• « La peur s’est déplacée. Ce n’est plus celle du virus mais celle du confinement sans limite de temps », Journal de crise des blouses blanches
    https://www.lemonde.fr/journal-blouses-blanches/article/2020/11/21/journal-de-crise-des-blouses-blanches-la-peur-s-est-deplacee-ce-n-est-plus-c

    « On ne devrait pas admettre des patients en réanimation uniquement “parce qu’il y a des places” » . Nicolas Van Grunderbeeck, 44 ans, réanimateur au centre hospitalier d’Arras (Pas-de-Calais)

    « Le problème de la “dernière place” résume tous les problèmes éthiques de #réanimation. La crise a fait prendre conscience à tous de cette réalité, éloignée en temps normaux par une pratique de la médecine où l’on fait parfois “parce qu’on peut le faire”.

    Les capacités d’hospitalisation en soins critiques ont été augmentées partout grâce aux renforts, notamment celui des anesthésistes-réanimateurs et du personnel paramédical des blocs opératoires : merci à eux. Mais malgré cette extension, il ne reste, ce soir, qu’une place de réanimation pour la garde.

    On ne devrait pas admettre des patients en réanimation “parce qu’il y a des places”. Le temps change vite, comme en mer ou en montagne : on passe de cinq places à rien, et c’est à ce moment-là qu’arrive le ou la patiente qui en a absolument et immédiatement besoin. De même, comme pour tous les traitements, la réanimation inutile, pour un patient pas assez ou trop grave, comporte aussi ses effets indésirables : douleurs, anxiété, ou faux espoirs pour le patient, sa famille… Et les ressources utilisées pour les uns ne seront plus disponibles pour les autres.

    S’il y a toujours eu, en temps “normal”, des décisions d’admission ou de non-admission, la situation épidémique – et la limite des ressources disponibles – ont augmenté l’enjeu et le nombre de sollicitations. Contrairement à ce qui est parfois perçu, ce n’est pas évident de refuser des patients, encore moins quand c’est souvent. Les réanimateurs sont devenus les référents des limitations thérapeutiques, et on peut passer plus de temps, en garde, à exercer la “non-réanimation” que la réanimation elle-même.

    Depuis le printemps, nous avons appris à connaître un peu mieux la maladie, et aussi appris pour qui on peut espérer une vie après un syndrome de détresse respiratoire aigu lié au Covid. On en revient à l’essentiel : admettre des patients pour essayer de leur rendre une “vie vivable après” la réanimation. Pas pour faire plaisir à un collègue, à la famille, pas parce qu’une maladie incurable “a encore une possibilité de traitement”, pas pour “passer un cap” infranchissable, pas parce que certains estiment que c’est mieux de mourir en réanimation ou juste après, pas en raison d’une maladie d’organe ou de son traitement qui deviendraient plus importants que le patient lui-même.

    Ce “retour aux basiques” est probablement une des raisons de la motivation maintenue des équipes de soins critiques, sursollicitées, et qui répondent encore présent. C’est souvent, à l’inverse, les traitements inappropriés et les souffrances infligées qui nous font arrêter la réanimation.
    Voilà ce qu’il y a derrière les décisions de refus d’admission des réanimateurs. »

    « Je suis très préoccupée par le vécu des survivants et de leurs proches » . Aurélie Frenay, 36 ans, psychologue en réanimation au centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon (Rhône)

    « Depuis quelques années, les services de réanimation s’adaptent pour s’ouvrir vingt-quatre heures sur vingt-quatre aux visites et aux entretiens avec les familles. Là, tout d’un coup, nous sommes revenus en arrière, et tout se ferme. Tout est à réinventer, et l’absence des visites a des effets importants sur l’état psychologique des patients et de leurs proches. Il faut créer des liens différents, être un médiateur, appeler les familles, parfois tenir le téléphone à l’oreille du patient, faire des vidéos avec des tablettes… On ne peut plus porter les gens par le regard, les mots, une main sur l’épaule. Jamais je n’aurais cru maintenir des liens avec des familles par SMS.

    On bricole, on fait ce qui marche. Mais il y a beaucoup de travail et cela m’arrive de retourner à l’hôpital le week-end, d’appeler les familles le soir. On ne peut pas aider tout le monde, c’est très frustrant. Il est difficile de renoncer.

    Je suis très préoccupée par le vécu des survivants et de leurs proches. Il y a des gens qui sont restés en réanimation pendant des mois et sont sortis juste avant la deuxième vague. Ils sont extrêmement marqués, avec des séquelles physiques et psychiques : troubles du sommeil, de l’alimentation, cauchemars… Ils vivent ce qu’on pourrait définir comme un état de stress post-traumatique avec une incapacité à reprendre une vie active, une place dans leur famille. Des bruits les font sursauter, tellement ils ont été marqués par les alarmes des machines pendant des jours. On commençait à revoir ces patients de la première vague mais on n’a plus le temps de le faire. »

    « Nos patients n’ont pas les moyens de se confiner correctement et nous n’avons aucune alternative à leur proposer » . Slim Hadiji, 46 ans, médecin généraliste dans le 13e arrondissement de Marseille

    « Cette semaine, j’ai rempli 49 fiches individuelles de détection Covid, j’ai dû hospitaliser deux patients en réanimation, et j’en ai un troisième qui vient de sortir des soins intensifs et bénéficie d’oxygène à domicile. Pour moi, l’épidémie ne ralentit pas.

    Je commence à être en rupture de tests antigéniques. Je n’arrive pas à obtenir mon quota de quinze tests par jour. J’essaie de me débrouiller avec mes collègues, mais beaucoup de mes confrères aux alentours n’ont pas leur dotation non plus. Est-ce un problème d’approvisionnement des pharmacies, d’anticipation de commandes ? Ou est-ce que cela signifie qu’on sera servis au compte-gouttes ? C’est un problème, car ces tests m’ont déjà permis de détecter une bonne vingtaine de cas positifs.

    Les contaminations que j’observe dans mon cabinet sont exclusivement d’origine intrafamiliale. Il suffit d’un cas positif, souvent une personne qui ramène le Covid de son lieu de travail, pour que toute la famille soit touchée. Notre difficulté est toujours la même : dans les quartiers populaires, nos patients n’ont pas les moyens de se confiner correctement chez eux et nous n’avons aucune alternative à leur proposer.

    La semaine dernière, je demandais une feuille de route pour les généralistes. Le 13 novembre, j’ai reçu un pavé de 22 pages du ministère de la santé qui définit une vision globale. Malheureusement, il n’y a toujours pas de fiche simple pour ma pratique quotidienne. Et je suis encore obligé de m’en remettre à mes contacts hospitaliers pour les patients diabétiques, hypertendus… Nous, généralistes, avons plein de questions. Qu’est-ce que je dois arrêter, qu’est-ce que je dois prescrire, qu’est-ce que je dois surveiller ? J’ai besoin d’aide. Il faut que les gens aient autant de chances d’être bien soignés qu’ils soient hospitalisés à Paris, Lille ou pris en charge dans les quartiers populaires de Marseille.

    Quand je prescris des bilans biologiques, je vois des dégradations importantes, des atteintes hépatiques, des facteurs de coagulation très perturbés. Si un patient venait me voir, hors Covid, avec un tel bilan, je prendrais peur. Ce virus fait des choses qu’une autre maladie n’a pas l’habitude de faire. Le risque thromboembolique y est très important. C’est inimaginable de ne pas proposer systématiquement un #bilan_biologique aux patients Covid au-delà de la quarantaine. On éviterait pas mal de passages en réanimation. »

    « Moralement, c’est lourd. On s’identifie aux patients : 50-60 ans, c’est l’âge de mes parents » . Lucas Reynaud, 30 ans, interne en réanimation à l’hôpital de Montélimar (Drôme)

    « En début de semaine, je pensais qu’on avait passé le pic dans le service, que le plateau était atteint. Mais, dans la nuit de mercredi à jeudi, trois nouveaux malades du Covid sont arrivés, et le projet de la baisse de charge est pour le moment repoussé.

    J’ai eu trois décès en cinq jours, dont un monsieur qui était arrivé en même temps qu’un autre, avec les mêmes antécédents. L’un est toujours dans le coma, le second n’a pas survécu. Il avait 76 ans. Deux semaines auparavant, il était sans machine, les jambes croisées dans son lit… Une dame de 56 ans a dû être transférée à Lyon car elle avait besoin d’un appareil plus sophistiqué pour soulager son cœur et oxygéner son sang. J’ai aussi fait une entrée gravissime, une femme renversée par une voiture.

    « Le soir, entre jeunes médecins, on se raconte nos cas, nos difficultés, nos interrogations. Cela nous sert de psychothérapie de groupe »
    En expérience humaine, pathologies rencontrées et gestes pratiqués, ce que je vis est un condensé de mes dix années de médecine. Une plongée rapide dans le grand bain. Au début du mois, j’ai même doublé une garde senior. Moralement, c’est lourd. On s’identifie aux patients : 50-60 ans, c’est l’âge de mes parents. Normalement, il ne faut pas le faire en médecine. De l’empathie, il faut en avoir, mais s’identifier, non. L’expérience va m’endurcir, même si je suis encore jeune.

    Notre chance, à Montélimar, en tant que jeunes médecins, c’est d’être logés à l’internat. Nous sommes une trentaine. Le soir, on se retrouve pour débriefer. On se raconte nos cas, nos difficultés, nos interrogations. Cela nous sert de psychothérapie de groupe. La dernière fois, j’ai fait remarquer qu’on ne parlait que boulot. Mais on en a besoin, je crois. »

    « On est agréablement surpris, le pic est monté moins haut que ce qu’on craignait ». Thomas Gille, 39 ans, pneumologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis)

    « Contrairement à certains autres établissements de l’AP-HP [Assistance Publique-Hôpitaux de Paris], à Avicenne, on connaît plutôt un plateau qu’une décrue, ces jours-ci. Déjà, lors de la première vague, on avait été les premiers saturés et les derniers désaturés d’Ile-de-France, notamment parce que la Seine-Saint-Denis est un désert médical, en raison de la grande précarité de la population, de ses facteurs de risques, etc.

    L’activité reste importante mais elle a arrêté d’augmenter, c’est très net. Comparé à mars-avril, il y a environ deux fois moins de lits occupés par des patients infectés par le virus. Sauf accident, ça va décroître dans les jours qui viennent. On va accompagner cette décrue en reprogrammant des blocs qui n’étaient pas urgents et avaient été décalés. Par exemple, des chirurgies ambulatoires de la cataracte, ou des coloscopies.

    On est agréablement surpris, le pic est monté moins haut que ce qui avait été craint. Probablement qu’il y a eu un effet “vacances scolaires”, qui réduit la circulation du virus de manière évidente. Mais nous restons prudents face à un risque de rebond du fait de la rentrée, dans la mesure où tout est décalé.

    Comme pneumologue, il y a des questions en suspens : quelles sont les #séquelles ? Dans quelles proportions ? S’il y a de l’inflammation ou de la fibrose pulmonaire qui persiste, avec quoi peut-on la traiter ? La semaine dernière, j’ai revu un patient septuagénaire très gêné, qui reçoit de l’oxygène lorsqu’il marche, ce qui n’était pas du tout le cas avant sa contamination. On a essayé un premier traitement, qui a été partiellement efficace. Sans doute avait-il une maladie pulmonaire sous-jacente qui n’avait pas été identifiée ni ressentie, mais a probablement été accélérée par l’infection. »

    #covid-19 #hôpital

  • « J’ai l’impression d’être sénile » : Le brouillard cérébral, séquelle de la Covid-19
    https://www.les-crises.fr/j-ai-l-impression-d-etre-senile-le-brouillard-cerebral-sequelle-de-la-cov

    Source : The New York Times, Pam Belluck Traduit par les lecteurs du site Les-Crises Cette maladie touche des milliers de patients, entravant leur capacité à travailler et à mener leur vie quotidienne. Michael Reagan chez lui à New York. Des symptômes cognitifs et neurologiques persistants l’ont forcé à se mettre en arrêt maladie. Credit : Hiroko Masuike – The New York Times Après avoir contracté le coronavirus en mars, Michael Reagan a perdu tout souvenir de ses 12 jours de vacances à Paris, alors même que le voyage n’a eu lieu que quelques semaines plus tôt.Lire la suite

  • #Coronavirus: ’Long Covid could be four different syndromes’ - BBC News
    https://www.bbc.com/news/health-54540544

    These symptoms may be due to four different syndromes:

    permanent organ damage to the lungs and heart
    post-intensive-care syndrome
    post-viral fatigue syndrome
    continuing Covid-19 symptoms

    Some of those affected have had a long stay in hospital with severe Covid-19 - but others, who have had a mild infection, have never even been tested or diagnosed.

    Source: NIHR Evidence - Living with Covid19 - Informative and accessible health and care research
    https://evidence.nihr.ac.uk/themedreview/living-with-covid19

    #séquelles

  • Eurosurveillance | Reduced maximal aerobic capacity after #COVID-19 in young adult recruits, Switzerland, May 2020
    https://www.eurosurveillance.org/content/10.2807/1560-7917.ES.2020.25.36.2001542#html_fulltext

    L’armée suisse détecte des #séquelles chez ses recrues ayant contracté Covid-19 - Heidi.news
    https://www.heidi.news/sante/l-armee-suisse-detecte-des-sequelles-chez-ses-recrues-ayant-contracte-covid-

    L’infection à Covid-19 laisse des traces. Fatigue, souffle court, perte de l’odorat… L’armée suisse vient de sortir une étude, publiée le 10 septembre dans la revue Eurosurveillance, qui confirme le phénomène sur ses propres troupes. Elle montre qu’environ une jeune recrue sur cinq, âgée d’une vingtaine d’années environ, présentait encore une capacité respiratoire altérée, détectable aux tests d’endurance, un à deux mois après l’infection.

  • #COVID-19 : des #séquelles réelles, mais peu documentées
    https://francais.medscape.com/voirarticle/3606466

    Serge Cannasse

    15 octobre 2020

    #France – Les médias se sont faits l’écho de publications rapportant la persistance de troubles après la phase aiguë de Covid-19. À la demande de la Direction générale de la santé, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a étudié la littérature parue sur le sujet, dans le but d’aider les praticiens à repérer et traiter les patients concernés. Il avertit d’emblée que les travaux sont trop peu nombreux et le recul insuffisant pour tirer des conclusions générales et valides. Néanmoins, il dresse un état des lieux des pathologies observées, en prenant garde de ne pas affirmer de lien direct avec la maladie Covid-19 et de laisser supposer leurs mécanismes physiopathologiques. Ainsi, pour la gériatrie, il explique qu’il « y a un manque total de données prospectives. » Il signale cependant le lancement de l’étude française COVID-OLD coordonnée par Gaëtan Gavazzi et à laquelle participent de nombreuses études dont celle de Nancy. Elle suivra pendant 1 an l’évolution de la #fonctionnalité chez les patients de plus de 70 ans atteints par le SARS-CoV-2.

    Manifestations respiratoires

    Là aussi, les données sont « limitées ». Les symptômes retrouvés sont un syndrome restrictif et/ou diminution de la DLCO (Capacité de diffusion du monoxyde de carbone – CO), une fibrose. Un travail a montré l’intérêt d’une réhabilitation respiratoire.

    Complications cardiaques

    Leur prévalence a été estimée entre 7 et 22% des formes graves. Ce sont : atteintes myocardites aiguës ischémiques, arythmie par fibrillation auriculaire, troubles de la conduction, tachyarythmie, fibrillation ventriculaire.

    Les patients ayant une pathologie cardiaque antérieure à l’infection par le SARS-CoV-2 sont plus à risque de complication. « C’est pourquoi ils ne doivent pas interrompre leur traitement habituel, en particulier les IEC/ARA2 et leur accès aux soins, éventuellement par téléconsultation, ne doit pas être limité », précise le texte.

    Il faut rechercher des séquelles cardiaques chez tous les patients ayant eu une maladie Covid-19 avec manifestations cardiaques quelle qu’en soit la sévérité (au minimum, ECG sur 24 heures, échographie cardiaque, test d’effort et/ou IRM cardiaque).

    Une tachycardie est fréquemment rapportée, mais n’est pas associée à un surrisque de décès.

    Troubles secondaires de l’immunité

    Certaines ont été rapportées à distance de l’infection à SARS-CoV-2, avec quelques formes graves spécifiques aux enfants (par exemple, un syndrome Kawasaki-like).

    Manifestations neurologiques

    Par rapport aux manifestations respiratoires, elles semblent bien moins fréquentes, mais elles sont potentiellement nombreuses, notamment encéphalite, encéphalomyélite, syndrome de Guillain-Barré, rhabdomyolyse, avec une fréquence particulièrement élevée d’événements cérébro-vasculaires (62% des troubles post-Covid dans une étude) : ischémie, hémorragie intracérébrale, vascularite du système nerveux central.

    Complications neuropsychologiques

    Elles sont très fréquemment rapportées, avec des fréquences variant fortement d’une étude à l’autre, selon les pays et les groupes sociaux. Elles semblent favorisées par l’isolement, la quarantaine, l’exercice d’une profession exposant au risque d’infection. Un soutien social est associé à une diminution du risque d’anxiété et/ou de dépression.

    Complications ORL

    Les troubles olfactifs sont fréquents pendant la phase aiguë et peuvent perdurer ensuite, de 1 à plus de 4 semaines, mais les données manquent sur le long terme.

    Conclusion

    Le HCSP formule plusieurs recommandations : standardisation du recueil des données, inclusion dans une cohorte de suivi #post-Covid des patients non inclus dans la cohorte French COVID (patients hospitalisés à la phase aiguë), coordination nationale des cohortes existantes.

  • « Je suis passée tout près de la mort » : après le traumatisme de la #réanimation, la longue reconstruction psychologique des patients Covid-19
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/je-suis-passee-tout-pres-de-la-mort-apres-le-traumatisme-de-la-reanimat

    Les rescapés partagent la même incompréhension. Les patients de Marisa Denos se demandent comment et pourquoi une telle épreuve est arrivée, si les #séquelles vont rester, si le virus va revenir. « L’anxiété est d’autant plus forte que l’on parle d’un #traumatisme collectif, à une échelle immense », poursuit Marilyne Baranes. Cette docteure en psychologie clinique et psychopathologie, spécialiste du stress post-traumatique, suit cinq patients post-réanimation, âgés de 28 à 40 ans. « D’habitude, des patients sortis de réanimation ont, plus ou moins rapidement, le sentiment d’avoir échappé à la mort, d’être tiré d’affaire. Là, les gens ne comprennent pas pourquoi cette maladie a fait tant de dégâts, pourquoi on n’a pas prévenu les gens plus tôt. Et avec la possibilité d’une deuxième vague, ils sont pétris de peur. »

    L’angoisse est d’autant plus forte pour des jeunes qui n’avaient jamais connu l’hôpital. A 22 ans, Hugues Mignot voit son état physique revenir « quasiment comme avant », même si tout effort sportif reste interdit. Ses cheveux et poils de barbe blanchissent et tombent. « C’est lié au stress post-traumatique », dit calmement ce Parisien passé dix jours en réanimation en mai. À l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), Hugues Mignot était l’un des rares patients conscients dans le service. Si les médecins étaient « très humains », les souvenirs restent violents, comme cette vue sur la chambre d’un homme très âgé, placé sous respirateur et dans le coma. Ou ces trois jours critiques « où je me suis rendu compte que c’était peut-être la fin ».

    #coronavirus

  • Persistent Symptoms in Patients After Acute #COVID-19 | Infectious Diseases | JAMA | JAMA Network
    https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2768351

    This study found that in patients who had recovered from COVID-19, 87.4% reported persistence of at least 1 symptom, particularly fatigue and dyspnea. Limitations of the study include the lack of information on symptom history before acute COVID-19 illness and the lack of details on symptom severity. Furthermore, this is a single-center study with a relatively small number of patients and without a control group of patients discharged for other reasons. Patients with community-acquired pneumonia can also have persistent symptoms, suggesting that these findings may not be exclusive to COVID-19.6

    Clinicians and researchers have focused on the acute phase of COVID-19, but continued monitoring after discharge for long-lasting effects is needed.

    #séquelles

  • « Est-ce que je vais guérir ? » : des malades du #Covid-19 témoignent de symptômes persistants après plusieurs mois
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/est-ce-que-je-vais-guerir-des-malades-du-covid-19-temoignent-des-sympto

    Sur les réseaux sociaux, leurs témoignages apparaissent accompagnés du hashtag #apresJ20, #apresJ60, parfois même #apresJ100. Des personnes affirmant avoir souffert du Sars-CoV-2 disent connaître encore de lourds symptômes, longtemps après leur apparition. D’après un suivi du CHU de Rennes, entre 10 et 15% des patients non-hospitalisés interrogés n’avaient toujours pas repris leur activité, six semaines après la maladie. « Ils présentaient toujours des symptômes inattendus, très invalidants », développe Pierre Tattevin, chef du service des maladies infectieuses. « Un tiers des patients avaient l’impression d’avoir perdu leur capacité respiratoire. Et 40% exprimaient une grande fatigue. »

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évoqué cette réalité le 22 juin, lors d’une conférence de presse (en anglais) : « Certaines personnes ont des symptômes persistants, comme une toux sèche au long cours, de la fatigue ou le souffle court en montant des marches », a reconnu l’institution. Une étude néerlandaise, relayée par le site NL Times, a récemment montré que 60% des patients interrogés – environ 1 600 – présentaient toujours des symptômes respiratoires, près de trois mois après le début de la maladie. Pourtant, 91% d’entre eux n’ont pas été hospitalisés, et 85% de ces patients étaient en bonne santé avant le Covid-19. D’après Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), 5 à 10% des malades du coronavirus pourraient être dans cette situation

  • One in 10 people infected with the coronavirus suffers from fatigue...
    https://diasp.eu/p/11320747

    One in 10 people infected with the coronavirus suffers from fatigue, muscle aches or neurological disorders for weeks after surviving an infection. What long-term damage does the virus do to the body? Many Stay Sick After Recovering From Coronavirus - DER SPIEGEL - International #International #World #Coronavirus #Health #Medicine

  • Depression, Pain, Breathing Problems—and That’s After Surviving #COVID-19 | Global Health NOW
    https://www.globalhealthnow.org/2020-06/depression-pain-breathing-problems-and-thats-after-surviving-covid-

    How many people suffer long-term effects, and for how long, is COVID-19’s biggest mystery. Search the word “sequelae” (after-effects of a disease) in WHO’s global coronavirus literature database, and you get more than 800 results connecting COVID-19 to all sorts of problems—everything from anosmia to gambling, depression, and pneumonia. But no epidemiological study following thousands of people over time has yet revealed the long-term impacts on health and their duration. 

    The closest thing is the COVID Symptom Study app designed by the Massachusetts General Hospital, King’s College London, and the Harvard T.H. Chan School of Public Health. Brits and Americans who know or suspect they have COVID-19 use the app to regularly report their symptoms. Andrew Chan, MD, MPH, one of the developers of the app, says of the 3.8 million app users, some 300,000 of them are reporting chronic long-term symptoms. But he’s not ready yet to discuss trends or predictors.

    #séquelles

  • MGH FLARE - June 2 - Will #COVID-19 cause more IPF ?
    https://us19.campaign-archive.com/?u=ef98149bee3f299584374540a&id=737fad9de0

    Évaluation du risque de #séquelles pulmonaires de type #fibrose (avec ou sans insuffisance respiratoire) post COVID19

    Although it is too early in this pandemic to identify the incidence of post-COVID-19 ARDS fibrosis, multiple studies of prior global viral respiratory illness outbreaks may offer some insight. In studies of survivors of SARS and MERS, it was found that approximately 30% of survivors developed persistent radiographic abnormalities and 15% developed physiologic restriction. Risk factors for fibrosis were older age and more severe disease requiring ICU admission (Das et al. 2017; Hui et al. 2005). Studies during the COVID-19 outbreak in China have established both persistent radiographic patterns of GGO and consolidation (Shi et al. 2020) and abnormal lung function (Mo et al. 2020) at the time of hospital discharge. However, long term outcome data are needed in order to accurately predict how many COVID-19 ARDS survivors will have persistent and clinically significant abnormal lung function.

  • Historians Question Trump’s Comments on Confederate Monuments - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/08/15/arts/design/trump-robert-e-lee-george-washington-thomas-jefferson.html

    President Trump is not generally known as a student of history. But on Tuesday, during a combative exchange with reporters at Trump Tower in New York, he unwittingly waded into a complex debate about history and memory that has roiled college campuses and numerous cities over the past several years.

    Asked about the white nationalist rally that ended in violence last weekend in Charlottesville, Va., Mr. Trump defended some who had gathered to protect a statue of Robert E. Lee, and criticized the “alt-left” counterprotesters who had confronted them.

    Many of those people were there to protest the taking down of the statue of Robert E. Lee,” Mr. Trump said. “So this week, it is Robert E. Lee. I noticed that Stonewall Jackson is coming down.

    George Washington and Thomas Jefferson, the president noted, were also slave owners. “I wonder, is it George Washington next week?” Mr. Trump said. “And is it Thomas Jefferson the week after?
    […]
    Mr. Grossman [executive director of the American Historical Association] noted that most Confederate monuments were constructed in two periods: the 1890s, as Jim Crow was being established, and in the 1950s, during a period of mass Southern resistance to the civil rights movement.

    We would not want to whitewash our history by pretending that Jim Crow and disenfranchisement or massive resistance to the civil rights movement never happened,” he said. “That is the part of our history that these monuments testify to.

    How the events in Charlottesville, and Mr. Trump’s comments, will affect the continuing debate over Confederate monuments remains to be seen. Mr. Witt [a professor of history at Yale], for one, suggested that white nationalist support might backfire.

    He noted that it was the 2015 murder of nine African-American churchgoers in Charleston, S.C., by a white supremacist that led to the removal of the Confederate flag from the grounds of the statehouse.

    The amazing thing is that the president is doing more to endanger historical monuments than most of the protesters,” he said. “The alt-right is producing a world where there is more pressure to remove monuments, rather than less.

    • Baltimore Removes Confederate Statues in Overnight Operation | 2017-08-16

      https://www.nytimes.com/2017/08/16/us/baltimore-confederate-statues.html

      [...]


      Workers removed the Robert E. Lee and Thomas J. “Stonewall” Jackson monument in Baltimore.

      Beginning soon after midnight on Wednesday, a crew, which included a large crane and a contingent of police officers, began making rounds of the city’s parks and public squares, tearing the monuments from their pedestals and carting them out of town.

      [...]

      Small crowds gathered at each of the monuments and the mood was “celebratory,” said Baynard Woods, the editor at large of The Baltimore City Paper, who documented the removals on Twitter.

      [...]

      The statues were taken down by order of Mayor Catherine Pugh, after the City Council voted on Monday for their removal. The city had been studying the issue since 2015, when a mass shooting by a white supremacist at a historic black church in Charleston, S.C., prompted a renewed debate across the South over removing Confederate monuments and battle flags from public spaces.
      The police confirmed the removal.

      [...]

      By 3:30 a.m., three of the city’s four monuments had been removed. They included the Robert E. Lee and Thomas J. “Stonewall” Jackson Monument, a double equestrian statue of the Confederate generals erected in 1948; the Confederate Soldiers and Sailors Monument, erected in 1903; and the Roger B. Taney Monument, erected in 1887.

      [...]

      Taney was a Supreme Court chief justice and Maryland native who wrote the landmark 1857 decision in the Dred Scott case, ruling that even free blacks had no claim to citizenship in the United States. Although Taney was never part of the Confederacy, the court’s decision was celebrated by supporters of slavery.

      The fourth statue, the Confederate Women’s Monument, was dedicated in 1917. Pictures showed that it too had been taken down early on Wednesday.

      [...]

      One Twitter user, James MacArthur, live-streamed the removal of the Lee and Jackson monument as it was unceremoniously torn from its pedestal and strapped to a flatbed truck. At street level, lit by the harsh glare of police klieg lights, the two generals appeared small.

      Residents were seen celebrating on the pedestal, on which someone had spray-painted “Black Lives Matter.”

      [...]

      A team of police cars escorted the statues out of town. Ms. Pugh suggested on Monday that the statues might be relocated to Confederate cemeteries elsewhere in the state. (Although Maryland never seceded from the Union during the Civil War, there was popular support for the Confederacy in Baltimore and Southern Maryland, where Confederate soldiers are buried.)

      [...]

      trouvé en cherchant au réseau

      #Baltimore #Charlottesville #statues #États_Unis
      #suprématisme_blanc #iconoclasme #Confédération #histoire #racisme #esclavage

    • Baltimore Removes Confederate Statues After Activists Gave City Ultimatium | (#vidéo 7’15’’) TRNN 2017-08-16

      https://www.youtube.com/watch?v=A38qI75uwQE

      [...]

      Owen Silverman Andrews: Sure, I think it’s exciting, and the culmination of intense, years-long grassroots organizing and pressure that was a flashpoint, like you said, when white supremacist violence occurred in Charleston and then again in Charlottesville, but also in response to ongoing white supremacist violence here in Baltimore City. And so Fredrick Douglass said, “Power yields nothing without demand.” And that’s exactly what happened here. It was, “Oh, this is too expensive. This will take too long,” and ultimately, when push comes to shove, the government will respond when we force the government to respond and not before.

      Jaisal Noor: And so defenders, even liberal defenders I talk to say, “This is history. We can’t remove history. It needs to be preserved. We shouldn’t take them down.” How do you respond to those arguments?

      Owen Silverman Andrews: Sure. The Lee/Jackson monument is not history. It’s a false narrative. It’s the Lost Cause mythology. It was put up in the 1940s, not to honor fallen Confederate veterans like some of the older monuments supposedly were alluding to, but it was put up as a triumphant symbol of rising white supremacy and resurgent white power. And so leaving the Lee/Jackson statue in place is the erasure of history, not the removal of it. If you look at the way Nazi Germany, for example, has dealt with their past, they do not leave statues of Hitler and Eichmann in place. They remove them and put up plaques and said, “Jewish families lived here,” and that’s the way to remember history. Not to leave up triumphant statues of genocidal maniacs.

      Jaisal Noor: Yeah, and you didn’t hear those same people defending the statues of Saddam in Iraq.

      Owen Silverman Andrews: Exactly. Exactly. It’s a false logic, and it’s a defense mechanism of people who can’t grapple with either their own privilege or internalized white supremacy, and so we can remember history without celebrating slavery and genocide and rape.

      Jaisal Noor: And so is the work now done now that this is down?

      Owen Silverman Andrews: Columbus is next. There are two Columbus statues in Baltimore, One in Druid Hill Park, and another in Little Italy. And if those don’t come down based on government action from the City, then they’ll come down based on #grassroots_action. So those are the next two, Columbus in Druid Hill and Columbus in Little Italy. Columbus started the trans-Atlantic slave trade. He brought syphilis to the hemisphere. He was a rapist who took indigenous women to Europe and had sex with them against their will, and so we’re planning a funeral for Columbus to lay him to rest, and to move onto the next chapter so we can celebrate people like Thurgood Marshall and Harriet Tubman and Frederick Douglass, and hold up those leaders who struggled against that type of oppression instead of honoring those who initiated it.

      ||

      trouvé en cherchant dans le réseau

      #air_du_temps #goût_du_jour
      #bouleversement
      #séquelles #activisme

  • #Rebecca_Mott : Séquelles
    https://tradfem.wordpress.com/2017/06/05/sequelles

    Je vais essayer d’aborder mon traumatisme, de l’aborder de l’intérieur.

    J’ai envie de me cacher, je regrette de m’être fait du mal.

    Au cœur du traumatisme, le suicide semble un choix raisonnable.

    Mais ma volonté obstinée signifie que je continue à continuer – mais avec douleur, avec tristesse et avec une fureur.

    Je ne peux pas être complaisante au sein de cet enfer durable.

    Donc, je veux parler ici des nombreuses manières dont les femmes sorties de la prostitution sont maintenues dans une condition sous-humaine, ne sont jamais vraiment autorisées à retrouver une place dans la société.

    Je vais parler du sens de survivre à la traite domestique.

    Et je vais parler de l’importance d’établir des liens avec d’autres gens qui ont connu la torture ou cette condition sous-humaine, sans limiter ces liens à des opinions occidentales simplistes au sujet de la politique.

    Je dois dire que je vais écrire cela de l’intérieur de mon traumatisme ; il pourra donc m’arriver de perdre le fil ou même de perdre espoir dans ma façon de m’exprimer.

    Mais je veux parler à partir de l’intérieur du traumatisme ; c’est vous qui, en me lisant, devez progressivement apprendre la langue et les liens propres à l’âme prostituée.

    J’écris habituellement dans une langue adaptée à ce que je crois qu’on sait des personnes prostituées. J’en retranche le découragement, l’humour de potence et les mots qu’échangent en secret les femmes sorties de la prostitution.

    J’autocensure mon sentiment d’être abandonnée de toutes parts en tant que femme sortie du milieu, et je dis merci pour les miettes qu’on nous laisse.

    Mais pourquoi les femmes sorties du milieu devraient-elles toujours se montrer complaisantes, alors que nous voyons, entendons et savons qu’il se fait tellement peu pour affirmer que nous sommes pleinement humaines et méritons dignité et justice ?

    Je ne m’adresse pas ici au lobby du travail du sexe, mais à ceux et celles qui se sont définis comme des alliés.

    Je parle aux abolitionnistes qui nous voient comme des animaux de compagnie – appelées à performer nos « récits » de souffrance – mais qui coupent court si nous parlons de réclamer justice, si nous parlons de notre compréhension approfondie du pouvoir et de la violence des hommes, si nous parlons de nos vies en dehors de ce rôle d’être sorties du milieu.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rebeccamott.net/2017/05/30/aftermath

    Veuillez contribuer par un don au travail de Rebecca Mott : https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=7LKGJ4UZYEKK8d

    #prostitution #séquelles #abolitionnistes #victime #traumatisme #survivre

  • Memories of war torment Gaza’s children
    http://www.dailystar.com.lb/News/Middle-East/2014/Dec-30/282606-memories-of-war-torment-gazas-children.ashx

    Les #enfants de #Gaza, rescapés de la #guerre, luttent contre ses #séquelles
    http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/29/2020173-enfants-gaza-rescapes-guerre-luttent-contre-sequelles.html

    Raghda Ahmed, elle, se fait du souci pour son fils Wissam, huit ans. « Depuis la guerre, il ne me quitte plus, même pas pour une minute. Il me dit +reste avec moi, comme ça si les avions bombardent, on mourra ensemble+ », rapporte cette Gazaouie de 30 ans.

    « Souvent, je reste même avec lui à l’école », poursuit la mère. Avant d’être interrompue par son fils : « mais pourquoi aller à l’école et étudier ? Dans tous les cas, on va mourir à la prochaine guerre ».

    #pep #traumatismes #Israel #Israël #crimes #impunité

  • Prostitution ou pas prostitution !

    Je mets en avant trois raisons pour lesquelles je soutiens le courant néo-abolitionniste :

    > 1. Pour la dignité humaine

    L’acte qui consiste à pratiquer des pénétrations et autres services sexuels sans désir, à subir des relations à répétition plusieurs fois par jour etc. provoque des #séquelles physiques et psychologiques très profondes et très destructrices chez les personnes prostituées. La #violence sexuée n’a pas le même impact que la violence tout court, sinon on punirait le viol avec autant de sévérité qu’une simple agression. Or nous savons très bien, combien même le viol serait moins douloureux, qu’il est beaucoup plus ravageur.

    À ce propos, j’ai déjà entendu dire que l’exploitation qu’endurent les personnes prostituées est comparable à celle que peuvent subir l’ensemble des salarié-e-s et employé-e-s sous le joug de la pénibilité, et de la cruauté du système capitaliste. Très franchement, je trouve qu’on ne peut raisonnablement pas mettre sur le même plan la détresse et les séquelles psychologiques des prostituées et celles des autres exploitées du monde du travail. Pour info, les prostituées sont, avec ceux qui ont connu la guerre du Vietnam, les seules à développer le symptôme de #décorporalisation. C’est-à-dire que les rapports sexuels non désirés à répétition sont d’une telle violence que les prostituées sont nombreuses à anesthésier psychologiquement leurs corps, et que bien souvent, quand elles se retrouvent couvertes de bleus en rentrant chez elles, elles sont incapables de se souvenir de qui les a frappé.

    De même, elles ne vont plus chez le médecin quand elles sont malades, leurs corps étant complètement insensibilisés. Ces femmes vivent un paradoxe psychologique très violent, celui d’être témoin et même de participer à leur propre viol, qui devient un viol compensé par l’argent. Bref, j’ai beau dénoncer toutes les formes d’exploitation comme vous pouvez d’ailleurs le constater sur ce blog, je ne veux pas laisser dire que les séquelles physiques et psychologiques qu’on relève chez les prostituées – au moins celles qui font ce métier pour gagner leur vie et donc sans en avoir totalement envie – sont les mêmes que celles d’une caissière ou d’une ouvrière. Pénibilité et traumatisme n’atteignent pas du tout le même niveau !

    > 2. Contre la #marchandisation

    L’Autre notion, ou plutôt maxime qu’il me semble important de rappeler, et que d’ailleurs notre méchant monde libéral nous rappelle sans cesse, c’est que Le client est roi ! C’est lui qui choisit tout, la prostituée, le service, les positions etc. Dans le cadre de ce métier, la femme ou l’homme prostitué ne peuvent que se plier à des pratiques intimes commandées par le client, quelles qu’elles soient.

    En un mot : L’argent c’est le pouvoir. Si je paye, je décide, et je décide CE QUE JE VEUX. Qui détient l’argent en France et dans le monde ? Les hommes ! Dans le monde, les #femmes détiennent 1% des #richesses et des capitaux mondiaux. Donc nous sommes dans des rapports complètement inégalitaires, et ne saurons jamais éviter que ce soit plutôt les femmes qu’on retrouve sur le trottoir, de grès ou de force.

    > 3. Pour l’égalité entre les femmes et les hommes :

    L’existence de la #prostitution est un frein à la liberté sexuelle et l’égalité entre les femmes et les hommes. La liberté sexuelle, c’est d’abord la réciprocité du désir et du plaisir, la liberté de choisir son partenaire et ses pratiques sexuelles, et il n’est pas question de qualifier de liberté une circonstance où l’homme paye pour pousser la femme, par la pression de l’argent plutôt que de la force usitée autrefois, à avoir telles pratiques sexuelles avec lui. La prostitution est le dernier bastion d’une longue histoire du #patriarcat où le désir de l’homme a toujours primé sur celui de la femme, d’où les traditions réactionnaires des mariages arrangés, du droit de cuissage, des viols et de viol conjugal que la loi n’a que trop tardé à reconnaître. C’est ainsi que ces cruelles traditions ont empilé des armées de femmes traumatisés dans le monde, au fil des siècles. La prostitution n’est d’ailleurs pas un luxe de riches ou de privilégiés, elle existe dans toutes les sociétés, même les plus pauvres. Dans les pays pauvres, les prostituées sont tout simplement moins chères.

    Pour finir, j’aimerai poser la question la plus cruciale à mon sens, celle du projet de société que nous voulons ? Acceptons-nous que la prostitution devienne un métier comme un autre, à savoir que dans les pays qui la légalisent, on voit fréquemment des campagnes publicitaires affichant des soldes sur les prostituées, voire des menus où on a droit à « un repas, une chambre et une prostituée » ? Peut-on tolérer que pôle emploi enregistre la prostitution comme un métier banal, et se plaigne de ce que telle femme ne veuille pas saisir tel poste disponible de prostituée ?

    | Fatima-Ezzahra Benomar
    http://fatimabenomar.wordpress.com/2011/04/07/prostitution-ou-pas-prostitution

    • « Acceptons-nous que la prostitution devienne un métier comme un autre, à savoir que dans les pays qui la légalisent, on voit fréquemment des campagnes publicitaires affichant des soldes sur les prostituées, voire des menus où on a droit à « un repas, une chambre et une prostituée » ? »

      Intéressant mais bien qu’ayant habité en belgique je n’ai jamais vu ce genre de choses. De quels pays parle-t-il ?

      « Peut-on tolérer que pôle emploi enregistre la prostitution comme un métier banal, et se plaigne de ce que telle femme ne veuille pas saisir tel poste disponible de prostituée ? »

      Cela relève un peu du fantasme je pense, non ? Une histoire du genre avait filtré en allemagne mais il était apparu que c’était juste une probabilité et que ça n’avait jamais eu lieu (lu sur un article du STRASS transmis ici, merci).

      Sur le fond je ne peux me prononcer, n’étant ni prostitué, ni client, j’ai du mal à voir l’intérêt de la pénalisation des clients.

    • On parle d’une dépénalisation totale de la prostitution, de sa banalisation : si on considère que la prostitution est un boulot comme les autres (discours des légalistes), alors, logiquement, on pourra avoir des démarches marketing ou des offres d’emploi à pourvoir, tout simplement.
      Or, justement, ces deux exemples soulignent bien qu’on ne parle évidemment pas d’un métier comme un autre. Ne serait-ce que parce qu’on peut accepter que sa mère, sa femme, sa fille ou sa sœur bosse dans une usine, voire même une centrale nucléaire (mais pas forcément de gaité de cœur), mais que les visualiser sur le trottoir à attendre des types qui vont payer pour les besogner, forcément, tout de suite, ça débanalise bien l’idée !