region:le nord-ouest de la syrie

  • La France dans le piège russe en Syrie | Un si Proche Orient
    http://filiu.blog.lemonde.fr/2018/07/22/comment-la-france-tombe-dans-le-piege-russe-en-syrie

    Le communiqué du 20 juillet précise que « la France et la Russie mettront en oeuvre dans les prochains jours un projet humanitaire conjoint pour répondre aux besoins des populations civiles qui demeurent très importants dans la Ghouta orientale ». Dès le 21 juillet, c’est cette fois le ministère russe de la Défense qui confirme qu’un de ses gros porteurs a acheminé 44 tonnes d’aide française depuis l’aéroport de Châteauroux jusqu’à la base russe de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie. Rappelons que Hmeimim est, depuis le début de l’intervention directe de la Russie en Syrie, en septembre 2015, la base de départ des raids systématiquement menés contre les infrastructures civiles des zones insurgées, écoles, hôpitaux et voies de communications. Ces bombardements avaient jusqu’alors été condamnés catégoriquement par la France pour leur violation flagrante du droit international.

    La France, en accordant ainsi un crédit « humanitaire » à la base de Hmeimim, ne fait pas que blanchir le corps expéditionnaire russe des crimes de guerre perpétrés en Syrie. Elle se met aussi dans la main de ce même corps expéditionnaire pour distribuer, au nom des deux présidents Poutine et Macron, une aide pourtant exclusivement française à l’attention des populations civiles. Les autorités russes précisent en effet que les « médicaments, tentes, vêtements, équipement médical et produits de première nécessité » acheminés depuis Châteauroux, via Hmeimim, arriveront dans les hôpitaux syriens sous la responsabilité du « Centre russe pour la réconciliation des parties au conflit ». La « réconciliation » est l’équivalent dans le lexique du Kremlin de la « pacification » chère autrefois aux armées coloniales, mais le résultat n’en est pas moins ravageur.

    J.-P. Filiu fait ici mine d’ignorer l’impossibilité quasi-totale pour l’armée française d’acheminer des équipements ou du ravitaillement par voie aérienne…

    Il est très probable que la France ait obtenu en contrepartie la possibilité de continuer à bénéficier des services de ces mêmes Antonov 124 russes au delà de l’échéance de fin 2018…
    cf. https://seenthis.net/messages/686873

  • Syrie : scènes de pillage à Afrine après l’entrée des forces pro-turques
    AFP - 18/03/2018
    https://www.lorientlejour.com/article/1105587/syrie-scenes-de-pillage-a-afrine-apres-lentree-des-forces-pro-turques

    Des rebelles syriens alliés à Ankara se sont livrés dimanche à des pillages dans la ville kurde d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, après avoir pris avec les forces turques le contrôle de la cité, selon une ONG et des correspondants de l’AFP.

    Vidée de sa population de 350.000 habitants, la ville était le principal objectif de l’offensive lancée le 20 janvier par la Turquie pour chasser de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Cette faction qualifiée de « terroriste » par Ankara, est un allié précieux de Washington dans la lutte antijihadistes.

    Après l’entrée des forces turques et leurs supplétifs syriens dans la ville, les rebelles « ont commencé à piller les biens des habitants, ainsi que des bâtiments politiques et militaires, mais aussi des magasins », a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

    Des correspondants de l’AFP ont vu des magasins pillés, et des rebelles charger pêle-mêle dans des pick-up cartons de nourriture, chèvres, couvertures, et même des motos empilées les unes sur les autres, avant de quitter la ville.

  • Syrie : des volontaires occidentaux comptent rester « jusqu’au bout » avec les forces kurdes à Afrin

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/14/des-volontaires-occidentaux-comptent-rester-jusqu-au-bout-avec-les-forces-ku

    Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.

    Plus de sept semaines après avoir déclenché leur offensive, l’armée turque et ses supplétifs syriens – des groupes d’inspiration islamiste issus de la rébellion armée – étaient, mercredi 14 mars, aux portes de la ville kurde d’Afrin. La ville est prise en étau d’est en ouest par les assaillants et les combattants kurdes affirment se préparer à de longs combats urbains. Dans leurs rangs se trouve un petit groupe de combattants occidentaux dont certains entendent rester sur place, alors que l’encerclement complet d’Afrin et de ses habitants pourrait se profiler.

    « La situation est critique. Quoi qu’il arrive, je resterai jusqu’au bout avec d’autres camarades qui, comme moi, ne veulent pas abandonner leurs amis kurdes », déclare le volontaire britannique Jamie Janson, joint à Afrin-ville par la messagerie en ligne WhatsApp. Comme des dizaines d’autres combattants occidentaux, Jamie Janson a rejoint les rangs des forces kurdes syriennes pour combattre l’organisation Etat islamique (EI). Il poursuit aujourd’hui son engagement en participant à la défense de l’enclave kurde d’Afrin, située dans le nord-ouest de la Syrie.

    Lorsque l’armée turque et ses supplétifs syriens ont lancé leur opération sur Afrin, le volontaire britannique s’apprêtait à quitter le pays. Rakka, l’ancienne capitale de l’EI, était tombée et, dans la zone frontalière irako-syrienne, les dernières poches djihadistes étaient sur le point d’être réduites par les forces kurdes. « J’allais quitter la Syrie mais l’attaque turque sur Afrin m’a convaincu de rester et de continuer le combat, raconte Jamie Janson. Cette guerre n’a rien à voir avec celle que nous avons menée face à Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique - EI]. Malgré les capacités de résistance des Kurdes, nous sommes dépassés militairement. »

    Une unité intégrée aux forces kurdes

    Les forces kurdes qui défendent actuellement Afrin ont été le fer de lance des opérations contre l’EI dans l’est de la Syrie avec le soutien de la coalition internationale emmenée par Washington. Face à la Turquie, puissance majeure de l’OTAN qui les considère comme des « terroristes » et comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) combattu par Ankara en Turquie même, elles ne peuvent pas compter sur le soutien de leurs partenaires occidentaux.

    Les volontaires étrangers qui ont rejoint les lignes de défense kurdes à Afrin ont fondé une unité intégrée aux forces kurdes et baptisée « Forces antifascistes à Afrin » (FAAF) dont ils ne souhaitent pas révéler les effectifs. Sur la page facebook des FAAF, ouverte peu après le début des opérations, ses membres se présentent comme constituant « un groupe militaire de révolutionnaires de gauche qui défendent Afrin et son peuple contre l’invasion de l’Etat turc et de ses alliés salafistes ».

    Dans les territoires que ces forces contrôlent dans le nord de la Syrie, le mouvement kurde se veut porteur d’un modèle politique original fondé sur une forme d’autogestion, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes et la coexistence entre les diverses communautés confessionnelles et ethniques de la région. « Parmi les volontaires qui sont restés après la chute de Rakka, il y a ceux qui étaient déjà sensibles aux idées du mouvement en Europe et d’autres qui se sont formés sur place ou qui veulent continuer par solidarité avec les gens qu’ils ont rencontré ici », explique le volontaire britannique Jamie Janson.

    Trois morts officielles de trois volontaires occidentaux

    Plusieurs volontaires étrangers ont perdu la vie depuis le début de l’offensive turque. La mort au combat de trois volontaires occidentaux a été officiellement annoncée. Parmi eux, un militant internationaliste breton, Olivier Le Clainche, connu sous le nom de guerre de Kendal Breizh a été tué le 10 février dans une frappe aérienne turque. Il avait combattu sur plusieurs fronts contre l’EI et adhérait au projet politique du mouvement kurde et de ses alliés en Syrie.

    Des militants de la gauche turque sont également représentés dans les rangs des internationaux actuellement à Afrin. Pour l’un d’eux, qui répond au nom de guerre de Devrim Botan, le combat mené contre l’armée turque à Afrin est le prolongement de son opposition radicale au gouvernement d’Ankara. « Les forces kurdes m’ont donné le choix de me battre ou non contre les forces de mon pays d’origine. J’ai accepté de rester car pour moi Daech et l’Etat turc ont la même idéologie », indique-t-il.

    « Ceux qui voulaient partir ont pu le faire. Nous sommes ici pour rester et combattre le plus longtemps possible », indique depuis le centre-ville d’Afrin un combattant italien qui emprunte le pseudonyme kurde de Tekosher, également joint par WhatsApp. Attiré par les idées du mouvement kurde, c’est sa première expérience militaire. « Nous allons résister ! », affirme un combattant plus expérimenté, italien également et utilisant le nom de guerre kurde de Dilsoz, joint depuis ce qu’il décrit comme un village situé à proximité de la ligne de front.

    « On ignore encore si l’armée turque et les milices djihadistes vont essayer d’entrer dans les zones urbaines. Les forces qui défendent Afrin se préparent aux combats de rue mais il est possible qu’ils décident de bombarder la ville massivement », explique le deuxième volontaire italien. « Les forces qui nous attaquent bénéficient du soutien d’une armée de l’OTAN mais leur idéologie est une idéologie djihadiste », estime-t-il : « Je combattais Daech dans l’est de la Syrie avant d’être déployé à Afrin. Cette attaque turque renforce nos ennemis et si Afrin tombe, il ne faudra pas s’étonner s’il y a de nouveaux Bataclan en Europe à l’avenir. »

  • Syrie : les motifs et les enjeux de la bataille d’Afrin
    http://www.lemonde.fr/syrie/article/2018/02/21/syrie-les-motifs-et-les-enjeux-de-la-bataille-d-afrin_5260346_1618247.html

    Les Turcs veulent bloquer la montée en puissance des Kurdes, pourtant soutenus par la coalition internationale, dans cette région.

    L’entrée des forces syriennes favorables à Assad dans l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour appuyer les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), aurait de « graves conséquences », a prévenu, mercredi 21 février, le porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan. « Toute tentative visant à soutenir (…) l’organisation terroriste YPG signifiera qu’ils se rangent directement au côté d’organisations terroristes et deviendront donc des cibles légitimes à nos yeux », a insisté Ibrahim Kalin lors d’une conférence de presse.
    […]
    La crise d’Afrin concentre sur un territoire réduit l’ensemble des acteurs du conflit syrien et leurs alliés. Enjeux locaux, régionaux et internationaux s’y télescopent. Pour les forces kurdes, la défense d’Afrin est une question vitale. Si elles cèdent et font aveu de faiblesse, c’est tout leur édifice dans l’Est syrien qui se trouve menacé. Il faut donc tenir et, à défaut d’autre soutien extérieur, tenter d’arracher au régime de Damas un accord qui permettrait de ralentir les avancées turques.

    L’envoi de détachements miliciens vers Afrin, mardi 20 février, est un signal allant en ce sens. Le régime syrien voit, en effet, d’un mauvais œil l’émergence d’une présence forte et durable de la Turquie à Afrin. Damas et Ankara partagent un passé lourd de disputes territoriales qui influence la position du régime.

    L’Iran est réputé avoir en la matière une position proche de celle de ses protégés syriens. La position de la Russie, autre alliée du régime, diverge cependant. Sans le feu vert tacite de Moscou, qui contrôle l’espace aérien syrien dans cette partie du pays, l’opération turque sur Afrin n’aurait pas pu voir le jour. En accédant aux velléités anciennes d’Ankara sur Afrin, Vladimir Poutine ménage sa relation avec le président Erdogan et fait d’une pierre deux coups, en prouvant aux Kurdes l’inefficacité de leur alliance avec Washington, tout en semant un peu plus la discorde entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN.

    (fin de l’article)

    Ben, finalement, Afrin, c’est la faute à Poutine.

  • Erdogan menace d’étendre l’offensive turque jusqu’à la frontière irakienne - Challenges.fr
    https://www.challenges.fr/monde/erdogan-menace-d-etendre-l-offensive-turque-jusqu-a-la-frontiere-irakienn

    S’adressant à des responsables du parti au pouvoir AKP (Justice et développement), le chef de l’Etat turc a déclaré qu’après l’opération en cours dans la région d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, la Turquie pourrait prolonger son opération vers l’est, jusqu’à la frontière irakienne.

    Les kurdes sont vraiment dans les ennuis. Après le massacre des kurdes, vous croyez qu’il restera quelques peuples sur la planète en quête du soutien américain ?

  • Dans le nord de la Syrie, le « laboratoire » kurde

    http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/29/dans-le-nord-de-la-syrie-le-laboratoire-kurde_5235529_3210.html

    « Après le califat » (4|5). Les Kurdes, qui ont joué un rôle central dans la bataille contre l’Etat islamique, mettent en place un modèle de gouvernance calqué sur l’idéologie du Parti des travailleurs.

    Voilà bien longtemps que l’on ne projette plus de films dans l’ancien cinéma d’Al-Thawra. La petite salle appartient au temps révolu où cette ville nouvelle syrienne des bords de l’Euphrate était appelée à devenir la cité idéale du baathisme autoritaire et triomphant des années 1970. Des ingénieurs soviétiques affectés à la construction du barrage voisin — un fleuron national, visible sur les anciens billets de 500 livres syriennes — y vivaient avec leurs familles et celles de leurs collègues locaux.

    Autour du cinéma, les rues sont tracées au cordeau, les immeubles d’habitation ressemblent à des blocs de béton brut de quatre étages. Des figures schématiques d’épis de blé et d’engrenages industriels servent d’ornement urbain. L’ensemble, construit selon les canons de l’urbanisme alors en vogue en URSS, alliée du régime syrien, raconte la promesse non tenue d’un avenir radieux.

    Quatre décennies après sa construction, ce songe architectural soviétique perdu aux confins de la Mésopotamie est tombée aux mains de l’organisation Etat islamique (EI), en même temps que le bourg voisin de Tabqa, en 2014. Rakka, l’ancienne capitale syrienne du « califat », est à une quarantaine de kilomètres en aval.

    Etrange rémanence de l’histoire… Ces quartiers ont accueilli un temps des djihadistes originaires d’ex-URSS. Mais leur utopie totalitaire, elle aussi, a vécu. Au printemps, les frappes de la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, les ont chassés de ce paysage à l’optimisme décrépi, désormais ponctué de bâtiments effondrés. Aux djihadistes ont succédé, en mai, les Forces démocratiques syriennes (FDS), un groupement arabo-kurde allié au sol de la coalition dans sa guerre contre l’EI.

    Abdullah Öcalan, l’inspirateur

    Depuis, les murs du cinéma d’Al-Thawra ont été repeints. En ce matin gris du début du mois de novembre, la salle est pleine. Sur la scène, deux femmes et deux hommes, dont l’un porte une tenue traditionnelle de chef tribal, discourent. Au-dessus d’eux, cet écriteau : « Administration civile démocratique de Tabqa ». Cette nouvelle structure mise en place par l’encadrement kurde des FDS nomme ce jour-là son conseil exécutif, sous le regard bienveillant et vigilant des kadros, les commissaires politiques du mouvement kurde qui s’adressent à tous en donnant du « camarade ».

    Femmes et hommes au physique dur, marqués par leurs années de guérilla, combattants à la parole précise, forgée par une formation théorique implacable, ils sont présents partout où les FDS ont pris pied dans le nord de la Syrie. Leur rôle : superviser l’instauration, sur les décombres du « califat », d’institutions conformes à l’idéologie mise au point par Abdullah Öcalan, le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Autrefois marxiste-léniniste, ce mouvement politique et militaire, en guerre contre l’Etat turc, a presque l’âge de la ville idéale d’Al-Thawra. Sa création remonte à 1978, au cours d’une réunion nocturne dans un village kurde reculé d’Anatolie orientale. Elle doit beaucoup à la volonté d’un groupe d’étudiants kurdes de Turquie. Formés aux méthodes de la gauche radicale locale, ils sont décidés à faire d’un nationalisme kurde, alors moribond, une force anticoloniale dirigée contre Ankara.


    Monument aux martyrs kurdes à Kamechliyé, ville syrienne située à la frontière turque, le 23 novembre.

    Près de quarante ans ont passé. Même s’il est toujours en conflit avec Ankara, le PKK a renoncé à la sécession et professe dorénavant un assemblage de principes autogestionnaires, féministes et écologistes. Il s’est éloigné du nationalisme kurde pour embrasser le projet d’une émancipation des peuples du Moyen-Orient par leur « autoadministration » et l’abandon du modèle de l’Etat-nation.

    Öcalan, le fondateur vénéré comme une icône, a beau être détenu sur une île-prison de la mer de Marmara, au large d’Istanbul, depuis son arrestation, en 1999 au Kenya par les forces spéciales turques, le PKK est plus puissant que jamais. L’organisation veille à entretenir son ancrage chez les Kurdes de Turquie, délocalisant ses bases de guérilla dans les zones montagneuses du Kurdistan d’Irak pour mieux les protéger et étendant ses ramifications au Moyen-Orient et en Europe. C’est pourtant le conflit syrien qui lui a permis d’ouvrir une nouvelle page de son histoire, et la lutte contre l’EI qui en a fait un acteur majeur de la scène régionale.

    Dès les premiers troubles révolutionnaires de 2011 en Syrie, les enclaves kurdes du nord du pays, qui avaient fourni à l’organisation d’Öcalan une part non négligeable de ses recrues depuis les années 1980, sont investies par des cadres du PKK. Le régime syrien ne conserve qu’une présence très limitée dans ces zones. Elles offrent ainsi au PKK et à ses cousins syriens un terrain idéal pour la mise en pratique de leur idéologie.

    De nouvelles institutions sont mises sur pied. La parité est imposée aux postes à responsabilités. Des komin — communes populaires — sont établies, censées être la cellule de base de l’écosystème sociopolitique qui voit le jour sous la houlette des kadros. Ils ne veulent pas prendre part à une révolution contre le régime syrien qu’ils estiment perdue d’avance, mais profiter de la vacance du pouvoir pour créer leur propre mode de gouvernance.

    Un appareil sécuritaire et militaire

    Dans le même temps, la machine politique se double d’un appareil sécuritaire et militaire structuré. Les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection de la femme (YPJ) sont créées dans les trois « cantons kurdes » d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, de la Djezireh, dans le Nord-Est, et de Kobané, à la frontière turque. L’offensive de l’EI contre cette petite localité kurde isolée, à la fin de 2014, change la donne. Alors que Kobané est sur le point de tomber aux mains des djihadistes malgré la résistance acharnée de ses défenseurs — filmée par les caméras du monde entier de la Turquie voisine —, la coalition internationale à dominante américaine intervient dans les airs.

    Cette assistance apportée dans l’urgence se mue bientôt en un partenariat militaire durable. Les forces kurdes sont dotées d’un encadrement efficace, d’une idéologie forte qui les rend imperméables au radicalisme islamique. Au-delà, elles ne considèrent pas la lutte contre le régime de Damas comme une priorité. Dès lors, elles constituent le partenaire idéal qu’il manquait à la coalition pour vaincre l’EI en Syrie.

    « Kobané a tout changé pour nous », admet un haut kadro kurde, le « camarade » Badran. « Il y a eu un changement dans l’équilibre des forces, se souvient-il. Nous sommes devenus les partenaires de la coalition pour combattre le terrorisme. Et cela nous a permis de jouer un rôle plus important qu’avant sur le terrain. » Dès 2015, les unités YPG et YPJ sortent des enclaves kurdes et progressent le long de la frontière syro-turque, dont elles interdisent l’accès aux djihadistes, tout en se préparant à lancer l’offensive sur Rakka.

    L’aide de la coalition se renforce et les unités à dominante kurde, désormais regroupées avec leurs alliés arabes au sein des FDS, avancent vers le sud, finissant par s’emparer de Rakka en octobre 2017, avant de poursuivre leur progression vers la frontière irakienne, le long de l’Euphrate et à travers le désert de l’Est syrien.

    Femmes en uniformes et chefs tribaux arabes

    C’est ainsi qu’en Syrie, la guerre menée par la coalition a provoqué l’émergence dans son sillage d’un territoire politique dont l’étendue correspond grossièrement à la rive gauche de l’Euphrate. Ce sont les FDS, emmenés par un corps de cadres kurdes, qui l’ont organisé et se sont chargés de lui faire prendre forme. Ces hommes et ces femmes, inspirés par une organisation issue de l’extrême gauche turque et du nationalisme kurde convertie aujourd’hui à l’autogestion, ont organisé un vaste territoire à large majorité arabe à mesure qu’offensive après offensive, l’EI en était chassé.

    Dans l’ancienne salle de cinéma d’Al-Thawra, alors que l’Administration civile démocratique de Tabqa élit son conseil exécutif local et ses comités paritaires, l’avenir nébuleux de l’après-guerre se lit dans les travées et sur les murs. L’assistance composée de jeunes femmes kurdes en uniformes, de chefs tribaux arabes en habits traditionnels, de dames aux voiles fleuris et de garçons en tenues décontractées, approuve à main levée la nomination de ses délégués. La salle est décorée de banderoles couvertes de slogans : « La réalité de la nation démocratique est la coexistence entre les peuples » ; « Les femmes ont le droit de s’auto-organiser de manière indépendante »


    A Tabqa, certains quartiers ont été endommagés par la guerre. Malgré leurs habitations en partie détruites, les civils y vivent encore. Des enfants jouent à la guerre devant une de ces maisons ravagées.

    Ces slogans ont été écrits uniquement en arabe. La rhétorique est bien celle des cadres kurdes mais ici, à Al-Thawra et à Tabqa, il n’est pas opportun de mettre cette identité en avant. « Nous sommes d’abord syriens ! », dit une kadro kurde présente sur le parvis du cinéma alors que la réunion se termine et que l’assistance hétéroclite s’éparpille en petits groupes. « Nous participons à la construction d’une Syrie démocratique pour tous les peuples en suivant les idées du président Öcalan », précise cette femme d’une quarantaine d’années.

    Alliances de circonstances

    La mise sobre, voire ascétique, qu’elle arbore, son air militaire malgré les vêtements civils, son phrasé kurde, émaillé de néologismes propres au mouvement, racontent la nature d’une organisation en mesure de transformer le corps et l’esprit de celles et ceux qui la servent. Cette avant-garde, formée dans les bases reculées de l’organisation, au Kurdistan irakien, est déployée partout où le mouvement combat, gouverne ou maintient une présence. Ses membres ont perdu leurs noms de naissance, remplacés par des pseudonymes. Le mariage leur est interdit, de même que les possessions matérielles. Leur existence est vouée au PKK et à son implacable aspiration à transformer le réel.

    Leur présence tranche, devant l’ancien cinéma, avec celle de certaines personnalités tribales de la région, connues pour avoir frayé avec les anciens maîtres djihadistes de Tabqa. « Bien entendu, nombreux sont les chefs de tribu qui ont fait allégeance à Daech, reconnaît le cheikh Hamid Al-Freidj, coprésident du Conseil de Tabqa. Ils sont ensuite venus voir les camarades [des FDS] et il y a eu une procédure de réconciliation. Ils leur ont donné une nouvelle chance. » L’entrée de la salle, désormais vide, est surmontée d’un slogan qui semble sonner plus juste que les pétitions de principe affichées ailleurs avec grandiloquence : « Nos victoires ne sont pas définies par le nombre des ennemis tués mais par le nombre de ceux que nous rallions. »

    Alors que l’idéologie de l’encadrement kurde a remplacé celle des djihadistes de l’Etat islamique, les cheikhs tribaux collaborent au nouveau système comme ils s’étaient accommodés du précédent. « Il faut réunir les gens de bonne volonté pour avancer… », justifie un cadre kurde, le camarade Shiyar, face au paradoxe apparent de la politique menée par les FDS : proposer un changement révolutionnaire en s’appuyant sur les structures sociales les plus conservatrices.

    Pas seulement un projet kurde

    La cheville ouvrière de ce grand dessein paradoxal s’appelle Omar Allouche. Ancien homme d’affaires originaire de Kobané, M. Allouche n’est pas un cadre mais un compagnon de route du mouvement kurde. Il déclare avoir été l’un des premiers à accueillir Abdullah Öcalan, lorsqu’en 1979 celui-ci était venu se réfugier en Syrie pour échapper aux forces de sécurité turques. Depuis le retour de l’organisation dans le pays, il a mis à sa disposition son entregent et un vaste réseau de contacts parmi les notables arabes. « Depuis le début, nous savions qu’il allait falloir compter avec les populations arabes et que notre projet en Syrie ne pourrait pas être seulement un projet kurde », précise Omar Allouche.


    Statue à l’effigie d’un soldat kurde martyr mort au combat à Kobané, le 20 novembre. Le doigt sur la gâchette, car il est mort dans cette position.

    De fait, les trois enclaves kurdes du nord du pays que le mouvement aspirait à réunir en une bande territoriale continue sont séparées par de vastes zones de populations arabes. « Nous avons commencé par créer des partis politiques arabes, mais ça n’a pas fonctionné. La seule solution, c’était de s’appuyer sur les tribus », dit M. Allouche.

    Le début du partenariat entre les forces kurdes et la coalition internationale a conforté les dirigeants des FDS dans leur pari tribal. En reculant, les djihadistes laissaient derrière eux une société sinistrée où l’encadrement politique kurde pouvait faire émerger des intermédiaires. « Le politique ne peut pas se faire sans le militaire », confiait au printemps Omar Allouche dans la bourgade d’Aïn Issa, où se trouvent les locaux du Conseil civil de Rakka, alors que les FDS s’apprêtaient à lancer l’assaut sur la capitale djihadiste.

    Isolés par la Turquie

    « Avant chaque offensive, nous avons travaillé à la constitution de conseils locaux composés de personnes hostiles à Daech, tout en maintenant des contacts avec des notables présents à l’intérieur des zones qui étaient visées », expliquait-il alors. L’installation de ces institutions dans les zones reprises à l’EI va ensuite de pair avec le recrutement massif de jeunes hommes arabes dans des FDS, bien qu’elles demeurent encadrées par des commandants kurdes.

    La mise sur pied du Conseil civil de Rakka a suivi cette logique. Sa composition occupait déjà Omar Allouche plus d’un an avant le début des opérations militaires. « La coalition internationale considère que sa mission en Syrie est de détruire l’Etat islamique. Elle s’intéresse uniquement au militaire, pas au politique », dit-il, tout en regrettant le manque d’engagement en matière civile de la part des alliés occidentaux des FDS. Si le Conseil civil de Rakka a finalement été reconnu comme l’acteur de référence pour la gouvernance de cette ville et de ses environs, il ne bénéficie que d’un soutien diplomatique limité. En cause, la position de la Turquie. « Les pays occidentaux coopèrent avec nous militairement mais ils ne sont pas prêts à s’investir davantage en raison de leurs relations avec la Turquie », constate Omar Allouche.

    Du point de vue turc en effet, le territoire que se sont taillé les FDS dans le nord de la Syrie est perçu comme une menace existentielle, tandis que le PKK poursuit sa guérilla contre les forces armées d’Ankara dans les régions kurdes du sud-est du pays, contiguës du territoire des FDS. Pour cette raison, la nature révolutionnaire du mouvement, l’ampleur de son projet et sa vocation universaliste tendent à échapper à ses interlocuteurs étrangers. Souvent perçu comme un simple représentant des intérêts de la minorité kurde de Syrie, le mouvement entend se distinguer nettement de cette posture, ses revendications ne concernant pas les droits d’une population particulière mais un modèle de gouvernance.


    Un soldat des forces démocratiques syriennes, (FDS) chauffe de l’eau à Raqqah, le 17 novembre.

    Face au régime de Damas

    « Les gens qui dirigent ce projet pensent sincèrement que les Etats-nations ont échoué. Il faut qu’ils continuent à effacer toute trace de nationalisme dans leur pratique, estime à Kamechliyé, Hikmet Al-Habib, un membre arabe d’une des structures de gouvernance instaurées par les FDS. Mais ils font des efforts. Au début les Kurdes appelaient cette zone le “Kurdistan occidental”, ensuite le Rojava (« l’ouest » en kurde). Maintenant ils parlent du nord de la Syrie… »

    Si la direction des FDS demeure essentiellement kurde, la formation de cadres locaux a commencé. « Pas besoin de les envoyer dans les montagnes, assure Hikmet Al-Habib. Des académies ont été créées ici pour former des kadros arabes. » L’enseignement qui y est dispensé est directement inspiré de l’idéologie du mouvement et de son chef historique, Abdullah Öcalan.

    Avec le reflux de l’EI, l’ancien territoire du « califat » en Syrie est désormais partagé entre le mouvement kurde et ses alliés locaux d’une part, et le régime de Damas de l’autre. La vallée de l’Euphrate dessine la limite entre ces deux blocs. « En Syrie, aujourd’hui, il n’y a plus que nous et le régime », rappelait, après la chute de Rakka, la camarade Badran : « Soit on coopère, soit c’est le chaos. » De fait, le mouvement kurde et les FDS contrôlent non seulement le grenier à blé du pays mais également ses principales infrastructures hydroélectriques, ainsi que d’importantes ressources naturelles. A l’automne 2016, à la suite de la chute de Rakka, les FDS ont ainsi chassé les djihadistes des vastes champs d’hydrocarbures de la province de Deir ez-Zor, y compris le champ gazier d’Omar, le plus grand de Syrie.

    L’espoir d’une reconnaissance politique

    Bien que les deux parties aient un intérêt mutuel à coopérer, leur vision de l’avenir diffère. Le régime de Bachar Al-Assad entend reprendre possession de l’ensemble du territoire national et y restaurer son autorité. Les FDS, eux, entendent obtenir la reconnaissance formelle de leurs acquis politiques dans le Nord par une nouvelle Constitution. « Nous refusons tout arrangement ponctuel avec le régime sans cadre général », répondait en novembre Fawza Youssef, membre éminente du mouvement kurde en Syrie. « Il faut que nous négociions un accord global alors que nous sommes en position de force, ajoutait-elle. Les accords locaux donnent l’occasion au régime de se renforcer pour redevenir une menace dans quelques années. Nous voulons un changement de Constitution et la construction d’une Syrie fédérale et démocratique. Jusqu’à ce que cet accord soit trouvé, nous renforçons notre modèle : une autonomie géographique, qui n’est pas fondée sur l’appartenance ethnique. »

    En octobre et en décembre, des élections locales et législatives ont eu lieu dans les zones tenues par les FDS. Ces scrutins, qui n’avaient rien de déterminant du point de vue politique, visaient à approfondir un système qui continue d’évoluer et de se structurer tant qu’il a l’espace pour le faire.

    Face à Damas, la partie kurde est prête à négocier l’intégration des FDS, qui n’ont pas cessé de recruter depuis la bataille de Rakka, à une nouvelle armée syrienne, ainsi qu’à partager le contrôle des frontières et à organiser celui des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. Le régime, en revanche, multiplie les signaux négatifs, révélateurs de son raidissement : le territoire en formation dans le nord de la Syrie est systématiquement désigné comme un espace à reconquérir et ceux qui le dirigent comme des « traîtres ».

    Sans le soutien de la coalition, que les FDS jugent dépourvue de vision politique en Syrie, le mouvement a placé ses espoirs dans un éventuel rôle de médiation de la Russie, alliée du régime et avec laquelle il coopère localement dans l’enclave kurde d’Afrine, dans le Nord-Ouest. La posture offensive du régime de Damas et la rhétorique de plus en plus incendiaire de ses responsables risquent cependant de semer le trouble parmi les alliés arabes du mouvement kurde. Hikmet Al-Habib, un cadre arabe des FDS, l’admettait récemment :

    « Beaucoup de chefs tribaux sont des opportunistes qui suivent le sens du vent. Maintenant que l’Etat islamique est vaincu et que le régime et nous sommes face à face, ils hésitent à choisir leur camp. »

  • #Syrie : Washington menace d’une action unilatérale en cas d’échec à l’#ONU
    https://www.lorientlejour.com/article/1045006/syrie-washington-menace-dune-action-unilaterale-en-cas-dechec-a-lonu.

    « Quand les Nations unies échouent constamment dans leur mission d’action collective, il y a des moments dans la vie des Etats où nous sommes obligés d’agir nous-mêmes », a martelé Mme Haley, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur l’attaque contre Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

    Mme Haley s’est cependant bien gardée d’expliciter ce qu’elle entendait par une action unilatérale, même s’il s’agit là d’une des déclarations les plus fortes des #Etats-Unis depuis longtemps sur le conflit syrien.

  • L’utilisation d’armes à #sous-munitions en #Syrie trahie par la télévision russe
    http://www.lemonde.fr/international/article/2016/06/20/syrie-l-utilisation-d-armes-a-sous-munitions-trahie-par-la-television-russe_

    Le blogueur britannique Eliot Higgins, spécialiste de l’armement russe et fondateur du collectif d’investigation Bellingcat, est formel. Filmées au débotté samedi 18 juin par la chaîne de télévision russe Russia Today (RT) à l’occasion de la visite du ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou, sur la base de Khmeymim (dans le nord-ouest de la Syrie), les cinq bombes fixées à un chasseur Sukhoï 34 sont bien des armes incendiaires à sous-munitions d’une demi-tonne chacune. « Je suppose que vous avez vu que RT avait aujourd’hui réédité sa vidéo YouTube ? », interpelle le blogueur, lundi 20 juin.

    #Russie

  • سامي كليب : أية خلفيات تقف وراء سحب القوات الروسية من سوريا؟ : : الصفحة الرئيسة | جريدة السفير
    http://assafir.com/Article/1/481405

    Sami Kleib, très intéressant sur la décision de Poutine. Pour le moment, je reprends juste la conclusion :

    لا شك أن بوتين فاجأ الجميع بقراره الذي يريد من خلاله تسهيل المفاوضات وكسب الخصوم، لكن لا شك أيضاً أن قراره يعيد فتح الملف السوري على الاحتمالات كافة. يبدو أنه في الوقت الراهن يعطي الأولوية للاتفاق مع أوباما حتى ولو غضب الحلفاء. لاحقاً قد يغير رأيه، خصوصاً إذا ما شعر بأن كل ما قام به لم يغير رأي خصومه وخصوم حلفائه. حين يصبح الحسم العسكري مبرراً حتى ولو أنه صار مستبعداً الآن.

    « Il ne fait pas de doute que Poutine a surpris tout le monde avec une décision qui vise à faciliter les négociations et à briser l’hostilité mutuelle. Il ne fait pas de doute également que cette décision permet de laisser ouvertes toutes les possibilités en ce qui concerne le dossier syrien. Apparemment, il privilégie actuellement un accord avec Obama, même s’il faut pour cela provoquer la colère de ses alliés. Mais il pourrait changer d’avis par la suite s’il s’aperçoit que ce qu’il a fait n’a rien changé du côté de ses adversaires et de leurs alliés. Alors la solution militaire pourrait être justifiée, même si elle paraît lointaine aujourd’hui. »

    #syrie

    • Syrie : Poutine annonce le début du retrait des forces russes
      Par Georges Malbrunot Mis à jour le 15/03/2016
      http://www.lefigaro.fr/international/2016/03/14/01003-20160314ARTFIG00372-syrie-poutine-annonce-le-debut-du-retrait-des-for

      (...) S’agit-il d’une réelle volte-face ou d’un simple retrait tactique, voire d’une pause qui a priori ne devrait pas concerner les groupes classés comme terroristes, Daech et le Front al-Nosra ?

      Selon certaines sources, il s’agirait d’une manœuvre pour permettre aux négociations de Genève de produire de vrais résultats. À travers cette annonce, Moscou chercherait à promouvoir des opposants adoubés par la Russie, c’est-à-dire des Kurdes jusque-là évincés des pourparlers et d’autres, basés eux aussi en Syrie, qui formeraient l’ossature d’un futur gouvernement de transition dont la mise au point est au programme des pourparlers de Genève. Baptisé « Groupe de Khmeïmim » (du nom de la base aérienne russe près de Lattaquié), il comprendrait des « opposants syriens qui n’ont pas pris part à la lutte armée contre le régime d’Assad ». À Moscou, des experts estiment qu’il s’agit de renforcer la position russe dans les négociations sur le futur de la Syrie. Le Kremlin entend ainsi montrer qu’il est prêt à voir « plus loin qu’Assad ou qu’il a un plan B ».

      Une chose est sûre : contrairement à ce qu’affirme Vladimir Poutine, les objectifs de l’intervention militaire russe en Syrie sont loin d’avoir été atteints. Au-delà du sauvetage d’Assad qui paraît acquis, l’un de ces buts de guerre visait à « fermer » la frontière avec la Turquie. Ce qui avait justifié l’intensification des bombardements russes au nord d’Alep, qui avaient ruiné la précédente session de pourparlers à Genève, fin janvier. Or, même si l’armée syrienne et les éléments kurdes ont avancé au nord d’Alep, la frontière avec la Turquie est loin d’avoir été neutralisée. De la même manière, si, grâce à l’intervention russe, l’armée syrienne a repris du terrain au nord de Lattaquié, le fief des Assad, ces gains restent fragiles.(...)

    • Annonce du kremlin : les systèmes de défense anti-aériens (donc, a priori les S-400) restent pour l’instant en Syrie, soit un moyen de pression pour discuter de qui et qui ne peut pas remplir le ciel syrien :
      https://twitter.com/AFP/status/709680477096038400

      Russia to keep advanced air defence systems in Syria : Kremlin

      ou : https://www.lorientlejour.com/article/975622/larmee-russe-maintiendra-en-syrie-ses-systemes-de-defense-antiaerienn

      et :
      https://twitter.com/AFP/status/709689682188181504

      Russian planes to keep striking ’terrorist’ targets : Russian official in Syria

      (twitter AFP)

      Ainsi les bombardements de l’aviation russes sur Da’ich semblent continuer puisqu’on en annonce en ce moment à Palmyre.

    • Dépêche Reuters sur la poursuite des bombardements russes contre Da’ich, malgré le retrait partiel :
      http://news.trust.org/item/20160315104459-zhrdh

      MOSCOW, March 15 (Reuters) - The Russian air force will continue striking targets in Syria linked to Islamic State and other terrorist groups despite a partial withdrawal, the RIA news agency quoted Russian Deputy Defence Minister Nikolai Pankov as saying on Tuesday.

      Pankov was speaking a day after President Vladimir Putin announced that “the main part” of the Russian military contingent in Syria would begin to withdraw.

      “Certain positive results have been achieved. A real chance has emerged to put an end to this long-running standoff,” RIA quoted Pankov as saying at a “mission accomplished” ceremony at Russia’s air base in Hmeymim, Syria.

      “But it is still early to talk about victory over terrorism. The Russian aviation group has the task to continue carrying out strikes on terrorist facilities.” (Reporting by Maria Kiselyova; Writing by Dmitry Solovyov; Editing by Andrew Osborn)

    • L’aviation russe continuera ses frappes contre des objectifs terroristes
      http://www.romandie.com/news/Laviation-russe-continuera-ses-frappes-contre-des-objectifs-terroristes/685566.rom

      Moscou - La Russie poursuivra ses frappes aériennes contre des objectifs terroristes en Syrie malgré le retrait de la majeure partie de son contingent militaire, a déclaré mardi un responsable militaire russe en Syrie.

      Il est trop tôt pour parler de victoire sur les terroristes. L’aviation russe a pour mission de poursuivre ses frappes contre des objectifs terroristes, a déclaré un vice-ministre de la Défense, le général Nikolaï Pankov, cité par les agences de presse russes depuis la base aérienne russe de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie.

  • Le Parti islamique du Turkestan (Turkistan Islamic Party), groupe jihadiste principalement composé de Ouïghours, qui opère désormais aussi dans le Nord-Ouest de la Syrie en collaboration notamment avec al-Nusra, vient de publier sur son compte twitter des photos les montrant en train d’utiliser des missiles anti-tanks américains TOW dans des combats récents contre l’armée syrienne dans les plaines du Ghab (nord de Hama).
    Photo du compte twitter : https://twitter.com/turkstanIslamia/status/679199894654074880

    Si la chose est avérée, la question se pose une nouvelle fois, comme pour d’autres groupes jihadistes, de savoir qui leur a livré ces armes. Certains des alliés des Américains qui en ont récemment acheté (Arabie saoudite/Qatar) ou bien des groupes labellisés modérés de l’Armée Syrienne Libre équipés avec ces missiles par la CIA ?
    Précision : le Parti Islamique du Turkestan - très probablement soutenu par la Turquie (voir l’article de Sy Hersh) - est classé organisation terroriste par l’ONU, l’UE, les USA, la Russie et la Chine...

    Turkistan Islamic Party claims using US-made anti-tank missile in northwest Syria
    http://www.longwarjournal.org/archives/2015/12/turkistan-islamic-party-claims-using-us-made-anti-tank-missile-in-no

    The Turkistan Islamic Party (TIP), an al Qaeda-linked Uighur jihadist group, has posted a photo to social media claiming its fighters recently used at least one US-made TOW anti-tank missile against Syrian regime forces in northwestern Syria. This photo is part of a wider release from the strategic Al Ghab plain in northern Hama province.
    The photo above was released on one of the TIP’s official Twitter accounts with an English caption saying, “The Turkistani mujahideen brothers deliver a strong response to the Nusayri [derogatory term referring to the Assad regime] army by the Russians.” However, it is unclear if the jihadist group is actually using the American-made missile. It is entirely possible that a TOW-supplied rebel group belonging to the Free Syrian Army (FSA) was operating alongside the TIP at the time of the photo. While many jihadist groups, including al Qaeda’s official branch in the country, operate in the Al Ghab plain, several FSA groups operate alongside these forces against the Assad regime and its allies.
    If the missile was operated by an FSA group, this would offer more evidence that TOW-supplied rebel groups continue to support jihadist operations in the country

  • La résistible ascension de Daech, par Jean-Pierre Filiu (L’Histoire, 23/11/2015). Une synthèse.
    http://www.histoire.presse.fr/actualite/infos/resistible-ascension-daech-23-11-2015-138984

    Daech, le bien mal nommé « Etat islamique », est apparu et s’est développé à la faveur de la désastreuse invasion de l’Irak par les Etats-Unis, au printemps 2003. Il n’y avait alors dans ce pays aucune présence jihadiste organisée, à l’exception du groupe « Unicité et jihad », dirigé par le Jordanien Abou Moussab Zarqaoui, implanté dans les montagnes kurdes, hors du contrôle du régime de Saddam Hussein. Or l’occupation américaine abolit les frontières intérieures de l’Irak, permettant à Zarqaoui d’étendre son influence jusqu’à Bagdad. Surtout, le proconsul nommé par Washington dissout l’armée irakienne et bannit tous les membres du parti Baas hors de la fonction publique, précipitant dans l’insurrection des milliers de militaires aguerris.

    Zarqaoui, servi par le ralliement d’anciens cadres de la dictature, conquiert progressivement une base territoriale dans la province occidentale d’Anbar. A l’automne 2004, Oussama Ben Laden l’adoube chef de la branche irakienne d’Al-Qaida. En novembre 2005, Zarqaoui parvient à projeter sa terreur depuis son sanctuaire irakien jusque dans son pays natal, avec un triple attentat-suicide à Amman (dont le dixième anniversaire a été marqué dans le sang par une fusillade meurtrière à l’intérieur même d’un centre de formation militaire en Jordanie).

    Lorsque Zarqaoui périt dans un bombardement américain, en juin 2006, une direction bicéphale se met en place : un « calife » originaire de Bagdad (en fait un ancien officier de Saddam) prend la tête d’un « Etat islamique en Irak », tandis qu’un envoyé de Ben Laden, de nationalité égyptienne, commande la structure proprement dite d’Al-Qaida. Les Etats-Unis, après avoir longtemps amalgamé Al-Qaida aux autres formations insurgées, décident enfin de se concentrer sur le seul « Etat islamique ». Ils enrôlent dans les milices dites du « Réveil » (Sahwa) tous les combattants arabes et sunnites déterminés à lutter contre « l’occupation » d’Al-Qaida, y compris d’anciens rebelles, amnistiés de fait.

    Cette politique permet d’endiguer, puis de refouler « l’Etat islamique ». Mais les partis kurdes, qui ont des visées sur Mossoul, refusent le déploiement de la Sahwa dans cette ville, ce qui permet aux jihadistes d’y préserver une infrastructure clandestine. En avril 2010, les deux dirigeants locaux d’Al-Qaida sont tués ensemble dans un raid irako-américain. Abou Bakr al-Baghdadi, un imam ultra-radical de Samarra, reprend en main l’organisation en multipliant les purges sanglantes. Il s’appuie plus que jamais sur des vétérans de la police politique de Saddam pour forger une phalange totalitaire à l’ambition implacable. Il peut aussi bénéficier de la protection accordée de longue date par Bachar al-Assad et les services de renseignement syriens à la guérilla anti-américaine dans l’Irak voisin.

    A la mort de Ben Laden, en mai 2011, Baghdadi refuse de prêter allégeance à son successeur, affirmant ainsi l’indépendance de son « Etat islamique ». C’est le début d’une spectaculaire montée en puissance, des deux côtés de la frontière syro-irakienne :
    – à l’Ouest de celle-ci, le régime Assad, confronté à une vague pacifique de contestation populaire, joue la politique du pire et libère des centaines de détenus jihadistes qui vont grossir les rangs de « l’Etat islamique ».
    – à l’Est, le Premier ministre Nouri al-Maliki, un fondamentaliste chiite, est d’un sectarisme si agressif qu’il démobilise la Sahwa et s’acharne contre les personnalités sunnites, ainsi rejetées dans une opposition de plus en plus radicale, ce qui fait aussi le jeu de « l’Etat islamique ».

    Assad et Maliki misent sur l’épouvantail jihadiste, le premier pour présenter sa dictature comme un « moindre mal », notamment auprès des Occidentaux, le second pour faire taire toute critique dans son propre camp chiite. Baghdadi en profite pour consolider ses réseaux, en Syrie dans la vallée de l’Euphrate, en Irak dans la province d’Anbar et à Mossoul. En mars 2013, Raqqa est la première capitale régionale de Syrie à tomber entre les mains de l’insurrection. Mais, dès le mois suivant, Baghdadi élimine les formations révolutionnaires de Raqqa pour y proclamer « l’Etat islamique en Irak et en Syrie », désigné sous son acronyme arabe de Daech.

    Assad et Maliki continuent à jouer les pompiers pyromanes. La dictature syrienne épargne ostensiblement Daech, qui grignote les positions tenues par l’opposition armée. Celle-ci lance en janvier 2014 sa « deuxième révolution », cette fois contre Daech, et parvient à l’expulser hors des provinces d’Alep et d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Le monde entier reste pourtant passif lorsqu’Assad déclenche une campagne de bombardements massifs contre la guérilla syrienne, ainsi contrainte de se battre sur deux fronts. Protégé par Assad, encouragé de fait par Maliki, Baghdadi compense ses pertes en Syrie en s’emparant en juin 2014 de Mossoul, la deuxième ville d’Irak. Il ne tarde pas à s’y déclarer « calife », à la tête d’un territoire dont la superficie équivaut à celle de la Jordanie.

    #OEI #ISIS

  • Cessez-le-feu de 48h à Zabadani et dans le nord-ouest de la Syrie - L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com/article/938803/cessez-le-feu-de-48h-a-zabadani-et-dans-le-nord-ouest-de-la-syrie.htm

    Des groupes islamistes et forces pro-régime en Syrie se sont entendus mardi pour un cessez-le-feu de 48 heures dans plusieurs villes disputées du nord-ouest du pays et le long de la frontière libanaise, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

    Selon cette ONG, le cessez-le-feu à Zabadani, dernier bastion des rebelles à la frontière syro-libanaise, débutera à 06h00 locales (03h00 GMT).

    « Il y a eu un accord pour un cessez-le feu de 48 heures à Zabadani et Fouaa et Kafraya », a déclaré le responsable de l’OSDH Rami Abdel Rahman. « L’accord a été conclu entre les combattants du (puissant groupe islamiste) Ahrar al-Cham et les rebelles locaux d’un côté et de l’autre le groupe chiite libanais du Hezbollah », a dit M. Abdel Rahman.

    Aux côtés des forces gouvernementales syriennes, le Hezbollah a lancé une féroce attaque le mois dernier contre Zabadani pour en déloger les rebelles. Fouaa et Kafraya, deux villages chiites de la province d’Idleb (nord-ouest), sont eux parmi les derniers encore aux mains du régime dans la région. En représailles à l’offensive loyaliste sur Zabadani, ils se trouvent assiégés par une coalition rebelle baptisée Armée de la conquête.

    Au-delà des cessez-le-feu, des négociations sont en cours pour obtenir le retrait des combattants rebelles de Zabadani, ainsi que la levée du siège de Fouaa et Kafraya, a indiqué l’OSDH.

  • Explique-moi comment c’est possible : Al Jazeera, la chaîne qui est l’outil d’influence principal des Affaires étrangères du Qatar, dédie une très longue émission au patron d’Al Qaeda en Syrie, émission largement annoncée à l’avance, une interview parfaitement complaisante et menée par un journaliste notoirement fan de Ben Laden, tout juste deux semaines après une émission qui avait déjà fait scandale parce que l’animateur appelait explicitement au génocide des alaouites, et on t’explique que si les « minorités » syriennes ont peur, c’est à cause de la propagande du régime ?

    Mais enfin comment peut-on continuer à écrire des choses aussi bêtes ?

    Polémiques autour de l’interview par Al-Jazira du leader d’Al-Qaida en Syrie
    http://www.orientxxi.info/magazine/polemiques-autour-de-l-interview-par-al-jazira-du-leader-d-al-qaida-en-s

    La propagande du régime, au cours des cinq années écoulées, a contribué activement à accentuer la polarisation confessionnelle dans le pays. Le déni par le régime d’autres courants de l’opposition, tels que les officiers de l’Armée syrienne libre et les autres brigades militaires, a eu un double effet : d’une part orienter dans une direction confessionnelle la haine des populations loyalistes ; d’autre part, en amplifiant l’importance d’Al-Nosra, rendre les opposants dépendants de cette même faction pour venir à bout du régime.

    (Au passage, la dernière affirmation est désormais d’un saugrenu achevé.)

    Pour l’appel au génocide sur Al Jazeera :
    http://seenthis.net/messages/367994

  • Syrie : al-Qaida cherche à apparaître comme une organisation présentable
    Par Georges Malbrunot Mis à jour le 29/05/2015
    http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/29/01003-20150529ARTFIG00326-syrie-al-qaida-cherche-a-apparaitre-comme-une-org

    Durant 47 minutes, mercredi sur al-Jazeera, la chaîne de télévision du Qatar, un des principaux soutiens de l’insurrection, Abou Mohammed al-Joulani, le chef d’al-Nosra, s’est livré à une tentative de réhabilitation, alors que sur le terrain, son groupe coalisé avec d’autres factions islamistes avançait encore dans le nord-ouest de la Syrie, en s’emparant d’Ariha.

    « Les alaouites ne seront pas tués s’ils arrêtent de soutenir Assad, renient leur foi et reviennent à la charia »

    #al-Joulani

  • #Syrie : 72 #morts dans des combats autour d’un #hôpital assiégé

    Au moins 72 personnes ont été tuées dimanche dans des combats autour de l’hôpital de #Jisr_al-Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, où sont retranchés 250 soldats et civils assiégés par des rebelles et des combattants d’el-Qaëda, a indiqué lundi une ONG.

    http://www.lorientlejour.com/article/924393/syrie-72-morts-dans-des-combats-autour-dun-hopital-assiege.html

  • Un Néerlandais, otage d’Aqmi, libéré par l’armée française - Yahoo Actualités France
    https://fr.news.yahoo.com/otage-n%C3%A9erlandais-retenu-aqmi-au-mali-lib%C3%A9r%C3%A9-larm%C3%A

    Un Néerlandais, retenu en otage par le groupe islamiste Aqmi depuis novembre 2011, a été libéré lundi à l’aube par des soldats des forces spéciales françaises, lors d’une opération dans l’extrême-nord du Mali.

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    Syrie : libération des 300 Kurdes enlevés par des islamistes
    AFP – il y a 2 heures 14 minutes
    https://fr.news.yahoo.com/syrie-pr%C3%A8s-300-kurdes-enlev%C3%A9s-islamistes-134013146.html

    Des combattants islamistes ont libéré lundi soir quelque 300 civils kurdes qu’ils avaient enlevés plusieurs heures à un point de contrôle dans la province d’Ibleb, dans le nord-ouest de la Syrie, ont indiqué des sources kurdes et une ONG.
    (...)
    « Elles ont été libérées en échange de trois islamistes qui avaient été arrêtés auparavant par les forces kurdes a Afrine », a-t-il ajouté. Les groupes islamistes, alliés aux jihadistes du Front Al-Nosra, sont très actifs dans la province d’Idleb où ils combattent notamment le régime.

  • On ne doit jamais abandonner une bonne théorie du complot : ici Jean-Pierre Fiulu, Assad et Daesh unis contre les Palestiniens de Damas
    http://souriahouria.com/assad-et-daesh-unis-contre-les-palestiniens-de-damas-par-jean-pierre-f

    Cette sinistre prédiction s’est réalisée avec l’offensive éclair menée par les djihadistes de Daesh, le 1er avril 2015, qui leur a permis d’occuper la plus grande partie du camp de Yarmouk. Il est impossible que les partisans de Baghdadi, absents de Yarmouk comme de la banlieue de Damas, aient pu ainsi investir un camp hermétiquement assiégé sans une complicité active du régime Assad.

    Le despote syrien, dont le machiavélisme force l’admiration de certains, fait ainsi d’une pierre deux coups : il escompte briser par le truchement de Daesh la résistance de Yarmouk, inébranlable malgré les terribles souffrances de la population ; il met en scène la menace djihadiste à quelques kilomètres du centre de Damas, afin de se poser une fois encore comme moindre mal face à ce péril, alors même que, dans le nord-ouest de la Syrie et à la frontière jordanienne, il vient d’essuyer de très sérieux revers militaires.

    @gonzo se demandait il y a quatre jours :
    http://seenthis.net/messages/357139#message357226

    Je m’étonne qu’on ne nous ait pas encore expliqué que c’est une manoeuvre de Bachar…

    Hé bien voilà, c’est fait.

    • Bon, évidemment, précédé par le site complotiste de Leverrier :
      Les Palestiniens de Syrie, entre enfer des camps et réappropriation du mouvement national (1/2)
      http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/04/05/les-palestiniens-de-syrie-entre-enfer-des-camps-et-reappropriatio

      Comme le relève le chercheur Salam Kawakibi, « cette irruption de Da’ech a de quoi surprendre. Alors qu’on peine à faire entrer un sac de blé à Yarmouk, comment les djihadistes ont-ils pu y pénétrer avec armes et bagages, sans que le régime syrien s’en aperçoive ? ». De plus, ce ne sont pas les forces du régime qui ont subi l’assaut des djihadistes, mais bien des rebelles, syriens et palestiniens, qui ne maintiennent leur contrôle que sur une petite partie du camp.

      Sur cette histoire de « un sac de blé », il faut tout de même suivre les rapports quotidiens de l’UNWRA (distributions et aide médicale le 28 mars, le 27 mars, le 26 mars, le 21 mars, le 20 mars, le 19 mars, le 14 mars, le 13 mars… depuis le 4 mars – sans doute très insuffisantes, mais le camp n’était justement plus en période de blocus complet en mars) :
      http://www.unrwa.org/yarmouk-updates

    • Et donc lui-même précédé par l’Arab Reform Initiative (de Bassma Kodmani), qui prétend encore que l’EI ne combat pas les forces du régime syrien : Malgré une incursion médiatique à Yarmouk, Daech ne menace pas Damas
      http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/malgre-une-incursion-mediatique-a-yarmouk-daech-ne-menace-pas-damas_1667805

      « Cette irruption de Daech a de quoi surprendre, explique à L’Express Salam Kawakibi, politologue, directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative. On peine à faire entrer un sac de blé à Yarmouk, mais les djihadistes ont pu y pénétrer avec armes et bagages, sans que le régime syrien ne s’en aperçoive ? » Présent dans la banlieue sud de Damas depuis plusieurs mois, « on constate une fois encore que le groupe Etat islamique (EI) ne combat guère le régime. Mais il trouve utile de s’en prendre aux autres rebelles, dans le misérable camp de Yarmouk ? Ou de massacrer, mardi, des villageois de la province de Hama. »

    • Quand y’en a plus, y’en a encore...

      Boubaker Al-Hakim, le jihadiste qui veut mettre la France à feu et à sang
      Publication : 07/04/2015
      http://www.huffingtonpost.fr/jeanpierre-filiu/boubaker-al-hakim-daech_b_7009322.html

      (...) Mentor des frères Kouachi, les assassins de 12 personnes au siège de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, il est aussi l’inspirateur de la tuerie du Bardo, qui a fait 22 morts, dont quatre touristes français, le 18 mars suivant. Il menace aujourd’hui publiquement de mettre la France à feu et à sang, avant d’en « vendre les femmes et les enfants sur les marchés de l’Etat islamique », désigné par son acronyme arabe de Daech.

      Hakim a une longue histoire avec la Syrie. Il se rend à Damas dès juillet 2002, officiellement pour y étudier l’arabe. En fait, il est pris en mains par les services de « renseignement » de Bachar al-Assad, les très redoutés moukhabarates, qui contrôlent les infiltrations de militants étrangers dans l’Irak voisin. (...)

    • Jean-Pierre Filiu : « Aucun espoir pour la Syrie tant qu’Assad restera au pouvoir »
      http://geopolis.francetvinfo.fr/jean-pierre-filiu-aucun-espoir-pour-la-syrie-tant-quassad-rest

      Je me permets de renverser votre question en m’interrogeant sur les objectifs du régime Assad à laisser les djihadistes de Daech, l’acronyme arabe de l’Etat islamique, pénétrer dans un camp qui est assiégé par les forces gouvernementales depuis juillet 2013. Il n’y a pas eu en ce cas initiative de Daech, mais décision d’Assad de briser la résistance de Yarmouk en utilisant les commandos djihadistes contre les factions palestiniennes et les forces révolutionnaires de ce camp.

      […]

      Assad n’a pas hésité en août 2013 à utiliser les armes chimiques contre les habitants de sa capitale, il n’a pas hésité en avril 2015 à infiltrer des colonnes de Daech dans le camp palestinien de Yarmouk. Qui sait de quelle nouvelle escalade dans l’horreur il sera capable demain pour ne rien céder de son pouvoir absolu ?

      Admiration sans bornes pour le journaliste qui ne moufte pas.

  • L’ISIS tuerait ses membres qui veulent l’abandonner (essentiellement des Européens semble-t-il)
    http://www.lorientlejour.com/article/914953/neuf-membres-de-lei-sentretuent-dans-le-nord-de-la-syrie.html

    Au moins neuf membres de l’organisation Etat islamique (EI) ont été tués dans des combats fratricides dans le nord-ouest de la Syrie lorsque des jihadistes ont tenté d’en empêcher d’autres de fuir en Turquie, a rapporté lundi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

    (...)

    Parmi les fugitifs figuraient neuf jihadistes européens et un Tunisien qui avaient réussi à s’évader d’une prison de l’EI où ils étaient détenus depuis une précédente tentative de départ à l’étranger, a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH. Il a ajouté que ses sources sur le terrain ne connaissaient pas la nationalité des morts et que les cinq fugitifs qui n’ont pas été tués ont été capturés à nouveau.

    Ce n’est pas la première fois que l’EI élimine ses propres membres. En décembre dernier, l’OSDH avait estimé à plus de 120 le nombre de combattants exécutés en l’espace de deux mois, pour la plupart des étrangers qui avaient voulu « déserter » et rentrer dans leurs pays d’origine.

  • Premières victimes civiles des frappes américaines
    (l’autre morceau de l’article du Monde titré, à tout seigneur, tout honneur,
    La coalition frappe trois nouvelles raffineries tenues par l’Etat islamique en Syrie)
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/09/28/la-coalition-frappe-trois-nouvelles-raffineries-tenues-par-l-etat-islamique-

    Dimanche, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a annoncé que des bombardements aériens américains sur le nord-ouest de la Syrie avaient tué au moins sept civils.

    Jeudi, l’armée américaine avait affirmé qu’elle « n’avait pas d’informations crédibles des sources opérationnelles » sur des morts de civils. Mais l’ONG de défense des droits de l’homme cite le témoignage de trois habitants de la province d’Idlib, selon lesquels au moins deux hommes, deux femmes et cinq enfants avaient été tués par des tirs de missiles mardi. Selon HRW, des images vidéo des bombardements confirment également que des civils ont été tués par des missiles de croisière américains Tomahawk.

    « Les Etats-Unis et leurs alliés en Syrie devraient prendre toutes les précautions possibles pour éviter de toucher des civils, a déclaré le vice-directeur de HRW pour le Moyen-Orient, Nadim Houry. Le gouvernement américain devrait enquêter sur de possibles frappes illégales qui auraient tué des civils, rendre publiques les conclusions et s’engager à prendre des mesures en cas de mauvaise conduite. »