• Claire Leconte, Des rythmes de vie aux #rythmes_scolaires , Presses universitaires du Septentrion, 2014.
    https://books.openedition.org/septentrion/15663

    Un texte datant de 1834 émanant du conseil royal de l’Instruction publique, faisant suite à la loi Guizot qui oblige toutes les communes de plus de 500 habitants à scolariser tous les petits garçons, impose à l’échelle nationale une semaine des écoliers de cinq jours, lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi, chacun de ces jours comportant 3 h le matin, 3 h l’après-midi et un temps pour le repas d’environ deux heures. Tous les règlements intérieurs des écoles du début du 19e siècle indiquent que dans la semaine, deux jours sont fériés, le jeudi et le dimanche.

    Pourquoi le jeudi ? Parce que dès l’apparition des écoles chrétiennes, comme celle de Jean-Baptiste de la Salle, il est décidé que le jeudi doit servir à « préparer son âme et son corps à vivre le vendredi, jour de maigre ».

    La loi Ferry de 1882 rend l’#école laïque, publique et obliga­toire, et à partir de 1887, la journée scolaire est nationale, avec trois heures de cours le matin et trois autres l’après-midi, le Jeudi restant libéré pour l’instruction religieuse. Les récréations apparaissent toutes les heures en cours élémentaire et une fois par demi-journée dans le cours supérieur. Le point important de cette réforme est qu’elle oblige toutes les écoles primaires à se conformer à cette règle.

    Les vacances d’été (six semaines en 1882), n’ont existé que pour rendre les enfants à leur famille à un moment crucial dans l’année, celle des moissons. Ces grandes vacances seront prolongées en 1922 de deux semaines, du fait de la perte massive de main d’œuvre pendant la première guerre mondiale, l’obligation pour les femmes de reprendre les travaux de leurs époux défunts et la nécessité pour les enfants de participer aux travaux des moissons et vendanges. Sous le front populaire, en 1938-1939, nouvel allongement des vacances de deux semaines, en particulier parce que celles-ci sont accordées aux instituteurs plutôt que d’augmenter leurs salaires ! Les vacances de Noël sont alors créées. En 1950, un décret paraît qui justifie les vacances de deux mois d’été par la volonté de ne pas revaloriser le salaire des enseignants du secondaire : ils seront de fait payés dix mois sur douze ! Des ajustements auront lieu jusqu’en 1966, la trame actuelle est alors en place. En 1969, Olivier Guichard (MEN) abaisse l’horaire hebdomadaire à 27 heures (suppression du samedi après-midi, pour que les maîtres consacrent ces trois heures à leur perfectionnement pédagogique, ce que le SNI [syndicat national des instituteurs, ancêtre du snuipp] refusera, réclamant 27h pour les enseignants comme pour les enfants). Pour rééquilibrer la semaine, on décide donc en 1972 de basculer le jeudi au mercredi, toujours pour le consacrer à l’éducation religieuse (en 1979 pour le secondaire).

    Ce mercredi n’est ni un acquis social des enseignants, ni un besoin physiologique pour les enfants.

    Notons ici que les textes d’Olivier Guichard précisent que les journées restent de 3 h le matin, 3 h l’après-midi avec une interruption le midi de deux heures, mais rajoutent que les matins doivent être consacrés aux apprentissages reconnus coûteux du point de vue cognitif, à savoir en particulier les mathématiques et le français !

    J’avoue que j’espérais bien que l’annonce d’une refondation de l’école permettrait de bousculer enfin la journée de 1834 !

    La loi d’orientation de 1989 ramène l’horaire hebdomadaire à 26 pour les enfants, afin de dégager du temps pour les instituteurs pour leurs concertations d’école et de cycles (combien d’écoles ont-elles vraiment appliqué la politique de cycles d’apprentissages pourtant affichée en vue de favoriser une meilleure prise en compte des différences interindividuelles de rythmes d’apprentissage ?). En 2008 on supprime sans concertation le samedi matin et deux heures d’enseignement (sans changement du programme) ; les élèves de l’école primaire sont ainsi passés, entre 1882 et 2008, de 1 338 heures de classe (223 jours) à 864 réparties sur 144 jours : 188 en Finlande, 190 en Grande-Bretagne, 200 en Italie et au Danemark, 210 au Japon, partout tous moins longs. L’élève au centre du système ?? La semaine telle qu’existante actuellement en France est tout simplement unique au monde. Sommes-nous meilleurs pour autant ?

    Le zonage des vacances quant à lui, apparu en 1964-1965, sous la pression des lobbys du tourisme et des transports, pour pallier les problèmes d’affluence dans les Alpes ou sur la Côte d’Azur, sépare la France en deux zones. Quel est le pourcentage de familles qui vont dans ces régions en vacances ? Trois zones seront imposées, principalement pour les vacances de février en 1971, pour permettre l’utilisation la plus massive possible des infrastructures coûteuses mises en place à Grenoble en 1968 pour les JO. Une enquête récente a montré que les vacances au ski concernent 8 % de la population !

    [...]

    Le rythme annuel 7 [semaines travaillées] /2 [semaines de vacances] (celui des plateformes pétrolières soit dit en passant) ne cesse d’être mis en exergue comme une nécessité pour respecter le rythme des enfants. Il a été mis en place une année, en 86/87, mais a très vite été « cassé » par le zonage. Quelle réalité scientifique derrière cette requête ? [...] Si l’enseignant découpe le programme annuel (puisque les cycles d’apprentissage n’ont jamais été appliqués pédagogiquement) en 5 parties égales, (ce qui doit se faire actuellement puisque les enfants ont cinq périodes de vacances dans l’année), quelle doit être la durée de chacune de ces périodes pour qu’elles conservent toutes la même efficacité ? L’année scolaire étant de 36 semaines, on est fatalement arrivé à ce chiffre de 7 semaines pour chaque période (...). Le découpage pédagogique du programme est-il pour autant satisfaisant ainsi ? Je n’ai rien trouvé qui me permet de l’affirmer. D’un point de vue psychologique, demander à un enfant de maintenir son efficacité pendant sept semaines consécutives s’appuie-t-il sur des références théoriques avérées ? Là encore, je n’ai rien trouvé qui me permet de le dire. 7 semaines consécutives l’hiver ont-elles la même pertinence qu’au printemps ? Enfin pourquoi les chronobiologistes insistent tant sur la nécessité de respecter deux semaines de petites vacances intermédiaires ? La seule raison en est le constat des effets négatifs de la désynchronisation interne induite par le dérèglement des horloges lié aux retards de coucher du fait des vacances. Les enfants se couchent plus tard parce qu’il n’y a pas classe le lendemain, l’apparition du sommeil lent profond se décale dans le temps mais pas le rythme circadien de la température centrale ni du sommeil paradoxal. Ce n’est que 8 jours plus tard que ces deux horloges prendront le nouveau rythme. Pendant ce temps, le repos n’a pas été des meilleurs, et si les vacances ne durent que 8 jours, les horloges circadiennes auront acquis un nouveau rythme au moment de retourner à l’école ! Redésynchronisation interne, à nouveau au moins pour 8 jours ! La solution ? ne pas dérégler le rythme veille-sommeil des enfants pendant ces petites vacances. Avec des parents respectueux des rythmes de leurs enfants, on pourrait fort bien imaginer une année scolaire fondamentalement différente [...].

    • S’ouvre alors l’ère des recherches sur les dits « rythmes scolaires », terminologie que j’ai en fait assez vite critiquée et renoncé à utiliser tant est vite apparue son inadéquation sur le plan scientifique : rien dans le scolaire n’est rythmé, au sens d’événements qui se reproduiraient à l’identique en fonction d’une certaine périodicité. De plus le danger d’utiliser les rythmes scolaires tel que cela a souvent été fait m’est apparu particulièrement nocif tant on finit par donner à ces « aménagements » un pouvoir miraculeux totalement aberrant (en 1993, Testu écrivait que « le but est, à court terme, d’améliorer l’efficacité de l’enseignement par une utilisation plus efficace du temps ; à long terme, de lutter contre l’échec et l’exclusion scolaire ») : il ne suffit pas de modifier des emplois du temps, de « rajouter » le mercredi matin de classe, pour que subitement la réussite scolaire soit au rendez-vous ! Nous l’avons dénoncé, argumenté, sans succès.

      ...

      "[...] Ainsi avons-nous tous montré que nous avons des moments de plus grande capacité attentionnelle et des moments plus difficiles. Mais cela suffit-il à améliorer les emplois du temps ? À l’école, peut-on être attentif dans l’absolu ? En général on fait attention à quelque chose : à la consigne, à ce qu’on est en train de faire… on peut même être attentif à l’autre. C’est pourquoi il me paraît parfois peu raisonnable de ne s’appuyer que sur des profils chronopsychologiques [genre courbe d’évolution de la vigilance au cours de la journée] obtenus dans des situations particulières pour décréter quels sont les meilleurs moments pour apprendre sans prise en compte d’autres facteurs. Ce n’est pas ainsi que je conçois d’appliquer les résultats de la recherche que j’ai moi-même contribué à diffuser. J’ai toujours dit qu’il fallait considérer l’enfant dans son contexte, dans son vécu global. C’est pourquoi j’ai toujours préféré évoquer l’aménagement des temps de l’enfant [et non aménagement des rythmes scolaires] ».

      ...

      Tous ces résultats, non exhaustifs, des recherches que j’ai menées, sont importants car ils montrent qu’il est impossible de formuler un modèle général des rythmes d’activités psychologiques. De très nombreux facteurs, typologiques, environnementaux doivent être pris en compte ce qui ne fait que rendre plus périlleuse la constitution de la grille d’emploi du temps idéale ! Si des réorganisations scolaires sont proposées en vue de préserver réellement les rythmes de développement de l’enfant, il est indispensable de s’interroger d’abord sur l’ensemble des facteurs générateurs de fatigue, ainsi que sur le temps nécessaire à la récupération : ce qui impliquerait quasiment une modulation individualisée des séquences d’apprentissage. Il faut donc étudier l’enfant et ses caractéristiques propres ainsi que le milieu dont il est dépendant. En effet, rien qu’à l’intérieur de l’école, des éléments tels que l’environnement physique (espace, éclairage, aérations, bruit, mobilier inadapté, charges physiques inappropriées imposées par des cartables trop lourds,…), les conditions dans lesquelles se déroulent les repas (85db relevés dans une salle de cantine de collège), le jeu, les activités de détente, les temps, espaces et lieux de pauses, les pratiques pédagogiques et les modalités d’évaluation très différentes jouent un rôle fondamental en matière de fatigabilité, quel que soit le niveau scolaire. Rajoutons à cela tout le péri et extra-scolaire, (transports, heures matinales d’arrivée, sur-charges d’activités extérieures, logements inadaptés aux grandes familles, …), et on comprendra que la problématique réductionniste des « rythmes scolaires » ne peut se résumer à « mercredi matin ou pas » !

      ...

      Remarque : un enfant a obligation d’instruction scolaire pour 864 heures annuelles (au mieux !). Celui qui mange tous les jours à la cantine et doit rester une heure environ en périscolaire chaque soir avant le retour de ses parents, (soit 3 h/jour), qui doit aller tous les mercredi au centre de loisirs (9h-18h pendant 36 semaines), six semaines par an (soit 30 jours) pendant les vacances dans ce même centre, ce sont 1 026 heures que l’enfant a passé en « périscolaire », soit en dehors du temps strictement scolaire et en dehors de sa famille. Si de plus l’enfant va l’été en colonie de vacances pendant 3 semaines, cela lui rajoute 504 h, soit au total dans son année 1 530 heures. Ces 1 530 heures n’ont-elles rien d’éducatif ? Puisqu’on persiste à vouloir traiter le temps scolaire de façon mathématique, faisons-le de tous les temps des enfants. Au nom de quoi 864 h versus 1 530 (et même 1 026) devraient-elles être seules priori­taires dans l’organisation des temps de vie de l’enfant ?

  • État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants

    Cette étude SANTÉ-COURSE est la première à documenter à grande échelle l’état de santé et les conditions de vie et de travail des livreurs en France. Elle révèle un état de santé largement dégradé par des conditions d’exercices indignes. Médecins du Monde, la Maison des Livreurs de Bordeaux et la Maison des Coursiers de Paris réclament que les pouvoirs publics prennent des mesures pour contrer les effets de l’ubérisation sur les conditions de travail et la santé des livreurs.


    L’enquête, réalisée auprès de plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux, est le fruit d’un partenariat entre des acteurs associatifs (l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs, le Collectif pour l’insertion et l’émancipation des livreurs, la Maison des livreurs de Bordeaux, la Maison des coursiers de Paris et Médecins du Monde), une équipe de recherche interdisciplinaire (l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques) et des livreurs.

    L’étude dévoile une situation médico-sociale alarmante, étroitement liée à une mise en #précarité_administrative et socio-économique des livreurs et au dévoiement du statut d’#auto-entrepreneur.

    Près de la moitié des livreurs estime que leur état de santé global s’est dégradé depuis le début de leur activité.

    Cette détérioration, résultant de conditions de travail délétères, a de nombreuses conséquences :

    Une #santé_mentale fortement fragilisée : 45 % des livreurs enquêtés sont en situation de # détresse_psychologique (caractérisée par des #troubles_anxio-dépressifs modérés à sévères) ; 
    Une prévalence très élevée des troubles musculo-squelettiques, génito-urinaires et psychosomatiques. 36 % des livreurs sont sujets à des #douleurs intenses et régulières au bas du dos, 32 % rapportent des #troubles_urinaires récurrents et 85 % expriment une #fatigue_chronique.

    L’étude SANTE-COURSE révèle également un recours aux #soins limité par plusieurs facteurs, dont l’absence totale de #couverture_santé pour 32 % des livreurs. Sont également cités comme obstacles le manque de #temps, alors que le #rythme de travail moyen s’élève à 63 heures par semaine, et le manque de moyens, le #revenu moyen étant inférieur à 6 euros bruts par heure.

    https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs
    #uber_eats #livreurs #santé #France #rapport #Médecins_du_monde #conditions_de_vie #conditions_de_travail #travail

  • De l’enthousiasme au burnout, l’IA ne réduit pas la charge de travail, mais l’intensifie - Next
    https://next.ink/223961/de-lenthousiasme-au-burnout-lia-ne-reduit-pas-la-charge-de-travail-mais-linten

    Les chercheuses ont identifié trois formes principales d’intensification : l’élargissement du périmètre des tâches effectuées, le flou qui s’instaure entre travail et vie privée, la banalisation du multitâches.

    Nous avons constaté que les employés travaillaient à un rythme plus soutenu, assumaient un éventail de tâches plus large et prolongeaient leur journée de travail, souvent sans qu’on leur demande de le faire. De leur propre initiative, les employés en faisaient plus parce que l’IA leur donnait le sentiment que « faire plus » était possible, accessible et, dans de nombreux cas, intrinsèquement gratifiant.

    #ia #travail #charge

    • Les informaticiens découvrent le capitalisme et les conséquences de la hausse de productivité sur un métier donné… c’est mignon.

      C’est le principe même au cœur du capitalisme et de faire le double puis le quadruplé puis etc pour le même temps de travail à chaque changement techno qui augmente la productivité, d’où la croissance infini, la destruction écologique etc.

      Rien de nouveau à part que de nouveaux métiers intellectuels qui n’en avaient pas autant l’habitude découvrent la lune.

    • Je « plussoie » @rastapopoulos ; les développeurs viennent de se prendre le concept de #productivité en pleine face.

      Comme « procès de travail », le travail est tout d’abord activité productive. Du point de vue de la domination, la question est alors de savoir si le travailleur se sent maître de sa propre activité ou bien, au contraire, comme dans la grande industrie, si son activité est dominée par le rythme du travail collectif, par les machines et par un savoir technique dont il a perdu la possession et la compréhension [34]. La distinction du « procès de travail » et du « procès de valorisation » a précisément pour fonction de décrire ce renversement. Du point de vue du procès de travail, c’est-à-dire du travail réel, les objets et les moyens de travail n’apparaissent que comme des moyens de l’activité, mais, du point de vue du procès de valorisation, l’activité n’est qu’un moyen au service de la production de la valeur des marchandises. En étant réorganisé en fonction de la logique sociale de la production de survaleur, le travailleur se voit progressivement dépossédé de son activité [35] en même temps que la domination qui porte sur elle lui apparaît sous une forme mystifiée et naturalisée. C’est la question de la domination dans le travail (au sens d’une domination interne à l’activité de travail, ou d’une domination par les conditions de travail) qui est ainsi posée.

      https://shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2011-1-page-15?lang=fr

  • La convention citoyenne sur les temps de l’enfant et l’approche des municipales ravivent le débat sur les #rythmes_scolaires à Paris (qui est restée sur 4 jours et demi). Une large intersyndicale (FSU-SNUipp, SNUDI-FO, SUD éducation, SE-UNSA, CGT éduc’action, CNT-STE) appelle à une consultation de la profession, au respect de l’avis majoritaire et à l’abandon des rythmes parisiens actuels (oui parce qu’on sait déjà que les collègues sont contre).

    Le constat est le même depuis septembre 2013 : les enseignant-es dénoncent les conséquences de la réforme Peillon et de son application parisienne sur les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels.

    En 2025, l’Intersyndicale parisienne du Premier degré reste opposée à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires à Paris. Malgré l’assouplissement du décret et l’opposition massive et durable des enseignant-es, rien n’a changé !

    Les différentes consultations de la profession faites ces dernières années à Paris ont toutes exprimé le rejet massif du système actuel.
    Il est plus que jamais nécessaire de remettre le temps scolaire au centre du fonctionnement des écoles et d’en finir avec les rythmes actuels.

    La profession est fatiguée à cause de la journée la plus courte de la semaine. A l’inverse, les journées longues sont reposantes, c’est pourquoi il en faut plus.

    Les conditions d’apprentissage sont meilleures le vendredi à 16h que le mercredi matin. Plus, le travail du mercredi matin nuit au travail fait le reste de la semaine.

    Il faut respecter le choix majoritaire des enseignants qui sont pour les 4 jours. Les autres peuvent aller à la CFDT.

    Les collègues faisant le constat qu’ils sont plus fatigués qu’il y a 15 ans pensent massivement que c’est à cause de la réforme des rythmes scolaires. Qui sommes-nous pour les contredire ?

    Il faut replacer l’église scolaire au centre du village de l’enfant. Les animateurs de TAP peuvent retourner dans la banlieue des goûters d’anniversaire.

    Il n’y a aucun intérêt à diminuer les journées de classe, les parents ne pouvant venir chercher leurs enfants avant 18h. En revanche, il faut supprimer la classe le mercredi pour que les enfants se reposent à la maison ce jour-là.

    • L’école fait partie de la société.
      Quand tu changes un truc à l’école, tu changes la société.
      Ce qui est stupide actuellement, c’est maintenir les gosses à l’école pendant des journées interminables tout en n’ayant pas assez le monde pour assurer des cours et activités de qualité.
      La bataille des horaires, c’est pour occuper tout le monde pendant que les dotations sont sabrées et l’école explosée au profit des seuls gosses de bourgeois.

    • lancement mi-avril 2026 d’une #convention_citoyenne [parisienne] sur la protection et les temps de l’enfant à l’école réunissant parents, agents, experts, associations et un groupe d’enfants. Avec de premières restitutions attendues mi-juin, elle s’organisera autour de trois chantiers structurants (organisation des temps de l’enfant : 4 jours, 4,5 jours ou 5 jours ; articulation entre écoles, périscolaire et familles ; et niveau de service public : universalité, gratuité, réduction des inégalités)...

      https://www.paris.fr/pages/un-nouveau-plan-d-action-contre-les-violences-faites-aux-enfants-34461
      (Par contre je ne sais pas si Paris pourrait décider hors cadre national de passer à 5 jours.)

    • Pour les 4 jours, les profs ont des arguments centrés sur les profs, les parents, les enfants, et il y en a sur le périscolaire, la palme revenant à celui-ci :
      Il faut réfléchir aux rythmes scolaires sans donner la priorité au périscolaire, les rythmes scolaires concernent d’abord et avant tout le scolaire. Et de ces bornes qui sont censées s’appliquer à la réflexion (les contraintes et les intérêts du périscolaire, on s’en fout, les nôtres d’abord), on passe implicitement à l’exclusion pure et simple du périscolaire : pour que l’école reste l’école [c’est une vraie expression mobilisée sur le sujet], il faut que le temps scolaire occupe l’essentiel du temps de la journée.

      Les rythmes scolaires c’est donc une question de statut social, c’est à celui qui occupera le plus d’heures dans la journée des élèves, et si les animateurices font plus qu’avant, c’est dévalorisant pour les profs. J’ai même lu un prof dans une enquête syndicale d’il y a quelques années : l’école est desacralisée.
      Ça me rappelle, toutes proportions gardées, mon maître-formateur (gloire à lui au passage), qui formulait une critique à une étudiante : ’si tu abordes ta séance comme ça, c’est pas de l’enseignement, c’est de l’animation’... et puis réalisant qu’elle venait de l’animation il se reprend : ’... au sens noble du terme !’
      La fierté professionnelle (et la peur du déclassement), ça peut être moche.

      Et je commence à comprendre cet autre argument : les parents ne s’y retrouvent pas, ils ne font pas la distinction scolaire/périscolaire. En fait le souci n’est pas que les parents ne comprennent pas quand ont lieu scolaire et périscolaire (grosso modo ils ne comprennent pas grand chose et c’est pas tant que ça un problème pour nous), ce serait qu’ils nous confondent avec des animateurices, ou l’inverse.

    • Les élus sont souvent surpris par l’écart entre le bon niveau de satisfaction des NAP [Nouvelles Activités #Périscolaires ] déclaré par les enfants et les discours des parents et des enseignants recueillis sur l’objet des activités proposées et les méthodes pédagogiques des intervenants. Alors que les enfants sont globalement satisfaits des intervenants et de leurs compétences, les élus (dont le commanditaire) retiennent plutôt les discours enseignants et parentaux sur les NAP et leurs intervenants. Pour expliquer ces écarts, certains élus ont mis en doute notre neutralité de chercheur en invoquant parfois notre supposé militantisme pour la semaine scolaire de quatre jours et demi. Par ailleurs, il est intéressant de noter ici que les élus soulignent en outre leurs difficultés pour trouver de la main-d’œuvre qualifiée, organiser les activités et réussir à ce qu’elles se déroulent positivement. La suppression des NAP pour ces élus ne serait-elle pas, du coup, un soulagement organisationnel et budgétaire, indépendamment du degré de satisfaction des enfants quant à ces NAP, les propos enseignants et parentaux devenant un élément sur lequel les élus prennent appui ?

      https://journals.openedition.org/rfp/7466

    • « Qui fait quoi, qui est qui ? » Réforme des rythmes et divisions du travail à l’école primaire | Nicolas Divert et Francis Lebon [2017]
      https://shs.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2017-4-page-25

      Derrière ces difficultés dans la mise en œuvre de la réforme, se dessinent des tensions autour de la défense des territoires d’intervention d’un groupe professionnel (Abbott, 1998). Bien que le projet éducatif territorial (PEDT) de la commune revendique « le principe de coéducation et un travail en concertation de l’ensemble des partenaires éducatifs », force est de constater une complexité croissante dans l’appréhension de la division du travail éducatif au sein du premier degré.

      Alors que la participation des ATSEM aux #TAP s’inscrit dans une forme de continuité du fonctionnement de l’institution scolaire, une opposition principale et récurrente se fait entendre entre #enseignants et #animateurs, faisant de ces deux groupes, les pivots d’une nouvelle organisation de l’#école. Les premiers revendiquent la maîtrise de compétences qui feraient, selon eux, défaut aux animateurs :

      « Moi, je ne suis qu’extérieure, je ne suis pas dedans pour dire quoi que ce soit. En plus, c’est pas de l’école, c’est autre chose. Mais nécessairement, dans le recrutement, on se pose des questions. Quand vous avez une animatrice qui a du mal à lire le prénom des enfants, ça m’interroge… ça m’embête de confier des enfants à quelqu’un qui peut-être n’est pas capable de lire « issue de secours »… ». (Directrice, école Jacques Prévert)

      La maitrise de savoirs spécifiques fonctionne classiquement comme une rhétorique professionnelle servant à asseoir la légitimité d’un groupe professionnel (Paradeise, 1985). Le clivage se forge sur des savoirs professionnels académiques acquis en formation. Associés à une socialisation professionnelle enseignante, ils permettent une familiarisation avec les postures attendues d’autant plus grande que leur expérience est importante. Ces comportements mêlant maîtrise matérielle, relationnelle, didactique et pédagogique (Gasparini, 2008, p. 107) seraient une prérogative détenue exclusivement par les enseignants comme l’indique la directrice de l’école Jules Ferry : « les animateurs n’ont pas la distance qu’ils devraient avoir par rapport aux enfants ». Les animateurs seraient « des gars des quartiers qui habitent juste à côté » selon un autre enseignant qui encadre un TAP, disqualifiant ainsi la qualité de leur travail. « On a l’impression que c’est le bas de l’immeuble », estime cette même directrice d’école, soulignant une porosité négative entre l’école et l’environnement extérieur. On voit se dessiner, en arrière-plan, une tension forte entre d’une part les animateurs et les ATSEM (Garnier, 2003 ; Lebon, 2009), figures populaires souvent éloignées de l’univers scolaire mais devenant des acteurs de la politique éducative et d’autre part des enseignants qui relèvent des classes moyennes (Peyronie, 1998) et se perçoivent de plus en plus vulnérables.

  • Les membres de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant veulent changer l’organisation de la semaine de classe
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/20/les-membres-de-la-convention-citoyenne-sur-les-temps-de-l-enfant-veulent-cha

    Réunie pour la cinquième fois au Conseil économique, social et environnemental du 17 au 19 octobre, la #convention_citoyenne sur les temps de l’enfant assume donc d’être entrée dans le cœur du débat : l’organisation de la journée et de la semaine des enfants. A l’issue des cinq premières sessions de travail, les premières ébauches de propositions préconiseraient une semaine de classe de cinq jours complets, des « cours théoriques » concentrés sur la matinée, et des après-midi consacrés à des mises en pratique ainsi qu’aux activités sportives, culturelles et artistiques, plus ou moins facultatives selon l’horaire. En toile de fond des réflexions, l’idée que plus le temps de prise en charge collectif sera long, plus le service public d’éducation réduira les inégalités.

    Paradoxalement, l’enjeu de la durée des vacances scolaires, sur lequel le président de la République, Emmanuel Macron, s’était fondé pour lancer la convention, est moins central – même s’il en est question dans un sous-groupe chargé de plancher sur le sujet. « Le fil rouge en train de se dégager est vraiment celui de l’organisation de la journée et de la semaine, même si aucune proposition n’est figée pour l’instant, détaille Kenza Occansey, le vice-président du CESE, le 19 octobre. Les citoyens doivent maintenant décider quelle vision ils veulent porter dans leur rapport, à la fois pour repenser l’organisation mais aussi pour savoir dans quels lieux ces temps doivent se tenir, s’ils restent centrés sur l’école, ou non. »

    Le fait que la convention citoyenne envisage sérieusement de remettre en cause l’organisation de la semaine de classe est loin d’être un détail : pour les acteurs éducatifs, il faut à tout prix éviter de reproduire le fiasco de la « réforme des rythmes ». En 2013, l’ancien ministre Vincent Peillon avait rétabli une semaine de quatre jours et demi de classe en primaire, cinq ans après l’instauration de la semaine de quatre jours sous Nicolas Sarkozy. Dès son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a proposé aux communes de choisir entre quatre jours et quatre jours et demi : la majorité d’entre elles, à part certaines grandes villes, dont Paris, ont choisi le retour à quatre jours.

    A la session précédente, en septembre, une trentaine de citoyens travaillant spécifiquement sur la réorganisation du temps scolaire avaient bénéficié d’un témoignage de première main autour de cet épisode cuisant. Jean-Paul Delahaye, directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) sous Vincent Peillon, avait immédiatement précisé à ceux qui l’auditionnaient : « Vous avez devant vous un grand brûlé, qui a tenté une réforme des rythmes scolaires et a rencontré un certain nombre de difficultés pour la conduire. »

    « La semaine de cinq jours est la meilleure formule », a également validé l’ancien Dgesco, reconnaissant que la décision, en 2013, d’opter pour quatre jours et demi reposait avant tout sur l’acceptabilité sociale de la mesure, et n’était pensée que comme une étape vers la semaine de cinq jours. « La semaine de quatre jours est une exception mondiale, et personne n’a songé à nous imiter dans cette folie ! » Pourquoi l’avoir instaurée, en dépit du consensus sur ses effets délétères ? Les collectivités territoriales y ont vu une source d’économies ; les enseignants, un gain de temps à défaut d’une revalorisation de leurs salaires, faibles.

    C’était d’ailleurs la principale mise en garde aux citoyens de l’ancien Dgesco, fin septembre. « Il faut faire attention aux enseignants, ils vont très mal. On a les professeurs les plus mal payés d’Europe. Ils sont découragés, désabusés, et ils en ont assez des réformes successives. Le terrain n’est pas forcément favorable à la mise en œuvre de nouvelles réformes, quelles qu’elles soient. »

    M. Delahaye avait également souligné qu’une réorganisation de la semaine supposait d’importants moyens financiers pour recruter, notamment, des professionnels qui encadreraient les enfants dans les diverses activités. [...]

    Les 140 citoyens l’ont bien compris : transformer les temps de l’enfant coûtera cher. Lors de la séance plénière qui a clôturé la cinquième session, le 19 octobre, ils ont abordé la question frontalement, en demandant au vice-président du CESE s’il était possible qu’un expert financier se penche sur leurs propositions pour en donner un chiffrage précis avant la rédaction de leur rapport final. « Aucun expert ne pourra vous donner des éléments précis », répond Kenza Occansey, qui prévient qu’une telle entreprise serait, à ce stade, délétère : « Il n’est pas question qu’on vienne vous dire que ce que vous demandez est impossible. »

    Les citoyens saisissent la balle au bond. « Précisément, je pense que la question de l’argent est au cœur de notre sujet, pointe du doigt Laëtitia. Si on ne dit pas qu’il y a un problème d’investissement, alors on aura raté notre rapport. Beaucoup de choses ont été détricotées, et un pays qui n’investit pas sur sa jeunesse est un pays en danger. » La sixième session de travail de la convention, l’avant-dernière, se tiendra du 7 au 9 novembre.

    #école #rythmes_scolaires

  • Dames de fraises, doigts de fée

    Comme de milliers de #femmes chaque année, Farida, Nadia et Najet quittent le #Maroc laissant derrière elles enfants, maisons et souvenirs pour s’installer, le temps d’une saison, dans la province de #Huelva où elles sont employées à la #cueillette de fraises.

    Durant leurs journées accroupies à récolter « l’or rouge » dans des #serres étouffantes, où le #rythme_de_travail ne ralentit jamais et les #corps s’épuisent sous le #soleil et les #pesticides, elles affrontent les #humiliations et les #abus des employeurs, mais apprennent aussi à connaître l’#entraide et la #solidarité.

    S’inspirant de l’enquête de terrain réalisée par la chercheuse #Chadia_Arab, ces planches illustrent les conditions de vie et de #travail de ces « dames de fraises » choisies pour la #précarité de leur situation et parce qu’elles laissent chez elles des enfants qui les contraindront à revenir.

    Annelise Verdier leur donne ici un visage et leur restitue dignité et humanité. Préface de Chadia Arab.

    https://alifbata.fr/produit/dames-de-fraises-doigts-de-fee

    #fraises #livre #BD #bande-dessinée #travail_saisonnier #migrations #migrations_saisonnières #migrations_de_travail

    ping @karine4 @isskein

  • L’annonce d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant » par Emmanuel Macron accueillie avec scepticisme
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/03/l-annonce-d-une-convention-citoyenne-sur-les-temps-de-l-enfant-par-emmanuel-

    Le chef de l’Etat souhaite remettre à plat «  l’organisation des journées » des élèves et s’empare ainsi d’un sujet hautement inflammable, aux ramifications multiples. Une « diversion », selon les syndicats d’enseignants, pour qui l’urgence est ailleurs.

    L’idée d’une #convention_citoyenne sur l’éducation ou l’enfance (donc à l’objet bien plus large que les #rythmes_scolaires) est dans l’air depuis quelque temps.
    – Le CESE en juin 2024 :

    1. Redéfinir les finalités de l’École
    → Comment ? En organisant un débat démocratique (convention citoyenne, états généraux…) associant tous les acteurs de la communauté éducative et tous les publics.
    Il faut aujourd’hui garantir les moyens et de meilleures conditions de scolarisation des élèves, de la maternelle au lycée pour assurer la réussite de tous les élèves.

    https://www.lecese.fr/actualites/reussite-lecole-reussite-de-lecole

    – La FCPE en septembre 2024 :

    La FCPE, qui “réclame une concertation d’ampleur afin que soit redessinée une ambition collective pour l’école de la République”, est déjà soutenue dans sa démarche par plus de 8000 citoyens.

    https://www.fcpe.asso.fr/actualite/la-fcpe-reclame-une-convention-citoyenne-sur-leducation

    – La CFDT dans la foulée :

    Renforcer l’École, redonner de l’attractivité aux métiers de l’éducation, cela suppose un effort budgétaire, une vision politique partagée, cela suppose un dialogue social renouvelé qui n’articule plus écoute et décision unilatérale, mais réelle négociation et partage de la décision. [...] C’est le sens de notre proposition d’organiser une convention citoyenne sur l’éducation.

    https://cotedazur.sgen-cfdt.fr/actu/conference-de-presse-de-rentree-2024

    – L’UNICEF et une centaine d’organisations en février :

    Une convention citoyenne visible et rassembleuse pourrait s’articuler autour de demandes fortes : le respect intégral de la Convention internationale des droits de l’enfant et des recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, l’éradication de la pauvreté infantile, la lutte active pour la protection des enfants contre toute forme de violences, des services publics revitalisés, accessibles à tous et dotés de moyens humains et financiers conséquents, et la sauvegarde effective de notre environnement et du vivant sur Terre, pour un monde accueillant pour les générations futures.

    Nous appelons donc le gouvernement à lancer une convention citoyenne en faveur de l’#enfance et des générations futures. Cette initiative inédite pourra proposer de grandes orientations et une politique ambitieuse sur le temps long pour lever les obstacles et les freins au développement et à l’épanouissement des enfants, pour éradiquer les insécurités de tous ordres qui les affectent, et pour offrir à tous les enfants toutes les conditions pour bien grandir et cheminer vers leur pleine émancipation.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/11/l-appel-de-plus-de-100-organisations-pour-un-grand-ministere-de-l-enfance-le

    – ... qui regrettent le caractère trop limité de celle proposée par Macron :

    Nous nous adressons au président de la République et lui demandons d’élargir le champ de la convention citoyenne à une politique publique globale dont ont besoin les enfants pour être protégés, bien grandir et s’émanciper, afin de déboucher sur la définition d’une stratégie nationale interministérielle pluriannuelle en ce sens.

    https://www.unicef.fr/article/convention-citoyenne-sur-les-temps-de-lenfant-un-manque-dambition-face-aux-de
    #école

    • « La prochaine convention citoyenne ne devrait pas se cantonner aux temps scolaires » | Tribune - Jean-Paul Delahaye
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/16/la-prochaine-convention-citoyenne-ne-devrait-pas-se-cantonner-aux-temps-scol

      Soit, mais cette soudaine prise de conscience est sans doute l’expression d’un repentir dans la mesure où, en 2017 et sans concertation, le président a rétabli, de fait, la semaine de quatre jours à l’école primaire, organisation si néfaste pour les enfants qu’aucun pays au monde n’a songé à l’imiter. Rappelons que les milieux populaires, c’est le ministère lui-même qui le montrait dans une étude de juin 2017, souhaitaient majoritairement une semaine de cinq jours, eux qui n’ont que l’école pour émanciper leurs enfants.

      Ce désir présidentiel de concertation sur le temps scolaire s’exprime alors même que le budget 2025 supprime les crédits qui permettaient aux dernières communes restées courageusement à la semaine de cinq jours de financer des activités périscolaires. La semaine catastrophique de quatre jours sera ainsi généralisée à la rentrée 2025. Quel sens peut avoir une convention citoyenne dans ces conditions ?

  • Parce qu’on m’a encore énervée, j’ai fait un post linkedin qui va devenir un post de blog sous peu...

    « Aude tu peux relire rapidement et valider ? c’est #urgent ! »

    Je dé-teste le #management_par_l'urgence et je ne remercierai jamais assez mon ancienne cheffe qui m’a appris à questionner les urgences et à ne plus les accepter comme "allant de soi".

    Du coup je peux désormais répondre :
    👉 Est-ce que ça peut attendre la réunion qu’on a déjà de prévue demain ?
    👉 Est-ce que tu peux traduire urgent par une #deadline réelle ? (par exemple urgent ça veut dire dans 2 h ou dans une journée ?)
    👉 Et il va se passer quoi si je réponds un peu en #retard ? (spoiler, 9 fois sur 10, rien).

    Et grâce à ça, je m’évite l’aller simple vers le burn-out (j’ai frôlé, j’ai donné, je recommande pas), et je protège aussi mes proches et mes équipes.

    Mais c’est quand même ultra dur à faire quand on travaille (dans le monde pro ou associatif) avec des drogués de l’urgence...

    Vous faites comment vous ?

    J’ai écrit ce fil parce que récemment on m’a un peu agacé, et alors j’ai trouvé cet article que je voulais partager ...
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/toujours-plus-vite-jusquou-irons-nous-avant-de-ne-plus-pouvoir-tenir-la-cadence

    Voilà, du coup j’en ai fait un article de blog ...
    https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/cest-urgent

    https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu/114267555975870488
    #urgence #cadence #rythme #néo-management #travail

    • Urgence toxique

      Le management par l’urgence

      Je dé-teste le management par l’urgence. Je déteste quand on me demande de faire des trucs en « comptant sur ma #réactivité » ou « ça serait bien que ça soit fait avant mercredi », pourquoi mercredi ? Aucune idée.

      C’est insupportable parce que :

      1. J’ai une tonne de trucs à faire, j’ai besoin de hiérarchiser, et donc j’ai besoin de savoir pour quand c’est réellement. Si tout le monde me dit « #au_plus_vite », je ne sais pas faire. Et si je veux répondre à toutes les demandes urgentes ou pressées de mon entourage, je vais finir en #burn-out.

      2. En fait, il n’y a rien d’urgent. Je n’ai pas un métier où je sauve des vies. Je n’ai pas d’activité associative ou militante où je sauve des vies. Donc si le flyer ne part pas à temps, si la réunion est décalée d’une semaine, en fait, il ne se passe pas grand chose. À part le mécontentement de certaines personnes qui se font un honneur d’être réactives en toutes circonstances.

      3. Quand c’est urgent, on n’a pas le temps de réfléchir. Est-ce qu’il y aurait une meilleure manière de faire ? À quel problème cherche-t-on à répondre réellement ? ... Pas le temps, c’est urgent, dis oui, fait ce que je te demande !!! Vite !!!

      4. Souvent l’urgence est une excuse pour contourner les procédures, et pour voler du temps aux autres. « Oui oui on a une réunion demain mais je préfère que tu regardes aujourd’hui c’est vraiment urgent je me suis engagé. » Donc parce que Jean-Michel s’est engagé, je dois maintenant prendre sur mon temps pour lui résoudre son problème ?

      5. C’est en fait un comportement de manipulateur. Le manipulateur utilise l’urgence – et ma bonne conscience – pour me tordre le bras et essayer de me faire faire quelque chose que je ne veux pas faire.

      C’est du #management_toxique de mettre en permanence une #pression sur toutes les personnes avec qui on travail parce que c’est pressé / urgent. C’est une manière d’abuser du temps et de l’énergie des autres en se justifiant par le fait que « Ah mais elle pouvait dire non hein, je ne l’ai pas forcée à dire oui ». Non tu as juste envoyé 2 mails à 1 heure d’intervalle et un slack en disant à quel point c’était important pour le groupe / l’entreprise et que ça aiderait beaucoup si je le faisais vite.

      J’ai évidemment rencontré ce comportement toxique dans le monde professionnel (vive la start-up nation où tout doit aller viiiite !), mais aussi dans le monde associatif ou militant. Et là ça me désespère.

      Pourquoi ils font ça ?

      Je ne suis pas dans la tête des manipulateurs qui veulent que je fasse des choses en me mettant en quatre même si je dis que je n’ai pas le temps. Moi, je suis plutôt dans la team des personnes qui écoutent d’abord les besoins des autres et qui ont toujours peur d’embêter.

      Mais en en discutant autour de moi, j’ai quelques hypothèses sur ces personnes :

      – Peut-être qu’elles gèrent leur charge mentale et leur anxiété en passant le bébé à quelqu’un d’autre.

      - Peut-être qu’elles ne sont pas capables elles mêmes de prendre du #recul sur la demande de quelqu’un d’autres qui leur met la #pression, et du coup, elles poussent sur les personnes sous elles. Parce qu’on met rarement de la pression sur son patron, si ?

      – Du coup, je me dis que c’est encore un mécanisme de #pouvoir et de #domination : en faisant ça, elles montrent leur importance et leur capacité à diriger les autres.

      – Et peut-être ce sont juste des mouches du coche. Elles ont besoin de s’agiter pour exister et alors qu’elles empêchent tout le monde de travailler convenablement, elles sont convaincues de leur propre importance...

      Répondre à l’urgence

      Je ne remercierai jamais assez mon ancienne cheffe qui m’a appris à questionner les urgences et à ne plus les accepter comme “allant de soi”. Avant, j’écoutais les urgences des autres, les deadlines qu’ils me donnaient, et j’essayais d’y répondre, quitte à me lever à 4 heures du matin pour finir à temps.

      1. Questionner

      Mon ancienne cheffe m’a appris à ne plus répondre directement « oui », mais à questionner l’urgence. J’ai appris à poser des questions comme :

      – Est-ce que ça peut attendre la réunion qu’on a déjà de prévue demain ?

      – Tu as besoin de ça pour quelle date ? (par exemple urgent ça veut dire dans 2 h ou dans une journée ?) Un mastonaute me disait qu’il aimait demander : « C’est urgent pour quand ? » (https://piaille.fr/@yanncphoto/114268331396473237)

      – Quel est le risque si on ne fait pas ça pour demain ? (spoiler, 9 fois sur 10, rien).

      2. Dire non

      L’autre truc que j’ai appris, c’est à dire non. Enfin plus précisément à ne pas dire oui.
      J’ai appris à me demander ce qui serait un délai convenable pour moi. C’est encore work in progress mais j’y arrive de mieux en mieux. J’ai appris à répondre « Je pourrais le faire pour le XXX », sans m’excuser, sans expliquer. Le plus surprenant, c’est que souvent, ça suffit.

      Mais avec certains forceurs, ça ne suffit pas. Soit il faut répéter non, soit je finis par craquer et le faire et je suis ensuite très en colère et j’écris un long article de blog...

      Pour aller plus loin

      - Il y a un livre (https://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychologie-generale/affirmez-vous-face-aux-manipulateurs_9782415000660.php) qui m’a pas mal aidé à comprendre que toutes les personnes qui essaient de me forcer la main pour que je dise oui quand j’ai envie de dire non sont des manipulateurs. Ce livre qui m’a été recommandé par la psychologue du travail qui m’accompagne explique bien tous les mécanismes et donne des techniques pour s’affirmer face aux manipulateurs.

      J’ai récemment cherché des ressources sur l’urgence et sur la pression qu’on se met au travail, mais aussi dans nos associations et dans beaucoup trop de projet. Cet article m’a donné quelques références que j’ai envie de lire ... quand j’aurais le temps 😆 :
      https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/toujours-plus-vite-jusquou-irons-nous-avant-de-ne-plus-pouvoir-tenir-la-cadence

      https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/cest-urgent

    • Voilà le principe qui est mien (que mon ancien responsable répétait souvent) : « Il est urgent d’attendre. »

      Où l’on se rend compte bien souvent que les demandes sont effectivement rarement si urgentes que ça. Maintenant qu’on a adopté une méthodologie assez stricte dans mon équipe (à base de « sprints », donc si la demande est hors du sprint c’est niet 90% du temps), on a moins de soucis. Avant ça, quand j’avais un gros doute, pour savoir si c’était vraiment urgent, j’attendais de voir si la personne me relance sur le sujet et parfois le sujet était carrément oublié, c’était juste une lubie passagère d’un gus qui pensait que les petites mains allaient s’activer dans tous les sens pour son plaisir. Sans compter les deadlines fantaisistes : « on veut tel truc absolument pour tel jour » puis, quand on livre le jour J, ça change d’avis ("finalement on déploie le truc dans un mois, on t’avait pas dit ?"), ça tergiverse, on revoit le truc qui a été pensé à la va-vite et finalement sera livré bien plus tard (ou même pas du tout). Donc oui, il faut toujours questionner l’urgence et savoir dire non (quand on peut, évidemment j’ai bien conscience que mes problématiques de travailleur de bureau ne sont pas celles de l’usine, de McDo ou de l’entrepôt Amazon et que quand on est tout en bas de l’échelle dire « non » est rarement une option...).

      Non tu as juste envoyé 2 mails à 1 heure d’intervalle et un slack en disant à quel point c’était important pour le groupe / l’entreprise et que ça aiderait beaucoup si je le faisais vite.

      Ah ah, et à multiplier par le nombre d’outils : le message slack perso pour me dire qu’un message a été envoyé dans un autre salon slack (par la même personne, et que j’ai vu hein) + éventuellement le mail et le ticket sur le même sujet voire le summum : venir dans le bureau pour dire « t’as vu mon slack ? »... Tout ça pose la question au passage de la pertinence d’avoir une messagerie instantanée en entreprise.

  • Sauver la #nuit. Comment l’#obscurité disparaît, ce que sa disparition fait au vivant, et comment la reconquérir

    Que voyons-nous lorsque, le soir venu, nous levons les yeux vers le ciel ?
    Pour la plupart d’entre nous, habitants des villes et alentour, pas grand-chose. Les occasions de s’émerveiller devant une voûte céleste parsemée d’étoiles sont de plus en plus rares.
    Aujourd’hui, la Voie lactée n’est plus visible pour plus d’un tiers de l’humanité. Plus de quatre-vingts pour cent de la population mondiale vit sous un ciel entaché de pollution lumineuse, une pollution qui, à l’échelle mondiale, ne cesse de s’accroître. Chaque soir, en France, ce sont onze millions de lampadaires qui s’allument ; chaque jour, plus de trois millions et demi d’enseignes lumineuses, sans compter les millions de lumières bleues de nos divers écrans rétroéclairés.
    Or, au-delà de l’appauvrissement de notre relation au ciel – une relation qui nourrit, depuis toujours, nos représentations du monde –, on connaît désormais les effets négatifs de la #lumière_artificielle sur l’environnement et la santé. Érosion de la #biodiversité, dérèglement de notre #rythme_biologique, perturbation de nos #rythmes_de_sommeil, etc. Éteindre les #lumières est un geste non seulement esthétique, mais aussi écologique et sanitaire.
    « Nous laissera-t-on un ciel à observer ? » s’inquiétaient déjà les astronomes amateurs dans les années 1970. Samuel Challéat retrace l’histoire de la revendication d’un « #droit_à_l’obscurité » concomitant au développement urbain et décrit la manière dont s’organise, aujourd’hui, un front pionnier bien décidé à sauver la nuit.

    http://www.premierparallele.fr/livre/sauver-la-nuit
    #santé #pollution_lumineuse
    #livre

    • Il était une fois la nuit

      Aujourd’hui, qui d’entre nous a encore la chance de pouvoir contempler un #ciel_étoilé  ? L’#urbanisation galopante et la généralisation de l’#éclairage_artificiel menacent de réduire la nuit comme une peau de chagrin. A travers des photos empreintes d’onirisme et de poésie, accompagnées de textes riches et accessibles, cet ouvrage livre un vibrant plaidoyer esthétique et raisonné pour la préservation de la nuit. Il permet aussi de découvrir l’importance méconnue de l’obscurité pour la faune et la flore sauvage, mais aussi pour nous les humains.

      Photographe mêlant approche particulièrement artistique et engagement contre la pollution lumineuse, Carole Reboul célèbre avec ce livre la beauté du ciel et des paysages nocturnes. Elle témoigne aussi des initiatives qui se multiplient tout près de chez nous comme à travers la planète pour redonner à la nuit toute la place qui lui revient.

      https://boutique.salamandre.org/il-etait-une-fois-la-nuit.pdt-1221

    • Le ciel étoilé, un espace en voie de disparition ?

      Ou comment nous avons perdu le contact avec les étoiles et la voie lactée !

      En savoir plus

      Qui n’a pas gardé en mémoire des souvenirs de ciel étoilé, de moment suspendu où le sentiment d’être en osmose avec l’univers prenait l’ascendant sur nos vies urbanisées ? Un moment de partage avec l’univers, doublé souvent d’une reconnexion à la nature.

      Mais aujourd’hui, force est de constater que nous avons perdu l’habitude de l’alternance entre le jour et la nuit, un rythme pourtant naturel et nécessaire au monde du vivant. La pollution lumineuse a pris le dessus, avec des conséquences non seulement sur la faune, la flore, les écosystèmes, mais aussi sur la santé humaine.

      Pourquoi devrions-nous protéger l’obscurité et le ciel étoilé ? Quels en sont les principaux perturbateurs ? Comment la sauvegarde de la nuit est-elle encore possible ?

      Réponse avec Samuel Challéat, auteur du livre Sauver la nuit, édité chez Premier Parallèle.

      Et Carole Reboul, photographe de la vie sauvage, physicienne de formation, auteure du livre Il était une fois la nuit paru aux éditions Salamandre.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/de-cause-a-effets-le-magazine-de-l-environnement/le-ciel-etoile-un-espace-en-voie-de-disparition-dcae-5221483

      #podcast #audio

    • Hier soir, nuit des étoiles en famille  : on a trouvé un col à 900m d’altitude qui domine la plaine du sud-ouest, donc correctement orienté au nord-nord-est.

      Bon, déjà, 23°C et du vent, c’est très très appréciable. Ensuite, voir un peu les étoiles après un an de ville, aussi. On a raté l’extinction de 23h de Tarbes  : une partie des rues de la ville ne sont plus éclairées à partir de ce moment là depuis début juillet (oui, on a une équipe municipale de droite 🤷‍♀️).

      Côté étoiles, entre le soleil et la pleine lune, trop de luminosité pour voir la voie lactée. De toute manière, c’est mieux de regarder vers le sud pour ça, donc il nous faudra un autre col. Par contre, on a eu de l’étoile filante, dont une bien grosse qui a duré dans les 2 sec., avec la trainée jaune et tout.

      Après, on était au milieu d’un troupeau de vaches. C’est marrant, le soir, elles regardent toutes le soleil se coucher. Ensuite, elles se regroupent et se couchent, sauf les veaux qui faisaient les cons dans le noir (à notre grande frayeur  !). Ça a beuglé dans le troupeau et les jeunes ont rejoint les autres.

      En ville, on a traversé les quartiers éteints. Ça ne dégage pas spécialement la vue du ciel, il y a encore trop de rues allumées, surtout avec des lampadaires trop hauts et trop lumineux. Par contre, ça touche essentiellement des quartiers résidentiels et on a eu une pensée pour les femmes qui habitent dedans et qui ont clairement un couvre-feu imposé  : c’est bien bien noir. Pareil pour les cyclistes qui deviennent invisibles. Et pour les chats, habitués à ce que les coins sombres soient des coins sans circulation…

  • Le temps à l’œuvre
    https://laviedesidees.fr/Le-temps-a-l-oeuvre.html

    À propos de : Corine Maitte et Didier Terrier, Les rythmes du labeur. Enquête sur le #temps_de_travail en Europe occidentale, XIVe-XIXe siècle, La Dispute. En dépit de l’omniprésence du travail dans nos sociétés, que sait-on vraiment du temps qui lui est consacré ? En tournant le dos aux approches historiques linéaires, la vaste enquête de Corine Maitte et Didier Terrier explore les rapports complexes entre durée et profit.

    #Histoire
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20201223_cabantous.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20201223_cabantous.docx

  • La question du rythme dans l’œuvre d’Henri Maldiney : approche et discussion | Rhuthmos

    la dimension vitale du rythme lui-même. Comme le dit Maldiney en pensant à Platon : « La mesure introduit la limite (péras) dans l’illimité (apeiron). Or le destin du rythme se joue entre ces deux extrêmes : il meurt d’inertie ou de dissipation. »

    #Philo #Rythme #Analyse #existentielle
    https://rhuthmos.eu/spip.php?article736#nb22

  • Improvised Lives: Rhythms of Endurance in an Urban South

    The poor and working people in cities of the South find themselves in urban spaces that are conventionally construed as places to reside or inhabit. But what if we thought of popular districts in more expansive ways that capture what really goes on within them? In such cities, popular districts are the settings of more uncertain operations that take place under the cover of darkness, generating uncanny alliances among disparate bodies, materials and things and expanding the urban sensorium and its capacities for liveliness.

    In this important new book #AbdouMaliq_Simone explores the nature of these alliances, portraying urban districts as sites of enduring #transformations through rhythms that mediate between the needs of residents not to draw too much attention to themselves and their aspirations to become a small niche of exception. Here we discover an urban South that exists as dense rhythms of endurance that turn out to be vital for survival, connectivity, and becoming.

    https://www.barnesandnoble.com/w/improvised-lives-abdoumaliq-simone/1128653560
    #urbanisme #urban_matter #livre #Sud_global #rythme #géographie_urbaine #quartiers_populaires
    ping @reka

  • #Montpellier : ils voulaient vendre un faux Van Gogh !
    https://www.midilibre.fr/2019/04/01/montpellier-ils-voulaient-vendre-un-faux-van-gogh,8104008.php

    Quatre personnes ont été mises en examen samedi 30 mars pour « tentative d’escroquerie en bande organisée », annonce le procureur de Montpellier Christophe Barret ce lundi 1er avril.

    Elles voulaient revendre une aquarelle signée Vincent Van Gogh, dessin de la célèbre huile autoportrait intitulée L’homme à la pipe, pour plusieurs millions d’euros.

    Je tiens à signaler que ce n’est pas moi qui ait tenté de revendre un faux Van Gogh à Montpellier, je ne suis quand même pas assez idiot pour faire un truc pareil. En revanche, j’ai par-devers moi une assez jolie collection de dessins originaux de Léonard de Vinci que je suis prêt à céder pour des prix tout à fait raisonnables.

  • VOD - Tout s’accélère

    Ou courir après le temps...

    https://video-a-la-demande.orange.fr/catalog/vod/video/TOUTSACCELEW0129119/Tout-s-accelere.html

    En ce moment sur la télé norvégionne
    https://tv.nrk.no/program/KOID25007618

    documentaire | 2015 | France | 1h 30min

    Réalisé par Gilles Vernet

    Gilles interroge ses élèves de CM2 sur leur rapport au temps. Une réflexion passionnante sur l’urgence de ralentir
    Gilles est un ancien trader devenu instituteur dans le 19ème arrondissement de Paris. Il s’interroge avec ses élèves de CM2 sur l’accélération vertigineuse de notre monde. Fasciné par leurs réflexions sur notre mode de vie et notre rapport au temps, il décide de les filmer puis d’aller à la rencontre d’experts du sujet. Pourquoi nos sociétés recherchent-elles toujours plus de croissance ? A quel impératif obéit cette accélération alors même que ces enfants de 10 ans mettent en évidence ses limites ?

    #temps #rythme #tempo #marketing #communication #commerce #mondialisation #capitalisme #accélération

  • Deux éboueurs arrêtés au volant d’un camion-poubelle à Paris, ils voulaient vider les détritus devant le siège de LREM
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/deux-eboueurs-arretes-au-volant-d-un-camion-poubelle-a-paris-ils-voulaien

    Deux #éboueurs de la ville de #Paris ont été arrêté ce vendredi matin, dans le quartier Opéra. Au volant d’un camion-poubelle, détourné, ils avaient l’intention de vider les détritus devant le siège de la République En Marche.

    Mince, trop con qu’ils n’aient pas eu le temps…
    #lrem

  • Réussir sa contre-révolution
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/04/A/58541


    Lors d’une réunion de la société du Mont-Pèlerin, berceau du néolibéralisme, le 28 novembre 1989, un ancien ministre des finances travailliste néozélandais donnait sa recette :

    Le gouvernement doit avoir le courage de mettre en œuvre ses décisions, de s’attaquer aux questions douloureuses d’emblée, plutôt que de remettre les choses au lendemain, de façon à être jugé sur les bons résultats qu’elles produiront. (…) N’essayez pas d’avancer pas à pas. (…) Il est plus difficile de se plaindre des attaques que subit votre catégorie professionnelle lorsque tout le monde souffre au moins autant. (…) La #vitesse est essentielle, vous n’irez jamais trop vite. (…) Les groupes organisés qui souhaitent maintenir leurs privilèges demanderont toujours que les choses aillent plus lentement. Cela leur laisse plus de temps pour mobiliser l’opinion contre la réforme. (…) Le feu de vos adversaires perd en précision quand il doit viser une cible qui bouge sans arrêt.

    Source : Serge Halimi, Le Grand Bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, Agone, Marseille, 2012 (1re éd. : 2004).

    Une affaire de rythme

    En juin 2007, M. Patrick Buisson, le stratège politique du président Nicolas Sarkozy, détaillait la feuille de route de son poulain. Dix ans plus tard, celle-ci semble encore inspirer l’Élysée.

    La #réforme, c’est d’abord un #rythme. On sait depuis Milton Friedman qu’on a trois mois pour faire passer les réformes. Au-delà, c’est la tyrannie du statu quo, le retour à la barbarie catégorielle du chacun pour moi. (…) La réforme, c’est un cycle vertueux à effet de cliquet. C’est-à-dire que chaque réforme qui est bien perçue par l’opinion doit être immédiatement suivie par une autre réforme. Cette deuxième annonce a une double vertu, c’est qu’elle confère un statut de légitimité ou de fait acquis à la première et elle peut servir éventuellement de leurre dans le débat. C’est exactement la stratégie que Sarkozy est en train de mettre en œuvre.

    Source : Ibid.

    Enthousiasme

    « La #privatisation de sociétés publiques contribue à la réduction de la dette publique, ainsi qu’à la réduction des subventions, des autres transferts et des garanties d’#État. Elle permet d’améliorer l’efficacité des sociétés et, plus généralement, la compétitivité de l’#économie dans son ensemble, tout en attirant les investissements directs étrangers. »

    Commission européenne, Bruxelles, 30 octobre 2012.

    Doutes

    « Lorsque les #partenariats_public-privé (PPP) conduisent à transformer des emprunts publics en emprunts privés, les coûts de financement tendent à augmenter. Le point essentiel est donc de déterminer si les PPP génèrent des gains en matière d’efficacité qui compensent cette hausse des coûts de financement. (…) La plupart des avocats des #PPP s’appuient sur l’idée selon laquelle le secteur privé serait plus efficace. Bien que la littérature scientifique soit abondante pour étayer cette idée, la théorie demeure ambiguë, et les preuves empiriques lacunaires. (…) On ne peut donc pas conclure que les PPP soient plus efficaces que les investissements publics ou les services pilotés par l’État. »

    Fonds monétaire international (#FMI), Washington, DC, 12 mars 2004.