region:est de la turquie

  • Dans l’est de la Turquie, l’opposition kurde a repris des mairies dépouillées par les équipes d’Erdogan
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110619/dans-l-est-de-la-turquie-l-opposition-kurde-repris-des-mairies-depouillees

    En dépit de manipulations électorales flagrantes dans l’est de la Turquie, le parti de gauche et kurde HDP est parvenu lors des municipales du 31 mars à reconquérir près de 60% des villes dont il avait été spolié par décision judiciaire en 2016. Mais dans nombre d’entre elles, les administrateurs nommés par Ankara ont vidé les caisses et le patrimoine immobilier avant de partir.

    #Reportage #turquie,_Anatolie_du_sud-est,_HDP,_Kurdistan_turc

  • Dans l’est de la Turquie, l’opposition kurde a repris des mairies dépouillées par les équipes d’Erdogan
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110619/dans-l-est-de-la-turquie-l-opposition-kurde-repris-des-mairies-depouillees

    En dépit de manipulations électorales flagrantes dans l’est de la Turquie, le parti de gauche et kurde HDP est parvenu lors des municipales du 31 mars à reconquérir près de 60% des villes dont il avait été spolié par décision judiciaire en 2016. Mais dans nombre d’entre elles, les administrateurs nommés par Ankara ont vidé les caisses et le patrimoine immobilier avant de partir.

    #Reportage #Anatolie_du_sud-est,_Kurdistan_turc,_HDP,_turquie

  • Dans l’est de la Turquie, l’opposition kurde a repris des mairies dépouillés par les équipes d’Erdogan
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110619/dans-l-est-de-la-turquie-l-opposition-kurde-repris-des-mairies-depouilles-

    En dépit de manipulations électorales flagrantes dans l’est de la Turquie, le parti de gauche et kurde HDP est parvenu lors des municipales du 31 mars à reconquérir près de 60% des villes dont il avait été spolié par décision judiciaire en 2016. Mais dans nombre d’entre elles, les administrateurs nommés par Ankara ont vidé les caisses et le patrimoine immobilier avant de partir.

    #Reportage #Anatolie_du_sud-est,_turquie,_HDP,_Kurdistan_turc

  • La dangereuse alliance entre les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/09/la-dangereuse-alliance-entre-les-etats-unis-israel-et-l-arabie-saoudite_5212

    A peine le califat de l’organisation Etat islamique (EI) réduit à néant, les conflits, mis en sommeil – ou plutôt passés au second plan – le temps de l’apogée et de la chute du projet djihadiste, se réveillent au Proche-Orient.

    La revendication nationale des Kurdes d’Irak d’abord, qui a été rapidement anéantie, en attendant qu’on connaisse le sort réservé à leurs cousins de Syrie. Et, surtout, le conflit latent entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les deux principales puissances régionales, qui a fini par incarner ce que l’on range communément sous l’appellation vague et trompeuse de « guerre entre les sunnites et les chiites ».

    Ce feu-là vient de se rallumer à toute allure, attisé par les Etats-Unis, dont le président, Donald Trump, a sonné la curée en « décertifiant », mi-octobre, l’accord nucléaire conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) et la République islamique d’Iran sur son programme nucléaire controversé.

    L’Arabie saoudite vient subitement de faire monter la tension ambiante en contraignant (selon plusieurs récits non recoupés parus dans la presse) le premier ministre (sunnite) libanais, Saad Hariri, à démissionner et à dénoncer, dans un discours préparé qu’il a dû lire d’une voix blanche, les ingérences du Hezbollah (le grand parti-milice chiite libanais) et de son parrain iranien dans les affaires du pays du Cèdre.

    Le lendemain, un ministre saoudien déclarait que l’Arabie saoudite se considérait comme « en état de guerre » au Liban et attribuait directement à Téhéran le tir d’un missile intercepté au-dessus de Riyad, la capitale saoudienne, par les rebelles houthistes yéménites accusés d’être à la solde de l’Iran chiite.

    Ce qui se dessine dans la recomposition actuelle du Proche-Orient est un axe inédit entre l’Arabie saoudite, Israël et les Etats-Unis,...

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    • Dans sa chronique, Christophe Ayad, responsable du service International du « Monde », rappelle que les trois pays, qui ont en commun leur détestation du régime iranien, cherchent à réduire son emprise sur la région.

      A peine le califat de l’organisation Etat islamique (EI) réduit à néant, les conflits, mis en sommeil – ou plutôt passés au second plan – le temps de l’apogée et de la chute du projet djihadiste, se réveillent au Proche-Orient.

      La revendication nationale des Kurdes d’Irak d’abord, qui a été rapidement anéantie, en attendant qu’on connaisse le sort réservé à leurs cousins de Syrie. Et, surtout, le conflit latent entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les deux principales puissances régionales, qui a fini par incarner ce que l’on range communément sous l’appellation vague et trompeuse de « guerre entre les sunnites et les chiites ».

      Ce feu-là vient de se rallumer à toute allure, attisé par les Etats-Unis, dont le président, Donald Trump, a sonné la curée en « décertifiant », mi-octobre, l’accord nucléaire conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) et la République islamique d’Iran sur son programme nucléaire controversé.

      L’Arabie saoudite vient subitement de faire monter la tension ambiante en contraignant (selon plusieurs récits non recoupés parus dans la presse) le premier ministre (sunnite) libanais, Saad Hariri, à démissionner et à dénoncer, dans un discours préparé qu’il a dû lire d’une voix blanche, les ingérences du Hezbollah (le grand parti-milice chiite libanais) et de son parrain iranien dans les affaires du pays du Cèdre.

      Le lendemain, un ministre saoudien déclarait que l’Arabie saoudite se considérait comme « en état de guerre » au Liban et attribuait directement à Téhéran le tir d’un missile intercepté au-dessus de Riyad, la capitale saoudienne, par les rebelles houthistes yéménites accusés d’être à la solde de l’Iran chiite.

      La détestation commune de l’Iran

      Ce qui se dessine dans la recomposition actuelle du Proche-Orient est un axe inédit entre l’Arabie saoudite, Israël et les Etats-Unis, rassemblés par leur commune détestation du régime iranien et leur volonté de réduire son emprise sur la région.

      L’Iran, par alliés interposés, tire en effet les ficelles en Syrie, au Liban, en Irak (un peu moins) et au Yémen (encore moins). Sa quête permanente d’armes de destruction massive (le nucléaire, actuellement gelé, et le balistique, en plein développement) vise à lui assurer une supériorité stratégique – Téhéran parle plutôt de parité – qu’Israël et l’Arabie saoudite ne peuvent accepter.

      Longtemps, Barack Obama a cherché à raisonner ses alliés saoudien et israélien, voire ignoré leurs inquiétudes. L’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, et l’ascension éclair d’un jeune prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, ont tout bouleversé.

      Depuis janvier, Jared Kushner, le gendre du président américain, ne cesse de faire la navette entre Jérusalem et Riyad (ainsi qu’Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis) sans que grand-chose ne fuite de ses tournées. Il travaille en fait à un vieux rêve israélien : rapprocher les Arabes – du moins les monarchies du Golfe – d’Israël.

      Israël doit trouver de nouveaux « amis »

      Dans une région qui lui est hostile depuis sa naissance, en raison de l’absence d’un Etat palestinien, Israël est obligé de trouver des alliés ou du moins des puissances « amicales ». Longtemps, ce furent l’Iran du chah et la Turquie kémaliste, alliés des Etats-Unis et même pilier de l’OTAN pour ce qui est de la Turquie.

      Les Arabes, a fortiori les Palestiniens, étaient les grands perdants de cette entente tacite. La révolution islamique de 1979 en Iran a tout changé : l’Iran de l’ayatollah Khomeyni s’est autoproclamé champion de la cause palestinienne – sans demander leur avis aux Palestiniens, bien sûr – ou plutôt du « front du refus » à Israël.

      Puis la Turquie est devenue hostile sous la houlette de l’islamiste Recep Tayyip Erdogan, les deux pays rompant même leurs relations diplomatiques de 2010 à 2016. Les relations ont été restaurées, pas la confiance. Il faut donc, pour Israël, trouver de nouveaux « amis », l’Egypte et la Jordanie, qui ont signé des traités de paix, en restant au stade de la « paix froide » du fait de leurs opinions publiques très hostiles. En revanche, les puissances du Golfe se sont lentement rapprochées d’Israël, depuis la découverte, en 2002, de l’existence d’un programme nucléaire iranien avancé.

      En face, l’axe russo-irano-turc

      Ce mouvement tectonique, longtemps lent et souterrain, s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir dans le Golfe d’une nouvelle génération pas embarrassée par les tabous de ses aînés. Mohammed Ben Salman, l’homme fort du royaume saoudien, et Mohammed Ben Zayed, celui des Emirats, ne s’encombrent pas de la « cause sacrée » palestinienne. C’est l’Iran qui les obsède, tout comme Israël, qui a bien compris que les Arabes étaient faciles à diviser – quand ils ne le font pas tout seuls comme dans l’actuelle crise du Qatar.

      Aujourd’hui, il ne manque plus grand-chose pour que cette nouvelle alliance s’affiche au grand jour. L’alliance des Etats-Unis, d’Israël et du Golfe serait une combinaison sans précédent de puissance militaire et technologique, de capitaux financiers et de ressources énergétiques. En face, l’axe russo-irano-turc qui se dessine fait pâle figure : armées nombreuses mais technologies obsolètes, économies exsangues, intérêts stratégiques divergents. Mais cette comparaison vaut surtout sur le papier car, pour le moment, c’est bien cette coalition improbable – dans laquelle Ankara a un pied dedans et l’autre dehors – qui contrôle le terrain et ne cesse d’avancer.

      De fait, ce qui manque le plus à l’alliance Etat-Unis - Israël - Arabie saoudite en gestation, c’est un minimum de flair politique et d’intelligence par rapport aux situations de terrain. Ces trois pays se sont chacun lancé dans des conflits ingagnables ces dernières années : les Etats-Unis en Irak (en 2003), l’Arabie saoudite au Yémen (depuis 2015), et Israël au Liban (en 1982 et en 2006) puis dans la bande de Gaza (2008, 2012 et 2014). Lancer des guerres est facile, mais, passé les premières victoires, il faut savoir durer. Et c’est la principale qualité de l’Iran : savoir patienter et ne jamais dévier de son but.

  • ENTRE L’INSURRECTION ET LA COMMUNE

    Le mouvement anarchiste est une croisée des chemins. De l’intérêt envers notre vision politique fait surface, et des collectifs à travers toute l’Amérique du Nord poursuivent leurs lancées avec de nouveaux projets et combattent la menace fasciste. Mais il est devenu clair pour beaucoup d’entre nous que notre vieille tactique ne peut seulement nous apporter qu’un succès limité. Nous avons à apprendre de notre histoire si nous voulons atteindre notre véritable potentiel. C’est le temps de surmonter les vielles divisions entre insurrectionnalistes et anarchistes sociaux. Le nouveau mouvement anarchiste se doit de combiner les meilleurs éléments de la tradition radicale dans une force cohérente pour un changement révolutionnaire. Le nouveau mouvement anarchiste doit être un mouvement de masse avec la force de renverser ce système décrépit. C’est de notre devoir de ne pas seulement de se battre, mais de gagner.

    Il est indéniable que l’anarchisme n’apprécierait pas la plate-forme et le prestige qu’il a actuellement sans la lutte héroïque des insurrectionnalistes de ces vingts dernières années. Aux cotés du mouvement Zapatiste, la bataille de Seattle a amené l’anarchisme encore une fois sous le feu des projecteurs du monde entier. Les confrontations aux évènements majeurs et les conférences ont attiré de nouvelles personnes vers le mouvement et a forcé une discussion sur la nature destructive du capitalisme et de la globalisation aux yeux du grand public. Au final, en revanche, ces confrontations ont pris un aspect prévisible que les forces de sécurité de l’État ont trouvé facile à contenir. De plus, l’anarchisme insurrectionnaliste était principalement contenu dans de petits cercles sociaux enracinés dans les scènes contre-culturel locale. Pendant que des facteurs structurels ont joué un rôle important dans la limitation de l’attrait vers l’anarchisme dans les années 90 et le début des années 2000, notre culture et notre vision insulaire nous a aussi empêché d’atteindre une audience plus grande. Nous ne pouvons simplement pas répéter cette approche limitante et espérer de meilleurs résultats cette fois-ci. Un insurrectionnalisme ravivé, en l’absence d’autres pratiques, ne peut pas nous faire avancer.

    La crise de 2008 a ouvert de nouvelles opportunités pour le mouvement. Les émeutes insurrectionnelles de 2008 en Grèce ont été rapidement suivi par les révoltes arabes de 2011. Ces soulèvements mettent en valeur aussi bien le potentiel que les limites de la semi-spontanéité, la mobilisation de masse, fournissant quant à lui un modèle pour le mouvement Occupy et les mouvements d’occupation des places. Encore une fois, la vision et les pratiques anarchistes ont joué un rôle clé dans ces mouvements. Beaucoup des anarchistes d’aujourd’hui y sont venus à travers le mouvement Occupy. Mais autant de participant-e-s vont vous le dire, Occupy et consœurs avaient pleins d’imperfections. Les assemblées générales basées sur le consensus contiennent souvent l’initiative plus qu’elles ne l’encourage ; les mouvements de résistance enracinés dans aucune communauté particulière ont fini par être dominés par des militants à temps plein. L’impulsion a forcément diminué, et la répression a réussi à casser les occupations.

    Même où des révolutions spontanées ont réussi à évincer un gouvernement, comme en Tunisie et en Égypte, il manquait la capacité de forcer un changement social plus grand. Quand le pouvoir était dans les rues, il n’y avait pas de structures sociales existantes ou d’organisations prêtes à démanteler l’État et à construire une nouvelle société. Les révolutionnaires Tunisien-e-s et Égyptien-ne-s ne sont pas à mettre en cause pour les erreurs de 2011. Ils et elles n’avaient pas le recul nécessaire. Mais nous avons une responsabilité d’apprendre de leurs expériences. Si un soulèvement de masse devait arriver maintenant en Amérique du Nord, nous nous heurterions sûrement aux mêmes problèmes. Privé d’une forme alternative de pouvoir, la montée révolutionnaire initial serait dévié ou co-opté par de puissante institutions organisées comme les militaires, les services secrets, ou le Parti Démocrate.

    Les projets des anarchistes sociaux, de Food Not Bombs aux réseaux de solidarité, ont aussi grandement contribué à la pratique anarchiste. Nous avons construit une confiance et forgé des liens avec nos quartiers, démontré par la pratique notre message, et aidé nos frères et nos sœurs à s’en sortir dans la société capitaliste. Mais ces projets sont des investissements sur le long-terme qui requièrent beaucoup d’heures de travail et souvent reçoivent peu d’attention en dehors des communautés locales. De plus, il a souvent été difficile de mettre en lumière les liens entre nos différents projets et d’expliquer comment ils se lient à notre vision globale. L’anarchisme social contribue aussi au mouvement, mais il ne peut pas tenir seul.

    Nous sommes dans une ère où l’anarchisme de masse est de nouveau possible. Nous n’avons pas besoin de diluer notre vision, modérer nos idées, ou s’engager dans des manœuvres politiciennes pour ramener des gens de notre côté. Les gens sont attirés à l’anarchisme et les idées anarchistes précisément à cause de notre refus du compromis sur la lutte pour la liberté. Nous pouvons certainement faire mieux pour communiquer notre message et atteindre une part plus importante des communautés de notre classe. Mais plus qu’un nouveau message, nous avons besoin d’un nouveau modèle et d’un ensemble de pratiques pouvant faire avancer notre mouvement au-delà de l’impasse actuelle. Certain-e-s de nos camarades développent déjà ces pratiques. L’essentiel est de les lier dans une stratégie cohérente.

    Notre but devrait être de tourner des communautés entières en bastions du mouvement anarchiste. Cette stratégie est basée sur trois piliers :
    – Autodéfense de la communauté.
- Autogestion de la communauté.
- Entraide et solidarité communautaire.
    Sans autodéfense, il n’y a pas d’espace pour que survive l’autonomie. Sans autogestion, il n’y a pas de moyen pour une communauté de prendre le contrôle de sa propre destinée. Sans entraide et solidarité, les méandres de la vie capitaliste finiront d’épuiser aussi bien les militants que les membres de la communauté. En combinant ces trois pratiques avec audace, l’action directe de l’anarchisme insurrectionnaliste offre un moyen d’aller de l’avant.

    Aussi bien les Black Panthers que la CNT-FAI ont connu le succès parce qu’ils ont simultanément employés une tactique révolutionnaire insurrectionnaliste et une approche sociale orienté sur un mouvement de masse. Quand ces deux éléments de leurs stratégies ont été coupés, comme durant la scission entre sociaux démocrates et insurrectionnalistes dans les Panthers, leurs forces a rapidement flétri. Un mouvement sans base ne peut pas survire longtemps. Un mouvement sans dents n’a pas la capacité d’impulser un vrai changement.

    Pendant que nous construisons notre propre pouvoir, nous avons besoin de continuellement souligner les deux aspects, insurrectionnel et social, de notre mouvement. Les projets comme l’Anarchist Road Care de Portland, par exemple, délivre ce message parfaitement : Nous sommes aussi bien les gens qui combattent les fascistes que les gens qui prennent soin de la communauté. Cela, bien sûr, a toujours fait partie de la pratique anarchiste. Mais explicitement et constamment faire ce lien aidera à créer une adhésion plus grande pour les éléments insurrectionnels du mouvement anarchiste dans nos communautés. Cela démontre aussi que nous prenons le projet de libération sérieusement et que nous sommes prêt-e-s à faire des sacrifices pour la liberté.

    Poursuivre avec succès cette stratégie veut dire équilibrer minutieusement entre les nécessités de la culture de la sécurité et l’indéniable bénéfice de l’organisation de masse ouverte à toutes et à tous. Tandis qu’un groupe de dix combattant-e-s entraîné sont souvent plus efficaces qu’un millier d’individus dispersés, il vaut mieux avoir un millier de camarades convenablement entraîné-e-s qu’une élite de dix cadres. Ce qui est arrivé à Auburn est une preuve suffisante : même le ou la combattant-e antifasciste le ou la plus capable peut être écrasé par dix flics, mais une foule d’un millier d’antifascistes compétant-e-s est presque impossible à arrêter. Pendant que nous devrions continuer à nous entraîner pour des actions en petits groupes efficaces, nous devons étendre l’esprit et la compétence de l’autodéfense à nos communautés plus globalement. Un manque d’un entraînement correct pour les militant-e-s est extrêmement dangereux, mais permettre aux militant-e-s de devenir isolé-e-s de la communauté l’est tout autant.

    Notre but ultime devrait être de créer un réseaux de communes, ou de quartiers libérés, avec le pouvoir de se défendre, de se gouverner et de s’assurer eux-mêmes. Insurrection et révolution ne devraient pas être la spécialité de petits groupes militants, mais le but des communautés entières. Blocs par blocs, communautés par communautés, nous construirons la révolution de la base. Quand l’opportunité arrivera, nous aurons les expériences et les structures nécessaires pour gouverner et s’assurer nous-mêmes sans l’État. Le Rojava est comme il est aujourd’hui parce que des militant-e-s préparaient le terrain pour la libération depuis des années avant 2012. Il est temps de ramener cette prévoyance et cette détermination en Amérique du Nord.

    Est-il possible de concevoir un voisinage ou un village ou le mouvement anarchiste prédomine ? Absolument. C’est le cas à Exarchia depuis des années maintenant. Malgré le fait qu’il ne soit pas explicitement un projet anarchiste, le mouvement Kurde dans l’Est de la Turquie et au Rojava a fait des avancées incroyables dans la résistance locale. La question fatidique est comment impliquer des gens ordinaires dans leur propre libération. C’est un engagement majeur, et il peut sembler intimidant de penser à comment nous pouvons jouer un rôle pour y parvenir. Commence là où tu es, prends un projet que tu peux gérer qui s’adresse à un besoin de la communauté. Même une poignée de gens peuvent commencer un entraînement à l’autodéfense, trouver des moyens de nourrir des gens, ou contrôler les abus de la police. Lie-toi avec des gens qui pensent comme toi, qu’ils ou elles se disent anarchistes ou non. Fais ce qui est nécessaire pour attirer l’attention des gens et insuffle-leur la volonté de croire qu’elles peuvent se libérer elles-mêmes. Ne sois pas trop frustré.e par d’inévitables échecs et contretemps. Nous sommes là-dedans pour le long cours. Mais si notre mouvement peut commencer à faire ce qu’il faut pour construire une base d’appui populaire, nous pourrions trouver que l’heure des comptes pourrait arriver plus tôt qu’on ne pourrait jamais l’avoir imaginé.

    https://www.facebook.com/groupe.bonsenfants/posts/1879235778984986:0

  • Rassemblements décisifs pour la Paix | KEDISTAN
    http://www.kedistan.net/2016/03/01/rassemblements-decisifs-paix

    Rassemblements décisifs pour la Paix
    Brèves, Répression d’Etat, VIDEOS mars 1, 2016mars 1, 2016 Kedistan
    rassemblements

    Une série d’initiatives de rassemblements de masses a été lancée par l’opposition démocratique à l’Est de la Turquie (Kurdistan Nord). Ces rassemblements ont un seul objectif, libérer Sur de son martyre.

    Certains de ces rassemblements de ces jours derniers ont été réprimés, en marge des manifestations, d’autres directement dispersés, dans des quartiers où seules quelques centaines de personnes se retrouvaient.

    Dans la ville de Mersin, Selahattin Demirtas (HDP) a tenu un discours devant des dizaines de milliers de personnes et a appelé à faire taire les armes.

    Il a dénoncé le président Erdogan en le qualifiant de « président le plus rétrogade et le plus meurtrier de Turquie », et s’est adressé directement à lui directement en faisant scander par la foule : « Nous résisterons face à ton fascisme. C’est notre choix. Partout nous nous sommes opposés à la guerre. »

    Une nouvelle grande marche « convergente » est organisée principalement à l’appel du HDP pour briser le siège d’Amed/Sur. Elle aura lieu le mercredi 2 mars dans l’après midi.

    Tous les habitants de la capitale du Kurdistan Nord, seront invités à stopper leurs activités et à se diriger vers le cœur historique de la ville, Sur, assiégé par l’armée turque depuis près de 3 mois.

    Après les mouvements d’universitaires pour la Paix, les signatures, les prises de positions d’intellectuels, les mobilisations partout de la diaspora kurde de par le monde, suite aux massacres à Cizîr, l’acharnement criminel du gouvernement AKP ne faiblit pas. Les sièges, les enfermements, les meurtres continuent, en même temps que les rassemblements sont violemment dispersés.

    C’est donc une nouvelle épreuve de forces « civile » qui s’annonce pour mercredi.

  • Adoma + Kedistan
    http://www.aufondpresduradiateur.fr/?p=4006

    Grève des loyers et manifestation devant le siège de Adoma à Paris : suite à la rafle de la police au foyer Marc Seguin pour casser la grève, environ 300 résidents des foyers de travailleurs immigrés de la région parisienne se sont rassemblés devant l’Adoma, principal gestionnaire de foyers sur Paris

    Discussion avec un animateur de Kedistan, magazine d’information sur le Kurdistan et le Moyen Orient. Il y sera question du Kurdistan nord (Est de la Turquie) du siège des villes de Cizre et Dyarbakyr, des massacres commis par l’armée turque, tout comme du Rojava, menacé par les développements de la guerre en Syrie. Durée : 1h30. Source : Fréquence Paris (...)

    http://www.mediafire.com/listen/ka7bulbbtjrf3c1/AFPDR-16-02-16+-+Adoma+%2B+Kedistan.mp3

  • En Turquie, le « paradis des ours » menacé par une mine d’or
    https://xconfrontationx.wordpress.com/2016/02/19/en-turquie-le-paradis-des-ours-menace-par-une-mine-dor

    La mobilisation contre la construction d’une mine d’or à Cerattepe, une petite ville à l’est de la Turquie, prend de l’ampleur depuis le lundi 15 février. Habitants et militants écologistes craignent que ce projet minier ait de graves conséquences sur ses espaces naturels protégés. Une mobilisation qui pourrait prendre de l’ampleur et qui rappelle la […]

    https://1.gravatar.com/avatar/af5bf7a8a9ec87a4405279c3f854f031?s=96&d=identicon&r=G

  • Istanbul : à qui profitera le crime ? | KEDISTAN
    http://www.kedistan.net/2016/01/12/istanbul-attentat-daech-reflexion

    Istanbul : à qui profitera le crime ?
    Analyses, Brèves, Chroniques de Daniel Fleury janvier 12, 2016janvier 13, 2016 Daniel Fleury
    Istanbul

    Nous sommes restés silencieux à chaud sur l’attentat d’Istanbul.
    Nous joindre aux médias officiels pour broder sur des informations censurées, à quoi bon ? Dénoncer et déplorer les victimes, tout être humain normalement constitué pouvait également le faire sans nous.
    C’est un crime, tout aussi meurtrier que le sont les crimes quotidiens à l’Est de la Turquie. Et le fait qu’il ait été commis dans les lieux même de « l’imaginaire européen istanbuliote » ne doit pas nous égarer sur des chemins de Charlie pour autant.

    L’attentat d’Istanbul fait suite à celui d’Ankara. Il intervient dans un contexte où le régime Erdogan se trouve empêtré dans son jeu d’alliances à géométrie variable, contraint qu’il est de prendre quelque peu des distances avec son voisinage islamiste.

    Là aussi, la population turque pourrait dire « vos guerres, nos morts », à juste titre.

    Les victimes de cette explosion, les morts et les blessés, ne sont pas de simples victimes au hasard d’un terrorisme aveugle, qui serait « exporté » par Daech. Car la Turquie est réellement en guerre. Et cette guerre, on le sait, elle la mène contre une partie de son Peuple à l’intérieur de ses frontières, contre les Kurdes de Syrie au Rojava, contre le régime syrien, mais via des aides à des groupes islamistes. Et si depuis peu, elle a pris quelque distance avec Daech, du fait des pressions « amicales » de l’Otan et de son rapprochement avec l’Arabie Saoudite, elle reste ensablée dans sa politique syrienne. Son entrée dans la nouvelle coalition islamique, qui correspond à une nouvelle contorsion politique, ne peut également que « fâcher » ses semi alliés d’hier.

    Si la revendication de l’attentat confirme bien la main de Daech, cela risque bien de ne pas être le dernier.
    Pourtant, faire un parallèle immédiat avec le massacre d’Ankara, ou de Suruç, voire Diarbakir, serait une confusion politique, lourde de conséquences.
    Même si une victime reste une victime de trop, même s’il faut dénoncer ce crime, permettre à Erdogan d’en faire une occasion de mettre dans le même sac ce que font ses forces de répression à l’Est, et déclarer plus que jamais une sorte « d’unité nationale contre tous les terrorismes », serait tout aussi criminel.

    Les attentats précédents sont tous « tombés à pic » dans des moments politiques où l’AKP combattait son opposition démocratique, divisait les « forces porteuses de paix », montrait toutes les minorités du doigt, et réprimait militairement l’opposition kurde. Ils ont chaque fois visé ces forces, ces secteurs de l’opposition civile, porteuses d’un désir et de propositions de paix, et dénonciatrices des connivences avec le terrorisme de l’état islamique. Ces mêmes forces qui tentent de se coaliser parce que toutes ayant des intérêts communs à une Turquie plurielle.

  • « Retour aux années 1990 à l’est de la Turquie ? » Brève critique d’un lieu déjà commun | Observatoire de la vie politique turque
    http://ovipot.hypotheses.org/13832#footnote_5_13832

    L’est du pays flambe à nouveau depuis le massacre de Suruç du 20 juillet 2015 (voir notre édition du 23 juillet 2015). Ces dernières années, on n’avait pas été témoin d’un tel niveau de violence1 depuis les journées de début octobre 2014. À ce jour (19 août ; voir tableau ci-dessous), on compte déjà deux fois plus de personnes décédées que durant cette tragique séquence des 7-12 octobre 2014 (où 42 morts avaient été déplorés ; voir notre édition du 14 octobre 2014). Aussi pour beaucoup d’observateurs, on vivrait un « retour au cauchemar des années 1990 » : mêmes premières pages des journaux à grand tirage, mêmes scènes d’enterrement de policiers ou de soldats, mêmes orphelins et veuves en pleurs, mêmes images de bombardement aérien, mêmes défilés de Komando au visage bariolé, même omniprésence du drapeau national, même instrumentalisation politicienne des événements, même rhétorique du martyre et de la vengeance de part et d’autre, mêmes appels à l’unité nationale, mêmes scènes de lynchage….

    Pour autant, assiste-t-on vraiment à un « retour aux années 1990 » comme il est souvent dit et écrit, à satiété, dans les médias turcs et étrangers ?

    #Turquie #PKK #Kurdistan #Syrie