• « Je suis devenu un pestiféré en l’espace d’un mois » : comment le confinement a précipité les séparations
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/05/21/notre-mariage-a-explose-comment-le-confinement-a-precipite-les-separations_6

    Par Cécile Bouanchau

    En mettant fin à une certaine routine, le confinement a agi comme un puissant révélateur des insatisfactions au sein du couple – jusqu’à ce que la séparation apparaisse comme la seule solution.

    Quand est-ce qu’une histoire bascule ? Pour Julien (les prénoms ont été modifiés), c’est lorsqu’il a confié à sa femme qu’il aimerait passer un week-end romantique avec elle plutôt que de s’occuper des enfants. Simon, lui, a exaspéré son amoureuse en prenant une douche trop longue. Pour Vincent, une dispute sans issue s’est déclenchée quand il a reproché à son épouse de laisser toutes les lumières allumées dans la maison – « C’est pas Versailles ici ! ». Tous se souviennent de la date de cette dispute anodine qui a fait chavirer leur couple. Tous se sont séparés pendant le confinement.
    « Le confinement est un point de rupture. Cette période a un effet accélérateur, un effet grossissant, où l’on ne peut plus mettre nos problèmes sous le tapis, comme on le fait habituellement », constate Claire Marin, philosophe, autrice de Rupture(s) (L’Observatoire, 2019), qui décrit le confinement comme « une épreuve de vérité qui empêche de se mentir à soi-même ». La psychopraticienne Cécile Guéret abonde :
    « Le confinement confronte les couples à ce qu’ils évitaient de voir avant, quand chacun travaillait, sortait avec des amis ou dînait en famille. »

    Trois témoins, trois hommes (J., S. V.).
    Trois analystes, trois femmes (C., C., C., journaliste, expertes)

    est-ce que c’est aussi marqué derrière le #paywall ?
    Mystère !

    • « Je suis devenu un pestiféré en l’espace d’un mois » : comment le confinement a précipité les séparations
      Cécile Bouanchaud, Le Monde, le 21 mai 2020

      Quand est-ce qu’une histoire bascule ? Pour Julien (les prénoms ont été modifiés), c’est lorsqu’il a confié à sa femme qu’il aimerait passer un week-end romantique avec elle plutôt que de s’occuper des enfants. Simon, lui, a exaspéré son amoureuse en prenant une douche trop longue. Pour Vincent, une dispute sans issue s’est déclenchée quand il a reproché à son épouse de laisser toutes les lumières allumées dans la maison – « C’est pas Versailles ici ! ». Tous se souviennent de la date de cette dispute anodine qui a fait chavirer leur couple. Tous se sont séparés pendant le confinement.

      « Le confinement est un point de rupture. Cette période a un effet accélérateur, un effet grossissant, où l’on ne peut plus mettre nos problèmes sous le tapis, comme on le fait habituellement », constate Claire Marin, philosophe, autrice de Rupture(s) (L’Observatoire, 2019), qui décrit le confinement comme « une épreuve de vérité qui empêche de se mentir à soi-même ». La psychopraticienne Cécile Guéret abonde :

      « Le confinement confronte les couples à ce qu’ils évitaient de voir avant, quand chacun travaillait, sortait avec des amis ou dînait en famille. »

      En mettant fin à une certaine routine, le confinement a agi comme un puissant révélateur des insatisfactions au sein du couple – jusqu’à ce que la séparation apparaisse comme la seule solution. Alors que le déconfinement a débuté lundi 11 mai, de nombreux couples amorcent cette étape chacun de leur côté.

      « Sempiternelles disputes »

      « Après des semaines de montagnes russes, j’ai repris ma voiture et toutes mes affaires, sous une pluie battante », confie Simon, 33 ans, décrivant « une scène digne d’un film, où les deux amants se séparent en larmes ». Deux mois plus tôt, ce consultant en informatique de Bruxelles avait pris la route, parcourant 1 500 kilomètres pour rejoindre sa compagne en Pologne. « Je me souviens de mon euphorie en franchissant la frontière polonaise deux heures avant qu’elle ferme », raconte le jeune homme, dont « l’enthousiasme des retrouvailles » a vite été douché par le prosaïsme de la vie domestique durant cette période. « Avec le télétravail, l’appartement – qui est très petit – semblait encore plus exigu », résume Simon, qui avait déjà vécu quelques mois chez Louisa, au début de leur relation, il y a deux ans.

      Le trentenaire qui se dit « réticent au télétravail » s’est retrouvé à bosser dans la baignoire ou les toilettes, quand il n’allait pas se réfugier dans sa voiture. « Les contraintes liées à ce huis clos ont joué », explique-t-il, décrivant « les sempiternelles disputes » et « le sentiment de mal-être » induit par le confinement.

      Julien dépeint lui aussi « le climat anxiogène qui a fini par anéantir le peu de chances que nous avions de nous réconcilier ». « On traînait depuis plus d’un an un problème de confiance, et le confinement nous a tirés vers le bas », lâche l’infirmier de 36 ans, évoquant la difficulté à gérer ses enfants, alors que lui et sa compagne travaillaient à l’extérieur.

      Pour Vincent, le confinement a mis fin à un rituel qui faisait tout le sel de son histoire d’amour avec Morgane, de vingt-quatre ans sa cadette. Chaque jour, tous deux se rendaient aux écuries, pour vivre leur passion commune pour l’équitation. « C’était ce qui consolidait notre couple, ce qui le rendait beau, mais tout s’est arrêté avec le confinement », raconte le commercial de 54 ans, marié depuis deux ans.

      Pour Laura aussi, les projets communs ont connu un coup d’arrêt le 16 mars. Installée dans une relation à distance avec son compagnon, elle a passé le confinement en Suisse, alors que Charles était en France. « Avant, on avait mille projets pour tenir à distance, mais avec le confinement, la situation était tellement incertaine qu’on était incapable de se projeter », confie la jeune femme de 29 ans, qui devait s’installer avec Charles en septembre. « Le confinement a fait exploser notre histoire en plein vol », estime cette employée dans la finance, qui résume en quelques mots une idée défendue par de nombreux autres : « On n’en serait pas là sans le coronavirus. »

      « Un électrochoc »

      Pour les spécialistes du couple, si le confinement apparaît comme un catalyseur des difficultés de la vie à deux, il ne peut expliquer à lui seul une séparation. « Pour la majorité de mes patients qui se séparent, les problèmes étaient latents », insiste Cécile Guéret, autrice de l’ouvrage Aimer, c’est prendre le risque de la surprise. Eloge de l’inattendu dans la rencontre amoureuse (Albin Michel, 208 p., 17,90 €).

      L’avocat Arnaud Sarrailhé, qui a vu le nombre de demandes de divorce doubler durant les dernières semaines du confinement, assure que « les causes de la rupture sont les mêmes qu’en temps normal ». « On ne se sépare pas car le confinement se passe mal », constate-t-il, assurant avoir été contacté par tous types de profils, du couple marié depuis quelques mois à la famille unie depuis une dizaine d’années.

      « Notre couple n’était pas au beau fixe », reconnaît Julien, l’infirmier père de deux enfants, selon qui « le confinement a agi sur [son] ex-femme comme un électrochoc ». Résigné, il poursuit :

      « La menace que représentait le Covid-19 sur nos vies lui a fait prendre conscience qu’elle ne voulait plus attendre, qu’elle devait reprendre sa vie en main, et que cela passait par notre séparation. »

      Selon Cécile Guéret, l’épidémie « révèle avec acuité notre sentiment de finitude ». « Cette conscience que nous sommes mortels nous oblige à nous poser des questions sur la manière dont on habite notre existence et à prendre des décisions qui ont du sens pour nous », poursuit la psychopraticienne.

      En couple depuis deux ans avec un homme rencontré lors d’une mission humanitaire, Chloé constate que « le manque de perspectives » lié au confinement l’a « incitée à se projeter » dans son couple. A l’orée de ses 30 ans, « sans avoir pris le temps d’en discuter avant », il a fallu « se rendre à l’évidence » :

      « Il ne veut pas d’enfant et veut repartir à l’étranger ; moi j’ai besoin de stabilité et envie de fonder une famille. »

      Le 26 avril, distance oblige, c’est par WhatsApp que Charles a fait part à Laura de ses doutes existentiels : « J’ai pris beaucoup de recul pendant ce confinement. J’ai pris conscience que j’avais moins de sentiments pour toi. L’idée de te retrouver me séduit moins qu’avant. » Une claque pour celle qui considère encore Charles comme « l’homme de sa vie », décrivant « un couple joyeux et stable ».

      Le processus de deuil rendu plus difficile

      Chez les couples formés récemment, cette période a permis de découvrir l’autre et de s’apercevoir de leur incompatibilité. « Le confinement a clarifié notre histoire en mettant en lumière sa fragilité », reconnaît Simon, le consultant en informatique parti rejoindre sa compagne polonaise, qui peut désormais lister une myriade de choses qui dysfonctionnaient dans sa relation : « on rigolait peu ensemble », « il manquait de la complicité », « elle était matérialiste ».

      Vincent, lui, n’a eu aucune explication. Le 2 avril, après leur dispute anodine, Morgane lui a annoncé qu’elle voulait le quitter. Quelques jours plus tard, elle amorçait une procédure de divorce sur Internet. « Je suis devenu un pestiféré en l’espace d’un mois, sans comprendre, c’est très violent », confie Vincent, décrivant « une situation invivable », qu’il surmonte à grand renfort d’antidépresseurs. De nombreuses personnes séparées, mais confinées ensemble, confient avoir vécu un enfer, décrivant un quotidien partagé entre disputes et indifférence.

      Comme dans toute séparation, cette période charrie une grande tristesse. Quittée quelques jours après le 16 mars, une internaute a décidé de partager sa solitude et sa colère sur le compte Instagram « cœur confiné ». « Et sinon ? A partir de quand on arrête de pleurer ? », « Ne pas stalker, ne pas stalker… », « Vivement le 11 mai je vais enfin pouvoir aller crever ses pneus », « C’est comme si la vie était sur pause », écrit-elle sous anonymat, presque quotidiennement.

      Une tristesse à laquelle s’ajoute un profond sentiment d’isolement, causé par le confinement. « Dans le processus de deuil, il y a ce qu’on appelle une sociologie de la rupture, qui consiste notamment à trouver du réconfort auprès de ses proches », souligne Claire Marin. Privées de ce cheminement psychique, « les personnes séparées restent bloquées dans leur colère ».

      Pour cette raison, Chloé a préféré ne pas « acter sa séparation tant que les bars ne seraient pas rouverts ». En attendant, le contexte aidant, elle « ne se rend pas trop compte ». Que se passera-t-il quand cette période de déconfinement sera vraiment terminée ? L’internaute derrière le compte « cœur confiné » a déjà anticipé un grand besoin de soutien : « Si j’ai envie de le rappeler, vous serez là pour m’en empêcher ? Promis ? »

      #coronavirus #confinement #couples #séparations #ruptures

    • La retraite fait un peu le même effet à pas mal de couple  : obligé de fréquenter l’autre à longueur de journée, on se rend compte qu’on croisait un étranger.

      C’est en partie ce qui nous rend fous avec le proprio qui vit 400m + loin, mais qui a son atelier à 10 mètres de notre porte.
      Tant qu’il bossait, il nous pourrissait que les soirées et le WE. Mais depuis qu’il est à la retraite, il passe tout son temps autour de son hangar de merde, à faire pétarader tracteur, bétonneuse, compresseur, etc. (il s’en est payé des jouets, avec notre loyer  !)  : on se tape son bruit 7/24. En gros, il rentre chez lui pour pioncer et mettre les pieds sous la table. Et l’été, les journées sont looooooooooooogues  !

  • Peripheral borders, soft and hard re-bordering in Europe

    Joan Vicente Rufí, Yann Richard, Jaume Feliu et Matteo Berzi
    Editorial: Peripheral borders, soft and hard re-bordering in Europe [Texte intégral]

    Marta Zorko et Nikola Novak
    Deconstructing the discourse of divisions: mental boundaries in the divided city of #Vukovar

    Mykola Dobysh et Boris Yatsenko
    Borders, Constituency Politics, and “Our Man” Voting in Electoral Geography of Ukraine

    Martin Barthel
    Capricious pathways – a comparative analysis of local identity building in border regions. A case study of Polands Western and Eastern border

    Imre Nagy
    Cross-border cooperation on the external borders of the EU and the impact of the received EU CBC funds on AP #Vojvodina/Serbia

    Vladimir Kolosov
    Phantom borders: the role in territorial identity and the impact on society

    Christian Vandermotten
    Compte rendu : Trois ouvrages récents en langue française sur la thématique des frontières

    https://journals.openedition.org/belgeo/35120

    #frontières #frontières_extérieures #revue #Europe #EU #UE #frontières_européennes #frontières_mentales #frontières_urbaines #séparation #villes #urban_matter #géographie_urbaine #géographie_politique #Croatie #Ukraine #géographie_électorale #identité #Pologne #identité_territoriale #frontières_fantômes #Belgeo #coopération_transfrontalière

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  • Trump’s separation of families constitutes torture, doctors find | US news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/us-news/2020/feb/25/trump-family-separations-children-torture-psychology

    The trauma Donald Trump’s administration caused to young children and parents separated at the US-Mexico border constitutes torture, according to evaluations of 26 children and adults by the group Physicians for Human Rights (PHR).

    The not-for-profit group’s report provides the first in-depth look at the psychological impact of family separation, which the US government continued despite warnings from the nation’s top medical bodies.

    #trump #mexique #états-unis #migrations #asile

  • Une vie à découvert : LA GALERE DES MAMANS SOLOS – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2019/12/01/une-vie-a-decouvert-la-galere-des-mamans-solos

    FS : Peux-tu nous parler de ta situation de « maman solo » et des circonstances qui ont fait que tu es une maman solo ? Reçois-tu une pension de la part du père ?

    MS : Oui, la question financière, c’est clair que c’était pour moi hyper-important à une période, parce que j’ai vécu deux vies de couple et j’ai fait un enfant à chaque fois, avec deux pères différents, donc ça fait deux situations différentes. Je suis maman solo suite à une séparation, et ces séparations m’ont permis de prendre conscience de ce qu’est la vie de couple, que c’était quoi finalement le couple, par rapport à mes attentes et la finalité de la vie. La séparation, c’était me retrouver sans pression sociale, familiale ou personnelle, c’était me sentir libérée, débarrassée d’un carcan.

    SOUCIEUSE.jpg

    FS : Tu as donc vécu la vie de couple comme un carcan ?

    MS : Ce n’était pas si joyeux que ça, au final. Parce que, avec mes deux partenaires, c’était assez compliqué. Ca a été des expériences, et je ne veux pas généraliser, mais la séparation a été un vrai choix de ma part, surtout la deuxième fois. Ca fait 6 ans que je vis seule, j’ai une petite pension de la part du père de ma grande, et il me donne exactement la même somme depuis 2006.

    FS : Pas d’augmentation du coût de la vie ?

    MS : Absolument pas. Même si ça avait été mentionné dans le jugement que ça devait être réévalué, en fonction des études de ma fille par exemple, et j’avais fait inscrire que les charges un peu exceptionnelles devaient être divisées en deux. Je n’avais pas pris d’avocate, je pensais pouvoir me débrouiller toute seule…

    FS : Une avocate ça coûte cher, sauf si on a une aide judiciaire…

    MS : C’est ça, j’étais au SMIC à cette époque et je n’en voyais pas l’intérêt. Mais pour ma deuxième séparation, j’ai pris une avocate parce que la situation était très complexe. Et c’est là que j’ai découvert la justice patriarcale, c’est-à-dire qu’on m’avait dit : « la justice, tu verras, elle est toujours du côté des mères », et en fait, à cette période, la justice était plutôt du côté des pères : je revois encore le père de ma grande faire sa victime, être hyper-écouté par les juges qui en plus étaient des femmes, il les a complètement mises de son côté. Et je me suis dit, heureusement, je suis autonome financièrement, j’ai le permis, je sais me débrouiller, mais moralement et au niveau stress, la barre était haute.

    FS : Est-ce qu’il a essayé d’utiliser votre enfant contre toi ? Est-ce qu’il s’en est servi comme pion pour que tu aies des problèmes avec la justice ou autrement ?

    MS : Oui, il l’a fait à titre personnel, et avec la justice, il l’a tenté. Il a fait aux juges le coup de la vie difficile et il a dit « mais quand même, j’ai décidé d’ouvrir un compte à ma fille et de lui mettre une petite somme tous les mois ». Très bien. Sauf qu’il rajoute à la fin : « je m’autorise à pouvoir piocher dedans en cas de coup dur ». Là, j’ai halluciné parce que les juges n’ont rien dit. Ils ont juste dit : « Monsieur, on comprend ». C’est n’importe quoi, tu ne peux pas dire que tu fais ça pour ton enfant et en même temps, ce n’est pas vraiment pour ton enfant, puisque tu le fais pour toi. C’est juste pour te montrer la façon dont il a essayé de se créer une façade de bon père de famille que les juges ont acceptée sans poser de questions.

    FS : Donc il ne faisait pas des visites régulières, c’était « je viens si je veux » ?

    MS : Ca, c’était avant qu’on ne passe devant le juge. Après, ça s’est calé, c’était obligatoire. Mais il lui est arrivé alors de me ramener la petite parce que, d’après ses dires, elle avait « fait une crise ». Il trouvait des prétextes pour s’en débarrasser s’il avait autre chose à faire. Et sans aucune pédagogie : du jour au lendemain, il part avec une autre femme et il explique brutalement à notre fille que c’est sa nouvelle famille : ce n’est pas possible de fonctionner comme ça avec des enfants.

    Monsieur paye une pension qu’il peut compter dans ses charges, donc c’est déductible d’impôts. Et moi, c’est compté dans mes revenus donc c’est imposable. Ce n’est pas trop mon truc de calculer ça mais à une période, ça m’a fait passer dans la catégorie des personnes qui devaient payer des impôts. Alors que 150 Euros par mois, c’est rien pour élever un enfant. Parce que, il y a 6 ans, j’ai fait le choix de revenir dans une grande ville : mes filles ont une grande différence d’âge, j’ai voulu qu’elles aient chacune leur chambre et j’ai dû prendre un appartement plus grand. Tout ça a un coût. Et quand j’ai quitté cette campagne, j’ai regardé les loyers un peu partout, et puis finalement, j’ai dû me retourner vers les bailleurs sociaux pour trouver un appartement qui soit dans mes prix. Donc je suis une cadre moyenne qui vit dans un logement social. (rires)

    Pas drôle, ça : les logements sociaux sont prioritairement attribués à des gens comme toi, pas des gens en-dessous de la ligne de flottaison.

    #femmes #pères #mères #couple #famille #pauvreté #divorce

  • [L’actualité en 3D] Vocabulaire politique : Affaires courantes - Les affaires courantes : c’est qui qui fait quoi ?
    http://www.radiopanik.org/emissions/lactualite-en-3d/les-affaires-courantes-c-est-qui-qui-fait-quoi-

    Pour ce premier épisode de l’Actualité en 3D de l’année 2020, nous aurons le plaisir de recevoir Caroline Sägesser, historienne, spécialiste des cultes, de la laïcité, de leur organisation et de leur financement. Caroline et chargée de recherche pour le #CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politiques partenaire de cette émission et, à ce titre, une fine observatrice de la vie politique belge. Précisément, cette émission sera consacrée à un élément particulièrement prégnant de l’actualité gouvernementale : la notion d’affaires courantes. En effet, depuis sa #démission en décembre 2018 et vu l’impossibilité, à ce jour, de lui trouver un successeur à la suite des élections du 26 mai 2019, le #gouvernement fédéral est dit en affaires courantes. Que signifie cette expression ? Quel lien entretient-elle (...)

    #séparation_des_pouvoirs #contrôle_parlementaire #gouvernement,CRISP,séparation_des_pouvoirs,contrôle_parlementaire,démission
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/lactualite-en-3d/les-affaires-courantes-c-est-qui-qui-fait-quoi-_07949__0.mp3

  • The Invisible Wall of #Lampedusa: Landscaping Europe’s Outer Frontier

    Two people are standing by a beaten-up Toyota on an arid, scrub-covered hilltop in the middle of nowhere. They are looking at the valley, keeping a safe distance from the edge. They have to make sure they are not visible from down there, to avoid any trouble. From where they stand, they can see only the roofs of the buildings at the bottom of the valley, some red and white prefabs making their way out of the green vegetation. Getting closer to the edge, they can probably see people walking between the buildings, hanging clothes out to dry on their fences, maybe playing football or talking outside. We’ve all seen these scenes on TV. But they can’t get any closer, otherwise the soldiers might confiscate their cameras. Instead, they will just take nice pictures of the valley, the prickly pears and the scattered agaves lining the hillsides. Even of the sea, in the background.


    https://failedarchitecture.com/the-invisible-wall-of-lampedusa-landscaping-europes-outer-fronti
    #séparation #division #murs #frontières #in/visibilité #ségrégation #migrations #asile #réfugiés #camps #paysage #CPSA #Centro_di_Primo_Soccorso_e_Accoglienza #Porta_d’Europa #monument #port #Molo_Favaloro

    via @isskein
    ping @mobileborders @reka

    Et la conclusion:

    Broadly speaking, Lampedusa serves as evidence of the complexity of the spatial implications of political borders, when they do not translate into physical barriers. The narrative around migration that currently permeates Europe has not necessitated a physical wall in Lampedusa, but it has taken the form of a network of artefacts, whose collective purpose is to produce the spectacle of a border.

  • Bordeaux : un « gilet jaune » condamné à deux ans de prison ferme
    https://www.europe1.fr/societe/bordeaux-un-gilet-jaune-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme-3863690

    Un « gilet jaune » de 36 ans, sans domicile fixe, a été condamné la semaine dernière pour avoir lancé des fumigènes, pavés et bouteilles sur les forces de l’ordre lors de l’"acte 13" à Bordeaux.

    Un sans domicile de 36 ans, hébergé par une amie, a été condamné à deux ans de #prison ferme en comparution immédiate à Bordeaux, en Gironde, pour des dégradations et des jets de projectiles sur les forces de l’ordre lors de l’"acte 13" des « #gilets_jaunes », rapporte Sud-Ouest lundi. 

    Des jets de projectiles sur les forces de l’ordre et des dégradations. Le « gilet jaune » a été identifié grâce aux images de vidéosurveillance de la place Pey-Berland de Bordeaux et des rues adjacentes mais aussi par celles diffusées sur les réseaux sociaux. Il faisait partie des manifestants qui ont provoqué les forces de l’ordre. Il a incendié un container de poubelle, lancé des fumigènes, des pavés et des bouteilles sur les CRS et les gendarmes mobiles avant de commettre des dégradations, détaille Sud-Ouest. 

    Déjà connu de la justice. Placé en garde à vue la semaine dernière, il a reconnu l’ensemble des faits. Déjà connu de la justice, il a été condamné à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt, une interdiction de manifester à Bordeaux pendant deux ans et celle de détenir une arme.

    Il ya aune semaine la presse des flics si le pléonasme est autorisé évoquait déjà 300 mises sous écrou depuis novembre...

    #justice #bouchers

    • Le zèle des juges à réprimer les gilets jaunes est à l’image de leur zèle à soulager les agresseurs sexuels.

      Affaire Besson : Le parquet de Paris a annoncé lundi le classement sans suite de l’enquête préliminaire pour viol visant le cinéaste. Il a par ailleurs indiqué avoir ouvert une autre enquête préliminaire, le 21 février, après avoir reçu « un signalement visant des faits d’agression sexuelle ».

      #présomption_d'innocence à deux vitesses
      Et ils osent dire :

      « La commission d’enquête du Sénat et le Sénat ont choisi de se livrer à une appréciation qui est, je crois, très politique, a indiqué Édouard Philippe, depuis le perron de Matignon. Je n’en suis pas surpris, mais comme j’ai un attachement très vif et très grand au principe de séparation des pouvoirs , j’en suis un peu déçu. » Jugeant « incompréhensibles et souvent injustes » les recommandations formulées par la chambre haute à l’égard des proches collaborateurs d’Emmanuel Macron, et en particulier du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, le chef du gouvernement a rappelé que « traditionnellement les chambres ne se mêlent pas de l’organisation interne de la présidence de la République ».

      #séparation_des_pouvoirs à géométrie variable

      #obscénité #injustice

    • Ils auront passé une semaine derrière les barreaux. Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été libérés mardi 26 février, à la suite d’une décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Cette formation de la cour d’appel de Paris a infirmé la décision du juge des libertés et de la détention contre l’avis du parquet général.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/26/alexandre-benalla-et-vincent-crase-obtiennent-leur-remise-en-liberte_5428550

  • Sénateurs et juristes contestent l’argumentaire du gouvernement : « le #Sénat est dans son rôle » | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/senateurs-et-juristes-contestent-l-argumentaire-du-gouvernement-le-senat

    « Il y a une mésinterprétation de la #séparation_des_pouvoirs par l’exécutif. Il n’y a pas d’atteinte, on n’est simplement pas habitué à ce que fait le Sénat dans l’affaire Benalla. Les propos de la garde des Sceaux et du Premier ministre sont inquiétants sur le terrain de l’agencement des pouvoirs », considère-t-il.

    #droit_constitutionnel

  • « Billydéki » : l’horreur des pensionnats autochtones Anne-Frédérique Hébert-Dolbec - 16 Février 2018 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/lire/547904/billydeki-l-horreur-des-pensionnats-autochtones

    En choisissant de plonger l’intrigue de son premier roman dans l’enfer des pensionnats autochtones, la réalisatrice et documentariste Sonia Perron tente ce que peu oseraient accomplir : raconter l’intolérable, avec une sobriété dénuée d’euphémisme.

    « Il est impératif de tuer l’Indien dans l’enfant afin que celui-ci puisse intégrer le monde des Blancs. Un monde où on respecte Dieu, un monde sans luxure, sans péché. Ce garçon est mon meilleur. Il croit en Dieu et est presque complètement assimilé. Le retourner dans son ancien monde serait une grossière erreur. Jean Lacombe demeurera au pensionnat pour l’été. »

    Aujourd’hui considérés comme un outil central du génocide culturel à l’égard des premiers peuples du Canada, les pensionnats autochtones et l’ampleur des monstruosités qui s’y sont déroulées entre la fin du XIXe siècle et 1996 demeurent méconnus des Québécois.

    Au cours de cette période, 150 000 enfants ont été arrachés à leur famille et à leur communauté puis placés dans l’un des 139 établissements en activité au pays, dans l’objectif d’en faire des êtres civilisés, dépossédés de leur nom, de leur langue, de leur culture et de leur identité. Près de 3500 d’entre eux ont perdu la vie, victimes d’indescriptibles sévices, de maladies et de déficience sanitaire.

    Recoller les morceaux
    Fruit d’une rencontre marquante avec une victime de cette tentative d’assimilation, et de plus de quatre années de recherche exhaustive, Billydéki offre un portrait brutal, choquant et évocateur de cette funeste réalité, à travers une intrigue savamment tissée, aux effluves de road book, dont l’appel du dénouement s’avère plus fort que la volonté de fermer les yeux.

    En 1945, dans un pensionnat du nord de l’Ontario, Billydéki et le Petit, deux gamins d’à peine 13 ans, disparaissent sans laisser de trace. Vingt-cinq ans plus tard, Thomas Laurin, un frère défroqué hanté par son passé et son silence, se décide à révéler ce dont il a été témoin. Craignant que l’homme à l’origine des actes abominables qui ont mené à la fugue des enfants ne récidive, il se confie à un jeune enquêteur et à sa collègue qui tenteront, envers et contre tous, de résoudre cette sordide histoire dans un Québec en plein bouleversement, encore attaché et défini par ses valeurs religieuses.

    Dans cette aventure qui les mènera sur l’emblématique route 66 qui traverse les États-Unis, les deux policiers recollent les morceaux tout en marchant sur les traces de Jack Kerouac, au coeur d’une Amérique moderne à la recherche de justice et de vérité.

    La fascination qu’exerce la trame narrative ne parvient cependant pas à absoudre l’aspect unidimensionnel du roman, exacerbé par une plume par moments réductrice qui contribue à dépeindre des personnages peu nuancés, dont les desseins sont d’une improbable et frustrante dichotomie.

    Billydéki n’est pas un roman qui s’attarde à comprendre ou à expliquer l’horreur, ni à offrir une réflexion sur la réconciliation. Il est plutôt résolument axé sur l’espoir ; celui qui émerge lorsqu’on tend la main et l’oreille aux réalités différentes avec ouverture et sensibilité. Et ça, on ne peut guère le lui reprocher.

    #déportation #Inuits #inuites #quebec #canada #enfants #peuples_autochtones #séparation #Autochtones #Inuit #Discriminations #Racisme #Colonialisme #ça_continue... #première_nations #enlèvement #génocide

    • Extrait de « Billydéki »

      « Je suis sorti du train, il y avait quelques personnes qui attendaient. J’ai cherché ma maman. Je suis passé tout près d’elle et je ne l’ai pas reconnue. C’est elle qui m’a pris dans ses bras. C’est elle qui m’embrassait, me caressait les cheveux, le visage. Je ne savais pas quoi dire, quoi faire. Brusquement, j’ai reculé. Un mur m’empêchait de l’approcher. C’était triste. Très triste. Loin de ce que j’avais imaginé. »

  • Montréal : L’inuktitut interdit au DPJ : une enquête est ouverte Magdaline Boutros - 22 décembre 2018 - Le Devoir

    La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse déclenche une enquête pour faire la lumière sur le traitement réservé à de jeunes Inuits hébergés dans des centres jeunesse — les centres Batshaw — du DPJ anglophone de Montréal.

    Dans un reportage diffusé le 13 décembre, la CBC révélait que des enfants inuits transférés du Nunavik vers des centres de la jeunesse et de la famille Batshaw du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal n’ont pas accès aux services de travailleurs sociaux et se font interdire de parler en inuktitut.


    Photo : Nathan Denette La Presse canadienne Des enfants inuits transférés du Nunavik vers des centres de la jeunesse et de la famille Batshaw du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal n’ont pas accès aux services de travailleurs sociaux et se font interdire de parler en inuktitut.

    À la lumière de ces informations, la Commission dit avoir « des raisons de croire que les droits de ces jeunes ont pu être lésés ». Dans un communiqué diffusé vendredi, l’organisme mentionne que « certains jeunes auraient subi des représailles pour s’être exprimés en inuktitut ».

    Aucun travailleur social ne leur aurait été désigné à leur arrivée à Montréal, poursuit la Commission, « sous prétexte qu’ils relèvent toujours du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) du Nunavik ». Mais celui-ci « n’assurerait pas dans les faits un suivi social et les responsabilités qui lui sont dévolues dans la Loi sur la protection de la jeunesse ».

    Dans une déclaration envoyée au Devoir, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal — qui supervise depuis 2015 les activités des centres Batshaw — souligne que la priorité de ces centres « est d’offrir des services de qualité aux enfants » et que ceux-ci sont « reconnus pour leur ouverture à la diversité et pour leurs compétences ethnoculturelles ». Puisqu’une enquête a été déclenchée, le CIUSSS n’a pas voulu faire davantage de commentaires.

    Dans son reportage, la CBC spécifiait que le transfert de jeunes Inuits vers des centres jeunesse de Montréal a lieu lorsque les foyers d’accueil ou de groupe du Nunavik sont remplis au maximum.

    Selon la société d’État, à leur arrivée dans la métropole, ces enfants sont laissés à eux-mêmes, puisqu’ils sont officiellement suivis par un travailleur social basé au Nunavik.

    #déportation #Inuits #inuites #quebec #enfants #peuples_autochtones #séparation #Autochtones #Inuit #Discriminations #Racisme #Colonialisme #ça_continue... #première_nations #enlèvement #génocide

  • Marseille : le mur de la honte

    Comme ultime réponse à la contestation populaire contre son projet piloté par la #Soleam, société d’aménagement, la mairie de Marseille monte un mur de béton entre les habitants et #La_Plaine, pour la « réaménager » par l’agence #APS. Marseille prend ainsi le visage du Mexique, de Belfast, de Gaza, ou de Berlin en 1961.


    https://blogs.mediapart.fr/671095/blog/301018/marseille-le-mur-de-la-honte
    #murs #Marseille #séparation #division #barrières #villes #urban_matter #France #ville_divisée #divided_cities #frontières #frontières_urbaines #murs_intra-urbains

    • Le mur du mépris - La Plaine 2018

      Berlin ? Belfast ? Mexique ? Gaza ? Non, aujourd’hui c’est à la Plaine que la mairie et les flics, main dans la main, ont décidé d’ériger un gigantesque mur de béton pour tenter d’écraser toujours plus le quartier. Retour en photo et en vidéo sur le musellement de la place...

      (Petite mise au point : un certain nombre de lecteur/lectrices ont souligné que la comparaison avec les murs de Gaza, Berlin etc. était peut-être un peu abusive ou malencontreuse. Effectivement, les réalités des murs érigés en Palestine, à la frontière Etats-Unis-Mexique, ou par le passé à Berlin, sont toutes autres. A la Plaine, point de miradors, de contrôles d’identité et de militaires. L’intention n’était pas de mettre sur un même niveau ces réalités totalement différentes, mais simplement de souligner les comparaisons qui sont sur toutes les lèvres des habitant.e.s du quartier, aussi approximatives soient-elles...)

      Tout le monde s’y attendait, mais personne n’osait y croire. Gérard Chenoz tient ses promesses : quand il veut éradiquer les quartiers populaires, et bien il met tout en oeuvre pour y parvenir. Histoires de pouvoir et de pognon, c’est certain. Mépris de classe assurément.

      Et là où le gentrifieur en chef tient aussi ses promesses, c’est dans son goût prononcé pour la manipulation. Il a quand même trouvé moyen de jouer la victime dans la presse, et tenter de renverser médiatiquement la vapeur. Selon ses atermoiements, s’il est nécessaire d’installer ce mur de la honte, c’est à cause de la révolte des habitant.e.s et usager.e.s de la Plaine. Si ce mur coûte près de 400000 euros de plus aux 20 millions déjà faramineux du projet, c’est à cause de la plèbe qui exprime sa colère. Et, pirouette finale, s’il y a 400000 euros à débourser en plus, ce sera bien à la charge des contribuables, et ce, à cause, évidemment, du peuple de la Plaine opposé aux travaux. La boucle est bouclée : l’exorbitant coût des travaux est directement imputable aux plainard.e.s ! Roublard le Gérard, non ?

      Mais ça n’est pas un problème pour lui, ni pour la mairie. Leur mur de mépris, ils le posent. Ils semblent insinuer que, désormais, le quartier est à eux... Pourtant, rien n’est fini. Le quartier ne veut pas de leur aménagement à coup de matraque, de mur et de béton. Le quartier se battra jusqu’au bout pour arrêter ce chantier dont personne ne veut.

      Voici un excellent retour par Primitivi sur le début de l’installation du mur lundi 29 octobre, et sur la conférence de presse qui l’a précédé :
      https://vimeo.com/297967292


      https://mars-infos.org/le-mur-du-mepris-la-plaine-2018-3468
      #gentrification

    • Et à #Bure... les murs ont tombé... c’est ce qui est rappelé sur les réseaux sociaux concernant le mur de Marseille :

      En fait on a déjà vu ce type de murs à Bois Lejuc (#Bure) il y a deux ans ... et les murs étaient tombés

      https://twitter.com/ADecroissance/status/1057396390014390272

      Les murs tombent dans le #Bois_Lejuc !

      Aujourd’hui, près de 500 personnes, jeunes, moins jeunes, militant-e-s de tous les horizons, habitant-e-s, agriculteurs, ont réinvesti le Bois Lejuc et procédé à sa remise en état dans une atmosphère festive et déterminée. Plusieurs centaines de mètres de pans de mur illégalement érigés ont été abattus, d’autres redécorés, des arbrisseaux plantés. Quelques plants de légumes plantés lors de l’occupation de la forêt du 19 juin au 7 juillet, rescapés de la reprise de la forêt par l’Andra, ont même été repiqués.
      deco190Militant-e-s récemment mobilisé-e-s et opposant-e-s de la première heure se sont retrouvé-e-s à l’ombre des arbres libérés pour pique-niquer et refaire le monde sur les ruines du mur. Avec la chute de ce mur, ce n’est pas seulement un symbole de la violence et du passage en force de l’Andra qui est tombé ; c’est aussi la chape de plomb de la fatalité et de la résignation qui s’est fissurée.

      down2Cette fronde populaire est une saine et légitime défense face au rouleau compresseur de l’Andra, prête à tout pour imposer CIGÉO (emploi de vigiles surarmés, mépris des lois, mépris des décisions de justice). Les centaines de personnes arrivées dans le bois ont pu constater l’ampleur des dégâts infligés à la forêt : coupes dans des futaies de jeunes arbres, nouvelles et larges saignées dans les taillis… Certains indices laissent d’ailleurs penser que l’Andra a poursuivi ce défrichement illégal même après la décision de justice du 1er août. Nous attendons avec impatience les échéances juridiques à venir.


      Face à l’étendue des dégâts et la mauvaise foi de l’Andra, il nous semble plus qu’essentiel de continuer à défendre la forêt dans les jours et semaines à venir !


      https://vmc.camp/2016/08/14/les-murs-tombent-dans-le-bois-lejuc

    • Dans le numéro de @cqfd en kiosque actuellement

      #Urbanisme à la tronçonneuse – La Plaine emmurée > La mairie y croyait dur, à son opération table rase sur La Plaine. Et, la mort dans l’âme, le quartier s’y préparait. Une fois chassés les gens du marché, la résistance allait faiblir. Gérard Chenoz, adjoint (LR) aux Grands projets d’attractivité et maître d’œuvre des travaux de requalification de la place Jean-Jaurès, s’en était vanté auprès du site Marsactu : « Une Zad sur La Plaine ? Dans dix jours c’est fini. » Il aura finalement fallu un mois riche en surprises, et un mur de béton de 2,5 mètres de haut ceinturant l’esplanade, pour que le chantier démarre vraiment. Le Marseille populaire n’a pas dit son dernier mot.

      http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no170-en-kiosque

    • Heureusement, ces murs seront « embellis et habillés » par des « artistes, peintres urbains et graffeurs [...] dans le respect de l’identité de la place Jean Jaurès, connue pour être un lieu incontournable du street art ». Peindre en rose un mur de séparation, un crachat au visage du quartier, ne le rend pas plus agréable ni « respectueux ». Par contre, ces fameux « artistes » risquent de ne pas être très bien accueillis lorsqu’ils viendront. Devra-t-on bientôt voir des « street-artistes », héritiers de l’art vandale, protégés par la police ? Ce serait un comble.

      Pour l’anecdote, on apprend aussi que « les accès aux immeubles résidents sont maintenus » pendant la durée des travaux. C’est gentil ça, de laiser les gens rentrer chez eux.

      https://mars-infos.org/chenoz-et-la-mairie-nous-mentent-3469#nh3-3

      formulé par la Soleam :

      Mesure de sécurité aussi regrettable qu’indispensable, ces barrières deviendront un espace d’expression. Un collectif d’artistes leur donnera une note artistique. Ces peintres urbains et graffeurs travailleront à égayer le nouveau dispositif de sécurité, dans le respect de l’identité de la place Jean Jaurès, connue pour être un lieu incontournable du street art.

      http://www.soleam.net/projet/__trashed-2

      Leur rêve :

      Un positionnement géographique idéal, un port enfin dynamique et plutôt smart, des grandes entreprises qui agissent comme locomotives, des entrepreneurs qui ne restent pas indifférents aux évolutions du territoire, des startups à foison et, cerise sur le gâteau, un climat clément qui rend le business plus sympathique sous le soleil.

      «  Nous voulons nous servir du langage de la tech pour hacker les cerveaux des plus jeunes et leur donner accès à la culture.  »

      « Il faut repenser la configuration des quartiers. Tout détruire et tout reconstruire de façon différente en utilisant une situation géographique exceptionnelle . Cela doit s’accompagner d’une politique plus sociale. » Et de plaider pour un « plan Marshall urbanistique » . Mais aussi pour un centre-ville qui aurait tout intérêt à devenir piéton, gagnant ainsi des points d’attractivité supplémentaire, ne serait-ce qu’au niveau touristique.

      Qui voudrait aussi plus de bleu et de vert, « une ville propre, bien éclairée qui serait devenue le leader mondial de l’éolien flottant, qui aurait un grand port lequel aurait dépassé Miami en termes de nombre de croisiéristes. »

      https://marseille.latribune.fr/economie/2018-10-27/marseille-une-metropole-mondiale-791674.html

      Un cauchemar !

      source de l’article : #twittoland
      https://twitter.com/gerardchenoz/status/1047025687331254274
      #urbanisation #métropolisation #bétonisation

    • Marseille : lettres de la Plaine

      Alors que nous nous apprêtions à boucler l’édition de ce lundi, édition dans laquelle une lettre de la Plaine annonçait aux pouvoirs publiques que le mur de béton de 2m50 construit à la hâte pour protéger la destruction de l’une des dernières place populaire de Marseille, ne manquerait pas de tomber, nous recevons cette nouvelle missive. Le mur est donc partiellement tombé et éclaté sur le sol. Cela valait évidemment une nouvelle lettre aux élus.

      Chers Jean-Claude, Gérard & Jean-Louis,
      On voulait vous prévenir, votre mur il est malade, certaines parties ont dû être abattues.
      C’était pas sécur’.
      On a pensé à la transplantation mais c’est vrai que trois tonnes chaque morceau du mur, c’est beaucoup.
      Ceci dit, on vous trouve un peu léger.
      On a comme l’impression que vous avez du mal à estimer le poids du refus.
      C’est qu’il est bien plus lourd que votre mur.

      C’est bizarre d’être à ce point à côté de la plaque.
      De sous estimer autant.
      On vous pensait mieux renseignés, mieux entourés.
      On a pourtant tout fait pour vous aider.
      Les manifestations, les pétitions, les lettres…
      Trois mille personnes l’autre jour dans la rue.
      C’est peut-être Olivier de la préfecture, il ne sait pas compter, il doit mal vous renseigner.

      On est un peu triste pour vous parce que ça à l’air tout petit le monde dans vos têtes. Tout réduit.
      Bref, on vous sens fatigués, dépassés.
      On s’inquiète pour vous.
      D’autant qu’ici sur la place il se murmure que ça se lézarde dans les autres quartiers. D’ailleurs on fait une réunion cet après-midi avec les autres quartiers. Vous devriez venir, toute la ville sera là. Un grand conseil municipal.

      En tout cas, c’est gentil d’avoir remis l’électricité sur la place.
      On y voit mieux.

      Ici on a hâte de connaître votre prochaine idée. Le carnet de chèque, en tout cas, il doit pas mal tourner. On est rassurés de savoir la ville si riche. ça change.

      Au fait, pour le service après vente du mur, on vous donne les coordonnées :
      - Groupe PBM. 04 72 81 21 80
      97 Allée Alexandre Borodine - Bât Cèdre 2 - 69800 Saint-Priest.

      et puis celles du directeur des ventes, ça peut-être utile pour les réclamations
      Laurent ULLINO - Tél. 06 61 08 58 48
      laurent.ullino@pbm.fr »

      https://lundi.am/Marseille-lettres-de-la-Plaine-1567

    • Un quartier à cran

      Tel un orage d’été, la requalification de la place Jean-Jaurès, au cœur du quartier de La Plaine, à Marseille, s’annonce aussi incertaine que menaçante.

      À quelques jours de l’échéance, et malgré une plaquette publicitaire affirmant que tout est ficelé (on y vante sans vergogne « une démarche collective et collaborative », pour « une grande place métropolitaine, méditerranéenne, polyvalente et populaire »), tous les lots de l’appel d’offres n’ont pas encore été attribués. En revanche, des recours juridiques sont déposés au nom des forains du marché, de commerçants et de l’association La Plaine sans frontières.

      Si le cabinet APS, chargé de redessiner la place, enfume l’opinion avec des formules ronflantes promettant une « réactivation contemporaine », les premiers concernés subissent l’habituel mépris de la vieille garde municipale. Le phasage des travaux, qui aurait permis à 80 vendeurs sur 300 de cohabiter avec le chantier, est jeté aux oubliettes. Dans un courrier en date du 1er août, l’élue Marie-Louise Lota, adjointe aux Emplacements publics, annonce la « fermeture totale de la place pour des motifs de sécurité et de salubrité ». Les forains seront exilés sur huit « sites de repli », pour l’essentiel dans les quartiers Nord. Cette dispersion signerait l’arrêt de mort du marché le plus populaire de la ville.

      Autre déracinement : 87 des 191 arbres de la place devraient être arrachés. Pour endormir les consciences, l’élu Gérard Chenoz, adjoint aux Grands projets d’attractivité, et le paysagiste Jean-Louis Knidel affirment qu’ils ne seraient pas coupés, mais « transplantés ailleurs », pour « une plus grande biodiversité » !

      Consulté, un technicien forestier a démonté l’intox : une telle opération, très coûteuse, aurait dû se préparer en amont et les tilleuls adultes ont peu de chance de survivre.

      Autre fake news, la piétonisation : une voie de circulation éventrera la plus grande place de Marseille sur toute sa longueur. Pour rendre cet attentat plus sexy, les paysagistes parlent de ramblas… Aucun plan général de mobilité, aucune étude d’impact sérieuse : un effet entonnoir, ainsi que la suppression de 400 places de stationnement sans solution alternative, déporteront le chaos automobile dans les rues adjacentes.

      À des restaurateurs inquiets, Yves Moraine, maire des 6e et 8e arrondissements, a répondu avec désinvolture qu’ils seraient « bien contents de la plus-value de leurs fonds de commerce une fois le quartier réhabilité ». Il dévoile ainsi des visées spéculatives, tout en mentant éhontément : s’ils sont contraints de vendre, les commerçants le feront sur la base d’un chiffre d’affaires rendu calamiteux par trois ans de chantier.

      Autre menace : sur un espace « minéralisé », avec un « deck central » en bois où les badauds pourront « se montrer et regarder », tous les usages non encadrés et non marchands seront mal vus. Sous l’œil de 26 caméras, le carnaval indépendant, la sardinade du 1er mai, les jeux de boules ou de balle et les repas de quartier deviendront des « usages déviants ».

      Un tel équarrissage serait le point d’orgue de la reconquête d’un centre-ville trop populeux, qu’on aimerait voir basculer du côté des quartiers huppés. Sans oublier la volonté de multiplier les zones d’attractivité touristique. Preuve de l’impopularité de cette politique, les candidats de l’équipe Gaudin ont été désavoués dans les urnes, éjectés avec à peine 10 % des voix au premier tour des dernières législatives. Mais qu’importe : « Avant de prendre ma retraite, je vais nettoyer La Plaine », aurait déclaré Marie-Louise Lota.

      Plus soucieuse de réélection, la nouvelle génération LR soigne ses éléments de langage : « Je suis pour une rénovation inclusive, nous avons besoin de toutes les énergies », lance Sabine Bernasconi, maire des 1er et 7e arrondissements. Ce qui ne l’empêche pas de s’attaquer au boulodrome associatif de la place Carli, après que les bouquinistes en ont été bannis. La même phobie de toute activité populaire est là encore à l’œuvre.

      Seule force de ce projet de destruction, la division de ses adversaires. Écolos et pro-vélos sont bernés par une piétonisation cosmétique. Nombre de riverains des quartiers voisins croient que tout vaudra mieux que cette place laissée à l’abandon depuis des années. Reste le fantôme d’une Zad urbaine pour sauver les arbres, le spectre d’un coup de sang des forains et la mutation de l’assemblée de La Plaine en véritable assemblée de quartier. Qui est vivant verra.


      http://cqfd-journal.org/Un-quartier-a-cran

    • Rick Roderick on Marcuse - One-Dimensional Man [full length] | 45 Min.

      https://www.youtube.com/watch?v=WNAKr1TQ0xc

      This video is 4th in the 8-part video lecture series, The Self Under Siege: Philosophy in the Twentieth Century (1993). Lecture Notes:

      I. Marcuse became a pop figure, the philosopher of the 60s. He expressed a key contradiction in modernity. Modernity is “enlightenment”, the end of myth and dogma, the power of reason; but it is also the rise of technology, capitalism, specialization, instrumental reason and the return of myth and dogma. The enlightenment built an intellect powerful enough to surrendering dogmatically before the powers of technology. This is the “Dialectic of Enlightenment” as analyzed by Herxheimer and Adorno and popularized by Marcuse. II. Instrumental rationality, information-based individual reason, leads to irrational outcomes. Individual monologic rationality is not rational in the totality of overall system. How did the force of the love of reason become itself unreasonable? The self cannot escape siege under the sway of instrumental reason alone, it drains the world of meaning and leads to the entwinement of myth and enlightenment. The film “Dr. Strangelove” is one long example of the contradictions outlined by Marcuse. III. Instrumental reason is the product of a one-dimensional society that produces one-dimensional human beings. Marcuse criticizes our society along at least two dimensions. First, the inner dimension: anxiety, despair, nausea and a massive industry in drugs to deal with these pathologies. A society of addicts. Second, the outer social world: alienation (separation from the subject and the object and the self in Marx’s sense); rationalization (bureaucracy and technical action in Weber’s sense). These produce a one-dimensional culture or banality which reduces human suffering and human desire to trivia and image.

      IV. Such humans have by now become deeply skeptical and cynical about almost everything; in particular, the government and the culture industry. Beyond that, we are becoming skeptical about our history, our meaning, our purpose and the general fate of the species.

      V. Marcuse’s method of criticism is called internal critique which measures a society against its own historically accumulated concepts and ideals in order to point out the gap between the actual social practices and the principles.

      VI. Marcuse also never lost faith in the human species to reconstruct itself, to begin anew. This hope of liberation transcended the field of economics and standard Marxism, as well as the achievements of the so-called free and democratic world of today. He also rested his hope in the possibility of that the self could be won against the odds. Today, unfortunately, this view will seem to many quaint.

      For more information, see http://www.rickroderick.org

    • #lumières #raison #rationalité #séparation #addiction #aliénation #banalisation #complexité #démocratie #désillusion

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      https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

      #Herbert_Marcuse, né le 19 juillet 1898 à Berlin et mort le 29 juillet 1979 à Starnberg (Bavière), est un philosophe, sociologue marxiste, américain d’origine allemande, membre de l’École de Francfort avec Theodor Adorno et Max Horkheimer.

      [...]

      Il est notamment l’auteur et de L’Homme unidimensionnel (1964), qui veut démontrer le caractère inégalitaire et totalitaire du capitalisme des « Trente Glorieuses ». Ces affirmations lui valurent des critiques, notamment celle qui proclamerait la tolérance envers toutes les opinions sauf les opinions « qui perpétuent la servitude », malmènent l’autonomie au profit du statu quo répressif et protègent « la machine de discrimination qui est déjà en service »4. Pour Marcuse, la tolérance envers des idées qui servent le système de domination et d’oppression est une dénaturation du concept de tolérance : Marcuse oppose la vraie tolérance, qui est nécessairement émancipatrice, à une perversion opportuniste de l’idée de tolérance, qu’il qualifie de « tolérance répressive ». Selon Marcuse, c’est la « tolérance répressive » qui a autorisé la prise du pouvoir par le parti nazi en Allemagne5. Pour Marcuse, « une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté – la non-liberté efficace, lisse, raisonnable qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même ».

      [...]

  • Forgotten Images of the Vietnam War Made for the Americans Who Fought In It
    https://www.nytimes.com/2018/08/30/lens/forgotten-images-vietnam-war.html


    Black soldiers at Camp McDermott stand by a barbed-wire fence intended to segregate their living quarters from those of white soldiers. Oct. 10, 1970.CreditBrent Procter/Overseas Weekly Collection/Hoover Institution Library and Archives
    #photographie #ségrégation #barbelés

  • Fenced out: Los Angeles businesses find new way to keep away homeless | Society | The Guardian

    https://www.theguardian.com/society/2018/aug/24/where-the-sidewalk-ends-businesses-keep-out-homeless-with-fences

    he day the fence arrived, Gabe was sitting next to his tent, right at the heart of Los Angeles’ Skid Row. It was a chain link fence – about six feet tall – placed at the edge of the sidewalk, where it neatly enclosed Gabe, his neighbors, and the tented homes they have made for themselves on the streets of what is sometimes called the homeless capital of the country.

    “They put the whole sidewalk inside the fence,” said Gabe, an older black man with kind eyes and a disarming demeanor who has lived on the streets of Skid Row for about five years. He was scaling a fish over a red plastic cooler as he talked. “I felt like we were in prison on the sidewalk. It felt like we were in prison and could get out, but still in prison, you know what I mean?”

    #mur #barrière #los_angeles #pauvreté #sdf #discrimination #séparation

    • J’y étais en avril... Il y avait là un quartier de... 12 îlots (?) dont les trottoirs étaient intégralement occupés par des tentes réelles ou de fortune. Traversée en voiture avec un proche qui nous montrait « la ville » comme elle est. Un kilomètre plus loin, le site des sports : stade de basket qui se transforme en stade de hockey sur glace en 8 heures. Frissons. Sous 23°C en avril.

  • Trump Administration in Chaotic Scramble to Reunify #Migrant Families - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/07/05/us/migrant-children-chaos-family-separation.html

    In hundreds of cases, Customs agents deleted the initial records in which parents and children were listed together as a family with a “family identification number,” according to two officials at the Department of Homeland Security, who spoke on the condition of anonymity because they were not authorized to discuss the process.

    #répugnant #Etats-Unis #séparation

  • Familles séparées : le Canada devrait se regarder dans le miroir, disent des Autochtones.
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1108212/separation-familles-canada-autochtones-trump

    Depuis avril, près de 2000 enfants migrants ont été séparés de leurs parents arrêtés à la frontière américaine pour l’avoir franchie sans papiers. Une politique que l’administration de Donald Trump revendique au nom d’une « tolérance zéro » contre l’immigration illégale.

    Au Canada, les Autochtones ont également connu les traumatismes de la séparation de leur famille et de leur culture. Entre la fin du 19e siècle et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été arrachés à leur famille et placés dans des pensionnats dirigés par des religieux.

    « Plusieurs des enfants envoyés aux pensionnats étaient emmenés sans que leurs parents le sachent. Ils jouaient dehors, par exemple, et ils étaient enlevés puis envoyés aux pensionnats. Certains ne revenaient jamais », souligne en entrevue à Radio-Canada la professeure et directrice de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, qui est membre de la Nation Gitksan, en Colombie-Britannique.

    Pendant les années 60, 70 et 80, 20 000 enfants autochtones ont en outre été enlevés de leur famille et placés dans des familles non autochtones dans le cadre de la rafle des années 60 (« Sixties Scoop »).

  • « Pour saisir la situation, il faut voir les photos d’enfants enfermés dans des cages, recouverts de couvertures de survie posées sur des matelas à même le sol. »

    La glaciation Romain Dumont - 23 Juin 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/531024/la-glaciation

    C’est tristement drôle comment les abréviations d’initiales sont parfois longues de symbolisme ; aujourd’hui, les trois lettres de #ICE, l’agence américaine pour « l’#Immigration and Customs Enforcement », sont devenues l’étendard d’une milice au coeur, justement, de glace. D’une bande de red-necks qui exécute de sang-froid des lois néroniennes. Pour saisir la situation, il faut voir les photos d’enfants enfermés dans des #cages, recouverts de couvertures de survie posées sur des matelas à même le sol. Leur sommeil laissé entre les mains de ce que la démocratie électorale a de plus dégueulasse ; les politiques démagogues. L’indignation est tellement généralisée que même l’ancien directeur du ICE en est venu à déclarer que ce genre de politiques pourrait créer des milliers d’enfants orphelins.

    Le terme « créer » est important, car ce sont des orphelins artificiels. Ils ne sont pas issus de la fatalité d’un monde, mais de la #cruauté volontaire des hommes. Le message qu’ils veulent passer, est que si vous essayez de passer la frontière vous risquez de perdre vos enfants. Je suis contre ces camps, je suis contre l’argumentaire des sans-dessein, ils ne sont rien d’autre que répulsif, on ne sépare pas les familles, point, mais nous pouvons gueuler aussi fort que nous le voulons, une chose qui semble évidente à travers ce gouvernement c’est qu’il se fout éperdument de la pression internationale et que ça ne le fera pas changer d’un poil. Bien sûr, ce n’est pas une raison pour se taire, il faut s’indigner, annuler ses vacances mêmes, c’est magnifique comme sentiment et ça rend libre, mais il faut surtout être libre de penser et de savoir comment notre indignation peut être utilisée de manière opérante, sinon ce n’est que pure fantaisie et pure flatterie d’intellos qui aiment s’autoproclamer humanistes. Je suis convaincu que le devoir de s’insurger vient avec celui de le rendre le plus efficace possible.

    Ici, on parle des pensionnats #autochtones comme le symbole de nos #barbaries ancestrales, mais dans la même phrase on se rassure : « Nous, contrairement à nos voisins américains, nous avons évolué. » Peut-être, mais pas assez pour se réjouir. Dire que cela n’existe plus est insuffisant. Les statistiques parlent pour elles-mêmes ; la moitié des enfants placés par les services de protection de la jeunesse sont issus de la communauté autochtone ou #inuite. C’est une crise humanitaire. J’ai relu le récit de Xavier Moushoom, un Algonquin de Lac-Simon, et je vous assure, on n’est pas beaucoup plus humains qu’à l’époque des pensionnats. Certes, c’est une oeuvre plus précise, plus propre, mais ça garde l’aspect de blanchissement industriel et de mécanisme bien huilé de déracinement définitif. Ils ne sont peut-être pas en cage, mais on cadenasse tout de même leur culture et leur langue. Après, ils deviennent adultes et on les laisse là, étrangers de tous, le cul entre deux chaises. Tributaires d’une histoire qu’ils ne savent pas raconter puisqu’on ne leur a jamais lue. Il faut en parler de ça aussi si c’est par humanité, l’humanisme est englobant et ne doit pas seulement être dicté par l’actualité journalistique.

    Je ne suis pas venu dire ce dont on devrait ou l’on ne devrait pas parler, je suis convaincu qu’il faut hurler sur tous les toits du monde le désespoir de ces #enfants arrachés à leur famille rendus coupables d’avoir rêvé à l’Amérique, mais dans cette même phrase, dans ce même pénible hurlement de révolte, il faut aussi pointer du doigt ce qui se passe chez nous. Sinon, cela n’est qu’hypocrisie théâtrale visant à blâmer tout le monde sauf nous-mêmes. L’#hypocrisie, elle, se soigne par la pertinence de mots les plus éclairés, informatifs et précis possible. Il y a des dizaines de mots pour désigner la glace en inuktitut, par exemple ; sikuaq, qui signifie « petite glace », ou bien igalaujait pour décrire « les glaçons minces qui s’accrochent aux herbes et aux végétaux ». À bien y penser, il en faudrait peut-être un nouveau, en anglais cette fois, pour décrire l’ICE with humanity.

    #usa #vomir #trump

  • Barry Blitt’s “Yearning to Breathe Free” | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/cover-story/cover-story-2018-07-02

    In recent years, the artist Barry Blitt has become known for his satire, which skewers, in soft watercolors, those in or adjacent to power. But Blitt, who began working for the magazine in 1992, has always been more than a comic artist, and this week’s cover features a sombre touch. We recently talked to Blitt about his art and his approach.

    A lot of your work is funny. How do you adjust that tone when tackling serious political issues?

    Yeah, my first instinct is to try to make a joke, and it’s not always appropriate—though those are the moments when a laugh might be most appreciated. Still, I’m not so far gone that I can’t tell when a gag isn’t the right response. And I’m always second-guessing myself anyway, so the process is messy and unappealing to talk about.

    How do you get ideas when responding to current events? Is it calculated or more subconscious?

    I have no idea where ideas come from. It does seem like a mysterious, unconscious thing. Though I’m pretty sure that most of my lousy ideas—when no inspiration makes itself available—are the result of calculated, paint-by-numbers thinking.

    What are your sources for keeping up with politics?

    Well, I can’t watch TV news anymore; it’s always people yelling at each other or—worse—people agreeing with each other. There’s always a background drone of outrage, it seems. Stories like this, obviously, are different. The outrage and disgust is justified and real, and needs to be paid attention to.

    Is it weird, as someone who grew up in Canada, to be known for your American satire?

    I don’t think that’s too unusual—this is a nation of immigrants. And I’d have to think that half the world is sort of obsessed with American politics, especially now.

    Three of the many sketches Blitt sent to be considered for this week’s cover.

    #graphisme #news_design #The_New_Yorker #Trump #séparation #enfants #enfance #réfugiés #migrations #asile #USA #famille

  • Tomber entre les craques

    Les yeux de ces quatre enfants me hantent.

    En avril, ils attendaient un vol à Brownsville, au Texas, qui devait les réunir avec un membre de leur famille ou avec un tuteur légal avant de recevoir la décision du gouvernement américain quant à leur droit de rester (ou non) aux États-Unis.

    Aujourd’hui, qui sait où ils se trouvent ? Ces mineurs non accompagnés font partie des enfants placés sous la responsabilité du #Office_for_Refugee_Resettlement (#ORR). Or, cette agence fédérale américaine a perdu la trace de 1 475 enfants (sur 7 635) en 2017.

    Impossible de les retracer, car il est impossible de joindre les adultes qui en ont la charge. Ces enfants sont tombés entre les craques d’un système qui sacrifie leur sécurité au profit d’une lutte contre l’immigration « illégale ».

    Alors que l’ORR se défend qu’une fois l’enfant confié à un adulte (que celui-ci soit lié à l’enfant ou non), elle n’a pas de responsabilité de suivi, il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, l’état de ces 1 475 enfants ne peut pas être confirmé. Et cette incapacité à assurer la sécurité des enfants sous sa responsabilité survient à un moment où cette agence est de plus en plus sollicitée. L’annonce, le 7 mai dernier, d’une nouvelle directive obligeant des poursuites criminelles contre toute personne entrant sans autorisation aux États-Unis force la #séparation_des_familles, les enfants ne pouvant pas être détenus dans les prisons criminelles (jusqu’alors, les mères étaient détenues avec leurs enfants dans des centres de détention). Durant les 13 premiers jours d’application, cette directive a mené à la séparation de 658 enfants de leurs parents. Ces enfants sont placés auprès d’ONG (affiliées à l’ORR) qui ont pour tâche ou bien de localiser un membre de la famille (aux États-Unis) ou un tuteur légal, ou bien de s’occuper de l’enfant si un tel adulte ne peut pas être trouvé. L’entrée en vigueur de la nouvelle directive mènera inévitablement à plus de séparations.

    Penser que cette politique sera un véritable dissuasif à l’immigration dénote une incompréhension marquée de la réalité et des violences en Amérique centrale, moteurs principaux de la migration des enfants et des cellules familiales. La preuve ? Les tentatives de traversée n’ont pas diminué en mai.

    Éparpillés aux quatre coins des États-Unis, enfants et parents butent sur les obstacles bureaucratiques à la réunification. Celle-ci est mise en péril par l’absence de documents officiels d’identité : les enfants – et les parents – n’ont pas toujours de papiers prouvant le lien familial. Ces enfants perdus dans les entrailles bureaucratiques du système d’immigration américain pourront-ils être retrouvés ? Et les parents dont les enfants leur sont enlevés au moment de l’arrestation pourront-ils les retrouver lorsqu’ils seront relâchés ou avant d’être expulsés ? L’obsession pour le contrôle des frontières est telle que la séparation des enfants et de leurs parents est devenue une politique d’État, banalisée par l’administration Trump. Et ce sont ces enfants qui porteront les traumatismes de la séparation dans leurs yeux déjà trop marqués par la violence et par la peur.

    http://journalmetro.com/opinions/trajectoires/1602965/tomber-entre-les-craques
    #disparitions #enfants #USA #Etats-Unis #unité_familiale #mineurs #enfance #famille #détention_administrative #rétention #enfants_placés #dissuasion

  • ‘Barbaric’: America’s cruel history of separating children from their parents
    https://www.washingtonpost.com/news/retropolis/wp/2018/05/31/barbaric-americas-cruel-history-of-separating-children-from-their-pa

    The policy has generated outrage among Democrats and immigration advocates. And it has conjured memories of some of the ugliest chapters in American history.

    “Official US policy,” tweeted the African American Research Collaborative over the weekend. “Until 1865, rip African American children from their parents. From 1870s to 1970s, rip Native American children from their parents. Now, rip children of immigrants and refugees from their parents.”

    #separation #enfants #parents #politique #états-unis

  • ODAE romand | Le TAF empêche un renvoi Dublin qui séparerait un père de son enfant
    https://asile.ch/2018/04/17/odae-romand-taf-empeche-renvoi-dublin-separerait-pere-de-enfant

    Dans un arrêt de février 2018, le TAF a admis le recours d’une requérante d’asile érythréenne contre une décision du SEM de la renvoyer vers l’Italie, en vertu du Règlement Dublin. Durant la procédure, cette femme a eu un enfant avec un ressortissant érythréen résidant en Suisse au bénéfice d’une admission provisoire (permis F réfugié). […]

  • Separating children and parents at the border is cruel and unnecessary

    The Trump administration has shown that it’s willing — eager, actually — to go to great lengths to limit illegal immigration into the United States, from building a multi-billion-dollar border wall with Mexico to escalated roundups that grab those living here without permission even if they have no criminal record and are longtime, productive members of their communities. Now the administration’s cold-hearted approach to enforcement has crossed the line into abject inhumanity: the forced separation of children from parents as they fight for legal permission to remain in the country.

    How widespread is the practice? That’s unclear. The Department of Homeland Security declined comment because it is being sued over the practice. It ignored a request for statistics on how many children it has separated from their parents, an unsurprising lack of transparency from an administration that faces an unprecedented number of lawsuits over its failure to respond to Freedom of Information Act requests for government — read: public — records. But immigrant rights activists say they have noticed a jump, and in December, a coalition of groups filed a complaint with Homeland Security over the practice.
    When parents and children cross the border and tell border patrol agents they would like to apply for asylum, they often are taken into custody while their request is considered. Under the Obama administration, the families were usually released to the care of a relative or organization, or held in a family detention center. But under President Trump, the parents — usually mothers traveling without their spouses — who sneak across the border then turn themselves in are increasing being charged with the misdemeanor crime of entering the country illegally, advocates say. And since that is a criminal charge, not a civil violation of immigration codes, the children are spirited away to a youth detention center with no explanation. Sometimes, parents and children are inexplicably separated even when no charges are lodged. Activists believe the government is splitting families to send a message of deterrence: Dare to seek asylum at the border and we’ll take your child.

    http://www.latimes.com/opinion/editorials/la-ed-immigrants-border-asylum-ice-201802305-story.html
    #frontières #unité_familiale #séparation #enfants #enfance #parents #asile #migrations #réfugiés #USA #Etats-Unis #détention_administrative #rétention #dissuasion

    • Familias rotas, familias vaciadas

      Es delgada y pequeña. No rebasa el 1.60. La habitación en la que duerme —en el segundo piso del albergue para veteranos deportados que creó Héctor Barajas— tiene una cama con un oso de peluche que ella misma confeccionó y una mesa para cuatro personas. La sonrisa que a veces asoma en su rostro nunca llega a sus ojos, oscuros y con marcadas ojeras. Se llama Yolanda Varona y tiene prohibido, de por vida, entrar a Estados Unidos, el país donde trabajó 16 años y donde viven sus dos hijos y tres nietos.


      https://www.revistadelauniversidad.mx/articles/d2c0ac01-e2e8-464f-9d4e-266920f634fc/familias-rotas-familias-vaciadas

    • Taking Migrant Children From Parents Is Illegal, U.N. Tells U.S.

      The Trump administration’s practice of separating children from migrant families entering the United States violates their rights and international law, the United Nations human rights office said on Tuesday, urging an immediate halt to the practice.

      The administration angrily rejected what it called an ignorant attack by the United Nations human rights office and accused the global organization of hypocrisy.

      The human rights office said it appeared that, as The New York Times revealed in April, United States authorities had separated several hundred children, including toddlers, from their parents or others claiming to be their family members, under a policy of criminally prosecuting undocumented people crossing the border.

      That practice “amounts to arbitrary and unlawful interference in family life, and is a serious violation of the rights of the child,” Ravina Shamdasani, a spokeswoman for the Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights, based in Geneva, told reporters.

      Last month, the Trump administration announced a “zero tolerance” policy for illegal border crossings, saying that it would significantly increase criminal prosecutions of migrants. Officials acknowledged that putting more adults in jail would mean separating more children from their families.

      “The U.S. should immediately halt this practice of separating families and stop criminalizing what should at most be an administrative offense — that of irregular entry or stay in the U.S.,” Ms. Shamdasani said.

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      The United States ambassador to the United Nations, Nikki R. Haley, clearly showed American irritation with the accusation in a statement released a few hours later.

      “Once again, the United Nations shows its hypocrisy by calling out the United States while it ignores the reprehensible human rights records of several members of its own Human Rights Council,” Ms. Haley said. “While the High Commissioner’s office ignorantly attacks the United States with words, the United States leads the world with its actions, like providing more humanitarian assistance to global conflicts than any other nation.”

      Without addressing the specifics of the accusation, Ms. Haley said: “Neither the United Nations nor anyone else will dictate how the United States upholds its borders.”
      EDITORS’ PICKS
      The Last Days of Time Inc.
      Overlooked No More: She Followed a Trail to Wyoming. Then She Blazed One.
      In Britain, Austerity Is Changing Everything

      The administration has characterized its policy as being about illegal immigration, though many of the detained migrants — including those in families that are split apart — enter at official border crossings and request asylum, which is not an illegal entry. It has also said that some adults falsely claim to be the parents of accompanying children, a genuine problem, and that it has to sort out their claims.

      On Twitter, President Trump has appeared to agree that breaking up families was wrong, but blamed Democrats for the approach, saying that their “bad legislation” had caused it. In fact, no law requires separating children from families, and the practice was put in place by his administration just months ago.

      The Times found in April that over six months, about 700 children had been taken from people claiming to be their parents.

      The American Civil Liberties Union says that since then, the pace of separations has accelerated sharply. Lee Gelernt, deputy director of the group’s immigrant rights project, said that in the past five weeks, close to 1,000 children may have been taken from their families.

      Last year, as Homeland Security secretary, John F. Kelly raised the idea of separating children from their families when they entered the country as a way to deter movement across the Mexican border.

      Homeland Security officials have since denied that they separate families as part of a policy of deterrence, but have also faced sharp criticism from President Trump for failing to do more to curb the numbers of migrants crossing the border.

      For the United Nations, it was a matter of great concern that in the United States “migration control appears to have been prioritized over the effective care and protection of migrant children,” Ms. Shamdasani said.

      The United States is the only country in the world that has not ratified the Convention on the Rights of the Child, she noted, but the practice of separating and detaining children breached its obligations under other international human rights conventions it has joined.

      “Children should never be detained for reasons related to their own or their parents’ migration status. Detention is never in the best interests of the child and always constitutes a child rights violation,” she said, calling on the authorities to adopt noncustodial alternatives.

      The A.C.L.U. has filed a class-action lawsuit in federal court in San Diego, calling for a halt to the practice and for reunification of families.

      https://www.nytimes.com/2018/06/05/world/americas/us-un-migrant-children-families.html

    • U.S. policy of separating refugees from children is illegal, horrific

      Somewhere in #Texas, a 3-year-old is crying into her pillow. She left all her toys behind when she fled Guatemala. And on this day the U.S. government took her mother away.

      When we read about the U.S. administration’s new policy of trying to stop people from crossing its borders by taking away their children, we too had trouble sleeping.


      https://www.thestar.com/opinion/contributors/2018/06/05/us-policy-of-separating-refugees-from-children-is-illegal-horrific.html

    • What’s Really Happening When Asylum-Seeking Families Are Separated ?

      An expert on helping parents navigate the asylum process describes what she’s seeing on the ground.

      Everyone involved in U.S. immigration along the border has a unique perspective on the new “zero tolerance” policies—most notably, the increasing number of migrant parents who are separated from their children. Some workers are charged with taking the children away from their parents and sending them into the care of Health and Human Services. Some are contracted to find housing for the children and get them food. Some volunteers try to help the kids navigate the system. Some, like Anne Chandler, assist the parents. As executive director of the Houston office of the nonprofit Tahirih Justice Center, which focuses on helping immigrant women and children, she has been traveling to the border and to detention centers, listening to the parents’ stories. We asked her to talk with us about what she has been hearing in recent weeks.

      This interview has been edited for clarity and length.

      Texas Monthly: First, can you give us an overview of your organization?

      Anne Chandler: We run the Children’s Border Project, and we work with hundreds of kids that have been released from ORR [Office of Refugee Resettlement] care. We are not a legal service provider that does work when they’re in the shelters. To date, most of our work with that issue of family separation has been working with the parents in the days when they are being separated: when they’re in the federal courthouse being convicted; partnering with the federal public defenders; and then in the adult detention center, as they have no idea how to communicate or speak to their children or get them back before being deported.

      TM: Can you take me through what you’ve been seeing?

      AC: The short of it is, we will take sample sizes of numbers and individuals we’re seeing that are being prosecuted for criminal entry. The majority of those are free to return to the home country. Vast majority. We can’t quite know exactly because our sample size is between one hundred and two hundred individuals. But 90 percent of those who are being convicted are having their children separated from them. The 10 percent that aren’t are some mothers who are going with their children to the detention centers in Karnes and Dilley. But, for the most part, the ones that I’ve been working with are the ones that are actually being prosecuted for criminal entry, which is a pretty new thing for our country—to take first-time asylum seekers who are here seeking safe refuge, to turn around and charge them with a criminal offense. Those parents are finding themselves in adult detention centers and in a process known as expedited removal, where many are being deported. And their children, on the other hand, are put in a completely different legal structure. They are categorized as unaccompanied children and thus are being put in place in a federal agency not with the Department of Homeland Security but with Health and Human Services. And Health and Human Services has this complicated structure in place where they’re not viewed as a long-term foster care system—that’s for very limited numbers—but their general mandate is to safeguard these children in temporary shelters and then find family members with whom they can be placed. So they start with parents, and then they go to grandparents, and then they go to other immediate family members, and then they go to acquaintances, people who’ve known the children, and they’re in that system, but they can’t be released to their parents because their parents are behind bars. And we may see more parents that get out of jail because they pass a “credible fear” interview, which is the screening done by the asylum office to see who should be deported quickly, within days or weeks of arrival, and who should stay here and have an opportunity to present their asylum case before an immigration judge of the Department of Justice. So we have a lot of individuals who are in that credible fear process right now, but in Houston, once you have a credible fear interview (which will sometimes take two to three weeks to even set up), those results aren’t coming out for four to six weeks. Meanwhile, these parents are just kind of languishing in these detention centers because of the zero-tolerance policy. There’s no individual adjudication of whether the parents should be put on some form of alternative detention program so that they can be in a position to be reunited with their kid.

      TM: So, just so I make sure I understand: the parents come in and say, “We’re persecuted” or give some reason for asylum. They come in. And then their child or children are taken away and they’re in lockup for at least six weeks away from the kids and often don’t know where the kids are. Is that what’s happening under zero tolerance?

      AC: So the idea of zero tolerance under the stated policy is that we don’t care why you’re afraid. We don’t care if it’s religion, political, gangs, anything. For all asylum seekers, you are going to be put in jail, in a detention center, and you’re going to have your children taken away from you. That’s the policy. They’re not 100 percent able to implement that because of a lot of reasons, including just having enough judges on the border. And bed space. There’s a big logistical problem because this is a new policy. So the way they get to that policy of taking the kids away and keeping the adults in detention centers and the kids in a different federal facility is based on the legal rationale that we’re going to convict you, and since we’re going to convict you, you’re going to be in the custody of the U.S. Marshals, and when that happens, we’re taking your kid away. So they’re not able to convict everybody of illegal entry right now just because there aren’t enough judges on the border right now to hear the number of cases that come over, and then they say if you have religious persecution or political persecution or persecution on something that our asylum definition recognizes, you can fight that case behind bars at an immigration detention center. And those cases take two, three, four, five, six months. And what happens to your child isn’t really our concern. That is, you have made the choice to bring your child over illegally. And this is what’s going to happen.

      TM: Even if they crossed at a legal entry point?

      AC: Very few people come to the bridge. Border Patrol is saying the bridge is closed. When I was last out in McAllen, people were stacked on the bridge, sleeping there for three, four, ten nights. They’ve now cleared those individuals from sleeping on the bridge, but there are hundreds of accounts of asylum seekers, when they go to the bridge, who are told, “I’m sorry, we’re full today. We can’t process your case.” So the families go illegally on a raft—I don’t want to say illegally; they cross without a visa on a raft. Many of them then look for Border Patrol to turn themselves in, because they know they’re going to ask for asylum. And under this government theory—you know, in the past, we’ve had international treaties, right? Statutes which codified the right of asylum seekers to ask for asylum. Right? Article 31 of the Refugee Convention clearly says that it is improper for any state to use criminal laws that could deter asylum seekers as long as that asylum seeker is asking for asylum within a reasonable amount of time. But our administration is kind of ignoring this longstanding international and national jurisprudence of basic beliefs to make this distinction that, if you come to a bridge, we’re not going to prosecute you, but if you come over the river and then find immigration or are caught by immigration, we’re prosecuting you.

      TM: So if you cross any other way besides the bridge, we’re prosecuting you. But . . . you can’t cross the bridge.

      AC: That’s right. I’ve talked to tons of people. There are organizations like Al Otro Lado that document border turn-backs. And there’s an effort to accompany asylum seekers so that Customs and Border Patrol can’t say, “We’re closed.” Everybody we’ve talked to who’s been prosecuted or separated has crossed the river without a visa.

      TM: You said you were down there recently?

      AC: Monday, June 4.

      TM: What was happening on the bridge at that point?

      AC: I talked to a lot of people who were there Saturdays and Sundays, a lot of church groups that are going, bringing those individuals umbrellas because they were in the sun. It’s morning shade, and then the sun—you know, it’s like 100 degrees on the cement. It’s really, really hot. So there were groups bringing diapers and water bottles and umbrellas and electric fans, and now everyone’s freaked out because they’re gone! What did they do with them? Did they process them all? Yet we know they’re saying you’re turned back. When I was in McAllen, the individuals that day who visited people on the bridge had been there four days. We’re talking infants; there were people breastfeeding on the bridge.

      TM: Are the infants taken as well?

      AC: Every border zone is different. We definitely saw a pattern in McAllen. We talked to 63 parents who had lost their children that day in the court. Of those, the children seemed to be all five and older. What we know from the shelters and working with people is that, yes, there are kids that are very young, that are breastfeeding babies and under three in the shelters, separated from their parents. But I’m just saying, in my experience, all those kids and all the parents’ stories were five and up.

      TM: Can you talk about how you’ve seen the process change over the past few months?

      AC: The zero-tolerance policy really started with Jeff Sessions’s announcement in May. One could argue that this was the original policy that we started seeing in the executive orders. One was called “border security and immigration enforcement.” And a lot of the principles underlying zero tolerance are found here. The idea is that we’re going to prosecute people.

      TM: And the policy of separating kids from parents went into effect when?

      AC: They would articulate it in various ways with different officials, but as immigration attorneys, starting in October, were like, “Oh my goodness. They are telling us these are all criminal lawbreakers and they’re going to have their children taken away.” We didn’t know what it would mean. And so we saw about six hundred children who were taken away from October to May, then we saw an explosion of the numbers in May. It ramped up. The Office of Refugee Resettlement taking in all these kids says that they are our children, that they are unaccompanied. It’s a fabrication. They’re not unaccompanied children. They are children that came with their parents, and the idea that we’re creating this crisis—it’s a manufactured crisis where we’re going to let children suffer to somehow allow this draconian approach with families seeking shelter and safe refuge.

      TM: So what is the process for separation?

      AC: There is no one process. Judging from the mothers and fathers I’ve spoken to and those my staff has spoken to, there are several different processes. Sometimes they will tell the parent, “We’re taking your child away.” And when the parent asks, “When will we get them back?” they say, “We can’t tell you that.” Sometimes the officers will say, “because you’re going to be prosecuted” or “because you’re not welcome in this country” or “because we’re separating them,” without giving them a clear justification. In other cases, we see no communication that the parent knows that their child is to be taken away. Instead, the officers say, “I’m going to take your child to get bathed.” That’s one we see again and again. “Your child needs to come with me for a bath.” The child goes off, and in a half an hour, twenty minutes, the parent inquires, “Where is my five-year-old?” “Where’s my seven-year-old?” “This is a long bath.” And they say, “You won’t be seeing your child again.” Sometimes mothers—I was talking to one mother, and she said, “Don’t take my child away,” and the child started screaming and vomiting and crying hysterically, and she asked the officers, “Can I at least have five minutes to console her?” They said no. In another case, the father said, “Can I comfort my child? Can I hold him for a few minutes?” The officer said, “You must let them go, and if you don’t let them go, I will write you up for an altercation, which will mean that you are the one that had the additional charges charged against you.” So, threats. So the father just let the child go. So it’s a lot of variations. But sometimes deceit and sometimes direct, just “I’m taking your child away.” Parents are not getting any information on what their rights are to communicate to get their child before they are deported, what reunification may look like. We spoke to nine parents on this Monday, which was the 11th, and these were adults in detention centers outside of Houston. They had been separated from their child between May 23 and May 25, and as of June 11, not one of them had been able to talk to their child or knew a phone number that functioned from the detention center director. None of them had direct information from immigration on where their child was located. The one number they were given by some government official from the Department of Homeland Security was a 1-800 number. But from the phones inside the detention center, they can’t make those calls. We know there are more parents who are being deported without their child, without any process or information on how to get their child back.

      TM: And so it’s entirely possible that children will be left in the country without any relatives?

      AC: Could be, yeah.

      TM: And if the child is, say, five years old . . .?

      AC: The child is going through deportation proceedings, so the likelihood that that child is going to be deported is pretty high.

      TM: How do they know where to deport the child to, or who the parents are?

      AC: How does that child navigate their deportation case without their parent around?

      TM: Because a five-year-old doesn’t necessarily know his parents’ information.

      AC: In the shelters, they can’t even find the parents because the kids are just crying inconsolably. They often don’t know the full legal name of their parents or their date of birth. They’re not in a position to share a trauma story like what caused the migration. These kids and parents had no idea. None of the parents I talked to were expecting to be separated as they faced the process of asking for asylum.

      TM: I would think that there would be something in place where, when the child is taken, they’d be given a wristband or something with their information on it?

      AC: I think the Department of Homeland Security gives the kids an alien number. They also give the parents an alien number and probably have that information. The issue is that the Department of Homeland Security is not the one caring for the children. Jurisdiction of that child has moved over to Health and Human Services, and the Health and Human Services staff has to figure out, where is this parent? And that’s not easy. Sometimes the parents are deported. Kids are in New York and Miami, and we’ve got parents being sent to Tacoma, Washington, and California. Talk about a mess. And nobody has a right to an attorney here. These kids don’t get a paid advocate or an ad litem or a friend of the court. They don’t get a paid attorney to represent them. Some find that, because there are programs. But it’s not a right. It’s not universal.

      TM: What agency is in charge of physically separating the children and the adults?

      AC: The Department of Homeland Security. We saw the separation take place while they were in the care and custody of Customs and Border Protection. That’s where it was happening, at a center called the Ursula, which the immigrants called La Perrera, because it looked like a dog pound, a dog cage. It’s a chain-link fence area, long running areas that remind Central Americans of the way people treat dogs.

      TM: So the Department of Homeland Security does the separation and then they immediately pass the kids to HHS?

      AC: I don’t have a bird’s-eye view of this, besides interviewing parents. Parents don’t know. All they know is that the kid hasn’t come back to their little room in CBP. Right? We know from talking to advocates and attorneys who have access to the shelters that they think that these kids leave in buses to shelters run by the Health and Human Services Office of Refugee Resettlement Department of Unaccompanied Children Services—which, on any given day there’s like three thousand kids in the Harlingen-Brownsville area. We know there are eight, soon to be nine, facilities in Houston. And they’re going to open up this place in Tornillo, along the border by El Paso. And they’re opening up places in Miami. They’re past capacity. This is a cyclical time, where rates of migration increase. So now you’re creating two populations. One is your traditional unaccompanied kids who are just coming because their life is at risk right now in El Salvador and Honduras and parts of Guatemala, and they come with incredible trauma, complex stories, and need a lot of resources, and so they navigate this immigration system. And now we have this new population, which is totally different: the young kids who don’t hold their stories and aren’t here to self-navigate the system and are crying out for their parents. There are attorneys that get money to go in and give rights presentations to let the teenagers know what they can ask for in court, what’s happening with their cases, and now the attorneys are having a hard time doing that because right next to them, in the other room, they’ve got kids crying and wailing, asking for their mom and dad. The attorneys can’t give these kids information. They’re just trying to learn grounding exercises.

      TM: Do you know if siblings are allowed to stay together?

      AC: We don’t know. I dealt with one father who knew that siblings were not at the same location from talking to his family member. He believes they’re separated. But I have no idea. Can’t answer that question.

      TM: Is there another nonprofit similar to yours that handles kids more than adults?

      AC: Yes: in Houston it’s Catholic Charities. We know in Houston they are going to open up shelters specific for the tender-age kids, which is defined as kids under twelve. And that’s going to be by Minute Maid Stadium. And that facility is also going to have some traditional demographic of pregnant teenagers. But it’s going to be a young kid—and young kids are, almost by definition, separated. Kids usually do not migrate on their own at that age.

      TM: That’s usually teens?

      AC: Teens. Population is thirteen to seventeen, with many more fifteen-, sixteen-, and seventeen-year-olds than thirteen- and fourteen-year-olds. They’re riding on top of trains. You know, the journey is very dangerous. Usually that’s the age where the gangs start taking the girls and saying “you’re going to be my sex slave”–type of stuff. I’ve heard that it’s going to be run by a nonprofit. ORR does not hold the shelters directly. They contract with nonprofits whose job it is to provide essential food, mental health care, caseworkers to try to figure out who they’re going to be released to, and all those functions to nonprofits, and I think the nonprofit in charge of this one is Southwest Key.

      TM: So how long do the kids stay in the facility?

      AC: It used to be, on average, thirty days. But that’s going up now. There are many reasons for that: one, these facilities and ORR are not used to working with this demographic of young children. Two, DHS is sharing information with ORR on the background of those families that are taking these children, and we’ve seen raids where they’re going to where the children are and looking for individuals in those households who are undocumented. So there is reticence and fear of getting these children if there’s someone in the household who is not a citizen.

      TM: So if I’m understanding correctly, a relative can say, “Well, I can pick that kid up; that’s my niece.” She comes and picks up the child. And then DHS will follow them home? Is that what you’re saying?

      AC: No. The kid would go to the aunt’s house, but let’s just imagine that she is here on a visa, a student visa, but the aunt falls out of visa status and is undocumented and her information, her address, is at the top of DHS’s files. So we’ve seen this happen a lot: a month or two weeks after kids have been released, DHS goes to those foster homes and arrests people and puts people in jail and deports them.

      TM: And then I guess they start all over again trying to find a home for those kids?

      AC: Right.

      TM: What is explained to the kids about the proceedings, and who explains it to them?

      AC: The Health and Human Services Office of Refugee Resettlement goes through an organization called the Vera Institute of Justice that then contracts with nonprofit organizations who hire attorneys and other specialized bilingual staff to go into these shelters and give what they call legal orientation programs for children, and they do group orientation. Sometimes they speak to the kids individually and try to explain to them, “This is the process here; and you’re going to have to go see an immigration judge; and these are your rights before a judge; you won’t have an attorney for your case, but you can hire one. If you’re afraid to go back to your country, you have to tell the judge.” That type of stuff.

      TM: And if the child is five, and alone, doesn’t have older siblings or cousins—

      AC: Or three or four. They’re young in our Houston detention centers. And that’s where these attorneys are frustrated—they can’t be attorneys. How do they talk and try to console and communicate with a five-year-old who is just focused on “I want my mom or dad,” right?

      TM: Are the kids whose parents are applying for asylum processed differently from kids whose parents are not applying for asylum?

      AC: I don’t know. These are questions we ask DHS, but we don’t know the answers.

      TM: Why don’t you get an answer?

      AC: I don’t know. To me, if you’re going to justify this in some way under the law, the idea that these parents don’t have the ability to obtain very simple answers—what are my rights and when can I be reunited with my kid before I’m deported without them?—is horrible. And has to go far below anything we, as a civil society of law, should find acceptable. The fact that I, as an attorney specializing in this area, cannot go to a detention center and tell a mother or father what the legal procedure is for them to get their child or to reunite with their child, even if they want to go home?

      And my answer is, “I don’t think you can.” In my experience, they’re not releasing these children to the parents as they’re deported. To put a structure like that in place and the chaos in the system for “deterrence” and then carry out so much pain on the backs of some already incredibly traumatized mothers and fathers who have already experienced sometimes just horrific violence is unacceptable.

      https://www.texasmonthly.com/news/whats-really-happening-asylum-seeking-families-separated

      Mise en exergue d’un passage :

      The child goes off, and in a half an hour, twenty minutes, the parent inquires, “Where is my five-year-old?” “Where’s my seven-year-old?” “This is a long bath.” And they say, “You won’t be seeing your child again.”

    • Why the US is separating migrant children from their parents

      US Attorney General Jeff Sessions has defended the separation of migrant children from their parents at the border with Mexico, a measure that has faced increasing criticism.

      The “zero-tolerance” policy he announced last month sees adults who try to cross the border, many planning to seek asylum, being placed in custody and facing criminal prosecution for illegal entry.

      As a result, hundreds of minors are now being housed in detention centres, and kept away from their parents.
      What is happening?

      Over a recent six-week period, nearly 2,000 children were separated from their parents after illegally crossing the border, figures released on Friday said.

      Mr Sessions said those entering the US irregularly would be criminally prosecuted, a change to a long-standing policy of charging most of those crossing for the first time with a misdemeanour offence.

      As the adults are being charged with a crime, the children that come with them are being separated and deemed unaccompanied minors.

      Advocates of separations point out that hundreds of children are taken from parents who commit crimes in the US on a daily basis.

      As such, they are placed in custody of the Department of Health and Human Services and sent to a relative, foster home or a shelter - officials at those places are said to be already running out of space to house them.

      In recent days, a former Walmart in Texas has been converted into a detention centre for immigrant children.

      Officials have also announced plans to erect tent cities to hold hundreds more children in the Texas desert where temperatures regularly reach 40C (105F).

      Local lawmaker Jose Rodriguez described the plan as “totally inhumane” and “outrageous”, adding: “It should be condemned by anyone who has a moral sense of responsibility.”

      US Customs and Border Protection (CBP) officials estimate that around 1,500 people are arrested each day for illegally crossing the border.

      In the first two weeks of the “zero-tolerance” new approach, 658 minors - including many babies and toddlers - were separated from the adults that came with them, according to the CBP.

      The practice, however, was apparently happening way before that, with reports saying more than 700 families had been affected between October and April.

      Not only the families crossing irregularly are being targeted, activists who work at the border say, but also those presenting themselves at a port of entry.

      “This is really extreme, it’s nothing like we have seen before,” said Michelle Brané, director of Migrant Rights and Justice at the Women’s Refugee Commission, a New York-based non-governmental organisation that is helping some of these people.

      In many of the cases, the families have already been reunited, after the parent was released from detention. However, there are reports of people being kept apart for weeks and even months.

      Family separations had been reported in previous administrations but campaigners say the numbers then were very small.
      Whose fault is it?

      Mr Trump has blamed Democrats for the policy, saying “we have to break up the families” because of a law that “Democrats gave us”.

      It is unclear what law he is referring to, but no law has been passed by the US Congress that mandates that migrant families be separated.

      Fact-checkers say that the only thing that has changed is the Justice Department’s decision to criminally prosecute parents for a first-time border crossing offence. Because their children are not charged with a crime, they are not permitted to be jailed together.

      Under a 1997 court decision known as the Flores settlement, children who come to the US alone are required to be released to their parents, an adult relative, or other caretaker.

      If those options are all exhausted, then the government must find the “least restrictive” setting for the child “without unnecessary delay”.

      The case initially applied to unaccompanied child arrivals, but a 2016 court decision expanded it to include children brought with their parents.

      According to the New York Times, the government has three options under the Flores settlement - release whole families together, pass a law to allow for families to be detained together, or break up families.

      It is worth noting that Mr Trump’s chief of staff John Kelly - who previously served as the head of Homeland Security - said in 2017 that the White House was considering separating families as a means of deterring parents from trying to cross the border.
      What do the figures show?

      The number of families trying to enter the US overland without documentation is on the rise. For the fourth consecutive month in May, there was an increase in the number of people caught crossing the border irregularly - in comparison with the same month of 2017, the rise was of 160%.

      “The trends are clear: this must end,” Mr Sessions said last month.

      It is not clear, though, if the tougher measures will stop the migrants. Most are fleeing violence and poverty in Central American countries like El Salvador, Guatemala and Honduras and staying, for many, could mean a death sentence.

      Human rights groups, campaigners and Democrats have sharply criticised the separations, warning of the long-term trauma on the children. Meanwhile the UN Human Rights Office called on the US to “immediately halt” them.

      But Mr Sessions has defended the measure, saying the separations were “not our goal” but it was not always possible to keep parents and children together.
      What is the policy in other countries?

      No other country has a policy of separating families who intend to seek asylum, activists say.

      In the European Union, which faced its worst migrant crisis in decades three years ago, most asylum seekers are held in reception centres while their requests are processed - under the bloc’s Dublin Regulation, people must be registered in their first country of arrival.

      Measures may vary in different member states but families are mostly kept together.

      Even in Australia, which has some of the world’s most restrictive policies, including the detention of asylum seekers who arrive by boat in controversial offshore centres, there is no policy to separate parents from their children upon arrival.

      Meanwhile, Canada has a deal with the US that allows it to deny asylum requests from those going north. It has tried to stem the number of migrants crossing outside border posts after a surge of Haitians and Nigerians coming from its neighbour. However, there were no reports of families being forcibly separated.

      “What the US is doing now, there is no equivalent,” said Michael Flynn, executive director of the Geneva-based Global Detention Project, a non-profit group focused on the rights of detained immigrants. “There’s nothing like this anywhere”.

      Republicans in the House of Representatives have unveiled legislation to keep families together but it is unlikely to win the support of its own party or the White House.

      https://www.bbc.com/news/world-us-canada-44503514?platform=hootsuite

    • Les récits de la détresse d’enfants de migrants créent l’émoi aux Etats-Unis

      Plus de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents depuis l’entrée en vigueur en avril de la politique de « tolérance zéro » en matière d’immigration illégale aux Etats-Unis. Ces jours, plusieurs témoignages ont ému dans le pays.

      http://www.rts.ch/info/monde/9658887-les-recits-de-la-detresse-d-enfants-de-migrants-creent-l-emoi-aux-etats-

    • Etats-Unis : quand la sécurité des frontières rime avec torture d’enfants mineurs

      Au Texas, dans un centre de détention, un enregistrement audio d’enfants migrants âgés entre 4 à 10 ans pleurant et appelant leurs parents alors qu’ils viennent d’être séparés d’eux, vient de faire surface.

      Cet enregistrement a fuité de l’intérieur, remis à l’avocate Jennifer Harbury qui l’a transféré au média d’investigation américain ProPublica. L’enregistrement a été placé sur les images filmées dans ce centre. Il soulève l’indignation des américains et du monde entier. Elles sont une torture pour nous, spectateurs impuissants de la barbarie d’un homme, Donald Trump et de son administration.

      Le rythme des séparations s’est beaucoup accéléré depuis début mai, lorsque le ministre de la Justice Jeff Sessions a annoncé que tous les migrants passant illégalement la frontière seraient arrêtés, qu’ils soient accompagnés de mineurs ou pas. Du 5 mai au 9 juin 2018 quelque 2’342 enfants ont été séparés de leurs parents placés en détention, accusés d’avoir traversé illégalement la frontière. C’est le résultat d’une politique sécuritaire dite de “tolérance zéro” qui criminalise ces entrées même lorsqu’elles sont justifiées par le dépôt d’une demande d’asile aux Etats-Unis. Un protocol empêche la détention d’enfants avec leurs parents. Ils sont alors placés dans des centres fermés qui ressemblent tout autant à des prisons adaptées.

      https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/2018/06/19/etats-unis-quand-la-securite-des-frontieres-rime-avec-torture-denfants

    • Aux États-Unis, le traumatisme durable des enfants migrants

      Trump a beau avoir mis fin à la séparation forcée des familles à la frontière, plus de 2 000 enfants migrants seraient encore éparpillés dans le pays. Le processus de regroupement des familles s’annonce long et douloureux.


      https://www.courrierinternational.com/article/aux-etats-unis-le-traumatisme-durable-des-enfants-migrants
      #caricature #dessin_de_presse

    • The Government Has Taken At Least 1,100 Children From Their Parents Since Family Separations Officially Ended

      “You can’t imagine the pain,” Dennis said. “If you’re not a dad, you don’t know what it’s like.” I reached Dennis by phone in a small town in the Copán Department of Honduras, where he lives with his wife and three children. For five months this year, the family was fractured across borders. Sonia, age 11, had been separated from Dennis after they crossed into the United States and turned themselves in to the Border Patrol to ask for asylum. Dennis was deported from Texas, and Sonia sent to a shelter in New York.

      The U.S. government is still taking children from their parents after they cross the border. Since the supposed end of family separation — in the summer of 2018, after a federal judge’s injunction and President Donald Trump’s executive order reversing the deeply controversial policy — more than 1,100 children have been taken from their parents, according to the government’s own data. There may be more, since that data has been plagued by bad record keeping and inconsistencies. The government alleges that separations now only happen when a parent has a criminal history or is unfit to care for a child, but an ongoing lawsuit by the American Civil Liberties Union argues that the current policy still violates the rights of children and families. Border Patrol agents, untrained in child welfare, make decisions that some parents are unfit to stay with their children based solely on brief interactions with them while they are held in custody.

      Dennis picks coffee during the harvest season and works other basic jobs when he can, but he struggles to put food on the table and pay for his kids’ school supplies. In April, unable to find steady work in the coffee fields and receiving regular threats from a creditor, he headed north, hoping to find safety and opportunity in the United States. “We were barely eating. I couldn’t give my kids a life,” Dennis told me. (He preferred that I only use first names for him and his family due to safety concerns.) Thinking that his two boys — ages 2 1/2 and 7 — were too young to travel, Dennis took Sonia and together they left Honduras. They trekked through Guatemala and Mexico by bus, train, and on foot. They were robbed once, terrified the whole way, and had to beg for food. They slept wherever they could — sometimes in the woods, along the tracks, or, when they could scrounge enough money together, in migrant flophouses.

      After about a month of travel, Dennis and Sonia crossed the Rio Grande in a small raft outside of McAllen, Texas, on the morning of May 17. They walked for hours before they turned themselves in to a Border Patrol agent and were taken to a processing center, where they were locked up in one of the freezing-cold temporary holding centers known as hieleras, or iceboxes. Only a few hours later, a Border Patrol agent took Dennis and Sonia and locked them in separate rooms. It was the last time he would see his daughter for five months.

      For the next 11 days, Dennis remained in the hielera, asking repeatedly to see his daughter. Border Patrol officers tried to get him to sign papers that were in English, which he couldn’t read. He refused. “You can’t see her,” a Border Patrol agent told him about his daughter. The agent said that she was fine, but wouldn’t tell him where she was. Border Patrol transferred Dennis to an Immigration and Customs Enforcement detention center in Port Isabel, Texas. They told him that because of a previous deportation and a felony — a 10-year-old charge for using false work authorization papers — he was ineligible for asylum. For the next 30 days of his detention, he knew nothing of his daughter or her whereabouts. Finally, an agent called him over and told him that she was on the phone. The call was brief. They both cried. He told her to be strong. He told her that they were going to send him away. Two weeks later, without talking to his daughter again, he was deported back to Honduras. “I’m a man, but I cried. I cried,” he told me. “Oh, it was so hard.”

      Sonia was in New York in an Office of Refugee Resettlement, or ORR, shelter, where she was living with a number of other children. In Honduras, after Dennis’s deportation, the rest of the family waited in agony for nearly 5 months, until October 9, when Sonia was released and then flown home. “My wife,” Dennis said, “she didn’t eat, didn’t sleep. You can’t imagine the suffering. And, don’t forget,” he reminded me, “she had two other kids to raise.”

      In 2018, much of the world looked on aghast as U.S. immigration agents separated thousands of children from their parents in an unprecedented anti-immigrant crackdown. In one notorious instance captured on audio, Border Patrol agents laughed and joked at desperate children crying for their parents. The separations, part of a series of policy changes to limit total immigration and effectively shutter refugee and asylum programs, stemmed from the so-called zero-tolerance policy that began in El Paso in 2017 and was rolled out border-wide in the spring of 2018. The administration had announced that it would seek to prosecute all people who illegally crossed the border (despite the fact that, according to U.S. law, it is not illegal for an asylum-seeker to cross the border), but it later emerged that the government had specifically targeted families. A strict zero tolerance policy — prosecuting every individual who was apprehended — was always beyond capacity. The focus on families was part of a distinct effort by the Department of Homeland Security and the White House to try and dissuade — by subjecting parents and children to the terror of separation — more people from coming to the United States.

      After widespread uproar and international condemnation, Trump issued an executive order to halt the separations on June 20, 2018. Six days later, U.S. District Judge Dana Sabraw issued an injunction, demanding the reunification of parents with their children within 30 days. For children under the age of 5, the deadline was 14 days. For some, however, it was too late. Parents had already lost custody, been deported, or even lost track of their children. Even for those who were reunified, trauma had set in. In 2018, the number of publicly known separations was 2,800. In fact, as the government revealed this October after pressure from the ACLU lawsuit, that original count was over 1,500 children short. Furthermore, the government has admitted that more than 1,100 additional families have been separated since the executive order and injunction — bringing the total number of children impacted to at least 5,446. That number may still be an undercount and will continue to rise if immigration officials’ current practices continue.

      The grounds for the ongoing separations — the 1,100 new cases — stem from a carve-out in Sabraw’s injunction: that children should not be separated “absent a determination that the parent is unfit or presents a danger to the child.” That language, the ACLU and others allege in an ongoing lawsuit, is being interpreted too broadly by the government, resulting in unwarranted separations. ACLU attorney Lee Gelernt, who has been litigating against the government on behalf of a class of separated families, called the ongoing separation policy “as shocking as it is unlawful.”

      The reason that Dennis and Sonia were separated, for example, goes back to 2008, when Dennis’s wife was pregnant with Sonia, and Dennis came to the U.S. to find work and support his family. He made it to Minnesota and was loaned false papers to get a job, but he was quickly picked up and charged with forgery. He spent three months in a federal prison before being deported. Eleven years later, that conviction led to Sonia being taken from him. “You could call any child expert from anywhere in the country, and they would tell you that these parents are not a danger to the child,” Gelernt said in a September 20 hearing. “The government is simply saying, ‘We are going to take away children because the court said we could.’”

      In a brief filed to the court in July, ACLU attorneys pointed out cases in which children were taken from their parents for “the most minor or nonviolent criminal history.” The reasons for separation cited in those cases included marijuana possession convictions, a 27-year-old drug possession charge, and a charge of “malicious destruction of property value” over a total of $5. An 8-month-old was separated from his father for a “fictitious or fraudulent statement.” A mother who broke her leg at the border had her 5-year-old taken from her while she was in emergency surgery, and ORR did not release the child for 79 days.

      In an example of a dubious determination made by the Border Patrol of a father being “unfit” to care for his 1-year-old daughter, an agent separated the two because the father left his daughter in a wet diaper while she was sleeping. She had been sick and, after caring for her and taking her to the hospital on two separate occasions for a high fever, the father “wanted to let her sleep instead of waking her to change her diaper,” according to the ACLU brief. Nonetheless, a female guard took his daughter from his arms, criticized him for not changing the diaper, and even called him a bad father. The government’s own documents show that the father has no other criminal history.

      In another instance, a 3-year-old girl was separated from her father due to Customs and Border Protection’s allegation that he was not actually her parent. Although the father’s name does not appear on the child’s birth certificate, he presented other documentation showing parentage and requested a DNA test as proof. Officials ignored his request and separated the family. After an attorney intervened, the family took a DNA test and confirmed paternity. Meanwhile, the daughter was sexually abused while in ORR care and, according to the brief, “appears to be severely regressing in development.”

      CBP did not respond to a request for comment.

      The ACLU’s brief received some coverage this summer, but many of the most egregious stories it collected went unmentioned. Overall, even as the separations have continued, media attention has flagged. From a high of 2,000 stories a month in the summer of 2018, this fall has seen an average of only 50 to 100 stories a month that mention family separation, according to an analysis by Pamela Mejia, head of research at Berkeley Media Studies Group. Mejia told me that the issue had “reached a saturation point” for many people: “The overwhelming number of stories that generate outrage has made it harder to keep anything in the headlines.”

      At first, the child victims of the government’s actions were easy to empathize with. There was no “crime frame,” as Mejia put it, to explain away the children’s suffering, in contrast to the way that immigration is often covered. Whether denominating migrants as “illegals,” seeing them as “hordes” or “invaders,” or using a broad brush to associate them with crime or terrorism, politicians and the media alike often wield anti-immigrant or dehumanizing language when discussing immigration. Young children, however, are something different. The broad consensus in 2018 was that the family separation policy was an outrageous and unnecessary cruelty.

      But, despite the outrage, the policy continued and now there’s a sense of “futility that this is going to keep happening,” Mejia said. Gelernt likewise attributed the lack of ongoing coverage to “media burnout,” noting especially that there are more than 200 kids under the age of 5 who have been separated from their families. It’s hard to cover so many heartrending stories, Gelernt said. And now, simply, “People think it’s over.”

      But it’s not. Sabraw, the southern California judge who issued the injunction in 2018, is expected to rule soon on the ACLU’s challenge to the continued separations. But even if he again orders the government to reunify families, or narrows immigration officials’ latitude in carrying out separations, that doesn’t necessarily mean that the government can, or will, comply. CBP, the Border Patrol’s parent agency, has already proven negligent in keeping track of the separated children — calling families who had undergone separation, for example, “deleted family units.” Some children still remain unaccounted for.

      “At this point, no government official can plausibly claim that they are unaware of the damage these separations are doing to the children,” Gelernt told me, “yet they continue to do it.”

      In late November, back in Copán, Sonia graduated from sixth grade. One of her favorite things to do, Dennis told me, is to draw with her younger brothers. She is also teaching the older of the two boys to read, practicing his letters with him. She’ll go into seventh grade soon, but her father worries about her growing up in what he described as a gang-ridden town. Honduras has one of the highest incidence rates of violence against women in the world. He also doesn’t know how he’ll be able to pay for her high school. “I know it’s desperate,” he said, “but I’m thinking of heading north again. I can’t see how else to do it.”

      Sonia doesn’t talk much about her time separated from her family, but Dennis notices that she’s changed, and he and his wife are worried: “She told me she didn’t feel good. She was just crying at first [while in the ORR facility]; that’s all she did.” Now when she goes quiet sometimes, her parents wonder if she’s still affected by the trauma. As Dennis contemplated aloud another potential trip north in search of personal and financial security, he reflected, “I just ask that we have enough food to eat every day. I just want my family to be safe.”

      https://theintercept.com/2019/12/09/family-separation-policy-lawsuit