• Est-il vrai qu’autrefois les migrations n’étaient pas aussi nombreuses ?
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=R39EikLlXR4

    La migration apparaît aujourd’hui comme un phénomène sans précédent. Pourtant, un regard sur l’histoire le montre : l’Homme s’est toujours déplacé, et ce dans une plus grande mesure que nous ne le pensons souvent. Depuis Homo sapiens et Néandertal aux légionnaires romains, des vagues d’émigration vers l’Amérique du Nord et de la Partition des Indes au programme Bracero aux États-Unis, un voyage au cœur de l’un des débats de société les plus controversés du moment.

    #mythe #migrations #réfugiés #préjugés #migration_de_masse #histoire #frontières #homo_sapiens #archéologie #mouvement #mobilité #homo_migrans #nomadisme #sédentarité #émigration_européenne #Etats-nations #symboles #identité #frontières_nationales #altérité #migration_forcée #Huguenots #déportation #expulsion #traite_des_esclaves #Inde #sous-continent_indien #Radcliffe #Cyril_Radcliffe #religion #Pakistan #mémoire #silence #Allemagne #travailleurs_immigrés #Etats-Unis #braceros #racisme #wetbacks #3% #eurocentrisme #ressources_pédagogiques #vidéo #film

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    #Ligne_Radcliffe

    La ligne Radcliffe est la ligne de partition entre les dominions de l’Inde (ou « Union indienne ») et du Pakistan (ce dernier incorporant alors l’actuel Bangladesh, qui formait alors une province pakistanaise sous le nom de Bengale oriental) qui deviendra, à l’indépendance de ces deux pays le 15 août 1947, leur frontière commune.

    Son tracé, qui inclut donc les actuelles frontières indo-pakistanaise et indo-bangladaise (créant de nombreuses enclaves indo-bangladaises), a été déterminé par une commission frontalière présidée par Sir Cyril Radcliffe (assisté de deux hindous et de deux musulmans) et dont la tâche était de décider d’une répartition équitable des habitants et territoires entre les deux futurs États.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Radcliffe

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    #Programme_Bracero
    Le programme Bracero représente une série de lois du

    travail aux États-Unis entre 1942 et 1964 octroyant un nombre limité de permis de travail temporaires à des ouvriers mexicains car la Seconde Guerre mondiale entraînait un besoin en bras supplémentaires (dans l’agriculture mais aussi le ferroviaire).

    Le terme bracero est dérivé de l’espagnol « brazo » signifiant « bras », pour désigner celui qui vit de sa force de travail. Depuis, il désigne des travailleurs originaires du #Mexique ayant migré en Californie pour y travailler dans les champs ou les usines, souvent en situation de semi-clandestinité[1]. Le terme est proche de « wetback » (« dos mouillé »), qui caractérise les migrants traversant la frontière par le Rio Grande.

    Par extension, ce terme peut faire référence à un coupeur de canne haïtien travaillant dans un batey de République dominicaine.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Bracero

    ping @karine4 @reka

  • Cutro, 94... and more

    Il documentario “Cutro, 94… and more” di Angelo Resta ricostruisce una delle più gravi tragedie migratorie della storia recente italiana, avvenuta il 26 febbraio 2023 quando il caicco Summer Love si infrange in una secca a pochi metri dalla spiaggia di Steccato di Cutro, naufragando, e 94 persone, di cui 35 bambini, persero la vita. Un racconto rigoroso che restituisce contesto, responsabilità e memoria collettiva attraverso le testimonianze dirette dei primi giornalisti giunti sul luogo e i racconti di chi c’era e ne porta ancora le lacerazioni dell’anima. 94 vite spezzate non sono solo un numero. Tra loro, bambini come KR46M0, poi identificato come Hasib, morto insieme alla sua famiglia. Il film restituisce dignità ai nomi, ai volti, alle storie spezzate, documentando anche la risposta della comunità crotonese e calabrese, profondamente segnata dall’accaduto. “Cutro, 94… and more” è un’opera di riflessione civile sul confine tra umanità e disumanità, sulla responsabilità collettiva e sul dovere della memoria, evitando che il carico emotivo possa offuscare la precisione degli eventi e opponendosi ad una narrazione, che a partire dall’uso delle parole e dal trasformare i nomi propri in sigle alfanumeriche, tenta di disumanizzare e piegare ad un’ideologia becera e di convenienza.

    ▻https://www.spaziocinema.info/film/cutro-94-and-more

    #film #film_documentaire #Cutro #Steccato_di_Cutro #migrations #réfugiés #naufrage #Calabre #Italie #Méditerranée #mourir_en_mer #mourir_aux_frontières #identification #mémoire #responsabilité_collective #déshumanisation

  • Mapping #violence in detention

    An evidence-based platform that documents human rights violations inside immigration detention facilities.

    The map shows the locations of facilities where third country nationals may be detained in each country. Hover over a location to see the name of the centre and basic info; click on it and you will be directed to the centre’s page where an array of information will be provided including a summary of testimonies collected from this centre, the number of incidents of human rights violations reported in testimonies, images, video and audio (where applicable), academic work, human rights organisations’ reports, policy briefs and other published material.

    ▻https://detentionlandscapes.uwazi.io
    #rétention #détention_administrative #Grèce #migrations #réfugiés #sans-papiers #cartographie #visualisation #cartographie_interactive #carte_interactive #detention_landscape

  • #Requiem pour #Gaza

    En 2025, #Chris_Hedges et Joe Sacco se sont rendus en Égypte, dans un camp de réfugiés palestiniens, recueillir les #témoignages de familles ayant dû quitter la #bande_de_Gaza à la suite de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 par le Hamas et la riposte israélienne.

    « Joe Sacco a passé plusieurs mois à Gaza pour ses livres Palestine et Gaza 1956. J’ai couvert Gaza en tant que journaliste pendant sept ans. Tout ce qui nous était familier à Gaza a disparu, transformé en un paysage apocalyptique de béton brisé et de décombres. Mon bureau du New York Times au centre de la ville de Gaza. La pension Marna, rue Ahmed Abd El-Aziz, où après une journée de travail, je buvais le thé avec Margaret Nassar, la vieille dame qui en était la propriétaire, une réfugiée de Safad, dans le nord de la Galilée. Lors de ma dernière visite à la pension Marna, j’ai oublié de rendre la clé de la chambre. La numéro 12. Elle était attachée à un grand ovale en plastique sur lequel était inscrit « Marna House Gaza ». La clé se trouve sur mon bureau.
    La #destruction de Gaza n’est pas seulement un #crime contre le peuple palestinien. C’est un crime contre notre patrimoine culturel et historique, une atteinte à la #mémoire. Nous ne pouvons pas comprendre le présent, en particulier lorsque nous rendons compte de la situation des Palestiniens et des Israéliens, si nous ne comprenons pas le passé. »

    ▻https://www.futuropolis.fr/9782754849630/requiem-pour-gaza.html
    #BD #bande_dessinée #bande-dessinée #livre #Joe_Sacco #réfugiés_palestiniens #Palestine #Israël #déplacés_internes #campements #déplacés_de_force #exode

  • La #Finlande inaugure une #clôture de 200km à la frontière avec la #Russie pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires

    La Finlande a inauguré, lundi, une clôture de 200 kilomètres, érigée par tronçons le long de sa #frontière avec la Russie, afin de dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les migrants pour la déstabiliser.

    La Finlande et la Russie partagent une frontière longue de 1 340 kilomètres. Pour dissuader Moscou d’"instrumentaliser" les flux migratoires pour la déstabiliser, Helsinki a inauguré un nouveau tronçon de clôture de 200km le long de cette frontière.

    Ce pays nordique a fermé sa frontière de 1 340 kilomètres avec la Russie en décembre 2023, après l’arrivée de plus de 1 300 migrants dépourvus de visa. En avril 2025, Helsinki a indiqué que cette frontière resterait fermée jusqu’à nouvel ordre. « En prolongeant la validité de la loi sur la sécurité des #frontières, nous veillerons à ce que les autorités frontalières disposent de pouvoirs suffisants pour agir de manière préventive et efficace dans les cas les plus graves de migration instrumentalisée », avait détaillé la ministre finlandaise de l’Intérieur, Mari Rantanen.

    La situation à cette frontière est calme depuis lors, avec seulement quelques cas isolés de franchissement illégal.

    Dans son rapport de l’année 2025 coréalisé avec le European Migration Network (EMN) et publié en juin dernier, le service finlandais de l’immigration soulignait que les chiffres de demandes de protection internationales étaient restés bas dans le pays.

    « Le nombre de demandeurs d’asile arrivant en Finlande a continué de baisser en 2025. L’année dernière, 2 549 demandes d’asile au total ont été déposées (contre 2 948 en 2024) », peut-on y lire.

    « Aujourd’hui, la situation est calme mais tendue et nous ne savons vraiment pas ce que demain nous réserve », a déclaré à l’AFP Mari Rantanen. Elle s’exprimait dans le sud-est de la Finlande, près du poste-frontière de Nuijamaa, dont les activités ont cessé il y a près de trois ans.

    Toutefois, « les choses peuvent changer très rapidement, c’est pourquoi nous devons être parfaitement préparés », a-t-elle ajouté. La ministre était à côté d’un tronçon de la clôture en #fil_barbelé, haute de 4,5 mètres, installée dans des zones stratégiques et équipée de caméras ainsi que de capteurs.

    « #Guerre_hybride »

    En 2023, la Finlande avait accusé la Russie de lui livrer une « guerre hybride » en orchestrant l’arrivée de ressortissants de pays tiers à sa frontière, des allégations que le Kremlin a rejetées.

    Ces événements étaient survenus quelques mois seulement après que la Finlande avait mis fin à des décennies de non-alignement militaire en rejoignant en avril 2023 l’Otan.

    « Il s’agit d’un élément de notre dispositif de #sécurité_frontalière et cela nous aide pour la #surveillance mais permet aussi, si nécessaire, d’empêcher les gens de pénétrer sur le territoire finlandais », a expliqué Mari Rantanen.

    Ce « projet d’infrastructures d’une ampleur exceptionnelle » a impliqué environ mille propriétaires terriens et des centaines d’entreprises, selon les gardes-frontières finlandais.

    « La meilleure solution pour la gestion des foules »

    Des clôtures similaires ont été érigées en #Lettonie, en #Lituanie et en #Pologne, le long de leurs frontières avec la #Biélorussie, ainsi qu’en #Estonie, à sa frontière avec la Russie, afin de freiner le passage des migrants.

    Ces travaux ont coûté à la Finlande 356 millions d’euros et le montant annuel nécessaire à la maintenance est évalué à entre deux et trois millions d’euros, selon Erkki Matilainen, un responsable des gardes-frontières.

    Bien que la #technologie des #drones ait fait des progrès considérables, une clôture frontalière reste « considérée comme la meilleure solution pour la gestion des foules », a-t-il jugé.

    La semaine dernière, le gouvernement finlandais a proposé de prolonger d’un an, jusqu’au 31 décembre 2028, la #loi_sur_la_sécurité_aux_frontières, une mesure provisoire permettant aux gardes-frontières de refouler les demandeurs d’asile dans certaines circonstances.

    Cette disposition peut être appliquée par périodes d’un mois dans des zones délimitées si la souveraineté et la sécurité nationale de la Finlande sont considérées comme menacées.

    Des experts estiment que cette loi contrevient aux engagements internationaux de la Finlande en matière de #droits_humains ainsi qu’à sa Constitution. Un fait assumé par l’exécutif.

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/73532/la-finlande-inaugure-une-cloture-de-200km-a-la-frontiere-avec-la-russi
    #murs #barrières_frontalières #migrations #réfugiés #asile #refoulements #coût #prix

  • ‘#Return_Hubs’ for Migrants Anticipated in Balkans for ‘Era of Deportations’

    As the EU awaits final approval for plans to set up ‘return hubs’ in third countries for migrants awaiting deportation, it’s predicted that Balkan countries could end up hosting such holding centres despite concerns about human rights violations.

    “The era of deportations has begun,” Charlie Weimers, a far-right Swedish MEP, told Euronews at the start of the summer.

    His declaration came a day after the European Parliament and European Council agreed on the new ‘return regulations’ that pave the legal ground for migrants “who have no right to stay in the member states” to be sent to third countries.

    “Return hubs,” said the press release, “could serve either as the final destination or as transfer centres facilitating onward return to the country of origin or another third country.”

    The news put human rights activists in the Western Balkans on alert. Activists focused on migrants’ welfare warn that countries in the region could be the ones hosting such hubs, despite documented violations of migrants’ rights in several Balkan states.

    The infrastructure is already there. With generous help from the EU, Balkan countries have built a network of detention and reception centres to hold migrants over the last decade. Some, including Bosnia and Serbia, already have agreements with EU members to accommodate their migrants.

    “There are quite a lot of camps that are fully equipped with beds and everything needed. So, they [the currently inactive detention centres] can very easily be put in use again within 24 or 48 hours, very quickly,” said Milica Svabic, a lawyer at the Belgrade-based KlikAktiv, an NGO providing legal support to migrants and asylum seekers.

    The new EU return regulations are yet to come into force. After European Council and European Parliament negotiators reached a deal on the regulations on June 1, MEPs officially adopted them on June 16. But the new rules still must be signed off by the Council of the European Union before they come into force.

    The UN High Commissioner for Human Rights and a number of human rights organisations have strongly condemned the regulations, warning that outsourcing detention to ‘third countries’ outside the European bloc bypasses fundamental human rights protections.

    However, some EU member states, such as the Netherlands, Greece, Austria, Germany and Denmark, have already started exploring arrangements with third countries. As yet, there is no official confirmation on which countries these may be.

    Western European governments are under domestic political pressure, exacerbated by the surge in popularity of far-right parties, to exert much stronger control over migration and deport migrants if they have no legal basis to remain.

    The European Commission told BIRN that “a few member states launched an initiative looking into return hubs earlier this year”.

    “The Commission has been invited as an observer, and we are following discussions closely … The Commission is not negotiating any such agreement or arrangement,” it said in a written response.

    Nicholas Ioannides, deputy minister for migration in Cyprus, which currently holds the presidency of the Council of the European Union, said in June that the plan is to set up these hubs “maybe in Africa or Asia”, but “not close to European borders”.

    Some Western Balkan leaders have previously rejected the idea of hosting return hubs, most notably when Britain explored the same option with unnamed countries in the region, as the BBC reported last year.

    While Kosovo’s Prime Minister Albin Kurti expressed openness towards the idea, Albania has heavily criticised the concept of return hubs, even though it has set up migrant holding camps for use by Italy. Montenegro’s Prime Minister Milojko Spajic said in October 2025 that his country will not be hosting rejected asylum seekers from Britain.

    Nikola Kovacevic, a Serbian lawyer who has represented refugees for more than a decade, told BIRN that if return hubs are located in the Western Balkans, the EU will “send people who have a terrible situation, but don’t meet requirements for asylum”, while “simultaneously testing” whether the state to which they are to be returned is a safe enough.

    Kovacevic argued, however, that “Serbia, as a country which cannot effectively protect the human rights of refugees and asylum seekers, is not a safe third country”.
    Balkan migration centres

    The warnings that the Western Balkan countries may host EU return hubs started even before the agreements on new regulations were done.

    Collective Aid, an NGO working with migrants and asylum seekers in Serbia, Bosnia and Greece, issued a position paper on the EU return plans in February this year, expressing its concerns.

    “As the European Union intensifies its focus on return policies and considers the establishment of so-called ‘return hubs’ in candidate countries such as Bosnia and Herzegovina and Serbia, serious concerns arise about the implications for people on the move,” the organisation wrote.

    Western Balkan countries have migration detention centres with vast capacities already set in place over the last decade – many located in Serbia and Bosnia. They were mainly funded by the EU, in response to thousands of migrants who have been taking the so-called Balkan Route towards the EU since 2014.

    BIRN identified 40 migration centres currently operating across the Western Balkans, which include around 15 facilities that have been newly built or substantially upgraded with EU funding since 2015.

    Serbia and Bosnia and Herzegovina facilities have the capacity for over 8,000 migrants and asylum seekers. Serbia operates reception and asylum centres with space for up to around 6,000 people, while Bosnia and Herzegovina’s network of reception, asylum and immigration facilities can host around 2,600 people.

    Since the early 2000s, some Balkan countries have had ‘readmission’ agreements with EU countries. These bilateral agreements are already functioning as tools for deporting third country nationals from the EU to its borders in the so-called Western Balkans Six countries: Albania, Bosnia and Herzegovina, Kosovo, Montenegro, North Macedonia and Serbia.

    “We have reason to be worried about Western Balkan countries potentially becoming [return hubs] – especially the countries neighbouring to the east. We might definitely become some sort of a hub,” Emir Prcanovic, executive director of the Sarajevo-based legal aid NGO Vasa Prava, told BIRN.

    From the 2015 migration crisis onwards, the EU has allocated and distributed hundreds of millions of euros to Western Balkan countries in pre-accession and Instrument for Pre-Accession Assistance (IPA) funding directed towards migration management, border surveillance, reception infrastructure and return capacity across the Western Balkans.

    Hoping to join the EU in future, Western Balkan countries have also been adapting their policies related to migration to those of the European bloc.

    Birgit Sippel, a member of Germany’s Social Democratic Party who has been serving as an MEP since 2009, told BIRN that “migration and border control have increasingly become conditions attached to the EU enlargement process.

    “The two are now going hand in hand, even though they are fundamentally contradictory,” she said.

    She said that the return hubs, which she and her party object to, “cannot be within candidate countries because they will become a member state”.

    She explained that if the six Western Balkan countries become EU members “there would no longer be a return hub in a third country, but it would be a return hub within the European Union”.
    Albanian and Serbian camps

    However, similar agreements between some Western Balkan countries and EU member states already exist.

    Albanian Prime Minister Edi Rama and his Italian counterpart Giorgia Meloni signed a deal in 2023 that allowed Italy to build detention centres in Albania for migrants rescued by Italy in international waters.

    The plan was for the migrants and asylum seekers to be taken to Albania while their claims were being processed under Italian jurisdiction. But the plan faced a series of setbacks, as both Italian and European courts repeatedly ordered the authorities to send the migrants to the Italian mainland.

    As BIRN reported, Italy’s asylum centres in Albania turned out to cost more than originally planned and much more than similar facilities in Italy itself, while simultaneously remaining largely empty after cases became bogged down in the courts.

    Serbia also reached an arguably similar trilateral agreement with Hungary and Austria when the three countries signed a memorandum of understanding in November 2022.

    The idea was that Hungary and Austria would send rejected asylum seekers to Serbia, which would in turn deport them either to their countries of origin or third countries, with all three sharing the costs.

    As part of the deal, EU countries pledged to help Serbia reinforce its borders, particularly in the south, strengthening control of a line between Serbia and North Macedonia, sending Austrian police officers to Serbia.

    According to Eurostat, between 2016 and 2025, Austria expelled around 1,086 people to a third country other than their own. The rejected migrants came from Afghanistan, Bangladesh, China, Colombia, Egypt, Iraq, Jordan, Lebanon, Morocco, Pakistan, Palestine, Sri Lanka, Sudan, Syria, Turkey andVenezuela. More than half of the orders were issued from 2022 to 2025.

    BIRN asked the Austrian Ministry of Foreign Affairs which ‘third countries’ these people were shipped to, but the ministry did not provide the requested information.
    Human rights violations

    Under the auspices of the Austria-Hungary-Serbia agreement, migrants are reportedly sent back very quickly, with the process taking place in less than 48 hours, the NGO KlikAktiv told BIRN. This raises concerns among human rights organisations about whether migrants have enough time to get meaningful access to asylum procedures, legal assistance, interpretation services and the possibility of challenging deportation orders before being removed.

    “For the readmission, the Hungarian government has to send an official email to the Serbian police,” said Milica Svabic, a lawyer at KlikAktiv. But Svabic said although Hungary had only officially deported two Turkish citizens based on readmission in the last three months of last year, informally thousands of people have been pushed back.

    International and human rights organisations have for years warned about human rights violations faced by asylum seekers and migrants in Western Balkan countries, ranging from violent pushbacks by the police and vulnerability to violent crime gangs, poor conditions in detention centres and undue legal process.

    In a high-profile case that was taken to the European Court of Human Rights, Waleed (not his real name) managed to enter Hungary via the Serbian border after fleeing Syria. However, much to his surprise, differently from others who had been allowed entrance before, he and two others with him were told to go back, as their asylum requests were rejected.

    “I had to stay in Serbia, where I fortunately met a lawyer who helped me send the case to the European Court of Human Rights,” he told BIRN by phone.

    In November 2022, the European Court of Human Rights ruled that Hungary had violated Article 3 of the European Convention on Human Rights by forcing them to go back to Serbia illegally, and by deeming Serbia a safe country of return despite findings at the time by the UN refugee agency UNHCR that “asylum-seekers returned to Serbia ran a real risk of not being protected against refoulement to North Macedonia and then to Greece”.

    Existing detention centres in Albania, Bosnia and Serbia often violate human rights and resemble prisons with those inside having very little contact with the outside world, according to international and domestic human rights organisations, including Human Rights Watch, the International Rescue Committee and the Global Detention Project.

    Anna Gruber, head of advocacy at NGO Collective Aid, cited the example of the Lukavica detention centre in Bosnia, which holds hundreds of migrants, but activists cannot get access. Citing a report based on detainees’ testimonies, Gruber told BIRN that “it is a prison”.

    Prcanovic, the head of the Sarajevo-based legal aid NGO Vasa Prava, made a similar claim about Lukavica.

    “The detention centre is a prison-like facility, where the communication with the external world is basically limited. You are entitled to make a phone call, if you have information of who to contact,” said Prcanovic.

    “These are rights arising out of the provisions of the legislation per se. But if you are not aware of those, and if you are not given concrete, for example a leaflet or poster or the options, to make yourself aware and introduce certain aspects of the procedural rights, then all of that remains only an illusion,” he added.

    Prcanovic explained that out of around 1,000 people who have been detained at Lukavica, “in the course of one year, usually around 30 people annually are able to provide some evidence or ask for legal aid to challenge their detention.”

    He added that with the legalisation of deportation to third countries, and creation of return hubs, the region “will definitely have a number of people that are, so to say, stranded, that will also potentially trigger an increase of individuals asking for the asylum in respective countries, regardless whether they were returned to Bosnia or Serbia” or any other Western Balkan country.

    This, he said, would “stretch” national asylum systems in the region, because they are “not equipped with the human capacity to cope with a massive asylum-seeking influx, especially knowing that every single individual decision needs to be decided individually.

    “Not a single government in the Western Balkan region has the capacities for such a system. I mean, Kosovo cannot accept 1,500 asylum seekers. In Bosnia we have the reception centres, we have the beds, but if the number grows, the system would be put to a serious stretch,” he warned.

    BIRN sent questions about return hubs to all the governments in the Western Balkans, as well as to the German, Netherlands, Spanish and French governments, but none responded by the time of publication.

    ▻https://balkaninsight.com/2026/08/21/return-hubs-for-migrants-anticipated-in-balkans-for-era-of-deportations/bi
    #Balkans #route_des_balkans #migrations #réfugiés #renvois #expulsions #era_of_deportations #ère_des_déportations #directive_retour #Charlie_Weimers #infrastructure #Bosnie #Serbie #Bosnie-Herzégovine #réadmission #accords_de_réadmission #Albanie #Kosovo #Monténégro #Macédoine_du_Nord

  • The Death Zone – The Making of a Lethal Pushback Regime Across the Polish–Belarusian Borderlands

    In the summer of 2021, amid rising geopolitical tensions, the government of Belarus facilitated the crossing of its borders with neighbouring European Union (EU) countries by illegalised migrants from the Global South. Considering the way EU countries have framed migrants as threats and criminalised their mobility, the Belarus government aimed for these crossings to have a destabilising effect on the EU. In response, Poland, Latvia, and Lithuania denounced this practice as a form of “hybrid warfare” enacted through the “instrumentalisation” of migrants. In the aim of preventing migrants from arriving on their territories and seeking protection, the governments of these countries swiftly instituted exceptional legislation, erected exclusionary border infrastructure, and deployed large numbers of law enforcement agents to their borders. Their policies, which received the full backing of the EU, have constituted a pushback regime that has been consolidated over the last five years. As a result, migrants seeking to cross the borders between Belarus and EU countries have been subjected to widespread violations of their rights and recurring acts of violence by law enforcement agents. This investigation focuses on the vast space of the Polish–Belarusian borderlands which has seen the starkest developments. In particular 102 migrant deaths have been documented since 2021 and many more disappearances reported.

    This investigation mobilises a broad range of methods and fact-based analysis to answer the following key questions: How has this lethal pushback regime emerged? How has it been consolidated over the last five years? How have border policies, practices, infrastructure, and the environment converged to structurally generate violence, deaths, and disappearances? Who should be held accountable for the different forms of harm experienced by migrants?

    To answer these questions, we have led an investigation over two years. The research has been led by the researchers and fellows of the Circumference of Violence and Infrastructuring Nature research projects and the investigative agency Border Forensics. We have further collaborated with a number of Polish researchers and civil society actors, in particular We Are Monitoring, Podlasie Volunteer Humanitarian Emergency Service, Egala Association, Médecins Sans Frontières, Helsinki Foundation for Human Rights, Border Deaths Monitoring Group and Piotr Czaban — investigative journalist and creator of the Czaban Robi Raban channel.

    Our research has combined the analysis of a broad range of data types—that have been generated by civil society actors over the last five years or specifically for this investigation—with an equally wide range of methods—from ethnographic research to discourse analysis, from forensic reconstruction to geostatistical analysis. We offer a unique evidence-based account of the emergence and functioning of this lethal pushback regime, with a focus on the combined and cumulative forms of violence that structurally culminate in migrants’ deaths and disappearances. By analysing the specific causal chains and recurring mechanisms leading to these human tragedies, and confronting these findings with geostatistical analysis, we demonstrate that the Polish and Belarusian state policies, infrastructure, and law enforcement practices have knowingly exposed migrants to environmental conditions—forests, rivers, and the cold in particular—that have proven lethal. The report further accounts for the discursive, legal, and political processes, both at the national and European levels, that have allowed this lethal pushback regime to be consolidated over the last five years. This consolidation has occurred despite the 2023 change in government from the right-wing PiS government to the centrist coalition government led by Donald Tusk —who had included in his campaign the aim of ending violations of migrants rights and deaths. In fact, over time the pushback regime has become more entrenched at the national level—as exemplified by the 2025 law suspending asylum—and become a model for the Crisis Regulation included in the EU’s new Pact on Migration.

    The main outcomes of this investigation are an extensive report in which we account for the emergence, functioning, harmful effects, and consolidation of the lethal pushback regime across the Polish–Belarusian borderlands over the last five years, as well as an interactive online mapping platform which brings together the multiple sources of data we relied on for our analysis. By drawing on the data and knowledge gathered by Polish civil society actors and researchers over the years, and supplementing them with new data and methods, our aim is for this report and platform to offer a comprehensive account of the dynamics generating border violence across the Polish–Belarusian borderlands and to constitute a robust evidentiary base that may support demands for accountability and advocacy.

    ▻https://www.borderforensics.org/investigations/poland-investigation
    #pologne #forensic_architecture #architecture_forensique #Pologne #frontières #Biélorussie #migrations #réfugiés #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #border_deaths #violence #border_violence

  • A new online tool maps border wall projects, using photos from the people who live nearby

    Tucson-based news outlet #The_Border_Chronicle hopes its ‘#Wall_Watch’ map can provide ‘continuous, realtime’ #documentation of border #infrastructure projects.

    A new online mapping tool aims to document wall construction and other federal projects along the nearly 2,000-mile U.S.-Mexico border — using help from the people who live there.

    The Border Chronicle, a Tucson-based independent news outlet, launched the initiative — called “Wall Watch” — last week. It arrives as the Trump administration continues to ramp up border barrier construction, ranging from a floating buoy wall in Eagle Pass, Texas, to a double bollard fence that would cut through the Tohono O’odham Nation.

    “We thought of this idea, Wall Watch, as a way for communities up and down the border to have more of a real-time look at what is actually happening,” said Border Chronicle co-founder Melissa del Bosque.

    How it works

    While browsing through the interactive Wall Watch map, users can explore the various layers of border infrastructure that already exist, like surveillance towers, land ports of entry, and vehicle barriers.

    But the map also depends on crowdsourced reports from border-area residents who observe new construction. Following the website’s directions — written in English and Spanish — users can submit up to five images, along with other basic details, like GPS coordinates and the date of the observation.

    The submissions go to an administrator, Tucson-based geographer Dugan Meyer, who verifies the reports.

    “Then if it’s good to go, he’ll post it on the Wall Watch map,” del Bosque explained.

    The federal government already documents border barrier construction on its interactive Smart Wall Map. There, users can browse through a wide assortment of ongoing projects, ranging from a double wall that would stretch through the San Rafael Valley to new technology for the existing barrier south of San Diego.

    But del Bosque says the government’s tool doesn’t give the full picture.

    “You can see where the awarded contracts are and contracts in process, but it lacks in detail … It’s not entirely clear by looking at (the Smart Wall) map as to what exactly is happening,” del Bosque said.

    Wall Watch, she added, is aiming for a more “continuous, real-time picture” of the border.

    ‘A lot of anxiety, a lot of concern’

    In recent months, del Bosque said, Border Chronicle staff began getting calls from border-area residents — from Texans to Californians — seeking answers about new construction projects in their own neighborhoods.

    “What residents were telling us is that they were getting no information from the federal government about what their plans were … So there was a lot of anxiety, a lot of concern,” she said.

    Del Bosque said she began reporting on border walls in 2008 — but back then, there was “more of a process” in terms of how the federal government communicated with local residents about border-related construction projects.

    “So, there would be these community meetings. There were community liaisons. There was an opportunity for residents to be able to voice their concerns and the impacts,” she said.

    Del Bosque is not alone in wanting better communication.

    This spring, a coalition of 14 judges in Texas’ border counties penned a letter to the Department of Homeland Security, asking the agency to coordinate with landowners and local officials before finalizing infrastructure projects.

    On Aug. 7, Republican Texas Sen. John Cornyn made a similar request in a letter to DHS about the agency’s controversial plans to install new border technology and infrastructure in Big Bend National Park.

    “In the past, such communications between DHS and state and local leaders have occurred,” he wrote.

    Cornyn continued: “But it appears the level of coordination and communication related to proposed construction in the Big Bend region has not been as fulsome as in prior years.”

    Reached for comment, a Customs and Border Protection spokesperson told AZPM the federal agency regularly “engages with stakeholders,” including residents and landowners and local government officials. CBP did not respond to specific questions about how often federal officials hold meetings with local residents in the event of border-barrier construction.

    Buoy walls and bollard fences

    So far, Wall Watch has garnered 22 community-sourced reports of new construction across the border — mostly in Texas. In a corner of Zapata County about 30 miles south of Laredo, for example, a report from a resident describes newly observed bollard wall construction just east of the Rio Bravo. Farther north, in Eagle Pass, another submission features a slightly grainy cellphone photo. In the distance, a yellow excavator digs into a river.

    “Barge with heavy equipment preparing for river buoy installation,” the report notes.

    Eagle Pass, del Bosque pointed out, has presented something of a test case for the Trump administration in its efforts to bolster border infrastructure. Earlier this year, contractors installed miles of floating buoys along the Rio Grande to create a floating border barrier. But in June, possibly hundreds of buoys broke free from the barrier — prompting the shutdown of two international bridges in the Texan border town.

    “Once you see (the Wall Watch map) from a region-wide perspective, you see just how massively the landscape is being transformed under the name of national security, or border security,” del Bosque said.

    So far, the map only features two submissions along Arizona’s border — photographs of a large construction staging area on the southwestern edge of Cochise County.

    But the project’s creators hope for more community engagement as time passes.

    “So much of the border narrative is dictated by people who don’t live at the border,” del Bosque said.

    She added: “This is an opportunity for border residents to build that reality on the ground and to show the rest of the country, ‘Look, this is what’s happening in my backyard.’”

    ▻https://news.azpm.org/p/news-topical-border/2026/8/21/230923-a-new-online-tool-maps-border-wall-projects-using-photos-from-the-

    #cartographie #visualisation #murs #barrière_frontalières #infrastructure_frontalière #migrations #réfugiés #USA #Etats-Unis #Mexique
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  • #Sénégal : l’Union européenne construit deux centres pour les exilés interceptés ou secourus dans l’Atlantique

    Deux centres pour personnes migrantes au Sénégal, dont l’ouverture est prévue pour l’un en 2026, pour l’autre en 2027, sont financés par l’Union européenne. L’objectif affiché est de garantir le bon déroulement des procédures administratives post-interceptions et post-sauvetages, avec la protection des publics les plus vulnérables. Mais des risques de transformation à des fins de #détention, dans le cadre des enquêtes sur les #passeurs, existent.

    Un premier #centre_d'accueil_temporaire_pour_migrants au Sénégal financé par l’Union européenne (UE), en cours de construction, va être rendu opérationnel d’ici la fin de l’année. Un second va suivre dans le courant de l’année 2027. Les deux visent à recevoir les personnes exilées secourues ou interceptées en mer par les autorités du pays.

    Le premier centre, dont les travaux sont en cours « depuis début 2026 », sera situé à #Dakar même. Le second est prévu dans la région de #Saint-Louis, au nord du pays, proche de la frontière avec la Mauritanie, selon les informations du site spécialisé Africa Intelligence, confirmées par InfoMigrants auprès de la Commission européenne. Les travaux débuteront très prochainement.

    Si l’UE ne participera pas à la gestion quotidienne des lieux, il s’agit bien d’un projet de la #Direction_générale_de_la_migration_et_des_affaires_intérieures (#DG_Home) de l’Union européenne, avec une enveloppe financière dédiée. Le partenariat opérationnel mis en œuvre au Sénégal, qui comprend la construction de ces centres mais aussi d’autres types de soutien matériel, est « doté d’une enveloppe totale de 35,75 millions d’euros », précise la Commission.

    Des centres qui aident les autorités à retenir les migrants #post-interceptions

    Mais à quoi servent ces deux centres, et pourquoi cet intérêt de l’Union européenne dans leur financement ? Pour le comprendre, il faut s’intéresser à ce qu’il se passe dans les suites des #interceptions et #secours en mer menés par les autorités sénégalaises. En théorie, les autorités ont le droit de détenir pendant 72 à 96 heures les passagers secourus ou interceptés dans l’#Atlantique. Dans la pratique, les autorités locales n’ont pas d’espace suffisant pour héberger les gens dans les locaux de police, explique une analyse de l’ONG StateWatch parue fin 2025 sur ce sujet.

    D’autant que les embarcations contiennent parfois plus d’une centaine, voire plusieurs centaines, de passagers. Échappant aux locaux de police, « les migrants se fondent souvent dans la population locale, ce qui ralentit l’enquête et empêche d’apporter un soutien adapté aux victimes », observait l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un rapport de 2022. Les autorités ont parfois recouru à des infrastructures informelles comme des salles de classe, note l’OIM.

    La construction de ces deux centres financés par l’UE répond donc, d’abord, à « un besoin exprimé par les autorités sénégalaises, qui souhaitaient disposer d’un mécanisme national capable d’assurer une meilleure organisation de l’accueil et de l’orientation des personnes secourues en mer », assume le porte-parolat de la Commission européenne.

    La durée d’hébergement y sera limitée à « 72 heures », indique encore la même source. Une durée pouvant cependant être prolongée « par l’autorité sénégalaise compétente dans certaines circonstances exceptionnelles liées à des vulnérabilités spécifiques, à des besoins en matière de santé ou de protection. »

    Mais que se passe-t-il ensuite, à l’intérieur de ces centres ? La Commission, qui qualifie bien ces infrastructures de centres d’accueil, met en avant un objectif #humanitaire : « Venir en aide aux migrants dès leur #débarquement sur le territoire sénégalais ». Avec une attention particulière portée aux mineurs non accompagnés, femmes enceintes, victimes de traite ou encore demandeurs d’asile.

    Ceci étant, dans la pratique, les 72 heures de #rétention permettent aux autorités de procéder à des #interrogatoires de passagers pour savoir, par exemple, qui était le pilote du bateau, ou dans quelles circonstances a eu lieu la tentative de traversée, explique l’analyse de StateWatch.

    Entre passeurs et migrants, une frontière floue dans la loi sénégalaise

    Dès lors, les ONG craignent que ces centres servent, au-delà de leur objectif initial d’accueil affiché, de lieux d’enquête sur les passeurs voire de détention prolongée. Le Sénégal pénalise l’acte de « #migration_illégale », via une #loi adoptée en mai 2005. L’article 4 spécifie : « Est punie de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 1 000 000 à 5 000 000 [de francs CFA] la migration clandestine organisée par terre, mer ou air ; que le territoire national serve de zone d’origine, de transit ou de destination. »

    Or, ce terme de « #migration_clandestine » a une acception large - voire floue, selon plusieurs ONG et enquêtes journalistiques. Le média d’investigation Follow the money a par exemple démontré comment cette loi sénégalaise de 2005 pouvait aboutir à des condamnations de personnes exilées elles-mêmes. Un rapport de Human Rights Watch (HRW) détaille la même problématique avec le recours à des centres d’un modèle similaire, financés par l’UE, développés en Mauritanie.

    Comme le rappellent régulièrement plusieurs ONG, à l’instar du réseau PICUM (Plateforme pour la coopération internationale sur les migrants sans papiers), les poursuites engagées à l’encontre des migrants enfreignent « les articles 5 et 16 du Protocole des Nations Unies contre le trafic illicite de migrants, qui interdisent le recours à la législation anti-trafic à l’encontre des migrants eux-mêmes ».

    Mais dans le texte, la loi sénégalaise de 2005 « n’empêche pas la pénalisation de migrants, en contradiction avec ce protocole des Nations Unies », souligne Leonie Jegen, doctorante pour la recherche en sciences politiques à l’Université d’Amsterdam, jointe par InfoMigrants.

    C’est que ce type de convention internationale n’est pas contraignant juridiquement. « Il y a eu des tentatives de réformer la loi depuis 2018, afin de l’aligner davantage sur ce protocole des Nations Unies. Il existe même un avant-projet de loi relatif à la lutte contre le trafic illicite de migrants adopté au niveau technique. Mais cette réforme n’a pas encore été conclue », retrace la chercheuse, qui travaille depuis plusieurs années sur l’externalisation des politiques migratoires européennes, notamment en Afrique de l’Ouest.

    « Possibilité de détention »

    « Replacés dans leur contexte », les centres d’accueil financés par l’UE dans des pays tiers « révèlent un risque très élevé que les ’interceptions à des fins de recherche et de sauvetage’ se transforment en ’interceptions à des fins de détention’ », estime l’analyse de StateWatch. Il existe selon l’ONG un « risque important » que ces nouveaux centres d’accueil temporaire « se transforment de facto en centres de détention ».

    De fait, la note conceptuelle de la Commission européenne datée d’octobre 2024 à l’origine du projet, révélée par StateWatch, mentionne « une zone distincte pour les passeurs / trafiquants présumés ». Une zone dédiée aux « #auditions » et à la « possibilité de détention », selon la note.

    Interrogée à ce sujet, le porte-parole de la Commission ne confirme pas spécifiquement l’existence de ces zones, mais laisse aux autorités sénégalaises la latitude de la gestion administrative des lieux. « L’objectif de ces centres est de garantir que, pendant le déroulement des procédures administratives habituelles, les personnes bénéficient d’une protection, d’une assistance et d’un enregistrement dans des conditions dignes et sûres », explique la Commission.

    De plus, l’instance européenne invoque la signature d’un « contrat spécifique signé début 2026 avec la Commission nationale des droits de l’Homme, une tierce partie indépendante », afin de garantir que les activités de gestion de ces centres « respectent et préservent les droits de l’Homme ». « Ces centres ne sont pas destinés à offrir un hébergement à long terme et ne sont liés à aucune procédure de retour », réaffirme le porte-parole.

    Externalisation du contrôle migratoire

    La note conceptuelle d’octobre 2024 indique que l’UE a initialement prévu de financer la construction de quatre centres d’accueil du même type. Interrogée aux sujets des deux autres centres potentiels, la Commission n’a pas apporté d’éléments de réponse.

    Le site spécialisé Africa Intelligence rappelle que ces structures s’inscrivent dans une « stratégie d’#externalisation du contrôle migratoire promue par Bruxelles dans la région ». Ce média évoque une « discussion élargie entre Dakar et Bruxelles en vue d’un #partenariat plus global » notamment « lors de la venue d’une mission de haut niveau de l’UE au Sénégal en mars ». Ainsi qu’un #investissement matériel : le Sénégal a réceptionné 11 vedettes neuves et six reconditionnées en ce même mois de mars, pour mener les opérations de secours et d’interception en mer.

    Le nouveau Pacte migratoire européen, entré en vigueur en juin, accélère ces dynamiques d’externalisation du contrôle migratoire européen. « L’un des changements principaux prévus, c’est la création de ’#hubs_de_retours'. Selon le MMC [Centre sur la migration mixte, un centre de recherche internationale basé à Dakar, ndlr], le Sénégal était évoqué par plusieurs sources comme partenaire potentiel pour la mise en place de ces centres de retour », commente Leonie Jegen.

    « Sénégal, Ghana, Mauritanie, Rwanda, Ouzbékistan... De nombreuses pistes d’États partenaires circulent, sans confirmation à ce stade », précisait à ce sujet FranceInfo, citant la spécialiste Ravenna Sohst, analyste au centre de recherche Migration Policy Institute Europe. Interrogé sur l’existence ou non de négociations avec le Sénégal à ce sujet, le porte-parolat de la Commission européenne n’a pas répondu.

    Quoi qu’il en soit, cette externalisation du contrôle migratoire « bénéficie à beaucoup d’acteurs, puisqu’elle va de pair avec de l’argent débloqué pour des projets de #développement », rappelle la chercheuse.

    En revanche, pour la société civile sénégalaise, cette politique reste « très opaque ». Ces dernières années, des manifestations publiques ont déjà eu lieu contre les restrictions mises par l’UE sur les délivrances des visas, qui sont un levier fort de négociations pour les Européens face à l’État sénégalais. Ou encore, contre la présence de Frontex.

    L’agence des gardes-frontières européens n’opère plus dans le pays depuis 2018. Mais selon des documents produits par l’UE en juin 2022 et analysés notamment par la presse sénégalaise, les autorités européennes cherchent à redéployer Frontex au Sénégal. Pour l’heure, l’organisation déploie des vols de surveillance au-dessus des eaux voisines du Cap-Vert, afin de garder un œil sur la route de l’Atlantique. Les premières opérations ont été officiellement lancées en novembre 2025.

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/73331/senegal--lunion-europeenne-construit-deux-centres-pour-les-exiles-inte

    #centres #UE #EU #route_atlantique #union_européenne #migrations #réfugiés

  • USA wollen bis zu 200.000 Visa von Ausländern widerrufen
    ▻https://www.berliner-zeitung.de/article/usa-wollen-bis-zu-200000-visa-von-auslaendern-widerrufen-10328004

    Voilà une décision politique exemplaire pour nos concitoyens d’extrême droite. Pourquoi ne pas appliquer cette mesure contre eux afin de resoudre le problème des lepenistes et fidèles de l’AfD ? C’est une question d’efficacité démocratique, n’est-ce pas ?

    25.8.2026 von Sophie Barkey - Die US-Regierung plant einen massenhaften Entzug von Touristen- und Geschäftsvisa. Betroffen sein könnten bis zu 200.000 Menschen, die nach ihrer Einreise Asyl beantragt haben.

    Die Regierung von US-Präsident Donald Trump bereitet den Widerruf von bis zu 200.000 B1- und B2-Visa vor. Das berichtet die Nachrichtenagentur Associated Press (AP) unter Berufung auf Dokumente des US-Außenministeriums und zwei Regierungsvertreter. Das Ministerium bestätigte am Dienstag, dass entsprechende Visa entzogen werden sollen, nannte aber keine konkrete Zahl.

    Betroffen sind demnach Ausländer, die zwischen den Jahren 2016 und 2026 mit einem Geschäfts- oder Touristenvisum in die USA eingereist sind und anschließend Asyl beantragt haben oder derzeit einen Antrag stellen.

    Außenamtssprecher Tommy Pigott sagte, die Regierung koordiniere sich mit dem Heimatschutzministerium, um die entsprechenden Visa zu identifizieren und zu widerrufen. Das Verfahren werde fortlaufend durchgeführt, die Zahl der Widerrufe bleibe deshalb „dynamisch“, erklärte Pigott laut AP.

    Die Regierung begründet das Vorgehen damit, dass B1- und B2-Visa für vorübergehende Aufenthalte gedacht seien. Wer ein solches Visum beantrage und anschließend Asyl beantrage, nutze das Dokument nach Darstellung des Außenministeriums zweckwidrig. Pigott bezeichnete dies als „Betrug“ und als möglichen Grund für den Entzug des Visums.

    Bis zu 200.000 Betroffene

    Die Größenordnung von bis zu 200.000 Visa geht nicht auf eine offizielle Angabe des Außenministeriums zurück. Sie stammt aus der AP-Recherche. Auch das Wall Street Journal berichtet über die geplante Maßnahme und bezeichnet sie als möglichen größten massenhaften Visumswiderruf in der Geschichte der USA.

    Ein sofortiger Abtransport aus den USA ist mit dem Visumsentzug nach Angaben der AP nicht zwangsläufig verbunden. Menschen mit laufenden Asylverfahren könnten ihren bisherigen Status verlieren und entsprechend neu eingestuft werden. Was mit den einzelnen Asylanträgen geschieht, ist laut Washington Post bislang nicht geklärt.

    Asylantrag trotz Visum möglich

    Die Maßnahme ist rechtlich besonders relevant, weil Ausländer in den USA grundsätzlich auch nach einer legalen Einreise einen Asylantrag stellen können. Nach Angaben der Washington Post ist dies unabhängig vom jeweiligen Einwanderungsstatus möglich, sofern der Antrag grundsätzlich innerhalb eines Jahres nach der Einreise gestellt wird.

    Die Trump-Regierung geht damit einen weiteren Schritt bei der Verschärfung ihrer Einwanderungspolitik. Das Außenministerium erklärte bereits, seit Trumps Amtsantritt im vergangenen Jahr mehr als 175.000 Visa widerrufen zu haben. Darunter waren nach Angaben der Behörde Menschen, denen Straftaten vorgeworfen wurden.

    Sollte die nun geplante Maßnahme umgesetzt werden, wäre sie laut AP der größte einzelne Massenwiderruf von Visa in der US-Geschichte. Die Nachrichtenagentur rechnet zudem mit rechtlichen Auseinandersetzungen.

    Was heißt das für Deutsche?

    Für deutsche Staatsbürger ist die geplante Maßnahme in der Regel nicht unmittelbar relevant: Für touristische oder geschäftliche Aufenthalte von bis zu 90 Tagen können sie im Rahmen des Visa-Waiver-Programms mit einer ESTA-Genehmigung in die USA reisen. Ein B1/B2-Visum ist dafür grundsätzlich nicht erforderlich.

    #USA #trumpisme #immigrés #réfugiés

  • « Un soupir de soulagement » : Trump suspend son projet anti-immigration dans un parc national

    Face à une mobilisation transpartisane, l’administration Trump a finalement suspendu jusqu’à nouvel ordre son projet anti-immigration à la frontière avec le Mexique, dans le #parc_national de #Big_Bend. Les opposants restent toutefois « sur leurs gardes ».

    Dans les États-Unis de #Donald_Trump, même les #parcs_nationaux ne sont plus sanctuarisés. Pourtant élevé au rang de « joyau de la couronne » du patrimoine naturel étasunien, Big Bend a été ébréché par les bulldozers et les pelleteuses de l’administration fédérale, mi-août. Dans sa chasse quasi obsessionnelle aux migrants à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le monarque de Mar-a-Lago disait vouloir renforcer la #sécurisation de cette portion de frontière au nom de la #sécurité_nationale, sans pour autant y ériger son emblématique mur. À la place, le ministère de la Sécurité intérieure prévoyait d’installer « de nouvelles pistes de #patrouille, des dispositifs de #surveillance et des #barrières_antivéhicules » dans l’un des espaces les plus sauvages du #Lone_Star_State (l’« État de l’étoile solitaire »).

    Mais citoyens et élus aux convictions politiques différentes ont fait cause commune pour défendre le parc et ainsi pousser Trump à suspendre tous les travaux, le 17 août, quelques jours seulement après leur lancement. L’arrêt n’est que temporaire, le temps de permettre à #Rodney_Scott, le chef de la police aux frontières, d’aller sur place et de procéder à une « évaluation personnelle » de la situation, a-t-il annoncé sur le réseau social X.

    Un répit sans doute de courte durée, qui aura eu le mérite de rassembler les opposants. « C’est presque inédit de voir une #opposition aussi transpartisane. Certaines des voix les plus virulentes viennent de républicains conservateurs influents », souligne #Bob_Krumenaker, ancien directeur de Big Bend et désormais président de #Keep_Big_Bend_Wild, un collectif non partisan réunissant habitants et anciens responsables des parcs nationaux, qui œuvrent à la préservation du seul parc national du #Texas.

    Biologiste de formation, cet ancien responsable du National Park Service pendant quarante-et-un ans estime que « l’administration a été prise au dépourvu par la capacité d’organisation de ces opposants » et espère qu’elle agira toutefois de « manière sensée », en stoppant définitivement les travaux, surtout à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.

    Bob Krumenaker pense que cette #mobilisation peut être « un tournant » dans le combat contre l’administration Trump-II. Beaucoup disent ressentir de « la gratitude » tout en restant « sur leurs gardes ». « Avec cet arrêt des travaux, c’est comme si toute la communauté avait poussé un soupir de soulagement collectif, souligne #Anna_Claire_Beasley, directrice de la stratégie et des campagnes de #No_Big_Bend_Wall (« Pas de mur dans le Big Bend »), une coalition citoyenne de l’ouest du Texas opposée à la construction du mur. Ce combat a été épuisant. Cette pause nous permet de souffler, de nous regrouper et de recentrer nos efforts pour être prêts à affronter la suite. »

    La crainte d’une jurisprudence

    Moins connu que Yellowstone, le Grand Canyon et Yosemite, Big Bend est pourtant « l’un des lieux les plus riches en #biodiversité d’Amérique du Nord auquel les Texans sont très attachés », estime Rick LoBello, ancien garde de ce trésor national.

    Reconnu comme réserve de biosphère par l’#Unesco en 1976, le parc abrite quelque 1 200 espèces de plantes, au moins 450 espèces d’oiseaux et 75 espèces de mammifères. Parmi cette faune exceptionnelle figurent notamment l’ours noir et la gambusie de Big Bend, un petit poisson en danger d’extinction que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.

    « Ce qui se passe actuellement menace non seulement la plus vaste zone sauvage protégée du Texas, mais porte aussi atteinte à cette zone binationale et à la vision mondiale de la #protection_de_la_nature », s’inquiète Rick LoBello.

    À ses yeux, c’est l’idée même des parcs nationaux, née aux États-Unis en 1872, qui pourrait être « gravement compromise » si Trump allait au bout de sa politique répressive, Big Bend faisant ainsi jurisprudence. « D’autres pays pourraient se dire : “Si les États-Unis peuvent détruire leurs parcs nationaux, nous pouvons le faire aussi” », craint l’actuel responsable de l’éducation et de la conservation du zoo d’El Paso, désormais à quelque 500 km de Big Bend. Avant d’ajouter : « Si j’habitais plus près, je m’enchaînerais à un bulldozer. »

    D’après les informations recueillies par Reporterre auprès d’anciens responsables du parc et de militants, les bulldozers auraient déjà défriché un large couloir d’environ 1,6 km de long et jusqu’à 30 mètres de large traversant une forêt riveraine et l’habitat du coulicou à bec jaune, une espèce protégée. Plusieurs autres zones désertiques auraient également été aplanies pour stationner des véhicules, tandis qu’une nouvelle piste creusée dans une pente rocheuse très abrupte aurait causé « des #dégâts_irréversibles ».

    Membre actif de #Friends_of_the_Riverside_Church, une organisation à but non lucratif qui œuvre pour la restauration de l’église locale, #Martha_Stafford dénonce un passage en force « sans précédent ».

    En mars, l’administration la plus climatosceptique de l’histoire des États-Unis a écarté 28 #lois environnementales, dont le #National_Historic_Preservation_Act, pour permettre la réalisation d’un projet doté de 1,7 milliard de dollars grâce à la #One_Big_Beautiful_Bill (« la grande et belle loi »), la gigantesque loi budgétaire voulue par Donald Trump pour sa politique de lutte contre l’immigration. Plusieurs associations et organisations, dont la sienne, ont déposé une plainte contre l’administration Trump.

    Un environnement « extrêmement inhospitalier »

    « La mission première du ministère de l’Intérieur est de protéger ces lieux pour les générations futures », rappelle cette habitante de #Marfa, une petite ville du #désert_de_Chihuahua, pour qui les décisions prises aujourd’hui ne devraient pas répondre aux seuls impératifs du moment.

    Elle dénonce surtout une inversion de la promesse démocratique étasunienne : « Le système est censé être “par le peuple, pour le peuple”. Ici, c’est “par l’administration, pour l’administration”, et contre le peuple. » Une logique autoritaire et sécuritaire qui peine à la convaincre : « Personne ne voit de raison de détruire ce trésor national pour un bénéfice aussi faible en matière de sécurité. »

    Selon les chiffres de la patrouille frontalière (Border Patrol) et la douane étasunienne (Customs and Border Protection), seules 200 personnes ont été interpellées par les autorités à l’intérieur du parc en 2025, soit à peine 0,045 % des arrestations enregistrées sur l’ensemble de la frontière sud-ouest. Le secteur de Big Bend couvre pourtant 26 % de la frontière avec le Mexique, mais concentre moins de 1 % des interpellations.

    « C’est un environnement extrêmement inhospitalier pour quiconque tenterait de parcourir de longues distances à pied, appuie Thomas Alex, archéologue et responsable des ressources culturelles de Big Bend pendant trente-deux ans. Il nous arrive de voir quelqu’un marcher le long d’une route, mais c’est généralement parce qu’il n’a plus d’eau ou rencontre des problèmes de santé. Les chances de survie en entrant par le parc sont très faibles. » Les températures peuvent en effet dépasser 40 °C.

    Dans le Texas de Big Bend, l’heure est en tout cas venue pour les bulldozers de Trump de rebrousser chemin jusqu’à nouvel ordre.

    ▻https://reporterre.net/Proteger-ces-lieux-pour-les-generations-futures-au-Texas-la-bataille-pou
    #frontières #nature #USA #Etats-Unis #murs #barrières_frontalières #Mexique #suspension #migrations #réfugiés #environnement_hostile #hostile_environment #résistance #justice #désert

    –-

    ajouté à la métaliste sur le lien entre la construction de barrières frontalières et les impacts sur l’environnement/nature...
    ►https://seenthis.net/messages/515608

  • A #Gorizia continuano i respingimenti e i richiedenti asilo vivono nascosti lungo l’#Isonzo

    Dati inediti del ministero dell’Interno ottenuti da Altreconomia fotografano i punti di frontiera terreste del nostro Paese, tra respingimenti informali in Friuli e riammissioni passive dalla Francia. Siamo tornati a Nord-Est, dopo la tappa di Udine, per documentare la situazione al confine con la Slovenia. Chi vorrebbe fermarsi incontra barriere burocratiche che lo costringono all’invisibilità. Per Gianfranco Schiavone un tale sistema ostile, confuso e informale è la solita e spregiudicata “strategia della dissuasione”

    Rasheed (nome di fantasia) parla un’inglese fluente e ha i modi affabili di chi è abituato a stare a contatto con il pubblico. Conosce anche il francese e il fiammingo, oltre al turco e al pashtun, perché ha vissuto gli ultimi sei anni a Bruxelles. Potrebbe essere uno dei tanti studenti internazionali che ha scelto una capitale europea per farsi un’esperienza. Ma non è così.

    “La mia vita era in Belgio. Ho frequentato lì le scuole, ho i miei amici, avevo un lavoro fisso: l’Afghanistan è un luogo che mi è estraneo, non posso tornarci”, racconta in estate di fronte alla questura di Gorizia. Lui ha già manifestato la propria volontà di chiedere la protezione internazionale e sta dando indicazioni ad alcuni connazionali.

    È arrivato in Europa a 16 anni, da solo. Il rigetto della sua richiesta d’asilo è stata una doccia fredda: arrivato come minore e seguiti tutti i passaggi necessari, era perfettamente integrato e aveva un contratto a tempo indeterminato come cassiere in un supermercato. Ha scelto l’Italia perché la sua migliore amica è di qui e gli ha detto che la famiglia l’avrebbe aiutato in caso di bisogno.

    All’inizio Rasheed ha provato a fare domanda alla questura di Udine perché, a detta di un suo conoscente, dava esiti favorevoli a chi proviene dall’Afghanistan. Ma i giorni di attesa si sono accumulati (come abbiamo raccontato qui) e dopo un mese ha deciso di cambiare città. “Sono fortunato -riesce a dire ridendo-. Il primo giorno che sono arrivato alla questura di Gorizia eravamo solo in quattro o cinque, non come ora, e quindi ci hanno fatto entrare subito”.

    A pochi metri una quarantina di uomini è assiepata davanti al cancello. Un ufficiale fa entrare poche persone al giorno ma l’attesa media, anche in momenti affollati come questo, è circa di due settimane, comunque di molto inferiore a quella di Udine.

    La storia di Rasheed, però, avrebbe potuto prendere una strada drasticamente differente. La frontiera terrestre friuliana, territorio d’ingresso o di transito per le persone migranti, è teatro di respingimenti sistematici, caso unico in questi termini per l’Italia. Secondo i dati del Dipartimento di pubblica sicurezza ottenuti da Altreconomia tramite accesso civico generalizzato, a Gorizia nel corso del 2025 sono stati infatti 1.454 e nei primi tre mesi del 2026 già 224. A questi si legano gli “irregolari rintracciati”, come li chiama il Viminale, che sono stati 2.291 nel 2025 e 593 fino a marzo di quest’anno. A Trieste, invece, nel 2025 ci sono stati 784 respinti a fronte di 1.579 rintracciati. Un totale in tutto il Friuli-Venezia Giulia, considerando anche la quota irrisoria del settore di Tarvisio, di 3.884 rintracciati e 2.241 respinti: il 57,7% è stato allontanato.

    Il respingimento è una procedura legalmente attuabile a determinate condizioni nei confronti di chi non dispone dei requisiti per l’ingresso, escluso chi chiede asilo. Può avvenire solo alle frontiere esterne o alle interne dove sono stati temporaneamente ripristinati i controlli, come avvenuto appunto al confine con la Slovenia, ma anche con la Francia dove però non ne sono stati registrati. Nei settori di Bardonecchia (TO) -dove si trova Oulx- e di Ventimiglia (IM), che hanno visto il numero più alto di rintracci (rispettivamente 7.509 e 7.110), il ministero ha segnalato molte “riammissioni passive”, ovvero le operazioni di polizia che consistono nel riportare in Italia chi avrebbe attraversato irregolarmente il confine interno sulla base di accordi bilaterali. Nel 2025 a Ventimiglia sono state ben 9.282, mentre a Bardonecchia 5.126. Gli agenti italiani di questi due zone, invece, avrebbero riammesso in Francia un totale di 574 persone.

    Per quanto riguarda la Slovenia si conferma che questo tipo di attività non è mai stato efficiente, come già raccontato da Altreconomia: se tra dicembre 2022 e marzo 2023 Lubiana aveva accolto 23 richieste di riammissione (su 190 presentate), nell’intero 2025 ne ha accettate solo otto.

    “Noi non abbiamo mai visto nel corso dell’ultimo anno un solo provvedimento di respingimento -evidenzia Gianfranco Schiavone, presidente del Consorzio italiano di solidarietà di Trieste-. Il respingimento è un atto amministrativo, quindi dovrebbe essere scritto, motivato e notificato. Può essere impugnato anche se è immediatamente esecutivo. Non sono dunque legali, come chiunque può ben capire, dei respingimenti ‘di fatto’ di cui è impossibile accertarne in giudizio la legittimità come, ad esempio, se sia stato applicato a persone non respingibili”.

    In questa categoria rientra chi ha una vulnerabilità, è minore, intende chiedere asilo o non può comunque essere respinto o espulso nel Paese di origine perché proveniente da luoghi pericolosi, quale è il caso degli afgani. Sotto quest’ultimo punto, difatti, il Dipartimento di pubblica sicurezza ha rifiutato di condividere i dati aggregati in merito allo Stato di provenienza o al genere, adducendo che fosse per “tutela dei dati sensibili o investigativi/giudiziari, garantendo anche l’esigenza di rendere il dato in modo immediato per evitare che subisca interpretazioni”. A quali interpretazioni possano mai essere soggetti rimane un mistero.

    Schiavone rileva poi che,almeno dall’inizio del 2025 sono aumentate le persone che definisce “in orbita”, ovvero chi come Rasheed riceve un diniego in un altro Paese europeo e si trova a ricominciare il suo percorso in Italia perché non ha dove altro tornare. “Chiudere e inasprire: il nuovo Patto per la migrazione e l’asilo è entrato in vigore a giugno ma è stato preceduto da un atteggiamento ostile de facto e questi sono gli effetti”.

    Chi ne è vittima si affianca a chi proviene dalla rotta balcanica, sfaccettando ulteriormente il fenomeno migratorio. Ricorda anche che i numeri del ministero non rappresentano la realtà: secondo i dati raccolti dalle associazioni che si occupano di assistenza a chi arriva sul territorio di Trieste, nel 2025 sono stati registrati poco meno di 10mila nuovi ingressi e dunque gli “intercettati” circa solo il 15%.

    Per Schiavone, comunque, l’Italia rimane un Paese poco desiderabile, una seconda o terza scelta: “I richiedenti asilo sanno che in Italia regna una grande confusione, i tempi per presentare e poi per l’esame delle domande sono lenti, si può abbastanza facilmente rimanere senza accoglienza ma invisibili e lavorare in nero anche se quasi sempre in condizioni di grave sfruttamento. Per quanto ciò sia paradossale per un numero crescente di richiedenti queste pessime condizioni di partenza stanno diventando delle ragioni che fanno scegliere un Paese come l’Italia ”.

    E il disagio, anche a Gorizia, non manca. Rasheed racconta che, in attesa di un posto in accoglienza, vive con altri 25 nella cosiddetta “jungle”, un insediamento informale sulla sponda dell’Isonzo. Stuoiette, teli, tende e fornelletti per cucinare, fuori dagli occhi della città. “Non ho detto alla mia amica che dormo in strada. Per lei sto in albergo”, confessa il ragazzo. Si tocca la schiena e rivela un taglio, frutto di un’operazione a cui ha dovuto sottoporsi a causa di una ferita infertagli durante la rotta e non curata tempestivamente. Gli stranieri a Gorizia si vedono solo davanti agli uffici dell’immigrazione o alla stazione, dove pochi volontari portano beni di prima necessità a chi transita.

    Il fine ultimo delle nuove normative per Schiavone è, al solito, quello di liberarsi delle persone mettendole in condizioni di vita difficili e facendo sì che siano loro stesse a lasciare la procedura e a disperdersi nella marginalità. E sottolinea che le lungaggini delle questure -tutt’altro che isolate sul territorio italiano- sono già parte da tempo di questa “tattica spregiudicata di dissuasione”.

    L’obiettivo delle istituzioni sembra quello di lasciare meno tracce possibili: “Viviamo in un curioso e incredibile contesto nel quale la Pubblica amministrazione rifugge dalle formalità previste da ogni procedura amministrativa operando nella più assoluta informalità. E lo si fa perché diversamente emergerebbero prove inconfutabili di scelte illegittime e ingiustificabili”.

    In questo caos orchestrato non si possono distinguere città in cui le procedure funzionino meglio che in altre; piuttosto, è la presenza della società civile a fare la differenza. Udine e Trieste, ad esempio, hanno un monitoraggio attento e continuo, laddove invece a Gorizia è più carente. E per le persone migranti non cambia “solo” la qualità della vita, magari grazie a mense o alloggi dedicati. “Abbiamo bisogno di associazioni indipendenti che si spingano oltre l’azione caritatevole -conclude Schiavone-. Se non sei informato su quali sono i tuoi diritti e su come entrare nella violenta realtà italiana facendoli valere, puoi anche riuscire a trovare da mangiare o un posto letto precario ma rimarrai sempre invisibile. Per questa ragione sottolineo sempre che l’aiuto caritatevole senza tutela dei diritti non è affatto una scelta neutra ma è uno strumento di potere per non modificare la situazione”.

    ▻https://altreconomia.it/a-gorizia-continuano-i-respingimenti-e-i-richiedenti-asilo-vivono-nasco
    #migrations #réfugiés #asile #frontière_sud-alpine #expulsions #renvois #refoulements #Italie #Slovénie #dissuasion #stratégie_de_la_dissuasion #frontières_intérieures #frontière_terrestre #Tarvisio #réadmissions #réadmissions_passives #accords_bilatéraux #migrerrance #SDF

  • L’accord de migration entre l’Italie et l’Albanie : un #échec et d’une #cruauté sans nom

    La #délocalisation du traitement des demandes d’asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la #sécurité, la #liberté et les #droits_humains de ces personnes, souligne #Amnesty_International dans un #rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de l’Union européenne (UE) axées de longue date sur l’exclusion et le confinement.

    Le rapport intitulé "Italy : Extraterritorial migration detention and human rights obligations" (▻https://www.amnesty.org/en/documents/eur30/1365/2026/en) se penche sur l’accord de 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes, qui a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.

    « La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains, a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

    « Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées. »

    Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales.
    Une cruauté inutile

    Entre octobre 2024 et janvier 2025, l’Italie a mené trois opérations en mer et a procédé au transfert forcé de 74 personnes directement depuis les eaux internationales vers l’Albanie, en vertu de cet accord. À la suite de nombreuses décisions de la justice italienne annulant les mandats de placement en détention visant ces personnes, l’Italie a mis fin aux transferts vers l’Albanie depuis la haute mer.

    Cependant, en mars 2025, le gouvernement italien a modifié l’accord afin d’autoriser la détention en Albanie d’hommes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie. En conséquence, au cours des 15 derniers mois, plusieurs centaines d’hommes (plus de 500 selon certaines sources), pour la plupart racisés, ont été transférés de force vers le centre de détention albanais de Gjadër.

    Entre le 11 avril et le 16 mai 2025, 42 faits graves ont été recensés au centre de Gjadër, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été blessées par des éclats de verre, ainsi que divers cas d’automutilation.

    Le gouvernement italien a fait obstacle au suivi indépendant de la mise en œuvre de l’accord, notamment en restreignant le contrôle parlementaire et en contournant les procédures législatives ordinaires. Comme l’accès et le contrôle des observateurs·trices indépendants des droits humains sont limités, on ignore en grande partie ce qui se passe dans les centres de détention albanais.
    Bien que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne, leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocat·e·s, aux tribunaux et à d’autres garanties, compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice.

    Un avocat interrogé par Amnesty International a expliqué qu’il n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense. Selon lui, les procès-verbaux des audiences d’asile montrant que des personnes interrogées répondaient par monosyllabes indiquaient qu’elles avaient été intimidées.

    « Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées, ce qui est tout à fait compréhensible. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie.
    Atteintes à l’état de droit

    Les tribunaux italiens et la Cour de justice de l’UE ont estimé que les règles et pratiques italiennes relatives aux demandes d’asile déposées par des ressortissant·e·s de pays désignés par l’Italie comme « sûrs » (ce qui entraîne un traitement accéléré de ces demandes) étaient incompatibles avec le droit applicable de l’UE et ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour les demandeurs·euses.

    Malgré les décisions répétées des tribunaux italiens ordonnant la libération des personnes placées en détention en Albanie, le gouvernement italien a poursuivi la mise en œuvre de l’accord. Il a tenté de limiter le contrôle des tribunaux quant à la désignation des « pays sûrs » en recourant à des dispositions de la législation destinées aux situations d’urgence, sans justifier les atteintes à l’état de droit.

    Des personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie et déjà détenues dans ce pays ont également été soumises à des transferts extraterritoriaux illégaux, en dehors du cadre prévu par le droit national et européen.

    « Il est absolument clair que le modèle italo-albanais est impossible à mettre en œuvre dans le respect des obligations de l’Italie en matière de droits humains. Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet [1] visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a déclaré Eve Geddie.

    « Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie, mettre en œuvre des solutions autres que la détention des personnes migrantes qui, aux termes du droit international, doit rester une mesure de dernier recours, et garantir à toutes les personnes en quête de protection internationale l’accès à une procédure d’asile efficace et non discriminatoire ainsi qu’à un accueil digne sur le territoire italien. Tous les réfugié·e·s et migrant·e·s devraient pouvoir bénéficier de garanties juridiques efficaces et d’un contrôle indépendant. »
    Complément d’information

    L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.

    Le ministère italien de l’Intérieur ayant rejeté à plusieurs reprises les demandes d’accès pour Amnesty International à ces centres de détention en Albanie, invoquant des raisons de sécurité et d’ordre public, nos recherches s’appuient sur la correspondance échangée avec le ministère de l’Intérieur, l’examen de documents judiciaires, les informations échangées au sein du réseau de la société civile Tavolo Asilo e Immigrazione, les rapports de parlementaires et de médiateurs·trices, et sur des entretiens menés avec des agences des Nations unies et deux avocats représentant des personnes détenues à Gjadër.

    ▻https://www.amnesty.be/infos/actualites/italie-albanie-migration-deal
    #migrations #asile #réfugiés #Italie #Albanie #détention_administrative #rétention #transfert_forcé #assistance_juridique #conditions_de_vie #automutilation #tentatives_de_suicide #suicide #justice #Gjadër #Etat_de_droit #traumatisme

    –-
    ajouté à la métaliste sur l’accord Italie-Albanie :
    ►https://seenthis.net/messages/1043873

  • #Bulgaria: proteste nel centro di Pastrogor e gli effetti del #patto_europeo sulla migrazione
    ▻https://radioblackout.org/podcast/bulgaria-proteste-nel-centro-di-pastrogor-e-gli-effetti-del-patto-eur

    La puntata di ferragosto di Harraga è dedicata alle recenti proteste nel centro di detenzione amministrativa di Pastrogor, in Bulgaria. Con due compagne del collettivo Rotte Balcaniche, siamo partite dalle proteste delle persone migranti recluse delle scorse settimane per fare un quadro dei recenti sviluppi in tema di detenzione, controllo e repressione delle persone in […]

    #immigrazione #rotta_balcanica
    ▻https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/harragabulgaria-14.8.26.mp3

  • Aktivistin zur GEAS-Umsetzung in Bayern: „Infrastruktur für Abschiebungen am Fließband"
    ▻https://www.borderline-europe.de/dramen/aktivistin-zur-geas-umsetzung-bayern-%E2%80%9Einfrastruktur-f%C3%B

    Der Münchner Flughafen erhält ein neues Abschiebeterminal, das künftig zwei Charterabschiebungen und 100 Einzelrückführungen täglich ermöglichen soll. Katharina Grote vom Bayerischen Flüchtlingsrat warnt im Interview, das Terminal biete die Infrastruktur für Abschiebungen „am Fließband", sobald Deutschland alle Instrumente des GEAS voll ausschöpft, zudem sollen Asylsuchende künftig in der ehemaligen JVA Ingolstadt im Außengrenzverfahren untergebracht werden.

  • Le Quai d’Orsay supprime en douce une vidéo aux relents racistes

    ▻https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54578-le-quai-d-orsay-supprime-en-douce-une-video-aux-relents-racis

    Une vidéo ambiance « Tintin au Congo », mise en ligne par l’ambassade de France à Brazzaville, a discrètement été retirée d’Instagram sur demande du ministère des Affaires étrangères. Un dérapage lié, selon des diplomates, à la pression de Jean-Noël Barrot pour communiquer à tout va avec un « humour décalé ».

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=3aitehChhZc

    Accès libre chez Libé  : ▻https://www.liberation.fr/societe/le-quai-dorsay-retire-une-video-raciste-publiee-par-lambassade-de-france-

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    ▻https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    ▻https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      ▻https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      ▻https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

    • Ceuta, la frontiera coloniale che l’Europa usa per alimentare la paura

      Oltre cinquantamila persone hanno tentato di raggiungere l’enclave spagnola in Marocco. Dietro la narrazione dell’«invasione» ci sono disoccupazione, crisi sociale, ricatti geopolitici e un sistema di esternalizzazione delle frontiere che produce morti, autoritarismo e propaganda. La destra europea, guidata da Meloni, ha scelto ancora una volta di rispondere con la militarizzazione e la chiusura.

      Le immagini arrivate da Ceuta hanno fatto il giro del mondo. Migliaia di persone che nuotano attorno ai frangiflutti, giovani che attraversano il mare con una bottiglia di plastica come unico galleggiante, famiglie intere che tentano di raggiungere pochi metri di costa europea separati da una barriera di filo spinato, pattuglie della Guardia Civil, militari dispiegati nelle strade e decine di corpi recuperati in mare. Almeno cinquantasette persone sono morte annegate. Secondo il governo spagnolo, in poche ore oltre 50 mila persone avrebbero tentato di raggiungere l’enclave di Ceuta, mentre il ministero dell’Interno ha sostenuto che la quasi totalità sarebbe poi rientrata spontaneamente in Marocco, circostanza che molti osservatori ritengono difficilmente verificabile.

      Come sempre accade quando le frontiere europee vengono attraversate da grandi movimenti di persone, il dibattito pubblico si è concentrato quasi esclusivamente sulla sicurezza. Le immagini sono state immediatamente trasformate nella rappresentazione plastica dell’ennesima «invasione». Le destre europee hanno parlato di assedio, di difesa della civiltà occidentale, di emergenza senza precedenti. Giorgia Meloni ha sospeso Schengen nei confronti della Spagna per i cittadini extraeuropei provenienti dal territorio spagnolo, Matteo Piantedosi ha convocato il Comitato Immigrazione e Frontiere, Antonio Tajani ha aperto uno scontro diplomatico con Madrid, mentre da Berlino Friedrich Merz, Alice Weidel, Manfred Weber e gran parte della destra continentale hanno chiesto respingimenti immediati, rafforzamento di Frontex e chiusura delle frontiere.

      Ancora una volta, però, la politica ha preferito discutere di muri piuttosto che interrogarsi sulle ragioni che spingono decine di migliaia di persone a mettere in gioco la propria vita.

      Per comprendere quanto accaduto bisogna anzitutto ricordare che Ceuta non è una qualunque città di frontiera. È una enclave spagnola di appena diciotto chilometri quadrati incastonata sulla costa marocchina. Insieme a Melilla rappresenta uno degli ultimi residui del colonialismo europeo nel continente africano. La Spagna considera entrambe parte integrante del proprio territorio nazionale; il Marocco continua invece a rivendicarle come territori da decolonizzare. Questa contraddizione storica non è un dettaglio geografico: è il cuore stesso della vicenda. Mentre in Europa si parla di difesa dei confini, si dimentica sistematicamente che quei confini sono stati tracciati dalla storia coloniale e che due città europee continuano a trovarsi sulla costa africana.

      È difficile comprendere perché migliaia di giovani marocchini rischino la morte per raggiungere Ceuta se non si parte da questo dato. La domanda corretta non è perché vogliano entrare in Europa, ma perché un pezzo d’Europa continui a trovarsi in Africa e quale eredità abbia lasciato quella storia.

      Le persone che hanno tentato l’attraversamento non sono mosse da una misteriosa pulsione migratoria. Arrivano soprattutto da Casablanca, Kenitra, El Jadida, Sétif e dalla stessa Fnideq, città frontaliera precipitata in una profonda crisi economica dopo la chiusura nel 2019 del cosiddetto «contrabbando di sussistenza», il commercio transfrontaliero che garantiva il reddito a migliaia di piccoli commercianti, lavoratori e famiglie. A questo si aggiungono un tasso di disoccupazione giovanile che supera il 29%, quasi tre milioni di giovani che non studiano e non lavorano e una diffusa sensazione di assenza di futuro che attraversa un’intera generazione marocchina.

      È in questo contesto che sui social si è diffusa la falsa convinzione che la frontiera fosse stata aperta dopo una sentenza della Corte Suprema spagnola che aveva dichiarato illegittimi alcuni respingimenti immediati praticati negli anni precedenti. Migliaia di ragazzi si sono dati appuntamento a Fnideq e hanno tentato insieme l’attraversamento. Molti raccontano di essere stati convinti che una volta arrivati a Ceuta sarebbero stati accolti. Hanno trovato invece una città militarizzata, strutture di accoglienza già sature e una pressione crescente delle forze di polizia affinché tornassero indietro.

      Ridurre tutto questo all’azione dei trafficanti di esseri umani significa ignorare la dimensione sociale e politica dell’esodo. Come ricorda la Croce Rossa, le persone non attraversano il mare perché sia facile farlo, ma perché la prospettiva di rimanere nel proprio paese appare ancora più insostenibile.

      Naturalmente la crisi di Ceuta non può essere letta soltanto attraverso la condizione sociale del Marocco. Da anni Rabat utilizza il controllo delle frontiere come leva negoziale nei rapporti con l’Unione Europea. Era già accaduto nel 2021, quando la Spagna accolse per cure mediche Brahim Ghali, leader del Fronte Polisario, provocando un improvviso allentamento dei controlli marocchini e l’arrivo di migliaia di persone a Ceuta. Anche questa volta diversi osservatori collegano quanto accaduto al riavvicinamento diplomatico tra Madrid e Algeri e alle tensioni regionali sul Sahara Occidentale. Le stesse fonti della Guardia Civil hanno riferito che nelle prime ore le autorità marocchine avrebbero sostanzialmente lasciato aperta la frontiera, salvo poi intervenire con lacrimogeni, idranti e arresti quando la situazione è sfuggita di mano.

      È il paradosso dell’esternalizzazione delle frontiere. Da oltre vent’anni l’Unione Europea delega il controllo migratorio a paesi come Marocco, Libia, Tunisia o Turchia, finanziandone gli apparati di sicurezza affinché blocchino le partenze. In questo modo Bruxelles ha rafforzato il potere negoziale di governi autoritari, che possono utilizzare i movimenti migratori come strumento di pressione diplomatica ogni volta che ritengono opportuno farlo. Più l’Europa esternalizza il controllo delle frontiere, più diventa ricattabile dai paesi cui affida questo compito.

      Le riflessioni dello psicologo tunisino Wael Garnaoui aiutano a comprendere la profondità di questo processo. Secondo Garnaoui, la nascita dello spazio Schengen ha inaugurato una nuova forma di controllo postcoloniale della mobilità. Se il colonialismo governava direttamente i territori, la «Schengenizzazione» governa le persone attraverso la limitazione della libertà di movimento. Si produce così quello che definisce il «trauma dell’immobilità»: milioni di giovani crescono sapendo che il loro passaporto li condanna a non poter circolare liberamente, interiorizzando un senso di esclusione, umiliazione e impotenza che alimenta il desiderio di partire a qualsiasi costo. La mobilità diventa così non soltanto un progetto economico, ma una forma di liberazione individuale.

      L’Europa continua invece a leggere tutto questo esclusivamente attraverso la lente dell’ordine pubblico. Le persone che aspirano alla libertà di movimento diventano masse indistinte da contenere. Le loro storie vengono cancellate e sostituite dalla categoria dell’«invasione».

      È esattamente su questo terreno che la destra europea ha costruito la propria offensiva politica.

      Le immagini di Ceuta sono diventate il pretesto per rilanciare la richiesta di sospendere Schengen, rafforzare Frontex, aumentare i respingimenti e irrigidire ulteriormente il nuovo Patto europeo su migrazione e asilo. Meloni ha colto immediatamente l’occasione per proporsi come punto di riferimento della destra continentale, trovando piena sintonia con l’AfD tedesca, con Vox in Spagna, con il governo danese e con gran parte del Partito Popolare Europeo. Perfino Donald Trump, Nigel Farage e il ministro israeliano Itamar Ben-Gvir sono intervenuti alimentando la medesima narrazione sull’«assedio» dell’Europa.

      La crisi di Ceuta dimostra così come la questione migratoria sia ormai diventata uno dei principali terreni di competizione politica internazionale. Non importa se i numeri siano controversi o se gran parte delle persone sia già rientrata in Marocco. Non importa che molti dei migranti siano giovani senza lavoro, famiglie o minorenni. Ciò che conta è alimentare la percezione di una minaccia permanente.

      La realtà è molto diversa.

      Quelle migliaia di persone raccontano il fallimento di un modello economico incapace di offrire prospettive ai giovani del Nord Africa, ma raccontano anche il fallimento di un’Europa che continua a investire miliardi nella militarizzazione delle frontiere senza affrontare le cause profonde delle migrazioni. Guerre, diseguaglianze, rapporti economici neocoloniali, cambiamenti climatici e compressione delle opportunità di vita restano fuori dal dibattito pubblico.

      Ceuta, allora, non è l’inizio di un’invasione. È il sintomo di una crisi molto più profonda.

      Per quanto alte possano diventare le recinzioni, per quanto sofisticati siano i sistemi di sorveglianza, per quanto si rafforzino Frontex, gli accordi con i paesi terzi e i dispositivi di respingimento, milioni di persone continueranno a cercare una via d’uscita da condizioni di vita che percepiscono come senza futuro.

      La libertà di movimento non nasce da un decreto, né può essere cancellata da una barriera di filo spinato. È una tensione storica che attraversa il nostro tempo. Ed è destinata a entrare sempre più in conflitto con una Fortezza Europa che continua a difendere privilegi costruiti anche attraverso secoli di dominio coloniale.

      Ceuta ci pone dunque una domanda che nessuna propaganda securitaria può cancellare: non perché migliaia di marocchini abbiano cercato di raggiungere un’enclave europea in Africa, ma perché, dopo secoli di colonialismo, continuiamo a considerare scandaloso il movimento delle persone e naturale quello delle frontiere che il colonialismo ha lasciato in eredità.

      ▻https://www.osservatoriorepressione.info/ceuta-la-frontiera-coloniale-che-leuropa-usa-per-alimentar
      #colonialisme #frontière_coloniale

    • A Ceuta, l’Europe a encouragé la violation des droits des migrants par l’Espagne

      On pouvait croire qu’en adoptant le pacte de l’Union européenne (UE) sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, les pays membres avaient enfin réussi à surmonter leurs dissensions en matière de gestion des mouvements migratoires. Rappelons que ce pacte était censé apaiser les tensions révélées par la crise migratoire de 2015, lorsqu’un million d’exilés, parmi lesquels un grand nombre fuyait la Syrie en guerre, ont afflué en Europe par l’Italie et la Grèce, déstabilisant fortement la coopération entre les Etats membres.

      Après quatre ans d’âpres négociations, la présidente de la Commission européenne n’avait-elle pas salué « un énorme pas en avant pour l’Europe » ? Parmi les mesures adoptées, le pacte prévoit notamment un nouveau régime de réponse aux situations de crise, permettant, en cas d’afflux massif et exceptionnel de migrants dans un Etat de l’UE, le déclenchement d’un mécanisme de solidarité en faveur du pays concerné.

      Pourtant, les réactions ayant, fin juillet, accueilli l’arrivée à la nage depuis les côtes marocaines de 72 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta – seul territoire européen, avec la ville de Melilla, sur le continent africain – ont pris l’exact contrepied des engagements contenus dans le pacte.

      Si ceux-ci avaient été respectés, tous les Etats membres auraient dû s’organiser pour aider l’Espagne à traiter le cas des personnes qui venaient de franchir la frontière dans le respect des droits prévus par les lois européennes, et le cas échéant à se répartir l’accueil de celles qui pouvaient être éligibles à rester en Europe.

      A contrepied de la « solidarité » européenne

      C’est tout le contraire qui s’est passé : d’abord, la première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni s’est dite « prête à agir » pour empêcher une (improbable) vague migratoire en Italie, au besoin en excluant l’Espagne du système Schengen (ce qui est juridiquement impossible). Plusieurs responsables politiques, dont son homologue sociale-démocrate danoise, lui ont emboîté le pas en dénonçant l’incapacité de l’Espagne à protéger ses frontières.

      La France, de son côté, a fait savoir qu’elle renforçait les contrôles à ses frontières avec l’Espagne – un affichage inutile puisque les étrangers qui se trouvent à Ceuta étant soumis à un régime spécifique qui les empêche de rejoindre l’Espagne continentale, il n’y avait aucun risque d’afflux aux frontières françaises.

      Une réunion extraordinaire a été organisée le 4 août entre les ministres de l’intérieur des 27, pour conclure que « la migration nécessite une réponse européenne unie ». Mais cette réponse n’a été envisagée que sous l’angle d’un nécessaire renforcement des frontières. Et si les participants ont témoigné de leur solidarité avec l’Espagne, c’est pour saluer ses efforts rapides pour régler le problème à Ceuta et se féliciter que la plupart des personnes ayant franchi illégalement la frontière aient été renvoyées, sans conséquences pour les autres Etats membres.

      Une réaction résumée par l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve dans Libération le 4 août pour qui « cette crise migratoire n’était pas une crise en Europe, mais une crise contenue au sein de l’enclave espagnole de Ceuta », qui a pu être résolue grâce à « l’attitude ferme, courageuse et déterminée des autorités espagnoles ». Circulez, il n’y a plus rien à voir à Ceuta…

      Bilan tragique

      Il y aurait pourtant à dire à propos de cet épisode. On a beaucoup parlé des possibles causes de ces arrivées, spectaculaires par leur mode opératoire et leur nombre : chantage exercé par les autorités marocaines accusées d’avoir sciemment laissé passer les exilés, « appel d’air » créé par la récente opération de régularisation des sans-papiers en Espagne, exploitation par des réseaux de passeurs d’une information erronée sur l’ouverture de la frontière à Ceuta… Mais quelle que soit l’origine de ces événements, il est nécessaire d’en faire le bilan, tragique à bien des égards.

      Car il y a un bilan humain, d’abord : à ce jour, les autorités espagnoles dénombrent 72 personnes décédées, la plupart par noyade, quand les ONG, qui réclament une enquête, parlent de plus de 100 morts.

      Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont erré dans les rues de Ceuta, privées d’eau, de nourriture, de soins et d’accès à l’hygiène, alors que les dispositifs d’accueil étaient saturés et les associations d’aide aux migrants débordées. Deux semaines après la crise, plusieurs centaines de mineurs isolés étaient encore abandonnés à eux-mêmes, faute de place dans les structures supposées les prendre en charge. N’y avait-il pas là matière à ce que les partenaires de l’Espagne, au nom de la « solidarité », dépêchent en urgence des moyens logistiques et humains pour faire face à cette urgence humanitaire ?

      Chasse à l’homme

      Il faut aussi parler des conditions de « départ » des personnes qui sont retournées au Maroc, en très grand nombre, quelques jours après leur arrivée à Ceuta. Ceux qui se réjouissent de ce rapide règlement du problème ne disent rien de la façon dont les migrants ont été « accompagnés » jusqu’à la frontière par les militaires et les quelque 400 agents supplémentaires de la garde civile et de la police nationale envoyés en renfort par le gouvernement espagnol, ni de la chasse à l’homme qui a eu lieu dans l’enclave pour les contraindre à prendre le chemin du retour.

      Pour effectuer ces renvois, les autorités espagnoles s’appuient sur des accords migratoires passés avec le Maroc, et sur une loi d’exception qui permet les « refoulements à chaud » depuis les enclaves de Ceuta et Melilla, sans examen individuel de situation ni prise en compte des éventuels besoins de protection. Des refoulements qui s’apparentent aux pushback prohibés par le droit européen. Les maigres garanties que cette loi contestable prévoit pour garder une apparence de conformité avec le respect du droit international et du droit d’asile – comme l’attention aux personnes vulnérables – ne semblent même pas, à Ceuta, avoir été respectées.

      Il y a donc tout lieu de penser que de nombreuses violations des droits ont été commises à Ceuta, au mépris des règles européennes prévues pour faire face aux situations de crise. En laissant l’Espagne gérer seule les frontières de ses enclaves au Maroc, comme s’il s’agissait d’un enjeu national et non d’un symbole de la politique d’externalisation de l’UE, les gouvernements européens encouragent sciemment la perpétuation de ces violations.

      ▻https://www.alternatives-economiques.fr/a-ceuta-l-europe-a-encourage-la-violation-des-droits-des-mi

    • Perché lo sciacallaggio politico dopo i tragici fatti di Ceuta non va sottovalutato

      Senza dedicare una riga di cordoglio alle decine di vittime tra chi è arrivato a nuoto a inizio agosto nell’enclave spagnola, larga parte della politica europea -Governo Meloni in testa- ha rappresentato una falsa situazione di spostamenti di “vasta scala” verso il resto dell’Ue, ignorando la geografia e il Regolamento Schengen. Un’operazione spregiudicata che ha l’obiettivo di demolire il principio della libera circolazione, già sospeso lungo 23 frontiere interne. L’analisi di #Gianfranco_Schiavone

      “Le Parti contraenti prendono atto delle seguenti dichiarazioni formulate dal Regno di Spagna: 1) Dichiarazione relativa alle città di Ceuta e Melilla a) I controlli esistenti all’ingresso del territorio doganale della Comunità economica europea per le merci ed i viaggiatori in provenienza dalle città di Ceuta o Melilla continueranno ad essere esercitati in conformità alle disposizioni del protocollo n. 2 dell’atto di adesione della Spagna alle Comunità europee”.

      Così si legge nell’atto finale dell’adesione del Regno di Spagna all’Aquis di Schengen del lontano 22 settembre 2000. Nei confronti delle due enclave spagnole in Africa, in ragione della loro posizione geografica del tutto particolare, vige da sempre una normativa ad hoc che prevede una restrizione all’ordinario regime di libera circolazione nell’Unione. Anche se non ogni passeggero è sempre sottoposto alla verifica di frontiera, i controlli rimangono frequenti e comunque in ogni momento possono essere applicati in modo generalizzato.

      Basterebbe questa semplice osservazione, da sola, per comprendere la enormità e gravità dell’operazione di strumentalizzazione politica condotta dal governo italiano nel decidere il ripristino dei controlli alle frontiere interne (quindi marittime e aree) con l’intera Spagna. Quei controlli, invocati con stridulo strepito, esistevano già, a regime e in modo mirato a quell’area geografica.

      Il Regolamento Schengen, come modificato dal Regolamento Ue 2024/1356, ha come obiettivo “la creazione di uno spazio in cui è assicurata la libera circolazione delle persone attraverso le frontiere interne è una delle principali conquiste dell’Unione”. Proprio per tutelare tale conquista storica, il Regolamento prevede che il ripristino dei controlli alle frontiere interne possa avvenire esclusivamente “in caso di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna di uno Stato membro” (art. 25, par. 1).

      La nozione di “minaccia grave” fa riferimento, oltre ad attentati o minacce di natura terroristica, a forme gravi di criminalità organizzata, a emergenze sanitarie di vasta portata anche a “una situazione eccezionale caratterizzata da spostamenti non autorizzati improvvisi e su vasta scala di cittadini di paesi terzi tra Stati membri, che mette a dura prova le risorse e le capacità complessive di autorità competenti ben preparate e che potrebbe mettere a rischio il funzionamento globale dello spazio senza controllo alle frontiere interne” (art. 25, par. 2).

      Quanto avvenuto a Ceuta per le sue dimensioni e profili drammatici in termini di morti non può essere sottovalutato ma è privo di fondamento ritenere che si stia verificando una situazione di spostamenti di “vasta scala” dalla Spagna nel resto dell’Unione europea. All’esatto contrario, la crisi, intesa nel senso del flusso di ingresso, si è spenta del tutto poche ore dopo essere divampata.

      Il governo italiano aveva però fretta di agire attaccando nuovamente il principio cardine della libera circolazione. Se avesse agito anche solo poche ore dopo quella spregiudicata operazione politica di attacco al governo spagnolo (che per tutti i partiti sovranisti europei è la bestia nera) sarebbe risultata infatti fuori tempo massimo.

      Mentre la Commissione europea evaporava del tutto nel calore estivo, la corsa al tiro al bersaglio contro la Spagna non è stata solo italiana, ma ha coinvolto larga parte della politica dell’Unione con espressioni tra il penoso e il grottesco. Tra le peggiori quelle di Manfred Weber, capogruppo del Partito popolare europeo. “Le immagini devastanti sono la conseguenza diretta del fattore di attrazione della regolarizzazione di massa -ha sentenziato- raddoppiato dalla strumentalizzazione dell’immigrazione illegale”.

      In modo ancor più netto di quanto avvenuto in altre simili circostanze, di fronte alla tragedia di Ceuta in nessuna dichiarazione ufficiale di nessun leader politico europeo c’è traccia alcuna di una manifestazione di cordoglio per le decine di vittime. Come ha ben richiamato l’arcivescovo metropolita di Palermo Corrado Lorefice e neopresidente della Fondazione Migrantes, non c’è stato “nessun rispetto, nessuna partecipazione, nessun dolore, nessun senso di umanità, nessuna spiegazione delle ragioni profonde. Solo l’allarme, del tutto infondato dal punto di vista giuridico, di un’invasione di fatto impossibile”. E ha giustamente concluso ricordando che “rifiutandosi di pensare e di agire secondo i propri principi e le proprie capacità l’Europa rischia di condannarsi a morte”.

      La solidarietà rappresenta un principio giuridico fondante del progetto europeo e l’articolo 222 del Trattato sul funzionamento dell’Unione europea sancisce la cosiddetta “clausola di solidarietà” con queste parole: “L’Unione e gli Stati membri agiscono congiuntamente in uno spirito di solidarietà qualora uno Stato membro sia oggetto di un attacco terroristico o sia vittima di una calamità naturale o provocata dall’uomo”.

      È l’esatto opposto dello sciacallaggio che si è scatenato contro la Spagna. Molti potrebbero obiettare che non c’è nulla da scandalizzarsi perché in fondo quello che è avvenuto è manifestazione, magari solo un po’ più accesa, dello scontro politico che caratterizza la normale vita democratica.

      Rigetto questa tesi non già perché non sia consapevole che la politica non è esercizio di buone maniere, ma perché se banalizziamo quanto è accaduto finiamo per non vedere quella disgregazione dell’Europa che sta procedendo a gran passi e che Lorefice ha invece ben colto.

      È impressionante l’elenco delle 23 frontiere interne nelle quali, a giugno 2026 risulta sospeso il principio della libera circolazione e sono stati ripristinati i controlli di frontiera: Austria-Slovacchia, Austria-Repubblica Ceca, Austria-Ungheria, Austria-Slovenia, Italia-Slovenia,Paesi Bassi-Belgio,Paesi Bassi-Germania, Svizzera-Francia, Norvegia-Danimarca, Norvegia-Germania, Norvegia-Svezia, Danimarca-Germania, Polonia-Germania, Polonia-Lituania, Germania-Francia, Germania-Lussemburgo, Germania-Belgio, Germania-Repubblica Ceca, Svezia-Danimarca, Francia-Spagna, Francia-Italia, Svezia-Finlandia, Svezia-Norvegia.

      Nella larga parte dei casi il ripristino dei controlli è stato motivato in modo del tutto vago con una asserita necessità del controllo dei flussi migratori, in contrasto con quanto prevede lo stesso Regolamento Schengen che dispone invece che il ripristino del controllo alle frontiere interne può avvenire per il più breve tempo possibile, in casi eccezionali di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna e precisa che “la migrazione e l’attraversamento delle frontiere esterne di un gran numero di cittadini di paesi terzi non dovrebbero in sé essere considerate una minaccia per l’ordine pubblico o la sicurezza interna” (considerando 26).

      Di fronte alla larga e inaudita reazione che c’è stata verso la Spagna, è necessario non archiviare l’accaduto come una disgustosa parentesi, ma chiedersi con maggior rigore di quanto si sia fatto finora, chi in Europa vuole la fine dell’Europa stessa quale straordinario (anche se fragile e incompiuto) processo storico di costruzione di un’unione politica sovranazionale che “si fonda sui valori del rispetto della dignità umana, della libertà, della democrazia, dell’uguaglianza, dello Stato di diritto e del rispetto dei diritti umani, compresi i diritti delle persone appartenenti a minoranze” (Trattato di Lisbona del 13 dicembre 2007). E con quale mostro politico la si voglia sostituire.

      ▻https://altreconomia.it/perche-lo-sciacallaggio-politico-dopo-i-tragici-fatti-di-ceuta-non-va-s

      #frontières_intérieures #Schengen #libre-circulation #espace_Schengen #instrumentalisation_politique #contrôles_frontaliers

    • Ceuta Is Europe’s Berlin Wall Moment — Run in Reverse

      Like Berlin in 1989, Ceuta was an accident of history — but Europe’s response may entrench its walls.

      With a little hindsight, the fall of the Berlin Wall in 1989 seems the event most comparable to what unfolded in Ceuta in late July, both in the events themselves and in their origins: a confluence of circumstances — unintended and unplanned — that produced a major geopolitical rupture capable of altering Europe’s trajectory.

      Yet their consequences are likely to be diametrically opposed: on the one hand, the peaceful reunification of a continent amid the rapid spread of democracy; on the other, the reinforcement of the wall that already divides the two shores of the Mediterranean and the acceleration of Europe’s drift towards xenophobia and authoritarianism. Fortunately, however, the worst is never certain.
      A convergence of circumstances

      Almost four decades ago now, on 9 November 1989, Günter Schabowski, then the secretary of the Central Committee of the East German Communist Party responsible for media affairs, mistakenly announced at a press conference the immediate lifting of restrictions on East Germans’ travel abroad. That night, tens of thousands of them rushed towards the crossing points between West and East Berlin, strictly divided by a wall since August 1961. The East German border guards, overwhelmed and without official orders, eventually let the flood of people through. The Berlin Wall had fallen; the German Democratic Republic (GDR) would follow a few months later, along with the entire Eastern Bloc and, ultimately, the Soviet Union itself, dissolved in late 1991.

      That unexpected event stunned Europeans — just as Ceuta has stunned them in recent days. No one had planned or intended it, even though it belonged, of course, to the long history of the gradual erosion of the GDR and the Eastern Bloc. Yet it changed the course of European history.

      The same is very likely true of the events in Ceuta. At their root lies a ruling delivered by the Spanish Supreme Court on 29 June prohibiting “pushbacks” — the immediate return, without any assessment of their situation, of people reaching Ceuta by sea. The decision was widely shared and amplified on Moroccan social media, kindling disproportionate hopes among a young population with few prospects. At the end of July, the Moroccan security forces usually deployed in strength around Ceuta were mobilised instead for the Throne Day celebrations, which mark the anniversary of King Mohammed VI’s accession to the throne on 30 July, a public holiday in Morocco. This year the ceremony was held not in Rabat, the capital, but in M’diq and Tetouan, barely 25 kilometres from Ceuta, assembling the full spectrum of the Kingdom’s elite. Meanwhile, thanks to the holiday, a significant portion of Moroccan youth was flocking to the famous beaches adjacent to the Spanish enclave.

      This convergence of circumstances triggered the mass movement the world then witnessed. The outnumbered and overwhelmed Moroccan security forces let the crowds pass. The Moroccan government took no emergency measures: there was simply no question of disturbing the King and the Moroccan establishment during the Throne Day celebrations, which were to proceed without disruption.
      An unlikely manipulation

      There has been much speculation that the Moroccan government encouraged young Moroccans to cross into Ceuta to punish Spain for Prime Minister Pedro Sánchez’s visit to rival Algeria on 20 July. In 2021, the Moroccan authorities had indeed claimed to have facilitated a similar incident after Spain admitted an ailing Polisario leader to one of its hospitals. But the damage inflicted on King Mohammed VI’s image, in Morocco and beyond, on the very day of the Throne Day celebrations makes such a hypothesis highly unlikely.

      The possibility of interference by the United States or Israel has also been raised — countries eager for revenge on Sánchez, the European Union leader most hostile to the policies of Benjamin Netanyahu and Donald Trump in the Middle East. They have undeniably capitalised on the difficulties he has faced in Spain and elsewhere in Europe since the mass crossing into Ceuta. But no evidence of such interference has emerged, and none is needed to explain the events.

      The most likely cause of what happened in Ceuta, as on 9 November 1989, is a combination of circumstances — even if these, too, belong to a longer history: Morocco’s deep social crisis, marked by a large, educated youth deprived of prospects, and the mounting tensions stoked on the far shore of the Mediterranean by the “Fortress Europe” migration policy pursued by EU leaders.

      There, however, the similarities between Ceuta and Berlin end. The Berlin Wall was built by a communist dictatorship in the service of the Soviet occupiers. The wall at Ceuta, though it bears a strong technical resemblance to the Iron Curtain of grim memory, was erected by us, western Europeans — who are supposed to be committed democrats and humanists.

      Whereas East Germans had been eagerly awaited and hoped for over decades in Berlin and West Germany, young Moroccans are rejected outright and without appeal by a majority of Europeans, just like their brothers and sisters from the rest of Africa. And yet, in truth, their way of life, the cost of their labour, and their level of education differ little more from ours than did those of eastern Europeans after the fall of the Wall.

      The reunification of Europe up to Russia’s borders had seemed a natural project, one that western Europeans embraced without difficulty — even though such a unified Europe had never in reality existed outside the short-lived empires of Napoleon Bonaparte and Adolf Hitler which nobody regrets.

      The Mediterranean, by contrast, has bound together the peoples of its shores for millennia; yet any idea of rapprochement with the other side now strikes a majority of European Union residents as an existential threat graver even than those posed to Europe by Vladimir Putin and Donald Trump.

      So much so that Europeans — in France and elsewhere — increasingly cast their votes for a racist and xenophobic far right that admires these autocrats and would join forces with them against all those whose skin is not white enough. Yet to escape the stranglehold of Trump and Putin, the future of democratic Europe will depend in no small part on its ability to find new allies in the southern Mediterranean.

      Although the episode has had virtually no lasting impact on the number of migrants entering the European continent, the fear must be that the Ceuta affair — unlike the fall of the Berlin Wall — will accelerate Europe’s withdrawal into itself, sharpen the xenophobic and racist drift already at work, and push Europeans still further towards accepting the surrender of their democracy and freedoms. But the worst is not always certain: it will fall to the French people, in particular, to shoulder the heavy responsibility of deciding next year whether to put a decisive stop to this deadly trend.

      ▻https://www.socialeurope.eu/ceuta-is-europes-berlin-wall-moment-run-in-reverse
      #manipulation

  • Pour la série... les murs ne servent à rien...

    Schätzungsweise 49.000 Migranten erreichen spanische Exklave Ceuta

    In Nordafrika sind laut spanischer Regierung innerhalb von 24 Stunden schätzungsweise 49.000 Migranten von Marokko aus in der Exklave Ceuta angekommen. Mehrere Menschen kamen beim Versuch ums Leben, das EU-Gebiet zu erreichen.

    In der spanischen Exklave Ceuta ist die Lage weiter angespannt. Mit etwa 49.000 Migranten ist die Zahl der Angekommenen deutlich höher als zunächst angenommen. Aus Polizeikreisen hieß es zudem, es sei unmöglich, genaue Zahlen zu nennen. Auch zum Zeitraum gab es zuletzt unterschiedliche Angaben. Der Regionalpräsident von Ceuta, Vivas, sprach von einem humanitären und sozialen Notstand. Nach Angaben des Innenministeriums in Madrid sind mindestens 18 Menschen beim Versuch ums Leben gekommen, in das Gebiet zu gelangen.
    Der Großteil schwamm von marokkanischem Gebiet aus. Auslöser war offenbar eine Entscheidung des spanischen Obersten Gerichts, dass über das Meer eintreffende Migranten nicht ohne ordnungsgemäßes Verfahren zurückgeschickt werden dürfen. Der Vorsitzende der Gewerkschaft der Guardia Civil erklärte, seit dem Urteil Anfang Juli habe es einen stetigen Zustrom gegeben, gestern sei es jedoch zu einem sprunghaften Anstieg gekommen. Das spanische Innenministerium warf Schlepperbanden vor, das Urteil auszunutzen.
    Auch in der Exklave Melilla hätten inzwischen etwa 400 Menschen die Grenze auf dem Landweg oder über einen Damm überwunden, teilte der Präsident der autonomen Stadt, Imbroda, mit. Die Sicherheitskräfte hätten die Situation wieder unter Kontrolle.
    Nach der Ankunft der Migranten hat die spanische Regierung Soldaten nach Ceuta entsandt. Derweil machen sich weiter viele Menschen auf den Weg in die spanische Exklave.
    EU-Kommission bietet Hilfe an
    Der Grenzschutz der Exklave brach aufgrund des hohen Andrangs zusammen. Die spanische Regierung hatte einen Einsatz des Militärs angekündigt. Unter anderem sollen Dutzende Soldaten und ein Militärschiff nach Ceuta verlegt werden. Regierungschef Sánchez und Innenminister Grande-Marlaska sollen heute nach Ceuta reisen.
    Die EU-Kommission bot Spanien Hilfe an. Der für Migration zuständige Kommissar Brunner erklärte, man könne etwa die Europäische Grenzschutzagentur Frontex einsetzen, um die Lage unter Kontrolle zu bringen. Außerdem stehe man mit marokkanischen Behörden in Kontakt.
    Italien fordert Ausschluss Spaniens aus Schengen-Raum
    Wie die Nachrichtenagentur AFP berichtet, forderte Italiens rechtsgerichtete Regierung angesichts der Bilder aus Ceuta, Spanien aus dem Schengen-Raum auszuschließen. Spanien bestellte daraufhin den italienischen Botschafter ein.
    Die Exklaven Ceuta und Melilla sind offiziell EU-Gebiet, gehören aber nicht zum Schengen-Raum.

    ▻https://www.deutschlandfunk.de/schaetzungsweise-49-000-migranten-erreichen-spanische-exklave-ceuta-
    #Ceuta #Espagne #Maroc #frontières #murs #barrières_frontalières #migrations #réfugiés #les_murs_ne_servent_à_rien

    • Spain sending troops as thousands enter enclave of Ceuta from Morocco

      Spain is sending troops to bolster security in its North African enclave of Ceuta after thousands of migrants swam from Morocco into the territory on Thursday.

      At least 18 people drowned while trying to reach Ceuta. Local officials had appealed to Madrid for help after a recent rise in attempted crossings, but there were chaotic scenes on Thursday as border controls apparently broke down.

      Spain’s Supreme Court ruled this month that migrants stopped at sea while trying to reach Ceuta or Melilla, another Spanish enclave, cannot be summarily returned to Morocco.

      Spain’s interior ministry accused human trafficking networks of exploiting that to “encourage the flow of undocumented migrants”.

      “The armed forces will reinforce the Civil Guard in the exercise of its powers and any others that may be necessary to maintain security in the city of Ceuta,” the ministry said.

      In a later statement, the ministry said it was working together with Morocco to ensure the return of all people who crossed into its territory “as soon as possible”.

      Ceuta, on Morocco’s northern coast, is separated from mainland Spain by the Strait of Gibraltar and has long been a focal point for migrants attempting to reach Europe.

      Along with its larger sister city Melilla, Ceuta has long been a flashpoint in diplomatic relations between Morocco and Spain. Madrid asserts that both territories are integral parts of Spain and have the same status as the semi-autonomous regions on its mainland.

      Local authorities reported crossings continued overnight into Friday, with some clashes between police and migrants.

      Pictures and videos shared online appeared to show rocks being thrown across border gates and thousands of young migrants sleeping on the streets.

      Some 300 to 400 people also crossed into Melilla, Spain’s second autonomous city in northern Africa, from Morocco, according to local officials.

      The breach prompted Italy’s government to say it was considering “extraordinary measures” including closing the open border Schengen agreement with Spain.

      Italy and Spain do not share a land border, so Italy would likely need to get other European countries on board to be able to enforce this.

      The number of migrants attempting to reach the Spanish enclave of Ceuta had been rising for several days.

      Then on Thursday, thousands of people slid down concrete embankments into the sea in order to swim around the jetty that marks the border.

      On the Spanish side, the beaches were soon covered in rubber rings and flippers. While some migrants were celebrating their arrival, more than a dozen drowned trying.

      It’s not yet clear what prompted this surge in illegal crossings from Morocco, or how hard the authorities there tried to prevent it. At one point, a Spanish official said the border was in total collapse.

      Spain’s Prime Minister, Pedro Sánchez, is due in the territory on Friday and has pledged to return things to normal immediately.

      Migrant reception centres are overwhelmed, and the local authorities have accused Madrid of being too slow to react.

      Juan Jesús Vivas, the leader of Ceuta, said the influx was overwhelming resources and urged the Spanish government to intervene.

      The breach has also prompted a political spat with Italy, where Prime Minister Giorgia Meloni says she’s considering suspending the open border Schengen agreement with Spain.

      In a post on X, she said the images from Ceuta were “striking”, and show that “uncontrolled illegal immigration poses a concrete threat to the security of Europe’s borders”.

      Her comments echoed similar remarks made earlier in the day by Foreign Minister Antonio Tajani.

      However, it is a threat that seems impossible to enforce.

      Spanish Foreign Minister José Manuel Albares accused Tajani of weaponising immigration for political ends.

      He said such remarks were “improper” for “a partner and friendly country from which we expect European solidarity and not partisan demagoguery”.

      He also summoned the Italian ambassador to Madrid on Friday.

      The Schengen Area is a system of open borders spanning 29 European countries that have officially abolished controls at their common borders.

      It was unclear how many exactly had crossed the border. Spanish media estimated between 2,000 and 3,000 people entered Ceuta on Thursday, according to Reuters, but said that the Guardia Civil had not confirmed the figure.

      As tensions rose, there were unconfirmed reports of clashes late on Thursday.

      In Fnideq, a Moroccan town near the Ceuta border, Moroccan authorities fired water cannons at migrants in an attempt to deter them from crossing, witnesses told Reuters.

      In Melilla, footage from local media and human rights organisations appeared to show clashes at the Beni Ansar border point.

      The surge has prompted comparisons with May 2021, when around 8,000 people entered Ceuta over a matter of days, exacerbating diplomatic tensions with Morocco.

      Ceuta and Melilla represent the European Union’s only land border with Africa.

      Spanish authorities have increased security around the enclaves in recent years through increased surveillance, barrier reinforcement, and improved bilateral relations with Morocco, but people continue to attempt to cross.

      ▻https://www.bbc.com/news/articles/cg4drwzkrkxo

      #militarisation_des_frontières

  • Rifugi climatici a Napoli: dalla mappatura civica alla rete cittadina

    Habemus mappam!

    Ieri è stata pubblicata sul sito del Comune di Napoli la mappatura dei rifugi climatici potenziali della città. Finalmente. Ovviamente c’è anche il nostro zampino.

    Per questo vogliamo ripercorrere brevemente questa piccola grande storia che oggi è, per noi, una fonte di soddisfazione: una vittoria concreta di advocacy civica e vogliamo ringraziare l’assessore Di Pietro per aver sposato l’iniziativa.

    Un anno fa abbiamo deciso di lavorare su un tema che sentivamo urgente e ancora poco visibile: il caldo urbano e la necessità di individuare spazi di sollievo in città.

    Da lì è nata la prima mappatura civica dei rifugi climatici di Napoli, costruita con open data, lavoro sul territorio e il contributo di cittadine e cittadini. Una mappa indipendente che ha censito 38 luoghi tra biblioteche, parchi, cortili e spazi pubblici. La inviammo immediatamente via PEC al Comune con l’immediata messa a disposizione, ma purtroppo non ricevemmo riscontri.

    Non era pensata come un esercizio tecnico, né di ricerca ma come uno strumento semplice e di cura sviluppato da noi pro bono per rendere visibile un bisogno già evidente nella città.

    La mappa ha iniziato a circolare, è stata ripresa dai media, discussa pubblicamente e portata anche all’attenzione del Consiglio Comunale, grazie al Consigliere Carbone (Grazie Luigi!). Nel tempo abbiamo attivato un confronto con ENEA fino ad entrare in un percorso più ampio legato alla citizen science e al microclima urbano con il progetto Girls4Climate (a proposito, l’11 luglio passeggiate climatiche, stay tuned)
    Le novità della mappatura 2026

    La nuova rete amplia il numero di punti potenzialmente utilizzabili come rifugi climatici e introduce alcune funzionalità aggiuntive.

    Tra queste:

    – Informazioni sulla presenza di fontanelle pubbliche nelle vicinanze dei rifugi, con indicazione della distanza dal punto segnalato, in continuità con il progetto Acquamat di Cleanap
    – Un livello di comfort climatico orientativo individuato dall’Università Federico II, che supporta la scelta del luogo più adatto, basato su una metodologia sviluppata su indicatori di rischio climatico del Centro Studi PLINIVS e contributi scientifici internazionali nell’ambito di un progetto Horizon, in coerenza con il PAESC cittadino

    Per ogni punto (indoor e outdoor) sono disponibili informazioni sintetiche sul tipo di spazio, accessibilità, condizioni di comfort e presenza di servizi essenziali.
    Una mappa che nasce da un processo

    La mappa è oggi anche uno strumento aperto: attraverso un form dedicato, cittadine e cittadini possono lasciare feedback, segnalare nuovi luoghi e contribuire al miglioramento continuo dei dati.

    Vi invitiamo a farlo. Perché una mappa è utile solo se resta viva e partecipata.
    Da qui si riparte

    Questo risultato rappresenta per noi una piccola grande vittoria dell’advocacy civica: una proposta nata dal basso che entra nei processi pubblici e contribuisce a rendere più concreta l’azione di adattamento climatico della città.

    Ma è anche un punto di partenza.

    Perché il caldo urbano non si affronta con una mappa, ma con trasformazioni reali dello spazio pubblico: più verde, più acqua, più ombra e più cura dei luoghi che viviamo ogni giorno.

    La mappa serve a vedere.
    Le politiche servono a cambiare.

    E oggi, più che mai, questo è un lavoro collettivo che continua.

    ▻https://www.cleanap.org/mappa-rifugi-climatici-napoli

    #Naples #cartographie #visualisation #villes #urban_matters #refugiés_climatiques #refuges_climatiques #fraîcheur #canicule #chaleur

    –-
    voir aussi:
    Towards a Commons of Urban Microclimates: Thermal Communities in Berlin
    ▻https://seenthis.net/messages/1182089

  • La #Grèce instaure une #prime pour les #avocats encourageant les migrants au « #retour_volontaire »

    En Grèce, les avocats pourront toucher une prime de 250 euros si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine. Cette mesure s’inscrit dans une #réforme plus vaste de l’aide juridique aux demandeurs d’asile.

    Deux cent cinquante euros. C’est le montant de la prime que pourront toucher les avocats grecs si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine plutôt qu’une demande d’asile en Grèce.

    Cette prime est entrée en vigueur début juillet suite à la publication au Journal officiel grec d’un décret sur l’assistance juridique pour les demandeurs d’asile dans le pays. Ainsi, les avocats percevront des honoraires fixes de 160 € par séance et cette prime supplémentaire de 250 € si le demandeur effectue un « retour volontaire ».

    Cette mesure est liée à la mise en œuvre du #Pacte_asile_et_migration dans le pays puisqu’elle ne concerne que les demandeurs d’asile qui relèvent de la procédure aux frontières et qui, indique le décret, n’ont donc pas « un profil de demandeur solide ».

    Pour rappel, les exilés concernés par la #procédure_d'asile_aux_frontières sont les personnes issues de pays dont le taux européen de reconnaissance de l’asile est faible (inférieur ou égal à 20%), comme par exemple la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la Tanzanie. Mais aussi les personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité nationale ou encore celles qui sont soupçonnées d’avoir trompé les autorités.

    Des représentants du gouvernement ont justifié cette mesure en estimant que le pays a connu une forte augmentation du nombre d’arrivées de migrants économiques plutôt que de « véritables demandeurs d’asile ». Ils ont notamment cité les ressortissants de pays comme l’Égypte et le Bangladesh.

    Pacte asile et migration

    Toutefois, celle-ci ne concernera pas tous les avocats. Seuls ceux opérant dans le cadre de l’assistance juridique gratuite sont concernés. C’est-à-dire des avocats qui défendent des personnes récemment arrivées dans le pays et qui déposent leur première demande d’asile.

    Cette #compensation_financière s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large de l’aide juridictionnelle pour demandeur d’asile en Grèce.

    Leur mission sera de fournir des informations générales sur la procédure d’asile, les droits et obligations des demandeurs, les échéances importantes et les voies de recours. Mais ils ne pourront pas fournir de conseils juridiques spécialisés, d’aide au remplissage des formulaires de demande ni à la préparation aux entretiens.

    Ainsi, le gouvernement grec met en partie fin à l’#assistance_juridique fournie par les ONG. « Le pacte [asile et migration, ndlr] prévoit que l’aide soit fournie par l’État. Les ONG pourront fournir des services à titre privé pour certains. Mais pour les procédures d’asile à la frontière, il n’y aura bien que les avocats du registre », commente à InfoMigrants Lefteris Papagiannakis, du Conseil grec pour les réfugiés.

    À noter que les avocats concernés se voient interdire de représenter ultérieurement les mêmes demandeurs à titre privé, si ces derniers souhaitent déposer un recours par exemple.

    L’exemple italien

    Une prime similaire, qui avait provoqué de vives polémiques, a également été adopté en #Italie. Cette dernière, qui peut s’élever à 615 euros, concerne elle aussi les avocats qui parviennent à convaincre leurs clients exilés de quitter le pays, via le rapatriement volontaire assisté, et à les accompagner jusqu’au bout de ce processus.

    Cette mesure durera trois ans, jusqu’en 2028, étant considérée de nature « expérimentale ». Le gouvernement compte allouer une enveloppe de 246 000 euros cette année, puis de 492 000 euros en 2027 ainsi qu’en 2028, pour financer cette mesure.

    L’Association nationale italienne des magistrats avait exprimé sa « consternation ». L’instance estime qu’une telle mesure « va à l’encontre de l’idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l’échec de la défense, ce qui est contraire à la logique, avant même d’être contraire au droit. » Elle rappelle que « dans tous les domaines, le droit à la défense doit rester plein, libre et concrètement accessible ».

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/72225/la-grece-instaure-une-prime-pour-les-avocats-encourageant-les-migrants
    #migrations #réfugiés #asile

  • Le génie de #Beyrouth. Rue de la fortune de Dieu

    « On dit qu’il existe à Beyrouth un génie qui est l’esprit même de la #ville... On dit aussi qu’on ne peut avoir sa peau qu’en détruisant la ville – mais ça, ce n’est pas prouvé... » Dans les années 1970 à Beyrouth, la #rue_Rizkallah est une mosaïque des différentes communautés du Liban, et ses habitants vivaient dans une relative concorde avant que la guerre ne vienne bouleverser ce fragile équilibre... Témoignage fictionné et sensible de cette lente catastrophe, "Le Génie de Beyrouth" déploiera jusqu’à nos jours et sur trois tomes son récit choral porté par la verve grave et légère de l’écrivain et journaliste Sélim Nassib (’Libération’), et le dessin aérien et lumineux de Léna Merhej.

    ▻https://www.dargaud.com/bd/le-genie-de-beyrouth/le-genie-de-beyrouth-rue-de-la-fortune-de-dieu-bda5516530
    #Liban #villes_en_guerre #guerre #guerre_civile
    #BD #bande-dessinée #livre

  • #Ramatoulaye_Touré, fondatrice du #collectif de familles de #disparus en #Guinée : « Une #disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude »

    Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des #femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.

    "Quand ma nièce Kadiatou a disparu, j’ai découvert que beaucoup de familles étaient dans la même situation que nous, mais qu’elles ne se manifestaient pas, ne parlaient pas de la disparition de leurs proches. Ma nièce est sortie il y a trois ans de Guinée. Moi je vis à Dabompa, mais ma grande famille vit à Dixinn, dans la région de Conakry, la capitale de la Guinée. C’est là où vivait ma nièce, avec ma sœur. C’est de là qu’elle est partie, quand ma sœur est décédée.

    Trois semaines après les funérailles de ma sœur, Kadiatou nous a dit qu’elle voulait aller en Côte d’Ivoire. Elle voulait prendre le relais de sa maman, pour s’occuper de ses petits frères et sœurs. Elle avait des amies en Côte d’Ivoire et voulait entreprendre, sur des marchés, avec la vente de mèches et d’accessoires de coiffure. On a essayé de l’en dissuader, de lui dire qu’elle pouvait faire ça en Guinée. Mais elle disait que non, qu’elle voulait aller là-bas plutôt que de faire des va et vient entre les deux pays pour ses achats et reventes. Elle est partie tout de suite après notre conversation. Ça veut dire qu’elle avait déjà son projet de voyage : car on ne peut pas se lever un jour comme ça et partir…

    "Kadi a embarqué"

    Au bout de deux mois en Côte d’Ivoire, elle a coupé le contact avec nous, parce qu’on lui répétait de ne pas faire de bêtises. Elle a appelé mon grand frère, qui vit aux Etats-Unis, pour lui emprunter de l’argent. Il lui a envoyé une partie de son épargne, sans savoir qu’elle voulait en fait aller en Europe.

    Avec cet argent, Kadiatou s’est rendue au Sénégal. Elle a appelé ses amies pour l’aider à renvoyer par colis ses accessoires de coiffure à sa sœur en Guinée, en prétextant que c’était trop serré chez elle. Quand on a vu les colis arriver chez nous, il y avait tout dedans : ses accessoires, ses chaussures… On se doutait que ce n’était pas normal de laisser comme ça. On a donc tout de suite essayé de l’appeler. Moi, elle ne me répondait pas. Elle a fini par répondre à ma cousine, qui lui a demandé : "On a appris que tu étais au Sénégal, ce n’est pas ce que tu nous avais dit… Tu fais quoi au Sénégal ?” Elle a tout de suite coupé le contact avec ma cousine aussi.

    Après trois semaines environ, une amie de ma nièce a appelé ma cousine. Elle lui a dit : “Kadi est sortie. On ne l’a pas vue depuis quinze jours”. Ma cousine a demandé : “Kadi est sortie pour où ?

    –Kadi a embarqué.

    –Embarqué pour où ?

    –Kadi est sortie en mer.”

    Dans le bateau, il y avait 62 personnes. Toutes sont portées disparues.

    Kadiatou a embarqué sur une pirogue pour tenter la route des Canaries via l’Atlantique. Un trajet hautement dangereux : plus de 1 000 km séparent le #Sénégal de l’archipel espagnol. La traversée peut durer plusieurs jours. Et l’embarcation peut couler ou se perdre et dériver en mer.

    De la recherche en solitaire à l’alliance avec d’autres familles

    Kadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.

    Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.

    Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.

    Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ?

    Jusqu’à maintenant, il y a ce #vide dans la famille. Elle a une petite sœur. Elle laisse aussi derrière elle une fille de deux ans, qui pleure tous les jours de ne pas savoir où est sa maman. Une disparition, c’est de la #tristesse, de la #douleur. La famille reste dans l’#incertitude.

    C’est en continuant les recherches qu’il y a six mois, j’ai fait la rencontre d’une autre famille touchée par une disparition. L’idée m’est venue de monter un collectif. On était très proches de cette famille, qui habitait à Dixinn comme nous, alors je leur ai dit : est-ce qu’on ne se mettrait pas ensemble ?

    Dix familles aujourd’hui dans le collectif

    En Guinée, on se connaît tous, à travers les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, le collectif rassemble dix familles. On se réconforte entre nous. On se dit : tenons-nous la main, peut-être qu’un jour nos disparus vont revenir.

    On est actuellement dans les démarches pour se constituer en association, avec statut, règlement intérieur, agrément. Cela va changer beaucoup de choses, on pourra plus facilement demander des rendez-vous et des partenariats avec les institutions officielles.

    Chez nous en #Guinée, il n’y a pas de processus de suivi pour les disparus. Les autorités ne s’occupent pas de ces procédures. Les journalistes peuvent en parler, les réseaux sociaux aussi : mais il n’y a pas une implication de l’État. L’#OIM s’occupe d’accompagner des gens qui sont allés en Tunisie, par exemple, mais pas de disparitions.

    Depuis quatre ans, le nombre de "#retours_volontaires" opérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’a cessé d’augmenter. Interrogé en mars par une députée, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé que plus de 21 000 exilés, dont de nombreux Guinéens, avaient été rapatriés dans leur pays depuis 2022.

    Bien sûr il y a des mécanismes pour la protection des migrants, des règles écrites… Mais ce n’est pas toujours bien appliqué. À plusieurs, on peut porter nos voix plus fort vers l’Etat, et faire de la disparition une priorité.

    Il y a beaucoup, beaucoup de familles en Guinée qui ont des disparus. Dans le collectif, plusieurs régions sont représentées : par exemple, on a deux familles de Boffa. Les routes prises par leurs proches ne sont pas les mêmes non plus. Il y a une famille dont le garçon a fini ses études, marié, deux enfants, avec une boutique… Un jour, il a tout vidé, il est parti. Depuis le Maroc, il a pris la mer.

    Ce jour-là, il a appelé sa mère. Il ne lui a pas expliqué qu’il était déjà sur un bateau. Peut-être qu’il aurait voulu le faire : mais comment lui dire… Alors il lui a juste dit : "Je ne me sens pas bien”. Cela fait cinq ans maintenant qu’il a disparu.

    Réunions et appels de soutien, entre femmes

    Une fois par mois, on se réunit avec ces dix familles. Ce n’est jamais un lieu fixe : si aujourd’hui on le fait chez moi, demain ce sera dans une autre famille : c’est important que chacune se sente impliquée. Je prends le temps de les appeler régulièrement, de les convaincre de venir aux réunions…

    Certaines hésitent. Elles se disent : la vie associative, ça va me faire perdre mon temps. Mais si elles voient que tu es derrière elles tout le temps, alors elles vont se sentir importantes. Elles vont se dire : finalement, c’est nécessaire de participer. Celles qui viennent à reculons se rendent compte, au fur et à mesure, que c’est bien pour elle. Il faut constamment les relancer, montrer l’utilité de rejoindre le groupe.

    Cela me prend beaucoup de temps mais j’ai l’habitude : je travaille dans le monde associatif, j’ai une licence en développement communautaire et j’ai étudié la sociologie. J’ai fondé une ONG, “Guinéennes émancipées pour le progrès et la citoyenneté”, dédiée à la santé des femmes. On se consacre à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, et surtout la formation et l’émancipation des femmes.

    D’ailleurs, je fais le lien entre femmes et disparition. Les femmes sont naturellement exposées à beaucoup de violences. En pensant à une femme qui disparaît, on pense : est-ce qu’elle ne sera pas violée ? Est-ce qu’elle ne sera pas violentée physiquement, sexuellement ? Il y a trop de questions.

    Aussi, on le voit dans nos réunions : ce sont les femmes des familles de disparus qui sont présentes. Les hommes, ce n’est pas leur affaire… Ce sont les femmes qui sont impliquées : les mamans, les sœurs, les épouses.

    Il n’y a pas longtemps, c’est mon petit frère de 20 ans qui voulait partir. J’ai vu que ça n’allait pas dans sa tête, il marchait tout le temps. J’ai alerté ma mère, je lui ai dit : ’Appelle ton fils, il faut communiquer avec lui, le comprendre. Pour l’accrocher, le faire revenir à nous’. Il devait sortir de Guinée avec une équipe. Finalement, le groupe l’a devancé, mais lui, il est resté. Tous les gens du groupe sont décédés. Tous sauf mon frère, parce qu’il est resté. C’est Dieu qui nous a aidés."

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/72104/ramatoulaye-toure-fondatrice-du-collectif-de-familles-de-disparus-en-g
    #migrations #réfugiés #disparitions #missing #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #route_Atlantique

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  • #Emmanuel_Macron juge les « hubs retour » pour migrants « ni efficaces », ni conformes aux #valeurs de l’Union européenne

    Le président français a affirmé vendredi que la France ne mettrait pas en place de centres pour migrants en dehors des frontières de l’Union européenne, comme le prévoit le « règlement retour » adopté la semaine dernière par les eurodéputés. Emmanuel Macron estime que ce dispositif n’est « ni efficace, ni ne correspond aux principes qui sont les nôtres ».

    La France est, avec l’Espagne, le seul État de l’Union européenne (UE) a faire part de ses réserves sur les « hubs retour », ces fameux centres situés dans des pays hors UE où peuvent être envoyés les migrants déboutés de l’asile.

    Paris a, dès le départ, émis des réticences, tandis que Madrid s’y est catégoriquement opposée.

    Vendredi 19 juin, le président Emmanuel Macron a réaffirmé sa position à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles. Le chef de l’État a indiqué que la France ne mettrait pas en place de centres pour migrants en dehors des frontières de l’UE.

    « Oui pour une politique qui lutte contre l’immigration illégale, qui nous rend plus efficaces, qui conduit à des retours (...) Pour ce qui est de la France, non à des centres de retour ou des ‘hubs de retour’ dans des pays tiers », a déclaré Emmanuel Macron. « Parce que je crois que ce n’est ni efficace ni ne correspond aux principes qui sont les nôtres », a-t-il poursuivi.

    « Je n’ai jamais vu un centre de retour dans un pays tiers fonctionner », a insisté le président français.

    L’idée de créer des « hubs retour », sans lien avec le pays d’origine des migrants, n’est pas nouvelle. Elle a été testée par l’Italie de Giorgia Meloni en Albanie, les étrangers y étant envoyés avant même l’examen de leur demande d’asile, contrairement à ce que prévoit la nouvelle loi européenne. Mais le dispositif a connu un échec cuisant, après plusieurs revers judiciaires. Tout comme celui mis en place entre le Royaume-Uni et le Rwanda, mais qui n’a jamais vu le jour.
    Le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan comme potentiels candidats

    Le Parlement européen a approuvé mercredi 17 juin le règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, une réforme qui inclut la possibilité pour les États membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union.

    Ces structures pour migrants en dehors du territoire de l’UE sont vivement plébiscitées par plusieurs pays européens comme le Danemark, l’Italie ou l’Autriche, qui estiment qu’ils pourraient faciliter les rapatriements et dissuader les candidats potentiels à l’émigration irrégulière. Le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan sont déjà évoqués par certaines capitales européennes pour y construire ces centres.

    Le président français a par ailleurs précisé qu’il s’opposerait à ce que le budget européen soit utilisé pour bâtir ces centres de retour, comme cela été évoqué dans le cadre des négociations en cours sur le futur budget pluriannuel européen (2028-2034). « Cela doit relever des politiques de chaque État », a-t-il martelé.

    Plusieurs États membres ont en effet demandé à l’UE de financer la création de ces « hubs retour ». Mardi 16 juin, un texte approuvé par les Vingt-Sept demande que le budget commun contribue à des « retours sûrs, dignes, durables et efficaces », ainsi qu’à des « solutions innovantes » en matière de migration. Cette dernière expression est un terme vague pour désigner les idées défendues par les tenants d’une ligne dure sur la migration, comme l’Italie et les Pays-Bas, et recouvre notamment la création de centres hors de l’UE pour traiter les demandes d’asile et faciliter les expulsions des candidats déboutés.
    « Hauts risques de violation des droits humains »

    À l’unisson, les ONG et la gauche critiquent vivement ces structures qui risquent, selon eux, de créer des « zones de non-droit ».

    « L’efficacité ne peut pas justifier l’injustifiable », a affirmé l’eurodéputé belge (Renew) Yvan Verougstraete. L’élue écologiste française Mélissa Camara a, quant à elle, fustigé « l’erreur impardonnable et historique de renoncer aux droits et à la dignité des personnes exilées pour approuver un texte dont la seule boussole est la xénophobie ».

    Amnesty International a dénoncé une « extension des mesures punitives et restrictives » risquant de « plonger davantage de personnes dans des situations précaires ».

    L’ONU s’est aussi insurgée, samedi 20 juin, de la création de ces « hubs retour ». « Les pays de l’UE ne peuvent pas simplement externaliser dans des pays tiers leurs obligations en termes de droits humains », a déclaré dans un communiqué Volker Turk, le haut-commissaire de l’ONU aux Droits humains.

    « La détention et le retour vers des pays tiers de personnes vulnérables, y compris des enfants, sont un exercice particulièrement délicat du pouvoir étatique, et portent de hauts risques de violation des droits humains », a-t-il ajouté.

    « La législation internationale sur les droits humains et sur les réfugiés est très claire : personne ne devrait être renvoyé vers un endroit où il risquerait de graves violations des droits humains », a souligné Volker Turk. Le haut-commissaire aux Droits humains a souligné la nécessité d’une approche de la question « prenant en compte la contribution des migrants aux sociétés et économies européennes ».

    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72020/emmanuel-macron-juge-les-hubs-retour-pour-migrants-ni-efficaces-ni-con
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