• « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
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    « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques » : dans la station balnéaire de Jaywick, le vote pour Nigel Farage est nourri par la peur de l’étranger
    Par Julie Zaugg (Jaywick [Royaume-Uni], envoyée spéciale)
    Pour Michelle (qui n’a donné que son prénom), 54 ans, la décision de déménager à Jaywick, sur la côte de l’Essex, n’a pas été prise à la légère. « J’ai consulté les statistiques officielles pour trouver l’un des endroits au Royaume-Uni avec la population la plus blanche », relate-t-elle, le 5 août, assise devant le Sunspot, un minicentre commercial abrité dans des bâtiments de tôle qui a ouvert en 2023 sur le front de mer de cette station balnéaire isolée, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Londres. « Je ne me sens plus en sécurité dans les grandes villes avec tous ces groupes de migrants illégaux qui rôdent », poursuit-elle.Jeudi 13 août, lorsque les résidents de Clacton-on-Sea, la circonscription dont fait partie Jaywick, se rendront aux urnes pour élire leur député, elle votera pour Nigel Farage, le dirigeant du parti d’extrême droite Reform UK.
    Les chalets bordant la plage de Jaywick, communauté fondée en 1928 comme village de vacances pour la classe ouvrière, sont progressivement devenus des résidences principales pour les personnes défavorisées fuyant la capitale. En ce mercredi après-midi de début août, des résidents sillonnent la rue principale sur des scooters pour personnes à mobilité réduite. La plage est parsemée de tentes érigées par des personnes sans domicile fixe. Trois jeunes femmes assises à même le trottoir versent de la vodka dans une bouteille de cola. Sur les balcons, des pancartes munies du slogan « Je suis avec Nigel » signalent l’allégeance politique du lieu.
    L’élection de Clacton-on-Sea a été déclenchée par la démission de Nigel Farage, qui occupe ce siège parlementaire depuis 2024. Placé sous enquête en raison d’un don non déclaré de 5 millions de livres (5,8 millions d’euros) provenant du cryptomilliardaire Christopher Harborne, il a choisi de démissionner et de se représenter à son propre poste, décrivant le scrutin du 13 août comme un vote « du peuple contre l’establishment ». Les principaux partis ont choisi de boycotter le scrutin pour ne pas rentrer dans son jeu.
    Cette décision a ouvert la voie à une série de candidats fantaisistes, dont Count Binface (« le comte à tête de poubelle »), qui a promis de maintenir le prix des croissants à 1 livre et de renvoyer à l’école les climatosceptiques. L’acteur Laurence Fox, qui représente le parti d’extrême droite Reclaim, est aussi sur les rangs. La réélection de Nigel Farage semble toutefois assurée. Un sondage de Mandate Research, publié le 3 août, lui attribue 73 % des intentions de vote.
    Les façades des hôtels à la peinture fanée ornant le front de mer témoignent des jours meilleurs qu’a connus cette station balnéaire avant que les classes ouvrières londoniennes ne découvrent les séjours tout compris en Espagne dans les années 1980. La fête foraine installée sur la jetée en bois était l’une des plus connues du pays. Des touristes journaliers en habit de plage fréquentent désormais les manèges brinquebalants et les échoppes vendant du sucre d’orge et des bulots. « Il n’y a qu’une seule personne qui aura mon vote, c’est Nigel », glisse Steve Devaux, 58 ans. Sa bête noire, ce sont les gens qui vivent de l’aide sociale. « Je possède plusieurs logements, et mes locataires ont des télés à écran plat et des meubles neufs sans avoir jamais travaillé un seul jour de leur vie », déplore-t-il.
    L’immigration l’inquiète aussi. « Tous ces migrants illégaux qui arrivent sur nos côtes prennent les emplois des Britanniques », lâche-t-il. La population de la cité est pourtant à 96 % blanche, selon le dernier recensement réalisé en 2021. Le 1er juillet, une embarcation de fortune contenant six migrants est arrivée sur l’une des plages locales, mais il s’agissait d’une première. « Clacton-on-Sea compte de nombreux retraités issus de la classe ouvrière, relève Peter Klotz, un élu travailliste au conseil municipal. On leur a vendu l’idée que tous leurs maux avaient été causés par les migrants. » Les plus de 65 ans représentent 32 % de la population, contre 19 % à l’échelle nationale.
    Le pasteur Stephen Clayden, qui prêche pour l’église Le Pain de vie, dans une halle blanche en face d’un supermarché Lidl, fait partie des orateurs affiliés à la droite dure qui ont influencé le discours politique à Clacton-on-Sea. « Les gens sont inquiets, lance-t-il. Des groupes d’hommes asiatiques ont été vus à proximité de certaines écoles. » Il dit vouloir « [se] battre pour éviter que les hôtels de la cité ne servent à héberger des demandeurs d’asile, comme ailleurs au Royaume-Uni ». Interdit de prêche dans la ville voisine de Colchester en raison du contenu homophobe et islamophobe de ses sermons, Stephen Clayden a reçu le soutien de Nigel Farage dans une vidéo mise en ligne en mai.
    Siégeant dans un ancien théâtre néoclassique, le chef (non élu) du conseil municipal de Tendring (qui comprend Clacton-on-sea et Jaywick), Ian Davidson, est préoccupé par le cirque médiatique qui s’est abattu sur la commune de 53 200 habitants. « Cette élection n’est pas une blague, soupire-t-il. Nous élisons notre représentant parlementaire. » Il a préparé une présentation d’une trentaine de pages à l’intention des candidats pour les informer des enjeux locaux. « Clacton-on-Sea souffre d’un profond dénuement, détaille-t-il. Le nombre de jeunes qui obtiennent un diplôme d’études secondaires est plus bas que la moyenne nationale. L’espérance de vie est dix-huit ans plus basse qu’à Saffron Walden [une riche commune de l’Essex]. » Il y voit un effet du manque d’emplois dans cette station balnéaire qui ne parvient guère à attirer les touristes. « C’est un cercle vicieux, poursuit-il. Comme les logements sont bon marché, les personnes défavorisées et les séniors déménagent ici, faisant pression sur les ressources publiques. »
    Sur la place centrale de Clacton-on-Sea, on sent poindre ces défis. Un groupe d’habitués sirote des canettes de bière en lançant des grossièretés aux passants. Une dame âgée en minijupe et en haut très court se promène en marmonnant, une poupée dans les bras. Un garçon d’une douzaine d’années tente d’écouler des parfums de contrefaçon qu’il trimballe dans un cabas en papier.« L’absence de perspectives pousse de nombreux électeurs dans les bras de Reform UK », juge Ben Lattimore, un résident de 39 ans qui prend le soleil dans un parc au bord de l’eau. Il pense toutefois que le scrutin déclenché par Nigel Farage va entamer sa popularité. « Nous avons bien compris qu’il cherche juste à détourner l’attention de ses problèmes financiers », dit-il. Reform UK, qui caracolait en tête des sondages il y a un an, avec 34 % des intentions de vote au niveau national, a vu cette part chuter à 26 %, selon le baromètre Ipsos de juin.

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  • « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record - InfoMigrants
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    « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record
    Par Romain Philips Publié le : 10/08/2026 Dernière modification : 11/08/2026
    Un bateau transportant 230 migrants est arrivé au Royaume-Uni tôt ce lundi 10 août. Ce nouveau record illustre l’amplification du phénomène des mega boats dans les traversées de la Manche.
    Ces dernières semaines, les records du nombre de migrants dans des embarcations de fortune pour traverser la Manche ne cessent d’être battus les uns après les autres. Mi-juillet, l’arrivée d’un bateau comptant 130 exilés à son bord avait retenu l’attention, il a été suivi le 23 juillet par un autre transportant 165 personnes. Et ce lundi, c’est une embarcation de 230 migrants qui a atteint les côtes anglaises.
    Selon les autorités, l’embarcation est arrivée à Douvres aux alentours de 2 heures du matin ce lundi. L’antenne de la SNSM de Berck-sur-Mer a fait état d’une opération d’assistance « hors norme » menée auprès d’un canot. « Au total, 230 personnes (ont été) dénombrées à bord dont plus de 20 enfants. Un nouveau et triste record du nombre de personnes transportées à bord de ces embarcations précaires vient ainsi d’être franchi », a écrit l’association dans un communiqué.
    Le directeur de la SNSM de Berck-sur-Mer, Jean-Marc Lamblin, a précisé à l’AFP que ses équipes avaient accompagné le canot jusqu’aux eaux britanniques avant d’être relayées par les secours d’outre-Manche. Deux personnes ont été secourues de l’embarcation mais les autres ont désiré poursuivre leur route. Cette arrivée intervient seulement quelques jours après l’une des plus importantes opérations de secours en mer depuis le début des traversées de la Manche en 2018. Le 4 août, une embarcation surchargée qui tentait de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni a pris feu. Les occupants de ce mega boat se sont alors jetés à l’eau. 173 personnes ont été secourues lors de cette opération qui a mobilisé de nombreux navires et hélicoptères.
    Ce nouveau record, le dernier en date depuis le début du phénomène des traversées de la Manche en 2018, illustre l’amplification du recours à des bateaux toujours plus gros et surchargés pour traverser de manière clandestine la Manche. « Depuis trois mois, on voit passer de plus en plus » de canots de 15 mètres, a expliqué le directeur de la SNSM. "On a passé le record de 150 il y a peu, on ne pensait pas qu’il pourrait y en avoir plus, mais il n’y a vraiment plus aucune limite". Contactée par InfoMigrants, la préfecture de la Manche et de la mer du Nord confirme cette tendance. « Le nombre de personnes par embarcation ne cesse d’augmenter », explique-t-il. il était de 26 en 2021, 45 en 2023, 63 en 2025 et 65 depuis début 2026. « Par ailleurs, 10 embarcations embarquant plus de 100 personnes, et 1 embarquant plus de 200 personnes, ont tenté la traversée depuis début 2026 », ajoutent les autorités françaises.
    Ce phénomène des mega boats est « en train de devenir une nouvelle normalité », commente de son côté Angèle Vettorello, co-coordinatrice de l’antenne locale de l’association Utopia 56 à Calais, qui appelle à accroitre les dispositifs de secours. « Il va falloir questionner rapidement et réellement le dimensionnement du dispositif de secours dans la Manche, qui n’a pas l’air de s’adapter autant qu’il le faudrait aux nouvelles dynamiques de passage », ajoute-t-elle, « car entre une embarcation avec 50 à 60 personnes et une avec plus de 200 personnes, ce n’est pas la même chose ».
    Selon la préfecture, sur les sept premiers mois de 2026, 16 849 personnes à bord de 258 embarcations qui ont tenté de traverser la Manche de la France vers le Royaume-Uni et « 2 231 personnes ont été secourues ». Elle précise notamment que « face à ces risques, le dispositif de secours en mer s’adapte en permanence », citant quatre opérations menées ces derniers mois concernant respectivement 115, 113 et 173 migrants.
    Une telle surcharge d’embarcations toujours plus grandes expose aussi les exilés à des risques supplémentaires. Depuis de nombreux mois, associations et médias - dont InfoMigrants - documentent le fait que les morts ont de plus en plus lieu au moment de l’embarquement. Le phénomène des taxi boats - des embarcations qui partent en amont sur le littoral et récupèrent les exilés directement dans l’eau pour éviter les dispositifs policiers - provoque souvent des ruées dangereuses et parfois mortelles.
    Et plus les embarcations sont grandes, plus l’attroupement dans l’eau est conséquent et les risques réels. « Autant de monde qui tente de monter en même temps dans une embarcation déjà dans l’eau, cela n’a rien à voir. On est sur des modes d’embarquements plus complexes. Et des potentiels accidents plus mortels peuvent arriver », commente la coordinatrice d’Utopia 56. Dans ce cas précis, « une véritable marée humaine s’est précipitée vers l’embarcation pneumatique d’environ 15 mètres », raconte la SNSM dans un communiqué. Face à la surcharge, plusieurs personnes ont été éjectées du bateau et une trentaine d’entre elles se sont alors retrouvées dans l’eau", ajoute les sauveteurs.
    « Avec la marée montante, une partie du groupe se retrouve rapidement isolée. Gendarmes et sapeurs-pompiers interviennent pour mettre ces personnes en sécurité. La coordination de l’ensemble des moyens engagés a permis d’éviter un drame lors de cette phase particulièrement dangereuse. Le mouvement de masse au moment de l’embarquement représente en effet un risque majeur, d’autant que de nombreuses personnes présentes ne savent pas nager », poursuit le communiqué. Selon la Prémar, une trentaine de personnes ont été secourues de la marée ce jour-là.
    Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique, ce dernier incident démontre « les tactiques imprudentes et dangereuses employées par les bandes criminelles qui continuent de mettre des vies en danger en entassant un nombre toujours plus grand de personnes sur des navires inadaptés ». Dans le même temps, des centaines d’autres migrants ont atteint le Royaume-Uni à bord de plus petites embarcations. Rien que le dimanche 9 août, 423 personnes ont traversé la Manche. Ces récentes arrivées portent à environ 15 500 le nombre de personnes ayant rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer depuis le 1er janvier, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

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  • Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni - InfoMigrants
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    Depuis 2022, plus de 1 000 migrants ont été poursuivis pour « entrée illégale » au Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 07/08/2026
    Selon les données du Home Office obtenues par The Guardian, entre les mois de juillet 2022 et janvier 2026, 1 109 migrants ont fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire britannique dont 628 arrivés à bord d’un small boat.Plus de 1 000 personnes ont été condamnées pour « entrée illégale au Royaume-Uni » entre juillet 2022 et janvier 2026, a rapporté le média britannique The Guardian, jeudi 6 août. Les données obtenues auprès du Home Office font état de 1 109 migrants ayant fait l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire, dont 628 sont arrivés à bord d’un small boat. Parmi ces derniers, 296 ont été filmés par des drones de surveillance en train de diriger un canot pneumatique. Le Home Office a instauré l’infraction « d’entrée illégale » en 2022 afin de dissuader les migrants de monter à bord de canots ou de camions pour se rendre clandestinement au Royaume-Uni.Selon le Guardian, « cette décision avait été largement condamnée à l’époque, car la Convention relative au statut des réfugiés stipule que les personnes en quête d’asile ne doivent pas être criminalisées en raison de leur mode de transport, celles-ci n’ayant souvent pas la possibilité de se déplacer légalement d’un pays dangereux vers un pays sûr ».
    D’autre part, seuls 12 migrants ont été condamnés pour le délit « d’aide à l’entrée illégale », après avoir piloté les canots pneumatiques à bord desquels elles étaient arrivées. Ces personnes ont souvent été identifiées par la justice britannique comme ayant « la main sur la barre ». Mais « avoir la main sur la barre » ne signifie pas toujours être passeur. Il existe de nombreuses raisons de piloter un small boat : certains migrants ont de l’expérience en navigation, d’autres ont accepté de piloter en échange d’un passage à prix réduit, d’autres affirment se relayer à la barre ou avoir piloté sous la contrainte.
    Le 23 juillet, Basir Ramatullah, 21 ans, de nationalité afghane, a été condamné à deux ans de prison par la Cour d’assises de Canterbury pour avoir piloté un canot. L’homme avait été arrêté le lendemain de la traversée de la Manche, le 3 mai, par la police du Kent, d’après le tabloïd britannique Daily Express. Les agents l’auraient identifié grâce à des images enregistrées par drone durant la traversée. En communiquant sur la condamnation du jeune Afghan, le Home Office a en effet dévoilé des images prises par drone l’identifiant à bord.
    L’avocate du jeune homme avait soutenu que celui-ci n’avait pas choisi de piloter l’embarcation. Il aurait endossé ce rôle après qu’un trafiquant, qui barrait le bateau, a sauté par-dessus bord et que le compagnon de ce dernier a « renoncé » à le contrôler, a-t-elle expliqué au tribunal. L’organisation Captain Support UK qui a accompagné des centaines de personnes incarcérées dans le cadre d’affaires d’entrée illégale sur le territoire, précise que toutes les personnes arrêtées avaient demandé l’asile au Royaume-Uni quelques heures avant leur interpellation."Nous constatons directement l’impact négatif de ces poursuites sur les personnes concernées et sur leurs familles. Nous appelons de toute urgence le gouvernement à cesser d’emprisonner les personnes en situation de déplacement. Personne ne devrait être incarcéré pour avoir cherché la sécurité et une vie meilleure", estime un de leur porte-parole cité par le Guardian.
    Par ailleurs, le Royaume-Uni a également adopté, en début d’année, une nouvelle infraction relative au délit de « mise en danger d’autrui » lors des traversées illégales de la Manche - dans le cadre de la loi de 2025 sur la sécurité aux frontières, l’asile et l’immigration.Elle a aussi pour but de décourager les candidats à l’exil qui acceptent parfois de prendre les commandes d’un bateau sous la menace des passeurs ou bien en échange d’une réduction du prix de leur passage.Chan Mathok Atak, 19 ans, originaire du Soudan, accusé d’avoir piloté un mega boat le 23 juillet entre Berck-sur-Mer et les côtes britanniques, a été placé en détention provisoire et comparaîtra pour ce chef d’accusation devant la Cour de la Couronne de Canterbury le 24 août 2026.En juin, deux hommes ont été les premiers à être emprisonnés pour ce crime, chacun écopant d’une peine de plus de deux ans. C’était alors la première fois que deux personnes, sans lien avec des réseaux de passeurs, étaient condamnées à des peines de prison au Royaume-Uni sous ce chef d’accusation. En moins de deux mois, sept pilotes de petites embarcations ont été condamnés à un total de 14 ans de prison via cette nouvelle infraction, selon une communication du Home Office parue le 23 juillet. Depuis le 1er janvier, plus de 14 500 personnes ont rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

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  • Plus de 170 migrants secourus lors d’une tentative de traversée de la Manche
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    Plus de 170 migrants secourus lors d’une tentative de traversée de la Manche
    Le Monde avec AFP
    « Un small boat a pris feu à la limite des eaux françaises et britanniques, conduisant ses occupants à se jeter à l’eau » mardi matin, a détaillé la préfecture, qui a précisé qu’aucune victime n’était à déplorer « à ce stade ». Dans un bilan diffusé en fin de journée, la préfecture du Pas-de-Calais a fait état de onze personnes légèrement blessées, dont trois ont été transportées à l’hôpital.
    Il s’agit de l’une des principales opérations de secours en mer depuis le début des traversées de la Manche à bord d’embarcations précaires, en 2018.
    Ce bateau était parti lundi de Veules-les-Roses (Seine-Maritime), selon un communiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Dans un premier temps, dans la nuit de lundi à mardi, cinq passagers de ce bateau « nécessitant d’être secourus » avaient été pris en charge et débarqués à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), selon la Prémar. Les autres personnes à bord avaient alors « refusé le secours proposé par les moyens français ». Mardi matin, alors que l’embarcation approchait des eaux britanniques, le moteur de l’embarcation a pris feu et « l’intégrité de l’embarcation [s’est dégradée] très rapidement ».« Cet incident souligne les terribles dangers des traversées par small boats », a réagi le gouvernement britannique, qui dit « continuer de travailler sans relâche avec la France et [ses] partenaires » pour les empêcher.
    Une enquête pour aide à l’entrée et au séjour irrégulier d’étrangers a été ouverte, et un homme, ressortissant égyptien, a été interpellé et placé en garde à vue, a précisé le parquet de Boulogne-sur-Mer à l’AFP. Au moins 15 personnes sont mortes lors de traversées clandestines de la Manche en 2026, selon un décompte de l’AFP. Depuis janvier, plus de 14 000 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni par la mer, et environ 200 000 depuis le début des traversées de la Manche à bord d’embarcations précaires en 2018

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  • Royaume-Uni : en une journée, 752 migrants arrivés sur neuf petits bateaux par la Manche, un pic depuis le début de l’année
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    Royaume-Uni : en une journée, 752 migrants arrivés sur neuf petits bateaux par la Manche, un pic depuis le début de l’année
    Le Monde avec AFP
    Les autorités britanniques ont vu arriver 752 migrants par la Manche sur de petites embarcations mercredi, un nombre historique pour une seule journée depuis le début de l’année, selon des chiffres du ministère de l’intérieur britannique. Ces personnes ont effectué la périlleuse traversée sur neuf petits bateaux. Le précédent pic cette année était de 710 arrivées le 15 juin dernier, et le nombre le plus important était celui de 1 305 arrivées au début de septembre 2022.
    Depuis le début de l’année, 14 128 personnes sont arrivées sur ces « small boats » au Royaume-Uni, un chiffre en repli de 42 % par rapport à la même période de l’an dernier. Ce pic survient alors que les autorités françaises ont déclaré que quatre migrants ont été retrouvés morts jeudi 30 juillet après des tentatives de traversées clandestines de la Manche, portant à au moins 14 le nombre de personnes mortes en France en 2026.
    Les autorités constatent que les passeurs qui organisent ces traversées utilisent des bateaux de plus en plus grands, qui embarquent donc davantage de personnes, selon la technique dite du « taxi boat », par laquelle le canot arrive du large pour longer la côte en récupérant les migrants directement dans l’eau. En début de semaine, un jeune homme de 19 ans a comparu au Royaume-Uni devant un tribunal, accusé d’avoir piloté la semaine précédente un bateau qui avait transporté 167 personnes, selon les détails dévoilés à l’audience.
    Les gouvernements britanniques successifs ont tous promis de lutter contre ces traversées illégales de la Manche, alors que le phénomène a contribué à l’essor du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage ces deux dernières années. Des responsables politiques de ce parti et de l’opposition conservatrice accusent régulièrement les autorités françaises de ne pas en faire assez pour empêcher les départs de migrants, malgré la contribution financière versée par le Royaume-Uni à la France en ce sens. Un nouvel accord pour tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche a été conclu en avril entre Paris et Londres.

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  • Manche : 97 migrants secourues alors qu’ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni - InfoMigrants
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    Manche : 97 migrants secourues alors qu’ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 23/07/2026
    La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a porté assistance, mardi, à 97 personnes qui tentaient de traverser la Manche, près des côtes du Pas-de-Calais. Deux migrants blessés ont été pris en charge par les secours. En tout, depuis le début de l’année, 12 641 exilés ont atteint le Royaume-Uni, deux fois moins qu’à la même période de 2025. Dans la journée du mardi 21 juillet, 97 migrants, répartis dans deux embarcations, ont été secourus dans la Manche alors qu’ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni, a annoncé la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar). Ces « small boats » ont été signalés au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez dans le Pas-de-Calais.
    Le premier canot, touché par une panne de moteur, a été repéré dans la matinée. Deux navires ainsi que l’hélicoptère des douanes ont été mobilisés afin d’assurer son suivi. Les 88 personnes à bord ont ensuite été prises en charge puis débarquées au port de Boulogne-sur-Mer. Parmi elles, figuraient deux blessés.
    Puis, dans l’après-midi, une seconde embarcation a été signalée dans le secteur du Mont Saint-Frieux, près de Boulogne-sur-Mer. Six exilés tombés à l’eau après un embarquement « chaotique » ont été secourus avant que trois personnes supplémentaires acceptent la proposition d’assistance. Les neuf migrants ont tous été débarqués au port de Boulogne-sur-Mer. La Prémar a rappelé dans son communiqué que le secteur maritime de la Manche était « l’une des zones les plus fréquentées au monde » et que les « conditions météorologiques y étaient souvent difficiles (forts vents et courants, présence de nombreux bancs de sable et température de l’eau qui réduit l’espérance de vie même en période estivale) », y compris quand « la mer semblait belle ».
    Le lendemain, mercredi 22 juillet, 172 personnes ont débarqué au Royaume-Uni à bord de trois embarcations, d’après le gouvernement britannique. Avant cette arrivée, aucun migrant n’avait atteint les côtes depuis le 10 juillet dernier. En tout depuis le début de l’année, 12 641 personnes ont atteint la Grande-Bretagne, à bord de 195 « small boats ». À la même période de l’an dernier, 23 666 migrants avaient emprunté la route vers le Royaume-Uni à bord de 404 embarcations. Le gouvernement britannique a signé en avril un accord de trois ans avec les autorités françaises prévoyant le versement de 662 millions de livres (771 millions d’euros) pour financer des patrouilles sur les plages d’où partent ces embarcations de fortune. L’exécutif travailliste a également introduit, fin juin au Parlement, un grand projet de loi pour réformer le système d’asile et d’immigration, porté par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, qui vise à dissuader l’immigration et à accélérer les expulsions.
    Le gouvernement britannique avait déjà annoncé à la fin de 2025 une vaste réforme afin de durcir sa politique d’asile. Le texte présenté le 30 juin devant le Parlement vise à inscrire toutes ces réformes dans la loi. Selon des données du Home Office qui ont fuité dans la presse, plus de 400 000 migrants en situation irrégulière se trouveraient actuellement au Royaume-Uni. Une situation intolérable pour le gouvernement et pour Shabana Mahmood qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale « une mission morale ». Parmi les mesures prévues, le nouveau dispositif, soumis aux conditions de ressources, obligera les réfugiés à payer un forfait pour rembourser leurs frais de subsistance pris en charge par l’État britannique quand ils étaient demandeurs d’asile. Le gouvernement veut également encadrer les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour pouvoir augmenter les expulsions

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  • Traversée de la Manche : un bateau arrivé au Royaume-Uni avec près de 130 personnes à bord, un record pour une seule embarcation - InfoMigrants
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    Traversée de la Manche : un bateau arrivé au Royaume-Uni avec près de 130 personnes à bord, un record pour une seule embarcation
    Par La rédaction Publié le : 13/07/2026
    En tout, 225 migrants sont arrivés en Angleterre au cours de la journée de vendredi. Parmi eux, 128 personnes se trouvaient à bord d’une même embarcation, un record qui illustre les risques de plus en plus importants pris pour traverser la Manche. C’est un nouveau record inquiétant pour la sécurité des personnes exilées dans la Manche. Vendredi 10 juillet, un bateau transportant 128 migrants est arrivé sur les côtes anglaises, ont rapporté des médias britanniques. Au total, 225 migrants sont arrivés en Angleterre au cours de la journée de vendredi à bord de trois bateaux, selon des chiffres du ministère britannique de l’Intérieur. L’un d’eux transportait donc 128 personnes, alors que le plus grand nombre de personnes observé sur un bateau jusqu’ici était de 125, en septembre 2025.
    Sans confirmer le chiffre, un porte-parole du Home Office a affirmé dimanche à l’AFP que les « réseaux de passeurs prenaient plus de risques que jamais, le nombre de personnes qu’ils entassent dans des bateaux non navigables augmentant d’année en année ».
    Près de 12 500 arrivées depuis janvier Le nombre de migrants arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche a diminué de 41% au premier semestre 2026 comparé à la même période l’année précédente, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur publiés début juillet. Le nombre d’arrivées s’élève actuellement à 12 439 depuis le 1er janvier. Le gouvernement britannique a signé en avril un accord de trois ans avec les autorités françaises prévoyant le versement de 662 millions de livres (771 millions d’euros) pour financer des patrouilles sur les plages d’où partent ces embarcations de fortune. L’exécutif travailliste a également introduit, fin juin au Parlement, un grand projet de loi pour réformer le système d’asile et d’immigration, porté par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, qui vise à dissuader l’immigration et à accélérer les expulsions.
    Le gouvernement britannique avait déjà annoncé à la fin de 2025 une vaste réforme afin de durcir sa politique d’asile. Le texte présenté le 30 juin devant le Parlement visent à inscrire toutes ces réformes dans la loi.
    Et selon Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, il y a urgence. Selon des données Home Office qui ont fuité dans la presse, plus de 400 000 migrants en situation irrégulière se trouveraient actuellement au Royaume-Uni. Une situation intolérable pour le gouvernement et pour Shabana Mahmood qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale « une mission morale ». Parmi les mesures prévues, le nouveau dispositif, soumis aux conditions de ressources, obligera les réfugiés à payer un forfait pour rembourser leurs frais de subsistance pris en charge par l’État britannique quand ils étaient demandeurs d’asile. Le gouvernement britannique veut également encadrer les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour pouvoir augmenter les expulsion

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  • Mouvements migratoires : un rapport d’enquête étrille la politique gouvernementale à la frontière franco-britannique
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/08/mouvements-migratoires-un-rapport-d-enquete-etrille-la-politique-gouvernemen

    Mouvements migratoires : un rapport d’enquête étrille la politique gouvernementale à la frontière franco-britannique
    Alors que plus de 40 000 personnes ont traversé la Manche à bord de canots pneumatiques en 2025, la députée communiste Elsa Faucillon, rapporteuse d’une commission d’enquête parlementaire, dénonce une logique sécuritaire, inefficace et dangereuse, en plus de n’être soumise à aucun contrôle démocratique.
    Par Julia Pascual
    C’est un constat d’échec. Un rapport d’enquête parlementaire sur la frontière franco-britannique a été publié, mercredi 8 juillet, et les plus de 240 pages qu’il contient dressent un bilan sévère de la gestion des mouvements migratoires sur le littoral nord de la France. « Situation dramatique des exilés », absence de contrôle démocratique, inefficacité… Selon ce document, rien n’est à sauver de la politique gouvernementale à l’œuvre depuis une quarantaine d’années.
    Depuis le traité du Touquet de 2003, pointe l’enquête, la logique consistant à ce que le Royaume-Uni verse une contribution financière à la France, en contrepartie de quoi celle-ci supporte l’essentiel des moyens mis en œuvre pour empêcher les franchissements de la frontière, n’a de cesse de se renforcer. Elle place la France dans une situation de « sous-traitance », la réduisant « à quémander des fonds auprès des Britanniques, à l’image d’un prestataire privé qui présente des factures à son client » – sans produire l’effet dissuasif escompté. « Les différents accords conclus avec le Royaume-Uni n’ont pas empêché la persistance des flux migratoires », constate la rapporteuse de la commission d’enquête, la députée communiste des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, regrettant par conséquent une sorte de « mise en scène de l’impuissance de l’Etat ».
    Elle déplore aussi un contrôle démocratique de la relation bilatérale quasi inexistant : « Depuis le 12 février 1986, 34 accords ont été conclus entre la France et le Royaume-Uni en matière de contrôle des frontières. Pourtant, la dernière fois que l’Assemblée nationale s’est prononcée (…), c’était il y a vingt-trois ans », relève la rapporteuse. Dernier accord en date : le « one in, one out » (« une entrée, une sortie »), conclu à l’été 2025 et qui doit prendre fin en octobre. Il illustre la logique de contrepartie institutionnalisée, puisqu’il a été décidé en même temps que se négociait un nouveau cycle de financements britanniques. Le « one in, one out » prévoit que Londres peut renvoyer en France des personnes arrivées à bord de canots pneumatiques, et, à l’inverse, Londres s’engage à accueillir sur son territoire, en nombre équivalent, des demandeurs d’asile se trouvant en France.
    En apparence réciproque, le rapport d’enquête relève le caractère profondément déséquilibré du deal. Alors que, depuis le Brexit, il n’existe plus de mécanisme légal d’admission de migrants présents en Europe et ayant des attaches au Royaume-Uni, le « one in, one out » continue de ne pas prendre en compte les liens familiaux existants entre des migrants et des résidents au Royaume-Uni. « Ce critère ne figure pas parmi les éléments pris en considération dans le cadre du dispositif », écrit la parlementaire. Une exclusion « d’autant plus paradoxale que l’objectif affiché de l’accord est de proposer une alternative légale aux traversées irrégulières ».
    Evénement
    Au 11 juin, 951 personnes avaient été réadmises en France et 935 admises légalement au Royaume-Uni. Or, sur l’année 2025, plus de 40 000 personnes ont rejoint l’Angleterre à bord de petits canots. L’effet « dissuasif » de l’accord reste donc à prouver, tandis que les conséquences humanitaires, elles, ont été documentées par la commission. Celle-ci rapporte que les personnes renvoyées en France se trouvent dans un état de santé psychique et physique « très dégradé ».Elles présentent notamment « des symptômes associés à des troubles de stress post-traumatique (hypervigilance, pertes de connaissance, troubles du sommeil, flash-back, idées suicidaires…) [qui] suggèrent des conditions traumatiques d’arrestation et de rétention au Royaume-Uni ». A tel point que le Samusocial de Paris, qui intervient dans le centre d’hébergement où les personnes renvoyées sont accueillies les premiers jours, a effectué un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale.
    Outre le « one in, one out », la France a depuis un an engagé une inflexion de sa politique d’intervention en mer, acceptant, sous la pression des Britanniques, de procéder à des interceptions de canots en mer par la gendarmerie maritime, alors que jusque-là ces manœuvres étaient prohibées car considérées comme trop dangereuses. L’idée de la nouvelle doctrine est d’empêcher davantage de traversées et de traduire devant la justice les passagers embarqués pour aide à l’entrée et au séjour irrégulier.
    Devant la commission, la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet, a néanmoins expliqué avoir dû « recadrer » les forces de l’ordre et donner pour instruction de ne plus placer l’ensemble des passagers d’un bateau intercepté en garde à vue, ces derniers étant pour leur majorité de simples candidats à l’exil contre lesquels aucune infraction pénale ne peut être retenue.
    La commission relève qu’à la fin mai 31 opérations d’interception ont été réalisées, mais « seulement huit (…) avaient été effectivement conduites jusqu’à leur terme ». « Ces résultats révèlent bien que ces interceptions sont fondamentalement des opérations extrêmement délicates, voire dangereuses, et qui entrent en contradiction avec la mission de sauvegarde de la vie humaine », affirme la rapporteuse.
    Celle-ci a tenté de mettre au jour le cadre juridique de la nouvelle doctrine d’interception, et sa compatibilité avec le droit international de la mer. Mais, elle n’a obtenu du ministère de la justice qu’un avis juridique se concentrant surtout sur le risque pénal encouru par les gendarmes intervenants, et soulignant le « risque très élevé de provoquer un naufrage ». Elsa Faucillon dénonce par ailleurs l’« opacité » qui entoure la doctrine. « Il est choquant de voir qualifier de “secrets de cuisine” les modalités guidant les opérations d’interception en mer par le secrétariat général de la mer, tandis qu’il s’agit en réalité de méthodes mettant potentiellement en jeu la vie humaine », écrit la députée.
    Alors que plus de 2 000 personnes se trouvent en permanence sur les campements de Calais et du Dunkerquois, en attente d’une traversée et dans une situation « totalement inacceptable et scandaleuse », le rapport d’enquête déplore la prééminence d’une « logique essentiellement sécuritaire, là où les principales conséquences sur le terrain, d’ordre humanitaire, passent au second plan ».
    Les pouvoirs publics s’entêtent à mener une politique du « zéro point de fixation » consistant à démanteler des campements quasi quotidiennement au mépris des besoins fondamentaux des personnes, en se fondant sur un « présupposé erroné (…) qui consiste à laisser penser que la mise en place de conditions d’accueil décentes provoquerait l’afflux de personnes migrantes ». Par conséquent, « le socle humanitaire aujourd’hui déployé à Calais et à Dunkerque résulte, pour une large part, des mobilisations associatives et des interventions répétées des juridictions administratives et européennes », écrit la députée.A l’arrivée, la rapporteuse recommande la fin de la politique du « zéro point de fixation », au profit de la création d’unités d’accueil tout au long du littoral. Au total, elle égrène 33 recommandations, parmi lesquelles le recours à la procédure d’autorisation parlementaire pour la ratification des accords franco-britanniques relatifs aux questions migratoires, l’interdiction de l’usage d’armes et de gaz lacrymogènes au cours des opérations d’empêchement au départ menées sur les plages, l’abandon des nouvelles méthodes d’interception en mer ou la négociation de voies légales de réunification familiale en Angleterre. En somme, un renversement total des logiques politiques prévalant depuis plus de quarante ans.

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  • Augmenter les expulsions, faire payer les demandeurs d’asile... : le Royaume-Uni examine un projet de loi pour durcir la politique migratoire - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72150/augmenter-les-expulsions-faire-payer-les-demandeurs-dasile--le-royaume

    Augmenter les expulsions, faire payer les demandeurs d’asile... : le Royaume-Uni examine un projet de loi pour durcir la politique migratoire
    Par La rédaction Publié le : 30/06/2026
    Le Parlement britannique examine cette semaine un projet de loi visant à renforcer les procédures d’immigration et d’asile. Les propositions de Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur, comprennent notamment une augmentation des expulsions et l’obligation pour les demandeurs d’asile de contribuer aux frais de leur hébergement.Le gouvernement britannique avait déjà annoncé à la fin de 2025 une vaste réforme afin de durcir sa politique d’asile. Le texte présenté le 30 juin devant le Parlement visent à inscrire toutes ces réformes dans la loi.Et selon Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, il y a urgence. Selon des données Home Office qui ont fuité dans la presse, plus de 400 000 migrants en situation irrégulière se trouveraient actuellement au Royaume-Uni. Une situation intolérable pour le gouvernement et pour Shabana Mahmood qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale « une mission morale ».
    Quelles sont les principales mesures de ce projet de loi sur « l’immigration et l’asile de 2026 » discutées au Parlement ?
    1/ Parrainer des réfugiés pour les faire venir par « voie légale »
    Le Home Office souhaite mettre en place de nouvelles « voies légales » pour faire venir des étrangers au Royaume-Uni, notamment en autorisant les associations locales à parrainer des réfugiés - selon un système similaire à celui en vigueur au Canada.
    Ce système entrera en vigueur dans le courant de l’année. Les associations et certaines universités « de confiance » pourront ainsi parrainer des réfugiés, dont les premières arrivées sont attendues à l’automne 2027.Pour certains députés conservateurs comme Chris Philp, « nombre de ceux qui ne seront pas admis au Royaume-Uni dans le cadre de ce dispositif légal tenteront de toute façon d’entrer par ’small boat’. Le plan du gouvernement ne changera rien aux traversées illégales » de la Manche.
    2/ Demander un effort financier aux nouveaux réfugiés
    Ce nouveau dispositif, soumis aux conditions de ressources, obligera les réfugiés à payer un forfait pour rembourser leurs frais de subsistance pris en charge par l’État britannique quand ils étaient demandeurs d’asile. En cas de refus, ils s’exposent à ne jamais obtenir le statut de résident permanent au Royaume-Uni.
    Concrètement, les personnes ayant obtenu l’asile au Royaume-Uni devront rembourser environ 10 000 £ (environ 11 000 euros) pour couvrir leurs frais d’hébergement une fois qu’elles commenceront à gagner leur vie. La ministre de l’Intérieur aura le pouvoir d’ajuster à l’avenir ce montant et les seuils de remboursement afin « qu’ils soient équitables pour le contribuable et qu’ils ne plongent aucun migrant dans la misère ».Les associations y voient une forme de taxe imposée aux réfugiés fuyant la guerre, la torture et la famine. Shabana Mahmood estime, elle, que ces changements démontreraient que « le soutien aux demandeurs d’asile est un droit, mais aussi une responsabilité ».L’an dernier, le ministère de l’Intérieur a dépensé « environ 4 milliards de livres sterling d’argent public pour soutenir les demandeurs d’asile », rappelle la BBC. « Le coût moyen du logement d’un demandeur d’asile pour une nuit est de 144 £ dans un hôtel - tandis que les allocations de subsistance varient de 9,95 £ à 49,18 £ par personne et par semaine ».Depuis plusieurs années, le gouvernement subit des pressions pour réduire le nombre de demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels aux frais des contribuables, tandis que les arrivées illégales de petites embarcations ont également sapé la confiance du public dans le système d’asile.
    3/ Augmenter les expulsions en encadrant les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH)
    C’est un point qui cristallise les défenseurs d’une ligne migratoire dure : l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH). Cet article évoque le droit au « respect de la vie privée et familiale », mais les autorités britanniques contestent son interprétation et accusent les migrants de se servir de ce texte pour empêcher leur expulsion. Selon le gouvernement, ce motif de « respect de la vie familiale » est en effet souvent invoqué par les étrangers pour éviter les renvois. « Comme l’a confirmé le discours du roi, le gouvernement présente [...] un projet de loi sur l’immigration et l’asile, qui réformera les lois relatives aux droits de l’homme telles que la législation sur l’esclavage moderne et l’article 8 de la CEDH afin de mettre fin aux abus commis par les migrants illégaux qui entravent leur expulsion », explique un communiqué du Home Office.
    4/ L’aide financière aux demandeurs d’asile devient conditionnelle
    L’obligation légale de fournir un soutien financier et un hébergement aux demandeurs d’asile pourrait être abrogée. Et remplacée par un pouvoir discrétionnaire."Une aide ne [sera] accordée qu’aux personnes qui en ont réellement besoin et qui respectent la loi", indique le Home Office. Par exemple, ceux qui ne se conforment pas aux directives d’éloignement ou qui travaillent illégalement perdraient ce soutien financier.Une partie des députés vent debout contre ces mesuresD’autres mesures seront également en discussion :
    –La limitation de regroupement familial
    –Le renforcement du système pour évaluer l’âge des mineurs isolés étrangers. Le gouvernement envisage le recours à l’intelligence artificielle pour estimer l’âge des demandeurs d’asile.
    –Le gouvernement veut aussi réformer la loi sur l’esclavage moderne, découlant de l’article 3 de la CEDH, pour réduire son champ d’application devant les tribunaux en matière de demande d’asile - et mettre fin aux dépôts tardifs de plaintes, ont indiqué des sources gouvernementales.
    –Le remplacement des juges actuels de l’immigration par des civils pour statuer sur des recours des demandeurs d’asiles au sein de l’Autorité indépendante d’appel en matière d’immigration (IIAA). Cette nouvelle structure serait rattachée au ministère de l’Intérieur. Elle est également censé permettre l’expulsion immédiate des personnes ayant épuisé tous leurs recours.Le gouvernement n’a pas l’intention de modifier certaines mesures déjà en vigueur : comme celle qui a doublé le temps nécessaire pour obtenir un permis de séjour permanent le faisant passer de cinq à dix ans. Ou celle sur le statut de réfugié temporaire - réexaminé tous les deux ans et demi en fonction de la situation dans le pays d’origine de la personne.
    Toutes ces mesures, qualifiées de draconiennes par les organisations caritatives, ont été dénoncées la semaine dernière par le Travailliste Alf Dubs. Ce député qui a fui les nazis à l’âge de six ans, a appelé Andy Burnham à les abroger s’il devenait Premier ministre le mois prochain.

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  • Au Royaume-Uni, le gouvernement sortant de Keir Starmer veut durcir le droit d’asile tout étendant le parrainage de réfugiés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/27/au-royaume-uni-le-gouvernement-veut-etendre-le-parrainage-de-refugies-par-de

    Au Royaume-Uni, le gouvernement sortant de Keir Starmer veut durcir le droit d’asile tout étendant le parrainage de réfugiés
    Les universités pourront parrainer les réfugiés – dans le cadre d’une « voie d’étude » – à partir de septembre 2027. Le dispositif devrait aussi être ouvert aux employeurs dans le cadre d’une « voie de travail ».
    Le Monde avec AFP
    Le gouvernement britannique veut autoriser certaines entreprises et organisations à parrainer l’accueil de réfugiés au Royaume-Uni, parallèlement à une réforme prévoyant un durcissement des règles d’asile.La ministre de l’intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé, vendredi 26 juin au soir, ces changements dans un communiqué, alors que le gouvernement de Keir Starmer est sur le départ, à la suite de l’annonce de la démission du premier ministre cette semaine.
    Celle-ci doit intervenir lorsqu’un successeur au sein du Parti travailliste aura été désigné. Il s’agit vraisemblablement de l’ex-maire du Grand Manchester Andy Burnham, qui pourrait entrer à Downing Street dès le 17 juillet si aucun autre candidat ne se présente.« Nous allons ouvrir de nouvelles voies légales pour les véritables réfugiés, tout en comblant les failles qui ont entraîné trop d’abus », a affirmé la ministre, citée dans le communiqué.
    Les universités pourront parrainer les réfugiés – dans le cadre d’une « voie d’étude » – à partir de septembre 2027. Le dispositif devrait aussi être ouvert aux employeurs dans le cadre d’une « voie de travail ».
    Cette proposition, qui étend un mécanisme existant, s’inspire d’un dispositif en vigueur au Canada, qui a concerné 400 000 personnes depuis 1979, explique le ministère de l’intérieur britannique. Il n’a toutefois pas précisé combien de personnes pourraient utiliser ce futur mécanisme.Parallèlement, le gouvernement a déjà annoncé à la fin de 2025 une vaste réforme afin de durcir sa politique d’asile. Un projet de loi doit être présenté la semaine du 29 juin au 5 juillet, selon des médias britanniques.
    Londres espère dissuader les arrivées de migrants qui traversent la Manche à bord d’embarcations de fortune. Plus de 11 600 sont déjà arrivés par cette voie depuis le début de l’année, après 41 472 migrants en 2025, soit le deuxième nombre le plus élevé depuis le début de ce phénomène, selon les autorités britanniques.Les nouvelles règles, critiquées par certains députés du Labour et des organisations de défense des demandeurs d’asile, prévoient en particulier que le statut de réfugié devienne temporaire, et que les réfugiés puissent être renvoyés en cas de changement de situation dans leur pays d’origine.Le gouvernement britannique veut aussi pouvoir renvoyer plus facilement les familles de demandeurs d’asile, en réduisant le champ d’action de la Convention européenne des droits de l’homme.

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  • Royaume-Uni : un document du Home office révèle la présence de 400 000 étrangers en situation irrégulière - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72095/royaumeuni--un-document-du-home-office-revele-la-presence-de-400-000-e

    Royaume-Uni : un document du Home office révèle la présence de 400 000 étrangers en situation irrégulière
    Par La rédaction Publié le : 26/06/2026
    Selon des données Home office qui ont fuité dans la presse, plus de 400 000 migrants en situation irrégulière se trouveraient actuellement au Royaume-Uni. Près de la moitié d’entre eux sont inexpulsables en raison de procédures en appel de demandes d’asile. Selon des information du Times, l’Immigration Enforcement, l’agence du ministère de l’Intérieur (Home office) chargée de l’expulsion des migrants en situation irrégulière, a recensé 412 191 « sans statut légal » au Royaume-Uni. Ce chiffre englobe aussi bien des travailleurs étrangers, des étudiants et des touristes en situation irrégulière que des demandeurs d’asile arrivés illégalement, déboutés et ayant fait appel.
    Parmi eux, 200 000 personnes ont été identifiées comme « non expulsables » en raison de procédures en cours, notamment des recours après des demandes d’asile rejetées ou des actions en justice intentées pour empêcher leur expulsion.Selon ce rapport interne du Home Office, l’ampleur réelle de la population d’étrangers en situation irrégulière est probablement plus importante car le chiffre n’inclut pas les personnes « qui n’ont pas été signalées aux autorités ».Ces chiffres ont fuité dans la presse alors que le climat demeure très tendu au Royaume-Uni autour du thème de l’immigration. Le durcissement de la politique migratoire opéré ces dernières années par le gouvernement travailliste n’a pas empêché la montée de Reform UK, le parti d’extrême droite anti-migrants. Les manifestations anti-migrants de mai 2026 à Londres, les émeutes anti-immigration qui ont secoué le pays à l’été 2024, ainsi que les manifestations régulières devant des hôtels abritant des réfugiés en 2025 ont mis en lumière l’hostilité grandissante d’une partie de la population britannique à l’égard des immigrés.
    Ces révélations interviennent alors que la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, doit présenter mardi au Parlement un projet de loi très attendu sur l’immigration et l’asile. Le texte vise à instaurer de nouvelles restrictions pour empêcher les migrants en situation irrégulière de faire obstacle à leur expulsion. Selon le Times « la nouvelle législation permettra au gouvernement d’augmenter les expulsions de migrants en situation irrégulière. Elle doublera le budget consacré à l’application de la législation en matière d’immigration d’ici 2029 et augmentera les effectifs de 60%, portant le nombre total à 7 300 agents, avec un budget de 1,3 milliard de livres sterling ».
    « Cela se traduira par des dizaines de milliers d’opérations, d’arrestations et d’expulsions supplémentaires de migrants en situation irrégulière », a déclaré un porte-parole du Home Office, cité par le Times.Londres entend aussi encadrer les recours à la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH), notamment sur le droit au respect de la vie privée et familiale, dont les autorités contestent l’interprétation. Ce motif de « respect de la vie familiale » est souvent invoqué par les étrangers pour éviter les expulsions. Seules les personnes ayant des membres de leur famille « proche déjà au Royaume-Uni » (enfants, parents uniquement) pourront rester dans le pays.
    Le gouvernement veut aussi réformer la loi sur l’esclavage moderne, découlant de l’article 3 de la CEDH, pour réduire son champ d’application devant les tribunaux en matière de demande d’asile. À terme, le Royaume-Uni souhaite ouvrir des négociations pour modifier cet article.Enfin, Londres a aussi indiqué que l’intelligence artificielle sera utilisée pour évaluer l’âge des personnes arrivant illégalement sur le territoire, le gouvernement affirmant qu’un système imprécis mettait les enfants en danger, notamment ceux qui se déclaraient mineurs ou étaient classés par erreur comme adultes.
    Toutes ces mesures visent aussi à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur des « small boats ». Depuis le début de l’année, 10 244 migrants ont traversé la Manche illégalement pour rejoindre l’Angleterre. L’année dernière à la même période, ils étaient plus de 18 000. Soit une baisse de 41%.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#immigration#CEDH#droit#sante#asile#politiquemigratoire

  • « Un pour un » : le traité franco-britannique modifié pour empêcher le retour de migrants expulsés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72030/un-pour-un--le-traite-francobritannique-modifie-pour-empecher-le-retou

    « Un pour un » : le traité franco-britannique modifié pour empêcher le retour de migrants expulsés
    Par La rédaction Publié le : 23/06/2026
    Plusieurs migrants expulsés l’année dernière par le Royaume-Uni vers la France dans le cadre de l’accord « un pour un » sont ensuite repassés en Angleterre par camion. Pour éviter cette situation, Londres et Paris ont modifié les terme de l’accord : toute personne entré illégalement par « small boats » ou « camion » pourra être renvoyée en France.
    Selon des informations du Guardian, le Royaume-Uni et la France ont revu les termes de l’accord « un pour un », après le retour sur le sol britannique de migrants précédemment expulsés vers la France.
    L’accord initial prévoyait que seules les personnes arrivées illégalement en « small boats » pouvaient être renvoyées en France. Une fois de retour en France, certains de ces migrants se tournaient vers des passeurs qui les ramenaient ensuite illégalement en camion au Royaume-Uni.Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, s’est donc entendue avec son homologue français pour modifier le traité : les migrants précédemment expulsés et qui retournent en Grande-Bretagne par « small boats », comme par « camion », pourront être renvoyés en France.
    "Pour combler cette lacune, le Home office a créé une nouvelle catégorie de demandeurs, les « cas retour », selon des documents initialement divulgués par le Times", écrit le Guardian. Mi-octobre 2025, un migrant avait réussi à revenir sur les côtes britanniques après son expulsion vers la France un mois auparavant. Selon le journal The Guardian, ce migrant était revenu au Royaume-Uni pour y demander l’asile. Il se disait victime d’un réseau de traite d’êtres humains géré par des passeurs dans le nord de la France.
    Quelques jours plus tard, le 5 novembre, un migrant iranien expulsé du Royaume-Uni et renvoyé en France le 19 septembre, avait été expulsé à nouveau. Il était revenu sur le sol britannique à bord d’un « small boat » le 18 octobre et avait demandé l’asile. En vain.
    Le 10 novembre 2025, le Home Office avait aussi indiqué qu’un autre migrant était revenu au Royaume-Uni après une première expulsion vers la France.Pour rappel, cet accord - prolongé jusqu’en octobre 2026 - prévoit un système d’"échange de migrants" : il permet la détention et le renvoi rapide des personnes entrées illégalement au Royaume-Uni en échange de l’accueil outre-Manche de migrants se trouvant en France.
    Depuis la signature de l’accord, 783 migrants ont été renvoyés en France et 736 ont été accueillis au Royaume-Uni, selon des chiffres divulgués début juin par la Direction générale des étrangers de France (DGEF). Un bilan revu à la hausse par le Guardian, le 22 juin. « Le Royaume-Uni a renvoyé en France 921 migrants [...] et a accueilli 896 demandeurs d’asile français », écrit le journal britannique.
    Depuis le début de l’année, 10 244 migrants ont traversé la Manche à bord de « small boats » pour rejoindre l’Angleterre. L’année dernière à la même période, ils étaient plus de 18 000. Soit une baisse de 41%. La traversée de la Manche reste particulièrement dangereuse. Une femme a été retrouvée morte le 20 juin dans un « small boat » sur les côtes anglaises à la suite d’une traversée de la Manche. C’est la neuvième victime depuis le début de l’année

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#politiquemigratoire#accordmigratoire#droit#sante#retour

  • Naufrage dans la Manche en 2021 : procès ordonné pour 14 membres de réseaux de passeurs
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/16/naufrage-dans-la-manche-en-2021-proces-ordonne-pour-14-membres-de-reseaux-de

    Naufrage dans la Manche en 2021 : procès ordonné pour 14 membres de réseaux de passeurs
    Le Monde avec AFP
    Quatorze personnes seront jugées en correctionnelle pour leur implication présumée dans la disparition de 31 migrants dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, naufrage le plus meurtrier à ce jour dans la Manche, a appris mardi 16 juin l’Agence France-Presse (AFP) de source proche du dossier, confirmée par le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco).
    Les 14 mis en cause, liés à des réseaux de passeurs, sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation a une association de malfaiteurs, a précisé le Pnaco.Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d’avoir « participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d’immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d’étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre », selon les éléments du dossier.
    Parallèlement, l’information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l’AFP de sources proches du dossier. Ce volet détaché, pour des raisons procédurales, concerne au moins sept militaires français : cinq personnels du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
    Côté passeurs présumés, deux « filières » ont été mises au jour, correspondant à « deux réseaux communautaires », afghan et irako-kurde. Les rôles attribués par le parquet aux 14 mis en cause sont divers : organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s’étant présentés comme de simples migrants.
    Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s’est félicité auprès de l’AFP du futur procès : « Cette ordonnance est une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique. » « La première chaîne de responsabilité est identifiée avec les passeurs qui vont devoir répondre de leurs actes », poursuit l’avocat. Le procès sera également « l’occasion, nous y aspirons, pour certaines familles de victimes, de s’exprimer pour la première fois », souligne le conseil.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#droit#sante#mortalite#trafic

  • Au Royaume-Uni, deux hommes condamnés à au moins deux ans de prison pour mise en danger de migrants dans la Manche
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/10/au-royaume-uni-deux-hommes-condamnes-a-au-moins-deux-ans-de-prison-pour-mise

    Au Royaume-Uni, deux hommes condamnés à au moins deux ans de prison pour mise en danger de migrants dans la Manche
    Le Monde avec AFP
    Un tribunal britannique a condamné, mercredi 10 juin, à au moins deux ans de prison deux personnes reconnues coupables d’avoir mis en danger la vie de migrants lors d’une traversée de la Manche. Il s’agit des deux premiers condamnés pour ce crime, une nouvelle loi sur la sécurité et l’immigration étant entrée en vigueur en janvier.
    Un juge de Canterbury a condamné les deux hommes pour avoir fait courir un risque de mort ou de blessures à d’autres personnes lors d’une traversée maritime. Ce crime est passible d’une peine maximale de cinq ans de prison. Les deux hommes pilotaient de petites embarcations surchargées lors de traversées distinctes en janvier et en avril. Ils ont tous deux depuis déposé des demandes d’asile au Royaume-Uni.
    Mohammad Tajik, 32 ans, originaire d’Afghanistan, a été le premier à être reconnu coupable après avoir plaidé la culpabilité en avril. Il a été condamné à deux ans de prison pour la traversée effectuée par temps froid le 17 janvier, avec plus de 70 personnes à bord, dont des enfants. Le procureur Daniel Bunting a déclaré que M. Tajik « n’avait aucune expérience ni connaissance en matière de pilotage de bateau ».
    Alnour Ali, un Soudanais de 27 ans, a plaidé coupable le mois dernier pour une autre traversée maritime dangereuse en avril, également avec plus de 70 personnes à bord et sans équipement de sécurité. Il a été condamné à vingt-sept mois de prison.« Je me réjouis que nous ayons les premières condamnations pour mise en danger depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi plus tôt cette année », a déclaré dans un communiqué Sarah Dineley, responsable de la lutte contre la criminalité liée à l’immigration au Crown Prosecution Service (CPS). « Nous avons d’autres affaires en cours devant les tribunaux et je m’attends à ce qu’il y ait davantage de condamnations cette année », a-t-elle ajouté.Le CPS a déclaré avoir poursuivi, à ce jour, 15 migrants au titre de ce nouveau crime de mise en danger de la vie d’autrui

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#routemigratoire#migrationirreguliere#droit#mortalite#sante

  • Au Royaume-Uni, deux exilés condamnés pour « mise en danger » de migrants dans la Manche, une première - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71840/au-royaumeuni-deux-exiles-condamnes-pour-mise-en-danger-de-migrants-da

    Au Royaume-Uni, deux exilés condamnés pour « mise en danger » de migrants dans la Manche, une première
    Par La rédaction Publié le : 11/06/2026
    Deux exilés, sans lien avec des réseaux de trafiquants, ont été condamnés mercredi au Royaume-Uni à des peines de prison pour mise en danger de la vie de migrants lors d’une traversée de la Manche. Une première. L’Afghan et le Soudanais, qui vont être incarcérés, ont, tous deux, piloté des embarcations de migrants vers l’Angleterre. Ils ont, depuis, déposé une demande d’asile dans le pays.
    C’est la première fois que deux personnes, sans lien avec des réseaux de passeurs, sont condamnées à des peines de prison au Royaume-Uni pour mise en danger de la vie d’autrui, après avoir piloté des embarcations de migrants sur la Manche.Mercredi 10 juin, un juge de la Crown Court de Canterbury, dans le sud-est de l’Angleterre, a condamné les deux hommes - un Afghan et un Soudanais - pour avoir fait courir un risque de mort ou de blessures à d’autres personnes lors d’une traversée maritime, un crime prévu par une nouvelle loi sur la sécurité et l’immigration entrée en vigueur en janvier.Les condamnés ne sont donc pas des passeurs mais de simples passagers du canot. Ils ne sont donc pas jugés pour « trafic » mais pour « mise en danger de la vie d’autrui ».Ce crime est passible d’une peine maximale de cinq ans de prison. Les deux exilés ont été condamnés à des peines de deux ans de prison, pour l’un, et 27 mois pour l’autre.
    Les deux hommes pilotaient de petites embarcations surchargées lors de traversées distinctes en janvier et en avril 2026. Ils ont tous deux depuis déposé des demandes d’asile au Royaume-Uni.Mohammad Tajik, 32 ans, originaire d’Afghanistan, a été le premier à être reconnu coupable après avoir plaidé la culpabilité en avril. Il a été condamné à deux ans de prison pour la traversée effectuée par temps froid le 17 janvier, avec plus de 70 personnes à bord, dont des enfants.Le procureur Daniel Bunting a déclaré que Tajik « n’avait aucune expérience ni connaissance en matière de pilotage de bateau ».
    Alnour Ali, un Soudanais de 27 ans, a, lui, plaidé coupable le mois dernier pour une autre traversée maritime dangereuse en avril, également avec plus de 70 personnes à bord et sans équipement de sécurité. Quatre personnes avaient trouvé la mort dans la traversée. Il a été condamné à 27 mois de prison."Je me réjouis que nous ayons les premières condamnations pour mise en danger depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi plus tôt cette année", a déclaré dans un communiqué Sarah Dineley, responsable de la lutte contre la criminalité liée à l’immigration au Crown Prosecution Service (CPS). « Nous avons d’autres affaires en cours devant les tribunaux et je m’attends à ce qu’il y ait davantage de condamnations cette année », a-t-elle ajouté.Le CPS a indiqué avoir, à ce jour, poursuivi 15 migrants au titre de ce nouveau crime de mise en danger de la vie d’autrui.
    Début janvier 2026, un ressortissant afghan de 16 ans avait été inculpé par un tribunal britannique au titre de la nouvelle législation sur la sécurité des frontières, l’asile et l’immigration. L’homme avait été accusé de mise en danger de la vie d’autrui en pilotant un « small boat » lors d’une traversée de la Manche. Il s’agissait de la première personne à être inculpée pour cette infraction.L’accusé avait plaidé non coupable, affirmant qu’il avait été « forcé » à conduire ce petit bateau, lors d’une audience devant le tribunal de Margate (sud-est de l’Angleterre). Il a, depuis, été placé en détention provisoire en attente de son jugement.
    Cette nouvelle législation vise à s’attaquer aux passeurs qui entassent les exilés dans des embarcations précaires, non adaptées à la traversée de la Manche.Elle a pour but de décourager les candidats à l’exil qui acceptent parfois de prendre les commandes d’un bateau sous la menace des passeurs ou bien en échange d’une réduction du prix de leur passage.
    Depuis le début de l’année, plus de 8 900 personnes ont rejoint les côtes britanniques illégalement, selon les chiffres du Home office. Parmi elles, « plus de 1 800 personnes » étaient parties de Belgique, a indiqué le ministre délégué. « Les passeurs s’adaptent toujours aux dispositifs mis en place. C’est le cas en observant les départs depuis la Belgique vers le Royaume-Uni », a-t-il reconnu.Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, l’année dernière, 41 472 migrants ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018.Au moins 29 migrants ont perdu la vie en mer en 2025, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

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  • Manche : l’accord migratoire « un pour un » entre la France et le Royaume-Uni prolongé jusqu’en octobre 2026 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71722/manche--laccord-migratoire-un-pour-un-entre-la-france-et-le-royaumeuni

    Manche : l’accord migratoire « un pour un » entre la France et le Royaume-Uni prolongé jusqu’en octobre 2026
    Par La rédaction Publié le : 04/06/2026
    Entré en vigueur à l’été 2025, le dispositif « un pour un » signé entre Londres et Paris pour enrayer le phénomène des traversées irrégulières a généré en dix mois 783 réadmissions en France pour 736 admissions légales au Royaume-Uni, selon les chiffres de Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).
    L’accord migratoire franco-britannique « du un pour un », conclu à l’été 2025, est prolongé jusqu’en octobre, a indiqué mercredi le ministre français délégué à l’Europe Benjamin Haddad."Il a été décidé avec notre partenaire britannique de prolonger cet accord jusqu’au 1er octobre 2026", a dit le ministre au cours de son audition lors d’une commission parlementaire sur les accords migratoires du Touquet.
    En juillet 2025, un accord « expérimental » d’un an a été signé entre la France et le Royaume-Uni. Il prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile. L’objectif de 2 500 échanges avaient été fixés.
    Selon Benjamin Haddad au 1er mai, on comptait « 606 réadmissions en France pour 588 admissions légales au Royaume-Uni ». Un bilan revu à la hausse par Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les accords du Touquet et la situation à la frontière franco-britannique, le 28 mai.Ce dernier a déclaré devant les députés qu’à la date du 26 mai, 783 migrants avaient été renvoyés en France tandis que 736 ont été accueillis au Royaume-Uni depuis la signature du traité en août 2025. Soit une moyenne de 17 par semaine. Au moment de la signature, la presse britannique évoquait un objectif de 50 migrants par semaine.
    « C’est un dispositif dont l’impact est encore limité naturellement, mais qui a la vertu d’exister et d’ouvrir des voies légales, mais aussi de dissuader », a encore défendu Benjamin Haddad.Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique avait, en février dernier, reconnu elle aussi que le nombre d’expulsions était « relativement faible », tout en rappelant qu’il s’agissait d’un projet pilote et que « ce programme visait à prouver la viabilité de ce nouveau modèle de collaboration avec les Français ».
    Les associations dénoncent, elles, régulièrement les mesures pour entraver les traversées des migrants. Ils sont poussés à prendre de plus en plus de risques et des routes qui allongent leur parcours pour échapper aux contrôles.Depuis le début de l’année, plus de 8 900 personnes ont rejoint les côtes britanniques illégalement, selon les chiffres du Home office. Parmi elles, « plus de 1 800 personnes » étaient parties de Belgique, a indiqué le ministre délégué. « Les passeurs s’adaptent toujours aux dispositifs mis en place. C’est le cas en observant les départs depuis la Belgique vers le Royaume-Uni », a-t-il reconnu.Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, l’année dernière, 41 472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Au moins 29 migrants ont perdu la vie en mer en 2025, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques

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  • Accord franco-britannique « un pour un » : 783 migrants expulsés vers la France et 736 envoyés au Royaume-Uni - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71602/accord-francobritannique-un-pour-un--783-migrants-expulses-vers-la-fra

    Accord franco-britannique « un pour un » : 783 migrants expulsés vers la France et 736 envoyés au Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 28/05/2026
    Depuis la signature de l’accord « un pour un » entre la France et le Royaume-Uni, 783 migrants ont été renvoyés en France et 736 ont été accueillis au Royaume-Uni. « Un nombre réduit », a admis le directeur général de la direction générale des étrangers en France (DGEF).
    Dix mois après la signature de l’accord « one in one out » entre la France et le Royaume-Uni, Laurent Touvet, directeur général de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) a été interrogé sur le bilan de ce projet inédit devant la commission d’enquête parlementaire sur les accords du Touquet et la situation à la frontière franco-britannique.
    Ce jeudi 28 mai, il a déclaré devant les députés qu’à la date du 26 mai, 783 migrants avaient été renvoyés en France tandis que 736 ont été accueillis au Royaume-Uni depuis la signature du traité en août 2025. Soit une moyenne de 17 par semaine. Au moment de la signature, la presse britannique évoquait un objectif de 50 migrants par semaine.
    Pour rappel, ce projet « one in one out » prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile.Interrogé sur l’efficacité du dispositif, le directeur général de la DGEF a consenti que « les nombres sont assez réduits, quelques centaines en quelques mois ».
    Il a justifié ces résultats en évoquant la responsabilité des Britanniques, qui peinent « à proposer des candidats au retour en nombre suffisant ». « Alors que l’intention politique du Royaume-Uni était de nous demander d’admettre davantage de personnes, dans les faits, nous constatons que les avions contenaient moins de personnes. Notamment car il y a des procédures juridictionnelles au Royaume-Uni », a-t-il dit.Il a aussi évoqué une volonté française de ne pas faire croître le dispositif, notamment pour éviter des problèmes d’hébergement en France. « Si on écoutait le Royaume-Uni qui voulait envoyer une centaine [de migrants] chaque semaine, ça aurait été difficile de les accueillir. C’est pour ça aussi qu’on a essayé de modérer cet objectif », a expliqué Laurent Touvet.
    Le but de l’accord est de dissuader les traversées de la Manche mais des milliers d’exilés ont franchi le détroit depuis le début du dispositif. Entre le 6 août 2025 - date de l’entrée en vigueur de l’accord - et le 26 mai 2026, 23 612 personnes ont rejoint les côtes britanniques sur des embarcations de fortune. Et en 2025, plus de 41 000 personnes ont rejoint l’Angleterre après une traversée de la Manche. C’est le deuxième nombre le plus élevé après le record des 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du ministère de l’Intérieur britannique.Comme l’avait constaté InfoMigrants à Calais, même si le nombre de traversées a sensiblement baissé cette année, le traité ne décourage pas les migrants. « En France, je n’ai nulle part où aller alors je n’ai pas d’autre choix que de tenter ma chance au Royaume-Uni », racontait à notre rédaction Ahmed, un Soudanais de 26 ans dont la demande d’asile a été refusée en France. « Peu importe, je vais quand même continuer mon chemin. Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord », témoignait de son côté Khaled, un autre Soudanais de 18 ans.
    Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique avait, en février dernier, reconnu que le nombre d’expulsions était « relativement faible », tout en rappelant qu’il s’agissait d’un projet pilote et que « ce programme visait à prouver la viabilité de ce nouveau modèle de collaboration avec les Français ». Par ailleurs, « des difficultés pratiques se posent quant à la rapidité à laquelle il est possible de retenir les personnes, de les embarquer dans un avion et de les transférer en France », avait expliqué la ministre de l’Intérieur au média LBC.Pour autant, l’accord signé en août pour une durée d’un an a été prolongé jusqu’en octobre 2026

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  • Manche : à la faveur de la météo, les traversées irrégulières reprennent vers le Royaume-Uni - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71536/manche--a-la-faveur-de-la-meteo-les-traversees-irregulieres-reprennent

    Manche : à la faveur de la météo, les traversées irrégulières reprennent vers le Royaume-Uni
    Par La rédaction Publié le : 25/05/2026
    Après près de deux semaines sans aucune arrivée au Royaume-Uni, les tentatives de traversées de la Manche ont été nombreuses ce week-end. Au total, 912 personnes sont parvenues à atteindre les rives britanniques entre vendredi et dimanche, tandis que les autorités françaises ont porté assistance à plusieurs migrants en détresse. Par ailleurs, la Belgique s’inquiète d’une hausse des départs de « small boats » depuis ses côtes et redoute de voir des campements de migrants s’installer dans le nord-ouest du pays, comme dans le nord de la France.
    Alors que la France connaît des températures estivales, voire caniculaires dans certains départements, les migrants en ont profité pour tenter de rejoindre les côtes britanniques ce week-end. Au total en trois jours, entre vendredi 22 et dimanche 24 mai, 912 migrants, à bord de 13 embarcations de fortune, sont parvenus à atteindre le Royaume-Uni en traversant la Manche, selon les chiffres du Home Office.Depuis le début du mois de mai, les arrivées côté britannique ont connu une nette accalmie, notamment en raison du mauvais temps. La dernière arrivée en Angleterre, avant ce week-end, remonte au 9 mai lorsque 196 personnes avaient atteint les rives anglaises.
    Côté français, les autorités ont également pris en charge des exilés en difficulté. Dans la journée de vendredi, « plusieurs embarcations de migrants ont été signalées au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez dans le détroit du Pas de Calais », indique la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (prémar) dans un communiqué.
    Au moins six navires des forces françaises ont assuré la surveillance de ces « small boats ». « Compte tenu de la fragilité structurelle des embarcations systématiquement surchargées, le choix est fait de ne pas contraindre les migrants à embarquer sur les moyens de sauvetage de l’État, pour éviter de mettre en péril leur vie en cas de naufrage », explique la prémar. Vers 3h du matin vendredi, une embarcation avec quatre personnes à bord a cependant été repérée en difficulté par une patrouille terrestre de police. Quatre heures plus tard, le canot a été remorqué sur la plage de Berck, dans le sud du Pas-de-Calais.
    Des départs plus au sud de CalaisLe lendemain, samedi 23 mai, d’autres canots ont également été surveillés en mer par les autorités françaises et 11 exilés ont été pris en charge. Parmi eux, six se trouvaient à l’eau au moment de leur sauvetage dans le secteur Hardelot et deux près de Dieppe, en Seine-Maritime.
    Depuis trois ans environ, on observe un changement de méthode des trafiquants. La militarisation de la frontière sur le littoral nord – déploiement policier, drones, caméras thermiques, avions Frontex – a poussé les passeurs à envisager d’autres endroits pour mettre à l’eau les embarcations, à des dizaines de kilomètres plus au sud, en Normandie et dans la Somme.Mais prendre la mer depuis ces zones allonge la durée du trajet pour atteindre le Royaume-Uni et donc les risques encourus. « Si avant, les migrants mettaient six ou huit heures pour aller de Calais à Douvres [port de débarquement des migrants en Angleterre, ndlr], désormais, ils partent de Berck, du Touquet... Ils doivent donc doubler, voire tripler, ce temps de trajet en mer », assurait à InfoMigrants l’an dernier Salomé Bahri de l’association Utopia 56. « Le problème, c’est qu’une durée de traversée plus longue, c’est plus de chances d’avoir une panne moteur, de se retrouver à la dérive ou d’avoir l’embarcation qui se crève », rappelait aussi Célestin Pichaud, coordinateur d’Utopia 56 à Grande-Synthe, interrogé par RFI en 2024.
    Un autre phénomène est aussi en train de prendre de l’ampleur, mais cette fois plus au nord. Depuis le début de l’année, les autorités flamandes du nord de la Belgique alertent sur la hausse des tentatives de départs depuis les côtes belges. Alors qu’aucun migrant n’a été intercepté en Belgique en cherchant à traverser la Manche l’an dernier, 425 personnes ont été arrêtées avant de gagner la mer depuis le 1er janvier 2026.Depuis des années, la Belgique est utilisée par les trafiquants comme un lieu de stockage des embarcations de migrants avant leur mise à l’eau en France. Le pays n’était pas, jusque-là, considéré comme une terre de départ vers l’Angleterre, en raison des forts courants au large des côtes et d’une distance plus longue pour rejoindre les rives britanniques. Environ 100 km séparent le nord de la Belgique au port de Douvres (sud de l’Angleterre), contre 45 km entre Calais et les côtes anglaises.
    Mais face au renforcement des contrôles le long du littoral français, les passeurs se sont adaptés. « La France est devenue plus sévère » vis-à-vis des migrants, assure à l’AFP Jean-Marie Dedecker, à la tête de la commune de Middelkerke, bordée par la mer. "Et quand elle est plus sévère, ils viennent en Belgique."Depuis plusieurs mois, Jean-Marie Dedecker assiste à la mise en place d’un stratagème bien rodé par les passeurs le long de ses plages. « Ils cachent leurs choses, les vestes, le bateau, le moteur dans les dunes », décrit-il à l’AFP. « Le matin, à partir de 5h-6h, ils gonflent les bateaux et les autres arrivent pour sauter dedans », assure le bourgmestre.Une fois à l’eau, les embarcations longent la côte, pour se rapprocher de la France. Certains canots s’arrêtent alors pour « récupérer » des migrants dans les eaux françaises. D’autres embarcations filent directement vers l’Angleterre, avec « 15 ou 20 » personnes à bord, explique Christiaan De Ridder, adjoint d’une zone de police belge frontalière de la France.Cette nouvelle tendance frustre le gouvernement belge, qui veut tout sauf apparaitre laxiste sur ce dossier, et qui redoute de voir des campements de migrants s’installer le long de ses côtes, comme en France. « Il doit être clair que la côte flamande n’est pas une alternative attrayante pour effectuer la traversée vers le Royaume-Uni », a appuyé la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, dans une déclaration transmise à l’AFP.Ses équipes assurent travailler d’arrache-pied pour mettre fin au phénomène, en augmentant notamment le placement en détention de ces exilés - pour la plupart des jeunes hommes, soudanais, afghans ou irakiens.
    Cette approche fait bondir les ONG, qui exigent plutôt des mesures pour protéger des personnes d’après elles déjà « extrêmement traumatisées » par le voyage jusqu’en Europe. « Elles sont vues comme un danger plutôt que des personnes en danger », déplore Joost Depotter, de l’association flamande Vluchtelingenwerk Vlaanderen.
    Le responsable martèle que les mesures de sécurité prises par la police ne font pas baisser les flux. Mais qu’elles « professionnalisent les réseaux de passeurs », alors tentés de cacher les migrants, par exemple dans des maisons de vacances le long de la côte flamande, jusqu’à ce que la météo permette de tenter une traversée.L’édile de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker, réclame au contraire un grand tour de vis à l’approche de l’été. « On contrôle les dunes, parce qu’on a peur d’avoir des ’jungles’ comme à Calais, qu’ils soient des milliers », alerte-t-il.
    L’an dernier, plus de 41 000 migrants ont entrepris la traversée périlleuse depuis la France.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#belgique#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire

  • Au Royaume-Uni, nouvelle chute de l’immigration nette en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71508/au-royaumeuni-nouvelle-chute-de-limmigration-nette-en-2025

    Au Royaume-Uni, nouvelle chute de l’immigration nette en 2025
    Par La rédaction Publié le : 22/05/2026
    L’immigration nette au Royaume-Uni a chuté de près de moitié en 2025, à 171 000 personnes, soit le niveau le plus bas depuis 2021. La baisse des visas de travail en est « la principale cause », selon l’Office national des statistiques (ONS). Keir Starmer s’est félicité de ces résultats. « J’ai promis de rétablir le contrôle de nos frontières. Mon gouvernement tient ses engagements », a -t-il écrit sur X.
    Le solde migratoire à long terme vers le Royaume-Uni a presque diminué de moitié en 2025. Il est retombé à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la mise en place de mesures gouvernementales plus ‌strictes adoptées ces dernières années ayant limité les arrivées.
    L’immigration nette - la différence entre les personnes entrant dans le pays et celles qui le quittent - est passée de 331 000 personnes en 2024 à 171 000 personnes, a annoncé l’Office national des statistiques (ONS), prolongeant ainsi une forte baisse par ‌rapport au pic record de 944 000 atteint en 2023. L’immigration – tant légale qu’illégale – domine le débat politique en Grande-Bretagne depuis plus ⁠d’une décennie, les gouvernements successifs ayant imposé des règles plus strictes en matière d’asile, de visas et des seuils de salaire plus élevés.
    Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 avec la promesse de réduire l’immigration régulière et irrégulière, n’a pas tardé à se réjouir. « L’immigration nette a baissé de 82 % en trois ans [...] J’ai promis de rétablir le contrôle de nos frontières. Mon gouvernement tient ses engagements », a écrit sur X le dirigeant, qui est en sursis après la défaite massive du Labour à des élections locales le 7 mai. La ministre ‌de l’Intérieur, Shabana Mahmood, s’est elle aussi félicitée des progrès réalisés grâce à des politiques plus strictes. « Nous accueillerons toujours ceux qui contribuent à ce pays et souhaitent y construire une vie meilleure. Mais nous devons rétablir l’ordre et le contrôle à nos frontières », a-t-elle déclaré, ajoutant que la ‌nouvelle politique d’immigration du gouvernement fondée sur les compétences récompenserait la contribution et mettrait fin à la dépendance vis-à-vis des « travailleurs étrangers bon marché ».
    Reste que les employeurs et les économistes ont fait part de leurs inquiétudes concernant les pénuries ​de main-d’œuvre, en particulier dans des secteurs tels que les soins et l’hôtellerie. « Les entreprises craignent de plus en plus que des politiques [actuelles] ne dissuadent les talents internationaux, les diplômés et les investisseurs dont l’économie britannique a désespérément besoin », a déclaré Lyudmyla Davies, avocate spécialisée en droit ​de l’immigration. La baisse des visas de travail est « la principale cause » de la chute de l’immigration nette, selon l’ONS. « Le nombre de ressortissants de pays hors UE arrivant pour des raisons professionnelles a chuté de 47 % en 2025 », a indiqué l’Office.
    En cause : les mesures restrictives introduites début 2024 par le précédent gouvernement conservateur, qui a interdit aux soignants et aux étudiants étrangers de faire venir avec eux des membres de leur famille à leur charge, et a augmenté le niveau de salaire requis pour les travailleurs étrangers qualifiés. Puis, le gouvernement actuel a décidé l’année dernière de mettre fin au ⁠recrutement à l’étranger de personnel soignant, principal moteur de la migration de main-d’œuvre ces dernières années, et a encore relevé le seuil salarial pour l’obtention de visas de travailleurs qualifiés. De plus, le gouvernement de Starmer a annoncé des réformes plus ​radicales, notamment des plans visant à accélérer les expulsions des personnes arrivant illégalement et à doubler la période d’attente pour les étrangers souhaitant obtenir le statut de résident permanent, la portant à 10 ans. Enfin, le gouvernement travailliste a annoncé en mars que le statut de réfugié au Royaume-Uni serait accordé pour une durée de 30 mois renouvelable, au lieu de cinq ans, pour tous les nouveaux demandeurs.
    Le nombre de demandes d’asile a lui légèrement augmenté, atteignant 88 000 en 2025, soit un millier de plus que l’année précédente, précise aussi l’ONS. Ce chiffre inclut « les personnes ayant demandé l’asile après être arrivées par des voies régulières ou par des voies d’entrée illégales », notamment à bord d’embarcations de fortune traversant la Manche, a indiqué l’ONS. Depuis le début de l’année, plus de 7 000 migrants ont atteint le sol britannique illégalement, selon les chiffres du Home office.

    #Covid-19#migration#migrant#royaumeuni#politiquemigratoire#asile#migrationirreguliere#sante#economie

  • Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71218/manche--les-traversees-irregulieres-continuent-malgre-le-nouvel-accord

    Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique
    Par La rédaction Publié le : 05/05/2026
    Plus de 7 000 migrants ont atteint le sol britannique depuis le début de l’année. Dans le détail, 800 exilés ont traversé la Manche en trois jours, du 1er mai au 3 mai. Et ce, malgré un nouvel accord triennal franco-britannique visant à endiguer les traversées clandestines de la Manche, signé fin avril.Après une accalmie de plusieurs jours, 800 exilés ont été interceptés par les forces britanniques dans la Manche en trois jours, entre le 1er mai et le 3 mai. Au total, 7 200 migrants ont atteint le Royaume-Uni via "small boats" depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres du Home Office. Le chiffre est en deçà de celui de l’année dernière à la même période (11 500) mais suffira-t-il à apaiser les relations tumultueuses entre Paris et Londres ?Depuis plusieurs mois, Londres reproche à la France de ne pas faire assez pour endiguer les traversées illégales de la Manche. Les discussions entre les deux pays ont traîné en longueur pour renouveler l’accord de Sandhurst - un accord de coopération sur la sécurisation de leur frontière commune dans la Manche. Le 23 avril, finalement, un nouveau partenariat a été signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur français, et son homologue britannique Shabana Mahmood.
    Un accord essentiel : sous pression du parti d’extrême droite Reform UK de Nigel Farage, le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a promis de "reprendre le contrôle des frontières" et met un point d’honneur à voir la situation sur le littoral français évoluer.
    Londres va verser jusqu’à 766 millions d’euros à la France sur trois ans (2026 -2029), mais pour la première fois, une somme “flexible” de 186 millions d’euros dépendra de l’efficacité des mesures côté français. Concrètement, Paris devra apporter des preuves quantitatives et qualitatives sur le nombre d’interventions effectuées, le nombre d’interpellations, le nombre de traversées empêchées..., pour débloquer la somme. Mais "il n’y aura pas de quotas qui conditionnent quelque financement que ce soit", a affirmé le ministre Laurent Nuñez.
    Londres désapprouve l’approche française d’intervenir uniquement sur les plages. Malgré de rares interceptions qui ont eu lieu, Paris demeure réticente à l’option "d’intervention en mer" pour intercepter les "small boats". Les autorités françaises s’appuient sur le droit international de la mer qui interdit les interventions policières dans l’eau - et n’autorise que les seules opérations de secours.Actuellement, 907 effectifs sont déployés, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre doit progresser de 53 % pour atteindre 1 392 agents sur la période 2026-2029, "incluant notamment la création d’une nouvelle unité spécialisée (SIPAF, pour Service interdépartemental de la police aux frontières) de 80 effectifs".
    Reste à savoir si ce déploiement de forces réglera le problème, car, depuis plusieurs semaines, une nouvelle route migratoire a vu le jour pour rejoindre le sol britannique. De plus en plus de départs en "small boats" se font désormais depuis les côtes belges. Le 18 avril, au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés par les gardes-côtes de Bruxelles. "C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps", avait déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Les départs se font depuis les villes côtières d’Oostduinkerke, De Panne, Koksijde et Nieuport, toute proches de la frontière française. L’an dernier, aucun canot n’avait été repéré dans le nord-ouest la Belgique

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#accordmigratoire#manche#mortalite#sante#politiquemigratoire#routemigratoire

  • Au Royaume-Uni, des escrocs aident des migrants à mentir sur leur orientation sexuelle - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71036/au-royaumeuni-des-escrocs-aident-des-migrants-a-mentir-sur-leur-orient

    Au Royaume-Uni, des escrocs aident des migrants à mentir sur leur orientation sexuelle
    Par Ana P. Santos Publié le : 24/04/2026
    Une enquête de la BBC a découvert un réseau composé de cabinets d’avocats et de faux conseillers en immigration qui fabriquent des fausses preuves pour aider des demandeurs d’asile à prétendre qu’ils sont persécutés sur la base de leur homosexualité. Les ONG rappellent que ces abus minoritaires "ne reflète pas la réalité" du parcours d’asile "hostile et complexe" des personnes LGBTQ+.D’après un reportage de la BBC tourné en caméra cachée, un réseau clandestin composé d’avocats et de soi-disant conseillers en immigration facture des sommes exorbitantes pour aider des personnes à effectuer de fausses déclarations sur leur homosexualité dans le but d’obtenir l’asile au Royaume-Uni.Ces faux cabinets promeuvent leurs services en ligne et demandent près de 1 700 euros pour la rédaction du dossier et 2 300 à 3 400 euros supplémentaires pour fabriquer des preuves. Selon l’enquête, un cabinet d’avocats a ainsi exigé quelque 8 000 euros pour déposer une demande d’asile fabriquée de toutes pièces qui avait "très peu" de chances d’être rejetée par le ministère de l’Intérieur.
    Des personnes dont le visa était sur le point d’expirer ont ainsi tenté de faire croire aux autorités qu’elles risquent d’être persécutées dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle. Les concernés reçoivent notamment des instructions sur la manière d’obtenir de fausses preuves, notamment des lettres de soutien, des photos et des rapports médicaux.Un journaliste de la BBC s’est ainsi infiltré dans une réunion destinée à la communauté migrante LGBTQ+ et a constaté que bon nombre des participants reconnaissaient ne pas être homosexuels.
    Lors d’échanges téléphoniques avec de prétendus conseillers en immigration ou assistants juridiques, le journaliste a expliqué ne pas être gay. On lui a répondu que "personne n’est sincère. Il n’y a qu’une seule option pour vivre ici aujourd’hui, et c’est précisément la méthode que tout le monde adopte".La BBC note que le phénomène concernerait surtout des migrants dont le visa étudiant, de travail ou touristique a expiré."Quiconque abuse des protections accordées aux personnes fuyant la persécution en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle est plus que méprisable", a tweeté le 15 avril la ministre britannique de l’Intérieur, Shabanna Mahmood, en réaction au reportage de la BBC."Les faux avocats qui facilitent ces abus seront poursuivis avec toute la rigueur de la loi. Une fois derrière les barreaux, leur argent sale sera saisi et réinvesti pour mettre fin au crime qu’ils ont autrefois financé", a poursuivi Shabanna Mahmood.
    La Fondation Peter Tatchell, une organisation caritative londonienne qui défend les droits des personnes LGBTQ+, rappelle dans un communiqué que l"’année dernière, nous avons dénoncé la situation après avoir été submergés par une vague de demandeurs d’asile que nous estimions être des imposteurs.""Les fausses demandes et l’exploitation des personnes LGBTQ+ par des gangs criminels organisés sapent la confiance du public dans le système d’asile. Cela nuit à ceux qui ont une demande légitime de statut de réfugié", poursuit le communiqué.D’autres ONG critiquent l’effet produit par le reportage de la BBC. Microrainbow, une organisation travaillant avec des demandeurs d’asile LGBTQ+ au Royaume-Uni explique sur sa page Instagram que "l’idée selon laquelle un grand nombre de personnes demanderaient l’asile à tort en invoquant leur orientation sexuelle ou leur identité de genre est profondément trompeuse et risque de nuire à ceux qui fuient véritablement la persécution".Les statistiques publiées par le ministère britannique de l’Intérieur indiquent qu’en 2022, 2 % des demandes d’asile au Royaume-Uni, soit 1 334 dossiers, invoquaient l’orientation sexuelle comme l’une des raisons de la demande de protection.Sur un peu plus d’un millier de décisions initiales rendues en 2022. 73 % des demandeurs se sont vus accorder l’asile ou une autre forme d’autorisation de séjour.Cela correspond à un taux de protection trois fois supérieur à celui de 2017, lorsque seules 22 % des demandes émanant de personnes LGBTQ+ avaient été acceptées.
    Les ressortissants pakistanais ont représenté le plus grand nombre de ces demandes d’asile au cours des six dernières années. En 2022, les Pakistanais représentaient ainsi 21 % de l’ensemble des demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Dans le même temps, par rapport à l’ensemble des demandes d’asile, les ressortissants pakistanais ne représentaient que 3 % de l’ensemble des demandes de protection.
    Une cartographie mondiale réalisée par Human Rights Watch montre qu’au moins 67 pays disposent de lois criminalisant les relations homosexuelles, avec des peines allant de l’amende à la prison à perpétuité, voire à la peine de mort.En outre, au moins neuf pays ont adopté des lois qui criminalisent certaines formes d’expression de genre visant notamment les personnes transgenres. Dans certains pays, les forces de l’ordre poursuivent et traduisent en justice de manière agressive les personnes soupçonnées d’être lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres. Dans d’autres, les lois sont rarement appliquées mais ont néanmoins de graves conséquences pour les personnes LGBTQ+, "servant à justifier un traitement discriminatoire et entravant l’accès de ces personnes à l’emploi, aux services de santé et à la protection policière", explique Human Rights Watch.
    "Tout conseil visant à abuser du système d’asile doit être condamné, mais ce type de comportement, adopté par une poignée d’acteurs de mauvaise foi, ne reflète pas la réalité des personnes LGBTQ+ qui demandent l’asile", observe Carla Manso Garcia, responsable de la communication chez Rainbow Migration, une organisation basée au
    Parmi les cas traités par Rainbow Migration figure celui d’un homme gay originaire du Pakistan dont la famille a découvert qu’il vivait avec son petit ami au Royaume-Uni. "Ils ont commencé à les menacer tous les deux, en leur disant que s’ils revenaient, ils ne les épargnaient pas, qu’ils les tueraient pour en faire un exemple, car ils auraient jeté le discrédit sur la famille, le pays et la religion.”Il y a aussi le cas d’un homme gay originaire d’Inde, qui avait tenté d’obtenir un soutien psychologique dans son pays. "Il a été confronté à beaucoup de stigmatisation et à des commentaires selon lesquels il était possédé par un fantôme simplement parce qu’il était gay", a expliqué Carla Manso Garcia à InfoMigrants.Selon l’organisation Human Dignity Trust, le Code pénal pakistanais de 1860, adopté sous la domination coloniale britannique, érige en infraction pénale les relations sexuelles entre personnes du même sexe et peuvent être punies de la prison à perpétuité. Seuls les hommes seraient visés par cette loi. "Des cas de discrimination et de violence à l’encontre des personnes LGBTQ+ ont été régulièrement signalés ces dernières années, notamment des meurtres, des viols, des agressions et le refus de droits et d’accès à des services fondamentaux. Les femmes transgenres sont particulièrement exposées à la violence et aux abus, malgré une amélioration du cadre législatif en faveur des personnes transgenres", indique Human Dignity Trust.En Inde, parmi les décisions juridiques et politiques en faveur des droits des personnes LGBTQ+, on peut citer une décision de justice de 2014 qui a confirmé le droit de chacun à définir son propre genre. De plus, elle a légalement reconnu les hijras et les kinnar (personnes transgenres) comme un "troisième genre".
    Par la suite, en 2018, certaines dispositions du Code pénal indien qui criminalisaient les relations sexuelles consenties entre hommes en privé ont été jugées inconstitutionnelles par la Cour suprême. Plus récemment, en 2021, un arrêt historique rendu par la Haute Cour de Madras a ordonné à l’État de fournir des services sociaux complets aux communautés LGBTQ+.Cependant, les Nations unies rappellent qu’il perdure un "manque persistant de compréhension et d’intolérance envers la communauté LGBTQ+, que ce soit dans les grandes villes ou dans les zones rurales"."Le système d’asile est hostile et complexe, et particulièrement difficile pour les personnes LGBTQ+, car elles sont tenues de ’prouver’ leur orientation sexuelle ou leur identité de genre à de parfaits inconnus. Beaucoup ont passé une grande partie de leur vie à cacher ou à nier qui elles sont pour éviter la violence", rappelle Carla Manso Garcia, de Rainbow Migration

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#politiquemigratoire#droit#sante#LGBTQ+#genre

  • Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71193/deux-femmes-migrantes-meurent-pendant-une-traversee-de-la-manche

    Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche
    Par La rédaction Publié le : 04/05/2026
    Deux femmes sont mortes dimanche au large du Pas-de-Calais après le naufrage d’une embarcation transportant environ 80 migrants vers le Royaume-Uni. Les deux victimes sont mortes étouffées lors d’un mouvement de foule sur le canot, a précisé la préfecture du Pas-de-Calais. Le bilan monte à huit morts depuis le début de l’année dans la Manche. Deux femmes sont décédées dimanche 3 mai dans une embarcation de fortune surchargée qui s’est échouée sur une plage du Pas-de-Calais.
    Les victimes se trouvaient dans une embarcation de type « small boat » transportant « environ 82 personnes », seraient âgées d’une vingtaine d’année et d’origine soudanaise, mais l’enquête doit permettre « de déterminer » leur nationalité, a déclaré le secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, Christophe Marx, lors d’un point-presse à Coquelles (Pas-de-Calais). Le canot avait pris la mer dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h30 du matin depuis le sud de la commune de Neufchâtel-Hardelot, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. « Le moteur n’a pas démarré » et le bateau a commencé à dériver, selon Christophe Marx. « Dix-sept personnes ont été prises en charge » au large par la gendarmerie maritime et « amenées au port de Boulogne-sur-Mer ». Il restait 65 exilés à bord quand le bateau de fortune s’est échoué sur la plage.
    Les victimes ne sont pas mortes « noyées »
    Les deux victimes, retrouvées « décédées dans le bateau », « ne sont pas mortes noyées », mais vraisemblablement « étouffées, comme ça arrive malheureusement souvent sur des embarcations qui ne sont pas adaptées » et surchargées, a-t-il précisé. De nombreuses personnes sont malheureusement écrasées dans des bousculades ou de mouvements de panique sur des embarcations de fortune.
    Quatorze personnes sont en urgence relative, dont cinq évacuées vers des centres hospitaliers et trois autres en urgence absolue, présentant notamment des brûlures « dues à un mélange de carburant et d’eau de mer », a encore détaillé la préfecture du Pas-de-Calais. L’ensemble des personnes « sont prises en charge » et « vont être auditionnées par la police aux frontières pour déterminer quels sont les responsables de ce passage », a indiqué le secrétaire général de la préfecture.
    Le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé à l’AFP l’ouverture d’une enquête pour aide au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs, homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, blessures involontaires aggravées ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) inférieure ou égale à trois mois et mise en danger d’autrui. Pour la préfecture, les réseaux de passeurs sont pleinement responsables de ces morts. « Guidés par des logiques criminelles et un mépris total de la vie humaine, [ils] continuent de mettre en danger des personnes vulnérables en organisant des traversées sur des embarcations de fortune ». Il s’agit du troisième drame de ce type en un peu plus d’un mois à la frontière franco-britannique. Le 1er avril, deux migrants sont décédés au large de Gravelines (Nord) en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Le 9 avril, quatre autre personnes, deux hommes et deux femmes, sont mortes dans le secteur d’Equihen-Plage (Pas-de-Calais), emportées par les courants. « On n’en voit pas le bout de cette histoire. Personne n’a les vraies solutions et c’est dramatique », a déclaré à l’AFP la maire de Neufchâtel-Hardelot, Paulette Juilien-Peuvion.
    Sur son compte X, l’association Utopia 56 a dénoncé les « politiques répressives à la frontière franco-britannique » qui « tuent », pointant du doigt la responsabilité politique des gouvernements français et britannique dans ces drames. « Multiplier les dispositifs répressifs n’empêche pas les traversées : cela les rend plus dangereuses, plus violentes, plus mortelles. Ces vies perdues sont le résultat de choix politiques », a-t-elle développé. Après plusieurs mois de négociations difficiles, un nouvel accord franco-britannique d’une durée de trois ans, destiné à freiner les traversées clandestines de la Manche, a été signé le 23 avril, avec une augmentation de la contribution financière du Royaume-Uni. Il s’agit de la deuxième reconduction du traité de Sandhurst, conclu en 2018. Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Paris souligne toutefois que depuis le début d’année, les arrivées au Royaume-Uni ont diminué de moitié comparé à la même période de l’année dernière. En 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer dans la région, selon un comptage AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques. Et depuis le 1er janvier 2026, on compte déjà huit morts dans la Manche

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#routemigratoire#accordmigratoire#sante#mortalite#migrationirreguliere

  • Dans la Manche, les autorités françaises expérimentent les interceptions de « taxi-boats » de migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/28/dans-la-manche-les-autorites-experimentent-les-interceptions-de-taxi-boats-d

    Dans la Manche, les autorités françaises expérimentent les interceptions de « taxi-boats » de migrants
    Par Julia Pascual, Maud Jullien (« Lighthouse Reports ») et Tomas Statius (« Lighthouse Reports »)
    Plus de 6 000 personnes ont rejoint l’Angleterre à bord de petits canots pneumatiques depuis le début de l’année 2026. Un niveau de traversées important, alors que la France a modifié sa doctrine d’intervention en mer pour juguler les départs de migrants vers l’Angleterre. La nouvelle approche – décrite dans un ordre d’opération interpréfectoral non public du 25 novembre 2025 – consiste à permettre à des embarcations de la gendarmerie maritime d’intercepter des small boats, pratique jusque-là exclue dans la Manche, car jugée trop dangereuse en raison des risques de chavirements et de noyades.
    Les auditions menées par la commission d’enquête parlementaire en cours sur les accords du Touquet ont permis d’en savoir plus sur la réalité de ces manœuvres. Entendu le 8 avril, le directeur général des étrangers en France, Laurent Touvet, a ainsi rappelé que la nouvelle doctrine « a fait l’objet de très nombreux échanges avec les autorités judiciaires (…) pour éviter que les forces de gendarmerie maritime ne soient mises en cause lors de cette action ».L’objectif, pour les pouvoirs publics, est de mettre à mal les traversées par taxi-boats, un mode opératoire qui représente plus de la moitié des départs. Il consiste à faire partir un canot d’un point éloigné du détroit du Pas-de-Calais, pour lui faire ensuite longer la côte avant de se rapprocher d’une plage pour faire embarquer les personnes directement dans l’eau. Le but ? Contourner la présence policière sur les plages.
    L’interception consiste à « entourer les bateaux de migrants avant qu’ils ne soient trop chargés » pour ensuite les conduire vers un port, a détaillé Laurent Touvet. Le haut fonctionnaire a insisté sur la primauté de la sauvegarde de la vie humaine. De sorte que, selon M. Touvet, si la technique d’interception a été « déployée une dizaine de fois depuis novembre [2025] », elle n’aurait « donné lieu à aucune interception (…), car les conditions de sécurité n’étaient pas suffisantes ».
    Un bilan contredit par le préfet maritime Benoît de Guibert, auditionné le 2 avril, ainsi que par le secrétaire général de la mer, Xavier Ducept, auditionné le 26 mars. Tous deux ont mentionné trois interceptions depuis fin 2025, qui auraient toutes permis « de prononcer des condamnations pour les passeurs identifiés », a précisé M. de Guibert.D’après des informations recueillies par Le Monde, au moins trois autres interceptions ont eu lieu depuis ces auditions. Le 7 avril, un canot parti de Belgique a été intercepté au large de Loon-Plage (Nord) et ses 14 passagers ont été interpellés par la police aux frontières. Le 8 avril, un canot a, cette fois, été intercepté au large de Leffrinckoucke, et 12 individus ont été interpellés. Le 13 avril, une embarcation a encore éte interceptée avec 13 personnes à bord au large de Zuydcoote.
    L’ordre interpréfectoral de novembre 2025 indiquait pourtant que les manœuvres ne viseraient que les « taxi-boats en amont des phases d’embarquement de migrants ». Le 18 avril, un canot a encore été intercepté mais cette fois par les autorités belges au large de leurs côtes.
    En 2024, Le Monde avait révélé, en partenariat avec le média Lighthouse Reports, que des interceptions ont été expérimentées à partir de mars 2023 avant d’être jugées non concluantes par le secrétariat général à la mer. Une vidéo de l’époque montrait des gendarmes percutant un taxi-boat à grande vitesse dans le but de lui faire rejoindre les côtes. Dans une autre séquence, à Dunkerque, un bateau de la police créait des vagues pour déstabiliser un canot de migrants. Des « vagues molles », a assuré la direction générale des étrangers en France, dans une réponse écrite à la commission d’enquête parlementaire qui l’interrogeait sur cet événement.
    Le Monde a révélé, par ailleurs, qu’à l’été 2023 un gendarme avait demandé à un membre d’équipage de la Société nationale de sauvetage en mer de l’aider à arrêter un bateau au large de la plage de Berck (Pas-de-Calais). Le sauveteur avait refusé. A la commission d’enquête parlementaire, le ministère de l’intérieur a reconnu les faits en plaidant une erreur d’appréciation du gendarme, un réserviste « sous le coup de l’adrénaline ». La mise en œuvre des interceptions en mer a été décidée sous la pression des Britanniques, qui viennent de garantir le versement de 766 millions d’euros à la France sur trois ans, en particulier pour renforcer la présence policière à la frontière.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#migrationirreguliere#politiquemigratoire#manche#sante

  • Traversée de la Manche : au moins 200 migrants repérés au large des côtes belges - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70979/traversee-de-la-manche--au-moins-200-migrants-reperes-au-large-des-cot

    Traversée de la Manche : au moins 200 migrants repérés au large des côtes belges
    Par La rédaction Publié le : 20/04/2026
    Au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés samedi par les gardes-côtes belges. « C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps », a réagi le gouverneur de Flandres occidentale. Les services de secours belges ont signalé avoir repéré au moins 200 migrants en mer, samedi 18 avril dans la matinée. Ces derniers étaient partis des côtes belges dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre. Ils étaient répartis à bord de cinq embarcations. « Nos services de secours se sont rendus sur place pour accompagner les bateaux vers les eaux françaises », a expliqué la porte-parole de l’agence flamande des services maritimes et côtiers (MDK) à l’agence Belga. « C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps », a déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Ce dernier a déclenché la phase de pré-alerte du plan d’urgence provincial, une mesure qui permet aux autorités de pouvoir réquisitionner des bateaux en cas de besoin.
    Depuis plusieurs semaines, le gouverneur tire la sonnette d’alarme : le nombre d’embarcations qui partent des côtes de la Belgique augmente. « La semaine prochaine, tous les services de sécurité se mettront autour de la table pour prendre des mesures supplémentaires », a-t-il indiqué. Mi-mars, il avait même demandé la fermeture de la frontière franco-belge dans sa région, estimant que la pression exercée par les migrants cherchant à rejoindre le Royaume-Uni par la mer était devenue « insoutenable ».
    Ces derniers mois, face au renforcement des contrôles le long du littoral français, les passeurs se sont adaptés. Ainsi, les tentatives de départs depuis le nord-ouest de la Belgique se sont multipliés. « Ces bateaux pneumatiques longent la côte [belge] et prennent des passagers à plusieurs endroits sur la plage, jusqu’à ce que 80 à 100 personnes soient entassées dans un même bateau, souvent sans gilet de sauvetage », expliquait, le 13 mars, le chef de corps de la police de la côte ouest, Nicholas Paelinck, cité par les médias belges. « Ces bateaux se dirigent ensuite vers Calais avant de prendre le cap vers l’Angleterre. »
    Une fois dans la zone de sauvetage française, plusieurs demandes d’assistance ont été émises. Selon les autorités françaises, de multiples opérations de sauvetage ont eu lieu ce week-end pour assister des embarcations parties de Belgique. Au total, 23 personnes ont été secourues au cours de la journée de samedi.
    Selon la préfecture de la Manche et de la mer du Nord, une première personne a été secourue après un signalement effectué par un navire de pêche très tôt samedi matin. Quelques instants plus tard, un second exilé a été secouru par les autorités françaises. Selon la préfecture, le bateau parti de Belgique a embarqué « d’autres candidats à l’exil au niveau de la plage de Grand Fort Philippe » avant de reprendre sa route. C’est une fois en direction du Royaume-Uni qu’un migrant présent à bord a souhaité être secouru.
    Enfin, deux dernières opérations ont été menées par la France samedi. Lors de la première, une personne a été secourue. Puis 20 migrants ont été récupérés lors de la seconde. Ces deux embarcations étaient, elles aussi, parties de Belgique.
    Samedi, les embarcations qui ont pris la mer - depuis les côtes belges et françaises - pour le Royaume-Uni étaient nombreuses. Selon le Home Office, plus de 600 migrants ont atteint les côtes anglaises lors de cette seule journée. Et depuis le début de l’année, 6 077 personnes sont arrivées au Royaume-Uni

    #Covid-19#migration#migrant#belgique#manche#merdunord#routemigratoire#migrationirreguliere#royaumeuni#politiquemigratoire#sante

  • Nord de la France : des agents britanniques dans un centre d’accueil pour dissuader les migrants de traverser la Manche - InfoMigrants
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    Nord de la France : des agents britanniques dans un centre d’accueil pour dissuader les migrants de traverser la Manche
    Par Clémence Cluzel Publié le : 08/04/2026
    Des agents britanniques interviennent chaque mois depuis cet automne au sein d’un centre d’accueil de migrants près d’Arras, dans le Pas-de-Calais. Un nouveau volet dans le partenariat franco-britannique pour tenter de déconstruire les clichés sur les conditions d’accueil au Royaume-Uni et dissuader les candidats à l’exil de traverser la Manche. Sans forcément de réel succès.
    Depuis cet automne s’opère un nouvel aspect de la coopération franco-britannique pour lutter contre les arrivées de migrants sur les côtes anglaises. Une fois par mois depuis octobre, des agents britanniques se rendent au centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Croisilles, près d’Arras (Pas-de-Calais) afin d’informer et surtout déconstruire les clichés des migrants désireux de rejoindre le Royaume-Uni. "Les agents viennent à deux pour apporter des informations sur la réalité de l’accueil des migrants en Angleterre. Ils déconstruisent les idées reçues répandues : vous aurez du travail, un logement, des papiers", explique Alain Boulanger, coordinateur du CAES au quotidien La Voix du Nord. "La réalité est que la Grande-Bretagne n’est pas l’Eldorado que s’imaginent les exilés", confirme au même média Claude Picarda, directeur des CAES du département. Leur intervention a également permis de résoudre certaines situations jusque là bloquées, tel que le regroupement familial d’un enfant avec ses parents déjà au Royaume-Uni.
    Ouvert en octobre 2016, le CAES de Croisilles offre une solution de "mise à l’abri", principalement à des hommes seuls, ainsi qu’une aide pour leurs démarches administratives : la demande d’asile - qui concerne entre 5 et 7 % des personnes - ou le retour au pays, une option qui reste rare. "Plus de 90 % des exilés (du CAES) veulent traverser la Manche pour gagner la Grande-Bretagne, qui reste un Eldorado", affirme le coordinateur, cité par La Voix du Nord.
    Ces interventions britanniques, menées en soutien au travail de l’équipe du CAES, visent avant tout à dissuader les migrants de tenter cette traversée dangereuse. Au moins 29 personnes sont mortes en mer en 2025 selon un décompte AFP réalisé à partir de sources officielles.
    "L’idée est aussi de dire aux exilés qu’il existe des voies légales pour se rendre en Grande-Bretagne depuis la France", développe Alain Boulanger, au quotidien local. Et de citer l’accord "un pour un" entré en vigueur le 5 août 2025 : celui-ci prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par "small boat", en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile. Mais le dispositif patine : selon le Home Office, entre août 2025 et mars 2026, seuls 377 migrants ont été renvoyés en France et 380 ont été accueillis au Royaume-Uni dans le cadre de cet accord.
    Reste que les interventions des agents britanniques peinent à porter leurs fruits auprès des exilés. "Quand l’objectif final est à 30 km alors qu’on a fait 6 000 km à pied pour venir, il est très difficile de dissuader de traverser la Manche. Certains tentent, échouent, finissent par poser les bagages. Mais ce n’est pas du tout la majorité", rapporte Alain Boulanger au média nordiste. D’autant qu’en face le discours des passeurs est bien différent, tout comme celui des exilés ayant réussi à passer au Royaume-Uni. "On leur dit que continuer signifie potentiellement perdre la vie. Mais notre discours bute sur l’attrait qu’il y a pour ce pays. Certains y ont aussi des intérêts : une famille sur place, un lieu où s’établir, de l’argent qu’ils ont envoyé pour éviter de se faire dépouiller… Ils parlent aussi la langue pour la plupart" indique-t-il encore.
    En 2025, près de 50 000 personnes ont essayé de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni à bord de "small boats", selon des chiffres de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Pour la même période, 6 177 migrants ont été secourus en mer par les forces françaises.
    Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2024, le gouvernement travailliste britannique a fait de l’immigration irrégulière son cheval de bataille. Cela s’est traduit par un durcissement de sa politique migratoire avec l’adoption d’une série de mesures répressives pour lutter contre l’immigration illégale. Parmi elles, la réduction de la protection accordée aux réfugiés, qui seront "forcés de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr", avait déclaré la ministre de l’Intérieur Shabanah Mahmood cet hiver. L’accès automatique des demandeurs d’asile aux aides sociales et au regroupement familial a aussi été supprimé, tandis qu’il faudra désormais pouvoir justifier de 20 ans de présence au Royaume-Uni pour pouvoir rester indéfiniment dans le pays. Début mars, le gouvernement britannique a également annoncé cesser d’accorder des visas d’études à certains pays (Afghanistan, Cameroun, Birmanie, Soudan) dénonçant des "abus" commis par ces ressortissants. Près de 60 000 personnes ont été expulsées du pays entre juillet 2024 et janvier 2026, certains par la force et d’autres à travers des “retours volontaires”. C’est 30 % de plus que sur les 19 mois d’avant : en effet, de décembre 2022 à juin 2024, un peu plus de 44 600 étrangers avaient été expulsés.
    Parallèlement, le nombre de réfugiés statutaires à la rue a explosé. Plus de 19 000 réfugiés sont à la rue au Royaume-Uni, selon la BBC se basant sur des données gouvernementales,. C’est cinq fois plus qu’en 2021/2022, où les autorités avaient recensé 3 500 personnes sans-abri. Les organisations d’aide aux migrants du pays pointent "une conséquence directe" de la politique gouvernementale. En 2025 41 472 migrants sont arrivés au Royaume-Uni après une périlleuse traversée de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45 774 arrivées enregistrées en 2022, selon les données du Home Office. L’accord de coopération entre Londres et Paris pour lutter contre les traversées illégales a été prolongé le 31 mars dernier mais uniquement pour deux mois, faute d’avoir pu trouver un partenariat permanent. Le Royaume-Uni exige plus d’interventions en mer des autorités françaises pour empêcher les traversées des "small boats" dans la Manche. Mais Paris se refuse à cette requête, s’appuyant sur le droit international de la mer qui interdit les interventions en mer (au profit des opérations de secours). Les autorités craignent en effet qu’une hausse de ces interpellations n’augmente au contraire la mise en danger de la vie des exilés, ainsi que des forces de l’ordre.
    Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d’euros) qui servira à assurer la surveillance des plages au cours des deux prochains mois. Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d’euros à la France dans le cadre du traité de Sandhurst, signé en 2018 et prolongé jusqu’en 2023. Celui-ci prévoit le financement par Londres d’une partie des actions menées par la France pour sécuriser les plages françaises. Cet argent sert à financer les patrouilles sur les plages, l’achat de matériel (drones), ou encore la construction (en cours) du futur centre de rétention de 140 places de Dunkerque - situé à Loon-Plage - qui doit ouvrir fin 2026/début 2027.

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