• Universal Credit for UK migrants as PM hints at U-turn | Workpermit.com
    #Covid-19#migrant#migration#RoyaumeUni#droit#aide

    https://workpermit.com/news/universal-credit-uk-migrants-pm-hints-u-turn-20200529

    Yet again the Boris Johnson “right wing” Government has to consider changes to it’s usual policies. During coronavirus COVID-19 there has been a huge increase in the welfare state under the Johnson Government. The Conservative Government has ended up spending more money than a left-wing Labour Government would most likely spend during more normal times.

  • GRAND FORMAT. Bienvenue à Geamana, le village roumain enseveli au fond d’un lac poubelle
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/grand-format-bienvenue-a-geamana-le-village-roumain-enseveli-au-fond-d-

    Oh mon Dieu ! Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas possible. (...) Ce monde de cauchemar, c’est la Terre !" A la fin du classique de la science-fiction de 1968 La Planète des singes, Charlton Heston descend de son cheval, épuisé, et s’effondre sur le sable. Face à lui se dresse le buste de la statue de la Liberté. Sa tête métallique surmontée de sa tiare à pointes, son bras droit tendu et la torche qui le prolonge dépassent d’une plage désolée, révélant le twist final aux spectateurs horrifiés : les hommes ont détruit leur propre civilisation. L’image est puissante. Loin des écrans de cinéma, un choc visuel du même ordre explique la fascination qu’exerce aujourd’hui le village englouti de Geamana, dans le nord-ouest de la Roumanie. De cette petite communauté rurale, elle aussi anéantie par la main de l’homme, ne reste qu’un ultime vestige, le clocher d’une église à demi submergée. Ici, la trace du passé révolu ne surgit non pas du sable, mais d’une mer de boue.

    source : https://alternatives-projetsminiers.org
    #mine_de_cuivre #Roumanie #extractivisme #village_englouti

  • Immigration into U.K. Nearly Vanishes with COVID-19 Restrictions
    #Covid-19#migrant#migration#RoyaumeUni#flux

    https://www.newsweek.com/immigration-migration-asylum-travel-covid-19-borders-home-office-1507025

    Immigration into the U.K. has fallen dramatically as a result of the COVID-19 pandemic, as governments across the world imposed lockdown restrictions and closed borders in a bid to prevent the spread of the virus.

  • UK Immigration Updates : COVID-19 Visa Extension, Quarantine Measures, and Others - Lexology
    #Covid-19#migrant#migration#RoyaumeUni#politique_migratoire

    https://www.lexology.com/library/detail.aspx?g=ac38b569-6f12-44dd-8394-84c3ae4a5c7d

    Owing to the coronavirus (COVID-19) crisis, the UK government has announced a number of immigration changes, including visa extension and switching measures as well as a mandatory self-quarantine period for those entering the United Kingdom from June 8, 2020. Other announcements include changes to the guidance for EEA nationals applying for nationality and a Statement of Changes affecting the Startup, Innovator, EU Settlement Scheme, Tier 4, and Global Talent visa categories.

  • Yale survey of refugees in Bangladesh aims to help prevent COVID-19 spread | YaleNews
    #Covid-19#migrant#migration#refugie#Rohingya#Bangladesh#camp#sante#test

    https://news.yale.edu/2020/05/26/yale-survey-refugees-bangladesh-aims-help-prevent-covid-19-spread

    Cox’s Bazar, a coastal city in southeast Bangladesh, is home to about 900,000 Rohingya refugees living in overcrowded camps. Like other forcibly displaced people across the globe — more than 70 million in all — the Rohingya are extremely vulnerable to COVID-19 infection.

  • ACTUALITES – Traversée de la Manche : 80 migrants arrivent en Angleterre en une seule journée | Réseau International Diaspora En Ligne
    #Covid-19#migrant#migration#RoyaumeUni#manche#traversee

    https://diasporaenligne.net/actualites-traversee-de-la-manche-80-migrants-arrivent-en-angleterr

    Quatre-vingts migrants ont été interceptés dans la Manche à bord de six canots et d’un kayak, mardi 26 mai, et emmenés dans la ville anglaise de Douvres. Depuis début mai, près de 700 personnes ont débarqué au Royaume-Uni.

  • Covid-19, la #frontiérisation aboutie du #monde

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux menaces à même d’hypothéquer le futur. La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli. Par Adrien Delmas, historien et David Goeury, géographe.

    La #chronologie ci-dessus représente cartographiquement la fermeture des frontières nationales entre le 20 janvier et le 30 avril 2020 consécutive de la pandémie de Covid-19, phénomène inédit dans sa célérité et son ampleur. Les données ont été extraites des déclarations gouvernementales concernant les restrictions aux voyages, les fermetures des frontières terrestres, maritimes et aériennes et des informations diffusées par les ambassades à travers le monde. En plus d’omissions ou d’imprécisions, certains biais peuvent apparaitre notamment le décalage entre les mesures de restriction et leur application.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=64&v=mv-OFB4WfBg&feature=emb_logo

    En quelques semaines, le nouveau coronavirus dont l’humanité est devenue le principal hôte, s’est propagé aux quatre coins de la planète à une vitesse sans précédent, attestant de la densité des relations et des circulations humaines. Rapidement deux stratégies politiques se sont imposées : fermer les frontières nationales et confiner les populations.

    Par un processus de #mimétisme_politique global, les gouvernements ont basculé en quelques jours d’une position minimisant le risque à des politiques publiques de plus en plus drastiques de contrôle puis de suspension des mobilités. Le recours systématique à la fermeture d’une limite administrative interroge : n’y a-t-il pas, comme répété dans un premier temps, un décalage entre la nature même de l’#épidémie et des frontières qui sont des productions politiques ? Le suivi de la diffusion virale ne nécessite-t-il un emboîtement d’échelles (famille, proches, réseaux de sociabilité et professionnels…) en deçà du cadre national ?

    Nous nous proposons ici de revenir sur le phénomène sans précédent d’activation et de généralisation de l’appareil frontalier mondial, en commençant par retrouver la chronologie précise des fermetures successives. Bien que resserrée sur quelques jours, des phases se dessinent, pour aboutir à la situation présente de fermeture complète.

    Il serait vain de vouloir donner une lecture uniforme de ce phénomène soudain mais nous partirons du constat que le phénomène de « frontiérisation du monde », pour parler comme Achille Mbembe, était déjà à l’œuvre au moment de l’irruption épidémique, avant de nous interroger sur son accélération, son aboutissement et sa réversibilité.

    L’argument sanitaire

    Alors que la présence du virus était attestée, à partir de février 2020, dans les différentes parties du monde, la fermeture des frontières nationales s’est imposée selon un principe de cohérence sanitaire, le risque d’importation du virus par des voyageurs était avéré. Le transport aérien a permis au virus de faire des sauts territoriaux révélant un premier archipel économique liant le Hubei au reste du monde avant de se diffuser au gré de mobilités multiples.

    Pour autant, les réponses des premiers pays touchés, en l’occurrence la Chine et la Corée du Sud, se sont organisées autour de l’élévation de barrières non-nationales : personnes infectées mises en quarantaine, foyers, ilots, ville, province etc. L’articulation raisonnée de multiples échelles, l’identification et le ciblage des clusters, ont permis de contrôler la propagation du virus et d’en réduire fortement la létalité. A toutes ces échelles d’intervention s’ajoute l’échelle mondiale où s‘est organisée la réponse médicale par la recherche collective des traitements et des vaccins.

    Face à la multiplication des foyers de contamination, la plupart des gouvernements ont fait le choix d’un repli national. La fermeture des frontières est apparue comme une modalité de reprise de contrôle politique et le retour aux sources de l’État souverain. Bien que nul dirigeant ne peut nier avoir agi « en retard », puisque aucun pays n’est exempt de cas de Covid-19, beaucoup d’États se réjouissent d’avoir fermé « à temps », avant que la vague n’engendre une catastrophe.

    L’orchestration d’une réponse commune concertée notamment dans le cadre de l’OMS est abandonnée au profit d’initiatives unilatérales. La fermeture des frontières a transformé la pandémie en autant d’épidémies nationales, devenant par là un exemple paradigmatique du nationalisme méthodologique, pour reprendre les termes d’analyse d’Ulrich Beck.

    S’impose alors la logique résidentielle : les citoyens présents sur un territoire deviennent comptables de la diffusion de l’épidémie et du maintien des capacités de prise en charge par le système médical. La dialectique entre gouvernants et gouvernés s’articule alors autour des décomptes quotidiens, de chiffres immédiatement comparés, bien que pas toujours commensurables, à ceux des pays voisins.

    La frontiérisation du monde consécutive de la pandémie de coronavirus ne peut se résumer à la seule somme des fermetures particulières, pays par pays. Bien au contraire, des logiques collectives se laissent entrevoir. A défaut de concertation, les gouvernants ont fait l’expérience du dilemme du prisonnier.

    Face à une opinion publique inquiète, un chef de gouvernement prenait le risque d’être considéré comme laxiste ou irresponsable en maintenant ses frontières ouvertes alors que les autres fermaient les leurs. Ces phénomènes mimétiques entre États se sont démultipliés en quelques jours face à la pandémie : les États ont redécouvert leur maîtrise biopolitique via les mesures barrières, ils ont défendu leur rationalité en suivant les avis de conseils scientifiques et en discréditant les approches émotionnelles ou religieuses ; ils ont privilégié la suspension des droits à grand renfort de mesures d’exception. Le risque global a alors légitimé la réaffirmation d’une autorité nationale dans un unanimisme relatif.

    Chronologie de la soudaineté

    La séquence vécue depuis la fin du mois janvier de l’année 2020 s’est traduite par une série d’accélérations venant renforcer les principes de fermeture des frontières. Le développement de l’épidémie en Chine alarme assez rapidement la communauté internationale et tout particulièrement les pays limitrophes.

    La Corée du Nord prend les devants dès le 21 janvier en fermant sa frontière avec la Chine et interdit tout voyage touristique sur son sol. Alors que la Chine développe une stratégie de confinement ciblé dès le 23 janvier, les autres pays frontaliers ferment leurs frontières terrestres ou n’ouvrent pas leurs frontières saisonnières d’altitude comme le Pakistan.

    Parallèlement, les pays non frontaliers entament une politique de fermeture des routes aériennes qui constituent autant de points potentiels d’entrée du virus. Cette procédure prend des formes différentes qui relèvent d’un gradient de diplomatie. Certains se contentent de demander aux compagnies aériennes nationales de suspendre leurs vols, fermant leur frontière de facto (Algérie, Égypte, Maroc, Rwanda, France, Canada, entre autres), d’autres privilégient l’approche plus frontale comme les États-Unis qui, le 2 février, interdisent leur territoire au voyageurs ayant séjournés en Chine.

    La propagation très rapide de l’épidémie en Iran amène à une deuxième tentative de mise en quarantaine d’un pays dès le 20 février. Le rôle de l’Iran dans les circulations terrestres de l’Afghanistan à la Turquie pousse les gouvernements frontaliers à fermer les points de passage. De même, le gouvernement irakien étroitement lié à Téhéran finit par fermer la frontière le 20 février. Puis les voyageurs ayant séjourné en Iran sont à leur tour progressivement considérés comme indésirables. Les gouvernements décident alors de politiques d’interdiction de séjour ciblées ou de mises en quarantaine forcées par la création de listes de territoires à risques.

    Le développement de l’épidémie en Italie amène à un changement de paradigme dans la gestion de la crise sanitaire. L’épidémie est dès lors considérée comme effectivement mondiale mais surtout elle est désormais perçue comme incontrôlable tant les foyers de contamination potentiels sont nombreux.

    La densité des relations intra-européennes et l’intensité des mobilités extra-européennes génèrent un sentiment d’anxiété face au risque de la submersion, le concept de « vague » est constamment mobilisé. Certains y ont lu une inversion de l’ordre migratoire planétaire. Les pays aux revenus faibles ou limités décident de fermer leurs frontières aux individus issus des pays aux plus hauts revenus.

    Les derniers jours du mois de février voient des gouvernements comme le Liban créer des listes de nationalités indésirables, tandis que d’autres comme Fiji décident d’un seuil de cas identifiés de Covid-19. Les interdictions progressent avec le Qatar et l’Arabie Saoudite qui ferment leur territoire aux Européens dès le 9 mars avant de connaître une accélération le 10 mars.

    Les frontières sont alors emportées dans le tourbillon des fermetures.

    La Slovénie débute la suspension de la libre circulation au sein de l’espace Schengen en fermant sa frontière avec l’Italie. Elle est suivie par les pays d’Europe centrale (Tchéquie, Slovaquie). En Afrique et en Amérique, les relations avec l’Union européenne sont suspendues unilatéralement. Le Maroc ferme ses frontières avec l’Espagne dès le 12 mars. Ce même jour, les États-Unis annonce la restriction de l’accès à son territoire aux voyageurs issu de l’Union européenne. La décision américaine est rapidement élargie au monde entier, faisant apparaitre l’Union européenne au cœur des mobilités planétaires.

    En quelques jours, la majorité des frontières nationales se ferment à l’ensemble du monde. Les liaisons aériennes sont suspendues, les frontières terrestres sont closes pour éviter les stratégies de contournements.

    Les pays qui échappent à cette logique apparaissent comme très minoritaires à l’image du Mexique, du Nicaragua, du Laos, du Cambodge ou de la Corée du Sud. Parmi eux, certains sont finalement totalement dépendants de leurs voisins comme le Laos et le Cambodge prisonniers des politiques restrictives du Vietnam et de la Thaïlande.

    Au-delà de ces gouvernements qui résistent à la pression, des réalités localisées renseignent sur l’impossible fermeture des frontières aux mobilités quotidiennes. Ainsi, malgré des discours de fermeté, exception faite de la Malaisie, des États ont maintenus la circulation des travailleurs transfrontaliers.

    Au sein de l’espace Schengen, la Slovénie maintient ses relations avec l’Autriche, malgré sa fermeté vis-à-vis de l’Italie. Le 16 mars, la Suisse garantit l’accès à son territoire aux salariés du Nord de l’Italie et du Grand Est de la France, pourtant les plus régions touchées par la pandémie en Europe. Allemagne, Belgique, Norvège, Finlande, Espagne font de même.

    De l’autre côté de l’Atlantique, malgré la multiplication des discours autoritaires, un accord est trouvé le 18 mars avec le Canada et surtout le 20 mars avec le Mexique pour maintenir la circulation des travailleurs. Des déclarations conjointes sont publiées le 21 mars. Partout, la question transfrontalière oblige au bilatéralisme. Uruguay et Brésil renoncent finalement à fermer leur frontière commune tant les habitants ont développé un « mode de vie binational » pour reprendre les termes de deux gouvernements. La décision unilatérale du 18 mars prise par la Malaisie d’interdire à partir du 20 mars tout franchissement de sa frontière prend Singapour de court qui doit organiser des modalités d’hébergement pour plusieurs dizaines de milliers de travailleurs considérés comme indispensables.

    Ces fermetures font apparaitre au grand jour la qualité des coopérations bilatérales.

    Certains États ferment d’autant plus facilement leur frontière avec un pays lorsque préexistent d’importantes rivalités à l’image de la Papouasie Nouvelle Guinée qui ferme immédiatement sa frontière avec l’Indonésie pourtant très faiblement touchée par la pandémie. D’autres en revanche, comme la Tanzanie refusent de fermer leurs frontières terrestres pour maintenir aux États voisins un accès direct à la mer.

    Certains observateurs se sont plu à imaginer des basculements dans les rapports de pouvoirs entre l’Afrique et l’Europe notamment. Après ces fermetures soudaines, le bal mondial des rapatriements a commencé, non sans de nombreuses fausses notes.

    L’accélération de la frontiérisation du monde

    La fermeture extrêmement rapide des frontières mondiales nous rappelle ensuite combien les dispositifs nationaux étaient prêts pour la suspension complète des circulations. Comme dans bien des domaines, la pandémie s’est présentée comme un révélateur puissant, grossissant les traits d’un monde qu’il est plus aisé de diagnostiquer, à présent qu’il est suspendu.

    Ces dernières années, l’augmentation des mobilités internationales par le trafic aérien s’est accompagnée de dispositifs de filtrage de plus en plus drastiques notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les multiples étapes de contrôle articulant dispositifs administratifs dématérialisés pour les visas et dispositifs de plus en plus intrusifs de contrôle physique ont doté les frontières aéroportuaires d’une épaisseur croissante, partageant l’humanité en deux catégories : les mobiles et les astreints à résidence.

    En parallèle, les routes terrestres et maritimes internationales sont restées actives et se sont même réinventées dans le cadre des mobilités dites illégales. Or là encore, l’obsession du contrôle a favorisé un étalement de la frontière par la création de multiples marches frontalières faisant de pays entiers des lieux de surveillance et d’assignation à résidence avec un investissement continu dans les dispositifs sécuritaires.

    L’épaisseur des frontières se mesure désormais par la hauteur des murs mais aussi par l’exploitation des obstacles géophysiques : les fleuves, les cols, les déserts et les mers, où circulent armées et agences frontalières. À cela s’est ajouté le pistage et la surveillance digitale doublés d’un appareil administratif aux démarches labyrinthiques faites pour ne jamais aboutir.

    Pour décrire ce phénomène, Achille Mbembe parlait de « frontiérisation du monde » et de la mise en place d’un « nouveau régime sécuritaire mondial où le droit des ressortissants étrangers de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire devient de plus en plus procédural et peut être suspendu ou révoqué à tout instant et sous n’importe quel prétexte. »

    La passion contemporaine pour les murs relève de l’iconographie territoriale qui permet d’appuyer les représentations sociales d’un contrôle parfait des circulations humaines, et ce alors que les frontières n’ont jamais été aussi polymorphes.

    Suite à la pandémie, la plupart des gouvernements ont pu mobiliser sans difficulté l’ingénierie et l’imaginaire frontaliers, en s’appuyant d’abord sur les compagnies aériennes pour fermer leur pays et suspendre les voyages, puis en fermant les aéroports avant de bloquer les frontières terrestres.

    Les réalités frontalières sont rendues visibles : la Norvège fait appel aux réservistes et retraités pour assurer une présence à sa frontière avec la Suède et la Finlande. Seuls les pays effondrés, en guerre, ne ferment pas leurs frontières comme au sud de la Libye où circulent armes et combattants.

    Beaucoup entretiennent des fictions géographiques décrétant des frontières fermées sans avoir les moyens de les surveiller comme la France en Guyane ou à Mayotte. Plus que jamais, les frontières sont devenues un rapport de pouvoir réel venant attester des dépendances économiques, notamment à travers la question migratoire, mais aussi symboliques, dans le principe de la souveraineté et son autre, à travers la figure de l’étranger. Classe politique et opinion publique adhèrent largement à une vision segmentée du monde.

    Le piège de l’assignation à résidence

    Aujourd’hui, cet appareil frontalier mondial activé localement, à qui l’on a demandé de jouer une nouvelle partition sanitaire, semble pris à son propre piège. Sa vocation même qui consistait à décider qui peut se déplacer, où et dans quelles conditions, semble égarée tant les restrictions sont devenues, en quelques jours, absolues.

    Le régime universel d’assignation à résidence dans lequel le monde est plongé n’est pas tant le résultat d’une décision d’ordre sanitaire face à une maladie inconnue, que la simple activation des dispositifs multiples qui préexistaient à cette maladie. En l’absence d’autres réponses disponibles, ces fermetures se sont imposées. L’humanité a fait ce qu’elle savait faire de mieux en ce début du XXIe siècle, sinon la seule chose qu’elle savait faire collectivement sans concertation préalable, fermer le monde.

    L’activation de la frontière a abouti à sa consécration. Les dispositifs n’ont pas seulement été activés, ils ont été renforcés et généralisés. Le constat d’une entrave des mobilités est désormais valable pour tous, et la circulation est devenue impossible, de fait, comme de droit. Pauvres et riches, touristes et hommes d’affaires, sportifs ou diplomates, tout le monde, sans exception aucune, fait l’expérience de la fermeture et de cette condition dans laquelle le monde est plongé.

    Seuls les rapatriés, nouveau statut des mobilités en temps de pandémie, sont encore autorisés à rentrer chez eux, dans les limites des moyens financiers des États qu’ils souhaitent rejoindre. Cette entrave à la circulation est d’ailleurs valable pour ceux qui la décident. Elle est aussi pour ceux qui l’analysent : le témoin de ce phénomène n’existe pas ou plus, lui-même pris, complice ou victime, de cet emballement de la frontiérisation.

    C’est bien là une caractéristique centrale du processus en cours, il n’y a plus de point de vue en surplomb, il n’y a plus d’extérieur, plus d’étranger, plus de pensée du dehors. La pensée est elle-même confinée. Face à la mobilisation et l’emballement d’une gouvernementalité de la mobilité fondée sur l’entrave, l’abolition pure et simple du droit de circuler, du droit d’être étranger, du droit de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire n’est plus une simple fiction.

    Les dispositifs de veille de ces droits, bien que mis à nus, ne semblent plus contrôlables et c’est en ce sens que l’on peut douter de la réversibilité de ces processus de fermeture.

    Réversibilité

    C’est à l’aune de ce constat selon lequel le processus de frontiérisation du monde était à déjà l’œuvre au moment de l’irruption épidémique que l’on peut interroger le caractère provisoire de la fermeture des frontières opérée au cours du mois de mars 2020.

    Pourquoi un processus déjà enclenché ferait machine arrière au moment même où il accélère ? Comme si l’accélération était une condition du renversement. Tout se passe plutôt comme si le processus de frontiérisation s’était cristallisé.

    La circulation internationale des marchandises, maintenue au pic même de la crise sanitaire, n’a pas seulement permis l’approvisionnement des populations, elle a également rappelé que, contrairement à ce que défendent les théories libérales, le modèle économique mondial fonctionne sur l’axiome suivant : les biens circulent de plus en plus indépendamment des individus.

    Nous venons bien de faire l’épreuve du caractère superflu de la circulation des hommes et des femmes, aussi longtemps que les marchandises, elles, circulent. Combien de personnes bloquées de l’autre côté d’une frontière, dans l’impossibilité de la traverser, quand le moindre colis ou autre produit traverse ?

    Le réseau numérique mondial a lui aussi démontré qu’il était largement à même de pallier à une immobilité généralisée. Pas de pannes de l’Internet à l’horizon, à l’heure où tout le monde est venu y puiser son travail, ses informations, ses loisirs et ses sentiments.

    De là à penser que les flux de data peuvent remplacer les flux migratoires, il n’y qu’un pas que certains ont déjà franchi. La pandémie a vite fait de devenir l’alliée des adeptes de l’inimitié entre les nations, des partisans de destins et de développement séparés, des projets d’autarcie et de démobilité.

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux zoonoses émergentes, au réchauffement climatique, aux menaces à même d’hypothéquer le futur.

    La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli sur des communautés locales, plus petites encore, formant autant de petites hétérotopies localisées. Si les étrangers que nous sommes ou que nous connaissons se sont inquiétés ces dernières semaines de la possibilité d’un retour au pays, le drame qui se jouait aussi, et qui continue de se jouer, c’est bien l’impossibilité d’un aller.

    https://blogs.mediapart.fr/adrien-delmas/blog/280520/covid-19-la-frontierisation-aboutie-du-monde
    #frontières #fermeture_des_frontières #migrations #covid-19 #coronavirus #immobilité #mobilité #confinement #cartographie #vidéo #animation #visualisation #nationalisme_méthodologique #ressources_pédagogiques #appareil_frontalier_mondial #cohérence_sanitaire #crise_sanitaire #transport_aérien #Hubei #clusters #échelle #repli_national #contrôle_politique #Etat-nation #unilatéralisme #multilatéralisme #dilemme_du_prisonnier #mesures_barrière #rationalité #exceptionnalité #exceptionnalisme #autorité_nationale #soudaineté #routes_aériennes #Iran #Italie #Chine #vague #nationalités_indésirables #travailleurs_étrangers #frontaliers #filtrage #contrôles_frontaliers #contrôle #surveillance #marches_frontalières #assignation_à_résidence #pistage #surveillance_digitale #circulations #imaginaire_frontalier #ingénierie_frontalière #compagnies_aériennes #frontières_terrestres #aéroports #fictions_géographiques #géographie_politique #souveraineté #partition_sanitaire #rapatriés #gouvernementalité #droit_de_circuler #liberté_de_circulation #liberté_de_mouvement #réversibilité #irréversibilité #provisoire #définitif #cristallisation #biens #marchandises #immobilité_généralisée #cosmopolitisme #réponse_frontalière

    ping @mobileborders @karine4 @isskein @thomas_lacroix @reka

    • Épisode 1 : Liberté de circulation : le retour des frontières

      Premier temps d’une semaine consacrée aux #restrictions de libertés pendant la pandémie de coronavirus. Arrêtons-nous aujourd’hui sur une liberté entravée que nous avons tous largement expérimentée au cours des deux derniers mois : celle de circuler, incarnée par le retour des frontières.

      https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/droits-et-libertes-au-temps-du-corona-14-liberte-de-circulation-le-ret

    • #Anne-Laure_Amilhat-Szary (@mobileborders) : « Nous avons eu l’impression que nous pouvions effectivement fermer les frontières »

      En Europe, les frontières rouvrent en ordre dispersé, avec souvent le 15 juin pour date butoir. Alors que la Covid-19 a atteint plus de 150 pays, la géographe Anne-Laure Amilhat-Szary analyse les nouveaux enjeux autour de ces séparations, nationales mais aussi continentales ou sanitaires.

      https://www.franceculture.fr/geopolitique/anne-laure-amilhat-szary-nous-avons-eu-limpression-que-nous-pouvions-e

    • « Nous sommes très loin d’aller vers un #repli à l’intérieur de #frontières_nationales »
      Interview avec Anne-Laure Amilhat-Szary (@mobileborders)

      Face à la pandémie de Covid-19, un grand nombre de pays ont fait le choix de fermer leurs frontières. Alors que certains célèbrent leurs vertus prophylactiques et protectrices, et appellent à leur renforcement dans une perspective de démondialisation, nous avons interrogé la géographe Anne-Laure Amilhat Szary, auteure notamment du livre Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? (PUF, 2015), sur cette notion loin d’être univoque.

      Usbek & Rica : Avec la crise sanitaire en cours, le monde s’est soudainement refermé. Chaque pays s’est retranché derrière ses frontières. Cette situation est-elle inédite ? À quel précédent historique peut-elle nous faire penser ?

      Anne-Laure Amilhat Szary : On peut, semble-t-il, trouver trace d’un dernier grand épisode de confinement en 1972 en Yougoslavie, pendant une épidémie de variole ramenée par des pèlerins de La Mecque. 10 millions de personnes avaient alors été confinées, mais au sein des frontières nationales… On pense forcément aux grands confinements historiques contre la peste ou le choléra (dont l’efficacité est vraiment questionnée). Mais ces derniers eurent lieu avant que l’État n’ait la puissance régulatrice qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce qui change profondément désormais, c’est que, même confinés, nous restons connectés. Que signifie une frontière fermée si l’information et la richesse continuent de circuler ? Cela pointe du doigt des frontières aux effets très différenciés selon le statut des personnes, un monde de « frontiérités » multiples plutôt que de frontières établissant les fondements d’un régime universel du droit international.

      Les conséquences juridiques de la fermeture des frontières sont inédites : en supprimant la possibilité de les traverser officiellement, on nie l’urgence pour certains de les traverser au péril de leur vie. Le moment actuel consacre en effet la suspension du droit d’asile mis en place par la convention de Genève de 1951. La situation de l’autre côté de nos frontières, en Méditerranée par exemple, s’est détériorée de manière aiguë depuis début mars.

      Certes, les populistes de tous bords se servent de la menace que représenteraient des frontières ouvertes comme d’un ressort politique, et ça marche bien… jusqu’à ce que ces mêmes personnes prennent un vol low-cost pour leurs vacances dans le pays voisin et pestent tant et plus sur la durée des files d’attentes à l’aéroport. Il y a d’une part une peur des migrants, qui pourraient « profiter » de Schengen, et d’autre part, une volonté pratique de déplacements facilités, à la fois professionnels et de loisirs, de courte durée. Il faut absolument rappeler que si le coronavirus est chez nous, comme sur le reste de la planète, c’est que les frontières n’ont pas pu l’arrêter ! Pas plus qu’elles n’avaient pu quelque chose contre le nuage de Tchernobyl. L’utilité de fermer les frontières aujourd’hui repose sur le fait de pouvoir soumettre, en même temps, les populations de différents pays à un confinement parallèle.

      Ne se leurre-t-on pas en croyant assister, à la faveur de la crise sanitaire, à un « retour des frontières » ? N’est-il pas déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années ?

      Cela, je l’ai dit et écrit de nombreuses fois : les frontières n’ont jamais disparu, on a juste voulu croire à « la fin de la géographie », à l’espace plat et lisse de la mondialisation, en même temps qu’à la fin de l’histoire, qui n’était que celle de la Guerre Froide.

      Deux choses nouvelles illustrent toutefois la matérialité inédite des frontières dans un monde qui se prétend de plus en plus « dématérialisé » : 1) la possibilité, grâce aux GPS, de positionner la ligne précisément sur le terrain, de borner et démarquer, même en terrain difficile, ce qui était impossible jusqu’ici. De ce fait, on a pu régler des différends frontaliers anciens, mais on peut aussi démarquer des espaces inaccessibles de manière régulière, notamment maritimes. 2) Le retour des murs et barrières, spectacle de la sécurité et nouvel avatar de la frontière. Mais attention, toute frontière n’est pas un mur, faire cette assimilation c’est tomber dans le panneau idéologique qui nous est tendu par le cadre dominant de la pensée contemporaine.

      La frontière n’est pas une notion univoque. Elle peut, comme vous le dites, se transformer en mur, en clôture et empêcher le passage. Elle peut être ouverte ou entrouverte. Elle peut aussi faire office de filtre et avoir une fonction prophylactique, ou bien encore poser des limites, à une mondialisation débridée par exemple. De votre point de vue, de quel type de frontières avons-nous besoin ?

      Nous avons besoin de frontières filtres, non fermées, mais qui soient véritablement symétriques. Le problème des murs, c’est qu’ils sont le symptôme d’un fonctionnement dévoyé du principe de droit international d’égalité des États. À l’origine des relations internationales, la définition d’une frontière est celle d’un lieu d’interface entre deux souverainetés également indépendantes vis-à-vis du reste du monde.

      Les frontières sont nécessaires pour ne pas soumettre le monde à un seul pouvoir totalisant. Il se trouve que depuis l’époque moderne, ce sont les États qui sont les principaux détenteurs du pouvoir de les fixer. Ils ont réussi à imposer un principe d’allégeance hiérarchique qui pose la dimension nationale comme supérieure et exclusive des autres pans constitutifs de nos identités.

      Mais les frontières étatiques sont bien moins stables qu’on ne l’imagine, et il faut aujourd’hui ouvrir un véritable débat sur les formes de frontières souhaitables pour organiser les collectifs humains dans l’avenir. Des frontières qui se défassent enfin du récit sédentaire du monde, pour prendre véritablement en compte la possibilité pour les hommes et les femmes d’avoir accès à des droits là où ils vivent.

      Rejoignez-vous ceux qui, comme le philosophe Régis Debray ou l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, font l’éloge des frontières et appellent à leur réaffirmation ? Régis Débray écrit notamment : « L’indécence de l’époque ne provient pas d’un excès mais d’un déficit de frontières »…

      Nous avons toujours eu des frontières, et nous avons toujours été mondialisés, cette mondialisation se réalisant à l’échelle de nos mondes, selon les époques : Mer de Chine et Océan Indien pour certains, Méditerranée pour d’autres. À partir des XII-XIIIe siècle, le lien entre Europe et Asie, abandonné depuis Alexandre le Grand, se développe à nouveau. À partir du XV-XVIe siècle, c’est l’âge des traversées transatlantiques et le bouclage du monde par un retour via le Pacifique…

      Je ne suis pas de ces nostalgiques à tendance nationaliste que sont devenus, pour des raisons différentes et dans des trajectoires propres tout à fait distinctes, Régis Debray ou Arnaud Montebourg. Nous avons toujours eu des frontières, elles sont anthropologiquement nécessaires à notre constitution psychologique et sociale. Il y en a même de plus en plus dans nos vies, au fur et à mesure que les critères d’identification se multiplient : frontières de race, de classe, de genre, de religion, etc.

      Nos existences sont striées de frontières visibles et invisibles. Pensons par exemple à celles que les digicodes fabriquent au pied des immeubles ou à l’entrée des communautés fermées, aux systèmes de surveillance qui régulent l’entrée aux bureaux ou des écoles. Mais pensons aussi aux frontières sociales, celles d’un patronyme étranger et racialisé, qui handicape durablement un CV entre les mains d’un.e recruteur.e, celles des différences salariales entre femmes et hommes, dont le fameux « plafond de verre » qui bloque l’accès aux femmes aux fonctions directoriales. Mais n’oublions pas les frontières communautaires de tous types sont complexes car mêlant à la fois la marginalité choisie, revendiquée, brandie comme dans les « marches des fiertés » et la marginalité subie du rejet des minorités, dont témoigne par exemple la persistance de l’antisémitisme.

      La seule chose qui se transforme en profondeur depuis trente ans et la chute du mur de Berlin, c’est la frontière étatique, car les États ont renoncé à certaines des prérogatives qu’ils exerçaient aux frontières, au profit d’institutions supranationales ou d’acteurs privés. D’un côté l’Union Européenne et les formes de subsidiarité qu’elle permet, de l’autre côté les GAFAM et autres géants du web, qui échappent à la fiscalité, l’une des raisons d’être des frontières. Ce qui apparaît aussi de manière plus évidente, c’est que les États puissants exercent leur souveraineté bien au-delà de leurs frontières, à travers un « droit d’ingérence » politique et militaire, mais aussi à travers des prérogatives commerciales, comme quand l’Arabie Saoudite négocie avec l’Éthiopie pour s’accaparer ses terres en toute légalité, dans le cadre du land grabbing.

      Peut-on croire à l’hypothèse d’une démondialisation ? La frontière peut-elle être précisément un instrument pour protéger les plus humbles, ceux que l’on qualifie de « perdants de la mondialisation » ? Comment faire en sorte qu’elle soit justement un instrument de protection, de défense de certaines valeurs (sociales notamment) et non synonyme de repli et de rejet de l’autre ?

      Il faut replacer la compréhension de la frontière dans une approche intersectionnelle : comprendre toutes les limites qui strient nos existences et font des frontières de véritables révélateurs de nos inégalités. Conçues comme des instruments de protection des individus vivant en leur sein, dans des périmètres où l’Etat détenteur du monopole exclusif de la violence est censé garantir des conditions de vie équitables, les frontières sont désormais des lieux qui propulsent au contraire les personnes au contact direct de la violence de la mondialisation.

      S’il s’agit de la fin d’une phase de la mondialisation, celle de la mondialisation financière échevelée, qui se traduit par une mise à profit maximalisée des différenciations locales dans une mise en concurrence généralisée des territoires et des personnes, je suis pour ! Mais au vu de nos technologies de communication et de transports, nous sommes très loin d’aller vers un repli à l’intérieur de frontières nationales. Regardez ce que, en période de confinement, tous ceux qui sont reliés consomment comme contenus globalisés (travail, culture, achats, sport) à travers leur bande passante… Regardez qui consomme les produits mondialisés, du jean à quelques euros à la farine ou la viande produite à l’autre bout du monde arrivant dans nos assiettes moins chères que celle qui aurait été produite par des paysans proches de nous… Posons-nous la question des conditions dans lesquelles ces consommateurs pourraient renoncer à ce que la mondialisation leur offre !

      Il faut une approche plus fine des effets de la mondialisation, notamment concernant la façon dont de nombreux phénomènes, notamment climatiques, sont désormais établis comme étant partagés - et ce, sans retour possible en arrière. Nous avons ainsi besoin de propositions politiques supranationales pour gérer ces crises sanitaires et environnementales (ce qui a manqué singulièrement pour la crise du Cocid-19, notamment l’absence de coordination européenne).

      Les frontières sont des inventions humaines, depuis toujours. Nous avons besoin de frontières comme repères dans notre rapport au monde, mais de frontières synapses, qui font lien en même temps qu’elles nous distinguent. De plus en plus de personnes refusent l’assignation à une identité nationale qui l’emporterait sur tous les autres pans de leur identité : il faut donc remettre les frontières à leur place, celle d’un élément de gouvernementalité parmi d’autres, au service des gouvernants, mais aussi des gouvernés. Ne pas oublier que les frontières devraient être d’abord et avant tout des périmètres de redevabilité. Des espaces à l’intérieur desquels on a des droits et des devoirs que l’on peut faire valoir à travers des mécanismes de justice ouverts.

      https://usbeketrica.com/article/on-ne-va-pas-vers-repli-a-interieur-frontieres-nationales

  • #COVID-19 : au #Royaume-Uni, l’Imperial College tente de se préserver de la politisation du débat scientifique
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/27/covid-19-au-royaume-uni-l-imperial-college-tente-de-se-preserver-de-la-polit

    Ce scoop du Financial Times, samedi 23 mai, est resté presque confidentiel au Royaume-Uni, secoué par le scandale « Cummings », du nom du proche conseiller de Boris Johnson ayant enfreint les règles du confinement. Mais il en dit long sur les rapports, de plus en plus compliqués entre les scientifiques et les politiques dans le pays. Les équipes de modélisateurs de l’Imperial College, à en croire le quotidien des affaires, ont préféré retarder la publication d’une étude portant sur les conséquences épidémiologiques du #déconfinement.

    A la fin avril, raconte le Financial Times, le MRC Center for Global Infectious Disease Analysis avait fait savoir qu’un rapport très attendu, simulant les décès à craindre en fonction des différentes mesures de levée du #confinement, devait paraître la semaine suivante. Fin mai, il n’avait toujours pas été rendu public.

    La décision a été prise de privilégier la parution de l’enquête dans une revue scientifique, après une revue par les pairs, suite à des critiques répétées contre la pertinence des modèles mathématiques de l’Imperial College. « Les résultats [de la recherche] ont été partagés avec le gouvernement [britannique], et nous préparons désormais sa soumission à une revue scientifique » a confirmé au Monde une porte-parole du MRC Center for Global Infectious Disease Analysis, mardi 26 mai.

    #modélisation #censure #incurie #paywall

    • Une « erreur de jugement »

      Au moins huit chercheurs de l’Imperial College sont membres du SAGE (Scientific Advisory Group for Emergencies), le comité scientifique conseillant le gouvernement Johnson, ou de sous-comités officiels. Leurs modélisations ont servi de support au gouvernement pour décider l’entrée en confinement – tardive au Royaume-Uni, le 23 mars. Notamment celle du 16 mars 2020 conduite par Neil Ferguson, vice-doyen de la faculté de médecine de l’Imperial College, qui prédisait, en l’absence de confinement de la population, « environ 510 000 morts au Royaume-Uni [du Covid-19] et 2,2 millions de morts aux Etats-Unis » .

      Le confinement a été très peu contesté en avril, au plus fort de l’épidémie – ni les travaux des scientifiques. Mais il y a eu la démission de Neil Ferguson, le 5 mai. L’épidémiologiste de 51 ans, très présent dans les médias depuis mi-mars, a dû quitter précipitamment le SAGE à la suite de révélations du Daily Telegraph. Le quotidien conservateur a raconté qu’il avait rencontré chez lui, à « au moins deux reprises » en avril, une femme de 38 ans, qui avait traversé Londres pour « passer du temps » avec lui, en dehors des règles du confinement. « Je reconnais avoir commis une erreur de jugement » , a déclaré M. Ferguson au Telegraph.

      Ces excuses n’ont pas suffi : les médias conservateurs ont multiplié les articles négatifs contre « M. Confinement ». Quelques députés à la droite du parti conservateur, tels Steve Baker ou David Davis, ont aussi commencé à s’impatienter, réclamant une levée rapide du confinement, s’en prenant directement aux modèles de l’Imperial College. Dans un article cosigné avec le journaliste Matt Ridley, paru le 10 mai dans le Daily Telegraph, M. Davis regrette ainsi que « le modèle [sur lequel s’est basé M. Ferguson et son équipe pour produire l’étude du 16 mars] n’ait pas été rendu public dans la communauté scientifique » .

      L’ex-ministre du Brexit de Theresa May enchaîne, faisant allusion à l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001 : « Ce n’est pas comme si les performances antérieures de M. Ferguson étaient bonnes. En 2001, les modélisations de l’équipe de l’Imperial College ont conduit à l’abattage de 6 millions de têtes de bétail et ont été critiquées par les experts en épidémiologie comme défectueuses. »

      Protéger sa réputation

      Le fait que le SAGE ait attendu le 7 mai pour mettre en ligne la liste de ses membres, et ne publie qu’au compte-gouttes ses synthèses de recherche n’a pas aidé. Début mai, un « SAGE bis » a même été constitué, sous l’autorité de Sir David King, ex-conseiller scientifique des gouvernements Blair et Brown, qui a tenu des réunions en ligne ouvertes au public.

      L’Imperial College cherche maintenant à protéger sa réputation – enviable –, face à une politisation accélérée du débat dans un pays où beaucoup cherchent désormais des boucs émissaires, alors que le bilan des morts du Covid-19 est le plus élevé d’Europe (plus de 37 000 décès). « Il y a une perception erronée selon laquelle l’Imperial dirige le pays, ce n’est pas le cas » , insiste John Edmunds, modélisateur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, dans le Financial Times.

      #prédiction

      Les modèles déboussolés pour prédire l’évolution de l’épidémie due au coronavirus
      https://seenthis.net/messages/856477

  • Semalka crossing opens for returnees from Kurdistan Region of Iraq after three months - North Press Agency

    On Wednesday the administration of the Semalka border crossing with Kurdistan Region of Iraq announced that residents of North and East Syria who entered the region for humanitarian or medical reasons are allowed to return to their area.

    #Covid-19#Moyen-Orient#Rojava#Iraq#Syrie#Frontière#ouverture#Commerce#Aide_humanitaire#ONU#migrant#migration

    https://npasyria.com/en/blog.php?id_blog=2661&sub_blog=12&name_blog=Semalka%20crossing%20opens%20f

  • The Campaign To Stop Killer Robots
    https://www.stopkillerrobots.org/2020/05/protect-civilians-stop-killer-robots

    United Nations Secretary-General António Guterres has flagged the imperative of banning killer robots in his report on the protection of civilians in armed conflict. UN Security Council members will hold an open debate on the report findings next Wednesday, 27 May. This is the first annual protection of civilians report since 2013 to highlight concerns over killer robots. The Campaign to Stop Killer Robots urges states to heed the UN leader’s call to quickly agree on the “limitations and (...)

    #robotique #militaire #violence

  • Claude Goasguen, député Les Républicains de Paris, est mort du Covid-19
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/05/28/claude-goasguen-depute-les-republicains-de-paris-est-mort_6041029_3382.html

    Farouche partisan de l’Algérie française, le jeune homme soutient le candidat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour lors de l’élection présidentielle de 1965. A Paris, où il est venu poursuivre sa scolarité, il préside, en 1967 et 1968, la « Corpo » des étudiants en droit, qui, en matière de violence, n’a rien à envier à Occident, le groupuscule de ses amis Alain Madelin, Gérard Longuet et Patrick Devedjian. Ancien rugbyman amateur, Claude Goasguen n’est pas le dernier à se battre. « Je me suis fourvoyé », admettra-t-il plus tard.

    […]

    Grand défenseur des beaux quartiers, qu’il juge maltraités par les maires socialistes de Paris, Claude Goasguen consacre alors une autre part de son temps à combattre l’antisémitisme et soutenir Israël, un pays pour lequel ce Méditerranéen s’est pris de passion. Des années durant, il préside le groupe d’amitié parlementaire France-Israël. « Mon grand regret est de ne pas être juif moi-même », confie-t-il un jour. Il est aussi en première ligne dans la défense des chrétiens d’Orient.

    La fin de sa carrière se révèle chahutée. En 2016, ses propos selon lesquels la France a « un problème avec les Maghrébins » suscitent la polémique.

    Oui, bref… après s’être « fourvoyé », il ne s’est donc jamais trop éloigné de ses fondamentaux.

  • Syrian government lifts nightly curfew despite uptick in coronavirus cases - Al Monitor

    The Syrian government will do away with the overnight curfew imposed in March despite a surge in reported cases of the coronavirus.

    The Syrian Ministry of Health today announced 15 new COVID-19 cases in areas under government control, bringing the total number of cases to 121 and a death toll of four. All of the new cases were among Syrians returning from abroad, including nine from Kuwait. Experts have questioned the regime’s relatively low numbers, but Damascus has denied all charges of a cover-up.

    #Covid-19#Syrie#Zone_régime#Idlib#Rojava#Déconfinement#Société_civile

    https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/05/syria-coronavirus-curfew-uptick-cases-damascus-idlib.html

  • Russia’s Internet, already dim, gets darker
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/russia-internet-censorship

    Censorship and new laws block online information and stifle digital life The Russian internet is becoming less free, more isolated from the rest of the world, and on a path resembling countries with strictly controlled online spaces like in Iran. A recent report by a leading digital rights group in Russia paints a bleak picture of state censorship of the country’s internet. The research, published by Roskomsvoboda, a Moscow-based group that advocates for internet freedom and the protection (...)

    #activisme #surveillance #censure #DeepPacketInspection-DPI #VPN #Roskomnadzor

  • Refugee families reunited in UK after rescue flight from Greece
    Vulnerable people from Greek refugee camps reunited with close family at Heathrow

    Some 47 highly vulnerable migrants have arrived in the UK on an “unprecedented” family reunion flight from Greece.

    British refugees travelled to Heathrow to greet nephews, brothers, husbands and wives after Monday’s flight brought people from Syria, Somalia and Afghanistan to join close family in the UK. The reunion was the result of two months of intense lobbying by the campaign group Safe Passage and the British peer Alf Dubs.

    Many of the individuals, some with severe health problems, had been living for several months in the dire conditions of Greek refugee camps.

    ’Finally, at last’: vulnerable migrants to leave Greece for UK
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    Vulnerable asylum seekers in Europe can apply to be transferred to another EU country where they have close family, but as Covid-19 spread family reunions ground to a halt. Along with children stranded on their own, married couples and vulnerable adults were brought together with relatives who have offered to support them.

    Among them was an 18-year-old from Somalia who joined his uncle in the UK after a process of many months, during which he lived in the Moria camp in Lesbos. Some had spent years in Greece while their claims for family reunion were processed. A stateless boy originally from Kuwait was able to join his brother only after his lawyer overturned several Home Office refusals of their claim.

    Ahmed, 22*, left his north of England home in the early hours of Monday to reach Heathrow. He was given refugee status in the UK after escaping the Syrian war and has been working nights to support his little brother Wahid who was trapped on Samos. After a lengthy bureaucratic process, Wahid had been about to board a flight in March when it was cancelled.

    ‘All I think of is my brother’: UK refugee family reunions disrupted by Covid-19
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    “He was so disappointed,” Ahmed told the Guardian, “I phoned everybody I could think of to try to get him on a flight, I offered to pay myself. Nobody could help me then just suddenly a few days ago I was told he was coming. I have everything ready for him, we will just sit and talk.”

    Peers from both sides of the Lords worked to persuade the Home Office to allow the flight to go ahead, including Lord Dubs who has campaigned for several years for more lone children to be accepted into the UK.

    He told the Guardian: “In these bleak times this is a rare but wonderful good news story to emerge from the coronavirus crisis. The conditions in the camps in Greece are truly awful. They’re no place for children or vulnerable people, especially now.

    “I hope it is only a start, because there are other children who want to join their family in Britain and there are also children who are in the Greek camps who may not have family here but also need to be helped to find safety.”

    The UK Home Office was criticised last month for refusing to take unaccompanied minors from the overcrowded camps. In April, Germany took 49 children and Luxembourg took 12.

    Beth Gardiner-Smith, the CEO of Safe Passage, said: “The UK and Greek governments have shown real leadership in reuniting these families despite the travel difficulties and we now urge the UK and other countries across Europe to continue these efforts to ensure no one is left behind.”

    A UK Home Office spokesperson said “The UK has a long and proud tradition of providing help and support to the vulnerable, and now more than ever it is important we honour that.”

    Eirini Agapidaki, Greek special secretary for the protection of unaccompanied minors, told the Guardian that Greece’s prime minister and the minister for migration had worked with the Home Office as well as Lord Dubs to ensure the reunions went ahead. “Among these people are children that will finally be with their siblings, men and women to finally be reunited with their spouses,” she said.

    “It’s the collaborative teamwork that allows us to be effective in times of corona restrictions, a legacy that we need to sustain not just at national but also at the EU level.”

    https://www.theguardian.com/global-development/2020/may/11/refugee-families-reunited-in-uk-after-rescue-flight-from-greece

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Grèce #Transfert #Royaume-Uni

  • [Drache Musicale] #mali women’s ~ mixtape
    http://www.radiopanik.org/emissions/drache-musicale/mali-women-s

    Malian female musicians & singers

    tracklist:

    awa poulo - djara wilam

    mamani keita – djekafo

    Celu Mankan (Bambara; Mali)

    Coumba Sidibé – N’Taman

    Fanta Sacko – Tubaka

    Nahawa Doumbia - banani

    Sali Sidibe - Djana Djani

    Oumou Sangaré - Iyo Djeli

    Ramata Diakité - Sigui Gueleman

    saramba kouyate – jamdya

    Air de Kel Ajjer (Rhythme Ellehelleh)

    Hawa Drame – Syllamaramba Adja Est Quelei

    (Photo> Fanta Sacko)

    p margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% a:link so-language: zxx

    p margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% a:link so-language: zxx

    #folk #africa #world #malian #guitare #song #rododindron #chanteuse #purée_de_pois #malienne #sing #pelagie #mali,folk,africa,world,malian,guitare,song,rododindron,chanteuse,purée_de_pois,malienne,sing,pelagie
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/drache-musicale/mali-women-s_09102__1.mp3

  • Avec la pandémie, les mineurs isolés plus nombreux à traverser la Manche en bateau | Actu
    #Covid19#France#RoyaumeUni#migrant#migration#Mineurnonaccompagne#Manche

    https://actu.fr/societe/avec-pandemie-mineurs-isoles-plus-nombreux-traverser-manche-bateau_33769445.htm

    Peu de circulation de camions, météo favorable, plages désertes... Avec le confinement, beaucoup de jeunes migrants ont tenté la traversée vers l’Angleterre par la mer.

  • A City Locks Down to Fight Coronavirus, but Robots Come and Go
    https://www.nytimes.com/2020/05/20/technology/delivery-robots-coronavirus-milton-keynes.html?campaign_id=158&emc=edit_ot_

    A City Locks Down to Fight Coronavirus, but Robots Come and Go Like many other places, a community 50 miles outside London went into quarantine. A fleet of delivery robots has been helping with the groceries. If any place was prepared for quarantine, it was Milton Keynes. Two years before the pandemic, a start-up called Starship Technologies deployed a fleet of rolling delivery robots in the small city about 50 miles northwest of London. The squat six-wheeled robots shuttled groceries (...)

    #robotique #technologisme #consommation #COVID-19 #santé

    ##santé

  • Un Syrien gagne pour sa famille le droit de rester au Royaume-Uni s’il meurt du coronavirus
    #Covid-19#RoyaumeUni#travail#sante#migrant#migration

    https://fr.metrotime.be/2020/05/21/must-read/un-syrien-gagne-pour-sa-famille-le-droit-de-rester-au-royaume-uni-sil-m

    Un réfugié syrien qui risque sa vie dans la lutte contre le coronavirus en tant que technicien de surface d’hôpital a obtenu le droit pour sa famille de rester au Royaume-Uni s’il devait mourir au contact du Covid-19.

  • Traversées de la Manche : 20 migrants, dont deux enfants et deux nourrissons, secourus au large de Dannes - France 3 Hauts-de-France
    #Covid-19#RoyaumeUni#traversée#Manche#migrant#migration

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/touquet/traversees-manche-20-migrants-dont-deux-enfants-deux-no

    Une embarcation de 20 migrants a été secourue par la gendarmerie maritime au large de Dannes, ce jeudi. Parmi les 20 naufragés, deux femmes, deux enfants et deux nourrissons. Depuis le début de la crise du Covid-19, 1000 migrants ont été interpellés alors qu’ils tentaient de traverser la Manche.

  • Depuis le début de la crise du coronavirus, 1000 migrants ont été interpellés alors qu’ils traversaient la Manche - France 3 Hauts-de-France
    #Covid-19#RoyaumeUni#traversée#Manche#migrant#migration

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/calais/debut-crise-du-coronavirus-1000-migrants-ont-ete-interp

    Au moins 1000 migrants ont été interceptés sur des petits bateaux par les autorités dans la Manche et amenés à Douvres depuis le début du confinement, selon les données recueillies par l’agence de presse PA.