• Grèce : quarantaine prolongée dans le camp de migrants de Vial, à Chios - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/28104/grece-quarantaine-prolongee-dans-le-camp-de-migrants-de-vial-a-chios

    La quarantaine a été prolongée dans le camp de migrants de Vial, sur l’île grecque de Chios, a annoncé jeudi le ministre grec des Migrations. Instaurée depuis le 14 octobre, elle durera au moins jusqu’au 4 novembre.
    Le camp de migrants de Vial, sur l’île grecque de Chios, va rester en quarantaine au moins jusqu’au 4 novembre, a annoncé jeudi 23 octobre le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachis.
    Le camp de Vial avait été placé en quarantaine le 14 octobre après que « plusieurs » cas de coronavirus ont été détectés par les autorités de santé. Notis Mitarachis n’a pas précisé combien de personnes étaient infectées dans le camp à ce jour. Comme les autres pays européens, la Grèce a du mal à stabiliser l’épidémie de coronavirus. Les camps de migrants surpeuplés inquiètent particulièrement les autorités sanitaires car la distanciation sociale y est presque impossible à respecter.
    A Lesbos, plus de 240 cas de coronavirus ont été détectés dans le nouveau camp provisoire construit après les incendies de Moria. Les personnes infectées ont été placées à l’isolement. Fin septembre, les autorités grecques avaient annoncé la mort d’une première personne migrante du coronavirus. Il s’agit d’un homme de 61 ans d’origine afghane qui vivait avec sa famille dans le camp de Malakasa, près d’Athènes. Il a avait été hospitalisé et est mort à l’hôpital.
    Alors que la population grecque est sortie de son confinement depuis le 4 mai, les centres d’accueil et camps de migrants du pays ont dû rester à l’isolement bien plus longtemps. Durant l’été, une vingtaine d’associations, dont Amnesty International, avaient dénoncé une politique « inefficace » et « discriminatoire » envers des dizaines de milliers d’exilés agglutinés dans des camps insalubres. Début septembre, les camps de Malakassa et de Schisto (dans le nord et l’ouest d’Athènes respectivement) et d’Eleonas ont été placés en « confinement sanitaire total ».

    #Covid-19#migrant#migration#grece#camp#vial#chios#eleonas#malakassa#schisto#confinement#quarantaine#mortalite#refugie#discrimination

  • HCR - QUESTIONS ET RÉPONSES : « Avant la pandémie, la santé mentale des réfugiés était un sujet négligé. Aujourd’hui, c’est à une véritable crise que l’on a affaire. »
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/10/5f8051eba/questions-reponses-pandemie-sante-mentale-refugies-etait-sujet-neglige.html

    Le psychiatre Pieter Ventevogel dirige l’action du HCR en matière de santé mentale depuis six ans, une période durant laquelle le nombre de personnes déracinées par les conflits et les persécutions a atteint le chiffre sans précédent de 79,5 millions, parmi lesquelles 26 millions de réfugiés. Il s’est entretenu avec notre collègue Tim Gaynor, responsable du site Internet du HCR, à Genève, pour évoquer la question de la santé mentale des réfugiés et de l’impact de la pandémie de Covid-19.
    Quel était la situation en matière de santé mentale des réfugiés avant la pandémie actuelle ?​
    Il y a des variations, mais nous pouvons utiliser les estimations de l’Organisation mondiale de la santé. Une personne sur cinq - 22,1% - de la population adulte dans les zones touchées par la guerre souffre de problèmes de santé mentale. Nous n’avons pas de données concernant les enfants, mais nous pouvons supposer que ce chiffre est encore un peu plus élevé, car les enfants sont plus vulnérables. Selon d’autres études, ce niveau de référence est environ deux à trois fois plus élevé que celui de la population en général.
    Beaucoup de gens imaginent que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est le trouble le plus répandu chez les réfugiés, mais ce n’est certainement pas le seul problème de santé mentale auquel ils font face, et nous y sommes confrontés moins souvent que ce à quoi on pourrait s’attendre. Beaucoup de personnes ont à faire face à des expériences difficiles dans leur pays d’origine, ou durant leur fuite, des expériences violentes, et ce même dans le pays d’asile. Mais le SSPT constitue une pathologie bien spécifique, et, lorsque nous parlons de la santé mentale des réfugiés, nous devons aller au-delà de cette seule problématique.
    Les maux les plus courants sont en réalité la dépression et l’anxiété. La dépression est souvent liée à une perte - celle d’un être cher, d’un foyer, d’un emploi, d’un statut social ou d’un cercle social. Les personnes qui en souffrent n’ont plus aucun espoir pour l’avenir. Il est possible d’atténuer ce problème dans une certaine mesure lorsque des opportunités de développement personnel sont offertes, mais, dans de nombreux cas, les réfugiés se retrouvent dans une situation incertaine, attendant simplement que quelque chose se passe. Les solutions ne sont pas faciles à trouver, et les gens peuvent perdre tout espoir de voir leur vie s’améliorer.
    Au fil du temps, nous constatons également que la proportion de personnes souffrant de graves problèmes de santé mentale, comme la schizophrénie ou les troubles maniaco-dépressifs, est en augmentation. Nous ne savons pas exactement pourquoi - on ne devient pas schizophrène suite à un déracinement - mais il existe peut-être une vulnérabilité sous-jacente, soit au niveau du développement, soit au niveau biologique, qui peut se manifester dans certaines conditions. Lorsque le mécanisme de défense de ces personnes s’effondre, elles peuvent développer des symptômes. Dans les contextes de crise humanitaire, les personnes souffrant de graves problèmes de santé mentale courent un risque élevé de maltraitance et de négligence. C’est tout simplement inacceptable.
    Comment cette situation a-t-elle évolué depuis le début de la pandémie ?​
    Avant la pandémie, la santé mentale des réfugiés était une question peu prioritaire et très négligée. Aujourd’hui, nous faisons face à une crise de grande ampleur. De nombreux réfugiés voient leurs perspectives d’avenir s’effondrer. Les problèmes qui les ont poussés à fuir leur pays ne sont pas résolus et ils ne peuvent pas rentrer chez eux. En outre, les nombreux réfugiés qui survivaient dans leur pays d’asile grâce à l’économie informelle ont aujourd’hui perdu leurs moyens d’existence. Ils sont confrontés à un manque de solutions, car les possibilités de réinstallation ont diminué avec la pandémie. Les gens sont inquiets pour leur santé, ne sachant pas quand la pandémie va se terminer et comment ils peuvent vraiment se protéger.
    Ces facteurs de stress additionnels peuvent encore être relativement gérables pour la plupart des gens. Mais si vous vivez déjà en marge, cela peut constituer un élément déclencheur de problèmes psychiques. Ce désespoir croissant se manifeste par une augmentation des appels aux lignes d’assistance téléphonique de la part de réfugiés qui ont vraiment peur ou sont en colère, ainsi que de personnes qui ne voient pas d’issue et pensent « peut-être devrais-je mettre fin à ma vie. » Nous constatons également une augmentation des tentatives de suicide en Ouganda et au Kenya, en particulier chez les jeunes. Pour moi, ce sont là des indicateurs des tensions sous-jacentes.
    Il est difficile de connaître l’ampleur de ce phénomène, car la pandémie a également un impact sur la volonté des gens de se faire soigner. Dans de nombreux endroits, les réfugiés hésitent à se rendre dans les centres de santé car ils les perçoivent comme des lieux où l’on peut tomber malade plutôt que guérir. Cette montée du désespoir et la diminution du nombre de personnes qui demandent de l’aide pour des problèmes de santé mentale sont inquiétantes. Nous sommes aujourd’hui face à une crise qui peut dégénérer.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#sanementale#refugie#crise

  • L’UE achète des drones à #Airbus pour repérer les bateaux transportant des migrants

    Airbus et deux sociétés d’armement israéliennes ont reçu 100 millions d’euros pour faire voler des drones au-dessus de la #Méditerranée. Le but : identifier les bateaux chargés de migrants qui tentent d’atteindre l’#Europe, selon le Guardian. Un article d’Euractiv Italie.

    Dans le cadre des « services de #surveillance_aérienne_maritime » qu’elle assure, l’#UE a décidé de recourir à des #appareils_téléguidés volant à moyenne altitude à longue endurance, connus du grand public sous le nom de drones. C’est Airbus qui a été mandaté par Bruxelles pour fournir les engins. Le conglomérat européen spécialisé dans l’aéronautique et la défense travaillera avec la société publique #Israel_Aerospace_Industries (#IAI). Un deuxième contrat a été signé avec #Elbit_Systems, une société d’#armement israélienne privée. Les deux contrats s’élèvent à 50 millions d’euros chacun, selon une information du journal britannique The Guardian.

    Les opérations seront menées en #Grèce et/ou en #Italie et/ou à #Malte selon le contrat-cadre signé entre #Frontex et les fournisseurs, dans le cadre des mesures de contrôle des frontières du sud de l’Europe.

    Le #budget de l’agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes (Frontex), est passé de 6 millions d’euros en 2005 à 460 millions d’euros cette année, ce qui reflète l’importance croissante donnée au contrôle des frontières extérieures en raison de l’immigration. Le service de surveillance aérienne comprendra la mise à disposition d’un flux de #données fiable en temps réel et la capacité de partager ces données en temps réel.

    L’IAI affirme que son drone #Heron, employé couramment par les forces armées israéliennes et allemandes, est en mesure de voler pendant plus de 24 heures et peut parcourir jusqu’à 1 000 miles à partir de sa base à des altitudes supérieures à 35 000 pieds.

    Elbit Systems soutient pour sa part que ses drones #Hermes peuvent voler jusqu’à 36 heures à 30 000 pieds. Le mois dernier, Elbit a annoncé que des drones Hermes avaient été testés avec l’Agence maritime et des garde-côtes britannique au large de la côte ouest du Pays de Galles pour des opérations de recherche et de sauvetage.

    Les drones israéliens sont le résultat d’une technologie de surveillance qu’Israël a développée et testée lors d’une série d’attaques sur Gaza, comme le détaille un rapport de Human Rights Watch. Airbus a fait savoir que son modèle n’était pas en mesure de transporter des armes, et qu’il serait peint en blanc avec le label « Frontex ». Les premiers tests seront effectués en Grèce sur l’île de #Crète.

    Dans le cadre du programme Frontex, le drone italien #Falco_Evo de l’entreprise #Leonardo avait déjà été testé pour des activités de surveillance maritime aérienne dans l’espace aérien civil italien et maltais.

    En juin 2919, le drone avait permis de mettre au jour une pratique fréquemment utilisée par les passeurs : le transbordement de dizaines de personnes d’un « vaisseau -mère » vers une embarcation qui est ensuite laissée à la dérive. La Guardia di Finanza, la police dounière italienne, alertée par les images du drone, avait alors intercepté et saisi un bateau de pêche.

    Reste que l’utilisation de ce type de technologie suscite de nombreuses craintes. Les détracteurs les plus acharnés de la surveillance aérienne par des drones affirment que l’obligation légale d’aider un navire en danger et de sauver des naufragés ne s’applique pas à un engin aérien sans pilote, quel qu’il soit.

    https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/lue-achete-des-drones-a-airbus-pour-reperer-les-bateaux-transportant-des-mi
    #complexe_militaro-industriel #business #asile #migrations #réfugiés #frontières #drones #contrôles_frontaliers #surveillance_des_frontières #Israël #EU #Union_européenne #UE

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  • HCR - La communauté internationale doit agir de toute urgence pour mettre fin à la crise au Sahel central
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/10/5f913603a/communaute-internationale-agir-urgence-mettre-fin-crise-sahel-central.html

    La communauté internationale doit agir de toute urgence pour mettre fin à la crise au Sahel central. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré lors d’une conférence que le Covid-19 constitue une menace supplémentaire dans cette région qui connaît un nombre record de personnes forcées de fuir leur foyer

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#sahel#personnedeplacee#sante#vulnerabbilite#humanitaire#frontiere#refugie#crise

  • TF | Renvois objectivement impossible en raison du Covid-19
    https://asile.ch/2020/10/22/tf-levee-de-detention-pour-insoumission-en-raison-de-periode-de-covid-19

    Frappé d’un renvoi en 2019 ordonné par l’Office des migrations du canton de Zurich suite à une non-entrée en matière de demande d’asile, un homme d’origine malienne avait été placé en détention en vue de son retour. Une détention pour insoumission avait également été ordonnée et prolongée plusieurs fois. Le recours formulé par l’homme avait, […]

  • Les parapluies du Perthus. La #Retirada et les paradoxes de la #visibilité

    Malgré sa force évocatrice, le caractère iconique de l’image documentaire fait parfois ombrage à une partie de la mémoire des événements. Les photographies de l’#exil espagnol en #France à la fin des années 1930 en témoignent, il faut savoir épuiser le visible pour saisir une réalité plus enfouie de cet épisode. L’historienne Marianne Amar se confronte à cet exercice et propose une relecture de quatre images de la Retirada.

    Il pleuvait ce jour-là au #col_du_Perthus, mais la #mémoire n’en a rien gardé. Les photographies de l’exil espagnol en France — près de cinq cent mille réfugiés au début de 1939, à la fin de la guerre civile — construisent, par leur abondance, un continent visuel au croisement des #iconographies de la #guerre et de l’exil. Ce territoire sans cesse redessiné par des #images retrouvées, constitue un corpus labile, patiemment édifié par des photographes aux trajectoires multiples. Les uns, comme #Robert_Capa ou #David_Seymour, ont affûté leur vision en Espagne, pendant la guerre. Ils arrivent à la #frontière dans le sillage des #réfugiés, ne restent que quelques jours mais produisent des #icônes. D’autres, comme #Auguste_Chauvin, travaillent à #Perpignan. Ils assistent à l’événement depuis la France et en rendent compte dans la diversité de ses lieux et de ses acteurs. Les derniers, enfin, comme #Augusti_Centelles, photographe de l’armée républicaine espagnole interné à son arrivée, en sont à la fois les protagonistes et les témoins.

    Pourtant, en dépit de cette abondance, ce corpus demeure travaillé par l’#invisibilité. Manquent les images « absentes », perdues ou détruites dans la tourmente qui va suivre. Mais l’invisibilité se cache aussi dans les replis de la photographie, qu’il faut questionner et « inquiéter » pour en révéler toute la puissance documentaire. Les images les plus connues de la Retirada fonctionnent comme des icônes, qui construisent un répertoire visuel désormais bien balisé : la « #vague » des réfugiés saisie frontalement au col du Perthus ; l’empilement des armes confisquées aux soldats ; les femmes et les enfants harassés ; les réfugiés encadrés par des gendarmes ; les #camps d’internement improvisés, puis structurés autour des marques de l’ordre — #barbelés, #baraques, #miradors. Autant d’archétypes qui assurent durablement la #mise_en_spectacle du réfugié, mais qu’il faut mettre en doute pour dévoiler ce qui reste invisible. On proposera, pour esquisser une méthode, quatre exercices de relecture.

    Le premier constitue une mise en abyme de l’image et de son auteur. Robert Capa arrive à #Argelès, en mars 1939, passablement abattu. Il avait quitté les exilés juste avant l’ouverture de la frontière ; il revient pour un reportage sur les #camps_d’internement. Sa position a changé. Il n’est plus le témoin engagé aux côtés des combattants, mais un visiteur qui doit solliciter autorisations et accréditations. Distance accrue par sa position personnelle : apatride, bientôt « indésirable » pour l’administration française, il pense rejoindre sa famille déjà installée à New York. « Ici, le moral est mauvais et je ne sais pas ce qui va se passer. », a-t-il confié à sa mère début février. Entre Argelès et #Le_Barcarès, Capa prend, à sa manière, congé de l’Espagne et son portrait d’un réfugié, violon à la main, ressemble fort à un autoportrait du photographe, qu’il faut relire au travers de sa biographie, inquiet et d’une infinie mélancolie.

    Retour à la frontière. Une photographie publiée par L’Illustration en février 1939 montre un groupe sur la route du #col_d’Arès. Deux enfants et un adulte cheminent difficilement, tous trois mutilés, entourés d’un autre homme et d’un adolescent. Rien ne permet alors de les identifier, mais quelle importance ? Cadrés d’assez près, privés de détails contextuels, ils incarnent les « désastres de la guerre » et l’image prend ainsi une portée universelle. Or, deux enquêtes menées dans les années 2000 permettent de la relire autrement. Avancent côte à côte, et sur deux rangs, Mariano Gracia et ses trois enfants. À leurs côtés, marche Thomas Coll, un Français ancien combattant de 14-18, lui aussi mutilé, venu en voisin soutenir et accompagner les réfugiés. S’incarne donc ici, dans le silence de l’image, des gestes ordinaires de solidarité, qui viennent nuancer les représentations d’une France hostile et xénophobe.

    Le camp de #Bram, saisi par Augusti Centelles à hauteur d’interné, brouille également les évidences. Autorisé à conserver son matériel et à photographier à l’intérieur des barbelés, il tient boutique dans une baraque, vend ses tirages aux gendarmes et bénéficie de l’aide logistique du commandant. Tous les internés ne furent pas, bien sûr, logés à pareille enseigne. Mais les images de Centelles, leurs conditions de production et les comptes minutieusement tenus dans son journal révèlent que la photographie fut, pour lui, un instrument de survie et contribuent à mettre en lumière, dans une chronologie fine, les sociabilités complexes dans les camps de la République.

    À Perpignan, Auguste Chauvin fournit la presse, surtout locale, et, pour des événements d’importance, il tire et vend des séries de cartes postales. Il fera ainsi un « Album souvenir de l’exode espagnole » (sic) légendé en deux langues. Dans sa chronique quotidienne de la Retirada, Chauvin révèle des présences et des moments ignorés : les #soldats_coloniaux, mobilisés pour surveiller les réfugiés, caracolant sur la plage d’Argelès à côté de leur campement ; les forces franquistes arrivées au #Perthus et fêtant leur victoire ; les réfugiés passant la frontière de nuit ; la visite d’Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur.

    Les photographies de Chauvin n’ont pas la puissance des icônes, mais elles en sont l’indispensable contrepoint. Nulle dimension héroïque dans ses cadrages et ses compositions : Chauvin reste à bonne distance des réfugiés sans jamais faire corps avec l’exil. Mais avec ces images banales, parfois maladroites, il les dépouille, par instants, d’une identité de réfugié et les réintègre dans une vie ordinaire. Attendre devant le bureau de change ou ceux de la douane ; faire halte pour manger, en uniforme, sur le bord de la route ; aller aux nouvelles à l’entrée d’une baraque ; regarder la mer. Et sortir un parapluie pour s’abriter d’une averse au Perthus.

    http://icmigrations.fr/2020/10/08/defacto-022-04

    #photographie #histoire #guerre_d'Espagne

    ping @albertocampiphoto

  • « Délit de solidarité » : Cassation de la condamnation d’un militant solidaire à la frontière franco-italienne

    Le 14 octobre 2020, la #Cour_de_cassation a sanctionné une nouvelle fois la #cour_d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre d’un nouveau #procès pour « délit de solidarité ».

    Relaxé par le tribunal correctionnel de Nice en 2018, #Loïc_Le_Dall a été condamné le 1er avril 2019 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en situation irrégulière en France ».

    Trop pressée de sanctionner une nouvelle fois un militant solidaire des personnes exilées à la frontière franco-italienne, la cour d’appel avait refusé d’examiner les moyens de procédures soulevés par l’avocat de Loïc Le Dall, lequel avait alors formé un pourvoi en #cassation. Début septembre 2020, la Cour de cassation s’est penchée sur l’affaire. Elle a cassé la décision de la cour d’appel et a renvoyé devant ladite cour, dans une nouvelle composition, pour un nouvel examen de l’affaire.

    « Je suis très heureux que la Cour de cassation ait rendu une décision en ce sens. Cependant, le fond du débat n’a pas été tranché et une prochaine audience pourra sans doute permettre de me relaxer définitivement, mon objectif ayant toujours été la défense des droits des personnes à la frontière franco-italienne », déclare Loïc Le Dall à l’annonce de la décision de la Cour de cassation.

    « La Cour de cassation sanctionne la cour d’appel pour ne pas s’être prononcée sur les moyens de nullité de procédure pourtant régulièrement soulevés in limine litis (avant toute défense au fond). Ce faisant, la Cour souligne l’office du juge, même lorsqu’il doit se prononcer sur des infractions à dimension fortement politique. Cette décision est néanmoins frustrante car le fond sur ce qui est appelé le « délit de solidarité » ou la liberté d’aider autrui n’a pas été évoqué malgré un avis favorable de l’avocat général. L’audience de renvoi revêtira donc un enjeu particulièrement important dans les prochains mois pour tous les militants solidaires. Je garde l’espoir que, dans sa nouvelle composition, la cour d’appel changera sa position en tirant les conséquences des évolutions jurisprudentielles intervenues depuis la décision du Conseil constitutionnel consacrant le principe de fraternité », déclare Zia Oloumi, avocat de Loïc Le Dall.

    Pour l’Anafé et Emmaüs France, engagées dans le soutien des défenseurs des droits humains poursuivis pour « délit de solidarité », le débat à venir devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre du procès de Loïc Le Dall permettra sans doute de mettre un terme aux poursuites pour aide à l’entrée sur le territoire des militants solidaires.

    A l’heure où la Commission européenne envisage, dans le pacte européen sur les migrations, de mettre un terme aux poursuites des militants lors des sauvetages en mer, nos associations demandent à ce que la loi française soit modifiée pour que les personnes solidaires en France ne soient plus inquiétées, poursuivies et condamnées pour leurs actions de fraternité à l’égard des personnes en migration.

    La défense des droits des personnes étrangères aux frontières et de la solidarité, que ce soit en mer, en montagne ou dans les plaines, ne doit plus être réprimée.

    Complément d’information

    Le 18 janvier 2018 Loïc Le Dall est arrêté lors d’un contrôle d’identité au péage de #La_Turbie dans le sens Italie-France. À bord de son véhicule, il y avait un ressortissant éthiopien. Ils ont tous les deux été arrêtés. Loïc Le Dall a reconnu avoir aidé cette personne dans son parcours migratoire pour des #motifs_humanitaires. Quelques jours avant, un homme avait été retrouvé mort sur le toit du train en provenance de Vintimille – il avait été électrocuté. Le ressortissant éthiopien a été immédiatement renvoyé en Italie.

    À l’issue de sa garde à vue, Loïc Le Dall a été présenté au tribunal correctionnel de Nice en comparution immédiate. L’audience a été reportée au 14 mars. Pendant cette période, il avait l’interdiction de sortir du département des Alpes-Maritimes et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

    Le 14 mars 2018, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé Loïc Le Dall en raison notamment de l’absence d’audition du ressortissant éthiopien dans la procédure pénale et de l’absence de procédure relative à la situation administrative de cette personne sur le territoire français. Le tribunal avait en effet estimé que « la culpabilité ne peut être retenue sur la seule base de l’auto-incrimination, le délit poursuivi n’apparaît pas suffisamment caractérisé en l’absence d’enquête sur la situation administrative de l’étranger visé à la procédure ».

    Le parquet avait alors fait appel de la décision. L’audience en appel s’est tenue le 20 mars 2019 à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Le 1er avril 2019, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné Loïc Le Dall à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en France ». Loïc Le Dall a alors formé un pourvoi en cassation. L’audience devant la Cour de cassation s’est tenue le 2 septembre 2020.

    Loïc Le Dall est observateur aux frontières intérieures terrestres et membre de l’Anafé depuis janvier 2018. Il a rejoint le mouvement Emmaüs et est président d’Emmaüs Roya depuis août 2019.

    http://www.anafe.org/spip.php?article580
    #délit_de_solidarité #justice #asile #migrations #réfugiés #France #frontières #frontière_sud-alpine #solidarité

  • Le bien-être et la sécurité des travailleurs migrants au Liban se détériorent davantage depuis l’explosion de Beyrouth | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/le-bien-etre-et-la-securite-des-travailleurs-migrants-au-liban-se-deteriorent-d

    Les communautés de travailleurs migrants étaient déjà aux prises avec les effets néfastes de l’aggravation de la crise économique et de la crise de la COVID-19 avant même que les explosions ne se produisent. À l’époque, l’OIM estimait que 24 500 travailleurs migrants avaient été directement touchés par l’explosion - ayant perdu leur emploi, leur maison ou leurs moyens de subsistance. Depuis, la situation s’est détériorée pour beaucoup d’entre eux.L’analyse d’une évaluation des besoins coordonnée par la Croix-Rouge libanaise avec le soutien de la DTM indique que les besoins post-explosion des familles de ressortissants étrangers - qui englobent les travailleurs migrants - divergent de ceux des ménages libanais.
    Les ressortissants étrangers ont déclaré que leurs besoins principaux sont l’argent et la nourriture, indiquant leur besoin urgent de services de base. En comparaison, le besoin le plus important des ménages libanais est la réparation des abris.
    Dans un autre sondage de la DTM ciblant uniquement les travailleurs migrants, 91 pour cent ont fait état de difficultés financières - beaucoup affirmant qu’ils ont besoin d’un soutien accru pour payer leur loyer et qu’ils ont du mal à trouver du travail dans un environnement économiquement de plus en plus précaire. Soixante-dix pour cent des personnes interrogées ont indiqué qu’elles souhaitaient retourner dans leur pays d’origine dans les trois prochains mois. « De plus en plus de travailleurs migrants se retrouvent à dormir dans la rue ou sont contraints de rester dans des lieux clos, souvent dans une seule et même pièce. Nous sommes très inquiets que la COVID-19 se répande parmi cette population », a déclaré Mme Godeau. Une évaluation de suivi - qui était centrée sur les migrants originaires du Bangladesh, d’Égypte, d’Éthiopie et du Soudan - a également révélé qu’un nombre croissant de migrants ne pouvaient pas accéder aux soins de santé, surtout par rapport aux Libanais qui sont également touchés.

    #Covid-19#migrant#migration#liban#bangladesh#egypte#soudan#ethiopie#sante#refugie#economie#vulnerabilite#travailleurmigrant#retour

  • La possibilité d’une #île… pour migrants

    Partout dans le monde, les demandeurs d’asile sont de plus en plus souvent relégués sur des îles comme on le faisait autrefois des bagnards et des lépreux. Qu’est-ce que ces prisons à ciel ouvert disent de notre regard sur les migrants ?

    Un lieu le plus loin possible des regards et d’où il serait impossible de s’échapper. C’était déjà ce que les Anglais cherchaient pour se débarrasser de l’encombrant Napoléon. Ils l’avaient trouvé à #Sainte-Hélène, îlot volcanique paumé au milieu de l’Atlantique sud à près de 2 000 km des côtes de la Namibie et plus de 3 000 km du Brésil.

    Deux cents ans plus tard, les voilà qui envisagent de nouveau d’avoir recours à cette improbable petite île devenue célèbre malgré elle. Cette fois, ce ne serait pas un empereur qu’on enverrait croupir sur ce bout de terre, mais des réfugiés. Oui, des réfugiés. Le ministère de l’Intérieur britannique étudie la possibilité d’installer un centre de rétention pour demandeurs d’asile sur l’un de ses territoires d’outre-mer, à Sainte-Hélène ou sur l’île de l’Ascension. Insensé ?

    Ce ne seraient pourtant pas les premiers à se laisser séduire par la possibilité d’une île. Les Australiens ont déjà une longue expérience en la matière. Ne voulant pas de demandeurs d’asile chez eux, ils ont ouvert, dès 2001, un centre de rétention sur l’île Christmas, un territoire extérieur australien au large de l’Indonésie. Et depuis 2012, ils expédient tout migrant débarquant clandestinement sur leurs côtes dans des camps offshore situés sur Manus, une île de #Papouasie-Nouvelle-Guinée, et Nauru, une république insulaire d’#Océanie.

    https://www.nouvelobs.com/art/fdff98b8-7bb0-4806-a83f-799cec7d59e2
    #îles #réfugiés #asile #migrations #Australie #Manus_Island #Nauru #UK #Angleterre

  • Coronavirus : après sept mois de suspension, les vols humanitaires depuis la Libye reprennent - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/28003/coronavirus-apres-sept-mois-de-suspension-les-vols-humanitaires-depuis

    Seize familles et 15 jeunes ont été évacués samedi de Libye vers le Niger à bord d’un avion affrété par le HCR. Ce vol humanitaire est le premier après une interruption de sept mois en raison de la pandémie de coronavirus. Par mesure de sécurité, les 153 passagers observeront une période de quarantaine à leur arrivée.Le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, a évacué dans la nuit du vendredi au samedi 17 octobre, un groupe de 153 réfugiés et demandeurs d’asile qui résidaient en Libye. Constitué de 16 familles, originaires de Somalie, d’Érythrée, du Soudan et du Soudan du Sud, le groupe compte aussi 15 enfants de moins de 18 ans.
    Après sept mois de suspension, cette reprise des évacuations est un soulagement pour l’ONU. « Les vols humanitaires (avaient) dû être interrompus en mars en raison des préoccupations de santé publique liées à la pandémie de coronavirus, qui ont entraîné la suspension du trafic aérien dans de nombreux pays », rappelle le HCR dans un communiqué.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#niger#humanitaire#sante#pandemie#hcr#refugie#demandeurasile

  • Ouvrir les #archives de l’#Ofpra, replacer l’#asile dans l’#histoire de l’immigration

    L’Office français de protection des réfugiés et apatrides a décidé d’ouvrir ses archives aux chercheurs en 2010 pour la première fois depuis sa création, 58 ans auparavant. #Aline_Angoustures, aujourd’hui cheffe de la Mission histoire et exploitation des archives de l’Ofpra, a joué un rôle important dans cette ouverture. Dix ans après, elle en fait le bilan.

    Créé par la loi du 25 juillet 1952, l’Ofpra est un établissement public administratif en charge de l’application des textes relatifs à la reconnaissance de la qualité de réfugié, d’apatride et à l’admission à la protection subsidiaire. Important pays d’accueil, la France a mis du temps à ouvrir ces archives de l’asile aux historiens.

    La difficulté d’accès à ces documents a été soulignée par les chercheurs. Pour la contourner, certains ont obtenu des autorisations exceptionnelles auprès de l’Ofpra comme Catherine Gousseff pour étudier les Russes des années 1920-1940, ou auprès de la Commission des recours des réfugiés (CRR) comme Gérard Noiriel, qui a pu travailler sur les recours de ceux dont la demande auprès de l’Ofpra n’avait pas abouti.

    D’autres, telle Karen Akoka, ont mené des entretiens ou consulté les archives d’un ancien Secrétaire général depuis restituées à l’Ofpra. D’autres fonds d’archives se rapportant à l’asile étaient accessibles, comme ceux de l’Organisation internationale des réfugiés (OIR) aux Archives Nationales, ou les fonds du ministère des Affaires étrangères, tutelle de l’Ofpra depuis sa création à 2010. Mais les premiers sont assez difficiles à utiliser car triés sans logique scientifique et les seconds sont peu commodes à identifier parce que les questions d’asile sont restées en arrière-plan de l’activité diplomatique et ont relevé de directions différentes du ministère.

    L’accès aux archives de l’Ofpra

    Les dossiers nominatifs des demandeurs d’asile et réfugiés constituent l’essentiel des fonds (plus d’un million de dossiers). Sur support papier jusqu’en 2010, date de la mise en place de la dématérialisation de la procédure, ils ne sont communicables que 50 ans après la date d’enregistrement du dernier document au dossier (article 213-2 du Code du Patrimoine). Les archives concernant les réfugiés Nansen (1924 -1952) sont donc accessibles. Elles ont été partiellement mises en ligne dans une salle de lecture virtuelle. Pour les dossiers non communicables, une dérogation peut être accordée après délibération entre l’intérêt de la recherche et la protection de la sécurité des personnes ou de leur vie privée. Les fichiers et bases de données ne sont donc pas accessibles aux chercheurs. C’est la Mission histoire et exploitation des archives qui se charge des recherches, sur demande et souvent après un premier rendez-vous scientifique.

    Les archives administratives sont accessibles directement ou au terme de délais compris entre 25 et 50 ans après la date du document. Elles sont en cours de classement et description mais d’ores et déjà les inventaires sont disponibles en salle de lecture. Elles ont malheureusement subi beaucoup de pertes, compensées par une collecte d’archives orales filmées : https://francearchives.fr/findingaid/871f23c03adff7bad10ef3253415c26f59dc2365.

    Je suis fonctionnaire à la CRR dans les années 1990 lorsque la question des archives de l’immigration fait l’objet d’une attention nouvelle en France. Dans ce corpus, les archives des migrations forcées ou des réfugiés et des politiques d’asile ne sont pas toujours visibles, ni prioritaires. L’historiographie du moment s’inscrivait dans la continuité des engagements contre la guerre d’Algérie, donc sur les archives concernant les migrants d’Afrique du Nord et, par voie de conséquence, les migrations économiques — plutôt que politiques. Les précurseurs de l’histoire de l’asile, telle Dzovinar Kévonian, sont rares.

    Je suis également historienne. J’ai soutenu ma thèse sur l’histoire de l’Espagne sous la direction de Pierre Milza, l’un des pionniers de l’histoire de l’immigration. Grâce à cette double casquette de praticienne et de chercheuse, je décide de travailler sur les réfugiés de la guerre civile espagnole dans les archives de l’Ofpra et j’obtiens l’un de ces accès très dérogatoires — et privilégiés — aux archives de l’organisation. Je sors de cette expérience convaincue qu’il faut ouvrir ces archives à la recherche du fait de leur richesse et de leur apport à l’étude de l’asile en France. Je présente donc une proposition à la direction de l’établissement.

    La première étape a été de s’assurer de la communicabilité de ces fonds très protégés, puisque la loi créant l’Ofpra dispose que ses archives sont inviolables et que le Conseil constitutionnel a donné à la confidentialité des dossiers nominatifs une valeur de « garantie essentielle du droit d’asile, principe de valeur constitutionnelle »1. Cette communicabilité, au terme d’un délai de 50 ans, s’accompagne de mesures de protection : les instruments de recherche nominatifs ne sont pas directement accessibles et l’Ofpra assure la conservation et la gestion de la communication de ses propres fonds (c’est le rôle de la Mission histoire et exploitation des archives que je dirige), en dérogation à la règle commune de versement aux Archives nationales.

    La deuxième étape a été de convaincre cette institution de l’intérêt de valoriser ses archives, alors que ce n’est pas sa mission. Je me suis beaucoup appuyée sur la valorisation, le prêt d’archives pour des expositions, la publication de plaquettes, la mise en avant de réfugiés célèbres, comme le peintre Marc Chagall ou l’actrice Maria Casarès. Puis, nous avons mis en place un Comité d’histoire qui, depuis 2010, accompagne et conseille les chercheurs et les étudiants, et organise des travaux scientifiques, ouvrant ainsi le champ de ce que nous appelons « l’administration de l’asile ».
    Plus d’un million de personnes protégées au titre de l’asile depuis les années 1920

    Mon expérience de praticienne à la CRR m’a été précieuse autant que le fait d’être historienne car, avant d’ouvrir les archives de l’institution, il a fallu les explorer dans leur ensemble et surtout les contextualiser.

    Les archives de l’Ofpra représentent environ 10 kilomètres linéaires de documents et remontent — pour les plus anciennes — à l’administration de la protection des bénéficiaires du premier statut de réfugié international créé en 1922 avec le passeport Nansen.

    Les dossiers nominatifs des demandeurs d’asile et des réfugiés, principales archives de nos fonds, illustrent les deux grandes missions de l’Ofpra. La première est l’instruction des demandes d’asile qui commence par un document appelé « formulaire de demande d’enregistrement (ou de protection) ». Les premiers datent des années 1930 et ne font qu’une seule page jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il n’en fallait pas plus pour décliner l’identité, la provenance et l’état civil du réfugié : nous sommes encore à la période du statut Nansen et les réfugiés sont définis par groupes nationaux ayant perdu la protection de leur État d’origine. Les Russes exilés sont les premiers à en bénéficier, déchus de leur citoyenneté par le régime bolchévique.

    Après 1945, le formulaire s’étoffe de nouvelles questions sur les causes et dates du départ du pays, mais surtout sur la raison de la demande de protection. Cette motivation prend de plus en plus d’importance avec la convention de Genève adoptée en 1951, dont l’article 1er A2 définit le réfugié comme une personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ». Les formulaires sont parfois bilingues ou rédigés entièrement dans une langue étrangère car, jusqu’aux années 1970, les agents sont eux-mêmes des réfugiés. Le nombre de pages s’accroit au fil du temps et, aujourd’hui, le formulaire compte 16 pages et est uniformisé.

    Il s’y ajoute parfois des récits sur papier libre et des pièces justificatives. L’entretien oral est un élément essentiel de cette instruction mais les traces écrites de cet échange sont rares, voire inexistantes, jusque dans les années 1970. Depuis les années 2000, un compte-rendu d’entretien est présent ainsi qu’un enregistrement audio depuis 2015. En cas de rejet de la demande, on trouve les éléments sur le recours déposé auprès de la CRR (devenue Cour nationale du droit d’asile en 2000).

    Le dossier est beaucoup plus conséquent si le demandeur est déclaré réfugié car il contient des documents relatifs à la deuxième grande mission de l’Office : l’exercice de la protection, manifestée notamment par la délivrance de documents nécessaires à la vie civile, sociale et professionnelle du réfugié.

    Il y a d’abord le « certificat de réfugié », régulièrement renouvelé et porteur d’une photographie, mais qui sera supprimé en 2004. Le dossier comprend aussi toutes les pièces d’état civil ayant valeur d’actes authentiques établies pour le réfugié pendant la durée de son statut. Un certain nombre d’attestations produites par l’Ofpra peuvent enfin être présentes, comme les attestations destinées aux autorités allemandes pour l’indemnisation des victimes du nazisme. Le dossier est clos quand la personne perd ou renonce à son statut.

    Les archives administratives attestent du fonctionnement de l’institution. On y trouve notamment des rapports d’activité et des outils de travail essentiels pour l’analyse des dossiers. Les fonctionnaires de l’Ofpra recueillent ainsi des informations sur les pays d’origine et sur le droit, comme par exemple le refus de la délivrance du statut de réfugié aux auteurs et complices de crimes contre l’humanité, exclus de la Convention de Genève.

    Ces archives administratives permettent aussi d’écrire l’histoire de l’institution et de répondre à de nombreuses questions. Quelle a été l’insertion dans l’administration française d’une institution héritière d’anciens consulats et d’une mission de droit international ? Quelle est sa place dans les instances européennes et les organisations internationales ? Comment s’est constitué un réseau des acteurs de l’asile ?
    La réponse apportée aux demandeurs par l’institution : un sujet au cœur de la recherche sur la catégorie de réfugié

    Il est important de retenir que ce ne sont pas des archives sur la politique d’immigration ou sur les étrangers en France, mais sur l’exercice du droit d’asile et les personnes qui s’en sont réclamées. À ce premier niveau — qui demande l’asile ? —, elles permettent des travaux sur la nature des demandes d’asile (provenance, origines sociales ou régionales, argumentaires déployés). Au deuxième niveau, les archives permettent d’affiner l’étude de la réponse apportée aux demandeurs — une étude qui est au cœur des questionnements de la recherche sur la catégorie de réfugié. Au troisième niveau, les archives permettent un travail important sur le parcours d’intégration des réfugiés.

    Grâce aux travaux de recherche engagés depuis l’ouverture des archives de l’Ofpra en 2010, la connaissance du fonctionnement de l’asile en France a beaucoup progressé et de nouveaux chantiers sont ouverts sur la place de l’asile dans l’immigration, les interactions entre les groupes de réfugiés et les institutions de l’asile ou les relations de la pratique de l’asile avec les évolutions des droits de l’Homme, de la géopolitique, des questions de souveraineté et d’intégration. Les archives nous montrent que cette complexité et cette mise en tension a eu des répercussions importantes sur une institution qui a su s’adapter à ces évolutions depuis son origine.

    http://icmigrations.fr/2020/10/08/defacto-022-01
    #réfugiés #migrations #France

  • L’OIM et l’équipe médicale d’urgence du Royaume-Uni poursuivent l’aide sanitaire contre la COVID-19 pour les réfugiés et les habitants à Cox’s Bazar | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/loim-et-lequipe-medicale-durgence-du-royaume-uni-poursuivent-laide-sanitaire-co

    Cox’s Bazar - Depuis le début de la crise sanitaire de la COVID-19 au Bangladesh, les organismes humanitaires de Cox’s Bazar travaillent 24 heures sur 24 pour se préparer à faire face efficacement à l’épidémie dans le district, qui abrite l’un des plus grands camps de réfugiés au monde. La clé de cet énorme effort consiste à renforcer les partenariats existants et à rechercher de nouvelles opportunités de collaboration pour remédier au manque d’expertise technique et à la pression sur les ressources humaines dans une crise des réfugiés déjà complexe. En mai de cette année, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Equipe médicale d’urgence du Royaume-Uni (UK EMT) - financée par l’Office britannique du Commonwealth & du développement - ont relancé les efforts communs en matière de santé pour lutter contre la propagation de la COVID-19 dans le district. Cet effort vise à améliorer les mesures de prévention et de contrôle des infections tout en soutenant la gestion des cas et les systèmes d’orientation pour les communautés rohingyas et bangladaises voisines.
    Grâce à ce partenariat, deux établissements de santé existants ont été modernisés, des centaines de travailleurs sanitaires ont été formés et trois centres d’isolement et de traitement des infections respiratoires aiguës sévères ont été conçus, construits et équipés pour fournir un traitement digne et efficace aux personnes infectées par la COVID-19. Des équipes de sensibilisation ont été mises en place pour encourager les comportements sains, renforcer la communication avec les communautés et promouvoir l’utilisation des établissements de santé (pour la COVID-19 et d’autres services de santé essentiels). « Les efforts conjoints de l’OIM et UK EMT profitent grandement à la réponse à la COVID-19, en particulier pour les plus vulnérables de Cox’s Bazar. Le soutien apporté par UK EMT en matière de renforcement des capacités, d’orientation technique et de supervision des équipes cliniques améliore la qualité des services fournis à la fois à la communauté d’accueil et aux populations réfugiées », a déclaré le Dr Charles Erik Halder, responsable national du programme de préparation et de réponse aux urgences de l’OIM à Cox’s Bazar.

    #Covid-19#migrant#migration#coxsbazar#bangladesh#refugie#rohingyas#sante#humanitaire

  • HCR - Le HCR fait état de besoins humanitaires croissants au Sahel alors que les déplacements forcés s’y intensifient
    https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2020/10/5f894c72a/hcr-fait-etat-besoins-humanitaires-croissants-sahel-deplacements-forces.html

    Le HCR a considérablement renforcé ses activités au Sahel central. Nous avons fourni des abris d’urgence à 81 144 personnes déplacées ; nous avons pris en charge les victimes de violences sexuelles et sexistes grâce au déploiement de cliniques mobiles ; dans le cadre de la crise de Covid-19, nos actions ont permis à 338 411 personnes de bénéficier de soins de santé essentiels ; et suite à la fermeture des écoles, quelque 12 000 enfants des communautés déracinées et des communautés d’accueil ont pu poursuivre leurs études grâce à l’enseignement à distance. Les gouvernements du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad se sont engagés à accorder une place centrale à la question de la protection des personnes déracinées et des communautés qui les accueillent. Au début de cette semaine, ces gouvernements ont lancé le « Processus de Bamako », une plateforme intergouvernementale visant à mettre en place des actions concrètes et rapides afin de renforcer la coordination entre les acteurs de la sécurité et de l’aide humanitaire et de garantir l’accès humanitaire, la protection et l’assistance aux populations touchées.
    Le HCR doit disposer d’un soutien financier continu et durable pour ses activités au Sahel central. Des ressources sont nécessaires au-delà de la fin de cette année pour que le HCR et ses partenaires puissent continuer à accroître leur assistance. La conférence des donateurs du 20 octobre est l’occasion pour ces derniers de faire preuve de leur engagement en vue d’éviter une aggravation de la situation. Le moment est venu d’agir au Sahel.

    #Covid-19#migrant#migration#sahel#afrique#sante#refugie#personnedeplacee#hcr#humanitaire#protection

  • HCR - Alors que le Covid-19 fait rage, une entreprise mexicaine se mobilise pour sauver des vies
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/10/5f8971baa/covid-19-fait-rage-entreprise-mexicaine-mobilise-sauver-vies.html

    Il fait partie d’une équipe qui fabrique des machines à laver à usage industriel, modifiées pour mieux éliminer les agents pathogènes et destinées à être distribuées aux hôpitaux et aux cliniques d’Amérique latine qui traitent les patients atteints de Covid-19, ainsi qu’aux centres d’hébergement pour réfugiés, demandeurs d’asile et migrants.La société pour laquelle il travaille, Mabe, produit également des « aéroboîtes », qui sont en réalité des coques de réfrigérateur en plastique transformées en écrans séparateurs pour aider à protéger les médecins, les infirmières et le personnel médical de première ligne pendant le processus délicat d’intubation des patients.« Je suis très fier de contribuer par mon travail à aider les autres pendant la pandémie », déclare ce père de deux enfants, en prenant une pause sur la chaîne de production qu’il dirige dans la ville de Saltillo, dans le nord du Mexique. « Cela sera d’une grande aide pour les familles dans les refuges. »
    José Manuel fait partie de la centaine de réfugiés et demandeurs d’asile employés par Mabe, entreprise fondée il y a 74 ans par deux entrepreneurs qui ont fui les troubles en Espagne après la guerre civile. L’entreprise est aujourd’hui l’un des plus grands fabricants d’appareils électroménagers au monde.Arraché à son pays d’Amérique centrale par les menaces de mort émanant de gangs, José Manuel est arrivé au Mexique en 2016 avec sa famille, leurs vies entassées dans quelques valises seulement.
    Après avoir quitté une ville située à la frontière sud du Mexique pour s’installer à Saltillo, à quelques heures de route du Texas, José Manuel a commencé à travailler pour Mabe en 2016 et est aujourd’hui à la tête de la chaîne de production de machines à laver. Le programme de relocalisation géré par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, procède au transfert de milliers de réfugiés depuis les points d’entrée très fréquentés du sud du Mexique vers les centres industriels plus prospères du centre et du nord.
    Ils y ont plus de chances de trouver un emploi stable, ce qui leur permet de mieux s’intégrer dans la société mexicaine. Rien qu’en 2019, le HCR a relocalisé plus de 5500 personnes, leur fournissant aussi une assistance pour les aider à redémarrer leur vie dans leur nouvelle ville d’accueil.
    Les nombreux réfugiés du Honduras, du Salvador et du Guatemala qui travaillent pour Mabe « sont extrêmement dévoués à l’entreprise et ont envie de réussir et de profiter pleinement de l’opportunité qui leur est offerte », explique Pablo Moreno, un responsable de l’entreprise.
    L’Amérique latine est actuellement l’un des épicentres de la pandémie de coronavirus. Le Mexique, avec sa population de 130 millions d’habitants, est le quatrième pays au monde, après les États-Unis, le Brésil et l’Inde, pour ce qui est du nombre de décès liés au Covid-19, selon le système mondial de suivi des cas de coronavirus de l’université Johns Hopkins.
    À ce jour, Mabe a fabriqué et fait don de plus de 30 000 « aéroboîtes » et 500 machines à laver à des hôpitaux, des cliniques et des refuges au Mexique, au Panama, au Costa Rica, au Honduras, au Salvador, au Guatemala et en République dominicaine. Et cela rend Pablo Moreno fier de ses collaborateurs réfugiés. « Nous sommes vraiment heureux du fait que nos employés réfugiés sont en première ligne de la lutte contre le coronavirus. »

    #Covid-19#migrant#migration#ameriquelatine#mexique#salvador#guatemala#sante#refugie#economie

  • ’It’s like Judgment Day’: Syrians Recount Horror of an Underreported COVID-19 Outbreak - Newlines Magazine

    For almost two months after the first case was announced in Syria, official figures showed limited circulation of the virus, with under 50 cases by mid-May. At the time of this writing, that figure had risen to 4,457 cases in territories run by the government, 1,072 in rebel-controlled areas in northwestern Syria, and 1,998 in northeast Syria, where a predominantly Kurdish de facto autonomous administration is in charge. Only 192 deaths have been registered by the Ministry of Health.

    In quarantine centers, which housed suspected domestic COVID-19 cases as well as ones coming from abroad including hundreds of repatriated citizens, people were jammed together in small rooms and forced to share unsanitary utilities. Karam, an administrative assistant at a cash transfer agency, was taken to a center in the Damascus countryside upon his return from Baghdad, where he had to sleep on unwashed sheets and pillowcases.

    In Idlib in the northwest, where Turkey-backed opposition forces hold sway, the outbreak continues to grow, albeit at a slower pace. The northwest is home to vulnerable populations of internal refugees who cannot adhere to social distancing or adequate handwashing in crowded camps. The region has also lost many of its medical centers and health care workers due to Russian and Syrian regime airstrikes over the past few years.

    #Covid-19#Syrie#camp#guerre#Santé#réfugiés#déplacés#migration#quarantaine

    https://newlinesmag.com/dispatch/its-like-judgment-day-syrians-recount-horror-of-an-underreported-covid-

  • Le nord-ouest de la Syrie démuni face à la Covid-19 - Orient XXI

    Mohamed Akram vit dans le camp de réfugiés Al-Karama, dans la région d’Idlib, non loin de la frontière turque. Adossé à sa mobylette, il attend pendant des heures d’avoir une course pour l’un des villages voisins, et pour laquelle il sera payé 500 livres syriennes (environ 20 centimes d’euro) : « Certains jours sont meilleurs que d’autres, j’arrive alors à gagner 3 000 livres par jour [environ 1,10 euro]. Il s’agit souvent de patients qui ont besoin de se rendre dans un des hôpitaux de la région. » Cette somme ne suffit toutefois pas à nourrir sa famille de huit personnes, et qui vit sous une tente, où elle ne dispose même pas du strict nécessaire.

    #Covid-19#Syrie#Pandémie#Santé#camp#Idlib#migrant#Politique#réfugiés#migration

    https://orientxxi.info/magazine/le-nord-ouest-de-la-syrie-demuni-face-a-la-covid-19,4174

  • HCR - Des villageois centrafricains partagent leurs ressources limitées avec les réfugiés
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/10/5f85c24ea/villageois-centrafricains-partagent-ressources-limitees-refugies.html

    Ils sont victimes de la violence dans une région qui ne suscite guère d’attention de la part de la communauté internationale. La République centrafricaine accueille un peu plus de 10 000 réfugiés, dont la moitié a fui la RDC. Le pays compte environ 641 000 personnes déplacées internes, tandis que 619 000 autres ont fui la République centrafricaine vers les pays voisins. Pour aider à répondre aux besoins essentiels à Toko Kota, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, a distribué une aide d’urgence avec 1000 kits contenant des bâches en plastique pour construire des abris, des moustiquaires, des matelas, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des jerricans et des seaux. Le HCR a également distribué des stations de lavage des mains et du savon, qui sont essentiels pour lutter contre la pandémie de Covid-19.
    Il a fallu deux jours au convoi du HCR pour parcourir les 500 kilomètres qui séparent Bangui, la capitale, du village en empruntant des routes boueuses et des ponts branlants, et à travers un territoire contrôlé par des groupes armés. Le convoi a également emprunté un ferry vétuste pour traverser une rivière.« Le HCR travaille en étroite collaboration avec les autorités de la République centrafricaine pour s’assurer que les réfugiés sont enregistrés et reçoivent une aide d’urgence. En période de pandémie de Covid-19, il est important de soutenir les réfugiés et leurs hôtes », a déclaré Hamdi Bukhari, le représentant du HCR en République centrafricaine

    #Covid-19#migrant#migration#republiquecentrafricaine#republiquedemocratiquecongo#sante#refugie#kitsanitaire#vulnerabilite

  • HCR - La pandémie de Covid-19 génère un « désespoir généralisé » parmi les réfugiés ; le HCR appelle à un soutien urgent pour les soins de santé mentale
    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2020/10/5f8172a04/pandemie-covid-19-genere-desespoir-generalise-refugies-hcr-appelle-soutien.ht

    Les conséquences de la pandémie prolongée de Covid-19, la détérioration des conditions socio-économiques, le déplacement prolongé et l’insuffisance critique des solutions au déplacement suscitent un sentiment de désespoir généralisé parmi les réfugiés, avertit aujourd’hui le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.En se joignant à l’Organisation mondiale de la santé pour célébrer aujourd’hui la Journée mondiale de la santé mentale, le HCR exhorte la communauté internationale à donner la priorité et à renforcer les programmes essentiels pour les soins de santé mentale au bénéfice des réfugiés et des déplacés internes. « La nécessité de soutenir les soins de santé mentale pour les populations déracinées était déjà essentielle avant la pandémie mais nous sommes désormais confrontés à une urgence et à un tableau de désespoir généralisé », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.
    « De nombreux réfugiés nous font part de sombres perspectives pour leur avenir. Les problèmes qui les ont poussés à quitter leur pays ne sont pas résolus et ils ne peuvent pas rentrer chez eux. Beaucoup de ceux qui ont survécu à l’exil en gagnant leur vie dans l’économie informelle ont perdu leur emploi. Ils sont également inquiets pour leur santé et celle de leur famille, ne sachant pas quand la pandémie va se terminer et comment ils peuvent réellement se protéger. Ils constatent une absence de solutions et manquent d’espoir pour l’avenir. »
    De manière alarmante, le rapports de terrain font état d’une augmentation des tentatives de suicide depuis le début de la pandémie, y compris parmi les personnes vivant dans des situations de déplacement prolongé. Le nombre de tentatives de suicide parmi les réfugiés en Ouganda a augmenté de manière significative, avec 210 tentatives signalées en 2020 contre 129 en 2019. Au Liban, les appels au centre téléphonique d’assistance géré par le HCR passés par des réfugiés qui pensent au suicide ou à l’automutilation ont également augmenté ces derniers mois.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#santementale#refugie#personnedeplacée#suicide#exil#economie#famille

  • HCR - Des réfugiés en Afrique du Sud font preuve de bienveillance à l’égard de leurs hôtes
    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/10/5f86c6baa/refugies-afrique-sud-font-preuve-bienveillance-legard-hotes.html

    Par Kate Pond à Pretoria, Afrique du Sud | 13 octobre 2020 | English
    C’est la solidarité dont ont fait preuve des inconnus qui motive Saeed Mohamed à rendre la pareille. Les Sud-Africains l’ont accueilli lorsqu’il est arrivé de Somalie en tant que réfugié et il veut maintenant à son tour venir en aide à la communauté dans le contexte de la crise de Covid-19 qui sévit dans le pays.« Si nous perdons espoir, nous nous égarons », dit-il. « Quand nous sommes arrivés ici, les Sud-Africains nous ont donné un foyer. Maintenant je veux simplement pouvoir les aider moi aussi. »Saeed a fui la guerre civile en Somalie à l’âge de 17 ans, en 1991. Depuis lors, il a mené une brillante carrière de banquier et se considère désormais comme faisant partie d’une communauté d’hommes d’affaires somaliens qui ont trouvé refuge en Afrique du Sud. La crise du coronavirus lui a donné l’occasion de témoigner de sa reconnaissance.Vers la fin du mois de mars, le groupe a lancé une campagne de prise en charge alors que les mesures de confinement étaient adoptées à l’échelle nationale, afin de venir en aide aux personnes les plus susceptibles de souffrir de la situation.
    Ils ont commencé par distribuer des masques, du désinfectant pour les mains et des colis de nourriture aux habitants des quartiers défavorisés de Pretoria et de Johannesburg, puis se sont rendus dans d’autres régions du pays. Saeed est au centre de cette initiative, nourri par les souvenirs de sa fuite de Somalie et de la bienveillance qu’il a ressentie à son arrivée en Afrique du Sud

    #Covid-19#migrant#migration#afriquedusud#somalie#refugie#sante#confinement#mesuresanitaire

  • La géographie du programme d’hébergement des demandeurs d’asile « #ESTIA » à Athènes

    A partir de 2015, avec l’arrivée massive de populations réfugiées en Grèce, toute une série de programmes destinés aux demandeurs d’asile et aux réfugiés ont été élaborés et mis en œuvre par divers acteurs, principalement dans l’espace urbain athénien. Ces programmes recouvrent (directement ou indirectement) différents aspects de la problématique d’implantation socio-spatiale des demandeurs d’asile et des réfugiés dans le cadre de la ville, ce qui soulève des questions concernant les tendances à l’œuvre, ainsi que les actions institutionnelles visant à favoriser la cohabitation des différentes communautés au niveau local.

    Cet article analyse les dimensions socio-spatiales et la géographie du programme d’hébergement « ESTIA » pour les demandeurs d’asile à Athènes. En dépit du fait que ces dimensions n’aient pas été strictement et publiquement déterminées au cours de l’élaboration du programme, elles seront ici explorées de façon sélective à travers : a) les critères de localisation des structures de l’ESTIA (appartements et bâtiments) au sein du tissu urbain, et b) le discours et la vision des acteurs compétents en matière de diversité ethnique, de répartition et de ségrégation socio-spatiale à Athènes. En outre, nous commenterons le cadre d’élaboration de l’ESTIA, entre « urgence » et « intégration », ainsi que l’importance d’un certain nombre d’actions urbaines qui ont été réalisées. Les aspects ainsi analysés sont liés à l’interaction entre les différents groupes ethniques au sein de la ville, ils entrent en résonance avec les conceptions véhiculées par les études urbaines et la cohabitation interethnique comme processus inextricablement dépendant de l’espace, et rappellent le caractère fondamental de questions telles que la diversité ethnique, la mixité et la ségrégation socio-spatiales.

    Cette recherche a été menée dans le cadre de la thèse de doctorat de l’auteure. La méthodologie suivie consiste en une analyse de la législation relative au sujet, d’un suivi systématique des politiques menées, du rassemblement, traitement et cartographie de données quantitatives, et d’interviews semi-formelles de représentants des structures impliquées.

    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/la-geographie-du-programme-estia
    #asile #migrations #réfugiés #hébergement #logement #Athènes #Grèce #cartographie #visualisation

  • Le quartier d’habitat social à #Tavros

    La zone étudiée est l’un des quartiers créés à Athènes (comme ceux de Dourgouti, Asyrmatos, Ambelokipi, etc.) afin de loger les réfugiés d’Asie Mineure de la décennie 1920. L’installation des réfugiés s’est faite soit par auto-installation dans des baraquements, soit de manière organisée dans des logements construits par l’État. Au cours des années qui ont suivi le quartier a reçu un grand nombre de migrants de l’intérieur, tandis que dès les années 1950 débute la construction progressive d’immeubles dédiés au relogement des réfugiés et ouvriers vivant dans les baraquements. Contrairement à d’autres zones d’habitation de réfugiés (comme par exemple Ilissos, Polygono, Kountouriotika), qui ont été rasés et dont les traces se sont perdues puisqu’elles se sont totalement fondues dans le tissu urbain environnant, Tavros est parvenu, à travers la création d’ensembles de logements sociaux, à conserver ses particularités vis-à-vis de son environnement large.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/lhabitat-social-a-tavros
    #urbanisme #géographie_urbaine #Grèce #Athènes #habitat_social #cartographie #visualisation #réfugiés #histoire #quartiers_de_réfugiés

  • Atlas social et spatial du #Pirée des réfugiés

    Le programme de recherche interdisciplinaire de la Fondation Nationale de la Recherche et de l’Université polytechnique nationale d’Athènes « #Quartiers_de_réfugiés du Pirée – de l’émergence à la mise en valeur de la mémoire historique », dont l’objectif est d’étudier l’ensemble des #quartiers de réfugiés qui se sont développés dans l’agglomération piréote après 1922, s’est achevé il y a quelques mois. A cette occasion, nous en présenterons ici brièvement les constatations en matière sociale et urbanistique.

    L’installation urbaine des réfugiés dans l’agglomération du Pirée a constitué un processus graduel qui à ce jour n’a toujours pas fait l’objet d’une analyse détaillée. Ce programme de recherche a tenté d’analyser cette installation en exploitant des documents historiques, des archives non classées, des journaux d’époque mais également des témoignages oraux. D’autre part, un grand nombre de plans topographiques et de fragments de cartes ont été rassemblés par les différents services et structures investies dans cette étude, et qui, après numérisation et harmonisation, ont été positionnés sur un même fonds cartographique. Ceci a rendu possible une lecture et une compréhension plus approfondie de la géographie urbaine de l’installation des réfugiés.

    Tout ce que nous venons d’évoquer a permis d’élaborer une nouvelle narration de l’histoire de l’installation des réfugiés au Pirée, ainsi que de l’identification et de la mise en valeur de lieux d’un intérêt particulier d’un point de vue urbanistique et historique. Les éléments rassemblés suite à un plus ample traitement et à un examen approfondi du processus d’évolution résidentielle, serviront de base à la création de l’atlas des réfugiés de l’agglomération piréote.


    https://www.athenssocialatlas.gr/fr/article/atlas-social-et-spatial-du-piree-des-refugies
    #histoire #réfugiés #Athènes #Grèce #géographie_urbaine #urbanisme #mémoire #cartographie

  • Canarias recibe más de 1.000 migrantes a bordo de 37 pateras en 72 horas

    Las islas Canarias han recibido unos 1.015 migrantes a bordo de un total de 37 pateras y cayucos en las últimas 72 horas coincidiendo con los tres días de visita del ministro de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones, José Luis Escrivá, al archipiélago.

    Según ha informado Cruz Roja, por islas, desde el pasado jueves Gran Canaria contabiliza 429 migrantes en 27 embarcaciones irregulares, Tenerife 485 en cuatro pateras y cayucos, Lanzarote 95 personas en cinco embarcaciones y Fuerteventura seis migrantes en una patera. Asimismo, el Muelle de Arguineguín, en el municipio grancanario de Mogán, acoge en la actualidad un total de 375 personas mientras que, según dijo el propio Escrivá este viernes, unos 2.700 migrantes están alojados en hoteles de las islas al no contarse con recursos habitacionales suficientes para el volumen de pateras que están llegado.

    Con esta tendencia, el ministro de Migraciones, José Luis Escrivá, ha advertido de que Canarias se puede enfrentar a una crisis migratoria similar a la que vivió entre 2004 y 2008, de ahí que haya considerado que el Gobierno español “tiene que dar una respuesta equivalente” a este repunte.

    Tras reunirse en la Delegación del Gobierno en Canarias con su titular, Anselmo Pestana, el presidente del Ejecutivo regional, Ángel Víctor Torres, y el presidente del Cabildo de Gran Canaria, Antonio Morales, Escrivá ha admitido que el muelle de Arguineguín, donde Salvamento desembarca a los inmigrantes que rescata en el mar cerca de esta isla, no reúne las condiciones que requiere la recepción de estas personas.

    Por ello, el ministro ha admitido la necesidad de buscar soluciones y dotar a Gran Canaria de “las capacidades” que posee Tenerife para atender a estas personas durante las primeras 72 horas tras su llegada a la isla, tras las que pasan a la red de acogida que gestiona el departamento que dirige través de ONG como Cruz Roja.

    Escrivá también ha estimado que esta red de acogida de inmigrantes presenta deficiencias en Gran Canaria, una situación que ha achacado a que “no se ha sido capaz de pensar que pudiera volver una crisis migratoria”, por lo que ha agradecido a los ayuntamientos y cabildos canarios que han cedido instalaciones para estos fines, así como a los establecimientos hoteleros que albergan a 2.700 personas llegadas a las islas en pateras o cayucos.

    El ministro se ha comprometido a tratar de convencer al Ministerio de Defensa para que ceda infraestructuras que tiene en La Isleta, de forma que pueda ampliarse la capacidad de acogida de Gran Canaria, para lo que también ha dicho que su departamento trabaja con la Sareb en busca de opciones adecuadas en todas las islas.

    Sobre las repercusiones que está teniendo en Canarias este repunte migratorio, el presidente regional, Ángel Víctor Torres, ha manifestado que “es necesario que los ministros visiten” el archipiélago “para que conozcan en persona esta grave crisis”, de forma que puedan “coordinarse las medidas” interministeriales que se precisan.

    Por ello, ha considerado que es necesario que tanto los titulares de Interior y Defensa como el propio presidente del Gobierno español regresen al archipiélago para analizar sobre el terreno las soluciones que corresponde dar a esta “emergencia”, entre las que ha citado la necesaria reactivación de las políticas de devolución y derivación.

    Para Torres, quien ha recordado que el Gobierno canario y los cabildos de las siete islas tutelan a un millar de menores inmigrantes no acompañados llegados a las islas en barquillas, la UE “ha fallado estrepitosamente en la política migratoria” porque “esto no puede ser un problema de la frontera sur”.

    https://www.lavanguardia.com/local/canarias/20201010/483981293385/canarias-1000-migrantes-pateras-72-horas.html
    #Canaries #îles_Canaries #asile #migrations #réfugiés #routes_migratoires #itinéraires_migratoires