• « Avec la réforme, les #Retraites de demain ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie »
    https://www.bastamag.net/Reforme-des-retraites-systeme-a-points-penibilite-age-de-depart-duree-de-c

    La réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron fait basculer le système par répartition vers un système individualisé, à points. Chacun vivra dans l’illusion qu’il reste maître du niveau de sa future pension, mais exercer un métier pénible ou précaire, connaître des périodes de chômage, se retrouver en invalidité sont autant de facteur qui feront baisser les points accumulés. Entretien avec l’économiste Michaël Zemmour. Basta ! : Cette réforme, et le passage à un système à points, sera-t-elle plus (...) #Décrypter

    / #Luttes_sociales, Quel avenir pour nos protections sociales ?, #Entretiens, Retraites, #Inégalités, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

  • Fonds de pension : l’avenir de nos #Retraites se jouera-t-il bientôt sur les marchés boursiers ?
    https://www.bastamag.net/Reforme-des-retraites-regimes-speciaux-baisse-des-pensions-marches-financi

    La future réforme des retraites incitera ceux qui le peuvent à miser sur des retraites complémentaires par capitalisation. Ils alimenteront ainsi des fonds de pension qui s’enrichissent grâce à la spéculation immobilière, aux privatisations ou... à la réduction des coûts dans les maisons de retraite. Les deux grands groupes privés de maisons de retraites français, Orpea et Korian, font régulièrement la une des médias pour les conditions de prise en charge des retraités et de travail de leurs salariés. (...) #Décrypter

    / #Protections_sociales, #Finance, #Spéculation_financière, Quel avenir pour nos protections sociales ?, Retraites, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

  • Places de la République (saison 3) (1/12) : La manif des avocats et la vie après Balkany
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/places-de-la-republique-saison-3-112-la-manif-des-avocats-et-la-vie-ap

    Le lundi 16 septembre 2019, à l’appel des #avocats, quatorze professions libérales se sont réunies à la Place de la Nation contre la réforme des retraites. Pendant ce temps, à Levallois Perret, certains électeurs de Patrick #Balkany signent un livre d’or en soutien à leur maire.

    #manif #retraites #audio

  • #Retraites : menaces sur un pilier du modèle social – La Chronique Éco
    https://lemediapresse.fr/economie/retraites-menaces-sur-un-pilier-du-modele-social-la-chronique-eco

    La future réforme pourrait-elle faire des retraites une variable d’ajustement des finances publiques et ouvrir la voie à la #capitalisation ? Les explications de l’économiste atterré Henri Sterdyniak.

    #Économie #delevoye #Macron

  • C’est quand qu’on arrête ? | Emma
    https://emmaclit.com/2019/09/23/cest-quand-quon-arrete

    Ces derniers jours, j’ai voulu savoir ce qui nous attendait avec la réforme des retraites. Conclusion : le rapport Delevoye, c’est le coup final porté à la solidarité intergénérationnelle. J’explique pourquoi, en images.

    Merci aux camarades du NPA pour leurs dossiers sur le sujet, et pour leurs conseils et relectures 🙂

    Les dossiers sont accessibles ici
    https://npa2009.org…/retraites-par-points-le-jeu-de-bonnet…
    https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Faisons-les-ba

  • La réforme des retraites au prisme du modèle suédois | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/michel-husson/reforme-retraites-prisme-modele-suedois/00090264

    Le système par points proposé pour la France diffère du système suédois mais il se réclame des mêmes principes. C’est pourquoi il est éclairant de rapprocher les termes du débat français de la réalité suédoise.

    #paywall

  • Retraites. L’âge pour toucher les pensions de réversion reculé de sept ans !
    https://www.revolutionpermanente.fr/Retraites-L-age-pour-toucher-les-pensions-de-reversion-recule-d

    Rappelons que cette pension de réversion est perçue par 4,4 millions de retraités, dont 89 % sont des femmes. Selon ces chiffres impressionnants de la Drees (Direction de recherche , des études, de l’éducation et des statistiques), cette pension représente une ressource vitale pour de nombreuses femmes dont le conjoint est décédé. Malgré une amélioration depuis une dizaine d’années, les pensions de retraite des femmes restent en moyenne 25 % inférieures à celles des hommes. Sans les pensions de réversion, cet écart se creusera et mettra de nombreuses femmes en situation de plus grande précarité.

    #femmes #retraites #précarité #vieillesse #surnuméraires

    • Il faut reconnaître à ce mode de calcul, et c’est le principal argument du gouvernement, qui prend beaucoup dans une main pour remettre un peu dans l’autre, que le mode de calcul peut légèrement avantager (par rapport au système actuel) le conjoint qui dispose d’une plus petite retraite. Prenons un exemple où monsieur toucherait 1400 euros de pension, et madame 700.En cas de décès de monsieur, elle toucherait selon le modèle actuel (en prenant la base de calcul du privé de 54%) 1456 euros, et 1470 avec celui proposé par le rapport Delevoye. Dans le cas inverse, monsieur toucherait aujourd’hui 1778 euros et demain 1470. En définitive un moyen de faire des économies sur le dos des plus pauvres, en les comparant à des nantis, le tout au nom de la justice sociale !

      Mais ce que cache en réalité cette hypocrisie et quel est le cœur de la modification de la pension de réversion, c’est le recul de l’âge où l’on peut toucher cette pension. Il est aujourd’hui de 55 ans, après la réforme il passera à 62 ans, soit un recul de 7 ans ! Où passe la justice sociale pour une femme de moins de 62 ans dont le conjoint viendrait à décéder ?

  • Ärger bei Axel Springer : Vorstandschef Mathias Döpfner kappt betriebliche Altersvorsorge für Beschäftigte › Meedia
    https://meedia.de/2019/09/13/aerger-bei-axel-springer-vorstandschef-mathias-doepfner-kappt-betriebliche-al

    Le patron des éditions Axel Springer coupe la contribution de l’entreprise aux retraites de ses employés. Is ne toucheront plus que la moitié de la contribution que leur accordait l’entreprise dans le passé.

    Vor zehn Jahren warb Axel Springer für seine vorbildliche betriebliche Altersvorsorge seiner Mitarbeiter. “Die Axel Springer VarioRente ist unserer Kenntnis nach eines der attraktivsten Modelle der betrieblichen Altersversorgung in Deutschland und stellt somit sicherlich auch einen Wettbewerbsvorteil für das Unternehmen dar. Sie ist ein wichtiger Eckpfeiler der betrieblichen Sozialleistungen und ein richtiger Schritt auf das vom Vorstand ausgegebene Ziel – das mitarbeiterfreundlichste Medienhaus Europas zu werden”, hieß es damals aus dem Springer-Verlag. Daran dürfte sich wohl wenig geändert haben, wenn man die am Freitag erschienene Bild-Zeitung in die Hand nimmt. Hier lobt die Boulevardzeitung die betriebliche Altersvorsorge in Deutschland in höchsten Tönen, um sich ab Mitte 50 gegen die “Armut im Alter” zu schützen.

    Begründung: “Anpassung an die wirtschaftlichen Rahmenbedingungen”

    Doch ausgerechnet nach dem Einstieg des renditehungrigen Finanzinvestors KKR drohen hier der Springer-Belegschaft nun Einschnitte: Denn Vorstandschef Mathias Döpfner hat überraschend die freiwillige Gesamtbetriebsvereinbarung zur so genannten Vario-Rente zum 31. Dezember 2019 gekündigt, erfuhr MEEDIA aus Unternehmenskreisen.

    Sie sah vor, dass die Beschäftigten bislang eine Verzinsung auf die eingezahlten Beträge für die Altersvorsorge von sechs Prozent erhielten. Davon will der Springer-Vorstand nun Abstand nehmen und künftig nur noch drei Prozent zahlen. Konkret bedeutet dies für die Beschäftigten: “Das Geld, welches bisher bereits eingezahlt und angespart wurde, soll auch weiterhin mit den bisher üblichen sechs Prozent verzinst werden. Nur das Geld, welches ab Januar 2020 eingezahlt wird, soll dann ab diesem Zeitpunkt mit nur drei Prozent verzinst werden”, heißt es in einer Mitteilung des Konzertbetriebsrats, die MEEDIA vorliegt. Bei Neuabschlüssen ab 2020 soll der Rechnungszins generell nur noch drei Prozent betragen.

    Laut Betriebsrat begründet der Springer-Vorstand die “Änderung mit der Anpassung an die wirtschaftlichen Rahmenbedingungen”. Gemeint ist wohl die aktuelle Zinsentwicklung.

    #journalisme #capitalisme #retraites #Allemagne

  • Réforme des #RETRAITES : la RATP fait monter la pression, juste avant les libéraux
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130919/reforme-des-retraites-la-ratp-fait-monter-la-pression-juste-avant-les-libe

    En menant une grève d’ampleur, bloquant une bonne partie du transport collectif d’Île-de-France ce vendredi 13 septembre, les agents de la RATP lancent le bal des mobilisations contre la réforme des retraites. Lundi, les professions libérales doivent prendre le relais. Face à cette constellation contestataire, le gouvernement joue la montre.

    #RATP,_réfome,_retraités,_social,_Edouard_Philippe,_régimes_spéciaux,_A_la_Une

  • Gilets jaunes, #Climat, hôpitaux, #Retraites : vers un « septembre noir » pour le gouvernement ?
    https://www.bastamag.net/rentree-social-greve-climat-gilets-jaunes-urgences-mobilisations-reforme-d

    Si le gouvernement misait sur un essoufflement des mobilisations avec la période estivale, c’est probablement raté. Le nombre de services d’urgence en grève a doublé. Après la fonction publique, c’est au tour des professions libérales de rejoindre les manifestations contre le projet de réforme des retraites. Les gilets jaunes promettent un « septembre noir », avec de possibles convergences les mobilisations pour le climat. Et la proposition de référendum contre la privatisation d’ADP continue (...) ça bouge !

    / Climat, Retraites, #Services_publics, Santé , #Luttes_sociales, A la une

    #ça_bouge_ ! #Santé_

  • Retraites : préparer la riposte du monde du travail | Le Journal Lutte Ouvrière
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2019/09/04/retraites-preparer-la-riposte-du-monde-du-travail_134157.htm


    #retraites

    Alors qu’il affichait au début de l’été sa détermination à engager rapidement une #réforme_des_retraites, le gouvernement a changé d’attitude. « On va prendre un an, un petit peu moins d’un an », a déclaré en fin de semaine le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. Le même jour, tout en expliquant que le futur projet de loi serait « présenté au Parlement lors des mois qui viennent », le Premier ministre #Édouard_Philippe a insisté à son tour sur le fait qu’il fallait
    « prendre le temps d’en parler ».

    Le ton et la méthode tranchent avec l’attitude provocante qui était celle de #Macron et de ses ministres il y a un an. Entre temps, le mouvement des gilets jaunes et le large soutien dont il a bénéficié ont montré que le mécontentement des classes populaires est général et profond. Le gouvernement redoute qu’il ne se manifeste à nouveau à l’occasion de la réforme des retraites. C’est pourquoi il préfère la repousser au-delà des élections municipales de mars 2020.

    Le ballet des rencontres entre représentants du patronat et des organisations syndicales va commencer les 5 et 6 septembre et un calendrier va être annoncé. À ces réunions dans les ministères, le gouvernement parle d’ajouter une « consultation citoyenne », peut-être à la façon du grand débat organisé pour servir d’étouffoir à la colère exprimée par les gilets jaunes.

    Mais la concertation dont Macron et ses ministres nous rebattent les oreilles ces temps-ci se résume simplement : « Cause toujours, et à la fin je décide ! » Le gouvernement n’a pas renoncé à s’attaquer aux retraites. En se livrant à cette mascarade, il cherche à obtenir la caution des confédérations syndicales et tente de faire croire que son projet bénéficie de l’assentiment de la population.

    En juillet, le politicien de droite #Jean_Paul_Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites et désormais membre du gouvernement, a rendu publiques les pistes envisagées : suppression des #régimes_spéciaux dont bénéficient encore certaines catégories, notamment dans la fonction publique ; la pension ne serait plus calculée sur les 25 meilleures années ou les six derniers mois mais sur toute la carrière, ce qui entraînerait forcément une diminution, et ce calcul reposerait sur un système de points dont le gouvernement se réserverait le droit de fixer la valeur ; instauration d’un âge pivot à 64 ans pour obtenir une retraite pleine.

    Macron a déclaré récemment que rien n’était décidé et qu’il préférait « qu’on trouve un accord sur la #durée_de_cotisation plutôt que sur l’âge ». Mais augmenter la durée de cotisation revient à retarder l’âge du départ ! Quel que soit le moyen utilisé, le résultat reste le même : faire travailler les salariés plus longtemps, ou les maintenir plus longtemps au chômage, puisque c’est la situation de près de la moitié des plus de 55 ans ; et de toute façon, amputer les retraites de tous.

    Le gouvernement prétend mettre en place un système plus juste mais c’est une justice à la sauce patronale, qui consiste à imposer une régression à toutes les catégories de salariés ! La réforme que prépare Macron est un nouvel épisode dans la guerre menée au monde du travail par la classe capitaliste et les gouvernements à son service.

    Pour accroître leurs profits dans un contexte de crise et de concurrence exacerbée, les capitalistes font reculer le niveau de vie des travailleurs par tous les moyens, en aggravant l’exploitation, la #précarité et en imposant les bas salaires. De leur côté, quelle que soit leur couleur politique, tous les gouvernements n’ont cessé depuis des années de consacrer une part croissante des finances publiques à satisfaire les exigences du grand patronat et des banques. L’éducation, le système de santé, la retraite, tout ce qui est le plus essentiel pour les travailleurs est sacrifié pour favoriser les profits d’une minorité de riches bourgeois !

    Des journées de #mobilisation sont organisées contre cette réforme des retraites, dont celle proposée par la #CGT le 24 septembre. Ce sont des occasions à saisir pour commencer la mobilisation contre l’ensemble des attaques.

    #Emplois, #salaires, retraites : les capitalistes mènent la guerre sur tous les fronts. C’est collectivement, en tant que classe sociale aux intérêts communs, que les travailleurs pourront mettre un coup d’arrêt à cette offensive contre leurs droits et leurs conditions de vie. Nous sommes le nombre, nous faisons fonctionner la société, nous en avons la force si nous en avons conscience.

    Montrons au gouvernement qu’il a raison de craindre les réactions de colère des travailleurs !

    Bulletins d’entreprise du 2 septembre

  • Réforme des #RETRAITES : les vrais chiffres
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/040919/reforme-des-retraites-les-vrais-chiffres

    Un collectif citoyen a épluché les données publiques disponibles pour établir les conséquences de la future réforme, en comparant les situations de salariés qui partiront prochainement à la retraite avec ceux qui partiront 30 ans plus tard. Pour des carrières identiques, le niveau des pensions chutera de 15 à 23%. Pour conserver le même niveau, il faudra travailler trois ans de plus. À partir de ce jeudi 5 septembre, Édouard Philippe reçoit les syndicats et le patronat.

    #collectif,_taux_de_remplacement,_réforme,_retraités

  • La République Inaltérable | Le Monde Moderne
    « Bololo de rentrée »

    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/feed.pippa.io/public/streams/5abdfaacdd30d7a452caa948/episodes/5d6e64b3192044a67627946e.mp3

    La baladodiffusion politique libre, incisive et sans concession du Monde Moderne.

    Avec Alexis Poulin et Antoine Gouritin

    https://larepubliqueinalterable.top
    https://www.regain-magazine.com
    https://lafabrique.fr/la-societe-ingouvernable
    CHAMAYOU Grégoire La société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire, La Fabrique, 2018

  • Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des #Retraites
    https://www.bastamag.net/Reforme-retraites-pensions-64-ans-Delevoye-regimes-speciaux-capitalisation

    Les grandes lignes du projet de réforme de retraites de Macron ont été dévoilées en plein mois de juillet. Le passage au système à points, l’abandon du calcul sur les 25 meilleures années, et la possibilité d’un taux plein à seulement 64 ans auront une conséquence évidente : la réduction des pensions et le creusement des inégalités entre retraités, cadres et ouvriers, hommes et femmes. Tout en ouvrant un peu plus les retraites aux marchés financiers, via le système de la capitalisation. Les négociations (...) #Décrypter

    / Quel avenir pour nos #Protections_sociales ?, Retraites, #Revenus, #Spéculation_financière, Protections sociales, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

  • Revenus. Les quatre visages de la Bretagne - Richesse et fiscalité en Bretagne - LeTelegramme.fr
    https://www.letelegramme.fr/dossiers/richesse-et-fiscalite-en-bretagne/richesse-et-fiscalite-les-quatre-visages-de-la-bretagne-23-08-2019-1236

    (les cartes, à l’exception de la première, sont restées derrière le #paywall, on en entrevoit 2 des 3 autres sur l’illustration de l’article)

    Les retraités aisés le long des côtes, les actifs rassemblés autour des bassins d’emplois et un Centre-Bretagne en déclin, c’est ce que soulignent les déclarations de revenus faites en 2018 par les ménages bretons.

    Les retraités aisés vivent sur le littoral
    Le succès des côtes bretonnes ne se dément pas. Pour couler une retraite paisible au bord de la mer, de nombreux anciens actifs ont choisi les communes du littoral, où la part des pensions dans le revenu total est plus importante que la moyenne. De Cancale (35) à Crozon (29), et de Loctudy (29) au Golfe du Morbihan (56), les petites villes et villages peuplés en grande partie de retraités dessinent une frange côtière presque continue, surtout au sud de la Bretagne.
    Les chiffres sont particulièrement significatifs dans le Golfe du Morbihan et la Côte d’Émeraude. Dans les communes qui bordent le golfe, la part des retraites dans le revenu total dépasse les 60 % et grimpe même à 71 % à Arzon, à 70 % à Saint-Gildas-de-Rhuys et à Damgan, à laquelle s’ajoute un revenu annuel moyen par foyer fiscal plus élevé que la moyenne (au-delà de 30 000 euros). Dans certaines communes près de Dinard (22), cette part dépasse aussi les 60 %, comme à Saint-Jacut-de-la-Mer (64 %) et Saint-Cast-le-Guildo (63 %). Les principales zones touristiques de Bretagne sont donc aussi celles où la richesse est élevée et où les retraités aisés sont les plus nombreux.

    Les classes moyennes supérieures s’installent autour des grandes villes
    C’est la carte des bassins d’emploi bretons, ceux de Rennes, Brest, Saint-Brieuc, Quimper, Lorient et Vannes. Les communes autour de ces villes drainent une majorité d’actifs aux revenus plus élevés que la moyenne, ceux qui ont choisi de travailler dans les centres urbains et de vivre dans les communes périphériques, attirés par des offres immobilières et un cadre de vie correspondant à leurs attentes.
    Par exemple, dans le bassin d’emploi brestois, la commune de Locmaria-Plouzané se démarque avec 70 % du revenu total assurés par les actifs et un revenu moyen par foyer fiscal atteignant 39 000 euros, le plus important de la zone. À Saint-Thonan, situé entre Brest et Landerneau, la part des salaires atteint 81 %, avec un revenu moyen de 32 000 euros. Dans la région lorientaise, le revenu moyen s’élève à 31 000 euros à Kervignac, où 73 % du revenu global sont assurés par les salaires. Les chiffres sont à peu près semblables dans les autres bassins d’emploi bretons, à l’exception de Rennes, où les revenus sont plus élevés. À Saint-Grégoire, il grimpe ainsi à 46 000 euros.

    Les travailleurs modestes contraints à l’éloignement
    C’est le deuxième cercle périurbain, avec des communes plus éloignées des bassins d’emploi, moins densément peuplées et absentes de la frange littorale. La part des salaires dans le revenu global est au moins supérieure à 60 %, mais le revenu moyen par foyer fiscal est moins important que dans les communes en périphérie des grandes villes. Autre constat, ces communes se situent pour une grande partie le long des deux principaux axes routiers bretons, la RN12 au nord et la RN165 au sud, garantissant aux actifs un accès relativement rapide aux bassins d’emploi.
    Parmi ces communes modestes, où les actifs pèsent plus que les retraités, figurent également quelques-unes des villes importantes de la région, comme Brest, Quimper, Lorient et Saint-Brieuc. À Brest, la part des salaires dans le revenu global s’élève à 68 %, avec un revenu moyen de 22 000 euros seulement, le plus faible de son bassin d’emploi. Tout comme à Saint-Brieuc, où la part des salaires est encore moins importante (61 %). Les richesses créées par les actifs ont quitté les centres, où la paupérisation de certains quartiers s’accentue.

    Les retraités modestes concentrés dans le Centre-Bretagne
    Population vieillissante, faible activité économique et enclavement, c’est le portrait d’une Bretagne en retrait. Les communes mises en évidence dans cette carte, au revenu moyen inférieur à 20 000 euros et à la part des retraites souvent supérieure à 50 %, montrent un Centre-Bretagne éloigné des bassins d’emploi et des principaux axes routiers, malgré la RN164 qui coupe cette zone en deux. D’autres territoires en difficulté apparaissent, notamment le Cap Sizun (29), l’intérieur du Trégor (22), le nord de l’Ille-et-Vilaine (35) et certaines îles (Ouessant, Molène, Groix).

    À l’exception de la périphérie carhaisienne et de quelques poches d’activité à Loudéac (22), Ploërmel (56) et Pontivy (56) notamment, tout le Centre-Bretagne est composé de communes modestes et peu actives. À Plouray par exemple, bourg d’à peine plus de 1 000 habitants dans le Morbihan, la part des retraites dans le revenu global atteint 52 % et le revenu annuel moyen s’établit à 18 000 euros. À Lanrivain, au cœur des Côtes-d’Armor, la part des retraites est plus élevée (53 %) et le revenu plus faible encore (17 000 euros).

    Méthodologie Pour établir ces quatre cartes, nous avons traité les données départementales et communales de l’impôt sur le revenu, mises à jour et disponibles sur le site du ministère des Finances. Nous avons choisi de retenir les revenus déclarés (revenus d’activité et pensions de retraite), et de les corréler au revenu moyen par foyer, qui s’établit à 24 500 euros en Bretagne. Nous avons relevé le seuil de la part des retraites dans le revenu global à 40 % pour plus de représentativité, sachant que la moyenne bretonne est de 35,8 %. Nous avons choisi de restreindre notre étude de ces données à la Bretagne administrative, sans prendre en compte la Loire-Atlantique, malgré l’influence de l’agglomération nantaise sur l’économie et la géographie bretonne.

  • #Retraites : portion congrue | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/070819/retraites-portion-congrue

    Prenons un salarié percevant actuellement un salaire brut de 1975 euros : ses pensions de retraite (Sécurité Sociale et complémentaire) avec un taux de remplacement de 75 % s’élèvent à 1481 € (1). Les diverses cotisations sociales vieillesse (employeur + salarié : 25,31 % retenus par le rapport Delevoye) s’établissent à 500 euros mensuels, soit 252.000 euros sur 42 ans (2) (3).

    Avec la réforme Macron-Delevoye, à partir de 2025, ce salarié ne dégageant plus que 5,5 euros de pension annuelle pour 100 euros cotisés, les 252.000 euros cotisés tout au long de sa carrière lui ouvriront droit à une pension annuelle de 5,5 X 2520 = 13860 €, soit 1155 € mensuels.

    Soit 326 euros en moins. Il sera à peine au-dessus du montant minimum garanti de 1000 euros [85 % du Smic] qui a été annoncé, par le rapport, pour les petites retraites (3).

    Mais cela ne sera ainsi que si le salarié part à 64 ans, car s’il part à 63 ans le rendement ne sera que de 5,225 % (ramenant la pension à 1097 €) et s’il part à 62 ans (comme il en aura toujours le droit) le rendement sera de 4,95 %, ramenant la pension à 1039 € (4). On peut toujours parler d’« âge légal de départ », il faudra non seulement partir à 64 ans (« âge pivot ») mais tout sera fait pour inciter à partir à 65 (taux de rendement 5,775) ou 66 ans (6,06 %). Puis on aura d’autres carottes pour un départ à 67, 68 ans, peut-être même 70 ans.

  • Les chômeurs, victimes collatérales de la réforme des retraites ? - Capital.fr
    https://www.capital.fr/votre-retraite/les-chomeurs-victimes-collaterales-de-la-reforme-des-retraites-1346557

    Dans ses préconisations sur la future réforme des retraites, le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, prévoit d’instaurer un âge d’équilibre à 64 ans. Ainsi, si vous partez avant, votre pension sera minorée. Une situation qui pourrait pénaliser les seniors au chômage avant de partir à la retraite.

    La réforme des retraites, une double peine pour les chômeurs seniors ? Si l’un des objectifs des préconisations du haut-commissaire est d’inciter les Français à travailler plus longtemps, encore faut-il qu’ils occupent un emploi. Ainsi, d’après des chiffres de la Dares, organisme de statistiques rattaché au ministère du Travail, en 2018, 56% des personnes âgées de 55 à 64 ans sont en activité. Les autres pourraient être impactées par l’instauration de l’âge d’équilibre. Ainsi, ceux qui demanderont le versement de leur retraite avant cet âge d’équilibre - qui devrait être fixé à 64 ans en 2025 - subiront automatiquement une décote de 5 % par année manquante. Soit une retraite amputée de 10 % pour ceux qui feront liquider leur retraite dès 62 ans et de 5 % pour ceux qui demanderont son versement à 63 ans.

    La question est de savoir si Pôle emploi va continuer à indemniser tous les chômeurs jusqu’à ce nouvel âge du taux plein – et dans l’affirmative à quelles conditions - prenant à sa charge le relèvement déguisé de l’âge de la retraite ou s’il va arrêter de les indemniser dès 62 ans, quel que soit leur durée d’assurance, puisque cette notion disparaît dans le futur régime. Mais s’ils se retrouvent sans allocations chômage, et sont contraints de demander la liquidation de leur retraite à 62 ans, ils subiront automatiquement la nouvelle décote, à l’instar de ce qui se passe actuellement dans le régime complémentaire des salariés du privé Agirc-Arrco.

    Ainsi, depuis le 1er janvier, un malus temporaire de 10 % est appliqué dans le nouveau régime complémentaire unique Agirc-Arrco à ceux qui demandent le versement de leur retraite complémentaire dès qu’ils remplissent les conditions pour bénéficier de leur retraite de base à taux plein. Seule solution pour y échapper : reporter la date de son départ en retraite d’un an, soit à 63 ans pour ceux qui remplissent les conditions de durée d’assurance pour le taux plein à 62 ans, à 64 ans pour ceux qui remplissent les conditions pour le taux plein à 63 ans, etc …

    #chômage #retraites

  • Les Français, ces migrants dont on parle peu

    Qui sont les Françaises et les Français qui partent s’installer, pour des durées variables, dans un pays du #Maghreb ?

    Alors que le langage courant les qualifie tour à tour de « #retraités », d’« #expatriés », d’« #entrepreneurs » ou de « #binationaux », les spécialistes des migrations internationales s’y intéressent peu. Cela est particulièrement vrai en France où le champ d’études s’est constitué autour du « problème de l’immigration », en se concentrant longtemps sur la figure emblématique du « travailleur immigré » comme le rappelle le sociologue Abdelmalek Sayad.

    Or les recherches que nous menons depuis plusieurs années au sein du programme Mobilités Nord-Sud montrent que la majorité des expériences individuelles de migration se situent à la croisée de logiques économiques, identitaires, hédonistes ou sentimentales.

    Des migrations peu connues

    Sous couvert d’une « mobilité » banalisée parce que privilégiée, l’estimation fiable de ces déplacements est difficile. Les sources statistiques locales ne sont pas systématiquement mises à jour et les chiffres fournis par les services consulaires français restent lacunaires. Les plus récents font état de 119 147 Français inscrits en Afrique du Nord dont 23 324 en Tunisie, 41 780 en Algérie et 54 043 Maroc. Plus des deux tiers seraient des bi-nationaux selon le dernier Rapport du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

    En raison du caractère facultatif de l’inscription auprès de représentations nationales à l’étranger, ces données ne sont qu’indicatives. Au Maroc, par exemple, le nombre de ressortissants français non-inscrits oscillerait entre 25 000 et 40 000 selon les sources ou comme le rapporte la sociologue Chloé Pellegrini.

    Concernant les parcours de ces individus, une enquête effectuée en 2013 par la Direction des Français à l’étranger a montré que 6 % des 1 610 000 individus inscrits au registre mondial des Français établis hors de France résident dans l’un des trois pays du Maghreb. Si pour les autres destinations, la durée moyenne de résidence est comprise entre 1 à 5 ans, 42 % des Français présents au Maghreb y vivent depuis au moins 10 ans.

    Par ailleurs, si 48,7 % indiquent séjourner en Afrique du Nord pour des raisons familiales ou personnelles, seulement 28,7 % le font pour des raisons professionnelles. Or, nos enquêtes mettent plutôt en garde contre la séparation du personnel et du professionnel, attirant l’attention sur les points de convergence entre l’un et l’autre.
    Expatriation, tourisme, retour : des catégories réductrices

    Derrière l’opacité statistique se donne à voir l’hétérogénéité et le dynamisme de ces mobilités. Les catégories traditionnellement utilisées – expatriation, tourisme, retour – montrent ici leurs limites. Non seulement ces termes demeurent le plus souvent approximatifs, mais aussi, dans certains cas, stigmatisants.

    Ainsi en est-il, par exemple, du mot « expatrié », dit familièrement « expat ». Sur le plan juridique, il s’agit de professionnels missionnés par leur État de tutelle, ou par une entreprise, qui leur assure un système de protection spécifique et des ressources matérielles conséquentes dans l’exercice d’une fonction à l’étranger (voir la définition du Larousse, les sites service-public et diplomatie.gouv.fr).

    Dans le langage courant, l’expression « expatrié » ne désigne toutefois pas uniquement ces professionnels, mais s’étend à tout ressortissant français vivant au Maghreb, et, plus largement, à toute personne issue d’un pays du « Nord » qui réside au « Sud ».

    Un imaginaire chargé de connotations négatives

    Il faut ajouter que l’imaginaire qui accompagne ce terme est à tel point chargé de connotations négatives, convoquant d’emblée le privilège, l’entre-soi, le désintérêt, voire le mépris pour la société locale, que bon nombre d’individus tiennent à s’en distancier.

    Sophie, 38 ans, installée professionnellement en Tunisie depuis trois ans et dont le mari et les deux enfants sont restés vivre en France, fait par exemple valoir l’authenticité de son rapport à la société locale :

    « Pour moi, l’idée ce n’est pas de vivre dans une tour d’ivoire, ce n’est pas ma façon d’être. Et si j’ai fait le choix d’être proche de la vraie vie, d’aller au marché trois fois par semaine, ce n’est pas juste pour le fun, c’est pour vivre sur le terrain, vivre avec la population, comprendre aussi la situation du pays. C’est même le choix aussi d’habiter à l’Ariana plutôt que dans les quartiers aisés au nord de Tunis. J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui sont là depuis 10, 15 ans, qui sont dans des administrations françaises, qui ont une vision… Moi je préfère être dans des quartiers plus populaires, loin des plages ».

    On retrouve les mêmes limites terminologiques à propos de ces Françaises et de ces Français qui passent la période hivernale dans les stations balnéaires ou les villes du Maroc et de Tunisie.

    Le terme de « touriste » est difficilement applicable à celles et ceux qui, dans le cadre de logiques résidentielles plus autonomes, passent des saisons entières dans ces mêmes stations, voire s’y installent durablement pour ne plus faire que de brefs séjours dans leurs pays d’origine.

    « La médina, c’est pour les touristes »

    C’est aussi le cas des « camping-caristes », expression qui connaît d’année en année un succès grandissant au Maroc, ou plus largement des nombreux retraités qui choisissent, plus ou moins durablement, de s’implanter dans la rive sud de la Méditerranée.

    La question de la durée et de la fréquence du déplacement, conjuguée à celle des formes d’installation, appelle ainsi à réinterroger la catégorie du tourisme et à penser ses continuums avec la migration. Au Maroc, par exemple, de nombreux Français s’installent dans le prolongement d’un séjour touristique, qui fut parfois très bref. Si les Marocains les appellent parfois « les touristes qui vivent ici », ces Français ne se reconnaissent pas comme tels et revendiquent bien être des « installés ».

    Anne, gérante de café à Essaouira explique :

    « J’ai visité un local hier qui m’a bien plu, où je pourrais faire de la cuisine, dans un autre quartier, à Azlef, où il y a beaucoup de résidents. Je ne veux plus être dans la médina, c’est pour les touristes ! Et, nous, les résidents, nous venons peu ici, même presque jamais. Je vise une clientèle de résidents, maintenant ».

    Les « binationaux » en question

    La mobilité des descendantes et descendants d’immigrés maghrébins en France – couramment appelé·e·s « binationaux » –, installé·e·s à divers titres dans le pays des origines de la famille, renvoie à une autre aporie des flux vers le Maghreb.

    Régulièrement et maladroitement qualifié de « retour », ce type de mobilité est ramené d’office à l’expérience migratoire des parents, que les enfants parachèveraient en décidant de franchir le pas inverse.

    Or, les acteurs démentent cette lecture circulaire et mettent plutôt en avant des logiques qui leur sont propres. Neila, journaliste sur la trentaine, habite à Alger depuis un an et demi au moment de notre rencontre. Fille d’un couple mixte franco-algérien, elle explique :

    « J’ai fait ce choix-là mais j’avais jamais mis les pieds en Algérie avant de débarquer en avril 2012 donc c’est pas un retour ! Beaucoup me disent “tu es retournée en Algérie” mais vu que je ne connaissais pas le pays, ce n’est pas du tout un retour, c’était une vraie découverte. Bon, j’y suis partie pour plusieurs raisons. D’abord parce que j’avais ce projet en tête depuis longtemps, je voulais connaître l’Algérie. Et je me suis dit que je ne voulais pas connaître l’Algérie juste de passage parce qu’on raconte tellement de choses, tellement d’images, tellement de vécu… Et donc je me suis dit, la meilleure façon de connaître ce pays, c’est d’exercer mon métier de journaliste. Parce que ça m’ouvrirait, voilà, je connaîtrais la société, plusieurs milieux… donc j’ai cherché du travail. Parce qu’aussi j’arrivais à la fin d’un contrat et j’avais aucune opportunité sérieuse en France. »

    Pour cette catégorie d’individus, il est clairement question d’une imbrication de facteurs où l’opportunisme professionnel rencontre éventuellement le souhait de mieux connaître ses origines et, plus rarement, de dépasser les situations de racisme et de discriminations vécues dans l’hexagone.
    Ajustements et nouveaux caps

    La situation de départ initiale fait parfois l’objet d’ajustements qui dessinent un nouveau cap. Sébastien, 37 ans, avait été envoyé à Alger en tant que salarié d’un groupe français détaché en Italie. Les possibilités du marché conjuguées à une qualité de vie somme toute agréable l’ont poussé à revoir son installation et à créer sa propre société.

    D’autres se heurtent à des phénomènes de précarisation, dont les formes, très variables, imposent parfois un retour en France ou un départ vers un autre ailleurs. C’est le cas d’Alice, 19 ans, qui vit au Maroc depuis un an au moment de l’entretien. Elle travaille dans une boutique tenue par une Française pour un salaire marocain (2 500 dh soit 250 euros par mois) et ne sait pas si elle pourra rester, n’ayant pas les moyens de créer sa propre entreprise.

    Le renouvellement des opportunités professionnelles, une rencontre amoureuse, l’appartenance à un réseau d’interconnaissances, l’amélioration de la qualité de vie, ou encore le sentiment de pouvoir accéder à une mobilité sociale ascendante constituent autant de facteurs susceptibles de reconfigurer (positivement) les parcours migratoires.

    S’intéresser à ces expériences permet d’interroger les trajectoires maghrébines des Françaises et des Français au-delà des stéréotypes et des idées reçues qui les devancent et au sein desquels l’assignation à la dimension du privilège s’impose le plus souvent.

    https://theconversation.com/les-francais-ces-migrants-dont-on-parle-peu-116384
    #émigration #France #migrations #vocabulaire #terminologie #mots #migrations_nord-sud #catégories #catégorisation #imaginaire #tourisme

    ping @reka @sinehebdo

  • Retraités : Quelles sont les modalités du remboursement de la #CSG qui commence ce jeudi ? - Voici ce que des millions de #retraités vont toucher ce jeudi, grâce aux trop-perçus de CSG - Je ne vois rien sur mon compte pour le moment...

    https://www.20minutes.fr/societe/2514131-20190509-retraites-modalites-remboursement-csg-commence-jeudi

    https://www.nicematin.com/economie/voici-ce-que-des-millions-de-retraites-vont-toucher-ce-jeudi-grace-aux-tr

  • Aux #Etats-Unis, le nombre de #travailleurs de plus de 85 ans grimpe en flèche - Capital.fr
    https://www.capital.fr/entreprises-marches/aux-etats-unis-le-nombre-de-travailleurs-de-plus-de-85-ans-grimpe-en-fleche-

    Article de juillet 2018

    Exactement, « 4,4 % de cette classe d’âge continue à travailler, contre 2,6 % en 2006 », précise un article du Washington Post. Le papier explique que cela concerne 255 000 Américains qui occupent toutes sortes d’#emplois comme « brigadiers, fermiers, éleveurs ou encore camionneurs ».

    Un triste constat qui touche toutes les régions des Etats-Unis et qui a débuté juste après la crise économique de 2008. La plupart des papys et mamies concernés le font, évidemment, par nécessité : « Le #coût des soins de #santé ayant augmenté très rapidement ces dernières années et les petites #retraites n’ayant pas suivi », rappelle RFI. Les travailleurs #seniors sont plus nombreux à occuper des postes peu physiques, tels que « la gestion et les ventes », explique le Washington Post. Une minorité travaille malgré tout dans la fabrication et la construction.

    #leadership

  • Mon papy à moi est un Gangster Tibor Van Cutsem - 11 Mars 2019 - Solidaire
    https://www.solidaire.org/articles/mon-papy-moi-est-un-gangster

    Le Gang des Vieux en Colère s’est fait connaître en avril 2018 lors de la remise d’une lettre ouverte à Charles Michel, où le Gang critiquait vivement le projet de réforme des pensions du ministre Bacquelaine. Depuis, ils ont participé à de nombreuses actions, contre la réforme des pensions mais aussi des manifestations syndicales ou pour le climat. Nous avons rencontré l’un des porte-parole des « Gangsters ».

    Michel -Huisman a 74 ans. Avant de prendre sa pension, il a vécu plusieurs vies : dessinateur, journaliste, dramaturge – entre autres choses. Les débuts du mouvement se sont déroulés à la table même de notre rencontre. Fin 2017, une douzaine d’amis de longue date mangent, boivent, s’amusent. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux avoue qu’il n’a que 600 euros par mois pour vivre. « Ça a jeté un vrai froid. On a ouvert une nouvelle bouteille et on a commencé à se poser des questions par rapport à cette situation qui nous paraissait complètement folle… » Cette situation et celle de milliers d’autres pensionnés ne cause pas de la tristesse mais de la révolte chez Michel : « J’ai vu l’Union des artistes qui vend à Noël des petits sabots en métal pour essayer d’apporter un petit plus aux pensions des vieux comédiens travailleurs du spectacle. On se fout de qui ? Dans quel pays vivons-nous ? »

    De ces douze amis a émergé un mouvement qui compte aujourd’hui près de 11 000 membres en Belgique, dont un des premiers combats a été celui contre les plans du « sinistre Bacquelaine ». « Le projet de pension à points était d’un cynisme incroyable. Le gouvernement aurait eu le pouvoir de déclarer que la pension vaut autant de points, et ensuite d’en faire ce qu’ils veulent. Le gérer comme ils veulent, le geler quand ils veulent. » La mobilisation massive contre le projet, notamment de la part des syndicats, a fait reculer le gouvernement sur le projet, pour l’instant remis dans les tiroirs. Mais les Gangsters, comme ils s’appellent entre eux, sont aussi à l’offensive. Dans une lettre adressée à tous les partis, ils présentent leurs revendications, comme le retour de la pension à 65 ans, le rétablissement d’une Sécurité sociale forte et une pension minimum de 1 600 euros nets. Sinon… « Sinon, et ce serait dommage, des dizaines de Vieilles Gangstères et des dizaines de Vieux Gangsters en Colère s’imposeront dans vos réceptions de campagne et dans vos petites réunions politiques. Et ils s’exprimeront. Quelques centaines de nos membres seront le cauchemar des services d’ordre des partis politiques. »

    « On se bat d’abord pour les générations futures »
    Ce n’est pas du bluff : la désobéissance civile pacifique est l’un des traits caractéristiques du Gang. En mai dernier, ils « privatisaient » un McDonald pour fêter un anniversaire. En janvier, c’est l’AppleStore de Louise qui a vu débarquer des dizaines de Gangsters. En cause, le refus de ces multinationales de contribuer à la collectivité à la hauteur de leurs capacités. « C’est très important de s’attaquer à ce genre d’endroits parce qu’une des réponses des gouvernements est de dire que l’enveloppe est fermée. C’est du foutage de gueule ! L’enveloppe est fermée parce qu’ils l’ont fermée ! La réalité c’est que de l’argent il y en a et que gouverner c’est choisir ! Et si les gouvernements et ce gouvernement-ci en particulier, s’étaient attelés à récupérer tout l’argent de l’optimisation fiscale, de l’évasion fiscale, et de tout l’argent qui disparaît de façon tout à fait légale, on aurait tout l’argent qu’on veut pour les hôpitaux, pour les étudiants, pour les vieux présents et, surtout, à venir. »

    Michel attribue le succès du Gang des vieux en colère à la situation sociale et à l’envie des gens de se bouger. « Ce n’est pas pour rien que six mois après nous est apparu le mouvement des gilets jaunes. Nous sommes dans une période d’injustice sociale effrayante. » Vieux, jeunes, tout le monde se mobilise. Ils sont d’ailleurs souvent rejoints par des membres plus jeunes qui les soutiennent. « Quand on prend la rue, on a besoin de bras pour pousser des fauteuils roulants ou pour nous aider sur les réseaux sociaux. » C’est d’ailleurs avant tout pour eux que le Gang lutte. « On a envie que le sort de nos enfants soit un peu meilleur que le nôtre. Aujourd’hui, on ne peut même plus dire ça. On espère juste que ce ne sera pas beaucoup moins bien que ce qu’on a vécu. C’est insupportable. On se bat d’abord pour les générations futures. »

    La rue avant tout
    Les Gangsters écrivent des lettres, sont sur les réseaux sociaux mais leur terrain de prédilection est avant tout la rue. Quiconque les a déjà vus dans une manifestation peut attester de l’énergie qu’ils dégagent. Ils ont participé le 13 février à la grève générale. « Nous sommes solidaires des fronts communs syndicaux. Les syndicats organisent la grève générale pour les mêmes raisons que celles qu’on évoque : les pensions, par exemple. Les plus valeureux d’entre nous – nous ne sommes malheureusement pas tous en bonne santé – ont rejoint les piquets de grève à Liège, à Namur, à Bruxelles, à Mons, à Charleroi, etc. » Ils sont aussi solidaires des grèves des jeunes pour le climat. « Comment voulez-vous qu’on se batte pour les retraites de nos enfants et de nos petits enfants s’ils n’ont plus de planète ? À chaque manifestation pour le climat, il y a eu et il y aura parmi les participants des vieilles et des vieux gangsters en colère. C’est le même combat. »

    #évasion_fiscale #Belgique #Luttes #retraites #désobéissance_civile #évasion_fiscale #injustices #désobéissance_civile

    • Retraité.e.s de tous les pays, unissez-vous !
      Des mouvements du genre émergent partout à l’international. En Autriche, les « Omas gegen rechts » (les mamies contre la droite) regroupent des grand-mères en résistance contre le gouvernement d’extrême-droite. En France, des organisations de retraités ont organisé des actions et des manifestations contre les politiques du gouvernement, qui menacent leur pouvoir d’achat. En Espagne aussi, les « pensionistas » résistent aux attaques du droit à une pension digne. Bref, nos ainés n’abandonnent pas la lutte. Tant mieux pour les autres !

  • « L’Etat a bien nationalisé l’assurance-chômage », Jean-Michel Bezat
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/04/l-etat-a-bien-nationalise-l-assurance-chomage_5431115_3232.html

    En reprenant la main après l’échec des négociations sur la convention Unédic, Emmanuel Macron est le premier président à aller au bout de la logique du toujours plus d’Etat, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.

    Chronique. Dans le panthéon de l’histoire sociale, deux figures tutélaires se font face et s’opposent : Otto von Bismarck et William Beveridge. A la fin du XIXe siècle, le chancelier allemand (1815-1898) a créé des assurances sociales financées par des cotisations assises sur les revenus du travail. L’économiste britannique (1879-1963), lui, a pensé en 1942 un Etat-providence alimenté par l’impôt, moins généreux mais universel. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France s’est surtout inspirée du modèle allemand pour fonder la Sécurité sociale, sans renoncer à un idéal d’universalité qui en a fait un système hybride.

    Le gouvernement se tourne désormais vers Beveridge avec le « système de solidarité » proposé par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Puisque les droits ne sont plus attachés à un statut social fixe mais à une personne au parcours professionnel plus erratique, analyse le chef de l’Etat, « la protection sociale doit désormais se fonder sur l’individu pour ne laisser personne au bord de la route ». Une philosophie qui s’est imposée pour l’assurance-maladie ou les prestations familiales, et qui vient de s’étendre à l’assurance-chômage.

    Une bonne dose de mauvaise foi

    Car l’Etat a bien « nationalisé » l’assurance-chômage, même si celle-ci reste pour une part financée par les revenus du travail. Le mot a été lâché par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, après l’échec des négociations patronat-syndicats, incapables de s’accorder sur une nouvelle convention pour l’Unédic, qui croule sous une dette de 35 milliards d’euros (financée grâce à la garantie de l’Etat). M. Macron les a tancés, jeudi 21 février : « On est dans un drôle de système où chaque jour, dans le pays, on dit “corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire” et, quand on donne la main, on dit : “Pardon Monsieur, c’est dur, reprenez-la.” »

    Il lui faut une bonne dose de mauvaise foi pour imputer cet échec aux partenaires sociaux. Il ne les a pas « laissé faire », puisqu’il leur a imposé, avant le début des négociations, une lettre de cadrage prévoyant 1 milliard d’euros d’économies par an et un malus pour les entreprises abusant des contrats courts. Il faut aussi un zeste de cynisme pour invoquer les corps intermédiaires, lui qui en a fait si peu de cas depuis son élection. En reprenant la main, M. Macron est le premier président de la République à aller au bout de la logique du toujours plus d’Etat et à tirer les leçons d’une tendance à l’œuvre depuis belle lurette.

    Les pères fondateurs de l’Etat-providence, en 1945, voulaient qu’il soit géré par les salariés. Ils lui assignaient pour mission de « débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain » grâce au remboursement des soins, aux allocations familiales et aux pensions. Des régimes vraiment paritaires sont vite apparus avec l’Agirc (retraite complémentaire des cadres) dès 1947, l’Unédic en 1958 et l’Arrco en 1961, accompagnant la société salariale des « trente glorieuses ». Avant que l’insécurité sociale n’envahisse la société entière dans les années 1980 et n’oblige l’#Etat_social à couvrir de nouvelles populations.

    La fin d’une chimérique démocratie sociale

    Plus personne ne pleure l’esprit des ordonnances de 1945 sur la « Sécu ». A-t-on vu les « gilets jaunes », qui réclament surtout une démocratie participative de nature politique, regretter la fin d’une chimérique démocratie sociale ? Dès 1962, l’élection des administrateurs des caisses a été supprimée ; réintroduite par la gauche en 1983, elle n’a pas résisté au désintérêt croissant des salariés pour les scrutins professionnels.
    La gestion patronat-syndicats n’a pas connu meilleure fortune : elle a progressivement disparu dans les quatre branches de la Sécurité sociale et ne subsiste qu’à l’Arrco et à l’Agirc, où elle est condamnée par la création prochaine d’un régime de retraite couvrant l’ensemble de la population.

    Les chômeurs et les précaires ont afflué à Pôle emploi et aux guichets de l’aide sociale, les malades présentent des ordonnances toujours plus coûteuses, les retraités sont déjà 16 millions… La protection sociale est devenue un bien commun à spectre large. Son mode de financement a été élargi à l’ensemble des revenus avec la CSG, sa gouvernance de facto assurée par l’Etat, son budget encadré par le vote annuel d’une loi de financement au Parlement et placé sous l’œil du ministère des comptes publics… et de Bruxelles.

    Réduire les indemnités chômage des cadres

    A qui fera-t-on croire que les partenaires sociaux, si peu représentatifs, ont vocation à gérer 730 milliards d’euros de prestations, plus de deux fois le budget de l’Etat ? Avec les « ordonnances Pénicaud » sur le code du travail, M. Macron a commencé à « dénationaliser » les négociations sociales (temps de travail…) en les ramenant au niveau des branches ou des entreprises. Dans un mouvement inverse, il « nationalise » la protection sociale. Avec tous les risques politiques d’une reprise en main, qui l’oblige à assumer les décisions difficiles.

    Une première épreuve l’attend. Dans le cadre de la nouvelle convention Unédic définie par décret à l’été, le gouvernement envisage ainsi de réduire les indemnités chômage des cadres, les plus généreuses d’Europe, avec un plafond de 7 750 euros brut par mois. Nul doute que la mesure sera applaudie par les salariés du bas de l’échelle ; et qu’elle scandalisera une partie de l’électorat de M. Macron. L’autre avis de gros temps est annoncé pour la fin 2019, quand il déclenchera le big bang de la réforme des retraites.

    Les syndicats érigent volontiers le modèle beveridgien en épouvantail, symbole de prestations a minima. Il l’est, si l’on prend la version britannique ; beaucoup moins, si l’on constate la générosité des systèmes scandinaves, eux aussi financés par l’impôt. C’est des pays nordiques que M. Macron dit vouloir s’inspirer pour mieux utiliser le « pognon de dingue » de l’#Etat-providence. Cette inspiration est plutôt rassurante pour la France, où il joue un rôle majeur dans la réduction des inégalités. Mais où il est aussi un frein à la mobilité sociale.

    #chômeurs #précaires #Pôle_emploi #retraites #revenu #unedic #droits_sociaux #droit_auchômage

  • Fins de mois difficiles, impayés, vente de patrimoine... Des familles asphyxiées face au « coût faramineux » des Ehpad, Béatrice Jérôme
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/27/de-tres-chers-parents-dans-de-trop-chers-ehpad_5428949_3224.html

    Pour une personne âgée sur deux, la facture s’élève à au moins 1 850 euros par mois. Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas.

    Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas. « Nous formions jusqu’à ce jour la famille modèle, très soudée, très solidaire, raconte Thierry Dormeau, 50 ans, contrôleur de gestion en Seine-et-Marne. Il aura suffi de trois mois pour que ce bonheur soit détruit. » Pauline, sa mère, souffre d’Alzheimer. Fin 2016, il a dû se résoudre à l’installer, à 83 ans, dans une maison de retraite proche de chez lui.
    Très vite, entre les quatre enfants de Pauline, la brouille a éclaté. Invoquant des dettes, des fins de mois plus difficiles, deux d’entre eux n’ont ni voulu – ni pu – partager la facture de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (#Ehpad), qui s’élevait à plus de 1 200 euros mensuels. Les impayés se sont accumulés. Aujourd’hui, l’établissement réclame plus de 11 000 euros. Quant à Pauline, elle est placée sous #tutelle depuis neuf mois et l’établissement souhaite son départ. « Je verse 300 euros par mois à l’Ehpad, 10 % de mon salaire, confie Thierry Dormeau, qui n’a pas les revenus suffisants pour consentir un effort supplémentaire. J’attends, inquiet de savoir qui va payer le dû final. C’est l’engrenage du système qui a détruit notre fratrie. »

    Vente de leur patrimoine

    Comme M. Dormeau, ils sont une quarantaine à avoir répondu à l’appel à témoignages lancé sur le site du Monde, début février, sur le casse-tête du financement du séjour d’un parent en maison de retraite. Autant de récits qui montrent des familles soudées plus souvent qu’elles ne se divisent. Mais qui vivent toutes des affres financières face au coût « faramineux » des Ehpad au regard de leurs ressources.

    Le « #reste_à_charge » dont doivent s’acquitter les 585 560 personnes âgées qui vivent dans ces établissements est parmi les plus élevés d’Europe.

    « Les plus mal loties sont les classes moyennes inférieures, qui ne sont ni assez pauvres pour avoir des aides sociales, ni assez riches pour faire face au coût. En somme, les catégories modestes, profil type des “gilets jaunes” ! », observe Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement.

    Pour une personne âgée sur deux, la facture d’un Ehpad s’élève à au moins 1 850 euros par mois, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la santé (Drees), publiée en novembre 2018. Alors que le montant moyen des #retraites était d’environ 1 500 euros net mensuels, fin 2016. La majorité des résidents a donc une retraite inférieure au coût du « reste à charge ».

    L’enquête de la Drees révèle aussi que seul un tiers des personnes en Ehpad dispose de revenus ou d’aides sociales suffisants pour payer. Les deux autres tiers se disent contraints de vendre leur patrimoine ou de mettre leur entourage à contribution. Reste que près d’un quart des personnes âgées interrogées indique ne pas savoir qui paye la facture, ni comment… Le coût d’une place en Ehpad est variable d’un département à l’autre. Il est aussi plus élevé dans le secteur privé lucratif où, selon la Drees, il dépasse 2 440 euros dans la moitié des établissements.

    « Les Ehpad, c’est cher payé pour le service rendu, regrette Annie Legoff, habitante de Saclay (Essonne). D’autant qu’il y a un manque énorme, mais vraiment énorme de personnel », déplore-t-elle. Elle constate à chaque visite « la lourde tâche » des équipes qui prennent soin de sa mère, Suzanne, 97 ans, et des résidents de l’Ehpad où elle vit depuis bientôt neuf ans. Pour financer son séjour dans cet établissement privé de Saclay, Annie Legoff a dû vendre l’appartement de Suzanne.

    D’ici deux ans à peine, elle n’aura pourtant pas d’autre choix que de puiser dans ses propres économies. « J’y pense tous les jours, appréhende cette ancienne secrétaire administrative à l’université. J’aurai à débourser 600 euros chaque mois, soit 15 % des revenus de mon ménage. Mon frère et ma sœur compléteront comme ils pourront. C’est un sacrifice normal mais ce sera au détriment de beaucoup de choses que nous ne pourrons plus financer », dit-elle.

    « 1 900 euros par mois »

    Les Ehpad publics – 45 % du parc – sont meilleur marché. La moitié d’entre eux pratiquent des tarifs inférieurs à 1 790 euros. Las ! Pour y entrer, les #listes_d’attente sont longues. Antoine Acquaviva n’a pas eu le choix. Faute de place dans un établissement public, près de chez sa mère, Noëlle, 74 ans, qui vit dans le Cher, cet informaticien nantais de 42 ans a dû opter pour un Ephad privé à Bourges. Le coût de l’hébergement – 2 700 euros – est hors de portée des 800 euros de retraite de Noëlle. Fils unique, M. Acquaviva verse « 1 900 euros par mois à l’Ehpad. Mon budget personnel ne pourra pas suivre longtemps », confie-t-il, avec la crainte d’être « sans solution si ma mère devait rester en établissement sur le long terme ».

    Comme lui, face à l’urgence et faute de chambres libres dans les Ehpad publics, Mireille Chabineau, habitante de Clion (Charente-Maritime), a installé son père, René, 86 ans, dans un établissement privé au Creusot (Saône-et-Loire). La retraite d’ancien ouvrier chez Schneider de son père et les petites économies de sa mère sont « entièrement » prélevées par l’Ehpad, « sans suffire à couvrir les frais », raconte-t-elle. Cette infirmière partage la charge totale de 1 300 euros, chaque mois, avec trois des quatre enfants de René.

    « On se retrouve à devoir payer pour notre père mais aussi pour notre mère, qui, sinon, n’aurait plus un euro pour vivre. »

    Pour Annie Lemer, le tribut est encore plus lourd. En 2015, elle a choisi de placer sa mère, Chelbia, dans un Ehpad privé non lucratif à Paris. « La première fois qu’on m’a indiqué le tarif, j’ai manqué de m’asseoir par terre ! », confie dans un sourire cette ancienne professeure agrégée d’hébreu. La facture s’élève à plus de 3 600 euros par mois. La retraite de Chelbia est de 1 400 euros. « Fille unique, j’assume seule le reste de la dépense, soit 2 200 euros par mois, en y consacrant, dit-elle, pratiquement entièrement mes quelque 3 000 euros de retraite. »

    Sa demande d’#aide_sociale à la Ville de Paris a reçu un « refus catégorique », au prétexte que sa « fille qui vit à Londres a des revenus élevés. Ce motif de refus ne me paraît vraiment pas juste », soupire Mme Lemer. « Ma fille a de jeunes enfants à charge. Je ne me vois pas lui demander de financer l’hébergement de sa grand-mère, même si elle a eu le beau geste de me le proposer », s’indigne-t-elle.

    Reprise d’activité

    Parfois, pour pourvoir payer l’établissement, certains conjoints sont obligés de reprendre une activité à la retraite. C’est le cas du père de Julie Guiader, cardiologue à Montrouge, dont la mère vit dans un Ehpad public qui facture un « reste à charge » de 2 500 euros, alors que la retraite de sa mère s’élève à 1 700 euros. « A 73 ans, mon père a repris son activité de médecin du travail pour payer la différence. Et je l’aide pour continuer à payer son loyer et les impôts », confie Mme Guiader.

    Pour soulager momentanément les proches, plus de 80 % des Ehpad sont habilités à délivrer une #aide_sociale_à_l’hébergement (ASH) aux résidents dont les revenus sont inférieurs au coût du séjour. Mais pour beaucoup de familles, le mécanisme de l’ASH est dissuasif. Car les conseils départementaux qui versent et financent cette aide sont en droit d’exiger son remboursement total ou partiel auprès des enfants, voire des petits-enfants, en fonction de leurs ressources, après le décès de son bénéficiaire. « Les gens hésitent à demander l’ASH, confirme Laurent Dumas, vice-président (PS) chargé de l’autonomie des établissements pour personnes âgées au conseil départemental du Puy-de-Dôme. Ils sont freinés par l’idée qu’après leur mort le département puisse demander de l’argent à leurs descendants. »

    « On n’a pas souhaité demander l’ASH, raconte ainsi Marie Pruvost, qui a installé fin juin sa mère, Rafaela, 88 ans, à l’Ephad hospitalier de Riom (Puy-de-Dôme). Même si ça fait cher, nous préférons payer au fur et à mesure plutôt que de prendre l’ASH et d’avoir à rembourser d’un coup une somme importante après sa mort », explique cette aide-soignante à l’hôpital de la ville.

    Alors que 75 % des résidents en Ehpad sont éligibles à l’ASH, seuls 20 % d’entre eux perçoivent cette allocation, ont calculé les députées Monique Iborra (LRM) et Caroline Fiat (FI) dans un rapport parlementaire sur la crise de ces établissements paru en mars 2018. Le mécanisme de l’ASH « est kafkaïen pour les familles et pour les départements qui doivent faire des enquêtes longues et coûteuses pour évaluer les moyens des descendants. C’est un système aberrant qu’il faut réformer », estime Monique Iborra.

    Pourtant, certains des 7 000 établissements français voient le nombre de dossiers d’ASH augmenter. « Depuis 2015, la courbe des demandes d’ASH grimpe de manière très forte. Un indice évident des difficultés financières croissantes des familles », relève Xavier Relandeau, directeur de la maison d’accueil du Bois-Hercé, Ehpad privé à but non lucratif à Nantes, où, depuis des générations, les habitants d’un quartier populaire de la ville viennent vivre leurs vieux jours.

    #vieux #dépendance #obligation_alimentaire #dette

  • Réforme des retraites : Delevoye propose une indexation sur les salaires
    https://www.latribune.fr/economie/france/reforme-des-retraites-delevoye-propose-une-indexation-sur-les-salaires-807

    Le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, se montre favorable à une indexation des retraites sur les salaires et non sur l’inflation, selon un document de travail soumis aux organisations patronales et syndicales dont l’AFP a obtenu copie samedi, confirmant une information des Échos.

    Dans un document d’une vingtaine de pages intitulé "Vers un système universel de retraite", il évoque également la possibilité de mettre en place une « règle d’or » pour ajuster les comptes du système des retraites de manière à garantir leur équilibre «  sur un horizon pluriannuel », et estime qu’il faut prendre en compte les évolutions démographiques (espérance de vie, fécondité, migration).

    Le système actuel d’indexation sur l’inflation présente « l’avantage de ne pas dévaloriser les droits acquis par rapport à l’évolution générale des prix et permet en outre d’octroyer un taux de remplacement à la liquidation plus élevé », souligne M. Delevoye dans ce document. Toutefois, cette indexation peut être un facteur « d’inéquité », en ne valorisant pas « de la même façon les droits acquis en début, au milieu ou en fin de carrière ».

    Une indexation tenant compte de l’évolution des salaires « permettrait de maintenir constant le rythme d’acquisition des droits au cours de la carrière pour un individu moyen », entre autres. Elle permettrait « de faire profiter aux assurés ayant des carrières plates ou heurtées d’une revalorisation des droits tenant compte de l’évolution globale des salaires » et serait « également favorable à une moindre dépendance du système à la croissance ». Il s’était déjà prononcé sur le sujet en octobre 2018, estimant qu’il serait "cohérent" d’indexer les retraites sur les salaires.