• Un #droit_à_la_mobilité soutenable pour tous ?

    Le mouvement des #gilets_jaunes porte de nombreuses #revendications parfois contradictoires, allant de moins d’impôts à plus de services publics. Il donne lieu à autant d’interprétations quant à ses causes : inégalités sociales, faillite des corps intermédiaires, crise de la représentation démocratique. Mais c’est une question de mobilité durable qui en est le déclencheur. Nous vous proposons un décryptage en carte, à paraître dans le prochain numéro de la revue (numéro 7, janvier-février 2019).

    https://www.horizonspublics.fr/territoires/un-droit-la-mobilite-soutenable-pour-tous
    #mobilité #mobilité_durable #cartographie #visualisation #inégalités #France


  • Une situation excellente ? Plate forme d’enquêtes militantes
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/12/06/une-situation-excellente

    Vu les événements des derniers jours et ceux qui s’annoncent dans les jours à venir, il est possible que la situation soit excellente (1). Le pouvoir exprimé par les #Gilets_Jaunes a en effet provoqué une crise profonde au sein du gouvernement. Beaucoup de choses restent incertaines, le mouvement est trop récent, trop mouvant et contient trop d’éléments nouveaux pour tirer des conclusions, mais les gilets jaunes sont en train de produire un bouleversement d’ampleur, dans lequel toutes nos forces ont leur mot à dire.
     
    Le samedi 1er décembre a marqué une nouvelle étape de la mobilisation. Alors que l’exécutif faisait le pari d’un affaiblissement, les gilets jaunes ont remonté d’un cran le niveau de la confrontation, déjà bien élevé les semaines précédentes. La manifestation parisienne s’est transformée en une offensive telle qu’on n’en a pas connu depuis bien longtemps. Non seulement les gilets-jaunes étaient plus nombreux, mais ils et elles ont déployé une inventivité particulièrement efficace face à l’encadrement policier. La #révolte débordait de toute part et les techniques répressives habituelles – lacrymogènes, grenades, nasses, matraques ou canons à eaux – ne pouvaient pas y faire grand-chose. Des comités d’action s’improvisaient entre deux boutiques de luxe, on traversait des avenues bordées de sapins de Noël enflammés et des tags recouvraient la Place Vendôme. L’attention a tendance à se focaliser sur Paris, mais les récits qui émergent dans d’autres villes, voire des villages, montrent que le phénomène est bien plus large. Si on peut y voir une continuité avec les formes de réappropriations de la violence dans les cortèges, notamment depuis 2016, il faut reconnaitre qu’un cap a été franchi.
     
    Plus surprenant encore, le début de semaine qui a suivi donne l’impression que le ton est donné et qu’il peut porter plus loin encore. La réaction immédiate et puissante des lycéen.es est de ce point de vue exemplaire. Ils et elles ont repris leur lutte contre la réforme du bac et la sélection en donnant aux blocages l’intensité de l’époque gilet-jauné. Dans les facs, les AG font le plein contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es étrangers. Et on peut espérer que les #occupations qui se mettent en place s’inspirent elles aussi du climat pour prendre une forme moins autocentrée que ce qu’on a pu connaitre dans la première moitié de l’année. Les ambulancier·es ont carrément envahi la place de la Concorde alors que celle-ci se remettait à peine des émeutes du week-end. Dans le #syndicalisme de combat, des appels à prendre part à la manifestation commencent à voir le jour. En Ile de France, les cheminot·es et les postier·es ont déjà donné le ton, suivis par des secteurs moins attendus comme les cimentiers du Groupe Lafarge, ou par les camarades de Geodis Gennevilliers. Les fédérations trainent un peu, comme à leur habitude, mais certaines appellent à la grève, voire au blocage pour la CGT transport, à partir de lundi.


     
    Au-delà des #luttes les plus visibles, tout un ensemble de micro-évènements échangés de bouche à oreille laissent à penser qu’un parfum de révolution traine dans l’air. Selon les écoles – et sans que ce soit contradictoire – on peut y voir le résultat d’un processus de subjectivisation en pleine émergence ou bien l’ouverture d’une forme de légitimité à passer à l’acte. Dans les deux cas, l’effet produit peut être considérable au-delà d’une temporalité courte. Si le mouvement continue de se renforcer, on voit mal comment des réformes comme celle des #retraites ou de l’#assurance_chômage pourraient être mises sur la table, comme c’était prévu, au début de l’année prochaine. Pour le moment, Macron et son gouvernement continuent dans le cynisme absolu au service des plus riches. Ils se sont contentés de lâcher une ridicule suspension des taxes carburant pour l’année 2019, chiffrée à 4 milliards, ce qui représente une offrande de 6 centimes pour le diesel et de 3 centimes pour l’essence. Super ! Comment peuvent-ils croire qu’un truc aussi insignifiant pourrait faire taire des gilets-jaunes qui depuis vingt jours passent leur semaine sur des ronds-points et leur samedi face aux flics ? Sans compter que la veille, mardi 05 décembre, l’assemblée venait de valider un cadeau dix fois plus gros pour les patrons : une transformation du CICE en baisse des cotisations sociales pour un coût de 40 milliards sur l’année 2018. Un énorme foutage de gueule.
     

     
    On entend souvent que les gilets-jaunes ont bougé, mais on peut aussi penser que c’est nous-mêmes qui avons fait bouger nos #cadres_d’analyse de la situation, après reconnaissance des effets engendrés. Aux premiers jours, on était un peu étonnés que les gilets-jaunes carburent au prix de l’essence. Et pourtant, la taxe carbone, au même titre que la TVA, sont bien des #impôts_non_redistributifs, dont les riches s’acquittent aisément alors que d’autres galèrent. La thématique demeure trop restreinte mais elle a vite été débordée, sur la question des #services_publics ou du retour de l’#ISF (3) par exemple. Et elle peut encore déborder au-delà, jusqu’à rejoindre des enjeux qui nous sont plus familiers. Sur la question des #salaires tout d’abord, qui semble difficilement évitable quand on parle de difficulté à finir le mois. Sur la misère du #travail aussi, qui occupe une place de choix dans le pourrissement de nos quotidiens. Sur les violences policières bien sûr, qui ont viré au défoulement généralisé ces derniers jours. Finalement, depuis le début du mouvement, les #revendications portées partent principalement des #conditions_matérielles_d’existence et c’est leur force. Difficiles à synthétiser, mais englobant tous les aspects, elles pourraient être réunies sous une formule qu’on a beaucoup entendue et qui à le mérite de percuter : « On n’en veut plus de cette vie de merde ».

    Tout ça reste largement imprévisible et des zones d’ombres persistent. Des courants #citoyennistes, #légalistes et #nationalistes traversent bien certains esprits embrumés et nécessitent de poser des #clivages nets. (...)

    #lycéens



    • Les Gilets jaunes s’inscrivent ainsi dans cette lignée de mouvements interclassistes, pas uniquement ouvriers, qui s’élèvent contre une situation de vie chère vécue comme injuste. Au XVIIIe siècle, la plupart des émeutes prérévolutionnaires avaient cette motivation : contre la faim, contre l’impôt injuste. Au XIXe siècle également, il y a eu de très nombreuses révoltes populaires dénonçant les inégalités.

      Deuxième continuité, dans toutes les périodes, la révolte s’est heurtée au discours de mépris social des élites. Le recours notamment au terme de « jacqueries » pour déconsidérer un mouvement. Les dominants refusent de reconnaître la capacité de politisation des acteurs révoltés. De la Révolution française jusqu’à nos jours, c’est le propre des pouvoirs libéraux que de nier cette question sociale… qui finit par s’imposer par la force, faute d’être entendue.

      Même si le contexte diffère, la question sociale s’invite régulièrement dans l’Histoire. Alors que le discours dominant ne pose les problèmes que de manière gestionnaire, économique, ce qui monte, c’est le social. Comment on vit, comment on s’en sort. Avec les Gilets jaunes, ce n’est pas tant la question écologique que l’injustice sociale qui a éveillé la colère. J’ai vu un tag qui disait : « L’écologie c’est la guerre aux pauvres ». Dans un monde néolibéral, quand les mesures sont injustement réparties, c’est vrai.

      Dans une interview au journal « Libération », l’historien Gérard Noiriel parle de l’aveuglement social de l’élite : « Pour Macron, les classes populaires n’existent pas », explique-t-il. Qu’en pensez-vous ?

      Je suis d’accord. Tout se passe comme si le gouvernement avait oublié que des gens vivaient dans des situations difficiles et précaires. C’est lié à un problème de représentativité du monde politique : il n’y a presque plus de députés issus des classes populaires. Mais c’est aussi dû au fait que les classes populaires ne font plus peur. Or, on est obligé de faire attention à ceux qui nous font peur. Au XIXe siècle, il y avait un mépris social réel, avec les mêmes procédés de délégitimation. Mais la peur sociale faisait qu’on ne pouvait pas nier leur existence. Avec les émeutes des derniers week-ends, le pouvoir commence à avoir peur, et cela peut changer la donne.

      Mathilde Larrère est maître de conférence en histoire contemporaine, spécialiste de la citoyenneté, des révolutions, et du maintien de l’ordre.


  • affordance.info : Après avoir Liké, les gilets jaunes vont-ils voter ?
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/les-gilets-jaunes-vont-ils-voter.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad3a51481200d-600wi

    On a donc, une nouvelle fois un assez gros problème qui se profile à l’horizon pour autant que l’on soit attaché à une version républicaine de la démocratie. Parce que quelle que soit l’issue du mouvement des Gilets Jaunes et indépendamment de sa temporalité propre, il est absolument évident que les prochaines élections en France vont se jouer sur la cinquantaine de thèmes qui sont présentés ici. En commençant par ceux liés au pouvoir d’achat.

    Quelle que soit l’issue du mouvement, la base de donnée « opinion » qui restera aux mains de Facebook est une bombe démocratique à retardement ... Et nous n’avons à ce jour absolument aucune garantie qu’elle ne soit pas vendue à la découpe au(x) plus offrant(s).

    Pour autant que l’hypothèse sociologique ramenant l’essentiel du mouvement des gilets jaunes aux classes populaires et aux professions intermédiaires soit valide (et je pense qu’elle l’est comme expliqué entre autres par ici), la suite est parfaitement connue, elle est même déjà écrite.

    Le discrédit actuel des partis politiques « non radicaux » étant ce qu’il est, l’espoir de ne pas voir la France basculer sous présidence FN ne repose plus que sur le nombre de faux pas ou d’erreurs de communication que feront les leaders de ce parti fasciste et sur le charisme d’huître de leurs potentiels alliés. La seule alternative possible étant aujourd’hui à chercher du côté de la France Insoumise, à la seule condition que son leader charismatique parvienne à redescendre un peu sur terre.

    Dans mon dernier article sur le sujet je concluais en soulignant la forme « d’émancipation paradoxale » que produisait Facebook en permettant aux Gilets Jaunes d’accéder à un espace, discursif, médiatique, organisationnel et situationnel dont ces gens-là se retrouvaient privés depuis l’effondrement des corps intermédiaires supposés les représenter.

    • Quand on ne fait pas partie du groupe la partie « à propos » affiche 1,7 millions de membres. Et quand on le rejoint, la même partie « à propos » rajoute un million au compteur. La preuve avec les copies d’écran ci-dessous.

      Vue sans être membre du groupe

      Vue en étant membre du groupe. + 1 million :-)

      Assez ahurissant non ? C’est pas la 1ère fois que Facebook bidouille les chiffres ceci dit, mais là ... M’enfin, c’est le risque quand on est l’organisateur et en même temps la #police ;-)
      (...)
      Ajoutez à cela le fait que voilà des décennies que l’action politique a privé et amputé les #classes_populaires et intermédiaires d’un peu de leur #pouvoir_d'achat [hum hum toi aussi faudrait que tu redescendes sur terre ! ndc] et de beaucoup de leur dignité. (...)

      Ces informations, Facebook est en capacité de les « vendre », à tel ou tel parti politique dans le cadre de n’importe quelle élection. Pour être précis - c’est important - il ne « vendra » pas « le nom de Untel qui a liké telle proposition » mais il permettra à tel annonceur agissant pour tel parti politique ou tel lobby, d’afficher la bonne publicité ou le bon argument au bon moment sur le bon profil pour le convaincre que son candidat soutient cette idée.

      #Facebook #gilets_jaunes #revendications #abstention #vote #data #démocratie


  • Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir | Samuel Hayat -
    https://samuelhayat.wordpress.com/2018/12/05/les-gilets-jaunes-leconomie-morale-et-le-pouvoir

    (...)Difficile de ne pas être saisi par le mouvement en cours. Tout y est déconcertant, y compris pour qui se fait profession de chercher et d’enseigner la science politique : ses acteurs et actrices, ses modes d’action, ses revendications. Certaines de nos croyances les mieux établies sont mises en cause, notamment celles qui tiennent aux conditions de possibilité et de félicité des #mouvements_sociaux. D’où sinon la nécessité, du moins l’envie, de mettre à plat quelques réflexions issues de la libre comparaison entre ce que l’on peut voir du mouvement et des connaissances portant sur de tout autres sujets. A côté des recherches sur le mouvement en cours, espérons que l’éclairage indirect que donne la confrontation à d’autres terrains pourra dire quelque chose de différent sur ce qui a lieu.

    La situation

    Les images rapportées par les médias comme les déambulations personnelles pendant les événements du 1er décembre ont donné à voir un Paris jamais vu, ni en 1995, ni en 2006, ni 2016, trois moments pourtant où l’espace-temps habituel des mobilisations parisiennes s’était trouvé profondément déformé. Certains ont pu parler d’émeutes ou de situation insurrectionnelle. C’est possible, et pourtant rien ne ressemble à ce qui a pu avoir lieu durant les insurrections de 1830, 1832, 1848 ou 1871. Toutes ces insurrections avaient lieu au quartier, mettant en jeu des sociabilités locales, un tissu relationnel dense permettant aux solidarités populaires de se déployer. Mais le 1er décembre, le feu a pris au cœur du Paris bourgeois, dans ce nord-ouest parisien qui n’avait jusqu’ici jamais été vraiment le théâtre de telles opérations. Loin d’être menées par des forces locales, érigeant des barricades pour délimiter un espace d’autonomie, ces actions ont été le fait de petits groupes mobiles, habitant souvent ailleurs.

    Évidemment, les sociabilités locales jouent dans la formation de ces groupes. Il suffit de regarder ailleurs qu’à Paris pour voir la réappropriation collective d’un territoire, la formation de liens durables… Mais le 1er décembre, ces solidarités se sont déplacées dans un espace de manifestation lui-même plutôt habituel : les lieux du pouvoir national. On est là dans un registre tout à fait moderne, n’en déplaise à ceux qui parlent de jacqueries : c’est bien d’un mouvement national et autonome dont il s’agit, pour reprendre les catégories clés par lesquelles Charles Tilly qualifie le répertoire d’action typique de la modernité. Mais les règles de la manifestation, fixées de longue date (on situe généralement leur formalisation en 1909[3]), sont ignorées : pas de cortège, pas de responsables légaux, pas de parcours négocié, pas de service d’ordre, pas de tracts, de banderoles, d’autocollants, mais des myriades de slogans personnels inscrits au dos d’un gilet jaune.

    Toute la pratique du #maintien_de_l’ordre en est bouleversée, et on a pu voir combien les professionnels de la répression, malgré leur nombre, leur armement, leur entraînement, s’étaient trouvés débordés, incapables d’assurer même leur propre sécurité, sans parler de celle des biens et des personnes. On peut penser que les forces de l’ordre ne vont pas accepter longtemps de se faire ainsi malmener, et les violences policières, déjà très nombreuses, risquent d’encore s’amplifier [comme le confirme déjà des lynchages policiers le 1/12 et les innombrables tirs #policiers qui ont mutilés au moins quatre #lycéens ce derniers jours, ndc] , comme les appels à l’extension de l’usage de la force, voire à l’état d’urgence. Cet échec du maintien de l’ordre physique est allé de pair avec un échec encore plus complet du maintien de l’ordre symbolique : un président en déplacement pour un sommet international, un gouvernement inaudible (la rançon à payer pour un pouvoir personnel s’étant entouré de courtisans médiocres pour qu’aucune ombre n’en affaiblisse l’éclat), le pseudo-parti au pouvoir (LREM) occupé le même jour à élire un nouveau délégué général, comme si de rien n’était. (...)

    Les #revendications, justement, méritent qu’on s’y attarde. On en sait peu sur la manière dont elle a été composée, mais une liste de 42 revendications a été diffusée et largement reprise, tant dans les groupes que par les médias. Ces revendications possèdent quelques traits remarquables qui ont déjà été relevés : elles sont majoritairement centrées sur les #conditions_de_vie, bien au-delà de la seule question du prix de l’essence ; elles contiennent des prises de position contre la libre circulation des #migrants ; elles proposent des changements institutionnels qui renforcent le contrôle citoyen sur les élu.e.s, dont la rémunération se trouverait d’ailleurs ramenée au #salaire_médian. Cette liste a été qualifiée de « magma de revendications hétéroclite ». Il me semble au contraire qu’elle est profondément cohérente, et que ce qui lui donne sa cohérence est aussi ce qui a permis à la mobilisation des gilets jaunes de prendre et de durer : elle s’ancre dans ce que l’on peut appeler l’#économie_morale des #classes_populaires.

    L’économie morale des #Gilets_Jaunes

    Le concept d’économie morale est bien connu des chercheur.e.s en sciences sociales. Il a été développé par l’historien E. P. Thompson pour désigner un phénomène fondamental dans les mobilisations populaires au XVIIIe siècle : celles-ci faisaient appel à des conceptions largement partagées sur ce que devait être un bon fonctionnement, au sens moral, de l’économie. Tout se passait comme s’il allait de soi que certaines règles devaient être respectées : le prix des marchandises ne devait pas être excessif par rapport à leur coût de production, des normes de réciprocité plutôt que le jeu du marché devaient régler les échanges, etc. Et lorsque ces normes non écrites se trouvaient bafouées ou menacées par l’extension des règles du marché, le peuple se sentait tout à fait dans son droit en se révoltant, souvent à l’initiative de #femmes, d’ailleurs. Leur mobile était bien économique, mais pas au sens habituel : ils n’étaient pas mus par des intérêts matériels au sens strict, mais par des revendications morales sur le fonctionnement de l’économie.



  • 1er jour de grève à la Sncf | L’Actualité des Luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=3265

    Dans l’émission de ce jour, on vous emmène à l’Assemblée générale des cheminot-e-s qui se tenait Gare du Nord ce 3 avril, au premier jour de ce mouvement de grève contre le projet de réforme. Et nous poursuivons par la manifestation qui se tenait le même jour entre Gare de l’Est et Gare Saint-Lazare. Durée : 1h. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2018/04/180404.mp3


  • Révolte en Iran : un fil d’actus fourni (que je ne saurais ni compléter ni critiquer), avec des #vidéos et articles
    https://twitter.com/contre_capital/status/946656455565955072

    La « ville sainte » de #Qom est également touchée maintenant par la contestation et les slogans anticléricaux contre l’ayatollah #Khamenei. (...)
    La révolte s’étend à toutes les villes aujourd’hui, même petites : #Gorgan, #Kerman, #Saveh, #Khorramabad, #Malayer, #Abhar, ... A #Tabriz où hier la foule a chassé un membre du clergé la police est partout. A #Shiraz le bâtiment du séminaire de théologie a été incendié.

    #révolte #manifestations #théocratie #Iran

    • Iran : la contestation s’étend à tout le pays, Jean-Pierre Perrin, Mediapart

      Après un défilé jeudi à Machhad, les manifestations, les premières depuis 2009, s’étendent à tout l’Iran. Les protestataires dénoncent la vie chère et la dictature. Pour la première fois, le nom du Chah a été scandé. Au moins deux personnes ont été tuées.

      Même à Qom, des centaines de manifestants ont crié vendredi des slogans violemment hostiles au régime. Cité sainte s’il en est, avec ses dizaines d’écoles théologiques, ses milliers de religieux et depuis laquelle l’ayatollah Khomeiny avait commencé sa fronde – devenue révolution – contre le régime du Chah, elle est de loin la moins remuante des villes iraniennes. Pourtant, d’après les images diffusées sur les réseaux sociaux, on y a scandé les mêmes slogans qu’à Rasht (nord), Kermanshah (ouest), Ispahan (centre) ou Machhad (nord-est) : « Mort au dictateur » ou « Libérez les prisonniers politiques ». Certains s’adressaient même directement au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei : « Seyyed Ali devrait avoir honte et quitter seul le pays. »

      Depuis jeudi et à la surprise de tous les observateurs, l’Iran est en effet en proie à des manifestations, qui ont fini par atteindre Téhéran. Limitées dans chaque agglomération à quelques centaines de personnes, elles se sont néanmoins étendues à une large partie du pays – plus d’une vingtaine de villes sont concernées. « Signal d’alarme pour tout le monde », écrivait samedi le quotidien réformateur Armani. Dès vendredi matin, le président Hassan Rohani avait réuni son cabinet pour examiner la situation. Samedi, de nouveaux défilés antigouvernementaux se sont déroulés à Kermanshah ou à Shahr-e Kord (ouest). Samedi soir, deux manifestants ont été tués à Doroud, dans le sud-ouest du pays, a fait savoir le vice-gouverneur de la province du Lorestan.

      À Téhéran, des centaines de personnes avaient manifesté ce même jour dans le quartier de l’université, avant d’être dispersées par la police anti-émeute largement déployée. Dans la nuit de samedi à dimanche, Internet a été coupé sur les téléphones portables des Iraniens. Sur Twitter, le ministre des télécommunications, Mohammad-Javad Azari Jahormi, a accusé Telegram, suivi en Iran par 57 millions d’utilisateurs, d’encourager le « soulèvement armé ». De leur côté, les pasdaran (gardiens de la révolution) ont mis en garde dans un communiqué contre une « nouvelle sédition », reprenant le mot utilisé pour désigner les manifestations de 2009.

      Mais il n’y a, semble-t-il, pas eu de manipulation du régime dans les autres mouvements de protestation. À la différence des grandes manifestations de 2009, qui étaient d’emblée politiques, dénonçaient la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad et exigeaient davantage de démocratie, ceux-ci portent d’abord des revendications matérielles concernant la vie de tous les jours. Mais, comme à Machhad, ils ont pris très vite une connotation anti-régime, voire anti-religieuse. « Mollahs, quittez l’Iran », a-t-on pu entendre dans cette ville phare du chiisme. « Liberté, indépendance et république d’Iran », ont scandé, de leur côté, les manifestants de Khorramabad (ouest de l’Iran). Ailleurs, on a pu entendre « Lâchez la Syrie ! Pensez à nous », en référence aux dépenses considérables engagées par Téhéran pour soutenir Bachar al-Assad. Plus étonnant encore a été la référence au Chah dont le nom n’avait jamais été scandé en public depuis le renversement de la monarchie en 1979. Double surprise puisqu’il ne s’agit pas de Mohammed-Reza Pahlavi, le dernier Chah renversé par Khomeiny cette même année, mais de Reza, son père, qui avait mis au pas les religieux à la différence de son fils, plus accommodant avec eux. « Béni sois-tu, Reza Chah », ont crié les contestataires de Qom. Un autre slogan, plus significatif, entendu dans d’autres villes : « Un pays sans Chah est un pays sans ordre [essab kitab – littéralement, sans livre de comptes]. »

      Les derniers rassemblements de grande ampleur en Iran remontaient à cette époque. Ils visaient à protester contre les fraudes ayant permis la réélection du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Les manifestations de ces derniers jours sont bien différentes. Elles sont d’abord en réaction contre la vie chère – même si Rohani a fait tomber l’inflation de 40 à 8 % –, la faillite de plusieurs pseudo établissements de prêts qui a lésé d’innombrables petits épargnants, la baisse des retraites, le chômage qui atteint 28,8 % (chiffre officiel) chez les jeunes et la corruption devenue phénoménale au point que même le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, s’en est indigné, il y a quelques jours, à la surprise générale.

      C’est à Machhad, la grande cité sainte au nord-est de l’Iran et la seconde ville du pays par sa population, que la première manifestation, jeudi, a commencé, aux cris de « Marg Bar Rohani » (« Mort à Rohani »). Si l’on en croit l’opposant iranien Hassan Shariat-Madari, fils du défunt grand ayatollah Sayyed Kacem Shariat-Madari, ce sont les bassidji (miliciens) qui l’avaient organisée en manipulant les protestataires. Leur but était de fragiliser le président iranien et de démontrer l’échec de sa politique de réintégration de l’Iran au sein de la communauté internationale.

      Ville religieuse s’il en est, du fait du tombeau de l’imam Reza, avec un establishment religieux très lié aux factions des « oussoulgarayan » (principalistes ou fondamentalistes), qui en ont fait un foyer d’opposition à Rohani, elle a en réalité voté massivement pour ce dernier aux présidentielles du mois de mai et pour ses partisans aux municipales. D’où le calcul des bassidji d’organiser une manifestation dans une ville où il est supposé être populaire. Un calcul qui s’est avéré totalement désastreux, selon l’opposant interrogé samedi sur la chaîne iranienne Kayhan de Londres, puisque les slogans ont bien vite été détournés par les protestataires pour viser le régime tout entier. « Mort à Rohani » est ainsi vite devenu « mort à la dictature », sans doute en référence à Ali Khamenei. En outre, la manifestation a trouvé dès le lendemain des échos dans plusieurs autres villes iraniennes. D’où la colère des partisans de Rohani, en particulier de son vice-président, Eshaq Jahangiri : « Quand un mouvement social et politique est lancé dans la rue, ceux qui l’ont déclenché ne seront plus forcément capables de le contrôler par la suite. Ceux qui sont derrière ces événements se brûleront les doigts », a-t-il déclaré à l’agence Irna.

      Une radicalité bien différente du mouvement de 2009

      Différence aussi notable avec les manifestions de 2009, ce ne sont plus cette fois les classes moyennes et les étudiants qui défilent mais, comme on peut le voir sur les vidéos, les classes populaires, la frange inférieure de la classe moyenne, les ouvriers, les petits retraités. C’est-à-dire l’ancienne base révolutionnaire du régime, les mostazafin (les déshérités), comme les appelait Khomeiny qui voyait en eux « la torche » de la révolution islamique. « Ce sont tous ceux qui n’ont plus rien à perdre », résume le spécialiste de l’Iran Clément Therme, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques, à Londres. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas réprimé aussi violemment les manifestions qu’en 2009. Il y a eu certes des centaines d’arrestations – plus d’une cinquantaine à Machhad – et des matraquages, en particulier des étudiants de Téhéran qui ont rejoint le mouvement, mais la priorité a plutôt été d’organiser d’immenses contre-manifestations dans un millier de villes et localités.

      « Les manifestations contre le régime ont des raisons à la fois immédiates et structurelles, souligne le même chercheur. Les raisons immédiates, ce sont les hausses de prix, par exemple les œufs qui ont augmenté de 40 %, les difficultés de la vie quotidienne. D’une manière générale, il y a une grande déception par rapport à l’accord sur le nucléaire qui n’a pas conduit à ce que les Iraniens espéraient, en priorité des améliorations dans leur vie. » « Les secondes raisons, ajoute-t-il, sont structurelles, comme la corruption et la mauvaise gestion en particulier des ressources et de la redistribution de la rente pétrolière, des problèmes auxquels le régime est incapable d’apporter un remède. Celui-ci apparaît comme une caste de privilégiés qui bénéficie de cette rente et ne fait rien pour organiser sa redistribution. D’où un sentiment d’injustice immense. Le solution Rohani, en fait, ne fonctionne pas : il y a une contradiction entre le néolibéralisme promu par la faction élue et le clientélisme du régime que l’on peut voir à l’œuvre notamment dans les manifestations massives pro-régime. »

      C’est donc plus par ces manifestations en sa faveur – elles ont lieu chaque année à la même période en souvenir de sa victoire sur la « sédition » de 2009 – que le pouvoir cherche à allumer des contre-feux. « Il est d’ailleurs peu pertinent, estime Clément Therme, de présenter ces deux manifestations en parallèle : d’un côté, nous avons des partisans amenés en bus par l’État et de l’autre des gens qui risquent leur vie pour demander la redistribution de la rente, la fin de l’injustice économique et celle de la corruption d’un régime en place depuis 38 ans. »

      Ce qui frappe d’emblée, c’est à quel point l’actuel mouvement de protestation, qui ne semble disposer ni d’une organisation ni d’un encadrement, a pu faire tache d’huile en si peu de temps et gagner une bonne partie de l’Iran. Ce qui surprend aussi, ce sont les slogans faisant le lien entre la situation économique à l’intérieur de l’Iran et les guerres régionales menées par le régime à l’extérieur, notamment en Syrie. Un tel rapprochement a fait grincer les dents des proches du pouvoir. « Dans une foule de plusieurs centaines de personnes, un groupe n’excédant pas 50 personnes a crié des slogans déviants et affreux tels que “Quittons la Palestine”, “Ni Gaza, ni Liban, je ne donnerai ma vie que pour l’Iran” », s’est ainsi indigné l’ayatollah Ahmad Alamolhoda, un proche du Guide suprême, en réclamant davantage de fermeté contre les manifestants de Machhad.

      Pour Clément Therme, « les Iraniens ne souhaitent plus d’une part, que la rente pétrolière soit distribuée à l’extérieur, dans les pays voisins, aux clients de la République islamique mais à l’intérieur du pays ; et d’autre part, que la priorité soit donnée au développement socioéconomique de l’Iran et non pas à l’idéal révolutionnaire même si, comme le montrent les contre-manifestations, certains y adhèrent encore ».

      Est-ce pour autant une véritable menace pour le régime ? Pas pour le moment. Mais d’ores et déjà des tabous sont tombés : appel sans précédent au retour de la dynastie des Pahlavi, attaques directes contre le Guide suprême… soit une radicalité dont le mouvement de 2009 ne témoignait guère. Pour le président Rohani, déjà engagé dans un dur bras de fer avec les « principalistes », c’est une mauvaise passe dont il devrait sortir très affaibli. En particulier si la répression s’intensifie, ce qui le mettrait en contradiction avec ses promesses de campagne en faveur de davantage de liberté. Comme on pouvait le craindre, Donald Trump et les dirigeants israéliens se sont dépêchés d’acclamer les manifestants. Comme alliés, le régime islamique ne pouvait rêver mieux.

      #classes_populaires #revendications_matérielles

    • “Le peuple mendie, les mollahs vivent comme des dieux.”
      « A bas Khamenei », “honte à toi Khamenei, dégage du pays”

      Et ça juste au moment où intervient un assouplissement du port obligatoire du voile
      https://www.algeriepatriotique.com/2017/12/30/voile-plus-obligatoire-iran

      ...la police iranienne préfère adopter une approche souple pour convaincre les gens de respecter les préceptes de la religion. Cette approche, a expliqué M. Rahimi, selon le quotidien Shargh qui rapporte l’information, consiste à abandonner le châtiment et à privilégier l’éducation. Certains médias soutiennent que les femmes ne seront plus tenues de porter le voile si tel était leur volonté.

      Une réforme sociétale (comme on s’est accoutumé à le dire) qui n’a pas empêché que les “conditions matérielles” et la “vie quotidienne” soit critiquées et fassent prendre la rue.


  • 26 novembre - bilan de l’état d’urgence et instrumentalisation de la guerre contre le #Terrorisme
    http://survie.org/qui-sommes-nous/nos-groupes-locaux/survie-paris-ile-de-france/article/26-novembre-bilan-de-l-etat-d-5175

    Une journée de tables rondes, témoignages et analyses autour d’une envie de faire front commun contre la politique nationale (état d’urgence, répressions, #Racisme) et internationale (françafrique, interventionnisme militaire, coopération sécuritaire, alliance avec « nos amis les dictateurs »,etc) Face aux discours et méthodes de guerre employées actuellement par l’Etat français, que ce soit en France ou dans sa politique étrangère, Survie souhaitait réunir de nombreuses voies critiques pour décrypter et (...)

    #Survie_Paris_Ile_de_France

    / Racisme, #Manifestations, Dictateurs (Amis de la France), #Coopération_policière, Terrorisme, #Réforme_des_institutions,_justice,_armée, Revendications des (...)

    #Dictateurs_Amis_de_la_France_ #Revendications_des_collectifs



  • The Skylab 4 mutiny, 1973
    http://libcom.org/history/1973-skylab-4-mutiny

    Commander Carr tried to reason with mission control, stating that “on the ground, I don’t think we would be expected to work a 16-hour day for 85 days, and so I really don’t see why we should even try to do it up here.”

    Six weeks into the mission, this culminated in the crew announcing an unscheduled day off, mutinying by turning off the communications radio while getting some rest.

    They reportedly spent their day off relaxing and taking in the panoramic views of Earth from orbit.

    Carr then communicated the group’s demands: "We need more time to rest. We need a schedule that is not so packed. We don’t want to exercise after a meal. We need to get things under control.’

    Eventually, mission control agreed to compromise. Their workload was reduced, schedules altered and the crew given more control over planning.

    Pogue recounted that the last six weeks after this were much more enjoyable, allowing them free time for “studying the Sun, the Earth below, and ourselves.”

    Initially ground crews attributed the astronauts’ complaining to possible lethargy or depression. But the New York Times reported that Pogue said this was incorrect:

    He and the others just wanted more time to look out the window and think. The flight had made him “much more inclined toward humanistic feeling toward other people, other crewmen,” he told Science News in 1985. “I try to put myself into the human situation, instead of trying to operate like a machine.”

    After they returned, NASA became vindictive, and ensured that none of the crew flew again.

    #lutte_des_classes #usa #espace #nasa


  • Le revenu universel ou l’#assistanat à vie, Jean-Philippe Delsol, avocat, président de l’Iref (Institut de recherches économiques et fiscales) et auteur de « L’Injustice fiscale. Ou l’abus de bien commun »
    http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021783145873-le-revenu-universel-ou-lassistanat-a-vie-1208843.php

    L’idée est d’attribuer à chaque citoyen une somme mensuelle assurant sa subsistance, le cas échéant différenciée selon l’âge du bénéficiaire. Cette allocation dite « universelle », d’un montant variable de 470 à 800 euros par mois selon les scénarios, pourrait ainsi remplacer tout ou partie des aides sociales, dont le maquis nuit à une juste attribution. Tous auraient un filet de sécurité garanti par la collectivité. En contrepartie, certains proposent l’institution d’un impôt proportionnel dont l’#allocation_universelle serait déduite. Tous les citoyens seraient ainsi traités égalitairement dans le cadre d’un système si simple qu’il en devient séduisant. Mais cette séduction est celle de l’enfer pavé de bonnes intentions.
    Ce revenu universel aurait tôt fait de laisser croire à chacun qu’il peut donc vivre en tendant la main, sans travailler. Certes, il ne pourrait le faire que modestement, mais ce serait possible de subsister d’oisiveté, le cas échéant en s’associant avec d’autres compagnons de prébende. Rien ne dit d’ailleurs que bientôt la pression ne se ferait pas pour augmenter cette aubaine prélevée sur les autres, ceux qui travailleraient encore. L’exemple de l’impôt progressif sur le revenu, dont le taux de 2 % à sa création en 1914 a été porté jusqu’à 90 % en 1925, est éloquent à cet égard. Et même si très peu devaient profiter indûment de ce revenu universel pour vivre aux dépens des autres sans en avoir nécessité, ce serait toujours trop et #immoral dans le principe. Par définition, ces profiteurs seraient les prédateurs du revenu des autres. Et cette allocation universelle détruirait la #propriété et le #travail sans lesquels le progrès et la #civilisation s’affadissent à défaut de permettre à la liberté de s’épanouir.
    Bien plus, ce concept est le prototype des droits créances consistant à faire croire à chacun qu’il peut exiger des autres le paiement d’une dette qu’ils n’ont jamais contractée. Cette illusion dénature les rapports sociaux en contribuant à leur déséquilibre et en favorisant des #revendications_infondées.


  • Tunisie : « On en a marre des immolés et de leurs revendications »
    http://nawaat.org/portail/2016/02/23/on-en-a-marre-des-immoles-et-de-leurs-revendications

    « On en a marre des immolés et de leurs revendications ! Vous voulez mourir ? Jetez vous par les fenêtres ! buvez du poison ou noyez vous dans un fleuve ! » crie le médecin du centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous . « Les jeunes doivent arrêter de faire ce chantage suicidaire ! Celui qui veut mettre fin à sa vie, qu’il le fasse chez lui et pas sur la place publique ! » a osé une journaliste sur le plateau d’un talk show. « Si tu es un homme ! Fais comme Bouazizi et montre nous ton courage ! » a lancé un policier à un vendeur ambulant juste qui menaçait de s’immoler à Sousse. Source : Nawaat


  • « A travail égal, salaire égal » : il y a 50 ans, la première grève des femmes
    http://www.franceculture.fr/histoire/travail-egal-salaire-egal-il-y-50-ans-la-premiere-greve-des-femmes

    « A travail égal, salaire égal », ce célèbre slogan est lancé il y a 50 ans, le 16 février 1966, lors de la grève des ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal. Pendant trois semaines, ces travailleuses vont se battre pour imposer leur revendication. Retour sur ce combat à travers un #documentaire.

    http://audio.scdn.arkena.com/11010/franceculture-midfi128.mp3

    #travail #femmes #inégalités #revendications #salaires


  • Refusons l’état d’urgence

    Sophie Wahnich

    Nous avons déjà assisté au rapatriement de la gendarmerie au sein du ministère de l’Intérieur, ce qui tend à brouiller la frontière entre police et armée, à faire rentrer la police dans un régime d’action militaire. C’était le cas à Sivens, avec pour conséquence l’issue tragique que chacun a encore en mémoire. Tout ceci contrevient à la logique historique du maintien de l’ordre républicain depuis la fusillade de Fourmies qui a toujours visé, malgré quelques écarts, la dissociation entre régime policier et régime militaire. Or, comme l’écrivait Walter Benjamin, lorsque la police n’applique plus la loi, mais la fait, le règne de l’arbitraire détruit toute fondation démocratique où la « force de loi » doit dépendre du peuple souverain, et non de la violence policière, qu’elle soit physique ou symbolique.

    http://www.regards.fr/web/article/sophie-wahnich-l-etat-d-urgence

    Fourmies, 1er mai 1891

    Le 1er mai 1891, les organisations ouvrières se préparent par différents moyens, dont la grève, à obtenir enfin la journée de 8 heures.
    A Fourmies, petite ville textile du Nord de la France, à 10 Heures du matin, Les délégués désignés en Assemblée Générale des Travailleurs et réunis au Café du Cygne, rue des Eliets, se rendent à la Mairie. Ils ont prévu d’y exposer leurs revendications :

    La journée de huit heures ;
    L’application de l’unification de l’heure pour la rentrée et sortie des fabriques et la même heure pour toutes, annoncée par la cloche locale ;
    Création d’une Bourse du Travail ;
    Révision générale des tarifs, suppression des règlements léonins, abrogation des amendes et des mal façons ;
    Fixation de la paie tous les huit jours, sans retard laissé dans la caisse des patrons au détriment de l’ouvrier, et l’obligation réciproque de prévenir 8 jours à l’avance en cas de cessation de travail ;
    Suppression des octrois ;
    Amélioration hygiénique à apporter dans certains ateliers en particulier à Fourmies et sa région ;
    Création de Caisses de retraites pour les ouvriers ;

    En réaction le patronat menace de licenciement celles et ceux qui arrêteront le travail. Pour lui venir en aide, il obtient du préfet la mobilisation de deux compagnies d’infanterie équipées du nouveau fusil Lebel ( 9 balles de calibre 8 mm).

    Ils avaient espéré épouvanter les ouvriers, mais ils ne purent que les exaspérer. Les plus indifférents furent pris de rage à cette menace qui les poussait à une cessation générale du travail. La quantité d’ouvriers qui ont été le 1er mai an travail fut si infime, que les fabricants durent les renvoyer chez eux. Paul Lafargue

    En fin de journée, face aux centaines de manifestants qui tentent d’obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie, le commandant Chapus crie : « Feu ! feu ! feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! » La troupe s’exécute tuant en quelques dizaines de secondes 9 manifestants - dont 4 femmes et un enfant - et en blesse une quarantaine d’autres.

    Le Matin, du 5 mai 1891, dénonce les « responsables » du drame :

    Le crime vient de plus haut et de plus loin. Il vient de ces faux apôtres du progrès, philosophes de quatre sous et politiciens de pacotille, qui ont entrepris de réformer les mœurs politiques de la France, en la déshabituant de ses anciennes croyances. C’est l’enseignement matérialiste inauguré par eux dans nos écoles qui engendre ces revendications impatientes et brutales.

    Le Nouvel Éclaireur de l’Oise, du 9 mai juge les enragés :

    On a tué des femmes et des enfants ! crie-t-on. C’est vrai, c’est très fâcheux, soit ; mais qu’est-ce que ces femmes et ces enfants allaient faire là, s’il vous plaît ? Ils allaient porter aux hommes des pierres et des bâtons pour les jeter sur les soldats ; les femmes étaient là pour exciter les hommes et pour leur servir de bouclier. Tant pis pour eux. « Fallait pas qu’ils y aillent » dit la chanson, et ici la chanson dit vrai.

    Et L’Illustration, du 9 mai, ne cache pas son admiration pour le travail bien fait :

    C’est le fusil Lebel qui vient d’entrer en scène pour la première fois... Il ressort de ce nouveau fait à l’actif de la balle Lebel qu’elle peut très certainement traverser trois ou quatre personnes à la suite les uns des autres et les tuer.

    Suite aux massacre, un débat parlementaire s’ouvre à la Chambre des Députés tandis que Culine et Lafargue sont arrêtés. Clemenceau réclame une amnistie générale en s’écriant : « C’est le quatrième État qui se lève et qui arrive à la conquête du pouvoir ». L’amnistie est repoussée.

    > 1er Mai 1891 : la fusillade de Fourmies - Histoire par l’image
    http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=95

    > Sur le site marxists.org, le texte de Paul lafargue, « La boucherie de Fourmies du 1er mai 1891 »
    https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1891/05/lafargue_18910500.htm

    #Sophie_Wahnich #1er_mai 1er_mai_1891 #Fourmies #sivens #arbitraire #régime_policier #violence_policière #patronat #revendications


  • Israël demande la reconnaissance de l’annexion du Golan suite à la découverte de pétrole | Jonathan Cook | Friday 13 November 2015 | trad 20 nov 2015
    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/isra-l-demande-la-reconnaissance-de-l-annexion-du-golan-suite-la-d-co

    NAZARETH, Israël – Cette semaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a profité de sa première réunion privée avec Barack Obama depuis treize mois pour évoquer la possibilité de morceler la Syrie.

    Selon des représentants israéliens, Benjamin Netanyahou a déclaré que Washington devait donner sa bénédiction à posteriori pour l’annexion illégale par Israël du plateau du Golan, ravi à la Syrie durant la guerre de 1967.

    Des sources proches des discussions ont indiqué à Haaretz que Benjamin Netanyahou avait prétendu que la Syrie n’était plus un État opérationnel, ce qui permettait de « voir les choses différemment ». Depuis 2011, le gouvernement de Bachar al-Assad fait face à des factions rebelles parmi lesquelles figurent des groupes affiliés à al-Qaïda et l’État islamique (EI).
    (...)
    Le mois dernier, Afek, une filiale israélienne de la société pétrolière américaine Genie Energy, a annoncé avoir découvert d’importantes réserves de pétrole dans le Golan. Yuval Bartov, géologue en chef de Genie Energy en Israël, a indiqué que la société estimait que le gisement contenait « potentiellement des milliards de barils ».

    Les spécialistes du droit international affirment que le fruit de cette découverte devrait revenir à la Syrie, mais Israël a jusqu’ici indiqué qu’il passerait outre ses obligations légales.

    Le ministère israélien de l’Énergie et de l’Eau a autorisé Afek a forer dix puits expérimentaux sur trois ans dans une zone de 400 kilomètres carrés, soit environ un tiers de la superficie totale du Golan.

    Afek prétend que les découvertes qu’elle a réalisées au cours de la première année pourraient permettre à Israël d’accéder à l’autonomie énergétique en subvenant à sa consommation annuelle de 100 millions de barils dans un avenir proche.

    #Golan #pétrole #Israël


  • le jour où les oiseaux ont attaqué les banques | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/04/06/le-jour-ou-les-oiseaux-ont-attaque-les-banques

    C’est bien parce que la #dette touche à tous les aspects de nos vies que des revendications qui auraient eu leur place dans un programme social-démocrate classique apparaissent aujourd’hui comme des #revendications radicales (ou « unilatérales », pour reprendre les termes de l’accord du 20 février) : le maintien d’un régime de #retraites et d’une forme ou une autre de #droit du #travail est devenu une « revendication radicale » (une revendication susceptible de faire voler le système en éclats), l’accès aux #soins est devenu une « revendication radicale », produire, se nourrir, avoir un toit, cultiver un sol qui ne soit pas contaminé par des rejets toxiques ou étudier sont devenus des « revendications radicales » — « radicales », puisque nul ne saurait ignorer la dette et que les décisions sont soumises sans appel aux revirements des #marchés et au verdict des agences de notation.

    On peut ainsi interpréter la #violence des mémorandums et le blocus financier auquel le pays est soumis depuis les "élections comme une démonstration, une leçon cruelle d’#économie par l’exemple : sans dette, pas de médicaments, pas de soins, pas de système éducatif, pas de chauffage, pas de manuels scolaires ; pas de droits sociaux, de société ni d’État sans accès aux marchés financiers ; « sans dette, vous n’êtes rien ».

    #dictature #finance #servitude


  • Sud-Tunisien « Une révolution des affamés et une étincelle pour une nouvelle révolution » | LE JURA LIBERTAIRE
    https://juralib.noblogs.org/2015/02/11/sud-tunisien-une-revolution-des-affames-et-une-etincelle-pour-une-n

    C’est à Dehiba, dans le gouvernorat de #Tataouine à la frontière libyenne, qu’un jeune homme a été tué dimanche lors d’#affrontements avec la police. Les violences avaient été déclenchées par la saisie d’essence de contrebande mais s’inscrivent dans le cadre d’une contestation plus large. Le Sud, qui vit largement de divers trafics avec la Libye et se dit délaissé depuis des dizaines d’années par les autorités tunisiennes, réclame notamment des créations d’emplois. “Le conseil des ministres a chargé les ministres de se rendre sur les lieux pour s’enquérir de la situation et des #revendications sociales”, a dit M. Mseddi, en ajoutant que MM. Chaker et Brahim s’entretiendraient avec “les principaux acteurs, notamment la société civile”.

    Mardi, une large partie du Sud a observé une #grève générale. À Ben Guerdane, près du principal poste-frontière avec la Libye de Ras Jedir, des heurts sporadiques ont opposé de jeunes manifestants à la police. Les syndicats de ces régions, outre des emplois et des investissements, réclament la suppression d’une taxe de sortie du territoire tunisien imposée aux étrangers non résidents depuis octobre et qui nuit, selon les habitants, au commerce avec la Libye.

    #Tunisie #chômeurs


  • Chine : Des robots et des hommes | Encres de Chine
    http://chine.blogs.rfi.fr/article/2014/04/19/chine-des-robots-et-des-hommes

    Elle sont impressionnantes ces images venues de Dongguan dans le sud de la Chine. Depuis le 5 avril dernier, les arrêts de travail se multiplient dans l’énorme usine à chaussures de la ville. Près de 30 000 ouvriers de Nike, Adidas, Converse, New Balance réclament une amélioration de leurs conditions de travail et critiquent les carences de leur couverture sociale. Mais les autorités de la province du Guangdong auraient trouvé la parade raconte le site du Nanfang : Des robots pour remplacer les contestataires.

    #chine #travail #robot #grève #revendications


  • #Pays_Basque
    Joana Haramboure : « Lannemezan est emblématique de nos #revendications pour les #prisonniers »

    ...
    À Lannemezan, nous manifesterons pour le respect des droits des prisonniers politiques. Je dis prisonniers politiques même si je sais que certains ne veulent pas l’entendre, parce qu’ils sont prisonniers dans le cadre d’un conflit de nature politique. Et même si les États ne leur reconnaissent pas ce statut, on voit bien qu’ils ont un traitement différent de celui des autres prisonniers. Tout est plus compliqué pour eux et leurs droits sont niés. En ce qui concerne les libérations conditionnelles, on le voit bien. Même quand les dossiers sont solides, on cherche le petit détail qui permettra de refuser la libération.

    Quels sont ces droits ?

    Parmi ces droits, il y a bien sûr le droit des prisonniers gravement malades à être libéré. Le droit de tous les prisonniers qui ont fini leur condamnation à être libéré. Il y a aussi le rapprochement des prisonniers de leurs familles, et puis il y a tous ceux liés au quotidien, comme le droit à faire des études, aux communications, etc. Nous demandons des mesures immédiates comme “premiers pas” comme la libération d’I. Fernández Iradi, celle des “conditionnables” et l’arrêt des violences contre les prisonniers.

    Nous voulons mobiliser les gens autour de ces questions. Montrer aux États français et espagnol, qui ne veulent toujours pas faire de pas, que nous sommes là et que nous serons toujours là.
    ...

    http://www.lejpb.com/paperezkoa/20131213/437615/fr/Joana-Haramboure---Lannemezan-est-emblematique-nos-revendications-pour-les-pr


  • Les #mers de #Chine, nouveau théâtre d’affrontement des #nationalismes #asiatiques

    L’absence de Barack Obama à la série de sommets qui se tiennent depuis ce week-end en Asie du Sud-Est (ceux de l’APEC – Coopération économique pour l’Asie-Pacifique –, à Bali, lundi 7 et mardi 8 octobre, et ceux de l’ #Asean – Association des nations de l’Asie du Sud-Est – à Brunei à partir de mercredi 9 octobre) fait le jeu de la Chine, qui a pour l’occasion mis en sourdine ses #revendications #territoriales en #mer de Chine du Sud.

    Excellent article de Brice Pedroletti du Monde

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/10/10/les-mers-de-chine-nouveau-theatre-d-affrontement-des-nationalismes-asiatique

    Revue de Presse Hebdomadaire sur la Chine du 7/10/2013


  • Les élections régionales du 25 mai 2014 et les défis du logement à Bruxelles - Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat
    http://rbdh-bbrow.be/spip.php?article1496

    Les 4 revendications prioritaires du #RBDH

    A l’occasion des #élections régionales du 25 mai 2014, l’asbl Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat avance 4 #revendications prioritaires et indispensables pour combattre la crise du #logement.

    1. L’augmentation du nombre de logements publics locatifs à caractère social et la socialisation du parc existant (...)
    2. Des solutions à la pénurie de logements : la lutte contre la vacance et la planification (...)
    3. L’introduction d’une allocation-loyer unique, couplée à un encadrement des loyers (...)
    4. Un soutien plus sélectif à l’acquisition du logement familial (...)


  • Tensions between China and Japan flare over disputed islands

    http://www.wsws.org/articles/2012/sep2012/jpch-s13.shtml

    By Peter Symonds
    13 September 2012

    The Japanese government’s announcement on Tuesday that it had completed the purchase of three of the five Senkaku islands (known in China as Diaoyu) from their private owner threatens a new confrontation with Beijing, which also claims sovereignty over the islands.

    The Chinese foreign affairs ministry issued a statement opposing the decision, declaring that the purchase “cannot alter the fact [that] the Japanese side stole the islands from China.” Chinese defence ministry spokesman Geng Yangsheng registered “staunch opposition and strong protest,” warning that the Chinese military was unwavering in its determination “to defend national territorial sovereignty.”

    #chine #japon #frontières #conflit-frontaliers #revendications-maritimes #asie