• Matière première

    Au pied de l’Acropole se situe l’un des quartiers les plus pauvres d’Athènes : un baraquement hébergeant surtout des immigrants illégaux. Un groupe d’individus, composé de Roms venus d’Albanie, mais aussi d’Indiens et de Grecs gagnent très mal leur vie en collectant du métal. Les biens ramassés sont échangés contre de maigres sommes dans les casses de la ville. Et les acheteurs de ce commerce illégal ne sont autres que de grands groupes industriels.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/35139_1

    #film #film_documentaire #documentaire
    #Athènes #métal #recyclage #déchets #ferrailleurs #étrangers #guerre_contre_les_pauvres #Roms

  • Soutien à Zineb Redouane
    https://ricochets.cc/Romans-action-soutien-a-Zineb-Redouane-Assassinee-par-la-police-Marseille.

    Ce matin, une action de soutien a été aperçue aux alentours de Romans-sur-Isère (Drôme)... #Les_Articles

    / Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Romans_sur_Isère, #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://mars-infos.org/3-ans-deja-zineb-toujours-presente-6010

  • Un #harem a Roma

    Addentrarsi tra gli oggetti di un museo smembrato significa muoversi tra polvere e tracce, trovando pezzi, frammenti, schegge che si fanno calce, stoffa, ceramica, gesso, tele e pigmenti. Non sono materiali inerti: sospirano, sussurrano, gemono e graffiano storie. Partire da un oggetto vuol dire perdersi, ritrovarsi, andare verso il centro dal margine e poi farvi ritorno.
    Ho trovato uno spazio pieno di corpi in cui inciampo con la punta dei piedi, che sfioro con le dita, che inseguo mano a mano che la storia si srotola tra la polvere e le omissioni; è un lungo lavoro in fieri, iniziato quando ho avuto accesso ai materiali dell’ex #Museo_Coloniale di Roma, curando parte dell’inventariazione degli oggetti arrivati dopo la dismissione dell’#Istituto_Italiano_per_l’Africa_e_l’Oriente (#IsIAO), presso il Museo preistorico etnografico Luigi Pigorini. Nei magazzini del museo mi sono ritrovata tra le mani i primi pezzi di corpi, ovvero alcuni calchi facciali della missione antropologica in #Fezzan, condotta da #Lidio_Cipriani, negli anni Trenta. «L’impatto visivo ed emotivo scatenato dalla vista di questi oggetti ha contribuito all’idea di ‘disvelamento della memoria’ del fenomeno coloniale italiano e di un museo scomparso che non si vuole venga “ritrovato”» (Fiorletta, 2019). Addentrarsi nella storia e tra i materiali del Museo Coloniale ha significato narrare una parte di storia del colonialismo italiano, intraprendere un lavoro di restituzione dell’immaginario che ha contribuito a plasmare una mentalità, definire un ordine del discorso (Foucault, 2004), le cui categorie sopravvivono ancora oggi. Una strana storia ricolma di silenzi, di assenze pressanti.
    La ricerca condotta sui calchi e sul Museo Coloniale ha portato ad allargare le maglie di una rete fitta, complessa ma soprattutto infeltrita dall’essere stata nascosta per lungo tempo, i nodi che la tengono insieme vedono l’intersecarsi di classe, “razza” e genere, come le principali categorie di riferimento attorno cui ruotano le identità coloniali. Interrogare i calchi apparentemente muti mi ha portato sulle tracce della costruzione della bianchezza degli italiani, sulla quale si innesta l’identità nazionale e la divisione in classi tra madrepatria e colonie. La costruzione del genere e i rapporti tra i generi, altro elemento fondante del colonialismo italiano, definiscono una subalternità femminile varia, complessa e apparentemente contraddittoria, in continuo movimento, simbolicamente densa. Ma di quali donne parliamo? Chi sono le donne nelle colonie?
    Nello spazio di lavoro messo su in questi anni, reale, figurato-metaforico, scorgo le prime donne in alcuni calchi del Fezzan, riconosco i tatuaggi tipici delle popolazioni beduine[1]; escono dalle scatole ricoperte di cellophane statuine che ritraggono donne nere che portano brocche d’acqua, madri con bambini (Manfren, 2019).
    Sento un respiro, percepisco un accenno, sono certa di poter seguire le tracce.
    Mi accingo a scrivere da quello che è ancora un cantiere.

    (...)

    https://www.roots-routes.org/un-harem-a-roma-di-serena-fiorletta

    #Rome #Italie #colonialisme #Italie_coloniale #musée #musée_colonial #histoire #genre #femmes #Serena_Fiorletta

    ping @cede

    –-

    ajouté à la métaliste sur le colonialisme italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

  • Les faces, « bonne » et « mauvaise », des crimes à la guerre

    « … je sais, j’ai compris, je n’aurais pas dû »

    Les frères d’armes « défigurés, estropiés, éventrés », le « dedans dehors », les plaies béantes de la terre qu’on appelle les tranchées, le fil barbelé des souffrances…

    « Je t’ai laissé me supplier pour de mauvaises raisons, des pensées toutes faites, trop bien habillées pour être honnêtes »

    Ta mort, tes boyaux à l’air libre, le retour au trou béant de la tranchée, les entrailles, les rats, j’avais été inhumain « par obéissance aux voix du devoir », le toujours oui des soldats blancs ou noirs, « les sauvages pour faire peur à l’ennemi », ceux qui sortent « ventre à terre se faire massacrer de plus belles en hurlant comme des fous furieux, le fusil réglementaire dans la main gauche et le coupe-coupe sauvage dans la main droite », la sauvagerie comme besoin de l’armée française…

    Note sur : David Diop : Frère d’âme

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/19/les-faces-bonne-et-mauvaise-des-crimes-a-la-guerre

    #littérature #roman

  • Projet de Café associatif « Le PasSage » à Romans-sur-Isère
    https://ricochets.cc/Projet-de-Cafe-associatif-Le-PasSage-a-Romans-sur-Isere.html

    A Romans, un café associatif est en cours de réalisation, et appelle à soutien financier. Je me réjouis de voir émerger un nouveau café associatif en Drôme ! Le “PasSage” : un café associatif pour retrouver le goût d’agir et de penser ensemble. Malgré un présent compliqué et des perspectives incertaines, nous sommes une quinzaine à nous être retrouvés derrière le projet de l’ouverture d’un Café associatif, ici, à Romans-sur-Isère. Quelques mois après la formulation de l’idée, nous avons créé une association « (...) #Les_Articles

    / #Romans_sur_Isère

    https://www.helloasso.com/associations/cafe-le-passage/collectes/cafasso-le-passage-de-romans

  • Pour moi, iels restent Anna, Léon, Anton et Nino
     ![Entrer une description pour l’image ici](

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    Vladivostok, un cirque, une costumière, un numéro de barre russe, « les porteurs prennent en charge toute la stabilité de l’acrobate », des odeurs tenaces.

    Je souligne l’écriture de Elisa Sha Dusapin, sa capacité à nous faire entendre et sentir ce monde lointain. Elle nous conte l’art du cirque, ses difficultés propres, ses mises en scène et en costumes, le temps de l’élaboration d’un numéro, le public et les répétitions, les traditions et les nouveautés, les parades et les tours de pistes, les accidents et leurs poids au présent, les coulisses, « Un rayon de réverbère s’infiltre par la fêlure », les figures sur la barre et les chorégraphies au sol, le tempo musical…

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/07/pour-moi-iels-restent-anna-leon-anton-et-nino

    #littérature #roman

  • Quelle rentrée !

    La rentrée littéraire n’a jamais manqué à l’appel. L’an dernier, plus de 510 romans – et je ne parle pas des essais – se battaient pour trouver des « inventeurs », au sens de découvreurs. Cette année, à peu prés le même nombre cherche des lecteurs et lectrices pour se donner la vie. Une interrogation me taraude chaque année : qui peut lire autant de livres ?

    Cette rentrée s’affiche aussi en poche.

    note sur :
    William Melvin Kelley : Jazz à l’âme
    Richard Krawiec : Paria
    Stanislas Lem : Les aventures du pilote Pirx

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/23/quelle-rentree

    #littérature #roman

  • Une blessure au fond de soi

    « Kaboul gémit sous les détonations ». Une enfant de six ans, les « soviétiques », les perceptions de l’environnement, un amour d’enfance.

    Chabname Zariâb nous conte la place des contes dans l’imagination des enfants, ce qui s’arrête au seuil de l’imagination, l’écho des explosions, les discussions autour de l’exil, « Etrangement, le mot France est un sésame pour déclencher ses larmes », les silences angoissants, le monde enfantin dans les bouleversements.

    Note sur : Chabname Zariâb : Le pianiste afghan

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/10/16/une-blessure-au-fond-de-soi

    #littérature #roman

  • Juvénal SATIRE 15
    http://ugo.bratelli.free.fr/Juvenal/Sat15.htm

    Deux peuples voisins, celui d’Ombos et celui de Tentyra, entretiennent l’un contre l’autre une vieille hostilité, une haine immortelle ; c’est comme une incurable blessure qui les brûle. Cette grande fureur a pour cause l’opposition des dieux, chacun des deux peuples étant jaloux des siens et exécrant ceux de l’adversaire.

    Les habitants de Tentyra célébraient une fête ; les notables et les chefs d’Ombos crurent bon de saisir l’occasion : il fallait troubler un jour de liesse, surprendre l’ennemi dans le plaisir des festins, alors que près des temples et dans les carrefours sont dressés tables et lits, et que les gens passent là jours et nuits, parfois jusqu’à la durée d’une semaine.

    L’Égypte est sauvage ; mais pour la débauche, autant que j’ai pu m’en rendre compte, elle n’a rien à envier à Canope la voluptueuse.

    On pensait battre aisément des gens ivres à qui le vin avait donné langue pâteuse et marche titubante : une flûte nègre les faisait danser, tous respirant les dieux savent quels parfums, avec des couronnes à tous les fronts.

    De l’autre côté, une haine d’hommes à jeun. Les premières injures éclatent entre les têtes échauffées ; c’est le signal du combat et, dans une poussée de mêmes cris, les deux partis s’agrippent ; en fait d’armes, les poings. Bientôt, peu de mâchoires sans blessure, à peine un ou deux nez intacts. Ce n’étaient plus que visages mutilés, faces et joues déchirées, os à nu, mains pleines du sang des yeux.

    Or les barbares s’imaginent jouer, ils croient livrer une bataille d’enfants, puisqu’ils ne marchent pas encore sur des cadavres. A quoi sert de se mettre à plusieurs milliers pour combattre, si tous les combattants restent en vie ?

    Aussi l’acharnement redouble-t-il ; on ramasse des pierres ; on les brandit, on les lance ; voilà les armes de la sédition. Ce ne sont pas des pierres comme on en vit aux mains de Turnus, d’Ajax, ou du fils de Tydée lorsqu’il blessa Enée à la cuisse, mais des pierres comme en peuvent projeter des bras moins vigoureux que les leurs, des bras de notre temps. La race déjà dégénérait à l’époque d’Homère ; la terre d’aujourd’hui nourrit des hommes aussi chétifs que méchants ; qu’un dieu jette sur eux les yeux, il rit de dégoût.

    72-92. Trêve de digression, il faut reprendre notre récit. Un des deux partis, ayant reçu du renfort, ose tirer l’épée et commencer une lutte à coups de flèches. Alors c’est la fuite de l’ennemi et les Ombites se lancent à la poursuite des gens de Tentyra, la ville voisine des palmiers.

    Un fuyard, sous le coup de la terreur, veut précipiter sa course et tombe, il est pris. Alors les Ombites le coupent en multiples morceaux, afin qu’un seul mort suffise à tous ; la foule des vainqueurs le dévorent tout entier, non sans ronger les os, ne prenant même pas la peine de le mettre à la casserole ou de le faire rôtir : allumer du feu aurait pris trop de temps, on se serait impatienté, et l’on fut enchanté de manger le cadavre cru.

    Réjouissons-nous que le feu n’ait pas été profané, ce feu que Prométhée arracha à la voûte supérieure du ciel pour le donner à la terre ; je félicite cet élément, et tu lui rends grâces, j’en suis sûr, Volusius.

    Au reste, celui qui a eu le coeur de mordre une fois dans un cadavre ne trouve plus rien de meilleur que la chair humaine ; il faut bien qu’il en soit ainsi, et ne me demande pas si lors de cette abomination, le premier qui goûta au mort trouva cela bon : car le dernier qui vînt, trouvant tout le corps dévoré, passa ses doigts sur le sol pour avoir un peu de sang à sucer.

    Juvenalian satire
    https://en.wikipedia.org/wiki/Juvenalian_satire#Juvenalian
    https://en.wikipedia.org/wiki/Satires_of_Juvenal

    https://de.wikipedia.org/wiki/Juvenal#Themen_der_Saturae

    Themen der Saturae

    Sat. 1: Juvenals Programm: Entrüstung treibt ihn, die Missstände unter seinen Zeitgenossen beim Namen zu nennen.
    Sat. 2: Beschreibung sexueller Ausschweifungen
    Sat. 3: Beschreibung des sündigen Großstadtlebens
    Sat. 4: Parodie einer Kabinettssitzung unter Domitian (die Komposition dieser Satire ist umstritten; möglicherweise sind hier zwei verschiedene Entwürfe zusammengefügt worden)
    Sat. 5: Kritik am Umgang mit Klienten
    Sat. 6: Kritik an der Ehe und den Frauen (auch hier ist die Textlage unklar, die Komposition scheint ungewöhnlich wirr)
    Sat. 7: Anprangerung der Geringschätzung der Intellektuellen und geistiger Berufe
    Sat. 8 und 9: Beschäftigung mit Geburtsadel und ähnlichen Gebieten; in 9 auch wiederum Beschreibung sexueller Ausschweifungen
    Sat. 10: Eine Kritik an Gebeten und Wünschen, denen verkehrte Urteile über das Wünschenswerte zugrunde liegen; die Satire gipfelt in einem Aufruf zu einem ruhigen und vernunftgemäßen Leben.
    Sat. 11: Kritik an der Völlerei
    Sat. 12: Anprangerung von Erbschleicherei
    Sat. 13: Trostworte an einen Freund zum Thema „Geldverlust“
    Sat. 14: Abhandlung über Kindererziehung und Kritik an Habsucht
    Sat. 15: Beschreibung eines ägyptischen Falles von Kannibalismus
    Sat. 16 (unvollständig): Kritik an Soldatenhochmut gegenüber Zivilisten

    http://ugo.bratelli.free.fr/Juvenal/DetailsJuvenalSatires.htm
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Juv%C3%A9nal

    #antiquité #anthropophagie #Égypte #Rome #satire

  • Vargas Llosa, autoportrait intellectuel
    https://laviedesidees.fr/Mario-Vargas-Llosa-L-appel-de-la-tribu.html

    À propos de : Mario Vargas Llosa, L’appel de la tribu, Gallimard. Prix Nobel de littérature, Mario Vargas Llosa a aussi été un homme #Politique, engagé à droite. Dans cet essai de vulgarisation, l’écrivain péruvien rend hommage aux philosophes qui ont forgé sa conception du #libéralisme.

    #Amérique_latine #roman
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211009_vargas.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211009_vargas.docx

  • La mémoire au coin du #bidonville
    https://metropolitiques.eu/La-memoire-au-coin-du-bidonville.html

    Dans le roman Rue des Pâquerettes, Mehdi Charef propose une mémoire des bidonvilles à hauteur d’enfant. Cette mémoire montre à la fois les effets néfastes de la ségrégation et de la précarité, et les ressources invisibles que recèle cet espace pour s’en sortir. Publié en 2018 dans la collection « Littératures » des éditions Hors d’atteinte, Rue des Pâquerettes s’inscrit dans la lignée des textes et films que Mehdi Charef a consacrés aux bidonvilles et cités de transit de l’après-guerre en France, #Commentaires

    / #littérature, bidonville, #Nanterre, #enfants

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_delon3.pdf

  • Son plafond est notre plancher

    Barcelone. Une jeune fille Araceli. Une écrivaine Alba Cambó. Lina Wolff croise des parcours, nous offre une multitude d’histoires enchevêtrées. Les un·es et les autres parlent d’elleux et d’autres, entre vérité banale et « toboggan vers l’inconnu », entre les vivre et la mort. Les journées se suivent ou se dispersent, « Soudain la journée dégringole, privée de grâce, comme une corneille qui aurait du plomb dans l’aile », la tumeur est là, elle serait maligne…
    Note sur : Lina Wolff : Bret Easton Ellis et les autres chiens

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/18/son-plafond-est-notre-plancher

    #littérature #roman

  • Gelée de pommes au romarin
    https://www.cuisine-libre.org/gelee-de-pommes-au-romarin

    Préparation du jus de pommes frais Acheter des pommes dites « à chevreuil » vendues à rabais chez les producteurs agricoles. Ces pommes, même si elles sont laides, sont néanmoins comestibles et pour en faire de la gelée, leur apparence n’a pas d’importance ! Trier les pommes pour utiliser les plus belles, en éliminant celles qui sont fendues ou percées. Nettoyer avec soin, puisque vous conserverez la pelure pour faire la gelée. Enlever les coeurs et les pépins, couper les pommes en quartiers et les… #Sucres, #Pomme, #Romarin, #Confitures / #Végétarien, #Sans œuf, #Sans gluten, Végétalien (vegan), #Sans lactose, #Sans viande, (...)

    #Végétalien_vegan_ #Bouilli
    http://conserves.blogspot.com/2007/04/la-mise-en-conserves-daliments-acides.html

  • La Courneuve : pourquoi expulser le bidonville rom ? | Le Club de Mediapart

    Merci à @isskein d’avoir signalé ces articles

    #roms

    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/160815/la-courneuve-pourquoi-expulser-le-bidonville-rom

    La Courneuve : pourquoi expulser le bidonville rom ?

    16 août 2015 Par Eric Fassin Blog : Identités politiques

    On s’apprête à expulser le Samaritain, un bidonville rom de 300 personnes installé à la Courneuve depuis sept ans. Pourtant, cette fois, des associations ont obtenu un engagement financier pour assainir le lieu et le viabiliser. Mais améliorer les choses, ce serait avouer qu’il existe une alternative à l’expulsion. Si l’État s’abrite derrière les élus locaux pour expulser, on aurait tort de prendre une telle municipalisation pour argent comptant : l’expulsion est la clé de cette politique décentralisée du ministère de l’Intérieur.

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    Camp rom évacué à Bobigny : deux semaines plus tard, un goût d’échec
    https://www.francetvinfo.fr/societe/camp-rom-evacue-a-bobigny-deux-semaines-plus-tard-un-gout-d-echec_17042

    Camp rom évacué à Bobigny : deux semaines plus tard, un goût d’échec
    Deux semaines après l’évacuation du camp rom des Coquetiers à Bobigny, voulue « exemplaire » par le préfet, le bilan est très mauvais. Les enfants en paient notamment les frais.

  • Il manque tellement de mots à mon histoire

    Des grand·es parent·es, une jeune élève « il manque tellement de morceaux à mon histoire », une comptine « Mon petit oiseau », la méchanceté des « idiots » dans les cours de récréation, une déficience auto-nommée « bigleuserie », les diverses conséquences de l’albinisme, les cris d’une cicatrice vivante sur une cuisse, un silence construit autour des marques et du passé…

    Note sur : Cy Jung : Kito Katoka

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/04/il-manque-tellement-de-mots-a-mon-histoire

    #littérature #roman

  • Mer du destin : Mercè Rodoreda - Ép. 10/10 - Les Romans de la grande bleue
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-culture-change-le-monde/mer-du-destin-merce-rodoreda

    Dixième et dernière étape, la Catalogne, à travers le roman de Mercè Rodoreda (1908-1983) « La Place du Diamant » qui dresse le portrait d’une jeune fille pleine de candeur, Natalia, et à travers celui-ci, explore la société catalane pendant la guerre civile espagnole.

    (pas mal la série sur des auteurices méditerranéennes)
    #livre

  • BPI France : banque publique, intérêts privés - L’État livre la santé aux financiers (3)
    https://www.lemediatv.fr/articles/2021/bpi-france-banque-publique-interets-prives-letat-livre-la-sante-aux-financ

    En nouant des liaisons dangereuses avec un acteur majeur de la santé privée en France - le fonds émirati Mubadala -, en finançant des startups médicales qui rongent les activités de l’hôpital public, Bpifrance organise pas à pas l’effondrement de notre système public de santé. Troisième et dernier volet de notre enquête.

    Depuis 2020, la Banque publique d’investissement vole au secours de sociétés du CAC 40. En début d’année, elle annonce fièrement la création de Lac d’argent, un fonds d’investissement visant à soutenir les groupes français cotés en bourse. Objectif affiché : les accompagner dans les « transitions technologiques et environnementales », selon sa communication, et les protéger contre l’appétit des « fonds activistes » étrangers. À terme, la banque espère lever 10 milliards d’euros.


    Le 24 février 2020, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire et le patron de la BPI, Nicolas Dufourcq, sont reçus par le prince héritier d’Abou Dabi et le Directeur du fonds Mubadala. Source : Images du Ministère.

    Elle a déjà rassemblé 4,2 milliards d’euros provenant de différents investisseurs : de grands assureurs français comme #AXA, #Covéa ou #CNP_Assurances, des grands groupes et gestionnaires de fortune comme #Financière_Dassault, #Orange ou #Unibel mais aussi… des fonds souverains étrangers. Celui d’Abou Dabi, - l’un des gouvernements des Émirats arabes unis - #Mubadala_Investment_Company, est le premier à abonder à hauteur d’un milliard d’euros.

    Fin février 2020, le ministre de l’Économie et des Finances #Bruno_Le_Maire est accueilli en grande pompe par le prince héritier d’Abou Dabi pour assister à la signature du protocole entre #Nicolas_Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, et Waleed Al Mokarrab Al Muhairi, le directeur général adjoint de Mubadala. « À travers notre partenariat avec Bpifrance et notre engagement dans le fonds LAC 1, nous aurons accès à des entreprises exceptionnelles générant des rendements attractifs », se réjouit ce dernier. Le « signe d’une relation de confiance forte et durable entre nos deux pays », se félicite le ministre.

    Le choix d’encourager l’investissement du fonds souverain dans des entreprises françaises n’est pas anodin. En plus des manquements aux droits de l’homme relevés par Amnesty International, les Émirats arabes unis sont entrés en mars dernier dans le top 10 des paradis fiscaux de l’ONG britannique Tax Justice Network.

    Monarchies pétrolières et finance totale
    Bpifrance, qui n’a pas souhaité répondre aux questions du Média, est en discussion avec d’autres fonds souverains des pays du Golfe, comme l’a indiqué Nicolas Dufourcq, sans dévoiler les pays concernés. Comment expliquer cette coopération avec des États où, pour paraphraser Valéry Giscard d’Estaing, on n’a pas de démocratie, mais on a du pétrole ?

    Le phénomène remonte à l’ère Sarkozy, décrypte Jean-Philippe Gasparotto, secrétaire général de la CGT du groupe #Caisse_des_dépôts (qui détient la moitié de Bpifrance) : « En 2008-2009, on est allés chercher des capitaux là où ils étaient disponibles, là où il y avait des surliquidités, détenues par des fonds privés ou souverains à l’étranger. Cela avait donné lieu à la création d’une filiale de la Caisse des dépôts, #CDC_International_Capital, qui recherchait des apporteurs de capitaux à l’échelle internationale, notamment autour du Moyen-Orient ou de la Russie, pour les orienter vers les financements de projets d’investissements. Cette société, CDC International Capital, a fini par être intégrée à Bpifrance il y a deux ans. »

    En récupérant le portefeuille de CDC International Capital, Bpifrance a hérité d’accords d’investissement avec six partenaires étrangers, dont une holding privée d’investissement saoudienne dirigée par un prince de la dynastie Al Saoud et le fonds souverain qatari. Mais aussi Mubadala, avec qui la BPI se comporte désormais comme un « gestionnaire d’actifs », d’après Thomas Dallery, maître de conférences en économie à l’université du Littoral-Côte-d’Opale, spécialiste de la #financiarisation.

    « On est dans le mécanisme le plus financiarisé possible, analyse-t-il. Des fonds d’investissement interagissent avec d’autres fonds d’investissement pour essayer de retirer le maximum de rendement dans les entreprises dans lesquelles elles vont se placer, pas du tout pour les accompagner sur le long terme, pour jouer ce rôle d’État stratège, ni pour préserver certains secteurs d’activité en difficulté ou essayer d’amorcer le développement de filières d’avenir. » D’autant que Bpifrance vise un rendement de 16 %, un chiffre « énorme » d’après le chercheur.

    Mubadala et le lucratif marché de la santé
    En recherche de rentabilité, Mubadala prend d’assaut depuis quelques années un marché bien lucratif : celui de la santé privée en France. Une concurrence directe au système de santé public, venant de l’étranger et soutenue par une institution publique : aux côtés de Bpifrance, le fonds émirati investit dans de nombreux #Ehpad privés dans l’Hexagone. Il est devenu l’un des actionnaires majoritaires de #Vivalto_Santé, troisième groupe en France de cliniques et hôpitaux privés. Le groupe dégageait en 2019 un chiffre d’affaires de 760 millions d’euros, contre 308 millions en 2015. Hormis Vivalto, Bpifrance a aussi investi, en 2016, 95 millions d’euros dans #MédiPôle_Partenaires, second acteur de l’hospitalisation privée en France. Filiale de la Caisse des dépôts et consignations, qui possède la moitié de Bpifrance, #Icade_Santé est aujourd’hui le premier investisseur dans les murs des #cliniques_privées du pays.

    Des choix d’investissement qui interrogent Jean-Philippe Gasparotto : « Il n’y a pas d’appui direct, d’aide ou d’accompagnement de Bpifrance ni d’Icade à l’investissement dans la santé publique ou les hôpitaux publics. On pourrait penser que, compte tenu de la nature publique de ces organismes, ils seraient plus enclins et peut-être même poussés à investir dans la sphère publique plutôt que dans la sphère spéculative privée, notamment parce que les besoins d’investissement, on le sait, sont très nombreux et très importants dans le domaine de la santé publique. Mais il est vrai que le marché, lui, est florissant dans le domaine privé et que c’est probablement, là encore, la recherche des rendements qui guide les décisions d’investissement de Bpifrance. »



    « Médecine 3.0 »
    Outre son implication dans de grands groupes de santé privés, Mubadala alimente aussi le marché des « #HealthTech », ces startups médicales qui tentent de gagner du terrain à l’hôpital public, toujours avec le soutien sans faille de Bpifrance. En 2020, le fonds émirati investit 18 millions de dollars dans l’entreprise #Owkin, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter des données médicales (dans laquelle Bpifrance a aussi injecté de l’argent).

    Une générosité appréciée par l’institution française, déterminée - comme elle le revendique sur son site - à « suivre les transformations » de ce qu’elle appelle « l’industrie de la Santé » à travers la « médecine 3.0 » : celle des technologies. Consciente que les startups peuvent représenter une manne financière considérable, elle se réjouit que « les potentiels acquéreurs augmentent du fait de la multiplicité des acteurs qui s’intéressent à la médecine 3.0 : des #GAFAM aux Big Pharmas, en passant par les groupes d’établissements de santé ».

    Pour encourager ce mouvement, Bpifrance investit plusieurs millions dans les jeunes entreprises qu’elle juge prometteuses. Elle s’inscrit ainsi dans la ligne de la Caisse des dépôts et consignations (qui la détient à 50 %), qui suggérait dans un rapport qui a fuité sur Mediapart en 2020 d’accroître le rôle des assureurs privés et des startups médicales à l’hôpital public.

    Parmi ces entreprises rêvant d’un avenir de mastodontes ou d’être rachetées par des multinationales, #Lucine. Fin 2020, la startup bordelaise lève 5,5 millions, auprès (entre autres) de Bpifrance. Sa fondatrice revendique avoir inventé le premier « médicament numérique ». Révolutionnaire ? En réalité, il s’agit d’une application qui joue des sons et affiche des images colorées de nature censées libérer de l’endorphine, de la morphine ou de l’adrénaline, un cocktail qui diminuerait les douleurs, « en faisant en sorte que ces innovations soient remboursées par la Sécurité sociale ». Par de l’argent public, donc.

    Autre nouveauté qui a attiré les millions de Bpifrance en 2020 : #Synapse_Medicine, un « #assistant_virtuel » auquel les médecins peuvent poser des questions sur des médicaments, et une plateforme visant à analyser des ordonnances et alerter sur des erreurs de dosage. Le travail d’un médecin, en somme.

    Happytal ou l’hôpital à deux vitesses
    Dans cette vague de startups médicales, certaines font une incursion remarquée au sein-même de l’hôpital public. C’est le cas de #Happytal, installée dans une centaine d’hôpitaux en France (dont seulement cinq structures privées), qui a bénéficié d’une levée de fonds de 23 millions d’euros en 2020 (dont un prêt de 3 millions de la part de la BPI). Elle propose des services de pré-admission en ligne, de recueil des demandes de chambre individuelle et de conciergerie aux patients hospitalisés : livraison de nourriture, de fleurs, coiffure, épilation, manucure, massages. Autant de petits luxes prodigués à prix d’or, inoffensifs en apparence. Pourtant, la présence d’une telle entreprise soulève de nombreuses craintes auprès du personnel soignant.

    Au centre hospitalier et universitaire de #Toulouse, la start-up fait grincer des dents depuis qu’elle s’y est installée, il y a deux ans. Mathieu Félix, manipulateur en radiologie et délégué syndical CGT, décrype pour Le Média : « Ces services sont vendus à des prix prohibitifs. Lorsque l’on nous a présenté les tarifs, nous avons halluciné : tout cela coûte plus cher qu’une nourrice. Ce qu’ils proposent est déjà faisable sans intermédiaire et beaucoup moins cher. » Un document consulté par Le Média révèle ainsi que l’hôpital paie pour ces services une redevance mensuelle de 10 000 euros à Happytal, ainsi qu’ « une redevance variable versée par le #CHU selon le nombre d’enregistrements effectués par Happytal ». Autrement dit, plus Happytal décroche de signatures pour des chambres individuelles, plus l’hôpital rémunère la start-up. « Tout cela ne vise qu’à faire entrer du marchand à l’hôpital, affirme Mathieu Félix. Nous sommes censés accroître l’ “attractivité”. Mais l’attractivité hospitalière, ça n’existe pas. »

    https://www.youtube.com/watch?v=wyd2FF0ONUc

    En plus de favoriser des patients aisés, ce type de partenariat « relève d’une volonté politique de démantèlement des hôpitaux en externalisant et découpant les activités de façon fataliste, en prétendant qu’on n’a pas les moyens de financer certaines activités, qui en réalité peuvent être menées à moindre coût lorsqu’elles sont centralisées. » Le syndicaliste s’inquiète également d’un risque d’ “abus de faiblesse” sur un public souvent âgé et vulnérable : en 2019, France 2 révélait qu’une patiente de l’hôpital de Cannes, âgée de 89 ans, s’était vu facturer 900 euros pour une chambre individuelle sans en avoir fait la demande (un prérequis pour faire payer ce type de chambre), après avoir signé un document soumis par Happytal.

    Contactés par Le Média, les fondateurs de l’entreprise, #Pierre_Lassarat et #Romain_Revellat, assurent que « Happytal n’avait pas connaissance au moment du recueil du consentement qu’il y avait une raison médicale à la mise en chambre individuelle de cette patiente, ce qui impliquait sa gratuité ». À #Douarnenez, en Bretagne, Françoise Bordanova, infirmière et secrétaire générale adjointe de la section CGT de l’hôpital, se demande « comment les patients âgés signent un document. Nous accueillons en grande partie des patients en gériatrie. Sont-ils assez conscients pour consentir de façon éclairée et avoir une réponse adéquate quand quelqu’un demande si leur mutuelle rembourse une chambre individuelle ? D’autant plus que souvent, ils sont seuls. Ils n’ont pas leur famille avec eux. »

    Au centre hospitalier de Rambouillet, la CGT craint que ces externalisations contribuent à ce que « des postes soient supprimés. On voit bien que c’est la tendance, notamment chez les administratifs en ce moment ». Françoise Bordanova explique qu’un « agent effectuait les tâches de Happytal avant qu’ils arrivent. Il allait demander si les gens avaient une mutuelle et s’ils souhaitaient une chambre individuelle. Il est parti à la retraite et n’a pas été remplacé. » Les fondateurs de Happytal, eux, disent ne pas être « au courant du non-remplacement de cet agent. Si l’hôpital a besoin d’un relais pour s’occuper des chambres individuelles, nous sommes là. Nous ne faisons pas les équilibres budgétaires. Nous constatons la situation et tentons d’y répondre. »

    « Micro-privatisation » de l’hôpital
    Autant de discrètes démarches qui participent à la #marchandisation de l’hôpital public français, une « #micro-privatisation » selon les termes de Fanny Vincent, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Jean-Monnet-Saint-Étienne, sociologue de la santé et co-autrice de La casse du siècle : à propos des réformes de l’hôpital public (Raisons d’agir, 2019).

    « Cette #technophilie hospitalière qui prétend apporter des gains en termes de qualité vise en réalité à faire accepter le sous-financement de l’hôpital, il lui donne des gages. C’est une face à part entière du #néolibéralisme. » La chercheuse reconnaît que « les progrès technologiques peuvent avoir un intérêt. Mais il faut bien avoir en tête que ceux qui financent et dispensent ces innovations ont des exigences en termes de #rentabilité qui entrent totalement en conflit avec le service public où il n’y a pas d’exigence de rentabilité, de chiffre d’affaires. Les #logiques_marchandes et celles de service public ne sont pas conciliables. » En faisant peser sur les individus le coût de services, « nous créons un système de santé de plus en plus inégalitaire où la médecine est mise au service de l’économie », ajoute-t-elle.

    Pour asseoir un peu plus encore le dogme néolibéral dans le domaine de la santé, Bpifrance va jusqu’à publier sur son site un « guide de la vente de produits innovants à l’hôpital public » https://lehub.bpifrance.fr/guide-vente-produits-innovants-hopital-public qui recommande aux entrepreneurs d’ « adapter son langage et sa posture », de « proposer une phase de test » par le biais d’un « #prêt_gratuit ». Le conseil le plus notable est l’apanage de la #novlangue technocrate. Intitulé « neutraliser les perturbateurs », il préconise : « Lors d’un rendez-vous où le panel est très large, allant du directeur du CH à la secrétaire médicale en passant par le médecin, il n’est pas rare d’être confronté à un “opposant”, impossible à satisfaire. Ces personnalités auront tendance à freiner les discussions, il faut faire en sorte de les écarter du cœur du processus. »

    Des propos ayant de quoi inquiéter lorsqu’ils viennent d’une institution publique devenue le bras armé de toutes les #outrances du néolibéralisme : perte de souveraineté, désindustrialisation, destruction des services publics. Nouveau symbole de ce dévoiement, une loi datant du 23 mars 2020 (loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19) autorise le gouvernement à légiférer par voie d’#ordonnance afin d’adapter « les dispositions relatives à l’organisation de la Banque publique d’investissement ». Le 17 juin de la même année, une ordonnance est signée et vient ouvrir le conseil d’administration de la banque publique… à des acteurs privés, jusque-là absents, dont il est permis de douter des égards pour l’intérêt général.

    #France #fric #capitalisme #santé_privée #Mubadala #startups #hôpital_public #Bpifrance #bpi #système_public_de_santé #santé #cac_40 #paradis_fiscaux

  • Enfantprêté au silence de ma honte j’attends la colère

    Une famille, un suicide, « N’entrez pas là-dedans vous égarer. Le père fracturé a fait taire les douleurs », des souvenirs refoulés, des incertitudes, je et tu. Une figure, l’avant et l’après de sentiments et de culpabilité. Et en premier lieu, une écriture qui vous saisit, vous retient, vous entraine dans une topographie familiale.

    Le père, une corde, libre à présent, pendu, « Après des années d’humiliation il recouvrait main sûre. Il décidait une dernière fois », un homme décousu, une maladie « avait creusé les cellules de cette émotivité dilatée par tous les pores de son passé », le monstre erroné…

    Note sur : Benoit Colboc : Topographie

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/08/13/enfantprete-au-silence-de-ma-honte-jattends-la-colere

    #littérature #roman

  • Le recensement des intellos de gauche

    Le professeur Prospero se trouve dans une de ces émissions de télévision qui mêlent écrivains, chanteurs, politiciens, sportifs et public. Répondant à une question, il mentionne naïvement Spinoza. Scandale ! Du ton le plus grave, le présentateur lui répond : « Ceci est un programme qui s’adresse aux familles, et les gens qui ont trimé toute la journée ont le droit de se détendre sans se sentir inférieurs. » L’assistance hue, tape des pieds. Le ministre de l’Intérieur, invité lui aussi, ajoute que le Pr. Prospero devrait avoir honte de son élitisme. Twitter se déchaîne. « On t’aura, enfoiré d’intello de mes couilles ! @giolia 71 » Rentrant chez lui, il est tué à coups de batte de base-ball.
    De cet argument de départ s’ensuit l’aventure la plus tristement comique qui soit, celle du populisme contemporain. Cela se passe en Italie, cela pourrait se passer en France, aux Etats-Unis, en Hongrie, en Pologne, c’est-à-dire partout. Le ministre de l’Intérieur, devenu Premier ministre de l’Intérieur (car nous sommes dans une réalité augmentée) comprend tout de suite l’avantage électoral qu’il y a à honnir les écrivains, les intellectuels, les penseurs. Et il décide, face au danger évidemment terrible qu’ils représentent, du recensement national des intellos de gauche - puisque le mot « gauche » est devenu synonyme de « vice ». La première victime sera ce ministre même, filmé à son insu sortant d’un cinéma d’art et d’essai. Le populisme dévore ses enfants. Parallèlement à cet orage politique, on cherche qui a tué le professeur. La fille du professeur, Olivia, enquête.
    Avec un brio et un humour qui le situent dans la lignée des romans d’Italo Calvino, #Giacomo_Papi radiographie les passions tristes de la politique contemporaine. Le livre a été un grand succès en Italie.

    https://www.grasset.fr/livres/le-recensement-des-intellos-de-gauche-9782246823339

    #livre #intellectuels #gauche #penseurs #écrivains #danger #intellos #vice #recensement #populisme #roman #

  • Tu n’étais pas un ange, mais les anges n’existent pas

    « JE VEUX D’ABORD TE PARLER D’ELLE, de cette femme qui, sans le savoir, m’a fait venir jusque-là, jusqu’à toi, qui est morte depuis deux cent soixante et un ans, pendue au gibet de Quimper en 1755. Tu avais 38 ans ». Une femme aperçue, des cheveux roux flamboyant, une femme seule, « Il m’avait semblé lire sur le visage de cette femme que nous étions dans la même sidération, le même désir d’être ailleurs », une femme jamais réapparue dans cette soirée…

    Note sur : Michèle Lesbre : Chère brigande
    Lettre à Marion du Faouët

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/19/tu-netais-pas-un-ange-mais-les-anges-nexistent-pas

    #littérature #roman

  • Le #Dixième_Cercle : le nouveau #Roman d’Eric Juillot
    https://www.les-crises.fr/le-dixieme-cercle-le-nouveau-roman-d-eric-juillot

    Eric Juillot, notre collaborateur sur Les-Crises, vient de faire paraître un roman, Le Dixième cercle, aux éditions Maïa. Quatrième de couverture : Jacques Dorigny, un jeune résistant, est déporté dans un camp de concentration nazi. Par tous les moyens disponibles, il lutte jour après jour contre la dissolution morale et la destruction physique, avant de […]

    #Livres #Eric_Juillot #Livre #Parution #Livres,_Dixième_Cercle,_Eric_Juillot,_Livre,_Parution,_Roman

  • Bonjour, grüezi, allegra, benvenuto: plurilingue au quotidien

    Quatre #langues_nationales, des dizaines de dialectes, plus de 250 langues parlées au total : le plurilinguisme est un phénomène saillant en Suisse, et il augmente. Le plus frappant est cependant de voir comment l’#anglais s’impose peu à peu comme cinquième « langue nationale ».

    Renata Coray a grandi dans le canton de Bâle-Campagne au sein d’une famille où l’on parlait le romanche et le suisse allemand, elle a fait des études en français et en allemand à Fribourg, vit à Zurich, séjourne souvent dans la Surselva, lit aussi des textes en anglais pour son travail et aime les vacances en Italie. Si tous les Suisses ne sont pas aussi polyglottes que cette cheffe de projet à l’Institut de plurilinguisme de l’université de Fribourg, la dernière étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS) sur le #paysage_linguistique suisse montre tout de même que le plurilinguisme est en nette augmentation. Plus de deux tiers de la population suisse utilise régulièrement plus d’une langue. En 2014, environ 64 % des Suisses parlaient plus d’une langue au quotidien. Aujourd’hui, ils sont 68 %. Pour ce qui est du nombre de langues utilisées, 38,4 % en parlent régulièrement deux, 21,3 % trois, 6,4 % quatre et 1,7 % cinq ou plus. Notons que l’étude n’établit pas de distinction entre l’allemand standard et le suisse allemand.

    « Cette augmentation est due à la #mobilité accrue, aux possibilités de communication élargies offertes notamment par les nouveaux médias et l’Internet, aux cours de langue très répandus et à la composition plus internationale de la population », indique la sociolinguiste Renata Coray. Mais la modification des questions de l’enquête statistique y est aussi pour quelque chose : si, jusqu’en 1990, les sondés ne devaient indiquer que leur langue maternelle (les personnes bilingues devant opter pour une seule langue), ils peuvent depuis lors mentionner aussi les langues qui leur sont familières et, depuis 2010, citer jusqu’à trois langues principales.

    Une mise en œuvre présentant des lacunes

    Malgré cette augmentation, le plurilinguisme reste un thème politique explosif en Suisse. La longue lutte pour la survie du #romanche ou, en nombre d’endroits, les disputes liées à l’introduction de l’anglais à l’école au lieu du français dans les petites classes le montrent. La promotion des langues nationales, en particulier des #langues_minoritaires que sont l’#italien et romanche, est néanmoins ancrée dans la Constitution fédérale. « Pas mal de choses ont été faites sur le plan de la #politique_linguistique et des lois, note Renata Coray, mais la mise en œuvre présente parfois des lacunes. » Cela se voit par exemple, dit-elle, dans l’#administration_fédérale. Une étude de 2020 du Centre pour la Démocratie d’Aarau montre que dans près de deux tiers des offices, les Suisses alémaniques sont clairement surreprésentés et les membres des minorités linguistiques, sous-représentés.

    Un problème similaire existe dans le canton des #Grisons, relève la sociolinguiste. Dans ce seul canton possédant trois langues officielles – l’allemand, le romanche et l’italien –, l’#allemand reste nettement dominant dans l’#administration. Au fond, la promotion du romanche a-t-elle un sens dans un pays dont seulement 0,5 % de la population résidante permanente le considère comme l’une de ses langues principales, et seulement 0,9 % l’utilise régulièrement, sachant que la plupart des romanchophones maîtrisent aussi l’allemand ? « Il est vrai que ma grand-mère faisait probablement partie de la dernière génération qui ne parlait que le romanche, mais la promotion de la #diversité_linguistique est tout de même importante pour la #cohésion et l’#identité du pays », souligne Renata Coray. Même du point de vue économique, le multilinguisme semble payer : il est en effet à l’origine de 9 % du produit intérieur brut de la Suisse, comme l’ont découvert des chercheurs de l’université de Genève en 2008. Actuellement, une autre étude est en cours, car ce chiffre pourrait avoir augmenté ces dernières années.

    Encourager les jeunes

    Naomi Arpagaus apprécie elle aussi la #diversité_linguistique. Cette Grisonne de 21 ans a grandi dans un environnement romanche et suisse alémanique, appris l’anglais et l’italien à l’école, s’est spécialisée en espagnol au gymnase et prend en ce moment des leçons de français. « Vivant à Berne à cause de mes études, je parle surtout l’allemand au quotidien, mais aussi le romanche avec mes amis. » La préservation de cette langue lui tient à cœur. Ainsi, en tant que présidente de l’organisation faîtière de la jeunesse romanche #GiuRu, elle s’engage pour la défense des régions linguistiques grisonnes et l’interconnexion des cinq idiomes que sont le #sursilvan, le #sutsilvan, le #surmiran, le #puter et le #vallader.

    « Nous organisons des concerts et des soirées de jeux en romanche, tenons une rubrique dans le quotidien romanche ‹La Quotidiana› et entretenons des liens avec d’autres minorités linguistiques d’Europe », explique Naomi Arpagaus. L’intérêt des jeunes est très vif, dit-elle : « Beaucoup considèrent que la maîtrise du romanche est un avantage. Elle facilite l’accès à d’autres langues latines comme le français, l’espagnol ou le portugais, et il s’agit presque d’une langue secrète. » Pourtant, sur les réseaux sociaux, les jeunes s’expriment sans doute plutôt en allemand qu’en romanche, non ? Naomi Arpagaus rigole : « Dans ma génération, on écrit surtout en anglais. »

    La prédominance de l’anglais

    Dans les faits, si l’on excepte la position particulière de l’allemand standard (voir encadré), l’anglais a de plus en plus tendance à s’imposer comme la cinquième « langue nationale ». L’anglais est la langue étrangère la plus répandue, et de loin (45 %), en particulier chez les jeunes : près de trois quarts des 15 à 24 ans ont utilisé régulièrement l’anglais en 2019. « Et c’est une bonne chose, souligne Verio Pini, je dirais même que c’est indispensable. » Le président de l’association Coscienza Svizzera, qui se bat pour la diversité linguistique, expérimente cela au quotidien. Après avoir grandi au Tessin, Verio Pini a fait des études à Lausanne et à Berne. Il vit la moitié du temps à Berne et la moitié au Tessin et utilise aussi le français, l’anglais et l’espagnol tous les jours, en particulier pour la lecture de la presse.

    Aussi important que soit l’anglais aujourd’hui, Verio Pini note cependant que cette langue exerce une forte pression sur les langues nationales. Non seulement sur les langues minoritaires que sont le romanche et l’italien, mais aussi sur l’allemand à Genève ou le français à Zurich. » Souvent, les langues ne sont encouragées que dans leur aire d’influence, alors qu’aujourd’hui, dit Verio Pini, compte tenu de la grande diversité culturelle et de la mobilité, il faut voir au-delà des frontières linguistiques : « L’italien, par exemple, est parlé par un plus grand nombre de personnes au nord des Alpes qu’au Tessin. » Cela n’a pas échappé aux cercles politiques. Dans son message culture 2016–2020 déjà, le Conseil fédéral avait défini l’objectif de soutenir la langue et la culture italiennes hors de la Suisse italienne. Le Parlement réclame aujourd’hui une promotion plus large et plus dynamique du plurilinguisme, et ce afin de favoriser la cohésion nationale et l’intégration.

    « Il est évident que la communication entre les différentes régions linguistiques serait plus aisée si tout le monde parlait l’anglais. Mais pour la cohésion nationale et sociale, la communication simplifiée ne suffit pas, note Verio Pini. Il faut aussi comprendre la culture des autres régions linguistiques. » Apparemment, la population suisse en est tout à fait consciente : d’après l’étude de l’OFS, 84 % des Suisses pensent que connaître plusieurs langues nationales est important pour la cohésion du pays.

    On n’apprend pas les langues qu’à l’école

    Philipp Alexander Weber est aussi de cet avis. Il a grandi à Winterthour et a déménagé à Fribourg pour étudier l’économie. Au début, il avait de la peine avec le français : « À l’école, j’étais plutôt un matheux. » Cependant, il a rapidement remarqué qu’il avait bien plus de facilité à apprendre la langue sur place que dans les livres de grammaire. C’est pourquoi en 2007, il a fondé l’organisation friLingue, qui propose des séjours linguistiques aux jeunes en Suisse. « Je voulais bâtir des ponts au-dessus de la barrière des rösti », explique-t-il.

    Aujourd’hui, un millier d’enfants et d’adolescents participent chaque année aux camps de langues de friLingue. Philipp Alexander Weber a noté une hausse de l’intérêt surtout chez les jeunes Romands : « Tandis que les Suisses alémaniques ont toujours été attirés par le français, langue de la diplomatie, et qu’ils considèrent sa maîtrise comme un signe d’éducation, les Romands ont une relation plutôt compliquée avec l’allemand. Ne serait-ce que parce qu’ils apprennent le bon allemand à l’école, tandis qu’on parle des dialectes différents à Berne, à Zurich et à Bâle. » Après la Coupe du monde de football en 2006 en Allemagne, relève Philipp Alexander Weber, l’allemand a toutefois gagné en attrait auprès des Romands. En quelques années, l’Allemagne est devenue leur destination de voyage préférée. Et beaucoup d’entre eux souhaitent à présent effectuer une année sabbatique à Berlin ou un séjour linguistique en Suisse alémanique.

    En même temps, plusieurs cantons de Suisse centrale et orientale dévalorisent actuellement le français pour lui préférer l’anglais à l’école. À Uri et en Appenzell Rhodes-Intérieures, par exemple, on n’enseigne plus le français à l’école primaire, et en Thurgovie et à Zurich, le français n’est plus une matière déterminante pour le passage à l’école secondaire ou au gymnase. « Cela se reflète aussi dans les inscriptions aux camps de langues », indique Philipp Alexander Weber. Mais l’école n’est pas le seul endroit où l’on apprend les langues : d’après l’étude de l’OFS, 25 % de la population suisse apprend une ou plusieurs langues à partir de 25 ans. La langue la plus fréquemment apprise est… l’anglais.

    Bien sûr, à friLingue aussi, il arrive que des jeunes issus de régions linguistiques différentes aient recours à l’anglais pour se comprendre. Aux yeux de Philipp Alexander Weber, il n’y a là rien de grave : « Nous ne sommes pas une école. Notre objectif est de susciter l’amour des langues. » Lui-même utilise l’allemand et le français au quotidien, mais aussi l’anglais et le portugais. Il a vécu dix ans au Brésil et a un fils brésilien qui parle le suisse allemand. « Les connaissances linguistiques permettent de découvrir et de comprendre d’autres cultures et manières de penser, souligne-t-il. Elles ouvrent de nouveaux horizons. »

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    « #Hochdeutsch » ou #suisse_allemand ?

    Pour les uns, le suisse alémanique est un dialecte, tandis que d’autres le considèrent comme une langue à part entière. Pour Jürg Niederhauser, président du SVDS (Schweizerischer Verein für die deutsche Sprache), il s’agit là en fin de compte d’une « question idéologique » qu’on ne peut pas trancher en s’appuyant sur des données linguistiques. Il est clair que pour quelqu’un qui vient d’une autre région linguistique ou de l’étranger, le suisse allemand parlé au quotidien est souvent un obstacle. De surcroît, le dialecte est de plus en plus souvent utilisé aujourd’hui, car les formes d’expression deviennent de plus en plus informelles : « Il y a 70 ans, un match à la télévision était encore commenté en bon allemand. Aujourd’hui, on utilise le dialecte », relève Jürg Niederhauser. D’après lui, cela rend la compréhension plus difficile pour ceux qui ne parlent pas le suisse allemand et fait que les Suisses alémaniques se gênent davantage de parler l’allemand standard, car celui-ci est presque uniquement utilisé dans un contexte formel, comme à l’école.

    https://www.swisscommunity.org/fr/nouvelles-et-medias/revue-suisse/article/bonjour-grueezi-allegra-benvenuto-plurilingue-au-quotidien

    #Suisse #langues #plurilinguisme #statistiques #chiffres

  • De si petits galets, capables de déchaîner une avalanche de pensées

    Jayaprakash Satyamurthy avec son récit et son usage particulier de la langue, réussit à rendre plus que palpable ses personnage dont une femme et un homme Il met en mots le refus des assignations et de leurs inscriptions corporelles, « C’est plus facile dans la chair d’un garçon. C’est pourquoi elle a cessé de penser, non sans hésitation, aux garçons dont elle aime peut-être la chair pour se consacrer aux garçons dont elle aimerait porter la peau (pas ((?)) littéralement) », les chaînes de la vie et les moyens de les briser, le visible et le souhait de se rendre invisible, la « peluche culturelle qui s’accroche à un cerveau après l’autre », le fondamentalisme et ses effets, les petits gestes de résistance au quotidien, les bénéfices de la masculinité, les effets de la parole, « Maintenant, ils ont parlé. Elle a une meilleure idée des perspectives »…

    Note sur : Jayaprakash Satyamurthy : La force de l’eau

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/04/de-si-petits-galets-capables-de-dechainer-une-avalanche

    #littérature #roman

  • « C’était un être humain impeccable » : Romain Bouteille, un comédien qui ne voulait dépendre de personne
    https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/06/02/c-etait-un-etre-humain-impeccable-romain-bouteille-un-comedien-qui-ne-voulai

    Romain Bouteille, en 1976, au Festival de Cannes. GILBERT TOURTE/STILLS/GAMMA

    Avec la mort de Romain Bouteille, c’est un pan de l’histoire de la scène humoristique française qui s’en va. Celle des cafés-théâtres créés en troupe, avec l’énergie de la débrouille, dans un esprit anarcho-libertaire et communautaire. Auteur, comédien et humoriste, cofondateur, notamment avec Coluche et la réalisatrice Sotha, du célèbre Café de la Gare à Paris, Romain Bouteille est mort lundi 31 mai, à l’âge de 84 ans, à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. « Depuis quelque temps, Romain avait une insuffisance rénale. C’est une insuffisance respiratoire qui l’a emporté », a indiqué, dans un message à l’AFP, sa compagne, Saïda Churchill, elle aussi comédienne. (...)