• #Boeing Reportedly Scrapped Expensive Safety System for #737_Max
    https://interestingengineering.com/boeing-reportedly-scrapped-737-max-safety-system-as-it-was-t

    Following the two fatal crashes of Boeing 737 Max jets this year, a senior Boeing engineer has filed an internal ethics complaint, saying the company had vetoed a safety system to reduce costs.

    This system, the engineer claims, could have prevented the two crashes of the stalling plane, which has now been grounded worldwide due to its safety issues.

    The internal complaint at Boeing, The New York Times reports, was filed shortly after the two crashes occurred this year, both of which killed everyone on board.

    #sécurité #rentabilité

  • #Quebec : Un système de santé qui rend malades ses soignants Texte collectif - 11 avril 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/551885/un-systeme-de-sante-qui-rend-malades-ses-soignants

    La chaîne de montage de l’usine de santé qu’ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l’usine pour partir en congé de maladie. Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.


    Photo : Fred Dufour Agence France-Presse « Les valeurs et principes de la logique industrielle sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels », rappellent les auteurs.

    Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d’une simple crise circonstancielle. La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.

    Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c’est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible. Celui qui jadis prenait son temps auprès d’une mère, d’une famille ou d’une personne âgée est aujourd’hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique. C’est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l’écoute, l’accueil et l’accompagnement.

    On voit bien comment cette situation ne peut qu’être préjudiciable pour la population. Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d’impuissance.

    Le délire de la technocratie
    Le temps qu’exige l’administratif est en voie de d’égaliser le temps consacré à la population. À titre d’exemple, actuellement, une demande d’hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.

    Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n’ont autant éloigné les soignants de la population. En fait, l’intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l’ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-administratives. Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu’ils rencontrent dans leur travail.

    Crise des valeurs et perte de sens
    La rentabilité, la performance, l’optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables. Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels. Chemin faisant, l’évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d’incompétence et une de perte de sens dans ce qu’ils font.

    Prendre un congé de maladie
    Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l’institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d’aide aux employés (PAE). Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.

    Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d’un côté, et incapables, de l’autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n’ont d’autre choix que de partir en congé de maladie.

    L’espoir d’un rétablissement ?
    L’étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route. Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles. Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu’ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.

    La société québécoise doit donc exiger que le ministère s’engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population.

    Sont cosignataires du texte :
    Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social) ; Natalie Stake-Doucet, présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers ; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public ; Charles Roy, président de l’Association des psychologues du Québec ; Angelo Soares, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal.

    #travail #santé #capitalisme fausse #rentabilité #médecine #santé_publique #humanité #rendement #technico-administratif #procédures #performance #évaluation_comptable #normes #soignantes #soignants #solutions_organisationnelles #délire #Services_publics #technologie #bureaucratie #néolibéralisme #administration

    • Dans les commentaires
      Comme on ferme des établissements, on en fusionne d’autres jusqu’à devenir ces monstres régionaux CISSS et CIUSSS, il faut de plus en plus de mécanismes de reddition de comptes : la gestion de proximité étant rendue très difficile, il faut introduire toujours plus de processus écrits, informatisés pour tout justifier, monitorer, calculer pour que les gestionnaires de haut niveau aient des tableaux de bord qui orienteront leurs décisions.

      Les intervenants de toute catégorie doivent passer un temps considérable à consigner ce qu’ils font pour que soient comptabilisées leurs actions et qu’on puisse en établir la productivité, les coûts-bénéfices. On a beau démoniser de temps à autres les cadres (trop nombreux, trop cher payés disent-ils) de fait, c’est la pensée gestionnaire qu’on a fait triompher depuis des années. Les professionnels, techniciens et employés de tous corps de métier sont à la merci depuis des décennies des vagues de ré-organisations à petite oun grande échelle que la nouvelle école de pensée en gestion fait mettre en chantier. Même si un certain nombre de gestionnaires ont d’abord été des professionnels de la santé ou des services sociaux, ils sont vite invités à se distancer de leur métier de base pour devenir de « vrais » gestionnaires. Hélas, la relation soignante n’entre pas dans leurs paramètres... Désolant état, ce réseau muselé.

    • C’est la « nouvelle gestion publique » qui fait des ravages. De fausses prémisses pour encourager la concurrence entre individus d’une même organisation.

      Ça commence par de la #pseudo-science : l’« autonomisation » (« #empowerment »). C’est le nirvana pour un #gestionnaire (qui trouve ça « très le fun » de ne plus se sentir « responsable », car, c’est les autres, maintenant). Autre pseudo-science, celle du « #savoir-être », autre #canular dérivé de l’intelligence émotionnelle (fabuleuse découverte ! Il faut entendre les cris d’indignation : ce n’est pas vrai, ça existe le « savoir-être » !), alors, les gens médiocres ont du « savoir-être ».

      Il y a, aussi la « #gouvernance » ! Il faut faire confiance à l’imagination pour que ce terme se retrouve dans la bouche du « gestionnaire » qui se gargarise avec.

      En résumé, la gestion, dans les dernières décennies on envahit de très vastes aspects du fonctionnement d’une organisation (avec l’aide des « #RH ») avec de la speudo-science. À l’aide de principe de la « nouvelle gestion publique », qui relève plus de la religion : « un scrum, ça se fait debout » (si vous dites que non, vous êtes « excomunié »). La gestion glane des informations avec lesquels elle « découvre » des « correlations » et appel cela des « #indicateurs » et « gouverne » dernière un écran (en sachant que les employés s’« autogérent » !?!?).

      Des solutions ? Retrouver le sens du « savoir-faire » (celui-ci est plus facilement « mesurable » que le « savoir-être », en cela, qu’un défi vous est lancé de trouver comment mesurer le « savoir-être »), retirer le regroupement professionnel RH. Instruire au lieu de former. Enseigner l’esprit critique au lieu de donnée des cours de finance.

      Si vous n’êtes pas d’accord avec la gestion, vous êtes déloyale, vous faites preuve d’insubordination. Vous êtes des hérétiques

  • Travailler dans la #grande_distribution. La journée de travail va-t-elle redevenir une question sociale ?

    Que signifie travailler dans la grande distribution aujourd’hui ? En #Suisse, deux géants se partagent la quasi-totalité du marché. Pour tenir la concurrence, ils intensifient le travail, exigent davantage de disponibilité de la part de leurs employé·e·s et déqualifient certains postes. Dans ce contexte, comment les responsables de magasin atteignent-ils les objectifs de #rentabilité malgré les contraintes ? Comment les #caissières font-elles face à l’#automatisation croissante de leur métier ? Ou encore, comment les travailleuses et travailleurs de rayon concilient-ils les contacts avec la clientèle avec des contraintes temporelles de plus en plus fortes ?
    Cette enquête est basée sur 78 entretiens réalisés auprès de dirigeants, de travailleuses et travailleurs de divers échelons hiérarchiques et de secrétaires syndicaux. Elle met en évidence une réorganisation du travail à tous les échelons et interroge la place de la journée de travail dans notre société.


    http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100485670
    #travail #supermarchés #duopole #Migros #Coop

  • « Comme un bruit qui court » devrait disparaître de l’antenne de France Inter

    Les mutins de la Pangée réagissent :

    https://www.facebook.com/LesMutinsDePangee

    Les anciens de Là-bas si j’y suis qui faisaient Comme un bruit qui court, la dernière émission de reportage digne de ce nom sur France Inter, sont éliminés de l’antenne 5 ans après Daniel Mermet et cela malgré une audience exceptionnelle à cette tranche horaire (la plus difficile de la semaine, c’est bien connu). La direction d’Inter, qui n’a jamais trouvé « trop militant » les animateurs du 7/9 pas plus que Bernard Guetta, désormais candidat aux Européennes sur la liste LREM, doit sans doute avoir une bonne raison à évoquer pour supprimer cette émission.

    Nous avons écrit à laurence.bloch@radiofrance.com pour avoir plus d’explications. Vous pouvez en faire de même.

  • Dans un Ehpad facturé 3000€ par mois, j’ai 4,35€ par jour pour nourrir un résident. Tout est surgelé, et c’est dégueulasse » @monachollet
    https://positifvortex.wordpress.com/2019/04/09/dans-un-ehpad-facture-3000e-par-mois-jai-435e-par-jour-pour

    Jean devient directeur d’EHPAD après avoir travaillé dans le commerce des voitures de luxe. Deux mondes, mais un leitmotiv commun : la rentabilité. …

  • Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en #Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€” | Atlantico.fr
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3568317/jean-arcelin--une-large-majorite-des-700-000-personnes-en-ehpad-mangera-po

    Je découvre avec stupéfaction qu’un tiers des revenus des Ehpad privés commerciaux provient des aides d’État. Le chiffre d’affaires est subventionné pour 35% par l’État, à travers les aides de l’ARS et les aides du Conseil départemental. Cela sert à payer le personnel soignant et une partie de ce qu’on appelle la #dépendance.

    Je suis diplômé de Sup de Co. Je connais la #gestion et les bilans. Je considère donc que l’État devient actionnaire de tous les Ehpad, y compris les Ehpad commerciaux et privés. Il doit récupérer au moins un tiers des #bénéfices … mais pas du tout, car tous les bénéfices reviennent à l’#actionnaire. Il en fait ce qu’il veut. Je trouve que cela n’est pas normal. Les Ehpad privés commerciaux ne pourraient pas obtenir cette #rentabilité, l’activité ne serait pas possible s’ils n’avaient pas ce tiers de #subventions de l’État. Donc ils doivent donner un tiers de leurs bénéfices avant impôt, et après on impose. Les caisses de l’État sont vides. Donc on doit trouver de l’argent.

    Or le #marché est verrouillé. J’ai géré des structures économiques qui dégageaient beaucoup de rentabilité. On avait une rentabilité dans la distribution automobile, de l’ordre de 3%, ce qui est élevé. Je suis ravi dans ce cas. Mais si vous dégagez de la rentabilité, vous devez quand même fournir des #prestations de qualité : c’est la loi du marché. Si vous dégagez une rentabilité élevée et que votre service est médiocre, c’est qu’il y a un #dysfonctionnement. Le dysfonctionnement, c’est que le marché est verrouillé. Il n’y a pas de saine concurrence. Le taux d’occupation des Ehpad, c’est dans le rapport parlementaire de MM. Iborra et Fiat, il est quasiment de 100%. Le Crion, le Plazza, le George V, ils ne sont pas à 100% de taux d’occupation dans l’année. Les Ehpad n’ont pas de problème de #concurrence, donc ils se permettent de surfacturer des prestations médiocres. Voilà ce que j’ai vu.

    Si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez rien faire. On vous refuse votre budget animation parce que vous l’avez dépassé. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Les reportages coup de poing mériteraient d’être nuancés. Il faut dire que grâce à l’implication des équipes, cela peut fonctionner. Il y a des groupes d’Ehpad qui ont un positionnement de qualité qui sont différents. Je souhaite dénoncer un #système. Je ne souhaite même pas dénoncer les dirigeants, car ce sont les actionnaires qui fixent le cadre. Ils vous disent : cette année, notre feuille de route, c’est une rentabilité de 15%. A partir de ce moment-là, tout est décliné en cascade. En tant que directeur d’Ehpad, je dois alors faire des économies sur tout. J’ai quatre protections urinaires quand il en faudrait six. Je ne peux pas embaucher, pas faire des animations, pas mettre du bon pain parce que cela coûte trop cher, je dois supprimer le fromage…

  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation

  • #Pesticides : pourquoi la #France en consomme de plus en plus
    https://www.lemonde.fr/planete/video/2018/08/18/pesticides-pourquoi-la-france-en-consomme-de-plus-en-plus_5343812_3244.html

    En France, l’utilisation de pesticides a augmenté de 12 % entre 2014 et 2016. Pourtant, depuis 2008 et le Grenelle de l’environnement, le gouvernement s’était fixé l’objectif de réduire de moitié l’utilisation de pesticides d’ici à 2018, puis à 2025. Sans succès. Pire : non seulement l’utilisation de pesticides ne diminue pas, mais elle continue d’augmenter constamment. Pourquoi ? La faute en grande partie au système des coopératives, mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Explications en vidéo.

    https://www.youtube.com/watch?v=zQLrMB95bu4

  • Belgique : La perte horaire moyenne est passée de 75 à 102 euros dans les casinos
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-perte-horaire-moyenne-est-passee-de-75-a-102-euros-dans-les-casinos?i

    La perte horaire moyenne est passée de 75 à 102 euros pour les joueurs dans les casinos, suite à un ajustement de la rentabilité négociée par le secteur avec la Commission des jeux de hasard (CJH), rapporte La Dernière Heure lundi.

    Voici deux semaines, la Commission des jeux de hasard (CJH) a, à la demande du secteur, accordé les conditions techniques pour que la perte horaire moyenne des machines soit augmentée de 36%. Cet ajustement à la perte horaire garantit une rentabilité dès lors plus intéressante dans les casinos et salles de jeux, mais est une mauvaise nouvelle pour les joueurs.

    Un accord trouvé _ « en toute transparence »
    Concrètement, cela signifie qu’un joueur qui s’installe à une machine au casino peut perdre désormais en moyenne 102 euros par heure. En salle de jeux, la moyenne passe à 34 euros. Il s’agit bien d’une moyenne, et non d’un maximum, précise La Dernière Heure.


    Pour le secteur cette hausse, réclamée depuis plusieurs mois, est une victoire. Aucune indexation n’était intervenue depuis l’an 2000. Les négociations avec la CJH remontent à décembre 2017 et l’accord a été trouvé voici deux semaines « en toute transparence », selon la CJH.

    #transparence #casinos #economie #jeux #Belgique #machines #rentabilité

  • #OGM - Mensonges et vérités

    La #controverse entre pro-OGM (organismes génétiquement modifiés) et anti-OGM rend le débat passionnel et parfois incompréhensible. Ce tour d’horizon mondial démêle le vrai du faux, preuves scientifiques à l’appui.

    Depuis plus de vingt ans, les OGM (organismes génétiquement modifiés), en particulier les plantes, ne cessent de s’étendre sur la planète, dans le but d’améliorer les rendements de soja, maïs, coton, colza, riz, etc. Dix pays, sur les vingt-huit qui en cultivent, représentent, à eux seuls, 98 % de la superficie mondiale des cultures transgéniques – soit 11 % des terres cultivées –, essentiellement sur le continent américain, le sous-continent indien et en Chine. Aux États-Unis, où les premières plantations de soja transgénique ont été introduites en 1996, les OGM représentent environ 90 % des cultures de soja, de maïs et de coton. Selon leurs défenseurs, ils sont indispensables pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance. C’est l’argument du géant du secteur, le semencier américain Monsanto, qui produit aussi le célèbre Roundup, un herbicide total dont la substance active, le glyphosate, épargne les plantes OGM.


    https://www.arte.tv/fr/videos/057483-000-A/ogm-mensonges-et-verites

    #film #documentaire #reportage #vidéo
    #BT #maïs_BT #rentabilité #TH #soja #Roundup #USA #Etats-Unis #monoculture #agriculture #élevage #Argentine #Monsanto #pommes_De_terre #risques #génie_génétique #toxine_BT #pesticides #industrie_agro-alimentaire #glyphosate #herbicide #super_mauvaises_herbes #darwinisme #soja_roundup_ready #atrazin #business #santé #cancer #Mexique #propriété_intellectuelle #brevets #Percy_Schmeiser #sécurité_alimentaire #Ghana #malformation_congénitale #justice #biodiversité

    #USAID (qui lie #aide_au_développement et utilisation de OGM dans le pays qui va recevoir l’aide)

    #Gates_Foundation (qui finance des tests de plantes OGM au Ghana)

    #biotechnologie_agricole #coton #Bukina_Faso #coton_BT #Sofitex #rendements #Geocoton #Roundup_Ready_Flex_Cotton #néo-colonialisme

    #MON810 #maïs_MON810 #riz_doré #riz #Philippines #golden_rice #Syngenta #technologie #dengue #oxitec #moustiques_transgéniques #AGM #animaux_génétiquement_modifiés

    • Une ONG présentée dans le film, au Ghana :
      #Food_sovereignty_ghana

      Food Sovereignty Ghana is a grass-roots movement of Ghanaians, home and abroad, dedicated to the promotion of food sovereignty in Ghana. Our group believes in the collective control over our collective resources, rather than the control of our resources by multinational corporations and other foreign entities. This movement is a product of Special Brainstorming Session meeting on the 21st of March, 2013, at the Accra Freedom Centre. The meeting was in response to several calls by individuals who have been discussing, writing, or tweeting, about the increasing phenomenon of land grabs, the right to water and sanitation as a fundamental human right, water privatization issues, deforestation, climate change, carbon trading and Africa’s atmospheric space, and in particular, the urgent issue of the introduction of GM food technology into our agriculture, particularly, its implications on food sovereignty, sustainable development, biodiversity, and the integrity of our food and water resources, human and animal health, and our very existence as a politically independent people. These calls insisted that these issues need to be comprehensively addressed in a systematic and an organized manner.

      Foremost in these calls was the need for a comprehensive agricultural policy that respects the multi-functional roles played by agriculture in our daily lives, and resists the avaricious calculations behind the proposition that food is just another commodity or component for international agribusiness. The trade in futures or speculation involving food have pushed food prices beyond the reach of almost a billion of people in the world who go to bed, each day, hungry. Even though we have have doubled the amount of food to feed everybody in the world today, people still don’t have access to food. The primary cause of this is the neo-liberal agenda of the imperialists, such as the SAP, EPA, AGOA, TRIPS, AoA, AFSNA, AGRA, which have the focus on marginalising the small family farm agriculture that continues to feed over 80% of Africa and replacing them with governance structures, agreements and practices that depend on and promote unsustainable and inequitable international trade and give power to remote and unaccountable corporations.

      We came together in order to help turn a new leaf. We see a concerted effort, over the years, to distort our agriculture to such an extent that today, our very survival as a free and independent people crucially depend on how fast we are able to apply the breaks, and to rather urgently promote policies that focus on food for people, and value our local food providers, the arduous role of the resilient small family farm for thousands of years. We need to resist imperialist policies such as the Structural Adjustment Programmes of the World Bank and the IMF which rolled away 30 years of gains towards food sovereignty in the 1970s and 80s. Those African countries that graduated from the SAP were subsequently slammed with HIPIC. In all these years, the imperialist countries fortified their agricultural production with heavy government subsidies, as Africa saw the imposition of stringent conditionality removing all government subsidies on our own agriculture. The effect has been a destruction of our local food production capacity and a dependence on corporations for our daily food needs. This has had a devastating effect on Africa’s agriculture, and our ability to feed ourselves.

      We believe that a proper analysis of the food crisis is a matter that cannot be left with trade negotiators, investment experts, or agricultural engineers. It is essentially a matter of political economy. As Jean Ziegler succinctly puts it, “Every child who dies of hunger in today’s world has been murdered.” Our Food Under Our Control! is determined to make sure that such a crime becomes impossible in Ghana. Our number one mission is to switch the language from food security to food sovereignty as the goal, to repeat the words food sovereignty at every opportunity and say we don’t want food security, that can still be dependence, we want food sovereignty, we need food sovereignty. This is not the same as “food security”. A country can have food security through food imports. Dependence on food imports is precarious and prone to multiple risks — from price risks, to supply risks, to conditionality risks (policy conditions that come with food imports). Food sovereignty, on the other hand, implies ensuring domestic production and supply of food. It means that the nationals of the country (or at the very least nationals within the region) must primarily be responsible for ensuring that the nation and the region are first and foremost dependent on their own efforts and resources to grow their basic foods.

      Aims and objectives:

      1. To help promote the people’s right to healthy and culturally appropriate food produced through ecologically sound and sustainable methods, and to generally ensure the priority of domestic food crops produced by small farms over export crops.

      2. To help create mass awareness about the political, economic, health and environmental impacts of genetically modified food technology and defend the right of the people to define their own food and agricultural systems.

      3. To help ensure small farms are sustained by state provision and facilitation of necessary infrastructure: Security of land tenure, Water, Financial credit, Energy, Fertilizers, Transport, Storage, Extension service, Marketing, Technology and Equipment for production, harvesting, storage and transport, and Insurance against crop failures due to climate changes, or other unforeseen circumstances.

      4. To help resist the theft, destruction, and loss of the Commons, our natural and indigenous resources, by means of laws, commercial contracts and intellectual property rights regimes, and to generally serve as the watch-dog over all aspects of agricultural sustainability in Ghana.

      5. To help protect and preserve public access to and ownership of the Commons: Water, Land, Air, Seeds, Energy, Plants, Animals, and work closely with like-minded local, national, and international organisations in the realization of the foregoing objectives.


      http://foodsovereigntyghana.org

    • Un chercheur, #Damián_Verzeñassi de l’#université_de_Rosario, mentionné il y a une année dans un article de Mediapart :

      Argentine : soja transgénique voisine avec maladies

      Avia Terai, ville de 10 000 habitants, est exposée aux pulvérisations incessantes sur ses champs de soja et de coton de glyphosate, le composant de base de l’herbicide de Monsanto. Un pesticide que l’Organisation mondiale pour la santé a étiqueté cancérogène en 2015. Ici, des enfants naissent avec des malformations, des troubles neurologiques sévères et le taux de cancer est trois fois plus élevé que la moyenne nationale, selon l’étude du docteur argentin Damián Verzeñassi de l’université de Rosario. De son côté, Monsanto nie catégoriquement l’authenticité de ces études et considère que la #toxicité de son produit phare Roundup n’a pas encore été prouvée.

      https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/argentine-soja-transgenique-voisine-avec-maladies

      Le chercheur a fait une étude dans laquelle il montrait un lien entre le glyphosate et le développement de cancer :
      “Hay una incidencia del glifosato en los nuevos casos de cáncer”

      Desde 2010 se hicieron relevamientos en 32 localidades de la región pampeana y se relevaron más de 110 mil personas. Según Verzeñassi, si se encontró en estas localidades, donde se aplicó el modelo productivo con transgénicos a base de agrotóxicos, un pico muy importante de casos de cáncer, hipotiroidismo y abortos espontáneos.


      https://rosarionuestro.com/hemos-encontrado-un-incremento-en-la-incidencia-del-glifosato-en-los

    • #Red_de_Médicos_de_Pueblos_Fumigados (Argentine)

      La Red Universitaria de Ambiente y Salud (REDUAS) es una coordinación entre profesionales universitarios, académicos, científicos, miembros de equipos de salud humana en sus distintos niveles y demás estudiosos, preocupados por los efectos deletéreos de la salud humana que genera el ambiente degradado a consecuencias de la actividad productiva humana, especialmente cuando esta se da a gran escala y sustentada en una visión extractivista.

      La REDUAS surge como una de las decisiones tomadas en el 1º Encuentro de Médicos de Pueblos Fumigados, realizado en la Facultad de Ciencias Médicas de la Universidad Nacional de Córdoba y organizado por el Modulo de Determinantes Sociales de la Salud de la Cátedra de Pediatría y por la Cátedra de Medicina I de dicha Facultad; concretado el 26 y 27 de agosto de 2010

      La REDUAS se construye para unir, coordinar y potenciar el trabajo de investigación científica, asistencia sanitaria, análisis epidemiológico y divulgación ,difusión y defensa del derecho a la salud colectiva, que realizan equipos que desarrollan este tipo de actividades en 10 provincias distintas de la Republica Argentina y que se encuentran activados por el problema del daño a la salud que ocasiona la fumigación o aspersión, sistemática de más de 300 millones de litros de plaguicidas sobre casi 12 millones de personas que conviven con los sembradíos de cultivos agroindustriales.

      Para avanzar en ese sentido se propone aportar al debate público por la necesidad de construir prácticas productivas que permitan una supervivencia feliz de la especie humana en la superficie terrestre y de la responsabilidad publica, privada, colectiva e individual en el resguardo de esas condiciones ecológicas.

      Considerando al derecho a la salud, como uno de los valores sociales que debemos tratar de privilegiar en el análisis de las decisiones políticas y económicas que se toman en nuestra sociedad, creemos necesario ampliar la difusión del conocimiento de los datos científicos que se dispone, y que muchas veces se invisibilizan; aportar a la generación de nuevos datos e informaciones experimentales y observacionales – poblacionales; y potenciar la voz de los equipos de salud, investigadores y pobladores en general afectados en sus derechos por agresiones ambiéntales generadas por practicas productivas ecológicamente agresivas.


      http://reduas.com.ar
      #résistance

    • #Madres_de_Ituzaingo_Anexo-Cordoba
      http://madresdeituzaingoanexo.blogspot.fr

      Madres de #Ituzaingó: 15 años de pelea por el ambiente

      En marzo de 2002 salieron a la calle por primera vez para reclamar atención sanitaria ante la cantidad de enfermos en el barrio.Lograron mejorar la zona y alejar las fumigaciones, nuevas normas ambientales y un juicio inédito. Dicen que la lucha continúa. Un juicio histórico


      http://www.lavoz.com.ar/ciudadanos/madres-de-ituzaingo-15-anos-de-pelea-por-el-ambiente
      #Sofia_Gatica

    • Transgenic DNA introgressed into traditional maize landraces in #Oaxaca, Mexico

      Concerns have been raised about the potential effects of transgenic introductions on the genetic diversity of crop landraces and wild relatives in areas of crop origin and diversification, as this diversity is considered essential for global food security. Direct effects on non-target species1,2, and the possibility of unintentionally transferring traits of ecological relevance onto landraces and wild relatives have also been sources of concern3,4. The degree of genetic connectivity between industrial crops and their progenitors in landraces and wild relatives is a principal determinant of the evolutionary history of crops and agroecosystems throughout the world5,6. Recent introductions of transgenic DNA constructs into agricultural fields provide unique markers to measure such connectivity. For these reasons, the detection of transgenic DNA in crop landraces is of critical importance. Here we report the presence of introgressed transgenic DNA constructs in native maize landraces grown in remote mountains in Oaxaca, Mexico, part of the Mesoamerican centre of origin and diversification of this crop7,8,9.

      https://www.nature.com/articles/35107068

    • #Gilles-Éric_Séralini

      Gilles-Éric Séralini, né le 23 août 1960 à Bône en Algérie1, est un biologiste français, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen2. Il est cofondateur, administrateur et membre du conseil scientifique du CRIIGEN3, parrain de l’association Générations Cobayes4 et lanceur d’alerte5. Il est aussi membre du conseil scientifique de The Organic Center6, une association dépendant de l’Organic Trade Association (en)7, « le principal porte-parole du business bio aux États-Unis »8, et parrain de la Fondation d’entreprise Ekibio9.

      Il s’est fait notamment connaître du grand public pour ses études sur les OGM et les pesticides, et en particulier en septembre 2012 pour une étude toxicologique portée par le CRIIGEN mettant en doute l’innocuité du maïs génétiquement modifié NK 603 et du Roundup sur la santé de rats10,11. Cette étude, ainsi que les méthodes utilisées pour la médiatiser, ont été l’objet d’importantes controverses, les auteurs étant accusés d’instrumentaliser de la science, ou même suspectés de fraude scientifique12,13. En réalité, les agences de santé européennes et américaines réagissent sur le tard, indiquant les lacunes et faiblesses méthodologiques rédhibitoires de la publication (notamment un groupe de contrôle comportant un nombre d’individus ridiculement bas). Certains dénoncent aussi un manque de déontologie pour s’assurer d’un « coup de communication ». La revue Food and Chemical Toxicology retire l’étude en novembre 2013.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles-%C3%89ric_S%C3%A9ralini

      Dans le documentaire on parle notamment d’un article qu’il a publié dans la revue « Food and chemical toxicology », que j’ai cherché sur internet... et... suprise suprise... je l’ai trouvé, mais le site de Elsevier dit... « RETRACTED »
      Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize
      https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512005637

      Il est par contre dispo sur sci-hub !
      http://sci-hub.tw/https://doi.org/10.1016/j.fct.2012.08.005

      voici la conclusion :

      In conclusion, it was previously known that glyphosate con- sumption in water above authorized limits may provoke hepatic and kidney failures ( EPA ). The results of the study presented here clearly demonstrate that lower levels of complete agricultural gly- phosate herbicide formulations, at concentrations well below offi- cially set safety limits, induce severe hormone-dependent mammary, hepatic and kidney disturbances. Similarly, disruption of biosynthetic pathways that may result from overexpression of the EPSPS transgene in the GM NK603 maize can give rise to com- parable pathologies that may be linked to abnormal or unbalanced phenolic acids metabolites, or related compounds. Other muta- genic and metabolic effects of the edible GMO cannot be excluded. This will be the subject of future studies, including transgene and glyphosate presence in rat tissues. Reproductive and multigenera- tional studies will also provide novel insights into these problems. This study represents the first detailed documentation of long- term deleterious effects arising from the consumption of a GM R- tolerant maize and of R, the most used herbicide worldwide. Altogether, the significant biochemical disturbances and physi- ological failures documented in this work confirm the pathological effects of these GMO and R treatments in both sexes, with different amplitudes. We propose that agricultural edible GMOs and formu- lated pesticides must be evaluated very carefully by long term studies to measure their potential toxic effects.

    • #RiskOGM

      RiskOGM constitue depuis 2010 l’action de recherche du ministère en charge de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie pour soutenir la structuration d’une communauté scientifique et le développement de connaissances, de méthodes et de pratiques scientifiques utiles à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques sur les OGM.

      Le programme s’appuie sur un Conseil Scientifique et sur un Comité d’Orientation qui réunit des parties prenantes.

      Les axes de recherche prioritaires identifiés portent sur les plans de surveillance générale des OGM, la coexistence des cultures, la gouvernance, les aspects économiques, éthiques et sociaux ou encore la démarche globale d’analyse de la sécurité des aliments contenant des produits transgéniques,

      3 projets en cours ont été soutenus après un 1er appel à proposition fin 2010. Fin 2013, suite à un deuxième appel, le projet (#PGM / #GMO90plus) a été sélectionné et soutenu à hauteur de 2,5 M€. Il vise à une meilleure connaissance des effets potentiels sur la santé de la consommation sur une longue durée de produits issus des plantes génétiquement modifiées.

      http://recherche-riskogm.fr/fr
      #programme_de_recherche

      Un projet dont fait partie #Bernard_Salles, rattaché à l’INRA, interviewé dans le documentaire.
      Lui, semble clean, contrairement au personnage que je vais un peu après, Pablo Steinberg

    • Projet #G-Twyst :

      G-TwYST is the acronym for Genetically modified plants Two Year Safety Testing. The project duration is from 21 April 2014 – 20 April 2018.

      The European Food Safety Authority (EFSA) has developed guidance for the risk assessment of food and feed containing, consisting or produced from genetically modified (GM) plants as well as guidance on conducting repeated-dose 90-day oral toxicity study in rodents on whole food/feed. Nonetheless, the long-term safety assessment of genetically modified (GM) food/feed is a long-standing controversial topic in the European Union. At the present time there are no standardized protocols to study the potential short-, medium- and/or long-term toxicity of GM plants and derived products. Against this backdrop the main objective of the G-TwYST project is to provide guidance on long-term animal feeding studies for GMO risk assessment while at the same time responding to uncertainties raised through the outcomes and reports from recent (long-term) rodent feeding studies with whole GM food/feed.

      In order to achieve this, G-TwYST:

      Performs rat feeding studies for up to two years with GM maize NK603. This includes 90 day studies for subchronic toxicity, 1 year studies for chronic toxicity as well as 2 year studies for carcinogenicity. The studies will be based on OECD Test Guidelines and executed according to EFSA considerations
      Reviews recent and ongoing research relevant to the scope of G-TwYST
      Engages with related research projects such as GRACE and GMO90plus
      Develops criteria to evaluate the scientific quality of long-term feeding studies
      Develops recommendations on the added value of long-term feeding trials in the context of the GMO risk assessment process.
      As a complementary activity - investigates into the broader societal issues linked to the controversy on animal studies in GMO risk assessment.
      Allows for stakeholder engagement in all key steps of the project in an inclusive and responsive manner.
      Provides for utmost transparency of what is done and by whom it is done.

      G-TwYST is a Collaborative Project of the Seventh Framework Programme of the European Community for Research, Technological Development and Demonstration Activities. The proposal for G-TwYST was established in reponse to a call for proposals on a two-year carcinogenicity rat feeding study with maize NK603 that was launched by he European Commission in June 2013 (KBBE.2013.3.5-03).

      https://www.g-twyst.eu

      Attention : ce projet semble être sous forte influence des lobbys de l’OGM...

      Fait partie de ce projet #Pablo_Steinberg, interviewé dans le documentaire.

      Pablo Steinberg est d’origine argentine, il est également le toxicologue du projet « #GRACE : GMO Risk Assessment and communication evidence », financé par l’UE :

      GRACE was a project funded under the EU Framework 7 programme and undertaken by a consortium of EU research institutes from June 2012 - November 2015. The project had two key objectives:

      I) To provide systematic reviews of the evidence on the health, environmental and socio-economic impacts of GM plants – considering both risks and possible benefits. The results are accessible to the public via an open access database and other channels.

      II) GRACE also reconsidered the design, execution and interpretation of results from various types of animal feeding trials and alternative in vitro methods for assessing the safety of GM food and feed.

      The Biosafety Group was involved in the construction of the central portal and database (CADIMA; Central Access Database for Impact Assessment of Crop Genetic Improvement Technologies) that managed the information gathered in the pursuit of the two objectives and in the dissemination of information.

      http://biosafety.icgeb.org/projects/grace

      La conférence finale de présentation du projet GRACE a été organisée à Potsdam... un 9 novembre... date-anniversaire de la chute du mur...
      Voici ce que #Joachim_Schiemann, coordinateur du projet, dit à cette occasion (je transcris les mots prononcés par Schiemann dans le reportage) :

      « Nous aussi, avec nos activités, nous essayons d’abattre certains murs et de faire bouger certaines positions qui sont bloquées. Je trouve que c’est très symbolique d’avoir organisé cette conférence à Potsdam, à proximité de Berlin et des vestiges du mur »

    • Prof. Potrykus on #Golden_Rice

      #Ingo_Potrykus, Professor emeritus at the Institute of Plant Sciences, ETH Zurich, is one of the world’s most renowned personalities in the fields of agricultural, environmental, and industrial biotechnology, and invented Golden Rice with Peter Beyer. In contrast to usual rice, this one has an increased nutritional value by providing provitamin A. According to WHO, 127 millions of pre-school children worldwide suffer from vitamine A deficiency, causing some 500,000 cases of irreversible blindness every year. This deficiency is responsible for 600,000 deaths among children under the age of 5.

      https://blog.psiram.com/2013/09/prof-potrykus-on-golden-rice
      Ce riz, enrichi de #bêtacarotène pour pallier aux carences de #provitamine_A, a valu, à Monsieur #Potrykus, la couverture du Time, une première pour un botaniste :

    • Golden Illusion. The broken promise of GE ’Golden’ rice

      GE ’Golden’ rice is a genetically engineered (GE, also called genetically modified, GM) rice variety developed by the biotech industry to produce pro-vitamin A (beta-carotene). Proponents portray GE ’Golden’ rice as a technical, quick-fix solution to Vitamin A deficiency (VAD), a health problem in many developing countries. However, not only is GE ’Golden’ rice an ineffective tool to combat VAD it is also environmentally irresponsible, poses risks to human health, and compromises food security.

      https://www.greenpeace.org/archive-international/en/publications/Campaign-reports/Genetic-engineering/Golden-Illusion
      #rapport

    • #MASIPAG (#Philippines)

      MASIPAG a constaté que les paysans qui pratiquent la production agricole biologique gagnent en moyenne environ 100 euros par an de plus que les autres paysans, parce qu’ils ne dépensent pas d’argent dans des fertilisants et pesticides chimiques. Dans le contexte local, cela représente une économie importante. En plus, l’agriculture biologique contribue à un milieu plus sain et à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Malgré cela, le gouvernement philippin poursuit une politique ambiguë. En 2010, il a adopté une loi sur la promotion de l’agriculture biologique, mais en même temps il continue à promouvoir les cultures génétiquement modifiées et hybrides nécessitant le recours aux intrants chimiques. La loi actuelle insiste également sur une certification couteuse des produits bio par les tiers, ce qui empêche les #petits_paysans de certifier leurs produits.

      http://astm.lu/projets-de-solidarite/asie/philipinnes/masipag
      #paysannerie #agriculture_biologique

    • #AquAdvantage

      Le saumon AquAdvantage (#AquAdvantage_salmon® pour les anglophones, parfois résumé en « #AA_Salmon » ou « #AAS ») est le nom commercial d’un saumon transgénique et triploïde1.

      Il s’agit d’un saumon atlantique modifié, créé par l’entreprise AquaBounty Technologies (en)2 qui est devenu en mai 2016 le premier poisson génétiquement modifié par transgenèse commercialisé pour des fins alimentaires. Il a obtenu à cette date une autorisation de commercialisation (après son évaluation3) au Canada. En juillet 2017, l’entreprise a annoncé avoir vendu 4,5 tonnes de saumon AquAdvantage à des clients Canadiens qui ont à ce jour gardés leur anonymat4. L’entreprise prévoit de demander des autorisations pour des truites5, des tilapias 5 et de l’omble arctique génétiquement modifiés6.

      Selon les dossiers produits par AquaBounty à la FDA, deux gènes de saumons Chinook et deux séquences provenant d’une autre espèce (loquette d’Amérique) ont été introduits7, (information reprise par un article du New-York Times8 et un article scientifique évoquent aussi un gène provenant d’un autre poisson (loquette d’Amérique9). En 2010, AquaBounty, produirait déjà au Canada sur l’Île-du-Prince-Édouard les œufs de poissons destinés à des élevages en bassins enclavés à terre au Panama10 pour des poissons à exporter (alors que l’étiquetage n’est toujours pas obligatoire aux États-Unis)10.

      Ce poisson est controversé. Des préoccupations scientifiques et environnementalistes portent sur les risques d’impacts environnementaux à moyen et long terme, plus que sur le risque alimentaire. La FDA a considéré que la modification était équivalente à l’utilisation d’un médicament vétérinaire (hormone de croissance et modification transgénique)11 et a donc utilisé son processus (dit « NADA12 ») d’évaluation vétérinaire. Dans ce cadre, la FDA a conclu que ce poisson ne présentait a priori pas de risques pour la santé, et pouvait être cultivé de manière sûre. Mais en 2013, l’opportunité d’élever un tel poisson reste très contestée13 notamment depuis au moins 1986 concernant les risques qu’il pourrait poser à l’égard de l’environnement14, l’autorisation de mise sur le marché pourrait être à nouveau repoussée15.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/AquAdvantage
      #saumon #saumon_transgénique #AquaBounty_Technologies

      Aussi appelé...
      #FrankenFish

  • Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité » (Julien Brygo et Olivier Cyran, BastaMag)
    https://www.bastamag.net/Intensification-du-travail-Le-patronat-et-ses-relais-politiques-sont-prets

    #Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’#injonction faite à tous les #travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces #boulots dégradés, s’ajoute la #précarité grandissante de travailleurs qui quittent le #salariat pour la « liberté » de l’#auto-entrepreunariat. [Julien Brygo et Olivier Cyran] y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles.
    […]
    « Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le #capitalisme les auront assignés presque naturellement. »

    #boulot_de_merde #rentabilité #lean_management #valeur_travail

  • La société de transports Uber accuse une perte colossale en 2017 RTS - ats/jgal - 14 Février 2018
    http://www.rts.ch/info/economie/9333953-la-societe-de-transports-uber-accuse-une-perte-colossale-en-2017.html

    Uber a accusé une perte colossale de 4,5 milliards de dollars en 2017, selon des chiffres diffusés mardi. Un léger mieux a toutefois été enregistré au dernier trimestre, avec une nette hausse du chiffre d’affaires.

    Selon les données publiées par le site The Information et confirmées à l’AFP par Uber, ce dernier fait état d’une perte nette de 1,1 milliard au quatrième trimestre, réduite par rapport au troisième trimestre (1,46 milliard). Le groupe n’a pas fourni de comparaison par rapport à 2016.

    L’Américain a réalisé un chiffre d’affaires « net » de 2,22 milliards de dollars sur les trois derniers mois de 2017, soit une hausse d’environ 60% par rapport à la même période de 2016 (1,38 milliard).
    http://www.rts.ch/2017/08/24/09/34/8698027.image?w=900&h=506

    Rémunérations et ristournes déduites
    Uber, qui souhaite entrer en bourse en 2019, fait aussi état d’un chiffre d’affaires « brut » de 11 milliards de dollars (contre 6,9 milliards au dernier trimestre 2016) sur le trimestre, duquel il déduit notamment 8 milliards de dollars de rémunérations aux chauffeurs et de ristournes aux clients pour arriver à son chiffre d’affaires « net ».

    Sur l’année, la perte s’élève à 4,5 milliards, très nettement creusée par rapport aux 2,8 milliards de dollars de perte accusés un an plus tôt.

    #uber #taxi #travail #économie #guerre_aux_pauvres #conditions_de_travail #droit #capitalisme #précarité #économie_de_l_avenir #transport #voiture #rentabilité

  • « C’est incroyable qu’on n’ait pas encore fondu un cœur de réacteur » : des techniciens EDF s’inquiètent - Basta !
    https://www.bastamag.net/C-est-incroyable-qu-on-n-ait-pas-encore-fondu-un-coeur-de-reacteur-des

    « Notre entreprise se casse la gueule, il faut être clairs là dessus. Mais on ne peut pas dire que c’est seulement à cause de l’organisation du travail. C’est délicat, parce que chacun de nous en fait partie. Du coup, quand ça ne va pas, on accuse les prestataires », déplore Louis. Ce fonctionnement atomisé, où chacun travaille de son côté sans se sentir responsable de quoi que ce soit, pose de vrais problèmes en matière de sécurité. « Le risque nucléaire est énorme, et on le sait. Enfin, nous, on le sait. Mais il faut pouvoir l’assumer collectivement. Ce n’est pas possible individuellement. Dans un cadre collectif, on peut gérer un accident beaucoup plus facilement. Parce qu’on se parle, on se connaît, on évalue au fur et à mesure ce qui se passe et ce qui peut être fait. »
    Les techniciens regrettent que les cadres s’accrochent à des procédures, dans lesquelles ils semblent avoir toute confiance. « La surveillance est assurée par des gars qui suivent ce que disent des ordinateurs, ou des listings pré-établis. C’est n’importe quoi, proteste Louis. Quand un accident arrive, ce n’est jamais celui qui était prévu ou programmé. »

    #nucléaire #sécurité #rentabilité #sous-traitance #travail

  • La mise en politique des circulations commerciales transfrontalières en #Zambie : infrastructures et moment néolibéral

    Le présent article étudie la mise en politique des flux et des circulations, dans la période récente marquée par la néolibéralisation de la vie économique et politique. Grâce à une étude de cas sur l’Afrique Australe et un travail ethnographique de terrain en Zambie, l’article met en évidence les changements que les programmes néolibéraux ont entraînés pour la gestion des flux et des infrastructures : l’introduction de nouveaux acteurs issus des sphères privée et internationale (grandes entreprises, institutions financières internationales, marchés communs) a contribué à transformer les rationalités qui légitiment la gestion des infrastructures et des flux. Ces dernières, qui font part belle aux logiques de #profit, se traduisent par un classement des flux suivant le critère de leur #rentabilité et de leur insertion dans l’#économie globalisée, et s’hybrident de façon originale avec les anciens schémas infrastructurels datant de la #colonisation.


    http://journals.openedition.org/geocarrefour/10342
    #frontières #commerce_transfrontalier #néolibéralisme

  • « Dans l’industrie, il n’y a plus de postes légers »
    http://alencontre.org/europe/france/france-dans-lindustrie-il-ny-a-plus-de-postes-legers.html

    Selon le ministère du #Travail, en 2013, près de la moitié des personnes en emploi interrogées (46,4%) déclaraient devoir toujours ou souvent se dépêcher, tandis que les marges de manœuvre se réduisent pour presque toutes les catégories socioprofessionnelles (voir graphiques 1 et 2). Par ailleurs, 36 % signalaient avoir subi au moins un comportement hostile au travail au cours des douze derniers mois, et un tiers disaient ne pas éprouver la fierté du travail bien fait. Et selon nos informations, la prochaine édition de l’enquête du ministère sur les conditions de travail, à paraître fin décembre, devrait confirmer cette tendance, avec toutefois une baisse des violences morales (comme le harcèlement ou les incivilités).

    Une charge mentale plus lourde

    Avons-nous régressé par rapport aux bons vieux temps modernes et à la taylorisation des ateliers ? Il n’y a pas lieu d’idéaliser le passé. Mais à la #pénibilité physique – qui n’a pas disparu [2] s’est ajoutée une charge mentale qui n’a cessé de croître ces trente dernières années. Plusieurs phénomènes se sont conjugués. Les changements dans la structure de l’actionnariat des entreprises (moins familial et davantage financier, donc plus lointain et plus anonyme) et une économie davantage mondialisée ont poussé les entreprises à exiger toujours plus de productivité et de #rentabilité. Les pratiques managériales ont évolué en conséquence, mettant les travailleurs en concurrence, via une évaluation systématique de leurs performances individuelles. L’introduction du lean management dans l’industrie et les services, qui vise à débarrasser le travail de tout ce qui n’est pas strictement productif, a certes libéré du temps, mais a supprimé du même coup toutes les « respirations » qui rendaient le travail tenable.

    #souffrance #intensification

  • #Suicides à l’#hôpital : mourir pour être entendu
    http://www.parismatch.com/Actu/Societe/suicides-a-l-hopital-mourir-pour-etre-entendu-1391846

    La #rentabilité ne fait-elle pas partie du service public ?
    Pas en #médecine. C’est une hérésie. Comment oser dire : “Toi, tu as un cancer un peu métastasé, tu n’es pas prioritaire.”

    Le système de santé était-il obsolète ?
    Pas du tout ! On a des centres de recherche et des secteurs dont l’innovation est reconnue dans le monde entier. Certes, des services devaient être réformés, en lien avec l’évolution des besoins, mais le gouvernement a imposé brutalement sa volonté de réforme. En outre, côté médical, on favorise une course à l’#élitisme. La figure charismatique du professeur des universités-­praticien hospitalier (PU-PH), au sommet de la #hiérarchie, et les usages féodaux d’un autre temps perdurent. Le PU-PH a le pouvoir d’écraser celui qui est trop brillant, surtout en fin de carrière, pour rester le référent. Inversement, le vieux chef de service qui aura tout transmis va se faire dégager par son élève. Quant au directeur omnipotent, il peut casser un service pour le donner à son protégé et asseoir ainsi son pouvoir au sein de l’établissement. Cette lutte clanique brise la chaîne humaine d’une équipe médicale. Le #harcèlement moral entre médecins est terrible, dû à leur formation, très concurrentielle : dès la première année de médecine, ils doivent se positionner dans des systèmes de parrainage. Ensuite, leurs propos restent d’une grande cruauté quand ils intègrent l’hôpital qui devient un bassin de moqueries, d’humiliations et d’isolement, intenables pour qui ne joue pas le jeu.

    #organisation

    • « On ne vient pas se suicider sur son lieu de travail pour rien »
      CHU de Grenoble : suicide d’un neurochirurgien
      http://www.revolutionpermanente.fr/CHU-de-Grenoble-suicide-d-un-neurochirurgien

      Le bloc opératoire est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous. Il y a plusieurs mois, il a été réorganisé, avec des modifications d’horaires et l’impression que l’argent prime sur tout. Cela a même entraîné des grèves. Depuis, beaucoup sont à bout », nous confie ce médecin. « Ces derniers mois, Laurent était éreinté, crevé par ses gardes à répétition. Il avait beaucoup maigri. A certains, il avait parlé de son inquiétude, de son souci pour l’avenir de la neurochirurgie au CHU », reprend le soignant, notant « qu’ici, on oscille donc entre tristesse, colère et inquiétude pour l’avenir ». Un malaise à l’hôpital qui n’a rien de nouveau et qui n’est pas sans rappeler la multiplication des suicides en son sein. Cette année avait vu naître différents collectifs comme « Santé 2017 » qui appelaient à comprendre l’urgence de la situation de ce service public et le mal être des travailleurs hospitaliers de toutes catégories face aux réorganisations froides à coup de coupes budgétaires et d’augmentation effrénée des cadences de travail, le tout avec de moins en moins d’hospitaliers. En somme une volonté par l’Etat de rentabilisation de l’hôpital public dont l’impact ne fait que se ressentir un peu plus chaque jour sur ses employés.

      La direction du CHU, qui préfère de son côté rester silencieuse et qui a lancé une cellule psychologique en interne semble être déjà impliquée dans des cas de maltraitance de ses employés. En effet, « Ce drame s’ajoute à la trop longue liste de suicides ou tentatives touchant les agents de l’hôpital public », explique l’association de lutte contre la maltraitance Jean-Louis Mégnien, du nom du cardiologue qui s’est défenestré le 17 décembre 2015 depuis son bureau à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris (XVe).

      Encore une fois le Parisien nous relève les mots du professeur Philippe Halimi, le président de l’association, qui doit se rendre lundi au CHU de Grenoble. « Nous y avons cinq dossiers de médecins maltraités par leur hiérarchie, dont trois que nous avons transmis au médiateur national. Le neurochirurgien ne faisait pas partie des personnes signalées. Mais il y a visiblement des problèmes à Grenoble.
      D’où l’importance de faire toute la lumière », nous explique-t-il. Une enquête a été mise en place pour clarifier les raisons de sa mort, tandis qu’une réunion du comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail (dont l’existence a d’ailleurs déjà été mise en question dans les sphères du ministère du travail) se tiendra vendredi matin.

    • #lean_management :

      https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/le-lean-management-un-danger-pour-les-salaries-5925.php

      Les techniques du "lean management," mode d’amélioration continue de l’organisation du travail, sont loin de faire l’unanimité. Efficace pour réduire les coûts, il serait, contrairement à sa promesse initiale, un danger pour les salariés.

      Il se présente comme un « repenti du lean management » : pendant douze ans, Bertrand Jacquier a accompagné le déploiement de projets « lean » dans l’industrie. Le jeune ingénieur avait alors l’impression que « c’était une réponse pertinente aux limites du modèle taylorien. » Il est aujourd’hui convaincu que « c’est un facteur de risque pour la santé des salariés ».

      Une conviction qui l’a conduit à reprendre des études de psychologie du travail pour devenir expert auprès des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) au sein du cabinet Secafi. Ce nouveau poste d’observation lui permet de prendre la mesure des dégâts causés par le lean management : « L’intensification du travail, la diminution de la latitude décisionnelle, la perte de solidarité génèrent à la fois des troubles psychosociaux (RPS) et des troubles musculo-squelettiques (TMS). »

  • Regardez en exclusivité « Dans le ventre de l’hôpital », le documentaire d’Arte - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/10/02/regardez-en-exclusivite-dans-le-ventre-de-l-hopital-le-documentaire-d-art


    J’ai trouvé ce documentaire complètement désespérant

    Jérôme Le Maire a posé ses caméras pendant plus d’un an dans les blocs chirurgicaux de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Son voyage est saisissant.

    #hôpital #rentabilité #burn_out #néo_libéralisme #conditions_de_travail

  • Édition : un livre sur quatre part au pilon, soit 142 millions de livres par an
    http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/41838-culture-economie-edition-livre-quatre-pilon-millions.html

    La mise au « pilon » d’environ un quart de la production annuelle de livres (soit une estimation de 142 millions d’ouvrages) est la conséquence de la rentabilité à court terme exigée aujourd’hui par les grands groupes d’édition, déplorent les auteurs. Cette rentabilité conduit à renouveler constamment l’offre et à rechercher un « effet de masse » avec une présence dans un grand nombre de points de vente.

    #livre #déchets #délocalisation #édition #rentabilité #distribution

    • Plus de précisions par @bastamag
      https://seenthis.net/messages/629107

      Pour mettre en perspective les coûts cachés supportés par la collectivité et les gains qu’empochent une poignée d’acteurs, l’étude compare le montant des coûts sociétaux – 52 millions d’euros – à l’excédent brut d’exploitation généré par les principales maisons d’édition (70 millions d’euros en 2015). Les coûts environnementaux représentent donc environ 75 % de ce montant. « Autrement dit, pour chaque euro de bénéfice généré par l’édition d’un roman en France, il existe un coût caché environnemental et social de 75 centimes à la charge de la société (française et internationale) », pointe l’étude.

      #externalités

  • Aujourd’hui j’ai failli quitter l’#informatique. Mais pourquoi ?
    https://code.likeagirl.io/aujourdhui-j-ai-failli-quitter-l-informatique-mais-pourquoi-70125b108


    Tu m’étonnes qu’il y a des applis qui sont vraiment à chier, sur le marché, vu qu’elles ont été codées avec la bite !

    Quelques jours plus tôt, nous avions eu une très mauvaise revue de sprint et toute l’équipe est allée boire un verre. Le directeur du service était là pour la revue (il n’y avait jamais assisté) et s’est joint à nous au bar. J’avais été avertie que ce directeur était #misogyne. Une développeuse qui a récemment démissionné m’avait dit que ce directeur ne croyait pas qu’elle pouvait coder et qu’il l’avait mise à un poste fonctionnel dont elle ne voulait pas pendant des années. Lorsque le directeur est arrivé, nous étions tous assis autour d’une grande table, sur 2 bancs. La première chose qu’il a dit a été

    Poussez-vous, il me faut de la place pour ma grosse bite

    Le ton était donné. Le #comportement des managers influence fortement leurs subordonnés. Moins vous avez de pouvoir, plus vous risquez d’imiter le comportement des personnes qui en ont, et l’attitude des managers influence celle de toute l’équipe. Ce soir là j’ai vu mes collègues, qui ne sont généralement pas ouvertement sexistes, dire des choses qu’ils n’auraient jamais dites si le directeur n’avait pas été là. L’un d’eux a dit

    L’application est énorme, comme ma bite

    #sexisme

  • “Etudiants, l’avenir à crédit” ou comment la fac passe à l’école du libéralisme - Télévision - Télérama.fr
    http://television.telerama.fr/television/etudiants-l-avenir-a-credit-ou-comment-la-fac-passe-a-l-ecole-du

    Dans son enquête sur le #système_éducatif mondial diffusée sur Arte, le documentariste Jean-Robert Viallet révèle que, peu à peu, le modèle anglo-saxon s’impose. Les #universités sont obnubilées par la #rentabilité et les #étudiants, condamnés à s’endetter pour décrocher leurs #diplômes.

    Jean-Robert Viallet (qui a réalisé, avec Christophe Nick, La Mise à mort du travail, en 2009) a d’ailleurs beaucoup tournicoté autour du sujet avant de saisir l’ampleur de la lame de fond. Il est d’abord intrigué par la multiplication des fusions de grandes écoles, par l’importance « ahurissante » prise par les palmarès universitaires, par la détermination de ces cohortes d’étudiants désireux d’intégrer les établissements les plus cotés... « En reliant toutes ces informations, j’ai peu à peu compris qu’il se passait quelque chose de fondamental pour l’ #enseignement_supérieur. L’intuition est devenue conviction à force d’entendre des directeurs d’université parler du "marché global de l’étudiant". »

    Le « marché global de l’étudiant » ? De treize millions dans les années 1960, le nombre d’étudiants dans le monde est passé à deux cents millions en 2015 — et devrait atteindre quatre cents millions d’ici à 2030. Soit un bassin gigantesque de « clients », disposés à « investir » des sommes folles pour décrocher le diplôme qui, espèrent-ils, leur assurera un avenir radieux.

  • L’humain étant partout sommé de s’aligner sur le rentable, une logique s’installe où sont à attendre les pires aliénations anthropologiques.

    [~ Lucien Sève / Le Monde de l’éducation / 2001]

    #misère #pauvreté #précariat #sans-logement #sdf #rentabilité
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/33187271916

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    Nantes, le 10 février 2017.

  • [#Suisse] Quand l’accueil des personnes en exil devient un bizness

    Ce texte fait suite à une première analyse publiée sur renversé de l’évolution de l’accueil des requérantEs d’asile en Suisse, « Vers un accueil carcéral des réfugiéEs » . Il traite du mécanisme de la privatisation et de la marchandisation de l’enfermement des personnes en exil et tente de mettre un peu plus en lumière la logique capitaliste sous-jacente à celle-ci. Pour rappel, la Suisse met en place une nouvelle politique en matière de gestion de la migration, qui porte notamment sur la privatisation des institutions suisses de l’Europe forteresse. L’idée n’est pas ici de défendre un étatisme carcéral des questions migratoires mais de mettre en lumière les logiques actuelles qui président à la gestion de ces questions dans la Suisse d’aujourd’hui.

    ORS c’est quoi ?
    A l’origine, il s’agit d’une agence d’intérim lausannoise créée en 1977 nommée ORS Services SA. En 1992, la société devient ORS Service AG et déménage à Zurich. En 2005, le fondateur de l’entreprise la revend à #Argos_Soditic qui la revend à #Invision en 2009, qui finalement la revend à #Equistone en 2013. Equistone Partners Europe est un fond d’investissement international avec des antennes dans 4 pays européens. ORS déclare un chiffre d’affaires de 65 millions de francs suisses pour 2014, essentiellement en provenance de fonds publics. Selon plusieurs médias, celui-ci atteint 85 millions en 2015 mais son bénéfice n’a jamais été divulgué. Alors quand Claude Gumy, directeur opérationnel à Fribourg dit dans le journal Le Temps « Notre but n’est pas de gagner de l’argent pour le compte d’investisseurs. Nous nous occupons avant tout d’êtres humains », de qui se moque-t-il ? Pour faire des économies l’État suisse délègue la gestion de « l’accueil » a des investisseurs qui après avoir spéculé sur les marchandises et dépouillé les pays pauvres spéculent sur les flux migratoires qu’ils ont ainsi engendrés. Leur entreprise est d’ailleurs réputée pour sa collaboration inconditionnelle avec les services étatique et la police dont les pratiques répressives ne font aucun doute.

    https://renverse.co/Suisse-Quand-l-accueil-des-personnes-en-exil-devient-un-bizness-982
    #business #accueil #asile #migrations #réfugiés #hébergement #logement #ORS #privatisation #G4S

    • ORS : Bras droit armé de la confédération suisse pour mener la répression sur les personnes en exil

      Plusieurs articles parus récemment dans la presse mainstream faisaient état de « vives critiques » envers la société privée ORS engagée par la Confédération. Active dans le business de l’incarcération des migrantEs, cette entreprise basée à Zurich ne cesse d’être dénoncé par de nombreuses organisation et individus pour ses pratiques répressives, et ce depuis plusieurs années.

      https://renverse.co/ORS-bras-droit-arme-de-la-confederation-suisse-pour-mener-la-repression-sur

    • Traduction en italien:
      Quando l’accoglienza delle persone in esilio diventa un business

      Questo articolo tratta del meccanismo della privatizzazione e della mercificazione dell’incarcerazione delle persone in esilio e tenta di mettere un po’ meglio in luce la logica capitalista soggiacente a questi fenomeni. Ricordiamo che la svizzera mette in atto una nuova politica nel campo della gestione della migrazione, che concerne tra l’altro la privatizzazione delle istituzioni svizzere della fortezza Europa. L’idea di questo testo non è di difendere una gestione statale carceraria delle questioni migratorie, ma di mettere in luce le logiche attuali della gestione di queste questioni nella svizzera di oggi.

      https://frecciaspezzata.noblogs.org/post/2017/03/19/quando-laccoglienza-delle-persone-in-esilio-diventa-un-busi

    • Privatisation | Les enjeux autour de la délégation de l’asile. Qui profite de qui ?

      En Suisse, depuis plusieurs années, de nombreuses tâches liées à l’hébergement et à la prise en charge des personnes issues du domaine de l’asile sont privatisées. Ces processus de délégation de tâches publiques à des acteurs privés ne sont pas neutres et affectent la mise en œuvre de la politique d’asile. Avec des conséquences non négligeables, tant en matière de gestion du domaine de l’asile et du travail quotidien dans les centres d’accueil que du rôle de l’État et de sa responsabilité.

      https://asile.ch/2018/06/22/privatisation-les-enjeux-autour-de-la-delegation-de-lasile-qui-profite-de-qui
      #profit #flexibilité #rentabilité

    • L’accueil des migrants pointé du doigt

      Solidarités et Droit de rester dénoncent les pratiques d’ORS, entreprise qui s’occupe des requérants.

      « J’aime la Suisse. Mais ORS n’en donne pas une bonne image », déplore un jeune Erythréen vivant à Fribourg. Cette entreprise privée gérant la prise en charge des requérants d’asile dans le canton de Fribourg, sur mandat des pouvoirs publics, est la cible d’un rapport établi par le parti anticapitaliste Solidarités et le collectif citoyen Droit de rester. Ce document a été réalisé sur la base des témoignages d’une trentaine de personnes ayant été en contact direct avec ORS, que cela soit des migrants ou des bénévoles, et concerne principalement l’année 2017.

      « Depuis deux ans, notre collectif propose une permanence. Une fois par mois, les gens peuvent venir nous voir avec leurs questions concernant les permis de séjour ou encore l’accès aux soins. Nous les conseillons et les mettons éventuellement en lien avec, par exemple, des avocats ou des thérapeutes. Au fil du temps, beaucoup de ces personnes nous ont relaté des problèmes concernant ORS qui nous semblaient proprement scandaleux. Voilà pourquoi nous avons réalisé ce ­rapport », explique Sophie Guignard, membre de Droit de ­rester.
      De lourdes accusations

      Le document de trente pages porte de lourdes accusations, qu’ORS nie formellement (voir ci-dessous). « Certaines pratiques et règlements que subissent les requérants d’asile peuvent être assimilés à des mauvais traitements », écrivent ses auteurs. Ils pointent notamment du doigt le manque de place et d’intimité dans les foyers d’accueil : il n’y aurait parfois qu’une seule toilette pour plus d’une vingtaine de personnes, le papier toilette serait rationné et les cuisines délabrées. « Il fait actuellement très froid. Mais il n’y a pas d’eau chaude dans les douches », rapporte un requérant débouté, en Suisse depuis plusieurs années. A noter que la mise à disposition des infrastructures dépend de l’Etat de Fribourg, et non directement d’ORS.

      Pour maintenir l’ordre, des veilleurs menaceraient les migrants de recourir à la violence, voire passeraient à l’acte. Les débordements – retards, consommation d’alcool dans les chambres, musique trop forte – seraient punis de peines pécuniaires ou de transfert sans préavis vers un autre foyer, parfois vers un foyer se trouvant dans une autre région linguistique. Le rapport précise : « Un certain nombre de pratiques ne favorisent pas l’intégration des requérants, les empêchant d’apprendre la langue de l’endroit où ils vivent et de garder le contact avec les personnes rencontrées. »

      Autre accusation formulée : des cas de harcèlement. Représentante du collectif Droit de rester, Sandra Modica raconte : « Une femme que j’accompagnais m’a téléphoné en pleurs. Elle m’a expliqué que, depuis un certain temps, un surveillant tentait de l’embrasser ou de lui toucher les seins. Elle était psychologiquement trop fragile pour déposer une plainte. J’ai dénoncé le cas auprès d’ORS. Mais je n’ai jamais reçu de réponse. » En outre, certains requérants d’asile se plaignent d’une mauvaise information sur l’accès aux soins.
      Discussion demandée

      Enfin, de manière générale, Solidarités et Droit de rester rapportent une mauvaise communication et la présence chez ORS de beaucoup de personnel non formé. Leur revendication principale : pouvoir discuter avec le Conseil d’Etat, à qui le rapport a été envoyé en fin de semaine passée. « Nous ne visons pas des personnes mais un système. Nous sommes persuadés que celui-ci peut être amélioré », souligne Sophie Guignard.

      Le rapport précise d’ailleurs : « Nous avons pris connaissance d’améliorations entre la récolte des témoignages et la situation actuelle, ce que nous saluons. » Parmi ces améliorations, le programme Envole-moi, présenté en début d’année et qui a pour but d’encadrer les mineurs non accompagnés et les jeunes adultes.

      https://lecourrier.ch/2018/12/13/laccueil-des-migrants-pointe-du-doigt

    • 14 décembre 2019

      Le Collectif Droit de rester et le parti Solidarités publient un rapport sur les pratiques de l’ORS, entreprise responsable de la prise en charge des requérants d’asile dans le canton de #Fribourg. Basé sur une trentaine de témoignages, le #rapport met en lumière plusieurs problèmes systémiques, tels que le manque de place et d’intimité, l’absence d’eau chaude, le rationnement de papier toilette, des cas de harcèlement restés sans réponse. La principale demande est d’avoir une discussion avec le Conseil d’État à ce sujet. ORS nie formellement toutes ces accusations.

      https://asile.ch/2019/03/12/chronique-suisse-du-13-decembre-2018-au-25-janvier-2019

    • Gestion de l’asile | ORS Fribourg : Quand l’État fait la sourde oreille. Business is Business ?

      « J’ai eu une opération au ventre, j’étais complètement endormie. Quand je me suis réveil- lée, j’ai dû repartir au foyer. L’hôpital leur avait envoyé directement l’ordonnance pour les antidouleurs, puisque je n’avais pas encore de carte d’assurance maladie. Mais c’était le week-end et il n’y avait pas d’éducateur/trice au foyer. Je n’ai pas pu aller chercher mes médicaments et j’ai eu mal pendant trois jours ». D., logée dans un foyer pour requérant.e.s d’asile mineur.e.s.

      Les limites que nous fixons sont ignorées ou transgressées.
À la maison, dans l’espace public, pendant notre formation ou notre activité professionnelle, nous subissons ces violences sexuelles ou sexistes parce que nous sommes des femmes.
Et la société ne prend souvent pas au sérieux ces violences et les minimise. > www.14juin.ch

      Ce genre de témoignages, les bénévoles du collectif Droit de rester en ont entendu souvent. Manque d’accès aux soins, scolarisation lacunaire mineur-e-s logé-e-s avec des adultes, violence verbale, parfois physique, harcèlement sexuel, eau froide dans les douches en plein hiver sont régulièrement rapportés à propos des conditions de vie au sein des structures ORS de Fribourg. La société anonyme, mandatée par le canton pour héberger, encadrer et intégrer les personnes en procédure d’asile, est une multinationale à but lucratif. Son objectif est de dégager du bénéfice. Un paradoxe puisque ce sont des forfaits publics qui financent des prestations à vocation sociale et par définition non lucrative. L’absence de transparence financière, y compris à l’égard du Conseil d’État, pose à la fois un problème éthique, mais aussi de gouvernance et de responsabilité de l’État. En jeu : le respect des droits et libertés fondamentales de per- sonnes en situation de détresse.

      Pour faire la lumière sur les agissements d’ORS, le mouvement solidaritéS et le collectif Droit de rester ont rédigé un rapport d’une trentaine de pages. Il recense les témoignages de quelques dizaines de personnes : usagèr.e.s d’ORS, bénévoles et travailleurs/euse sociaux/ales. Le groupe s’est confronté à la réticence de certain.e.s témoins potentiels. ORS interdit à ses employé.e.s de parler de l’entreprise à des personnes externes, sous peine de sanctions, même après la fin du contrat.

      Le rapport a été envoyé au Conseil d’État, ainsi qu’à la presse1, avec plusieurs revendications : outre les problèmes soulevés ci-dessus, nous souhaitions une rencontre avec le gouvernement fribourgeois, la non- diffusion du rapport (pour assurer la protection des sources) et enfin une publication des bénéfices d’ORS.

      En février 2019, le collectif a reçu une réponse du Conseil d’État : cinq pages enrobées de chiffres et statistiques, contournant soigneusement les questions soulevées par le rapport, mettant en doute les éléments apportés par les militant.e.s. La mise en œuvre du mandat accordé à l’entreprise ORS ? Elle « répond aux attentes des autorités fédérales et cantonales ». Les accusations de violence ? Le « Conseil d’État a demandé à l’entreprise un rapport sur les éléments relevés » et il « invite les personnes ayant connaissance de violences à les dénoncer systématiquement et sans délai à la direction d’ORS, à la police cantonale et/ou à la DSAS [affaires sociales], afin que des mesures adéquates puissent être prises le cas échéant. » La réponse du gouvernement fribourgeois se concluait par un très laconique refus de rencontre, que l’exécutif « n’estime pas pertinente ».

      Si la réaction du Conseil d’État n’est pas surprenante, celle de la population a été plus encourageante. De nombreuses personnes ont contacté SolidaritéS et Droit de rester pour partager leur indignation et quelques témoignages sur des dysfonctionnements qu’elles avaient elles-mêmes constatés. Le collectif n’entend pas en rester là, et continuera de se battre pour un accueil humain et digne des personnes exilées, ainsi que plus de transparence et de responsabilité de la part des autorités…

      HARCÈLEMENT : MESURES PROACTIVES NÉCESSAIRES

      Nous nous sommes vus confier plusieurs situations de harcèlement sexuel, commis soit par les veilleurs, soit par les responsables de foyers. Ainsi, les femmes d’un foyer nous ont confié craindre un veilleur, qui ne respecte pas leur intimité : par exemple, il ne frappe pas avant d’entrer dans leur chambre, ou parfois il ouvre leur porte fermée à l’aide de son passe. Une femme devant nettoyer la cuisine lui a demandé des gants, il lui a alors donné des préservatifs à la place et l’a suivie dans la cuisine, malgré son refus. La situation ne serait pas allée plus loin selon cette femme. Ce veilleur travaille depuis un an, et malgré les plaintes faites par les femmes à leurs assistantes sociales, rien n’a changé, et ces femmes craignent pour leur sécurité lorsque c’est cet homme qui veille. D’autres femmes, dans d’autres foyers, ont été victimes de harcèlement sexuel commis par d’autres veilleurs. Ces derniers ont profité du silence de ces femmes, silence dû à leur sentiment de honte et à la peur des conséquences d’une dénonciation sur leur procédure d’asile. Ces situations ont toutefois été finalement dénoncées par une personne. La Direction ne lui a jamais répondu. Récemment, un responsable de foyer a également harcelé une femme accueillie, se permettant de lui écrire des messages très explicites sur téléphone portable, l’invitant par exemple à venir visiter sa chambre, et commentant régulièrement son physique « attractif », et l’effet qu’elle avait sur lui.

      > Extrait du Rapport sur les conditions d’accueil des requérants d’asile du canton de Fribourg, réalisé par Droit de rester Fribourg & Solidarités Fribourg en novembre 2018, dont nous avons pu avoir une copie.

      https://asile.ch/2019/06/11/gestion-de-lasile-ors-fribourg-quand-letat-fait-la-sourde-oreille-business-is-
      #harcèlement

    • Millionen-Gewinn im Flüchtlings-Business : Asylfirma ORS legt erstmals Zahlen offen

      Jahrelang hat sich die Flüchtlingsbetreuungsfirma ORS gegen Transparenz gewehrt. Jetzt gibt sie erstmals Geschäftszahlen preis.

      Wie viel Geld die ORS Service AG verdient, beschäftigt seit Jahren Medien, das Parlament, den Bundesrat: Die Firma betreibt primär für die öffentliche Hand über 100 Asylunterkünfte mit fast 90’000 Schlafplätzen. Obwohl das Geld zu grossen Teilen vom Staat stammt, veröffentlichte ORS nie Gewinnzahlen. Die Firma gehört einer Beteiligungsgesellschaft in London. Die Schlagzeilen waren entsprechend: Von «verstecktem Profit auf dem Buckel von Flüchtlingen» oder «Profiteuren des Elends» war die Rede.

      Nun hat die ORS ihre Zahlen veröffentlicht: Die Firma machte letztes Jahr einen operativen Gewinn von 1,3 Millionen Franken. Der Umsatz betrug 157,8 Millionen. Die Zahlen beziehen sich auf die Schweiz, Deutschland und Österreich. Sie stammen aus dem Geschäftsbericht, der kürzlich erstmals auf der ORS-Website aufgeschaltet wurde.

      Die Publikation ist im Vergleich zu üblichen Geschäftsberichten dürftig. Das 48-seitige Dokument nennt lediglich auf zwölf Zeilen Finanzzahlen. Diese zeigen: In der Schweiz machte ORS letztes Jahr 99,8 Millionen Franken Umsatz. Die Gemeindemandate sind mit Abstand am wichtigsten. Sie sind für 40 Millionen Franken des Umsatzes verantwortlich. Kollektivunterkünfte für 29,8 Millionen. Die Aufträge durch das Staatssekretariat für Migration – unter anderem das Betreiben von Bundes-Asylzentren – machen 19,4 Millionen Franken aus.
      Umsatzrückgang führt zu Entlassungen

      Der Gewinn von 1,3 Millionen Franken ist überraschend tief. Die NZZ berichtete für 2016 über einem Gewinn von mindestens drei Millionen. Der Umsatz in der Schweiz sank von 125 Millionen Franken per 2016 (laut früheren Berichten) auf nun 99,8 Millionen. Der Grund für den Rückgang um 20 Prozent: Die Zahl der Asylgesuche sank zwischen 2015 und 2018 um zwei Drittel auf 15 000. Ein ORS-Sprecher sagt: «Während 2015 schnell und professionell Unterkünfte in Betrieb genommen werden mussten, stehen wir heute vor der Herausforderung, Kapazitäten nach unten anzupassen.»

      Das hatte vor allem Auswirkungen auf die Mitarbeiter. Ende 2017 waren bei ORS Schweiz 1000 Personen angestellt. Heute sind es nur noch 700. Dieses Jahr wurden 20 Kündigungen ausgesprochen.

      ORS geriet nicht nur wegen Entlassungen in die Schlagzeilen. Die Betreuung der Flüchtlinge wurde oft kritisiert. Im Februar 2016 etwa berichtete die «Basler Zeitung» über Protokolle, gemäss denen die ORS in einer Bundes-Unterkunft in Aesch BL nicht genügend Nahrung für Babys zur Verfügung gestellt habe. Die Vorwürfe wurden bestritten. In weiteren Fällen gab es heftige Kritik an Zuständen in den ORS-Unterkünften, die die Firma allesamt energisch zurückwies.

      Angesprochen auf den rückläufigen Umsatz verweist der ORS-Sprecher darauf, dass die Firma trotz der rückläufigen Asylzahlen neue Mandate gewinnen konnte. Etwa im Kanton Bern, wo die ORS Teile eines 50-Millionen-Franken-Auftrags erhielt. Dieses Jahr laufen auch Mandate aus, weil Gemeinden andere Anbieter gewählt haben. Doch auch ORS wollte teils nicht mehr: «Aus unternehmerischer Verantwortung heraus hat die ORS von sich aus Gemeindemandate gekündigt, die sich stark defizitär entwickelt haben», sagt der Sprecher.

      Richtig kritisch ist die Lage in Österreich. Dorthin expandierte ORS im Jahr 2012 und zog einen dicken Auftrag an Land. ORS betreute alle Asylsuchende, die in Obhut der Regierung standen. Doch als die rechtsnationale FPÖ den Innenminister stellte, ging sie gegen die «Asylindustrie» vor. Ab 1. Juli 2020 betreibt der Staat die Unterkünfte selber. ORS machte in Österreich letztes Jahr 51,2 Millionen Franken Umsatz. Laut dem Sprecher besteht dieser Betrag zu grossen Teilen aus dem Bundesauftrag. In Deutschland beschäftigt ORS mittlerweile 200 Mitarbeiter und machte 2018 einen Umsatz von 6,7 Millionen Franken. Die Firma hat in den letzten Monaten Mandate in mehreren Bundesländern gewonnen. ORS ist kürzlich auch nach Italien expandiert.

      Sie ist nicht die einzige Anbieterin, die sich an die neuen Realitäten im Flüchtlingsbusiness anpassen muss. Die Asyl-Organisation-Zürich (AOZ) ist die grösste Konkurrentin. Sie gehört der Stadt Zürich und ist nicht gewinnorientiert. Bei der AOZ resultierte letztes Jahr ein Verlust von 1,7 Millionen Franken, 2016 war es noch ein Plus von rund einer halben Million. Der wichtigste Faktor dafür sei ein sehr starker Rückgang der Asylgesuchszahlen, insbesondere bei unbegleiteten Minderjährigen, sagt eine Sprecherin.

      https://static.az-cdn.ch/__ip/xq9gGCotWvI4Vtl_v7SSybLchqc/9cc2e9d62dfcdc9d38239014031c0b48d9d32a02/remote.adjust.rotate=0&remote.size.w=1280&remote.size.h=853&local.crop
      https://www.aargauerzeitung.ch/wirtschaft/millionen-gewinn-im-fluechtlings-business-asylfirma-ors-legt-erstmal

  • Guéret et Monluçon privées de Cars Macron cet hiver !
    http://www.lagazettedescommunes.com/459668/gueret-et-monlucon-privees-de-cars-macron-cet-hiver

    « Parfois présentés comme une alternative aux ligne de train Intercités, les « bus Macron » démontrent avec cet exemple qu’ils répondent à des impératifs bien différents du service public… » peut-on ainsi lire sur le site Web.

    Pour le patron de Flixbus, le problème est que ces deux villes sont « trop petites » et « trop en dehors des axes routiers principaux » pour assurer un nombre suffisant de voyageurs pendant la saison basse.

    #cars_macron

  • « Les personnes trisomiques ont-elles le droit de s’exprimer à la télé ? Le CSA ne le pense pas »
    https://jeanyvesnau.com/2016/09/08/les-personnes-trisomiques-ont-elles-le-droit-de-sexprimer-a-la-tele-le-

    [Avertissement après discussion dans les commentaires : ce que cet article ne dit pas, c’est que la vidéo en question a notamment été financée par le mouvement pro-vie, qui instrumentalise donc à travers elle la question du handicap pour remettre en cause le droit à l’avortement.]

    Un clip #vidéo avait été réalisé pour la Journée mondiale de la trisomie du 21 mars 2014. Il dure 2 minutes 30. En différentes langues sept jeunes trisomiques européens (dont des Français) s’adressent à une femme enceinte d’un enfant #trisomique. A leur manière ils expliquent leur capacité à mener une vie qui peut, aussi, être heureuse. Et qui peut rendre heureux autour d’eux. Entre mars et avril 2014, plusieurs chaînes françaises en avaient diffusé un extrait de 30 secondes (à titre gracieux) dans leur espace publicitaire, à la demande des associations parrainant cette initiative.

    La vidéo a été vue plus de sept millions de fois sur YouTube. On entend notamment ces six mots : « Chère future maman, n’aie pas peur. » Ces six mots, ces images et cet air de piano sont perçus par certains comme proprement inacceptables. C’est le cas des belles âmes torturées du #CSA. La diffusion de cette vidéo « au sein des espaces publicitaires des chaînes de télévision » avait entraîné une « intervention » de ce gardien du temple. En juin 2014 il l’avait estimée « #susceptible_de_porter_à_controverse » et ne relevant pas d’un « message d’intérêt général » seule condition autorisant une diffusion gratuite pendant le temps publicitaire.

    (...) Les sept jeunes trisomiques ont quant à eux estimé que cette « intervention » du CSA était de la « #censure », que l’on bafouait leur droit à s’exprimer. « Ils ont ainsi été amené à saisir le Conseil d’Etat, dont l’audience se tenait mercredi 7 septembre, pour défendre leur droit à s’exprimer, nous explique Le Monde daté du 9 septembre (Charlotte Heymelot). Une démarche inédite. » Mieux : les sept ont choisi de saisir le Conseil d’Etat sans avocat, un geste symbolique. « Pour une fois, ils veulent que leur parole soit entendue, sans qu’on parle à leur place ».

    (...) Le CSA ? Pour justifier sa position il avait indiqué que la finalité du clip (parce qu’il s’adressait à une future mère) pouvait « paraître ambiguë et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle » 1. On appréciera ce jargon, ces empoulements corsetés. Dans un communiqué expliquant cette position, l’instance bien-pensante avait indiqué avoir reçu des plaintes, l’amenant à considérer le message du clip comme « #susceptible_de_troubler_en_conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents ».

    Le Conseil d’Etat ? Mercredi, la rapporteure publique lui a demandé de ne pas suivre les demandes des requérants, estimant que l’adresse du clip à une future mère lui conférait un aspect trop engagé, et donc non susceptible d’être diffusé dans un espace publicitaire. Chacun sait, sur son canapé, que la #publicité télévisée est tout, sauf engagée.

    Donc si vous êtes « troublé·e en conscience » par une publicité sexiste ou consumériste (oui, je sais, pléonasmes), vous pouvez vous plaindre au CSA qui ne manquera pas de faire interdire la diffusion.

    Ou bien serait-ce la continuation par d’autres moyens de la politique dite de #santé_publique incitant massivement les #femmes à avorter de tout foetus jugé « non-conforme » ? On n’ose y penser. On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité, mais cette décision du CSA représente certainement l’une des rares fois où l’injonction de procréer se trouve très officiellement tempérée... par la toute aussi crapuleuse injonction à la normalité.

    • Cette publicité est à l’évidence une manière de contrer le droit des femmes à avorter.
      Elle est dans la droite ligne de tout ce que fait les « pro-vie » et autres anti avortement.
      C’est cette méthode appliquée dans les hôpitaux, en obligeant la femme qui veut avorter à voir l’échographie et à lui détailler le corps du foetus.
      C’est une grave erreur de dire qu’il y a injonction à avorter de tout foetus non-conforme, c’est une parole politique et anti-avortement, pas une réalité.
      Si c’était le cas on arrêterait de faire survivre à tout prix (tout prix, oui) les grands prématurés, qui sont des handicapés actuels et à venir, la plupart du temps très lourdement : donc affirmation totalement ridicule, et anti choix d’avortement.
      De plus, qui pourrait affirmer que, effectivement, c’est un message « d’intérêt public » si ce n’est les fachos religieux et autres anti-femmes qui luttent contre l’avortement ?

    • Cas difficile. D’un côté, on voit bien que le message est ambigu, car il s’adresse à une future mère et renvoie à la question de l’avortement sans le dire. Et de l’autre, il y a la question de la visibilité des Down, des potentialités que sont leurs vies - quand ils sont acceptés et soutenus - et ce d’abord par leur famille of course, mais aussi d’un point de vue social et institutionnel, il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies - et dans ce sens, le clip est au minimum maladroit. Leur nouvelle campagne n’a pas cette ambiguité :
      https://www.youtube.com/watch?v=YhCEoL1pics

    • @perline c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Cette campagne ne demande pas de loi obligeant les femmes à porter ces enfants, elle ne dit pas que les femmes subissent une injonction à l’IVG comme tu le dit dans ton message.

      Par contre ce qui me pose problème dans cette campagne c’est le coté sexiste de ne s’adressé qu’à la mère (il y a une seul mention du père pour réparer le vélo) puisque ce sont les mères qui vont se coltiner le boulot (statistiquement c’est le cas). Et c’est vrai qu’elle est uniquement centré sur les intérêt des trisomiques et pas du tout sur l’intérêt des mères.

      La campagne est focalisé sur le point de vue des trisomiques, illes disent « nous on est heureuseux de vivre » mais c’est vrai qu’entre les lignes j’entend « et ta vie sera un cauchemarre » (parfois ca sera difficile... tu m’étonne).

      Bien sur je comprend parfaitement les femmes qui avortent lorsqu’elles découvrent que le fœtus qu’elle porte est atteint de trisomie (perso je le ferais plutot 100000 fois qu’une), mais de l’autre je comprend parfaitement que les trisomiques veuillent vivre la courte existence dont ils peuvent disposer.

      Il y a un conflit d’interet entre les femmes et les enfants trisomiques, entre féminisme et capacitisme/validisme. Mais là il ne s’agit pas d’une demande de législation, seulement de l’expression d’un point de vue d’un groupe discriminé.

      #féminisme #capacitisme #validisme

    • J’allais m’emporter contre vous, @perline, vous signalant que j’avais précisé que l’avortement est à mes yeux, comme je l’ai indiqué, parfaitement légitime, indiscutable, relevant d’un choix intime, que le foetus soit porteur ou non d’un handicap :

      On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité

      Mais comme vous soulevez le point tout à fait juste que cette vidéo a dû bien plaire aux pro-vies, ce qui est un problème de taille, je suis allée vérifier qui avait fait la vidéo (j’aurais dû le faire avant) : on trouve de fait la catholique et anti-IVG fondation Jérôme Lejeune dans ses sponsors. Pas très étonnant, après réflexion, vue l’instrumentalisation sentimentale du handicap qui est en effet réalisée au sein de ce mouvement.

      Sur la sur-#médicalisation des #grossesses, je crois qu’il y a déjà pas mal de matière sur seenthis. Une femme est (ou plutôt devrait être) libre d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, d’avorter ou de ne pas avorter, de faire ce choix en raison d’un handicap détecté ou pour toute autre raison, de mener sa grossesse avec un suivi institutionnel ou alternatif. Le seul rôle de l’Etat là-dedans est (devrait être) de s’assurer d’une information équilibrée et de donner à la femme un cadre social et médical l’accompagnant dans son choix.

      J’enlève donc la vidéo et je pose un avertissement dans mon premier billet.

    • @supergeante nos messages se sont croisés.
      par rapport à ceci :

      il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies

      Pour la France j’en profite pour lier avec cette info : https://seenthis.net/messages/521910

      @intempestive merci pour cette enquète sur le sponsor et les modifications de ton message de départ et merci @perline d’avoir soulevé ce problème et m’avoir permis de voire la fondation Lejeune planqué dans ce cheval de Troy.

      #cheval_de_Troy

    • @intempestive Ce n’est pas étonnant que la fondation Lejeune soutiennent Coordown, puisque c’est une fondation qui vise à l’acceptation des T21. JLejeune était par ailleurs en plus d’être médecin (il a découvert le mécanisme de la T21 et a œuvré auprès de familles et de personnes T21), un catho anti-avortement et a lié ces deux combats dès les années 70. Je ne sais pas si c’est le principal bailleur de fonds de Coordown, qui est une asso italienne, je n’arrive pas à trouver qui les finance.

    • Ce qui est pénible c’est que le terrain ne semble occupé principalement que par des assos anti-avortement. Apparemment, les Amis d’Eleonore n’est pas dans ce cas même si ils n’hésitent pas à apparaître aux côtés de la fondation Lejeune dans les échanges autour de la bioéthique ou la diffusion de ce clip. Vous en savez plus ?

    • Discussion éclairante merci. J’avais relayé l’affaire de mon côté, tout en étant informée pourtant du rôle malin qu’y tiennent les pro-vie. Les interventions que je lis ici pallient ma paresse intellectuelle... J’espère en lire d’autres, un de ces jours, qui m’aideront à clarifier aussi mes idées sur le fond. Car je rejoins la problématique soulevée par @mad_meg :

      c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Vécu : face à ma réticence à procéder au dépistage précoce de la trisomie (n’étant pas sûre que je parviendrais à avorter en cas de réponse positive), une gynécologue que j’estime par ailleurs fait une tête déconfite et m’annonce qu’elle aura besoin d’une décharge écrite de ma part. On n’en est pas arrivées là. Mais ça m’aide à comprendre que les personnes trisomiques et plus encore leurs parents puissent se sentir au bas mot mal acceptées, voire coupables d’exister ou d’avoir laissé exister leur enfant. Et derrière ce constat, il y a des questions qui continueront d’alimenter le discours d’intolérance des pro-vie tant que nous ne parviendront pas à les poser ouvertement. Par exemple (pardon si je lance là un débat archi-sensible que je suis malheureusement incapable d’assumer) : le fait qu’il soit si difficile d’entendre que la politique de dépistage en question relève de l’eugénisme. Les connotations du mot sont insupportables. Mais peut-être faudrait-il dépasser ce malaise en assumant que notre société défend parfois les causes qui lui paraissent justes et nécessaires avec une part d’obscurité tout aussi inhérente à son existence même. Je dis bien « peut-être faudrait-il ». J’espère que vous pourrez faire preuve de compréhension et ne pas m’imputer des velléités d’entrisme d’extrême-droite pour avoir essayé d’exprimer mes interrogations irrésolues sur un sujet qui me touche.

    • Il suffit de montrer des trisomiques dans leur quotidien, y compris ceux qui sont visibles, acteur-rices, modèles, etc. pour que le public comprenne qu’on peut vivre trisomique. C’est comme tous les schémas qui ne sont pas dictés par les canons de la mode : si tu n’as pas deux bras, deux jambes, un buste et le tout dans un format irréel, tu n’as pas le droit de vivre dans les médias, tu n’as pas le droit d’être visible.
      Mais, par ailleurs, tous les trisomiques ne sont pas comme ceux de la pub, c’est à dire avec une certaine autonomie et capables de s’exprimer, etc. La trisomie n’est qu’une constatation technique, les conséquences vont de la mort in utero car problèmes cardiaques lourds, à un retard mental tout à fait compatible avec notre société.
      Il y a donc un mensonge grave dans cette publicité qui présente les conséquences de la trisomie comme minimes.
      Tu accouches d’un polyhandicapé ou d’un enfant avec un QI de 80, tu n’as pas la même vie.
      Je remarque que le suicide de la mère seule à bout, avec deux enfants dont une trisomique suffit à lui seul à montrer ce que peut être un quotidien avec des difficultés d’argent, de solitude, de non-aide dans cette société où tu es seul-e quoi qu’il arrive. Sans oublier l’angoisse permanente de « que va-t-il devenir quand je serai mort » !
      Aux États-Unis, des associations existent et sont très efficaces. Tu dis j’ai un enfant trisomique et tu es pris en charge, conseils, aides, trucs, et bien plus, et tu n’es jamais seul, tu as toujours quelqu’un qui te comprend, tu peux toujours souffler, avoir les infos, te faire aider, pour quoi que ce soit.
      C’est un angle communautaire qui est rayonnant. Quel que soit ton problème tu vas trouver des personnes qui ont le même, tu vas trouver les expériences de toute la vie de l’association, et tu vas pouvoir affronter ton problème, de quelque nature qu’il soit, avec plus de socle solide.
      Ici, c’est tout le contraire : aucune info, rejet de partout, associations très faibles, causes internes et externes, bref, si tu es enceinte d’un trisomique, ou autre malformation mentale, ici tu as tout intérêt à avorter, aux USA tu peux te poser la question.
      Arrêtons d’en faire une responsabilité-culpabilité personnelle, la mère évidemment.
      C’est la société tout entière qui doit assumer les statistiques de la vie sur cette terre.

    • L’euphémisation est encore plus flagrante dans la seconde campagne, celle relevée par @supergeante, où l’héroïne de la pub est une jeune femme trisomique avec très peu de signes physiques du syndrome. Le seul argument au fond c’est « regardez, elle est normale » - et pas « on a droit d’être différent·es ».

      Des projets comme Beaux jeunes monstres (parmi bien d’autres, groupes musicaux, troupes de théâtre...) font mille fois plus pour secouer les #représentations sur le #handicap, mais restent malheureusement pour cette raison-là minoritaires
      http://www.lecollectifwow.be/Beaux-Jeunes-Monstres-36

      @fabxtra : cela me pose également question. La surmédicalisation des grossesses à travers le #diagnostic_prénatal permet certes une prise en charge adaptée et précoce dans certains cas importants, mais en rajoutant une bonne dose d’anxiété et d’examens pour tout le monde. La Haute autorité de santé elle-même avait d’ailleurs souligné le fait que les amniocentèses (utilisées notamment pour dépister le syndrome de Down) servent essentiellement à écarter les très nombreux faux positifs générés par le tri-test. Et elle conseillait de les user avec davantage de parcimonie, étant donné qu’elles sont très anxyogènes (l’anxiété étant également une question de santé publique). L’appareil médical s’auto-alimente, en somme.

      Le cas des grand·es prématuré·es que vous évoquiez, @perline, est d’ailleurs très différent : une fois que l’enfant est né·e, encore heureux que tout soit fait, en termes d’assistance médicale, pour lui permettre de vivre. Cela ne contredit en rien le fait qu’il y a en amont une forte incitation à ce que les grossesses « non-conformes » (un·e prématuré·e pouvant ou non en avoir fait partie) restent une exception. Avec pour effet, un effondrement statistique des naissances d’enfants porteurs/ses du syndrome de Down et d’autres. Du point de vue de l’Etat, c’est très rationnel. Sur le plan #éthique, il y a d’autres choses à dire que la mélasse qu’en font les pro-vie. Encore une fois, il n’y a pas à discuter les choix intimes des parents - je relève simplement que ces choix se font dans un cadre médical et social qui n’est pas neutre. Et comme vous le soulignez, un autre cadre social permet d’autres choix. Quant à la nécessité d’une responsabilisation sociale et non individuelle, je suis on ne peut plus d’accord.

      @supergeante : je suppose que l’exploration des biographies des membres du CA de Coordown nous renseignerait un peu, mais je ne parle pas assez l’italien pour le faire
      http://www.coordown.it/www/chisiamo.php

    • Oui : « on a le droit d’être différent » et « regardez comme elle est normale », ce n’est pas le même projet politique du tout, surtout comme quand le dit Perline, les personnes mises en avant sont des personnes avec un Down qui leur permet un développement intellectuel et psychomoteur, une autonomie qui n’est pas celui de toutes les personnes ayant trois chromosomes 21. Tout le monde n’est pas Pablo Pinéda, ni ne vit jusqu’à soixante ans avec la T21, notamment à cause des problèmes cardiaques, moteurs, d’obesité et de développement cérébral.

    • Bon je vais essayer de participer calmement à ce débat, cela ne va pas être facile mais je vais essayer, je confierai presque à @supergeante de me surveiller, de me prendre la tension et d’intervenir si elle sent que cela bout de trop en moi.

      J’ai un vrai problème personnel avec cette notion d’avortement dans le cas d’une amniocyntène qui viendrait révéler façon spoiler que ben voilà on n’est pas très sûr que l’enfant il soit tout à fait normal. Je préfère préciser que je n’ai évidemment aucun problème avec l’IVG.

      Juste pour détendre l’atmosphère, je vais vous dire que sur les trois enfants dont je suis le père et pas un peu fier en plus, deux de ces enfants présentaient des risques qui nous étaient présentés comme, inquiétants, pour ce qui est de Madeleine, aujourd’hui 17 ans, merveilleuse adolescente qui s’intéresse à tout plein de trucs et notamment à son prochain, voire rédhibitoires, les risques, pour ce qui était d’Adèle, 12 ans aujourd’hui une intelligence et une créativité remarquables de l’avis de beaucoup, en revanche le troisième enfant qui avait les meilleures statistiques, Nathan, 16 ans aujourd’hui, lui, ben il n’est pas comme les deux autres que c’en est même extrêmement compliqué au quotidien.

      Vous l’aurez compris, par bonheur, non seulement nous n’avons pas écouté les médecins ivres de leur imagerie médicale pour ce qui est des filles et par bonheur aussi, Nathan a très largement sa chance de vivre une existence dans laquelle il devrait connaître quelques bonheurs et tout cas nous en donner pas mal, en dépit de son handicap mental.

      Je vais passer rapidement sur le fait, pas besoin d’enfoncer une porte ouverte, que c’est vraiment dommage qu’effectivement, on ne donne pas davantage la parole aux personnes handicapées, entre autres choses quand on le fait on apprend tout plein de trucs, une bonne partie de ma compréhension de ce que c’est que d’être autiste me vient d’une jeune femme que je trouve extraordinaire, une certaine Amanda Baggs et notamment sa vidéo https://www.youtube.com/watch?v=JnylM1hI2jc


      In my language que je trouve vraiment merveilleuse, on se rendrait d’immenses services dans notre compréhension de nous-mêmes en donnant toute sa place à de telles expressions de l’altérité. Il ne fait aucun doute qu’une grande partie des difficultés des personnes handicapées à se faire une place qui est logiquement la leur dans notre société vient notamment de notre rapport honteux à cette altérité.

      On note au passage que c’est un standard du truc que par ailleurs une certaine frange dextrogêne de la pensée n’hésite pas à instrumentaliser le handicap pour servir leur crémerie, des fois les personnes handicapées ont les capacités pour démonter ce genre de mécanismes pervers, je pense notamment une certaine Michelle Dawson avec laquelle j’ai beaucoup appris sur le sujet.

      Dans les différents groupes et communautés de parents d’enfants handicapés, j’ai souvent heurté les sensibilités de mes compagnes et compagnons de route en leur expliquant que je n’avais aucune difficulté à admettre qu’à tout prendre j’aurais préféré que mon fils Nathan ne soit pas handicapé mental que cela correspondait à une blessure narcissique et que cela me faisait souffrir. L’image que je donne pour sous-tendre cet argument qui ne passe pas toujours hyper bien c’est que si l’on pouvait renseigner des fiches avec des cases à cocher pour ce qui est des souhaits parentaux pour l’enfant à naître, il faudrait être sacrément pervers pour cocher la case autiste en se disant que tiens cela pourrait être fun. Alors pour être honnête, oui, cela peut arriver de temps en temps que cela le soit mais ce n’est pas sans un certain revers de la médaille. Et même si c’était à refaire, comment dire… je laisserai volontiers ma part à quelqu’un d’autre.

      En revanche ce qui m’intéresse au premier chef c’est que contrairement à ce que la société me renvoie à propos de Nathan, c’est qu’il a une personnalité en plus d’être handicapé et je chéris cette personnalité, vous n’avez pas idée. Et je trouve merveilleux que cette personnalité parvienne à s’exprimer au travers de ce qui sont des obstacles majeurs à l’épanouissement. On l’aura compris je suis très fier de mes filles comme souvent un père, pour une bonne part pour ce que je suis parvenu à leur transmettre, un vrai talent pour l’empathie chez Madeleine et une créativité de tous les moments chez Adèle. Le miracle veut que j’ai aussi réussi à transmettre des tas de trucs à Nathan, par exemple un vrai goût pour le rugby et les échecs, deux domaines dans lesquels je suis désormais dépassé par lui, pour mon plus grand bonheur.

      La transmission cela ne fonctionne pas que dans le sens parent-enfant. Heureusement. Et s’il y a une chose que Nathan m’a transmise et qui fait de moi une bien meilleure personne que ce j’étais sans doute programmé pour être, c’est un vrai goût pour cette différence et la pleine réalisation des richesses qu’elle contient. Ce n’est juste pas une phrase en l’air.

      Parmi les salauds qui n’auront pas facilité l’accès au monde à Nathan il y a sa principale du collège qui un jour a tenu à Nathan ce discours extraordinaire qu’il coûtait cher à la société et qu’il était temps qu’il se comporte d’une façon plus conforme pour qu’il y ait une manière de retour sur investissement : vous n’imaginez pas ma fureur, et bien ce jour-là mon habituel esprit d’escalier m’a laissé en paix et j’ai pu expliquer calmement à cette femme que Nathan avait donné bien davantage à la société que cette dernière avait donné pour lui, que Nathan quand il était scolarisé à l’école Decroly avait été une source inépuisable d’enseignement de la différence pour ses camarades de classe et qu’il avait fait largement aussi bien avec ses potes du rugby qui sont extraordinaires avec lui depuis qu’il est arrivé au club, il y a dix ans.

      Et on voudrait se couper de tels enseignements ? En pleine crise du capitalisme ? Ce serait une très mauvaise idée.

    • La principale du collège… comment dire…
      Bravo pour ton #sang-froid. Je me rends compte que c’est ce qui me manque le plus.

      Et merci pour ton partage. J’ai une copine avec un gamin polyhandicapé de l’âge de ma fille (ils étaient ensemble au jardin d’enfants et la mienne était la seule qui voulait bien jouer avec lui : j’avais oublié depuis, mais je sais à présent à quel point sa mère ne pouvait pas oublier ce genre de petite chose). Elle se bat au quotidien pour que son fils soit le plus possible intégré dans la vie quotidienne, mais effectivement, l’une des rares réponses de la #société, c’est de parquer à l’écart, comme on le fait en fait avec pratiquement toutes les formes de #différence sans que cela ne nous semble dérangeant.

      J’aime bien cet aspect de l’esprit village qui pousse à intégrer tout le monde (enfin, surtout les natifs…) et qui fait que quand monsieur Monolecte a repris le cinéma, y avait le Kiki livré avec, un gars un peu plus vieux que nous, genre Forest Gump (les fulgurances en moins) qui avait le droit au ciné gratuit en échange de la pose des affiches en ville ou à sa gamelle au restaurant du bas, en échange de la pluche des patates.

      Bon, sa mère est morte. La tutrice lui a payé une télé (que sa mère avait toujours refusé) et on ne le voit plus parce qu’il passe sa vie devant. On espère que le nouveau proprio du resto a gardé le Kiki, sinon, il doit se nourrir de chips…

      Mais ces derniers temps, j’ai vraiment l’impression qu’on se racornit tous dans le sacro-saint esprit de #compétition et de #rentabilité maximum, et que déjà qu’il n’y a plus de place pour les gens juste « normaux », il y en a encore moins pour les autres, les différents, ceux qui ont juste besoin d’un peu plus d’attention ou de tout petits efforts…

    • Merci pour cet éloge de la différence, @philippe_de_jonckheere, et pour sa superbe conclusion.

      C’est un problème très sérieux, que les réflexions autour de la #bioéthique et notamment la critique de l’eugénisme soient complètement phagocytées par les intégristes catholiques aujourd’hui.

      Je crois aussi que la politique de dépistage pré-natal et ce qu’elle implique dans le rapport à la grossesse, à l’enfant, à la société, a un fort impact sur la manière dont les personnes porteuses d’un handicap sont perçues. La principale du collège de Nathan lui a tenu l’ignoble discours comptable de l’Etat.

    • Oui, merci.

      Il n’y a pas que pour le dépistage prénatal que ce genre de questions se posent. Je me souviens de mon professeur d’Économie publique, à la fin des années 1970 qui nous avait présenté la question des règles de réanimation néonatale. Le point de vue comptable n’était là que pour évaluer l’impact des décisions — on était certes dans les années de la RCB (Rationalisation des Choix Budgétaires), mais le critère économique n’était pas (pas encore…) le seul critère à intégrer.

      40 ans plus tard, la question de la réanimation néonatale reste un tabou complet. Il est prudent de se renseigner auprès de membres du personnel de santé sur les pratiques effectives des différents services : prolongation (ou non) de la réanimation, consultation (ou non…) des parents, etc. Avec la fin de vie, où l’on retrouve les mêmes questions, c’est peut-être le domaine dans lequel l’inégalité devant le système de soins est la plus criante. Inégalité résultant de l’accès inégal à l’information.

    • @intempestive et @monolecte La principale en question aura un jour sur son bureau un livre sur lequel je travaille, pour le moment il s’intitule les Salauds , il lui sera dédié, la diatribe sur le retour sur investissement de la société n’étant pas, et de loin, la pire des saloperies qu’elle a servie à Nathan, il y a vraiment matière à roman. Et elle n’est pas seule dans ce domaine, je dois dire que j’avais été très touché quand son instit de CP qui se piquait de théâtre avait fait travailler sa classe sur une pièce de théâtre et avait donc confié à Nathan le rôle du fou du village. Et des comme ça j’en ai quelques unes dans ma besace.

      @monolecte, puisque c’est Monsieur monolecte qui s’occupe du cinéma chez toi, tu devrais lui toucher un mot de l’opération Ciné Ma Différence , c’est une opération que l’on a un samedi sur deux ici à Fontenay, une séance du samedi après-midi spécialement ouverte aux enfants et adultes handicapés mentaux, dans laquelle les neurotypiques sont les bienvenus aussi, à condition d’accepter que la projection risque d’être augmentée notamment au niveau de la bande sonore, mais aussi de théâtre devant l’écran ou encore d’ombres chinoises et j’en passe. Je ne raterais pour rien au monde une telle séance, cela me fait un bien fou d’entendre tout ce petit monde rire, mais pas au bon moment etc...

    • Désolée de revenir, j’ai du mal avec la notion de « différence » appliquée aux handicapés, surtout « mentaux ».
      Ce n’est pas le refus de la « différence » qui met les handicapés mentaux très loin, le plus loin possible de nous, les pas handicapés mentaux (qu’on croit), c’est la peur.
      Et ça c’est sacrément plus grave, politiquement, humainement, sociétalement.
      La peur amène l’agressivité, le retour sur soi et son cadre connu, la guerre (proche, lointaine, peu de gens, beaucoup de gens).
      C’est pourquoi les politiques mettent en avant l’Autre, le danger, la peur, pour regrouper les âmes qui se retrouvent, pleines de qualité, dans leur groupe, le bon groupe (après, la définition dudit groupe c’est à peu près tout ce que vous voulez, et surtout la plupart du temps n’importe quoi).
      Les handicapés, surtout mentaux, font peur, surtout en France.
      Je le redis, c’est très différent autre part, USA, Brésil, etc.
      Une personne qui parle fort, crie à contretemps, a des gestes asynchronisés, mon Dieu que ça fait peur.
      Dit comme ça, hein, c’est con, peur de quoi ?
      Mais oui, ça fait peur parce que pour comprendre ce que dit quelqu’un qui parle à sa manière, pas très clair à tous points de vue, ben faut faire un effort, n’est-ce pas.
      Et là, c’est plus possible, en plus on devrait tendre l’oreille, regarder bien les mouvements de lèvres, les gestes, pour arriver à comprendre ce que moi je dirais en trois mots, clairs nets et précis ?
      Voilà, ça ne tient qu’à ça la peur des handicapés, surtout mentaux, et à rien de plus, en tous cas ici en France.
      Moi ce qui me fait un bien fou, c’est d’aller à l’étranger et de croiser des handicapés, mentaux, physiques, dans la rue : de voir des gens normaux, quoi.

    • @perline Bien d’accord avec toi pour l’inadéquation du terme de différent pour handicapé , c’est définitivement une manière de refus, une forme d’ostracisme. Et handicapé n’est pas un gros mot.

      Pour ce qui est de la peur, je ne suis pas certain que ce soit de la peur, je dirais davantage quelque chose qui ressemble à de la honte. Et cette honte j’ai une idée très précise de la manière dont elle pourrait être combattue, cela prendrait du temps mais cela fonctionnerait à tous les coups : intégrer les enfants handicapés de façon militante et systématique dans les établissements.

      Il y a une dizaine d’années, je crois qu’en France seulement 5%, peut-être 10%, des enfants autistes étaient scolarisés dans des d’établissements qui n’étaient pas spécialisés. En Belgique c’était 17 fois plus, je crois que l’on tournait alors aux alentours de 85%. On aura compris que les chiffres que j’avance sont à la louche mais l’ordre de grandeur est là.

      Je fais souvent le test, depuis le temps que je le fais, je regrette vraiment de n’en avoir pas gardé une trace statistique, auprès des gens de ma génération, celle des années 60, en posant la question : est-ce que tu te souviens d’un enfant handicapé dans ta classe pendant ta scolarité ? Il est arrivé une fois ou l’autre que l’on me réponde oui, et d’ailleurs chaque fois, de façon émue. Mais la plupart du temps, les gens de ma génération n’ont pas connu de camarades handicapés dans leur classe. Dans mon cas c’est tout particulièrement étonnant puisque j’ai grandi à Garches, où se trouve un hôpital de renom qui s’occupe notamment des enfants handicapés suite à un accident de la route et donc de nombreuses familles s’installent dans cette ville par ailleurs fort ennuyeuse. Et bien je n’ai jamais eu dans ma classe, de toute ma scolarité (dont certaines classes ont été approfondies), de camarade handicapé.

      En revanche je me souviens très bien d’une jeune fille dans la résidence où j’habitais qui était en fauteuil roulant, et je me souviens aussi que tous les matins un mini bus passait la prendre pour l’emmener dans son école, accompagnée de toute une troupe d’enfants dont les visages laissaient peu de doute sur la nature de leur handicap. Je me demande vraiment quelle enfance et quelle scolarité cette jeune fille a eues.

      Au contraire, dans l’école de mes enfants, l’école Decroly, connue pour sa bienveillance envers les enfants handicapés, je constate que les camarades de classe de mes deux filles n’ont aucune gêne, aucune avec Nathan, ils et elles sont habitués et se montrent à la fois bienveillants et normaux dans leur approche, les filles lui claquent la bise et les garçons le checkent et tentent des conversations de garçons (ça ne marche pas toujours). Sans compter que les quelques années que Nathan a passées dans cet établissement auront compté parmi les plus heureuses de son enfance.

      Enfin sur la question de la patience qu’il faut pour laisser le temps et l’espace à une personne handicapée mentale pour s’exprimer, ce n’est pas si simple, oui, il faut être patient, oui ça paye, mais non c’est pas humain de le faire tout le temps, certains soirs de plus grosse fatigue, il m’arrive de faire semblant d’écouter les explications confuses (et longues) de Nathan.

    • @aude_v

      En attendant, quand je vois comment avec une simple dépression tu peux finir complètement exclue ou pire, Ps (...)

      Peut-être juste que contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, y compris les mieux intentionnées une dépression c’est tout sauf simple. Ce qui rejoint le reste de la conversation de manière je trouve pertinente. Cf.peur, fainéantise et rejet de ce que l’on ne connait pas, mais aussi épuisement, découragement, passager ou plus profonds des proches et entourages. On peut aimer sa tante T21, sa girlfriend bipolaire, son amie alcoolique, son fils autiste, son père sénile, son parent dépressif (et pas déprimé), sa sœur tétraplégique etc. (fill the blanks) et devoir parfois mettre des limites, se protéger, pour pouvoir souffler et tenir sur la durée. Cela peut-être vécu comme un abandon, mais sans vouer un culte au bien-être à tout prix, à la joie obligatoire et à la performance, être ce qu’on appelle maintenant proche aidant (que je préfère à aidant proche) c’est « simplement » pas du gâteau. Et l’empathie et la bienveillance ont peu avoir là dedans. Il faut pouvoir durer aux côtés.

      PS : et dans durer, il y a...

    • Non, @philippe_de_jonckheere je n’ai évidemment pas eu d’enfant handicapé dans mes (très anciennes...) classes.
      En revanche, je me souviens très bien du livre « Babette, handicapée méchante ».
      Et quand j’y pense, rien n’a changé depuis.
      Bon, on fait quand un truc, n’importe quel truc, un truc collectif, parce que y’en a marre dans tous les sens ?
      Ca me turlupine depuis un bon moment.
      Ma fille me raconte qu’elle a vue, à Paris, une chaise roulante ne pas pouvoir monter dans deux bus, le premier ça marchait pas, le second le conducteur ne savait pas le faire marcher. Mais c’est possible ça d’être conducteur de transport en commun sans savoir faire marcher l’accès aux chaises (déjà lui-même techniquement scandaleux) ????
      La fille dans la chaise a gueulé, et une dame est passée lui disant « Ne vous énervez pas, il fait beau ».
      Ma fille est sage, polie et calme, elle n’a rien fait ni rien dit, moi, je me demande si je ne lui aurais pas fait un croche-pied à la dame.
      Peut-être qu’un petit plâtre quelques semaines l’aurait très légèrement approchée d’une sorte de handicap, in vivo ?

    • Ah oui, les handicapés dans les transports en France, c’est tout un mode d’exclusion qui est mis en place pour les chasser de l’espace public. J’ai vu un très vieux couple cet été, lui, souffrant de devoir pousser sa chaise sur les centaines de mètres de longueur du TGV, elle, dedans, bavant, suivi par un jeune homme qui tirait un chariot élévateur. 10 bonnes minutes pour la faire entrer dans le train avec son siège, comme si c’était une exception charitable. J’ai discuté avec le jeune homme qui repliait ensuite le chariot, il m’a dit que la rampe d’accès handicapé automatisée qui existait avant avait été supprimée dans les TGV. J’ai eu honte, vraiment.
      En Hongrie, j’avais été frappée de voir comment se côtoyaient dans le même bassin, des vieux décharnés, des enfants handicapés, avec au bord leur chaise roulante, des filles en bikini souriantes de jeunesse, des obèses, des malades et des ados, adultes, poilu·es, grands ou petits, accolés aux uns et aux autres pour profiter du bain d’eau ferrugineuse orange. Mais non, ce n’était pas en France, le pays des droits de l’homme bien portant.

    • @aude_v je pensais abonder dans ton sens avec le premier paragraphe de mon intervention. Le reste était dans la continuité du fil de conversation dérivé du point qui était soulevé (incompréhension & peur de l’inconnu) en relation avec des expériences de proches ou perso. Rien qui nie à mon sens ce que tu as pu traverser ou traverse encore, que je ne connais aucunement.

    • @aude_v : je plussoie ce que vient d’écrire @nicolasm (ça va de soi, mais ça fait du bien de le dire de temps en temps).

      Rares sont les groupes humains qui savent ne pas se recroqueviller dès qu’ils sentent une petite différence (qu’ils évacuent bien rapidement comme petite déficience), une faille, une manière distincte de se mouvoir et de penser ou simplement de regarder et d’être avec les autres. Les collectifs militants ou censément « éclairés » ne changent strictement rien à cela : ce sont les mêmes terribles logiques de crainte et d’efficacité qui s’appliquent - parfois même plus brutalement qu’ailleurs. Ce sont des choses que tu questionnes fort bien dans ton blog, cet individualisme, ce culte de la performance, ce cynisme libéraux, qui finissent par être parfaitement intégrés même dans les milieux qui combattent certaines formes du libéralisme.

    • Il faut bien dire aussi que nous sommes formaté·e·s à évoluer dans un parcours de vie individualiste qui, du coup, n’accepte pas le moindre « travers » (avec beaucoup de guillemets), sur sa route. Nous ne gérons pas nos vies afin d’œuvrer à l’intérêt commun de la communauté mais pour soi, au mieux pour sa cellule familiale. Dans une société où c’est l’intérêt commun qui domine, les personnes les plus vulnérables sont prises en considération par tous sans que cela soit perçu comme une « charge ». C’est encore l’#effet_capitaliste dans ses basses œuvres qui poussent à la performance et à la discrimination de celles et ceux qui sont vu par le système comme « défaillant ». Enfin je crois.

    • Une anecdote (ce n’est qu’une anecdote) : mon fils rentre en cm2 dans une classe à triple niveau cm1-cm2-ulis. Les « ulis » ce sont les enfants nécessitant un suivi particulier. Il y a aussi dans la classe deux instits différents, parce que l’instit’ principale est à 75%.
      Ma première réaction a été « 3 niveaux, 2 instits, ça démultiplie les difficultés et les pertes en ligne ». Et l’incompréhension complète avec les ulis au milieu de tout cela, je me demandais comment cela allait être possible.
      Après explication par le directeur de l’école (favoriser la mixité), et concomitance de ce fil de discussion, j’ai positivé la situation auprès de mon gamin... on verra bien. Au moins, il n’aura pas entendu un discours négatif sur cette situation et il aura été prévenu qu’il doit un respect équivalent à ces enfants en particulier comme à tous les autres.
      Par contre, à la réunion avec les parents, l’instit a marmonné au milieu de toutes ses autres explications qu’elle ne comprenait pas pour sa part ces mélanges et qu’elle est d’avis que c’est pour faire des économies. Visiblement, elle ressent cela comme une source de complication. Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      @aude_v : tu peux te réveiller, on te lit tou•te•s, mais on a parfois bien du mal à te répondre avec la même intelligence... alors on se tait ;-)

    • Caroline avait 12 ans quand je l’ai connu, moi j’en avais 8, nous étions dans la même classe. Elle était toujours souriante, même si sa bouche ne souriait qu’à moitié parce qu’elle était hémiplégique depuis un accident de la route, son retard mental ne lui permettait pas de tout comprendre rapidement. Je me souviens qu’elle restait assise pendant la gym et elle m’encourageait, je la soutenais pour qu’elle marche cahin caha et en classe, nous étions côte à côte. Les adultes s’étonnaient de notre amitié, j’ai ressenti ces regards de plus en plus présents, su que personne ne nous aiderait à rester amis et en grandissant et je suis restée dans l’ignorance de quoi faire avec elle. Je ne voulais pas de ma pitié.

      Quand elle m’a invité en 6em à son anniversaire, elle avait intégré un autre établissement, j’ai décliné l’invitation parce que moi même je me sentais (déjà) anormale et que je croyais devoir avoir des amis normaux.

    • @biggrizzly

      Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      Tout est dit, elle veut bien étudier la possibilité d’en accepter certains : elle veut bien, étudier, la possibilité, d’en, accepter, certains, quel incroyable enchâssement de conditions !

      Et sinon le truc dont tu ne te souviens plus c’est la musique : sports, arts pla et musique sont les trois mamelles de la désintégration en ULIS.

    • @philippe_de_jonckheere : Oui, voilà, c’est la musique, et l’intervenante attend que les plannings du sport soient figés pour pouvoir définir les siens.
      J’ai d’autres griefs vis à vis de cette enseignante... qui est plus dépassée par les évènements à mon sens... que réellement malveillante. Sachant qu’être dépassée parfois est aussi le signe qu’on n’en a rien à foutre.

      On est tous tellement dans notre quotidien de gens normaux qu’on ne comprend pas quand on te dit que ton gamin va devoir apprendre plus lentement du fait de ceci ou cela (le triple niveau, la cohabitation avec les ulis...). Pour comprendre, y-a qq possibilités possibilités : tu fais partie des parents d’enfant ULIS... ou... ben... euh... tu fais abstraction quelques instants de l’absurdité de cette idée selon laquelle il faut que ton gamin ne prenne aucun retard pour plus tard et tout et tout... et tu as aussi la possibilité qu’un évènement fasse passer ton propre gamin de l’autre côté de la barrière... bref, groumf. Je lis vos (tes) témoignages avec beaucoup d’intérêt.

    • et cet article qui tombe à propos
      « Les enfants sourds n’ont pas accès à l’instruction »
      http://www.liberation.fr/france/2016/09/13/les-enfants-sourds-n-ont-pas-acces-a-l-instruction_1494486

      La fameuse loi de 2005 sur le handicap a reconnu la langue des signes comme une langue à part entière et garantit aux parents le droit de scolariser leur enfant dans l’école de quartier et le choix du mode de communication utilisé en classe. Mais « dans les faits, l’Education nationale ne l’a jamais appliquée, tacle Catherine Vella. Très rares sont les enfants sourds qui ont une scolarité convenable. Ils ont le droit d’entrer dans une école mais ils n’ont pas accès à l’instruction. On ne met pas le message scolaire à la portée linguistique des élèves sourds. Najat Vallaud-Belkacem a fait toute une campagne sur la laïcité l’an dernier, qui n’a pas été sous-titrée ni traduite en langue des signes alors que c’était une campagne nationale et c’est l’affaire de tous. » Et de dénoncer la pression mise sur certaines familles pour renoncer à la langue des signes et opter pour la pose d’un implant cochléaire, qui permet d’entendre.

      https://www.youtube.com/watch?v=iTug7zspKUE

    • A Toulouse, depuis l’année dernière, pour la première fois en France, une femme sourde a réussi son CAPES Lettres contre vents et marées pour pouvoir enseigner à l’école des non sourds. C’est une belle victoire après d’âpres études, car d’après ce qu’elle m’a dit, avec son CAPES LSF passé précédemment en tant que sourde, elle n’avait le droit d’enseigner qu’à des sourds.

      http://sourds06.over-blog.com/article-35920056.html

  • La désastreuse pression de la rentabilité sur un gardien de foyer | Et voilà le travail
    http://voila-le-travail.fr/la-desastreuse-pression-de-la-rentabilite-sur-un-gardien-de-foyer

    J’ai vu ce matin Bernard âgé de 45 ans en visite de pré reprise. Il est gardien dans une association de foyers logements depuis 1990. A cette époque, la mission de l’association était de loger des adultes en grande précarité.

    A présent il s’agit de faire en sorte que les logements ne soient jamais vides. Il faut rentabiliser au maximum. Les profils des locataires ont changé aussi puisque ce sont désormais des entreprises qui louent des appartements pour leurs salariés.
    Multitâche

    Son travail est varié : ménage, entretien des espaces verts, sortie des poubelles et des encombrants, remise en état des appartements entre un départ et une arrivée, gestion des locataires parfois compliqués, travail administratif….Pour l’aider, il a toujours eu une assistante.

    Mais voilà, il y a cinq ans, sa direction lui enlève sans explication son bras droit qui serait apparemment plus utile sur un site plus grand.

    Deux choses : ce gars n’a aucun problème d’aptitude au travail. Son entreprise pratique délibérément du harcèlement moral selon les méthodes bien connues des objectifs intenables avec des moyens diminués. Et bien sûr, le dénigre systématiquement. Bref, il faut trainer ses gredins en justice.

    Mais plus important : la dérive même des objectifs de l’entreprise. Une fois de plus, on passe d’une finalité sociale (logé les très précaires) à l’absolu de la rentabilité maximum : à savoir le maximum de locataires solvables avec le minimum de moyens engagés : un gars avec 25 ans d’ancienneté est un gars à éjecter ("par la porte ou la fenêtre", pour reprendre la sinistre plaisanterie de FT) pour le remplacer par un jeune moins cher (et probablement en contrat aidé) et moins au courant des derniers droits que la nouvelle loi Travaille ! veut bien lui concéder !
    #harcèlement #travail #rentabilité #exploitation