• Petites considérations sociologiques sur le #confinement

    Cette période de confinement liée à l’épidémie du #Covid-19 constitue une #épreuve_sociale inédite, qu’on peut comparer à une expérience de laboratoire in vivo. Le grand historien médiéviste, Marc Bloch, qui avait fait la « grande guerre » et en avait été très marqué, a écrit peu après, en 1921 dans la Revue de synthèse historique, un célèbre article, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » (publié aux Éditions Allia en 1999). Il y décrivait la guerre de 14-18 « comme une sorte de vaste #expérience naturelle. On a le droit en effet de considérer comme telle la guerre européenne : une immense expérience de #psychologie_sociale, d’une richesse inouïe. Les conditions nouvelles d’existence, d’un caractère si étrange, avec des particularités si accentuées, où tant d’hommes à l’improviste se sont trouvés jetés, — la force singulière des sentiments qui agitèrent les peuples et les armées — tout ce bouleversement de la vie sociale, et, si l’on ose ainsi parler, ce grossissement de ses traits, comme à travers une lentille puissante, doivent, semble-t-il, permettre à l’observateur de saisir sans trop de peine entre les différents phénomènes les liaisons essentielles ».

    Indépendamment de la déclaration du Président Macron (« nous sommes en guerre… »), il peut être intéressant de tirer ce fil entre situation de #guerre_militaire et celle de confinement. Ce dernier impose de très fortes #privations et #contraintes aux individus qui, dans les sociétés occidentales, n’y sont guère habitués. Les premières questions qui viennent à l’esprit à ce sujet sont les suivantes : le confinement est-il respecté en France ? « Un peu, beaucoup, pas du tout » ? Par qui ? Comment ? Plus en campagne qu’en ville ? plus en centre-ville que dans les « quartiers » ? etc. Faute de données statistiques fiables, le premier réflexe qu’on doit avoir en la matière est celui de la prudence interprétative.

    Avant d’aborder la manière dont on peut procéder par la mobilisation d’une série d’indices, à même de nous guider vers des hypothèses de travail, commençons par un étonnement. Que voici. En fidèle téléspectateur du Journal télévisé (JT) de France 2 (défense du service public oblige…), on remarque que la question du #vécu du confinement dans les #quartiers_populaires y a été fort peu abordée, voire pas du tout. La fuite des Parisiens vers leurs #résidences_secondaires a été un sujet traité, mais la manière dont les jeunes et les familles, parfois nombreuses, vivent leur confinement dans leurs appartements #HLM semble avoir été oubliée. Est-ce un oubli volontaire ? Ou la simple trace médiatique de la moindre importance accordée aux conditions sociales d’existence des #classes_populaires dans le milieu des professionnels de l’information ? On ne saurait laisser de côté l’hypothèse du respect de l’« #union_nationale » requise en cette période de confinement. Celle-ci suppose une mobilisation de l’appareil d’information et l’opération d’un tri dans l’amoncellement des « nouvelles du front ». Priorité est donnée dans le #JT de la #télévision_publique au suivi des opérations dans les hôpitaux, à la découverte du travail de tous les soignants et de leur entier dévouement, à l’écoute des avis des grands professeurs de médecine (« infectiologues »). Bref, une #mise_en_scène télévisuelle de l’« #effort_national » — ce qui, en soi, n’est pas critiquable.
    Sur le versant des effets sociaux de cette #pandémie, les reportages sur les #familles face au confinement (#école_à_la_maison, #télétravail des parents, aménagements divers de cette nouvelle vie…) semblent surtout réservés aux familles de milieu favorisé. Sans doute parce qu’elles laissent entrer plus facilement les caméras à leur domicile. Il ne s’agit pas pour autant de crier tout de suite au complot d’Etat et/ou de dénoncer une chaine de télévision « aux ordres du gouvernement ». Sans doute peut-on penser que le #service_public_télévisé contribue à sa manière à l’union nationale en laissant prudemment dans l’ombre ce qui pourrait l’entacher.

    A géométrie variable

    Une fois examiné la manière dont le thème du confinement est traité à la télévision (publique), donnons un petit coup de projecteur sur la manière dont il est opéré en pratique. Procéder à une petite revue de presse dans les quotidiens régionaux (L’Est républicain, Le Parisien, Le Progrès), permet de recueillir des indices suggestifs, sinon probants, sur le confinement à géométrie variable lors de cette première semaine. Sans surprise, le confinement a mis un peu de temps à se mettre en place et semble respecté de manière inégale.

    Selon les témoignages des directeurs de la #sécurité_publique ou des gendarmes, différents profils de « #déviants » à la #norme apparaissent, comme ici dans la région du Grand est particulièrement touchée. Le lieutenant de gendarmerie François qui coordonne le dispositif dans le sud du Territoire de Belfort fait le diagnostic suivant : « Une grande majorité les respecte… Mais une partie n’a pas compris l’#esprit_du_confinement et une autre n’est pas prête à le comprendre. » Le maire (et infirmier) de la ville ouvrière de Valentigney (proche de l’usine de Sochaux-Peugeot et avec une grande ZUS, les Buis), observe « dans le quartier mais également au centre-ville des comportements dangereux, irresponsables ». La journaliste de L’Est s’est donc rendue dans la cité des #Buis pour aller y voir de plus près et, là, elle a rencontré une dizaine de jeunes près d’une place, plutôt amènes.

    Pris en défaut

    Laissons la relater la scène et la manière dont ces jeunes pris en défaut de groupement non autorisé tentent de se justifier : « Chez nous, on ne tient pas en place », note l’un d’entre eux qui, comme ses potes, se sent à l’abri du virus. « On se lave les mains, on garde nos distances, c’est la base », souligne un deuxième. Un troisième Doubien montre son attestation : « On a le droit de sortir fumer une clope. Surtout que certains n’ont pas le droit de fumer chez eux… Et puis, on s’ennuie ici, il n’y a rien à faire ! Rester un mois enfermé, c’est inimaginable. » Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020). Dans un article du même jour, le directeur général de la compagnie des bus du Pays de Montbéliard livre des informations congruentes : « En cette période de grave #crise_sanitaire, certains jouent aux #malins. On a dû raccourcir une ligne, que nous sous-traitons, parce que des #jeunes montaient chaque jour dans le bus, à la même heure, pour le squatter ! » Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

    Ces témoignages ne suffisent pas à baliser tout le terrain d’enquête. Loin de là. Ils ont pour principal intérêt de mieux faire entrevoir les raisons qui peuvent conduire certaines fractions de la population à ne pas vouloir – et surtout ne pas pouvoir – respecter le strict confinement désormais imposé en France. Le groupe des plus #réfractaires au confinement a de fortes chances de se retrouver dans une population plutôt jeune et masculine, soit en situation de #décrochage_scolaire, soit appartenant à la population « flottante » des quartiers. A lire entre les lignes ces articles de presse, on pressent quelques facteurs clés de leur penchant pour la #transgression de la règle du confinement : bien sûr, en tout premier lieu, « l’#ennui » et le besoin quasi vital de se retrouver « entre potes » mais aussi la difficulté de cohabiter harmonieusement avec leurs parents et de devoir respecter des interdits au domicile familial (l’exemple de « fumer »). Les divers types de #résistance qu’on voit surgir dans les quartiers déshérités de la République méritent examen et ne doivent pas être renvoyés trop facilement du côté de la #faute_morale.

    Sentiment de #marginalité

    Même s’il est incontestable que le non-respect des règles de confinement fait courir collectivement des #risques_sanitaires, il dit quand même beaucoup de choses sur le sentiment de marginalité (#outcast) qu’ont d’eux-mêmes ces individus. On pourrait à ce titre, se risquer à faire l’analogie avec le mouvement des gilets jaunes et la signification sociale des formes de violence (inusitée) qu’il a employées pour se faire entendre des « puissants ».

    La pratique de la lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux

    A partir de ces premières incursions en terre de confinement, faut-il déplorer comme notre historien national (autoproclamé) Stéphane Bern le fait dans Le Figaro (22/3/2020), « la perte du #sens_civique » dans notre vieille France ? Ne convient-il pas plutôt de rappeler que ce confinement constitue une très forte #contrainte qui est – et sera – vécue de manière très différente selon les #conditions_sociales de nos concitoyens. D’abord les conditions matérielles : on sait bien que ceux qui possèdent un grand logement, un jardin, qui peuvent sortir les enfants à la campagne, etc., souffrent moins du confinement. Ensuite, les #conditions_culturelles : le président Macron a dit à ses concitoyens : « Lisez ! » Mais la pratique de la #lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux.
    Ce long moment de confinement opère déjà comme un très grand amplificateur des #inégalités spatiales et sociales. C’est peu dire que les semaines qui s’annoncent vont constituer une véritable épreuve pour ceux qui appartiennent à la catégorie des « pauvres », définis aussi bien à partir de leur #capital_économique que de leur #capital_culturel.

    https://www.alternatives-economiques.fr/stephane-beaud/petites-considerations-sociologiques-confinement/00092259
    #sociologie #Stéphane_Beaud #classes_sociales

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    citations pour @davduf :

    Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020).

    Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

  • Un décret autorise l’expérimentation des #caméras-mobiles par les #pompiers
    https://www.banquedesterritoires.fr/un-decret-autorise-lexperimentation-des-cameras-mobiles-par-les

    Aux grands maux, un moindre remède... Un décret publié au Journal officiel le 19 juillet autorise les #sapeurs-pompiers, à titre expérimental jusqu’au 5 février 2022, à utiliser des caméras-mobiles (ou #caméras-piétons) lors de leurs interventions.Ce décret est pris en application de la loi du 3 août 2018 relative à l’harmonisation de l’utilisation des caméras-mobiles par les autorités de #sécurité_publique qui avait également permis une expérimentation chez les surveillants de prison et pérennisé l’usage de ces caméras pour les policiers municipaux.

    […] La loi de 2018 prévoit en outre que les caméras doivent être portées de « façon apparente » et qu’ « un signal s’allume au moment de l’enregistrement ». Mais surtout l’enregistrement « ne peut être déclenché dans les cas où il est susceptible de porter atteinte au secret médical ». Ce qui est le cas de toutes les interventions à domicile en cas de secours à personnes.

    […] « Loin de se limiter aux seules violences urbaines et aux quartiers dits sensibles, les agressions de sapeurs-pompiers sont de plus en plus commises dans le cadre de missions d’#assistance aux personnes en #détresse_sociale (personnes fortement alcoolisées, sous l’emprise de stupéfiants…) ou psychologique, à domicile ou sur la voie publique », souligne la fédération, dans sa contribution à la mission sénatoriale

  • « L’État punitif remplace progressivement l’État Social » (Didier Fassin, L’Humanité, 16.05.19)
    https://www.humanite.fr/letat-punitif-remplace-progressivement-letat-social-672159

    L’usage excessif de la force contre un #mouvement_social est toujours un signe de faiblesse du #pouvoir, et l’#autoritarisme déployé par le gouvernement témoigne d’une perte d’autorité, laquelle suppose l’exercice de la volonté sans exercice de la #violence.
    […] Mais la dynamique a été enclenchée bien avant, en particulier avec la déclaration de l’#état_d’urgence en 2015 et le vote d’un texte introduisant les principales mesures de l’état d’urgence dans la loi ordinaire en 2017.
    […] Il y a le maintien de l’ordre lors de manifestations, comme ce à quoi on assiste tous les samedis depuis novembre dernier. Une version plus dure encore s’exprime dans la #répression de désordres qui éclatent après la mort d’une ou plusieurs personnes lors d’interactions avec la #police. Et il y a les activités dites de #sécurité_publique, qui visent essentiellement les #quartiers_populaires et leurs habitants, sur leur lieu de résidence aussi bien que dans les lieux publics, notamment les gares, sur la base d’un #profilage_racial. Elles consistent en une pression quasi quotidienne par des contrôles d’identité et de fouilles au corps, s’accompagnant de formes diverses d’#humiliation, brimades, menaces, parfois de sévices et d’interpellations.
    Alors que le maintien de l’ordre est spectaculaire et abondamment commenté dans les médias, les activités de sécurité publique demeurent presque #invisibles et rarement dénoncées, hormis lorsqu’un accident grave survient.

  • À Rio, les #forces_de_l’ordre tuent 5 personnes par jour depuis le début de l’année - Basta !
    https://www.bastamag.net/A-Rio-les-forces-de-l-ordre-tuent-5-personnes-par-jour-depuis-le-debut-de-

    Durant les mois de janvier et février 2019, les forces de l’ordre ont été particulièrement meurtrières dans l’État de #Rio_de_Janeiro : 305 homicides « dus à l’intervention d’un agent de l’État » – policier ou militaire – ont été recensés par l’Institut de #sécurité_publique (ISP), contre 259 pour la même période en 2018, en augmentation de 18 %. Soit plus de cinq personnes tuées par jour par les force de l’ordre ! Sur l’ensemble des 1375 #homicides perpétrés à Rio de février à décembre 2018, un quart sont imputables à des policiers et des militaires, selon l’Observatoire de l’intervention. Le chiffre est en augmentation comparé à 2017 [1].

    • Sans compter la probable chute ou saturation des différents réseaux en cas de problème grave…

      Au lancement du projet (date non précisée),…
      (c’est moi qui graisse)

      BE-Alert, le nouveau système d’alerte national pour alerter l’ensemble du territoire Belge - Gedicom
      https://www.gedicom.fr/be-alert-la-plateforme-de-communication-de-gedicom-en-partenariat-avec-nexte

      Les citoyens belges impliqués dans une situation d’urgence seront alertés par le biais de différents moyens de communication tels que les appels vocaux, les messages SMS, les réseaux sociaux et d’autres applications. Gedicom et Nextel étudient aussi avec le Ministère de l’Intérieur des technologies innovantes comme l’intégration et l’automatisation du réseau de sirènes et les SMS localisés – équivalent au Cell Broadcast.

      La multiplication des médias permet d’assurer la bonne réception du message d’alerte par les personnes concernées. D’autre part, la technologie retenue ne requiert aucune inscription. Les citoyens pourront être alertés sans contrainte d’inscription ou de téléchargement d’une application.
      La plateforme BE-Alert sera hébergée dans plusieurs centres de données redondants. De cette manière, Gedicom et Nextel garantissent une sécurité et une disponibilité maximales.

      en juin 2017,…

      BE-Alert : recevez un SMS en situation d’urgence | Belgium.be
      https://www.belgium.be/fr/actualites/2017/be_alert_recevez_un_sms_en_situation_durgence

      Un incendie dans votre rue ? Une inondation dans votre commune ? Un accident chimique dans la province ? Les autorités souhaitent pouvoir vous avertir rapidement. Ainsi vous pourrez réagir correctement en situation d’urgence et garantir votre propre sécurité. 

      Pour ce faire, les autorités belges disposent d’un nouveau système opérationnel 24h/7j pour vous alerter en cas de crise : BE-ALERT. Si vous êtes inscrit au système, vous serez averti par SMS.

      plus question de multiplicité des réseaux.

  • Kery James sur Théo : « Le Combat commence » | Solidaire 13 Février 2017 Kery_James
    http://solidaire.org/articles/kery-james-sur-theo-le-combat-commence

    Le 2 février, Théo, 22 ans, se fait violenter par la police. Qui va jusqu’à le violer avec une matraque. Cet énième « dérapage » de la police française suscite la colère de nombreux citoyens. Parmi eux, le rappeur Kery James. Voici ce qu’il écrit sur son compte Facebook.

    « En soutien avec le jeune Théo qui a subi une agression honteuse et perverse de la part de gens qui considèrent qu’il est "convenable" d’appeler un homme noir "bamboula", je partage avec vous ce lien qui permet de soutenir financièrement la famille dans cette épreuve qui sera sans aucun doute longue et douloureuse.

    J’avais pour habitude de signer "Le Combat Continue". Je vous le dis aujourd’hui " Le Combat Commence"...

    Le Combat Commence et il continuera tant que mes enfants, mes neveux et nièces, mes frères et sœurs, mes concitoyens et moi-même ne seront pas à l’abri de ce genre d’exaction perpétrée par des pervers, protégés par des lois, parfois votées par des Racailles.
    Je fais référence ici au projet de loi précipité connu sous l’appellation de "Réforme de la sécurité publique" contre lequel s’élève déjà le syndicat de la magistrature.

    Ce projet de loi dont très peu de gens parlent, vise à changer le statut de la police en lui octroyant un statut semblable à celui de la gendarmerie concernant l’usage des armes à feu.
    Les conditions d’usage des armes seront donc élargies au-delà des cas de légitime défense et les policiers pourront désormais tirer sur un individu après sommation.

    Avec cette loi, Adama Traoré ne serait peut-être pas mort asphyxié, il aurait suffi de le "descendre" après sommations... ou pas.
    Tout comme je n’accepte pas qu’on stigmatise l’ensemble des banlieusards à cause des agissements d’une poignée d’entre eux, je ne jette pas l’opprobre sur tous ces policiers qui ne se sentent pas une obligation de solidarité face à l’indéfendable, face à l’inacceptable.

    Je terminerai par rappeler que ce combat n’est pas seulement celui des quartiers populaires ni des noirs et des Arabes. Il n’appartient pas qu’à ces derniers de se mobiliser, ni qu’aux personnalités publiques qui en sont issues. Il serait appréciable que chanteurs, acteurs, footballers, journalistes, intellectuels et élus de tout bord, toute origine et couleur manifestent leur indignation et se mobilisent.

    Car ce qui s’est passé avec Théo laisse présager que la répression des éventuels mouvements sociaux dans le futur sera terrible, voire barbare. Et il est certain qu’il va y avoir matière à organiser des mouvements sociaux dans les années à venir...

    Le Combat pour que cette sauvagerie qui s’exprime en toute impunité cesse est celui de tout être humain sensible et sensé car l’un ne s’oppose pas à l’autre. C’est celui de tous les Français qui désapprouvent l’injustice.

    Kery James »❞
    #racisme #quartiers #populaires #répression #violences_policières #Adama_Traoré #Kery_James #sécurité_publique

  • #Police_municipale : une clarification indispensable" - Philippe Laurent

    http://www.lagazettedescommunes.com/458826/police-municipale-une-clarification-indispensable-philippe-lau

    Au lendemain des dramatiques événements de cet été, l’épineux débat ressurgit avec vigueur : quelle est la responsabilité exacte d’une police municipale ?

    La similitude des véhicules sérigraphiés et des uniformes était déjà un premier facteur de confusion dans l’esprit des citoyens, qui ne font pratiquement plus de différence entre police municipale et nationale. Le développement actuel de l’#armement des policiers municipaux, clairement encouragé par l’État, vient aggraver encore cette confusion. Dans ce contexte sensible marqué par des enjeux sécuritaires omniprésents, le périmètre d’action de la police municipale (sa « doctrine d’emploi ») est ainsi devenu une préoccupation majeure pour les maires. Elle devrait l’être aussi pour le citoyen, pas suffisamment conscient de ce qui se joue dans ce transfert insidieux de responsabilité de l’État vers les communes. Car le débat qui se pose aujourd’hui mêle tout autant libertés individuelles, #éthique_policière, conception du rôle de #maire, mise en œuvre du principe d’#égalité de tous les citoyens dans le domaine du « droit à la sécurité ».
    [...]
    Du coup, l’État a trouvé, dans ce transfert qui ne dit pas son nom, un moyen efficace pour limiter ses propres dépenses affectées à la sécurité, tout en contrôlant finalement, avec le concours de syndicats catégoriels, le fonctionnement des polices municipales. Il a donc progressivement transféré de façon insidieuse une part de plus en plus large de la #sécurité_publique aux maires qui l’ont bien voulu, sans aucune compensation financière, en acceptant l’#inégalité_territoriale qui en résulte et en fermant les yeux sur l’extrême confusion qui en résulte et qui continue de se développer, source de polémiques futures sur les responsabilités des uns et des autres

    #police_nationale #budget #transfert_de_compétence

  • #Didier_Fassin : « L’usage excessif de la force policière traduit une perte d’autorité politique »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200716/didier-fassin-l-usage-excessif-de-la-force-policiere-traduit-une-perte-d-a

    Les manifestations contre la loi travail ou la mort d’un jeune homme interpellé à #Beaumont-sur-Oise ce mardi 19 juillet ont ravivé les critiques sur les pratiques policières. Aux #Etats-Unis, les assassinats de policiers, après les meurtres de jeunes hommes noirs, creusent les tensions ethniques. Entretien avec Didier Fassin, anthropologue spécialiste de la #Police, enseignant à Princeton.

    #Culture-Idées #Bâton-Rouge #Dallas #ordre_public #police_des_quartiers #sécurité_publique #violences_policières

  • Obama impose de nouvelles règles sur l’utilisation des drones
    http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201502/15/01-4844345-obama-impose-de-nouvelles-regles-sur-lutilisation-des-drones.php

    Les institutions gouvernementales devront considérer les critères de la vie privée et de la protection des libertés civiles avant de déployer les drones. Les informations personnelles compilées par cette technologie devront aussi être détruites après un maximum de 180 jours, sauf dans des cas exceptionnels.

    [...]

    « (les drones) joueront un rôle important dans plusieurs secteurs, dont l’infrastructure urbaine, l’agriculture, la sécurité publique, la sécurité côtière, l’entraînement militaire, les opérations de recherche et les interventions pendant des catastrophes », a écrit la Maison-Blanche dans son document.

    Drones civils ou de police, pas de combat.

    #Barack_Obama #Drone #Industrie #Innovation #Réglementation #Sécurité_publique #Vie_privée #Économie #États-Unis

  • Portrait d’un policier de la brigade anti-criminalité dans une « cité ghetto » française
    http://champpenal.revues.org/8214

    Nous avons tenté de comprendre la production et la régulation des phénomènes de violences dans une cité périphérique populaire (Cité des enfants perdus) au sein d’une ville moyenne française (Trincamp) grâce à la réalisation d’une enquête ethnographique1 et à la mobilisation d’une sociologie des désordres urbains (Boucher, 2010a). Dans la pratique, il s’agissait d’analyser l’expérience sociale d’habitants qui font peur, notamment des jeunes considérés comme des « figures de désordre » en interaction avec des acteurs de la régulation et de la contention des violences. Cette étude a ainsi montré, notamment, que des « jeunes turbulents » développent des interactions frictionnelles, entretiennent des rapports paroxystiques et complexes avec des acteurs institués et émergents d’encadrement des classes populaires, en particulier avec les policiers chargés de pacifier les quartiers populaires

    #brigades_anti_criminalité #émeutes_urbaines #quartiers_sensibles #sécurité_publique #violences

  • La #vidéosurveillance : un investissement à fonds perdus — Jean-Vincent Placé (Sénat.fr)
    http://www.senat.fr/rap/l12-148-327-1/l12-148-327-18.html

    Rapport général n° 148 (2012-2013) de M. Jean-Vincent PLACÉ, fait au nom de la commission des finances, déposé le 22 novembre 2012

    Projet de loi de finances pour 2013 : Sécurité (gendarmerie nationale et police nationale)

    Le développement de ce système de surveillance : 133,6 millions d’euros depuis 2007 (hors Paris)

    Au cours des dernières années, la vidéosurveillance est apparue comme un axe privilégié dans la politique de sécurité. Outre des réserves de fonds sur lesquelles reviendra infra votre rapporteur spécial, ce type de dispositif se révèle d’un coût particulièrement élevé.

    (...)

    La demande d’un moratoire sur ce type d’investissement

    (...) investissement d’un coût élevé dans des systèmes de surveillance potentiellement attentatoires aux libertés publiques32(*) et dont aucune étude sérieuse (ni en France, ni à l’étranger) n’a prouvé l’efficacité en termes de #sécurité_publique.

    #surveillance #police