• L’Ukraine : terrain d’affrontement entre l’impérialisme et la Russie (Cercle Léon Trotsky du 18 novembre 2022)

    – texte de la conférence :
    https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/lukraine-terrain-daffrontement-entre-limperialisme-et-la-russie-text
    – audio :
    https://www.lutte-ouvriere.org/multimedia/exposes-du-cercle-leon-trotsky/lukraine-terrain-daffrontement-entre-limperialisme-et-la-russie-audi &
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    – vidéo :
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    Sommaire :

    La guerre en Ukraine, résultat de la politique impérialiste depuis la fin de l’URSS
    – L’#impérialisme domine le monde
    – La Russie est-elle impérialiste ?
    – L’#Union_européenne, l’Europe de l’Est et l’ex-URSS
    – L’#Ukraine tiraillée entre l’Occident et la Russie
    – Les coups de boutoir des occidentaux
    – Les #États-Unis grands gagnants du conflit, l’Union européenne fragilisée
    – La #Russie dans l’impasse

    De la bureaucratie stalinienne à la bureaucratie d’aujourd’hui
    – Les soviets, de la #révolution aux lendemains de la guerre civile
    – La #bureaucratisation de l’État et du parti bolchevique
    – Le pouvoir instable de la bureaucratie soviétique
    – Un État ouvrier « dégénéré » dès les années 1930
    – Après la mort de #Staline : essor et paralysie de la planification bureaucratique
    – Le développement de l’économie de l’ombre
    – Les années 1990, effondrement du pays et gloire des « oligarques »
    #Poutine au pouvoir : la #bureaucratie reprend les rênes de l’État
    – La mise au pas des oligarques
    #Gazprom ou la reprise en main des secteurs stratégiques de l’État
    – Imbrication des capitaux privés et du pouvoir étatique
    – Une bureaucratie qui pille plus que jamais
    – Une société originale #révolution_russe

    Les populations russe et ukrainienne dans la guerre
    – La guerre côté russe
    – L’effet des sanctions pour la population
    – Des sanctions partielles et contournées
    – Dissensions au sommet de la société russe ?
    – La complicité fondamentale de l’impérialisme et de la bureaucratie
    – La nature du #régime_ukrainien
    – Le poison du #nationalisme
    – Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, des #bolcheviks aux staliniens

    Contre la #guerre, relever le drapeau de la révolution prolétarienne

  • Libé des auteur·es jeunesse
    « Beaucoup de militants ont un engagement corps et âme pendant des années » – Ration
    https://www.liberation.fr/culture/livres/beaucoup-de-militants-ont-un-engagement-corps-et-ame-pendant-des-annees-2

    « Beaucoup de militants ont un engagement corps et âme pendant des années »
    Le sociologue et universitaire Colin Robineau décrit le profil et les types d’actions des activistes autonomes, au-delà du stéréotype.

    Black bloc, antifa, ultragauche, les mouvements militants sont souvent caricaturés par des expressions qui ne disent rien des motivations et actions des personnes qui les composent. Dans Devenir révolutionnaire. Sociologie de l’engagement autonome (La Découverte), le sociologue Colin Robineau s’attache à définir les conditions sociales de leur engagement politique. Il évoque pour nous les contours de ce milieu militant.

    Qu’est-ce que le mouvement autonome ?

    Historiquement, l’autonomie se situe dans la filiation marxiste, mais un marxisme hétérodoxe qui a pris le nom d’opéraïsme en Italie à la fin des années 60. Hétérodoxe non seulement parce que ce courant a produit très tôt une critique du régime soviétique mais aussi des organisations traditionnelles de la classe ouvrière, partis et syndicats, comme institutions bureaucratisées. Donc il fallait que le prolétariat s’en libère et s’autonomise. Les luttes devaient se structurer par le bas, par les ouvriers eux-mêmes. Au départ, l’ouvrier était la figure centrale du mouvement, puis, dans les années 1970, de nouveaux fronts de lutte sont apparus : les luttes homosexuelles, féministes, le mouvement punk, les indiens métropolitains, les marginaux, les prisonniers, le mouvement antipsychiatrique…

    Les militants autonomes ont-ils un mode de vie, des modes d’action particuliers ?

    L’autonomie se construit dans des espaces communautaires de type squats, des centres sociaux autogérés, mais aussi avec des velléités insurrectionnelles, des luttes assez déterminées qui, dans les années 70, ont pu conduire certains groupes autonomes à s’engager dans la lutte armée. La perspective insurrectionnelle peut se retrouver encore aujourd’hui, essentiellement dirigée contre des biens matériels, à travers des pratiques émeutières, des actes de sabotage ou la tactique du black-bloc, qui est très médiatisée, mais qui ne constitue qu’un mode d’action parmi d’autres des autonomes. Par exemple, mon terrain à Paris était un squat d’activités qui organisait tout un tas d’activités. Il y avait des repas à prix libre le midi avec une soixantaine de couverts tous les jours. Il y avait aussi une permanence de soutien aux sans-papiers, sur le mal-logement, un cinéclub… L’idée était de construire, sur le temps long, un espace de solidarité de classe à l’échelle locale. On est donc assez loin de la vision caricaturale d’un mouvement autonome exclusivement porté sur la violence politique.

    Vous parlez d’une période d’engagement total des militants.

    Beaucoup de militants avec lesquels je me suis entretenu ont connu un engagement très intense, corps et âme on pourrait dire, pendant plusieurs années. Un engagement qui passe par une participation active aux mouvements sociaux, dans des collectifs de lutte, mais aussi bien souvent par un refus du travail et un mode de vie en squat. Cela génère évidemment des coûts : une vie sans le sou, un habitat précaire dont on peut se faire expulser à tout moment, le risque de la répression. Et en même temps, c’est un milieu, un microcosme politique avec une vie culturellement assez fournie dans laquelle les lectures et les discussions politiques occupent une place considérable, ce qui favorise l’acquisition d’un langage théorique et une argumentation très structurée. D’ailleurs beaucoup sont passés par des études en sciences sociales.

    Les militants autonomes prennent-ils part aux ZAD ?

    Les autonomes y sont assez présents, même s’il n’y a pas qu’eux. Ce sont des lieux qui marient une forte dose de conflictualité contre des adversaires puissants, l’Etat et le capitalisme, et l’expérimentation d’autres formes de vie collective. C’est ce qui fait je crois leur caractère original, en étant à la fois des terrains de lutte et des espaces qui ouvrent des possibles.

    Y a-t-il des facteurs qui prédisposent à l’engagement à l’extrême gauche ?

    Le plus évident est que beaucoup d’entre eux ont des parents de gauche ou d’extrême-gauche, qui ont souvent connu un engagement politique, en Mai 68 par exemple. Par ailleurs, beaucoup de militants avec lesquels je me suis entretenu ont des parents qui appartiennent aux classes moyennes à fort capital culturel : des instituteurs et des enseignants notamment. Mais ce qui est intéressant c’est que très souvent l’un de leurs parents vient d’un milieu populaire, et l’autre d’un milieu petit bourgeois ou bourgeois. C’est ce que j’ai appelé une configuration familiale polarisée. L’interprétation que je propose, c’est que cette socialisation précoce au croisement de deux mondes très différents tend à dévoiler l’arbitraire du monde social, de ses hiérarchies et de ses classements. Ça tend à produire un regard aiguisé sur le monde et une sensibilité particulière aux injustices.

    Comment devient-on militant autonome, une fois ces dispositions acquises ?

    Le passage à l’acte, chez les militants qui apparaissent dans mon livre, s’opère généralement dans des contextes étudiants très politisés. Mais c’est surtout leur première participation à un mouvement social qui, en leur donnant l’occasion de ressentir la puissance de l’agir collectif, va en quelque sorte servir de rampe de lancement à leur engagement futur.

    L’écologie fait-elle partie des préoccupations de ces militants et est-ce que les militants autonomes et les militants écologistes peuvent se rejoindre ?

    Je pense qu’on peut faire l’hypothèse d’un double mouvement avec, d’un côté, une forme d’écologisation des militants autonomes – le processus est d’ailleurs bien avancé et les ZAD n’en sont qu’un exemple – et, d’un autre côté, même si c’est moins évident, une radicalisation des militants écologistes. Pour une partie de la jeunesse, l’écologie n’est plus une affaire de petits gestes individuels et d’accommodements raisonnables : elle s’articule avec une critique de l’ordre social et du capitalisme. Il reste à savoir si des interactions entre les uns et les autres, des espaces de rencontre et des mobilisations communes vont se structurer ou si, au contraire, des divergences idéologiques ou stratégiques, des inimitiés en termes d’origines ou de positions sociales vont faire obstacle à un rapprochement. D’un point de vue plus structurel, on peut aussi imaginer qu’une partie de la jeunesse confrontée à la menace du déclassement, voire sacrifiée au chômage, peut aussi se sentir condamnée au désastre écologique. A ce titre, une autre dimension qui me semble importante dans ce cadre-là est de savoir si la convergence des luttes sociales et écologistes s’accompagne, dans les faits, d’un recrutement militant propice aux alliances de classe, c’est-à-dire avec un ralliement des classes populaires.

    j’imaginais pas les dégâts causés par le fort capital culturel des instituteurs

    #autonomes #révolutionnaires #journalisme #sociologie_journalistique

  • La Pologne en 1831, précurseur de la fondation des états nationaux au dix neuvième siècle
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Novembre

    Pour les socualistes l’hymne Warszawianka est l’autre Marseillaise avant la l’Internationale

    « Whirlwinds of Danger » - Warszawianka in English
    https://www.youtube.com/watch?v=g5D2Mq-W3hs

    La Varsovienne
    https://www.youtube.com/watch?v=_yqUS11cbAk

    https://www.youtube.com/watch?v=w5cp0rSbQ8Q

    https://en.wikipedia.org/wiki/Whirlwinds_of_Danger

    https://www.youtube.com/watch?v=feql1rTvRgA

    « A Las Barricadas » - Anthem of the CNT
    https://www.youtube.com/watch?v=7_Pk6VjZlho

    Insurrection de Novembre
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Novembre

    Hambacher Fest
    https://de.wikipedia.org/wiki/Hambacher_Fest

    Das Hambacher Fest fand vom 27. Mai bis zum 1. Juni 1832 auf dem Hambacher Schloss statt. Das Schloss liegt nahe bei Hambach, in Neustadt an der Haardt (heute: Neustadt an der Weinstraße) in der damals zum Königreich Bayern gehörigen Rheinpfalz. Es gilt als Höhepunkt bürgerlicher Opposition in der Zeit der Restauration und zu Beginn des Vormärz. Die Forderungen der Festteilnehmer nach nationaler Einheit, Freiheit und Volkssouveränität hatten ihre Wurzeln im Widerstand gegen die restaurativen Bemühungen des Deutschen Bundes.

    Das Hambacher Fest ist im Zusammenhang mit anderen Ereignissen zu sehen, so dem Wartburgfest (1817), der französischen Julirevolution (1830), dem polnischen Novemberaufstand (1830/31), der Belgischen Revolution (1830/31), dem gleichzeitig gestarteten Gaibacher Fest (27. Mai 1832), dem ebenfalls gleichzeitig begonnenen Sandhof-Fest (27. Mai 1832),[1] dem Nebelhöhlenfest (Anfang Juni 1832),[2] dem Wilhelmsbader Fest (Ende Juni 1832),[3] dem Frankfurter Wachensturm (1833) sowie schließlich der Märzrevolution (1848/49).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_de_Hambach

    Le journaliste Heinrich Heine, quand les nouvelles de Hambach lui arrive, critique cette apparente inaction :

    « Pendant les jours de la fête de Hambach, avec un peu de vision, on avait de bonne chance de succès si on avait essayé de se faire soulever l’Allemagne. Ces jours étaient les derniers rendez-vous que la déesse de la liberté nous avait laissés... »
    ...
    L’unité allemande, réclamée à Hambach, ne se fait qu’en 1871 « par le haut » sous l’impulsion du chancelier prussien Otto von Bismarck. Toutefois la solution petite-allemande qui est choisie exclut les Allemands présents en Autriche, tout en incluant des populations non allemandes comme les Polonais. Le rêve d’un État-nation n’est donc que partiellement atteint.

    #Allemagne #Pologne #révolution #nationalisme

  • Brochure LO "Le camps des travailleurs" (32 pages, juin 2022) https://www.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/documents/caravane-ete-2022.pdf

    Face à la flambée des prix, augmentation et indexation des salaires !

    Depuis trop d’années nous laissons la classe capitaliste encaisser sous forme de profits les richesses que nous produisons collectivement. Aujourd’hui nous n’avons plus le choix : pour ne pas nous appauvrir, il faut que nous nous battions pour que ces richesses nous reviennent en salaire et en pouvoir d’achat. Dès que les prix augmentent, il faut que les salaires, les allocations et les pensions augmentent dans la même proportion.

    #inflation

    #Contrôle_des_comptes pour prendre sur les profits

    Le plus important, pour nous, n’est pas ce qui va se passer à l’Élysée, à Matignon ou à l’Assemblée nationale. C’est ce qui va se passer dans les entreprises, c’est notre capacité à nous rassembler, à nous organiser et à nous battre contre un système aussi fou !

    Contre le #chômage, imposer des embauches et la #répartition_du_travail entre tous, avec maintien du salaire !

    En fait, les choses sont simples : ce sont nos emplois ou leurs profits, nos salaires ou leurs dividendes, nos conditions de travail ou leurs caprices de riches.

    Le #capitalisme menace la société, il faut le renverser !

    Nous devons nous battre pour défendre nos conditions d’existence mais aussi pour empêcher ces irresponsables de nuire à toute la société. Il faut contester leur pouvoir et tout leur système parce qu’ils nous mènent à la catastrophe.

    « Le capitalisme porte en lui la #guerre, comme la nuée porte l’orage » (Jaurès)

    Pas un euro pour les marchands de canons, pas un travailleur pour faire l’union sacrée derrière l’#impérialisme !

    #Mélenchon et la #Nupes : le retour des marchands d’illusions

    Les vraies leçons du #Front_populaire

    Contre l’#extrême_droite, vive le #camp_des_travailleurs ! Travailleurs français, immigrés, une seule classe ouvrière !

    #Lutte_ouvrière #LO #Jean_Luc_mélenchon #réformisme #communisme #révolution #classe_ouvrière

  • Amparo Poch, femme libre
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#Poch

    En 2018, le gouvernement de la Generalitat de Catalogne a commémoré les cinquante ans du décès à Toulouse d’Amparo Poch y Gascón (1902-1968) avec un court documentaire (10 min, VOSTF). Réalisé par Jordi Algué, il retrace la vie de cette doctoresse espagnole, militante féministe libertaire, pacifiste et anarchiste. Cofondatrice, avec Lucía Sánchez Saornil et Mercedes Comaposada Guillén, de l’organisation Mujeres Libres, elle participa à la révolution sociale espagnole de 1936. On peut trouver cette vidéo, avec d’autres tout aussi intéressantes (Pinelli, Durruti, presse libertaire...), sur la chaîne YouTube d’Alba Lateral. Anarlivres lui a consacré un « tableau bibliographique » : cliquez sur le tableau pour l’agrandir et passez le curseur sur les illustrations pour afficher les légendes.

    #AmparoPoch #libertaire #anarchisme #MujeresLibres #RévolutionEspagnole #Anarlivres #féminisme

  • 16 novembre 1927 : #Adolf_Joffé se suicide. Il laisse auprès de son corps la lettre suivante, adressée à Léon #Trotsky :

    Cher Léon Davidovitch,

    Toute ma vie j’ai été d’avis qu’un homme politique devait comprendre lorsque le moment était venu de s’en aller ainsi qu’un acteur quitte la scène et qu’il vaut mieux pour lui s’en aller trop tôt que trop tard.

    Pendant plus de trente ans j’ai admis l’idée que la vie humaine n’a de signification qu’aussi longtemps et dans la mesure où elle est au service de quelque chose d’infini. Pour nous, l’humanité est cet infini. Tout le reste est fini, et travailler pour ce reste n’a pas de sens. Même si l’humanité devait un jour connaître une signification placée au-dessus d’elle-même, celle-ci ne deviendrait claire que dans un avenir si éloigné que pour nous l’humanité serait néanmoins quelque chose de complètement infini. Si on croit, comme je le fais, au progrès, on peut admettre que lorsque l’heure viendra pour notre planète de disparaître, l’humanité aura longtemps avant trouvé le moyen d’émigrer et de s’installer sur des planètes plus jeunes. C’est dans cette conception que j’ai, jour après jour, placé le sens de la vie. Et quand je regarde aujourd’hui mon passé, les vingt-sept années que j’ai passées dans les rangs de notre parti, je crois pouvoir dire avec raison que, tout le long de ma vie consciente, je suis resté fidèle à cette philosophie. J’ai toujours vécu suivant le précepte : travaille et combat pour le bien de l’humanité. Aussi je crois pouvoir dire à bon droit que chaque jour de ma vie a eu son sens.

    Mais il me semble maintenant que le temps est venu où ma vie perd son sens, et c’est pourquoi je me sens le devoir d’y mettre fin.

    Depuis plusieurs années, les dirigeants actuels de notre parti, fidèles à leur orientation de ne donner aux membres de l’opposition aucun travail, ne m’ont permis aucune activité, ni en politique, ni dans le travail soviétique, qui corresponde à mes aptitudes. Depuis un an, comme vous le savez, le bureau politique m’a interdit, en tant qu’adhérent de l’opposition, tout travail politique. Ma santé n’a pas cessé d’empirer. Le 20 septembre, pour des raisons inconnues de moi, la commission médicale du comité central m’a fait examiner par des spécialistes. Ceux-ci m’ont déclaré catégoriquement que ma santé était bien pire que je ne le supposais, et que je ne devais pas passer un jour de plus à Moscou, ni rester une heure de plus sans traitement, mais que je devais immédiatement partir pour l’étranger, dans un sanatorium convenable.

    A ma question directe ; « Quelle chance ai-je de guérir à l’étranger, et ne puis-je pas me faire traiter en Russie sans abandonner mon travail », les médecins et assistants, le médecin en activité du comité central, le camarade Abrossov, un autre médecin communiste et le directeur de l’hôpital du Kremlin m’ont répondu unanimement que les sanatoriums russes ne pouvaient absolument pas me soigner, et que je devais subir un traitement à l’Ouest. Ils ajoutèrent que si je suivais leurs conseils, je n’en serais pas moins sans aucun doute hors d’état de travailler pour une longue période.

    Après quoi, la commission médicale du comité central, bien qu’elle eût décidé de m’examiner de sa propre initiative, n’entreprit aucune démarche, ni pour mon départ à l’étranger, ni pour mon traitement dans le pays. Au contraire, le pharmacien du Kremlin, qui, jusqu’ici, m’avait fourni les remèdes qui m’étaient prescrits, se vit interdire de le faire. J’étais ainsi privé des remèdes gratuits dont j’avais bénéficié jusque-là. Cela arriva, semble-t-il, au moment où le groupe qui se trouve au pouvoir commença à appliquer sa solution contre les camarades de l’opposition : frapper l’opposition au ventre.

    Tant que j’étais assez bien pour travailler, tout cela m’importait peu ; mais comme j’allais de mal en pis, ma femme s’adressa à la commission médicale du comité central, et, personnellement, au docteur Semachko, qui a toujours affirmé publiquement qu’il ne fallait rien négliger pour « sauver la vieille garde » ; mais elle n’obtint pas de réponse, et tout ce qu’elle put faire fut d’obtenir un extrait de la décision de la commission. On y énumérait mes maladies chroniques, et on y affirmait que je devais pour un an environ me rendre dans un sanatorium comme celui du professeur Riedländer. « Il y a maintenant huit jours que j’ai dû m’aliter définitivement, car mes maux chroniques, dans de telles circonstances, se sont naturellement fortement aggravés, et surtout le pire d’entre eux, ma vieille polynévrite, qui est redevenue aiguë, me causant des souffrances presque intolérables, et m’empêchant même de marcher.

    Depuis neuf jours je suis resté sans aucun traitement, et la question de mon voyage à l’étranger n’a pas été reprise. Aucun des médecins du comité central ne m’a visité. Le professeur Davidenko et le docteur Levine, qui ont été appelés à mon chevet, m’ont prescrit des bagatelles, qui manifestement ne peuvent guérir, et ont reconnu qu’on ne pouvait rien faire et qu’un voyage à l’étranger était urgent. Le docteur Levine a dit à ma femme que la question s’aggravait du fait que la commission pensait évidemment que ma femme voudrait m’accompagner, » ce qui rendrait l’affaire trop coûteuse « . Ma femme répondit que, en dépit de l’état lamentable dans lequel je me trouvais, elle n’insisterait pas pour m’accompagner, ni elle, ni personne. Le docteur Levine nous assura alors que, dans ces conditions, l’affaire pourrait être réglée. Il m’a répété aujourd’hui que les médecins ne pouvaient rien faire, que le seul remède qui restait était mon départ immédiat pour l’étranger. Puis, ce soir, le médecin du comité central, le camarade Potiomkrine, a notifié à ma femme la décision de la commission médicale du comité central de ne pas m’envoyer à l’étranger, mais de me soigner en Russie. La raison en était que les spécialistes prévoyaient un long traitement à l’étranger et estimaient un court séjour inutile, mais que le comité central ne pouvait donner plus de 1000 dollars pour mon traitement et estimait impossible de donner plus.

    Lors de mon séjour à l’étranger il y a quelque temps, j’ai reçu une offre de 20 000 dollars pour l’édition de mes mémoires ; mais comme ceux-ci doivent passer par la censure du bureau politique, et comme je sais combien, dans notre pays, on falsifie l’histoire du parti et de la révolution, ,je ne veux pas prêter la main à une telle falsification. Tout le travail de censure du bureau politique aurait consisté à m’interdire une appréciation véridique des personnes et de leurs actes - tant des véritables dirigeants de la révolution que de ceux qui se targuent de l’avoir été. Je n’ai donc aujourd’hui aucune possibilité de me faire soigner sans obtenir de l’argent du comité central, et celui-ci, après mes vingt-sept ans de travail révolutionnaire, ne croit pas pouvoir estimer ma vie et ma santé à un prix supérieur à 1000 dollars. C’est pourquoi, comme je l’ai dit, il est temps de mettre fin à ma vie. Je sais que l’opinion générale du parti n’admet pas le suicide ; mais je crois néanmoins qu’aucun de ceux qui comprendront ma situation ne pourra me condamner. Si j’étais en bonne santé, je trouverais bien la force et l’énergie de combattre contre la situation existant dans le parti ; mais, dans mon état présent, je ne puis supporter un état de fait dans lequel le parti tolère en silence votre exclusion, même si je suis profondément persuadé que, tôt ou tard, se produira une crise qui obligera le parti à expulser ceux qui se sont rendus coupables d’une telle ignominie. En ce sens, ma mort est une protestation contre ceux qui ont conduit le parti si loin qu’il ne peut même pas réagir contre une telle honte.

    S’il m’est permis de comparer une grande chose avec une petite, je dirai que l’événement historique de la plus haute importance que constituent votre exclusion et celle de #Zinoviev, une exclusion qui doit inévitablement ouvrir une période thermidorienne dans notre révolution, et le fait que, après vingt-sept années d’activité dans des postes responsables, il ne me reste plus rien d’autre à faire qu’à me tirer une balle dans la tête, ces deux faits illustrent une seule et même chose : le régime actuel de notre parti. Et ces deux faits, le petit et le grand, contribuent tous les deux à pousser le parti sur le chemin de #Thermidor.

    Cher Léon Davidovitch, nous sommes unis par dix ans de travail en commun, et je le crois aussi par les liens de l’amitié ; et cela me donne le droit, au moment de la séparation, de vous dire ce qui me parait être chez vous une faiblesse.

    Je n’ai jamais douté que vous étiez dans la voie juste, et, vous le savez, depuis plus de vingt ans, y compris dans la question de la » révolution permanente ", j’ai toujours été de votre côté. Mais il m’a toujours semblé qu’il vous manquait cette inflexibilité, cette intransigeance dont a fait preuve Lénine, cette capacité de rester seul en cas de besoin, et de poursuivre dans la même direction, parce qu’il était sûr d’une future majorité, d’une future reconnaissance de la justesse de ses vues. Vous avez toujours eu raison en politique depuis 1905, et Lénine lui aussi l’a reconnu ; je vous ai souvent raconté que je lui avais entendu dire moi-même : en 1905, c’était vous et non lui qui aviez raison. A l’heure de la mort, on ne ment pas et je vous le répète aujourd’hui.

    Mais vous vous êtes souvent départi de la position juste en faveur d’une unification, d’un compromis dont vous surestimiez la valeur. C’était une erreur. Je le répète : en politique, vous avez toujours eu raison, et maintenant vous avez plus que jamais raison. Un jour, le parti le comprendra, et l’histoire sera forcée de le reconnaître.

    Ne vous inquiétez donc pas si certains vous abandonnent, et surtout si la majorité ne vient pas à vous aussi vite que nous le souhaitons. Vous êtes dans le vrai, mais la certitude de la victoire ne petit résider que dans une intransigeance résolue, dans le refus de tout compromis, comme ce fut le secret des victoires de Vladimir Iliitch.

    J’ai souvent voulu vous dire ce qui précède, mais je ne m’y suis décidé que dans le moment où je vous dis adieu. Je vous souhaite force et courage, comme vous en avez toujours montré, et une prompte victoire. Je vous embrasse. Adieu.

    A. Joffé.

    PS. - J’ai écrit cette lettre pendant la nuit du 15 au 16, et, aujourd’hui 16 novembre, Maria Mikhailovna est allée à la commission médicale pour insister pour qu’on m’envoie à l’étranger, même pour, un mois ou deux. On lui a répondu que, d’après l’avis des spécialistes, un séjour de courte durée à l’étranger était tout à fait inutile ; et on l’a informée que la commission avait décidé de me transférer immédiatement à l’hôpital du Kremlin. Ainsi ils me refusent même un court voyage à l’étranger pour améliorer ma santé, alors que tous les médecins sont d’accord pour estimer qu’une cure en Russie est inutile.

    Adieu, cher Léon Davidovitch, soyez fort, il faut l’être, et il faut être persévérant aussi, et ne me gardez pas rancune.

    Source : https://www.marxists.org/francais/4int/urss/joffe_19271115.htm

    #suicide #stalinisme #trotskysme #Lénine

    • je ne puis supporter un état de fait dans lequel le parti tolère en silence votre exclusion, même si je suis profondément persuadé que, tôt ou tard, se produira une crise qui obligera le parti à expulser ceux qui se sont rendus coupables d’une telle ignominie.

      paradoxe, Trotsky avait raison quant à la portée révolutionnaire des soviets de 1905, cette avant-garde de masse, face à un Lénine qui n’admettait alors rien au-delà du parti. effondrement (et pour cause ?), il devint le premier des trotskystes, tragiquement éprouvés par des persécutions criminelles, un courant qui n’a tenu que par une version épurée jusqu’à l’abstraction politique la plus déliée possible des subjectivités sociales qui inventèrent les soviets : la foi en un parti d’avant-garde qu’une autre direction politique (...) viendrait rendre à sa vérité, un néobolchévisme authentique, sans révolution.

      #parti #révolution #révolution_interrompue #soviets

  • Cabrioles #AutodéfenseSanitaire sur Twitter : « Bonsoir à tous·tes, Le temps est venu pour nous de vous dire aurevoir » / Twitter
    https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1591559146452688896

    La négation/minimisation du Covid, de par la hiérarchisation de la valeur des vies qu’elle implique s’inscrit dans un positionnement éthico-politique profondément réactionnaire.Parler du « complotisme » est confortable pour tous, pour les fascistes qui se posent en contestataires, les libéraux qui jouent aux rationnels et cachent leur rôle dans la fascisation, et même pour les camarades égaré·es qui s’en servent pr minimiser leur alliances réactionnaires.Mais en ce qui concerne la négation de la pandémie à gauche, le fait de naturaliser que le Covid devienne la 3eme cause de mortalité en France, que les handi·es peuvent bien crever et que 2 millions de personnes souffrent de séquelles invalidantes, il ne s’agit pas de complotismeIl s’agit d’un phénomène socio-politique d’ampleur qui a été intensément porté et légitimé par les organes intellectuels de gauche/autonomes. Organes qui sont tenus par des gens qui ne font pas partie des catégories de la pop° les + en danger face au Covid.
    Nous l’avons dit et répété, il n’y a pas que chez les macronistes que les digues ont sautées. Tout corps plongé dans l’eau se mouille, et nul ne peut prétendre être indemne de l’ascencion continue de la boue fascisante.

  • La Révolution russe, par Léon Trotsky

    https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm

    A l’automne de 1932, une association d’étudiants social-démocrates danois invita #Trotsky à faire une #conférence à #Copenhague sur la #Révolution_russe. Trotsky prit la parole en allemand au stadium de Copenhague devant 2500 personnes. Après l’exposé consacré à la révolution d’Octobre, à ses causes et à sa signification, il termina par une exaltation du #socialisme qui signifie « le saut du règne de la nécessité au règne de la liberté, en ce sens que l’homme d’aujourd’hui, déchiré par ses propres contradictions, pourra s’ouvrir la voie d’une existence plus heureuse ». Le gouvernement danois avait interdit la radiodiffusion de la conférence, invoquant des objections du roi et de la cour... (extrait de l’appendice à « ma vie », par #Alfred_Rosmer)

  • 6 novembre 1917 : début de la première révolution prolétarienne victorieuse

    – 50e anniversaire de la révolution russe d’octobre 1917 https://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky-avant-1968/article/cinquantieme-anniversaire-de-la#annee-1917-revolution-russe-3 (1er octobre 1967)

    – 70e anniversaire de la révolution d’Octobre 1917 : actualité de la révolution prolétarienne https://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/70e-anniversaire-de-la-revolution

    – 7 novembre 1917, les ouvriers prenaient le pouvoir en Russie https://journal.lutte-ouvriere.org/2007/11/09/il-y-90-ans-le-7-novembre-1917-les-ouvriers-prenaient-le-pou

    – 100e anniversaire de la révolution d’octobre 1917 https://www.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/documents/centenaire-revolution-russe.pdf (pdf, 20 octobre 2017) #éphéméride #révolution_russe (Intro d’#Arlette_Laguiller + texte de la conférence)

    #LO #nathalie_arthaud #lutte_ouvrière #archive_LO

  • Geographical distribution of protesters killed in #IranRevolution during the last 51 days.

    319 people killed by security forces in which one third are from Sistan and Blauchistan, more than 90 killed in massacre in #Zahedan and at least 16 killed in #Khash.

    https://twitter.com/Sima_Sabet/status/1589389251803721728

    #Iran #manifestations #résistance #morts #décès #cartographie #visualisation #révolution_iranienne

    ping @visionscarto

  • Ne parlons plus du réchauffement climatique, ni même d’écologie ?
    https://ricochets.cc/Ne-parlons-plus-du-rechauffement-climatique-ni-meme-d-ecologie.html

    Voici deux articles un peu provocateurs pour prendre du recul. Conserver ce qu’il faudrait abolir via des artefacts technologiques ? Avec ou sans les « solutions » du système, les désastres avancent. S’attaquer à la mégamachine, à l’impasse structurelle du techno-capitalisme, au lieu de cibler des acteurs individuels des désastres et d’accompagner une métamorphose-transition du Monstre. Démolir et effondrer la civilisation au lieu d’une résilience pourrie au coeur des désastres ? On ne souffre pas tant d’un (...) #Les_Articles

    / #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, Révoltes, insurrections, débordements..., Révolution , (...)

    #Révoltes,_insurrections,_débordements... #Révolution_ #Ecologie
    http://www.palim-psao.fr/2022/11/le-rechauffement-climatique-ne-m-interesse-pas.parlez-moi-d-autre-chose-p
    https://rebellyon.info/L-Ecologie-ou-la-Revolution-24237

  • Smaïn Laacher : « En Iran, la critique radicale de l’ordre religieux tente de redéfinir la question de l’égalité entre les deux sexes dans tous les espaces de la société »

    L’histoire ne se répète pas. L’Iran de 2022 n’est plus celui de 1979. Depuis l’arrivée au pouvoir temporel et spirituel de l’ayatollah Khomeyni, les contestations populaires ont été nombreuses et les femmes toujours massivement présentes lors des protestions. La situation économique et sociale n’a cessé de se dégrader, en ville et à la campagne ; et pas seulement à cause de l’embargo américain. La liberté de penser, de s’exprimer, d’écrire et de diffuser a été violemment contrôlée et réprimée. Des homosexuels ont été pendus en place publique et nombreux sont les journalistes a avoir été jetés en prison. Les mouvements de grève se sont multipliés.

    Aujourd’hui, dans tout le pays, des manifestantes par milliers ne supportent plus l’insupportable. Celles-ci, pour une grande part, viennent des nombreuses universités et grandes écoles iraniennes dont elles constituent la moitié des étudiants. Souvenons-nous : en août 2014, une mathématicienne iranienne, Maryam Mirzakhani, avait été la première femme au monde à recevoir la prestigieuse médaille Fields. Elle n’avait pas été formée dans une grande université américaine, mais à l’université technologique Sharif, à Téhéran.
    C’est parmi cette fraction de la population iranienne que l’on compte aujourd’hui, selon certaines ONG, plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessées et des milliers d’arrestations. Il importe pourtant de ne pas commettre d’erreur de perception sur ce qu’il se passe dans le pays. Ce n’est pas tant le « voile » que les femmes veulent éradiquer et faire disparaître à jamais de la société iranienne, mais l’imposition de la norme cléricale dans l’espace privé et public. Au-delà du hijab et du degré de visibilité des cheveux féminins, ces manifestantes et manifestants ne supportent plus le désir pathologique du pouvoir clérical et de sa police des mœurs de contrôler la vie quotidienne des citoyens en s’ingérant constamment dans leur vie et en punissant les écarts aux conventions religieuses.

    Les hommes rejoignent le combat

    La conception de l’islam portée publiquement par le pouvoir religieux iranien repose en effet sur l’invisibilisation de la femme en tant que telle, des formes de son corps et de son visage, quel que soit son âge. Dans cette optique, il faut masquer les femmes pour exhiber la religion comme ordre « naturel » du monde s’imposant à tous. Aussi, en Iran – et plus généralement dans les sociétés gouvernées par la loi islamique –, le hijab ne constitue pas et ne doit pas constituer une sorte de concept fondamental, seul susceptible de produire une intelligibilité quasi instantanée des rapports de dominations symboliques et matériels. Le hijab n’est qu’un élément de subordination parmi d’autres ; l’interdire ou le faire disparaître ne fera pas disparaître spontanément et inéluctablement la puissance de l’ordre religieux et de sa conception des relations entre gouvernés et gouvernants.

    L’enjeu va bien au-delà du hijab et de quelques cheveux de femmes par trop visibles : la preuve en est apportée par la présence des hommes aux côtés des manifestantes iraniennes. Cette configuration est unique dans le monde musulman, et particulièrement dans le monde arabo-musulman dont nous sommes, en France, plus familiers. Dans ce combat, les femmes ne sont pas le « complément » des hommes, qui se chargeraient de l’intendance et du soin ; en Iran, ce sont bien les hommes qui « rejoignent » le combat des femmes. Cette configuration singulière signifie que la critique radicale de l’ordre religieux, par définition inégalitaire et oppressif (et ne pouvant être affronté qu’au péril de sa vie, faut-il le rappeler) est une critique politique qui tente de redéfinir la question de l’égalité entre les deux sexes dans tous les espaces de la société. Mais cette critique est aussi un mouvement de dénaturalisation des rapports de violence des uns sur les autres.

    Le défi que tentent de relever les Iraniennes et les Iraniens n’est rien moins qu’un travail colossal de construction d’une pluralité démocratique dans un monde commun. C’est bien là que se situe l’universalité du combat de ces femmes, et au-delà, de toutes les femmes vivant dans des univers musulmans ; leurs luttes – qui se déploient dans les espaces privés et publics et s’inventent à chaque fois différemment – sont une contribution aux débats que nous ne cessons d’avoir, en France et ailleurs, sur la modernité et sa rationalité, sur l’universalité et le relativisme, etc.

    Impressionante révolution féministe

    La pluralisation des sphères (politique, économique, juridique, etc.) est un processus qui ne peut que s’accélérer sous les coups de boutoirs de la mondialisation capitaliste. Les manifestantes et manifestants iraniens, grâce (entre autres) aux progrès des technologies de l’information et de la communication et à l’accès relativement abordable aux moyens de transport, savent comment se mettre en relation avec d’autres sociétés, et donc avec d’autres modes de vie ; en un mot avec d’autres manières d’être soi avec les autres. Plus rien ne leur échappe, ni l’injustice, ni la corruption de leur société, ni les actes de solidarité politique jaillissant, ici et là, dans le monde.

    Comme en France, les religions et la « laïcité » sont au cœur du débat iranien, dont les Iraniennes sont un acteur fondamental. La grande majorité de la société iranienne, en particulier sa composante civile, est prête aujourd’hui à une disjonction entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Le découplement entre la loi de Dieu et celles des hommes sera une fabrication proprement iranienne. Personne ne doit en douter.

    En ce sens, il faut prendre garde à ne pas commettre une seconde erreur de perception : ce qui se passe aujourd’hui en Iran est bien éloigné de la question française du « voile » et des discriminations que subissent celles qui le portent. C’est bien en Iran que se déroule depuis quelques semaines, j’ose le dire, la plus importante et la plus impressionnante révolution féministe en cours sur la planète : plus de deux cents morts, parce que des femmes veulent être libres.

    Smaïn Laacher, professeur émérite de sociologie à l’université de Strasbourg, est notamment l’auteur de L’Affaire Mila. Victime, agresseurs, haine en ligne (éditions l’Aube, 2022).

    laacher-en-iran-la-critique-radicale-de-l-ordre-religieux-tente-de-redefinir-la-question-de-l-egalite-entre-les-deux-sexes-dans-tous-les-espaces-de-la-societe_6148148_3232.html

    #Iran #mollarchie #femmes #féminisme #révolution_féministe #universalité #égalité

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - L’Etat bolchévik et les soviets [03]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-l-etat-bolchevik-1201

    Il est clair que le parti de Lénine, partisan par principe d’un socialisme d’État, ne pouvait se servir pour réaliser son programme ni des Soviets, ni d’une organisation soviétique. Il avait besoin du pouvoir de l’État. C’est pourquoi aussi l’attitude des bolchéviks à l’égard de la Constituante fut hésitante. Dès le déclenchement de la Révolution de février, ils avaient été partisans de la convocation de la Constituante. Le 18 mars, Staline écrivait à propos des conditions de la victoire de la Révolution : une (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale], Révolution russe (...)

    #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale] #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - L’Etat bolchévik et les soviets [02]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-l-etat-bolchevik-1199

    Lénine pouvait écrire avec raison que la force créatrice du peuple avait donné le jour aux Conseils, et que, sans eux, la Révolution eût été une cause désespérée ; mais il n’est pas moins exact qu’il fallait détruire cette force créatrice dès que les bolchéviks auraient atteint leur but : la prise du pouvoir et l’exercice de la dictature. En effet, les Conseils où se manifestait réellement la puissance créatrice du peuple et où s’exprimait la volonté d’une transformation socialiste de la société, ces Conseils (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale], Révolution russe (...)

    #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale] #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • Mon pays imaginaire

    « #Octobre_2019, une révolution inattendue, une #explosion_sociale. Un million et demi de personnes ont manifesté dans les rues de Santiago pour plus de démocratie, une vie plus digne, une meilleure éducation, un meilleur système de santé et une nouvelle Constitution. Le #Chili avait retrouvé sa mémoire. L’événement que j’attendais depuis mes luttes étudiantes de 1973 se concrétisait enfin. »

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/65025

    #révolution #film #documentaire #film_documentaire #2019 #femmes #repression #violences_policières #Patricio_Guzmán

  • #Georges_Ibrahim_Abdallah, une perpétuité politique

    Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais, est le plus vieux prisonnier politique d’Europe incarcéré en #France. Il a été condamné en 1987 pour complicité d’assassinat de deux diplomates américain et israélien. Mais Georges Ibrahim Abdallah a purgé sa peine, alors pourquoi est-il encore en #prison ? Quel est son combat et que représente Abdallah dans l’histoire de la lutte des Palestiniens ? Autant de questions délicates posées par l’incarcération de Georges Abdallah dans un pays, la France, où il est libérable depuis 1999.

    Après huit demandes de libération conditionnelle, dont certaines ont été acceptées par le Tribunal d’application des peines en 2013, le gouvernement français maintient son refus de signer un arrêté d’expulsion qui conditionne sa libération et son retour vers le Liban.

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-marche-du-monde/20221021-georges-ibrahim-abdallah-une-perp%C3%A9tuit%C3%A9-politique

    #podcast #Palestine #prisonnier_politique #emprisonnement #Georges_Abdallah #lutte #révolution #lutte_armée

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - L’Etat bolchévik et les soviets [01]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-l-etat-bolchevik

    Tant que les Soviets ne se seront pas emparés du pouvoir, nous ne le prendrons pas, déclarait Lénine, le 14 avril 1917, dans son rapport sur la situation politique et l’attitude envers le gouvernement provisoire, à la Conférence des bolchéviks de Petrograd-Ville . Les Conseils étaient l’expression de la Révolution populaire, les organismes qu’elle avait créés et les instruments de sa victoire. Par eux, la Révolution réaliserait son programme social. Et si l’on voit dans cette revendication : tout le (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale], Révolution russe (...)

    #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale] #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - La Révolution d’octobre
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-la-revolution-d

    La « Révolution d’octobre » commença le 27 février 1917. Elle s’acheva au cours de l’année 1918 par la domination définitive du parti bolchévik et l’affermissement de sa puissance — malgré les menaces que faisait peser sur elle la contre-révolution militaire. La révolution qui éclata fin février, signifiait l’effondrement d’un régime en faillite et mettait fin à une dynastie corrompue. La situation militaire et économique était, après deux ans de guerre, catastrophique. Les pertes en « matériel humain » se (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, Révolution russe (1917-1921), [Source : Fragments d’Histoire de la gauche (...)

    #Révolution_russe_1917-1921_ #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale]

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - Léninisme et Bakouninisme [03]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-leninisme-et-1196

    Les faits de l’histoire montrent que son cours suit une autre direction et même une direction opposée. Partout où le mouvement ouvrier se développe sous l’influence des idées marxistes, nous voyons que ce n’est pas la société qui a supprimé l’État, mais bien au contraire l’État qui a supprimé la société. Au lieu de tendre vers une société sans classes, nous voyons partout l’État et ses pouvoirs se renforcer de façon inouïe. La conquête du pouvoir politique engendre un despotisme d’État, semblable aux dictatures (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale], Révolution russe (...)

    #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale] #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • #Peine-de-mort #guillotine #barbarie #Révolution #Terreur #anarchisme

    ★ Contre la logique de la guillotine

    ★ Pourquoi la Commune de Paris a brûlé la guillotine – et nous devrions faire de même.

    « Il y a 148 ans cette semaine, le 6 avril 1871, des participant·e·s révolutionnaires armé·e·s de la Commune de Paris ont saisi la guillotine qui était entreposée près d’une des prisons de Paris. Ils et elles l’ont apporté au pied de la statue de Voltaire, l’ont brisée en morceaux et l’ont brûlée dans un feu de joie, le tout, sous les applaudissements d’une immense foule... »

    https://www.socialisme-libertaire.fr/2022/10/contre-la-logique-de-la-guillotine.html

    Communards brûlant la guillotine à Paris en 1871. ★ Contre la logique de la guillotine : Pourquoi la Commune de Paris a brûlé la guillotine – et nous devrions faire de même (2019). « Il y a 148 ans cette semaine, le 6 avril 1871, des participant·e·s révolutionnaires...

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - Léninisme et Bakouninisme [02]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-leninisme-et-1194

    Face au marxisme opportuniste et réformiste des social-démocrates, face à Kautsky et à Bernstein, Lénine renvoie expressément à cette déclaration de Marx : la classe ouvrière ne peut pas prendre simplement la machine de l’État toute prête ; une telle déclaration démontre irréfutablement que la véritable pensée de Marx est celle-ci : cette conquête du pouvoir de l’État, dont Marx a toujours parlé, ne signifie pas la conquête du pouvoir politique dans le cadre de l’État bourgeois démocratique ; il faudra au (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Arthur_Lehning, #Michel-Alexandrovitch_Bakounine, Révolution russe (...)

    #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - Léninisme et Bakouninisme [01]
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-leninisme-et

    Une tactique chère à la social-démocratie pour combattre le bolchévisme consiste à flétrir cette déviation de la « véritable » doctrine marxiste du nom d’« anarchisme » ou de « résurrection du bakouninisme ». C’est ainsi que Gravonsky, dans son ouvrage superficiel traitant du bilan de la Révolution russe, écrit les lignes suivantes : Toute l’idéologie des bolchéviks était jusqu’au tréfonds pénétrée des idées du socialisme utopique et même du plus authentique anarchisme. Ils croyaient que toutes les conditions (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe
    #bakounine
    / #Arthur_Lehning, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche radicale], Révolution russe (...)

    #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale] #Révolution_russe_1917-1921_

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - Les antécédents historiques avant 1917
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-les-antecedents

    Faire une étude de la Révolution russe, de son caractère et de son cadre historique, cela voudrait dire, entre autres choses, exposer les idées et les courants révolutionnaires et socialistes d’un siècle d’histoire de la Russie et tout particulièrement le développement du socialisme russe durant ces cinquante dernières années : jusqu’à présent cette histoire n’a pas été écrite et ne pourra l’être vraisemblablement que lorsqu’auront été publiées les archives de la Section de Police secrète des gouvernements (...) #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / Révolution russe (1917-1921), #Pierre_Kropotkine, #Michel-Alexandrovitch_Bakounine, [Source : Fragments d’Histoire de la gauche (...)

    #Révolution_russe_1917-1921_ #[Source :_Fragments_d’Histoire_de_la_gauche_radicale]
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Stenka_Razine
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

  • Anarchisme et marxisme dans la Révolution russe - Introduction
    https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-introduction

    Le texte qu’on va lire a été écrit en 1929 et a paru d’abord dans la revue mensuelle allemande anarcho-syndicaliste Die Internationale. Nous le donnons ici pour la première fois — sans modifications — en traduction française. #Anarchisme_et_marxisme_dans_la_Révolution_russe

    / #Nestor_Makhno, Révolution russe (1917-1921), #Arthur_Lehning

    #Révolution_russe_1917-1921_
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf

    • Nestor Makhno : l’homme et le mythe (par Paul Avrich)
      https://seenthis.net/messages/956494

      Nestor Ivanovich Makhno, le chef anarchiste de partisans, est l’une des figures les plus hautes en couleur et héroïques de la révolution et de la guerre civile russes. Son mouvement en #Ukraine représente l’une des rares occasions dans l’histoire où les anarchistes ont contrôlé un vaste territoire pendant une période prolongée. Pendant plus d’un an, il fut plus puissant dans la steppe que Trotsky ou Denikine . Chef militaire né, il combattit simultanément sur plusieurs fronts, s’opposant aux Rouges et aux Blancs, aux envahisseurs autrichiens et aux nationalistes ukrainiens, sans parler des innombrables bandes d’irréguliers qui traversaient et retraversaient la steppe en quête de pillage et de butin. Selon Victor Serge, il était un « stratège-né », dont l’armée de paysans possédait une « capacité d’organisation et de combat véritablement épique ». Emma Goldman l’a appelé « la figure la plus pittoresque et la plus vitale mise en avant par la révolution dans le Sud ».