• Je suis Léa

    « Je suis Léa » (►https://jesuislea.fr) est bien plus qu’un collectif de précaires de l’université et de la recherche. C’est un mouvement qui est en train de naitre. En quelques semaines un mur numérique s’est recouvert de 160 #témoignages, souvent bouleversants, de jeunes chercheuses et chercheurs qui font le récit des terribles conditions professionnelles auxquelles un système les asservit.

    La précarité est devenue un véritable fléau dans l’Enseignement supérieur et la recherche. Au début du mois de septembre je faisais une communication intitulée « Réduire la précarité tout en défendant l’emploi statutaire » dans le cadre du colloque d’ouverture des Assises pour l’Enseignement supérieur et pour la Recherche ( voir ici à la page 101 des Actes du colloque ainsi que la communication de Neli Dobreva pour le collectif Vacataires.org, p. 99). C’est à la suite de ce colloque que j’ai rencontré des membres du collectif de chercheurs et de chercheuses qui venaient de se constituer sous l’appellation « Je suis Léa ».

    « Je suis Léa » se singularise par la force d’un mur de témoignages (▻https://jesuislea.fr/#temoignages) et des #revendications précises qui sont adressées aux parlementaires et aux candidat·es à la présidentielle. Ce mouvement me semble exemplaire, au sens où il se donne tous les moyens pour faire avancer la cause qu’il défend. Ses principales caractéristiques sont les suivantes :

    - Garantir la transparence et l’indépendance du mouvement ;
    - Constituer un espace d’écoute, de rencontre et de partage ;
    - Garantir l’anonymat des témoignages ;
    - Travailler avec les syndicats et les autres collectifs ;
    - Soutenir des revendications qui s’appuient sur une expertise juridique et financière ;
    – Exiger une commission d’enquête parlementaire sur la précarité dans l’ESR ;
    – Soutenir les lycéen·nes et demander la suppression de #Parcoursup.

    Mais la plus grande force de « Je suis Léa » est de briser le mur du silence sur la condition des précaires dans l’ESR. Derrière ce mur nous découvrons #vexation, #humiliation, #racisme, #exploitation éhontée, #pression au travail, #burn_out, #harcèlement moral et sexuel, #impunité des harceleurs, #homophobie, #précarité_financière, financement de la recherche sur ses propres deniers, #bénévolat forcé, refus de #rémunération pour les tâches accomplies, #discriminations à la #grossesse …

    Les témoignages mettent à nu toute la #violence du contraste entre l’excellence d’un niveau scientifique acquis au prix de nombreux #sacrifices et la #précarité_professionnelle subie. Nous voyons aussi devant nous le mur sur lequel se fracassent tant de scientifiques brillants : celui de la #sélection, de la #concurrence impitoyable et de la reproduction des élites. Nous mesurons alors le désarroi des post-doctorant·es qui mettent des années avant d’obtenir un emploi à l’université ou d’abandonner définitivement la recherche. Et nous prenons conscience que cette violence est celle d’un système et d’une politique.

    Je donne la parole à l’équipe de « Je suis Léa », qui se présente à vous. Il faut l’écouter, diffuser ce message, libérer la parole, témoigner, inventer de nouvelles solidarités :

    **

    Bonjour à toutes et tous,

    Nous vous présentons « Je suis Léa », un collectif indépendant qui adapte à l’ESR français le mouvement allemand #IchBinHanna.

    Léa n’a pas un seul visage : c’est la docteure sans poste qui enchaîne les vacations, le vacataire payé six mois en retard, la postdoctorante qui déménage tous les deux ans, l’ingénieur·e en CDD à répétition. Nous la croisons toutes et tous, et beaucoup d’entre nous sont Léa. C’est pour cela que le collectif porte ce nom.

    La précarité de l’ESR est documentée depuis des années. Mais tant qu’elle se limite à des chiffres et à des cas isolés, elle n’émeut personne. Derrière les sigles : du travail gratuit, des vies suspendues, des renoncements, des silences imposés.

    Le cœur de notre campagne, c’est un mur de témoignages : des dizaines de récits, côte à côte, qui font apparaître un système. Nous voulons rendre cette précarité impossible à regarder sans réagir.

    « Tout cela existe déjà », nous dira-t-on. C’est vrai, et nous ne prétendons ni remplacer les syndicats et collectifs qui mènent ce combat, ni refaire leur travail. Mais la précarité n’est plus méconnue : elle est connue et tolérée. Ce qui manque, ce n’est pas un rapport de plus — c’est un visage. Notre rôle : incarner, rassembler tous les statuts sur un même mur, et porter ces voix jusqu’au grand public et aux candidat·es de 2027.

    Nous recueillons les témoignages de toutes les personnes précaires de l’ESR — docteur·es sans poste, vacataires, postdocs, ATER, contractuel·les, ingénieur·es, personnels d’appui, sans oublier les doctorant·es. Signés ou anonymes, ils sont relus et anonymisés si besoin : rien ne paraît sans votre autorisation, et tout témoignage peut être corrigé ou retiré sur simple demande.

    Deux manières d’agir, dès aujourd’hui :

    -- Témoigner : quelques lignes suffisent. Votre récit peut être celui qui fait réagir un·e lecteur·rice de plus.

    -- Écrire à votre député·e pour lui demander des comptes : ce qu’elle ou il compte faire pour obtenir une commission d’enquête parlementaire sur la précarité dans l’ESR, et pour mettre en œuvre nos revendications (jesuislea.fr/#revendications). Puis nous transmettre sa réponse à contact@jesuislea.fr : nous rendrons publiques les positions de chacun·e.

    Pour témoigner, rejoindre le lancement ou échanger : contact@jesuislea.fr

    Site :

    Je suis Léa : ►http://jesuislea.fr

    Bluesky : @

    #JesuisLéa(@jesuisleabsky.bsky.social) : ▻http://jesuisleabsky.bsky.social

    LinkedIn : Je suis Léa

    Enfin, à l’approche de la présidentielle de 2027, nous échangeons avec d’autres collectifs pour poser aux candidat·es quelques questions communes, simples et vérifiables : précarité, emploi stable, travail gratuit, abus de pouvoir. Nous comptons bien obtenir des réponses. Les collectifs, associations et syndicats qui souhaitent collaborer ou faire cause commune sont les bienvenus : écrivez-nous à contact@jesuislea.fr.

    Solidairement,

    L’équipe « Je suis Léa »

    ▻https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/131026/je-suis-lea
    #précarité #JeSuisLéa #IchBinHanna #université #fac #ESR #recherche #travail #précarisation #conditions_de_travail #Enseignement_supérieur_et_la_recherche #fléau #mouvement #résistance

  • Y a-t-il un hypocrite qui voudrait me faire croire qu’il est surpris par ce résultat ?

    via ▻https://diaspora.psyco.fr/p/12703101

    – Hochrechnung zu den Landtagswahlen in Sachsen-Anhalt
    Wollte mir jetzt wirklich irgend ein Heuchler weismachen, dass ihn das Ergebnis überrascht?

    – Extrapolation for the state elections in Saxony-Anhalt
    Any hypocrite who wants to make me believe, that he is astonished by the result?

    – Estimation des résultats des #élections régionales en #Saxe-Anhalt
    Y a-t-il un hypocrite qui voudrait me faire croire qu’il est surpris par ce résultat ?

    #AfD #Sachsen-Anhalt #Landtagswahlen #Hochrechnung

  • Gastro-Kuriosum im Berliner Westen: Fünftes Asia-Restaurant am selben Ort gescheitert – jetzt kommt das sechste
    ▻https://www.tagesspiegel.de/berlin/bezirke/charlottenburg-wilmersdorf/gastronomie-probleme-in-fruherer-kneipenmeile-funftes-asia-restaurant-a

    Noch keine Empfehlung, aber da kommt was zum Ausprobieren. Wilmersdorf und Pariser-Sächsische sind ja mittlerweile echte Geheimtips, wenn man nicht zur CDU-Grütterfraktion gehört.

    26.8.2026 von Cay Dobberke - Nur wenige Monate lang hielt ein vietnamesisches Lokal in Berlin-Wilmersdorf durch. Schon wagt ein neuer Wirt an gleicher Stelle den nächsten Versuch mit asiatischer Küche. Läuft es dieses Mal anders?

    Kann das gut gehen? An einem gastronomisch schwierigen Standort im Berliner Westen soll Anfang September wieder ein asiatisches Restaurant eröffnen. Innerhalb weniger Jahre ist dies schon der sechste Versuch, fernöstliche Küche an der Pariser Straße/Ecke Sächsische Straße in Wilmersdorf zu etablieren.

    Erst im Januar dieses Jahres hatte ein Vietnamese dort das Fusion-Restaurant „Lumy“ gegründet. Aber seit ein paar Tagen ist es geschlossen. „Wir bauen für Sie um“, verkündet ein Plakat. Hinter den abgeklebten Fenstern entsteht nun ein chinesisches Restaurant.
    In der einstigen Kneipenmeile ist nicht mehr viel los

    Seit dem Frühjahr 2021 hatten sich in den vorherigen Räumen einer Pizzeria nacheinander das vietnamesische Restaurant „Monsun“, das „Vegansia“ mit veganen Speisen, das japanische „Kitsune“, das vietnamesische „Ban Toi“ und schließlich „Lumy“ angesiedelt. Die Ära der Pariser Straße als West-Berliner Kneipenmeile ist jedoch längst vorbei. Es mangelt an Laufkundschaft.

    Das künftige Lokal wird „Shan Hai Ji“ heißen – abgeleitet von einer alten mythologisch-geografischen Enzyklopädie Chinas, die als „Klassiker der Berge und Meere“ (Shan Hai Jing) berühmt ist. Der neue Wirt stammt aus einer deutsch-chinesischen Familie. Über sich und sein Konzept möchte er erst nach Eröffnung sprechen, deren genaues Datum noch nicht feststeht.

    Schräg gegenüber in der Pariser Straße betreibt der deutsch-türkische Gastronom Ismail Koyun seit vielen Jahren das „Café Sidney“. Er wünscht dem neuen Nachbarn viel Glück, bleibt aber skeptisch. Nach den wiederholten Schließungen ist für ihn klar: „Das ist kein guter Ort für ein asiatisches Restaurant.“ Überhaupt habe es Gastronomie in der heutigen ruhigen Wohngegend schwer.

    Andererseits beweisen drei nahe Sushi-Bars und ein vietnamesisches Restaurant, dass sich asiatische Küche durchaus in dem Wilmersdorfer Kiez behaupten kann. Auch ein traditionsreiches Alt-Berliner Lokal ist wieder sehr gut besucht: Das „Kuchel Eck“ am Ludwigkirchplatz wurde im Mai nach einer Pleite vom bekannten Gastronomen Josef Laggner gerettet.

    #Berlin #Wilmersdorf #Pariser_Straße #Sächsische_Straße #Ludwigkirchplatz #Gastronomie #Chinarestaurant #Stdtentwicklung

  • What Was the Internet ?
    ►https://www.bostonreview.net/articles/what-was-the-internet

    L’état des choses dans l’internet vu par quelques personnes assez intelligentes et sincères.

    6.8.2026 by Siva Vaidhyanathan, Avery Dame-Griff, Joanna Walsh, Chad Wellmon, Cory Doctorow, Matt Lord - As AI overtakes the web, five writers reflect on how far it’s fallen and what comes next.

    Joanna Walsh’s latest book is Amateurs! How We Built Internet Culture and Why it Matters.

    For as long as it’s been around, we haven’t been sure how to feel about it. The utopians had their favored metaphors: cyberspace; a global village; the electronic frontier, digital commons, or new public sphere. If American literature, as Emerson said, is “in the optative mood,” the same has been true—maybe truer—of so much thinking about the internet.

    But it didn’t take long for disillusionment to set in. A few years after British computer scientist Tim Berners-Lee invented the World Wide Web at CERN in 1989, critics began to sound the alarm on the “Californian Ideology”: the insidious creep of corporate greed in the guise of bohemianism. Since then, the story of the web’s decline has paralleled that of Silicon Valley and the “new economy” of neoliberal globalization it stood for. Social media, once a vehicle of “participatory culture” and “networked protest,” has been enshittified. Big Tech has gone red (in the GOP, not communist, sense). Attention merchants lock us into doomscrolling while platform capitalism, the backbone of today’s national security state, extracts, surveils, and kills. Despite valiant efforts by activists and reformers, it’s been the dystopians’ world—or at least the realists’—for some time now: an age of techno-feudalism, digital colonialism, the new Jim Code.

    With the rise of AI, however, some new mood seems discernible, at least around the edges: the elegiac. A lot of the web is being swept away. In May, Google overhauled its iconic search box for the first time since 2001, signaling its all-in on the “intelligence age.” As chatbots hallucinate and hide their sources, search results become harder to browse, and digital life becomes ever more atomized, online access to information looks more imperiled than ever. Wikipedia has managed to survive—a miraculous exception that proves the rule—but it’s staring down new threats. Boston Review has been online since 1995, but our search engine traffic is falling, like everyone else’s. If work is published on the net and no one can navigate to it, does it leave a trace?

    In other words, is this the end of the web itself? And if so, is some kind of eulogy in order?

    “Just as I’d hoped, [the web] has enabled a flourishing of human creativity and self-expression,” Berners-Lee writes in his recent memoir, This Is for Everyone. But “to ensure the web agents serve people—not corporate profits, not governments, not themselves, but people—it’s critical that we develop systems today that put the human first.” We asked five humans who’ve been paying attention what to make of this moment. Read on for their reflections: about how the web used to work and what it used to feel like, the strange and sorry thing it’s become, and the good that’s worth remembering when so much of what we love is dying, or already long gone.

    —Matt Lord

    “Infrastructural Imperialism”
    by Siva Vaidhyanathan

    “The Scale’s the Thing”
    by Avery Dame-Griff

    “Net Positives”
    by Joanna Walsh

    “That Obscure Object, Desire”
    by Chad Wellmon

    “Managed Decline”
    by Cory Doctorow
    Inside a Google data center in Dalles, Oregon, October 2012. Image: Connie Zhou/Google/ZUMAPRESS.com
    Infrastructural Imperialism

    Siva Vaidhyanathan

    In October 2009, Google cofounder Sergey Brin took to the op-ed page of the New York Times to defend a project that had, by then, attracted lawsuits from the Authors Guild and the Association of American Publishers and more than a little suspicion from librarians and scholars of the web. The subject was Google’s bold, global plan to “digitize all books.”

    No one had asked the company to launch Google Books; it seemed not to be doing it for any immediate boost in revenue. Instead, Brin claimed, they were looking out for the good of humanity. “The vast majority of books ever written are not accessible to anyone except the most tenacious researchers at premier academic libraries,” he wrote. He referred to a flood that had damaged the Stanford library stacks in 1998—the very libraries he and cofounder Larry Page had once accessed as graduate students—as proof of print’s fragility and the moral urgency of digitization.

    All those centuries of books, in hundreds of languages: it was never about the good of humanity. It was about laying the groundwork for generative AI.

    It was a lovely piece of writing in its way, and I don’t doubt that Brin believed every word of it. This was digital philanthropy offered up in the now-classic register of Silicon Valley benevolence: a hot, young company, incensed by the slowness and oldness of something, stepping in to do what creaky institutions couldn’t or wouldn’t do themselves, and asking for gratitude rather than payment. But Brin didn’t reveal what all that scanned, machine-readable, multilingual text was really for. Now we know: his company was compiling the largest collection of digestible text in human history in order to build and train a large language model. All those centuries of books, in hundreds of languages, drawn from dusty library stacks: it was never about the good of humanity. It was about laying the groundwork for generative AI—and that was the plan all along.

    That technology is now ruining the World Wide Web, the collection of documents, images, and video that we so unwisely entrusted Google to manage for us. Whether one calls this a bait-and-switch or simply the foreseeable convergence of a data-maximalist research culture with an unprecedented act of data acquisition, the effect is the same: the project that Brin sold to the public as an act of preservation turned out to be infrastructure for a radical act of enclosure—creating the very system now replacing the search engine and the open web itself.

    In those years I wrote a book, The Googlization of Everything, warning that Google had become something the world had never seen before: a private company entrusted, almost by accident and almost entirely without public deliberation, with the organization of the totality of human knowledge. I called this condition “Googlization,” and I broke it into three overlapping projects. First, Google was Googlizing us, shaping our habits of attention and self-disclosure through the surveillance of search. Second, it was Googlizing the world: mapping streets, scanning books, and laying fiber with the swagger of a nineteenth-century railroad baron. And third, it was Googlizing knowledge itself—inserting a ranking algorithm between every citizen and the record of human thought, and doing so with a design so elegant and an interface so spare that few people thought twice.

    Revisiting that argument now, I realize something has changed that I didn’t fully anticipate: Google has stopped pointing. For its entire history, whatever its crimes and sins, Google Search performed one basic benevolent function: it sent our attention from Google to some source that most likely helped resolve a question or indulge an interest. You typed a query, and the company’s ranking algorithm—proprietary, opaque, contestable, but ultimately effective and useful—served up a list of doors onto the wider web. You clicked, and you left Google’s house to visit someone else’s. That mere act of departure, unglamorous as it sounds, was the thread connecting search to the older ideal of the public sphere. It was the residue of an Enlightenment premise: that citizens benefit from encountering a plurality of sources, weighing them, and forming judgments amid the friction of disagreement. Or, at least, Google wanted us to believe that. Many of us did.

    Google has now severed that thread. Type a query into Google today and more often than not you are met with a pile of slop: a synthesized paragraph, stitched together by an LLM, that purports to answer your question so directly and bluntly that you have little reason to go anywhere else. Google calls these paragraphs “AI Overviews.” A more expansive version, “AI Mode,” dispenses with the pretense of links altogether and simply converses with you. By 2025, AI Mode had reportedly surpassed a billion monthly users, with Google boasting that query volume was doubling every few months. The infrastructural imperialism I described in 2011—the steady, unaccountable extension of one company’s dominion over the mechanisms by which we find things out—has entered its final and most totalizing phase. Having organized the web, Google now proposes to replace it.

    It’s worth being precise about what has changed. The shift from ranking to rendering is not a matter of degree; it’s a matter of kind. A ranked list of links, however manipulated by SEO and however biased by commercial incentive, still preserved the plurality of the web as a formal feature of the experience. You at least saw ten different domains, ten different voices, ten different institutional pedigrees; the very act of scanning them—this one a newspaper, that one a blog, this one a government site, that one a forum thread—was a small, constant education in source criticism. The ranking was Google’s judgment, yes, but the sources remained legible as sources. An AI Overview suppresses all that. It takes the labor of dozens of writers, editors, researchers, and institutions, blends it into a single fluent voice with no discernible author, and presents it as if it had emerged from nowhere in particular. Links are demoted to a small cluster of citation chips, easy to ignore, appended as a footnote or afterthought.

    It used to be that when you clicked, you left Google’s house to visit someone else’s. That mere act of departure was the residue of an Enlightenment premise.

    In other words, AI Overview offers the seductive promise that the messy, effortful, contestable business of finding things out—comparing sources, noticing bias, tolerating ambiguity, occasionally being wrong and having to revise your view—can be replaced by a single, confident, algorithmically fluent paragraph. It substitutes the appearance of consensus for the reality of disagreement, laundering the gamut of human knowledge into a single, bland, authoritative-sounding voice with a penchant for hallucination. We have traded a system that was biased and commercially distorted for one that is biased, commercially distorted, and prone to simply making things up, all while sounding more confident than any of the sources it cannibalized to produce its answer.

    Recent field research illustrates what’s at stake. A Pew study found that when an AI Overview appears, only about 8 percent of users go on to click a traditional search result, compared with 15 percent when no overview is present, and a mere 1 percent of users click through on the links embedded in the overview itself. An Ahrefs analysis published early this year found that AI Overviews correlate with a 58 percent reduction in click-through rates on top-ranking pages—nearly double the decline measured less than a year earlier, suggesting the effect is not a one-time adjustment but an accelerating trend. Seer Interactive, an industry analytics firm, clocked a 61 percent year-over-year decline in organic click-through for queries that trigger an overview. And in Google’s own AI Mode, the zero-click rate—the share of searches that end without the user visiting any external site at all—has been measured as high as 93 percent. Across the whole of Google Search, industry trackers now place the zero-click share at roughly 60 to 68 percent of all queries.

    These are not marginal effects, and they reflect a bid for control that goes beyond Google Books. Unlike a library’s back catalog, the web depends on continuous revenue and continuous attention to survive. A book, once digitized, sits inertly on a server; a newspaper, a recipe site, a small nonprofit’s explainer page, or a local news outlet needs the next visitor, and the one after that, in order to keep publishing at all. Google’s summarization apparatus consumes the work of the open web in order to render the open web unnecessary to visit.

    Of course, Google’s overviews and AI Mode are trained on, and generated in real time from, the work of publishers, journalists, encyclopedists, bloggers, forum contributors, recipe writers, and millions of other ordinary web authors—the same open web that Google’s original ranking algorithm was built to organize. Classic search occasionally (if unfairly and unevenly) rewarded source publishers with traffic: that reciprocal arrangement was the thing that made the commercial web possible for two decades. The generative layer breaks that circuit. Google now ingests the open web’s output to manufacture an answer that keeps the user inside Google’s own interface, denying the originating site the visit—and the ad impression, and the subscription prompt, and the newsletter signup—that used to be the whole point of writing something worth ranking.

    Publishers have not taken this quietly; among other things, they’ve launched a bevy of lawsuits. In apparent recognition of the problem, Google has rolled out cosmetic fixes—a “Further Exploration” module tacked onto the bottom of an overview, offering a few curated links after the user’s question has already been answered above the fold. What should worry us here is not merely that individual publishers are losing revenue, painful as that is. It’s that the ecosystem of incentives which made the open web worth writing for is quietly being dismantled by the same company that once depended on that ecosystem’s vitality to make its own product useful.

    From this vantage, Google’s summarization engine is parasitic, in the biological sense of the term: it requires a living host—the open web’s continuous production of new, verifiable, human-authored information—even as its design slowly starves that host of the resources needed to keep producing. A minority of publishers may survive by walling off their content entirely, blocking Google’s crawlers and rebuilding direct relationships with readers through subscriptions and newsletters; surveys already suggest roughly a third intend to try. But a web fragmented into paywalled enclaves is not a public sphere either. It is simply Googlization’s endgame arriving by a different road: a public information commons dissolved, whether by extraction or by retreat.

    Personalization only compounds the trouble. I spent a good portion of The Googlization of Everything worrying about the way Google’s ranking algorithm quietly tailored results to a profile built from your search history, your location, your device, your prior clicks, so that two people typing the identical query might receive subtly different worlds. Eli Pariser would later popularize this concern as the “filter bubble,” and the phrase stuck because it named something real: a public sphere that only pretended to be shared, since each of us stood in a slightly different room of it, seeing a slightly different arrangement of the furniture.

    Generative synthesis intensifies that condition in a way that personalized ranking never could. A ranked list, whatever its distortions and limitations, had discrete, checkable, external referents; you could, if you were curious, click past the first result and see what the second and third had to say. AI Overview offers no equivalent. Two users asking the same question may now receive two totally different yet confidently worded paragraphs, neither bearing any obvious sign of its own contingency, and neither offering the reader an easy way to notice that a different answer exists at all. There’s no way to study this phenomenon systematically, so no way to regulate it.

    One of the arguments I made in 2011, and the one I think holds up best, is that Google’s dominance was not merely a story of technical prowess or market cunning: it was a story of public failure. In the 1990s and 2000s, governments, universities, and libraries—the institutions that historically bore responsibility for organizing and preserving public knowledge—declined to, or were prevented from, building the digital infrastructure plainly required by an age when democracy seemed ascendant and universally desirable.

    We have traded a system that was biased and commercially distorted for one that is biased, commercially distorted, and prone to simply making things up.

    Into that vacuum stepped a private company with venture capital, engineering talent, and an advertising business model elegant enough to make the whole apparatus appear free. We got a useful tool and soon became too dependent on it. It was a tool answerable to shareholders rather than citizens, optimized for engagement and margin rather than for the health of the public sphere. Since then the public failure has only compounded, and with the tacit blessing of law.

    In August 2024, a federal court found, at long last, that Google had maintained an illegal monopoly in general search—a finding that vindicated much of what critics of Googlization had been arguing for a generation. But when Judge Amit Mehta issued his remedies in two rulings last year, he declined to order the most consequential structural fix available to him. He let Google keep Chrome, the browser that funnels a majority of the world’s search queries into Google’s own box, and he rejected a “choice screen” that might have interrupted the defaults nudging billions of people toward Google without a moment’s reflection. Instead he imposed modest adjustments such as a bar on exclusive distribution contracts and a requirement that Google share certain search-index and interaction data with competitors. These non-penalties arrived at the exact moment when the more urgent transformation in search—the move from links to synthesis—was already well underway, and the remedies say and do nothing about it. By the time the courts catch up again, the open web’s economic base may no longer be around to protect.

    When I chose the subtitle And Why We Should Worry back in 2011, I meant something more specific than free-floating anxiety about technology. I meant that citizens of a democracy have a stake in how knowledge gets organized, verified, and circulated—and that this stake is too important to be left entirely to the incentives of a single advertising company, however well-intentioned its engineers.

    This argument applies with even greater force to the present, because the stakes have moved from access to synthesis. Back then the worry was that Google decided what links you would see; today the worry is that Google decides what you read, in a Google-generated paragraph with no visible author and no stable citation trail—and does so at a scale, and with a fluency, that makes the underlying labor of the open web nearly invisible, even as that labor is being consumed to produce the answer. To be sure, the open web was never a commons—we shouldn’t get nostalgic for it. It was a mess of vitriol and scams peppered with some remarkable human expression; Google just hid the mess deep on the second page of links. Still, as nasty as it all was, it was better than what comes next.
    Image courtesy of Avery Dame-Griff
    The Scale’s the Thing

    Avery Dame-Griff

    When I grew up in the mid-1990s there were always two computers in our house: one for my father, a systems administrator, and one for me, always one of his hand-me-downs. One such specimen is captured in the photo above, taken in December 1995. The machine wasn’t exactly top-of-the-line, but for a seven-year-old it was a pretty nice setup. Thanks to my father’s job, we also had a home internet connection much earlier than many of my peers did. I remember us sitting side-by-side on weekend nights, him working through an issue with a work server while I was talking with strangers online in random chatrooms.

    If you used enough early text chat, you’ll remember one of the most common questions from that era: “age/sex/location?” or, as it quickly became abbreviated, “a/s/l?” The query originated earnestly enough—a way for others to learn more about you and find points of connection—but at some point I had a realization: I could lie. No doubt, many did. I never lied outright, because I’ve always been a bit of a rule follower, but I did spend much of my youth online avoiding any reference to or mention of my gender. People just assumed I was male, and I did nothing to disabuse them of the notion. Looking back, I recognize this habit as part of my larger trans experience. Once I became friends with trans folks online, I began to understand the discomfort I felt with having to reveal my “real” gender: the online was, in fact, my “real” gender.

    Our current internet landscape has a totally different scale—we are connected to more people than ever before, and yet we are profoundly isolated from them.

    For years I’ve been collecting memories of the early internet. I’ve heard about lifelong friendships begun on mailing lists and forums, emails that kept couples connected before cheap long-distance calls, the passive aggressive navigation of teen friendships via AIM away messages, the forging of bonds over voice chat while gaming. The breadth of formats highlights just how much digital communication has evolved over the past forty years. We don’t hear much anymore about the Bulletin Board Systems (BBSes) that closed en masse in the mid-1990s when Americans embraced the World Wide Web. The once-omnipresent America Online—better known as AOL—survived the shift to WWW only by abandoning its walled garden model and becoming just another internet service provider. On the Web, a variety of digital spaces had their moment—message boards, Yahoo! Groups, LiveJournal—until first Facebook and then other social media companies slowly absorbed all communication online. Usenet, first launched in 1980, hung on longer than most, but by the 2010s the number of active communities had shrunk drastically.

    I think it’s no coincidence that all these memories, my own included, are of organic interactions online, often at a small scale. Those of us who experienced the earlier days of the internet seem to be fondest of the small moments when we made a surprise connection or learned something about ourselves—usually in the small, often volunteer-managed digital communities that fostered strong interpersonal connections, both online and off. Folks who first met on local BBSes, mailing lists, or Usenet often connected at regular in-person get-togethers. The possibility that you might have to face someone at next month’s meet-up created a very different social dynamic: you might be less likely to flame them, among other things. Our current internet landscape has a totally different scale—we are connected to more people than ever before, and yet we are profoundly isolated from them.

    The story of this transformation has been told many times, and shifting incentives are a big part of it. As Megan Sapnar Ankerson discusses in Dot-Com Design (2018), commerce drove popular adoption of the Web once most users could access visual browsers like Netscape. After the dot-com crash of the early 2000s, e-commerce became even more of a focus as companies scrambled to find new ways to recoup their losses. Looking at popular media coverage from the era, one sees a slow but unmistakable shift in depictions of the internet user from communicator to consumer. The Web was “the greatest social revolution since the automobile,” Popular Mechanics declared in 1994. And just as cars drove the growth of suburban shopping malls, the internet would stoke consumption—and advertising for consumption—in ever-greater amounts.

    Key to all this was reducing friction: those moments online that require users to slow down, consider why they’re doing something, or take real effort to complete a task. Everything is faster, easier, and less mediated now, and we’re still grappling with the change. As technology scholar Jason Farman recently argued in Slate, “frictionless design has helped usher in technologies that manipulate behavior in ways that aren’t always visible to us” and “mask systems that we neither understand nor control.” Journalist Ryan Broderick has dubbed this moment the Clear Channel Internet, “where everything has been so thoroughly corporatized that nothing ends up in our feeds by accident anymore.” While Broderick’s focus is viral content, I would extend his framework to the modern internet platform per se. Tune in to any iHeartMedia station; no matter the genre, the listening experience is frictionless. It may not be exactly to your taste, but it’s consistent and predictable. It isn’t exactly Muzak, but it’s no Vintage Obscura Radio. Most important, it’s all advertiser friendly: last year iHeartMedia controlled 40 percent of radio ad revenue in the United States.

    After two decades of innovation in digital attention-mongering, all the major social platforms today function on the same principle as mass media: keep the user engaged as long and as frequently as possible in order to sell ads. Along the way, frictionlessness has been extended from design to user-generated “content” itself. Platforms today want content that keeps users engaged (including through outrage) but isn’t so enraging or uncomfortable—doesn’t create too much friction—that it drives them away or alienates advertisers.

    Of course, what counts as the wrong kind of affective friction, and for whom, has fluctuated over time—a function of changing social norms, commercial incentives, and political realities—but digital queer existence has always been precarious. LGBTQ communities were only tentatively embraced in the mid-1990s once platforms realized they were a possible source of revenue. When our appeal as a targeted ad market dries up, we become a kind of industrial byproduct that platforms can repurpose to fuel more user “engagement.” Last year Meta’s Chief Marketing Officer and VP of Analytics, Alex Schultz, went so far as to present this repurposing as an opportunity to shore up LGBTQ rights. Defending the company’s new, vastly pared-down moderation and hateful conduct policy—which among other things now permits users to post “Trans people aren’t real” and “They’re mentally ill”—Schultz wrote in an internal post, “I personally feel that actually the shock of friends and family seeing me receive abuse as a gay man helped them understand the hatred that exists and hardened support.” In this calculus, frictionlessness becomes one group’s prerogative over another: bigots enjoy the comfort of a seamless platform experience, while their targets are asked to experience a little friction and suffering in service to their cause.

    Indeed, the only time social media platforms introduce friction these days is when they want to discourage users from producing content, and they increasingly rely on automated systems for content moderation for two reasons. First, the sheer scale of content produced is massive, so automation reduces the burden on content moderators. Second, decisions made by automated systems don’t introduce the same level of friction. Humans want to make the right decision, so sometimes we take our time to consider the situation. (This experience is perfectly captured by the game Moderator Mayhem.) Of course, users are typically given the option to appeal a platform’s moderation decision, but the process is labor-intensive and opaque, and you never get to talk to a human. Intentionally or not, the process thus deters users from making an appeal—it’s easier just to accept the decision and try making your posts more platform-friendly, if you can see how. But some users encounter so much friction it’s just easier to avoid talking about unapproved topics altogether. Last year one reproductive health group was reportedly advised by a Meta employee “to simply move away from the platform entirely and start a mailing list,” since “bans were likely to continue.”

    Like contemporary platforms, the utopian comfort of Le Guin’s Omelas is only possible because someone else suffers.

    Meta denied sending this message. But as I consider what our online future could be, I think of this warning and am reminded of the ending of Ursula K. Le Guin’s classic short story, “The Ones Who Walk Away from Omelas.” Like contemporary platforms, the utopian comfort of Omelas is only possible because someone else suffers—in this case a single child, living forever in darkness and misery. Everyone learns this at a certain point and must make a choice, to stay or leave forever for the unknown: “The place they go towards is a place even less imaginable to most of us than the city of happiness. I cannot describe it at all. It is possible that it does not exist. But they seem to know where they are going.”

    But it’s not enough simply to walk away from today’s version of social media. In Afrofuturist N. K. Jemisin’s story “The Ones Who Stay and Fight,” there is no exploited child in the utopian city of Um-Helat. Instead, there are social workers whose sole job is to keep anti-utopian ideas like inequality and exploitation from entering society. While suffering is not fully eliminated in Um-Helat, its citizens prioritize the good of the community. Jemisin says she conceived of the story as a response to those who interpret “Omelas” as advocating totally abandoning current capitalist society—something impossible for those without generational wealth and with “nowhere to walk away to.” Um-Helat remains a utopia “as long as they keep at bay the idea that somebody’s got to suffer.”

    I don’t have one all-encompassing prescription for my vision of a future better internet. What I know is that our current digital landscape wasn’t inevitable. A healthier social ecosystem online is possible. When our infrastructure is oriented toward the small scale rather than toward growth at all costs, we get those internet memories people have shared with me over the years—talking one-on-one, getting to really know and care about each other. There will always be friction when we interact and build community; the goal can’t be to eliminate it altogether. Rather, we should recognize how it can productively strengthen our investment in each other. Walking away is just the first step on the path to a different future we must collectively make together.
    Detail from cachemash #185. Image: Hugh Manon via Flickr
    Net Positives

    Joanna Walsh

    It was 2014, and I hadn’t yet published my first book. I opened my email app and wrote to the editor of 3ammagazine.com, an online literary journal:

    You have a great mag but I can see you don’t have a dedicated fiction editor and, though you regularly publish fiction, the mag doesn’t have a consistent approach. How about you appoint me as fiction editor and I can fix all that?

    Or something like that. I could search for the original email, but something tells me not to try. This kind of hubris only made sense on a web that no longer exists. Maybe I’ve changed; or maybe the internet has, or maybe it’s the position of independent online literary magazines.

    I’d never met 3:AM’s founder, British writer Andrew Gallix, IRL, so I was surprised when the head of a journal whose tagline is “whatever it is, we’re against it” wrote back and said yes. The few bylines I had were mostly for unpaid work in free online mags. I was new, I had hope, and I worked hard. I wrote calls for submissions, read slush piles, selected work, wrote rejection and acceptance emails, edited and uploaded pieces, designed pages using HTML, sourced artwork (forming relationships with artists), and publicized the work via the mag’s social media accounts. I published two stories a month, which may not sound like much, but it took up a lot of my time and I worked for free.

    On Twitter, I met friends, lovers, allies, enemies, funders, and employers. It was this atmosphere that made me believe, for the first time, that my writing might be published, might be read.

    Never work for free, I hear from many fellow writers now. And they’re right. Sort of. I’d say, never work for free for anyone who’s being paid to produce any product they’re going to charge for. Never work for free to produce something that can be produced commercially. What I did at 3:AM was outside that. Because we couldn’t pay I made a commitment not to run anything I could imagine being published in a commercial venue. (Not so) sadly I was wrong: I published experimental writers, some of whom not only went on to be published in the mainstream, but who changed what the established world of literary fiction could be. I published early work by Eley Williams (who went on to be my 3:AM successor) and Isabel Waidner. I’m proud of what I did there.

    Why did I do it? Like most artists, for mixed motives. I wanted to create a space of a particular kind, a space I didn’t see elsewhere. Like the writers I published, I also wanted to expand my chances of being published in the world of paid writing. What 3:AM offered, what I offered—to them, to myself—was a chance to dodge some of the gatekeepers of the mainstream literary world.

    I “became” a writer on early Twitter, which I joined in 2008. I had been working as an illustrator and ran a drawing blog, which eventually became more writing than drawing and, though it managed to win a few awards, I had no education in writing, no contacts, and, with full-time care responsibilities and limited financial resources, little chance to attend readings, form connections, or get anywhere near any literary scene. But back then, online was a scene. Twitter was a largely uncommercial space, but it already had enough subscribers for me to connect with publishers, published writers, and writers who were just starting, who swapped reading and publishing recommendations, advice, and support—writers like me. It was crucial that I met the whole range because any emerging writer needs both peer support and opportunities. On Twitter, I met friends, lovers, allies, enemies, funders, and employers. It was this atmosphere that made me believe, for the first time, that my writing might be published, that my writing might be read.

    2014 was a long time ago in internet years. What has changed?

    With the enshittification of social media, particularly Twitter, where so many writers found a natural home, the algorithm now fails to deliver a predictable feedback loop. Tweets from accounts with tens of thousands of followers are downlisted unless the account-holder pays. But, with no advertising budget and no built-in reach, indie literary mags depend on social media. Tobias Ryan, an editor of minor literature[s], a “collaborative and not-for-profit” online journal, told me that “changes at Twitter in particular made maintaining a presence there more difficult and finding an audience almost impossible. They deactivated Tweet Deck, which logistically made things harder to manage, as well as blocking automatic tweets through WordPress, who host minor lits. That just made everything more difficult/time consuming.”

    As platform owners consolidate and monetize, they also limit links that take readers offsite. “Algorithms changed to de-prioritize external links,” says Ryan, “with the aim of keeping users on site, so views fell through the floor.” What’s more, “when Musk took over people didn’t want to be on Twitter anymore (intensifying after the Trump election in 2024). First people fled to Mastodon, then Substack, then Bluesky—what had been a pretty coherent audience splintered. It became necessary to keep up multiple accounts, none of them garnering the views and interactions Twitter once had.”

    Today there may be more of what the art theorist Claire Bishop calls “disordered attention,” due to a bewildering proliferation of platforms hosting huge volumes of both human and AI-generated “content,” but the open web is shrinking. Where search engines once provided a list of links to human-written articles, many readers are now content with an AI summary. But to blame readers, or even platforms, would be to offload responsibility for a deliberate and politically motivated war on the arts and humanities by governments and institutions across the English-speaking world.

    The withdrawal of grants from independent publishers and magazines—particularly Trump’s devastating cuts to the National Endowment for the Arts, which supported so many independent venues for publication, online and offline—means that authors have to look elsewhere for income. As state support dries up, writers are back in the age of the patron—or, rather, Patreon. To paraphrase the well-worn quote: Times are bad, children no longer obey their parents, and everyone is writing a Substack. The original line is usually attributed to Cicero and sometimes even to Socrates. Search Google Books and it comes up in plenty of volumes (including many published pre-internet), though none by Cicero—an indication that the pre-AI publishing world was not so different from our own.

    But if fake quotes existed before AI, editors now have to wade through ever-enlarging submissions piles that aren’t only slush but slop. This year Granta withdrew from its partnership with the Commonwealth Short Story Prize after unconfirmed speculation that this year’s winning story was AI-generated. The publishers of some indie magazines, already engaged in a labor of love, are losing trust in their submissions, and losing heart.

    Even pre-AI the slush piles were getting bigger. There are more MFA grads now than there were in 2014, though U.S. and U.K. governments are doing their best to fight this, axing arts and humanities degrees even when they run at a profit. This slashing of liberal arts departments deprives the world not only of writers but critically engaged readers.

    What does this mean for emerging writers now? Paywalls are going up again. Panicked by AI, underfunded traditional publishers are shutting the gates to new writers, and those gates are being kept. Literature is being re-professionalized, and too much of the little space that remains can only be occupied by writers with the connections or money to buy the time to stay in the game.

    The opportunity to participate in the arts, not only as spectator but creator, was the promise of Web 2.0. It was a promise very imperfectly kept, but one we must remember.

    A number of them will be excellent writers, so what does this matter? The narrower the social source of stories told in any medium, the more people are excluded from our political and social imaginary—the right to “main character energy.” Having our stories told for us, however expertly, by a narrower social cohort, is no compensation. We need a culture that allows us to see each other, and that also allows us to see ourselves.

    The right to create our own culture doesn’t automatically fix politics. But the right to creative expression not only facilitates human rights: it is a right in itself. It is something humans do, and its limitation is a form of oppression. Why else do so many people who can make money elsewhere still dream of writing, painting, making films, and still use that money to pursue those dreams? In the current climate, writers, editors, and readers will have to look to ways of writing, publishing, and reading beyond the mainstream and beyond the monetized or monetizable.

    The net is still a resource. Remove the net and you remove chances for writers whose work is considered too marginal, or who are too personally marginalized, to easily enter the mainstream. Ryan is concentrating on IRL events: “in the context of online entropy,” he says, “it’s good to be with people and share moments, but. . . . Doing things in-person is probably no better or worse than doing things digitally. Our guiding line has always been wanting to make stuff happen with the people whose work we like and respect. That’s what we would consider a net positive.”

    It remains an internet positive. The opportunity to participate in the arts, not only as spectator but creator, was the promise of Web 2.0. It was a promise very imperfectly kept. But to fight for a future expansive arts culture, it is necessary to remember and understand what has been achieved.
    Image: Gino via Flickr
    That Obscure Object, Desire

    Chad Wellmon

    It’s true: I miss the old Google Search results page, bare but for its blue links and a few ads. For a fleeting historical moment, Search seemed to make real that old dream of a universal library, providing smooth passage to archives, books, and databases—the kinds of learning I’d always coveted. It was both a pathway through the open expanse of knowledge and a portal to surprise, a tool for figuring out what you didn’t know you didn’t know and where and from whom you could find it. So significant was this experience for so many that to search, for a time, simply was “to google.”

    Looking back on a quarter century of Google Search and wondering what to make of its AI successor, I can appreciate, if not affirm, my nostalgia. In those blue links I saw footnotes, and in the ranked results I saw discernment; when I first encountered Google as a graduate student in the early 2000s, I recognized something of the self I was working to become and the institution I thought would get me there. Google cultivated this identification with scholarship and the university; its two founders, while in graduate school themselves, even contrasted “advertising oriented” search with their own efforts in the “academic realm.” But now that intellectual work and knowledge institutions are everywhere under threat, the company too, it seems, has moved on.

    Liz Reid, Google’s head of Search since 2024, recently described the earlier results page as a “construct,” a response to an older Web built upon webpages, links, and documents. Google’s newer “intelligent” search responds to a very different Web, and a different division of labor and knowledge. The company’s goal is no longer to point us in the right direction—to orient us in the vast public conversation that is hypertext, to set us off on open-ended inquiry with others—but to close the loop of our own intellectual desires by guessing at what it is we want and giving it to us all on its own. Where Search was once a matter of pointing, it is now a matter of presentation.

    We’re only just beginning to understand the consequences of this shift. What I’ve realized belatedly, myself, is that things were headed this way all along.

    To appreciate what Google accomplished, you have to imagine a world not yet saturated by search. Before the explosive growth of the Web in the mid-1990s, document collections and databases were comparatively bounded, centralized, standardized, homogeneous, and organized—the province of experts and professionals, searchable through specialized syntax, typically with the help of technical mediation. Even early automated information retrieval systems, such as Cornell University’s System for the Mechanical Analysis and Retrieval of Text (SMART) of the 1960s, assumed relatively well-controlled collections. The early Web, by contrast, was distributed, fragile, heterogeneous, and, if at all, only locally organized. Its documents differed not only in language and content but also in format, style, size, and trustworthiness, and they could be queried not only by experts but by general users.

    In those blue links I saw footnotes; I recognized something of the self I was working to become and the institution I thought would get me there.

    These very features that made the Web exciting—openness, decentralization, proliferation, the lack of gatekeepers—also provoked fears of disorder, excess, and unreliability. Jon Kleinberg, a computer scientist at Cornell, expressed this ambivalence in 1997 when he called the Web an “intricate form of populist hypermedia.” He stressed the need for a filter to determine “authoritative” and “definitive” documents. But how could authority, quality, judgment, and value be conceptualized in the anarchy of the Web?

    This problem was answered—in Kleinberg’s own HITS algorithm, and Sergey Brin and Larry Page’s PageRank—by adapting the quantification of academic citation developed by figures such as Eugene Garfield, Francis Narin, and Gabriel Pinski, who founded the field of bibliometrics in the 1960s and 1970s. Within this new search paradigm, a page was judged important if it was linked to by other important pages; authorities were identified by hubs, and hubs by the authorities to which they pointed. No claim was made about the truth or intrinsic value of particular pages. Instead the importance of a page was measured by its relation to other pages, mining older standards of legitimacy—expertise, scholarly review, cultural authority—from link structure.

    In this way, PageRank quantified the social judgments assumed to be latent in the Web itself. This founding ideal fit a moment when garbage hadn’t yet overtaken the internet—when the quality of the average webpage was relatively high and trust in institutions hadn’t collapsed. It offered a distinct advantage over human-curated or keyword-based search engines—like AltaVista and Yahoo!—at the same time that it disciplined the “populist” Web, holding out the promise of an objective, neutral, and trustworthy technique for taming digital disorder.

    From this vantage, Google’s recent embrace of “intelligent” search is less of a rupture than it might seem. Instead of a reversal of its original project, it’s an intensification of it. From the start, Google treated the Web less as a collective good, a public library or scholarly commons, than as a vast and unruly data source that could be transformed into property and profit. Though it welcomed comparisons to libraries and universities, Google was never either of these things, and never capable of sustaining the distinctive practices and values of scholarly communities. It was always a highly capitalized, competitive business in the market for data at scale.

    And yet, it’s not surprising that Kleinberg, Brin, and Page would see in Web links a version of academic citation. Bibliometric citation analysis itself emerged as a response to another crisis of information overload: the postwar proliferation of scientific literature and the ascendance of Big Science. By tracking citational chains—who cited whom—and converting those relations into quantified metrics, citation analysis helped scientists decide what to read and help the federal government and universities decide what to fund. Google adapted this logic to the Web: like its bibliometric forebears, as historian Kevin T. Baker has explained, the company converted a marker of intellectual relation into a simplified measure of value.

    I didn’t understand this at the time. What Google offered was a familiar form of authority, one that reminded me of older ways of searching. Already overwhelmed by spam and big banner ads, I wanted a Web that was as orderly and accessible as the libraries and journal collections I browsed. Just as the orderly arrangement of stacks didn’t rule out spontaneity, clicking through links served up by Google felt like following footnotes, tracing paths through an index that both organized and surprised. In reality, the system was increasingly governed by captured values. Garfield’s “solution to the problem of scientific information overload,” Baker writes, “became Google’s solution to the problem of internet information overload, and it was gamed in the same ways.” Since citation became synonymous with “credit” and “endorsement,” the metric became a goal in itself. The result, Baker observes, was to generate ever “tighter feedback loops.” The system Google built to organize the Web begot the very thing that exhausted it: SEO.

    Like academic citation systems, PageRank was recursive: it grounded authority by referring to already recognized authority. That recursion could appear legitimate as long as the social institutions and systems behind it were trusted. Once that trust weakened, the same logic began to look less like social discernment than like capture. As the postwar liberal consensus about the value of higher education—that it is a good too good to be questioned—continues to erode, the appeals of universities to their own internal measures of academic prestige and disciplinary expertise (academic rankings, publication numbers, citation counts, prizes and honors) can seem less like manifestations of a professional judgment that demands public deference and more like just another example of elite self-interest.

    But there was a key difference. Unlike universities and institutional science, Google recognized early on the threat that value capture posed to search. Its own skepticism about the PageRank ideal and the Web itself pushed it beyond the document-centric model. The ideal search engine, Brin suggested, would not merely process and organize the world’s information; it would “understand” us and give us what we want. The perfect search engine would not model the Web. It would model us. “We’re really making an AI,” Page reportedly told tech journalist Kevin Kelly in 2002.

    Over the next two decades, as Google made good on that confession, the company steadily abandoned the PageRank ethos, turning its search engine into a complex, constantly changing system of algorithms, databases, and human interventions. Predictive text systems such as “Did you mean . . . ?” (2001) and autocomplete (2004) treated search not as fixed-token matching but as correction, prediction, and inference. Caffeine (2010) and Panda (2011), among the most significant updates to Search, conditioned relevance and value on a range of new variables: freshness, location, user behavior, query reformulations, human raters’ judgments, and other proxies. Then came the Knowledge Graph (2013), with more than 500 million objects and more than 3.5 billion relationships. Results pages began to display knowledge panels, summaries, key facts, and related entities. Searchers no longer had to visit and compare websites beyond Google; Google itself delivered a ready-made synthesis with its own proprietary semantic infrastructure. PageRank remained a signal in all this, but authority came increasingly from data that Google accumulated, organized, and evaluated.

    “Let Google do the searching for you” is telling us the Web is too degraded, our institutions are too untrustworthy, and we ourselves are too exhausted to search. Maybe we are.

    By 2017, in the wake of Trump’s first election, Google’s transformation of Search was converging with talk of disinformation, “fake news,” and a more ambient crisis of trust in a “post-truth” era. In response to always-evolving attempts to “game” the system, Google promised “structural” changes: revised Search Quality Rater Guidelines, more human evaluation, and adjustments to the signals feeding its ranking systems. Later that year, Google researchers published their influential Transformer paper (aptly titled “Attention Is All You Need”), introducing what would become the technical hinge between earlier iterations and LLM-based search. Traditional search, Google engineers summed up in a 2021 paper, imposed artificial restrictions by offering references to documents rather than directly answering information needs. It subjected users to an unnecessary and “significant cognitive burden.” Google should aim, they concluded, no longer to improve the index—to contribute to the health of the Web by making it navigable—but to transcend the indexical function of search itself. Today’s AI-driven “intelligent” search encloses the labor, judgment, and intelligence of the Web within a consumer interface that can generate answers directly—and capture the value of doing so.

    The promise to “understand exactly what you want” and “give you the right thing” makes this transformation explicit. We sometimes know what we want, but often we don’t; indeed the most satisfying and fruitful inquires often begin in ignorance. Google presumes either that our desires are already clear and that it can satisfy them more efficiently, or that it knows our desires better than we do. In either case, AI search keeps us enclosed within the frictionless, decontextualized domain of this privately owned attention leviathan—all the better to capture and monetize the social knowledge and labor on which it depends.

    The all-in pivot to “intelligent” search thus marks much more than a technical innovation. It belongs to a broader crisis of epistemic authority, institutional ruin, and social conflict across the whole of U.S. society—the universities, newspapers, libraries, community and civic organizations, and other social structures that knowledge creation and dissemination rely on. When one of the richest companies in the world implores, “Let Google do the searching for you,” it is telling us that the Web is too degraded, our institutions are too untrustworthy, and we ourselves are too exhausted to search. Maybe we are. But we should be clear about what this entails: the conversion of public crisis into private profit.

    Those classic blue links reminded me of the unambitious, prosaic intentions of much earlier search technologies, from early modern indexers and commonplacers to twentieth-century documentalists, librarians, and information retrieval specialists. These figures understood search as the cultivation of particular practices within particular communities. Compared to the epochal pledges of Google, Open AI, and Anthropic, their ambitions may seem mundane, but they helped sustain shared cultures of knowledge production that remain worth sustaining today. Search, in this sense, has always meant an open-ended exploration that propels people beyond themselves and their own settled desires toward the possibility of intellectual surprise and ends that aren’t already fixed.

    The history of search is full of warnings: the index is not the book, the footnotes aren’t the page, the map is not the territory. At the core of these admonitions is a fear that search might come to substitute for reading, writing, thinking itself. The PageRank ideal, despite its limitations and eventual failures, preserved something of these older practices. It rested on a reasonable premise: search technologies can aid but cannot replace the messy, context-bound, all-too-human creation of knowledge. With the collapse of that shared premise, the old fears have a new and very real target.
    Image: Getty Images
    Managed Decline

    Cory Doctorow

    If I want to make myself really angry about the enshittified state of the internet, I don’t fume over pages of slop-drenched, spam-drowned Google results; nor about the fake-review garlanded sub-Temu garbage on Amazon. I don’t even rage against Elon Musk’s child porn–choked, bot-infested Twitter.

    No, when I want to get good and apoplectic about the internet, I think about policymakers. Specifically, I think about all the policymakers I’ve met and corresponded with and begged with and pleaded with and raged against in my twenty-five years with the Electronic Frontier Foundation.

    These policymakers are the true authors of our misery. It was they who made decisions that had the foreseeable and foreseen outcome of ushering in the enshittocene, this era in which all of our technology is turning into shit. The thing is, we told them exactly what would happen if they made those policy blunders, and they made them anyway, and now they walk among us, disclaiming any responsibility for systematically rigging the game so that the worst people with the worst ideas make the most money.

    It was policymakers who made decisions that had the foreseeable and foreseen outcome of ushering in the enshittocene—this era in which all of our technology is turning into shit.

    It’s as though we used to put down rat poison, and we didn’t have a rat problem, and then these guys told us that we had it all wrong and we didn’t need the rat poison after all. Now, rats are eating our faces off, and these guys refused to accept that their pro-rat policies had anything to do with it. They say we’re living through the Time of the Rat, in which the great forces of history and the iron laws of economics have combined to create rats of unheard-of fecundity. When we point out the rats have bought and shuttered the rat poison factories, they get defiant: “So what? We’re not using rat poison anymore. That’s just economically rational!”

    Take competition law. Forty years ago, Reagan’s economic advisors from the Chicago School declared that monopolies were efficient. In other words, if you arrive at a juncture in which everyone buys the same products from the same firm, you should conclude that we all just love that company’s products so much that we’ve flocked to them. If you accept this premise, well, then it would be perverse to use public resources to punish that company.

    So we just. . . stopped. For decades, we allowed companies like Google and Facebook and Amazon to violate competition law. We let them buy their major competitors, and we let them swallow up any small company that might eventually become a competitor. We let them engage in “predatory pricing”—selling goods below cost in order to drive rivals out of business. We let them tie up retail channels with exclusivity deals, and we let them tie goods and services together. All of this is plainly illegal, but because we were told “monopolies are efficient,” we sat back and watched as these companies violated the law and captured their markets and turned the internet into five giant websites, filled with screenshots of the other four.

    The thing is, a company that’s too big to fail is also too big to jail. Once these companies captured their markets, they also captured their regulators. When a sector has a hundred medium-sized companies in it, it is eminently governable. All those competitors erode each other’s margins by raising wages to attract the best workers and by lowering prices to capture the most customers. That leaves them with precious little surplus capital to piss away on regulatory adventures—and even when they turn their efforts to lobbying, they can’t possibly sing with one voice. You can’t get 100 companies to agree on anything, much less a regulatory agenda for their industry.

    But when an industry cartelizes into a handful of companies, they find it trivial to capture their regulators. In 2024, Joe Biden’s Federal Trade Commission finalized a rule called “Click to Cancel” that banned the practice of making it very easy to sign up for a service but nearly impossible to cancel it (and the recurring bill it sends to you). In 2025, Donald Trump’s FTC let the rule die. Trump enjoyed the backing of the Wall Street Journal, which ran more than a hundred editorials condemning Biden’s generationally talented FTC chair, Lina Khan. While the Wall Street Journal isn’t the only firm that benefits from the death of Click to Cancel, it does have one of the internet’s most egregiously byzantine cancellation processes.

    Think of how tech giants spy on us all the time and use the data to hurt us in terrible ways. The totally unregulated data-broker sector lets predators target marketing categories like “seniors with dementia” and sell credit card history to nursing agencies that use it to lower the hourly wages offered to the most indebted workers.

    Why does the data-brokerage industry exist? Because it can. Congress hasn’t passed a new consumer privacy law since 1988, when Reagan signed a bill making it illegal for video store clerks to leak your VHS rentals. Every form of privacy invasion invented since Die Hard was in cinemas is legal. That’s what regulatory capture looks like.

    If they weren’t beholden to the power of industry, policymakers could have passed a privacy law at any time in the past thirty-eight years. It’s not like there was a shortage of things to regulate. From deepfake porn to kids being targeted by social media algorithms to racial discrimination in online housing, lending, and job markets, the failure to pass a privacy law for two generations has inflicted enormous pain on hundreds of millions of Americans while making a small number of corporate executives very, very rich.

    Regulatory capture isn’t just about preventing laws that get in the way of profits. A sector that captures the regulatory apparatus becomes fused with the state. In fact, tech giants don’t just exercise power over the law; they also enforce law, but only against smaller, newer tech companies that are small and scrappy enough to care whether you like their products. Tech’s favorite weapon here is a bizarre kind of intellectual property law called “anticircumvention.” Under this regime, it is illegal to modify a device that you own if the manufacturer has decreed that the device must not be tampered with. America got its anticircumvention law in 1998 as Section 1201 of the Digital Millennium Copyright Act (DMCA 1201), which established a new felony for “bypassing an access control” that carries penalties of a five-year prison sentence and a $500,000 fine for a first offense.

    What this means is that if a digital device that you own is designed to steal your data and/or your money, you are not allowed to alter that digital device in order to protect yourself. Apple blocks Facebook from spying on iPhone owners, but it gathers exactly the same data that Facebook wants, using the phone it sold you, and uses that data to target ads to you. Thanks to anticircumvention law, it is a felony for me to sell you a software patch for your iPhone—the phone you paid $1,000 for, which belongs to you—to stop Apple from stealing your data.

    America got its anticircumvention thanks to the efforts of Bruce Lehman, who was the Clinton administration’s intellectual property czar. When Lehman proposed this law, he was laughed out of the room. So, in Lehman’s own words, he did “an end-run around Congress” by going to the United Nations and getting anticircumvention law embedded in a treaty. Congress then passed DMCA 1201 in order to bring the United States into compliance with this treaty obligation.

    Lehman was warned at the time that making it illegal for you to decide how you used your own property was a nightmare scenario—in particular, that it would encourage companies to lock their products to consumables (which is how we got $10,000/gallon printer ink); to dominate markets for complementary goods (which is how we got app stores that limit which software you can install and charge the providers of that software thirty cents on every dollar you spend in their apps and games); to lock out repair, to spy on us, and to downgrade their products after we buy them and then charge us subscription fees to use the features that came bundled with the product when we bought it. In short, Lehman was warned that anticircumvention was a moral hazard, an attractive nuisance, a license to enshittify with impunity . . . and he pulled out every stop to get it through Congress anyway.

    These are the things I dwell upon in my dark hours. Not the moral deficiencies of the ketamine-addled Zuckermuskian mediocrities who’ve appointed themselves our permanent tech overlords. Awful as those men are, they are merely behaving in ways that the policy environment both permits and encourages. They are not the ultimate causes of enshittification: they are the effects of an enshittogenic environment. Force them out and they will be replaced by someone every bit as awful.

    Nor do I dwell upon you and your deficits. I categorically reject the idea that the internet turned to shit because you chose the wrong services. Anyone who says, “If you’re not paying for the product, you’re the product” is helping Big Tech rip you off and ruin the world. Giant companies don’t abuse you because you don’t pay them enough money. They abuse you because they can get away with it, and if you pay them and they can get away with making you the product, then they’ll make you the product anyway. A company that is too big to fail and too big to jail will always be too big to care.

    Awful as the ketamine-addled Zuckermuskian mediocrities are, they are not the ultimate causes of enshittification. They are the effects of an enshittogenic environment.

    If we bear any responsibility as individuals, it is this: sometimes, we are foolish enough to buy into the excuses for enshittogenic policies and support them. DMCA 1201 was supported by many advocates for creative workers, who thought that banning circumvention would stop people from pirating media. It absolutely, categorically failed to do this (as was foretold at the time), but for people who had a problem, any solution—even a backwards, ineffective, harmful one—was something worth promoting.

    And it keeps happening. In the decade since Trump signed SESTA/FOSTA, a bill nominally aimed at preventing sex trafficking by making online publishers liable if their platforms were used by pimps and other odious creatures, platforms simply banned anything remotely pertaining to consensual sex work, forcing sex workers out of the space where they screened clients and back into the street. Pimping, long in retreat, is now a growth industry again; sex trafficking is still alive and well. No one heeded the warnings about the obvious, foreseeable outcome of this badly conceived non-solution to an actual problem. Instead, we embraced the politician’s syllogism: “Something must be done. This is something. I am doing it.”

    Today, many people who have good reason to hate Big Tech have thrown their lot in with a new enshittogenic policy: age verification. “Age verification” doesn’t exist. There is only identity verification: that is, strongly tying every packet sent or received on the internet to the real-world identity of living people. Children have lots of problems with the internet, but these problems will not be solved by requiring the most enshittified tech platforms in history to gather and retain even more data about everything they do—and everything everyone else does, too, just in case we turn out to be under age.

    It’s not good enough. The internet is the system we use to wire together the world, the communications tool we will need to fight back fascism, survive the climate emergency, and end genocide. We can’t afford to make common cause with the policymakers who don’t care how enshittogenic their ideas are, so long as those ideas are politically expedient.

    #Internet #Media #Technology

    #médias #capitalisme #Sachzwang #monopoles #www #web_2 #AI #histoite #bibliothèques #GAFAM #politique #Charaktermaske

  • Responsability and vulnerability to climate change

    –-

    Commentaire de Damien Deville sur LinkedIn:

    Contrairement à une carte classique, les pays ne sont pas placés en fonction de leur localisation réelle, mais en fonction de deux variables : les #émissions_de_gaz_à_effet_de_serre par habitant (axe horizontal) et la vulnérabilité au changement climatique (axe vertical).

    Les couleurs représentent le #revenu par habitant.

    📈 Les pays les plus riches ont tendance à contribuer beaucoup plus au changement climatique que les pays les plus pauvres, tout en étant moins vulnérables à ses conséquences.

    La définition de l’#injustice.

    Elle permet aussi de réfléchir à la situation de la France : actuellement moins émetteuse que nombre de pays occidentaux, la France reste un pays globalement peu vulnérable au réchauffement climatique.

    ▻https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7474347898009337857

    source:
    Times Comprehensive Atlas of the World


    ▻https://collins.co.uk/products/9780008610111

    #changement_climatique #responsabilité #vulnérabilité #cartographie #visualisation

    ping @reka @fil

  • « PILLAGE » – #Abécédaire_de_l’Écologie_Sociale
    ▻https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2026/05/16/pillage-abecedaire-de-lecologie-sociale

    Très peu d’économistes reconnaîtront que leur pseudo-science, ce que l’on désigne généralement comme l’Économie politique, c’est à dire la dynamique structurelle du capitalisme, est basée prioritairement sur le pillage et la rapine à grande échelle. Pirates et flibustiers ne furent jamais à coté que de simples amateurs, voulant prendre exemple sur les pratiques que mettaient […] L’article « PILLAGE » – Abécédaire de l’Écologie Sociale est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    #Colonialisme #Critique_du_capitalisme_et_de_l'Etat #Exploitation #Mégamachine #Michel_Le_Bris #Saccage

  • Propitiation | | Christian Courier
    ▻https://christiancourier.com/bible-terms/propitiation

    There are three kindred words in the Greek N.T. that represent the idea of “propitiation.” Two are nouns — hilasmos (1 Jn. 2:2; 4:10) and hilasterion (Rom. 3:25; Heb. 9:5), and the third is the verb hilaskomai (Lk. 18:13; Heb. 2:17). The terms are designed to provide an explanation as to how God, who is absolutely holy (Isa. 6:3; Hab. 1:13), can pardon sinful humanity (Rom. 3:10, 23), and still be accounted as just (Psa. 89:14). The answer is to be found in “Christ,” the sinless offering (Jn. 1:29; 1 Pet. 1:19-20), who became the “propitiation” (Rom. 3:25), i.e., the “mercy-seat” (covering) for our transgressions (see Heb. 9:5 ASVfn). The Savior’s atoning sacrifice is accessed when one yields to his will (Heb. 5:9) in obedience to the gospel plan of redemption (2 Thes. 1:8; Mk. 16:16; Acts 2:38). See JUSTICE, JUSTIFICATION.

    #Bible #sacrifice

  • Soldati israeliani testimoniano saccheggi diffusi di moto, televisori e divani in Libano: «I comandanti lo sanno e non fanno nulla»
    ▻https://www.assopacepalestina.org/2026/04/27/soldati-israeliani-testimoniano-saccheggi-diffusi-di-moto-televis

    di Yaniv Kubovich, Haaretz, 23 aprile 2026. I saccheggi si sono intensificati in parte perché alcuni posti di blocco della polizia militare israeliana ai punti di uscita dal Libano meridionale sono stati rimossi, mentre altri non sono mai stati istituiti. I soldati dell’IDF affermano che «quando non c’è punizione, il messaggio è chiaro». I soldati ... Leggi tutto

    #Notizie #saccheggi_israeliani_in_Libano

  • Alerte : les #forêts françaises sont rasées pour partir à l’étranger

    Le point le plus stupéfiant du livre : ce désastre n’est pas un sujet. Pas dans les campagnes électorales. À peine dans les médias.

    En #Chine, un parquet issu de chênes français. En #France, des massifs rasés, des sols dévastés, des promesses creuses. #Pillage, #lobbies, illusions vertes - nos forêts souffrent en silence. Sophie Coignard signe un livre-enquête sur le #saccage programmé de nos forêts.

    Chaque année, des milliers de #grumes partent de nos campagnes en direction des ports, puis de l’Asie. Elles reviennent sous forme de lames de plancher ou d’objets de bazar — quand elles reviennent.

    Pendant ce temps, des millions de Français se promènent dans des forêts qu’ils croient protégées, gérées, aimées. Ils ont tort.

    La journaliste Sophie Coignard, autrice de « Arbres en danger, enquête sur un carnage végétal », a mené l’investigation là où personne ne regardait vraiment : entre les souches, les contrats d’export, les lobbies de la filière #bois et les cabinets ministériels. Ce qu’elle a trouvé est accablant.

    « La France : un pays d’extraction coloniale »

    Le déclic, pour Sophie Coignard, n’est pas une statistique. C’est une image. Celle de #chênes magnifiques, abattus à quelques kilomètres de chez elle, embarqués pour la Chine.

    « Ces chênes avaient été coupés pas très loin de chez moi. Et ils allaient partir en Chine, comme si la France était devenue un pays d’#extraction_coloniale. »

    La métaphore est forte, mais elle n’est pas gratuite. La Chine et la #Russie — deux pays que l’on n’associe pas spontanément à l’écologie — ont depuis longtemps instauré des mesures protectionnistes drastiques pour préserver leurs propres forêts.

    La France, elle, a laissé la porte ouverte, les #labellisations européennes se révélant aisément contournables, sans embargo, sans politique d’interdiction réelle.

    Un paradoxe que Sophie Coignard qualifie sobrement de « #connivence des pouvoirs publics avec des lobbies particulièrement problématiques. »

    Le #lobby, le confort administratif, et la loi enterrée

    Le mécanisme est bien huilé : une #loi d’initiative parlementaire, portée par un groupe transpartisan, vise à réorienter les #subventions vers la #sylviculture mélangée, plutôt que vers les #monocultures ravageuses. Elle est déposée, soutenue, débattue — et reste pendante à l’Assemblée nationale depuis des années.

    « La puissance des lobbies essaie de disqualifier tous les acteurs qui portent une parole différente. Cela existe dans plein d’autres secteurs », observe Sophie Coignard, rodée à ce type de blocage après des années d’enquête sur les élites françaises.

    Elle décrit ce qu’elle appelle le « confort administratif » : les administrations préfèrent traiter avec un interlocuteur puissant, compétent, structuré — c’est-à-dire le lobby de la #filière_bois — plutôt qu’avec une myriade de voix discordantes, propriétaires forestiers inquiets, forestiers de terrain, chercheurs. Résultat : le robinet à subventions coule dans le mauvais sens.

    « À partir du moment où vous avez un robinet à subventions en place, vous trouvez forcément un débouché. Et ce débouché n’est pas forcément vertueux. »

    Brûler des arbres pour sauver la planète ?

    Le #chauffage_au_bois, vendu comme énergie renouvelable, représente l’un des paradoxes les plus explosifs du livre.

    Sophie Coignard est directe : « La question de considérer le bois comme une #énergie_renouvelable quand il s’agit du #chauffage, à mon avis, est extrêmement dangereuse. »

    La formule est simple. Ses implications sont vertigineuses. Le bois utilisé pour la construction stocke du carbone pendant des décennies. Le bois brûlé le relâche immédiatement dans l’atmosphère. Or, pour que la ressource se renouvelle, il faut attendre — des années, des décennies, parfois un siècle. Le problème, c’est la #temporalité.

    « Le temps que fait une bûche de bois à brûler n’a rien à voir avec le temps que mettra son équivalent à pousser. »

    Les grandes chaufferies urbaines, qui se sont converties au bois pour décarboner leurs réseaux, engloutissent désormais des volumes colossaux de bois coupé exprès pour les alimenter. Les #coopératives_forestières suivent la demande. Les forêts trinquent. Et le CO2 relâché en quelques heures mettra des décennies à être réabsorbé par de nouveaux arbres — si tant est qu’ils poussent.

    Brûler trop d’arbres, c’est aussi se priver d’eau verte. Cette #eau issue de l’#évapotranspiration est indispensable au cycle des pluies. Un chêne peut produire jusqu’à une tonne d’eau par jour peut-on lire sur le site de Francis Hallé.

    Sophie Coignard le confesse avec une honnêteté désarmante : « Quand je me suis équipée moi-même, j’étais convaincue de faire un choix vertueux. Aujourd’hui, je me dis que c’est plus complexe que ça n’en avait l’air. »

    « On plante un milliard d’arbres » — et ensuite ?

    La promesse présidentielle de planter un milliard d’arbres fait bondir Sophie Coignard — non pas parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle est creuse.

    « Les Français adorent la forêt, adorent les #arbres. Et en même temps, le sort qui leur est réservé par la puissance publique leur est indifférent. Il suffit d’un coup de communication, et youpi, on va planter un milliard d’arbres. »

    Derrière l’annonce : des plantations en #monoculture sur des sols dévastés par les #coupes_rases, des échecs en série, des arbres morts avant d’avoir grandi. La #compensation_carbone repose sur une fiction : on ne peut pas comparer un arbre nouvellement planté à un arbre mature en matière de capture de CO2.

    « Il y a peut-être deux questions à se poser : pour compenser quoi ? Et avec quelles chances de longévité pour cet arbre ? »

    Des forestiers en voie de disparition

    Sur le terrain, ceux qui connaissent vraiment la forêt regardent, impuissants, leur métier se vider de sa substance. L’#ONF, l’Office national des forêts, a perdu des milliers de postes en vingt ans. Les agents de terrain sont de moins en moins nombreux. Les territoires à couvrir, de plus en plus vastes.

    « Leur connaissance est immense – des puits de science. Et ce réservoir de savoirs se tarit. L’ONF ressemble désormais à une pyramide avec beaucoup de chefs et peu de gens sur le terrain. »

    Ce savoir-là — reconnaître une espèce à son écorce, lire un sol, anticiper une maladie — ne s’apprend pas dans un bureau. Il se transmet sur le terrain, de forestier à forestier, au fil des saisons. Quand il disparaît, il ne revient pas.

    Un problème commun à toute la fonction publique, certes. Mais dans une forêt, les erreurs ne se rattrapent pas en quelques mois. Elles se paient sur des décennies.

    Les collectivités territoriales bougent aussi. L’exemple de Chantilly est éclairant : quand tout un écosystème — le musée, le château, les rentes, l’attractivité touristique — dépend de la santé de la forêt, le dépérissement des arbres devient une urgence économique autant qu’écologique. Les communes forestières commencent à se fédérer, à comparer leurs expériences, à peser collectivement.

    Le silence : le vrai scandale

    Le point le plus stupéfiant du livre : ce désastre n’est pas un sujet. Pas dans les campagnes électorales. À peine dans les médias.

    “Je ne me l’explique pas », admet Sophie Coignard. « C’est un des nombreux mystères de cette distorsion entre opinion publique et ressenti public. »

    Et pourtant, les solutions existent. Elles sont documentées, pratiquées, rentables. La #sylviculture_mélangée à couvert continu permet de couper du bois, d’en tirer profit, tout en préservant la biodiversité, les sols, le réseau mycorhizien. Elle ne nécessite pas de renoncer à la forêt productive — juste de renoncer à la cupidité à courte vue.

    L’association Pro Silva promeut depuis des années une sylviculture dite « mélangée et à #couvert_continu » : on n’abat jamais tous les arbres d’une parcelle, on favorise la diversité des espèces, on laisse la forêt se régénérer naturellement. Les résultats sont là, documentés, mesurables.

    La cause que Sophie Coignard défend en priorité ? « Permettre à la loi d’initiative parlementaire et transpartisane, de pouvoir être débattue et soumise au vote. Ça paraît être la base, mais ce serait un premier pas. »

    Un premier pas, oui. Avant que les derniers chênes ne prennent le bateau.

    Un autre monde est possible. Tout comme vivre en harmonie avec le reste du Vivant. Notre équipe de journalistes œuvre partout en France et en Europe pour mettre en lumière celles et ceux qui incarnent leur utopie. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.

    ▻https://lareleveetlapeste.fr/alerte-les-forets-francaises-sont-rasees-pour-partir-a-letranger
    #France #exportation

  • Les deux premiers albums solo emblématiques d’Alan Vega disponibles en streaming pour la première fois.
    ▻https://www.noise11.com/news/alan-vega-solo-albums-streaming-deluxe-edition-20260127

    Les deux premiers albums solo d’Alan Vega, Alan Vega et Collision Drive , sont désormais disponibles en streaming dans le monde entier, dans le cadre d’un vaste programme de réédition mené par The Vega Vault Project et #Sacred_Bones_Records.

    ▻https://alanvega.bandcamp.com/track/viet-vet

    Newly remastered by Josh Bonati from the original tapes, Collision Drive receives a reverent reissue from Sacred Bones Records.

    #Alan_Vega

  • TOTAL-ENERGIES ALLA SBARRA PER LA COMPLICITA’ NEI CRIMINI DI GUERRA IN #MOZAMBICO
    ▻https://radioblackout.org/2025/11/total-energies-alla-sbarra-per-la-complicita-nei-crimini-di-guerra-in

    Martedì 18 è stata ufficialmente esposta da parte di ECCHR ( European Centre for Costitutional and Human Rights) denuncia ai danni di #TotalEnergies presso l’antiterrorismo francese, per accuse di complicità in crimini di guerra, torture e sparizioni forzate legate alle azioni di soldati governativi in Mozambico nel 2021 nell’ambito del cosidetto “Massacro dei container”. (metti […]

    #L'informazione_di_Blackout #CDP #ENI #estrattivismo #neocolonialismo #recommon #SACE
    ▻https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/11/OgnoTotalMozambico.mp3

  • #Polsi come luogo del senso e metafora di un’altra Calabria

    Una nota di viaggio a Polsi, dove le persone rivelano ancora intensi sentimenti, la metafora di una nuova centralità e di un nuovo bisogno di sacro e di appaesamento.

    Non ricordo con precisione le volte che, a partire dal 1977, mi sono recato al santuario della #Madonna_della_Montagna. Almeno in sei occasioni sono andato a Polsi a conclusione dei festeggiamenti in onore della Madonna, l’1 e il 2 settembre. Tante per potermi considerare, non solo un osservatore delle culture popolari, ma una sorta di pellegrino. Molte volte, di ritorno da Polsi, mi sono trovato a ripetere che quella era l’ultima volta. Poi, col passare del tempo, riaffiora la nostalgia di Polsi, opprimente come un rimorso, forte come un sogno.

    Questa volta percorro a piedi l’ultimo tratto del viaggio, lungo uno dei sentieri delle antiche «vie dei canti» oggi recuperati al cammino dagli escursionisti e dall’Ente Parco dell’Aspromonte. Sotto il Montalto ci incamminiamo lungo la «pista dei riggitani». Saluto i colleghi del gruppo di ricerca dell’Università, che proseguono in macchina, e scendo in compagnia di Alfonso Picone Chiodo, responsabile del Cai della provincia di Reggio, ricercatore informato di ogni pietra e di ogni albero, Nuccio Barillà, del direttivo nazionale di Legambiente, Fulvio Librandi, antropologo dell’Università della Calabria. Da quota 1300 metri a 850 metri circa la vegetazione muta continuamente. Si passa dai boschi di pini e di querce ai grandi lecci per arrivare ai castagni. Erica, rosa canina, elci, origano seguono il tragitto dei muretti di pietre e delle piste precarie. Le querce colpite e scolpite dai fulmini, con i loro tronchi sembrano quasi delle enormi canoe annerite dal fumo, in attesa di qualche misterioso navigatore le adagi nel mare delle nuvole che sovrastano le cime dei monti.

    Lo sguardo è catturato dalle piccole vene di terra tracciate nelle montagne, le antiche vie dei pellegrini, che ancora oggi vengono percorse ai piedi. Ecco la ferita nella montagna di Samo e il sentiero degli antichi abitanti di Precacore. Sono visibili le piste lontane degli abitanti di Careri e di Natile (ricordati da Perri) e quella degli abitanti di S. Luca (raccontati da Alvaro) lungo il lago Costantino, formatosi a seguito di una frana sul percorso del Bonamico. Intuisco il luogo dove scorre la fontana della Pregna, dove una donna incinta, assetata, pregò la Vergine, che fece sgorgare dalla pietra l’acqua fresca e limpida. Svettano come un pugno impastato di pane e un dito alzati nel cielo Monte Cappa e Monte Castello e poi, in fondo, lontano, lo Ionio.

    Bisogna camminare a piedi per comprendere le storie e i movimenti degli uomini. Dall’alto, mentre cominciano a sbucare gli orti coltivati e le baracche in prossimità di Polsi, hai la sensazione che questo centro religioso sia stato in passato un centro necessario, ragionevole, di economie e di scambi. La geoantropologia e le vicende storiche, le economie e le culture di paesi disseminati lungo le colline del versante tirrenico e di quello jonico qui realizzavano una sorta di convergenza al «centro».

    Sentiamo dopo quasi tre ore di discesa tra pietre, eriche e felci i rumori della festa. Le prime voci che arrivano in alto quelli dei giochi di morra con i loro: «… e uno, …e quattro, …e sette…». Ascoltato da quassù quell’elenco urlato di numeri fa pensare quasi a una formula magica che bisogna pronunciare con forza e sapienza per poter entrare in un paese a magico e favoloso. La porta della «strada dei riggitani» introduce nei luoghi in cui i pellegrini di tanti paesi hanno fatto erigere, in pietra e in marmo, una stazione della Via Crucis. La visione giunge forte come uno schiaffo, come un pugno di terra. Comprendiamo le ragioni di quel vagare tra i monti di un elicottero che si abbassava nel lago Costantino e di quel sottile filo di fumo che saliva il cielo. L’incendio è scoppiato in mattinata, voluto, provocato. Ha bruciato i grandi ed antichi castagni, vere e proprie sculture della natura, ma ha ferito il cuore delle persone.

    Nelle loro omelie monsignor Giancarlo Bregantini, vescovo di Locri-Gerace, e don Pino Strangio, rettore del Santuario, adopereranno parole di forte condanna per chi non ha rispetto per questo «sacro Giardino». Il primo uomo che incontro indossa una maglietta con la scritta Toronto. Mi vengono in mente i calabresi che, poche settimane fa, ho visto a Toronto impegnati con le loro feste a sacralizzare e a rifondare nuovi luoghi.
    Antichi e nuovi comportamenti devozionali

    Lasciamo borse e buste nella stanza del dateci da don Pino, sempre accogliente, sempre indaffarato con i suoi collaboratori ad organizzare e risolvere mille problemi. Comincio il mio itinerario attorno al santuario, nella chiesa già piena di pellegrini (sono le sei della sera), tra le stanze e gli spiazzi restaurati o in via di restauro. Quando ritorno nei luoghi, quando rincontro persone che non vedo da tempo, la tentazione è quella di verificare come sono riconoscibili al mio sguardo: sono alla ricerca di segni e di indizi per capire cosa è cambiato e cosa è rimasto.

    Cammino lungo la fiumara della Madonna, arrivo là dove incontra la fiumara di Castunia e insieme danno origine al Bonamico. L’acqua delle fiumare non è più rossa del sangue delle bestie scannate da macellai-sacrificatori che compivano un rito antichissimo. Dopo l’intervento dei Nas del 2001 che (al di là delle motivazioni) è stato visto come una sorta di intrusione e di violenza da parte di tutti i devoti e dalle gerarchie religiose, i macellai di S. Luca si sono organizzati. Macellano in paese e portano gli ovini in una baracca dove è organizzata la vendita. È notevole il consumo della carne di capra, di capretto, d’agnello. Polsi non è più un’ enorme cucina, come ai tempi di Alvaro. ma permane il senso della comunione del cibo, del mangiare insieme. Molte baracche sono state costruite lungo due file in vicinanza della fiumara. Sono in legno, tutte uguali, e una volta ultimate accoglieranno i venditori con le loro mercanzie, con gli oggetti sacri, con i panini e le bibite. Centinaia di giovani si aggirano attorno al santuario. Sono gli stessi che incontriamo al mare e ai concerti, nei paesi e alle Università. I figli e i nipoti degli antichi pellegrini, compiono gesti, danze, riti diversi da quelli dei padri.

    Dalla vallata non salgono più verso la montagna i rumori dei fuochi, degli spari, dei canti, delle danze, come avveniva ancora qualche anno addietro. Nell’anfiteatro naturale si diffondono, attraverso gli altoparlanti e gli amplificatori, le preghiere, le omelie, i canti, le prediche delle funzioni religiose. I pochi gruppi di suonatori e di danzatori di tarantelle stentano a trovare un orientamento, un senso e un ritmo in mezzo a rumori di fondo che li sovrastano. È cambiata Polsi, sono cambiati i pellegrini, i volti, i gesti, la ritualità. Non è una novità. L’erosione dell’antico universo continua da almeno cinquant’anni. Non poteva essere altrimenti in un mondo che cambia continuamente e velocemente. Incontro vecchi amici, alcuni studiosi di culture popolari, fotografi e giornalisti. Il ritornello è lo stesso: «Stanno distruggendo tutto. Non ci sono più le tradizioni di una volta. Non si balla più come una volta». Come se questo luogo dovesse restare immutato, incontaminato (da chi e da cosa?), una riserva in attesa di studiosi puristi e nostalgici di un bel passato mai esistito. Gli operatori delle televisioni (Anna Rosa Macrì ha fatto due bellissimi servizi per il Tg3) e delle radio, fotografi e giornalisti, studiosi e curiosi vanno considerati loro stessi elementi del rito, della «realtà». Spesso sono loro, siamo noi, i protagonisti di un «nuovo folklore».

    Ma se risultano sterili i rimpianti di chi non appartiene a quel mondo ormai eroso, non è possibile ignorare gli stati di animo di quanti a Polsi vengono fin da bambini e che hanno assistito, a volte compiaciuti, a volte sgomenti, a volte lieti, a volte inquieti, alla fine del loro antico universo. Traduco gli interrogativi che si ponevano molti amici del luogo, tanti pellegrini incontrati. Con la strada che è ormai in via di realizzazione (se ne parlava dai tempi di Alvaro, ma adesso sembra che, finalmente, una delle tre verrà ultimata), che consentirà viaggi e soste rapide, con la chiusura delle vecchie baracche e la fine delle residue tracce di una cucina del sacrificio, con la progressiva scomparsa degli antichi maestri da ballo e il ridursi dei gruppi dei suonatori, che non trovano un ambiente favorevole alla loro espressività, con la fine di antiche forme di devozione popolare progressivamente sostituite da nuove ritualità affermate nel corso delle funzioni religiose, con tutti questi cambiamenti Polsi non rischia di diventare un luogo di culto simile agli altri? A furia di cambiare, di pulire, di sfrondare e di innovare Polsi non si sta trasformando in uno di quei posti sfiorati frettolosamente da quelle nuove figure di turisti religiosi per cui un luogo vale un altro? Qualcuno si chiedeva se le antiche ritualità sacre e profane possano e debbano essere «sostituite» con manifestazioni (come il ballo dei giovani seminaristi portato avanti, tra gli applausi e gli osanna, di centinaia di giovani nel corso della messa serale all’aperto) colorate mutuate dagli spettacoli televisivi o da forme devozionali affermatesi in altri contesti. Queste domande non hanno soluzioni belle e confezionate. Interrogano in maniera profonda e diversa tutti noi.

    Penso che l’alternativa, tuttavia, non possa essere: conservare ad oltranza o innovare comunque. Non esiste una «tradizione» che non sia anche mutamento. Il problema, se mai, è come realizzare i cambiamenti, in nome di cosa, con quale finalità, con quale attenzione per la storia, la natura, le emozioni delle persone. Con quali «materiali» restaurare, recuperare, costruire? Di quali «simboli» parlano i materiali adoperati? È possibile innovare senza devastare, cancellare luoghi, saperi e sentimenti? Le ritualità tradizionali, ormai desuete e scomparse, davvero debbono essere «sostituite» o arricchite con quelle manifestazioni folkloristiche deteriori che rendono la Calabria subalterna rispetto a modelli omologanti esterni che non hanno alcun legame con la storia e le tradizioni dei luoghi? Saranno, infine, i tanti partecipanti alla feste e ai riti (portatori di molteplici punti di vista e di differenti aspettative) che sceglieranno le maniere più adeguate e sentite di manifestare la propria fede.

    Il vescovo, nel corso delle messe e delle funzioni religiose, che lo vedono sempre partecipe, parla una nuova spiritualità da affermare in questo luogo. Mi sembra che abbia il passo lento e lungo, monsignor Bregantini, del camminatore antico e di montagna, consapevole che la strada è tanta e bisogna avanzare con cautela, senza strappi, senza dimenticare il cammino compiuto, sapendo dosare le forze, con rispetto di tutto quello che s’ incontra nel viaggio, raccogliendo soltanto quanto sarà utile per domani, ignorando i rami inutilizzabili. E tuttavia senti che il «progetto complessivo» e le esigenze di fondo sono davvero di grande respiro, guardano lontano, camminano con i piedi per terra, anche con tanti fatti concreti. La montagna ritorna come centro di una nuova religiosità (come all’epoca dei monaci basiliani), di un rinnovamento etico e spirituale. E’ la montagna che fa vivere il mare, non viceversa. Non ci sarà una nuova Calabria, mi dice il vescovo, se si spopoleranno le zone interne, se non verranno rivalutate con l’ottica dell’efficacia e della solidarietà, invece che con quella economicista e del profitto.
    La veglia e la processione

    Hai come la sensazione che esista una sorta di conflitto tra vecchio e nuovo, tradizione e modernità, danzatori di tarantella e nuove forme di preghiera e di raccoglimento. Poi, fissando, camminando, parlando avverti che Polsi è molte cose insieme. Le notti della vigilia sono tante a Polsi. Sono rumorose e silenziose, buie e luminose, cariche di stanchezza e d’attesa, di preghiere e di sogni. Ho osservato la notte di chi prega in una sorta di moderno anfiteatro sorto di recente nel luogo in cui sorgeva la colonna della Madonna, adesso spostata in uno slargo vicino, dove i devoti continuano ad accendere cerri votivi. Ho visto quella dei suonatori e danzatori, che si muovono con grande abilità, con gesti e movenze sapienti. Attenzione, però, a parlare di ritorno della tradizione. Non «pestano» più la terra ad ogni angolo della valle, con il prestigio e le allusioni degli antichi maestri di ballo, questi giovani e giovanissimi, e anche bambini, che magari stanno riscoprendo la tarantella seguendo altri percorsi, forse, quelli delle discoteche, delle scuole di danze. Nel cuore della notte di Polsi, quando tutti i sogni e le fantasie sono possibili, mi sono trovato a pensare se non sarebbero «convenienti» a questi luoghi una scuola di tarantella e manifestazioni estive di balli tradizionali. In fondo Polsi è stata la «capitale» di danze e suoni che da anni conoscono l’interesse dei giovani meridionali e di diverse parti di Europa.

    Ho intuito la notte delle donne, anziane e giovani, che dormono, con uomini e bambini, su lunghe e colorate coperte fuori della chiesa, delle ragazze che si sistemano alla meglio, cantando, pregando, dormendo, davanti all’altare principale o a quelli delle altre navate. Un pellegrino guida i canti tradizionali. Lo vedo a Polsi da trent’anni. Ha ricevuto tante grazie, adesso che è in dialisi ed ha settant’anni, aspetta un altro miracolo. Una donna offre alla Vergine le proprie trecce, una coppia di sposi festeggia qui le nozze d’argento, una devota arriva in ginocchio fino all’altare. Un’altra notte è quella tra le baracche dove ancora si mangia, quella delle macchine lungo i fiumi, piene di persone che dormono, quella nostra che ci aggiriamo dubbiosi, guardinghi, attenti, pieni di che ci faccio qui, desiderosi di capire e di capirci. Una notte, ancora diversa, è quella di padre Pino Stancari che da anni svolge qui la sua opera pastorale. Dopo averlo salutato, mi sono domandato se Polsi non costituisca la migliore metafora di quella «Calabria tra sottoterra e cielo», come recita un suo intenso e bellissimo libro.

    Sono tante le notti, e tante le albe. Quante le speranze e i sogni, i bisogni e le paure delle persone. All’alba, quando il sole si tuffa dai monti, hai il senso di un’umanità emersa dalle acque. Tutti sembrano stanchi, hanno gli occhi spenti, ma in giro avverti tanta pacatezza e serenità. La messa all’aperto comincia dopo le nove. L’anfiteatro è pieno di gente d’ogni età e di diversa provenienza. Molti pellegrini seguono, attraverso l’amplificazione, il rito, le preghiere, le omelie. Gruppi di irriducibili, quasi ad affermare l’esigenza di una «seconda festa» continuano a ballare. Gli uomini di Bagnara, quelli della congregazione della Madonna della Montagna, con mantellina azzurra e camice bianco, che per usanza antica hanno il privilegio di portare la statua della Madonna (una copia, perché l’originale si sposta solo eccezionalmente, altrimenti si verificherebbero catastrofi) sono al loro posto, avanti e dietro alla vara. Una donna scalza, calzini celesti, veste e giacca celeste, camiciola vaniglia, addobbata con i colori della statua della Vergine, poggia, senza sollevarla un istante, la testa alla vara. Ragazze in costume portano i frutti della terra in omaggio alla Madonna. Scelgo come postazione, per vedere l’arrivo della processione, la loggia di un’antica casa dei pellegrini in restauro. A fianco c’è la stanza dei Bagnaroti. A lato il balcone e la casa dei pescatori di Ganzirri, che arrivano in barca fino a Villa S. Giovanni e poi proseguono con i pulman. I balconi su più file e le logge sono i luoghi privilegiati di osservazione di un eccezionale rito-spettacolo. I portantini si fermano prima della corsa finale con la statua verso la chiesa. La corsa finale avviene con tensione e pathos. La giravolta riesce ed è una festa di applausi, di spari, di canti e di preghiere. Lo sguardo della Madonna fissa la montagna dove, ormai tanti secoli addietro, si è nascosta la Sibilla. Memoria pallida di lontani e drammatici scontri tra culture e religioni. Gli uomini e le donne di Bagnara mi invitano nelle loro stanze. Si apprestano a mangiare maccheroni e carne di capra. Sono orgogliosi e commossi. Un giovane è venuto dalla Germania. È la prima volta. È stato un onore e un piacere, un atto di fede, portare la statua della Madonna. Tornerà tutti gli anni.

    Polsi non è più la metafora di una «vecchia Calabria», è diventato il luogo dove le persone rivelano ancora intensi sentimenti, è la metafora di una nuova centralità, e di un nuovo bisogno di sacro e di appaesamento. Salendo lungo la montagna, con un fuoristrada, tra la polvere, sudato, stanco, pieno e svuotato, cambiato, penso che non tornerò più a Polsi. Le grandi teorie di macchine che hanno fiancheggiato la montagna sono un ricordo. Guardo indietro e vedo le guglie del campanile, le nuove baracche e le fiumare. Da un camion di pellegrini arriva il grido antico e nuovo di «Viva Maria». Sento che, un giorno, avrò, ancora, nostalgia di tornare a Polsi.

    Questo articolo è del 2004. Sono tornato a Polsi nel 2007. Le foto che riporto si riferiscono a quell’anno. Su Polsi ho realizzato un documentario per Rai 3 nel lontano 1978 e ho scritto numerosi articoli pubblicati sul “Quotidiano della Calabria” e altri giornali italiani e calabresi. Di Polsi ho scritto in “Terra Inquieta”, Rubbettino, 2015.

    ▻https://www.corrieredellacalabria.it/2025/09/02/polsi-come-luogo-del-senso-e-metafora-di-unaltra-calabria

    #Calabre #sanctuaire #Aspromonte #montagne #tradition #conservation #innovation #folklore #pelerinage #sacré

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    citation:

    «La montagna ritorna come centro di una nuova religiosità (come all’epoca dei monaci basiliani), di un rinnovamento etico e spirituale. E’ la montagna che fa vivere il mare, non viceversa. Non ci sarà una nuova Calabria, mi dice il vescovo, se si spopoleranno le zone interne, se non verranno rivalutate con l’ottica dell’efficacia e della solidarietà, invece che con quella economicista e del profitto.»

    • Terra inquieta

      Un diagramma di linee che disegnano un paesaggio eterogeneo, instabile, irrequieto: tutto l’opposto dell’immobilismo piatto, senza tempo e senza rimedio con cui pensiamo il Sud e la Calabria. Vito Teti con questo suo libro ci porta dentro una narrazione del Mezzogiorno che si fa problematica, critica, si diffrange e trova tutte le sfumature di una vicenda impossibile da ridurre a una trama unica. L’inquietudine di cui parla il titolo è il sentimento dei luoghi complessi, in cui una cosa si dà insieme al suo contrario, in cui tutto è vero e falso a un tempo. Così il tempo ciclico del mondo contadino ritorna sempre uguale nei riti e nelle feste co-esiste e si co-definisce con il tempo lineare dei viaggi, dei commerci, degli scambi intellettuali e artistici. Così la catastrofe del terremoto e dello spopolamento diventano le linee di fuga paradossali verso la modernità e il futuro. La fuga è l’altro volto del radicamento, il restare, una scelta-necessità inseparabile dalle migrazioni: entrambi devono fare i conti con differenti esperienze di “spaesamenti”, che spingono alla ricerca di nuovo senso dei luoghi e a nuove norme di abitare il paese e il Mondo. Terra Inquieta è un capitolo fondamentale dell’indagine antropologica di Teti, sul proprio mondo di riferimento, di cui fanno parte il suo #San_Nicola_da_Crissa, scelto come metonimia per comprendere le comunità del #Mezzogiorno e delle aree interne mediterranee, e il suo paese canadese aldilà dell’Oceano, la Toronto in cui la comunità sannicolese si è trasferita in massa a partire dagli anni ’50. Un libro e un autore che non smettono di viaggiare, di andare e tornare, dal paese al mondo, e tra un paese e l’altro. E ci insegnano la mobilità e l’inquietudine come strategia di comprensione e gestione del presente.

      ▻https://www.store.rubbettinoeditore.it/catalogo/terra-inquieta-2
      #livre

    • Importanza per la ’Ndrangheta

      Il santuario della Madonna di Polsi viene strumentalizzato dalla ’Ndrangheta, la mafia calabrese, la quale in palese contraddizione ai valori della fede cristiana mischia il sentimento religioso con il malaffare.

      Ogni anno, in occasione della festa della Madonna, si ritrovano i boss provenienti non solo dalla Calabria, ma da tutto il mondo, per prendere decisioni estremamente importanti: si stringono alleanze, si dichiarano guerre e si progettano le strategie criminali. Si ritiene che la decisione di uccidere Francesco Fortugno, avvenuta poi nel 2005 mentre ricopriva la carica di vicepresidente del Consiglio regionale della Calabria, sia stata presa proprio a Polsi.[5]

      Nicola Gratteri, magistrato impegnato nella lotta alla ’Ndrangheta, ha detto di Polsi:
      «Ogni anno, a settembre, i capimafia si riuniscono a Polsi per discutere delle strategie criminali. Si fanno le investiture, i processi, si decide se aprire o chiudere un locale di ’Ndrangheta[6]»
      «Si riuniscono a Polsi perché è il luogo sacro, il luogo della custodia delle 12 tavole della ’Ndrangheta... perché la forza della santa, rispetto alle altre organizzazioni criminali, è che fa osservare in modo ortodosso le regole[7]»

      In relazione a queste vicende, in occasione della festività del 2010 il vescovo della Locri-Gerace Giuseppe Fiorini Morosini ha condannato le attività della ’Ndrangheta, ribadendo che le attività illegali nulla hanno a che vedere con la fede cristiana e affermando:
      «In questo santuario si è consumata l’espressione più terribile della profanazione del sacro ed è stato fatto l’insulto più violento alla nostra fede e alla tradizione religiosa dei nostri padri[8].»

      ▻https://it.wikipedia.org/wiki/Santuario_della_Madonna_di_Polsi#Importanza_per_la_'Ndrangheta
      #ndrangheta #mafia

  • He’s Saving 20,000 Tapes of Underground Music and Making it Free to All

    In a suburban backyard outside of #Sacramento, I open the door to a giant shed, step inside and get smacked in the face by floor-to-ceiling shelves of music history.

    #VHS tapes. Cassette tapes. Reel-to-reels. DATs. Other formats I don’t recognize, and can’t pronounce. Nearly 20,000 of them, all filled with live shows, demo recordings and concert footage.

    Down a narrow path through this obsolete physical media, I turn a corner to find Shayne Stacy, 57, sitting at a desk with three monitors and occasionally fiddling with a nearby U-matic machine, an out-of-date piece of video hardware used by TV stations. On the screen, viewed for the first time in 40 years, is a 1980s new wave band performing on a long-lost cable access show from the Central Valley.

    On any given day, this is where you’ll find Stacy, the founder of the nonprofit Sacramento Music Archive. Just a half-hour’s drive from Sutter’s Mill and its famous California discovery, Stacy tends methodically to his own goldmine: a mass of underground music from Sacramento, the Bay Area and beyond that he’s gradually digitizing and sharing with the world, including rare early footage of Nirvana, Metallica and Green Day.

    “You’d think it’s like this big rock and roll party in here. It’s like this. It’s very quiet, with me working at a keyboard,” Stacy says with a laugh.

    I first became aware of Stacy’s work during the pandemic, when I noticed people posting video footage of punk shows held 30 years ago that I’d attended, or, even more irresistible, that I’d heard about but been too young to see. I soon found that for those of a certain age and musical bent, scrolling the Sacramento Music Archive was like watching one’s life flash before their eyes: a young Rancid finding their footing at Berkeley Square, Mr. Bungle covering Top 40 radio hits from 1989 in Guerneville, or Maximum Rocknroll founder Tim Yohannon throwing pies at Screeching Weasel at 924 Gilman.

    As for shows that had been uploaded before, like Operation Ivy’s final show? Stacy consistently seemed to have the best sources, and sometimes from multiple camera angles, too. What’s more, he had over 5,000 shows from all over Northern California from the past 50 years, by punk, metal, modern rock, funk, thrash and indie bands — famous names and obscure footnotes alike. And, remarkably, it was evident he still went out to shows, and filmed new bands.

    Who was this one-man Library of Congress for West Coast Gen Xers? I had to find out.
    Preserving punk history

    Born in Auburn in 1967, Stacy had a typical 1970s childhood of watching Scooby Doo and collecting sports cards. When he was 15, he went by himself to see Iron Maiden and the Scorpions at the Sacramento Memorial Stadium, in 1982, and he still remembers its impact. “As soon as I felt that sound pressure hitting my chest, I’m like, ‘This is the best thing I’ve ever seen,’” he says.

    The Bay Area was a cradle of thrash metal at the time, with bands like Exodus, Possessed and Metallica just starting out. Soon, Stacy was bringing cheap tape recorders to shows, and sharing the results with other fans who traded tapes through the classifieds in the backs of fan magazines. In 1987, after witnessing the El Sobrante punk band Isocracy, who routinely threw heaps of garbage all over the crowd, Stacy had an epiphany.

    “There’s paper all over the floor, and it’s just a chaotic environment, and I said to myself, ‘I have to buy a video camera to document this stuff,’” Stacy remembers. “I stopped all of my excess expenditures, making five bucks an hour, and saved for four months to buy my own video camera.”

    Between 1988 and 1992, Stacy estimates, he filmed 240 shows, driving to venues in Sacramento or the Bay Area every weekend. Trading with others through the mail, he amassed even more tapes. But there was a downside: he began seeing his own footage, of shows by Primus and Nirvana playing at the Cattle Club in Sacramento, bootlegged and sold by others for profit.

    “It was like, no fun anymore,” Stacy says. “This was supposed to be a hobby I enjoyed, and it turned into this point of frustration. And so I quit. I quit for 10 years.”

    YouTube brought him back. Stacy says it “liberated” everything: the fans didn’t have to pay $30 for a grainy VHS tape anymore, the copyright holders got paid — not enough, but something — and he got to enjoy his hobby again. He rushed out and bought the best cassette decks and VCRs he could find, and got to work.

    One person who noticed the quality of Stacy’s work early on is Wayne Vanderkuil. “I work at Stanford in visual preservation, reformatting, and he had similar equipment to what we have here,” Vanderkuil says. “I was incredibly impressed.”

    During the tape-trading days, Vanderkuil amassed his own collection of metal bands playing at Ruthie’s Inn, Wolfgang’s or the On Broadway. They sat in storage for 25 years, untouched, he says. “I thought, ‘No one’s ever gonna hear these. I’ll drop dead tomorrow, and there goes history.’”

    Instead, he donated his tapes to Stacy. Vanderkuil is now president of the board of the Sacramento Music Archive, newly incorporated as a nonprofit, which will allow Stacy — who worked at Intel for 27 years and recently accepted an “incredibly generous” buyout offer — to take donations and apply for grants. Most importantly, it’ll set up his life’s work to continue into the future. As it stands, only about 5% of the tapes in the archive have been preserved digitally so far.

    “This is clearly becoming a bigger project than I’ve got time left,” says Stacy.

    ‘He really is the go-to’

    Publicity and word-of-mouth creates another problem: the piles are growing. Everyone, it seems, has old tapes they want to donate. Waiting to be digitized in the archive are 500 cassettes of free jazz, reel-to-reels of D.R.I. rehearsals at The Vats and hundreds of videos and soundboard recordings from 924 Gilman. Stacy now has over 25 different collections from DJs, sound engineers, record store owners, zine editors, promoters, cable access hosts and fans.

    One of them is Arica Pelino, who recently traveled from three states away to Stacy’s archive with a suitcase full of tapes. Pelino toured with Green Day in 1991, and filmed many of their early shows, along with dozens of other bands from the East Bay like Econochrist and Lungbutter. Her tapes sat in storage for more than 20 years, unseen.

    “If I didn’t meet Shayne, it would still be sitting in boxes,” she says.

    She and Stacy spent two days going through her collection, including 22 early Green Day shows that no one had ever seen before, she says, along with backstage footage and early demos.

    “Shayne really is the owner and the keeper for all of us,” Pelino says. “There’s no one I’d rather do it with. He does a great job, he’s extremely detail-oriented and he puts his all into cleaning up the audio and video. He really is the go-to archive for Northern California, and has captured a significant part of the music scene.”

    Another donor, Rick Sylvain, who in his 12 years working at Berkeley radio station KALX helped start the long-running KALX Live! show, with bands playing in the cramped studio.

    “It was kind of stinky sometimes — they spilled a lot of beer in there — but it was fun, and I taped everything,” he says. “Some of these little bands, it was their one big moment in the sun, and I wanted them to feel like they were stars.”

    One little band that fulfilled that promise of stardom was AFI, who would go on to headline arenas. Thanks to the Sacramento Music Archive, Sylvain’s cassette of AFI’s 1994 visit to KALX is now the band’s earliest live recording on YouTube.

    Large companies and record labels have taken notice, and Stacy’s provided them with material for a Nirvana box set, a Pavement film, and various documentaries. He talks just as enthusiastically, however, about forgotten bands like The Donner Party or the Slambodians. He’s especially excited about a recent estate sale find of reel-to-reels from a member of Red Asphalt, the early punk band, who lived in Sacramento.

    And that brings him back to the original purpose of the archive, one it’s clearly outgrown: to legitimize and honor Sacramento as its own distinct music scene. He accepts that “Sacramento Music Archive” is a bit of a misnomer for a massive collection covering the the Bay Area and Northern California.

    But he likes the name.

    “I’ve always felt like Sacramento has always been the red-headed stepchild of California,” he says. “The Lakers make fun of the Kings, Southern California makes fun of Sacramento. It’s a cow town, right? So having something that’s culturally enriching, that has the Sacramento label on it, I’m fine with it.”

    ▻https://www.kqed.org/arts/13979518/sacramento-music-archive-shayne-stacy-punk-metal-cassettes-vhs-demos-concerts
    #archive #musique #underground #musique_underground #cassettes #archive #Shayne_Stacy #digitalisation

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    #Sacramento_Music_Archive


    ▻https://sacramentomusicarchive.com

  • Les eaux #Contrex et #Hépar contaminées aux #microplastiques par les #décharges_sauvages de #Nestlé

    Les conclusions de l’enquête de l’Office français de la biodiversité que Mediapart publie révèlent que les eaux de Contrex et Hépar contiennent des taux de microplastiques « exorbitants » en raison de #décharges laissées à l’abandon par Nestlé qui ont pollué les sources d’eau. Un réel danger pour la #santé.

    Le plastique ne pollue pas seulement le fond des océans. Mais il contamine aussi les eaux vendues sous l’étiquette « minérales naturelles ».

    La cause ? Les bouteilles de plastique amoncelées sauvagement et laissées à l’abandon par Nestlé, près de ses propres forages, ont pollué les sols et les eaux alentour. C’est ce que révèle le rapport d’enquête remis à la justice, le 8 janvier 2025, par l’Office français de la biodiversité (OFB) dont Mediapart publie des extraits. Alors qu’à Genève (Suisse), plusieurs États et industriels, dont une lobbyiste représentant Nestlé, tentent déjà d’exclure les bouteilles de la liste des produits en plastiques à réglementer.

    En effet, selon les conclusions de l’OFB, dans certains #forages utilisés pour les eaux Hépar et Contrex de Nestlé, les taux de microplastiques, toxiques pour l’organisme, sont 5 à près de 3 000 fois supérieurs aux taux habituellement relevés dans des #nappes_phréatiques et des sources d’eau destinées à la consommation humaine.

    Contacté, Nestlé assure « qu’aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités. Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité ». C’est pourtant une tout autre réalité qu’attestent les éléments que Mediapart publie.

    À l’issue de plus de trois ans d’#enquête_préliminaire ouverte en 2021 par le pôle régional environnement du parquet de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et confiée conjointement à l’OFB et aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’#environnement et à la #santé_publique (Oclaesp), comme déjà annoncé (ici et là), Nestlé sera jugée du 24 au 28 novembre, devant le tribunal correctionnel.

    Abandonnées dans la nature

    La multinationale est poursuivie pour avoir de 2016 à 2024 « géré irrégulièrement », « stocké de manière occulte et dissimulée » des déchets et de les avoir « abandonné[s] illégalement », ce qui a provoqué « une dégradation substantielle de l’environnement […] libérant des microplastiques ». Il lui est également reproché d’avoir « laissé s’écouler […] dans les eaux superficielles et souterraines […] des particules de microplastiques, mesurées à des concentrations de plusieurs millions de fois supérieures aux données scientifiques connues ».

    Nestlé a autour de ses usines d’embouteillage, dans les #Vosges, laissé se désagréger, en pleine nature et de façon tout à fait illégale, plus de 400 000 m3 de déchets, essentiellement des #bouteilles en plastique et en verre, parfois mêlées à des plaques d’amiante. Sur la décharge sauvage de #Contrexéville, surnommée par les salariés du groupe et les riverains « le volcan », les enquêteurs ont estimé les déchets à 346 000 m3 dont 250 000 m3 d’enfouissement de plastiques, soit l’équivalent de 66 piscines olympiques.

    Les éléments du dossier que Mediapart a pu consulter révèlent des taux de pollution de microplastiques qualifiés d’« exorbitants » par le magistrat chargé de l’enquête préliminaire. Dans son réquisitoire rendu le 26 mai 2025, cinglant pour Nestlé, le parquet dénonce le « #cynisme » de la multinationale dont « l’attitude désinvolte [...] impose une condamnation dissuasive ».

    Depuis sa connaissance des déchets plastiques sous terre, « avec l’arsenal de pléthore d’ingénieurs-conseils, de juristes spécialisés, d’hydrogéologues, Nestlé disposait des moyens financiers, techniques et juridiques pour ne pas commettre ces infractions ou les régulariser dès 2015 ».

    Mais l’entreprise « a choisi de se dérober derrière les silences de l’administration », en particulier les services de la préfecture qui n’ont pas rempli leur mission de contrôle.

    « S’il est connu que les activités humaines ont répandu des microplastiques dans les espaces naturels et qu’aucune partie des terres et des océans n’est plus épargnée par ces pollutions, une analyse chiffrée illustre que les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval », conclut-il.

    En rachetant en 1992 les usines de #Vittel et Contrexéville, Nestlé a hérité de ces #décharges_sauvages. Impossible d’en ignorer la présence, dont les enquêteurs relèvent que l’une d’elles équivaut à la hauteur d’un immeuble de six étages et une autre affiche une superficie de plus d’un hectare.

    Nestlé savait, comme l’a confirmé l’actuelle présidente de Nestlé France, Sophie Dubois, devant les députés, lors de son audition, le 22 avril 2021, dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire portant sur la mainmise sur les ressources en eaux par le privé : « Les représentants de #Nestlé_Waters ont bien eu connaissance de ces décharges dès 2014, mais n’en ont informé l’État qu’en 2021. »

    La #multinationale s’était alors simplement contentée de confier à ses experts l’analyse de ces décharges, sans pour autant procéder à sa #dépollution. Tous les prélèvements des sols et des eaux, faits à différents niveaux de profondeurs, témoignent de pollution massive en microplastiques. À Contrexéville, les enquêteurs relèvent que « sur le lieu de prélèvement d’un puits massif, les particules de microplastiques sont de 28 000 à 1,7 million de fois supérieure [au taux relevé] dans la Seine ». Dans un autre, il est de 9 millions de fois supérieur à celui de la Seine.

    Ils ont également retrouvé des #métaux_lourds et des éléments non métalliques dans les eaux superficielles « dans des concentrations dix fois supérieures aux valeurs de l’OMS [Organisation mondiale de la santé - ndlr] justifiant la pollution des eaux relevée (nickel, cuivre, zinc, manganèse, cyanure, nitrates) ».

    Vide réglementaire autour des microplastiques

    Par son #inaction, Nestlé a ainsi non seulement pollué les sols mais aussi les eaux. Et cela de façon presque irrémédiable. Compte tenu des taux « incommensurables de microplastiques » et « eu égard à leurs composants polymères issus de la pétrochimie (#PE, #PET, #PA) », les enquêteurs alertent « sur leurs effets nuisibles sur la santé humaine ».

    Et les conséquences sont déjà dramatiques : la « dégradation substantielle en ce qu’ils sont fragmentés en micro voire #nanoplastiques, imprégnés et diffusés dans les sols et les réseaux d’#eaux_souterraines, de sorte qu’aucune dépollution n’est envisageable ».

    Les microplastiques, particules entre 5 millimètres et 1 micromètre (soit 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu), résultant de la dégradation du plastique et auxquels s’ajoutent souvent des additifs ou autres substances telles que des métaux lourds, polluent non seulement l’environnement mais contaminent également le corps humain. Aucune interdiction ni seuil réglementaire n’existent à ce jour pour ces polluants.

    Interrogée, la Direction générale de la santé (DGS) déclare, auprès de Mediapart, que les microplastiques et nanoplastiques qui représentent un « risque pour la santé » doivent figurer sur une « liste de vigilance », dressée au niveau européen, « car ils sont susceptibles d’être présents dans les eaux destinées à la consommation humaine ».

    Mais c’est encore loin d’être le cas, car il faut déjà que les pays européens s’accordent sur une méthode analytique des micro et nanoplastiques, commune à l’ensemble des États. Ce qui est « en cours de validation », affirme la DGS sans davantage de précision.

    Une fois actés, « les microplastiques pourront être ajoutés à la liste des paramètres soumis au mécanisme de vigilance et la Commission européenne devra définir une valeur sanitaire associée. Ainsi, le ministère chargé de la santé s’attachera à faire évoluer la réglementation française pour protéger les consommateurs ».

    Malgré ce vide réglementaire actuel, les agents de l’OFB alertent, dans leurs conclusions, sur les dangers des concentrations anormales en microplastiques, découvertes dans les eaux de Nestlé destinées à être consommées. Ils se sont invités à l’intérieur même de l’usine pour effectuer, en présence de salariés de la multinationale et des gendarmes de l’#Oclaesp, des prélèvements à la sortie des #forages où arrivent, sans traitement, les eaux ensuite embouteillées sous les marques Contrex et Hépar.

    Les taux de microplastiques y sont respectivement de 515 (Contrex) et 2 096 (Hépar) microplastiques par litre (mp/L). Les agents de l’OFB ont comparé ces taux aux concentrations en microplastiques retrouvées dans le cadre de deux études scientifiques et selon les mêmes méthodes de prélèvements.

    La première dans différents lacs, fleuves et rivières dans le monde et la seconde dans la Seine, autour de Paris. Ils concluent que la contamination est pour Hépar, 51 000 à 328 000 fois supérieure et pour Contrex, 200 000 à 1,3 million de fois supérieure aux taux retrouvés dans le monde et dans la Seine.

    Signe du flou que laisse l’absence de réglementation sur ces polluants et la disparité des protocoles de prélèvements, selon deux autres études publiées en 2024 (ici et là), les moyennes retrouvées dans les nappes phréatiques sont comprises au niveau mondial entre 1 et 100 microplastiques par litre et en France entre 0,71 et 106,7 microplastiques par litre. Les taux retrouvés dans les eaux vendues par Nestlé restent, dans ce cas, de 5 à 2 952 fois supérieurs.

    Par ailleurs, ainsi que nous l’a précisé une source proche de l’enquête, les prélèvements faits dans le cadre de la procédure judiciaire ne concernent que les microplastiques, les techniques visant à quantifier les nanoplastiques étant trop onéreuses.

    « Ce qui est d’autant plus inquiétant car l’enquête est approfondie et d’ampleur mais elle ne montre que la face visible de l’iceberg. Les nanoplastiques sont évidemment présents du fait de la dégradation des déchets et par leur taille peuvent être d’autant plus dangereux », nous a confié cette source.

    Ces particules de microplastiques retrouvées à la sortie des forages utilisés pour les eaux Hépar et Contrex ne proviennent pas du plastique des bouteilles dans lesquelles l’eau est stockée, les prélèvements ayant été faits avant que l’eau ne soit embouteillée. Plusieurs études ont révélé que les eaux en bouteilles contenaient davantage de microplastiques mais à des taux bien inférieurs à ceux que les agents de l’OFB ont pu retrouver à la sortie des forages de Nestlé. Ce sont donc les décharges de plastiques qui en sont l’origine.

    C’est aussi ce que rapporte Nestlé dans une note confidentielle datée de juin 2022 que Mediapart a pu se procurer. Les « décharges de déchets industriels et de bouteilles en plastique » représentent un risque « réputationnel et financier » et peuvent également avoir « un impact sur la qualité des eaux », soulignait ce document.

    Au cours de leurs investigations, les agents de l’OFB se sont également interrogés sur le recours aux traitements interdits, en particulier des #microfiltrations, qui auraient permis à la firme de dissimuler cette pollution. Au cours des auditions, le directeur du site, #Luc_Debrun prétend que la présence de certains microplastiques (#polypropylène et #polyamide) dans les prélèvements des eaux Contrex et Hépar proviendrait du « scotch des scellés ».

    Des risques pour la santé de plus en plus clairs

    Il a certainement omis de préciser aux enquêteurs que ce type de microplastiques est utilisé dans les traitements des #eaux_par_filtration, procédés interdits pour lesquels Nestlé fait également l’objet de poursuites judiciaires et qui ont été à l’origine du scandale.

    « Depuis cinq ans, on étudie leur impact sur la santé », précise Mathilde Body-Malapel, chercheuse à l’université de Lille et à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le déclic a été « la découverte dans les selles et le sang de l’homme de microplastiques, un constat décisif dans la prise de conscience de l’éventuelle dangerosité de ces molécules pour l’homme ». La forte mobilisation de la communauté scientifique a permis de faire, depuis cinq ans, des « avancées phénoménales sur les #risques des microplastiques sur la santé ».

    « Nous sommes d’autant plus mobilisés que les premiers résultats des recherches démontrent la #nocivité des microplastiques, précise la scientifique, spécialiste en immunotoxicologie. On a des preuves chez l’homme et chez la souris que les microplastiques pourraient augmenter le #risque_cardiovasculaire. »

    Mathilde Body-Malapel qui mène, avec son équipe, des études sur l’impact sur la santé de ces micro et nanoparticules a observé « chez la souris, des effets nocifs sur le système de défense de l’intestin et sur le foie », après avoir mis dans la nourriture des rongeurs de petites quantités de microplastiques.

    « Nos premières constatations portaient sur le #polyéthylène, l’un des plus fréquemment utilisés, notamment dans les #emballages, les #sacs_plastique, ou les bâches agricoles. Nous sommes également en train d’observer des effets toxiques sur le système digestif avec d’autres types de microplastiques, par exemple du #polyvinylchloride (#PVC) ou du #polypropylène », dévoile la chercheuse.

    Bien que « la multitude de molécules différentes rende l’étude de leur impact plus difficile et plus longue », aujourd’hui, « certains travaux scientifiques, solides, commencent à apporter la preuve que ces microparticules peuvent influencer le risque de certaines maladies cancéreuses, inflammatoires ou immunitaires », conclut Mathilde Body-Malapel.

    « Lorsque des microplastiques ont été retrouvés dans certains organes chez l’être humain, dont l’appareil digestif, le cerveau, à ce moment-là on s’est dit “la problématique prend une autre dimension” », prolonge Guillaume Duflos, docteur en biochimie à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

    Dès 2016, le directeur de recherche a initié plusieurs axes de recherche, en particulier sur les niveaux de #contamination des #aliments par les microplastiques. « Nous avons bien avancé sur les #boissons. Concernant l’eau, les études montrent globalement moins de microplastiques dans l’eau du réseau, donc du robinet, que dans l’eau des bouteilles. »

    Le deuxième axe de recherche « porte sur les impacts sur la santé avec les premiers constats faits par Mathilde Body-Malapel, avec qui nous collaborons sur des projets de recherche, notamment en étudiant l’impact des microplastiques sur le #système_digestif ». Troisième champ de recherche, les #additifs : « Il s’agit notamment des #retardateurs_de_flamme, des #colorants ou des métaux lourds, dont la #dangerosité pour certains reste encore peu connue. »

    Bien que récente, la mobilisation des chercheurs a déjà permis de « franchir des étapes importantes comme la normalisation d’une méthode de dosage des microplastiques notamment dans les eaux de boisson au niveau national et bientôt au niveau international. Ce qui va permettre dans un premier temps de comparer nos travaux de recherches ».

    Avec comme espoir, notamment, de contribuer à « définir des #seuils de référence de microplastiques à ne pas dépasser dans les aliments, dans le but de protéger au mieux les consommateurs ».

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/090825/les-eaux-contrex-et-hepar-contaminees-aux-microplastiques-par-les-decharge
    #plastique #microplastique #eau_en_bouteille #eau #contamination

    • (Contre l’inversion et l’amnésie, pour une pensée critique renouvelée)

      paru dans lundimatin#483, le 8 juillet 2025

      Le 3 juillet dernier se tenait le diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), avec entre autres invités François Bayrou, les ministres Bruno Retailleau, Elisabeth Borne, Gérald Darmanin, Benjamin Haddad, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher. Si le CRIF est l’objet de tous les fantasmes antisémites les plus crasses, il a aussi été régulièrement et légitimement épinglé pour sa proximité avec le pouvoir israélien. Le réalisateur, écrivain et metteur en scène Sylvain George a patiemment décortiqué ce qui s’est dit lors de ce 39e dîner. Contre l’inversion et l’amnésie [1], il propose une pensée critique renouvelée.

      Introduction : Inverser pour régner, la rhétorique de l’impunité

      Qu’est-ce qui s’est dit au discours du CRIF, le 3 juillet 2025 ?

      Le discours prononcé par Yonathan Arfi lors du 39e dîner du CRIF [2], en présence du Premier ministre François Bayrou, ne saurait être réduit à une simple prise de position politique : il constitue un acte performatif, un dispositif de reconfiguration discursive, où se trouvent redéfinies les catégories de victime, de violence, et de légitimité. En inversant les responsabilités, en amalgamant critique et haine, en sanctuarisant certains mots et en criminalisant d’autres, ce discours opère un glissement rhétorique majeur : il ne cherche pas tant à répondre à l’indignation qu’à la neutraliser, en la retournant contre ceux qui l’expriment.

      Ce renversement repose sur une triple opération. Premièrement, il redéfinit les termes du débat en s’appropriant la mémoire des persécutions passées pour en faire un bouclier contre toute interpellation du présent. Deuxièmement, il substitue à la confrontation démocratique des idées une logique d’exclusion morale, où tout désaccord est disqualifié comme haine. Enfin, il instaure un espace discursif verrouillé, où les voix dissidentes sont d’avance suspectes, rendues inaudibles ou accusées d’intentions meurtrières. Le langage n’y sert plus à comprendre, mais à décréter ; il ne dévoile pas le réel, il l’occulte.

      Ce discours, en apparence solennel, est traversé par une logique accusatoire profondément asymétrique. Ainsi, ceux qui dénoncent les massacres à Gaza sont assimilés à des apologues de la terreur ; ceux qui appellent à un cessez-le-feu sont soupçonnés de haine des Juifs ; ceux qui réclament justice sont relégués hors du champ républicain. La critique est ainsi transformée en crime, la compassion en complicité, l’appel à la paix en nihilisme politique. Le langage est retourné comme un gant, et l’histoire, elle-même, devient un arsenal au service d’une impunité justifiée.

      C’est cette architecture discursive qu’il s’agit d’interroger, non pas pour vainement polémiquer, mais pour désamorcer les mécanismes de confiscation du sens, de manipulation de la mémoire, et de déshumanisation non seulement symbolique mais effective. On verra que l’un des ressorts les plus sophistiqués de cette stratégie consiste précisément à dénoncer chez autrui l’inversion que l’on est soi-même en train d’opérer. Arfi accuse les critiques d’Israël de manipuler les faits, de travestir la réalité, de retourner les rôles entre victime et bourreau ; mais en le faisant, il déploie lui-même ce qu’il reproche, transformant le soupçon en arme et le langage en barrage. Il ne s’agit pas là d’un simple effet de miroir, mais d’une opération idéologique structurée, qui vise à produire un espace discursif verrouillé, où toute parole dissidente est rendue inaudible avant même d’être énoncée.

      Ou encore : par un usage maîtrisé de la rhétorique, ce discours opère un basculement stratégique des cadres de légitimation. La critique est immédiatement disqualifiée comme haineuse, la mémoire historique mobilisée comme un rempart contre toute interpellation du présent, et la parole dissidente repoussée hors du champ du raisonnable. Ce geste repose sur une logique d’inversion systémique, où l’accusateur devient accusé, où la dénonciation d’un crime devient elle-même suspecte de malveillance, voire d’antisémitisme.

      Ce qui est en jeu ici, ce n’est donc pas simplement une divergence d’interprétation, mais une tentative de reconfiguration autoritaire du visible, du dicible, du pensable. Une tentative qui prépare, justifie et légitime des actes concrets de violence et d’effacement.

      1.Inversion sémantique, appropriation mémorielle

      Un des passages le plus problématique du discours de Yonathan Arfi réside dans l’analogie qu’il établit entre l’accusation de génocide portée contre Israël et l’antique accusation chrétienne de peuple déicide. En prétendant que qualifier de « génocide » ce qui se déroule aujourd’hui à Gaza reviendrait à essentialiser les Juifs comme jadis on les rendait collectivement responsables de la mort du Christ, le président du CRIF cherche à placer toute critique dans la continuité d’un antisémitisme supposé éternel, rendant ainsi impossible toute mise en cause de la politique israélienne.

      La formule selon laquelle l’« accusation de #génocide » serait un « #sacrilège sécularisé », autrement dit un avatar moderne de la haine antijuive, institue une zone d’immunité discursive autour de l’État d’ #Israël. Cette stratégie repose sur une double opération : d’un côté, elle érige une barrière symbolique qui rend inopérante toute énonciation critique, même lorsqu’elle s’appuie sur des données massives, vérifiées, irréfutables ; de l’autre, elle opère une captation mémorielle, en transformant l’histoire des persécutions juives en dispositif de légitimation inconditionnelle de l’ordre établi.

      Ce type d’argument relève de ce que l’architecte et théoricien Eyal Weizman nomme la « #forensique inversée » : une stratégie par laquelle l’enquête n’a pas pour but d’établir la vérité des faits, mais de les neutraliser en amont, en présupposant la #moralité ou l’ #innocence de celui qui est accusé. Les crimes documentés - destructions massives, enfants démembrés, hôpitaux bombardés - deviennent ainsi méconnaissables, inaudibles, car disqualifiés comme antisémites dès lors qu’ils sont nommés.

      Il ne s’agit donc pas seulement d’un excès rhétorique, mais d’un geste profondément politique qui consiste à inverser les rapports entre victime et bourreau, entre parole et silence, entre mémoire et effacement. Une telle inversion, sous prétexte de protéger une mémoire, en altère la portée véritable, car la mémoire n’est ni un capital identitaire, ni un privilège historique, mais une responsabilité ouverte et partagée, une exigence de lucidité face à ce qui fut infligé, et non un permis de domination renouvelée, un passe-droit pour opprimer à son tour.

      1.1. Qui a le droit d’être pleuré ?

      Une autre dimension essentielle du discours consiste à monopoliser la position de #vulnérabilité, à la fois symbolique, historique et actuelle, en refusant de reconnaître celle des Palestiniens autrement que comme victimes secondaires de la « guerre du #Hamas ». Cette stratégie s’inscrit dans une configuration d’asymétrie radicale : une puissance nucléaire, dotée de l’une des armées les plus sophistiquées du monde, affame, bombarde et dévaste une population civile enfermée, déplacée, mutilée. Parler alors de « juste guerre » revient à effacer les corps, à dissimuler les ruines, à recouvrir les cris. Cela revient à ne pas voir les enfants brûlés vifs, calcinés, les hôpitaux effondrés, les cortèges de cadavres... Cela revient à effacer ce que #Gaza endure : les files d’attentes-abattoirs aux abords des rares points de distribution humanitaire, ces « hungers games » mortels où sont abattus ceux qui tentent de se nourrir, comme tout autant ces petites embarcations frappées par les drones alors qu’elles tentent de pêcher un peu de poisson.

      À cette #invisibilisation s’ajoute une #hiérarchisation assumée de la #souffrance. Le discours d’Arfi est ainsi traversé par ce que Judith Butler appelle une hiérarchie du deuil légitime [3], ou comment seuls certains morts méritent d’être pleurés, seuls certains corps peuvent être reconnus comme dignes de deuil. Les autres, ceux de Gaza, ceux de #Rafah, ceux de Nuseirat, ceux que la photographe Fatem Hassona, et bien d’autres avec elle, photographiait, n’ont droit qu’à une mention convenue, neutralisée, aussitôt diluée dans l’argumentaire d’une guerre « nécessaire » ou « juste ». Ils sont niés, tout en étant mentionnés, posés ainsi comme les variables certes regrettables, mais inévitables, d’une équation guerrière censée rester légitime.

      Ainsi se met en place un monopole discursif sur la #souffrance et l’innocence. Celui-ci transforme les faits en affects manipulés, les morts en outils d’un récit unilatéral, les survivants en suspects. Il devient alors possible, dans l’espace public, d’effacer des massacres en cours au nom de la mémoire d’un autre massacre. Ce déplacement n’est pas seulement rhétorique. Il constitue l’un des piliers de l’impunité contemporaine. Il interdit, dès l’origine, toute politique de justice. Il incarne, à ce titre, l’un des signes les plus manifestes de notre faillite morale collective.

      1.2. Le bannissement de la critique, la stratégie de la criminalisation politique

      Le discours de Yonathan Arfi procède à une opération de brouillage sémantique particulièrement préoccupante. Il amalgame de manière volontaire et systématique l’ #antisionisme à l’ #antisémitisme, la critique de l’État d’Israël à une haine des Juifs, et toute dénonciation des massacres à Gaza à un soutien implicite ou explicite au Hamas. Cette confusion, souvent dénoncée mais ici institutionnalisée, vise à rendre indistincts les registres politiques, moraux et historiques, pour disqualifier d’emblée toute parole critique.

      L’appel explicite à l’adoption d’une loi contre l’antisionisme constitue à cet égard un tournant grave. Il érige en dogme ce qui devrait relever du débat public, criminalise une position politique - la critique d’un régime, d’une idéologie, d’un projet colonial - et fait glisser la République vers une forme de religion civile autoritaire, où certaines opinions deviennent sacrilèges. Cette volonté de judiciarisation du désaccord transforme la démocratie en terrain miné, où penser autrement revient à risquer la mise au ban.

      Mais le sommet de cette stratégie est atteint lorsque Arfi accuse des responsables politiques, notamment de La France Insoumise, Rima Hassan ou Jean-Luc Mélenchon, de « souhaiter un génocide » afin de « mieux accabler Israël ». [4]

      Cette accusation, dont la violence symbolique est inouïe, ne se contente pas de délégitimer les critiques : elle les moralise à l’extrême, en les projetant dans un espace de perversion intentionnelle. Ce n’est plus une bataille d’idées, c’est une disqualification radicale de l’adversaire, une tentative de le priver même de légitimité à exister dans le débat. Les opposants ne sont plus seulement des adversaires : ils sont posés comme monstres, animés par le désir de mort.

      Ces propos infâmes, scandaleux dans leur formulation et ignobles dans leurs implications, font écho à ceux tenus par Ivan Attal le 30 mars 2025 sur Radio J, lorsque, interviewé par le journaliste Frédéric Haziza, il n’hésitait pas à affirmer que les palestiniens « envient notre shoah », qu’ils « veulent absolument un génocide » pour obtenir un état, que leur identité s’est construite en « miroir d’Israël », et qu’ils veulent se “réapproprier l’histoire juive ». [5]

      ...
      Ce type de rhétorique fonctionne comme un miroir déformant et attribue aux autres une pulsion génocidaire précisément pour occulter ou neutraliser les accusations formulées à l’égard de la politique israélienne. C’est un renversement stratégique, fondé non sur les faits, mais sur une assignation morale délirante.

      Il faut souligner que cette inversion repose aussi sur un usage pervers du langage républicain. L’universalisme revendiqué devient ici un masque commode pour une entreprise d’exclusion : on invoque la République, la démocratie, l’humanisme… mais pour mieux refuser aux dissidents le droit de s’exprimer, de manifester, de dénoncer. La République ainsi mobilisée devient un mot creux, une incantation vide, un dispositif rhétorique de clôture. Loin d’ouvrir l’espace démocratique, elle le referme sur une identité close, saturée, communautarisée à rebours.

      À travers cette séquence, se dessine une mécanique redoutable : l’enfermement du débat, la stigmatisation des voix critiques, la diabolisation des opposants, et l’institutionnalisation d’une confusion meurtrière entre justice pour les victimes et fidélité aveugle à un État. Cette mécanique ne sert ni la mémoire, ni la justice, ni la République. Elle sert une politique de la peur, de la censure, et de la falsification.

      1.3. Essentialisation, réduction du judaïsme au sionisme, et langage de la déshumanisation

      L’essentialisation opérée par Yonathan Arfi se double d’une confusion entre judaïsme et sionisme. En assimilant les Juifs du monde entier à la politique menée par Israël, il réduit la complexité plurielle du judaïsme à un soutien inconditionnel à l’État israélien. Or, le judaïsme, en tant qu’héritage culturel, éthique et spirituel, ne saurait se réduire à un projet nationaliste. Cette confusion empêche une critique nécessaire et légitime de l’État d’Israël, et met en danger ceux qui refusent cette assimilation forcée.

      Cette réduction est d’autant plus grave qu’elle trahit une longue tradition juive de désobéissance et de critique radicale représentée par des figures telles que Spinoza [6] Walter Benjamin [7], Hannah Arendt [8], Emmanuel Levinas [9], ou encore Yeshayahu Leibowitz [10]. ... Comme on le verra après, penser depuis cette tradition, penser depuis l’éthique juive implique, selon Benjamin, une fidélité au fragment, au reste, à ce qui échappe à toute souveraineté constituée. Ce geste critique empêche toute justification de l’impunité étatique. Il rend possible un judaïsme fidèle à la mémoire des opprimés, et non aux puissances en place.

      Mais cette essentialisation ne se contente pas de réduire le judaïsme. Elle participe d’un langage de la déshumanisation de l’autre. Elle contribue à délégitimer toute souffrance palestinienne, à la rendre inaudible, voire suspecte. Ce processus n’est pas abstrait : il se manifeste dans des déclarations officielles, explicites et répétées. Deux jours après l’attaque du 7 octobre, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant déclarait que l’armée israélienne « combattait des animaux » [11], justifiant un siège complet de Gaza. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, affirmait qu’il fallait « tirer sur les femmes et les enfants pour la sécurité d’Israël » [12]. Le vice-président de la Knesset, Nissim Vaturi, appelait à « effacer Gaza de la surface de la Terre » [13], tandis que le ministre du Patrimoine, Amichay Eliyahu, évoquait l’usage d’une bombe nucléaire en affirmant qu’il n’y avait « aucun civil non impliqué à Gaza ». [14]

      Comme l’a rappelé l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, ces propos ne sont pas des écarts marginaux : ils incarnent une grammaire génocidaire inscrite au cœur du langage d’État. Ce ne sont pas seulement des mots, mais des cadres d’intelligibilité, des permissions d’agir. Le génocide ne commence pas avec les bombes, mais avec les énoncés qui rendent ces bombes pensables.

      1.4. La complaisance républicaine et la contradiction permanente : François Bayrou et Emmanuel Macron

      La posture du gouvernement français face à Israël ne relève pas d’une simple ambivalence, mais d’une convergence de fond. Contrairement à la politique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis incarnée en son temps par le général de Gaulle - qui, en 1967, dénonçait publiquement l’agression israélienne contre ses voisins arabes [15] - Emmanuel Macron n’a jamais exprimé de désaccord fondamental avec la stratégie israélo-américaine. Au contraire, il en épouse les contours majeurs, tout en opérant à la marge quelques gestes à peine symboliques.

      Ainsi, tandis qu’il qualifie publiquement les actions israéliennes à Gaza de « honteuses » et appelle à un cessez-le-feu immédiat, la France maintient et développe ses contrats d’armement avec Israël, soutient le blocus de Gaza en ne le contestant jamais formellement, continue d’observer un silence stratégique sur les nombreuses violations du droit international, contribuant ainsi de manière « indirecte » mais décisive à la poursuite de l’entreprise de destruction. Cette posture schizophrène fragilise la parole de la France, la prive de toute autorité morale, et enracine sa position dans une logique de double langage permanent.

      Ce décalage entre les mots et les actes est rendu encore plus manifeste dans le discours de François Bayrou au dîner du CRIF [16] – qui fait suite à celui tenu l’an dernier par Gabriel Attal, alors premier ministre, et dans lequel il avait dénoncé une « vague d’antisémitisme » en France - où il évoque Israël comme un « miracle », inscrit dans une longue téléologie biblique, et qualifie les violences du 7 octobre de « pogrom le plus grave depuis la Shoah ». Une telle rhétorique sacralise l’État d’Israël tout en escamotant la réalité présente du massacre de masse à Gaza. Elle reconduit la mémoire de la Shoah non comme avertissement universel, mais comme dispositif d’immunisation morale. Elle empêche toute pensée complexe, et neutralise d’avance toute critique comme sacrilège.

      Ce langage du premier ministre s’accompagne d’une rhétorique sécuritaire qui convoque sans cesse le spectre de « la bête immonde » qui prend aujourd’hui la gueule de l’islamisme radical. Ainsi, sous couvert d’une vigilance démocratique, c’est une réactivation continue des figures ennemies qui est opérée : les défenseurs des droits des Palestiniens sont discrédités comme agents d’un islamisme rampant, quand bien même ils en dénoncent les violences. Cette stratégie empêche toute critique autonome d’Israël sans tomber sous le soupçon d’une compromission extrême.

      Comme l’a rappelé la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, dans son rapport de juin 2025, cette posture de soutien implicite s’inscrit dans une architecture de responsabilités globalisée. Ce rapport pointe l’implication directe de nombreuses entreprises internationales, y compris européennes, dans l’infrastructure matérielle du génocide en cours. L’exportation d’armes, les systèmes de surveillance, les partenariats technologiques, les soutiens logistiques au blocus participent d’une complicité active, et non d’un simple silence. La France, loin d’être extérieure à cette architecture, y est pleinement intégrée.

      Face à une telle configuration, l’appel à l’éthique ou au droit international ne peut se contenter de formules creuses. Il exige une rupture réelle, matérielle, diplomatique. Il exige que la France cesse d’entretenir des relations stratégiques, militaires et économiques avec un État engagé dans des actes qualifiés de génocidaires par les instances mêmes qu’elle prétend défendre. Faute de quoi, la parole républicaine devient une coquille vide, et le droit une fiction instrumentalisée.

      Dans une telle configuration, invoquer les valeurs républicaines ou le droit international sans en tirer de conséquences concrètes revient à s’en faire les fossoyeurs. L’éthique n’a de sens que si elle interrompt. La mémoire n’a de valeur que si elle oblige. Et la République, si elle ne veut pas devenir le masque d’un ordre inhumain, doit cesser d’armer ceux qui bombardent des enfants.

      II. Pour une pensée critique renouvelée : réaffirmer le sens de la justice

      Face à un tel dispositif discursif, où les mots sont retournés contre les faits, où la mémoire devient une arme de légitimation, où la souffrance est monopolisée et la critique disqualifiée, il est urgent de refonder les termes mêmes du débat. Il ne s’agit pas seulement de répondre, mais de déplacer l’axe du discours, de faire émerger une autre intelligibilité des événements.

      Il s’agit de réarmer la pensée. De sortir de la sidération provoquée par l’ampleur de la violence, comme par le retournement des valeurs. Il s’agit de restaurer la puissance critique du langage, de renouer avec les exigences de justice, de vérité, d’universalité concrète, et non d’un universalisme rhétorique devenu instrument de domination.

      Cette tâche n’est pas secondaire. Elle est à la racine de toute possibilité d’agir politiquement, de nommer l’intolérable, de lutter contre les formes contemporaines de l’effacement. Elle exige un travail rigoureux, lucide, sans surplomb, sans illusion, mais habité par une éthique de la responsabilité et de la rupture.

      2.1. La nécessité de nommer le génocide

      Dans ce contexte apocalyptique, face à l’ampleur vertigineuse des destructions - plus de 42 000 bâtiments détruits ou endommagés selon les données satellitaires de l’ONU (UNOSAT) [17], 32 hôpitaux visés ou anéantis d’après Médecins Sans Frontières [18], environ 400 écoles endommagées ou détruites, laissant plus de 600 000 enfants sans accès à l’éducation. Le bilan humain est effroyable : plus de 15 000 enfants tués, soit 44 % des victimes recensées parmi les quelque 57 000 personnes décédées depuis le début du conflit selon les chiffres croisés du ministère de la santé de Gaza et des agences internationales [19] - ces logiques d’effacement s’accompagnent d’un silence politique d’autant plus assourdissant qu’il est masqué par la rhétorique humanitaire ou l’abstention diplomatique. Les chiffres ne sont pas seulement des données : ils sont les traces d’un monde détruit, d’une réalité que la langue officielle refuse de dire. L’usage du mot génocide n’est ni une outrance militante, ni une provocation rhétorique. Il s’agit d’un impératif éthique, intellectuel et juridique. Ne pas nommer, c’est consentir. Ne pas nommer, c’est effacer, et au moins à deux reprises : d’abord les corps ; puis le sens même de leur disparition.

      L’accusation de génocide repose ici sur des critères définis dans la Convention des Nations Unies de 1948 : volonté d’anéantir, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique ou religieux, par des actes de meurtre, de destruction des conditions de vie, d’empêchement de reproduction, de transfert d’enfants, etc. Or, ce ne sont pas les intentions seules qui qualifient juridiquement un génocide, mais le caractère systématique et délibéré des actes. À Gaza, ces éléments sont présents, documentés, publics, assumés.

      Nommer le #génocide, c’est donc rétablir une ligne de discontinuité dans l’espace discursif et politique, là où le langage tend à se neutraliser lui-même par euphémisation, relativisme ou saturation. C’est dire qu’il existe encore un seuil à ne pas franchir, un interdit structurant pour toute éthique politique digne de ce nom. C’est refuser de laisser s’installer un régime d’indifférence absolue, où l’extermination devient un bruit de fond, une donnée parmi d’autres.

      Nommer le génocide, enfin, ce n’est pas désigner un coupable abstrait, mais désigner un processus historique et une logique d’État à l’œuvre, au nom d’une souveraineté sacralisée, au nom d’un mythe sécuritaire devenu absolu. C’est réinscrire la mémoire des événements dans un ordre symbolique clair, qui redonne aux morts un nom, une adresse, une vérité. C’est, comme le disait Robert Antelme, affirmer que l’homme, même au fond de sa déchéance imposée, demeure l’homme, et qu’aucun appareil militaire, aucun récit national, ne peut révoquer cette part commune.

      2.2. Redonner sens à la République : le dissensus comme impératif démocratique

      La République, telle qu’elle est invoquée dans les discours de Yonathan Arfi ou de François Bayrou, tend à devenir une forme vidée de son contenu démocratique, réduite à un consensus d’exclusion. Présentée comme l’ultime rempart contre les extrémismes, elle se mue pourtant en instance de disqualification systématique de toute voix dissidente, notamment dès lors qu’il s’agit de critiquer la politique d’Israël ou de dénoncer les massacres à Gaza. Cette République-là ne protège certainement pas les marges, elle les stigmatise. Cette République-là n’écoute certainement pas les minorités critiques, elle les criminalise. Cette République-là ne débat certainement pas, elle sanctuarise.

      Or, l’histoire même de la République française enseigne que sa force ne réside pas dans l’effacement du conflit, mais dans sa mise en forme politique. Le dissensus, entendu comme confrontation réelle, parfois violente, mais toujours nécessaire des positions, des mémoires, des visions du juste, est constitutif de toute politique républicaine authentique (Rancière ; Abensour etc.). Ce n’est pas le silence imposé qui fonde la démocratie, mais la parole plurielle, risquée, conflictuelle. Rappelons qu’à l’époque de l’Affaire Dreyfus, ce sont les voix dissonantes de Zola, Jaurès, Lucien Herr, ou Bernard Lazare, souvent marginalisées, diffamées, qui ont permis de faire éclater la vérité, contre l’ordre établi, contre les institutions, contre les évidences supposées.

      C’est pourquoi l’exclusion actuelle de figures critiques, qu’elles soient universitaires, militantes, artistiques ou politiques, ne relève pas d’un sursaut républicain, mais d’un tournant autoritaire du discours public. Assimiler toute critique du sionisme à une forme d’antisémitisme, tout appel à la justice pour Gaza à une apologie du terrorisme, c’est criminaliser la pensée, inverser la charge de la violence, et trahir l’héritage conflictuel de la République elle-même.

      Ce glissement est d’autant plus préoccupant qu’il se prétend fidèle à l’universalisme. Mais il s’agit ici d’un universalisme mutilé, amputé de ceux qu’il refuse d’écouter. L’universel ne se décrète pas, il se conquiert, il se réinvente depuis les blessures, les exils, les révoltes. Comme le rappelait Aimé Césaire, « il n’y a pas de mission civilisatrice, il n’y a que des missions d’humanité. » [20] Et l’humanité véritable commence toujours par l’attention au dissensus, par l’accueil de ce qui dérange, de ce qui résiste, de ce qui s’élève.

      Redonner sens à la République, aujourd’hui, ce n’est donc pas réaffirmer une identité figée, communautarisée, alignée sur une géopolitique, mais retrouver sa capacité d’écoute, sa plasticité conflictuelle, sa mémoire des luttes. C’est rouvrir le champ du pensable et du dicible, là où l’indignation est rendue suspecte, là où la douleur des enfants palestiniens devient un silence stratégique.

      2.3. Judaïsme, pensée critique et exigence de justice universelle

      Réduire le #judaïsme à un simple soutien à la politique de l’État d’Israël constitue une double trahison. Une trahison théologique tout d’abord, car le judaïsme n’est pas une idéologie étatique. Une trahison éthique ensuite, car il porte en lui une exigence millénaire de justice, de mémoire, de fidélité au fragment et à l’exilé, une attention radicale à la vulnérabilité, à l’opprimé, à l’étranger. C’est cette tradition-là qui est trahie lorsqu’on l’assimile à un nationalisme d’État fondé sur l’ #exclusion, la #colonisation, et la violence d’annihilation.

      Walter Benjamin rappelait que la « tradition véritable » n’est jamais celle des puissants, mais celle des opprimés. Elle ne sacralise pas l’histoire établie, elle en sauve les éclats, les ruines, les fragments. Ce que Benjamin appelle la « tradition des opprimés » se situe à rebours de toute entreprise de légitimation d’un ordre dominant. Elle ouvre un espace critique à l’intérieur même de l’héritage, en le réactivant depuis ce qui a été brisé, effacé, nié.

      Nombreuses aussi sont les voix juives, en Israël, en diaspora, en France, qui refusent cette équation réductrice entre judaïsme et sionisme, entre #judaïcité et allégeance à un État. Leur position n’est pas marginale, mais constitutive d’un courant profond du judaïsme diasporique, de l’anti-idolâtrie prophétique à la dissidence messianique.

      Penser depuis une telle « tradition », c’est refuser que le judaïsme devienne l’instrument d’une hégémonie, et c’est exiger, au contraire, que la mémoire juive reste du côté des humiliés, des déplacés, des sans-voix. C’est depuis cette fidélité critique, et non depuis une solidarité identitaire aveugle, que peut s’exprimer une voix juive fidèle à son histoire de persécutions, de diasporas, d’exodes. La mémoire de la Shoah ne peut être invoquée pour justifier un déni de justice à d’autres peuples. Elle oblige au contraire à refuser qu’un peuple en opprime un autre au nom de sa propre souffrance. Le judaïsme ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface.

      C’est au nom de cette tradition, et non en dépit d’elle, qu’il devient impératif de dénoncer l’oppression exercée sur le peuple palestinien. S’en réclamer aujourd’hui implique non pas le silence, mais l’insurrection éthique.

      Ce que le judaïsme offre au monde, ce n’est pas une forteresse, mais une ouverture, une manière de penser la blessure, la mémoire, la transmission, le refus de l’injustice. Il ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface. C’est cette responsabilité universelle qu’il nous faut réaffirmer, aujourd’hui plus que jamais, depuis #Gaza.

      2.4. La voix des victimes contre le discours dominant

      Alors que Yonathan Arfi et François Bayrou discourent, alors que la scène politique française multiplie les déclarations d’allégeance et les postures morales sélectives, les enfants de Gaza brûlent dans l’indifférence organisée. Les civils palestiniens sont bombardés, privés d’eau, de nourriture, de soins, réduits à l’errance dans les ruines, et toute tentative de dénoncer cette destruction systémique est aussitôt criminalisée, renvoyée à un prétendu antisémitisme.

      L’enjeu n’est pas seulement politique ou diplomatique : il est philosophique, éthique et civilisationnel. Il s’agit d’entendre , non comme un geste compassionnel ou humanitaire, mais comme une exigence de justice, les récits, les cris, les silences de celles et ceux qui vivent sous les bombes. Il s’agit de ne pas détourner le regard, de ne pas se réfugier dans la neutralité commode des institutions, dans la passivité de l’impuissance politique organisée. Car la vérité ne réside pas dans les salons officiels ni dans les communiqués de presse, mais dans les marges, les corps fracassés, les voix étouffées, les images interdites. Ce qui est à entendre ne demande ni charité, ni pitié, ni commisération, mais une rupture avec l’ordre du discours dominant, une interruption de l’aveuglement organisé.

      Comme l’écrivait Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre : « Quand on entend dire que l’humanité est une chose admirable, on cherche des hommes. » [21] Cette phrase condense une critique radicale du discours humaniste tenu par les puissances coloniales, un humanisme d’apparat, purement rhétorique, démenti dans les faits par la violence systémique infligée aux colonisés. A cela, Fanon y oppose la nécessité d’une réhumanisation concrète, arrachée au réel des corps niés, des existences mutilées, des subjectivités écrasées. Cette phrase ne désigne certainement pas une essence, mais une exigence. Celle de retrouver, dans un monde dévasté, la trace de ce qui peut encore faire humanité. Aujourd’hui, ce sont les enfants de Gaza, privés de maisons, d’écoles, de funérailles dignes, qui incarnent cette vérité. Non parce qu’ils seraient meilleurs ou plus innocents que d’autres, mais parce qu’ils sont déshumanisés, niés, effacés, dans un silence médiatique et politique qui redouble la violence qu’ils subissent.

      Faire entendre leur voix, ce n’est pas simplement plaider pour une cause mais tenter de sauver quelque chose de l’idée même de justice, de « l’universalité réelle », contre toutes les rhétoriques d’exception.

      Conclusion : penser contre l’effacement

      Face à cette inversion et cette complicité institutionnelle, nombreux sont ceux qui se mobilisent et pensent autrement, cherchant à reconstruire une pensée capable de désamorcer ces pièges discursifs. Il est urgent de renforcer cette dynamique critique pour retrouver le sens profond de la justice, au nom de toutes les victimes, sans hiérarchisation, sans essentialisation, sans exclusion. C’est cette pensée critique renouvelée qui constitue aujourd’hui une exigence vitale.

      Ceux qui n’ont plus de maison, plus d’école, plus de ville, ce sont eux aujourd’hui qui nous obligent à réinterroger ce que signifie encore « être humain ». Ce sont les enfants de Gaza. Ce sont les femmes de Gaza. Ce sont les hommes de Gaza. Ce sont aussi les ruines de Gaza, les quartiers entiers effacés, les vergers dévastés, les nappes phréatiques polluées, les infrastructures vitales broyées, signes d’un urbicide, d’un écocide, d’une stratégie de destruction intégrale d’un territoire, de ses milieux de vie, de ses formes d’hospitalité. C’est l’ensemble du tissu vivant, humain, architectural, végétal, qui se trouve ainsi visé, disloqué, anéanti.

      La honte ne doit pas simplement changer de camp. Elle doit retrouver une adresse, non pas dans une instance de jugement ou une autorité morale, mais dans ce point de disjonction où l’histoire vacille, où la parole s’interrompt, où la vérité, non juridiquement instituée mais historiquement insupportable, exige d’être dite. Elle ne se formule pas comme une sentence, mais comme un contre-temps. Elle devient alors force de transformation, non pas en tant qu’instrument de réprobation morale, mais comme une puissance de réveil et de désajointement, capable de fracturer le présent, d’arracher l’histoire à ses enchaînements supposés, de restituer à ce qui fut détruit la possibilité d’un nom, d’un geste, d’une survivance.

      Ce n’est pas la responsabilité au sens de l’assignation qu’elle convoque, ni devoir juridique, ni charge morale fondée sur une faute établie, ni sentence articulée à une autorité institutionnelle. Ce type de responsabilité présuppose un sujet défini, une causalité repérable, un jugement prononçable. Il relève d’une économie du compte rendu, du blâme, de la réparation. Or ce qui se manifeste ici procède d’un tout autre régime : non celui de la causalité, mais celui de l’appel. Un appel sans visage, sans origine identifiable, sans visée accusatoire. Un appel muet, anonyme, comparable au messager dont parle Walter Benjamin, porteur d’une vérité qui ne s’impose pas mais expose. Cet appel n’émane pas d’un futur désirable ni d’une transcendance justicière. Il surgit du fond même de l’irréparable, non pas pour réclamer une réparation impossible, mais pour maintenir ouverte la blessure de ce qui fut détruit sans recours. L’irréparable, ici, n’est pas un constat de défaite mais la source d’une exigence éthique radicale, une fidélité inquiète à ce qui, n’ayant pas été sauvé, continue pourtant d’appeler. En ce sens, la honte ne retrouve pas un visage, mais une adresse : ce lieu de disjonction où l’histoire vacille, où la vérité ne se décrète pas, mais insiste. Et l’écoute de cet appel engage, non par injonction extérieure, mais depuis la rupture même qu’il creuse dans le présent. « (…) si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté » [22] écrivait Walter Benjamin dans ses thèses sur la philosophie de l’histoire, ce qui oblige à penser une autre forme de responsabilité comme étant non plus tournée vers la réparation ou le tribunal, mais vers l’interruption, le contretemps, le surgissement d’un devoir depuis ce qui ne peut plus être sauvé, mais ne doit pas être oublié.

      Ce n’est pas dans les palais, les dîners officiels, les discours bien ordonnés ; ni dans les postures confortables de ceux qui se croient, par automatisme ou bonne conscience, du bon côté de l’histoire ; ni dans les silences feutrés d’une certaine gauche progressiste, qui préfère l’abstention morale à l’engagement réel ; ni dans l’assurance de certains qui, convaincus de détenir la vérité, s’exonèrent de toute écoute, que cette exigence prend corps. Elle surgit dans les ruines, les cris, les gestes, ici et ailleurs, de celles et ceux qui, sans honte ni paralysie - ce qui n’excluent pas un profond désespoir - refusent de détourner le regard et organisent le pessimisme. Gaza ne demande pas des #lamentations rituelles, mais une réactivation de la capacité à dire non. À dire, non, plus jamais cela, et faire de ce refus une puissance agissante en inventant des gestes d’ #interruption, des stratégies de #désobéissance, des hospitalités dissidentes, des contre-cartographies concrètes, des formes collectives de #désalignement.

      À dire : non, plus jamais cela. Pour personne, ni humain, ni vivant, ni forme de vie vouée à l’anéantissement.

  • La prima operazione di rimpatrio del governo italiano direttamente dall’Albania

    Il 9 maggio un #charter partito da Roma e diretto a Il Cairo ha fatto scalo a Tirana per far salire a bordo cinque cittadini egiziani rinchiusi nel Centro di permanenza per il rimpatrio di #Gjadër. Un’operazione dai dubbi profili di legittimità che il governo italiano ha fatto passare in sordina. “Un fatto gravissimo -sottolinea Gianfranco Schiavone dell’Asgi- perché il trasferimento dalla struttura all’aeroporto è avvenuto al di fuori della giurisdizione italiana”

    L’Italia ha effettuato il suo primo rimpatrio direttamente dall’Albania. Lo scorso 9 maggio un volo partito da Roma e diretto a Il Cairo ha fatto tappa sul suolo albanese per far salire a bordo cinque persone di origine egiziana trattenute nel Centro di permanenza per il rimpatrio (Cpr) di Gjadër. Una procedura inedita che il governo italiano ha deciso di far passare in sordina. “Un fatto grave che mette a rischio la tenuta del quadro giuridico europeo e il rispetto dei diritti fondamentali delle persone coinvolte”, denuncia Francesco Ferri, esperto di migrazioni per ActionAid Italia.

    Secondo il Viminale da quando l’11 aprile a fine giugno la struttura albanese ha riaperto i battenti come Cpr sono transitate 110 persone. Al 21 maggio in totale sono state 24 quelle riportate in Italia per poi essere rimpatriate nei loro Paesi d’origine. Si pensava dunque che nessuno fosse stato espulso direttamente da Gjadër ma i documenti della Direzione centrale dell’immigrazione e della polizia di frontiera, consultati da Altreconomia, dicono altro.

    Lo scorso 28 aprile, infatti, l’ufficio in seno al ministero dell’Interno ha pubblicato un bando pubblico per richiedere un servizio di noleggio di un aeromobile per l’espulsione di stranieri irregolari. Una procedura standard che però, questa volta, aveva una particolarità: l’operazione di rimpatrio verso l’Egitto richiedeva ai partecipanti alla gara una “tappa” intermedia a Tirana.

    Nel tardo pomeriggio dell’8 maggio l’operatore #Pas_professional_solution Srl, tramite il suo procuratore speciale #Angelo_Gabriele_Bettoni, firma il contratto da 113.850 euro per i servizi richiesti dal Viminale. Il giorno successivo un aereo parte da Roma Fiumicino alla volta della capitale albanese, dove atterra intorno alle 15.30, per poi ripartire un’ora e mezza dopo verso Il Cairo, con a bordo le persone provenienti dal Cpr di Gjadër.

    Secondo i dati ottenuti da Altreconomia a metà giugno dall’11 aprile al 21 maggio risultano cinque transiti e altrettanti rimpatri di cittadini egiziani dal Cpr albanese, proprio quelli finiti sul volo. Il ministero dell’Interno, interpellato sul punto, non ha risposto alle nostre richieste di chiarimento. Quello che si sa per certo, però, è che quando la Direzione centrale ha pubblicato il bando e programmato l’operazione il 28 aprile, a Gjadër non c’era nessun cittadino egiziano: questi sarebbero stati “appositamente” portati nei primi giorni di maggio per poi essere caricati sul charter a Tirana.

    La mossa del governo italiano, tenuta fino a oggi “segreta”, apre molti interrogativi, innanzitutto sulla legittimità della procedura. “Anche qualora si volesse sostenere, con una tesi a mio avviso infondata, che il Cpr di Gjadër sia equiparabile ai centri posti nel territorio nazionale -spiega Gianfranco Schiavone, esperto di migrazioni e socio dell’Associazione per gli studi giuridici sull’immigrazione (Asgi)-, non risulta in alcun modo ammissibile prevedere che la persona sia portata fuori dall’area del centro di trattenimento, sul territorio albanese, e poi da lì rimpatriata”.

    Secondo Schiavone vi è una grave violazione nella riserva di giurisdizione prevista dall’articolo 13 della Costituzione. “Le operazioni di polizia condotte fuori dal centro di Gjadër in territorio albanese nei confronti delle persone trasportate in questo caso in aeroporto sono prive di controllo giurisdizionale e avvengono dunque senza alcuna copertura normativa. Quanto avvenuto è dunque un fatto gravissimo”.

    In questo quadro, poi, potrebbe aver giocato un ruolo importante anche l’Egitto. Il ministro dell’Interno Matteo Piantedosi ha incontrato in un bilaterale il suo omologo egiziano Mahmoud Tawfiq lo scorso 9 aprile a margine dell’incontro del “Processo di Khartoum”, una piattaforma di cooperazione. Durante l’incontro, secondo quanto dichiarato dal Viminale, i ministri hanno fatto il punto su diverse tematiche tra cui quella dei flussi migratori. Non è detto però che non si sia parlato anche dell’operazione di volo da Tirana.

    Chi con molta probabilità era al corrente dell’operazione è l’aeroporto internazionale di Tirana da cui è transitato il charter. A partire dal 2020, la proprietà dello scalo è stata acquisita da #Kastrati_Group Sha, società energetica albanese che gestisce una serie di stazioni di servizio in tutto il Paese. Fa parte del consiglio direttivo #Piervittorio_Farabbi, ingegnere aeronautico italiano e direttore operativo, che supervisiona la gestione operativa quotidiana dell’aeroporto dall’aprile 2023. Farabbi in passato è stato direttore dello scalo di Perugia e della #Sacal, società aeroportuale calabrese. La direzione dell’aeroporto, contattata da Altreconomia, non ha risposto così come il ministero albanese degli Affari interni. La polizia di Stato invece ha glissato dicendo di rivolgersi alle autorità italiane.

    Per Francesco Ferri di ActionAid Italia, che con il Tavolo asilo e immigrazione (Tai) il 17 e 18 giugno ha visitato la struttura di Gjadër, questa operazione fa fare un’ulteriore salto di qualità in termini di opacità all’operazione Albania. “Con la trasformazione delle strutture in Cpr dell’11 aprile la mancanza di trasparenza si è aggravata -spiega-. Abbiamo saputo di una persona rimpatriata da Tirana durante la visita ed è un fatto gravissimo”.

    Da un lato l’Italia anticipa artigianalmente quanto previsto dalla proposta di nuovo Regolamento sui rimpatri “minando la tenuta del quadro giuridico europeo”, dall’altro le persone sono esposte a gravi violazioni dei diritti. “Già in questi mesi abbiamo faticato molto a rintracciare chi veniva riportato in Italia da Gjadër e lasciato libero se le persone vengono rimpatriate direttamente questo diventa pressoché impossibile -sottolinea-. Diventa ancora più difficile ricostruire e conoscere in che condizioni sono state rinchiuse le persone e se i loro diritti sono stati rispettati”.

    Infine, resta rilevante il tema dei costi: la “tappa” di Tirana è costata solo di affitto charter 31.779 euro in più rispetto all’ultima operazione di rimpatrio, dello stesso numero di persone, verso l’Egitto. Significa, per cinque rimandati indietro dall’Albania, più di 6.300 euro a testa.

    ▻https://altreconomia.it/il-primo-rimpatrio-italiano-di-migranti-irregolari-direttamente-dallalb
    #Albanie #migrations #réfugiés #Italie #externalisation #renvois #expulsions #Egypte #rétention #détention_administrative #prix #coût

    –-

    ajouté à la métaliste sur l’#accord entre #Italie et #Albanie pour la construction de #centres d’accueil (sic) et identification des migrants/#réfugiés sur le territoire albanais...

    ►https://seenthis.net/messages/1043873

  • Jeffrey #Sachs est un économiste américain de renommée mondiale, professeur à l’université Columbia et ancien président de la Commission #Covid-19 du #Lancet, connu pour ses recherches approfondies sur les origines de la #pandémie. Il milite pour une gouvernance mondiale renforcée afin de contrôler les manipulations dangereuses de pathogènes, pointant du doigt les dissimulations autour des recherches menées à l’université de Caroline du Nord.

    via ▻https://diasp.eu/p/17613857

    "- Je vais vous révéler une triste vérité, quelque peu surprenante. Je dois admettre que ce que je m’apprête à vous dire n’est sûr qu’à 99 %. Mais mon avis, basé sur des recherches très approfondies menées ces derniers 4 ans 1/2, c’est que le Covid provient de l’université de Caroline du Nord, qui est le principal centre de recherche sur les bêta-coronavirus, qui collabore avec le gouvernement américain sur une série de propositions de subventions qui ont identifié l’introduction du changement viral à l’origine du #SARS-Cov-2. C’est une vérité sinistre. C’est moche. On l’a dissimulé. Si j’évoque cela dans ce contexte, c’est parce qu’il n’existe actuellement aucune gouvernance mondiale efficace pour contrôler la manipulation d’agents pathogènes dangereux, comme celle qui a créé la pandémie et déclenché sa propagation. Officiellement, le bilan s’élève à 7 millions de morts, mais si l’on compte tous les décès liés au Covid, on est probablement plus proche de 20 millions. Et même dans ce cas, il n’y a jamais d’enquête sérieuse, tout est dissimulé, caché.

    • Pétition · Destitution des insignes de chevalier de l’Ordre National du Mérite de Yvan Attal - France · Change.org
      ▻https://www.change.org/p/destitution-des-insignes-de-chevalier-de-l-ordre-national-du-m%C3%A9rite-de-

      Pourquoi cette pétition est importante
      Lancée par Artistes POUR LA PALESTINE

      Le réseau d’Artistes pour la Palestine appelle tous les acteurs du monde de la culture et particulièrement de l’industrie du cinéma : distributeurs, diffuseurs, Centre National du Cinéma (CNC), agents artistiques, attaché(e)s de presse, journalistes culturels, directeur de Festivals de cinéma et de fictions TV à se mobiliser pour sanctionner le réalisateur et acteur Yvan Attal suite à ses propos tenus le 30 mars sur la station Radio J.
      « Depuis 1948, le peuple palestinien s’est construit en miroir d’Israël et qu’ils ont voulu se réapproprier notre histoire, ils ont envie d’être nous. Même notre Shoah, ils nous l’envient. Ils veulent absolument un génocide, mais pourquoi ? Parce qu’ils pensent, ils pense que le monde nous a donné Israël après la Shoah donc après un vrai génocide donc ils se disent on va émouvoir le monde en disant que nous aussi on est victimes d’un génocide et on va nous donner des territoires ».

      De tels propos sont considérés comme négationnistes et sont un flagrant déni historique. Les plus grandes instances et ONG internationales condamnent depuis des décennies la politique de colonisation et d’apartheid menée par Israël. Le 18 septembre 2024, l’Assemblée Générale des Nations Unies a appelé à une très large majorité Israël à cesser la colonisation dans un délai d’un an. (...)

  • #La_Poste s’effondre : comment le #néolibéralisme détruit tout

    Plus de 200% d’augmentation en 20 ans. Quel produit a connu une explosion comparable au #prix du #timbre ? Aucun. Pour quelle amélioration ? Pire que tout.

    En l’an 2000, envoyer une lettre coûtait 2,70, francs soit moins de 50 centimes d’euros. En 2015, le prix était encore relativement contenu : 0,68 euro. Depuis, il explose. 1,39 euro en 2025 pour envoyer quelques grammes de papier. Trois fois plus qu’en 2000.

    En 2024, le gouvernement avait validé une augmentation moyenne des timbres de 8,3%. En 2025, la hausse est de 7,75%. Fulgurante, année après année, sans que rien ne le justifie. D’autant que le #bénéfice net de La Poste s’élevait au premier semestre 2024 à 495 millions d’euros.

    En ce début d’année 2025, alors qu’envoyer du #courrier devient un luxe, plusieurs médias révèlent que La Poste française ne parvient même plus à remplir sa #mission essentielle, celle qu’elle exerce depuis sa création, au 17ème siècle : l’acheminement d’enveloppes.

    Le 23 janvier, « plus d’un million de lettres prend la poussière dans divers centres de tri en #France » écrit le quotidien La Dépêche. Certains courriers expédiés en décembre ou novembre n’ont jamais été reçus et attendent. D’autres sont perdus. C’est toute une #chaîne_logistique qui semble en train de s’effondrer. En décembre, des habitants de Nice retrouvaient 318 lettres dans une poubelle. Depuis des mois, ils ne recevaient plus leurs courriers, ou avec beaucoup de #retard. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Ce qui fut un #service_public efficace a été saboté.

    Des syndicalistes de La Poste dénoncent le manque d’#investissement et la #réduction_des_effectifs par la direction. « À partir du moment où on ferme des #plateformes_de_tri, à partir du moment où La Poste a décidé de se séparer de beaucoup d’emplois… eh bien ce qui était prévisible » explique Arnaud Bordier, responsable Sud PTT du département d’Ille-et-Vilaine.

    « Que se passe-t-il à La Poste ? » se demande la presse. Comment un #service_public aussi ancien peut-il être à ce point défaillant, dans l’un des pays les plus riches du monde ? Comment, alors qu’il y a beaucoup moins d’envois de lettres – 15,9 milliards en 2019, 6 milliards en 2023 –, de meilleurs moyens technologiques pour les acheminer et un prix beaucoup plus élevé, ce service ne parvient-il plus à fonctionner ?

    C’est simple : 40 ans de néolibéralisme et de #privatisations. 50.000 #emplois supprimés entre 2004 et 2023. Et toujours plus de #profits pour les mêmes bourgeois qui profitent du copinage et des grandes écoles.

    Dès 1983, le Parti Socialiste commence à démanteler ce fleuron du service public : il sépare les directions de La Poste et des Télécommunications. Les fameuses #PTT, qui disposaient d’un ministère spécifique depuis un siècle et maillaient le territoire français efficacement et pour pas cher. Ce sont deux entités séparées qui seront bientôt mises en concurrence.

    En 1990, La Poste et les Télécommunication deviennent deux entreprises dont la gestion se rapproche de celles du secteur privé. En 1997 le Parti Socialiste, toujours lui, privatise France Telecom’ qui deviendra Orange, avec des méthodes de #management épouvantables qui ont poussé de nombreux salariés à se suicider, provoquant un immense scandale.

    La moitié des anciens PTT est donc démantelée, la France a détruit son service public de télécommunication, au moment précis de l’envol d’internet et de la téléphonie mobile, alors qu’il y avait un créneau énorme. Nos dirigeants sont des visionnaires. C’est un #sabotage caractérisé, qui a permis la création d’oligopoles et de fortunes colossales pour les entrepreneurs véreux qui possèdent #SFR, #Bouygues ou #Free.

    Il ne fallait pas s’arrêter en si bon chemin. Au tour de La Poste. En 2008, l’administrateur de l’entreprise veut changer son statut pour en faire une #société_anonyme et qu’elle puisse être partiellement privatisée. Les facteurs organisent une « votation citoyenne » contre ce projet. Un immense succès, plus de 2 millions de votant-es, superbement ignoré-es par les autorités.

    Simultanément, la création de la #Banque_postale fait entrer la Poste dans une nouvelle ère. Il n’y a plus « aucune obligation de service public pour la filiale de La Poste » écrit la cour des comptes. Cette #banque doit faire de l’argent, et devient le cœur du groupe : elle vend des #assurances et des #crédits_immobiliers pour faire des profits, et noue des partenariats avec des multinationales financières. La Poste, c’est-à-dire l’envoi du courrier, le cœur historique de ce service, devient secondaire. Ce n’est plus qu’une filiale de sa banque.

    En parallèle, l’Union Européenne exige que tous les pays membres ouvrent leurs services postaux à la #concurrence, le 1er janvier 2011. La même année, la création de #La_Poste_Mobile éloigne encore plus l’entreprise du courrier : il s’agit d’un partenariat avec SFR, afin d’entrer en concurrence avec Orange. Relisez attentivement : les néolibéraux ont fait exploser les PTT en deux entités, les ont privatisées, et les ont ensuite mises en concurrence. Au détriment du service, des salarié-es, et en faisant exploser les prix. Champions du monde.

    Comme d’habitude, les profits sont privatisés et les pertes sont payées par le contribuable. L’État verse 500 millions d’euros chaque année à La Poste au titre des missions de service public. Mais de service public, il n’y en a plus. La Poste avait l’obligation de maintenir un réseau de 17.000 « #points_de_contact » en France pour que « moins de 10 % de la population d’un département s’en trouve éloignée de moins de 5 kilomètres ». Mais la direction ne tient pas parole, elle a fermé des centaines de bureaux en quelques années, en particulier en #zone_rurale, qui sont privées de services postaux. Même dans les grandes villes comme Nantes, certains bureaux ferment dans les quartiers.

    En 2019, la « #loi_Pacte » de Macron écarte encore plus La Poste de la tutelle de l’État. Et l’entreprise ne recrute quasiment plus que des intérimaires mal formés et mal payés. Elle n’assure plus sa mission essentielle. Pourtant, les envois de colis explosent, et ce sont des multinationales privées comme Amazon qui en profitent et prennent le marché.

    Dernier épisode en septembre 2024 : le patron de La Poste, #Philippe_Wahl, annonce des nouvelles économies « de l’ordre de 50 millions d’euros » pour l’entreprise. Quelques mois plus tard donc, plus d’un million de courriers stagnent dans les entrepôts.

    Il était possible de maintenir un grand service public postal et de barrer la route des géants capitalistes américains. Les gouvernants français en ont décidé autrement.

    Quel bilan tirer de cette histoire ? Que le néolibéralisme c’est précisément cela : brader les grands services publics, faire payer beaucoup plus cher les usagers pour un service catastrophique, et tout cela pour le seul profit de spéculateurs et de grands patrons.

    La France avait il y a encore 25 ans le meilleur système de santé du monde et des #services_publics à peu près fonctionnels. Ce n’était pas le paradis, mais après deux décennies de Sarkozy-Hollande-Macron, plus RIEN ne marche. Les néolibéraux ont saccagé tout ce qui fonctionnait. Minutieusement, efficacement.

    Et le pire, c’est que ces dirigeants juraient qu’en privatisant les services publics, cela réduirait la dette, que les impôts seraient réduits, que les prix baisseraient grâce à la sacro-sainte concurrence. C’est exactement l’inverse. À présent, quasiment tout est privatisé, mais la #dette a explosé, et on paie autant voir plus d’#impôts – surtout les plus injustes, comme la TVA. Les courriers n’arrivent pas, on meurt en attendant à l’hôpital, il n’y a pas de professeurs devant toutes les classes, les aides sociales sont rabotées…

    Alors ou vont les thunes ? L’État français n’a jamais collecté autant d’argent. Il organise un transfert de fond absolument massif vers les poches des plus riches. Des cadeaux aux riches, des exonérations fiscales, mais aussi un recours massif à « l’#externalisation_privée ». En clair : plutôt que de financer les services publics, on arrose des entreprises privées avec de l’argent public pour effectuer, cher et mal, des missions qui auraient pu être réalisées par le public. L’externalisation représentait en 2022 plus de 160 milliards d’euros. Largement de quoi envoyer des lettres gratuitement.

    ►https://contre-attaque.net/2025/01/28/la-poste-seffondre-comment-le-neoliberalisme-detruit-tout
    #poste #effondrement #saccage

  • Scientists Warn of Harmful Release From Tea Bags

    Drinking tea from plastic-containing tea bags could expose you to billions of nano- and microplastics with every sip, putting your health at risk.

    Many tea bags contain small amounts of tiny plastic particles called microplastics. When these interact with hot water, they can get released into the tea and end up being drunk.

    Food, packaging and kitchenware are major sources of plastic pollution, but scientists do not yet know exactly how they impact our health.

    However, they do know that they release chemicals called endocrine disrupters, which are believed to disrupt human hormones and increase the risk of certain cancers.

    Microplastics may also increase the risk of cancers by interacting with genetic material in our cells.

    Microbiologists at the Independent University of Barcelona (Universitat Autònoma de Barcelona, UAB), Spain, recently studied plastic released by three different tea bags and their effect on human cells.

    Ricardo Marcos Dauder, one of the study authors from UAB, told Newsweek that, when scientists talk about microplastics, they don’t just mean plastic that degrades and produces small pieces of plastic, but pieces of plastic that can be easily measured in micrometers: between 1 and 1000 micrometers, equivalent to one thousandth to one millimeter.

    This study specifically looked at nanoplastics, measured between 1 and 1000 nanometers—which is even smaller.

    “All the data shows that the smaller the size, the higher the uptake [of plastic] into the cells,” said Dauder. “The smaller the size, the higher the risk.”

    The microbiologists found that commercially available tea bags released huge amounts of plastic particles into hot water when brewed, experimenting on tea bags made from three plastics: polymers called polypropylene, nylon-6 and cellulose.

    They found that tea bags containing polypropylene released approximately 1.2 billion particles of plastic per drop—or milliliter—of tea. Those containing cellulosed released 135 million particles per drop and nylon-6 released 8.18 million particles per drop.

    Then, the scientists stained the particles and exposed them to various cells from a human intestine, to track how they might interact inside the body once ingested.

    After 24 hours, a specific type of digestive cell that produces mucus in the intestines had absorbed considerable amounts of micro and nanoplastics. The plastics had even entered the nucleus of some of these cells, which is where genetic material is kept.

    This suggests that digestive mucus might play a key role in absorbing micro and nanoplastics into the body before they are transported into the bloodstream and elsewhere in the body.

    Dauder said that nanoplastics could easily “cross biological barriers” into the blood and then affect different organs. Inside cells, they could disrupt mitochondria, the “energy factory” of each cell, and our DNA, increasing the risk of cancer.

    “Carcinogenesis is really related to genotoxicity, or to damage to the DNA,” said Dauder.

    UAB scientist Alba García-Rodríguez described the research on plastic pollutants as “a very important tool to advance research on their possible impacts on human health.”

    “We are exposed everywhere to micro-nano plastics,” said Dauder. "We don’t need to be in special conditions, in special places, to be exposed. Something as simple as preparing a cup of tea is enough to ingest, every time that you drink a cup of tea, millions or more nanoparticles or nanoplastics.

    “Tea bags are just one example of one particular route of exposure to these micro-nano plastics, but there are thousands of ways we can be exposed,” added Dauder.

    The team used a long list of cutting-edge techniques to track the microplastics, including electron microscopes, infrared technology, lasers and nanoparticle tracking analysis.

    “The insights gained from this study should inform regulatory policies aimed at minimizing plastic contamination in food contact materials and protecting public health,” the scientists wrote.

    Dauder said that he hoped the research would be used to help regulate the use of single-use plastic, but added that the presence of micro- and nanoplastics meant we would struggle ever to completely clean up plastic pollution.

    ▻https://www.newsweek.com/harmful-release-tea-bags-microplastics-nanoplastics-2005123
    #thé #micro-plastiques #plastique #sachets_de_thé #Perturbateurs_endocriniens

  • The Cramps - Good Taste
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=me-KVGNSdNo

    To all Gucci bag carriers

    “Good Taste”

    I’ve got this stuff on the tip of my tongue
    Chandeliers light up
    The Guccis you hung

    Oooh
    You’ve got good taste
    Whoo baby good taste
    Oh you’ve got good taste
    Oh baby good taste

    Well you’ve got a big face
    Tomato paste
    The one thing babe you’re gonna face
    Oooh that’s good taste
    Have you good taste?
    Have you good taste?
    Hey baby, good taste

    Well you’ve got good taste and I ain’t got
    Oowee baby, miam miam miam
    Oooh, you’ve got good taste
    Good taste
    Ooh you’ve got good taste
    My baby good taste

    Both of us
    Ha!

    You’ve got good taste
    You’ve got good taste
    You don’t care sit on my lap
    You know I know well inside out
    Oooh your good taste
    Oooh baby good taste
    Humm yummie yummie good taste
    Hey baby good taste

    Whoo you must have [?] something
    [?]
    You’ve got something I can put my heart in
    You’ve got good taste
    That’s right good taste
    Oooh, you’ve got good taste
    Hey baby good taste

    Well you’ve got good taste
    Yeah you’ve got good taste
    Ho ho ho, baby baby baby, you’ve got good taste
    Baby baby baby, you’ve got good taste
    Baby baby baby, it’s all over the place
    Baby baby baby, you’ve got good taste

  • L’histoire enfouie du #remembrement

    Après-guerre, en #Bretagne surtout, et dans une moindre mesure dans les zones moins bocagères, les #haies ont été arrachées à coups de bulldozer, les talus arasés, et les vergers réduits à néant. C’est ce qu’on a appelé le remembrement et voici son #histoire oubliée racontée dans une #BD.

    En mai 1978, #Gildas_Le_Coënt, emprisonné neuf mois en hôpital psychiatrique, est libéré. Cette affaire marque un nouvel épisode de la bataille bretonne contre le remembrement. Elle reflète une réalité vécue par des milliers de #paysans à travers la France pendant les décennies de #modernisation_agricole. #Inès_Léraud est journaliste, et lanceuse d’alerte en 2019 face à l’omerta des algues vertes. Elle publie aujourd’hui « Champs de bataille, l’histoire enfouie du remembrement », sa deuxième BD, une enquête avec Pierre van Hove, publiée chez La Revue Dessinée et les Éditions Delcourt.
    Des blessures toujours vives dans la mémoire collective

    Les témoignages recueillis révèlent des traumatismes profonds. Comme le rapporte Jacqueline Goff née en 1953 : "Je revois l’apparition des bulldozers, ce #saccage qui détruit tout, les arbres, les talus. Ce n’était pas un remembrement, un #démembrement, c’était le #chaos." sur France Culture. Cette #mémoire douloureuse se transmet encore dans les villages, où certaines familles ne se parlent plus depuis cette époque.

    Une modernisation imposée qui a divisé les campagnes

    Le remembrement, lancé après la Seconde Guerre mondiale, visait à adapter l’#agriculture française aux enjeux de #productivité et de concurrence internationale. "C’était une #société_paysanne qui n’était pas dans une logique de l’argent" explique Inès Léraud, "il s’agissait de regrouper les #parcelles, d’arracher les #arbres, les #talus, pour avoir des champs facilement cultivables par des machines". Cette politique crée alors des tensions durables, opposant les "gagnants", appelés "profiteurs" et les "lésés" du remembrement.

    Ce qui frappe Inès Léraud et Léandre Mandard en travaillant sur le sujet du remembrement, c’est l’ampleur des #résistances et des #conflits liés à cette question. Un #mouvement_contestataire qu’on aurait difficilement imaginé vu le peu de cas qu’en ont fait les sociologues ruraux et les historiens jusque-là. "Or, dans les archives départementales, les cartons de réclamation, de recours, de lettres, de mécontentement. Il y en avait partout, dans toutes les archives départementales où je suis allée sur le territoire français. Les bulldozers du remembrement ont dû être accompagnés des forces de l’ordre pour intervenir" explique Inès Léraud.

    Un impact environnemental majeur qui persiste

    Les conséquences de cette transformation radicale des #paysages se font encore sentir aujourd’hui. "Il y a 23 000 kilomètres de haies qui disparaissent chaque année, il y en a 3 000 qui sont replantées, donc on perd 20 000 kilomètres de haies chaque année", souligne Inès Léraud. Cette destruction massive du #bocage, associée à la diminution drastique du nombre d’agriculteurs (passé de 7 millions en 1946 à 400 000 aujourd’hui), illustre l’ampleur des changements opérés. "Certains chercheurs parlent même d’#éthnocide, on a perdu 90% des paysans." explique Inès Léraud.

    ▻https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-20-novembre-2024-8473983
    #bande-dessinée #résistance #paysage