region:amérique centrale

  • Cartographie de mouvements féministes en pleine ébullition | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/070319/cartographie-de-mouvements-feministes-en-pleine-ebullition

    Mediapart a sollicité quatre universitaires pour dresser la cartographie de mouvements féministes en pleine ébullition, de l’Amérique centrale à l’Amérique du Sud, en passant par l’Espagne, où la mobilisation pour le « 8-M » fut massive l’an dernier. Deuxième épisode de notre série.

    #féminisme #8_mars


  • Trump-2019 nous rejoue Reagan-1986
    http://www.dedefensa.org/article/trump-2019-nous-rejoue-reagan-1986

    Trump-2019 nous rejoue Reagan-1986

    Wayne Madsen est connu pour la qualité et la minutie de ses informations concernant les covert operations, impairs et coups fourrés de l’appareil de sécurité nationale US (ou “appareil de subversion nationale” US). Il est très bien informé, depuis des décennies, sur certaines de ces opérations notamment en Amérique Centrale, à l’époque Reagan avec l’Irangate. Comme de plus il n’aime pas Trump, Madsen se plonge avec délice dans les “coups fourrés” de l’équipe Trump qui accompagne l’incroyable campagne de communication pour des agressions et des pressions contre quatre pays de la zone (Venezuela certes, Nicaragua, Cuba, Haiti).

    Madsen fait un parallèle avec l’action dans les années 1980 de l’équipe d’Irangate, dont Abrams, rappelé au service pour le Venezuela, était l’un des (...)


  • Pourquoi le Venezuela doit être détruit
    http://www.dedefensa.org/article/pourquoi-le-venezuela-doitetre-detruit

    Pourquoi le Venezuela doit être détruit

    La semaine dernière, Trump, son vice-président Mike Pence, le directeur du département d’État américain Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ainsi qu’un groupe de pays d’Amérique centrale, qui sont grosso modo des colonies américaines et qui n’ont pas de politique étrangère propre, ont annoncé, en même temps, que le Venezuela avait un nouveau président : une non-entité virtuelle nommée Juan Guaidó, qui ne s’était jamais présenté à ce poste, mais qui a été en quelque sorte formé pour ce poste aux États-Unis. Guaidó est apparu lors d’un rassemblement à Caracas, flanqué d’une petite clique de flagorneurs très bien rémunérés. Il avait l’air très effrayé lorsqu’il s’est autoproclamé président du Venezuela et s’est mis à remplir ses fonctions (...)

    • Guaidó est apparu lors d’un rassemblement à Caracas, flanqué d’une petite clique de flagorneurs très bien rémunérés. Il avait l’air très effrayé lorsqu’il s’est autoproclamé président du Venezuela et s’est mis à remplir ses fonctions présidentielles en allant se cacher immédiatement.

      On ne savait pas où il se trouvait jusqu’à ce qu’il fasse surface lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il n’a pas répondu à la question de savoir s’il avait été contraint de se déclarer président ou s’il l’avait fait de son propre gré, sans hésiter. Il y a beaucoup de choses à la fois tragiques et comiques dans cette histoire, alors démontons-la morceau par morceau. Ensuite, nous passerons à la question de savoir pourquoi le Venezuela doit être détruit (du point de vue de l’establishment américain).


  • La carte des pays les plus heureux du monde | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/histoire/la-carte-des-pays-les-plus-heureux-du-monde

    Je ne vois pas le Bhoutan, serait-il hors jeu ? #cartographie

    Voici le palmarès 2017 des pays les plus heureux du monde. Dans le top 5 de la carte : le Costa Rica, en Amérique centrale, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse, en Europe ; et, la Nouvelle-Zélande, en Océanie. Tous les ans, l’institut de sondage Gallup tente de déterminer les facteurs du bonheur dans plus de 140 pays à l’aide d’une dizaine de questions.

    Sur la carte, trois thèmes ont été retenus : la vision globale des individus sur leur vie, qu’ils notent de 0 à 10 ; leur niveau de bonheur quotidien, évalué à l’aide de cinq questions (par exemple : « riez-vous dans la journée ? ») ; et la #santé physique, jaugée grâce à une échelle allant de « souffrant » à « en excellente santé ». Chaque #culture a une idée bien différente du bien-être : pour les Latino-Américains, mettre un brin d’humour dans sa vie est un critère important tandis qu’en Asie, c’est la réussite financière qui prime ; en Europe, on mise plutôt sur la réussite globale de sa vie.

    La carte du #bonheur mondial est établie selon trois critères : la vie dans sa globalité, le bonheur quotidien et la santé physique.


  • La crucifixion de Julian Assange – Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse (Truth Dig) – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-dev

    Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    L’asile de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres s’est transformé en une petite boutique des horreurs. Au cours des sept derniers mois, il a été largement coupé de toute communication avec le monde extérieur. Sa nationalité équatorienne, qui lui a été accordée en tant que demandeur d’asile, est en cours de révocation. Sa santé s’est détériorée. On lui refuse l’accès à soins médicaux appropriés [ie à l’extérieur de l’ambassade – NdT]. Ses efforts pour obtenir réparation ont été paralysés par les « règles du bâillon » [« gag rules » – Une règle de bâillon est une règle qui limite ou interdit la discussion, la considération ou la discussion d’un sujet particulier par les membres d’un organe législatif ou exécutif. – NdT], y compris les ordres équatoriens lui interdisant de rendre publiques ses conditions de vie à l’intérieur de l’ambassade dans sa lutte contre la révocation de sa citoyenneté équatorienne.

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a refusé d’intercéder en faveur d’Assange, un citoyen australien, même si le nouveau gouvernement équatorien, dirigé par Lenín Moreno – qui appelle Assange un « problème hérité » et un obstacle à de meilleures relations avec Washington – rend la vie du fondateur de WikiLeaks dans cette ambassade insupportable. Presque tous les jours, l’ambassade impose des conditions plus dures à Assange, notamment en lui faisant payer ses frais médicaux, en lui imposant des règles obscures sur la façon dont il doit prendre soin de son chat et en lui demandant d’effectuer diverses tâches ménagères dégradantes.

    Les Équatoriens, réticents à expulser Assange après lui avoir accordé l’asile politique et la citoyenneté, ont l’intention de rendre son existence si pénible qu’il accepterait de quitter l’ambassade pour être arrêté par les Britanniques et extradé vers les États-Unis. L’ancien président de l’Equateur, Rafael Correa, dont le gouvernement a accordé l’asile politique à l’éditeur, qualifie les conditions de vie actuelles d’Assange de « torture ».

    Sa mère, Christine Assange, a déclaré dans un récent appel vidéo : [L’auteur cite de longs extraits. Voir l’appel en entier et en français : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-… – NdT]

    Assange était loué et courtisé par certains des plus grands médias du monde, dont le New York Times et le Guardian, pour les informations qu’il possédait. Mais une fois que ses documents sur les crimes de guerre commis par les États-Unis, en grande partie fournis par Chelsea Manning, ont été publiés par ces médias, il fut mis à l’écart et diabolisé. Un document du Pentagone qui a fait l’objet d’une fuite et préparé par la Cyber Counterintelligence Assessments Branch (Direction du contre-espionnage cybernétique) du 8 mars 2008 a révélé une campagne de propagande visant à discréditer WikiLeaks et Assange. Le document dit que la campagne de diffamation doit chercher à détruire le « sentiment de confiance » qui est le « centre de gravité » de WikiLeaks et à salir la réputation d’Assange. Cela a largement fonctionné. Assange est particulièrement vilipendé pour avoir publié 70 000 courriels piratés appartenant au Comité national démocrate (DNC) et à de hauts responsables démocrates. Les démocrates et l’ancien directeur du FBI, James Comey, affirment que les courriels ont été copiés des comptes de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, par des pirates du gouvernement russe. Comey a dit que les messages ont probablement été transmis à WikiLeaks par un intermédiaire. Assange a dit que les e-mails n’avaient pas été fournis par des « acteurs étatiques ».

    Le Parti démocrate, qui cherche à imputer sa défaite électorale à l’ » ingérence » russe plutôt qu’à la grotesque inégalité des revenus, à la trahison de la classe ouvrière, à la perte des libertés civiles, à la désindustrialisation et au coup d’Etat des entreprises que le parti a aidé à orchestrer, accuse Assange d’être un traître, bien qu’il ne soit pas un citoyen américain. Ni un espion. Et à ma connaissance, aucune loi ne lui interdit de publier les secrets du gouvernement US. Il n’a commis aucun crime. Aujourd’hui, les articles parus dans les journaux qui publiaient autrefois des articles de WikiLeaks mettent l’accent sur son comportement prétendument négligeant – ce qui n’était pas évident lors de mes visites – et sur le fait qu’il est, selon les mots du Guardian, « un invité indésirable » à l’ambassade. La question vitale des droits d’un éditeur et d’une presse libre a cédé le place à la calomnie contre la personne.

    Assange a obtenu l’asile à l’ambassade en 2012 afin d’éviter l’extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des accusations d’infractions sexuelles qui ont finalement été abandonnées. Assange craignait qu’une fois détenu par les Suédois, il soit extradé vers les États-Unis [un accord d’extradition entre la Suède et les Etats-Unis autorise l’extradition d’une personne comme simple « témoin » – NdT]. Le gouvernement britannique a déclaré que, bien qu’il ne soit plus recherché pour interrogatoire en Suède, Assange sera arrêté et emprisonné s’il quitte l’ambassade pour avoir violé les conditions de sa libération sous caution.

    WikiLeaks et Assange ont fait plus pour dénoncer les sombres machinations et crimes de l’Empire américain que toute autre organisation de presse. Assange, en plus de dénoncer les atrocités et les crimes commis par l’armée américaine dans nos guerres sans fin et de révéler les rouages internes de la campagne Clinton, a rendu publics les outils de piratage utilisés par la CIA et la NSA, leurs programmes de surveillance et leur ingérence dans les élections étrangères, notamment les élections françaises. Il a révélé le complot contre le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn par des députés travaillistes au Parlement. Et WikiLeaks s’est rapidement mobilisé pour sauver Edward Snowden, qui a exposé la surveillance totale du public américain par le gouvernement, de l’extradition vers les États-Unis en l’aidant à fuir Hong Kong pour Moscou. Les fuites de Snowden ont également révélé, de façon inquiétante, qu’Assange était sur une « liste de cibles d’une chasse à l’homme » américaine.

    Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse. Et pourtant, son sort se heurte à l’indifférence et au mépris sarcastique. Une fois expulsé de l’ambassade, il sera jugé aux États-Unis pour ce qu’il a publié. Cela créera un précédent juridique nouveau et dangereux que l’administration Trump et les futures administrations utiliseront contre d’autres éditeurs, y compris ceux qui font partie de la mafia qui tentent de lyncher Assange. Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette complicité.

    Même si ce sont les Russes qui ont fourni les courriels de Podesta à Assange, il a eu raison de les publier. C’est ce que j’aurais fait. Ces courriers ont révélé les pratiques de l’appareil politique Clinton qu’elle et les dirigeants démocrates cherchaient à cacher. Au cours des deux décennies où j’ai travaillé en tant que correspondant à l’étranger, des organisations et des gouvernements m’ont régulièrement divulgué des documents volés. Ma seule préoccupation était de savoir si les documents étaient authentiques ou non. S’ils étaient authentiques, je les publiais. Parmi ceux qui m’en ont transmis, il y avait les rebelles du Front de Libération Nationale Farabundo Marti (FMLN) ; l’armée salvadorienne, qui m’a un jour donné des documents du FMLN ensanglantés trouvés après une embuscade, le gouvernement sandiniste du Nicaragua ; le Mossad, le service de renseignement israélien ; le FBI ; la CIA ; le groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; le service de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure, ou DGSE ; et le gouvernement serbe de Slobodan Milosovic, qui a ensuite été jugé comme un criminel de guerre.

    Nous avons appris par les courriels publiés par WikiLeaks que la Fondation Clinton a reçu des millions de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux des principaux bailleurs de fonds de l’État islamique. En tant que secrétaire d’État, Hillary Clinton a remboursé ses donateurs en approuvant la vente de 80 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite, ce qui a permis au royaume de mener une guerre dévastatrice au Yémen qui a déclenché une crise humanitaire, notamment une grave pénurie alimentaire et une épidémie de choléra, et fait près de 60 000 morts. Nous avons appris que Clinton avait touché 675 000 $ pour une conférence chez Goldman Sachs, une somme si énorme qu’elle ne peut être qualifiée que comme un pot-de-vin. Nous avons appris que Mme Clinton avait dit aux élites financières, lors de ses entretiens lucratifs, qu’elle voulait » l’ouverture du commerce et des frontières » et qu’elle croyait que les dirigeants de Wall Street étaient les mieux placés pour gérer l’économie, une déclaration qui allait directement à l’encontre de ses promesses électorales. Nous avons appris que la campagne Clinton avait pour but d’influencer les primaires républicaines pour s’assurer que Donald Trump était le candidat républicain. Nous avons appris que Mme Clinton avait obtenu à l’avance les questions posées lors du débat pendant les primaires. Nous avons appris, parce que 1 700 des 33 000 courriels provenaient d’Hillary Clinton, qu’elle était l’architecte principale de la guerre en Libye. Nous avons appris qu’elle croyait que le renversement de Moammar Kadhafi lui permettrait d’améliorer ses chances en tant que candidate à la présidence. La guerre qu’elle a voulu a plongé la Libye dans le chaos, vu la montée au pouvoir des djihadistes radicaux dans ce qui est aujourd’hui un État en déliquescence, déclenché un exode massif de migrants vers l’Europe, vu les stocks d’armes libyens saisis par des milices rebelles et des radicaux islamiques dans toute la région, et fait 40 000 morts. Cette information aurait-elle dû rester cachée ? Vous pouvez dire oui, mais dans ce cas vous ne pouvez pas vous qualifier de journaliste.

    « Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès« , a averti Christine Assange. « Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

    Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.« 

    Assange est seul. Chaque jour qui passe lui est plus difficile. C’est le but recherché. C’est à nous de protester. Nous sommes son dernier espoir, et le dernier espoir, je le crains, pour une presse libre.

    Chris Hedges

    Chris Hedges, a passé près de deux décennies comme correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pourThe Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lesquels il a été correspondant à étranger pendant 15 ans.

    Traduction « il y aura des comptes à rendre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles » »https://www.truthdig.com/articles/crucifying-julian-assange/URL de cet article 34082 
    https://www.legrandsoir.info/la-crucifixion-de-julian-assange-ce-qui-arrive-a-assange-devrait-terri


  • Amérique centrale. D’où viennent-elles et qui composent ces caravanes ? Est-ce « les envahisseurs » dénoncés par Trump
    http://alencontre.org/ameriques/amelat/amerique-centrale-dou-viennent-elles-et-qui-composent-ces-caravanes-est-

    <b>Par Andrés Alsina</b>Il n’y a pas de pire Guatepeor (le Guate-pire) pour ceux qui fuient le Guatemala (le Guate-mal), le Honduras et le Salvador, pour …


  • Pourquoi faire analyser son ADN pour connaître ses origines est une très mauvaise idée
    https://www.numerama.com/sciences/436626-pourquoi-faire-analyser-son-adn-pour-connaitre-ses-origines-est-une

    Les tests d’ADN pour connaître ses « origines » explosent aux États-Unis. Mais les entreprises privées qui les réalisent revendent souvent ces données, pourtant si précieuses. Ils veulent savoir d’où viennent leurs épais sourcils, leurs tâches de rousseur ou leur teint olive. Un peu d’Irlande, de bassin méditerranéen ou d’Amérique centrale. Aux États-Unis, de plus en plus d’Américains choisissent de passer un test ADN afin de connaître leurs origines. Pour cela, nul besoin de se rendre dans des laboratoires (...)

    #23andMe #AncestryDNA #GlaxoSmithKline #MyHeritage #santé #génétique #prédiction (...)

    ##santé ##BigData
    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2018/11/dna-test-slider.jpg


  • Pourquoi le Panama veut-il retirer son pavillon à l’« Aquarius »
    https://www.crashdebug.fr/international/15129-pourquoi-le-panama-veut-il-retirer-son-pavillon-a-l-aquarius

    Ce qu’ils ne disent pas c’est que l’Aquarius fait vraisemblablement du trafic d’être humain…(voir la vidéo ci-dessous). Avec pour preuve les trajets archivés par les balises de ces navires dans la vidéo de cet article et les « informations complémentaires » en bas d’article.

    Amitiés,

    f.

    L’Aquarius va-t-il devenir un pirate des mers ? Le navire humanitaire de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF) est sur le point de se voir retirer son pavillon par l’Etat du Panama, alors même qu’il patrouille actuellement au large des côtes libyennes, dans le cadre de sa mission de recherche et de sauvetage.

    L’Etat d’Amérique centrale justifie sa démarche en expliquant que l’Italie lui a signalé un comportement de l’Aquarius contrevenant au droit international. « L’autorité maritime panaméenne a engagé le (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales


  • « Aquarius » : le terrible silence de Brégançon - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/08/21/aquarius-le-terrible-silence-de-bregancon_1673762

    Il y a une semaine, après plusieurs jours de déshérence du navire en Méditerranée, Paris s’est finalement engagé à accueillir 60 des 141 réfugiés. La politique antimigratoire de la France et plus généralement de l’Europe compromet notre sécurité et notre humanité sans jamais régler le problème qu’elle prétend combattre.

    Il y a eu quelque chose d’ignoble dans ce face-à-face méditerranéen muet entre l’hôte du fort de Brégançon et l’#Aquarius en déshérence. Après tout, le port de Hyères est « sûr » et aurait pu accueillir ce navire. Ou, à défaut, celui de Toulon, encore plus « sûr » avec ses bateaux de guerre ! Et Emmanuel Macron aurait pu constater de visu, en se rendant sur le quai de débarquement, ce qu’être réfugié (et sauveteur) veut dire. Le geste eût conféré à son mandat une grandeur dont la portée diplomatique se serait longtemps fait sentir, et aurait mis le chef de l’État sur un même pied d’humanité que le pape François.

    Le Président a préféré se débarrasser du problème au téléphone. Il n’a pas eu un mot pour les 141 Africains, dont une moitié de mineurs, rescapés de la mer, qui cuisaient au soleil sur le pont du bateau errant. On ne saura jamais ce qu’aurait pensé de ce mutisme son maître supposé, Paul Ricœur. Point besoin, de toute manière, de grands auteurs pour savoir que les dirigeants européens s’enfoncent dans l’inhumanité la plus abjecte, et nous y font barboter avec eux. Jusqu’à ces Gibraltariens qui retirent à l’Aquarius son pavillon.

    Emmanuel #Macron a déclaré avoir pour livre de chevet l’ouvrage de Stephen Smith la Ruée vers l’Europe. La jeune Afrique en route pour le Vieux Continent (Grasset, 2018). Un président ne devrait pas lire que cela. Il pourrait consulter les publications des chercheurs qui travaillent sur le #Sahel et le #Sahara. Il en tirerait une plus juste mesure du « problème » de l’immigration, qui relève largement du fantasme statistique et de la manipulation politique. Le Président devrait surtout prendre connaissance des témoignages de #migrants ouest-africains échappés de l’enfer libyen qu’a recueillis le journaliste suisse Etienne Dubuis (1). Car - faut-il le rappeler ? - il s’agit d’abord d’enfants, de femmes, d’hommes, que les dirigeants européens ont donc décidé de renvoyer là d’où ils cherchent à fuir l’esclavage, le viol et la mort : la #Libye, avec les autorités et les milices de laquelle ils ont signé des accords, d’abord secrets, et maintenant officiels, de « réadmission » des fugitifs.

    Certes, dira le prétendu bon sens en reprenant la formule d’un autre mentor du Président, Michel Rocard, l’Europe « ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais il s’agit en l’occurrence d’accueillir la misère que l’Europe a contribué à créer : en instaurant une sainte alliance antipopulaire avec les gouvernements africains qui ont mené leur continent dans l’impasse économique ; en imposant, à partir des années 80, des programmes d’ajustement structurel qui ont accru la pauvreté de la masse sans fournir d’opportunités économiques à la majorité des diplômés ; en intervenant militairement en Libye pour renverser Kadhafi, sans se préoccuper de l’onde de choc régionale ni des migrants africains qui y travaillaient ou y transitaient. Comme l’a rappelé Ibrahima Thioub dans son discours de réception du titre de docteur honoris causa à Sciences-Po, les Etats européens et africains sont coresponsables de la réinvention contemporaine de l’esclavage sur les rives de la Méditerranée, les uns par leur rejet d’une main-d’œuvre que leurs économies appellent pourtant, les autres par leur iniquité.

    La politique antimigratoire de l’Europe est criminelle. Elle a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes. De surcroît, elle compromet notre sécurité, en même temps que notre humanité. En effet, loin de répondre au problème qu’elle prétend régler, elle l’aggrave.

    Dans la droite, la très droite ligne de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, Emmanuel Macron, notamment, confond les prétendues menaces de l’immigration et du terrorisme - aucun des deux phénomènes ne constitue une « menace », au sens militaire précis du terme - et, ce faisant, il les nourrit mutuellement. La pression sur les Etats d’Afrique du Nord et du Sahel pour qu’ils bloquent sur leur territoire les migrants les déstabilisera. La France n’a plus d’autre politique africaine que sécuritaire. Elle inféode désormais son aide publique au développement à son intervention militaire. Elle est revenue aux recettes de la guerre d’Algérie, y compris en termes d’exactions puisque l’Élysée cautionne les violations des droits de l’homme auxquelles se livrent les armées malienne et camerounaise. La France appuie les dictatures vieillissantes du Tchad et du Cameroun, trop utiles pour être critiquées, et, au Mali, la perpétuation électorale d’une classe dominante à bout de souffle. D’ores et déjà, la militarisation de la lutte contre le jihadisme a eu pour résultat d’étendre le périmètre de la violence à l’ensemble du bassin du lac Tchad et au centre du Mali.

    La triste réalité, c’est que l’Afrique sahélienne est en passe de s’installer dans un « gouvernement par la violence », selon l’expression du spécialiste de la Colombie Jacobo Grajales (Gouverner dans la violence. Le paramilitarisme en Colombie, Karthala, 2016). La responsabilité de l’Europe est accablante dans cette évolution. Sa politique ne cesse d’en favoriser les protagonistes sous prétexte de les combattre. La France n’a plus d’autre politique africaine que sécuritaire, antimigratoire, antiterroriste, antinarcotique, et inféode désormais son aide publique au développement à son intervention militaire, que doivent renforcer sur le terrain les programmes de l’Agence française de développement. Lutte contre la drogue, lutte contre l’immigration, lutte contre le #terrorisme : tous les ingrédients du cocktail qui a fait basculer l’Amérique centrale dans une situation incontrôlable sont réunis au Sahel. Vous avez aimé le Mexique ? Vous adorerez l’#Afrique de l’Ouest !
    (1) Les Naufragés. L’odyssée des migrants africains, Karthala, 2018

    Jean-François Bayart

    La comparaison avec le Mexique est super intéressante mais glaçante.

    #immigration #dictatures #néocolonialisme #violence #narcotiques #drogues


  • Nicaragua : le point sur la situation, après 3 mois de contestation et de violences
    http://www.lefigaro.fr/international/2018/07/17/01003-20180717ARTFIG00105-nicaragua-le-point-sur-la-situation-apres-3-mois-

    « Qu’ils s’en aillent ! », scandaient encore lundi les centaines d’étudiants nicaraguayens qui ont défilé dans les rues de Managua contre le gouvernement de Daniel Ortega. La veille, dix personnes étaient tuées par la police nicaraguayenne et les forces paramilitaires, selon un mouvement de défense des droits de l’homme. Dans ce pays, le plus pauvre d’Amérique centrale, les violences ont en l’espace de trois mois fait au moins 282 morts et quelque 2000 blessés. Il s’agit des troubles les plus sanglants au Nicaragua depuis la guerre civile, qui a pris fin en 1990. Le Figaro fait le point sur la crise qui perdure dans ce pays.

    Les Nicaraguayens défient encore le président Ortega
    http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/15/01003-20180815ARTFIG00114-les-nicaraguayens-defient-encore-ortega.php

    Ce mercredi 15 août a été une nouvelle journée de protestation au Nicaragua. Dans 22 villes, dont la capitale, Managua, des marches ont été organisées pour réclamer la libération des prisonniers politiques qui seraient 150 selon les chiffres officiels. Il s’agit principalement de leaders sociaux. Depuis le 18 avril, le Nicaragua est agité par une vague de protestation contre le pourvoir du président Daniel Ortega et sa vice-présidente et épouse, Rosario Murillo.

    Cela a commencé par le rejet d’une augmentation des cotisations retraite et d’une baisse des prestations, mais très vite le mouvement s’est politisé. Et surtout le pouvoir a répondu de façon violente et meurtrière envoyant ses groupes paramilitaires lourdement armés tirer sur les manifestants. « Le bilan officiel est lourd, selon l’économiste et ancien compagnon d’armes de Daniel Ortega, Oscar René Vargas. On compte 450 morts, 2500 blessés et 150 prisonniers politiques.

    • @alain1, le Fig a le meilleur service international de la presse française. Tu n’es pas obligé de le savoir, tu n’as jamais fait de piges sur des sujets comme ça (moi oui) mais le #journalisme dans notre pays est à la ramasse sur les questions étrangères. Et ce n’est pas la presse de gauche (une gauche que tu sembles idéaliser... c’est bien d’avoir des valeurs, de les appliquer dans la vie mais c’est moins intéressant de les porter en bandoulière ou de croire au père Noël) qui s’en sort le mieux, c’est le Fig, que ça te plaise ou non.

      Si j’ai choisi ces liens et pas d’autres, ce n’est pas parce que je suis une imbécile qui poste des trucs « pas crédibles », c’est parce que j’ai passé tout l’aprem hier à traduire en français deux communiqués d’activistes (edit : activistes d’extrême gauche, por supuesto) nicaraguayen·nes, que je me suis retrouvée le nez dans l’actualité grave mais mal couverte d’un petit pays. J’ai jugé, au vu des textes que j’ai traduits et des recherches que j’ai dû faire pour traduire tel ou tel point, que ces articles s’en sortent très très bien. Vraiment. (Et d’ailleurs ça fait très bizarre, c’est dire si ça va mal !) Mais tu n’es pas obligée de me croire, tu es à la retraite et donc plus malin que tout le monde ici et en plus je suis une femme qui n’a « rien » à dire, si je me souviens bien.

    • Nicaragua : l’insurrection populaire face au terrorisme d’État
      Defend Democracy, le 13 juillet 2018
      http://www.defenddemocracy.press/nicaragua-linsurrection-populaire-face-au-terrorisme-detat

      Nicaragua : D’où vient le régime de Daniel Ortega et de Rosario Murillo
      Eric Toussaint, CADTM, le 21 juillet 2018
      http://www.cadtm.org/Nicaragua-D-ou-vient-le-regime-de-Daniel-Ortega-et-de-Rosario-Murillo

      Solidarité avec le peuple du Nicaragua
      Médiapart, le 27 juillet 2018
      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/240718/solidarite-avec-le-peuple-du-nicaragua

      #Julio_López_Campos

    • @alain1, si tu n’es pas capable de te rendre compte que commenter en trois lignes le seen de quelqu’un en l’accusant de ne pas être crédible (la source ou l’info), sans comprendre que tu dévalorises l’autre, c’est qu’il te manque une petite case pour pouvoir interagir correctement sur ce réseau social, autrement plus exigeant que d’autres. Et tu affirmes modestement que ta socialisation masculine n’a rien, mais absolument rien à voir avec le fait de :

      –commenter un article sur la prostitution sans oublier en quelques lignes (c’est toujours court !) de mentionner la misère sexuelle terrible des hommes qui y recourent (c’est faux, ça témoigne d’une vision androcentrée et la question de la « misère sexuelle » des hommes est plus que problématique dans un contexte marqué par la #culture_du_viol, ce que nous sommes quelques-un·es, ici, femmes et hommes comme @touti, @mad_meg, @monolecte, @rastapopoulos, @reka, @sandburg et autres, à bien documenter) ;

      –commenter les seens d’une femme pour la remercier de sa modestie parce qu’en effet elle n’a « rien à dire » (je t’ai expliqué que c’était un mauvais procédé, à l’encontre de ce qui se pratique ici où les hommes préfèrent encourager les femmes) ou d’une manière qui lui laisse supposer (mais elle est peut-être lente de la comprenette) que tu la prends a priori pour une imbécile.

      Non non, nos réactions devant l’autre ne sont jamais marquées par des préjugés sexistes ou racistes. Moi qui suis blanche mais bien élevée, je suis sûre que ma réception de la parole d’une personne que je ne perçois pas comme blanche est 100 % aussi généreuse (intérêt, crédibilité) que si je la supposais blanche (et pareil pour leur genre). Parce que je suis bien au-delà de ce qui fait que les gens sont des gens. Bien sûr que notre réception est biaisée par nombre d’a priori ! Refuser de l’admettre est d’autant plus inquiétant. Le premier truc à faire quand on trouve ça nul sur le papier, c’est de supposer que si tout le monde est comme ça, on l’est aussi soi-même. Ça permet d’évoluer, de construire des biais plus positifs pour compenser. Encore une fois, les gens d’ici ont bien documenté cette question des préjugés envers la parole des femmes dans l’espace public.

      Tu as pigé pour la Gazette des communes et publié deux bouquins chez des éditeurs auto-diffusés, tu es un vieux mec à la retraite et j’ai l’impression que tu penses être une autorité dans ce réseau (ou ne pas tarder à l’être) parce qu’on te traite dans la vraie vie comme papa qui a tout compris. Mais je t’assure que ton profil fait piètre figure face à tous les gens ici qui dépotent individuellement et qui construisent ensemble une réflexion intéressante et bien nourrie. Ce que tu vas gagner à commenter de manière négative et condescendante les seens des autres, c’est que tu vas perdre l’accès à des discussions intéressantes, en premier lieu chez moi. Ouste, bloqué ! Et je compte sur les camarades pour ne pas laisser un patriarche pourrir nos fils à prendre tout le monde (et a priori les femmes) pour des mal-comprenant·es.

      Je continue et remercie @sinehebdo pour les liens.

      Un jour que je tentais de vendre un reportage sur une mobilisation écolo en Indonésie, j’ai fait le tour de ce qu’un mensuel de gauche avait produit à l’international : bassin méditerranéen et Amérique latine. Le reste du monde n’existait pas ou à peine. Ni l’Asie, ni l’Afrique noire (dont une partie est pourtant la Françafrique) n’avaient fait l’objet en un an de reportages dignes de ce nom. La faute aux budgets, évidemment, mais aussi à l’usage que fait le monde de gauche des questions internationales :
      –calquer leur monde social sur le nôtre (si Mélenchon se compare à Chavez ou Maduro, la moindre critique de ces leaders vient du même camp que ces sombres âmes qui tapent sur notre Chonchon en le faisant passer pour bolchevique alors que c’est le seul soc-dem du marché) et ignorer au final le sort des peuples ;
      –aller voir les signes de la révolution qui vient ici ou là, façon prophétique.

      Le monde est plus intéressant que ça et même si les logiques qui le traversent sont un peu les mêmes partout (le pouvoir corrompt, les instances internationales imposent partout les mêmes recettes néo-libérales qui appauvrissent les peuples, etc.), rien n’est bien lisible avec une feuille de route politique trop sommaire. Et je dis ça en me mettant dans le lot, parce que je suis plus une militante qu’une spécialiste.

      Là, en l’occurrence, les leaders de gauche que sont Ortega et Murillo (un couple marié, elle vice-présidente) ont beau être auréolé·es de leur histoire de sandinistes anti-fascistes et anti-CIA, ils merdent. Ils ont mis dans la rue les retraité·es en appliquant l’austérité à la sécu, les étudiant·es en mettant une chape de plomb sur la vie démocratique, foutent des militant·es LGBT en taule, etc. Dictature de gauche : prière de s’extasier ?

    • @aude_v A mon grand dam, je reconnais la qualité de certains articles du figaro à l’internationale et comme parfois aussi le seul à encore publier des enquêtes de fond.

    • @touti, il faut juste s’abstenir de lire les commentaires... Sur les Rohingya, par exemple, articles intéressants mais propos appelant à l’extermination (si, si, il y a des gens comme ça et ils écrivent très bien) en suivant.

      Les militant·es anti-nuc ont aussi noté que le Fig couvrait très bien les incidents nucléaires isolés mais était incapable de faire une enquête de fond sur la sécurité nucléaire.


  • Pire que la guerre | Maria Isabel Sanchez
    https://making-of.afp.com/pire-que-la-guerre

    « Quand ils m’ont proposé d’aller au Nicaragua, je n’ai pas hésité une seconde », écrit Maria Isabel Sanchez, journaliste basée à Caracas. « Je voulais couvrir la situation critique qui y sévit depuis avril et ne pas la lire - ou plutôt la souffrir – depuis cette +proximité lointaine+ du Venezuela. Une situation +pire que la guerre+ selon ses habitants ». Source : Making-of

    • A plusieurs reprises, je me suis trouvé désemparée face au constat que l’extérieur regarde à peine ce que traverse ce pauvre petit pays d’Amérique centrale. Avec son histoire marquée par des invasions militaires, des guerres civiles et des catastrophes naturelles, il semble avoir forgé son caractère à force de souffrances.

      Venant du Venezuela, un pays qui fait souvent les manchettes de la presse internationale avec les hauts et les bas d’une crise qui n’en finit pas, j’ai été frappée que la situation au Nicaragua attire moins l’attention du monde, bien qu’elle soit plus sanglante.

      Pour les journalistes, c’est aussi beaucoup plus dangereux. Nous ne sommes jamais sortis de nuit. Managua et d’autres villes du pays vivent sous un couvre-feu auto-imposé depuis des mois. Dès six heures de l’après-midi, les rues des villes sont désertes. De nombreuses entreprises ont fermé et la vie nocturne est morte.


  • « République exemplaire » ou « République bananière » ? Jean ORTIZ - 21 Juillet 2018
    https://www.legrandsoir.info/republique-exemplaire-ou-republique-bananiere.html

    Monsieur Manu, président de la République,

    Le petit jeune avait tout compris en vous APOSTROPHANT sur le mode du tutoiement. LE VOUVOIEMENT, CELA SE MERITE. Alors, choisissons l’hybridation... « Vous-tu » as été élu, sur un rejet du Front national.
    « Vous-tu » n’étais, disais-tu, ni de droite ni de gauche. « Vous-tu » est rapidement devenu ambidextre : « vous-tu » voles les pauvres des deux mains.

    En fait, « vous-tu » cachais ton véritable visage de banquier vorace, surfriqué, sans scrupules. Ami des plus riches.

    Ce qui étonne, président Manu, c’est votre-ta haine du peuple, des ouvriers, des salariés, et surtout des militants. Ah, si tu pouvais les parquer dans un stade ! Tu hais les militants, notamment ceux des secteurs les plus emblématiques : ceux de La Poste, de la SNCF, de l’Enseignement, de la Santé... « Vous-toi », tu devais te charger de la « taxe sur les yachts » qui devait rapporter gros. Le montant s’est avéré ridiculement dérisoire. Alors parle, vas-y ! « Vous-toi » qui te considères comme le roi de l’éloquence. On a rarement vu un président semer autant le mépris des petits, comme « vous-tu » le fais, avec autant de détachement.

    Mais désormais, Manu, votre-ta « République exemplaire » est tombée de l’Olympe. « Vous-tu » en a fait la République des ripoux, de la canaille, des « copains et des coquins », des milliardaires, des « au-dessus des lois ». « Vous-tu » sais comment l’on appelle cela en Amérique centrale ? Une « République bananière ». Un régime d’opérette, sanglant, un gouvernement fantoche, inféodé, qui relaie les coups d’Etat. Bref, des apparences de République seulement... Corruption, arbitraire et déliquescence à tous les étages. Une multinationale peut faire et défaire les gouvernements... Si c’est « votre-ton » modèle, assume-le ! Parle ! Si les services publics français sont pour « vous-toi » des start-up, dis-le !

    Monsieur le président Manu, tu collectionnes les bourdes. Cette fois-ci « vous-tu » t’es fourré dans une « affaire d’Etat » qui donne une image crado de notre République et de la France. Le sieur Alexandre Benalla, qui semble bien peu fréquentable, était le pilier central de ta garde rapprochée. Ton « chouchou », dit-on. On a vu sa bestialité sur des images glaçantes. Qui l’a accrédité ? Quels liens avait-il avec « vous-toi » ? Comment a-t-il obtenu autant de passe-droits, de privilèges, de possibilités d’usurpation de fonctions ? Les syndicats de policiers s’en émeuvent... Les images du premier mai font froid dans le dos. Pourquoi avoir étouffé l’affaire pendant plus de deux mois ? Pourquoi ces dérisoires « sanctions » ? 15 jours de « mise à pied », dans la discrétion la plus totale !!! Rétrogradé puis vite promu par l’attribution deux mois après ses actes bestiaux d’un appartement « quai Branly ». Un barbouze logé dans une dépendance de l’Elysée !!! Comment a t-il pu se procurer ces privilèges ? Enfin licencié... parce que vu et pris... Oui, mais pas pour les brutalités du premier mai, pour s’être procuré auprès de hauts gradés des images de vidéos surveillance (ultraconfidentielles) sur les faits. Enfin licencié, oui mais après un tollé général... Pour ce qui te concerne, d’après les médias, tu considérais la sanction suffisante. Rien que pour cela Manu, « vous-tu » devrais démissionner !

    Monsieur le président Manu,
    Tu peux bien changer le visage de Marianne sur les timbres, tu ne laveras pas cette infamie. Tu voulais un nouveau visage, c’est mal barré ! Tes hommes de l’ombre sont des révélateurs de la vraie nature de ta conception du pouvoir. Tu voulais une Marianne « inaltérable », mais rien ne l’est autant que ta condescendance. « Votre-Ton » terrible et coupable silence.

    Jean Ortiz, universitaire.


  • Aux Etats-Unis, Enrique Morones, le « Bad Hombre » au secours des migrants

    https://abonnes.lemonde.fr/m-actu/article/2018/06/29/aux-etats-unis-enrique-morones-le-bad-hombre-au-secours-des-migrants

    Fondateur de l’ONG Border Angels, le Californien d’origine mexicaine vient en aide aux Latino-Américains qui tentent de passer la frontière.

    Quand Fox News, la chaîne préférée de Donald Trump, veut inviter un Latino défenseur des immigrants, c’est à lui qu’elle fait appel. Avec son côté baroudeur et sa stature athlétique, Enrique Morones, 53 ans, n’a pas peur d’affronter ceux qui agitent des thèses xénophobes. Quand un intervenant, à l’écran, répète que les Mexicains doivent faire la queue comme tout le monde s’ils veulent entrer aux Etats-Unis, au lieu de court-circuiter les processus d’immigration légale, Enrique interrompt sèchement : « C’est un mythe. Il n’y a pas de file d’attente. » Car les visas, ajoute-t-il, sont généralement rejetés, même pour les visites familiales de courte durée. L’homme est charismatique, pressé.

    Lorsque les nativistes, anti-immigration, assènent que les candidats à l’asile, comme les quelque 150 migrants d’Amérique centrale arrivés fin avril à Tijuana, doivent être interdits d’entrée, il s’étrangle. En vertu du droit international, les Etats-Unis « n’ont pas le choix », rappelle-t-il : c’est d’ailleurs la position qu’ont adoptée les services de l’immigration de San Diego, dans le sud de la Californie, où a été créée son ONG, Border Angels (« les anges de la frontière »).

    « J’AI HONTE. AUCUN PAYS AU MONDE NE SÉPARE LES ENFANTS DE LEURS PARENTS. DONALD TRUMP REPRÉSENTE LE PIRE DE L’ESPRIT AMÉRICAIN. » ENRIQUE MORONES, BORDER ANGELS

    Mais il arrive aussi à Enrique de rester sans voix. Comme le 19 juin, quand la chaîne MSNBC lui demande ce qu’il pense des propos de Laura Ingraham, l’égérie des ultraconservateurs qui officie sur Fox News. L’animatrice ironisait sur le tollé provoqué par la nouvelle politique de séparation des familles annoncée un peu plus tôt par l’administration Trump. Pratique qui a conduit à ce que plus de 2 300 enfants soient enlevés à leurs parents et placés dans des centres grillagés. « Des camps de vacances », selon elle. Enrique a eu l’air abattu. « J’ai honte, a-t-il confié. Aucun pays au monde ne sépare les enfants de leurs parents. Donald Trump représente le pire de l’esprit américain. » Le lendemain, le président battait en retraite et annonçait que priorité serait donnée au « maintien de l’unité des familles ».

    Mais, pour Enrique, la lutte continue. Border Angels prépare la manifestation nationale contre la politique de Trump et en soutien aux immigrants, le 30 juin. Devenu le porte-voix des sans-papiers, Enrique Morones ne compte pas que des amis. Il y a quelques semaines, il a exposé au FBI les menaces qu’il reçoit par téléphone. Dans le sud de la Californie, le climat est tendu. Les nationalistes n’apprécient pas sa manière de répéter qu’il se sent avant tout mexicain alors qu’il est né aux Etats-Unis. Ce qu’il fait par provocation, vêtu de son tee-shirt « Bad Hombre », l’insulte proférée par Donald Trump pendant la campagne électorale de 2016, comme si tous les Latinos étaient des narcos en puissance.


    L’ONG Border Angels, fondée par Enrico Morones en 1986, distribue des colis de vivres aux familles.

    Enrique Morones a grandi à San Diego, où son père était employé au service mexicain des pêches, puis directeur de l’agence locale de la compagnie aérienne Aeroméxico. Toute sa famille est retournée au Mexique, où son grand-père était un dirigeant syndical national. Après avoir étudié le commerce, le français et le karaté à l’université, Enrique Morones a officié à la tête du marketing pour le public latino chez les Padres, l’équipe de base-ball de San Diego. Emu par le sort des migrants, entassés dans les canyons une fois la frontière franchie, il a fondé Border Angels en 1986 pour distribuer des colis de vivres aux familles.

    Gardien de la mémoire des migrants

    Après l’opération « Gatekeepers », lancée par Bill Clinton en 1994, quand les premières barrières ont été érigées, et que le nombre de migrants a commencé à grimper, Enrique a étendu la mission de l’association. Les « anges » ont commencé à déposer des bidons d’eau dans le désert à destination des marcheurs pour prévenir la déshydratation. Ils le font toujours, chaque troisième samedi du mois. Avant l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, l’association comptait une trentaine de bénévoles en moyenne pour les distributions. Depuis son élection, leur nombre a décuplé, indique-t-il, alors que les tentatives de traversée illégale de la frontière sont au plus bas depuis quarante-six ans quoi que prétende le président.


    L’ONG dépose chaque mois des bidons d’eau dans le désert pour les clandestins.

    Enrique Morones est aussi le gardien de la mémoire des migrants. Quand il arpente le désert, pour inspecter les éventuels progrès du « mur » de Donald Trump, il est muni d’un sac. Il ramasse les morceaux de tapis dont les clandestins se servent pour effacer leurs traces. Des objets exposés dans les locaux de Border Angels, à San Diego. A ses yeux, les histoires individuelles ne doivent pas être oubliées. Lui-même en connaît des dizaines, qu’il récite, de mémoire, jusqu’aux noms des victimes retrouvées sans vie, et dont il fait une liste partielle en annexe de son livre (Border Angels. The Power of One, San Diego University Press, 2015, non traduit). Il n’a jamais oublié Francisco, le migrant effondré au milieu des épineux. L’homme, pourtant à moitié mort de déshydratation, portait un autre voyageur sur son dos. « Il ne le connaissait pas, mais il l’avait pris sur ses épaules pour le sauver », admire Enrique Morones.

    Les histoires ont été collectées dans un texte, écrit par l’acteur Dave Rivas et présenté dans les écoles de San Diego : Letters from the Wall. Les « lettres du mur » commencent toutes par « Cher Enrique » : elles racontent un miracle ou, le plus souvent, un drame sous la plume d’un migrant. La pièce est jouée en anglais et en espagnol par les écoliers : enfants de la frontière en quête de justice pour leurs parents les migrants.


  • Erysichton, celui qui se mange lui-même
    http://www.dedefensa.org/article/erysichton-celui-qui-se-mange-lui-meme

    Erysichton, celui qui se mange lui-même

    Les inspirateurs du « Nouveau Siècle Américain » et les exécutants de ce projet, ont fait des prévisions selon un modèle économétrique et social où les variables sont considérées comme indépendantes entre elles et où la réalité résulterait de combinaisons linéaires de quelques causes mesurables. Leur ingénierie sociale a montré ses limites depuis le début du nouveau millénaire. L’exportation des escadrons de la mort, mis en place en Amérique centrale et latine au 20ième siècle qui ont bien fonctionné pendant des décennies, puis élargis au monde islamique sous la forme d’unités mercenaires peinturlurées aux couleurs d’un néo-Islam criminel n’a pas eu les résultats escomptés dans l’Orient arabe.

    Les gains aisés du secteur bancaire dans la fabrication des dettes ont fini par (...)


  • En guise de testament, Zeid Ra’ad al-Hussein martèle l’universalité des droits de l’homme - Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/guise-testament-zeid-raad-alhussein-martele-luniversalite-droits-lhomme

    En guise de testament, Zeid Ra’ad al-Hussein martèle l’universalité des droits de l’homme

    Pour son dernier discours, à deux mois et demi de la fin de son mandat de haut-commissaire aux droits de l’homme, le Jordanien a fustigé la médiocrité des Etats membres qui ne défendent que leurs intérêts et mis en garde contre le nationalisme
    […]
    Dans un long discours, Zeid Ra’ad al-Hussein s’est dit très inquiet au sujet d’un projet de loi présenté au parlement hongrois le mois dernier qui « criminaliserait la surveillance des droits de l’homme aux frontières et à l’intérieur du territoire national ». Il a fustigé aussi la politique récemment mise en œuvre par l’administration de Donald Trump qui a mené à la séparation de quelque 2000 enfants de leurs parents à la frontière américaine alors qu’ils fuyaient les violences d’Amérique centrale. « L’Association américaine de pédiatrie, a-t-il déclaré, a estimé que cette pratique cruelle d’abus autorisés par les autorités américaines peut causer des dégâts irréparables et des conséquences à vie » pour ces enfants.


  • Tomber entre les craques

    Les yeux de ces quatre enfants me hantent.

    En avril, ils attendaient un vol à Brownsville, au Texas, qui devait les réunir avec un membre de leur famille ou avec un tuteur légal avant de recevoir la décision du gouvernement américain quant à leur droit de rester (ou non) aux États-Unis.

    Aujourd’hui, qui sait où ils se trouvent ? Ces mineurs non accompagnés font partie des enfants placés sous la responsabilité du #Office_for_Refugee_Resettlement (#ORR). Or, cette agence fédérale américaine a perdu la trace de 1 475 enfants (sur 7 635) en 2017.

    Impossible de les retracer, car il est impossible de joindre les adultes qui en ont la charge. Ces enfants sont tombés entre les craques d’un système qui sacrifie leur sécurité au profit d’une lutte contre l’immigration « illégale ».

    Alors que l’ORR se défend qu’une fois l’enfant confié à un adulte (que celui-ci soit lié à l’enfant ou non), elle n’a pas de responsabilité de suivi, il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, l’état de ces 1 475 enfants ne peut pas être confirmé. Et cette incapacité à assurer la sécurité des enfants sous sa responsabilité survient à un moment où cette agence est de plus en plus sollicitée. L’annonce, le 7 mai dernier, d’une nouvelle directive obligeant des poursuites criminelles contre toute personne entrant sans autorisation aux États-Unis force la #séparation_des_familles, les enfants ne pouvant pas être détenus dans les prisons criminelles (jusqu’alors, les mères étaient détenues avec leurs enfants dans des centres de détention). Durant les 13 premiers jours d’application, cette directive a mené à la séparation de 658 enfants de leurs parents. Ces enfants sont placés auprès d’ONG (affiliées à l’ORR) qui ont pour tâche ou bien de localiser un membre de la famille (aux États-Unis) ou un tuteur légal, ou bien de s’occuper de l’enfant si un tel adulte ne peut pas être trouvé. L’entrée en vigueur de la nouvelle directive mènera inévitablement à plus de séparations.

    Penser que cette politique sera un véritable dissuasif à l’immigration dénote une incompréhension marquée de la réalité et des violences en Amérique centrale, moteurs principaux de la migration des enfants et des cellules familiales. La preuve ? Les tentatives de traversée n’ont pas diminué en mai.

    Éparpillés aux quatre coins des États-Unis, enfants et parents butent sur les obstacles bureaucratiques à la réunification. Celle-ci est mise en péril par l’absence de documents officiels d’identité : les enfants – et les parents – n’ont pas toujours de papiers prouvant le lien familial. Ces enfants perdus dans les entrailles bureaucratiques du système d’immigration américain pourront-ils être retrouvés ? Et les parents dont les enfants leur sont enlevés au moment de l’arrestation pourront-ils les retrouver lorsqu’ils seront relâchés ou avant d’être expulsés ? L’obsession pour le contrôle des frontières est telle que la séparation des enfants et de leurs parents est devenue une politique d’État, banalisée par l’administration Trump. Et ce sont ces enfants qui porteront les traumatismes de la séparation dans leurs yeux déjà trop marqués par la violence et par la peur.

    http://journalmetro.com/opinions/trajectoires/1602965/tomber-entre-les-craques
    #disparitions #enfants #USA #Etats-Unis #unité_familiale #mineurs #enfance #famille #détention_administrative #rétention #enfants_placés #dissuasion


  • Etats-Unis : mort de Luis Posada #Carriles, héros cubain des anticastristes - Amériques - RFI
    http://www.rfi.fr/ameriques/20180524-mort-luis-posada-carriles-anticastristes-etats-unis-heros-cuba

    Un tueur de civils n’est pas un #terroriste si le pays d’origine des civils est un pays ennemi selon #RFI

    Arrêté en 1976, il est accusé d’être derrière l’attentat contre le vol 455 de la compagnie Cubana Aviacion qui a fait 73 morts. Un rôle confirmé depuis peu suite à la déclassification de documents secrets de la #CIA.

    Luis Posada Carriles parvient à s’enfuir et à rejoindre les #Etats-Unis. Accusé d’être un terroriste par le Venezuela et Cuba, il est au contraire adulé par la communauté cubaine anticastriste aux Etats-Unis. Preuve de sa #notoriété, la radio anticastriste américaine « La Poderosa » a souhaité respecter une minute de silence sur son antenne après la nouvelle de son décès.

    CUBA PIZZI : Le Ben Laden d’Amérique latine est mort | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/250518/cuba-pizzi-le-ben-laden-d-amerique-latine-est-mort

    Luis Posada Carriles était un terroriste d’origine cubaine, que la grande presse mondiale définit simplement comme un « anti-castriste notoire ». Il est parti à l’âge de quatre-vingt-dix ans et sans payer pour tous ses #crimes. Jusqu’au bout, il a été protégé par le gouvernement des Etats-Unis, en particulier par la CIA et la famille Bush.

    Son nom est devenu célèbre lorsqu’on a su qu’il était l’un des auteurs intellectuels de l’explosion de l’avion de Cubana de Aviación, le 6 octobre 1976, avec 73 passagers à bord, peu après son décollage de l’aéroport Seawell des Barbades. Il fut capturé au Venezuela, où il travaillait pour les services de sécurité de ce pays. Après quelques brèves années de prison, la CIA l’aida à s’enfuir et l’amena en Amérique centrale pour qu’il apporte sa collaboration à la guerre de terreur que Ronald Reagan et son vice-président George Bush père menaient contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua dans les années quatre-vingt.


  • Les États-Unis séparent désormais les parents migrants de leurs enfants | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162252/etats-unis-separent-parents-migrants-enfants

    Avant l’élection de Donald Trump, les familles de migrants et demandeurs d’asiles qui étaient interpellées à la frontière mexicaine étaient détenus ensemble dans des centres de rétention, en attente de jugement. Mais les directives du gouvernement ont changé : maintenant, les parents et enfants sont détenus séparément, parfois dans des villes différentes, et même dans le cas d’enfants très jeunes.

    Depuis plusieurs mois, des centaines de cas de séparations ont été rencensés par les associations de défense des droits civiques.

    « Ce qui se passe ici est sans précédent. Ici en Arizona, nous avons vu plus de 200 cas de parents séparés de leurs enfants. Certains de ces enfants sont très jeunes, nous voyons régulièrement des enfants de deux ans, et la semaine dernière, il y avait un enfant de 53 semaines sans ses parents », expliquait Laura St. John de l’organisation The Florence Project, sur MSNBC.

    L’association de défense des droits civiques ACLU a engagé une procédure légale contre cette pratique du gouvernement, qu’ils considèrent comme une violation de la Constitution des États-Unis.

    Sur Twitter, le journaliste Chris Hayes a partagé des extraits de la plainte dans lesquels sont décrits plusieurs cas de séparation, comme celui de Miriam, venue du Honduras, qui dit avoir été séparée de son bébé de dix-huit mois et ne pas l’avoir vu pendant plus d’un mois. En mars, un procès de l’ACLU avait permis de réunifier une mère congolaise demandeuse d’asile avec sa fille de sept ans. Elles avaient été séparées pendant quatre mois.

    La nouvelle approche, introduite par le ministère de la Justice, consiste à condamner les personnes qui ont traversé la frontière illégalement à des crimes, et non plus à des infractions civiles, comme c’était le cas auparavant. Les adultes sont donc placés en prison, et non en centre de rétention, alors que les enfants sont gérés par une autre entité administrative, qui détient habituellement les mineurs qui traversent seuls la frontière.

    Interviewé par MSNBC, un avocat de l’ACLU a dit que c’était « la pire chose » qu’il avait vue en 25 ans de travail sur les droits des immigrés.

    « Je parle à ces mères et elles décrivent leurs enfants qui hurlent "maman, maman, ne les laisse pas m’emmener". »

    Il y a quelques jours, le chef de cabinet de la Maison Blanche John Kelly a défendu la pratique en disant qu’il s’agissait d’une dissuasion efficace et que les enfants seraient « placés dans des foyers ou autres ».

    • « The feds lost – yes, lost – 1,475 migrant children »
      https://eu.azcentral.com/story/opinion/op-ed/ej-montini/2018/05/22/immigration-children-separate-families-lost-kirstjen-nielson/631627002

      The Trump administration recently announced a new, get-tough policy that will separate parents from their children if the family is caught crossing the border illegally.

      It was a big news story. So big it overshadowed the fact that the federal government has lost – yes, lost – 1,475 migrant children in its custody.

      Cela suscite visiblement quelques réactions aux États-Unis
      https://twitter.com/hashtag/WhereAreTheChildren?src=hash

      En français, derrière un paywall dont le chapô m’a seulement permis de récupérer les deux liens ci-dessus : « Le sort des enfants migrants enflamme les Etats-Unis »
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280518/le-sort-des-enfants-migrants-enflamme-les-etats-unis

      À sa frontière avec le Mexique, l’administration Trump commence à séparer les familles. Une façon, dit-elle, de « dissuader » l’immigration illégale. Ses services sont pourtant incapables de suivre correctement les mineurs placés en foyers.

    • New York (États-Unis), de notre correspondant.- « Les fédéraux ont perdu, oui, perdu, 1 475 enfants migrants. » L’éditorial de The Arizona Republic a révolté les réseaux sociaux. Des Américains se sont pris en photo avec cette question : « Où sont les enfants ? » (#wherearethechildren), devenue en quelques jours un mot-clé populaire. « L’inhumanité doit cesser », explique Joaquín Castro, représentant démocrate du Texas, qui appelle à une manifestation cette semaine à San Antonio.

      À l’origine de cette indignation, l’information rapportée par The Arizona Republic est, de fait, assez spectaculaire. Le 26 avril, Steven Wagner, un responsable du Département de la santé américain chargé de la gestion des réfugiés, a annoncé au cours d’une audition au Sénat que ses services, alors qu’ils tentaient de prendre contact avec 7 635 mineurs placés chez des proches ou dans des familles d’accueil, se sont révélés « incapables de localiser 1 475 » d’entre eux, soit 19 % de l’échantillon contacté.

      9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters 9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters

      Il s’agit de mineurs non accompagnés, la plupart originaires du Honduras, du Guatemala et du Salvador, des pays d’Amérique centrale ravagés par les violences. Placés quelques semaines en foyer après avoir tenté de traverser la frontière avec les États-Unis via le Mexique, ils sont ensuite confiés par les autorités à des proches, des parents ou des familles d’accueil en attendant l’examen de leur dossier par les services de l’immigration.

      Les 1 500 enfants manquant à l’appel ne sont pas forcément aux mains de trafiquants, exploités à vil prix ou livrés à eux-mêmes. « On ne sait pas combien d’entre eux n’ont pas été localisés parce que eux ou leurs proches, qui peuvent très bien être leurs parents, sont partis sans laisser d’adresse pour réduire les risques d’être renvoyés dans leur pays », explique la journaliste Dara Lind, spécialiste des questions migratoires sur Vox.com.

      Mais l’incertitude qui pèse sur leur sort a de quoi inquiéter : plusieurs médias, comme Associated Press et la chaîne PBS, ont révélé des cas de violences sexuelles, de travail forcé ou de mauvais traitement.

      « Vous êtes la plus mauvaise famille d’accueil du monde. Vous ne savez même pas où ils sont », a lancé à Steven Wagner la sénatrice Heidi Heitkamp. L’accusation de l’élue démocrate tape juste, sauf que sous l’administration Obama, qui avait dû faire face à une explosion du nombre de mineurs non accompagnés, le suivi était tout aussi défaillant.

      En 2014, les procédures de vérification des familles d’accueil avaient même été allégées pour faciliter les placements, livrant les enfants à des dangers accrus. En 2016, le Sénat avait préconisé des mesures de suivi renforcées, qui n’ont jamais été mises en place, faute de ressources et de volonté politique : le département de la santé considère en effet qu’une fois placés, les mineurs ne sont plus de sa responsabilité…

      Il y a un mois, l’« aveu » de Steven Wagner devant le Sénat n’aurait ainsi pas fait beaucoup de bruit. Mais tout a changé depuis que le président Trump, frustré de ne pas voir avancer son projet de mur avec le Mexique, en colère contre sa propre directrice du Département de la sécurité intérieure (DHS), a autorisé des mesures d’une extrême sévérité contre l’immigration irrégulière.

      Au nom de la « tolérance zéro », Jeff Sessions, “attorney general” (l’équivalent du ministre de la justice), un dur de dur connu pour sa hargne contre les clandestins, a annoncé le 7 mai la poursuite systématique des étrangers qui « traversent la frontière de façon illégale », une façon de décourager les candidats à l’immigration – au rythme de 40 000 personnes « appréhendées » chaque mois, on voit mal comment les procureurs vont suivre. Il a surtout déclaré que les enfants « clandestins » seront désormais « séparés » de leurs parents. De quoi susciter l’indignation générale. Au vu de la façon dont les mineurs non accompagnés sont traités dans les familles d’accueil, cette annonce sonne comme une provocation.

      « Cette horreur est insupportable, a twitté Walter Schaub, ancien directeur sous Obama et Trump du Bureau pour l’éthique gouvernementale, une agence fédérale anticorruption. Décider d’arrêter encore plus d’enfants alors même qu’on sait déjà que ce qui leur arrive est une violation immorale des droits humains. »

      « C’est de la torture », commente l’ACLU, une grande organisation de défense des libertés publiques, qui a engagé une action en justice collective contre le gouvernement. « La pire chose que j’ai vue en vingt-cinq ans, dit Lee Gelernt, l’avocat de l’ACLU, interrogé sur la chaîne MSNBC. Ces mères vous racontent leurs enfants qui crient “maman ! maman !”, “ne les laisse pas m’emmener !”, des enfants de cinq ans, de six ans. On va traumatiser ces enfants pour toujours. »

      « Cette pratique viole les droits des demandeurs d’asile inscrits dans la Constitution », ajoute Eunice Lee, codirectrice du centre de recherche sur le genre et les réfugiés Hastings College of the Law à San Francisco (Californie).

      Reuters Reuters

      Fin avril, le New York Times, citant des données officielles, a révélé que cette pratique est en réalité d’ores et déjà en place. Entre octobre et avril, écrit le quotidien, 700 enfants, dont 100 tout-petits de moins de quatre ans, ont été privés de leurs parents. Le département de la santé refuse de dire combien de ces familles restent aujourd’hui éclatées.

      Au vu des positions de l’administration Trump, qui cherche à lutter contre l’immigration mais aussi à décourager par tous les moyens l’exercice du droit d’asile, cette politique n’est guère surprenante. Elle avait été évoquée quelques semaines après l’investiture de Donald Trump par John Kelly, alors directeur de la sécurité nationale. Aujourd’hui chef de cabinet de Donald Trump, Kelly a affirmé à la radio publique NPR que non seulement la séparation des familles n’est « pas cruelle », mais qu’elle est aussi un « puissant moyen de dissuasion » contre l’immigration.

      Pendant sa campagne, et depuis son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump a promis de « stopper » l’immigration illégale. Il s’en est pris aux Mexicains « violeurs » et « criminels », aux « pays de merde », a taxé publiquement des immigrés d’« animaux ». Il a annoncé l’envoi de la garde nationale à la frontière et a attisé sa base en s’en prenant à une « caravane » de réfugiés d’Amérique centrale qui cherchaient à obtenir l’asile aux États-Unis.

      Depuis son arrivée à la Maison Blanche, son administration s’est employée à détricoter les dispositifs protégeant les jeunes migrants. Trump lui-même a estimé que les mineurs qui passent la frontière « ne sont pas tous innocents » et nourrissent la violence des gangs.

      « Les enfants seront pris en charge, placés dans des foyers ou autre », a promis John Kelly. En l’occurrence, le « ou autre » pourrait désigner des bases militaires. Selon le Washington Post, des enfants séparés de leurs familles pourraient être bientôt placés dans des centres de l’armée, au Texas ou dans l’Arkansas.



  • Susan Meiselas « Carnival Strippers »


    Membre de Magnum Photos depuis 1976, Susan Meiselas questionne la pratique documentaire. Elle s’est fait connaître par ses images sur les zones de conflit en Amérique centrale dans les années 1970 et 1980, notamment grâce à la force de ses photographies couleur.

    Couvrant de nombreux sujets et pays, de la guerre aux questions des droits de l’homme, de l’identité culturelle à l’industrie du sexe, elle utilise la photographie, le film, la vidéo et parfois des matériaux d’archives dans une volonté constante de construire des récits auxquels elle associe ses sujets en tant qu’acteurs.

    Entre 1982 et 1975, Meiselas a consacré ses étés américains à photographier et interviewer les femmes qui se produisaient dans les fêtes foraines de la Nouvelle Angleterre, de la Pennsylvanie et de Caroline du Sud.
    https://laspirale.org/photo-555-susan-meiselas-%C2%A0carnival-strippers.html
    #Susan_Meiselas #Magnum #Photos #laspirale


  • Le tour de la France par un vieil enfant - En attendant Nadeau

    https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/09/06/taba-taba-deville

    Tout commence en 1860, l’année que Patrick Deville croit avoir vécue, point de départ d’une Histoire mondiale qui traverse l’Amérique centrale, le Mexique, l’Afrique et la péninsule indochinoise. On perce le canal de Suez, on songe à celui qui traversera l’Amérique centrale. C’est aussi le point de départ de l’histoire familiale, que raconte le romancier dans Taba-Taba.
    Patrick Deville, Taba-Taba. Seuil, coll. « Fiction et Cie », 448 p., 20 €
    Minuit. Points, coll. « Signatures », 560 p., 12 €

    « Taba-Taba » : cela revient comme une mélopée dans la bouche d’un malade, au lazaret de Mindin où vit, doublement enfermé, un enfant gracile, opéré de la hanche. Ce garçon tyrannique, c’est l’auteur-narrateur du roman, alias « le chevalier noir ». Emprisonné dans son corset, Patrick Deville lit ; c’est tout ce qu’il peut faire. Cela l’a rendu hypermnésique. Un avantage pour la suite.

    #littérature


  • Guatemala – Les collectifs de femmes travaillent à retrouver leur culture et leurs savoirs – ffnews
    https://www.ffnews.info/2017/02/01/guatemala-les-collectifs-de-femmes-travaillent-a-retrouver-leur-culture-et-

    Cela fait des années que les collectifs guatémaltèques de femmes sont en lutte pour la défense du corps et du territoire. Dans cette défense, le savoir a toute sa place. « Les camarades femmes des peuples indigènes ont établi qu’à partir de la colonisation il s’est produit un “épistémicide”, c’est-à-dire qu’on a essayé de tuer une certaine voie de création de connaissances et, partant de là, une des choses fondamentales que nous avons faites, il y a quelques années, au cours d’une assemblée féministe, ce fut de nous reconnaître douées de capacité épistémique », nous dit Sandra Morán, membre de l’Alliance Politique Secteur des Femmes qui regroupe 33 organisations sociales au Guatemala.

    Pour Sandra Morán, députée à l’Assemblée Nationale du Guatemala pour le parti Convergencia, cette reconnaissance de la part de l’assemblée féministe « est absolument politique et libératrice parce que jusqu’alors les femmes qui n’avaient pas été à l’école et n’avaient aucun diplôme universitaire ne se sentaient pas capables… Et alors nous nous sommes vues nous-mêmes, indépendamment de notre scolarité, douées de la capacité de produire de la connaissance et dans la nécessité de créer une méthodologie pour y parvenir. »

    Le Guatemala est le pays d’Amérique Centrale qui compte le taux de population indigène le plus élevé, plus de la moitié de sa population, et celle-ci est celle qui présente la plus grande diversité. Les peuples originaires (Mayas, Xincas, Garífunas) ont survécu à l’invasion espagnole et au génocide maya mené par Efraín Ríos Montt dans les années 80.

    « Il y a une stratégie politique des peuples pour retrouver les savoirs ancestraux. Depuis le Secteur des Femmes, pour faire face au racisme qui existe en nous, nous avons décidé que les femmes mayas et xincas feraient ensemble des propositions pour un désapprentissage actif du racisme et cela nous a pris quelques années ». C’est ainsi que nous sommes en train d’écrire un livre de récupération des savoirs mayas et xincas et nous rendons aussi visibles leurs apports au mouvement « parce que l’acte politique de la récupération des savoirs et la décolonisation passe par des décisions personnelles, collectives, communautaires, etc. »

    La députée guatémaltèque insiste : « nous avons fait des exercices pour identifier où se situent en nous le patriarcat, le colonialisme, le mercantilisme, et nous avons vu comment serait une personne, une communauté sans patriarcat, sans soif de consommation, sans colonialisme ; et, pour effectuer ce passage, parce que c’est le système qui nous a conditionnées, il nous faut identifier ces codes (nous avons identifié les mécanismes, les institutions) pour nous décodifier. Et c’est dans cette voie que nous sommes engagées. »


  • La loi de la banane | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/069781-000-A/la-loi-de-la-banane

    Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Comment, entre 1899 et 1989, l’United Fruit Company a planté des bananes en Amérique centrale et y a dicté sa loi. Un éclairant retour aux sources d’une des premières multinationales.

    #vidéo #documentaire #histoire #banane


  • Des #drones pour cartographier et faire le suivi des territoires des #communautés_autochtones - Médiaterre

    http://www.mediaterre.org/actu,20171218050515,1.html

    Des chercheurs publient un article dans lequel ils attirent l’attention sur le potentiel des drones pour faire le suivi de l’utilisation des terres des communautés autochtones : « Grassroots Innovation Using Drones for Indigenous Mapping and Monitoring ».

    Les territoires autochtones sont confrontés aux pressions croissantes de nombreuses activités légales et illégales, causant souvent une grave dégradation de l’environnement et menaçant les droits territoriaux et les moyens de subsistance des autochtones. En Amérique centrale et en Amérique du Sud, après près de trois décennies de projets de cartographie participative, les peuples autochtones s’intéressent de plus en plus à l’utilisation des nouvelles technologies pour la cartographie et la surveillance communautaires comme moyen de défense contre ces menaces.

    #peuples_autochtones #premières_nations #drones #cartographie #cartographie_participative


  • D’un ouragan à l’autre, les Haïtiens chassés d’Amérique - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/12/03/d-un-ouragan-a-l-autre-les-haitiens-chasses-d-amerique_1614174

    Depuis 2010, ils bénéficiaient d’un statut protecteur aux Etats-Unis, mais sa remise en cause par Trump a provoqué une ruée vers le Canada. Récit de l’exclusion brutale de quelques milliers de personnes ayant fui leur pays en raison de catastrophes parfois climatiques, par un pays largement responsable du réchauffement.

    Près de la ville de Lacolle, au Québec, à la frontière, au nord de l’Etat de New York, de grandes roulottes beiges et bleues ont fait leur apparition. Elles vont fournir un abri temporaire aux réfugiés - haïtiens pour beaucoup - qui fuient par vagues et à pied l’Amérique de Trump. A l’intérieur de ces abris chauffés et flambant neufs, des lits et douches prêts à dégeler les pieds et mains des marcheurs, tandis qu’auront lieu le traitement des dossiers et les contrôles de sécurité.

    L’hiver dernier, après l’investiture de Donald Trump, le nombre des passages « irréguliers » à la frontière américano-canadienne a fortement augmenté. Plutôt que de se présenter aux postes-frontières - où ils se seraient probablement fait refouler étant donné l’accord transfrontalier controversé qui existe entre les deux pays - les migrants cherchent le salut en traversant les bois, en avançant à découvert, en franchissant les fossés. Depuis janvier, près de 17 000 d’entre eux ont été arrêtés par les autorités canadiennes. Ceux qui n’ont pas été repérés font leur demande d’asile une fois arrivés en lieu sûr, au Canada.

    Ces traversées sont particulièrement dangereuses en hiver. Et l’hiver qui approche promet d’être glacial. L’an dernier, pendant les mois les plus froids, des rapports accablants ont signalé que, à l’arrivée des migrants au Canada, il a fallu amputer des orteils et des doigts gelés. Deux hommes, originaires du Ghana, ont perdu tous leurs doigts après être passés par la frontière longeant la province de Manitoba - l’un d’entre eux a déclaré aux journalistes qu’il s’estimait heureux d’avoir gardé un pouce.

    « Jeter un os »

    Il y a tout lieu de penser que ces périls ne freineront pas le courant migratoire vers les nouvelles roulottes des environs de Lacolle, alors même que la température devrait continuer de baisser. Pis encore, le flux de ces marcheurs alourdis de bagages pourrait s’intensifier dans les semaines et mois qui viennent.

    La raison en est que l’administration Trump, lundi 20 novembre, a mis ses menaces à exécution, excluant plus de 50 000 Haïtiens d’un programme qui leur permettait de vivre et de travailler légalement aux Etats-Unis : dans vingt mois, ceux-ci n’auront plus aucune protection et risqueront d’être expulsés. L’administration a déjà annoncé qu’elle réserverait le même sort aux Nicaraguayens, suggérant, au passage, qu’elle pourrait en faire autant l’an prochain avec les Honduriens. En septembre, le bruit a couru que les Soudanais seraient aussi renvoyés dans leur pays. Le tour des Salvadoriens viendrait ensuite.

    Le programme, appelé Temporary Protected Status ou TPS, (« statut de protection temporaire »), confère - le temps du retour à la normale - un statut juridique particulier aux ressortissants de certains pays frappés par les guerres ou les catastrophes naturelles.

    Toutefois, ces personnes doivent être présentes sur le sol américain au moment des faits. Après le tremblement de terre dévastateur de 2010, Haïti a été ajouté par l’administration Obama à la liste des pays bénéficiaires du TPS.

    Dans les années qui ont suivi, des milliers d’Haïtiens ont acquis ce statut et, avec lui, la liberté de faire leur vie aux Etats-Unis - en allant à l’université, en travaillant dans les services de santé, le bâtiment et l’hôtellerie, en payant des impôts et en donnant à leurs enfants, nés aux Etats-Unis, la nationalité américaine. Au total, plus de 300 000 personnes - originaires du Soudan, du Honduras, du Salvador, du Nicaragua, de Somalie et d’ailleurs - sont couvertes par le TPS. Comme l’a dit Sarah Pierce du Migration Policy Institute (l’institut de politique migratoire, basé à Washington), le programme a été conçu à l’origine comme un moyen de « jeter un os à un pays sinistré jusqu’à ce qu’il se remette sur pied ».

    Pourtant, dans certains cas, comme celui de la Somalie déchirée par la guerre, le statut a été renouvelé tant de fois qu’il est resté effectif pendant vingt-six ans, transformant le statut en une sorte de programme précaire pour réfugiés de facto - utile aux ressortissants présents aux Etats-Unis depuis des décennies, mais sans aide pour les Somaliens fuyant aujourd’hui les violences ou les persécutions. Pendant sa campagne présidentielle, Trump a laissé entendre qu’il soutenait le programme, du moins en ce qui concerne les Haïtiens. Courtisant leur vote, il a dit à une foule du quartier Little Haïti de Miami : « Que vous votiez ou non pour moi, je veux être le meilleur de vos défenseurs, et je serai votre défenseur. »

    Cela n’a pas duré. Dans le cadre de sa croisade anti-immigrés, l’administration Trump a rapidement commencé à qualifier le TPS d’escroquerie, de moyen détourné - utilisé par les étrangers - pour rester indéfiniment aux Etats-Unis (peu importe qu’un grand nombre des pays couverts par le statut soit toujours ravagés par la guerre et les catastrophes, peu importe qu’ils comptent, pour lentement se reconstruire, sur l’argent envoyé chez eux par les travailleurs TPS).

    Tout a démarré dans les premiers mois de l’administration Trump. Pour commencer, James McCament, le directeur par intérim des Services américains de citoyenneté et d’immigration, a insisté pour que Haïti soit « exclu » du programme. Ensuite, une note du département de la Sécurité intérieure a suggéré que les Haïtiens « se préparent à quitter les Etats-Unis ». Enfin, en mai, John Kelly, alors secrétaire général du même département, a déclaré que les bénéficiaires haïtiens du TPS « devaient commencer à penser à retourner » en Haïti.

    Du jour au lendemain, il n’y avait plus, pour des dizaines de milliers de personnes, qu’à choisir entre quatre options à hauts risques : rester en espérant que tout aille pour le mieux ; rejoindre l’économie souterraine ; rentrer en Haïti, où la vie est dangereuse et où l’épidémie de choléra fait encore des centaines de victimes chaque année ; ou marcher jusqu’à la frontière pour se rendre dans un pays dont le jeune Premier ministre a tenu des propos rassurants concernant l’accueil des réfugiés.

    Depuis le mois de juin, beaucoup d’Haïtiens ont choisi cette dernière option. Cet été, 250 d’entre eux, chaque jour, ont passé la frontière. Ils ont fourré, dans une valise, ce qu’ils pensaient pouvoir porter, ont pris un avion ou un car pour Plattsburgh, New York, et sont montés dans un taxi qui les a menés en trente minutes jusqu’au bout de Roxham Road, près de Lacolle. Là, ils sont descendus du véhicule et ont commencé à marcher vers le fossé qui sépare l’Amérique de Donald Trump du Canada de Justin Trudeau.

    « A la minute où je suis arrivée ici, j’ai eu l’impression que l’air que je respirais était différent. Ma douleur à l’épaule, si vive d’ordinaire, a subitement disparu. Je me suis demandé "qu’est-ce qui s’est passé ?" J’ai compris que ça venait de mon état de stress. » Agathe Saint-Preux, une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue pudiquement d’une jupe mi-longue et d’un blazer noir, me racontait ce qu’elle avait ressenti en arrivant au Canada, après avoir passé douze ans à essayer d’obtenir un statut légal permanent aux Etats-Unis. C’était à la mi-octobre, et nous étions au milieu d’une salle comble, à la Maison d’Haïti de Montréal, là où la communauté haïtienne, enracinée dans la ville, aime à se retrouver. Des dizaines de migrants - qui avaient passé la frontière de manière « irrégulière » depuis les premières menaces anti-TPS - étaient venues partager leur expérience. Les histoires étaient variées, et beaucoup ont souhaité rester anonymes.

    Il y a eu cette mère de trois enfants qui, alors qu’elle travaillait légalement à l’aéroport de New York, avait décidé que la seule manière de préserver sa famille était de tout laisser derrière elle et de traverser la frontière à Lacolle. Puis, cet homme qui avait mené, avec succès, une campagne électorale à la mairie d’une petite ville haïtienne, mais qui avait fui son île après avoir été « passé à tabac par trois voyous » d’une faction politique rivale. « Un miracle qu’il ait survécu », a renchéri une femme qui avait elle-même vécu trois ans aux Etats-Unis, mais s’était enfuie après avoir appris que, sous Trump, des amis à elle avaient été expulsés vers Haïti.

    Un autre migrant, proche de la trentaine, a raconté qu’il avait vécu quinze ans aux Etats-Unis, était allé à l’université et avait travaillé sept ans : « J’ai été membre à part entière de l’économie de ce pays. J’ai payé des impôts. [Mais avec Trump], le stress aurait fini par me tuer. J’ai donc pris l’avion pour Plattsburgh, puis un taxi et j’ai traversé. »

    « Trump a pris mon rêve »

    Et nous avons entendu cette mère de six enfants, qui avait vécu huit ans à Miami. Elle avait mené de front un travail de nuit et des études d’infirmière, dormant aux arrêts de bus jusqu’au lever du jour - pour trouver un emploi l’autorisant à soigner les citoyens américains et à payer ses impôts au gouvernement. « On travaille comme des bêtes. Et puis, tout à coup, il nous dit : "Allez, dehors !" » m’a confié Manie Yanica Quetant, traduite pour l’occasion par un interprète créole. « Il », bien sûr, c’est Trump - ou « Chomp », comme ils ont l’habitude de prononcer son nom.

    Pour la grande majorité des Haïtiens rassemblés ici, à la Maison, la route qu’ils avaient empruntée pour entrer aux Etats-Unis n’avait pas été la plus directe (celle qui, par bateau, relie Haïti à la Floride, mais que les garde-côtes surveillent activement depuis des décennies). A la recherche d’emplois et de politiques d’immigration plus accueillantes, ils n’avaient pas hésité à faire quelques détours : leur voyage les avait d’abord menés vers d’autres îles des Caraïbes, puis au Brésil, où la préparation de la Coupe du monde 2014 et celle des JO de 2016 avaient été autant de promesses d’emplois. Une fois ces opportunités passées, ils avaient remonté l’Amérique du Sud vers le nord et gagné l’Amérique centrale, pour atteindre la Californie. Plusieurs personnes de l’assemblée avaient traversé dix ou onze pays avant d’arriver à destination. Des années passées à courir et à se cacher, traqués par les autorités, dépouillés par les voleurs.

    Rosemen François, une jeune femme qui avait égayé ses cheveux bouclés de mèches violettes, m’a raconté que ce qui s’était passé au Panama la hantait toujours : « En traversant une rivière, je suis tombée trois fois dans l’eau. A un moment donné, ma peau s’était tellement détachée de mes pieds que je ne pouvais même plus les sentir. Je n’oublierai jamais cette sensation. »

    Réagissant au témoignage de Rosemen François, un homme, qui jusqu’alors était resté muet, a pris la parole : « Quand nous étions au Panama, nous devions dormir dans la forêt […]. Nous avons vu des gens mourir. Nous avons vu des femmes se faire violer. Nous avons passé six jours dans la forêt, au Panama, sans rien avoir à manger. Nous dormions sous la pluie. » Ce qu’il nous racontait faisait tragiquement écho au malheur de ces esclaves noirs qui, avant eux, fuyaient le sud des Etats-Unis. Un jour, en entendant des bruits, pensant devenir la proie des animaux sauvages, ils ont pris peur : « Nous nous sommes mis à courir. Et, en fuyant, nous avons tout perdu : nos affaires, nos bagages, tout. Mais nous gardions la foi. Nous avions toujours les Etats-Unis en tête. Nous pensions qu’à l’arrivée, ce serait le paradis. » Après tout, depuis le tremblement de terre, un programme particulier avait été mis en place - le fameux TPS -, qui reconnaissait la souffrance de leur pays et leur permettait de vivre et de travailler librement.

    Pour beaucoup, comme l’a rappelé Rosemen François, tout n’a pas été si simple : « Quand je suis arrivée en Californie [il y a trois ans], j’ai pensé que c’était la fin du voyage. Au lieu de cela, j’ai été arrêtée et mise dans un centre de détention. Je ne pouvais pas voir la lumière du soleil ni faire la différence entre le jour et la nuit. J’y suis restée une semaine. Sans douche. Et la nourriture était immangeable. » Un jour, persuadée d’avoir été oubliée dans le trou noir de son cachot, elle s’est mise à hurler : « Et c’est ainsi que j’en suis sortie. » Ensuite, les choses se normalisant, elle a eu quelques années de répit. Elle a obtenu un permis de travail et a pu étudier. Mais l’été dernier, ses amis ont été expulsés et renvoyés en Haïti : « C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me rendre au Canada. » Quand on lui a demandé pourquoi, elle a simplement répondu : « C’est Trump. Chomp… Chomp a pris mon rêve et l’a envoyé valser. »

    Manie Yanica Quetant, l’infirmière de Miami, nous a décrit l’état de choc dans lequel l’avait mise la brusque nouvelle que les Haïtiens - qui grâce au TPS étaient arrivés à se sentir enfin en sécurité - allaient être de nouveau traqués : « Vous allumez la radio et vous entendez : "Hey, ils sont en train d’attraper les Haïtiens." » Alors, « vous comprenez que vous devez vous mettre à courir, mais vous avez du mal à respirer et vous ne savez pas dans quelle direction aller. » Le stress, nous a-t-elle dit, était insupportable : « Tu ne sais pas pourquoi ils veulent t’attraper et quand tu regardes autour de toi, tu ne sais pas ce que les gens pensent de toi, ni ce que tu dois faire. Tu n’as qu’une envie : arrêter de courir. »

    Terre bénie

    Pour ceux qui sont entrés aux Etats-Unis après l’élection de Trump, l’expérience a été plus extrême encore. Dieuliphète Derphin, un jeune homme qui avait fait le voyage en remontant par le Brésil, était arrivé juste avant son investiture. « J’ai été surpris de me faire arrêter et de passer six jours en centre de détention. Je me demandais : "Mais pourquoi traitent-ils les Noirs d’une manière inhumaine ? Pourquoi n’ai-je pas droit à une brosse à dents ? Comment se fait-il que je n’ai pas accès à l’eau ? Pourquoi nous font-ils cela ? Est-ce parce que nous sommes noirs ?" Après cela, je ne voulais plus rester aux Etats-Unis. Pas même une seconde. Et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de me rendre au Canada ! » Il avait traversé la frontière en août, après seulement huit mois passés aux Etats-Unis.

    Beaucoup dans l’assemblée ont eu, comme Agathe Saint-Preux, l’impression de « respirer un air différent » dès leur arrivée au Québec. Et Manie Yanica Quetant a soulevé une tempête d’applaudissements en disant à propos de Trump : « J’espère qu’il ne viendra jamais ici, parce que la terre canadienne est une terre bénie. » Et pourtant, il ne leur a pas fallu longtemps pour comprendre - passé le soulagement d’avoir échappé aux mesures expéditives de Trump - que la quête de sécurité et de stabilité était loin d’être achevée. Beaucoup d’Haïtiens sont venus au Canada parce qu’ils avaient entendu dire que le gouvernement de Trudeau les accueillerait à bras ouverts. Ils connaissaient son fameux tweet, envoyé le jour où, en Amérique, une vague de protestation s’était élevée contre le décret de Trump interdisant l’entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane : « A ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. WelcomeToCanada. » Un des hommes présents a parlé de cela, et des messages similaires qui avaient déferlé du Nord, véhiculés sur toutes les ondes, et qu’il avait pris pour « un signe divin. Dieu montrait le chemin, et disait : "Venez au Canada." »

    Ils ont malheureusement découvert que la situation était beaucoup plus complexe que prévu. Au cours des derniers mois, les autorités canadiennes ont découragé les immigrants en provenance des Etats-Unis - en particulier les Haïtiens - de tenter la traversée de la frontière, insistant sur le fait que, en dépit des tweets chaleureux et pleins de bonnes intentions, la politique d’immigration au Canada était restrictive et que des centaines d’Haïtiens avaient été expulsées depuis le mois de janvier. Selon Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti, sur les 60 Haïtiens qui, aujourd’hui, passent quotidiennement la frontière, 50 % obtiendront le statut de réfugiés, 25 % un statut alternatif, et 25 % seront vraisemblablement expulsés.

    En outre, depuis 2004, le Canada et les Etats-Unis font partie du Safe Third Country Argument (« l’entente sur les tiers pays sûrs »), qui stipule que les demandeurs d’asile « doivent réclamer la protection accordée aux réfugiés dans le premier pays sûr dans lequel ils pénètrent ». Puisque les Etats-Unis sont un de ces pays sûrs, les Haïtiens qui s’y trouveraient, mais qui se rendraient à un poste-frontière canadien pour formuler une demande d’asile, seraient très probablement renvoyés.

    En revanche, s’ils apparaissent, comme par magie au Canada, leur demande pourra être traitée. C’est la raison pour laquelle les Haïtiens, ainsi que des milliers d’autres immigrants fuyant l’hostilité croissante des Etats-Unis, ont traversé la frontière à pied, avec les risques qu’on sait. Comme l’a rappelé Manie Yanica Quetant, pour avoir une chance d’obtenir un statut légal au Canada, « vous devez enfreindre la loi - vous ne voulez pas le faire, ça vous déplaît, mais vous devez le faire ».

    Entre les mailles du filet

    Une femme dans l’assemblée a tenu à nous dire qu’avant de traverser, elle avait tenté d’entrer légalement par un poste-frontière. Comme elle avait été refoulée, l’information avait été portée à son dossier. Et à cause de cela, elle est la plus fragile du groupe d’un point de vue juridique : « Parce que j’ai été expulsée, je ne peux pas obtenir de permis de travail », nous a-t-elle dit. Une autre femme a secoué la tête : « C’est ce que tout le monde, ici, essaie d’éviter. »

    Le Canada n’a pas non plus été un modèle d’antiracisme face à cette vague d’immigration. Les suprémacistes blancs ont manifesté aux postes-frontières de Lacolle et ont déployé une banderole anti-immigration à l’extérieur du Stade olympique de Montréal, transformé pour l’occasion en abri pour les réfugiés de Trump. Et à ce jour, les Haïtiens n’ont pas connu l’élan de générosité populaire auquel ont eu droit les réfugiés syriens.

    Toutefois, beaucoup de Montréalais se sont mobilisés pour aider les Haïtiens, avec parfois une incroyable chaleur. « Nous voulons qu’ils se sentent ici chez eux », a déclaré Marjorie Villefranche en parlant de l’endroit où nous nous trouvions. La Maison d’Haïti a ouvert ses portes en 1972, lors de la précédente vague migratoire, pendant les années noires des dictatures Duvalier. L’an dernier, après des dizaines d’années passées au cœur de la vie haïtienne de Montréal, elle a déménagé - et a fêté l’événement - dans un bâtiment moderne et lumineux du quartier Saint-Michel. Derrière de grandes baies vitrées, qui donnent sur la rue, les membres de la communauté ont leur café pour se réunir et bavarder, et l’art haïtien, si plein de vitalité, orne tous les murs. Ce lieu est arrivé juste à temps pour faire face à la tempête Trump. Comme ce fut le cas après le séisme de 2010, des équipes de bénévoles aident aujourd’hui les nouveaux arrivants à remplir leurs formulaires de permis de travail temporaires. Les membres du personnel veillent, de leur côté, à inscrire les enfants à l’école, à leur fournir un uniforme et de jolis cahiers. Des cours de français sont proposés aux adultes, et des campagnes de collectes de vêtements, de meubles et de provisions en tout genre sont organisées.

    Il y a surtout la présence d’autres Haïtiens qui, pour beaucoup, profitent, à Montréal, depuis des décennies, d’une vie confortable et prospère. Un réfugié de Trump nous a expliqué : « Ils nous disent : "N’ayez pas peur. Regardez, le soleil brille pour nous aujourd’hui. Donc, demain, il brillera pour vous aussi." » Philogene Gerda, une jeune mère de trois enfants qui a passé quinze jours au Stade olympique, a déclaré qu’à la Maison « on se sent comme chez soi, en particulier dans l’espace réservé aux femmes, les vendredis soirs, quand on peut venir avec ses enfants ».

    Enfin, il y a l’action politique menée par le mouvement des droits des immigrés en vue de pousser le gouvernement Trudeau à se montrer à la hauteur de ses belles formules en faveur des réfugiés. Les roulottes chauffées à la frontière sont une aide, mais cela ne suffit pas. Des milliers de Canadiens ont réclamé par courrier que soit mis un terme à l’entente sur les tiers pays sûrs avec les Etats-Unis. D’autres campagnes sont menées afin que le traitement des demandes d’asile puisse être accéléré, et que les migrants ne soient pas, des années durant, victimes d’un vide juridique.

    A la Maison d’Haïti, le sentiment qui domine, c’est la détermination. Après avoir remonté toute la longueur des Amériques pour trouver ici un peu de tranquillité, ils n’ont, littéralement, plus d’endroit où aller, plus de fuite possible vers le nord. Comme Dieuliphète Derphin me l’a confiée : « Nous sommes arrivés. C’est la fin de la route. […]. Nous devons vivre ici. Et être protégés ici. Voilà tout. Je ne veux plus retraverser cet enfer. »

    Pour Marjorie Villefranche, cela s’impose d’autant plus depuis que le département de la Sécurité intérieure a annoncé, ce lundi 20 novembre, que 50 000 Haïtiens étaient désormais en sursis sur le territoire des Etats-Unis. « Nous attendons beaucoup de monde », m’a-t-elle dit. Mais elle espère que ceux qui prévoient de tenter une traversée à pied profiteront des vingt mois qui leur restent pour éviter l’hiver et ses dangers : « Ce n’est pas une bonne idée de traverser en hiver. C’est très dur. Quoi qu’il en soit, nous sommes prêts à les accueillir : les roulottes là-bas, et nous ici, à la Maison d’Haïti. »

    Bien sûr, tous les Haïtiens confrontés à la perte de la protection que leur assurait leur statut ne choisiront pas l’option canadienne. Il y avait eu des craintes - étant donné les menaces de John Kelly en mai - que l’annonce du 20 novembre mettrait les gens au pied du mur dès le mois de janvier.

    Les vingt mois de répit permettent d’espérer que, avant la fin du compte à rebours, au moins un des efforts déployés pour que la résidence légale permanente soit accordée porte ses fruits : par exemple, l’effort qui vise à ce que les migrants qui bénéficient du TPS depuis cinq ans ou plus obtiennent cette résidence, comme le réclame un projet de loi qui fait l’unanimité.

    Toutefois, le scénario le plus probable, c’est que des dizaines de milliers d’Haïtiens vivant et travaillant légalement aux Etats-Unis resteront sur le territoire et passeront entre les mailles du filet. Comme le souligne Patricia Elizée, une avocate de Miami, qui défend les intérêts de ressortissants haïtiens, les Haïtiens « ne monteront pas tous sur un bateau pour rentrer chez eux. Ils opteront plutôt pour le marché noir ». Beaucoup continueront à travailler - mais alors, quand ils se plaindront d’un mauvais traitement, ils se mettront aussitôt en danger d’expulsion ou d’incarcération, une opportunité pour les prisons privées pour immigrés, dont les maisons mères se sont félicitées de l’élection de Trump.

    Beaucoup d’Haïtiens n’envisagent le retour au pays qu’en dernier recours. Il est vrai, comme le souligne le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, que le tremblement de terre en Haïti a déjà sept ans, et que le TPS est censé être temporaire. Mais ce tremblement de terre n’est pas l’alpha et l’oméga de l’état de désespérance dans lequel se trouve ce pays. La reconstruction, financée par l’étranger mais médiocre et gangrenée par la corruption, a préparé le terrain pour l’épidémie de choléra, et, l’année dernière, Haïti a été frappé par l’ouragan Matthew. Lorsque l’ouragan Irma, cette année, a été à deux doigts d’inonder l’île avec des pluies diluviennes, certains insulaires ont montré les signes d’un épuisement qui pourrait bientôt devenir banal, tant les épreuves et les crises, par leur fréquence, auront le visage d’une macabre normalité.

    Outil humanitaire

    Un résident de Port-au-Prince a déclaré à un journaliste : « On est inquiets, bien sûr, mais, de toute façon, on vit déjà au milieu d’un autre ouragan : l’ouragan de la misère. […]. Ils disent que je devrais protéger ma maison en la condamnant ? Mais avec quoi ? Du bois ? Qui va payer ? Où je vais trouver l’argent pour l’acheter ? Je n’ai même pas de toit en tôle ! Si les vents se lèvent, je ne peux faire qu’une chose : espérer survivre. »

    D’un point de vue politique, les attaques de Trump contre le TPS sont assez déconcertantes. Car la population n’avait pas réclamé à cor et à cri l’expulsion des Haïtiens et des Centraméricains. Et la perte de ces travailleurs, dont le sérieux était apprécié, est une mauvaise nouvelle pour de nombreux employeurs (selon le syndicat Unite Here, Disney World emploie, à lui seul, environ 500 travailleurs haïtiens du TPS).

    En outre, tout cela risque de porter préjudice aux républicains : si les bénéficiaires haïtiens du TPS ne peuvent pas voter, beaucoup de leurs amis et de membres de leur famille peuvent le faire. Et comme ils sont nombreux à vivre en Floride - un Etat clé qui connaît aussi un afflux de Portoricains mécontents de la façon dont ils ont été traités par les républicains (et qui peuvent voter une fois installés sur le territoire) - cette dernière mesure anti-immigrés pourrait bien avoir des conséquences aux prochaines élections.

    Mais peut-être y a-t-il derrière tout ça une stratégie qui dépasse la seule question d’Haïti ou du Honduras, et qui concerne, plus largement, celle du réchauffement climatique. Car le TPS - qui fait de la « catastrophe environnementale » l’une des principales justifications de l’inscription d’un pays à ce programme - est actuellement l’outil le plus important dont dispose le gouvernement américain pour apporter un minimum d’aide aux innombrables personnes qui, dans le monde entier, sont déplacées en raison des crises liées au changement climatique et qui seront bientôt beaucoup plus nombreuses. Il n’est donc pas étonnant que l’entourage politique de Trump fasse tout ce qui est en son pouvoir pour s’en débarrasser.

    Sur les dix pays actuellement couverts par le TPS, les catastrophes environnementales sont dites « cause principale » ou « facteur contributif majeur » dans sept d’entre eux.

    A l’origine, ce programme était censé apporter une réponse, non pas au changement climatique, mais au déplacement des populations des pays en proie à la guerre civile. Mais à mesure que la planète s’est réchauffée, il est devenu le principal levier utilisé par les Etats-Unis pour aider les victimes des catastrophes naturelles en leur accordant des droits limités sur le sol américain. Et de fait, l’une des seules actions que les gouvernements des pays sinistrés peuvent entreprendre à l’issue d’une tempête ou d’une sécheresse dévastatrice est de faire pression pour que leurs citoyens soient couverts par le TPS - ou, dans d’autres pays riches, par des programmes analogues.

    Jane McAdam, directrice du Centre Kaldor pour le droit international des réfugiés à l’université de Nouvelle-Galles du Sud, m’a dit que le TPS, quels que soient les problèmes qu’il pose, est « le mécanisme le plus efficace, voire le seul existant », dans le cadre de la législation américaine, pour accueillir les réfugiés climatiques : « Il offre au moins une sorte de protection temporaire. » C’est pourquoi, un certain nombre de spécialistes pensent qu’avec l’accélération du changement climatique, le TPS se révélera de plus en plus important.

    Bien sûr, toutes les catastrophes inscrites au registre du TPS ne sont pas liées au changement climatique (les tremblements de terre en Haïti et au Népal). Mais d’autres catastrophes retenues comme donnant lieu à une inscription - ouragans, grandes inondations, sécheresses - sont précisément des phénomènes météorologiques extrêmes qui deviennent de plus en plus fréquents et dévastateurs à mesure que la planète se réchauffe.

    Le Honduras et le Nicaragua, tous deux visés par l’administration Trump, ont reçu pour la première fois la protection du TPS après le passage de l’ouragan Mitch. La Somalie, à l’origine incluse dans le TPS en raison d’un conflit armé, a vu son statut prolongé sous la présidence Obama, au motif notamment d’une « grande inondation » et d’une « intense sécheresse » ayant des conséquences sanitaires sur l’eau et la nourriture. De même, le Yémen, d’abord inclus au programme pour cause de guerre, s’est vu récemment renouveler son statut après que des cyclones et des fortes pluies ont causé « pertes en vies humaines, blessés, inondation, coulées de boue, dommages aux infrastructures, pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant ».

    Accorder à certains migrants originaires de ces pays le droit de vivre et de travailler aux Etats-Unis est une manière de reconnaître les droits fondamentaux de ceux qui, vivant dans des régions touchées par de soudaines crises environnementales, cherchent à vivre en sécurité.

    En tant qu’outil humanitaire, le TPS est terriblement limité pour faire face aux catastrophes en série qui caractérisent notre époque. Même pour le nombre relativement restreint de personnes qui répondent aux exigences strictes de ce programme, il ne produit rien de moins qu’une insécurité permanente. Les bénéficiaires doivent renouveler leur statut tous les six à dix-huit mois, en payant chaque fois environ 500 dollars, et le TPS est temporaire par définition.

    Il est aussi arbitraire : de nombreux pays frappés par des catastrophes majeures n’ont pas pu bénéficier du programme. Pis encore, celui-ci est uniquement conçu pour faire face à des catastrophes soudaines et de grande ampleur ; les effets climatiques les plus lents, comme la désertification, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion des terres, sont plus difficiles à prendre en compte. Mais ce n’est pas tout : comme le souligne Koko Warner, une experte des migrations environnementales de l’université des Nations unies,« il est toujours supposé [avec le TPS] que les gens pourront retourner dans leur pays d’origine » une fois la catastrophe passée. Une telle hypothèse ne tient plus à une époque où les nations insulaires et les côtes sont clairement menacées de submersion.

    L’hostilité de Trump, malgré toutes ces mises en garde, s’explique aisément : en dehors des mesures discrétionnaires, il n’existe rien d’autre que le TPS pour les migrants climatiques qui ont échoué sur le territoire des Etats-Unis. La convention de 1951, relative au statut des réfugiés, n’inclut ni les catastrophes environnementales ni les changements climatiques dans les conditions d’obtention du statut de réfugié. Ce qui compte, c’est le risque de persécution.

    Ce vide béant du droit international est dénoncé par les gouvernements chaque fois qu’ils se réunissent pour s’attaquer aux défis croisés du dérèglement climatique. Ce fut encore le cas, très récemment, à Bonn, en Allemagne, à la conférence sur le climat (COP 23) organisée par les Nations unies du 6 au17 novembre. Beaucoup ont soutenu que la convention de 1951 devait être modifiée. Mais est-ce seulement la bonne solution ? A un moment où les gouvernements de tant de pays riches sont en train de renforcer le contrôle aux frontières, élargir l’accès de cette convention aux réfugiés climatiques pourrait non seulement échouer, mais aussi donner lieu à un accord nettement moins favorable aux migrants que celui qui existe déjà.

    Donc le TPS est tout ce qui reste. Pourtant, quand l’administration Trump tire à boulets rouges sur le programme (en visant les Centraméricains, les Haïtiens, les Soudanais, et sans doute d’autres populations à venir), cela signifie que même ce faible outil est menacé. Et cette manœuvre s’inscrit dans un ensemble d’actions qui, simultanément, aggravent la crise climatique (en répondant favorablement aux souhaits les plus fous de l’industrie des combustibles fossiles), tout en éliminant les programmes conçus pour y faire face.

    America First

    En bref, il ne s’agit pas seulement de l’aversion de Trump pour les immigrés non blancs (bien qu’il soit aussi question de cela) : on assiste, vraisemblablement, à une forme particulièrement brutale d’adaptation au changement climatique. La logique en est assez simple : l’état-major de Trump sait très bien que les demandes de protection vont se multiplier dans les années à venir - il suffit de regarder l’ampleur inégalée des catastrophes qui ont eu lieu cet été, des inondations en Asie du Sud-Est et au Nigeria, jusqu’à l’exode qu’a connu Porto Rico, en passant par l’évacuation totale de Barbuda. Qu’ils nient publiquement la science ou non, les généraux qui entourent Trump sont conscients que les déplacements de population seront beaucoup plus nombreux à l’avenir. Si une catastrophe naturelle - comme le terrible tremblement de terre d’Haïti ou les ouragans qui ont suivi - provoque un élan de compassion hors normes, pourquoi pas la prochaine ? Et la suivante ? Du point de vue de l’« America First » de l’administration Trump, le TPS, en tant que précédent juridique, est tout simplement trop dangereux.

    Alors qu’il est le seul programme d’immigration aux Etats-Unis donnant des droits aux migrants en cas de catastrophes environnementales, le TPS - par le sort qui l’attend - devrait être considéré comme un test grandeur nature permettant de voir comment le pays le plus riche du monde, et le plus grand émetteur de gaz à effet de serre, entend gérer les prochaines vagues de réfugiés climatiques. Jusqu’à ce jour, le message est clair : « Retournez dans l’enfer que nous avons créé ».
    Naomi KLEIN Journaliste, essayiste et réalisatrice canadienne

    Pendant que je lisais ce long article je me disais mais il est vraiment bien écrit et précis cet article. Et arrivée à la fin j’ai vu qu’il était écrit par Naomi Klein !
    #immigration #états_unis #canada #haiti #TPS #québec #trump