#rfi

  • Meet the Minnesota family that turned a soda machine company into a surveillance empire
    https://thehustle.co/three-square-market-vending-machine-microchip

    If Westby’s success proves anything, it’s that that digital surveillance technology is now so cheap — and so unregulated — that almost anyone can sell it.
    A ‘get-rich-quick’ scheme for the age of big data

    Westby’s strategy for selling sodas to inmates and selling tracking systems to parents were strikingly similar: Find a niche market and pump it with marked-up wholesale products for a huge profit.

    The market for surveillance technology meets every precondition for a Grade-A get-rich-quick scheme: Cheap inventory, little regulation, and high demand.

    First, surveillance tech is surprisingly cheap. According to the Yale Law Journal, the cost of location tracking dropped from $105/hour to $0.36/hour when the portable GPS was invented, and then fell to to $0.04/hour at most when smartphone GPS became roughly equivalent to professional receivers.

    Westby’s family business may be profit-forward, but it’s not malevolent (anyone who’s heard Patrick McMullan talk about healthcare and snow plows will tell you that). But customers deserve to know who is handling their data goes once it is collected.

    Once an app collects consumer data, nothing prevents it from sharing with subsidiaries, parent companies, or partners.

    When those partners are hidden — for instance, a quiz app that secretly collects data for a Russian political network or a childcare app operated by a for-profit prison company — consumers don’t know when they’re at risk.

    And, when the companies that make and sell surveillance apps aren’t regulated, it’s even harder to ensure that the tech is used responsibly.

    If we’re lucky, the future could have great snow plows. But in this new world, don’t expect control over your data and definitely don’t expect everyone who sells it to be as well-intentioned as Todd, Patrick, and Coach Danna.

    #Surveillance #Traçage #RFID #Prisons


  • « Les sons du pouvoir à #Thiruvananthapuram »
    http://www.rfi.fr/emission/20180922-sons-pouvoir-thiruvananthapuram

    Les rues de la capitale du #Kerala, sont presque toujours bruyantes.
    Quand les travailleurs agricoles viennent manifester pour leurs droits : l’accès au financement et aux semences, ils portent la voix. Dans ces rues faites de bruits assourdissants, comment faire entendre ses revendications ? Le niveau de décibel doit être plus puissant, si puissant, qu’il couvre tout : les voix, les klaxons, le trafic. Mais dans ces mêmes rues quand des élus passent, le #silence qui s’impose est extraordinaire, stupéfiant, tout le monde l’entend. Au passage d’un convoi officiel, la circulation est coupée, les piétons arrêtés. Tout se tait, sauf les 35 moteurs des voitures d’Etat qui passent l’une après l’autre, c’est presque un chuchotement. Après, les rues de la capitale du Kerala redeviennent bruyantes.

    http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/modules/actu/201809/DIFF-22-09-18-ECOUTER-LE-MONDE-SILENCE-THIRUVAN-KERALA_128.mp3

    #urbanisme_sonore #field_recording #RFI #radio


  • https://soundcloud.com/radiofranceinternationale/feminisme-podcast-mathilde-saliou

    Pourquoi le #féminisme, longtemps considéré comme trop militant pour mériter un traitement journalistique, est-il aussi présent dans ce nouveau média ? Pour répondre à cette question, quatre créatrices de #podcast ont répondu à Mathilde Saliou :

    Lauren Bastide, de La Poudre
    Siham Jibril, de Génération XX
    Charlotte Bienaimé, de Un podcast à soi
    Victoire Tuaillon, de Les Couilles sur la table

    http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/quand-le-feminisme-rencontre-le-podcast


  • « Correspondants à l’étranger, nous ne pouvons pas travailler sans filet »
    https://www.liberation.fr/debats/2018/09/16/correspondants-a-l-etranger-nous-ne-pouvons-pas-travailler-sans-filet_167

    Radio France Internationale assure de moins en moins de protection sociale à ses journalistes à travers le monde. Comment assurer un métier parfois dangereux, couvrir des événements dans des zones de conflit ?

    Ce lundi, nous cessons le travail. Pas de gaieté de cœur. Mais parce que nous ne pouvons plus remplir notre mission. Un de nos employeurs principaux, Radio France Internationale (RFI), a décidé début août de cesser de cotiser pour nous, correspondants à l’étranger, sur nos bulletins de paie. Depuis deux ans, RFI ne contribuait déjà plus au système de protection sociale pour ses nouveaux correspondants. Désormais, plus de Sécurité sociale. Plus de retraite. Pour aucun d’entre nous.

    « Grève votée à RFI : correspondants et pigistes dénoncent leurs conditions de travail »
    https://www.lesinrocks.com/2018/09/14/actualite/greve-votee-rfi-correspondants-et-pigistes-denoncent-leurs-conditions-de

    La révolte des précaires. Voilà à quoi ressemble le ras-le-bol des petites mains et des grandes voix essentielles au fonctionnement d’une des plus prestigieuses rédactions radiophoniques francophones : Radio France Internationale (RFI).

    Depuis des mois, pigistes et correspondants à l’étranger, soit une grande partie des forces vives de l’antenne, sont sur le point de craquer. Plus de sécurité sociale ni de retraite automatiques, piges mal rétribuées, paiement en retard, santé en danger, problèmes administratifs...

    Du siège d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) aux quatre coins du globe, le quotidien des « précaires » de RFI comme ils se désignent, est devenu un calvaire. Pour le dénoncer, ces derniers, épaulés par les syndicats (CFDT, CFTC, FO et SNJ), ont déposé un préavis de grève concernant l’ensemble des salariés pour lundi 17 septembre, confirmé par un vote en assemblée générale vendredi 14, à midi.

    #RFI #journalisme #radio


  • Qui diffuse le mieux les mythes autour du #podcast ? C’est la #radio ! Voilà que la #BBC sort les « Onze commandements du podcast » et que [edit] un journaliste de [/edit] #RFI les traduit, plus précisément de L’Atelier des médias... dont le producteur a aussi monté une école (gratuite) de production de podcasts (voir son manifeste là -> https://medium.com/@ziadmaalouf/manifeste-transmission-9a9cdf9d515d) :

    https://www.youtube.com/watch?v=4oKcLygAf94

    Pourquoi des mythes ? J’en cause ici : http://syntone.fr/il-etait-une-fois-le-podcast-1-faire-table-rase.

    Pourquoi la radio joue-t-elle ce rôle ? Le podcast semble être, bon gré mal gré, un bon outil marketing pour « accompagner » (justifier et couvrir) le démantèlement du service public radiophonique et la libéralisation de la production audio. On fait croire qu’on réinvente la création sonore, au moment même où on (parfois les mêmes personnes au sein de la radio, parfois d’autres) détruit les conditions communes de l’expérimentation, de l’invention, de l’ouverture à de nouvelles écritures (voir par exemple https://seenthis.net/messages/718381). On préfère d’ailleurs parler d’#innovation que de création.

    Ça fait longtemps que la radio diffuse des pièces dont le format et la durée sont dictées par le contenu, et pas simplement des 24 ou 52-minutes. Feue l’excellente émission Les passagers de la nuit sur France Culture (https://www.franceculture.fr/emissions/les-passagers-de-la-nuit-seine-saint-denis-1/speciale-derniere-des-passagers-de-la-nuit) offrait par exemple chaque semaine une splendide collection de formats différents.

    Faire de la #création_sonore, en rendre la production accessible à toutes celles et ceux qui veulent s’y frotter, la promouvoir, mille fois oui. Mais inutile de s’abriter derrière cette fausse opposition podcast / radio, parce qu’alors on parle de tout à fait autre chose.

    • Ah, le journaliste de RFI qui a fait la traduction ne partage pas mon avis :

      J’ai de fait rectifié mon raccourci erroné entre l’initiative d’un journaliste de RFI et RFI en tant que telle - mea culpa.

      Pour le reste, je ne change rien. Ça n’est pas, s’il est besoin de préciser, une charge contre L’Atelier des médias, dont j’apprécie régulièrement l’écoute même si je ne partage pas (preuve en est) forcément ses enthousiasmes ou ceux de ses membres. Je ne dis pas non plus que ce journaliste promeut activement le démantèlement du service public radiophonique : il a simplement relayé, pour défendre la création sonore, un discours sur le podcast dont j’ai précédemment relevé toute l’ambiguïté.

      Je dis, en revanche, qu’il est frappant de constater la concomitance et la complémentarité, plus ou moins consciente, de ces deux discours, aussi bien en Grande-Bretagne qu’en France : celui de la promotion du podcast et celui de la libéralisation de la production sonore. Comme je l’avais indiqué, ils ne sont pas forcément portés par les mêmes personnes au sein des antennes (mais parfois si, comme dans le cas de la direction de France Culture, qui utilise le podcast pour saborder la grille de création sonore), c’est-à-dire qu’il n’y a pas nécessairement de stratégie concertée (mais parfois si - je l’ai déjà dit ?).

      Que les artisan·es de la radio veuillent davantage de diversité dans les formats, c’est une très bonne chose. S’abriter derrière « l’innovation » que constituerait le podcast pour le faire me semble en revanche périlleux : c’est brouiller le discours (du coup compatible avec les visées managériales, qui suivent leur propre logique) et oublier l’histoire de la radio (qui a bien plus de ressources et de possibilités, dans le passé comme dans l’avenir, que ce qu’on nous serine à longueur de temps).

    • Lui non plus, il ne t’a pas contactée d’abord pour s’assurer de vos divergences avant de te traiter de menteuse devant des centaines (milliers ?) de personnes... Quel sale procédé ! D’autant que ton message, que j’avais lu en passant, ne me semblait vu de loin pas du tout personnalisé et prenait soin de parler d’une tendance, observable dans des milieux très différents avec des motivations très différentes. C’était rien de perso. Et en échange : « JV est une menteuse. » Merde alors ! Et tout mon soutien, Juliette.

    • Merci @aude_v. C’est la forme des « échanges » sur twitter, à ce que j’ai compris - c’est pour cela que je n’y suis pas, mais que je poste des billets argumentés ici.

      De fait, il n’y avait rien de personnel, je ne connais pas ses positions sur la casse du service public, qui ne changeraient rien à mon analyse. Pour tout dire, je pense même que l’Atelier des médias, avec son école gratuite, tente de repenser la façon dont la radio publique peut démocratiser l’accès à la production audio. Ce qui n’empêche pas que le marketing autour du podcast est très ambigu et à double tranchant.

      Après, le coup de "les contacter pour savoir le vrai du faux" , ça me fait rigoler : je n’ai pas à demander la permission à RFI pour analyser le podcast et le rôle qu’on lui fait jouer dans les radios publiques européennes. Aucun fact-checking ici, juste de la tentative de délégitimation à l’ancienne. Enfin bref, sans rancune non plus :P.

    • Je ne rentrerai pas dans le débat « les anciens versus les nouveaux », il y a un nouvel appétit pour le son tant du côté des producteurs que du côté des auditeurs, cela devrait être, à mon avis, une fête et pas un motif de grogne ou d’opposition. Que des dirigeants de chaines prennent des décisions injustes et souvent stupides quand à la création sonore me révolte mais je ne vois pas le rapport. Quand la BBC (sur sa page de soumission de programme par des amateurs) dit « la radio n’est pas du podcast... » elle le fait, peut-être, avec démagogie mais elle a surtout le courage de dire à l’amateur ne cherche pas à faire la même chose que nous, ne te mets pas la pression, nous ne faisons pas la même chose. Encourager la création plutôt que de l’étouffer, il me semblait que c’était plutôt vos propos. Je passe rapidement sur le raccourci fait entre « diffusion des mythes » et « étouffement du service public » qui est tellement rapide qu’on dirait un point godwin. Vous utilisez ma production non pas pour en débattre (comme j’avais appelé à le faire sur mon profil) mais pour étayer des propos qui ne sont pas liés directement. Je réitère donc ici ma proposition, apportons une touche française à ces 11 commandements. Je précise que je ne suis pas journaliste, mais réalisateur, que Ziad n’a rien à voir dans cette traduction, que j’ai dévoré « Contrôle » au moment de sa sortie, et que non Aude, je n’ai pas « traiter » Claire de menteuse, mais vous avouerai que les informations concernant ma personne et l’intention sont juste fausses comme je viens de l’écrire.

    • Bonjour @simondecreuze et bienvenu sur Seenthis.

      Je ne vous ai pas contacté parce que je fais une analyse générale, pas une attaque personnelle comme vous semblez le penser. Je ne parle pas de vous. Je pointe un symptôme, une tendance générale que vous n’êtes pas du tout le seul à porter, loin s’en faut : c’est même la tendance dominante, de la BBC au milieu de la production francophone.

      Qu’aurait-il fallu que je vérifie auprès de vous ? Votre opinion sur la casse du service public ? Mais je ne dis nulle part que vous y êtes favorable.

      Quant à l’injonction à ne pas critiquer le podcast pour la seule raison qu’il y a une vraie ébullition en ce moment autour de lui, elle est un peu... étonnante.

      Savez-vous que j’ai écrit plusieurs dizaines de milliers de signes sur cette question, avec un tantinet plus de nuance que cela ?

      « Il était une fois le podcast. 1 : Faire table rase ? »
      http://syntone.fr/il-etait-une-fois-le-podcast-1-faire-table-rase

      Un vent de fraîcheur, une nouvelle vague, le début d’un âge d’or, une renaissance, que dis-je : une révolution ! L’enthousiasme qui anime le milieu du podcast francophone s’est visiblement transmis, ces derniers mois, aux médias qui le couvrent. Ce, d’autant plus aisément que le milieu du podcast et celui des médias se recoupent : le premier accueille nombre d’exilé·es du vieux monde radiophonique et journalistique, tandis que dans le second, ceux qui ne maniaient jusque là que l’écrit et la vidéo se sont depuis peu avisés de l’existence du son. Une révolution gagnante-gagnante en somme. Mais une révolution qui, pour asseoir sa légitimité, prend un soin particulier à oublier le passé et à brouiller le débat. De l’invention il y en a, mais pas forcément chez celles et ceux qui crient le plus fort, et elle ne date pas d’aujourd’hui. S’il est réjouissant d’assister à une ouverture du paysage de la production sonore, à un questionnement de ses formes et à un intérêt nouveau pour elle, il reste fondamental de ne pas perdre pour autant – voire refuser – toute mémoire sonore.

      Savez-vous qu’il existait en France dès 2005 une cérémonie des Podcasts d’or ? Que la même année, l’on trouvait déjà des articles de la « grande presse » pour s’émerveiller du potentiel de cette nouvelle pratique, en même temps que des billets de blogs qui craignaient que le podcast amateur ne soit sur le déclin ? Que l’on s’étripe depuis tout ce temps sur ce qu’est et n’est pas le podcast ? Que la rediffusion sur Internet d’émissions de radio remonte à une vingtaine d’années ? Que les premières fictions sonores réalisées exclusivement pour le web datent de l’an 2000 ? Et même, que l’on écoutait des histoires mises en scène ou des informations sur son téléphone il y a… cent trente ans ? Tentative impossible de définition du podcast et contribution à son histoire culturelle.

      « Au cœur du bouillonnement podcastique »
      http://syntone.fr/au-coeur-du-bouillonnement-podcastique

      Les contenus et les passerelles évoluent rapidement sur la planète podcast, tant et si bien que trois petits mois après vous avoir proposé une première cartographie de ces espaces de création et de diffusion, issus du bouillonnement actuel ou plus anciens, Syntone y apporte une importante mise à jour. Plusieurs outils de veille ou de sélection ont en effet émergé depuis.

      « Webradios et plateformes de création sonore et radiophonique »
      http://syntone.fr/webradios-et-plateformes-de-creation-sonore-et-radiophonique

      Une intense actualité autour des plateformes de podcasts, une webradio expérimentale qui naît, celle d’un festival radiophonique qui fait peau neuve : la période semble idéale pour proposer une sélection de webradios et de fournisseurs de podcasts « natifs » (c’est-à-dire diffusés d’abord et avant tout sur Internet) consacrés, naturellement, à la création sonore et radiophonique.

    • Comme vous avez modifié votre commentaire depuis ma réponse ci-dessus, en voici une nouvelle.

      Je pense au contraire que les mythes autour du podcast le déservent - et que de manière générale, on ne promeut jamais bien une pratique, un objet, une idée, en les faisant paraître autre qu’elles ne sont.

      Je me réjouis autant que vous de l’ouverture de la production sonore, je l’ai suffisamment écrit dans @syntone, milité pour cela, et cela a modifié mes pratiques d’écoute (dans lesquelles j’accorde plus de temps aux créations ou émissions indépendantes qu’aux programmes de grandes radios). En revanche, la façon dont les directions d’antenne utilisent le podcast pour détruire les grilles et pour ubériser la production sonore me paraît préoccupant. Or elles se servent des ambiguïtés et des mythes pour le faire, c’est bien pour cela qu’il me paraît essentiel de les démonter : pour démasquer, notamment, le libéralisme sous les nouveaux atours dont elles le parent. On est bien d’accord : le podcast n’est pas cela - ou plutôt, pas uniquement cela, car les tenant·es du libéralisme sont bien libres de faire elles et eux aussi du podcast ou de la radio.

      Je réitère donc ici ma proposition, apportons une touche française à ces 11 commandements.

      J’espère alors que la "touche française" permettra de soutenir et d’encourager l’ouverture de la production sonore de façon moins brouillonne que la BBC, sans discours marketing, avec davantage de mémoire de la création sonore. Pour prendre l’exemple d’un autre de ces "commandements", après celui sur les formats qui auraient été magiquement libérés par le podcast et dont je parle dans mon billet initial : la fameuse "intimité" qui serait propre au podcast. Yann Paranthoën parlait déjà de l’intimité de la voix radiophonique et a beaucoup travaillé dessus, théorisant l’usage de la mono pour capter la voix, jouant merveilleusement des timbres et des souffles dans ses montages... et il a commencé sa carrière à la Radiodiffusion française dans les années 1950. Ça n’a pas besoin d’être nouveau et d’occulter toute l’histoire de la radio pour être une bonne idée - au contraire : je pense qu’on ne peut véritablement inventer qu’en ayant connaissance du passé.

    • Rhââ, les querelles des réseaux sociaux arrivent jusqu’ici avec un nouvel abonné qui vient exprès pour expliquer la vie à notre copine. Vous n’avez pas traité « Claire » Volcler de menteuse mais de diffuseuse de « bêtises » et de discours « faux ». La nuance entre les deux, ce serait de l’imbécilité ou un manque de crédibilité féminine, ne vous enfoncez pas plus ! Les propos de Juliette (c’est son nom) ne parlent pas de votre nombril et même en lisant vite je ne m’y suis pas trompée. Faut-il en remettre une couche et recommencer à parler complaisamment du dit nombril pour que votre ego retrouve sa satisfaction habituelle ? Votre invitation à écrire ensemble ressemble à un vieux procédé de vampirisation : aucune femme n’a vocation à mettre son travail à votre disposition pour un écrit dit « collectif » que vous valoriserez mieux qu’elle. Merde, tout ça pue l’ego froissé et de vieux réflexes machos.


  • La technologie au service des droits humains | l’Atelier des médias
    http://www.rfi.fr/emission/20180616-technologie-internet-droits-humains-nothing2hide-forbidden-stories-fore

    Au menu de cette émission, trois organisations aux noms anglophones : Nothing2Hide (Rien à cacher) avec Grégoire Pouget et Jean-Marc Bourguignon, Forbidden stories (enquêtes interdites) avec Laurent Richard et Forensic Architecture (architecture d’investigation) avec Eyal Weizman. Ces trois entités ont en commun d’avoir choisi de faire du numérique un outil d’émancipation. Redonner à l’Internet et aux nouvelles technologies leur souffle originel, libératoire, au service des droits humains. Durée : 48 min. Source : RFI

    http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/magazines/r221/atelier_des_medias_20180616.mp3


  • La Chine veut surveiller toutes ses voitures avec des puces électroniques
    http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/06/15/32001-20180615ARTFIG00244-la-chine-veut-surveiller-toutes-ses-voitures-avec

    Les autorités chinoises veulent implanter la technologie RFID sous chaque pare-brise. Des capteurs placés le long des routes permettraient de suivre les voitures. Pékin veut surveiller les routes. Le régime chinois souhaite suivre tous les véhicules pour faciliter la gestion du trafic, limiter la pollution et assurer la sécurité des automobilistes, d’après le Wall Street Journal . Les nouvelles voitures fraîchement immatriculées devront être équipées d’une puce RFID, une technologie qui permet de (...)

    #capteur #RFID #géolocalisation #automobile #surveillance


  • China wants to track citizens’ cars with mandatory RFID chips
    https://www.theverge.com/2018/6/13/17458432/china-surveillance-car-tracking-mandatory-rfid-chips

    The government says it will help track congestion, but it’s likely to become another surveillance tool The Chinese government is readying a program that will make it possible to track citizens’ cars using RFID chips, according to The Wall Street Journal. The program, which will be voluntary at first but mandatory for new vehicles starting in 2019, starts rolling out on July 1st. The program is being put in place by China’s Ministry of Public Security, and the ministry’s Traffic Management (...)

    #capteur #RFID #géolocalisation #automobile #surveillance


  • Le gouvernement chinois va bientôt traquer les voitures de ses citoyens à l’aide de puces RFID
    http://mashable.france24.com/monde/20180614-chine-voitures-puces-rfid-surveillance-controle-gouverne

    La surveillance s’intensifie en Chine, où les voitures seront d’ici peu un nouveau moyen pour le gouvernement de contrôler ses résidents. Après les « capteurs pour cerveau » utilisés par de nombreuses entreprises pour analyser les réactions de leurs employés, c’est au tour du gouvernement chinois d’aller un peu plus loin dans la surveillance des individus : en effet, une nouvelle forme de contrôle pourrait dès 2019 passer par les voitures des habitants du pays. Selon le Wall Street Journal, le (...)

    #RFID #automobile #surveillance



  • Etats-Unis : mort de Luis Posada #Carriles, héros cubain des anticastristes - Amériques - RFI
    http://www.rfi.fr/ameriques/20180524-mort-luis-posada-carriles-anticastristes-etats-unis-heros-cuba

    Un tueur de civils n’est pas un #terroriste si le pays d’origine des civils est un pays ennemi selon #RFI

    Arrêté en 1976, il est accusé d’être derrière l’attentat contre le vol 455 de la compagnie Cubana Aviacion qui a fait 73 morts. Un rôle confirmé depuis peu suite à la déclassification de documents secrets de la #CIA.

    Luis Posada Carriles parvient à s’enfuir et à rejoindre les #Etats-Unis. Accusé d’être un terroriste par le Venezuela et Cuba, il est au contraire adulé par la communauté cubaine anticastriste aux Etats-Unis. Preuve de sa #notoriété, la radio anticastriste américaine « La Poderosa » a souhaité respecter une minute de silence sur son antenne après la nouvelle de son décès.

    CUBA PIZZI : Le Ben Laden d’Amérique latine est mort | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/250518/cuba-pizzi-le-ben-laden-d-amerique-latine-est-mort

    Luis Posada Carriles était un terroriste d’origine cubaine, que la grande presse mondiale définit simplement comme un « anti-castriste notoire ». Il est parti à l’âge de quatre-vingt-dix ans et sans payer pour tous ses #crimes. Jusqu’au bout, il a été protégé par le gouvernement des Etats-Unis, en particulier par la CIA et la famille Bush.

    Son nom est devenu célèbre lorsqu’on a su qu’il était l’un des auteurs intellectuels de l’explosion de l’avion de Cubana de Aviación, le 6 octobre 1976, avec 73 passagers à bord, peu après son décollage de l’aéroport Seawell des Barbades. Il fut capturé au Venezuela, où il travaillait pour les services de sécurité de ce pays. Après quelques brèves années de prison, la CIA l’aida à s’enfuir et l’amena en Amérique centrale pour qu’il apporte sa collaboration à la guerre de terreur que Ronald Reagan et son vice-président George Bush père menaient contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua dans les années quatre-vingt.


  • 2018 est une année noire pour les #abeilles ! Une forte mortalité de ce #pollinisateur hors pair est à déplorer dans tout l’hexagone sans exception tant chez les apiculteurs professionnels qu’amateurs. Parmi les causes : les #néonicotinoïdes, ces #pesticides utilisés par les #agriculteurs et interdits dorénavant pour certaines cultures. Mais pour beaucoup cela ne sera pas suffisant : c’est pourquoi un comité de soutien des élus à l’abeille et aux apiculteurs s’est constitué fin mars à l’issue de la semaine pour les alternatives aux pesticides. Une initiative à laquelle ont adhéré 135 député•e•s et sénateur•trice•s.
    http://www.rfi.fr/emission/20180405-mobilisation-abeilles
    http://www.pollinis.org/actions-internet


    http://berth.canalblog.com/archives/2018/03/29/36212558.html
    #Berth #RFI


  • Sarkozy en garde à vue, le fils de Kadhafi candidat à la présidentielle : une « justice divine » ? par @raialyoum - Actuarabe
    http://actuarabe.com/sarkozy-en-garde-a-vue-le-fils-de-kadhafi-candidat-a-la-presidentielle-un

    Que Sayf Al-Islam Kadhafi soit libre après avoir été innocenté et se présente à la présidentielle libyenne alors que le premier artisan du complot pour attaquer la Libye et renverser Kadhafi croupit derrière les barreaux est un paradoxe que certains appelleront « justice divine », en disant que le Créateur « accorde des délais mais n’oublie pas ». Les mains de Sarkozy et de ses alliés libyens et britanniques sont couvertes du sang de plus de 35 000 Libyens tombés en martyr dans les bombardements des avions de l’OTAN.

    Silvio Berlusconi, l’ancien Premier ministre italien, a reconnu lui-même que Sarkozy avait « fabriqué » la révolution libyenne afin de se venger du général Kadhafi, qui avait combattu ardemment l’influence française en Afrique et était à l’initiative de l’Union africaine ainsi que d’une monnaie unique africaine (le dinar africain), destinée à prendre la place du dollar et de l’euro, et pour laquelle il avait réuni assez d’or et de métaux précieux.

    L’ex-Président américain, Barrack Obama, a exprimé son grand regret d’avoir donné son accord à l’intervention militaire de l’OTAN en Libye. Il a déclaré qu’il s’agissait d’une des plus grandes erreurs de sa présidence, après avoir pris connaissance du « montage » et des campagnes de désinformation. Il a accusé Sarkozy et son partenaire David Cameron, ancien Premier ministre britannique, d’en être à l’origine.

    • #Béchir_Saleh, l’ancien argentier de #Mouammar_Kadhafi, a été blessé par balles vendredi 23 février. Il a été gravement atteint, mais d’après son avocat, Béchir Saleh devrait s’en sortir. Cette agression intervient dans des circonstances troubles. Et ce, alors que la #justice_française souhaiterait toujours l’entendre dans l’affaire du financement de la campagne de Nicolas #Sarkozy en 2007.
      http://www.rfi.fr/afrique/20180226-bechir-saleh-ex-tresorier-kadhafi-blesse-balles-afrique-sud

      Pas un crime crapuleux, selon un proche de Saleh

      La police sud-africaine a conclu à un crime dans le but de voler, mais Mustapha el-Zaidi, un proche de Béchir Saleh, évoque l’existence d’une tentative d’assassinat et demande aux autorités sud-africaines de faire toute la lumière sur cette affaire. « L’opération n’acquiert pas un aspect criminel parce que ceux qui l’ont effectué n’ont rien volé, ni les papiers importants qui étaient dans la voiture, ni l’argent, il y en avait aussi, ni la voiture en elle-même. C’est une opération organisée dans un but certainement autre que le vol, croit savoir le président du délégué général du Mouvement national populaire libyen, lancé en 2012. Béchir Saleh est membre du Conseil exécutif de ce parti.

      Mustapha el-Zaidi reprend : « Cette opération est différente dans ses caractères des crimes de vols très répandus à #Johannesburg. Il est sûr que le motif n’était pas banal et que le but n’était pas de voler. Ils étaient cinq personnes et ils ont voulu assassiner Béchir Saleh. Nous n’accusons personne, mais nous souhaitons que les autorités d’Afrique du Sud ainsi que les chefs africains, avec qui le docteur Béchir Saleh possède des relations bonnes et personnelles, veillent à ce qu’il y ait une enquête sérieuse sur cette tentative d’assassinat. Béchir Saleh est toujours dans un état critique, il est toujours aux soins intensifs sous assistance respiratoire. Il souffre des déchirements aux intestins et dans les voies urinaires. Selon les médecins, il a été touché par des #balles_explosives. »

      #RFI


  • #Kadhafi a-t-il financé #Nicolas_Sarkozy ?

    Nicolas #Sarkozy est en garde à vue ce 20 mars 2018 pour des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Plongée dans les coulisses de cette affaire tentaculaire.

    Une histoire à base de barbouzes, d’intermédiaires, de grands patrons, d’hommes politiques et de porteurs de mallettes... On se croirait dans une mauvaise série US.

    https://www.franceculture.fr/politique/kadhafi-t-il-finance-nicolas-sarkozy

    #politique


  • Financements libyens : Nicolas #Sarkozy est placé en garde à vue par la police
    https://www.mediapart.fr/journal/international/200318/financements-libyens-nicolas-sarkozy-est-place-en-garde-vue-par-la-police

    © Reuters Accélération spectaculaire dans l’affaire des financements libyens. L’ancien président de la République a été placé en garde à vue mardi 20 mars au matin, à Nanterre (Hauts-de-Seine), dans les locaux de l’Office anticorruption de la police judiciaire. Depuis 2013, la justice dénoue les fils de cette affaire hors normes.

    #International #France #Djouhri #Guéant #Hortefeux #kadhafi #Koussa #libye #Missouri #Saleh #Senoussi #Takieddine #Woerth

    • Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue
      http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/20/financement-libyen-de-la-campagne-de-2007-nicolas-sarkozy-en-garde-a-vue_527

      Entre une conférence à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû honorer un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon nos informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

      C’est la première fois que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis qu’une information judiciaire a été ouverte en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire, qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer quarante-huit heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.

    • Cela ne fait que 5 mois que Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, affirmait encore avoir remis cinq millions d’euros en espèce provenant de Libye à l’ancien président français Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

      C’est pas du flagrant délie !


    • Avec les compliments du guide, un livre d’enquête écrit par #Fabrice_Arfi et et #Karl_Laske, deux journalistes de #Mediapart, revient sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 par le colonel libyen Mouammar Kadhafi. En s’appuyant sur des centaines de documents et d’indices matériels, ce livre extrêmement documenté revient sur cette #affaire, inédite sous la #Ve_République. Fabrice Arfi, l’un de deux auteurs, répond aux questions de Houda Ibrahim.
      http://www.rfi.fr/emission/20171106-fabrice-arfi-mediapart-co-auteur-compliments-guide

      RFI : Dans votre livre « Avec les compliments du guide », une enquête coécrite avec Karl Laske, vous rendez plausible l’histoire du financement libyen de l’UMP en 2007 ?

      Fabrice Arfi : Oui, plus que plausible. Nous la documentons. C’est-à-dire que nous avons enquêté pendant six années, pour simplement ne pas se contenter des paroles des uns et des autres dans ce dossier, mais d’apporter des preuves d’une corruption gigantesque, à l’échelle d’une démocratie par une dictature en 2007, avec plusieurs jets d’argent sale parti de Tripoli de diverses poches de dignitaires libyens, pour arriver dans les poches de responsables politiques ou d’intermédiaires français. Et c’est cette histoire que nous avons voulu raconter - documents à l’appui - au ras du réel et que nous considérons aujourd’hui probablement comme la plus grave des affaires que la Vème République, et peut-être celles qui l’ont précédé, aient connue.

      Vous apportez des documents importants, parfois inédits, concernant cette affaire dans votre livre. Croyez-vous que ce dossier qui est d’avant la justice pourra encore évoluer ?

      Il faut bien prendre conscience que nous sommes en France dans un pays où, dans une affaire comme celle-là, qui est pourtant une affaire mondiale, absolument gigantesque, il n’y a même pas un juge d’instruction détaché à temps plein sur le dossier. Il n’y a même pas un procureur détaché à temps plein sur le dossier et il n’y a même pas un policier détaché à temps plein sur le dossier. Pourtant, parce qu’il y a des fonctionnaires qui sont courageux, indépendants, le dossier avance. Nous nous attendons à ce que la justice fasse son travail, puisque déjà en quatre ans, malgré un manque de moyens qui est absolument scandaleux pour une démocratie comme la France, elle a réussi à énormément documenter ce que nous racontons et avons commencé à raconter il y a six ans.

      Il y a les aveux des médiateurs devant les enquêteurs sur le transport des valises d’argent au ministère français de l’Intérieur, comme Ziad Takieddine, par exemple. Vous essayez également de démontrer l’existence des virements bancaires ?

      Nous démontrons que derrière l’achat de l’appartement de Claude Guéant en mars 2008, quelques semaines après la visite de Kadhafi à Paris, il y a des versements bancaires qui passent par l’Arabie saoudite, la Malaisie, et derrière lesquels se cache en réalité l’intermédiaire Alexandre Djouhri, et le gestionnaire des comptes de Béchir Saleh, avec une compensation, d’ailleurs, par l’un des fonds souverains libyens. Donc là, il y a des traces monétaires, bancaires, financières, des versements dont nous parlons. Vous évoquez par exemple, le témoignage de Ziad Takieddine. Le témoignage de Ziad Takieddine, évidemment seul, il ne suffit pas, ce témoignage. Mais il est intéressant à plusieurs égards. D’abord, parce que pour la première fois Ziad Takieddine s’auto-incrimine. Il a donné des éléments circonstanciés extrêmement précis, qui lui valent d’ailleurs aujourd’hui d’être inculpé dans ce dossier. Nous avons publié ce témoignage parce qu’il est conforté par des documents extérieurs. Par exemple, le journal intime, manuscrit de l’ancien Premier ministre et ministre du Pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui, dès 2007 – donc quatre ans avant la guerre, il ne pouvait pas savoir que quatre ans plus tard il y aurait la guerre – consignait par écrit de sa main, et les documents sont authentifiés, les versements pour la campagne de monsieur Sarkozy. Il y a un procès-verbal de la Cour pénale internationale qui donne exactement les mêmes montants, les mêmes intermédiaires et les mêmes destinataires que dans le témoignage de Ziad Takieddine. Et puis, en aval, on a trouvé énormément d’espèces dans la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des espèces qui n’avaient pas été déclarées aux autorités de contrôle, avec un Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur et directeur de campagne de monsieur Sarkozy, qui, le temps de la campagne présidentielle de 2007, avait loué dans le plus secret une chambre forte dans une agence bancaire à Paris, pour y dissimuler, dit-il aux policiers, des discours de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les soupçons de financements libyens sont matérialisés par des documents. Soit par des virements bancaires, qui font des sauts de puce de paradis fiscaux en paradis fiscaux, soit par des trajectoires d’espèces.

      Vous vous posez des questions sur la nature de la mort de Kadhafi. Plusieurs témoignages que vous mentionnez indiquent l’implication des services français ?

      Evidemment, concernant la mort de Mouammar Kadhafi, il y a un certain nombre de questions aujourd’hui qui se posent, puisque personne ne sait comment précisément il est mort. On sait qu’il a été exécuté. Et tous nos interlocuteurs dans ce dossier, qu’ils aient été militaires, barbouzes, diplomates, agents des services de renseignements, nous ont dit la même chose. C’est que Kadhafi n’avait que deux façons de terminer dans cette histoire. C’était : mort ou mort. Et nous apportons des témoignages, pas des Kadhafistes, d’anti-Kadhafistes, de gens qui étaient membres du Conseil national de transition libyen, qui aujourd’hui disent que peut-être la France serait derrière l’exécution de Mouammar Kadhafi. Nous, nous disons que nous ne savons pas. Nous ne savons pas qui a tiré pour tuer Kadhafi. Mais une chose est certaine, en revanche, c’est que sur le lieu de sa mort il y avait beaucoup de forces spéciales françaises qui étaient au sol et que rien n’a été fait pour le garder vivant. Et au final, qu’on ait laissé la foule des insurgés le tuer ou que nous l’ayons abattu nous-mêmes, ça ne change rien. Il ne peut plus témoigner aujourd’hui.

      Dans le livre aussi, il y a le témoignage de l’ancien chef des services de renseignements extérieurs en Libye. Il raconte que dans ce rapport les Libyens ont constaté que c’est des agents français qui ont tué Kadhafi.

      C’est ce qu’il dit, en effet.

      #RFI


    • Plus de détails sur NextINpact

      https://www.nextinpact.com/news/106345-think-2018-comment-ibm-voit-avenir-informatique-dans-cinq-ans.htm

      Première prédiction : les « ancres cryptographiques ». Il s’agit « d’empreintes numériques inviolables que les chercheurs d’IBM sont en train d’élaborer pour les intégrer dans des produits ou des parties de produits et les lier à la blockchain ». Elles permettent ainsi de s’assurer de l’authenticité et de la provenance d’un produit et peuvent prendre de nombreuses formes afin de s’adapter à toutes les situations, explique la société.

      Une des pistes étudiées par les chercheurs est de l’encre magnétique comestible servant à « marquer » une pilule contre le paludisme par exemple. Lorsqu’elle arrive jusqu’au malade, « par le simple scan d’un smartphone, un médecin ou un patient peut immédiatement vérifier que son médicament est sûr et authentique ».

      [...]

      « Certaines ancres cryptographiques feront plus qu’authentifier des biens physiques » ajoutent les chercheurs. Ils présentent ainsi « le plus petit ordinateur au monde [...] Il est plus petit qu’un grain de sel et coûtera moins de dix centimes à fabriquer ».

      Il sera notamment capable de « surveiller, analyser, agir et même communiquer des données ». Sa puissance de calcul n’est pas précisée, mais il ne faudra évidemment pas s’attendre à des miracles. Selon IBM, elle devrait être au niveau d’une machine des années 90. Ce micro-ordinateur est conçu sur un substrat de silicium de 1 mm² seulement, comprenant pas moins d’un million de transistors, dont plusieurs centaines de milliers rien que pour le processeur.

      Le tout est accompagné de mémoire SRAM (Static Random Access Memory) en quantité non précisée, de diodes pour émettre des signaux lumineux, d’un photo-détecteur et de cellules photovoltaïques. Grâce à ces dernières, un tel ordinateur pourrait fonctionner de manière totalement autonome.


  • On achève bien les éleveurs. Résistances à l’#industrialisation de l’élevage

    Ce que nous nommons encore #élevage se trouve aujourd’hui pris entre deux feux. D’un côté, le souci légitime de l’impact écologique et sanitaire de la production industrielle de #viande et de produits d’origine animale rejoint le refus de maltraiter – voire tuer – les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d’élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l’« administration du désastre » ? De l’autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage #RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle… Décriés d’une part, ils sont administrés de l’autre – en attendant que disparaisse la possibilité même d’élever des animaux autrement qu’en les concentrant dans de gigantesques usines. Ces menaces qui pèsent sur l’élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle. Le monde se referme alors que la liberté s’efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l’infligeons également à nous-mêmes. Éleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l’élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.


    https://www.lechappee.org/collections/action-graphique/on-acheve-bien-les-eleveurs
    #résistance #agriculture #livre


  • http://offensivesonore.blogspot.fr/2018/02/emission-du-16-fevrier.html

    [O-S] Normes, traçabilité, administration… L’Etat élimine les agriculteurs

    Émission du 16 février 2018. [Reprise de Canal Sud] Rencontres avec Yanick Ogor (le paysan impossible, ed. du bout de la ville), Floéral Klein éditeur et Fabrice agriculteur de Saône et Loire. Prendre à contre pied quelques mythes, et en premier lieu celui d’un amoncellement de normes qui serviraient à protéger la nature, le consommateur et les travailleurs de la terre. Bien au contraire nous verrons comment la pression administrative élimine les agriculteurs. Nous évoquerons l’histoire de Jérôme Laronze qui illustre tragiquement cette situation.

    #audio #radio #offensive_sonore #rap #hiphop #élevage #animaux #agriculture #rfid #puçage #contrôle #bio #traçabilité


  • Les caisses automatiques des supermarchés incitent-elles au vol ? Slate - Léa Polverini - 5 Février 2018
    http://www.slate.fr/story/157264/vol-supermarche-caisses-automatiques

    De nouvelles façons de voler ont fait leur apparition depuis l’instauration de caisses automatiques.

    En anglais, on appelle ça le « banana trick » : le tour de la banane. Au rayon fruits et légumes, ça consiste tout simplement à apposer sur un produit coûteux l’étiquette d’un produit plus bas de gamme : en gros, payer ses girolles au prix de Granny Smith, ou plus humblement, son kilo de tomates grappes contre celui de rondes d’Espagne.


    Les plus audacieux décollent carrément les étiquettes avec les codes-barres à scanner d’un produit pour les recoller sur un autre, histoire par exemple de troquer le prix du caviar avec celui du surimi –jolie économie. Plus radical encore, le tour de passe-passe qui consiste à ne pas scanner du tout un article.

    Ce type de vols est assez répandu, et d’autant plus depuis que les supermarchés se sont mis à installer des caisses automatiques, sur lesquelles le client scanne lui-même tous ses articles avant de régler la facture.

    Voucher Codes Pro, une compagnie britannique offrant des coupons de réduction pour les achats en ligne, a lancé un sondage auprès de 2.634 clients : près de 20% affirmaient avoir déjà fraudé aux caisses automatiques au moins une fois.

    En 2015, une étude https://www.alphagalileo.org/AssetViewer.aspx?AssetId=114179&CultureCode=en , conduite par le département de criminologie de l’université de Leicester, en Angleterre, sur l’utilisation de scanners manuels relevait que sur six millions d’articles inspectés pour une valeur totale de 21 millions de dollars, près de 850.000 dollars passaient à la trappe à cause d’articles non passés au scan, ce qui réprésente une perte de 3,97%. Ce taux est largement supérieur à ceux enregistrés pour les autres vols, qui oscillent entre 1,21% et 1,47% dans les commerces britanniques.
    Pour les auteurs, cela semblait impliquer que la plupart des gens volant des marchandises en s’abstenant de les scanner à la caisse ne les auraient pas volées autrement.

    « Plutôt que d’entrer dans un magasin en ayant l’intention de prendre quelque chose, un client pourrait soudainement, à la fin de ses courses, décider qu’une réduction est de mise », résume The Atlantic. https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2018/03/stealing-from-self-checkout/550940

    Les #supermarchés responsables ?
    À ce titre, les chercheurs avancent que les commerçants utilisant ce système de scan et paiement autonome, principalement les supermarchés, pourraient bien être tenus finalement non pour victimes, mais pour responsables de ces dérives. Trop zélés dans leur entreprise de réduction des coûts de la main d’œuvre, ils ont ainsi créé un « environnement générateur de criminalité », favorisant « le profit avant la responsabilité sociale en “permettant” aux voleurs de se servir eux-mêmes sans mettre de contrôles suffisants en place ».
    Des supermarchés comme Albertsons, Big Y Supermarket, Pavilions et Vons ont fini par supprimer ces caisses automatiques de leurs enseignes, relève The Atlantic. D’autres continuent de les y installer.

    « À travers le monde, on estime que les caisses automatiques atteindront le nombre de 325.000 d’ici à l’année prochaine, alors qu’elles étaient 191.000 en 2013. Dans quelques endroits, cependant, la probabilité d’être puni pour des vols insignifiants diminue. Même si un gérant voulait porter plainte, de nombreux services de police n’ont pas les moyens d’être dérangés pour du vol de supermarché, écrit le magazine. En 2012, par exemple, le département de police de Dallas a adopté une nouvelle politique : les policiers ne répondraient plus systématiquement aux appels concernant des vols de moins de 50$. En 2015, le seuil a encore été relevé à 100$. »

    Le fait d’être confronté à une machine plutôt qu’à une personne au moment de payer peut également apparaître décomplexant pour les kleptomanes improvisés. Barbara Staib, la directrice de la communication de la National Association for Shoplifting Prevention, déclarait ainsi que les machines « donnent la fausse impression d’un anonymat », alors que la plupart des clients « vous courraient après pour vous rendre le billet de 20$ que vous avez laissé tombé, parce que vous êtes une personne et que ces 20$ vous manqueront ».
    À cela s’ajoutent les scrupules au vernis rationnel de ceux qui estiment que se retrouvant à faire le travail d’un caissier, il est légitime de s’accorder une ristourne à la louche pour l’effort fourni.

    En tous les cas, la transition avec l’automatisation a du mal à se faire, et cherche encore ses marques, aussi bien morales et légales qu’organisationnelles. Pendant ce temps, de petits malins font des tours de passe-passe.

    #caissiére #emploi #consommation #grande_distribution #algorithme #robotique #CCTV #consommation #surveillance #vidéo-surveillance #biométrie #facial #RFID #exploitation #capitalisme #réappropriation #caisses_automatiques #banana_trick #ristourne #morale #codes-barres #scanners #réduction #paiement_autonome #anonymat #MDR


  • JD.com prend de l’avance dans la course aux magasins sans caisse
    http://www.gondola.be/fr/news/food-retail/jdcom-prend-de-lavance-dans-la-course-aux-magasins-sans-caisse

    JD.com prend de l’avance sur son concurrent direct Alibaba et sur Amazon en annonçant le déploiement de centaines de supérettes sans salariés en Chine. Aux Etats-Unis, c’est Walmart qui annonce vouloir réinventer l’expérience d’achat avec Project Kepler, son magasin sans caisse. Tandis qu’Amazon peine à trouver des solutions pour rendre optimal son concept de magasin sans caisse Amazon Go, JD.com annonce le déploiement de centaines de points de vente similaires en Chine, et ce, dès le mois de février. (...)

    #Alibaba #Walmart #Amazon #algorithme #robotique #CCTV #consommation #surveillance #vidéo-surveillance #biométrie #facial #RFID (...)

    ##JD.com


  • Des centaines de supérettes sans employés ouvertes en Chine par JD.com | La Revue du Digital
    http://www.larevuedudigital.com/des-centaines-de-superettes-sans-employes-ouvertes-en-chine-par-jd

    JD.com, leader du e-commerce en Chine, annonce qu’il va ouvrir des centaines de supérettes sans personnel avec le promoteur China Overseas Land & Investment. Le paiement des clients sera automatisé via la reconnaissance faciale, la reconnaissance d’images et le RFID. La technologie facilite également l’approvisionnement des magasins et le suivi des stocks.

    Les flux de clients sont tracés par la chaleur dégagée
    Les solutions ont été testées en octobre dernier à Beijing au siège de JD.com par les 10 000 employés de l’enseigne. Le flux était de mille clients par jour avec un taux de ré-achat de 70%. Les caméras placées sur les plafonds des magasins reconnaissent le mouvement des clients et génèrent des cartes de l’activité – via la chaleur dégagée par les clients – afin de mesurer le trafic, la sélection des produits et les préférences des clients, aidant les propriétaires de magasins à s’approvisionner efficacement.

    Les rayonnages intelligents sont équipés de caméras et d’étiquettes RFID
    La solution vise à améliorer de manière significative les opérations existantes, sans effort et à faible coût. Des rayonnages intelligents utilisent la vision qui peut reconnaître les produits et le comportement en magasin, ainsi que l’intelligence artificielle.

    Les propriétaires de magasin peuvent choisir d’inclure un compteur intelligent, qui assure la reconnaissance du produit, la génération de facture et le paiement. Un écran de publicité intelligent dans le magasin exploite la reconnaissance faciale pour afficher des publicités personnalisées basées sur les habitudes d’achat et les données démographiques des utilisateurs individuels.

    #commerce #contrôle #travail #reconnaissance_faciale #RFID


  • [O-S] On achève bien les éleveurs

    Émission du 8 décembre 2017. Nous recevons #Aude_Vidal coordinatrice de l’ouvrage "On achève bien les éleveurs". "Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd’hui pris entre deux feux. D’un côté, le souci légitime de l’impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d’origine animale rejoint le refus de maltraiter – voire tuer – les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d’élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l’« administration du désastre » ? "

    http://offensivesonore.blogspot.fr/2017/12/on-acheve-bien-les-eleveurs.html

    #élevage #animaux #agriculture #rfid #puçage #contrôle #bio #traçabilité #audio #radio #offensive_sonore #écologie


  • Il y a tout juste quatre ans, la #journaliste de Radio France International Ghislaine Dupont et son collègue technicien Claude Verlon étaient assassinés à Kidal, dans le nord du Mali, par Al-Qaida au Maghreb islamique. À Dakar, en hommage aux deux disparus, l’association des « Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon » à inauguré une exposition de #dessins_de_presse.

    http://www.jeuneafrique.com/489104/societe/a-dakar-les-dessinateurs-de-presse-sengagent-pour-ghislaine-dupont-et-

    Je ne suis pas journaliste mais dessinateur de presse, et cela suffit déjà à me sentir menacé

    http://amisghislaineetclaude.tumblr.com
    #RFI #aqmi



  • "Qui a fait tuer Sankara ? Carine Frenk pour RFI
    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara

    15 octobre 1987, Thomas Sankara tombe sous les balles d’un commando. Trente ans plus tard, on ignore toujours qui a commandité l’assassinat, l’a encouragé ou laissé faire. La justice burkinabè s’est saisie du dossier. Quel a été le rôle de son frère d’armes Blaise Compaoré ? Celui du président Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire ? Celui de la France ? De la Libye ? RFI a retrouvé des témoins, dépouillé des archives et propose une enquête exclusive.

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    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara/chap-01/index.html
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    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara/chap-02/index.html
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    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara/chap-03/index.html
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    Le rôle de la France : soupçons et démentis" - Pierre Firtion et Léa-Lisa Westerhoff pour RFI
    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara/chap-04/index.html

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    Sankara et ses ennemis : ce que disent les archives " - Michel Arseneault pour RFI
    http://webdoc.rfi.fr/burkina-faso-qui-a-fait-tuer-sankara/chap-05/?ref=tw


  • Laurent Alexandre, prophète du QI artificiel Le Comptoir le 22 septembre 2017 - Michel Juffé
    https://comptoir.org/2017/09/22/laurent-alexandre-prophete-du-qi-artificiel

    Les discussions autour de la technologie sont sujettes à de nombreuses spéculations plus ou moins rigoureuses. Le Comptoir vous propose ici une version remaniée d’un texte initialement paru sur le blog technocritique Mais où va le web ?. Plein de bon sens, le philosophe Michel Juffé y questionne les fondements et les errances intellectuelles des interventions-spectacles de Laurent Alexandre, (fut)urologue (spécialiste) de l’intelligence artificielle et fondateur du site Doctissimo dont le “sérieux” n’est plus à prouver. Le philosophe répond notamment à son entretien publié au Figarovox en juin 2017 et qui donne le ton : « “Bienvenue à Gattaca” deviendra la norme ».

    Laurent Alexandre n’hésite pas à déclarer que :

    « L’intelligence dans une société numérique est la clé de tout pouvoir politique et économique. Nous avons créé une société de la connaissance sans réfléchir aux conséquences. Nous avons bâti une économie de la connaissance, sans comprendre que nous allions donner un avantage immense aux gens maîtrisant les données, dotés de plasticité cérébrale leur permettant de changer régulièrement de métier et de se former leur vie durant : toutes qualités qui sont mesurées par le QI [quotient intellectuel, NDLR]. Un point de QI supplémentaire fera de plus en plus la différence dans la société de la connaissance. Il faudrait rebaptiser le QI et l’appeler QCIA, le Quotient de complémentarité avec l’intelligence artificielle, pour lui ôter son caractère stigmatisant. À partir de 2020, le QI minimum pour avoir un emploi va augmenter de l’ordre de cinq à dix points par décennie. »

    Le QI n’a jamais été présenté, par ses inventeurs, comme une mesure de l’intelligence au sens global du terme – qui mesurerait la capacité de discriminer, jugement, esprit d’analyse et de synthèse, créativité, etc. – mais comme une mesure de performances dûment étalonnées, c’est-à-dire, pour grossir le trait, celles qu’on attend d’un élève qui a appris à lire, écrire, compter et dessiner.


    Prenons par exemple un test de QI en ligne (il y a des dizaines de sites du genre, ils sont rarement très sérieux…). On nous dit que : « Ce test de QI en ligne évaluera votre quotient intellectuel ou QI. Ce test QI rapide donne un résultat quantitatif et standardisé lié à l’intelligence abstraite. Nous utilisons la méthode du “QI par rang”. Elle permet à une personne de se comparer à un ensemble d’individus classés par secteur. » En clair, c’est un test comparatif, qui ne peut donner de valeurs absolues. Le QI donne donc un indice de dispersion autour d’une moyenne. En l’occurrence pour le QI standard, la moyenne est fixée à 100 pour des raisons arbitraires et historiques. La dispersion des valeurs de QI se situe généralement entre 60 à 140, sachant que moins de 70 est considéré comme “extrêmement inférieur” et que plus de 130 est “extrêmement supérieur”. À quoi ? Eh bien à la moyenne toujours arbitrairement fixée à 100. On a ainsi pu dire que le QI ne mesure que lui-même !

    Ainsi, quand on lit, par exemple, que le QI moyen des Français est de 98, que celui de la plupart des pays d’Afrique est de 70, et que celui de la Chine est de 105, c’est entièrement faux. N’y voir aucun préjugé racial ! Pour que de tels résultats soient valides, il faudrait placer un échantillon de toute la population mondiale dans un seul lot, un seul “secteur”, lui faire disposer des mêmes éléments culturels, des mêmes conditions de passation du test, et d’une garantie très forte de bonne lecture des résultats. C’est rigoureusement impossible. Ce que révèle l’édification du QI en mesure de l’intelligence ou encore en point de comparaison entre sociétés ou civilisations, c’est surtout une position idéologique très forte. Ce qu’on promeut à travers ce genre de démarche, c’est la correspondance accrue à un certain système de valeurs, à un environnement particulier qui valorise ce genre d’intelligence pour de bonnes ou de mauvaises raisons et avec de bons ou de mauvais effets. Rien ne dit que ces systèmes sont plus “intelligents” que les autres, plus humains, plus sains. L’histoire du QI ne dit pas autre chose : cette mesure a servi à justifier toutes les inégalités sociales, voire à produire des politiques publiques discriminantes.

    « Prendre le QI comme signe d’intelligence, c’est à peu près comme demander à un chien de chasse de sauter dans un cerceau, sans tenir compte de son intelligence de chasseur. »

    Revenons à notre (fut)urologue et calculons un peu. Selon Laurent Alexandre, dans 50 ans il faudra avoir un QI de 150 pour avoir un emploi, et dans 100 ans un QI de 200. C’est bien embêtant, car, en réalité, la moyenne restera toujours à 100, donc seulement 1/1000 de la population, au plus, aura un emploi. Et on ne pourra pas supprimer les autres, car cela ne servirait plus à rien d’avoir un QI de 200 et plus (faute de base : toujours cette satané moyenne !). Ici, je pense à la reine rouge d’Alice : il faut courir deux fois plus vite pour rester sur place.

    Le QI, ce Graal
    Moderniser l’école, bien sûr. Car à présent les « classes populaires » sont dépassées par « la technologie qui galope ».

    Il faut, nous dit Laurent Alexandre, augmenter les « capacités cognitives de la population, puisque dans le futur la quasi-totalité des inégalités seront liées aux capacités cognitives ». Comme c’est simple ! À concevoir tout au moins. Toujours la même erreur de raisonnement : si tout augmente, rien n’augmente.

    « La bétise, mieux vaut la prévenir, car on ne peut pas la guérir. »

    Peu importe. Le rôle de l’école va devenir « la programmation des prothèses cérébrales ». Sous le contrôle de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), bien sûr ! On a eu chaud. Imaginons que le rôle de l’école soit d’augmenter la taille des élèves, leur poids ou la longueur de leurs cheveux, ce serait beaucoup plus difficile. Tandis que là, l’école aura seulement à s’occuper de mieux remplir le cerveau des élèves… Ce qu’elle fait déjà depuis 130 ans (avec l’obligation d’instruire toute la population), avec les programmes ministériels et les manuels scolaires. Ce seront toujours des manuels, mais sous forme d’implants cérébraux. La niaiserie, dont Laurent Alexandre accuse l’école, est plutôt celle des adorateurs des “manipulations cérébrales made in Californie” qu’il invoque comme d’autres invoquent les esprits de la forêt ou dansent devant un totem.


    D’où cette mâle proposition : « On ne sauvera pas la démocratie si nous ne réduisons pas les écarts de QI. » Le QI devient ainsi une baguette magique… à mettre entre toutes les mains. Faut-il encore répéter – pour les malcomprenants – que le QI est une mesure de performances standardisées qui n’a de sens que par des écarts, sur une échelle conventionnelle ? Bref, le QI ne mesure pas l’“intelligence” mais des capacités combinatoires, numériques et géométriques, soit une faible partie des capacités intellectuelles, une goutte d’eau dans un océan de complexité. Prendre le QI comme signe d’intelligence, c’est à peu près comme demander à un chien de chasse de sauter dans un cerceau, sans tenir compte de son intelligence de chasseur. Par ailleurs, même en se plaçant dans un contexte de concurrence mondialisée “inévitable” qui semble être l’unique système de pensée supportant les analyses de Laurent Alexandre, le QI n’offre aucune garantie qu’on s’en tirera vraiment mieux ; puisqu’il ne mesure ni la créativité, ni le talent, qui seront pourtant les “compétences” les plus utiles dans le monde automatisé qui s’annonce.

    Foin de ces raffinements, ce qui compte est d’augmenter le QI, comme l’annonce le Prophète – Elon Musk – qui sait que l’augmentation “massive” du QI aura lieu par implants cérébraux. « La seule solution, avec le développement de colonies sur Mars, pour éviter que l’humanité tout entière soit exterminée d’un coup. » Elles sont quand même fortes ces IA ! Elles pourraient nous exterminer « d’un coup. »

    Vous ne connaissez pas Elon Musk ? Cet homme, dont le QI doit être très élevé, sûrement plus que 260 (le record officiel, de 250, est détenu par un américain – of course !), a 46 ans, est père de jumeaux et de triplés, pèse 17 milliards de dollars, et dirige plusieurs sociétés, grâce auxquelles il va nous transporter à 2 000 km/h par voie terrestre, nous envoyer sur Mars par millions, supprimer les bouchons des grandes villes et fusionner l’IA et le cerveau humain (dès 2021).

    IA, implantation : fusion et confusion
    Rappelons rapidement ce qu’est l’IA. L’intelligence artificielle est « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence » (Encyclopédie Larousse). C’est sommaire et un peu tautologique, mais cela nous suffira pour la suite.

    Quelles sont les possibilités d’une IA ? On parle d’IA depuis Turing (1950) mais on se heurte toujours à la question du traitement de données non formalisées, autrement dit des connaissances qualitatives – une grande partie de celles qui nous sont utiles. S’il est vrai que le “deeplearning” est un saut qualitatif en matière d’analyse du signal sonore ou visuel – reconnaissance faciale, reconnaissance vocale, vision par ordinateur, traitement automatisé du langage, par exemple – nous restons dans le connu, le perceptible et le sensible. Je veux dire par là que nous n’apprenons pas à créer par automatisme, et que dès que l’objet reconnu comporte un très grand nombre de dimensions (un corps humain en action par exemple), il devient inanalysable… pour le moment.

    « Durant la transmission électrochimique entre nos neurones, l’ordinateur, même s’il ne fonctionne qu’au ralenti a pu accomplir un million d’opérations, tandis qu’un être humain n’a pu en effectuer une seule. »

    Et s’il est vrai que la dictée orale de textes sur ordinateur est un vrai progrès pour ceux qui écrivent beaucoup, les corrections restent longues et fastidieuses. Quant à la traduction automatique, elle réserve de belles et parfois cocasses surprises. Il s’agit bien d’intelligence artificielle, si intelligere est avant tout discriminer, différencier, trier, comme le suggère l’étymologie latine. Mais la modélisation ne peut pas être illimitée, car quelles que soient la vitesse et l’architecture de traitement de données d’un ordinateur, l’augmentation des dimensions à paramétrer excède assez vite toute possibilité de calcul.

    Ce qui est “profond” est le nombre de couches de traitement de données et non l’apprentissage lui-même, au sens habituel du terme. Et ce qui est important est le service rendu, par exemple à des aveugles pour se diriger et reconnaitre des objets et des personnes. Bref, l’IA ne va pas, par un coup de baguette magique, rendre les gens intelligents, mais elle facilite l’usage de leur intelligence et peut les dispenser des tâches qui requièrent une intelligence répétitive, habituelle, conventionnelle, etc. N’oublions pas, aussi, que l’IA reste opaque pour la plupart des usagers, à commencer par le GPS des voitures et des téléphones mobiles, les moteurs de recherches, et bien d’autres “applis” auxquelles ils ne comprennent rien. D’où non seulement le danger d’une grande fracture numérique mais aussi celui de distorsion et de falsification des informations, aides et renseignements recueillis.

    Il ne faut pas, non plus, surestimer les performances d’une IA. Par exemple, depuis 2016, celle de battre un champion du jeu de Go. Il a bien fallu programmer l’ordinateur – pardon l’IA – pour qu’il combine des successions de coups. Et qui l’a programmé ? Des gens qui savent jouer au Go et ont eu tout leur temps pour bâtir ce programme. Ce qui est nouveau est que les concepteurs ont imité une forme d’intuition, produite par des milliards d’ajustements automatiques dont personne ne comprend la logique.

    Pour le reste, ça n’est qu’une question de vitesse relative : la transmission électrochimique (celle de nos neurones) est au mieux de 100 m/s, donc 1/200 de seconde pour 50 centimètres (entre l’œil et la main, par exemple). Durant cet intervalle, l’ordinateur, même s’il ne fonctionne qu’au ralenti – disons à 10­ 000 km/s – a pu accomplir un million d’opérations, tandis que par ailleurs, un être humain n’a pu en effectuer une seule, car le cerveau ne discrimine que des durées supérieures à 1/25 de seconde.

    L’IA de demain
    Aux dires de 252 experts en apprentissage par ordinateur (les plus qualifiés du monde, bien sûr), l’IA “battra” les humains en traduction des langues (à l’horizon 2024), en rédaction d’essais (2026), en vente (2031), en chirurgie (2050). En ce qui me concerne, encore neuf ans de patience et je pourrai arrêter d’écrire. En revanche rien n’est dit sur la fabrication des tartes aux pommes, où j’excelle, et je vais peut-être pouvoir continuer à en faire jusqu’en 2035 ou plus. Les mêmes prédisent que tous les emplois humains seront remplacés dans 120 ans. Encore une prédiction cocasse : comme on ne sait rien de notre mode de vie dans 120 ans, que peut-on prévoir sur l’emploi ou quoi que ce soit d’autre ? Qui aurait imaginé la machine à laver le linge et la pilule contraceptive au début du XXe siècle ? C’est pourtant ce qui a le plus changé la vie des femmes (donc de l’espèce humaine) durant ce siècle, en incluant les progrès de la chirurgie et de l’imagerie médicale. Personne n’aurait l’idée de parler d’IA à propos de la machine à laver, c’en est pourtant un des plus beaux succès.

    Toujours est-il qu’Elon Musk et ses compétiteurs (car c’est un marché de milliers de milliards de dollars, bien sûr) ne veulent pas que nous soyons dépassés par les IA (au sens fort du terme : machines capables d’apprendre, d’éprouver des émotions, de se reproduire).

    « Pour nous sauver des IA tyranniques, des composants électroniques seraient implantés dans le cerveau “entrelacés entre nos 83 milliards de neurones, ce qui nous transformerait en cyborgs” [sic(k)]. » Laurent Alexandre

    Car, ayant lu trop de science-fiction de médiocre qualité et ayant vu plusieurs fois Terminator I, II et III, ils sont persuadés de la révolte des machines, autrement dit que l’IA va “dépasser” (à droite ou à gauche ?) l’homme, ce qui « nous transformerait en animaux domestiques dans le meilleur des cas. »

    « Elon Musk, nous dit Laurent Alexandre, est très influencé par Nick Bostrom [44 ans, professeur à Oxford], le théoricien des IA hostiles, qui défend l’idée qu’il ne peut y avoir qu’une seule espèce intelligente (biologique ou artificielle) dans une région de l’univers. Ayant comme premier objectif sa survie, toute IA forte se protégera en cachant ses intentions agressives et en attaquant préventivement. » Qu’est-ce qu’une espèce intelligente ? Et pourquoi ne pourrait-il y en avoir qu’une dans une région de l’univers ? Et les fourmis, alors ? Et les rats, qui nous parasitent autant qu’ils veulent ? Et les arbres, sans lesquels nous n’existerions même pas ? J’oubliais : toutes ces choses-là (fourmis, rats, arbres) ne peuvent pas passer un test de QI, alors que les IA le peuvent.

    Bref, pour nous sauver des IA tyranniques, des composants électroniques – je suppose de la taille de quelques micromètres (10-6 µm), avec une finesse de gravure de 10 nanomètres (10-8 nm) – seraient implantés dans le cerveau « entrelacés entre nos 83 milliards de neurones, ce qui nous transformerait en cyborgs » (comme il peut y avoir jusqu’à 20 000 synapses par neurone, on ne sait pas très bien où se passera l’entrelaçage). Difficile de rester plus vague : à quoi serviront ces implants ? Faudra-t-il les remplacer ? À quel rythme deviendront-ils obsolètes ? Qui va les réparer ? Eux-mêmes ? Un couple de médecins et d’IA-médecins ? Leur porteur (puisqu’il est devenu très intelligent) ? Un électronicien ? Un plombier ?

    L’idée même de fusion – étape suivante de l’augmentation cérébrale – entre IA et êtres humains, sous des dehors riants (fusionner c’est augmenter, en mieux) est assez mal venue. La fusion est généralement une régression ; l’amour fusionnel diminue les deux partenaires et augmente leur fragilité. Le métal en fusion perd toute forme (mais le forgeron est là pour lui en donner une). Faire fondre quelque chose (du liquide au solide) peut être très utile, faire fusionner deux choses en les rendant liquides pour les mélanger (amalgame dentaire) aussi. La fusion de deux sociétés est quant à elle pleine d’aléas (si ce sont des réseaux ferroviaires, électriques ou bancaires, on en voit les avantages en termes de solidarité et de fiabilité, mais si ce sont des entités industrielles et/ou commerciales très variées, c’est souvent un échec). Mais fusionner deux organismes tels qu’un réseau de composants électroniques et un cerveau humain, si c’est seulement possible, relève d’une erreur d’attribution : ce n’est pas parce qu’on a parlé de réseaux de neurones en IA qu’il s’agit de vrais neurones artificiels. Cette prétendue fusion aboutirait plus probablement à Brendel/mouche/télépode (cf. le film La Mouche) – soit un abominable mélange régressif et non viable. En réalité, il ne s’agit pas de fusion mais de greffe (si la chose implantée s’incorpore à peu près complètement) ou de prothèse (si elle remplace passivement).

    À la question « Quel est le contraire de l’intelligence artificielle ? », Henri Atlan répondit « La bêtise humaine »

    Revenons au futur proche. “L’augmentation cérébrale”, en supposant qu’elle réussisse, serait-elle d’une quelconque utilité ? Si elle affine nos sens, nous permet de mémoriser plus aisément, de réagir plus vite, d’être plus précis dans nos gestes, elle ne sera pas mal venue. Rendra-t-elle plus intelligent ? Oui, si toutes les qualités susnommées nous rendent plus aptes à discerner, à juger, à nuancer, à peser, à imaginer, à choisir. Ce qui n’a rien de sûr, car les hautes performances corporelles ne garantissent en rien la moindre capacité à faire face aux diverses situations sociales, économiques, techniques, écologiques… auxquelles sont confrontés en permanence les êtres humains (comme tous les autres êtres vivants d’ailleurs). En revanche la saturation d’informations, l’implantation d’éléments à très haute vitesse et inaptes à se régénérer risquent d’induire de graves dysfonctionnements et des phénomènes de types cancéreux.

    D’ailleurs, pourquoi les adorateurs de l’IA n’ont-ils pas pensé à quelque chose de bien plus simple : doubler, tripler ou décupler le nombre de neurones, ce qui nous rendrait – forcément – deux, trois ou dix fois plus “intelligents” ? Il suffirait d’augmenter aussi le volume intérieur de la boîte crânienne ou de la remplacer par un casque hémisphérique en tungstène.
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    Puces RFID implantées dans les mains.

    Revenons à notre ami Laurent Alexandre. Lorsque le journaliste (Vincent Tremolet de Villers) lui dit : « L’homme ne se réduit pas à son cerveau. Il est aussi sensibilité et vie intérieure. Ces deux dimensions sont-elles menacées ? », il a droit à cette réponse digne de figurer dans une anthologie du non-sens : « Vous avez à mon sens tort, l’homme se réduit à son cerveau. Nous sommes notre cerveau. La vie intérieure est une production de notre cerveau. L’Église refuse encore l’idée que l’âme soit produite par nos neurones, mais elle l’acceptera bientôt. »

    À l’appui de cette vérité définitive, Laurent Alexandre cite le révérend Christopher Benek [dont le site “illuminant” vaut le détour], qui souhaite que les machines douées d’intelligence puissent recevoir le baptême si elles en expriment le souhait. Ouf, nous sommes sauvés : c’est bien connu, des machines chrétiennes ne pourront être que des apôtres de l’amour universel et ne chercheront jamais à éliminer l’être humain. Bien mieux que les trois lois de la robotique d’Asimov.

    L’ordre numérique et la loi technologique
    Les élucubrations franchissent un cran dans la mégalomanie, lorsque Laurent Alexandre nous explique que nous, auditeurs moyens, n’avons pas encore compris que les “vrais” maîtres du monde sont les Gafa [Google, Amazon, Facebook, Apple, NDLR] et leurs semblables asiatiques. Ce sont eux qui font la “loi” (on ne sait pas laquelle, mais peu importe) et dictent leur conduite aux gouvernements (NB : avant c’était les Ford, les Rockefeller, etc.). « L’essentiel des règles n’émane plus des parlements mais des plateformes numériques. » Les parlements sont dépassés et même obsolètes, puisqu’ils ne comprennent rien à LA technologie, ne pourraient pas « auditer » les IA (je n’ai pas compris en quel sens Laurent Alexandre emploie le mot “auditer”). Bref, les politiques, comme les éducateurs, vivent dans le passé et feraient bien de se mettre à l’écoute des dirigeants de la révolution numérique, qui vont parvenir, enfin, à créer “l’homme nouveau” dont rêvaient les communistes dans les années 1920.

    « Deux choses sont infinies, l’univers et la bêtise humaine, et pour l’univers je n’en suis pas absolument sûr » citation attribuée à Albert Einstein

    Il est quand même douteux que les politiques y parviennent (à écouter les maîtres du monde) car ils « raisonnent à quinze jours, la Silicon Valley à 1 000 ans », clame Laurent Alexandre (cité par Hubert Guillaud sur le site Internetactu, d’après son discours déjanté à la conférence Unexpected sources of inspiration, centrée sur les enjeux du digital et créée il y a 10 ans ; elle a accueilli 1 800 personnes au Carrousel du Louvre en 2015).

    Quel manque d’ambition de la Silicon Valley (telle que l’imagine Laurent Alexandre). Car, en réalité, ses 6 000 entreprises de haute technologie et ses liens consubstantiels avec l’université de Stanford, une des meilleures du monde, sont capables de réalisations de grande qualité. Des auteurs tels que H.G. Wells, A.E. Van Vogt, A.C. Clarke, I. Asimov, R. Silverberg, etc. anticipent sur des centaines de milliers, des millions et même des milliards d’années (cf. La Cité et les Astres, d’Arthur Clarke, écrit en 1956).

    De plus, ce jugement est faux : les hommes d’État de quelque envergure ont depuis longtemps envisagé le futur sur des centaines d’années ou plus, et ont tout fait pour bâtir pour des millénaires. Il est également faux que tout se passe à la Silicon Valley. Les fabricants de matériel électronique, de systèmes, réseaux et terminaux (tels que les smartphones, par exemple) informatiques, œuvrent dans le monde entier. Et l’inventivité en matière d’usages du “numérique” n’est pas l’apanage de l’Amérique du Nord. Ce qui distingue les Californiens est d’une part une capacité à capitaliser vite et bien, et par suite à monter rapidement de grandes compagnies, d’autre part leur industrie du spectacle (show business) qui en fait les premiers “communicants” (baratineurs et propagandistes) du monde.

    Certes, une branche d’industrie peut vouloir “faire la loi” dans son domaine (comme EDF entre 1945 et 1985), mais ne peut pas voter les lois, et c’est pourquoi le lobbying et la corruption d’élus et de fonctionnaires existent.

    De l’urologie à la futurologie
    Laurent Alexandre est médecin diplômé d’urologie et a suivi les cours de MBA d’HEC, ce qui lui a manifestement réussi puisqu’il a créé Doctissimo – site plusieurs fois dénoncé pour son peu de fiabilité –, qu’il a vendu au groupe Lagardère pour 70 millions d’euros en 2008. Depuis, il a ajouté trois lettres à sa spécialité de départ, « f-u-t » comme dans futé, car il l’est, pour faire avaler de telles énormités. Car ce n’est pas fini : il est aussi généticien, cosmologue et visionnaire à très, très long terme.

    « Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain » Friedrich Schiller, La pucelle d’Orléans, 1801

    Pour lui, l’espèce humaine va devenir immortelle… d’ici 1 000 ans au plus. Pour cela, il faudra avoir fusionné avec l’IA. « Le but ultime de la science est de combattre la mort de l’univers, par la création artificielle de nouveaux univers. Après la mort de la mort, la science se consacrerait à combattre la mort de l’univers. La cosmogénèse artificielle mobiliserait toute l’énergie de l’humanité dans les prochaines milliards d’années. »

    Isaac Asimov avait trouvé plus simple de construire un ordinateur, Multivac, qui, après des milliards d’années d’auto-perfectionnement (et suite à la fusion, hors espace-temps, entre ordinateur et être humain), découvrirait enfin, après la disparition de l’univers, la réponse à la question : « Peut-on inverser l’entropie ? » et engendrerait un nouvel univers en disant simplement : « Que la lumière soit ! » (La Dernière Question, 1956). Mais Laurent Alexandre ne cite pas Asimov.

    En revanche, il croit citer Darwin qui aurait “expliqué” que si l’univers mourrait, alors l’aventure humaine n’aurait eu aucun sens. On peut toujours chercher quoi que ce soit qui ressemble à ce genre de réflexion chez Darwin, ce serait en vain, car Darwin comprenait que l’espèce humaine est une espèce parmi d’autres, vouée à disparaître, comme les autres. Il est vrai que Darwin ne savait rien de l’IA. Quel était son QI, au fait ?

    Il prétend aussi citer Teilhard de Chardin, qui aurait introduit en 1922 le terme de “noosphère”, alors que, même s’il y a pensé dans les années 1920, le terme a été d’abord utilisé publiquement par Édouard Leroy au Collège de France en 1927, et diffusé par Vernadski, auteur de La Biosphère (1926) – ouvrage traduit en français en 1929 – qui formule le triptyque suivant : lithosphère, biosphère, noosphère. Teilhard en parle dans Le Phénomène humain, qui n’a paru qu’en 1955, ayant été interdit par l’Église catholique durant près de dix ans. Ce qui est certain, c’est que Laurent Alexandre ne comprend rien à la pensée de Theilhard : « Le monde futur décrit par Teilhard est bien cette fusion neurotechnologique où le corps disparaît progressivement. » Teilhard n’a jamais envisagé ce genre de futur. Il voulait concilier la théorie darwinienne et un Dieu « Moteur, Collecteur et Consolidateur, en avant, de l’Évolution » (La place de l’homme dans la Nature : Le groupe zoologique humain, 1956 ; ce livre fut interdit à la publication durant sept ans).

    Laurent Alexandre est quand même un grand humaniste, porteur d’une nouvelle éthique : « Je suis persuadé que le sauvetage de notre corps constitue l’un des trois piliers essentiels de notre humanité avec le maintien du droit à nous déconnecter de la matrice et le maintien d’une part de hasard génétique. » Comme la vie humaine est simple : tous les autres maux dont nous pouvons souffrir ne sont rien à côté des trois qu’il dénonce !

    Par exemple : les maladies dégénératives, les guerres de religion, les pénuries alimentaires, les pollutions (air, sol, eau), les catastrophes naturelles, les accidents industriels, l’exploitation des enfants, les viols et violences continuels, etc. Laurent Alexandre vit déjà dans un monde virtuel où rien ne compte d’autre que la projection permanente de visions manichéennes (transhumains, tous bons – IA, toutes mauvaises) et d’ennemis imaginaires propres aux délires paranoïaques (au vrai sens du terme : se croire menacé de destruction). À moins qu’il ne fasse semblant, parce que ça peut rapporter encore plus d’argent que Doctissimo.

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