• Comment le #numérique est devenu l’#utopie du #capital
    https://www.terrestres.org/2026/03/10/comment-le-numerique-est-devenu-lutopie-du-capital

    Le développement des #Big_Tech s’est accompagné de discours ayant une dimension utopique. Les #technologies numériques ont été présentées comme la promesse d’un avenir transcendant les limites matérielles à l’abondance et abolissant la nécessité du #travail. Ces projections ont eu une fonction d’occultation du présent. Elles ont dissimulé le fait que la prospérité des grandes #entreprises #technologiques reposait sur l’#appropriation et l’#exploitation de nombreuses #ressources productives : matières premières, #énergie, travailleurs et travailleuses. La critique n’a pas toujours su mettre à distance ces utopies du capital, parfois guère éloignées des utopies sociales qu’elle a défendues.

  • L’époque Edo était plus moderne qu’on ne le pense

    https://japanization.org/lepoque-edo-etait-plus-moderne-quon-ne-le-pense

    En réduisant la modernité à la seule puissance des machines ou à la vitesse des flux, on oublie qu’elle peut aussi résider dans la capacité à #organiser la complexité, à stabiliser des systèmes urbains denses et à gérer des ressources limitées sur le long terme. Edo montre qu’une grande ville peut fonctionner avec peu d’énergie #fossile, à condition de valoriser la #réparation, de structurer des métiers dédiés au #réemploi, de maintenir des #liens étroits entre ville et campagne et d’administrer les #ressources naturelles avec constance.

    Ce n’est ni un programme politique clé en main, ni un âge d’or à célébrer. Mais à l’heure où les métropoles contemporaines redécouvrent les coûts du modèle linéaire, la fragilité des chaînes globales et la question longtemps oubliée des nutriments, l’époque Edo impose une interrogation simple, presque inconfortable : et si la modernité ne se mesurait pas seulement à la vitesse et à la croissance, mais aussi à la capacité d’un système à durer sans se défaire ?

    #Lowtech #Urbanisme #Flux

  • AAH en complément d’une pension : encore quelques mois avant la décision de la Cour de cassation
    https://www.faire-face.fr/2026/03/06/aah-complement-pension-patience-avant-cassation

    Si la haute juridiction confirme [en 2026...] le jugement de la cour d’appel, celui-ci deviendra définitif. Vous pourrez alors demander à vos caisses de recalculer votre AAH. Sans garantie qu’elles le fassent. Dans ce type d’affaires, elles attendent souvent une instruction nationale de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) avant de bouger.

    En cas de refus, vous devrez saisir la commission de recours amiable (CRA) de votre Caf. Puis, le pôle social du tribunal judiciaire où vous obtiendrez, enfin, gain de cause grâce à l’arrêt de la Cour de cassation.

    Une procédure judiciaire dès maintenant ?

    Martine Deniau, elle, encourage les personnes concernées à saisir la justice sans plus attendre (mais après avoir demandé le recalcul de leurs droits auprès de leur caisse puis saisi la CRA, deux étapes obligées). Pourquoi ? « Les Caf ne comprennent que le rapport de force », explique-t-elle.

    Et, surtout, « c’est le début de la réclamation qui marque la date à partir de laquelle il sera possible d’obtenir le remboursement des sommes non perçues ». Selon elle, le plus tôt sera donc le mieux. Du moins pour ceux qui ont la détermination de se lancer dans une procédure judiciaire.

    https://seenthis.net/messages/1100213
    #AAH #pension_de_retraite #ressources_annuelles #AAH_différentielle #Rapo #lettre_type #abattements_fiscaux #jurisprudence

  • Il grande gioco. Milano Cortina: il rovescio delle medaglie

    Le Olimpiadi Milano Cortina 2026: il grandioso #show che promette di portare milioni di visitatori all’insegna di sostenibilità e inclusione. E che invece sottrae risorse alle comunità a beneficio di pochi. Con Il grande gioco Off Topic e il CIO (Comitato Insostenibili Olimpiadi) smontano il modello di questi giochi olimpici invernali e la logica predatoria di risorse sociali e ambientali che accomuna tutti i grandi eventi. Sportivi e non.

    https://openddb.it/film/il-grande-gioco
    #film #documentaire #Milano-Cortina #JO2026 #jeux_olympiques #ressources #modèle #montagne #environnement #soutenabilité #film_documentaire

  • Thirsty Forests and Expansive Droughts: The environmental impacts of data centers in Latin America

    Given the vast resources required to operate data centers today, their environmental impacts have gained increasing attention. As awareness grows, this industry is facing mounting pressure and has begun announcing mitigation strategies aimed at strengthening its environmental and social responsibility. However, are these strategies effectively addressing local environmental impacts and benefiting communities?
    To answer this question, this paper proposes a ‘feral’ approach by weaving ‘feral patches’. That is to elucidate how nonhuman beings are affected by the impacts of large-scale data centers. To do so, we present two Latin American case studies situated in #Quilicura (Chile) and #Queretaro (Mexico). Both sites are emerging as key data center hubs exposing signs of ferality: thirsty forests and expansive droughts. This paper contends that shifting from ‘global’ or ‘planetary’ scales to ‘local’ and ‘patchy’ approaches reveals the contradiction of mitigation strategies to deliver promised benefits. Instead, these compensations are increasingly entangled in the feral effects within the Anthropocene.

    https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/25148486251409055
    #Amérique_latine #data_centers #centres_de_données #sécheresse #eau #forêt #impact_environnemental #ressources #Mexique #Chili

  • La planète vit désormais « au-delà de ses moyens » en eau, alerte un rapport de l’ONU | ONU Info
    https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158256

    Prendre une douche, boire au robinet, arroser un champ. Dans une large partie du monde, ces gestes quotidiens reposent désormais sur une ressource qui ne se renouvelle plus : l’eau. Un nouveau rapport de l’ONU décrit ce basculement et affirme que la planète est entrée dans une « ère de faillite hydrique mondiale ».

    Le diagnostic est brutal et revendiqué comme tel. « Ce n’est pas pour tuer l’espoir, mais pour encourager l’action », a expliqué mardi Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude. « Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain ».

    #eau #ressources #accaparement #communs #pénuries

  • La brutale coerenza del colonialismo

    Il capitalismo è colonialismo. La sua riproduzione richiede un’appropriazione costante e sfrenata di risorse umane e materiali. Se oggi viviamo in un palese disprezzo dello Stato di diritto, in cui la forza è diventata legge, sembra che ci troviamo di fronte a un nuovo scenario. O forse no?

    Nel settembre del 1847, i soldati americani entrarono a Città del Messico e, l’anno successivo, con il Trattato di Guadalupe Hidalgo, il Messico perse la metà del suo territorio (l’odierno Texas, il Nuovo Messico, l’Utah, il Colorado, l’Arizona e la California) a favore del suo potente vicino, che traeva profitto dal cotone prodotto dagli schiavi e inviato alle fabbriche tessili di Manchester che guidavano la rivoluzione industriale oltreoceano.

    Dall’altra parte del mondo, l’Impero britannico costrinse i cinesi a consumare narcotici per garantire i profitti derivanti dalla produzione di oppio del Bengala. Per riequilibrare la bilancia dei pagamenti con l’Impero Celeste, la Compagnia delle Indie Orientali trasformò i terreni agricoli del nord-est dell’India in campi di papavero. La produzione di oppio era gestita come un monopolio dalla Compagnia e, successivamente, dallo Stato britannico. L’oppio era probabilmente la merce più remunerativa del XIX secolo. Londra condusse due guerre contro la Cina per garantirsi questa redditizia impresa.

    Questa è storia, ma l’intricato intreccio tra capitalismo e colonialismo è ancora centrale ai giorni nostri. Gli Stati uniti sembrano determinati a prendere la Groenlandia, resta da vedere se attraverso l’acquisizione o l’occupazione militare.

    Il capitalismo è colonialismo. La sua riproduzione richiede un’appropriazione costante e sfrenata di risorse umane e materiali. Il rendere produttivo il mondo è stato costantemente accompagnato dall’idea che il pensiero e la moralità europei occupino una posizione di superiorità nell’umanità. Storicamente, ciò si è rivelato un mandato razziale in cui alcune vite contano più di altre.
    Se oggi viviamo in un palese disprezzo dello Stato di diritto, in cui la forza è diventata legge, sia che si tratti del genocidio a Gaza, dei rapimenti a Caracas o dei migranti lungo le rotte del Nord Africa, del Mediterraneo, dei Balcani e della Manica, sembra che ci troviamo di fronte a un nuovo scenario.

    O forse no? Piuttosto, con il mandato politico che un tempo sosteneva la socialdemocrazia, oggi sempre più in frantumi, ci troviamo di fronte allo scheletro politico delle storie più profonde che hanno plasmato il mondo moderno. Naturalmente, la sintassi delle tecnologie e delle coordinate è cambiata, ma resta la brutale coerenza da considerare. Inoltre, l’Europa non rispetta nemmeno più le proprie leggi o il diritto internazionale: basti pensare all’invasione dell’Iraq, alla distruzione della Libia e all’ingerenza in Ucraina, molto prima dell’aggressione russa.

    Oggi, l’Europa si rifiuta di riconoscere il genocidio a Gaza e di rispettare la Corte penale internazionale. Coloro che mettono in discussione la narrazione ufficiale possono essere detenuti per mesi senza processo. I governi occidentali e l’Ue vogliono semplicemente l’adesione al copione (non alla storia o ai fatti), il che porta alla repressione della libertà di parola e all’annullamento dello Stato di diritto. Tutto viene sempre più censurato, punito e messo a tacere. Le accuse sembrano delle lettere di suicidio, dato che le minacce sono autoinflitte. Non provengono dalla Russia o dalla Cina, ma dall’Occidente stesso.

    Discutere dell’Ucraina dal punto di vista storico, anche in modo blando, significa essere accusati di essere putiniani; condannare il genocidio a Gaza significa essere etichettati come terroristi antisemiti. Anche il limitato esercizio del ragionamento liberale europeo, che non ha mai riconosciuto la costituzione coloniale, ora si ritira tra le rovine dello Stato di diritto lamentando per la perdita di un’Europa mitica. In fin dei conti, si tratta solo di un’altra scusa per la supremazia bianca.

    In tutto l’Occidente, la democrazia istituzionale è stata completamente svuotata. Abbiamo gli Stati uniti governati da decreti presidenziali extra-costituzionali e un’Ue gestita come una holding. Poi c’è Londra, dove, senza una costituzione scritta e con una monarchia ereditaria e una Camera dei Lord non eletta, è difficile parlare di democrazia. Quindi, quando un uomo d’affari prepotente si comporta come un gangster e si sente al di sopra della legge, non c’è alcuna possibilità di opposizione critica, ma solo umilianti compromessi. L’Ue e il resto dell’Occidente se la cavano da complici servili.

    In termini immediati, tutto è iniziato con Israele. Una volta che l’Europa, in particolare la Germania, ha deciso di sostenere incondizionatamente il genocidio a Gaza, tutte le restrizioni legali ed etiche sono scomparse. Con questo vuoto, cosa si può dire ora delle buffonate degli Stati uniti? Niente. In un mondo senza legge, cosa succederà quando invaderanno l’Europa (Groenlandia-Danimarca) e Israele riceverà il via libera da Washington per attaccare l’Iran? Sotto queste nubi tempestose, se la Cina occupasse Taiwan e la Russia continuasse ad avanzare in Ucraina, sarebbero solo incidenti locali in un mondo in fiamme. Con l’Europa in cenere.

    https://ilmanifesto.it/la-brutale-coerenza-del-colonialismo?t=Y2vVxQbQVJKObyoueQU89
    #colonialisme #capitalisme #ressources #ressources_humaines #ressources_matérielles #Etat_de_droit #force #histoire #continuité #continuité_coloniale #démocratie

    • #Chemin_faisant

      Avant d’aller plus loin, un billet “préliminaire” qui vise à poser les bases, décrire la démarche, expliquer les contenus… bref à justifier, si besoin était, le pourquoi du comment de ce carnet, qu’on peut résumer avec quelques mot-clé : #critique du #tout-voiture, #alternatives, #imaginaire, #pratiques et #modes_de_vie, #Grenoble et sa cuvette, quartier, rue, #émancipation

      On peut vivre (volontairement) sans bagnole (à Grenoble notamment)

      Si, malheureusement, certains territoires et certains modes de vie contraignent à vivre avec une bagnole, pour aller bosser, pour se nourrir, se divertir ou pour faire ses démarches diverses, force est de constater que, quand on vit dans l’agglomération la plus plate de France, qui plus est un milieu urbain dense, bien desservi et fourni en services, se passer volontairement de voiture paraît relativement aisé et justifié. Et pourtant, à Grenoble comme ailleurs, assez peu de gens, et sans doute encore moins des familles, font le #choix de ne pas en avoir (et de ne pas en louer une, ou s’en faire prêter, tous les 4 matins), quand bien même ils et elles en possèdent une juste pour les loisirs…

      Ce carnet est donc d’abord là pour montrer que l’on vit bien sans bagnole dans cette cuvette saturée mais attachante : pour peu que l’on ne calque pas ses envies de mobilité sur la ‘culture du tout-bagnole’, une multitude de #solutions existent en effet pour satisfaire autrement nos besoins de bouger, à proximité de la métropole ou au-delà. Marcher et pédaler évidemment, mais aussi monter dans un bus, un tram ou un train, pour profiter de ce que le coin de la rue, le quartier ou les premiers bouts de forêts et les près et champs qui touchent la ville ont à nous offrir : les possibilités sont inépuisables. Et le plaisir est souvent au rendez-vous, ne serait-ce que celui de savoir qu’on contribue, mine de rien, par l’acte et par l’exemple, à construire un monde plus beau et plus juste. Rien que ça.

      Commençons par déconstruire l’imaginaire de la bagnole

      La voiture et son monde sont une drogue dont les ravages, contrairement à la clope ou à la boisson, sont encore largement escamotés : ces boites en métal d’une tonne peuvent passer devant une école à 30 km/h, et frôler des gamins qui ne dépassent pas les rétroviseurs sans que ça ne soit insupportable pour la majorité des gens. Dans le même ordre d’idée, il y a quelques décennies en arrière, laisser des enfants enfermés pendant des heures dans une pièce enfumée était normal, ce qui n’est heureusement plus le cas aujourd’hui. Les mentalités évoluent, les connaissances et les perceptions également, et aujourd’hui le tabagisme passif n’est plus toléré. Mais alors, comment se fait-il qu’on continue à vivre, sans broncher ou presque, dans un monde saturé à ce point-là de bagnoles, avec tous les méfaits, proches ou lointains, que cela engendre ?

      Probablement que l’usage de la voiture ne serait pas si dominant et ses méfaits ne seraient pas tant tolérés si l’imaginaire de la bagnole et de son monde n’était pas profondément ancré dans nos têtes, modelé par des décennies de matraquage publicitaire et de modelage culturel. L’état de fait physique - le tout-voiture- est donc avant tout une construction sociale, pronée par certains et acceptés par une majorité. Partant de là, tous les moyens sont donc bons pour déconstruire cet enfumage généralisé, en partie inconscient : asséner les chiffre-massue des accidentés ou des taux de pollution, mettre en regard la réalité et la perception qu’on en a, tisser des contre-récits… C’est en tout cas ces recettes que je tente de mettre en oeuvre dans ce carnet.

      Vers un #monde_dévoituré

      Un monde qui lâcherait la voiture… c’est tout un univers de possibles qui s’ouvre, fait de ré-appropriation des espaces et du temps, de re-connexion avec ce qui nous entoure, de ré-ensauvagement de nos vies. Plus concrètement, dévoiturer nos villes et nos vies, c’est rendre les rues plus sûres et vivables, pacifiées et mieux partagées, l’air moins toxique, c’est faire régresser le goudron et béton pour laisser la place à de la vie animale et végétale : de quoi rendre autant désirable le coin de la rue, que l’autre bout du monde où l’herbe n’est pas forcément plus verte… Alors, laissons-nous aller à imaginer ce nouveau monde et posons-nous la question : comment occuperons-nous cette rue, ce parking, cette autoroute ou cette zone commerciale une fois que les bagnoles n’y circuleront plus ?


      #voiture #mobilité #alternative #transports #espace
      #géographie_culturelle #ressources_pédagogiques

  • Comment l’#IA dévore la planète

    L’incroyable essor de l’intelligence artificielle, technologie particulièrement vorace en énergie, en eau et en terres rares, interroge à l’heure où les géants du secteur sont lancés dans une course au gigantisme.

    Derrière les réponses presque magiques de ChatGPT, les vidéos imaginaires sans limites de Sora ou les images synthétiques bluffantes de Grok ou Gemini, l’intelligence artificielle (IA) a une empreinte bien réelle sur le monde. Dans une industrie du numérique énergivore, cette technologie se distingue par l’intensité de la puissance de calcul qu’elle nécessite pour chaque requête. Cela se reflète dans l’explosion inédite des investissements des géants de l’IA dans les data centers : 620 milliards de dollars (529 milliards d’euros) en 2026, selon la banque Morgan Stanley, soit déjà près de quatre fois plus qu’en 2023.
    Cette course au gigantisme – Meta a ainsi un projet de data center grand comme la moitié de l’île de Manhattan et puissant comme cinq réacteurs nucléaires – a de nombreux impacts tout au long de la chaîne de valeur de l’IA.
    Cette absorption de ressources fait craindre des pénuries ou des conflits d’usage locaux avec d’autres besoins essentiels tels que l’agriculture, l’électrification des transports ou de l’industrie. L’IA doit-elle donc être développée à tout prix ? Il convient de la piloter « avec sobriété », en choisissant « le juste niveau de technologie au service d’un besoin réel », met en garde l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans une étude publiée début novembre. Et le 8 décembre, plus de 230 ONG ont demandé un moratoire sur la construction de nouveaux centres de données aux Etats-Unis.

    Pour évaluer l’impact sur la planète de ces cartes,des chercheurs ont démantelé et broyé l’une des plus utilisées au monde, la Nvidia A100. Ils y ont trouvé plus d’une vingtaine de métaux différents, dont des terres rares.

    L’essor de l’IA donne un coup de fouet à l’industrie des semi-conducteurs, qui pourrait doubler en cinq ans. Le marché des GPU et autres puces destinées à l’IA domine la croissance et devrait dépasser les 280 milliards de dollars d’ici à 2029.

    Or, ce secteur est gourmand en eau, énergie, métaux et produits chimiques. Et ce alors que, pour augmenter la puissance de calcul, les éléments de base doivent être de plus en plus petits, et donc de plus en plus purs, ce qui nécessite l’utilisation de toujours plus de produits toxiques.

    Dans les usines du taïwanais TSMC, plus important industriel du secteur, la production d’un seul « wafer » de 12 pouces, où sont gravées les puces, requiert plus de 7 000 litres d’eau. Le groupe – qui indique recycler 88 % de l’eau qu’il utilise – en fabrique l’équivalent de 16 millions par an.

    Artificialisation des sols
    L’expansion de l’IA nourrit une croissance inédite des dépenses dans les data centers : les géants du secteur, d’OpenAI à Meta, en passant par Google, Amazon ou Microsoft, vont investir 470 milliards de dollars dans ces infrastructures en 2025 et même 620 milliards en 2026, selon la banque Morgan Stanley. Soit près de quatre fois plus qu’en 2023.

    Il n’existe pas de recensement mondial du nombre de kilomètres carrés aujourd’hui occupés par les data centers. Mais, aux Etats-Unis, les montants investis dans la construction de ces infrastructures sont sur le point de dépasser ceux des bureaux traditionnels.

    Et d’immenses chantiers ont été lancés : Stargate, d’OpenAI, situé dans la petite ville d’Abilene, au Texas, comptera huit bâtiments sur une zone de près de 4,5 kilomètres carrés – plus vaste que Central Park à New York. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé que le méga data center Hyperion, prévu en Louisiane, pourrait couvrir l’équivalent d’« une partie importante de la superficie de Manhattan ».

    En France, le gouvernement a annoncé avoir identifié 35 sites « favorables » à l’installation de centres de données pour un total de 12 km² – soit 1 680 terrains de foot.

    Consommation d’électricité
    Cette course au gigantisme s’illustre par leur puissance électrique exponentielle. Les plus gros sites en construction prévoient désormais d’égaler ou de dépasser une capacité électrique de 1 gigawatt (GW). Soit environ l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire.
    Et les objectifs sont encore plus démesurés : xAI sera « le premier à mettre en fonctionnement 10 GW, 100 GW, 1 TW [térawatt]… », a affirmé sur X Elon Musk, en septembre.

    L’augmentation de la puissance installée des data centers devrait en conséquence faire bondir leur consommation électrique annuelle liée à leur utilisation. Celle-ci pourrait tripler d’ici à 2030.

    Pour le moment, l’électricité alimentant les data centers ne représente qu’environ 1,5 % de la consommation mondiale, selon l’AIE. Mais aux Etats-Unis, cette part pourrait passer de 4,4 % à entre 7 % et 12 % en 2028, selon le ministère de l’énergie américain. En Europe, les data centers pourraient peser 7,5 % de la consommation électrique d’ici à 2035, contre 2,5 % aujourd’hui, selon le Shift Project, le cercle de réflexion présidé par Jean-Marc Jancovici.

    Consommation d’eau
    L’IA n’est pas seulement vorace en énergie, elle est aussi insatiable en eau. En 2023, les prélèvements associés aux centres de données auraient déjà dépassé les 5 000 milliards de litres, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit l’équivalent de toute l’eau potable puisée en France en une année.

    Une partie de cette eau est recyclée, c’est pourquoi la part réellement consommée – notamment en raison de l’évaporation – représente environ 560 milliards de litres.

    A l’avenir, l’AIE s’attend à ce que la consommation d’eau associée aux centres de données soit multipliée par deux d’ici à 2030, pour atteindre environ 1 200 milliards de litres par an.
    Les conséquences d’un même prélèvement sur les nappes et les rivières varient selon les territoires. A titre d’exemple, 14 % de l’eau utilisée par Google viennent de zones à risque « élevé » de pénurie, selon les documents de l’entreprise.

    Emissions de CO2
    Aujourd’hui, l’électricité des data centers provient pour plus de la moitié d’énergie carbonée.

    La croissance des émissions de gaz à effet de serre des data centers devrait doubler, voire tripler, selon les scénarios établis par le Shift Project.

    Les data centers, dont une partie sert à l’IA, émettent plus de gaz à effet de serre que la France : 369 millions de tonnes en équivalent CO₂, en 2024, selon le ministère de la transition écologique.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/26/comment-l-ia-devore-la-planete_6659449_3234.html
    #AI #visualisation #statistiques #extractivisme #eau #énergie #terres_rares #ChatGPT #Sora #Gemini #Grok #empreinte #puissance_de_calcul #data_centers #centres_de_données #investissements #Meta #ressources #conflits #pénurie #extractivisme #mines #cartes_graphiques #GPU #graphics_processing_unit #serveurs #impact #Nvidia_A100 #métaux #semi-conducteurs #puces #produits_chimiques #toxicité #TSMC #wafer #artificialisation_des_sols #OpenAI #Google #Amazon #Microsoft #chiffres #statistiques #Stargate #Abilene #Texas #Hyperion #France #CO2 #gaz_à_effet_de_serre #infographie

  • Depuis l’#écologie_blanche, vers l’#antiracisme

    Ma réflexion ces trois dernières années avait deux objectifs explicites : rénover la compréhension du zéro déchet, et étudier la possibilité de l’utiliser comme principe d’union politique. Il en avait aussi un plus souterrain : comprendre ce qui séparait mon écologie, blanche, bourgeoise, des mouvements écologiques populaires et non-blancs. Je ne voulais pas d’une explication purement sociologique. Je voulais saisir ce qui n’allait pas dans nos idées, notre rapport au monde et nos outils conceptuels.

    Ma conclusion est que mon écologie est unie par un système politique qui structure le monde que nous connaissons, et que le philosophe Charles W. Mills nomme « #suprématie_blanche ». Ce système rend solidaires les blancs entre eux, déshumanise les personnes non-blanches et crée les catégories raciales de « blanc » et « non-blanc·he ». On ne peut pas réunir les écologies d’#émancipation sans lutter frontalement contre ce système.

    Il n’y a pas d’avenir pour une écologie qui se veut juste sans être antiraciste. Elle reconduira inévitablement les mêmes causes que celles qui aboutissent à la destruction globalisée, parce qu’elle intègre dans son approche les principes de la #division, de la #hiérarchisation et de la #domination. Avec ces articles, j’ai proposé un parcours pour aider les écologistes blanc⋅hes à en prendre conscience.

    Si les intérêts de classe sont aussi importants, ils me semblent moins structurants. Parce que les blancs pauvres savent s’unir aux blancs qui les écrasent pour peu qu’ils leur assurent que les non-blancs restent en dessous. Ce n’est pas une opinion personnelle, c’est l’histoire du monde. C’est celle de notre époque. Voilà pour l’objectif souterrain.

    Un #anti-capitalisme paradoxal

    Concernant celui de repenser le zéro déchet et d’y voir un projet anticapitaliste, on peut objecter qu’au contraire, à la fois le #colonialisme et les soupçons d’#extractivisme montrent la continuité entre zéro gaspillage et #capitalisme. Ce serait une erreur d’y voir un paradoxe.

    Le capitalisme est la norme qui construit notre monde depuis plusieurs siècles. Ses adversaires naissent sous son joug, obligés d’en intégrer les règles et de subir son influence dans leur chair et leur esprit. Il n’y a rien de plus banal que d’être construit par un système qui nous domine, nous tue, et dont on reste prisonnier même dans notre façon de le fuir.

    Le #zéro_gaspillage est révolutionnaire dans ses ambitions, pas dans ses outils intellectuels. Son succès s’appuie précisément là-dessus : il est facile à comprendre et (jusqu’à un certain point) à insérer dans un monde capitaliste. C’est une idéologie intermédiaire : elle critique un système dont elle est issue, sans arriver à s’en délivrer. Voilà pour l’objectif de rénover la réception du #zéro_déchet.

    Un principe d’union

    Quid de l’idée d’utiliser le #gaspillage comme principe d’#union ? Elle semble mal engagée. La notion de gaspillage ramène à celle de #ressources, c’est-à-dire de moyen de production au service d’un « porteur de projet ». Elle s’insère dans un cadre où on pense d’abord à l’utilité économique des choses, où l’on sépare les acteurs qui utilisent et les objets qui sont utilisés.

    Le spectre de la #déshumanisation et de l’#exploitation de la « ressource humaine » est omniprésent. On est déjà sur le continuum qui conduit à l’#esclavage, à la #négation_de_l’humanité de la personne et au refus de la voir comme autre chose qu’un moyen pour des d’objectifs qui ne sont pas les siens. Un truc qui arrive tous les jours. Même pas surprenant.

    En ce sens peut-être que mon inquiétude est injustifiée. Peut-être que les limites théoriques que je décris ne constituent pas un danger pour l’action, ou pas de suite. Mon indécision est ici moins un échec que le témoin que les solutions sont collectives, qu’elles demandent des collectifs divers, riches. L’analyse des problèmes peut parfois se faire seul (comme ici) mais leur résolution n’est pas quelque chose qui se passe dans un texte, encore moins un texte à une voix.

    https://blog.whoz.me/zerowaste/depuis-lecologie-blanche-vers-lantiracisme
    #écologie

  • La République contre elle-même : que raconte l’étouffement des sections de commune quant au fonctionnement de l’État ?

    Les « #sections_de_commune » constituent une forme particulière et ancestrale de #propriété_collective d’une surprenante actualité. Mais elles font face aux assauts du législateur qui œuvre pour leur disparition.

    La suppression des sections de commune, une des catégories de propriétés collectives ancestrales, s’effectue à bas bruit dans les campagnes françaises. En quelques années, des pans entiers de l’identité et de l’histoire rurales ont été rayés de la carte dans une indifférence quasi générale. Néanmoins, ici et là, des habitants entrent en #lutte, aidés par des associations déterminées [1], ce qui n’arrête pas un mouvement toujours à l’œuvre dans les départements qui contiennent le plus de sections de commune [2]. Malgré une érosion continue (plusieurs disparaissent chaque semaine), il en subsiste des dizaines de milliers en #France [3]. Ce processus illustre la contradiction entre le discours étatique de promotion de la démocratie locale et de soutien à la #ruralité et la réalité d’un #démantèlement presque méthodique des structures vernaculaires d’#autogestion des campagnes. Ce faisant, s’accroît la défiance de la population envers la puissance publique, et réciproquement. Alors que l’enjeu social, écologique, climatique prend chaque jour plus d’ampleur, comment expliquer que des élus qui s’affichent comme d’ardents défenseurs de la ruralité ne regardent pas avec bienveillance la culture foncière collective et le phénomène autochtone qui l’anime ? Cette question en rejoint de nombreuses autres concernant les difficultés qu’a la puissance publique à accueillir l’action des communs fonciers et communautés liées. Pour appréhender ce sujet, une journée d’étude et de débats aura lieu le 17 octobre 2025 au Palais du Luxembourg à Paris [4].

    L’inutilité des #communaux ? Une contre-vérité historique, un contre-sens social

    Depuis le Moyen Âge, et durant des siècles, les sociétés européennes ont reposé en grande partie sur les « communaux » : des #terres_partagées (forêts, landes, marais…) destinées à satisfaire les besoins essentiels des habitants. Ces systèmes fonciers permettaient et permettent encore l’#usage_partagé des #ressources, leur autogestion prudente par les communautés villageoises selon des règles propres. Ils ont contribué à façonner les #paysages, le #patrimoine et des formes de cohésion villageoise. Le #droit actuel y fait encore allusion, mais de manière restrictive et appauvrie, sans reconnaître leur #fonction_sociale ni leurs particularités régionales. L’émergence d’un État moderne valorisant la propriété individuelle et une législation uniforme a peu à peu marginalisé ces formes collectives d’usage des terres et des ressources. L’évolution des modes de vie – moins agricoles – a accentué ce déclin (Vivier 1998). Concernant les sections de commune, la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013 les a classées comme personnes morales de droit public (imposant un carcan que les communautés d’ayants droit n’ont jamais souhaité ni demandé) et, sous couvert de #modernisation, a restreint la possibilité pour elles de disposer d’un organe de gestion autonome (comme les commissions syndicales, aujourd’hui rares). Elle a renforcé le pouvoir des conseils municipaux pour les administrer, y compris pour vendre ou transférer ces biens. Le pouvoir de fixer le destin de ce patrimoine des habitants a donc basculé des populations aux #conseils_municipaux. Leur #disparition est aussi souhaitée par certains élus locaux qui, arguant pourtant de la défense de la ruralité, supportent mal la survivance de systèmes qu’ils voudraient mettre au pas au nom d’une certaine idée de la République centralisée et monolithique (en 2025, des sénateurs ont déposé une proposition de loi sous un titre trompeur mettant en avant l’amélioration de la gestion des sections, alors qu’il est bien question dans l’exposé des motifs de les dissoudre et d’accélérer le transfert aux communes [5]).

    Mais il y a un os : l’administration butte sur la #résistance de ces #communs_fonciers. Ceux-ci, loin d’avoir disparu, survivent sous des formes diverses en maints endroits de l’Hexagone (et ailleurs en Europe). Certes, leur dynamisme varie au gré des lieux et des situations. Mais en période de crise sociale et écologique, les populations fragilisées leur reconnaissent à nouveau un rôle protecteur et utile (Joye 2021). Défendre les communs n’équivaut pas à protéger les privilèges de quelques-uns, comme certaines voix le prétendent parfois. Il s’agit de préserver des ressources essentielles : eau, biodiversité, terres agricoles, savoir-faire anciens, patrimoine culturel immatériel, lieux de rencontre. Les enquêtes menées par la chaire Valcom [6] montrent aussi, à rebours du discours fataliste sur l’individualisme en société, que les populations ont envie de s’impliquer, d’agir et travailler en commun, d’assumer des responsabilités et de transmettre à leur tour cet héritage. Dans le système des sections de commune, les membres ont des droits mais également des devoirs et une éthique de la responsabilité. Ils prennent soin de leur environnement et interviennent sur tout un ensemble de dimensions que l’administration a du mal à appréhender au quotidien et aussi finement.

    Pourquoi s’entêter à supprimer cet héritage ?

    Nos recherches révèlent plusieurs motifs. Il y a ceux que des rapports officiels évoquent sans détour : le besoin de simplification et de rationalisation administratives. Ils discréditent ces dispositifs avec condescendance, arguant qu’ils seraient anciens, folkloriques et incompatibles avec le développement des territoires, d’où la tentation de faire table rase du passé [7]. Cette opinion se trouve dans le rapport officiel de l’Inspection générale de l’administration de 2003 percevant de manière édifiante les sections comme un « régime juridique suranné » et « un frein souvent incompatible avec un aménagement rationnel du territoire rural [8] ». Le groupe de travail qui a produit le rapport n’était composé que de représentants d’administrations (étatiques comme locales), d’associations d’élus locaux et d’institutions spécialisées (comme la Fédération nationale des communes forestières) et de quelques juristes. Jamais les ayants droit aux sections, les associations qui les représentent, ni les élus de leurs commissions syndicales n’ont été conviés, pas plus que dans les travaux préparatoires de ce qui deviendra la loi n° 2013-428 du 27 mai 2013. L’avenir des communaux ne se discute donc que dans l’entre-soi des pouvoirs publics, certains étant notoirement hostiles aux sections. Sans respecter l’espace de tous les points de vue, ces réflexions révèlent une analyse biaisée, destinée à avaliser un préjugé idéologique négatif de départ. On y lit surtout des complaintes, jamais les actions d’intérêt collectif menées par les populations, ni leurs témoignages. Les sections seraient un poids pour l’administration, l’obligeant à prendre en compte un acteur supplémentaire et épars, la population. Vingt ans après, ce motif est encore entendu.

    Sur le terrain, nous percevons les tensions qui existent par endroits et la concurrence de vision quant à la manière d’assurer la gestion durable des biens. Citons le Programme régional de la forêt et du bois (PRFB) de la région Auvergne-Rhône-Alpes (2019-2029), élaboré sous la responsabilité d’une grande partie des acteurs de la filière, sous la double présidence de l’État et de la région. Il affiche un objectif de prise en compte de la multifonctionnalité des forêts, mais prône l’intégration des #forêts sectionales dans le domaine communal (c’est-à-dire leur suppression). Il mentionne qu’elles « représentent une lourdeur importante en termes de gestion du fait du nombre important d’interlocuteurs au regard des surfaces concernées [9] ». De son côté, l’#Office_national_des_forêts (#ONF), malgré la bonne volonté de ses agents locaux, peine à concilier les différents objectifs forestiers que le législateur a fixés. Il fait primer l’exploitation économique sur la pérennité des usages des communautés villageoises. La gêne des agents se ressent en matière de droit d’affouage [10], où l’ONF adopte souvent une position ambigüe, celle du « oui mais… ». Il reconnaît les usages ancestraux au profit des populations (code forestier, ancrage local), mais ne se précipite pas pour les mettre en œuvre. Il s’abrite derrière les prétendus risques que l’exercice de ce droit engendrerait pour la filière bois, pour la sécurité, pour la gestion durable [11]. De son côté, la Charte de la forêt communale de 2016 (ONF – Fédération nationale des communes forestières) n’inclut pas les sections comme potentiels acteurs, laissant penser que les communes agissent en propriétaires des biens de section, ce qui n’est pas le cas.

    Les déséquilibres coupables de la #loi du 27 mai 2013

    La loi du 27 mai 2013 modernisant le régime des sections de commune participe en réalité de leur affaiblissement. Son titre en trompe-l’œil masque mal ses velléités d’atrophie des sections puisque le choix a été fait par le législateur de restreindre le pouvoir d’agir des ayants droit et de décider de l’avenir de leur patrimoine collectif. Le texte était destiné, en théorie, à offrir « un ensemble équilibré de dispositions tendant à clarifier ce régime juridique dans ses différentes dimensions, en prenant en compte un double impératif : d’une part, faciliter l’activité des sections de commune dont l’existence favorise la dynamisation de la gestion de certains biens, en rationalisant les règles applicables ; d’autre part, permettre plus aisément le transfert des biens des sections de commune aux communes dans les hypothèses où les sections ne reflètent plus aucune réalité [12] ». Or, le texte promulgué n’a pas atteint cet équilibre.

    En effet, le premier impératif visé a été rendu inopérant dès lors que la loi a dévitalisé les organes représentatifs de gestion des sections (les commissions syndicales) en augmentant drastiquement les conditions de revenu cadastral requis pour faire la demande au préfet de convoquer les électeurs [13]. Cela prive de facto les sections d’un outil de gestion, et les pouvoirs publics d’interlocuteurs, ce qu’ils déplorent par ailleurs... Le législateur a opté pour le renforcement de l’administration des sections par les conseils municipaux et le maire agissant au nom et pour le compte de la section. Mais c’est pour le meilleur et pour le pire en pratique, car ils disposent de la possibilité d’enclencher de multiples procédures conduisant à la suppression des communs fonciers (transferts, ventes). Certaines permettent un démantèlement des sections par des procédures expéditives qu’on ne trouve dans aucun autre domaine de l’action publique. Ces procédures s’apparentent à des expropriations déguisées, à l’indemnisation purement théorique (les ayants droit n’hésitant pas à parler de spoliation [14]), pour des projets souvent désespérants, quand il y en a : les biens restent parfois dans le giron de la propriété publique [15], mais sont aussi vendus au secteur privé, par exemple afin de réaliser des parkings, des lotissements ou pour l’agrément de propriétaires privés souhaitant agrandir leur espace...

    Quant au deuxième impératif qu’était censé poursuivre le législateur, c’est une carence d’encadrement juridique qui conduit à laisser le champ libre à l’administration pour décider si les sections ne « reflètent plus aucune réalité ». De quelle réalité parle-t-on : celle de l’apparence, celle de la vision de la puissance publique ou celle des populations ? Or, le texte est rédigé de telle sorte que le conseil municipal, avec le préfet en bout de ligne procédurale, en décident. Aucun critère de discernement n’est imposé pour faciliter une objectivation de la prise de décision (attachement, économie, services aux populations, lien social) et aucune phase préalable d’information n’est prévue afin de placer les ayants droit devant leurs responsabilités s’ils sont accusés de ne pas être assez actifs ou réels. Cette réalité ne se mesure pas qu’aux revenus de la section. Entretenir les chemins, la forêt, surveiller les sources, se réunir autour du four banal sont autant d’apports directs ou indirects en matière écologique, économique, culturel ou social aux villages. Analyser et répertorier les éléments de cette réalité – ne serait-ce que dans les documents d’urbanisme – permettrait de la comprendre dans toutes ses dimensions [16]. La loi ne propose pas non plus de relance des communs, les plus endormis aujourd’hui n’étant pas morts juridiquement ; la reprise en main par les populations reste possible (néoruraux, populations locales mieux informées). Ainsi, les projets de suppression ne se décident pas à partir d’une pesée des intérêts entre le pour et le contre, ni d’une enquête publique. Aucune procédure ne présente de garantie sérieuse d’information préalable permettant des débats éclairés et un consentement libre, en connaissance de cause, afin que chacun ait bien compris les enjeux de la possible disparition de systèmes fonciers ancestraux. Cela s’opère en sachant que les personnes sont souvent âgées et isolées. Dans bien des cas, les ayants droit n’ont pas conscience de leur liberté de choix ni des conséquences de la décision qu’on leur demande de prendre.

    Dans certains départements du Massif central, ce que nous proposons d’appeler un #sectionicide s’est intensifié depuis la loi de 2013. Aucune collectivité ne s’en glorifie ni ne tient de décompte précis. Pour le savoir, il faut lire le recueil des actes administratifs de la préfecture, les données statistiques étant parfois rassemblées par des associations défendant les sections ou des entités à l’inverse plutôt réservées, comme certaines associations départementales des communes forestières. En Haute-Loire, 359 arrêtés préfectoraux ont été pris de 2011 à 2024 tous motifs confondus (ventes et transferts, ces derniers étant majoritaires) pour amputer des sections de leurs parcelles (réduire leur superficie) ou supprimer carrément des sections (suppression totale de 214 sections soit 15,3 par an en moyenne). De fortes variations existent d’une année sur l’autre, probablement en fonction du volontarisme des équipes municipales ou des préfets en place [17]. Dans le Puy-de-Dôme, la loi de 2013 a dopé les transferts de biens de section au profit des communes avec plusieurs dizaines par an tandis qu’ils étaient très peu nombreux avant [18]. Des préfets ont publiquement appelé les maires à communaliser les biens de section. En Saône-et-Loire, le préfet accompagne sa lettre aux maires du département de la procédure de communalisation à suivre, et des contacts des agents de la direction départementale des territoires, de l’association des communes forestières ou de l’ONF à solliciter à l’appui de la besogne. Le but affiché est une fois de plus de « faciliter la gestion forestière et administrative ». On y sert surtout un argumentaire spécieux. Supprimez puisque « dans le département la plupart des forêts sectionales sont intégralement gérées par les communes, la section ayant disparu [19] ». Ce qui est faux : par définition, si l’État veut supprimer les sections, c’est qu’elles existent. Surtout, rappelons que pour les conseils municipaux, c’est une obligation légale d’assurer la gestion des sections, qu’elles soient inactives ou dynamiques, et que tout est mis en œuvre pour empêcher la constitution des commissions syndicales pouvant permettre aux populations de les gérer... En Haute-Loire, le préfet voit dans la suppression un intérêt pour mieux prévenir les risques d’incendie, le département étant désormais classé à haut risque [20]. La préoccupation de l’État est ici de limiter le nombre d’interlocuteurs, regrouper la propriété pour pouvoir agir avec rationalité en sachant que ses moyens se réduisent. C’est d’autant plus regrettable quand on sait combien les populations des sections entendent jouer un rôle majeur d’appui à la puissance publique en étant en permanence sur le terrain pour observer ou entretenir les forêts. En réponse aux envies et possibilités d’agir en renfort de l’État, celui-ci privilégie une mise à distance des populations.
    Conséquences : un appauvrissement du tissu social et des outils d’action territoriale

    Sans que les agents des administrations en soient toujours conscients, le discrédit porté aux sections est perçu comme une forme de mépris par les citoyens engagés dans la préservation de leur cadre de vie et de leurs traditions d’organisation collective du territoire, armés de leur expérience du temps long, de la conscience de soi et de leurs aptitudes professionnelles. En réalité, sauf le gain financier, il est bien difficile aux communes ayant supprimé les communs de justifier ce que cela a produit de positif. Quels services l’administration a-t-elle apportés aux populations pour prendre le relais ? Le sentiment d’appartenance au territoire en a-t-il été renforcé ? Par quoi les communes ont-elles remplacé les liens sociaux brisés par la fin des droits d’usage collectifs ? À vrai dire, selon nos observations, par rien du tout, ou si peu…

    Cette ruralité négligée de la métropole française porte des récits et des droits culturels exprimant une volonté réelle de contribuer au bien commun, à travers des formes locales et enracinées de gestion des ressources. En poursuivant l’élimination de structures locales ancestrales fondées sur la propriété collective ou les usages partagés, en ne cessant de privilégier la propriété individuelle, l’État ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon des populations rurales. Le sujet clive au sein des associations d’élus. Pour certains, le sujet reste urticant : c’est un difficile lâcher prise car il s’agit toujours d’affirmer que « la raison c’est nous ! C’est nous les élus qui savons. Et c’est notre rôle de représenter les citoyens [21] ! ». D’autres, à l’inverse, s’ouvrent résolument aux démarches citoyennes implicatives et souhaitent leur donner un espace d’expression [22]. Ils font le pari d’une articulation vertueuse des différentes sphères d’action d’intérêt collectif, afin qu’elles s’épaulent au lieu de se neutraliser dans une querelle sans fin, frustrant toutes les parties. Autrement dit, ce sujet suggère une réforme profonde des méthodes du service public.

    Bibliographie

    Bourjol, M. 1989. Les Biens communaux. Voyage au centre de la propriété collective, Paris : LGDJ.
    Joye, J.-F. (dir.). 2021. Les Communaux au XXIe siècle. Une propriété collective entre histoire et modernité, Presses de l’USMB.
    Scott, J. C. 2021. L’Œil de l’État. Moderniser, uniformiser, détruire, Paris : La Découverte.
    Vivier, N. 1998. Propriété collective et identité communale. Les biens communaux en France, 1750-1914, Paris : Publications de la Sorbonne.

    https://metropolitiques.eu/La-Republique-contre-elle-meme-que-raconte-l-etouffement-des-section
    #communs #foncier #démantèlement

  • Énergie et inégalités. Une #histoire_politique

    Pourquoi l’histoire de l’énergie est-elle intimement liée à celle des #inégalités_sociales ? Comment penser les débats sur la #transition_énergétique à l’aune des conflits de #répartition_des_richesses ?

    Depuis des millénaires, l’usage de l’énergie façonne les sociétés humaines, structurant leurs #hiérarchies et leurs #rapports_de_pouvoir. Sa maîtrise est un vecteur d’#émancipation autant qu’elle est un outil de #domination. La propriété des #ressources et des #infrastructures_énergétiques est un terrain de #luttes sociales, politiques et géostratégiques. Selon qui possède l’énergie, des choix de société radicalement différents peuvent advenir.

    Mais comment le lien entre énergie et inégalités s’est-il construit depuis la Préhistoire ? En croisant les résultats de la recherche en histoire économique, en archéologie et sciences du climat, Lucas Chancel s’attache à montrer comment, sur la longue durée, les cadres techniques et politiques qui déterminent les usages de l’énergie s’articulent avec la répartition des richesses entre individus, groupes sociaux et nations.

    L’histoire de l’énergie ne peut se résumer à sa dimension technique, ni à la somme des choix politiques passés. Elle ouvre sur une diversité de futurs possibles, où le découplage entre consommation d’énergie, #ressources_matérielles et #prospérité est indissociable de la question de la #justice_sociale.

    Ce livre défend une transition écologique fondée sur une #réappropriation_collective de l’énergie. En puisant dans les expériences de #redistribution des richesses du siècle passé, il esquisse une alternative au désastre écologique et aux inégalités extrêmes, à travers le développement de nouvelles formes de #propriété_publique et participative au XXIe siècle.

    https://www.seuil.com/ouvrage/energie-et-inegalites-lucas-chancel/9782021516128
    #livre #énergie #inégalités #histoire

  • Extractive Capitalism:How Commodities and Cronyism Drive the Global Economy

    An exposé of the extractive industries powering globalization —and a primer on fighting back

    Laleh Khalili reflects on the hidden stories behind late capitalism, from seafarers abandoned on debt-ridden container ships to the nefarious reach of consultancy firms and the cronyism that drives record-breaking profits. Piercing, wry, and constantly revealing, Extractive Capitalism brings vividly to light the dark truths behind the world’s most voracious industries.

    Whether it is pumping oil, mining resources, or shipping commodities across oceans, the global economy runs on extraction. Promises of frictionless trade and lucrative speculation are the hallmarks of our era, but the backbone of globalization is still low-cost labor and rapacious corporate control. Extractive capitalism is what made—and what maintains—our unequal world.

    https://www.versobooks.com/products/3405-extractive-capitalism

    #extractivisme #capitalisme #livre #globalisation #mines #ressources #économie_globale #économie #spéculation #inégalités

  • Épisode 1/4 : Electricité partout, sobriété nulle part

    Sobriété et #électrification sont les mots d’ordre de la #transition. Mais, c’est sans compter cette nouvelle infrastructure énergivore qui est en train de se déployer à travers le monde : celle du numérique, de l’#IA et des #data_centers.

    Avant de parler d’énergie, il nous faudra faire un feu, sans allumettes ni briquet - rejouer cette scène primitive - pour mieux comprendre ce qui est à l’oeuvre. La flamme qui jaillit d’un morceau de bois que l’on chauffe c’est surnaturel, immédiatement séduisant. A nous qui sommes des chimères singe-feu, elle emporte les imaginaires. Cette flamme-là vient rappeler que l’énergie, avant d’être une affaire de kWh, est une métaphysique, un lieu de #fantasmes et d’#histoires qu’on se raconte.

    Le vol du feu aux dieux pour en faire don aux hommes, le geste inaugural de Prométhée s’est traduit en Occident par le projet d’une #émancipation fondée sur la maîtrise et la #possession de la #nature perçue comme un ensemble de #ressources à exploiter. Nous pensons aujourd’hui que ce feu mythique a disparu de nos vies. Nous avons tort : il est partout. Dans les voitures, dans les usines, dans les champs, dans les maisons. Notre monde repose sur la combustion. Des milliards de feux invisibles circonscrits dans des machines, brûlent une #biomasse vieille de millions d’années, et apportent #chaleur et #mouvement. L’équivalent énergétique pour chacune et chacun d’entre nous de centaines d’esclaves humains à notre service.

    "Le choix du feu c’est le choix d’une #économie_fossile qui, dès lors, ne repose plus sur les énergies naturelles anciennes - l’eau, le vent, la force musculaire des êtres vivants et le bois - qui imposaient des contraintes et des limites à la #puissance". (F. Jarrige, historien)

    Le choix du feu est aujourd’hui synonyme de catastrophe climatique, et d’#urgence, il faut rendre le feu aux dieux. Dans le langage courant, nous appelons ça « faire une transition ». Le défi est inédit et colossal. 80 % de l’énergie utilisée dans le monde provenant encore du #pétrole, du #gaz et du #charbon. Miser sur des économies d’énergie et sur une électrification massive des usages en produisant une électricité dite décarbonnée, voilà les axes principaux de cette transition. Pour autant :

    "La #transition_énergétique n’est pas une notion scientifique sérieuse. On ne passe pas d’une énergie à une autre. Historiquement ça n’est pas ce qui s’est passé. L’histoire de l’énergie est celle de l’expansion symbiotique de toutes les énergies et de toutes les matières". (JB. Fressoz, historien)

    La France, dont 25% de la consommation d’énergie s’appuie aujourd’hui sur l’électricité, reste dépendante à plus de 60% aux #énergies_fossiles. Sa stratégie de long terme prévoit, à l’horizon 2050, une diminution de 40% de cette #consommation_d’énergie tout en amenant la part de l’électricité à plus de la moitié de son mix énergétique. Néanmoins, la direction qui est en train d’être prise semble contredire cette feuille de route, comme en témoigne le développement effréné de l’#industrie_du_numérique.

    "On a jamais fait moins de 15% de croissance par an en 25 ans. Ca va un peu mieux que l’économie française". (Fabrice Coquio, président de Digital Realty France)

    Dans une odeur de brûlé, à l’heure du #tout_numérique et de la mise en #données du monde, c’est un nouveau prodige qu’on demande à #Prométhée d’accomplir : d’une main tremblante, rendre le feu fossile, et de l’autre, plus assurée, s’emparer des électrons.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/electricite-partout-sobriete-nulle-part-5983160

    #électricité #sobriété #podcast #audio #intelligence_artificielle #AI

  • Les logiciels de gestion des transports occupent aujourd’hui une place centrale dans l’organisation des entreprises, qu’elles soient industrielles, commerciales ou de services. Ces outils, que l’on regroupe souvent sous le terme de transport management solutions, ou plus simplement logiciel TMS, apportent une réponse directe aux enjeux logistiques actuels : réduction des coûts, optimisation des ressources, fluidité des flux et meilleure gestion humaine.

    #entreprises, #TMS, #transport, #logistique, #services, #outils, #ressources, #flux
    https://michelcampillo.com/blog/4821.html

  • #Intelligence_artificielle : le vrai #coût_environnemental de la course à l’IA

    “L’IA et la réussite de la #transition_énergétique vont de pair. Nous n’assisterons pas à une transition à grande échelle vers une énergie sans carbone sans les avancées significatives que l’IA promet d’apporter.” Cette citation de Mélanie Nakagawa, la responsable développement durable de Microsoft en février 2025, est à l’image de la #pensée_magique que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans les médias et la société. Celle d’une IA mystique et providentielle qui serait la #solution à tous nos problèmes, et qui justifierait son développement effréné depuis l’arrivée de #ChatGPT en 2022.

    Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé en février 2025 des #investissements privés de 109 milliards d’euros pour développer l’IA et que plus de 35 nouveaux projets de #centres_de_données ont été annoncés en France, nous vous proposons une analyse approfondie pour déconstruire ces discours et découvrir la #face_cachée de l’intelligence artificielle. Comme le résume la chercheuse en IA Kate Crawford, elle repose sur une triple #extraction : extraction de #ressources_naturelles, extraction de #données, #exploitation_humaine. Dans cet article nous nous concentrerons sur les impacts environnementaux directs de l’IA (consommation énergétique, émissions carbone, impacts locaux des data centers), mais insistons sur la nécessité d’appréhender ces technologies dans leur ensemble pour comprendre les bouleversements sociétaux que son adoption massive génère (enjeux de #pouvoir, #surveillance_de_masse, #militarisation, #inégalités sociales, etc)

    Nous commencerons par définir ce qu’est l’intelligence artificielle, son évolution récente, les acteurs qui la sous-tendent et détaillerons le fonctionnement particulier des #IA_génératives. Puis dans un second temps nous décrirons l’#infrastructure_matérielle qui la soutient. Loin de flotter au-dessus de toute réalité physique, comme le champ lexical du “cloud” et de la “dématérialisation” aime à nous le faire croire, ces #technologies ont des conséquences matérielles très tangibles.

    Sommaire

    - Qu’est ce que l’intelligence artificielle ?
    - L’ère de l’IA générative depuis la sortie de ChatGPT en 2022
    - L’IA, bien plus qu’une #technologie
    - Qui est derrière l’IA ?
    - Le voyage d’une requête ChatGPT
    - L’inférence pour l’usage quotidien
    – Le problème de la #transparence
    – Quel est l’impact d’une requête ChatGPT ?
    – L’optimisation de la #consommation_électrique de l’IA
    – Les impacts directs de l’intelligence artificielle
    – La consommation électrique des data centers explose à cause de l’IA
    – Émissions de #CO2, la roue libre
    – Google, Microsoft, Meta.. Quid des émissions des géants du numérique ?
    – La consommation d’#eau
    - Ressources abiotiques pour la fabrication des équipements et bâti : dépendance aux #métaux et à l’#industrie_chimique
    - Conclusion
    - Infographie

    https://bonpote.com/intelligence-artificielle-le-vrai-cout-environnemental-de-la-course-a-lia
    #IA #AI #environnement #à_lire

  • Les gouvernements mondiaux ne parviennent pas à s’entendre sur un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes

    via https://diasp.eu/p/17861712

    https://www.les-crises.fr/les-gouvernements-mondiaux-ne-parviennent-pas-a-s-entendre-sur-un-moratoi

    « L’exploitation des fonds marins n’est pas une nécessité, c’est un choix », a déclaré le président des Palaos. « Et ce choix est irresponsable. »

    Source : Truthout, Olivia Rosane, Common Dreams

    La 30e session de l’Autorité internationale des fonds marins s’est achevée vendredi sans que les gouvernements mondiaux ne parviennent à s’entendre sur un moratoire sur l’exploitation #minière en eaux profondes, bien qu’une dynamique favorable se soit mise en place.

    La réunion de juillet de l’autorité était la première depuis que le président américain Donald Trump a signé un décret visant à accélérer l’octroi de permis pour l’exploitation minière en eaux profondes sous l’autorité des États-Unis et que (...)

    #ressources #sous-marins

  • #AI et #enseignement, un fil de discussion et #ressources sur mastodon :

    J’aimerais écrire une fiche (pour mes élèves, entre 16 et 22 ans) sur le thème « Que faut-il savoir/comprendre avant d’utiliser #ChatGPT ? »

    Par ex. 10 choses listées.
    J’ai pensé à « Ne pas demander ce qu’on n’est pas capable de vérifier », « Ne pas oublier qu’on transmet des informations personnelles », etc.

    Avez-vous des idées de #recommandations ?

    Le but serait qu’ils l’utilisent le moins possible, en partant du fait qu’ils l’utilisent déjà à fond.

    https://mastodon.online/@Daniii@h4.io/115129995601083077

    #ressources_pédagogiques

    –—

    Les réponses que je trouve particulièrement intéressantes :

    ChatGPT est un outil d’IA qui génère du texte. Il est entraîné sur de vastes données, ce qui lui permet de rédiger, résumer et expliquer des concepts.

    Cependant, il ne comprend pas ce qu’il écrit. Il peut inventer des faits (hallucinations), ses connaissances s’arrêtent à une date précise et il peut reproduire des biais présents dans ses données d’apprentissage.

    Utilisez-le avec un esprit critique, vérifiez toujours les informations et ne partagez jamais de données confidentielles.

    –-

    Je pense que le terme « inventer » n’est pas top.
    La base, c’est que tous ces #LLM sont des moteurs pour aligner les mots en calculant statistiquement celui qui correspond à la probabilité la plus forte par rapport à leur immense base d’entrainement.
    Dès lors, vérité ? Hallucination ? Cette question ne me semble pas pertinente. Même si la vérité faisait partie des objectifs initiaux, comment ces moteurs pourraient-ils l’identifier alors que sur le net... La vérité n’est pas taggée...

    –—

    Ces moteurs ont été créés pour générer des textes plausibles... Et en ce sens, c’est une vraie réussite.
    Ils n’ont pas de notion de vérité ou mensonge.
    J’imagine que les boites d’ia cherchent à corriger le tir mais les fondations ne se focalisent pas sur la vérité et actuellement, de ce point de vue, les résultats sont pour le moins mitigés. GPT 5 est d’ailleurs plutôt moins bon que GPT 4.5

    –—

    Je recommande de ne pas utiliser chat gpt mais plutôt #Lumo qui n’espionne pas.
    C’est protonmail qui a créé ce service :
    https://proton.me/blog/fr/lumo-ai

    –—

    Moins le sujet est connu de soi ou des textes, plus la réponse mérite d’être vérifiée

    Vérifier l’IA par l’IA est une vérification risquée (ex mêmes sources)

    On vérifie hors-IA les infos qu’on utilisera pour des décisions importantes (ex santé, argent)

    L’IA ne peut pas connaître les infos qui n’apparaissent pas dans ses sources

    –—

    L’IA ne possède pas d’éthique propre, ses propositions sont à analyser humainement

    L’IA produit souvent le reflet des stéréotypes de son époque

    On utilise l’IA en respectant ses forces et ses faiblesses

    –—

    Chatgpt n’ayant aucun moyen d’action autre que le texte qu’il vous écrit, ne pas croire qu’il puisse commander, payer, crééer produire ou réaliser quoi que ce soit que sa réponse. Sa réponse peut d’ailleurs mentionner le contraire...

    Ce n’est pas alexa. Cela le deviendra peut-être.

    Chatgpt n’a pas d’émotions : ne pas lui en prêter.

    –—

    Les genia reposent sur le vol de données et le travail d’individus déjà fragilisés par nos sociétés injustes. Il est terrible énergivore (aussi en haut) et est une catastrophe à utiliser pour notre environnement.
    C’est aussi une « invention » des milliardaires d’ED pour s’approprier tout et toustes et modifier profondément lesm entalités dans leur sens.

    Les genia sotn des catastrophes à tout point de vue. La moindre des choses est de ne PAS les utiliser. On se débrouillait bien mieux avant elles.

    –---

    En recommandation s’ils l’utilisent malgré tout, il y a le fait de réinitialiser la session régulièrement (je ne sais pas comment on fait). Un des constats suite au suicide de l’ado de 14 ans qu’un #chatbot avait encouragé à se saoûler et se pendre, c’est que plus la session est longue, plus les garde-fous du chatbot s’estompent, comme s’ils étaient progressivement ensevelis sous les échanges.

    “While these safeguards work best in common, short exchanges, we’ve learned over time that they can sometimes become less reliable in long interactions where parts of the model’s safety training may degrade.”
    https://www.nbcnews.com/tech/tech-news/family-teenager-died-suicide-alleges-openais-chatgpt-blame-rcna226147

    –—

    A mon avis, ils ne doivent rien dire à l’IA que leur pire ennemi ne devrait pas savoir.

    –---

    Pour répondre à une demande, ChatGPT consomme un demi litre d’eau et l’équivalent KW d’une ampoule allumée entre 2 à 40min pour ses serveurs selon la version utilisée (la plus récente consommant plus).

    –—

    Commencez par demander le sens du mot « #intelligence » en rappelant que c’est le sens anglophone. Si cela ne leur dit rien, demandez leur ce que signifie l’acronyme « CIA ». À partir de celui-ci demandez leur en quoi la CIA est un organisme intelligent au sens français du terme. Autrement dit « intelligence » est un faux ami.

    –—

    «  Le but de ChatGPT est de fournir une réponse ayant l’air correct, pas une réponse réellement correcte. Ne sachant pas dire “non”, iel inventera une réponse au lieu de dire ne pas savoir.   »

    –---

    1) choisir si l’eau sert à faire tourner les datacenters ou alors à boire, se laver, arroser les champs...
    https://www.developpez.net/forums/d2178025/general-developpement/algorithme-mathematiques/intelligence-artificielle/l-essor-l-ia-entraine-hausse-inquietante-consommation-d-eau-centres-donnees-europeens/#post12094400

    2) j’avais vu un post mastodon où une personne disait quelque chose du genre quand on lui demande quelque chose en fait on lui demande de faire une réponse qui ressemble à la vérité, plausible

    –—

    « Brooks n’est pas un cas isolé. Futurism a rapporté le cas d’une femme dont le mari, après avoir passé 12 semaines à croire qu’il avait « révolutionné » les mathématiques à l’aide de ChatGPT, a failli se suicider. Plusieurs médias ont rapporté des cas similaires : des personnes sortant de sessions marathoniennes avec des chatbots convaincues d’avoir révolutionné la physique, décodé la réalité ou été choisies pour des missions cosmiques. »

    https://intelligence-artificielle.developpez.com/actu/375327/Quand-les-chatbots-d-IA-transforment-les-illus

    –—

    « Dans moins de 3 ans grand max le marché se sera entièrement effondré, plus aucune société n’assurera un tel service, et vous serez alors bien embêté parce que vous serez plus capable de travailler sans. »

    –—

    ma question peut-elle être répondue par un moteur de recherche ou une encyclopédie en ligne ?

    –—

    ne laissez personne penser à votre place, encore moins une machine.

    –—

    tu as le classique « demander a une IA gen de faire tes devoirs c’est comme envoyer un robot a la salle de sport a sa place » ?

    –—

    #alternative #phrases

    • Un nouveau pigiste

      Il est clair que ChatGPT ne va pas être engagé au Coutzet (https://coutzet.ch/tribunal-federal)…

      Voir son article au sujet du Tribunal Fédéral

      On a demandé à Emmanuelle Germond, informaticienne, pourquoi le résultat est aussi loin de la réalité. Après avoir bien ri, elle nous a répondu.

      ChatGPT nous a rédigé un article sur le Tribunal Fédéral…

      EGE : STOP. Déjà, une IA ne rédige rien du tout : on entre une donnée et après exécution du #calcul, l’ordinateur donne son résultat. C’est une calculette qui donne 2 quand on lui a dit 1 + 1 =. C’est tout.

      … et c’est un mauvais article, pardon, résultat.

      EGE : Et bien, ça va peut-être vous surprendre, mais le résultat est bon. Il a conçu un texte lisible concernant le sujet donné. C’est ce pour quoi il a été programmé : concevoir du #texte pouvant être lu par un humain. Si les sujet, verbe et complément sont suffisamment au bon endroit pour être compréhensibles dans une langue humaine, le résultat est correct.

      Mais c’est faux ?

      EGE : Si une calculatrice affiche un mauvais résultat, c’est généralement qu’on ne lui a pas donné le bon #calcul. On voit bien, quand il parle des « 4 cantons de 1806 » le logiciel ne « comprend » rien. ChatGPT a reçu des quantités énormes de textes. On lui a fait analyser ça et maintenant on lui demande un résultat aussi ressemblant que possible aux textes qu’on lui a donnés. Établir des #connaissances, cela demande du #contexte, de mettre en valeur certaines sources. Cela demande de « #comprendre ».

      Mais il peut répondre ou pas ?

      EGE : Pas plus qu’une cuillère. Votre cuillère à soupe comprend-elle que vous avez faim ? Si vous mangez une soupe, elle est un outil précieux, mais elle ne vous « nourrit » pas quand vous la portez à la bouche. C’est la même chose.

      Mais alors c’est quoi ChatGPT ? Ça sert à rien…

      EGE : On a rempli un « bol » avec une soupe de données texte, préparées, moulinées. ChatGPT, c’est juste la « #cuillère » qui nous permet de nous servir de « #soupe ». C’est à nous de faire le bon geste.

      Si vous avez une liste d’éléments clairs et définis : comme une série de faits et d’informations sur le Tribunal Fédéral, alors une IA peut vous permettre d’en faire un article. Mais elle ne peut pas « comprendre » à votre place. Vous devez préparer le contenu et corriger ensuite pour vous assurer de la qualité du résultat.

      On peut faire le calcul de tête, mais la calculatrice, c’est pratique. Dans les 2 cas, il faut avoir appris à calculer AVANT.

      En conclusion, c’est #utile ou #dangereux ?

      EGE : Comme les marteaux, ils nous permettent de construire, de détruire ou de reconstruire en fonction de nos besoins et de nos envies. Mais lancés n’importe comment, ils peuvent blesser. Ils n’en sont pas moins utiles et dangereux.

      Par des #statistiques, réalisées sur des jeux de données, conçues et préparées par des êtres humains (dont des millions d’heures d’un travail souvent atroce et toujours sous-payé) on nous sert des résultats qui donnent l’#illusion de la #vraisemblance. Mais sans #connaissance et sans #compréhension, l’illusion se brise vite.

      Les ordinateurs, peu importe leur puissance, sont limités à une capacité intellectuelle d’une cuillère à soupe : 1/0 – plein/vide. C’est pourquoi nous devons comprendre leur nature. Car l’informatique, c’est comme la politique : que vous vous en occupiez ou non, elle s’occupe de vous. Alors, si vous ne devez retenir qu’une chose c’est :

      Les Intelligences Artificielles (IA) ne savent rien, ne connaissent rien et ne comprennent rien. Ça, c’est notre rôle !

      https://coutzet.ch/pigiste

      #outil #intelligence_artificielle #rédaction #texte

  • Visualised : Europe’s population crisis

    Anti-immigration politics is on the rise across Europe. France’s National Rally and Germany’s Alternative für Deutschland (AfD) each have significant representation in their country’s legislatures, meanwhile the UK’s Reform party is topping the polls.

    But the rise of the far-right could speed up the population decline of Europe, projections show, creating economic shocks including slower growth and soaring costs from pensions and elderly care.

    Those wanting to shut Europe’s borders must contend with a stark demographic reality: the continent’s native population is expected to fall sharply over the next century in an era of low birth rates.

    Experts warn that European societies will age more quickly without immigration, bringing forward a host of economic challenges as workforces shrink and care burdens grow.

    “Most politicians on the centre-left and centre-right recognise that immigration is needed to ease demographic pressures,” said John Springford, an associate fellow at the Centre for European Reform thinktank. “They have sought to focus on tougher – and often inhumane – asylum rules in the hope that stricter border enforcement will provide political cover for higher regular immigration.

    “But radical right parties are increasingly challenging the mainstream consensus. Those countries that manage to hold the line against demands to cut working-age immigration will be in a stronger position economically in the long run.”

    The latest projections produced by Eurostat, the EU’s official statistics agency, suggest that the bloc’s population will be 6% smaller by 2100 based on current trends – falling to 419 million, from 447 million today.

    But that decline pales in comparison with Eurostat’s scenario without immigration. The agency projects a population decline of more than a third, to 295 million by 2100, when it excludes immigration from its modelling.

    Eurostat’s baseline projections assume countries will maintain their average net migration levels from the past 20 years, but the Guardian has examined figures also published by the agency with this assumption left out.

    Likewise, the UK’s Office for National Statistics publishes population projections that include a zero net migration scenario.

    Italy, France and Germany, where anti-immigration politicians have recently made inroads, would face big population declines in a zero-immigration scenario.

    Italy’s prime minister, Giorgia Meloni, has made cracking down on migration a priority in her first term, but her country has one of the lowest fertility rates in Europe and its population would more than halve by the end of the century under zero immigration.

    In Germany, where the anti-immigration AfD came second in this year’s federal election, the population could shrink from 83 million to 53 million over the next 80 years if its borders were completely closed.

    And in France, where the National Rally won the first round of legislative elections last summer after campaigning for restrictions on incoming people, a zero-immigration scenario would mean a population fall from 68 million to 59 million.

    Only a handful of EU states would notice little difference from closed borders: Romania, Latvia and Lithuania, all countries that have experienced a net outflow of people.

    Instead, in most of Europe, populations would not only shrink in the absence of current immigration levels, but also become older as the number of working-age people fall relative to elderly people.

    Today, 21% of the EU population is aged 65 or over. In Eurostat’s baseline scenario, this proportion will rise to 32% by 2100, but in the agency’s zero-immigration scenario, it will increase further, to 36%.

    Those studying Europe’s changing age pyramid say this will put countries under increasing economic pressure.

    “The main consequences will be slower growth because the labour force will shrink, and higher tax burdens, because pension spending and the demand for health and elderly care will rise,” said Springford.

    Indeed, much of the EU is already seeing this, with tax burdens – as expressed through tax revenue as a percentage of GDP – climbing in counties such as France, Italy, Germany and Spain in recent decades.

    The health and social care industries will become increasingly important for managing an ageing Europe, and many health systems in the EU are already dependent on immigrant doctors or nurses.

    “More people are going to require care, though that does depend on how healthy people are in old age, and how much care they need,” said Alan Manning, a professor of economics at the London School of Economics.

    “You also have the other side of the equation that because of fewer children, because of low fertility rates, you need fewer people in education and childcare. So what we need to be doing, in some sense, is redistributing people who were caring for children to caring for old people.”

    At the same time, experts stress that immigration is not a silver bullet for Europe’s demographic challenges, instead suggesting it is one of many solutions, or at least a way to ease the transition to an older society.

    “Increasing immigration levels will not solve these demographic problems on their own – the levels required to do so would be very large, and there are only so many migrants who are willing to move,” said Springford.

    “But they would help, as would raising employment rates of working-age people, pushing back the age of retirement, reforming pensions and shifting the burden of taxation from labour income to wealth, especially property.”

    Manning added: “For immigration to help, it’s got to be that immigrants are actually in work, and many European countries have quite low employment rates among a lot of immigrants. So you can’t take that as a given. If you had an immigrant who came in and didn’t work and then needed support, for welfare, that wouldn’t make things better, that would make things worse. So it’s really important that they’re going to be in work, and that has been problematic in some cases.”

    Within national borders, rural areas will bear the brunt of the EU’s coming population decline. Over the next 80 years, more villages could suffer the same fate as Camini in southern Italy.

    The village is one of many in the Calabria region where the population declined sharply later in the 20th century as younger residents moved elsewhere for opportunities.

    Camini has recently become the site of a project that is resettling refugees, in an attempt to bring the community back from extinction. It was cited in a recent Council of Europe report written by the Labour MP Kate Osamor that examined the potential of immigration to alleviate the challenges of an ageing population.

    “I was watching the place slowly dying. The houses were just falling down because no one was living in them,” said Rosario Zurzolo, who was born in Camini and is now the president of the cooperative running the resettlement project, Eurocoop Servizi.

    So far, 50 refugees have settled permanently in Camini under the scheme, bringing the village population to 350, while a further 118 refugees are being temporarily hosted. A symbolic achievement for the scheme was the recent re-opening of the local school.

    Zurzolo says Camini can act as a model to help revitalise other European regions experiencing population decline.

    Serena Franco, who is also part of the Camini project and presented evidence to the Council of Europe for its report, added: “They’re bringing knowledge, and now we are starting to grow with them and to make new things, new processes, new jobs as well that would be impossible without them.”

    https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2025/feb/18/europes-population-crisis-see-how-your-country-compares-visualised

    #cartographie #démographie #visualisation #Europe #crise_démographique #migrations #déclin_démographique #ressources_pédagogiques #hôpitaux #santé #travail #main-d'oeuvre #retraites

    ping @reka @karine4

  • La CAF a encore trouvé le moyen de gruger les pauvres en assimilant les dons familiaux à une pension alimentaire | Michel Abhervé
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/08/31/la-caf-a-encore-trouve-le-moyen-de-gruger-les-pauvres

    Le Décret n° 2025-185 du 26 février 2025 portant généralisation des déclarations préremplies de ressources pour l’attribution du #revenu de solidarité active et de la prime d’activité prévoyait "l’exclusion des dons et secours des proches dans les ressources prises en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. " selon les termes utilisés dans la présentation du décret (...)

    Cette mesure bienvenue devient effective le 1 er septembre et montre, une nouvelle fois, l’imagination de l’administration pour gruger les pauvres

    Sur le site de la #CAF figure en effet la mention suivante

    "Attention, à partir du 1er juillet 2025, ne pas déclarer les aides et secours financiers versés par des proches (personnes avec qui vous entretenez des liens étroits et stables à l’exception de vos parents). Si l’aide est versée par vos parents (père/mère), un ex conjoint ou vos enfants, dans ce cas il s’agit d’une pension alimentaire qui doit être déclarée dans la rubrique dédiée."

    Alors que le décret parlait des « proches », la CAF exclut les plus proches et transforme un don volontaire en obligation juridique.

    #guerre_aux_pauvres #droits_sociaux #DTR #RSA #dons #ressources

    • La France ne fait que suivre l’exemple allemand. Depuis l’abolition de l’allocation « Arbeitslosenhilfe » et la transformation de l’aide sociale en allocation « Hartz IV » par les verts et les social-démocrates chaque don est comptabilisé dans le calcul du montant d’aide. Le terme technique est #Zuflussprinzip.
      Depuis même les pourboires et revenus de la mendicité sont obligatoirement à déclarer. Le cas échéant l’administration décide un montant fictif qu’elle déduit du montant du « Bürgergeld » (nouvelle appellation de l’allocation Hartz IV).

      Zuflusstheorie
      https://www.bpb.de/kurz-knapp/lexika/recht-a-z/324394/zuflusstheorie

      Rechtsprechung des Bundessozialgerichts (BSG)

      #Hartz_IV #Agenda_2010 #Bürgergeld

    • Le mépris officiel des pauvres situe la politique allemande dans la lignée idéologie nazie qui considère les pauvres comme gangrène de la société qu’il faut soigner en éliminant ses porteurs. La pauvreté est considérée comme biologiquement héréditaire et contagieuse. On extermina dans les camps les « Asoziale » et #Berufsverbrecher" considérés comme moins nocifs que les juifs mais toujours incurables à la limite de la définition de « lebensunwertes Leben » à euthanasier.

      Avec la propagande contre et la persécution des pauvres nous ne sommes pas loin d’un nouveau régime fasciste. Sous un régime de guerre cet élément krypto-fasciste de la société libérale prendra de l’ampleur jusqu’à l’établissement d’un régime ouvertement fasciste.

      Berufsverbrecher
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/Berufsverbrecher

      Berufsverbrecher ist ein Rechtsbegriff aus der Weimarer Republik für Wiederholungstäter. In der Zeit des Nationalsozialismus führte er zum Gewohnheitsverbrechergesetz von 1933, das eine unbefristete Sicherungsverwahrung vorsah.

      Asoziale (Nationalsozialismus)
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/Asoziale_(Nationalsozialismus)

      in der Zeit des Nationalsozialismus übliche Sammelbezeichnung für als „minderwertig“ bezeichnete Menschen aus den sozialen Unterschichten

      #sélection #biologisme #fascisme

  • #Eyal_Weizman : Israël déploie à #Gaza une « #architecture_de_la_mort »

    Comment établir la #matérialité du #génocide ? Depuis le 7 octobre 2023, Forensic Architecture travaille à dévoiler par la #cartographie la #destruction_systématique, par #Israël, des #infrastructures de la société palestinienne, qui s’en trouve « déracinée ». Entretien avec son fondateur.

    Regroupant des architectes, des journalistes, des universitaires comme des artistes, le laboratoire pluridisciplinaire #Forensic_Architecture s’est illustré ces dernières années en enquêtant sur différents crimes de guerre, en Syrie ou en Ukraine, ou encore sur des violences policières. En septembre 2022, Forensic Architecture avait notamment montré comment l’armée israélienne a sciemment exécuté la journaliste Shireen Abu Akleh (Al Jazeera) au cours d’un reportage à Jénine (Cisjordanie).

    Au lendemain du 7-Octobre, l’équipe a commencé à travailler sur l’offensive israélienne contre Gaza, convaincue que s’y déroulait une entreprise de #destruction d’une ampleur inédite.

    Ce travail a abouti à la publication de plusieurs rapports visant à mener une « #cartographie_du_génocide ». L’un de ces rapports a montré en juillet l’organisation de la #famine par Israël, notamment à travers les attaques contre l’#agriculture.

    Le fondateur de Forensic Architecture, l’architecte israélien Eyal Weizman, explique à Mediapart pourquoi son organisation, basée à l’université Goldsmiths à Londres (Royaume-Uni), et qui compte désormais une douzaine de bureaux dans le monde, a choisi d’accompagner la plainte pour génocide déposée contre Israël devant la Cour internationale de justice à La Haye (Pays-Bas). Il revient sur la notion de « #génocide_colonial » au cœur de son prochain livre. Entretien.

    Mediapart : Forensic Architecture a commencé à documenter le génocide perpétré à Gaza juste après le 7-Octobre. De quelle manière travaillez-vous sur ce terrain ? Est-ce un travail de même nature que les enquêtes que vous avez menées jusque-là ?

    Eyal Weizman : Non, c’est complètement différent. Normalement, Forensic Architecture peut passer un an à travailler sur une séquence d’une seconde. Dans un cas de violence policière, par exemple, comme on l’a fait en France avec notre partenaire #Index, c’est dans cette temporalité que nous travaillons.

    Concernant le génocide en cours à Gaza, on ne peut évidemment pas fonctionner comme ça. Nous avons donc commencé par collecter des informations sur des dizaines de milliers d’événements, puis nous avons essayé de comprendre quels liens existaient entre toutes ces situations.

    Face à des #crimes_de_guerre, nous essayons d’établir si ce sont des civils ou des combattants qui ont été tués, si c’était proportionné, etc. Dans le cas d’un génocide, c’est la relation entre une énorme multiplicité de cas qui est déterminante. Est-ce qu’il y a un #système, un #dessein, un #plan ?

    L’#intentionnalité est au cœur de la notion de génocide, selon la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Elle peut être établie par des #schémas_d’action qui donnent un sens à des cas a priori isolés. Au-delà de toutes les déclarations génocidaires du gouvernement israélien depuis le 7-Octobre, notre travail a consisté à faire apparaître ces schémas sur nos cartes.

    De quelle manière ? Quels sont vos outils ?

    Concrètement, dans chaque cas que nous investiguons, le bombardement de tel centre alimentaire, la destruction de tel terrain agricole, nous sauvegardons les vidéos, les images que nous recevons, nous les authentifions et nous analysons « l’#incident » : cela s’est passé là à telle heure, tel jour, etc.

    Ensuite, nous avons différents #modèles_mathématiques pour regarder les relations entre ces différents événements. Quel est le système derrière ? Pouvons-nous établir qu’il y a un plan visant à détruire le peuple palestinien en tout ou en partie, ce qui est la définition du génocide ?

    Si nous voyons qu’Israël détruit systématiquement les #terres_agricoles, qu’ensuite il empêche l’#aide_alimentaire d’entrer dans Gaza et cible les centres de #distribution_alimentaire, le #dessein qui apparaît alors est celui d’affamer la population. La famine à Gaza est créée par cette multiplicité d’actions.

    L’article II, c) de la convention des Nations unies mentionne la « #soumission_intentionnelle » de la population à « à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ». Vous ne tuez pas les gens directement, mais vous les tuez en détruisant l’#infrastructure qui rend leur vie possible.

    Si vous détruisez l’accès à la #nourriture, si vous détruisez les #hôpitaux, si vous détruisez les #écoles, si vous détruisez les #maisons, ce que j’appelle une « #violence_architecturale », alors les conditions de vie sont anéanties et la mort arrive lentement, parfois indirectement.

    La famine ravage aujourd’hui Gaza. Or vous montrez, notamment dans le dernier rapport de Forensic Architecture, qui couvre la période du 18 mars au 1er août, comment cela correspond à un objectif d’#anéantissement méthodiquement poursuivi.

    Gaza est une bande de terre longue et fine qui a deux types de sols. Des #sols sablonneux, du côté ouest, et des sols argileux à l’est. Quasiment toute l’agriculture à Gaza se situe à l’est de la route Salah al-Din, artère principale de la bande de Gaza. Et c’est cette partie qui a justement été la plus ciblée pour pousser la population vers les terres les plus difficiles à cultiver.

    Ce que nous avons vu depuis le début du génocide, c’est une campagne systématique pour détruire la #souveraineté_alimentaire palestinienne, par la destruction des #champs, des #vergers, la destruction des moyens de pêcher – tous les bateaux ont été détruits…

    Les Palestiniens n’ont plus les moyens de se nourrir. Ils dépendent entièrement de l’#aide_humanitaire qui passe par les checkpoints contrôlés par Israël. Israël a un contrôle total, peut ouvrir ou fermer le robinet. Parfois, il a dû l’ouvrir un peu sous la pression internationale, mais jamais assez.

    Toute la matrice de la société palestinienne, tous les lieux de distribution de la nourriture, les familles, les associations caritatives, les mosquées, les boulangeries, tout ce qui permet la #résilience de la population, a été systématiquement ciblé. C’est une tentative de détruire la société palestinienne, en attaquant les #liens_invisibles qui la constitue.

    À la place, Israël a construit des espaces nouveaux pour la distribution de nourriture qui sont en réalité des trappes de la mort.

    C’est-à-dire ?

    Vous devez penser Gaza à la fois comme une zone de #démolition et comme une zone de #construction. Parce que les #bulldozers israéliens détruisent les bâtiments palestiniens, mais avec les décombres, ils construisent une #architecture complètement nouvelle.

    Par exemple, ils ont construit des centres de distribution alimentaire à partir des gravats des maisons détruites, selon ce que j’appelle une architecture de la mort. Ils le font dans une petite enceinte qui devient un genre de « #trappe_de_mort » où les gens peuvent se faire facilement tirer dessus par les forces israéliennes. Tout est fait pour qu’il soit très compliqué et très dangereux d’essayer d’y obtenir de la nourriture.

    Les #gravats des maisons servent aussi à construire des jetées dans la mer, des petites #collines qui permettent à l’armée de surveiller Gaza, un territoire globalement plat.

    L’architecture, en tant qu’#organisation_de_l’espace, est un très bon cadre pour analyser le génocide car elle est basée, elle aussi, sur une intention.

    C’est ce qui forme la base de votre contribution à la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël, devant la Cour internationale de justice, pour génocide.

    Oui, c’est tout ce travail qui a permis de produire un rapport de 825 pages pour l’équipe juridique de l’Afrique du Sud, qui sert de base factuelle dans cette procédure.

    Nous amenons des éléments de #preuve concernant la destruction des hôpitaux, de l’agriculture, de l’#éducation, l’organisation de la famine, et nous montrons comment tout cela marche ensemble.

    Nous considérons le procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël comme une chance pour les droits humains et le droit international. Ce qui s’y joue est, selon nous, très important. Qu’un pays qui a souffert de l’apartheid, qui a expérimenté le colonialisme de peuplement, un pays du Sud, attaque Israël, défendu par les pays occidentaux dans leur ensemble…, c’est un événement historique. C’est pourquoi nous sommes très engagés dans cette plainte.

    Nous n’avons pas l’illusion que la Cour puisse avoir un impact sur les événements en cours, mais il existe une puissance historique, symbolique dans cette affaire.

    Dans l’enquête que vous avez menée sur l’assassinat de la photojournaliste #Fatma_Hassona, vous dites que les forces israéliennes ont pixelisé l’image satellitaire de la toiture de sa maison pour brouiller les preuves. Est-ce de plus en plus compliqué pour vous de travailler avec les #images ? Les témoins qui vous envoient des photos, des vidéos, prennent aussi des risques énormes.

    Oui, c’est un enjeu. C’est très difficile de télécharger des vidéos à Gaza. Les connexions sont systématiquement coupées, trouver du réseau est difficile. Mais malgré les difficultés, malgré le fait que les personnes risquent leur vie pour tourner des images, les gens continuent à nous envoyer des #vidéos de Gaza comme des bouteilles à la mer.

    Vous ouvrez la bouteille, vous lisez ce message avec un soin infini pour honorer le risque qu’ils ont pris. Nous avons donc des protocoles très précis pour ne pas exposer nos sources sur le terrain. Nous faisons très attention à retirer toutes les indications qui pourraient permettre d’identifier ou de localiser nos sources.

    Nous ne sollicitons jamais de vidéos, de photos. Les gens nous les envoient parce qu’ils nous connaissent et qu’ils nous font confiance. Mais nous préférons encore les prendre lorsqu’elles sont déjà en ligne, parce que cela assure mieux la sécurité des personnes.

    Le climat dans lequel vous travaillez sur Gaza est particulièrement difficile. Votre bureau allemand a dû récemment fermer.

    L’État allemand a retiré les financements et, effectivement, cela a conduit à fermer ce bureau en janvier. De façon générale, après le 7-Octobre, j’ai été accusé d’être antisémite dans plusieurs pays où nous travaillons, en Israël bien sûr mais particulièrement en Allemagne. Pour moi qui viens d’une famille juive rescapée d’Auschwitz, entendre cela dans ce pays est particulièrement douloureux.

    Cela dit, nous avons encore une très petite équipe dans ce pays, qui vient juste de dévoiler un très important cas de violence policière lié aux manifestations de soutien à Gaza. La police avait accusé des manifestants d’avoir violemment molesté un policier à Berlin. Le gouvernement en avait profité pour interdire les manifestations de soutien à la Palestine. Nous avons pu établir que les faits étaient à l’opposé de la version officielle. En réalité, le policier a frappé un manifestant tellement fort qu’il s’est cassé la main. Donc, ils pensaient se débarrasser de nous mais ils n’ont pas complètement réussi…

    Concernant le climat, mon université à Londres est actuellement sous enquête pour antisémitisme et je sais que c’est en partie à cause de l’activité de Forensic Architecture.

    Je veux être très sérieux sur ce sujet, parce qu’il y a vraiment de l’antisémitisme, notamment en France, et il est meurtrier. La sécurité des juifs là où ils vivent doit être garantie.

    Mais Israël, à force de faire passer la défense des droits humains, le droit international pour de l’antisémitisme, crée encore plus d’#antisémitisme. Ce qui me donne de l’espoir, ce sont ces jeunes juifs dans différents pays qui rejettent l’État génocidaire. Ils sont le futur.

    Vous travaillez à un livre qui sortira dans quelques mois. Vous y parlez de ce que vous appelez « le génocide colonial ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce concept ?

    Quand on pense au génocide, nous avons en tête l’Holocauste. Un crime perpétré sur un temps et un espace resserré. Mais un génocide peut prendre différentes formes.

    Le génocide des Palestiniens n’a pas commencé le 7-Octobre. Pour le comprendre, il faut regarder l’#histoire_longue et la transformation de l’environnement, des lieux de vie palestiniens.

    Je voudrais, à travers un travail sur les cartes, sur les sols, revenir sur l’histoire de la création de la bande de Gaza, de l’expulsion des Palestiniens du sud de la Palestine et la façon dont les villages palestiniens ont été littéralement rayés de la carte. Il faut comprendre comment les #colonies_israéliennes ont été localisées sur ce territoire, en particulier les #kibboutz, construits sur les ruines des #villages_palestiniens.

    Ce sera, à travers l’#histoire_de_l’environnement et l’histoire des sols, une longue histoire de Gaza. Une grande partie des habitants de Gaza étaient auparavant des #bédouins. Pas des nomades, mais des #agriculteurs qui habitaient autour du fleuve #Waadi_Gaza. Ils y avaient élaboré des #techniques_agricoles très sophistiquées. Je travaille en particulier sur le village d’#Al-Ma’in, d’où viennent l’historien Salman Abu Sitta et le célèbre médecin palestinien Ghassan Abu Sitta.

    Nous essayons de reconstruire précisément la manière dont la colonisation a transformé le #paysage, l’#environnement. C’est ce qui permet d’inscrire le génocide post 7-Octobre dans un bien plus long processus de #colonialisme_de_peuplement, qui est une forme de génocide.

    Après le 7-Octobre, Israël a transformé Gaza en #désert. Mais là encore, c’est une histoire bien plus longue. On connaît le slogan revendiqué en Israël d’avoir fait « #fleurir_le_désert ». Mais Gaza n’a jamais été un désert. La région a toujours été habitée par des bédouins palestiniens qui cultivaient notamment de l’#orge à destination des Britanniques, qui s’en servaient pour la #bière. Jusqu’en 1948, c’était un territoire luxuriant.

    Vous travaillez sur l’#effacement de ces #traces. Voire, sur l’#effacement_des_traces_de_l’effacement, qui est aussi une caractéristique des entreprises génocidaires.

    Quand les Israéliens détruisaient un village palestinien, ils ne détruisaient pas seulement les bâtiments. Ils labouraient la terre, et même les #cimetières et les #routes.

    Et, s’il y avait un champ qui était labouré dans un sens, ils le labouraient dans l’autre sens. Pour effacer toute trace, effectivement, des formes de vie qui existaient jusque-là. Aujourd’hui, j’observe les mêmes phénomènes, à la différence que le labour est fait par des bulldozers.

    La destruction, c’est une chose. Par mon activité au sein de Forensic Architecture, j’ai vu beaucoup de destructions de bâtiments. Mais ce que je vois à Gaza, ce n’est pas simplement des bâtiments détruits, je vois la destruction des sols eux-mêmes, de la terre, ce que j’appelle « déraciner » Gaza.

    À l’époque de la création d’Israël, une forme de #torture vis-à-vis des Palestiniens était de les amener sur les lieux où leur village avait été rasé et dont il ne restait rien. Pas même une trace.

    C’est pour cela que vous avez voulu vous focaliser sur les sols, la #terre ?

    Oui, parce que organiser la #désertification à Gaza est politique. Construire des #barrages pour détourner l’#eau au profit d’Israël, c’est utiliser l’environnement pour expulser les Palestiniens de leurs #terres.

    #Créer_le_désert est une caractéristique continuelle du génocide. C’est la destruction des formes d’#habitabilité. D’abord Israël crée un désert, puis y envoie les Palestiniens. Si l’on pense au génocide arménien et au génocide en #Namibie par les Allemands, dans ces deux cas le désert a été un « outil » de destruction.

    Je travaille aussi sur les dommages causés en profondeur aux sols. Depuis le 7-Octobre, Israël a lancé des bombes qui explosent à 30 mètres sous terre, officiellement pour détruire les tunnels du Hamas.

    Ces bombes contiennent énormément de #produits_chimiques qui contaminent en profondeur les sols, et ce, pour des décennies. De l’eau salée a aussi été injectée dans la terre, ce qui a endommagé l’aquifère. La poussière de tous les bâtiments détruits à Gaza s’est infiltrée en profondeur et, là encore, va créer une pollution pour de très nombreuses années. C’est aussi politique. Contaminer les #sous-sols, c’est aussi détruire les capacités d’habiter des générations à venir.

    Je pense que le colonialisme de peuplement, comme l’a dit l’anthropologue Patrick Wolfe, a une logique d’#élimination. La plupart des gens qui meurent dans le génocide colonial ne meurent pas de façon violente. Bien sûr, il y a des #massacres. Mais les gens meurent de #causes_secondaires. C’est comme un génocide sur la durée.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/010925/eyal-weizman-israel-deploie-gaza-une-architecture-de-la-mort

    #architecture_Forensique #ressources_pédagogiques #contamination #pollution #bombes #verticalité

    voir aussi :
    DIAGRAMMES - INTENTION GÉNOCIDAIRE
    https://seenthis.net/messages/1118337
    signalé par @reka

    ping @isskein

  • #Boîte_à_outils SansStéréotypes

    La Boîte à outils SansStéréotypes propose une sélection de #ressources pour déconstruire les stéréotypes et promouvoir les rapports égalitaires de la petite #enfance à l’#adolescence. Elle s’adresse aux personnes impliquées dans l’#éducation des enfants et des jeunes de 0 à 17 ans.

    Dans cette page :

    #Image_de_soi et #diversité_corporelle
    #Stéréotypes_sexuels et #identité_de_genre
    #Hypersexualisation
    - #Vie_affective et amoureuse
    - #Réussite_scolaire et #choix_professionnels
    - #Santé et #bien-être
    #Coparentalité
    #Sports et #activité_physique
    - Plateformes transversales

    https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/enfance/developpement-des-enfants/consequences-stereotypes-developpement/boite-outils

    #guide #genre #stéréotypes #jeunes

  • « Le #droit_au_tourisme, ça n’existe pas »

    #Barcelone est devenue au fil des années un symbole du #tourisme_de_masse, de ses impacts sur le #logement, et des résistances contre un phénomène qui détruit la ville. Un mouvement local appelle à une #décroissance du tourisme.

    Le 15 juin, alors que la saison touristique en était à ses débuts, des manifestations ont eu lieu à travers l’Europe du Sud, de Gênes à Majorque, pour défendre les droits des habitants permanents face à l’#afflux nocif de touristes dans leurs #villes.

    Le mouvement est particulièrement actif à Barcelone, où l’image de locaux brandissant des pistolets à eau contre les touristes a fait le tour du monde. « L’exploitation touristique de la ville est devenue l’un des problèmes majeurs pour les gens qui l’habitent », résume Daniel Pardo Rivacoba, membre de l’Assemblée des quartiers pour la #décroissance_touristique (#ABDT), une initiative née en 2015 dans la ville catalane.

    « Les premières #contestations face aux effets de la #touristification de Barcelone ont commencé dès le début des années 2000, mais de façon plus isolée et moins politisée, retrace le militant. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, le #discours_dominant était que le tourisme était bon pour tout le monde, qu’il n’y avait rien à redire, que le tourisme était une “usine sans fumée” », une activité économique sans #impacts négatifs.

    Un quart de salaire en moins dans le tourisme

    Aujourd’hui, ce #discours ne passe plus. Les #effets_négatifs du tourisme sur l’#accès_au_logement, notamment, sont au centre des débats. « Mais il y a des impacts négatifs à tous les niveaux, autant sociaux qu’environnementaux, climatiques, et au niveau du #travail, défend Daniel Pardo Rivacoba. Le mantra de l’#industrie_touristique et de l’administration publique pro-tourisme, c’est de dire que le tourisme rapporte de l’argent et des #emplois. Mais l’argent reste entre les mains de ceux qui sont déjà riches », accuse l’homme.

    Quant au travail, le tourisme concentre certes 13 % des emplois de Barcelone, selon le rapport annuel des autorités locales sur le secteur, mais « il s’agit d’emplois avec des #conditions_de_travail et de #salaires parmi les plus basses dans la ville », dénonce le militant. En effet, selon les chiffres municipaux, le #salaire_moyen dans le tourisme à Barcelone est de 26 515 euros bruts par an contre 35 813 pour le reste de l’#économie. En résumé, on est payé un quart de moins dans le tourisme.

    Ces « fumées » de l’industrie touristique sont de plus en plus visibles, si l’on en croit les sondages d’opinion réalisés par les autorités locales. Ceux-ci montrent que 31 % des habitants de Barcelone jugent aujourd’hui le tourisme plutôt nocif, contre seulement 7 % en 2007. Et 59 % le jugent plutôt bénéfique, contre 89 % en 2007. Trois quarts pensent que Barcelone a atteint la limite de sa #capacité_d’accueil de touristes.

    Fermer les terminaux de #croisière

    Pour l’ABDT, il faut faire reculer le tourisme au plus vite. « On lutte pour la réduction de l’activité touristique dans la ville et pour la réduction de la #dépendance_économique de la ville au tourisme. Cette idée était encore impensable il y a 15 ans. Aujourd’hui, le concept de décroissance touristique est discuté au-delà des seuls milieux activistes », constate Daniel Pardo Rivacoba.

    Mais comment faire refluer le tourisme ? L’ABDT propose une série de mesures tout à fait concrètes pour y parvenir. Parmi elles : réduire l’activité de l’#aéroport, fermer tous les terminaux de croisière de Barcelone, interdire tout nouvel hébergement de tourisme dans la ville, récupérer toutes les locations touristiques existantes pour les destiner à nouveau à du logement de long terme, soumettre l’organisation de tout grand événement qui accueille une masse de visiteurs à un plan d’impact et à une concertation publique. Il faut aussi, défend l’association, que les pouvoirs publics cessent de faire la #promotion du tourisme.

    Réduire l’#hypermobilité

    Que répond l’organisation à celles et ceux qui mettent en avant le « droit » pour les visiteurs de l’Europe et du monde entier à visiter Barcelone, Paris ou Venise ? « Il n’y a pas de droit au tourisme, défend Daniel. Ça n’existe pas. Il y a un droit au repos et aux congés. Et ça, c’est quelque chose auquel on tient énormément, c’est une conquête sociale. Mais le type de tourisme à la mode aujourd’hui est au contraire un tourisme frénétique qui ne permet pas de se reposer. »

    Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics de Barcelone annoncent des mesures pour lutter contre les effets du #surtourisme : interdiction progressive des locations touristiques et réduction du nombre des terminaux de croisière, décidée ce mois-ci. C’est largement insuffisant, dénonce Daniel : « La fin des #locations_touristiques, c’est annoncé pour 2028 seulement. »

    Pour l’ABDT, face aux masses de touristes qui s’entassent à la Sagrada Família, il faut plus radicalement « réduire l’hypermobilité globale ». Et pour le cas de la Catalogne, promouvoir les emplois dans les services publics, la transition énergétique, et la relocalisation industrielle.

    https://basta.media/le-droit-au-tourisme-ca-n-existe-pas-surtourisme-Barcelone

    #tourisme #overtourism #résistance #ressources_pédagogiques