• Rima Hassan et la génération Palestine
    Chronique d’Emilie Nicolas | 1 avril 2026 | Le Devoir
    Anthropologue, l’autrice est chroniqueuse au Devoir, à Radio-Canada et à CBC.
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/968822/rima-hassan-generation-palestine

    En novembre 2024, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese, entame une visite au Canada. Elle doit donner une série de conférences dans les universités, en plus de rencontrer des groupes de défense des droits en privé. B’nai Brith lance une campagne de dénonciation de sa venue au pays. Selon le groupe de pression pro-israélien, Albanese « défend des groupes terroristes responsables de la mort de Canadiens et d’Israéliens », et endosse « l’antisémitisme et la violence ». B’nai Brith met donc de la pression sur la direction de chacune des universités où elle doit prendre la parole pour tenter — sans succès — de faire annuler ses prises de parole. Le groupe en profite, sur ses réseaux sociaux, pour « presser le gouvernement d’empêcher les orateurs pro-terreur et antisémites d’entrer au Canada, et de reconsidérer le rôle du Canada à l’ONU, étant donné le rôle d’agences comme l’UNRWA qui encouragent l’antisémitisme ».

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Francesca Albanese en privé à Montréal en novembre 2024. Je vous annonce formellement aujourd’hui les conclusions de mon enquête : elle ne mord pas. Assez de gens hautement plus qualifiés que moi en sont venus à la même conclusion, si bien qu’elle est pressentie pour un prix Nobel de la paix.

    Vendredi dernier, B’nai Brith célèbre. L’eurodéputée française Rima Hassan est empêchée d’entrer au Canada, après que des « informations » ont été fournies à l’agence frontalière par le groupe. Il met aussi de la pression sur l’Université Concordia pour faire annuler une conférence qui doit se tenir en virtuel, car « le Canada n’est pas une plateforme pour ceux qui justifient le terrorisme et glorifient la violence ». Or, Rima Hassan, pas plus que Francesca Albanese, ne fait l’objet d’aucun procès ou d’aucune condamnation en justice qui viendrait appuyer la grave nature des accusations lancées. Il lui est arrivé, à propos du Hamas, d’avancer que les peuples colonisés ont droit à la résistance en droit international, tout en condamnant les prises d’otages et les attaques contre les civils du 7 octobre 2023.

    À titre de chroniqueuse, j’ai été invitée à participer à un panel, mardi soir, à la suite d’une allocution que Rima Hassan a dû tenir en virtuel, sur les résistances contre l’extrême droite et le fascisme. Et nous nous sommes entretenues au téléphone pendant plus d’une heure, mardi matin. Vite comme ça, les conclusions de cette deuxième enquête, c’est que Rima Hassan ne mord pas non plus. (...)

    • Honte à la justice française qui cède aux génocidaires ! La loi Yadan n’a pas été votée mais elle s’applique déjà.

      Le député * Matthias Renault [ RN, énarque et ancien magistrat financier ] annonce saisir la procureure de la République de Paris après une publication de l’eurodéputée LFI Rima Hassan évoquant Kōzō Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972. Dans un message publié sur X, Rima Hassan citait Okamoto :
      « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »
      Or Kōzō Okamoto est l’un des auteurs de l’attaque terroriste menée le 30 mai 1972 à l’aéroport de Lod (aujourd’hui Ben Gourion), qui a fait 26 morts et plus de 80 blessés parmi les civils.
      Dans son courrier adressé au parquet de Paris, le député [ RN ] estime que cette publication pourrait relever de l’article 421-2-5 du code pénal, qui sanctionne l’apologie publique d’actes de terrorisme, notamment lorsqu’elle est diffusée en ligne.
      📌La justice devra désormais déterminer si la publication constitue une simple citation dans un contexte politique ou une valorisation d’un auteur d’attentat terroriste.

      https://x.com/SlMONWEINBERG/status/2037553432651759893

      « Soutien à Rima Hassan. Dans son tweet, elle a simplement partagé une citation de Kōzō Okamoto. Elle n’a pas glorifié ou soutenu des actes dont il pourrait être l’auteur.
      Pendant ce temps, ceux qui soutiennent à longueur de plateaux télés le génocide à Gaza ne sont pas inquiétés. »Camille @K1000Journalist

      * Prise de positions dudit personnage :

      En janvier 2025, à la suite d’une enquête évoquant un monopole de certification halal au profit de la Grande mosquée de Paris pour des exportations vers l’Algérie, il adresse un signalement à la procureure de la République de Paris. Il s’interroge sur l’attribution d’un opérateur unique et qualifie le mécanisme de droit de douane « de fait » imposé aux exportateurs, obligatoire et payant. Il estime qu’un tel montage pourrait relever de l’extorsion et souligne la dimension de souveraineté et de sécurité liée aux circuits de financement.

      En juillet 2025, dans le cadre de la polémique liée à des messages antisémites attribués à une étudiante gazaouie accueillie en France, il interpelle les autorités sur les procédures de sélection et de « criblage » avant entrée sur le territoire. Il questionne explicitement les protocoles de sécurité ayant permis l’arrivée de la jeune femme, l’affaire conduisant le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à reconnaître une défaillance et à annoncer une enquête interne.

      En novembre 2025, en écho aux manifestations au Royaume-Uni, il affiche un drapeau français à la fenêtre son bureau de l’Assemblée nationale, ce qui suscite des discussions internes sur les règles applicables et la conduite à tenir. Le député revendique un geste de nature patriotique, tandis que l’administration de l’Assemblée « tergiverse » sur la réponse à apporter. L’épisode est présenté comme un différend de protocole et de symboles au sein de l’institution.

      En janvier 2026, il signe un amendement contre le financement par le contribuable de « structures idéologiques et militantes » citant en exemple les Rencontres trans musicales qui seraient un festival de musique d’artistes transgenres, alors que ce n’est pas le cas, et lui vaut d’être moqué dans plusieurs médias.https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/le-depute-rn-matthias-renault-verse-dans-le-ridicule-en-essayant-d-at

    • https://www.franceinfo.fr/politique/la-france-insoumise/l-eurodeputee-lfi-rima-hassan-placee-en-garde-a-vue-pour-apologie-du-terr

      Lors de cette garde à vue, une petite quantité de drogue de synthèse a été découverte dans le sac de l’eurodéputée, rapporte par ailleurs à franceinfo une source proche du dossier. Selon cette même source, Rima Hassan a expliqué aux enquêteurs avoir acheté du CBD à Bruxelles, et que la drogue lui avait été donnée à son insu. Sa garde à vue a été étendue aux faits de « transport », « détention », « usage de stupéfiants » et « refus de se soumettre aux relevés signalétiques ».

    • Régis de Castelnau :

      Coucou les amis magistrats !
      Eh bien dites donc, quand il s’agit de faire plaisir à Netanyahu et Ben Gvir, vous faites progresser la jurisprudence. Voilà que le procureur fait mettre en garde à vue une parlementaire sans respecter son immunité issue de la Constitution. Et ce sur un signalement d’un député du RN devenu le petit télégraphiste zélé des génocidaires israéliens. On imagine que pour le remercier, Ben Gvir va lui offrir le pin’s avec le nœud coulant.
      Alors on convoque Rima Hassan, qui commet l’erreur de se rendre à la convocation, on fouille son sac (!!!!!!) et on prétend y avoir trouvé de la drogue. Et on prévient la presse. Astuce ! Comme ça on prétend qu’il y a un flagrant délit et que l’immunité parlementaire ne fonctionne pas. Décidément vous êtes créatifs quand il s’agit de complaire à Netanyahu.
      Jusqu’où allez-vous déshonorer ?

      https://x.com/R_DeCastelnau/status/2039723747750363282

    • Rima Hassan. @RimaHas
      12:40 AM · 3 avr. 2026
      https://x.com/RimaHas/status/2039835443722645981

      Je réserve l’ensemble de mes déclarations à la conférence de presse que mon avocat et moi tiendrons demain après-midi.

      Pendant toute la journée, sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. Ces accusations sont totalement fausses : seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales.

      Mon avocat engagera des poursuites pour diffamation contre toute personne ayant propagé ou relayé ces fausses rumeurs.

    • Rima Hassan :

      Quelques éléments importants avant la conférence de presse de 17h :

      • C’est toutes les procédures pour lesquelles j’ai été auditionnée jusqu’à présent en audition libre qui ont été classées sans suite, 13 sur 16 au total en grande majorité des plaintes déposées par le lobby pro israélien en France ciblant mes opinions politiques sur le génocide à Gaza et la Palestine. (Plainte de Bellamy classée, appel au soulèvement à Sciences po classée, légitimité de la lutte armée à Gaza et sur l’action du Hamas classée et toutes les autres qui s’y assimilent 13 sur 16 donc ).

      • Sur les 3 procédures restantes encore ouvertes
      – celle d’hier sur la citation de Kozo Okamoto qui donnera lieu à une audience le 7 juillet ✌️
      – et les 2 auditions de ce matin (sur le one by one de l’article faisant référence aux activités du Hamas contre les milices affiliées à l’Etat islamique soutenues et financées par Israël à Gaza, plainte là aussi déposée par l’organisation juive européenne OJE et l’organisation juive française OJF, puis une plainte déposée par le collectif d’extrême droite Némésis pour un post en collab d’un collectif étudiant qui dans sa publication a relayé un tag ciblant Némésis , post qui a été supprimé par ce même collectif étudiant le même jour à ma demande).

      • Enfin sur la question de la drogue, j’avais sur moi du CBD hier en me rendant à ma garde à vue utilisé à des fins médicales, sur les 2 CBD que j’avais l’un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD, jai fait savoir où j’avais acheté légalement ce CBD. Des vérifications sont simplement en cours sur l’origine de ce CBD pour corroborer mes déclarations. J’ai aussi effectué un test urinaire qui a confirmé la seule présence de faible trace de THC dû à la consommation du CBD ce qui a été confirmé par le médecin. Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de me nuire dans le cadre des procédures dont je fais l’objet et je me réserve la possibilité d’engager des poursuites en ce sens.

      Merci pour tous les mots de soutien et de solidarité.

      https://x.com/RimaHas/status/2040020134287282629

    • Dans l’extrait, [ où intervient le minable Paul Larrouturu ] on comprend bien que le journaliste a imaginé sa séquence et cherche LA phrase. Peut être même que ça l’arrange que R. Hassan l’ai renvoyé à l’audience du 7 juillet, ça permet de dire dans son reportage « elle n’a pas voulu répondre ».

      Il ne porte que peut d’intérêt au fond de l’affaire, à savoir, est ce que c’est de « l’apologie du terrorisme » de citer le responsable d’un attentat dans un tweet (vrai question, intéressante, qui en plus aura permis de parler de cette histoire méconnue de Kozo Okamoto)

      Autre moment tendu : l’échange avec un journaliste de BFM qui défend la couverture de sa chaîne télé alors qu’on lui dit qu’elle a diffusé des fake news et a contribué à l’acharnement médiatique injustifié de Rima Hassan.

      C’est pas tout à fait la même dynamique : un journaliste se sent obligée de portée secours au média qui l’embauche. Alors que la vraie question c’est : BFM a été en boucle sur cette affaire, quitte à raconter de la D, parce que c’est son fond de commerce / son modèle économique.

      Tout ça c’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est que des différences de manière de travailler / de déontologie ont été exposées de manière crue, en public et en direct. Pour moi c’est hyper positif :
      Pour une fois, les journalistes ont montré autre chose qu’une petite corporation bourgeoise/parisienne qui se soutien coûte que coûte (j’exagère à peine).

      Les médias, les journalistes, n’ont pas la même ligne éditoriale, ne répondent pas aux mêmes exigences, ne sont pas soumis aux mêmes pressions et impératifs économiques.

      Ça veut pas dire qu’il y d’un côté les bons et de l’autre les mauvais, ça veut dire que « les journalistes » ou « les médias » ça veut pas dire grand chose, que c’est pas un ensemble homogène. Et vu la défiance (méritée) envers nous, ce genre d’épisode permet de montrer tout ça.

      Bref, force à la journaliste Khadija Toufik, soutenez la presse indépendante !
      https://x.com/Theo_Bouh/status/2040150406441914548

    • Quand sa consœur Khadija Toufik qui risque sa vie sur le terrain l’interpelle sur le génocide perpétré par Netanyahou, Paul Larrouturou la prend de haut et affiche un sourire insolent. C’est vrai qu’il y a de quoi se marrer...

      Paul Larrouturou m’a demandé, de façon arrogante, « qui je suis » lorsque je l’ai interpellé sur le génocide à Gaza, alors qu’il posait les mauvaises questions à Rima Hassan. Je suis grande reporter indépendante de terrain. J’ai couvert les crimes israéliens en Palestine et je n’ai pas vu grand monde en Cisjordanie occupée, qui est pourtant accessible contrairement à Gaza. Les grands médias doivent se remettre en question et poser les bonnes questions.
      Pourquoi personne n’évoque le terrorisme de Benyamin Netanyahou, recherché par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans un contexte d’occupation illégale au regard du droit international ? C’est tout le sujet aujourd’hui ! Les médias ont une responsabilité ! Khadija Toufik

    • « C’est ce qu’on appelle une masterclass : bravo !

      Avec l’usage pervers de la parole, il faut toujours être clair comme le fait le député ici. »
      https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=icSZ2jf-pbs

      Franceinfo m’invite pour parler des dépendances de nos armées vis-à-vis de l’étranger.
      Je me retrouve à commenter la garde à vue de #RimaHassan, juste après un conseiller municipal LR présenté comme « politologue ».
      Le service public mérite mieux que ce propagandisme à la CNEWS.

      Le recadrage ferme et salutaire au tout début de la vidéo de 00:00 à 02:01 ! Excellente remise en place du service public !

    • Même la barbouzerie demande du professionnalisme. C’est pourquoi il faut remercier l’amateurisme du cabinet du ministre de la Justice dont le porte-parole a téléphoné de tous côtés pour commenter le déroulement de la garde à vue de Rima Hassan. « Le Canard enchaîné » l’a entendu ! Peut-être le conseiller bavard en lisait-il le déroulement grâce à un code d’accès sur le matériel de ceux qui sur place en relevaient le contenu. Je dis sans doute. Car je n’ai pas pu le voir moi-même, quoique j’habite le quartier du commissariat où Rima Hassan a été détenue. Mais j’ai été très sensible au message sicilien que cette proximité m’adressait peut-être. J’ai dit : peut-être. Tout avait été calculé aux petits oignons par monsieur Nuñez et ses potes au ministère de la Justice. Peut-être, aussi. Patatras ! L’ivresse de l’action, le flot de l’adrénaline et hop, le dérapage ! On aurait trouvé de la drogue dans le sac de Rima ! De la drogue ! Rima Hassan « pro terroriste et camée » comme dit le subtil David Lisnard pour l’insulter sans vergogne, tout président de l’Association des maires de France qu’il est censé être encore. « Des maires » peut-être, mais pas de tous puisqu’il n’a pas eu le temps ni le réflexe de prendre contact avec ses collègues de la Seine-Saint-Denis grossièrement insultés par l’officialité médiatique. Mais revenons au sujet. Bien sûr, il n’y avait pas de drogue ni rien qui y ressemble dans le sac de Rima. Seulement un produit légal à usage médical dont Rima a aussitôt donné la facture et la carte de visite du lieu d’achat. Mais d’ailleurs imagine-t-on sérieusement qu’une personne se droguant viendrait au commissariat avec ses produits le jour d’une garde à vue ? Donc pas de drogue. Mais grâce à la fuite organisée au ministère et au circuit barbouzard de diffusion de « l’information » ce fut un déchaînement. Tous les rigolos de la presse audiovisuelle et leurs compères abrutis de haine anti-insoumise dans la presse écrite régionale se sont lâchés. Habitués à recopier les infos données par la police moyennant on ne sait quoi, ils n’ont rien vérifié, rien discuté. Bilan pour tous ces pieds nickelés : l’Arcom est saisie et les plaintes pleuvent sur les auteurs des articles diffamatoires. Il fallait en voir plus d’un se tortiller sur les plateaux de télé pour diminuer leur responsabilité et combien de chaînes de télé continuer d’afficher des bandeaux ambigus pour créer de la confusion. Quant au barbouze du ministère, c’est une première : l’inspection générale lui tombe dessus. Sans précèdent : une enquête pour un viol du secret de l’instruction. Nous savons à quel point c’est incroyable vu comment ont été traitées plus d’une d’entre nous dans des conditions identiques. La justice n’a jamais ni poursuivi une seule personne responsable de ce délit ni puni une seule fuite. Personnellement, je suis convaincu que personne ne le sera, comme d’habitude. Ce sera parfait car le ridicule dans toute cette affaire est promis à se montrer bientôt encore plus crûment.

      Je mets à la suite de ce post le relevé des « affaires » déclenchées contre Rima Hassan. Et les non-lieux qui vont avec. Treize sur seize ! Et quoique le déclenchement vienne des mêmes personnes, jamais une sanction pour abus de recours comme d’autres parmi nous en ont connu. On va voir la suite. Ni la justice ni la police ne sont acquises de la cave au grenier aux manipulateurs de tout ce harcèlement. Rappelons-le : les informations sur les manquements dans l’affaire de Lyon sont venues de la police elle-même. Les non-lieux rendus à propos des mises en cause de Rima Hassan sont des décisions de justice prises par des juges. Il ne faut pas désespérer de notre pays. Mais plus vite viendra la libération, mieux ce sera. Rendez-vous en 2027.

      L’affaire « barbouze contre Rima Hassan » ne fait que commencer. On peut promettre ici d’autres épisodes savoureux.

      Et nous n’oublions pas l’affaire de Lyon où police, justice et médias se sont bien tenus par la barbichette pour produire un récit sans rapport avec les faits. Ils ont manqué à tous leurs devoirs en laissant faire le jour de la rixe à laquelle participait Quentin Deranque et dont il est mort. Tout cela pour pouvoir coller à Rima une responsabilité dont les barbouzes savaient de façon documentée qu’elle était innocente. Et cela alors que le même ministère et celui de l’Intérieur connaissaient minute par minute la situation. Et même la photographiait. Et n’ont pas apporté assistance à personne en danger. Vous allez voir, chers lecteurs, comme la suite va être intéressante dans ce domaine aussi !

      Encore une histoire de pieds nickelés macronistes. « Non à la loi Yadan » ! Une pétition utile collecte les signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Plus de six cent mille personnes ont déjà signé. Il s’agit de contrer le vote de la proposition de loi présentée par madame Yadan, députée des Français de l’étranger. Son texte vise à rendre obligatoire l’approbation de la politique du gouvernement israélien en assimilant toute critique de celui-ci à de l’antisémitisme. Ce texte devait être voté à la sauvette par une modification de l’ordre du jour de l’Assemblée jeudi dernier. Ce coup tordu a été démasqué par Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire insoumis. En effet Yadan avait envoyé un mail à divers « amis » pour qu’ils soient présents le jour du vote alors même que celui-ci n’avait été ni décidé ni même demandé ! Le lièvre étant levé, nul ne peut plus l’arrêter. La loi a bénéficié de la conjonction de plusieurs composants caractéristiques du moment. D’abord l’indignation de savoir que quelqu’un pouvait manipuler l’ordre du jour de l’Assemblée de la veille pour le lendemain. Ensuite le dégoût suscité par la loi sur la peine de mort pour les résistants palestiniens en Israël. Enfin la nouvelle vague de crimes de guerre au Liban.

      En effet et pour ne citer que cela, il faut dire combien, au lendemain du vote de la loi raciste de la Knesset (Chambre parlementaire en Israël) sur la peine de mort réservée aux Palestiniens, nombre de parlementaires commencent à prendre la mesure de ce que représente moralement et politiquement le « soutien inconditionnel » que la loi Yadan rendrait obligatoire. Beaucoup ont déjà regretté publiquement même leur conduite passée sur le sujet et reconnu le génocide. On a vu récemment de hauts décideurs socialistes dénoncer le génocide et les autres crimes de guerre de l’armée de Netanyahu comme un tout. C’est le cas d’Olivier Faure pour ne citer que la figure du repenti la plus spectaculaire. Je crois que cette fois-ci beaucoup vont encore changer de camp. Certes leur sincérité est voisine de zéro et leur opportunisme au top niveau. Peu importe. Ce qui compte, c’est le résultat. C’est-à-dire l’isolement croissant du gouvernement Netanyahu devenu désormais quasi absolu en France. Par exemple, le groupe socialiste a retourné sa veste et décidé de ne pas voter la loi. Cela même si Guedj, Hollande et Grégoire étaient ses premiers signataires et le restent. En tous cas le texte de la pétition expose avec une grande clarté les raisons rationnelles de la signer.

      « Ce projet de loi, porté par Caroline Yadan, prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme.

      Cependant, lorsque l’on lit l’exposé des motifs, on remarque un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme). On peut lire par exemple : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble. »

      Cet amalgame opéré par Caroline Yadan n’est pas innocent. En effet, en 2025, un tribunal correctionnel a relaxé une personne accusée d’antisémitisme pour avoir soutenu la cause palestinienne. Ce même tribunal a énoncé : “La référence à Israël ou au sionisme, défini comme un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine, ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble”.

      On peut donc craindre que ce projet de loi ne cherche à contrer ces relaxes et à obliger les juges à opérer cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme afin de faire taire toute critique contre Israël.

      Cet amalgame est scandaleux pour trois raisons :

      – Il représente un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne. Si ce projet de loi devait être voté, des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l’objet de condamnations judiciaires. Le travail des journalistes et des chercheurs.e.s pourrait également s’en retrouver censuré.

      – Il appuie indirectement la colonisation de la Palestine par Israël, illégale au regard du droit international.

      – Il dessert la lutte contre l’antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Benjamin Netanyahou alors que nombre d’entre elleux critiquent ouvertement (et à juste titre) cette politique mortifère.

      Oui, il faut lutter contre l’antisémitisme de toutes nos forces, comme contre toutes les autres discriminations. Mais pas en muselant la liberté d’expression ni en assimilant la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahou.

      https://melenchon.fr/2026/04/10/meme-la-barbouzerie-demande-du-professionnalisme

    • https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique

      Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.

  • 🦏 Procès médiatique en antisémitisme : peut-on encore défendre les Insoumis ?
    https://www.youtube.com/watch?v=VXycYC2xqrE

    Dans ce nouveau numéro de Rhinocéros, Usul et Lumi décryptent le traitement médiatique des Insoumis. Ils vont même défendre les Insoumis. Mais en ce moment c’est compliqué. Surtout s’ils parlent de la Palestine...

    « Paresse intellectuelle, lâcheté, suivisme, manque de travail, mauvaise foi : comment les grands médias ont activement participé à la diabolisation du principal parti d’opposition de gauche du pays.
    Un épisode intense, accrochez vous. » Usul