• Avis sur la création d’un Revenu universel d’activité (RUA) | CNCDH
    https://www.cncdh.fr/fr/publications/avis-sur-la-creation-dun-revenu-universel-dactivite-rua

    La CNCDH appelle à la reprise des concertations autour du #RUA et formule des recommandations pour que le dispositif permette réellement de sortir des personnes de la pauvreté et de retrouver une vie digne.

    L’avis sur la création d’un revenu universel d’activité alerte sur l’urgence de garantir le droit à la vie dans la dignité, alors que la crise sanitaire exacerbe la pauvreté qui sévit en France. Si la réforme des minima sociaux est bienvenue, elle doit être retravaillée pour satisfaire aux objectifs d’amélioration de l’accès aux droits sociaux et de simplification du système de prestations sociales. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) rappelle notamment que, contrairement à ce que sous-tend en l’état la réforme, l’accès aux prestations sociales ne doit pas être conditionné à la réalisation de « devoirs » . Elle recommande donc la reprise des concertations et insiste sur l’importance de revaloriser les prestations sociales et d’inclure les 18-25 ans et les étrangers en situation régulière parmi les bénéficiaires, afin de garantir le droit à un niveau de vie suffisant consacré par le Préambule de 1946.

    #revenu_minimum #conditionnalité #droits_sociaux

  • [vidéo] Handicap : le contrat social invalide
    https://www.youtube.com/watch?v=ohFUlAW_ylQ&feature=youtu.be

    En 2018, l’Insee dénombrait 2,8 million de personnes de 15 à 64 ans ayant une reconnaissance administrative du handicap qui devrait leur garantir un emploi, grâce à la loi de 1987. Or seules près d’un million de personnes considérées comme handicapées travaillent. Faut-il rappeler pourtant que l’enjeu n’est pas de gommer la singularité, mais bien d’admettre la différence ? Qu’adapter les institutions, ce n’est pas faire une faveur aux personnes en situation de handicap ? Qu’il ne s’agit pas d’un privilège accordé ? Ne pas discriminer ne signifie pas traiter à l’identique mais offrir les aménagements nécessaires à ceux et celles qui en ont besoin. Source : (...)

  • About 88000 to automatically benefit from Self-Employed Person Income Relief Scheme
    https://www.mom.gov.sg/newsroom/press-releases/2020/0327-about-88000-to-automatically-benefit-from-self-employed-person-income-r

    The Ministry of Manpower will introduce a Self-Employed Person (SEP) Income Relief Scheme (SIRS) to support eligible SEPs with less means, and tide them over this period of economic uncertainty.

    2 Under the scheme, eligible SEPs will receive three quarterly cash payouts of $3,000 each in May, July and October 2020.

    À Singapour, continuité de revenu pour les travailleurs indépendant·es : 3000 S$ par trimestre, c’est en pouvoir d’achat singapourien l’équivalent de 3000 € et le dispositif est prévu pour durer neuf mois. Classe.
    #revenu_garanti (assurer la continuité de revenu en cas de crise, plutôt #assurance_revenu) #Singapour

  • Notes sur le jour où je suis devenue une vieille personne | Alisa del Re
    https://acta.zone/notes-sur-le-jour-ou-je-suis-devenue-une-vieille-personne

    Dans ce texte qui relève à la fois de l’expression subjective personnelle et des considérations stratégiques, Alisa del Re, figure de l’opéraïsme et du féminisme italien, s’interroge sur la construction de la vulnérabilité des personnes âgées durant l’épidémie de Covid-19 et ses conséquences. Ce faisant, elle rappelle la nécessité de replacer la question des corps et de la reproduction sociale au centre de la réflexion politique, et plaide pour une réorganisation sociale qui permette à chacun·e, sans considération pour sa classe d’âge, de bénéficier d’une santé et d’une vie décentes. Source : Il Manifesto via Acta

    • Nous sommes aujourd’hui scandalisé·e·s par ce massacre des personnes âgées, par ce manque de soins pour les corps faibles, qui a montré toutes ses limites parce qu’il n’est pas au centre de l’attention politique, parce qu’il est marginalisé et qu’il est géré suivant les logiques du profit. Face à la pandémie, on découvre, comme si cela était une nouveauté, que nous sommes tou·te·s dépendant·e·s des soins, que nous devons tou·te·s être reproduit·e·s par quelqu’un, que chacun·e d’entre nous porte la faiblesse du vivant en lui ou en elle, que seul·e·s, nous ne pouvons pas grand chose. Nous ne sommes pas des machines disponibles au travail sans conditions, les travailleur·se·s ont été les premier·e·s à faire grève pour que leur santé soit protégée avant le profit, avant même les salaires.

      Au contraire, c’est précisément cette situation exceptionnellement dramatique et sans précédent qui a mis les corps et leur reproduction au premier plan, en soulignant l’étroite relation entre la reproduction, les revenus et les services sociaux – étroite relation qui doit nous servir de programme pour la phase à venir. Même le pape a saisi cette nécessité dans son discours du dimanche de Pâques : « Vous, les travailleurs précaires, les indépendants, le secteur informel ou l’économie populaire, n’avez pas de salaire stable pour supporter ce moment… et la quarantaine est insupportable. Peut-être le moment est-il venu de penser à une forme de salaire universel de base qui reconnaisse et donne de la dignité aux tâches nobles et irremplaçables que vous accomplissez ; un salaire capable de garantir et de réaliser ce slogan humain et chrétien : « pas de travailleur sans droits » ».

      #soin #corps #santé #reproduction_sociale #travailleurs_précaires #indépendants #salaire #revenu_garanti

    • Et #pape. Je ne comprends pas du tout comment son propos sur les droits liés au travail et devant assurer la continuité du revenu dans des situations comme celles-ci (et d’autres : chômage, vieillesse) peut être entendu comme la demande d’un revenu sans contrepartie. C’est bien de droits dérivés du travail qu’il est question.

    • @antonin1, aie l’amabilité s’il te plait de pardonner cette réponse embrouillée et digressive, ses fôtes, erreurs terminologiques et conceptuelles, élisions impossibles et répétitions. Sache qu’elle n’est pas non plus suffisamment mienne à mon goût (je reviendrais peut-être sur ces notes, là, j’en ai marre.).

      Ce revenu là est sans contrepartie car le travail vient avant lui (renversement politique de la logique capitaliste du salaire, payé après la prestation de travail, contrairement au loyer, payable d’avance). C’est reconnaître le caractère social de la production, sans la passer au tamis des perspectives gestionnaires actuellement dominantes à un degré... inusité, bien qu’il s’agisse d’un conflit central. "Chamaillerie" séculaire du conflit de classe prolongé, revisité (quelle classe ? que "sujet" ?) : Qui commande ? Ce point vue selon lequel la contrepartie est par avance déjà assurée, remet en cause le commandement sur le travail (non exclusivement dans l’emploi et l’entreprise) provient pour partie de la lecture politique des luttes sur le salaire, dans l’usine taylorisée, le travail à la chaine, qui ont combattu l’intenable mesure des contributions productives à l’échelon individuel (salaire aux pièces, à la tâche) en exigeant que soit reconnu le caractère collectif de la production avec la revendication durante les années soixante et ensuite d’augmentations de salaire égales pour tous (idem en Corée du Sud, dans l’industrie taylorienne des années 80, ou depuis un moment déjà avec les luttes ouvrières du bassin industriel de la Rivière des Perles chinoise), et pas en pourcentage (ou les ouvriers luttent pour le plus grand bénéfice des « adres », qui accroît la hiérarchie des salaires), ce à quoi on est souvent retourné avec l’individualisation des salaires des années 80, sous l’égide d’une valeur morale, le mérite. Comment peut-on attribuer une "valeur" individuelle à une activité qui est entièrement tributaire de formes de coopération, y compris auto-organisée, mais essentiellement placée y compris dans ces cas "exceptionnels", sous contrainte capitaliste, directe ou indirecte ?

      La est le coup de force sans cesse répété auquel s’oppose tout processus de libération, dans et contre le travail. Avoir ou pas pour finalité LA Révolution, événement qui met fin à l’histoire et en fait naître une autre, qu’on la considère comme peu probable, retardée ou dangereuse - hubris du pouvoir révolutionnaire qui se renverse en domination, à l’exemple de la "soviétique" qui a assuré le "développement" du capitalisme en Russie, entre violence de l’accumulation primitive, bureaucratie, police et archipel pénal, ou faillite, épuisement de la politisation populaire-, ne modifie ça que relativement (et c’est beaucoup, c’est l’inconnu : reprise des perspectives communalistes, mais à quelle échelle ? apologie de la révolution dans la vie quotidienne, de la désertion, de la fragmentation, perte de capacité à imaginer comment la coopération sociale, la production, la circulation, les échanges, la recherche, etc. pourraient être coordonnées autant que de besoin), avoir ou pas La révolution à la façon du Grand soir pour perspective ne supprime pas ce qui fonde des processus de libération, ces contradictions sociales, politiques, existentielles (chez tous, spécialement les femmes et les « colorés » pour employer une désignation étasunnienne, faute de mieux, car réticent au sociologique « racisés »), l’immanence de tensions agissantes, ou seulement potentielles (la menace est toujours là, bien qu’elle ne suffise en rien à elle seule, confère par exemple l’époque ou, actualisée ou rémanente, l’ivresse mondiale du socialisme pouvait partout potentialiser la conflictualité sociale). Ne pas en rester aux « alternatives » de la politique gestionnaire, impose de s’appuyer sur des avancées pratiques seules en mesures de relancer cet enjeu de lutte... Il y aurait sans doute à le faire aujourd’hui à partir du #chômage_partiel provisoirement concédé sous les auspices de la crise sanitaire à plus de la moitié des salaires du privé et d’autres phénomènes, massifs ou plus ténus. Être dans la pandémie réintroduit une étrange forme de communauté, et à quelle échelle ! Quels agencements collectifs d’énonciation se nicheraient là depuis lesquels pourraient être brisée la chape de la domination et dépassée le fragmentaire, sans dévaster des singularités encore si rares (si on excepte les pratiques comme champ propice à l’invention de mondes, si l’on excepte les vivants non bipèdes dont nous avons à attendre une réinvention de notre capacité d’attention), ça reste à découvrir.

      Nos tenants du revenu d’existence ou de base s’appuient d’ailleurs sur ces contradictions, latentes ou visibles (le scandale de la misère, d’une rareté organisée , ce en quoi je ne peux qu’être d’accord au cube) et déclarées, pour promettre de les résorber peu ou prou. Comme on parlait du "socialisme à visage humain" après Staline, la mort du Mouvement ouvrier, et non des luttes ouvrières, fait promettre une consolation impossible, un capitalisme à visage humain, ce qu’on retrouve chez les actuels enchantés actuels l’après qui sera pas comme avant qui refusent d’envisager qu’il s’agit de force à constituer et à mettre en oeuvre, contre la violence du capital, ne serait- ce que pour modestement, mais quelle ambition !, la contenir (sans jamais tabler outre mesure sur le coût d’arrêt écologique). Pourtant, il n’y a aucun espace pour le "réformisme » sans tension révolutionnaire, sans conflit, ouvert ou larvé, qui remette en cause avec force le business as usal.

      Je digresse à profusion, mauvais pli. Le travail déjà là qui « justifie » (que de problèmes inabordés avec l’emploi de ce terme) le revenu garanti, doit se lire au delà de l’usine et de toute entreprise : l’élevage des enfants, le travail des femmes, la scolarisation et la formation, l’emploi aléatoire et discontinu, le travail invisible(ils sont plusieurs, dont une part décisive des pratique du soin), la retraite (qu’elle a déjà bien assez travaillée avant d’avoir lieu, les comptables pourraient servir à quelque chose si on les collait pas partout où ils n’ont rien à faire que nuire), les périodes de latence elles-mêmes, et donc la santé (pas tant la "bonne santé" que la santé soignée, défaillante et « réparée », soutenue) prérequis à l’existence de la première des forces productives (souvent réduites au capital fixe et à la science) le travail vivant, d’autant que c’est toujours davantage la vie même qui est mise au travail (jusqu’aux moindres manifestations d’existence et échanges : data), ici le revenu garanti est une politique des besoins radicaux autant qu’il signe une acceptation de l’égalité. C’est du moins comme cela que je veux le voir (bien des seenthissiens sont en désaccord avec divers points évoqués ici, et avec une telle caractérisation de la portée révolutionnaire du revenu garanti, qui fait par ailleurs l’objet de nombreuses critiques se prévalant de l’émancipation, de la révolution, etc.).

      Antériorité du travail vivant sur le rapport de capital donc. L’économie venant recouvrir cela, si l’on veut bien en cela "suivre" Marx sans renoncer à une rupture des et d’avec les rapports sociaux capitalistes (modalités diverses : intellectuelles, lutte, Révolution, révolutions..) - compris dans ses versions marxistes (décadence objectiviste et économiciste de la critique de l’économie politique alors que ce type d’approche ne peut aller sans poser la question du pouvoir, du commandement capitaliste (micro, méso, macro, global).
      L’approche d’Alisa del Re, l’intro à son texte le rappelle, a partie liée avec un courant théorico-politique né dans l’Italie au début des années 60, l’opéraïsme, un marxisme hérétique et une pratique de pensée paradoxale.
      [Voilà comment j’ai relevé ce jour les occurrences de La Horde d’or pour leur coller tous le # La_Horde_d’or, (parfois, je ne disposais pas d’un post perso où ajouter ce #, s’cusez), livre en ligne http://ordadoro.info où on trouve de quoi satisfaire en partie la curiosité sur ce courant et ces histoires, par recherche internet sur le site dédié ou en employant l’index].

      La revendication d’un revenu garanti, d’une généralisation égalitaire des "droits sociaux" qui soit substantielle, (niveau élevé, absence de conditionnalité, de familialisation comme mécanisme de base, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas tenir compte positivement de l’ampleur du ménage, des enfants, etc. ) peut (a pu, pourra ?) mettre crise la politique du capital (une vie soumise à la mesure du temps de travail, une disponibilité productive gouvernée, cf. chômage) et entrouvrir à un autre développement que le "développement" capitaliste, de faire que la "libre activité" actuellement interdite, bridée, exploitée et toujours capturée -ce qui limite singulièrement la définition des prolos et précaires comme surnuméraires , même si celle-ci décrit quelque chose de l’idéologie agissante de l’adversaire, qui n’est pas un rapport social sans agents agissants, ni une simple oligarchie sans assise sociale réelle, mais bien l’organisation de fait de militants de l’économie fabriqués en série dans les écoles faites pour ça, et pas seulement la télé -, que la libre activité ou la "pulsion" à oeuvrer, transformer, inventer (présente sous le travail qui est nécessité économique avant tout) absorbe comme n voudra capturée pour le profit puisse relever de satisfaction des besoins)

      Travail, revenu et communisme t’intriguent. Si ce qui précède ne te refroidit pas, il y a ici même des # utilisables pour un parcours, petites promenades ou randonnée sans fin : revenu_garanti refus_du_travail general_intellect opéraïsme salaire_social salaire_garanti Mario_Tronti Toni_Negri Silvia_Federici Paolo_Virno Nanni_Ballestrini ... labyrinthe étendu lorsque s’y ajoute dess # trouvé dans les textes abordés ou la colonne de droite du site.

    • Pardon @colporteur mais ça fait vingt ans que j’entends virevolter les abeilles de YMB, traducteur de tout ce beau monde, et je ne comprends toujours pas comment dans le cadre où nous sommes, une société capitaliste libérale, une revendication de revenu garanti peut ne pas être une mesure libérale. Dans une société idéale, peut-être, sans accumulation, sans marché du travail, où nous sommes plus proches des bases matérielles de nos vies, où le travail fait donc sens et s’impose sans être imposé... Mais pour l’instant, je ne vois pas comment on peut sortir de la condition surnuméraire par la magie d’un revenu sans fonction sociale. Serait-ce le plus beau métier du monde, tellement beau que les mecs se battent pour l’exercer, justement la fête des mères se rapproche.

    • [Les # du post précédent ne s’enregistrant pas, j’essaie ici] il y a ici même des # utilisables pour un parcours, petites promenades ou randonnée sans fin : #revenu_garanti #refus_du_travail #general_intellect #opéraïsme #salaire_social #salaire_garanti #Mario_Tronti #Toni_Negri #Silvia_Federici #Paolo_Virno #Nanni_Ballestrini ... labyrinthe étendu lorsque s’y ajoute des # trouvés dans les textes abordés ou/et dans la colonne de droite du site.

  • « Il faut se serrer un peu plus la ceinture » : quand chômage partiel rime avec fiche de paie amputée, Bertrand Bissuel, Julie Carriat
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/18/il-faut-se-serrer-un-peu-plus-la-ceinture-quand-chomage-partiel-rime-avec-fi

    A l’arrêt du fait de l’épidémie due au coronavirus, près de 9 millions de salariés en chômage partiel voient leurs revenus baisser. « Le Monde » a récolté les témoignages de certains d’entre eux.

    Thierry a beau s’y être préparé, le manque à gagner qu’il vient de subir lui a causé une petite émotion. Cadre dans un restaurant de la région parisienne, il ne travaille presque plus depuis la mi-mars, l’établissement qui l’emploie ayant dû fermer ses portes, comme tous les « lieux, recevant du public, non indispensables à la vie du pays ». Thierry a, du même coup, basculé en « activité partielle », dispositif plus connu sous le nom de chômage partiel ou chômage technique. Un changement de situation synonyme de salaire amputé : pour le mois de mars, « l’écart est de 340 euros net », affirme-t-il, soit environ « 10 % » de sa rémunération habituelle.

    Thierry ne se lamente pas, conscient du fait qu’il se situe en haut de l’échelle des revenus. Mais il va essuyer une perte financière plus importante sur avril, puisque cette période-là sera intégralement chômée. « Je suis locataire et n’ai donc pas de crédit immobilier à rembourser, confie cet homme, encarté à Force ouvrière (FO). Mais si mes ressources sont diminuées pendant trois ou quatre mois, je vais commencer à rencontrer des difficultés. »

    Aujourd’hui, ils sont près de 9 millions à relever, comme Thierry, de l’activité partielle, soit près d’un salarié du privé sur deux. Une situation sans précédent, en France. Le gouvernement a voulu faire jouer ce mécanisme au maximum, afin que les patrons conservent, autant que possible, leur main-d’œuvre durant la récession déclenchée par la pandémie due au coronavirus. Dans cette optique, les règles ont été revues en profondeur, le but étant de bâtir le système « le plus protecteur » d’Europe, selon la formule de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Grâce à ce dispositif, cofinancé par l’Etat et par le régime d’assurance-chômage (Unédic), les salariés perçoivent une indemnité correspondant, en moyenne, à 84 % de leur salaire net. L’employeur peut, s’il le souhaite, mettre la main à la poche pour compenser la différence et assurer, ainsi, le maintien de la paye.

    Un filet de sécurité, mais des limites

    Si le filet de sécurité dressé par l’exécutif préserve une large part du pouvoir d’achat des personnes concernées, il comporte des limites. Ainsi, certaines composantes de la rémunération du salarié ne sont pas prises en considération pour fixer le montant de l’indemnité d’activité partielle : parmi elles, il y a l’intéressement, la participation et les « primes ou indemnités ayant le caractère de remboursement de frais professionnels » – par exemple, la prime de panier, précise Patrick Bordas, vice-président du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables.

    Maçon coffreur dans une entreprise de travaux publics, Ibrahim indique, lui, avoir perdu un peu plus de 200 euros sur sa paye du mois de mars – période durant laquelle il a chômé plusieurs jours. Un manque à gagner qu’il impute à la non-prise en compte de la prime de panier et de l’indemnité de transport. « Ça a des conséquences sur mon budget », souligne ce délégué syndical CGT, père de six enfants et dont l’épouse est sans profession. Il envisage « de supprimer certaines dépenses », sans trop savoir lesquelles à ce stade : peut-être cessera-t-il de participer au règlement des assurances des voitures appartenant à ses fils.

    Dans certains cas, les baisses de ressources s’avèrent plus importantes, à en croire les propos de salariés qui ont répondu à un appel à témoignages lancé sur Lemonde.fr. Salarié d’un grossiste pour la restauration dans les pays de la Loire, Lkif est au chômage partiel depuis le 14 avril. Sa rémunération fixe – 1 350 euros par mois – lui sera payée à 100 %, grâce à un coup de pouce de son employeur. En revanche, faute de clients, il fait son deuil des quelque 500 euros mensuels de commission qu’il empoche habituellement. « On [le salarié porte parole du patron, un must pour Le Monde] a trois emprunts à payer, jusqu’à quand ça va durer ? Je ne vais pas toucher mon salaire d’avant-crise avant plusieurs mois », présage-t-il. Pour autant, il estime ne pas être « à plaindre ». Sa compagne travaille, ce qui permet au couple de faire face aux mensualités de ses crédits, non négligeables, de 1 400 euros en tout.

    En activité partielle depuis le 23 mars, Mathilde, elle, a demandé à sa banque de décaler de trois mois les remboursements d’un prêt immobilier. « Ils me réclamaient presque 1 000 euros de frais de dossier pour accepter ma requête, j’ai refusé », raconte cette commerciale dans un laboratoire pharmaceutique, qui continue, du coup, à honorer ses créances.
    Il arrive que des ménages cumulent les manques à gagner. Assistante maternelle à proximité de Toulouse, Pascale perçoit 300 euros de moins qu’à l’accoutumée. Pour son conjoint, employé 39 heures par semaine, la perte se monte à un peu plus de 800 euros, notamment parce que le travail effectué à partir de la 36e heure a été exclu du calcul de l’indemnité en mars – ce qui ne devrait, toutefois, plus être le cas par la suite (la réglementation ayant très récemment évolué). Au total, les revenus du couple dégringolent de plus de 1 000 euros. Et la banque « refuse de me décaler les mensualités » d’un emprunt immobilier, soupire-t-elle.

    « Il y a une diminution de salaire, bien évidemment, mais pas de diminution des loyers ou des charges, donc il faut se serrer un peu plus la ceinture », abonde Pauline, 28 ans, responsable de salle dans un restaurant d’Annecy, qui est passée de 1 800 à 1 650 euros en mars. Désormais, il faut tenir les comptes au cordeau, entre la location du logement (650 euros par mois) et les achats plus fréquents de produits alimentaires, puisqu’elle ne mange plus avec ses collègues, avant le service. Si l’envie de retourner à son poste la tenaille – « les journées sont très longues » –, elle craint aussi le pire pour la saison d’été, plusieurs événements, dont le Festival international du film d’animation, ayant été annulés.

    « C’est un vol »

    Dans le monde de l’hôtellerie-restauration, les incidences du passage au chômage partiel sont fortes, observe Nabil Azzouz (FO) : les pourboires non déclarés échappent au calcul de l’indemnité. Et s’agissant des salariés dont la paye est indexée sur le chiffre d’affaires de leur société, le préjudice pourrait, là aussi, être important, complète M. Azzouz.
    Parfois, le chômage partiel n’a rien de chômé : sous pression de leur hiérarchie, des personnes poursuivent leurs missions
    Cependant, une rémunération amoindrie n’entraîne pas forcément des sacrifices supplémentaires. « Depuis que je suis au chômage partiel, je gagne 100 euros de moins que d’ordinaire, mais je ne le ressens pas », confie Laura, 27 ans, rédactrice dans une agence de relations presse en Ile-de-France. Avec le confinement, certaines dépenses ont disparu : l’abonnement aux transports en commun, les achats de livres… Elle en viendrait même à conclure qu’elle « épargne plus qu’avant ». Ce qui ne l’empêche pas d’être inquiète pour l’avenir : l’inactivité pourrait se prolonger « au moins jusqu’à l’été », relate-t-elle, et des « rumeurs » de licenciements économiques commencent à circuler parmi le personnel.

    Parfois, le chômage partiel n’a rien de chômé. Sous la pression de leur hiérarchie, des personnes sont contraintes de poursuivre leurs missions, en dépit des mises en garde répétées de Mme Pénicaud qui a martelé que de telles pratiques étaient contraires à la loi.
    Cadre dans une entreprise de rachat de crédits, Christophe, qui témoigne sous un prénom d’emprunt, se souvient du jour où son supérieur lui a annoncé qu’il était désormais en activité partielle : « Il m’a demandé directement de continuer à faire avancer les projets, pour qu’on ne soit pas en perte de vitesse. » Occupant une position élevée dans la société, il a protesté mais continue, toutefois, de travailler, à son domicile, pendant les siestes de ses enfants, par conscience professionnelle. Avec ce dispositif financé par des deniers publics, « ils ont limité la casse, fortement », dit-il, mais en agissant de manière « immorale ».

    « C’est un vol au détriment de la collectivité », renchérit Nathalie, employée dans une société de services à la personne, dont le prénom a été modifié. En théorie, elle est au chômage partiel à 90 % mais dans les faits, elle consacre beaucoup plus de temps à son métier : « Il n’y a pas d’injonction directe, mais l’entreprise fonctionne avec une culture du “travailler plus”. C’est un choix qui est fait, au nom de la sauvegarde des emplois, mais ce n’est pas honnête car aucun cadre clair n’a été posé. »

    Consultant dans un cabinet de conseil parisien, spécialisé en santé et sécurité au travail, Nicolas, qui témoigne également sous un prénom d’emprunt, se trouve dans une situation similaire. « Les choses sont dites à l’oral, il est conseillé à tout le monde de travailler, même durant ses congés, RTT, et au chômage partiel », rapporte-t-il, en dénonçant une « organisation hypocrite et opportuniste ». « Il y a un intérêt bien compris entre les consultants et les associés, qui est de dire : “Vous continuez à bosser parce que sinon, la boîte se casse la gueule”, ajoute-t-il, amer. On l’accepte parce qu’on comprend pourquoi c’est fait, mais sur le principe, ça choque. »

    Le chômage partiel en deux chiffres
    8,7 millions
    C’est le nombre de personnes concernées par une demande de chômage partiel déposée par leur employeur, à la date du 14 avril. Quelque 732 000 entreprises avaient accompli une démarche en ce sens, selon les services du ministère du travail.
    84 %
    C’est la part que représente l’indemnité allouée à la personne au chômage partiel, par rapport à son salaire net. Autrement dit, sa rémunération est amputée de 16 %. Il s’agit d’une moyenne, le pourcentage pouvant varier selon les situations, comme le montrent des simulations faites pour Le Monde par l’ordre des experts-comptables. Ainsi, dans l’hypothèse où la personne n’a pas du tout travaillé au cours du mois, la somme qui lui est versée correspond à 100 % de son salaire net, si elle est au smic. Pour un individu touchant 2 000 euros brut par mois, l’indemnité d’activité partielle représente 88,6 % de sa rémunération nette, soit une perte de 179,80 euros. Dans le cas d’un salarié payé 3 000 euros brut par mois, le manque à gagner équivaut à 17 % de son salaire net, soit près de 408 euros.

    30 mars 2020 : Coronavirus : le chômage partiel entraîne une perte de revenus de 1,2 milliard par mois pour les ménages, selon l’OFCE
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/30/coronavirus-le-chomage-partiel-entraine-une-perte-de-revenus-de-1-2-milliard

    (...) Parmi les éléments étudiés par les économistes de l’OFCE figure l’impact du dispositif de chômage partiel, sollicité vendredi 27 mars par 220 000 entreprises pour 2,2 millions de salariés au total. Ce chiffre pourrait plus que doubler et atteindre 5,7 millions d’employés − soit 21 % de l’emploi salarié en France − si l’ensemble des entreprises touchées par la baisse de l’activité économique déposent une demande de chômage partiel auprès des services du ministère du travail.

    Au global, selon les calculs de l’OFCE, ce dispositif représente, pour les salariés, un « manque à gagner » de 1,2 milliard d’euros pour un mois de chômage partiel. Soit, en moyenne, pour un salarié, 216 euros en moins sur la fiche de paie. Sous réserve que « les entreprises ne compensent pas les pertes de revenus des salariés », précise l’Observatoire.

    En effet, si le gouvernement a fait le choix d’indemniser à 100 % les salariés qui touchent le smic, ceux au-dessus du smic, eux, ne touchent que 84 % de leur salaire net dans la limite de 4,5 smic. Mais chaque employeur conserve, bien évidemment, la latitude de prendre à sa charge cette perte de revenus pour ses salariés. Le coût pour les finances publiques du dispositif atteindrait, lui, 12,7 milliards d’euros par mois, chiffre auquel il faut ajouter une perte de cotisations sociales de 8,7 milliards, soit un total de 21,4 milliards d’euros mensuels.

    Une aide proratisée

    L’OFCE a également examiné la situation des salariés des entreprises dont la fermeture a été ordonnée par le gouvernement (commerces non alimentaires, hôtels, restaurants…). Ils représentent un effectif de total 2,4 millions de personnes, dont 2 millions de salariés. Pour eux, le chômage partiel se traduit par une baisse globale de revenus de 349 millions d’euros par mois de chômage, soit environ 175 euros par mois pour chaque salarié concerné. Le coût pour les finances publiques, lui, est de 3,8 milliards d’euros d’indemnités versées et de 2,4 milliards de cotisations sociales non versées, soit 6,2 milliards d’euros par mois.
    Les personnes employées en contrats courts (CDD, fins de mission d’intérim…) pourront toucher une indemnisation, à condition d’avoir travaillé suffisamment longtemps

    A noter que la baisse de l’activité, qu’elle soit imposée du fait du confinement ou non, impacte également environ 1,2 million de personnes dont le statut n’ouvre pas droit au chômage partiel. Une partie d’entre elles est non salariée. Elles peuvent alors prétendre − si elles remplissent les conditions − au fonds de solidarité créé par Bercy. Selon les dispositions présentées lundi 30 mars, une aide forfaitaire de 1 500 euros sera versée aux personnes dont l’activité a été totalement arrêtée. Celles qui ont subi une perte d’au moins 50 % de leur chiffre d’affaires toucheront une indemnité proratisée, à concurrence de 1 500 euros.

    Restent enfin les personnes employées en contrats courts (CDD, fins de mission d’intérim, fin de période d’essai…), soit entre 140 000 et 150 000 personnes, qui ne peuvent non plus prétendre au chômage partiel. A condition d’avoir travaillé suffisamment longtemps, elles pourront toucher une indemnisation de l’assurance-chômage. Mais ce « seront, au final, les plus impactés », souligne Bruno Ducoudré, économiste à l’OFCE. L’organisme de prévision prévoit d’analyser plus en détail dans les jours qui viennent les conséquences du choc économique dû au confinement et à la baisse d’activité sur les revenus des ménages.

    Rappel, sous peu on aura au moins 11,1 millions de salariés payés hors emploi : Les salariés en arrêt de travail pour garde d’enfants et les personnes vulnérables vont passer au chômage partiel
    https://seenthis.net/messages/844741

    #chômage_partiel #revenu_garanti

    • Coronavirus : déjà 11 milliards de pertes de revenus pour les ménages en France
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/21/coronavirus-deja-11-milliards-de-pertes-de-revenus-pour-les-menages-en-franc

      Cette dégradation du pouvoir d’achat, pour l’instant due à l’arrêt de l’activité, risque de s’amplifier dans les mois à venir.

      Si la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus est d’une ampleur inégalée, elle ne pèse encore que peu, en France, sur les ménages. Les 120 milliards d’euros perdus depuis le début du confinement, le 17 mars dernier, n’ont affecté les particuliers qu’à hauteur de 11 milliards d’euros, selon les scénarios établis par les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Soit 7 % du total. Les entreprises, elles, « perdent » environ 35 % du total, tandis que l’Etat essuiera, via le déficit public, le reste de l’ardoise.

      « Pour les ménages, cela représente une perte de pouvoir d’achat d’environ 50 euros par semaines, soit 400 euros sur la totalité de la période de confinement » , précise Xavier Timbeau, économiste à l’OFCE. Un chiffre moyen, qui recouvre une grande hétérogénéité de situations : les salariés au smic bénéficient dans le dispositif du chômage partiel du maintien intégral de leur salaire, ceux au-dessus du smic touchent 85 % de leur rémunération.

      Une « cassure »

      Les indépendants, à eux seuls, qui se rémunèrent directement avec leur activité, participent pour 2 milliards d’euros à cette baisse des revenus. Les salariés en fin de contrat court, ou en fin de mission d’intérim, et dont la mission n’a pas été renouvelée du fait de la crise voient eux leur revenu pris en charge par l’assurance-chômage – dans la mesure où les droits leur sont ouverts, et pour une durée variable.

      « Nous estimons que 460 000 personnes vont se retrouver sans emploi à l’issue du confinement, précise Bruno Ducoudré, économiste à l’OFCE. Parmi elles, environ 180 000 personnes en contrat court, et 288 000 personnes qui étaient en période d’essai, par exemple, ou qui sont licenciées – éventuellement pour d’autres raisons que le Covid-19. » Enfin, une dernière catégorie de personnes subit une amputation significative de leurs revenus – ce sont celles qui subsistaient en partie grâce à « l’économie grise » , comme le dit Xavier Timbeau, c’est-à-dire ce qui est à la frontière de la légalité et dont le nombre est par nature difficile à évaluer.

      « Seul le recul de l’inflation (importée notamment) permet d’amortir le choc et de redonner un peu d’oxygène à la dépense des ménages » , estime l’institut Xerfi.
      Toutefois, pour les ménages français, ce recul relativement faible du pouvoir d’achat risque de n’être que temporaire. En sortie de crise, l’arrêt des mesures de soutien aux entreprises, et notamment du chômage partiel, peut donner un coup d’accélérateur à la dégradation des revenus, notamment avec l’arrivée des premières défaillances d’entreprises ou des plans de licenciement. L’institut Xerfi fait l’hypothèse d’une « forte cassure de la dynamique du pouvoir d’achat des ménages » sur l’année 2020. « En 2019, le gain de pouvoir d’achat avait été de 1,9 % en moyenne » , rappelle-t-il. « En 2020, le pouvoir d’achat devrait reculer de près de 1 %. On observe donc un ralentissement de 2,5 à 3 points du pouvoir d’achat entre 2019 et 2020. Ce dernier pourrait stagner encore en 2021. »

      Xerfi explique cette « cassure » par plusieurs éléments : au chômage partiel, déjà cité, qui va entamer de 0,9 point le pouvoir d’achat des ménages et à la forte dégradation du revenu des indépendants, il faut ajouter les heures supplémentaires et les primes perdues, et enfin le recul de l’emploi à venir. « Seul le recul de l’inflation (importée notamment) permet d’amortir le choc et de redonner un peu d’oxygène à la dépense des ménages » , conclut Xerfi. Ajoutons à cela l’impact des politiques salariales à venir, qui seront « fragilisées » , de même que l’emploi, par la récession, comme le souligne Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management.

      Or, si ces dernières années l’Etat a soutenu le pouvoir d’achat, notamment par les baisses d’impôt, le scénario à venir pourrait fort bien être différent. « Le rôle massif de la dépense publique en 2020 pour soutenir le pouvoir d’achat ne peut qu’être temporaire » , analyse Olivier Vigna, chef économiste chez HSBC France. « Prévus pour atteindre des niveaux record en 2020, déficit public et dette publique devront revenir ensuite sur des trajectoires plus soutenables, ce qui rendra l’évolution du pouvoir d’achat tributaire des choix fiscaux à venir. » Au programme de l’année, il faudra sans doute prévoir un retour du débat sur le partage des richesses entre les entreprises et les salariés et les politiques de redistribution.

      #travailleurs_indépendants #économie_grise

    • Les jeunes sont les premiers et les plus touchés par les effets de la récession
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/21/les-jeunes-sont-les-premiers-et-les-plus-touches-par-les-effets-de-la-recess


      Hassan, étudiant confiné dans sa chambre de la residence Evariste Galois, à Villeneuve d’Ascq (Nord), le 18 avril 2020. Sarah Alcalay pour Le Monde

      Les secteurs très affectés par les mesures de confinement sont aussi ceux qui emploient beaucoup de 18-25 ans. Les étudiants récemment diplômés vont également en pâtir.

      Si les jeunes sont les moins touchés par la pandémie, ils sont en première ligne de la crise économique. Ils sont particulièrement employés par les entreprises qui ont dû fermer à cause du confinement : restaurants, commerces, centres de loisirs… Au Royaume-Uni, par exemple, 30 % des employés de moins de 25 ans travaillent dans ces secteurs, contre seulement 13 % des plus de 25 ans, selon l’Institute for Fiscal Studies (IFS), un centre d’études économiques. En France, la situation est similaire.

      « Contrairement à la crise de 2008, qui a aussi touché la finance ou les services professionnels, l’effet est cette fois-ci plus concentré sur les moins qualifiés, les bas salaires et les plus jeunes » , explique Xiaowei Xu, auteure de l’étude de l’IFS.

      Non-renouvellement des CDD

      Le deuxième effet négatif pour les jeunes est qu’ils vont entrer sur le marché du travail au pire moment. Les quelque 700 000 personnes qui vont sortir cette année de formation en France seront les premières victimes de la hausse inévitable du chômage, et leur carrière professionnelle va être durablement affectée. « Lorsque l’entreprise fait face à des chocs, elle essaie de conserver les salariés qualifiés et arrête d’embaucher » , rappelle Camille Landais, professeur à la London School of Economics.

      « La première forme de régulation de l’entreprise en période de crise est le non-renouvellement des CDD et des contrats d’intérim : or, les jeunes sont massivement représentés sur ces postes » . Cet effet s’était fait durement ressentir lors de la crise financière de 2008-2009, lorsque le taux de chômage des 15-24 ans avait augmenté de moitié, atteignant un niveau record de 26,2 % fin 2012.

      Les études au long cours montrent également que démarrer sa vie professionnelle sur fond de crise est pénalisant sur le long terme. Les enquêtes « Génération » menées par le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) à partir d’un échantillon représentatif de jeunes quittant le système éducatif à tout niveau de formation permettent de suivre leur trajectoire sur le marché du travail jusqu’à sept ans. Leurs conclusions sont sans appel. « On assiste à un ralentissement de la dynamique professionnelle, plus de temps passé au chômage et une trajectoire de stabilisation plus lente vers un CDI » , résume Florence Lefresne, directrice générale du Céreq et docteure en économie du travail.

      Baisse des salaires médians

      Ainsi, au bout de sept ans de vie active, les jeunes qui sont sortis en 2010 − qui ont donc vécu la crise de 2008 − avaient passé 73 % de leur temps en emploi, contre 80 % pour les jeunes sortis de formation en 1998. Pour 13 % des jeunes de 2010, la trajectoire professionnelle a été dominée par le chômage, contre 7 % seulement pour les jeunes de 1998. Seuls 55 % des jeunes de 2010 ont vu leur trajectoire se stabiliser sur un CDI, contre 66 % de ceux de la génération 1998. Toutefois, comme le précise la directrice du Céreq, « l’érosion de la norme du CDI dans le recrutement des jeunes tient sans doute autant de la transformation structurelle du marché du travail que de la crise elle-même » .

      Le choc a été observé de la même façon outre-Manche. Après la crise de 2008, les salaires médians réels ont baissé pour toutes les tranches d’âge pendant quelques années, avant de se redresser et de revenir à peu près au même niveau en 2019. Une exception : ceux qui ont aujourd’hui une trentaine d’années, et qui étaient en début de carrière il y a une décennie. Leur salaire médian demeure d’environ 7 % inférieur à leur niveau de 2008.
      Cet impact de la crise sur les carrières professionnelles n’est pas uniforme pour tous les jeunes. « Il y a de fortes chances que la crise amplifie les écarts observés entre les sans-diplôme et les diplômés , souligne Florence Lefresne. Il ne faut pas oublier que les non-diplômés sont plus durablement atteints en période de crise et connaissent une période plus longue d’exclusion du marché du travail. »

      A titre d’exemple, un non-diplômé de la génération 2010 a passé moins de la moitié des sept premières années de vie active en emploi. A cet égard, l’évolution des dispositifs d’apprentissage, qui sont très dépendants de la bonne santé des entreprises, jouera un rôle crucial. « L’impact de la crise actuelle sur les moins diplômés dépendra pour beaucoup des dispositifs de formation, en particulier des possibilités de maintenir et d’accroître les places en apprentissage, en dépit de la chute de l’activité » , ajoute Mme Lefresne.

      #jeunes #revenu

    • Chômage partiel, hôtellerie-restauration, tourisme
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/22/coronavirus-macron-en-deplacement-en-bretagne-les-ministres-rendent-leur-cop

      ...#hôtellerie-restauration, où 9 salariés sur 10 sont au chômage partiel, et le #BTP, où 93 % des salariés sont également au chômage partiel, a (...) détaillé [la manageure Pénicaud].

      A l’issue du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a dit ne « pas confirmer » l’hypothèse d’une réouverture des cafés-bars-restaurants pour le 15 juin, dans l’attente du plan d’aide promis par le gouvernement pour ce secteur sinistré. (...)

      Les embauches dans le secteur privé ont connu une baisse mensuelle historique au mois de mars, selon les données de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) : le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois dans le secteur privé, hors intérim, a plongé de 22,6 % le mois dernier.

      Lors d’une audition par la commission des affaires sociales du Sénat, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a prévenu que l’épidémie de Covid-19 allait faire exploser le déficit de la Sécurité sociale à plus de 41 milliards d’euros, « du jamais-vu », même au plus fort de la crise financière en 2008. Le record de 2010 (28 milliards) est effacé et ce montant, « qui peut donner le tournis » , reste de surcroît « une hypothèse favorable », compte tenu notamment de probables annulations de cotisations dans « certains secteurs » , comme la #restauration, l’#hôtellerie ou le #tourisme, a précisé M. Darmanin.

    • Je suis depuis peu en emploi dans une association. On va passer au chômage technique partiel, 3/5 de mai à août compris, avec rémunération complétée par l’asso pour nous laisser à 100 % de la rémunération. Je suis en CDD et j’ai un peu peur que ça grève mes droits au chômage pour plus tard...

      Et puis surtout notre activité n’a pas baissé avec la pandémie, on a annulé un truc massif de l’activité de l’association mais ça prend aussi plein de temps et c’est remplacé par d’autres trucs. Les revenus de l’asso ne sont pas impactés, on n’a pas de clients à servir qui auraient disparu (la baisse est à craindre plus tard, avec la récession économique).

      L’équipe salariée craint que dans cette asso en récession continue depuis des années (démographie assez âgée) cet épisode fasse partie d’un mouvement continu de baisse de la masse salariale. Faire financer par l’État une baisse de productivité pendant la pandémie (les premières semaines on n’a pas fait nos heures, entre les difficultés de concentration et les soucis techniques), c’est réglo, mais en profiter pour faire raquer pour deux mois d’été moins actifs, ça l’est beaucoup moins. Donc on se retrouve à dire non quand on nous demande d’assurer des tâches...

      Et moi je flippe à mort parce que j’ai choisi de ne pas faire de démarche pour renouveler mon revenu garanti (marre d’être une machine à bouffer-chier mon AAH dans un environnement social dont la qualité ne doit qu’à mes efforts) et c’est pile au moment où je n’ai plus aucune chance de retrouver un boulot. J’avais imaginé cette possibilité mais trouver enfin à me caser quelques mois à ma 93e candidature à un boulot de larbin, ça m’avait regonflé le moral et je retombe d’un peu haut.

    • La crise sanitaire entraîne déjà des chiffres du chômage
      catastrophiques

      https://www.mediapart.fr/journal/economie/280420/la-crise-sanitaire-entraine-deja-des-chiffres-du-chomage-catastrophiques

      Sur le front de l’emploi, les mauvaises nouvelles étaient attendues, mais la gravité de la situation a de quoi inquiéter même les plus blasés des experts. Lundi 27 mars, la Dares – la direction statistique du ministère du travail – a exceptionnellement dévoilé les statistiques des inscriptions à Pôle emploi pour le mois de mars, alors que le gouvernement avait décidé de publier ces chiffres seulement tous les trimestres. La situation est totalement hors du commun : fin mars, Pôle emploi a décompté 246 100 personnes de plus inscrites en un mois dans sa catégorie A, celle qui recense les chômeurs n’ayant effectué aucune activité durant le mois.

      Cette hausse mensuelle de 7,1 % est un record, du jamais vu depuis la création de ce décompte statistique en 1996. Au total, l’effectif des catégories A, B, C (qui comprennent des demandeurs d’emploi ayant un peu travaillé le mois précédent) a augmenté de 177 500 personnes en un mois (+ 3,1 %). C’est là aussi une situation inédite, de loin : pour trouver le « record » précédent, il faut remonter à avril 2009, en pleine crise économique déclenchée par le secteur des subprimes aux États-Unis, et la hausse était deux fois moindre, de 86 300 personnes.

      [...] Dans Le Parisien, Muriel Pénicaud reconnaît être « inquiète pour l’emploi » mais « refuse » tout pronostic, arguant de la bonne dynamique de l’emploi jusqu’au début de l’année et promettant des mesures supplémentaires, notamment pour les jeunes. Elle annonce aussi qu’une réflexion avec les partenaires sociaux va s’engager sur les règles de l’assurance-chômage.

      En guise de mesure d’urgence, la ministre a annoncé que, comme en avril, les allocations des chômeurs arrivant en fin de droit seraient reconduites pour le mois de mai. Le second volet de la réforme de l’assurance-chômage, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, particulièrement dur pour les plus précaires des demandeurs d’emploi, est quant à lui toujours annoncé comme étant reporté au 1er septembre.

      De quoi exactement vont discuter le gouvernement et les partenaires sociaux ? Mystère.
      En tout cas, il n’est pour l’heure pas question d’abandonner ce second volet de la réforme. Encore moins d’annuler la première partie de la réforme, mise en place en novembre, et qui devait toucher négativement 710 000 personnes en un an.

      [...] Dans une note publiée ce mardi 28 avril en fin de journée, l’Unédic, qui gère le régime, a rendu publics ses calculs. Et l’addition est à l’aune du tsunami qui s’annonce pour l’emploi : cataclysmique. La baisse des cotisations pourrait coûter à l’assurance-chômage 3,5 milliards d’euros entre mars en juin, quand la facture du versement des allocations supplémentaires s’élèverait à plus de 1,3 milliard. Des sommes auxquelles il faut ajouter un milliard d’euros par semaine pour financer le chômage partiel, et encore une centaine de millions hebdomadaires pour assurer le transfert des arrêts maladie vers le chômage partiel.

      Le chômage partiel se doit d’être involontaire : si les enfants peuvent être accueillis à l’école garderie, c’est zéro euro
      https://fr.news.yahoo.com/coronavirus-pas-chomage-partiel-si-refusez-envoyer-enfants-ecole-0853

      « A partir du 1er juin, les parents devront fournir une attestation à leur employeur pour justifier que l’établissement scolaire de leur enfant n’est pas en mesure de l’accueillir. Sans ce justificatif, ils n’auront plus droit au chômage partiel. »

  • Les salariés en arrêt de travail pour garde d’enfants et les personnes vulnérables vont passer au chômage partiel
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/17/les-salaries-en-arret-de-travail-pour-garde-d-enfants-et-les-personnes-vulne

    Les 2,1 millions de salariés se trouvant actuellement en arrêt de travail pour garde d’enfants ou en raison de leur vulnérabilité au Covid-19 seront placés en activité partielle à partir du 1er mai.

    Plus de 2 millions de Français sont concernés par la mesure. Les salariés se trouvant actuellement en arrêt de travail pour garde d’enfants ou en raison de leur vulnérabilité au Covid-19 (qui présentent donc un risque accru de développer des formes graves de la maladie) seront placés en activité partielle à partir du 1er mai.

    Ces salariés percevront ainsi une indemnité à hauteur de 70 % du salaire brut, soit environ 84 % du salaire net. Ces montants seront portés à 100 % du salaire pour les salariés rémunérés au niveau du smic. Le basculement est prévu dans un amendement du gouvernement qui sera discuté vendredi à l’Assemblée, dans le cadre de l’examen du projet de budget rectificatif. Ce changement de régime « ne concerne pas les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les agents contractuels de droit public en arrêt de travail », a précisé le gouvernement.

    Depuis le début du confinement, le 17 mars, les personnes qui ne peuvent pas télétravailler et doivent garder leurs enfants, pouvaient se mettre en arrêt maladie et touchaient des indemnités journalières à hauteur de 90 % du salaire brut. Le même système s’applique aux salariés (ou leurs conjoints) dits vulnérables, qui ont notamment une affection de longue durée. Ces derniers sont près de 400 000 et les arrêts pour garde d’enfants concernent 1,7 million de personnes, selon des chiffres communiqués par le ministère du travail.

    Eviter la baisse des indemnités journalières

    Selon le ministère du travail, ce nouveau système va permettre d’éviter le problème du passage au bout d’un mois des indemnités journalières à 66 % pour les personnes ayant entre un an et cinq ans d’ancienneté (au bout de quarante jours entre cinq et dix ans d’ancienneté, et cinquante jours pour plus de dix ans d’ancienneté).

    Par ailleurs, « on ne pouvait pas demander aux seuls employeurs de supporter le coût », notamment ceux à la tête de petites entreprises, car ils paient des cotisations sur le complément employeur des indemnités journalières, ce qui risquait « d’accélérer des faillites », a expliqué l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud.

    Les entreprises pourront déclarer de manière individuelle ces salariés. Celles qui n’ont pas fait de demande de chômage partiel jusqu’à présent devront le faire. Une ordonnance sera prise en ce sens afin « d’individualiser » le chômage partiel, après avis conforme du CSE (comité social et économique) ou du conseil d’entreprise, ou après accord collectif. Actuellement, 9 millions de salariés sur quelque 20 millions sont en chômage partiel.

    11,1 millions de salariés payés hors emploi.

    #arrêt_de_travail #chômage_partiel #arrêt_de_travail_pour_garde_d’enfants #revenu_garanti #pénurie_de_main_d'oeuvre #pognon_de_dingue

    • La crise du coronavirus génère un préoccupant déficit de l’assurance-chômage
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/22/la-crise-du-coronavirus-genere-un-preoccupant-deficit-de-l-assurance-chomage

      Explosion des charges, baisse des cotisations… L’épidémie met à mal les comptes de l’Unédic. La dette pourrait atteindre entre 50 et 60 milliards d’euros fin 2020.

      L’assurance-chômage est en train de subir un choc financier d’une violence sans précédent, à cause de la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Surveillés quasi en temps réel, ses comptes se dégradent à une vitesse spectaculaire.

      Selon nos informations, la dette du régime atteint désormais 42,5 milliards d’euros, contre un peu plus de 37 milliards en décembre 2019. Et elle risque fort de poursuivre sa dérive, plusieurs administrateurs évoquant un montant compris entre 50 et 60 milliards d’euros, en fin d’année. Une situation préoccupante, qui pourrait se traduire par des difficultés pour faire face aux besoins de trésorerie.

      Les évolutions en cours sont déprimantes pour l’Unédic, l’association paritaire copilotée par les partenaires sociaux qui gère le dispositif. Après avoir accumulé les déficits au cours de la décennie écoulée, elle espérait renouer avec les excédents à partir de 2021 et engager, grâce à ce retour à meilleure fortune, son désendettement. C’est le scénario inverse qui se joue aujourd’hui, pour plusieurs raisons.

      D’abord, les dépenses s’emballent, sous l’effet de la généralisation de « l’activité partielle » – terme officiel pour désigner le chômage partiel. Ce dispositif, qui concerne 10,2 millions de travailleurs, selon les chiffres communiqués, mercredi 22 avril, par le gouvernement, couvre la majeure partie (voire, dans certains cas, la totalité) de la rémunération des bénéficiaires. L’Unédic assure un tiers du financement, soit un coût d’environ 1 milliard d’euros par semaine, qui est susceptible de progresser, car ce filet de protection va couvrir ceux qui, jusqu’à maintenant, étaient en arrêt-maladie pour garder leurs enfants ou s’occuper d’une personne vulnérable.

      Tarissement des recettes

      S’y ajoute l’allongement de l’indemnisation pour les demandeurs d’emploi arrivés en fin de droit à compter du 1er mars – une mesure récemment prise par l’exécutif. Enfin, le volume des allocations versées s’accroît aussi avec la hausse du nombre de salariés, qui se retrouvent ou vont très vite se retrouver sans activité (fin du contrat à durée déterminée ou de la mission d’intérim, licenciement, etc.).

      Le chômage pourrait toucher 460 000 individus supplémentaires « pendant la période de confinement », d’après une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques, diffusée lundi.

      Du côté des recettes, la tendance est au tarissement, notamment à cause des cotisations dont le règlement a été repoussé, afin d’aider les entreprises. Il est très possible qu’une partie de ces contributions soient finalement annulées (notamment celles dues par le secteur de la culture et de l’hôtellerie-restauration) et donc perdues à tout jamais.
      Lire les témoignages : « Il faut se serrer un peu plus la ceinture » : quand chômage partiel rime avec fiche de paie amputée
      « Nous sommes dans une gestion de crise », confie Eric Le Jaouen, président (Medef) de l’Unédic, en soulignant que le régime est « au rendez-vous » pour, à la fois, payer les prestations aux demandeurs d’emploi et apporter son écot en faveur du chômage partiel.

      « Nous assumons notre rôle dans un contexte d’urgence », renchérit Patricia Ferrand, vice-présidente (CFDT) de l’association paritaire. La dette en hausse « demeure un sujet de préoccupation, mais n’inspire pas d’inquiétude de court terme », notamment parce que l’Etat vient de relever sa garantie pour les emprunts contractés par l’assurance-chômage.

      Des agences de notation plus incisives

      Mais d’autres administrateurs font part de leurs interrogations. « L’Unédic est confrontée à un changement de paradigme si elle endosse durablement une partie de l’enveloppe consacrée à l’activité partielle, puisque aucune ressource n’est prévue à cet effet, dit Michel Beaugas (FO). Il faut que nous nous emparions de cette problématique. » Jean-François Foucard (CFE-CGC) plaide, de son côté, pour que soit revu le « modèle » économique du régime, si les missions assignées à celui-ci sont étendues de façon pérenne.

      Jusqu’à maintenant, les marchés financiers ont toujours répondu présent quand l’assurance-chômage s’adressait à eux pour lever des fonds, par exemple à travers des émissions obligataires. Mais il existe désormais un risque à ne pas sous-estimer : celui de voir la confiance des investisseurs s’éroder, face à un endettement dont le niveau est supérieur aux recettes perçues en un an par le régime. « A force d’utiliser la carte bleue de l’Unédic, le plafond de dépenses pourrait vite être dépassé », résume un fin connaisseur du dossier.
      Lire aussi : Le gouvernement promet des aides et une prolongation du chômage partiel pour faire face à la crise
      Selon nos informations, les agences de notation se montreraient, aujourd’hui, plus incisives quand elles réclament des éclaircissements sur les perspectives financières du système d’indemnisation des demandeurs d’emploi.
      C’est pourquoi certains aimeraient que le gouvernement, le patronat et les syndicats se réunissent très vite pour réfléchir au devenir de notre protection sociale. Faute de quoi, la tentation pourrait être grande pour l’Etat de renforcer son emprise sur le dispositif, en invoquant l’incapacité des partenaires sociaux à gouverner l’Unédic.

      #Unedic #allocation_chômage #chômage #chômeur #déficit #agences_de_notation

    • Avec plus de la moitié des salariés au chômage : En France, la facture du chômage partiel encore largement sous-estimée
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/22/chomage-partiel-la-facture-du-coronavirus-encore-largement-sous-estimee_6037

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      A Paris, le 9 avril 2020. JOEL SAGET / AFP

      Le nombre d’heures chômées demandées par les entreprises à l’administration pourrait coûter bien plus que les 24 milliards d’euros prévus par le gouvernement, si elles étaient intégralement déclarées.

      C’est l’une des principales mesures de soutien à l’économie française depuis la crise liée à la pandémie de Covid-19, et ce n’est pas fini. Le coût du dispositif massif de chômage partiel mis en place mi-mars par le gouvernement, à travers lequel l’Etat et l’Unedic prennent en charge la majeure partie, voire la totalité, de l’indemnisation des salariés qui en bénéficient, est sans doute encore largement sous-estimé par rapport à la réalité.

      Dans une lettre adressée le 21 avril à Eric Woerth, le président (Les Républicains) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et que Le Monde a pu consulter, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, fait le point sur le dispositif. Elle précise notamment qu’au 20 avril le nombre d’heures chômées demandées par les entreprises à l’administration était de 4,2 milliards d’heures pour une durée totale de trois mois. Or, dans le premier projet de loi de finances rectificatif (PLFR, voté le 18 mars), l’exécutif estimait à 13,90 euros le coût moyen de l’indemnisation d’une heure chômée.

      « Madame Soleil »

      « Le coût total du dispositif sur la base de ces heures demandées serait donc de plus de 58 milliards d’euros, bien supérieur aux 24 milliards d’euros budgétés par le gouvernement dans le deuxième PLFR, qui augmentait déjà nettement l’enveloppe initiale de 8,5 milliards d’euros » , indique M. Woerth.

      Certes, relève-t-il, « les entreprises ne seront remboursées que sur le nombre d’heures déclarées a posteriori, pas sur celles autorisées. Mais les chiffres du PLFR voté en ce moment sont forcément une version minorée. La vérité se situe vraisemblablement entre 30 et 40 milliards d’euros. » Le député de l’Oise joue « un peu à madame Soleil » , relativise une source proche du dossier, qui ajoute qu’ « en toute humilité la vérité est que personne ne sait exactement combien ça coûtera ».

      « Le nombre des heures indemnisées ne serait que de 40 % [24 milliards d’euros au lieu de 58 milliards] des heures demandées ? Ce n’est pas crédible » , renchérit pourtant Charles de Courson, député centriste de la Marne. D’autant que « le gouvernement a donné consigne aux directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi d’accepter toutes les demandes et de vérifier après », indique l’élu, craignant des abus : « Il y aura un gros problème de contrôle a posteriori. »

      821 000 entreprises concernées par le chômage partiel

      Ces montants sont susceptibles d’évoluer. Mercredi 22 avril, la ministre du travail a annoncé que la barre symbolique des 10 millions de salariés au chômage partiel a été franchie – soit plus d’un sur deux . Ce sont désormais 821 000 entreprises qui sont concernées. Un chiffre qui n’a cessé d’augmenter ces dernières semaines à mesure que le gouvernement élargissait le champ des catégories professionnelles éligibles.

      Vendredi 17 avril, un décret avait par exemple ouvert cette possibilité aux intermittents du spectacle ainsi qu’aux journalistes pigistes. Et le gouvernement a adopté en conseil des ministres, mercredi 22, une ordonnance pour permettre, entre autres, d’adapter les modalités du chômage partiel à certaines professions comme les assistantes maternelles qui travaillent jusqu’à 45 heures par semaine.

      A partir du 1er mai, ce filet de protection sera également étendu à celles et ceux qui étaient jusqu’à présent en arrêt maladie pour garder leurs enfants ou s’occuper d’une personne vulnérable. L’objectif étant qu’ils ne subissent pas de pertes de revenus supplémentaires dues à la dégressivité des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Selon le ministère du travail, plus de 2 millions de personnes bénéficient actuellement de ce dispositif.

  • Revenu de confinement maintenant ! | Augusto Illuminati et Clap
    https://www.jefklak.org/revenu-de-confinement-maintenant

    En Italie comme dans la majorité des pays, la crise sanitaire suscitée par la pandémie de Covid19 agit comme le catalyseur d’une crise économique venue de loin, qui creuse l’écart entre les mieux loti·es et les plus précaires. Avec les interdictions de déplacement et de sortie, les travailleur·ses au noir, intermittent·es, indépendant·es, saisonnier·es et auto-entrepreneur·ses, le plus souvent exclu·es des systèmes de protection sociale caractéristiques du travail salarié, ont perdu du jour au lendemain toute forme de rémunération. La mise en place d’un revenu de confinement pourrait donner les moyens de survivre, même provisoirement, à toutes celles et ceux pour qui la crise ne s’arrêtera pas avec la fin de la pandémie. Les deux textes qui suivent analysent la crise en cours et celle à venir tout en (...)

  • Spain to implement universal basic income in the country in response to Covid-19 crisis.

    “But the government’s broader ambition is that basic income becomes an instrument ‘that stays forever, that becomes a structural instrument, a permanent instrument.”

    https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-04-05/spanish-government-aims-to-roll-out-basic-income-soon

    #revenu #revenu_universel #revenu_garanti #garantisme #espagne #covid19 #coronavirus

  • Brèves observations sur les revenus sociaux de quarantaine, par Bruno Lamas
    http://www.palim-psao.fr/2020/04/breves-observations-sur-les-revenus-sociaux-de-quarantaine-par-bruno-lama

    Un revenu de quarantaine sociale n’est pas un revenu de base inconditionnel ou universel (RBI). Cette distinction entre ces deux mesures doit être faite très clairement car dans ce contexte d’urgence, il est plus qu’évident qu’il existe des tentatives d’utiliser les revenus de la quarantaine sociale pour justifier la défense d’un RBI permanent comme panacée à la crise structurelle de la société capitaliste et comme fondement d’une nouvelle société. Je pense qu’il y a de bonnes raisons à la fois de critiquer les propositions de RBI et de défendre un revenu de quarantaine sociale dans les circonstances actuelles. Un revenu de quarantaine sociale est une mesure provisoire dans un contexte de pandémie ; dans ses versions les plus récentes, le RBI apparaît comme une proposition de ce qu’on appelle un nouveau modèle social et d’accumulation, qui se présente parfois comme déjà post-capitaliste. Je crois que nous devons assumer la nécessité d’un revenu social de la quarantaine et en même temps critiquer radicalement les propositions d’une société avec RBI et ses illusions.

    #revenu_de_base #RDB #revenu_garanti #critique_de_la_valeur #wertkritik #économie #travail #coronavirus #revenu_de_quarantaine

    • Deuxièmement, le fait que l’injection monétaire ne provoque pas une inflation immédiate du jour au lendemain mais seulement à moyen-long terme, peut (1) donner momentanément une plus grande capacité d’achat à ceux qui vivent aujourd’hui dans la misère et (2) permettre un gain de temps, même si ce n’est peut-être pas très long, pour que l’humanité réfléchisse et s’organise pour surmonter la décomposition du capitalisme sans tomber dans une barbarie mondiale. En ce sens, un RBI ne construit pas ou ne participe pas à la construction d’une nouvelle société ; elle peut, au mieux, donner une marge de manœuvre pour se débarrasser de l’ancienne.

      Ces avantages, pour ainsi dire, sont aussi ceux que peut procurer un revenu social de quarantaine, mais sans alimenter les illusions des idéologues du RBI selon lesquels nous serions déjà dans un nouveau régime social ou même dans une société post-capitaliste. Une pandémie mondiale n’est peut-être pas exactement l’environnement idéal pour une réflexion et une pratique collective et émancipatrice, mais c’est en tout cas où nous en sommes.

      En tout cas, contrairement aux propositions du RBI, qui font d’une exigence abstraite pour l’argent le fondement d’une société prétendument nouvelle, ce que le revenu social de quarantaine peut garantir, ce sont les conditions concrètes de survie dans le contexte de la pandémie de coronavirus, ce qui, dans la forme sociale capitaliste, ne peut être satisfait que d’une manière massive et avec la rapidité qu’exige la pandémie elle-même à travers la forme-argent. En ce sens, il me semble évident qu’un revenu social de la quarantaine est une mesure nécessaire et urgente, et je crois que cela doit être appliqué rapidement dans le monde entier, comme certains l’ont dit la semaine dernière, sous peine de sombrer dans les mois à venir dans une spirale de guerres civiles et d’économie de pillage simultanées aux quatre coins de la planète. Si, d’une part, il est évident que ces aides financières et toutes les autres sont censées provoquer une flambée inflationniste, il importe également de défendre les besoins sociaux et matériels de la manière la plus large possible, en tirant parti de l’immense capacité technique et scientifique qui existe aujourd’hui, contre toute préoccupation quant à l’insensée « viabilité financière ». De ce point de vue, et compte tenu de certaines des initiatives qui ont émergé ces dernières semaines un peu partout, une pandémie n’est pas non plus le pire scénario pour construire une base sociale plus large de soutien contre les formes capitalistes d’existence et de pensée.

      Mais ne nous faisons pas d’illusions : le discours politique aura tendance à accentuer le caractère humanitaire de la mesure, mais pour les États, la fonction principale d’un revenu social en quarantaine est de permettre un minimum absolu de reproduction sociale, d’assurer la légitimité déjà précaire de nombreux gouvernements et de prévenir une contestation sociale violente et généralisée. C’est pourquoi nous avons vu au cours de la semaine dernière, un nombre croissant de gouvernements de différents horizons discuter ou approuver des aides financières et des mesures similaires aux revenus sociaux de quarantaine. L’administration Trump parle d’émettre des chèques d’une valeur de 1000 dollars pour chaque citoyen américain, à envoyer dès la première quinzaine d’avril ; au Royaume-Uni, il semble déjà y avoir des pressions dans le même sens ; en Inde, il y a également des pressions pour étendre un soutien se rapprochant d’un revenu de base que l’État a introduit l’année dernière parmi la population paysanne ; au Brésil, le Sénat a approuvé aujourd’hui (31 mars) un revenu minimum de 600 reais pour les personnes à faibles revenus, et la mesure devrait bénéficier à environ 100 millions de personnes. Je soupçonne que des mesures similaires vont probablement commencer à apparaître partout afin d’apaiser les tensions sociales et le risque de pillage. Dans ce contexte, l’exigence pour un revenu social de quarantaine, surtout si elle se développe avec le temps ou prend la forme d’un RBI, doit nécessairement s’accompagner de formes d’organisation et d’entraide qui se dissocient à la fois des formes étatiques et nationales et des formes monétaires des rapports sociaux, en luttant résolument contre toutes les tendances nationalistes et économiques et tous les potentiels d’exclusion sociale. Cela sera d’autant plus nécessaire pour faire face à la crise mondiale de la période à venir, dont l’issue est encore ouverte.

      Intéressant !

  • Le revenu garanti revient.

    Rien ne sera jamais plus comme avant… | ploum.net
    https://ploum.net/rien-ne-sera-jamais-plus-comme-avant

    Nous commencerons à réfléchir sérieusement à l’idée de payer les gens un revenu de base pour rester à la maison, nous rendant compte que cela ne va pas détruire le monde, mais au contraire le sauver.

    Coronavirus : le revenu universel, c’est maintenant !
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-coronavirus-le-revenu-universel-cest-maintenant

    “Les indépendants, les travailleurs free-lance, les créatifs, les artistes ont aussi besoin d’un soutien financier de l‘État.” Et ce, non sous forme de crédit, “mais sous la forme d‘un revenu de base mensuel […] à hauteur de 1 000 euros sur une période de six mois”, suggère le quotidien de Francfort.

  • Les commerçants en état de choc après les annonces d’Edouard Philippe
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/15/les-commercants-en-etat-de-choc-apres-les-annonces-d-edouard-philippe_603312


    Une chaîne de restauration rapide ferme après l’annonce de nouvelles mesures contre l’épidémie de Covid-19 à Paris, le 14 mars.
    BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »

    Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, doit rencontrer, lundi, les acteurs du commerce, du tourisme et de la restauration. En attendant, beaucoup de questions restent sans réponses.

    Le téléphone n’a pas arrêté de sonner, samedi 14 mars, dans la soirée pour Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF), à la suite des annonces du premier ministre, Edouard Philippe, de fermer samedi à minuit tous « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays » : restaurants, bars, discothèques, cinémas et commerces, à l’exception des magasins alimentaires, pharmacies, banques, bureaux de tabac ou encore stations essence.

    Ses adhérents, essentiellement des petits commerces dont 40 % sans aucun salarié s’inquiètent. « Un cafetier qui venait de s’installer avec un prêt sur le dos qu’il ne pourra plus payer ; la responsable d’une chaîne de chaussures qui se demande s’il y a obligation de mettre tout le monde en chômage partiel… », égrène M. Palombi. Et face à ces questions légitimes, il n’a malheureusement aucune réponse définitive. Et même encore plus de questions. « Nous sommes particulièrement effrayés par cette décision, lance-t-il. C’est arrivé plus vite que prévu. Certains restaurants nous demandent s’ils pourront au moins vendre de la restauration en vente à emporter, pour ne pas crever. »

    « Des commerçants vont péter un boulon »
    Si la réunion, prévue lundi 16 mars au matin, entre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et les acteurs du commerce, du tourisme et de la restauration est maintenue, il va même demander la mise en place d’une cellule psychologique car « il y a des commerçants qui vont péter un boulon. Certains étaient justes en trésorerie, d’autres venaient de commencer leur activité ».

    #paywall

    • Je ne sais pas si mes copines et copains du #spectacle_vivant sont #en_état_de_choc, mais ils savent qu’avec tout ce qui est d’ores et déja annulé, ils n’auront pas leurs heures et donc peuvent s’asseoir non seulement sur les revenus concernés mais sur leurs futures indemnités.

      Mais qui a l’oreille des #intermittents ? Peut-être les organisateurs qui anticipent déja qu’ils auront du mal à monter des spectacles après la purge radicale qui s’annonce dans le secteur.

    • Et tout·es celleux qui sont « indépendant·es » c-a-d sans aucun contrat de travail qui leur assure une protection sociale digne. Pensons aux ubérisé·es, auteur·es, artistes, etc affilié·es ou non qui vont s’asseoir sur l’aide potentielle promise aux salarié·es.

      De mon expérience d’autrice affiliée à l’Agessa, (maintenant URSSAF), après un cancer du sein dont le traitement a duré 6 mois, j’ai reçu de leur part une notification comme quoi n’ayant pas assez travaillé durant cette période (ah oui, ben j’étais pas vraiment en état) je n’avais désormais droit à aucune indemnité journalière !!! mais que royale, la sécu me couvrait pour les frais médicaux.
      Tu peux imaginer qu’ayant tout de même cotisé, j’ai été sous le choc d’apprendre cela.

      Je ne suis pas un cas isolé, donc je me permets d’exposer cette expérience d’#abandon_social, je dénonce ce système qui laisse sciemment sombrer ceux qui sont fragiles, dans mon cas, j’ai été éjectée de mes droits à toute indemnité journalière en cas de nouveau problème de santé.
      Et peux-tu même imaginer la reprise de ton activité au même niveau de production (un terme laid mais c’est pourtant cela) alors que la plupart mes clients malgré leurs promesses de me redonner du travail, n’ont pas honoré leur parole et ont trouvé de nouveaux auteurs pour me remplacer.

      Nous sommes dans un système insidieux qui fait croire que les cotisations de sécurité sociale sont un moyen de solidarité avec le versement de droits aux plus faibles. C’est tellement impensable que tant que tu ne l’as pas vécu tu as du mal à réaliser la violence du truc.

      Je souhaite une très bonne santé et beaucoup de courage à toutes les femmes indépendantes qui ne recevront aucune aide en cas d’infection et ne retrouveront pas de travail après une longue maladie. Je rappelle que les autrices, de fait, indépendantes, travaillent souvent chez elles depuis des années et parfois même la nuit, pendant que le ou les enfants dorment dans la chambre à côté. #be_positive me dit-on, fallait pas naitre femme et vouloir être indépendante surtout.

      Un mot aussi pour les copains et copines au chômage ou à la marge qui risquent de payer le plus lourd tribu.

    • Nous sommes auteurs·trices, intermittent·es, pigistes, autoentrepeneurs·euses, artistes, salarié·es, bénévoles, toutes et tous précaires. Nous sommes des acrobates de l’arène des dossiers, cascadeur·euses du lien social et aguerri·es aux diverses mobilités du travail. Nous devons souvent choisir entre créer et survivre. Or la crise actuelle du Coronavirus met en péril immédiat cette économie fragile dont nous vivons au quotidien. Beaucoup d’entre nous ne gagnent pas l’équivalent d’un Smic mensuel. D’autres se hissent parfois tout juste au-dessus du seuil de pauvreté. D’autres encore ne peuvent pas même l’atteindre.

      La contention de l’épidémie de coronavirus impose aujourd’hui des annulations en série des spectacles, ateliers, conférences, concerts, expositions, installations et autres commandes artistiques, culturelles ou scientifiques. Nous voyons ainsi disparaître du jour au lendemain, sans dédommagement et pour une durée indéterminée, nos seules sources de revenus.

      Nous avons entendu le discours du président de la République le 12 mars, selon lequel « la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. » Mais le soutien de l’État aux entreprises et au seul statut de salarié·e ne saurait suffire. En effet, celui-ci ignore les statuts, les professions et les écosystèmes au sein desquels nous évoluons, qui participent à l’exception culturelle dont la France se prévaut. Nous travaillons dans la radio et le son, dans les mondes de l’art et de la culture, à travers des missions de création, de médiation, d’éducation, d’enseignement, de recherche et d’information. Nous y sommes engagé·es sur les bases de statuts parcellaires, démunis de toute continuité des ressources et des droits liés.

      Après avoir œuvré ardemment à l’uberisation de l’économie, dans le milieu radiophonique, musical et artistique comme ailleurs, l’État ne peut faire mine d’ignorer la fragmentation qu’il a activement contribuée à créer. Il doit prendre acte aujourd’hui de ses conséquences économiques et sociales désastreuses. Le Coronavirus agit dès maintenant comme un révélateur des fragilités de notre société. Il doit désormais devenir le déclencheur de nouvelles solidarités en actes.

      Toutes celles et ceux qui subiront de plein fouet les conséquences des arrêts du travail hors des statuts salariés, ainsi que toutes et celles et ceux qui n’ont pas de travail, elles et eux aussi, doivent être protégé·es. « Quoi qu’il en coûte. »

      Nous demandons par conséquent que soit instauré dès le mois de mars un revenu universel sans condition, permettant à toute personne, quel que soit son statut, de vivre dignement.

      Les Sons Fédérés, assemblée d’artisan·es sonores et radiophoniques

      #revenu_garanti #droit_au_chômage

      @mad_meg, @vazi, sorry, j’ai supprimé mon doublon.

  • (1) Minima sociaux : les personnes handicapées mises à l’écart - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/02/04/minima-sociaux-les-personnes-handicapees-mises-a-l-ecart_1776933

    Nos associations en ont assez. Assez de se faire enfermer dans des salles pour entendre des approximations et des propos politiques contradictoires. Assez de prendre la parole sans être écoutées. Assez de participer à une soi-disant #concertation alors même que nos ministres semblent avoir déjà pris leurs arbitrages et s’engagent d’ores-et-déjà ouvertement vers des décisions qui ne respectent pas la majorité des voix exprimées. Rappelons que dans le cadre de la consultation citoyenne, 61% des votes sont défavorables à l’intégration de l’AAH dans le RUA. Les citoyens sont-ils écoutés ou bien juste embarqués dans un semblant de #démocratie_participative ?

    La concertation, une tactique pour faire perdre son temps au peuple organisé, perçu comme ennemi ? « Soi-disant » et « semblant » sont de trop ! Je note au passage qu’on ne leur a même pas donné d’interlocuteurs compétentes...
    #handicap #revenu_garanti

    Ça rejoint le propos de Grégoire Chamayou dans La Société ingouvernable. Il y a raconte comment les ONG, trop bruyantes, ont été invitées à perdre leur temps et leurs ressources humaines dans des réunions dont la seule utilité était de renseigner les entreprises qui voulaient mieux savoir ce qu’elles faisaient, retourner les moins exigeant·es et enfumer les autres.

  • Quels axes pour une protection sociale dans une perspective féministe ? – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2020/02/05/quels-axes-pour-une-protection-sociale-dans-une-perspecti

    Le système de protection sociale était basé sur des droits acquis au titre d’une activité professionnelle et sur la conception patriarcale de la société en vigueur à l’époque. Le modèle, en effet, est celui de l’homme « gagne-pain » et de la femme au foyer qui assure la gestion de la famille. L’ordonnance de 1945 instaure ainsi une Sécurité sociale qui considère « les travailleurs et leurs familles ». L’homme, travailleur, a des droits propres à la protection sociale. C’est lui qui ouvre l’accès à ces droits pour l’ensemble de la famille. La femme au foyer bénéficie de droits dérivés, liés au statut d’épouse. Elle est considérée, au même titre que les enfants, comme étant à charge de son mari. C’est une logique qui institutionnalise la dépendance des femmes par rapport à leur mari. Le système de protection sociale, en validant ainsi les inégalités entre les sexes, est largement responsable de leur reproduction. Il doit désormais être fondé sur une logique d’égalité.

    Le système actuel doit donc être transformé pour fournir une protection suffisante à toute personne, femme comme homme, quel que soit son parcours professionnel.

    On peut considérer le cas des retraites : le calcul de la pension y basé sur le modèle masculin de carrière, ce qui défavorise les personnes aux carrières courtes, en majorité les femmes. Malgré l’intégration, au fil du temps, de dispositifs familiaux pour (tenter de) prendre en compte les carrières morcelées des femmes, leur pension moyenne, tout compris, ne représente que 69% de celle des hommes. Ces dispositifs, outre être insuffisants pour réellement réduire les inégalités de pension entre femmes et hommes, n’agissent en rien sur la cause de ces inégalités : pire, ils contribuent à les pérenniser puisqu’ils valident la division sexuée des rôles qui en est responsable3.

    Rappelons que la conception française de l’impôt sur le revenu est basée, de la même manière, sur une conception familialiste. En définissant le ménage comme l’unité de base d’imposition, elle ne satisfait pas à l’exigence d’égalité. En effet, par rapport à une imposition individuelle des personnes, l’imposition commune du couple marié ou pacsé – c’est le dispositif de quotient conjugal – provoque l’augmentation du taux d’imposition effectif du conjoint à faible revenu, et à l’inverse la diminution du taux d’imposition du conjoint au revenu le plus fort4. Comme les revenus les plus faibles sont le plus souvent ceux des femmes, l’imposition commune agit comme une discrimination indirecte envers elles. Le quotient conjugal pénalise aussi les célibataires et les personnes en union libre par rapport aux couples, et les femmes en emploi par rapport aux femmes au foyer.

    Tout d’abord, il ne s’agit pas d’obliger les femmes à « travailler », mais simplement et, a minima, de ne pas les en dissuader. Or, c’est ce que font les normes sociales sur les rôles sexués dissymétriques, les politiques familiales les incitant au retrait d’activité pour s’occuper des enfants, ou encore le mode d’imposition du couple qui agit comme un frein à leur emploi. Ensuite, l’idée qu’il faudrait défendre un libre choix pour les femmes en couple d’être au foyer ou non relève d’une conception patriarcale néfaste et périmée. On en déplore aujourd’hui les conséquences, à travers la multiplication des situations de précarité des femmes après un divorce, une séparation ou lors de la retraite, et même la pauvreté des mères seules avec enfants. Curieuse liberté que celle qui enracine la dépendance des femmes mariées, et qui conduit de plus en plus souvent à la précarité !

    Le travail a une dimension contradictoire : c’est certes une source d’aliénation, mais c’est aussi un facteur essentiel d’intégration sociale. Derrière l’emploi, outre l’accès à un revenu, il y a une participation à la vie sociale qui reste considérée comme nécessaire pour ne pas se sentir exclu·e de la société. Le principe d’une protection sociale maintenant un lien idéologique avec l’emploi ne sera donc pas restrictif si l’on veille à en étendre l’accès à toutes les situations avant un premier emploi, au chômage entre deux emplois et à la retraite.

    #femmes #travailleuses #retraite #protection_sociale #chômage #revenu_garanti #emploi #revenu

  • Le Revenu garanti : une utopie libérale
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-Revenu-garanti-une-utopie-liberale

    Au contraire, le « Et vous, vous feriez quoi avec 1 000 € ? » renvoie chacun·e à ses goûts, aspirations ou contraintes, un peu comme dans le grand marché qui fait office de société dans la pensée libérale. J’ai déjà tenté de montrer, dans Égologie et La Conjuration des ego, combien même les critiques du capitalisme, du sexisme ou du productivisme ont bien intégré le fond libéral et individualiste de nos sociétés, au point qu’il leur est difficile de penser dans d’autres termes. (...) Les théories libérales postulent pourtant que chacun·e n’a qu’à s’emparer de son destin, quels que soient les moyens à sa disposition. Mais la liberté est mal partagée et les chances ne sont pas égales. Tout occupé·es par nos libertés individuelles, nous laissons en revanche s’éroder nos libertés collectives, comme la démocratie, l’autonomie collective ou les libertés civiles… Ce biais libéral individualiste contredit souvent nos plus belles aspirations et il faut savoir s’en échapper, remettre en question nos stratégies, nos modes d’action et les objets dans lesquels nous mettons nos espoirs d’un monde meilleur.

    http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/revenu_garanti.html

    Sommaire
    Le revenu garanti : une fausse bonne idée ?
    Une utopie productiviste
    – Faut-il se réjouir des gains de productivité ?
    – Fin du travail pour qui ?
    – C’est mon choix
    Une utopie étatiste
    – État social et auto-organisation populaire
    – Faire circuler les richesses pour créer des communautés politiques
    – De meilleures allocs pour plus d’État ?
    Une utopie antiféministe et chargée de mépris de classe
    – Emploi, inégalités de genre... et revenu garanti ?
    – S’attaquer aux nuisances du travail rémunéré
    – Quand le revenu garanti fait office de salaire maternel
    – Mépris de classe et critique du travail... de l’autre
    – Une institution ambiguë
    Contre le solutionnisme
    – Une critique à sens unique du travail
    – Un solutionnisme écolo-alternatif

    #revenu_garanti #libéralisme #capitalisme #individualisme #travail #Aude_Vidal

  • Éloge de la gratuité
    http://carfree.fr/index.php/2019/12/18/eloge-de-la-gratuite

    Le projet de revenu universel suscite l’enthousiasme de certains, dans leur immense majorité animés par un souci d’équité et de générosité. Mais leur ambition repose-t-elle sur des fondations solides dès Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Transports_publics #capitalisme #économie #Gratuité_des_transports_en_commun #société

    • La croissance de la productivité s’établissant à un niveau historiquement faible depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on pourrait au contraire conclure que les humains n’en ont pas fini avec le labeur. Ne vaudrait-il pas mieux asseoir sa réflexion sur l’identification d’une autre crise : celle de la marchandisation ?

      Le capitalisme, dont la vocation consiste à transformer le monde en marchandises, ne peut poursuivre ce processus sans menacer l’humanité d’un effondrement à la fois financier, social, politique et écologique. Prendre acte de cette situation conduit à prôner un autre type de revenu d’existence, démonétarisé. En d’autres termes : la gratuité, dont il s’agirait de défendre l’extension, car elle n’a jamais totalement disparu. Revenu universel ou gratuité, ainsi se résume le dilemme : vaut-il mieux donner de l’argent aux citoyens ou leur fournir des services gratuits ?

      Même les meilleurs projets de revenu universel ne parcourent que la moitié du chemin : d’une part, rien ne garantit que les sommes allouées soient utilisées pour des produits à valeur écologique, sociale, démocratique ; de l’autre, le dispositif maintient la société dans une logique de définition individuelle des besoins. Bref, de société de consommation.

      #revenu_garanti

      L’enjeu est bien de multiplier des îlots de gratuité dans l’espoir qu’ils forment demain des archipels et après-demain des continents.

      Robinsonnade ?

      Il n’existe pas de définition scientifique, et encore moins moraliste, de ce que serait le bon ou le mauvais usage des biens communs. Il reviendra donc aux citoyens — c’est-à-dire aux processus politiques — de définir ce qui doit être gratuit, renchéri, voire interdit. Loin d’engendrer le gaspillage, comme le clame la fable de la « tragédie des biens communs » de Garrett Hardin (3), la gratuité contribue à responsabiliser les ponctions réalisées sur l’environnement.

      Et comme on est en démocratie, ça va bien se passer !

      Les médiathèques attireraient de nouveaux lecteurs, mais en modifiant les comportements, avec beaucoup moins d’emprunts par carte puisqu’on sortirait de la logique de la consommation dans laquelle chacun en veut pour son argent et emprunte le maximum.

      Première fois que je lis ça : dans les bibliothèques, les lecteurs empruntent inconsidérément parce que c’est payant ? Heureusement, avec la gratuité, ils auront le temps de lire les livres qui leur ont fait de l’œil !

      En tout cas, je signe, c’est moins pire que ce qu’on a. De là à ce que ça me fasse rêver...

    • Première fois que je lis ça : dans les bibliothèques, les lecteurs empruntent inconsidérément parce que c’est payant ?

      moi aussi @antonin1
      ici, à Rennes et alentour, les médiathèques sont gratuite pour les personnes à bas revenu. Pour emprunter à la biblio centrale ( chps libre ) il faut aussi s’inscrire dans une autre biblio de la métropole.
      Si bien que toutes les 6 semaines je me retrouve avec 24 documents, livre, revue, BD, CD, jamais de DVD. Pour une bonne moitié, voire 3/4 ce sont des CD que j’écoute parfois qu’une seule fois et encore des fois même pas entièrement. Certains livres non plus, mais l’avantage d’une médiathèque c’est que tu peux emprunter ces livres autant de fois que tu veux.

  • Why Basic Income Failed in Finland
    https://www.jacobinmag.com/2019/12/basic-income-finland-experiment-kela

    Political maneuvers and bureaucratic resistance helped sink Finland’s widely watched basic income experiment. But the most important factor behind the policy’s demise was its uneasy relationship with widespread social norms about work and fairness.

    C’était aussi une merde en-dessous de la ligne de flottaison, censée compléter des revenus du travail indécents pour que les entreprises n’aient pas tout « à charge »...
    #libéralisme #Finlande #revenu_garanti

  • Salariat ou revenu d’existence ? - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/Salariat-ou-revenu-d-existence.html

    André Gorz a mesuré, avec justesse, les transformations du travail à partir des années 1970, devenant à ses yeux de plus en plus aliénant. Il en a conclu qu’afin de s’en libérer, il fallait promouvoir un revenu d’existence assurant pour tous des conditions de vie décentes. La proposition est séduisante, mais, comme le souligne Robert Castel dans ce texte posthume, elle est économiquement et historiquement contestable.

    Très bonne critique !

    #revenu_garanti

    • L’époque revenu d’existence de Gorz est avant celle où il radicalise jusqu’au bout sa critique du travail en tant que marchandise, à la toute fin de sa vie, lorsqu’il découvrit « bien trop tard » selon sa propre citation le courant de la critique de la valeur. Courant qui critiquait les positions de Gorz sur le revenu d’existence, mais sans défendre comme ici le capitalisme paternaliste où on s’occupe un peu moins mal des salarié⋅es grâce au contrôle du Droit.

      voire par l’ouverture de la capacité pour tous de consommer sur toute la planète

      Bé non, c’est justement un truc que Gorz et d’autres critiquent. Vouloir que tout le monde sur la planète puisse vivre dignement, ce n’est PAS synonyme de « pouvoir consommer » (= acheter des marchandises) qui est une activité spécifiquement capitaliste.

      C’est le texte très classiquement d’une personne qui défend le compromis droit/capitalisme, qui a aidé rendre moins dure l’exploitation (et donc à la prolonger plus longtemps, avec moins de rébellions de grande ampleur).

      « La relation entre travail et protections a constitué une grande conquête » non pas « de l’histoire sociale » mais uniquement de l’histoire d’une phase spécifique du capitalisme, lors de l’explosion de l’exploitation industrielle, durant laquelle la plupart des travailleureuses vivaient une condition moins bien et plus dure que dans d’autres périodes et sociétés, avec moins d’autonomie (alimentaire, d’habitat, etc). Il y a eu des périodes et des sociétés où les travailleureuses, sans du tout dire que c’était la vie de rêve, et il y avait d’autres problèmes, vivaient mieux qu’au XIXème siècle. D’autres façons que mettre des pansements de Droit sur le capitalisme existent, comme justement sortir du travail (en tant qu’activité spécifiquement capitaliste), cf les zapatistes même si eux c’est propre à leur contexte très très rural et montagnard (à chaque territoire de trouver sa manière propre suivant la nature et la densité de population).

      Ça ne sera jamais dans le travail (capitaliste) qu’on arrivera à restaurer la fierté de l’activité bien faite et de l’intégration sociale dans le fait de s’activer pour la communauté.

      Antiéconomie. André Gorz et la critique de la valeur, par Franz Schandl
      http://www.palim-psao.fr/article-antieconomie-andre-gorz-et-la-critique-de-la-valeur-par-franz-sch
      http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Gorz_expos_Franz_pdf.pdf

      Bien sûr, il ne s’agit pas d’assimiler maintenant Gorz à un courant particulier, voire de lui mettre une étiquette. Mais de montrer ce que furent ses préoccupations dans les dernières années

      (PS @la_vie_des_idees au passage j’ai réactivé votre RSS qui était désactivé depuis sept 2018, parce que c’est quand même bien de voir vos contenus ici, non ?)

    • À l’intérieur du compromis capital/travail (qui ne tient plus des masses, de nos jours les détenteurs de capital privé et d’État sont largement plus en position de force qu’à l’époque des luttes qui ont abouties aux avancées, cf l’article de Reporterre sur l’autonomie matérielle des grévistes), j’avoue que ça me parait plus pertinent et logique la vision salariat total de Friot, que le revenu d’existence. Mais n’empêche que ça reste une vision pourrie interne au capitalisme et qui peut plus tenir très longtemps. :p

    • L’ambition des candidats aux primaires citoyennes de la gauche aujourd’hui – dont le vainqueur sera candidat à la présidence de la République demain – doit être jugée sur la pertinence de leurs propositions, leur impact sur la reprise de l’activité et l’emploi en France, leur effet sur la cohésion sociale du pays.

      La politique économique et fiscale adoptée lors du quinquennat de François Hollande a empêché la France de s’inscrire dans la dynamique d’une reprise économique forte et durable. Le choix fait en 2012 d’augmenter les impôts et de réduire les déficits à marche forcée en période de récession a tué tout espoir de croissance. Les multiples alertes lancées à ce sujet sont restées sans écho. Ceux qui portent la responsabilité de cette funeste politique et qui prétendent s’en exonérer doivent aujourd’hui rendre des comptes.

      Dans les débats actuels des primaires citoyennes, les discussions se cristallisent autour d’un nouvel objet : le revenu universel d’existence (parfois appelé « revenu de base »). Benoît Hamon fait face, parce qu’il porte cette proposition, à un procès en incompétence gouvernementale. L’introduction d’un revenu universel d’existence condamnerait selon ses détracteurs la France à la faillite.

      L’accusation est facile mais trop rapide. Economiquement et socialement, le revenu universel d’existence peut être pertinent et innovant. A l’inverse des options fiscales et budgétaires retenues depuis 2012, et en particulier de cette inefficace usine à gaz qu’est le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Sans parler de l’exonération des heures supplémentaires, que même la droite a abandonnée et que Manuel Valls voudrait recycler aujourd’hui. Correctement conçu et précisé, le revenu universel d’existence peut constituer un élément structurant de la refondation de notre modèle social.

      Jeunes et bas salaires

      Certains voudraient évacuer le débat en évoquant un coût pharaonique de 300 ou 400 milliards d’euros. Mais ce chiffrage fantaisiste n’a absolument aucun sens. Benoît Hamon n’a jamais dit qu’il allait verser 600 euros par mois à 50 millions d’adultes. Au contraire : il a explicitement évoqué le fait que le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2 000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous (Libération, 5 janvier).

      De fait, cela n’aurait guère de sens de verser 600 euros par mois à des personnes gagnant 2 000 euros ou 5 000 euros de salaire mensuel, pour ensuite leur reprendre immédiatement la même somme en augmentant d’autant leurs impôts. Il est temps que cela soit définitivement clarifié, pour que le débat se focalise enfin sur les bonnes questions.

      Concrètement, la question du revenu universel se pose avant tout pour les jeunes et pour les bas salaires. Cela pose des questions sérieuses qui méritent que l’on y apporte des réponses solides. Mais ces réponses existent. Et un revenu universel d’existence doit être construit par étapes.

      Son instauration dès le début du prochain quinquennat pour les 18-25 ans est susceptible de redonner de l’autonomie à notre jeunesse et de constituer une réponse à ce que sont aujourd’hui les conditions d’obtention d’une qualification supérieure et d’entrée dans la vie professionnelle. Les modalités pratiques restent à définir, en particulier concernant l’âge à partir duquel on cesse de prendre en compte les revenus parentaux, et bien sûr les contreparties en termes d’études et de projet d’insertion.

      On pourrait par exemple s’inspirer du système en place au Danemark, où chacun bénéficie dès l’âge de 18 ans de soixante mois d’un revenu universel qu’il peut utiliser librement pour financer sa formation initiale ou continue. Au lieu de dénigrer a priori cette question d’avenir, les conservateurs de gauche comme de droite seraient bien inspirés de regarder ce qui se passe ailleurs.
      Lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale
      Pour ce qui concerne les travailleurs à bas salaire, le véritable enjeu est de lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale et du salaire juste. Actuellement, un salarié au smic à plein temps touche un salaire net de 1 150 euros par mois, après déduction de 310 euros de CSG et cotisations de son salaire brut de 1 460 euros. S’il en fait la demande, il peut plusieurs mois plus tard toucher l’équivalent de 130 euros par mois de prime d’activité (environ 1 550 euros sur l’année pour une personne seule).

      Ce système est absurde : il serait infiniment préférable, pour un même coût budgétaire, de prélever 130 euros de moins à la source et d’augmenter d’autant le salaire net. C’est selon nous de cette façon que doit fonctionner le revenu universel d’existence. Pour toutes les personnes disposant d’un emploi stable, le complément de revenu doit être versé de la façon la plus automatique et universelle qui soit, c’est-à-dire directement sur le bulletin de salaire, de la même façon que les cotisations sociales, la CSG et l’impôt sur le revenu prélevé à la source. De cette façon, le smic net passerait immédiatement de 1 150 euros net à 1 280 euros net, et pourrait atteindre 1 400 euros net d’ici à la fin du quinquennat. Voici la véritable revalorisation du travail dont nous avons besoin.

      Réfléchissons ensemble aux conditions concrètes de sa mise en œuvre plutôt que de rejeter a priori le projet d’un revenu universel d’existence. Un tel projet peut être économiquement crédible et socialement audacieux. Et, contrairement aux allégations de ceux qui confondent solidarité et farniente, il peut être instauré au profit de la revalorisation du travail et des bas salaires, qui profiteront au travers de ce revenu d’un véritable droit à la formation et d’une augmentation automatique de leur salaire net.

      Par Antoine Bozio (Ecole d’économie de Paris et IPP), Thomas Breda (chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris), Julia Cagé (Institut d’études politiques de Paris), Lucas Chancel (chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)), Elise Huillery (université Paris-Dauphine), Camille Landais (London School of Economics), Dominique Méda (professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine) , Thomas Piketty (directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris), Emmanuel Saez (université de Californie, Berkeley) et Tancrède Voituriez (économiste).

  • Panthère Première » HP, l’ère du vide
    https://pantherepremiere.org/texte/hp-lere-du-vide

    par Sila B.

    Dans l’unité fermée où les patient·es passent 24h/24 pendant des semaines, parfois des mois, se trouvent leurs chambres, des chiottes, des douches, des bureaux pour les consultations (avec un psychiatre, deux internes et une psychologue) et pour les infirmières, ainsi qu’un « lieu de vie ». Pas franchement conviviale, cette grande pièce évoque plutôt des bureaux. Une partie est dotée de tables à tout faire dont la principale activité : manger trois fois par jour. Dans un coin, une télévision reste toujours branchée sur TF1 et la clope est autorisée à l’intérieur – c’était dans les années 2000. Regarder Le maillon faible avec des gens qui vont mal et à qui la famille n’a pas pu ou voulu payer de meilleurs soins dans une clinique privée, voir l’animatrice humilier le maillon faible et les pubs qui défilent où il n’est question que de beaux cheveux, d’intérieurs bien tenus et d’automobiles filant dans des décors de cinéma. Regarder la télé et éprouver l’ennui absolu d’une discussion entre « cas psy » comme moi. L’administration n’a pas prévu de nous faire faire un tour dehors, en plein air, ni une activité physique ou créative qui donne un peu de plaisir et de fierté – ou qui, tout bêtement, maintienne dans une santé physique correcte. Maillon faible tu es, maillon faible tu resteras, avec un peu plus de gras autour du bide et des muscles atrophiés. Nous faisons l’objet d’injonctions contradictoires : il faut s’habiller avec ses propres vêtements et ne pas rester en pyjama mais les fringues sales mettent dix jours à revenir de la buanderie ; il faut passer la ma­tinée en-dehors des chambres mais il n’y a rien à faire dans les parties communes.

    #psychiatrie #HP #handicap #dépression #exclusion

    • #revenu_garanti

      À ma sortie, je reçois l’allocation adulte handicapé·e (AAH) qui me permet de poursuivre mes études jusqu’à un master pro, puis de chercher un boulot sans me mettre la pression, puis de me démotiver car me contenter de ce petit revenu est plus facile que de me confronter à la nécessité de gagner ma vie. J’occupe mon chômage par des engagements bénévoles. Ils me valent des collègues qui n’en sont pas vraiment, personnes en emploi ou en études pour qui notre engagement commun se cale dans les interstices d’une vie bien remplie. La mienne ne l’est toujours pas. Je peine à m’occuper et régulièrement la vacuité de mon existence me cause de sévères remises en question. La liberté dont je jouis – et profite – est aussi un grand vide. Je raconte les hauts et les bas de ma reche­r­che d’emploi au chef de service de l’HP, que je revois une fois par mois après ce séjour. Chaque fois, il écarte le sujet : « Parlons plutôt de vous », comme si ce n’était pas de moi qu’il s’agissait au moment de me présenter à un employeur. Alors que l’HP et les asso­ciations offrent tout un tas d’aides aux patient·es pour leur permettre de surmonter les difficul­tés (y compris matérielles) de l’existence, je me conf­ronte seule à celles que, dépres­sive, je rencontre sur le marché de l’emploi.

  • http://offensivesonore.blogspot.com/2019/03/et-si-on-creait-une-monnaie-democratique.html

    Et si on créait une monnaie démocratique ?

    Emission du 1 mars 2018, entretien avec Jean-Lucien Mazeau président de « Monnaie Démocratique France ». Difficile de changer de paradigme. Pourtant aujourd’hui seules les banques via leurs prêts sont créateur de la monnaie, un système bien peu démocratique. Et si les citoyens était eux-même créateurs de monnaie ? L’individu, cœur de la monnaie, est-ce vraiment possible ? Plus d’information sur monnaie-democratique.fr

    #audio #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #économie #monnaie #argent #démocratie #revenu_universelle #revenu_d_existence #revenu_universelle #utopie #travail #revenu_garanti #revenu_inconditionnel #banques #capitalisme

  • Le revenu universel est-il féministe ?

    Ce fut l’une des propositions inattendues et insolites de la campagne présidentielle de 2017, le revenu universel. Mais quels en sont les effets pour les femmes ? Cette question est souvent balayée d’un revers de main, quand elle n’est pas tout simplement occultée. A l’occasion d’un numéro consacré à cette séquence électorale, la revue Travail, Genre et Sociétés revient sur cette mesure et ses implications pour les femmes. Un état des lieux éclairant proposé par des philosophes, des économistes et des sociologues, dans une perspective féministe. De quoi rappeler que cet axe d’analyse devrait être incontournable et pris au sérieux dans toute discussion sur le sujet.

    En finir avec une vision viriliste du travail La parole est à la défense. « Parce qu’il est utopique et polémique à la fois, [le revenu universel] ouvre une série de débats sur le prix du travail, la qualité des emplois… et de façon plus décisive encore sur les frontières du travail (ce qui en est, ce qui n’en est pas) ». Voilà un argument régulièrement mis en avant par les tenants du revenu universel et que reprennent la philosophe Sandra Laugier et la psychologue Pascale Molinier, qui y sont favorables.

    De manière plus originale – et féministe –, les deux universitaires invitent à « intégrer le care dans la réflexion sur le revenu universel ». Car le travail tel que nous l’entendons aujourd’hui (en réalité, bien souvent l’emploi) est construit sur « la valorisation des tâches réalisées par les hommes et l’exclusion des tâches réalisées par les femmes. Cette valorisation du travail masculin a reposé sur une héroïsation du travail comme activité virile (où l’homme prouve qu’il en est un), associée à un déni de réalité non seulement du travail des femmes, mais des conditions d’exploitation des hommes », soulignent-elles.

    La proposition d’un revenu universel est donc un moyen de « dévoiler la tromperie d’une “valeur travail” construite sur un déni de la masse des invisibles, relégués dans les coulisses d’un monde du travail qui veut les ignorer ». Prendre au sérieux le care dans toutes ses dimensions, c’est « transformer notre vision du travail aussi en faisant apparaître des tâches, et des personnes, comme indispensables au fonctionnement ordinaire du monde ». Et, concrètement, mettre au centre de la réflexion des phénomènes comme la féminisation des migrations transnationales pour prendre en charge les personnes âgées ou dépendantes.

    Les auteures ne sont pas dupes pour autant : oui, le revenu universel peut se transformer en salaire maternel ou rendre encore plus invisibilise le travail du care au lieu de le valoriser.

    Se battre sur le terrain de l’emploi C’est ici que des approches plus empiriques surgissent pour nuancer l’enthousiasme initial. L’économiste Rachel Silvera, qui avait déjà cosigné en 2000 une analyse des écueils du revenu universel pour les femmes, reprend les principaux points d’achoppement. Ces arguments sont aussi portés par le collectif des Economistes atterrés.

    Pour commencer, le diagnostic de départ (fin de l’emploi et fin du travail), qui semble hâtif. Plutôt qu’à une disparition de l’emploi sous l’effet de la révolution numérique, nous assistons à sa mutation (développement d’emplois dans l’informatique mais aussi dans le soin à la personne). Ici, la réponse consiste à améliorer les formations tout au long de la vie, plutôt qu’à mettre en place un revenu de base.

    Quant à la fin du travail, à sa perte de sens, la réalité paraît plus ambivalente notamment pour les femmes : le travail est pour nous à la fois facteur d’aliénation et d’émancipation, rappelle l’économiste. Ce qui n’empêche pas de chercher à remettre en cause la centralité du travail rémunéré ni chercher un meilleur équilibre des temps sociaux. Mais « d’un point de vue féministe, le travail demeure la clé de l’égalité », tranche-t-elle.

    Deuxième argument : le revenu universel redonne un pouvoir de négociation individuel aux précaires, face à l’employeur. Comme je suis assurée de toucher un revenu, je peux plus facilement refuser un emploi que je juge dégradant. Les femmes occupant de fait les emplois les plus précaires (temps partiel et temps de travail morcelé), cela revient à encourager le temps partiel des femmes, pointe la chercheuse. Conclusion là encore : la bataille doit se situer au sein de l’emploi, pour de meilleures conditions de travail et une meilleure reconnaissance des emplois dévalorisés (dont ceux du care).

    Troisième argument : le revenu universel est un moyen de rééquilibrer les temps sociaux, entre emploi et loisir. Mais quid des tâches domestiques et familiales dans les ménages ? Elles échoient très largement aux femmes. Même s’il est individuel et universel, le risque est que le revenu universel renforce les inégalités au sein des couples hétérosexuels. Mais aussi les inégalités sociales entre les femmes : entre celles qui auront un emploi valorisé et celles pour qui il sera plus intéressant de rester chez soi à réaliser un travail domestique rémunéré par le revenu universel.

    Enfin, dernier argument, le revenu universel, parce qu’il est individuel, permettra aux femmes de sortir du statut d’ayant-droits. Le modèle français d’Etat providence est en effet mixte avec des droits sociaux propres pour l’emploi et le chômage (je touche une allocation chômage en fonction de mes cotisations), et des droits dits familialisés pour les minima sociaux : le montant du RSA dépend ainsi de la composition du foyer. Là encore, Rachel Silvera est d’accord sur le diagnostic : un modèle familialisé pénalise les femmes. Mais elle défend une autre solution : individualiser les minima sociaux et supprimer (ou du moins limiter fortement) l’imposition fiscale conjointe.

    Pour changer la vision viriliste du travail, répond-elle donc à Sandra Laugier et Pascale Molinier, il faut changer l’emploi lui-même (revaloriser les « sales boulots », favoriser une mixité des métiers, développer la formation) et partager le travail en amont, par une réduction du temps de travail plutôt que d’accepter le partage du temps de travail tel qu’il existe actuellement et qui pénalise les femmes.

    L’engagement associatif a bon dos Emploi ou loisir ? Mais que recouvre exactement le « loisir » et qu’est-ce que ce loisir si valorisé qu’est l’engagement associatif ? C’est l’objet du troisième article de ce dossier, signé par la sociologue Maud Simonet, spécialiste du travail gratuit et semi-gratuit (type service civique, « indemnisé » à hauteur de 580 euros par mois et sans cotisation chômage) et auteure d’une livre récent, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ?.

    Il n’y a pas un « bon » travail gratuit, porteur d’émancipation, dans la sphère associative et un « mauvais » travail gratuit, aliénant, lui, qui serait le travail domestique. « Loin d’échapper aux rapports sociaux de sexe et aux processus d’assignation au féminin, l’espace associatif les reproduit », souligne-t-elle.

    Dans les associations aussi la division du travail est sexuée : aux hommes les postes de pouvoir, aux femmes, le travail invisible et ingrat (préparer le repas et la table pour le repas associatif, nettoyer le centre social après son utilisation par l’association, etc.). A ce plafond de verre du monde associatif s’ajoute un « mur de verre » selon les termes de la chercheuse Sophie Rétif. Au sein du monde associatif, les femmes ont moins accès aux partis et syndicats que les hommes, « dont les carrières militantes sont marquées par une circulation entre ces différents types d’organisations et un pluri-engagement ».

    Bref, « “au nom de l’engagement”, s’opère ainsi dans les associations un “déni de travail”, qui n’est pas sans rappeler celui qui s’opère, “au nom de l’amour”, dans la maison ».

    Autre angle mort du débat qu’elle relève : le rôle de l’Etat dans l’organisation de ce travail gratuit. Il est vital « de saisir combien le bénévolat est aujourd’hui à la fois objet et instrument de politiques publiques, qu’il est en partie financé, construit et orienté par l’État, vers certains secteurs et pour certaines populations. Dans un contexte de rigueur budgétaire et de baisse des dépenses publiques, la mise au travail gratuit, ou indemnisé, de citoyens, qui sont bien souvent des citoyennes, dans les services publics, est l’une des conséquences – et sans doute en partie l’un des objectifs – de ces politiques qui valorisent et soutiennent l’“engagement citoyen” », analyse Maud Simonet. Concrètement, il s’agit du recours au bénévolat dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires ou l’entrée des services civiques dans les services publics, à l’hôpital, dans l’Education nationale ou à Pôle emploi. Cette « “bénévolisation” du travail dans les services publics, si elle nous concerne tous comme citoyens, concerne au premier chef les femmes comme travailleuses ».

    Face à cela, il faudrait « expliquer en quoi et comment » le revenu universel permettrait enfin de reconnaître et de rendre visible le travail gratuit des femmes, demande-t-elle aux partisans de la mesure.

    D’autant plus que l’opposition entre travail domestique aliénant et engagement associatif émancipateur reproduit en réalité un rapport de classe. Comme le rappelle Bell Hooks à propos des mouvements féministes étasuniens des années 1970, « tandis que les féministes blanches “lasses d’être isolées dans [leurs] foyers” voulaient “être libérées de tout ça pour entrer dans le monde du travail”, les femmes noires qui avaient toujours travaillé en dehors du foyer mais aussi les femmes blanches des classes ouvrières désiraient, elles, “passer plus de temps avec leur famille” et “quitter le monde du travail aliéné” ».

    Devenir des sorcières Les deux dernières contributions nous emmènent au Japon et en Finlande.

    L’économiste Kaori Katada y voit le moyen de « devenir des sorcières », c’est-à-dire de refuser, pour les femmes, l’assignation au travail reproductif et productif, qu’il soit gratuit (travail domestique) ou rémunéré (emploi). Dans la société japonaise actuelle, les femmes sont, d’une part, encouragées à faire des enfants dans un contexte de faible taux de natalité et sans qu’il y ait de véritables dispositifs d’accompagnement (la part du PIB consacrée aux politiques familiales type allocations familiales est de moitié inférieure à ce qu’elle est en France ou en Suède). Et, d’autre part, incitées à travailler pour pallier la pénurie de main d’œuvre. Les mères célibataires sont particulièrement touchées par les bas salaires et la pauvreté, bien loin de l’image de la working girl parvenue à un poste de pouvoir d’une prestigieuse entreprise.

    Si elle prend au sérieux les objections faites au revenu universel (voir ci-dessus), elle répond, comme beaucoup de ses partisans, que son rôle n’est pas de venir à bout de la division sexuée du travail. Et que celui-ci doit donc s’accompagner d’autres mesures (partage ou réduction du temps de travail, congé parental substantiel, équité salariale, formation…).

    Enfin, le journaliste Alain Lefebvre revient sur l’expérimentation d’un revenu de base en Finlande. Imposée par un gouvernement pro-austérité dirigé par un ancien homme d’affaires, cette expérimentation n’avait en fait rien d’universelle puisqu’elle a porté sur des chômeurs de longue durée. Elle a de plus totalement fait l’impasse sur les questions de genre. Il y avait pourtant matière à y réfléchir dans un pays où les inégalités entre femmes et hommes restent conséquentes : l’écart de rémunération horaire entre femmes et hommes était par exemple de 17 % en Finlande en 2015, contre 16 % en France (et 13 % en Suède). « S’il y a une conclusion à tirer de cette expérimentation malheureuse, c’est qu’il faut se donner le temps de préparer sérieusement la mise en place d’un tel dispositif, et se poser la question de ses objectifs […]. En parallèle, une attention particulière doit être portée à la manière dont ce type de dispositif est susceptible d’atténuer, ou au contraire, de renforcer les inégalités », conclut le journaliste. Un message pour les 19 départements qui ont décidé de se lancer.

    https://www.alternatives-economiques.fr/revenu-universel-feministe/00087292

    #revenu #féminisme @revenu_universel #revenu_garanti

  • https://offensivesonore.blogspot.com/2018/09/le-revenu-dexistence-panacee-incomprise.html

    Le revenu d’existence : panacée incomprise ou fausse bonne idée ?

    Emission du 14 septembre 2018, nous avons organiser un débat radiophonique avec les deux avis divergent sur le « revenue d’existence » appeler aussi « revenu universelle ». Baptiste Mylondo (au téléphone) est Economiste et philosophe et co-auteur de « Inconditionnel – Anthologie du revenu universel » (éditions du Détour). Jean-Luc issue des mouvements pour la décroissance et contre le nucléaire et co-auteur de « Revenu d’existence, salaire à vie : fausses utopies ? » (en recherche d’éditeur).

    #audio #radio #offensive_sonore #radio_libertaire #audio #revenu_d_existence #revenu_universelle #Baptiste_Mylondo #utopie #travail #revenu_garanti #revenu_inconditionnel

  • Un travail sans qualité - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-travail-sans-qualite

    Pour tenir ensemble, apprenais-je à mes dépens, il faut un sort commun, une nécessité partagée. Il peut s’agir d’un squat ou d’un boulot mais rarement d’une activité où l’on s’investit trois heures par semaine et dont la disparition ne modifierait pas fondamentalement son existence. Ainsi l’animatrice de groupe décroissance, l’organisatrice communautaire que j’étais découvrait que ses efforts ne contribuaient pas à une communauté humaine bâtie sur des obligations réciproques mais à une convergence de désirs instables. Finalement, cette liberté essentielle à nos activités collectives et celle dont je jouissais à titre personnel ont été très ambivalentes. L’absence de nécessité ou de contrainte font un monde social insécurisant, dans lequel j’ai appris à me soumettre au désir des autres par crainte de leur défection et où j’ai découvert ce dont en tant que femme je n’aurais jamais dû me croire à l’abri : le fait d’être un paillasson. Alors que des collègues de travail sont tenu·es de se supporter et que cette contrainte (pénible) permet d’inclure chacun·e avec plus ou moins de succès, les groupes de bénévoles se reconfigurent constamment au gré des désirs individuels et le moindre conflit peut donner lieu à des ruptures définitives. Ce qui en fait, malgré les belles intentions, un monde au moins aussi violent que l’autre.

    #travail #bénévolat #association #lien_social #revenu_garanti