region:le nord du niger

  • Au Niger, la France donne l’asile à des migrants rescapés des geôles libiennes

    Début décembre, une mission de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides s’est délocalisée au #Niger pour examiner la situation d’environ 200 demandeurs d’asile.

    « Vous pouvez sourire ! » Cela fait une heure que Jemal raconte pourquoi il a quitté son pays, l’Erythrée, il y a quatre ans. La mort de sa mère, son père infirme, lui travaillant dans les mines d’or, la « discrimination » subie par la communauté protestante dont il fait partie, la peur d’être enrôlé de force dans l’armée… Et puis sa fuite en Ethiopie. L’attente près de deux ans dans un camp de réfugiés, puis le passage au Soudan. Il détaille comment il a été vendu par un passeur à un autre et son arrivée en Libye. Les mois de détention, la torture, par l’eau, les câbles électriques… « Souriez », répète, encourageant, l’officier de protection français. Il a placé son appareil à bonne hauteur pour tirer le portrait du demandeur d’asile. Il ne lui manque plus que cette photo d’identité pour compléter le dossier. Jemal (tous les prénoms des demandeurs d’asile ont été modifiés) a 21 ans et il voudrait obtenir la protection de la France.
    En ce début du mois de décembre, dans l’exiguïté des petits préfabriqués d’une antenne du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Niamey, au Niger, ils sont autour de 200, parmi lesquels une très grande majorité d’hommes érythréens, à passer des entretiens avec des agents français. C’est la sixième mission effectuée depuis un an au Niger par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
    Ce dispositif singulier de délocalisation de l’examen de la demande d’asile au Sahel est le fruit d’un engagement du président de la République. Le 9 octobre 2017, Emmanuel Macron s’était ainsi positionné pour accueillir, d’ici à octobre 2019, 10 000 réfugiés dans le cadre des programmes de réinstallation, dont 3 000 en provenance du Niger et du Tchad. La spécificité du Niger est qu’il reçoit des migrants évacués de Libye, après qu’ils ont été identifiés par le HCR dans des centres de détention, principalement à Tripoli.
    Horreur de la Libye
    « Même si notre mission de protection est limitée, j’y tiens beaucoup car elle permet de prendre en charge des gens très vulnérables », défendait Pascal Brice, directeur de l’Ofpra, jusqu’à fin décembre. Dans un contexte où, depuis un an, le taux de mortalité en Méditerranée centrale a plus que doublé pour les migrants qui tentent de la traverser, elle est aussi un moyen « d’éviter des drames », appuie Sophie Pegliasco, directrice de cabinet de l’Ofpra.
    Rapportés au nombre de personnes qui restent bloquées dans le pays, les quelque 2 700 migrants évacués de Libye depuis un an vers douze pays d’accueil en Occident demeurent une goutte d’eau. Près de 58 000 réfugiés et demandeurs d’asile sont enregistrés par le HCR dans le pays mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies estime à près de 700 000 le nombre de migrants présents, dont un nombre indéterminé est détenu dans des prisons sauvages, aux mains de passeurs ou de milices. Une partie de ces migrants ont pour projet de gagner l’Europe. Mais, résultat d’unesérie de mesures adoptées par l’Union européenne depuis fin 2016, l’itinéraire migratoire à travers la Méditerranée centrale s’est refermé et les arrivées en Europe depuis la Libye sont en chute libre, passées de près de 120 000 en 2017 à moins de 25 000 en 2018.
    Au fil des entretiens entre les officiers de protection et les demandeurs d’asile, auquel Le Monde a pu assister, c’est d’ailleurs l’horreur de la Libye qui est reconstituée. Ali a failli ne pas en réchapper. Comme de nombreux jeunes Erythréens, il a fui son pays notamment pour ne pas être soumis au service militaire obligatoire à durée indéterminée. Le jeune homme aurait voulu rester en Ethiopie, dans le camp de réfugiés où il a d’abord atterri. Mais porteur d’un projet de vie qui dépasse sa simple personne, « [ses] frères n’ont pas accepté », avoue-t-il. Sa famille débourse 1 700 dollars pour qu’il gagne le Soudan. Comme d’autres avant lui, Ali tombe aussitôt dans un trafic d’êtres humains. Il dit avoir été kidnappé et revendu à un Soudanais, un certain Aziz, qui détient plusieurs hangars en Libye, où les migrants sont reclus et rackettés.

    Aziz, Kidani, Mohamed… Dans les récits des personnes rescapées de Libye, « il y a des noms qui reviennent, souligne Vincent (qui a requis l’anonymat), chef de la mission Ofpra au Niger. Ce sont des gens qui souvent travaillent pour des Libyens dans des hangars où ils font régner la terreur. Cela donne l’impression d’une structuration du système. Compte tenu de l’argent en jeu, c’est logique ». Le rançonnage y est en effet systématisé. Dans le cas d’Ali, le passeur réclame 6 000 dollars en échange d’une libération et d’une traversée de la Méditerranée. Le jeune Erythréen passe six mois en détention. Il est battu, jusqu’à ce que sa famille lui transfère l’argent.
    Prisons sauvages
    Qu’ils parviennent ou non à réunir les sommes exigées, le sort des détenus demeure très aléatoire. Kidane, un Erythréen de 20 ans, également entendu par l’Ofpra, raconte au Monde les cinq mois qu’il a passés dans l’une des prisons sauvages de Beni Oualid, une commune sur la route vers le littoral libyen. « C’est le foyer des passeurs, dit-il. Ils font ce qu’ils veulent. Ils te frappent à coups de bâtons, ils te déshabillent et te jettent dans l’eau… Certains migrants restent enfermés un ou deux ans. D’autres meurent de faim parce qu’ils n’ont pas d’argent. Et même si tu paies, tu n’as aucune garantie d’être libéré. » La famille de Kidane aurait déboursé 4 000 dollars à deux reprises et en vain. Il a fini par réussir à s’échapper. Beaucoup des migrants entendus par la France au Niger ont tenté la traversée de la Méditerranée. Ali a été intercepté en mer par les garde-côtes libyens. Moussa, un Erythréen de 28 ans, aussi. Il a alors été envoyé dans un centre de détention « officiel » à Tripoli. C’est là qu’il sera repéré par le HCR, au bout de cinq mois. L’agence des Nations unies a conclu un accord avec les autorités libyennes pour pouvoir organiser des évacuations du pays depuis les centres gérés par le gouvernement où sont actuellement détenues environ 5 000 personnes.
    Kidane s’est rendu à l’un d’eux, de son plein gré, justement dans l’espoir d’être identifié par le HCR et de quitter la Libye. Il a attendu des mois, avec un millier d’autres migrants, réunis dans une seule et même pièce. « Même si j’ignorais ce qui allait se passer, au moins on ne me demandait pas d’argent. Je n’en pouvais plus d’être kidnappé par les passeurs et torturé. »
    « Dormir et attendre »
    Après l’exfiltration de la Libye, l’attente est longue encore. Moussa est arrivé au Niger en mai. Dans le centre du HCR où il est logé, « on ne fait que dormir et attendre », résume-t-il. Sur les 1 500 personnes que la France doit réinstaller depuis le pays d’ici à fin 2019, seules 352 sont déjà arrivées sur le territoire. Outre les migrants évacués de Libye, l’Ofpra auditionne aussi à Niamey des demandeurs d’asile identifiés par le HCR au Niger. A l’image de Bintou, une femme malienne arrivée en 2012, fuyant la région de Gao, dans le nord du Mali, où son village a été le théâtre de combats entre les djihadistes du Mujao et les Touareg du MNLA. Son « plus grand souhait » est d’être choisie par la France.
    Le Niger, pays parmi les plus pauvres du globe, accueille près de 60 000 réfugiés maliens qui ont fui comme Bintou le nord du pays en 2012 et près de 120 000 réfugiés nigérians qui ont fui Boko Haram à partir de 2013. Si les missions de réinstallation pilotées par le HCR sont aussi l’occasion de faire partir quelques poignées de ces réfugiés, parmi les plus vulnérables, elles génèrent par ailleurs des effets plus inattendus.
    Il y a un peu plus d’un an, au moment où le programme de réinstallation était lancé, un groupe d’environ 2 000 Soudanais originaires du Darfour est arrivé à Agadez, dans le nord du Niger. La plupart étaient descendus directement de Libye, où ils avaient transité après de longues années dans des camps de réfugiés au Tchad ou au Soudan. Certains observateurs voient dans ce mouvement un effet d’« appel d’air » créé par les missions de réinstallation, ce que dément le HCR sur place. Début décembre, plusieurs dizaines de ces réfugiés soudanais ont pourtant manifesté et organisé pendant plusieurs jours un sit-in devant les bureaux du HCR à Niamey. Ils réclamaient d’être eux aussi réinstallés en Europe ou en Amérique. Un projet qui n’est pas au programme.
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    Programmes de #réinstallation
    Depuis novembre 2017, douze pays occidentaux, parmi ­lesquels la France, la Belgique, le Canada et la Finlande, participent au Niger à un programme de réinstallation de réfugiés évacués par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) des centres de détention du gouvernement libyen. Ces Etats ont promis d’accorder l’asile à près de 5 500 migrants au total. Emmanuel ­Macron s’est engagé à accueillir en France, d’ici à la fin de l’année 2019, 10 000 réfugiés, dans le cadre des programmes de réinstallation depuis des pays du Sahel et du Proche-Orient. Parmi eux, 1 500 seront réinstallés depuis le Niger, dont une partie ayant été évacués de Libye.
    En Libye, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié près de 700 000 migrants. Certains d’entre eux ­seulement souhaitent gagner l’Europe. En 2018, l’OIM a rapatrié plus de 16 000 migrants de Libye vers leurs pays d’origine au moyen d’un programme d’aide au retour volontaire.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/05/au-niger-la-france-donne-l-asile-a-des-migrants-rescapes-de-libye_5405385_32
    #OFPRA #asile #migrations #externalisation #procédure_d'asile #réfugiés #France #délocalisation

  • Europe’s « Migrant Hunters » | Foreign Affairs
    https://www.foreignaffairs.com/articles/niger/2017-08-31/europes-migrant-hunters

    he checkpoint on the way out of the Saharan town of Agadez in Niger is nothing more than a long metal chain that stretches across the road. On a Monday afternoon in March, a handful of pickup trucks and lorries loaded with migrants mostly from southern Niger waited quietly at the barrier to embark on the long journey up through the Ténéré desert. An overweight officer inspected the vehicles and then invited the drivers to show him their paperwork inside a somber-looking shack on the side of the road, where money most likely changed hands.

    Every Monday afternoon a convoy, protected by an escort of three military pickups, two mounted with machine guns, begins its arduous journey toward Dirkou, 435 miles away, on the road to the Libyan border. Protection has long been needed against highwaymen—or, as they’re called locally, coupeurs de route. These disgruntled Tuareg youths and former rebels roam the foothills of the Aïr Mountains just beyond Agadez. If a vehicle slips out of view of the escort for even a moment, the coupeurs seize the opportunity, chasing and shooting at the overloaded vehicles to relieve the passengers of their money and phones—or sometimes even to take the cars. A cautious driver sticks close behind the soldiers, even if they are pitifully slow, stopping frequently to sleep, eat, drink tea, or extract bribes from drivers trying to avoid the checkpoints.

    #migrations #asile #sahara

  • Le #front du désert : des camps européens de réfugiés en #Afrique_du_Nord.

    Cet article retrace les modalités de création en Afrique du Nord des #prisons de réfugiés et d’immigrants, appelés #centres_off-shore, éléments de l’européanisation du contrôle des migrations. S’appuyant sur les récents développements en Europe notamment en ce qui concerne les relations de l’#Allemagne et de l’#Italie avec la #Libye, l’auteur met l’accent sur le lien entre les accords de contrôle militaire, économique et d’immigration entre l’Union européenne et les pays tiers et montre l’effet dévastateur que ces accords ont sur les immigrés et les réfugiés pris au piège de la #militarisation_des_frontières extérieures de l’Union européenne.

    http://www.reseau-terra.eu/article308.html
    Pour archivage, article de 2004
    #frontières_mobiles #externalisation #camps #asile #migrations #réfugiés

    Drôle... dans l’article on parle aussi de #drones... et il faut un astérisque avec explication en 2004... Voici la définition qui est donnée :

    * drones : petits avion radiocommandés, sans pilote, pesant quelques dizaines de kilos, et assurant des missions de surveillance et de reconnaissance,

    • Migrations transsahariennes (2009)

      Depuis le début des années 2000, les flux migratoires qui traversent le Sahara central focalisent l’attention des médias et des pouvoirs publics, tant en Afrique qu’en Europe. En dépit des obstacles qui entravent la circulation dans cette région, reflets des dysfonctionnements de l’état nigérien et du durcissement des politiques migratoires des Etats maghrébins, des migrants originaires de toute une partie du continent se rendent via le Niger en Afrique du Nord, d’où la plupart reviennent après quelques mois ou quelques années. Ces migrations entre les deux rives du Sahara constituent le principal facteur de dynamisme et de transformation de la région d’Agaciez, dans le nord du Niger, et tendent plus largement à redéfinir une nouvelle géographie saharienne en mettant en contact des lieux et des acteurs de façon inédite. En analysant ces mouvements migratoires tant du point de vue de leur organisation propre, des logiques et des structures qui les sous-tendent, que de leurs incidences sur les sociétés et les espaces traversés, le présent ouvrage déconstruit nombre des discours médiatiques et politiques qui entretiennent la peur d’un péril migratoire illusoire, en montrant que la grande majorité des migrants qui traversent aujourd’hui le Sahara ne sont pas des individus fuyants des situations de misère extrême ou de conflit, et n’ont pas pour objectif de se rendre en Europe. Dans un contexte global de crispation identitaire et de durcissement des politiques migratoires, l’analyse des effets et des enjeux du contrôle croissant de ces circulations dans les espaces de transit soulève en définitive la question du droit à la mobilité, tant au niveau local qu’à l’échelle internationale.


      http://www.reseau-terra.eu/article931.html
      #Sahara #livre

  • La sécurité des expatriés d’Arlit n’était pas du tout assurée
    https://www.mediapart.fr/journal/international/260117/la-securite-des-expatries-d-arlit-netait-pas-du-tout-assuree

    À partir de documents de l’enquête d’Envoyé Spécial, Mediapart a reconstitué les circonstances de l’enlèvement en 2010 des expatriés travaillant sur le site minier d’Areva à #Arlit, dans le nord du Niger. Les témoignages révèlent à quel point leur sécurité n’était pas assurée et combien des procédures n’étaient pas respectées.

    #International #ABou_Zeïd #Areva #envoyé_spécial #terrorisme

  • Affaire des drones : où se cachent les bases américaines en Afrique du Nord ?
    Akram Kharief | 27 octobre 2016
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/affaire-des-drones-o-se-cachent-les-bases-am-ricaines-en-afrique-du-n

    Depuis un an, pas un mois ne passe sans que le site de suivi des vols Flightradar24 [ https://www.flightradar24.com/30.9,13.86/6 ] ne détecte le survol d’un pays du Maghreb ou du Sahel par un avion de reconnaissance ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance), capable de filmer de jour comme de nuit en haute résolution tout ce qui se passe au sol, ni sans que soit annoncée l’installation d’une base de drones américains dans la région.

    Après la méga-infrastructure de 100 millions de dollars (un peu plus de 90 millions d’euros) en construction à Agadez dans le nord du Niger, c’est la Tunisie qui a été citée hier, par un officiel américain dans le Washington Post, comme étant lieu d’opération de drones américains.

    Réaction officielle du ministre tunisien de la Défense : il n’y a aucune base américaine en Tunisie. Dans une déclaration, mercredi, à l’agence TAP, le porte-parole du ministère, le colonel Belhassen Oueslati, explique que la coopération militaire entre la Tunisie et les États-Unis comprend un programme d’entraînement et de formation offert par des experts militaires américains sur l’utilisation d’un matériel sophistiqué de reconnaissance et de contrôle.

    « En effet, on ne peut pas considérer 70 soldats et quelques drones, dans un hangar en bout de piste d’une base aérienne comme une base souveraine d’un pays étranger, mais une mise à disposition partielle d’une infrastructure. Le ministre tunisien a bien botté en touche » confirme à MEE un expert américain.

    Car c’est là la pratique usuelle des américains dans la région : implanter dans les armées locales, de petites unités pouvant au choix intervenir ou faire de la reconnaissance.

    (...) La position la plus mystérieuse avérée [ http://www.menadefense.net/2015/03/26/un-avion-espion-americain-au-dessus-du-mont-chaambi ], utilisée par le renseignement américain pour espionner les cieux tunisiens et libyens reste Pantelleria.

    Cette petite île italienne, qui se trouve à peine à 60 km au large de la ville de Klibia en Tunisie, est devenue une véritable plateforme offshore pour les compagnies privées de renseignement aérien, qui louent leurs appareils aux États-Unis mais à d’autres pays comme la France ou l’Italie.

    Cachés sous des noms génériques tels que CAE Aviation – dont le Fairchild Melin III (avion de reconnaissance à hélice) s’est crashé à Malte avec à son bord des espions français – ou Aircraft Logistics Group, ils épient nuit et jour le mont Chaambi en Tunisie ou les faubourgs de Misrata en Libye.

  • Comprendre Boko Haram- Revue Afrique contemporaine 2015/3 - Cairn.info

    http://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2015-3.htm

    Un numéro complet sur Boko Haram

    Boko Haram, rebaptisé Islamic State’s West Africa (ISWA) depuis son allégeance à Daech, sort de son cadre local initial et projette une violence armée désormais régionale, du Nigeria au Niger, du Tchad au Cameroun. Comment comprendre et analyser ce phénomène social, religieux et politique ?

    Afrique contemporaine a donné carte blanche à quatre chercheurs pour décrypter la nature, l’histoire, la sociologie et les stratégies discursives et opérationnelles de ce groupe armé. Les auteurs repensent Boko Haram et offrent ici la primeur de leurs résultats de recherche. Élodie Apard étudie les prêches de Mohammed Yusuf et les messages vidéo d’Abubakar Shekau. Marc-Antoine Pérouse de Montclos déconstruit les représentations du péril « terroriste » d’hier à aujourd’hui dans le nord du Nigeria. Christian Seignobos propose une géographie et une anthropologie de la région du lac Tchad. Corentin Cohen dépasse l’impossibilité d’une sociologie politique du groupe armé grâce à des enquêtes de terrain inédites.

    Par ailleurs, Dangbet Zakinet a suivi les pasteurs transhumants dans la région du Batha au Tchad et analyse les questions d’agropastoralisme et de sécurité au cœur de l’actualité dans l’espace sahélosaharien.

    #nigeria #boko_haram

  • Visionscarto.net publie ce matin « Sahel : la guerre des sables, par dessus les frontières », texte dans lequel Philippe Leymarie fait l’état de lieux de ce qui se passe aujourd’hui au Sahel.

    http://visionscarto.net/sahel-la-guerre-des-sables

    Ce texte est accompagné d’une grande carte de synthèse que je mets au pot bien qu’elle ne soit pas (encore) optimale.

    C’est une carte à lire plutôt qu’un carte à voir (comme aurait dit Jacques Bertin). Elle est très touffue. Je me suis demandé s’il fallait l’élaguer un peu, supprimer des éléments (comme les routes migratoires ou les opérations Frontex qui ne sont pas directement « dans » le sujet), mais finalement, j’ai pensé que tous les éléments pouvaient être utiles pour ceux à qui est destinée la carte, pour les laisser faire leur choix en cas d’utilisation en classe ou en conférence.

    Pour les routes migratoires par exemple, il aurait fallu représenter - en plus des grandes routes - transcontinentales, les déplacements régionaux rendus compliqués par les accords d’externalisation de surveillance des frontières signés avec les pays européens.

    On peut donc dire que cette carte très complexe est un premier jet, et qu’on en fera plus tard - éventuellement sur vos suggestions - des visualisations dérivées ou simplifiées.

    Enfin, je mettrai en ligne (en lien avec ce billet et cette carte) les archives cartographiques de cette « Afrique géopolitique et des interventions étrangères » depuis le début des années 1990.

    Cette carte existe :

    En français : http://visionscarto.net/sahel-djihadisme-interventions-etrangeres

    En anglais : http://visionscarto.net/sahel-djihadism-foreign-intervention

    #sahel #armée #france #djihadisme #guerre #conflits

    • Comment l’Etat islamique est parti à l’assaut de l’Afrique
      http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/22/comment-l-etat-islamique-est-parti-a-l-assaut-de-l-afrique_4852085_3212.html

      ... seconde vague djihadiste en Afrique. Petit rappel : pendant une grosse décennie, des groupes armés de cette mouvance se sont enracinés dans trois zones du continent africain : dans la Corne, avec un berceau en Somalie, où est apparu le mouvement Chabab (Harakat Al-Chabab Al-Moudjahidin, « le mouvement des moudjahidin de la jeunesse »), né vers 2006 dans la continuité de formations salafistes passées à la guerre, avant d’être affiliées à Al-Qaida puis de développer des extensions dans les pays voisins (Kenya mais aussi Tanzanie) ; dans la bande entre Sahara et pays du Sahel (depuis la Mauritanie jusqu’à Djibouti) ; et, enfin, dans le bassin du lac Tchad, où le groupe Boko Haram a essaimé depuis le nord du Nigeria vers le Tchad, le Niger et le Cameroun.

      (...)« Au-delà de leur détermination commune à faire le djihad, les liens qui unissent ces mouvements sont complexes, pas nécessairement coopératifs et sûrement pas figés », note Yvan Guichaoua, maître de conférences travaillant sur les conflits internationaux à l’université de Kent, dans « L’impasse du contre-terrorisme au Sahel », article paru sur le site The Conversation le 16 décembre. Le spécialiste de la région du Sahara tire, au sujet de cette dernière, une conclusion qui pourrait s’appliquer ailleurs sur le continent : « Les composantes de la nébuleuse djihadiste ne répondent pas au même commandement et ne sont pas à l’abri de dysfonctionnements organisationnels. Le nombre de leurs combattants, puisés à des viviers distincts, est faible et leur niveau d’équipement variable. (…) Les ériger en machine de guerre uniforme et irrépressible satisferait probablement leur appétit de reconnaissance mais ne correspondrait pas à la réalité. »
      L’irruption de l’Etat islamique dans cette galaxie fractionnée menace-t-elle d’unifier les troupes dispersées au point de changer la nature du djihadisme en Afrique ?

      L’impasse du contre-terrorisme au Sahel
      http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/21/l-impasse-du-contre-terrorisme-au-sahel_4836093_3212.html

      Yvan Guichaoua, maître de conférences sur les conflits internationaux, constate que l’armée française traque les djihadistes dans le Sahel, mais qu’ils étendent leur influence plus au sud. Une réalité qui souligne l’inanité d’une approche purement militaire. Ce texte a d’abord été publié par The Conversation.

  • Nigeria : effondrement de l’industrie à Kano dans le nord du pays - RFI
    http://www.rfi.fr/emission/20150826-nigeria-effondrement-industrie-kano/?ns_mchannel=fidelisation&ns_source=newsletter_rfi_fr_afrique&ns_campaign=email&

    Le nord du Nigeria n’en finit plus de subir les conséquences de la terreur propagée par la branche ouest-africaine de l’organisation Etat islamique, ex-Boko Haram. Près d’ 1,5 millions d’habitants du Nord auraient fui les régions touchées par la secte terroriste. L’économie n’est pas épargnée : à Kano, l’industrie s’est effondrée. Plusieurs dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés en moins de 10 ans et les fermetures d’entreprises sont légion.

    #nigeria #boko_haram #is #isis

  • #Nigeria. La guerre contre #Boko_Haram (ép. 1)

    Ces dernières années, le groupe Boko Haram a semé la terreur dans le nord du Nigeria. Depuis l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en avril 2014, qui avait déclenché l’indignation de la communauté internationale, le groupe armé a multiplié les attentats suicides et les enlèvements.

    En février dernier, après avoir déclaré l’état d’urgence, le Nigeria a lancé une vaste opération militaire dans le nord-est du pays, conjointement avec le Niger et le Tchad, pour tenter “d’anéantir” Boko Haram, selon les mots du président tchadien Idriss Déby.

    Les journalistes de Vice News se sont rendus en première ligne de ce conflit, et ont suivi l’armée nigériane qui redouble d’efforts dans sa lutte contre Boko Haram. Ce premier épisode nous emmène à la rencontre de réfugiés et de victimes du groupe armé.

    http://www.courrierinternational.com/video/nigeria-la-guerre-contre-boko-haram-ep-1
    #ISIS #IS #Etat_islamique #djihadisme

  • Des enfants dessinent l’horreur infligée par Boko Haram | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/04/09/des-enfants-dessinent-lhorreur-que-leur-a-inflige-boko-haram

    Absolument terrifiant, triste, révoltant

    L’Unicef accompagne l’exode massif de populations depuis le nord du Nigeria, où les islamistes de #Boko_Haram sèment la désolation depuis plus d’un an en multipliant les attaques contre les villes et les villages. Selon l’ONG, « près de 150 000 personnes, parmi elles une majorité de femmes et d’#enfants, ont trouvé refuge dans l’extrême sud-est du Niger, sur les îles du Lac Tchad » depuis août 2014.

    En plus des besoins matériels et sanitaires, l’Unicef offre un appui « psychosocial ». Un dispositif itinérant prend notamment en charge les #enfants traumatisés par la #violence. Une des techniques utilisées est, simplement, de leur donner aux enfants « un papier, des stylos et des crayons de couleur afin qu’ils puissent #dessiner, #raconter, #témoigner, #extérioriser ».

    L’ONG a ensuite mis en ligne une dizaine de dessins, avec les descriptions poignantes des jeunes auteurs. « Chaque après-midi, les ateliers de dessin sont aussi l’occasion d’aborder d’autres thèmes comme l’amour ou l’école, entre deux parties de football, de tricot », raconte l’AFP. Mais lorsqu’on aborde les attaques des islamistes « devant la grande feuille de papier blanc, un feutre à la main, le silence s’installe (...). Chacun se concentre pour reconstituer le fil des événements dont il a été témoin ».

    http://www.unicef.be/fr/les-enfants-du-nigeria-racontent-lhorreur-en-dessins
    #exprimer #expression

  • Dix neuf personnes tuées par un kamikaze dans le nord du #Nigeria !
    http://grigrinews.com/dix-neuf-personnes-tuees-par-un-kamikaze-dans-le-nord-du-nigeria/2880

    Actualités Afrique « 27/02/2015 : 19 personnes ont été tuées jeudi dans un attentat suicide dans une station de bus à Biu dans l’États de Borno, dans le nord-est du Nigeria, a rapporté une source militaire. »(c) 2015 - Grigrinews.com

  • Comprendre la menace de #Boko_Haram en 5 minutes

    Le groupe intégriste Boko Haram fait régner la terreur dans le nord du Nigeria depuis plus de cinq ans. Les victimes se comptent par milliers et les autorités se montrent impuissantes, voire complices de ces violences.

    Comment Boko Haram s’est imposé dans cette région d’Afrique ? Quels sont les menaces qui pèsent sur les pays voisins ? Voici les clés pour comprendre la situation en cinq minutes.

    http://www.lemonde.fr/afrique/video/2015/01/28/comprendre-la-menace-de-boko-haram-en-5-minutes_4564636_3212.html
    #vidéo #explication #Nigéria

  • Boko Haram met à feu et à sang le nord du Nigeria
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/11/boko-haram-la-strategie-du-massacre_4553718_3212.html

    La première attaque avait eu lieu samedi 3 janvier. Déjà, des vagues d’assassinats, des destructions. Boko Haram s’empare alors de la base de la MNJTF. L’objectif est de première importance. La proximité de Baga avec le lac en fait un endroit stratégique. Boko Haram contrôle certaines des îles du lac, et des convois d’armes qui ont transité par le Tchad, en provenance de Libye, ont sans doute emprunté des itinéraires passant dans cette région. De plus, c’est de là que la réponse militaire régionale est supposée trouver un point d’ancrage.

  • 3000 Nigérians ont fui au Tchad suite a une attaque de Boko Haram ce mercredi
    http://grigrinews.com/3000-nigerians-ont-fui-au-tchad-suite-a-une-attaque-de-boko-haram/2375

    « 8/01/2015 : Plus de 3.000 Nigérians ont fui vers le Tchad pour échapper aux attaques de Boko Haram dans le nord du #Nigeria (rives du lac Tchad), rapporte des responsables gouvernementaux ce mercredi. »

  • Niger : 3 tonnes d’armes dans le convoi détruit par l’armée française - Afrique - RFI

    http://www.rfi.fr/afrique/20141017-nord-niger-trois-tonnes-armes-convoi-detruit-armee-francaise-jihadistes/?ns_campaign=nl_MONDE171014&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_link

    Samedi dernier, la présidence de la République française annonçait dans un communiqué la destruction d’un convoi d’armement dans le nord du Niger le 10 octobre dernier. Hier, jeudi, l’état-major des armées à Paris a donné quelques détails sur les quantités d’armes retrouvées : une prise de trois tonnes, dont des armements sophistiqués en provenance de Libye. Une grande partie a été détruite durant le raid français.

    Ce jour-là, le 10 octobre dernier, un convoi de six véhicules circulant dans le nord du Niger est intercepté. Les 4x4 sont pistés par l’armée française. L’attaque se déroule en deux phases : tout d’abord, un avion de chasse vise la tête de la colonne. Deux bombes de 250 kilos sont larguées. Deux pick-up sont immédiatement détruits.

    #niger #mali #libye #jihadisme #armes #trafic_arme

  • Des milliers de Nigérians fuient les avancées de Boko Haram - Afrique - RFI

    http://www.rfi.fr/afrique/20140901-milliers-nigerians-fuient-devant-avancees-boko-haram-cameroun/?aef_campaign_date=2014-09-01&aef_campaign_ref=partage_aef&ns_campaign=reseaux_s

    Boko Haram continue sa progression dans le nord du Nigeria. À l’assaut de Gamboru Ngala, une ville frontalière de l’extrême-nord du Cameroun depuis lundi 25 août, le groupe islamiste en a désormais totalement pris le contrôle. Victimes de massacres, plus de 15 000 Nigérians ont fui dans la ville camerounaise voisine de Fotokol.

    Depuis son bureau, un témoin camerounais dit apercevoir le drapeau noir de Boko Haram flotter sur l’antenne téléphonique de Gamboru Ngala. La ville se situe à peine à quelques minutes à pied de la frontière camerounaise. Depuis deux jours, il assiste à l’arrivée massive de familles et soldats de l’armée nigériane venus chercher refuge à Fotokol.

    #nigeria #boko_haram

  • Mobilisation contre les enlévements de Boko Haram
    http://www.crepegeorgette.com/2014/05/02/mobilisation-contre-les-enlevements-boko-haram

    Compte tenu de la signification du nom du groupe Boko Haram, « interdiction de l’éducation occidentale, » et de leur objectif d’éradiquer toute laïcité dans le nord du Nigeria largement musulman, il n’est pas tellement étonnant que le groupe ait l’habitude d’enfermer des enfants dans des écoles avant d’y mettre le feu.

    A ce jour, il s’agit de leur plus grand enlèvement de masse. Les lycéennes ont été emmenées dans la jungle pour servir d’esclaves sexuelles, mais leur enlèvement dépasse la volonté de trouver « des cuisinières et des épouses. » Pour Boko Haram, il s’agit de démanteler la fragile société existante en attaquant ses institutions essentielles : les écoles.

    Boko Haram, qui vise les enfants, est l’organisation terroriste la plus haineuse qu’on puisse imaginer. Depuis ses débuts en 2002, l’agressivité de ses militants n’a fait que croître. Boko Haram s’oppose à l’éducation occidentale parce que selon ses membres, celle-ci représente une menace pour la pureté de la société islamique multi-centenaire du nord du Nigeria. Les atrocités qu’ils commettent masquent des griefs légitimes partagés par la majorité des 177 millions d’habitants du pays.

    #éducation #terreur

  • Les manipulations iraéliennes ne fonctionnent pas à tous les coups : Nigeria : abandon d’accusations de terrorisme contre des membres présumés du Hezbollah
    http://www.jeuneafrique.com/actu/20131129T171221Z20131129T171208Z

    Mustapha Fawaz, Abdallah Thahini et Talal Ahmad Roda avaient été arrêtés en mai après la découverte d’une cache d’armes dans une maison de la ville de Kano, dans le nord du Nigeria.

    Ils avaient été accusés de préparer des attaques contre des cibles occidentales et israéliennes au Nigeria, ce qu’ils ont toujours nié.

    Le juge de la Cour suprême fédérale Adeniyi Adetokunbo Ademola a souligné vendredi que le Hezbollah libanais « n’était pas considéré comme une organisation terroriste internationale au Nigeria », ce qui fait qu’y appartenir n’est pas un délit.

    Il a également estimé qu’il n’existait « aucune preuve » que le groupe préparait une attaque ou avait reçu un « entraînement terroriste », comme l’affirmait l’accusation.

    Talal Ahmad Roda a néanmoins été déclaré coupable de complot visant à importer des armes dans le pays et condamné à la prison à vie.

    Les trois hommes ont également été acquittés des accusations de blanchiment d’argent.

    Le procès a connu plusieurs développements inattendus, notamment lorsque M. Roda a affirmé devant la cour qu’une cellule islamiste au Nigeria avait envisagé d’assassiner l’ambassadeur saoudien.

    En août, Mustapha Fawaz avait déclaré avoir été interrogé rudement interrogé par des agents israéliens après son arrestation.

    Des hommes des services secrets nigérians avaient escorté des journalistes à Kano le 30 mai, pour leur montrer un bunker où une grande quantité d’armes était cachée.

    Le chef des services de renseignements à Kano, Bassey Etang, avait décrit ce lieu comme « un arsenal du Hezbollah ». La déclaration avait suscité l’étonnement chez certains experts.

  • #Manifestation #anti-Areva au #Niger
    http://lemonde.fr/afrique/article/2013/10/12/manifestation-anti-areva-au-niger_3494805_3212.html

    Des milliers de personnes ont manifesté samedi 12 octobre dans la cité minière d’Arlit dans le nord du Niger contre le groupe nucléaire français Areva, qui exploite depuis plus de quarante ans l’uranium dans cette zone désertique, a-t-on appris auprès des organisateurs.

    « L’objet de la manifestation qui a regroupé quelque 5 000 personnes est de soutenir le gouvernement dans ses prochaines discussions avec Areva au sujet de notre uranium », a indiqué Azaoua Mamane, l’un des organisateurs. Les manifestants – élus locaux et membres de la société civile, auxquels se sont joints des habitants –, ont défilé dans les rues de la ville en scandant des « slogans anti-Areva », qu’ils accusent de « polluer » leur environnement déjà très hostile. M. Mamane reproche également à Areva de « provoquer la radioactivité » et « de ne s’être guère soucié des préoccupations quotidiennes des habitants ».

    Il dresse un bilan accablant de la présence du groupe nucléaire français sur le sol nigérien depuis près d’un demi-siècle :

    « La population a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à Arlit et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif. Les rues et les habitations d’Arlit sont construits à l’aide de résidus radioactifs et la nappe phréatique usée et contaminée s’assèche par la faute d’Areva ».

    #uranium #nucléaire

  • Nous sommes sans doute la dernière génération à vivre avant l’utilisation réelle des « robots tueurs » sur le terrain

    "Les opérateurs voient quatre hommes barbus (sic) avec des fusils sur l’épaule..."

    Alexander Harang du « Conseil pour la paix » est très actif dans la lutte contre les robots tueur. La grande photo représente le drone « Predator » lequel est équipé de missiles air-sol : c’est celui qui est utilisé au Pakistan.

    - D’ici dix à vingt ans, les « robots tueurs » seront utilisés sur les champs de bataille, dit Alexander Harang. Tobias Malher et Alexander Harang ont participé cette semaine à un séminaire sur les « robots tueurs » à l’institut PRIO à Oslo.

    « Robots militaires » : c’est le nom commun donnés aux armes qui non seulement peuvent tuer à distance - comme les drones d’aujourd’hui - mais aussi prendre la décision lui même de tuer – et de le faire !

    Trois types de Robots :

    Robots téléguidées : Ils sont armés (comme les drones aujourd’hui), mais ce sont des êtres humains qui analysent la situation et décide si l’arme doit être utilisée.

    Robots automatiques : L’ordinateur analyse la situation et les réponses possibles, mais ce sont toujours les êtres humains gens qui décident si l’arme doit être utilisée.

    Robot autonome : L’ordinateur analyse de la situation et les réponses possibles, et décide de lui même si l’arme doit être utilisée. (brrrr....)

    Le journaliste de la NRK décrit l’utilisation du drone de la manière suivante (c’est assez époustouflant) :

    Un drone survole une zone montagneuse au Pakistan et observe ce qui se passe au sol. Les caméras embarquées renvoient les images aux Etats-Unis où des opérateurs les analysent. Les opérateurs voient quatre hommes barbus (sic) avec des fusils sur l’épaule. Les opérateurs décident d’appuyer sur un bouton, une seconde plus tard un missile est tiré, les quatres hommes barbus (sic) sont morts instantanément.

    Ainsi va la vie aujourd’hui au Pakistan, en Afghanistian , au Yémen ,en Somalie et peut-être plus récemment dans le nord du Niger [et du Mali]. Dans les seules zones tribales pakistanaises frontalières de l’Afghanistan, plus de 3 500 personnes ont été tuées dans les attaques de drones depuis une decennie.

    La plupart d’entre eux étaient des militants musulmans (sic), dont certains étaient sur ​​la liste des terroristes établie par la CIA, mais plusieurs centaines d’autres étaient des civils innocents qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.

    Mais dans quelques années, l’opérateur qui se trouve quelque part aux États-Unis sera sans doute superflu. L’image des quatre hommes armés sera envoyé directement au drone. Un ordinateur de bord permettra (au drone) d’analyser la situation à partir d’un ensemble de paramètres, lequel ordinateur prendra ensuite la décision de tuer ou de de laisser ces hommes en vie.

    On est en train de concevoir et programmer des ordinateurs selon le concept "thumbs down" [pouce en bas]. Avec une telle machine, les quatre hommes barbus (sic) sur le terrain seront alors tués sans qu’un être humain n’ait pris la décision de le faire « directement »

    Le drone britannique « Taranis » sera probablement en mesure de fonctionner sans contrôle humain direct. Photo : BAE Systems / AP

    Une campagne contre les « robots tueurs » a débuté à Londres en avril 2013, soutenue par 45 organisations non-gouvernementales dans 20 pays.

    Il existe en fait des versions plus avancées de drones armés – non utilisés, encore en développement – qui sont assimilés aux « robots tueurs ». Tobias Mahler souligne que ce n’est pas nécessairement des armes au sens traditionnel du terme. Pour illustrer son propos, il donne une image :

    Imaginez la porte d’entrée du bâtiment de la NSA aux Etats-Unis. Elle peut-être programmée pour reconnaître les gens à partir de l’analyse de leurs yeux. Cette porte automatique peut aussi être programmée pour claquer dans la gueule de celui qu’elle ne reconnaît pas et éventuellement le tuer ! C’est la programmation qui fait tout, mais le programmeur peut-il tout prévoir ?

    Les États-Unis et Israël sont les pays les plus en pointe dans le développement des « robots tueurs » mais la Russie et la Chine ont probablement des programmes avancés. Il y a de bonnes raisons de croire que l’heure de l’utilisation en réel des « robots tueurs » est beaucoup plus proche qu’on ne le croit.

    Tobias Malher souligne que les militaires développent les « robots tueurs » pour répondre à l’argument suivant :

    Développer des armes autonomes pour éviter au maximum de mettre nos troupes en danger [des guerres sans soldats].

    Et ces mêmes militaires [quand même] de se demander s’il est éthique de développer des armes qui décident toutes seules de tuer ou pas (sic) … !


    L’avion sans pilote X -47B fabriqué par Northrup Grumman sur la base Edwards en Californie sera en mesure d’attaquer des armes sans contrôle humain. Photo : Alan Radecki , Northrup Grumman, marine / AP.

    Le journaliste de la NRK poursuit avec cet encadré :

    « Les robots doivent faire des choix éthiques »

    – Si les « robots tueurs » autonomes doivent être utilisés, ils doivent être programmés pour faire des choix éthiques.
    – C’est aussi des questions auxquelles sont confrontées les développeurs de voitures civiles « auto-conduites »

    – Par exemple, une voiture autonome (auto-conduite) circule avec quatre personnes à bord. Que fera-t-elle si un enfant traverse soudainement la chaussée juste devant elle alors qu’un camion arrive en sens inverse ?

    – Le véhicule devra choisir entre deux options :

    1. Tourner vivement pour éviter l’enfant et donc entrer en collision avec le camion venant en sens inverse, avec de possible graves conséquences pour les quatre personnes se trouvant dans la voiture.

    2. Continuer tout droit et percuter l’enfant, avec comme résultat probable la mort de celui-ci.

    En Norvège, la question des « robots tueurs » est totalement absente du débat politique (les élections parlementaires ont lieu l9 septembre 2013) alors que ce débat a bien eu lieu dans plusieurs autres pays européens. Ça n’a même pas été un enjeu de la campagne alors que la Norvège a un programme militaire de production d’armement (petit, mais qui existe quand même).

    En Allemagne, où l’on vote aussi mi-septembre, Die Linke a fait de la lutte contre les « robots tueurs » un de leurs principaux enjeux de la campagne.

    –----

    Article source sur le site de la NRK

    – Drapsroboter er bare ti til tjue år unna - Verden - NRK Nyheter
    http://www.nrk.no/nyheter/verden/1.11220317

    Han får støtte av Alexander Harang i Kampanjen for å stoppe drapsroboter (Campaign to Stop Killer Robots) CSKR.

    – Vi er ti til tjue år fra å se at drapsrobotene blir tatt i bruk på slagmarken, sier Harang.

    Både Mahler og Harang deltok denne uken på et seminar om drapsroboter på Fredsforskningsinstituttet (PRIO) i Oslo.

    #drones #robots_tueurs #guerre #guerres_sans_soldats

    cc @fil

    • @0gust1 : exactement ce qui m’est venu à l’esprit en lisant cet article. Toute intelligence artificielle dépassant un certain degré d’autonomie devrait obligatoirement voir implémenter les 3 lois à la racine de son programme - ce qui par essence interdirait tout usage militaire. On peut rêver...

    • Il est parfaitement contestable d’imaginer ne serait ce que quelques secondes qu’un ordinateur puisse disposer d’une représentation du monde, en gros d’une conscience, qui puisse le soumettre à quelque chose qui ressemblerait aux lois de la robotique d’Asimov.

      La chose est discutable, certes et j’en connais qui la discutent, mais il faut savoir qu’il existe un point de vue très fort, basé sur l’expérience de la programmation des ordinateurs, et qui affirme avec un grande violence que la connerie des ordinateurs est irrémédiable, définitive, irréparable et absolue.

      Prenons les exemples cités :
      1) l’ordinateur devra avoir une procédure de décision fiable (évidemment) lui permettant d’éviter de (bêtement) suicider 4 personnes pour éviter une poupée gonflable ; et d’ailleurs c’est bien connu les conducteurs de métro sont spécialement entraînés pour faire face à ce type de situation.
      2) Les ordres reçus par un sergent de la légion étrangère en opération, dans la mesure où il sont précisément exprimés, peuvent s’assimiler à un programme (une suite d’instructions).
      On peut faire confiance au sergent en question, alors qu’il dispose d’armes chargées, de faire preuve en toutes circonstance de la plus grande clairvoyance quand à leur utilisation, qu’il obéisse aux ordres, ou pas.

      Franchement je n’ai jamais compris ce fantasme du robot qui deviendrait humain : tout nous montre que c’est l’inverse qui est à l’oeuvre. Gunter Anders, avec le concept de « honte prométhéenne » a décrit le véritable problème avec les robots, et qui est que ce sont les hommes qui sont en train de devenir aussi cons qu’eux !

      http://www.europhilosophie-editions.eu/fr/spip.php?article23

    • Avant même de se poser la question de l’autonomie (future) des #drones_tueurs, on pourrait commencer par celle des conditions de l’utilisation actuelle de ceux téléguidés...

      Ainsi va la vie aujourd’hui au Pakistan, en Afghanistian , au Yémen ,en Somalie et peut-être plus récemment dans le nord du Niger [et du Mali]. Dans les seules zones tribales pakistanaises frontalières de l’Afghanistan, plus de 3 500 personnes ont été tuées dans les attaques de drones depuis une decennie.
      La plupart d’entre eux étaient des militants musulmans (sic), dont certains étaient sur ​​la liste des terroristes établie par la CIA, mais plusieurs centaines d’autres étaient des civils innocents qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.

      #sale_guerre

  • #Niger : luttes sociales chez #Areva
    http://survie.org/billets-d-afrique/2013/224-mai-2013/article/niger-luttes-sociales-chez-areva-4474

    Les employés nigériens de la mine d’uranium de Cominak, dans le nord du Niger, ont entamé mi-avril une grève illimitée pour exiger d’Areva le respect du protocole d’accord signé en 2009 et le paiement d’un bonus de 600 000 francs Cfa par personne. Inoua Neino, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des mines du Niger dénoncait la sincérité du rapport financier 2012 : « En 2012, la Cominak a réalisé, selon ses propres dires, plus de 27 milliards de francs CFA. Sur ce bénéfice, elle doit (...)

    #224_-_mai_2013 #Brèves_d'Afrique_et_d'ailleurs

  • http://www.afriqueexpansion.com/depeches-afp/8425-niger--slogans-anti-areva-lors-dune-manifestation-detudiants-
    Niger : slogans anti-Areva lors d’une manifestation d’étudiants à Niamey
    NIAMEY, Niger - Quelque 2000 étudiants nigériens ont manifesté vendredi dans les rues de Niamey en lançant des slogans hostiles à la France et au groupe nucléaire français Areva qui exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans le nord du Niger, a constaté un journaliste de l’AFP.
    #areva #niger #françafrique @rezo

  • #Nigeria : #BokoHaram #assassine des #agents du #vaccin antipolio

    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1622
    La #souche du #virus nigérian de la #polio a été détectée à la #Mecque !

    Sérieux revers pour la #lutte contre la polio dans le #monde, au moins neuf #personnes travaillant dans la #vaccination ont été tués par balles dans le nord du Nigeria, le vendredi 8 février 2013. Des hommes armés ont attaqué deux #cliniques, ont indiqué des responsables locaux. La plupart des #victimes sont des femmes abattues par des tirs dans le dos et visant leurs têtes.

  • #Nigéria : #BokoHaram #assassine des #agents du #vaccin #antipolio
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1622

    La #souche du #virus nigérian de la #polio a été détectée à la #Mecque !

    Sérieux revers pour la #lutte contre la polio dans le #monde, au moins neuf #personnes travaillant dans la #vaccination ont été tués par balles dans le nord du #Nigeria, le vendredi 8 février 2013. Des hommes armés ont attaqué deux #cliniques, ont indiqué des responsables locaux. La plupart des #victimes sont des #femmes abattues par des tirs dans le dos et visant leurs têtes.