• Serbie : #Dveri lance une #campagne_de_haine contre les réfugiés

    L’opposition serbe tergiverse toujours autour du boycott des élections du 26 avril, mais le mouvement d’extrême-droite Dveri, membre de l’#Alliance_pour_la_Serbie, a trouvé son cheval de bataille : la « politique d’immigration » que mènerait le gouvernement. Au programme, #haine, #mensonges et #propagande.

    Le mouvement d’extrême droite Dveri vient de lancer une campagne anti-migrants, expliquant que le pays risquait de devenir « le plus grand camp de cette partie de l’Europe ». Les statistiques montrent pourtant que l’immense majorité des réfugiés qui pénètrent en Serbie quittent rapidement le pays pour se diriger vers l’Europe occidentale. Dveri, qui appelle au boycott des élections du 26 avril, est membre de la coalition d’opposition de l’Alliance pour la Serbie (Savez za Srbiju).

    Le mouvement a tweeté qu’il allait collecter des signatures dans la ville de Čačak pour « changer la politique du gouvernement en matière d’immigration ». Le camion de campagne montre une longue colonne de réfugiés, surmontée de l’inscription : « Est-ce que ce sont des femmes et des enfants migrants ? Pétition contre la politique d’immigration du gouvernement. La signature qui garantit la sécurité pour vos enfants ».

    Boško Obradović, le chef de Dveri, tente de suggérer que cette campagne ferait partie d’une action plus large de l’Alliance pour la Serbie, dans la cadre de la campagne pour le boycott des élections. « C’est parti ! », a-t-il écrit sur Twitter. « Dans chaque ville, dans chaque village doit se diffuser l’idée du boycott, d’une lutte pour des élections libres et équitables et pour la libération de la Serbie de cette autorité criminelle, traître et voleuse. Pas de retour en arrière ! Pas de trahison ni de reddition ! »

    « Les migrants ne pourront ni avancer ni reculer, et s’installeront donc définitivement ici », expliquait il y a une semaine Boško Obradović. Des déclarations contestées à plusieurs reprises par le Commissariat de Serbie aux réfugiés et aux migrations. Sur les centaines de milliers de migrants en provenance d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient entrés en Serbie depuis le haut de la crise en 2015, « plus personne n’est dans le pays », a souligné le Commissariat dans un communiqué repris par le quotidien Danas. « 5638 réfugiés sont actuellement hébergés dans des centres d’accueil et d’asile, et tous veulent poursuivre leur voyage hors de Serbie. » En décembre dernier, le Commissariat avait démenti l’existence d’un quelconque « plan » pour installer des migrants en Serbie.

    https://www.courrierdesbalkans.fr/Serbie-Dveri-lance-une-campagne-de-haine-contre-les-refugies

    #Serbie #haine #anti-réfugiés #asile #migrations #racisme #xénophobie #réfugiés #extrême_droite

  • Libye : l’UE lance une #opération_navale pour contrôler l’#embargo sur les #armes, pas pour sauver des migrants

    Prenant la suite de l’opération Sophia, une nouvelle mission navale va être mise en place par l’Union européenne (UE) d’ici le printemps. Des navires vont être déployés pour empêcher les livraisons d’armes à l’est des côtes libyennes. Mais ces navires n’ont pas vocation à intervenir dans le sauvetage de migrants en mer Méditerranée.

    « L’Union européenne va déployer des navires dans la zone à l’est de la Libye pour empêcher le trafic d’armes », a annoncé lundi 17 février le chef de la diplomatie italienne Luigi di Maio. La nouvelle opération aura des moyens aériens et satellitaires ainsi que des navires, précise le correspondant de RFI à Bruxelles, Pierre Bénazet.

    Toutefois, il a ajouté que la mission, loin des routes migratoires actuelles, serait arrêtée si elle « devait provoquer un afflux de bateaux de migrants » dans la zone où elle sera déployée.

    Ce compromis a permis de « lever les réticences » de plusieurs pays européens, a commenté le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn.

    En effet, lundi matin, Josep Borrell le chef de la diplomatie européenne ne pensait pas arriver à un accord pour que l’opération Sophia soit relancée, « l’unanimité est nécessaire » et « si nous ne l’obtenons pas, nous ne pouvons pas aller de l’avant », regrettait-il.

    L’opération faisait face notamment à un veto de l’Autriche, qui refusait de reprendre les opérations navales, estimant qu’il s’agissait d’"un billet d’entrée en Europe pour des milliers de migrants clandestins." Une position partagée par l’Italie.

    « Ce fut une très longue et très difficile discussion et à la fin, nous avons trouvé une solution médiane », a reconnu Josep Borrell, au sortir d’une réunion à Bruxelles avec les ministres européens des Affaires étrangères. « La zone d’actions pour la nouvelle mission navale ne sera pas celle de Sophia, qui couvrait toutes les côtes de la Libye. Elle sera concentrée à l’Est, là où les passages d’armes se font », a-t-il précisé.

    L’Europe « doit être capable de faire de la politique européenne »

    Décidé en 2015, le mandat de l’opération Sophia a été prolongé jusqu’au 31 mars 2020. La nouvelle opération visant uniquement un meilleur contrôle de l’embargo libyen sur les armes devrait prendre la suite. Son nom de baptême n’est pas encore décidé.

    Les navires européens de Sophia avaient été retirés de la Méditerranée au printemps 2019 à la suite du refus de l’Italie de laisser les migrants sauvés en mer débarquer sur son territoire.

    « Je ne peux pas imaginer qu’un pays comme l’Autriche dise non en fin de compte », a ajouté le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn. « Je comprends que l’Europe ne soit parfois pas capable de faire de la politique mondiale, mais elle doit être capable de faire de la politique européenne. »
    https://twitter.com/sunderland_jude/status/1229438296318717958?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12
    Plusieurs ONG de défense des migrants ont, pour leur part, manifesté leur indignation à l’image de Judith Sunderland, directrice adjointe chez Human Rights Watch pour les divisions Europe et Asie centrale. « L’UE remplace Sophia par une mission navale VRAIMENT loin [des routes migratoires] pour éviter d’avoir à secourir quiconque. Je travaille sur les politiques migratoires européennes depuis des années et pourtant je suis toujours CHOQUÉE par tant d’inhumanité explicite », a-t-elle écrit sur Twitter.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/22832/libye-l-ue-lance-une-operation-navale-pour-controler-l-embargo-sur-les
    #Libye #asile #migrations #réfugiés #sauvetage (non... en fait...) #Méditerranée #Mer_Méditerranée #opération_Sophia

  • Interior expulsa a otros 36 malienses a Mauritania desde Canarias

    Un nuevo vuelo de #Frontex partió desde Tenerife Norte el pasado 17 de febrero con 51 personas a bordo, de las cuales ninguna era mauritana.

    El Ministerio del Interior continúa expulsando a migrantes desde Canarias hacia un país que no es el suyo. El pasado lunes 17 de febrero febrero, un nuevo vuelo de la Agencia Europea de Fronteras (Frontex), el tercero en lo que va de año, partió desde el aeropuerto de Tenerife Norte hacia Mauritania con 51 personas a bordo. Tal y como ha reconocido el Mecanismo Nacional de Prevención de la Tortura, ninguna de ellas tenía nacionalidad mauritana. En concreto, la mayoría de ellas procedía de Malí (36), 13 eran senegalesas, una de Gabón y otra de Costa de Marfil.

    Durante el operativo de deportación los técnicos examinaron las condiciones del embarque, la documentación relativa a las devoluciones y, además, se realizaron tres entrevistas durante el vuelo. No ha sido hasta este miércoles 19 cuando se han notificado en el Defensor del Pueblo los detalles de la deportación, a pesar de que Televisión Española ya había adelantado este martes que un vuelo de Frontex con medio centenar de migrantes había salido desde Tenerife.

    A pesar de las denuncias sociales que han recibido estas expulsiones ejecutadas por el Gobierno de España, ya son 139 los migrantes deportados por el Ejecutivo, aprovechando el acuerdo bilateral que firmó en 2003 con Mauritania. De esta cifra, 106 son malienses, de los cuales al menos 14 expresaron su voluntad de solicitar protección internacional por la situación de conflicto que atraviesa su país de origen, donde, según Acnur, a diario se detectan secuestros, ataques a escuelas y hospitales, asesinatos, vulnerabilidad infantil y agresiones sexuales. Aún así, este grupo fue internado en el CIE de Hoya Fría y enviado a Mauritania el 20 de enero.

    Interior justifica estas devoluciones asegurando que el acuerdo con Mauritania se aplica también a quienes, a pesar de no tener nacionalidad mauritana, hayan pisado el país durante su itinerario. Sin embargo, de acuerdo con los autos de internamiento a los que tuvo acceso Canarias Ahora, estas 14 personas coincidieron en que habían partido desde Senegal hacia el Archipiélago de forma directa.

    Distintas ONG como la Comisión Española de Ayuda al Refugiado (CEAR) o el Servicio Jesuíta a Migrantes así como la Unión Progresista de Fiscales han denunciado estas expulsiones exprés. Además, CEAR ha asegurado que, una vez en manos de las autoridades mauritanas, los malienses son trasladados hasta la frontera con Malí, quedando de nuevo expuestos ante la guerra.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/365diasmigraciones/Interior-expulsa-malienses-Mauritania-Canarias_6_997460253.html

    #expulsions_sud-sud #asile #migrations #réfugiés #expulsions #renvois #déportation #réfugiés_maliens #Mauritanie #Espagne #Canaries #îles_canaries

    ping @karine

  • España endurecerá el derecho al asilo

    Interior plantea normas más restrictivas para adaptar la ley a las recomendaciones de la UE.

    El Gobierno prepara una nueva ley que introducirá restricciones al derecho de asilo, en la senda marcada por la Unión Europea en los últimos años. Un borrador de ese texto, al que ha tenido acceso EL PAÍS, limita el acceso a la protección en los centros de internamiento y amplía los motivos de denegación de las solicitudes. Este es un asunto embarazoso para la coalición de Gobierno por las fricciones que puede provocar entre el PSOE y Podemos. La norma actual, de 2009, se considera obsoleta porque la realidad migratoria ha cambiado enormemente. Frente al modesto volumen de solicitudes de refugio que solía recibir España, en 2019 se registraron 118.000. España es ya el tercer receptor de potenciales refugiados de la UE, a poca distancia de Francia y Alemania.

    La nueva normativa es una respuesta a los sucesivos ultimátums de Bruselas. España lleva años retrasando la adaptación de su legislación a las directivas comunitarias y ha agotado todos los plazos hasta llevar a la Comisión Europea a abrirle dos procedimientos de infracción. El último aviso llegó en octubre de 2019 —fecha de este borrador—, cuando el brazo ejecutivo de la UE amenazó con llevar a España al Tribunal de Justicia de la Unión. El Gobierno se adapta así a las exigencias de Bruselas, pero aprovechará para incluir sus propias medidas. El documento contempla las propuestas iniciales del Ministerio del Interior, y la versión final depende de las negociaciones entre los actores implicados, entre ellos los Ministerios de Seguridad Social y Migraciones y el de Exteriores.

    La propuesta asume la letra y la música del progresivo endurecimiento de la política migratoria en la UE. Tras la crisis de 2015, cuando desembarcaron más de un millón de refugiados entre Grecia e Italia, el Ejecutivo comunitario se marcó como objetivo trazar una política común más restrictiva con los llamados migrantes económicos, los que no tienen derecho a protección internacional. Esos planes pasan por acelerar —y aumentar notablemente— los retornos de esos migrantes, blindar las fronteras y obligar a los socios a un reparto solidario de los refugiados. “La clave es tener un sistema rápido para diferenciar quién tiene posibilidad de pedir asilo y quién no. Y hay que devolver a quienes no sean refugiados”, explica una alta fuente comunitaria.

    Entre las propuestas que el Gobierno español baraja está el establecimiento de un plazo para las solicitudes de los recién llegados, que la legislación europea fija en 30 días, pero que en la actualidad aunque esté contemplado también en la ley española no es causa de inadmisión.

    Esta medida será aún más restrictiva para los extranjeros encerrados en los centros de internamiento (CIE), una de las novedades que España introduce motu proprio. La propuesta de Interior es que los internos tengan apenas 10 días para formalizar su solicitud de asilo una vez que han sido informados de su derecho a pedir protección. “Pasado ese plazo se entenderá que la solicitud ha sido formulada con la única intención de retrasar o frustrar la expulsión”, recoge la versión inicial de la ley. La denegación por incumplir este plazo no estaría sujeta a revisión y solo se podría recurrir ante los tribunales. Las fuerzas policiales se quejan de que los migrantes recurren a menudo a solicitar el asilo simplemente como una forma de aplazar su deportación. En 2019 hubo en los CIE 2.164 solicitudes, el 2% del total.

    La adaptación a la normativa europea supone, según el borrador, ampliar los motivos para denegar las peticiones de protección. Entre los nuevos figuraría que en el país de origen del solicitante existan zonas donde pueda establecerse con seguridad.

    El texto preliminar también define el concepto de país seguro, acorde al modelo comunitario. Aunque los expedientes deben estudiarse individualmente, este cambio implica que si el solicitante procede de un país considerado seguro por España —Marruecos, por ejemplo— puede ver su solicitud denegada. El mismo criterio se aplicaría si el solicitante tiene su residencia habitual en un tercer país también etiquetado como seguro. Se valorará “si existe vínculo entre la persona y el tercer país por el que sería razonable que el solicitante se fuese a ese país”. Ese vínculo puede consistir en tener familiares o haber residido legalmente allí inmediatamente antes de pedir protección en España. Siempre se tendrá en consideración que el retorno no ponga en riesgo la vida o la libertad del peticionario por motivos políticos, de raza o religión.

    Interior plantea eliminar la comisión interministerial en la que se deciden las demandas de asilo para acabar con un trámite “que ralentiza enormemente la instrucción”. Actualmente, la Oficina de Asilo y Refugio acumula más de 120.000 expedientes por resolver, pero ha quintuplicado su ritmo de resolución.

    Pero no todas las medidas contempladas suponen un endurecimiento. En el ámbito más garantista, el borrador introduce cambios que dan más seguridad jurídica a los solicitantes: los reconoce como tales en el momento en el que manifiestan su intención de pedir protección, lo que obliga a registrarlos oficialmente. Eso ya ocurría en la práctica; ahora quedará regulado por ley. También amplía de cuatro a cinco días el plazo de resolución de los expedientes en frontera. Un portavoz del Ministerio del Interior rechazó este martes comentar ningún aspecto del borrador al que tuvo acceso este periódico.

    https://elpais.com/politica/2020/02/18/actualidad/1582057149_114853.html

    #Espagne #asile #droit_d'asile #durcissement #loi #migrations #réfugiés

    • A Hard Lesson for Migrants Who Give Up: There May Be No Welcome Mat Back Home

      Jessica Kablan, 27, came back to Ivory Coast seven months pregnant by a man she had turned to for protection on the road.Credit...Yagazie Emezi for The New York Times

      THIAROYE-SUR-MER, Senegal — The fishing village has long sent its men to sea, but after foreign trawlers scraped the bottom clean, the men began coming back empty-handed. It has long sent its men abroad for work, too, but their luck is often no better.

      Last November, when El Hadji Macoura Diop, a 37-year-old fisherman, failed to reach Europe by boat, he could not bring himself to call his wife and tell her he was giving up. “I knew it would just destroy her,” he said.

      Hard as it is to leave home for an unknown land and an uncertain future, coming back, migrants say, can be even harder. Often, they feel ashamed to admit defeat, especially to families that may have scrimped to raise money for their trip. And they struggle to reintegrate into the societies they left behind.

      In 2010, when he was 19, Yaya Guindo fled his life herding cattle in a small farming village in Ivory Coast. Last winter, after eight years on the road working in construction and at restaurants, he returned, broken and defeated, from a detention center in Libya.

      He tried to go home, he said, but his friends mocked him. “I didn’t have anything,” he said. “I was embarrassed.”

      The experiences of Mr. Diop and Mr. Guindo are far from unusual. Researchers estimate that one out of four people who migrate in search of opportunity return to their country of birth — some by choice, others not.

      Just since 2017, the International Organization for Migration has helped more than 62,000 migrants return to 13 countries in West and Central Africa, transported on charter flights and buses arranged by the agency. Many said they wanted to go home after being detained in abysmal conditions in Libyan detention centers, like one in Tajoura that was bombed in early July, killing more than 50 people.

      Once back, they are offered help reintegrating, including temporary shelter, pocket money, job training and psychological counseling.

      “These people left for a reason, and if you don’t address that, they will keep dying at sea,” said Florence Kim, a spokeswoman for the International Organization for Migration, which runs the program. “If you give people what they needed in the first place, they don’t need to take the risks.”

      The organization placed Mr. Guindo in a training program as a restaurant worker in a trendy neighborhood of Abidjan, the largest city in Ivory Coast. Other returning migrants have been given training as carpenters, tailors or shopkeepers.

      But after the initial support, the migrants are on their own.

      “We’re trying not to create a parallel system where migrants who are coming back to their country would have better service than Ivorians who chose not to leave,” Lavinia Prati, a reintegration officer for the International Organization for Migration.

      The transition can be rocky.

      Mr. Guindo, for example, has angered his employers by skipping work to play basketball for a local club. He says he needs to maintain good relations with the club because it is giving him housing in exchange for playing.

      Yet as hard as it is to adjust, Mr. Guindo said he was staying put.

      “I saw people dying of hunger, I saw women raped, men beheaded,” he said. “What I saw, what I lived, what I heard — I would not leave again.”

      Another returnee to Ivory Coast, Jessica Kablan, 27, came back seven months pregnant by a man she had turned to for protection on the road. Although the nature of the relationship was intrinsically coercive, it seemed to her the best choice she could make under the circumstances. When her boyfriend back home — who had helped pay for her trip — realized she was pregnant, he ended the relationship.

      She does not blame him.

      “I came back with a child,” she said. “How could he accept that?”

      Meliane Lorng, a psychologist who counsels returning migrants through the International Organization for Migration, says the women with children often don’t tell their families that they are back, “because the infant is the living testimony that they were raped.”

      Uncounted other migrants, like the fisherman, have returned on their own, without the help of humanitarian agencies.

      Thiaroye-sur-Mer has been a major source of migration for more than a decade. Hundreds of men have tried to reach Europe — mainly Spain. Everyone knows the migrant motto, “Barca ou barzakh”: Wolof for “Barcelona or die.”

      Some make it. Some die trying. And some return, said Moustapha Diouf, himself a returned migrant, who created a community center for them.

      To the outsider, Thiaroye-sur-Mer can seem like an idyllic place, not somewhere people would be eager to leave: Men sit on the beach, mending their nets, while children play in the surf. But when they do come back home, migrants often get a stark reminder of why they left in the first place.

      One recent day, Mr. Diop, the fisherman who abandoned his attempt to reach Europe, and his five partners came back to shore with about 100 small silver fish called sardinella in their nets. Once the owner of the boat got his share, they would earn about a dollar each, he said.

      There was a time when some migrants setting off in hopes of a better life left right from the shores of the village by pirogue, the colorfully painted wooden canoes used for fishing. More recently, the grapevine has advised them to go by air to Morocco, where Senegalese do not need visas, and then catch passage across the Mediterranean with a smuggler.

      From the roofs of the village houses, the view of the ocean goes on forever. It is easy to imagine that Europe might be just beyond the horizon. And it is possible to forget, if only for a moment, the many dangers of the journey.

      Often, it is the women who encourage the men to migrate.

      Mr. Diop’s mother, Fatou Ndaw, 55, chose him to go because he was the oldest of three brothers, and a fisherman. “He was the one who knows how to read the signs of the ocean,” she said.

      Mr. Diop tried twice.

      On his first attempt, in 2006, he headed for the Canary Islands. Along the way, he watched as six people from his village died after bouts of vomiting and dehydration, their bodies tossed overboard with a prayer.

      Mr. Diop landed, but he was deported two days before an uncle living in Spain arrived to claim him, he said.

      To pay for his second attempt, last fall, Mr. Diop’s mother sold her jewelry; his wife, Mbayang Hanne, saved the money that she earned frying doughnuts under a tent on the beach and selling them with coffee.

      Mr. Diop bought a round-trip plane ticket to Casablanca, where he did not need a visa and could stay with a childhood friend. From there, he took a bus to Tangier and boarded a boat for Spain.

      This time, his boat was stopped before it reached international waters. Mr. Diop says he was fingerprinted and dropped at the Algerian border. He walked 16 hours with other migrants until a car picked them up and took them to Casablanca.

      In Casablanca, the weather was bad and the boats were not running. He slept on the street in the rain. His round-trip ticket on Royal Air Maroc was expiring in two days. Homesick and miserable, Mr. Diop called his parents. They advised him to use the ticket to return home.

      He spent some sleepless nights agonizing over whether to call his wife, and decided not to.

      At the airport back in Dakar, he did not even have enough money for a taxi. A stranger took pity on him and drove him home.

      To Mr. Diop’s relief, his wife was out when he got there — but all that did was put off the inevitable. When she returned, she was shocked to find him in the house.

      It was hard to explain why he had failed when so many others had succeeded. Some of his neighbors, Mr. Diop felt, were judging him. But others told him it was not his fault.

      “Europe doesn’t belong to anybody,” he recalled their telling him. “If God decides, one day you’ll have breakfast in Europe. Never give up.”

      And he has not. Mr. Diop says he is not discouraged by deaths he has seen on the migrant path. It is simply part of the risk, he says.

      He and his family are saving for him to leave again.

      https://www.nytimes.com/2019/09/15/world/africa/africa-migrants-return-home.html

    • Video: Sent back to Ivory Coast, illegal migrants face stigma, rejection

      https://youtu.be/n3moMpBDD64

      It’s the contradiction of Ivory Coast. While its economy is one of the most dynamic in Africa, more and more of its people are setting out into the desert towards the Mediterranean in a bid to reach Europe. Some succeed, but for others, the journey is cut short and they are sent back to Ivory Coast. Returning home is often difficult as it comes with a sense of failure and rejection from their loved ones. Our Abidjan correspondents report.

      https://www.france24.com/en/20180905-focus-ivory-coast-returnees-illegal-migrants-europe-libya-mediter

    • Ivory Coast: the migration challenge

      Ivory Coast is one of the major departure points for migrants travelling illegally to Europe. Without a job or a tangible future in their country, many risk their lives seeking a better one abroad. To combat this pattern, the European Union is working in conjunction with the International Organization for Migration (IOM). Collective reintegration projects, such as business partnerships between returning migrants and members of their community, aim to discourage risky irregular migration through sustainable work and dialogue at home. To see how it works, Euronews travels to Ivory Coast, which recently hosted the African Union-European Union summit.

      Abidjan, Ivory Coast’s economic capital, is one of West Africa’s most highly urbanised cities. But behind its apparent success story, and despite being among the world’s biggest exporters of cacao, coffee and bananas, Ivory Coast is still plagued by poverty, which affected nearly half the population in 2015. Many young people faced with unemployment try to reach Europe. According to the IOM and the EU, among the 155.000 migrants who reached Europe between January and November 2017, most came from West Africa.

      Europe isn’t the Eldorado

      We meet Jean-Marie in the capital Abidjan. He is one of many who was seduced by the prospect of a better life beyond his country’s borders. A promising football talent, he was lured to Tunisia by a so-called “sports agent” who took his money and disappeared.

      “In the first weeks everything went well, I only understood it was a scam after a while because I never saw that person again, he disappeared with the 2.500 euros I gave him,” Jean-Marie Gbougouri tells us. “So, in the end, I was stuck over there, I had nothing left. So for me, Eldorado is not necessarily Europe. Of course, we all dream of going to Europe, but not in those conditions. I’m in good shape, but taking a boat to Italy isn’t going to change my situation. So I’d rather go home and invest my energy in my own country and see what happens.”

      The IOM helped Jean-Marie return home and set up a business as a chicken farmer. Voluntary return and its follow-up are priorities for the EU, which funds the IOM’s projects. According to the EU’s foreign policy chief, Federica Mogherini, interviewed by Euronews, the EU has helped 14,000 people return home this year.

      Once home, the migrants need assistance says the IOM’s director in Ivory Coast, Marina Schramm: “There is this point of failure which is why it is extremely important for us to work on the psychological and psychosocial support, create an identity again, build self-confidence. And I think therefore training is extremely important, having a diploma makes someone out of you again, not just someone that came back with nothing.”

      Boosting cacao revenue

      To prevent Ivory Coast’s youth from leaving, there need to be jobs for them. The country is the world’s biggest producer of cacao, most of which is consumed as chocolate in Europe and North America. But cocoa farmers in Africa are deeply affected by the fluctuating prices of cocoa. Overproduction this year caused prices to drop.

      Moreover, what Ivory Coast lacks, says Euronews’ Isabel Marques da Silva, is the processing industry.

      “A cooperative working in the fair trade business gets better prices for its cacao. But the added value is in the transformation process, which does not takes place in Ivory Coast. So in the end, the farmers get less than 10 percent of the price of a chocolate bar made and sold in Europe,” she says.

      There are exceptions like the Société Coopérative Equitable du Bandama, in the town of M’Brimbo, northeast of Abidjan. It brings together Ivory Coast’s first certified organic and fair trade cocoa producers.

      Thanks to this certification they have developed their own trade channels and are therefore spared the price fluctuations of the regular market. The next step would be to make the chocolate locally.

      “We’ll need funding, or at least someone to help train us locally so that we can make the chocolate here,” says SCEB president Jean Evariste Salo. “In Europe, people are tired of eating toxic food, they’re starting to ask for organic produce: organic is the future.”

      Boosting digital growth

      Entrepreneurship in Africa is booming as is the digital economy.

      Computer engineer Guiako Obin is the co-founder of Babylab, a Fab Lab where local children in the deprived neighbourhood of Abobo in Abidjan can come and learn about computers, upcycling and coding.

      “What we need is to lobby local authorities in order to copy what’s being done in other parts of Ivory Coast and Africa,” Guiako tells us.

      The development of digital opportunities was at the heart of the recent EU-Africa Business Forum in Abidjan.

      According to Stefano Manservisi, head of International Cooperation and Development at the EU, “(The priority is) interconnectivity, access to basic information, and access to services which are more transparent, more affordable, in terms also of the relationships between people and the administration, but also people and the market.”

      The forum took place ahead of the EU-African summit, where leaders agreed on four key priorities for the coming years including economic opportunities for youth, peace and security, mobility and migration, and cooperation on governance.

      –-> #vidéo on:

      https://www.euronews.com/2017/12/05/ivory-coast-the-migration-challenge

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (1/6) : Ibrahim raconte l’enfer libyen

      Des migrants dans un centre de détention, en Libye, avant d’être rapatriés dans leur pays, le 2 décembre 2017

      RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de la grande ville de l’ouest de la Côte d’Ivoire, Daloa. Si le phénomène a ralenti aujourd’hui, il y a encore deux ans, ce sont des centaines de jeunes hommes, de jeunes femmes et même d’enfants qui tentaient chaque mois de prendre la très dangereuse route de la Libye dans l’espoir d’embarquer sur un radeau en direction de l’Italie. Ibrahim Doumbia, 31 ans, est l’un d’entre eux. Pour lui, l’enfer a duré plus d’un an.
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      Dans son petit atelier de couture en bord de route à Daloa, Ibrahim Doumbia raconte un rêve d’Europe qui a viré au cauchemar, dès le désert nigérien. « Tu sais, les gens parlent beaucoup de la mer, la mer. Mais là où les gens restent beaucoup, c’est dans le désert. Le désert, c’est un cimetière, confie-t-il. S’il y a un problème d’eau qui arrive à un moment, même à ton frère, le peu d’eau qu’il te reste, tu ne peux pas lui donner. Celui qui nous transporte, souvent, il veut même sortir avec une de nos sœurs, mais la fille ne peut pas refuser, parce que si elle refuse, nous restons tous bloqués dans le désert. »

      En Libye, l’enfer continue. A Bani Walid d’abord. La captivité, le travail forcé, les coups, le viol pour les femmes. Puis une évasion. Arrivé à Tripoli, il tente la traversée vers l’Italie avec des dizaines d’autres, sur deux radeaux de fortune. « Il y avait la tempête. Ce n’était pas facile. Il y avait trop de vagues. Et ils ont commencé à couler. Nous, on était obligés de nous éloigner un peu. Parce que, si d’autres essayaient de plonger dans la mer pour les remonter, nous tous risquions de couler. On les a regardés mourir. On ne pouvait pas. »

      Neuf mois dans un camp pour migrants assimilé à une « prison »

      Après cet échec : de nouveau la détention dans un camp pour migrants. « Moi, je suis resté dans cette prison pendant neuf mois. Chaque jour que Dieu fait, on voyait l’un de nos frères qui mourait. Souvent, vers trois heures du matin, ils venaient et frappaient tout le monde. Chacun essayait d’appeler ses parents, pour qu’ils essaient de tout faire pour les libérer de cette prison-là. »

      Rapatrié il y a deux ans, Ibrahim est un survivant. Hanté chaque nuit par les images de cette aventure dramatique, il s’estime chanceux de s’en être sorti. Aujourd’hui, il tente de dissuader les candidats au départ.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190313-migrants-retour-cote-ivoire-16-ibrahim-raconte-conditions-periple-libye

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (2/6) : une réinsertion incertaine


      Des migrants ivoiriens venus de Libye, de retour au pays, le 20 novembre 2017

      RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de la grande ville de l’ouest de la Côte d’Ivoire, Daloa. Chaque mois, des jeunes hommes, des jeunes femmes et même des enfants décident de prendre la très dangereuse route de la Libye dans l’espoir d’embarquer sur un radeau en direction de l’Europe. Des jeunes qui travaillent pour économiser un pécule pour partir, souvent avec l’aide de leur famille. Malheur à ceux qui doivent rentrer au pays où l’emploi stable se fait rare.
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      Jean Martial vient d’obtenir un petit local ou il peut vendre ses fripes. A 35 ans, il a déjà tenté une fois de « partir à l’aventure », mais il s’est cassé les dents en Libye. Pour prendre la route, Jean Martial avait travaillé afin d’économiser 800 000 francs CFA, environ 1 200 euros. Et pour lui permettre de revenir, sa famille lui a envoyé de l’argent.

      Pour autant, cet échec n’a pas fait disparaître son envie d’Europe. « L’Europe, c’est le rêve de chaque personne ici. Si vous voyiez la misère et la souffrance que nous traversons. Aujourd’hui, si tu es en Europe, par la grâce de Dieu tu trouves un petit boulot, tu peux t’occuper de ta famille. Là-bas, au moins, le fonctionnaire est bien payé, le petit débrouillard est bien payé. »

      « Ce qui manque ici, ce sont les opportunités pour les jeunes »

      L’ONG italienne CeVi (Centro di volontariato internazionale) est arrivée en 2006 à Daloa, ville considérée il y a encore deux ou trois ans commela plaque tournante ivoirienne des départs vers l’Europe. CeVi fait notamment de la sensibilisation, auprès des populations et des autorités, et aide ceux qui sont revenus, les « retournés » à se réinsérer.

      « Ce qui manque ici, ce sont les opportunités pour les jeunes et surtout une perspective de stabilité. Parce que, quand on est commerçant, on ne sait jamais combien on va gagner dans le mois, si on va pouvoir envoyer les enfants à l’école, explique Laura Visentin de CeVi. Daloa, c’est vrai, est une grande ville. Mais au final, c’est comme si c’était un village, parce qu’il n’y a pas d’usine. Au-delà de la fonction publique, il n’y a pas d’entreprises. Et le problème c’est que, si un enfant demande un million pour partir, la famille cotise. Mais si un enfant demande un million pour commencer un petit business ici, la famille ne donne pas. »

      Ces dernières années, les stratégies des ONG, des autorités ou des grandes agences semblent porter leurs fruits. Les départs de Daloa ont manifestement baissé, mais le phénomène existe toujours.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190314-migrants-retour-cote-ivoire-26-reinsertion-avenir-cevi

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (3/6) : le récit de Junior, 9 ans

      Migrants au large des côtes libyennes, le 19 juin 2017.

      RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de la grande ville de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Daloa. Si le phénomène a un peu ralenti aujourd’hui, il y a encore deux ans, ce sont des centaines de personnes qui tentaient chaque mois de prendre la très dangereuse route de la Libye dans l’espoir d’embarquer sur un radeau en direction de l’Italie. Des hommes, des femmes, et même des enfants, souvent seuls. Junior avait neuf ans quand il a tenté de rejoindre l’Europe avec le rêve de devenir ingénieur.
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      Junior a désormais onze ans et un regard d’acier. Dans son quartier, tout le monde le considère comme un petit génie de l’électronique. Quand il est parti, il n’avait que neuf ans. L’aventure a duré douze mois. Son âge ne lui a pas épargné la faim, la soif, les coups ou la captivité. Ni même d’assister à des meurtres pour rien ou presque. « Il y a le désert, pour le traverser aussi c’était dur. On peut venir là, prendre une lame, te tuer parce que tu as bu l’eau ou bien parce que tu as payé le pain et mangé. On peut arracher ton argent, prendre une lame, te tuer... »

      Un beau matin, Junior a volé l’argent que cachait son père et est parti sans le dire à personne. Direction l’Europe pour devenir ingénieur. « Si j’avais réussi, j’aurais pu aider ma famille, parce que j’ai des petits frères. Il y a beaucoup de mes amis qui sont partis, c’est pour ça que j’ai pris la route. Je peux partir, si je vois que ça ne va pas encore. Je peux retenter. Ou bien je prends une autre route, si je vois qu’il y a une autre route, je peux prendre ça. Ma famille n’a rien, je peux l’aider. »

      « Tu partais pour aller faire quoi là-bas, à ton âge ? »

      Vendeur de pneus rechapés, M. Amossa, le père de junior, a des yeux pleins d’admiration pour ce petit garçon qui lui a donné des mois d’angoisse. « Quand il est revenu, je lui ai demandé : "Tu partais pour aller faire quoi là-bas, à ton âge ?" Il m’a répondu qu’il partait pour développer sa connaissance. Comme lui-même, il aime faire les fabrications. S’il y a délestage, il y a des trucs qu’il fabrique, il donne à sa grand-mère et puis ça alimente la maison. Je ne sais pas comment il a fabriqué tout ça. Au début, c’est vrai, je lui ai dit de rester tranquille, de continuer son étude… S’il veut aller à l’aventure pour se chercher, ça viendra avec le temps. »

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190315-migrants-retour-cote-ivoire-3-6-junior-9-ans-recit

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (4/6) : la honte et la gêne après l’échec

      Migrants ivoiriens rapatriés de Libye à leur arrivée à l’aéroport d’Abidjan, lundi 20 novembre 2017.

      Toute la semaine, RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe, en partant de Daloa. Cette ville, la troisième du pays, est la plus grande de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Elle a longtemps été considérée comme un point de départ majeur des Ivoiriens vers l’Europe mais, pour beaucoup, le voyage s’est arrêté avant, souvent en Libye. Pour ces hommes et ces femmes, le retour à Daloa est alors synonyme de honte.
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      Elle souhaite se faire appeler Mimi. Partie pour la Libye afin de gagner l’Europe, elle n’a jamais pu traverser la Méditerranée. Au bout de sept mois de calvaire, elle a été rapatriée à Abidjan par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

      « La manière dont tu rentres au pays, ce n’est pas celle que tu as décidée, ce n’est pas cette manière-là que tu as voulue. On est rentré avec désespoir. On s’est dit qu’on a vraiment perdu du temps, notre argent… On a perdu plein, plein de choses. On n’a vraiment pas le moral. Je me disais que je préférais encore la mort que de revenir comme ça », se confie-t-elle.

      La honte d’avoir menti à sa mère et d’avoir pris son argent. La honte de l’échec, aussi. Les premières semaines, Mimi se cache chez une de ses sœurs, à Abidjan. Puis elle fait un accident vasculaire cérébral (AVC). « Trop de pensées », dit-elle.

      Soignée, elle finira, plusieurs mois après, par retourner à Daloa garder la maison de sa mère qui, à son tour, est partie à Abidjan suivre des soins. A Daloa, le sentiment de honte est encore plus fort et elle ne quitte quasiment pas sa cour.

      « Comme je suis moi-même de Daloa, c’est mon voyage qui m’empêchait de venir m’installer ici à cause de la honte, de la gêne. Le fait de partir et de ne pas avoir réussi le voyage, les gens vont mal l’interpréter. Voilà pourquoi je suis dans mon coin. Je suis là, je ne fais rien pour le moment et tout cela me stresse encore plus. Je suis malade depuis mon retour. Je prends des médicaments pour éviter trop de stress et, par conséquent, je suis renfermée, trop renfermée. Avant, ce n’était pas ça ma vie », témoigne-t-elle.

      Malgré tout, Mimi a un projet, celui d’ouvrir une échoppe de jus de fruits sur la rue qui passe devant sa cour. Plus une thérapie qu’un business.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190316-cote-ivoire-migrants-retour-libye-daloa-mediterranee-oim-europe-echec-h

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (5/6) : sensibilisation auprès des « mamans »

      Des migrants africains secourus au large de la Libye en août 2018.

      Toute la semaine RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de Daloa. Cette ville, la troisième du pays, est la plus grande de l’ouest de la Côte d’Ivoire a longtemps été considérée comme un point de départ majeur des Ivoiriens vers l’Europe. Aujourd’hui, du constat de tous, le phénomène a fortement ralenti. La répression de quelques passeurs et la sensibilisation de masse sont passées par là. Sensibilisation mieux ciblée aussi, notamment envers les « mamans ».
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      Dans cette cour du quartier Orly, de Daloa, comme chaque mercredi, une douzaine de mamans du quartier se retrouvent pour discuter, boire le thé et manger des bonbons. Parmi ces femmes, Awa Touré.

      « Il y a beaucoup de mamans dont les enfants sont partis. Toutes les mamans se décarcassent pour avoir l’argent pour donner aux enfants qui s’en vont. Mais, moi, mon enfant n’est pas parti. C’est mon seul garçon. Il est commerçant et vend des pneus. Je lui ai dit : « il ne faut pas partir ». Il est resté. Je veux qu’il reste à côté de moi et puis, je me débrouille. L’argent que je touche, je le lui donne. Je veux qu’il ait un magasin à lui », raconte-t-elle.

      La famille, et les mères en particulier, sont souvent pourvoyeuses de fonds pour les candidats au départ. Du coup, ces mamans sont, depuis quelque temps, la cible de la sensibilisation de la part d’ONG. Laura Visentin de l’organisation italienne CeVi, est présente à Daloa, depuis douze ans.

      « On faisait de la sensibilisation avec les jeunes parce que l’on pensait que c’était nos cibles dans la mesure où ce sont eux qui partent. Mais après, on a compris que souvent, ce sont les mamans elles-mêmes qui poussent les enfants à partir et là, nous avons commencé à faire de la sensibilisation avec elles, à montrer des documentaires sur le désert et sur la traversée de la mer. Il y a beaucoup de mamans qui ont commencé à pleurer. Elles ont dit : « Mais moi, j’ai envoyé mon enfant comme ça. Je ne savais pas que c’était comme ça. Personne ne nous a dit ». Et c’est à partir de là que la pression de la famille a diminué un peu et aujourd’hui, les mamans, au lieu d’encourager, elles découragent », explique Laura Visentin.

      Si ce facteur n’est pas le seul qui explique la baisse du nombre de départs de Daloa depuis deux ans, « c’en est un », estiment les acteurs sur le terrain.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190317-cote-ivoire-migrants-retour-daloa-ong-cevi-laura-visentin-sensibilisati

    • Migrants de retour en Côte d’Ivoire (6/6) : la lutte contre les passeurs

      Une centaine de migrants ivoiriens rapatriés de Libye, le 20 novembre 2017 (photo d’illustration).

      RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de Daloa. Cette ville, la troisième du pays, est la plus grande de l’ouest de la Cote d’Ivoire a longtemps été considérée comme un point de départ majeur des Ivoiriens vers l’Europe. Aujourd’hui, du constat de tous, le phénomène a fortement ralenti. La sensibilisation est passée par là. Mais la répression aussi. Aujourd’hui selon le gouvernement, une cinquantaine de passeurs dans tout le pays ont été condamnés.
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      Adama est un repenti. Arrivé d’Abidjan il y a environ cinq ans, il a été pendant deux ans et demi un passeur. Lui préfère le terme de « démarcheur », qui aidait les candidats au départ à atteindre l’Europe, en moyenne une quinzaine par mois.

      « A cette époque-là, j’étais à Daloa. Quand je prenais quelqu’un, bien avant qu’il décolle, je discutais avec la famille. Si on finissait par tomber d’accord, on donnait le chemin au niveau des différents correspondants qu’on avait dans les différentes villes. Quand il arrivait à Agadez, la famille payait le restant d’argent. A l’époque, de la Côte d’Ivoire à la Libye, on prenait 600 000 francs CFA. De la Côte d’Ivoire en Italie, on prenait 900-950 000. »

      Adama a passé un an en prison à cause de son activité. Aujourd’hui, il fait de la sensibilisation lorsqu’il n’est pas dans sa petite menuiserie ouverte aux quatre vents. Il y a quelques années encore, Daloa comptait une trentaine de passeurs, selon lui. La plupart se serait volatilisée.

      La migration ralentit. Conséquence de la politique des autorités, estime Yaya Sylla, premier adjoint au maire, à commencer par la lutte contre ces passeurs.

      « Dans un premier temps, il s’agit de récupérer celui qui le fait. C’est plus facile de le repérer s’il n’est pas de Daloa. Ensuite, nous jouons au niveau de la sensibilisation. Et en tant qu’autorité, nous faisons en sorte de pouvoir mettre la jeunesse au travail. Parce que tout part de là. Nous avons mis beaucoup de programmes en place pour l’emploi des jeunes. »

      Depuis des années, ce sont les ONG et les organisations de jeunesse qui sont en première ligne pour dissuader les candidats au départ de prendre la route, et leurs familles de les soutenir.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190318-cote-ivoire-serie-migrants-passeurs-daloa

    • Côte d’Ivoire : retour de Libye de migrants ivoiriens

      Migrants ivoiriens rapatriés de Libye à leur arrivée à l’aéroport d’Abidjan, lundi 20 novembre 2017.

      Quelque 155 migrants ivoiriens en Libye ont été rapatriés lundi soir à Abidjan. Ces candidats à l’émigration en Europe, dont le voyage s’est arrêté en Libye, ont été accueillis par la direction des Ivoiriens de l’étranger et l’Organisation internationale pour les Migrations.
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      Dans la zone charter de l’aéroport d’Abidjan les enfants courent et s’amusent sur les tapis à bagages à l’arrêt. Les parents souvent épuisés par leur périple, parfois gênés de revenir sous les objectifs des appareils photos ou de caméras de télévision, aimeraient que les formalités d’enregistrement soient expédiées pour pouvoir aller se reposer.

      http://www.rfi.fr/fr/afrique/20171121-cote-ivoire-migrants-libye-retour-abidjan-reportage

  • Performing the law / LE #BUREAU_DES_DEPOSITIONS

    Comment qualifier le bureau des dépositions sans passer à côté des causes (déterminées) et des fins (encore inconnues) de ce collectif dont les performances ne sont ni des représentations ni des manifestations mais du “droit en train de se faire”… Nous retrouvons les lignes directrices du Labex performing the law mais dans une dimension encore plus aboutie. Il ne s’agit pas de dire que la #performance en elle-même est plus travaillée mais de souligner ici que la #fabrique_du_droit est encore plus essentielle, intrinsèque au projet.

    Un projet qui correspond parfaitement à une publication sur un carnet de recherches car on avance ici de brouillon en brouillon, l’œuvre collective évoluant au fur et à mesure des rencontres visibles et publiques mais aussi des événements quotidiens qui affectent les différents intervenants. Car la frontière entre vie privée et scène publique se veut ici poreuse puisque nous sommes aux marges de toutes les catégories : privé et public, fiction et réalité, matériel et immatériel, théorie et pratique…

    Le “Bureau des dépositions” est en effet le nom que s’est attribué un groupe d’hommes et de femmes pour rendre compte et désigner l’#œuvre_immatérielle constituée par la #co-présence des #co-auteurs et des co-autrices à un moment donné et en un lieu déterminé. La performance n’est donc pas la représentation d’une œuvre qui préexiste mais bien la réalisation concrète à l’instant-t de l’œuvre dont il est question et dont on pourra par la suite défendre l’#intégrité. Une œuvre qui tend à faire #justice, alors même que les principes brandis par notre pays, clamés haut et fort au titre des gloires nationales, se révèlent insuffisants pour venir en aide concrètement aux migrants. Ici, les migrants sont avant tout des co-auteurs et des co-autrices dont la présence est essentielle à l’intégrité d’une œuvre immatérielle. Le droit d’auteur, le #droit_des_obligations seront ici privilégiés, instruments d’action pour faire valoir non pas la reconnaissance de #droits_fondamentaux à des hommes pressentis nus parce que non élevés au rang de concitoyens mais les droits d’auteurs et d’autrices, inscrits dans des liens d’obligations… Expulser cet auteur, c’est atteindre l’œuvre et entraver sa réalisation et les performances prévues, c’est impliquer les co-auteurs, les co-autrices mais aussi les diverses institutions qui s’impliquent en signant des contrats avec les “#performeurs”.

    Ainsi, le Bureau des dépositions n’est pas né d’une interrogation théorique mais d’une urgence pratique et il s’agit alors de ne jamais perdre de vue que la représentation n’est jamais à entendre dans le sens classique d’un spectacle ou d’une performance artistique mais dans le cadre d’une difficulté à résoudre.

    La performance par la coprésence est une #action, dans le sens juridique du terme, une action qui relève de la capacité à obtenir justice, de la volonté de faire reconnaître un #droit et non d’un mouvement esthétique sans lendemain. Bien sûr, la démarche suppose, pour être visible, de se fondre dans une mise en scène mais il ne s’agit que d’un moyen et pas d’une fin. Pour ouvrir une scène publique qui a deux vocations : avancer en commun par le partage des problèmes et le recueil de solutions et constituer l’objet même de la démarche juridique : l’œuvre immatérielle.

    Être ensemble sur une scène, s’exprimer à la radio… voilà autant de concrétisations qui constituent un cheminement dont nous allons rendre compte, et dans un certaine mesure qui est encore difficile à déterminer, accompagner voire nourrir.

    Le premier plateau-radio d’octobre 2019 :


    https://r22.fr/focus/oeuvrer-les-limites-du-droit-deuxieme-session

    https://imaj.hypotheses.org/2420

    #audio

    #droit_d'auteur #droit_des_étrangers #asile #migrations #réfugiés

    Une initiative de #Sarah_Mekdjian et #Marie_Moreau

    ping @karine4 @isskein

    • A Grenoble, le Bureau des dépositions ne veut plus être empêché de créer

      Le collectif d’artistes projette de saisir la justice contre les procédures d’expulsion qui menacent certains de ses membres, demandeurs d’asile. Avec une arme : le statut de co-auteur.

      Dans leurs contrats figure une clause « d’indivision » qui prévoit l’annulation de la représentation en cas d’absence contrainte de l’un des coauteurs en raison de sa situation administrative. Un paragraphe tout sauf anodin pour Mamadou, Sarah, Ben, Sâa Raphaël, Marie, Pathé, Ousmane, Mamy, Aliou et Elhadj Sory, depuis que le Bureau des dépositions, le collectif d’artistes qu’ils ont fondé il y a un an, a cru voir son élan brisé par l’expulsion de deux membres.

      En mai 2019, deux mesures d’éloignement préfectorales ont mis entre parenthèses le travail artistique engagé par ces dix « auteurs-performeurs », dont la collaboration s’était scellée quatre mois plus tôt, autour d’ateliers d’écriture de lettres sur les violences des politiques migratoires. Trois mois après leur transfert respectif vers l’Espagne et l’Allemagne, Mamadou et Elhadj Sory ont à nouveau franchi la frontière, permettant ainsi au Bureau des dépositions de renouer avec ses ambitions.

      « On s’est dit qu’il fallait faire quelque chose pour se protéger », se souvient Ousmane, l’un des huit demandeurs d’asile originaires de Guinée-Conakry qui ont participé à la création du collectif. « L’agent actif de nos œuvres, c’est-à-dire la nécessaire présence physique des uns et des autres lors des temps de création pour échanger et faire œuvre, a été mis en péril », abonde Marie, coautrice au sein du groupe.
      Notion de coauteur

      À l’exception d’Ousmane, les autres exilés du collectif, âgés de 20 à 29 ans, vivent sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou d’un transfert, dit « Dublin », vers le premier pays de l’Europe où leurs empreintes digitales ont été enregistrées. Chaque soir, ils dorment aux côtés d’une soixantaine d’autres demandeurs d’asile au « Patio », un local désaffecté du campus de Grenoble ouvert dans l’urgence au début de l’hiver 2017 pour les abriter.

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/02/19/a-grenoble-le-bureau-des-depositions-ne-veut-plus-etre-empeche-de-creer_6030

    • œuvrer une justice spéculative

      Bureau des dépositions. Exercice de justice spéculative est fondé sur une conception pragmatique du droit, à partir de celui déjà existant et de ses limites, à distance du régime moral et compassionnel de la plainte. L’œuvre s’inspire du droit de la propriété intellectuelle, infléchi par les pratiques du logiciel libre, afin d’attaquer le contentieux du droit des étrangers et du droit d’asile. Le fac-similé de la procédure est suivi d’un texte de Sarah Mekdjian et Marie Moreau retraçant les pratiques de cette œuvre signée en co-auctorialité, initiée depuis janvier 2019 au Patio solidaire sur le campus de l’université Grenoble Alpes, et au Magasin, centre national d’art contemporain à Grenoble. Il s’agit d’une création, immatérielle et processuelle, signée par dix auteur·trice·s.

      https://vacarme.org/article3283.html

  • 3 heures, Jalil est menotté : « On vient te chercher pour l’aéroport, prépare-toi »

    Comment vit-on en centre de rétention, où la France place les étrangers qu’elle veut expulser ? Mediapart entreprend une série exceptionnelle sur celui de #Marseille : conditions de vie, #violence, rôle des juges, des policiers ou des médecins… Dans ce premier article, Jalil, jeune Afghan, découvre soudain l’enfermement.


    https://www.mediapart.fr/journal/france/160220/3-heures-jalil-est-menotte-vient-te-chercher-pour-l-aeroport-prepare-toi?o
    #renvois #expulsions #France #témoignage #asile #migrations #réfugiés #déboutés #CRA #détention_administrative #rétention
    ping @karine4 @isskein

  • Expropriations in the works for creation of closed migrant centers

    The long-awaited creation of closed centers for asylum seekers on five northeastern Aegean islands was announced on Monday by government spokesman Stelios Petsas, who stressed that a legislative act will be issued to allow for the acquisition of properties, land and sites by expropriation.

    Petsas said the legislative act will “authorize” the Migration and Asylum Ministry to proceed “with the expropriation...of the necessary property and land for crisis management in order to address the urgent need to avoid endangering public health and order.”

    The closed centers will be created on Lesvos, Chios, Samos, Kos and Leros.

    Given the objections and concerns of local communities, Petsas said that the site selection was made following an “exhaustive dialogue” with the competent regional and local authorities and after an appeal was made by the regional governor of the north Aegean islands, Costas Moutzouris, for a state of emergency to be declared on the islands.

    However, Petsas’ announcement sparked a backlash on the islands, given that the capacity of some of these structures will be 20,000 people. Emergency meetings were held by municipal councils on Lesvos, Samos and Chios, while a scheduled meeting with government officials in Athens on Thursday has been cast in doubt.

    According to Petsas, the structures will shelter new arrivals in order to facilitate the identification and asylum processes. He added that they will also be used to detain migrants who exhibit abusive behavior and those who are not entitled to asylum and are slated for return to their country of origin.

    In addition, the operation of these new structures foresees internal regulations, such as allowing residents to leave the centers for a limited period of time. Residents will be given special cards for this purpose. The structures will be closed at night. The government has declared that “the violation of any internal rules will adversely affect asylum claims and speed up the process of the offender’s return [to their country of origin].”

    The closed centers are part of a broader four-pronged government plan to resolve the migration problem. This also entails tightening border security, speeding up asylum procedures and increasing returns.

    The government hopes that the creation of the closed structures will eventually dampen the of local communities’ opposition, once conditions on the islands improve. Petsas stressed Monday that the aim is to support local communities.

    http://www.ekathimerini.com/249392/article/ekathimerini/news/expropriations-in-the-works-for-creation-of-closed-migrant-centers
    #centres_fermés #Grèce #îles #migrations #réfugiés #Samos #Lesbos #Chios #asile #Kos #Leros

    ping @karine4

  • Desperate, Thousands of Syrians Flee Toward Turkish Border

    With bloodshed and tensions rising between Syria and Turkey, the last rebel holdout of #Idlib is turning into the biggest humanitarian crisis of the war.

    As snow fell on northern Syria this past week, it covered thousands of fleeing families unable to find even a piece of tarp to shelter themselves.

    The wintry weather, along with the bloody onslaught by the forces of Syrian President Bashar al-Assad, has turned the flight of displaced civilians in Idlib and Aleppo toward the Turkish border into the biggest humanitarian crisis yet in a war that for almost a decade has normalized mass atrocities. “No one prepared camps ahead of time, there are no tents, people are sleeping in cars and in the streets,” said Ahmad, a resident of northern Aleppo, who is attempting to help the displaced. (Like many of those interviewed for this story on WhatsApp, Ahmad wants only his first name used for fear of retribution.)

    The lucky among them stay with relatives or rent a home, but very few can afford this. Homeowners in areas abutting the Turkish border are charging the displaced exorbitant sums in rent—a common price is $350 per month for a two-bedroom house, when an average salary in the region, which has rampant unemployment, is about $50.

    According to new data from the United Nations, since Dec. 1, 2019, 689,000 civilians have been displaced by the government’s offensive against the last rebel holdout in Idlib, most of them women and children. Some 100,000 have been displaced only in the past week. The rapid progress of regime forces and waves of displacement it produced escalated tensions between Turkey and the Syrian forces backed by Russia. Another five Turkish soldiers were killed in recent days in an attack carried out by Assad’s forces, precipitating retaliation against Syrian army targets by Turkish forces dispatched to northwestern Syria.

    “I think there are now more Turkish soldiers in Idlib than armed revolutionaries,” said Yasser, a tracker of regime airstrikes and military movement in Idlib, referring to the mass influx of Turkish soldiers and heavy weaponry into Idlib, the last bastion of the Syrian armed opposition. In early February, Turkey began dispatching multiple convoys made up of hundreds of jeeps, armored personnel carriers, tanks, multiple rocket launchers, and electronic warfare equipment into Idlib, in an effort to prevent the collapse of the last rebel-held pocket in Syria, amid rapid regime advances against it.

    The fate of Idlib’s 3 million to 4 million residents now depends on Turkey’s ability to deter further regime advances. In Ankara’s eyes, a mass influx of refugees would be politically destabilizing. Turkey’s willingness to send in thousands of troops and heavy weaponry with no air cover and against Russia’s wishes shows that Turkish President Recep Tayyip Erdogan is willing to take significant risks to prevent the last rebel pocket from collapsing. Turkey established several new observation posts manned by newly arrived troops. After its observation posts came under attack in early February, Turkey began firing artillery at advancing regime forces on several occasions. Thus far, Turkey has not attempted to enter the fray with its air force, which has been significantly weakened due to purges after the 2016 attempted coup.

    Russia and the Assad regime still control the skies and use this dominance to destroy hospitals, bakeries, and other civilian areas in what appears to be the purposeful depopulation of entire towns, pushing civilians to flee toward the shuttered Turkish border. About 1 million civilians have been displaced in Idlib, northwestern Syria, since the start of the Syrian regime’s offensive in late April 2019, according to U.N. data.

    “These are people who’ve been displaced time and time again. People are completely exhausted, and the capacities of NGOs are also exhausted,” said Asmahan Dehny, the emergency response program coordinator at the Syrian humanitarian nongovernmental organization Violet, which helped evacuate impoverished families unable to afford their escape and recently established communal tents to receive them.

    The prospect of returning to live under the Assad regime terrifies most Idlib residents, even as the rebels ruling over them lost much of their popular support due to their abusiveness. A majority of Idlib’s up to 4 million residents were displaced from their homes by the regime and expect to be executed or jailed and tortured if they fall into the regime’s hands. “Even people who have nothing to do with the revolution or the factions feel that they are the target,” said Maher, a displaced novelist residing in Idlib. Similarly to many others in Idlib with whom Foreign Policy spoke in recent days, he pointed to the case of Ahmad al-Jifal, a 69-year-old man with mental health issues, who refused to leave Maarat al-Numan. After the city was captured by a Russian-backed militia in January, the fighters executed him and set fire to his corpse.

    But very few who are left can afford to escape Idlib. The cheapest and most perilous smuggling attempt to Turkey costs $350 and usually ends in being caught, beaten, and sent back by Turkish border guards. Despite the risks, a greater number of Idlib residents are making this trip, usually by borrowing from friends and relatives living abroad. According to Maher, “the fence along the border and the border police reinforcements on the Turkish side of the border are making smuggling incredibly difficult. There are people who’ve tried six, seven times to cross into Turkey, getting arrested and deported each time. People are expecting death.” He said he hopes to finish a novel he’s writing about a French and Syrian archeologist digging in the ancient city of Ugarit before the regime reaches his border village.

    Veteran humanitarian NGO workers are at a loss about how to handle this unprecedented crisis. “Even if we manage to secure food and water for all the displaced, we can not provide them with shelter or areas that are safe from the torrential rains to set up a tent,” said Ziad al-Sebai, the director of the media office of the Syrian humanitarian NGO Watan. “Imagine how many babies from the previously displaced and the new waves will get sick and die due to the cold and malnutrition.”

    A series of agreements between Russia and Turkey, which called for establishing a demilitarized zone in Idlib and allowed Turkey to erect observation posts in Idlib starting in late 2017, broke down in April 2019; negotiations between Russia and Turkey to revive it have not been successful. Russia is determined to achieve a decisive military solution for Idlib and told Turkey it would not accept a cease-fire, even with significant concessions from the rebels. This uncompromising position was pushed by the Russian Ministry of Defense, overriding less gung-ho elements in the Russian administration.

    To make matters worse, in January, Iran became much more actively involved in the campaign against the last rebel-held pocket. Previously, Iranian officials promised Turkey to stay out of the fighting in the area, wishing to preserve their relationship with Turkey. The reopening of the dormant front in western Aleppo, manned by pro-Iranian militias (including Iraqi, Afghan, and Pakistani fighters overseen by the Quds Force) and units within the Syrian army that are close to Iran (such as the 4th Division), signaled a shift. The rebels, forced to rebuff attacks both in southern Idlib and western and southern Aleppo, could not hold their ground. The headway of the regime turned into an all-out stampede.

    “Just being able to repel attacks has become a victory in an of itself,” said Mannar, a rebel with the National Liberation Front, hours after he was forced, with a small group of fighters, to withdraw from his village of Kafr Halab, ceding it to the Iranian-backed militias. “The regime annihilated the village.” Mannar has been fighting the regime since the age of 15. He is determined to return to the front after evacuating his family to the border.

    The regime’s advances on the ground also stemmed from Russian support: Training and guidance from Russian officers and mercenaries boosted the capabilities of pro-regime militias, and night vision equipment provided by Russia allowed the regime’s forces to advance during the night. In 2019, Russia altered its targeting policy in Idlib. While previously, the regime and Russia relied on indiscriminate fire across the rebel-held territory to terrorize the population, break its spirit, kill, and destroy, they now concentrate their indiscriminate airstrikes and artillery shelling on stretches of territory close to the front lines, leading nearly all civilians to escape. At the same time, Russia began relying more heavily on surveillance drones that call in airstrikes by jets. These precise strikes ensured that fighters heading to and from the front lines are targeted and killed. Even groups as small as two fighters on a single motorcycle have been hit in these precise strikes.

    “We have lost many [fighters] because of the drones. When we hear them, we truly feel immense fear,” said Qusay, a veteran fighter in the ranks of the Islamist jihadist Hayat Tahrir al-Sham. “The central fighter in their ranks is the drone,” he said, describing how he and a group of fighters got stuck in a house near the front lines and could not go out to even procure food for over a day because “the drones are always in the skies, searching, and unlike the jets, there is no warning when they take off” from military air bases.

    Speaking to Foreign Policy over the messaging app Telegram, the communications director of Hayat Tahrir al-Sham, Taqi al-Din Omar, said that “when the Russian occupier and Iranian occupier (and particularly Lebanese Hezbollah) launched a large-scale offensive on Idlib, they attacked from multiple directions (at times from six directions at the same time), using incredibly intense air strikes and artillery. The occupiers were able to achieve superiority over the mujahideen, forcing them to retreat from bombed-out areas.”

    While the regime is able to rely on a large army, with many of its soldiers press-ganged into service, as well as local and foreign Shiite militias, the rebels have been unable to properly compensate for their attrition. The armed opposition factions do not publicize their losses, but daily observation of death notices on Facebook pages and WhatsApp groups of rebels indicate that the numbers have long ago exceeded 1,000 who are not easily replaceable, as many were hardened fighters with years of experience in combat under heavy fire.

    Recognizing their inability to resist the advancing pro-regime forces and wishing to avoid further attrition, the factions chose to withdraw much of their fighting force from the front lines when faced with the fierce regime onslaught. Amir, a fighter with Jaysh al-Nasr, a Free Syrian Army group, who was injured in the latest offensive, said that “right now, the factions still have strength, but we can’t attrition all of it. If all of us go down [to the front lines] we will not be able to resist for more than a month, while the regime can fight for years.” Echoing conversations with many rebels in recent months, he said, “I started losing hope. My morale is zero.”

    The rapid losses of the opposition and the decisive role played by the foreign actors intervening in Idlib are making the population lose faith in the rebels’ ability and willingness to resist. Those removed from the battlefield—and often resentful of the leading rebel group in Idlib, the authoritarian Hayat Tahrir al-Sham—insist that a secret deal exists between Russia and Turkey under which certain areas will be “sold” or “surrendered” to the regime. By this logic, widely accepted in Idlib, resistance is futile. As a result, pleas by rebel leaders, rebel commanders, and preachers close to the factions for civilian men to remain in their homes and fight rather than retreat are met with a lackluster response.

    The regime’s progress deprived hundreds of thousands of their homes, now thoroughly looted and at times torched by the conquering forces. The immense poverty of the population in Idlib meant that many could not afford to even hire a car to take them toward the Turkish border and had to be rescued by the Syria Civil Defense in large convoys, able to carry only a few belongings with them. Those more well-off left with the entire contents of their houses, knowing they will not be able to return.

    https://foreignpolicy.com/2020/02/10/syrians-flee-idlib-turkish-border-humanitarian-crisis
    #réfugiés #asile #migrations #réfugiés_syriens #guerre (sans fin) #conflit

  • Weak links: Challenging the climate & migration paradigm in the Horn of Africa & Yemen

    When mobility drivers are scrutinised and climate change is found to play a role in movement, it remains difficult to determine the extent of its influence. This paper will show that although conditions in the Horn of Africa and Yemen are variously characterised by conflict, authoritarian regimes, poor governance, poverty, and mass displacement, along with harsh environments that produce negative climate change impacts, there is scant evidence that these impacts cause intercontinental and interregional mixed migration. The linkages are hard to locate. Climate change and environmental stressors cannot easily be disaggregated from the wide range of factors affecting populations, and even where some disaggregation is evident the results are not seen in the volume, direction, or destination choices of those affected.


    http://www.mixedmigration.org/resource/challenging-the-climate-and-migration-paradigm
    #rapport #immobilité #immobilité_involontaire #mobilité #migrations #réfugiés_climatiques #réfugiés_environnementaux #asile #migrations #réfugiés #Corne_de_l'Afrique #Yémen #changement_climatique #climat #mixed_migration_centre

    –-> citation:
    “There is a strong likelihood that involuntary immobility will become the biggest and most relevant issue in the Horn of Africa when it comes to the link between environmental stress and mobility”

    –-> Cette idée de “involuntary immobility” me semble très intéressante à amener car le discours ambiant se focalise sur “migration subie/choisie” "migration volontaire/forcée"...
    #catégorie #catégorisation (ping @karine4)
    #migration_subie #migration_choisie #migration_volontaire #migration_forcée

    ping @reka

  • Migrants expulsés à #Melilia : « L’Espagne n’a pas commis de violation » (#CEDH)

    Selon la Cour européenne des droits de l’homme, l’Espagne n’a pas commis de violation en renvoyant au Maroc des migrants qui tentaient de franchir Melilia.

    La Cour européenne des droits de l’homme vient de rendre son verdict dans l’affaire de l’expulsion, en 2014, à Melilia, de deux migrants malien et ivoirien par les autorités espagnoles. Dans son arrêt, rendu ce jeudi 13 février, la juridiction a conclu que l’Espagne n’a commis aucune violation.

    L’affaire concerne le renvoi immédiat au Maroc de deux ressortissants malien et ivoirien qui ont tenté, le 13 août 2014, de pénétrer sur le territoire espagnol de manière irrégulière en escaladant les clôtures qui entourent Melilia, sur la côte nord-africaine.

    Dans son arrêt, la Cour a estimé « que les requérants se sont mis eux-mêmes dans une situation d’illégalité lorsqu’ils ont délibérément tenté, le 13 août 2014, d’entrer en Espagne en franchissant le dispositif de protection de la frontière de Melilia, à des endroits non autorisés et au sein d’un groupe nombreux, en profitant de l’effet de masse et en recourant à la force. Ils ont par conséquent décidé de ne pas utiliser les voies légales existantes permettant d’accéder de manière régulière au territoire espagnol. »

    Dans leur requête, les deux migrants avaient notamment affirmé qu’au moment de leur appréhension par la garde civile espagnole, ils n’ont pas « eu la possibilité de s’exprimer sur leur situation personnelle, ni d’être assistés par des avocats ou des interprètes », accusant sur cette base les autorités espagnoles de violations de la convention européenne des droits de l’homme.

    Rendu par la Grande chambre de la Cour européenne, l’arrêt de ce jeudi vient à rebours de celui prononcé en octobre 2017, et qui avait conclut à l’existence de plusieurs « violations » imputables aux autorités espagnoles.

    https://www.medias24.com/migrants-expulses-a-mellila-l-espagne-n-a-pas-commis-de-violation-cedh-761
    #CourEDH #push-back #refoulements #droits_fondamentaux #droits_humains #Espagne #devoluciones_en_caliente #justice (euh...) #migrations #asile #réfugiés #frontières

    ping @isskein @karine4

    • El Tribunal de Estrasburgo cambia de criterio y avala las devoluciones en caliente

      La Gran Sala del Tribunal Europeo de Derechos Humanos (TEDH) ha avalado las devoluciones en caliente en la frontera española y con ello anula su condena a España de 2017 por estas prácticas. El Tribunal considera que los migrantes denunciantes «se pusieron ellos mismos en una situación de ilegalidad al intentar entrar deliberadamente en España por la valla de Melilla».

      Estrasburgo ha concluido que «la falta de un estudio individualizado» de cada caso, como obliga el Convenio Europeo de Derechos Humanos, «podía atribuirse al hecho de que los solicitantes no habían utilizado los procedimientos oficiales de entrada existentes para ese fin, y que, por lo tanto, [la devolución] había sido una consecuencia de su propia conducta».

      Según el fallo, en la legislación española existen «varios medios posibles» de entrada al país por la vía regular, por lo que las personas devueltas «podrían haber solicitado un visado o protección internacional, en particular en el puesto fronterizo, pero también en las representaciones diplomáticas y consulares de España en sus respectivos países de origen o tránsito o bien en Marruecos». La Corte destaca entre las vías de acceso legal a España las oficinas de asilo creadas en el paso fronterizo de Melilla.

      Las ONG denuncian los obstáculos a los que se enfrentan las personas subsaharianas para acceder a estas salas y la dificultad para llegar a España a través de vías legales y seguras. No obstante, el Tribunal responde que «el mero hecho -no discutido por el Gobierno - de que se presentasen en Beni Enzar muy pocas solicitudes de asilo antes del 1 de septiembre de 2014 no permiten la conclusión de que el Estado demandado no había proporcionado un acceso efectivo a ese cruce fronterizo».

      Según expone la sentencia, a lo largo del procedimiento ante la Gran Cámara «los demandantes no alegaron que tratasen de entrar en territorio español alguna vez por medios legales. Sólo en la audiencia de la Gran Cámara declararon que habían intentado acercarse a Beni Enzar [puesto fronterizo] pero habían sido ’perseguidos por oficiales marroquíes». El argumento de la dificultad de acceso a las salas de asilo de la frontera no ha convencido a la Gran Sala. «En ningún momento los demandantes habían alegado que la obstáculos encontrados fueron responsabilidad de las autoridades españolas. Por lo tanto, la Corte no estaba convencida de que, en el momento de los hechos, los demandantes hubieran tenido razones convincentes para no utilizar el puesto fronterizo».

      De esta manera, la Corte rompe con el criterio de los magistrados que estudiaron el caso en primera instancia, que concluyeron en 2017 que la expulsión inmediata de N.D y N.T el 13 de agosto de 2014 violó el Convenio Europeo de los Derechos Humanos, en relación a la prohibición de los retornos colectivos y la obligación de garantizar el derecho de recurso efectivo de las personas devueltas.

      Los denunciantes, de origen maliense y marfileño, se encontraban entre los centenares de personas que intentaron saltar la valla de Melilla el 13 de agosto de 2014. Alrededor de 70 migrantes permanecieron durante horas sentadas en lo alto de la alambrada más próxima a España. Finalmente, todos ellos descendieron por una escalera colocada por la Guardia Civil y, tras pisar suelo español, todos fueron esposados y entregados de forma inmediata a las fuerzas marroquíes.
      El giro de Estrasburgo

      En su sentencia de 2017, el Tribunal de Estrasburgo dio la razón por unanimidad a N.D. y N.T, de Mali y Costa de Marfil, respectivamente. Cuando ambos ciudadanos fueron esposados por los agentes españoles para ser devueltos a Marruecos, nadie les preguntó su nombre. No los identificaron ni les ofrecieron el acceso a un abogado ni a un intérprete, como establecen diferentes acuerdos internacionales de los que España forma parte, como la Convención de Ginebra, y como marcaba la Ley de Extranjería vigente en ese momento, meses después reformada a través de la Ley de Seguridad Ciudadana en un intento de regular estas prácticas.

      La Corte concluyó entonces que la expulsión inmediata de dos ciudadanos de origen subsahariano a Marruecos violó el Convenio Europeo de los Derechos Humanos que prohíbe los retornos colectivos y obliga a garantizar el derecho de recurso efectivo de las personas devueltas. El TEDH sostenía que los denunciantes «no tuvieron la oportunidad de explicar sus circunstancias para recibir asistencia de abogados, intérpretes o personal médico», lo que impedía de facto la posibilidad de solicitar asilo.

      «El Tribunal ha observado que los denunciantes habían sido expulsados y enviados a Marruecos en contra de sus deseos y que las medidas se adoptaron en ausencia de toda intervención administrativa o judicial previa», sentenció Estrasburgo en 2017. En este sentido, el Tribunal alegó que «existe un vínculo claro entre la expulsión colectiva y el hecho de que se les impedía acceder a un recurso que les hubiera permitido presentar su queja a una autoridad competente y obtener una minuciosa revisión de sus solicitudes antes de su devolución». No había duda, concluían, de que los hechos ocurrieron bajo jurisdicción española.

      Tras ser entregados a las autoridades marroquíes por los guardias civiles, N.D. y N.T fueron trasladados a la comisaría de la policía de Nador, y luego a Fez, a más de 300 kilómetros de Melilla, en compañía de los 75 a 80 inmigrantes que habían intentado entrar en Melilla en la misma fecha. El Tribunal Europeo ordenó entonces a España indemnizar a cada uno de ellos con 5.000 euros.

      Tirando de los mismos argumentos que el Partido Popular, el Gobierno español defendió estas expulsiones ante Estrasburgo y anunció que no abordaría ninguna reforma al respecto hasta conocer la decisión definitiva del Tribunal Europeo de Derechos Humanos. «No hay una expulsión sino una prevención de entrada», alegó la Abogacía del Estado en el documento enviado a Estrasburgo. Los migrantes, añadió, «no lograron superar la línea policial» por lo que no entraron «en la jurisdicción española».

      La hipótesis del Ejecutivo, conocida como la «frontera flexible», fue la base levantada por el exministro del PP Jorge Fernández Díaz para justificar las expulsiones inmediatas en Ceuta y Melilla. Según su argumentario, el suelo español no empezaba a los pies de la valla hispano-marroquí, sino que su inicio estaría ligado a la línea imaginaria formada por los agentes de la Guardia Civil. No habría, insisten, una ’devolución en caliente’ sino un ’rechazo en frontera’. A su juicio, los migrantes no habrían entrado a España a pesar de sortear la alambrada fronteriza.

      En 2018, el Gobierno devolvió en caliente a 658 personas en las fronteras de Ceuta y Melilla, 51 más que el año anterior, según las cifras del Ministerio del Interior aportadas en una respuesta remitida a la exsenadora de Unidas Podemos Maribel Mora.

      Las devoluciones en caliente fueron regularizadas en la legislación española en 2015 por el Gobierno de Mariano Rajoy a través de la figura del «rechazo frontera», incluida en una disposición de la Ley de Seguridad Ciudadana. Esta semana, el Constitucional ha empezado a analizar los artículos de la llamada ’Ley Mordaza’ cuestionados en el recurso, incluida la disposición adicional primera que regula las devoluciones en caliente.

      https://www.eldiario.es/desalambre/Estrasburgo-devoluciones_en_caliente-derechos_humanos_0_994951426.html

    • Feu vert européen aux #expulsions_express de migrants

      L’Espagne n’a pas bafoué les droits humains en expulsant « à chaud », sans décision administrative ou judiciaire, deux migrants africains de son enclave de Melilla, dans le nord du Maroc, a statué la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans un arrêt rendu jeudi à Strasbourg. La décision, définitive, est une surprise puisqu’elle inverse un arrêt rendu en 2017, qui donnait raison aux deux requérants et condamnait Madrid.

      Au-delà du cas de ces deux ressortissants, malien et ivoirien, l’Espagne a expulsé de façon expéditive, depuis une quinzaine d’années, des centaines de « sauteurs », ces migrants d’Afrique subsaharienne qui franchissent à mains nues les grilles, hautes de plus de 6 mètres et hérissées de lames tranchantes, qui séparent du Maroc les villes de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe. Parvenus en territoire espagnol, les migrants étaient reconduits au Maroc sans avoir pu faire valoir leur droit à une assistance juridique ou médicale ni déposer une demande d’asile. Au mépris du droit européen, opposé aux expulsions collectives, et de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés.

      Pour Claire Rodier, du Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (Gisti), cofondatrice du réseau Migreurop, une telle décision est « catastrophique » en ce qu’elle « valide des pratiques contraires au droit international », et « s’inscrit dans un climat politique qui justifie le recours à l’illégalité des Etats ». Quelques exemples : « Les interdictions de débarquement des bateaux humanitaires en Méditerranée, de porter secours à leurs passagers, l’accord Turquie-UE de 2016… »

      Pour la responsable d’ONG, l’arrêt de Strasbourg est un nouveau cas où « les juges suivent les politiques ». La Hongrie, souligne-t-elle, procède à des expulsions illégales. La France aussi, à la frontière italienne, même si elle s’en défend.

      L’argument de la CEDH, qui reproche aux migrants de « choisir » la violence au lieu de se présenter aux postes frontières en faisant la queue avec les touristes, scandalise Claire Rodier car il « ignore une situation pourtant connue de tous et dénoncée depuis des années : les migrants noirs ne peuvent approcher des guichets frontaliers, tant du côté espagnol que marocain, tout est fait pour les empêcher d’y accéder. » Dès lors, ils n’ont pas le « choix », la voie illégale est la seule possible.

      https://www.liberation.fr/planete/2020/02/13/feu-vert-europeen-aux-expulsions-express-de-migrants_1778340
      #migrations #réfugiés #asile #machine_à_expulser

    • "El fallo de Estrasburgo significa que si entras de manera irregular no te amparan los derechos"

      Los impulsores del caso que ha llevado las devoluciones en caliente al Tribunal de Estrasburgo consideran que la decisión de la corte es «peligrosa» porque responsabiliza a los migrantes de poner en una situación de ilegalidad y les niega el amparo de los convenios europeos por infringir una norma

      Peligrosa, decepcionante, sin memoria histórica y sin empatía. Así han calificado este jueves los impulsores de la causa la decisión de la Gran Sala del Tribunal Europeo de derechos de Humanos (TEDH) que avala las devoluciones en caliente de migrantes en las vallas de Ceuta y Melilla y, por extensión, a todas las fronteras de la Unión Europea.

      «Es difícil encontrar palabras ante un texto jurídico redactado sin conciencia, sin memoria histórica, sin imaginación y sin empatía», ha afirmado en rueda de prensa Wolfgang Kaleck, fundador del Centro Europeo de Derechos Constitucionales y Humanos (ECCHR), la organización alemana que llevó al tribunal de Estrasburgo el caso de los dos jóvenes subsaharianos expulsados automáticamente tras saltar la valla de Melilla en 2014. Ganaron en primera instancia, por unanimidad de todos los jueces, pero menos de tres años después, también por unanimidad, el mismo tribunal con diferentes magistrados ha anulado la condena a España y ha cambiado de opinión.

      «Estamos sorprendidos. Afirmar que los demandantes tenían otra posibilidad legal [de entrar en España] es ir contra la realidad», ha criticado Kaleck. «No hay maneras legales para encontrar refugio en Europa. Por eso violan alguna regla», ha especificado, en referencia al fallo de la corte, que responsabiliza a los dos demandantes de ponerse ellos mismos «en una situación de ilegalidad al intentar entrar deliberadamente por la valla de Melilla». Para Kaleck, asumir esto significa «negar el Convenio de Derechos Humanos de la Unión Europea y la Convención de Ginebra sobre los refugiados».

      https://twitter.com/centre_IRIDIA/status/1227983447404285953?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      El problema fundamental, según ha destacado Hanna Hakiki, abogada de la asociación alemana, es que la sentencia considera probado que había jurisdicción europea dentro de la valla y que se produjo una expulsión sin garantías, pero que al mismo tiempo existían vías legales para acceder que no los demandantes no utilizaron. Por eso la corte no encuentra una violación del Convenio Europeo de Derechos Humanos, en concreto, al recurso efectivo de su expulsión. «Es una interpretación punitiva de la protección, significa que si entras de manera irregular no te amparan los derechos del Convenio Europeo de Derechos Humanos», ha lamentado. «Creo que esta es una perspectiva peligrosa que va contra el Derecho Internacional», ha advertido la abogada.

      Hakiki ha recordado que el el TEDH ha asumido la postura del representante de España durante la vista del recurso que el Gobierno interpuso ante la condena de 2017. Según afirmó este representante, se puede pedir asilo en los puestos fronterizos y en las embajadas y consulados españoles en otros países. «Esto es falso y todos lo saben, desde el Defensor del Pueblo Español hasta el Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR)», ha esgrimido la letrada.

      En la misma línea se ha pronunciado Gonzalo Boye, abogado defensor de los migrantes de la causa, que ha destacado «contradicciones» en la sentencia y ha pedido paciencia para analizarla en profundidad. «Confío en que este fallo no cree doctrina. Que no haga historia», ha deseado el letrado, que también defiende al expresidente de la Generatitat de Catalunya Cales Puigdemont. Según Boye, «es muy preocupante que cualquier personas que infrinja una norma —en este caso, una administrativa— pierda los derechos que le amparan. Esta decisión, en un caso penal, puede ser muy peligrosa», ha sentenciado el abogado.

      «Ya no hay tribunal de derechos humanos»

      «Creo sinceramente que el Tribunal Europeo de Derechos Humanos ha dejado de ser una referencia en Derechos Humanos», ha lamentado José Palazón, activista y presidente de la fundación Pro Derechos de la Infancia (Prodein) de Melilla, que lleva años denunciando públicamente las vulneraciones de derechos y la violencia empleada contra los migrantes por parte de las fuerzas de seguridad españolas y marroquíes. «Enfadado y sorprendido con esas 17 personas que llaman jueces», ha afirmado estar Palazón, el más contundente en la crítica.

      «Ya no hay tribunal de derechos humanos, hay un tribunal del derecho de los Gobiernos y corporaciones fascistas que crecen en toda Europa, que se deja influenciar y tiene miedo de defender los derechos humanos», ha proseguido el activista. «¿Será que a los negros les gusta saltar la valla?», se ha preguntado irónicamente para recordar que para los subsaharianos es imposible acercarse a la frontera entre Marruecos y España de otra forma. «Nos han robado una institución. Han ganado esta partida, pero la lucha sigue», ha afirmado.

      Por su parte, Kaleck ha recordado que su organización tiene pendientes otros procesos similares a este por devoluciones en otras fronteras de la Unión Europea y que esta decisión «no es una solución», por eso ha hecho un llamamiento al Gobierno español para que legisle "de acuerdo a la Constitución a la Convención de Derechos Humanos de la UE. «En 20 años, este tribunal se avergonzará de esta decisión».

      https://www.publico.es/sociedad/devoluciones-caliente-fallo-estrasburgo-significa-entras-manera-irregular-no

  • Emprisonnés, torturés : le sort d’exilés soudanais rejetés par l’Europe

    Au terme d’une enquête entre l’Europe et le Soudan, Mediapart et ses partenaires du collectif The Migration Newsroom ont retrouvé la trace d’exilés soudanais expulsés de France, des #Pays-Bas ou d’#Italie. Tous racontent les menaces subies à leur retour, voire les tortures. De quoi interroger les relations privilégiées entretenues par plusieurs États de l’UE avec la #dictature.

    Jalal a disparu. Plus personne n’a de nouvelles du jeune Soudanais depuis quelques semaines. Expulsé de #France le 28 novembre, l’homme originaire du Darfour nourrissait des regrets. « Devant l’Ofpra [l’office chargé d’attribuer le statut de réfugié – ndlr], il n’a pas raconté son histoire », se lamente un membre d’une association de soutien aux exilés. Résultat, l’office a rejeté logiquement sa demande. Et Jalal a quitté la France sans avoir pu être entendu, malgré une demande de réexamen déposée lors de son passage en centre de rétention. « Je ne veux pas rentrer, je risque de mourir là-bas », expliquait-il dans une interview, quelques semaines avant son départ.

    Dès son arrivée à l’aéroport de Khartoum, en novembre dernier, Jalal est interrogé par des policiers soudanais, selon plusieurs de ses proches que nous avons pu joindre. Ces agents lui posent les mêmes questions qu’à d’autres de ses concitoyens contactés au cours de cette enquête : par où est-il passé lors de son voyage ? Qui a-t-il rencontré ? Qu’a-t-il dit aux autorités françaises dans le cadre de sa demande d’asile ? L’État soudanais se montre très friand de ces informations : on avait d’ailleurs interrogé Jalal sur des éléments similaires lors d’un rendez-vous au consulat en France.

    À Khartoum, ce « débrief » des exilés de retour au pays est l’apanage du Service des renseignements généraux, le nouveau nom du NISS, le puissant service de renseignement soudanais, rebaptisé au printemps dernier après la destitution d’Omar el-Béchir, dictateur pendant trois décennies visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour « génocide » au Darfour et « crimes contre l’humanité ».

    À l’aéroport, l’entretien avec les policiers ne dure pas. Jalal sort au bout d’une quarantaine de minutes et se rend chez des amis. Dans la foulée, il passe un coup de fil à Stéphanie, jeune Française avec laquelle il est en contact. Jalal lui annonce son projet de rallier Sennar, une ville à 300 kilomètres au sud de la capitale. Avant cela, il doit juste passer dire bonjour à un proche à Omdurman, une ville qui fait face à Khartoum de l’autre côté du Nil.

    C’est alors qu’il est arrêté par les policiers et emmené en prison – c’est un ami qui rapporte la nouvelle, le jour même, à Stéphanie en France. Jalal est enfermé dans une cellule, seul. Interrogé pendant quatre jours, matin et soir.

    Il n’a pas subi de violences physiques, a-t-il confié à l’un de ses proches, Hamad, que nous avons pu joindre. Mais derrière les barreaux, les policiers l’ont interrogé sur son voyage en France ainsi que sur les relations entretenues en exil. « Ils voulaient savoir qui étaient les Soudanais qu’il a vus en France », relate Hamad. Les officiers semblaient savoir tout de son retour au pays : chez qui il a séjourné, les gens croisés au cours de sa seule journée de liberté… « Il n’a pas été arrêté par hasard. À Khartoum, il y a 4 ou 5 millions de personnes, il était probablement surveillé. »

    Alors que le Soudan est l’une des destinations les plus risquées vers lesquelles la France expulse, trente ressortissants de ce pays ont été renvoyés à Khartoum, entre 2014 et 2018, depuis les centres de rétention de l’Hexagone. Si l’on ajoute ceux que la France a renvoyés vers un autre pays de l’Union européenne (susceptible de les expulser à leur tour), le nombre grimpe à plus de 285, d’après Eurostat. En parallèle, « il y a eu 73 retours volontaires en 2017, et 43 en 2018 », avance le ministère de l’intérieur.

    Pendant que plusieurs associations se battent pour faire cesser ces renvois, à commencer par la Cimade et Amnesty International, ce sont plus de 700 Soudanais qui ont été placés en rétention l’an dernier, avec ou sans expulsion à la clef, une partie d’entre eux étant libérés après un recours (ou autre raison).

    Ce qu’il advient de ceux qui atterrissent à Khartoum ? Personne ne le sait. « Et on n’a pas les moyens de vérifier », confiait un diplomate interrogé en février 2019. Cette question fait l’objet d’une véritable cécité de la part des gouvernements européens, dont certains entretiennent une relation privilégiée avec le Soudan, pays clé de la Corne de l’Afrique aux frontières sud de l’Égypte et de la Libye.

    C’est pourquoi Mediapart, en collaboration avec le collectif The Migration Newsroom, a enquêté pendant plusieurs mois entre la France, le Soudan, les Pays-Bas et l’Italie pour retrouver la trace de quinze expulsés d’Europe (interviewés pour certains à Khartoum même). Et les brimades qu’ils racontent tous, les menaces, voire les tortures subies à leur renvoi au pays, obligent à questionner les relations privilégiées entretenues par plusieurs pays de l’UE avec le Soudan.

    Depuis la France, en particulier, Jalal n’est pas le seul à avoir été expulsé et emprisonné, si l’on en croit les témoignages de deux anciens hommes incarcérés à la prison de Bahri, Mohammed S., célèbre dissident, et Khaled (dont nous préférons taire le vrai prénom). Emprisonnés entre mars et novembre 2017, ils répercutent les confidences de deux de leurs compatriotes, codétenus, renvoyés de France après le rejet de leur demande d’asile. Le premier est originaire de la partie orientale du pays, a grandi à deux pas de la frontière avec l’Érythrée ; le second, venu du Darfour, est zaghawa, une ethnie dont les foyers de population sont à cheval entre le Soudan et le Tchad.

    À leur atterrissage à Khartoum, les policiers s’attardent sur leurs profils : ils veulent tout savoir de la demande d’asile du premier, qui avoue s’être fait passer pour érythréen en France afin d’obtenir plus facilement des papiers. Ils soupçonnent le second d’être un espion pour un groupe armé qui se bat pour la libération du Darfour. Tous deux affirment avoir été torturés à de multiples reprises, avant d’être libérés.

    Leur description correspond à celle de deux exilés que la France a renvoyés à la même époque : Mohammed H. et Omar H. En centre de rétention, à Oissel (Seine-Maririme), tous deux avaient reçu la visite d’officiels soudanais, parmi lesquels des militaires, présents en France pour faciliter l’identification et l’éloignement forcé de déboutés de l’asile. L’expulsion survient quelques semaines seulement après cette visite. En permettant celle-ci, la France les a-t-elle mis en danger ? Pas impossible.

    Paris vient d’accorder sa protection, en décembre, à un Soudanais « identifié » en Belgique par une mission similaire. Dans cette décision favorable que Mediapart a pu consulter, la Cour nationale du droit d’asile, basée à Montreuil, écrit sans détour : « Le fait que les autorités soudanaises l’ont interrogé [en Belgique – ndlr] le 21 septembre 2017 sur sa famille et ses activités donne des raisons sérieuses de penser que les craintes de M. d’être placé en détention à son arrivée à Khartoum et maltraité par des membres des forces de sécurité soudanaises sont fondées. »

    Il faut aussi raconter l’histoire de Rami, originaire du Darfour, qui s’était trouvé une famille d’adoption à Nantes, sous l’aile de Françoise, retraitée investie dans le milieu associatif local. « Je l’appelle Raminou, vous pouvez lui demander », rigolait-elle au téléphone. Puis le 3 août dernier, Rami, marqué par son passage en Libye, est renvoyé à Khartoum après un long séjour au centre de rétention de Rennes et le rejet de sa demande d’asile. À l’aéroport Charles-de-Gaulle, les policiers français lui lient les mains et les pieds, le portent jusqu’à l’appareil à bras-le-corps. « Ils m’ont emmené dans l’avion comme un mouton, c’était très humiliant », raconte l’homme que nous avons pu joindre au Soudan, installé depuis dans l’est du pays.

    Les policiers français livrent ensuite Rami aux autorités locales. « L’échange » intervient dans le même bureau par lequel Jalal a transité, contrairement à ce qu’indiquent les autorités françaises selon lesquelles « la remise [des expulsés] se fait au pied de l’avion ». Sur la porte d’entrée, il est écrit « Enquêtes » en arabe. Rami comprend rapidement qu’il s’agit du bureau des services de sécurité soudanais. Pendant quarante-cinq minutes, il a le droit à un débrief en règle. Les fonctionnaires veulent tout savoir de son voyage : « Pourquoi est-il parti en Europe ? Qui a-t-il rencontré sur son chemin ? Comment a-t-il financé le voyage ? Qu’a-t-il dit aux autorités européennes dans le cadre de sa demande d’asile ? »

    Le récit d’Ibrahim, renvoyé le 3 décembre dernier après trois années en France, est en tout point comparable. La même escorte. Les mêmes liens qui lui scient les pieds et les bras dans l’avion (« La police m’avait dit que si je refusais de monter, j’allais un an en prison »). La même arrivée à Khartoum. Le même bureau, où lui sont posées les mêmes questions. Il se trouve que le jeune homme, en 2016, avait été arrêté à Karthoum dans le cadre de manifestations, et qu’il avait été emprisonné pendant treize jours. Alors Ibrahim n’a pas envie que l’on fouille son passé : « Je leur ai dit tout ce qu’il voulait savoir. » Nom, numéro de téléphone, ville d’origine.

    Quand on l’interroge aujourd’hui sur le changement de gouvernement à Khartoum et la fin du règne d’Omar el-Béchir (à l’issue d’un mouvement de contestation populaire, en avril dernier), Ibrahim laisse parler son amertume : « Le NISS n’a pas changé, tout comme la police. La seule chose qui a changé, c’est le président. »

    Ces persécutions à l’encontre des « retournés », de fait, ne datent pas d’hier. Mediapart et The Migration Newsroom ont pu reconstituer, aussi, le parcours de huit autres ressortissants soudanais appréhendés entre 2015 et 2017, menacés et violentés. Six ont notamment été renvoyés de Jordanie, en décembre 2015, dont quatre se sont retrouvés sous écrou à leur arrivée, entre quatre et vingt-deux jours. Tous font état de nombreuses violences et de mauvais traitements.

    Un autre a été expulsé des Pays-Bas le 8 décembre 2017. Son récit ? En tout point semblable à celui des expulsés de France. Lui aussi a été livré directement par la police néerlandaise au service de renseignement soudanais. Lui aussi a été débriefé de longues minutes sur le contenu de sa demande d’asile ou le déroulement de son parcours migratoire. Mais à l’issue de l’entretien, le jeune homme a été emmené, pieds et poings liés, dans le quartier d’Al-Sahafa à Khartoum, dans un bâtiment des Services de renseignement.

    Il y a été enfermé pendant treize jours, torturé et frappé à de multiples reprises à coups de tuyaux en fer.

    À sa sortie, les fonctionnaires soudanais l’ont assigné à résidence, avec l’obligation de venir signer chaque jour une feuille de « présence ». Il a refusé et il est entré en clandestinité.

    Au « frigo »

    Expulsé d’Italie en septembre 2017, Ahmed* a passé, lui, trois mois en prison. Sa santé en pâtit encore aujourd’hui. « Douleurs dans la poitrine, problème d’estomac, maux de têtes », égrène le jeune homme quand nous le rencontrons dans la capitale soudanaise, fin décembre 2019. Voilà deux ans qu’il se cache bien loin de la ville et de la surveillance policière qui s’y déploie. Il travaille dans la construction, confie-t-il, pour nourrir sa famille. Il vit au sud du Darfour, près de la frontière centrafricaine.

    Le récit qu’il fait de son passage en prison est glaçant. Ahmed y séjourne dès sa sortie de l’aéroport. Ce jour-là, il n’est pas le seul à être renvoyé : une dizaine de ressortissants soudanais sont expulsés avec lui. Comme pour Jalal, Rami ou Ibrahim, le jeune homme, trente ans, est livré, dès sa descente d’avion, par son escorte italienne aux policiers du NISS. Arrivé dans les bureaux du service de sécurité soudanais, les fonctionnaires le questionnent. Ahmed est membre d’une ethnie darfouri non arabe, les Dadjo, particulièrement ciblée pendant le génocide au milieu des années 2000. Une grande partie a passé la frontière pour se réfugier au Tchad. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Ahmed a décidé de quitter le pays. « Quand j’étais à l’université, j’étais assez actif politiquement, confie-t-il. À mon retour, le NISS pensait que j’avais donné des informations à des agences “étrangères” sur ce qui se passait au Darfour. »

    Au terme de son interrogatoire, d’une petite quarantaine de minutes, les policiers lui attachent les mains et recouvrent son visage d’un sac. Il est emmené en voiture à la prison de Shendi, l’un des complexes du NISS. Ahmed est installé dans une petite cellule, seul, dans le noir. C’est là qu’il est enfermé pendant trois mois, d’après le récit qu’il en fait. Les policiers l’interrogent à cinq reprises, avec des questions portant sur son séjour en Europe, les informations qu’il aurait pu livrer sur le Soudan : « Si je ne répondais pas aux questions, les officiers étaient de plus en plus nombreux dans la pièce. Au maximum, ils étaient sept autour de moi. Une fois, ils ont menacé de me tuer. »

    En prison, Ahmed est témoin de nombreux actes de torture, notamment un jeune homme électrocuté par les militaires. L’un des traitements les plus cruels auxquels il est soumis ? D’incessantes variations de température dans sa cellule. Soit les policiers arrêtent la climatisation – et c’est la fournaise. Soit, ils la poussent au maximum, le froid est alors glacial. De nombreux militants, interrogés dans une enquête de la BBC, ont décrit des pratiques similaires lors de la révolution soudanaise. Ce type de cellule, surnommée le « frigo », aurait été utilisé depuis 2009 par la police soudanaise pour faire craquer les détenus.

    Au bout de trois mois, Ali est relâché. Non sans quelques précautions de la part de ses anciens geôliers : « Ils ont pris son numéro de téléphone. Après ma sortie, ils m’appelaient tous les jours. Il me disait : “Si tu fais quelque chose, on viendra te chercher. Nous connaissons ta famille, si tu disparais, nous irons les chercher” », témoigne le jeune homme.

    Ali a finalement quitté Khartoum au bout de quarante-cinq jours. Là où il habite, pas de réseau. Il n’a plus eu de nouvelles des policiers. Mais la crainte est toujours là. « Il n’y a pas de droit au Darfour. Il y a des hommes en armes dans la rue, sans aucun mandat. Comment voulez-vous que la situation ait changé ? »

    Il y a plusieurs années déjà, Amnesty International s’était inquiété, dans deux rapports, des risques pour les exilés soudanais renvoyés en particulier depuis la Belgique et l’Italie, après le refus de leur demande d’asile. En décembre 2017, l’Institut Tahrir annonçait que plusieurs demandeurs d’asile en provenance de Belgique avaient ainsi été violentés à leur retour – des conclusions mises en doute un an plus tard par un rapport du CGRA, l’équivalent de l’Ofpra outre-Quiévrain.

    Un accord conclu entre l’Italie et le Soudan, en août 2016, avait aussi été éventé, quelques semaines plus tard, à la suite du renvoi de quarante exilés soudanais par charter. Cet accord a depuis été dénoncé par des militants des droits humains et des avocats – la procédure judiciaire est toujours en cours.

    Côté français, un article de StreetPress avait, en 2017, dévoilé l’existence de liens entre la dictature et Paris : échanges d’informations, visite d’officiels soudanais dans les centres de rétention pour faciliter l’expulsion de ressortissants vers leurs pays d’origine… « Aucun accord n’a été conclu avec les autorités soudanaises et il n’y a pas eu de nouveaux contacts depuis la mission de 2017, oppose aujourd’hui le ministère de l’intérieur. On ne peut donc pas parler de “partenariat” avec les autorités soudanaises. »

    Interrogé sur le cas de ces exilés dont le retour au pays s’avère dangereux, la place Beauvau se borne à des commentaires d’ordre légal : « Une mesure d’éloignement ne peut être décidée que si elle est conforme aux conventions internationales ratifiées par la France (Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et de protection des libertés fondamentales et Convention de Genève relative au statut des réfugiés). » En effet.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/110220/emprisonnes-tortures-le-sort-d-exiles-soudanais-rejetes-par-l-europe

    #renvois #expulsions #retour #Soudan #réfugiés #asile #migrations #réfugiés_soudanais #torture #prison #emprisonnement

    signalé par @karine4
    ping @isskein @reka @_kg_

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    voir aussi ce qui s’était passé lors de renvois de #réfugiés_sri-lankais depuis la #Suisse...

    ODAE roman | Un Sri lankais passe deux ans en prison après son renvoi : la CourEDH condamne la Suisse
    https://seenthis.net/messages/578094

  • La recherche produit des données de qualité sur les migrations et les migrants : utilisons-les pour un débat réellement informé !

    Des progrès remarquables en matière de statistiques sur les migrations ont été réalisées au niveau français, européen et international depuis les années 1990. Les décideurs politiques, qui consultent régulièrement les chercheurs, ne s’en emparent pas assez pour alimenter leur réflexion.

    Alors que se préparait le débat du 7 octobre sur l’immigration et la politique migratoire voulu par le président Macron, j’ai été questionné à trois reprises par les députés : en commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, dans le cadre de la « mission d’évaluation des coûts et bénéfices de l’immigration » et par un groupe de réflexion de députés de La République en marche. Cela représente une cinquantaine de députés au total.

    Des entretiens denses à chaque fois. Bien des députés ont de solides connaissances sur le sujet et peuvent se prévaloir d’une expérience locale, mais j’ai senti de leur part une volonté de s’informer en profondeur et de ne pas s’en laisser conter (ou compter) par les discours officiels. Dans mon souvenir, une audition-type à l’Assemblée ou au Sénat au cours des années 2000 était un exercice décevant : un premier parlementaire posait les questions en écoutant les réponses, le deuxième savait déjà tout, tandis que le troisième restait plongé dans son téléphone portable. Ce temps est révolu ; l’état d’esprit a changé.

    « La démocratie ne consiste pas à suivre en temps réel les mouvements de l’opinion publique »

    Comment l’expliquer ? Par le rajeunissement des députés, sans doute, et par leur plus grande familiarité avec les chiffres que la génération, souvent illettrée sous ce rapport, qui les a précédés. C’est aussi parce que la question de l’immigration divise la plupart des partis. Lors du débat du 7 octobre au Palais-Bourbon, les divers porte-paroles de La République en Marche ont tenu des discours contrastés, franchement sécuritaires pour certains, très humanitaires pour les autres. Un écart analogue existe chez les Insoumis, mais aussi chez les Républicains, même si les divisions de ces derniers sont évidemment décalées vers la droite sur le spectre politique.

    Il faut saluer le fait qu’une partie des députés se tourne alors vers les experts pour recueillir un surcroît d’informations et affiner leurs arguments. C’est un geste, même si le résultat est limité. Quand une telle occasion se présente, je prépare activement mes réponses, non seulement par respect pour la représentation nationale, mais aussi parce qu’il faut rappeler que la démocratie ne consiste pas à suivre en temps réel les mouvements de l’opinion publique, dans une sorte de référendum permanent.

    « Est-ce un hasard si les régimes qui étouffent la voix des statisticiens et des chercheurs sont aussi les moins démocratiques ? »

    En bonne démocratie, les décisions se prennent en connaissance de cause, ce qui implique de ménager un temps suffisant pour la délibération : prendre la mesure des contraintes et des possibles, effectuer des comparaisons internationales, évaluer les politiques passées, peser le pour et le contre… C’est dans cet intervalle que la consultation des scientifiques et des experts prend tout son sens. Il ne s’agit pas, pour ces derniers, de dicter des solutions, encore moins de revendiquer le monopole de l’information, mais de nourrir le débat en données de qualité pour favoriser une prise de décision lucide. Est-ce un hasard si les régimes qui étouffent la voix des statisticiens et des chercheurs sont aussi les moins démocratiques ?

    Mais que faut-il entendre par « données de qualité » ? Par définition, les migrations internationales sont un phénomène mouvant, bien plus difficiles à cerner que les naissances et les décès, qui sont des événements précis et bien datés. Dans le domaine des migrations, l’art du démographe est de savoir travailler sur des données imparfaites, sans renoncer pour autant à les perfectionner.
    Des progrès remarquables en matière de statistiques sur les migrations

    À l’orée des années 1990, les démographes de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) essuyaient des critiques cinglantes sur les lacunes de leurs données : la distinction entre « immigré » et « étranger » n’était pas claire, on enregistrait les entrées annuelles de migrants sans pouvoir compter les départs, leurs grandes enquêtes étaient incapables d’identifier la « deuxième génération » (les personnes nées en France de parents immigrés) et de suivre leur parcours dans le système scolaire ou sur le marché de l’emploi. S’ajoutait à cela l’absence de bases de données internationales permettant de comparer la situation migratoire de la France à celle d’autres pays.

    Sur tous ces points, des progrès considérables ont été accomplis, que j’ai relatés en 2017 dans mon ouvrage Avec l’immigration : mesurer, débattre, agir (https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Avec_l_immigration-9782707190246.html). La Commission européenne, par le biais d’Eurostat, et les pays occidentaux, par le biais de l’OCDE, en liaison étroite avec les agences des Nations-Unies, ont travaillé à collecter et harmoniser les données migratoires d’un nombre toujours plus grand de pays. Un des produits les plus marquants de cette activité est la Base bilatérale des migrations, qui vise à classer les 270 millions de migrants de la planète à la fois par pays d’origine et par pays de destination – une base actuellement reprise dans le projet Knowmad (https://www.knomad.org).

    Un autre produit majeur est la base Migr (branche « Populations et conditions sociales » > « Asile et gestion des migrations [t_migr] » : https://ec.europa.eu/eurostat/fr/data/database), construite par Eurostat, qui sape la vision habituelle d’une « attractivité » ou d’une « générosité » exceptionnelle de la France en matière d’asile. Elle ne considère par les chiffres absolus mais les proportions. Si l’on considère le nombre de personnes ayant obtenu le statut de réfugié pour un million d’habitants, la France passe sous la moyenne des pays européens, alors qu’elle est au 2e ou 3e rang en chiffres absolus. J’ai particulièrement insisté sur ce point dans mes exposés aux députés.

    « L’intégration est un défi pour toute la société, pas seulement pour les immigrés. »

    Dernière grande avancée en matière de données statistiques : les enquêtes menées sur les immigrés et leurs descendants par l’Ined et l’Insee, dont TeO (« Trajectoires et origines » : https://teo.site.ined.fr) remonte à 2008-2009 et fait l’objet en ce moment d’un remake amélioré. On ne peut légiférer sérieusement sur le « communautarisme » sans se rapporter aux résultats de cette enquête, qui montre que la tendance à fréquenter son semblable ou à l’épouser ne varie guère d’une religion à l’autre et s’observe aussi parmi les personnes « sans religion ».

    La recherche quantitative sur les migrations doit se raccorder ici à une investigation socio-économique et culturelle plus générale sur les divisions et les fractures de la société dans toutes les couches de la société, sans oublier les « ghettos » de riches. L’intégration est un défi pour toute la société, pas seulement pour les immigrés.

    Améliorer notre connaissance statistique des migrations, certes ; l’associer à des recherches qualitatives approfondies, bien sûr : les professionnels s’y emploient. Mais ne faudrait-il pas d’abord puiser dans le trésor des recherches nationales et internationales sur les migrations, et le faire correctement ? Mesdames et Messieurs les politiques, les chercheurs sont prêts à alimenter vos réflexions dans ce domaine !

    http://icmigrations.fr/2020/02/03/defacto-015-03
    #données #statistiques #chiffres #asile #migrations #réfugiés #débat_informé #François_Héran #recherche

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    • Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agir

      En France, les « problèmes de l’immigration » se succèdent en rafale, dans un débat récurrent attisé par les cycles de la vie politique et en particulier le rythme de la présidentielle : crise des réfugiés, islam et laïcité, droit du sol, double nationalité, regroupement familial, « jungle » de Calais…
      François Héran replace les arguments de ce débat dans une perspective démographique et politique. Il revient notamment sur l’ère Sarkozy : neuf années de mainmise sur la politique migratoire de la France, mais pour quel bilan ? Abandon de la politique d’« immigration choisie », persistance de l’immigration dite « subie » mais légale : en fi n de compte, une personne sur quatre vivant en France est immigrée ou enfant d’immigré. Le volontarisme ultra rêve encore, cependant, de faire sauter le verrou des droits fondamentaux.
      Soulignant le progrès des connaissances sur l’immigration, l’auteur réfute les erreurs grossières de certains politiques (Marine Le Pen en tête) et essayistes médiatiques (tel Éric Zemmour). Il revisite la question de la citoyenneté : « droit du sang » et « droit du sol » sont en fait deux versions d’un même droit, le droit du temps. Sans occulter les obstacles à l’intégration, il la montre aussi à l’œuvre, comme dans ce gymnase de banlieue où chacun, sans distinction d’origines et de croyances, vient donner son sang, peu importe à qui.
      Au final, une approche sereine et réaliste. Ni pour ni contre l’immigration : avec elle, tout simplement.

      https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Avec_l_immigration-9782707190246.html
      #livre

  • A la frontière serbo-hongroise... on emprisonne les réfugiés qui tentent de la passer... et sur lesquels les gardes-frontières avaient tiré...

    Refugees who were shot at by Hungarian police last week as they tried to cross the Hungarian border were convicted this Friday, 07.02.2020 (https://hungarytoday.hu/migrants-roszke-sentence-court). Four refugees, two Syrians and two Palestinians, were arrested last week while attempting to cross the #Reska border crossing. They were sentenced to one year in prison. A fifth man, who crossed the border independently, was sentenced to ten months in prison and expelled from the country for four years. On Thursday, some 300 refugees gathered in the cross-zone near the #Kelebija border crossing (https://www.blic.rs/vesti/drustvo/dosta-nam-je-svega-hocemo-u-madjarsku-oko-300-migranata-okupilo-se-u-meduzoni/m5qwk1p), protesting peacefully and seeking entry to Hungary. The next day, refugees were taken from Kelebija to reception centres in Serbia and the border crossing was reopened. (http://rs.n1info.com/Vesti/a567286/Migranti-sa-Kelebije-prebaceni-u-prihvatne-centre-otvoren-granicni-prelaz)

    #Hongrie #asile #migrations #réfugiés #frontières #criminalisation #arrestation #fermeture_des_frontières #Serbie #ouverture_des_frontières #résistance #protestation

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 11.02.2020

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    Pour rappel...

    Hongrie : des #tirs de sommation pour dissuader des dizaines de migrants à la frontière avec la #Serbie
    https://seenthis.net/messages/823626

    ping @karine4 @isskein

  • Fact-checking | Les ratés de l’accélération des procédures

    Entre le discours ultra positif (https://www.lacote.ch/articles/suisse/migration-davantage-de-requerants-quittent-la-suisse-volontairement-891190) dans la presse du patron du Secrétariat d’État aux migrations (#SEM) Mario Gattiker sur la nouvelle procédure d’asile accélérée en vigueur depuis le 1er mars 2019 [1] et le tableau que dressent plusieurs arrêts du Tribunal administratif fédéral (TAF) sur cette même procédure, on peut se demander si l’on parle de la même chose. Vivre Ensemble a déjà évoqué dans ses colonnes le manque d’#accès_aux_soins (https://asile.ch/2019/07/29/procedures-accelerees-et-acces-aux-soins-lequation-impossible-soins-dans-la-no) et de prise en compte de l’état de #santé (https://asile.ch/2019/07/29/procedures-accelerees-et-acces-aux-soins-lequation-impossible-prise-en-conside) dans la décision d’asile ayant motivé le TAF à renvoyer sa copie au SEM [2]. À ce jour, quelque 37 jugements ne concernant que la Suisse romande, et dont le plus récent date de janvier 2020, montrent des défaillances systémiques dans le dispositif de santé mis en place. Mais ce n’est pas tout. L’instance de recours a rendu de nombreux autres arrêts édifiants sur la (très piètre) qualité de l’établissement des faits et des mesures d’instruction effectué par le SEM dans les centres fédéraux. Toutes ces décisions négatives cassées par le TAF auraient pu avoir des conséquences graves pour les personnes concernées dont la vie et l’intégrité sont en jeu. Et elles ne sont que la pointe de l’iceberg.

    Pour rappel, la nouvelle procédure d’asile – ou restructuration – entrée en force en mars 2019 a été conçue pour « accélérer » l’examen des demandes d’asile en imposant une cadence très rapide pour les cas considérés comme « simples ». Les délais pour faire recours contre une décision sont raccourcis de 30 à 7 jours ouvrables ; une représentation juridique gratuite est garantie pour contre-balancer ce raccourcissement des délais que justifierait la non-complexité des cas.

    À l’élaboration du projet de loi, le SEM évaluait le taux de ces cas dits « simples » à 20%. Parmi les 80% restants, il estimait à 40% la proportion de procédures Dublin (également traitées de façon accélérée dans les centres fédéraux) et à 40 % le taux de cas dits « complexes » affectés en procédure étendue. Dans ce dernier cas, les demandeurs d’asile sont attribués aux cantons. La procédure accélérée et les procédures Dublin sont entièrement menées dans les centres fédéraux, dont il a fallu augmenter la capacité.

    Liquider plutôt qu’investiguer

    Logiquement – et légalement – la répartition entre procédure accélérée et étendue devrait découler de l’appréciation de la situation individuelle des personnes en quête de protection par le fonctionnaire du SEM en charge de leur requête. La différenciation entre cas « simples » (manifestement fondés ou infondés) et cas « complexes » devrait dépendre de l’évaluation des démarches supplémentaires à mener au terme de la première audition sur les motifs d’asile pour pouvoir prendre une décision motivée : audition complète, vérification des allégations du requérant par l’obtention de documents, la recherche d’informations sur les pays, auprès des ambassades à l’étranger, problématique médicale à éclaircir, etc.

    Des dizaines d’arrêts cassés par le TAF en Suisse romande

    Or ce que montrent plus d’une quinzaine d’arrêts du TAF, c’est que les fonctionnaires ont préféré liquider – par décision négative – des situations qui auraient à l’évidence dû être transférées en procédure étendue pour examen approfondi [3]. Et les juges de rappeler que « les nouveaux délais de procédure ne dispensent pas le SEM d’établir les faits de manière complète et correcte », car, soulignent-ils, « l’examen d’un cas complexe en procédure accélérée induit un risque de violation des garanties procédurales » (E-3447/2019 du 13.11.2019). Les juges ajoutent à l’intention du SEM quelques illustrations de cas justifiant le passage en procédure étendue, notamment la production de nombreux moyens de preuve ou la tenue de plusieurs auditions.

    Cette remise à l’ordre s’ajoute à de nombreux arrêts cassant les décisions du SEM pour établissement des faits incomplet et violation du droit d’être entendu (voir exemples en encadré ci-dessous).

    Le SEM a eu plus de 5 ans pour tester les procédures

    Comme il n’a cessé de le faire dans ses réponses à la presse face aux dysfonctionnements de prise en charge médicale révélés par la jurisprudence du TAF, le SEM se justifiera sans doute par des erreurs de jeunesse. Sachant qu’il a eu plus de 5 ans pour « tester » ces nouvelles procédures avant leur entrée en vigueur dans toute la Suisse [4], on retoquera sèchement cette excuse.

    D’une part en raison des enjeux inhérents à une mauvaise décision d’asile, à savoir le risque d’un renvoi vers un pays où la vie et l’intégrité sont menacés. Ensuite parce que l’on sait que du fait justement de l’accélération des procédures, de nombreuses décisions ne sont pas contestées, la représentation juridique mandatée par le SEM, surchargée, renonçant à recourir dans les cas qu’ils jugent dénués de chance d’aboutir ou à entamer des recherches supplémentaires. À l’aéroport de Genève, on a récemment vu un homme gagner seul devant le TAF : les avocats de Caritas Suisse avaient renoncé à faire recours [5] !

    Accélération ou… allongement des procédures ?

    Une justification retoquée, enfin, parce que parallèlement, Monsieur Gattiker, haut responsable du SEM et de ces dysfonctionnements, fanfaronne dans la presse sur le succès de la procédure accélérée. Selon l’ats, « Mario Gattiker se dit ‹ très satisfait › de la mise en œuvre de la nouvelle loi sur l’asile. Il faut en moyenne 48 jours au SEM pour statuer sur une demande. Et seules 18% des demandes d’asile sont traitées dans le cadre d’une procédure élargie en raison de nécessaires clarifications complexes. Les procédures accélérées doivent prendre moins de 50 jours, celles élargies moins de 100. » [6]

    À coup sûr que dans son calcul, il ne tient pas compte de l’allongement des procédures dues à ces décisions bâclées, qui font l’objet d’un recours, et sont ensuite renvoyées par le TAF au SEM pour nouvelle décision…

    DISPOSITIF SANTé EN CAUSE

    Gros point noir de cette nouvelle procédure, le dispositif santé a fait l’objet d’une quarantaine d’arrêts du TAF rien que pour la Suisse romande depuis le lancement de la phase pilote à Boudry, le dernier datant de janvier 2020*. Il cristallise la problématique de l’établissement des faits et des mesures d’instruction dans le cadre de la procédure accélérée et demeure largement d’actualité.

    En effet, au centre fédéral de Boudry, l’interdiction faite aux défenseurs juridiques des requérants d’asile d’avoir des contacts directs avec les médecins du centre médical privé sous mandat du SEM a pour conséquence des dossiers sur l’asile incomplets. Et des décisions ne tenant pas compte de l’état de santé pouvant attester des allégations à l’appui de la demande d’asile ou de vulnérabilités prépondérantes dans les procédures Dublin. La seule communication admise par le SEM est l’envoi par les médecins via email d’un formulaire médical très succinct au mandataire. Transmission qui a parfois connu des ratés, le mandataire se trouvant sans informations médicales parfois déterminantes pour attester des motifs d’asile. Si le mandataire souhaite des informations médicales supplémentaires, il doit passer par le SEM pour demander un rapport détaillé aux médecins. Rapport que le SEM peut arbitrairement décider de ne pas lui transmettre, les médecins privés n’ayant de leur côté pas le droit de l’adresser aux défenseurs juridiques !

    Par ailleurs, l’accès aux médecins du centre médical est très difficile pour les demandeurs d’asile : l’infirmerie de Boudry joue un rôle de filtre. Et lorsque les personnes sont transférées au centre fédéral de Chevrilles, le suivi médical est rendu encore plus difficile. Un système qui fonctionne donc en huis clos sous contrôle total du SEM.

    *Le concept médical santé à l’œuvre en Suisse romande est détaillé dans les arrêts D-1954/2019 du 13 mai 2019 et E-3262/2019 du 4 juillet 2019.

    Arrêts illustrant l’inadéquation de la procédure accélérée en raison de la complexité du cas

    Couple iranien dont l’épouse s’est convertie au christianisme. Elle a été accusée d’atteinte à l’ordre public et aux mœurs religieuses, emprisonnée et est dans l’attente de son procès. Elle a en outre subi une agression de la part d’un cousin en raison de sa conversion. Le TAF souligne que, contrairement à l’appréciation du SEM, le récit des recourants est crédible, étayé et vraisemblable sur ses aspects fondamentaux. Le TAF relève que l’examen des points fondamentaux est totalement absent des PV d’auditions et que le SEM place des exigences trop élevées en se basant sur le niveau d’éducation des recourants. Il indique par ailleurs que compte tenu des délais légaux pour obtenir des documents depuis l’étranger ou commanditer une enquête en ambassade, il aurait convenu de traiter la demande en procédure étendue.Les nouveaux délais induits par la nouvelle procédure ne dispensent pas le SEM d’établir les faits de manière complète et exacte. Recours admis.
    ATAF D-3503/2019 du 24.07.2019

    Cas d’un ressortissant du Nigéria alléguant des persécutions en lien avec son homosexualité. Le TAF relève que le SEM n’a pas laissé l’opportunité au recourant d’obtenir et de produire des moyens de preuve. Il n’a pas examiné les allégations en tenant compte de la situation au Nigéria. La décision rendue par le SEM découle principalement de pures spéculations. Rappelant que le choix du type de procédure dépend uniquement de l’autorité de première instance, le TAF souligne que la procédure en question était trop complexe pour être menée en procédure accélérée. Or, le traitement de dossiers complexes dans le cadre de la procédure accélérée, qui, par définition, ne permet pas la tenue d’audition longues et l’appréciation de plusieurs éléments de preuve complexes, n’est pas approprié. En effet, une telle approche comporte le risque d’une violation des garanties procédurales des demandeurs d’asile. Recours admis pour établissement incomplet des faits et violation du droit d’être entendu.
    ATAF E-2965/2019 du 28.06.2019

    https://asile.ch/2020/02/06/fact-checking-les-rates-de-lacceleration-des-procedures

    #accélération_des_procédures #asile #migrations #réfugiés #Suisse #TAF #procédures_accélérées

  • #Grenoble : plusieurs dizaines de personnes manifestent #contre_les_frontières (VIDÉO)

    À l’appel de plusieurs associations une manifestation se déroule actuellement à Grenoble contre « les frontières, les États impérialistes, et leur politique raciste ». Une manifestation qui se déroule dans le cadre de la journée de commémoration (6 février) des #morts_aux_frontières. Le #6_février_2014, une quinzaine de personnes avaient été tuées alors qu’elles tentaient d’entrer en Europe par la mer à Sebta, colonie espagnole au Maroc. Ce jour-là, indique le communiqué des organisateurs de la manifestation, « 15 personnes étaient mortes noyées, refoulées par la Guardia Civil. »

    https://www.ledauphine.com/social/2020/02/08/isere-grenoble-plusieurs-dizaines-de-personnes-manifestent-contre-les-fr
    #résistance #frontières #manifestation #ouverture_des_frontières #morts_aux_frontières #commémoration #asile #migrations #réfugiés
    #6_février_2020 #mémoire #Ceuta #morts #décès #mémoire

    Commentaire de @karine4 :

    la vidéo est pas super et on était plus de 300 mais bon, ils en ont parlé...

  • Névache : un migrant récupéré en #hypothermie au #col_de_l’Échelle

    Mercredi 5 février, un appel est parvenu aux secouristes en fin d’après-midi, vers 17 h 20. Un migrant, en péril, a contacté les secours car il se trouvait dans une situation périlleuse, au col de l’Échelle.

    Victime d’hypothermie, il a été secouru par les hommes du peloton de gendarmerie de haute montagne de Briançon, et transporté par l’hélicoptère du détachement aérien de la gendarmerie vers le centre hospitalier des Escartons.

    https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2020/02/06/hautes-alpes-un-migrant-recupere-en-hypothermie-au-col-de-l-echelle
    #Col_de_l'Echelle #Hautes-Alpes #frontière_sud-alpine #secours #asile #migrations #réfugiés #frontières

    Ajouté à cette métaliste sur les morts dans les #Alpes, même si la personne secourue n’est pas décédée (mais pour archiver aussi les cas où la mort a été évitée de justesse) :
    https://seenthis.net/messages/800822

  • Entre expulsion et retour volontaire, la frontière est fine

    Une nouvelle sémantique s’est construite au sein de l’Union européenne : celle du « retour volontaire » des migrants irréguliers. Découvrez sur le blog « Dialogues économiques » l’analyse du politologue #Jean-Pierre_Cassarino, qui travaille depuis de longues années sur la #migration_de_retour et met en garde contre l’utilisation abusive du terme « #retour » dans le discours politique.

    À l’heure des fake news et des décodex, les mots prennent des tournures ambivalentes. Langue de bois et autres artefacts langagiers construisent, au-delà des mots, des murs. Des murs qui n’ont plus d’oreilles et brouillent notre compréhension. Derrière cet appel incessant au « retour », résonnent les mots de Patrick Chamoiseau : « Ils organisent le fait que l’on n’arrive jamais1 ».

    Contrôles aux frontières, centres de détention, identification par empreintes digitales ou encore quotas d’expulsions ont fleuri dans tous les pays européens. Ces dispositifs ont germé sur le terreau fertile des discours sur le « retour » des migrants, diffusés dans les États membres et au sein de l’Union européenne.

    Avec la première vague migratoire venue des Balkans, cette nouvelle terminologie s’est affirmée au cours des années 1990 au point de devenir hégémonique aujourd’hui. Basée sur la dichotomie entre « #retour_volontaire » et « #retour_forcé », elle a été accréditée par l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM). Elle prend corps dans divers mécanismes comme « l’#aide_au_retour_volontaire » en France qui propose aux migrants irréguliers de retourner dans leur pays moyennant #compensation_financière.

    À travers une multitude d’entretiens réalisés en Algérie, au Maroc et en Tunisie avec des migrants expulsés ou ayant décidé de rentrer de leur propre chef, Jean-Pierre Cassarino, enseignant au Collège d’Europe et titulaire de la Chaire « Études migratoires » à l’IMéRA (Marseille), en résidence à l’IMéRA et enseignant au Collège d’Europe (Varsovie) revient sur l’utilisation trompeuse de ces catégories.

    La #novlangue du retour forcé/retour volontaire

    Dans 1984, George Orwell construisait une véritable novlangue où toutes les nuances étaient supprimées au profit de dichotomies qui annihilent la réflexion sur la complexité d’une situation. C’est oui, c’est non ; c’est blanc, c’est noir ; c’est simple. Toute connotation péjorative est supprimée et remplacée par la négation des concepts positifs. Le « mauvais » devient « non-bon ». Dans le livre d’Orwell, cette pensée binaire nie la critique vis-à-vis de l’État et tue dans l’œuf tout débat.

    Aujourd’hui, les instances internationales et européennes produisent un #discours_dichotomique où le retour volontaire se distingue du retour forcé. En 2005, le Conseil de l’Europe, écrit dans ses « Vingt principes directeurs sur le retour forcé » : « Le retour volontaire est préférable au retour forcé et présente beaucoup moins de #risques d’atteintes aux #droits_de_l’homme. C’est pourquoi il est recommandé aux pays d’accueil de l’encourager, notamment en accordant aux personnes à éloigner un délai suffisant pour qu’elles se conforment de leur plein gré à la décision d’éloignement et quittent le territoire national, en leur offrant une #aide_matérielle telle que des #primes ou la prise en charge des frais de transport, en leur fournissant des informations détaillées dans une langue qui leur est compréhensible sur les programmes existants de retour volontaire, en particulier ceux de l’Organisation internationale des migrations (OIM)2. »

    Pour Jean-Pierre Cassarino, la #coercition s’applique pourtant dans les deux cas. L’Allemagne par exemple, considère l’Afghanistan comme un pays sûr. Elle a signé un accord avec ce dernier pour le « retour » volontaire et forcé des Afghans en situation irrégulière. Mais « les migrants qui ont été expulsés d’#Allemagne ont été forcés d’accepter le retour volontaire », explique Jean-Pierre Cassarino. Un des interrogés afghans témoigne ainsi : « On m’a demandé de signer et j’étais en détention, je ne voulais plus rester enfermé, j’avais peur ». Dans ce cas, parler de « retour volontaire » affirme un aspect positif. C’est un mécanisme politique plus facilement accepté par le public.

    Pour l’OIM, le retour volontaire concerne la personne qui signe une #déclaration dans laquelle elle accepte de retourner dans son pays. Dans ce cas et en règle générale, on lui offre le billet de retour. À l’inverse, dans le cas du retour forcé, la personne est contrainte, par ordre de la préfecture, de quitter le territoire. Elle est souvent accompagnée d’une #escorte de #rapatriement qui est coûteuse pour le gouvernement. Le retour volontaire n’est pas qu’une question sémantique, c’est aussi une question financière. On estime entre 10 000 et 15 000 euros une #reconduite_forcée à la frontière contre 2 000 à 4 000 pour un retour volontaire3. Dans tous les cas, dans cette dichotomie, la décision individuelle du migrant compte de moins en moins.

    Que se cache-t-il derrière le mot retour ?

    Peut-on utiliser le même mot pour un #migrant_rapatrié dans un pays en guerre, pour celui qui est renvoyé parce qu’illicite et pour celui qui décide, de sa propre initiative, de revenir au pays ? Difficile de nier l’aspect pluriel du retour migratoire.

    Jean-Pierre Cassarino explique comment la terminologie du « retour » s’assimile à l’#expulsion, par #manipulation_politique. Il se réfère à Albert Camus. Dans L’homme révolté, Camus plaide pour la #clarté_terminologique, parce qu’il ne faut pas « pactiser avec la propagande ». « Si une personne est expulsée de son pays elle n’est pas ‘retournée’ au pays. Les chercheurs travaillent de fait sur l’expulsion quand ils parlent de retour. »

    « Éjecté volontaire » ou « déplacé poétique », écrit l’écrivain Patrick Chamoiseau pour faire contrepoids.

    Retour pour le développement ?

    L’ampleur qu’a pu prendre « le retour » dans les instances internationales repose aussi sur la promotion du #développement dans les pays d’origine. Jean-Pierre Cassarino et son équipe de chercheurs ont interrogé 700 migrants tunisiens de retour en questionnant l’influence de l’expérience migratoire sur l’#entreprenariat. En mars 2014, un partenariat avait été signé entre la Tunisie et l’Union européenne pour faciliter l’acquisition de #compétences aux jeunes Tunisiens afin de leur permettre, une fois rentrés, de « développer des activités économiques rentables ».

    Qu’en est-il dans les faits ? Les migrants qui se sont insérés facilement dans le marché du travail avaient achevé leur séjour migratoire par eux-mêmes en affirmant leur souhait de revenir au pays. Qu’ils aient fini leurs études, qu’ils veuillent créer leur entreprise ou qu’ils aient atteint leurs objectifs en France, tous ont pu réunir les opportunités, le temps et les ressources nécessaires pour construire un projet de retour. Ici le « retour volontaire » prend tout son sens. Jean-Pierre Cassarino parle de cycle migratoire « complet ».

    Mais tous les migrants n’ont pas eu cette chance. La décision relève parfois d’un choix par défaut. Une socialisation difficile, des problèmes familiaux ou la précarité peuvent pousser la personne à rentrer à contrecœur. Pire, l’expérience migratoire peut être brutalement interrompue par une obligation à quitter le territoire. Pour ces migrants qui ne peuvent achever leur cycle (qu’il soit incomplet ou interrompu), de sérieuses difficultés se présentent sur la route du retour. Ils ont beaucoup plus de mal à s’insérer dans le monde professionnel.

    En approchant le retour par la complétude des #cycles_migratoires, Jean Pierre Cassarino montre qu’il n’y a pas qu’une façon de revenir et que la durée du séjour a des conséquences sur le développement dans le pays d’origine. C’est un appel à repenser les usages politiques et sémantiques du « retour » ; à remettre en question des notions qui s’inscrivent dans les inconscients collectifs. C’est un rappel à ce que Václav Havel écrit dans Quelques mots sur la parole : « Et voilà justement de quelle manière diabolique les mots peuvent nous trahir, si nous ne faisons pas constamment preuve de prudence en les utilisant ».

    Références :
    – Cassarino, Jean-Pierre (2014) « A Reappraisal of the EU’s Expanding Readmission System », The International Spectator : Italian Journal of International Affairs, 49:4, p. 130-145.
    – Cassarino, Jean-Pierre (2015) « Relire le lien entre migration de retour et entrepreneuriat, à la lumière de l’exemple tunisien », Méditerranée, n° 124, p. 67-72.

    https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/dialogues-economiques-leco-a-portee-de-main/entre-expulsion-et-retour-volontaire-la
    #expulsion #retour_volontaire #mots #sémantique #vocabulaire #migrations #asile #réfugiés #dichotomie #prix #coût

    Autres mots, @sinehebdo ?
    #migration_de_retour
    #migrant_rapatrié
    « #éjecté_volontaire »
    « #déplacé_poétique »

    ping @_kg_ @karine4

  • #Solidarité avec les #réfugiés sur la #route_des_Balkans...

    Example of solidarity with refugees comes from Bosnia and Herzegovina. The #Banović miners shared their hot meals with refugees in an act of support (https://www.6yka.com/novosti/rudari-iz-banovica-od-svojih-toplih-obroka-prikupili-namirnice-za-pomoc-migran).

    And another beautiful story of the connection between local inhabitants and refugees comes from #Zagreb (https://www.jutarnji.hr/vijesti/zagreb/video-pjevanjem-do-nove-srece-ovaj-zagrebacki-zbor-okuplja-i-one-koju-su-tu-rodeni-i-one-koji-su-dosli-jer-su-napustili-domove-kao-izbjeglice/9915700). We’re talking about the #Domaćigosti_Choir (https://www.facebook.com/zbordomacigosti) - ’’the name of the choir itself explains who they are: some were born in Croatia, some came here to live because they wanted to, some had to because they left their homes as refugees. There is no difference between any of them.’’

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 06.02.2020

    #Bosnie #Bosnie-Herzégovine #Croatie
    #chorale #chants #chanter

    ping @isskein @karine4

  • Les #outils_numériques de l’#humanitaire sont-ils compatibles avec le respect de la #vie_privée des #réfugiés ?

    Pour gérer les opérations humanitaires dans le camp de réfugiés syriens de #Zaatari en #Jordanie, les ONG ont mis en place des outils numériques, mais l’#innovation a un impact sur le personnel humanitaire comme sur les réfugiés. Travailler sur ce camp ouvert en 2012, où vivent 76 000 Syriens et travaillent 42 ONG, permet de s’interroger sur la célébration par le monde humanitaire de l’utilisation de #nouvelles_technologies pour venir en aide à des réfugiés.

    Après plusieurs années d’observation participative en tant que chargée d’évaluation pour une organisations non gouvernementales (ONG), je suis allée plusieurs fois à Amman et dans le camp de Zaatari, en Jordanie, entre 2017 et 2018, pour rencontrer des travailleurs humanitaires de 13 organisations différentes et agences de l’Onu et 10 familles vivant dans le camp, avec l’aide d’un interprète.

    Le camp de Zaatari a été ouvert dès 2012 par le Haut Commissariat aux Réfugiés pour répondre à la fuite des Syriens vers la Jordanie. Prévu comme une « #installation_temporaire », il peut accueillir jusqu’à 120 000 réfugiés. Les ONG et les agences des Nations Unies y distribuent de la nourriture et de l’eau potable, y procurent des soins et proposent un logement dans des caravanes.

    Pour faciliter la #gestion de cet espace de 5,2 km2 qui accueille 76 000 personnes, de très nombreux rapports, cartes et bases de données sont réalisés par les ONG. Les #données_géographiques, particulièrement, sont collectées avec des #smartphones et partagées via des cartes et des #tableaux_de_bord sur des #plateformes_en_ligne, soit internes au camp comme celle du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), soit ouvertes à tous comme #Open_Street_Map. Ainsi, grâce à des images par satellite, on peut suivre les déplacements des abris des réfugiés dans le camp qui ont souvent lieu la nuit. Ces #mouvements modifient la #géographie_du_camp et la densité de population par zones, obligeant les humanitaires à modifier les services, tel l’apport en eau potable.

    Les réfugiés payent avec leur iris

    Ces outils font partie de ce que j’appelle « l’#humanitaire_numérique_innovant ». Le scan de l’#iris tient une place à part parmi ces outils car il s’intéresse à une partie du #corps du réfugié. Cette donnée biométrique est associée à la technologie de paiement en ligne appelée #blockchain et permet de régler ses achats au #supermarché installé dans le camp par une société jordanienne privée. Avant l’utilisation des #scanners à iris, les réfugiés recevaient une #carte_de_crédit qu’ils pouvaient utiliser dans divers magasins autour du camp, y compris dans des #échoppes appartenant à des réfugiés.

    Ils ne comprennent pas l’utilité pour eux d’avoir changé de système. Nour*, une réfugiée de 30 ans, trouvait que « la #carte_Visa était si facile » et craint de « devenir aveugle si [elle] continue à utiliser [son] iris. Cela prend tellement de temps : “ouvre les yeux”, “regarde à gauche”, etc. ». Payer avec son corps n’a rien d’anecdotique quand on est réfugié dans un camp et donc dépendant d’une assistance mensuelle dont on ne maîtrise pas les modalités. Nisrine, une autre réfugiée, préférait quand « n’importe qui pouvait aller au supermarché [pour quelqu’un d’autre]. Maintenant une [seule] personne doit y aller et c’est plus difficile ». Sans transport en commun dans le camp, se rendre au supermarché est une contrainte physique pour ces femmes.

    Le principal argument des ONG en faveur du développement du scan de l’iris est de réduire le risque de #fraude. Le #Programme_Alimentaire_Mondial (#Pam) contrôle pourtant le genre de denrées qui peuvent être achetées en autorisant ou non leur paiement avec la somme placée sur le compte des réfugiés. C’est le cas par exemple pour des aliments comme les chips, ou encore pour les protections hygiéniques. Pour ces biens-là, les réfugiés doivent compléter en liquide.

    Des interactions qui changent entre le personnel humanitaire et les réfugiés

    Les effets de ces #nouvelles_technologies se font aussi sentir dans les interactions entre le personnel du camp et les réfugiés. Chargés de collecter les #données, certains humanitaires doivent régulièrement interroger des jeunes hommes venant de zones rurales limitrophes (qui forment la majorité des réfugiés) sur leur hygiène ou leurs moyens de subsistance. Cela leur permet de créer des #indicateurs pour classer les réfugiés par catégories de #vulnérabilité et donc de #besoins. Ces interactions sont considérées par les réfugiés comme une intrusion dans leur espace de vie, à cause de la nature des questions posées, et sont pourtant devenues un des rares moments d’échanges entre ceux qui travaillent et vivent dans le camp.

    Le #classement des ménages et des individus doit se faire de manière objective pour savoir qui recevra quoi, mais les données collectées sont composites. Difficile pour les responsables de projets, directement interpellés par des réfugiés dans le camp, d’assumer les choix faits par des logiciels. C’est un exercice mathématique qui décide finalement de l’#allocation de l’aide et la majorité des responsables de programmes que j’ai interrogés ne connaissent pas son fonctionnement. Le processus de décision est retiré des mains du personnel humanitaire.

    Aucune évaluation de la #protection_des_données n’a été réalisée

    La vie privée de cette population qui a fui la guerre et trouvé refuge dans un camp est-elle bien protégée alors que toutes ces #données_personnelles sont récoltées ? Le journal en ligne The New Humanitarian rapportait en 2017 une importante fuite de données de bénéficiaires du Pam en Afrique de l’Ouest, détectée par une entreprise de protection de la donnée (https://www.thenewhumanitarian.org/investigations/2017/11/27/security-lapses-aid-agency-leave-beneficiary-data-risk). En Jordanie, les #données_biométriques de l’iris des réfugiés circulent entre une banque privée et l’entreprise jordanienne qui exploite le supermarché, mais aucune évaluation de la protection des données n’a été réalisée, ni avant ni depuis la mise en œuvre de cette #innovation_technologique. Si la protection des données à caractère personnel est en train de devenir un objet de légalisation dans l’Union européenne (en particulier avec le Règlement Général sur la Protection des Données), elle n’a pas encore été incluse dans le #droit_humanitaire.

    De la collecte de données sur les pratiques d’hygiène à l’utilisation de données biométriques pour la distribution de l’#aide_humanitaire, les outils numériques suivent en continu l’histoire des réfugiés. Non pas à travers des récits personnels, mais sur la base de données chiffrées qui, pense-t-on, ne sauraient mentir. Pour sensibiliser le public à la crise humanitaire, les équipes de communication des agences des Nations Unies et des ONG utilisent pourtant des histoires humaines et non des chiffres.

    Les réfugiés eux-mêmes reçoivent peu d’information, voire aucune, sur ce que deviennent leurs données personnelles, ni sur leurs droits en matière de protection de données privées. La connexion Internet leur est d’ailleurs refusée, de peur qu’ils communiquent avec des membres du groupe État Islamique… La gestion d’un camp aussi vaste que celui de Zaatari bénéficie peut-être de ces technologies, mais peut-on collecter les #traces_numériques des activités quotidiennes des réfugiés sans leur demander ce qu’ils en pensent et sans garantir la protection de leurs données personnelles ?

    http://icmigrations.fr/2020/01/16/defacto-015-01

    #camps_de_réfugiés #numérique #asile #migrations #camps #surveillance #contrôle #biométrie #privatisation

    ping @etraces @reka @karine4 @isskein

  • UN: Northwest Syria fighting displaces over 500,000 in 2 months

    Russia-backed offensive against rebel enclave forces 520,000 from their homes in two months, mostly women and children.

    The United Nations has sounded the alarm over a severe humanitarian crisis unfolding in Syria’s northwest, where a Russian-backed Syrian government push against the country’s last rebel-held stronghold has forced more 500,000 people from their homes in two months.

    “Since 1 December, some 520,000 people have been displaced from their homes, the vast majority - 80 percent - of them women and children,” David Swanson, spokesman for the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, said on Tuesday.

    He added that the latest wave of displacement compounded “an already dire humanitarian situation” that saw more than 400,000 people displaced from the end of April through the end of August, many of them multiple times.

    Swanson said the UN was alarmed by the plight of more than three million people - half of whom were transferred there en masse from other parts of Syria that were taken by government forces - who live in Idlib province and the surrounding areas.

    Last Saturday, UNICEF, the UN’s children agency, said the violence has forced 6,500 children to flee daily, and estimated that 1.2 million children “are in desperate need” amid short supplies of food, water and medicine.

    According to the World Health Organization (WHO), more than 50 health facilities have suspended their services as of January 31.

    “The current situation in northwest Syria - characterised by lack of access and medicine, insufficient hygiene, chaos and mass displacement - poses a significant risk of outbreaks of measles, diarrhoeal diseases and other diseases,” said Rick Brennan, WHO’s regional emergency director.

    “Northwest Syria represents one of the world’s most severe humanitarian crises, where civilians are suffering on an extraordinary level,” he added, calling for “a renewed international commitment to bring an end to this protracted and devastating crisis”.

    Pushing refugees closer to Turkish border

    In recent weeks, Syrian government troops and allied militias, backed by Russian and other forces, have ramped up the pressure on the last rebel enclave in the country.

    They have retaken dozens of villages and some major towns - including the erstwhile rebel bastion of Maaret al-Numan - and are pushing northwards, sending displaced populations ever closer to the Turkish border.

    Turkey, which hosts more than 3.5 million Syrian refugees and is wary of a new influx, has in recent days sent military vehicles, trucks and other reinforcements to the region,

    Tensions rose on Monday as Ankara said at least seven Turkish soldiers and one civilian contractor working with the Turkish military were killed in shelling by Syrian government forces in Idlib.

    Turkey retaliated by hitting 54 targets in Idlib and “neutralising” 76 Syrian government soldiers, the state-owned Anadolu agency quoted Defence Minister Hulusi Akar as saying.

    The developments threaten to cause friction between Turkey and Russia, who have sought to coordinate their actions in Syria even though they back opposite sides in the conflict.

    https://www.aljazeera.com/news/2020/02/northwest-syria-fighting-displaces-500000-2-months-200204090158411.html

    #Syrie #guerre #conflit #IDPs #déplacés_internes #réfugiés

  • GREECE REFLECTION: Poems from the Brink of Despair; powerful voices of refugees in detention of Moria

    In Moria, refugees are proud to be sick.
    I broke my arm to get a medical certificate.

    If you have been tortured you can sell yourself as vulnerable.
    Being mentally ill is the price to pay for safe passage.
    It’s easier for a sinner to enter paradise
    than for a refugee to get asylum in Greece.

    Why do you, all the guilty ones,
    Want to teach us lessons in morality?
    You prevent us from being happy.
    Us, the brave ones.

    #moria #lesbos #greece #refugees #migrants #migrations #réfugiés #Grèce

    https://www.cpt.org/cptnet/2017/08/15/greece-reflection-poems-brink-despair-powerful-voices-refugees-detention-moria

    • Refugee protest on Lesvos, February 3rd, 2020
      On February 3rd 2020 about 2000 refugees demonstrated in Mitilini against arbitrary deportations and horrific conditions in Moria camp as well as demanded freedom of movement. Peaceful protest was stopped by riot police which used tear gas against refugees, journalists and internationals. ReFOCUS team was caught between police and demonstrators when walking to our everyday classes. This is what we experienced over three hours of being stuck in the protest.
      https://www.youtube.com/watch?v=SHjqNjGfx-o&feature=youtu.be

  • La #ville de #Liège demande aux négociateurs du futur gouvernement fédéral de prévoir une #régularisation des #sans-papiers

    C’est un message adressé aux négociateurs du gouvernement fédéral : les conseillers communaux liégeois ont adopté un texte qui en appelle à une régularisation des sans-papiers. Le vote a été précédé d’une manifestation de plusieurs dizaines de personnes, en appui à cette démarche.

    Le but : que des critères clairs, stables et objectifs soient définis, pour éviter l’octroi au compte-gouttes, au cas par cas, de titres de séjour. Dans une ambiance étonnamment tendue, c’est une majorité de rechange qui a permis l’approbation. Le groupe libéral aurait voulu amender la motion, et s’est abstenu, la première échevine Chrsitine Defraigne hors séance au moment de l’appel nominatif.

    https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_la-ville-de-liege-demande-aux-negociateurs-du-futur-gouvernement-federal
    #villes-refuge #ville-refuge #asile #migrations #réfugiés

    Ajouté à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • Des vies sauvées par l’UE ?
    –-> Question reçue via la mailing-list Migreurop :

    Dans son "Rapport d’avancement sur la mise en œuvre de l’agenda européen en matière de migration » d’octobre 2019, la Commission européenne se félicite de ce que l’UE, parmi les « progrès clefs » enregistrés depuis 2015, a pu « sauver des vies : près de 760’000 sauvetages en mer et le sauvetage de plus de 23’000 migrants dans le désert nigérien depuis 2015 ».

    Déjà, dans un bilan d’étape de décembre 2018, elle affirmait :
    « Sauver des vies : par son action, l’UE a contribué à sauver près de 730’000 personnes en mer depuis 2015 ».

    QUESTIONS :
    Savez-vous quel est le mode de calcul de la Commission pour arriver à ces chiffres ? S’agit-il des chiffres fournis par Frontex sur ses opérations ? Additionnés éventuellement à ceux de EunavforMed / Sofia (quand elle intervenait encore en mer) ? Comptabilise-t-elle aussi les chiffres fournis par les Etats membres ?

    –-> Les deux rapports mentionnés dans le messages sont ci-dessous...

    –----------

    Rapport décembre 2018 :
    Un changement radical dans la gestion des migrations et de la sécurité des frontières

    À son entrée en fonctions, la #Commission_Juncker a fait des questions migratoires et de la #sécurité_des_frontières des priorités absolues de son mandat de cinq ans, consciente que les États membre devaient, ensemble, relever ces #défis_communs. Peu de temps après est survenue la #crise_des_réfugiés la plus grave que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, entraînant pour l’#Union_européenne des répercussions immédiates et profondes. La Commission, aux côtés des États membres, a accéléré les travaux pour faire face à chaque nouveau #défi à mesure qu’ils se présentaient, tout en jetant les bases d’une nouvelle manière, plus pérenne, de gérer les migrations et la sécurité des frontières dans l’UE. Il en a résulté plus de #progrès en l’espace de quatre ans que cela n’a été possible au cours des vingt années précédentes. Le chemin qui reste à parcourir ne devrait pas faire sous-estimer ce qui a été accompli.


    https://ec.europa.eu/home-affairs/sites/homeaffairs/files/what-we-do/policies/european-agenda-migration/20190306_managing-migration-factsheet-step-change-migration-management-bor

    Communication octobre 2019
    Rapport d’avancement sur la mise en œuvre de l’#agenda_européen_en_matière_de_migration


    https://ec.europa.eu/home-affairs/sites/homeaffairs/files/what-we-do/policies/european-agenda-migration/20191016_com-2019-481-report_fr.pdf

    #frontières #UE #EU #asile #migrations #réfugiés #vies_sauvées #gestion_des_migrations #Méditerranée #Mer_Méditerranée #désert #Sahara #Niger
    #rapport #bilan #commission_européenne
    #statistiques #calculs
    #même_pas_honte #hypocrisie

    Est-ce que quelqu’un a des réponses ? @reka @karine4 @simplicissimus @fil @isskein ?

    #sauvetage

    • Je sais pas si ça peut aider (les chiffres semblent bizarre par rapport aux tiens), Frontex, dans son rapport d’activité 2019 affirme avoir secouru 54800 personnes. Le pictogramme est une bouée, mais il n’est pas vraiment précisé « en mer ». Moi je m’interroge sur le cas Libyien : si le centre de coordination des secours en mer dit à Frontex de débarquer les migrants à Tripoli, difficile d’appeler cela un secours.
      Régis