Seenthis
•
 
Identifiants personnels
  • [mot de passe oublié ?]

 
  • #r
  • #re
  • #ren
  • #rendement
  • #rendements
RSS: #rendements_agricoles

#rendements_agricoles

  • @cdb_77
    CDB_77 @cdb_77 22/11/2024
    4
    @sombre
    @simplicissimus
    @vazi
    @colporteur
    4

    L’histoire enfouie du #remembrement

    Après-guerre, en #Bretagne surtout, et dans une moindre mesure dans les zones moins bocagères, les #haies ont été arrachées à coups de bulldozer, les talus arasés, et les vergers réduits à néant. C’est ce qu’on a appelé le remembrement et voici son #histoire oubliée racontée dans une #BD.

    En mai 1978, #Gildas_Le_Coënt, emprisonné neuf mois en hôpital psychiatrique, est libéré. Cette affaire marque un nouvel épisode de la bataille bretonne contre le remembrement. Elle reflète une réalité vécue par des milliers de #paysans à travers la France pendant les décennies de #modernisation_agricole. #Inès_Léraud est journaliste, et lanceuse d’alerte en 2019 face à l’omerta des algues vertes. Elle publie aujourd’hui « Champs de bataille, l’histoire enfouie du remembrement », sa deuxième BD, une enquête avec Pierre van Hove, publiée chez La Revue Dessinée et les Éditions Delcourt.
    Des blessures toujours vives dans la mémoire collective

    Les témoignages recueillis révèlent des traumatismes profonds. Comme le rapporte Jacqueline Goff née en 1953 : "Je revois l’apparition des bulldozers, ce #saccage qui détruit tout, les arbres, les talus. Ce n’était pas un remembrement, un #démembrement, c’était le #chaos." sur France Culture. Cette #mémoire douloureuse se transmet encore dans les villages, où certaines familles ne se parlent plus depuis cette époque.

    Une modernisation imposée qui a divisé les campagnes

    Le remembrement, lancé après la Seconde Guerre mondiale, visait à adapter l’#agriculture française aux enjeux de #productivité et de concurrence internationale. "C’était une #société_paysanne qui n’était pas dans une logique de l’argent" explique Inès Léraud, "il s’agissait de regrouper les #parcelles, d’arracher les #arbres, les #talus, pour avoir des champs facilement cultivables par des machines". Cette politique crée alors des tensions durables, opposant les "gagnants", appelés "profiteurs" et les "lésés" du remembrement.

    Ce qui frappe Inès Léraud et Léandre Mandard en travaillant sur le sujet du remembrement, c’est l’ampleur des #résistances et des #conflits liés à cette question. Un #mouvement_contestataire qu’on aurait difficilement imaginé vu le peu de cas qu’en ont fait les sociologues ruraux et les historiens jusque-là. "Or, dans les archives départementales, les cartons de réclamation, de recours, de lettres, de mécontentement. Il y en avait partout, dans toutes les archives départementales où je suis allée sur le territoire français. Les bulldozers du remembrement ont dû être accompagnés des forces de l’ordre pour intervenir" explique Inès Léraud.

    Un impact environnemental majeur qui persiste

    Les conséquences de cette transformation radicale des #paysages se font encore sentir aujourd’hui. "Il y a 23 000 kilomètres de haies qui disparaissent chaque année, il y en a 3 000 qui sont replantées, donc on perd 20 000 kilomètres de haies chaque année", souligne Inès Léraud. Cette destruction massive du #bocage, associée à la diminution drastique du nombre d’agriculteurs (passé de 7 millions en 1946 à 400 000 aujourd’hui), illustre l’ampleur des changements opérés. "Certains chercheurs parlent même d’#éthnocide, on a perdu 90% des paysans." explique Inès Léraud.

    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-20-novembre-2024-8473983
    #bande-dessinée #résistance #paysage

    CDB_77 @cdb_77
    • @cdb_77
      CDB_77 @cdb_77 22/11/2024

      #Champs_de_bataille

      https://www.editions-delcourt.fr/sites/default/files/styles/image_list/public/product/9782413075134-001-X.jpeg

      Le « remembrement ». Cette politique décisive pour le déploiement de l’agriculture intensive a été peu documentée. Aucun livre d’histoire ou de sociologie n’a été consacré aux perdants de cette politique ni aux résistants à ce bouleversement.
      À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’État fait redessiner les terres agricoles dans la plupart des campagnes françaises. Accessibilité des champs par des machines, regroupement des parcelles et disparition des haies et talus. C’est le « remembrement ». L’objectif est que la #paysannerie produise davantage, que le pays atteigne son auto-suffisance alimentaire et que la France devienne une puissance agricole mondiale.

      ►https://www.editions-delcourt.fr/bd/album-champs-de-bataille

      #livre #BD #bande-dessinée
      #Morbihan #Bretagne #remembrement #terres_agricoles #bocage #haies #talus #paysannerie #agriculture #agriculture_intensive #résistance #paysage #Damgan #Fégréac #Jean_de_Dresnay #rentabilité #mécanisation #FDSEA #vergers #arbres_fruitiers #pommiers #Georges_Gorrichon #Paul_Valton #Albert_Boucher #François_Mitterrand #violence #loi #Maurice_Poirée #rendements_agricoles #Léonce_Faure #progrès #corps_du_génie_rural #modernisation_agricole #corporation_paysanne #Hervé_Budes_de_Guébriant #engrais #Vichy #maréchal_Pétain #Landerneau #Pierre_Caziot #René_Dumont #chevaux #tracteurs #plan_Marshall #FNSEA #Jean_Monnet #rationalisation #Charles_de_Gaulle #INRA #engrais_chimiques #WOL #betteraves_à_sucre #surproduction #endettement #dettes #barbelés #traumatisme #rage #Jeunesse_agricole_catholique (#JAC) #christianisme #religion #André_Pochon #Jean_Terpend #Michel_Debatisse #Edgard_Pisani #Jean_Cotten #indemnité_viagère_de_départ (#IVD) #Citroën #politique_agricole_commune (#PAC) #Jean_Pinchon #René_Blondelle #crédits_publics #main-d'oeuvre #population_paysanne #démographie #production_agricole #modernisation #silence #solitude #suicide #taux_de_suicide #industrialisation #urbanisation #modernité #Raymond_Fourrier #Joseph_Le_Coënt #Association_de_défense_du_terroir_breton (#Terroir_breton) #action_directe #résistance #Front_socialiste_autogestionnaire_breton (#FSAB) #Mouvement_de_défense_des_exploitants_familiaux (#Modef) #répression #Gildas_Le_Coënt #internement #psychiatrisation #internement_abusif #choc_psychologique #oiseaux #érosion #hydromorphie #sécheresse #pollution_des_eaux #prairies_humides #rivières #Association_nationale_pour_le_développement_de_l'aménagement_foncier_agricole_et_rural (#Andafar) #Philippe_Lamour #Jean-Robert_Pitte #François_Guézou #Sébastien_Couëpel #morcellement_des_terres #coût #autonomie #agriculture_capitaliste #agriculture_productiviste #productivisme

      CDB_77 @cdb_77
    • @cdb_77
      CDB_77 @cdb_77 22/11/2024

      voir aussi :
      #Bocage : la fin d’un #paysage
      ►https://seenthis.net/messages/1065004

      CDB_77 @cdb_77
    • @cdb_77
      CDB_77 @cdb_77 28/11/2024

      Le remembrement, une division des terres et des êtres

      Après la Seconde guerre mondiale, la France a connu un remembrement de ses terres, au profit d’une agriculture productiviste. Peu documentée, cette politique a profondément transformé les paysages et divisé les villages. Quelles sont les conséquences réelles de cette politique ?

      Pendant près de quatre ans, de la Bretagne aux Ardennes en passant par le Limousin, la journaliste Inès Léraud a mené une enquête sur le remembrement des terres en France, avec l’appui de Léandre Mandard, doctorant au Centre d’histoire de Science-Po. En allant à la rencontre des témoins du remembrement, ils ont retracé l’histoire des politiques agricoles en matière de gestion des terres. Plus de 60 ans après le grand remembrement, quel bilan tirer de cette politique ? Comment étaient perçues ces transformations par les différentes parties prenantes ?

      Le remembrement, moteur de la productivité agricole française

      Le processus de remembrement des terres a lieu après la Seconde guerre mondiale, comme l’explique Inès Léraud : « L’Etat fait redessiner les terres agricoles dans la plupart des campagnes françaises, afin que les champs soient accessibles par des chemins carrossables et facilement cultivables par des machines. C’est le remembrement. Les petites parcelles sont regroupées pour en former des grandes. Dans les régions de bocage, les haies et talus disparaissent sous les lames des bulldozers. L’objectif est que la paysannerie produise davantage et que la France devienne une puissance agricole mondiale. Au cours de ce processus, la taille des fermes augmente considérablement, et les plus petits paysans disparaissent. »
      « Le plus grand « plan social » qu’a connu la France »

      L’enquête d’Inès Léraud, mise en dessin par Pierre Van Hove, souligne l’opposition du monde paysan au remembrement, une paysannerie elle-même fracturée entre les agriculteurs qui tirent profit du remembrement, et ceux qui en souffrent, les "lésés". En effet, la politique de remembrement fut pensée, selon Inès Léraud, au service de l’expansion industrielle de la France : la mécanisation de l’agriculture devait permettre aux agriculteurs d’exploiter de plus grandes surfaces avec moins de travailleurs, libérant ainsi une main d’œuvre conséquente pour les usines. Des centaines de milliers d’exploitations agricoles disparaissent. « Le nombre de paysans et de salariés agricoles passe de 7 millions en 1946 à 3,8 millions en 1962. (...) C’est le plus grand « plan social » qu’a connu la France. », explique l’autrice. « En 1961, les paysans sans ferme composent 70% des effectifs ouvriers de l’usine Citroën, construite à Rennes un an auparavant. Une politique de transfert de main-d’œuvre savamment orchestrée… », poursuit-elle.

      ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/le-remembrement-selon-ines-leraud-et-pierre-van-hove-9818632

      CDB_77 @cdb_77
    • @cdb_77
      CDB_77 @cdb_77 30/11/2024

      ENTRETIEN. Inès Léraud, son enquête sur ce remembrement breton qui a « détruit la société paysanne »
      ►https://seenthis.net/messages/1082629

      CDB_77 @cdb_77
    • @cdb_77
      CDB_77 @cdb_77 10/08/2025

      #Monument du remembrement, à #Geffosses :
      Monument à la nature et aux hommes victimes des remembrements

      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/Monument_du_remembrement_%28Geffosses%29.jpg/960px-Monument_du_remembrement_%28Geffosses%29.jpg

      ▻https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31085499

      CDB_77 @cdb_77
    Écrire un commentaire
  • @cdb_77
    CDB_77 @cdb_77 1/02/2024
    2
    @mfmb
    @colporteur
    2

    Une vraie #souveraineté_alimentaire pour la #France

    Le mercredi 6 décembre 2023, la FNSEA sortait du bureau d’Elisabeth Borne en déclarant fièrement que l’État abandonnait son projet de taxer l’usage des pesticides et des retenues d’eau. Cela vient conclure une séquence historique. Le 16 novembre déjà, l’Europe reconduisait l’autorisation du glyphosate pour 10 ans. Et, six jours plus tard, abandonnait aussi l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides à l’horizon 2030.

    Comment en est-on arrivé là ? La question a été récemment posée dans un rapport de l’Assemblée nationale. En plus du #lobbying habituel de la #FNSEA et de l’état de crise permanent dans laquelle vivent les agriculteurs et qui rend toute #réforme explosive, la question de la souveraineté alimentaire – qui correspond au droit d’un pays à développer ses capacités productives pour assurer la sécurité alimentaire des populations – a joué un rôle clé dans cette dynamique.

    La souveraineté alimentaire est ainsi devenue, depuis la crise du Covid et la guerre en Ukraine, l’argument d’autorité permettant de poursuivre des pratiques qui génèrent des catastrophes écologiques et humaines majeures. Il existe pourtant d’autres voies.

    Le mythe de la dépendance aux #importations

    De quelle souveraineté alimentaire parle-t-on ? Les derniers chiffres de FranceAgrimer montrent que notre « #dépendance aux importations » – comme aiment à le répéter les défenseurs d’un modèle intensif – est de 75 % pour le blé dur, 26 % pour les pommes de terre, 37 % pour les fruits tempérés ou 26 % pour les porcs.

    Mais ce que l’on passe sous silence, c’est que le taux d’#autoapprovisionnement – soit le rapport entre la production et la consommation françaises – est de 148 % pour le blé dur, 113 % pour les pommes de terre, 82 % pour les fruits tempérés et 103 % pour le porc. Le problème de souveraineté alimentaire n’en est pas un. Le vrai problème, c’est qu’on exporte ce que l’on produit, y compris ce dont on a besoin. Cherchez l’erreur.

    D’autres arguments viennent encore se greffer à celui de la souveraineté, dans un monde d’#interdépendances : la #France serait le « grenier à blé de l’Europe », il faudrait « nourrir les pays du Sud », la France serait « une puissance exportatrice », etc.

    Au-delà de l’hypocrisie de certaines de ces affirmations – en effet, les #exportations des surplus européens subventionnés ont détruit tout un tissu productif, en Afrique de l’Ouest notamment – il ne s’agit pas là d’enjeux liés à la souveraineté alimentaire, mais d’enjeux stratégiques et politiques liés à la #compétitivité de certains produits agricoles français sur les marchés internationaux.

    Comprendre : la France est la 6e puissance exportatrice de #produits_agricoles et agroalimentaires au monde et elle entend bien le rester.

    Voir la #productivité de façon multifonctionnelle

    S’il ne faut évidemment pas renoncer aux objectifs de #productivité_alimentaire nationaux, ces derniers gagneraient à être redéfinis. Car comment évoquer la souveraineté alimentaire sans parler des besoins en #eau pour produire les aliments, de la dépendance aux #énergies_fossiles générée par les #intrants de synthèse, de l’épuisement de la #fertilité des #sols lié à la #monoculture_intensive ou encore des effets du #réchauffement_climatique ?

    Comment évoquer la souveraineté alimentaire sans parler des enjeux fonciers, de l’évolution du #travail_agricole (25 % des #agriculteurs sont en passe de partir à la retraite), du #gaspillage_alimentaire – qui avoisine les 30 % tout de même – des #besoins_nutritionnels et des #habitudes_alimentaires de la population ?

    La #productivité_alimentaire doit dorénavant se conjuguer avec d’autres formes de productivité tout aussi essentielles à notre pays :

    – la capacité de #rétention_d’eau dans les sols,

    – le renouvellement des #pollinisateurs,

    – le maintien des capacités épuratoires des milieux pour conserver une #eau_potable,

    – le renouvellement de la #fertilité_des_sols,

    – la régulation des espèces nuisibles aux cultures,

    – ou encore la séquestration du carbone dans les sols.

    Or, il est scientifiquement reconnu que les indicateurs de productivité relatifs à ces services baissent depuis plusieurs décennies. Pourtant, ce sont bien ces services qui permettront de garantir une véritable souveraineté alimentaire future.

    La #diversification pour maintenir des rendements élevés

    Une revue de littérature scientifique parue en 2020, compilant plus de 5000 études menées partout dans le monde, montrait que seules des stratégies de diversification des #pratiques_agricoles permettent de répondre à ces objectifs de #performance_plurielle pour l’agriculture, tout en maintenant des #rendements élevés.

    Les ingrédients de cette diversification sont connus :

    – augmentation de la #rotation_des_cultures et des #amendements_organiques,

    – renoncement aux #pesticides_de_synthèse et promotion de l’#agriculture_biologique à grande échelle,

    - réduction du #labour,

    - diversification des #semences et recours aux #variétés_rustiques,

    - ou encore restauration des #haies et des #talus pour limiter le ruissellement de l’#eau_de_pluie.

    Dans 63 % des cas étudiés par ces chercheurs, ces stratégies de diversification ont permis non seulement d’augmenter les #services_écosystémiques qui garantissent la souveraineté alimentaire à long terme, mais aussi les #rendements_agricoles qui permettent de garantir la souveraineté alimentaire à court terme.

    Les sérieux atouts de l’agriculture biologique

    Parmi les pratiques de diversification qui ont fait leurs preuves à grande échelle en France, on retrouve l’agriculture biologique. Se convertir au bio, ce n’est pas simplement abandonner les intrants de synthèse.

    C’est aussi recourir à des rotations de cultures impliquant des #légumineuses fixatrices d’azote dans le sol, utiliser des semences rustiques plus résilientes face aux #parasites, des amendements organiques qui nécessitent des couplages culture-élevage, et enfin parier sur la restauration d’un #paysage qui devient un allié dans la lutte contre les #aléas_naturels. La diversification fait ainsi partie de l’ADN des agriculteurs #bio.

    C’est une question de #réalisme_économique. Les exploitations bio consomment en France deux fois moins de #fertilisant et de #carburant par hectare que les exploitants conventionnels, ce qui les rend moins vulnérables à l’évolution du #prix du #pétrole. En clair, l’agriculture biologique pourrait être la garante de la future souveraineté alimentaire française, alors qu’elle est justement souvent présentée comme une menace pour cette dernière du fait de rendements plus faibles à court terme.

    Au regard des éléments mentionnés plus haut, il s’agit évidemment d’un #faux_procès. Nous sommes autosuffisants et nous avons les réserves foncières qui permettraient de déployer le bio à grande échelle en France, puisque nous sommes passé de 72 % du territoire dédié aux activités agricoles en 1950 à 50 % en 2020. Une petite partie de ces surfaces a été artificialisée tandis que la majorité a tout simplement évolué en friche, à hauteur de 1000 km2 par an en moyenne.

    Par ailleurs, le différentiel de rendement entre le bio et le #conventionnel se réduit après quelques années seulement : de 25 % en moyenne (toutes cultures confondues) au moment de la conversion, il descend à 15 % ensuite. La raison en est l’apprentissage et l’innovation dont font preuve ces agriculteurs qui doivent en permanence s’adapter aux variabilités naturelles. Et des progrès sont encore à attendre, si l’on songe que l’agriculture bio n’a pas bénéficié des 50 dernières années de recherche en #agronomie dédiées aux pratiques conventionnelles.

    Relever le niveau de vie des agriculteurs sans éroder le #pouvoir_d’achat des consommateurs

    Mais a-t-on les moyens d’opérer une telle transition sans réduire le pouvoir d’achat des Français ? Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord évoquer le #revenu des #agriculteurs. Il est notoirement faible. Les agriculteurs travaillent beaucoup et vivent mal de leur métier.

    Or, on oublie souvent de le mentionner, mais le surcoût des produits bio est aussi lié au fait que les consommateurs souhaitent mieux rémunérer les agriculteurs : hors subventions, les revenus des agriculteurs bio sont entre 22 % et 35 % plus élevés que pour les agriculteurs conventionnels.

    Ainsi, le consommateur bio consent à payer plus parce que le bio est meilleur pour l’environnement dans son ensemble (eau, air, sol, biodiversité), mais aussi pour que les paysans puissent mieux vivre de leur métier en France sans mettre en danger leur santé.

    Par ailleurs, si le consommateur paie plus cher les produits bio c’est aussi parce qu’il valorise le #travail_agricole en France. Ainsi la production d’aliments bio nécessite plus de #main-d’oeuvre (16 % du total du travail agricole pour 10 % des surfaces) et est très majoritairement localisée en France (71 % de ce qui est consommé en bio est produit en France).

    Cette question du #travail est centrale. Moins de chimie, c’est plus de travail des communautés humaines, animales et végétales. C’est aussi plus d’incertitudes, ce qui n’est évidemment pas simple à appréhender pour un exploitant.

    Mais il faut rappeler que le discours sur le pouvoir d’achat des français, soi-disant garanti par le modèle hyper-productiviste de l’agriculture française, vise surtout à conforter les rentes de situations des acteurs dominants du secteur agricole. Car les coûts sanitaires et environnementaux de ce modèle sont payés par le contribuable.

    Rien que le #traitement_de_l’eau, lié aux pollutions agricoles, pour la rendre potable, coûte entre 500 millions d’euros et 1 milliard d’euros par an à l’État. Or, ce que le consommateur ne paie pas au supermarché, le citoyen le paie avec ses #impôts. Le rapport parlementaire évoqué plus haut ne dit pas autre chose : la socialisation des coûts et la privatisation des bénéfices liés aux #pesticides ne sont plus tolérables.

    Le bio, impensé de la politique agricole française

    Une évidence s’impose alors : il semblerait logique que l’État appuie massivement cette filière en vue de réduire les coûts pour les exploitants bio et ainsi le prix pour les consommateurs de produits bio. En effet, cette filière offre des garanties en matière de souveraineté alimentaire à court et long terme, permet de protéger l’eau et la #santé des Français, est créatrice d’emplois en France. Il n’en est pourtant rien, bien au contraire.

    L’État a promu le label #Haute_valeur_environnementale (#HVE), dont l’intérêt est très limité, comme révélé par l’Office français de la biodiversité (OFB). L’enjeu semble surtout être de permettre aux agriculteurs conventionnels de toucher les aides associés au plan de relance et à la nouvelle #PAC, au risque de créer une #concurrence_déloyale vis-à-vis des agriculteurs bio, d’autant plus que les #aides_publiques au maintien de l’agriculture biologique ont été supprimées en 2023.

    La décision récente de l’État de retirer son projet de #taxe sur l’usage des pesticides créé aussi, de facto, un avantage comparatif pour le conventionnel vis-à-vis du bio. Enfin, rappelons que la Commission européenne a pointé à plusieurs reprises que la France était le seul pays européen à donner moins de subventions par unité de travail agricole aux céréaliers bio qu’aux conventionnels.

    Ainsi, un céréalier bio français reçoit un tiers de subventions en moins par unité de travail agricole qu’un céréalier conventionnel, alors qu’en Allemagne ou en Autriche, il recevrait 50 % de #subventions supplémentaires. En France, l’État renonce aux taxes sur les pesticides tout en maintenant des #charges_sociales élevées sur le travail agricole, alors que c’est évidemment l’inverse dont aurait besoin la #transition_agroécologique.

    Que peuvent faire les citoyens au regard de ce constat déprimant ? Consommer des produits bio malgré tout, et trouver des moyens de les payer moins cher, grâce par exemple à la #vente_directe et à des dispositifs tels que les #AMAP qui permettent de réduire le coût du transport, de la transformation et de la distribution tout autant que le gâchis alimentaire, les variabilités de la production étant amorties par la variabilité du contenu du panier.

    Les agriculteurs engagés pour la #transition_écologique, de leur côté, peuvent réduire les risques associés aux variabilités naturelles et économiques en créant de nouvelles formes d’exploitations coopératives combinant plusieurs activités complémentaires : élevage, culture, transformation, conditionnement et distribution peuvent être organisés collectivement pour mutualiser les coûts et les bénéfices, mais aussi se réapproprier une part significative de la #chaîne_de_valeur laissée aujourd’hui au monde de l’agro-industrie et de la grande distribution.

    Il ne s’agit pas d’une #utopie. De nombreux acteurs essaient de faire émerger, malgré les résistances institutionnelles, ces nouvelles pratiques permettant de garantir la souveraineté alimentaire de la France à long terme.

    ▻https://theconversation.com/une-vraie-souverainete-alimentaire-pour-la-france-220560
    #foncier #industrie_agro-alimentaire #alimentation #collectivisation
    #à_lire #ressources_pédagogiques

    CDB_77 @cdb_77
    Écrire un commentaire
  • @af_sobocinski
    AF_Sobocinski @af_sobocinski CC BY-NC-ND 16/05/2021
    2
    @biggrizzly
    @ericw
    2

    #Méthane : la bombe climatique qui pourrait être désamorcée
    ▻https://reporterre.net/Methane-la-bombe-climatique-qui-pourrait-etre-desamorcee

    D’après un rapport scientifique [du #PNUE et de la coalition pour le climat et l’air pur] , une réduction de 45 % des émissions mondiales de méthane serait possible d’ici 2030, et permettrait d’atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris. En outre, cette réduction aurait des effets bénéfiques sur la #santé humaine et les #rendements_agricoles.

    #climat

    Le rapport (en anglais) : ▻https://reporterre.net/IMG/pdf/2021_global-methane_assessment_full_0.pdf

    AF_Sobocinski @af_sobocinski CC BY-NC-ND
    Écrire un commentaire
  • @vazi
    vazy @vazi CC BY 23/05/2016
    2
    @odilon
    @kassem
    2

    Agriculture : le réchauffement ne menace pas que les rendements
    ▻http://www.journaldelenvironnement.net/article/agriculture-le-rechauffement-ne-menace-pas-que-les-rendemen

    http://www.journaldelenvironnement.net/mediatheque/7/8/7/000013787_5.jpg

    Le #réchauffement_climatique pourrait non seulement diminuer les #rendements_agricoles, il pourrait aussi rendre plusieurs cultures impropres à la consommation, du fait d’une accumulation de toxines dans les plantes soumises à la #sécheresse, prévient le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE).

    #agriculture

    vazy @vazi CC BY
    Écrire un commentaire
  • @fil
    Fil @fil 17/07/2015
    3
    @petit_ecran_de_fumee
    @biggrizzly
    3

    #Pollution : chaque année, un coût de 101,3 milliards d’euros pour la France
    ▻http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/07/15/la-pollution-de-l-air-coute-chaque-annee-101-3-milliards-d-euros-a-la-france

    « Et encore, ce coût reste sous-évalué », souligne la sénatrice Europe Ecologie-Les Verts de Paris Leila Aïchi, instigatrice et rapporteure de la commission. « Les études jusqu’alors menées comportent d’importantes limites. Elles reposent sur un nombre très restreint de polluants. Les effets cocktail ne sont nullement pris en compte. Et le coût sanitaire de la pollution de l’air intérieur n’est quasiment jamais intégré. » (...)

    Au-delà des dommages sanitaires, la pollution de l’air a aussi des conséquences néfastes sur les #rendements_agricoles, la biodiversité ou encore les bâtiments. L’INRA estime par exemple que le rendement du blé en région parisienne est réduit en moyenne de 10 % par rapport à une région non polluée, sous l’effet de la pollution à l’ozone. (...)

    La commission formule une soixantaine de propositions pour lutter « efficacement » contre ce fléau. En premier lieu, elle presse l’Etat de mettre fin sans tarder à « l’anomalie de la France » sur le #diesel.

    #santé

    • #France
    Fil @fil
    • @petit_ecran_de_fumee
      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee 17/07/2015

      j’ai vu cette dépêche dans tous les journaux, mais à ma connaissance ça n’a pas fait la une.
      Au delà du scandale sanitaire et environnemental sur lequel on semble résigné, y a en plus une nouveauté édifiante :
      des années qu’on travaille à démanteler notre édifice social pour essayer à grapiller 1 ou 2 % de croissance du PIB (dernier exemple lois Macron), alors que dans le même temps y a déjà 5 % du PIB actuel qui part en fumée à cause de notre pollution.

      Comme je disais ici, ils ont où les économistes qui nous font la morale à longueur d’antenne, en nous reprochant nos dépenses excessives qui torpillent la croissance ? ▻http://seenthis.net/messages/389988

      Et puis sinon, un dernier truc

      En premier lieu, elle presse l’Etat de mettre fin sans tarder à « l’anomalie de la France » sur le diesel. Les gouvernements successifs ont accordé une fiscalité très avantageuse à ce carburant, malgré sa dangerosité. Résultat : la France dispose du parc le plus diésélisé au monde (60 % des automobiles en circulation).

      Ils roulent comment, déjà, les bus de Macron ?
      Et les gens qui iront le dimanche dans les nouveaux centres commerciaux péri-urbains, à la rentabilité incertaine ?

      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee
    • @odilon
      odilon @odilon CC BY-NC-ND 17/07/2015
      @koldobika

      Et là le commentaire de @koldobika :) ▻http://seenthis.net/messages/390537

      odilon @odilon CC BY-NC-ND
    • @petit_ecran_de_fumee
      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee 17/07/2015

      merci :-)

      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee
    • @rodolphe
      Rodolphe DUMOUCH @rodolphe 17/07/2015

      Encore de la grosse propagande des jounaputes et des mérdiats, le tout sous couvert des politicards incompétents, pour faire culpabiliser un peu plus les citoyens.

      ▻http://www.contrepoints.org/2015/07/16/214253-cout-de-la-pollution-limposture#comment-1146131

      Il faudra un jour que les citoyens en finissent avec tous ces pseudo-zexperts et ces faux-intellectuels qui nous donnent des leçons à longueur d’année, le tout gavés par nos impôts.

      Rodolphe DUMOUCH @rodolphe
    • @petit_ecran_de_fumee
      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee 17/07/2015
      @rodolphe

      ah.. contrepoints, un régal :-)
      dans contrepoints, le réchauffement climatique n’existe pas, c’est une invention des communistes déguisés en écolo pour combattre le capitalisme.
      Dans contrepoints le nucléaire n’est pas dangereux.
      Dans contrepoints les éoliennes nuisent plus à l’environnement que le diesel et toutes les industries réunies.
      Dans contrepoints tout est pour le mieux dans le meilleurs des mondes libéraux, mis à part le manque de compétitivité des petites gens, la gauche, et bien sûr l’Etat, coupable de tous les maux.

      Merci @rodolphe pour cette intervention éclairante :-)

      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee
    • @rodolphe
      Rodolphe DUMOUCH @rodolphe 17/07/2015
      @petit_ecran_de_fumee

      Certes, le média Contrepoint est globalement à vomir... mais le catastrophisme pseudo-écolo est aussi un attrape idiots-utiles du néolibéralisme en rendant acceptables les « sacrifices » qu’ils nous préparent. @petit_ecran_de_fumee

      Rodolphe DUMOUCH @rodolphe
    • @petit_ecran_de_fumee
      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee 18/07/2015

      Il a fallu qu’on interdise la cigarette pour qu’on se rende compte qu’on vivait dans la fumée..
      Un jours on se rendra compte qu’on vivait jusqu’ici dans les gaz d’échappement.. Les rares moteurs thermiques qui resteront nous feront l’effet de nuisances nauséabondes, comme la moindre clope sur la plage aujourd’hui.

      On vit dans nos déchets.. Ce n’est pas anodin, et oui on le paie tôt ou tard.. Les sacrifices on les fait déjà sans le savoir..

      petit-écran de fumée @petit_ecran_de_fumee
    Écrire un commentaire

Thèmes liés

  • #paysage
  • #haies
  • #agriculture
  • #talus
  • #santé
  • #remembrement
  • #bretagne
  • #bd
  • #gildas_le_coënt
  • #modernisation_agricole
  • #productivité
  • #bocage
  • #bande-dessinée
  • #résistance
  • #fnsea
  • #réchauffement_climatique
  • #pac
  • #sécheresse