• La #Quadrature_du_net place la « #safe_city » sous surveillance
    https://www.banquedesterritoires.fr/la-quadrature-du-net-place-la-safe-city-sous-surveillance

    Selon l’association la Quadrature du net, certains projets de smart city portés par les territoires connaîtraient des dérives préjudiciables aux libertés publiques. Des projets centrés sur la « #technopolice », version policière de la #smart_city, contre lesquelles l’association a décidé de partir en guerre en mobilisant voies de recours et « lanceurs d’alerte ». En partenariat avec la Ligue des droits de l’Homme, la FCPE et CGT-Educ, l’association appelle ainsi à « résister à la mise sous surveillance totale de nos villes et de nos vies ». Estimant la Cnil « coupable de laisser faire », le collectif lance un manifeste et un forum de la « technopolice ». Le manifeste cible plus particulièrement la « safe city », « vrai visage de la smart city » aux dire de l’association : « Sous couvert d’optimisation et d’aide à la décision, elle transforme l’#urbanité toute entière pour en faire une vaste entreprise de #surveillance. » Et de discerner dans les projets de certaines villes françaises, quitte à forcer le trait, les prémices d’une smart city à la chinoise, où les citoyens sont observés, notés en permanence et réprimés à la moindre infraction.

  • Comment des villes « hyper connectées » contrôlent l’espace public
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/19/au-nom-de-la-smart-city-des-villes-sous-surveillance_5399527_3234.html

    Ni fantasme ni science-fiction : ces dispositifs sont très exactement ceux que des villes françaises commencent à expérimenter sous le nom générique de « safe city » (la ville sûre), avatar en uniforme de la « smart city », la « ville hyper connectée ». « La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales. Il y a un marché porteur pour ces technologies, par la conjonction de l’urbanisation, de la numérisation et de risques qui s’aggravent. »
    Un mouvement de fond

    De Nice à Valenciennes (Nord), de Marseille à la Défense ou à Nîmes, de plus en plus de collectivités se laissent tenter par des plates-formes numériques organisées autour des outils de surveillance et de contrôle de l’espace public.

    Un mouvement de fond, en phase avec de puissants intérêts industriels et porté par des subventions publiques, qui prospère dans un certain flou juridique et inquiète les associations de défense des libertés publiques. Construits autour d’une vidéoprotection dernier cri, dopée à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et au « big data », ces dispositifs ont l’avantage de rendre bien concret l’un des rêves fondateurs de la smart city : la gestion centralisée de la ville depuis un poste unique de commandement.

    Mais dans ce schéma, les outils de surveillance occupent une place à part. Au point de faire de la sécurité la première priorité. « La vidéoprotection n’est qu’une partie de la smart city, mais c’est peut-être la plus importante, car elle donne une vision instantanée du territoire : c’est le cœur et le poumon de la ville, c’est un outil qui sert à la gestion ordinaire de l’espace urbain », assume Bernard Serafino, responsable de la sécurité au cabinet du maire de Nîmes.
    « Big data de la tranquillité publique »

    La préfecture du Gard a déployé, avec Engie Ineo, un système de vidéosurveillance intelligente à l’échelle des quinze communes de l’agglomération : 600 caméras, reliées à un centre de supervision high-tech, qui permettent de gérer l’espace urbain et de rechercher et de suivre un individu ou un véhicule d’un bout à l’autre de l’agglomération.

    La ville de Marseille, de son côté, se fait fort depuis le printemps de mettre en place un « big data de la tranquillité publique » grâce aux technologies de Engie Ineo et à une plate-forme de données Oracle, un dispositif censé être opérationnel début 2019. « La safe city est la première brique de la smart city, c’est un outil d’aide à la décision pour la collectivité », décrit Caroline Pozmentier, l’adjointe au maire chargée de la sécurité publique.

    « Une logique de surveillance massive »

    Dans ce contexte, les plates-formes safe city « made in France » sont cofinancées par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), subventionnées par les collectivités et encouragées par le Comité de la filière industrielle de sécurité (Cofis), placé sous la tutelle du premier ministre Edouard Philippe.

    « C’est important pour les villes de se dire qu’il y a des acteurs français sur ces sujets clés : notre droit est plus contraignant que celui de la Chine ou des Etats-Unis sur la gestion des données », estime Nathalie Allegret, chez Engie Ineo.

    Françaises ou non, ces technologies soulèvent quelques inquiétudes. « La safe city, c’est la prolifération d’outils issus du milieu du renseignement, dans une logique de surveillance massive, d’identification des signaux faibles, des comportements suspects », dénonce Félix Tréguer, un responsable marseillais de l’association La Quadrature du Net. « Ces outils permettront un contrôle social très sophistiqué quand leur potentiel sera optimisé, estime-t-il. Nous ne trouvons pas rassurant que la police municipale devienne le service de renseignement de l’espace public urbain et de son double numérique. »

    « Améliorer les secours, la circulation, c’est légitime, mais la généralisation de la vidéosurveillance nous inquiète, et scruter les réseaux sociaux, ce n’est pas le rôle d’un maire ! Sans aucun garde-fou, un outil pareil ne peut pas faire preuve de la neutralité indispensable, redoute Henri Busquet, de la Ligue des droits de l’homme à Nice. C’est potentiellement un outil de destruction politique, qui fait courir un risque particulier aux opposants, aux journalistes… »

    La tentation du contrôle social

    L’inquiétude est d’autant plus vive que certains élus ne cachent pas vouloir repousser les limites du cadre légal. « On pourrait faire beaucoup mieux, estime M. Estrosi, qui s’est plusieurs fois heurté à la CNIL. Ce qui nous limite, c’est la loi, notamment la loi Informatique et libertés de 1978. Je demande à ce que le législateur fasse évoluer les textes, au rythme où évolue la société. Je dispose du logiciel qui permettrait dès demain matin d’appliquer la reconnaissance faciale et d’identifier des individus fichés où qu’ils se trouvent dans la ville… Pourquoi se l’interdire ? Est-ce qu’on veut prendre le risque de voir des gens mourir au nom des libertés individuelles, alors qu’on a les technologies qui permettraient de l’éviter ? »

    #Capitalisme_surveillance #Videosurveillance #Smart_city #Safe_city

  • Reconnaissance faciale au lycée : l’expérimentation avant la généralisation
    https://www.laquadrature.net/2018/12/19/reconnaissance-faciale-au-lycee-lexperimentation-avant-la-generalisati

    Le 14 décembre dernier, le Conseil Régional de PACA a voté une mesure visant à faire installer, à partir de 2019, des dispositifs de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de Nice et de…

    #Surveillance

    • Le 16 juillet 2018, notre association adressait un courrier à monsieur le maire de Nice, lui demandant de préciser le périmètre d’analyse des réseaux sociaux prévus par le démonstrateur « Safe City ». En effet, il nous emble qu’il y a une différence fondamentale entre développer « des solutions d’alerte aux citoyens et de remontée d’information […] au moyen des réseaux sociaux » (page 59 de la convention) et ce que l’on peut lire, page 34 : « Pour GEOLSEMANTICS, la réalisation du projet permettrait de devenir rapidement un des leaders, sinon le leader, du marché de l’analyse et de l’exploitation des messages « courts » tels que ceux véhiculés par les réseaux sociaux, à des fins d’alertes. La capacité d’alerte concerne tous types d’évènements (accidents, émeutes, manifestations, rumeurs, agissements individuels ou de petits groupes) de manière précise dans le temps et l’espace (lieu-dit, place, rue, quartiers, zones urbaines) ».

      Que vient faire une commune dans l’analyse et l’alerte concernant les émeutes, les manifestations, les petits groupes, si ce n’est venir se substituer aux services de la police nationale ? Pourquoi donc conserver ces informations « dans le temps » ? Ce point est pour nous fondamental. Le rôle d’une commune n’est pas de développer un service des renseignements généraux bis, lequel, fatalement, finirait par servir les intérêts partisans de la petite équipe au pouvoir.

      Sur #Safe_City :
      gouvernance.news/2017/07/06/nice-safe-city-la-securite-en-priorite

      La ville de Nice est en phase de devenir la première « Safe City » de France. Mercredi 5 juillet, à l’occasion du salon « Innovative City » accueilli à Nice, le Maire de la ville et et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi a signé une lettre d’intention avec ENGIE Ineo dans le but de collaborer au développement progressif d’un dispositif inédit de sécurité de la ville : un centre de contrôle et de commandement basé sur une table tactile et tactique « DECIDE » et la plateforme SenCity.

      „La Smart City policière se répand comme traînée de poudre”
      https://www.laquadrature.net/fr/nice-smart-city-surveillance

      En mars, nous levions un bout du voile qui entoure encore le projet orwellien de la « Smart City™ » marseillaise. Mais force est de constater que le cas de Marseille n’est que l’arbre qui cache la forêt. Car la police prédictive et les centres de surveillance policière dopés aux Big Data pullulent désormais sur le territoire français. Une dérive qu’illustre très bien le cas de Nice : la ville de Christian Estrosi, grand obsédé sécuritaire, a fait appel à Engie Inéo et Thalès, par ailleurs concurrents sur ce marché en plein essor, pour deux projets censés faire advenir la « Safe City™ » niçoise. Or, face à cette fuite en avant dans les technologies de contrôle social que nos élus assument sans rougir, la présidente de la CNIL semble trouver qu’il urgent de... suivre la situation. Ce qui revient à laisser faire.

      #surveillance