• L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/L-Etat-francais-et-le-genocide-des-Tutsis-au-Rwanda

    « L’État français a, par pur cynisme, choisi le camp qui lui apparaissait le plus à même de maintenir le Rwanda dans sa zone d’influence. » Raphaël Doridant et François Graner reprennent tous les éléments constitutifs de la complicité française rassemblés et analysés depuis vingt-cinq ans. Diplomatique, militaire, financière, médiatique, celle-ci remonte à la préparation du génocide, s’est poursuivie pendant et après. Idéologique même, puisque les responsables politiques et militaires français ont largement répandu la propagande hutue, la négation du génocide et celle de leur propre rôle.

    Ils reviennent sur l’histoire du pays. Avant la colonisation par l’Allemagne à partir de 1894, puis par la Belgique à partir de 1916, la société est articulée autour de groupes sociaux qui ne sont aucunement des catégories ethniques : les Hutus étaient agriculteurs, les Tutsis éleveurs et les Twas potiers. « Les Européens, imprégnés de l’idée de hiérarchie des races humaines, projettent ce paradigme sur les peuples qu’ils découvrent en pénétrant à l’intérieur du continent africain. » Les colonisateurs s’appuient sur une élite tutsie, assimilée à une « race » supérieure, pour asseoir leur domination et enseignent cette supériorité sur la base pseudo-scientifique du mythe d’un ancien peuplement hamitique éthiopien venu « civiliser » les « Nègres » de la région. Dans les années 1930, une immatriculation « éthique » est mise en place. (...)

    #Afrique #France #Rwanda #Hutus #Tutsis #génocide #archives #Mitterrand #Juvénal_Habyarimana #Interahamwe #DGSE

  • On parle souvent d’Israfrique aujourd’hui, coopération israélo-africains sous couvert de trafic d’armes, de corruption etc. Mais l’histoire de ces relations est intéressante, et pas très glorieuse pour israel :

    « Attendez les Uzis » — Les relations israéliennes avec Martin Luther King et les leaders africains n’étaient guère idéales dans les années 60, malgré la nostalgie
    Eitay Mack, Mondoweiss, le 21 juillet 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/27/attendez-les-uzis-les-relations-israeliennes-avec-martin-luther

    dès les début des années 1960, l’État d’Israël a fourni de l’aide militaire à presque tous les pays africains sub-sahariens, du Libéria à Madagascar. L’aide militaire incluait de l’entraînement et des armes, mais aussi la construction à partir de rien d’unités militaires et policières entières. En particulier, le Mossad israélien (l’institut israélien pour le renseignement et les opérations spéciales) a aidé à l’établissement et à l’entraînement de services de sécurité intérieure et de services de renseignement. Dans certains pays, les forces de sécurité qu’Israël a aidé à entraîner et à établir dans les années 1960 ont été des éléments clés dans la répression et dans les efforts pour empêcher pendant des décennies une transition vers un régime démocratique.

    #Martin_Luther_King #Congo #Ouganda #Rwanda #Centrafrique #RCA

    A rajouter à la compile #Israfrique :
    https://seenthis.net/messages/685758

  • Comment #René_Gardi a façonné le regard des Suisses sur l’Afrique

    Avec « #African_Mirror », le réalisateur #Mischa_Hedinger revient sur le parcours du photographe et cinéaste René Gardi dans le #Cameroun colonisé des années 1950. Ce documentaire montre que l’approche paternaliste, voire raciste, de René Gardi en dit plus sur la Suisse de l’époque que sur l’Afrique qu’il fantasmait.

    « J’ai toujours évité de présenter une vision biaisée de la réalité à travers mes images. » René Gardi n’a jamais douté de la dimension documentaire de son œuvre, comme il l’explique en 1985 dans une lettre envoyée à un centre d’études africaines de Californie, au soir de sa vie.

    Une profession de foi que le jeune réalisateur Mischa Hedinger, également bernois, déconstruit avec son documentaire « African Mirror », à l’affiche actuellement en Suisse alémanique et le printemps prochain en Suisse romande.

    Mais pourquoi sortir de l’oubli un tel personnage ? « Quand la génération des baby-boomers pense à l’Afrique, les films de René Gardi émergent », écrit le quotidien bernois Der Bund dans un article consacré à « African Mirror ». Une notoriété confinée essentiellement à la Suisse alémanique où René Gardi fut très présent par ses livres, ses conférences et ses interventions dans les médias, même s’il toucha une audience plus large avec notamment « Mandara », un film tourné au Cameroun qui a obtenu en 1960 une mention spéciale au 10ᵉ festival international du film de Berlin dans la catégorie « Meilleur film documentaire adapté aux jeunes.
    Sexe et colonies

    Les jeunes, René Gardi les appréciait à sa manière puisqu’il fut condamné en 1944 pour violences sexuelles à l’encontre de certains de ses élèves, alors qu’il était enseignant en Suisse. Cette pédophilie passée sous silence jusqu’à aujourd’hui, Mischa Hedinger a tenu à l’exhumer dans son documentaire en la couplant aux corps nus de jeunes Camerounais filmés par René Gardi.

    « African Mirror » n’est pas pour autant un réquisitoire contre René Gardi, mais bien un questionnement sur les représentations de l’Afrique que René Gardi a contribué à façonner. Or la sexualité souvent prédatrice est au cœur de l’imaginaire colonial, relève pour swissinfo.ch Mischa Hedinger, faisant écho à « Sexe, race et colonies », un ouvrage monumental publié l’année dernière à Paris qui a fait grand bruit. Un imaginaire qui perdure pourtant, si l’on songe au tourisme sexuel qui continue de prospérer.

    Il en va de même avec la vision des peuples africains que René Gardi a développé dans ses œuvres. « Quand je regarde les photos que j’ai prises dans les années précédentes, je ressens souvent une grande tristesse. Les splendides artisans avec toutes leurs peines, leurs besoins, leurs joies et leurs obstinations, ces gens qui sont des artistes-artisans sans le savoir, et toutes les mères merveilleuses dans les tentes et les villages, qui acceptent leur destin avec tant de calme et de courage, ne vivront bientôt que dans la mémoire de ceux qui les ont connus », écrit René Gardi dans la lettre citée plus haut.

    Le #mythe du #bon_sauvage

    Ce mythe du bon sauvage sans vrai conscience de lui-même était largement partagé au milieu du siècle dernier, sans pour autant disparaitre totalement aujourd’hui, comme l’a illustré en 2007 le discours choc prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, dans lequel le président français assurait que « le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. » Des propos abondamment critiqués par de nombres personnalité comme l’écrivain camerounais Achille Mbembe.

    René Gardi, lui, faisait aussi le parallèle entre les tribus visitées au Cameroun et les montagnards vivant dans les Alpes suisses. Il alla même jusqu’à s’exclamer : « Parfois, j’aimerais que nous aussi, les Suisses, nous ayons une colonie. »

    Un propos qui n’a rien d’anodin pour Mischa Hedinger : « Gardi exprime ainsi le désir de grandeur de la petite Suisse. Et l’image qu’il a créée de l’Afrique était elle-même une sorte de colonie pour la Suisse : un pays imaginaire appartenant aux Suisses. »

    Si la Suisse n’a jamais eu d’empire colonial (même si l’idée a circulé dans les élites dès la fin du XIXème), l’agence de coopération du gouvernement (DDC) n’a pas échappé aux visions portées par Gardi, en particulier au #Rwanda, cette « Suisse de l’Afrique », dans laquelle les coopérants suisses se sont fortement impliqués jusqu’au sommet de l’Etat, avant que le génocide de 1994 n’y mette fin.

    https://www.swissinfo.ch/fre/documentaire-_comment-ren%C3%A9-gardi-a-fa%C3%A7onn%C3%A9-le-regard-des-suisses-sur-l-afrique/45397302
    #cinéma #Suisse #Afrique #paternalisme #racisme #film #film_documentaire #documentaire #stéréotypes

    ping @cede @albertocampiphoto

  • Pudence Rubingisa, maire de Kigali : « La résilience naît de la communauté »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/15/pudence-rubingisa-maire-de-kigali-la-resilience-nait-de-la-communaute_604290

    Le Rwanda a été l’un des premiers pays du continent africain à imposer un confinement total à sa population, une semaine seulement après la confirmation du premier cas de Covid-19 sur son territoire. Jusqu’ici, la maladie semble avoir été contenue. A Kigali, foyer de l’épidémie, quels étaient les principaux défis posés par la pandémie ? Le plus grand risque, c’était l’incompréhension de la population. Nous craignions que les habitants ne réalisent pas le danger de cette épidémie. La densité de la population à Kigali, surtout dans les marchés et dans les gares routières, était un autre défi important, tout comme l’utilisation de moyens de transport tels que les mototaxis et les vélotaxis, qui ne permettent pas de respecter une distanciation physique acceptable. Sans compter les bidonvilles, dans lesquels les gens vivent dans des espaces extrêmement restreints. Pour éviter une contamination rapide, le gouvernement a donc décidé d’un confinement total. La pandémie a également renforcé notre volonté de faire de Kigali une « ville intelligente » ou « smart city », avec le plus de services possibles en ligne, ce qui réduit les contacts physiques, mais aussi les risques de corruption.
    Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d’Afrique. Aujourd’hui, le taux d’urbanisation est de seulement 20 %. Comment comptez-vous gérer la croissance de Kigali dans les années à venir ? Nous avons déjà du mal à gérer la densité actuelle. Un million trois cent mille personnes vivent à Kigali, tandis que trois cent mille personnes de plus viennent y travailler la journée. Selon les projections, en 2050, Kigali atteindra 3,8 millions d’habitants. Le gouvernement s’est donc lancé dans une politique de développement des villes secondaires du pays. Nous prévoyons aussi de construire des logements à bas prix pour accueillir les nouveaux venus.

    #Covid-19#migrant#migration#rwanda#circulation#deplacement#smartcity#sante#densité#

  • HCR - Les réfugiés urbains des régions de l’Est, de la Corne et des Grands Lacs de l’Afrique luttent pour survivre alors que l’impact économique du Covid-19 s’y fait durement ressentir.
    https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2020/5/5eccf3b5a/refugies-urbains-regions-lest-corne-grands-lacs-lafrique-luttent-survivre.htm

    Les réfugiés urbains sont menacés de perdre leur emploi car les entreprises sont obligées de réduire leurs effectifs ou de fermer en raison des restrictions imposées par le Covid-19. Nombre d’entre eux sont des travailleurs journaliers ou travaillent dans l’économie informelle et vivaient déjà au jour le jour avant que la pandémie ne se déclare. Au Rwanda, par exemple, la plupart des 12 000 réfugiés urbains ont vu les principaux pourvoyeurs au sein de leurs familles perdre leur emploi. Beaucoup travaillaient pour des entreprises qui ont fermé ou qui ont du mal à importer des marchandises en raison des restrictions aux frontières.
    De nombreux réfugiés urbains vivent également dans des conditions de promiscuité et d’insalubrité et sont particulièrement vulnérables à la propagation du virus, comme au Kenya où des milliers de réfugiés vivent dans des quartiers pauvres de Nairobi, avec un accès limité à l’eau potable, ce qui rend presque impossible la pratique régulière du lavage des mains.
    Tant au Rwanda qu’au Kenya, le HCR a fourni une aide d’urgence en espèces aux plus vulnérables et étudie la possibilité d’élargir cette assistance. En Ouganda, le HCR et le PAM ont mis en place une aide financière ponctuelle pour quelque 80 000 réfugiés urbains en recourant aux transferts par téléphonie mobile pour leur permettre de payer leur loyer, leur nourriture et de couvrir d’autres dépenses essentielles. Toutefois, il ne s’agit là que de mesures temporaires face à des conditions socio-économiques qui devraient encore se détériorer dans les semaines et les mois à venir.

    #covid-19#migrant#migration#ouganda#Rwanda#Kenya#réfugiés-urbains#vulnérabilité#santé#pauvreté#promiscuité#accès-santé#propagation#virus

  • Génocide au Rwanda : retour sur les 23 ans de cavale de Félicien Kabuga
    http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200516-les-23-ans-cavale-f%C3%A9licien-kabuga-financier-pr%C3%A9sum%C3%A9-g%C3

    Félicien Kabuga, le « financier » présumé du génocide des Tutsis au Rwanda, a été arrêté ce samedi 16 mai à Asnières-sur-Seine. Depuis l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, il s’est écoulé plus de deux décennies pendant lesquelles le génocidaire s’est joué de la justice.

    http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190407-rwanda-mecanismes-ont-conduit-genocide

    Il y a 25 ans au #Rwanda commençaient le #génocide des Tutsis et le massacre des Hutus modérés. Selon l’ONU, en quelque 100 jours ont été tués au moins 800 000 hommes, femmes et enfants, ce qui fait de ce crime de masse le génocide le plus rapide de l’histoire. Et 25 ans après, on en sait plus sur les mécanismes qui ont conduit à ce crime contre l’humanité.

    https://survie.org/topics/genocide-of-tutsis-in-rwanda/article/france-terre-d-accueil-pour-extremistes-hutus

    L’arrestation près de Paris de Félicien Kabuga, le présumé financier du génocide des Tutsis, est l’occasion de rappeler que des dizaines de personnes suspectées de génocide résident encore dans notre pays, la plupart d’entre-elles en toute impunité. A commencer par Agathe Kanziga, la veuve du président Habyarimana, la sans-papiers la plus célèbre de l’héxagone. Étant donné le soutien apporté par les dirigeants français aux auteurs du génocide, il n’est pas surprenant que la justice française montre si peu d’empressement à les poursuivre...

  • Coronavirus : les chauffeurs routiers, source d’inquiétude en Afrique de l’Est
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/13/coronavirus-les-chauffeurs-routiers-source-d-inquietude-en-afrique-de-l-est_

    Alors que la plupart des pays est-africains ont restreint les déplacements pour enrayer la propagation du coronavirus, les routiers font partie des rares à pouvoir circuler et livrer leurs précieuses marchandises, souvent des vivres, à l’ensemble de la région. Mais des tests réalisés aux frontières ont révélé un nombre de cas élevé parmi eux et mis en lumière les risques de les voir propager le virus. Le président ougandais, Yoweri Museveni, a d’ailleurs récemment estimé qu’ils constituaient une source d’inquiétude pour l’Afrique de l’Est.
    L’Ouganda, qui a recensé au total 126 cas de Covid-19, a mené des milliers de tests sur les chauffeurs routiers, dont 51, essentiellement des Kényans et des Tanzaniens, se sont révélés positifs au coronavirus. Le Rwanda voisin indique depuis trois semaines que le nombre de cas sur son territoire (actuellement 286) « reflète une augmentation de cas parmi les routiers et leurs assistants », sans préciser leur nombre exact. Ailleurs, au Kenya, en RDC ou au Soudan du Sud, des conducteurs de camion ont aussi été testés positifs.

    #Covid-19#circulation#routiers#propagation#virus#test#frontières#Ouganda#Kenya#soudan#RDC#Tanzanie#Rwanda#circulations

  • Coronavirus : le Burundi annonce ses deux premiers cas de Covid-19 — La Libre Afrique

    « Il s’agit de deux Burundais. Le premier âgé de 56 ans est rentré du Rwanda alors que le second de 42 ans venait de Dubaï avec escale à Kigali », a annoncé le ministre Thaddée Ndikumana

    https://afrique.lalibre.be/48570/coronavirus-le-burundi-annonce-ses-deux-premiers-cas-de-covid-19


    #Covid-19#Migration#Migrant#Burundi#Rwanda#Dubai

  • En #Libye, les oubliés

    #Michaël_Neuman a passé une dizaine de jours en Libye, auprès des équipes de Médecins Sans Frontières qui travaillent notamment dans des #centres_de_détention pour migrants. De son séjour, il ramène les impressions suivantes qui illustrent le caractère lugubre de la situation des personnes qui y sont retenues, pour des mois, des années, et celle plus difficile encore de toutes celles sujets aux #enlèvements et aux #tortures.

    La saison est aux départs. Les embarcations de fortune prennent la mer à un rythme soutenu transportant à leur bord hommes, femmes et enfants. Depuis le début de l’année, 2300 personnes sont parvenues en Europe, plus de 2000 ont été interceptées et ramenées en Libye, par les garde-côtes, formés et financés par les Européens. Les uns avaient dès leur départ le projet de rejoindre l’Europe, les autres ont fait ce choix après avoir échoué dans les réseaux de trafic d’êtres humains, soumis aux tortures et privations. Les trajectoires se mêlent, les raisons des départs des pays d’origine ne sont souvent pas univoques. En ce mois de février 2020, ils sont nombreux à tenter leur chance. Ils partent de Tripoli, de Khoms, de Sabrata… villes où se mêlent conflits, intérêts d’affaires, tribaux, semblants d’Etat faisant mine de fonctionner, corruption. Les Libyens ne sont pas épargnés par le désordre ou les épisodes de guerre. Pourtant, ce sont les apparences de vie normale qui frappent le visiteur. Les marchés de fruits et légumes, comme les bouchons qui encombrent les rues de Tripoli en témoignent  : la ville a gonflé au rythme des arrivées de déplacés originaires des quartiers touchés par la guerre d’attrition dont le pays est le théâtre entre le gouvernement intérimaire libyen qui règne encore sur Tripoli et une partie du littoral ouest et le LNA, du Maréchal Haftar, qui contrôle une grande partie du pays. Puissances internationales – Italie, France, Russie, Turquie, Emirats Arabes Unis – sont rentrées progressivement dans le jeu, transformant la Libye en poudrière dont chaque coup de semonce de l’un des belligérants semble annoncer une prochaine déflagration d’ampleur. Erdogan et Poutine se faisant face, le pouls du conflit se prend aujourd’hui autant à Idlib en Syrie qu’à Tripoli.

    C’est dans ce pays en guerre que l’Union européenne déploie sa politique de soutien aux interceptions et aux retours des ‘migrants’. Tout y passe  : financement et formation des gardes côtes-libyens, délégation du sauvetage aux navires commerciaux, intimidation des bateaux de sauvetage des ONG, suspension de l’Opération Sophia. Mais rien n’y fait  : ni les bombardements sur le port et l’aéroport de Tripoli, ni les tirs de roquettes sur des centres de détention situés à proximité d’installation militaire, pas davantage que les témoignages produits sur les exécrables conditions de vie qui prévalent dans les centres de détention, les détournements de financements internationaux, ou sur la précarité extrême des migrants résidant en ville n’ébranlent les certitudes européennes. L’hypocrisie règne  : l’Union européenne affirme être contre la détention tout en la nourrissant par l’entretien du dispositif libyen d’interception  ; le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés condamne les interceptions sans jamais évoquer la responsabilité des Européens.

    Onze centres de détention sont placés sous la responsabilité de la Direction chargée de l’immigration irrégulière libyenne (la DCIM). La liste évolue régulièrement sans que l’on sache toujours pourquoi, ni si la disparition d’un centre signifie véritablement qu’il a été vidé de ses détenus, ou qu’ils y résident encore sous un régime informel et sans doute plus violent encore. Une fois dans ces centres, les détenus ne savent jamais quand ils pourront en sortir  : certains s’en échappent, d’autres parviennent à acheter leur sortie, beaucoup y pourrissent des mois voire des années. L’attente y est physiquement et psychologiquement dévastatrice. C’est ainsi le lot des détenus de Dar El Jebel, près de Zintan, au cœur des montagnes Nafusa, loin et oubliés de tous : la plupart, des Erythréens, y sont depuis deux ans, parfois plus.

    La nourriture est insuffisante, les cellules, d’où les migrants ne sortent parfois que très peu, sont sombres et très froides ou très chaudes. Les journées sont parfois rythmées par les cliquetis des serrures et des barreaux. Dans la nuit du samedi 29 février au dimanche 1er mars 2020, une dizaine de jours après mon retour, un incendie sans doute accidentel à l’intérieur du centre de détention de Dar El Jebel a coûté la vie à un jeune homme érythréen.

    Nous pouvons certes témoigner que le travail entamé dans ces centres, l’attention portée à l’amélioration des conditions de vie, les consultations médicales, l’apport de compléments alimentaires, mais aussi et peut-être surtout la présence physique, visible, régulière ont contribué à les humaniser, voire à y limiter la violence qui s’y déploie. Pour autant, nous savons que tout gain est précaire, susceptible d’être mis à mal par un changement d’équilibre local, la rotation des gardes, la confiance qui se gagne et se perd, les services que nous rendons. Il n’est pas rare que les directeurs de centre expliquent que femmes et enfants n’ont rien à faire dans ces endroits, pas rare non plus qu’ils infligent des punitions sévères à ceux qui auraient tenté de s’échapper  ; certains affament leurs détenus, d’autres les libèrent lorsque la compagnie chargée de fournir les repas interrompt ses services faute de voir ses factures réglées. Il est probable que si les portes de certains centres de détention venaient à s’ouvrir, nombreux sont des détenus qui décideraient d’y rester, préférant à l’incertitude de l’extérieur leur précarité connue. Cela, beaucoup le disent à nos équipes. Dans ce pays fragmenté, les dynamiques et enjeux politiques locaux l’emportent. Ce qu’on apprend vite, en Libye, c’est l’impossibilité de généraliser les situations.

    Nous savons aussi que nous n’avons aucune vocation à devenir le service de santé d’un système de détention arbitraire  : il faut que ces gens sortent. Des hommes le plus souvent, mais aussi des femmes et des enfants, parfois tout petits, parfois nés en détention, parfois nés de viols. L’exposition à la violence, la perméabilité aux milices, aux trafiquants, la possibilité pour les détenus de travailler et de gagner un peu d’argent varient considérablement d’un centre à l’autre. Il en est aussi de leur accès pour les organisations humanitaires.

    Mais nous savons surtout que les centres de détention officiels n’abritent que 2000, 3000 des migrants en danger présents en Libye. Et les autres alors  ? Beaucoup travaillent, et assument une précarité qui est le lot, bien sûr à des degrés divers, de nombreux immigrés dans le monde, de Dubaï à Paris, de Khartoum à Bogota. Mais quelques dizaines de milliers d’autres, soit par malchance, soit parce qu’ils n’ont aucun projet de vie en Libye et recourent massivement aux services peu fiables de trafiquants risquent gros  : les enlèvements bien sûr, kidnappings contre rançons qui s’accompagnent de tortures et de sévices. Certains de ces «  migrants  », entre 45 000 et 50 000, sont reconnus «  réfugiés ou des demandeurs d’asiles  » par le Haut-Commissariat pour les réfugiés : ils sont Erythréens, Soudanais, Somaliens pour la plupart. De très nombreux autres, migrants économiques dit-on, sont Nigérians, Maliens, Marocains, Guinéens, Bangladeshis, etc. Ils sont plus seuls encore.

    Pour les premiers, un maigre espoir de relocalisation subsiste  : l’année dernière, le HCR fut en mesure d’organiser le départ de 2400 personnes vers le Niger et le Rwanda, où elles ont été placées encore quelques mois en situation d’attente avant qu’un pays, le plus souvent européen, les accepte. A ce rythme donc, il faudrait 20 ans pour les évacuer en totalité – et c’est sans compter les arrivées nouvelles. D’autant plus que le programme de ‘réinstallation’ cible en priorité les personnes identifiées comme vulnérables, à savoir femmes, enfants, malades. Les hommes adultes, seuls – la grande majorité des Erythréens par exemple – ont peu de chance de faire partie des rares personnes sélectionnées. Or très lourdement endettés et craignant légitimement pour leur sécurité dans leur pays d’origine, ils ne rentreront en aucun cas ; ayant perdu l’espoir que le Haut-Commissariat pour les réfugiés les fassent sortir de là, leur seule perspective réside dans une dangereuse et improbable traversée de la Méditerranée.

    Faute de lieux protégés, lorsqu’ils sont extraits des centres de détention par le HCR, ils sont envoyés en ville, à Tripoli surtout, devenant des ‘réfugiés urbains’ bénéficiant d’un paquet d’aide minimal, délivré en une fois et dont on peine à voir la protection qu’il garantit à qui que ce soit. Dans ces lieux, les migrants restent à la merci des trafiquants et des violences, comme ce fut le cas pour deux Erythréens en janvier dernier. Ceux-là avaient pourtant et pour un temps, été placés sous la protection du HCR au sein du Gathering and Departure Facility. Fin 2018, le HCR avait obtenu l’ouverture à Tripoli de ce centre cogéré avec les autorités libyennes et initialement destiné à faciliter l’évacuation des demandeurs d’asiles vers des pays tiers. Prévu à l’origine pour accueillir 1000 personnes, il n’aura pas résisté plus d’un an au conflit qui a embrasé la capitale en avril 2019 et à la proximité de milices combattantes.

    D’ailleurs, certains d’entre eux préfèrent la certitude de la précarité des centres de détention à l’incertitude plus inquiétante encore de la résidence en milieu ouvert  : c’est ainsi qu’à intervalles réguliers, nous sommes témoins de ces retours. En janvier, quatre femmes somalies, sommées de libérer le GDF en janvier, ont fait le choix de rejoindre en taxi leurs maris détenus à Dar El Jebel, dont elles avaient été séparées par le HCR qui ne reconnaissaient pas la légalité des couples. Les promesses d’évacuation étant virtuelles, elles sont en plus confrontées à une absurdité supplémentaire  : une personne enregistrée par le HCR ne pourra bénéficier du système de rapatriement volontaire de l’Organisation Internationale des Migrations quand bien même elle le souhaiterait.

    Pour les seconds, non protégés par le HCR, l’horizon n’est pas plus lumineux : d’accès à l’Europe, il ne peut en être question qu’au prix, là encore, d’une dangereuse traversée. L’alternative est le retour au pays, promue et organisée par l’Organisation internationale des Migrations et vécue comme une défaite souvent indépassable. De tels retours, l’OIM en a organisé plus de 40 000 depuis 2016. En 2020, ils seront probablement environ 10 000 à saisir l’occasion d’un «  départ volontaire  », dont on mesure à chaque instant l’absurdité de la qualification. Au moins, ceux-là auront-ils mis leur expérience libyenne derrière eux.

    La situation des migrants en Libye est à la fois banale et exceptionnelle. Exceptionnelle en raison de l’intense violence à laquelle ils sont souvent confrontés, du moins pour un grand nombre d’entre eux - la violence des trafiquants et des ravisseurs, la violence du risque de mourir en mer, la violence de la guerre. Mais elle est aussi banale, de manière terrifiante : la différence entre un Érythréen vivant parmi des rats sous le périphérique parisien ou dans un centre de détention à Khoms n’est pas si grande. Leur expérience de la migration est incroyablement violente, leur situation précaire et dangereuse. La situation du Darfouri à Agadez n’est pas bien meilleure, ni celle d’un Afghan de Samos, en Grèce. Il est difficile de ne pas voir cette population, incapable de bouger dans le monde de la mobilité, comme la plus indésirable parmi les indésirables. Ce sont les oubliés.

    https://www.msf-crash.org/index.php/fr/blog/camps-refugies-deplaces/en-libye-les-oublies
    #rapport_d'observation #torture #détention #gardes-côtes_libyens #hypocrisie #UE #EU #Union_européenne #responsabilité #Direction_chargée_de_l’immigration_irrégulière_libyenne (#DCIM) #Dar_El_Jebel #Zintan #montagne #Nafusa (#montagnes_Nafusa) #attente #violence #relocalisation #Niger #Rwanda #réinstallation #vulnérabilité #urban_refugees #Tripoli #réfugiés_urbains #HCR #GDF #OIM #IOM #rapatriement_volontaire #retour_au_pays #retour_volontaire

    ping @_kg_

  • #francophonie

    Françoise Vergès : « la Francophonie a été un vecteur de colonisation »
    https://www.youtube.com/watch?v=zGYGIsl50cc

    Nadia Yala Kisudiki : « la Francophonie est un outil de puissance »
    https://www.youtube.com/watch?v=DZl7QTxLtX8


    (à partir de 6’10, il est question du #Rwanda)

    C’était en 2018. Juste après le discours de MacRon sur la francophonie (sommet de Ervan), un condensé de dégueulasseries sur l’#Arménie et le restant, « La francophonie doit être ce lieu du ressaisissement collectif contemporain », « Une langue qui en a conjuguées (ah ah) tant d’autres », « La langue d’une conquête et d’une reconquête, parce que c’est cela avant toute chose la francophonie », c’est clair non ? « Vous nous l’avez parfois imposée, c’est notre histoire commune, ce sont nos parts de blessure » .
    Je m’arrête à 11’42 minutes,avec « la remontée des passions tristes », il est gerbant. Il reste quelques 25 minutes si ça vous tente.
    https://www.youtube.com/watch?v=Fo75q-N-92M

  • Base de données sur le rôle de la France
    dans le génocide des Tutsi

    http://francegenocidetutsi.org/index.html.fr

    But de cette base de données


    FgtDb comme France Genocide Tutsi Database est une base de données relative au rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

    Le génocide des Tutsi a été exécuté par des Rwandais. Mais nous formulons les hypothèses :

    1) Le génocide n’aurait pas eu lieu si la France n’était pas intervenue militairement au Rwanda, si elle n’avait pas fourni des armes et entraîné l’armée gouvernementale rwandaise, et si elle n’avait pas soutenu les politiciens et militaires rwandais qui depuis 1990 voulaient éliminer les Tutsi.

    2) Le coup d’État des 6-8 avril 1994, qui a coûté la vie au président Habyarimana, au Premier ministre Agathe Uwilingiyimana et à d’autres ministres et personnalités politiques n’aurait pu réussir qu’avec le soutien de la France par son ambassadeur à Kigali et sa représentation au Conseil de sécurité des Nations Unies.

    3) À tout moment du 7 avril au 18 juillet, la France aurait pu commander à ses alliés de cesser les massacres.

    Partis d’une démarche de citoyens français responsables, nous nous efforçons de tester ces hypothèses de manière aussi scientifique que possible en rassemblant des documents. Nous n’excluons pas a priori des documents qui vont à l’encontre de nos hypothèses, pourvu qu’ils rapportent des faits vérifiables.

    Sur ce site web http://francegenocidetutsi.org plus de 9.000 documents sont accessibles, triés par date, auteur, journal ou source. Un moteur de recherche permettant d’interroger suivant plusieurs critères et d’accéder à la fiche descriptive des documents est accessible ici
    Historique

    Ces documents ont été réunis depuis 2001 pour la rédaction du livre La France au coeur du génocide des Tutsi, publié en 2010 en quelques 300 exemplaires, épuisé depuis, mais restant déchargeable à l’adresse : http://francegenocidetutsi.org/FranceCoeurGenocideTutsi-IP.pdf

    L’idée initiale était de donner au lecteur du livre en format pdf de Adobe l’accès à une copie du document original en utilisant les pointeurs hypertextes pris en compte par Acrobat reader ou les logiciels équivalents.

    De là est née la conception d’une fiche descriptive des documents et la préoccupation de les étudier pour eux-mêmes dans un souci d’objectivité.

    Depuis de nouveaux documents ont été trouvés qui débordent maintenant de beaucoup la portée de ce livre. Le besoin de les publier comme preuve s’en est fait sentir.

    Cette base de données, commencée début 2013, existe sur un ordinateur. Elle répertorie environ 24.000 documents, 4.000 auteurs provenant de 700 journaux ou sources et d’une centaine de fonds d’archives.

    Il reste à faire une publication systématique des documents sur le web, ce qui est une exigence de chercheur mais qui est encore largement à faire. Les collaborations sont souhaitées.

    Avant avril 2016, ce site web était à l’adresse http://www.francerwandagenocide.org/documents

  • UNHCR in talks to send African migrants to ‘safe’ countries, let others stay

    UN’s refugee body confirms talks with Israeli and foreign governments on a deal that would enable some asylum seekers to stay in Israel permanently, resettle others.

    Israel is in negotiations with the United Nations High Commission on Refugees to resettle a portion of African asylum seekers in third countries deemed by the UN to be “safe,” possibly including Western countries, in exchange for some of the refugees to be given permanent residency in Israel.

    The deal would likely halt Israel’s current campaign to deport thousands of asylum seekers to African countries, widely believed to be Rwanda and Uganda.

    “Such an arrangement could be realized, though the necessary details need to be worked out,” said Sharon Harel, the external relations officer at the UNHCR office in Israel.

    She declined to name the countries interested in absorbing the refugees or what percentage of the refugees would be able to stay in Israel. Since 2013, the UNHCR, working with a number of different countries, has resettled 2,400 asylum seekers in third countries which they consider safe, including the US and Canada.

    Harel said was confident that an agreement could offer a viable solution for the approximately 38,000 African asylum seekers currently in Israel. “We would see such an arrangement as a win-win for the refugees as well as the State of Israel,” said Harel.

    The Prime Minister’s Office refused multiple requests for comment.

    The UNHCR, as well as a number of human rights organizations have expressed dismay with Israel’s program of deporting asylum seekers to third countries, which were officially unnamed. Reports have named Rwanda and Uganda, which are listed by the UN as “areas of concern.”

    “Due to the secrecy surrounding this policy and the lack of transparency concerning its implementation, it has been very difficult for UNHCR to follow up and systematically monitor the situation of people relocated to these African countries,” the UNHCR said in a statement in November. “UNHCR, however, is concerned that these persons have not found adequate safety or a durable solution to their plight and that many have subsequently attempted dangerous onward movements within Africa or to Europe.”

    Israel has deported approximately 4,000 asylum seekers to Rwanda and Uganda since December 2013, when the deportation program started.

    A new law shuttering a holding facility and forcing asylum seekers to leave or go to jail has seen Israel kick off a fresh deportation campaign this week. Israel began handing out deportation notices to asylum seekers renewing their two-month visa on Sunday.

    According to reports, the government hopes to deport 600 asylum seekers per month for the first year. People with open asylum applications cannot be deported before the applications are resolved.

    On Monday, Netanyahu slammed international criticism of the handling of the asylum seeker situation as “a campaign of lies.”

    “International law places obligations on countries and it also gives them rights. There is an obligation to accept refugees, and we accept refugees,” he said, “but international law also gives the right to a country to remove from its borders illegal migrants. We have no obligation to allow illegal labor migrants who are not refugees to remain here.”

    Netanyahu also claimed that George Soros was funding protests against the deportations, a claim that Soros quickly denied.

    Thousands of asylum seekers protested on Wednesday in front of the Rwandan embassy, part of a number of protests against the deportation in front of at least ten Rwandan embassies and consulates around the world. Protesters carried signs reading, “We will not fall into despair, we will stop this deportation,” “Recognizing refugees is a moral requirement,” “We don’t believe the racists,” and “Kagame — We’re not for sale.”

    Eritrean activists have said that they believe around 20 deported asylum seekers have lost their lives in dangerous attempts to reach Europe.

    Deportees to Rwanda have told The Times of Israel, and it has been widely reported in foreign media, that they are kept for a few days in a private home and then taken to the border with South Sudan or Uganda in the middle of the night. They are told to cross without documents, and to request asylum seeker status in the new country when they cross the border.

    The negotiations between the UNHCR, Israel, and other countries was first mentioned in activist Rabbi Susan Silverman’s op-ed in the New York Times on Wednesday. Silverman, the initiator of the Miklat Israel/Israel sanctuary initiative, which encourages people to hide Africans slated for deportations in their home, wrote that the UNHCR could resettle up to half of Israel’s asylum seekers, if Netanyahu agrees to cooperate. “This would provide the prime minister with a domestic political victory and a legacy lifeline,” she wrote.

    “Willing deportation” means that an asylum seeker has signed an agreement with the Interior Ministry that they are leaving Israel under their own free will, generally after being made to decide between incarceration and deportation.

    Asylum seekers who sign documents that they are willingly leaving the country receive a deportation grant of $3,500.

    Backers of the asylum seekers’ protest insist that Israel has not been doing the minimum required by the 1951 Refugee Convention to ascertain whether the migrants are refugees. Between 2009 and 2017, 15,400 people opened files seeking asylum with the PIBA Office. Israel denied asylum seeker status to 6,600 people, and 8,800 applications for asylum are still open. Israel has recognized refugee status for one Sudanese and 10 Eritreans, out of thousands of applications for asylum, an acceptance rate of 0.056%.

    The European Union has recognized asylum claims from 90% of Eritreans who apply for refugee status and 56% of Sudanese, according to the European Stability Institute.

    Harel, the spokesperson for UNHCR in Israel, noted there had been some “gaps” in the procedural requirements for asylum seekers. Asylum seekers from Eritrea and Sudan who arrived in Israel before 2012 were originally not required to file requests for asylum. The policy change in 2012 was not formally announced and led to a lot of confusion among asylum seekers as to what they were required to do.

    Anyone who wants to open an application for asylum must wait overnight, sometimes multiple times, in long lines outside of the Interior Ministry’s Population Immigration and Border Authority office.

    Anat Perez, a 25-year resident of Neve Shaanan who is also part of the Central Bus Station Neighborhood Watch group, which supports the deportations, said she does not believe that the UNHCR negotiations will amount to much. “The United Nations can make all types of decisions, but at the end it’s really about what Israel decides will do,” said Perez. “All of these issues were checked by the High Court. Israel is answering all of the requirements in terms of the law.”

    “I think if they are deported, things will get better for us,” said Perez. Perez added that she was frustrated by all calls that she and other activists who support the deportations are racists or Nazis. “They can’t judge us, they need to deal with South Tel Aviv’s Israeli residents with more respect. They don’t understand the problems,” she said.

    Halefom Sultan, a 33-year-old father of two from Eritrea and one of the central organizers of the protest outside the Rwandan embassy on Wednesday, said he supports the UN negotiations that would send some asylum seekers to a third country, one that is deemed safe by the UN, and allow some asylum seekers to stay in Israel.

    “They need to safeguard our life in the place we are located,” said Sultan. “It doesn’t matter where we are, we need safety. If it’s done by the UN and done in a safe way that ensures our security, I support it.”

    “This is an important move; it should have happened a while back,” said Mutasim Ali, a law student and activist who is the only Sudanese to have received refugee status in Israel. “This is the role UNHCR is supposed to play. It’s unfortunate that Israel still wants to relocate people when they have the ability to accept them, but we support the UNHCR’s approach.”

    https://www.timesofisrael.com/unhcr-in-talks-to-send-african-migrants-to-safe-countries-let-others-
    #Rwanda #Ouganda #Israël #asile #migrations #réfugiés #expulsion #renvois #réinstallation #déportation #réfugiés_africains #pays_tiers #externalisation

    sur la “#solution_rwandaise”, voir
    https://seenthis.net/messages/796723

  • #Déogratias

    Derrière ce dessin, il y a plus d’un million de morts. Qui peut imaginer un million de morts ? C’est un chiffre qui ment, proie des comptables de l’horreur chicanant sur les dizaines, les unités. Un million, notre esprit se montre incapable de nous en transmettre une image précise. Un million de #morts, c’est le résultat de l’#indifférence devant le premier homme assassiné parce qu’il est Tutsi. Au deuxième, il est déjà trop tard pour arrêter l’#abomination. Alors, des êtres comme le jeune Hutu Déogratias célèbrent comme un trophée la corde à linge où pendouillent les dessous de femmes violées et, sans doute, trucidées. Corde qui signale « ici commence l’#horreur ». Avril #1994, Rwanda : le fleuve de sang emporte l’amour de Déogratias pour une jeune Tutsi. Et ce flot se nourrit du sang des Tutsi que Déogratias a tués de ses mains


    https://www.dupuis.com/seriebd/deogratias/284
    #Hutus #Tutsis #viol #guerre_civile #massacre
    #génocide #Rwanda #histoire #BD #livre

  • Remaniement ministériel au Rwanda : Kagame muscle son Big Brother intérieur | Aujourd’hui au Faso
    https://www.aujourd8.net/remaniement-ministeriel-au-rwanda-kagame-muscle-son-big-brother-interieur
    https://www.aujourd8.net/wp-content/uploads/2018/01/kagame-1.jpe

    Depuis près de deux décennies quasiment qu’il dirige le Rwanda, Paul Kagame n’a pour habitude de faire des remaniements à tout bout des champs. Lorsqu’il installe une équipe, elle est soudée, compétente, et c’est pour la durée, car adossée à lui, le Bonaparte de 1994.

    Mais lorsqu’il opère un changement d’équipe gouvernementale, même un petit réglage, comme celui qu’il vient d’effectuer le lundi 4 novembre, ce n’est pas le fruit du hasard : un poste de ministre de l’intérieur a été spécialement créé pour le général Patrick Nyamvuba, ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise.

    #Rwanda #Kagamé #afrique

  • Évacués au #Rwanda, les #réfugiés de #Libye continuent de rêver d’#Europe - RFI

    Par Laure Broulard

    Un jeune réfugié dans le centre de transit de Gashora au Rwanda.
    © FFI/Laure Broulard

    Publié le 03-11-2019 Modifié le 03-11-2019 à 07:25

    Le Rwanda accueille depuis quelques semaines des #demandeurs_d’asile évacués de Libye, dans le cadre d’un accord avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et l’#Union_africaine signé le mois dernier. Un programme d’urgence présenté comme une réponse à la crise des quelque 4 700 réfugiés et migrants bloqués dans ce pays en guerre. Reportage.

    Le centre de #Gashora est en pleine effervescence. Situé dans la région du #Bugesera, au sud de #Kigali, il accueillait auparavant des réfugiés venus du #Burundi. Aujourd’hui, des équipes s’affairent pour rénover et agrandir les structures afin d’héberger les quelque 500 réfugiés évacués de Libye que le Rwanda a promis d’accueillir dans un premier temps.

    Les 189 demandeurs d’asile déjà arrivés sont logés dans de petites maisons de briques disséminées dans les bois alentour. Un groupe de jeunes en jogging et baskets se passent la balle sur un terrain de volley. D’autres, le regard fuyant, parfois égaré, sont assis sur des bancs à l’ombre.

    « Je n’ai pas encore réalisé mon rêve »

    #Rodouane_Abdallah accepte de parler aux journalistes, arrivés en groupe dans un bus acheminé par le gouvernement rwandais. Originaire du Darfour, ce jeune homme de 18 ans au regard doux a posé le pied en Libye en 2017. Il a tenté sept fois de traverser la #Méditerranée. Il a survécu par miracle.

    Aujourd’hui, il se souvient encore de toutes les dates avec précision : le nombre de jours et d’heures passées en mer, les mois en détention. Deux ans entre les mains de geôliers ou de passeurs. « Là bas, vous êtes nourris seulement une fois par jour, vous buvez l’eau des toilettes, vous ne pouvez pas vous doucher et vous devez travailler gratuitement sinon vous êtes battus », se souvient-il.

    Rodouane est aujourd’hui logé et nourri à Gashora. Il bénéficie également de soins médicaux et psychologiques. Cependant, il voit le Rwanda comme une simple étape : « Je suis heureux d’avoir eu la chance de pouvoir venir ici. C’est mieux qu’en Libye. Mais je ne suis pas arrivé à la fin de mon voyage, car je n’ai pas encore réalisé mon rêve. Je veux aller en Europe et devenir ingénieur en informatique », assure-t-il. Ce rêve, cette idée fixe, tous la martèlent aux journalistes. Pourtant les places en Europe risquent d’être limitées.

    « #Emergency_Transit_Mechanism »

    Dans le cadre de l’Emergency Transit Mechanism (#ETM), le nom donné à ce programme d’évacuation d’urgence, les réfugiés de Gashora ont aujourd’hui plusieurs possibilités. Ils peuvent soit faire une demande d’asile dans un pays occidental, soit rentrer chez eux si les conditions sécuritaires sont réunies, soit bénéficier d’un processus de #réinstallation dans un pays tiers sur le continent africain. Les mineurs non accompagnés pourraient ainsi rejoindre leur famille et les étudiants s’inscrire dans des universités de la région selon le #HCR.

    « Ils ont beaucoup souffert pour atteindre l’Europe, c’est donc un objectif qui est encore très cher à leur cœur. Mais maintenant qu’ils sont au Rwanda, nous essayons d’identifier avec eux toute une palette de solutions », explique #Élise_Villechalane, chargée des relations extérieures du HCR au Rwanda.

    Mais la démarche inquiète déjà certains réfugiés : « Les pays européens dépensent beaucoup d’argent pour nous éloigner de la mer Méditerranée. Et si c’est pour cela qu’on a été amenés ici, ce serait honteux. La seule chose que je pourrais faire serait de retourner en Libye et de tenter de traverser la Méditerranée », explique un jeune Érythréen, qui préfère garder l’anonymat.

    Une solution viable ?

    Le Rwanda n’est pas le premier pays à mettre en place ce type de mécanisme. Le Niger a lui aussi lancé un ETM en 2017. Depuis, environ 2 900 réfugiés y ont été évacués de Libye. Environ 1 700 d’entre eux ont été réinstallés dans des pays occidentaux à ce jour. Aujourd’hui, l’Union africaine et le HCR appellent d’autres pays africains à suivre l’exemple. Mais certaines ONG sont sceptiques quant à la viabilité du système.

    Au #Niger, le traitement des dossiers est long, ce qui crée des tensions. Le Mixed Migration Center, un centre de recherche indépendant, rapporte que des réfugiés auraient ainsi attaqué un véhicule du HCR en signe de protestation dans le centre de transit d’Hamdallaye en juin dernier.

    Plus généralement, #Johannes_Claes, chef de projet Afrique de l’Ouest au MMC, dénonce une externalisation des obligations des pays occidentaux en matière de droit d’asile : « Avec ce type schéma, l’UE délègue une part de sa responsabilité au continent africain. C’est d’autant plus cynique quand on sait que l’Union européenne finance les garde-côtes libyens qui interceptent les migrants avant de les envoyer en centre de #détention », explique-t-il.

    Du côté des signataires de l’accord, on présente le projet sous un jour différent : « Ce qui compte aujourd’hui, c’est que ces personnes sont en sécurité le temps que leurs dossiers soient traités. Et je suis fière que le Rwanda se soit porté volontaire », indique Hope Tumukunde, représentante permanente du Rwanda à l’Union africaine.

    Début septembre, au moment de la signature de l’accord, #Vincent_Cochetel, l’envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée, assurait à Reuters que la plus grande partie du financement de ce mécanisme d’évacuation d’urgence viendrait de l’Union européenne. Il est depuis revenu sur ces déclarations. Pour le moment, c’est le HCR qui assure la totalité du financement de l’opération.

    http://www.rfi.fr/afrique/20191103-rwanda-refugies-libye-hcr-ua

    ping @cdb_77 —> je me demande encore comment organiser les messages seenthis. En fait, j’aime bien tes métalistes et je me demande si je peux ajouter direct par commenaire ? Mais pas sûre que je connais assez bien ton système. Sinon je te marque et t’ajoutes toi même ? Ou bien je fais mes métalistes à moi...mais peut-être moins efficace qu’essayer de faire ensemble ? ...voilà, j’aime vraiment bien le seenthis et je suis toujours en train d’essayer de comprendre comment faire. En tout cas j’ai du temps maintenant pour m’en investir plus ;)

    • Tout à fait d’accord, j’ai voulu dire cela, c’est parce que je connais pas encore très bien le vocabulaire SeenThis. Alors les métalistes (=liste avec fils de discussion) c’est très bien si tu organises cela, je ne veux pas m’impliquer. Ma question était si je peux ajouter des infos aux fils de discussion (= liste regroupé avec articles autour du même sujet) ? Parce que pour les fils, peut-être possible que je ne choissis pas le bien et j’ai peur de faire de désordre dans ton système. T’es d’accord que j’essaie ? Si cela te dérange tu me le dis ? Et pour l’article là-haut, si tu l’as déjà mis, pourquoi le triangle n’est pas rempli (y a-t-il un autre indice, si oui, je te marque plus ;) ) ?

    • ...oh lala impossible que c’est rempli, j’ai passé trop de temps devant mon ordi alors, n’importe quoi, mieux que je pars checker les structures autonomes...

      Allez, je commence à ajouter alors !

  • « Au Rwanda, on ne voit pas l’obscurité dans l’avenir »
    https://usbeketrica.com/article/au-rwanda-pas-obscurite-avenir-katharsis

    Paul Kagamé, dirige le pays sans interruption depuis 25 ans. Leader d’exception pour les uns, dictateur pour les autres, le personnage fait débat à l’échelle internationale : porteur d’une vision ambitieuse qui a su faire ses preuves, ses accomplissements sont régulièrement salués. Mais sa réélection en 2017, après déjà 23 ans au pouvoir, et la disparition régulière de ses opposants politiques suscitent un malaise grandissant. [Néanmoins] lutte contre l’ethnicisme, promotion de l’égalité homme-femme, protection de l’environnement, émancipation vis-à-vis de l’héritage colonial : le Rwanda s’est doté au cours des deux dernières décennies d’un nouveau socle de valeurs. Aux plans de développement ambitieux se superpose une reconstruction idéologique portée par de nouvelles institutions et de nouveaux récits fondateurs. Ainsi, la Constitution de 2003 abroge la carte d’identité ethnique et prohibe toute discrimination ou revendication politique de cette nature. Le texte garantit des quotas de représentation des femmes dans les instances de l’État, à tel point qu’elles occupent aujourd’hui 63% des sièges à l’Assemblée...

    #Rwanda #Afrique #reconstruction #avenir #katharsis

  • WhatsApp dépose plainte contre un cabinet de technologie israélien dont les logiciels espions ont ciblé des militants des droits de l’homme et des journalistes
    30 octobre | Adam Entous pour The New Yorker |Traduction BP pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/whatsapp-depose-plainte-contre-un.html

    (...) Mardi, WhatsApp a pris l’extraordinaire mesure d’annoncer qu’elle avait remonté la trace du malware jusqu’à NSO Group, un fabricant de logiciels d’espionnage basé en Israël, et elle a intenté un procès contre cette société – et contre sa société mère, Q Cyber Technologies – devant un tribunal de Californie du Nord, l’accusant d’ « accès et utilisation illicites » des ordinateurs de WhatsApp. Selon le procès, NSO Group développait le malware afin d’accéder à des messages et autres communications après avoir décrypté les systèmes ciblés, permettant aux intrus de contourner le cryptage de WhatsApp. (...)

  • #Charlie_Yaxley, porte-parole du HCR, se félicite sur twitter que l’avion a atterri en Italie avec 98 réfugiés vulnérable à son bord. Réfugiés qui se trouvaient en #Libye :

    https://twitter.com/yaxle/status/1172182248659062786

    Voici le communiqué de presse du #HCR :

    New UNHCR evacuation of refugees from Libya to Italy, as Tripoli fighting continues

    A group of 98 vulnerable refugees have been today evacuated out of Libya to Italy, the third direct humanitarian evacuation to the country this year.

    With Libya continuing to suffer under conflict, such evacuations are a lifeline for the most vulnerable refugees living in detention centres and urban areas, who are in dire need of safety and protection,

    The evacuees are from Eritrea, Ethiopia, Somalia and Sudan, and include 52 unaccompanied children. The youngest is Yousef, a seven-month-old baby from Somalia, born in detention and traveling with his parents. Many of the refugees had been held in detention in Libya for long periods, some for more than eight months.

    “Today we have taken 98 people to safety, but this is still only a small number of the thousands who need such help. There are still some 3,600 refugees in detention centres. We urgently need to find solutions for them, as well as thousands more vulnerable refugees living in urban areas,” said Jean-Paul Cavalieri, UNHCR Chief of Mission for Libya.

    UNHCR is grateful for the co-operation of the Libyan Ministry of Interior, and for the support of our partner LibAid, for their assistance with securing their release and transfer out of the detention centres.

    “Today’s evacuation is an example of solidarity, and we thank the Italian authorities for making this possible. We hope that other countries will heed this example and provide similar, life-saving humanitarian evacuations,” said Roland Schilling, UNHCR Regional Representative for Southern Europe.

    Prior to the evacuation, the refugees were being hosted in the Gathering and Departure Facility (GDF) in Tripoli, after UNHCR had secured their transfer from detention. In the GDF, they were provided with food, shelter, medical assistance including psycho-social support, as well as clothes and hygiene kits.

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.


    https://www.unhcr.org/news/press/2019/9/5d7a30584/new-unhcr-evacuation-refugees-libya-italy-tripoli-fighting-continues.html

    ... ou on découvre qu’effectivement 98 personnes ont été acheminées vers l’Italie... mais...

    Following this evacuation, UNHCR has assisted 1,474 vulnerable refugees with leaving Libya in 2019, including 710 to Niger, 393 to Italy, and 371 who have been resettled to other countries in Europe and Canada.

    ... 710 ont été évacués vers le #Niger... où sont-ielles ? Quel est leur futur ? Qui suivra leur situation ? Que se passera-t-il avec ielles ?

    sur les évacuations vers le Niger voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/737065

    #évacuation #réfugiés #asile #migrations #réinstallation

    ping @karine4 @pascaline @_kg_ @isskein @reka

  • Europe Keeps Asylum Seekers at a Distance, This Time in Rwanda

    BRUSSELS — For three years, the European Union has been paying other countries to keep asylum seekers away from a Europe replete with populist and anti-migrant parties.

    https://www.nytimes.com/2019/09/08/world/europe/migrants-africa-rwanda.html?searchResultPosition=1

    #Asylum seekers #UE policies #Externalisation #Rwanda