#refus_du_travail

  • Le réel de Marx
    par Bernard Aspe et Patrizia Atzei
    Intervention au colloque Communisme à Rennes en mai 2017

    http://ladivisionpolitique.toile-libre.org/le-seminaire/le-reel-de-marx-ciolloque-communisme

    Le communisme est le refus de la mise au travail généralisée, de la mise au travail pour le capital. Un refus dont la mise en œuvre suppose une opération de désidentification.

    #communisme #Marx #opéraïsme #post_opéraïsme #refus_du_travail #salariat #Tronti #capital #réel #Lacan #Rancière

    • Le réel de Marx
      http://ladivisionpolitique.toile-libre.org/le-seminaire/le-reel-de-marx-ciolloque-communisme

      Nous savons que, comme d’autres mots, le mot « communisme » n’a jamais été et ne sera jamais univoque, qu’il s’agit toujours de lui donner une signification qu’il n’a pas tout seul, c’est-à-dire de mettre sur le mot « communisme » ce qu’on décide d’y entendre.

      Pour parler du communisme, il nous semble nécessaire de revenir une fois encore à Marx. Mais il ne saurait s’agir, pour nous, de proposer un énième commentaire de son œuvre : Marx n’est pas l’auteur auquel il faut en revenir parce que dans ses textes se trouverait une vérité ultime. Nous considérons qu’il est l’un de ces auteurs qui nous obligent à aborder son héritage de façon partiale, avec des parti-pris. Il nous oblige, surtout, à nous saisir de cet héritage depuis le présent.

      Nous allons donc dégager quelques traits de l’approche de Marx qui nous semblent devoir être prolongés aujourd’hui pour une entente clarifiée et opératoire du mot « communisme », du communisme en tant que « mouvement réel ».

      Nous insisterons essentiellement sur deux aspects. Il s’agira dans un premier temps de montrer que le communisme se présente sous la forme du refus du travail. Ensuite, il s’agira d’affirmer la possibilité d’une intelligibilité de la politique qui ne dépend pas d’un horizon de totalisation, et qui suppose un mode de subjectivation particulier, relevant d’une « désidentification ». (...)

      version audio
      https://seenthis.net/messages/602983

    • Un texte qui commence par « comme le disait Althusser » n’augure rien de bon. Althusser était un charlatan stalinien qui a passé l’essentiel de sa vie à caricaturer le marxisme pour en faire une coquille vide (débarrassée de la dialectique) acceptable par l’idéologie dominante.

      Mais je tente une lecture quand même :)

    • Althusser, semble faire office ici de muleta mais il n’est cité que pour renvoyer à un phrase de L’idéologie allemande à propos du communisme « le mouvement réel qui abolit l’état de choses existant », afin d’avancer dans l’analyse du réel en question, avec et contre Hegel, avec Lacan. Outre Marx, ce sont les apports de tout autres théoriciens que le texte met en rapport, sans décerner ni blâmes ni médailles...

      Ce qui nous paraît essentiel dans les analyses de [Jason] Moore, c’est qu’elles donnent une extension nouvelle au concept de force de travail en montrant toutes les activités que l’on peut compter au titre de travail non-payé, non reconnu comme tel.

      Parmi ces activités, à considérer l’histoire de l’économie-monde, il y a bien sûr le travail des esclaves dans les colonies depuis les XVème-XVIème siècles ; ou le travail assigné aux femmes dans le développement de la société bourgeoise – travail invisible qui n’est pas seulement celui de la « reproduction de la force de travail », mais qui est lui-même force de travail non reconnue comme telle.

    • Tu n’a pas lu l’article, tu ne sais pas, comment fais-tu pour répondre ? je répète, je répète, Althusser n’est cité que pour introduire un passage de Marx qu’il a dit « fameux », et parce qu’il sagit d’un colloque ou les Français croient que le marxisme c’est Althusser.
      L’article, coécrit par une femme, puisque seul cela compte à tes yeux, n’a rien à voir avec tes a priori, avec cette manière purement réactive de (ne pas) lire. Il évoque tout autrement ces questions.

      L’adresse générique de la politique, l’adresse à un « tous » (non pas un « tous » positivé, effectif, mais un « tous » potentiel) cela implique notamment — et il est utile de le souligner dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui — que la race ne peut, en tant que telle, être un opérateur de la subjectivation politique. On pourrait affirmer que pour qu’il y ait subjectivation émancipatrice, il faut qu’il y ait déprise des identités. Cela ne signifie nullement que toute revendication basée sur la race est nécessairement vouée à l’échec, ou intrinsèquement réactionnaire : cela signifie seulement que son potentiel émancipateur ne réside jamais en une positivation de l’identité raciale en tant que telle. Pour qu’une identité (prolétaire, peuple colonisé, femme, noir, etc.) constitue le point de départ d’un processus véritablement émancipateur, il faut que soit conjurée toute appropriation exclusive de la revendication politique. Autrement dit, il faut qu’il y ait une connexion entre cette identité particulière et une adresse générique. En clair : les identités existent bel et bien, et on ne peut pas simplement décider de les ignorer ou d’en sortir, comme le voudrait une certaine utopie queer. « Désidentification », cela ne signifie pas : abolition des identités. Cela signifie : constitution d’identités paradoxales, d’identifications polémiques. Car quand on ne travaille pas à déplacer les identités, à les rendre paradoxales, ce sera l’ordre d’oppression et d’exclusion qui se chargera de les remettre à leur place (pensons au racisme de la police).



  • Le refus du travail dans l’Italie révoltée des années 60-70 | Sortir du capitalisme
    http://sortirducapitalisme.fr/204-le-refus-du-travail-dans-l-italie-revoltee-des-annees-60-70-

    40 ans après l’insurrection de Bologne des 11-12 mars 1977 (et sa reconquête par des chars d’assaut), une histoire du refus du travail dans l’Italie révoltée des années 1960-1970 – avec Oreste Scalzone, protagoniste central de ces années-là. Dans cette émission consacrée à un aspect central des théories critiques et des luttes autonomes de l’Italie révoltée des années 1960-70, Oreste Scalzone nous offre d’abord un aperçu des théories critiques du travail ("refus du travail" et "lutte contre le travail") développées au sein de l’opéraïsme [1re partie, 30 minutes]. Dans une seconde partie, il évoque quelques pratiques de « l’anti-travail » de l’Autonomie italienne ("auto-réductions", grèves des loyers, etc.) et parle de leur vision non-programmatique du communisme [2e partie, 30 minutes]. Source : Radio (...)

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/scalzone1.mp3


  • Lutte contre le travail - Mario Tronti, CIP-IDF
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8094

    Le texte qui suit relève d’un point de vue ouvrier c’est-à-dire d’une pensée antagoniste, dans et contre le capital.

    Sa publication se veut une contribution à la lutte en cours contre cette loi du capital qu’est la #loi_travail. Il s’agit également de proposer un détour théorique préalable à la séance de l’université ouverte sur le droit au chômage proposée ce 10 avril 2016 à Paris.

    Lutte contre le travail

    Pour finir revenons donc au point de départ : à la nature à la fois double, scindée et antagonique du #travail. Non plus cependant du travail contenu dans la marchandise, mais de la classe ouvrière contenue dans le #capital. La zwieschlächtige Natur de la classe ouvrière consiste en ce qu’elle est à la fois travail concret et travail abstrait, travail et force de travail, valeur d’usage et travail productif, à la fois capital et non-capital – partant à la fois capital et classe ouvrière. C’est là que la division est déjà antagonisme. Et l’#antagonisme est toujours lutte. Mais la #lutte n’est pas encore #organisation. Il ne suffit pas qu’il y ait une division objective du travail et de la force de travail dans la classe ouvrière : car c’est précisément de la sorte qu’ils se présentent unis dans le capital. Il faut les diviser par une intervention subjective : en effet ce n’est que de la sorte qu’ils deviendront les moyens d’une alternative de pouvoir.

    #ouvriers_et_capital #opéraïsme #refus_du_travail #Mario_Tronti #livre_en_ligne



  • Le refus du travail aujourd’hui - Maurizio Lazzarato
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7930

    Il y a, politiquement, deux partis, clairement distincts : un parti où l’on définit l’art comme révolutionnaire en soi, comme autonomie, indépendance, comme critique du capitalisme ; et un deuxième parti, où l’art se voit complètement intégré au capitalisme – tourisme, économie, aménagement du territoire. Dans le premier cas, les catégories sont fondamentalement marxistes, situationnistes. Elles remontent aux années 1960 : de l’École de Francfort à Marcuse ou Debord, tous ont une conception de l’art comme indépendance, autonomie. Puis, dans un second temps, ces catégories se voient intégrées par le capitalisme. Dès lors, on sait si peu comment les utiliser qu’on ne les utilise juste plus. Préserver l’autonomie de l’art, c’est très difficile. Au début des années 2000, cette question devient, véritablement, l’impasse que l’on doit dépasser. (...)

    ...de mon côté, ce concept du travail, j’ai essayé de le remobiliser. La question est celle, aussi, de la division : avant, il y avait une division entre art et capitalisme. Mais selon moi, la division n’est pas là ; la division, il faut la faire. Elle n’est pas « là », la division, il faut la produire. Il faut la produire par un acte, par une action. Et cette action, fondamentalement, c’est le refus du travail.

    Il y a, selon moi, deux manières d’aborder le capitalisme. On peut partir du #capitalisme en faisant l’analyse du travail, ce que fait Marx, entre autres. Ou bien, on peut partir du refus du travail. Ce n’est pas du tout la même démarche. Ce ne sont pas les mêmes catégories, ni la même méthodologie. Je pense qu’il faut partir du refus du travail. Et je vais, à l’appui de cette idée, introduire quelques concepts, et montrer pourquoi Duchamp, de ce point de vue, est particulièrement intéressant. En quoi Duchamp peut-il nous aider à comprendre ce qu’est le refus du travail aujourd’hui ?

    Le refus du travail est une catégorie qui a été élaborée dans les années 1960, en Italie. Elle renvoie surtout au comportement qu’avaient les ouvriers, dans l’industrie : refus du #commandement, de la subordination. Cette catégorie est à la fois théorique et politique, car elle implique, automatiquement, un #conflit. On ne peut pas parler de refus du travail sans conflit.

    #refus_du_travail


  • Les ouvriers contre l’état - Le refus du travail. Matériaux pour l’Intervention (1971-1972)
    http://archivesautonomies.org/spip.php?article578
    (merci @lyco pour l’url oublié.)

    Introduction Generale - Révolutionnaires et classe ouvrière : La belle au bois dormant

    Quelle a été notre intention quand nous avons rédigé cette #brochure ?
    Nous voulons faire avancer le débat engagé au sein du mouvement révolutionnaire, c’est-à-dire amener ce débat, le plus souvent idéologique, à affronter un peu plus le défi que constitue la seule réalité sociale. Ainsi, pour la #théorie révolutionnaire, être de l’#histoire signifie avoir en face d’elle et pour objet ce qu’est la classe ouvrière aujourd’hui, et non pas avoir pris rendez-vous avec la classe ouvrière des années 20, car, on s’en doute, celle-ci n’y viendra pas, pour la bonne raison qu’elle n’existe plus.

    Et pour comprendre ce qui a changé dans l’affrontement de classe et saisir les nouveaux points cardinaux de la lutte aujourd’hui, il faut en passer par certaines hypothèses. Ce sont ces hypothèses que nous avons tenté de dégager. Elles concernent, on le verra, le rapport de la classe ouvrière avec le développement, l’#organisation, le parti, et avec l’Etat.
    Tout ceci devrait entrainer beaucoup de discours. Nous ne proposons pourtant pas une nouvelle « lecture » de Marx ou de Lénine, bien qu’elle soit souvent présupposée dans les analyses. On se bornera à indiquer quelques références pour les membres de la classe des loisirs qui auraient le temps de piocher la question…
    Nous n’écrirons pas non plus un historique détaillé de l’affrontement de classes en France. Car la possibilité même d’isoler la France d’une situation européenne, voilà ce qui se trouve aujourd’hui remis en question. Du point de vue du capital (ce qui ne veut pas dire : du point de vue du capitaliste doué d’une plus ou moins grande clarté de vue) la situation française (guatémaltèque ou est-allemande !) est toujours internationale, tout comme la concentration ou le taux de profit. Par contre personne n’arrive à insérer la France dans le niveau moyen européen des luttes. Ce sont pourtant ces luttes qui ont contraint le capital à créer le Marché Commun depuis vingt ans.

    Cette contre-offensive est restée sans réplique de la part du vieux mouvement ouvrier. L’Europe du Marché Commun, c’est le capital international et à la fois les grèves nationales.
    Ceci montre la nécessité de renverser le schéma internationaliste proposé par la Gauche (vieille ou nouvelle) et qui semble un simple corollaire « ouvrier » des thèses ordinairement défendues dans les revues de seconde zone à prétentions économiques comme l’Expansion. Des organisations ouvrières en difficulté ont opportunément « découvert » que l’internationalisation du capital entraînerait et exigerait une internationalisation des luttes. Mais c’est bien plutôt le niveau déjà atteint par les luttes qui a contraint le capital à s’organiser au niveau européen pour battre les classes ouvrières des différents pays.

    On ne passe donc pas automatiquement d’un Etat « économiquement nécessaire » à des luttes politiques, mais bien plutôt d’un certain type de contrôle politique du #capital sur les #mouvements_de_classe qui a échoué à un autre type de contrôle. C’est seulement en comprenant la portée toute #politique de cette « évolution économique » et en s’organisant délibérément sur ce nouveau terrain, que nous ne resterons pas à la traine de l’initiative capitaliste.

    Nous, révolutionnaires, parti, groupuscules et organisations et pas la classe ouvrière : car s’il est une donnée bien spécifique de l’histoire ouvrière c’est avant tout cette capacité « égoiste » qu’a la classe, de créer des formes d’organisation adaptées a des moments précis de la lutte de masse et aussi de les rejeter quand elle ne peut plus les utiliser.

    D’où notre intérêt pour le rapport très particulier qui s’établit entre organisation et lutte. Par exemple quand certaines formes d’organisation disparaissent dans les secteurs d’avant-garde, secteurs clé en butte à la contre-attaque capitaliste, qui témoignent du niveau de lutte atteint et de son résultat, cela veut dire que ces mêmes formes sont perdues pour la classe ouvrière dans son ensemble. En d’autres termes, l’initiative ouvrière ne repassera plus par les jalons organisatifs des luttes qu’elle a dépassés en un moment ou en un point du tissu productif et social. Dès que la classe ouvrière abandonne une forme d’organisation, et donc son usage ouvrier, c’est le capital qui s’y installe et en fait un usage anti-ouvrier. (...)

    Première Partie :
    Introduction
    1. Le niveau des #luttes des années 20 aux années 60 : les prétendants
    2. Les #ouvriers dans l’État
    Les #conseils en Allemagne
    Le mouvement des conseils en Italie. Que vaut le thème des conseils aujourd’hui ?
    1917, Lénine et la NEP
    3. Les luttes ouvrières dans l’#État
    #Keynes et la remise à jour de l’Etat : de l’arbitrage de l’Etat gendarme à la planification de l’Etat du #capital_social
    Taylor et l’organisation scientifique du #travail : technologie et #contrôle
    Le passage à l’automation : un nouveau saut technologique
    4. Le Songe
    Formes de contrôle sur les mouvements de classe dans l’entre-deux guerres : fascisme et nazisme
    Le capital allemand et l’industrie lourde
    Classe ouvrière et capital en France : du Front populaire à Vichy
    Deuxieme Partie :
    Introduction
    1. Les années 60, nouvelle politique, nouveaux atouts
    La « valeur du travail »
    La décennie 1960-1970
    2. Les luttes ouvrières contre l’État
    Salaire et #crise : le #salaire politique
    Le mot d’ordre : « Augmentations de salaire égales »
    3. La classe ouvrière aujourd’hui
    A) Les techniciens, les chercheurs
    B) Secteur tertiaire et tertiarisation
    C) La force de travail en formation : #étudiants et scolarisés
    D) Les #immigrés
    E) Les #femmes
    4. Contre la valeur du travail et l’idéologie socialiste
    L’idéologie socialiste du travail
    5. Lutte contre le travail
    Note théorique sur la réduction du travail au travail nécessaire

    #refus_du_travail #opéraïsme


  • Heureux sans travailler - Ration
    http://www.liberation.fr/cahier-ete-2015/2015/08/13/heureux-sans-travailler_1363034

    Pour des raisons diverses mais de leur plein gré, ils et elles ont cessé de travailler et le vivent très bien. Leurs proches, pas toujours, tant la valeur travail reste l’alpha et l’oméga par lequel on juge de l’activité d’une personne.

    « Je ne veux pas faire des trucs qui me font chier. » Camille - il a préféré donner ce prénom cher aux zadistes - ne travaille pas. Ou si peu : un ou deux mois par an, depuis qu’il a décroché son bac à Nancy en 2005. « Je pourrais vivre seulement du #RSA, mais faire les vendanges me permet d’acheter des BD et des cadeaux », précise-t-il. Hervé, la petite quarantaine, a démissionné de son poste d’entraîneur sportif il y a trois ans pour devenir homme au foyer. Les revenus de sa femme suffisent pour faire vivre la famille. Lui se consacre désormais à ce qu’il remettait jusqu’alors à plus tard, mais surtout il peut voir grandir ses enfants. Etre libre de son temps, c’est aussi ce qui a amené Lætitia, bricoleuse heureuse tout juste trentenaire, à troquer son #CDI dans un centre social contre une vie nomade à bord de son camion.

    « PARASITE SOCIAL »

    « Inactifs » au sens conventionnel (ils ne sont ni en emploi ni au chômage), Camille, Hervé ou Lætitia sont pourtant loin d’être inaptes. Encore moins désœuvrés. Ils ont simplement opté pour un mode de vie qui leur convient, sans chiffre d’affaires ni fiche de paie. « Il y a 50 000 choses que j’ai envie de faire », lâche Camille, qui partage ses journées entre le militantisme, la lecture et les coups de main aux copains. « Je manque de temps pour ne rien faire, et je ne prends jamais de vacances », sourit de son côté Simon, qui vit son quart de siècle dans l’engagement activiste. Tous affirment ne pas regretter leur choix : un emploi, non merci.

    À propos du #refus_du_travail

    Le salaire , extrait de Nous voulons tout, Nanni Ballestrini, 1971
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=633

    Les ouvriers contre l’état - refus du travail , Matériaux pour l’intervention, 1973 (intro en français à l’#opéraïsme, avec du #Mario_Tronti )
    http://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique291

    Le refus du travail - L’orda d’oro (extrait), 1988-1997
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7112

    Le salaire comme variable indépendante , Paolo Virno, 1988
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5301

    Un point de vue compliqué par l’absorption du #temps de vie par le temps de #travail, au delà de l’#emploi...
    Beaucoup d’argent parce que je suis nombreux , 2003
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4439

    avant le pacifique #RdB, la #lutte_de_classe.


  • CIP-IDF > Marcel Duchamp et le refus du travail
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7151

    A une époque où le néo-libéralisme exige de chacun qu’il se fasse « entrepreneur de lui-même » et « capital humain », l’artiste sert de modèle à de nouveaux modes d’asservissement, fondés sur le contrôle, l’auto-exploitation, la course en avant productive, la soumission aux règles du marché. Pour rompre avec cette logique, Maurizio Lazzarato propose de se souvenir de Marcel Duchamp qui prônait le non-mouvement et l’action paresseuse.

    #refus_du_travail

    • Marx avait dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire mondiale. Mais peut-être les choses se présentent-elles tout autrement. Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans ce train tire le frein d’urgence.
      Walter Benjamin

      On ne peut plus se permettre d’être un jeune homme qui ne fait rien. Qui est-ce qui ne travaille pas ? On ne peut pas vivre sans travailler, c’est quelque chose d’affreux. Je me rappelle un livre qui s’appelait Le droit à la paresse ; ce droit n’existe plus.
      Marcel Duchamp

      « Vous préférez la vie au travail d’artiste ? » « Oui » répondit Marcel. Entretien avec Marcel Duchamp

      « John Cage se vante d’avoir introduit le silence dans la musique, moi je me targue d’avoir célébré la paresse dans les arts » dit quelque part Marcel Duchamp. La « grande paresse » de Marcel Duchamp a bouleversée l’art de façon plus radicale et durable que la débauche d’activité et de productivité d’un Picasso avec ses 50.000 œuvres.
      Duchamp pratique un refus obstiné du travail, qu’il s’agisse du travail salarié ou du travail artistique. Il refuse de se soumettre aux fonctions, aux rôles et aux normes de la société capitaliste. Ce refus n’interroge pas seulement l’artiste et l’art car, en se différenciant du « refus du travail des ouvriers » théorisé par l’#opéraïsme italien dans les années soixante, l’attitude de Duchamp peut nous aider à interroger les refus qui s’expriment depuis 2008 sur les places et dans les rues de la planète (Turquie, Brésil, Espagne, États-Unis, etc.).

      D’une part il élargit son domaine d’action, puisque ce refus concerne non seulement le travail salarié, mais toute fonction ou rôle auquel nous sommes assignés (femme/ homme, consommateur, usager, communicateur, chômeur, etc. ). Comme la grande majorité de ces fonctions, l’artiste n’est pas subordonné à un patron, mais à une panoplie de dispositifs de pouvoir. De la même manière que le « capital humain » dont l’artiste est devenu le modèle dans le néo-libéralisme, il doit se soustraire non seulement à ces pouvoirs « externes », mais aussi à l’emprise de son « égo » (créateur pour l’artiste ou entrepreneur pour le capital humain) qui donne à l’un et à l’autre l’illusion d’être libres.
      D’autre part, il permet de penser et de pratiquer un « refus du travail » en partant d’un principe éthico-politique qui n’est pas le travail. Il nous fait ainsi sortir du cercle enchanté de la production, de la productivité et des producteurs. Le travail a été à la fois la force et la faiblesse de la tradition communiste. Émancipation du travail ou émancipation par le travail ?
      Ambigüité sans issues.

      Le mouvement ouvrier a existé seulement parce que la grève était, en même temps, un refus, un non-mouvement, un désœuvrement radical, une inaction, un arrêt de la production qui suspendait les rôles, les fonctions et les hiérarchies de la division du travail dans l’usine. Le fait de problématiser un seul aspect de la lutte, la dimension du mouvement, a été un grand handicap qui a fait du mouvement ouvrier un accélérateur du productivisme, un accélérateur de l’industrialisation, le chantre du travail. L’autre dimension de la lutte, impliquant le « refus du travail », le non– mouvement ou la démobilisation a été délaissée ou insuffisamment problématisée dans le contexte du néolibéralisme.
      Le refus du travail ouvrier renvoie toujours, dans la perspective communiste, à quelque chose d’autre que lui-même. Il renvoie au politique, selon une double version, le parti ou l’État, tandis que Duchamp suggère de nous arrêter sur le refus, sur le non–mouvement, sur la démobilisation, et de déployer et expérimenter tout ce que l’action paresseuse crée comme possibles pour opérer une reconversion de la subjectivité, en inventant des nouvelles techniques d’existence et des nouvelles manière d’habiter le temps. Les mouvements féministes, après le refus d’exercer la fonction (et le travail de) « femme », semblent avoir suivie cette stratégie, plutôt que l’option politique classique.

      #artiste #capital_humain #livre_en_ligne


  • CIP-IDF > Le refus du travail - L’orda d’oro
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7112

    Au moment où, une fois de plus, on prétend nous mobiliser pour la compétitivité de l’économie, le succès de l’entreprise France, il nous parait salubre de publier ce texte qui restitue un point de vue situé, un « point de vue ouvrier » qui refuse égoïstement l’« intérêt général » auquel le capital cherche à soumettre le travail vivant .
    Il s’agit d’un extrait de la traduction en cours de #L’orda_d’oro (La horde d’or), à paraître en janvier 2015 [1].

    Le refus du travail

    L’expression « #refus_du_travail » renvoie à deux significations distinctes, deux orientations théoriques et pratiques sur lesquelles nous devons à présent nous attarder.

    Le refus du travail c’est à la fois :

    a) une grille d’interprétation portant sur l’ensemble du processus qui voit s’affronter les luttes ouvrières et le développement capitaliste, l’insubordination et la restructuration technologique ;

    b) une conscience diffuse assortie d’un comportement social antiproductif, qui participe de la défense de la liberté et du bien-être de chacun. Cette conscience devient peu à peu prégnante et c’est elle qui, dans les faits, a constitué jusqu’au milieu des années 1970 la base intangible de la résistance ouvrière face aux tentatives de restructuration capitaliste.

    #Italie #Opéraïsme #autonomie #luttes_sociales #orda_d'oro


  • Quand les lumières voulaient faire travailler les pauvres le dimanche pour les aider à gagner plus d’argent et les sortir du vice et de l’oisiveté ...

    Extraits de l’article « Dimanche » de l’Encyclopédie [la mise en gras est mienne] :
    http://artflsrv02.uchicago.edu/cgi-bin/philologic/getobject.pl?c.3:2533.encyclopedie0513

    [...]
    M. l’abbé de Saint - Pierre qui a tant écrit sur la science du gouvernement, ne regarde la prohibition de travailler le dimanche (Voyez oeuvres politiq. tome VII. p. 73 & suivantes), que comme une regle de discipline ecclésiastique, laquelle suppose à faux que tout le monde peut chommer ce jour - là sans s’incommoder notablement. Sur cela il prend en main la cause de l’indigent (ibid. p. 76.) & non content de remettre en sa faveur toutes les fêtes au dimanche, il voudroit qu’on accordât aux pauvres une partie considérable de ce grand jour pour l’employer à des travaux utiles, & pour subvenir par - là plus sûrement aux besoins de leurs familles. Au reste on est pauvre, selon lui, dès qu’on n’a pas assez de revenu pour se procurer six cents livres de pain. A ce compte il y a bien des pauvres parmi nous.

    Quoi qu’il en soit, il prétend que si on leur accordoit pour tous les dimanches la liberté du travail après midi, supposé la messe & l’instruction du matin, ce seroit une oeuvre de charité bien favorable à tant de pauvres familles, & conséquemment aux hôpitaux ; le gain que feroient les sujets par cette simple permission, se monte, suivant son calcul, à plus de vingt millions par an. Or, dit - il (ibid. p. 74), « _quelle aumône ne seroit - ce point qu’une aumône annuelle de vingt millions répandue avec proportion sur les plus pauvres ? N’est - ce pas là un objet digne d’un concile national qui pourroit ainsi perfectionner une ancienne regle ecclésiastique, & la rendre encore plus conforme à l’esprit de justice & de bienséance, c’est à - dire plus chrétienne dans le fond qu’elle n’est aujourd’hui ? A l’égard même de ceux qui ne sont pas pauvres, il y a une considération qui porte à croire que si après la messe & les instructions du matin, ils se remettoient l’après - midi à leur travail & à leur négoce, ils n’iroient pas au cabaret dépenser, au grand préjudice de leurs familles, une partie de ce qu’ils ont gagné dans la semaine ; ils ne s’enyvreroient pas, ils ne se querelleroient pas, & ils éviteroient ainsi les maux que causent l’oisiveté & la cessation d’un travail innocent, utile pour eux & pour l’état.

    Si les évêques qui ont formé les premiers canons, avoient vû des cabarets & des jeux établis, s’ils avoient prévû tous les desordres que devoient causer l’oisiveté & la cessation d’occupation journaliere, ils se seroient bornés a l’audition de la messe & à l’assistance aux instructions du matin, & c. _ »

    Toute cette doctrine semble assez plausible ; le mal est qu’elle paroît absolument contraire au précepte divin : septimo die cessabis (Exod. 23. 12.) ; difficulté qui se présente naturellement, mais que notre auteur ne s’est pas mis en devoir de résoudre. Tâchons de la lever nous - mêmes cette difficulté, en montrant la destination, le but & les motifs du repos sabbatique.

    #libéralisme_déjà

    • Ce que je pige pas, c’est qu’à l’époque la pratique de la #Saint_Lundi, le fait de #chômer ce jour là, était très répandue.

      A la veille de la Révolution française, le très prolifique écrivain Louis-Sébastien Mercier note, dans l’un des douze volumes de son Tableau de Paris 1781-1788 : « Tous les ouvriers chôment le lundi. C’est chez eux une vieille et indéracinable habitude. »

      La coutume de fêter la « Saint-Lundi » remonte en effet au XVIIIe siècle. Directement liée à l’industrialisation, elle était pour les ouvriers un moyen de rétablir l’équilibre entre leur temps libre et la durée croissante des jours de travail exigés par les patrons. (...)

      Avant 1830, le chômage du lundi est en général étroitement lié à celui du dimanche, formant ainsi une unité temporelle.

      http://www.histoire.presse.fr/actualite/infos/a-la-saint-lundi-tout-est-permis-01-06-2009-8857
      (la suite est en #paywall)

      ou

      Apogée et déclin de la Saint Lundi dans la France du XIXe siècle
      Robert Beck
      http://rh19.revues.org/704

      Il s’agit de la coutume de nombreux ouvriers de chômer volontairement le lundi, parfois même quelques jours de suite. En principe, ces ouvriers se rencontrent à la porte de l’atelier, ou sur le chemin du travail dans un « mastroquet ». D’autres commencent le travail pour le quitter ensuite vers le midi et passer le reste de la journée du lundi en dehors de l’atelier. Quelquefois, ils se donnent aussi rendez-vous dans une guinguette sans se rendre sur leur lieu du travail. Cette coutume représente une véritable institution dans le monde du travail qu’on peut rencontrer un peu partout en Europe, dans les pays scandinaves et germaniques, en Catalogne comme en Andalousie, en Belgique comme en Angleterre. Il ne s’agit pas non plus d’une invention du XIXe siècle, malgré les affirmations de certaines sources catholiques, y apercevant une machination de la Révolution pour nuire au dimanche, et ainsi à la religion, mais d’une tradition dont les origines se perdent au Moyen Âge 2. Dès la fin du XVIe siècle, les premières interdictions frappent la coutume de chômer le lundi, par exemple dans le pays de Montbéliard, ce qui ne l’empêche pas de survivre jusqu’à la Révolution et bien au-delà 3. À la fin du XVIIe siècle, époque de suppression d’une vingtaine de fêtes religieuses, les artisans de Paris ont déjà pris l’habitude de chômer le lundi et un mardi sur deux 4, alors que les compagnons imprimeurs de Lyon, vers 1730, ne commencent leur ouvrage qu’à partir de jeudi 5.

      #refus_du_travail

    • Avant 1830, le chômage du lundi est en général étroitement lié à celui du dimanche, formant ainsi une unité temporelle. Or le repos dominical entre, après les Trois Glorieuses, dans une sphère de grandes turbulences. Notamment à Paris, mais aussi dans les centres industriels du Nord et de l’Est de la France, où artisans, compagnons et ouvriers travaillent de plus en plus dans la matinée du dimanche, pour consacrer le reste de la journée à leur famille 24 et pour fêter, le lendemain, le lundi. Le travail du dimanche se développe donc, et avec lui le chômage du lundi : « La plupart des ouvriers qui travaillent le dimanche, se reposent ensuite le lundi… » écrit Théodore-Henri Barrau en 1850 25. En 1872, 63 cas de chômage du lundi, sur les 98 relevés par l’Enquête sur la situation des classes ouvrières 26, sont liés au travail du dimanche. La combinaison repos du dimanche et repos du lundi ne se retrouve plus que dans les régions catholiques respectueuses du repos du dimanche.

      En se décrochant ainsi du temps religieux du dimanche, la Saint Lundi se transforme en alternative au repos dominical à une période où ce dernier perd de son caractère festif pour se transformer en simple jour de repos et de famille selon les exigences et les normes de la bourgeoisie. Dorénavant, c’est la Saint Lundi qui possède le monopole de la fête pour une partie de la classe ouvrière. Cette concurrence au dimanche chrétien lui attire par conséquent les foudres des publicistes de l’Église, surtout après la Révolution de 1848.

      Autre extrait de l’article de Robert Beck cité au dessus.

    • autre extrait de l’article sus-mentionné :

      La fête hebdomadaire du lundi, d’une certaine façon, ressemble plutôt au carnaval, dont elle emprunte certains rites et lieux. Et comme le carnaval du peuple, cette fête du lundi, fête bruyante, devient progressivement insupportable aux yeux des élites — les décrets et ordonnances de la police dénoncent alors les « désordres » et les « troubles », sous forme de rixes dans les faubourgs et à l’intérieur de la ville, commis le lundi, dont les responsables sont ceux qui reviennent, dans la soirée, des guinguettes hors des barrières. La violence, en effet, n’est pas absente de la fête du lundi. La géographie (le Paris actif et populaire, ainsi que les lieux des barrières et des cabarets, comme le quartier des Porcherons et celui de la Courtille) et les temps des violences (le dimanche et surtout le lundi) constatés par Arlette Farge et André Zysberg pour le Paris du XVIIIe siècle, restent toujours valables pendant la première moitié du XIXe siècle. Le tourneur en chaises Bédé comme le maçon limousin Léonard connaissent des lundis passés à la barrière où des bagarres se produisent.

      À l’origine de ces violences se trouve très souvent la coexistence de divers groupes ethniques, d’Auvergnats et de Limousins par exemple, ainsi que de divers métiers, ou encore celle d’ouvriers et de militaires.

      Non mais on n’est plus chez nous ma bonne Dame, avec tous ces Auvergnats et ces Limousins on se sent en insécurité.
      Quand il y en a un ça va encore, mais quand il y en a plusieurs...