• Les recours contre une décision de récupération d’un #indu de #RSA ont un effet suspensif | Michel Abhervé
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2026/08/15/les-recours-contre-une-decision-de-recuperation-d-un-

    Un jugement du Tribunal administratif de Nancy en date du 24 juillet 2026 que rapporte RemiremontVallées rappelle que les départements n’ont pas tous les droits en matière de recouvrement auprès de bénéficiaires du RSA de sommes qu’ils estiment indues.

    Après un contrôle, les services de la Caf ont estimé qu’une bénéficiaire avait été absente du territoire français pendant une partie de la période contrôlé ce qui a conduit le conseil départemental des Vosges à réclamer un indu de RSA de 13 627,41 euros.

    La bénéficiaire conteste cette décision et saisit le Tribunal administratif le 16 juin 2023. Douze jours plus tard, le 28 juin 2023, le conseil départemental des Vosges émet un titre exécutoire destiné à récupérer les 13 627,41 euros.

    C’est ce titre qui a été annulé par le Tribunal celui-ci estimant que les recours contre une décision de récupération d’un indu de RSA ont un effet suspensif, ce qui l’a conduit à accorder à la bénéficiaire 1 200 euros au titre des frais de justice.

    AJOUT

    ZInfos 974 se fait écho d’une autre décision du Tribunal administratif de la Réunion. Saisi par une bénéficiaire d’une demande d’annulation d’une procédure de contrainte, il a jugé que celle-ci n’était pas recevable : cette allocataire du RSA ayant commencé à rembourser les indus en versant plus de 2.000 euros, elle ne peut plus désormais contester la légalité de la procédure de contrainte engagée par la CAF.

    1 l’allocataire gagnante a malgré tout toutes chances de se voir imposé l’indu au terme de son recours, voire d’une procédure contentieux, et sa victoire de rester formelle et momentanée
    2 eh oui, commencer à raquer, c’est admettre l’indu, histoire connue.

  • Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030726/le-combat-acharne-d-une-mere-isolee-privee-du-rsa-pour-9-euros-de-depassem

    [Sabrina Laubisse] a engagé, en mai, une bataille contre les institutions pour permettre aux #mères_isolées de ne pas être pénalisées par la perception d’#allocations et d’aides de soutien familial.

    Car, martèle-t-elle, ces prestations ne sont pas son salaire, et elles sont avant tout destinées à ses enfants. « Pourtant, dans le calcul du RSA, l’administration les requalifie en mon revenu personnel. Elle prend l’argent des enfants, l’inscrit sur la ligne de la mère et conclut que la mère est trop riche pour être aidée. » Pour elle, cela relèverait du détournement des règles de procédure.

    La mère de famille de 48 ans considère avoir mis le doigt sur un dysfonctionnement structurel. « Ce sont les mères isolées que l’on range du côté des riches. À moins que la loi n’ait organisé une discrimination systémique. » Car huit familles monoparentales sur dix ont des femmes à leur tête. À sa place, souligne-t-elle, un homme seul à revenu professionnel strictement nul, percevrait 635 euros de RSA.
    Contactée par Mediapart, la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) confirme que « la composition familiale détermine un montant forfaitaire de RSA fixé par décret. Ce montant peut être majoré, sous certaines conditions, pour une personne isolée ayant des enfants à charge, notamment lorsqu’un enfant est âgé de moins de 3 ans ou en cas de séparation datant de moins d’un an au moment de la demande. Le montant du RSA se calcule en fonction des #ressources du foyer, des prestations familiales ainsi que d’un forfait logement ».

    Sabrina Laubisse a saisi le tribunal administratif de Paris pour obtenir l’annulation du refus qui lui a été opposé. Après le rejet de son recours en septembre 2025, elle souhaite toujours que la justice reconnaisse son droit à percevoir cette aide. En parallèle, elle a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (#QPC), déposée le 5 mai 2026 également devant le tribunal administratif de Paris. Cette procédure permet à tout justiciable de contester la conformité d’une loi.

    La requérante conteste la constitutionnalité de deux articles du Code de l’action sociale et des familles qui encadrent le revenu de solidarité active (#RSA). Elle développe quatre griefs : l’incompétence négative du législateur, qui a délégué au pouvoir réglementaire le soin de définir ce qui compte comme « ressource » ; la violation du droit à des moyens convenables d’existence, garanti par le onzième alinéa du préambule de la #Constitution de 1946 ; la discrimination indirecte fondée sur le sexe, prohibée par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; et la rupture d’égalité devant les charges publiques.

    #calcul_des_ressources #revenu #allocataires #contentieux

    • Elle chiffre en tout son préjudice à 200 000 euros. Car, outre le RSA, à cause de ces 9,62 euros de dépassement, la mère perd simultanément l’accès à la complémentaire santé solidaire (#C2S), aux aides pour le logement (APL), à la [so called] prime de Noël, aux tarifs sociaux pour les transports, ou aux bourses scolaires. Elle a donc demandé au tribunal administratif que toutes ces aides soient prises en compte dans le calcul de sa #réparation_financière, en plus des sommes de RSA non versées.

      Au-delà de la QPC et de son recours administratif individuel, Sabrina Laubisse a saisi, fin mai, le Défenseur des droits pour qu’il rende des observations devant le tribunal sur la discrimination indirecte sexuée, la Fédération syndicale des familles monoparentales (FSFM), plusieurs parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale, ainsi que le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).
      Le 12 juin, elle a aussi interpellé le ministre de la justice, Gérald Darmanin, pour une demande de saisine de l’Inspection générale de la justice (IGJ), « pour un signalement de faits susceptibles de qualification pénale, et [un] appui à une inspection du traitement du RSA des familles monoparentales et des personnes malades », ainsi que pour une « demande de révision législative ». Elle demande au ministre de saisir l’IGJ afin que celle-ci examine le fonctionnement des juges aux affaires familiales et juges des enfants. Et ce, en vue de permettre l’accès des #familles_monoparentales aux #droits_sociaux.

      Sabrina Laubisse compte adresser au Conseil d’État une requête distincte, pour lui demander « de soutenir, au sein du gouvernement, une révision de ces dispositions afin que les prestations destinées aux enfants cessent d’être comptées comme un revenu personnel de leur parent pour l’appréciation du droit au minimum social ». De manière plus générale, la mère de famille ne peut s’empêcher de penser que les pouvoirs publics alimentent « un circuit de précarisation ».

      À l’issue de cette première étape de sa QPC, Sabrina Laubisse entrevoit une forme de satisfaction. « La route est longue et le combat doit se maintenir, réagit-elle. Le tribunal estime la question sérieuse, fondée, et les dispositions réglementaires non conformes à l’égalité. Il me donne raison sur le fait que le législateur ne peut laisser choisir le gouvernement sur ce qui doit être compté ou pas comme ressources, et ainsi créer des discriminations. » Mais surtout, elle s’autorise à rêver – « au-delà de [s]a situation de maman » – à la possibilité que sa QPC obtienne une réponse favorable. « Et là, ça signifierait que tant d’enfants vont voir leur vie un peu changer ! »

      #arbitraire

    • Bravo, mille bravos, c’est tellement épuisant comme situation. Bravo d’en faire une question politique.

      Pis, tu vois, c’est récurrent, juste le titre de l’article, pourtant là pour la défendre.

      Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources

      relis bien

      une mère isolée

      est-ce que jamais on te parle du père isolé ? mais c’est graave, elle est isolée par qui ? par la société, les médias, les journalistes, le monde des hommes et du patriarcat !
      Très bien, et c’est quoi une mère pas isolée ? une femme qui n’est pas seule ? en couple ? avec ? un homme ? Voila.
      Et donc merci madame monsieur la journaliste qui reprend de quoi recréer l’imaginaire d’une personne triste et vulnérable ISOLEE parce qu’elle ne reprend pas les codes de l’hétéronormalité. Alors qu’il existe un terme qui est cheffe de famille monoparentale pauvre , mais non, faut encore diminuer les rôles féminins possibles à deux termes : en couple ou isolée. Mère isolée, si vulnérable et avec personne pour la soutenir financièrement, si le terme existe, pas besoin d’aider cette femme, on va juste la désigner pour lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se trouve un compagnon qui lui répare son frigo et sa télé et la pénètre au moins une fois par semaine, le samedi par exemple.

    • merci @mfmb je discutais ce matin avec une maman cheffe de famille monoparentale qui a 3 enfants, on se disait aussi que femme isolée est violent et incorrect (et pourquoi pas sorcière ?) et que c’est plutôt la société (patriarcale) qui est isolante et destructrice de liens d’entraide, d’amitié, de soutien etc

  • « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère » : devant le tribunal de Brest, 230 personnes manifestent en soutien aux allocataires du RSA | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/stop-a-la-traque-aux-pauvres-dans-le-finistere-devant-le-tribunal-de-br

    Des allocataires du #RSA ont porté plainte contre le Département du #Finistère pour #harcèlement. L’audience au tribunal a lieu ce lundi. Une manifestation s’est tenue juste avant.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6a30067bcf841ad37c0cdda1/web_golden_xxl/6a30067bcf841ad37c0cdda1.1
    Plus de 200 personnes ont répondu, ce lundi devant le tribunal de Brest, à l’appel à manifester contre la politique RSA du Département du Finistère. (Photo David Cormier/Le Télégramme)

    « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère. » Environ 230 personnes se sont rassemblées ce lundi 15 juin 2026, vers midi, devant le tribunal judiciaire de Brest. Elles répondaient à l’appel à manifester contre la politique du département du Finistère concernant les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Elles estiment que le Département harcèle des allocataires afin qu’ils finissent par renoncer à leurs droits.

    #guerre_aux_pauvres et #paywall

    • « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant » : au tribunal de Brest, le procès du RSA
      https://www.mediapart.fr/journal/france/160626/ce-n-est-pas-la-collectivite-de-subvenir-aux-besoins-de-votre-enfant-au-tr

      Six #allocataires du #RSA attaquaient en justice le président du département du Finistère pour harcèlement moral institutionnel en raison des #contrôles_intensifs auxquels ils sont soumis. Lundi, le procès s’est transformé en bataille de réquisitoires pour ou contre le revenu de solidarité active et ses conditions d’attribution.

      Brest (Finistère).– « En quoi estimez-vous être harcelé ? » La question formulée par le président du tribunal, Christophe Subts, avec une bonhomie presque naïve revient comme un leitmotiv. Elle revêt une importance cruciale pour les six plaignant·es et va constituer le fil rouge de l’audience qui s’est tenue le 15 juin au tribunal judiciaire de Brest jusque très tard dans la soirée.

      Ces six allocataires du RSA (revenu de solidarité active), ainsi que la CGT et la Confédération paysanne, ont formé une citation directe, une procédure accélérée à l’égard de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental, et de son ancien directeur des services chargé de l’emploi, de l’insertion et du logement, Romain Chantelot. Ils s’érigent contre les contrôles « humiliants » diligentés par le département pour les bénéficiaires du RSA dans le Finistère, qui constituent selon eux un « harcèlement moral institutionnel » de la part des deux pilotes de la politique du département en matière sociale.

      Les réponses des allocataires sont livrées la gorge serrée, la voix tremblante et les yeux embués. Tous et toutes racontent la paralysie face à la surenchère administrative de la cellule de contrôle du département. L’impression de ne jamais pouvoir répondre aux demandes, ni même de se faire entendre par leurs interlocuteurs, ces agent·es toujours anonymes, regrettent-ils.

      Procédure inédite

      L’enjeu est de taille, et inédit. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure vise deux personnes et non pas des institutions, comme c’est le cas lorsqu’une contestation est portée au tribunal administratif. L’avocat des plaignant·es entend s’inscrire dans le prolongement de l’arrêt « France Télécom ». En janvier 2025, la Cour de cassation a consacré dans le droit le #harcèlement_moral_institutionnel en condamnant définitivement l’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et son ex-numéro deux, Louis-Pierre Wenès, dans l’affaire de la vague de suicides survenue dans les années 2000 chez l’opérateur.
      De par son caractère original, la tentation de faire un procès symbolique était forte. Avant l’audience, près d’une centaine de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le tribunal en soutien. Sur le carré d’herbe attenant, ils et elles ont dressé des barnums et installé un barbecue d’où émanaient des effluves de merguez.

      À la barre, Maël de Calan est apparu particulièrement confiant ; les remarques du président, souvent sceptique à l’endroit des plaignant·es, le confortant dans ce sens. Vêtu d’un costume bleu marine, il a pénétré dans l’enceinte du palais de justice en faisant des « V » de la victoire alors que surgissaient des huées de la part des manifestant·es.

      Franck Carpentier, avocat des plaignant·es, a insisté sur le caractère systémique de ces contrôles mis en œuvre par une cellule dédiée au sein du département. Cellule qui a visiblement rempli son office puisque, entre 2023 et 2025, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de 25 % contre − 3,4 % au niveau national.

      « L’ordre de grandeur interpelle. Les contrôles sont massifs et exclusifs », estime l’avocat, qui dénonce une « mécanique qui se met en place ». Et de rappeler que le département « doit accompagner » les allocataires du revenu de solidarité et, « le cas échéant », les sanctionner en cas de défaut de mobilisation ; mais « ne doit pas contrôler par le menu les comptes bancaires ».

      Contrôles acharnés

      L’illustration concrète de ces propos est venue de Vianney Begos, demandeur d’emploi de 30 ans. Comme pour chacun·e des plaignant·es, il a dû prouver qu’il ne dissimulait pas de revenus complémentaires, ce que le département affirme. Ainsi, il raconte comment la cellule de contrôle s’est échinée à lui réclamer des documents inexistants, « comme des relevés bancaires sur une année pour une banque dont je n’ai été client que six mois ». Faute de pouvoir les fournir, il a été radié plusieurs mois.

      L’homme a tenté de monter une entreprise de dépannage informatique. Mais elle a périclité, car son handicap l’empêche d’occuper « un travail classique ». Son handicap n’étant pas reconnu comme tel, il ne peut toutefois pas toucher l’allocation aux adultes handicapés. Il a souffert de dépression et a été contraint de retourner vivre chez ses parents, qu’il a aidés dans leur ferme.

      « Mais ne croyez-vous pas qu’il est normal d’être contrôlé si vous touchez le RSA en ayant une entreprise ? », interroge le président. Le plaignant, facilement déstabilisé, réplique que les contrôles ont surtout consisté à vérifier la provenance de « sommes modiques », des virements de ses proches de « 35 ou 80 euros » pour son anniversaire. Et à devoir les justifier par des attestations manuscrites, accompagnées des pièces d’identité des donateurs « alors qu’il y a leur nom » sur les relevés. Rien qui semble choquer le président.

      De fait, l’audience dérive de manière insidieuse sur la légitimité ou non des plaignant·es à percevoir le RSA. Pierre Dauly témoigne à son tour de son parcours. Charpentier (« beau métier », commente [jaloux ?] le président ), il ne peut pas occuper un emploi à temps plein depuis une chute de 7 mètres sur un chantier au début de sa carrière, il y a plus de quinze ans. L’homme anime des ateliers de menuiserie. « Le BTP est un milieu dur, on y pousse à la tâche, explique-t-il. Là, j’ai trouvé une manière de travailler pour me préserver. » Il poursuit : « J’ai des raisons d’être au RSA, je ne suis pas Superman qui peut faire quarante heures par semaine. »

      Des explications qui ne convainquent guère l’avocate des prévenus, Me Stéphanie Zaks. « Vous êtes sur un des métiers les plus en tension du Finistère ! » Elle lui rappelle par ailleurs qu’il ne respecte pas les termes du contrat d’engagement qui contraint les bénéficiaires du RSA à chercher un emploi de manière active.

      Face au président, il exprime d’une voix forte et assurée son expérience face aux contrôleurs de la cellule dédiée. « Je suis tombé sur des gens serviables et d’autres agressifs, voire infects. Je suis désolé, mais certains m’ont jugé avec des valeurs morales sur mes choix de vie. » Et notamment sur le fait qu’il réside au #squat des Roches blanches, situé à Douarnenez.

      Les deux années de contrôle subies l’ont heurté au point que son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs pour dompter ses crises d’angoisse récurrentes. « Est-ce un contrôle légitime ? », s’enquiert le président. « Je ne suis pas contre le contrôle mais la manière dont il est fait », répond Pierre Dauly. « C’est intrusif, comme peut l’être un contrôle fiscal », enchaîne le président, confirmant que les deux hommes ne parlent pas la même langue. « On n’est pas obligé de prendre les gens de haut ou d’être infantilisant. Vous ne l’avez pas vécu », rétorque le plaignant sans jamais se démonter.

      Pierre Dauly rapporte aussi que les contrôleurs, « qui se prennent pour des espions », n’hésitent pas à mener une enquête sur Internet pour trouver des éléments à charge contre les personnes dont ils gèrent le cas. « Je l’ai mal vécu, j’ai trouvé cela intrusif. » Le président rétorque : « Un trafiquant de stupéfiants, on regarde sur les réseaux s’il arbore des liasses de billets. » « C’est de l’acharnement », reprend le plaignant. Le juge persiste, faussement candide : « L’imagination des fraudeurs peut être impressionnante… »

      Deux visions de la société

      De quoi agacer l’avocat des plaignant·es. « Mes clients sont présentés comme des marginaux, qui font le choix de la paupérisation, qui vivent par l’assistanat, car ils font le choix d’entreprendre pour ne pas être sous le salariat », recadre Me Franck Carpentier.

      Car ce sont bien deux visions du monde qui se sont affrontées tout au long de l’audience qui s’est étirée de 15 heures à plus de 1 heure du matin. Celui dans lequel Maël de Calan et son numéro deux travaillent « douze à quatorze heures par jour », au service, notamment, des bénéficiaires du RSA, dixit leur avocate. Et cet autre monde où les parties civiles n’auraient pas fait les bons choix de vie. Si rien n’a été verbalisé clairement, il y a eu pléthore d’insinuations. Comme le fait que deux des plaignantes soient #diplômées du supérieur et ont choisi une voie jugée plus hasardeuse et moins rentable, celle de l’agriculture.

      Jeanne Degude, exploitante agricole – qui explique ne pas faire du RSA « un projet de vie » –, s’est vu reprocher par le président, puis par l’avocate des deux prévenus, de ne pas réclamer de pension alimentaire au père de son enfant dont elle est séparée. « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant », tranche le président. Des propos « humiliants », répond la plaignante.
      Cécile Weyer, agricultrice de 39 ans, a dû quant à elle se justifier à propos de sa séparation. L’avocate des prévenus lui a demandé si elle n’aurait pas déclaré sa rupture à tort alors que le nom de son ex figurerait encore sur sa boîte aux lettres. La jeune femme dément en bloc et explique alors que la présomption de conjugalité repose sur le fait qu’elle utilise encore leur compte joint sur lequel elle est à découvert, et qu’elle ne peut donc pas clore.
      Très marquée par la situation, elle confie avoir eu des « pensées suicidaires » face à ces contrôles. « J’ai eu envie d’en finir, je me sentais humiliée. J’ai 39 ans et je dois demander à ma sœur de m’acheter des protections hygiéniques parce que je ne peux pas le faire, détaille-t-elle, la gorge nouée. Je suis suivie par un psychiatre et sous traitement. Cela me tient en vie avec mon entourage… » Là encore, on lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas vers un #emploi salarié.

      Le département dénonce un procès politique

      De son côté, Maël de Calan et sa défense n’ont cessé de mobiliser tout le champ lexical du mensonge, de la manipulation. Pour Me Stéphanie Zaks par exemple, ce procès relève du « coup de com’ politique ». Une manœuvre pour affaiblir la loi « pour le plein emploi » qui institue quinze heures de #travail hebdomadaire pour les allocataires du RSA.
      Avec beaucoup de solennité, le président du département assure aussi que ce procès vise à lui nuire sur le plan politique. « Cette citation n’est ni faite ni à faire. Elle a été bâclée dans le contexte des élections municipales pour faire polémique à temps », fait-il valoir. Maël de Calan ne retient pas ses coups et fustige nommément des plaignant·es qui ne sont pas pour lui des « allocataires lambda ».
      Il martèle que quatre plaignant·es seraient des militant·es « d’extrême gauche », un motif de décrédibilisation de leur démarche à ses yeux. Il en veut pour preuve le soutien de certain·es d’entre eux à des candidat·es LFI lors des élections. Il questionne aussi leur appartenance au syndicat agricole classé à gauche, la Confédération paysanne.
      Maël de Calan assure payer le fait d’avoir mis au jour « un système », à savoir la volonté de ces plaignant·es de rester travailleurs et travailleuses indépendantes pour éviter de se plier aux contraintes du salariat – seul horizon enviable selon lui, semble-t-il. Et son avocate n’a cessé d’expliquer que les plaignant·es n’ont pas déclaré d’importantes sommes d’aides familiales et qu’ils ont donc fraudé. Les prévenus évoquent aussi la trentaine de cas évoqués par la CGT en soutien à la plainte, qui, selon le département, cumuleraient « 240 000 euros non déclarés, et 40 000 euros de RSA à rembourser .

      Le tribunal s’est aussi transformé en longue tribune en faveur de la politique de solidarité, d’insertion et d’emploi. Au point que le président s’impatiente alors que les 22 heures approchent : « Il ne reste pas les merguez de la CGT ? Je commence à avoir faim. »

      Les huit témoins cités par les prévenus – dont certains travaillent pour le département – ont tous couvert de louanges la politique menée par Maël de Calan et ses résultats, dont lui-même se gargarise. L’élu se vante notamment d’avoir débloqué une enveloppe de 10 millions sur cinq ans pour sa politique d’insertion, détournant les débats de la question centrale, à savoir le caractère harcelant des contrôles.

      En fin de soirée, le procureur a indiqué s’en « remettre à la sagesse du président », comme la procédure en citation directe le lui permet. Maël de Calan a demandé que la CGT soit condamnée à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Dans la soirée, un communiqué des services de Maël de Calan a été envoyé à la presse pour donner sa vision des débats du jour. Son titre : « Le département démontre l’absence de tout harcèlement, la CGT rend des comptes »_. Le tribunal rendra sa décision le 7 septembre.

      Et la question se posera de faire appel, si on en croit ce cr.

      edit
      un extrait de Ration
      https://www.liberation.fr/economie/social/harcelement-moral-contre-proces-politique-au-tribunal-le-dialogue-de-sour

      l’avocate de la défense [des responsables départementaux] plonge dans les dossiers, en quête de failles et de mensonges. Elle leur fait aussi confirmer, quand elle en a trouvé un, leur engagement politique, associatif ou syndical.

      Face à Vianney Begos, elle détache ses mots pour dire qu’il a été trouvé des montants « très importants » sur son compte courant : 1 300 euros. Il répond : « C’est le peu de RSA que j’avais mis de côté et des sommes reçues de ma famille. »

      tête à claques veut « étendre la méthode finistérienne au plan national »


      Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère
      Procès du RSA dans le Finistère : « C’est du harcèlement, ça ? »
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/proces-du-rsa-a-brest-cest-du-harcelement-ca-7064602.php

      #l'emploi_c'est_la_loi #travailleurs_indépendants #justice #notables_de_l'insertion #loi_pour_le_plein_emploi #plein_emploi

  • [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour #dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit #maël_de_calan après la perte de son #rsa
    https://splann.org/reportage-video-cecile-maraichere-rsa-finistere

    La date du 15 juin est cochée depuis plus de deux mois dans l’agenda de Cécile Weyer. La maraîchère bio de Guengat, dans le Sud-Finistère, a rendez-vous ce lundi au tribunal judiciaire de Brest. Radiée du RSA, elle s’est portée partie civile contre Maël de Calan dans la procédure pour « harcèlement moral institutionnel » engagée par la #cgt. L’article [Reportage vidéo] « Je suis traitée pour dépression et anxiété » : Cécile Weyer, maraîchère, poursuit Maël de Calan après la perte de son RSA est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #agricultrice #agriculture #agriculture_biologique #bimbamjob #burn_out #cécile_rigard #charlie_renaud #confédération_paysanne #ferme #finistère #ludovic_morin #maraîchage #minima_sociaux #nathan_martin #pauvreté #paysanne #précarité #psychologie #souffrance #travail

  • Prestations de solidarité : ce que révèlent les indicateurs sociaux au printemps 2026
    https://www.aladom.fr/actualites/secteur-service/11180/prestations-de-solidarite-ce-que-revelent-les-indicateurs-sociaux-au-printemp

    D’après la dernière édition du tableau de suivi mensuel de la DREES (mai 2026), les courbes des #minima sociaux et des dispositifs d’accompagnement affichent des dynamiques contrastées : hausse du #RSA et de l’#AAH [au taux d’incapacité inférieur à 80%], inversion de tendance pour l’#ASS [avec un nombre d’#allocataires en hausse], et stabilisation inédite des #aides_au_logement [dont le nombre d’allocataires étaient en baisse].

    #tuyauterie #droits_sociaux #prime_d'activité #allocations

  • Le 15 juin : #manifestation contre la réforme du RSA à Brest - Collectif Entraide RSA
    https://bourrasque-info.org/Le-15-juin-manifestation-contre-la-reforme-du-RSA-a-Brest-2884

    À l’occasion de l’audience au Tribunal Correctionnel de Brest concernant la plainte de 6 allocataires du #RSA et de la CGT contre le conseil départemental du #Finistère pour harcèlement des rsastes nous appelons à une journée de mobilisation contre les mesures étatiques et départementales attaquant les plus précaires.

    • RSA dans le Finistère : la Confédération paysanne entre dans l’action contre le « harcèlement » des allocataires, le conflit se durcit
      https://www.liberation.fr/economie/social/rsa-dans-le-finistere-la-confederation-paysanne-entre-dans-laction-contre

      Pour le troisième syndicat agricole français, il ne s’agit pas seulement de situations individuelles isolées, mais de faits susceptibles de révéler « un mode de traitement administratif affectant une catégorie déterminée de professionnels agricoles : les exploitants et exploitantes allocataires du RSA ou susceptibles d’y prétendre ». Ces pratiques, ajoute la Confédération paysanne, « sont de nature à porter atteinte à l’intérêt collectif de la profession agricole, car elles peuvent « assimiler la précarité économique agricole à une #suspicion_de_fraude », « méconnaître les spécificités des revenus agricoles et des régimes fiscaux applicables aux exploitants », « fragiliser l’accès effectif des agriculteurs au RSA » ou encore dissuader d’autres « de faire valoir leurs droits sociaux ». Dans une région où, selon une étude de l’Insee en 2020, plus de 18% des personnes appartenant à un ménage agricole vivent sous le seuil de pauvreté, contre 10% parmi l’ensemble des Bretons vivant dans un ménage actif, la Confédération paysanne considère que recourir au RSA n’est ni le « signe d’une inactivité économique ni d’un manque de savoir-faire ou d’une mauvaise gestion ».

      Les nouveaux témoins ont tous fait l’objet d’un contrôle de la part du conseil départemental, qui voulait s’assurer de « l’application du juste droit ». Ils racontent une expérience qui fait écho à celle des premiers témoignages, des semaines d’échanges avec les contrôleurs, des demandes de pièces supplémentaires parfois difficiles à satisfaire et des menaces de suspension… Chaque mouvement créditeur sur leur compte en banque, même quand il s’agit de quelques euros, doit être justifié avec une attestation et une copie de la pièce d’identité de l’émetteur afin de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une ressource. Dans un courrier au département, une des témoins dénombre les pièces demandées : « En l’état, vous sollicitez notamment plusieurs centaines de pages (relevés bancaires personnels et professionnels sur dix-neuf mois, documents comptables, attestations administratives), portant le total à plus de 600 copies, sans compter les documents déjà fournis précédemment 100 copies, ceux fournis ce jour 60 copies. » Parfois, c’est l’absence de dépenses que le département questionne. Dans un autre courrier, envoyé par la collectivité à l’un des témoins, il est indiqué : « Votre compte ne fait apparaître aucune dépense de type : courses alimentaires. Aussi, merci de bien vouloir nous indiquer depuis quel(s) compte(s) sont effectuées ces dépenses et nous transmettre les relevés bancaires de ce(s) compte(s). »

      Pas de druides parmi les plaignants
      « Lorsque les demandes excèdent ce qui est nécessaire à la vérification du droit, […] le contrôle cesse d’être un simple mécanisme de vérification pour devenir un instrument de pression », est-il considéré dans la citation. Me Franck Carpentier, l’avocat des plaignants, explique : « Dans ces contrôles, nous considérons que le #département s’approprie des pouvoirs qui relèvent de la CAF et de la Mutualité sociale agricole (MSA), en s’appuyant à tort sur le code de la Sécurité sociale. » Ce sujet se retrouve dans un rapport national de la Défenseuse des droits publié en avril et consacré à « la lutte contre la fraude aux prestations sociales à l’ère de l’industrialisation ». Il indique, sans les nommer, que « certains conseils départementaux ne limitent pas leurs contrôles à la seule évaluation du train de vie, comme prévu par la réglementation » et précise : « Ce contrôle ne concerne toutefois pas les revenus des allocataires, qui relèvent des conditions générales d’éligibilité et sont vérifiés par l’organisme chargé du versement de la prestation », telles que la CAF et la MSA.

      Depuis mars, Maël de Calan assure que ces contrôles sont légitimes. Il met en avant le plan RSA qu’il a installé en 2022, l’année suivant son élection à la présidence du conseil départemental. Les statistiques publiques (Drees) mentionnées dans la citation indiquent qu’entre janvier 2021 et décembre 2025, le nombre d’allocataires au RSA a diminué de 9,48% au niveau national, et de 27,17% dans le département du Finistère. « On a plusieurs centaines de personnes qui se servent du RSA comme un complément permanent de revenu, ce qui est contraire à l’esprit de la loi », disait-il lors d’une conférence de presse le 12 mars. Le même jour, il déclarait que « la CGT devra expliquer pourquoi, alors même qu’on a identifié au RSA des druides, des exorcistes, des gens qui ont confondu le RSA et le revenu universel, pourquoi est-ce qu’il était légitime d’avoir des druides, des exorcistes… » tout en précisant qu’il n’y avait aucun druide parmi les plaignants.

      Réelle évaluation de la politique d’insertion
      Maël de Calan a aussi annoncé son intention de se tourner lui-même vers la justice afin de demander la condamnation de la CGT pour procédure abusive. Lundi, le conseil départemental a finalement fait part qu’il engageait le même jour « une action pénale pour diffamation contre Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT, à titre personnel, pour ses propos graves et inacceptables ». Quels sont ces propos ? Son entourage indique que « le département n’a pas souhaité citer les propos visés ». Pour Ludovic Morin, il s’agit « seulement d’occuper l’espace médiatique car leur avocate sait depuis vendredi soir qu’il va y avoir d’autres parties civiles ». Dans ce même communiqué, le conseil départemental estime que « depuis de trop nombreuses semaines, le département du Finistère, ses agents et sa politique d’insertion en faveur des bénéficiaires du RSA font l’objet d’une campagne de désinformation méthodique, nourrie d’attaques personnelles, de propos mensongers et de contre-vérités agités par l’extrême gauche pour imposer son récit des faits ». La gauche, elle, demande une réelle évaluation de la politique d’insertion.

      Tous attendent la prochaine audience – qui s’intéressera au fond de l’affaire –, mais pas pour les mêmes raisons. Les plaignants regrettent que lors de la première « la représentante du ministère public, qui n’avait manifestement pas lu le dossier, s’est contentée d’indiquer qu’il s’agissait d’un procès politique qui n’avait pas sa place devant la juridiction correctionnelle », mentionnant qu’elle « s’est illustrée par le passé comme candidate malheureuse à des élections politiques sur des listes proches de l’extrême droite ». Ils rappellent : « La seule question que la #justice doit trancher est celle de savoir si les agissements que nous dénonçons caractérisent l’infraction de #harcèlement_moral_institutionnel. » Quant au conseil départemental, il mentionne aussi la prochaine échéance, « qui permettra de faire toute la transparence sur la situation professionnelle et pécuniaire des plaignants et ainsi, à chacun de mesurer qui du département ou des demandeurs respecte les règles ou les contourne ». Cette audience aura lieu à #Brest, le 15 juin.

    • « Cette politique crée de la détresse » : la Confédération paysanne du Finistère dénonce des contrôles « intrusifs et chronophages » pour les agriculteurs au RSA
      https://www.liberation.fr/economie/social/cette-politique-cree-de-la-detresse-la-confederation-paysanne-du-finister

      Les cosecrétaires locaux du syndicat, Nathan Martin et Madeg Join-Lambert, rejoignent la CGT et six actuels ou ex-allocataires du RSA comme partie civile dans le procès qui les oppose aux représentants du département sur les contrôles du minima social.

      https://justpaste.it/lysmv

      (au vu de la réalité vécue par de nombreux agriculteurs et en raison d’une procédure en cours qui les concerne au premier chef ce syndicat est obligé de s’y coller, mais qu’est-ce qu’ils peut raconter comme connerie lemmes cosecrétaire local du syndicat ... )

      #confédération_paysanne

  • SALUZZO : MUORE OPERATRICE SOCIO-SANITARIA DURANTE UN TURNO SOLA CON 33 PAZIENTI.
    https://radioblackout.org/2026/06/saluzzo-muore-operatrice-socio-sanitaria-durante-un-turno-sola-con-33

    Nella notte tra venerdì 28 e sabato 29 maggio è morta un’operatrice socio-sanitaria durante il turno di servizio notturno presso la residenza #RSA #tapparelli_di_saluzzo. L’operatrice si stava occupando da sola di 33 pazienti anziani in condizione di fragilità. L’assenza di personale è uno dei tanti campanelli d’allarme delle condizioni di lavoro insostenibili in […]

    #L'informazione_di_Blackout #morte_sul_lavoro #privatizzazione_sanità #sciopero #ssn
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/CubCuneo.mp3

  • Puntata del 02/06/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-02-06-2026

    Il primo approfondimento della serata lo abbiamo realizzato intervistando Peppe D’Alesio, Coord. prov. SiCobas Napoli e Salerno, rispetto alla situazione critica dei porti campani.Infatti il 23 maggio si è assistito a ben 3 #licenziamenti tra i porti di Napoli e Salerno di natura ritorsiva nei confronti di chi è iscritto al sindacato conflittuale. In particolar […]

    #Assemblea_Nazionale_PdM/PdB #capitreno #Ciccio_Collina #ferrovieri #FSI #lavoratori_portuali #macchinisti #picchetto #porto #presidio #pulizie #repressione #rinnovo_ccnl #RSA #sciopero #Si_cobas_napoli #Si_Cobas_torino #stato_di_agitazione #Zara
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/F_m_02_06_Peppe-Dalesio-SiCobas-Napoli-su-licenziamenti-porti-di-Napo

  • CAF : accusée de vivre avec son ex-conjoint, elle perd toutes ses allocations et saisit le tribunal
    https://actu.orange.fr/france/caf-accusee-de-vivre-avec-son-ex-conjoint-elle-perd-toutes-ses-allocatio

    Cette habitante de Creil, dans l’Oise, est privée depuis un an et demi d’environ 1 100 euros d’aides mensuelles : près de 800 euros de revenu de solidarité active (#RSA) et 300 euros d’aide personnalisée au logement (#APL). En cause ? Des soupçons de #fraude formulés par la Caisse d’allocations familiales de l’Oise, qui estime qu’elle aurait continué à vivre avec son ancien compagnon sans le déclarer.

    Une version que la mère de famille réfute catégoriquement
    « Pourtant, tout est à mon nom dans l’appartement », assure-t-elle aujourd’hui. Selon elle, leur séparation remonte à 2013. L’affaire est désormais examinée par le #pôle_social_du_tribunal_judiciaire de Beauvais. Une audience sur le fond est prévue le 11 juin. Selon les éléments rapportés par Le Parisien, le dossier comporte de nombreuses pièces censées attester que les deux anciens conjoints ne vivent plus ensemble depuis plus d’une décennie : relevés bancaires, avis d’imposition, documents administratifs ou encore éléments liés à la liquidation de son entreprise.

    Malgré cela, la CAF maintient ses soupçons. Pour son avocat, Maître Mestre, les éléments transmis à la CAF auraient dû permettre d’écarter les accusations de fraude. « Le #contrôleur chargé du dossier a estimé que les éléments apportés étaient faux et il a tout coupé », déplore-t-il. Le conseil de la jeune femme demande désormais l’annulation de la notification de fraude ainsi que le rétablissement des prestations suspendues. L’affaire soulève également, selon lui, la question du dialogue entre les allocataires et l’administration.

    En attendant l’issue judiciaire, l’ancienne cheffe d’entreprise affirme avoir dû fermer sa société faute de ressources suffisantes. Son dossier de #surendettement a été accepté en février dernier. Elle dépend désormais de plusieurs dispositifs d’aide pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant. Selon La Voix du Nord, les Restos du Cœur, les aides d’urgence du Département, le Centre communal d’action sociale de Creil ou encore le soutien financier de ses frères et sœurs lui permettent de tenir.

    Les textes prévoient pourtant que c’est à la caisse d’apporter la preuve d’une #vie_maritale.

    #CAF contrôle #agent_contrôleur_CAF #indu #allocation #suspiscion_de_faude

    • « La CAF a ruiné ma vie » : on lui coupe RSA et APL car son ex apparaît sur une assurance, elle saisit la justice
      https://econostrum.info/la-caf-coupe-rsa-et-apl-ex-apparait-assurance/#google_vignette

      La CAF, de son côté, s’appuie sur plusieurs éléments pour justifier ses soupçons. L’un des points relevés concerne le fait que l’ex-conjoint n’a reconnu officiellement la paternité de l’enfant qu’en 2022, soit plusieurs années après la naissance. Un autre élément concerne la présence du nom de cet ex-conjoint sur une assurance habitation liée à l’ancienne activité professionnelle de la mère de famille. Ces incohérences ont conduit l’organisme à maintenir sa position, malgré les contestations et les pièces fournies par l’allocataire.

      Ce type de situation illustre la complexité des contrôles effectués par la CAF, qui s’appuie sur des croisements de données administratives pour vérifier la cohérence des déclarations des allocataires. Les prestations familiales étant financées par des fonds publics, l’organisme est tenu de vérifier régulièrement l’exactitude des informations déclarées afin d’éviter les versements indus.

  • « La fraude aux prestations sociales reste marginale », affirme Anne Bastien, présidente de la Caf du Morbihan | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes-56000/la-fraude-aux-prestations-sociales-reste-marginale-affirme-anne-bastien

    Ce mercredi 20 mai 2026, lors d’un point presse, la Caisse d’allocations familiales (Caf) du Morbihan a dressé le bilan de sa politique de lutte contre la fraude en 2025. Un phénomène qui reste minime.

    Tous les ans, la Caf du Morbihan verse autour de 800 millions d’euros d’allocations (RSA, prime d’activité, aides au logement…) à quelques 136 000 bénéficiaires. Depuis mars 2025, la déclaration de ressources faite par les allocataires souhaitant percevoir le RSA ou la prime d’activité est préremplie. Grâce à cette amélioration, « notre système de versement est plus fiable », se félicite Anne Bastien, la présidente de la Caf du Morbihan.

    Plus de 420 000 contrôles réalisés en 2025
    Si cette amélioration a déjà porté ses fruits, des erreurs (oubli de changement de situation, retard de déclaration…) persistent, conduisant au versement indu de prestations. Pour corriger ces erreurs de paiement, la Caf du Morbihan multiplie les contrôles : 424 493 opérations ont été menées l’an dernier. La grande majorité est réalisée grâce à des échanges de données avec d’autres organismes (France Travail, banques…). « Ils se sont renforcés ces dernières années et nous avons par exemple accès aux ressources Airbnb désormais », précise Anne Bastien. Les agents de la Caf peuvent aussi davantage cibler leurs contrôles, en réclamant des pièces justificatives aux allocataires, voire en se présentant à leur domicile.

    Plus de trois millions d’euros de préjudices liés aux fraudes
    Dans le département, ces contrôles ont permis la détection de 331 cas de fraudes en 2025, représentant un préjudice de 3,47 millions d’euros. Elles prennent le plus souvent la forme d’une omission ou fausse déclaration de revenus, d’une dissimulation de vie maritale ou d’une absence de résidence en France. « Cela reste marginal comparé au total des allocations versées », souligne Anne Bastien. Et d’ajouter : « Nous ne disons pas que la fraude sociale n’existe pas. Les montants en jeu restent trop importants. Mais il ne faut pas non plus en tirer la conclusion que tous les allocataires sont des fraudeurs ».

  • Projet de loi Fraudes : le Parlement élargit l’accès aux comptes bancaires pour le contrôle du RSA
    https://www.laquadrature.net/2026/05/07/projet-de-loi-fraudes-le-parlement-elargit-lacces-aux-comptes-bancaire

    Le 5 mai 2026, l’Assemblée nationale a voté une version durcie du projet de loi « relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ». Le Sénat devrait également voter ce texte la semaine prochaine.…

    #Surveillance

    • Partout le même scénario : un·e président·e de #conseil_départemental décide d’instrumentaliser la « lutte contre l’assistanat » à des fins politiques. Un mot d’ordre qui se traduit par un renforcement des politiques de #contrôle via la mobilisation d’équipes de contrôleur·ses placé·es sous son autorité. À chaque fois, ces équipes envoient des demandes de relevés bancaires à des milliers d’#allocataires en leur demandant de justifier leurs rentrées d’argent en échange du maintien de leur allocation.

      Si les chiffres disponibles ne permettent pas d’établir avec précision l’impact de ces politiques, plusieurs éléments indiquent qu’elles renforcent les difficultés d’accès aux droits. Ainsi, le Vaucluse et le Finistère – deux des départements dont les politiques de contrôle sont les plus critiquées – ont vu leur nombre d’allocataires du #RSA baisser respectivement de 13,9 % et 9,6 % en 2024, alors qu’à l’échelon national le nombre d’allocataires au RSA augmentait de 0,2 %. Une tendance vérifiée sur la période 2021-20256. Une enquête de Ouest-France portant sur ces mêmes départements documente que cette baisse s’explique notamment par l’incapacité des allocataires à répondre aux innombrables demandes de justificatifs, se soldant par leurs radiations.

      Ces résultats sont annoncés sur un ton triomphaliste par les responsables politiques locaux qui mettent en avant le succès de leurs politiques « de retour à l’emploi » – et les gains financiers pour le département, financeur du RSA – tout en taisant la réalité des mécanismes répressifs7.

      Des contrôles réalisés en toute illégalité

      Mais il est une seconde chose que taisent les conseils départementaux : les demandes de communication des relevés bancaires sont en réalité faites dans l’illégalité la plus totale. Une preuve supplémentaire de l’arbitraire dans lequel sont réalisés ces contrôles.

      Car les textes sont clairs, comme le rappelle la Défenseure des Droits dans un récent rapport. Les politiques de contrôle des allocataires du RSA sont de la responsabilité des CAF et non des départements. À ce titre, les agents des CAF disposent de pouvoirs étendus, dont le droit de communication, qui leur permet d’accéder aux relevés des allocataires directement auprès des banques.

      Les prérogatives de contrôle des départements se limitent à la possibilité de demander des informations sur les allocataires du RSA auprès des administrations publiques (par exemple l’administration fiscale ou France Travail), et non directement auprès des bénéficiaires8. À cela s’ajoute la possibilité de déclencher « une évaluation forfaitaire des éléments de train de vie » sur la base d’éléments se limitant au patrimoine et à certaines dépenses (personnels « domestiques », voyages, …), sans que jamais ne soit évoquée la possibilité de demander l’accès aux comptes bancaires9.

      [...]

      L’objectif de l’octroi du droit de communication aux conseils départementaux est donc double. À court terme, il servira à protéger contre les poursuites juridiques les président·es de conseils départementaux qui organisent, en toute connaissance de cause, des politiques de contrôles aujourd’hui illégales. À moyen terme, il donnera les mains libres aux présidents de conseils départementaux qui le souhaitent pour mener les politiques répressives de leur choix.

      #RSA #contrôle #départements

  • Thoughts on #PQC
    https://lists.gnupg.org/pipermail/gnupg-users/2026-April/068253.html

    (Ethan Siegel, a Ph.D in astrophysics and science communicator who does a lot of explanations of quantum computing, is included here on the bcc list so as to not reveal his email address. If he has any thoughts to contribute to the discussion, I’ll relay them on to the list.)

    Some disconnected thoughts on #post-quantum_cryptography. For some reason many people on this list seem to think I have an opinion worth listening to on the subject: I really don’t. Don’t confuse someone who is significantly less lost than you are with someone who knows how to get home. I am, at best, the helpful stranger at the bus terminal warning you you’re getting on the wrong bus.

    1. MOST OF THE DISCUSSION IS IN DEEPLY BAD FAITH

    Professionally speaking, I have a reputation as being a little bit of a cold bastard. I genuinely try to be supportive of my co-workers and encourage them to try things and make mistakes, but when outside vendors come in and use all kinds of jargon and newfangled words to describe things, I have been known to be, well...

    “I have a Master’s in computer science, decades of work
    experience, I’ve spoken at DEF CON and Black Hat, I
    invented language-theoretic security. I am not an idiot.
    I have absolutely no idea what you’re talking about here.
    I don’t think anyone else in the room does, either.
    Please explain that again.”

    I have to break that out for the good of my engineering team about, oh, one time in twenty vendor show-and-tells. When it comes to anything involving the word ’quantum’, it’s closer to half the time.

    Last year I was asked to weigh in on the claims of a #quantum #cryptography startup that had a stock price of $970/share. The CEO went on the record saying he expected #RSA-2048 to fall to quantum cryptanalysis within two years. When I saw this YouTube clip I did some back of the envelope math and pointed out to everyone within earshot that under optimistic assumptions about ensemble size and error correction, we’d need to see doublings of quantum computational capability every 38 days from here on out for the next two years. I then wondered aloud what it was he knew that made him so optimistic 38-day doublings would happen for two years. Extraordinary claims require extraordinary evidence, and all that.

    Their stock price is now $12.66/share. The market got wise to them.

    (...)

    That’s why we require effectiveness in algorithms. If a process is not effective at its task, it is not an algorithm. With me?

    (...)

  • On ne vit pas avec un RSA. On tente de survivre. | Mustapha Ait larbi
    https://blogs.mediapart.fr/mustapha-ait-larbi/blog/290326/ne-vit-pas-avec-un-rsa-tente-de-survivre

    Jean-Louis est au #RSA. Il a passé des années dehors, à dormir où il pouvait, puis un jour il a trouvé une chambre meublée chez un couple de retraités pauvres, dans un pavillon un peu fatigué, à l’extérieur d’une petite ville de 7 700 habitants. Une chambre étonnamment grande et belle, presque trop belle pour sa vie d’avant. À l’époque, il touchait environ 580 euros par mois.

    [...]

    Jean-Louis n’a pas d’ordinateur pour ses déclarations obligatoires. Il va voir l’assistante sociale du quartier. Il en profite pour faire la fin du marché : il récupère des fruits et légumes abandonnés. Une fois par semaine, il va aux Restos du cœur. Il lui arrive d’attendre deux heures sous la pluie. En fin de distribution, il ne reste souvent que des packs de lait lourds et des trucs américains, des pétales de maïs au chocolat. Quand il tombe sur du cassoulet ou de la charcuterie, c’est la fête. Mais c’est rare : ça part en premier.

  • Fraude au RSA : un collectif de druides dénonce une « stigmatisation » de la part du président du conseil départemental du Finistère
    https://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2026/04/02/fraude-au-rsa-un-collectif-de-druides-denonce-une-stigmatisation-de-la-part-

    Attaqué en justice par la CGT et six allocataires du RSA, Mäel de Calan a rétorqué en évoquant des centaines de personnes, dont « des druides et des exorcistes », qui « se servent du RSA comme un complément permanent de ressources ».

    #gorafi_encore_plagié #gorafisation_du_monde

  • Dans le Vaucluse la CGT met en cause la dématérialisation source de difficultés pour les bénéficiaires du RSA | Michel Abhervé
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2026/03/30/dans-le-vaucluse-la-cgt-met-en-cause-la-dematerialisa

    Alors que dans le Finistère les pratiques du conseil départemental vis-à-vis des bénéficiaires du #RSA sont évoquées devant la justice comme le décrit Ouest-France dans le #département où la baisse du nombre d’allocataires est encore plus importante le Vaucluse (voir Dans le Vaucluse comment expliquer la forte baisse du nombre de bénéficiaires du RSA ? ) une manifestation est organisée par la CGT à l’occasion de la séance plénière du conseil départemental dont La Marseillaise rend compte

    Voulant alerter sur les « dysfonctionnements graves dans la gestion du Revenu de solidarité active (RSA) » le syndicat relève en particulier les difficultés induites par les obstacles techniques (codes de validation non reçus, onglets obligatoires dysfonctionnant ...), affirmant que « la #dématérialisation devenant ainsi un outil de sélection sociale par l’échec administratif »

  • RSA Finistère : la CGT traîne Maël de Calan devant la justice via @splann
    https://www.youtube.com/shorts/_SLW9hRv0OY

    Qu’est-ce qui explique la baisse d’un quart du nombre de bénéficiaires finistériens du Revenu de solidarité active depuis l’arrivée de la droite à la tête du conseil départemental ?

    Dans le Finistère, une paysanne renonce à son #RSA pour préserver sa santé mentale - Basta !
    https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour

    Après la mise en place d’un « plan RSA » controversé, le président du conseil départemental du Finistère est cité à comparaître ce 30 mars pour « harcèlement moral institutionnel » devant le tribunal de Brest. Une allocataire témoigne.

    Le Finistère accusé de harceler des allocataires du RSA : une audience pénale en juin
    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/300326/le-finistere-accuse-de-harceler-des-allocataires-du-rsa-une-audience-penal

    Environ 200 manifestants s’étaient réunis lundi midi devant le tribunal pour soutenir les plaignants.

    #évaporation #sanctions #radiations #contrôle #harcèlement_institutionnel

  • Vinted et CAF : une allocataire contrainte de rembourser 10 000 € pour ne pas avoir déclaré ses ventes
    https://mcetv.ouest-france.fr/2026/vinted-caf-allocataire-rembourser

    Une affaire récente illustre parfaitement les risques encourus. Une #allocataire du #RSA a été condamnée à rembourser 10 000 € à la CAF [T.A. de Nîmes]. Ses ventes sur la plateforme [Vinted] ne dépassaient pourtant ni 3 000 € par an, ni 20 transactions.

    Le tribunal administratif de Nîmes a ainsi rappelé cette règle fondamentale. Cette décision montre que même des ventes modestes doivent figurer dans votre déclaration de ressources. Aucun seuil implicite ne vous protège face aux contrôles.

    Désormais, les plateformes de vente communiquent certaines transactions aux autorités fiscales. La CAF utilise aussi des systèmes efficaces pour vérifier vos mouvements financiers. Toute omission peut donc être détectée et entraîner la récupération des prestations trop-perçues.

    Les organismes sociaux ont intensifié leurs vérifications ces dernières années. Grâce aux données transmises par les plateformes, ils repèrent plus facilement les incohérences. Un compte bancaire qui reçoit régulièrement des virements peut ainsi attirer l’attention.

    Par conséquent, croire que quelques dizaines d’euros par mois passent inaperçus serait une erreur. Les #algorithmes croisent de nombreuses informations. Même de petites sommes cumulées sur plusieurs mois peuvent déclencher un contrôle.

    #contrôle #ressources #calcul_des_ressources #croisement_d'informations #revenu #trésor_public #Caf #indû

  • Derrière les chiffres de #maël_de_calan, des allocataires finistériens du #rsa racontent un #coaching contre-productif et décourageant
    https://splann.org/rsa-finistere-coaching

    Lundi 30 mars, Maël de Calan a rendez-vous au tribunal. Cité à comparaître pour « harcèlement moral institutionnel » par la CGT et six bénéficiaires du #revenu de solidarité active (RSA). Nouveau chapitre d’une expérimentation politique controversée, jugée « positive » par le président (apparenté LR) du Département du #finistère, mais « humiliante » et « inutile » par les premiers concernés. L’article Derrière les chiffres de Maël de Calan, des allocataires finistériens du RSA racontent un coaching contre-productif et décourageant est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #bimbamjob #chômage #conseil_départemental_du_finistère #emploi #précarité #social #solidarité #speed_dating #travail

  • Les dessous inquiétants de la future allocation de solidarité unifiée, annoncée comme « indolore »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240326/les-dessous-inquietants-de-la-future-allocation-de-solidarite-unifiee-anno

    « Indépendamment de ce qui est raconté techniquement, le plus dangereux c’est de concevoir une boîte noire dont tous les paramètres importants vont être fixés par #décret, sans possibilité de débat. Ce qui peut transformer la réforme en quelque chose de très protecteur comme en quelque chose de très mauvais pour les plus #précaires. » Sans compter que la mise en œuvre de la réforme incombera au gagnant ou à la gagnante de l’élection présidentielle : « Si on reste sur ces couleurs politiques, la probabilité qu’ils veuillent dépenser plus pour les plus #pauvres reste assez faible. »

    De son côté, Sophie Rigard, chargée de plaidoyer au Secours catholique, est frappée par la légèreté avec laquelle l’exécutif appréhende cette refonte d’ampleur des prestations sociales. « C’est une réforme considérable de notre système de protection sociale qui concerne des dizaines de millions de personnes, comparable à celle de la retraite par points. » 

    D’ores et déjà, l’étude d’impact montre que 20 % des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté devraient voir leurs aides diminuer. Pour Delphine Rouilleault, ce n’est évidemment pas acceptable : « Depuis le début, nous disons que si on veut faire une réforme des prestations sociales, il faut de la justice sociale et fiscale dans le pays, et ne pas demander aux personnes un peu moins pauvres de payer pour les très pauvres. »

    Sophie Rigard s’inquiète également du flou maintenu par le gouvernement sur les détails de la réforme. « Le projet de loi acte l’architecture de l’#ASU mais renvoie à des décrets la fixation de paramètres essentiels : la définition du revenu social de référence, les règles de prise en compte des ressources, les abattements applicables, les modalités de calcul des droits, etc. » C’est pour elle une « réforme cachée des #APL [aides personnalisées au logement – ndlr] » pour en faire une prestation incitative à la reprise d’activité.

    Muriel Pucci abonde dans ce sens. Elle déplore que l’étude d’impact ne donne aucun détail précis permettant de comprendre qui va gagner ou qui va perdre avec certitude. La seule chose certaine est que le gouvernement insiste sur sa volonté que le travail rapporte toujours plus que les allocations diverses. « Dans un contexte de tensions budgétaires, cela signifie aussi qu’il faut que le #RSA ne soit pas trop élevé pour ceux qui ne travaillent pas. »
    L’économiste, sur la foi de l’étude d’impact, pointe le fait qu’il y aura des perdant·es parmi les plus pauvres, dans les premier et deuxième déciles. « Les calculs sur le RSA et la #prime_d’activité ne vont pas trop être modifiés mais le curseur va sûrement être bougé sur les APL. Or, il est très important de ne pas trop déstabiliser les aides au logement. Si elles deviennent aussi instables que la prime d’activité, cela peut vraiment mettre des gens dans la difficulté de payer leurs loyers. » 

    [...]

    L’ancien copilote de cette réforme, Olivier Noblecourt, rappelle à Mediapart que le RUA tel qu’il était pensé à l’époque s’inscrivait dans une stratégie plus globale et pluriannuelle, avec la création d’un véritable service public de l’insertion. « L’approche était équilibrée entre prestations et accompagnement, tout en reconnaissant que les prestations seules ne suffisent pas à réduire la pauvreté mais qu’il fallait améliorer un système trop complexe. Les articulations entre dispositifs sont par ailleurs défaillantes. »

    Au fil des ans, différents premiers ministres relanceront le RUA. En janvier 2024, sous Gabriel Attal, le volet allocation unique est remis sur la table, mais les législatives anticipées de juin 2024 interrompent à nouveau le processus. En dépit de ces contretemps, le sujet persiste, les premiers ministres suivants plaident pour la mise en place de cette #allocation_de_solidarité_unifiée.

    Une mission-flash est finalement conduite à l’été 2025 par les députées Sandrine Runel (Parti socialiste, Rhône) et Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons, Moselle). Lors de la présentation de leur travail en commission des affaires sociales, basé sur des auditions d’une trentaine de personnes, dont Fabrice Lenglart, la tête pensante de la réforme, les deux parlementaires soutiennent l’ASU.

    Leurs conclusions sont les suivantes : en relevant les barèmes de calcul des allocations pour un coût de 2 milliards d’euros, les prestations sociales augmenteraient pour 4,6 millions de personnes et diminueraient pour 3,5 millions d’entre elles. Le taux de pauvreté reculerait de 0,6 point. Les élues ont plaidé pour que soit envisagée une compensation pour les ménages modestes le temps d’une période de transition. « Une rustine », rétorque l’économiste Muriel Pucci.

    Une légitimité politique faible

    Si l’habillage, depuis le premier quinquennat, a changé, l’idée ne fait toujours pas consensus. L’expérience aidant, les acteurs associatifs ont aussi compris que la lutte contre la pauvreté n’est pas la priorité du pouvoir en place. En témoignent les réformes de l’assurance-chômage ou du RSA qui sanctionnent de plus en plus durement les plus vulnérables. Ou la politique sociale, largement absente, sans portage politique. Et ce, même si le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), qui prépare une nouvelle stratégie nationale, doit prendre en compte ce projet de loi et l’insérer dans son plan.

    [...]
    Pour Delphine Rouilleault, et ce n’est pas un détail, la réforme aurait dû être conduite en début de quinquennat et non un an avant l’élection présidentielle. Ne serait-ce que pour « sécuriser le fait que la mise en œuvre corresponde aux objectifs […] fixés initialement ». Elle pointe par ailleurs la lenteur du processus, avec une opérationnalité non attendue « avant 2029-2030 » selon la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) . L’exécutif explique qu’il fallait d’abord mener à son terme la mise en place de la solidarité à la source, entrée en vigueur il y a un an, avant de s’atteler à l’ASU. [donc des décrets trés postérieurs à la loi, ndc]

    Seulement, la manière dont sont menés les discussions et le calendrier interpellent également Sophie Rigard. Pour elle, il y a « un problème démocratique aussi bien que politique » à ce que l’exécutif demande à la représentation nationale et aux acteurs impliqués d’endosser un projet qui sera mis en œuvre… lors du quinquennat à venir : « C’est signer un chèque en blanc au gagnant de la prochaine présidentielle », dit-elle.

    Du côté des syndicats, l’inquiétude est à son comble face au calendrier parlementaire annoncé. « Tous les syndicats, toutes les associations de solidarité sont vent debout contre ce projet, et le gouvernement décide quand même qu’il s’agit d’une priorité, à adopter rapidement. Il répond à une demande de la droite et de l’extrême droite. Où est l’urgence ? », gronde un responsable syndical de haut rang. Mais surtout, les questionnements concernant l’interaction entre les différentes prestations demeurent entiers.

    « À nos yeux, ce projet d’allocation sociale unique est une façon de faire des économies, déclare Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. On sait que le non-recours aux diverses allocations concerne environ 30 % des bénéficiaires qui devraient y avoir droit. Le gouvernement, qui explique que le but de cette loi est de simplifier les procédures, a-t-il prévu d’augmenter le budget de 30 % ? Bien sûr que non. »
    D’autant plus que la méthode de concertation vantée par le gouvernement est largement surestimée. Si les associations rencontrent régulièrement le cabinet du ministre du travail, Delphine Rouilleault déplore : « Nos demandes de concertation réunissant organisations syndicales, acteurs du logement social, représentants des collectivités locales et mondes associatifs sont refusées par le gouvernement. C’est sidérant pour une réforme d’une telle ampleur. » Autre fait étonnant : si le projet concerne les aides au logement, le ministre dédié à la question n’est pas convié à la table des discussions.

    Le texte prévoit aussi que l’écart entre les revenus du travail et ceux de la solidarité soit fixé par décret. Attention danger, craignent les représentant·es des salarié·es : un nouveau décret pourra facilement faire bouger ce curseur, pour faire baisser les allocations.

    Les acteurs associatifs témoignent aussi d’un désaccord philosophique majeur face aux motivations du gouvernement sur ce point. Ce dernier entend mettre en place cette réforme avec une condition fondamentale : faire en sorte que le travail paye davantage que les prestations sociales.

    Si le ministre du travail ne souscrit pas à la préconisation de Laurent Wauquiez et de la droite d’appliquer un plafond de 70 % du smic aux allocations dans son éternelle croisade contre « l’#assistanat », aucun chiffre n’a été énoncé. « Aujourd’hui, la meilleure façon de sortir durablement de la pauvreté, ça reste encore le travail », a seulement défendu l’entourage du ministre du travail.
    « C’est déjà le cas », tranche la présidente du collectif Alerte. Le gouvernement « joue sur le biais cognitif » qui fait croire aux gens qu’aujourd’hui les minima sociaux rapportent plus que le travail, dit-elle. Olivier Noblecourt juge également que la volonté politique de cette stratégie de lutte contre la pauvreté a cessé, laissant place à un « discours de culpabilisation classique des pauvres ».

    • « Imaginez le petit-fils de Bernard Arnault au RSA » : le Département du Loiret resserre la vis avec les bénéficiaires
      https://www.larep.fr/orleans-45000/economie/imaginez-le-petit-fils-de-bernard-arnault-au-rsa-le-departement-du-loiret-ress

      Les contrôles menés récemment ont mis en lumière des dysfonctionnements. En 2025, environ 3 % d’erreurs ont été détectées sur les versements de la Caisse d’Allocations familiales. « Concrètement, il y aurait environ 3,5 millions qu’on ne devrait pas verser », précise Marc Gaudet. 

      Le Département souhaite revoir certaines situations jugées incohérentes : maintien dans le dispositif après l’âge de la retraite, cumul avec des aides familiales importantes ou orientation de personnes souffrant de pathologies lourdes vers des dispositifs plus adaptés.

      Des efforts motivés par le fait que le #RSA soit, selon Marc Gaudet, "la seule politique sociale sur laquelle on a une marge de manœuvre".

      La charge financière qui pèse sur les départements va aussi motiver des passages du RSA à des pensions de retraite CNAV, à l’#AAH et à l’#ASPA, budgets nationaux qui ne relèvent pas de l’Allocation Sociale Unique (ASU) annoncée (je serais curieux de savoir si le surcout a été évalué lors de la préparation du volet RSA de la Loi plein emploi).

      Pendant ce temps on évoque la refonte des modalités d’attribution de l’AAH, de quoi endiguer une dépense croissante dont la hausse serait accrue par ces mécanismes d’éviction du RSA gérés par les départements ?


      Source DRESS / AAH : la hausse des effectifs dans les territoires https://www.lagazettedescommunes.com/1006285/allocation-aux-adultes-handicapes-aah-la-hausse-des-effectifs-

    • Allocation de solidarité unifiée : vers un nouvel appauvrissement de 4 millions de personnes
      https://www.clcv.org/articles/allocation-de-solidarite-unifiee-vers-un-nouvel-appauvrissement-de-4-millions-

      Aujourd’hui, les APL sont calculées en fonction de critères liés au logement : sa localisation, sa surface et sa qualité. Demain, elles seraient intégrées dans un « revenu social de référence » (RSR), basé uniquement sur les ressources du ménage, à l’image du RSA. Ce nouveau calcul inclurait des revenus et aides sans lien avec le logement, comme les retraites, les aides au retour à l’emploi ou encore les minima sociaux (AAH, allocations pour personnes âgées).

      Ce changement traduit une évolution majeure : l’accès à un logement décent ne serait plus une priorité en soi. Les aides au logement deviendraient un simple complément, sans objectif spécifique. Pire, le ministre du Travail voit cette allocation comme un outil d’insertion et un retour à l’emploi. Les étudiants et les intérimaires pourraient-ils être contraints de prendre plusieurs emplois pour ne pas finir à la rue ? Le retour à l’emploi ne peut passer par une fragilisation accrue des plus précaires, mais par des politiques concrètes : loyers maîtrisés, transports, garde d’enfants, conditions de travail.

      3,7 millions de personnes seront perdantes

      Selon les simulations du gouvernement, la réforme entraînerait des pertes pour la majorité des bénéficiaires :

      629 000 ménages parmi les plus pauvres (moins de 830 € par mois) perdraient en moyenne 40 € mensuels (480 € par an).

      724 000 ménages (moins de 1 275 €) perdraient environ 80 €.

      Plus d’1,3 million de ménages (jusqu’à 1 800 €) perdraient en moyenne 100 €.

      Les petits propriétaires ayant fini de payer leur crédit ne seraient pas épargnés : ceux gagnant entre 1 et 1,4 SMIC pourraient perdre jusqu’à 232 €, malgré l’augmentation de leurs charges et des besoins en travaux.

      Dès 1 800 € brut mensuels, une personne serait ainsi considérée comme trop aisée pour bénéficier d’un soutien, alors même que ces ménages étaient encore aidés récemment face à la hausse des prix de l’énergie.

    • Allocation de solidarité unifiée : le projet de loi ne sera pas présenté en avril

      https://www.lemediasocial.fr/allocation-de-solidarite-unifiee-le-projet-de-loi-ne-sera-pas-presente

      Finalement, le texte n’a pas été présenté devant le CNH, sans qu’aucune explication ne soit avancée. La présidente du conseil, la députée Annaïg Le Meur (Ensemble pour la République), n’a pas non plus indiqué de nouvelle date d’examen. Or, l’avis du CNH est obligatoire sur le volet des aides au logement (APL) de l’ASU avant la saisine du Conseil d’État. Dans ces conditions, le texte ne pourra pas être présenté en avril en conseil des ministres.

      « Au sein du CNH, explique Thomas Gesmond, délégué à l’habitat pour l’Unhaj, qui a participé à cette réunion, _les prises de parole ont été unanimes pour critiquer l’intégration des APL dans l’ASU. Alors que l’objectif principal de cette allocation est le retour à l’emploi, tous les acteurs, y compris les #propriétaires, ont souligné le risque d’une dilution de l’objectif historique des allocations logement, à savoir la solvabilisation des ménages. » Le mouvement HLM se montre également très réservé sur l’ASU.

  • France Travail tente d’encadrer le régime décrié de #sanctions contre les bénéficiaires du #RSA
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/07/france-travail-tente-d-encadrer-le-regime-decrie-de-sanctions-contre-les-ben

    Le mécanisme prévu par le décret est censé s’articuler autour d’une logique de progressivité. Lors d’un premier manquement, le demandeur d’emploi peut voir ses allocations suspendues « d’au moins 30 % » pour une durée d’un à deux mois. En cas de persistance ou de récidive, une nouvelle suspension du versement de 30 % à 100 % ou une suppression allant d’un à quatre mois peut-être décidée. Si l’allocataire du RSA se conforme à « tout ou partie » de ses obligations, les sommes suspendues lui sont reversées.

    « Faisceau de manquements »

    Le dispositif avait prévu quelques garde-fous. Quelle que soit la suspension, elle ne peut dépasser 50 % de l’allocation si elle concerne un foyer composé de plus d’une personne. Plus fondamentalement, ce nouveau régime était censé modifier la philosophie même de la sanction. Celle-ci ne devait plus être automatique, déclenchée par un critère isolé comme un rendez-vous manqué, mais définie sur un « faisceau de manquements ». L’intention affichée était d’installer une individualisation de la sanction.

    Dans la pratique, la réalité se révèle souvent éloignée de ces principes. Selon un document de #France_Travail, que Le Monde a obtenu, plusieurs #départements se sont emparés du décret de manière très répressive. Sur les 51 conseils départementaux pour lesquels l’opérateur public a eu l’information qu’un barème a été adopté, 48 ont fait le choix d’un taux fixe dès le premier manquement. Treize ont décidé d’une suspension à 50 %, 14 ont choisi un barème à 80 %, et 17 ont appliqué le taux maximal de 100 %. Seuls trois départements utilisent la sanction minimale de 30 % prévue par le décret.

    https://justpaste.it/n33oj

    • Sanctions des allocataires du RSA : des départements outrepassent le cadre légal
      https://www.liberation.fr/economie/social/sanctions-des-allocataires-du-rsa-des-departements-outrepassent-le-cadre-

      France Travail a recueilli des informations sur les pratiques de 51 conseils départementaux. Parmi eux, 48 ont opté pour un taux fixe de sanction, indépendamment de la situation personnelle du bénéficiaire. Et parmi ces 48, dix-sept ont choisi d’appliquer systématiquement une suspension de 100 % du RSA en cas de manquement. Quatorze ont opté pour une réduction de 80 % du revenu, treize pour 50 % et seulement trois pour 30 %. Cas extrême, un département a choisi d’opter systématiquement pour la sanction la plus dure : une privation de quatre mois du RSA, sans possibilité de retrouver ces sommes. Dans ce document, France Travail relève également que trois départements font fi de la composition du foyer, et appliquent un taux de 100 % y compris aux foyers de plus d’une personne. En contradiction totale, donc, avec le décret de juin dernier.

      [...]

      Sybillin, le ministère du #Travail se borne à dire qu’il « a soutenu l’initiative de France Travail pour trouver une solution pragmatique en la rédaction d’un guide de bonnes pratiques, qui invite l’ensemble des décideurs à converger vers une solution qui respecte à la fois le barème réglementaire et les conditions de vie des bénéficiaires du RSA ». Il ajoute que « les parties prenantes doivent évidemment agir dans le cadre légal qui les oblige ». Mais dans les faits, si des usagers sont pénalisés par des pratiques illégales, il leur faudra porter leur dossier devant la justice administrative.
      « Pour que France Travail en vienne à essayer d’encadrer tant bien que mal le dispositif, cela montre à quel point celui-ci est dysfonctionnel », réagit Delphine Rouilleault, qui dirige le collectif d’associations de lutte contre la pauvreté Alerte, en prenant connaissance de ces documents. Elle rappelle qu’en mai 2025, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté (CNLE), rattaché à Matignon, avait rendu un avis extrêmement sévère sur le décret sanctions, en appelant à un moratoire. Elle s’inquiète, aussi, d’un effet cumulatif des réformes passées, en cours et à venir. Car le Parlement examine actuellement un projet de loi contre la fraude qui prévoit, entre autres, la possibilité de suspendre l’allocation chômage d’un demandeur d’emploi sur la base d’« indices sérieux » [ndc : extension des sanctions pour #suspiscion_de_fraude, déjà en application à la CAF...]. Et la mise en place future de l’allocation sociale unique, censée simplifier le recours à la solidarité nationale, pose la question de savoir si les sanctions s’appliqueront à l’avenir sur d’autres prestations telles que les aides au logement.

      https://justpaste.it/n5qm8

  • Dans le Finistère, des allocataires du RSA se lèvent contre des contrôles « irréalistes » et un « harcèlement moral institutionnel »
    https://www.liberation.fr/economie/social/dans-le-finistere-des-allocataires-du-rsa-se-levent-contre-des-controles-

    Après avoir subi de lourds contrôles administratifs et une suspension de leur #allocation, six personnes, ainsi que la CGT, citent à comparaître le président du département, Maël de Calan. Celui-ci annonce qu’il demandera « leur condamnation pour procédure abusive ».

    L’huissier de justice s’est présenté ce mardi 3 mars auprès du président du #conseil_départemental du #Finistère, Maël de Calan, et de Romain Chantelot, directeur emploi, insertion et logement au sein de la collectivité. Selon les informations de Libération, il leur a remis une citation à comparaître au tribunal correctionnel de Brest le lundi 30 mars à 13 h 30, où ils devront se présenter ou se faire représenter par un avocat, à l’audience.

    L’union départementale CGT et six autres plaignants les attendront. Ils ont choisi la citation directe, qui consiste à faire convoquer l’auteur suspecté des faits devant le tribunal correctionnel, et permet l’ouverture d’un procès en l’absence d’enquête approfondie. Ils veulent faire reconnaître leur qualité de victimes de harcèlement moral de la part des deux hommes, dans le cadre d’une procédure plus large pour #harcèlement_moral_institutionnel, appuyée par 18 témoignages supplémentaires. Pierre Dauly, Vianney Begos, Jeanne Degude, Cécile Weyer, Guilvic Le Cam Mesplomb et Patricia Koryga (qui avait témoigné dans Libération cet été) ont en commun d’être allocataires du revenu de solidarité active (#RSA) et d’avoir été privés de ressources après un contrôle administratif, qui les a plongés dans l’angoisse et a aggravé leur précarité.

    Pour chacun d’entre eux, tout a commencé par un courrier reçu avec le logo de leur département de résidence, « Finistère. Penn-ar-Bed ». L’objet indiquait « contrôle RSA ». Quelques paragraphes précisaient vouloir « s’assurer de l’application du juste droit ». Plusieurs semaines plus tard, le versement de leur RSA a été suspendu ou supprimé. Le versement de ce revenu vital est en effet aux mains des départements, qui sont donc aussi habilités à radier des bénéficiaires qui, selon eux, le percevraient de manière indue.

    https://justpaste.it/a9ydj

    edit

    Me Carpentier. "On voit les courriers qui se multiplient pour leur demander : ’Merci de justifier les 10 euros versés sur le compte de votre fils’",

    https://www.nextplz.fr/societe/538783-apres-avoir-verse-10e-sur-le-compte-de-son-fils-un-allocataire-du-rsa

    #contrôle #radiations

  • Usagers du service public : quand les démarches administratives virent au casse-tête - Actu-Juridique
    https://www.actu-juridique.fr/administratif/service-public/usagers-du-service-public-quand-les-demarches-administratives-virent-

    À en croire les messages gouvernementaux, les #démarches_administratives n’ont jamais été aussi faciles… Pourtant les requêtes auprès du Défenseur des #droits concernant la communication avec les organismes publics n’ont jamais été aussi nombreuses.

    C’est une galère que rencontrent beaucoup de Français, qui préfèrent la garder tapie dans leur quotidien, dans leurs téléphones, dans leurs esprits embués : la #violence_administrative, le blocage des dossiers, le silence des agents, l’incompréhension des démarches et des outils qu’elles requièrent désormais toutes. Qu’il s’agisse de la Caisse nationale des allocations familiales (#CAF) ou de #France_Travail, de la caisse de #retraite, des URSSAF ou des impôts, beaucoup perdent des points de vie à trouver – ou non – l’issue de leur situation administrative. Malgré le travail des assistantes sociales, la multiplication des médiateurs dans les administrations (ou les entreprises privées ou semi-privées), malgré la multiplication des maisons France Services ou le travail consciencieux du Défenseur des droits, la raquette compte encore de nombreux trous dans lesquels se perdent des Français précarisés et oubliés.

    Ce fut le cas de Teresa qui pendant un an a vécu comme suspendue à un fil, au bout duquel la CAF sonnait toujours occupée. Vivotant longtemps grâce au revenu de solidarité active (#RSA), la jeune aide à domicile qui travaillait très irrégulièrement en remplacement chez des personnes âgées a un jour eu la surprise de voir ses allocations supprimées à première vue sans motif. « Les gens n’imaginent pas l’investissement que ça demande, de monter un dossier RSA. Alors je faisais bien attention à tout bien déclarer… Ce jour-là, non seulement je me suis sentie seule, mais surtout je n’avais même plus de filet. D’un coup, je me suis dit : je vais finir sous les ponts… Et le pire c’est qu’après on m’a demandé de rembourser un trop perçu de 320 euros et des poussières. » Inlassablement, à heure fixe tous ses matins libres, la jeune femme passait donc des heures au téléphone pour tenter d’obtenir des réponses ou le réexamen de son dossier. Jusqu’à ce jour de 2025 où le verdict tombe : « Une erreur dans le traitement de son dossier » a fait d’elle une naufragée.

    Très loin de la galvaudée phobie administrative, qui désigne la procrastination qui peut toucher certaines tâches administratives, de nombreuses personnes peuvent voir leurs dossiers coincés, leurs #allocations bloquées par des administrations aux formulaires de plus en plus informatisés, aux interactions de plus en plus automatisées, déshumanisées, incompréhensibles. Alors que 82 % des démarches administratives se font grâce à l’outil numérique, certains citoyens sont également largués en eaux troubles. L’illectronisme touche 15 % de la population (62 % chez les 75 ans ou plus) et, selon le Baromètre du numérique 2025, 44 % des Français déclarent rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives en ligne. L’Insee estimait déjà en 2021 qu’un tiers des adultes avait renoncé à effectuer une démarche en raison de ces obstacles. Un phénomène qui alimente le #non-recours aux droits, évalué jusqu’à 30 % pour certaines prestations sociales. Et parfois la situation critique vire au drame social. En 2012, à Nantes et Mantes-la-Jolie, deux personnes se donnaient la mort en s’immolant par le feu : un homme en fin de droits au chômage à qui l’on réclamait un trop perçu, devant son agence France Travail, un allocataire du RSA à qui l’on réclamait également un trop perçu devant son conseiller CAF. Moins d’un an plus tard, à Évry, un quadragénaire originaire du Nigeria tentait de s’immoler par le feu à la sous-préfecture de Palaiseau après le refus de l’administration de lui prolonger son #titre_de_séjour pour cause de divorce. En 2017, c’est un jeune Tchadien de 22 ans qui – s’étant vu refuser son droit d’asile – avait tenté de mettre fin à ses jours de cette manière.

    #dématérialisation #administration #caisses_sociales

  • Dans les algorithmes | Coincés dans les indus de la CAF
    https://danslesalgorithmes.net/2026/01/29/coinces-dans-les-indus-de-la-caf

    En octobre 2024, la Quadrature et 14 autres associations ont déposé un recours au Conseil d’Etat pour faire reconnaître l’illégalité de l’algorithme utilisé par la CAF (elles sont désormais 25 et la Quadrature a rendu disponible son mémoire). Le Défenseur des droits qui a été interrogé par le Conseil d’Etat en octobre a produit des observations (non publiées) dans lesquelles le Défenseur parle de présomption de discrimination et estime que la CAF n’a pas démontré l’absence de discrimination indirecte à l’encontre de populations protégées. Mediapart, rapporte les constatations du Défenseur qui estime que le traitement algorithmique : « paraît produire un surcontrôle des populations les plus précaires et donc constituer une différence de traitement fondée sur la particulière vulnérabilité économique. Une présomption de discrimination indirecte semble établie ».

    Les indus sont souvent liés à des erreurs de déclaration plus qu’à de la fraude. En 2022, la CAF indiquait que sur l’ensemble 100 milliards de prestations, il y avait un peu moins d’un milliard d’indus retrouvés et 350 millions de fraude constatés, ce qui, proportionnellement à la surveillance générale de la population produite par ce scoring, semble un résultat assez anecdotique. « L’algorithme va chercher là où c’est le plus efficace d’aller trouver des indus, c’est-à-dire là où les prestations sont complexes », rappelle Le Querrec, donc cible les personnes les plus précaires, celles qui dépendent d’un faisceau d’aides pour survivre.

  • Une demande aux artistes/auteurices et aux féru.es d’usage du droit : je ne trouve pas de document exploitable à suggérer à une personne qui, étant au RSA, est embringuée dans le contrôle exercé par France travail.

    Sans emploi depuis un bail, cette personne n’a d’autre moyen de mettre à distance le contrôle qu’un premier contrat d’édition (d’éventuels droits d’auteur, à venir).
    Les critères de l’offre raisonnable d’emploi (disponibilité et recherche active d’emploi), l’imputation de travail bénévole, peuvent-ils lui être opposés jusqu’à motiver une radiation de la liste (et ainsi la perte du RSA) ?

    Dans un département qui revendique de purger activement son stock de RSAstes, quels arguments de fait mais aussi légaux et réglementaires faire valoir dans un tel cas lors d’une convocation à France travail ?

    #RSA #France_travail