region:amérique latine

  • O sussuro do jaguar
    https://www.nova-cinema.org/prog/2018/169-pink-screens/cloture/article/o-sussuro-do-jaguar

    Simon(e) Jaikiriuma Paetau & Thaïs Guisasola, 2017, DE-BR-CO, video, VO PT ST FR ANG, 79’

    Au milieu d’un champ, un·e artiste activiste se pénètre avec un épi de maïs transgénique. Mais la mort rôde. Ana, sœur de l’artiste, part sur ses traces, pour un voyage à travers la forêt amazonienne. Un voyage qui se transforme en une quête spirituelle. Sur son chemin, des rencontres bienveillantes et renforçantes, sexuelles parfois, rythmées par les apparitions de son frère/sœur, révélant l’histoire inévitable du colonialisme, de la modernisation et de la situation politique actuelle au Brésil et en Amérique latine. Un film incontournable de notre focus « Brasil ! ».

    samedi 17 novembre 2018 à (...)


  • Bernie Sanders lance un appel salutaire. (discours intégralement traduit) – Alp’ternatives
    https://alpternatives.org/2018/11/04/bernie-sanders-lance-un-appel-salutaire-discours-integralement-tradui

    Il ne fait actuellement aucun doute que Donald Trump et le mouvement d’extrême droite qui le soutient ne concernent pas seulement les Etats Unis. Dans le monde entier, en Europe, en Russie, au Moyen Orient, en Asie, en Amérique Latine, des mouvements menés par des démagogues exploitent les peurs, les préjugés et les revendications des peuples pour accéder au pouvoir et s’y maintenir.


  • « Lula, le prisonnier politique le plus important au monde » | Textes à l’appui | Là-bas si j’y suis
    https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/noam-chomsky-j-ai-rencontre-lula-le-prisonnier-politique-le-plus-important-a

    Fin septembre, accompagné de sa femme, Noam CHOMSKY (89 ans) est venu à la prison de Curitiba, capitale du Paraná, pour rendre visite à LULA, ancien président du Brésil. Alors qu’il était donné largement favori pour les élections, LULA a été condamné à une peine de 12 ans de prison pour corruption. Une peine qu’il conteste tout comme une grande partie des Brésiliens. Pour CHOMSKY, LULA est avant tout un prisonnier politique. Il dit pourquoi dans un article publié sur THE INTERCEPT. Nous vous en proposons une traduction :

    « Ma femme Valeria et moi, nous venons de rendre visite à celui qui est sans doute le prisonnier politique le plus important de notre époque, d’une importance sans équivalent dans la politique internationale contemporaine. Ce prisonnier, c’est Luiz Inácio Lula da Silva – plus connu dans le monde sous le nom de « Lula » – condamné à la prison à vie et à l’isolement, sans accès à la presse et avec des visites limitées à un jour par semaine.

    Le lendemain de notre visite, au nom de la liberté de la presse, un juge a autorisé le plus grand journal du pays, Folha de S. Paulo, à interviewer Lula. Mais un autre juge est aussitôt intervenu pour annuler cette décision, alors que les criminels les plus violents du pays – les chefs de milice et les trafiquants de drogue – sont régulièrement interviewés depuis leurs prisons. Pour le pouvoir brésilien, emprisonner Lula ne suffit pas : ils veulent s’assurer que la population, à la veille des élections, n’entende plus parler de lui. Ils semblent prêts à employer tous les moyens pour atteindre cet objectif.

    Le juge qui a annulé la permission n’innovait pas. Avant lui, il y a eu le procureur qui a condamné Antonio Gramsci pendant le gouvernement fasciste de Mussolini en 1926, et qui déclarait : « nous devons empêcher son cerveau de fonctionner pendant 20 ans. »

    Nous avons été rassurés, mais pas surpris, de constater qu’en dépit des conditions de détention éprouvantes et des erreurs judiciaires scandaleuses, Lula reste un homme très énergique, optimiste quant à l’avenir et plein d’idées pour faire dévier le Brésil de sa trajectoire désastreuse actuelle.

    Il y a toujours des prétextes pour justifier un emprisonnement – parfois valables, parfois pas – mais il est souvent utile d’en déterminer les causes réelles. C’est le cas en l’espèce. L’accusation principale portée contre Lula est basée sur les dépositions d’hommes d’affaires condamnés pour corruption dans le cadre d’un plaider-coupable. On aurait offert à Lula un appartement dans lequel il n’a jamais vécu.

    Le crime présumé est parfaitement minime au regard des standards de corruptions brésiliens – et il y a à dire sur ce sujet, sur lequel je reviendrai. La peine est tellement disproportionnée par rapport au crime supposé qu’il est légitime d’en chercher les vraies raisons. Il n’est pas difficile d’en trouver. Le Brésil fait face à des élections d’une importance cruciale pour son avenir. Lula est de loin le candidat le plus populaire et remporterait facilement une élection équitable, ce qui n’est pas pour plaire à la ploutocratie.

    Bien qu’il ait mené pendant son mandat des politiques conçues pour s’adapter aux préoccupations de la finance nationale et internationale, Lula reste méprisé par les élites, en partie sans doute à cause de ses politiques sociales et des prestations pour les défavorisés – même si d’autres facteurs semblent jouer un rôle : avant tout, la simple haine de classe. Comment un travailleur pauvre, qui n’a pas fait d’études supérieures, et qui ne parle même pas un portugais correct peut-il être autorisé à diriger notre pays ?

    Alors qu’il était au pouvoir, Lula était toléré par les puissances occidentales, malgré quelques réserves. Mais son succès dans la propulsion du Brésil au centre de la scène mondiale n’a pas soulevé l’enthousiasme. Avec son ministre des Affaires étrangères Celso Amorim, ils commençaient à réaliser les prédictions d’il y a un siècle selon lesquelles le Brésil allait devenir « le colosse du Sud ». Ainsi, certaines de leurs initiatives ont été sévèrement condamnées, notamment les mesures qu’ils ont prises en 2010, en coordination avec la Turquie, pour résoudre le conflit au sujet du programme nucléaire iranien, contre la volonté affirmée des États-Unis de diriger l’événement. Plus généralement, le rôle de premier plan joué par le Brésil dans la promotion de puissances non alignées sur les Occidentaux, en Amérique latine et au-delà, n’a pas été bien reçu par ceux qui ont l’habitude de dominer le monde.

    Lula étant interdit de participer à l’élection, il y a un grand risque pour que le favori de la droite, Jair Bolsonaro, soit élu à la présidence et accentue la politique durement réactionnaire du président Michel Temer, qui a remplacé Dilma Rousseff après qu’elle a été destituée pour des motifs ridicules, au cours du précédent épisode du « coup d’État en douceur » en train de se jouer dans le plus important pays d’Amérique Latine.

    Bolsonaro se présente comme un autoritaire dur et brutal et comme un admirateur de la dictature militaire, qui va rétablir « l’ordre ». Une partie de son succès vient de ce qu’il se fait passer pour un homme nouveau qui démantèlera l’establishment politique corrompu, que de nombreux Brésiliens méprisent pour de bonnes raisons. Une situation locale comparable aux réactions vues partout dans le monde contre les dégâts provoqués par l’offensive néolibérale de la vieille génération.

    Bolsonaro affirme qu’il ne connaît rien à l’économie, laissant ce domaine à l’économiste Paulo Guedes, un ultralibéral, produit de l’École de Chicago. Guedes est clair et explicite sur sa solution aux problèmes du Brésil : « tout privatiser », soit l’ensemble de l’infrastructure nationale, afin de rembourser la dette des prédateurs qui saignent à blanc le pays. Littéralement tout privatiser, de façon à être bien certain que le pays périclite complètement et devienne le jouet des institutions financières dominantes et de la classe la plus fortunée. Guedes a travaillé pendant un certain temps au Chili sous la dictature de Pinochet, il est donc peut-être utile de rappeler les résultats de la première expérience de ce néolibéralisme de Chicago.

    L’expérience, initiée après le coup d’État militaire de 1973 qui avait préparé le terrain par la terreur et la torture, s’est déroulée dans des conditions quasi optimales. Il ne pouvait y avoir de dissidence – la Villa Grimaldi et ses équivalents s’en sont bien occupés. L’expérimentation était supervisée par les superstars de l’économie de Chicago. Elle a bénéficié d’un énorme soutien de la part des États-Unis, du monde des affaires et des institutions financières internationales. Et les planificateurs économiques ont eu la sagesse de ne pas interférer dans les affaires de l’entreprise Codelco, la plus grande société minière de cuivre au monde, une entreprise publique hautement efficace, qui a ainsi pu fournir une base solide à l’économie de Pinochet.

    Pendant quelques années, cette expérience fut largement saluée ; puis le silence s’est installé. Malgré les conditions presque parfaites, en 1982, les « Chicago boys » avaient réussi à faire s’effondrer l’économie. L’État a dû en reprendre en charge une grande partie, plus encore que pendant les années Allende. Des plaisantins ont appelé ça « la route de Chicago vers le socialisme ». L’économie, en grande partie remise aux mains des dirigeants antérieurs, a réémergé, non sans séquelles persistantes de la catastrophe dans les systèmes éducatifs, sociaux, et ailleurs.

    Pour en revenir aux préconisations de Bolsonaro-Guedes pour fragiliser le Brésil, il est important de garder à l’esprit la puissance écrasante de la finance dans l’économie politique brésilienne. L’économiste brésilien Ladislau Dowbor rapporte, dans son ouvrage A era do capital improdutivo (« Une ère de capital improductif »), que lorsque l’économie brésilienne est entrée en récession en 2014, les grandes banques ont accru leurs profits de 25 à 30 %, « une dynamique dans laquelle plus les banques font des bénéfices, plus l’économie stagne » puisque « les intermédiaires financiers n’alimentent pas la production, ils la ponctionnent ».

    En outre, poursuit M. Dowbor, « après 2014, le PIB a fortement chuté alors que les intérêts et les bénéfices des intermédiaires financiers ont augmenté de 20 à 30 % par an », une caractéristique structurelle d’un système financier qui « ne sert pas l’économie, mais est servi par elle. Il s’agit d’une productivité nette négative. La machine financière vit aux dépens de l’économie réelle. »

    Le phénomène est mondial. Joseph Stiglitz résume la situation simplement : « alors qu’auparavant la finance était un mécanisme permettant d’injecter de l’argent dans les entreprises, aujourd’hui elle fonctionne pour en retirer de l’argent ». C’est l’un des profonds renversements de la politique socio-économique dont est responsable l’assaut néolibéral ; il est également responsable de la forte concentration de la richesse entre les mains d’un petit nombre alors que la majorité stagne, de la diminution des prestations sociales, et de l’affaiblissement de la démocratie, fragilisée par les institutions financières prédatrices. Il y a là les principales sources du ressentiment, de la colère et du mépris à l’égard des institutions gouvernementales qui balayent une grande partie du monde, et souvent appelé – à tort – « populisme ».

    C’est l’avenir programmé par la ploutocratie et ses candidats. Un avenir qui serait compromis par un nouveau mandat à la présidence de Lula. Il répondait certes aux exigences des institutions financières et du monde des affaires en général, mais pas suffisamment pour notre époque de capitalisme sauvage.

    On pourrait s’attarder un instant sur ce qui s’est passé au Brésil pendant les années Lula – « la décennie d’or », selon les termes de la Banque mondiale en mai 2016 [1]. Au cours de ces années, l’étude de la banque rapporte :

    « Les progrès socio-économiques du Brésil ont été remarquables et mondialement reconnus. À partir de 2003 [début du mandat de Lula], le pays est reconnu pour son succès dans la réduction de la pauvreté et des inégalités et pour sa capacité à créer des emplois. Des politiques novatrices et efficaces visant à réduire la pauvreté et à assurer l’intégration de groupes qui auparavant étaient exclus ont sorti des millions de personnes de la pauvreté. »

    Et plus encore :

    « Le Brésil a également assumé des responsabilités mondiales. Il a réussi à poursuivre sa prospérité économique tout en protégeant son patrimoine naturel unique. Le Brésil est devenu l’un des plus importants donateurs émergents, avec des engagements importants, en particulier en Afrique subsaharienne, et un acteur majeur dans les négociations internationales sur le climat. La trajectoire de développement du Brésil au cours de la dernière décennie a montré qu’une croissance fondée sur une prospérité partagée, mais équilibrée dans le respect de l’environnement, est possible. Les Brésiliens sont fiers, à juste titre, de ces réalisations saluées sur la scène internationale. »

    Du moins certains Brésiliens, pas ceux qui détiennent le pouvoir économique.

    Le rapport de la Banque mondiale rejette le point de vue répandu selon lequel les progrès substantiels étaient « une illusion, créée par le boom des produits de base, mais insoutenable dans l’environnement international actuel, moins clément ». La Banque mondiale répond à cette affirmation par un « non » ferme et catégorique : « il n’y a aucune raison pour que ces gains socio-économiques récents soient effacés ; en réalité, ils pourraient bien être amplifiés avec de bonnes politiques. »

    Les bonnes politiques devraient comprendre des réformes radicales du cadre institutionnel hérité de la présidence Cardoso, qui a été maintenu pendant les années Lula-Dilma, satisfaisant ainsi les exigences de la communauté financière, notamment une faible imposition des riches et des taux d’intérêt exorbitants, ce qui a conduit à l’augmentation de grandes fortunes pour quelques-uns, tout en attirant les capitaux vers la finance au détriment des investissements productifs. La ploutocratie et le monopole médiatique accusent les politiques sociales d’assécher l’économie, mais dans les faits, les études économiques montrent que l’effet multiplicateur de l’aide financière aux pauvres a stimulé l’économie alors que ce sont les revenus financiers produits par les taux d’intérêt usuraires et autres cadeaux à la finance qui ont provoqué la véritable crise de 2013 – une crise que « les bonnes politiques » auraient permis de surmonter.

    L’éminent économiste brésilien Luiz Carlos Bresser-Pereira, ancien ministre des Finances, décrit succinctement le déterminant majeur de la crise en cours : « il n’y a pas de raison économique » pour justifier le blocage des dépenses publiques tout en maintenant les taux d’intérêt à un niveau élevé ; « la cause fondamentale des taux élevés au Brésil, c’est le fait des prêteurs et des financiers » avec ses conséquences dramatiques, appuyé par le corps législatif (élu avec le soutien financier des entreprises) et le monopole des médias qui relaient essentiellement la voix des intérêts privés.

    Dowbor montre que tout au long de l’histoire moderne du Brésil, les remises en question du cadre institutionnel ont conduit à des coups d’État, « à commencer par le renvoi et le suicide de Vargas [en 1954] et le putsch de 1964 » (fermement soutenu par Washington). Il y a de bonnes raisons de penser que la même chose s’est produite pendant le « coup d’État en douceur » en cours depuis 2013. Cette campagne des élites traditionnelles, aujourd’hui concentrées dans le secteur financier et servie par des médias qu’ils possèdent, a connu une accélération en 2013, lorsque Dilma Rousseff a cherché à ramener les taux d’intérêt extravagants à un niveau raisonnable, menaçant ainsi de tarir le torrent d’argent facile dont profitait la minorité qui pouvait se permettre de jouer sur les marchés financiers.

    La campagne actuelle visant à préserver le cadre institutionnel et à revenir sur les acquis de « la décennie glorieuse » exploite la corruption à laquelle le Parti des travailleurs de Lula, le PT, a participé. La corruption est bien réelle, et grave, même si le fait de diaboliser le PT est une pure instrumentalisation, en regard des écarts de conduite de ses accusateurs. Et comme nous l’avons déjà mentionné, les accusations portées contre Lula, même si l’on devait lui en reconnaître les torts, ne peuvent être prises au sérieux pour justifier la peine qui lui a été infligée dans le but de l’exclure du système politique. Tout cela fait de lui l’un des prisonniers politiques les plus importants de la période actuelle.

    La réaction récurrente des élites face aux menaces qui pèsent sur le cadre institutionnel de l’économie sociopolitique au Brésil trouve son équivalent dans la riposte internationale contre les remises en cause, par le monde en développement, du système néocolonial hérité de siècles de dévastations impérialistes occidentales. Dans les années 1950, dans les premiers jours de la décolonisation, le mouvement des pays non-alignés a cherché à faire son entrée dans les affaires mondiales. Il a été rapidement remis à sa place par les puissances occidentales. En témoigne dramatiquement l’assassinat du leader congolais, très prometteur, Patrice Lumumba, par les dirigeants historiques belges (devançant la CIA). Ce crime et les violences qui ont suivi ont mis fin aux espoirs de ce qui devrait être l’un des pays les plus riches du monde, mais qui reste « l’horreur ! l’horreur ! » avec la collaboration des tortionnaires historiques de l’Afrique.

    Néanmoins, les voix gênantes des victimes historiques ne cessaient de s’élever. Dans les années 1960 et 1970, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, avec le concours important d’économistes brésiliens, a présenté des plans pour un Nouvel Ordre Économique International, dans lequel les préoccupations des « sociétés en développement » – la grande majorité de la population mondiale – auraient été examinées. Une initiative rapidement écrasée par la régression néolibérale.

    Quelques années plus tard, au sein de l’UNESCO, les pays du Sud ont appelé à un nouvel ordre international de l’information qui ouvrirait le système mondial des médias et de la communication à des acteurs extérieurs au monopole occidental. Cette initiative a déchaîné une riposte extrêmement violente qui a traversé tout le spectre politique, avec des mensonges éhontés et des accusations ridicules, et qui finalement a entraîné le retrait du président américain Ronald Reagan, sous de faux prétextes, de l’UNESCO. Tout cela a été dévoilé dans une étude accablante (donc peu lue) des spécialistes des médias William Preston, Edward S. Herman et Herbert Schiller [2].

    L’étude menée en 1993 par le South Centre, qui montrait que l’hémorragie de capitaux depuis les pays pauvres vers les pays riches s’était accompagnée d’exportations de capitaux vers le FMI et la Banque mondiale, qui sont désormais « bénéficiaires nets des ressources des pays en développement », a également été soigneusement passée sous silence. De même que la déclaration du premier sommet du Sud, qui avait rassemblé 133 États en 2000, en réponse à l’enthousiasme de l’Occident pour sa nouvelle doctrine d’« intervention humanitaire ». Aux yeux des pays du Sud, « le soi-disant droit d’intervention humanitaire » est une nouvelle forme d’impérialisme, « qui n’a aucun fondement juridique dans la Charte des Nations unies ni dans les principes généraux du droit international ».

    Sans surprise, les puissants n’apprécient guère les remises en cause, et disposent de nombreux moyens pour y répliquer ou pour les réduire au silence.

    Il y aurait beaucoup à dire sur la corruption endémique de la politique latino-américaine, souvent solennellement condamnée par l’Occident. Il est vrai, c’est un fléau, qui ne devrait pas être toléré. Mais elle n’est pas limitée aux « pays en voie de développement ». Par exemple, ce n’est pas une petite aberration que dans nos pays, les gigantesques banques reçoivent des amendes de dizaines de milliards de dollars (JPMorgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Deutsche Bank, Citigroup) à l’issue d’accords négociés à l’amiable, mais que personne ne soit légalement coupable de ces activités criminelles, qui détruisent pourtant des millions de vies. Remarquant que « les multinationales américaines avaient de plus en plus de difficultés à ne pas basculer dans l’illégalité », l’hebdomadaire londonien The Economist du 30 août 2014 rapportait que 2 163 condamnations d’entreprise avaient été comptabilisées entre 2000 et 2014 – et ces multinationales sont nombreuses à Londres et sur le continent européen [3].

    La corruption couvre tout un registre, depuis les énormités qu’on vient de voir jusqu’aux plus petites mesquineries. Le vol des salaires, une épidémie aux États-Unis, en donne un exemple particulièrement ordinaire et instructif. On estime que les deux tiers des travailleurs à bas salaire sont volés sur leur rémunération chaque semaine, tandis que les trois quarts se voient voler tout ou partie de leur rémunération pour les heures supplémentaires. Les sommes ainsi volées chaque année sur les salaires des employés excèdent la somme des vols commis dans les banques, les stations-service et les commerces de proximité. Et pourtant, presque aucune action coercitive n’est engagée sur ce point. Le maintien de cette impunité revêt une importance cruciale pour le monde des affaires, à tel point qu’il est une des priorités du principal lobby entrepreneurial, le American Legislative Exchange Council (ALEC), qui bénéficie des largesses financières des entreprises.

    La tâche principale de l’ALEC est d’élaborer un cadre législatif pour les États. Un but facile puisque, d’une part, les législateurs sont financés par les entreprises et, d’autre part, les médias s’intéressent peu au sujet. Des programmes méthodiques et intenses soutenus par l’ALEC sont donc capables de faire évoluer les contours de la politique d’un pays, sans préavis, ce qui constitue une attaque souterraine contre la démocratie mais avec des effets importants. Et l’une de leurs initiatives législatives consiste à faire en sorte que les vols de salaires ne soient pas soumis à des contrôles ni à l’application de la loi.

    Mais la corruption, qui est un crime, qu’elle soit massive ou minime, n’est que la partie émergée de l’iceberg. La corruption la plus grave est légale. Par exemple, le recours aux paradis fiscaux draine environ un quart, voire davantage, des 80 000 milliards de dollars de l’économie mondiale, créant un système économique indépendant exempt de surveillance et de réglementation, un refuge pour toutes sortes d’activités criminelles, ainsi que pour les impôts qu’on ne veut pas payer. Il n’est pas non plus techniquement illégal pour Amazon, qui vient de devenir la deuxième société à dépasser les 1 000 milliards de dollars de valeur, de bénéficier d’allègements fiscaux sur les ventes. Ou que l’entreprise utilise environ 2 % de l’électricité américaine à des tarifs très préférentiels, conformément à « une longue tradition américaine de transfert des coûts depuis les entreprises vers les plus démunis, qui consacrent déjà aux factures des services publics, en proportion de leurs revenus, environ trois fois plus que ne le font les ménages aisés », comme le rapporte la presse économique [4].

    Il y a une liste infinie d’autres exemples.

    Un autre exemple important, c’est l’achat des voix lors des élections, un sujet qui a été étudié en profondeur, en particulier par le politologue Thomas Ferguson. Ses recherches, ainsi que celles de ses collègues, ont montré que l’éligibilité du Congrès et de l’exécutif est prévisible avec une précision remarquable à partir de la variable unique des dépenses électorales, une tendance très forte qui remonte loin dans l’histoire politique américaine et qui s’étend jusqu’aux élections de 2016 [5]. La corruption latino-américaine est considérée comme un fléau, alors que la transformation de la démocratie formelle en un instrument entre les mains de la fortune privée est parfaitement légale.

    Bien sûr, ce n’est pas que l’interférence dans les élections ne soit plus à l’ordre du jour. Au contraire, l’ingérence présumée de la Russie dans les élections de 2016 est un sujet majeur de l’époque, un sujet d’enquêtes acharnées et de commentaires endiablés. En revanche, le rôle écrasant du monde de l’entreprise et des fortunes privées dans la corruption des élections de 2016, selon une tradition qui remonte à plus d’un siècle, est à peine reconnu. Après tout, il est parfaitement légal, il est même approuvé et renforcé par les décisions de la Cour suprême la plus réactionnaire de mémoire d’homme.

    L’achat d’élections n’est pas la pire des interventions des entreprises dans la démocratie américaine immaculée, souillée par les hackers russes (avec des résultats indétectables). Les dépenses de campagne atteignent des sommets, mais elles sont éclipsées par le lobbying, qui représenterait environ 10 fois ces dépenses – un fléau qui s’est rapidement aggravé dès les premiers jours de la régression néolibérale. Ses effets sur la législation sont considérables, le lobbyiste allant jusqu’à la rédaction littérale des lois, alors que le parlementaire – qui signe le projet de loi – est quelque part ailleurs, occupé à collecter des fonds pour la prochaine campagne électorale.

    La corruption est effectivement un fléau au Brésil et en Amérique latine en général, mais ils restent des petits joueurs.

    Tout cela nous ramène à la prison, où l’un des prisonniers politiques les plus importants de la période est maintenu en isolement pour que le « coup d’État en douceur » au Brésil puisse se poursuivre, avec des conséquences certaines qui seront sévères pour la société brésilienne, et pour le monde entier, étant donné le rôle potentiel du Brésil.

    Tout cela peut continuer, à une condition, que ce qui se passe continue d’être toléré. »

    Noam Chomsky


  • Trump impose des sanctions économiques contre le Vénézuela
    https://www.latribune.fr/economie/international/trump-impose-des-sanctions-economiques-contre-le-venezuela-796130.html

    Les Etats-Unis ont instauré jeudi de nouvelles sanctions contre le Venezuela, visant notamment ses exportations d’or, a annoncé le conseiller de la présidence à la Sécurité nationale, John Bolton.
    La Maison Blanche a imposé jeudi de nouvelles « dures » sanctions contre le Venezuela, accusé de faire partie, avec Cuba et le Nicaragua, d’une « troïka de la tyrannie » en Amérique latine.

    Ces sanctions visent notamment le secteur de l’or, et les mesures punitives contre La Havane sont également renforcées, a annoncé John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, selon le texte d’un discours prononcé à Miami. Il s’en est pris à « ce triangle de la terreur qui va de La Havane à Caracas et à Managua » et à ses trois « tyrans qui pensent être des hommes forts et des révolutionnaires » mais qui ne sont en fait que « des figures clownesques et pitoyables ».

    « La troïka de la tyrannie sur ce continent ne durera pas éternellement. Comme tous les régimes et les idéologies oppressifs, elle est vouée à disparaître », a-t-il insisté, conseillant aux dirigeants vénézuélien Nicolas Maduro, cubain Miguel Diaz-Canel et nicaraguayen Daniel Ortega de « craindre le pouvoir vertueux » de leurs peuples.


  • « Il a les moyens de ses réformes »
    https://www.cetri.be/Il-a-les-moyens-de-ses-reformes

    Candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro a emporté haut la main l’élection présidentielle. Désormais, il peut mettre sur pied un programme jugé ultralibéral. Une défaite pour les idées de gauche en Amérique latine

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Le_regard_du_CETRI, #Brésil, #Election, La Liberté

    #La_Liberté
    https://www.cetri.be/IMG/pdf/p002-fait_du_jour-2.pdf
    https://www.cetri.be/IMG/pdf/p003-fait_du_jour-4.pdf


  • Les dilemmes moraux de l’humanité à l’épreuve de la voiture autonome
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/10/24/les-dilemmes-moraux-de-l-humanite-a-l-epreuve-de-la-voiture-autonome_5374081

    Une étude révèle les préférences de 2,5 millions de personnes contraintes de choisir les victimes d’un accident.

    Peut-on tuer un vieillard pour sauver un enfant ? Toute vie humaine a-t-elle au contraire la même valeur, sans considération d’âge, de genre ou d’état de santé ?

    Ces questions, médecins, assureurs et militaires se les posent depuis longtemps. « Mais jamais dans l’histoire de l’humanité avons-nous autorisé une machine à décider seule qui doit vivre et qui doit mourir, sans supervision humaine, en temps réel. Nous allons franchir cette barrière prochainement, pas sur un lointain champ de bataille, mais dans un des aspects les plus banals de notre vie, le transport quotidien. »

    L’équipe de scientifiques français et américains qui lance cette prophétie vise la voiture autonome, future vedette de l’automobile. Dans la revue Nature du jeudi 25 octobre, ces psychologues, anthropologues et spécialistes de l’intelligence artificielle (IA) poursuivent : « Avant d’autoriser nos voitures à prendre des décisions éthiques, il importe que nous ayons une conversation globale pour exprimer nos préférences aux entreprises qui concevront les algorithmes moraux et aux responsables politiques qui vont les réguler. »

    Les chercheurs avaient déjà ouvert cette grande discussion en 2016 dans la revue Science. Les personnes alors interrogées se prononçaient massivement en faveur d’algorithmes sauvant le maximum de vies. Leur position fléchissait toutefois si eux-mêmes ou un membre de leur famille se trouvait impliqué. L’échantillon qui avait été interrogé rassemblait un peu moins de 2 000 personnes.

    « Sauver les enfants »

    L’article de Nature rend compte d’une entreprise d’une tout autre ampleur. Plus de 2,5 millions de personnes venues de quelque 230 pays ou territoires ont cette fois livré leur choix. Pour recueillir une telle masse d’informations, Edmond Awad et Iyad Rahwan du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Azim Shariff de l’université de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) et Jean-François Bonnefon, de l’Ecole d’économie de Toulouse, ont conçu un site Internet.

    Ils n’y posent pas de simples questions – rapidement vertigineuses – mais placent le participant devant des scénarios. Par exemple, les freins d’une voiture autonome lâchent. A bord, une femme et un enfant. Sur la route, trois personnes âgées traversent au rouge. Faut-il continuer tout droit et écraser les passants ou braquer et tuer les passagers ? Et si un chien s’invite sur la banquette ? Ou si l’on remplace les vieillards par un sans-abri et une femme enceinte ? L’aspect ludique de l’expérience et des relais influents de la planète numérique (YouTube, Reddit) ont assuré le succès de l’opération.

    Les quelque 40 millions de décisions prises par les internautes entre juin 2016 et janvier 2018 livrent de nombreux enseignements. « Sans surprise, trois positions se détachent : épargner le plus grand nombre, privilégier les humains sur les animaux et sauver les enfants », indique Jean-François Bonnefon.

    Sans surprise, mais pas sans poser question. En 2017, une commission d’éthique allemande sur les véhicules automatiques a émis les seules recommandations disponibles sur le sujet. Elle exclut toute préférence basée sur les caractéristiques personnelles, notamment l’âge… « L’opinion n’a pas forcément raison, poursuit le psychologue toulousain. Mais si un gouvernement décide d’imposer un autre choix, il doit être prêt à le défendre, notamment le jour où un enfant sera écrasé. »

    Préférences différentes selon les pays

    Au-delà de ces trois critères communs, six autres facteurs ont été examinés dans l’étude. Le statut social et le respect de la loi comptent : pour être sauvé, mieux vaut être socialement inséré et respecter les feux que sans-abri et traverser n’importe où. De même, mais de manière moins sensible, la probabilité d’être percuté augmente si l’on est obèse et baisse si l’on est une femme. Autant de positions peu sensibles aux variations individuelles.

    Les personnes sondées avaient la possibilité d’indiquer leur profil, ce que 492 921 personnes ont fait. Il apparaît que l’âge, l’éducation, le sexe, les revenus, la religion ou encore les opinions politiques n’expliquent pas leurs choix moraux.

    En revanche, l’origine géographique pèse de façon importante. Les scientifiques ont en effet dressé les profils des 130 pays pour lesquels plus de 100 personnes avaient répondu. Trois groupes émergent. Le premier (Ouest) rassemble l’essentiel des pays occidentaux – mais pas la France – et tout le Commonwealth. Le second (Est) réunit l’Asie et une partie des nations de culture islamique. Enfin le troisième, au Sud, regroupe l’Amérique latine, quelques pays d’Europe centrale mais aussi la France, le Maroc, l’Algérie, la Polynésie… « Mes collègues américains ne voyaient pas le rapport. Moi, notre passé colonial m’a sauté aux yeux », raconte Jean-François Bonnefon.

    Entre ces trois grandes familles, certaines différences marquantes émergent. Ainsi, la préférence accordée aux jeunes est bien moins marquée à l’Est qu’au Sud. Idem pour le statut social : l’Orient y apparaît moins sensible que l’Occident et le Sud. En revanche, malheur à celui qui n’y respecte pas la loi.

    « Ces scénarios seront rares »

    « Une expérience de psychologie sociale à une telle échelle est vraiment rare », salue Grégory Bonnet, enseignant-chercheur à l’université de Caen et coordinateur du projet Ethicaa, sur l’éthique des systèmes autonomes.

    Néanmoins, l’exercice a ses limites. Ainsi, la représentativité des participants est biaisée. Ils sont majoritairement des hommes, près de 70 %, et dans la tranche d’âge 20-30 ans. Les chercheurs ont pu néanmoins « redresser » les résultats dans le cas des Etats-Unis, en tenant compte des données démographiques, sans modifier leurs conclusions.

    Autre réserve : ces scénarios ne refléteraient pas la réalité. Pour Grégory Bonnet, « il n’y a rarement que deux choix possibles sur une route et ces choix ne conduisent pas à des conséquences “blanches ou noires”, c’est-à-dire à la mort des personnes ».

    Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en informatique à Sorbonne Université, renchérit : « Ces scénarios seront rares, car les voitures autonomes sont conçues pour éviter de se mettre en danger. Or là, cela signifierait qu’elles n’ont pas vu certaines choses à temps, ou que des infractions ont été commises… » Il sourit également à l’idée que si les voitures s’interdisaient d’écraser des jeunes, ces derniers pourraient s’amuser à perturber le trafic en passant devant les véhicules

    « Dix ou cent décisions par seconde »

    « La voiture autonome ne prend pas une décision mais dix ou cent par seconde, ajoute Guillaume Devauchelle, directeur de la recherche et du développement chez Valéo. Avant de se trouver devant ce dilemme impossible, sans voie de dégagement possible, elle aura ralenti. Plus profondément, cet article regarde la mobilité de demain avec les yeux d’aujourd’hui. Or, tout le paradigme va changer. Si vous n’êtes pas au volant, le temps n’est plus perdu, la vitesse n’a plus la même valeur. Ces scénarios deviennent absurdes. »

    Autant d’objections que l’équipe franco-américaine connaît. « Quand nous avons commencé, beaucoup nous disaient que de tels dilemmes n’arriveraient jamais, assure Jean-François Bonnefon. Aujourd’hui, beaucoup s’y intéressent et certains travaillent avec nous. »

    Et puis la voiture n’est pas le seul intérêt de l’affaire. « On est parti de là et on en arrive à tracer un arbre phylogénétique moral de l’humanité », s’étonne-t-il. Du reste, le psychologue entend bien profiter de cette base, désormais ouverte à tous, pour fouiller cette carte du monde. Comment se transmettent les influences ? Qu’est-ce qui peut rapprocher Israël et la Jamaïque ? Et d’où vient l’exception française ? « Ça sera dans le prochain article », promet-il.

    • Tiens, c’est marrant, ça s’excite sur le sujet en ce moment. Du côté de la formalisation des dilemmes aussi. J’ai eu à examiner un papier sur le sujet en vue de son acceptation à une conférence il y a peu. Pourtant le titre ne laissait en rien présager qu’il parlait de ça (« The Weak Completion Semantics and Equality », un truc très très technique lié à la programmation logique), mais il se trouve que ça permet de très bien décrire les types de problèmes dont parle l’article du monde. Le résuméde l’article est là, le texte intégral n’est pas encore disponible (je ne connais pas la politique de diffusion des actes de cette conférence [petite rectification : l’article sera disponible en accès ouvert après que la conférence ait eu lieu]) :

      https://easychair.org/smart-program/LPAR-22/2018-11-21.html#talk:84999

    • Déjà abordé ici, en particulier là :
      https://seenthis.net/messages/731438

      Avec ce commentaire de ma part :

      Ce que je cherche c’est un article qui explique que la question est mal posée, et qu’il faut refuser d’y répondre. C’est un piège qui vise à nous faire accepter l’inacceptable en déplaçant la vraie question.

      Si la voiture hésite entre tuer une vieille ou un enfant, c’est qu’elle est mal construite et qu’il faut refuser de la lâcher dans la nature.

      #Tesla #algorithme #voiture #éthique #AI #question #piège #propagande

    • TU fais bien de répéter ton commentaire.
      Difficile de croire qu’on en est encore là - qu’on ose poser la question et qu’on ose y répondre. Donner à une machine le luxe de choisir entre buter un jeune ou un vieux signifie clairement que la machine a été déjà bien trop loin dans ses fonctions - et ses concepteurs bien trop loin dans leur dystopie.

      Je soupçonne même ces questionnements existentiel ô combien artificiels d’être une tentative de néo-colonialisme averti montrant combien les pays « du sud » et « de l’est » (c’est quoi ces termes ??) sont en retrait sur les critère de moralité des pays occidentaux (ou de l’élite capitaliste).

      Flippant.

      Luddites, réveillez-vous !
      Consciences, révoltez-vous !

      PS : source du Monde, l’étude du MIT :
      http://moralmachine.mit.edu


  • J’ai lu l’article de médiapart posté par @aude_v et je suis assez fatigué de toujours voir l’économie comme l’alpha et l’oméga de la montée des fascismes. Crise économique qui par extension ne parle que de la "réaction" de ceux qui sont les plus touchés par elle, les classes populaires et les pauvres.
    La Suède pays sous tension ne subit de crise économique.
    Je me pose la question du Brésil ,terre de colonisation et d’esclavage,et d’une tradition de la violence politique et raciale.
    La question aussi du poids américain sur les pressions exercées.
    Le PT peut représenter une avancée mais il reste un parti réformiste de pouvoir.

    La crise politique brésilienne : histoire et perspectives d’une ‘terre en transe’
    https://journals.openedition.org/bresils/2687

    Cet article cherche à interpréter la crise politique et sociale qui sévit au Brésil aujourd’hui à la lumière de son histoire, en essayant de dépasser les analyses conjoncturelles qui sont les plus fréquentes dans la presse d’opinion. Dans cette perspective, le texte examine l’impeachment de Dilma Rousseff et le conservatisme qui se fit jour durant ce processus comme produit des structures socio-politiques et des cultures politiques qui se rencontrèrent au moment de la formation de l’État national, du passé esclavagiste du Brésil et de la construction du régime républicain avec son projet de modernisation et d’exclusion. D’un manière synthétique, j’analyse le conflit entre le pouvoir législatif et l’exécutif comme étant l’une des caractéristiques du régime républicain brésilien, les interventions de type coups d’État dans les moments de crise politico-sociale et la présence de valeurs autoritaires qui s’inscrivent dans la longue durée de l’histoire brésilienne, en terminant par un examen rapide des impasses de la conjoncture présente.

    Racismes et antiracismes au Brésil-Démocratie raciale et blanchiment.
    https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_1998_num_1213_1_3168

    Opinion Hitler in Brasilia : The U.S. Evangelicals and Nazi Political Theory Behind Brazil’s President-in-waiting

    Paywall-Mix up fascist geopolitics, Pat Robertson’s LGBT hate, Bannon’s nationalism and Putin’s shills and you get Jair Bolsonaro, who’s nostalgic for the U.S.-backed dictatorship that tortured and killed thousands of leftists - and he’s about to come to power
    https://www.haaretz.com/world-news/.premium-hitler-in-brasilia-the-u-s-evangelicals-and-nazi-political-theory-

    Les évangélistes en Amérique Latine : De l’expression religieuse à la mobilisation sociale et politique transnationale
    https://journals.openedition.org/conflits/201?lang=en

    Quelles transnationalités ? La transnationalité évangéliste est tributaire d’une dynamique de relations inter-individuelles et inter-organisationnelles structurée autour de multiples rencontres, de conférences et de colloques organisés à l’échelle régionale, nationale et mondiale. Comme nous l’avons souligné précédemment, les principaux acteurs de ces réunions sont des pasteurs dont l’importance est reconnue suivant l’appréciation de la taille de leur Eglise et de l’influence de celle-ci au sein de la société. La transnationalité, dans le cadre de la diffusion des évangélistes dans les sociétés latino-américaines, a pour fondement la reproduction d’un modèle que les groupes exportateurs ont pour vocation de proposer. Ainsi, se créent des espaces et des réseaux transnationaux construits autour d’un même modèle et d’une même dynamique. Les télé-évangélistes sont un exemple frappant de cette logique qui favorise une multiplication des acteurs à travers la transnationalité. Les télé-évangélistes, les pasteurs ayant accès aux médias et aux ressources économiques que ces médias permettent de collecter, étaient jusqu’à la fin des années 70 principalement nord-américains. Désormais, Billy Graham, Jimmy Swaggart ou Pat Robertson n’ont plus le monopole de la représentation religieuse évangéliste sur le sous-continent latino-américain. En l’espace de deux décennies, s’est créée une diplomatie religieuse autochtone, habituée aux rouages politiques et sociaux des bureaucraties locales. Cette diplomatie a été formée aux Etats-Unis et possède ses propres infrastructures dont le siège, bien souvent, se trouve dans ce pays du fait des conditions économiques et fiscales particulièrement favorable

    Le monopole étatique de la violence : le Brésil face à l´héritage occidental
    https://journals.openedition.org/conflits/1883

    Michel Wieviorka (2004) raises the hypothesis that Max Weber´s formulation of the legitimate monopoly of physical violence as the foundation of Modern State, in the western societies, is exhausted. Although one can agree with this proposition, we cannot accept it in absolute terms should we consider the societies of the Extreme Occident (Rouquié, 1986) as it is the case of Brazil. This paper explores the concept according to which, in contemporary Brazil, in spite of changes as result with globalization in its different aspects, the democratic control of violence and urban crime continues to challenge present double form: on the one hand, the social control of endemic violence within civil society; and on the other hand, the control both by civil and the government of the repressive forces of the State.

    Démocratie et Etat de non-droit au Brésil : analyse et témoignage
    https://journals.openedition.org/conflits/1887?lang=en

    Traces of autoritarism remain even in the founding moments – such as the two decades following 1985 – of the Brasilian democracy. I will discuss in this essay aspects related to the constitutional guarantees and in particular civil rights and the functionning of the judiciary power and the police. I will try to spot the light on the endemic violence and on systematical violations of human rights under the democratic constitutionnal governments, and in particular since the 1990s. I will also examine the efforts made by the Brasilian government and civil society aiming at enlarging the full enjoyment of individual rights to the whole population. Finally this essay also includes my personal account on my short stay at the Brasilian federal government.

    Le monopole étatique de la violence : le Brésil face à l´héritage ...
    PDF : https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=13&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjPgsHv6aH

    La récupération du « développement » par l’oligarchie dans le Nordeste brésilien ou la modernisation agraire détournée
    https://www.persee.fr/doc/tiers_0040-7356_1991_num_32_126_4612


  • #Chine-Amérique latine : la nouvelle grande alliance ?
    https://www.cetri.be/Chine-Amerique-latine-la-nouvelle

    Le 19 juin 2018, le président bolivien Evo Morales signait à Pékin un pacte qui faisait de son pays un « partenaire stratégique » de la Chine. Il profitait de cette occasion pour mettre en avant la « coopération sans condition » avec le géant asiatique, et l’opposer à l’attitude des États-Unis . La Chine serait-elle, pour l’Amérique latine, un antidote à la proximité si encombrante du voisin nord-américain, voire une alternative à la politique régionale de celui-ci ? Une relation économique et commerciale (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Analyses, #Le_regard_du_CETRI, #Revue_internationale_et_stratégique, Chine, Amérique latine & Caraïbes, Le Sud en (...)

    #Amérique_latine_&_Caraïbes #Le_Sud_en_mouvement


  • #Brésil. « Nous ne craignons pas d’affronter un gouvernement fasciste »
    https://www.cetri.be/Bresil-Nous-ne-craignons-pas-d

    Entretien avec Alexandre Conceicão, dirigeant national du MST (Mouvement des sans terre) A moins d’une semaine d’une journée électorale importante pour l’Amérique latine (28 octobre 2018), les mouvements sociaux brésiliens redoublent d’efforts pour empêcher un projet ouvertement fasciste de prendre le pouvoir par les urnes. Dans cet entretien Alexandre Conceição, leader national du Mouvement des sans terre (MST) analyse les raisons du « phénomène Bolsonaro » et raconte comment la plus grande organisation (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Brésil, #Election, Relations entre mouvements sociaux & gouvernements, A (...)

    #Relations_entre_mouvements_sociaux_&_gouvernements #A_l'Encontre


  • https://www.mediapart.fr/journal/international/221018/bresil-une-economie-en-panne-minee-par-les-inegalites

    Une copine m’envoie voir cet article qu’elle juge important sur la montée du fascisme au #Brésil.

    L’économie brésilienne peine à se remettre de la crise de 2015. Malgré les années Lula, les inégalités restent immenses et repartent à la hausse. Un carburant pour Jair Bolsonaro, qui promeut un programme néolibéral démagogique.

    À la différence des scrutins précédents, l’économie n’a guère été au centre de la campagne présidentielle brésilienne. La sécurité et la corruption ont été beaucoup plus déterminantes. Et de fait, les deux candidats qui s’affrontent au second tour le 28 octobre, Jair Bolsonaro, du Parti social-libéral (PSL, extrême droite), et Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche), sont restés très flous sur leurs programmes économiques. Pourtant, la situation du Brésil est loin d’être réjouissante et le pays demeure perclus par de très fortes inégalités, qui se creusent à nouveau. Souvent négligée, la cause économique de la crise politique n’est pourtant pas inexistante.

    Un modèle en crise depuis 2015

    Durant les présidences de Lula (2003-2011) et le premier mandat de Dilma Rousseff (2011-2014), le Brésil a connu une forte croissance, avec une moyenne annuelle de 3 %, et même de 5 % en 2011. Cette croissance a permis, sous l’impulsion du PT, de réduire fortement la pauvreté monétaire (qui avait cependant commencé à décroître une décennie auparavant). Selon la Banque mondiale, la part de la population vivant sous le taux de pauvreté est ainsi passée de 11,1 % en 2003 à 2,8 % en 2014. Le Brésil faisait alors partie des BRICS et faisait rêver les investisseurs internationaux. Lors de la crise de 2007-2009, il a montré une résistance remarquable, avec un recul du PIB de 0,13 % en 2008 et un rebond de 7,54 % en 2009.

    À cette époque, le modèle économique brésilien relevait d’un modèle classique pour le pays et les grands pays d’Amérique latine. La croissance s’appuyait principalement sur les exportations de produits agricoles et de matières premières, puis sur le réinvestissement par l’État de ces ressources pour développer la demande intérieure. Entre 2000 et 2015, ce modèle a été rendu possible par la forte demande de produits brésiliens venant principalement des autres pays émergents et en particulier de Chine. Entre 2003 et 2014, les exportations de biens brésiliens sont passées de 73,2 à 225,1 milliards de dollars, soit trois fois plus. La Chine comptait alors pour près de 20 % de ce total et 87 % des livraisons à l’empire du Milieu étaient constituées de matières premières. Parallèlement, l’investissement public a bondi de près de 11 % par an. Le PT a cependant mis l’accent sur la lutte contre la pauvreté et la précarité, notamment par la hausse continue du salaire minimum de près de 5 % par an.

    Composition des exportations vers la Chine du Brésil © OEC

    À partir de 2011, la demande de matières premières commence à reculer, notamment parce que la Chine, qui a sauvé l’économie mondiale en 2008-2009 par un vaste plan de relance, se retrouve dans une situation de surproduction industrielle. L’empire du Milieu entame alors un rééquilibrage stratégique vers la demande et la production intérieures. En 2012, les livraisons de minerais et de pétrole reculent. Parallèlement, les prix des produits agricoles chutent brutalement. Le boisseau de soja, dont le Brésil est le premier producteur mondial, passe de 17,37 dollars en septembre 2012 à 9,05 dollars trois ans plus tard. Un recul qui s’accompagne d’une nouvelle phase d’aversion au risque des investisseurs internationaux, échaudés par la crise européenne et le resserrement monétaire aux États-Unis.

    Fin 2013, la croissance brésilienne commence à ralentir. En 2015, le Brésil entre dans une récession qui durera deux ans, avec un recul des exportations de 15,2 %, suivi l’année suivante d’une baisse de 11,2 %. En deux ans, le PIB en volume a perdu plus de 7 % de sa valeur. Pour éviter une crise des changes et continuer à attirer les flux internationaux de capitaux, la Banque centrale du Brésil (BCB) a brutalement relevé son taux directeur, le Selic, de 10 à 14,25 %, déprimant la demande intérieure. La crise s’accompagne d’une forte détérioration des finances publiques, en raison de la baisse des recettes fiscales et d’une hausse des dépenses sociales, mais aussi et surtout de celles liées au crédit.

    Au Brésil, en effet, comme le souligne une note récente de BSI Economics, les banques commerciales jouent un rôle réduit dans le financement de l’économie : les crédits privés ne représentent que 26 % du PIB, contre 72 % dans l’OCDE. Dans un secteur faiblement concurrentiel, les instituts financiers préfèrent leurs marges aux volumes et pratiquent des taux prohibitifs. Avec la hausse des taux de la BCB, les entreprises se sont tournées vers la Banque nationale pour le développement économique et social (BNDES), qui propose des taux bonifiés inférieurs au taux de la banque centrale. Sa part dans le financement a doublé en quelques années pour représenter la moitié des encours. Mais le coût de ces taux revient au budget fédéral, qui doit donc s’endetter pour payer la différence à des taux élevés auprès... des banques commerciales. Ce cercle vicieux a plombé le budget de l’État. Le déficit est passé de 3 % du PIB en 2014 à 10,32 % en 2016, avec un coût de la dette qui s’élevait à 8,4 % du PIB. Cela a amené le deuxième gouvernement de Dilma Rousseff, puis de son successeur Michel Temer, à contracter les dépenses, notamment les investissements publics et les transferts sociaux.

    Une croissance durablement en panne

    La récession s’est terminée en 2017 grâce à la reprise de la demande internationale, mais le pays n’en est pas sorti indemne. Le rythme de croissance n’est plus le même. Il a été de 1 % en 2017 et sera, selon le FMI, de seulement 1,4 % cette année, un chiffre encore révisé à la baisse récemment. À moyen terme, le FMI prévoit une croissance de 2,2 %, plus de moitié moins que dans les années 2000. Le ressort est brisé : l’investissement public et les transferts sociaux ne permettent plus d’irriguer la demande intérieure.

    Parallèlement, la BCB a certes fortement baissé son taux directeur, jusqu’à 6,5 % en mars dernier. Mais avec une inflation de 3,67 % en moyenne prévue par le FMI cette année, les taux réels restent élevés, proches de 3 %. La BCB a continué à augmenter des réserves en devises déjà excédentaires par rapport aux recommandations du FMI, alors que le flux des investissements directs étrangers continuait à baisser dans la foulée de la remontée des taux de la Fed. Cette politique monétaire s’est assouplie, mais elle demeure encore restrictive. Certes, elle a en partie permis d’éviter une crise du type de celle de la Turquie et de l’Argentine, alors que, comme ces pays, le Brésil affiche un déficit courant. Le réal a bien baissé de 30 % en janvier et septembre, mais c’est deux fois moins que l’effondrement du peso argentin, alors que la BCB a baissé ses taux en mars. Ces réserves (et la faiblesse de l’endettement en dollars) permettent donc de maintenir la confiance.

    Evolution du PIB par habitant, en parité de pouvoir d’achat © Banque Mondiale

    Mais cette sécurité a plusieurs coûts, très lourds. La croissance est plus faible et le budget est moins mobilisable pour la relancer, puisque le financement des entreprises dépend des prêts bonifiés de la BNDES. En 2018, le déficit budgétaire brésilien devrait encore atteindre 8,6 % du PIB. La dette publique a bondi à 88 % du PIB, contre 61 % en 2010. Certes, la dette externe est faible – 26 % du PIB –, mais le poids du service de la dette contraint les autorités à réduire le déficit primaire, donc à abaisser encore l’investissement public et les transferts sociaux directement ou indirectement (par exemple par des incitations à l’emploi faiblement rémunéré). En début d’année, deux agences de notation, Moody’s et S&P, ont dégradé la note brésilienne, renchérissant le coût de la dette brésilienne, qui est passé de 10 % à 12 %. Or l’investissement privé ne prend pas le relais. Pire, le crédit privé recule, alors que l’État n’a plus de marge de manœuvre pour financer le crédit bonifié. Résultat : la productivité reste atone et le Brésil en est réduit à dépendre de ses seules exportations, de faible niveau de gamme ou de matières premières. La croissance risque donc de rester structurellement faible.

    Les inégalités, creuset de la poussée de l’extrême droite

    Le modèle sur lequel le PT a organisé l’économie brésilienne entre 2003 et 2013 ne fonctionne donc plus. Deux de ses principaux moteurs sont à l’arrêt. La conséquence est que le Brésil s’est appauvri. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est, selon le FMI, encore sous son niveau de 2009 et, d’ici à 2023, il ne devrait pas revenir à son point haut de 2013. Même constat au niveau du taux de chômage. En août 2018, il était à 12,1 % de la population active. En 2014, il était à 6,8 %. Et le FMI estime que dans cinq ans, ce taux sera encore à 9,5 %... Autrement dit, la croissance brésilienne fonctionne désormais à un régime trop faible au regard de la situation démographique. Ce qui induit une capacité de redistribution faible dans un pays déjà miné par les inégalités.

    Car, de ce point de vue, le Brésil demeure un cas d’école. Malgré la baisse de l’extrême pauvreté durant la domination du PT, les inégalités sont toujours élevées. Selon la Banque mondiale, le Brésil est 148e sur 158 pays concernant l’indice de Gini, qui mesure les inégalités de revenus. Selon le rapport World Inequality Report (WID), les 0,1 % les plus riches (140 000 personnes) captent 14,4 % de l’ensemble des revenus, soit plus que les 50 % les moins riches (70 millions de personnes), qui obtiendront un peu plus de 12 % des revenus. Mais le plus frappant est que, grosso modo, l’évolution de ces deux classes a été la même depuis le début des années 2000, puisqu’en 2001, elles captaient la même proportion des revenus, autour de 11 %.

    Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID Évolution de la part des revenus des 0,1 % les plus riches et des 50 % les plus pauvres au Brésil de 2001 à 2015 © WID

    La politique du PT a certes amélioré le sort des plus pauvres, mais aussi celui des plus riches. Les 1 % comme les 0,1 % les plus riches ont vu leur part du revenu global progresser. Le rapport du WID souligne ainsi qu’entre 2001 et 2015, les 10 % les plus riches ont obtenu 58 % de la richesse créée, contre 16 % pour les 50 % les moins riches. Les vrais perdants ont cependant été les classes moyennes. Les 40 % qui sont autour du revenu moyen ont vu, sur la même période, leur part dans le revenu passer de 34 % à 30 %. Un sentiment de déclassement qui, dans une société déjà très inégalitaire, est une bombe politique et favorise souvent l’extrême droite.

    À cela se sont ajoutées les conséquences de la crise et de la politique menée depuis 2016. La hausse du chômage et la reprise uniquement tirée par les exportations ont creusé encore les inégalités. Selon une autre note sur le sujet de BSI Economics qui cite une étude de la Fondation brésilienne Getulio-Vargas, le revenu moyen mensuel des 20 % les plus pauvres a reculé de 5 % en termes réels, alors que celui des 20 % les plus riches progressait de 10,8 % réellement. L’extrême pauvreté est repartie à la hausse et touchait, en 2017, 7,2 % de la population, contre 6,5 % en 2016.

    Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics Evolution du marché du travail au Brésil © BSI Economics

    Plusieurs facteurs ont concouru à cette situation, notamment la politique de réduction des dépenses menée par Michel Temer, mais aussi, comme le signale BSI Economics, la progression du travail informel peu qualifié, qui concentre l’essentiel des créations d’emploi et qui induit des revenus et des protections plus faibles. Également en cause, la réforme du marché du travail du président sortant de juillet 2017, qui ressemble à s’y méprendre aux ordonnances françaises de la même époque : inversion de la hiérarchie des normes, réduction du rôle des syndicats, rupture conventionnelle favorisée, développement de l’intermittence et réduction des possibilités de recours aux prud’hommes. Cela a conduit à des licenciements de travailleurs peu qualifiés, qui n’ont d’autres recours, lorsqu’ils le peuvent, que d’accepter des emplois informels.

    Mais ces inégalités extrêmes freinent aussi l’économie brésilienne en la maintenant dans ses structures traditionnelles et en décourageant l’innovation, ainsi que toute hausse de la productivité. L’économie du pays est donc enfermée dans un cercle vicieux où les inégalités et le vieux modèle exportateur de matières premières s’auto-entretiennent.

    Le Parti des travailleurs n’a donc pas été en capacité de réellement réduire fortement les inégalités du pays. Le régime fiscal demeure très inégalitaire et le système éducatif peu performant. La crise économique et politique de 2015-2016 a fait repartir les inégalités et la pauvreté. À la crainte de déclassement des classes moyennes s’est ajoutée la crainte des classes les plus modestes de retourner dans la pauvreté extrême, deux moteurs classiques du succès de l’extrême droite. Jair Bolsonaro a pu jouer sur ces ressentiments pour fustiger les actions du PT pour les plus pauvres comme la « Bolsa Família » (« Bourse familiale ») vis-à-vis des classes moyennes, qui risquent le déclassement, mais aussi vis-à-vis des classes populaires, qui craignent de retourner dans la pauvreté.

    La situation économique et sociale peut donc expliquer aussi en partie le succès de Jair Bolsonaro. Si Lula pouvait encore rassembler les bénéficiaires de l’âge d’or de sa politique, Fernando Haddad n’a pas cette capacité. Mal à l’aise sur l’héritage du PT qui a initié la politique d’austérité, il est resté flou sur sa politique économique. Il a donc créé un vide dans lequel s’est engouffré le candidat du PSL, déjà porté par une classe moyenne qui ne veut plus de la droite traditionnelle, discréditée par la politique désastreuse de Michel Temer. Un sondage de Datafolha du 2 octobre, cité par le chercheur britannique Matthew Richmond, confirme cette alchimie : la classe moyenne, gagnant entre deux et cinq salaires minimums et entre cinq et dix salaires minimums, vote massivement pour Jair Bolsonaro, mais les classes populaires ont aussi placé le candidat d’extrême droite en tête.

    Quel projet économique pour l’extrême droite ?

    Reste une question centrale : que veut Jair Bolsonaro pour l’économie ? Lui-même reconnaît « ne rien y connaître ». Son opposition réflexe à la gauche lui fait rejeter la politique de redistribution du PT et sa culture politique issue de la dictature militaire le ferait pencher vers une protection douanière du marché intérieur ménageant les marchés exportateurs du pays. Sa campagne a pu prendre parfois des accents proches de ceux de Donald Trump : se protéger des appétits chinois et se méfier des accords de libre-échange en cours, comme le Mercorsur, le marché commun établi avec les voisins argentins, uruguayens et paraguayens.

    Mais rien ne semble certain, car Jair Bolsonaro a un mentor en économie, Paulo Guedes, qui devrait être son ministre des finances. Cet homme de 69 ans a été formé à l’université de Chicago dans les années 1970, au moment où elle était le creuset des idées néolibérales et monétaristes. Il a ensuite été professeur d’université à Santiago du Chili pendant la dictature du général Pinochet, dont la politique économique a été influencée par Friedrich Hayek et Milton Friedman. Intellectuel influent par la suite au Brésil, il défend des positions néolibérales classiques : impôt à taux unique de 15 % (comme la Lega italienne), réduction drastique du rôle de l’État, réforme radicale des retraites.

    Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters Jair Bolsonaro et son gourou économique Paulo Guedes. © Reuters

    Sont-ce des positions incompatibles avec le « trumpisme » de Jair Bolsonaro ? Nullement. Comme Donald Trump, le nouveau président brésilien pourrait favoriser des accords de libre-échange avantageux au cas par cas. Concernant le Mercorsur, le conseiller du candidat du PSL, Luiz Philippe de Orleans e Bragança, par ailleurs descendant de la famille impériale brésilienne, a indiqué qu’il s’agissait de « réévaluer la valeur du Mercosur » pour s’assurer qu’il n’est pas « comme aujourd’hui, un obstacle au libre-échange ». Ce que vise le Brésil, c’est sa capacité à retrouver sa liberté de négocier des accords bilatéraux de libre-échange et de taxer les importations.

    Jair Bolsonaro et Paulo Guedes proposent donc une alternative au modèle brésilien traditionnel, alternative fondée sur une forte déréglementation interne pour relancer la productivité et dynamiser la demande intérieure, et accompagnée d’une politique commerciale ciblée. C’est l’anticipation de cette politique qui a été saluée par l’envolée de la bourse de São Paulo au lendemain du premier tour. Paulo Guedes a permis de rallier à Jair Bolsonaro la finance internationale : le real a gagné 10 % en un mois et le Wall Street Journal a soutenu le candidat d’extrême-droite dans un éditorial. Il est vrai que les investisseurs internationaux voient dans les projets de Paulo Guedes d’immenses opportunités, par les baisses d’impôts, l’ouverture des marchés et les privatisations. Même les banques, a priori visées par la déréglementation et le développement de la concurrence, ne peuvent que se réjouir d’une politique qui donnera, par la réforme des retraites, la priorité au remboursement de la dette publique qu’elles détiennent massivement.

    Cette politique s’annonce néanmoins périlleuse. D’abord parce que le premier client du Brésil est la Chine et le deuxième les États-Unis. Le pays est donc au centre de la confrontation commerciale en cours. Or Jair Bolsonaro semble tenté de donner l’avantage à Washington. En août, il a fustigé la Chine, qui « n’achète pas au Brésil, mais achète le Brésil ». Le pays peut-il cependant se passer des marchés chinois et des investissements chinois, alors que son épargne intérieure est faible ? Rien n’est moins sûr.

    Surtout, mener une politique néolibérale dans un Brésil déjà perclus d’inégalités immenses semble suicidaire va encore précariser et fragiliser les plus modestes. De cette façon, il est peu probable que la productivité s’améliore. Surtout, les tensions sociales et la criminalité ne sauraient être endiguées par ce type de politique. L’expérience chilienne, qui est une référence de Paulo Guedes, montre une explosion des inégalités. Une étude datant d’avril 2015 et signée par Javier Rodríguez Weber, de l’université de la République d’Uruguay, a montré que durant le régime Pinochet, les inégalités se sont creusées d’un tiers au Chili. Seule la répression a permis de soutenir une telle situation. On voit mal comment une telle politique peut développer et soutenir la demande intérieure. Les études les plus récentes montrent que les inégalités sont une source de réduction de la croissance de la productivité. La compétition et les inégalités ne débouchent que sur la formation d’une nouvelle oligarchie ou le renforcement de l’ancienne.

    Il y a là de la naïveté propre à l’idéologie néolibérale de croire que la baisse des impôts et la dérégulation peuvent apporter la prospérité pour tous. Mais dans un Brésil traumatisé par la crise, miné par les inégalités et orphelin de son modèle économique, ce discours simpliste pouvait prospérer. Il est cependant peu probable qu’il donne des résultats.


  • Le soutien du « Wall Street Journal » à Bolsonaro au Brésil s’inscrit dans la tradition du quotidien
    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/16/le-soutien-du-wsj-a-jair-bolsonaro-s-inscrit-dans-une-tradition-ultradroitie

    Un éditorial assure que le candidat d’extrême droite ne représente pas une menace. Le journal économique avait défendu avant lui Pinochet.

    La tradition veut qu’un éditorial soit emblématique d’une prise de position graduelle du journal dans lequel il est publié. Celui du 10 octobre paru dans l’auguste quotidien économique et très conservateur Wall Street Journal ne semble pas déroger à la règle.

    Dans ce texte intitulé « Brazilian swamp drainer », que l’on pourrait traduire en français par « le Brésilien qui assèche le marécage », sous-entendu le marécage politicien, le comité éditorial du journal new-yorkais a ouvertement soutenu le candidat d’extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro.

    Rédigées dans un style direct, dru, ne répugnant ni aux raccourcis ni aux grosses ficelles, ces quelques lignes ont déclenché depuis une semaine moult remous sur les réseaux sociaux, avec certaines saillies du type : « Marine Le Pen le trouve toxique », en référence à la récente prise de distance de la présidente du Rassemblement national, « pas le WSJ ».

    Dans son éditorial, le quotidien assure que le capitaine parachutiste de réserve, « un populiste conservateur » selon le WSJ, ne représente pas une menace pour le Brésil, quatrième plus grande démocratie au monde. Il ne dit mot en revanche sur le fait que le candidat a défendu la dictature militaire (1964-1985), nommé un général à la retraite à ses côtés ayant évoqué l’éventualité d’un coup d’Etat militaire moderne et promis de donner carte blanche à l’armée et à la police pour tirer à vue sur des criminels. Rien non plus sur ses outrances répétées à l’égard des femmes, des homosexuels et des Noirs.

    Le programme de Haddad comparé aux mesures de Chavez

    « Après des années de corruption et de récession, peut-on lire, des millions de Brésiliens semblent penser qu’un outsider est exactement ce dont le pays a besoin. Peut-être qu’ils en savent plus que les réprobations internationales. » Une façon de rappeler, à sa manière, le score écrasant du candidat Bolsonaro au premier tour de la présidentielle, le 7 octobre, avec 47 % des voix contre 29 % à Fernando Haddad, son adversaire du Parti des travailleurs.

    Ce dernier, toujours selon le quotidien, aurait pour but de réécrire la Constitution afin d’y inclure la possibilité de recourir à une Assemblée constituante « sur le modèle vénézuélien ». Le candidat désigné par l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, aujourd’hui incarcéré, souhaiterait aussi, d’après l’éditorial, réformer les règles de promotions militaires en donnant plus de pouvoir au président. Autant de propositions, s’alarme le WSJ, sorties tout droit de « l’agenda de Hugo Chavez », l’éternelle bête noire du quotidien.

    A contrario, le nouveau poulain brésilien du journal ne « propose pas de changer la Constitution » mais promet de restaurer la présence des policiers dans les centres urbains et ruraux, « où la loi ne règne plus ». Surtout, assure le quotidien financier, le conseiller économique et bras droit de Bolsonaro, Paulo Guedes – que le journal curieusement ne mentionne pas nommément – affirme vouloir, une fois au pouvoir, « vendre des parts du géant pétrolier public Petrobras, déréguler au maximum l’économie et réduire la dépense publique ». La messe est dite. Le choix assumé.

    Des odes à Pinochet, Fujimori et Videla

    Chose étrange, cet éditorial en faveur de l’actuel homme fort du Brésil a un air de déjà-vu. On se souvient d’un texte de 1980, resurgi dans les réseaux sociaux ces derniers jours et intitulé « Les Chiliens votent l’extension du pouvoir de Pinochet, assurant la continuation de la libre entreprise ». Le dictateur chilien venait de remporter un référendum sur la Constitution lui permettant de prolonger son mandat de huit ans. Mais une plongée rapide dans les archives du journal renvoie à un goût prononcé pour toute sorte de politiciens autoritaires d’une certaine droite dure et d’extrême droite, surtout d’Amérique latine.

    Dans une liste éclairante, réalisée par le Huffington Post, on retrouve non seulement les articles du WSJ regrettant la mort de l’ancien dictateur chilien en 2006 (« Il a pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat en 1973, mais il a finalement créé un environnement propice aux institutions démocratiques » ou « Il est responsable des morts et des tortures qui ont eu lieu sous son égide, mais si Salvador Allende avait réussi à transformer le Chili en un autre Cuba, beaucoup plus auraient pu mourir ») mais aussi ceux, bienveillants, sur le Péruvien Alberto Fujimori et le dictateur argentin Jorge Rafael Videla.

    Pour Fujimori, on apprend du WSJ que « le style autoritaire » pourrait être excusé, car « on peut affirmer que sous sa direction, le pays s’est en fait frayé un chemin vers la modernité ». Pour l’Argentin, le journal avait qualifié la guérilla opposée au dictateur de « terroristes », un terme utilisé par la junte. La liste n’est pas exhaustive.


  • Non au fascisme au Brésil : appel à un rassemblement le 20 octobre
    https://www.bastamag.net/Non-au-fascisme-au-Bresil-appel-a-un-rassemblement-le-20-octobre

    Alors qu’un candidat d’extrême-droite, avec une claire tonalité fascisante, est aux portes du pouvoir au Brésil, des initiatives de solidarités émergent en Europe. Un rassemblement antifasciste est appelé à Paris le 20 octobre, une semaine avant le second tour, avec le soutien d’associations, de syndicats et de partis politiques en France. La veille, un débat est organisé à la Maison de l’Amérique latine (toujours à Paris), en présence d’une journaliste de Basta !, pour comprendre ce qui se joue au (...)

    ça bouge !

    / #Droites_extrêmes, Élections , #Politique, Démocratie !, #Solidarités_internationales

    #ça_bouge_ ! #Élections_ #Démocratie_ !


  • Un aéroport en lieu et place du dernier lac de la vallée de Mexico

    Siete Nubes

    https://lavoiedujaguar.net/Un-aeroport-en-lieu-et-place-du-dernier-lac-de-la-vallee-de-Mexico

    Construire un gigantesque aéroport international en lieu et place de l’ultime résidu lacustre de l’ancien lac de Texcoco. C’est sur ce pari farfelu que s’édifie, depuis quatre ans déjà, le plus grand projet d’aéroport d’Amérique latine, pour un coût exorbitant de près de 13 milliards d’euros. L’impact environnemental et les dangers d’une catastrophe écologique majeure pour la ville de Mexico sont immenses. Mais pour mieux comprendre ce qui est actuellement en jeu, un retour en arrière s’impose.

    Il y a longtemps, bien longtemps, avant que Hernan Cortés et ses conquistadores espagnols ne viennent coloniser les terres mexicaines, l’actuelle « vallée de Mexico » était constituée d’un ensemble de lacs, alimentés par les rivières s’écoulant des volcans et des chaînes de montagnes environnantes, abritant une véritable civilisation lacustre de plusieurs centaines de milliers d’habitants, au cœur de l’Empire aztèque. Tenochtitlán, capitale de l’Empire, était alors construite sur une île protégée par d’énormes digues (...)

    #Mexico #Tenochtitlán #aéroport #Atenco #Carlos_Slim #LópezObrador


  • Le #Prix_Nobel de la #paix 2018 a été décerné à #Denis_Mukwege et #Nadia_Murad, pour dénoncer les victimes de #violences_sexuelles.

    J’étais surpris que l’on récompense un homme pour son action en faveur des femmes, et une femme comme simple victime, mais comme beaucoup se sont réjoui ici de la récompense de Denis Mukwege, je n’ai rien dit.
    https://seenthis.net/messages/726904
    https://seenthis.net/messages/726918

    Et puis on apprend que Nadia Murad ne cesse de prendre Israël comme exemple et comme soutien.
    https://seenthis.net/messages/727264
    https://seenthis.net/messages/727820

    Alors on se rappelle des calculs géopolitiques du comité Nobel et on réalise que pour dénoncer les victimes de violences sexuelles, on ne prend que des cas de violences perpétrées par des Noirs et des Arabes, ce qui permet d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs comme Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh...

    #racisme

    • on ne prend que des cas de violences perpétrées par des Noirs et des Arabes, ce qui permet d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs comme Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh...

      @sinehebdo Depuis l’affaire Weinstein il n’y a pas une semaine sans que les médias occidentaux ne parlent des violences sexuelles perpétrés dans ces même pays occidentaux par des hommes blancs (l’affaire Polanski reprise aussi très régulièrement et actions contre Cantat ) alors que par ailleurs, absolument rien dans les médias sur les viols en RDC (juste quelques travaux universitaires sur le viol comme arme de guerre) et tu parles d’invisibiliser les violences faites aux femmes par de riches hommes blancs ?

    • Depuis un an, ces violences-là, perpétrées par des mecs (ajoutons Claude Lanzmann, tiens) qui jouissent d’un statut social élevé et maltraitent les femmes qui leur sont plus ou moins proches, a donné un autre visage aux violences alors que le patriarcat s’acharnait à dire que le viol, c’est dans de sombres allées par des inconnus ou les violences conjugales, des ouvriers alcooliques. Ça nous change et c’est important, de dire que les femmes sont plus en danger chez elles que dans un parking mal éclairé ! Je pense que c’est un moment, qu’il est utile mais qu’en effet il faudra remettre le projecteur sur tous les autres types de violences. Un papier récent signale la prévalence du suicide pour les femmes indiennes, @odilon tu nous rappelles le viol comme arme de guerre (y’a pas qu’en Bosnie). Essayons de n’oublier personne ! Et ma pensée du jour va aux femmes, en Amérique latine ou du Nord, qui sont privées de la liberté d’avorter et qui subissent plus que les autres le backlash conservateur, voire fasciste, du continent.

      Et le Alain, on est quelques-unes à l’avoir bloqué parce qu’il ne prend pas tes pincettes, @sinehebdo, pour donner son avis. Il a gentiment éclairé de son ignorance les questions que les féministes d’ici ont bien documentées et discutées, avec l’intelligence dont vous pouvez admirer un exemple ici et sans jamais bouger sa couille d’un millimètre devant les arguments de meufs féministes. L’exemple du macho de merde qui prolifère sur Twitter (mais qui, je l’espère, trouve ici contradiction et portes closes, et pas que des femmes qu’il prend de haut).

    • @odilon , désolé, je ne parlais pas (et je ne voulais pas) d’invisibiliser les victimes racisées (Nafissatou Diallo en sait quelque chose, mais aussi les enfants violés par les soldats de l’armée française en Centrafrique), mais de la tentative d’invisibiliser les #grands_hommes prédateurs sexuels occidentaux, et de perpétuer l’idée qu’il n’y a que les Noirs et les Arabes qui sont violents et sexistes (là bas comme ici).

      En d’autres termes, je ne conteste pas à Denis Mukwege d’avoir mérité son prix, mais vu qu’il y avait une troisième place sur le podium, une organisation comme #metoo qui dénonce le sexisme aux Etats-Unis (par exemple) aurait peut-être pu partager ce prix...

    • Brave Alain, pourquoi as-tu besoin de corriger tout le monde, de ne jamais céder d’un pouce, de te présenter comme le super féministe qui apporte ses lumières et le spectacle de sa méritante position anti-sexiste chaque fois qu’il est question de féminisme alors que tu ne connais rien ou si peu sur le sujet et que tu n’accordes aucun crédit à une femme dans une conversation ? Pourquoi ce besoin de remettre ton ordre chaque fois qu’il te semble menacé ?

      Un début de réponse ici : http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-profeminisme-toxique.

      #misandrie et si ça te fait plaisir, d’imaginer que je n’ai aucun ami ou amant sur ce réseau (ah ah !), que je hais les hommes et que #misogynie s’écrit avec deux y...

    • Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Brett Kavanaugh

      Ce sont tous des hommes blancs en position de pouvoir (politique, économique, prestige) qui ont fait violence à des femmes et ont été défendus avec plus ou moins de mauvaise foi. Parmi ces violences, il y a des viols, des abus sur mineures, des violences conjugales... Mais toujours il y a eu le dénigrement des victimes, le déni des faits ou de leur gravité, etc.

      Marie Trintignant, elle avait mauvais caractère, ce n’est qu’un accident, il ne faut pas voir une intention de faire mal. Dans le refus de voir un grand type costaud se mettre sur la gueule avec une femme petite et nier la responsabilité de cette exploitation de sa vulnérabilité physique, il y a un air connu avec les autres cas de violences.

      Les Espagnol·es parlent de violence de genre pour ces violences que les hommes font aux femmes parce qu’elles sont femmes, parce qu’ils croient pouvoir les violer, les frapper, etc. Violences qu’ils ne feraient pas à d’autres hommes. Par exemple, les hommes sont plus menacés dans la rue par la violence d’inconnus alors que les femmes sont plus menacées par la violence de leurs proches. Cette violence a un caractère genré et c’était l’objet du post avant qu’Alain vienne expliquer la vie à tout le monde...

    • Question : qui auriez-vous récompensé comme personnalité ou organisation symbolique de la lutte contre les violences faites aux femmes en occident ?

      Harvey Weinstein, Woody Allen, Roman Polanski, Donald Trump, Bertrand Cantat, Dominique Strauss Kahn, Luc Besson, Claude Lanzmann, Brett Kavanaugh... et j’en oublie un : Jean-Claude Arnault !

      (...) la légitimité même de l’académie suédoise qui est en cause et sa gestion d’une crise historique, qui a débuté en novembre 2017, en plein mouvement #metoo. Dix-huit femmes accusaient le mari d’une des académiciennes de viols et d’agressions sexuelles. Un Français, Jean-Claude Arnault, 71 ans, directeur d’un lieu d’expositions culturelles dans la capitale du royaume. Un audit, mené par un cabinet d’avocats, a depuis révélé que l’académie lui versait de généreuses subventions. Le parquet financier a ouvert une enquête.

      Le prix Nobel de littérature en 2018 reporté d’un an
      Anne-Françoise Hivert, Le Monde, le 4 mai 2018
      https://abonnes.lemonde.fr/livres/article/2018/05/04/l-academie-suedoise-ne-decernera-pas-de-prix-nobel-de-litterature-en ?

      A la place, le prix nobel alternatif de littérature a été décerné à la Guadeloupéenne Maryse Condé :

      Maryse Condé remporte le Nobel « alternatif » de littérature
      La Libre Belgique, le 12 octobre 2018
      https://seenthis.net/messages/728549


  • Repenser la #mondialisation avec #Serge_Gruzinski

    « L’avenir est un miroir où se reflète le passé », écrit Serge Gruzinski*, Grand prix international d’Histoire 2015.

    Car, depuis des années, Serge Gruzinski s’intéresse à l’#histoire longue, globale et connectée, il cherche l’expérience fondatrice de la mondialisation, et il la trouve dans la conquête de l’Amérique par les Espagnols à la renaissance.

    L’historien nous parle avec une grande clarté de l’#occidentalisation et du #métissage, mais aussi du regard de la #chrétienté et de l’#islam sur la conquête du nouveau monde. Pour Serge Gruzinski, on ne peut comprendre l’occidentalisation de l’Amérique latine sans revenir à l’histoire de l’Afrique et au commerce des esclaves.


    http://www.rfi.fr/emission/20180722-gruzinski-mondialisation-repenser-histoire-iheal
    #globalisation


  • Tables d’hôtes
    http://www.nova-cinema.org/prog/2018/168-only-the-sky-is-the-limit/only-the-sky-is-the-limit/article/table-d-hotes

    La Coordination Semira Adamu et la Coordination des Sans-Papiers de Belgique (réseau autonome des collectifs sans papiers en lutte actuellement - http://sans-papiers.be) se sont accordées pour co-organiser des activités. En plus des débats, du théâtre et des concerts, les collectifs de Sans Papiers proposent des tables d’hôtes, dans leurs occupations toute l’année et dans des lieux socio-culturels. Afghanistan, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, Nigeria seront quelques unes des saveurs de cet indispensable ailleurs.

    dimanche 23 septembre 2018 à 19h, jeudi 27 septembre 2018 à 19h, samedi 13 octobre 2018 à (...)


  • #Forêt millénaire contre #charbon

    Plusieurs milliers de manifestants défilaient ce week-end aux abords de la forêt de Hambach pour la préserver de l’extension d’une mine de charbon. Une action a eu lieu mardi à Genève.

    Une mauvaise surprise attendait le consulat allemand ce matin à Genève. Peu avant 8h, une quinzaine de militants du collectif BreakFree suisse déversait quelques dizaines de kilos de charbon devant sa porte, à la rue Moillebeau. Cette association engagée contre le changement climatique entendait protester ainsi contre l’extension prévue de la plus grande mine à ciel ouvert de charbon d’Europe, au nord-ouest de Cologne, qui détruirait la moitié de ce qui reste de la forêt de Hambach, vieille de 12 000 ans. « L’Allemagne s’apprête à sacrifier ses plus vieux chênes, une des dernières forêts primaires d’Europe, pour continuer à exploiter le lignite, le charbon le plus polluant et le moins efficace énergétiquement. Tout un symbole ! » s’exclame Olivier de Marcellus, membre de BreakFree.

    Cette #mine, exploitée par le géant de l’#électricité #RWE, a déjà entraîné la disparition de 90% de la forêt. Le bois restant est qualifié de « trésor écologique » par Greenpeace, notamment en raison de sa faune riche d’espèces en voie de disparition et de la présence d’essences d’arbres rares.

    Le week-end dernier, pourtant, des centaines de policiers du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie se sont échinés à détruire une partie des quelque 60 maisonnettes que des activistes avaient construites dans les arbres dans le but de les protéger. Pour accéder à la zone, souvent qualifiée de ZAD allemande, les pandores ont dû faire face à plusieurs milliers de manifestants venus de toute l’Europe. Au dernier bilan, on recensait plusieurs dizaines d’interpellations et d’arrestations et quelques blessés. Une vingtaine de cabanes avaient déjà été démantelées dimanche, et l’opération continue de plus belle cette semaine.
    La #Suisse, première importatrice

    Pour les activistes genevois, la Suisse est concernée au premier chef, puisqu’elle importe une grande quantité d’électricité produite par le charbon allemand : « Selon le think tank pro-climat Samsbag, sur les quelque 55 Terawatt/heure d’électricité exportés par la République fédérale en 2017, 17,7 ont été achetés par la Suisse à l’Allemagne, ce qui fait de l’Helvétie son premier client », indique Guillaume Durin, militant du collectif BreakFree. Or, l’exploitation du charbon, la source d’énergie qui émet le plus de gaz à effet de serre, représentait encore l’année passée 36,6% du mix énergétique allemand, précise-t-il.

    Alors que l’Allemagne a annoncé il y a quelques années qu’elle envisageait de sortir du nucléaire, elle demeure le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de l’Union européenne et le nombre de centrales à charbon y aurait plus que doublé durant les trente dernières années, en passant de 35 à 76. D’après les militants, la République fédérale n’atteindra pas – et de très loin – son objectif national de diminution de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.
    Sortie du charbon prévue

    La situation pourrait tout de même évoluer positivement. La chancelière Angela Merkel a chargé une commission ad hoc d’une vingtaine de membres (composée de collectivités publiques, d’acteurs économiques, de syndicats et d’ONG) de préciser d’ici à la fin de l’année les modalités, le financement et le calendrier de la fin de l’exploitation du charbon par l’Allemagne. Dans ce contexte, on comprend l’empressement de l’entreprise RWE à agrandir la surface de son exploitation, au prix du sacrifice de quelque 100 hectares de forêt millénaire sur les 200 restant.

    Et il semble que la firme allemande ait gagné cette partie, puisque tous les recours en justice portés par les écologistes sont maintenant épuisés. A moins qu’un grand rassemblement annoncé pour le 14 octobre par les Amis de la terre-Allemagne ne parvienne à renverser la vapeur, la forêt millénaire de #Hambach semble plus destinée aux livres d’histoire qu’aux leçons pratiques de biologie des élèves de la région.


    https://lecourrier.ch/2018/09/18/foret-millenaire-contre-charbon
    #déforestation #extractivisme #énergie #Allemagne #résistance #stop_Kohle

    • Même l’Eglise est aux côtés des occupants du Hambacher Forst...
      https://www.domradio.de/themen/sch%C3%B6pfung/2018-09-18/kirche-besorgt-ueber-abholzungsplaene-fuer-hambacher-forst

      Kirche besorgt über Abholzungspläne für Hambacher Forst Es geht um Glaubwürdigkeit

      „Mit Sorge und Unverständnis“ blickt die Evangelische Kirche in Deutschland auf die Vorbereitungen zu weiteren Rodungen im Hambacher Forst. Erforderlich sei ein sofortiger Stopp der entsprechenden Maßnahmen, so die EKD in Hannover.

      Darüber hinaus sprachen sich die EKD-Umweltexperten Hans Diefenbacher und Ruth Gütter für ein Moratorium aus, dass bis zu der für den 11. Dezember erwarteten Entscheidung der staatlichen Kohlekommkission gelten solle. Ähnlich hatten sich zuvor schon die Evangelische Kirche im Rheinland und die Evangelische Kirche in Westfalen geäußert.

      Lebensgrundlagen für kommende Generationen

      Der Hambacher Forst bei Aachen soll einem RWE-Braunkohletagebau weichen und gilt Umweltschützern und Kohlegegnern seit Jahren als Symbol für ihre Proteste. Seit Tagen versucht die Polizei, das 200 Hektar große Waldstück von Aktivisten zu räumen, die dort noch im Protest gegen die Abholzung ausharren.

      „Hier geht es um mehr als den Streit um die Erweiterung eines Braunkohletagebaus“, heißt es in der EKD-Erklärung. „Hier geht es um die Glaubwürdigkeit Deutschlands als Vorreiter im Klimaschutz und um die Verantwortung für die Erhaltung der Lebensgrundlagen für kommende Generationen.“ Zum jetzigen Zeitpunkt eine Rodung vorzubereiten sei ein «fatales Zeichen», mit denen die von der Bundesregierung selbst gesetzten Klimaschutzziele infrage gestellt würden.

      Kohleausstieg planen

      Wenn entschieden würde, dass ein weiterer Kohleabbau in Deutschland vorerst unumgänglich sei, dann hätte man in Hambach nur wenige Monate verloren, so die EKD-Umweltexperten. „Wenn ein Kohleausstieg jedoch auch anders geplant werden kann, wäre die Rodung des Waldes - eine unumkehrbare Zerstörung von über Jahrhunderte gewachsener Natur - überflüssig gewesen.“

      #protection_du_climat

    • La guerra del carbone in Germania fa il primo morto, ad Hambach un attivista è caduto da un albero

      Un uomo, probabilmente un mediattivista, è morto nel bosco di Hambach, teatro da giorni, in Germania, delle proteste degli attivisti che tentano di ostacolare il disboscamento da parte del colosso energetico Rwe. La versione ufficiale afferma che non sarebbero state in corso operazioni della polizia di Aquisgrana quando l’uomo è precipitato, poco prima delle 16, da 14 metri da un ponte sospeso tra due case sugli alberi. È morto per le ferite riportate mentre veniva portato via in elicottero verso l’ospedale di Colonia. Le operazioni di evacuazione sono state sospese. Il gruppo militante “Hambi Bleibt” sembra smontare la versione tranquillizzante delle autorità: «un amico che ci ha accompagnato giornalisticamente per un lungo periodo nella foresta oggi è caduto da un ponte sospeso di oltre 20 metri a Beechtown ed è morto. Al momento la polizia e RWE stanno cercando di liberare il villaggio di case sull’albero. Il SEK (Spezialeinsatzkommando), le squadre speciali in assetto antisommossa) stava arrestando un attivista vicino al ponte sospeso.

      «Siamo profondamente scossi. Tutti i nostri pensieri e desideri sono con lui. La nostra compassione va a tutti i parenti, amici e persone che si sentono preoccupati – si legge sul sito del gruppo – esortiamo la polizia e RWE a lasciare immediatamente la foresta e a fermare questa pericolosa operazione. Nessuna altra vita potrebbe essere in pericolo. Ciò che è necessario ora è un momento di tranquillità». Gli ecologisti consigliano agli attivisti di proteggersi e non rilasciare dichiarazioni, nemmeno alla polizia: «L’incidente deve essere riparato, ma la polizia non è il posto giusto per farlo. Il suo interesse è dare la colpa ai manifestanti».

      L’incidente arriva mentre l’evacuazione dello Zad dalla foresta di Hambach è in corso dallo scorso giovedì per fare spazio all’estensione di una miniera di carbone RWE, la prima compagnia energetica tedesca. Un’operazione fortemente contestata dall’opposizione e dalla stampa tedesca.

      Le operazioni della polizia sono iniziate il 13 settembre. I manifestanti ecologisti oppongono una resistenza passiva alle manovre delle forze dell’ordine: gli attivisti sono appollaiati su alberi alti circa 25 metri, e portarli via, in modo sicuro, per le forze dell’ordine è impresa complicata. Infatti c’è scappato il morto. Le operazioni sono iniziate alle 8.20 di giovedì scorso, quando gli agenti hanno dato un ultimatum, chiedendo, con i megafoni, di lasciare libera l’area nel giro di 30 minuti. Gli attivisti non hanno rispettato la scadenza. «Riteniamo che questa operazione durerà diversi giorni – ha detto il presidente della polizia locale allo Spiegel – e porterà immagini anche drammatiche. Abbiamo 60 case sugli alberi da sgomberare. Prendere queste persone dalle case sugli alberi è una grande sfida».

      Si è conclusa con 14 dimostranti arrestati e 8 feriti, di cui 3 poliziotti, la manifestazione di domenica scorsa contro l’abbattimento di una porzione della foresta di Hambach per lasciare spazio ad una miniera di carbone del gruppo energetico RWE, nell’ovest della Germania. La polizia ha ripreso con lo sgombero delle casette costruite dai manifestanti sugli alberi: al momento ne sono state sgomberate 28 su 50, e 19 di queste sono state demolite. Alla manifestazione hanno partecipato 4000 manifestanti, secondo la polizia, tra le 5000 e le 9000 persone, secondo le organizzazioni ambientaliste. La foresta di Hambach è diventata, intanto, per le diverse organizzazioni ambientaliste un simbolo della resistenza contro la politica energetica basata sul carbone.

      Le autorità hanno cercato per giorni di fare sgomberare gli ambientalisti che si sono incatenati a delle case sugli alberi e ai tronchi degli arbusti. I manifestanti sperano che una commissione nominata dal governo per esaminare il futuro dell’industria carbonifera tedesca consigli di bloccare la distruzione della foresta.

      «Ci stiamo battendo per gli obiettivi sul clima a livello globale e nell’interesse del futuro di tutti», ha spiegato uno degli attivisti di Hambach. Nel corso di una conferenza stampa i militanti hanno chiesto che il governo tedesco «si impegni subito» con misure concrete a favore del clima.

      Il carbone è il combustibile fossile più sporco. Gli enormi escavatori estraggono dalla terra il brown coal – la lignite. Questo combustibile fossile ammonta ancora a circa un quarto del mix energetico tedesco. Proprio domani, giovedì, attivisti e ambientalisti avevano in programma di presentarsi al premier della Renania Settentrionale-Vestfalia, Armin Laschet, con una petizione firmata da 500.000 cittadini che chiedono al governo del Land di intervenire e salvare la foresta.


      https://left.it/2018/09/19/la-guerra-del-carbone-in-germania-fa-il-primo-morto-ad-hambach-un-attivista-e-c
      #décès #mort

      signalé par @albertocampiphoto

    • Il s’appelait Steffen. À Hambach, un blogueur militant chute mortellement lors de l’opération policière

      Un déploiement policier massif se déroule en forêt de Hambach, pour évacuer des écologistes qui tentent d’empêcher l’extension d’une mine de charbon géante. Mercredi 19 septembre, un jeune blogueur est mortellement tombé d’une cabane.


      https://reporterre.net/Il-s-appelait-Steffen-A-Hambach-un-blogueur-militant-chute-mortellement-

    • Allemagne : la justice stoppe l’agrandissement d’une vaste mine de charbon

      La justice allemande a stoppé ce vendredi l’agrandissement controversé d’une énorme mine de charbon, interdisant à l’énergéticien RWE de déboiser la forêt de Hambach tant que le recours sur le fond de ce projet n’aura pas été tranché.

      Occupée depuis six ans par des dizaines de militants écologistes, dans des constructions parfois situées à la cime des arbres, cette forêt de l’ouest du pays proche d’Aix-la-Chapelle cristallise les débats allemands autour de l’exploitation de la lignite, source d’énergie bon marché et très polluante.

      Se prononçant en appel et en référé, la Cour régionale administrative de Münster a estimé que RWE « n’avait pas le droit de déboiser la forêt de Hambach » tant que la justice n’aura pas examiné le recours déposé sur le fond par l’association environnementale Bund.


      https://www.liberation.fr/direct/element/allemagne-la-justice-stoppe-lagrandissement-dune-vaste-mine-de-charbon_88

    • Hambi Bleibt !

      Jeudi 25.10.2018 la caravane depuis Genève et Lausanne comportant une soixantaine d’activistes pour la justice climatique s’en va rejoindre le camp de #Ende_Gelände, une coalition de résistance contre la déforestation et l’extraction du charbon en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. [Podcast en pied de page].

      L’extractivisme qui prolifère en Amérique latine, en Afrique et ailleurs ne contient aucune vertu. Il regorge de nuisances et comporte un haut degré de nocivité à tous points de vue. Le Lignite. Roche sédimentaire au bas PCI (pouvoir calorifique inférieur) qui est l’objet de l’extraction est donc premièrement un mauvais carburant.

      Deuxièmement, son extraction est source de radon, responsable de cancer du poumon et de sulfure responsable des pluies acides. Sa combustion dégage du dioxyde de carbone et contribue à l’aggravation de l’effet de serre. C’est donc une impasse pour user d’un doux euphémisme.

      Cette maudite mine menace la forêt de Hambach, écorchée et réduite quasiment à néant. Celle-ci se situe entre Cologne et Aix-la-Chapelle, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie dans l’ouest de l’Allemagne. Une zone déjà fortement touchée par l’industrialisation galopante.

      Elle est ainsi nommée d’après le quartier de Hambach de la ville de Niederzier où elle se situe en partie. La forêt ainsi que la mine de charbon, objet de l’extractivisme si nocif est dénoncé par Ende Gelände, une coalition en lutte pour la justice climatique. ET pas que.

      Antérieure à la dernière glaciation la forêt date d’environ 12 000 ans. Les arbres les plus anciens ont environ 350 ans. La forêt qui faisait encore 12 000 ha au début du 19ème siècle n’en faisait plus que 4.200 ha en 1978, quand la construction de la mine de Hambach l’a réduit à 226 ha. Depuis 2004, l’entreprise RWE a annoncé vouloir étendre la mine et réduire la surface forestière à 80 ha. La résistance à cours, menée par des activistes qui occupent la forêt depuis lors comme zone à défendre (ZAD).

      Des examens d’archéologie expérimentale y ont été conduits pour reconstituer les pratiques agricoles du Néolithique.La forêt de Hambach est constituée d’un environnement d’une haute valeur écologique.

      D’après les études du BUND, sur les 226 hectares de forêt, la faune de la forêt contient douze espèces de chauve-souris « strictement protégées ». En tout, 142 espèces protégées seraient présentes sur le territoire boisé.

      La flore de la forêt est composée de nombreux spécimens de charme commun et de chêne pédonculé.

      Dès 1977, il s’est formé le Hambach-Gruppe (« groupe de Hambach ») pour protester contre l’expropriation et la destruction de villages entiers pour permettre l’agrandissement de la mine. Des groupes locaux, des organisations environnementales et même des associations religieuses à l’instar de simples militant·e·x·ss se sont progressivement dressé·e·x·s contre la déforestation au fur et à mesure que la forêt s’amenuisait.

      En 2004, des militants de Greenpeace font les premiers actes de résistance médiatisés contre la déforestation. En 2009, le BUND porte sa première plainte contre #RWE.

      À partir de mi-avril 2012, des militant·e·x·s commencent à camper dans la forêt et à organiser des occupations d’arbres. Le but est d’empêcher la destruction de la forêt, conséquence de l’extension programmée de la mine. C’est aussi une manière de médiatiser les conséquences écologiques de cette mine, première source de gaz à effet de serre de toute l’Europe selon l’ONG 350.org.

      Ende Gelände, Terre perdue, depuis 2016 est un important mouvement de protestation et de désobéissance civile en Allemagne pour limiter le réchauffement climatique par l’élimination des combustibles fossiles

      En 2018 la lutte continue et s’intensifie, la police réprime pour le compte de RWE et le 19 septembre 2018 un militant meurt dans une chute depuis une cabane dans les bois assiégée par la police. RWE, acronyme de Rheinisch-Westfälisches Elektrizitätswerk Aktiengesellschaft conglomérat allemand dans le secteur énergétique plus particulièrement la distribution d’électricité. Horrible entité qui fait de la recherche du profit sont unique et aveugle dispositif.

      En 2018, Ende Gelände revient avec une action de masse de désobéissance civile contre le lignite et en soutien à la forêt d’Hambach du 25 au 29 octobre 2018.

      « Nous voulons stopper l’extraction du lignite – maintenant ! Rendez-vous dans le bassin minier en Rhénanie au début de la saison de déboisement opéré par RWE en octobre. L’action aura lieu même si le déboisement est annulé, car les raisons de lutter pour une sortie immédiate du lignite et pour une justice climatique n’en restent pas moins nombreuses. »


      http://libradio.org/?p=4775
      #caravane #marche #résistance

    • « La #désobéissance_civile est un symbole puissant »

      Près de 6500 personnes ont bloqué l’accès à la mine de charbon la plus polluante d’Europe, dans la plus grande action de ce type jamais vue sur le continent. Reportage avec un groupe de Romands.

      A l’aube samedi matin, une ambiance électrique régnait aux alentours de la mine de charbon de Hambach, en Allemagne. Et pour cause : les 6500 manifestants venus protester contre cette exploitation venaient d’apprendre qu’un petit groupe était parvenu à y pénétrer durant la nuit, immobilisant deux excavatrices et mettant le chantier à l’arrêt. Sous les chants, les slogans et les acclamations, le cortège s’est mis en marche pour rejoindre les lieux, formant une manifestation qui s’est étendue à perte de vue au milieu des champs d’éoliennes.

      L’action, régie par les principes du #pacifisme et de la désobéissance civile, avait pour but de passer les barrages policiers grâce à la force du nombre, pour immobiliser la mine par la présence des manifestants. Le cortège est toutefois resté bloqué une heure face à un premier blocus, pendant qu’un nouveau trajet se négociait.

      Dispersion efficace

      A peine repartis, les groupes se sont scindés pour traverser en courant les champs, sous le regard d’une vingtaine de policiers dépassés. Près de 3000 personnes ont alors été s’installer sur les rails servant à transporter le charbon hors de la mine, bloquant celle-ci et l’alimentation des centrales électriques alentour. Une autre partie, dont un groupe de Romands, est restée encerclée par les forces de l’ordre.

      « Ça peut sembler un peu frustrant, mais c’est le principe d’une action collective, raconte Antoine, 23 ans. Notre groupe a occupé l’attention de la police pendant plusieurs heures, ce qui a permis à une autre partie du groupe d’atteindre son objectif. » Mis à part quelques jets de spray au poivre et quelques coups de matraque, militants et policiers se sont toutefois côtoyés avec calme et sang-froid. « Ça reste très impressionnant d’être face à ces armoires à glace », avaient prévenu les habitués.

      Et lorsque la partie légale de la manifestation a été déclarée illégale, la pression policière s’est fait plus insistante. « Mais je ne me suis jamais sentie en danger », assure Gaëlle, 28 ans. Dans la foule, la réaction a été la création d’une chaîne humaine, mais aussi de sortir les sandwiches ou de jouer de l’harmonica.

      « La force du symbole ne doit pas être sous-estimée »

      Pour les Romands, la journée s’est terminée là, mais près d’un millier de personnes ont passé la nuit sur les rails, malgré le froid. Dotés de couvertures de survie et de sacs de couchage, ils n’ont toutefois pas eu le droit d’être ravitaillés par l’équipe restée au camp.

      « On est un peu déçus de ne pas y être parvenus, concède Alice, 21 ans. Mais fiers d’avoir aidé à rendre cette action possible. » « C’est puissant d’avoir pu faire partie de la plus grande action de désobéissance civile d’Europe, juge Alex, 22 ans. Et même si on sait qu’on a peut-être pas eu un impact direct énorme sur l’empreinte carbone de cette journée, la force du symbole ne doit pas être sous-estimée. »

      https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/La-desobeissance-civile-a-connu-un-nouveau-record-31834967

    • À Hambach, des milliers d’activistes débordent la police pour en finir avec le charbon

      Hambach, en Allemagne, près de Cologne, est devenue le symbole de la lutte contre les énergies fossiles qui dévastent le climat. Ce week-end, une grande manifestation de désobéissance civile a réussi à bloquer la mine. Le but : en finir avec le charbon. Reportage photo.


      https://reporterre.net/A-Hambach-des-milliers-d-activistes-debordent-la-police-pour-en-finir-av


  • Les champignons, une menace silencieuse sur la santé et l’alimentation humaine
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/09/17/les-champignons-une-menace-silencieuse_5356331_5345421.html

    Les pesticides épandus en masse pour protéger les récoltes des attaques fongiques ont engendré des résistances, y compris chez des souches qui infectent l’homme et font 1,6 million de morts par an.


    Faites le test : demandez autour de vous quel champignon présente le plus de danger pour l’humain. Neuf personnes sur dix choisiront l’amanite phalloïde. Erreur on ne peut plus funeste. Avec ses quelques dizaines de décès en Europe les pires années, le « calice de la mort » devrait faire figure d’amateur dans la planète mycète.

    De même que le moustique surpasse de loin tous les animaux réputés féroces, les vrais tueurs, chez les champignons, sont microscopiques, méconnus et autrement plus meurtriers que notre vénéneuse des forêts. Cryptococcus, pneumocystis, aspergillus et candida : chaque année, chacune de ces grandes familles tue plusieurs centaines de milliers de personnes. Selon les dernières estimations du Gaffi (le Fonds global d’action contre les infections fongiques), les pathologies associées feraient au moins 1,6 million de victimes annuelles, soit presque autant que la tuberculose (1,7 million), la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. « Des estimations basses », précise le professeur David Denning, directeur exécutif du Gaffi et chercheur à l’université de Manchester.

    D’autant qu’elles ne prennent nullement en compte le poids des attaques fongiques dans les désordres alimentaires mondiaux. Les deux principales pathologies du blé, la septoriose et la rouille noire, toutes deux provoquées par un champignon, feraient baisser la production mondiale de 20 %. La production ainsi perdue suffirait à nourrir 60 millions de personnes. Etendues à l’ensemble des cultures agricoles, c’est 8,5 % de la population mondiale, soit environ 600 millions de personnes, selon des chiffres publiés en 2012, qui pourraient garnir leurs assiettes si les lointains cousins de la truffe épargnaient les récoltes.


    Taches de septoriose sur des feuilles de blé tendre en France.

    Il faut dire que les champignons sont partout. Sur nos poignées de porte et au bord de nos baignoires, à la surface des aliments que nous ingérons comme dans l’air que nous respirons. Essentiels au cycle du vivant, ils digèrent les déchets et les recyclent en énergie disponible. Sans eux, pas de compost ni d’engrais naturels, pas de roquefort ni de vins doux. Encore moins de pénicilline, ce premier antibiotique né de l’appétit des moisissures penicillium pour les bactéries. Précieux pour l’ordre végétal, donc, et pour la plupart sans danger pour les humains. « Sur les quelque 1,5 million d’espèces estimées, quelques centaines ont la capacité de survivre dans notre organisme, souligne le professeur Stéphane Bretagne, chef du laboratoire de mycologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, et directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des mycoses invasives de l’Institut Pasteur. En plaçant notre corps à 37 degrés, l’évolution nous a mis à l’abri de la plupart des champignons. Les autres, quand tout va bien, sont éliminés par notre système immunitaire. »

    En avril 2012, pourtant, un inquiétant « Fear of Fungi » (« La peur des champignons ») barrait la « une » de la prestigieuse revue Nature. Sept scientifiques britanniques et américains y décrivaient l’explosion d’infections virulentes parmi les plantes et les animaux. On croyait, depuis la grande famine irlandaise (1845-1852) et les épidémies d’oïdium (1855) puis de mildiou (1885) qui détruisirent l’essentiel de la vigne française, que les grands périls agricoles étaient derrière nous. Eh bien non, répondaient-ils : la pression fongique sur les cinq principales cultures vivrières ne cesse de s’intensifier. Le blé, donc, mais aussi le riz, assailli dans 85 pays par la pyriculariose, avec des pertes de 10 % à 35 % des récoltes. Idem pour le soja, le maïs et la pomme de terre. « Si ces cinq céréales subissaient une épidémie simultanée, c’est 39 % de la population mondiale qui verrait sa sécurité alimentaire menacée », explique Sarah Gurr, du département des sciences végétales de l’université d’Oxford, une des signataires de l’article.

    Les champignons ne s’en prennent pas qu’à l’agriculture, rappelaient les chercheurs. Reprenant la littérature, ils constataient que 64 % des extinctions locales de plantes et 72 % des disparitions animales avaient été provoquées par des maladies fongiques. Un phénomène amplifié depuis le milieu du XXe siècle : le commerce mondial et le tourisme ont déplacé les pathogènes vers des territoires où leurs hôtes n’ont pas eu le temps d’ériger des défenses. Les Etats-Unis ont ainsi perdu leurs châtaigniers, l’Europe a vu ses ormes décimés. Les frênes sont désormais touchés : arrivée d’Asie il y a quinze ans, la chalarose a ainsi frappé la Pologne, puis toute l’Europe centrale. Elle occupe désormais un tiers du territoire français. Seule chance : Chalara fraxinea ne supporte pas la canicule. La maladie a donc arrêté sa progression et commencerait même à reculer.

    Les animaux sont encore plus durement atteints. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 40 % des espèces d’amphibiens sont aujourd’hui menacées, des dizaines auraient disparu. Premier responsable : Batrachochytrium dendrobatidis, alias Bd. Depuis vingt ans, le champignon venu de Corée a décimé grenouilles et crapauds en Australie et sur l’ensemble du continent américain. Son cousin Bsal, lui aussi arrivé d’Asie, cible salamandres et tritons européens avec une mortalité proche de 100 %. Aux Etats-Unis, un autre champignon, le bien nommé Geomyces destructans, poursuit son carnage auprès des chauves-souris. La maladie du museau blanc touche près de la moitié du pays et aurait tué plusieurs millions de chiroptères.


    Dans le Vermont, aux Etats-Unis, des chauves-souris brunes sont frappées par la maladie du museau blanc.

    Coraux et tortues dans les mers, abeilles, oies et perroquets dans les airs… la liste est longue. « Il ne fait guère de doute que ces pathologies sont de plus en plus nombreuses, affirme, statistiques à l’appui, Matthew Fisher, du département des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres, premier signataire de la publication de 2012. Depuis notre article, il y a eu une prise de conscience, mais la situation s’est détériorée. »

    Aussi en mai, Matthew Fisher et Sarah Gurr ont récidivé, cette fois dans Science, en s’adjoignant les services du Suisse Dominique Sanglard. Biologiste à l’université de Lausanne, il traque « l’émergence mondiale de résistance aux antifongiques » en incluant dans le tableau les pathologies humaines. Des maladies « longtemps négligées, souligne-t-il. D’abord, elles étaient moins fréquentes que les pathologies bactériennes ou virales. Ensuite, elles frappent des patients immunodéprimés – dont les défenses ne sont plus capables de contenir les champignons –, pas des sujets sains. Enfin, un champignon, c’est beaucoup plus complexe qu’une bactérie, beaucoup plus proche de nous aussi, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules. »

    « Un champignon, c’est beaucoup plus proche de nous qu’une bactérie, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules », Dominique Sanglard université de Lausanne

    L’épidémie de sida, dans les années 1980, a commencé à modifier la donne. « Les patients immunodéprimés se sont mis à mourir massivement de pneumocystoses ou de cryptococcoses », se souvient Olivier Lortholary, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Necker et directeur adjoint du CNR mycoses invasives à l’Institut Pasteur. Si l’accès aux trithérapies a permis de limiter l’hécatombe dans les pays occidentaux, il n’en va pas de même ailleurs dans le monde. Selon les dernières statistiques du Gaffi, plus de 535 000 malades du sida meurent encore chaque année, victimes d’une infection fongique associée. « C’est sans doute plus, insiste David Denning. Certaines pathologies fongiques pulmonaires sont prises pour des tuberculoses. »

    Mycologue au CHR de Cayenne, Antoine Adenis en sait quelque chose. La forte présence de la leishmaniose dans le département avait conduit le service de dermatologie à analyser toutes les plaies des patients séropositifs. « Nous avons découvert la présence de l’histoplasmose un peu par hasard », raconte-t-il. Les médecins ont alors systématiquement recherché le champignon histoplasma et découvert qu’il constituait la première cause de décès des malades du sida en Guyane. Au Suriname voisin, réputé vierge de champignons, il a découvert que « 25 % des hospitalisés VIH étaient touchés ». Le médecin a ensuite étendu son étude à toute l’Amérique latine. Le résultat a stupéfié la communauté : selon un article publié en août, dans The Lancet, le champignon y tuerait quelque 6 800 personnes par an, plus que la tuberculose, réputée première cause de mortalité associée au sida.

    Les champignons et leurs spores ne se contentent pas d’attaquer les porteurs du VIH. « Ils compliquent toutes les pathologies respiratoires quand ils ne les provoquent pas », explique David Denning. Asthme sévère, aspergilloses broncho-pulmonaires allergiques ou chroniques… « Cela représente plus de 14 millions de personnes dans le monde et au moins 700 000 décès par an », assure le médecin britannique.


    Un adolescent anglais atteint par une teigne résistante aux antifongiques.

    Enfin, il y a les pathologies dites « hospitalières ». « Chimiothérapies, greffes de moelle, transplantations d’organes, biothérapies… La médecine moderne, comme l’augmentation de la durée de la vie, multiplie la quantité de malades immunodéprimés dans les hôpitaux, analyse Tom Chiller, chef de la branche mycoses du Centre de contrôle des maladies américain (CDC). Beaucoup ont déjà en eux des champignons qui trouvent là l’occasion de prospérer, ou ils les rencontrent à l’hôpital. Tous représentent des cibles idéales. » Une fois les pathogènes dans le sang, le pronostic devient effrayant. A l’échelle mondiale, le taux de mortalité parmi le million de malades traités avoisinerait les 50 %. « En France, depuis quinze ans, le taux reste entre 30 % et 40 % pour les candidoses, entre 40 % et 50 % pour les aspergilloses, indique Stéphane Bretagne. Désespérément stable. » « Et l’incidence des candidoses systémiques augmente de 7 % chaque année, renchérit son collègue Olivier Lortholary. Même si c’est en partie dû à l’augmentation de la survie des patients de réanimation aux attaques bactériennes, c’est une vraie préoccupation, ma principale inquiétude avec les champignons émergents souvent multirésistants. »

    Résistances et émergences : l’hôpital de Nimègue, aux Pays-Bas, et son équipe de recherche en mycologie, en sont devenus les références mondiales. En 1999, le centre y a enregistré le premier cas de résistance d’une souche d’Aspergillus fumigatus aux azoles, la principale classe d’antifongiques. Puis les cas se sont multipliés. « Et ça ne cesse de croître, souligne Jacques Meis, chercheur au centre néerlandais. Dans tous les hôpitaux des Pays-Bas, la résistance dépasse les 10 %, et atteint jusqu’à 23 %. » Avec pour 85 % des patients infectés la mort dans les trois mois.


    L’inhalation des spores d’« Aspergillus fumigatus » peut entraîner une infection invasive des poumons et des bronches, souvent fatale.

    Les scientifiques n’ont pas mis longtemps à désigner un suspect : les horticulteurs. Aux Pays-Bas, champions de l’agriculture intensive, le traitement standard des tulipes consiste à en plonger les bulbes dans un bain d’azoles. Longtemps, les organisations agricoles ont plaidé non coupables. Mais à travers le monde, les preuves se sont multipliées. A Besançon, où ont été mis en évidence les deux premiers cas français d’aspergilloses résistantes chez un agriculteur et un employé de la filière bois, les mêmes souches mutantes ont été trouvées dans les champs du malade et dans plusieurs scieries de la région. « Les agriculteurs ne visent pas les mêmes champignons, mais les fongicides qu’ils emploient ne font pas la différence, ils rendent résistants les pathogènes humains », explique Laurence Millon, chef du service de parasitologie-mycologie du centre hospitalier de Besançon. « L’histoire se répète, soupire Matthew Fisher. L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons. »

    « L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons », Matthew Fisher, Imperial College de Londres

    Le monde agricole se trouve pris entre deux menaces. D’un côté, la résistance toujours plus importante de champignons dopés par le changement climatique conduit à multiplier les traitements phytosanitaires. « Cette année, dans les vignes du sud de la France, la pression fongique était telle qu’au lieu des onze traitements annuels moyens – ce qui est déjà beaucoup –, les vignerons en ont délivré entre quinze et dix-sept », constate Christian Huygue, directeur scientifique agriculture de l’Institut national de la recherche en agronomie (INRA). La faute à un printemps exceptionnellement pluvieux et un été particulièrement sec. Mais aussi à l’adaptation des champignons à tout ce que le génie humain invente de produits phytosanitaires. Depuis les années 1960, l’industrie s’en est pris successivement à la membrane des cellules du champignon, à leur paroi, à leur ARN ou à leur respiration… Cinq classes d’antifongiques ont ainsi été mises au point. « Trois étaient vraiment efficaces, résume Sabine Fillinger, généticienne à l’INRA. Les strobilurines rencontrent des résistances généralisées. De plus en plus de produits azolés connaissent le même sort. Il reste les SDHI [inhibiteur de la succinate déshydrogénase], mais ils commencent à y être confrontés et ça va s’aggraver. »

    De plus en plus impuissants face aux pathogènes, les fongicides agricoles se voient aussi accusés de menacer la santé humaine. Des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm ont ainsi lancé un appel dans Libération, le 16 avril, afin de suspendre l’usage des SDHI. Le dernier-né des traitements n’entraverait pas seulement la respiration des cellules de champignons ; par la même action sur les cellules animales et humaines, il provoquerait des « encéphalopathies sévères » et des « tumeurs du système nerveux ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a décidé d’examiner l’alerte. Elle s’est d’autre part autosaisie afin de vérifier l’éventuelle toxicité humaine de l’époxiconazole. « Cet azole est l’une des dernières substances actives sur le marché, nous en utilisons 200 tonnes par an en France, mais c’est également un reprotoxique de catégorie 1 [affecte la fertilité], la plus préoccupante, et un cancérigène de catégorie 2 », indique Françoise Weber, directrice générale déléguée au pôle produits réglementés de l’Anses. Un avis négatif de la France pourrait peser en vue de la réévaluation du produit au niveau européen, prévue en avril 2019.

    A l’INRA comme à l’Anses, on jure avoir comme nouvel horizon une agriculture sans pesticide. Développement de nouvelles variétés, diversification des cultures, morcellement des paysages et « anticipation des pathologies nouvelles que le changement climatique fait remonter vers le nord et que le commerce mondial apporte d’Asie », insiste Christian Huygue. Du blé tendre aux laitues ou aux bananes, nombre de cultures font face à des pathogènes émergents. Des champignons nouveaux frappent également les humains. Dans les services hospitaliers, le dernier diable s’habille en or. Découvert au Japon en 2009 et intrinsèquement résistant à tous les traitements, Candida auris flambe particulièrement dans les hôpitaux indiens, pakistanais, kényans et sud-africains. La France semble jusqu’ici épargnée. Mais cinq autres champignons à « résistance primaire » y ont fait leur nid, totalisant 7 % des infections invasives à Paris, là encore chez les immunodéprimés.


    Plants de banane attaqués par la fusariose au Cameroun

    Plus inquiétant peut-être, de nouvelles infections invasives touchent des patients dits immunocompétents. Aux Etats-Unis, la « fièvre de la vallée » ne cesse de progresser. Pour la seule Californie, les coccidioïdes cachés dans la terre, relâchés à la faveur de travaux d’aménagement ou agricoles, ont contaminé 7 466 personnes en 2017. Au CDC d’Atlanta, on ne dispose d’aucune statistique nationale mais on parle de « centaines » de morts.

    Moins meurtrière mais terriblement handicapante, une nouvelle forme de sporotrichose touche des dizaines de milliers de Brésiliens. Partie de Rio, elle a conquis le sud du pays et gagne le nord, essentiellement transmise par les chats. « L’épidémie est hors de contrôle », assure Jacques Meis. Et que dire de ces ouvriers de Saint-Domingue qui nettoyaient une conduite d’usine remplie de guano de chauves-souris ? « Ils étaient 35, jeunes, aucun n’était immunodéprimé, raconte Tom Chiller, qui a publié le cas en 2017 dans Clinical Infectious Diseases. Trente sont tombés malades, 28 ont été hospitalisés. » Le diagnostic d’histoplasmose n’a pas tardé. Neuf ont été admis en soins intensifs. Trois sont morts.

    Cette hécatombe mondiale n’a rien d’une fatalité, assurent les scientifiques. « La médecine moderne augmente les populations à risque, admet David Denning. Mais en améliorant le diagnostic et l’accès aux traitements, en développant la recherche, en réservant à la santé humaine les nouvelles molécules qui finiront par apparaître, on doit pouvoir réduire considérablement la mortalité des infections. »

    Doux rêve, répond Antoine Adenis. « La mycologie reste le parent pauvre de la microbiologie », regrette-t-il. Ainsi, pour la première fois cette année, Laurence Millon n’aura pas d’interne dans son service de Besançon. Et David Denning, qui gère son Gaffi avec des bouts de ficelle, de soupirer : « Quand un malade leucémique meurt d’une infection fongique, tout le monde parle du cancer à l’enterrement, personne des champignons. Et à qui pensez-vous que l’on fait les dons ? »


  • Un coup d’État américain a-t-il été avorté au Venezuela  ?
    https://www.courrierinternational.com/une/un-coup-detat-americain-t-il-ete-avorte-au-venezuela

    “Les États-Unis ont rencontré des comploteurs vénézuéliens”, titre ce lundi 10 septembre The New York Times pour son édition internationale. D’après le quotidien, un coup d’État aurait été envisagé par le gouvernement américain avec l’aide d’opposants politiques locaux :


    “L’administration Trump a organisé, au cours de cette année, des réunions secrètes avec d’anciens officiers militaires rebelles du Venezuela. Ils auraient envisagé des stratégies pour renverser le président Nicolás Maduro, selon des responsables américains et un ancien commandant militaire vénézuélien qui ont participé aux pourparlers.”

    La source du journal a revendiqué l’anonymat, par peur de représailles dans son pays. Cependant, elle serait inscrite “dans la propre liste du gouvernement américain de responsables corrompus au Venezuela”. Lui et d’autres membres de l’appareil de sécurité vénézuélien “sont accusés […] d’une série de crimes graves”, ce qui aurait dissuadé Washington. L’éventualité d’une ingérence américaine au Venezuela s’est dissipée après “une récente répression qui a conduit à l’arrestation de douzaines de complices”.

    Même si les plans ont échoué, la tentative américaine pourrait avoir d’importantes répercussions en Amérique latine, analyse The New York Times : “La volonté de rencontrer à plusieurs reprises des officiers comploteurs désireux de renverser un président de l’hémisphère Sud pourrait avoir des conséquences politiques contre-productives.”


  • Nova Friburgo, passé-présent

    Par ses photographies à découvrir à la Galerie Focale, le Vaudois #Thomas_Brasey évoque la ville brésilienne et son lien ombilical avec la Suisse.

    En 1816, l’Europe souffre des conditions météorologiques calamiteuses provoquées par l’éruption du volcan indonésien Tambora. Une va­gue de froid et des pluies diluviennes s’abattent sur le continent. La famine pousse les émigrés d’une dizaine de cantons suisses sur les chemins de l’exil, notamment en Amérique latine. Parmi les candidats à ce périlleux voyage, d’abord sur le Rhin, puis à travers l’océan, un sur sept y laissera la vie.

    Des quelque 2000 migrants suisses qui rejoignent le Brésil, en majorité fribourgeois, certains fondent Nova Friburgo en 1818, dans les montagnes de l’Etat de Rio de Janeiro, à plus de 800 mètres d’altitude. Les terres sont celles des indiens coroados puris, cédées par décret royal à des familles de colons suisses. A la Galerie Focale à Nyon, les photographies de Thomas Brasey racontent cette ville bicentenaire comptant aujour­d’hui 200 000 habitants. Et comble ainsi un vide iconographique.

    Sans mises en scène

    Car si la dure réalité de l’époque est racontée par les lettres des émigrés et autres textes d’écrivains, journalistes ou auteurs de théâtre, les images et objets originaux sont pour ainsi dire inexistants. Concrètement, le travail de l’artiste vaudois, lauréat de la 10e Enquête photographique fribourgeoise, associe dans sa série Boaventura trois types d’images : des paysages luxuriants et inhabités, des portraits en apparence sans rapport les uns avec les autres, et des natures mortes.

    Les clichés de paysages des environs de l’actuelle Nova Friburgo sont à la fois simples et évocateurs. L’artiste évite toute mise en scène afin de ne pas verser dans le registre de l’anecdotique, du photojournalisme ou du reportage. Le même souci se retrouve dans les portraits d’habitants actuels de Nova Friburgo. Photographiés chez eux ou sur leurs lieux de travail, les descendants des exilés helvétiques ne sont identifiables qu’à leur seul patronyme.

    Un effet de distanciation critique est obtenu avec le recours à la nature morte. Des photographies d’objets noirs sur fond blanc évoquent de façon originale et allusive l’aventure de l’émigration, de ses aspects les plus banals aux plus chargés émotionnellement. Le mousti­que anophèle renvoie à la malaria. La maladie avait rattrapé les migrants dans des camps près de Rotterdam où ils ­s’entassaient dans l’attente de leur appareillage en mer, après une longue descente du Rhin en bateau.

    Regards sur la migration

    Le plant de café symbolise la graine qui faisait miroiter aux exilés la prospérité après l’échec des cultures de leur pays d’origine. Le requin évoque l’exploitation des colons au Brésil et le sort tragique des naufragés. Par la coexistence de différents types d’images, Thomas Brasey s’inscrit en faux contre une vision de la photographie opposant objectivation du réel et subjectivité de l’artiste.

    Déjà exposée au Musée gruérien de Bulle et à Winterthour, la série Boaventura documente un espace social et géographi­que contemporain à la recher­che d’un passé collectif. La redécouverte par la photographie de Nova Friburgo et de son histoire aux résonances universelles alimente une réflexion sur la migration et ses représentations. La sensibilité de l’artiste contribue à remettre en cause les définitions simplistes de l’#identité.


    https://lecourrier.ch/2018/09/11/nova-friburgo-passe-present
    #Nova_Friburgo #Brésil #Suisse #colonialisme #colonialisme #photographie

    Nova Friburgo

    Nova Friburgo est une ville du Brésil située dans une région montagneuse du centre-nord de l’État de Rio de Janeiro, à 136 kilomètres de la capitale, Rio de Janeiro, sur un territoire de 933,4 km2. Elle se trouve à 22°16’55" de latitude sud et 42°31’52" de longitude ouest et à 846 mètres au-dessus du niveau de la mer.

    Sa population, d’après le recensement brésilien de 2010 de l’Institut brésilien de géographie et de statistiques, était de 182 082 habitants. Les principales activités économiques sont basées sur l’industrie du textile (lingerie) et la métallurgie, l’horticulture (fleurs), l’élevage de chèvres et le tourisme. Elle est la ville la plus froide de l’État.

    Jusqu’au XIXe siècle, la région de l’actuel Nova Friburgo était occupée par les indiens #coroados puris. En 16 mai 1818, le #Roi_Jean_VI proposa une #colonisation_planifiée, pour promouvoir et agrandir la civilisation au royaume du Brésil. Un décret donna l’autorisation au #canton_de_Fribourg de fonder une #colonie de cent familles suisses dans la ferme du "#Morro_Queimado", dans le district de #Cantagalo, un endroit choisi en raison des #ressemblances_géographiques et climatiques avec celles de leur pays d’origine. De 1819 à 1820, la région fut colonisée par 265 familles suisses, totalisant 1 458 immigrants. Elle fut nommée par les Suisses « Nova Friburgo » (La Nouvelle-Fribourg), en hommage à la ville d’où était partie la majorité des familles.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nova_Friburgo
    #peuples_autochtones #migrations

    cc @simplicissimus

    • #merci !

      Mon grand-père voulait émigrer en Argentine où des parents étaient déjà partis (mon nom de famille se trouve d’ailleurs aussi dans la province d’Entre Rios). Il en a été empêché par le déclenchement de la Première guerre mondiale. Après celle-ci, il s’est finalement installé dans le Jura français.


  • La tranquille pénétration chinoise en Amérique latine et Caraïbes
    http://theconversation.com/la-tranquille-penetration-chinoise-en-amerique-latine-et-cara-bes-1

    En 2008, la République populaire de Chine (RPC) publiait son premier <i>Policy Paper</i> définissant stratégiquement ses relations avec l’Amérique latine et …


    • C’est du n’importe quoi comparable à la campagne actuelle contre Jeremy Corbyn.

      Les adversaires de Sarah Wagenknecht au sein du parti Die Linke construisent le mythe de l’ex communiste convertie en membre de la cinquième colonne de la droite qui aurait infiltre le parti afin de le diviser. Ces reproches sont ensuite repris et interprétées par la droite pour nuire au projet de gauche dans son ensemble.

      On commence à comprendre les raisons pour les reproches en question quand on regarde les différentes tendance de la gauche allemande qui se rencontrent dans ce parti. Ce sont surtout les militants de Ouest issus des milieux « sponti » anti-dogmatiques et anarchistes qui revendiquent l’abolition de toutes les frontières et considèrent cette revendication comme critère essentiel pour décider si quelqu’un est de gauche .

      Sarah Wagenknecht par contre fait partie de ceux qui envisagent des solutions faisables et pour les réaliser elle abandonne les revendications maximales et illusoires. Pour les milieux de l’extrème gauche ses positions sont alors des positions de droite. Parallèlement elle se trouve en concurrence directe avec d’autres personnes à la tête du parti qui n’hésitent pas de tout faire pour nuire à son image de marque.

      Initialement Sarah Wagenknecht faisait partie du courant Kommunistische Plattform (KP) au sein du parti (https://kpf.die-linke.de/start). Elle a donc appris à analyser les choses d’une manière systématique et scientifique. Ce n’est pas le cas des adhérents des idées libertaires et des militants des courants de gauche modernes peu informés sur ce qui constituait la gauche prolétarienne et marxiste. La base de leur engagement est une moralité individualiste donc en oppostion au raisonnement marxiste classique.

      Cette gauche radicale et intellectuelle représente une vision du monde assez répandue chez les jeunes citadins plus ou moins précarisés qui survivent comme web-designer, étudiants et petits cadres sans poste fixe qui sont dépourvus de toute expérience collective prolétaire. Au fond ils se sentent proches des réfugiés africains et syriens parce qu’ils vivent dans une situation aussi isolée et incertaine qu’eux sauf qu’ils profitent encore du soutien de papa/maman et du système social de l’état. La revendication d’ouvrir toute les frontières immédiatement leur est pour le moins sympatique.

      Sarah Wagenknecht par contre ne se situe plus dans une perspective communiste et surtout pas dans une perspective de jeunes intellectuels citadins. Elle dévéloppe un projet inspiré par son mari l’ex candidat social-démocrate pour le poste de chancelier allemand Oskar Lafontaine et par La France insoumise de Jean-Luc Melenchon .


      Le site de son projet Aufstehen ! n’est actuellement pas joignable à cause du trop grand succès (ou d’une attaque DOS).
      https://www.aufstehen.de

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      L’initiative Aufstehen cherche à regrouper et à activer les électeurs et militants social-démocrates trahis par leur parti et les sydicalistes que font fuir les militants Spontis . On lit souvent dans la presse que le mouvement Aufstehen chercherait à récupérer les électeurs de la gauche votant à droite actuellement. Sarah Wagenknecht défendrait des positions de droite pour y réussir. Quand on l’écoute on comprend que ce n’est pas le cas. Même si on part du principe que Aufstehen n’est qu’une tentative supplémentaire de vendre de la politique ce point de vue est idiot car il s’agit d’un nombre d’électeurs trop petit pour justifier le grand effort pour lancer un mouvement. Quand on regarde les statistiques on trouve par contre que les pauvres ne votent pas AfD ou NPD. Ils ne votent simplement pas parce qu’ils se sentent trahis par les partis politiques.

      N’oublion pas que le sujet de la vague d’immigrés est utilisé par la droite (y compris les médias de la droite modérée) pour faire peur aux employés afin de pouvoir encore mieux baisser les salaires et créer une ambiance de la peur.

      Voilà ma conclusion : Sarah Wagenknecht et plein de militants de gauche lancent un nouveau projet qui tente de resoudre un tas de problèmes posés par les appareils des partis et par l’impression qu’ils donnent au public. C’est un projet de gauche ouvert mis en place par des « pros » de la communication, c’est du « top down » pas du « bottom up », ce n’est pas non plus un projet « grassroots » si cher à la gauche hippie californienne à l’origine de la silicon valley . C’est très allemand et très européen. C’est un projet qui s’adresse à monsieur et madame tout-le-monde.

      On verra la suite ...

      P.S. Sarah Wagenknecht est membre du parti Die Linke et défend ses positions même si elle n’est pas d’accord avec toutes les décisons des congrès divers. Voici un petit extrait du programme du parti - ce ne sont certainement pas des positions de droite.

      Prigramm der Partei Die Linke
      https://www.die-linke.de/partei/grundsatzdokumente/programm

      Menschen, die vor Menschenrechtsverletzungen, Kriegen und politischer Verfolgung geflohen sind, dürfen nicht abgewiesen oder abgeschoben werden. Wir fordern die Wiederherstellung des Grundrechts auf Asyl und kämpfen gegen die Illegalisierung von Flüchtlingen, gegen Abschiebungen, jede Form von Sondergesetzen wie die Residenzpflicht sowie gegen Sammellager. Die Abschottungspolitik der EU ist unmenschlich – wir wollen keine Festung Europa. DIE LINKE richtet ihre Flüchtlingspolitik nach Humanität und Menschenrechten, so dass der Schutz von Menschen in Not im Vordergrund steht und nicht ordnungspolitische oder ökonomische Überlegungen. Deshalb setzt sich DIE LINKE für die Abschaffung der Grenzschutzagentur FRONTEX ein, die das wichtigste Abschottungsinstrument der EU darstellt.

      #Aufstehen #gauche #immigrés #Allemagne #réfugiés

    • Que dit exactement Sahra Wagenknecht sur l’immigration ? - Libération
      http://www.liberation.fr/checknews/2018/09/04/que-dit-exactement-sahra-wagenknecht-sur-l-immigration_1676492

      Bonjour,

      Vous nous avez demandé le verbatim en français des propos polémiques de Sahra Wagenknecht.

      En ce mardi 4 septembre 2018, la femme politique allemande, figure important du parti Die Linke, lance un nouveau mouvement politique nommé Aufstehen (en français : Debout), qui intéresse la presse étrangère.

      Ainsi Le Monde parle de « l’émergence d’une gauche antimigrants », le HuffPost titre « un mouvement politique de gauche radicale et anti-migrants lancé en Allemagne », Libération note au sujet de Wagenknecht que « l’une des cadres de Die Linke va lancer début septembre un mouvement qui reprend les accents de l’extrême droite sur la question migratoire » et Grazia ose même la présenter comme « l’Allemande à cheval entre Mélenchon et Le Pen ». Dans ces articles, on peut lire que cette égérie de la gauche radicale allemande a décidé de défendre une politique antimigrants pour récupérer le vote des électeurs des couches populaires qui se seraient tournées vers le parti d’extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD).

    • Que dit exactement Sahra Wagenknecht sur l’immigration ? - Libération

      Lire cet article permet de comprendre dans le texte ce que dit Sarah Wagenknecht. On est loin, très loin des caricatures de la simplification médiatique. Et encore plus loin de l’injurieuse solidarité inconditionnelle de certains dirigeants du PCF avec la fraction est allemande des anciens communistes de Die Linke.
      Jlm

    • Danke, Sahra !
      Très occupée, cet été, par ma xième remigration en France, je découvre la campagne de récupération des voix de l’AfD de Sahra Wagenknecht et son « mouvement de rassemblement » Aufstehen (https://www.sahra-wagenknecht.de ).
      Marqué au coin du bon sens, son propos en séduira plus d’unE, mais sont-ce vraiment les personnes que la pauvre gauche allemande doit séduire aujourd’hui ?
      Où l’on comprend que l’internationalisme n’est qu’un leurre capitaliste et que tous ces migrantEs (de la classe moyenne) vont venir nous prendre nos derniers jobs à quelques sous, ou ceux de nos camarades migrants saisonniers intra-EU (?)…
      Perplexe face à une démarche stratégique -ou plutôt tactique- qui vise les symptômes (la migration) pour guérir des causes (le capitalisme), je retiens cependant une problématique très intéressante, et vieille d’une centaine d’années au moins : l’Etat souverain est-il le seul rempart possible contre le capitalisme ?
      En tout cas, remercions Sahra de nous forcer à nous poser la bonne vraie question : qu’est-ce que cela veut dire être de gauche aujourd’hui ? Et je le pense sincèrement.

      #Sahra_Wagenknecht #gauche #migration

    • On a commencé la discussion parce qu’un grand journal francais titre qu’en Allemagne émergerait une gauche antimigrants. Cette affirmation se réfère à l’initiative #Aufstehen lancée par Sarah Wagenknecht et d’autres.

      Nous avons constaté pourquoi cette affirmation est fausse. On pourrait passer beaucoup de temps à identifier de nombreuses citations qui le prouvent. Je pense que c’est inutile et que chacun peut très bien le faire lui même avec les moteurs de recherche divers. Les résultats sont le bienvenus.

      A mon avis la question des « réfugiés » cache le véritable problème qui est l’existence d’une classe économique qui en défendant ses intérêts détruit l’espace vital de tous dans le monde entier. Elle abuse des habitants des zone défavorisées en les mettent en concurrence directe avec ceux parmi les habitants des pays les plus riches qui n’ont pas d’autre source de revenus que leur travail. Autrefois on parlait du prolétariat. Nous somme tous redevables aux militants du mouvement ouvrier parce que ces prolétaires se sont battus pendant des siècles pour enfin obtenir une récompense sous forme de travail bien payé et de garanties sociales.

      Ces acquis sont menacés par les capitalistes de tous les pays et par leur agents dans les entreprise, dans les institutions de l’état et dans les médias. Les migrants jouent un rôle clé tactique dans cette lutte pour le profit. On a vu comment ca a marché aux États-Unis au dix neuvième et vingtième siècle et nous assiston actuellement à l’exploitation du phénomène par un président xénophobe et raciste. Ce pays immense a vu le génocide des autochtones au profit des immigrés arrivant par vagues consécutives entre le dix huitième et le vingtième siècle.

      L’immigration vers l’Europe est profondément différente des événements historiques américaines. Les raisons pour quitter son pays natal sont toujours les mêmes mais la situation dans les pays d’acceuil donne aux grandes vagues d’immigration une qualité différente à chaque fois.

      Après la guerre de trente ans qui avait dévasté le pays et réduit la population de trente pour cent le roi de Prusse n’était que trop content de pouvoir acceuillir les réfugiés protestants de France. La réaction de ses sujets ressemblait aux actes xénophobes d’aujourd’hui : la populace de Berlin incendiait les maisons des nouveaux sujets de leur roit. Ils n’étaient décidément pas le bienvenus. Pourtant les huguenots ont prospéré et constituent aujourd’hui une partie des allemands fortunés ou pour le moins cultivés.

      En Chine la dernière vague d’immigration au dix septième siècle se présentait sous forme d’invasion guerrière mandchoue. Une fois le pays conquis ces envahisseurs adoptaient la culture chinoise à un point où ils n’étaient plus distinguable des chinois « de souche » par un visiteur du pays. Quelques siècles auparavant les Mongoles avaient suivi le même chemin.

      Face aux phénomènes d’immigration d’aujourd’hui nous nous trouvons plutôt dans la situation des Prussiens ou Chinois historiques. S’il n’y avait pas le problème de l’épuisement des ressources planétaires et du changement climatique par le capitalisme insatiable on pourrait nous contenter de critiquer quelques questions concernat la gestion de l’acceuil des nouveaux citoyens.

      Malheureusement il y a ces questions de base qu’il faudra resourde si on veut permettre à nos grands enfants de vivre dans la paix et sans soucis matériels énormes. Notre tâche consiste alors dans la défense de nos droits économiques et et politiques afin de pouvoir contribuer aux solutions envisageables dont aucune ne sera l’oeuvre de la classe capitaliste marquée par l’avarice et la méchanceté.

      Rappellons enfin l’histoire des Koslowski ces Polonais qu’on a fait venir dans la Ruhr afin d’y extraire le charbon dans les mines. Ce sont leurs enfants et grands-enfants qui ont crée les grandes organisations ouvrières comme le parti social-démocrate dont la renaissance est tant désirée par Sarah Wagenknecht et Oskar Lafontaine .

      Soyons solidaires avec les nouveaux arrivants, ils nous remercieront et soutiendront notre combat. Si l’initiative #Aufstehen se dévéloppe en véritable mouvement il pourra contribuer aux actions communes afin de créer l’unité des gens sans capital et armée.

    • Travailleurs de tous pays, unissez-vous, mais s’il vous plaît restez chez vous (on n’est pas prêts, promis on se fera une bouffe, en attendant bon courage, hein).

      La « caissière de Lidl » et le bobo ont bon dos. Le dumping salarial ne date pas d’hier et l’Allemagne s’en gave particulièrement depuis trente ans. Profiter de l’obsession migratoire et du contexte actuel pour ratisser des voix, oui, c’est de l’opportunisme politique sordide et une forme de capitulation.

      Ce sont les dirigeants politiques, de droite et surtout de « gauche », et les patrons qui sont responsables du dumping, du précariat, du travail forcé en Allemagne, pas les migrants. Se dédouaner sur eux et sur le Grand Capital International des inconséquences et des trahisons de la gauche allemande, comment dire... c’est pratique, en effet.

      Pour un autre point de vue sur le sujet en (beaucoup) moins énervé — plutôt qu’avec Corbyn, le parallèle dans le malaise sur le fond est plutôt à faire avec une bonne partie de la gauche française et surtout avec la FI et Mélenchon (qui pourrait reprendre mot pour mot Wagenknecht : « Les gens ont besoin d’une perspective dans leur pays d’origine », « Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi », etc) —

      cf. (par exemple)

      http://www.regards.fr/politique/article/sur-l-immigration-la-gauche-n-a-plus-les-mots

    • On m’envoie quelques précisions :

      Les adversaires politiques de Sarah Wagenknecht sont d’abord les membres du courant « pragmatique » Forum demokratischer Sozialismus (FdS). Je ne parlais pas explicitement d’eux car ce sont surtout les milieux d’extrème gauche et du courant Emanzipatorische Linke (EmaLi https://emanzipatorischelinke.wordpress.com/uber-uns ) qui revendiquent l’ouverture immédiate et totale de toutes les frontières.

      Apparemment il faut être plus précis en ce qui concerne le sujet du vote des pauvres : La petite bourgeoisie et les fonctionnaires constituent la base principale de l’extrême droite comme c’était déjà le cas des nazis dans les années 1920. Il y a quand même un nombre non négligeable de gens pauvres et défavorisés qui votent pour le parti AfD et les nazis du NPD. On trouve des informations imprécises et erronnées à ce sujet dans quelques études rectifiées depuis par d’autres analyses plus exactes.

    • @nepthys J’ai l’impression que l’histoire de la position anti-migrants de SR n’est qu’une fabrication. D’après ce que je lis sur le projet #Aufstehen les problèmes en relation avec l’immigration ne se trouvent pas au centre de l’initiative. Son but est plutôt de développer une solution pour des gens qui aimeraient apporter leur grain de sel au processus politiques mais n’y arrivent pas à cause du caractère hermétique des appareils politiques.

      Les sujets du mouvement #Aufstehen sont actuellemen collectionnés et il y a un début de discussion autour. Les questions de sécurité et de l’immigration seront sans doute abordées et il reste à tester si on pourra développer des approches et des solutions plus réalistes et humaines que les concepts farfelus présentés par la droite et par les extrémistes de gauche.

      Cet article de Telepolis l’explique très bien (je profite de l’occasion pour attirer votre attention sur l’ecellent moteur de traduction DeepL https://www.deepl.com/translator)

      Ein kommender Aufstand ? Sarah Wagenknecht startet « Aufstehen »
      05. September 2018 Malte Daniljuk
      https://www.heise.de/tp/features/Ein-kommender-Aufstand-Sarah-Wagenknecht-startet-Aufstehen-4155535.html

    • Je ne sais pas trop quoi penser... J’ai lu des trucs de Mélenchon hallucinants, « c’est pas que les migrants soient méchants mais le capitalisme nous les envoie pour augmenter le chômage ». Je ne sais pas si Sarah W est aussi ambivalente mais en France la lente courbe autoritaire et raciste de Chonchon me fait craindre le pire.

    • @baroug Suite au seen de @aude_v j’ai profité de la dernière journée chaude et ensoleillée à Berlin pour passer du temps à la piscine et lire le livre de Sarah Wagenknecht Couragiert gegen den Strom . C’est une série d’interviews par le rédacteur en chef de Telepolis Florian Rötzer où elle explique ses position et principes. Je peux alors confirmer ce que j’écris plus haut et je peux dire que les propos de Mélusine sur Twitter sont ou de très mauvaise foi ou marqués par son ignorance.

      On est en pleine lutte politique et il faut partir du principe que toute affirmation sert l’agenda de quelqu’un, généralement c’est la droite qui est très habile en ce domaine. Seule solution : vérifier les sources et ne faire confiance qu’aux personnes compétentes qui le méritent.

      Mélusine
      ‏ @Melusine_2Attendez, Wagenknecht n’est pas « anti-migrants », elle a seulement dit que :
      – l’arrivée des migrants nuit aux travailleurs allemands,
      – les frontières ouvertes augmentent le risque d’attentats,
      – l’argent de l’accueil des réfugiés aurait mieux profité aux Allemands précaires.

      Melusine ne cite pas ses sources, alors je pars du principe que ce sont des rumeurs (l’article dans Libé ?). J’explique plus haut comment et par qui elles arrivent.

      SR dit que les capitalistes se servent de l’arrivé des réfugiés pour faire augmenter la concurrence entre les ouvriers simples. Elle explique que c’est une des raisons pourquoi le gouvernement allemand ne s’est intéressée que très tard à la question des réfugiés. C’est la signification de sa critique de la politique des frontières ouvertes.

      Pour des affirmations comme les frontières ouvertes augmentent le risque d’attentats les anglophones utilisent la jolie expression « truism » cad un truc tellement évident que ce n’est pas la peine de le mentionner.

      La dernière phrase est complètement fausse. SW dit qu’on aurait mieux fait d’investir l’argent qu’on dépense pour les intervention militaires en Syrie et ailleurs pour aider les gens sur place par des mesure humanitaires et économiques.

      encore Melusine :

      En 2016 après l’attentat de Berlin elle n’avait pas hésité à dénoncer l’ouverture incontrôlée des frontières.

      Là c’est encore une déformation des propos de SR : Elle critique le fait que rien n’a été fait pour préparer ou prévenir l’arrivée des centaintes de milliers de réfugiés alors que tout le monde savait longtemps avant qu’ils étaient en train de se préparer à partir. Le gouvernement allemand a participé à la guerre en syrie du côté des turcs et américains avec des avions d’espionnage. Il était parfaitement informé sur chaque détail des événements à venir.

      Nous sommes actuellement confrontés à une tentative systématique d’associer chaque critique de la politique du gouvernement Merkel avec des agissements d’extrême droite. Les médias allemands (dont 85% se trouvent entre les mains de quelques familles de milliardaires, l’ex journal d’opposition TAZ s’étant rallié au courant vert-néolibéral et belliciste) font tout pour ne pas faire passer le message de la gauche (et de Sarah Wagenknecht) que l’internationalisme et la solidarité signifient autre chose que de faire venir tous les malheureux du monde en Europe.

      La solidarité internationaliste siginfie au contraire de lutter contre le « brain drain » dont souffrent les pays pauvres et de tout faire pour permettre aux populations locales de mener une vie digne et de défendre les revenus des ouvriers et petits producteurs sur place.

      En même temps SR défend le droit à l’asyl politique et le droit de trouver refuge pour les victimes des guerres contre les mesures prévues par la droite allemande. Elle rappelle que ce sont les gouvernements de droite et social-démocrates qui ont amputé et rendu impracticable ce droit dans le passé, alors que la gauche l’a toujours défendu. Le PS de France ne rentre pas dans cette définition de la gauche comme son homologue allemand.

      Un des sujets du projet #Aufstehen sera sans doute de trouver des manhières pour intégrer les ouvriers immigrés dans les syndicats. C’est également un aspect de la solidarité internationale d’enseigner la manière de défendre ses intérêts collectifs.

      Voila quelques uns des sujets et arguments qui sont systématiquement tus par les médias majoritaires « de qualité » dans le cadre de leur défense des intérêts et points de vue de la classe donimante et de ses agents confrontés au mécontenement des gens ordinaires.

      P.S. J’ai l’impression que Melusine ne cherche pas à dénoncer SR mais elle n’arrive pas à sortir de la matrice d’interprétation omniprésente. En conséquence elle n’arrive pas à saisir le sens des propos et positions de SR et contribue aux dénociations des positions de gauche. Elle n’est pas seule dans cette situation et c’est pour cette raison que j’ai commencé mon seen initial en citant la campgane contre Jeremy Corbyn.

      P.P.S. Dans lutte pour la communication de nos convictions nous ne sommes pas confrontés à une conspiration de forces occultes mais à sa version pluralistes, ouverte et beaucoup plus efficace.

    • @baroug je trouve que la remarque ironique de @biggrizzly est tout à fait justifiée.

      Les médias allemands suivent généralement un choix des mots ( wording en Denglish ) qui contient des jugements là où suivant l’éthique journalistique traditionelle une information non partisane serait appropriée. C’est pareil pour ses grilles explicatoires. Les discussions, communiqués de presse et événements sont filtrés par une sorte d’égalisateur qui assure que chaque contenu qui risque de mettre en cause la politique Merkel est rendu inoffensif.

      Ce formatage le rend quasiment impossible de comprendre quoi que ce soit aux processus politiques allemands si on ne fait pas partie des cercles du pouvoir. Les autres sont obligés de passer énormément de temps à décoder les messages transmis par les médias majoritaires.

      Il faut lire la presse internationale en plusieurs langues dont l’Anglais et le Russe si possible. Ces sources ne couvrant qu’une petite partie des événements et publications qui concernent la politique allemande, il faut en plus se procurer des sources supplémentaires allemandes.

      Je viens de me rendre compte à quel point il est difficile même pour moi de comprendre dans le détail les positions politiques, de faire la différence entre informations construites et manipulées et les faits « dures » qui ont été confirmées par plusieurs source dignes de confiance, et je passe sur les affirmations d’un tel ou d’une telle plus ou moins crédible.

      Pour juger de la fiabilité d’une source je finis généralement par me poser a question de ses origines sociales, de qui elle dépend, qui la fait gagner son pain et qui décide sur sa carrière. Après il y a les journalistes (et politiciens et économistes et entrepreneurs et syndicalistes etc.) plus ou moins compétents en leurs domaines respectifs, ce qui fait encore varier le poids de leurs affirmations et positions.

      Ouf, avec tout cela comment veux-tu qu’une personne ordinaire comprenne quoi que ce soit aux contenu qui lui est vendu comme « vérité officielle » par les médias majoritaires.

      On peut effectivement comprendre, par exemple, le caractère de Sarah Wagenknecht, saisir le sens de ses mots passés par la moulinette idéologique des grands médias et juger du poids de ses décisons en prenant en compte exclusivement ce qui est dit sur elle dans la presse - soyons clairs - bourgeoise. L’utilité d’une telle démarche peut exister pour quelqu’un qui travaille dans l’office d’un député de la droite. Le militant de gauche n’apprend pas grand chose d’utile par les médias majoritaires.

      La droite populiste scande Lügenpresse, Lügenpresse parce que ses militants sont exposés à des informations dont ils connaissent le manque de précision et d’intérêt pour eux mêmes. A travers leur vision simpliste du monde ils y découvrent un énorme complot dont fait partie chaque reporteur d’une télé officielle. Ce n’est pas mon problème mais l’existence de cette vision des médias fait preuve de l’énormité des contradictions du système capitaliste plus ou moins démocratique.

      Alors où chercher les informations fiables ? Je ne sais pas, mais je vous fait confiance, enfin plus ou moins ;-)

    • Baroug a supprimé son commentaire, mais nous en avons reçu la notification et ce faisant son contenu.
      Je comprends son intention première, et son revirement.

      J’ai bien précisé « milliardaires » dans mon commentaire lapidaire.

      Les militants doivent passer le plus clair de leur temps à se justifier que « [leur] candidat n’a pas dit ceci ou cela, même si, c’est en première page de Libé ». Comme tu le dis Klaus, « tu es du côté du pouvoir, les articles et la titraille vont te faciliter la tâche. Tu es de l’autre côté, ceux-ci vont être malveillants ».

      Tiens. Ce matin, j’ai lu DS (ASI) qui expliquait que la faible mobilisation face au réchauffement climatique, c’était de la faute à Alex Jones et à tous les complotistes faiseurs de fakenews. J’ai bien rigolé. Il aime bien Twitter, DS. Et il va s’en rendre compte qu’il est plus (+) en train de regarder le doigt que la lune...

      Les premiers pourvoyeurs de fakenews sont les élites et leurs appareils étatiques. Et nous, on continue à faire comme si les fakenews, c’était les sites parodiques et les prédicateurs. Oubliées les lois sur le secret des affaires, et la destruction systématique des lanceurs d’alerte, avant même cette loi.

      Donc là, nous sommes tous anxieux, parce qu’une femme politique qu’on a l’habitude d’entendre dire des choses intelligentes, et bien des journaux de milliardaires lui ont collé l’étiquette « gauche anti-migrants ». Ils ont créé la polémique, ils ont choisi les mots, et ils ont balancé le cocktail molotov. Et ça se termine en « de toute façon, les politiques de gauche sont racistes, sexistes et autoritaires ». Carton plein pour les morveux certificateurs d’informations vraies. (Et admirez. D’un côté ça suscite la polémique avec le titre infamant, et de l’autre (Checknews), ça relativise et ça édulcore...)

    • Je l’ai viré parce que personne des gens à qui je l’avais transmis par ailleurs n’y avait compris grand chose.

      Mais :
      1) le diplo EST possédé par des milliardaires (50% appartient au Monde)

      2) dire "c’est libé donc c’est de la merde" c’est vraiment un raisonnement paresseux. Y’a beaucoup de merdes dans Libé, et y’a d’excellents papiers aussi, comme dans le Figaro, Le Monde ou Le Monde diplo. Pas à doses égales, et on a là dessus des ressentis différents, mais sans me faire l’apôtre inconditionnel de la nuance, il faut quand même en faire un minimum. On peut avoir une position critique sur « les médias dominants » et les propriétaires de la presse sans sombrer dans un manichéisme aussi absolu.

      3) Ce papier de Libé cite longuement la dame incriminée, et s’il faut décrypter ses propos à ce niveau de détail, c’est que oui, il y a un problème. Et pour moi, comme Mélenchon, oui, elle drague l’électorat d’extrême droite quand elle fait ça. Il me semble que comme lui, c’est de l’ordre de la stratégie politique davantage qu’autre chose, mais dans les deux cas ça ne me réjouit pas.

    • En l’occurrence, c’est Libé qui se permet de ne pas faire dans la nuance, comme tu me reproches de ne pas le faire avec raison (je n’en avais pas l’ambition).

      OK, si tu lis Libé dans le détail, tu découvres que c’est bien plus nuancé, qu’il y a parfois des articles passionnants. Mais il y a des choix qui sont fait dans ces journaux, et ces choix ne le sont pas, nuancés, ils sont politiques, et parfois malveillants, et d’autres fois borgnes.

      Décider de soutenir un choix dans un référendum, une personne dans une élection, la survenue d’une guerre, ou un menteur patenté, c’est un choix politique non-nuancé, voire un choix économique en faveur de certains milliardaires, et tout le decorum autour ne peut plus être désigné que comme une sorte d’alibi.

      On renifle la culotte des gauchistes qui ne savent plus comment faire pour intéresser les électeurs (« et ça ne [nous] réjouit pas »). Et on se retrouve avec une situation à l’américaine, où les élites ne savent plus comment faire pour faire élire des élus qui ne soient ni extrémistes de droite, ni gauchistes.

    • J’ai pas tout compris mais tu ne peux pas dire simultanément que le papier de Libé est mensonger et que tu est d’accord sur le fait que ce qu’il raconte de Sahra Wagenknecht ne te réjouit pas (entérinant l’idée qu’en fait non il n’est pas mensonger mais que tu préfèrerais qu’il n’évoque pas le sujet).

    • Le site du « mouvement de rassemblement » Aufstehen nous propose de nous organiser. Nous, i.e. le peuple, j’ai envie de dire : le peuple de la rue, vu le film de propagande qui montre Mme et M. tout le monde en bas de son immeuble. https://www.aufstehen.de
      Organisez-vous ! répète Wagenknecht et moi, depuis longtemps je veux m’imprimer un T-shirt noir avec en gros : Organize ! dessus et ne peux qu’approuver cent fois. « Don’t mourn, organize ! » sont d’ailleurs les mots prêtés au syndicaliste nord-américain Joe Hill, exécuté sans preuves en 1915 (cf. la chanson de Joan Baez), mots fréquemment repris par des mouvements contestataires (même contre Trump).
      Aufstehen propose donc de mobiliser la rue pour contrer le système politique (Politikbetrieb) qui ne la représente plus et mieux y entrer par la suite. C’est pour cela que Aufstehen veut être un mouvement et non un parti comme la SPD, Die Grünen, Die Linke (n.b. : du côté des fachos, Pegida est un mouvement anti-islam, l’AfD est un parti d’extrème-droite). Je ne peux qu’approuver cent fois.
      Mais si je cherche sur le site des informations sur la politique migratoire, je n’en trouve pas, même dans les interview de Wagenknecht. Peut-être ai-je mal cherché. (Hilf mir@Klaus !)
      Par contre, sur le site du mari de Sahra Wagenknecht, co-lanceur du mouvement, j’étais sûre de trouver plus d’idées de fond… Oskar Lafontaine a tout mon respect, un peu parce qu’il est sarrois comme moi, mais surtout parce qu’il est aussi courageux que sa femme.
      Effectivement, on trouve dans la première interview (12.8.18), des petites choses sur l’économie et la politique migratoire :
      L’économie : Sahra Wagenknecht et Oskar Lafontaine sont des adeptes de l’ordolibéralisme (en gros l’Etat donne un cadre général à l’économie pour garantir la libre-concurrence, mais sans le « laisser-faire » du libéralisme sauvage). Quand on lui demande si la formule du Godesberger Programm « Autant de marché que possible, autant d’Etat que nécessaire ! » est toujours valable, Lafontaine approuve. Le programme de Bad Godesberg de 1959 a signé la conversion de la SPD à l’économie de marché (social).
      Sur la politique migratoire, Oskar déclare : « Les problèmes sociaux tels la pauvreté des enfants et de la vieillesse, les salaires trop bas, les mauvaises prestations sociales et pas assez de logements sociaux, pour n’en nommer que quelques-uns, étaient déjà là avant. L’immigration les renforce par la mise en concurrence des salaires et des loyers.“ Comprend qui peut, comprend qui veut, mais il est bien écrit : « Durch die Zuwanderung werden sie über Lohn- und Mietkonkurrenz verstärkt. »
      Sinon, il y a toutes ces idées marquées au coin du bon sens (ne pas livrer d’armes au pays en guerre, etc.) auxquelles je ne peux que me rallier à 100 %. Et d’autres un peu moins convaincantes : http://www.oskar-lafontaine.de/links-wirkt/details/b/1/f/1/t/im-bundestag-muessen-sich-die-interessen-der-mehrheit-wieder-durchs
      Voilà les deux points qui me gênent un peu...
      Donc : organisons-nous ! mais en connaissance de cause, pour ou contre les frontières, pour ou contre l’internationale, pour ou contre l’Etat fort, etc. et non pas : pour ou contre le bien-être, pour ou contre la sécurité, etc.
      #ordolibéralisme #immigration

    • Ha oui tiens, Joe Hill, immigré hobo qui s’est quasiment fait buté en tant que tel.

      « Débarrassez la société de ses parasites » a dit le procureur au jury dans son réquisitoire.

      L’IWW qui luttait entre autres contre la xénophobie de l’AFL et se faisait taxer de cinquième colonne allemande pendant la guerre.

      Merde, quoi, les mots ont un sens et des conséquences.

    • Appel à fondation, le manifeste du mouvement « Aufstehen » | Le Média
      https://lemediapresse.fr/international/appel-a-fondation-le-manifeste-du-mouvement-aufstehen

      Lancé ce 4 septembre, le mouvement de gauche radicale Aufstehen de Sahra Wagenknecht fait polémique et est caricaturé en « mouvement anti-migrant ». Nous avons décidé, afin d’élever le débat, de publier une traduction inédite de leur manifeste.

      Je sais, le Média, c’est Télé Mélenchon. Mais après tout, entre Télé Bolloré, Télé Niel ou Télé Bouygues...

    • Les discours ambigus sur les réfugiés qui se développent à « gauche de la gauche » en France, en Allemagne et ailleurs, sont la conséquence d’un positionnement politique : la défense coûte que coûte d’une des faces du capital, à savoir : le travail.

      Défendant un des pôles du capital plutôt que de s’engager dans une critique de sa totalité dialectique, la « gauche de la gauche » ne peut que finir par adopter des positions réactionnaires dans une tentative illusoire de préserver le travail, alors que la dépassement de la société capitaliste, c’est justement l’abolition du travail.

      Évidemment, pour cela il faut comprendre comment les catégories de travail, de valeur, d’état ou de nation n’ont pas de caractère transhistorique et sont au contraire immanentes au capital. Ces catégories sont à critiquer négativement car elles sont avant tout déterminées par le capital et sa dynamique : elles n’ont aucun caractère émancipateur.

    • @baroug Je viens de relire l’article de Libération mentionné plus haut. J’y trouve la phrase suivante :

      http://www.liberation.fr/checknews/2018/09/04/que-dit-exactement-sahra-wagenknecht-sur-l-immigration_1676492

      Libération note au sujet de Wagenknecht que « l’une des cadres de Die Linke va lancer début septembre un mouvement qui reprend les accents de l’extrême droite sur la question migratoire »

      Si c’est vrai c’est une preuve pour les mauvaises intentions envers Sarah Wagenknecht parce que ce n’est simplement pas vrai.

      L’affirmation suivante de "Checknews" est erronée :

      On peut résumer ses positions ainsi. Sahra Wagenknecht défend le droit d’asile dans sa forme actuelle et s’est opposée à son durcissement.

      Il est vrai que le parti Die Linke et SR défendent ce qui reste du droit d’asile politique que les gouvernements consécutifs ont démonté au fur et à mesure pendant les 30 années passées.

      En même temps il n’est pas vrai que SR défend "le droit d’asile dans sa forme actuelle" car le parti de gauche revendique la restitution du droit d’asile politique dans sa forme en vigeur jusqu’aux années 1970. En même temps il revendique de l’améliorer en reconnaissant l’homosexualité comme raison suffisante pour accorder l’asile aux personnes des pays où la pratique ouverte de l’homosexualté comporte un risque de discrimination grave. La gauche revendique également un statut de résidente pour les femmes ayant quitté leurs maris suite à des violences conjugales.

      Apart ces points le texte dans Libération/Checknews donne assez de place aux paroles de Sarah Wagenknecht pour permettre la compréhension de principe de ses positions.

      Pour ceux intéressés par les événements qui ont mené au débat actuel notamment à la manière dont le gouvernement Merkel a géré la grande vague de réfugiés avant la fermeture de la route du Balkan, voici une traduction d’un article de fond dans Telepolis :

      Qu’est-ce que Chemnitz a à voir avec « Diviser pour mieux régner » ? Ou comment la gauche est devenue l’outil volontaire de l’establishment. https://seenthis.net/messages/720547

    • Je suis assez d’accord avec vous sur ce fait que la gauche est incapable d’écouter les angoisses des gens et n’y répond que par des trucs moralisateurs ou pire.
      Moralisateurs, quand le truc est articulé dans des termes comme : tu es raciste, pas généreux.
      Bête, comme Sandrine Rousseau, en campagne lors des régionales : « Ces gens qui fuient la Syrie, ce sont des gens comme nous, des médecins, des professeurs. »
      Quelle ignorance et mépris envers les petits blancs du NPDC, qui ne sont pas « des gens comme nous = des petits bourges » et à qui elle dit que les migrants leur mangeront sur la tête.
      Et puis « on va tous leur proposer une chambre chez nous, chacun a une chambre d’amis, pas vrai ? » Ben non, tu ignores un électorat qui n’a que le canap du salon et qui y a peut-être déjà hébergé un cousin qui depuis est devenu SDF parce que c’est chaud, de cohabiter dans peu d’espace pendant des mois sans perspective.
      Et pareil sur les communes qui filent un logement social à une famille syrienne : trop classe, moi j’attends depuis quatre ans (sept ans, maintenant) et je dois vivre ça comment, de voir des gens me passer devant sur la liste ? C’est des discours de bourges qui doivent donner envie de taper, quand on est encore plus à la rue que moi.

      Alors que quand on lit des trucs chiffrés sur les migrations et le travail, c’est une autre image qui se dessine, autre que celle que vous nous présentez ici. Le fait que la directive Bolkenstein et les délocalisation font sûrement mieux en matière de compétition internationale que des gens qui viennent habiter ici, d’autant plus quand c’est en famille et pas dans un logement de célib qui paye un tiers de lit. Que la crise du logement, elle est due au nombre croissant de petits bourges qui peuvent se payer des séjours touristiques, aux mécanismes qui font construire des bureaux pour mieux spéculer, plutôt qu’à des personnes qui sont sur le marché de logements plus crades et vétustes que les locaux. Le fait que ça peut booster la croissance et faire remonter les petits blancs d’un cran dans la pyramide alimentaire (au lieu de les faire descendre comme propose Rousseau dans sa grande générosité). Le fait que les frontières ouvertes permettent de venir sans dépenser son magot, sans y perdre sa santé, choisir son pays de résidence sur la base de l’aide privée (famille, amis) qu’on peut y trouver et rentrer dès qu’on veut/peut. Le fait que le terrorisme, il est pas alimenté par des migrants mais par des gens de deuxième génération dégoûtés du rêve occidental qui leur a été refusé par le racisme et les discriminations.

      Je me dis qu’on peut vivre et parler des migrations autrement que les morceaux choisis que je vois ici et qui me semblent toujours aussi indigestes, à la moulinette Libé ou à la moulinette Seenthis. Et que je n’ai pas envie de choisir entre la petite bourgeoisie donneuse de leçons et Mélenchon qui flatte le drapeau en même temps qu’il défend le travailleur frrrançais d’une manière qui me semble contradictoire avec la réalité, pas qu’avec mon éthique.

      Et là j’aimerais appeler @reka et @cdb_77 pour avoir leur avis sur la justesse de ces discours sur les #migrations.

    • @aude_v Je suis d’accord avec les principes que tu proposes. Alors que faire ?

      Je vois trois positions acceptables et pourtant contradictoires. Ses défenseurs « de gauche » ont les choix entre une sorte de « cohabitation pacifique » accompagnée de discussions plus ou moins solidaires - sous peine de se faire tirer par le bout du nez par la droite intelligente (oui, ça existe ;-) )

      1. Tu es militant/e indépendant/e ou autonome et tu fais un travail de solidarité concrète ou une activité comparable avec des familles de réfugiés.
      – Tu cherches à faire venir les autres membres de la famille de tes amis réfugiés et tu t’engages pour les frontières ouvertes parce que tu te rends compte de la souffrance causée par ces barrières artificielles et inhumainaies.

      2. Tu es syndicaliste et tu luttes pour améliorer revenus et condtions de travail alors que ton patron te dit tous les jours à quel point son entreprise est victime de la concurrence déloyale et illégale à cause de Bolkenstein mais surtout à cause du travail au noir par des immigrés chez vos concurrents.
      – Tu vas alors défendre chaque mesure qui protège toi et ton entreprise contre les abus décrit. Tu sera pour l’abolition de Bolkenstein, pour une limitation du nombre de nouveaux immigrés avec ou sans papiers, et tu vas militer pour l’application stricte des règles censées te protéger par les institutions compétentes.

      3. Tu es membre d’un parti de la gauche qui a des place dans une administration locale, un gouvernement régional ou national.
      – Tu vas d’abord défendre les intérêts des gens qui te sont proches (catégorie 1. uo 2.) et tu vas essayer de trouver des compromis entre ta position de gauche et les choses indispensables pour conserver ton poste de maire/ministre/député/secretaire etc. Lors de rencontres avec des militants sur le terrain tu vas essayer de comprendre leur perspective et et tu vas demander à tes aides de la faire entrer dans ta conception du travail d’administrateur ou de responsable de gouvernement.

      On discute, on discute, mais comment trouver une solution à ce dilemme ? Je ne parle pas des obstacles mis en place par par nos véritables adversaires et je parle comme si les contradictions entre les acteurs de gauche se reglaient à l’amiable ...

      Bref ... elle nous mène où cette discussion ?

    • Merci @aude_v d’avoir pensé à mentionner les « petits blancs » (pas forcément du « NPDC ») dans ton intervention à propos de leurs craintes concernant l’immigration et leur refus du prêt-à-porter de la pensée médiatique « mainstream ».
      Leurs peurs (légitimes ou pas d’ailleurs) liées à un fort sentiment de #déclassement risquent bien de se focaliser encore plus sur les « migrants » maintenant que des politiques soit disant « de gauche » viennent cautionner un racisme profondément ancré dans nos sociétés industrielles et « laborieuses ».
      Mais ce n’est pas trop pour le petit Européen blanc que je suis que je m’inquiète. C’est surtout pour les pays limitrophes qui accueillent majoritairement ces « migrants » : Turquie, Liban, Lybie, pays du Maghreb, Grèce, Pakistan où un tel afflux de populations déplacées a de graves conséquences vu les problèmes que connaissent déjà ces pays en matière de ressources en eaux et au regard de la déliquescence de leurs infrastructures et de leurs institutions.
      Quelle peut bien être la vie de toutes ces personnes déplacées dans de telles conditions ? Je n’ose me l’imaginer ... (Mais bon, ceci dit vu que je ne suis pas « politisé », mon intervention est-elle « légitime » ?)

    • C’est très bien ce qu’il dit. Malheureusement le terme « salubrité publique » est terni par son utilisation dans des contextes de droite. J’ai réfléchi sur la siginification d’une tele expression dans la bouche d’un conseiller de melenchon et je comprend que ce qui compte c’est son discours complet au sein duquel il faut situer l’expression.

      Est-ce qu’en déployant la rhétorique du « surnombre », en faisant le lien entre chômage et migration, on n’entre pas sur un terrain favorable à l’extrême droite ?

      Cette accusation est absurde. Elle émane d’une partie de la gauche - celle que je dénonçais tout à l’heure - qui a oublié les discours de Jaurès dans le « socialisme douanier » par exemple ! Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… Ce que nous disons n’a rien de nouveau. C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. Lorsqu’il est possible de mal payer des travailleurs sans papiers, il y a une pression à la baisse sur les salaires. Cette analyse serait d’extrême droite ? Vous plaisantez.

    • Faire appel au concept d’#armée_de_réserve, c’est garder de Marx ce qu’il a élaboré de plus daté. Il y a pas (plus) d’armée de réserve dans le cadre d’une économie nationale (sur laquelle les #étatistes plus ou moins #chauvins restent focalisés). Que ce concept garde (?) une validité impliquerait de procéder à une sérieuse mise à jour - à nouveaux frais - pour « coller » à l’échelle transnationale qui marque l’actuel palier de la mondialisation capitaliste.

    • http://www.regards.fr/politique/article/reponse-a-djordje-kuzmanovic

      Dans un entretien publié sur site de l’Obs, Djordje Kuzmanovic, présenté comme le conseiller de Jean-Luc Mélenchon et candidat potentiel de la France insoumise aux prochaines européennes, affirme son soutien aux analyses de l’Allemande Sahra Wagenknecht, l’une des principales figures du parti Die Linke. Se fixant l’objectif « de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires » par le recours à un « protectionnisme solidaire », il fustige « la bonne conscience de gauche ». « Lorsque vous êtes de gauche et que vous avez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème », assène-t-il. Mais n’est-on pas en droit de s’étonner plus encore quand, se réclamant de la gauche, on tient des propos qui pourraient être taxés de proches du discours d’extrême droite ?
      Laissons les polémiques malsaines au vestiaire. Discutons des arguments retenus.

    • Le plaidoyer de Martelli (ex-PC, ce parti bien connu pour son internationalisme dans Regards) pour « universalisation des droits » en vaut bien d’autres et il suffit à récuser le ces nouvelles gauches de droite qui se donnent pour emblèmes du #gros_concepts (armée de réserve, par exemple) faute d’analyse concrète. Martelli :

      Or, à l’échelle de la mondialisation, cette réduction [ des coûts salariaux] s’opère avant tout dans les zones de faible prix du travail, dans l’ensemble des pays du Sud, y compris les États dits émergents.

      Ce sont les masses laborieuses d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui pèsent le plus fortement en faveur de la réduction relative de la masse salariale. Les migrants le font à la marge. À la limite, en s’insérant dans des zones de niveaux salariaux plus élevés, ils nourriraient plutôt une tendance inverse à la hausse. À la limite toujours, c’est en restant chez eux que les travailleurs du Sud tirent la masse salariale de nos pays vers le bas. Là est l’ armée de réserve véritable.

      ... sauf que chez Martelli comme chez JLM et ses amis parler encore d’armée de réserve c’est s’éviter de parler de luttes et de conflictualité (contre le rouleau compresseur capitaliste, votons !), c’est ne pas prendre en compte, par exemple, la « rigidité des salaires à la baisse » comme disent les économistes. Les ateliers de l’usine monde où le capital enrégimente en masse la main d’oeuvre sont en proie à des luttes sur le salaire qui déstabilisent la production (sa division, son commandement). Les ouvriers sud coréens qui avaient arraché des hausses de salaire durant les années 80 qui leur avaient permis de dépasser le salaire ouvrier portugais ne sont pas un cas isolé ; aujourd’hui, ceux de la Chine du sud-est deviennent du fait de leurs luttes moins « compétitifs », idem pour ce qui est de quelques pays d’Europe de l’est (...).

      #salaire #gauchededroite3.0

    • Pareil que @colporteur. @klaus, je serais d’accord sur toi avec la difficulté à concilier les intérêts locaux et les principes universels (liberté de circulation) si je n’étais pas convaincue que la pression sur les salaires n’est pas exercée par les migrant·es mais plutôt par tout ce que le capitalisme organise comme mise en concurrence : Bolkenstein, libre-échange.

      ton patron te dit tous les jours à quel point son entreprise est victime de la concurrence déloyale et illégale à cause de Bolkenstein mais surtout à cause du travail au noir par des immigrés chez vos concurrents.

      Ton patron te raconte des craques !
      Comme le dit l’extrait précédent, il me semble que c’est en restant chez eux que les travailleurs des pays pauvres font la plus grosse concurrence. Outre qu’en France ils et elles représentent des chiffres assez ridicules (combien de Chinois·es à Paris dans des ateliers ? combien en Chine !), ils et elles ont, et encore plus quand c’est en famille, des besoins de rémunération plus proches du Smic que des rémunérations de leurs pays. Par exemple, en Indonésie un·e ouvrièr·e gagne bien sa vie avec 200 euros mensuels. Personne en France ne peut s’aligner, même pas un·e migrant·e. Et d’autant moins quand sa famille est ici.

      Je connais pas assez le sujet pour dire que la gauche qui met en avant la question des migrant·es colporte des mensonges mais ça me semble assez douteux économiquement et c’est faux, de dire que le capitalisme organise la circulation des biens comme des personnes (ça bloque pour les personnes !). Sur ce sujet, dans le contexte de haine qu’on connaît, dire des trucs faux, c’est criminel.

      Il faut trouver d’autre arguments pour donner envie aux petit·es blanc·hes déclassé·es de voter à gauche (je suis très sensible à leurs arguments parce que je suis dans la même merde et que chez EELV j’étais dedans-dehors, je savais que je risquais de retrouver le chômage, la difficulté à se loger autrement qu’en coloc, la peur de perdre mes minima sociaux, etc. tandis qu’eux et elles, c’étaient des petit·es bourges qui s’en branlaient, de cette misère). Une vision du monde qui ne soit pas simplement en léger décalage avec le fascisme mais constitue un choix radicalement différent. En plus, je crois que ces arguments seraient plus offensifs contre le capitalisme !

    • It’s complicated

      et tous ceux qui veulent qu’on vote pour eux sont des malfaisants qui ne savent pas appréhender la complexité.

      A une époque, on disait que Rocard était mauvais parce qu’il avait toujours un discours trop complexe. Parce qu’en effet, il essayait sans doute trop de développer un argumentaire complet.

      Ce débat, au moins, nous permet tous, collectivement, d’appréhender cette complexité.

      Tiens, maintenant qu’on la touche du doigt, comment on écrit un « manifeste » un minimum concret afin de convaincre la masse d’y adhérer ? Et comment on fait pour s’assurer qu’il ne prête pas à la critique par simplifications ou occultations involontaires du fait de la contrainte du format ?

      Au moins, à l’extrême droite, ils n’ont pas ce genre de difficultés. C’est blanc et noir et on vote pour le chef.

    • Depuis le passage à la subsomption réelle avec la révolution industrielle, jusqu’à la fin des « trente glorieuses » (en fait, trente piteuses, faudrait-il dire), la valorisation du capital s’est faite sur la base d’une concurrence s’exerçant au sein de zones où le niveau de productivité était relativement homogène (Par exemple, les pays du centre capitaliste : États-Unis, Europe et Japon d’une part, et l’URSS et ses satellites européens d’autre part). Il y avait des disparités au sein de ces zones, mais elles n’étaient pas aussi étirées que celles que nous connaissons aujourd’hui, puisque dorénavant tout est intégré à un niveau global.

      Un des enjeux de l’introduction massive des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la restructuration de l’appareil productif au tournant des années 1970, c’était de pouvoir orchestrer massivement la valorisation du capital en combinant des activités ayant des niveaux de productivité très hétérogènes, en allant chercher des opportunités de valorisation dans le tiers-monde.

      Pour cela, il a fallu effectivement rendre la circulation des capitaux et des marchandises encore plus fluide, tandis que la circulation des personnes (en fait des travailleuses et des travailleurs) était entravée de façon à conserver cette juxtaposition des zones à niveaux de productivité très différents. Leur intégration dans un cycle global de valorisation était devenue possible avec les NTIC et s’est traduit par le phénomène qu’on a appelé délocalisation qui, au delà du déplacement anecdotique de l’appareil productif correspondait plutôt à un mouvement de « multilocalisation » de cet appareil. Ce mouvement nécessitait en retour de fixer les travailleurs sur place, non pas pour les empêcher d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des zones à haute productivité, mais pour maintenir les conditions structurelles de ce nouveau régime de valorisation du capital.

      Ainsi, les travailleurs des zones de haute productivité ont tout d’abord voulu freiner le mouvement car ils constataient la disparition des sites industriels qui les employaient massivement, moins du fait de leur déplacement dans le tiers-monde (parfois beaucoup moins loin d’ailleurs avec la sous-traitance) que parce que ces sites n’étaient pas adaptés à la production fragmentée et « liquide » requise par le mode de production restructurée autour des NTIC.

      Mais lorsqu’à partir des années 1990, ils constatent que la force de travail à haute productivité reste globalement la gagnante (relative, certes) de ce mode de production, alors s’engage un glissement des discours portés par les organisations la représentant (partis et syndicats) qui tend à faire du travailleur immigré, non plus le camarade qui lutte coude à coude pour la transformation des rapports de production (par l’amélioration des conditions aussi bien que dans le perspective de leur abolition) mais le perturbateur d’un équilibre précaire. L’immigré devient celui qui ne reste pas à sa place et met en danger le deal (fragile) de la division du travail productif entre zones de productivité hétérogènes sur lequel s’appuie le capital depuis quatre décennies au moins.

      L’argument des migrants comme « armée de réserve » du capital est donc obsolète depuis au moins quarante ans et ne fait que bégayer un slogan « marxiste » à l’encontre d’une analyse marxienne de la dynamique du capital.

    • Au moins, à l’extrême droite, ils n’ont pas ce genre de difficultés. C’est blanc et noir et on vote pour le chef.

      Pour le coup, c’est précisément un point précieux : certes, on perd du temps et des alliances, mais c’est comme quand on critique la démocratie actuelle : si on va dans le sens de plus de démocratie, de délibération, d’un maximum de gens impliqués, il faut s’attendre à ce que ce soit long, et chiant, et pas facile. Aucune solution miracle de ce point de vue.

      Il y a bien des tensions, immenses, entre les idées et leur radicalité et un programme populaire et mobilisateur. Mais trouver des solutions à ce problème ne devrait jamais impliquer de renoncer à des valeurs fondamentales.

    • (...) Cependant, ce n’est plus par la politique démocratique qu’il faut défendre ce qui fonde la civilisation, mais contre elle.

      Qui aspire à l’appropriation émancipatrice de l’ensemble du système social et à sa transformation peut difficilement ignorer l’instance qui, jusqu’à présent, en organise les conditions générales. Il est impossible de se révolter contre l’expropriation des potentiels sociaux sans se trouver confrontés à l’État. Car l’État ne gère pas seulement à peu près la moitié de la richesse sociale : il garantit aussi la subordination de tous les potentiels sociaux aux impératifs de la valorisation. De même que les ennemis du travail ne peuvent ignorer l’État et la politique, de même ils refuseront de jouer le jeu de l’État et de la politique.

      Puisque la fin du travail est aussi la fin de la politique, un mouvement politique pour le dépassement du travail serait une contradiction dans les termes. Les ennemis du travail font valoir des revendications face à l’État, mais ils ne constituent pas un parti politique et ils n’en constitueront jamais un. Le but de la politique ne peut être que la conquête de l’appareil d’État pour perpétuer la société de travail. Les ennemis du travail ne veulent donc pas s’emparer des commandes du pouvoir, mais les détruire. Leur lutte n’est pas politique, elle est antipolitique.

      Puisque à l’époque moderne l’État et la politique se confondent avec le système coercitif du travail, ils doivent disparaître avec lui. Tout le verbiage à propos d’une renaissance de la politique n’est que la tentative désespérée de ramener la critique de l’horreur économique à une action étatique positive. Mais l’auto-organisation et l’autodétermination sont le contraire même de l’État et de la politique. La conquête de libres espaces socio-économiques et culturels ne s’effectue pas par les voies détournées de la politique, voies hiérarchiques ou fausses, mais par la constitution d’une contre-société.

      Voilà un manifeste qui n’oublie rien : le travail, la politique, la démocratie... Et l’auto-organisation en guise de solution de remplacement. Mais de préférence une auto-organisation qui ne reproduit pas les institutions précédentes, j’imagine.

      Ce manifeste est chouette, mais tu le mets entre les mains d’un journaliste, il en fait quoi ? Il dit que ce nouveau mouvement politique est ultra.... ultra-chouette ? ultra-révolutionnaire... ultra-incompréhensible ?

      Quoiqu’on en dise, il y a le but, et il y a le chemin pour atteindre ce but. Ce chemin, c’est assez souvent ce qui va faire que les gens vont adhérer ou pas. Avec ce manifeste, le chemin, il ne transparait pas d’une façon évidente. Mais ce n’est sans doute pas son objet évidemment.

    • @biggrizzly

      Voilà un manifeste qui n’oublie rien : le travail, la politique, la démocratie...

      Et aussi le genre...

      Sans l’espace social séparé que constituent les formes d’activités « féminines », la société de travail n’aurait jamais pu fonctionner. Cet espace est à la fois sa condition tacite et son résultat spécifique.

      Ce qui précède vaut également pour les stéréotypes sexuels qui se sont généralisés à mesure que le système de production marchande se développait. Ce n’est pas un hasard si l’image de la femme gouvernée par l’émotion et l’irrationnel, la nature et les pulsions ne s’est figée, sous la forme de préjugé de masse, qu’en même temps que celle de l’homme travailleur et créateur de culture, rationnel et maître de soi. Et ce n’est pas un hasard non plus si l’autodressage de l’homme blanc en fonction des exigences insolentes du travail et de la gestion étatique des hommes que le travail impose est allé de pair avec des siècles de féroce « chasse aux sorcières ».

      @biggrizzly

      Ce manifeste est chouette, mais tu le mets entre les mains d’un journaliste, il en fait quoi ? Il dit que ce nouveau mouvement politique est ultra.... ultra-chouette ? ultra-révolutionnaire... ultra-incompréhensible ?

      Il en fait quoi ?...

      S’il s’agit du journaliste comme travailleur du secteur d’activités particuliers que sont les médias, alors il en fera une marchandise, un truc à vendre sans égard pour son contenu propre. Sans animosité ni avidité, mais simplement parce que c’est le rôle que lui attribuent (et avec lui, à toute la sphère médiatique) les nécessités de la société du travail

      S’il s’agit du journaliste comme individu particulier doté de sa subjectivité propre, on ne peut pas savoir ce qu’il en fera. Peut-être mettra-t-il son mouchoir dessus pour ne pas avoir à faire face à ses propres contradictions, peut-être essayera-t-il d’en parler autour de lui, à ses collègues, à ses proches. Qui sait ?

    • @aude_v Nous savons que les patrons défendent leur propre petite vérité qui est dictée par la concurrence quotidienne. Pourtant il y a de plus en plus de signes qui annoncent l’écroulement d’un monde dans lequel on avait pris l’habitude de s’arranger. C’est un désastre pour le petits gens.

      La gauche doit alors leurs apporter des solutions concrètes et les protéger contre ces menaces.

      Ce sont d’abord les petits patrons qui se rendent compte qu’ils perdent des contrat à cause des entreprises étrangères, ensuite ce sont les ouvriers qui ont du mal à communiquer avec les collègues de chantier parce qu’il s’est transformené dans une sorte de tour de babel. Les clients enfin remarquent qu’on ne leur fournit plus la qualité d’une entreprise homologuée avec des employés formés d’après les normes qu’on avait pris pour des valeurs sûres. Les prix ne baissent pourtant pas. Les clients (je pense surtout aux locataieres d’immeubles qui ne sont pas les clients directs des entreprises du bâtiment) ne connaissent pas mais se dountent des ruses des intermédiaires qui encaissent les profits supplémentaires devenus possible par les salaires en baisse constante.

      On a un problème parce que la gauche (ici plus précisément le parti Die Linke) refuse explicitement de soutenir des solutions au problème de la baisse des salaires. Quand tu parles avec des responsables de la gauche au gouvernement, donc avec les personnes qui sont en mesure d’appliquer des mesures concrètes, tu mènes un dialogue de sourds.

      Les mécanismes administratifs, parlementaires et politiques font que personne n’a envie de prendre des initiatives qui n’ont pas encore été homologuées par les instances occultes et officielles du parti. On a besoin de deux à trois années de travail dans les commisions du parti avant qu’un sujet ou une revendication se trouve sur l’ordre du jour d’un congrès régional ou national. Encore faut-il que personne ne te mette des bâtons dans les roues ce qui est toujour possible si du donnes l’impression de vouloir mettre en question (au choix) la position le poste / la réputation de quelqu’un qui fait partie de l’appareil. Ce n’est pas seulement le cas pour des problèmes syndicales. Les éco-socialistes ont le même problème. Tout le mond est d’accord qu’il faut lutter contre le capitalisme pour sauver l’environnement et que les verts ne font plus leurs travail, mais tu n’arriveras pas à transformer cette idée en politique concrète parce qu’il te faudra faire la queue et respecter l’ordre du jour.

      Tu comprends un peu pourquoi un mouvement indépendant fait peur ? Ce contexte explique les fausses accusations et réactions agressives. Il y a trop de personnes employé par l’appareil qui risquent de perde leur poste bien payé.

      Ici on peut discuter sur la meilleure ligne politique à suivre, mais dans un premier temps il faudrait enfin pouvoir agir au lieu de perdre son temps avec des procédures.

      #gauche #bureaucratie

    • Macron, il arrive à faire baisser les rémunérations (c’est un peu son cœur de métier, son prooojet) tout en laissant les gens à la mer ! C’est pour ça que je suis convaincue qu’on peut refuser les deux en même temps. Mais pour l’expliquer, c’est autre chose... et j’ai l’impression que ce n’est pas vraiment le chemin pris par nos camarades, qu’ils et elles seront récompensé·es par l’ingratitude de classes populaires allant voir à la source des discours xénophobes.

      Dans le gouvernement représentatif, il y a une grande #captivité à l’égard des appareils, des procédures, et c’est dans le meilleur des cas, quand les partis ont eux-mêmes une culture démocratique (ce qu’ils ne sont pas tenus d’avoir). Pour avoir vu d’assez près, de 1999 à 2015, la misère des Verts, je suis assez blasée, d’autant que j’ai de l’estime pour certaines des personnes que j’y ai rencontrées.

    • Je ne comprend toujours pas très bien le point cardinal de #Aufstehen. Ce que j’ai pu voir c’est un procès consultatif en ligne, une sorte de #RFC collectif qui doit, je pense, mener vers quelque chose qui sera le programme du « mouvement ». On verra bien.

    • A la demande de Jean-Luc Mélenchon, nous avons rectifié le titre de D. Kuzmanovic, initialement présenté comme son “conseiller” « Le point de vue qu’il exprime sur l’immigration est strictement personnel. Il engage des polémiques qui ne sont pas les miennes »

      Timothée Vilars
      https://twitter.com/TimoVilars/status/1039532108119764993

      et donc -> « ... Entretien avec Djordje Kuzmanovic, orateur de la France insoumise. »

      Dont acte, mais décidément, Wagenknecht ou Mélenchon, sur le sujet, quelle obscure clarté malodorante.

    • Et au moment où on s’y attendait le moins, Philippe Martinez assène quelques vérités. Il était temps :

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/26/philippe-martinez-ce-n-est-pas-l-immigration-qui-cree-du-dumping-social-mais

      Nous ne faisons pas face à une invasion de migrants et notre pays doit accueillir humainement et dignement ceux qui fuient leurs pays. Cela se nomme la fraternité.
      Ces salariés font partie intégrante de la classe ouvrière ! Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social mais l’absence de droits !...

      #paywall (désolé)

    • ... et Mélenchon de célébrer ce soutien, avant manifestement de se raviser, sans doute sur la forme plutôt que sur le fond — il allumait Mediapart, Politis, Regards, le PCF « et autres castors du dénigrement à n’importe quel prix de la LFI » :

      https://twitter.com/laurencedecock1/status/1045572166165700608

      (NB ce monsieur se permet par ailleurs de donner en ce moment des leçons sur le racisme. Mediapart, Politis et Regards lancent de leur côté le manifeste pour l’accueil des migrants.)

    • Les journalistes qui feignent l’indignation à l’écoute de Mme Wagenknecht ne peuvent ignorer que la plupart des partis européens appuient une politique beaucoup plus restrictive. En 2017, le candidat Emmanuel Macron promettait d’« accueillir dignement les réfugiés qui ont droit à la protection de la France. Les autres seront reconduits sans délai vers leur pays afin qu’ils ne deviennent pas des immigrés clandestins ». Aucun média français n’avait alors décrit En marche ! comme un « mouvement antimigrants ». Et Libération titrait en « une » (6-7 mai 2017) : « Faites ce que vous voulez, mais votez Macron ».

      Pierre Rimbert

      Gauche antimigrants, une fable médiatique

      https://seenthis.net/messages/725854

    • Le 6 octobre avec l’Aquarius

      L’Aquarius est désormais un nom connu. Ce bateau opère en Méditerranée depuis presque trois ans. Il a mené 230 opérations de sauvetage et secouru 29 523 personnes menacées de noyade. Ce sont des hommes, femmes ou enfants, migrants ou réfugiés, en danger de mort lors de la traversée de la Méditerranée. Compte tenu de sa mission et de l’état des gens au moment du secours, l’Aquarius opère en partenariat avec Médecins sans Frontières. Mais il est affrété par SOS Méditerranée. Cette association de sauvetage en mer n’a-t-elle pas reçu en 2017 le label « grande cause » de la part du gouvernement français ? Le même gouvernement qui aujourd’hui ferme les yeux à chaque fois que l’Aquarius en appelle à lui. Tels sont les hypocrites qui nous gouvernent !

      Ces derniers mois, l’Aquarius a été la cible de lourdes manœuvres politiques pour mettre un terme à sa mission de sauvetage en criminalisant ses équipages. Après la fermeture des ports italiens, il y a une difficulté répétée à trouver un port sûr pour débarquer les rescapés. Enfin, l’Aquarius été attaqué par l’État sous le pavillon duquel il naviguait. Le navire s’est ainsi vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama, sous pression de l’Italie. L’Italie de Salvini a en effet menacé de ne plus laisser entrer dans ses eaux un navire sous pavillon panaméen. Puis elle s’est plainte de ce que « le navire ait refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ordonne qu’un navire débarque des survivants au port le plus sûr et le plus proche. Le prétexte juridique de l’Italie ne vaut rien. La seule raison d’agir contre le pavillon de l’Aquarius est politique.

      Emmanuel Macron n’est pas passé loin de l’Aquarius quand il était à Marseille, avec Madame Merkel le 7 septembre dernier. Il annonçait incarner alors un grand mouvement « progressiste » face aux « nationalistes » Matteo Salvini et Viktor Orban. Mais « en même temps », il se faisait le plus proche complice de Salvini en jouant au Roi du silence. Il y a un an, il annonçait « Nous devons accueillir les réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur ». Et en même temps, il refuse à plusieurs reprise de leur ouvrir les ports français. D’après ses propres mots, donc, le gouvernement français a failli à son devoir et terni notre honneur.

      Les navires de sauvetage sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est donc plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer mais aussi à terre comme on a pu le voir avec la persécution de Cédric Herrou. Sans pavillon, le navire ne pourra plus opérer. D’autres vies seront alors sacrifiées en silence aux portes de l’Europe. Les gouvernements se rendent donc coupables de non assistance à personnes en danger.

      Porter assistance aux personnes en détresse en mer est une obligation que les États doivent respecter. Toutes les manoeuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires sont une honte. Qu’est-ce qui empêche les États européens d’octroyer un pavillon au navire pour permettre à l’équipage de l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage ? Pourquoi refuser d’établir un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr ?

      Des êtres humains meurent en Méditerranée chaque jour ! Neuf morts par jour ! L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. C’est le moment d’agir. Face à la défaillance des gouvernement européens, c’est au peuple de se mobiliser. Pour cela on peut donner sa signature à la pétition internationale lancée par SOS Méditerranée. Il faut aussi rejoindre les rassemblements qui auront lieu dans toute l’Europe le 6 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux dans toute la France à le faire. Nous ferons des « vagues oranges », couleur des gilets de sauvetage et de l’Aquarius. Ou bien les mots « humanité universelle » ne veulent plus rien dire.
      Jlm

    • LA GAUCHE À L’ÉPREUVE DE L’IMMIGRATION - VRAIMENT POLITIQUE

      La naissance en Allemagne d’un courant politique de gauche appelant à réguler l’immigration, aura suffi à rallumer la guerre des gauches dans notre pays. A nouveau la France Insoumise se retrouve sous le feu des critiques de la quasi totalité des autres forces progressistes. Aujourd’hui certains évoquent un risque de régression populiste des mouvements émancipateurs, tandis que se lancent des appels de personnalités pour exiger l’accueil inconditionnel des migrants. Cet été pourtant, le pouvoir macronien a fait voter la loi la plus dure qu’un gouvernement de la 5ème République ait promulgué contre l’immigration, mais la gauche semble plus préoccupée par ses propres dissensions. L’immigration sera-t-elle à nouveau le sujet interdisant tout rassemblement ? Faut-il abandonner la question du contrôle des flux migratoires aux droites extrêmes qui pointent désormais partout en Europe ? Jusqu’à quand laisserons-nous la Méditerranée se transformer en cimetière marin ? Voici quelques-unes des questions qui seront abordées dans cette nouvelle édition de « Vraiment Politique », le grand live mensuel de la rédaction du Média.

      https://youtu.be/ok21QOC7pBo?t=7



      https://www.lemediatv.fr/les-programmes/vraiment-politique/6-la-gauche-a-lepreuve-de-limmigration">

    • Du coup je rappelle le lien puisqu’il ne figure pas dans ce fil :

      https://www.monde-diplomatique.fr/2017/03/CYRAN/57230
      (L’Allemagne et les réfugiés, deux ans après
      Un grand élan de solidarité, mais une xénophobie qui progresse)

      Et pour la France, sur la situation à gauche, avec un rappel des déclarations pré-wagenknechtiennes de Mélenchon :

      https://www.liberation.fr/france/2018/10/01/immigration-fracture-a-gauche_1682469

      Encore une fois, c’est pas parce que les médias et la droite s’amusent à appuyer où ça fait mal qu’il faut refuser de se poser les bonnes questions et d’essayer de trouver les bonnes réponses.

      Là tout ce que je vois c’est de la bataille tactique politicienne à deux balles, assez hypocrite, superficielle et loin des enjeux véritables.

    • Immigration : Clémentine Autain, au ban des Insoumis

      https://www.liberation.fr/france/2018/10/05/immigration-clementine-autain-au-ban-des-insoumis_1683502

      (Vous remarquerez au passage que monsieur Mélenchon n’avait pas été aussi vache avec monsieur Kuzmanovic, mais ce qu’il avait fait était beaucoup moins grave, hum, hum.)

      Pour archive, le texte d’Autain sur facebook :

      MIGRANTS. MENER LA BATAILLE

      Face aux renoncements et tergiversations des États à accueillir l’Aquarius, à la montée des droites extrêmes en Europe, à la propagation d’une xénophobie décomplexée, nous ne pouvons pas rester l’arme aux pieds.

      C’est pourquoi l’appel lancé par Regards, Mediapart et Politis rencontre un large succès. De Lilian Thuram à Josiane Balasko, de Thomas Picketty à Assa Traore, de Romane Bohringer à Sophie Wahnich, d’Annie Ernaux à Guillaume Meurice, 150 personnalités ont joint leurs forces à des collectifs militants pour donner de la voix en soutien aux migrants. La pétition en ligne engrange des dizaines de milliers de signatures citoyennes. Ce n’est pas rien.

      Dans le même temps, SOS Méditerranée a lancé une pétition pour sauver l’Aquarius, en demandant aux gouvernements de prendre leurs responsabilités et en appelant à une grande mobilisation citoyenne. L’ONG appelle à manifester le 6 octobre dans toute l’Europe. L’initiative est particulièrement bienvenue.

      Les réponses de Salvini et Macron, qui multiplient les atteintes aux droits fondamentaux, les murs et les contrôles, qui nourrissent le rejet et la rhétorique d’un danger immigré doivent être combattues sans relâche. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi asile-immigration. À Gérard Collomb, nous avons dit et redit que leur présupposé de « submersion migratoire » était faux – le flux migratoire est globalement stable en Europe depuis plusieurs décennies – et que leur obsession à durcir les conditions d’accueil, jusqu’à l’enfermement de mineurs, était une folie. Le moulin de l’extrême droite fut ici comme ailleurs bien alimenté par la macronie, pourtant arrivée au pouvoir grâce au rejet de l’extrême droite… Dans ce paysage politique qui voit prospérer les idées xénophobes et, avec elle, des décisions dangereuses du point de vue des droits humains, la bataille contre ce qui fait le miel des droites extrêmes et du fascisme doit être menée sans ambiguïté.

      La façon dont Emmanuel Macron entend instrumentaliser la question est évidemment un piège. Il tente de se donner un visage moral face au FN en racontant une fable sur la question migratoire. La réalité est pourtant têtue : la macronie enfourche les recettes d’une droite radicalisée. La France n’a pas su accueillir l’Aquarius et la loi asile-immigration a mis en œuvre bien des rêves répressifs de la droite dure. Nous ne laisserons donc pas la macronie installer cette fausse bipartition, eux versus le FN. Nous tiendrons tête.

      Notre voix sur cette question capitale est celle qui défend des vies humaines et des symboles. Prendre à bras le corps le combat en faveur des migrants est un parti pris humaniste et stratégique. Pour le camp de la transformation sociale et écologiste, il n’y a pas de victoire possible dans les têtes comme dans les urnes sans une contre-offensive assumée sur l’enjeu migratoire. Ce fil à plomb que nous avons à tenir au long court participe de l’imaginaire, des batailles sociales, du projet politique d’une gauche de rupture. Ne pas céder une once de terrain aux adversaires sur cette question me semble indispensable pour faire grandir notre conception du monde. J’invite de ce point de vue à regarder la saga documentaire de Françoise Davisse et Carl Aderhold diffusé sur France 2 en prime time et retraçant 150 ans d’histoire de France par le prisme de l’accueil des migrants. Où l’on se rappellera combien cette question fut, à des périodes décisives, très structurantes d’un point de vue politique… J’invite également à lire la tribune dans Le Monde de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui appelle à la fraternité entre tous les travailleurs et rappelle que le dumping social tient davantage à l’inégalité des droits et non à la présence d’immigrés.

      Le récit que nous faisons, les thèmes que nous choisissons de porter en avant sur la question migratoire ne sont évidemment pas neutres. Mettre l’accent sur les causes des migrations ou bannir toute évocation de la liberté de circulation comme horizon, comme s’il s’agissait d’une ligne « no border » – à noter que le spectre des signataires de l’appel Regards, Politis, Mediapart est en l’occurrence si large qu’il me parait curieux d’y voir une mainmise « gauchiste » - ne me convainc pas. Ma conviction est qu’il ne faut donner aucun point à nos adversaires sur les termes du débat. Quand nous disons vouloir combattre le pouvoir de la finance, commençons-nous par égrener les difficultés bien réelles, comme la fuite des capitaux ? Non. Est-ce que, pour autant, nous ne prenons pas en compte la complétude du problème qui nous rendrait crédible à gouverner ? Je ne le crois pas. Nous menons une bataille d’idées, une confrontation politique. Celle-ci suppose de valoriser avant tout le sens et le cœur de notre proposition.

      Des voix s’élèvent pour dénoncer dans cet appel une diversion. Il ne faudrait pas parler des migrants car la question centrale, notamment pour les élections européennes qui s’annoncent, est ailleurs, dans la contestation de l’austérité et du libéralisme économique, l’enjeu migratoire n’étant qu’une entreprise de détournement des « vrais enjeux ». Comme si on pouvait échapper au moment politique qui est le nôtre, si bouillant sur la question migratoire. Bien sûr, ce n’est pas nous qui avons choisi d’en faire un thème de prédilection, et pour une bonne raison : nous contestons le fait que les immigrés soient considérés comme la grande cause des crises contemporaines. Il n’est pas question de courber l’échine devant l’agenda imposé par nos adversaires. Mais la façon dont le sujet émerge et s’impose dans le débat public nous oblige à mener la bataille. Oui, deux visions du monde s’affrontent.

      L’accusation de diversion me rappelle par ailleurs des querelles anciennes, quand on nous expliquait qu’il fallait mener la révolution prolétarienne et les droits des immigrés ou des femmes seraient réglés dans la foulée, quand on nous rabâchait la centralité de la lutte des classes, en ces temps où défendre les lesbiennes et les gays ou l’environnement était perçu comme une entreprise de diversion au regard du combat central. C’était avant Mai 68. Je me bats contre la dichotomie entre le social et le sociétal parce qu’en réalité, les sujets s’entremêlent. Je ne suis pas favorable à une approche reposant sur l’addition de luttes sectorielles, avec sa hiérarchie ancienne, mais pour une conception qui agrège et dégage du sens commun. Notre vision politique doit embrasser la cohérence de tous les combats émancipateurs.

    • ... vous vous rendez compte quand même que l’argument de fond le plus récurrent c’est que la FI est moins à droite que Macron et aufstehen que le SPD (quand c’est pas l’AfD) ? ...

      ... et que des militants de la FI se font passer pour des martyrs sur le dos des migrants ...

      (désolé d’insister y a un truc qui passe pas, là)

      #capitulation #petits_calculs #droitisation

    • @zorba : j’avoue humblement que je ne comprends pas ce que tu dis depuis le début. Je rigole en pensant que la campagne de Mélenchon en... 2012 ? était critiquée parce qu’il avait fait un discours très... choquant pour les partisans du grand remplacement. Et qu’un certain nombre de personnes là, font un procès en sorcellerie à partir d’éléments de langage des journaux capitalistes et des apparatchiks correspondants.
      Je lisais un compte-rendu sur les manifs du WE au sujet de SOS Méditerranée, et souriais en constatant qu’il y avait un tiers de l’article, avec titraille correspondante, pour nous expliquer que Brossa et Hamon avaient un avis sur la question. Ce n’est pas comme si la FI et JLM appelaient à se joindre à ces manifestations depuis plusieurs jours déjà.

    • Les « éléments de langage » dont tu parles (pression à la baisse sur les salaires, concurrence entre les pauvres, etc.) sont bien ceux, littéralement, de Wagenknecht et de Mélenchon, les têtes de gondole de ces partis politiques, et ces petits calculs et positionnements politiciens, soit disant pour ménager les prolos xénophobes et racistes, n’ont pas que des conséquences symboliques anecdotiques par les temps qui courent.

      Maintenant, entre un appel qui ne sert le plus souvent qu’à se compter et une pétition de soutien au caritatif, on ne peut pas dire que sur le sujet les représentants institutionnels de la gauche française brillent par leur audace et leur assurance, en effet.


  • https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-de-jean-marc-four/la-chronique-de-jean-marc-four-27-aout-2018

    « Ça vaut le coup d’arrêter un peu de se regarder le nombril parce que le phénomène en cours en Amérique Latine est… saisissant ! Vous allez voir, ça relativise ce qui se passe en Europe.

    Les chiffres d’abord : impressionnants.

    C’est la conséquence de la crise au Venezuela, crise politique et économique, vous le savez, avec une inflation galopante.

    Chaque jour, j’ai bien dit chaque jour, entre 2000 et 3000 Vénézuéliens cherchent à entrer en Colombie, en Equateur, au Pérou (les voisins du Sud).

    Evaluation officielle de l’ONU : en un peu plus de deux ans, 2 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. Evaluation officieuse : le double, 4 millions de personnes, plus de 10% de la population. »

    #migration #amérique-latine #crise "podcast #france-inter



  • Pourquoi George Soros et sa fondation quittent la Hongrie

    https://www.franceinter.fr/monde/pourquoi-george-soros-et-sa-fondation-quittent-la-hongrie

    George Soros, en 2017 à Bruxelles © AFP / Olivier Hoslet / POOL

    Le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros a annoncé mardi qu’il suspendait les activités de sa fondation destinée à mener des programmes d’enseignement pour les réfugiés. La fondation déménage également ses locaux de Budapest à Berlin.

    La fondation de #Georges_Soros ne donnera plus de cours aux réfugiés hongrois : mardi, l’Université d’Europe centrale (CEU), implantée à Budapest, a annoncé qu’elle ne reconduisait pas ses modules d’enseignement destinés aux réfugiés, ni ses activités de bourses de recherche financées par l’UE sur les politiques migratoires.

    « Nous suspendons ces programmes dans l’attente d’une clarification de notre situation fiscale et juridique », explique un communiqué de l’organisation. En cause, une taxe de 25% sur les organisations qui « soutiennent l’immigration ». Adoptée en juin dans le cadre d’un ensemble de lois anti-immigration, elle entre en vigueur ce vendredi.

    #hongrie #berlin #réfugiés

    • @aude_v Soros est avant tout un pillard monstrueux à la tête d’un gang de financiers de haut vol, qui pour s’enrichir détruisent les systèmes sociaux de pays entiers (dont 50 % des habitant.e.s sont des femmes), n’oublions pas les enfants.
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      Ses ong servent avant tout ses intérêts, qui paye commande.

      On remarquera qu’elles ont réussi à faire élire Victor Orban.
      (Aux USA, Hillary Clinton a bien réussi à faire la courte échelle pour mettre Donald Trump au pouvoir).

      La société hongroise a toujours été tolérante pour ce qui est de l’homosexualité, voir les bains publics de Budapest.

      Dans les campagnes une pauvreté sans nom, pour ce pays qui n’arrive plus à produire lui même ses pommes de terres.

    • André, on est un peu au courant, ici, pour le capitalisme spéculatif et la manière dont le néo-libéralisme, en Europe centrale plus qu’ailleurs, a détruit le tissu social. Et sans illusion sur Soros. Cela n’empêche que la CEU est une institution précieuse. Et d’autant plus pour les réfugié.es qui bénéficiaient de ces cours, dont j’apprends l’existence.

      Je ne comprends pas tes interventions : tu n’as personne à convaincre ici que le capitalisme est un régime inhumain mais tu t’indignes chaque fois qu’on apporte un peu de nuance, de complexité qui dérange ta vision un peu monolithique. Et des fois, tes propos à l’emporte-pièce sont une manière de mépris pour ceux plus sensibles ou nuancés des autres, que tu sembles refuser de prendre en considération comme si tu devais servir la messe au lieu de te joindre à la discussion, quitte à ce que ce soit avec ta manière engagée et emportée, comme d’autres ici que le spectacle de l’abjection en cours débecte et qui n’ont pas plus que toi leur langue dans leur poche.

      La semaine dernière, j’ai fait une interv en classe sur les fake news et donné en exemple de ce qui peut se faire de pire et de mieux sur les réseaux sociaux la tentative ici-même de faire la vérité sur le post spectaculaire sur les activistes saoudiennes. J’ai fait lire du @reka (un peu emmerdée par son choix du mot « putassier », j’ai de chastes oreilles en classe !) mais ton interv sur Brigitte Macron, j’ai dit aux gosses que c’était un troll. Parce que c’est ce que tu fais ici, ou tu pourrais te joindre à la conversation mieux que tu ne fais. Et elle était assez irrespectueuse des personnes qui disaient être touchées par la nouvelle et que tu ignorais avec une vieille blague énigmatique dont je n’ai pu comprendre si elle était misogyne ou si elle en avait seulement l’air. Je t’ai ignoré, comme tout le monde.

      Tout ça fait que tes affirmations décousues sur la Hongrie, je n’y accorde pas trop de crédit, alors que je suis preneuse d’une contre-histoire de la CEU et de Soros en Hongrie. Même si je partage dans les grandes lignes ton engagement, ton propos ne m’apporte rien pour affûter mes analystes anti-capitalistes, écologistes ou féministes.

    • Comment penser que Soros investirai un centime, dans une ONG qui ne lui rapporterai pas beaucoup plus.

      Personnellement, après avoir lu pas mal de choses sur les ONG et leurs résultats, je pense qu’elles remplacent les missionnaires.
      Pour beaucoup, de belles et généreuse promesses, mais quand on regarde ce qu’elles font vraiment, et qui les finance, on y croit plus.
      Il y a de belles paroles, parfois des actes trés généreux, mais dans la réalité . . .

      Exemple d’acte généreux, pour les missionnaires : Ils ont sauvé pas mal d’indiens d’Amérique du Sud au moment de la colonisation espagnoles, Las Casas a fait ce qu’il a pu, pour eux, et l’intérêt de l’église catholique.
      A la même époque, l’Afrique Noire, une mine de bois d’ébène, complètement ignorée des missionnaires.

      WWF :
      https://seenthis.net/messages/718609
      https://seenthis.net/messages/602953
      https://seenthis.net/messages/571110

      Mais pas que : Amnesty International , Journée internationale des disparus.
      https://www.legrandsoir.info/courrier-au-service-de-presse-d-amnesty-international-section-francais
      . . . . .

      S’agissant de l’Amérique latine, on pourrait à juste titre s’étonner de l’absence de la #Colombie, mais, vu la modestie des chiffres, je ne vais pas pinailler ici sur les 45 000 victimes de cette pratique depuis 1985 (d’après la Unidad de Victimas), dont de nombreuses pendant la présence au pouvoir de la faction politique qui vient de revenir à la présidence en la personne de M. Ivan Duque.

      j’ai été très surpris par la prestation, ce matin 1er septembre, au journal de 8 heures de France Culture, présenté par Sophie Delton, de Mme Geneviève Garrigos, qui se présente comme la "porte-parole" d’AI. Sans référence particulière aux communiqués d’AI précédemment cités, elle s’est concentrée sur quatre pays, dont la Corée du Nord et la Syrie, mais a surtout passé la majeure partie de son intervention à dénoncer de façon extravagante « la politique de terreur imposée à l’opposition » à travers les « disparitions » au… Venezuela et au Nicaragua.
      . . . . .

      Par ailleurs, j’ai rencontré des volontaires ayant travaillé pour des ONG en Afrique, elles(ils) sont rentrés démolis par le comportement des dirigeants d’ONG.
      Marqué(e)s à vie.

      La plupart des ONG font un sale travail.

      à part cela Aude, merci pour le ton modéré de ton commentaire

    • Avec un peu de retard : Je voulais parler de mon expérience à la CEU, cette rentrée était chahutée et je n’ai pas eu le temps. Donc rapidement avant de revenir sur le sujet.

      J’ai travaillé sur des projets en coopération très étroite avec les département environnement et géographie de la CEU entre 1995 et 2002, en particulier avec un remarquable prof qui s’appelle Ruben Mnatsakanian. je voulais juste rappeler que la CEU a été un lieu de recherche et de réflexion important sur l’espace post soviétique et les pays ex-socialiste, une formidable opportunité pour des centaines voire des milliers d’étudiantes et d’étudiants d’Asie centrale, du Caucase, des pays de l’Est, d’Ukraine, de Russie, etc... qui sans les programmes de la CEU n’auraient jamais eu les moyens financier d’étudier dans leurs pays. La sélection des dossiers se faisait de manière très sérieuse et transparente. Ruben se déplaçait dans tous les pays pour mener les entretiens, longuement rencontrer les candidats, ensuite les décisions étaient prises de manière collégiales, après de longues discussions, jamais à la légère et surtout sans aucune considération pour les origines sociales ou la « richesse » supposées des candidats... La formation était excellente et je garde encore aujourd’hui - 20 ans après - de très bonnes relations de travail avec certain·es de ces étudiant·es. La nébuleuse des organisations et ong soutenues par Soros, c’est autre chose et je ne préjuge pas ici de ses intentions ou de ses crapuleries, j’ai juste expérimenté en live à quel point cette université a été importante pour toute une génération d’étudiant·es, et plus récemment de réfugiés et migrants qui avaient accès à l’enseignement supérieur.

      Le reste plus tard.

    • Sur les ONG, tague #néo-colonialisme, #charité, #charity_business, etc. si tu as des faits intéressants à documenter. Ça te permet, @bce_106_6, de rejoindre la somme de documentation sur ce sujet et d’autres.

      Mais je crois qu’en parlant des missionnaires blancs en Afrique au sujet de Soros, tu es encore à côté de la plaque, à nous faire une leçon globale d’anti-capitalisme et d’anti-colonialisme. Nous sommes des camarades, pas des ouailles ! (Et tu es un camarade, mais quel camarade...)