• 13 millions de victimes et plus de 3 000 morts en 2025 : l’Afrique paie un lourd tribut aux événements climatiques extrêmes

    L’agence onusienne, qui fait autorité pour les questions relatives à l’atmosphère terrestre, au climat et à l’eau, recommande aux pays africains de renforcer leurs systèmes d’alerte précoce, et d’investir davantage dans l’adaptation au changement climatique et la préparation aux catastrophes.

    Les #phénomènes_extrêmes liés au #climat ont sinistré au moins 13 millions de personnes et entraîné plus de 3 000 décès recensés en #Afrique en 2025, avec des répercussions sur l’ensemble des secteurs de l’économie et les moyens de subsistance des populations, selon un rapport publié le jeudi 18 juin par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Intitulé « State of the Climate in Africa 2025 », le rapport révèle que les #inondations et #sécheresses ont constitué les #catastrophes_météorologiques les plus importantes sur le continent durant l’année écoulée, les inondations représentant plus de la moitié de tous les événements extrêmes signalés.

    L’#Afrique_de_l’Est a été particulièrement touchée, avec plus de 8,5 millions de personnes affectées par la sécheresse, alors que des conditions de sécheresse prolongées ont aggravé l’#insécurité_alimentaire et les pénuries d’#eau dans la #Corne_de_l’Afrique et les régions voisines. En #Afrique_de_l’Ouest, le #Nigeria a connu en mai des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 200 #morts, tandis que les inondations en #République_démocratique_du_Congo (#RDC) ont coûté la vie à plus de 160 personnes en avril, soulignant l’intensité croissante des #précipitations saisonnières extrêmes.

    Le #Sahel a enregistré des précipitations supérieures à la moyenne, prolongeant une tendance observée ces dernières années, tandis qu’une grande partie de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique est restée plus sèche que d’habitude. En Afrique australe, les précipitations ont été marquées par une forte #variabilité, avec des épisodes intenses qui ont provoqué des inondations. En #Afrique_de_Nord, les #vagues_de_chaleur et les sécheresses prolongées ont causé des dégâts considérables à la #production_agricole, menaçant la #sécurité_alimentaire et les #moyens_de_subsistance.

    Le rapport précise également que l’Afrique se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. La #température moyenne annuelle de l’air en surface enregistrée à l’échelle continentale s’est classée entre le troisième et le septième rang des valeurs les plus élevées jamais enregistrées en fonction des données utilisées, avec une anomalie positive de 0,51 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020.

    C’est l’Afrique du Nord qui a connu la plus forte anomalie de #températures en 2025 comparativement aux autres sous-régions africaines, soit +0,76 °C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. À l’inverse, l’Afrique australe a enregistré l’anomalie de températures la plus faible, soit +0,21 °C par rapport à la même période de référence.

    40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers

    Au-delà des inondations et des sécheresses, le rapport met en évidence des changements climatiques à long terme qui sont déjà en train de remodeler le continent.

    Les #glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle. La couverture glaciaire du #mont_Kilimandjaro est passée de 11,4 km2 en 1900 à 0,98 km2 ces dernières années. La superficie des glaces du #mont_Kenya et des #montagnes du #Ruwenzori (une chaîne de montagnes d’Afrique centrale, située à la frontière entre l’#Ouganda et la RDC) a aussi diminué, passant respectivement de 1,64 km² à 0,07 km², et de 6,51 km² à seulement 0,38 km².

    D’autre part, l’élévation du niveau de la mer le long des côtes africaines entre 1999 et 2025 dépasse la moyenne mondiale (estimée à environ 3,6 mm par an) dans plusieurs régions, atteignant environ 4,2 mm par an le long de la côte atlantique, 5,2 mm par an le long de la côte de l’océan Indien, et 5,6 mm par an en mer Rouge. Parallèlement, le réchauffement et l’#acidification croissante des océans endommagent les écosystèmes marins et menacent les moyens de subsistance des communautés qui dépendent de la #pêche. La température de la mer en surface (SST) a augmenté de 0,14 °C en moyenne en Afrique par décennie depuis la fin du 19e siècle, tandis que le PH de surface de l’océan a diminué de 0,017 unité par décennie.

    Malgré la fréquence et la gravité croissantes de ces changements qui favorisent des phénomènes météorologiques extrêmes plus destructeurs et exercent une pression croissante sur des communautés déjà vulnérables, seulement 40 % des pays africains disposent de systèmes d’alerte précoce multi-dangers, privant ainsi des millions de personnes d’#alertes en temps utile qui pourraient contribuer à sauver des vies et à réduire les dégâts, surtout dans les zones rurales particulièrement affectées.

    Alors que les coûts associés aux changements climatiques dans les pays africains peuvent atteindre jusqu’à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) et représenter ainsi un obstacle considérable à leur développement ainsi qu’à leur capacité à réduire la #pauvreté, l’OMM les appelle eux et leurs partenaires au développement, à renforcer les #mesures_d'adaptation au changement climatique, à améliorer la préparation aux catastrophes et à accroître les #investissements dans les infrastructures d’alerte précoce, afin de protéger les communautés contre des événements climatiques de plus en plus fréquents et intenses.

    https://www.agenceecofin.com/actualites/2306-139549-13-millions-de-victimes-et-plus-de-3-000-morts-en-2025-laf
    #changement_climatique #Sud_global

    • State of the Climate in Africa 2025

      Key messages

      Extreme weather wreaks heavy economic and human cost
      – Floods are most common reported hazard
      - African glaciers – including iconic Mt #Kilimanjaro - are vanishing
      - Sea level rise along some African coasts outpaced the global average since 1999
      - Africa faces critical gap in early warning systems but is making progress

      –-

      he African continent is warming faster than the global average, and the rate of warming across the continent since 1991 is substantially higher than in any of the previous 30-year periods. The annual mean surface air temperature averaged over land areas in 2025 ranked between the third and seventh warmest on record, depending on the dataset used, according to the report.

      Extreme weather is hitting the continent hard. Floods accounted for more than half of reported events – for instance severe flooding in Nigeria in May led to over 200 deaths, and flooding in the Democratic Republic of the Congo in April led to over 160 deaths. The 2024/2025 tropical cyclone season was particularly active in the South Indian Ocean. Drought affected more than 8.5 million people in East Africa.

      https://www.youtube.com/watch?v=MMwJ4-LQz5I

      https://wmo.int/resources/publication-series/state-of-climate-africa/state-of-climate-africa-2025
      #climat #rapport

  • Mali : avec la destruction de la radio emblématique Naata, l’information continue de disparaître aux trois frontières du Sahel

    La radio communautaire Naata, unique station qui émettait encore dans la localité frontalière de Labbezanga, dans la région de Gao, a été détruite par des hommes armés le 27 avril. L’assaut est survenu deux jours après les attaques coordonnées de groupes armés indépendantistes et jihadistes contre des positions civiles et militaires dans plusieurs villes du Mali. Reporters sans frontières (RSF) condamne une attaque injustifiable contre le droit des populations à une information de proximité et appelle les parties au conflit à respecter l’indépendance des médias.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/18/sahel-quand-les-juntes-font-le-lit-de-leffondrement-et-autres-textes/#comment-74398

    #sahel

  • La carte de l’Afrique de l’Ouest se redessine – le cas du Sahel

    Sérigne Saar, correspondant à Dakar

    La carte de l’Afrique de l’Ouest se redessine, pas à cause des djihadistes seuls, mais parce que les régimes militaires censés les combattre accélèrent la désintégration de l’État.

    L’échec maquillé en souveraineté

    Depuis 2020, Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani ont pris le pouvoir respectivement au Mali, au Burkina Faso et au Niger au nom de la « refondation » et du rejet de la France et de l’ONU. Résultat :

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/18/sahel-quand-les-juntes-font-le-lit-de-leffondrement-et-autres-textes/#comment-74351

    #sahel

  • Sahel : Quand les juntes font le lit de l’effondrement (et autres textes)

    Serigne Sarr : Sahel : Quand les juntes font le lit de l’effondrement
    Pr. Omar Lamine Gueye : République ou autocratie : le choix décisif des dirigeants africains
    Samir Moussa : Bamako au bord de la paralysie : blocus, pénuries et guerre énergétique
    Samir Moussa : Mali : Le piège mortel de l’orgueil de pouvoir vaincre et de l’illusion de garder le contrôle de la situation
    Amnesty : Mali. Le GSIM doit respecter le droit international humanitaire et garantir la sécurité des civil·e·s alors que Bamako est sous blocus

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/18/sahel-quand-les-juntes-font-le-lit-de-leffondr

    #sahel #mali

  • Attacco in #Mali e venti di guerra nel #sahel
    https://radioblackout.org/podcast/attacco-in-mali-e-venti-di-guerra-nel-sahel

    Dedichiamo questa puntata di #black_in ad analizzare ciò che sta succedendo in Mali nelle ultime settimane. Dal 25 aprile è in corso un’ampia offensiva militare coordinata dai militanti jihadisti di Jnim e da quelli del Fronte di Liberazione dell’Azawad (FLA), che hanno compiuto diversi attacchi nelle principali città del Mali, stringendo il governo e […]

    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/05/black-11-maggio-mali-deorgio-podcast-completo.mp3

  • Sahel : 7,5 millions d’enfants en crise, l’UNICEF sonne l’alarme

    Malgré des progrès réels en matière de santé, d’éducation et d’état civil au Niger, au Burkina Faso et au Mali, des millions d’enfants continuent d’avoir des besoins humanitaires urgents. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) exhorte la communauté internationale à ne plus détourner le regard.

    Des marchés qui reprennent, des communautés qui se soutiennent, des enfants qui jouent — et pourtant, des millions d’enfants ont besoin d’une assistance urgente. C’est le Sahel central dont a témoigné Ted Chaiban, Directeur exécutif adjoint de l’UNICEF, au cours d’une mission de 14 jours au Niger, au Burkina Faso et au Mali.

    « J’ai été témoin direct d’une région riche en possibilités, mais continuellement affectée par l’insécurité, les chocs climatiques et les crises socio-économiques », fait valoir M. Chaiban.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/15/effacement-ou-autonomisation-au-sahel-les-femmes-sont-confrontees-a-un-choix-difficile/#comment-73707

    #sahel

  • L’impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70617/limpact-profond-du-changement-climatique-sur-les-migrations-au-sahel-e

    L’impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb
    Par RFI Publié le : 30/03/2026
    Le changement climatique joue un rôle d’accélérateur des migrations dans les pays du Sahel. Hommes, et désormais femmes et enfants, partent plus longtemps et plus loin, modifiant en profondeur les structures sociales qui existent. Ces nouvelles circulations ont aussi des conséquences dans les pays d’Afrique du Nord, comme le Maroc, qui sont désormais à la fois pays de destination, pays de départ et de retour, mais aussi pays tampon entre la bande sahélienne et l’Union européenne.
    Une émission enregistrée à Saint-Louis du Sénégal, à l’Université Gaston Berger, à l’occasion de la conférence internationale organisée les 27 et 28 mars 2026 dans le cadre du projet AfriqEurope.
    Avec le professeur Aly Tandian, sociologue à l’Université Gaston Berger et le professeur Mansour Tall, géographe à l’Université Amadou Mahtar Mbow à Rufisque

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#changementclimatique#peche#emigration#saintlouis#maroc#sante#sahel#circulations

  • Algérie. Des frontières qui tuent l’#économie des peuples du désert

    Avec plus de 6 700 kilomètres de frontières terrestres, l’Algérie fait face dans son grand Sud à un dilemme qu’aucune décision militaire ne peut trancher seule : comment sécuriser un territoire sans briser les sociétés qui le font vivre ?

    Mohammed a 28 ans et conduit des camions à #Tin_Zaouatine, l’une des bourgades algériennes les plus reculées, perchée à l’extrémité sud du pays, à quelques kilomètres du #Mali. Durant sa carrière de camionneur, il traversait souvent la frontière algéro-malienne pour acheminer des marchandises au nord du Mali. Depuis la prise du pouvoir des militaires à Bamako en 2021 et l’intensification des bombardements de l’armée malienne contre les groupes djihadistes, notamment dans la région de #Gao, et contre le #Front_de_libération_de_l’Azawad (#FLA) plus au nord, son activité s’est effondrée.

    « Nous vivons une abondance relative ici, dit-il, mais l’autre moitié de la famille et des proches au Mali ont été durement touchés. »

    Ce témoignage résume, mieux que n’importe quelle statistique, la fracture que vivent les populations frontalières du grand Sud algérien. D’un côté, un État qui sécurise ses #marges pour faire face à l’#instabilité chronique du #Sahel. De l’autre, des sociétés tribales dont les liens de sang, de #commerce et de culture enjambent les frontières depuis des siècles — et qui subissent de plein fouet chaque tour de vis sécuritaire.

    Des frontières qui n’ont jamais existé dans les esprits

    L’Algérie possède la plus longue frontière terrestre d’Afrique. Ses 6 734 kilomètres la connectent à sept pays voisins, dont le Mali (1 376 kilomètres), la #Libye (989 kilomètres) et le #Niger (956 kilomètres) — trois frontières particulièrement sensibles depuis l’effondrement de la Libye en 2011 et la déstabilisation progressive du Sahel.

    Mais sur le terrain, ces #lignes tracées par les États modernes se superposent à un tissu social et économique bien plus ancien, qui n’a jamais reconnu de séparations rigides. Les #Touaregs#Imuhagh dans leur propre langue — sont présents aussi bien dans le #Hoggar et le #Tassili algériens qu’en #Azawad malien ou dans l’#Aïr nigérien (voir carte ci-dessous). Les tribus arabes #Zaouïa, comme les #Kounta, jouent depuis des générations un rôle de médiation sociale et religieuse qui dépasse les frontières, et certains de leurs notables siègent encore aujourd’hui au Parlement algérien.

    Les #mariages_intercommunautaires entre l’Algérie, le Mali, le Niger et même jusqu’en Mauritanie au sud-ouest restent fréquents. Chaque crise diplomatique devient ainsi un fardeau social direct pour des #familles_éclatées de part et d’autre d’une #ligne_administrative. Le Sud algérien est aussi une #mosaïque_linguistique rare : on y parle l’#arabe et le #tamasheq, mais aussi des langues menacées comme le #korandje — mélange d’arabe, de berbère et de songhaï — ainsi que des dialectes #haoussa et #peul portés par les communautés frontalières et les flux migratoires.

    Le « #tahrib », une #économie_de_survie

    Dans ce contexte, la #mobilité_transfrontalière n’est pas un luxe mais une condition de survie. Pour les jeunes des zones reculées comme Tin Zaouatine, il n’existe souvent aucune autre perspective que d’intégrer les circuits du tahrib — terme qui désigne à la fois l’acte de « faire passer » et, plus largement, la #contrebande organisée. C’est ce que souligne Raouf Farrah, chercheur en géopolitique :

    "Concrètement, le tahrib consiste à exporter vers le Mali des produits algériens de première nécessité, souvent subventionnés : semoule, pâtes, carburant, électronique. Le différentiel de prix entre les deux pays rend ces flux extrêmement rentables pour les opérateurs locaux. Mais ils sont aussi vitaux pour les villes maliennes voisines comme #Tessalit ou #Kida."

    « le Nord-Mali, déconnecté des corridors logistiques de Bamako, dépend davantage de l’Algérie pour sa subsistance que de sa propre capitale. »

    Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur du phénomène : selon les données de l’Office National des Statistiques (2018-2023), les exportations algériennes vers le Mali et le Niger sont inférieures à 2 millions de dollars par an (1,7 million d’euros). Ce chiffre dérisoire masque une économie parallèle structurée, animée par des réseaux touareg historiques — dont le chiffre d’affaires réel a cependant été divisé par trois depuis 2011.

    Trafic de documents d’identité

    « Les Nigériens, Tchadiens et Soudanais paient pour devenir algériens avec l’aide des habitants de la région », rapportent des témoins contactés par Maghreb Émergent. « Le processus consiste à se faire inscrire par des Algériens comme l’un des leurs, né dans le désert. Je suis au courant de ce trafic depuis 2006, mais on m’a récemment expliqué que ce ne sont pas seulement les Nigériens et les Maliens ayant des proches algériens qui utilisent cette démarche pour obtenir la #nationalité, les Tchadiens aussi y ont recours », raconte un témoin. « J’ai des proches là-bas, ils ont ces documents payés. »

    La #nationalité_algérienne coûte 600 000 FCFA (environ 1 000 euros) pour les Nigériens ou Maliens ayant des proches algériens, mais les Tchadiens paient 1 million de FCFA (1 500 euros), faute de réseau local.

    La problématique de l’accès à la nationalité dans les zones frontalières du Sud algérien repose, en premier lieu, sur l’héritage complexe du #tracé_colonial. Ce #découpage_territorial a fragmenté des communautés nomades, à l’instar des #tribus_touarègues, dont les structures sociales et les modes de vie s’affranchissent des frontières étatiques. Cette situation entrave la régularisation administrative de nombreuses familles et complexifie l’établissement des preuves d’allégeance nationale, certains individus refusant par ailleurs l’adhésion aux États malien ou nigérien.

    Parallèlement, le processus de #naturalisation fait l’objet de dérives systémiques impliquant des réseaux de coordination transfrontaliers entre le Mali, le Niger et la Mauritanie. Selon une source administrative, l’acquisition de la citoyenneté est désormais dénaturée par des pratiques corruptives où intermédiaires administratifs et magistrats facilitent des enregistrements frauduleux, souvent sous couvert de liens familiaux supposés avec des ressortissants subsahariens. Cette opacité structurelle occulte désormais la distinction entre les ayants droit légitimes et les bénéficiaires de manœuvres illicites.

    Quand la sécurité provoque des #crises_humanitaires

    La #militarisation progressive des frontières depuis 2011, puis les récentes tensions diplomatiques entre Alger et Bamako, ont asphyxié ces #échanges, avec des conséquences immédiates et sévères. Des blocus autour de villes comme #Gao et #Tombouctou ont conduit l’Algérie à suspendre momentanément ses #exportations. Le résultat a été sans appel.

    « L’absence de marchandises a provoqué une véritable #catastrophe_humanitaire et alimentaire », rappelle Akram Kharief — une situation si grave qu’elle a contraint Alger à reprendre les flux pour éviter le pire. C’est la démonstration par l’absurde de l’interdépendance de ces deux espaces : on ne peut pas fermer le robinet sans que des populations en meurent de soif.

    Pour les familles frontalières, la rupture prend une dimension encore plus personnelle. Elle brise les réseaux de solidarité traditionnels, met en péril des équilibres économiques construits sur des générations et transforme chaque décision politique prise à Alger ou à Bamako en tragédie familiale.

    Face à l’instabilité sahélienne, la traditionnelle #hospitalité du #désert résiste, mais se fissure. Les tribus frontalières continuent de traiter les exilés subsahariens avec humanité — eau, orientation, protection. Mais l’infiltration d’éléments djihadistes cherchant à se fondre dans le tissu tribal a profondément modifié l’équation sociale.

    « Cela place tout le monde sous suspicion », avertit Moussa, un exilé installé actuellement à Oran, dans l’ouest du pays, qui a travaillé pendant dix ans sur les routes transfrontalières entre le Mali et l’Algérie. Cette réalité a justifié, aux yeux des autorités algériennes, un renforcement du dispositif militaire qui limite drastiquement la #liberté_de_mouvement — y compris celle des populations locales qui n’ont rien à voir avec les réseaux armés.

    Une question existentielle sans réponse facile.

    Ces sociétés frontalières se trouvent aujourd’hui dans un étau. Coincées entre un État central qui, pour garantir sa sécurité, essaie de s’immuniser des réseaux djihadistes qui sévissent encore dans la région et une instabilité régionale qui ne montre aucun signe d’apaisement, elles font face à une question que ni Alger ni les capitales sahéliennes ne semblent vouloir poser ouvertement : peut-on sécuriser une frontière sans insécuriser la société qui la fait vivre ?

    Comme le formule sobrement une source locale : « La frontière administrative ne peut pas annuler l’unité sociale et économique. » La vraie question est de savoir si les États de la région en ont pris la mesure — avant qu’il ne soit trop tard.

    https://orientxxi.info/Algerie-Des-frontieres-qui-tuent-l-economie-des-peuples-du-desert

    #frontières #Algérie

  • Stretta repressiva e bloqueo cubano; restaurazione thailandese; #sahel nel caos
    https://radioblackout.org/podcast/stretta-repressiva-e-bloqueo-cubano-restaurazione-thailandese-sahel-n

    Dopo una decade di rivolte e tentativi di scuotere la società siamese da parte della Generazione del Milk Tea Movement è stata sufficiente una guerriciola contro la Cambogia per futili motivi perché il nazionalismo si riprendesse il paese attraverso elezioni che hanno visto l’imprevista vittoria del premier Anutin, monarchico e alleato naturale dei militari. Ci […]

    #cuba #thailandia

  • Terrorisme en Afrique de l’Ouest : dialoguer pour survivre ?
    https://timbuktu-institute.org/index.php/component/k2/item/1338-terrorisme-en-afrique-de-l-ouest-dialoguer-pour-survivre

    En Afrique de l’Ouest, le terrorisme s’est mué en un phénomène diffus capable de s’adapter aux dynamiques socio-culturelles et territoriales. Ce faisant, les groupes jihadistes exploitent les fragilités locales, l’absence de l’État et les tensions communautaires rendant ainsi inefficaces les réponses essentiellement militaires. Face à cette évolution, une question centrale se pose : comment anticiper et contenir un terrorisme endogène et en mutation continue tout en préservant la légitimité et la cohésion des États ? C’est dans le sillage de cette problématique que le Timbuktu Institute a - dans le cadre des activités scientifiques de son 10ème Anniversaire – organisé le 4 janvier à Dakar un séminaire régional sur le thème « Mutations du terrorisme en Afrique de l’Ouest : quelles stratégies pour s’adapter ? ». Chercheurs, décideurs et ambassadeurs y ont croisé leurs analyses et perspectives, mettant en lumière les mutations du terrorisme ouest-africain et les pistes d’adaptation stratégique entre prévention, médiation et intelligence sociale.

    #terrorisme #Afrique #Sahel

  • Côte d’Ivoire : plusieurs dizaines de milliers de demandeurs d’asile burkinabés et maliens obtiennent le statut de réfugiés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68284/cote-divoire--plusieurs-dizaines-de-milliers-de-demandeurs-dasile-burk

    Côte d’Ivoire : plusieurs dizaines de milliers de demandeurs d’asile burkinabés et maliens obtiennent le statut de réfugiés
    Par RFI Publié le : 21/11/2025
    En Côte d’Ivoire, plus de 69 000 demandeurs d’asile burkinabés et 1 500 maliens se sont vus reconnaître le statut de réfugié ces dernières semaines. Une « révélation » discrète tirée d’un simple tableau de bord technique mis en ligne ce 20 novembre. Le document est signé du HCR, le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies et de la Daara, la direction ivoirienne en charge de l’aide aux réfugiés. Un changement symbolique avant tout.
    La Côte d’Ivoire accueille désormais près de 80 000 réfugiés, contre 2 500 auparavant. À l’origine de cette reconnaissance : un arrêté interministériel, adopté le 2 juillet dernier sans pour autant faire l’objet de médiatisation. « Il faut se référer au journal officiel » indique le gouvernement, contacté par RFI. Le document, que nous avons pu consulter, circulait depuis plusieurs semaines dans les organisations humanitaires, selon nos informations. Le texte offre le statut de réfugiés aux demandeurs d’asile enregistrés à partir de mai 2021. Ceux qui ont fui les violences dans le sud du Burkina Faso et du Mali, pour s’abriter dans le nord de la Côte d’Ivoire. Un cadre du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) salue la mesure. « Abidjan reconnaît enfin ce statut aux Burkinabés et aux Maliens. Ils pourront avoir des papiers d’identité et des passeports spéciaux, pour faciliter leurs démarches et leur circulation ». Dans les faits, la loi ivoirienne de 2023 sur le statut des réfugiés garantissait déjà des droits équivalents aux demandeurs d’asile, comme par exemple celui de travailler en Côte d’Ivoire. Selon l’arrêté interministériel, la Daara, la direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides, sera chargée de mettre en œuvre les programmes humanitaires à destination de ces néo-réfugiés. D’après l’un des responsables de la Daara, le statut de réfugié ouvre aussi la voie à des retours volontaires assistés vers le pays d’origine. Difficile à envisager en raison de la situation sécuritaire au Sahel.

    #Covid-19#migrant#migration#sahel#mali#burkinafaso#coted'ivoire#refugie#crise#sante

  • Vers l’État-archipel au Sahel - Yvan Guichaoua - AOC - 18/11/25

    La guerre au Sahel est malheureusement loin de son dénouement mais elle est sans doute proche d’un seuil critique, celui où tous les territoires de l’hinterland rural que les jihadistes peuvent conquérir à l’aide des méthodes qu’ils ont développées jusqu’ici sont sur le point d’être conquis, et où le sort des bastions étatiques urbains est désormais dans la balance sans pour autant qu’un scénario tout tracé n’émerge. L’État rare est devenu État-archipel, une série de places fortes urbaines dispersées difficilement connectées les unes aux autres et ce n’est pas un hasard.

    https://justpaste.it/eto0s
    #Sahel #Guerre #Mali #Etat

  • Bastioni di Orione a #Belem, in Africa Occidentale e nel #saharawi
    https://radioblackout.org/podcast/bastioni-di-orione-a-belem-in-africa-occidentale-e-nel-saharawi

    Questa settimana ci siamo dedicati dapprima alle proteste degli abitanti dell’Africa occidentale esasperati dalla perpetuazione di regimi autoritari, rintuzzate da un potere ancora postcoloniale che fa da perno al residuo controllo francese sui paesi della Françafrique, scatenate dalla rielezione truffaldina di dinosauri ultranovantenni in Africa occidentale, ponendole a confronto insieme a Roberto Valussi con la […]

    ##maghreb #aes #Algeria #co2 #Cop30 #costa_d'avorio #fosfati #marocco #Ouattara #sahel #sostenibilità

  • Soutenons les militant·e·s et journalistes persécuté·e·s au Sahel

    Ces dernières années, les droits humains sont gravement menacés dans plusieurs pays du Sahel. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des défenseur·e·s des droits humains, journalistes et citoyen·ne·s engagé·e·s sont harcelés, arrêtés et/ou détenus pour avoir simplement exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et d’information. Dans certains pays, ils risquent même la déchéance de la nationalité voire des tortures et mauvais traitement en détention, simplement pour avoir exprimé une opinion indépendante. Exprimez votre solidarité avec les militant·e·s et journalistes du Sahel en signant une pétition appelant à la fin de la répression et à la protection des celles et ceux qui osent briser le silence

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/05/25/apres-la-dissolution-des-partis-politiques-au-mali-lopposition-denonce-la-strategie-de-terreur/#comment-69806

    #international #sahel

  • BASTIONI DI ORIONE 16/10/2025 – A PARTIRE DALLA ENNESIMA RIVOLTA GIOVANILE SFOCIATA IN UNA GIUNTA MILITARE AD #antananarivo, QUANTE AFRICHE SI CONFRONTANO TRA DINOSAURI E GENERAZIONE Z ? SI PUÒ CONFERIRE ANCORA UNA VOLTA IL NOBEL PER LA PACE A UNA CRIMINALE GOLPISTA ? E POI QUAL È IL CONCETTO DI “CRIMINE DI GUERRA” ?
    https://radioblackout.org/podcast/bastioni-di-orione-16-10-2025-a-partire-dalla-ennesima-rivolta-giovan

    Abbiamo deciso di rivolgerci a Freddie del Curatolo che si trova a Dar es Salaam in occasione delle elezioni tanzaniane del 29 ottobre, per avere uno sguardo d’insieme tra le comunità africane, in particolare della costa orientale, per capire meglio da dove nasce e verso dove sfocia la rivolta della Generazione Z formato malgascio, ponendola […]

    #aes #capsat #ccm #genZ #junte #KAgame #Kenya #Madagascar #Odinga #Rajoelina #randrianirina #sahel #Tanzania

  • RSF dévoile un documentaire inédit sur les radios communautaires au Sahel, diffusé en avant-première à Dakar

    Dans un contexte sécuritaire toujours plus dégradé et un environnement médiatique sous pression dans plusieurs pays du Sahel, Reporters sans frontières (RSF) dévoile, à Dakar, “Radios communautaires : leur combat pour informer au Sahel”, un documentaire inédit consacré aux radios communautaires. À travers le portrait de trois journalistes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le film plonge dans le quotidien de ces acteurs essentiels de l’information, qui résistent malgré les menaces et incarnent l’ultime espoir d’une presse libre dans des zones rurales.

    https://rsf.org/fr/rsf-dévoile-un-documentaire-inédit-sur-les-radios-communautaires-au-sahel-diffu

    #international #sahel

  • Mbour : Quarante jeunes Maliens condamnés avec sursis et som... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/mbour-quarante-jeunes-maliens-condamnes-avec-sursis-et-sommes-de-quitter-le

    Mbour : Quarante jeunes Maliens condamnés avec sursis et sommés de quitter le Sénégal
    Auteur : Khady Ndoye
    Quarante jeunes ressortissants maliens ont comparu, ce jeudi 11 septembre, à la barre du tribunal d’instance de Mbour. Ils sont poursuivis pour vagabondage. Ils ont tous été condamnés à six mois de prison avec sursis et ont trois mois pour quitter le territoire sénégalais. Présentés en deux groupes à la barre, Sekou Sidibé, Aïssatou Bamba et leurs compatriotes ont expliqué être venus au Sénégal dans l’espoir de trouver du travail. Seule une minorité d’entre eux détenait des pièces d’identité en règle.
    Le parquet a insisté sur la nécessité de respecter les procédures légales de séjour. Surtout que, « dans un contexte de terrorisme, on ne peut pas venir dans un pays sans aucune base légale. C’est vrai que nous sommes de la même sous-région, des pays frères, mais nous n’accepterons pas que nos vies soient mises en danger. Les Sénégalais sont partout, mais ils ne voyagent pas de cette manière ».
    À la barre, Aïssatou Bamba a expliqué avoir rejoint Saly pour travailler dans l’entreprise Qnet, spécialisée dans le commerce en ligne, précisant même avoir fait venir ses sœurs. D’autres jeunes affirmaient exercer comme maçon ou informaticien.Tous disent avoir choisi le Sénégal, « pays de la Teranga », dans l’espoir d’y trouver une opportunité professionnelle. Alors qu’ils franchissent les frontières pour s’installer à Mbour, de nombreux Sénégalais, eux, bravent l’océan dans des pirogues pour tenter de rejoindre l’Espagne.

    #COvid-19#migrant#migration#mali#senegal#routemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#sante#sahel

  • Effacement ou autonomisation ? Au Sahel, les femmes sont confrontées à un choix difficile

    Dans la région du Sahel, en Afrique, l’aggravation de la violence et de la pauvreté – provoquée par les déplacements, la faim et le terrorisme – prive les femmes et les filles de leur droit à la sécurité, à l’éducation et à un avenir viable.

    Les risques qui pèsent sur les femmes et les filles dans cette vaste région sont graves et systémiques, l’instabilité politique, la dégradation de l’environnement et le déclin de la présence internationale ayant des conséquences néfastes.

    Des enlèvements et mariages d’enfants à l’exclusion des écoles et de la vie publique, leurs vies et leurs opportunités sont progressivement réduites à néant, a déclaré jeudi Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes, aux membres du Conseil de sécurité.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/15/effacement-ou-autonomisation-au-sahel-les-femm

    #international #afrique #sahel #feminisme

  • Après Wagner, les spin doctors russes prennent le relai en Afrique – Investigations with Impact
    https://alleyesonwagner.org/2025/08/10/apres-wagner-les-spin-doctors-russes-prennent-le-relai-en-afrique

    Wagner a disparu, mais l’influence russe, elle, n’a jamais été aussi agile. Place aux spin doctors, aux agences de lobbying et aux stratèges de l’ombre. Rybar, African Initiative, Bureau Legint, GR Group… Derrière ces noms encore confidentiels se cache la nouvelle garde rapprochée du Kremlin. Leurs armes : la propagande calibrée, les réseaux locaux savamment entretenus, les campagnes de dénigrement ciblées. Leur méthode : se glisser dans les interstices de la coopération économique, culturelle ou militaire, jusqu’à façonner le récit dominant. Après les mercenaires, voici les influenceurs d’État — discrets, adaptables, et redoutablement efficaces. Une guerre sans uniforme, mais avec les mêmes objectifs : gagner du terrain, dans les têtes comme sur la carte.

    #Sahel #Russie

  • Exporting Borders. #Frontex and the Expansion of Fortress Europe in West Africa

    The EU is pushing its migration control far beyond Europe’s borders. This report exposes how Frontex operates in West Africa under the cover of cooperation, entrenching neo-colonial influence, undermining rights, and reshaping the Sahel into a securitised #buffer_zone.

    Summary and Key findings

    The EU and its member states are shifting migration control outside the EU’s borders. This report shows how this externalisation strategy plays out in the Sahel region of West Africa under the guise of partnership and development cooperation. West Africa is the main priority region for EU security-migration-development cooperation. This report critically examines the evolving role of Frontex, the EU Border and Coast Guard Agency, as a central part of the EU’s broader strategy of border externalisation. The study, including extensive fieldwork, traces Frontex’s expanding operations in Mali, Niger, Senegal, and Mauritania, highlighting how these activities predate its formal mandate and have intensified alongside the agency’s growing powers and budget, taking more explicit and direct forms, evolving from behind-the-scenes involvement to increasingly overt and direct forms of intervention. The report situates these developments within the context of a rapidly shifting geopolitical reality in the Sahel, marked by political instability, armed conflict, and a rising resistance to European influence. As West African states express a growing anti-Western sentiment and sever ties with former colonial powers, this historical moment allows us to speak of an emerging fourth wave of decolonisation.

    The report exposes the absence of effective accountability mechanisms, democratic oversight, and enforceable human rights safeguards in Frontex’s external actions. It argues that current practices not only infringe on migrants’ rights but also perpetuate colonial power asymmetries under the guise of cooperation. Far from fostering equitable cooperation, the EU’s approach reinforces a securitised and Eurocentric vision of migration control that undermines human rights and externalises legal responsibility. The cooperation between Frontex and West African states reflects a clear power imbalance, where EU funding and diplomatic pressure are used as leverage to push through migration control policies that primarily serve European interests. This dynamic often sidelines local priorities and reinforces neo-colonial patterns of influence, where African states are treated less as equal partners and more as buffers against mobility. In effect, Frontex is reinforcing a new ‘hard border’ regime across the Sahel, traditionally a free movement zone, one that prioritises containment over protection, and surveillance over accountability. It risks entrenching neo-colonial patterns of control while weakening democratic and other accountability safeguards and the rule of law.

    This report finds that:

    - The EU’s border policies rely on a racialised construction of the African migrant as a security threat, conflating migration with terrorism, crime, and instability. This narrative legitimises exclusionary and repressive practices, with dramatic consequences for human rights.
    - Migrants in West Africa face routine violations including arbitrary arrest, detention, refoulement, and extortion. In Niger, many speak of the Sahara as an “open sky cemetery” due to the deadly risks faced along migration routes.
    – People who are not migrants are also affected, as increased surveillance and border restrictions disrupt trade, livelihoods, and everyday cross-border movement. Local communities face shrinking civil liberties and economic hardship under a system geared toward controlling mobility.
    – Despite talk of equal partnerships, EU actions often reflect coercive dynamics rooted in colonial histories: instrumentalising aid, imposing visa sanctions, and prioritising EU geopolitical interests over local needs and agency.
    – Frontex has been operational in West Africa since before its formal mandate allowed external action. Its involvement has grown significantly in tandem with the EU’s expanding externalisation strategy.
    – Frontex’s growing presence in Mali, Niger, Mauritania, and Senegal, the focus countries of this report, focuses on capacity building, information exchange, and potential direct engagement with border surveillance operations on the ground. The agency’s activities have received little legal, political, or journalistic scrutiny, despite posing serious risks to human rights and local sovereignty.
    – Frontex has built up extensive informal networks through the Africa-Frontex Intelligence Community (AFIC), a platform involving 31 African states. Through AFIC, Frontex coordinates surveillance, risk analysis, and operational planning with national authorities.
    - Risk Analysis Cells (RACs), funded and equipped by Frontex, have been embedded in national border agencies in eight West African countries. These RACs collect, analyse data, which is shared with Frontex, enabling real-time monitoring and analysis of migration routes.
    - In Mali, EU-funded infrastructure and training programmes are often unused. Local authorities are reluctant to fully cooperate on migration enforcement because migration supports livelihoods in border areas.
    – The EU has attempted to negotiate status agreements with Mauritania and Senegal to allow Frontex to operate on their territory with full executive powers. These agreements would permit agents to carry weapons and grant them immunity from prosecution. However, due to among other factors, democratic and civil society pressure in both countries and in the EU, the negotiations are currently frozen.
    – Across the region, Frontex’s presence is often informal and opaque, operating beyond the democratic and judicial radar. Working arrangements and AFIC cooperation are informal in nature, and therefore bypass judicial, democratic, and public scrutiny.
    - EU support has also included funding for biometric ID systems, surveillance drones, wiretapping infrastructure, and phone-tracking technology. These tools have reportedly been used to target journalists, activists, and opposition groups.
    - These developments directly undermine the ECOWAS free movement framework, which was built to support regional integration and economic mobility. The imposition of hard borders risks destabilising local economies and deepening inequality.

    https://www.tni.org/en/publication/exporting-borders-West-Africa
    #tni #rapport #Afrique_de_l'Ouest #migrations #réfugiés #frontières #Afrique_de_l'Ouest #externalisation #contrôles_migratoires #Mali #Niger #Sénégal #Mauritanie #Sahel #décolonisation #droits_humains #coopération #colonialisme #colonialité #néo-colonialisme #eurocentrisme #pouvoir #néo-colonialisme #hard_border #sécurité #terrorisme #open_sky_cemetery #mourir_aux_frontières #border_deaths #morts_aux_frontières #décès #Africa-Frontex_Intelligence_Community (#AFIC) #Risk_Analysis_Cells (#RAC) #livelihoods #biométrie #économie_locale

    ping @reka @6donie @karine4

  • #Pastoralism is facing existential threat in #West_Africa - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0962629825000952

    #Political_Geography
    Volume 121, August 2025, 103363
    Political Geography
    Guest editorial
    Pastoralism is facing existential threat in West Africa
    Olivier J. Walther, Lacey Harris-Coble, Leif Brottem, Mirjam de Bruijn, Han van Dijk, Cletus F. Nwankwo, Adegbola T. Adesogan

    https://doi.org/10.1016/j.polgeo.2025.103363

    In March 2025, pro-government militias killed more than 130 Fulani pastoralists in the western Boucle du Mouhoun region of Burkina Faso, according to Human Rights Watch (HRW, 2025). This attack against unarmed civilians is far from an isolated incident in West Africa. It reflects a larger and disturbing trend in the region, where pastoralists are routinely accused of siding with violent extremist organizations affiliated with Al Qaeda and the Islamic State, and targeted by government forces and their allied militias.
    The increased frequency of such massacres is but one of the many threats facing pastoralism, a vital sector of the West African economy that contributes to the livelihoods of an estimated 25 million people in the Sahel and outskirts of the Sahara. From Senegal to Chad, pastoralists supply meat and dairy products to a rapidly growing population. Beyond the economic sphere, pastoralism is a cultural system in which animals are regarded as a source of social standing. Fulani, Tuareg, Moore and Tubu pastoralists are the carriers of unique conflict resolution mechanisms, knowledge of production systems, religious networks, political organizations, and gender roles.
    While they remain crucially important to West African #societies, these #pastoral_systems have experienced major crises since the second half of the 20th century. In the 1970s and 1980s, the great #Sahelian #droughts decimated livestock and led pastoral populations to adopt other modes of subsistence based on mobility, such as trade, tourism, and war. A new form of pastoralism emerged, managed by absentee owners, #neo-pastoralists, politicians, and businessmen, who abandoned the traditional equilibrium based on ecological complementarities. More than a result of climatic conditions, these changes were encouraged by state policies implemented to control the movements of populations deemed too politically independent (Walther & Retaillé, 2021). #Sedentarization, intensification, and privatization policies were also widely supported by international donors, despite a history of failure in the region and the reluctance of the pastoralists themselves to change their way of life.

    Je peux fournir le PDF si besoin !

    • Au #Tchad, la justice menace de poursuites les journalistes enquêtant sur un massacre d’#éleveurs
      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/16/au-tchad-la-justice-menace-de-poursuites-les-journalistes-enquetant-sur-un-m

      Le procureur de la République de N’Djamena a menacé de poursuites judiciaires, samedi 14 juin, les journalistes ou acteurs de la société civile qui se rendent à Mandakao (sud-ouest du Tchad), sur les lieux d’un massacre commis en mai et visant des éleveurs locaux.

      Selon les autorités, 42 personnes ont péri dans cette tuerie. Les victimes sont des éleveurs peuls dont majoritairement des femmes et des enfants, selon des sources locales. « Certains journalistes et membres des sociétés civiles se permettent de se rendre, de leur propre initiative, à Mandakao (…) pour interroger certains habitants de ce village », a écrit le procureur Oumar Mahamat Kedelaye dans un communiqué parvenu à l’Agence France-Presse (AFP) dans la nuit de samedi à dimanche.

      Le 21 mai, l’opposant tchadien et ancien premier ministre, Succès Masra, avait été placé en détention provisoire sur des accusations « d’incitation à la haine » à la suite du massacre de Mandakao. Le chef du parti Les Transformateurs, candidat malheureux à la présidentielle de 2024, avait été arrêté cinq jours plus tôt à N’Djamena.

      « Compte tenu de la sensibilité de l’affaire, toute autre démarche parallèle [à la justice] est susceptible de constituer un empiétement sur les fonctions judiciaires », écrit le procureur dans son communiqué, ce qui selon lui pourrait entraîner des « poursuites judiciaires ».

  • Depuis le début de l’année, plus de 550 Sénégalais rapatriés « volontairement » depuis l’Afrique du nord et le Sahel - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64412/depuis-le-debut-de-lannee-plus-de-550-senegalais-rapatries-volontairem

    Depuis le début de l’année, plus de 550 Sénégalais rapatriés "volontairement" depuis l’Afrique du nord et le Sahel
    Par Clémence Cluzel Publié le : 07/05/2025
    Entre janvier et avril 2025, 591 Sénégalais ont été rapatriés “volontairement” selon les données, révélées le 6 mai, du Bureau d’accueil, d’orientation et de suivi des Sénégalais de l’extérieur et des migrants (BAOS) - qui dépend du ministère sénégalais des Affaires étrangères. La majorité d’entre eux étaient des hommes (506), mais les autorités ont également recensé 51 femmes ainsi que 34 enfants. Les candidats à l’émigration résidaient illégalement dans des pays de transit situés en Afrique du Nord ou au Sahel. Depuis la Tunisie, le Maroc, le Niger, l’Egypte, l’Algérie, le Tchad, la Mauritanie et la Libye, ils espéraient ensuite pouvoir gagner l’Europe.
    Les Sénégalais fuient généralement une vie sans perspective dans leur pays. Comme d’autres États dans le monde, l’inflation, liée notamment à la guerre en Ukraine, a plombé l’économie du Sénégal. Le prix des matières premières s’est envolé. La surpêche menace le secteur de la pêche locale et la raréfaction des poissons s’aggrave avec le changement climatique.
    Les candidats embarquent soit clandestinement sur des pirogues en bois dans l’Atlantique pour tenter de rejoindre les Canaries espagnoles, soit s’aventurent par la voie terrestre vers l’Afrique du nord, en espérant traverser la Méditerranée. Chaque année, des milliers de morts sont recensés, aussi bien sur terre que dans les eaux de l’Atlantique ou de la mer Méditerranée. D’après le coordinateur national du BAOS, Khadim Bamba Fall, les migrants rapatriés avaient exprimé leur désir de rentrer au Sénégal. Il a également précisé que d’autres démarches sont en cours pour permettre le retour de ressortissants dans des situations similaires.
    Les politiques de plus en plus répressives contre les migrants illégaux, la criminalisation des ONG leur venant en aide ainsi que la montée d’un sentiment xénophobe et raciste contribuent à la brutale dégradation de leurs conditions de vie dans les pays de transit. Précarisés, les migrants sont désormais pris pour cibles et victimes d’attaques physiques, notamment en Tunisie.
    Dans le même temps, le renforcement des accords de coopération entre les pays de transit et l’Union européenne (UE) a accentué les contrôles des côtes africaines mais aussi européennes, afin de limiter les départs et arrivées d’embarcations. De plus en plus de migrants font désormais le choix du "retour volontaire" vers leur pays d’origine. En octobre 2024, plus de 200 Sénégalais avaient déjà été rapatriés “volontairement” du Maroc dans le cadre d’un accord commun déployé entre les deux pays pour faciliter le "retour volontaire" des migrants irréguliers.
    L’an dernier, un nombre record d’exilés en Tunisie étaient retournés chez eux via l’Organisation internationale des migrations (OIM) : 7 250 personnes contre 2 250 en 2023. Des rapatriements "volontaires" encouragés par le président tunisien Kaïs Saïed. "Toutes les organisations" devraient soutenir "davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le ’retour volontaire’ des migrants irréguliers", avait-il déclaré fin mars. Le chef de l’État avait regretté que "seuls 1 544 migrants" aient été rapatriés durant les trois premiers mois de l’année. Selon les derniers chiffres des autorités tunisiennes, pour le seul mois d’avril 2025, un peu plus de 1 000 Africains subsahariens sont rentrés "volontairement" dans leur pays d’origine. Et ce chiffre devrait continuer à augmenter puisqu’à partir de ce mois de mai, un vol par semaine doit être affrété depuis la Tunisie pour faciliter ces retours "volontaires".
    Pour les ONG, c’est un constat d’échec. Ces Africains n’ont pas eu d’autres choix que de fuir la Tunisie après être devenus les boucs émissaires d’une politique présidentielle devenue virulente à leur égard.
    Afin de limiter de nouveaux départs vers l’Europe, le programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne a été déployé par l’OIM dans 16 pays de la région, dont le Sénégal. Des formations dans plusieurs secteurs, des subventions financières pour développer un projet ainsi que le financement d’équipement sont dispensés aux migrants de retour pour favoriser leur autonomie et réinstallation dans leur pays.
    "Nous saluons la collaboration continue avec les autorités nationales et les partenaires techniques et financiers pour créer des solutions de retour et de réintégration alignées sur les réalités locales", a déclaré Mme Aissata Kane, Cheffe de mission de l’OIM au Sénégal.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#rapatriement#BAOS#OIM#reintegration#protection#sante#droit#sahel#maghreb

  • L’Algérie entre discours d’hospitalité et expulsions massives de migrants subsahariens
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/05/01/l-algerie-entre-discours-d-hospitalite-et-expulsions-massives-de-migrants-su

    L’Algérie entre discours d’hospitalité et expulsions massives de migrants subsahariens
    Par Hamid Nasri (Alger, correspondance)
    La concomitance entre le discours officiel d’hospitalité et les expulsions massives est frappante. Le 26 avril, lors d’une visite dans la wilaya – préfecture – de Béchar, dans le sud-ouest de l’Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune s’est dit prêt à légaliser la présence des travailleurs subsahariens sans papier dans un cadre organisé et concerté avec les pays voisins.
    Une première pour un dirigeant algérien alors que la présence de ces étrangers, souvent tolérée, n’a jamais été légalisée et que plus d’un millier d’entre eux a récemment été brutalement refoulé vers le Niger, en plein désert, selon des ONG. Cette ouverture, encore théorique, répond à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs mais également à une volonté d’encadrer les flux migratoires en provenance des pays du Sahel, une région que M. Tebboune décrit comme minée par le terrorisme et l’instabilité.
    « Nous sommes ouverts à l’idée de faire venir de la main-d’œuvre de pays voisins, notamment pour les secteurs du BTP et de l’agriculture, à condition que cela soit rigoureusement organisé, a-t-il expliqué. Toutefois, une vigilance accrue s’impose concernant les arrivants. Comme nous le savons, ces pays sont souvent confrontés à des problèmes de terrorisme. Sans une préparation minutieuse, nous risquons d’accueillir un travailleur qui pourrait, par la suite, se révéler lié à des réseaux terroristes ou à des trafics de drogue. Nous ne pouvons pas nous exposer à de tels risques inutilement. »
    Pour assurer ce filtrage à l’entrée du territoire, le président algérien a suggéré la mise en place d’un mécanisme bilatéral où les employeurs pourraient solliciter des travailleurs étrangers auprès de leurs pays d’origine. Ces travailleurs auraient un permis de séjour, un accès à la Sécurité sociale, mais une telle politique d’accueil ne sera de mise que « quand la stabilité reviendra au Sahel » a insisté M. Tebboune, déplorant l’ampleur des flux migratoires vers son pays. « Chaque jour, nous conduisons des milliers de migrants aux frontières et chaque jour, on compte des milliers d’autres arrivants : cela n’est bon ni pour nous ni pour eux », a-t-il insisté.
    Au sujet de ces reconductions, le collectif nigérien Alarme Phone Sahara a fait état de plus de 1 100 personnes récemment abandonnées dans le désert, au « point zéro », à la frontière algéro-nigérienne. Selon la même source, près de 4 000 migrants ont été refoulés en avril vers Assamaka, au Niger, soumis à des conditions extrêmes : chaleur accablante dépassant les 45 °C, absence d’eau et de nourriture, et aucun encadrement humanitaire. Selon des ONG, près de 30 000 personnes auraient été expulsées en 2024.
    « Aucun refoulement ne se fait sans la présence de représentants de l’OIM [Organisation internationale pour les migrations] mais aussi des autorités nigériennes aux frontières, affirme pourtant une source sécuritaire algérienne. Le Croissant rouge algérien remet aux autorités nigériennes leurs ressortissants conduits à la frontière. » L’Algérie réfute toute responsabilité dans les actions menées côté nigérien, et insiste sur le coût que représente ces expulsions.
    Par ailleurs, Alger doit faire face à un afflux de populations fuyant le nord du Mali du fait des opérations de l’armée malienne et des milices Wagner. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 6 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, auraient traversé la frontière depuis deux mois. En juin 2024, le HCR avait évoqué l’arrivée de 50 000 personnes en Algérie.
    En attendant que la nouvelle politique migratoire envisagée par le chef de l’Etat se traduise dans les faits, les migrants subsahariens vivent dans la précarité et un nombre grandissant d’entre eux s’inscrit dans le Dispositif d’accueil pour le retour volontaire (DARV).
    Mis en œuvre par l’OIM, en coordination avec les autorités algériennes, le DARV est une structure temporaire d’hébergement qui permet d’assurer une prise en charge respectueuse des droits et besoins des migrants. Depuis son ouverture en septembre 2024, à Alger, le centre a permis d’accompagner le retour de plus de 2 500 migrants. Cette aide est rendue possible grâce au soutien financier de l’Union européenne, qui appuie le fonctionnement du dispositif dans le cadre de l’initiative conjointe pour la protection et la réintégration des migrants en Afrique du Nord.
    Le 17 avril, 147 migrants béninois – 131 hommes et 16 femmes – sont ainsi rentrés dans leur pays par un vol charter. Parmi eux, Abibou était arrivé en Algérie en 2018, travaillant tout d’abord sur un chantier sur les hauteurs d’Alger, avant de sympathiser avec le propriétaire de la maison, qui l’a employé pour le gardiennage et le jardinage, pour un salaire de 42 000 de dinars (environ 280 euros). Fatigué de cette vie, il est rentré chez lui, mais a fait venir son frère de 18 ans pour le remplacer. Qu’importe semble-t-il si les migrants en Algérie n’ont aucun statut et vivent dans l’illégalité.
    Les Maliens, qui faisaient exception jusqu’à présent et étaient exemptés de visas d’entrée pour les séjours de moins de trois mois, commencent, eux aussi, à ressentir la précarité vécue par les autres nationalités. La frontière entre les deux pays a été fermée le 7 avril, une semaine après qu’un drone de l’armée malienne a été abattu par l’Algérie. Un événement, dont chaque partie se rejette la responsabilité, mais qui atteste des tensions croissantes entre Alger et Bamako. Un antagonisme qui empêche les retours temporaires des Maliens dans leur pays et gèle toute coopération entre les deux pays.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#expulsion#retour#OIM#refoulement#sante#droit#niger#assamaka#sahel

  • Mali, Niger et Burkina Faso reprennent peu à peu le contrôle de leurs mines | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/080225/mali-niger-et-burkina-faso-reprennent-peu-peu-le-controle-de-leurs-mines

    Mali, Niger et Burkina Faso reprennent peu à peu le contrôle de leurs mines
    Les trois pays ont lancé des réformes pour remettre la main sur les ressources de leur sous-sol. Ils n’ont pas hésité à engager des bras de fer avec de puissantes compagnies étrangères, dont certaines refusent de se plier aux nouvelles règles. Le Sénégal pourrait les suivre.

    #Sahel #Souveraineté #Ressources
    https://justpaste.it/fppc7