• La croissance des inégalités dégrade l’activité économique, et ça se voit à l’œil nu !
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/zemmour/2026/04/09/la-croissance-des-inegalites-degrade-l-activite-econo

    Dans la période récente, la stagnation des salaires (dont le pouvoir d’achat a baissé) et le dynamisme des revenus financier explique pour partie un taux d’épargne élevé, et un ralentissement de la croissance. Si le mécanisme est connu, il est rare de pouvoir observer à l’œil nu une hausse si marquée des inégalités qu’elle se traduit par des effets macroéconomiques immédiats.

    (...)

    Pour le dire autrement, nous vivons une période économique où les inégalités de revenu -restées relativement contenues entre 2008 et 2018 ont connu une accélération telle qu’on en voit les effets macro-économiques, à court terme, et à l’œil nu. Si le mécanisme est connu, sa manifestation aussi visible dans les statistique macro me semble relativement rare.

    Et cet accroissement des inégalités, est due, avant tout, à la stagnation préoccupante des salaires qui n’avaient toujours pas retrouvé fin 2024 leur pouvoir d’achat moyen de 2019.

    #Michaël_Zemmour 09/04/2026

    • ... depuis la sortie des confinements, le « taux d’épargne », c’est-à-dire au niveau macro-économique la part du revenu qui n’est pas consommée, est montée à des niveau anormalement élevés… et ne redescend pas, ce qui intrigue et inquiète les macro économistes (Figure 1).

      [...]

      Il peut y avoir de multiples explications à cela : épargne de précaution, face à l’incertitude de l’avenir, achat immobilier ancien (qui comptablement apparaît comme de l’épargne dans les comptes nationaux), ou…accroissement des inégalités.

      En effet, on sait que les ménages modestes et moyen consomment tout ou presque tout leur revenu, tandis que les ménages aisés vont avoir une propension à épargner élevée, et qui croit avec le revenu.

      De ce fait, quand les inégalités augmentent, le revenu est en moyenne de moins en moins consommé et de plus en plus épargné. Or précisément, dans la période récente, la stagnation des salaires et le dynamisme (relatif) des revenus du capital sont à l’origine d’un creusement marqué des inégalités.

      Ainsi l’INSEE a relevé l’an passé qu’en 2024 la hausse marquée des inégalités était due à la conjonction

      • de la baisse du niveau de vie des ménages modestes : le niveau de vie seuil à partir duquel on fait partie des 10% les plus modeste a baissé de 1%, ce qui est rare et signale une dégradation absolue des conditions de vie, signalée également par la hausse du taux de pauvreté)
      • à la stagnation du niveau de vie médian (+0,9%)
      • et à la progression plus dynamique des revenus du seuil du dernier décile (seuil à partir duquel on fait partie du Top 10), principalement explicable par des revenus financiers plus dynamiques.

      Bref, les inégalités augmentent, et cela joue sur le taux d’épargne, comme un frein à l’activité économique. A tel point que certains prévisionnistes se disent que désormais pour prédire l’évolution de la consommation des ménages, il ne faut plus suivre l’évolution des revenus en général (revenus du travail + revenus financiers), mais celle des #salaires en particulier, parce que les #revenus_financiers ont tendance à être conservés sous forme d’épargne, et donc que leur croissance n’alimente pas la consommation.

      #épargne #revenu #inégalités

  • Chez Arte, les #revenus des #traducteurs chutent à mesure que l’#IA est adoptée - Next
    https://next.ink/brief_article/chez-arte-les-revenus-des-traducteurs-chutent-a-mesure-que-lia-est-adoptee

    Début février, chez #Arte, des représentants du collectif de #traducteurs et #traductrices qui travaillent aux #sous-titres de la #chaîne franco-allemande étaient venus sonner l’alerte : depuis le début de l’année 2025, leurs revenus étaient en forte baisse.

    Depuis plus d’une décennie, la chaîne recourt à leurs services pour adapter les magazines et documentaires vers l’anglais, l’espagnol, le polonais, l’italien et le roumain.

    Sur place, les responsables du programme multilingue de la chaîne ne s’en sont pas cachés, rapporte Mediapart : ils sont très satisfaits des résultats de leurs expérimentations de traduction automatisée, menées à partir de mai 2023 et généralisées un an plus tard. À terme, le recours à l’#intelligence_artificielle devrait devenir « inéluctable ».

    Concrètement, cela leur permet de réduire de moitié la facture actuelle versée au prestataire d’Arte #Transperfect. Pour un traducteur #humain, cette #facture s’élève à 10 euros la minute, dont 4 à 5 euros sont finalement reçus par le ou la traductrice. Pour ces derniers, en revanche, cela réduit la #qualité du #travail tout en réduisant les revenus.

  • 6 graphiques pour mesurer l’envolée des revenus des ultrariches | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/6-graphiques-mesurer-lenvolee-revenus-ultra-riches/00117146

    Voilà de quoi donner du grain à moudre aux partisans de la taxe Zucman et, plus largement, à toutes celles et ceux qui veulent renforcer la contribution des très riches. Dans son Portrait social de la France publié le 18 novembre dernier, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a produit trois études donnant un aperçu frappant de l’évolution des très hauts revenus.

    On parle là des 40 700 foyers (le top 0,1 %) situés au sommet de la hiérarchie. Dans ce club très select, le ticket d’entrée se situait, en 2022, à 463 000 euros annuels. Or ce top 0,1 %, déjà nanti, a vu ses revenus évoluer bien plus vite que le reste de la population.

    Entre 2003 et 2022, montre l’Insee, leur revenu moyen a plus que doublé (+ 119 %). Loin, très loin, du reste de la population, qui doit se contenter d’une hausse de 46 % sur la même période. Le quart des ménages les plus pauvres, eux, décroche, avec seulement + 24 % sur son revenu moyen.

    https://archive.is/Nbv8K

    #ultra-riches #revenus #inégalités #accumulations #rentes

  • L’assassinat de Mehdi Kessaci, un crime politique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/l-assassinat-de-mehdi-kessaci-un-crime-politique_6653984_3232.html

    L’alerte d’Amine Kessaci, qui, après la mort de son jeune frère, exhorte l’Etat à « comprendre qu’une lutte à mort est engagée », doit être entendue. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, c’est bien l’Etat de droit, la paix civile et la démocratie qui sont dans le viseur des « narcos ».

    [le] narcotrafic (...) fait vivre 200 000 personnes, dégage un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 5,5 milliards d’euros et approvisionne en cocaïne 1,1 million d’usagers (...)

    #drogues #crime_organisé #narcotrafic #narco_terreur

    • « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic », Amine Kessaci, Militant écologiste, fondateur de l’Association Conscience
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/amine-kessaci-militant-ecologiste-non-je-ne-me-tairai-pas-je-dirai-et-repete

      Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.
      Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

      Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du #narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

      Un jour du mois d’août, la #police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

      Il est temps d’agir

      Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

      On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

      Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

      Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

      Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

    • Narcotrafic : aux obsèques de Mehdi Kessaci, à Marseille, « la réalité, c’est qu’on a tous peur », Par Gilles Rof 
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/aux-obseques-de-mehdi-kessaci-a-marseille-la-realite-c-est-qu-on-a-tous-peur

      L’enterrement du jeune frère du militant Amine Kessaci a eu lieu, mardi 18 novembre, sous haute protection. Tout en affichant leur esprit de résistance, ceux qui osent dénoncer le trafic de stupéfiants s’avouent tétanisés par cet assassinat.


      Des habitants de la cité de Frais-Vallon se rendent à la mosquée pour la prière organisée pour Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Hommes du RAID masqués et armés de fusils d’assaut, équipes de déminage, berlines blindées pour accompagner la famille et un dispositif policier bouclant totalement la cité de Frais-Vallon (13e arrondissement) puis le cimetière de Saint-Henri (16e) dans le nord de #Marseille. Les obsèques de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, ont pris, mardi 18 novembre, une allure irréelle. Le déploiement inédit de forces de l’ordre pour un enterrement, la tension venant se mêler à la douleur des proches : tout au long de la journée, les circonstances ont rappelé à quel point l’assassinat, jeudi 13 novembre, de cet homme de 20 ans constitue une première en France.

      Encore étudiant en BTS banque dans un lycée du centre-ville, se préparant à repasser le concours de fonctionnaire de police, Mehdi Kessaci n’avait, selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, « rien à voir avec le narcotrafic ». Après quelques jours d’enquête, l’hypothèse d’un crime visant Amine Kessaci à travers son jeune frère reste la piste privilégiée par la justice. « Un crime d’intimidation », selon le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui constituerait un « point de bascule » dans l’ampleur prise par les réseaux de trafic de stupéfiants en France.

      Des amis de la famille, des habitants de la cité où les Kessaci ont des attaches, des élus, des militants écologistes et des associatifs qui œuvrent dans les quartiers populaires de Marseille : devant la mosquée de Frais-Vallon, bloc de béton brut encerclé de barres d’immeubles, chacun se faufile, en début d’après-midi, au milieu des véhicules de police. Les responsables du petit lieu de culte sortent des tapis de prière à l’extérieur, ouvrent une salle annexe pour les non-musulmans. Les mots sont rares, formulés à voix basse. « Qu’on soit venus là est déjà un acte de résistance… Bien sûr qu’on a la trouille. On n’a pas envie d’être la prochaine cible », lâche la présidente d’une association des quartiers nord, connue pour son franc-parler et qui, pour une fois, requiert l’anonymat.


      Sur le lieu où a été assassiné Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      « Les gens sont estomaqués et la réalité, c’est qu’on a tous peur. Se dire qu’en parlant de ce qui se passe d’anormal dans nos quartiers, tu peux y passer, cela freine évidemment », souffle Nassurdine Haidari. A 47 ans, ce militant multicarte est engagé chez Les Ecologistes, dans les luttes décoloniales comme dans le combat contre les ravages du trafic de drogue. « Aujourd’hui, le plus dur à gérer, c’est le sentiment d’impuissance », ajoute-t-il.

      Gilet pare-balles

      Amine Kessaci, qui, ces dernières semaines, vivait sous protection policière à l’extérieur de la ville, n’était pas apparu publiquement depuis l’assassinat de son frère. Ceux qui ont pu lui parler à son retour à Marseille racontent un « homme dévasté », qui « s’interroge sur son combat ». A cette heure-là, personne ne savait encore qu’il prendrait la parole, mercredi, dans une tribune au Monde, dans laquelle il affirme vouloir continuer de « lutter » et incite chacun à s’exprimer parce que « le silence est l’abri de nos ennemis ».

      Blouson en jean masquant à peine son gilet pare-balles, visage marqué par la douleur, soutenu par ses proches et encadré par les policiers qui ne le quittent plus depuis la mort de Mehdi, il monte les quelques marches qui mènent à la mosquée, sans pouvoir prendre le temps de saluer les présents. La violence du narcotrafic vient, alors qu’il a 22 ans à peine, de lui arracher un second frère. Après Brahim, son aîné assassiné en 2020, celui pour la mémoire de qui il se bat depuis.

      L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, avec laquelle il a fait campagne pour les élections européennes de 2024, est là, l’ancienne secrétaire d’Etat à la ville et au plan Marseille en grand, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), aussi. Elle accompagne Laurent Carrié, le conseiller territoires du président de la République, Emmanuel Macron, venu à la demande de ce dernier. Ce haut fonctionnaire connaît bien Amine Kessaci. Il l’a souvent croisé lorsqu’il était préfet à l’égalité des chances à Marseille, d’octobre 2021 à août 2023. Une période où la ville a connu un nombre inédit de #narchomicides – 49 en 2023 –, dont le meurtre de Socayna, jeune étudiante touchée par une balle perdue alors qu’elle était dans sa chambre. « A cette époque, l’émotion était déjà très forte. Mais, là, un cap est passé », estime l’envoyé du chef de l’Etat.

      A l’heure où l’imam lance la prière au défunt à Frais-Vallon, la nouvelle qu’un homme vient d’être abattu de plusieurs balles dans le quartier des Olives, à quelques kilomètres, sidère les présents. C’est le troisième meurtre en plein jour à Marseille, depuis octobre.

      Enquête délocalisée

      Dans cette journée de deuil pour la famille Kessaci et tous ses soutiens, l’Etat a tenu à afficher sa présence. A Marseille, par la protection ostensible des obsèques, sous le commandement direct de la préfète de police déléguée, Corinne Simon. A Paris, en accélérant la nomination, qui doit être officialisée mercredi 19 novembre en conseil des ministres, selon la Lettre A, du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, ancien gendarme, jusqu’alors préfet du Grand Est. Et en décidant de délocaliser l’enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci.


      Devant le cimetière Saint-Henri, où est enterré Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Les investigations, ouvertes des chefs de « meurtre en bande organisée avec préméditation » et « associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime », sont désormais confiées au parquet de Paris et à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Une manière d’afficher politiquement et judiciairement l’importance donnée à l’affaire, alors que, à Marseille, certains proches d’Amine Kessaci et lui-même, dénoncent le fait que sa famille n’avait pas bénéficié, ces dernières semaines, de mesures de protection malgré les menaces qui pesaient sur lui.

      Depuis l’assassinat du jeune Mehdi, le ministère de l’intérieur aurait décidé la mise sous protection d’une dizaine de personnes, connues pour leurs prises de parole ou leurs actions contre le narcotrafic. Des figures du militantisme marseillais assurent également avoir reçu des autorités le conseil appuyé d’éviter les déclarations publiques « pendant quelque temps ».
      Jeudi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la justice, Gérald Darmanin, doivent se rendre à Marseille. Une double visite que la ville espère depuis le meurtre de Mehdi Kessaci, qualifié par le maire, Benoît Payan (divers gauche), de « défi lancé à la France ».

      Marche blanche et action de l’Etat

      Les larmes aux yeux à la sortie du cimetière Saint-Henri, l’écologiste Michèle Rubirola, première adjointe, souligne la responsabilité globale de l’Etat dans la situation vécue par sa ville. « Les options sécuritaires ne suffiront pas à gagner la guerre contre le narcotrafic. Il faut aussi porter des politiques sociales et sanitaires pour répondre à une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir d’avenir et des consommateurs de drogue qu’on laisse en errance », insiste l’ex-maire de Marseille.
      Militant historique de la lutte contre le mal-logement, compagnon de l’aventure de l’Après M, ce fast-food transformé en lieu de solidarité, Fathi Bouaroua souligne, lui aussi, la nécessité d’une action au plus haut niveau. « Nous ne sommes plus face à de simples dealeurs. Ces gens-là osent se confronter directement à l’Etat. Leur message, c’est : “Sachez que vous ne pouvez pas passer de l’autre côté, nous dénoncer et collaborer avec la police contre nous.” Amine a peut-être été un peu trop seul dans son combat. S’opposer à ce genre de menaces nécessite un autre type de moyens », plaide-t-il.

      Sur les réseaux sociaux, il a incité ceux qui veulent montrer leur soutien au militant écologiste à acheter son livre Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde, 224 pages, 20 euros). En attendant la marche blanche, qui doit se dérouler samedi 22 novembre à l’appel de Conscience, l’association créée par Amine Kessaci. « Les gens arriveront-ils aussi à mobiliser ?, interroge, troublé, Mohamed Bensaada, fondateur du syndicat des quartiers populaires de Marseille et militant de La France insoumise. J’ai peur que cette violence qui nous terrifie aujourd’hui devienne juste la norme pour les jeunes générations. Mais, si nous nous taisons, vivre ne vaudra pas la peine. »

      Sur le rond-point Claude-D’Arcy, là même où a été abattu Mehdi Kessaci, des gerbes de fleurs commencent à s’amonceler. L’une d’elles porte un ruban marqué d’un court message : « Notre affaire à tous. »

    • C’est « marrant » ça faisait quelques jours que je passais des heures à lire des trucs sur les mafias actuelles en France (après avoir lu des heures sur les mafias des années 30 aux USA la semaine dernière), et donc forcément sur la DZ Mafia :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/DZ_Mafia

      Notamment parce que c’est eux qui à priori tente de raquetter le rappeur SCH, et ce pourquoi il vit à Paris sous protection, et ce pourquoi il a été ciblé par un assassinat (qui a tué son directeur commercial), l’année dernière.
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-assassinat-du-proche-du-rappeur-sch-extorsion-dune-discotheque-

      Et donc pour les deux frères d’Amine Kessaci tués :
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/derriere-le-meurtre-de-mehdi-kessaci-la-piste-mamine-redoutable-chef-de-l

      #DZ_Mafia #France #Marseille #narcotrafic #mexicanisation #cartels

    • Une "mafia" sans omerta (la poukave est un attribut du trafic de dope là où, suite aux Carbonari la mafia s’est fondée sur le secret), un cartel sans contrôle de la production (il y a des tentatives sur les drogues de synthèse), et, centralisent, un imaginaire de film de gangsters. Une organisation qui privilégie l’embauche de petites mains intérimaires ou auto-entrepreneurs pour préserver un noyau qui est le sous produit de la guerre de territoires, constitutive de ce type de commerce (au moins avant l’ubérisation de la vente) et de l’archipel carcéral.
      L’autodésignation comme mafia (reprise de Mocro Mafia pour exprimer une ambition de grandeur) est par essence contradictoire avec l’idée même de mafia qui est et doit rester une société secrète, celle des héroïques https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Ndrangheta, celle qui défend sa chose https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosa_nostra ; des « bons à rien » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ; ou comme les triades, à la fois opposées au régime et inféodées aux patrons de l’économie, les Triades, autre société secrète https://fr.wikipedia.org/wiki/Triades_chinoises). Le marketing publicitaire vient renforcer l’intimidation.

      Certes issues de territoires spécifiques (les Quartiers Nord), ces sociétés commerciales relèvent avant tout de l’atomisation des relations capitalistes, et non d’anciennes formes communautaires de contrôle social (famille, clan, village). L’histoire est passée par là. Et il n’y a ici aucun contre modèle, tout au plus un miroir tendu (cf la hype vouée aux friqués de Dubaï, dont certains trafiquants importants).

      https://seenthis.net/messages/1137633
      https://seenthis.net/messages/1090030

      Sous couvert de lutte anti carcérale, il s’agissait avec les attaques de prison d’avril dernier de répandre la panique, des matons au directeurs de taules. C’était d’abord pour conserver aux huiles de cette société des marges organisationnelles à l’intérieur des prisons. Sans doute aussi en vue d’élargir le recrutement à davantage de main d’œuvre qualifiée (une entreprise se jauge à sa réputation). Tel est du moins mon avis, n’en déplaise à LM ou Contre attaque qui aimeraient légitimement être les contemporains de luttes contre la prison et font mine (?) de ne pas savoir ce que c’est que de risquer sa liberté, voire sa peau pour 2000 balles, sans même connaître, le plus souvent, ses employeurs (on est dans un schéma inverse des mafia, féodalité qui repose sur l’"honneur" dont il faut faire preuve dans une chaine de relations interpersonnelles hiérarchisées).

      https://seenthis.net/messages/1109775

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaques_de_2025_contre_des_prisons_françaises#cite_ref-TF1_1-1

      Par ailleurs, même sans jouer à follow the money, il suffit de regarder dans divers quartiers, y compris dans des petits bleds de province, le nombre de boutiques diverses sans chiffre d’affaires apparent pour se dire que le blanchiment, c’est pas juste du bitcoin et du paradis bancaire.
      Comme la paix sociale dépend des emplois (aussi risqués soient-ils), et surtout des revenus (aussi faibles soit-ils) qui ruissellent depuis les trafics de drogue, ça devrait pas cesser.

      Sauf que des protagonistes ont décidément pris la confiance, jusqu’à dépasser les bornes (la logique des territoire de deal cède le pas), créant un immense trouble à l’ordre public (innombrables exécutions, victimes "collatérales, et maintenant meurtre d’intimidation sur personne sans lien avec leur activité). Les cartes vont être rebattues par le gérant du Casino, c’est annoncé. Évidemment pas au point de revenir sur la prohibition des drogues. Voilà une série promise à de nombreuses saisons.

      edit quant aux pratiques d’extorsions dans le rap amoureux du fric, des extraits de « L’Empire », dans les coulisses criminelles d’une industrie aux chiffres vertigineux
      https://seenthis.net/messages/1143488

    • A Dubaï, les luxueux appartements des « narcos » dans le viseur de la coopération judiciaire
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/a-dubai-les-luxueux-appartements-des-narcos-dans-le-viseur-de-la-cooperation

      En visite aux Emirats arabes unis, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dévoilé une liste de biens immobiliers que les autorités locales ont saisis à la demande de la France.

      Les visites diplomatiques de Gérald Darmanin aux #Emirats_arabes_unis, en tant que garde des sceaux, sont l’objet d’un rituel immuable : la remise à son homologue d’une « liste » recensant les criminels français en cavale, dont Paris espère l’extradition. Mercredi 19 novembre, sans déroger à cette tradition, Gérald Darmanin a remis une sélection d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés, à la portée semblable à celle des affiches « Wanted » du Far West américain. Mais c’est d’un autre listing qu’est venue la nouveauté. Celui-ci détaille une quarantaine de biens immobiliers appartenant aux « narcos » ayant élu domicile à #Dubaï, et dont la saisie a été actée par les autorités locales.

      Postant sur le réseau social X un bref compte rendu de son déplacement, Gérald Darmanin se félicitait de cette première, précisant qu’il avait « transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine » aux autorités émiraties, « en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies ». Ce volet immobilier avait déjà été amorcé lors de la précédente visite du ministre, en janvier. Vanessa Perrée, alors directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, était du voyage. Cette magistrate, dont le nom a désormais été proposé par Gérald Darmanin pour diriger le futur Parquet national anticriminalité organisée, avait sensibilisé ses interlocuteurs sur la question des confiscations et des saisies. Restait à fournir les détails opérationnels.

      Comme le permet la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, la saisie des avoirs criminels peut être réalisée avant même la condamnation définitive des prévenus. C’est en exportant le concept de « taper au portefeuille » des trafiquants du haut du spectre qu’a été lancé ce processus, sans pour autant que soit encore clarifié le devenir des biens en question, parfois situés dans les gratte-ciels les plus iconiques de Dubaï.

      « Coopération fructueuse »

      Si des résultats rapides sont attendus au sujet des « narcos » dont les noms ont été livrés à la police locale (il est habituel que quelques arrestations ponctuent le retour du ministre, comme un gage de bonne foi), la réalisation du diptyque « interpellation - extradition » n’est pas toujours fluide. Il a ainsi fallu s’y reprendre à deux fois, après une première remise en liberté, avant de faire revenir en France en juin, sous une lourde escorte policière, Abdelkader Bouguettaia, dit « Bibi », importateur présumé de larges quantités de cocaïne via le port du Havre et résidant à Dubaï depuis 2019. Après avoir quitté subrepticement cette ville, c’est finalement au Maroc, en mars 2024, qu’avait été cueilli Félix Bingui, dit « Le Chat », cadre dirigeant du clan marseillais Yoda, désormais emprisonné à Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais).

      En dépit de ces circonvolutions, les relations diplomatiques se sont réchauffées depuis quelques années. Au-delà des voyages réguliers des ministres en exercice, l’installation, en avril 2024, d’un magistrat de liaison, a permis de faciliter le dialogue avec les Emirats, et de limiter les incompréhensions. « Depuis 2020, il y avait eu zéro extradition, et cette année, on en a recensé 14 en dix mois, c’est une coopération fructueuse », souligne-t-on à la chancellerie. Les gains en termes d’image sur la scène internationale, notamment pour ne plus apparaître comme une oasis tranquille pour criminels en cavale, participent à ce changement de paradigme côté émirati. Pour preuve, le prince héritier en personne a participé aux rencontres avec la délégation française.

      Mais ce déplacement, qui a coïncidé avec la réunion d’urgence organisée mardi par Emmanuel Macron sur le narcotrafic, s’inscrit aussi dans un moment politique particulièrement sensible au sujet de la lutte contre les trafics de stupéfiants et aux violences qui y sont corrélées. Une semaine après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, sont attendus jeudi à Marseille. La ville figure, sans surprise, comme l’un des principaux ports d’attache des narcotrafiquants ayant misé sur les luxueux appartements surplombant Dubaï pour y réinvestir l’argent du crime.

    • D’autres voix autorisées

      Trafic de stupéfiants : « L’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer le phénomène », Jean-Baptiste Perrier, Professeur de droit
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/trafic-de-stupefiants-l-approche-exclusivement-penale-si-necessaire-soit-ell

      Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants rappellent, une fois encore, que la France se trouve confrontée à un phénomène qui ne relève plus de la seule délinquance de rue, mais d’ une dynamique criminelle profondément enracinée.
      L’assassinat, le 13 novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci et la fusillade, dans la nuit du 15 au 16 novembre, touchant un garçon de 12 ans à Grenoble – ne sont pas des faits isolés. Ils témoignent au contraire d’une aggravation inquiétante du phénomène : extension géographique des réseaux, rajeunissement des acteurs impliqués, banalisation de l’usage des armes , menaces sur les magistrats et le personnel pénitentiaire , montée en puissance des logiques de représailles et des actes d’intimidation.

      Pourtant, depuis plusieurs années, les chercheurs spécialisés et les acteurs des milieux associatifs alertent sur une transformation structurelle du trafic de stupéfiants (qu’il convient de nommer pour ce qu’il est, en évitant tout terme qui renverrait à une image populaire séduisante [raté : le populaire plus ou moins jeune est repu d’un imaginaire de films de gangsters, apte à le régurgiter, vaguement]). L’offre de stupéfiants se diffuse toujours plus largement, tirée par une économie criminelle souple, agile, qui sait tirer parti du numérique et, plus encore, des vulnérabilités sociales. Ce constat est étayé par de nombreux rapports : en août, l’Office anti-stupéfiants alertait sur un véritable « tsunami blanc » de cocaïne [c’est plutôt une submersion, mais utiliser ce terme serait dangereux à d’autres égards], le nombre de consommateurs ayant presque doublé en quatre ans, et la France est devenue « sans zone blanche » ; c’est-à-dire que le trafic de drogue s’étend désormais sur tout le territoire, des métropoles aux zones rurales.

      Face à cette aggravation du phénomène, la réponse française demeure hélas centrée sur la répression : la loi du 13 juin 2025 ne fait que durcir les outils existants, alors que son intitulé même reconnaît que le pays serait déjà tombé dans le « piège du narcotrafic ».

      Cette orientation répressive n’est pas illégitime , et la lutte contre la criminalité organisée implique d’appréhender et de punir les auteurs, mais elle a montré depuis longtemps ses limites. Alors qu’un rapport du Sénat évoquait, en mai 2024, une « menace existentielle », la réponse est à l’évidence insuffisante : l’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer un phénomène qui s’alimente de facteurs économiques, sociaux ou encore éducatifs.

      Des travaux en criminologie ont en effet montré que l es marchés illicites, au premier rang desquels le trafic de stupéfiants, prospèrent lorsque les services publics et les perspectives pour la jeunesse reculent. [ pas question de renoncer pour si peu !] Le chômage massif des jeunes, la déscolarisation, le sentiment d’abandon sont autant d’interstices dont le crime organisé profite, en promettant des #revenus faciles (mais souvent illusoires) ainsi qu’un sentiment d’#appartenance que d’autres institutions ne parviennent plus toujours à offrir. La lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé ne peut donc ignorer ces dimensions : elle doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire et de long terme.

      Une conférence de consensus

      Il ne s’agit pas d’être naïf, en pensant pouvoir éradiquer ce phénomène, ni de renoncer à l’outil répressif, mais de comprendre qu’il est absolument nécessaire d’agir simultanément sur plusieurs leviers : sécuritaire, mais aussi social, économique ou encore sanitaire . Le sujet doit être sorti de l’urgence permanente pour être inscrit dans une stratégie nationale et cohérente.

      Pour cela, l’organisation d’une conférence de consensus apparaît plus nécessaire que jamais. Une telle démarche, éprouvée pour d’autres politiques publiques [les retraites ? la santé publique ? l’école ?], permettrait de dépasser les postures partisanes et de réunir autour d’une même table chercheurs, pouvoirs publics, élus locaux, magistrats, policiers, associations de terrain, travailleurs sociaux, experts en santé publique ou encore [la rustine démocratique des] familles de victimes.

      L’objectif serait d’élaborer un diagnostic commun, d’évaluer rigoureusement les mesures existantes et de proposer un plan stratégique de long terme, tant pour la répression que pour la prévention, pour renforcer les dispositifs éducatifs, pour sécuriser les quartiers, en somme pour faire reculer les réseaux criminels en faisant avancer le lien social.

      La lutte contre le trafic de stupéfiants exige désormais de dépasser les logiques de court terme pour élaborer une politique véritablement intégrée, articulant prévention, sécurité, justice et action sociale. La crise est profonde et le point de basculement est probablement atteint, mais rien n’est irréversible. Un sursaut collectif s’impose pour dépasser l’illusion du tout-sécuritaire et affronter ce défi dans toute sa complexité humaine, sociale et territoriale.

      Jean-Baptiste Perrier est professeur à Aix-Marseille Université et doyen de la faculté de droit et de science politique. Spécialiste des questions de justice pénale, il a dirigé l’Institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence et il est également président de l’Association française de droit pénal.

      #territoires #social

    • De nouveau pour dire que la répression ne suffit pas, et cette fois qu’il faudrait en finir avec celle de l’usage de cannabis, sans pour autant remettre en cause une répression des autres drogues prohibées (ainsi efficacement recentrée), répression qui est pourtant la condition native des organisation criminelles, d’illégalismes plus ou moins saumâtres.

      « Il est temps de mettre en œuvre une politique globale envers toutes les drogues, qui associe pleinement santé publique et ordre public », Bernard Basset, Médecin spécialiste en santé publique, Amine Benyamina, Professeur de psychiatrie et d’addictologie
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/il-est-temps-de-mettre-en-uvre-une-politique-globale-envers-toutes-les-drogu

      L’assassinat de sang-froid à Marseille du frère d’un militant associatif contre l’emprise du narcotrafic dans la ville a suscité l’horreur et témoigne des risques que fait courir à la société française la diffusion des méthodes brutales des #cartels de la drogue. La réponse répressive est indispensable et urgente, mais elle ne saurait être la seule pour lutter efficacement contre un phénomène qui se nourrit aussi de l’absence d’une politique cohérente de #santé_publique.

      La réunion contre le narcotrafic convoquée dans l’urgence mardi 18 novembre par le président de la République est révélatrice d’une approche uniquement centrée sur la répression, et dont on peut constater depuis un demi-siècle les limites sur le long terme. En effet, les professionnels de santé en ont été exclus.

      Il est légitime et indispensable de lutter vigoureusement contre l’emprise progressive des entreprises mafieuses sur les quartiers et, au-delà, sur son essaimage sur tout le territoire. Mais cette action de la police et de la justice s’accompagne à tort de l’idée que la répression est aussi le seul levier qui doit être employé contre les consommateurs. Cette logique normative et mécaniciste doit être évaluée, au-delà de toute considération morale, à l’expérience de ses échecs depuis des décennies. La diffusion des #drogues_illégales défie les coups de menton prétendument volontaristes et l’idée que seule la répression des consommateurs peut venir à bout du problème.

      En matière de stupéfiants, les objectifs d’une politique de santé sont souvent présentés à tort comme complaisants envers l’usage des drogues. Ce n’est jamais le cas car les professionnels de l’#addictologie ont une claire conscience de l’importance des risques et des dommages pour les personnes et pour leur entourage. Mais prévenir les usages et aider les usagers à sortir de leur dépendance sont des œuvres de longue haleine pour lesquels les a priori doivent céder la place concrètement et intellectuellement à la science et aux expériences évaluées.

      Salles de consommation supervisées

      Notre pays a longtemps été exemplaire en ce domaine avec une politique de #réduction_des_risques et des dommages qui s’est progressivement mise en place dans le contexte dramatique du début de l’épidémie de VIH. Il s’agit d’une réussite spectaculaire sur le plan sanitaire, mais aussi pour l’ordre public car la mise à disposition des #produits_de_substitution a mis fin aux braquages de pharmacies par les personnes en état de manque, qui faisaient la une des journaux dans les années 1980. La recherche d’efficacité, le pragmatisme et le courage politique des responsables d’alors devraient nous inspirer aujourd’hui.

      Depuis vingt ans, on assiste à un recul de la politique de santé – quand ce n’est pas simplement un abandon –, ce qui suscite l’étonnement voire l’incompréhension de nos collègues étrangers. L’exemple le plus frappant est celui des #salles_de_consommation_supervisées (appelées « haltes soins addictions ») dont les évaluations scientifiques et administratives sont clairement positives, mais dont la diffusion sur le territoire se heurte à la démagogie et à la stigmatisation des personnes dépendantes. Pourtant, il est clairement établi qu’elles contribuent aussi à la tranquillité publique et qu’elles offrent, pour une partie des utilisateurs, une issue à la dépendance.

      Les professionnels de l’addictologie et de la santé publique sont regardés avec condescendance quand ils demandent que la politique de lutte contre les drogues repose sur la prise en compte rationnelle des risques et des dommages pour chacun des produits. Il ne s’agit pas uniquement d’une préoccupation de rationalité de santé publique, mais aussi d’un souci de mieux employer les forces de répression contre les trafics les plus dangereux.
      C’est pourquoi la répression de la consommation de #cannabis est non seulement inefficace, mais affaiblit la lutte contre des drogues plus dangereuses et aux mains de réseaux criminels sans pitié. La #légalisation_du_cannabis est une option que d’autres pays ont déjà retenue, qui rapporte aux finances publiques et qui présente bien moins de risques pour la santé que l’#alcool qui est porté aux nues. Cette proposition ancienne ne doit pas être vue comme provocatrice, mais comme une opportunité pour les forces de répression de se consacrer au combat contre le cœur le plus inquiétant du trafic.

      Je suis un peu largué, et si il y a bien un retour de l’héro, je vois pas bien comment l’explosion de la conso de diverses drogues de synthèse (diversification causée par une loi qui n’est pas exclusivement celle du profit : vendre avant que le produit soit considéré comme une drogue prohibée) ou la conso de coke pourraient voir leurs dangers réduits sans dépénalisation (qui ne se fera pas dans des salles de conso).

      #usagers_de_drogues #prohibition_des_drogues

    • Assassinat de Mehdi Kessaci : les enquêteurs demeurent prudents, la piste d’un cadre de la DZ Mafia étudiée
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/22/assassinat-de-mehdi-kessaci-les-enqueteurs-demeurent-prudents-la-piste-d-un-

      La signature du plus puissant groupe de narcotrafiquants marseillais – la #DZ_Mafia – est une piste qui semble s’imposer à ce stade. Un profil serait même privilégié, selon l’édition du Parisien du 20 novembre : celui d’Amine O., l’un des leaders de la DZ Mafia, emprisonné depuis mars à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. C’est depuis sa cellule qu’il aurait pu commanditer cet assassinat.

      Amine O., aussi surnommé « Mamine », ou « Jalisco », est bien connu des enquêteurs marseillais, mais aussi des magistrats de la juridiction nationale contre la criminalité organisée, à Paris, qui pilote désormais ce dossier sensible. Une note blanche du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée documentant les activités de la DZ Mafia, datée d’octobre 2024, détaille que « Mamine », dont les photos anthropométriques montrent un regard déterminé, une moustache épaisse et une barbiche, des cheveux ramenés en catogan, est connu pour sa « capacité de recrutement rapide d’équipes “à tiroir” pour la DZ Mafia », et constitue une « pièce maîtresse dans cette organisation criminelle ».
      Cet homme de 31 ans, qui a grandi dans la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille, fut essentiellement condamné, au début de son ascension criminelle, entre 2013 et 2016, pour violences aggravées, vols aggravés ou association de malfaiteurs. Depuis 2020, et plus encore ces trois dernières années, ses incriminations judiciaires, dans des affaires d’#assassinats_ciblés particulièrement sauvages, accompagnent la montée en puissance de la DZ Mafia. C’est un triple meurtre, remarquable de violence, qui connecte « Mamine » à la famille Kessaci…

      A la fin décembre 2020 et début janvier 2021, trois corps sont retrouvés, carbonisés, dans des voitures incendiées et abandonnées. Il s’agit de trois amis, considérés comme des figures montantes du trafic de stupéfiants. L’un d’entre eux, découvert gisant dans une Audi S3 en flammes, est un jeune homme âgé de 22 ans nommé Brahim Chabane. Il est le demi-frère d’Amine Kessaci, qui avait fondé depuis quelques mois à peine l’association Conscience, engagée sur le terrain de l’écologie comme de la lutte contre les trafics de drogues. Amine O. est poursuivi pour assassinat et, à l’époque, placé sous mandat de dépôt.

      Pourquoi n’a-t-il pas fait partie de la première sélection de détenus installés dans la « narcoprison » de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dès la fin juillet ? « Comme il y a déjà 21 détenus de la DZ Mafia à Vendin, l’idée était de ne pas y reconstituer toute la tête de réseau, mais, au contraire, de répartir sur les deux sites les principaux », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

      « Les commanditaires sont dans nos prisons », a affirmé, vendredi, en marge de la présentation de son plan « zéro portable », le garde des sceaux, Gérald Darmanin, au sujet de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Il a aussi souligné que « l’administration pénitentiaire n’avait rien à se reprocher » concernant la gestion du cas Amine O.

    • https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marseille-les-nouvelles-cibles-du-narcotrafic-5904452

      Le journaliste Xavier Monnier, spécialiste du milieu criminel marseillais, nuance la dimension ethnique : « Il faut faire attention à avoir une lecture trop ethnique… au sein de la DZ Mafia comme du groupe Yoda, vous avez des Français d’origine comorienne, italienne, corse, algérienne, tunisienne. » Il rappelle que la DZ Mafia est née et organisée depuis la prison, fruit d’une décennie d’évolution : « On est face à l’aboutissement d’une chrysalide criminelle et là, on affronte l’éclosion. »

      Xavier Monnier qui avait donc fait une grosse enquête sur la DZ Mafia avant ce crime :
      En vidéo déjà lié https://seenthis.net/messages/1137633
      Et en écrit aussi en 3 articles :
      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 1 : Terreur sur Marseille
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-1-terreur-sur-marseille-h

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 2 : La prison comme berceau et quartier général
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-2-la-prison-comme-berceau

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 3 : La nouvelle ère du narcocapitalisme
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-3-la-nouvelle-ere-du-narc

      Et sa réaction au dernier meurtre
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/marseille-don-quichotte-contre-les-moulins-des-narcos-yTR7NfaRR12EFEpXFK9

    • Bruno Mangin, pharmacien : « Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, n’ajoutons pas de la honte à leur souffrance »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/25/bruno-mangin-pharmacien-les-consommateurs-de-drogue-portent-deja-une-culpabi

      Depuis plusieurs jours, les propos d’Emmanuel Macron visant les consommateurs « bourgeois des centres-villes » accusés de financer le narcotrafic ont suscité bien des réactions. La mobilisation de cette rhétorique est inquiétante : loin d’éclairer les enjeux, elle renforce de vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues et conduit la lutte contre le narcotrafic dans une impasse politique et opérationnelle. Réduire un phénomène aussi complexe à un mécanisme de culpabilisation individuelle revient à nier la réalité des déterminants sociaux et des responsabilités publiques.

      Oui, sans clientèle, il n’existe pas de marché. C’est l’évidence. Mais réduire la question du narcotrafic à une équation morale et individuelle – faute, culpabilité, responsabilité personnelle – revient à masquer l’essentiel. La consommation ne peut être dissociée du contexte social, économique et politique qui la rend possible ou supportable. Pointer les usagers du doigt, c’est détourner le regard des causes profondes sur lesquelles, collectivement, nous refusons d’agir.

      Notre société est en proie à une perte de repères, à une inquiétude face à l’avenir, à une montée de l’isolement et à un effritement du lien social. Le vertige écologique, la fragilisation économique et l’injonction permanente à la performance touchent toutes les catégories sociales. Ce que l’on demandait autrefois à la communauté, on le demande désormais aux individus. C’est dans ce vide que les conduites addictives deviennent les palliatifs fragiles qui permettent de rester debout face à un réel devenu trop lourd. La question n’est pas seulement de savoir qui consomme, mais ce qui, dans notre organisation sociale, rend ces usages attractifs, nécessaires ou tolérables.

      L’histoire nous l’a appris : la « #guerre_contre_la_drogue », déclarée il y a plus de cinquante ans [aux Etats-Unis] par Richard Nixon, est un échec mondial. Des milliards dépensés, des vies brisées, sans jamais parvenir à la réduction durable des trafics ou de la disponibilité des produits. Le constat est clair : la seule répression ne modifie ni les marchés ni les logiques d’usage. En revanche, elle fragilise les plus vulnérables, aggrave les risques et éloigne des dispositifs de prise en charge.

      Explications simplistes

      Les données issues des organismes publics, dont l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, montrent que les usages évoluent, s’étendent et se diversifient. Elles documentent une progression globale tout en soulignant des différences selon les âges, les produits et les contextes.

      Ces éléments invitent à analyser, à comprendre, à débattre, plutôt qu’à désigner des coupables simplifiés. S’agissant des jeunes, les indicateurs suggèrent une évolution contrastée, mais il serait imprudent d’en déduire des conclusions causales. Leur mal-être augmente, leur rapport au monde change, mais rien ne permet d’affirmer ce qui relie ou distingue ces tendances. La responsabilité publique oblige à dépasser les explications simplistes et à repenser nos politiques à l’aune de réalités complexes, où la détresse sociale, existentielle et économique joue un rôle déterminant.

      Face à cela, les réponses politiques demeurent fragmentées. Les débats sur la légalisation du cannabis ou les haltes soins addictions sont trop souvent caricaturés, réduits à des slogans qui empêchent toute réflexion sérieuse. Cette caricature, devenue réflexe, produit de fait une absence de débat démocratique. Pourtant, la légalisation, expérimentée dans de nombreux pays, contribue à affaiblir les réseaux criminels, réduire les violences et mieux contrôler les substances. De même, les haltes soins addictions – évaluées officiellement – démontrent leur efficacité sanitaire, sociale et sécuritaire. Malgré cela, leur déploiement reste marginal, sans stratégie nationale.

      La lutte contre le narcotrafic nécessite une coordination réelle entre l’Etat, garant du cadre régalien, et les collectivités territoriales, au contact des réalités sociales. Sans articulation entre justice, police, prévention, santé publique, action sociale et politiques de jeunesse, aucune stratégie ne peut produire d’effets durables. C’est cette coopération – et non la désignation de boucs émissaires – qui permettra d’agir sur les causes, protéger les populations et réduire l’emprise des réseaux.

      Débat sur la légalisation

      A l’approche des élections municipales, il appartiendra aux candidates et candidats d’assumer leurs responsabilités : proposer des politiques locales qui ne se limitent pas à la seule sécurité, mais qui intègrent prévention, accompagnement social, soutien économique, réponses sanitaires structurées et vision politique cohérente. Ignorer cette dimension, c’est condamner les territoires à des solutions inopérantes.

      L’urgence est claire : cesser d’opposer morale et santé publique, prévention et répression, usagers et non-usagers. Lutter efficacement contre le narcotrafic exige une stratégie globale : fermeté contre les réseaux criminels, mais aussi courage face aux réalités sociales, économiques et politiques qui nourrissent la demande. Cela suppose d’ouvrir enfin un débat sérieux sur la légalisation, de déployer des haltes soins addictions dans toutes les grandes villes et de reconnaître l’usager non comme un coupable, mais comme un citoyen dont la santé et la dignité doivent être protégées. Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, et il est inutile d’ajouter de la honte à leur souffrance.

      Si nous voulons réduire le narcotrafic, ni la stigmatisation ni les proclamations ne seront suffisantes. Si nous voulons avancer, nous devons nous occuper de ceux qui souffrent, cesser de les accuser et contribuer à soigner une société qui vacille. Une société adulte ne se contente pas d’indignation ou de simplification. Elle regarde la réalité, elle l’affronte, elle construit. C’est cela que nous devons à nos concitoyens, à nos jeunes, à nos territoires et à notre démocratie.

      Bruno Mangin, pharmacien à Nîmes et président de l’association Ekko, qui œuvre pour la prise en charge des personnes en situation d’addiction et pour la prévention des conduites addictives.

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe -Disponible jusqu’au 05/04/2026
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027444/narcotrafic-le-poison-de-l-europe

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. En retraçant l’histoire de ce narcotrafic d’un type nouveau, cette captivante enquête montre combien l’ultralibéralisme contemporain lui permet de prospérer.

      « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
      https://seenthis.net/messages/1151976

      La richesse d’une nation
      https://seenthis.net/messages/1151911

      #narcotrafic

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe (2/2)
      La faiblesse des États
      https://www.arte.tv/fr/videos/118270-000-A/narcotrafic-le-poison-de-l-europe-2-2

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas et la Belgique ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. Ce second volet retrace la patiente enquête des polices européennes pour frapper le narcotrafic à sa tête. Une victoire temporaire, puisqu’il s’est reconstitué aussitôt, ailleurs et avec d’autres…

      pas mal de blabla, et pas que.
      découvre qu’en raison de ce commerce, le port de Rotterdam a été robotisé (le narcotrafic se dirige vers des ports moins équipés : Anvers n’a pas atteint la capacité de scanner tous les conteneurs ; le Havre est loin de tout ça, etc.)
      #cocaïne #Europe #mondialisation #commerce_mondial #marché_mondial #Dubaï #corruption #encrochat (hacké par la gendarmerie française) #sky_ECC (corrompue grâce à une demande d’actualisation policière)

  • Faute de bénévoles, les Restos du cœur ne peuvent pas rouvrir à Ernée : « On est un peu catastrophés »
    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/ernee-53500/faute-de-benevoles-les-restos-du-cur-ne-peuvent-pas-rouvrir-a-ernee-on-

    Le recrutement d’une quinzaine de bénévoles était espéré pour pallier le départ des 18 membres de l’ancienne équipe, après un désaccord sur la période d’ouverture. La direction départementale des Restos a demandé que le centre soit ouvert toute l’année, au lieu de novembre à mars les années précédentes. Ils n’ont pas accepté et sont partis.

    L’épicerie sociale, gérée par le centre intercommunal d’action sociale (CIAS), prend le relais le reste de l’année. Il était prévu qu’elle ferme vendredi 14 novembre, avant l’ouverture des Restos du cœur. Face à la situation, une réunion est prévue avec les élus en fin de semaine. « La volonté, c’est de maintenir un service d’aide alimentaire », assure Gilles Ligot, président de la communauté de communes de l’Ernée.
    Les Restos du cœur, comme l’épicerie sociale, comptent plus d’une centaine de bénéficiaires. Pour assurer les commandes, les inscriptions et autres distributions, Odile Leclercq estime avoir « besoin d’au moins une quinzaine de personnes, dont des responsables ».
    Après son appel à bénévoles, elle a reçu « cinq réponses, dont deux personnes de Laval et trois d’Ernée ». Un nombre « insuffisant ». « On est un peu catastrophés, confie-t-elle. En plus, l’hiver, il y a plus de dépenses en chauffage et électricité. »

    fonctionner sans salaire depuis les années 80, sauf pour les sortis d’école de commerce, ça finit par ne plus marcher.

    #alimentation #pauvres #associations_caritatives

    • Restos du cœur : presque 50 % de bénéficiaires en plus cet été
      https://www.republicain-lorrain.fr/social/2025/11/13/restos-du-coeur-presque-50-de-beneficiaires-en-plus-cet-ete

      Si à Jœuf, l’antenne peut compter sur 36 bénévoles [dont certains depuis 19 ans...], elle doit aussi affronter une forte augmentation des bénéficiaires.

      Un flot continu de personnes pousse la porte du centre Michel-Wale de Jœuf, en ce jeudi matin du mois de novembre. À la fraîcheur extérieure répond une douce chaleur à l’intérieur du bâtiment, qui accueille les bénéficiaires des #Restos_du_cœur. Plusieurs tables recouvertes d’une nappe à carreaux rouges et blancs regroupent ces anonymes en attente de légumes, de pâtes et d’un geste amical. Sur une table centrale, des viennoiseries et du café en libre-service. « C’est le premier jour de distribution de la campagne hivernale, mais nous prenons encore les inscriptions », partage Pascal Lecler, responsable de l’antenne jovicienne depuis 2022. Pour celle-ci, il ne peut pas encore donner de chiffres. « Mais clairement, on assiste à une augmentation du nombre de personnes qui auront besoin de nous. » Cet été, une augmentation de 46 % des demandes a même été enregistrée.

      « Des femmes seules avec leurs enfants et des retraités, beaucoup. »

    • Les personnes qui poussent les portes [du Secours catholique] sont de plus en plus souvent en situation d’« #extrême_pauvreté ».
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/20/au-secours-catholique-les-gens-se-restreignent-ils-ont-honte-de-demander_665

      Reportage à #Pornic (Loire-Atlantique), à l’occasion du rapport annuel de l’association caritative, publié jeudi.

      [...]

      « Avec les critiques qu’on entend sur l’assistanat, les gens se restreignent, ils ont #honte de demander. La plupart ne nous appellent que quand ils n’ont plus le choix. » De fait, le nombre de personnes qui sollicitent l’association a peu progressé ces dernières années, tandis que la #pauvreté atteignait des niveaux record : selon les derniers chiffres de l’Insee, 15,4 % de la population, soit 9,8 millions d’habitants, se trouvaient en 2023 sous le seuil de pauvreté , fixé à 60 % du revenu mensuel médian, c’est-à-dire 1 288 euros [ 772e ]

      Les 1,1 million de personnes qui ont demandé de l’aide au Secours catholique en 2024 étaient en plus grande difficulté que celles qui les ont précédées : 74 % étaient en situation d’ extrême pauvreté (40 % du revenu médian ), en hausse de 11 points depuis 2017. Des situations compliquées par le fait que les coûts de l’alimentation et de l’#énergie ont augmenté plus vite que leurs #revenus, du fait de l’inflation. Autre démenti de l’idée de personnes qui « profiteraient », [progrès : ]38 % des ménages qui pourraient bénéficier du RSA ne le perçoivent pas, alors que ce taux de non-recours était de 24,5 % dix ans plus tôt. Par ailleurs, 39 % des personnes aidées sont des enfants, une part bien supérieure à leur poids dans la population.

      [...]

      22,8 % des personnes accompagnées déclarent des problèmes de santé et/ou un handicap, contre 15,3 % en 1999. Sur la même période, la part des celles devenues inaptes au travail a doublé, passant de 7,3 % à 14, 4 %.

      Jacqueline, 47 ans, fait partie des 52,7 % de personnes aidées par l’association qui sont de nationalité étrangère, alors qu’elles n’étaient que 20 % il y a trente ans. Une hausse sans commune mesure avec leur progression dans la population générale (de 5,5 % à 8,8 %). La cause ? Le durcissement des conditions d’accès à un #titre_de_séjour, nécessaire pour travailler : « En 1999, deux tiers avaient un titre de séjour, un tiers était en attente de réponse. En 2024, moins d’un tiers dispose d’un titre de séjour, les autres étant en attente ou sans papiers », indique le rapport.

      https://justpaste.it/lbvx3

      Avis de Vétusté du Collectif. Des décennies de matraquage contre l’assistanat ont abimé l’intelligence collective. Avec le recul des droits, le recul des droits sociaux, le recul de la solidarité, on aura appris au grand nombre à "avoir honte de demander".

      #étrangers

    • L’extrême pauvreté gagne de nouveau du terrain en France
      https://www.alternatives-economiques.fr/lextreme-pauvrete-gagne-de-nouveau-terrain-france/00116937

      La situation des pauvres se dégrade depuis dix ans, alerte le Secours catholique dans un rapport qui analyse la situation des personnes rencontrées par l’association depuis 1994. Les auteurs appellent à un « sursaut ».

      « Les statistiques de l’Insee sur la pauvreté sont intéressantes, mais froides. Au Secours catholique, on a cherché à présenter les parcours de vie cabossés qui sont derrière », affirme Didier Duriez, le président de cette institution caritative. C’est pour cette raison que l’association publie, chaque année, son propre rapport sur l’état de la pauvreté, fondé sur les statistiques fournies par les bénévoles du Secours catholique, à partir du profil des personnes rencontrées dans l’année. Et cela fait trente ans que ça dure !

      La dernière livraison de ce document, publiée ce 20 novembre, est un peu particulière https://www.secours-catholique.org/m-informer/nos-positions/notre-etat-de-la-pauvrete-en-france-2025. Profitant de cette date anniversaire, l’association a compilé trente ans de données pour analyser les mutations de la pauvreté en France sur plus longue période.

      Principal enseignement de cet exercice rétrospectif : la pauvreté s’est intensifiée. C’est-à-dire que les pauvres sont de plus en plus pauvres. L’évolution n’est pas linéaire. Le niveau de vie des ménages accueillis a d’abord augmenté entre 1994 et 2014, passant de 507 euros à 658 euros, inflation déduite. Mais depuis dix ans, il a subi une forte baisse, dévissant jusqu’à 565 euros.

      Résultat : 74 % des ménages rencontrés par l’association vivent sous le seuil d’extrême pauvreté, fixé à 40 % du niveau de vie médian. Une part qui a augmenté de 11 points entre 2017 et 2023. Les statistiques officielles de l’Insee confirment cette évolution : le taux d’ extrême pauvreté dans l’ensemble de la population – et non plus parmi les seuls bénéficiaires de l’aide du Secours catholique – est passé de 2,3 % en 2002 (son niveau le plus bas enregistré depuis trente ans) à 3,5 % en 2017, puis à 4,1 % en 2023.

      Une majorité d’étrangers

      Une dégradation qui s’explique par le fait que le Secours catholique accueille de plus en plus de personnes sans aucune ressource, obligées de composer avec la « débrouille » ou de dépendre de la solidarité de leurs proches ou des associations. En 2024, c’était le cas d’un quart du public qui a sollicité le Secours catholique, contre 10 % en 1994.

      Ce sont majoritairement des personnes de nationalité étrangère sans statut administratif stable qui se retrouvent dans cette situation. 52,7 % des adultes accueillis par le Secours catholique en 2024 ne sont pas français, contre 20 % en 1994. Une progression complètement décorrélée de la légère hausse de leur part en France sur la même période (de 6,1 % à 8,2 %).

      Pour l’association, cette forte hausse est le fruit d’une politique de régularisation de plus en plus restrictive et du traitement ralenti des demandes d’asile, en particulier pendant la période Covid https://www.alternatives-economiques.fr/antoine-math-vingt-ans-ladministration-francaise-fabrique-de/00113888. En 1999, deux tiers des personnes rencontrées avaient un titre de séjour, contre moins d’un tiers en 2024. A l’inverse, les personnes sans-papiers sont passées de 4 % à 32 %.

      De plus, en raison des barrières linguistiques et administratives, le taux de non-recours aux #allocations_familiales ou au revenu de solidarité active (RSA) concerne deux fois plus les étrangers que les ménages français.

      "Le regain du taux de non-recours au RSA est surtout lié à la « multiplication des discours stigmatisants sur les allocataires »"

      Mais les « sans ressources » ne sont pas que des « sans-papiers ». Leur part a également augmenté parmi les ménages français, passant de 3,6 % en 2021 à 8,2% en 2024. « Une hausse qui coïncide avec les réformes de l’assurance chômage et du RSA », souligne le rapport.

      Toutes catégories confondues, les personnes rencontrées font de moins en moins valoir leurs droits. Après une chute de quinze points entre 1999 (42 %) et 2014 (24 %), le taux de non-recours au RSA est reparti à la hausse et concerne, en 2024, 38 % des personnes aidées par le Secours catholique. Pour l’association, ce regain est surtout lié à la « multiplication des discours stigmatisants sur les allocataires » et à la décision du gouvernement de conditionner le RSA à quinze heures d’activité par semaine.

      Le visage féminin de la pauvreté

      Autre enseignement du rapport : le visage de la pauvreté est essentiellement féminin. Les #femmes représentent en effet 56,5 % des personnes secourues en 2024, c’est cinq points de plus qu’en 1994. Une évolution que l’on retrouve dans les chiffres officiels : selon l’ Insee, le taux de pauvreté des femmes (16,1 %) est supérieur à celui des hommes (14,9 %), alors qu’il était équivalent pour les deux sexes en 1994.

      Cet écart est lié en grande partie à la précarité des emplois exercés (comme la multiplication des temps partiels), mais également au coût de la séparation et la charge des enfants, supportée davantage par les femmes, note le rapport. Les mères isolées , particulièrement vulnérables, représentent près de la moitié des femmes aidées, et 24 % de l’ensemble des personnes soutenues.

      Le rapport dénonce aussi la faiblesse des politiques de lutte contre la pauvreté depuis deux décennies, obligeant les associations à pallier ces carences.

      « Il n’est pas acceptable que, dans notre pays riche, près de trois millions de personnes dépendent des associations pour pouvoir se nourrir et nourrir leurs enfants », tonne-t-il, indiquant que 39 % des personnes rencontrées sont des enfants, qui subissent directement la pauvreté de leurs parents.

      Déclarée « grande cause nationale » en 1994, la lutte contre l’exclusion a ouvert la voie à des plans visant à combattre la précarité, qui ont permis de faire baisser le taux de pauvreté jusqu’en 2004. « Quand on lutte activement contre, comme on l’a fait en 1946 pendant la reconstruction, et comme on a commencé à le faire en 1994, on sait qu’on peut faire reculer la pauvreté », juge Didier Duriez.

      Mais trente ans plus tard, « le changement de regard est terrible », estime-t-il. « A cause de certains médias ou de personnalités politiques, comme Laurent Wauquiez qui parle de “cancer de l’assistanat”, de plus en plus de personnes pensent que les pauvres sont des assistés, et les migrants des dangers qui viendraient profiter des allocations. On a besoin d’un sursaut ! »

      On notera le catho-centrisme qui fait citer Wauquiez plutôt que Monsieur « je préfère une société de travail à l’assistance » Jospin (1998), alors même que le rapport cité indique que le taux d’extrême pauvreté avait atteint son niveau le plus bas en 2002, soit peu après que ce même Jospin ai du concéder la création d’un « Fonds d’urgence sociale » (#FUS) à la mobilisation massive des chômeurs et des précaires de 1997/1998.
      https://www.vie-publique.fr/discours/132793-declaration-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-sur-le-chomage-d
      Sous couvert de la nécessité de « coordonner les dispositifs », ce fonds sera rapidement transformé en une « commission de l’action sociale d’urgence » (juillet 1998). Supposées donner elles-aussi accès à des secours financiers, ces CASU enterreront progressivement dans les sables mouvants de la bureaucratie préfectorale du social la fonction qui était celle du FUS, distribuer de l’argent, jusqu’à leur suppression en 2004. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGISCTA000006157572

      #demandeurs_de_solidarité #emploi_précaire #mères isolées #enfants

  • #Sénégal : plus de 1 900 migrants interpellés au 1er trimestre 2025

    Selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), 1 946 migrants ont été interpellés, 74 convoyeurs arrêtés et 32 #pirogues saisies par les forces de sécurités sénégalaises durant le 1er semestre 2025. Des chiffres qui relatent l’ampleur du phénomène migratoire au Sénégal malgré les efforts entrepris pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe.

    Au premier trimestre 2025, les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont interpellé « 1 946 personnes tentant de prendre la mer, dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » a indiqué mardi 2 septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.

    Le contrôleur général de police a également précisé que 32 pirogues avaient été saisies et 74 suspects, des convoyeurs, arrêtés et déférés devant la justice. Ces chiffres ont été présentés à l’occasion d’un atelier s’inscrivant dans le cadre de la #Stratégie_nationale_de_lutte_contre_la_migration_irrégulière avec la #vision_Sénégal_2050 (#SNLMI).

    « La migration irrégulière est un défi de longue date, qui ne peut être résolu par un coup de baguette magique » a déclaré #Modou_Diagne. « Nous voulons réduire drastiquement ce phénomène à l’horizon 2035 », a-t-il cependant insisté.

    Face à l’ampleur de ces #départs irréguliers vers l’Europe, le Sénégal a accentué ses efforts ces dernières années afin de freiner le flux des migratoires.

    Multiplication des efforts

    Les #opérations_de_contrôle menées par les autorités de Dakar se sont donc multipliées sur le #littoral ces derniers mois. Un renforcement notamment dû au renouvellement d’accords de #coopération entre les #pays_de_transit (dont le Sénégal mais aussi la Mauritanie) et l’#Union_européenne, pour limiter les départs d’embarcations clandestines vers l’Europe. Dakar avait ainsi reçu une aide de 30 millions d’euros en octobre 2024 pour contrer ces départs mais aussi secourir les migrants en mer.

    « La #surveillance renforcée des #côtes commence à porter ses fruits », a souligné le Modou Diagne, saluant notamment les avancées réalisées dans le démantèlement des filières de #passeurs et l’intensification de la #répression à leur encontre.

    La SNLMI, validée en 2023 afin de lutter contre le phénomène d’ampleur de l’immigration clandestine au Sénégal, s’axe sur cinq volets : #prévention et #sensibilisation, répression des #filières_de_passeurs, gestion et #surveillance_des_frontières, #protection, retour et #réintégration des migrants. C’est pour coordonner toute ses actions que la CILMI a été créé en 2024 par le président de la République du Sénégal.

    L’accent est notamment mis sur la prévention pour dissuader les jeunes Sénégalais de partir clandestinement. Plusieurs campagnes de sensibilisation sont menées dans le pays depuis le début de l’année et des comités départementaux et régionaux de #lutte_contre_la_migration_irrégulière ont également été mis sur pied pour « impliquer les communautés dans cette #prévention ».

    https://x.com/Min_Interieur/status/1889799947647959160

    Le secrétaire permanent a insisté sur « la nécessité d’aller au-delà du volet sécuritaire » et d’"offrir aux jeunes et aux femmes des alternatives crédibles pour bâtir un avenir au Sénégal". Des #programmes_économiques générateurs de #revenus sont aussi en cours de déploiement dans le pays pour tenter de dissuader la population de prendre la route de l’exil.

    Une route très empruntée, mais très meurtrière

    Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté cette année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 12 126 exilés sont arrivés aux #Canaries depuis janvier par pirogues, contre 25 571 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 52,6%.

    En 2024, le Sénégal est devenu le second pays de départ vers cette destination selon le rapport de la Sécurité nationale espagnole. Si les départs sont moins nombreux cette année depuis les côtes sénégalaises en raison des mesures répressives et sécuritaires adoptées, cela ne signifie pas pour autant que les pirogues ne partent plus. La route de l’Atlantique s’est simplement déplacée plus au nord faisant désormais de la #Mauritanie, le principal lieu de départ des personnes désireuses de gagner les Canaries. La route au départ de la #Guinée est aussi de plus en plus utilisée par les migrants.

    Dans un pays touché par un #chômage_de_masse et une #crise_économique ainsi que par la raréfaction des #poissons due à la #surpêche, des milliers de jeunes Sénégalais tentent de traverser l’Atlantique pour rejoindre les Canaries, prenant des #risques énormes. Il faut au moins cinq jours de navigation pour parcourir les 1 500 km qui séparent le pays de l’archipel, dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et la soif, du soleil, des intempéries et des avaries.

    Cela en fait l’une des routes les plus meurtrières avec de fréquents naufrages recensés. L’un des derniers drames en date remonte au 28 août. Partie de Gambie avec plus 160 personnes à bord, toutes gambiennes et sénégalaises, une pirogue a fait naufrage au large de la Mauritanie. Au moins 69 corps ont été repêchés et seuls 17 migrants ont pu être secourus.

    Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1 482 décès a été comptabilisé par l’ONG sur cette route.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/66735/senegal--plus-de-1-900-migrants-interpelles-au-1er-trimestre-2025
    #statistiques #chiffres #2025 #migrations #réfugiés #route_atlantique #dissuasion #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #frontières #externalisation
    ping @6donie

  • Gouvernement Bayrou : plus de la moitié des ministres sont millionnaires, selon leur déclaration de patrimoine
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/06/12/gouvernement-bayrou-plus-de-la-moitie-des-ministres-sont-millionnaires-selon

    La tendance ne fait que s’accentuer depuis 2017 : sous la présidence d’Emmanuel Macron, les ministres sont de plus en plus riches. Le gouvernement actuel compte 22 millionnaires sur 36 membres, d’après leurs déclarations d’intérêts et de patrimoine, rendues publiques, mardi 10 juin, par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Par comparaison, en 2022, 19 millionnaires figuraient dans le gouvernement d’Elisabeth Borne, qui comptait quatre membres supplémentaires.

    Les ministres de François Bayrou se placent quasiment tous parmi les 5 % des Français avec les revenus les plus importants, selon les données de la World Inequality Database.

    https://archive.ph/wiFfm

    Pour et par les #riches.
    #propriétaires de l’entreprise France.

  • Sanctions contre les bénéficiaires du RSA : « Alors qu’en 1988, le problème public était la grande pauvreté, aujourd’hui le problème public est l’assistance »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/23/sanctions-contre-les-beneficiaires-du-rsa-alors-qu-en-1988-le-probleme-publi


    Astrid Panosyan-Bouvet (ministre du travail et de l’emploi), Laurent Marcangeli (ministre de l’action publique, de la fonction publique et de la simplification), Clara Chappaz (ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique), Thibaut Guilluy (directeur général de France Travail) et Arthur Mensch (Arthur Mensch, son cofondateur et directeur général de Mistral AI), de gauche à droite, durant une visite dans une agence France Travail à Paris, France Travail le 4 février. LUDOVIC MARIN / AFP

    (...) l’existence même de bénéficiaires de l’assistance publique est perçue comme un problème public.

    Thibaut Guilluy [directeur général de France Travail] dévoile ce ressort lorsqu’il affirme en commission des affaires sociales du Sénat que la #paupérisation c’est d’abord et avant tout parce qu’on est passé de « zéro à 2 millions » de bénéficiaires du #RSA. Le problème apparaît donc avec l’allocation, puisqu’il n’y avait zéro bénéficiaire qu’avant la mise en place du revenu d’assistance, le revenu minimum d’insertion (RMI), en 1989. Autrement dit, alors qu’en 1988, le problème public était la grande pauvreté, aujourd’hui le problème public est l’#assistance. Il faut faire quelque chose ; faute de moyens ne restent plus que les sanctions.

    Guillaume Allègre est économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), auteur de « Comment verser de l’argent aux pauvres ? Dépasser les dilemmes de la justice sociale » (PUF, 2024).

    https://archive.ph/UfsSK

    #guerre_aux_pauvres

    • RSA : « La spirale de la pauvreté est alimentée par une technocratie qui ne cherche que la fraude et pas le non-recours », Guillaume Allègre, Economiste
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/03/05/rsa-la-spirale-de-la-pauvrete-est-alimentee-par-une-technocratie-qui-ne-cher

      L’économiste Guillaume Allègre propose, dans une tribune au « Monde », de modifier les règles de versement du revenu de solidarité active afin d’éviter les pièges qui aggravent la situation des plus vulnérables.Publié le 05 mars 2024

      Il a été démontré que l’#algorithme de la caisse d’allocations familiales pénalise les plus vulnérables parmi les allocataires d’aides sociales (« Dans la vie de Juliette, mère isolée, précaire et cible de l’algorithme des #CAF », Le Monde du 4 décembre 2023). Mais ce constat ne se limite pas à la question algorithmique.

      Le problème soulevé est plus profond, comme le montre le cas de Juliette, décrit par l’enquête du Monde. #Mère_isolée, allocataire du revenu de solidarité active (RSA), elle doit, après contrôle, rembourser les « revenus d’origine indéterminée », a priori les aides familiales reçues de ses frères et sœurs « pour qu’elle puisse rendre visite à leur père, tombé malade », un virement reçu pour son anniversaire, et les revenus de quelques heures de ménage non déclarées.

      Le RSA est en effet une prestation dite « différentielle » : l’intégralité des revenus doit être déclarée et est alors déduite de la prime versée aux allocataires. Les ressources prises en compte comprennent les revenus d’activité, de remplacement, mais aussi les pensions alimentaires, les prestations sociales et familiales, les héritages et les dons, les gains aux jeux, les loyers d’un logement loué, la valeur locative d’un logement non loué, les revenus des capitaux, et les revenus fictifs des biens non productifs comme les contrats d’assurance-vie, imputés à hauteur de 3 % de leur valeur marchande.

      Remarquons au passage que ces #revenus_fictifs ne rentrent en revanche pas en compte dans l’assiette des revenus au titre de l’impôt sur le revenu ou du plafonnement de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), alors même que ces ménages ont a priori moins de problèmes de liquidité que les allocataires du RSA…

      Première victime

      Le RSA est aussi une prestation dite « subsidiaire » : le demandeur doit faire valoir les droits aux autres prestations sociales et créances alimentaires avant de faire valoir ses droits au RSA. Cela crée des situations impossibles pour les allocataires, même sincères : s’ils reçoivent une aide familiale dans une situation d’urgence, une chaudière qui tombe en panne ou un parent malade, ils doivent déclarer cette aide… qui sera entièrement déduite de l’allocation versée !

      Pas besoin d’intelligence artificielle pour comprendre que, dans ce contexte, il y aura plus de fraudes détectées chez les personnes les plus vulnérables. La situation décrite est celle d’une spirale de la pauvreté alimentée par une technocratie rigoureusement asymétrique, qui ne cherche que la fraude et pas le non-recours.

      De plus, si les revenus d’activité de Juliette avaient été déclarés, elle aurait eu droit à la prime d’activité. Elle est ici pénalisée d’une situation dont elle est la première victime. La prime d’activité permet en effet de cumuler revenus d’activité professionnelle et prestations sociales afin d’inciter les travailleurs aux ressources modestes à reprendre une activité… et à la déclarer. Le cumul de la prime d’activité se limite aux revenus d’activité, hors allocations-chômage − les chômeurs ne sont donc pas considérés comme actifs au titre de cette prime.

      Tous les autres revenus sont déductibles à 100 % du RSA et de la prime d’activité. On vous fait un don 100 euros ? Il est déduit du RSA. Vous avez une chambre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) que vous voulez louer pendant les Jeux olympiques ? Les revenus sont déduits à 100 % du RSA. Vous avez un logement non loué ? Les revenus fictifs sont (théoriquement) déduits. Vous avez un peu d’épargne dans un contrat d’assurance-vie ? Les revenus fictifs sont déduits. En tant qu’allocataire, vous n’avez que deux ressources disponibles : le RSA et le travail, augmenté de la prime d’activité.

      Peur de se tromper

      Cette situation poserait un moins gros problème si le travail était accessible à tous et si le RSA était d’un montant satisfaisant, permettant des conditions de vie dignes tout en répondant aux impondérables. La rigueur du calcul technocratique du moindre euro fictif pourrait se comprendre si elle était la contrepartie d’une prestation généreuse et que la même rigueur s’imposait aux plus aisés. Mais la prestation est manifestement insuffisante (607 euros par mois aujourd’hui, auxquels peuvent s’ajouter en partie des allocations logement) et son montant décroît régulièrement relativement aux salaires.

      Une solution au problème souligné ici serait d’augmenter la prestation d’assistance. Une autre solution serait de rendre le calcul de la prestation plus bienveillant en mettant en place un abattement sur l’ensemble des petits revenus : par exemple, les 600 premiers euros par trimestre (200 euros par mois) ne seraient pas pris en compte dans le calcul de la prestation, quelle que soit leur origine. Un autre avantage de cette solution est que le demandeur de l’allocation ayant des petits revenus n’aurait pas à détailler leur origine lors de la demande, il cocherait simplement la case « ressources inférieures à 600 euros ».

      Un tel système réduirait la peur de se tromper, la peur des indus à rembourser, et donc le non-recours au droit au RSA. Les premiers revenus d’activité seraient gardés à 100 % par les travailleurs, ce qui répond aussi à la problématique des coûts fixes à la reprise d’emploi. Au-delà de l’abattement, le taux de cumul des revenus d’activité et de la prime d’activité pourrait être abaissé pour garder les gains à la reprise d’emploi à plein temps constants par rapport à la situation actuelle.

      Si l’objectif est que les allocataires des minima sociaux en sortent par le haut, il faut évidemment éviter que les #contrôles ne ciblent les plus vulnérables, mais il faut aussi éviter d’annuler le moindre coup de pouce ou coup de chance.

    • Cher : le nombre d’allocataires du RSA en baisse significative
      https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/cher-le-nombre-d-allocataires-du-rsa-en-baisse-significative-5127832

      Le RSA doit être un dispositif transitoire pour les allocataires, rappelle Bénédicte de Choulot, vice-présidente du conseil départemental du Cher à l’insertion : _" Le mot inemployable, ce n’est pas vraiment un mot qu’on aime au conseil départemental. Certaines personnes, en cours d’accompagnement se révéleront peut-être inemployables parce qu’elles ont des problèmes de santé auxquels on ne peut pas apporter de réponse. Ce qu’on essaie au maximum, c’est d’apporter une solution. Quelqu’un qui doit par exemple être réorienté du RSA vers le handicap doit l’être rapidement pour ne pas rester au RSA. Le RSA est un revenu qui n’est pas pérenne. Il n’a jamais été conçu pour l’être. C’est un minimum qui doit être apporté à une personne dans une période transitoire et c’est à nous d’apporter les meilleures réponses possible et les plus pérennes."_ En cas de non respect des engagements, la personne au RSA pourra se voir suspendre ses indemnités versées par la Caisse d’allocations familiales.

      Les passages graissés par la rédac rappellent l’idéal proclamé de l’instauration du RMI : en sortir. Ça colle pas trop avec un réel fait de jobs précaires qui donnent pas droit au chômage, ou pas longtemps, et avec les pénibles problèmes de « cumul » lorsque les ayants droits relèvent de plusieurs caisses, dont celles de leurs patrons momentanés, de plusieurs « statuts ». Tant pis, on saque.

    • « Il est temps d’arrêter l’assistanat » : Laurent Wauquiez veut limiter l’accès au RSA à deux ans
      https://www.lepoint.fr/politique/il-est-temps-d-arreter-l-assistanat-laurent-wauquiez-veut-limiter-l-acces-au

      « Le vrai social, c’est le travail. » (...) il est impératif que le Premier ministre s’attaque à la question du « gaspillage de l’argent public »[des gueuletons de notables plutôt que des universités !].
      (...) « Aujourd’hui, près de 40 % des bénéficiaires du RSA ont moins de 35 ans. Qui peut croire qu’ils sont tous dans l’impossibilité de travailler ? »
      (...) « on ne peut pas continuer à payer des gens à rester chez eux, alors que nous avons 500 000 emplois vacants dans les services à la personne, l’hôtellerie-restauration, l’aide à domicile… »

      Le député de droite propose aussi d’autres mesures pour accompagner la limite d’accès au RSA à deux ans : « La généralisation de vraies heures de travail en contrepartie » du revenu de solidarité active, et « la fusion de toutes les aides sociales en une seule aide plafonnée à 70 % du smic » [soit 1000 balles, et pas de Mars]. « Aujourd’hui, une personne qui travaille pour 3 000 euros brut, aura 2 200 euros pour faire vivre sa famille ; tandis qu’un couple au RSA avec 3 enfants touchera 2 300 euros », déplore Laurent Wauquiez, affirmant que cela est « injuste ».

      Résumé d’un entretien accordé au Parisien titré Laurent Wauquiez : « Je propose que l’on sorte du RSA à vie », avec manip du montant du RSA (tout en omettant les allocations familiales du foyer qui vit sur le salaire du bread winner). Le RSA pour 5 personnes c’est 1639€ avant retranchement du forfait logement de 12%, soit 1447e.

      Ces privilégiés du RSA sont de dangereux abuseurs qui mettent en cause la cohésion sociale que c’est le travail.

      Mais quand même, avec un poids électoral moins nul que celui du PCF, on s’autorise pas, sur ce thème, à être aussi droitier que Roussel. Surtout après le coup de Saint-Pierre-Et-Miquelon.

      #crevure #assistanat

    • Le décret sur les sanctions aux demandeurs d’emploi, et les sanctions plus spécifiques touchant les allocataires du RSA, est paru : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051672648

      Le CNLE avait prononcé un avis sur le projet de décret : https://solidarites.gouv.fr/avis-du-cnle-sur-le-projet-de-decret-du-regime-renove-des-droits-et

      Un résumé utile sur ce blog : https://dubasque.org/rsa-le-conseil-national-des-politiques-de-lutte-contre-la-pauvrete-et-lexc

      edit La suspension du RSA remet-elle en cause la présomption d’innocence ?
      https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/05/29/la-suspension-du-rsa-remet-elle-en-cause-la-presompti

      La loi renforçant la lutte contre les fraudes aux aides publiques, adoptée par le Parlement fait l’objet de la part des députés LFI d’un recours devant le Conseil Constitutionnel.

      #contrôle #société_punitive

    • Une traque « quasi industrielle » : comment le Nord est devenu le laboratoire de la chasse aux allocataires du RSA
      https://www.humanite.fr/social-et-economie/loi-plein-emploi/cest-une-machine-a-radier-en-masse-dans-le-nord-la-droite-surfe-sur-la-refo

      Sous la houlette de l’ultralibéral Christian Poiret (divers droite), l’exécutif local a fait du système de #sanctions la pierre angulaire de sa politique en matière d’#insertion. Bien avant de sauter à pieds joints dans le dispositif expérimental, il y a deux ans, l’élu avait un objectif revendiqué : « Plus aucun allocataire du RSA ne doit passer à travers les mailles du filet » car « le département n’est pas une planche à billets ». Et avec une méthode bien huilée : traquer au plus près les #allocataires, tenus de rendre des comptes sur leur emploi du temps quotidien, parfois à plusieurs référents.

      Les « Coachs emploi », agents du contrôle accru des allocataires précaires

      Car, parallèlement aux conseillers de France Travail, ont été institués des « coachs emploi », des agents contractuels de catégorie C déployés au sein de maisons départementales de l’insertion et de l’emploi (MDIE) – imaginées en 2015 par Jean-René Lecerf – et chargés de faire respecter un « contrat d’engagement réciproque ».

      « Nous avons envoyé à ce moment-là un chèque du montant d’un mois de RSA au président du département pour son anniversaire, en lui proposant de vivre avec cette somme pendant un mois », raconte Olivier Treneul, porte-parole de SUD, qui a vécu de l’intérieur ce basculement.

      À son arrivée aux commandes en 2021, Christian Poiret a donné, selon le syndicaliste, une dimension « quasi industrielle » au dispositif de contrôle des allocataires, sous couvert « d’accompagnement renforcé ». Renommant les MDIE en maisons Nord emploi (MNE), il crée plus de 400 postes supplémentaires de coachs emploi et autres chargés d’orientation et de parcours, essentiellement des contrats précaires, qu’il intègre au sein d’une direction générale instaurée de toutes pièces.

      « On finit par en perdre la tête avec tous ces interlocuteurs »

      Ces MNE sont désormais un passage obligé, dès lors qu’une personne fait une demande de RSA auprès de la Caisse d’allocations familiales. Le candidat allocataire doit alors s’attendre à recevoir dans la foulée un courrier généré automatiquement le convoquant à un rendez-vous avec un chargé d’orientation, qui déterminera dans quel type de parcours il s’inscrira, selon son degré d’éloignement de l’emploi.

      « On finit par en perdre la tête avec la multiplication des interlocuteurs. Il y a donc d’un côté le conseiller de France Travail qui m’organise des rendez-vous, de l’autre des coachs emploi des MDIE qui m’appellent pour me demander où j’en suis », raconte Pierre, membre du collectif Rato, qui raille la pseudo- « simplification » des démarches tant vantée par l’exécutif départemental.

      Pour Charles Beauchamp, président du Groupe communiste et républicain (GCR), la majorité de droite « a créé un Pôle emploi bis », en s’appropriant une mission qui n’est pas la sienne, celle d’insérer à tout prix les gens dans l’emploi, avec « ce raisonnement simpliste » : « Il y a énormément d’emplois disponibles et énormément d’allocataires du RSA. Donc : on prend un allocataire et on le met sur la case d’un emploi et tout va bien. Or, on voit bien que ça ne marche pas comme ça. »

      L’exécutif départemental ne manque pourtant pas de mettre en avant des chiffres supposés attester du succès de sa méthode : sur la période 2023-2024, le nombre d’allocataires du RSA aurait diminué de 1,5 %, contre + 0,2 % dans l’Hexagone. « Ce qu’on ne nous dit pas, c’est la part de ces personnes qui ont véritablement trouvé un emploi, et quel type d’emploi, et la part de celles qui ont été rayées du RSA parce qu’elles ne se sont pas rendues à un rendez-vous », pointe Charles Beauchamp.

      sans compter un non recours au droit accru.

      https://archive.ph/822ax

      #coachs_emploi #contrat_d’engagement_réciproque

    • « Ils trichent et, nous, on paie » : quand l’élue de l’Allier Annie Corne ose tout et engage une boîte privée pour fliquer les allocataires du RSA
      https://www.humanite.fr/social-et-economie/pole-emploi/ils-trichent-et-nous-on-paie-quand-lelue-de-lallier-annie-corne-ose-tout-et

      Le conseil départemental de l’Allier a mandaté la société Tessi, un prestataire chargé de traquer les prétendus fraudeurs pour le compte de la collectivité. Coût total de l’opération : 50 000 euros.

      (...)Jugeant inefficaces les dispositifs publics qui coûteraient « 470 euros pour chaque contrôle » tout en ne « rapportant que 50 euros par mois », elle a trouvé la parade : confier au privé la tâche de contrôler les allocataires.

      La société Tessi serait d’ores et déjà à pied d’œuvre pour contrôler les allocataires, « en croisant les fichiers, identifiant les incohérences, consultant les réseaux sociaux des allocataires ». Si le flou demeure sur la date à laquelle ce prestataire a commencé ses investigations, l’élue applaudit déjà : « Eux, au moins, ils bossent. Et, en quelques semaines, on a plus avancé qu’en trois ans », se félicite-t-elle.

      https://archive.ph/ANlM4

    • Barème des sanctions applicables aux demandeurs
      d’emploi - FSU emploi

      La situation actuelle est un détournement de l’esprit d’une loi scélérate dont la FSU Emploi réclame l’abrogation.

      Les privés d’emploi sont soumis à un nouveau décret de sanctions permettant à France Travail et aux départements de suspendre 30 à 100 % de leur revenu de remplacement (allocations chômage, Allocation Spécifique de Solidarité ou Revenu de Solidarité Active) en cas de manquement en lien avec le contrat d’engagement pour une durée allant de 1 à 2 mois.

      La Direction de France Travail rajoute de l’arbitraire à l’injustice. En effet déjà dans plusieurs établissements Normandie, BFC, Grand Est, les directions régionales de France travail appliquent des directives qui suspendent le revenu de remplacement à 100 % pendant 1 mois dès le 1er manquement pour toutes et tous sans distinction ! Au moment où notre Directeur Général parlait il y a encore quelques semaines de la nécessité que la sanction soit juste, mesurée, explicable et qu’elle ne prive pas les demandeurs et demandeuses d’emploi de tout moyen de subsistance, certaines DR dans les faits font le contraire et pire que la loi !

      La FSU Emploi position. dans une lettre ouverte en appelle ce jour au Directeur Général pour infléchir cette La délégation FSU Emploi au CSEC se fait écho de cette demande afin que des consignes claires d’individualisation effective des sanctions soient données partout sur le territoire. La FSU Emploi demande également qu’il soit mis fin à ces pratiques ou alors quitte à harmoniser, de le faire dans l’intérêt des usagers sur l’échelle des sanctions qui leur est la plus favorable. Par ailleurs, la FSU Emploi vous alerte de nouveau sur la surexposition des personnels à la détresse voire la colère des usagers et vous demande de prendre toutes les mesures de prévention afin de garantir la sécurité des salariés (Volontaires Service Civique compris)

  • Pendant trois ans, il continuait à percevoir des allocations chômage tout en travaillant
    https://www.capital.fr/votre-argent/pendant-trois-ans-il-continuait-a-percevoir-des-allocations-chomage-tout-en-

    Un sexagénaire, qui avait continué de toucher le chômage pendant trois ans alors qu’il travaillait, a été condamné à douze mois de prison avec sursis, et à rembourser la totalité des sommes illégalement perçues. L’homme s’est servi des allocations pour rembourser des prêts à la consommation.

    Une double source de #revenus. Un homme qui habitait Landerneau, dans le Finistère, s’est inscrit sur la liste des bénéficiaires de l’#allocation_chômage [liste qui n’existe que dans les fichiers des agents de contrôle]. Résultat, il a perçu une allocation chômage sans interruption pendant près de trois ans, soit de juin 2014 à mars 2017. Sauf que dans le même temps, « il avait retrouvé une activité professionnelle auprès de Brest Métropole », affirme Maître Nathalie Of-Savary, l’avocate de #France_Travail Bretagne à Ouest-France. « Pourtant, les allocataires au chômage, qui doivent se connecter tous les mois, ont l’obligation de déclarer leur reprise d’emploi auprès de France Travail », ajoute-t-elle.

    France Travail Bretagne décide alors de porter plainte. Convoqué en composition pénale, l’homme de 63 ans qui a reconnu les faits « avec désinvolture », doit rembourser dans les six mois mais l’avocate au barreau de Quimper assure que c’est « un délai impossible, la mesure ne pouvait qu’échouer ! ». L’affaire est alors classée sans suite. Mais France Travail n’a pas accepté cette décision et s’est constituée #partie_civile et a engagé des poursuites.

    1 200 euros de dommages et intérêts à France Travail

    Le #tribunal de Brest a finalement condamné le prévenu à douze mois de prison avec sursis. Il aura aussi la charge de rembourser la totalité des sommes illégalement perçues avec un supplément de 200 euros pour la capitalisation des intérêts. Le sexagénaire devra également verser 1 200 euros de dommages et intérêts à France Travail. « Il a expliqué s’être trop endetté. Il s’est alors servi de ces allocations pour rembourser des prêts à la consommation », ajoute Maître Nathalie Of-Savary, pour un total de 32 935, 08 euros d’allocations grâce à 34 déclarations mensongères.

    Au mois de novembre dernier, un ancien cuisinier du restaurant la Bibliotéca à Saint-Pierre-de-Trivisy, dans le Tarn, a détourné 41 827 euros d’allocations chômage entre 2019 et 2021. « On savait que l’argent apparaissait bien quelque part. Pour nous, ce n’était pas de la fraude, notre but n’était pas de cacher quelque chose », avait confié le chef cuisinier à La Dépêche.

    On nous explique qu’il faut marcher droit sous peine de coups de bâton.

    #chômeurs

  • CAF : la réforme des APL a permis d’économiser 1,1 milliard d’euros - MoneyVox avec AFP
    https://www.moneyvox.fr/immobilier/actualites/101849/caf-la-reforme-des-apl-a-permis-economiser-1,1-milliard-euros

    La réforme du calcul des aides au logement, qui prend en compte les revenus de l’année en cours dans une logique de « contemporanéisation » des versements, a permis d’économiser 1,1 milliard d’euros en 2021, mais n’a pas simplifié le parcours des usagers, relève la Cour des comptes mercredi.

    Les #aides_au_logement, dont la plus connue est l’aide personnalisée au logement (#APL), sont calculées depuis le 1er janvier 2021 sur les revenus des douze derniers mois, actualisés de manière trimestrielle, et non plus sur les déclarations fiscales établies en année N-2.

    Attribuées sous condition de ressources, ces aides sont destinées à financer la location d’une résidence principale et versées quasi exclusivement par la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). Elles ont atteint 17 milliards d’euros en 2020.

    La réforme dite de « contemporanéisation » des versements et des déclarations a coûté plus de 100 millions d’euros aux finances publiques, mais elle a permis d’économiser « 1,1 milliard d’euros en 2021, principalement en réduisant le nombre d’allocataires dont les revenus en N-2 les rendaient éligibles, alors qu’en année N ils dépassaient les plafonds », notent les magistrats.

    219 euros en moyenne

    Le montant moyen de l’aide versée mensuellement par allocataire est lui resté constant, passant « de 218 à 219 euros ». Facilitée par l’automatisation de la déclaration des #revenus, la réforme a bien permis « de mieux synchroniser le calcul du montant de l’aide et le niveau des ressources des allocataires » et « réduit certaines inégalités ».

    Mais comme elle s’est concentrée « sur la modernisation de la gestion des aides, et non sur une refonte complète du système », elle « n’a pas corrigé les failles structurelles du dispositif ni simplifié le mode de calcul complexe », soulignent encore les magistrats, évoquant la « complexité » et la « lourdeur » du dispositif.

    De plus, malgré les économies réalisées, la réforme a entraîné « de nouvelles vulnérabilités, telles que des problèmes avec la qualité des déclarations de revenus, des demandes d’information plus complexes et une insécurité accrue pour certains #allocataires ayant une activité irrégulière » [tu m’étonnes !].

    Le calcul en temps réel des aides a, en outre, « rendu difficile la prévision des budgets et les ajustements en fonction des variations économiques ». Enfin, la complexité croissante des dossiers a « augmenté le risque de non-recours ».

    La contemporanéisation du versement des aides personnelles au logement | #Cour_des_comptes
    https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-contemporaneisation-du-versement-des-aides-personnelles-au-logement

    #ALS #CAF #austérité #insécurité_sociale #logement #loyer

  • Géographie de la justice spatiale en France

    Arnaud Brennetot

    https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7283002423701340160

    En France, la “circulation invisible des richesses” (Davezies) en faveur des territoires les plus fragiles continue à garantir une forme d’équité spatiale

    En France métropolitaine, l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) ainsi que les diverses prestations sociales (pour les familles, le logement, l’autonomie, etc.) redistribuent une partie des revenus perçus par les ménages les plus aisés et les reversent aux ménages les moins fortunés. Cette redistribution se traduit géographiquement par des flux de revenus depuis les territoires habités par des populations plus riches que la moyenne nationale vers les territoires dont la population a, en moyenne, des revenus plus faibles

    #France
    #justice_spatiale
    #économie
    #revenus
    #inégalités
    #cartoexperiment_2025

    • Selon l’importance qu’on accorde aux inégalités, on pourra trouver cette politique de redistribution spatiale des revenus, pour les uns, excessive et, pour les autres, insuffisante. Au cours des dernières années, la fragilisation des impôts sélectifs (ISF, taxe d’habitation) au profit d’impôts à taux uniques (TVA, TICPE, prélèvement forfaitaire sur les revenus du capital) et l’évasion fiscale ont compromis ces mécanismes redistributifs et la cohésion sociale et territoriale qui en découle. Or, en votant fortement pour le RN, les citoyens habitant les territoires les moins riches (Nord, Nord-Est, Languedoc) font le choix d’une politique anti-fiscale qui, si elle était appliquée, reviendrait à réduire les mécanismes redistributifs dont ils sont pourtant parmi les principaux bénéficiaires, exposant leurs bassins de vie à un régime de concurrence qui les fragiliserait encore plus qu’ils ne le sont déjà. Seule une ambitieuse politique d’aménagement du territoire serait à même de répondre à leurs attentes mais celle-ci ne figure ni dans le programme du RN, ni dans la réorientation idéologique en cours des forces d’extrême-droites, désormais ouvertement favorables à la dérégulation et à l’individualisme.

  • En France métropolitaine, le revenu médian déclaré de l’EPCI le plus riche (Genevois) est 2,6 fois plus élevé que celui de l’EPCI le plus pauvre (Creil)

    par Arnaud Brennetot, université de Rouen

    https://www.linkedin.com/posts/arnaud-brennetot-34805b256_des-revenus-tr%C3%A8s-in%C3%A9gaux-selon-les-te

    En France métropolitaine, les revenus déclarés par les ménages diffèrent selon les territoires (voir carte) : ils ont tendance à être plus élevés dans certains quartiers des métropoles (non visibles à cette échelle), aux périphéries des grandes villes et dans certaines régions telles que les marges frontalières de la Suisse et du Luxembourg, l’Alsace, la vallée de la Moselle, le Sillon alpin, la Côte Atlantique et la Côte d’Azur. La communauté de communes du Genevois est ainsi la plus riche de France (42090 €) devant les communautés de Gally Mauldre (40170 €), de la Station des Rousses-Haut Jura (40140 €), du Pays de Cruseilles (39800 €) et du Pays de Gex (39560 €).

    #France #économie #revenus

    • Mères solos. Le combat invisible

      Elles sont plus d’1,5 million de mères célibataires en France : un chiffre qui a quasiment doublé en 30 ans. Prises à la gorge par les difficultés économiques et le gouffre de la précarité qui les absorbe prioritairement, elles souffrent pour la plupart d’isolement et d’épuisement.
      Ce livre a pour objectif d’alerter sur celles que la société ne veut pas voir, d’identifier les blocages systémiques qui grèvent leur quotidien – casse-tête de la garde des enfants, pensions alimentaires impayées,
      injustice fiscale, etc. – et d’exhorter les politiques à se saisir du problème.
      Mais cet essai a aussi pour but de leur permettre de relever la tête, quel que soit leur niveau de vie, en
      recensant nombre de conseils et témoignages pour vivre mieux, et de se défaire du jugement péjoratif que
      la société porte sur elles, en promouvant notamment de nouveaux modèles familiaux.
      Les familles monoparentales représentent aujourd’hui un quart des foyers français, avec dans leur écrasante
      majorité des femmes à leur tête : il est temps de changer de regard sur les mères solos et d’exiger des mesures politiques dignes de ce nom pour les soutenir !

      Johanna Luyssen est journaliste spécialiste des questions féministes et sociales. Elle a travaillé pour divers médias – Le Monde, Arte, Stylist – avant de devenir cheffe adjointe du service Société de Libération.

      https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/m%C3%A8res-solos-9782228936545
      #livre #Johanna_Luyssen

    • Gouverner la vie privée. L’encadrement inégalitaire des #séparations_conjugales en France et au Québec

      L’implication de l’État dans la vie privée pose problème : les individus ont davantage de #droits que par le passé, mais certains de leurs comportements, jugés problématiques pour la collectivité, justifient un interventionnisme renouvelé, dans lequel acteurs privés et mécanismes de marché occupent une place croissante. En tension entre libéralisme et normalisation, cette action publique participe aux recompositions des rapports sociaux, entre les classes sociales, entre les genres, ainsi qu’entre la population majoritaire et les personnes racisées. Objet de vifs débats et de réformes récurrentes, la régulation par le droit des séparations conjugales est un observatoire précieux de ces recompositions, ici analysées à partir de trois enquêtes collectives, qualitatives et quantitatives, menées des deux côtés de l’Atlan­tique. En France comme au Québec, l’accès aux procédures, les interactions avec les professionel.les et l’encadrement des modes de vie sont les trois dimensions constitutives du gouvernement de la vie privée. Cependant, chacun des contextes n’articule pas de la même manière inégalités de classe et inégalités de genre. En scrutant la production institutionnelle des inégalités privées, cet ouvrage invite à imaginer des voies alternatives, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, pour que la politique des droits tienne ses promesses émancipatrices.

      https://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100500480

    • Maternités rebelles

      Comme toutes les petites filles hétéros, Judith Duportail a grandi avec un idéal de vie de famille bien précis, et une suite d’étapes à respecter pour réussir sa vie : rencontre, cohabitation de long terme, mariage ou pacs, et enfin bébé. Sans mec officiel depuis longtemps, pas de bébé. C’est tout.
      Elle a toujours su pourtant qu’un jour, elle voudrait un enfant, une famille. Plus elle a vu sa vie et ses choix s’éloigner de cet horizon, plus une terreur grandissait au fond d’elle : « elle ne serait jamais mère ».
      Même si elle a connu l’amour, elle n’a jamais réussi à se fondre dans le moule du couple idéal. Alors, comment faire pour devenir mère ? Pendant plusieurs années, elle a tenté de se normaliser, elle a même envisagé de se "forcer un peu", le temps qu’il faudrait, pour faire un bébé.
      En vérité, rien ne clochait chez elle. Elle ne savait juste pas qu’il existait d’autres chemins.
      Maternités rebelles est un essai incarné, documenté et sourcé, qui veut montrer qu’il est possible de dissocier la maternité du couple. Il s’adresse à toustes celleux qui s’interrogent sur les façons de construire leur vie librement, pas uniquement celleux qui nourrissent un projet d’enfant.

      https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782491260217-maternites-rebelles-judith-duportail

  • Le #suicide des agriculteurs : un drame humain évitable

    Alors que l’#agriculture est au cœur d’un enjeu de pérennité alimentaire et de soutenabilité écologique, le #malaise est grandissant au sein des professionnels qui manquent cruellement de valorisation. Salaires au plus bas, cas de suicides en augmentation, soumission à la grande distribution et doutes quant à l’avenir du secteur : le monde agricole est en crise. Derrière le suicide des agriculteurs, un modèle à bout de souffle ?

    Comme dans la majorité des secteurs de l’économie, le modèle basé sur la croissance touche à ses limites, sociales, économiques et environnementales. La raréfaction des ressources et le changement climatique sont un des facteurs d’explication. Mais d’autres raisons peuvent être invoquées, notamment la compétitivité économique acharnée qui laisse les plus petites entreprises sur le carreau.

    Au profit d’une course à la #productivité, notre modèle de croissance prédateur met en danger les résiliences locales. Depuis quelques années, le monde agricole est touché de plein fouet par ces problématiques, avec des conséquences terribles sur les vies humaines. Une réalité à affronter si nous voulons transformer les normes du secteur en profondeur.

    Entre malaise agricole et défaillance de l’État

    En octobre 2016, le site allodocteur.fr sonnait déjà la sirène d’alarme sur francetvinfo.fr : le nombre de suicides parmi les agriculteurs était en nette augmentation – trois fois plus élevé que les années précédentes.

    En effet : « Selon un rapport datant d’octobre 2022, 529 agriculteurs affiliés se sont donné la mort en 2016 (https://statistiques.msa.fr/wp-content/uploads/2022/10/Etude-mortalite-par-suicide_ok.pdf). Ce sont les derniers chiffres publiés. Cela correspond à environ 1,5 suicide par jour » rappelle Radio France. En comparaison, entre 2010 et 2011, une étude conjointe de Santé publique France et de la MSA a recensé un total de 300 suicides en deux ans, soit environ un suicide tous les deux jours.

    Qui plus est, les agriculteurs et agricultrices sont touchées par la #surmortalité. Les forces de travail de 15 à 65 ans dans le secteur connaissent un risque de suicide de 30% supérieur aux autres catégories professionnelles (rapport 2024 sur les charges et les produits de la MSA). En outre, plus l’âge est avancé, plus le risque grandit et être propriétaire agricole décuple l’excès de risque qui grimpe à 77,3 %.

    Ces chiffres s’expliquent non seulement par le #manque_de_perspectives pour l’avenir mais aussi par l’incapacité des professionnels du secteur à vivre décemment des #revenus de leur métier. Ainsi, les chiffres indiquent qu’un tiers des agriculteurs a touché moins de 350 euros par mois en 2015. Qui pourrait vivre dans de telles conditions ? Ce malaise est de plus transversal, puisqu’il concerne la très grande majorité des métiers du secteur.

    « Endettés jusqu’au cou et soumis à un #travail harassant, la plupart de nos agriculteurs s’interrogent sur leur devenir : ne risquent-ils pas de tomber prochainement en faillite et de renoncer à leur métier avant même de partir à la retraite ? » se demandait l’agronome Marc Dufumier dans un plaidoyer consacré aux rendements et à la soutenabilité économique des pratiques agricoles alternatives (#agroécologie et #permaculture) publié par l’association Fermes d’avenir (https://fermesdavenir.org/plaidoyer).

    À l’heure où des solutions plus écologiques s’imposent, ne faut-il pas repenser l’agriculture dans son intégralité ? Comme le soulignent diverses analyses, le modèle productiviste touche à ses limites : au nom de la production de masse à bas prix, il empêche les agriculteur de vivre dignement, tout en étant à l’origine de pollutions importantes, toxiques pour la viabilité des sols donc la pérennité du #métier_agricole, et délétères pour toutes les vies sur terre, celles du #monde_paysan au premier rang.

    Le #modèle_agricole en cause

    Les maux sont bien connus : au cours du 20ème siècle, le secteur s’est tourné vers une logique industrielle, remettant en cause le fonctionnement traditionnel du secteur. Une transition alors séduisante et une promesse de voir la #pénibilité du travail diminuer tout en augmentant les #rendements.

    Soumis rapidement à une #concurrence impitoyable, les paysans n’ont d’autres choix que continuer à augmenter la vitesse d’exploitation pour réduire les #prix. Très vite, la logique productiviste s’impose. Ce modèle contemporain entraîne des aberrations : « nombre de producteurs français traversent une crise majeure face à la concurrence des autres pays européens en raison de la #surproduction, notamment dans les secteurs de la viande porcine, bovine et du lait », note Libération.

    De fait, les agriculteurs ne sont pas sortis gagnants de cette #reconversion, puisque comme le notait #datagueule 69, le #revenu net réel des entreprises agricoles a diminué de 56% entre 1960 et 2004, pendant que les rendements, eux, doublaient. Dans le même temps, l’#autonomie_alimentaire des populations au niveau mondiale reste précaire et une personne sur cinq est victime de la faim en 2023, soit un chiffre qui a doublé en 10 ans. Que de paradoxes.

    Pourtant, malgré toutes ces difficultés, l’État tarde à soutenir la transition vers un modèle durable. Ainsi, comme le rapporte Reporterre, l’État français multiplie les retards dans le versement des #aides qui sont dues aux agriculteurs bio. Légitimement, les personnes concernées « s’interrogent sur la volonté du gouvernement de les soutenir et de promouvoir leur mode de production ». De fait : « Ce traitement de défaveur n’est pas nouveau et ne peut plus durer », affirme la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) dans un communiqué.

    Mais les #alternatives existent. De nombreuses exploitations, comme celle du Bec-Hellouin, montrent le chemin d’un modèle plus durable et rentable pour les producteurs. Par ailleurs, malgré les doutes qui traversent le secteur, des personnes restent attirées par la profession, à l’image d’une jeunesse néorurale en quête de sens : par exemple dans les Côtes-d’Armor avec cette ancienne porcherie transformée en ferme par un collectif, ou dans la ferme reprise des Arondes, en Belgique.

    Enfin, bonne nouvelle : la surface totale des exploitations agricoles biologiques continue de progresser. Cependant, les incitations à l’évolution du secteur, offrant notamment un meilleur revenu aux « nouveaux agriculteurs », restent limitées et la transition écologique du secteur doit être clairement et généreusement soutenue par des aides revalorisantes d’un métier d’utilité publique, pour ne pas dire vital.

    https://mrmondialisation.org/le-suicide-des-agriculteurs-un-drame-humain-evitable
    #agriculture #endettement #industrialisation #industrie_agro-alimentaire

  • Le #Royaume-Uni plonge dans une #pauvreté historique

    Les écarts entre riches et pauvres retrouvent des niveaux proches de l’ère victorienne, avant l’État providence. Les #bas_salaires en sont la cause.

    Au cours des quinze dernières années, les inégalités se sont accrues de manière spectaculaire au sein de la société britannique. Au point que « le Royaume-Uni risque de retomber dans les « deux nations » de l’ère victorienne, marquée par un fossé grandissant entre la société dominante et une classe inférieure déprimée et frappée par la pauvreté, alerte un rapport sur la pauvreté, publié le 11 décembre.

    Le coefficient de Gini des #revenus, après impôts et prestations sociales, dans le pays – un indicateur qui permet de rendre compte de leur niveau d’inégalité – était le plus élevé d’Europe occidentale en 2022, avec 0,35 point. À titre de comparaison il ressort à 0,31 en Suisse, 0,29 en France et 0,28 en Allemagne.

    Le pays n’a jamais été aussi inégalitaire

    Le Royaume-Uni du premier ministre Rishi Sunak n’est néanmoins plus celui d’Oliver Twist, l’orphelin pauvre du livre de Charles Dickens, publié en 1838. « Évidemment, les conditions de vie sont meilleures pour l’individu moyen qu’au milieu du XIXe siècle », tempère David Gordon, professeur de justice sociale à l’Université de Bristol et directeur du Bristol Poverty Institute. La capitale anglaise, cadre de ce roman, n’en continue pas moins de concentrer ces maux. La City of London, centre de la finance nationale, était alors mitoyenne de plusieurs des arrondissements les plus pauvres d’Angleterre qui le demeurent aujourd’hui encore.

    « En termes d’écart de richesse entre les plus riches et les plus pauvres, nous avons reculé de vingt-cinq ans à la fin des dix-huit années de thatchérisme », indique le professeur. « L’écart se rapproche du niveau enregistré avant la mise en place de l’État providence au Royaume-Uni, tout au long de la première partie du XXe siècle, qui avait permis une réduction considérable de la pauvreté », poursuit ce dernier.

    Une constante apparaît dans les différents rapports publiés sur le sujet au cours des derniers mois : les deux plus forts mouvements d’accroissement des inégalités de l’époque contemporaine ont eu lieu lors de longues périodes de gouvernement conservateur. Ainsi à partir de l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, en 1979, qui « a cassé le consensus de l’après-guerre en mettant en place des politiques néolibérales qui ont augmenté les ressources de la moitié supérieure de la société aux dépens de celles des plus modestes », explique le spécialiste. Puis avec les mesures d’austérité budgétaire déployées en 2010 par David Cameron – qui ont notamment touché les personnes handicapées et les enfants – poursuivies par ses successeurs Theresa May de 2016 à 2019 puis Rishi Sunak depuis 2022.
    Insécurité professionnelle

    Cette évolution amène son lot de « problèmes déjà visibles pendant les époques victorienne et édouardienne (ndlr : 1837 à 1914), poursuit David Gordon – des niveaux de criminalité et de maladie élevés, une société moins cohésive. »

    Le Centre for Social Justice les traite dans le détail dans son rapport et place l’accent sur le monde du travail, central dans l’accroissement de la pauvreté. Depuis 2000, 20 à 25% des travailleurs disent ainsi ressentir une insécurité professionnelle à la suite du développement de l’auto-entrepreneuriat et des contrats « zéro heure » – qui n’assurent aucune heure de travail hebdomadaire et donc aucun revenu. Mais aussi en raison de la détérioration des conditions de travail ainsi que du remplacement de nombreux emplois industriels « qualifiés, sûrs et souvent bien rémunérés » par des postes dans les services, non qualifiés et moins bien payés.

    Des #salaires insuffisants

    En septembre 2023, « 38% des bénéficiaires d’aides sociales avaient un emploi, ce qui signifie que leurs #revenus ne sont pas suffisants [pour vivre] sans le soutien du système d’#aide_sociale », confirme le rapport.

    David Gordon rappelle que « c’était déjà le cas lors de la première véritable enquête sur la pauvreté réalisée dans les années 1880 par Charles Boothe : la pauvreté est largement due à des revenus bas ». Le directeur du Bristol Poverty Institute rappelle que, à l’époque déjà, les politiciens ne voulaient pas croire à ses découvertes, certains que le comportement des plus pauvres – en l’occurrence l’alcoolisme ou la dépendance à la drogue – était la cause principale de leurs difficultés.

    https://www.tdg.ch/explosion-des-inegalites-a-londres-le-royaume-uni-plonge-dans-une-pauvrete-histo
    #inégalités #Londres #UK #Angleterre #statistiques #chiffres

  • The taxation of labour vs. capital income

    This working paper presents novel analysis comparing in a consistent way the tax treatment of labour and capital income across OECD countries, through stylised effective tax rates (ETRs). It shows that dividend income and capital gains are generally subject to lower ETRs than wage income at the personal level. In many countries, capital income is also tax-favoured even when considering taxes paid by both firms and individuals, although the gap between labour and capital income taxation tends to be smaller than when considering only personal-level taxes. The gap between ETRs on labour and capital income varies between countries and grows with income levels in some. The paper highlights that differential tax treatment of labour and capital income can affect the efficiency and equity of tax systems.

    https://www.oecd-ilibrary.org/taxation/the-taxation-of-labour-vs-capital-income_04f8d936-en

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    Les dividendes moins taxés que le travail

    Une récente étude de l’OCDE a mesuré que, dans la quasi-totalité des pays de l’organisation, les #revenus_du_capital sont moins taxés que les #revenus_du_travail.

    https://www.alternatives-economiques.fr/dividendes-taxes-travail/00108019

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    https://twitter.com/ChrisChavagneux/status/1703677762865643745
    #fisc #fiscalité #capital #travail #dividendes #statistiques #chiffres #OCDE #rapport #impôts

    • French riots show how entrenched inequalities have become

      The gulf between immigrants and those born in the country is larger than in almost any other developed nation

      Imagine two countries. The first is proudly Christian, it allowed racial segregation in living memory and racism is mentioned more frequently in its media than anywhere else in the developed world. The second is strictly secular and legally prohibits the collection of data on people’s race, a conscious effort by its leaders to avoid using ethnicity to differentiate or divide.

      Which do you think would offer people from diverse racial and religious backgrounds the best prospects of success? Of becoming equal participants in society? The answers revealed in the data are surprising.

      In 2021, US unemployment was 5.5 per cent for those born in the country, and 5.6 per cent for those born overseas. Black and white employment rates are now neck and neck. In France, unemployment is seven per cent among those born in the country, but 12 per cent for immigrants, rising past 17 per cent among those who arrived in the last ten years. Comparisons with Britain, whose demographics and colonial history perhaps make for a fairer benchmark, are similarly damning.

      Following a week of rioting across France, spurred by the death of a teenager of North African descent shot dead by police at a traffic stop, these statistics are worth revisiting. While the number of arrests has declined this week, the need for a serious conversation about how France continues to fail its immigrant communities and their neighbourhoods remains.

      Just as in France’s 2005 bout of urban violence, or London’s own riots in 2011, fractious relations between police and ethnic minorities provided the spark for unrest fuelled by deprivation and social exclusion. Rioters tend to come disproportionately from disadvantaged neighbourhoods: those who don’t have a stake in society have little to lose in burning it down.

      Across the west, young black and brown men have grown bitterly used to being disproportionately targeted by police stop and searches, but the magnitude of the disparity in France is shocking. In London, black people are between two and three times as likely to be apprehended as their white counterparts, but in Paris the figure rises to six times, and almost eight times for those of Arab origin.

      Encounters with French police are more lethal, too, as officers are routinely armed and are allowed to shoot at people who don’t comply with traffic stops if they are deemed to pose a safety risk. There were 26 fatal police shootings in France in 2022, compared to just 2 in the UK, and in the past 18 months French police have shot dead 17 people during traffic stops such as that which sparked the latest riots.

      Last Friday as the unrest escalated, the two largest police unions released a statement declaring they were “at war” with “vermin” and “savage hordes”. This culture of hostility has grown since Nicolas Sarkozy abandoned neighbourhood policing two decades ago, in favour of more repressive tactics. A future government led by Marine Le Pen’s far-right party would surely only lean into the adversarial approach.

      And there is little sign of improvement on integration. One in five of France’s foreign-born population believe they are discriminated against, the joint highest with Italy in the developed world. Meanwhile France’s immigrants are almost three times as likely as those born in the country to be in poverty. In the UK, the poverty rates between immigrants and others are the same.

      This French disparity is compounded by decades of failed urban policy resulting in immigrant communities being concentrated in the banlieues, emphasising their otherness and hampering social mobility. The cheek-by-jowl nature of wealth and poverty in London comes with its own problems, but has been a buttress against the ossification of inequality seen in France. Twenty-eight per cent of recent French immigrants are now in the lowest tenth of earners, compared to just eight per cent of non-immigrants. In the UK, the figure is ten per cent regardless of country of birth.

      Despite claims that France is race-blind, the data tells a different story. Without reforms in both policing and social exclusion, there is little hope that these violent episodes will cease any time soon.

      john.burn-murdoch@ft.com, @jburnmurdoch

    • Les langues se délient dans la presse étrangères. Très bien. Mais à moins qu’une agence de notation dégrade à nouveau la France sur le marché de la dette, quels bénéfices pourrait-on retirer de ce « Macronie bashing » ?
      Sur un horizon proche, perso, je ne vois que des emmerdes. Les « investisseurs » se désinvestissent (trop d’insécurité). La France ainsi ostracisée perd tout crédit sur la scène internationale (n’est pas Donald Trump qui veut).
      Le gouverne-ment s’arqueboute sur un déni de plus en plus surréaliste. Pendant qu’une grande partie de la population tombe dans la précarité voire la misère, le pays « se tient sage » grâce à la propagande de Brave France Macronnienne (BFM) et consorts...
      {edit] j’oubliais grâce aussi au lobbying intense des « syndicats » du crime policier.

  • Nintendo report highlights gender pay differences in Japan | Eurogamer.net
    https://www.eurogamer.net/nintendo-report-highlights-gender-pay-differences-in-japan

    Nintendo’s annual report on its Japanese business, published last week, has highlighted the company’s slow progress to increase the number of women in its managerial positions, as well as a gender pay gap typical of Japan.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #ressources_humaines #nintendo #revenus #encadrement

  • Covid-19 en Afrique : jusqu’à 90% des morts contaminés dans une morgue - Sciences et Avenir
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19-en-afrique-jusqu-a-90-des-morts-contamines-dans-une-morgue


    #covid

    Les résultats montrent que la majorité des #décès ont eu lieu en dehors des structures de santé, dans des communautés très appauvries. En moyenne, 32% des personnes décédées ont été testées positives au Covid-19. Un chiffre qui est monté jusqu’à 89,3% lors de la deuxième phase de janvier à juin 2021. A ce moment-là, 4 personnes sur 5 mouraient dans les villages.

    Analyse avec Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’Université de Genève et directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de cette même université.

    Sciences et Avenir : On apprend dans cette étude que les contaminations au Covid-19 ont atteint environ 90% des morts d’une morgue de Lusaka. Que penser de ce chiffre très élevé ? Est-il représentatif de la situation en #Afrique dans sa globalité ?

    Antoine Flahault : Ces résultats sont très importants parce que l’on a eu trop rapidement la #paresse intellectuelle de trouver de rapides explications à l’apparent faible nombre de cas et de décès dus au Covid rapportés en Afrique subsaharienne. On a invoqué notamment la démographie jeune de la population, l’immunité croisée avec d’autres infections préalables, ou encore le recours fréquent à la chloroquine... alors que cette recherche montre qu’il faut d’abord se poser la question de la sous-estimation massive du problème dans les pays à bas niveau de #revenus. Malheureusement, je crains que l’on puisse tout à fait transposer les résultats de cette recherche conduite en Zambie au reste de l’Afrique subsaharienne.

  • Pourquoi les partis sociaux-démocrates n’exproprient plus les riches
    https://laviedesidees.fr/Pourquoi-les-partis-sociaux-democrates-n-exproprient-plus-les-riches.h

    À propos de : Amory Gethin, Clara Martínez-Toledano, Thomas Piketty, Clivages politiques et #inégalités sociales. Une étude de 50 démocraties (1948-2020), Gallimard-Seuil. Un groupe d’économistes a cartographié les variations des déterminants du #vote afin de mieux comprendre les processus politiques à l’origine de l’augmentation des inégalités de #revenus.

    #Économie
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211020_pikettyen.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211020_pikettyen.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20220217_cavaille_economiefr.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20220217_cavaille_economiefr.docx

  • Services publics : quand dématérialisation rime avec marchandisation La gazette des communes
    https://www.lagazettedescommunes.com/787485/services-publics-quand-dematerialisation-rime-avec-marchandisa

    La dématérialisation des services publics ne pose pas seulement la question de l’exclusion numérique. Elle fait aussi émerger de nouveaux acteurs, privés, qui se posent en intermédiaires entre les usagers et les administrations. « La Gazette » vous propose une enquête en plusieurs volets pour décortiquer l’émergence de ces acteurs qui proposent aux usagers des services payants afin d’accéder aux aides sociales auxquelles ils sont éligibles. Ces pratiques, dont la légalité pourrait être discutée, questionnent la capacité des services publics à se rendre accessibles aux publics qui en ont le plus besoin.

    C’est une rente sur le dos des usagers ! » : l’alarme a été donnée via une volée de courriers envoyés le 9 janvier dernier. L’expéditeur, Joran Le Gall, président de l’Association nationale des assistants de service social (Anas), alerte sur une situation qu’il juge critique : un acteur privé qui propose des services payants pour permettre aux usagers d’accéder aux aides sociales auxquelles ils sont éligibles. Destinataires une ribambelle d’administrations, telles que la Cnaf, la Cnam, la Cnav mais aussi le ministre de la Santé, Olivier Véran, ainsi que Claire Hédon, la Défenseure des droits.

    « La Gazette » a enquêté sur l’apparition de ces intermédiaires d’un nouveau genre, qui s’immiscent au cœur du service public : parmi eux, on retrouve notamment le site « Mes-allocs », « Wizbii », « Toutes mes aides », ou encore l’application Fastoche développée par Payboost, filiale de Veolia, qui ne semble, toutefois, plus en activité.

    Leurs slogans se veulent très engageants et aidants :
    Comme la plupart des gens, vous ne connaissez peut-être pas toutes les aides auxquelles vous avez droit, et les démarches administratives vous découragent. Vous hésitez avant de vous lancer ? » (…)
    Découvrez vite les aides auxquelles vous pouvez prétendre !
    Fini de se perdre dans la jungle administrative, on s’occupe de trouver les aides auxquelles vous êtes éligible.

    « On ne devrait pas pouvoir faire de l’argent sur le dos des personnes pauvres et de la Sécurité sociale », se désole Joran Le Gall, selon qui ces pratiques « viennent pointer l’accès aux services publics et les difficultés que rencontrent les personnes dans l’accès aux droits ».
Un point qui avait aussi été dénoncé par plusieurs chercheurs à l’occasion d’un colloque sur les impacts de la dématérialisation sur les droits des usagers https://www.lagazettedescommunes.com/748478/quels-impacts-de-la-dematerialisation-sur-les-droits-des-usage , organisé par l’université de Lorraine en juin dernier. A ce stade, difficile de connaître le nombre d’usagers utilisant ces intermédiaires, et donc la largeur du trou dans la raquette des services publics.

    Simulateur gratuit, démarches payantes
    Concrètement, le mode opératoire de ces acteurs privés est sensiblement le même et se décline en deux temps : d’abord mettre à disposition un simulateur agrégeant des aides sociales, à l’utilisation gratuite, basé sur le logiciel « Open Fisca », une API mise à disposition par l’Etat depuis 2014 dans une logique d’ouverture des données et des codes sources publics. Elle permet de simuler des prestations sociales, afin de montrer à l’usager qu’il est potentiellement éligible à des aides.
Ensuite, deuxième étape, proposer de réaliser les démarches administratives à la place de l’usager afin de les lui faire percevoir, moyennant rétribution.
    Cette logique en deux temps est celle qu’applique le site « Mes-Allocs », qui s’est lancé en 2018 et propose un simulateur agrégeant 1 200 aides tant nationales, régionales, que locales.
L’utilisation du simulateur est gratuite, mais pour obtenir les aides en passant par l’accompagnement de Mes-Allocs, il en coûtera 29,90 euros de frais d’inscription, auxquels s’ajoute également un forfait de 29,90 euros par trimestre à compter du mois suivant (un forfait résiliable).
L’entreprise apparaît labellisée dans les start-up à impact dans la catégorie « inclusion et lien social », selon le classement de la BPI et France Digitale, lui-même présenté comme rassemblant les « Porte-étendards de la Tech for Good ».
    « Plus d’un million de personnes se renseignent sur notre site chaque mois, et 22 000 personnes sont passées par nos services d’accompagnement », détaille Joseph Terzikhan, fondateur du site, qui assure lutter contre le non-recours puisqu’en moyenne, un utilisateur de Mes-Allocs récupère 3 200 euros d’aides par an. Il précise également que si Mes-Allocs a démarré avec Open Fisca, désormais « au moins 99,5 % des aides sont calculées en interne sur nos serveurs ».
    Viser de nouveaux publics ?
    « L’accès à l’information sur les aides est gratuit. Je comprends que certains puissent avoir du mal à concevoir notre concept, qui est nouveau, mais il est possible de faire payer un service tout en ayant un impact concret sur la vie des utilisateurs. Sans nous, ils ne feraient rien. Ces publics ont des revenus, ils sont en situation intermédiaire et oubliés des aides sociales. Ce ne sont pas les mêmes que ceux qui viennent voir des assistantes sociales et qui sont en situation de grande précarité », assure-t-il, considérant que l’initiative est « complémentaire » des services publics. Ainsi, il indique à « La Gazette » que les aides les plus demandées par son intermédiaire sont celles liées au logement, au soutien familial, à la prime d’activité, et pas forcément le RSA.

    Un autre acteur privé fait lui aussi appel à cette stratégie en deux temps, mais a décidé de se spécialiser sur un segment bien spécifique : la jeunesse. Il s’agit de #Wizbii, entreprise grenobloise qui offre plusieurs services à destination des jeunes, dont Wizbii Money, lancé fin 2019, qui accompagne les jeunes dans leurs recherches d’aides financières.

    Depuis le lancement, 2 millions de jeunes ont utilisé le simulateur, qui se base lui aussi sur Open Fisca et recense près de 500 aides nationales, régionales et locales. 3 000 jeunes ont décidé de confier à Wizbii le soin de réaliser les démarches pour obtenir leurs aides, nous indique Roman Gentil, cofondateur de la société. Dans ce cas, ils doivent débourser un pourcentage fixe : 4 % des aides sociales perçues sont prélevées par Wizbii tous les mois, durant toute la durée de l’octroi de l’aide, « avec un plafonnement à 9 euros par mois maximum », précise Romain Gentil.

    « Dans 90 % des cas, on est en capacité de proposer au moins une aide. Et la moyenne des simulations s’établit entre 2 400 à 2 600 euros d’aides par an », détaille-t-il. « Les aides du #Crous, la prime d’activité, les #APL, ainsi que beaucoup d’aides régionales, départementales ou locales », sont celles qui reviennent le plus.

    « Je peux comprendre que cela questionne, mais le sujet devrait être pris dans l’autre sens : nous apportons une expertise pour toucher un maximum de jeunes sur le territoire, et notre job est de leur faciliter le recours à ces aides. Ils ont le choix de faire appel à nous pour un accompagnement poussé, comme ils peuvent les réaliser eux-mêmes. Il doit y avoir de la place pour tout le monde, on devrait tous avoir une logique collaborative », estime Romain Gentil.

    Des contrats en cours avec l’Etat et les collectivités
    L’entreprise mise déjà sur le #collaboratif puisqu’elle travaille pour le compte d’acteurs publics : elle a ainsi remporté à l’automne 2020 l’appel d’offres du gouvernement pour créer la plateforme vitrine du programme « 1 jeune, 1 solution ».
    
Elle souhaite également multiplier les partenariats auprès des collectivités, pour lesquelles elle propose, sous marque blanche, des plateformes recensant les services proposés à destination des jeunes. C’est chose faite avec Pau depuis mi-2021, ainsi que pour Garges-lès-Gonnesses depuis fin2021. « Dans ce cas, c’est la collectivité qui prend en charge toutes les dépenses d’accès aux services, et les usagers ont y accès gratuitement », indique Romain Gentil, qui espère multiplier ce type de partenariats.

    Autre acteur privé qui voulait également se rapprocher des collectivités : Fastoche, initiative lancée par la filiale de #Veolia, #Payboost. Cette initiative consistait en un « #coach budgétaire et social » qui indiquait notamment les aides sociales auxquelles l’utilisateur pouvait prétendre, pour un coût mensuel de 0,99 euro TTC/mois, à l’exception du premier mois gratuit. Malgré nos multiples sollicitations, il a été impossible d’obtenir un échange. L’application n’est aujourd’hui plus disponible sur les stores, et le site web n’est plus fonctionnel.

    Une « complémentarité » avec les services publics ?
    Mais l’histoire reste éclairante : eux aussi vantaient la collaboration et la complémentarité avec les services publics, et notamment avec les missions des travailleurs sociaux, comme l’indiquait Frédéric Dittmar, président de Payboost, dans un publicommuniqué de Fastoche https://www.unccas.org/fastoche-fr-une-appli-pour-gerer-son-budget-et-ses-droits paru sur le site de l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas) en septembre 2018 : « Fastoche est un outil de prévention pour toucher des publics qui ne viennent pas voir le CCAS, ou bien qui viennent le voir quand il est déjà trop tard et que la situation s’est détériorée. Et #Fastoche permet aussi de démultiplier l’action du travailleur social. On peut déléguer au numérique l’accompagnement quotidien des bénéficiaires, en complément des rencontres humaines avec le travailleur social qui ont lieu sur des temps plus espacés », expliquait-il.
    
Contactée, l’#Unccas n’a pas donné suite à nos propositions d’interview.

    La trajectoire d’une autre initiative, baptisée « Toutes mes aides », est, elle, un peu particulière : projet phare de la première saison de 21, l’accélérateur d’innovation de la #Croix-Rouge française, elle est aussi née d’une volonté de lutter contre le non-recours, mais a fait pivoter son modèle économique, comme toute #start_up qui se respecte, « afin que le coût de l’application ne repose que sur les établissements et les professionnels, et non pas sur les bénéficiaires », comme le précisait https://21-croix-rouge.fr/l-ia-une-solution-pour-r-duire-le-non-recours-aux-aides-de-l-etat-75f le fondateur Cyprien Geze, en avril 2020.

    Aujourd’hui, le site internet s’adresse aux entreprises et mentionne être employé par 43 000 utilisateurs : « chaque employé découvre en moyenne 110 euros d’aides par mois qu’il ne réclamait pas », précise le site, qui vante un moyen de « booster leur pouvoir d’achat » et de leur offrir un « complément de revenus », le tout au prix de 2 euros par mois par collaborateur, avec des tarifs dégressifs pour les structures de plus de 200 collaborateurs.

    « Une taxe sur l’accès aux droits »
    « Comment on en arrive là ? A un système social si complexe, si illisible, avec de moins en moins d’accompagnement et d’accueil des usagers, au point que des usagers abdiquent volontairement une partie de leurs droits sociaux pour y avoir accès ? », interroge Arnaud Bontemps, fonctionnaire et l’un des porte-parole du collectif Nos Services Publics, qui avait publié en avril dernier un rapport sur l’externalisation des services publics. https://www.lagazettedescommunes.com/742967/services-publics-un-collectif-dagents-publics-sonne-lalarme « En faisant payer ces services aux usagers, ces acteurs privés font de l’optimisation fiscale à l’envers : il ne s’agit pas d’aider les gens à échapper à la solidarité nationale, mais de prélever une taxe sur leur accès aux droits », dénonce-t-il.

    Le sujet est brûlant, puisque l’Etat a adopté depuis plusieurs années une stratégie de dématérialisation massive, dénoncée régulièrement par le Défenseur des droits comme étant source d’inégalités dans l’accès aux services publics https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport-demat-num-21.12.18.pdf .

    Aujourd’hui, le gouvernement traduit cette volonté par la dématérialisation d’ici fin 2022 des 250 démarches administratives les plus utilisées par les Français, même s’il se défend d’une stratégie « tout numérique ». https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport-demat-num-21.12.18.pdf Face aux 13 millions de personnes considérées aujourd’hui éloignées du numérique et qui peuvent être perdues dans leurs démarches administratives numérisées, il consacre 250 millions d’euros du plan de relance à l’inclusion, déploie 4 000 conseillers https://www.lagazettedescommunes.com/775257/inclusion-numerique-les-elus-locaux-reclament-la-perennisation et développe le maillage territorial en « France Services », héritières des Maisons de services au public. https://www.lagazettedescommunes.com/779918/que-vont-devenir-les-maisons-de-services-au-public-non-labelli Sollicités, ni les ministères de la Transformation et de la fonction publiques, ni celui de la Cohésion des territoires, n’ont donné suite à nos demandes d’entretiens.

    #Service_Public #Dématérialisation #droits #marchandisation #Numérique #Administration #Aides #usagers #services_publics #Travailleurs sociaux #Action_Sociale #Revenus #accès_aux_Droits #Système_Social #solidarité #externalisation #privatisation #Solidarité confisquée

  • Les banques désormais obligées d’ouvrir un compte aux femmes
    https://www.midilibre.fr/2021/10/28/les-banques-desormais-obligees-douvrir-un-compte-aux-femmes-ca-nous-a-paru

    Le Sénat vient d’entériner la loi visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle. Elle prévoit, entre autres, l’obligation pour les banques d’ouvrir un compte bancaire à une femme à son nom pour percevoir son salaire, pension de retraite ou prestation sociale. Et échapper ainsi à l’emprise d’un conjoint violent pour conquérir son autonomie financière. Les explications d’Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault et membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. 
    . . . .
    Mais dans quel cas une banque pouvait-elle refuser l’ouverture d’un compte à une femme ? 
    En France, il y a un non dit. Les gens qui bénéficient de minimas sociaux comme les ex-interdits bancaires ne sont pas des gens qui vont épargner, boursicoter ou thésauriser. Ils n’intéressent pas les banques. Après trois ou quatre refus, ils doivent se rendre à la Banque de France qui ordonne à un établissement de leur ouvrir un compte. Les « pauvres » sont répartis. Avant on faisait appel à la Poste, c’est une banque publique. C’est plus compliqué aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons voulu baliser le parcours vers l’autonomie financière.


    Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault, membre du Haut conseil à l’égalité.

    Cela concerne combien de personnes ?
    C’est difficile à quantifier. Il s’agit de plusieurs centaines de milliers de femmes. On s’est rendu compte que c’est tout sauf un phénomène mineur. Nous pensions au départ qu’il s’agissait de compte joint avec double chéquier et double carte bancaire.

    L’obligation est la même pour les prestations sociales et pensions de retraite ?
    Il ne fallait pas s’intéresser qu’aux femmes engagées dans la vie active. Mais aussi celles qui sont à la retraite et mères au foyer. Les femmes qui subissent des violences à la retraite, c’est un fléau, elles sont plus isolées socialement qu’une femme qui travaille.
    . . . . . .
    #Femmes #Banques #revenus #Pauvres

  • Dis-moi Maman, ça veut dire quoi être #payée au féminin ?
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/12/dis-moi-maman-ca-veut-dire-quoi-etre-payee-au-feminin

    C’est une façon de dénoncer : au Québec, les emplois traditionnellement occupés par les femmes n’ont pas la même rémunération que ceux détenus par les hommes. Eh oui ! la discrimination salariale est bien réelle chez nous, ma fille, même en 2021.

    Une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontre qu’il existe un écart salarial de 24% entre les emplois à majorité masculine des sociétés d’État (Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) et les emplois à majorité féminine de l’administration publique (réseau de la santé et des services sociaux, éducation, fonction publique). Ça peut sembler compliqué, ma fille, mais en résumé, ça veut dire que la majorité des femmes qui sont employées par l’État sont sous-payées quand on les compare avec leurs collègues masculins. Juste parce qu’elles travaillent dans des sous-secteurs où les femmes sont majoritaires !

    #femmes #discrimination #pauvreté #sexisme #revenus