• « C’est le travail de la jeunesse modeste qui paie les retraites des riches et vieux Parisiens »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/08/c-est-le-travail-de-la-jeunesse-modeste-qui-paie-les-retraites-des-riches-et

    Il sera désormais impossible de réfléchir à ces questions sans avoir lu le livre de Gilles Postel-Vinay (EHESS-Ecole d’économie de Paris) et Jean-Laurent Rosenthal (California Institute of Technology) sur l’accumulation de la richesse privée à Paris depuis deux siècles (Le capital d’une capitale, 200 ans de richesses et d’inégalités à Paris, Seuil, 544 pages, 26 euros).

    Issu de vingt ans de recherche sur les successions des personnes décédées à #Paris tous les cinq ans de 1807 à 1977 – date après laquelle les sources ne sont plus accessibles –, à partir des archives fiscales (les #successions sont imposées continûment depuis 1798) et notariales, complétées par de nombreuses sources statistiques parisiennes, ce livre articule les vues statistiques globales et les exemples individuels. Il documente très concrètement les origines de la #richesse des #Parisiens (la faveur du prince, l’industrie ou la finance), les conditions genrées de son accumulation et les variations des inégalités de la société parisienne.

    Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’accumulation incroyable de richesse à Paris a lieu au profit quasi exclusif des plus riches, tant parisiens d’origine que provinciaux ou étrangers. La proportion des #pauvres – qui meurent sans laisser aucun #héritage, alors que le fisc compte celui-ci au premier franc – reste constamment des deux tiers, tandis que le sommet de la distribution s’enrichit continuellement et plus vite que l’économie française. Ce constant ruissellement du bas vers le haut n’est pas étranger aux multiples révolutions parisiennes, de 1789 à 1870. (...)

    https://justpaste.it/nipyd

  • Bernard Arnault: son mégayacht à 500 millions via Malte
    https://www.24heures.ch/bernard-arnault-son-yacht-geant-cache-et-le-paradis-fiscal-181739235567

    Il se dit « premier contribuable de France », mais pour ses bateaux, Bernard Arnault préfère la discrétion des #paradis _fiscaux, assure Mediapart. Dans une enquête publiée ce mercredi, le média d’investigation se livre à une analyse précise de l’acquisition du dernier #yacht du plus riche des Français – et démontre comment celui-ci échappe à la nouvelle #taxe_sur_les_holdings votée en 2026.

    Selon des documents consultés par Mediapart, le patron de LVMH a commandé un #mégayacht de 143 mètres, plus grand que ceux de Jeff Bezos ou de Sergey Brin. Son prix ? Il est estimé à plus de 500 millions d’euros et, pour l’acquérir, le milliardaire est passé par une société immatriculée à Malte, Concerto Yachting Limited. Celle-ci est détenue via un prête-nom et une structure basée au Luxembourg.

    Un précédent avec un autre yacht

    Selon le journal français, Bernard Arnault avait utilisé le même montage pour acheter son précédent yacht, le Symphony, un navire de 101 mètres acquis pour 228 millions d’euros en 2015. Il faut dire que Malte est l’un des principaux paradis fiscaux pour les yachts en Europe, comme l’avait documenté l’enquête « Malta Files » réalisée par le réseau de médias européens EIC.

    Précision importante : rien dans ce montage n’est illégal. Mediapart pointe la facilité avec laquelle les très grandes fortunes parviennent à réduire leur facture fiscale, y compris sur des achats de « pur » luxe.

    #riches #fiscalité #évasion_fiscale_légale #optimisation_fiscale

  • « Les opportunités de croissance en gestion de fortune sont exceptionnelles » : comment la France est devenue l’eldorado des banques privées
    https://www.challenges.fr/entreprise/banque-et-assurance/les-opportunites-de-croissance-en-gestion-de-fortune-sont-exceptionnelles

    « Les opportunités de croissance en #gestion_de_fortune sont exceptionnelles » : comment la France est devenue l’eldorado des banques privées

    Porté par la montée des #grandes_fortunes et une vague d’#héritages sans précédent, le marché français de la gestion de fortune attise les convoitises. Goldman Sachs comme les grandes banques européennes accélèrent pour capter cette clientèle stratégique.

    « Notre pays est une terre de dynamisme entrepreneurial où les opportunités de croissance en gestion de fortune sont exceptionnelles », confie Jean-Baptiste Douin, fraîchement nommé directeur général à Paris de l’activité private wealth management de Goldman Sachs. Le banquier a compté en France près de 25 000 cibles qualifiées d’UHNWI (ultra high net worth individuals, personnes disposant d’un patrimoine de plus de 30 millions d’euros) . L’Hexagone occupe une place stratégique au sein de la franchise européenne de l’établissement, qui veut y faire croître ses effectifs de 10 à 20 % par an ces cinq prochaines années. Il y vise à long terme les mêmes parts de marché que dans son activité reine, les fusions-acquisitions.

    #banque #riches #finance

  • « La façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », selon l’historien Richard White
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/30/la-facon-dont-trump-utilise-la-presidence-pour-capter-de-maniere-flagrante-d

    Le retour à la Maison Blanche du milliardaire républicain rappelle l’époque des barons voleurs, au XIXᵉ siècle, lorsque des industriels bâtissaient des empires grâce à la #corruption, explique Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford, en Californie.

    Lorsque, à l’automne 2025 Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, a repris du service diplomatique pour son beau-père entre Israël et les pays du Golfe, tout en menant ses #affaires avec les politiques et familles régnantes de la région, bien peu se sont offusqués. De même, l’Amérique est restée indifférente, début mars, lorsque furent révélés les investissements des fils du président, Don Jr et Eric, dans des sociétés de drones susceptibles de recevoir des commandes du Pentagone. Les sommes en jeu ne sont pourtant pas minces. Les actions de Don Jr dans la société Unusual Machines, dont il est devenu conseiller à la fin de l’année 2024, et acquises pour 200 000 dollars (173 000 euros), en valent, si elles n’ont pas été revendues, 4 millions depuis que la société a décroché un contrat du Pentagone. Comme si #népotisme, conflits d’intérêts et #délits_d’initiés étaient devenus acceptables aux Etats-Unis sous Donald Trump.

    « Il y a déjà eu énormément de corruption par le passé, ce n’est pas nouveau, mais la façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », s’afflige Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford (Californie) et spécialiste de la corruption au XIXe siècle. Sans cesse, l’ère Trump rappelle celle de « l’âge doré » (Gilded Age) dont le président a la nostalgie – ou plutôt « l’âge doré en toc », pour reprendre l’expression narquoise de l’écrivain Mark Twain (1835-1910), cette période d’#enrichissement et de corruption qui s’étend de la guerre de Sécession (1861-1865) au sursaut progressiste de Théodore Roosevelt (1901-1909).

    [...]

    La conquête du monde numérique et de l’intelligence artificielle a un goût de déjà-vu : elle rappelle la conquête de l’Ouest, par le chemin fer, avec l’exploitation de terres et de ressources immenses, qui va donner aux politiciens un pouvoir considérable. Cette époque de corruption et de partage fut qualifiée de « grand barbecue » par l’historien progressiste Vernon Parrington (1871-1929). « C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui, bien que le processus soit plus sophistiqué », estime Richard White.

    Il cite le transfert vers le privé du programme spatial américain, à Elon Musk (SpaceX) et à Jeff Bezos (Blue Origin) ou le développement de toutes sortes de technologies concédées sous licence à des acteurs privés qui les utilisent pour « bâtir d’immenses fortunes privées ». « Il s’agit là de l’échec de la sphère politique – et de l’échec du peuple américain – à prendre conscience que ce qui relève du domaine public mérite une certaine préservation », accuse Richard White.

    https://justpaste.it/ndh0t

    #É-U #riches #usines_à_fric : #armement #immobilier #technologies #IA

  • Frédéric Gilli, économiste : « A Paris, l’idéal de transformation urbaine, souvent caricaturé comme “la ville bobo”, rencontre manifestement un électorat »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/24/frederic-gilli-economiste-a-paris-l-ideal-de-transformation-urbaine-souvent-

    ... la ville est l’une des plus riches de France (80 % des bureaux de vote parisiens comptent parmi les 10 % les plus aisés du pays). Pourtant, le fait est là. Si l’on y ajoute les voix recueillies par Sophia Chikirou (La France insoumise), le « bloc gauche » atteint même un niveau inédit : 60 %. Alors que le bilan de l’équipe sortante était moqué, ce résultat peut surprendre. Il appelle une triple lecture, sociale, territoriale et démocratique.

    [...]

    Cette question démocratique est l’un des enjeux décisifs à l’issue du scrutin. Dans la capitale, au premier tour, l’abstention atteignait 60 % dans les 200 bureaux de vote les plus pauvres… Avec l’oubli de la banlieue, l’invisibilisation de pans entiers de la population parisienne est un élément central du péril démocratique qui fragilise nos villes et nos élus.

    #Paris #riches #métropole #grand_Paris #gauche #abstention #populaire

    https://justpaste.it/kycod

  • Qui paie la fluidité ?
    https://laviedesidees.fr/Laleh-Khalili-Extractive-Capitalism

    80% du commerce mondial transite par voie maritime ; moins de dix entreprises contrôlent l’essentiel de ce trafic. Le capitalisme ne se limite pas à l’extraction de matières premières, il organise un système où la fluidité des marchandises repose sur la captivité des corps et des territoires.

    #Économie
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260316_flux.pdf

  • Pourquoi l’image d’une « France périphérique » peuplée d’électeurs en colère ne résiste pas à l’examen
    https://theconversation.com/pourquoi-limage-dune-france-peripherique-peuplee-delecteurs-en-cole

    Les recherches en sciences sociales convergent sur un point central : les #inégalités ne se distribuent pas selon une ligne de fracture simple opposant métropoles « gagnantes » et #territoires « perdants ». Les grandes aires urbaines concentrent simultanément des niveaux élevés de #richesse et des proportions importantes de populations #précaires. Au contraire, de nombreux espaces périurbains, ruraux ou de villes petites et moyennes connaissent des trajectoires démographiques et économiques positives, attirent de nouveaux habitants et développent de multiples formes d’innovation locales.

    Les données de l’Insee montrent ainsi que certains territoires ruraux ou villes moyennes (Aurillac, Annecy, par exemple), présentent des niveaux de #pauvreté inférieurs à ceux de plusieurs métropoles attractives (comme Montpellier ou Lille).

    De même, les dynamiques de l’emploi ne se superposent pas à l’opposition entre métropoles et hors métropoles : certaines zones d’emploi non métropolitaines figurent parmi les plus dynamiques du pays, notamment dans l’industrie (vallées de l’Arve et de la Bresle, Choletais, Vendée).

    Enfin, les difficultés d’accès aux services essentiels – soins, emploi, logement ou mobilité – se retrouvent dans des configurations territoriales très diverses. Les « déserts médicaux » concernent aussi bien certains territoires ruraux que des quartiers populaires de grandes agglomérations.

    Ces constats invitent à déplacer le regard : plutôt que de penser les territoires comme des blocs opposés, il s’agit d’analyser les mécanismes qui produisent les inégalités, indépendamment de la seule localisation géographique.

  • « Autour de 50 000 » foyers fortunés échappent à l’impôt, selon l’ex-ministre de l’économie Eric Lombard
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/27/autour-de-50-000-foyers-fortunes-echappent-a-l-impot-selon-l-ex-ministre-de-

    Selon des sénateurs, 13 335 personnes concernées par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ont un revenu fiscal de référence si faible qu’ils ont été dispensés d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values et dividendes. Mais, d’après Eric Lombard, le chiffre des Français fortunés non imposés est encore plus élevé.

    #Fiscalité #riches (très) #patrimoine_financier #niches_fiscales #optimisation_fiscale #suroptimisation_fiscale #fraude_fiscale

  • Préjugés : « Les immigré·es profitent des aides sociales »

    Dans ce mini-podcast, #ritimo revient sur un préjugé courant : les personnes migrantes viendraient en France pour « profiter du système ». Pourtant, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    Le guide pratique ritimo « Répondre aux préjugés sur les migrations » est un outil indispensable pour mieux comprendre la réalité des migrations et leur instrumentalisation, pour répondre aux discours racistes ou de repli sur soi et faire entendre d’autres voix sur le phénomène migratoire.

    –—

    Transcription

    Ils sont pas fous les immigrés de s’installer ici : les soins sont gratuits, ils touchent les alloc’ et les aides au logement et j’en passe... Moi je comprends que le Français qui travaille dur et qui arrive pas à joindre les deux bouts, quand il voit ça, il vrille...

    C’est un préjugé très répandu : les personnes migrantes viendraient en France pour profiter du système. Or, justement, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    La réalité des aides sociales en France
    Depuis les années 2000, environ 10 % des bénéficiaires des prestations sociales en France sont des étranger·ères (que ce soit le RSA, les APL, la prime d’activité, ou les allocations familiales...).
    Pour que les étranger·ères fraudent et profitent du système social français, il faudrait déjà qu’iels puissent y accéder.

    Pour bénéficier du Revenu de solidarité active (RSA), un·e étranger·ère doit avoir un titre de séjour et une carte de travail depuis au moins 5 ans. Pour toucher le minimum vieillesse, iel doit être en France depuis au moins 10 ans. Pour les étranger·ères en situation irrégulière c’est encore plus compliqué. La majorité des sans-papiers qui travaillent payent des impôts et des cotisations sociales mais ne bénéficient d’aucune prestation sociale. Iels n’ont pas l’assurance retraite, pas droit aux allocations chômage et ne peuvent pas faire de demande de logement social.

    Les demandeurs d’asile ne sont pas éligibles aux aides sociales et doivent se contenter d’une aide de l’État de 200 à 425 € mensuels. L’hébergement en CADA n’est pas non plus un « droit » puisqu’il n’y a que 25 000 places pour 80 000 demandes d’asile.
    Si le système social en France est menacé, ce n’est pas à cause des immigré·es mais plutôt des politiques néolibérales qui réduisent le budget des services publics !

    Les enfants, ça coûte énormément !
    L’idée que les migrant·es feraient beaucoup d’enfants pour vivre des allocations ne tient pas non plus la route. Tout d’abord, la fécondité des femmes immigrées (2,3 enfants par femme) n’est que légèrement supérieur à celle des non-immigrées (1,7 enfant par femme).
    Ensuite, toutes les familles immigrées n’ont pas droit aux allocations familiales : il faut que les enfants soient né·es en France ou qu’iels soient venu·es dans le cadre du regroupement familial, et avoir au moins un·e parent·e qui a un titre de séjour.

    Au delà de tout, quand on compare le montant des aides sociales et les dépenses familiales, il est évident qu’élever des enfants coûte bien plus que cela ne "rapporte" entre guillemet !!

    Dans nos HLM
    L’extrême droite dénonce une supposée préférence pour les étranger·ères dans l’accès au logement social. Selon les derniers chiffres, un logement social sur cinq accueille une famille immigrée et seulement 12% des locataires immigré·es sont de nationalité étrangère.
    Concrètement, les étranger·ères sont discriminé·es pour entrer en HLM. Une étude de la Fondation Abbé Pierre en 2023, a montré que seulement 24% des guichets d’enregistrement de la demande de logement social répondent de manière similaire aux candidatures présumées françaises et aux candidatures d’origine présumée d’Afrique de l’Ouest.

    Se soigner, c’est pas gagné !
    La plupart des étranger·ères qui vivent en France travaillent et cotisent pour la sécurité sociale. Pourtant, il est compliqué pour elleux d’accéder aux soins quand iels tombent malades. Par exemple, pour bénéficier de l’Aide médicale d’Etat (AME), il faut attendre trois mois après son arrivée en France avant de pouvoir déposer une demande. Dans la pratique, les caisses d’assurance maladie exigent des relevés d’identité bancaire, des justificatifs de domicile, des preuves d’arrivée... Par conséquent, de nombreuses personnes ne font jamais les démarches pour en bénéficier, soit parce qu’elles ont d’autres priorités (se loger et s’alimenter, par exemple), soit par découragement face aux démarches administratives complexes. Selon Médecins du monde, 87 % des étranger·ères rencontré·es dans leurs centres ne sont pas bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat.

    Dans la pratique, les patients AME sont également discriminé·es. Par exemple, selon une étude de l’Institut des politiques publiques, lorsqu’iels appellent un médecin généraliste ou un ophtalmologue, iels ont 25 % de chances en moins d’obtenir un rendez-vous qu’un autre.
    Certaines personnes très malades, qui n’ont pas accès aux soins dans leur pays, obtiennent la permission de venir se soigner en France. Depuis 1998, il existe un droit à un titre de séjour spécifique, mais il est accordé à de moins en moins de personnes, à peine 4000 personnes par an. C’est moins de 2 % des titres de séjour accordés.

    Ca coûte ou ça rapporte ? Les bons comptes de l’immigration
    Est-il réellement possible de mesurer l’impact budgétaire de l’immigration pour un État ? Aucune estimation ne fait l’unanimité. En 2021, des universitaires lillois affirment que le solde est négatif en moyenne : soit l’immigration ne coûte rien à la France, soit elle coûte 10 milliards d’euros maximum. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) affirme de son côté que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte et qu’elle a permis à la France de gagner au moins 10 milliards d’euros chaque année en moyenne, du fait des d’impôts et de cotisations que payent les immigré·es. A peu de choses près, donc, l’impact de l’immigration est globalement neutre.

    Ce qui est certain en revanche, c’est que les politiques répressives de nos gouvernements en matière d’immigration coûtent très cher au contribuable européen. Les pays de l’Union européenne ont fait exploser les budgets consacrés à l’éloignement des personnes en situation irrégulière, à la fermeture et la militarisation des frontières (avec la construction de murs, de clôtures, de barbelés et de miradors, le déploiement de dispositifs policiers et militaires, etc.).
    En France, la Cour des comptes estime le coût direct de la politique de lutte contre l’immigration irrégulière à 1,8 milliard d’euros par an - autant d’argent qui ne va pas à l’éducation nationale ou à la santé publique.

    Contrairement à ce que l’on entend souvent, les immigré·es ne coûtent pas cher à la France. Ils et elles bénéficient peu des aides sociales et contribuent au contraire au budget en payant des impôts et des cotisations, quand on les autorise à travailler. Les arguments économiques contre l’immigration ne tiennent donc pas la route, et cachent mal la xénophobie irrationnelle qui les sous-tend.

    https://videos.ritimo.org/w/92RRHiJqjmhrHJyyByUAz3
    #podcast

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    ajouté à la métaliste sur...
    #guerre_entre_pauvres #migrants #classes_sociales #migrations #pauvres #asile #réfugiés #inégalités #discrimination #économie #concurrence #pauvreté #redistribution #dessin_de_presse #caricature #dessin #bouc-émissaire #richesse #riches

  • Los Angeles Times | This tax proposal would cost the state’s richest residents about $100 billion
    https://link.latimes.com/view/6532a39b25b3640666c14c3cpw0t1.636m/e5064eb9

    Désertion en pleine guerre économique... que fait-on contre les déserteurs habituellement ? Nationalisation ;-)

    This tax proposal would cost the state’s richest residents about $100 billion
    Staffers remove a sign after a news conference after the House passage of the tax and spending bill at the U.S. Capitol.

    A proposed one-time 5% wealth tax on billionaires could raise $100 billion for healthcare while threatening to drive wealth out of state. Supporters say the revenue is needed to backfill the massive federal funding cuts to healthcare that President Trump signed this summer. (Kevin Dietsch / Getty Images)

    A proposed one-time tax on billionaires in California could send some of the wealthiest in the state elsewhere.

    Proponents of the 5% tax say it is one of the few ways the state can provide healthcare for its most vulnerable. Opponents argue that it would squash the innovation that has made California rich.

    Earlier this month, my colleagues reported that the Golden State’s richest residents say their success has created unimaginable wealth but also jobs and better lives for Californians, and they are tired of feeling targeted.

    “I promise you this will be the final straw,” Jessie Powell, co-founder of the Bay Area-based crypto exchange platform Kraken, wrote on X. “Billionaires will take with them all of their spending, hobbies, philanthropy and jobs.”

    Some of them have already decided to take their companies to other states with lower taxes and less regulation. PayPal co-founder Peter Thiel announced on Dec. 31 that his firm had opened a new office in Miami. The same day, venture capitalist David Sacks said he was opening an office in Austin, Texas. California billionaires who are residents of the state as of Jan. 1 would be affected if the ballot measure passes.

    The tax proposal would cost the state’s wealthiest residents about $100 billion if a majority of voters support it on the November ballot. In the meantime, the initiative’s backers must gather the signatures of nearly 875,000 registered voters by June 24.
    What the billionaires tax calls for

    Initiated by the Service Employees International Union-United Healthcare Workers West (SEIU-UHW), the tax measure calls on California billionaires to save the state’s healthcare system from collapse and help fund California public K-14 education and state food assistance programs.

    Massive federal funding cuts to healthcare as part of the One Big Beautiful Bill Act put the state in a vulnerable position. The California Budget & Policy Center estimates that as many as 3.4 million Californians could lose Medi-Cal coverage, rural hospitals could shutter and other healthcare services would be slashed unless a new funding source is found.

    The billionaires could pay the levy over five years, The Times’ Seema Mehta and Caroline Petrow-Cohen report. Ninety percent would fund healthcare programs and the remaining 10% would be spent on food assistance and education programs.

    The chances of the ballot measure passing in November are uncertain, given the potential for enormous spending on campaigns to stop the effort.

    Unlike statewide and other candidate races, there is no limit on the amount of money donors can contribute to support or oppose a ballot measure.
    Where Newsom stands

    Gov. Gavin Newsom has denounced the tax proposal, which does not have unanimous support among the Democrats.

    Newsom has consistently opposed state-based wealth taxes throughout his tenure. He reiterated his opposition when asked about the proposed billionaires tax in December.

    “You can’t isolate yourself from the 49 others,” Newsom said at the New York Times DealBook Summit. “We’re in a competitive environment. People have this simple luxury, particularly people of that status, they already have two or three homes outside the state. It’s a simple issue. You’ve got to be pragmatic about it.”

    The governor opposed two previous ballot measures in 2022 and 2023 that would have raised taxes on the wealthiest Californians.

    He wasn’t potentially eyeing a presidential bid during those years, however.

    Lorena Gonzalez, president of the California Federation of Labor Unions, called Newsom’s position “an Achilles’ heel” that could irk primary voters in places including the Midwest who are focused on economic inequality, inflation, affordability and the growing wealth gap.

    “I think it’s going to be really hard for him to take a position that we shouldn’t tax the billionaires,” said Gonzalez, whose labor umbrella group will consider whether to endorse the proposed tax next year.

    #Impôts #Richesse #California

  • Il brand mafia, tra TikTok e #dark_web

    I criminali si sono adeguati alle piattaforme per costruire la versione digitale dell’estorsione. In questo caso, si tratta di un pizzo sull’economia dell’attenzione. Intervista allo storico Marcello Ravveduto

    Le mafie del XXI secolo hanno dovuto adattarsi alle regole dei media e della società dei consumi per garantirsi sopravvivenza e legittimazione sociale. E ciò è avvenuto attraverso due passaggi: da un lato, la normalizzazione dei codici criminali, alimentata anche da chi sui social banalizza e riproduce gli immaginari mafiosi; dall’altro, l’uso strategico dello spazio digitale, gestito tra visibilità (TikTok) e occultamento illecito (dark web). Sono alcune delle conclusioni contenute nel rapporto Le mafie nell’era digitale: focus TikTok, curato per Fondazione Magna Grecia da Marcello Ravveduto, professore associato di Storia contemporanea all’Università di Salerno ed esperto di immaginari mafiosi.

    Ravveduto, perché concentrarsi sul binomio mafie-TikTok?

    È la naturale conseguenza del primo rapporto, dove abbiamo analizzato la presenza delle organizzazioni mafiose nell’ecosistema digitale. La ricerca si è concentrata sulle piattaforme user generated content, in cui l’utente è consumatore e al tempo stesso produttore di contenuti. TikTok si distingue per una serie di caratteristiche, ad esempio consente un utilizzo anonimo e i contenuti hanno un’alta volatilità. Inoltre, l’algoritmo premia l’engagement, la viralità e la visione seriale di alcuni generi e temi specifici.

    Questo crea un meccanismo in cui la mafia si configura come un sistema autoreferenziale, alimentato da una sorta di narcisismo criminale. L’obiettivo del rapporto non è solo informare, ma assicurarsi che l’opinione pubblica e gli utenti acquisiscano piena coscienza del fenomeno. Perché dietro i contenuti che etichettiamo come trash c’è molto altro; riderne e divulgarli può contribuire a normalizzare messaggi mafiosi.

    È corretto dire che la società dei consumi e dei media ha “conquistato” le mafie?

    Certamente la società dei consumi ha dettato le regole e i media, con le loro logiche, hanno ridefinito le modalità operative delle mafie. Su TikTok anche l’utente mafioso all’inizio deve comportarsi come un tiktoker e adeguare il suo stile di vita e la sua mentalità con l’obiettivo di raggiungere pubblici vasti. In sostanza, il mafioso deve seguire le regole imposte dall’algoritmo.

    Nel rapporto si parla di mafiofili. Chi sono?

    Sono utenti che manifestano apprezzamento per i contenuti che hanno uno sfondo mafioso: film, serie televisive o altro. Spesso si tratta di persone che non hanno rapporti diretti con le organizzazioni criminali, ma che sono suggestionate dal potere, dalla narrazione e dal fascino del racconto mafioso. Questi utenti, assai più numerosi dei mafiosi stessi, hanno un ruolo centrale nella riproduzione di contenuti e nella loro diffusione.

    Un’analisi di rete dei profili ha rivelato, infatti, che i mafiofili sono i veri motori della normalizzazione dei contenuti di matrice criminale. Non si limitano a consumarli, ma li utilizzano per inserirsi in un filone narrativo che si lega ad altri trend e temi: il lusso, il glamour, la moda, i motori e le culture giovanili in generale. Attraverso strumenti tipici delle piattaforme (meme, clip, challenge, lip sync, remix ecc.), i mafiofili creano un vero e proprio genere narrativo e questa narrazione si espande con grande facilità perché attrae pubblici diversi.

    Quindi normalizzando i contenuti finiscono per proteggere la figura del mafioso?

    Più che proteggerlo, lo sdoganano. Quando un utente è continuamente esposto a temi legati al cinema, alle serie tv o alla musica (sia essa trap o neomelodica), il successivo incontro con il contenuto del mafioso genera ambiguità: è una mera imitazione (alla Scarface o alla Tony Montana) oppure realtà? Le costruzioni retoriche utilizzate sono le stesse impiegate dagli influencer, che espongono decine di brand per promuovere il consumo. L’influencer indossa un capo firmato per promuovere il marchio, mentre il mafioso o il mafiofilo indossa lo stesso abito per dimostrare che la ricchezza ottenuta dal narcotraffico ne permette l’acquisto.

    Lei descrive una geografia digitale dove le mafie sono visibili su TikTok ("terre emerse") ma agiscono nell’ombra sul dark web ("sottosuolo"). Come si combinano queste due strategie?

    Se sulla terra trivelliamo per raggiungere il sottosuolo, nel mondo digitale usiamo le piattaforme crittografate per penetrare nel dark web.Il collegamento è garantito da strumenti che spesso sottovalutiamo: WhatsApp, Telegram e Messenger di Facebook sono tutti crittografati. Un altro punto di contatto sono i videogiochi con la partecipazione aperta, che creano pubblici numerosi e offrono chat integrate, facilitando i contatti. La ragione d’essere di questi due mondi è che sono complementari l’uno all’altro e al lavoro delle organizzazioni mafiose. La parte visibile è cruciale per la legittimazione sociale.

    Il mafioso è presente e riconosciuto nel quartiere che controlla e le persone devono sapere chi è per poterlo ossequiare. Nascondersi, invece, è una necessità intrinseca del crimine: se commetto un reato devo nasconderlo. Si tratta di due esigenze distinte: da un lato, cercare di influenzare la società alla luce del sole, dall’altro, commettere reati nascondendosi per non essere perseguiti. Il web replica la geografia fisica che è in grado di determinare anche una geografia sociale. Questa è la sua vera potenza.

    Molti video su TikTok usano l’ironia e rendono complesso l’intervento della piattaforma. Come distinguere tra un messaggio goliardico e uno che invece veicola codici e valori criminali?

    Il problema nasce quando l’ironia nasconde una minaccia o semplicemente una strategia per attirare l’attenzione, un messaggio compreso da chi appartiene al mondo criminale. Questa capacità di celare un secondo messaggio è la ragione per cui tali contenuti si espandono ben oltre la loro dimensione superficiale. L’unica strada è imparare a riconoscere i segnali portatori di più significati: simboli, ambienti, estetiche, acconciature e modi di vestire possono essere elementi indicativi. Non possiamo dire che una persona è mafiosa solo perché indossa un certo brand o usa l’emoji del leone, ma è necessario scavare più a fondo: chi è l’utente, chi sono i suoi follower, quali altri contenuti pubblica?

    Nel caso in cui, oltre all’ironia, i contenuti trattano temi come il carcere, i carcerati, o ancora se è ostentata la casa con i suoi stucchi barocchi, allora abbiamo degli elementi da valutare. Il criterio alla base di questa visibilità è un processo di vetrinizzazione tipico della società dei consumi: la persona si mette in mostra e diventa una merce. Loro sono consapevoli di essere i promotori del brand mafia e per promuoverlo usano un linguaggio pubblicitario composto da metafore, evitando riferimenti espliciti.

    Lei sostiene che le organizzazioni criminali si comportano come dei brand, che curano immagine e reputazione per attrarre il pubblico di riferimento.

    Sì, e aggiungo che tutto questo è nato spontaneamente, senza un pubblicitario o un regista a pianificare le strategie. I criminali si sono adeguati alle necessità delle piattaforme per costruire un processo di brandizzazione, hanno investito nella parte visibile per creare e costruire l’equivalente digitale di quello che una volta era il pizzo. In questo caso, si tratta di un pizzo sull’economia dell’attenzione. Ci sottraggono attenzione, costruendo un processo di legittimazione sociale che rafforza il loro brand.

    Ci può fare qualche esempio di come i mafiosi usano TikTok per fare branding?

    Propongono un modello di successo depurandolo dagli aspetti più negativi, in particolare quello della violenza. Spesso viene usata la stessa retorica dell’antimafia che commemora le vittime innocenti, ma applicata per glorificare i propri caduti. Esistono migliaia di profili che alternano slideshow
    con le foto dei morti ammazzati dei clan, trasformati in eroi e martiri. Fino a quando non comprenderemo che quel mondo parla come noi, ma alla rovescia, e che la chiave di volta è la costruzione di una post-verItà, non cambierà nulla.

    Ciò che per noi è vero, per loro non lo è, perché la loro verità è diversa. Questo è chiaro nelle dirette delle mogli dei boss, che dicono «mio marito è in galera, ma è una brava persona», oppure «mio marito spacciava, ma è un padre che non ha mai fatto mancare nulla ai figli». Siamo dinanzi a un meccanismo in cui la difesa dell’identità passa attraverso una verità alternativa. I social network prendono questo messaggio e lo spingono all’ennesima potenza.

    Su TikTok la figura femminile è rappresentata in una duplice veste: legata a un ruolo tradizionale e sottomesso, oppure protagonista nell’ostentazione e nell’uso dei codici criminali.

    In quel mondo l’emancipazione femminile è in realtà un processo di mascolinizzazione. La donna che ostenta il lusso e sostituisce il marito mostra la ricchezza e il potere guadagnati dal coniuge criminale. Simbolicamente, il patrimonio diventa la prova e la celebrazione del capofamiglia, anche se
    questo si trova in carcere. D’altronde sono persone cresciute con madri e nonne che hanno sempre vissuto in quel modo: la donna che non accudisce il suo uomo è considerata una cattiva femmina.

    Quando il marito non c’è più, la donna deve assumere un ruolo operativo, ma si comporta come un uomo. I rari casi di emancipazione avvengono quando comprende che deve uscire da quel contesto per salvare i propri figli, è solo allora che abbandona la figura della moglie e agisce esclusivamente nel ruolo di madre. Ma sono eventi eccezionali. Nella maggior parte dei casi, la donna è pienamente consapevole e integrata, se non felice. Tra l’altro, nel mondo criminale sono molto rari i femminicidi proprio perché la donna è completamente sottomessa.

    Chiudendo il cerchio, per risolvere il problema non basterebbe censurare alcuni contenuti criminali?

    La censura è inefficace. Possiamo chiudere tutti i profili di mafiosi e mafiofili, ma i messaggi continuerebbero a esistere, anzi tornerebbero sotto forme diverse. Le regole di TikTok sono chiare: l’intelligenza artificiale blocca i contenuti che presentano armi o un linguaggio scorretto, ma mafiosi e mafiofili possono aggirare questi vincoli, ad esempio utilizzando il dialetto. Da parte loro, forze di polizia, procure e tribunali hanno dei reparti dedicati al controllo dei social, ma se non c’è nulla di penalmente rilevante l’intervento risulta limitato.

    E allora qual è il metodo più efficace per contrastare il fenomeno?

    L’antimafia deve mettere da parte l’atteggiamento un po’ snob tenuto finora rispetto a queste piattaforme e cominciare ad affrontare le mafie sullo stesso “campo di battaglia”, proponendo una narrazione alternativa, ad esempio raccontando agli utenti dei social cosa si fa per contrastare le organizzazioni criminali. Senza questo scatto in avanti, gli algoritmi continueranno a costruire una sorta di pedagogia della mafia e tale visione diventerà sempre più parte integrante del nostro immaginario.

    https://lavialibera.it/it-schede-2515-il_brand_mafia_tra_tiktok_e_dark_web_marcello_ravveduto
    #mafia #réseaux_sociaux #TikTok #pizzo #extorsion #imaginaire #imaginaires_mafieux #algorithme #narcisisme_criminel #mafiofili

    • Le mafie e i social media

      Abiti firmati, auto di lusso, locali esclusivi, banconote in bella mostra. Sono i canoni dell’estetica criminale che le mafie italiane, al pari dei narcos e di altri clan, hanno imparato a sfruttare in maniera efficace. Sui social media ostentano ricchezza per affermare potere e raccogliere consensi, occupando la rete alla stessa stregua di un qualsiasi territorio di conquista. È la cosiddetta “mafiosfera”, per usare la terminologia coniata dal Professor Marcello Ravveduto.

      Un mondo digitale in cui le cosche convivono con il popolo degli emuli: i “mafiofili”, attratti dal fascino patinato dell’epopea malavitosa. Tra loro molti giovani, spesso inconsapevoli del fatto che, condividendo i contenuti pubblicati sui social, contribuiscano a banalizzare la violenza e l’illegalità. È un problema che finisce per riguardare tutti. Ovunque. Nel “mafiorama”, che dall’America Latina si è esteso all’Europa, compare anche la Svizzera, non certo estranea a mafiosi e “mafiofili”.

      https://www.usi.ch/it/feeds/33770
      #rapport #esthétique #richesse #pouvoir #territoire

  • Taxe Zucman : La fuite des milliardaires

    Comment est-ce que les #ultra-riches arrivent à organiser leur fortune pour payer le moins d’impôt possible ? Et pourquoi la taxe Zucman pourrait être le premier pas vers l’#équité_fiscale en France ?

    https://www.youtube.com/watch?v=Q0kwriDkI3Y


    #taxe_zucman #fiscalité #vidéo #riches #taux_d'imposition #justice_fiscale #Gabriel_Zucman #économie #taxe_plancher #optimisation_fiscale #patrimoine #abus_de_bien_social #fraude_sociale #dividendes #holding #artemis #François_Pinault #Suisse #Gucci #Tessin #Cadempino #Kering #évasion_fiscale
    #explication #à_voir #médias

  • Et si l’immigration était un #projet_de_société positif et accueillant ?

    Le #Québec peut être cette nation qui sait conjuguer son désir d’affirmation tout en ouvrant les bras.

    Dans un contexte mondial où l’on assiste à la montée des mouvements antidroits et des pratiques autoritaires, dont le principal « #ennemi » est les personnes migrantes, la joute oratoire sur l’immigration à laquelle nous assistons à #Québec a de quoi nous inquiéter.

    Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) nous dit en substance que l’immigration est une #menace, et qu’il y en a trop. Une partie de l’opposition surenchérit. Ce faisant, on induit la population en erreur avec toutes sortes de #chiffres douteux, faisant monter un sentiment anti-immigrant empreint de #préjugés, discriminatoire. Cela nourrit un #climat_social polarisé et délétère.

    Plusieurs commentateurs ont critiqué l’escalade du #discours_anti-immigrants entre la CAQ et le Parti québécois (PQ). Il est important de comprendre qu’il s’agit là d’un #discours qui s’inscrit dans une logique portée par les #mouvements_antidroits, dont font aussi partie les mouvances identitaires. Alors à qui profite ce discours, et à quels desseins ? Cela ressemble à une #politisation opportuniste et électoraliste de l’immigration.

    Ces jours-ci se tiennent des consultations sur la planification de l’immigration au Québec. Le gouvernement a déjà annoncé son intention de réduire considérablement le nombre d’immigrants temporaires et permanents. De nombreux intervenants seront entendus jusqu’au 30 octobre. Plusieurs représentent des secteurs économiques qui emploient des travailleuses et des travailleurs étrangers. Il y a donc fort à parier que ces intervenants plaideront l’importance de maintenir un bon niveau d’immigration, notamment temporaire, pour assurer des besoins immédiats en main-d’œuvre.

    Amnistie ne se prononce pas sur le nombre de personnes immigrantes qu’un État souhaite accueillir. Toutefois, nous rappelons que pour tout programme d’immigration, les États, dans ce cas-ci le Québec, ont l’obligation de le déployer en tout respect et en toute protection des droits de ces personnes, et en respect du #droit_international.

    Ce qui inquiète Amnistie, c’est donc la #rhétorique_négative à l’égard de l’#immigration mise de l’avant pour justifier sa réduction, la façon dont c’est fait et les effets sur les personnes concernées. Nous sommes également inquiets de la tendance privilégiant une #immigration_temporaire au détriment de l’#immigration_permanente qui s’est accentuée ces dernières années.

    La CAQ promet depuis son élection en 2018 une réduction importante du nombre de personnes immigrantes au Québec. Cependant, pour répondre aux demandes des employeurs, le gouvernement n’aura eu de cesse de faire appel à un nombre accru de migrants temporaires, grossissant ainsi le bassin d’une population vulnérable.

    Les élus — de la CAQ et du PQ, principalement — déplorent souvent la forte augmentation du nombre de résidents non permanents, laissant entendre qu’il s’agirait d’un phénomène subi par le Québec et imposé par le fédéral. Or, c’est le #Programme_des_travailleurs_étrangers_temporaires (#PTET), sur lequel Québec a le plein contrôle, qui a connu l’augmentation la plus forte depuis 2018, soit 651 %.

    Cette augmentation record montre notre dépendance à l’égard de la main-d’œuvre temporaire pour des besoins permanents dans nombre de secteurs économiques. Les #employeurs comme le gouvernement doivent donc se demander si c’est vraiment d’une immigration temporaire dont ils ont besoin et qu’ont-ils à gagner à ce que ces personnes demeurent prisonnières d’un statut précaire ? Est-il plus pratique d’avoir recours à une immigration temporaire plus malléable, et en quelque sorte jetable ? Le projet est-il de bâtir une société basée sur un #marché_du_travail à deux vitesses, où certaines personnes ne peuvent se prévaloir de tous leurs droits en raison de leur statut migratoire précaire ?

    Les personnes migrantes travaillant au Québec dans le cadre du PTET sont précarisées en raison de leur #statut et des conditions inhérentes à leur #permis_de_travail fermé, qui les lie à un seul employeur. C’est ce qu’a confirmé l’enquête d’Amnistie internationale publiée en début d’année, qui conclut que la conception même du PTET exposait les travailleuses et travailleurs migrants à l’#exploitation et à une #discrimination systémique, ce qui place le #Canada et le Québec en situation de violation de leurs obligations internationales en matière de protection des droits de la personne.

    Lors de son passage au Canada en 2024, le rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Tomoya Obokata, avait d’ailleurs dénoncé le PTET, qui, selon lui, alimente des « formes contemporaines d’esclavage ».

    À cela, ni le gouvernement ni aucun autre parti n’a réagi ni proposé de rectifier la situation. Comme si ces personnes ne comptaient pas ou n’étaient pas des êtres humains à part entière ?

    Tous les partis semblent préférer discourir sur la « #capacité_d’accueil », chacun y allant de son chiffre « magique ». Cela fait des années que la notion de « capacité d’accueil » est utilisée pour laisser entendre une limite objective dans la société et dans l’infrastructure sociale du Québec en matière d’immigration. Les personnes migrantes sont ainsi blâmées pour les manquements des politiques gouvernementales des dernières décennies dans nos services sociaux, la crise du logement et — pourquoi pas — le déclin du français. Ce discours favorise la #discrimination, présentant l’immigration comme un défi à craindre et à contenir plutôt que comme une #richesse dont la société québécoise tire de grands bénéfices.

    Lors des consultations sur la planification de l’immigration en 2023, plusieurs intervenants, dont Amnistie internationale, ont critiqué le discours négatif entourant la notion de « capacité d’accueil » et son absence d’assise scientifique. Le professeur sociologue-démographe Victor Piché, de l’Université Laval, proposait alors de parler de « #volonté_d’accueil » : si on augmente cette dernière, on augmente notre « capacité d’accueil », disait-il en résumé.

    Le Québec a la « #capacité_d’accueillir » une vision positive de l’immigration, où chaque personne peut jouir pleinement de ses droits et contribuer à enrichir sa société d’accueil. Le Québec peut être cette nation qui sait conjuguer son désir d’affirmation tout en ouvrant les bras pour accueillir des personnes venues de tous les horizons, avec toute l’humanité qu’on lui connaît.

    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/926868/si-immigration-etait-projet-societe-positif-accueillant
    #discours #narration #migrations #temporaire #main-d’oeuvre #travail #économie #précarisation #vulnérabilité #vulnérabilisation

    ping @karine4

  • L’#Espagne stimule sa prospérité grâce à l’immigration, un cas unique en Europe

    Madrid assume une politique migratoire ouverte. Portée par l’afflux de travailleurs latino-américains, l’économie espagnole devrait croître de 2,6 % en 2025.

    A rebours d’une Europe obsédée par la fermeture, l’Espagne affiche un visage singulier. Son économie tourne à plein régime, 2,6 % de croissance estimée pour 2025, selon les prévisions de Madrid, dopée par une #immigration massive, venue en grande partie d’Amérique latine. Une vague migratoire assumée, encouragée par le gouvernement du premier ministre socialiste, #Pedro_Sanchez.

    Les #chiffres sont éloquents : depuis 2023, la population espagnole s’est accrue de 1,2 million de personnes, portée par l’arrivée d’étrangers. En un an et demi, plus de 800 000 nouveaux venus se sont installés dans la péninsule. Le pays compte désormais un peu plus de 49 millions d’habitants, dont 7 millions d’étrangers (14,3 %).

    Le Maroc reste le premier pays d’origine, avec plus de 1 million de ressortissants, mais les flux latino-américains ont explosé : + 74 % pour la Colombie depuis 2020, + 57 % pour le Venezuela et + 60 % pour le Pérou. Ces migrants, dispensés de visa, entrent le plus souvent en Espagne comme touristes avant de s’y installer durablement. Les aéroports sont ainsi devenus la principale porte d’entrée du pays.

    Réponse à « l’#hiver_démographique »

    Selon une étude publiée en juin par la Banque d’Espagne, l’immigration a contribué pour 0,4 à 0,7 point à la croissance du produit intérieur brut par habitant entre 2022 et 2024, soit près d’un quart de la hausse totale du niveau de vie. L’agence de notation américaine S&P, qui a relevé en septembre la note souveraine du pays de A à A+, a souligné « un #marché_du_travail dynamique nourri par une migration ciblée destinée à compenser les pénuries de main-d’œuvre nées après la pandémie ».

    Depuis quelques années, la croissance de la #population_active espagnole a été presque entièrement portée par l’immigration. D’après l’Institut national de la statistique (INE), en 2022 et en 2023, les étrangers ont représenté près de 80 % des nouveaux actifs. En 2024, ils ont entièrement compensé la baisse du nombre de travailleurs espagnols.

    Les étrangers sont surreprésentés dans les secteurs moteurs de la croissance espagnole. Ils constituent 28 % de la main-d’œuvre dans l’#hôtellerie et la #restauration et 20 % dans la #construction. Mais leur présence dépasse désormais les emplois peu qualifiés. « On les trouve dans la santé, la technologie, l’entrepreneuriat ; 90 % des nouveaux travailleurs indépendants sont des migrants », souligne Gonzalo Fanjul, directeur de recherche de la fondation PorCausa, spécialisée dans l’analyse des phénomènes migratoires.

    Ce n’est pas la première fois que l’Espagne ouvre grand ses portes. Au début des années 2000, l’économie, portée par la bulle immobilière, réclamait déjà de la main-d’œuvre : entre 2000 et 2010, la population étrangère a progressé de façon exponentielle pour atteindre 6 millions de personnes. « Cette première expérience, globalement réussie, a préparé le terrain », estime Gonzalo Fanjul.

    Conscient du #vieillissement accéléré du pays – le solde naturel est négatif depuis 2015 –, le gouvernement socialiste a choisi d’en faire un levier. Depuis mai 2025, la réforme du règlement sur les étrangers a encore assoupli la procédure d’« #arraigo » (« #enracinement ») afin de régulariser progressivement les 500 000 à 700 000 personnes actuellement en situation irrégulière. Cette voie, fondée sur la preuve d’une #résidence de deux ans seulement, offre cinq types d’ancrage : social, socioprofessionnel, familial, de « formation » et de « seconde chance ».

    Pedro Sanchez revendique cette singularité. Au #récit sécuritaire dominant en Europe, il oppose une vision pragmatique et humaniste : l’immigration comme #richesse et comme réponse à « l’hiver démographique ». Il rappelle volontiers qu’« il n’y a pas si longtemps, l’Espagne était aussi un pays de migrants ».

    Tendance irréversible

    Les #entreprises, confrontées à des pénuries de main-d’œuvre dans le #tourisme, la construction ou les services, soutiennent ouvertement cette approche. « Nous sommes un pays d’accueil et nous avons besoin de travailleurs venus d’ailleurs ; il faut former les jeunes migrants pour qu’ils deviennent nos futurs ingénieurs », a déclaré Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des entreprises.

    Mais le succès a son revers. L’afflux de nouveaux habitants accentue les tensions sur le #logement : il en manquerait près de 700 000, selon la Banque d’Espagne. Si l’immigration reste plutôt bien perçue, elle figurait parmi les principales préoccupations des Espagnols en septembre 2024, avant d’être dépassée par le logement et l’accès à la santé. Les émeutes racistes de Torre-Pacheco, en Murcie, en juillet, ont toutefois rappelé la fragilité de cet équilibre.

    Pour contrecarrer le discours de Pedro Sanchez et se distinguer de l’extrême droite de Vox, qui appelle à l’expulsion de « tous ceux venus vivre de l’effort des autres » ou « imposer une religion bizarre », le Parti populaire (PP, conservateur) a esquissé, en septembre, une « #troisième_voie », prônant une immigration « légale et utile ». Le texte souligne « le lien spécial qui unit l’Espagne aux nations sœurs de l’Amérique hispanique, avec lesquelles nous partageons langue, histoire et valeurs ».

    Derrière les débats politiques, la tendance paraît irréversible. Dès 2000, un rapport de l’Organisation des nations unies prévenait que l’Espagne aurait besoin de 12 millions de migrants, d’ici à 2050, pour maintenir son équilibre démographique. Vingt-cinq ans plus tard, la Banque d’Espagne estime ce besoin à 24 millions. « L’immigration est ici pour rester, il n’y a pas de retour en arrière possible », conclut M. Fanjul.

    Pour un pays qui fut longtemps une terre d’émigration, cette conversion rapide en destination d’accueil pourrait bien devenir son nouvel atout stratégique et, peut-être, le visage le plus inattendu de sa réussite économique.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/21/singuliere-en-europe-l-espagne-stimule-sa-prosperite-grace-a-l-immigration_6

    #ouverture #économie #démographie #migrations #travail #régularisation #pragmatisme #statistiques

    ping @karine4

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    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...
    https://seenthis.net/messages/971875

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    voir aussi :
    First refugees arrive in tiny Catalan villages under repopulation plan
    https://seenthis.net/messages/983054

    • ‘It’s a question of humanity’: how a small Spanish town made headlines over its immigration stance

      Mayor explains why #Villamalea unanimously backed call to regularise undocumented migrants – across party lines.

      Flanked by farmland and nestled among the deep valleys of central Spain, few in Villamalea, a town of 4,200 people, expected to find their tranquil home splashed across Spanish media this summer.

      “I’ve never been contacted by so many media outlets in my life,” said José Núñez Pérez, the conservative mayor of Villamalea. With a laugh, he added: “It made me question, just what have we done here?”

      Everyone wanted to speak to him about the same thing; a town council motion, approved unanimously and across party lines, calling on the central government to push forward with a stalled proposal to regularise undocumented migrants in Spain.

      “To us, it was the most natural thing in the world,” explained Núñez Pérez, as he paused to greet residents in the town’s central plaza. In recent decades, migrants from across the globe had been atrracted to Villamalea for the many jobs on offer.

      The steady supply of labour had helped turn the town into an agricultural heavyweight – about 70% of the mushrooms sold in Spain come from here – while also transforming Villamalea into a rich tapestry of residents whose roots trace back to 32 countries.

      For the 11 town councillors who backed the motion to grant papers to undocumented migrants – from Núñez Pérez’s People’s party to the Socialists and the United Left – this reality took precedence over party lines.

      “We didn’t even debate it, we were all onboard right away,” said Núñez Pérez. “There’s a lot of work to be done here. And there could be even more – the problem for these companies is that they can’t find enough people to work.”

      With the town’s companies weighing up whether to bring in temporary foreign workers, it only made sense to allow those who were already here a fair chance at a foothold. “It’s not just economics, it’s a question of humanity,” said the mayor.

      In late August, the president of the European Central Bank, Christine Lagarde, said gross domestic output in Germany would have been about 6% lower in 2019 if it hadn’t been for foreign workers. The picture was similar across the eurozone, she said. “Although they represented only around 9% of the total labour force in 2022, foreign workers have accounted for half of its growth over the past three years.”

      In Spain, where the Socialist prime minister has insisted that migration is an opportunity, a surge in arrivals has helped to make the country a bright spot among Europe’s plodding economies.

      Of late, even some of the most ardent critics of immigration have conceded its necessity; in June Italy’s Giorgia Meloni, the far-right leader who has long called irregular migrants a threat to Europe’s future, said her government would issue nearly 500,000 new work visas for non-EU nationals in the coming years, in addition to the 450,000 handed out since she took power.

      While regularisation programmes have long been used across the EU, with 43 put in place by more than a dozen countries between 1996 and 2008, in Villamalea the push to grant papers was also rooted in the town’s history.

      During much of the 20th century, the town’s residents were forced to fan out across Europe in search of work, said Venancio Cuenca Lopéz, the head of a local retiree association. “Some of them had papers, but some had no papers, no job offers, nothing,” he said. “We can’t say: ‘Well we did it, but now we’re against it.’ We’re all human beings, we need to have some empathy.”

      He pushed back against claims that regularisation would push down wages. “There are companies that take advantage of undocumented workers, forcing them to work in poor conditions and paying them little. Then Spaniards can’t work because they’re competing with people who are getting paid peanuts,” he said. “So we regularise them, everyone has the same conditions.”

      The Guardian spoke to 10 or so residents, all of whom expressed support for the motion. From the pensioners who make up about a quarter of the town’s population to the around 20% who were born abroad – the majority from Morocco or Romania – residents shrugged off the far-right’s efforts to disparage diversity. “Here everyone has their life and their world, but when we get to together we all get along,” said María Anguix García.

      At Villamalea’s town hall, officials are swift to cite the efforts many have made to foster integration, keenly aware that they’re doing so against a backdrop of swirling disinformation about migration.

      “There was a day when people who practise Islam went to the church and got to know the prayer space and then they did the reverse; the Catholics went to the mosque and experienced it,” said the mayor “And around two months later, the five religions we have in Villamalea came together to pray in the church.”

      When the flood of media requests poured in earlier this year, most wanted to know how Núñez Pérez reconciled his stance with others in the conservative People’s party, particularly as the leader, Alberto Núñez Feijóo, was increasingly linking immigration to insecurity.

      Across the country, PP politicians have entered into governments supported by the far-right, anti-immigrant Vox party. As a result, PP politicians have lurched further to the right, leading to motions such as the one recently seen in Jumilla, a town of about 27,000 residents, where the PP-led council backed a ban on religious gatherings in public sports centres that appeared to target Muslims.

      Núñez Pérez bristled at the comparison. “I’ve always said that I’m not paid by my party, I’m paid by the people of this town,” he said. “In my party, as in all parties, there are differences of opinion. But if you look at the wider picture, we’re not that different.”

      It was, after all, the PP who had carried out more regularisation programmes than any other party since Spain returned to democracy.

      Others in the PP had also followed in Núñez Pérez’s footsteps; in late September, about 20 miles (32km) away in the town of Tarazona de la Mancha, a similar mix of councillors, though headed by a Socialist mayor, had come together to unanimously pass their own motion calling on the central government to grant papers to undocumented migrants.

      Even so, Núñez Pérez knew that the fact that he was a conservative mayor backing regularisation had become a “morbid” fascination for many. “But I think it’s the most natural thing; I know what happens in my town, we live quietly, we live in peace and we learn from each other,” he said. “In interviews they always ask me about my political party. But just because someone fires a shot over there, it doesn’t mean we’re all going to do the same.”

      https://www.theguardian.com/world/2025/oct/11/small-spanish-town-headlines-immigration-villamalea
      #villes-refuge #régularisation #José_Núñez_Pérez

    • #Torre_del_Burgo, en Espagne, un village qui revit grâce aux immigrés

      Isolement, exode rural et fermeture de services publics : au nord de Madrid, dans une région parfois surnommée la « Laponie espagnole », plusieurs villages étaient voués à disparaître. L’arrivée et l’installation de personnes migrantes ont tout changé.

      Depuis Guadalajara, il faut quitter la route départementale et s’enfoncer dans une rue étroite pour apercevoir les maisonnettes, l’église et la mairie. Vendredi 3 octobre, à l’heure du déjeuner, les ruelles de Torre del Burgo sont désertes. Seuls des chats osent s’aventurer sur la Plaza Major, égayée de façades colorées. Certaines maisons tombent en ruine, et un vieux terrain vague n’a visiblement jamais trouvé preneur. On fait le tour du village en dix minutes.

      À environ une heure de route au nord de Madrid, Torre del Burgo aurait pu tout bonnement disparaître si des personnes étrangères ne s’y étaient pas installées dans les années 2000. Ici, les immigré·es représenteraient entre 70 et 90 % de la population. Mais dans son bureau, le maire, José Carlos Moreno, insiste sur un point : « On n’a pas de réfugiés ni de migrants illégaux. » De sa voix rauque, il le répète une seconde fois pour être sûr d’être bien compris.

      Lui qui n’aime pas tellement l’exercice des interviews ne voudrait surtout pas que l’image de son parti soit entachée. Le Parti populaire (PP, droite) ne cache pas ses positions sur l’immigration, qu’il souhaite « ordonnée et régulée, en lien avec le marché du travail ». Il va jusqu’à reprendre les thèses racistes de l’extrême droite, comme le prétendu « appel d’air », qui laisse entendre que de bonnes politiques d’accueil pousseraient d’autres personnes à venir en Espagne.

      Le maire de Torre del Burgo adopte donc la ligne du parti, mais il reconnaît tout de même que sans les étrangers « légaux », le village serait sans doute mort. Au total, 21 nationalités s’y côtoient, entre les Bulgares (majoritaires), les Marocain·es, un Camerounais, des Italien·nes ou des Ukrainien·nes. « Vous savez ce que c’est, quand une famille vient, elle en amène une autre », commente le maire, en poste depuis quatorze ans.

      Les rares Espagnol·es qui possèdent un logement ici ne viennent que l’été, pour profiter de leur résidence secondaire. Les immigré·es y vivent à l’année, et travaillent le plus souvent dans l’agriculture et la logistique, deux secteurs florissants dans la région, connue notamment pour sa production d’asperges vertes.
      Déclin démographique

      Outre les questions liées à la régularisation des sans-papiers, qui ont occupé le débat public en Espagne ces dernières années, un autre volet pousse le gouvernement socialiste à prendre position en faveur de l’accueil des étrangers et étrangères : celui de la démographie. Sans l’immigration, « la population espagnole pourrait chuter de 48 à 24 millions [d’habitant·es] d’ici 2100 », soulignent les auteurs du rapport « Politique migratoire : l’exception espagnole », réalisé par la chercheuse en droit européen Tania Racho et le consultant indépendant Antoine de Clerck.

      Les Marocain·es, les Colombien·nes et les Vénézuélien·nes représentent les trois premières nationalités d’origine parmi la population espagnole ; et seuls deux pays de l’Union européenne (UE) figurent dans le top 10, la Roumanie et la France. Ces arrivées s’expliquent par les anciennes colonies en Amérique latine, la proximité géographique de certains pays et la liberté de circulation pour les pays de l’UE. Les immigré·es qui viennent en Espagne sont « globalement plus jeunes que la population espagnole », relève le rapport.

      Sans immigration, « l’Espagne est exposée à une décroissance démographique majeure d’ici 2040, qui mettrait son modèle social et économique sous forte tension », affirment l’auteur et l’autrice, en s’appuyant sur les données de l’institut national de la statistique espagnol (INE). Une solution, donc, aux problèmes démographiques en Espagne ? « Les sans-papiers dans le pays, c’est une folie, tranche le maire de Torre del Burgo. Mais pour les autres [les étrangers en situation régulière – ndlr], oui, ça peut être une solution. »

      La province de Guadalajara, aux mains des socialistes depuis 2019, semble avoir fait ce pari, au point de proposer une aide pour le paiement de l’impôt foncier, afin d’inciter les jeunes de moins de 35 ans à acheter un bien immobilier dans la région. Ainsi, le taux de prélèvement chute à 3 % (contre 10 % à Madrid). « Sans ça, le village allait disparaître », explique Daria, une jeune trentenaire qui pensait en bénéficier lorsqu’elle a acquis, avec son mari, sa maison deux ans plus tôt.

      Mais alors qu’elle répondait aux critères, elle s’est heurtée à un refus lorsqu’elle est allée prendre des nouvelles de sa demande, un an plus tard : « On m’a dit qu’on n’aurait rien, sans explication », dit-elle depuis sa cuisine, ouverte sur le salon, où des pizzas maison sont tout juste sorties du four. Ici, elle a retrouvé le calme auquel elle aspirait, après avoir quitté en 2017 la ville de Melitopol, en Ukraine, désormais aux mains des Russes.

      D’une voix forte et dans un espagnol quasi parfait, qu’elle a appris seule, elle raconte avoir suivi son mari, venu en Espagne en 2015 pour travailler dans le BTP. « À combien s’élève le salaire minimum en Ukraine, déjà ? », interroge Daria en s’adressant à sa mère, venue lui rendre visite. Réponse : « 120 euros ». Daria lève les sourcils : « En Espagne, on peut gagner 1 000 euros par mois. » Le choix était vite fait.

      Son mari a des déplacements un peu partout, « alors [ils] n’avai[ent] pas vraiment besoin d’être basés à Madrid ». Le couple a choisi de s’installer ici, où ils pouvaient acheter une maison moins chère. Leur fille aînée, âgée de 7 ans, se plaît bien mieux au village que dans la capitale, où la famille a vécu un temps.
      Des opportunités

      « C’est un village d’immigrés, lance Daria, tout en précisant qu’il compte quinze enfants, contre deux seulement dans le village voisin. Tout le monde se connaît, il y a de l’entraide, de la sécurité. » L’école, située à l’entrée du village au bord de la route, tombe en ruine depuis bien longtemps. Alors Daria a passé le permis, afin de pouvoir déposer et récupérer ses filles chaque jour à Tortola de Henares, à onze kilomètres de là.

      Elle regrette l’absence d’une école et d’un vrai parc de jeu et voudrait voir plus d’investissements pour la rénovation de vieilles bâtisses. Mais lorsqu’on lui a récemment demandé quelle était sa « ville préférée » en Espagne, elle a répondu sans hésiter « Torre del Burgo ».

      Au milieu du village, vendredi après-midi, Sabina* s’avance vers les poubelles collectives pour y déposer un sac. À 38 ans, elle a donné naissance à deux enfants ici, après avoir rejoint son mari, venu pour travailler en Espagne dix ans plus tôt. « C’est sûr que le village serait beaucoup plus désert sans nous », dit-elle.

      Vêtue de noir, les cheveux tirés en arrière et le teint halé, elle raconte avoir préféré éviter une grande ville comme Madrid, « où tout est plus compliqué pour les étrangers ». « Ici, on a trouvé un logement facilement car il y avait peu d’habitants, et on travaille dans la cueillette des asperges, la logistique ou le ménage. »

      En quelques années, le village aurait doublé sa population grâce à l’arrivée des immigré·es, atteignant aujourd’hui 493 habitant·es selon l’INE. Il serait celui qui compte le taux le plus élevé d’étrangers et étrangères en Espagne.

      Non loin de là, le village de Heras de Ayuso s’est lui aussi repeuplé grâce aux immigré·es. Lui aussi a été confronté à l’exode rural et à la fermeture d’entreprises et de services publics, comme l’explique un article d’El Confidencial, réalisé avec la fondation PorCausa, qui tente de changer les regards sur les migrations. Surnommée la « Laponie espagnole », cette région souffre du taux de dépeuplement le plus élevé d’Europe.

      Daria, qui espère demander bientôt sa naturalisation, compte bien rester à Torre del Burgo. Sa mère, qui a fui l’Ukraine en 2022 après le début de la guerre d’invasion russe, apprend petit à petit l’espagnol et travaille comme cuisinière. Elle se dit heureuse d’avoir retrouvé sa fille, mais aussi sa sœur (la tante de Daria), installée en Espagne depuis plusieurs années. Et si la guerre s’arrêtait ? « Je crois que nous resterons, répond Daria. Mes filles ont grandi ici, elles parlent espagnol, elles ont la culture espagnole. On a tous envie de rester. »

      https://www.mediapart.fr/journal/international/241025/torre-del-burgo-en-espagne-un-village-qui-revit-grace-aux-immigres

  • Chez les riches riches la thune s’augmente de 6% l’an, pas comme le RSA ou le Smic, mais il semble que l’on aille vers une hausse de la régressive TVA.
    "Pourquoi il faut davantage taxer les riches, en 5 #graphiques"
    https://www.alternatives-economiques.fr/faut-davantage-taxer-riches-5-graphiques/00116259
    est aussi là https://archive.ph/VZeDo
    et les graphiques hurlent bien les choses

    la Direction générale des finances publiques (DGFIP) de Bercy qui, en début d’année, a dressé le constat. Entre 2003 et 2022, le revenu moyen des 0,1 % les plus riches a augmenté de 119 %, nettement plus vite que celui du reste de la population (+ 46 %). Sur la même période, le taux d’imposition moyen de ces 0,1 % a baissé, passant de 29,3 % à 25,7 % (-3,6 points). Alors qu’il est resté stable en moyenne (+ 0,2 point).

    sinon, Zucman, c’est ni "eat the rich" ni "mon ennemi c’est la finance", mais juste « engraissons-les moins vite » (ils se comporteront mieux).

    #richesse #riches #concentration_des_richesses #revenu #patrimoine #biens_professionnels #fiscalité #impôts #taxe_Zucman #dette_publique

  • « Le #Grand_Détournement » ou comment la politique de l’offre détourne l’#argent_public au profit des plus #riches
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/12/comment-la-politique-de-l-offre-detourne-l-argent-public-au-profit-des-plus-

    Livre. Plus qu’un projet économique, la « politique de l’offre » constitue un « hold-up » au profit des plus riches et des entreprises. Telle est l’analyse développée avec force par Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, journalistes au Nouvel Obs, dans Le Grand Détournement (Allary Editions, 224 pages, 19,90 euros). Ce livre enquête paraît à point nommé, au moment précis où la chute du gouvernement Bayrou oblige les responsables politiques à s’interroger sur la ligne à suivre pour boucler le budget 2026 et redresser les finances publiques de façon à la fois durable et juste.

    Depuis trois décennies, un transfert colossal a été mis en place avec l’aval des gouvernements successifs, affirment les auteurs. D’un côté, la pression n’a cessé de s’accentuer sur les contribuables « lambda ». De l’autre, l’argent tiré des impôts est, en partie, dérouté vers les particuliers les plus fortunés, les grandes entreprises et leurs actionnaires. « Dans un pays longtemps présenté comme un modèle d’égalité, la fiscalité s’est peu à peu inversée », résument Matthieu #Aron et Caroline #Michel-Aguirre.

    Si le fait que les #milliardaires paient relativement peu d’#impôts est déjà connu, en particulier grâce aux travaux de l’économiste Gabriel #Zucman, l’ouvrage n’en présente pas moins trois intérêts. D’abord, il est solidement étayé avec des chiffres récents et fiables. Ensuite, les auteurs ont un talent certain pour vulgariser des phénomènes complexes, comme l’enchevêtrement fiscal ou le maquis des aides publiques, et surtout pour les articuler de manière à dessiner une image globale.

    Creusement du #déficit public
    Enfin, le livre avance un chiffrage inédit, celui de l’ensemble du « #détournement » allégué : environ #270_milliards d’euros par an.

  • Taxer les riches ne les fait pas fuir

    Une nouvelle étude du Conseil d’analyse économique (CAE) se penche sur l’exil des plus #riches en cas de hausse de la #fiscalité les concernant. Elle conclut que le phénomène est très marginal.

    La dernière étude du Conseil d’analyse économique (CAE) ne va pas faire plaisir au gouvernement mais elle tombe à point nommé. Pas moins de six économistes ont travaillé ensemble pour répondre à la question suivante : si l’on taxe plus les riches en France, vont-ils tous fuir et l’#économie française va-t-elle en pâtir ? A ces deux questions, ils répondent par la négative.

    Pour repérer qui sont « les riches », les auteurs se fondent sur les montants déclarés de revenus du capital, très corrélés au niveau du patrimoine. Premier constat général, « les ménages avec de hauts revenus du capital s’expatrient relativement peu de France ». Concrètement, 0,2 % du top 1 % français s’expatrie chaque année, précise l’étude.

    L’étape suivante consiste à mesurer ce qui se passe au sein de cette population lorsque se produisent des chocs fiscaux importants, à la hausse comme à la baisse. Et ça tombe bien, la France a connu les deux récemment. François Hollande a fait grimper la fiscalité des revenus du capital en 2013 et Emmanuel Macron l’a diminuée en 2017.

    Dans le premier cas, les riches les plus touchés (ceux dans les 1 % dont la part de revenu venant des placements financiers est supérieure à la part médiane de ce groupe) ont vu leur #imposition s’accroître de 3,3 points de plus que les riches moins touchés et dans le deuxième cas, ils ont bénéficié d’une baisse, plus importante, de 3,5 points.

    Quelles ont été les #conséquences de ces politiques fiscales sur les populations concernées ? C’est là que la note devient intéressante. Après la mesure de 2013, selon les années, leur taux de #départ a augmenté entre 0,04 et 0,09 point de pourcentage. Après la mesure de 2017, on peut mesurer un taux de retour compris entre 0,01 et 0,04 point. Bref, dans les deux cas, le phénomène est resté très marginal.

    Résultat final, en combinant taux de sortie et taux de retour, les six économistes arrivent à la conclusion suivante :

    « Une #augmentation de l’imposition des hauts patrimoines d’un point de pourcentage engendrerait chaque année une diminution de la population de hauts patrimoines résidant fiscalement en France de 0,003 à 0,03 %. »

    Très très très loin des promesses d’#exil_fiscal massif promis par le gouvernement et les syndicats patronaux.

    Effet marginal

    Ces derniers rétorquent parfois que ces #départs ont des conséquences très délétères pour l’#économie_française. Théoriquement en effet, si les riches qui partent sont de très gros actionnaires et décident de cesser leurs activités en France, l’impact pourrait être important. Théoriquement toujours, cet effet négatif peut être en partie compensé par le fait que leurs entreprises, rachetées par des concurrents ou absorbées dans de nouvelles structures, ont des effets d’entraînement locaux et peuvent donc jouer positivement. Voilà pour la théorie. Qu’en est-il réellement ?

    L’étude ne mesure pas directement tous ces effets mais se cale sur les paramètres d’une étude équivalente réalisée avec les données appropriées en Suède. Ce n’est pas génial – la France n’est pas la Suède – mais c’est tout ce qu’on a. Et cela donne un impact négatif à long terme sur l’économie française totalement négligeable compris entre zéro et « une baisse de – 0,03 % de chiffre d’affaires, – 0,05 % de valeur ajoutée totale de l’économie française, et – 0,04 % de l’emploi total ».
    Aucune surprise en fait : à partir du moment où il y a extrêmement peu de départs suite à une hausse de la fiscalité sur les plus riches, même si certains départs concernent des acteurs économiques importants, la faiblesse de la mobilité des plus aisés a un effet faible sur l’économie.

    La fin de la note évalue les résultats selon différentes options. Et les résultats sont similaires, que la taxe touche (ou pas) les biens professionnels, et qu’elle se concentre (ou pas) sur les très hauts patrimoines. De quoi réjouir l’économiste Gabriel Zucman, qui défend une taxe centrée sur ces derniers.

    Les riches préfèrent optimiser que s’en aller

    La conclusion soulève un autre point intéressant. Elle pointe que dans le cas suédois, la #taxation des plus riches accroît les #recettes_fiscales. Mais qu’une partie est perdue du fait des stratégies d’#optimisation_fiscale. Leurs effets sont 2,5 fois plus importants que ceux liés aux comportements d’exil fiscal.

    « Le débat public, en se focalisant sur l’exil fiscal, se trompe donc sans doute de cible. Au-delà de la question de l’#expatriation, il nous semble essentiel de recentrer le débat sur les autres marges de réponse des hauts patrimoines à la fiscalité, notamment sur les stratégies d’optimisation pour échapper à l’impôt », termine la note.

    Plutôt que de pratiquer massivement l’exil fiscal, les très riches cherchent surtout à échapper à l’#impôt par des pratiques d’optimisation plus agressives. A l’impact sur l’économie française estimé précédemment, il faudrait donc en ajouter un autre, 2,5 fois plus grand. Ce qui, au total, donne un impact de long terme sur l’économie française compris entre zéro et une baisse de 0,1 % de chiffre d’affaires, 0,15 % de valeur ajoutée et 0,14 % de l’emploi total.

    Bien que plus important, l’impact total reste donc marginal. De plus, le contrôle de la valeur des patrimoines et les moyens de lutte contre l’optimisation fiscale agressive ont progressé au cours des dernières années. Ce qui devrait réduire le facteur de 2,5.

    La note ne fait pas la promotion de la taxe Zucman. Lors de la présentation, l’économiste Camille Landais précise que la hausse de la fiscalité qu’elle prévoit est supérieure à ce qui a été mesuré jusqu’à présent, et que le résultat final sur l’économie reste incertain.

    Quel que soit celui ou celle qui sera au pouvoir dans les semaines à venir, un budget doit être voté. S’il comporte une hausse des prélèvements sur les plus riches, on peut être a priori rassuré : très peu partiraient et l’#impact sur l’économie française serait faible. Ce qui plaide pour la mise en place de cette mesure, juste et essentielle pour rééquilibrer nos comptes publics.

    https://www.alternatives-economiques.fr/taxer-riches-ne-fuir/00116137

    • Fiscalité du capital : quels sont les effets de l’exil fiscal sur l’économie ?

      La fiscalité du capital fait-elle fuir les hauts patrimoines hors de France et si oui dans quelle proportion ? Quel serait l’impact agrégé de l’exil fiscal, s’il est confirmé, sur le tissu économique, en particulier en prenant en compte les effets de ces départs sur les biens professionnels détenus par les personnes qui s’expatrient ? Dans ce nouveau Focus du Conseil d’analyse économique, Laurent Bach, Antoine Bozio, Nicolas Grimprel, Arthur Guillouzouic, Camille Landais et Clément Malgouyres apportent une contribution empirique originale au débat sur l’exil fiscal en répondant à ces deux questions. Ils montrent que la fiscalité du patrimoine a bien un effet significatif sur l’exil fiscal des plus hauts patrimoines mais celui-ci est relativement modeste et avec un effet marginal sur l’économie française, même en tenant compte du poids important des hauts patrimoines dans l’activité économique et entrepreneuriale.

      https://cae-eco.fr/fiscalite-du-capital-quels-sont-les-effets-de-lexil-fiscal-sur-leconomie
      #rapport #étude

    • Imposition des ultrariches : au secours, les riches vont partir !

      Les gouvernements successifs agitent la peur de l’exil des #ultra-riches pour ne pas trop les imposer. En s’appuyant sur des études, l’organisation Attac montre que les #départs sont peu nombreux et défend une réforme de l’#imposition des plus fortunés.

      C’est le principal argument de ceux qui s’opposent à toute hausse d’impôt visant les plus riches : ceux-ci partiraient à l’étranger, privant la France de leurs investissements, ce qui appauvrirait le pays, ferait augmenter le chômage et la pauvreté, tout cela sans réduire les déficits et la dette publics. Il ne resterait à la population résidant sur le territoire national que les yeux pour pleurer en quelque sorte.

      Cet argument est le pendant de la théorie du ruissellement : si baisser les impôts doit favoriser les investissements, donc la croissance et l’emploi (pour reprendre une formule ressassée à l’envi), les augmenter conduit nécessairement à l’inverse du fait, notamment, du départ à l’étranger des agents économiques les plus aisés. CQFD. Mais cet argument a priori simple voire limpide, ne repose toutefois sur aucune réalité, comme en attestent les travaux menés sur le sujet.

      Peu de départs

      Récemment, dans une analyse macroéconomique, le Conseil d’analyse économique (CAE) a confirmé d’une part, que les départs des plus riches vers l’étranger étaient de longue date peu importants et d’autre part, que leur impact sur l’économie était marginal.

      La mobilité du « top 1 % des revenus du capital » est réelle mais faible : seuls 0,2 % du top 1 % des revenus du capital s’expatrient chaque année, soit moins que la moyenne nationale (0,38 %).

      De la même manière, la sensibilité de ces ménages à la fiscalité est relativement faible. La réforme de 2013 (qui s’est traduite par une hausse de l’imposition des revenus du capital) a augmenté les départs nets de 0,04 à 0,09 points de pourcentage. À l’inverse, la réforme de 2017-2018 (allègement avec la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière et l’instauration du prélèvement forfaitaire unique, le PFU) a réduit les départs nets de 0,01 à 0,07 points.

      Le CAE a par ailleurs étendu son analyse à l’impact des départs sur la détention d’entreprises. En effet, lorsqu’un actionnaire important (éventuellement même, dirigeant d’un entreprise ou d’un groupe) s’établit à l’étranger, on observe une baisse « brute » (soit avant compensation, voir ci-dessous) du chiffre d’affaires (-15 %), de la masse salariale (-31 %) et de la valeur ajoutée (-24 %). Si ces données paraissent de prime abord importantes, le CAE souligne néanmoins que ces effets « bruts » sont en bonne partie compensés par des réallocations (rachats, absorptions, réemploi des salariés), ce qui réduit l’impact net des départs.

      Le CAE considère en effet que l’effet agrégé des départs est limité. Mieux, il montre que, même en prenant une hypothèse haute de l’impact de tels départs, une réforme générant 4 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires (≈ 0,15 % du PIB) induirait tout au plus une baisse de 0,03 % de chiffre d’affaires, de 0,05 % de valeur ajoutée et de 0,04 % de l’emploi total.
      Un exil des riches qui a peu d’effet

      Au final, le CAE conclut que, si l’exil fiscal existe et réagit à la fiscalité, ses effets macroéconomiques sont faibles, car les flux restent réduits. S’agissant d’une éventuelle réforme fiscale visant à rehausser l’imposition du capital (sur les revenus et/ou sur le stock de capital financier), ses effets significatifs passeraient moins par les départs que par les comportements des ménages restés en France (sur l’épargne, l’investissement et l’optimisation voire la fraude fiscale).

      En d’autres termes, ce ne sont pas les départs qui produisent des effets significatifs, mais les comportements des résidents fiscaux nationaux qui peuvent plus ou moins consommer ou épargner, investir ou non ou encore tenter d’éviter légalement ou illégalement l’impôt (tout cela ayant des effets sur les recettes fiscales).

      Pourquoi les riches restent ?

      Le débat sur l’attractivité du pays se concentre à tort principalement sur la fiscalité et le fameux « coût de la main d’œuvre ». Or, dans les décisions d’investir, d’autres facteurs sont pris en compte : la capacité à dégager un chiffre d’affaires (ce qui est possible si les revenus sont suffisamment corrects et si les mécanismes redistributifs comme les prestations sociales permettent de soutenir la demande), l’existence d’infrastructures et de réseaux (de transport, de communication notamment), la qualité de la formation, etc. De ce point de vue, la France reste attractive : elle demeure de longue date l’une des principales terres d’accueil des investissements directs étrangers.

      Dans son étude, le CAE montre que « Bien que l’effet direct des expatriations de détenteurs d’entreprises soit significatif, il est important de noter qu’une partie de ces effets directs peut, en pratique, être compensée ou au contraire amplifiée par divers mécanismes de réallocation et d’équilibre ». En d’autres termes, si des actionnaires importants partent à l’étranger, les entreprises qu’ils détiennent peuvent se restructurer, les salariés victimes de ces restructurations voire de fermetures d’entreprises peuvent retrouver du travail, etc.

      Au final, ainsi qu’indiqué plus haut, le CAE estime que « l’exil fiscal entraînerait au plus une baisse de -0,03 % de chiffre d’affaires, -0,05 % de valeur ajoutée totale de l’économie française, et -0,04 % de l’emploi total. » Un effet marginal à mettre en comparaison des avantages d’une meilleure imposition des plus riches : recettes publiques permettant de financer l’action publique et la protection sociale (avec un effet de soutien au pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages), renforcement de la cohésion sociale et du consentement à l’impôt, etc.

      Les conclusions du CAE confirment ce qui avait été observé dans le comportement des redevables de l’ISF. Ceux-ci disposaient de placements immobiliers (ceux-ci représentaient 20 à 40 % de leur patrimoine imposable à l’ISF) qu’ils n’emportaient évidemment pas lorsqu’ils déclaraient partir à l’étranger. Ils disposaient également de placements financiers tant en France qu’à l’étranger. Et lorsqu’ils partaient à l’étranger, ils conservaient les mêmes placements, en France et à l’étranger. Ce qui explique que l’impact sur l’économie soit nul ou marginal.

      Mieux imposer les plus riches

      Sous le seul prisme de l’impact d’une hausse de l’imposition des plus riches sur l’économie, il est donc démontré que celle-ci est possible. En d’autres termes, contrairement aux discours de ceux qui avancent qu’une telle mesure se traduirait par une fuite des plus riches, donc par un impact budgétaire et économique négatif, elle dégagerait des recettes fiscales supplémentaires.

      D’autres avantages seraient retirés de l’instauration d’un mécanisme de type « Taxe Zucman », d’un impôt sur la fortune rénové à assiette élargie par rapport à l’ex-ISF ou encore d’une rénovation de l’imposition de la transmission des patrimoines (droits de donation et de succession) grâce à l’instauration d’un plafond au pacte Dutreil par exemple, dispositif qui permet à un dirigeant d’entreprise de transmettre les titres de celle-ci en bénéficiant d’une exonération de 75 % de la valeur des titres.

      Le premier consiste en la réduction des inégalités, un des objectifs historiques de la fiscalité. Le second est difficilement estimable en termes monétaires mais il est essentiel : renforcer la contribution des plus riches renforcerait le consentement à l’impôt et permettrait de mieux respecter l’un des principes fondamentaux du système fiscal : l’égalité devant l’impôt.

      https://basta.media/imposition-ultrariches-au-secours-les-riches-vont-partir-Attac-budget

  • Le nombre de milliardaires explose en Afrique en 25 ans et ce n’est que le début sputniknews.africa

    Le continent compte 25 milliardaires en 2025 et il y en aura 65% de plus d’ici 10 ans, selon un rapport de Henley & Partners.

    Un résultat « remarquable » par rapport à la fin du XXe siècle, lorsque de telles fortunes étaient rares.

    Voici quelques chiffres attestant du bien-être du continent :

    🟠L’Afrique abrite également 122.500 millionnaires et 348 centimillionnaires.

    🟠C’est l’Afrique du Sud qui recense le plus grand nombre de millionnaires, avec 41.100 personnes, soit 34% du total.

    🟠Elle est suivie par l’Égypte (14.800 millionnaires), le Maroc (7.500), le Nigeria (7.200) et le Kenya (6.800).

    🟠Les pays mentionnés totalisent à eux seuls 88% des milliardaires du continent.

    🟠La hausse des grosses fortunes est soutenue par une croissance économique robuste : l’économie de l’Afrique subsaharienne devrait croître de 3,7% en 2025, contre 0,7% pour l’Europe.

    #économie #riches #richesse #exploitation #pauvreté
    Source : https://fr.sputniknews.africa/20250827/1077533785.html

  • #Coût_de_l'immigration : la #commission_d'enquête voulue par #Eric_Ciotti jugée recevable

    Les députés de la commission des lois ont jugé recevable, ce mercredi 9 juillet, la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur « le #coût de l’#immigration ». Celle-ci avait été demandée par le président du groupe Union des droites pour la République, Eric Ciotti, dans le cadre de son « droit de tirage » annuel.

    Le rapporteur Paul Christophle (Socialistes) l’a indiqué quelques minutes après avoir pris la parole, ce mercredi 9 juillet, en commission des lois : la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur le coût de l’immigration « respecte les trois critères de recevabilité ».

    Demandée par le groupe Union des Droites pour la République (UDR), présidé par Eric Ciotti, dans le cadre de son droit de tirage annuel, elle est notamment conforme au critère relatif à la précision des travaux à venir, puisqu’elle « détaille le champ des dépenses publiques sur lequel [elle] entend enquêter », « allant des #dépenses directement consacrées à l’#accueil des étrangers aux conséquences environnementales de leur accueil », a précisé le député.

    Les deux autres critères de recevabilité sont aussi validés. Aucun travaux d’enquête similaire n’ayant été mené sur ce sujet au cours de l’année écoulée. Et le ministère de la Justice, toujours saisi dans le cadre de création d’une commission d’enquête, ayant fait savoir dans un courrier daté du 8 juillet ne « pas avoir connaissance de procédures judiciaires en cours susceptibles de recouvrir le périmètre d’une commission d’enquête sur le coût de l’immigration ».

    Des mises en garde sur la teneur des travaux

    Pour autant, si l’ensemble des groupes a approuvé la recevabilité de cette commission d’enquête, beaucoup ont mis en garde quant à la manière dont seront menés les travaux. « Je crains que le groupe UDR n’ait pas l’objectif d’éclairer le débat public et la représentation nationale avec une analyse objective des faits, mais plutôt de nourrir que l’immigration est la cause de tous les maux de la France », a déploré Paul Christophle, avant d’évoquer « les nombreux effets bénéfiques en matière économique et sociale que produit l’immigration en France ». « Diaboliser l’immigration à des fins électoralistes (...), on ne peut pas l’accepter », a renchéri sa collègue du groupe Socialistes Marietta Karamanli.

    Une ligne, sans surprise, partagée par les autres groupes de gauche. « Les immigrés travaillent et rapportent davantage qu’ils ne coûtent. (...) L’immigration est une #richesse », a déclaré Elisa Martin (La France insoumise). « Le #solde_net de l’immigration est positif pour nos #finances_publiques », a renchéri Léa Balage El Mariky (Ecologiste et social), en s’en prenant aux « #fantasmes » qui reviennent « à chaque débat sur l’immigration ».

    Pour le groupe Ensemble pour la République, Roland Lescure a insisté sur la « responsabilité » qui « engage » désormais les députés UDR et qui devra les « amener à conduire une analyse fidèle, documentée et contradictoire du coût de l’immigration ». « J’espère sincèrement que vous serez à la hauteur de vos ambitions », a poursuivi le vice-président de l’Assemblée nationale, qui estime que ne se pencher que sur « la seule analyse des coûts d’une politique publique » revient à « n’aborder qu’une partie de la question au risque de produire des analyses parcellaires, biaisées, orientées, voire malhonnêtes ».

    « Nous serons vigilants à ce que cette commission ne soit pas détournée de son objet initial de contrôle parlementaire », a abondé Anne Bergantz (Les Démocrates), qui refuse « toute potentielle tentative d’#instrumentalisation qui viserait à [en] faire un levier de #stigmatisation des étrangers », tandis que sa collègue du bloc central, Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons) a formulé « le vœu que les travaux se fassent de manière factuelle et que les conclusions ne soient pas écrites avant la fin », afin « d’éclairer la représentation nationale sur un sujet important ».

    Dans le même esprit, Patrick Hetzel (Droite républicaine) s’est dit « opposé à toute forme de dérives » et a appelé à une « démarche pragmatique pour objectiver les données » sur une « question financière majeure », qui est aussi une question de « cohésion sociale et territoriale ».

    « Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit », assure l’UDR

    Répondant aux mises en garde et critiques émises par plusieurs de ses collègues de la commission des lois, la députée Sophie Vaginay-Ricourt (UDR), à qui il revenait de défendre la création de cette commission d’enquête ce mercredi 9 juillet, a assuré que celle-ci aurait aurait « pour mission d’évaluer de manière objective les coûts directs et indirects de l’immigration afin d’éclairer les Français et de permettre au Parlement de prendre des décisions plus justes et plus efficaces ».

    « Contrairement aux a priori, aux provocations et même aux accusations de certains, il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, mais d’assumer notre devoir de transparence et de vérité » et « de garantir que notre #politique_migratoire corresponde réellement aux #capacités_d'accueil de notre pays et à l’#intérêt_général », a expliqué la députée des Alpes-de-Haute-Provence.

    Le Rassemblement national a soutenu, de façon appuyée, la demande de ses alliés de l’UDR. « Nous voterons bien évidemment en faveur de la proposition de notre collègue Eric Ciotti qui confirmera tout ce que tout le monde sait », a déclaré Edwige Diaz, affirmant qu’"il est aujourd’hui établi que les étrangers et les immigrés sont surreprésentés dans de nombreuses catégories de crimes et de délits" et que « l’immigration coûte bien plus qu’elle ne rapporte ». Et la députée d’évoquer « la #charge_mentale de l’immigration » et « ses #externalités_négatives ».

    Des propos qui lui ont valu, en retour, un mot de conclusion du rapporteur socialiste Paul Christophle. « Je forme le vœu que les travaux de cette commission puisse soulager et libérer les collègues qui sont assommés par la lourde, très lourde, charge mentale que représente pour eux l’immigration », a-t-il lancé, juste avant le vote sur la recevabilité. Alors que l’Assemblée nationale sera en pause législative estivale à partir de vendredi soir, rendez-vous est pris, pour la suite, à la rentrée.

    https://lcp.fr/actualites/cout-de-l-immigration-la-commission-d-enquete-voulue-par-eric-ciotti-jugee-recev

    #économie #France

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    ajouté à cette métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...

    https://seenthis.net/messages/971875

    ping @reka @karine4

    • Des mises en garde sur la teneur des travaux

      Pour autant, si l’ensemble des groupes a approuvé la recevabilité de cette commission d’enquête, beaucoup ont mis en garde quant à la manière dont seront menés les travaux.

      Il faut dire que Ciotti n’est pas à une bavure près question déontologie :

      « Libération » a pu consulter des très intrusives bases de données entretenues par l’équipe du député. Signalées à la justice par un lanceur d’alerte, elles ont donné lieu à des perquisitions ce mardi 12 août.

      https://archive.ph/SzJxD

  • La montée du fascisme de la fin des temps
    https://www.terrestres.org/2025/07/16/la-montee-du-fascisme-de-la-fin-des-temps

    L’idéologie dominante de l’extrême droite est devenue un survivalisme monstrueux, destructeur et suprématiste, expliquent Naomi Klein et Astra Taylor dans un article récent devenu incontournable, dont Terrestres publie la traduction en français. Elles appellent à construire un mouvement suffisamment fort pour l’arrêter.

    Comment sortir de cette fièvre apocalyptique ? Commençons par nous entraider mutuellement pour affronter la profonde perversité que porte l’extrême droite dans chacun de nos pays. Pour avancer efficacement, nous devons comprendre une chose essentielle : nous faisons face à une idéologie qui a abandonné l’idéal et les promesses de la démocratie libérale ainsi que la possibilité même de rendre ce monde vivable – une idéologie qui a abandonné la beauté du monde, ses peuples, nos enfants, les autres espèces. Les forces que nous affrontons ont fait la paix avec les destructions de masse : elles trahissent ce monde et toutes les vies humaines et non humaines qu’il abrite.

    Nous devons également opposer à leurs récits apocalyptiques une histoire bien plus forte sur la nécessité de survivre aux temps difficiles qui nous attendent, sans laisser personne de côté. Un récit capable de priver le fascisme de la fin des temps de son pouvoir horrible, et de mobiliser un mouvement prêt à tout risquer pour notre survie collective. Un récit non pas de fin, mais de renouveau ; non pas de séparation ni de suprématie, mais d’interdépendance et d’appartenance ; non pas de fuite, mais d’enracinement et de fidélité à cette réalité terrestre troublée dans laquelle nous sommes pris et liés les un·es aux autres.

    Ce sentiment assez simple n’a en soi rien de nouveau. Il est au cœur des cosmologies autochtones et constitue l’essence même de l’animisme. Si l’on remonte suffisamment loin dans le temps, chaque culture et chaque foi possède sa propre tradition de respect envers le caractère sacré de l’ici, sans quête illusoire d’une terre promise toujours lointaine et inaccessible. En Europe de l’Est, avant les anéantissements fascistes et staliniens, le Bund, mouvement socialiste juif, s’organisait autour du concept yiddish de Doikayt [« hereness », que l’on peut traduire en français par « diasporisme » ou encore « la pertinence d’être là où l’on est »]. L’artiste et autrice Molly Crabapple, qui lui consacre un livre à paraître, définit le Doikayt comme le droit de « lutter pour la liberté et la sécurité là où l’on vit, envers et contre tous ceux qui souhaitent notre disparition » — plutôt que d’être forcé à chercher refuge en Palestine ou aux États-Unis.