• Google in court again over ‘right to be above British law’ on alleged secret monitoring
    https://www.independent.co.uk/news/uk/crime/google-challenges-high-court-decision-alleged-secret-monitoring-99114

    A legal battle involving Google resumed today in a landmark trial that will decide whether or not British courts are the appropriate forum for dealing with claims of ‘secret tracking’ by the internet giant. Facing allegations that it used “clandestine” tracking to monitor British users of the Safari web browser, Google unsuccessfully argued earlier this year that, while there were occasions when it could be sued in the UK, on this occasion the High Court did not have jurisdiction to try the (...)

    #Apple #Google #Safari #smartphone #Android #profiling #ICO-UK #écoutes #surveillance #iOS (...)

    ##microtargeting

  • Vie en ligne : « Il n’est pas normal que tout site Web avec une nouvelle idée se trouve à la merci de Google Search »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/07/vie-en-ligne-il-n-est-pas-normal-que-tout-site-web-avec-une-nouvelle-idee-se

    Le professeur de communication Charles Cuvelliez et le cryptographe Jean-Jacques Quisquater expliquent, dans une tribune au « Monde », comment Google est parvenu à protéger de toute concurrence son moteur de recherche.

    Tribune. Dans son combat contre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), le ministère américain de la justice a décidé de cibler Google Search, le moteur de recherche de la firme de Mountain View. Le rapport de la commission antitrust du Congrès américain lui en donne les clés, à savoir pourquoi aucun concurrent à Google ne verra jamais le jour sans un coup de pouce réglementaire ?

    La commission distingue deux types de moteurs de recherche : horizontaux et verticaux.

    Les premiers ont une vocation généraliste.

    Les seconds sont spécialisés : ils ne cherchent que dans une catégorie donnée de contenu, comme des images (Dreamstime), le transport aérien et les voyages (Expedia). Les moteurs de recherche monétisent leur service par le placement de publicité. Ils ne facturent pas l’utilisateur. Google est leader sur les moteurs horizontaux, avec 81 % de parts de marché sur les ordinateurs et 91 % sur les mobiles. Bing, le moteur de Microsoft, n’a que 6 % de parts de marché, Yahoo 3 % et Duckduckgo 1 % aux Etats-Unis.

    Le fonctionnement d’un moteur de recherche comprend trois activités distinctes.

    Il y a d’abord le crawl : parcourir Internet avec un robot pour collecter une copie de toutes les pages Web qu’il peut trouver. Puis ce matériel est indexé et organisé en une carte géante consultable en temps réel. Enfin vient l’indexation qui consiste à organiser l’information dans un format adéquat et dans des bases de données pour la dernière étape : la réponse aux requêtes des utilisateurs, de manière pertinente. Ces dernières ne sont que la pointe visible de l’iceberg.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Concurrence : « Ni Apple ni Google n’avaient besoin de ces comportements prédateurs »

    L’indexation a un coût plus élevé et exige une infrastructure importante. C’est tout Internet ou quasiment qui s’y retrouve. Google a été le premier à l’indexer en entier. Son algorithme, PageRank, le lui impose : plus il cherche, plus les résultats sont adaptés. PageRank part du principe que les liens dans une page Web vers un autre site Web sont le meilleur critère pour détecter le contenu le plus pertinent.

    Retour de la pertinence

    Qui mieux que celui qui a conçu le site A et y a placé des liens vers le site B peut identifier que le site B a le contenu en adéquation par rapport à ce qu’il annonce sur son propre site ? C’est bien plus efficace que de répertorier indépendamment le site A et le site B et de les indexer. Google Search a donc intérêt à naviguer toujours plus dans tout Internet en suivant les renvois de site en site.

    Jusqu’ici, rien de grave : c’est l’avantage du premier arrivé sur le marché avec une innovation. Mais les grands sites Web ne se laissent plus indexer par n’importe qui. Se faire palper par trop de robots, c’est du trafic inutile, sauf si c’est celui de Google que tout le monde consulte. Bonne chance alors à un nouveau venu avec son moteur de recherche et ses robots, qui seront bloqués !

    C’est à un point tel que Yahoo et Duckduckgo sont obligés d’acheter un accès à l’index de Google. Seuls Bing, le moteur de recherche de Microsoft, a aussi l’index de tout Internet (mais sa taille est trois à cinq fois moins grande).

    Un second avantage concurrentiel irrattrapable par la concurrence, c’est la manière dont les usagers réagissent à la présentation des résultats de Google Search, sur quels liens ils ont cliqué. C’est un précieux retour de la pertinence des résultats présentés par Google. Il l’utilise ensuite dans son algorithme. C’est encore plus vrai pour les requêtes les plus rares. Savoir que ce lien-là est pertinent pour cette recherche si particulière et y laisser s’engouffrer PageRank pour collecter de là encore plus de contenu spécialisé, voilà un autre secret de la performance de Google.
    Google paie Apple

    Un troisième avantage concurrentiel est le placement par défaut du moteur de recherche de Google, tant dans Android que chez Apple !

    Pour le premier, c’est une condition pour placer les autres outils de Google si prisés (Gmail, Youtube).

    Quant à Apple, Google lui paie 12 milliards de dollars (environ 10,15 milliards d’euros) pour qu’il soit le moteur de recherche par défaut, une preuve s’il en est de l’avantage stratégique d’être pré-installé. Apple a accéléré le développement de son propre moteur de recherche pour n’être pas emporté dans la tourmente des poursuites du ministère américain de la justice.

    Google Chrome, le navigateur, propose bien évidemment Google Search par défaut. Ce dernier incite en plus l’utilisateur à installer Google Chrome. Il a 51 % de parts de marché. Safari, le navigateur d’Apple, aussi avec Google Search par défaut, occupe 31 % de parts de marché. Il ne reste plus grand-chose.

    Le quatrième défi qui se poserait aux audacieux concurrents de Google Search concerne les petits plus que ce dernier offre désormais à la présentation des résultats. Ce sont les cartes qui sont proposées quand on tape une adresse, la présentation de la fréquentation du magasin qu’on cherchait, les images, un cadre explicatif sur la droite de l’écran à propos d’une ville, de l’organisme qu’on recherche, les réponses rapides à des questions pratiques sans devoir cliquer sur rien (une perte de trafic pour le site dont le contenu a été emprunté à cet effet) : un nouvel entrant aurait du pain sur la planche pour répéter tout cela.

    Pénalité

    Comme l’a montré la commission antitrust du Congrès américain, le salut ne viendra pas des moteurs de recherche verticaux. Ils ont besoin d’un accès à des données et à des ressources spécialisées, comme les données de vols pour les sites de réservation de voyages ou de billets d’avion. Les moteurs de recherche basés sur des recommandations ont, eux, besoin des interactions des usagers. En revanche, ils ne doivent pas indexer le Web. Mais ces moteurs doivent attirer des utilisateurs qui les trouvent par… Google Search.

    Ces moteurs de recherche verticaux ont avoué à la commission dépendre de Google pour 80 % à 95 % de leur trafic. Yelp, spécialisé dans la recherche locale, avait vu son contenu aspiré par Google pour son nouveau service vertical « Google Local ». Yelp a demandé à Google de retirer son contenu, mais Google lui a répondu que le seul moyen était de délister Yelp.

    Des documents ont prouvé que Google ajustait son algorithme de recherche de façon à privilégier ses propres services verticaux qu’il a commencé à développer dès 2005. Il avait identifié que la relation à long terme que ces sites pouvaient créer avec les utilisateurs allait le priver de trafic sur le long terme, même si sur le court terme, c’était l’inverse.

    L’algorithme de Google impose même une pénalité aux sites dits « de mauvaise qualité », comme, par hasard, le site de Kelkoo. Comme le disait un témoin, il n’est pas normal que tout nouveau site Web avec une nouvelle idée qui aurait réussi aux premiers temps d’Internet se trouve à la merci de Google Search qui peut le délister sous un quelconque prétexte et le copier sans même chercher à atteindre la même qualité. La moitié des clicks dans Google Search atterrirait sur des sites de… Google.

    Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l’université libre de Bruxelles) et Jean-Jacques Quisquater (Professeur à l’Ecole polytechnique de Louvain, université de Louvain et au Massachusetts Institute of Technology)

    #Apple #Google #Microsoft #Altaba/Yahoo ! #DoJ #DuckDuckGo #Bing #Expedia #Gmail #GoogleSearch #Kelkoo #Yelp #YouTube #Android #Chrome #PageRank #Safari #domination #algorithme (...)

    ##Altaba/Yahoo_ ! ##bot

  • Je suis prof. Seize brèves réflexions contre la terreur et l’obscurantisme, en #hommage à #Samuel_Paty

    Les lignes qui suivent ont été inspirées par la nouvelle atroce de la mise à mort de mon collègue, Samuel Paty, et par la difficile semaine qui s’en est suivie. En hommage à un #enseignant qui croyait en l’#éducation, en la #raison_humaine et en la #liberté_d’expression, elles proposent une quinzaine de réflexions appelant, malgré l’émotion, à penser le présent, et en débattre, avec raison. Ces réflexions ne prétendent évidemment pas incarner la pensée de Samuel Paty, mais elles sont écrites pour lui, au sens où l’effort de pensée, de discernement, de nuances, de raison, a été fait en pensant à lui, et pour lui rendre hommage. Continuer de penser librement, d’exprimer, d’échanger les arguments, me parait le meilleur des hommages.

    1. Il y a d’abord eu, en apprenant la nouvelle, l’#horreur, la #tristesse, la #peur, devant le #crime commis, et des pensées pour les proches de Samuel Paty, ses collègues, ses élèves, toutes les communautés scolaires de France et, au-delà, toute la communauté des humains bouleversés par ce crime. Puis s’y est mêlée une #rage causée par tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, et avant même d’en savoir plus sur les tenants et aboutissants qui avaient mené au pire, se sont empressés de dégainer des kits théoriques tendant à minimiser l’#atrocité du crime ou à dissoudre toute la #responsabilité de l’assassin (ou possiblement des assassins) dans des entités excessivement extensibles (que ce soit « l’#islamisation » ou « l’#islamophobie ») – sans compter ceux qui instrumentalisent l’horreur pour des agendas qu’on connait trop bien : rétablissement de la peine de mort, chasse aux immigré.e.s, chasse aux musulman.e.s.

    2. Il y a ensuite eu une peur, ou des peurs, en voyant repartir tellement vite, et à la puissance dix, une forme de réaction gouvernementale qui a de longue date fait les preuves de son #inefficacité (contre la #violence_terroriste) et de sa #nocivité (pour l’état du vivre-ensemble et des droits humains) : au lieu d’augmenter comme il faut les moyens policiers pour enquêter plus et mieux qu’on ne le fait déjà, pour surveiller, remonter des filières bien ciblées et les démanteler, mais aussi assurer en temps réel la protection des personnes qui la demandent, au moment où elles la demandent, on fait du spectacle avec des boucs émissaires.

    Une sourde appréhension s’est donc mêlée à la peine, face au déferlement d’injures, de menaces et d’attaques islamophobes, anti-immigrés et anti-tchétchènes qui a tout de suite commencé, mais aussi face à l’éventualité d’autres attentats qui pourraient advenir dans le futur, sur la prévention desquels, c’est le moins que je puisse dire, toutes les énergies gouvernementales ne me semblent pas concentrées.

    3. Puis, au fil des lectures, une #gêne s’est installée, concernant ce que, sur les #réseaux_sociaux, je pouvais lire, « dans mon camp » cette fois-ci – c’est-à-dire principalement chez des gens dont je partage plus ou moins une certaine conception du combat antiraciste. Ce qui tout d’abord m’a gêné fut le fait d’énoncer tout de suite des analyses explicatives alors qu’au fond on ne savait à peu près rien sur le détail des faits : quel comportement avait eu précisément Samuel Paty, en montrant quels dessins, quelles interactions avaient eu lieu après-coup avec les élèves, avec les parents, qui avait protesté et en quels termes, sous quelles forme, qui avait envenimé le contentieux et comment s’était produit l’embrasement des réseaux sociaux, et enfin quel était le profil de l’assassin, quel était son vécu russe, tchétchène, français – son vécu dans toutes ses dimensions (familiale, socio-économique, scolaire, médicale), sa sociabilité et ses accointances (ou absences d’accointances) religieuses, politiques, délinquantes, terroristes ?

    J’étais gêné par exemple par le fait que soit souvent validée a priori, dès les premières heures qui suivirent le crime, l’hypothèse que Samuel Paty avait « déconné », alors qu’on n’était même pas certain par exemple que c’était le dessin dégoutant du prophète cul nu (j’y reviendrai) qui avait été montré en classe (puisqu’on lisait aussi que le professeur avait déposé plainte « pour diffamation » suite aux accusations proférées contre lui), et qu’on ne savait rien des conditions et de la manière dont il avait agencé son cours.

    4. Par ailleurs, dans l’hypothèse (qui a fini par se confirmer) que c’était bien ce dessin, effectivement problématique (j’y reviendrai), qui avait servi de déclencheur ou de prétexte pour la campagne contre Samuel Paty, autre chose me gênait. D’abord cet oubli : montrer un #dessin, aussi problématique soit-il, obscène, grossier, de mauvais goût, ou même raciste, peut très bien s’intégrer dans une #démarche_pédagogique, particulièrement en cours d’histoire – après tout, nous montrons bien des #caricatures anti-juives ignobles quand nous étudions la montée de l’antisémitisme, me confiait un collègue historien, et cela ne constitue évidemment pas en soi une pure et simple perpétuation de l’#offense_raciste. Les deux cas sont différents par bien des aspects, mais dans tous les cas tout se joue dans la manière dont les documents sont présentés et ensuite collectivement commentés, analysés, critiqués. Or, sur ladite manière, en l’occurrence, nous sommes restés longtemps sans savoir ce qui exactement s’était passé, et ce que nous avons fini par appendre est que Samuel Paty n’avait pas eu d’intention maligne : il s’agissait vraiment de discuter de la liberté d’expression, autour d’un cas particulièrement litigieux.

    5. En outre, s’il s’est avéré ensuite, dans les récits qui ont pu être reconstitués (notamment dans Libération), que Samuel Paty n’avait fait aucun usage malveillant de ces caricatures, et que les parents d’élèves qui s’étaient au départ inquiétés l’avaient assez rapidement et facilement compris après discussion, s’il s’est avéré aussi qu’au-delà de cet épisode particulier, Samuel Paty était un professeur très impliqué et apprécié, chaleureux, blagueur, il est dommageable que d’emblée, il n’ait pas été martelé ceci, aussi bien par les inconditionnels de l’ « esprit Charlie » que par les personnes légitimement choquées par certaines des caricatures : que même dans le cas contraire, même si le professeur avait « déconné », que ce soit un peu ou beaucoup, que même s’il avait manqué de précautions pédagogiques, que même s’il avait intentionnellement cherché à blesser, bref : que même s’il avait été un « mauvais prof », hautain, fumiste, ou même raciste, rien, absolument rien ne justifiait ce qui a été commis.

    Je me doute bien que, dans la plupart des réactions à chaud, cela allait sans dire, mais je pense que, dans le monde où l’on vit, et où se passent ces horreurs, tout désormais en la matière (je veux dire : en matière de mise à distance de l’hyper-violence) doit être dit, partout, même ce qui va sans dire.

    En d’autres termes, même si l’on juge nécessaire de rappeler, à l’occasion de ce crime et des discussions qu’il relance, qu’il est bon que tout ne soit pas permis en matière de liberté d’expression, cela n’est selon moi tenable que si l’on y adjoint un autre rappel : qu’il est bon aussi que tout ne soit pas permis dans la manière de limiter la liberté d’expression, dans la manière de réagir aux discours offensants, et plus précisément que doit être absolument proscrit le recours à la #violence_physique, a fortiori au #meurtre. Nous sommes malheureusement en un temps, je le répète, où cela ne va plus sans dire.

    6. La remarque qui précède est, me semble-t-il, le grand non-dit qui manque le plus dans tout le débat public tel qu’il se polarise depuis des années entre les « Charlie », inconditionnels de « la liberté d’expression », et les « pas Charlie », soucieux de poser des « #limites » à la « #liberté_d’offenser » : ni la liberté d’expression ni sa nécessaire #limitation ne doivent en fait être posées comme l’impératif catégorique et fondamental. Les deux sont plaidables, mais dans un #espace_de_parole soumis à une autre loi fondamentale, sur laquelle tout le monde pourrait et devrait se mettre d’accord au préalable, et qui est le refus absolu de la violence physique.

    Moyennant quoi, dès lors que cette loi fondamentale est respectée, et expressément rappelée, la liberté d’expression, à laquelle Samuel Paty était si attaché, peut et doit impliquer aussi le droit de dire qu’on juge certaines caricatures de Charlie Hebdo odieuses :

    – celles par exemple qui amalgament le prophète des musulmans (et donc – par une inévitable association d’idées – l’ensemble des fidèles qui le vénèrent) à un terroriste, en le figurant par exemple surarmé, le nez crochu, le regard exorbité, la mine patibulaire, ou coiffé d’un turban en forme de bombe ;

    – celle également qui blesse gratuitement les croyants (et les croyants lambda, tolérants, non-violents, tout autant voire davantage que des « djihadistes » avides de prétextes à faire couler le sang), en représentant leur prophète cul nul, testicules à l’air, une étoile musulmane à la place de l’anus ;

    – celle qui animalise une syndicaliste musulmane voilée en l’affublant d’un faciès de singe ;

    – celle qui annonce « une roumaine » (la joueuse Simona Halep), gagnante de Roland-Garros, et la représente en rom au physique disgracieux, brandissant la coupe et criant « ferraille ! ferraille ! » ;

    – celle qui nous demande d’imaginer « le petit Aylan », enfant de migrants kurdes retrouvé mort en méditerranée, « s’il avait survécu », et nous le montre devenu « tripoteur de fesses en Allemagne » (suite à une série de viols commis à Francfort) ;

    – celle qui représente les esclaves sexuelles de Boko Haram, voilées et enceintes, en train de gueuler après leurs « allocs » ;

    – celle qui fantasme une invasion ou une « islamisation » en forme de « grand remplacement », par exemple en nous montrant un musulman barbu dont la barbe démesurée envahit toute la page de Une, malgré un minuscule Macron luttant « contre le séparatisme », armé de ciseaux, mais ne parvenant qu’à en couper que quelques poils ;

    – celle qui alimente le même fantasme d’invasion en figurant un Macron, déclarant que le port du foulard par des femmes musulmanes « ne le regarde pas » en tant que président, tandis que le reste de la page n’est occupé que par des femmes voilées, avec une légende digne d’un tract d’extrême droite : « La République islamique en marche ».

    Sur chacun de ces dessins, publiés en Une pour la plupart, je pourrais argumenter en détail, pour expliquer en quoi je les juge odieux, et souvent racistes. Bien d’autres exemples pourraient d’ailleurs être évoqués, comme une couverture publiée à l’occasion d’un attentat meurtrier commis à Bruxelles en mars 2016 et revendiqué par Daesh (ayant entraîné la mort de 32 personnes et fait 340 blessés), et figurant de manière pour le moins choquante le chanteur Stromae, orphelin du génocide rwandais, en train de chanter « Papaoutai » tandis que voltigent autour de lui des morceaux de jambes et de bras déchiquetés ou d’oeil exorbité. La liste n’est pas exhaustive, d’autres unes pourraient être évoquées – celles notamment qui nous invitent à rigoler (on est tenté de dire ricaner) sur le sort des femmes violées, des enfants abusés, ou des peuples qui meurent de faim.

    On a le droit de détester cet #humour, on a le droit de considérer que certaines de ces caricatures incitent au #mépris ou à la #haine_raciste ou sexiste, entre autres griefs possibles, et on a le droit de le dire. On a le droit de l’écrire, on a le droit d’aller le dire en justice, et même en manifestation. Mais – cela allait sans dire, l’attentat de janvier 2015 oblige désormais à l’énoncer expressément – quel que soit tout le mal qu’on peut penser de ces dessins, de leur #brutalité, de leur #indélicatesse, de leur méchanceté gratuite envers des gens souvent démunis, de leur #racisme parfois, la #violence_symbolique qu’il exercent est sans commune mesure avec la violence physique extrême que constitue l’#homicide, et elle ne saurait donc lui apporter le moindre commencement de #justification.

    On a en somme le droit de dénoncer avec la plus grande vigueur la violence symbolique des caricatures quand on la juge illégitime et nocive, car elle peut l’être, à condition toutefois de dire désormais ce qui, je le répète, aurait dû continuer d’aller sans dire mais va beaucoup mieux, désormais, en le disant : qu’aucune violence symbolique ne justifie l’hyper-violence physique. Cela vaut pour les pires dessins de Charlie comme pour les pires répliques d’un Zemmour ou d’un Dieudonné, comme pour tout ce qui nous offense – du plutôt #douteux au parfaitement #abject.

    Que reste-t-il en effet de la liberté d’expression si l’on défend le #droit_à_la_caricature mais pas le droit à la #critique des caricatures ? Que devient le #débat_démocratique si toute critique radicale de #Charlie aujourd’hui, et qui sait de de Zemmour demain, de Macron après-demain, est d’office assimilée à une #incitation_à_la_violence, donc à de la complicité de terrorisme, donc proscrite ?

    Mais inversement, que devient cet espace démocratique si la dénonciation de l’intolérable et l’appel à le faire cesser ne sont pas précédés et tempérés par le rappel clair et explicite de l’interdit fondamental du meurtre ?

    7. Autre chose m’a gêné dans certaines analyses : l’interrogation sur les « #vrais_responsables », formulation qui laisse entendre que « derrière » un responsable « apparent » (l’assassin) il y aurait « les vrais responsables », qui seraient d’autres que lui. Or s’il me parait bien sûr nécessaire d’envisager dans toute sa force et toute sa complexité l’impact des #déterminismes_sociaux, il est problématique de dissoudre dans ces déterminismes toute la #responsabilité_individuelle de ce jeune de 18 ans – ce que la sociologie ne fait pas, contrairement à ce que prétendent certains polémistes, mais que certains discours peuvent parfois faire.

    Que chacun s’interroge toujours sur sa possible responsabilité est plutôt une bonne chose à mes yeux, si toutefois on ne pousse pas le zèle jusqu’à un « on est tous coupables » qui dissout toute #culpabilité réelle et arrange les affaires des principaux coupables. Ce qui m’a gêné est l’enchaînement de questions qui, en réponse à la question « qui a tué ? », met comme en concurrence, à égalité, d’une part celui qui a effectivement commis le crime, et d’autre part d’autres personnes ou groupes sociaux (la direction de l’école, la police, le père d’élève ayant lancé la campagne publique contre Samuel Paty sur Youtube, sa fille qui semble l’avoir induit en erreur sur le déroulement de ses cours) qui, quel que soit leur niveau de responsabilité, n’ont en aucun cas « tué » – la distinction peut paraitre simple, voire simpliste, mais me parait, pour ma part, cruciale à maintenir.

    8. Ce qui m’a gêné, aussi, et même écoeuré lorsque l’oubli était assumé, et que « le système » néolibéral et islamophobe devenait « le principal responsable », voire « l’ennemi qu’il nous faut combattre », au singulier, ce fut une absence, dans la liste des personnes ou des groupes sociaux pouvant, au-delà de l’individu #Abdoullakh_Abouyezidovitch, se partager une part de responsabilité. Ce qui me gêna fut l’oubli ou la minoration du rôle de l’entourage plus ou moins immédiat du tueur – qu’il s’agisse d’un groupe terroriste organisé ou d’un groupe plus informel de proches ou de moins proches (via les réseaux sociaux), sans oublier, bien entendu, l’acolyte de l’irresponsable « père en colère » : un certain #Abdelhakim_Sefrioui, entrepreneur de haine pourtant bien connu, démasqué et ostracisé de longue date dans les milieux militants, à commencer par les milieux pro-palestiniens et la militance anti-islamophobie.

    Je connais les travaux sociologiques qui critiquent à juste titre l’approche mainstream, focalisée exclusivement les techniques de propagande des organisations terroristes, et qui déplacent la focale sur l’étude des conditions sociales rendant audible et « efficace » lesdites techniques de #propagande. Mais justement, on ne peut prendre en compte ces conditions sociales sans observer aussi comment elles pèsent d’une façon singulière sur les individus, dont la responsabilité n’est pas évacuée. Et l’on ne peut pas écarter, notamment, la responsabilité des individus ou des groupes d’ « engraineurs », surtout si l’on pose la question en ces termes : « qui a tué ? ».

    9. Le temps du #choc, du #deuil et de l’#amertume « contre mon propre camp » fut cela dit parasité assez vite par un vacarme médiatique assourdissant, charriant son lot d’#infamie dans des proportions autrement plus terrifiantes. #Samuel_Gontier, fidèle « au poste », en a donné un aperçu glaçant :

    – des panels politiques dans lesquels « l’équilibre » invoqué par le présentateur (Pascal Praud) consiste en un trio droite, droite extrême et extrême droite (LREM, Les Républicains, Rassemblement national), et où les différentes familles de la gauche (Verts, PS, PCF, France insoumise, sans même parler de l’extrême gauche) sont tout simplement exclues ;

    – des « débats » où sont mis sérieusement à l’agenda l’interdiction du #voile dans tout l’espace public, l’expulsion de toutes les femmes portant le #foulard, la #déchéance_de_nationalité pour celles qui seraient françaises, la réouverture des « #bagnes » « dans îles Kerguelen », le rétablissement de la #peine_de_mort, et enfin la « #criminalisation » de toutes les idéologies musulmanes conservatrices, « pas seulement le #djihadisme mais aussi l’#islamisme » (un peu comme si, à la suite des attentats des Brigades Rouges, de la Fraction Armée Rouge ou d’Action Directe, on avait voulu criminaliser, donc interdire et dissoudre toute la gauche socialiste, communiste, écologiste ou radicale, sous prétexte qu’elle partageait avec les groupes terroristes « l’opposition au capitalisme ») ;

    – des « plateaux » sur lesquels un #Manuel_Valls peut appeler en toute conscience et en toute tranquillité, sans causer de scandale, à piétiner la Convention Européenne des Droits Humains : « S’il nous faut, dans un moment exceptionnel, s’éloigner du #droit_européen, faire évoluer notre #Constitution, il faut le faire. », « Je l’ai dit en 2015, nous sommes en #guerre. Si nous sommes en guerre, donc il faut agir, frapper. ».

    10. Puis, très vite, il y a eu cette offensive du ministre de l’Intérieur #Gérald_Darmanin contre le #CCIF (#Collectif_Contre_l’Islamophobie_en_France), dénuée de tout fondement du point de vue de la #lutte_anti-terroriste – puisque l’association n’a évidemment pris aucune part dans le crime du 17 octobre 2020, ni même dans la campagne publique (sur Youtube et Twitter) qui y a conduit.

    Cette dénonciation – proprement calomnieuse, donc – s’est autorisée en fait d’une montée en généralité, en abstraction et même en « nébulosité », et d’un grossier sophisme : le meurtre de Samuel Paty est une atteinte aux « #valeurs » et aux « institutions » de « la #République », que justement le CCIF « combat » aussi – moyennant quoi le CCIF a « quelque chose à voir » avec ce crime et il doit donc être dissous, CQFD. L’accusation n’en demeure pas moins fantaisiste autant qu’infamante, puisque le « combat » de l’association, loin de viser les principes et les institutions républicaines en tant que telles, vise tout au contraire leur manque d’effectivité : toute l’activité du CCIF (c’est vérifiable, sur le site de l’association aussi bien que dans les rapports des journalistes, au fil de l’actualité, depuis des années) consiste à combattre la #discrimination en raison de l’appartenance ou de la pratique réelle ou supposée d’une religion, donc à faire appliquer une loi de la république. Le CCIF réalise ce travail par les moyens les plus républicains qui soient, en rappelant l’état du Droit, en proposant des médiations ou en portant devant la #Justice, institution républicaine s’il en est, des cas d’atteinte au principe d’#égalité, principe républicain s’il en est.

    Ce travail fait donc du CCIF une institution précieuse (en tout cas dans une république démocratique) qu’on appelle un « #contre-pouvoir » : en d’autres termes, un ennemi de l’arbitraire d’État et non de la « République ». Son travail d’#alerte contribue même à sauver ladite République, d’elle-même pourrait-on dire, ou plutôt de ses serviteurs défaillants et de ses démons que sont le racisme et la discrimination.

    Il s’est rapidement avéré, du coup, que cette offensive sans rapport réel avec la lutte anti-terroriste s’inscrivait en fait dans un tout autre agenda, dont on avait connu les prémisses dès le début de mandat d’Emmanuel Macron, dans les injures violentes et les tentatives d’interdiction de Jean-Michel #Blanquer contre le syndicat #Sud_éducation_93, ou plus récemment dans l’acharnement haineux du député #Robin_Réda, censé diriger une audition parlementaire antiraciste, contre les associations de soutien aux immigrés, et notamment le #GISTI (Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés). Cet agenda est ni plus ni moins que la mise hors-jeu des « corps intermédiaires » de la société civile, et en premier lieu des #contre-pouvoirs que sont les associations antiracistes et de défense des droits humains, ainsi que les #syndicats, en attendant le tour des partis politiques – confère, déjà, la brutalisation du débat politique, et notamment les attaques tout à fait inouïes, contraires pour le coup à la tradition républicaine, de #Gérald_Darmanin contre les écologistes (#Julien_Bayou, #Sandra_Regol et #Esther_Benbassa) puis contre la #France_insoumise et son supposé « #islamo-gauchisme qui a détruit la république », ces dernières semaines, avant donc le meurtre de Samuel Paty.

    Un agenda dans lequel figure aussi, on vient de l’apprendre, un combat judiciaire contre le site d’information #Mediapart.

    11. Il y a eu ensuite l’annonce de ces « actions coup de poing » contre des associations et des lieux de culte musulmans, dont le ministre de l’Intérieur lui-même a admis qu’elles n’avaient aucun lien avec l’enquête sur le meurtre de Samuel Paty, mais qu’elles servaient avant tout à « #adresser_un_message », afin que « la #sidération change de camp ». L’aveu est terrible : l’heure n’est pas à la défense d’un modèle (démocratique, libéral, fondé sur l’État de Droit et ouvert à la pluralité des opinions) contre un autre (obscurantiste, fascisant, fondé sur la terreur), mais à une #rivalité_mimétique. À la #terreur on répond par la terreur, sans même prétendre, comme le fit naguère un Charles Pasqua, qu’on va « terroriser les terroristes » : ceux que l’on va terroriser ne sont pas les terroristes, on le sait, on le dit, on s’en contrefout et on répond au meurtre par la #bêtise et la #brutalité, à l’#obscurantisme « religieux » par l’obscurantisme « civil », au #chaos de l’#hyper-violence par le chaos de l’#arbitraire d’État.

    12. On cible donc des #mosquées alors même qu’on apprend (notamment dans la remarquable enquête de Jean-Baptiste Naudet, dans L’Obs) que le tueur ne fréquentait aucune mosquée – ce qui était le cas, déjà, de bien d’autres tueurs lors des précédents attentats.

    On s’attaque au « #séparatisme » et au « #repli_communautaire » alors même qu’on apprend (dans la même enquête) que le tueur n’avait aucune attache ou sociabilité dans sa communauté – ce qui là encore a souvent été le cas dans le passé.

    On préconise des cours intensifs de #catéchisme_laïque dans les #écoles, des formations intensives sur la liberté d’expression, avec distribution de « caricatures » dans tous les lycées, alors que le tueur était déscolarisé depuis un moment et n’avait commencé à se « radicaliser » qu’en dehors de l’#école (et là encore se rejoue un schéma déjà connu : il se trouve qu’un des tueurs du Bataclan fut élève dans l’établissement où j’exerce, un élève dont tous les professeurs se souviennent comme d’un élève sans histoires, et dont la famille n’a pu observer des manifestations de « #radicalisation » qu’après son bac et son passage à l’université, une fois qu’il était entré dans la vie professionnelle).

    Et enfin, ultime protection : Gérald Darmanin songe à réorganiser les rayons des #supermarchés ! Il y aurait matière à rire s’il n’y avait pas péril en la demeure. On pourrait s’amuser d’une telle #absurdité, d’une telle incompétence, d’une telle disjonction entre la fin et les moyens, si l’enjeu n’était pas si grave. On pourrait sourire devant les gesticulations martiales d’un ministre qui avoue lui-même tirer « à côté » des véritables coupables et complices, lorsque par exemple il ordonne des opérations contre des #institutions_musulmanes « sans lien avec l’enquête ». On pourrait sourire s’il ne venait pas de se produire une attaque meurtrière atroce, qui advient après plusieurs autres, et s’il n’y avait pas lieu d’être sérieux, raisonnable, concentré sur quelques objectifs bien définis : mieux surveiller, repérer, voir venir, mieux prévenir, mieux intervenir dans l’urgence, mieux protéger. On pourrait se payer le luxe de se disperser et de discuter des #tenues_vestimentaires ou des #rayons_de_supermarché s’il n’y avait pas des vies humaines en jeu – certes pas la vie de nos dirigeants, surprotégés par une garde rapprochée, mais celles, notamment, des professeurs et des élèves.

    13. Cette #futilité, cette #frivolité, cette bêtise serait moins coupable s’il n’y avait pas aussi un gros soubassement de #violence_islamophobe. Cette bêtise serait innocente, elle ne porterait pas à conséquence si les mises en débat du #vêtement ou de l’#alimentation des diverses « communautés religieuses » n’étaient pas surdéterminées, depuis de longues années, par de très lourds et violents #stéréotypes racistes. On pourrait causer lingerie et régime alimentaire si les us et coutumes religieux n’étaient pas des #stigmates sur-exploités par les racistes de tout poil, si le refus du #porc ou de l’#alcool par exemple, ou bien le port d’un foulard, n’étaient pas depuis des années des motifs récurrents d’#injure, d’#agression, de discrimination dans les études ou dans l’emploi.

    Il y a donc une bêtise insondable dans cette mise en cause absolument hors-sujet des commerces ou des rayons d’ « #alimentation_communautaire » qui, dixit Darmanin, « flatteraient » les « plus bas instincts », alors que (confère toujours l’excellente enquête de Jean-Baptiste Naudet dans L’Obs) l’homme qui a tué Samuel Paty (comme l’ensemble des précédents auteurs d’attentats meurtriers) n’avait précisément pas d’ancrage dans une « communauté » – ni dans l’immigration tchétchène, ni dans une communauté religieuse localisée, puisqu’il ne fréquentait aucune mosquée.

    Et il y a dans cette bêtise une #méchanceté tout aussi insondable : un racisme sordide, à l’encontre des #musulmans bien sûr, mais pas seulement. Il y a aussi un mépris, une injure, un piétinement de la mémoire des morts #juifs – puisque parmi les victimes récentes des tueries terroristes, il y a précisément des clients d’un commerce communautaire, l’#Hyper_Cacher, choisis pour cible et tués précisément en tant que tels.

    Telle est la vérité, cruelle, qui vient d’emblée s’opposer aux élucubrations de Gérald Darmanin : en incriminant les modes de vie « communautaires », et plus précisément la fréquentation de lieux de culte ou de commerces « communautaires », le ministre stigmatise non pas les coupables de la violence terroriste (qui se caractérisent au contraire par la #solitude, l’#isolement, le surf sur #internet, l’absence d’#attaches_communautaires et de pratique religieuse assidue, l’absence en tout cas de fréquentation de #lieux_de_cultes) mais bien certaines de ses victimes (des fidèles attaqués sur leur lieu de culte, ou de courses).

    14. Puis, quelques jours à peine après l’effroyable attentat, sans aucune concertation sur le terrain, auprès de la profession concernée, est tombée par voie de presse (comme d’habitude) une stupéfiante nouvelle : l’ensemble des Conseils régionaux de France a décidé de faire distribuer un « #recueil_de_caricatures » (on ne sait pas lesquelles) dans tous les lycées. S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, disait la chanson. Qu’ils aillent donc, ces élus, distribuer eux-mêmes leurs petites bibles républicaines, sur les marchés. Mais non : c’est notre sang à nous, petits profs de merde, méprisés, sous-payés, insultés depuis des années, qui doit couler, a-t-il été décidé en haut lieu. Et possiblement aussi celui de nos élèves.

    Car il faut se rendre à l’évidence : si cette information est confirmée, et si nous acceptons ce rôle de héros et martyrs d’un pouvoir qui joue aux petits soldats de plomb avec des profs et des élèves de chair et d’os, nous devenons officiellement la cible privilégiée des groupes terroristes. À un ennemi qui ne fonctionne, dans ses choix de cibles et dans sa communication politique, qu’au défi, au symbole et à l’invocation de l’honneur du Prophète, nos dirigeants répondent en toute #irresponsabilité par le #défi, le #symbole, et la remise en jeu de l’image du Prophète. À quoi doit-on s’attendre ? Y sommes-nous prêts ? Moi non.

    15. Comme si tout cela ne suffisait pas, voici enfin que le leader de l’opposition de gauche, celui dont on pouvait espérer, au vu de ses engagements récents, quelques mises en garde élémentaires mais salutaires contre les #amalgames et la #stigmatisation haineuse des musulmans, n’en finit pas de nous surprendre ou plutôt de nous consterner, de nous horrifier, puisqu’il s’oppose effectivement à la chasse aux musulmans, mais pour nous inviter aussitôt à une autre chasse : la #chasse_aux_Tchétchènes :

    « Moi, je pense qu’il y a un problème avec la #communauté_tchétchène en France ».

    Il suffit donc de deux crimes, commis tous les deux par une personne d’origine tchétchène, ces dernières années (l’attentat de l’Opéra en 2018, et celui de Conflans en 2020), plus une méga-rixe à Dijon cet été impliquant quelques dizaines de #Tchétchènes, pour que notre homme de gauche infère tranquillement un « #problème_tchétchène », impliquant toute une « communauté » de plusieurs dizaines de milliers de personnes vivant en France.

    « Ils sont arrivés en France car le gouvernement français, qui était très hostile à Vladimir Poutine, les accueillait à bras ouverts », nous explique Jean-Luc #Mélenchon. « À bras ouverts », donc, comme dans un discours de Le Pen – le père ou la fille. Et l’on a bien entendu : le motif de l’#asile est une inexplicable « hostilité » de la France contre le pauvre Poutine – et certainement pas une persécution sanglante commise par ledit Poutine, se déclarant prêt à aller « buter » lesdits Tchétchènes « jusque dans les chiottes ».

    « Il y a sans doute de très bonnes personnes dans cette communauté » finit-il par concéder à son intervieweur interloqué. On a bien lu, là encore : « sans doute ». Ce n’est donc même pas sûr. Et « de très bonnes personnes », ce qui veut dire en bon français : quelques-unes, pas des masses.

    « Mais c’est notre #devoir_national de s’en assurer », s’empresse-t-il d’ajouter – donc même le « sans doute » n’aura pas fait long feu. Et pour finir en apothéose :

    « Il faut reprendre un par un tous les dossiers des Tchétchènes présents en France et tous ceux qui ont une activité sur les réseaux sociaux, comme c’était le cas de l’assassin ou d’autres qui ont des activités dans l’#islamisme_politique (...), doivent être capturés et expulsés ».

    Là encore, on a bien lu : « tous les dossiers des Tchétchènes présents en France », « un par un » ! Quant aux suspects, ils ne seront pas « interpellés », ni « arrêtés », mais « capturés » : le vocabulaire est celui de la #chasse, du #safari. Voici donc où nous emmène le chef du principal parti d’opposition de gauche.

    16. Enfin, quand on écrira l’histoire de ces temps obscurs, il faudra aussi raconter cela : comment, à l’heure où la nation était invitée à s’unir dans le deuil, dans la défense d’un modèle démocratique, dans le refus de la violence, une violente campagne de presse et de tweet fut menée pour que soient purement et simplement virés et remplacés les responsables de l’#Observatoire_de_la_laïcité, #Nicolas_Cadène et #Jean-Louis_Bianco, pourtant restés toujours fidèles à l’esprit et à la lettre des lois laïques, et que les deux hommes furent à cette fin accusés d’avoir « désarmé » la République et de s’être « mis au service » des « ennemis » de ladite #laïcité et de ladite république – en somme d’être les complices d’un tueur de prof, puisque c’est de cet ennemi-là qu’il était question.

    Il faudra raconter que des universitaires absolument irréprochables sur ces questions, comme #Mame_Fatou_Niang et #Éric_Fassin, furent mis en cause violemment par des tweeters, l’une en recevant d’abjectes vidéos de décapitation, l’autre en recevant des #menaces de subir la même chose, avec dans les deux cas l’accusation d’être responsables de la mort de Samuel Paty.

    Il faudra se souvenir qu’un intellectuel renommé, invité sur tous les plateaux, proféra tranquillement, là encore sans être recadré par les animateurs, le même type d’accusations à l’encontre de la journaliste et chroniqueuse #Rokhaya_Diallo : en critiquant #Charlie_Hebdo, elle aurait « poussé à armer les bras des tueurs », et « entrainé » la mort des douze de Charlie hebdo.

    Il faudra se souvenir qu’au sommet de l’État, enfin, en ces temps de deuil, de concorde nationale et de combat contre l’obscurantisme, le ministre de l’Éducation nationale lui-même attisa ce genre de mauvaise querelle et de #mauvais_procès – c’est un euphémisme – en déclarant notamment ceci :

    « Ce qu’on appelle l’#islamo-gauchisme fait des ravages, il fait des ravages à l’#université. Il fait des ravages quand l’#UNEF cède à ce type de chose, il fait des ravages quand dans les rangs de la France Insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels. Ces gens-là favorisent une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène au pire. »

    Il faudra raconter ce que ces sophismes et ces purs et simples mensonges ont construit ou tenté de construire : un « #consensus_national » fondé sur une rage aveugle plutôt que sur un deuil partagé et un « plus jamais ça » sincère et réfléchi. Un « consensus » singulièrement diviseur en vérité, excluant de manière radicale et brutale tous les contre-pouvoirs humanistes et progressistes qui pourraient tempérer la violence de l’arbitraire d’État, et apporter leur contribution à l’élaboration d’une riposte anti-terroriste pertinente et efficace : le mouvement antiraciste, l’opposition de gauche, la #sociologie_critique... Et incluant en revanche, sans le moindre état d’âme, une droite républicaine radicalisée comme jamais, ainsi que l’#extrême_droite lepéniste.

    Je ne sais comment conclure, sinon en redisant mon accablement, ma tristesse, mon désarroi, ma peur – pourquoi le cacher ? – et mon sentiment d’#impuissance face à une #brutalisation en marche. La brutalisation de la #vie_politique s’était certes enclenchée bien avant ce crime atroce – l’évolution du #maintien_de l’ordre pendant tous les derniers mouvements sociaux en témoigne, et les noms de Lallement et de Benalla en sont deux bons emblèmes. Mais cet attentat, comme les précédents, nous fait évidemment franchir un cap dans l’#horreur. Quant à la réponse à cette horreur, elle s’annonce désastreuse et, loin d’opposer efficacement la force à la force (ce qui peut se faire mais suppose le discernement), elle rajoute de la violence aveugle à de la violence aveugle – tout en nous exposant et en nous fragilisant comme jamais. Naïvement, avec sans doute un peu de cet idéalisme qui animait Samuel Paty, j’en appelle au #sursaut_collectif, et à la #raison.

    Pour reprendre un mot d’ordre apparu suite à ce crime atroce, #je_suis_prof. Je suis prof au sens où je me sens solidaire de Samuel Paty, où sa mort me bouleverse et me terrifie, mais je suis prof aussi parce que c’est tout simplement le métier que j’exerce. Je suis prof et je crois donc en la raison, en l’#éducation, en la #discussion. Depuis vingt-cinq ans, j’enseigne avec passion la philosophie et je m’efforce de transmettre le goût de la pensée, de la liberté de penser, de l’échange d’arguments, du débat contradictoire. Je suis prof et je m’efforce de transmettre ces belles valeurs complémentaires que sont la #tolérance, la #capacité_d’indignation face à l’intolérable, et la #non-violence dans l’#indignation et le combat pour ses idées.

    Je suis prof et depuis vingt-cinq ans je m’efforce de promouvoir le #respect et l’#égalité_de_traitement, contre tous les racismes, tous les sexismes, toutes les homophobies, tous les systèmes inégalitaires. Et je refuse d’aller mourir au front pour une croisade faussement « républicaine », menée par un ministre de l’Intérieur qui a commencé sa carrière politique, entre 2004 et 2008, dans le girons de l’extrême droite monarchiste (auprès de #Christian_Vanneste et de #Politique_magazine, l’organe de l’#Action_française). Je suis prof et je refuse de sacrifier tout ce en quoi je crois pour la carrière d’un ministre qui en 2012, encore, militait avec acharnement, aux côtés de « La manif pour tous », pour que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres – sans parler de son rapport aux femmes, pour le moins problématique, et de ce que notre grand républicain appelle, en un délicat euphémisme, sa « vie de jeune homme ».

    Je suis prof et j’enseigne la laïcité, la vraie, celle qui s’est incarnée dans de belles lois en 1881, 1882, 1886 et 1905, et qui n’est rien d’autre qu’une machine à produire plus de #liberté, d’#égalité et de #fraternité. Mais ce n’est pas cette laïcité, loin s’en faut, qui se donne à voir ces jours-ci, moins que jamais, quand bien même le mot est répété à l’infini. C’est au contraire une politique liberticide, discriminatoire donc inégalitaire, suspicieuse ou haineuse plutôt que fraternelle, que je vois se mettre en place, sans même l’excuse de l’efficacité face au terrorisme.

    Je suis prof, et cette #vraie_laïcité, ce goût de la pensée et de la #parole_libre, je souhaite continuer de les promouvoir. Et je souhaite pour cela rester en vie. Et je souhaite pour cela rester libre, maître de mes #choix_pédagogiques, dans des conditions matérielles qui permettent de travailler. Et je refuse donc de devenir l’otage d’un costume de héros ou de martyr taillé pour moi par des aventuriers sans jugeote, sans cœur et sans principes – ces faux amis qui ne savent qu’encenser des profs morts et mépriser les profs vivants.

    https://lmsi.net/Je-suis-prof

    #Pierre_Tevanian

    –—

    –-> déjà signalé sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/882390
    https://seenthis.net/messages/882583
    ... mais je voulais mettre le texte complet.

  • Criteo, un géant du marketing de surveillance français
    https://www.pixeldetracking.com/fr/criteo-geant-marketing-surveillance-francais

    Pistage agressif sur tous vos appareils, faille de sécurité majeure, duplicité du discours et absence de consentement mais toujours l’impunité pour Criteo Criteo, un géant publicitaire dont le modèle économique est basé sur votre surveillance Peu connu du grand public, Criteo est une success story française ayant réussi à devenir le leader mondial du retargeting. D’après LinkedIn, la société compte plus de 3000 employés, elle est également côtée au NASDAQ depuis octobre 2013. Comment Criteo (...)

    #Criteo #cookies #bénéfices #consentement #BigData #profiling #publicité #microtargeting #Apple #Brave #Edge #Firefox #Safari #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) (...)

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  • HUMAINS CONNECTÉS DANS UN MONDE MALADE, HUMAINS MALADES DANS UN MONDE CONNECTÉ – Kairos
    https://www.kairospresse.be/article/humains-connectes-dans-un-monde-malade-humains-malades-dans-un-monde-co

    La troisième révolution industrielle en cours ne règle en rien les pollutions et les destructions engendrées par les deux précédentes. Au contraire, elle nous plonge encore davantage dans une organisation sociale hiérarchisée où l’État garantit au peuple le bien-fondé du système industriel et nie en permanence la réalité de la catastrophe. L’ensemble de nos besoins est pris en charge par la machine technocratique et l’Internet permet d’accentuer encore la centralisation de cette gestion et son efficacité (...)

    #Safari #consommation #écologie #éthique #technologisme #consentement #santé #surveillance (...)

    ##santé ##CNIL

  • Les publicitaires digèrent mal la fin des cookies sur Internet
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/14/les-publicitaires-digerent-mal-la-fin-des-cookies-sur-internet_6029510_3234.

    Sans ces fichiers, les entreprises ne pourront plus tracer les internautes pour leur envoyer des publicités ciblées. Tout un pan de leur modèle risque de s’effondrer au profit des « GAFA ». Panique à bord. « Il faut se préparer à un tsunami », « on va dans le mur »… Telles sont les réactions que l’on peut entendre dans le milieu français de la publicité depuis que, le 14 janvier, Google a annoncé la suppression d’ici à deux ans des cookies tiers – qui sont ceux principalement utilisés par les annonceurs – (...)

    #Apple #Criteo #Google #Facebook #Chrome #cookies #Firefox #Safari #domination #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #CCPA #GAFAM #lutte #microtargeting (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##profiling ##publicité ##CNIL

  • Criteo, star française de la pub ciblée, à l’épreuve d’un monde sans cookies
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/14/criteo-star-francaise-de-la-pub-ciblee-a-l-epreuve-d-un-monde-sans-cookies_6

    L’entreprise, qui avait bâti sa fortune sur l’exploitation des fichiers pistant les particuliers sur le Web, doit revoir son modèle. Peut-on faire confiance aux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Amazon) pour laisser de la place à d’autres acteurs dans l’univers de la publicité digitale ? A considérer l’expérience du français Criteo, la réponse est non. En deux ans et demi, le champion du reciblage – qui permet d’afficher sur l’écran d’un internaute de la publicité pour des produits sur lesquels il s’est (...)

    #Apple #Criteo #Google #Facebook #Chrome #cookies #Safari #domination #bénéfices #lutte #microtargeting #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##GAFAM

  • The Fractured Future of Browser Privacy | WIRED
    https://www.wired.com/story/chrome-firefox-edge-browser-privacy

    In the 1990s, web browsers like Netscape Navigator and Microsoft Internet Explorer competed bitterly to offer the snazziest new features and attract users. Today, the browser landscape looks totally different. For one thing, Chrome now dominates, controlling around two-thirds of the market on both desktop and mobile. Even more radical, though, is the recent competitive focus on privacy, a welcome change for anyone who’s gotten sick of creepy ad tracking and data mismanagement. But as (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Mozilla #Brave #Chrome #cookies #Edge #Firefox #Safari #Netscape #marketing #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##BigData

  • La plate-forme de publicité ciblée Criteo plombée par Google
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/01/16/la-plate-forme-de-publicite-ciblee-criteo-plombee-par-google_6026075_3234.ht

    C’est un nouveau coup dur pour Criteo. Mardi 14 janvier, Google a annoncé sa volonté d’éliminer, d’ici à 2022, les cookies publicitaires sur son navigateur, Chrome. Conséquence immédiate : le champion français de la publicité ciblée a été lourdement sanctionné en Bourse. Ainsi, son action a terminé la séance de mardi au Nasdaq par un recul de 15,9 %. La chute se poursuivait mercredi, (-9,68%), le titre tombant à 13,81 dollars (12,3 euros). Pour la nouvelle dirigeante de la société, Megan Clarken, arrivée en (...)

    #Apple #Criteo #Google #algorithme #Chrome #cookies #Safari #bénéfices #marketing #profiling (...)

    ##publicité

  • Are Targeted Ads Stalking You ? Here’s How to Make Them Stop
    https://www.nytimes.com/2018/08/15/technology/personaltech/stop-targeted-stalker-ads.html

    Online ads have always been annoying, but now they’re worse than ever. Consider what happens when you shop online for a wristwatch. You peruse a few watch websites and the next thing you know, a watch advertisement is following you everywhere. On your computer, it’s loading in your Facebook feed. On your phone, it’s popping up on Instagram. In your web browser on either, it’s appearing on news sites that have nothing to do with watches. Even if you end up ordering the watch, the ads continue (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Edge #Facebook #Twitter #algorithme #Android #Chrome #cookies #Firefox #Ghostery #iPhone #Safari #smartphone #BigData #data #marketing #profiling #publicité (...)

    ##publicité ##Thunderbird

  • Chiffres Google – 2020
    https://www.blogdumoderateur.com/chiffres-google

    À l’origine, Google n’était qu’un moteur de recherche, sans doute le meilleur au niveau de la pertinence des liens. Il a été créé par Larry Page et Sergey Brin en 1996 pendant leur cursus à l’université de Stanford, aux États-Unis. L’entreprise Google Inc. a officiellement été lancée le 4 septembre 1998. Depuis, Google est devenu une filiale d’Alphabet et ses services se sont multipliés : gestion des emails avec Gmail, du calendrier avec Agenda, stockage et édition de documents avec Drive… Un nombre (...)

    #Alphabet #Google #Edge #Chrome #Firefox #Opera #Safari #domination #bénéfices #GoogleSearch

  • Le « Health Data Hub », big brother des données de santé lancé ce dimanche
    https://www.ouest-france.fr/sante/le-health-data-hub-big-brother-des-donnees-de-sante-lance-ce-dimanche-6

    Je l’épingle, même si j’arrive pas à le lire car ça me donne trop la gerbe, rien que le nom « Health Data Hub » donne l’idée de la monstruosité qui s’avance, la politique de #santé rentrée de force dans un hub de dentifrice ricain. Ça fait des années que quelques associations dénoncent la main mise des industries privées sur les #données_personnelles de santé, pourtant censées être couvertes par le #secret_médical qui appâte les gros poissons repus. Mais résister face à ce fléau et le troupeau bêlant des technophiles qui ânonnent c’est si pratique à la suite des assurances et des banques, est voué à la grosse déprime.
    #dmp

  • Google et Firefox décident de bloquer le logiciel espion du Kazakhstan
    https://usbeketrica.com/article/google-facebook-logiciel-espion-kazakhstan

    Google et Firefox ont annoncé leur intention de bloquer le dispositif utilisé par le gouvernement kazakh pour espionner sa population. Cette réponse ferme des géants du Web est sans précédent. Depuis le 17 juillet dernier, les Kazakhstanais subissent la politique autoritaire de leur gouvernement en matière de confidentialité sur Internet. Poussés à renoncer toute vie privée, la plupart doivent accepter que leurs fournisseurs d’accès installent sur leurs navigateurs un dispositif espion pour accéder à (...)

    #Apple #Google #Mozilla #Chrome #Firefox #Safari #spyware #censure #surveillance (...)

    ##web

  • Google and Mozilla Block Kazakhstan’s Browser Spying Tool
    https://www.vice.com/en_us/article/ne8vam/google-mozilla-block-kazakhstan-spying-tool-encryption-certificate

    Browser makers announced they would block the Kazakhstan government’s root certificate, which was designed to spy on citizens’ internet usage. On Wednesday, Google and Mozilla announced they would block an encryption certificate the Kazakhstan government has forced citizens to download. The certificate allows authorities to intercept Facebook, Twitter, Google, and other passwords of the 18 million people in the country. But now with two of the main browser makers pushing back, that (...)

    #Apple #Google #Mozilla #Chrome #Firefox #Safari #censure #surveillance #web

  • Demain, j’arrête les Gafa !
    https://www.alternatives-economiques.fr/demain-jarrete-gafa/00087192

    Comment échapper aux géants du Net ? Même si vous n’êtes pas un as du développement informatique, vous avez des marges d’action. Suivez le guide ! Un autre navigateur tu utiliseras Ici, les Gafa s’appellent Google Chrome, Internet Explorer ou Edge (Microsoft) et Safari (Apple). La meilleure alternative grand public, c’est Firefox. Ce logiciel libre* est développé par la fondation étasunienne à but non lucratif Mozilla. Pour mieux vous protéger, vous pouvez ajouter des modules complémentaires**. Contre (...)

    #Altaba/Yahoo ! #Apple #Google #Microsoft #Mozilla #Bing #Facebook #Gmail #Qwant #YouTube #cookies #Firefox #Safari #Explorer #domination (...)

    ##Altaba/Yahoo_ ! ##Explorer_ ##GAFAM

  • Vie privée : Apple s’attaque aux boutons « j’aime » de Facebook
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/06/05/vie-privee-apple-s-attaque-aux-boutons-j-aime-de-facebook_5310048_4408996.ht

    La prochaine version du navigateur d’Apple demandera l’autorisation des utilisateurs avant de permettre à certains « traceurs », comme le bouton « j’aime » de Facebook, de récolter des données. L’annonce est arrivée relativement discrètement, vers la fin de la conférence donnée par Apple lundi 4 juin, lors de la WWDC, sa grand-messe des développeurs. Elle fut pourtant hors norme : en dévoilant de nouvelles fonctionnalités visant à protéger la vie privée des utilisateurs de son navigateur Safari, Apple a (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Amazon #Facebook #Like #Safari #tracker #données #BigData #GAFAM (...)

    ##profiling

  • Collecte de données : une association britannique demande 3,6 milliards d’euros à Google
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/05/22/collecte-de-donnees-une-association-britannique-demande-3-6-milliards-d-euro

    Une association britannique demande à Google de dédommager 4,4 millions d’utilisateurs. Leurs données personnelles avaient été aspirées sans leur consentement. 3,6 milliards d’euros. C’est la somme que l’association britannique Google You Owe Us [« Google tu nous dois quelque chose »] exige du grand groupe de la Silicon Valley. Elle l’accuse d’avoir collecté de manière illégale les données de 4,4 millions d’utilisateurs d’iPhone au Royaume-Uni. En novembre 2017, elle avait décidé de déposer une plainte (...)

    #Google #smartphone #iPhone #Safari #données #santé #BigData #géolocalisation

    ##santé

  • Google sued for ’clandestine tracking’ of 4.4m UK iPhone users’ browsing data
    https://www.theguardian.com/technology/2018/may/21/google-sued-tracking-44m-uk-iphone-users-browsing-data-apple-safari

    Collective action seeking up to £3.2bn for claims Google bypassed privacy settings of Apple’s Safari browser Google is being sued in the high court for as much as £3.2bn for the alleged “clandestine tracking and collation” of personal information from 4.4 million iPhone users in the UK. The collective action is being led by former Which ? director Richard Lloyd over claims Google bypassed the privacy settings of Apple’s Safari browser on iPhones between August 2011 and February 2012 in order to (...)

    #Google #iPhone #Safari #profiling #procès #historique

  • Maasai herders driven off land to make way for luxury safaris, report says | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2018/may/10/maasai-herders-driven-off-land-to-make-way-for-luxury-safaris-report-sa

    The Tanzanian government is putting foreign safari companies ahead of Maasai herding communities as environmental tensions grow on the fringes of the Serengeti national park, according to a new investigation.

    Hundreds of homes have been burned and tens of thousands of people driven from ancestral land in Loliondo in the Ngorongoro district in recent years to benefit high-end tourists and a Middle Eastern royal family, says the report by the California-based thinktank the Oakland Institute.

    Although carried out in the name of conservation, these measures enable wealthy foreigners to watch or hunt lions, zebra, wildebeest, giraffes and other wildlife, while the authorities exclude local people and their cattle from watering holes and arable land, the institute says.

    #tanzanie #safaris

  • Losing the Serengeti: The Maasai Land that was to Run Forever | The Oakland Institute
    https://www.oaklandinstitute.org/tanzania-safari-businesses-maasai-losing-serengeti

    Losing the Serengeti: The Maasai Land that was to Run Forever is based on field research, never publicly-seen-before documents, and an in-depth investigation into Tanzania’s land laws. This report is the first to reveal the complicity between Tanzanian government officials and foreign companies as they use conservation laws to dispossess the Maasai, driving them into smaller and smaller areas and creating a stifling map of confinement.

    The report specifically exposes the devastating impact of two foreign companies on the lives and livelihoods of the Maasai villagers in the Loliondo area of the Ngorongoro District—Tanzania Conservation Ltd (TCL), a safari business operated by the owners of Boston-based high-end safari outfitter Thomson Safaris; and the United Arab Emirates (UAE)-based Ortello Business Corporation (OBC), which runs hunting excursions for the country’s royal family and their guests.

    According to local villagers, TCL has made their lives impossible by denying them access to water and land and cooperating with local police who have beaten and arrested the Maasai. Meanwhile, for 25 years, the OBC had an exclusive hunting license, during which time there were several violent evictions of the Maasai, many homes were burnt, and thousands of rare animals were killed. Although Tanzania’s Ministry of Natural Resources cancelled OBC’s license last year, the OBC remains active in the area, while the local villagers live in fear.

    #Serengeti #Maasaï #Tanzanie #évictions_forcées #terres #plaisirs_du_prince #safari #chasse

  • Juste avant la neige, avec les enfants, on a visité la Grotte des Demoiselles, à 35 minutes au nord de #Montpellier, à l’entrée (ou la sortie, comme tu veux) des gorges de l’Hérault.

    Hé ben c’est très recommandable. La visite, qui commence dans un funiculaire qui monte vers la grotte, dure environ une heure, et c’est carrément spectaculaire. Voilà encore une idée de visite que je me garde pour quand on aura de la visite. En plus, j’aime bien ces visites touristiques quand il n’y a pas beaucoup de touristes, hors-saison, ambiance bon enfant où tout le monde discute avec les gamins d’un peu tout le monde.

    Et puis l’accueil est très sympa, à la boutique c’est le monsieur qui a écrit le livre, si tu veux qu’il te cause des camisards, profites-en.

    Le bar-restaurant à l’entrée est fort bien installé sur la falaise, avec une immense terrasse protégée du vent, une vue magnifique sur la vallée (en fin d’après-midi, le soleil couchant qui se reflétait sur l’Hérault, très joli…). Il paraît qu’à la mi-saison c’est un coin sympa pour boire un verre tranquillement, et je veux bien le croire (là, tu as dû en entendre parler, Vladimir Poutine nous avait fait déferler sa vague de froid de Moscou pour nous gâcher l’ambiance, alors pour la terrasse, ce sera une autre fois).

    –----

    Au fait, y’a des gens qui font de la spéléologie, sur Seenthis ? @monolecte tu fais ça, toi ? Perso c’est pas mon truc. J’ai le vertige, déjà quand il faut que je descende d’une échelle les gamins se foutent de ma gueule, et l’idée d’aller m’enfoncer dans des boyaux du centre de la Terre, beuark… !

    • J’en avais fait un peu ado en mode sauvage mais c’etait des petits trous pas trop difficile (principalement des captages d’eau dans le mont d’or lyonnais qui sont des trous d’balle artificiels). Je rêve d’en refaire mais je voie pas trop comment ni avec qui.

    • Déjà que je fais (naturellement) des cauchemars dans lesquels je suis coincé la tête en bas dans un grand tuyau, et que donc j’arrive pas à m’en sortir… alors l’idée d’aller le faire volontairement, vraiment c’est pas possible. Regarder un documentaire sur la spéléologie (ça existe en encore, d’ailleurs, ce genre ? je pense que la dernière fois que j’en ai vu, c’était à l’école primaire quand un « aventurier » venait nous projeter son film dans le gymnase.), déjà je suis archi mal-à-l’aise.

      Le seul truc pour lequel j’aurais de vagues velléités, ce serait de la randonnée. Avec les gamins, profiter de la région, déjà ce serait trop kikou.

    • Déjà que je fais (naturellement) des cauchemars dans lesquels je suis coincé la tête en bas dans un grand tuyau, et que donc j’arrive pas à m’en sortir…

      #caca (c’est toi qui a dit que ça te manquait hein)

    • Dans le genre sympa, et pas si loin de Montpellier (bon ça reste en occitanie on va dire), j’avais visité avec ma môme de 9 ans le gouffre de Cabrespine
      http://www.gouffre-de-cabrespine.com/fr
      On était les seules, j’avais ri qu’elle pique une colère sous prétexte que ce n’était pas une vraie grotte sauvage mais un parcours bétonné balisé, éclairé ou tu peux te tenir debout avec mamie si tu as envie. Du coup, je pense que ça va te convenir @arno ;)

      Tiens, si il y en a que ça tente, on pourrait se faire un #safari_souterrain un de ces 4 :D
      http://www.gouffre-de-cabrespine.com/fr/info-pratiques/le-safari-souterrain

  • Safari Push Notifications
    https://developer.apple.com/notifications/safari-push-notifications

    “Use the Apple Push Notifications Service to send notifications to your website users, right on their Mac desktop — even when Safari isn’t running. Safari Push Notifications work just like push notifications for apps. They display your website icon and notification text, which users can click to go right to your website.”

    #Safari_push_notification_Apple_Web_clevermarks

  • Firefox, Safari, Chrome… : les gestionnaires de mot de passe, cibles du tracking publicitaire
    https://www.numerama.com/tech/317957-mozilla-safari-chrome-les-gestionnaires-de-mot-de-passe-cibles-du-t

    Pour renforcer leur suivi des activités en ligne des internautes, des scripts présents sur certains sites récupèrent les adresses mail des visiteurs grâce au gestionnaire de mots de passe présent dans les navigateurs les plus utilisés. Chrome, Firefox et Safari sont notamment concernés par cette dérive révélée par des spécialistes en sécurité informatique. Si l’enregistrement de votre identifiant et de votre mot de passe sur votre navigateur, bien pratique pour gagner du temps, est déconseillé de longue (...)

    #Firefox #Safari #Chrome #profiling #publicité

    ##publicité