• De la #démocratie en #Pandémie. #Santé, #recherche, #éducation

    La conviction qui nous anime en prenant aujourd’hui la parole, c’est que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l’omerta n’est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant.

    https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tracts/De-la-democratie-en-Pandemie

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    Et une citation:

    « La conviction qui nous anime en prenant aujourd’hui la parole, c’est que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des #polémiques à la #confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le #savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l’ _#omerta_ n’est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l’avenir du vivant. »

    #syndémie #désert_médical #zoonose #répression #prévention #confinement #covid-19 #coronavirus #inégalités #autonomie #état_d'urgence #état_d'urgence_sanitaire #exception #régime_d'exception #Etat_de_droit #débat_public #science #conflits #discussion_scientifique #résistance #droit #santé #grève #manifestation #déni #rationalité #peur #panique #colère #confinement #enfermement #défiance #infantilisation #indiscipline #essentiel #responsabilité #improvisation #nudge #attestation_dérogatoire_de_déplacement #libéralisme_autoritaire #autoritarisme #néolibéralisme #colloque_Lippmann (1938) #économie_comportementale #Richard_Thaler #Cass_Sunstein #neuroscience #économie #action_publique #dictature_sanitaire #consentement #acceptabilité_sociale #manufacture_du_consentement #médias #nudging #consulting #conseil_scientifique #comité_analyse_recherche_et_expertise (#CARE) #conseil_de_défense #hôpitaux #hôpital_public #système_sanitaire #éducation #destruction #continuité_pédagogique #e-santé #université #portefeuille_de_compétences #capital_formation #civisme #vie_sociale #déconfinement #austérité #distanciation_sociale #héroïsation #rhétorique_martiale #guerre #médaille_à_l'engagement #primes #management #formations_hybrides #France_Université_Numérique (#FUN) #blended_learning #hybride #Loi_de_programmation_de_la_recherche (#LPR ou #LPPR) #innovation #start-up_nation #couvre-feu #humiliation #vaccin #vaccination
    #livre #livret #Barbara_Stiegler

    • secret @jjalmad
      https://twitter.com/jjalmad/status/1557720167248908288

      Alors. Pour Stiegler je veux bien des ref si tu as ça, j’avais un peu écouté des conf en mode méfiance mais il y a un moment, sans creuser, et je me disais que je devais pousser parce qu’en effet grosse ref à gauche

      @tapyplus

      https://twitter.com/tapyplus/status/1557720905828253698

      Check son entretien avec Desbiolles chez les colibris par ex. T’as aussi ses interventions à ASI, son entretien avec Ruffin, etc. C’est une philosophe médiatique, on la voit bcp. Et elle dit bien de la merde depuis qq tps. Aussi un live de la méthode scientifique avec Delfraissy

      Je suis pas sur le PC mais je peux te lister pas mal de sources. D’autant plus pbtk parce que « réf » à gauche. Mais dans le détail elle dit de la merde en mode minimiser le virus + méconnaissance de l’antivaccinisme. Et du « moi je réfléchit » bien claqué élitiste et méprisant.

      Quelques interventions de B Stiegler (en vrac) :
      Alors la première m’avait interpellée vu qu’elle était partie en HS complet à interpeller Delfraissy sur les effets secondaires des vaccins : https://radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-methode-scientifique/et-maintenant-la-science-d-apres-8387446
      (le pauve N Martin se retrouvait sur un débat complètement HS)

      Il y a d’une part la critique politique (rapport à la démocratie en santé publique), mais pour Stiegler outre la position « le gvt en fait trop, c’est des mesures autoritaires inutiles » elle se positionne par ailleurs sur des choix

      Parler des EI des vaccins sans balancer avec les effets de la maladie. Utilisation de la santé mentale des enfants pour critiquer le port du masque à l’école, lecture de la situation où il n’y aurait que gvt vs libertay, et en omettant complètement toutes les positions développées par l’autodéfense sanitaire et les militants antivalidistes et de collectifs de patients (immunodéprimés, covid long, ...) quand ils ne vont pas dans son narratif.

      Elle met de côté toutes les lectures matérialistes de la situation et sort clairement de son champ de compétence sur certains points, tout en ne donnant que très peu de sources et de points de référence pour étayer ses propos.

      Genre elle critique la pharmacovigilance et les EI mais elle ne donne jamais aucune source ni aucune information sur les outils, méthodes et acteurs qui travaillent ces sujets. Pareil quand elle dit découvrir les critiques des vaccination. Il y a de quoi faire avec les travaux historique sur la #santé_publique et la vaccination. A t elle interrogé des spécialiste de ces sujets, notamment les spécialistes qui ne vont pas que dans le sens de son propos. Elle semble manquer cruellement de référence historique sur le sujet alors qu’elle s’en saisit et qu’elle a une aura d’#intellectuelle_de_gauche, donc plein de monde lui accorde une confiance et trouve qu’elle est très pertinente sur certains sujets. Mais sur le traitement des points techniques elle me semble plutôt à la ramasse et ce qui ne va pas dans son sens est renvoyé à la doxa gouvernementale ou technoscientiste liberale, sans apparemment regarder les contenus eux même. Et Desbiolles c’est pareil. Alla je connais moins et je l’ai entendu dire qq trucs pertinents (sur les profils des non vaccines par exemple) mais le fait qu’il cite Desbiolles devant l’opecst, alors que celle ci racontait des trucs bien limites sur les masques et les enfants, ça me met des warnings.

      Je rajouterai 2 points : 1) il y a des sujets super intéressants à traiter de trouver comment on construit une position collective sur des questions de santé publique, ni individualiste ni subissant l’autorité de l’état. Genre comment penser une réflexions sur les vaccinations (en général, pas spécifiquement covid) dans une perspective émancipatrice et libertaire, comment on fait collectif, comment on mutualise des risques, comment on se donne des contraintes individuelles pour soutenir celles et ceux qui en ont plus besoin.

      Stiegler ne fait que critiquer l’autoritarisme d’état, parle de démocratie, mais ne propose aucune piste concrète ni axe de réflexion pour développer cela. D’autres personnes le font et développent cela, et c’est des sujets non triviaux sur lesquels il est important de délibérer.

      2) Un autre point c’est son discours, comme ceux d’autres intellectuels, est surtout axé sur la partie « choix libre » de la phrase « choix libre et éclairé », et n’évoquent pas vraiment la manière dont on construit collectivement la partie « éclairé »

      Il y a des sujets super importants à traiter sur le rapport aux paroles d’expert, de la place des scientifiques dans un débat public, de la dialectique entre connaissance scientifique et choix politiques et éthiques, bref plein d’enjeux d’éducation populaire

      Ah et aussi dernier point que j’ai déjà évoqué par le passé : l’axe « liberté » sur les questions de vaccination, c’est un argument central des discours antivaccinaux, qui axent sur le fait que les individus peuvent choisir librement etc. C’est assez documenté et c’est par exemple un registre argumentaire historique de la Ligue Nationale Pour la Liberté de Vaccination (LNPLV), qui défend le rapport au choix, défendant les personnes qui ont refusé les vaccinations obligatoires. Mais sous couvert de nuance et de démocratie, ce sont des positions antivaccinales assez claires qui sont défendues. Ce truc de la nuance et de la liberté, tu la retrouves par exemple également chez les anthroposophes (j’en parlais récemment dans un thread).

      j’ai enfin compris pourquoi on dit intellectuel de gauche : c’est pour indiquer avec quel pied leur marcher dessus.

  • En #Turquie, la #dissidence a une voix de femme

    Alors que le régime du Président #Recep_Tayyip_Erdogan réprime les avocats, les médecins, les journalistes, les Kurdes, la communauté LGBT… les femmes donnent de la voix dans la rue, les médias et sur les réseaux sociaux.

    En savoir plus

    Invisibles sur le marché du travail, elles sont quantité négligeable au gouvernement, avec deux ministres femmes sur seize, et, à peine plus visible au Parlement, avec 17 % de députés femmes. Fortement incitées à mettre au monde trois enfants minimum, mariées à leurs violeurs, harcelées, trainées devant la justice, régulièrement emprisonnées et rouées de coups pour un tweet, le régime fait tout pour étouffer leur désir d’émancipation.

    Elles ont beau être systématiquement qualifiées de terroristes dès lors qu’elles expriment un avis contraire à celui du gouvernement, les gaz lacrymogènes ne les font pas taire. Elles sont à la pointe de la dissidence qui dépasse les clivages entre religieuses et laïques, et inclut dans ses rangs des femmes conservatrices, ayant voté ou non pour l’AKP. Zynep Duguy témoigne du ralliement toujours plus nombreux de femmes de toutes catégories sociales et religieuses dans les manifestations : “Auparavant, les femmes musulmanes ne participaient pas aux manifestations, mais maintenant on en voit de plus en plus. Il y a aussi des femmes de différentes classes sociales qui y viennent. C’est devenu un lieu où même les femmes de ménage sentent qu’elles ont leur place. Alors, elles viennent manifester, parce que désormais, avec la crise, la charge économique pèse encore plus sur les épaules des femmes. La crise économique ainsi que toutes les politiques prohibitives ont poussé les femmes à se rassembler. Elles sont de plus en plus nombreuses aux opinions et aux identités différentes, issues de tous les milieux sociaux.”

    Ipek Bozkurt, explique l’importance de ces manifestations pour les femmes : “L’espace public donne aux femmes et à toutes les minorités une chance de se connecter, de discuter de leurs problèmes et de produire de la solidarité. Face à ce système qui veut nous faire croire que nous sommes seuls face à nos soucis individuels. L’occupation de l’espace public est certainement la condition nécessaire à l’émancipation des femmes. “

    Peut-être est-ce pour cette détermination infaillible que les femmes font peur aux hommes au pouvoir en Turquie. Cette peur expliquerait la décision du président Recep Tayyip Erdogan, décrétée en mars 2021 de faire sortir la Turquie de la Convention d’Istanbul, un traité international qui engage les signataires à prendre des mesures contre les violences faites aux femmes.

    Une décision de se retirer de la Convention qui est très politique pour Ipek Bozkurt :"Le taux de féminicides est en corrélation avec celui des inégalités de genre. Les hommes turcs savent qu’ils peuvent s’en tirer avec peu ou pas de punition s’ils tuent ou blessent une femme, et que ce ne sera pas la fin de leur vie. Cette confiance dans le système vient de ces politiques qui ne protègent pas les femmes. En décidant de se retirer de la Convention d’Istanbul ils rendent possible la violence et la favorisent. Voilà pourquoi c’est politique”.

    Des dizaines de milliers de manifestantes sont alors descendues dans la rue pendant plusieurs semaines à travers la Turquie pour protester contre cette décision. Depuis, la mobilisation continue et leurs combats transversaux se rejoignent sur la place publique pour dénoncer les politiques économiques, sanitaires, les violences faites aux femmes, et la répression envers les minorités kurdes ou LGBT.

    Ensemble elles crient, elles rient, elles pleurent, elles chantent face à la Police. Et ce mouvement puissant et courageux fait peur aux hommes comme l’explique Zeynep Dupuy : “Il fait peur à Erdogan, à l’ensemble du parti de l’AKP et au-delà à la majorité des hommes hétérosexuels. Ils craignent les femmes turques en Turquie. Même dans les périodes les plus dures où personne n’avait le droit de sortir dans la rue, les organisations de femmes n’ont pas cessé de manifester. Malgré de multiples intimidations, les femmes sont encore dans la rue et je suis sûre qu’ils ont peur des femmes, car ils nous voient comme dangereuses”.

    Une affirmation que soutient aussi Fatma Cetinkaya : “Le gouvernement a très peur des femmes, et c’est tant mieux. Qu’il tremble ! Si les femmes font entendre leur voix, croyez-moi, ce gouvernement patriarcal ne tiendra pas.” Néanmoins, elle rappelle que le combat est loin d’être fini : “Nous devons crier plus fort encore pour nous faire entendre. Si les femmes font entendre leur voix, elles ne seront plus persécutées à la maison. Si les femmes font entendre leur voix, elles ne seront plus tuées. Si elles se taisent, elles seront reléguées au second plan. Les femmes doivent faire entendre leur voix. Et je serai de tous les endroits où les femmes feront entendre leur voix”.

    Un documentaire de Pauline Maucort, réalisé par Julie Beressi.

    Avec :

    #Zeynep_Duguy, féministe musulmane, militante des droits humains, activiste sur tweeter et dans la rue

    #Ipek_Bozkurt, avocate pour la plateforme Stop aux féminicides

    #Fatma_Çetinkaya, mère de famille dénonçant la vie chère et harcelée sur les réseaux sociaux

    #Filiz_Demiral, mère d’une jeune femme victime de féminicide

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/en-turquie-la-dissidence-a-une-voix-de-femme-9890171

    #femmes #résistance #répression #religion #féminisme #Erdogan #liberté #dette #pauvreté #inégalités
    #podcast #audio

  • « Les #réfugiés sont les #cobayes des futures mesures de #surveillance »

    Les dangers de l’émigration vers l’Europe vont croissant, déplore Mark Akkerman, qui étudie la #militarisation_des_frontières du continent depuis 2016. Un mouvement largement poussé par le #lobby de l’#industrie_de_l’armement et de la sécurité.

    Mark Akkerman étudie depuis 2016 la militarisation des frontières européennes. Chercheur pour l’ONG anti-militariste #Stop_Wapenhandel, il a publié, avec le soutien de The Transnational Institute, plusieurs rapports de référence sur l’industrie des « #Safe_Borders ». Il revient pour Mediapart sur des années de politiques européennes de surveillance aux frontières.

    Mediapart : En 2016, vous publiez un premier rapport, « Borders Wars », qui cartographie la surveillance aux frontières en Europe. Dans quel contexte naît ce travail ?

    Mark Akkerman : Il faut se rappeler que l’Europe a une longue histoire avec la traque des migrants et la sécurisation des frontières, qui remonte, comme l’a montré la journaliste d’investigation néerlandaise Linda Polman, à la Seconde Guerre mondiale et au refus de soutenir et abriter des réfugiés juifs d’Allemagne. Dès la création de l’espace Schengen, au début des années 1990, l’ouverture des frontières à l’intérieur de cet espace était étroitement liée au renforcement du contrôle et de la sécurité aux frontières extérieures. Depuis lors, il s’agit d’un processus continu marqué par plusieurs phases d’accélération.

    Notre premier rapport (https://www.tni.org/en/publication/border-wars) est né durant l’une de ces phases. J’ai commencé ce travail en 2015, au moment où émerge le terme « crise migratoire », que je qualifierais plutôt de tragédie de l’exil. De nombreuses personnes, principalement motivées par la guerre en Syrie, tentent alors de trouver un avenir sûr en Europe. En réponse, l’Union et ses États membres concentrent leurs efforts sur la sécurisation des frontières et le renvoi des personnes exilées en dehors du territoire européen.

    Cela passe pour une part importante par la militarisation des frontières, par le renforcement des pouvoirs de Frontex et de ses financements. Les réfugiés sont dépeints comme une menace pour la sécurité de l’Europe, les migrations comme un « problème de sécurité ». C’est un récit largement poussé par le lobby de l’industrie militaire et de la sécurité, qui a été le principal bénéficiaire de ces politiques, des budgets croissants et des contrats conclus dans ce contexte.

    Cinq ans après votre premier rapport, quel regard portez-vous sur la politique européenne de sécurisation des frontières ? La pandémie a-t-elle influencé cette politique ?

    Depuis 2016, l’Europe est restée sur la même voie. Renforcer, militariser et externaliser la sécurité aux frontières sont les seules réponses aux migrations. Davantage de murs et de clôtures ont été érigés, de nouveaux équipements de surveillance, de détection et de contrôle ont été installés, de nouveaux accords avec des pays tiers ont été conclus, de nouvelles bases de données destinées à traquer les personnes exilées ont été créées. En ce sens, les politiques visibles en 2016 ont été poursuivies, intensifiées et élargies.

    La pandémie de Covid-19 a certainement joué un rôle dans ce processus. De nombreux pays ont introduit de nouvelles mesures de sécurité et de contrôle aux frontières pour contenir le virus. Cela a également servi d’excuse pour cibler à nouveau les réfugiés, les présentant encore une fois comme des menaces, responsables de la propagation du virus.

    Comme toujours, une partie de ces mesures temporaires vont se pérenniser et on constate déjà, par exemple, l’évolution des contrôles aux frontières vers l’utilisation de technologies biométriques sans contact.

    En 2020, l’UE a choisi Idemia et Sopra Steria, deux entreprises françaises, pour construire un fichier de contrôle biométrique destiné à réguler les entrées et sorties de l’espace Schengen. Quel regard portez-vous sur ces bases de données ?

    Il existe de nombreuses bases de données biométriques utilisées pour la sécurité aux frontières. L’Union européenne met depuis plusieurs années l’accent sur leur développement. Plus récemment, elle insiste sur leur nécessaire connexion, leur prétendue interopérabilité. L’objectif est de créer un système global de détection, de surveillance et de suivi des mouvements de réfugiés à l’échelle européenne pour faciliter leur détention et leur expulsion.

    Cela contribue à créer une nouvelle forme d’« apartheid ». Ces fichiers sont destinés certes à accélérer les processus de contrôles aux frontières pour les citoyens nationaux et autres voyageurs acceptables mais, surtout, à arrêter ou expulser les migrantes et migrants indésirables grâce à l’utilisation de systèmes informatiques et biométriques toujours plus sophistiqués.

    Quelles sont les conséquences concrètes de ces politiques de surveillance ?

    Il devient chaque jour plus difficile et dangereux de migrer vers l’Europe. Parce qu’elles sont confrontées à la violence et aux refoulements aux frontières, ces personnes sont obligées de chercher d’autres routes migratoires, souvent plus dangereuses, ce qui crée un vrai marché pour les passeurs. La situation n’est pas meilleure pour les personnes réfugiées qui arrivent à entrer sur le territoire européen. Elles finissent régulièrement en détention, sont expulsées ou sont contraintes de vivre dans des conditions désastreuses en Europe ou dans des pays limitrophes.

    Cette politique n’impacte pas que les personnes réfugiées. Elle présente un risque pour les libertés publiques de l’ensemble des Européens. Outre leur usage dans le cadre d’une politique migratoire raciste, les technologies de surveillance sont aussi « testées » sur des personnes migrantes qui peuvent difficilement faire valoir leurs droits, puis introduites plus tard auprès d’un public plus large. Les réfugiés sont les cobayes des futures mesures de contrôle et de surveillance des pays européens.

    Vous pointez aussi que les industriels qui fournissent en armement les belligérants de conflits extra-européens, souvent à l’origine de mouvements migratoires, sont ceux qui bénéficient du business des frontières.

    C’est ce que fait Thales en France, Leonardo en Italie ou Airbus. Ces entreprises européennes de sécurité et d’armement exportent des armes et des technologies de surveillance partout dans le monde, notamment dans des pays en guerre ou avec des régimes autoritaires. À titre d’exemple, les exportations européennes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord des dix dernières années représentent 92 milliards d’euros et concernent des pays aussi controversés que l’Arabie saoudite, l’Égypte ou la Turquie.

    Si elles fuient leur pays, les populations civiles exposées à la guerre dans ces régions du monde se retrouveront très certainement confrontées à des technologies produites par les mêmes industriels lors de leur passage aux frontières. C’est une manière profondément cynique de profiter, deux fois, de la misère d’une même population.

    Quelles entreprises bénéficient le plus de la politique européenne de surveillance aux frontières ? Par quels mécanismes ? Je pense notamment aux programmes de recherches comme Horizon 2020 et Horizon Europe.

    J’identifie deux types d’entreprises qui bénéficient de la militarisation des frontières de l’Europe. D’abord les grandes entreprises européennes d’armement et de sécurité, comme Airbus, Leonardo et Thales, qui disposent toutes d’une importante gamme de technologies militaires et de surveillance. Pour elles, le marché des frontières est un marché parmi d’autres. Ensuite, des entreprises spécialisées, qui travaillent sur des niches, bénéficient aussi directement de cette politique européenne. C’est le cas de l’entreprise espagnole European Security Fencing, qui fabrique des fils barbelés. Elles s’enrichissent en remportant des contrats, à l’échelle européenne, mais aussi nationale, voire locale.

    Une autre source de financement est le programme cadre européen pour la recherche et l’innovation. Il finance des projets sur 7 ans et comprend un volet sécurité aux frontières. Des programmes existent aussi au niveau du Fonds européen de défense.

    Un de vos travaux de recherche, « Expanding the Fortress », s’intéresse aux partenariats entre l’Europe et des pays tiers. Quels sont les pays concernés ? Comment se manifestent ces partenariats ?

    L’UE et ses États membres tentent d’établir une coopération en matière de migrations avec de nombreux pays du monde. L’accent est mis sur les pays identifiés comme des « pays de transit » pour celles et ceux qui aspirent à rejoindre l’Union européenne. L’Europe entretient de nombreux accords avec la Libye, qu’elle équipe notamment en matériel militaire. Il s’agit d’un pays où la torture et la mise à mort des réfugiés ont été largement documentées.

    Des accords existent aussi avec l’Égypte, la Tunisie, le Maroc, la Jordanie, le Liban ou encore l’Ukraine. L’Union a financé la construction de centres de détention dans ces pays, dans lesquels on a constaté, à plusieurs reprises, d’importantes violations en matière de droits humains.

    Ces pays extra-européens sont-ils des zones d’expérimentations pour les entreprises européennes de surveillance ?

    Ce sont plutôt les frontières européennes, comme celle d’Evros, entre la Grèce et la Turquie, qui servent de zone d’expérimentation. Le transfert d’équipements, de technologies et de connaissances pour la sécurité et le contrôle des frontières représente en revanche une partie importante de ces coopérations. Cela veut dire que les États européens dispensent des formations, partagent des renseignements ou fournissent de nouveaux équipements aux forces de sécurité de régimes autoritaires.

    Ces régimes peuvent ainsi renforcer et étendre leurs capacités de répression et de violation des droits humains avec le soutien de l’UE. Les conséquences sont dévastatrices pour la population de ces pays, ce qui sert de moteur pour de nouvelles vagues de migration…

    https://www.mediapart.fr/journal/international/040822/les-refugies-sont-les-cobayes-des-futures-mesures-de-surveillance

    cité dans l’interview, ce rapport:
    #Global_Climate_Wall
    https://www.tni.org/en/publication/global-climate-wall
    déjà signalé ici: https://seenthis.net/messages/934948#message934949

    #asile #migrations #complexe_militaro-industriel #surveillance_des_frontières #Frontex #problème #Covid-19 #coronavirus #biométrie #technologie #Idemia #Sopra_Steria #contrôle_biométrique #base_de_données #interopérabilité #détection #apartheid #informatique #violence #refoulement #libertés_publiques #test #normalisation #généralisation #Thales #Leonardo #Airbus #armes #armements #industrie_de_l'armement #cynisme #Horizon_Europe #Horizon_2020 #marché #business #European_Security_Fencing #barbelés #fils_barbelés #recherche #programmes_de_recherche #Fonds_européen_de_défense #accords #externalisation #externalisation_des_contrôles_frontaliers #Égypte #Libye #Tunisie #Maroc #Jordanie #Liban #Ukraine #rétention #détention_administrative #expérimentation #équipements #connaissance #transfert #coopérations #formations #renseignements #répression

  • Pays-Bas : … Sur quoi débouchera le mouvement de colère des agriculteurs ?
    https://www.rtbf.be/article/pays-bas-soutenu-par-des-organisations-complotistes-sur-quoi-debouchera-le-mouv

    Jusqu’où ira la colère des agriculteurs aux Pays-Bas ? Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte évoquait jeudi soir sur Twitter des « actions dangereuses » auxquelles il demandait aux agriculteurs de « mettre fin ».

    Les actions des agriculteurs ont en effet pris une nouvelle tournure ces derniers jours : jeudi ils ont bloqué des routes importantes du centre et de l’est du pays avec des ballots de foin enflammés, du sable, du fumier mais aussi des déchets. https://www.rtbf.be/article/plan-azote-aux-pays-bas-les-agriculteurs-toujours-en-colere-bloquent-une-autoro. Dont des déchets amiantés.


    La présence d’amiante et le risque accru d’accident pour les automobilistes ont mené le Premier ministre néerlandais à commenter, sur Twitter : « les manifestations d’un petit groupe d’agriculteurs sur les autoroutes hier et ce matin sont inacceptables. Mettre sauvagement les autres en danger, endommager nos infrastructures et menacer les gens qui aident à déblayer est au-delà de toutes les limites ». Mark Rutte poursuit : « ces actions dangereuses doivent s’arrêter. Il y a de nombreuses manières d’exprimer votre mécontentement dans la légalité ».

    . . . . . .

    La source de la colère : le « Plan azote » néerlandais
    La colère des agriculteurs a éclaté lorsque la Ministre chargée de la Nature et de l’azote, Christianne van der Wal, a communiqué le "plan azote" du gouvernement néerlandais.

    L’azote est un fertilisant indispensable pour les cultures : on le trouve dans le lisier et le fumier, fertilisants naturels. Ou dans les engrais chimiques, les engrais dits « azotés ». Mais épandus en trop grande quantité, l’usage de ces fertilisants en arrive à altérer la biodiversité, la qualité des eaux de rivière notamment. Et ils libèrent un gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote qui contribue au changement climatique.

    Ce sont les grandes exploitations d’élevage intensif qui sont les plus grandes émettrices d’azote, comme les grandes porcheries intensives, nombreuses aux Pays-Bas : le pays de 17 millions d’habitants compte 12 millions de porcs. Les Pays-Bas, deuxième exportateur agricole au monde après les Etats-Unis, sont un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en Europe – et d’azote en particulier.

    Le gouvernement néerlandais, par son plan, a pris la mesure du dérèglement climatique et du déclin de la biodiversité. Mais ce faisant, il impose au secteur agricole un changement drastique : réduire de 40% les émissions d’azote des fermes, ce qui impliquerait une baisse de 30% du bétail.

    La baisse des émissions doit même atteindre 70% dans 131 zones, là où les fermes se situent à proximité d’une zone classée "Natura 2000" : cette baisse revient à fermer des exploitations. D’où la colère d’un secteur déjà en mal de rentabilité et sous pression depuis des années.

    Mais cette colère prend donc une tournure qui inquiète les autorités néerlandaises.

    Sorties de route
    Ce n’est pas la première fois que les agriculteurs en manifestation épandent du fumier, font paître leurs vaches dans les parterres du parlement ou bloquent les routes avec leurs tracteurs.
    Mais le déversement actuel de détritus et d’obstacles sur les routes a déjà provoqué 4 accidents, l’un d’eux ayant coûté la vie à un motard, au mois de juin. Et il devient plus difficile de trouver une société pour déblayer des monticules, d’abord parce que certains contiennent de l’amiante, mais aussi parce que les gérants de ces sociétés appréhendent d’éventuelles répercussions de ce nettoyage : selon une enquête de la télévision néerlandaise NOS, un petit groupe d’agriculteurs radicaux se communique les numéros de téléphone des entreprises de déblaiement et multiplie les appels d’intimidations.

    Intimidation aussi de la Ministre qui a communiqué « Plan azote » gouvernemental. Un homme a été interpellé pour avoir circulé avec un camion tagué d’un message menaçant. Le message mentionnait les noms de Pim Fortuyn et de Theo van Gogh flanqués de leurs dates de mort, deux Néerlandais assassinés dans les années 2000. Et sous leurs noms, celui de la ministre avec un point d’interrogation en guise de date.
    . . . . .
    #Pays_Bas #Hollande #agriculteurs #paysans #agriculture #manifestation #pollution #police #violence #violences_policiéres #manifestations #wef #davos #répression #alimentation #globalisation_4.0 #klaus_schwab #économie

  • L’Union européenne a discrètement fourni au Maroc de puissants systèmes de piratage des téléphones
    https://disclose.ngo/fr/article/union-europeenne-a-discretement-fourni-au-maroc-de-puissants-systemes-de-p

    Pour renforcer le contrôle des migrants, l’Union européenne a fourni à la police marocaine des logiciels d’extraction de données des téléphones. Faute de contrôle, ces technologies pourraient servir à accentuer la surveillance des journalistes et défenseurs des droits humains au Maroc. Lire l’article

    • Délits d’opinions, harcèlements, intimidations policières. Au Maroc, la répression contre celles et ceux qui contestent le régime s’est durement intensifiée. Abdellatif Hamamouchi, 28 ans, en a fait les frais. Un soir de juillet 2018, le journaliste et militant de l’Association marocaine des droits humains a fait l’objet d’une violente agression. Des hommes qui appartenaient selon lui à la police politique du régime l’ont « battu et jeté par terre » avant de lui prendre son téléphone portable. « Ils n’ont pris que mon téléphone, se souvient-il. Grâce à lui, ils ont pu avoir accès à mes e-mails, ma liste de contacts, mes échanges avec mes sources. » Comme lui, une dizaine de journalistes et militants marocains dont nous avons recueilli le témoignage expliquent s’être vu confisquer leurs téléphones à la suite d’une arrestation arbitraire. Selon eux, cette pratique obéirait à un unique objectif : renforcer le fichage des opposants présumés en collectant un maximum d’informations personnelles. Un contrôle qui, depuis 2019, pourrait être facilité par le soutien technologique et financier de l’Union européenne.

      Disclose, en partenariat avec l’hebdomadaire allemand Die Spiegel, révèle que l’UE a livré au Royaume du Maroc des puissants systèmes de surveillance numérique. Des logiciels conçus par deux sociétés spécialisées dans le piratage des téléphones et l’aspiration de données, MSAB et Oxygen forensic, avant d’être livrés aux autorités marocaines par Intertech Lebanon, une société franco-libanaise, sous la supervision du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD). Objectif de ce transfert de technologies financé sur le budget du « programme de gestion des frontières pour la région Maghreb » de l’UE : lutter contre l’immigration irrégulière et le trafic d’êtres humains aux portes de l’UE.

      Selon des documents obtenus par Disclose et Die Spiegel auprès des institutions européennes, la société MSAB, d’origine suédoise, a fourni à la police marocaine un logiciel baptisé XRY capable de déverrouiller tous types de smartphones pour en extraire les données d’appels, de contacts, de localisation, mais aussi les messages envoyés et reçus par SMS, WhatsApp et Signal. Quant à Oxygen forensic, domiciliée pour sa part aux Etats-Unis, elle a livré un système d’extraction et d’analyse de données baptisé « Detective » (https://www.oxygen-forensic.com/uploads/doc_guide/Oxygen_Forensic_Detective_Getting_Started.pdf). Sa spécificité ? Contourner les verrouillages d’écran des appareils mobiles afin d’aspirer les informations stockées dans le cloud (Google, Microsoft ou Apple) ou les applications sécurisées de n’importe quel téléphone ou ordinateur. La différence notable avec le logiciel Pegasus, les deux logiciels nécessitent d’accéder physiquement au mobile à hacker, et ne permet pas de surveillance à distance.
      La police marocaine formée au piratage numérique

      A l’achat des logiciels et des ordinateurs qui vont avec, l’Union européenne a également financé des sessions de formations dispensées aux forces de police marocaine par les collaborateurs d’Intertech et les salariés de MSAB et Oxygen Forensic. Mais ce n’est pas tout. Selon des documents internes obtenus par l’ONG Privacy International, l’Europe a aussi envoyé ses propres experts issus du Collège européen de police, le CEPOL, pour une formation de quatre jours à Rabat entre le 10 et le 14 juin 2019. Au programme : sensibilisation à « la collecte d’information à partir d’Internet » ; « renforcement des capacités d’investigation numérique », introduction au « social hacking », une pratique qui consiste à soutirer des informations à quelqu’un via les réseaux sociaux.
      Contrôle inexistant

      Reste à savoir si ces outils de surveillance sont réellement, et exclusivement, utilisés à des fins de lutte contre l’immigration illégale. Or, d’après notre enquête, aucun contrôle n’a jamais été effectué. Que ce soit de la part des fabricants ou des fonctionnaires européens. Dit autrement, le Maroc pourrait décider d’utiliser ses nouvelles acquisitions à des fins de répression interne sans que l’Union européenne n’en sache rien. Un risque d’autant plus sérieux, selon des chercheurs en sécurité numérique joints par Disclose, que les logiciels XRY et Detective ne laissent pas de traces dans les appareils piratés. A la grande différence d’une autre technologie bien connue des services marocains : le logiciel israélien Pegasus, qui permet de pirater un appareil à distance. Le système Pegasus a été massivement employé par le Maroc dans le but d’espionner des journalistes, des militants des droits humains et des responsables politiques étrangers de premier plan, comme l’a révélé le consortium de journalistes Forbidden Stories (https://forbiddenstories.org/fr/case/le-pegasus-project) en 2021. Avec les solutions XRY et Detective, « dès que vous avez un accès physique à un téléphone, vous avez accès à tout », souligne Edin Omanovic, membre de l’ONG Privacy international. Un élément qu’il estime « inquiétant », poursuit-il, « dans un contexte où les autorités ciblent les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes ».

      Afin de garantir que le matériel ne sera pas détourné de son objet officiel, la Commission européenne, sollicitée par Disclose, affirme qu’un document d’engagement a été signé par les autorités marocaines – il ne nous a pas été transmis. D’après un porte-parole, ledit document mentionnerait l’usage de ces technologies dans le seul but de lutter « contre le trafic d’êtres humains ». Rien d’autre ? « L’UE fait confiance à Rabat pour respecter son engagement, c’est de sa responsabilité », élude le porte-parole.En réalité, ce transfert de technologies devrait faire l’objet d’une attention particulièrement accrue. Pour cause : les systèmes fournis par l’UE sont classés dans la catégorie des biens à double usage (BDU), c’est-à-dire des biens qui peuvent être utilisés dans un contexte militaire et civil. Ce type d’exportation est même encadré par une position commune de l’UE, datée de 2008. Celle-ci stipule que le transfert des biens à double usage est interdit dès lors qu’il « existe un risque manifeste » que le matériel livré puisse être utilisé à des fins de « répression interne ». Un risque largement établi dans le cas marocain, comme l’a démontré l’affaire Pegasus.

      Contactés, MSAB et Oxygen Forensic ont refusé de nous répondre. Même chose du côté des régulateurs suédois et américains sur les exportations de biens à double usage. Alexandre Taleb, le PDG d’Intertech, la société responsable du déploiement des technologies, a été plus loquace. « Mes clients savent ce qu’ils achètent, je n’ai pas à les juger. Ils ont plus de 400 millions d’habitants qui peuvent s’en charger, déclare-t-il. Si le Maroc a des problèmes démocratiques, c’est une chose, mais nos outils ne sont pas la cause de ces problèmes ». Pour ce marché, Intertech a empoché près de 400 000 euros.

      Au parlement européen, ces exportations sont loin de faire l’unanimité. « Sous prétexte de sécuriser nos frontières, nous ne pouvons pas nous contenter des promesses d’un régime autoritaire, déplore ainsi l’eurodéputée Markéta Gregorová (groupe des Verts). C’est une négligence délibérée et moralement inacceptable de la part de l’Europe ». Une négligence qui passe d’autant plus mal que la société MSAB a été accusée (https://theintercept.com/2021/06/14/myanmar-msab-eu-technology-regulation) d’avoir équipé la police birmane en 2019, à un moment où des exactions contre des civils étaient connues et documentées.

      #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Maroc #UE #EU #surveillance_numérique #complexe_militaro-industriel #surveillance #répression #logiciels #aspiration_des_données #piratage_des_téléphones #MSAB #Oxygen_forensic #Intertech_Lebanon #Centre_international_pour_le_développement_des_politiques_migratoires (#ICMPD) #technologie #transfert_de_technologies #gestion_des_frontières #frontières #contrôles_frontaliers #programme_de_gestion_des_frontières_pour_la_région_Maghreb #XRY #detective #Pegasus #téléphones_portables #smartphone #piratage_numérique #Collège_européen_de_police (#CEPOL) #formation #police #social_hacking #hacking #réseaux_sociaux #biens_à_double_usage (#BDU) #répression_interne #Alexandre_Taleb

  • Netherland: A fire has spread rapidly at a “picnic” facility in Almelo, supermarket funded by the Bill and Melinda Gates foundation

    https://www.youtube.com/watch?v=_QvuMcoyfw4

    Picnic in the Netherlands, is a supermarket company funded by the Bill and Melinda Gates foundation that delivers groceries with small electric cars.

     #bill_gates #en_vedette #actualités_internationales #santé #philanthrocapitalisme #philanthropie #fondation_gates #capitalisme #microsoft #gates #Pays_Bas #Hollande #manifestations

    • État et multinationales détournent la chaîne alimentaire
      Publié en ligne sur le site de De andere krant, Pays-Bas, 9 juillet 2022.(1)

      Pas beaucoup de bruit dans les médias du pouvoir autour de ce qu’il se passe en Hollande. Normal, les agriculteurs se révoltent contre les plans du Forum économique mondial que leur gouvernement met en place docilement. Sous prétexte de l’augmentation de la population et de la nécessité de nourrir 10 milliards de personnes bientôt, l’agriculture 2.0 est prisée, au détriment de la traditionnelle, celle où l’on met encore ses mains dans la terre. Un article de nos collègues hollandais, avec leur aimable accord de le reproduire ici.

      Le gouvernement néerlandais travaille en étroite collaboration avec le Forum économique mondial (WEF) pour réformer radicalement le secteur alimentaire. Les Pays-Bas sont l’araignée dans la toile d’une chaîne alimentaire mondiale qui n’a pas encore été formée, qui est contrôlée par les soi-disant WEF Food Innovation Hubs. Le siège social est situé à Wageningen. Le rôle de l’agriculteur traditionnel dans les plans du WEF est marginal.

      Le WEF, le club d’élite des multinationales et des dirigeants politiques basé à Davos, a établi des pôles d’innovation alimentaire dans le monde entier. « Des plateformes de partenariat multipartites basées sur le marché visant à renforcer les écosystèmes d’innovation locaux », c’est ainsi que le WEF les décrit. Ils doivent s’assurer que la chaîne alimentaire est préparée pour l’avenir.

      Selon le WEF, une réforme radicale du système alimentaire est nécessaire pour qu’il n’y ait plus de faim dans le monde d’ici 2030. Il reste encore du chemin à parcourir, car à l’heure actuelle « près de deux milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation saine, nutritive et adéquate et 690 millions de personnes meurent de faim ».

      Pour résoudre le problème, un « plan global » a été mis en place en 2020 – hors parlement. Les Pays-Bas y jouent un rôle de premier plan. Le European Food Innovation Hub du WEF et même le secrétariat mondial des Hubs sont situés à Wageningen. Le WEF travaille en collaboration avec l’Université de Wageningen (WUR) et avec la plateforme d’innovation alimentaire Food Valley NL sponsorisée par la province de Gelderland. Le plan laisse peu de place aux agriculteurs traditionnels. Le WEF se concentre principalement sur les partenariats public-privé avec les grandes entreprises. Food Valley NL en est un bon exemple : elle est financée par la province de Gelderland, est présidée par l’ancienne ministre Edith Schippers (VVD) — qui est également présidente de la multinationale alimentaire DSM — et compte des entreprises telles que Jumbo, Aldi, HAK, Rabobank et DSM comme membres. « Le rôle des entreprises du secteur alimentaire doit être stimulé pour créer des solutions évolutives », a déclaré le Premier ministre Rutte lors d’une réunion Zoom du WEF l’année dernière.

      Rutte a fait sa déclaration lors d’une réunion Zoom avec le titre révélateur « Transformer les systèmes alimentaires et l’utilisation des terres », où il a déclaré que le secrétariat mondial des pôles alimentaires avait été attribué à notre pays par le WEF, après que les Pays-Bas aient déjà été désignés comme le quartier général des pays européens. La coordination est entre les mains de l’Université de Wageningen.

      Parce que la plupart des médias rapportent peu ou rien sur le plan du WEF — même maintenant que le débat entre les agriculteurs et les politiques est devenu houleux —, il semble que ce ne soit pas la réalité, ou tout au plus une théorie du complot. Cependant, l’engagement envers le plan et les objectifs dirigés par le WEF a déjà été ouvertement proclamé par l’ancienne ministre de l’Agriculture Carola Schouten, ainsi que par le Premier ministre lui-même. Les accords sur les Food Hubs sont même scellés dans des contrats juridiquement contraignants, comme l’a montré le Forum pour la démocratie l’année dernière après des questions parlementaires à Schouten. Lors de réunions avec le WEF, Rutte lui-même a laissé entendre que la transformation de la chaîne alimentaire battait son plein. « Les World Economic Food Innovation Hubs permettent de connecter les actionnaires régionaux (ce que le WEF appelle les soi-disant parties prenantes, ndlr) pour intensifier les innovations », a déclaré Rutte. Il est remarquable que de nombreuses entreprises du secteur industriel et technologique en particulier apportent une contribution majeure aux plans de réforme du secteur alimentaire.

      Le gouvernement et le WEF disent qu’il faut produire plus de nourriture, car « la croissance attendue de la population mondiale (à 10 milliards en 2050, ndlr) et les conséquences de la crise climatique ne font qu’accroître l’urgence de l’insécurité alimentaire actuelle », comme indiqué dans un article du gouvernement l’année dernière. Pourquoi alors chasser ces agriculteurs de la terre, comme le fait maintenant ouvertement le gouvernement néerlandais ? Plus de nourriture sur moins de terres agricoles, est-ce possible ? Oui, on a pensé à quelque chose : l’agriculture verticale, c’est-à-dire l’agriculture qui monte. « Agriculture verticale. Est-ce l’avenir de l’agriculture ? », le WEF pose une question rhétorique. Une vidéo montre comment la start-up danoise Nordic Harvest à Copenhague a aménagé un entrepôt de 75.000 mètres carrés de manière à ce que les aliments puissent être cultivés en quatorze couches empilées les unes sur les autres. Des points forts technologiques tels que l’éclairage LED, les mécanismes rotatifs et l’arrosage avec des capteurs garantissent que les cultures poussent dans « les conditions parfaites ».

      « Notre productivité est extrêmement élevée et nous laissons une petite empreinte », a déclaré David Rosenberg, PDG d’Aerofarming, qui qualifie son entreprise de croisement entre une entreprise agricole et une entreprise technologique. « Nos cultures poussent — de la graine à la récolte — en quinze jours. Cela prend 30 à 45 jours dans une serre ou dans un champ ». L’entreprise — qui s’occupe également de la modification génétique des semences à l’aide de la technique CRISPR — affirme qu’il faut 95% d’eau en moins que sur une ferme et qu’elle peut produire 390 fois plus de cultures par mètre carré et même que la nourriture est plus saine que dans une ferme saine (bien que beaucoup de sceptiques contestent cela). Si ce phénomène se répand dans le monde, il faudra beaucoup moins de terres agricoles. En fait, il faudra beaucoup moins d’agriculteurs. Nul autre que Bill Gates a injecté 50 millions de dollars dans l’entreprise pour des robots agricoles capables de faire le travail beaucoup plus rapidement.

      Bien que le WEF et le gouvernement affirment toujours que les agriculteurs continueront à jouer un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire à l’avenir, cela semble être une stratégie pour garder les gens calmes le plus longtemps possible. Il semble que seules les parties qui souhaitent adopter les innovations du Food Hub joueront un rôle dans la chaîne alimentaire du futur. En général, le secteur agricole est à la traîne, selon le WEF. « Les innovations qui peuvent aider à transformer nos systèmes alimentaires sont souvent déjà là. Malheureusement, l’adoption et la mise à l’échelle des innovations dans le secteur agroalimentaire sont à la traîne par rapport aux autres secteurs ».

      Le ministre de l’azote Van der Wal, Picnic et Bill Gates
      Les lignes avec l’élite dirigeante mondialiste ne sont pas seulement courtes du côté de la production de la chaîne alimentaire, il y a aussi un (apparent) conflit d’intérêts du côté de la distribution. Il s’avère que le frère de la ministre de l’azote Christianne van der Wal (VVD) — Bouke van der Wal — est le propriétaire de Picnic. Bill Gates a investi l’an dernier 600 millions d’euros dans ce supermarché en ligne. Il a déclaré qu’il souhaitait que les pays riches « passent à 100% à la consommation de viandes synthétiques pour aider à lutter contre le changement climatique ». Ce phénomène est tout à fait conforme à une autre idée d’innovation alimentaire promue par le WEF : la « viande » imprimée en 3D.

      Ido Dijkstra
      Traduction : Bernard Legros
      Mise en ligne et traduction #Kairos https://www.kairospresse.be/etat-et-multinationales-detournent-la-chaine-alimentaire

      Notes et références 1 https://deanderekrant.nl/nieuws/staat-en-multinationals-kapen-voedselketen-2022–07-08

      #picnic #wef #davos #répression #alimentation #globalisation_4.0 #klaus_schwab #économie

  • #Répression : l’étrange perquisition d’un militant insoumis
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/repression-letrange-perquisition-dun-militant-insoumis-CiJQGCWbTkyGvIL5zmb

    Warren Dalle, 26 ans, ne s’est toujours pas remis de sa journée du lundi 4 juillet. Ce militant insoumis, également figure locale des gilets jaunes, ne décolère pas. Alors qu’il revient de week-end, il découvre sa grand-mère en pleurs. Cette dernière…

    #NUPES

  • Marlène Schiappa au tribunal par Sébastien Fontenelle | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2022/07/marlene-schiappa-au-tribunal-44661

    quand elle découvre les tweets d’Isabelle Saint-Saëns, la ministre, moins « #ToujoursCharlie » qu’à son accoutumée, porte aussitôt plainte pour « injure publique envers un membre d’un ministère », et demande à l’impertinente militante la coquette somme de « 10 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi du fait de la publication des propos poursuivis ».

    #migrants #justice #répression #ordure

    • #Marlène_Schiappa et la politique des ordures

      La ministre poursuit une militante, qui l’a traitée d’ordure, pour « injure publique ». On peut traiter des Roms ou des exilé·es comme des ordures, à condition que ce soit la politique du pays. C’est une question complémentaire qui est aujourd’hui posée à la justice. Des êtres humains n’ont-ils pas le droit de traiter d’ordures celles et ceux qui traitent comme des ordures d’autres êtres humains ?

      Le 19 août 2020, un jeune soudanais, Abdulfatah Hamdalla, est trouvé mort sur la plage de Sangatte, dans le Pas-de-Calais. Wajdi (c’est son surnom) avait essayé de traverser la Manche avec des pelles en guise de rames, mais le bateau gonflable avait chaviré ; son compagnon avait réussi à gagner la côte à la nage ; pas lui. Il était en France depuis un an et demi, mais l’asile venait de lui être refusé. Il voulait donc tenter sa chance en Angleterre. Or à Calais, c’est la politique répressive de la France, en même temps que de la Grande-Bretagne, qui rend la traversée de la Manche si dangereuse. Migreurop l’affirme avec force : Abdulfatah Hamdallah est « victime des politiques migratoires européennes ».

      « Depuis 1999, au moins 275 personnes [sont] mortes dans cette zone transfrontalière : mortes noyées en tentant de traverser la Manche ou de monter à bord d’un ferry dans le port de Calais, mortes écrasées par la cargaison d’un camion dans lequel elles s’étaient cachées, électrocutées par les caténaires de l’Eurostar ou tout simplement victimes des défaillances dans l’accès aux soins ou de l’absence de dispositifs d’accueil ». Comme en Méditerranée, même si c’est à moins grande échelle, les morts se multiplient ; pourtant, sous couvert de lutte contre les passeurs, en même temps qu’aux exilé·es, c’est au militant·es solidaires qui leur apportent une aide que s’en prend l’État.

      Il n’empêche : le jour-même, Marlène Schiappa, alors ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur chargée de la citoyenneté, sur Twitter, faisant part de son « immense tristesse », en profitait pour justifier la politique gouvernementale : « Ce drame insupportable nous mobilise encore plus avec Gérald Darmanin contre les passeurs qui profitent de la détresse d’êtres humains ! » Et qu’importe si cette tragédie n’implique aucun passeur ?

      En réponse, Marlène Schiappa était bien sûr taxée d’hypocrisie. La sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi s’exclamait ainsi : « Se servir d’un drame humain pour justifier la poursuite d’un programme politique anti-migrant à l’origine du drame survenu et de tous ceux à venir, c’est d’un cynisme »…

      L’avocate engagée Caroline Mécary dit en substance la même chose : « Quelle tartufferie chère Marlène Schiappa qui avez : - Cautionné la loi Asile et Immigration ! – Démantelé les camps de migrants sans jamais proposer de solution alternative ! – Criminalisé les associations de secours en mer. #OnVousVoit ! »

      Dans les deux cas, Isabelle Saint-Saëns, militante de longue date aux côtés des migrants, accompagne son retweet d’un mot cinglant : « ordure ! » Et c’est encore ce mot qu’elle répète une troisième fois (mais au pluriel), en découvrant que Priti Patel, l’homologue britannique de Gérald Darmanin, également en charge de la politique migratoire, retweete Marlène Schiappa : « Il s’agit de la perte bouleversante et tragique d’une jeune vie. Cet horrible incident nous rappelle brutalement l’existence des odieux gangs criminels et des passeurs qui exploitent les personnes vulnérables. En travaillant ensemble, nous sommes déterminés à les arrêter. » C’est le même discours, sur le même ton.

      Vendredi 8 juillet 2022, Isabelle Saint-Saëns est convoquée au tribunal : comme le rapporte dans Politis Sébastien Fontenelle, Marlène Schiappa a déposé plainte contre elle pour « injure publique envers un membre d’un ministère », en demandant à la retraitée militante 10 000 euros en réparation du préjudice subi. Il est vrai que les trois tweets de ce compte suivi par 1300 abonnés ont totalisé 5 likes et 1 partage... Gageons donc que le procès donnera associera davantage le mot « ordure » au nom de la ministre : c’est le célèbre effet Streisand. Mais n’est-ce pas le but recherché ? Si l’admiratrice de Cyril Hanouna désire la publicité à tout prix, s’agit-il bien d’une injure ?

      Selon l’article 29 alinéa 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. » Il n’y aurait donc pas injure, à l’inverse, quand le mot qui offense, loin d’être une insulte gratuite, s’avère une critique politique de faits qui ont à voir avec l’ordure. Si je me pose la question, c’est que j’ai écrit en 2014, dans Roms & riverains, sur la politique de l’ordure menée par la France à l’égard des migrant·es roms, que les politiques publiques condamnent à vivre dans des conditions sanitaires sordides, près de décharges, sans ramassage d’ordures ni toilettes. « Ce n’est pas un hasard si “les Roms” sont aussi couramment associés, avec toute la violence de ce que nous avons qualifié de politique scatologique, aux décharges publiques, aux excréments et aux ordures. À peine bons à jeter, ils sont constitués en figure économique du déchet. »

      Le traitement de ces populations sur le mode du rebut participe, écrivais-je alors, d’une « politique de la race » : « C’est une politique qui justifie de traiter des êtres humains de manière inhumaine sans pour autant se sentir moins humain. Si “les Roms” étaient pleinement humains, alors, il faudrait se conduire à leur égard avec humanité ; mais puisqu’on les traite comme on le fait, et d’autant qu’on le sait, c’est bien qu’ils ne le sont pas tout à fait. Montesquieu avait pareillement démonté la folle rationalité de l’esclavage dans L’Esprit des lois : “Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.” La déshumanisation des Roms est ainsi la condition nécessaire pour sauvegarder notre humanité malgré ce que nous leur faisons. »

      Dans cette politique de la race, il ne s’agit pas seulement des Roms. Les pratiques de harcèlement par les pouvoirs publics « ne leur sont pas réservées ; par exemple, on les connaissait déjà dans la “jungle” de Calais – et pour les mêmes raisons : à force de tracasseries, il s’agit de décourager les migrants, dans l’espoir qu’ils renoncent et finissent par partir sans qu’il soit besoin de les expulser. » C’est ce que j’appelais ironiquement « l’auto-expulsion » : une politique de persécution à l’encontre des exilé·es, de la jungle de Calais à la Porte de la Chapelle, où leurs tentes sont lacérées, leurs sacs de couchage confisqués et leurs visages aspergés de gaz au poivre. La puissance publique a pris au pied de la lettre la formule qui lui était naguère opposée : « immigration jetable ».

      En France, il est donc permis de traiter des êtres humains comme des ordures. En revanche, celles et ceux qui mènent cette politique veulent interdire qu’on les traite d’ordures : ils voudraient n’en être pas comptables. On peut poursuivre une militante pour le mot « ordure », mais pas un ou une ministre pour une politique de l’ordure. La question s’est posée à propos de Manuel Valls : lorsqu’il a été poursuivi pour ses propos racistes tenus sur les Roms alors qu’il était ministre de l’Intérieur, la justice a considéré qu’ils ne posaient pas problème, puisqu’ils reflétaient la politique de la France. Je m’interrogeais alors : « Faut-il en conclure que la politique de l’État, par définition, ne saurait être raciste ? Ou bien qu’elle peut l’être impunément, parce que le gouvernement de la France serait au-dessus des lois ? » Peut-on traiter des gens comme des ordures, à condition que ce soit la politique du pays ?

      C’est une question complémentaire qui est aujourd’hui posée à la justice. Des êtres humains n’ont-ils pas le droit de traiter d’ordures celles et ceux qui traitent comme des ordures d’autres êtres humains ? Il s’agit pourtant bien d’un discours politique des premiers sur les seconds, retournant l’abjection subie par les exilé·es contre les politiques qui la leur font subir. Les juges pourraient donc se montrer sensibles à l’évolution de la langue : aujourd’hui, on utilise souvent le verbe « traiter » comme un intransitif absolu : « il me traite », autrement dit, « il m’injurie » – mais aussi : « il me traite mal ». C’est mettre sur le même plan traiter de et traiter comme. En revanche, si la justice devait donner raison à la ministre, permettant de traiter comme tout en interdisant de traiter de, alors, il conviendrait qu’elle réponde à une autre question : comment peut-on qualifier, sans encourir les foudres judiciaires, les responsables d’une politique de la race qui traite de manière inhumaine des êtres humains sans pour autant se sentir moins humains ? Quels autres mots sont-ils adéquats pour dire, avec justesse et justice, cette abjection politique ? Car enfin, peut-on pratiquer une politique de l’ordure sans être ou devenir soi-même une #ordure ?

      https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/080722/marlene-schiappa-et-la-politique-des-ordures

      #Schiappa #Isabelle_Saint_Saëns

  • Un pays démocratique ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-pays-democratique

    Eduardo Galeano, l’auteur uruguayen des Veines ouvertes de l’Amérique latine, avait inventé le terme de démocrature pour mettre un nom sur ces régimes issus des urnes mais dont le caractère démocratique est plutôt faible. Si cette critique était celle d’un peuple de gauche ou d’intellectuel·les particulièrement exigeant·es en matière de démocratie, elle est aujourd’hui évidente aux yeux de tou·tes. Donald Trump a sérieusement mis à mal aux USA le fonctionnement de l’État et la qualité du débat public, renforçant les clivages entre Républicain·es et Démocrates, rendant acceptable le mensonge et les propos violents. Jair Bolsonaro, le président brésilien élu, porte de sérieux coups aux droits humains et aux valeurs démocratiques. Rodrigo Duterte aux Philippines a bien été élu et il a sagement fini en 2022 un mandat qui n’était plus renouvelable. Non sans avoir normalisé pendant six ans les exécutions sommaires et les meurtres d’opposant·es.

    #démocratie (de basse intensité) #élections #représentativité #Aude_Vidal

  • Un nouveau délit à la #frontière : le claquement de portières !

    Depuis plus de cinq ans, femmes et hommes du #Briançonnais portent #secours de jour comme de nuit aux personnes étrangères en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique. Aux #frontières, les #contrôles_d’identités auprès de ces « #maraudeurs » se multiplient jusqu’au surréalisme.

    par Didier Fassin, anthropologue et médecin, Anthropologue et médecin, Marion Lauer, Psychologue, Chloé Ménard, Interne en médecine, Anne Michel, Employée de commerce et Jean-Luc Para, Médecin généraliste

    Depuis plusieurs années, malgré la convention de Schengen, la frontière entre la #France et l’#Italie a été rétablie entre #Vintimille et #Menton et entre #Oulx et #Briançon. Il s’agit d’empêcher l’entrée sur le territoire français de personnes étrangères en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique, généralement par la route des Balkans. Au col de #Montgenèvre, point de passage dans les #Hautes-Alpes en raison de sa faible altitude et de son accès facile, les effectifs de la #police_aux_frontières ont été renforcés. Un escadron de #gendarmes_mobiles est venu en appui, puis un second.

    Au total, ce sont plus de deux cents agents des #forces_de_l’ordre qui interviennent, de jour comme de nuit, pour interpeller et renvoyer en Italie les quelque trois mille personnes qui, chaque année, tentent de passer en France, parfois pour y demander l’asile, souvent pour continuer leur voyage. La plupart de ces exilés fuient leur pays en raison des dangers pesant sur eux et leur famille, tels des Afghans menacés par la répression des talibans ou des Nigérians victimes des attaques de Boko Haram.

    L’ironie de cette #militarisation de la #zone_frontalière tient toutefois à l’importance du déploiement de forces de l’ordre au regard de la dizaine de personnes en moyenne s’efforçant de franchir quotidiennement la frontière et à l’#inefficacité de ce dispositif puisque, de l’aveu même des policiers et des gendarmes, toutes finissent par passer. Il ne saurait en être autrement quand on sait qu’elles voyagent depuis plusieurs années, affrontant au péril de leur vie les risques naturels, les rigueurs des camps de détention et les brutalités des forces de l’ordre de l’est de l’Europe. Dans ces conditions, les policiers et les gendarmes amassés entre l’Italie et la France ne peuvent les dissuader de poursuivre leur périple. En revanche, cette présence les conduit à s’exposer de plus en plus en empruntant, souvent de nuit, des chemins de plus en plus dangereux où certains souffrent de gelures graves en hiver, se blessent lors de chutes en été, et même trouvent la mort de froid ou par noyade.

    Au nom du principe de #fraternité

    C’est la raison pour laquelle, depuis un peu plus de cinq ans, des femmes et des hommes du Briançonnais et bien au-delà partent dans la #montagne, de jour comme de nuit, pour leur porter secours ou les empêcher de s’engager dans des voies périlleuses. L’action des « maraudeurs », comme on les appelle, s’avère particulièrement importante pour épargner ces #risques à des personnes épuisées et malades ou des femmes parvenues au terme de leur grossesse. Strictement respectueux de la loi, les maraudeurs agissent ainsi sur le territoire français au nom du principe de fraternité inscrit dans la devise de la République et reconnu par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 6 juillet 2018.

    Les exilés assistés sont conduits à Briançon, soit à l’hôpital, soit au refuge dit solidaire, en fonction de leur état de santé. Mais au-delà de sa dimension humanitaire, représentée notamment par la présence de bénévoles de Médecins du monde, l’action des maraudeurs a aussi une signification politique. Elle rappelle à l’Etat son obligation de respect du #droit français. Une brochure établie par l’association Tous migrants et distribuée aux forces de l’ordre lors d’interactions avec elles dans la montagne procède de cette pédagogie citoyenne.

    Bien que légale, l’action des maraudeurs fait pourtant l’objet d’une #répression qui peut prendre plusieurs formes. Ce sont des vérifications de véhicules à la recherche de détails pouvant faire l’objet d’une verbalisation, tel un feu cassé. Ce sont également des accusations infondées d’#aide_à_l’entrée_irrégulière d’étrangers sur le territoire français donnant lieu à des auditions par la police, voire à des poursuites. Les contrôles d’identité peuvent être suivis de #contraventions pour des faits inventés, comme la circulation sur une voie forestière interdite d’accès. Ces #falsifications, dont plusieurs d’entre nous ont été les victimes, sont cependant difficiles à contester dans la mesure où les agents qui les produisent sont assermentés et donc réputés dire le vrai. D’une manière générale, ce #harcèlement et ces #sanctions ont une fonction d’#intimidation et de #dissuasion. Ils ne sont d’ailleurs pas sans effet compte tenu de leurs conséquences financières et parfois judiciaires.

    Signe de cette inflation répressive poussée jusqu’au surréalisme, à la suite d’une récente maraude en montagne, cinq personnes ont été contrôlées par des agents de la police aux frontières rapidement rejoints par une dizaine de gendarmes à pied. Après une longue vérification de leur identité, ils ont été accusés de « #tapage_nocturne »… à cause du bruit provoqué par la fermeture des portières lorsqu’ils sont entrés dans leurs deux véhicules. Nul ne sait si la contraventionalisation du #claquement_de_portières la nuit fera jurisprudence sur l’ensemble du territoire français, mais son utilisation à la frontière suggère, comme l’écrivait le poète François Ponsard, repris par Gustave Flaubert dans Bouvard et Pécuchet : « Quand la borne est franchie, il n’y a plus de limite. » De cet épisode, il y a, certes, matière à rire. Mais on ne peut manquer de s’en inquiéter.

    Didier Fassin, Marion Lauer, Chloé Ménard, Anne Michel et Jean-Luc Para participent aux activités de prévention des risques conduites à la frontière entre l’Italie et la France dans le cadre d’une collaboration entre Médecins du monde et Tous migrants.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/un-nouveau-delit-a-la-frontiere-le-claquement-de-portieres-20220623_EDLCO

    #maraudes #frontière_sud-alpine #dissuasion

    ping @karine4 @isskein

  • Philipp Heimberger sur Twitter :
    https://twitter.com/heimbergecon/status/1538853863528222721

    71% of Italians believe that 🇩🇪 has met its renewable energy targets - although this is false.

    ~70% of both Germans and Italians think that 🇮🇹 has missed its renewable energy targets - although Italy has actually met them.

    Italians: excessively pessimistic self-assessment?!?

    #représentation -#auto-représentation

  • En matière d’ordre public, la doctrine du « contact », prônée par le préfet Lallement, ne garantit pas la sécurité
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/06/16/ordre-public-l-affrontement-ne-garantit-pas-la-securite_6130540_3232.html

    La doctrine Lallement du « contact » étonne jusqu’au sein de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), y compris ses ordres de poursuite de véhicules lors des refus d’obtempérer. Un haut responsable de la DCPJ estime que « rien ne sert de poursuivre un véhicule en infraction. On crée plus de danger alors qu’on a tous les moyens d’identifier les auteurs et d’aller les chercher calmement le lendemain. En surarmant les policiers, en cherchant la confrontation, on crée un état de guerre permanent. »

    #maintien_de_l'ordre #doctrine_Lallement #état_de_guerre_permanent #état_d'urgence

    #paywall

  • Turchia, anche la musica va messa a tacere
    https://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/Turchia-anche-la-musica-va-messa-a-tacere-218693

    Nelle ultime settimane la Turchia ha visto numerose cancellazioni di concerti e festival musicali da parte di autorità legate all’AKP del presidente Erdoğan: la repressione politica contro opposizione e minoranze tocca ora anche la musica

  • #Rwanda accused of stalking, harassing and threatening exiles in US

    African state that signed deal with UK to host asylum seekers perpetrates ‘transnational repression’, Freedom House report says

    Rwanda has been accused of being among the worst perpetrators of “transnational repression” in the US, stalking, harassing and threatening exiles there, according to a new report.

    The report by the Freedom House advocacy group in Washington names Rwanda as well as China, Russia, Iran and Egypt as the principal offenders in seeking to extend the reach of their repressive regimes into the US.

    Isabel Linzer, one of the report’s authors, said the findings raise further questions about the UK government’s agreement with Kigali to deport asylum seekers to Rwanda. The first deportation flight is due on 14 June.

    “People often focus on Saudi Arabia, Iran, China, Russia, but Rwanda is one of the most prolific perpetrators of transnational repression in the world,” Linzer said. “And it certainly has not received the same level of scrutiny as some of those other countries.

    “The asylum deal between the UK and Rwanda is quite shocking given how frequently the Rwandan government has gone after Rwandans in the UK and the British government is well aware of that,” she added.

    The Freedom House report, Unsafe in America: Transnational Repression in the United States, notes that attacks on exiles have taken place since the cold war, but adds “operations by foreign intelligence agents have significantly intensified in recent years”.

    “Autocrats cast a long shadow onto America’s soil,” it says. “The governments of Iran, China, Egypt, Russia, Rwanda, Saudi Arabia, and other states are increasingly and more aggressively disregarding US laws to threaten, harass, surveil, stalk, and even plot to physically harm people across the country.”

    One of those targeted was Paul Rusesabagina, the former Kigali hotel manager whose efforts to save people in the 1994 genocide is told the film Hotel Rwanda.

    Rusesabagina, a US permanent resident and prominent dissident, was abducted while travelling in the Middle East in August 2020 and tricked into boarding a private airplane that took him to Rwanda, where he was sentenced to 25 years in prison. Last month the US state department formally declared him to be “wrongfully detained”.

    Rusesabagina’s daughter, Carine, and other Rwandan dissidents have been found to have been the targets of surveillance using Pegasus spyware made by the Israel security firm NSO Group.

    The Rwandan government has denied using the spyware but did not respond to a request to comment on the Freedom House report.

    Rwandan opposition figures in the US speak of constant surveillance, harassment and threats.

    “You come to understand that it is part of your life,” said Theogene Rudasingwa, a former chief of staff to President Paul Kagame who was once Rwanda’s ambassador to the US, and is now a staunch critic of Kagame’s rule. “My wife is constantly in fear. My children are constantly in fear, especially for me. Every time I step out of the house, they are on edge. I have determined that I can’t be paralysed and live in fear 24/7, but the feeling of being a hunted person is around me 24/7,” Rudasingwa told the Guardian.

    Three months ago he said he came out of his local bank to be told by a passerby that they had seen someone go under his car. Rudasingwa called the police who carried out a three-hour search but found nothing, possibly because the intruder had been disturbed.

    Rudasingwa was the target of an assassination plot in Belgium in 2015, which failed when he put off a planned trip there. After the murder of his fellow opposition leader, former Rwandan intelligence chief Patrick Karegeya, in South Africa in 2013 – a killing widely believed to have been ordered in Kigali – the state department advised Rudasingwa to take extra precautions.

    “They told me that they had reached out to Kigali to warn them not to try to do that kind of thing here in the United States,” he told the Guardian.

    In March this year, the FBI launched a website on transnational repression giving advice on how to report incidents, part of a broad campaign by the administration to confront the growing threat.

    “Transnational repression is used not only to harm or threaten individual dissidents, journalists, activists, and diaspora members, but to silence entire communities,” a spokesperson for the National Security Council said.

    “Our intention is to use the full suite of tools and resources at our disposal to protect and build support for individuals and communities who are being targeted, and to hold perpetrators accountable for their actions.”

    However, Claude Gatebuke, another Rwandan activist who has received repeated anonymous threats, said many in the diaspora do not report harassment because of the close diplomatic ties between Washington and Kigali.

    “Part of the reason why people won’t speak up is because they know the government of Rwanda has a very tight relationship with the US government, and sharing information, they think they’re telling on themselves,” Gatebuke told the Freedom House authors.

    Senior members of Congress have also voiced unease at Washington’s embrace of Kagame. After the head of US Africa Command, Gen Stephen Townsend, posted pictures of him posing with the Rwandan president, the top Republican on the Senate foreign relations committee, James Risch, warned that the bilateral relationship “faces serious complications”.

    “Portraying the opposite is counterproductive and undermines [state department] messages on other top diplomatic concerns,” Risch wrote on Twitter.

    “I’m always sensitive to the fact that there is that level of interaction at the intelligence level, at the level of the FBI, of senior officials always going to Kigali like it’s their Mecca,” Rudasingwa said. “How could I possibly say I’m safe, sharing sensitive information with them? So sometimes you just keep it to yourself.

    “Nobody ever calls Kagame out. Nobody seeks accountability from him,” he added. “They give these occasional slaps on the wrist, but then you see the United Kingdom is sending refugees there. So where would you get the guts to call him out when he is doing you a favour?”

    https://www.theguardian.com/world/2022/jun/02/rwanda-exiles-stalking-harassing-threatening-us-freedom-house-report-ed

    #réfugiés_rwandais #répression #répression_internationale #asile #migrations #réfugiés

  • Emmanuel Macron sur Twitter :
    https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1532810870853607426

    Par votre engagement et vos victoires, vous avez fait de la France une grande nation d’esport. Votre force du collectif, vous la mettez au service de causes. Pour ces raisons, je vous dis la reconnaissance de notre pays. Merci à vous. Ensemble, portons plus haut encore l’esport !

    La photo est cruellement caricaturale en matière de représentativité.

    À défaut de mieux, voici quelques sources décrivant un peu mieux le profil type des joueurs (spoiler : il est beaucoup plus varié que la photo laisse à penser) :

    https://www.statista.com/statistics/379575/gender-split-of-french-video-gamers
    https://www.statista.com/statistics/195768/global-gaming-reach-by-country
    https://www.sell.fr/sites/default/files/essentiel-jeu-video/lessentiel_du_jeu_video_novembre_2021.pdf

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #esport #élysée #politique #profil_type #représentativité #joueurs

  • La Russie veut interdire aux étrangers de recourir à ses mères porteuses La Tribune - Reuters
    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN2NA1U7/la-russie-veut-interdire-aux-etrangers-de-recourir-a-ses-meres-porteuses.h

    Les députés russes ont approuvé mardi en première lecture un texte de loi visant à interdire aux étrangers de recourir aux mères porteuses en Russie, un projet visant implicitement les Occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.

    Le recours à des mères porteuses rémunérées est légal en Russie même si cette pratique est critiquée par des organisations religieuses qui la considèrent comme une commercialisation de la procréation.

    L’un des rédacteurs du texte, adopté à la quasi-unanimité en première lecture, a déclaré qu’une telle législation était nécessaire pour mettre les enfants nés en Russie à l’abri du danger.


    (Crédits photo : Pavel Mikheyev)
    Elu de Russie unie, le parti majoritaire soutenant le président Vladimir Poutine, Vassili Piskariov a déclaré qu’en l’état actuel de la loi, « nous ne pouvons pas suivre le destin d’un seul bébé ».

    « Nous ne savons pas qui sont leurs parents, leurs prétendus ’père’ et ’mère’ ni pourquoi ils achètent un bébé », a déclaré l’élu à la Douma, estimant qu’environ 40.000 enfants nés en Russie de mères porteuses avaient quitté le pays pour être élevés par des étrangers.

    « Pourquoi devrions-nous dépenser notre argent pour résoudre les problèmes démographiques d’autres pays ? » a-t-il ajouté, proposant que les bébés nés de mères porteuses en Russie obtiennent automatiquement la nationalité russe « afin de pouvoir connaître leur destin ».

    Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être adopté à l’issue de deux autres lectures à la Douma, puis être examiné par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, et être promulgué par Vladimir Poutine.

     #gpa #fric #pma #femmes #reproduction #critique_techno #marchandisation #nécrotechnologies #gestation_pour_autrui #libéralisme #maternité #exploitation #marchandise

  • « Xinjiang Police Files » : révélations sur la machine répressive chinoise contre les Ouïgours
    https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/24/ouigours-au-c-ur-de-la-machine-repressive-chinoise_6127417_3210.html

    Des milliers de documents de la police chinoise, livrés à un chercheur et publiés par des médias internationaux, dont « Le Monde », racontent l’obsession sécuritaire dans les camps d’internement de la minorité musulmane en Chine.
    Publiés le 24 mai, ces « Xinjiang Police Files » ont été livrés à l’anthropologue allemand Adrian Zenz par une source qui n’a rien exigé en retour, et ont été vérifiés hors de Chine par un groupe de quatorze médias internationaux. Ils apportent, après plusieurs séries de révélations publiées depuis 2019 par ce même chercheur et des ONG, un nouvel éclairage décisif sur la répression organisée par Pékin dans la région.

    https://justpaste.it/5tgo7

    #Chine #Xinjiang #Ouigours #surveillance #répression #détention_de_masse #internement #camps

  • Répression à géométrie variable à Grenoble | UNI + LR vs Gauchos | avril 2022

    https://www.placegrenet.fr/2022/04/27/militants-de-luni-agresses-a-grenoble-quatre-personnes-convoquees-devant-la-justice-pour-violences-volontaires-en-reunion/566988

    #paywall pfff

    et le billet de SUD-Solidaires Isère :

    Hier soir 26 avril, les 4 jeunes étudiants et un lycéen ont enfin été libérés, après 36h de garde-à-vue excessive et arbitraire...

    Plus de 30 orgas, syndicats, et partis politiques, appelaient en solidarité à ce 2ème rassemblement unitaire contre hier à Grenoble.

    Cependant les 4 jeunes sont sortis avec des convocations devant le tribunal correctionnel délivrées à leur encontre... Le 5ème gardé à vue est sorti sans poursuites.

    Ces audiences à juge-unique se tiendront le 26 juin pour le mineur poursuivi, et les 3 majeurs seront eux, jugés le 7 juillet 2022.

    D’autres infos et appels à soutiens viendront lors de ces 2 audiences cet été au tribunal.

    https://t.me/solidaires_isere/1273

    #grenoble #repression #UNI-syndicat #étudiants

  • Le cabinet de Brigitte Macron déclenche l’inspection d’un professeur de français

    Un enseignant du Bas-Rhin a été inspecté en février dernier, après que le cabinet de la « première dame » a saisi de son « cas » le rectorat. Alors que Brigitte Macron rempile à l’Élysée, les questions ressurgissent sur les contours exacts de sa mission, financée sur fonds publics.

    Comme tous les matins depuis plus de quinze ans, ce 23 février, Didier Jodin ouvre la porte de sa classe à ses élèves de troisième. Le professeur de français au collège Rembrandt-Bugatti de Molsheim (Bas-Rhin) fait l’appel, allume le rétroprojecteur et distribue les copies. Au programme : la correction du brevet blanc, avec un extrait de La Promesse de l’aube, le roman de Romain Gary. Une journée classique à une exception près : une inspectrice du ministère de l’éducation nationale se tient au fond de sa classe.

    Une semaine plus tard, en lisant le rapport de la fonctionnaire très critique envers sa pédagogie, l’enseignant découvre, dans le préambule, que cette « visite conseil [s’est déroulée] suite à l’envoi au cabinet présidentiel de Brigitte Macron d’un message de parent d’élève ». Un coup de massue pour Didier Jodin.

    « Qu’il y ait des parents mécontents et que le rectorat enquête, c’est bien normal », dit-il. Mais il ne comprend pas ce que la « première dame » vient faire dans cette histoire – son histoire – et se dit « victime d’un dysfonctionnement grave »

    Pour mémoire, le statut de la conjointe (ou du conjoint) du président (ou de la présidente) de la République n’est codifié dans aucun texte. Seule une « Charte de transparence », publiée en août 2017, à l’initiative d’Emmanuel Macron, définit ses « missions » : « Elle répond aux sollicitations des Français », « soit par courriers, soit par des rencontres », peut-on lire notamment. Deux conseillers du chef de l’État sont « mis à sa disposition », ainsi qu’un secrétariat. En l’occurrence, le cabinet de la « première dame » a fait plus que répondre à la Française qui l’interpellait.

    Tout remonte au 8 décembre dernier. La mère d’une élève de Didier Jodin adresse alors un courriel à Brigitte Macron, dans lequel elle accuse le professeur de français d’« un comportement inadapté envers toute la classe ». Selon elle, il « humilie » ses élèves en les traitant de « légumes », et sa fille « a déjà pleuré en revenant de cours ». Elle explique avoir alerté la direction du collège, en vain. « À un moment donné, je me suis dit : “Il vaut mieux parler à Dieu plutôt qu’à César” », justifie cette mère de famille auprès de Mediapart. Elle s’est d’autant plus lancée que Brigitte Macron est « une ex-enseignante » de Strasbourg, « sensible aux questions de harcèlement scolaire ».
    Un mois plus tard, un courrier officiel du palais de l’Élysée lui assure que « Brigitte Macron a bien reçu le courrier électronique », qu’elle a été « sensible à la confiance qui a guidé [cette] démarche », qu’elle souhaite même l’« en remercier ».

    La lettre est signée par Pierre-Olivier Costa, directeur de cabinet de l’épouse du chef de l’État : « Soyez assurée de toute l’attention portée à vos préoccupations relatives à la situation scolaire de votre fille. » Le conseiller précise qu’il n’a « pas manqué de relayer [ces préoccupations] auprès de la rectrice de l’académie de Strasbourg ». En personne. « Elle vous tiendra directement informée de la suite », va jusqu’à garantir Pierre-Olivier Costa.
    Le même jour, le directeur de cabinet de Brigitte Macron transfère son message à la rectrice, et précise qu’il s’agit d’une « mise en cause » des « méthodes d’enseignement du professeur de français ». Comme annoncé à la mère de famille, il demande à la rectrice de lui notifier « la suite susceptible d’être réservée à sa démarche ».

    Le recteur qui lui succède s’exécutera quelques semaines après, en indiquant à la mère qu’un « certain nombre de recommandations ont été faites » au professeur par une inspectrice, « et plus particulièrement sur sa posture professionnelle » et « sur la méthodologie employée ».
    Entre-temps, la situation entre la mère d’élève et Didier Jodin semble s’être envenimée. Du 17 décembre 2021 au 22 février 2022, celle-ci envoie quinze courriels au professeur, parfois longs de trois pages, durant les vacances scolaires, ou bien tard le soir, fustigeant ses méthodes d’enseignement et son attitude. Elle ne comprend pas les mauvaises notes de sa fille en littérature. Plus surprenant, elle lui reproche d’avoir publié des tweets critiques envers le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

    L’enseignant tente, dans un premier temps, d’apporter des indications sur les corrections faites en cours, puis confie ses difficultés face à une classe particulièrement difficile et à « l’absence totale de respect » de certains élèves qui perturbent les cours. « Votre fille fait partie de ceux qui ne sont pas responsables de la situation, et qui en souffrent », reconnaît-il, avant d’ajouter : « J’ai tenté, depuis le début de l’année, diverses solutions. » Mais à la veille de l’inspection, le 22 février, c’en est trop : « Hier soir : sept courriels de votre part, dont un qui versait dans l’injure, et ce jusqu’à une heure du matin… », écrit le professeur, en mettant en copie la cheffe d’établissement et son adjoint. Il prie la mère de s’adresser, désormais, à eux directement. 

    Chez certain·es enseignant·es du collège Rembrandt-Bugatti de Molsheim, la méthode du cabinet de Brigitte Macron ne passe pas. « La réaction du rectorat est disproportionnée, insiste une collègue de Didier Jodin, qui suit de près le dossier. Ce n’est pas le rôle d’une première dame. Si elle voulait absolument réagir, elle aurait pu transmettre ce message au ministère. Là, au moins, on aurait suivi un schéma hiérarchique. Mme Macron n’est ni élue ni ministre ! »

    Questionné par Mediapart, le cabinet de Brigitte Macron répond qu’il s’agit d’un « procédé habituel », que « tous les courriers sont traités de la même manière ». Surtout, à ses yeux, le courrier adressé au rectorat « ne demande pas [à ce dernier] d’engager une procédure »… Des missives venues de l’Élysée peuvent-elles être lues autrement, quand on sait que les recteurs et rectrices sont nommé·es sur décret du président de la République en conseil des ministres ?

    Une « visite conseil »

    De son côté, le service communication du ministère de l’éducation insiste auprès de Mediapart sur le fait que l’alerte a débouché sur une simple « visite conseil », sans sanction à la clef.
    Toujours est-il que l’académie de Strasbourg a réagi avec une diligence certaine - une autre alerte avait été reçue dans l’année visant ce professeur, indique le rectorat à Mediapart, sans en détailler la teneur. « La gravité présumée des faits et le nombre des alertes sont les facteurs déclencheurs d’une visite conseil », assure le directeur de cabinet du recteur.
    Pourquoi avoir fait savoir à l’inspectrice missionnée au collège Rembrandt-Bugatti qu’il s’agissait d’un dossier signalé par le cabinet de Brigitte Macron ? Il « n’y avait aucune nécessité », reconnaît notre interlocuteur. Transmettre le message originel « dans son intégralité », afin de « contextualiser la problématique », relèverait cependant d’un « usage ».

    Pour sa part, le secrétaire général du Syndicat unitaire de l’inspection pédagogique (SUI-FSU), Éric Nicollet, avance qu’en mentionnant Brigitte Macron dans son rapport, « l’inspectrice a peut-être souhaité souligner le caractère surprenant de la démarche ». Et de préciser qu’il n’a jamais, jusqu’ici, été confronté à une telle situation. Sollicitée, l’inspectrice n’a pas souhaité répondre à nos questions.
    « Parce que ce message a été transmis directement au rectorat par le cabinet de Brigitte Macron, il a été doté d’un caractère sacré », s’indigne encore Didier Jodin. Alors qu’il a adressé récemment un courrier au rectorat, dans lequel il évoque « une volonté de nuire chez une mère d’élève » qui « aurait pu être examinée de façon saine et raisonnée », il attend toujours une réponse. Et cette « violence administrative », écrit-il, « a des conséquences sur [sa] santé physique ».
    Si une rencontre avec le recteur doit avoir lieu bientôt, assure l’académie de Strasbourg à Mediapart, l’inspectrice préalablement missionnée prévoit d’effectuer une nouvelle visite dans la classe de l’enseignant, au mois de mai.

    D’après le dernier rapport de la Cour des comptes sur la présidence de la République, la « première dame », qui a aussi dans ses missions la « représentation de la France », la « supervision » de réceptions à l’Élysée et le « soutien » à des œuvres caritatives, a reçu « plus de 25 000 courriers » en 2020 (en augmentation de 20 %). Sept des 55 « équivalents temps plein » de « l’unité correspondance » de l’Élysée ont été mobilisés à cet effet. Quant aux « coûts salariaux » des membres de son cabinet, ils s’élevaient à plus de 290 000 euros en 2020, soit plus de 1,4 million sur un quinquennat.

    Et pourtant : « Cette activité [du conjoint] et les dépenses qui y sont liées reposent sur une coutume républicaine et n’ont pas de fondement légal ou réglementaire », rappellent les magistrats financiers.

    Boîte noire
    Sollicitée, l’ancienne rectrice de l’académie de Strasbourg, qui nous a indiqué ne pas avoir « le souvenir » de cette situation particulière et nous a renvoyés vers le directeur de cabinet de son successeur, nous a tout de même répondu dans un mail consultable dans les Annexes de cet article.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/260422/le-cabinet-de-brigitte-macron-declenche-l-inspection-d-un-professeur-de-fr

    #école #inspection #répression #procédure_habituelle

  • http://www.slate.fr/story/225594/madagascar-france-coloniale-repression-sanglante-memoire-oubli-franco-malgache

    À Madagascar aussi la France coloniale a sévi, mais qui s’en souvient ?
    Slate.fr — 30 mars 2022

    Il y a un mystère lié au récit et à la mémoire des événements de 1947, qui firent pourtant près de 90.000 morts : les premiers à se taire sont les premiers concernés.

    À deux années de distance, Sétif (Algérie) en 1945 et Madagascar en 1947 furent deux des pages les plus sombres de l’histoire coloniale française. Or si tout le monde se souvient du drame algérien, ce qu’il s’est passé sur l’« île Rouge » est plus rarement évoqué. Sétif et Madagascar comportent pourtant bien des points communs.

    Ce furent, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, deux insurrections réprimées de façon sanglante, la première annonçant même la seconde, avec plusieurs dizaines de milliers de morts. Toutes deux ont ouvert une époque nouvelle : celle de la revendication pour l’indépendance nationale ; et conduit une dizaine d’années plus tard à celle-ci, pour les Algériens au terme d’une longue guerre de libération (1954-1962), et sans trop de heurts, en 1960, pour les Malgaches.

    L’échec de l’insurrection

    C’est en pleine nuit, le 29 mars 1947, que des centaines de rebelles attaquent le camp militaire de Moramanga. Puis l’insurrection s’étend, pille et incendie des garnisons militaires, des postes de gendarmerie, des bâtiments administratifs et des dépôts d’armes ainsi que des concessions. Des routes et voies ferrées sont coupées. 35.000 Français vivent alors sur l’île, environ 150 Européens sont tués.

    Les conjurés visaient à rétablir l’indépendance immédiate et intégrale de Madagascar. Mais le mouvement insurrectionnel échoue à s’étendre aux grandes villes. Il est pour l’essentiel contenu à la partie orientale de l’île. Des milliers d’insurgés se cachent dans les forêts encore quelques semaines, jusqu’à épuisement.

    La réaction est terrible. L’armée et la police françaises inaugurent de « nouvelles méthodes » : rebelles jetés vivant d’un avion militaire ou enfermés dans des wagons jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le chef de l’état-major français évoquera un bilan de 89.000 victimes, directes ou indirectes, de la répression.
    (...)

    #Madagascar #insurrection #repression_coloniale #memoire #oubli

  • Rapport annuel 2021 : la situation des droits humains dans le monde - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/dossiers/rapport-annuel-2021-la-situation-des-droits-humains-dans-le-monde

    Résumé en vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=qDrCmQr6Ij0

    Alors que les droits humains sont de plus en plus remis en cause, que la répression des voix critiques gagne du terrain et que la guerre frappe à nouveau en Europe, nous publions comme chaque année notre rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde en 2021.

    Ce rapport est le fruit d’un an de recherche et couvre 154 pays. Il présente les grandes tendances en matière de droits humains observées à travers le monde en 2021, mais aussi un bilan région par région, et pays par pays, avec notamment un focus sur la France.

    Riche d’enseignements sur l’état du monde, il dresse un constat implacable  : les pays riches et les grandes entreprises avaient promis de “reconstruire en mieux” à l’issue de la pandémie de Covid-19. En réalité, les grandes puissances ont aggravé les inégalités mondiales. Résultat  : les pays dits à faible revenu et les populations les plus marginalisées ont été les plus durement touchés par la crise du Covid-19.

    En 2021, le monde a été ébranlé par de nombreux conflits : en Afghanistan, au Burkina Faso, en Éthiopie, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, en Libye, au Myanmar ou encore au Yémen… Face à ces drames, les instances internationales sont restées paralysées et les grandes puissances ont trop souvent détourné le regard. Une inaction qui a contribué à ouvrir la voie à de nouveaux conflits, comme en Ukraine.

    #Amnesty_International #droits_humains #répression #surveillance #2021 #bilan

  • Un référé liberté contre la dissolution du GALE : A Lyon, recours et craintes après la dissolution d’un groupe de militants antifascistes

    Craignant une utilisation liberticide de la loi sur le séparatisme, deux avocats saisissent en urgence le Conseil d’Etat pour contester la dissolution du groupe antifasciste Lyon et environs (GALE), par décret du ministre de l’intérieur.

    Deux avocats lyonnais ont décidé de saisir le Conseil d’Etat, mardi 5 avril, pour contester la dissolution du groupe antifasciste Lyon et environs (GALE), prononcée par décret du ministre de l’intérieur, mercredi 30 mars. Agnès Bouquin et Olivier Forray ont choisi la procédure du référé liberté, persuadés que cette dissolution soulève « une question majeure de liberté publique ». La juridiction administrative suprême a quarante-huit heures pour répondre à la procédure.

    « Il se passe quelque chose de très grave, inquiétant pour l’avenir. Le GALE a pour objet la dénonciation des discours et des violences d’extrême droite qui gangrènent notre pays, et il est réduit au silence. Le groupe a énoncé des critiques, certes fortes et marquées, en particulier contre l’usage de la force publique. Le gouvernement veut l’empêcher de s’exprimer », assène Agnès Bouquin.

    Pour Olivier Forray, « cette dissolution annoncée par le porte-parole du gouvernement, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, c’est un acte politique au calendrier calculé. On assiste au retournement total de la loi de 1936 qui luttait contre les ligues fascistes. La loi sur le séparatisme a modifié les critères de la loi anti-ligues, et le ministre de l’intérieur a choisi de les appliquer contre une association qui précisément dénonce les dangers de l’extrême droite ».
    La loi anti-ligues de 1936 prévoyait la dissolution de groupes « qui provoquent à des manifestations armées dans la rue ». La loi sur le séparatisme, votée en août 2021, ajoute la notion « d’agissements contre des personnes et des biens ». Pour les deux juristes lyonnais, la dissolution du GALE serait « l’illustration préoccupante » de l’extension du domaine de la répression.

    Une douzaine d’infractions listées

    Pour le ministère de l’intérieur, il ne serait pas seulement question d’expression d’opinion dans le rôle du GALE dans les violences constatées à Lyon. Le décret de dissolution liste une douzaine d’infractions imputées au GALE, dont la première remonte au mois de décembre 2014, lors d’une manifestation en réaction à la mort du militant écologiste Rémi Fraisse. La manifestation non autorisée s’était soldée par des jets de projectiles contre les policiers, et plusieurs dégradations de mobilier urbain.

    « Le GALE inscrit sa stratégie dans la récurrence d’actions violentes, légitimées par un discours idéologique dirigé contre la violence et le racisme d’Etat  », dit le ministère de l’intérieur pour justifier la dissolution du groupe. Autre grief : « Ses invectives et appels à la haine contre les forces de l’ordre ainsi que les exactions et violences commises à leur encontre. » Le décret pointe slogans, messages, ou images contre les policiers, relayés par le groupe sur les réseaux sociaux.

    Il ressort du décret ministériel que les autorités gouvernementales sont persuadées de l’implication directe du GALE dans les violences qui éclatent de manière récurrente dans les manifestations lyonnaises. « Le GALE milite contre le fascisme. Rien dans le décret ne démontre factuellement son implication dans les violences », estime Agnès Bouquin.

    « Le gouvernement nous désigne comme un miroir inversé de sa violence, en décalquant l’imaginaire de la tradition maoïste des années 1970. C’est mal connaître l’évolution des mouvements d’aujourd’hui. Nous n’avons pas vocation à diriger qui que ce soit », confie au Monde Lucas, membre du groupe antifasciste depuis sa création. Le jeune homme préfère ne pas donner son nom, par « crainte d’être surveillé ».

    « Décision tristement historique »

    A Lyon, confrontée à la récurrence des violences politiques de tous bords, la dissolution du GALE prend une résonance particulière. « C’est la première fois en quarante ans qu’un gouvernement français décide de dissoudre un groupe d’extrême gauche, s’émeuvent les sénateurs (EELV) de Lyon Thomas Dossus et Raymonde Poncet-Monge. Cette décision tristement historique a été prise dans un contexte politique où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. » Ils s’étonnent de la répression contre des militants antifascistes, alors que « des locaux ouvertement tenus par des fascistes restent ouverts ». Les élus font allusion au Rempart, association basée dans le Vieux-Lyon, qui semble reconstituer les groupuscules lyonnais d’extrême droite, après la dissolution de Génération identitaire et du Bastion social.

    La question de la lutte contre la violence d’ultradroite a fait l’objet d’un vif échange entre le maire de Lyon et le ministre de l’intérieur. Dans un courrier du 25 janvier, adressé à Gérald Darmanin, Grégory Doucet s’est inquiété de la « recrudescence préoccupante et inacceptable des faits de violence revendiqués par les mouvements d’ultradroite ». Le maire de Lyon (EELV) a demandé la dissolution du Rempart.
    En réponse, le ministre de l’intérieur a accusé l’élu écologiste de faiblesse sécuritaire, en déplorant l’insuffisance de vidéosurveillance dans la ville. Il lui a aussi reproché d’avoir prêté un espace culturel pour un concert antifas où des slogans ont visé la police. « Il m’apparaît tout aussi nécessaire d’agir contre les menaces que profèrent des groupes d’ultragauche et les violences qu’ils commettent », a fustigé Gérald Darmanin, le 15 février. Un courrier prémonitoire, six semaines avant la dissolution du GALE.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/04/05/a-lyon-recours-et-craintes-apres-la-dissolution-d-un-groupe-de-militants-ant

    #GALE #dissolution_du_GALE #antifascisme #répression #libertés_publiques