace, afin de le libérer en fonction de la demande.

    C’est à se demander pourquoi un système aussi performant n’est pas étendu davantage car l’enjeu est de taille. Selon une étude étasunienne de 2022, la climatisation émet 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et notre consommation de frais va doubler d’ici à 2050, selon une étude (en anglais) de l’Agence internationale de l’énergie.

    Des réseaux mieux adaptés aux #villes

    « L’enjeu principal des réseaux de froid, c’est de réussir à se faufiler jusqu’aux émetteurs adaptés [c’est-à-dire amener le froid jusque dans les pièces concernées]. Les radiateurs en fonte ne sont pas compatibles par exemple. Pour les bâtiments neufs, c’est assez simple, mais pour les bâtiments existants, c’est plus compliqué », indique Luc Petitpain, ingénieur chargé d’étude Réseaux de chaleur et de froid au #Cerema, organisme public travaillant dans le secteur de l’aménagement du territoire.

    De plus, « les usagers potentiels et les bureaux d’études ont une mauvaise connaissance des besoins en froid des bâtiments », conclut le Cerema dans une enquête sur les réseaux de froid en France en 2021.

    À Nice, par exemple, le réseau Méridia a été finalisé après la construction de certains bâtiments, ce qui a empêché leur raccordement au réseau. Ce dernier est par conséquent doté d’un excédent de puissance, de même qu’à Grenoble, où la puissance du réseau Grand’place a été surestimée.

    Luc Petitpain a œuvré à identifier la demande de froid partout en France en croisant les données recueillies avec celles des #zones_climatiques_locales (#LCZ), c’est-à-dire des environnements urbains soumis aux #îlots_de_chaleur (ICU). L’Île-de-France, une région où beaucoup habitent dans des immeubles et dans de grands ensembles, est le client parfait des réseaux de froid. « Ce travail s’adresse aux collectivités afin qu’elles sachent qu’une solution économique, technique et écologique existe », signale l’ingénieur.

    Des contraintes géographiques

    Dans un rapport de 2022, le Cerema note que les réseaux de froid se concentrent principalement dans les grandes villes pour répondre à un objectif de rentabilité.

    Mais certaines petites localités se sont aussi lancées comme Le Barp (Gironde), 5 713 habitants. Sous terre courent 700 mètres de tuyaux qui refroidissent une partie du centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine. Il y a toutefois peu de chances que ces réseaux se développent en milieu rural.

    « Il y a des contraintes géographiques, précise Rémi Babut, ingénieur, urbaniste et chef de projet dans le secteur du logement au Shift Project. Premièrement, il faut prendre en compte la densité du lieu. Deuxièmement, il faut que le lieu soit doté d’une source de froid. » L’intérêt est d’utiliser les spécificités de la région pour utiliser un minimum d’énergie, comme un lac, la mer ou un fleuve comme la Seine.

    À Doha (Qatar), là où se trouve le plus grand réseau de froid du globe, la température de surface du golfe Persique avoisine les 30 °C en été. Les pompes tournent alors à plein régime pour que les degrés descendent drastiquement et permettent aux habitants de ne pas suffoquer. « Quand la Seine est à 29 °C, on continue à livrer de l’eau, mais parfois un peu plus chaude. C’est fini la climatisation à 14 °C lorsqu’il fait 34 °C dehors », analyse Tim Guigon de Fraîcheur de Paris.

    « Les réseaux de froid ne sont pas idéaux : ils consomment beaucoup d’#électricité — nous sommes un des premiers consommateurs de Paris — et utilisent toujours des fluides frigorigènes comme des hydrofluorocarbures [dont les pertes sont néanmoins vingt fois inférieures à celles d’une climatisation autonome]. Les transports en commun non plus ne sont pas parfaits, mais comparés à plusieurs voitures, ils sont plus vertueux. »

    Fraîcheur de Paris travaille sur une façon de se débarrasser de ces fluides en les remplaçant par de l’eau, mais il s’agit d’une machine moins performante et qui en est encore au stade de prototype. « On se réveille un peu tard », admet Tim Guigon.

    A-t-on besoin de la clim’ ?

    Selon Rémi Babut, le retard historique de la France concernant l’utilisation de cette technique peut s’expliquer par le fait que les Français n’en avaient pas besoin. « Tendre des draps, fermer les volets, vivre dans le noir, faire la sieste »... sont autant de pratiques culturelles dans la partie sud du pays. « On en revient à l’éternel débat : dois-je m’adapter à l’environnement ou adapter mon environnement ? En France, on choisit plutôt la deuxième option », analyse-t-il.

    « Il faut distinguer le #refroidissement du #rafraîchissement », poursuit l’ingénieur. Le refroidissement regroupe tous les moyens actifs d’abaisser le mercure, le plus connu étant la climatisation. Le rafraîchissement englobe quant à lui tout un tas de #techniques passives qui concernent la conception de l’habitat. « Les brise-soleil, les brasseurs d’air (ventilateurs), les dispositifs d’occultation, etc. ont un effet significatif sur la baisse des températures, assure Rémi Babut tout en nuance. Je m’oppose à ce débat “clim ou pas clim” qu’on peut entendre dans les médias. L’électricité française étant relativement bas-carbone, il faut penser une stratégie de climatisation, notamment pour les publics les plus fragiles. »

    À l’évidence, pour lutter contre les fortes chaleurs, il s’agit aussi de mieux penser notre manière d’habiter la planète. « Il faut rafraîchir la ville, dit Rémi Babut. Planter des arbres, désimperméabiliser les sols… » En attendant, les Français climatisent toujours plus leur domicile. De 2017 à la fin de l’année 2019, la part de résidences climatisées est passée de 11 % à 22 %.

    https://reporterre.net/Paris-Lyon-Quand-des-fleuves-rafraichissent-des-villes
    #rivières #froid #chaleur #chaud #refroidir #refroidissement

  • Aux Etats-Unis, la course effrénée au nucléaire civil
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/12/aux-etats-unis-la-course-effrenee-au-nucleaire-civil_6612464_3234.html

    La renaissance nucléaire américaine est une cause nationale. Elle est soutenue à la fois par les démocrates et par les républicains. « De tout ce que je fais sur le climat, le domaine qui bénéficie du plus de soutien transpartisan est le nucléaire », se réjouissait Bill Gates, lors du lancement des travaux. Le 23 mai, Donald Trump a signé quatre décrets visant à quadrupler la production d’ici à 2050, amplifiant un mouvement lancé par Joe Biden, qui voulait la tripler. « Il est temps pour le nucléaire », a proclamé le président républicain depuis le bureau Ovale.

    De très nombreuses start-up ont levé des centaines de millions de dollars pour commercialiser de nouveaux réacteurs, innovants soit par leur technologie, soit par leur taille. Elles s’envolent en Bourse et valent des milliards, au point de frôler la bulle, chacun ayant sa spécificité : Oklo, la firme dont le secrétaire à l’énergie de Donald Trump, Chris Wright, était administrateur, fonctionne au métal fondu et a vu son action multipliée par 6 en un an, avec une capitalisation de 7 milliards de dollars. NuScale (multiplié par 4 ; 10 milliards de dollars) et Nano Nuclear (multiplié par 4,2 ; 1,2 milliard de dollars) tournent à l’eau pressurisée mais sont de petite taille, tout comme le spécialiste des réacteurs de sous-marins BWX Technologies (+ 50 %, 12 milliards de dollars).

    Les projets foisonnent, mais aucun de ces réacteurs n’a encore été construit ou testé. Cette tâche incombe en partie au ministère fédéral de l’énergie et au Laboratoire national de l’Idaho, perdu à 300 kilomètres de la centrale de Kemmerer, dans les plateaux déserts de l’Idaho, au sud-ouest du célèbre parc de Yellowstone. C’est là que fut installé un gigantesque centre d’essai de réacteurs civils après la seconde guerre mondiale. Prudents, les chercheurs installés à Chicago (Illinois) s’étaient dit qu’il valait mieux mener ces types d’expérimentations loin de toute population. Le site de 2 300 kilomètres carrés (plus de vingt fois la superficie de Paris) reste intimidant – « l’usage de la force mortelle est autorisé », lit-on en avertissement –, mais l’accueil est chaleureux pour vanter la renaissance nucléaire américaine.

    « Tout le monde avance aussi vite que possible », se réjouit Jess Gehin, directeur associé du Laboratoire national de l’Idaho, alors que Donald Trump veut diviser par deux ou trois le processus, en réduisant à dix-huit mois les délais d’autorisation. Sa mission : tester l’application de technologies ayant fait l’objet de recherches approfondies au XXe siècle. « Nous avons construit 52 réacteurs. Toutes ces technologies, nous les avons étudiées ici, elles ne sont donc pas vraiment nouvelles. Ce qui est nouveau, c’est la commercialisation, le transfert de certaines technologies vers le secteur privé », explique Jess Gehin, qui salue la spécificité américaine, le financement des entreprises par le capital-risque et l’aide scientifique de l’Etat : « Chacune de ces entreprises a levé des centaines de millions de dollars. » Pas de centralisation : « Le marché choisira », confirme Jess Gehin, qui résume son état d’esprit : « Aux Etats-Unis, nous avons des centaines de types de réacteur et un seul type de fromage. En France, il existe des centaines de types de fromage et un seul type de réacteur. »

    [...]

    Depuis un an, tous les géants du numérique s’efforcent d’acquérir l’électricité d’une centrale nucléaire traditionnelle pour alimenter leurs serveurs informatiques : fin 2024, Microsoft décide avec l’exploitant Constellation de relancer le deuxième réacteur arrêté sur le tristement célèbre site de Three Mile Island, en Pennsylvanie ; début juin 2025, Meta signe un accord de fourniture d’électricité pour vingt ans avec une autre centrale nucléaire de Constellation, dans l’Illinois. Celle-ci avait failli fermer en 2017, avant d’être sauvée par l’Etat d’Illinois.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nucléaire : les start-up se multiplient sur le marché des petits réacteurs

    Mais d’autres vont plus loin et veulent développer des réacteurs d’un nouveau type, plus petits, d’une capacité d’environ 80 mégawatts. Amazon a signé des accords avec Energy Northwest et le concepteur X Energy pour construire quatre petits réacteurs (small modular reactor) pour un total de 320 mégawatts pouvant être porté à 960. Google a fait de même, avec Kairos, une start-up fondée en 2017, pour développer sept réacteurs nucléaires d’une puissance totale de 500 mégawatts d’ici à 2035. L’ambition est d’éviter les projets gigantesques tels Vogtle ou Flamanville, aux dépassements de coûts souvent incontrôlés, et d’envisager une production en série, voire en usine pour les petits modules.

    [...]

    L’un des sujets problématiques, toutefois, reste le retraitement et l’approvisionnement en combustible. ....

    https://archive.ph/5YidN

    #écologie_capitaliste #nucléaire #TerraPower #IA #refroidissement #réacteur_au_sodium #réacteur_à_sel_fondu #délais_d'autorisation #Microsoft #Meta #Amazon #Google

  • Environnement : comment les terres rurales peuvent aider à refroidir les villes ?

    Alors que les grandes villes du monde entier luttent contre des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, une étude chinoise quantifie pour la première fois l’effet de #refroidissement apporté par les #zones_rurales adjacentes aux centres urbains.

    Avec l’intensification des vagues de chaleur liées au #changement_climatique, les grandes villes subissent des #températures de plus en plus élevées. Ce phénomène, connu sous le nom d’« #îlot_de_chaleur urbain », est causé par l’accumulation de chaleur dans les immeubles, les routes, et les parkings, amplifiée par le trafic et les systèmes de climatisation.

    À Shanghai, par exemple, la température au centre-ville est en moyenne de 3°C plus élevée que dans les zones rurales environnantes pendant la journée d’été. Cette différence atteint même 5°C la nuit.

    Comme Shanghai, toutes les grandes villes du monde sont confrontées à la chaleur accablante, qui constitue un risque important pour la santé de leurs habitants, pouvant aller jusqu’à la menace mortelle. Jusqu’à présent, les solutions mises en œuvre se sont principalement concentrées sur des mesures internes à la ville, telles que la plantation d’arbres, la création de parcs et d’espaces verts, la végétalisation des bâtiments et l’utilisation de revêtements routiers plus clairs.

    La « #couronne_rurale » : une solution efficace

    Cependant, l’espace urbain étant limité, ces initiatives, bien que nécessaires, ne suffisent pas à elles seules pour obtenir une réduction significative de la température en milieu urbain. En analysant 20 ans de données issues de 30 grandes villes chinoises, des scientifiques ont pour la première fois quantifié l’effet de refroidissement apporté par les zones rurales adjacentes aux centres urbains.

    Leur étude a révélé que les meilleurs effets de refroidissement proviennent d’une « couronne rurale » : une zone tampon verte autour de la ville, comprenant des forêts, des prairies, des buissons, des haies et des plans d’eau. La continuité de ces espaces est également cruciale ; plus ces zones sont fragmentées, moins leur effet de refroidissement est efficace.

    Selon les auteurs de l’étude, une couronne rurale bien conçue peut réduire « l’intensité de l’îlot de chaleur urbain jusqu’à un tiers ». Alors que les grandes villes s’efforcent de trouver des solutions pour atténuer les effets des vagues de chaleur, cette étude démontre que pour refroidir les villes, il faudrait également y inclure la planification rurale.

    https://www.rfi.fr/fr/environnement/20240817-environnement-comment-les-terres-rurales-peuvent-aider-%C3%A0-refroidir

    #villes #urban_matter #chaleur #chaud #urbanisme #îlots_de_chaleur

    si quelqu’un·e a envie de chercher l’étude...

  • La France en plein pic de pollution aux particules fines
    https://reporterre.net/La-France-en-plein-pic-de-pollution-aux-particules-fines

    Cet épisode de #pollution hivernale aux #particules_fines est liée au #refroidissement des températures. D’une part, les émissions dues au chauffage, particulièrement au bois augmentent, s’ajoutant à celles causées par le trafic routier. D’autre part, « lors de journées froides et sans vent, notamment au petit matin, on peut assister à un phénomène d’inversion thermique, explique Atmosud, sur son site internet. La température à quelques centaines de mètres d’altitude est supérieure à celle du sol. Les polluants se trouvent donc piégés sous un couvercle d’air plus chaud et s’accumulent. »

    Ces particules fines (PM10 et PM2,5) présentent de nombreux risques pour la santé, notamment des plus fragiles comme les enfants et ont contraint certaines régions à instaurer des mesures de restriction. Baisse du chauffage à 18 °C, abaissement de la vitesse sur les routes, interdiction de brûler des déchets verts ou d’utiliser le bois comme chauffage d’agrément.

    La carte Atmo
    https://www.atmo-france.org
    Le Mans sent mauvais

  • Les #lacs vont refroidir et chauffer une part croissante de nos bâtiments

    L’urgence climatique accélère l’exploitation de l’#énergie contenue dans les lacs. À Genève, l’une des plus grandes installations hydrothermiques du monde fournira du froid et de la chaleur à des centaines de bâtiments. Le potentiel des lacs suisses est considérable. Pourtant, leur santé est préoccupante.

    L’ingénieur thermicien Fabrice Malla nous emmène faire une visite à 17 mètres au-dessous du niveau du lac Léman, au lieu dit du Vengeron. Nous voilà dans une cathédrale de béton de 70 mètres de long. En 2024, ce puisard recevra l’équivalent de presque trois piscines olympiques d’une eau froide recueillie à 2 kilomètres au large, à 45 mètres de profondeur. Dès 2024, des pompes électriques pulseront ce liquide à destination de deux réseaux. Le premier, construit en boucle fermée, desservira des bâtiments répartis dans les environs de l’aéroport. Le second réseau alimentera directement en froid des immeubles du centre-ville. Des pompes à chaleur installées par les Services industriels de Genève (SIG) dans un total prévu de 300 bâtiments permettront d’extraire de la chaleur de l’eau et de l’amplifier.

    Bienvenue dans le monde de l’#hydrothermie, un univers où de l’#eau froide peut générer du chaud. Fabrice Malla cite d’autres grands projets de ce type, notamment à Toronto et Honolulu. L’installation du #Vengeron, budgétée 100 millions de francs, constituera le point de départ de l’un des plus grands #réseaux_hydrothermiques au monde. « Nous allons irriguer en #froid et en #chaud la moitié du canton », se réjouit l’ingénieur des SIG. L’opération réduira drastiquement la consommation de gaz à effet de serre. L’#énergie_électrique utilisée pour faire fonctionner le réseau sera d’origine hydraulique, précise Véronique Tanerg Henneberg, porte-parole. Mais cette situation n’est pas forcément la règle. « Les pompes à chaleur nécessitent de l’électricité or nous n’en avons pas assez. L’abandon progressif du nucléaire impliquera de développer l’énergie solaire et éolienne », estime Martin Schmid, chercheur auprès de l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag). En raison du réchauffement climatique, la demande estivale en froid ira croissante. Celle en #chaleur baissera, grâce à une meilleure isolation des maisons.

    Une multitude de petites centrales

    En Suisse, le développement de l’hydrothermie remonte aux années 1930, lorsque de petites centrales furent construites pour chauffer quelques bâtiments. Il en existe des centaines. Place désormais à des grands projets dans les centres urbains qui bordent des lacs, notamment à Zoug et Zurich. Grâce à une eau captée à 45 mètres de profondeur dans deux stations, le lac des Quatre-Cantons alimentera en énergie lacustre 3 700 foyers du centre de Lucerne. À Horw, 6 800 foyers seront fournis en énergie du lac. À Bienne, les premières fournitures d’énergie hydrothermique sont prévues à partir de l’automne 2022. La ville prévoit 185 points de raccor­dements, avec à la clef une baisse des émissions de CO2 de 80 %.

    Les ressources énergétiques des lacs suisses apparaissent comme une sorte d’or bleu. Les chiffres donnent le tournis. Selon un article rédigé en 2018 par l’Institut Eawag, la consommation énergétique totale en Suisse s’élèverait à environ 850 pétajoules par an, soit 236 térawattheures (en 2021, la centrale nucléaire de Gösgen a produit 7,9 térawattheures d’électricité). La moitié de cette énergie est utilisée pour chauffer des bâtiments et dans des processus industriels … avec du gaz et du fuel.

    Or le seul Léman, utilisé dans le respect des normes légales en matière d’hydrothermie, pourrait théoriquement générer presqu’un tiers de toute l’énergie consommée en Suisse chaque année ! « L’énergie des lacs couvrira 30 % de nos besoins en chauffage. Environ un bâtiment sur trois situé dans une région dense et assez proche d’un lac bénéficiera d’un chauffage urbain connecté à une ressource renouvelable, dont l’hydrothermie », estime François Maréchal, professeur à l’EPFL, spécialiste des systèmes énergétiques. Ce chercheur décrit l’hydrothermie comme « une super-ressource, mais dont on ne parle pas. » Or la Suisse est en avance dans ce domaine, commente Martin Schmid.

    La question du rejet des eaux dans les #rivières

    Reste la question de l’#impact de ces procédés, puisque les eaux puisées sont en partie restituées dans des cours d’eau à une #température différente. Durant ce cycle, une eau puisée par exemple à 6 degrés dans le Léman sera rejetée à 3 degrés dans un Rhône à 1,5 degrés. En été, une eau à 8 degrés sera puisée au fond du lac et rejetée à 13 degrés dans une eau de surface fluviale atteignant 20 degrés. Toutes les études vont dans le même sens : même si toute la demande suisse en chaleur et en froid était tirée des lacs, les rejets auraient un impact nul à faible, étant donné les écarts peu élevés de température entre eaux pompées et rejetées. « Pour modifier la température du Léman d’un degré, il faudrait 100 stations comme celle du Vengeron », image Fabrice Malla.

    La Suisse dispose de règles. Par exemple, la température d’un cours d’eau ne doit pas varier de plus de 1,5 degrés dans une région à truites. « Si les dispositions légales sont prises correctement en compte, l’exploitation hydrothermique peut a priori se réaliser », estime Nicolas Wüthrich, de Pro Natura. Un autre problème émerge, celui du réchauffement des lacs. Dans le Léman, les hivers doux empêchent depuis dix ans le brassage des couches profondes qui, sans oxygène, risquent la mort biologique. Ce phénomène gêne la production de froid via l’hydrothermie. La chaleur tend aussi à provoquer le développement d’#espèces_invasives. C’est le cas avec la petite moule quagga, dont les larves pénètrent dans les réseaux d’approvisionnement en eau potable et destinés à l’hydrothermie, nécessitant un traitement au chlore. Autre sujet d’inquiétude, si l’eau est rejetée loin du point d’extraction, il y a un risque de déplacement de nutriments et de polluants, note l’Eawag.

    Dans les fleuves et rivières en particulier, des températures plus élevées peuvent menacer des espèces, s’inquiète Pro Natura. L’ombre par exemple ne survit guère à partir de 25 degrés. « Cela rend délicate la réintroduction de grandes quantités d’eau de refroidissement chauffée dans des cours d’eau ». Des cours d’eau dotés de rives ombragées aideraient à maintenir les températures plus basses, propose Pro Natura. En hiver, le rejet d’eaux plus froides issus du chauffage par hydrothermie pourrait même théoriquement avoir un effet bénéfique. « Mais les interventions dans les #équilibres_naturels sont toujours délicates », avertit Nicolas Wüthrich.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/les-lacs-vont-refroidir-et-chauffer-une-part-croissante-de-nos-batim

    #refroidissement #eau

  • Quand les villes suent

    Le changement climatique provoque de plus en plus de vagues de #chaleur. Ce sont les villes qui en souffrent le plus. En été, elles enregistrent davantage de jours de #canicule et de #nuits_tropicales. Pour se rafraîchir, elles misent sur la #végétalisation, la multiplication des #plans_d’eau ouverts et une bonne #circulation_de_l’air dans les quartiers.

    En été, lorsqu’il fait chaud, les jets d’eau de la Place fédérale de Berne ravissent autant les touristes que les locaux. Devant les grandes façades de grès du Palais fédéral et de la Banque nationale, des enfants s’ébattent entre les 26 jets d’eau qui représentent chacun un canton suisse. Trempés jusqu’aux os, ils s’allongent à plat ventre sur le sol en pierre chaud pour se faire sécher. Aux terrasses des restaurants, au bord de l’Aar et aux stands de glaces, on respire une atmosphère méditerranéenne. Et c’est un fait : du point de vue climatique, les villes de l’hémisphère nord deviennent de plus en plus méridionales. Une étude de chercheurs de l’ETH de Zurich, qui ont analysé les changements climatiques prévus ces 30 prochaines années pour 520 capitales, le démontre. En 2050, le climat de Berne pourrait être le même que celui de Milan aujourd’hui. Londres lorgnera du côté de Barcelone, Stockholm de Budapest et Madrid de Marrakech.

    En Suisse, les derniers scénarios climatiques prévoient une hausse des températures estivales de 0,9 à 2,5 degrés Celsius. Par conséquent, le nombre de jours de canicule (dès 30°C) continuera d’augmenter, mettant à rude épreuve surtout les villes, qui deviennent de véritables #îlots_de_chaleur. Enfilades de maisons sans #ombre et #places_asphaltées réchauffent fortement l’atmosphère. La nuit, l’air refroidit peu, et les « nuits tropicales » (lorsque le thermomètre ne descend pas au-dessous de 20°C) se multiplient.

    Des #arbres plutôt que des #climatiseurs

    En Suisse, le chef-lieu du canton du Valais, #Sion, est particulièrement touché par la hausse de la chaleur : dans aucune autre ville suisse, les températures n’ont autant grimpé au cours de ces 20 dernières années. Le nombre de jours de canicule est passé de 45 à 70 depuis 1984. Il y a six ans, le chef-lieu a lancé un projet pilote soutenu par la Confédération, « #AcclimataSion ». Le but est de mieux adapter l’#aménagement_urbain et les normes de construction au changement climatique, explique Lionel Tudisco, urbaniste de la ville. Le slogan qui accompagne le projet est le suivant : « Du vert et du bleu plutôt que du gris ». Dans l’espace public, on mise sur une végétalisation accrue. « Un arbre livre la même fraîcheur que cinq climatiseurs », souligne l’urbaniste. À l’ombre des arbres, on enregistre en journée jusqu’à sept degrés de moins qu’aux alentours. Le « bleu » est fourni à la ville par les cours d’eau, fontaines, lacs ou fossés humides : « Ils créent des microclimats et réduisent les écarts de température ». Ces mesures visent non seulement à réduire la chaleur en ville, mais aussi à atténuer le risque d’inondations. Car le changement climatique accroît aussi la fréquence des fortes précipitations. Les Sédunois l’ont constaté en août 2018, quand un orage violent a noyé les rues basses de la ville en quelques instants.

    La réalisation phare d’« AcclimataSion » est le réaménagement du cours Roger Bonvin, une promenade située sur la tranchée couverte de l’autoroute. Avant, cet espace public de 500 mètres de long était peu attrayant et, avec ses surfaces imperméabilisées, il était livré sans protection aux rayons du soleil. Aujourd’hui, 700 arbres dispensent de l’ombre et des promeneurs flânent entre les îlots végétalisés. Une plage de sable et un vaste espace où s’asseoir et se coucher créent une atmosphère de vacances. Des enfants barbotent dans des bassins.

    #Points_chauds sur les #cartes_climatiques

    Dans les grandes villes suisses aussi, le changement climatique préoccupe les autorités. La ville de #Zurich s’attend à ce que le nombre de jours de canicule passe de 20 à 44, et veut agir. « Notre but est d’éviter la #surchauffe sur tout le territoire urbain », explique Christine Bächtiger, cheffe du département municipal de la protection de l’environnement et de la santé. Concrètement, il s’agit de réduire autant que possible les surfaces goudronnées ou imperméabilisées d’une autre manière. Car celles-ci absorbent les rayons du soleil et réchauffent les alentours. La ville souhaite aussi décharger certains quartiers où la densité d’habitants est forte et où vivent de nombreux seniors, particulièrement sensibles à la chaleur. On envisage d’étoffer le réseau de chemins menant à des parcs ou à des quartiers moins chargés. Par rapport à d’autres villes, Zurich jouit d’une topographie favorable : trois quarts des zones habitées urbaines bénéficient d’un air frais qui arrive la nuit par les collines boisées entourant la ville. Pour préserver cette #climatisation_naturelle, il faut conserver des axes de #circulation_de_l’air lorsqu’on construit ou limiter la hauteur des immeubles.

    La ville de #Bâle a elle aussi repéré les îlots de chaleur, les espaces verts rafraîchissants et les flux d’air sur une #carte_climatique. Des urbanistes et des architectes ont utilisé ces données pour construire le quartier d’#Erlenmatt, par exemple. Là, les bâtiments ont été orientés de manière à ne pas couper l’arrivée d’air frais de la vallée de Wiesental. De grands #espaces_ouverts et des rues avec des zones de verdure façonnent également l’image de ce nouveau quartier urbain construit selon des principes durables.

    La ville de #Genève, quant à elle, mise sur une végétalisation accrue. Les autorités ont arrêté l’été dernier un plan stratégique faisant de la végétalisation un instrument à part entière du Plan directeur communal. Dans le cadre du programme « #urbanature » déjà, les jardiniers municipaux avaient planté près de 1200 arbres et 1,7 million de plantes dans l’#espace_public. La municipalité juge par ailleurs qu’un changement de paradigme est nécessaire du côté de la #mobilité, avec une diminution du #trafic_individuel_motorisé. Ainsi, des cours intérieures aujourd’hui utilisées comme places de parc pourraient être végétalisées. Les arbres apportent de la fraîcheur en ville, et ils absorbent les particules fines qui se trouvent dans l’air.

    La ville de #Berne compte elle aussi agir à différents niveaux. Ainsi, les #revêtements ne seront plus imperméabilisés que si cela s’avère indispensable pour le trafic ou l’accès des personnes handicapées. Tandis qu’un revêtement en #asphalte sèche immédiatement après la pluie, l’eau s’infiltre dans les surfaces en #gravier et peut s’évaporer plus tard. « Nous devons repenser tout le #circuit_de_l’eau », déclare Christoph Schärer, directeur de Stadtgrün Bern. L’#eau ne doit plus être guidée au plus vite vers les #canalisations, mais rester sur place pour contribuer au #refroidissement_de_l’air par l’#évaporation ou pour assurer l’#irrigation. « Chaque mètre carré non imperméabilisé est un mètre carré gagné. » À Berne, les nombreuses #fontaines et #cours_d’eau participent aussi au refroidissement de l’atmosphère, comme le Stadtbach qui coule à ciel ouvert dans la vieille ville.

    En ce qui concerne la végétalisation, Berne adopte de plus en plus de variétés d’arbres « exotiques » adaptés au changement climatique. Certains arbres indigènes comme le tilleul à grandes feuilles ou l’érable sycomore supportent mal la chaleur et la sécheresse. Alors on plante par exemple des #chênes_chevelus. Ce feuillu originaire du sud de l’Europe supporte le chaud, mais aussi les hivers froids et les gelées printanières tardives qui ont été fréquentes ces dernières années. Christoph Schärer ne parlerait donc pas d’une « #méditerranéisation », du moins pas en ce qui concerne les arbres.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2020/03/detail/news/detail/News/quand-les-villes-suent
    #urban_matter #changement_climatique #villes

    • Acclimatasion

      Le climat se réchauffe et les événements extrêmes se multiplient. Avec ACCLIMATASION la Ville de Sion s’est engagée pour la réalisation d’aménagements urbains qui donnent la priorité à la végétation et au cycle de l’eau. Objectif ? Diminuer la chaleur, favoriser la biodiversité et limiter les risques d’inondation.

      La Confédération réagit face au changement climatique. De 2014 à 2016, elle a soutenu une trentaine de projets pilotes avec pour but d’identifier les meilleures pistes pour limiter les dommages et maintenir la qualité de vie des habitants.

      La Ville de Sion, en partenariat avec la Fondation pour le développement durable des régions de montagne, a été choisie pour mener à bien un projet lié à l’adaptation des villes au changement climatique, c’est ACCLIMATASION.

      Au terme du projet pilote une série de résultats concrets sont visibles, en particulier :

      Des aménagements exemplaires ont été réalisés par la Ville dans le cadre du projet pilote et se poursuivent aujourd’hui par la réalisation de nouveaux projets. Le réaménagement du Cours Roger Bonvin réalisé en 2016 est le projet phare d’ACCLIMATASION.
      Des projets privés ont été soutenus pour montrer des solutions concrètes et inciter les propriétaires à s’engager. Le guide de recommandations à l’attention des propriétaires privés capitalise les actions concrètes que tout un chacun peut entreprendre.
      Diverses actions ont été menées pour sensibiliser la population, échanger avec les professionnels et mobiliser les responsables politiques : événements de lancement et de capitalisation, expositions et concours grand public, interventions dans les écoles.
      Les outils d’aménagement du territoire évoluent progressivement, de même que les compétences des services communaux et des professionnels. En particulier, les principes d’un aménagement urbain adapté au changement climatique ont été consolidés dans des lignes directrices adoptées par l’exécutif de la Ville en 2017 et applicables à l’ensemble des espaces publics.

      https://www.youtube.com/watch?v=PUI9YsWfT7o

      https://www.sion.ch/acclimatasion

    • #urbannature

      Ce programme, lancé par le Conseiller administratif Guillaume Barazzone, repense les espaces publics bétonnés en les rendant plus conviviaux et en les végétalisant. À terme, il a comme ambition de favoriser la biodiversité en milieu urbain. Le programme urbanature rend Genève encore plus verte ; il est mis en place et réalisé par le Service des espaces verts (SEVE).

      Le programme
      Corps de texte

      Il comprend trois niveaux d’action : des réalisations temporaires et saisonnières (fin mai à fin octobre), des aménagements durables, ainsi que l’élaboration d’un plan stratégique de végétalisation.

      Chaque année, des réalisations temporaires permettent d’amener de la végétation rapidement dans différents secteurs de la Ville. Depuis 2015, des projets durables de végétalisation sont réalisés afin d’étendre le maillage vert encore essentiellement constitué par les parcs. Le plan stratégique de végétalisation de la Ville sert à décrire les différentes actions concrètes à mener à long terme pour rendre Genève encore plus verte.

      https://vimeo.com/97531194

      https://www.urbanature.ch

    • Ô comme je pense que le mépris des dirigeants bordelais pour la nature en ville vient du fait qu’ils ont des jardins (la ville est très verte entre les murs des particuliers) et qu’ils passent l’été au cap Ferret. Qu’ils n’ont donc pas besoin de ces arbres qui pour d’autres sont vitaux.

  • Test du kit de #watercooling AiO #enermax Aquafusion 120
    https://www.tomshardware.fr/test-du-kit-de-watercooling-aio-enermax-aquafusion-120

    Avec sa nouvelle gamme Aquafusion, proposé en 120mm et 240mm, ENERMAX renouvelle une partie de son offre watercooling AIO avec deux kits qui jouent la carte du design original. Exit l’éclairage rond classique, et place à du carré avec des ventilateurs SquA RGB et un nouveau top sur la pompe. Nous avons reçu le modèle en 120mm (ELC-AQF120-SQA), annoncé à 80€. Une bon […]

    #refroidissement