• Enfants hyperactifs : nouvelle mise en garde sur l’usage massif de Ritaline (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/sante/enfants-hyperactifs-nouvelle-mise-en-garde-de-medecins-sur-l-usage-massif

    Certains spécialistes alertent contre l’usage de plus en plus important de ce médicament, utilisé notamment chez les enfants pour traiter les troubles de l’attention et l’hyperactivité.

    #Enfants #Santé #Ritaline #TDAH #Drogues

  • Double imposture du « conseil scientifique de l’#éducation nationale » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/double-imposture-du-conseil-scientifique-de-leducation-nationale-650215

    La deuxième imposture détourne cette science nouvelle au profit d’un #formatage et d’une #ségrégation des enfants pour les besoins du marché : il lui faut de la main-d’œuvre à bas prix, et une élite. De plus, cette politique ségrégative rapportera des bénéfices énormes à l’industrie pharmaceutique. Car la solution de problèmes « organiques » sera les médicaments (six millions d’enfants aux États-Unis sont sous Ritaline, qui est une drogue dangereuse).Heureusement, les enfants sont des rebelles et ils diront non à ces traitements dépersonnalisants, en réalité sadiques. Ils diront non, ne serait-ce qu’en tombant malades, dans cette société qui leur laisse si peu de chances.

    • Réduire les neurosciences à la Ritaline me désespère. En outre, l’auteur de l’article, G. Pommier n’était pas contre les neurosciences en 2005 (bon, c’est vrai, ça fait un bail mais quand même).

      La psychanalyse ne s’inscrit pas en opposition à la science, mais dans un rapport de réciprocité : les découvertes du champ freudien s’enrichissent des découvertes du champ des neurosciences, et vice-versa. Telle est la thèse inhabituelle qu’introduit le dernier livre de G. Pommier.

      Che vuoi ? 2005/1 (N° 23)
      https://www.cairn.info/revue-che-vuoi-2005-1-page-215.htm
      Après, M. Pommier est un psychiatre et psychanalyste français d’où un problème avec les neurosciences... Même si je suis d’accord avec le sous-titre de l’article :

      Les difficultés touchent d’abord les écoliers défavorisés.

      #neurosciences #Ritaline #psychanalise

  • En Allemagne, malaise autour des « vestes de sable » pour calmer les enfants hyperactifs - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/01/24/en-allemagne-malaise-autour-des-vestes-de-sable-pour-calmer-les-enfants-h

    L’histoire semble tout droit sortie d’un roman de Dickens : environ 200 écoles allemandes ont mis en place le port de vestes lestées de sable afin de calmer les #enfants_hyperactifs ou atteints du trouble du déficit de l’attention (TDAH). Cette méthode est utilisée comme alternative à la Ritaline, le médicament généralement prescrit dans ce genre de cas aux enfants dès 6 ans.

    Cette #veste, qui ressemble à un gilet pare-balles, pèse entre 1,2 et 6 kilos et coûte entre 140 et 170 euros, est fabriquée principalement par une société de Basse-Saxe, Beluga. Elle la commercialise depuis dix-huit ans. Cela fait à peu près autant de temps qu’elles sont utilisées dans des écoles hambourgeoises.

    On pourrait les attacher aussi #facepalm #enfance #éducation

    • Oui, @cjldx, c’est ce que j’ai trouvé étonnant : le fait que la technique soit visiblement appliquée pour tout autre chose et dans un contexte qui semble davantage relever d’une contention classique. Et, ce qui est lié, le discours purement mécaniste (comportementalisme) qui est tenu à travers une publicité comme celle-là. La petite fille est-elle magiquement apaisée par la contention, comme cela est sous-entendu, ou bien apeurée, embarrassée, déconcertée, que sais-je ? Tout à la promotion d’un effet magique sur le comportement, on ne pense même pas nécessaire de le préciser (voire de le prendre en compte dans l’expérimentation). Sans parler de la parfaite obscénité d’utiliser à des fins publicitaires une enfant dont on peut douter qu’elle ait donné son consentement éclairé à cette mise en scène.

    • Sans parler de la parfaite obscénité d’utiliser à des fins publicitaires une enfant dont on peut douter qu’elle ait donné son consentement éclairé à cette mise en scène

      J’imagine @intempestive que ce sont ses parents qui ont donné l’accord...

      1/ Je vais me renseigner à propos de la contention. Les psychiatres allemands semblent justement contre car celle-ci n’est pas utilisée au départ pour ce genre de cas et j’ai l’impression (surtout) qu’on ne leur a pas demandé leur avis ;-)

      2/ Les parents des enfants semblent satisfaits, les enfants aussi (pas celle de la publicité qui ne peut véritablement s’exprimer en raison de son handicap), de même que les professeurs. What else ?

      3/ Entre la Ritaline et le gilet, je choisis... le gilet qui lui, peut s’enlever mais j’y ajouterais bien sûr une TCC.

    • J’entends bien l’argument qu’en soin ce gilet peut représenter une option moins contraignante et/ou moins chimique que d’autres. J’ai employé le terme de contention, d’ailleurs, parce qu’il me semble y avoir une généalogie commune, mais il faut distinguer, bien sûr, entre ce gilet et les vestes qui bloquent tout usage des bras et empêchent donc toute autonomie.

      Reste que le malaise émerge du fait d’un élargissement de cet usage à des cas qui n’en relèvent pas, ou pas nécessairement, de la psychiatrie ou du handicap, mais de l’éducation ou de la discipline scolaire. C’est loin d’être anodin.

      Par ailleurs, la notion même de « trouble de déficit de l’attention », introduit, me semble-t-il, dans une version relativement récente du DSM, est critiquable, notamment du fait des surdiagnostics et de la surmédication qui ont accompagné son surgissement. Donc, on est bien d’accord, mieux vaut un gilet qu’une pilule. Mais cela permet de ne pas se poser la question plus fondamentale de la pertinence d’une telle médicalisation de l’attitude de certain.es enfants. On propose une solution technique, apparemment inoffensive, à des questions sociales.

      (Et oui, je m’en doute que les parents ont sans doute consenti, mais cela ne résout rien de la crapulerie qu’il y a à exploiter l’image d’une personne en situation d’en faiblesse. Cette vidéo fait directement écho à une longue tradition médicale d’utilisation de l’image de personnes considérées comme arriérées, adultes ou enfants, au nom de la grandeur de la science et pour leur bien naturellement.)

    • Il n’y a plus guère de réflexions et de pratiques critiques sur ces questions (émergence d’une pathologie), je connais des familles que l’on peut supposer tout à fait non dupes qui ont accepté l’usage de la #ritaline
      Je crois pas que ce soit fondamentalement « la » psychiatrie qui soit en cause, il y a une grande difficulté des familles face à ces comportements émergents, qui nt sans doute beaucoup à voir avec la religion de la performance. La psychiatrie a bien pour fonction de venir remédier aux effets pathogènes des normes sociales, et pas seulement à l’aliénation psychopathologie en tant que telle dans ce qu’elle a de spécifique.
      #soin #comportementalisme #paix_des_familles et des #école

    • Vous me direz, chez Volkswagen, on gaze bien des singes pour tester les moteurs diesel. Les méthodes allemandes ... mais elles n’ont rien à envier aux méthodes « civilisées » de la société occidentale de l’abondance, celle qui fait croire que le salut est dans le productivisme et le produit intérieur brut, mais aussi qu’il faut un esprit sain dans un corps sain en évacuant les « scories » de l’humanité à la marge. D’ailleurs le concept de « marginalité » est en lui-même révélateur d’un système de pensée, lequel système est bien totalitaire.
      #totalitarisme

    • Merci à @intempestive , @colporteur et @sombre pour vos réponses stimulantes.

      Par ailleurs, la notion même de « trouble de déficit de l’attention », introduit, me semble-t-il, dans une version relativement récente du DSM, est critiquable, notamment du fait des surdiagnostics et de la surmédication qui ont accompagné son surgissement

      Après prise de renseignements, les TDA remontent à 1968 dans le DSM II sous l’appellation "Réaction hyperkinésique de l’enfant".
      Pourquoi y a-t-il eu "surdiagnostique" ou "surgissement", je ne sais pas (ou y a-t-il eu tout simplement un développement des TDA ? Il faut savoir que la psychologie a fait d’énormes progrès depuis et les diagnostiques se sont affinés. Je vais être un peu provocateur mais bien avant on parlait de sorcellerie et non de folie...

      Mais cela permet de ne pas se poser la question plus fondamentale de la pertinence d’une telle médicalisation de l’attitude de certain.es enfants

      Les TCC sont la thérapie adéquate ; ça fonctionne très bien mais c’est une thérapie (pas un gilet ;-) ni un médicament) et c’est sur le long terme. Je crois qu’il faut dépasser le mot "attitude". C’est plus grave et ne relève pas de la simple discipline scolaire qui est bien impuissante crois-moi.

      On propose une solution technique, apparemment inoffensive, à des questions sociales.

      Pardonne-moi ma question mais en quoi est-ce une question sociale ?

      Cette vidéo fait directement écho à une longue tradition médicale d’utilisation de l’image de personnes considérées comme arriérées, adultes ou enfants, au nom de la grandeur de la science et pour leur bien naturellement

      Echo : oui, mais il me semble qu’elle est différente : c’est une entreprise qui montre un exemple de ce qu’elle peut offrir pour palier au handicap (pas d’arriération ici) note : pallier : « soulager un mal sans le guérir » aux XIIIe et XIVe siècles, « atténuer faute de remède véritable » au XVIIe
      Pas de science ici non plus. Mais je comprends que cela puisse choquer. Je suis personnellement indécis. Cela fait longtemps que je n’avais pas vu une "solution" physique (qui n’en est pas une mais qui pallie) à un problème psychique. C’est peut-être cela qui interpelle.

      @colporteur

      ces comportements émergents, qui nt sans doute beaucoup à voir avec la religion de la performance.

      Un TDA n’a, je pense, rien à voir avec la performance. J’ai au moins un élève dans ce cas et son comportement n’a rien à voir avec un problème vis-à-vis d’une norme sociale (enfin presque... ta réflexion est juste si tu considères qu’un tel cas est "normal" et qu’il peut accéder au savoir dans sa condition... ce qui est impossible surtout lorsqu’on sait que son TDA s’accompagne d’autres troubles dys...).

      @sombre
      D’après Charpentier M, Guberman N, Billette V, Lavoie JP, Grenier A, Olazabal I, Vieillir au pluriel, Perspectives sociales, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2010 :

      L’exclusion sociale (la marginalité) est la relégation ou marginalisation sociale d’individus, ne correspondant pas ou plus au modèle dominant d’une société, incluant personnes âgées, personnes sujettes à un handicap (physique ou mental) ou autres minorités. Elle n’est généralement ni véritablement délibérée, ni socialement admise, mais constitue un processus plus ou moins brutal de rupture parfois progressive des liens sociaux.

      L’exclusion, la marginalité existe depuis plusieurs siècles et donc cela n’a donc rien à voir avec le totalitarisme qui est un concept forgé au XXe siècle. Bien sûr le totalitarisme a produit de la marginalité laquelle n’en est pas le révélateur mais un aspect parmi d’autres... mais bon, cela n’est pas l’essentiel sur notre sujet, n’est-ce pas ?

    • @cjldx, une analogie. Si les suicides au travail ou liés au travail se multiplient, ce n’est pas comme adaptation à la norme mais plutôt l’expression dune incapacité à s’y plier, voire des formes de négation/refus de celle-ci.
      La prévalence accrue des dépressions n’est pas due simplement à une invention des labos ou des psys, c’est aussi une défense, une réponse, une manière (coûteuse) de sauver sa peau. L’émergence de « TDA » qui présentent tout autrement sont un autre écart, lui aussi coûteux. Quant aux TCC...
      voir peut-être On agite un enfant, de Yann Diener
      https://seenthis.net/messages/89485

    • @colporteur Tout à fait d’accord avec toi sur ton premier paragraphe ainsi que sur ton deuxième point.

      J’ai trouvé très intéressant l’article sur « On agite bien un enfant » (2012). Heureusement les choses progressent et les jeunes psychologues ont un esprit plus ouvert et décident des thérapies en prenant ça et là dans les diverses écoles qui se sont succédées

      En retour, les États-Unis nous amènent aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales, avec l’immense marché des « troubles » et des médicaments qu’elles inventent.

      1/ On n’en est plus au tout médicament (enfin normalement) et lorsqu’on emploie des TCC, on n’est pas obligé d’y inclure un médicament (les psychiatres peuvent en prescrire, pas les psychanalystes, ni les psychologues).

      2/ Quelques citations intéressantes :

      Le premier chapitre parle de ce qui se passe à l’école, où le nombre d’enfants « agités » augmente. Il s’agit aussi du moment où l’institution scolaire impose une pression croissante sur l’enfant.

      Ce n’est pas faux mais il y a plus encore et il le dit bien par la suite.

      Plusieurs facteurs participent de ce qu’on appelle « un trouble » mais que l’on désigne trop rapidement comme quelque chose qui vient de l’enfant uniquement.

      considérer leurs patients comme des « fauteurs de troubles »

      En effet, un enfant qui souffre de TDA ou TDAH n’est pas un fauteur de troubles, c’est juste un enfant qui souffre et qu’il faut « soigner ». D’ailleurs il est bien différent de celui qui fait sa crise d’adolescent.

      Je ne vais pas citer tout le texte que tu m’as mis en biographie (il est très bien mais date un peu maintenant). Je peux néanmoins te rassurer, les psychologues que je connais ont dépassé ce stade (même la psychanalyse se dit psychodynamique maintenant et change aussi) et ils emploient les TCC (sans médicament), la psychanalyse ("psychodynamique") et d’autres « techniques » (le mot est peut-être mal choisi) en prenant dans diverses écoles. Il ne faut plus être sectaire mais avoir un esprit ouvert.

      Petite remarque : la définition des TCC que donne l’article est biaisée

      (Thérapies inventant des « troubles » à « traiter » à court terme, faisant fi de l’histoire du sujet et des ressorts inconscients du symptôme pour lequel l’individu consulte.)

      Pourquoi des scientifiques « inventeraient ». Cela me fait penser aux réactions de rejet systématiques face à une nouveauté : c’est une attitude normale mais il faut dépasser ce stade. La panacée n’existe pas. C’est souvent (pas tout le temps non plus) un mélange de l’ancien et du nouveau qui nous fait progresser.

      Merci encore pour l’article.

    • @cjldx : tu as raison que l’histoire des TDA/H remonte à loin. Sorcellerie, effectivement, hystérie, débilité, l’arbre généalogique est bien fourni avant d’arriver à l’acronyme utilisé aujourd’hui. C’est une question sociale en ce sens-là précisément : que tout comportement qui dévie d’une certaine norme est traité par le judiciaire ou par le médical. Concernant l’ « hyperactivité » et le « déficit de l’attention », on médicalise des manières d’être qui pourraient être analysées de toute autre façon selon les cas : expression de difficultés familiales (maltraitance, pauvreté, etc.), manifestation d’une personnalité singulière (ce qui est très prisé dans certains milieux, notamment ceux dits « créatifs », et très déprécié dans d’autres, où il ne faut pas qu’une seule tête dépasse), inadéquation du cadre scolaire... Bref, la pilule ou le gilet magiques vont faire disparaître les symptômes sans rien régler des questions posées par ce comportement (en fonction des situations : inégalités sociales, système éducatif contraignant, norme sociale étouffante...).

      J’avais souvenir d’une spécificité liée au DSM-V (2013) et ayant eu plus de temps pour vérifier (j’étais très peu connectée ces derniers jours), il s’avère que c’est essentiellement l’extension du diagnostic aux adultes. Rien à voir avec les enfants, donc, qui sont diagnostiqués sous cet intitulé précis depuis le DSM-IV (1994) et, comme tu le signales, sous des intitulés apparentés depuis plus longtemps encore. Néanmoins, les critères du DSM se sont assouplis au fil des années, favorisant précisément le surdiagnostic et le surtraitement, comme l’indiquait notamment cette étude parue en 2013 dans le BMJ. Elle critiquait aussi bien l’élargissement des critières de diagnostic des TDA/H au fil des DSM, que l’explosion du traitement par Ritaline
      http://www.bmj.com/content/347/bmj.f6172

      Clinical context—The prevalence of attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD) has increased substantially in the past decade, with most children diagnosed with ADHD described as having mild or moderate ADHD. Medication prescription rates have also increased twofold for children and fourfold for adolescents and adults

      Diagnostic change—Definitions of ADHD have been broadened in successive editions of DSM

      Rationale for change—Concern that ADHD is underdiagnosed in some children and adults

      Leap of faith—Identifying and treating more people with ADHD will improve their quality of life

      Impact on prevalence—The prevalence of parent reported diagnosis of ADHD in the US rose from 6.9% in 1997 to 9.5% in 2007. In the Netherlands it doubled over a similar period and other countries have also seen similar rises

      Evidence of overdiagnosis—Severity of ADHD criteria is subjective. Prevalence varies markedly within and between countries and there is evidence that inappropriate developmental comparisons, sex, and heuristics contribute to inappropriate diagnoses

      Harms from overdiagnosis—Medication costs of inappropriately diagnosed ADHD are estimated to be between $320m (£200m; €230m) and $500m in the US and some children have adverse drug reactions. While a diagnosis may help children and families it also carries stigma; children labelled as having ADHD are perceived as lazier and less clever by peers, and teachers and parents have low academic expectations of them potentially creating a self fulfilling prophecy

      Limitations—Longitudinal data on the prognosis of ADHD and effects of treatments are limited

      Conclusions—Reducing the threshold for diagnosing ADHD devalues the diagnosis in those with serious problems. A conservative stepped diagnostic approach could reduce the risk of overdiagnosis

      Pour un résumé en français, voir par exemple
      http://www.rtl.fr/actu/hyperactivite-nombre-d-enfants-traites-en-forte-hausse-attention-au-surdiagnosti

      Des experts mettent en garde contre une définition étendue de l’hyperactivité et des troubles du déficit d’attention chez les enfants qui risque de conduire à un surdiagnostic et un surtraitement potentiellement dangereux, dans la revue médicale British Medical Journal (BMJ). La mise en garde intervient alors que le nombre de patients traités pour cette pathologie a très fortement augmenté ces dernières années dans la plupart des pays occidentaux. Selon les auteurs de l’article, leur nombre a doublé chez les enfants et quadruplé chez les adolescents au Royaume-Uni entre 2003 et 2008 et a augmenté de 73% en Australie entre 2000 et 2011. Il a également doublé aux Pays-Bas entre 2003 et 2007 et augmenté de façon continue aux États-Unis entre 1996 et 2008, essentiellement chez les adolescents de 13 à 18 ans.

      Mais pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver de semblables mises en garde auparavant :
      http://www.adders.org/news3.htm

      According to the Daily Mail, Wednesday 24th February 1999, “British Doctors were yesterday warned to curb the use of a ’miracle drug’ which is being given to thousands of hyperactive children. The International Narcotics Control Board - a United Nations agency - reported that the number of prescriptions for Ritalin doubled in this country last year.”

      Et merci d’avoir lancé cet échange, qui permet d’affiner et de préciser l’analyse.

    • @intempestive C’est toujours un plaisir d’avoir une discussion fouillée, argumentée ; cela nous fait progresser et c’est bien pourquoi je suis très content d’être sur @Seenthis .

      A propos des articles que tu cites, lis mon commentaire ci-dessus pour colporteur. Il est aussi valable. Ces auteurs ont parfaitement raison mais il faut aller plus loin et c’est ce qu’il semble se faire actuellement même si les neurosciences ont tendance, il me semble, à vouloir tout rejeter.

      Quant à « notre » histoire de veste, je suis partagé. Je ne la rejette pas mais il faut un (des ?) complément indispensable. Je suis aussi dubitatif : est-ce qu’un de mes élèves qui doit souffrir de TDA(H) serait soulager avec ce dispositif ? Pas sûr. D’où l’idée d’un diagnostic posé par des professionnels... qui ne seraient pas coincés dans leur chapelle. ;-)

    • Ah, j’ajoute une chose :

      Concernant l’ « hyperactivité » et le « déficit de l’attention », on médicalise des manières d’être qui pourraient être analysées de toute autre façon selon les cas : expression de difficultés familiales (maltraitance, pauvreté, etc.), manifestation d’une personnalité singulière (ce qui est très prisé dans certains milieux, notamment ceux dits « créatifs », et très déprécié dans d’autres, où il ne faut pas qu’une seule tête dépasse), inadéquation du cadre scolaire..

      On peut (et doit) traiter le problème à sa source (maltraitance, pauvreté, etc.) mais cela ne résoudra rien au problème psychologique de l’enfant, l’adolescent, l’adulte qui est véritablement ancré en lui.
      Quant aux créatifs, ils ont fait de leur(s) souffrance(s) un art (enfin j’espère). Tant mieux. C’est aussi une sorte de thérapie.

      « Inadéquation au cadre scolaire », là ça me fait un peu réagir (tu t’en doutes bien) : que veut l’école ? Instruire, faire progresser l’esprit critique et la compréhension du monde en tout cas en histoire-géographie (et y rajouter une ligne politique directrice). Un enfant en souffrance, aura vraiment du mal à y arriver et c’est bien triste.

    • « Inadéquation au cadre scolaire », là ça me fait un peu réagir (tu t’en doutes bien) : que veut l’école ? Instruire, faire progresser l’esprit critique et la compréhension du monde en tout cas en histoire-géographie (et y rajouter une ligne politique directrice). Un enfant en souffrance, aura vraiment du mal à y arriver et c’est bien triste.

      Certes, mais ce que l’école « veut » varie beaucoup : cela dépend de la politique nationale, des collectivités locales, du statut de l’école (public ou privé, religieuse ou à pédagogie alternative), de la direction de l’école et de l’enseignant·e. Et l’on peut aboutir à un fossé gigantesque, pour le meilleur et pour le pire, entre ce qui est annoncé et ce qui est pratiqué. Pour le meilleur : quand l’enseignant·e arrive à transmettre de façon vivante un savoir vivant. Pour le pire : quand on retourne à une ingurgitation scolaire sous contrainte, façon XIXème siècle (du style, en ce moment : conception de l’histoire comme apprentissage d’un « roman national »).

      Ensuite, il faut également partir de la perspective de l’enfant : s’il me semble effectivement fondamental de proposer un cadre de socialisation et d’éducation hors de la cellule familiale, il demeure important de comprendre que ce cadre-là peut ne pas correspondre à certain·es enfants. Pour une majorité, il demandera des adaptations plus ou moins faciles, et pour quelques un·es, il représentera une vraie souffrance. Pour ces quelques un·es, il faut savoir proposer autre chose, et quelque chose qui ne relève pas nécessairement du médical. La Ritaline, dans beaucoup de cas, me paraît relever d’une forme d’intégration à marche forcée, qui laissera elle aussi des traces. Il est dommage qu’il n’existe pas plus d’options entre la scolarisation, l’enseignement à domicile et la psychiatrisation. Enfin, il existe quelques autres options, dans le milieu des pédagogies alternatives notamment, mais tellement hors de prix qu’elles ne s’adressent qu’à une classe sociale précise.

    • Pour le pire : quand on retourne à une ingurgitation scolaire sous contrainte, façon XIXème siècle (du style, en ce moment : conception de l’histoire comme apprentissage d’un « roman national »).

      Il y a un programme et les directives sur l’application du programme :
      http://eduscol.education.fr/cid98981/s-approprier-les-differents-themes-du-programme.html

      Certains hommes politiques ont la tentation du roman national (tronqué au demeurant, ils choisissent bien ce qu’ils veulent y voir d’ailleurs....). Mais l’inverse est vrai aussi : au collège, on étudie plus le Second Empire (trop libéral dans sa seconde partie ?), exit Clovis, les mérovingiens (ça coince un peu entre la fin de l’empire romain et Charlemagne, il y a un bon vide de 400 ans) , ni Sparte (trop extrémiste ?), Richelieu est passé à la trappe ; idem pour la crise de 1929 (le côté économique seulement et non son rôle dans la montée du nazisme)... Ce qui a été fait à l’école primaire est souvent oublié... lorsqu’il a été fait. Mes collègues font le maximum mais les difficultés sont grandes (nous sommes en ZEP).

      On n’ingurgite plus mais il faut bien quand même mémoriser à un moment donné... comprendre sans mémoriser c’est être condamné à faire les mêmes erreurs.

      ce que l’école « veut » varie beaucoup : cela dépend de la politique nationale, des collectivités locales, du statut de l’école (public ou privé, religieuse...

      Les écoles privées sont très souvent catholiques et ce qu’elles veulent c’est la réussite de leurs élèves... comme les écoles publiques. Les programmes sont les mêmes, les profs sont salariés par l’Éducation Nationale même s’ils n’ont pas le même statut.

      Et tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne la suite de ton commentaire !

    • Je suis moins optimiste que toi sur l’égalité de l’enseignement selon le type d’école. Oui, il y a un programme et des directives, mais la façon de les appliquer varie du tout au tout. En témoigne par exemple l’existence de structures comme Espérance Banlieues, à l’ « espérance » bien particulière
      https://seenthis.net/messages/648149

      C’est un courriel de professeurs du Rhône qui a levé le lièvre : « Le numéro deux de la région Rhône-Alpes, Étienne Blanc (“Les Républicains” — NDLR), a assisté le 6 novembre à la cérémonie de remise des uniformes aux élèves d’Espérance banlieues Pierre-Bénite. » Suivaient quelques lignes décrivant ces écoles hors contrat, « fer de lance de la mouvance réac-républicaine », qui, « sous couvert de lutte contre le décrochage scolaire », privilégieraient une approche « néocoloniale » de l’éducation avec « lever des couleurs » hebdomadaire au son de la Marseillaise et inscription dans le règlement intérieur de l’« interdiction de parler la langue des parents ». Des établissements gérés par « la droite catholique et réactionnaire », qui cherchent à s’implanter en banlieue, ciblant un public pour partie d’origine immigrée et/ ou de confession musulmane, du moment qu’il paie. Un réseau dont la gestion va « à l’encontre de (leur) vision d’une école émancipatrice », alertaient ces enseignants.

  • Rilatine, la cocaïne légale (LeVif.be)
    http://www.levif.be/actualite/sante/rilatine-la-cocaine-legale/article-normal-78457.html

    Entre 2007 et 2011, le nombre de prescriptions chez les moins de 18 ans est passé de 23 360 à 31 097, soit une augmentation de 33 %. Par la volonté des parents et des enseignants, ce dérivé d’amphétamine semble donc se banaliser. Et pas seulement pour soulager les enfants hyperactifs... Dans certains cas, l’objectif de la « kiddy coke » est d’améliorer leurs performances tout en facilitant la vie des parents et des enseignants débordés et stressés. Et une fois qu’on commence, difficile de décrocher. La première génération de « petits » dopés en fait aujourd’hui l’expérience. D’autant qu’une partie de ces jeunes arrive aujourd’hui à l’université où la pression se fait encore plus grande.
    […]
    L’hyperactivité émane aussi d’un contexte environnemental. « La société actuelle favorise le TDAH, commente le psychiatre Pierre Oswald. Les enfants, comme les adultes, sont hyper sollicités. Il faut bien réussir à l’école, faire du piano comme sa cousine, du cheval... » Pascale Anceaux ajoute : « L’augmentation du nombre de prescriptions de Rilatine témoigne de la grande préoccupation des parents par rapport à la réussite de leur enfant. Il faut réussir à tout prix, il n’y a pas d’issue possible. Que sommes-nous prêts à faire, comme parents, pour donner toutes les chances à nos enfants dans une société où tout peut basculer à tout moment ? Jusqu’où peut-on aller ? Et à quel prix ? »

    #éducation #Ritaline® #BigPharma #TDAH #compétition

  • TDAH : explosion de cas aux Etats-Unis (Sciencesetavenir.fr)
    http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20151211.OBS1219/tdah-explosion-de-cas-aux-etats-unis.html

    Le nombre de cas de jeunes atteints de troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité a fait un bond aux Etats-Unis entre 2003 et 2011.
    […] Il est important de comprendre les raisons de cette forte hausse dans la mesure où un diagnostic de ce trouble de l’attention s’accompagne souvent d’une ordonnance médicale pour des médicaments qui stimulent la concentration mentale, comme la ritaline dont certains critiques dénoncent une sur-prescription.

    #enfants #TDAH #ritaline #statistiques

  • Crio Curevos, l’émission « de résistance au pouvoir psy » sur #Canal_Sud, met en ligne ses archives et c’est sacrément intéressant :
    https://www.canalsud.net/?-Crio-cuervos-

    – Neuvième émission : interview de Gérald Dittmar, un des fondateurs de « #Marge »
    – Huitième émission : « Marge », un journal, un mouvement
    – Septième émission : l’#autisme
    – Sixième émission : Assemblea de Majaras, Irrenoffensive, hyperactivité et #Ritaline
    – Cinquième émission : la #psychiatrie en Suisse…(la quatrième émission est perdue !)
    – Troisième émission : en tournée avec la brochure « A claire voie »
    – Deuxième émission : coécoute - rapports coopératifs - privation sensorielle
    – Première émission : la loi sur les modes d’#hospitalisation_sans_consentement, la thérapie radicale, « Un moment d’absence »

    #audio #radio #alternatives #histoire

  • Les étudiants européens dopés aux « #smart_drugs »
    http://fr.myeurop.info/2013/11/15/dopage-cerveau-smart-drogue-Ritaline-Europe-12572

    Ludovic Clerima

    Un étudiant sur sept en #Suisse a déjà eu recours au « #dopage intellectuel ». #Ritaline, cannabis, ou #cocaïne, tout est bon pour réussir ses études. Le phénomène gagne de plus en plus de pays européens.

    Les produits dopants ne sont plus l’apanage des sportifs de haut niveau. Désormais, il faut (...)

    #REVUE_DU_WEB #Société #France #Italie #Royaume-Uni #drogue #élèves #étudiants #jeunes #université

  • On agite un enfant (Yann Diener - Éditions La Fabrique)
    http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=594

    L’État, les psychothérapeutes et les psychotropes
    Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé ? Celui qui refuse d’ouvrir ses livres est-il un dyslexique ? Le gamin turbulent est-il atteint de #TDAH (trouble-déficit de l’attention avec hyperactivité) ? Faut-il lui prescrire une cure de #Ritaline ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) très élaborée, en s’appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l’État normalise et évalue à tout-va tandis que l’industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.

    #éducation #enfants #répression #normes

    • Agités de tous les pays, fermez vos gueules !
      http://www.article11.info/?Agites-de-tous-les-pays-fermez-vos

      Il s’agit aussi du moment où l’institution scolaire impose une pression croissante sur l’enfant. Il y a toujours eu une pression scolaire (il faut être bon à l’école) mais elle s’exprime aujourd’hui d’une autre manière, par la transposition du langage et des techniques entrepreneuriales dans le milieu scolaire. Les analystes ont pour hypothèse l’idée selon laquelle le contexte familial – et plus largement, institutionnel – participe de l’élaboration du symptôme qui peut être, dans ce cas, l’agitation. L’enfant, en choisissant d’exprimer certains symptômes, réagit à l’emprise de sa famille ou de l’école, refuse la place qui lui est assignée, se fait porte-parole de malaises qui le dépassent (familiaux, par exemple), malaises qu’on lui enjoint de ne surtout pas formuler en lui disant de « tenir en place ».
      Un certain nombre d’instituteurs et de pédopsychiatres pensent que la maladie de l’enfant « agité » (le #TDAH, soit trouble déficit de l’attention/hyperactivité) existe et qu’il faut donc trouver le bon médicament pour le soigner. […] Il s’est opéré un glissement significatif entre « cet enfant souffre d’un trouble de la concentration » et « il est agité, il est comme ça ». Le remplacement de « symptôme » par « handicap » revient à nier l’expression et l’autonomie du sujet. […] Dans les formations, les instits sont incités à détecter, à diagnostiquer le TDAH. Là, le mot est utilisé. La conséquence est simple : il faut de la #Ritaline .

      #école #CMPP #TCC #TOC #DSM

    • Lettre du 13 avril 1959 au Dr Ben GABER
      http://www.clinamen.org/article106.html

      Notre diagnostic est que ce garçon est un enfant psychoneurotique doué et particulièrement extraverti, présentant possiblement une légère encéphalopathie nuisant à son contrôle émotionnel. Nous estimons qu’il devrait suivre un traitement neurochimique afin d’aider à contrôler son impulsivité et son hyperactivité. Si cela ne marche pas, nous nous pencherons à nouveau sur la possibilité d’une hospitalisation. Je recommande la médication suivante, dont nous avons constaté l’efficacité dans de nombreux cas similaires. Le nom du médicament est vespérine, du groupe des phénothiazines. […] Quelques effets secondaires ne manqueront pas de se manifester : somnolence, faiblesse et parfois troubles visuels. Ils peuvent passer au bout de quelques jours. Comme avec toutes les phénothiazines, des analyses sanguines devront être effectuées régulièrement pour détecter un éventuel granulocyte. […]

  • Violence scolaire : "Je suis pessimiste" (Éric Debarbieux - Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/larecherche/pages/2006/analyses_71_violencescolairejesuispessimistenousditericdebarbieux.a

    « Des solutions existent mais encore faudrait-il une volonté politique. »

    Toutes les enquêtes montrent que la violence à l’école est une violence de répétition, de rackett, de bagarres, de micro-violences. Ce que les anglo-saxons appellent le « bullying », le harcèlement entre élèves. Or cette forme de violence est très difficile à vivre.
    […] en ce qui concerne la montée de la violence, il faut souligner plutôt la stabilité : depuis 1993 en France on n’observe pas une progression globale. C’est ce que nous disent les enquêtes de victimation. La violence est ciblée sur quelques établissements en lien avec l’exclusion sociale. 4 à 10% des élèves, selon le établissements, sont victimes de la violence scolaire. La dureté de celle-ci varie selon les établissements.
    […] Au début des années 1990, le racket était individuel. Aujourd’hui il est de plus en plus souvent effectué par des groupes d’élèves. Ca a plusieurs conséquences. D’une part ça fait plus mal car en groupe on va toujours plus loin.
    […] Tout le monde est d’accord pour dire que la violence scolaire a plusieurs causes. La situation économique, familiale ont leur part mais il y a aussi des facteurs liés à l’institution scolaire. En particulier, il y a une forte corrélation entre la qualité du climat scolaire et la victimisation. Le climat scolaire c’est la qualité des relations entre adultes et élèves et entre adultes ; la capacité à avoir un dialogue et non un affrontement avec les élèves. C’est aussi la clarté des règles collectives. […] En France on continue à voir les familles comme des ennemies de l’Ecole et c’est dramatique. […] On n’affronte pas le problème. On a d’ailleurs tendance à tout mélanger. Par exemple les troubles de comportement et la violence scolaire.
    […] Je fais partie des sociologues qui pensent que les classes existent. Et je crois qu’une des violences les plus préoccupantes ce sont les violences d’origine sociale. A mon avis la violence scolaire participe du conflit des classes.
    […] En ce moment on voit bien comment on cherche à classer les jeunes et à les mettre dans des ghettos par exemple par une approche thérapeutique. Or ce qui marche ce n’est pas la rééducation behaviouriste mais au contraire une démarche qui fait avancer l’intelligence et le comportement ensemble.

    #éducation #violence #élèves