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    Ceuta : démantèlement du camp de migrants de Trampolin, 600 Marocains rentrent « volontairement » dans leur pays
    Par La rédaction Publié le : 05/10/2026
    Une opération d’évacuation de migrants d’un vaste campement illégal situé sur la plage de Trampolin à Ceuta a été lancée dimanche et continuait ce lundi, à un peu plus d’une semaine de la visite des souverains espagnols dans cette enclave en Afrique du Nord. Environ 3 000 personnes y étaient installées. Parmi eux, de nombreux Marocains ont préféré rentrer dans leur pays.
    Une opération d’évacuation de migrants du campement illégal de la plage de Trampolin, à Ceuta, a été lancée dimanche 4 octobre et continuait lundi 5 octobre, à un peu plus d’une semaine de la visite des souverains espagnols dans cette enclave en Afrique du Nord.
    Cette plage a accueilli le plus grand campement illégal de migrants de la ville autonome, depuis l’entrée massive de personnes en provenance du Maroc, fin juillet. Les autorités estiment que 3 000 migrants y étaient installés. Elles dormaient dans des abris de fortune faits de morceaux de bois et de bâches et recevaient quotidiennement de la nourriture de la Croix-Rouge.
    Selon El Pais, « à 8 h [dimanche] une cinquantaine de fourgonnettes, trois véhicules anti-émeutes et une douzaine de véhicules militaires ont bloqué l’accès. Les forces de l’ordre ont ensuite divisé le campement en secteurs pour évacuer les personnes de leurs tentes ».
    « L’opération a duré environ 12 heures, durant lesquelles les forces de l’ordre ont évacué des groupes de personnes. Plusieurs migrants ont tenté de s’échapper à la nage », peut-on lire dans la presse espagnole.
    Deux options s’offraient aux exilés. Ils pouvaient choisir entre fournir leurs informations personnelles et s’enregistrer au Centre de rétention temporaire pour étrangers (CATE) situé sur place, afin d’être ensuite hébergés dans des structures gouvernementales selon leur profil admnistratif ; ou retourner au Maroc sans être enregistrés. Selon El Pais, près de 600 personnes avaient opté pour la seconde solution en milieu d’après-midi, dimanche. Se faire connaître est la première étape d’une procédure d’expulsion qui aboutira « presque certainement à une déportation », continue El Pais, car le Maroc est considéré comme un pays « sûr » par l’Union européenne et l’asile n’est accordé que dans des cas spécifiques.
    Lundi, la police locale a continué à boucler l’accès à la plage « empêchant la circulation automobile dans le secteur. » Avec des bus déployés sur le site, « la procédure d’hier [dimanche, ndlr] se poursuit, et le démantèlement de ceux qui vivaient encore ici [se poursuit] dans la zone de Trampolín jusqu’à Loma Colmenar », écrit El Faro de Ceuta. « Beaucoup de migrants ont fui vers les montagnes après avoir vu le déploiement. Ils veulent éviter d’être identifiés et conduits vers les centres ».
    Parallèlement, les mineurs présents sur la plage ont été conduits au commissariat pour être enregistrés et placés dans des centres d’accueil. En vertu de leur statut d’enfant, les migrants de moins de 18 ans sont inexpulsables. D’autres opérations sont prévues dans les prochains jours jusqu’au démantèlement complet du lieu de vie informel de Trampolín. Ce bidonville était le dernier camp de plage subsistant dans la ville autonome après le démantèlement complet du campement voisin de Benítez.L’évacuation du campement de Trampolín intervient avant la visite à Ceuta, prévue le 13 octobre, du roi Felipe VI et de la reine Letizia.Ce voyage, le premier du roi à Ceuta depuis son accession au trône en 2014, présente des enjeux diplomatiques délicats, le Maroc revendiquant sa souveraineté sur Ceuta et sur Melilla, l’autre enclave espagnole en Afrique du Nord que le couple royal visitera également. Ceuta, qui compte un peu plus de 80 000 habitants, a connu les 30 et 31 juillet un afflux de plus de 70 000 migrants venus du Maroc. Plus d’une centaine d’entre eux ont perdu la vie, principalement en mer, selon les autorités de Madrid et de Rabat. Si l’immense majorité est repartie dans les heures qui ont suivi, plusieurs milliers sont restés dans la petite ville autonome. La situation s’y est dégradée, suscitant des tensions et des manifestations de la population locale, qui réclame un retour à la normale.

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  • Maroc : Le consul général du Sénégal au chevet des migrants secourus à Argoub | Seneweb
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    Maroc : Le consul général du Sénégal au chevet des migrants secourus à Argoub
    Le consul général du Sénégal au Maroc s’est rendu, hier, au centre d’accueil d’Argoub où sont pris en charge plusieurs ressortissants sénégalais dont les pirogues ont été secourues par la Marine royale marocaine. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une mission d’identification des ressortissants sénégalais présents dans le centre.
    Le diplomate a également tenu une séance d’échanges avec les compatriotes durant plusieurs heures, afin de s’enquérir de leur situation et de recueillir les informations nécessaires à leur prise en charge. À l’issue de cette rencontre, les autorités consulaires ont indiqué que les dispositions appropriées sont prises pour faciliter le retour des ressortissants sénégalais au pays dans les meilleurs délais. Cette démarche intervient alors que les opérations de secours et d’interception de pirogues de migrants se multiplient au large des côtes marocaines, sur la route migratoire vers les îles Canaries.

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  • Au Liban, le départ des réfugiés syriens laisse un vide inattendu : « Ils dormaient sur des matelas au sol, et ils ne se plaignaient jamais »
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/03/au-liban-le-depart-des-refugies-syriens-laisse-un-vide-inattendu-ils-dormaie

    Dans le camp "Alya mall", en périphérie de Bebnine, au nord du Liban le 2 septembre 2026. NISSIM GASTELI POUR « LE MONDE »
    NISSIM GASTELI POUR « LE MONDE »
    Le retour en Syrie de milliers de réfugiés après la chute du régime de Bachar Al-Assad était réclamé au Liban. Dans l’Akkar et la Bekaa, leur départ se fait pourtant déjà sentir : agriculteurs en quête de bras, activité en baisse et financements internationaux qui se tarissent révèlent une dépendance jusque-là occultée.De la marée de tentes blanches qui recouvrait autrefois la vaste parcelle, il ne reste plus rien. La terre a repris ses droits : gombos, maïs, aubergines, choux-fleurs et laitues poussent désormais sur le terrain verdoyant de Rihaniyé, situé sur une colline à l’orée de Bebnine, ville de l’Akkar, région du nord du Liban frontalière de la Syrie.Alors que septembre crache une chaleur digne du mois d’août, Ahmad Al-Boustani, ouvrier agricole chargé de la parcelle, déambule entre les hauts plants fleuris de gombos qui le dépassent d’une tête. « J’ai désherbé le champ aujourd’hui », dit l’homme au visage brûlé par le soleil. En bord de route, face au terrain, une bâche déchiquetée du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) fait office de relique de ce qui fut l’un des plus grands camps de déplacés syriens de Bebnine. « Il y avait environ 250 tentes sur les 2,2 hectares qu’on a remis en culture. Des réfugiés syriens qui avaient fui la guerre chez eux en 2011. A la libération [la chute du régime de Bachar al-Assad, fin 2024], ils ont tout démonté, tout emporté et ils sont partis », raconte-t-il.
    Pays étroit que l’on traverse du nord au sud en à peine plus de 200 kilomètres, le Liban a accueilli plus de 1,5 million de réfugiés venus de Syrie, sans compter les milliers qui échappaient aux statistiques. L’Akkar et l’ensemble du Nord ont été la porte d’entrée du premier afflux en 2011. Avec la Bekaa, à l’est, ces deux régions agricoles constituent le plus grand foyer d’accueil. Mais depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad, le pays du Cèdre observe un phénomène de retour. A la fin du mois d’août, 681 612 Syriens enregistrés par le HCR avaient regagné leur pays.
    Longtemps décrite comme un poids insoutenable par les autorités, la présence de ces centaines de milliers de déplacés venus de Syrie – un voisin dont trois décennies de présence militaire au Liban ont durablement marqué le pays – révèle aujourd’hui, à mesure qu’ils repartent, un paradoxe : la place qu’ils avaient prise dans l’économie locale. « Les Syriens ont comblé nos besoins dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, et ils consomment aussi ! Ils ont créé de l’activité dans la région. Le Liban a besoin des Syriens, mais il en a besoin comme main-d’œuvre. Des millions, cela devient un fardeau ! », confie, affairé derrière des piles de documents, Mahmoud Jawhar, le chef de la municipalité de Bebnine.
    L’Akkar est la région la plus démunie du Liban et Bebnine, située à 11 kilomètres au nord-est de la ville côtière de Tripoli, en constitue l’entrée. Sur les bords de ses routes défoncées, les détritus rivalisent avec les commerces de fortune. Une odeur âcre d’égout imprègne l’air. Dans un pays où l’Etat est en faillite et les municipalités exsangues, l’afflux massif des réfugiés a permis de drainer, pendant plus d’une décennie, des centaines de millions de dollars d’aide internationale pour aider les localités à absorber la pression sur leurs infrastructures à travers des projets d’accès à l’eau, d’assainissement, de gestion des déchets, ou encore de soutien aux écoles et aux dispensaires.
    A Bebnine, le nombre de déplacés syriens a atteint près de 20 000 au plus fort de la crise. Il est retombé à 5 000 aujourd’hui, selon le maire, et l’aide a désormais disparu. « Après la chute du régime à Damas, nous avons été informés que l’essentiel des financements était désormais réorienté vers le soutien au retour des réfugiés en Syrie. Et nous ne pouvons rien fournir à nos habitants : il n’y a pas de financement de l’Etat, pas de dotations, rien. », assure Mahmoud Jawhar.
    Au centre de soins de santé primaires Al-Iman, situé sur la place principale de la ville, la diminution de la fréquentation des déplacés permet de « enfin respirer ». C’est du moins ainsi que le formule Suzanne Eid, l’infirmière en chef, évoquant les années du Covid-19, puis le choléra qui a touché l’Akkar en 2022. « Depuis que les camps se sont vidés, il y a moins de saletés, moins d’épidémies et les Libanais trouvent enfin de la place pour se soigner. Mais l’activité et les financements ont chuté : treize employés ont été licenciés et ça risque de continuer », reconnaît-elle.A Rihaniyé, les propriétaires de l’ancien camp ont recommencé à cultiver leurs terres, sans grand profit. « Juste de quoi manger », d’après son gérant. Lorsqu’il était occupé par les Syriens, il était loué pour près de 20 000 dollars (17 700 euros) par an, en comptant le salaire versé chaque mois pour son gardiennage, déboursé pendant douze ans par une organisation caritative soutenant l’accueil des réfugiés. A présent, Ahmad Al-Boustani peine à trouver des ouvriers agricoles. Les Syriens ne sont plus disponibles et les rares Libanais qui acceptent de faire ce travail sont réputés pour « leur exigence ». « Aujourd’hui, pour récolter ce gombo, j’ai dû faire venir quatre Libanais. Ils ont terminé le boulot au bout de neuf heures. Avec des Syriens, en trois heures, ça aurait été plié. »
    Dans la Bekaa, la plaine nourricière du Liban, les Syriens constituent également la base de la main-d’œuvre agricole. « On en a besoin aussi dans la construction, les usines, la manutention, soutient Mohammed Al-Majzoub, maire de Ghazzé et président de l’Union des municipalités d’Al-Sahl, toutes dépendantes de l’agriculture. Sans compter la collecte des déchets. Vous pensez qu’un Libanais accepterait de faire ça ? », s’emporte l’élu, qui plaide pour une solution afin de freiner l’hémorragie.Depuis 2024, les autorités libanaises ont durci la lutte contre le travail irrégulier des Syriens. Des commerces en infraction ont été fermés et les contrôles dans les entreprises renforcés, au nom de la protection de l’emploi libanais. Mais dans le secteur agricole, le gouvernement cherche désormais à encadrer leur travail. Le ministre de l’agriculture ne semble pas inquiet. « Leur nombre a diminué, mais nous ne faisons pas face à une pénurie telle qu’elle empêcherait les projets agricoles de fonctionner », avance Nizar Hani. « Nous travaillons à un dispositif pour garantir aux exploitations la main-d’œuvre saisonnière régularisée dont elles ont besoin », poursuit le ministre.
    Un tel cadre permettrait, certes, de rassurer le secteur, mais aussi d’améliorer les conditions de travail des Syriens. Car derrière la dépendance à cette main-d’œuvre se cache l’exploitation de travailleurs vulnérables et bon marché, longtemps contraints d’accepter des conditions indignes. « Regardez cette petite baraque, c’est ici qu’on les logeait. » Ammar El-Hajj désigne une cabane située à gauche du chemin cahoteux qui mène à l’exploitation agricole familiale qu’il détient avec ses cinq frères. « Ils dormaient sur des matelas au sol, et ils ne se plaignaient jamais. Personne d’autre qu’un Syrien n’accepterait de vivre ainsi ! Mais ça, c’est fini. »Réunie sur des chaises bancales autour d’un café, la fratrie se plaint de la difficulté à trouver des travailleurs. La famille en emploie une dizaine, rémunérés 20 dollars la journée. « Quand ils étaient regroupés dans les camps, c’était facile. Maintenant, il faut faire le tour de plusieurs localités pour espérer trouver quelques ouvriers. Ils sont moins disponibles et ils ont doublé leurs tarifs : ils savent qu’ils sont très demandés », rouspète l’un d’entre eux. Aucun scrupule chez les frères : pour eux, c’est la faute de l’Etat, qui n’apporte « aucun soutien aux agriculteurs ».
    « Ils sont mécontents que l’on augmente le prix de la journée, mais c’est la vie qui a renchéri », se défend Fatem El-Sahi. Originaire de Rakka, en Syrie, qu’elle a fui pour soustraire ses fils au recrutement de l’organisation Etat islamique (EI) en 2014, elle gère le seul regroupement de Syriens qui demeure à Bebnine. Avec les autres familles du camp, ils forment un groupe de travailleurs agricoles mobilisés à la saison, pour « 13 dollars la journée » sur une période de six mois. Sous les bâches de fortune vivent encore ceux qui, comme elle, n’ont pas tenté un retour, pour des raisons de sécurité ou parce que rien ne les attend là-bas. Bien qu’ils ne soient pas quantifiés par les organisations, de nombreux Syriens sont également revenus au Liban, faute d’avoir trouvé de quoi s’établir dans leur pays d’origine.
    Les deux frères El-Ezzo, eux, n’y ont même pas songé. « Nos parents sont morts ici, je ne veux pas qu’on s’éloigne de leur sépulture », dit Younes, l’aîné, âgé de 25 ans, tee-shirt déchiré, accroupi dans sa tente, où l’air est absent et la chaleur suffocante. Qoussaï le rejoint, entièrement recouvert de poussière noire. Il vient de passer six heures à décharger des sacs de charbon pour 15 dollars. Demain, le garçon de 16 ans ne sait pas s’il aura du travail. « Tout ce qu’on trouve, on le fait. Mais je rêve de voyager pour étudier. Vous pouvez m’aider ? »

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  • Expulsions des étrangers sans papiers : le Conseil de l’UE adopte formellement le controversé « Règlement retour » - InfoMigrants
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    Expulsions des étrangers sans papiers : le Conseil de l’UE adopte formellement le controversé « Règlement retour »
    Par La rédaction Publié le : 02/10/2026
    Réunis à Luxembourg, jeudi 1er octobre, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) ont formellement adopté le règlement relatif à l’éloignement forcé de migrants en situation irrégulière, validé par le Parlement européen trois mois plus tôt. Les étrangers concernés devront donc quitter l’État membre dans lequel ils se trouvent et coopérer avec les autorités, sous peine de sanctions.
    Le Conseil de l’Union européenne (UE) a donné, jeudi 1er octobre, son feu vert définitif au « Règlement retour », dernière étape avant sa publication au Journal officiel de l’UE et son entrée en vigueur. Le texte, sur lequel Conseil et Parlement s’étaient accordés début juin, prévoit notamment la possibilité de créer des « hubs retour » dans des pays tiers.
    Ce règlement qui encadre juridiquement les éloignements d’étrangers en situation irrégulière est l’un des volets les plus controversés de la politique migratoire de l’UE : ses défenseurs le voient comme une solution plausible pour éloigner les personnes sans-papiers refusées par leurs pays d’origine. Aujourd’hui, dans l’UE, seules 20% des décisions d’expulsion des étrangers sous obligation de quitter le territoire aboutissent réellement à un retour.
    Les étrangers concernés devront donc quitter l’État membre et coopérer avec les autorités, sous peine de sanctions : réduction des allocations, refus des aides au retour volontaire, amendes, voire sanctions pénales si le droit national le prévoit, peut-on lire dans le communiqué du Conseil de l’UE.
    Le Conseil de l’UE a également indiqué qu’un formulaire commun reprenant les éléments clés de la décision de retour a été établi, afin de permettre aux États membres de reconnaître les décisions prises par d’autres États membres. Cette reconnaissance mutuelle restera volontaire et sera réévaluée trois ans après l’entrée en vigueur. La Commission pourra alors proposer de la rendre obligatoire.
    Interdiction d’entrée sur le sol européen « d’une durée indéterminée »
    Les États pourront prononcer une interdiction d’entrée à durée indéterminée ou une détention de plus de 24 mois."Par exemple, les États membres peuvent prononcer une interdiction d’entrée d’une durée indéterminée lorsque cela est justifié et proportionné au risque pour la sécurité, ou placer ces ressortissants de pays tiers en rétention pour une durée supérieure à 24 mois", précise le Conseil.
    Les États membres pourront y envoyer des personnes visées par une décision de retour, sur la base d’un accord ou arrangement avec le pays concerné. Celui-ci devra respecter les normes internationales en matière de droits humains, dont le principe de non-refoulement. Les mineurs non accompagnés sont exclus du dispositif."Environ deux personnes sur trois ayant reçu l’ordre de quitter l’UE ne partent pas effectivement", a déclaré le ministre irlandais de la Justice, de l’Intérieur et de la Migration, Jim O’Callaghan, dont le pays assure la présidence du Conseil. Le Règlement sera publié au Journal officiel de l’UE et entrera en vigueur vendredi 2 octobre. Les dispositions sur les hubs de retour s’appliqueront immédiatement, les autres un an après l’entrée en vigueur.
    Les détracteurs du texte, eux, s’inquiètent des droits des migrants dans ces pays tiers. Dans son communiqué, l’Union européenne insiste sur ce point : « Ces accords ne peuvent être conclus qu’avec des pays tiers qui respectent les droits de l’homme, le droit international et le principe de non-refoulement »."Ce Règlement intensifie la détention des migrants et les expulsions, encourage une chasse aux sorcières contre les personnes sans papiers et donne aux États membres carte blanche pour envoyer des personnes vers des destinations qu’elles ne connaissent même pas", s’indigne Chiara Catelli, chargée de plaidoyer à l’ONG belge PICUM. "En conséquence, de plus en plus de personnes auront peur de s’adresser aux services publics ou de demander une protection, par crainte d’être placées en détention ou expulsées. Au final, ce Règlement ne fera qu’accroître, et non réduire, la situation irrégulière."Concrètement, ces « hubs retour » pourraient s’ouvrir partout sur la planète dans des pays avec lequel l’étranger n’a parfois aucun lien. Ces éloignements dans des « hubs » ne concerneront pas les mineurs non accompagnés mais pourront concerner les familles avec enfants.Pour rappel, le Règlement prévoit une batterie de mesures pour accélérer les expulsions et limiter les recours quand une demande de protection est refusée :
    Un allongement de la rétention de 18 mois à 24 mois, comme évoqué plus haut dans l’article. Une prolongation pouvant aller jusqu’à six mois au total sera possible si les circonstances changent, si de nouvelles informations apparaissent ou si la coopération avec un pays tiers s’améliore. Si un ressortissant d’un pays tiers se rend dans un autre État membre, une nouvelle période de détention pourra s’appliquer", peut-on lire dans le communiqué du Parlement européen.
    Un durcissement de la rétention : « [Les étrangers en situation irrégulière] pourront être placés en rétention, sur la base d’une évaluation au cas par cas, par exemple s’ils ne coopèrent pas, s’ils présentent un risque de fuite ou s’ils constituent une menace pour la sécurité ».
    L’enfermement des mineurs non accompagnés et de familles avec enfants en centre de rétention est autorisé « en dernier ressort et pour la durée appropriée la plus brève possible, en tenant compte de l’intérêt supérieur de l’enfant. »
    Une interdiction d’entrée sur le sol européen portée à 10 ans. Parfois plus dans des cas exceptionnels. « Une interdiction d’entrée peut être prononcée pour une durée maximale de 20 ans, pour des motifs dûment étayés, lorsqu’il est jugé nécessaire d’empêcher le ressortissant de pays tiers d’entrer sur le territoire des États membres », lit-on dans le texte.
    La fin de l’automaticité du caractère suspensif du recours contre la mesure d’éloignement. En clair, une expulsion peut avoir lieu même si un recours a été formé par l’étranger.
    La possibilité pour les autorités de fouiller les personnes et leurs biens, et de « saisir leurs effets personnels et appareils électroniques ». « Toutes les mesures doivent respecter les droits fondamentaux et rester soumises aux garanties et voies de recours prévues par le droit de l’Union et le droit national », précise le communiqué

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  • Plus de 230 migrants atteignent la Crète depuis la Libye, les autorités locales sous pression - InfoMigrants
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    Plus de 230 migrants atteignent la Crète depuis la Libye, les autorités locales sous pression
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 16/09/2026
    Plus de 230 migrants sont arrivés en Crète, mardi. Au total depuis le début de l’année, 14 000 exilés ont atteint l’île grecque depuis l’est de la Libye. Les autorités crétoises se disent débordées par ces flux migratoires. Les structures d’accueil manquent et la création d’un centre d’hébergement à Heraklion est au point mort.
    Deux cent trente-et-un migrants ont atteint mardi 15 septembre l’île méridionale de Crète – l’une des principales portes d’entrée européennes pour la migration irrégulière – après avoir traversé la mer Égée depuis l’Afrique du Nord à bord de petites embarcations, ont indiqué les autorités grecques.
    Un communiqué des garde-côtes a détaillé le déroulé des opérations : deux premiers groupes de migrants ont été secourus au sud de la Crète. « Un navire de Frontex a repéré une embarcation transportant des étrangers au large de Gavdos et a secouru soixante-sept personnes (63 hommes, 2 femmes et 2 mineurs) » avant de les emmener jusqu’en Crète. Dans le même temps, « une vedette de patrouille [grecque] de la LS-EL.AKT [...] a localisé et secouru 67 étrangers (65 adultes et 2 mineurs), qui ont ensuite été transférés au port de Kala Limenas ». Les deux autres embarcations ont atteint les plages grecques sans l’intervention d’un tiers. ont été localisés après avoir atteint les côtes méridionales de l’île. L’autorité portuaire de Kalamata a été informée de la présence de 51 étrangers (47 hommes et 4 mineurs) sur la plage de la zone de ’Psari Forada’ à Kalamata", précise les gardes-côtes. La dernière embarcation a été repérée « sur la plage de Kalikobrechi, à Ierapetra. Ces derniers avaient débarqué d’un bateau pneumatique », peut-on lire dans le communiqué.
    La Crète est devenue la principale voie de passage pour les migrants du Moyen-Orient, du sous-continent indien et d’Afrique se dirigeant vers la Grèce. Pour éviter les contrôles des autorités à l’ouest de la Libye, ces migrants payent jusqu’à plusieurs milliers d’euros, et partent désormais depuis l’est du pays : ils prennent la route dite de Tobrouk, du nom de cette ville libyenne située à 300 km de la Crète.
    Jusqu’à présent, cette année, près de 14 000 personnes ont débarqué sur l’île après être parties de Tobrouk à bord d’embarcations de fortune fournies par des réseaux de passeurs – sur un total de près de 27 000 arrivées à l’échelle nationale, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
    Et ces arrivées à répétition mettent sous pression les structures d’accueil locales (notamment le centre surchargé d’hébergement temporaire d’Agia Chania) et les services d’urgence en Crète peu adaptées à accueillir un flux important de migrants.
    Dans ce contexte, le gouvernement avait annoncé début février qu’il allait ouvrir trois centres d’accueil sur l’île. Le premier doit être construit dans l’est de la Crète, dans la zone industrielle d’Héraklion ; le deuxième dans l’ouest, dans l’ancien centre d’exposition de la Canée, qui sert déjà de structure d’accueil (le centre d’Agia Chania). Les deux nouveaux sites, temporaires en fonction du flux migratoire, devraient être opérationnels d’ici le printemps prochain, avait précisé le ministre des Migrations.Mais pour l’heure, le projet est au point mort. La mairie d’Heraklion freine des quatre fers. Selon l’édile Alexis Kalokairinos, qui a rencontré le ministre des migrations Thanos Plevris le 8 septembre à Athènes, plusieurs lacunes persistent autour de l’ouverture d’un centre d’accueil dans sa commune : le manque d’information à la population locale, le manque de transparence des critères d’aménagement et d’implantation, l’absence d’infrastructures d’assainissement et d’approvisionnement en eau... Depuis, le dossier est toujours en suspens.
    En septembre toujours, le ministre de la Marine marchande et de la Politique insulaire, Vassilis Kikilias avait déjà déploré ces obstacles politiques. « Ce qui a été fait depuis des années sur toutes les autres îles [évoquant les hotspots des îles grecques, ndlr] aurait dû l’être aussi en Crète. Or, certains s’y opposent et font obstacle. [Pourtant] un centre d’accueil temporaire à Héraklion [est une solution] afin de désengorger le port », peut-on lire dans la presse grecque.
    Selon le ministre Kikilias, cette structure fermée jouerait aussi un rôle dissuasif : « Elle indiquerait clairement que toute personne entrant dans le pays serait contrôlée : si elle a droit à une protection, elle la recevra, sinon une procédure de retour sera engagée ».
    A l’échelle nationale, le gouvernement grec a serré la vis concernant sa politique migratoire. Un projet de loi sur la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration est en cours : il a été approuvé par l’Assemblée plénière du Parlement le 9 juin.
    Le texte prévoit de renforcer les frontières et d’accélérer les procédures d’asile et d’expulsion, notamment en triant les migrants en fonction de leur profil, s’ils peuvent prétendre ou non à l’asile selon leur pays d’origine. Il instaure aussi la mise en œuvre de procédures de contrôle obligatoires aux frontières extérieures grâce à l’utilisation du système Eurodac modernisé.
    Au mois de juillet, la Grèce a aussi passé une réforme : les avocats pourront toucher une prime de 250 euros si leurs clients optent pour un « retour volontaire » dans leur pays d’origine. Cette mesure est liée à la mise en œuvre du Pacte asile puisqu’elle ne concerne que les demandeurs d’asile qui relèvent de la procédure aux frontières et qui, indique le décret, n’ont donc pas « un profil de demandeur solide ».En septembre 2025, le gouvernement avait déjà voté une loi criminalisant les migrants. En Grèce, le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais… un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans, et une amende de 10 000 euros. D’après les données des Nations Unies, la Grèce enregistre le plus grand nombre d’arrivées au sein de l’Union européenne depuis le début de l’année : 27 000 en Grèce, contre 20 000 en Italie et en Espagne. L’année dernière, près de 49 000 personnes étaient arrivées en Grèce.

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  • Côte d’Ivoire : plus de 250 migrants rapatriés depuis le Niger et la Libye via des « retours volontaires » - InfoMigrants
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    Côte d’Ivoire : plus de 250 migrants rapatriés depuis le Niger et la Libye via des « retours volontaires »
    Par La rédaction Publié le : 14/08/2026
    À bord de deux vols charters organisés par l’OIM, 254 migrants ont été rapatriés en Côte d’Ivoire les 11 et 13 août 2026. Ils étaient coincés au Niger et en Libye. Jeudi 13 août, 119 migrants – 79 hommes, 18 femmes et 22 mineurs – sont arrivés à l’aéroport d’Abidjan. Ils avaient embarqué quelques heures plus tôt à bord d’un vol charter opéré dans le cadre du programme de « retour volontaire » de l’OIM. Quelques jours plus tôt, le 11 août, un autre vol venant du Niger avait déjà atterri en Côte d’Ivoire. À son bord figuraient 135 ressortissants ivoiriens, dont deux mineurs, selon l’agence ivoirienne de presse (AIP).
    Ils ont été accueillis par le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Adama Dosso, la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à leur arrivée à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, toujours selon l’AIP. « Les Ivoiriens où qu’ils se trouvent doivent être secourus », a déclaré le ministre. Depuis le début de l’année, plusieurs opérations de « retour volontaire » vers la Côte d’Ivoire ont eu lieu. En mars dernier, 150 personnes – 134 hommes, 13 femmes et 3 enfants – ont été rapatriées du Niger. Et avant cela, d’autres opérations ont précédé. Le 25 février dernier, 145 personnes ont été rapatriées de Tunisie. Et quelques semaines plus tôt, le 9 février, c’est un autre vol venu du Niger qui avait ramené 149 Ivoiriens dans leur pays.
    Une fois rapatriés, les migrants reçoivent une assistance immédiate pour regagner leurs familles, suivie d’un programme de suivi et de réintégration pouvant s’étendre jusqu’à 18 mois. Ensuite, débute la délicate question de la réinsertion. Une étape qui peut s’avérer difficile car certains sont rejetés par leur famille, et d’autres supportent mal l’échec de leur exil. Rencontrée par InfoMigrants à Abidjan en mars 2025, Reine a vécu cette mauvaise expérience. Après 8 ans passés en Tunisie, cette Ivoirienne, mère de trois enfants, n’a reçu que le mépris de sa famille à son retour : « Ça n’a pas été facile. J’ai été rejetée, je n’ai pas eu l’accueil que j’aurais voulu avoir... ». Et « ce n’est pas un cas isolé », rappelait Denise Origlia, cheffe de projet à AVSI en Côte d’Ivoire. « Il y a encore beaucoup de préjugés autour de l’échec de la migration », expliquait-elle. « La migration est vue comme un investissement de la part de la famille, de la communauté [beaucoup de familles pauvres contribuent à payer les passeurs pour le voyage, ndlr]. Donc leur retour au pays, sans résultats, notamment financiers, peut être mal perçu ».
    De manière générale, « les Ivoiriens qui rentrent au pays sont dans un état psychique très compliqué. Beaucoup ont subi des sévices, ont été victimes de traite, ont été réduits en esclavage », détaillait, elle aussi en mars 2025, Stéphane Guéla, chargé du programme réintégration de l’agence onusienne à Abidjan. « Certains ont été vendus, ils sont passés de mains en mains. Ils ne vont pas bien du tout. C’est pour ça que dès leur retour en Côte d’Ivoire, nous faisons intervenir le ’programme de santé mentale’ pour les prendre en charge, au moins sur le court-terme »

    #Covid-19#migrant#migration#libye#niger#cotedivoire#OIM#retourvolontaire#sante#santementale#tunisie

  • La Centrafrique va relancer le retour volontaire des 283 000 réfugiés restés au Cameroun - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72648/la-centrafrique-va-relancer-le-retour-volontaire-des-283-000-refugies-

    La Centrafrique va relancer le retour volontaire des 283 000 réfugiés restés au Cameroun
    Par RFI Publié le : 27/07/2026
    Où en est le processus de retour volontaire des réfugiés centrafricains présents sur le sol camerounais ? Officiellement, ils sont encore environ 283 000, répartis principalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Quelques milliers d’entre eux se concentrent dans les centres urbains comme Douala et Yaoundé. Tous ces réfugiés sont arrivés il y a plus de dix ans au moment des crises qu’a connu la Centrafrique.
    Le Cameroun est le pays qui accueille le plus de réfugiés centrafricains actuellement : 283 000 sont actuellement installés dans le pays depuis plus de dix ans. Une réunion tripartite (Cameroun-RCA-HCR) s’est donc tenue du 12 au 14 juillet à Yaoundé pour relancer ce processus de retour volontaire vers la Centrafrique initié en 2019. Lors des sept dernières années, 28 000 réfugiés sont déjà rentrés en Centrafrique, selon le HCR. L’enjeu maintenant est de garantir les conditions, de part et d’autre de la frontière, pour de nouveaux départs.
    Réorganiser des convois de rapatriements volontaires et sécurisés, dès les prochains mois. C’est le souhait exprimé par le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. « À date, il y a environ 30 000 qui ont exprimé la volonté de rentrer chez eux. Nous travaillons donc sur la base de ce chiffre de 30 000 dont la RCA a déjà identifié 27 000. Notre calendrier de travail prévoit qu’ils devront rentrer d’ici la fin de l’année 2026 », précise Paul Atanga Nji.
    Moins affirmative, Josiane Lina Bemaka Soui, ministre centrafricaine de l’Action humanitaire de la Solidarité et de la Réconciliation nationale, appelle à la patience : « Parce que présentement nous traversons des turbulences. La République centrafricaine a été attaquée dans le nord, dans la Vakaga, par les groupes armés [les 3R]. Nous avons aussi l’épidémie de choléra qui sévit en République centrafricaine, donc nous ne sommes pas vraiment prêts pour accepter des convois de rapatriement de nos compatriotes. » L’ONU appuiera les deux parties, assure Saoudatou Bah Mansare, représentante par intérim du bureau du HCR au Cameroun : « L’essentiel c’est qu’une étape très importante vient d’être franchie, c’est le renouvellement de l’engagement des parties pour une reprise durable et dans le respect des normes dans les meilleurs délais possibles. Par conséquent, notre rôle sera vraiment un rôle de suivi, un rôle d’appui aussi bien technique qu’opérationnel. » "Dans les meilleurs délais possibles, suivant un calendrier arrêté d’un commun accord", c’est la formule du communiqué final paraphé par les trois parties.

    #Covid-19#migration#migrant#cameroun#centrafrique#HCR#retourvolontaire#politiquemigratoire#sante

  • Tunisie : au premier semestre 2026, 3 295 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72562/tunisie--au-premier-semestre-2026-3-295-migrants-ont-beneficie-dun-ret

    Tunisie : au premier semestre 2026, 3 295 migrants ont bénéficié d’un « retour volontaire » de l’OIM
    Par La rédaction Publié le : 21/07/2026
    Au premier semestre 2026, un total de 3 295 migrants ont bénéficié du programme d’aide au « retour volontaire » et à la réintégration (AVRR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Tunisie. Depuis 2023 et la montée des violences en Tunisie à l’encontre des Subsahariens, plus de 20 000 migrants sont rentrés dans leurs pays d’origine.L’Organisation internationale des migrations (OIM) en Tunisie a annoncé, vendredi 17 juillet, avoir assisté 3 295 migrants dans le cadre de son programme d’aide au « retour volontaire » et à la réintégration (ARVR) au cours du premier semestre 2026. Du 1er janvier au 30 juin, des « retours volontaires » ont été organisés vers 32 pays d’origine au moyen de cinq vols charters et de 182 vols commerciaux. D’après l’agence onusienne, les principaux pays de retour étaient la Guinée (26%), la Côte d’Ivoire (19%) et le Cameroun (9%). Cette assistance a concerné 71% d’hommes adultes, 18% de femmes adultes, 6% de garçons et 5% de filles.
    Depuis 2023 et la montée des violences en Tunisie à l’encontre des Subsahariens, plus de 21 500 migrants ont bénéficié de ce programme « tout en favorisant leur réintégration durable dans leurs communautés d’origine dans 41 pays différents grâce à 45 vols charters et 1 144 vols commerciaux », précise l’OIM dans son communiqué. Le dispositif du « retour volontaire » et réintégration est mené dans le cadre d’une collaboration étroite entre l’OIM en Tunisie, les autorités tunisiennes et les partenaires nationaux concernés, les représentations diplomatiques et consulaires des pays d’origine et grâce au « soutien de bailleurs de fonds : Union européenne, l’Autriche, la France, l’Italie, Pays-Bas, la République tchèque, Royaume Uni, la Suisse et de la Suède », explique encore l’agence onusienne. En parallèle, le gouvernement tunisien met aussi en place des vols de « retour volontaire » depuis un an, censé compléter ceux de l’OIM. Mais à la différence des vols opérés par l’agence onusienne, ceux gérés par l’État tunisien ne sont pas accompagnés d’une aide financière pour la réintégration dans les pays d’origine.
    Depuis son lancement en juillet 2025, près de 5 000 migrants sont retournés dans leur pays d’origine via ce programme tunisien. Et le rythme des retours s’est encore intensifié ces dernières semaines avec « initialement un vol par mois, puis deux, puis un par semaine, puis deux » et désormais « quasiment tous les jours des vols dédiés », d’après Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la Garde nationale tunisienne. La très forte augmentation des demandes de « retours volontaires » s’explique notamment par la considérable détérioration des conditions de vie des migrants en Tunisie. Depuis 2023 et le discours anti-migrants de Kaïs Saïed, la vie des exilés désirant rejoindre les côtes européennes en traversant la Méditerranée au départ de ce pays de transit « empire de jour en jour », selon les mots de Lamine, un Sénégalais vivant près de Sfax, contacté fin 2025 par InfoMigrants. Sans possibilité de travailler ou de se loger, ces migrants d’Afrique subsaharienne sont acculés dans une extrême pauvreté. La majorité d’entre eux vivent dans des champs d’oliviers à al-Amra dans la région de Sfax - bien qu’il leur soit désormais formellement interdit d’installer ces campements informels dans la zone. Leurs tentes sont régulièrement brûlées par la Garde civile.
    Outre les sanctions économiques, les migrants sont aussi la cible d’arrestations arbitraires, de condamnations pour « séjour irréguliers », de rafles. Depuis plusieurs années, ils sont aussi violemment interceptés en mer Méditerranée, puis expulsés dans le désert, vers les zones frontalières de la Libye et de l’Algérie.
    Dans ce contexte, le recours de plus en plus massif aux « retours volontaires » ne fait pas l’unanimité. « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires’ », estimait Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, membre d’un binôme de chercheurs qui a travaillé sur le sujet mi-2025. Ces chercheurs évoquent des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom. Selon les deux chercheurs, ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom

    #Covid-19#migration#migrant#tunisie#OIM#politiquemigratoire#retourvolontaire#sante#droit#migrationirreguliere

  • « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement » : des dizaines de milliers d’étrangers chassés d’Afrique du Sud
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/21/certains-ont-ete-licencies-d-autres-sont-expulses-de-leur-logement-des-dizai

    « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement » : des dizaines de milliers d’étrangers chassés d’Afrique du Sud
    Au moins 67 000 ressortissants africains ont quitté le pays depuis le 27 juin, selon les autorités sud-africaines, alors qu’un mouvement de lutte contre l’immigration illégale sème la terreur dans les townships. Le nombre des départs pourrait être bien plus élevé.
    Par Mathilde Boussion (Johannesburg, correspondance)
    Chaque jour, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants viennent s’entasser devant le consulat du Malawi, à Johannesburg. Poussés par la peur, ils n’ont qu’une idée en tête : fuir l’Afrique du Sud au plus vite. Sur le bitume du parking couvert d’emballages plastiques et de pelures d’orange, les grappes d’enfants échoués au milieu d’un tsunami de bagages trahissent un exode qui refuse de dire son nom. Les étrangers africains ont quitté le pays par dizaines de milliers. Depuis le 27 juin, plus de 67 000 migrants illégaux sont partis précipitamment avec l’aide du gouvernement, selon les chiffres officiels, alors qu’un mouvement de lutte contre l’immigration illégale sème la terreur dans certains townships.
    Ceux qui partent sont originaires en majorité du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique, les communautés les plus importantes en Afrique du Sud, mais aussi du Nigeria, du Ghana, du Kenya, de l’Ouganda… Le nombre réel des départs pourrait être bien plus élevé. A elles seules, les autorités zimbabwéennes estiment que plus de 100 000 de leurs ressortissants seraient rentrés. Officiellement, le gouvernement sud-africain parle de « rapatriements volontaires ». « Les gens se présentent en affirmant qu’ils sont en situation irrégulière et demandent à partir pour cette raison », a précisé, mercredi 15 juillet, la ministre de la justice, Mmamoloko Kubayi, au cours d’une conférence de presse.
    Devant le consulat du Malawi, la détermination à quitter le pays est évidente. Mais le choix n’a rien de volontaire. « Les Sud-Africains ne veulent plus de nous. Ils sont venus tambouriner à nos portes pour nous ordonner de faire nos valises en menaçant de nous frapper. Je les ai vus taper des gens », raconte Violet (un prénom d’emprunt), une mère de 26 ans installée en Afrique du Sud depuis 2021. Selon plusieurs témoins, ce raid aurait eu lieu le 10 juillet aux alentours de 17 heures, dans un quartier populaire de Vereeniging, une ville de la banlieue de Johannesburg. « Il faisait presque nuit, j’ai pris les affaires de ma fille et je suis partie avec des gens qui se regroupaient sur un terrain vague », poursuit-elle.
    Trois jours plus tard, le 13 juillet, plus de 500 personnes sont encore arrivées au consulat depuis Vereeniging. « J’ai reçu un appel et, une demi-heure plus tard, on a vu arriver des centaines de personnes », raconte Rivonia Pillay, la coordinatrice de l’aide apportée par le collectif Siyafana Sonke, créé en réponse à la vague xénophobe qui monte en puissance depuis le mois de mai. Cheffe de file de la mobilisation hostile aux étrangers, l’organisation March and March avait appelé à une large manifestation, le 30 juin, exigeant le départ des migrants illégaux, accusés d’asphyxier les services publics, de nourrir le crime et de « voler le travail » des Sud-Africains. Le chaos redouté par les forces de l’ordre ce jour-là a été évité mais, depuis, des marches plus modestes se poursuivent et les raids antimigrants se multiplient.
    Devant les grilles du consulat du Malawi, où ils espèrent récupérer des laissez-passer pour regagner leur pays, les déplacés de Vereeniging racontent tous la même histoire : des groupes d’hommes s’engouffrant dans les arrière-cours des maisons pour déloger les étrangers, qui louent souvent de petites baraques en retrait des habitations principales. Officiellement, le mouvement ne vise que les migrants illégaux, mais tous les étrangers qui vivent dans des quartiers pauvres se sentent en danger. A Durban, dans l’est du pays, plus de 400 Congolais, Rwandais, Burundais, Ougandais protégés par un statut de réfugié campent sur un trottoir depuis plusieurs semaines. « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement parce que leur propriétaire craint des représailles de March and March », raconte Yeshelen Govender, coordinateur de Siyafana Sonke dans la ville. A ces réfugiés qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays, le gouvernement sud-africain propose de réintégrer leurs quartiers. L’un d’entre eux s’est retrouvé dans le coma après avoir essayé. Le collectif, qui regroupe plus de 130 organisations issues de la société civile, évoque une « crise humanitaire ». D’autres organisations non gouvernementales sont réticentes à employer le terme.
    « Il n’y a pas de crise humanitaire », rejette Mmamoloko Kubayi, à la tête du comité interministériel assemblé pour « répondre aux préoccupations exprimées par les Sud-Africains en matière d’immigration ». « Nous nous sommes assurés que les gens étaient traités dignement », insiste-t-elle, en évoquant les migrants rapatriés. Les autorités condamnent les milices qui contrôlent les identités, harcèlent les commerçants étrangers et chassent des résidents. Plus de 900 personnes ont été arrêtées, le 30 juin, par les forces de l’ordre. Le 16 juillet, de nouveau, près de 70 personnes ont été interpellées après le pillage de magasins appartenant à des étrangers. Mais la police est régulièrement accusée d’assister à des violences sans réagir.
    Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud connaît une vague d’hostilité à l’égard des migrants africains. En 2008, la première avait fait plus de 60 morts. Cette fois, seules quatre personnes ont officiellement perdu la vie dans les violences. Mais jamais autant d’étrangers n’avaient été contraints au départ. Sur les sites qui accueillent des déplacés, les humanitaires contactés par Le Monde recensent peu de victimes de violences physiques. Les blessés refusent d’être conduits à l’hôpital, relève Claire Waterhouse, coordinatrice des urgences de Médecins sans frontières en Afrique du Sud. A la mi-juillet, au consulat du Malawi, un homme s’est présenté avec les avant-bras couverts de brûlures, expliquant avoir été attaqué au lance-flammes.
    « Dans la région de Johannesburg, on observe un flux assez constant de personnes arrivant de toute la province et de plus loin, en bus, à pied, à vélo, en Uber… Certains ont tout perdu, d’autres ont pu emporter quelques affaires. Des sites accueillent jusqu’à 300 ou 400 personnes par jour, c’est très variable », explique la responsable. A Durban, près de 10 000 personnes, en majorité des Malawites, ont fui leur logement, à la fin de juin, pour se regrouper sur différents sites improvisés. Débordées par l’afflux, les autorités ont érigé dans l’urgence un centre temporaire de traitement des rapatriements à Musina, près de la frontière zimbabwéenne.Ouverte le 1er juillet, l’installation a accueilli des dizaines de milliers de personnes les premiers jours. Les autorités, qui ne veulent pas voir se constituer des camps de réfugiés, font tout pour éviter l’engorgement. Sur place, des équipes mobiles des services de l’immigration travaillent jour et nuit et des autobus quittent régulièrement le site pour conduire des étrangers hors du pays. D’après la ministre de la justice, tous les migrants accueillis sont en situation irrégulière. Leurs ambassades leur délivrent des laissez-passer, validés ensuite par les services de l’immigration sud-africains.
    Dans le centre, des associations assurent la coordination humanitaire. Eau, nourriture, couches, médicaments… « Je peux dire sans prendre de risque que le gouvernement n’a pas fourni un seul repas », s’est vanté, mercredi, la ministre de la justice, soucieuse de montrer la fermeté des autorités. Arrestations massives de migrants illégaux, inspections des entreprises, colmatage des frontières… Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé, début juin, un plan de lutte contre l’immigration illégale sans précédent. Ces annonces interviennent à quelques mois des élections municipales de novembre, alors que le parti présidentiel, le Congrès national africain, voit sa popularité chuter. Le gouvernement explique observer une baisse du nombre de dossiers traités à Musina et envisage désormais de réduire ses opérations. Mais Claire Waterhouse alerte : « Beaucoup de Sud-Africains ont le sentiment que la tempête est passée, car la journée du 30 juin a été relativement calme, mais ce n’est pas fini. Au contraire, les déplacements de population s’intensifient. » Devant le consulat du Malawi, une course contre la montre est engagée afin de trouver des bus pour acheminer les déplacés vers le centre de Musina. Le soir, ceux qui n’ont pas pu partir s’enroulent dans des couvertures en consumant des bûches pour tenter de combattre les nuits glacées de l’hiver austral. A 1 700 mètres d’altitude, celles de Johannesburg frôlent régulièrement 0 °C. Certains soirs, le consulat ouvre ses portes aux plus vulnérables. Violet n’a pas eu cette chance. La mère tourne la tête vers sa fille de 1 an, enveloppée sur son dos : « Elle a pleuré toute la nuit à cause du froid. »

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  • Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana - InfoMigrants
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    Libye : 345 migrants bénéficient de deux vols de « retour volontaire » de l’OIM vers le Ghana
    Par La rédaction Publié le : 16/07/2026
    Entre le 12 et le 15 juillet, un total de 345 migrants sont rentrés au Ghana depuis la Libye via deux vols de « retours volontaires » organisés par l’Organisation internationale des migrations (OIM). A la mi-juillet, un total de 822 migrants ont bénéficié de ces vols à destination du Ghana, du Bangladesh, du Tchad et de la Somalie.
    En Libye, les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont annoncé avoir organisé deux vols de « retour volontaires » depuis Tripoli à destination d’Accra au Ghana, dans la semaine du 12 au 15 juillet 2026. Au total, 345 migrants ont pu retourner chez eux par l’intermédiaire de ces vols. Au début du mois de juillet, 477 migrants s’étaient déjà envolés vers leurs pays d’origine. Plus précisément, 174 sont retournés au Bangladesh, 174 au Tchad et 129 en Somalie, élevant le total à 822 migrants rentrés dans leur pays entre le 1er et le 15 juillet. Des opérations rendues possibles grâce « au soutien de l’Union européenne », précise l’OIM sur X.
    Sur l’ensemble du mois de juin, l’agence a permis les « retours volontaires » de plus de 1300 migrants vers la Gambie, le Nigéria ou encore le Tchad
    Depuis plusieurs semaines, la situation a empiré en libye. Les Subsahariens se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa. « Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes », affirmait à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », racontait aussi Ibrahim, un Guinéen de 24 ans avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    Dans un rapport publié le 23 juin dernier, Amnesty International déplorait la répression menée à l’encontre des exilés en Libye, qui s’est encore intensifiée ces dernières semaines. Les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, « mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales (…) visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes », affirmait l’ONG. Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées étaient originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM. Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migrant#migration#retourvolontaire#rapatriement#OIM#libye#subsaharien#asie#droit#sante

  • La Grèce instaure une prime pour les avocats encourageant les migrants au « retour volontaire » - InfoMigrants
    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/72225/la-grece-instaure-une-prime-pour-les-avocats-encourageant-les-migrants

    La Grèce instaure une prime pour les avocats encourageant les migrants au « retour volontaire »
    Par La rédaction Publié le : 03/07/2026
    En Grèce, les avocats pourront toucher une prime de 250 euros si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine. Cette mesure s’inscrit dans une réforme plus vaste de l’aide juridique aux demandeurs d’asile. Deux cent cinquante euros. C’est le montant de la prime que pourront toucher les avocats grecs si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine plutôt qu’une demande d’asile en Grèce. Cette prime est entrée en vigueur début juillet suite à la publication au Journal officiel grec d’un décret sur l’assistance juridique pour les demandeurs d’asile dans le pays. Ainsi, les avocats percevront des honoraires fixes de 160 € par séance et cette prime supplémentaire de 250 € si le demandeur effectue un « retour volontaire ». Cette mesure est liée à la mise en œuvre du Pacte asile et migration dans le pays puisqu’elle ne concerne que les demandeurs d’asile qui relèvent de la procédure aux frontières et qui, indique le décret, n’ont donc pas « un profil de demandeur solide ».
    Pour rappel, les exilés concernés par la procédure d’asile aux frontières sont les personnes issues de pays dont le taux européen de reconnaissance de l’asile est faible (inférieur ou égal à 20%), comme par exemple la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la Tanzanie. Mais aussi les personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité nationale ou encore celles qui sont soupçonnées d’avoir trompé les autorités. Des représentants du gouvernement ont justifié cette mesure en estimant que le pays a connu une forte augmentation du nombre d’arrivées de migrants économiques plutôt que de « véritables demandeurs d’asile ». Ils ont notamment cité les ressortissants de pays comme l’Égypte et le Bangladesh. Toutefois, celle-ci ne concernera pas tous les avocats. Seuls ceux opérant dans le cadre de l’assistance juridique gratuite sont concernés. C’est-à-dire des avocats qui défendent des personnes récemment arrivées dans le pays et qui déposent leur première demande d’asile. Cette compensation financière s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large de l’aide juridictionnelle pour demandeur d’asile en Grèce.
    Leur mission sera de fournir des informations générales sur la procédure d’asile, les droits et obligations des demandeurs, les échéances importantes et les voies de recours. Mais ils ne pourront pas fournir de conseils juridiques spécialisés, d’aide au remplissage des formulaires de demande ni à la préparation aux entretiens.
    Ainsi, le gouvernement grec met en partie fin à l’assistance juridique fournie par les ONG. « Le pacte [asile et migration, ndlr] prévoit que l’aide soit fournie par l’État. Les ONG pourront fournir des services à titre privé pour certains. Mais pour les procédures d’asile à la frontière, il n’y aura bien que les avocats du registre », commente à InfoMigrants Lefteris Papagiannakis, du Conseil grec pour les réfugiés.
    À noter que les avocats concernés se voient interdire de représenter ultérieurement les mêmes demandeurs à titre privé, si ces derniers souhaitent déposer un recours par exemple. Une prime similaire, qui avait provoqué de vives polémiques, a également été adopté en Italie. Cette dernière, qui peut s’élever à 615 euros, concerne elle aussi les avocats qui parviennent à convaincre leurs clients exilés de quitter le pays, via le rapatriement volontaire assisté, et à les accompagner jusqu’au bout de ce processus. Cette mesure durera trois ans, jusqu’en 2028, étant considérée de nature « expérimentale ». Le gouvernement compte allouer une enveloppe de 246 000 euros cette année, puis de 492 000 euros en 2027 ainsi qu’en 2028, pour financer cette mesure. L’Association nationale italienne des magistrats avait exprimé sa « consternation ». L’instance estime qu’une telle mesure "va à l’encontre de l’idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l’échec de la défense, ce qui est contraire à la logique, avant même d’être contraire au droit

    #Covid-19#migration#migrant#grece#politiquemigratoire#retour#droit#sante

  • La #Grèce instaure une #prime pour les #avocats encourageant les migrants au « #retour_volontaire »

    En Grèce, les avocats pourront toucher une prime de 250 euros si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine. Cette mesure s’inscrit dans une #réforme plus vaste de l’aide juridique aux demandeurs d’asile.

    Deux cent cinquante euros. C’est le montant de la prime que pourront toucher les avocats grecs si leur client opte pour un « retour volontaire » dans son pays d’origine plutôt qu’une demande d’asile en Grèce.

    Cette prime est entrée en vigueur début juillet suite à la publication au Journal officiel grec d’un décret sur l’assistance juridique pour les demandeurs d’asile dans le pays. Ainsi, les avocats percevront des honoraires fixes de 160 € par séance et cette prime supplémentaire de 250 € si le demandeur effectue un « retour volontaire ».

    Cette mesure est liée à la mise en œuvre du #Pacte_asile_et_migration dans le pays puisqu’elle ne concerne que les demandeurs d’asile qui relèvent de la procédure aux frontières et qui, indique le décret, n’ont donc pas « un profil de demandeur solide ».

    Pour rappel, les exilés concernés par la #procédure_d'asile_aux_frontières sont les personnes issues de pays dont le taux européen de reconnaissance de l’asile est faible (inférieur ou égal à 20%), comme par exemple la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la Tanzanie. Mais aussi les personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité nationale ou encore celles qui sont soupçonnées d’avoir trompé les autorités.

    Des représentants du gouvernement ont justifié cette mesure en estimant que le pays a connu une forte augmentation du nombre d’arrivées de migrants économiques plutôt que de « véritables demandeurs d’asile ». Ils ont notamment cité les ressortissants de pays comme l’Égypte et le Bangladesh.

    Pacte asile et migration

    Toutefois, celle-ci ne concernera pas tous les avocats. Seuls ceux opérant dans le cadre de l’assistance juridique gratuite sont concernés. C’est-à-dire des avocats qui défendent des personnes récemment arrivées dans le pays et qui déposent leur première demande d’asile.

    Cette #compensation_financière s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus large de l’aide juridictionnelle pour demandeur d’asile en Grèce.

    Leur mission sera de fournir des informations générales sur la procédure d’asile, les droits et obligations des demandeurs, les échéances importantes et les voies de recours. Mais ils ne pourront pas fournir de conseils juridiques spécialisés, d’aide au remplissage des formulaires de demande ni à la préparation aux entretiens.

    Ainsi, le gouvernement grec met en partie fin à l’#assistance_juridique fournie par les ONG. « Le pacte [asile et migration, ndlr] prévoit que l’aide soit fournie par l’État. Les ONG pourront fournir des services à titre privé pour certains. Mais pour les procédures d’asile à la frontière, il n’y aura bien que les avocats du registre », commente à InfoMigrants Lefteris Papagiannakis, du Conseil grec pour les réfugiés.

    À noter que les avocats concernés se voient interdire de représenter ultérieurement les mêmes demandeurs à titre privé, si ces derniers souhaitent déposer un recours par exemple.

    L’exemple italien

    Une prime similaire, qui avait provoqué de vives polémiques, a également été adopté en #Italie. Cette dernière, qui peut s’élever à 615 euros, concerne elle aussi les avocats qui parviennent à convaincre leurs clients exilés de quitter le pays, via le rapatriement volontaire assisté, et à les accompagner jusqu’au bout de ce processus.

    Cette mesure durera trois ans, jusqu’en 2028, étant considérée de nature « expérimentale ». Le gouvernement compte allouer une enveloppe de 246 000 euros cette année, puis de 492 000 euros en 2027 ainsi qu’en 2028, pour financer cette mesure.

    L’Association nationale italienne des magistrats avait exprimé sa « consternation ». L’instance estime qu’une telle mesure « va à l’encontre de l’idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l’échec de la défense, ce qui est contraire à la logique, avant même d’être contraire au droit. » Elle rappelle que « dans tous les domaines, le droit à la défense doit rester plein, libre et concrètement accessible ».

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/72225/la-grece-instaure-une-prime-pour-les-avocats-encourageant-les-migrants
    #migrations #réfugiés #asile

  • Au Sénégal à Vélingara, les difficultés vécues par les migrants de retour (2/2) - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72142/au-senegal-a-velingara-les-difficultes-vecues-par-les-migrants-de-reto

    Au Sénégal à Vélingara, les difficultés vécues par les migrants de retour (2/2)
    Par RFI Publié le : 30/06/2026
    Chaque année, des milliers de Sénégalais rentrent au pays après une tentative de migration irrégulière. Retourner chez soi ne signifie pas toujours tourner la page. À Vélingara, dans le sud du Sénégal, certains migrants de retour ont réussi à relancer une activité grâce à l’appui de partenaires comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). D’autres, en revanche, continuent de faire face à la précarité et aux jugements de la société. Reportage.
    Dans son atelier au marché de Vélingara, dans le sud du Sénégal, les clients se succèdent. Derrière sa machine à coudre, Abdourahmane Sow s’est construit un nouveau quotidien. Une activité qui contraste avec son parcours.Pendant trois ans, le vingtenaire a vécu en Libye avant d’être rapatrié au Sénégal. Grâce à un financement de l’Organisation internationale des migrations (OIM), il a pu ouvrir son atelier de couture. « J’ai eu la chance d’obtenir un financement pour mon retour. Ce qui m’a permis de reprendre mon activité. Aujourd’hui, je travaille à mon propre compte et je m’en sors bien. Je ne pense plus à repartir à défaut d’avoir un visa, bien sûr. »
    Mais tous les migrants de retour ne dressent pas le même bilan. Pathé Baldé en sait quelque chose. Parti en 2016 pour la Libye, il y passera trois ans, dont un an et demi en prison. À son retour, il bénéficie lui aussi d’un financement de l’OIM pour relancer une activité.Une aide saluée, même s’il estime qu’il attendait davantage de l’État sénégalais. "J’ai été rapatrié et je suis arrivé chez moi les mains vides. J’ai reçu un financement de 650 000 francs CFA, une somme que j’ai utilisée pour relancer mes activités dans l’élevage et dans l’agriculture. Comme vous le voyez ici, c’est très compliqué de s’en sortir. J’essaye de survivre avec ma famille avec le peu que me rapporte cette activité, il faut quand même l’avouer, il y a un défaut
    Pour d’autres, le retour a été encore plus difficile. Rentré en 2009 sans accompagnement, Filly Baldé peine encore à se relever. À ces difficultés s’ajoutent les regards et préjugés qu’il subit depuis son retour. "Je suis retourné au pays depuis lors, on est là. On se débrouille seul parce que même dans la famille, les gens vraiment te détestent d’abord. Parce que si tu retournes au pays avec zéro franc, tu es considéré comme un vaurien. Tu es considéré comme quelqu’un qui n’a pas d’ambition. Surtout si tu étais accompagné d’un ami et que lui, il est arrivé en Espagne et toi tu es retourné. Toute la famille t’abandonne."Selon le bilan du bureau d’accueil, d’orientation et de suivi des Sénégalais de l’extérieur et des migrants, 3 080 Sénégalais en détresse ont été rapatriés au cours de l’année 2025, dont 1 197 ont bénéficié d’un accompagnement à caractère social

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#retour#rapatriement#sante#sante

  • #Ramatoulaye_Touré, fondatrice du #collectif de familles de #disparus en #Guinée : « Une #disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude »

    Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des #femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.

    "Quand ma nièce Kadiatou a disparu, j’ai découvert que beaucoup de familles étaient dans la même situation que nous, mais qu’elles ne se manifestaient pas, ne parlaient pas de la disparition de leurs proches. Ma nièce est sortie il y a trois ans de Guinée. Moi je vis à Dabompa, mais ma grande famille vit à Dixinn, dans la région de Conakry, la capitale de la Guinée. C’est là où vivait ma nièce, avec ma sœur. C’est de là qu’elle est partie, quand ma sœur est décédée.

    Trois semaines après les funérailles de ma sœur, Kadiatou nous a dit qu’elle voulait aller en Côte d’Ivoire. Elle voulait prendre le relais de sa maman, pour s’occuper de ses petits frères et sœurs. Elle avait des amies en Côte d’Ivoire et voulait entreprendre, sur des marchés, avec la vente de mèches et d’accessoires de coiffure. On a essayé de l’en dissuader, de lui dire qu’elle pouvait faire ça en Guinée. Mais elle disait que non, qu’elle voulait aller là-bas plutôt que de faire des va et vient entre les deux pays pour ses achats et reventes. Elle est partie tout de suite après notre conversation. Ça veut dire qu’elle avait déjà son projet de voyage : car on ne peut pas se lever un jour comme ça et partir…

    "Kadi a embarqué"

    Au bout de deux mois en Côte d’Ivoire, elle a coupé le contact avec nous, parce qu’on lui répétait de ne pas faire de bêtises. Elle a appelé mon grand frère, qui vit aux Etats-Unis, pour lui emprunter de l’argent. Il lui a envoyé une partie de son épargne, sans savoir qu’elle voulait en fait aller en Europe.

    Avec cet argent, Kadiatou s’est rendue au Sénégal. Elle a appelé ses amies pour l’aider à renvoyer par colis ses accessoires de coiffure à sa sœur en Guinée, en prétextant que c’était trop serré chez elle. Quand on a vu les colis arriver chez nous, il y avait tout dedans : ses accessoires, ses chaussures… On se doutait que ce n’était pas normal de laisser comme ça. On a donc tout de suite essayé de l’appeler. Moi, elle ne me répondait pas. Elle a fini par répondre à ma cousine, qui lui a demandé : "On a appris que tu étais au Sénégal, ce n’est pas ce que tu nous avais dit… Tu fais quoi au Sénégal ?” Elle a tout de suite coupé le contact avec ma cousine aussi.

    Après trois semaines environ, une amie de ma nièce a appelé ma cousine. Elle lui a dit : “Kadi est sortie. On ne l’a pas vue depuis quinze jours”. Ma cousine a demandé : “Kadi est sortie pour où ?

    –Kadi a embarqué.

    –Embarqué pour où ?

    –Kadi est sortie en mer.”

    Dans le bateau, il y avait 62 personnes. Toutes sont portées disparues.

    Kadiatou a embarqué sur une pirogue pour tenter la route des Canaries via l’Atlantique. Un trajet hautement dangereux : plus de 1 000 km séparent le #Sénégal de l’archipel espagnol. La traversée peut durer plusieurs jours. Et l’embarcation peut couler ou se perdre et dériver en mer.

    De la recherche en solitaire à l’alliance avec d’autres familles

    Kadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.

    Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.

    Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.

    Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ?

    Jusqu’à maintenant, il y a ce #vide dans la famille. Elle a une petite sœur. Elle laisse aussi derrière elle une fille de deux ans, qui pleure tous les jours de ne pas savoir où est sa maman. Une disparition, c’est de la #tristesse, de la #douleur. La famille reste dans l’#incertitude.

    C’est en continuant les recherches qu’il y a six mois, j’ai fait la rencontre d’une autre famille touchée par une disparition. L’idée m’est venue de monter un collectif. On était très proches de cette famille, qui habitait à Dixinn comme nous, alors je leur ai dit : est-ce qu’on ne se mettrait pas ensemble ?

    Dix familles aujourd’hui dans le collectif

    En Guinée, on se connaît tous, à travers les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, le collectif rassemble dix familles. On se réconforte entre nous. On se dit : tenons-nous la main, peut-être qu’un jour nos disparus vont revenir.

    On est actuellement dans les démarches pour se constituer en association, avec statut, règlement intérieur, agrément. Cela va changer beaucoup de choses, on pourra plus facilement demander des rendez-vous et des partenariats avec les institutions officielles.

    Chez nous en #Guinée, il n’y a pas de processus de suivi pour les disparus. Les autorités ne s’occupent pas de ces procédures. Les journalistes peuvent en parler, les réseaux sociaux aussi : mais il n’y a pas une implication de l’État. L’#OIM s’occupe d’accompagner des gens qui sont allés en Tunisie, par exemple, mais pas de disparitions.

    Depuis quatre ans, le nombre de "#retours_volontaires" opérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’a cessé d’augmenter. Interrogé en mars par une députée, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé que plus de 21 000 exilés, dont de nombreux Guinéens, avaient été rapatriés dans leur pays depuis 2022.

    Bien sûr il y a des mécanismes pour la protection des migrants, des règles écrites… Mais ce n’est pas toujours bien appliqué. À plusieurs, on peut porter nos voix plus fort vers l’Etat, et faire de la disparition une priorité.

    Il y a beaucoup, beaucoup de familles en Guinée qui ont des disparus. Dans le collectif, plusieurs régions sont représentées : par exemple, on a deux familles de Boffa. Les routes prises par leurs proches ne sont pas les mêmes non plus. Il y a une famille dont le garçon a fini ses études, marié, deux enfants, avec une boutique… Un jour, il a tout vidé, il est parti. Depuis le Maroc, il a pris la mer.

    Ce jour-là, il a appelé sa mère. Il ne lui a pas expliqué qu’il était déjà sur un bateau. Peut-être qu’il aurait voulu le faire : mais comment lui dire… Alors il lui a juste dit : "Je ne me sens pas bien”. Cela fait cinq ans maintenant qu’il a disparu.

    Réunions et appels de soutien, entre femmes

    Une fois par mois, on se réunit avec ces dix familles. Ce n’est jamais un lieu fixe : si aujourd’hui on le fait chez moi, demain ce sera dans une autre famille : c’est important que chacune se sente impliquée. Je prends le temps de les appeler régulièrement, de les convaincre de venir aux réunions…

    Certaines hésitent. Elles se disent : la vie associative, ça va me faire perdre mon temps. Mais si elles voient que tu es derrière elles tout le temps, alors elles vont se sentir importantes. Elles vont se dire : finalement, c’est nécessaire de participer. Celles qui viennent à reculons se rendent compte, au fur et à mesure, que c’est bien pour elle. Il faut constamment les relancer, montrer l’utilité de rejoindre le groupe.

    Cela me prend beaucoup de temps mais j’ai l’habitude : je travaille dans le monde associatif, j’ai une licence en développement communautaire et j’ai étudié la sociologie. J’ai fondé une ONG, “Guinéennes émancipées pour le progrès et la citoyenneté”, dédiée à la santé des femmes. On se consacre à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, et surtout la formation et l’émancipation des femmes.

    D’ailleurs, je fais le lien entre femmes et disparition. Les femmes sont naturellement exposées à beaucoup de violences. En pensant à une femme qui disparaît, on pense : est-ce qu’elle ne sera pas violée ? Est-ce qu’elle ne sera pas violentée physiquement, sexuellement ? Il y a trop de questions.

    Aussi, on le voit dans nos réunions : ce sont les femmes des familles de disparus qui sont présentes. Les hommes, ce n’est pas leur affaire… Ce sont les femmes qui sont impliquées : les mamans, les sœurs, les épouses.

    Il n’y a pas longtemps, c’est mon petit frère de 20 ans qui voulait partir. J’ai vu que ça n’allait pas dans sa tête, il marchait tout le temps. J’ai alerté ma mère, je lui ai dit : ’Appelle ton fils, il faut communiquer avec lui, le comprendre. Pour l’accrocher, le faire revenir à nous’. Il devait sortir de Guinée avec une équipe. Finalement, le groupe l’a devancé, mais lui, il est resté. Tous les gens du groupe sont décédés. Tous sauf mon frère, parce qu’il est resté. C’est Dieu qui nous a aidés."

    ►https://www.infomigrants.net/fr/post/72104/ramatoulaye-toure-fondatrice-du-collectif-de-familles-de-disparus-en-g
    #migrations #réfugiés #disparitions #missing #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #route_Atlantique

    ping @6donie

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    ►https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie #massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    ▻https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      ▻https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      ▻https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • Libye : plus de 650 migrants bénéficient d’un « retour volontaire » pour rentrer dans leur pays - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72073/libye--plus-de-650-migrants-beneficient-dun-retour-volontaire-pour-ren

    Entre le 12 et le 22 juin 2026, un total de 687 migrants sont rentrés au Mali, au Nigeria et au Tchad depuis la Libye, a annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM).
    L’Organisation internationale des migrations (OIM) a aidé au rapatriement de 687 migrants via quatre vols depuis la Libye vers le Tchad, le Mali et le Nigeria ces derniers jours - entre le 12 et le 22 juin 2026.
    Dans le détail, un groupe de 162 ressortissants tchadiens a regagné N’Djamena, le 23 juin 2026, dans le cadre d’une opération de « retour volontaire » depuis Benghazi, en Libye, selon la presse tchadienne. L’opération a été coordonnée par le gouvernement tchadien, via le consulat général du Tchad à Benghazi, en partenariat avec l’OIM.
    Début juin, d’autres vols avaient déjà décollé de Libye pour rapatrier 150 Gambiens et 182 Nigérians. « Un soutien médical et en matière de protection a permis d’assurer un voyage sûr et digne pour tous les bénéficiaires. Merci au soutien de l’UE », avait tweeté l’OIM.
    Ces opérations de « retours volontaires » témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.Le nombre de rapatriements effectués depuis la Libye ces dernières années témoigne de cet « enfer libyen ». Entre le lancement du programme d’aide au « retour volontaire » (VHR) de l’OIM en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie. En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains.
    Depuis le début du mois de juin, la situation a empiré. Les Africains subsahariens en Libye se disent victimes d’une véritable « chasse aux migrants » dans le pays. Des rafles sont organisées dans les quartiers qu’ils fréquentent à Tripoli, la capitale, mais aussi dans les autres villes de l’ouest, à Zouara, Sabratha ou encore Zaouïa."Toutes les municipalités sont touchées, les petites comme les grandes", affirme à InfoMigrants une source humanitaire. « Il y a une véritable chasse aux Noirs en ce moment en Libye. Les policiers, lourdement armés, bouclent la zone avec leurs véhicules blindés. Ils défoncent les portes des maisons et arrêtent les Noirs. On ne peut pas s’échapper car lors de ces opérations, les agents de l’immigration quadrillent les environs », raconte Ibrahim, un Guinéen de 24 ans, terrifié, avec qui InfoMigrants est en contact depuis plusieurs années.
    La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient », témoignait un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.D’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025, plus de 800 000 migrants se trouvent actuellement en Libye. Les Subsahariens sont parmi les plus nombreux dans les rangs de ces migrants qui se rendent dans le pays pour tenter ensuite de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée. La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée au péril de leur vie. Plus de 1 300 migrants sont morts en Méditerranée centrale en 2025, selon l’OIM.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#nigeria#tchad#retourvolontaire#OIM#sante#droit#violenceroutemigratoire#migrationirreguliere

  • « Un pour un » : le traité franco-britannique modifié pour empêcher le retour de migrants expulsés - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/72030/un-pour-un--le-traite-francobritannique-modifie-pour-empecher-le-retou

    « Un pour un » : le traité franco-britannique modifié pour empêcher le retour de migrants expulsés
    Par La rédaction Publié le : 23/06/2026
    Plusieurs migrants expulsés l’année dernière par le Royaume-Uni vers la France dans le cadre de l’accord « un pour un » sont ensuite repassés en Angleterre par camion. Pour éviter cette situation, Londres et Paris ont modifié les terme de l’accord : toute personne entré illégalement par « small boats » ou « camion » pourra être renvoyée en France.
    Selon des informations du Guardian, le Royaume-Uni et la France ont revu les termes de l’accord « un pour un », après le retour sur le sol britannique de migrants précédemment expulsés vers la France.
    L’accord initial prévoyait que seules les personnes arrivées illégalement en « small boats » pouvaient être renvoyées en France. Une fois de retour en France, certains de ces migrants se tournaient vers des passeurs qui les ramenaient ensuite illégalement en camion au Royaume-Uni.Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, s’est donc entendue avec son homologue français pour modifier le traité : les migrants précédemment expulsés et qui retournent en Grande-Bretagne par « small boats », comme par « camion », pourront être renvoyés en France.
    "Pour combler cette lacune, le Home office a créé une nouvelle catégorie de demandeurs, les « cas retour », selon des documents initialement divulgués par le Times", écrit le Guardian. Mi-octobre 2025, un migrant avait réussi à revenir sur les côtes britanniques après son expulsion vers la France un mois auparavant. Selon le journal The Guardian, ce migrant était revenu au Royaume-Uni pour y demander l’asile. Il se disait victime d’un réseau de traite d’êtres humains géré par des passeurs dans le nord de la France.
    Quelques jours plus tard, le 5 novembre, un migrant iranien expulsé du Royaume-Uni et renvoyé en France le 19 septembre, avait été expulsé à nouveau. Il était revenu sur le sol britannique à bord d’un « small boat » le 18 octobre et avait demandé l’asile. En vain.
    Le 10 novembre 2025, le Home Office avait aussi indiqué qu’un autre migrant était revenu au Royaume-Uni après une première expulsion vers la France.Pour rappel, cet accord - prolongé jusqu’en octobre 2026 - prévoit un système d’"échange de migrants" : il permet la détention et le renvoi rapide des personnes entrées illégalement au Royaume-Uni en échange de l’accueil outre-Manche de migrants se trouvant en France.
    Depuis la signature de l’accord, 783 migrants ont été renvoyés en France et 736 ont été accueillis au Royaume-Uni, selon des chiffres divulgués début juin par la Direction générale des étrangers de France (DGEF). Un bilan revu à la hausse par le Guardian, le 22 juin. « Le Royaume-Uni a renvoyé en France 921 migrants [...] et a accueilli 896 demandeurs d’asile français », écrit le journal britannique.
    Depuis le début de l’année, 10 244 migrants ont traversé la Manche à bord de « small boats » pour rejoindre l’Angleterre. L’année dernière à la même période, ils étaient plus de 18 000. Soit une baisse de 41%. La traversée de la Manche reste particulièrement dangereuse. Une femme a été retrouvée morte le 20 juin dans un « small boat » sur les côtes anglaises à la suite d’une traversée de la Manche. C’est la neuvième victime depuis le début de l’année

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#politiquemigratoire#accordmigratoire#droit#sante#retour

  • Ebola : un premier cas, un médecin de retour de RDC, identifié en France
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/24/ebola-un-premier-cas-identifie-en-france-chez-un-medecin-de-retour-de-rdc_67

    Ebola : un premier cas, un médecin de retour de RDC, identifié en France
    Le Monde avec AFP
    Un cas de maladie à virus Ebola a été identifié sur le territoire français. Il s’agit d’un médecin de retour de République démocratique du Congo (RDC), un pays actuellement confronté à une importante épidémie, ont annoncé les autorités sanitaires françaises. Celle-ci se traduit une fièvre hémorragique très souvent meurtrière.
    Le ministère de la santé « confirme ce jour l’identification d’un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national », affirme-t-il dans un communiqué mercredi 24 juin. Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), le ministère a précisé que le cas avait été identifié en métropole. L’ONG Alima a annoncé qu’il s’agissait de l’un de ses médecins. Pris en charge dans un établissement spécialisé, le patient se trouve aujourd’hui dans un état stable.
    Ce dernier a une charge virale « très faible », a annoncé le ministère. Il « a embarqué sur un avion de ligne depuis Kinshasa [alors qu’il] était quasi asymptomatique » et son état s’est « légèrement dégradé pendant le vol » avant une prise en charge immédiate à son atterrissage à Paris.
    Le patient avait été isolé dès son arrivée sur le territoire national, avant que la maladie soit officiellement identifiée. « Toutes les mesures de précaution, et notamment l’isolement du patient, ont été prises dès son arrivée avec un transfert à l’hôpital dans des conditions sécurisées afin d’éviter tout risque de contamination », précise le ministère.La situation est suivie « de très près » par le premier ministre, Sébastien Lecornu, selon son entourage cité par l’AFP. Les personnes ayant été contact avec ce patient sont « en cours d’identification », avec à la clé un possible « isolement à domicile » de trois semaines sous « surveillance attentive » selon le ministère de la santé.
    Le cas français actuel est le premier identifié hors du continent africain pour cette épidémie qui frappe non seulement la RDC, mais aussi l’Ouganda, et met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés.De son côté, l’ONG Alima a dit chercher à « comprendre comment la contamination a pu avoir lieu » alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés. « Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes », assure Alima dans un communiqué.
    C’est la première fois qu’un cas de maladie à virus d’Ebola est diagnostiqué en France. En 2014, lors d’une importante épidémie en Afrique de l’Ouest, deux patients avaient été accueillis sur le territoire français, mais après avoir été diagnostiqués à l’étranger.
    En revanche, plusieurs cas avaient alors été diagnostiqués sur les sols américain et britannique, chez des patients de retour des pays concernés par l’épidémie. Ces précédents restent néanmoins rassurants, n’ayant donné lieu à aucune propagation durable.
    Les experts en santé publique estiment largement que le risque de transmission de l’épidémie reste faible à travers le monde, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola.
    « Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé faible le risque d’infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne », rappelle ainsi le ministère de la santé.Au niveau régional, en revanche, l’épidémie actuelle d’Ebola, la 17e à frapper la RDC, est considérée comme particulièrement préoccupante. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui en a fait une urgence de santé publique, avait indiqué mi-juin que la transmission de l’épidémie s’accélère en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire.
    Selon les chiffres officiels, 896 cas ont été recensés, dont 232 décès, soit un taux de létalité d’environ 25 %. Mais nombre d’experts jugent probable que l’ampleur soit sous-estimée, l’épidémie frappant des régions très reculées.L’absence de vaccin, la présence de nombreuses zones de guerre, ainsi que la lenteur des autorités sanitaires à initialement repérer le virus, sont autant de facteurs qui rendent l’épidémie particulièrement difficile à contrôler.

    #Covid-19#migration#migrant#france#RDC#sante#ebola#OMS#retour#epidemie

  • Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    ▻https://www.dakaractu.com/Xenophobie-en-Afrique-du-Sud-les-operations-de-rapatriement-volontaire-de

    Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    En Afrique du Sud, les opérations de rapatriement volontaire se poursuivent, organisées par certains pays dont les ressortissants ont peur des représailles, à l’approche du 30 juin, date à laquelle plusieurs organisations militant contre l’immigration illégale ont annoncé de nouvelles actions. Beaucoup d’immigrés cherchent donc à quitter les lieux.Le Ghana, le Mozambique, le Nigeria ou encore la Zambie ont déjà permis à des centaines de leurs ressortissants de rentrer. Différents incidents liés aux tensions xénophobes ont causé la mort de trois étrangers, tous Africains, cette année, selon les chiffres des autorités sud-africaines.Dans la ville du Cap, des centaines de Zimbabwéens s’étaient récemment rassemblés devant leur consulat pour demander à être rapatriés, ne se sentant plus en sécurité. Ils sont restés plusieurs jours dans le froid de l’hiver austral. Les opérations pour les ramener dans leur pays ont finalement débuté.
    La même situation s’est présentée du côté de Durban, à une plus grande échelle, avec environ 10 000 Malawiens qui ont quitté leurs habitations et campaient dans un espace communautaire surpeuplé de la ville. Cinq mille personnes ont déjà été rapatriées, selon les autorités et un deuxième site a été aménagé afin de mieux accueillir ceux en attente. De nouveaux ressortissants en provenance de la région ont afflué, alors qu’une manifestation a dégénéré le 19 juin dans la ville de Pietermaritzburg, dans l’est du pays, et qu’un Malawien de 29 ans est décédé.À la mi-juin, plus de 2 700 étrangers avaient déjà été volontairement renvoyés dans leur pays d’origine, suite aux annonces du président Cyril Ramaphosa promettant notamment de renforcer les contrôles contre l’emploi de personnes en situation irrégulière.
    L’Afrique du Sud est en proie depuis plusieurs mois à des manifestations dans tout le pays réclamant le départ des immigrés clandestins, certaines fixant la date du 30 juin comme une forme d’ultimatum, en dehors de toute légalité. Plus de trois millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1% de la population, selon l’agence nationale de statistiques et le dernier recensement conduit en 2022.

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#nigeria#ghana#mozambique#zambie#racisme#retour#migrationirreguliere#rapatriement#sante

  • Suède : le Parlement met fin à la résidence permanente pour les réfugiés - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71873/suede--le-parlement-met-fin-a-la-residence-permanente-pour-les-refugie

    Suède : le Parlement met fin à la résidence permanente pour les réfugiés
    Par La rédaction Publié le : 12/06/2026
    Le Parlement suédois a approuvé mardi un projet de loi du gouvernement visant à mettre fin à l’obtention d’un statut de résidence permanente pour les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 12 juillet, s’inscrit dans le cadre d’un durcissement de la politique migratoire du gouvernement suédois ces dernières années.
    La Suède durcit encore sa politique migratoire. Mardi 9 juin, le Parlement suédois a adopté un projet de loi du gouvernement conservateur qui vise à supprimer les permis de séjour permanent dans le pays.
    Ainsi, les exilés ayant obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en Suède ne peuvent plus prétendre à un titre de séjour pour résidence permanente. Cette mesure s’applique aussi aux personnes venues dans le pays nordique via le mécanisme de réinstallation du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Cette nouvelle disposition entrera en vigueur le 12 juillet.
    Jusqu’ici, les personnes ayant obtenu le statut de réfugié recevaient automatiquement un permis de séjour temporaire (TUT) de trois ans. À l’issue de cette période, les réfugiés pouvaient demander sa prolongation ou prétendre à un permis de séjour permanent (PUT), qui permet de vivre et travailler en Suède sans limite de temps.
    Les personnes ayant obtenu la protection subsidiaire recevaient, elles, automatiquement un permis de séjour temporaire de 13 mois, renouvelable. Après trois ans de présence en Suède, elles pouvaient également prétendre à un permis de séjour permanent.
    Et enfin, les personnes arrivées via le HCR recevaient immédiatement un permis de séjour permanent.
    Désormais donc, l’ensemble de ces personnes sous protection en Suède n’auront plus accès à la résidence permanente, mais uniquement à un permis de séjour temporaire.Depuis l’afflux massif de migrants en Suède lors du pic migratoire de 2015, les gouvernements successifs de gauche et de droite ont durci les règles en matière d’asile et d’immigration. Soutenu par les Démocrates de Suède, un parti d’extrême droite anti-immigration, le gouvernement d’Ulf Kristersson a introduit des restrictions de plus en plus sévères depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
    Fin avril, Stockholm a mis en place des de nouvelles règles, plus strictes, pour l’obtention de la nationalité. Ainsi, il faut désormais pouvoir justifier de huit ans de résidence dans le pays, contre cinq auparavant. Les candidats doivent par ailleurs bénéficier d’un revenu d’au moins 2 000 euros par mois, passer de nouveaux tests de langue et « mener une vie honnête », un critère jugé flou et controversé.En mars, le gouvernement suédois a annoncé poursuivre son projet de loi controversé qui obligerait les administrations suédoises, comme la sécurité sociale ou les impôts, à dénoncer les personnes en situation irrégulière. Il y a deux ans, les fonctionnaires s’étaient déjà mobilisés contre cette proposition de loi et avaient appelé à la « désobéissance civile ». Stockholm a aussi durci l’accès au regroupement familial et a fortement augmenté l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine. Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros - contre 2 300 euros auparavant.
    En parallèle, le nombre de demandes d’asile a chuté de 30% l’an dernier par rapport à l’année précédente (6 735 en 2025, contre 9 645 en 2024). L’immigration liée à l’asile en Suède reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60% et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60% », s’est félicité début janvier le ministre des Migrations Johan Forssell

    #Covid-19#migration#migrant#suede#asile#politiquemigratoire#retour#regroupementfamilial#sante#droit

  • « Ils me tueront » : en Suède, l’angoisse des Afghans face aux négociations avec les Taliban - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71637/ils-me-tueront--en-suede-langoisse-des-afghans-face-aux-negociations-a

    Ils me tueront" : en Suède, l’angoisse des Afghans face aux négociations avec les Taliban
    Par RFI Publié le : 01/06/2026
    La Commission européenne a invité des responsables talibans à Bruxelles afin de discuter du renvoi d’Afghans condamnés, déboutés du droit d’asile ou en situation irrégulière sur le sol européen. Présentée comme « technique » et sans reconnaissance officielle du régime, cette réunion fait néanmoins polémique, notamment en Suède, pays qui joue un rôle central en coordonnant cette initiative. C’est là-bas, à Stockholm, que notre correspondante a rencontré ceux qui sont terrorisés à l’idée de retourner dans l’Afghanistan des talibans. 
    * REP internat 2’30 01-06-26 Afghans menacés d’expulsion en Suède
    Le reportage de notre correspondante Ottilia Férey à Stockholm est à écouter dans son intégralité dans l’émission Accents d’Europe.

    #Covid-19#migrant#migration#suede#afghanistan#politiquemigratoire#retour#asile#droit#sante#asile

  • La Suisse pointée du doigt pour avoir renvoyé de force des migrants au Burundi - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71617/la-suisse-pointee-du-doigt-pour-avoir-renvoye-de-force-des-migrants-au

    La Suisse pointée du doigt pour avoir renvoyé de force des migrants au Burundi
    Par RFI Publié le : 29/05/2026
    Un expert de l’ONU et 40 ONG épinglent la Suisse pour le renvoi forcé de migrants au Burundi. La confédération helvétique est l’un des rares pays d’Europe à appliquer les retours forcés dans les pays qu’elle juge sûrs. Or pour le Burundi, elle se fonde sur une évaluation caduque, alors que le pays pratique la torture, selon les associations de défense des droits de l’Homme. Onze ressortissants du pays aux mille et une collines, dont une famille avec enfants, ont ainsi été renvoyés chez eux le mois dernier.
    Éric (prénom d’emprunt) a fui le Burundi après avoir été torturé en prison pour s’être opposé à la milice locale des Imbonerakure. « Dans le service de renseignements j’ai été incarcéré pendant trois semaines. J’ai subi des tortures physiques et les tortures sexuelles », témoigne-t-il.
    Installé depuis 2022 en Suisse, où la justice l’a débouté de sa demande d’asile, Éric risque l’expulsion à tout moment. « Je vis dans une situation d’aide d’urgence, j’arrive pas à bien dormir, je prends des médicaments pour le stress. Quand j’imagine que je peux être renvoyé au Burundi avec tout le sort que j’ai subi, c’est vraiment compliqué pour moi. »
    Fuir le pays, un acte de déloyauté pour le régme burundais
    Emma Lidén est avocate spécialisée en droits humains à Genève. Elle a porté le dossier d’Éric auprès du rapporteur spécial de l’ONU. « Le secrétariat d’État aux Migrations doit renouveler son appréciation de la situation au regard des droits humains au Burundi. Les autorités sont tenues d’évaluer chaque situation de manière individualisée et actualisée », explique-t-elle.
    Les autorités suisses évaluent le risque sécuritaire et accordent le statut de réfugié en fonction du profil militant des demandeurs d’asile. Le rapporteur spécial de l’ONU souligne, dans son rapport, que le simple fait d’avoir fui le pays constitue pour les autorités burundaises un acte de déloyauté envers le régime. Rendant tout retour risqué

    #Covid-19#migration#migrant#suisse#burundi#droit#sante#politiquemigratoire#retourforce

  • Grèce : plus de 700 migrants débarquent en Crète en deux jours - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71625/grece--plus-de-700-migrants-debarquent-en-crete-en-deux-jours

    Grèce : plus de 700 migrants débarquent en Crète en deux jours
    Par La rédaction Publié le : 29/05/2026
    En seulement deux jours, mercredi et jeudi, plus de 700 migrants sont arrivés en Crète et sur la petite île de Gavdos après avoir été secourus en mer par les gardes-côtes grecs. La route de Tobrouk, qui mène de cette ville de l’est libyen à la Crète, s’est considérablement développée l’an dernier : près de 20 000 personnes ont débarqué sur cette île grecque, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de 200 %.Les derniers jours ont été chargés au large de la Crète et de sa voisine, la petite île de Gavdos. Entre mercredi 27 et jeudi 28 mai, plus de 700 migrants sont arrivés sur ces deux îles grecques après avoir été secourus en mer, selon des communiqués des gardes-côtes grecs.
    Mercredi, quatre opérations ont permis de porter assistance à 165 personnes. Et pour la seule journée de jeudi, 611 exilés ont été pris en charge par les autorités grecques au cours de 13 opérations de sauvetage.À leur arrivée au port, les migrants ont été envoyés dans des structures temporaires de Crète, en attendant leur transfert vers le continent. L’île ne dispose en effet pas de structures d’accueil. Ainsi, les exilés qui viennent de débarquer ne passent que quelques nuits en Crète avant d’être rapidement transférés en Grèce continentale.
    Le gouvernement grec a annoncé en début d’année l’ouverture de trois centres d’accueil en Crète : deux temporaires et un permanent. Dans ces trois nouveaux sites, les autorités procéderont à un examen de la situation du demandeur d’asile. Les personnes dont la demande de protection a peu de chances d’aboutir, selon les critères d’Athènes, seront transférées dans des centres de détention en attendant le traitement accéléré de leur dossier, puis leur éventuelle expulsion du territoire grec. Les autres seront prises en charge dans le système d’accueil classique des demandeurs d’asile.
    Depuis l’an dernier, les arrivées de migrants ont explosé en Crète. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %.Pour atteindre la Crète, les exilés partent de la ville de Tobrouk, à l’est de la Libye. La route dite de Tobrouk s’est largement développée l’année dernière au dépend de celle passant de la Turquie vers les îles de la mer Égée. En 2024, 78 % des arrivées en Grèce se faisait via les îles de la mer Égée, et seulement 8 % via la Crète. Alors qu’en 2025, 44 % des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40 % en partant de Libye, selon le ministre. Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, environ 5 000 personnes ont débarqué en Crète - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période. En comparaison, près de 3 000 migrants ont débarqué sur les îles de la mer Égée depuis le 1er janvier 2026, selon les chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
    La route de Tobrouk reste particulièrement dangereuse. Environ 300 km séparent la ville de l’est libyen à la Crète et aucun navire humanitaire ne sillonne la zone, trop vaste. Fin mars, 22 exilés sont morts durant cette traversée de la Méditerranée après six jours d’errance en mer. Leurs corps « ont été jetés à la mer sur ordre d’un des passeurs », selon les gardes-côtes grecs. Seules 26 personnes du même canot ont pu être secourues.Pendant le voyage, « les passagers ont perdu leur orientation et sont restés en mer pendant six jours sans eau ni nourriture », toujours d’après la garde-côtière. Les 48 personnes à avoir pris place dans l’embarcation ont en outre subi « des conditions météorologiques défavorables » qui, ajoutées au manque de vivres et d’eau douce, « a entraîné la mort par épuisement de 22 personnes ».
    Début mars, quatre migrants sont morts et 26 autres sont portés disparus après un « accident de bateau » en Méditerranée, au sud de la Crète, avait annoncé le HCR.Fin février, quatre autres exilés avaient déjà péri entre la Libye et la Crète. Les gardes-côtes grecs avaient repêché le 21 février les dépouilles de trois hommes égyptiens et celle d’une femme soudanaise après le naufrage de leur embarcation. Par ailleurs, au moins 30 personnes sont portées disparues. Le canot transportait 50 migrants, dont 21 Égyptiens, d’après le ministère égyptien des Affaires étrangères.
    Face à la hausse des arrivées, le gouvernement grec a pris plusieurs mesures pour tenter d’enrayer le phénomène.En juillet 2025, Athènes a annoncé qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants en route vers la Grèce. En août, les autorités ont décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord. Mi-octobre, l’enregistrement des dossiers a finalement repris. En septembre 2025, le gouvernement a aussi voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans de prison, et une amende de 10 000 euros.Le 12 mai dernier, les autorités ont a par ailleurs annoncé un projet de loi sur la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur au sein de l’Union européenne (UE) le 12 juin. Le texte prévoit de renforcer les frontières et d’accélérer les procédures d’asile et d’expulsion, notamment en triant les migrants en fonction de leur profil, s’ils peuvent prétendre ou non à l’asile selon leur pays d’origine.
    Le gouvernement vise particulièrement les ressortissants d’Égypte, du Pakistan et du Bangladesh, nombreux à atteindre la Crète depuis la Libye. « La plupart [de ces personnes] n’ont pas le droit à l’asile », avait affirmé le ministre grec des Migrations Thanos Plevris, en février. La Grèce est par ailleurs en pourparlers avec ces trois États pour faciliter le retour de ces migrants dans leur pays d’origine, et entend créer prochainement, avec d’autres pays européens, un centre de retour dans un pays tiers hors de l’UE

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  • « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71572/retours-volontaires-de-loim--pres-de-500-migrants-rapatries-de-libye-e

    « Retours volontaires » de l’OIM : près de 500 migrants rapatriés de Libye en une semaine
    Par La rédaction Publié le : 27/05/2026
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 500 migrants en Libye ont été rapatriés vers le Bénin, le Pakistan et le Bangladesh via un « retour volontaire » cette semaine.
    Au total, 496 migrants ont été rapatriés dans leur pays via un « retour volontaire » organisé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) ces sept derniers jours. Pour cela, trois vols ont été affrétés. Le premier est parti de la ville de Sabha, à quelques 600 km au sud de Tripoli. De cette région désertique, 151 migrants ont été rapatriés vers Cotonou, au Bénin, et Accra, au Ghana.
    Le second vol concernait 174 exilés. Ils ont quitté Tripoli en direction d’Islamabad, la capitale du Pakistan. Et enfin, le dernier avion est parti de Benghazi avec pour destination Dhaka, la capitale du Bengladesh, avec 171 migrants à son bord.Un soutien médical et de protection a permis à tous les bénéficiaires de recevoir des retours sûrs", assure l’organisation onusienne.
    Ces dernières opérations témoignent de la dureté de la vie en Libye pour les migrants. Dans ce pays de transit pour les exilés tentant de rejoindre l’Europe, les conditions de vie sont extrêmement difficiles.
    En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. De nombreux migrants meurent aussi en détention, faute de famille et d’argent.
    Depuis de nombreuses années, la rédaction d’InfoMigrants et de nombreuses ONG et institutions témoignent de la violence subie par les exilés dans cet État d’Afrique du Nord. En novembre 2025 par exemple, un Camerounais racontait son calvaire en Libye : « Ce pays ne connaît pas les droits de l’Homme, il n’y a aucun respect pour les personnes noires. Nous sommes considérés comme des animaux ».
    Et dans les geôles libyennes, les migrants vivent l’enfer. « Nous étions tous enfermés, il y avait des jeunes comme moi, mais aussi des personnes âgées, ils ne nous donnaient pas à manger et ils nous frappaient. Ils nous ont demandé le numéro de téléphone de nos familles et ont passé des appels vidéo pour leur demander de l’argent pendant qu’ils nous frappaient. Ma famille n’avait pas d’argent, alors ils m’ont frappé et m’ont arraché un ongle, puis j’ai perdu connaissance. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite », témoignait de son côté un Bangladais interrogé par InfoMigrants en août 2025.
    Le nombre de « retours volontaires » effectués depuis la Libye témoigne aussi de cet « enfer libyen », et ce depuis plusieurs années. Entre le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015 et juin 2025, plus de 100 000 migrants en Libye ont regagné leur pays en Afrique et Asie.
    Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissait d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants - parfois non accompagnés - ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.Mais le retour est parfois impossible. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de sept ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mali#niger#nigeria#rapatriement#retourvolontaire#benin#pakistan#bangladesh#sante#routemigratoire#OIM

  • Côte d’Ivoire : bloqués en Tunisie, plus de 240 migrants font le choix de revenir au pays - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71533/cote-divoire--bloques-en-tunisie-plus-de-240-migrants-font-le-choix-de

    Cote d’Ivoire : bloqués en Tunisie, plus de 240 migrants font le choix de revenir au pays
    Par RFI Publié le : 25/05/2026
    Rapatriés ce week-end à Abidjan, 243 hommes, femmes et enfants ivoiriens qui vivaient depuis plusieurs mois en Tunisie dans des conditions très dures ont décidé de rentrer chez eux. Un « retour volontaire » souvent vécu comme un soulagement, bien qu’ils n’aient pu rejoindre le continent européen comme ils l’espéraient au départ.
    Ils ont fait le choix de rentrer en Côte d’Ivoire. Durant le week-end du 23-24 mai, 243 migrants ivoiriens – des hommes surtout, mais aussi quelques femmes et une poignée d’enfants – sont arrivés à Abidjan à bord d’un vol spécial en provenance de Tunisie. Organisé par les deux pays, selon la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), ce « retour volontaire » représente pour eux un soulagement, malgré l’échec de leur but premier, qui était de gagner le continent européen.
    Dans le centre d’accueil de la commune d’Abobo, par lequel ils transitent en attendant de pouvoir rentrer dans leurs familles respectives, beaucoup témoignent en effet des conditions de vie très dures auxquelles ils ont été exposés en Tunisie.C’est par exemple le cas de Fanta, de retour après avoir vécu deux ans à Sfax, ville du centre-est de la Tunisie connue pour être un lieu de départ des migrants vers l’île italienne de Lampedusa. « Les conditions étaient tellement difficiles. Il y a un endroit à Sfax, au bord de la mer, où quand la police vient, ils cassent tout, brûlent tout, et vous chassent comme des animaux », raconte-t-elle, avant de confier avoir tenté de traverser six fois la mer Méditerranée. « Mais ça n’a pas marché », souffle encore cette dernière, la voix éteinte et le regard fuyant. À l’annonce de son prénom, Fanta – qui patientait sous un préau où une fonctionnaire fait l’appel afin de « libérer » ces Ivoiriens rentrés au pays – saisit sa valise et s’engouffre dans un taxi pour rejoindre ses parents à Yopougon. D’autres attendent des bus pour se rendre à Daloa et Bouaké, entre autres.Et parmi eux, certains préfèrent cacher leur visage, par crainte d’être reconnus. Il faut dire que les « retours volontaires » se font souvent à contrecœur, explique Mamadou Sako, l’un des responsables de la DGIE : « La plupart rentrent avec beaucoup de regrets parce que leurs parents avaient placé leurs espoirs en eux. Or, avec leur retour au pays, ces espoirs s’envolent, ils reviennent bredouille. »
    Pour la DGIE, l’enjeu est donc de convaincre les candidats à la migration que des opportunités existent aussi en Côte d’Ivoire, que ce soit en termes de formations ou d’emplois. "On ne cherche pas à les dissuader, ajoute Mamadou Sakho. On essaie simplement de les persuader qu’ils peuvent rester en Côte d’Ivoire ou qu’il existe de meilleures voies que la migration irrégulière pour partir."Revenu dans son pays après avoir passé deux ans en Tunisie, Cissé, lui, fait partie de ceux qui ne nourrissent aucun regret. « Je suis rentré chez moi en bonne santé. Je peux travailler et avoir une vie meilleure. J’ai toujours l’espoir ! », lance ce chauffeur quadragénaire qui vit son retour en Côte d’Ivoire comme une deuxième chance, après avoir passé huit mois en prison pour défaut de carte de séjour pendant son exil tunisien.
    Entre 2022 et 2025, près de 8 700 migrants ivoiriens sont rentrés chez eux avec l’appui de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tiers d’entre eux sont revenus de Tunisie

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