• Plus ça va et moins on s’amuse.

    Il faut dire qu’il n’y a pas vraiment de raison. Entre la Covid, le chômage, les tensions internationales, les défis climatiques, rien ne nous conduit a priori à la franche rigolade.

    Si Rabelais revenait aujourd’hui, lui qui expliquait que le rire est le propre de l’homme, il serait immédiatement enfermé pour offense aux bonnes mœurs. Le rire, la moquerie sont devenus des infractions. De petits commissaires politiques, se prenant pour des génies, traquent en permanence la moindre déviance. Une nouvelle morale s’est répandue à côté de laquelle les inquisiteurs d’autrefois font figure de petits bras tant se répand l’envie de remettre son voisin au pas.

    Se moquer a toujours fait partie des traditions françaises. Et la réplique nécessaire ne se traitait pas systématiquement devant les tribunaux, mais dans la société qui créait l’espace nécessaire aux échanges les plus vifs et, en général, savait comment s’en accommoder et comment les trancher. Le recours au judicaire n’intervenait que des cas très graves.

    Cette nouvelle mode vient des Etats-Unis et correspond plus à la tradition de l’Europe du Nord qu’à celle des pays latins.
    A Marseille, traiterait-on Annie Cordy de raciste parce qu’elle a chanté « Chaud le Cacao » ?
    Sommes-nous en train de changer de société, de mettre la tristesse au premier rang des objectifs sociaux et des prédicateurs de morosité sur le devant de scène ?

    Sommes-nous en train de changer d’Histoire ?
    On peut le craindre en entendant Macron exprimer, sur la chaine de télévision américaine, CBS News, le dimanche 18 avril, sa volonté de réécrire lui-même l’Histoire de France.
    Le mot employé par lui, « déconstruire », fait en fait écho à la philosophie post humaniste qui, justement s’oppose à nos relations sociales.

    Notons au passage que le Président français a choisi d’exprimer sa critique de la France sur un média étranger, ce qui n’est pas l’usage, c’est le moins qu’on puisse dire.
    Il prolonge ainsi l’action de journaux tels que le New York Times qui fait ses unes contre la France.
    Il se situe dans un débat tardif contre la colonisation, moment historique certes critiquable, mais qui avait été condamné par d’autres bien avant lui.
    On connait tous le discours américain comme quoi les Etats-Unis n’ont jamais eu de colonies.
    Bornons-nous à dire que la chose est plus que contestable au vu de leur attitude vis-à-vis des anciennes possessions espagnoles et surtout du fait que les Etats-Unis sont eux-mêmes une colonie.

    La différence est qu’ils ont tué les habitants précédents.
    Il n’y a plus de rire parce qu’il n’y a plus de débat. Tout est formaté, codifié et la pensée ne sert plus à se libérer. Elle doit être conforme. C’est pourquoi le combat pour retrouver l’humour, le rire, est nécessaire à la libération.

    André Bellon, reçu par mail d’une amie

    #Humour #Rire #société #moeurs #déviance #pensée

  • Existe-t-il un rire à la française ? - Ép. 1/4 - Histoire du rire
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/histoire-du-rire-14-existe-t-il-un-rire-a-la-francaise

    Existe-t-il un rire à la française ? Le 10 novembre 1894 paraît le premier numéro de l’hebdomadaire « Le Rire » : quel titre ! Le journal justifie son choix : "Le Rire a pensé que son titre était le meilleur des programmes et il remplacera les promesses habituelles – qu’il tiendra sans avoir besoin de les faire – par une proposition de nature à plaire à ses lecteurs". Le journal lance un appel à contributions avec les deux thèmes favoris des humoristes : « L’AD-MI-NI-TRA-TION : cette inépuisable source de gaîté et notre belle-mère à tous ». Administration et belle-mère seraient-elles les deux mamelles d’un rire à la française ? (Xavier Mauduit)

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2021/03/df80e040-ca4f-4ee6-b988-8412b4b62449/838_cdh_2903.webp

    #radio #audio #podcast #rire #humour

  • Le #rire du dominant

    #Xavier_Gorce a rendu un fier service au Monde en mettant fin de lui-même à la collaboration qui le liait depuis près de vingt ans au journal du soir. Le dessin de trop aura été celui où il se hasardait à se moquer des victimes d’inceste, publié sur la newsletter du quotidien, qui a provoqué la colère de nombreux lecteurs. Mais cela faisait déjà plusieurs années, notamment depuis la crise des Gilets jaunes, que le #mépris de #Gorce était devenu plus visible que son humour.

    Il est significatif que ce soit sur la question des violences sexuelles que la satire ait trébuché. La vague de témoignages qui a suivi celui de Camille Kouchner a transformé la perception de l’inceste, qui apparaît désormais comme un problème de société effrayant et trop longtemps occulté. Prendre ce sujet à la légère, comme continuent de le faire quelques défenseurs anachroniques des droits du patriarcat, est devenu tout simplement insupportable.

    En dépit de justifications laborieuses qui n’ont convaincu personne, l’embarras du dessinateur était perceptible. Il est donc regrettable de constater que le débat public à propos du dessin de presse soit devenu le théâtre d’une des pires pollutions intellectuelles, où s’empilent les sophismes les plus moisis sur le bon temps où l’on pouvait rire des victimes, la tyrannie de l’indignation, sans oublier la blague de la « cancel culture ». Legs de la crise des caricatures danoises de 2006, il est devenu impossible en France d’évoquer n’importe quel dessin sans plier le genou devant la mémoire des victimes des attentats de #Charlie. Les arguments brandis par Gorce lui-même constituent un festival de cette #caricature de débat sur les #caricatures, qui est devenu tout bonnement absurde – les soi-disant défenseurs de la liberté d’expression hurlant à la censure à la moindre critique.

    Ce que démontre pourtant la passion qui anime cette posture faussement libertaire, c’est à quel point le rire peut être l’arme de l’imposition de la #norme, d’une rare #violence_sociale. Libérateur lorsqu’il représente la voix des faibles, il devient le plus effrayant instrument d’#oppression lorsqu’il leur impose le #silence. Au fil des ans, le dessin de Gorce était devenu emblématique de cette ricanante #raison_du_plus_fort. Que ses tristes #sarcasmes perdent un peu en visibilité est une bonne nouvelle.

    http://imagesociale.fr/9342

    déjà signalé ici, je remets avec quelques tags en plus :
    https://seenthis.net/messages/897484

    Voir aussi ce fil de discussion :
    https://seenthis.net/messages/887069

    @karine4 et @cede, extrait :

    Ce que démontre pourtant la passion qui anime cette posture faussement libertaire, c’est à quel point le rire peut être l’arme de l’imposition de la #norme, d’une rare #violence_sociale. Libérateur lorsqu’il représente la voix des faibles, il devient le plus effrayant instrument d’#oppression lorsqu’il leur impose le #silence.

  • On n’a pas signalé ces deux captations d’interventions d’Aude Vidal sur son livre sur Égologie, dont une très longue par @latelierpaysan ici présent !

    Aude VIDAL - ÉGOLOGIE : écologie, individualisme et course au bonheur
    https://www.youtube.com/watch?v=ouEdpD9w5x0

    L’Atelier paysan s’attaque à l’autonomie technique des paysan-nes en leur proposant une alternative concrète : les former à autoconstruire leur matériel agricole.
    Est-ce suffisant pour enrayer l’industrie de la machine, qui impose de remplacer les paysan- nes par des robots, des drones, des capteurs informatiques ?
    Quelles sont les conséquences de ces « solutions technologiques » pour les communautés paysannes, pour l’environnement, pour le modèle alimentaire ?

    Aude Vidal nous parle ici des « alternatives », dans la suite de son ouvrage Egologie : les
    expérimentations écologistes sont-elles le laboratoire d’innovations sociales plus
    respectueuses de l’être humain et de son milieu ? ou accompagnent-elle un recul sur soi et ce sur quoi il est encore possible d’avoir prise dans un contexte de dépossession démocratique et économique ?

    Une belle manière pour l’Atelier paysan de questionner la limite des alternatives : l’expansion de pratiques alternatives peut-elle provoquer de la transformation sociale ? Les pratiques sociales parviennent-elles à infléchir les rapports sociaux ?
    A l’Atelier paysan, dont l’activité centrale est de proposer des alternatives concrètes et immédiates aux paysannes et paysans, nous pensons que non. Nous avons l’intuition qu’il nous faut dans le même temps tenter d’exercer un rapport de force avec les dominants (pour nous l’industrie de la machine et la techno-science).

    Et une autre plus récente :
    https://www.youtube.com/watch?v=lxqPsK2mkAY

    #Aude_Vidal #écologie #politique #écologie_politique #individualisme #libéralisme #bien-être #développement_personnel

    • Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur

      #Développement_personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
      Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

      http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/egologie.html

      #livre

      #souveraineté_alimentaire #liberté_individuelle #alternatives #Nicolas_Marquis #capitalisme #jardins_partagés #classes_sociales #jardinage #justice_environnementale #dépolitisation

    • Du bien-être au marché du malaise. La société du développement personnel

      Des ouvrages qui prétendent nous aider dans notre développement personnel, à « être nous-mêmes » ou à « bien communiquer », et des individus qui déclarent que ces lectures ont « changé leur vie » : voilà la source de l’étonnement dont ce livre est le résultat. Comment comprendre ce phénomène ? Comment est-il possible que tant de personnes puissent trouver du sens au monde si particulier du « développement personnel », au point d’en ressentir des effets concrets ?

      Nicolas Marquis prend au sérieux cette expérience de lecture, en cherchant à comprendre ce qui se passe très concrètement entre un lecteur qui veut que quelque chose change dans son existence et un ouvrage qui prétend l’aider en lui parlant de ce qu’il vit personnellement. En procédant à la première enquête sur les lecteurs, il montre en quoi le développement personnel est l’une des institutions les plus frappantes des sociétés individualistes : son succès permet de comprendre les façons dont nous donnons, au quotidien, du sens à notre existence.


      https://www.cairn.info/du-bien-etre-au-marche-du-malaise--9782130628262.htm

    • Le Syndrome du bien-être

      Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du #syndrome_du_bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer.
      Ils montrent dans ce livre comment la recherche du #bien-être_optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de #mal-être et participe du #repli_sur_soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du quantified self qui mesurent – gadgets et applis à l’appui – chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes... Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d’exister.
      Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.

      https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/le-syndrome-du-bien-etre

      #André_Spicer
      #Carl_Cederström

    • Rigolez, vous êtes exploité

      « Vous êtes éreinté ? Votre activité professionnelle vous plonge dans la #dépression ? Vous songez à mettre fin à vos jours ? Nous avons la solution : ri-go-lez ! » Voilà en substance le message de la direction des #ressources_humaines (DRH) du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse au personnel de l’établissement. La solution arrive à point nommé, car la situation menaçait de devenir dramatique…

      Un peu comme France Télécom hier ou la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) aujourd’hui, le #CHU toulousain est confronté à une recrudescence de #suicides de salariés. Le rapport d’un cabinet de conseil établi en 2016 est formel : les quatre personnes ayant mis fin à leurs jours en quelques semaines la même année (dont une dans les locaux du CHU) l’ont fait à cause de leurs #conditions_de_travail. L’année suivante, dans un des 26 000 documents internes révélés par la presse (1), une infirmière en gynécologie décrit ainsi son quotidien : « Mise en danger de la vie des patientes, mauvaise prise en charge de la douleur, dégradation de l’image des patientes (patientes laissées plusieurs minutes souillées de vomis) (…) mauvaise prise en charge psychologique (annonce de cancer faite récemment, pas le temps de discuter). (…) Une équipe épuisée physiquement (même pas cinq minutes de pause entre 13 h 30 et 23 heures) et moralement (sentiment de travail mal fait et de mettre en danger la vie des patients). »

      Les choses n’ont guère progressé depuis. En février 2019, un patient meurt d’une crise cardiaque dans le sas des urgences. L’infirmier de garde cette nuit-là, en poste depuis 10 heures du matin, avait la charge de plus de quinze patients. Il n’a pas eu le temps de faire les gestes de premiers secours (2). Début mai 2019, rebelote au service de soins intensifs digestifs, en pleine restructuration, où un problème informatique a mené à la mort d’un patient.

      Depuis 2015, une soixantaine de préavis de grève ont été envoyés à la direction par les syndicats. Au moins quatorze grèves ont eu lieu (cinq rien qu’en 2019), sans compter les quelque vingt mobilisations collectives, la douzaine d’actions d’envergure et les chorégraphies parodiques de soignants vues six millions de fois sur les réseaux sociaux. « À l’hôpital des enfants, le nombre d’arrêts-maladie des quatre premiers mois de 2019 est de 20 % supérieur à celui de la même période en 2018, nous explique Mme Sandra C., vingt ans d’hôpital public à son actif, dont dix-sept à l’hôpital des enfants de Toulouse. Nous avons l’impression d’être traités comme des numéros par une direction dont le seul but est de faire appliquer les réductions de coûts et la baisse du personnel. Nous avons besoin d’au moins six cents embauches dans tout le CHU, et vite. »

      Embaucher ? Impossible !, rétorque la direction, largement convertie au lean management, le « management sans gras », une doctrine d’optimisation du rendement élaborée par les ingénieurs japonais du groupe Toyota après la seconde guerre mondiale et peaufinée ensuite dans les éprouvettes néolibérales du Massachusetts Institute of Technology (MIT). L’objectif ? Faire produire plus avec moins de gens, quitte à pousser les équipes à bout.

      Des conditions de travail déplorables, des contraintes de rentabilité qui interdisent d’améliorer le sort du personnel, des salariés qui préfèrent mettre fin à leurs jours plutôt que d’endurer leur activité professionnelle ? Il fallait réagir. C’est chose faite grâce à une initiative de la DRH : des séances de rigologie, cette « approche globale permettant une harmonie entre le corps, l’esprit et les émotions », comme on peut le lire dans le « Plan d’actions 2018 pour la prévention des risques psychosociaux et la qualité de vie au travail » du pôle hôpital des enfants du CHU de Toulouse.

      Yoga du rire, méditation de pleine conscience, techniques variées de relaxation et de respiration, sophrologie ludique… la rigologie vise à « cultiver les sentiments positifs et sa joie de vivre ». Sur la page d’accueil du site de l’École internationale du rire (« Bonheur, joie de vivre, créativité »), l’internaute tombe sur la photographie d’un groupe de salariés hilares faisant le symbole de la victoire. S’ils sont heureux, suggère l’image, c’est qu’ils ont tous décroché leur diplôme de « rigologue » à la suite d’une formation de sept jours en psychologie positive, yoga du rire et autres techniques de « libération des émotions », facturée 1 400 euros. Un rigologue estampillé École du rire, le leader du marché, se fera rémunérer entre 1 000 et 3 000 euros la journée. Il pourra éventuellement devenir chief happiness officer, ces responsables du service bonheur dont les entreprises du CAC 40 raffolent (3).

      La souffrance au travail est devenue un marché, et le service public apparaît comme un nouveau terrain de jeu du développement personnel. Ainsi des policiers confrontés à une vague de suicides (vingt-huit en 2019), auxquels le directeur général de la police nationale a envoyé, fin mai, une circulaire incitant les encadrants à favoriser « les moments de convivialité et de partage » comme les barbecues, les sorties sportives ou les pique-niques en famille (4). Ainsi des agents de la SNCF, une entreprise qui compte depuis le début de l’année 2019 un suicide de salarié par semaine. La direction lilloise de la société ferroviaire en pleine restructuration a fait appel au cabinet Great Place to Work (« super endroit pour travailler »), qui lui a conseillé de… distribuer des bonbons aux agents en souffrance, de mettre en place des goûters-surprises ou encore des ateliers de maquillage (5).

      « Au départ, nous explique Mme Corinne Cosseron, directrice de l’École internationale du rire et importatrice du concept de rigologie en France, je me suis formée pour plaisanter, comme un gag, au yoga du rire, une technique mise au point par un médecin indien, qui s’est rendu compte que ses patients joyeux guérissaient mieux que les sinistres. Le rire permet de libérer des hormones euphorisantes qui luttent contre la douleur », explique cette ancienne psychanalyste qui évoque les endorphines (« un antidouleur naturel qui agit comme une morphine naturelle »), la sérotonine (« la molécule du bonheur »), la dopamine (celle de la motivation) ou encore l’ocytocine (« l’hormone de l’amour »). « C’est un grand shoot gratuit. Beaucoup de grandes entreprises ont commencé à faire appel à nous (SNCF, Total, Suez, Royal Canin, Danone, etc.), car le rire répare point par point tout ce que les effets du stress détruisent. Non seulement le salarié va aller mieux (il ne va pas se suicider, il n’ira pas voir chez le concurrent), mais, en plus, l’entreprise va gagner en productivité. Donc c’est du gagnant-gagnant. »

      Novateur, le CHU de Toulouse a vu se mettre en place des séances de « libération émotionnelle » et de « lâcher-prise » dans le service des soins palliatifs dès 2017. Dans le cadre de ses propositions d’actions 2018-2019 pour prévenir les risques psychosociaux et pour la qualité de vie au travail, la DRH propose désormais d’élargir son offre à d’autres unités sous tension, comme l’hôpital des enfants, où, au mois de mars dernier, deux grèves ont éclaté pour protester contre le projet de réduction du nombre de lits et d’intensification du travail des soignants.

      On soumet ce projet de lâcher-prise à M. Florent Fabre, 31 ans, infirmier au service des urgences psychiatriques. Sa première réaction est de laisser éclater un long rire, générant probablement un apport non négligeable en bêta-endorphines — ce qui lui permet de dire avec une voix parfaitement détendue : « C’est grotesque et indécent. » Pour ce soignant, qui a participé à la lutte victorieuse des salariés de son service, lesquels ont arraché deux postes supplémentaires d’infirmier à l’issue de deux mois de grève durant le printemps 2019, « le niveau du mépris social affiché par la direction du CHU ainsi que par les cadres régionaux de l’agence régionale de santé est totalement aberrant. Dès lors qu’il s’agit d’entendre qu’il y a un vrai manque de soignants, le dialogue se rompt. La santé des agents hospitaliers est le moindre de leurs soucis ». Contactée, la direction du CHU a refusé de répondre à cet appel à embaucher, qu’elle qualifie de « théories de la CGT [Confédération générale du travail] ». « On assume totalement ce document de proposition de rigologie », nous a précisé le directeur de la communication avant de nous raccrocher au nez. On ne rigole plus.

      « Mais, s’agace Mme Maguy Mettais, la pharmacienne chargée de la prévention des risques psychosociaux, avez-vous déjà testé la rigologie ? Ça serait peut-être intéressant que vous essayiez une séance, non ? C’est génial, vous verrez. » Adeptes du journalisme total, nous acceptons la proposition. « Alors, vous mettez les mains droit devant vous et vous expirez en faisant “chah” ! On le fait ensemble ? C’est parti ! Après on met les bras sur le côté et on fait “chou” ! Et un dernier, les bras levés vers le ciel et on va faire un grand “chiii” sur le temps d’expiration. » Docile, nous nous exécutons, pour la bonne cause. « Au final, ce qui est rigolo, c’est que ça fait chah-chou-chi… Comme si ça faisait “salsifis” [elle éclate de rire]. Voilà, j’avais envie de vous le faire découvrir, ça peut être bien avant d’écrire votre article. »

      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/BRYGO/60014

      #rire #thérapie_du_rire

      –—

      Pour rappel, les #formations dédiées au personnel de l’#Université_Grenoble_Alpes :
      1. Gestion de #conflits (formation mise sous le thème « #efficacité_professionnelle »)
      2. Mieux vivre ses #émotions dans ses #relations_professionnelles (aussi mise sous le même thème : #efficacité_professionnelle)
      https://seenthis.net/messages/882135

    • La démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs

      On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arriéré et réactionnaire.
      À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise l’essor des valeurs démocratiques et la formation de la citoyenneté. Défi le alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles ; du jardin d’Éden qu’Adam doit « cultiver » et aussi « garder » à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin thérapeutique ; des « guérillas vertes » aux jardins partagés australiens.
      Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique.

      https://www.editionsladecouverte.fr/la_democratie_aux_champs-9782359251012démocratiques

    • La #durabilité en pratique(s) : gestion et appropriation des #principes_durabilistes véhiculés par les #écoquartiers

      Dans cette contribution, il est question de la durabilité comme objet, dans sa dimension heuristique, en tant que moyen de compréhension voire d’explication des initiatives individuelles, collectives et politiques ainsi que des dynamiques. Il s’agit tout d’abord de se pencher sur la manière dont la durabilité est mobilisée et signifiée, aussi bien sur l’horizon du pensable qui l’accompagne que sur les « manières de faire » qu’elle véhicule, parmi des acteurs divers, pris dans des jeux d’échelles, d’intérêts et dans des engagements parfois contradictoires. Politiquement, la mise en œuvre de la durabilité se décline dans des contextes, pour des raisons et à des finalités diverses que peuvent être la transformation des comportements individuels, la modification de la législation et des cadres réglementaires nationaux et locaux, la redéfinition des stratégies communautaires, etc. Entre pratiques, éthique, fiscalité individuelle d’un côté et enjeux techniques, politiques et sociétaux de l’autre, ces multiples mobilisations de la durabilité rendent cette notion évasive, voire équivoque. Au-delà d’un recensement et d’une classification de cette multiplicité d’usage et de traduction « en pratiques » de la durabilité, c’est sur la base des multiples tensions qui caractérisent ces manières de voir, comprendre, mobiliser et opérationnaliser la durabilité que nous cherchons à venir éclairer les pratiques leurs implications mais aussi leurs conséquences. Pour ce faire nous nous appuyons sur les 37 entretiens (15 avec les concepteurs, 22 avec les habitants) réalisés lors d’une enquête menée en 2012 et 2013 sur l’écoquartier de Lyon Confluence dans le cadre de la thèse de doctorat de Matthieu Adam. Nous analysons les discours portant sur la durabilité. Ceux-ci ont toujours une portée normative et performative mais peuvent aussi être considérés en tant qu’embrayeur de sens permettant de saisir les modalités de réactions, passives (acceptation) et/ou actives (refus, adaptation, contre-proposition, etc.) face à cette quête de durabilité. En analysant les pratiques, les manières d’être, les attitudes ainsi que les représentations d’une part liées à l’injonction de durabilité et d’autre part à sa mise en pratique, nous mettrons au débat des éléments portant tant sur les décalages entre intentions et actions que sur les moyens utilisés pour tenter de les lever. De plus, en changeant de focale, l’analyse fine des discours permet de tirer des enseignements sur le développement durable en tant que valeur et idéologie dominante du projet urbain mais aussi en tant que modalités pratiques quotidiennes.

      https://books.openedition.org/cse/124

      #Georges-Henry_Laffont #Matthieu_Adam

  • Nouveautés
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html

    France Culture a consacré récemment deux émissions à Rirette Maitrejean (1887-1968, Maitron) : « Une anarchiste de la Belle Epoque » (28 min) et « Dans la tourmente de la “Bande à Bonnot” » (28 min). Anna Henriette Estorges a 16 ans lorsqu’elle arrive à Paris, fuyant une famille qui veut la marier, et fréquente les anarchistes individualistes. Elle peaufine son éducation grâce aux universités populaires et causeries, et épouse Louis Maîtrejean. « Très vite mère de deux enfants, séparée de leur père, pratiquant l’union libre, Rirette Maîtrejean devient responsable de l’hebdomadaire L’anarchie aux côtés de son compagnon Victor Serge. Comme tous les anarchistes individualistes, elle s’efforce de vivre en conformité avec son éthique, pratiquant la vie en communauté, le partage des tâches, l’hospitalité, tout en gérant le bon fonctionnement du journal. Jusqu’à ce que son destin bascule fin 1911 avec l’arrivée à Paris de l’anarchiste lyonnais Jules Bonnot… »

    #anarchisme #RiretteMaitrejean #Bonnot #illégaliste

  • Rirette Maîtrejean, l’insoumise – série de podcasts à écouter – France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/series/rirette-maitrejean-linsoumise

    Quittant sa Corrèze natale en 1904, #Rirette_Maîtrejean a 16 ans quand elle débarque à Paris. En révolte contre une famille qui veut la marier au plus vite, elle est à la recherche d’une vie meilleure. Elle découvre le milieu des anarchistes.

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/rirette-maitrejean-linsoumise-22-dans-la-tourmente-de-la-bande-a-bonno


    La bande à Bonnot par Marc Renneville - Criminocorpus
    https://criminocorpus.org/fr/reperes/affaires-criminelles/la-bande-bonnot
    #anarchisme

  • France attacks religion secularism radicalism blasphemy
    –-> article retiré:


    https://www.politico.eu/article/france-attacks-religion-secularism-radicalism-blasphemy-islam

    –—

    Copié ici:

    Another string of jihadist attacks has shaken France. The most recent, at a church in Nice, left three people dead, only two weeks after a teacher was beheaded on the outskirts of Paris after he displayed cartoons of the prophet Mohammed in his classroom.

    Why is France targeted, over and over again, by violent extremists? Germany, England, Italy and even Denmark — where cartoons of controversial Mohammed were first published — have not seen comparable violence.

    The reason is simple: France’s extreme form of secularism and its embrace of blasphemy, which has fueled radicalism among a marginalized minority.

    Specifically, the latest round of violence follows the decision earlier this month by the satirical newspaper Charlie Hebdo to mark the beginning of a trial over a murderous attack on its newsroom in 2015 by republishing the blasphemous cartoons of Mohammed that prompted the original assault.

    This duo — radical secularism and religious radicalism — have been engaged in a deadly dance ever since.

    Traditionally, French secularism requires the state to be neutral and calls for respect for religions in the public space, in order to avoid the rise of religious intolerance.

    In modern times, however, it has become something far more extreme. The moderate secularism that prevailed as recently as the 1970s has been replaced with something more like a civil religion.

    It’s a belief system that has its own priests (government ministers), its pontiff (the president of the republic), its acolytes (intellectuals) and its heretics (anyone who calls for a less antagonistic attitude toward Islam is rejected and branded an “Islamo-leftist”).

    One of the defining features of this new secularism is the promotion of religious blasphemy — and, in particular, its extreme expression in the form of caricatures like those of Mohammed.

    This embrace was on full display following the murder of the teacher who showed cartoons of Mohammed in his classes, when many French intellectuals came out in praise of blasphemy and defended the government’s unequivocal defense of the right to free expression.

    They should have considered their words more carefully.

    In Western Europe the right to blaspheme is legally recognized. But it is one thing to protect the freedom to blaspheme and another to enthusiastically exhort blasphemy, as is the case in France.

    Blasphemy is a non-argumentative and sarcastic form of free speech. It should be used, at best, with moderation in a country where between 6 percent and 8 percent of the population is Muslim, most of whose parents or grandparents emigrated from French colonies in North Africa.

    Defenders of blasphemy invoke freedom of expression, but what blasphemy does, in fact, is trap France in a vicious cycle of reactivity to jihadist terror that makes it less free and less autonomous.

    The immoderate use of caricatures in name of the right to blaspheme ultimately undermines public debate: It stigmatizes and humiliates even the most moderate or secular Muslims, many of whom do not understand French secularists’ obsessive focus on Islam, the veil, daily prayers or Islamic teachings.

    The result is a harmful cycle: provocation, counter-provocation, and a society’s descent into hell. As French secularism has become radicalized, the number of jihadist attacks in the country has multiplied.

    French secularists claim to be fighting for freedom of expression. As they do so, innocent people are dying, Muslims around the world are rejecting French values and boycotting the country’s products, and French Muslims are facing restrictions on their freedom of expression in the name of thwarting Islamist propaganda.

    France is paying a heavy price for its fundamentalist secularism, both inside and outside its own borders.

    https://www.1news.info/european-news/france-s-dangerous-religion-of-secularism-798875

    #Farhad_Khosrokhavar #terrorisme #religion #sécularisme #blasphème #extrémisme #France #violence #minorité_marginalisée #radicalisme #radicalisation #Charlie_Hebdo #radicalisme_religieux #sécularisme_radical #religion_civile #islamo-gauchisme #caricatures #liberté_d'expression #débat_public #provocation #contre-provocation #sécularisme_fondamentaliste

    ping @karine4 @cede @isskein

    • « On a oublié le rôle de l’#humiliation dans l’Histoire », par #Olivier_Abel

      Pour le philosophe, « en sacralisant les #caricatures, nous sommes devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le #tragique ».

      Quel rapport entre les crimes abjects des djihadistes, le danger que représentent à certains égards les « réseaux sociaux » pour la démocratie et la civilité, la question de la liberté d’expression et du blasphème, le durcissement quasi-guerrier de la laïcité, les gilets jaunes, les majorités dangereuses qui ont porté Trump ou Erdogan au pouvoir, et qui poussent à nos portes ? Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre, nous ne savons et sentons plus ce que nous faisons. Je voudrais proposer ici une hypothèse.

      Nous avons globalement fait fausse route. Le drame des caricatures n’est que la partie visible d’un énorme problème. Nous nous sommes enfoncés dans le #déni de l’humiliation, de son importance, de sa gravité, de son existence même. Nous sommes sensibles aux #violences, comme aux #inégalités, mais insensibles à l’humiliation qui les empoisonne. Comme l’observait le philosophe israélien Avishaï Margalit, nous n’imaginons même pas ce que serait une société dont les institutions (police, préfectures, administrations, prisons, hôpitaux, écoles, etc.) seraient non-humiliantes. Dans l’état actuel de rétrécissement des ressources planétaires, on aura beaucoup de mal à faire une société plus juste, mais pourquoi déjà ne pas essayer une société moins humiliante ?

      Ni quantifiable, ni mesurable

      Il faut dire que l’humiliation est une notion – et une réalité - compliquée. L’#offense est subjective, et dépend au moins autant de ceux qui la reçoivent que de ceux qui l’émettent. Ce qui humiliera l’un laissera l’autre indifférent, et cela dépend même du moment où ça tombe. L’humiliation n’est pas quantifiable, mesurable, comme le sont les coups et blessures. D’où la tentation de dire que là où il n’y a pas de #dommage ni #préjudice il n’y a pas de #tort. Ce n’est pas une affaire de #droit mais seulement de #sentiment ou de #morale personnelle, donc circulez, il n’y a rien à dire.

      Et pourtant… Si les violences s’attaquent au #corps de l’autre, dans ses capacités et sa #vulnérabilité, l’humiliation fait encore pire : elle s’attaque au visage de l’autre, dans son #estime et son #respect_de_soi : elle le fait blanchir ou rougir, et souvent les deux en même temps.

      Car l’humiliation se présente de deux façons, en apparence contradictoires. Par un côté, elle porte atteinte à l’estime de soi, en faisant #honte à l’individu de son expression, de ce qu’il voudrait montrer et faire valoir, elle le rabroue et l’exclut du cercle de ceux qui sont autorisés à parler. Mais, par un autre côté, elle porte atteinte également au #respect et à la #pudeur, en dévoilant ce qui voulait se cacher, en forçant l’individu à montrer ce qui constitue sa réserve, en le surexposant au #regard_public, en lui interdisant de se retirer.

      L’humiliation s’attaque au sujet parlant. Les humains ne se nourrissent pas de pain et de cirques seulement, mais de #paroles_vives en vis-à-vis : ils n’existent qu’à se reconnaître mutuellement comme des sujets parlants, crédités comme tels, et reconnus dans leur crédibilité. L’humiliation fait taire le sujet parlant, elle lui fait honte de son expression, elle ruine sa confiance en soi.

      Quand le faible est trop faible

      Elle peut également atteindre des formes de vie, des minorités langagières, sexuelles, raciales, religieuses, sociales, etc. Il peut même arriver qu’une majorité endormie dans sa complaisance soit humiliée par une minorité active. Elle devient ce que j’appelais plus haut une majorité « dangereuse », pour elle-même et pour les autres.

      Une #parole_humiliée devient sujette à ces deux maladies du langage que sont la #dévalorisation ou la #survalorisation de soi. Ou, pour le dire autrement : la #dérision ou le #fanatisme. Commençons par la genèse du fanatisme. Simone Weil avait proposé d’expliquer les affaires humaines par cette loi : « on est toujours #barbares avec les faibles ». Il faudrait donc que nul ne soit laissé trop faible et sans aucun #contre-pouvoir, et que le plus fort soit suffisamment « déprotégé » pour rester sensible au faible, bon gagnant si je puis dire, et conscient qu’il ne sera pas toujours le plus fort.

      Mais quand le faible est trop faible pour infliger quelque tort que ce soit au plus fort, le pacte politique posé par Hobbes est rompu. Les faibles n’ont plus rien à perdre, ne sont plus tenus par le souci de la sécurité des biens et des corps, il ne leur reste que l’au-delà et ils basculent dans le #sacrifice_de_soi, dans une parole portée à la folie. Ici la #religion vient juste au dernier moment pour habiller, nommer, justifier cette mutation terrible.

      « C’est à l’humiliation que répond la #barbarie »

      La violence appelle la violence, dans un échange réciproque qui devrait rester à peu près proportionné, même si bien souvent la #violence s’exerce elle-même de manière humiliante, et nous ne savons pas ce que serait une violence vraiment non-humiliante. Avec l’humiliation cependant, le cercle des échanges devient vicieux, les retours sont longuement différés, comme sans rapport, et ils ont quelque chose de démesuré. Ils sont parallèles, mais en négatif, aux circuits de la #reconnaissance dont on sait qu’ils prennent du temps.

      C’est pourquoi les effets de l’humiliation sont si dévastateurs. Ils courent dans le temps, car les humiliés seront humiliants au centuple. Comme le remarquait #Ariane_Bazan, ils peuvent aller jusqu’à détruire méthodiquement toute scène de reconnaissance possible, toute réparation possible : la mère tuera tous ses enfants, comme le fait Médée rejetée par Jason. Lisant Euripide, elle concluait : « c’est à l’humiliation que répond la barbarie ». Les grandes tragédies sont des scènes de la reconnaissance non seulement manquée, mais écrabouillée.

      Pourquoi nos sociétés occidentales sont-elles collectivement aussi insensibles à l’humiliation ? Est-ce la différence avec ce qu’on a appelé les sociétés de honte, le Japon, le monde arabe ? Sans doute est-ce d’abord aujourd’hui parce que nous sommes une société managée par des unités de mesure quantifiable, la monnaie, l’audimat, et par une juridicisation qui ne reconnaît que les torts mesurables, compensables, sinon monnayables.

      Cette évolution a été accélérée par une #morale_libérale, qui est une #morale_minimale, où tout est permis si l’autre est consentant : or on n’a pas besoin du #consentement de l’autre pour afficher sa #liberté, tant que son expression n’est ni violente ni discriminante à l’égard des personnes, et ne porte aucun dommage objectif — les croyances n’existent pas, on peut en faire ce qu’on veut. Le facteur aggravant de l’humiliation, dans une société de réseaux, c’est la diffusion immédiate et sans écrans ralentisseurs des atteintes à la réputation : la #calomnie, la #moquerie, le #harcèlement.

      L’angle mort de notre civilisation

      Mais plus profondément encore, plus anciennement, notre insensibilité à l’humiliation est due à l’entrecroisement, dans nos sociétés, d’une morale stoïcienne de la #modestie, et d’une morale chrétienne de l’#humilité. Celle-ci, en rupture avec les religions de l’imperium, de la victoire, propose en modèle un divin abaissé et humilié dans l’ignominie du supplice de la croix, réservé aux esclaves. Le #stoïcisme est une sagesse dont la stratégie consiste à décomposer l’opinion d’autrui en des énoncés creux dont aucun ne saurait nous atteindre : l’esclave stoïcien n’est pas plus humiliable que l’empereur stoïcien.

      La dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est d’ailleurs héritière de ces deux traditions mêlées, quand il fait de l’expérience de l’esclavage une étape nécessaire sur le chemin de la liberté. Cette vertu d’humilité a paradoxalement creusé dans le monde de la chevalerie médiévale, puis dans la société française de cour, et finalement dans le dévouement de l’idéal scientifique, un sillon profond, qui est comme l’angle mort de notre civilisation.

      Et cet angle mort nous a empêchés de voir le rôle de l’humiliation dans l’histoire : c’est l’humiliation du Traité de Versailles qui prépare la venue d’Hitler au pouvoir, celle de la Russie ou de la Turquie qui y maintient Poutine et Erdogan, c’est la manipulation du sentiment d’humiliation qui a propulsé la figure de Trump. Et cette histoire n’est pas finie. Les manipulations machiavéliques des sentiments de peur et les politiques du #ressentiment n’ont jamais atteint, dans tous nos pays simultanément, un tel niveau de dangerosité. Les djihadistes ici jouent sur du velours, car à l’humiliation ancienne de la #colonisation militaire, économique, et culturelle, s’est ajoutée celle des #banlieues et du #chômage, et maintenant les caricatures du prophète, répétées à l’envi.

      #Fanatisme et #dérision

      Car la genèse de la dérision est non moins importante, et concomitante à celle du fanatisme. On a beaucoup entendu parler du #droit_de_blasphémer : curieuse expression, de la part de tous ceux (et j’en suis) qui ne croient pas au #blasphème ! Réclamer le droit de blasphémer, s’acharner à blasphémer, n’est-ce pas encore y croire, y attacher de l’importance ? N’est-ce pas comme les bandes iconoclastes de la Réforme ou de la Révolution qui saccagent les églises, dans une sorte de superstition anti-superstitieuse ?

      Tout le tragique de l’affaire tient justement au fait que ce qui est important pour les uns est négligeable pour les autres. Il faudrait que les uns apprennent à ne pas accorder tant d’importance à de telles #satires, et que les autres apprennent à mesurer l’importance de ce qu’ils font et disent. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le sentiment qu’il n’y a plus rien d’important, sauf le droit de dire que rien n’est important.

      Une société où tout est « cool » et « fun » est une société insensible à l’humiliation, immunisée à l’égard de tout scandale, puisqu’il n’y reste rien à transgresser, rien à profaner. Or la fonction du #scandale est vitale pour briser la complaisance d’une société à elle-même. Pire, lorsque l’ironiste adopte un point de vue en surplomb, pointant l’idiotie des autres, il interrompt toute possibilité de #conversation. On peut rire, mais encore faut-il que cela puisse relancer la conversation !

      Sacralisation des caricatures ?

      Le différend tient peut-être aussi au fait que nous ne disposons pas exactement des mêmes genres littéraires. #Salman_Rushdie et #Milan_Kundera observaient que le monde musulman a du mal à comprendre ce que c’est qu’un « roman », comme une forme littéraire typique d’une certaine époque européenne, et qui met en suspens le jugement moral. Nous aussi, nous avons un problème : on dirait parfois que le genre littéraire éminent qui fonde notre culture est la caricature, la dérision, le #comique.

      Ce qui est proprement caricatural, c’est que les caricatures, le #droit_de_rire, soient devenues notre seul sacré. Serions-nous devenus incapables de percevoir ce que les Grecs anciens désignaient par le tragique ? N’avons-nous pas perdu aussi le sens de l’#épopée véritable (celle qui honore les ennemis), et le sens de quoi que ce soit qui nous dépasse nos gentilles libertés bien protégées ?

      Aujourd’hui, aux manipulations de la peur et de la xénophobie par les néonationalistes français, qui sacralisent la #laïcité comme si elle n’était plus le cadre neutre d’une #liberté_d’expression capable de cohabiter paisiblement avec celle des autres, mais la substance même de l’#identité française (une identité aussi moniste et exclusive que jadis l’était le catholicisme pour l’Action française), répond la manipulation cynique du sentiment d’humiliation des musulmans français par les prédicateurs-guerriers du djihadisme, qui n’ont de cesse d’instrumentaliser le ressentiment, dans le monde et en France.

      Liberté d’abjurer et laïcité réelle

      Aux organisations musulmanes françaises, nous dirons : demandez aux pays dominés par l’islam politique d’accorder à leurs minorités les mêmes libertés réelles qui sont celles des musulmans de France, et accordez solennellement à toutes les musulmanes et à tous les musulmans le droit d’abjurer, de se convertir, ou simplement de se marier en dehors de leur communauté.

      Aux néonationalistes, nous dirons : si la laïcité n’est plus que cette identité sacrée, c’est-à-dire le contraire de ce qu’elle a été dans l’histoire réelle (oui, enseignons d’abord l’histoire réelle dans son long cours, ses compromis complexes, et pas les histoires simplistes que nous nous racontons !), le #pacte_laïque sera rompu, et nous ferons sécession, il faudra tout recommencer, ensemble et avec les nouveaux venus.

      Car ce pacte est ce qui, au nom de notre histoire commune, et inachevée, autorise, au sens fort, la #reconnaissance_mutuelle. Il cherche à instituer un théâtre commun d’apparition qui fasse pleinement crédit à la parole des uns et des autres. C’est bien ce qui nous manque le plus aujourd’hui.

      https://www.nouvelobs.com/idees/20201122.OBS36427/on-a-oublie-le-role-de-l-humiliation-dans-l-histoire-par-olivier-abel.htm

  • En cette période : difficile de faire un poisson d’avril… Interrogeons-nous plutôt sur l’humour et ses ressorts avec l’exemple du Gorafi !
    #humour #Gorafi #blagues #Rire #fake #information

    http://sms.hypotheses.org/10108

    Saviez-vous que l’humour est étudié par les sciences humaines et sociales ? Et bien oui, ce qui fait rire et les raisons pour lesquelles on rit, les mécanismes du rire, cela est aussi un l’objet d’étude pour les chercheurs. Bien sûr, un des lieux de prédilection de l’humour contemporain, c’est Internet et quoi de mieux comme « cobaye » que le Gorafi pour travailler sur l’humour ? C’est précisément ce qu’a fait Laurence Leveneur, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT de Rodez, Université de Toulouse 1 – Capitole.

    Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le Gorafi, anagramme de Le Figaro, grand quotidien français, est un site qui « se veut impartial et irréprochable » et qui entend « traiter l’information selon des sources contradictoires »… avant de préciser que « tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique (...)

    • Cette lettre, envoyée d’Italie, comme une bouteille à la mer...

      Lettre d’Italie,

      Il est 00h28 à Brescia.

      « Je vous écris d’Italie, je vous écris donc depuis votre futur. Nous sommes maintenant là où vous serez dans quelques jours. Les courbes de l’épidémie nous montrent embrassés en une danse parallèle dans laquelle nous nous trouvons quelques pas devant vous sur la ligne du temps, tout comme Wuhan l’était par rapport à nous il y a quelques semaines. Nous voyons que vous vous comportez comme nous nous sommes comportés. Vous avez les mêmes discussions que celles que nous avions il y a encore peu de temps, entre ceux qui encore disent « toutes ces histoires pour ce qui est juste un peu plus qu’une grippe », et ceux qui ont déjà compris.

      D’ici, depuis votre futur, nous savons par exemple que lorsqu’ils vous diront de rester confinés chez vous, d’aucuns citeront Foucault, puis Hobbes. Mais très tôt vous aurez bien autre chose à faire. Avant tout, vous mangerez. Et pas seulement parce que cuisiner est l’une des rares choses que vous pourrez faire. Sur les réseaux sociaux, naîtront des groupes qui feront des propositions sur la manière dont on peut passer le temps utilement et de façon instructive ; vous vous inscrirez à tous, et, après quelques jours, vous n’en pourrez plus. Vous sortirez de vos étagères La Peste de Camus, mais découvrirez que vous n’avez pas vraiment envie de le lire.

      Vous mangerez de nouveau.

      Vous dormirez mal.

      Vous vous interrogerez sur le futur de la démocratie.

      Vous aurez une vie sociale irrésistible, entre apéritifs sur des tchats, rendez-vous groupés sur Zoom, dîners sur Skype.

      Vous manqueront comme jamais vos enfants adultes, et vous recevrez comme un coup de poing dans l’estomac la pensée que, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté la maison, vous n’avez aucune idée de quand vous les reverrez.

      De vieux différends, de vieilles antipathies vous apparaîtront sans importance. Vous téléphonerez pour savoir comment ils vont à des gens que vous aviez juré de ne plus revoir.

      Beaucoup de femmes seront frappées dans leur maison.

      Vous vous demanderez comment ça se passe pour ceux qui ne peuvent pas rester à la maison, parce qu’ils n’en ont pas, de maison.

      Vous vous sentirez vulnérables quand vous sortirez faire des courses dans des rues vides, surtout si vous êtes une femme. Vous vous demanderez si c’est comme ça que s’effondrent les sociétés, si vraiment ça se passe aussi vite, vous vous interdirez d’avoir de telles pensées.

      Vous rentrerez chez vous, et vous mangerez. Vous prendrez du poids.

      Vous chercherez sur Internet des vidéos de fitness.

      Vous rirez, vous rirez beaucoup. Il en sortira un humour noir, sarcastique, à se pendre.

      Même ceux qui prennent toujours tout au sérieux auront pleine conscience de l’absurdité de la vie.

      Vous donnerez rendez-vous dans les queues organisées hors des magasins, pour rencontrer en personne les amis - mais à distance de sécurité.

      Tout ce dont vous n’avez pas besoin vous apparaîtra clairement.

      Vous sera révélée avec une évidence absolue la vraie nature des êtres humains qui sont autour de vous : vous aurez autant de confirmations que de surprises.

      De grands intellectuels qui jusqu’à hier avaient pontifié sur tout n’auront plus de mots et disparaîtront des médias, certains se réfugieront dans quelques abstractions intelligentes, mais auxquelles fera défaut le moindre souffle d’empathie, si bien que vous arrêterez de les écouter. Des personnes que vous aviez sous-estimées se révéleront au contraire pragmatiques, rassurantes, solides, généreuses, clairvoyantes.

      Ceux qui invitent à considérer tout cela comme une occasion de renaissance planétaire vous aideront à élargir la perspective, mais vous embêteront terriblement, aussi : la planète respire à cause de la diminution des émissions de CO2, mais vous, à la fin du mois, comment vous allez payer vos factures de gaz et d’électricité ? Vous ne comprendrez pas si assister à la naissance du monde de demain est une chose grandiose, ou misérable.

      Vous ferez de la musique aux balcons. Lorsque vous avez vu les vidéos où nous chantions de l’opéra, vous avez pensé « ah ! les Italiens », mais nous, nous savons que vous aussi vous chanterez la Marseillaise. Et quand vous aussi des fenêtres lancerez à plein tube I Will Survive, nous, nous vous regarderons en acquiesçant, comme depuis Wuhan, où ils chantaient sur les balcons en février, ils nous ont regardés.

      Beaucoup s’endormiront en pensant que la première chose qu’ils feront dès qu’ils sortiront, sera de divorcer. Plein d’enfants seront conçus.

      Vos enfants suivront les cours en ligne, seront insupportables, vous donneront de la joie. Les aînés vous désobéiront, comme des adolescents ; vous devrez vous disputer pour éviter qu’ils n’aillent dehors, attrapent le virus et meurent. Vous essaierez de ne pas penser à ceux qui, dans les hôpitaux, meurent dans la solitude. Vous aurez envie de lancer des pétales de rose au personnel médical.

      On vous dira à quel point la société est unie dans un effort commun, et que vous êtes tous sur le même bateau. Ce sera vrai. Cette expérience changera à jamais votre perception d’individus. L’appartenance de classe fera quand même une très grande différence. Etre enfermé dans une maison avec terrasse et jardin ou dans un immeuble populaire surpeuplé : non, ce n’est pas la même chose. Et ce ne sera pas la même que de pouvoir travailler à la maison ou voir son travail se perdre. Ce bateau sur lequel vous serez ensemble pour vaincre l’épidémie ne semblera guère être la même chose pour tous, parce que ça ne l’est pas et ne l’a jamais été.
      À un certain moment, vous vous rendrez compte que c’est vraiment dur.

      Vous aurez peur. Vous en parlerez à ceux qui vous sont chers, ou alors vous garderez l’angoisse en vous, afin qu’ils ne la portent pas. Vous mangerez de nouveau.

      Voilà ce que nous vous disons d’Italie sur votre futur. Mais c’est une prophétie de petit, de très petit cabotage : quelques jours à peine. Si nous tournons le regard vers le futur lointain, celui qui vous est inconnu et nous est inconnu, alors nous ne pouvons vous dire qu’une seule chose : lorsque tout sera fini, le monde ne sera plus ce qu’il était. »

      #lettre #11_jours #futur #Italie #cuisiner #démocratie #vie_sociale #rire #humour_noir #confinement #monde_de_demain #balcons #unité_nationale #classe_sociale #inégalités #épidémie #travail #peur #prophétie

  • Vous connaissez certainement le Gorafi, ce site qui pastiche l’information. Mais que savez vous des procédés humoristiques qu’il utilise ? http://sms.hypotheses.org/10108 #humour #Gorafi #blagues #Rire #fake #information

    Saviez-vous que l’humour est étudié par les sciences humaines et sociales ? Et bien oui, ce qui fait rire et les raisons pour lesquelles on rit, les mécanismes du rire, cela est aussi un l’objet d’étude pour les chercheurs. Bien sûr, un des lieux de prédilection de l’humour contemporain, c’est Internet et quoi de mieux comme « cobaye » que le Gorafi pour travailler sur l’humour ? C’est précisément ce qu’a fait Laurence Leveneur, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT de Rodez, Université de Toulouse 1 – Capitole.

    Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le Gorafi, anagramme de Le Figaro, grand quotidien français, est un site qui « se veut impartial et irréprochable » et qui entend « traiter l’information selon des sources contradictoires »… avant de préciser que « tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique. L’utilisation de noms de personnalités ou d’entreprises est ici à but purement satirique ». Par ailleurs, les lecteurs sont vivement invités à réagir aux articles, y compris sur les réseaux socio-numériques (Facebook, Twitter…), en utilisant le même ton et les mêmes procédés.

    Le travail pluridisciplinaire de Laurence Leveneur croise les méthodes des sciences de l’information et de la communication et de la linguistique pour analyser dans le détail les procédés humoristiques développés par le Gorafi. En étudiant les différentes pages du site, des réseaux sociaux et les réactions des internautes, elle tente de comprendre les procédés mis en oeuvre pour susciter le rire ainsi que leurs particularités (...)

  • La France suit avec attention les manifestations qui se déroulent actuellement dans plusieurs villes en #Iran. Elle rappelle son attachement au respect de la liberté d’expression et du droit à manifester pacifiquement.

    Je n’arrive pas à trouver les bons tags...
    Peut-être celui de Mickaël Correia sur twitter est le meilleur : #rire_jaune
    Et j’ajoute #hypocrisie
    Et ce petit air de #colonialisme
    #France #manifester_pacifiquement #liberté_d'expression #manifestations #résistance

    ping @karine4 @cede

  • Uber Works
    https://www.works.co/de/de/workers


    En route pour l’enfer. Les forçats du volant ne sont pas assez nombreux pour assouvier le soif des investisseurs avides de profit, alors le grand déstructeur se tourne vers les hommes et femmes encore plus défavorisés.

    Quelle joie de lire les conditions infernales quand on est à la recherche de main-d’oeuvre peu chère et docile.

    Le message aux travailleurs et travailleuses en besoin de moyens de subsistane est clair :

    C’est ton patron qui définit le nombre d’heures que t’as travaillé, pas toi.

    Surge pricing pour boulots pénibles ? Quoi ? Tu tiens ça d’où ?

    Pas d’arrêt maladie - tu ne viens pas, t’es sanctionné ou exclu de la plateforme.

    Poursuite du paiement en cas de maladie ? Quoi ? Connais pas.

    Vacances payés ? ...non, pourquoi ?

    Tu critiques Uber ? Va te faire ... ailleurs. T’es exclu.

    CDI ? ... #rire_infernal !

    Les détectives et policiers privés d’Uber mèneront des enquêtes sur toute personne qui les intéresse.

    Justice et lois ? C’est Uber qui les définit.

    Omaha Beach revisited.

    Cest le moment de mettre en place les boucliers contre la prochaine vage d’attaque du géant antisocial. Les taxis d’Europe ne sont que la cible de ses troupes avant-garde. Les armées principales sont en train de préparer leur débarquement.

    Ces quelques ligne contiennent l’essentiel du projet qui se cache dans le baratin publicitaire et juridique qui suit.

    Voici le contrat que diable a préparé pour l’Allemagne
    https://www.works.co/de/de/user-guidelines

    Uber Works User Guidelines
    Effective October 3, 2019

    We want Uber Works to be enjoyable for everyone. These User Guidelines were developed to help make every Uber Works experience feel safe, respectful, and positive. They apply to everyone who uses the Uber Works app. Thank you for joining us to support and safeguard a welcoming environment.

    The guidelines below help explain some of the specific kinds of behavior that may cause you to lose access to the Uber Works app. There will always be unforeseen events that may ultimately lead to your losing access to the Uber Works app, but the following guidelines are sufficient cause for Uber Works to take action. We’ll update these guidelines regularly. Please take a moment to read them.
    Guidelines for all of us

    Everyone who signs up for an Uber Works account is required to follow Uber Works’ User Guidelines. They reflect the following pillars and the standards in each of these sections.
    Treat everyone with respect

    Chances are, when you use the Uber Works app, you’ll encounter people who might not look like you or share your beliefs. The guidelines in this section help to foster positive interactions during every experience.
    Help keep one another safe

    We’re hard at work every day to help create safer experiences for everyone. Your safety drives us. That’s why these standards were written.
    Follow the law

    We’re committed to following all applicable laws and earning your trust, and we expect everyone who uses the Uber Works app to do their part and adhere to applicable laws and regulations.
    Your feedback matters

    If something happens, whether it’s good or bad, we make it easy for you to tell us. Our team is continuously improving our standards, and your feedback is important to keep our standards relevant as our technology evolves.
    Treat everyone with respect

    Treat your fellow Uber Works app users and people you may interact with during your shift (including but not limited to fellow workers, business customers and their customers, and supervisors on your shift) as you would like to be treated: with respect. The actions you take while using the Uber Works app can have a big impact on the safety and comfort of others. Courtesy matters. That’s why you’re expected to exercise good judgment and behave decently toward other people when using the Uber Works app and on your way to, and during, each shift.

    Most importantly, remember that when you use the Uber Works app, by selecting workers or supervising workers on-site, or working on-site at a business, you’ll meet people who may look different or think differently than you. Please respect those differences. We believe that everyone should feel supported and welcomed when they use the Uber Works app, and when they interact with workers or businesses who use the app. That’s why we’ve created standards on physical contact, sexual assault and misconduct, threatening and rude behavior, discrimination, and reliability.
    Physical contact

    Don’t touch strangers or anyone you just met while working or hosting a shift you connected with through the Uber Works app. Hitting, hurting, or otherwise intending to hurt anyone is never allowed.
    Sexual assault and misconduct

    Sexual assault and sexual misconduct of any kind is prohibited. Sexual assault and misconduct refers to sexual contact or behavior without explicit consent of the other person.

    Personal space and privacy should be respected. The following list provides some examples of inappropriate conduct but doesn’t include all possible examples:

    Behaviors and comments that could make people feel uncomfortable are not acceptable. Examples include nudges, whistles, and winks. Don’t touch or flirt with people you don’t know.
    Certain conversations that could be perceived as harmless can be offensive. Don’t comment on appearance, perceived gender identity, or sexual orientation. Refrain from asking unrelated personal questions, such as “Are you in a relationship?” Avoid discussing your own or someone else’s sex life, using explicit language, or making jokes about sex.
    Uber Works has a no-sex rule. Sexual contact is prohibited between workers, workers and supervisors, and workers and customers of a business while on or hosting a shift connected through the Uber Works app, regardless of whether you know the person or they give you their consent. This includes activities such as sexual intercourse, solicitation of sexual intercourse, masturbation, or touching or exposure of sexual body parts.

    Threatening and rude behavior

    Aggressive, confrontational, and harassing behavior is not allowed. Don’t use language or make gestures that could be disrespectful, threatening, or inappropriate. And contact should generally end when a shift is complete.
    Discrimination

    You should always feel safe and welcome. That’s why we don’t tolerate users on the Uber Works app engaging in conduct we’ve determined to be discriminatory. Do not discriminate against someone based on traits such as their age, color, disability, gender identity, marital status, national origin, race, religion, sex, sexual orientation, or any other characteristic protected under relevant law.
    Reliability

    For workers: businesses rely on Uber Works’ users to meet their workplace needs. This means that if a worker claims a shift, they will show up for their shift promptly as scheduled—and if they don’t, they may be penalized according to the following Uber Works attendance policy:

    Workers who accrue 6 marks within a rolling 30-day period will lose access to the Uber Works platform for 7 days. Workers who accrue 10 marks within a rolling 30-day period will permanently lose access to Uber Works. Please note that 2 no-call, no-shows (not showing up for a shift at all and not informing Uber Works) within a rolling 12-month period will also result in permanent loss of access to Uber Works.

    Attendance marks are accumulated as follows:

    2 marks for every 15 minutes late, up to 5 marks
    2 marks for canceling 2 hours to 24 hours before a shift start
    3 marks for canceling 30 minutes to 2 hours before a shift start
    4 marks for being sent home early due to behavior or uniform issues
    6 marks for canceling less than 30 minutes before a shift start or for a no-call, no-show

    Reliability also means showing up in the proper attire and being willing and able to complete the work as described.

    For business customers: business customers should provide accurate descriptions of their working conditions and expectations, such as worker roles and tasks. Business customers should not ask a worker to perform roles or tasks outside of the pre-described functions. Also, unless it’s unavoidable, business customers shouldn’t cancel worker requests within 24 hours of when the shift is supposed to start.
    Help keep one another safe

    Everyone has a role to play in helping to create a safe environment. That’s why we have standards on account sharing, account holder age, and more.
    Account sharing

    Account sharing is not allowed. To use the Uber Works app, you need to register and maintain an active account. Don’t let another person use your account, and never share your personal username and password with anyone else.
    People under the age of 18

    You must be 18 years or older to have an Uber Works account.
    Provide a safe space

    Business customers should provide a safe area that makes workers feel welcome. That’s why business customers and their staff should exercise good judgment and behavior, just as they would with their own employees. For example, business customers should work to prevent violent incidents on their premises that might endanger workers’ safety.
    Follow the law

    We have standards based on applicable laws and regulations that everyone must follow. For example, using the Uber Works app to commit any crime—such as money laundering or theft—or to violate any other law is strictly prohibited.
    Follow all laws

    Everyone is responsible for knowing and obeying all applicable laws at all times when using the Uber Works app.

    All relevant licenses, permits, certifications, and any other legal documents required of business customers and workers must be kept up to date. Business customers and workers are expected to meet all relevant licensing and certification requirements and all other laws and regulations—including food safety, health, and hygiene regulations—and industry best practices.
    Drugs and alcohol

    Drug use and consumption of alcohol are never allowed while using the Uber Works app.
    Firearms ban

    Workers and business customers are prohibited from carrying firearms of any kind while using the Uber Works app.
    Fraud

    Deception can weaken trust and also be dangerous. Intentionally falsifying information or assuming someone else’s identity—for example, when signing in or undergoing a security check, or on a government work form—isn’t allowed, and in most cases it’s illegal. It is important to provide accurate information when reporting incidents, creating and accessing your accounts, or disputing shift start or end times or break times. Only clock in when you’re on-site and ready to begin your shift, not before, and clock out when you leave, not after.

    Fraudulent activity may also include, but not be limited to, being dishonest about your job experience or professional capabilities; deliberately increasing or falsifying break times; placing worker requests and canceling at the last minute for fraudulent purposes; creating dummy or improper duplicate accounts for fraudulent purposes; providing inaccurate timekeeping or asking workers to perform a role or task beyond the agreed time frame for fraudulent purposes, such as wage theft; intentionally requesting, accepting, or completing fraudulent or falsified shifts; claiming to complete a shift without ever going to a worksite or clocking in; and actions intended to disrupt or manipulate the normal functioning of the Uber Works app, including manipulating the settings on a phone to prevent the proper functioning of the app, such as location tracking.
    Your feedback matters

    If something happens, whether it’s good or bad, we make it easy for you to tell us. Our team is continuously improving our standards, and your feedback is important to keep our standards relevant as our technology evolves. Please rate your experience at the end of each shift. Honest feedback helps ensure that everyone is accountable for their behavior. This accountability helps create a respectful, safe environment. And if something happens and you want to report it, you can send a text to 312-548-9264 or email to support@works.co so that our Support team can follow up. In case of an emergency or if you find yourself in immediate danger, alert your local authorities or emergency services before notifying Uber Works.
    Ratings

    After every shift, business customers and workers are able to rate each other on a scale of 1 to 5 stars, as well as give feedback on how the shift went. This feedback system helps create a respectful, safe, and transparent environment for everyone.

    Business customers and workers can find out their current rating by contacting our support line at 312-548-9264.

    If you believe an error caused you to lose access to your account, you may send a text to 312-548-9264 or email to support@works.co so that our Support team can follow up.
    How Uber Works enforces our guidelines

    We believe it’s important to have clear standards that explain the circumstances in which you may lose access to the Uber Works app. If you violate any applicable terms of use, terms of the contractual agreement you agreed to when signing up for an account with Uber Works, or any of these User Guidelines, you can lose access to the Uber Works app. And if you have more than one Uber Works account, such as a business customer account and a worker account, violating the User Guidelines could also lead you to lose access to all Uber Works accounts.

    Uber Works receives feedback through a variety of channels, reviews reports submitted to our Support team that may violate our User Guidelines, and may investigate through a specialized team. If we’re made aware of potentially problematic behavior, we may contact you so we can look into it. We may, at our sole discretion, put a hold on your account until our review is complete.

    Not following any one of our guidelines may result in the loss of access to your Uber Works account. This may include certain actions you may take outside of the Uber Works app, if we determine that those actions threaten the safety of the Uber Works community or cause harm to Uber Works’ brand, reputation, or business. And if the issues raised are serious or a repeat report, or you refuse to cooperate, you may lose access to the Uber Works app. Any behavior involving violence, sexual misconduct, harassment, discrimination, or illegal activity while working a shift using the Uber Works app can result in the immediate loss of access to the Uber Works app. Additionally, when law enforcement is involved, we will cooperate with their investigation.

    Existing workers may also lose the ability to be matched with certain shifts on the Uber Works app based on the results of a background check, in accordance with applicable laws.
    Getting back to work after deactivation

    If you’re a worker and you lose access to Uber Works because you are deemed to have violated the Uber Works attendance policy, you may have the opportunity to have your Uber Works account reactivated if you provide proof (for instance, a doctor’s note) that excuses your absence(s).

    https://seenthis.net/messages/805136

    #Uber #travail #disruption #exploitation

  • Rires et Chansons
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/rires-et-chansons

    En cette fin de novembre, la vilaine bande de PBG s’intéresse à un sujet humain, trop humain.

    En effet, qu’est-ce qui différencie l’homme de l’animal ? Réellement ? Est-ce son intelligence supérieure qui lui offre la capacité de se saisir d’une pierre pour taper son voisin avec ? Son talent pour détruire le monde qui lui permet pourtant d’exister ? Son avidité ? Son goût pour le mensonge ?

    La réponse est OUI à toutes ces propositions, mais nous allons cette semaine nous intéresser à un aspect plus positif de l’expérience humaine : le #RIRE. A-t-on en effet jamais entendu un poisson rouge faire une blague raciste sur les poissons noirs ? NON ! Car le rire est le signe du génie de l’homme.

    Et PBG, dans la bonne humeur, va le décortiquer ce rire, l’ausculter, le (...)

    #humour #series #suicide #richard_pryor #bill_cosby #bergson #cocasse #humour,series,suicide,richard_pryor,bill_cosby,RIRE,bergson,cocasse
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/rires-et-chansons_05784__1.mp3

    • Comme « les formes traditionnelles de #mécénat artistique ont plutôt tendance à s’essouffler, les entreprises se tournant davantage vers le développement durable et l’action sociale » (#rires), est inventée une forme toute nouvelle : qui se manifestera par « un thème choisi par le fonds », « une exposition thématique enrichie par les œuvres produites dans les #entreprises », et « un sommet sur le pouvoir des #émotions ». Pour un sommet, c’est un sommet. Le public se met au service de la promotion idéologique des entreprises privées avec une bonne volonté touchante, accompagnant ces « acteurs économiques majeurs dans les problèmes d’innovation auxquels ils sont confrontés » (rires), et « répondant à leur attente d’être au plus proche de la #création » (plus de souffle pour #rire). Il faut reconnaître au Centre Pompidou un mérite, celui de la franchise. Il revendique haut et fort ce qu’avant-hier on aurait appelé #servilité. Il ne s’agit plus de #domestication de l’#art, mais de domestication tout court, toute frémissante d’… émotion.

      #culture

  • C’est pas parce qu’on rit… Le devoir - 15 janvier 2018 - Michel Saint-Laurent
    http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/517565/c-est-pas-parce-qu-on-rit

    L’importance exagérée donnée à l’humour par les grands réseaux éclipse les autres formes d’art

    De toutes les contrées sur la planète, je doute qu’il y en ait une qui, jour après jour, se bidonne plus que le Québec. Au Québec, le rire est roi ! Nos humoristes, par centaines, se produisent à longueur d’année sur toutes les scènes, petites et grandes. Ils et elles ont leur propre festival, voire bientôt un deuxième. Ces professionnels du rire sont les mieux payés dans ce qu’on appelle, néolibéralisme oblige, l’industrie culturelle (sic). Je veux bien que le rire soit « le propre de l’homme », comme disait Rabelais, mais là, je pense que la dose est un peu forte.
     
    Il y a toutes ces émissions à la télévision telles Infoman, Info, sexe et mensonges, Ici Laflaque, PaparaGilles, Like-moi, Les appendices, SNL Québec, Piment fort, Silence on joue, Le tricheur, Les pêcheurs, sans oublier Le Bye Bye, messe récurrente du jour de l’an. D’ailleurs, le 31 au soir dernier, il n’y avait à peu près rien d’autre que l’humour à se mettre sous la dent.

     

    Il y a aussi le Gala de l’humour et tous les Galas comédie. Même la batterie d’émissions de cuisine est truffée d’ingrédients loufoques tout autant que de sel et de poivre… Pensons à ces « recettes pompettes » avec le tristement célèbre Éric Salvail, clown déchu.
     
    À la radio, les émissions À la semaine prochaine, Parasol et gobelets, Pouvez-vous répéter la question, La soirée est (encore) jeune, Si j’ai bien compris éclatent, semaine après semaine, de ces gros rires gras dans une entreprise visant à faire en sorte que les Québécois se dilatent la rate, sans relâche. Puis, il y a aussi tous ces « shows de chaises », comme Marina Orsini, Deux filles le matin, Les enfants de la télé, Deux gars en or et l’ineffable Tout le monde en parle, où les invités, sous l’oeil du fou du roi, rivalisent d’ardeur pour en pousser une bonne et nous faire tomber de notre chaise, bien assis que nous sommes, croupissant de rire… D’ailleurs, tous les politiciens et grands de ce monde, invités à ces émissions, sont morts de rire, car ils savent qu’ils ne risquent rien et qu’ils n’auront aucun compte à rendre en se présentant sur ces plateaux. On s’attendra plutôt à ce qu’eux aussi nous lâchent des blagues. LOL !
     
    Rire pour ne pas pleurer ?
    On pourra certes m’accuser d’être un triste rabat-joie, un sérieux personnage sans sens de l’humour, un handicapé de l’hilarité, ce que je ne crois pas être, mais je me questionne sur ce qu’il y a derrière cette propension à rire et à se moquer de tout. Qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ? Rions-nous pour ne pas pleurer ? N’est-il pas un tantinet disproportionné que les chaînes publiques que sont Radio-Canada et Télé-Québec investissent tant de l’argent de nos impôts dans ces productions ? Pourraient-elles en mettre un peu plus à couvrir et à investiguer de grands dossiers politiques et sociaux ? En riant de tout, sans arrêt, souvent dans des termes bassement orduriers, dans le style « pipi caca », qui plus est dans un français bancal, les humoristes et animateurs de tout acabit ne jouent-ils pas, même à leur corps défendant, le rôle d’éteignoirs d’une prise de conscience citoyenne autrement plus pertinente ? N’est pas Yvon Deschamps qui veut !
     
    Je sais bien que les humoristes rient, à l’occasion, des frasques de nos politiciens et des membres de notre élite dirigeante, mais après qu’on en a ri un bon coup, que reste-t-il ? Que faisons-nous en sortant du théâtre ou en éteignant la télévision ? Sommes-nous plus aptes à jouer notre rôle de citoyen éclairé ? Les Québécois s’aventurent-ils hors de leurs chaumières pour aller se dilater la rate et après, penauds, retournent-ils chez eux, satisfaits que quelque humoriste se soit bien payé la tête de nos ineptes dirigeants ? Ces moments de réjouissance programmés, cette dérision contrôlée nous dédouanent-ils de toute action collective probante afin de rectifier le tir des abus de l’oligarchie possédante et d’améliorer la vie en société ? Ce rire devient-il alors un genre d’anesthésiant qui nous insensibilise la fibre citoyenne ? La question, sérieuse j’en conviens, ne se pose-t-elle pas ?
     
    De plus, l’importance surdimensionnée accordée à l’humour nous fait voir, en contrepartie, le peu de place que les grands réseaux accordent à d’autres formes d’art, tout aussi importantes dans une société, me semble-t-il. Au Québec de la farce « mur à mur », le théâtre, la littérature, la danse, les arts visuels n’ont qu’une portion congrue, quand ils en ont une, du temps d’antenne. Il n’y a peut-être que la musique qui puisse rivaliser, un tant soit peu, avec l’humour bien que, souvent, ce ne soit que pour mettre en compétition jeunes et moins jeunes dans ces concours de rivalité, style La voix, Star académie et Virtuose. Tous ces artistes aspirant à la célébrité instantanée font les frais d’une entreprise de création de vedettes de l’heure qui, le plus souvent, ne dureront que le temps d’un printemps, et au suivant…
     
    Il semblerait ainsi que cet humour, ultra-présent, participe à ce que d’aucuns ont appelé « la société du spectacle ». L’été venu, le Québec entier devient une immense scène où les festivals et spectacles de toutes sortes se succèdent ? J’oserais dire que cette mise en scène boursouflée concourt à nous immuniser contre quelque volonté de brasser la cage et de remettre en question l’état des lieux. Nous nous contentons, assez bêtement, de rire des frasques des humoristes. La culture, une certaine culture consensuelle, au ras des pâquerettes, l’humour en particulier, devient ainsi un exutoire… stérile. C’est la part « des jeux » du duo « du pain et des jeux ». Pendant que la planète s’échauffe, dans tous les sens du mot, les petits Néron que nous sommes se gavent de spectacles. Peu nous chaut, aussi longtemps qu’on peut se bidonner… C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

    #humour #rire #société_du_spectacle #télévision #spectacle #jeux #médias #culture #élites #Quebec #exutoire #pipi-caca #dérision #Radio-Canada #Télé-Québec

  • À se fendre la poire
    http://www.laviedesidees.fr/A-se-fendre-la-poire.html

    Le #rire, longtemps tenu pour instinctif, a une histoire. Elle s’emballe à l’ère démocratique, lorsque les sociétés s’industrialisent et se mondialisent. Les représentations relayées par les nouveaux médias forment alors une #culture qui reflète les paradoxes de notre modernité.

    Livres & études

    / rire, #divertissement, culture

    #Livres_&_études

  • The #grotesque is back – but this time no one is laughing | Aeon Essays
    https://aeon.co/essays/the-grotesque-is-back-but-this-time-no-one-is-laughing

    Commercial interests and political institutions have, in our own age, hijacked carnivalesque events such as Mardi Gras, flattening them into carefully policed occasions marked by bar-crawling and souvenir-hawking. In Rabelais’s age, however, carnivals were simply subversive, turning upside down the official feasts and pageants regularly staged by throne and altar. Laughter laced these festivals that larded the medieval calendar. Under the walls of castles, crowds would crown jesters as kings, while in churches the junior clergy would mock pontiffs. Lords of misrule would make a mockery of royal pronouncements and practices, while monks would subvert sacred rituals into scatological riffs. During these great pauses, the institutional machinery of feudal society shuddered to a halt, enabling the vast majority of men and women, their lives shackled to scarcity and submission, to revel in the taste of abundance and lack of inhibition.

    What better reason for laughter? Not only did it defeat despair, but it also overturned the symbols of state power and violence – a dizzying liberation from time and place. The laughter provoked by carnival, Bakhtin announced, consecrates the profane and ‘celebrates temporary liberation from prevailing truth’. In this monde à l’envers, he concludes, all that is ‘terrifying becomes grotesque’.

    Is it possible, though, that in our own time, the grotesque has become the terrifying?

    #rire #terrifiant

  • ’Women should not laugh in public,’ says Turkey’s Deputy Prime Minister in morality speech

    Women should not laugh in public in Turkey, the Deputy Prime Minister has said in a speech on “moral corruption” in the country.


    http://www.independent.co.uk/news/world/europe/women-should-not-laugh-in-public-says-turkeys-deputy-prime-minister-i
    #Turquie #femmes #sourire #rire #corruption_morale #sexisme #patriarcat #crétins_abyssaux (merci @odilon de m’avoir rappelé ce hashtag super important)

  • Une estrade entourée d’un haut rideau noir. C’est là que ce fait l’enregistrement. Il en sort des #rires, des applaudissements, des textes dits en #pachtou, en #arabe, en #somali, des textes ou des #interviews en français, avec plus de difficulté. Chaque phrase a été écrite, parfois traduite, toujours expliquée, une personne francophone la dit, une autre personne la redit, cherche la bonne prononciation, les choses se poseront au montage. Et puis des chants aussi, à voix nue.
    Radio Tropi’Calais | Passeurs d’hospitalités
    https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/04/13/radio-tropicalais


    #calais