• “Les personnes précarisées sont la poubelle de l’agro-industrie” Jeanne (prénom d’emprunt) | Militante au sein du Réseau wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP).
    https://tchak.be/index.php/2020/03/23/les-personnes-precarisees-sont-la-poubelle-de-lagro-industrie

    « Je participe, en tant que bénévole, à une structure qui distribue des colis alimentaires. J’ai pris mes distances par rapport à la distribution. Je préfère m’occuper de l’accueil où on peut être plus proche des personnes, avec un vrai contact humain. C’est plus convivial, plus chaleureux.

    On y liquide une partie des aliments par les colis : ce sont les gens précarisés qui reçoivent les surplus de l’agro-industrie, ce qui est quasi ou carrément périmé. Et pourtant, ces gens-là, ils font déjà l’effort de venir, de se lever tôt pour faire la file, ils ont été obligés de passer par le CPAS, de mettre leur vie à nu, de rendre des comptes… Toutes ces démarches sont déjà humiliantes. Et en plus, parfois ils sont jugés, il y a des commentaires : « yaka ».

    

En août, on distribuait encore des œufs de Pâques en chocolat, des surplus d’usines aussi, via la banque alimentaire : on a eu des Tic Tac en quantité gigantesque, des chips en édition limitée qui n’avaient pas été bien vendus. Tout ce dont les autres ne veulent pas. En fait, on liquide par cette « filière », vers les personnes précarisées, la surproduction, la surconsommation. Elles sont la « poubelle » de la surproduction.

    Ça ne devrait pas exister, un réseau de précarité : quelque part, c’est du business autour de la misère


    Des parents viennent avec leurs enfants. Cela me désole quand je pense à l’image de la société que ces derniers reçoivent. […] J’ai une amie qui a refusé d’aller chercher des colis. Elle me disait ne pas vouloir se voir coller une étiquette, ou être reconnue dans la petite ville où elle habite. Elle disait : « Je ne veux pas rentrer dans ce réseau de précarité ».

    Ça ne devrait pas exister, un réseau de précarité : quelque part, c’est du business autour de la misère, une économie parallèle… Les gens deviennent invisibles. Ils ne sont plus considérés comme des êtres humains à part entière. Et ça ronronne ! Ce système n’est pas remis en question… Le gouvernement se décharge de sa responsabilité. Les structures qui aident, c’est nécessaire pour l’instant car ça pallie les insuffisances. Mais il y a de grosses failles dans le système. La population devrait avoir accès au logement, à l’énergie, à l’alimentation. Cela devrait être accessible à tout le monde, c’est aussi une question de démocratie.

    Si c’était moi qui étais dans la dèche au point de devoir aller chercher des colis, je crois que je n’irais pas. Je sais qu’il vient un moment où on n’a plus d’issue, on n’a plus de choix. C’est mieux que rien, mais quand même… 

    Quand on n’a pas assez de revenus, qu’on est contraint de faire des choix, l’alimentation devient la variable d’ajustement. On prêche de manger sain. On est bien conscients qu’une bonne alimentation entraîne une bonne santé physique et mentale. On est mieux dans sa peau quand on mange bien et quand on mange ce qu’on veut. Mais ce n’est pas si évident quand on doit se serrer la ceinture.

    Le consommateur finit par acheter un prix, pas de la qualité, pas des aliments, mais un prix.

    Avant, j’étais une cliente du Delhaize. Maintenant, je vais dans les discounts. J’essaye de manger sain, je cuisine beaucoup, je n’achète jamais de plats préparés. J’aimerais bien aller chez les maraîchers… Mais actuellement, en plus sans voiture, je fais comment ? Si je dois aller à un endroit puis à un autre, ça fait trop de kilomètres, ça prend du temps aussi : il faut l’avoir. On a quand même toujours tendance à regrouper ses achats, par habitude et par facilité. 

    On dit souvent que le bio, c’est pour les bobos. C’est un peu vrai, c’est pour une élite, ce n’est pas accessible à tout le monde. Quand le budget est trop serré, ce n’est juste pas possible. C’est dommage, ça devrait l’être. Il faut un certain niveau de revenus pour pouvoir se dire qu’on va s’organiser et manger autrement. J’essaye de manger sainement, pas bio mais sainement. De temps en temps, je m’accorde un petit plaisir et j’achète un produit local. Je comprends que les producteurs doivent être justement rétribués, et je trouve ça normal. Aussi, je soutiens leur cause. La grande distribution a sa part de responsabilité : elle fait la loi des prix… 

    Finalement, tout le circuit de l’alimentation est pervers : les agriculteurs n’arrivent plus à vivre de leur travail, les prix sont compressés, mais au profit de quoi ? De qui ? Le consommateur finit par acheter un prix, pas de la qualité, pas des aliments, mais un prix. Et celui qui ne peut pas mettre le prix n’aura pas la qualité. Il devra se contenter des discounts, des banques alimentaires, du surplus… »


     Christine MAHY | Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté
    ” Les colis de nourriture, les Restos du cœur et autres épiceries sociales qui reposent sur les banques alimentaires répondent à une urgence sociale. Mais le développement exponentiel de ce système de récupération de vivres n’est-il pas en train d’institutionnaliser un circuit parallèle d’accès conditionné à l’alimentation pour pauvres à partir des déchets des riches et des surplus de la production agroalimentaire et industrielle ?

    L’urgence sociale, en principe provisoire et pour le plus court terme possible, est vue comme structurelle, en totale contradiction avec la garantie du droit à l’alimentation, ou plutôt du droit à une alimentation saine et autonome. Or ce dernier va de pair avec le maintien et la création d’emplois qui font du bien à celles et ceux qui les exercent (agriculteurs, transformateurs locaux, etc.), ainsi qu’au climat, à l’environnement et à la biodiversité.

    Et si la justice sociale assurait à tous ce droit à une alimentation saine, comme premier pas vers la réduction des inégalités, la protection de la santé et donc une sécurité sociale moins sollicitée, vers une juste rémunération des producteurs locaux, vers une politique à la hauteur des défis climatiques et environnementaux ? “

    #pauvreté #alimentation #banques-alimentaires #restaurants_du_coeur #agriculture #faim #économie #spéculation #banque #agrobusiness #capitalisme #solidarité

    • C’est aussi mon sentiment. Doublé d’une façon de détourner l’attention (comme avec les contaminations ayant eu lieu dans des « événements privés » montrées du doigt plus que les autres). Et aussi de recommencer à montrer ses muscles (puisque les flics peuvent maintenant punir les contrevenants).

      Autres lieux curieusement épargnés : les #bars et les #restaurants. Bien sûr qu’on ne peut pas boire ou manger avec un masque, mais dans ce cas ces lieux devraient être fermés. Qu’en pensez-vous ?

      Et aussi, si les masques sont obligatoires partout, pourquoi ne sont-ils pas fournis par l’État ?

      #coronavirus #masques #contradiction #rue #travail #école #flics #répression

      le #foutage_de_gueule continue

    • Le cul dans les ronces - Christian Lehmann
      https://www.liberation.fr/france/2020/08/17/le-cul-dans-les-ronces_1796988

      On n’a pas le cul sorti des ronces… Depuis le début de la pandémie, la population française est confrontée à des injonctions contradictoires entraînant chez les uns un état de sidération, chez d’autres des craintes irraisonnées, ou au contraire une défiance envers toute mesure officielle de sécurité sanitaire. « Fermez les écoles… mais allez voter », « ne mettez pas de masque… mettre un masque est obligatoire », « les masques sont réservés aux soignants… il n’y a pas de masques pour tous les soignants », « mettez un masque et gardez vos distances… laissez-moi prendre un bain de foule à visage découvert ».

      Et à chaque fois que l’épidémie progresse, des experts, très souvent responsables de la situation actuelle, viennent morigéner les Français, et les menacer de nouvelles restrictions, justifiées par leur « coupable relâchement ».

    • Sur un sujet proche :

      Ces contaminés sacrifiés sur l’autel de la rentabilité
      Olivier Bonnet, Plume de Presse, le 15 août 2020
      https://seenthis.net/messages/871847

      parmi les 609 clusters, les entreprises hors établissements de santé restent les types de collectivités les plus représentés (22%), avec le milieu familial élargi (plusieurs foyers) et les événements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes (21%) et les établissements de santé (17%)

      On peut aussi arrondir et dire que c’est un tiers chaque...

    • Les masques sont obligatoires, mais pas fournis par l’Etat, et pour certain.es, ça fait un sacré budget. Le risque contreproductif est donc que, de plus en plus, les gens utilisent mal les masques (trop longtemps, les réutilisent, ne les lavent pas ou mal etc.). C’est ça aussi quand on manie la menace plutôt que la persuasion, on récolte la triche...

    • Le MEDEF te fait déjà savoir qu’il est inquiet… en mode #cétautomatique.

      Coronavirus | Masques obligatoires au travail : les employeurs inquiets
      https://www.lalsace.fr/sante/2020/08/18/masques-obligatoires-au-travail-les-employeurs-inquiets

      Le Medef s’inquiète en particulier d’un risque de « réactivation de la peur d’aller travailler » chez certains salariés. Fin mai, plus de la moitié des entreprises avaient réintégré l’ensemble de leurs salariés à leur poste de travail tandis que 41 % maintenaient encore des salariés en chômage partiel et 21 % en télétravail, d’après une enquête de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

      Au lieu du quasi-retour à la normale espéré, les entreprises craignent un alourdissement de leurs charges si le masque est rendu obligatoire. Fin mai, la CPME estimait à 100 euros par mois et par salarié le coût moyen des mesures de protection sanitaire (masques, renforcement des mesures d’hygiène, parois de séparation transparentes…).Près de neuf entreprises sur dix ne le répercutaient pas sur leurs clients.

    • Autres lieux curieusement épargnés : les #bars et les #restaurants. Bien sûr qu’on ne peut pas boire ou manger avec un masque, mais dans ce cas ces lieux devraient être fermés. Qu’en pensez-vous ?

      Je suis assez d’accord, même si je suis un assez grand consommateur de resto ou ptit-bar-concert. Et je trouve les lettres ouvertes des artistes ou milieu culturel assez contradictoires avec ce qu’on sait de la propagation en milieu fermé. Du genre « les restos ont le droit alors nous aussi on devrait ». Alors que ça devrait être « mais pourquoi les restos et bars ont encore le droit avec ce qu’on sait ». Ok chacun prêche pour sa chapelle et les gens sont pris à la gorge et risque de voir leur activité disparaitre donc je comprends que beaucoup fassent tout pour continuer à travailler, mais à côté c’est des milliers de morts ou de gens handicapés longtemps. (Mais je le répète, c’est « facile » de dire ça quand on bosse surtout à la maison et qu’on ne dépend pas d’un public en foule.)

  • ARDI : le premier concept store aux saveurs palestiniennes à Paris !
    Agence Média Palestine, le 3 juillet 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/03/ardi-le-premier-concept-store-aux-saveurs-palestiniennes-a-pari

    #Ardi
    10 rue Lydia Becker
    75018 Paris
    Métro Porte de la Chapelle

    Resto, café, traiteur, épicerie, artisanat, littérature et musique du Moyen-Orient, Ardi est ouvert sur réservation, par message privé :
    https://www.facebook.com/ardiconceptstore

    Suite de :
    https://seenthis.net/messages/781384

    #Palestine #Nourriture #Cuisine #Restaurants #Traiteurs #Cheffes #LaResistanceDanslAssiette #Paris

    A rajouter à ma recension sur « #appropriation_culturelle et #Palestine » et sur la « vraie #cuisine palestinienne ou moyen-orientale » :
    https://seenthis.net/messages/767469

  • L’avenir incertain d’un restaurant solidaire à Lesbos

    Par Emma Wallis Publié le : 24/04/2020

    Le restaurant solidaire Nan, qui emploie des migrants à Mytilène sur l’île de Lesbos, a dû fermer ses portes à cause du coronavirus. L’une des fondatrices nous parle des conséquences de cette fermeture forcée.

    « La situation est très hostile ici sur l’île de Lesbos. D’une certaine façon, le coronavirus a permis de faire une coupure. C’était épouvantable », nous explique Lena au téléphone. Elle est l’une des co-fondatrices du restaurant Nan. Elle travaille aussi en étroite collaboration avec Lesbos Solidarity.

    Nan est une entreprise à but non lucratif qui repose largement sur les dons et la bonne volonté pour permettre à des migrants et réfugiés qui vivent sur l’île grecque de Lesbos de trouver un emploi et une manière de s’intégrer en Grèce.

    Avant sa fermeture mi-mars à cause de la pandémie de coronavirus, le restaurant employait 14 personnes, des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile. A en croire les publications et commentaires sur Facebook, Nan était un lieu prisé par les clients.

    Entre « La nourriture est cuisinée avec amour » et « Délicieux », les commentaires ne manquent pas d’être élogieux. On voit le personnel danser dans des vidéos de clients. L’ONG Oxfam a qualifié l’an dernier le restaurant de « visage de la gentillesse ».

    ’Une situation désespérante’

    Le petit restaurant affichait généralement complet, assure Lena. Selon elle, les efforts de Nan donnaient la possibilité – au moins aux 14 migrants qu’il employait – de s’échapper du camp où ils étaient privés de toute perspective d’avenir.

    Au téléphone, la voix de Lena traduit une certaine fatigue. Elle navigue entre le désarroi face à la « situation désespérante » sur l’île, mais aussi face aux politiques migratoires menées à travers l’Europe. « Il est urgent de changer les lois », soutient-elle. Selon la jeune femme, la pandémie de Covid-19 a ironiquement « mis en pause » le sentiment de haine qui se répandait sur l’île. Lena espère que quand tout sera fini, les gens réfléchiront à deux fois dans quel monde ils veulent vivre dans le futur.

    « Vous ne pouvez pas éternellement avoir des pays et des villes derrière des murs », clame-t-elle avec conviction. « Un jour ces murs vont tomber. Même si vous vivez heureux dans votre bulle, et peu importe ce qu’être heureux signifie pour vous, vous ne pouvez pas vivre pour toujours avec la désespérance autour de vous. Le gens devraient arrêter de vivre dans le déni de ce qui se passe autour d’eux et peut-être, le futur sera plus simple qu’ils le pensent ».

    ’Travailler ensemble pour trouver des solutions’

    Sur la page Facebook de Nan, le restaurant affirme vouloir « travailler ensemble pour trouver des solutions qui peuvent profiter en même temps aux réfugiés et à la population locale ».

    Toujours est-il que les habitants de Lesbos n’ont pas manqué d’exprimer leur colère ces derniers années à travers le slogan « ça suffit ». La majorité de la population de l’île voudrait fermer et déloger les camps pour renouer avec la vie telle qu’elle était avant que des centaines de milliers de personnes n’arrivent en Grèce pour espérer rejoindre ensuite les pays européens plus riches au nord et à l’ouest du contient.

    Lena nous explique qu’elle et les autres bénévoles qui travaillent avec des migrants ont fait l’objet d’agressions verbales à cause de leur engagement.

    Le niveau d’hostilité est tel qu’elle songe à quitter l’île, où elle vit pourtant depuis plus de 20 ans. Quand elle ne gère pas le restaurant et ses nombreux événements en soirée, Lena enseigne l’anglais dans une école.

    Elle dit comprendre en partie la colère des habitants. La situation à Lesbos et sur d’autres îles grecques serait devenue très instable. Et comme beaucoup de Grecs, elle estime que les valeurs européennes de solidarité sont le grand absent de cette crise.

    Au-delà des plats cuisinés pour les clients du restaurant, Nan fait don de paniers alimentaires avec la nourriture qui n’a pas été vendue. Ces paniers sont notamment livrés aux plus vulnérables dans le camp de Pikpa.

    Depuis que le restaurant a dû fermer, les migrants et réfugiés qu’il employait ont touché la somme de 800 euros de la part du gouvernement. Cet argent doit suffire à couvrir leurs dépenses depuis mi-mars et jusqu’à la fin du mois d’avril. Mais Lena se demande si d’autres aides vont parvenir à son équipe si le confinement se poursuit.

    « La situation était déjà difficile avant à cause de la grande hostilité de la population », explique Lena. « Beaucoup d’organisations et de bénévoles ont quitté l’île à cause des débordements et des agressions. C’était une période très ombre pour l’île, d’autant que tous les politiques penchent vers la droite ou l’extrême droite. Il y a un discours de haine qui prétend que les réfugiés sont le problème et qu’ils doivent être tenus pour responsables de tous les problèmes que connaît Lesbos ».

    « La nourriture est un bon moyen de communiquer, même pour les personnes qui ne parlent pas la même langue. Au prétexte de partager un repas, on partage aussi des histoires et on échange nos sentiments sur la situation », répond Lena quand on lui demande pourquoi elle et trois autres femmes ont décidé de créer Nan.

    Par ailleurs, les parents de Lena étaient eux-mêmes des réfugiés de la guerre entre la Turquie et la Grèce en 1922. Ses parents faisaient partie de la communauté grecque vivant sur un territoire qui fait aujourd’hui partie de la Turquie.

    Si l’intégration se veut comme la mission principale de Nan, la finalité serait de confier la direction et le gestion du restaurant aux migrants. Malheureusement, constate Lena, cela n’a pas encore vraiment été le cas. Ceux qui en auraient éventuellement les compétences aspirent souvent à autre chose, comme de faire des études et de passer à autre chose. Et parmi ceux qui veulent rester sur Lesbos, « ils parlent souvent à peine le grec, alors qu’il faut gérer la bureaucratie et beaucoup de problèmes ce qui n’est pas possible sans la langue. »

    ’Il y a des limites’

    Les formations du personnel ont coûté « immensément » à Nan, que ce soit en temps ou en argent. « Ce n’est pas facile et donc je comprends que des personnes soient réticentes à l’idée de participer à des projets comme celui-ci parce qu’ils exigent beaucoup de vous à tous les niveaux. Nous ne pouvons plus vivre comme cela, à regarder la misère tous les jours tout en continuant à être impuissants. Je connais des gens qui ont vidé leurs maisons, leurs armoires de vêtements, donné leurs couvertures et de la nourriture mais il y a des limites à cela. Vous ne pouvez pas sauver 22.000 personnes et leur offrir une solution quand la société n’a pas de solution pour elle-même. »

    Lena et les autres managers ont toutes un autre emploi et ont essentiellement contracté des emprunts pour financer leur action. « Fermer définitivement n’est donc pas une option », selon Lena.
    Elle espère pouvoir bénéficier d’une aide de l’Etat pour relancer l’activité du restaurant une fois que les restrictions dues au coronavirus seront levées.

    « Je n’ai pas de réponse pour le futur. Si nous ne rouvrons pas, ils peuvent venir, confisquer tout ce qu’ils veulent et mous n’aurons plus rien. Nous devons rouvrir et voir ce qui se passe. Nous allons devoir réduire le personnel. Il est impossible de supporter financièrement 14 personnes. »

    Lena espère avant tout un changement, que la pandémie pousse la société à penser autrement à l’avenir. « J’espère que cette quarantaine va aider les gens à apprécier le simple fait d’être en vie, et peut être, dit-elle en riant, que les gens arrêterons d’être de ’homo consumis’ (des Hommes consommateurs) pour redevenir des ’homo sapiens’ (des Hommes intelligents) ».

    Traduction et adaptation : Marco Wolter

    https://www.infomigrants.net/fr/post/24348/l-avenir-incertain-d-un-restaurant-solidaire-a-lesbos

    #Covid-19 #Migrants #Migrations #Grèce #Lesbos #Restaurantsolidaire #

  • A peine rouverts, des restaurants McDonald’s pris d’assaut en Ile-de-France
    https://www.20minutes.fr/paris/2765151-20200421-peine-rouverts-restaurants-mcdonald-pris-assaut-ile-franc

    De nombreux automobilistes se sont rués dans les fast-foods, lundi soir, rouverts progressivement en « drive »

    Des scènes peu ragoûtantes en plein confinement ? Les amateurs de Big Mac, nuggets et McFlurry ont pu satisfaire leur appétit lundi soir. Une trentaine des 1.490 établissements de l’enseigne américaine McDonald’s, fermés depuis le 15 mars, ont en effet rouvert en France, en #vente_à_emporter (« #drive »), ainsi qu’en livraison à domicile.

    Et le retour des fast-foods n’est pas passé inaperçu auprès de nombreux Franciliens. Des scènes ahurissantes d’embouteillages et de longues files d’attente ont été partagées par plusieurs internautes. À Moissy-Cramayel en Seine-et-Marne, des automobilistes ont fait la queue pendant plusieurs heures sur des centaines de mètres. Le restaurant a d’ailleurs dû établir un montant maximum pour les commandes (60 euros) en raison de l’afflux de clients, rapportent nos confrères du HuffPost.

    L’appel des burgers était aussi trop fort au McDo Saint-Gratien dans le Val-d’Oise. Au point de désoler cet internaute (« Tout ça pour bouffer chez McDo, c’est pas magnique ça »), qui a immortalisé la queue impressionnante sur le Boulevard du Maréchal-Foch :

    McDonald’s France avait annoncé le 2 avril dernier préparer la réouverture d’une trentaine de ses restaurants, suscitant l’inquiétude de #salariés de certains établissements encore en activité dans la région de Tours. Pour se faire, le géant du hamburger avait déclaré mettre en place « un guide opérationnel » , « validé par un comité scientifique composé d’experts en infectiologie et virologie » , « visant à renforcer significativement les mesures sanitaires » pour les personnels et les clients sur les activités de « drive » et de #livraison_à_domicile.

    A Tours [,Saumur, Chatellerault], les McDonald’s sont les seuls en France à avoir maintenu la vente à emporter au grand dam des salariés, Barbara Gabel, le 10/04/2020
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/coronavirus-tours-region-12-restaurants-mcdonald-s-pour

    Les McDonald’s de la métropole tourangelle sont les seuls en France à avoir maintenu les drive et la vente à emporter depuis l’annonce du confinement dû à la pandémie de #covid_19. Une situation dénoncée par les salariés, pour qui les mesures de sécurité ne sont pas respectées.

    Le Big Mac serait-il devenu un produit de première nécessité ? Il semblerait que oui, pour les habitants de la région de Tours. Alors que partout en France, près de 1 500 McDonald’s ont fermé leurs portes après la mise en place du #confinement, 12 restaurants restent ouverts à Tours, Amboise, et dans des départements alentours, à Saumur ou encore Châtellerault.

    Coronavirus. Le McDonald’s de Châtellerault a-t-il servi de "laboratoire" pendant la crise sanitaire ?

    Ces restaurants, qui appartiennent tous au même gérant, Bernard Simmenauer, font l’objet d’un “test" selon la direction de la chaîne de fast-food, tandis que les salariés dénoncent les #conditions_de_travail, notamment dans une enquête publié par Mediapart le 5 avril.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050420/des-gens-meurent-et-nous-chez-mcdonald-s-vend-des-nuggets?onglet=full

    De son côté, le franchisé de 22 établissements au total n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet malgré nos demandes. Seule une déclaration* par écrit à l’attention des médias nous a été parvenue :

    La direction des restaurants McDonald’s de Tours tient à rappeler que la sécurité des équipes est sa première priorité (...) et travaille, depuis plus de 15 jours, à développer et tester des mesures de sécurité nouvelles dans une démarche de progrès continue.
    Déclaration écrite de Bernard Simmenauer à l’attention des médias

    Les restaurants de Tours, des "sites pilotes"

    Ce #test, s’il s’avère concluant, doit permettre à l’enseigne d’étendre l’ouverture à d’autres restaurants en France. Trois restaurants supplémentaires ont d’ores et déjà ouverts leurs portes en Île-de-France, considérés comme des “sites pilotes” au même titre que les restaurants de Tours. L’enseigne invoque la mise en place d’un “guide opérationnel” visant à “renforcer significativement les mesures sanitaires" pour les personnels et les clients en drive et en livraison à domicile.


    À Tours, "les mesures de distanciations sont en place avec des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place", affirme Bernard Simmenauer. / © McDonald’s France

    Pour Quentin, délégué du personnel du McDonald’s des Deux-Lions à Tours, la réalisation de ce guide n’est qu’une excuse : “Si le guide n’est pas encore validé, pourquoi restons-nous ouverts à Tours ?” , questionne le jeune homme de 23 ans. Dès le 25 mars, celui-ci avait donné l’alerte sur son compte Facebook :

    Aujourd’hui, ma compagne part sauver des vies et moi servir des burgers ! Je ne travaille pourtant pas dans un supermarché, je ne fais pas partie du personnel soignant, je ne suis pas un agent d’entretien, je ne suis pas un routier et je ne suis pas toutes les autres personnes indispensables pendant cette crise sanitaire. Je suis employé d’une grande chaîne de fast-food américaine à Tours. Je prends donc le risque de vous contaminer et de contaminer mes collègues ou de l’être pour que des citoyens puissent manger des burgers !
    Post Facebook de Quentin, délégué du personnel McDonald’s

    "Le profit avant la santé"

    Si le jeune homme a décidé de parler publiquement, c’est pour exprimer son “ras-le-bol”. “Je n’ai plus rien à perdre. J’avais donné ma démission avant la mise en place du confinement” , raconte-t-il. “Le fait que McDonald’s se fiche totalement de la santé et de la sécurité de ses salariés me conforte dans mon choix de partir. Aujourd’hui, c’est pour celles et ceux qui restent que je me bats.”

    Car Quentin l’assure, ses collègues vont au travail avec la peur au ventre. À l’instar de ce manager de l’enseigne américaine installée dans le centre-ville de Tours contacté par France 3 et qui souhaite garder l’anonymat. Après l’annonce du Gouvernement de fermer cafés et restaurants, le jeune homme affirme avoir eu une discussion avec le président de la franchise : “Il m’a regardé dans les yeux et m’a dit : “Le profit avant la santé” .


    Aux Deux-Lions, Quentin assure que les salariés ont continué à travailler sans masque jusqu’en avril. / © Photo fournie par l’association React

    Les salariés du restaurant ont continué à travailler “sans aucune protection, seulement avec des cache-barbes jusqu’au 2 avril” affirme de son côté Quentin, du restaurant des Deux-Lions. Depuis quelques jours, le port du masque chirurgical a été appliqué. Une situation que le manager anonyme juge “indécente” .

    On arrive à se fournir en masques alors que des hôpitaux en manquent… À quel moment McDonald’s est-il plus utile qu’un hôpital ?”
    Un manager de McDonald’s souhaitant garder l’anonymat

    "On se marche dessus"

    Le problème majeur dans le restaurant situé dans le centre-ville de Tours est la difficulté à respecter la distanciation sociale entre collègues. “La cuisine est toute petite par rapport à un restaurant en zone commerciale. On se marche dessus” , affirme le manager. Dans sa déclaration*, Bernard Simmenaue indique pourtant que “des zones délimitées par des rubans de balisage (...) et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus d’un mètre de son collègue" .

    De plus, un certain nombre d’employés utilisent les transports en commun pour venir au restaurant. "Ils s’exposent à un risque de contamination" , remonte Irvin Violette, membre de l’association React (Réseau pour l’action collective transnationale) qui défend notamment les droits des travailleurs de McDonald’s et compile les témoignages des salariés de Tours.

    Les personnes qui font de l’asthme ou ont des maladies chroniques n’ont pas d’autres choix que de prendre des congés maladies ou de ne pas venir, et donc de ne pas être payés. D’autres s’occupent de parent et de grands-parents dépendants, mais la direction ne veut rien savoir.
    Irvin Violette de l’association React, qui défend les salariés de McDonald’s

    Autre problème : la localisation du restaurant en centre-ville de Tours qui favorise le rassemblement des #livreurs UberEats ou Deliveroo, et semble également inciter les clients à venir se restaurer plus facilement qu’ailleurs. “Les gens se baladent sur la place et viennent nous commander des glaces comme si le confinement et la maladie n’existaient pas” , se désole le jeune manager qui aimerait faire comprendre aux Tourangelles et Tourangeaux que “McDonald’s, ce n’est pas vital.”

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    *La déclaration de Bernard Simmenauer
    "La direction des restaurants McDonald’s de Tours tient à rappeler que la sécurité des équipes est sa première priorité.

    Accompagnés par les ingénieurs qualité de l’enseigne, et en lien avec la #préfecture d’Indre-et-Loire, la direction des #restaurants de Tours travaille, depuis plus de 15 jours, à développer et tester des mesures de sécurité nouvelles dans une démarche de progrès continue.

    Nous nous sommes améliorés tous les jours avec rigueur et détermination avec la volonté d’être mieux disant que les recommandations sanitaires. Aujourd’hui, un guide de nouveaux process très robustes de préparation, de prise de commande ou de délivrance des sacs est en place pour aller au-delà de l’ensemble des mesures barrières recommandées. Ce guide a fait l’objet d’une validation de plusieurs médecins spécialistes.

    Les échanges sont naturellement constants pour les amender et les renforcer avec les salariés.

    Ces nouvelles procédures ont été présentées, quotidiennement, aux représentants du personnel et à l’ensemble des équipes.

    L’ensemble des salariés mobilisés pour continuer à servir les clients le sont dans le respect le plus strict de la loi, des arrêtés, des décrets, ordonnances ainsi qu’évidement du code du travail.

    Parmi les mesures prises pour assurer la sécurité des équipes qui poursuivent le service des clients, nous avons mis en place :

    Les salariés doivent tous porter un masque (disponible en restaurant- pas un cache-barbe) dès la prise de poste et jusqu’à leur fin de service alors que les recommandations sanitaires ne l’intègrent pas.
    L’ensemble des salariés doivent se laver les mains, un par un, toutes les 30min avec un savon bactéricide. L’ensemble des équipes a la possibilité de porter des gants à usage unique mis à disposition.
    Pas plus d’un équipier à la fois dans les vestiaires, les horaires ont été décalés pour des arrivées et des départs séquencés.
    Les mesures de distanciations sont en place avec des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus de 1 mètre de son collègue. Selon les restaurants, les fenêtres de « prise de commande » du drive ont toutes été équipées d’un plexiglas fixe ou d’un système limitant l’ouverture au seul passage du terminal de paiement. La seconde fenêtre, pour la remise des commandes est équipée d’un tourniquet de sécurité pour remettre les commandes sans contact entre les salariés et les clients ou de fenêtres avec une ouverture limitée au seul passage d’un sac.
    Les paiements en espèce ont été proscrits au profit du paiement sans contact."

    Coronavirus : McDonald’s ouvre au compte-gouttes ses restaurants
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/21/coronavirus-mcdonald-s-ouvre-au-compte-gouttes-ses-restaurants_6037305_3234.

    Le numéro un mondial de la #restauration_rapide tente de relancer en partie son activité sans attendre le 11 mai.

    McDonald’s République, à Paris, a rouvert boutique. Pas question toutefois, pour les clients de venir s’attabler dans le fast-food. Ce restaurant propose pour l’instant la livraison à domicile de son Big Mac et de son cheeseburger. Un exemple des quelques points de vente de l’enseigne américaine de nouveau en activité. En effet, McDonald’s souhaiterait relancer son business en France et ouvre au compte-gouttes ses restaurants.

    Lorsque le couperet du confinement est tombé pour les bars-restaurants, obligés de fermer leurs portes, samedi 14 mars à minuit, pour enrayer la propagation du coronavirus, la situation a été fluctuante du côté du leader mondial du burger. Alors que son grand rival américain, Burger King, annonçait la fermeture de tous ses établissements en France, rien de tel n’était déclaré du côté de McDonald’s.

    Il est vrai que dans la négociation, le gouvernement a autorisé les restaurants à proposer un service de plats à emporter ou à livrer au domicile du client. Une soupape dont l’entreprise à l’arche dorée souhaitait bénéficier. D’autant que sur les 1 490 points de vente de l’enseigne, 850 sont à même de proposer la vente à emporter.

    Droit de retrait

    Mais les salariés n’ont guère été enclins à venir travailler sans être sûrs que toutes les mesures sanitaires soient prises face à la crise du Covid-19. Certains ont fait jouer leur #droit_de_retrait. Finalement, après un premier temps d’ouverture de certains points de vente, seuls une douzaine d’établissements gérés par un même #franchisé à Tours et dans sa région ont poursuivi leur activité.

    Pour autant, le géant américain ne perdait pas de vue son objectif. Un guide opérationnel destiné à renforcer les conditions de sécurité sanitaires a été élaboré par l’enseigne et, à partir de la deuxième semaine d’avril, McDonald’s a fait des tests dans trois de ses propres restaurants en région parisienne. Avec l’objectif annoncé d’en ouvrir ensuite près d’une trentaine à l’enseigne.

    Aujourd’hui, une dizaine sont opérationnels, à Paris, donc, mais aussi dans l’Essonne, dans les Yvelines, dans le Val-d’Oise, la Seine-Saint-Denis [dont celui de Montreuil, des nouvelles à suivre, ndc] et la Seine-et-Marne. Certains syndicats ne voient pas d’un bon œil ce projet. « Nous avons donné un avis négatif dans trois des quatre filiales de McDonald’s en Ile-de-France. Nous pensons que ces ouvertures sont prématurées et qu’il faut attendre le 11 mai » , affirme Lyes Abdi, délégué central FO, McDonald’s Ile-de-France.

    Deliveroo ou Uber Eats au régime sec

    McDonald’s n’est pas la seule enseigne de fast-food à vouloir relancer la machine. La chaîne américaine #KFC a décidé d’ouvrir certains de ses magasins pour de la vente à emporter ou de la livraison. Des initiatives qui ont de quoi satisfaire les sociétés de livraison de repas à domicile, comme #Deliveroo ou #Uber_Eats.

    Depuis l’annonce de la fermeture des restaurants, ils sont au régime sec. Leur offre s’est retrouvée soudainement limitée, même s’ils ont mis en place des procédures spéciales pour poursuivre leur activité. Sur leur site, le client a, actuellement, le choix entre des restaurants de quartier habitués à la vente à emporter ou qui se sont adaptés à cette nouvelle donne. Et quelques franchisés de chaînes de restauration rapide, à l’exemple de Big Fernand, Factory & Co, Sushi Shop, #O’Tacos ou #Pizza_Hut.

    Pour élargir l’éventail, en ces temps de crise, Deliveroo et Uber Eats ont d’ailleurs choisi de passer des accords avec des enseignes de #grande_distribution, comme Carrefour, Casino, Franprix ou Monoprix. Ils livrent désormais les courses à domicile à des clients plus enclins à se mettre derrière les fourneaux en ces temps de confinement.

    #McDonald’s #travail #santé #crise_sanitaire #rubalise #services_à_la_personne #capitalisme_de_plate_forme

    • « Des gens meurent et nous, chez McDonald’s, on vend des nuggets » 5 AVRIL 2020 PAR KHEDIDJA ZEROUALI
      https://www.mediapart.fr/journal/france/050420/des-gens-meurent-et-nous-chez-mcdonald-s-vend-des-nuggets?onglet=full

      Le 14 mars, le premier ministre a annoncé la fermeture des commerces non essentiels. Les restaurants sont les premiers concernés, mais la vente à emporter et la livraison restent autorisées. Une brèche dans laquelle une poignée de McDonald’s se sont engouffrés, mettant en danger clients et salariés.

      Depuis le début du confinement, 12 restaurants sur les 1 490 que compte McDonald’s France sont restés ouverts, en drive-in et pour la livraison à domicile. Ils sont tous situés dans la région de Tours et sont détenus par Bernard Simmenauer, l’un des plus gros franchisés du pays, à la tête de plus de 22 établissements.

      Jeudi soir, la chaîne américaine affirmait que trois nouveaux restaurants allaient très bientôt ouvrir en région parisienne et qu’elle préparait la réouverture d’une trentaine d’autres. En réalité, la décision qu’a prise, seul, Bernard Simmenauer, au détriment de la protection de ses salariés, a été transformée a posteriori en « test » par le mastodonte du fast-food.

      « Au début de l’épidémie, l’enseigne n’a donné aucune consigne claire, raconte Henry*, salarié du siège depuis une dizaine d’années. Certains ont continué à ouvrir, puis ils ont eu peur de contaminer tout le monde quand ils ont appris que certains de leurs équipiers étaient atteints du coronavirus. D’autres, comme Bernard Simmenauer, sont restés ouverts malgré tout. Burger King, lui, a décidé de tout fermer, c’était clair. » McDonald’s Belgique a fermé ses 87 magasins, y compris ses 23 franchises. Au Royaume-Uni et en Espagne, la décision a été la même.

      Lucie travaille 24 heures par semaine dans l’un des McDonald’s de Tours, en parallèle à ses études d’histoire. Depuis février 2018, la jeune femme de 21 ans sert des burgers et des frites pour payer ses études, son loyer, son permis. « Je ne suis pas boursière et c’est grâce à ce travail que je suis devenue autonome financièrement » , rapporte-t-elle fièrement.

      Le samedi 14 mars à 20 heures, alors que premier ministre fait ses annonces, Lucie travaille. Sa manager pose son téléphone sur le comptoir et, tout en préparant les commandes, les salariés tendent l’oreille. Édouard Philippe annonce la fermeture des restaurants en ces termes explicites : « En lien avec le président de la République, j’ai donc décidé jusqu’à nouvel ordre la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux accueillant du public non indispensables à la vie du pays, il s’agit notamment des restaurants, cafés, cinémas, discothèques. » Tout de suite, sa manager objecte : « Le discours du gouvernement ne vaut rien tant qu’on n’a pas d’informations du franchisé. »

      Au McDo des Deux-Lions à Tours, le « franchisé », c’est le patron, Bernard Simmenauer, qui règne sur un empire de 22 restaurants et semble avoir plus de poids que le chef du gouvernement. « En attendant, vous venez travailler » , conclut la manager.

      Elle avait raison, puisque le gouvernement a finalement décidé que les drive-in et la livraison à domicile étaient exemptés de fermeture. Et ce malgré les risques que cela pouvait faire courir aux salariés, aux livreurs et aux clients. Si l’on excepte une fermeture les 15 et 16 mars, 12 des 22 restaurants du franchisé sont donc restés ouverts.

      Dans les jours qui suivent l’annonce du premier ministre, aucune protection n’est mise en place dans le restaurant de Tours, affirme Lucie. « La salle était fermée mais le drive et les commandes en livraison continuaient, sans aucune protection, raconte-t-elle. Pas de gants, pas de gel, pas de masque, rien. »

      « Bernard Simmenauer fait toujours ce qu’il veut. Il est considéré comme un précurseur : c’est lui qui a inventé le service à table, sans demander la permission, et McDo France l’a généralisé ensuite. Même chose sur l’ameublement, il fait ce qu’il veut, sans toujours respecter le cahier des charges » , indique Quentin, un autre salarié du restaurant. Le jeune homme de 23 ans a été élu délégué du personnel il y a deux ans, au moment où il a obtenu son CDI. « Pendant longtemps, je ne servais pas à grand-chose, je ne savais pas comment faire et ça arrangeait bien ma direction. Mais depuis le début de l’épidémie, mon rôle est enfin concret » , se réjouit-il.

      À Tours, avant même l’annonce du premier ministre, des mesures avaient pourtant été prises. « On nous demandait de nettoyer plusieurs fois et de manière très visible les bornes de commande, juste pour rassurer les clients » , se souvient Quentin. Des mesures en trompe-l’œil : même si le jeune homme, contrairement à tous ses autres collègues de l’équipe de jour, a été mis au chômage partiel dès le 15 mars, il écoute chaque jour ses collègues qui lui chroniquent les petites humiliations, les pressions, l’angoisse et, invariablement, le manque de protection.

      Alors, le 25 mars, Quentin publie un message sur sa page Facebook pour dire son désarroi : « Aujourd’hui, ma compagne part sauver des vies et moi servir des burgers ! Je ne travaille pourtant pas dans un supermarché, je ne fais pas partie du personnel soignant, je ne suis pas un agent d’entretien, je ne suis pas un routier et je ne suis pas toutes les autres personnes indispensables pendant cette crise sanitaire. Je suis employé d’une grande chaîne de fast-food américaine à Tours, je prends donc le risque de vous contaminer et de contaminer mes collègues ou de l’être pour que des citoyens puissent manger des burgers ! »

      Le McDonald’s Vendôme est l’un des 12 restaurants que Bernard Simmenauer a décidé de laisser ouverts. Sur Facebook, des clients et des citoyens se mobilisent pour la fermeture.

      Quentin espère ainsi toucher ceux qui continuent à commander chez McDonald’s en ces temps d’épidémie. Pour Loïc Roldan, représentant de la CGT au sein de l’enseigne, cela ne suffira pas : « Il y a toujours le mythe du consommateur acteur mais le consommateur est égoïste. À la télé, il critique la situation des salariés, des livreurs. Une heure après, il se commande une pizza ou un burger avec Uber Eats. »

      Pour Manon Aubry, députée européenne de La France insoumise mobilisée sur la question, « la question qui va se poser est : est-ce qu’un Big Mac est indispensable en temps de confinement, quand des milliers de gens meurent d’un virus qui est hypercontagieux ? » .

      Des protections insuffisantes et des mesures inapplicables

      Les salariés du McDonald’s Les Deux-Lions à Tours ne sont pas les seuls à pâtir de cette situation. Dans un autre restaurant du Centre-Val de Loire, également détenu par Bernard Simmenauer, Nora* marche sur des œufs, tiraillée entre sa colère et la peur de perdre son emploi : « Ma patronne a vu que je répondais sur un groupe Facebook qui regroupe des équipiers de McDonald’s, et j’ai écrit qu’on travaillait toujours et qu’à l’époque, les seuls masques que l’on avait étaient faits avec du Sopalin. J’ai eu des remontrances de ma patronne et elle m’a laissé le choix : soit je viens et j’arrête de me plaindre, soit je m’en vais et je suis licenciée pour abandon de poste. »

      Nora le concède, depuis le début de l’épidémie, quelques mesures ont été prises : des masques, qui selon elle « ne servent à rien » , et « des distances de sécurité, qui ne peuvent pas toujours être mises en place, par exemple dans les vestiaires ou à la plonge » . Face à la légèreté des protections, Nora s’astreint à la plus grande des prudences : « Je suis toujours au drive et à chaque client, je désinfecte le terminal de paiement ou mon poste. Mais je me fais engueuler quand le temps d’attente est trop long. »

      La jeune femme ne se sent pas en sécurité et le dit à ses responsables. Mais face à ses plaintes, la seule réponse est, invariablement, la menace de licenciement : « Je suis inquiète car j’ai besoin de mon salaire, mais j’estime que ma vie et celle de mes proches est en danger. »


      "Des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place", annonce le franchisé. Exemple au McDonald’s Les Deux-Lions à Tours.

      Il y a quelques jours, des mesures de distanciation ont été annoncées. « Des zones délimitées par des rubans de balisage pour délimiter les espaces de travail et un marquage au sol a été mis en place. Chaque personne est ainsi éloignée de plus d’un mètre de son collègue » , précise Bernard Simmenauer à Mediapart (la totalité de ses réponses ainsi que celles de McDonald’s France sont à lire sous l’onglet Prolonger).

      La photo ci-dessus est une illustration de ce que le franchisé entend par « des rubans de balisage » . En réalité, la distanciation sociale est impraticable dans les restaurants. Sans compter les salariés qui estiment que « ça ne sert à rien » et qu’ « on se prend les pieds dedans » .

      Au début de l’épidémie, les salariés du restaurant des Deux-Lions étaient moqués par leurs supérieurs quand ils demandaient des masques. Ceux qui ont été assez courageux pour en exiger ont finalement obtenus des « cache-barbe », utilisés toute l’année pour ne pas retrouver un poil dans un burger.

      « Les salariés doivent tous porter un masque, disponible en restaurant, et pas un cache-barbe, dès la prise de poste et jusqu’à leur fin de service, alors que les recommandations sanitaires ne l’intègrent pas » , déclare Bernard Simmenauer. Une affirmation contredite par les témoignages de salariés que nous avons interrogés.

      L’une des autres mesures récemment mises en place dans les restaurants encore ouverts concerne le paiement. « Les paiements en espèces ont été proscrits au profit du paiement sans contact » , affirme Bernard Simmenauer. Là encore, pour les salariés, cela ne suffit pas : les tickets-restaurant, toujours acceptés, passent de main en main.

      Par ailleurs, les terminaux de paiement sur lesquels les clients posent leur carte pour le paiement sans contact doivent être placés au bout d’un manche. « Chez nous, on nous a conseillé de scotcher le terminal à un ustensile de cuisine qui sert à racler les grils, c’est le système D » , rapporte Lucie. Mais manche ou pas, nombreux sont les clients à prendre en main le terminal de paiement, juste après les salariés.
      « La sécurité de nos équipiers et de nos clients est notre priorité numéro 1 » , assure de son côté la chaîne de restauration américaine, qui précise : « C’est dans ce cadre que nous testons actuellement [dans] 12 restaurants dans l’ouest de la France et très bientôt dans 3 restaurants en région parisienne un guide opérationnel visant à renforcer significativement les mesures sanitaires pour nos personnels et nos clients sur le canal du drive et sur le canal de la livraison à domicile. »

      « Les autres franchisés attendent ce guide et d’autres non, visiblement , s’agace Henry, le salarié du siège. Ça n’est pas cohérent, cela veut dire qu’en attendant, tous les salariés et clients des restaurants de Bernard Simmenaeur ont été mis en danger. »

      Le guide en question a été, selon McDo France, « préalablement développé par les équipes opérationnelles de l’enseigne et des franchisés au cours d’un processus interactif de plus de quinze jours, et les représentants du personnel ont été dûment informés » . Mais en fin de semaine, il était toujours en cours de construction, alors que les salariés que nous avons interrogés travaillent déjà depuis trois semaines sans règles claires.

      La direction continue son argumentaire en expliquant qu’un comité scientifique « composé d’experts en infectiologie et virologie » , mais dont la composition exacte reste un mystère malgré nos questions, a ensuite « formellement » validé ce guide. « Il est maintenant testé en grandeur réelle avec des équipes en restaurant et un encadrement composé de volontaires qui seront amenés à se prononcer sur la poursuite du test toutes les 48 heures. »

      Là encore, un positionnement à des années-lumière de la réalité décrite par les salariés du groupe. « Il y a les salariés et les salariés McDo. On est la troisième classe du salariat, au même titre que les livreurs à vélo ou les éboueurs… » , souffle Loïc Roldan, de la CGT.

      Ni Quentin, ni Nora*, ni Lucie ne se sont portés volontaires. Et quand certains d’entre eux ont tenté d’exercer leur droit de retrait, ils ont été la cible de méthodes « humiliantes » . Le 17 mars, quand ont rouvert les restaurants de Bernard Simmenauer, sept équipiers sur les 70 du restaurant des Deux-Lions ont déposé leurs droit de retrait. Mais quinze en ont été dissuadés par la direction.

      « Une manager nous a dit qu’elle risquait sa place à nous dire ça mais qu’on avait la possibilité de faire valoir notre droit de retrait. Elle nous a bien spécifié que les consignes de la directrice du restaurant étaient de nous l’accorder seulement si on connaissait vraiment bien nos droits, et qu’on insistait » , assure Lucie.

      « Au restaurant de Châtellerault , aussi exploité par Bernard Simmenauer, les salariés se sont également vu rétorquer que “le droit de retrait n’existait pas dans leur entreprise” , rapporte de son côté l’association React, qui a tiré la sonnette d’alarme et lancé une campagne de sensibilisation. _Un message a d’ailleurs été envoyé par la directrice du McDonald’s de Châtellerault à quelques salariés, dans lequel elle prévient que “toute absence sera considérée comme absence injustifiée”. »

      « Aux autres, la direction répondait que le droit de retrait n’existait pas »

      Quand, le 17 mars, Lucie et deux de ses collègues entrent dans leur restaurant, ils portent des masques. Selon leur récit, le manager les accueille alors avec ironie : « Vous avez oublié votre combinaison intégrale. Vous êtes au courant que vous êtes ridicules ? Vous êtes au courant que ce n’est qu’une grippe ? On boit un thé, une soupe chaude, on prend une douche chaude et on n’a plus le coronavirus, vous ne le saviez pas ? »

      Puis le gérant leur indique qu’il ne signera pas leur droit de retrait. Sourire en coin, il leur demande si le stylo est désinfecté. Les salariés ont dû insister un quart d’heure avant d’obtenir une signature. L’une des trois salariés, apeurée par la véhémence du cadre, a finalement décidé de retourner travailler. « Ensuite, aucun appel, aucun mail, pas de réponse jusqu’au 24 mars et une lettre de Bernard Simmenauer » , décrit Lucie. Dans cette lettre, le franchisé répond qu’il ne comprend pas la motivation de ce droit de retrait et que toutes les mesures ont été prises.


      Finalement, le droit de retrait de Lucie a été payé.

      Les jours d’absence au titre du droit de retrait ont finalement été payés aux salariés. Quentin, de son côté, craint pour la suite. Sa mobilisation récente lui a valu une attention soutenue de son patron. Le 31 mars, après sa journée de travail, le délégué du personnel a été convoqué par Bernard Simmenauer pour faire le point sur les mesures mises en place : « Il m’a aussi expliqué qu’il s’inquiétait pour mon avenir, en disant que puisque des élus de La France insoumise avaient pris mon parti, ça serait compliqué pour retrouver un emploi après. Il est habile, il a ajouté qu’il ne se permettrait pas de dire que mes choix politiques n’étaient pas les bons. »

      Quentin a démissionné, fatigué d’une direction qu’il juge trop « paternaliste » . Mais à deux semaines de son départ, il continue de se battre pour que ses collègues, s’ils sont obligés de travailler, le fassent au moins dans de bonnes conditions.

      Mais Bernard Simmenaeur n’est pas l’unique responsable de la situation. Ses restaurants sont sous la responsabilité directe de McDonald’s France, qui en est l’actionnaire majoritaire, souligne Irvin Violette, de l’ONG React : « McDonald’s France détient 51 % des parts des restaurants exploités par Bernard Simmenauer. Il s’agit donc de restaurants “intégrés”, par opposition aux restaurants 100 % franchisés ou aux joint-ventures exploités à 50/50. »


      Campagne de sensibilisation lancée sur les réseaux sociaux par React, association qui lutte contre les abus des multinationales envers les salariés.

      Sur les près de 1 490 McDo hexagonaux, l’immense majorité, 84 %, appartiennent à des franchisés. Pour la députée européenne Manon Aubry, ce fonctionnement permet avant tout de diluer les responsabilités : « Franchisé et maison-mère se renvoient la balle en profitant du fait que juridiquement, les entreprises sont séparées, et du coup, plus personne n’est responsable. »

      Dans une lettre cosignée avec sa collègue Leïla Chaibi, adressée le 3 avril à la direction de McDonald’s et à Bernard Simmenauer, elle alerte sur les conditions de travail des salariés de ces 12 restaurants : « Face à la catastrophe sanitaire, respecter le droit est la condition première de la solidarité. Des millions de Français acceptent ainsi la dure épreuve du confinement dans un effort collectif. Votre mépris des règles mine cette solidarité et met en danger des vies humaines pour votre seul profit. Celles de vos employés, […] des livreurs Uber Eats, essentiels au maintien de vos livraisons et dont vous savez combien ils manquent de protections sanitaires et sociales. Celles de vos clients, qui vous font confiance et attendent de vous la plus grande rigueur quand il s’agit de leur santé et de celles de leurs proches. »

      Dans une vidéo adressée samedi 28 mars aux salariés du siège de McDonald’s, le PDG Nawfal Trabelsi se veut rassurant. Il détaille les mesures qui seront mises en place dès que « la version 1 du “guide opérationnel” et des “procédures sanitaires renforcées” » sera complète. Il conclut par un bel appel à la solidarité, à base de café : « Les trois restos tests offriront du café à volonté aux forces de l’ordre et aux soignants durant les trois mois à venir. Ce lien aux Français et à la France est notre marque de fabrique. Il est indispensable de continuer à le nourrir en toute circonstance à notre échelle et avec nos moyens. Continuons à échanger, à travailler et à rester solidaires et unis. Soyons forts, soyons aux côtés des nôtres, de l’ensemble des parties prenantes. » Dans ses réponses à Mediapart, Bernard Simmenauer ajoute : « Les échanges sont naturellement constants pour amender [les mesures de sécurité] et les renforcer avec les salariés. »

      Malgré les grandes inquiétudes de sa mère, infirmière à l’hôpital, Lucie est retournée au travail. À son retour, dit-elle, Bernard Simmenauer était présent. Selon la jeune femme, il est venu au comptoir, a mimé une révérence et lui a lancé : « Je vous félicite, vous devez être fière de vous, mais attention, vous allez être citée dans un article. Vous aurez votre notoriété dans la région, après, je ne sais pas si c’est celle que vous attendiez. »

  • Recette : Ma’amoul, par la cheffe Reem Assil
    Reem Assil, IMEY, le 19 décembre 2019
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/17/recette-maamoul-par-la-cheffe-reem-assil

    [Pour faire 24 biscuits]
    --Pâte —

    1 tasse et demi (360 ml) de semoule
    1 tasse et demi (360 ml, soit environ 180 g) de farine
    1 tasse (240 ml) de beurre clarifié ou ghee, fondu
    230 g de dattes dénoyautées

    --Garniture—

    1 cuillère à soupe de beurre fondu
    1 cuillère à café de café en poudre
    1/2 cuillère à café de cannelle moulue
    1/2 cuillère à café de zeste d’orange râpée

    --

    1/2 tasse (120 ml) de lait
    1/3 tasse (80 ml) de sucre
    1/2 cuillère à café de levure sèche active (Saf-Levure)
    2 cuillères à café (10 ml) de fleur d’oranger

    Moule à Ma’amoul pour le façonnage

    Sucre glace pour saupoudrer

    Reem Assil est une conférencière et cheffe palestino-syrienne, basée à Oakland en Californie ; elle a gagné de nombreux prix et travaille à l’intersection des questions de nourriture, de communauté et de justice sociale. Avec la nourriture en guise d’outil, Reem utilise l’hospitalité arabe pour construire une communauté forte et résistante. Combinant un combat pour la justice d’une vie entière avec presque 20 ans d’expérience tant dans des groupes à but non lucratif que dans l’industrie alimentaire, Reem construit sa vision pour un monde plus juste socialement et économiquement.

    A rajouter à ma recension sur #appropriation_culturelle et Palestine et sur la vraie #cuisine palestinienne ou moyen-orientale :
    https://seenthis.net/messages/767469

    #Palestine #USA #Nourriture #Cuisine #Restaurants #Traiteurs #Cheffes #LaResistanceDanslAssiette

  • Blanche Araj Shaheen : Rendre facile la cuisine du Moyen-Orient
    IMEU, 24 février 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/03/17/blanche-araj-shaheen-rendre-facile-la-cuisine-du-moyen-orient

    « Un outil de préservation culturelle de masse » : voici comment Blanche Araj Shaheen décrit son nouveau livre de cuisine. Festin au Moyen Orient (2020) présente un éventail de plats de tout le Levant, avec des instructions détaillées et des histoires accompagnant chaque recette. Résultant d’années d’efforts et d’implication, le livre de cuisine est conçu comme un guichet unique accessible à la fois par des plats classiques du Levant et des recettes fusion plus modernes.

    A rajouter à ma recension sur #appropriation_culturelle et Palestine et sur la vraie #cuisine palestinienne ou moyen-orientale :
    https://seenthis.net/messages/767469

    #Palestine #USA #Nourriture #Cuisine #Restaurants #Traiteurs #Cheffes #LaResistanceDanslAssiette

  • Voilà pourquoi les Palestiniens protestent contre l’expression « cuisine israélienne » : c’est parce qu’elle nous efface de l’histoire
    Reem Kassis, The Washington Post, le 18 février 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/02/26/voila-pourquoi-les-palestiniens-protestent-contre-lexpression-c

    Dans l’effort pour créer un état pour le peuple juif et une nouvelle identité juive en Palestine historique au début et au milieu du XXe siècle, la nourriture a été un élément utilisé pour réaliser un sentiment de nationalisme israélien. Les immigrants juifs passaient de la riche nourriture d’Europe de l’Est de leurs pays d’origine vers un régime plus sain riche en ingrédients locaux comme les fruits, les légumes et les produits laitiers. L’accent sur la connexion au pays est probablement une des raisons pour lesquelles l’humble nourriture palestinienne de rue —houmous, falafel, za’atar et ka’ak— a plus attiré la nouvelle population juive que les joyaux élaborés de la cuisine palestinienne, comme le msakhan, le maftool, le maqlubeh et le mansaf.

    Un des exemples les plus frappants est la « salade israélienne », un mélange de tomates coupées, de concombres, d’herbes et d’huile d’olive qui, après 1948, est arrivé dans les cuisines israéliennes via les cantines des kibboutz, où il avait été récupéré des fermiers palestiniens. L’écrivain culinaire israélien Gil Hovav a même dit : « Cette salade que nous appelons salade israélienne, en fait, c’est une salade arabe, une salade palestinienne ». Néanmoins, restaurants, magazines et blogs ici en Occident se réfèrent à cette salade comme « israélienne ». Ironiquement, en Israël, les gens l’appellent salat aravi, ou « salade arabe ».

    A rajouter à ma recension sur #appropriation_culturelle et Palestine et sur la vraie #cuisine palestinienne ou moyen-orientale :
    https://seenthis.net/messages/767469

    #Palestine #USA #Nourriture #Cuisine #Restaurants #Traiteurs #Cheffes #LaResistanceDanslAssiette

  • Il est temps pour moi de faire une #recension sur #appropriation_culturelle et #Palestine, qui recouvre des sujets aussi larges que : #Houmous #Hummus #rrroumous #Chakchouka #falafel #couscous #Shawarma #zaatar #Nourriture #Cuisine #Danse #dabke #vêtements #langage #arabe #Art #Cinéma #Photos #Littérature #Poésie #Photographie #Documentaire ...

    Le Rrrizbollah aime le rrroumous
    @nidal, Loubnan ya Loubnan, le 10 octobre 2008
    https://seenthis.net/messages/97763

    Israel’s cuisine not always kosher but travelling well
    Stephen Cauchi, The Age, le 22 mai 2011
    http://seenthis.net/messages/493046

    Make Hummus Not War
    Trevor Graham, 2012
    https://seenthis.net/messages/718124

    NYC Dabke Dancers respond to ZviDance "Israeli Dabke"
    Dabke Stomp, Youtube, le 3 août 2013
    http://seenthis.net/messages/493046
    https://www.youtube.com/watch?v=JM9-2Vmq524

    La Chakchouka, nouveau plat tendance (PHOTOS)
    Rebecca Chaouch, HuffPost Maghreb, le 15 avril 2014
    http://seenthis.net/messages/493046

    Exploring Israel’s ‘ethnic’ cuisine
    Amy Klein, JTA, le 28 janvier 2015
    http://seenthis.net/messages/493046

    International Hummus Day : Israeli Entrepreneur’s Middle Eastern Food Celebration Is Still Political For Some
    Lora Moftah, IB Times, le 13 mai 2015
    http://seenthis.net/messages/493046

    Israel’s obsession with hummus is about more than stealing Palestine’s food
    Ben White, The National, le 23 mai 2015
    http://seenthis.net/messages/493046

    Palestine : étude d’un vol historique et culturel
    Roger Sheety, Middle East Eye, le 15 juillet 2015
    https://seenthis.net/messages/646413

    La « guerre du houmous »
    Akram Belkaïd, Le Monde Diplomatique, septembre 2015
    https://seenthis.net/messages/718124

    L’appropriation culturelle : y voir plus clair
    LAETITIA KOMBO, Le Journal En Couleur, le 31 août 2016
    https://seenthis.net/messages/527510

    Hummus restaurant
    The Angry Arab News Service, le 5 novembre 2016
    https://seenthis.net/messages/539732

    Le Houmous israélien est un vol et non une appropriation
    Steven Salaita, Al Araby, 4 September 2017
    https://seenthis.net/messages/632441

    Looted and Hidden – Palestinian Archives in Israel (46 minutes)
    Rona Sela, 2017
    https://seenthis.net/messages/702565
    https://www.youtube.com/watch?v=0tBP-63unME


    https://www.youtube.com/watch?v=KVTlLsXQ5mk

    Avec Cyril Lignac, Israël fait découvrir son patrimoine et sa gastronomie
    Myriam Abergel, Le Quotidien du Tourisme, le 27 janvier 2018
    http://seenthis.net/messages/493046

    Why does Virgin find “Palestinian couscous” offensive ?
    Gawan Mac Greigair, The Electronic Intifada, le 10 février 2018
    https://seenthis.net/messages/668039

    Maghreb : une labellisation du couscous moins anodine qu’il n’y paraît
    Le Point, le 13 février 2018
    https://seenthis.net/messages/764021

    Medieval Arabic recipes and the history of hummus
    Anny Gaul, Recipes, le 27 mars 2018
    https://seenthis.net/messages/744327

    Que font de vieilles photos et de vieux films de Palestiniens dans les archives de l’armée israélienne ?
    Ofer Aderet, Haaretz, le 2 juillet 2018
    https://seenthis.net/messages/612498

    En Israël, une exposition montre des œuvres arabes sans le consentement des artistes
    Mustafa Abu Sneineh, Middle East Eye, le 17 juillet 2018
    https://seenthis.net/messages/708368

    Yalla
    https://seenthis.net/messages/716429

    Houmous, cuisine et diplomatie
    Zazie Tavitian, France Inter, le 21 août 2018
    https://seenthis.net/messages/718124

    Pourquoi un éditeur israélien a-t-il publié sans agrément un livre traduit d’essais en arabe ?
    Hakim Bishara, Hyperallergic, le 13 septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/723466

    La nouvelle cuisine israélienne fait un carton à Paris
    Alice Boslo, Colette Monsat, Hugo de Saint-Phalle, Le Figaro, le 26 septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/725555

    Cuisine, art et littérature : comment Israël vole la culture arabe
    Nada Elia, Middle East Eye, le 3 octobre 2018
    https://seenthis.net/messages/726570

    Pins Daddy - Israel Costume
    https://seenthis.net/messages/726570

    Shawarma, the Iconic Israeli Street Food, Is Slowly Making a Comeback in Tel Aviv
    Eran Laor, Haaretz, le 8 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/493046

    What is Za’atar, the Israeli Spice You Will Want to Sprinkle on Everything
    Shannon Sarna, My Jewish Learning, le 7 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/767162

    #Vol #appropriation_culinaire #racisme #colonialisme #Invisibilisation #Histoire #Falsification #Mythologie #Musique #Musique_et_Politique #Boycott_Culturel #BDS

    ========================================

    En parallèle, un peu de pub pour la vraie cuisine palestinienne ou moyen-orientale :

    Rudolf el-Kareh - Le Mezzé libanais : l’art de la table festive
    https://seenthis.net/messages/41187

    Marlène Matar - Ma’idat Marlene min Halab
    https://seenthis.net/messages/537468

    La cuisine palestinienne, c’est plus que ce qu’on a dans l’assiette
    Laila El-Haddad, Electronic Intifada, le 15 Juin 2017
    https://seenthis.net/messages/612651

    Palestine : la cuisine de Jerusalem et de la diaspora
    Alain Kruger, France Culture, le 25 février 2018
    https://seenthis.net/messages/671981

    La Palestine, ce n’est pas seulement de la géographie, c’est notre façon à nous de faire la cuisine, de manger, de bavarder
    Shira Rubin, Eater, le 9 novembre 2018
    https://seenthis.net/messages/737305

    Une écrivaine décrit la cuisine palestinienne et le monde qui l’entoure
    Mayukh Sen, The New-York Times, le 4 février 2019
    https://seenthis.net/messages/760255

    La Troika Libanaise
    https://www.facebook.com/LaTroikaLibanaise

    Les Ptits Plats Palestiniens de Rania
    https://lesptitsplatspalestiniensderania.wordpress.com

    Une Palestinienne à Paris
    https://unepalestinienneaparis.wordpress.com

    Hind Tahboub - Bandora
    https://www.bandoracuisine.com/bandora-cuisine

    Askini
    195 rue Saint-Maur
    75010 Paris
    https://www.facebook.com/askiniparis

    Ardi
    10 rue Lydia Becker
    75018 Paris
    https://www.facebook.com/ardiconceptstore

    Sharqi’s
    24 rue de l’Université
    34000 Montpellier
    https://www.facebook.com/Sharqis-1837468433036940

    La Palestine
    24 Rue Mazenod
    13002 Marseille
    https://www.lapalestine.fr

    #Livres_de_recettes #Restaurants #Traiteurs #Cheffes

  • Comment les supermarchés se font rembourser leurs dons d’invendus… par l’Etat  Emmanuel Lévy - 23 Novembre 2018 - Marianne
    https://www.marianne.net/economie/comment-les-supermarches-se-font-rembourser-leurs-dons-d-invendus-par-l-et

    Pas moins de 40% des 930 millions d’euros de déduction fiscale au titre du mécénat finissent dans les poches des grandes enseignes, les Leclerc, Carrefour, Casino et Auchan. Telle est la contrepartie de leurs dons.

    « Nous distribuons l’équivalent de 350 millions d’euros de nourriture avec seulement 20 millions d’euros de frais de fonctionnement. C’est le système le plus performant. » L’argument de Jacques Bailet, patron national des Banques alimentaires, est sans appel. C’est d’ailleurs fort de ce constat qu’il a écrit aux députés mi-octobre. Touché, coulé. L’amendement de Joël Giraud, le rapporteur général du budget (LREM), qui plafonnait à 10 millions d’euros le crédit d’impôt des entreprises au titre du mécénat, pour freiner l’explosion de cette niche, a été abandonné.

    Car c’est l’une des révélations du rapport de la Cour des comptes sur le mécénat : le gros de l’enveloppe est capté par la grande distribution. Pas moins de 40 % des 930 millions d’euros de déduction fiscale finissent dans les poches des grandes enseignes, les Leclerc, Carrefour, Casino et Auchan. Telle est la contrepartie de leurs dons. Si la générosité est souvent mise en avant dans leur communication, ces centaines de millions d’euros sont, eux, passés sous silence. Bref, ils donnent, mais c’est in fine l’Etat qui paie. Et les chiffres donnent le tournis : des dizaines de milliers de tonnes de nourriture, l’équivalent de 150 millions de repas. Rien de nouveau pourtant dans cette économie du don. Cela fait des dizaines d’années que la ramasse des organismes humanitaires, Restos du cœur, Secours catholique et Banques alimentaires, fait le tour des hypers.

    Quelle aubaine !
    Mais, depuis la loi antigaspillage de 2015, le système s’est profondément modifié, organisé. En interdisant la destruction de la nourriture pour les surfaces de vente de plus de 400 m2, en obligeant celles-ci à contracter avec une association, le législateur a placé l’Etat comme acheteur en dernier ressort. Une aubaine pour la grande distribution qui a fortement augmenté ses volumes de dons : + 25 % entre 2015 et 2016. « J’ai fait une économie de 300 000 € », témoigne Thomas Pocher, patron du Leclerc de Templeuve (Nord) . . . . . .

    Le reste de l’article payant

    #ruissellement #hyper_marché #cadeau #ruissellement #mécénat #Leclerc, #Carrefour #Casino #Auchan #dons #Banques_alimentaires #restaurants_du_coeur #niche_fiscale #Secours_catholique #Banques_alimentaires #gaspillage #nourriture #grands_distribution #super_marché #hyper_marché

  • La manif des livreurs à vélo | Les Pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/la-manif-des-livreurs-a-velo

    Précarité du statut, protection sociale a minima : à la manif du 15 juillet 2018, des #coursiers_à_vélo réclament des conditions de travail plus décentes.

    Il faut dire que choisir le 15 juillet 2018, jour de la finale de la coupe du monde de football pour organiser une manifestation n’était pas un pari gagné d’avance. Ils étaient tout de même quelques coursiers à vélo, réunis dans le IIème arrondissement de Paris afin de protester contre des conditions de travail toujours plus pénibles, parfois illégales.
    Champions du monde… de la #précarité

    Leurs patrons s’appellent #Deliveroo, #Uber_Eats, #Foodora, #Stuarts ou #Glovo et proposent un service attractif au #consommateur : la livraison à domicile de repas préparés dans les #restaurants près de chez lui. La mécanique est bien huilée et ses principaux maillons sont les livreurs à vélo. Ils ne sont pas #salariés, mais #auto-entrepreneurs. Un statut qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives.

    On nous impose de porter jusqu’à 12 kilos sur des distances de 15km. À vélo. Et certains livreurs sous-traitent leur travail à des collégiens.

    Face aux géants du numérique, les coursiers réclament une tarification horaire minimum garantie, une protection sociale décente ainsi qu’une prise en compte de la #pénibilité de leur travail via différents bonus : prime de pluie, de weekend, de nuit ou encore prime pour événement exceptionnel.

    Un livreur a eu un accident et l’estomac perforé. Sauf que l’assurance de l’entreprise ne couvre pas les blessures au tronc. Il n’a même pas reçu de compensation de salaire.

    Résultat du match : les Bleus ont gagné face aux Croates (4-2) ! Mais le mouvement des livreurs est passé inaperçu. Ils étaient une petite dizaine, ont allumé trois fumigènes avant d’aller regarder la finale ensemble.

    #audio #radio #documentaire #lespiedssurterre

  • Whole In The Wall
    http://www.wholeinthewall.com


    Parfois on est simplement heureux en apprenant que quelqu’un va bien. Surtout quand a il préparé à manger pour toute la bande dans la cuisine d’amis communs. Surtout quand c’était il y a si longtemps qu’on ne savait même plus s’il était encore vivant. Alors si jamais vous passez à Binghampton entre New York et Rochester allez manger dans le restaurant d’ Eliot Fiks, c’est sans doute excellent.

    Great Homemade Natural Foods
    43 S. Washington St. Binghamton, NY • (607) 722-5138

    Thu-Sat: 11:00am - 9:00pm • Sun-Wed: Closed

    http://www.openstreetmap.org/search?query=43%20S.%20Washington%20St.%20Binghamton%2C%20NY#map=7/42.090/-75.914

    My name is Eliot Fiks and I started the Whole in the Wall in 1980 with a couple of friends. Today we are a semi-cooperatively run collection of dynamic, fun, free-spirited, eclectic, and progressive minded individuals. Not only that, but we cook up some mean tasting food.
    ...
    The Whole in the Wall restoration began in 1978, in an aging Binghamton storefront over 100 years old. The wood used for refinishing was recycled from demolished local houses, including the famous Rose Mansion. The building was restored in three years of love and labor. We opened for business December 6, 1980.

    Parfois il publie une lettre d’information où il ne parle pas seulement de son restaurant. C’est quelqu’un de très gentil.

    http://www.wholeinthewall.com/media/12186/WNTR2001.PDF

    On that fateful morning in September, when fall’s first colors were beginning to show, came a bolt of lightning. Out of the blue and into the black. I began to experience a full range of emotions, probably not unlike yours: shock, horror, disbelief, fear and sadness. F o r weeks I was in a daze. Amid that daze, beginning as a whisper and building to a ro a r, came a diff e rent emotion: p r i d e .
    Pride at all the good that came forth from this great evil. The question I kept asking myself was, why was such bad needed to create such good? And, the answer that came to me is: it wasn’t. We already had all the ingredients. We’ve always known how precious life is, what’s really important, that our lives are fleeting, that there isn’t a l w a y s t o m o r ro w. We’ve always known these things, we just often choose not to listen.
    Now something has come along that is so loud that it is almost impossible notto listen. We now are being presented with an opportunity to learn some invaluable lessons. Lessons that some 6,000 people paid for with
    their lives. We can honor the spirits of those people by remembering those
    lessons thro u g h o u t our lives. I’m not talking about being s o m b e r, in fact, quite the opposite.
    The debt we owe those who died, ourselves and those we love, the greatest lesson to be learned here, I believe, is to live life to thef u l l e s t . Life is such an amazing and pre c i o u s gift and yet most of us take it so much for granted.

    http://www.wholeinthewall.com/media/12141/Fall2009.pdf

    My Father was not your garden variety hero. In fact, to the naked eye, one might never have noticed him to be a hero at all. In 1933, when Hitler took power, the Jews of Germany began to see their rights, their livelihoods, and their personal safety chipped away at, one edict at a time. Those families who could, sent their teenage children to the States to establish a beach-head. The plan was to have them return if conditions improved, or to lay the groundwork for their parents emigration if things deteriorated.

    So in 1937, at age 16, my Father came across an ocean, and with only the support of some generous relatives, established that beach-head. It became quickly evident that conditions in Germany were deteriorating. He set himself to the task of obtaining the necessary visas. There were many false starts. What it fi nally took was his enlistment in the army to bring his parents and brother over. Of course he wanted to fight the Germans, and they sent him to the Aleutian Islands to fight the Japanese. Army “intelligence” he always called it.

    #restaurants #tourisme

  • Algerian Restaurants Offer Discounted Meals To Syrian Refugees
    http://www.huffingtonpost.com/entry/algerian-restaurants-offer-discounted-meals-to-syrian-refugees_us_56

    With the tightening of asylum polices in the European Union, the number of asylum seekers in Algeria is starting to grow once more, albeit slowly. There were 3,000 Syrian asylum-seekers in Algeria by the end of 2015, according to the UN.

    Even though refugees and asylum-seekers receive free access to education and public health from the government of Algeria, they are not given access to work, according to UNHCR, hindering their ability to care for themselves and their families.

    For their part, restaurant owners throughout various Algerian cities have taken it upon themselves to support asylum-seekers the best way they know how: with food.

    #algérie #réfugiés

  • #Violences en #cuisine : les vieilles traditions ont la vie dure
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/29/violences-en-cuisine-les-vieilles-traditions-ont-la-vie-dure_4531560_3224.ht
    On dirait les justifications des conjoints ou des parents violents : inadmissibles. Ce sont des salariés, pas des #esclaves.

    Cinq chefs de renom sont ainsi venus débattre de cette question des violences dans la restauration, lundi 17 novembre, dans un amphi comble de Sciences Po. Christian Etchebest, Grégory Marchand, Ludo Lefebvre, Cyril Lignac et Adeline Grattard ont pris leurs distances avec ces méthodes, mais ces chefs qui ont réussi n’éludent pas certains aspects bénéfiques de cette formation à la dure. « Je me souviens d’avoir dû porter des choses très très lourdes, peut-être pour me faire souffrir, confie la chef Adeline Grattard (Yam’Tcha). Mais j’ai eu besoin de vivre ça pour en arriver là où je suis. Si on ne m’avait pas humiliée, peut-être que je serais restée plus timorée, que je n’aurais pas osé certaines choses. »

    Christian Etchebest (La Cantine du Troquet) partage le point de vue de sa consœur : « Oui, j’ai pris des coups de pied au cul, oui j’ai pris un carré d’agneau dans la tête, mais je ne suis pas choqué. Parce que c’est pas de la violence gratuite. » Grégory Marchand, également intervenant ce soir-là, a, lui, fait les frais de ces pratiques. Victime de « violences morales », il a claqué la porte de l’établissement britannique où il travaillait. Le chef du Frenchie ne condamne pas pour autant cette méthode, à condition qu’elle soit exercée avec « respect » . « La ligne est très fine entre une méchanceté et un apprentissage », reconnaît-il.

    À mettre en perspective avec le fameux « À bas les #restaurants » http://seenthis.net/messages/105016

    • Le syndrome de Stockholm dans l’éducation (au sens large) devrait être un peu plus étudié.
      Enfants maltraités, élèves, étudiants acceptant et, pire, remerciant leurs bourreaux, car c’est « pour leur bien », reproduiront ce système d’éducation dans leur famille et leur travail (ou alors devront faire des années d’analyse et des efforts surhumains pour ne pas le faire).
      Evidemment que si c’est de la violence gratuite. La violence pas gratuite c’est quand tu es agressé-e et que tu réponds dans le même registre.
      Le « je n’aurais pas été aussi bon » si on ne m’avait pas violenté me fait rigoler (jaune) : t’en sais quoi si tu avais eu de l’amour si tu n’aurais pas été meilleur envers toi-même et les autres, et aussi bon dans ton boulot, puisque tu n’en as pas eu, mais que toutes les études le montrent ?
      Merci pour le rappel de à bas les restaurants.

    • J’ai collé quelques fessées à ma fille, mais plus le langage a pris de la place, plus ça m’a paru débile. Je pense que si j’avais un autre enfant, ça ne serait plus possible, j’ai trop évolué sur la question. Cela dit, prendre conscience, cela veut dire qu’on admet avoir été maltraitant : je pense que beaucoup de gens ne peuvent pas assumer de n’être pas aussi beaux dans le miroir que voulu.
      Après, ça ne sert à rien de regretter sans en parler. Ma fille me répond : « oui, mais je l’avais mérité ».
      Donc, là, on en vient à déconstruire notre propre discours antérieur. Quand je raconte que ma mère me battait avec un martinet, ma fille trouve cela barbare. Je lui répond qu’à mon époque, le truc était en vente libre et que beaucoup de parents achetaient le truc à priori, comme faisant partie de « l’arsenal éducatif standard ». Ce qui n’est déjà plus le cas pour sa génération.
      « Oui, mais ça ne fait pas vraiment mal, la fessée. »
      Non, ce n’est pas le but, le but c’est l’humiliation et la domination, tu trouves ça mieux pour expliquer la vie à quelqu’un ? « Non, pas vraiment non plus. »
      Bon ben maintenant que tu es grande et que tu as tout compris, tu va faire ta part dans cette maison et faire la vaisselle. « Ah non, j’ai mieux à faire et tu ne peux plus me coller de fessée pour me contraindre. » Le but n’est pas la contrainte, mais la participation volontaire à l’effort collectif... Si tu ne nous aides pas, tu es privée d’écrans. « Mais c’est dégueulasse, c’est du chantage ! » Yep, mais sans adhésion volontaire de ta part, pour l’instant, on n’a pas encore trouvé mieux... et toi ?

    • Sur un autre registre, avec mon compagnon, on se retrouver régulièrement à expliquer à des personnes extérieures que non, se faire engueuler, insulter ou humilier n’est pas admissible en entreprise, que ce n’est pas le mode de fonctionnement normal et que rien ne les oblige à supporter ça. Pourtant, autour de nous, ça ressemble beaucoup à la manière normale de confondre ses employés avec des serpillières. Mais cette soumission totale est d’autant plus ancrée dans les esprits qu’avec l’ assouplissement du droit du #travail, les salariés sont de plus en plus fragilisés dans leur poste, que le #harcèlement est devenu le mode habituel de gestion du personnel et que partout, la violence psychologique (voire aussi physique, mais pas trop, la loi protège encore un peu quand il y a des traces) est normalisée, banalisée avec des dégâts invraisemblables dans la population.
      Ces conditions rendent les gens malades et là, la Sécu les traque à son tour comme simulateurs. Cette violence permanente en col blanc est assez terrifiante et monstrueuse.

    • Pour l’éducation des enfants avec des fessées, baffes etc, je sais surtout la difficulté de se sortir d’un schéma violent parce qu’on l’a « dans la peau », que chaque fois qu’il y a une frustration ou un énervement, ce ne sont pas les mots qui viennent mais l’envie de frapper.
      @monolecte Autant j’ai donné quelques fessées à ma fille, autant je m’en excusais ensuite, et désespérais chaque fois de ne pas y échapper, j’avais l’impression que ma mère me contrôlait et guidait mes gestes, j’étais effrayée. Je voyais des gens proches, dans ma famille, donner des fessées à leurs enfants parce qu’ils faisaient pipi au lit et je devais me sortir absolument de ce cercle, parce qu’en théorie j’avais toutes les clefs. J’en ai beaucoup parlé, de la violence que j’avais subi que je risquais de retransmettre, des moyens d’y mettre fin.
      De comment remplacer cette énergie dévastatrice par des mots avant que ça ne déborde, savoir se mettre en colère sans violence, taper sur un coussin au besoin, apprendre à dire aussi pourquoi on devient la maman gorille stupide qu’on ne veut pas être. Pis, ça a marché, j’ai trouvé le chemin des mots, incroyable et splendide, j’en suis encore émue, parce que c’est tout de même nettement plus pérenne et enrichissant comme moyen de transmission, pour tout le monde : l’enfant, le parent mais aussi l’engendrement positif de ce choix sur sa dialectique avec le monde.

      Et je mettrais le tag #sexisme aussi dans toutes ces formations violentes : gynécologie-obstétrique , médecine, cuisine …
      Car à y regarder de plus près, c’étaient et ce sont encore des activités culturellement genrées et réservées dans le quotidien aux femmes : sage-femme, soignante, cuisinière, éducation. Le basculement professionnel en fait des activités masculines, dont les formations leur sont peut-être interdites parce que construites dans cette optique de les empêcher d’approcher, car seuls les hommes sont éduqués à supporter et à valoriser une telle violence.